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Etats-Unis

Cet indicateur d’un prix nobel d’économie qui fait craindre un krach à Wall Street

 

24 Août 2017
Encore une annonce sur une nouvelle bulle financière comparable aux subprimes concernant la surévaluation des actions des monopoles financiarisés par rapport à leurs profits rééls. Par parenthèse, pour ceux qui se souviennent encore de Marx et de la loi de la valeur en  contradiction avec la loi du marché…
 
(note de danielle Bleitrach)

PUBLIÉ LE 23/08/2017 À 14H51  MIS À JOUR LE 23/08/2017 À 15H13
Cet indicateur d’un prix Nobel d’économie qui fait craindre un krach à Wall Street
Atomic Imagery / Getty Images

Les actions cotées à Wall Street ont rarement été aussi chères, d’après un indicateur de valorisation méconnu du grand public. Depuis un siècle, à chaque fois qu’il a atteint ou dépassé le niveau actuel, un krach est survenu.

 

Le rally des actions à Wall Street a-t-il du plomb dans l’aile ? Depuis le plancher majeur de 2009, l’indice phare S&P500 a connu une envolée quasi-ininterrompue et surtout phénoménale, avec une multiplication par… 3,7 des cours. Une évolution permise par la reprise économique intervenue sur la période et la politique monétaire ultra-accommodante de la Réserve fédérale, qui a comprimé les taux d’intérêt à long terme, entraînant des arbitrages en faveur des actions et au détriment des obligations.

 

Résultat, les sociétés cotées de l’indice S&P 500 se paient actuellement, en moyenne, “18,4 fois les bénéfices estimés pour 2017 et 16,5 fois ceux attendus pour 2018”, rapportait récemment Frédéric Guignard, gérant actions chez Aviva Investors France. Si ces niveaux indiquent que les actions américaines ne sont pas bradées, ils ne semblent pas excessifs… à première vue. Las, un PER (valeur boursière d’une entreprise, rapportée à ses bénéfices) de près de 18 est moins attractif quand le cycle économique devient très mature (les profits ont déjà largement eu le temps de se redresser) – comme c’est le cas actuellement outre-Atlantique – qu’en phase de redémarrage de la croissance (quand la dynamique de hausse des bénéfices ne fait que commencer).

 

Aux Etats-Unis, la reprise dure depuis 8 ans (de gauche à droite : ampleur et durée de la progression du S&P500 depuis le creux de 2009, durée d’expansion du PIB en mois et évolution des profits des entreprises en pourcentage du PIB), cliquez sur l’image pour agrandir

BNY Mellon (Sources Bloomberg et Newton, 2016)

A lire aussi – Pourquoi il faut miser sur le CAC40 et les actions de la zone euro plutôt que sur Wall Street

 

Pour corriger ce biais, le prix Nobel 2013 d’économie et professeur de l’Université de Yale Robert Shiller a élaboré une jauge de valorisation des actions jugée plus fiable. Le “PER de Schiller” (ou PER ajusté du cycle économique) vise à s’affranchir de l’impact du cycle économique en rapportant la capitalisation boursière des sociétés à la moyenne de leurs bénéfices des 10 dernières années (avec une prise en compte de l’inflation). Or, à Wall Street, il vient de se hisser à 30, bien au-delà de la moyenne de longue période (16,8), d’après multpl.com.

 

A lire aussi – Les actions européennes ont un bien plus fort potentiel que Wall Street

 

En 100 ans, ce niveau n’a été atteint ou dépassé qu’à deux reprises : lors du pic précédant le krach d’octobre 1929 (qui a marqué le début de la Grande Dépression des années 30) et lors de la bulle de la fin des années 90, quand le PER de Schiller a grimpé jusqu’à 44, record historique. Même lors du pic d’octobre 1987 (qui a précédé le lundi noir du 19 octobre, marqué par un plongeon de 23% du Dow Jones), le PER de Schiller se limitait à 18…

 

Evolution du PER de Schiller du S&P 500 depuis 1880, cliquez sur l’image pour agrandir


A lire aussi – 2 scénarios pour une revanche des actions européennes sur Wall Street, selon Russell Investments

 

En comparaison, la situation sur les marchés d’actions de la la zone euro est moins inquiétante. D’après les données du gestionnaire d’actifs allemand Star Capital, le PER de Schiller ressortait, fin juin, à 19,8 à la Bourse de Paris, 19,4 à Francfort, 14,6 à Milan et 13,5 à Madrid. Selon cet indicateur, le marché d’actions russe apparaît comme le moins cher de la planète, avec un ratio de… 4,9. Pour autant, un krach à Wall Stret ne serait pas sans conséquences sur les Bourses mondiales. Comme dit le dicton, “quand Wall Street éternue, Paris s’enrhume”…

 

En vidéo – Les Bourses européennes vont-elles continuer d’être à la traîne ?, par Olivier Passet, directeur des synthèses chez Xerfi

Retrouvez toutes les vidéos de Xerfi sur XerfiCanal TV. Le groupe Xerfi est le leader des études économiques sectorielles. Retrouvez toutes ces études sur le portail de Xerfi.com

 

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Chomsky : « les antifas font un énorme cadeau à la droite »

 

24 Août 2017
Je suis d’accord avec l’analyse de Chomsky. Il est clair que l’affaire et une bonne part de son exploitation relève de la campagne des démocrates pour les législatives ce qui est leur droit politique, mais elle laisse mal augurer et c’est ce que pointe Chomsky d’un changement de politique des démocrates depuis Clinton-Obama. On utilise le passé de l’Amérique pour mieux évacuer les problèmes du présent qui frappent les plus pauvres, qu’il s’agisse de ces blancs des zones rurales ou industrielles ou la majorité des noirs américains pour les diviser et pour assurer le maintien d’une politique au profit d’une élite de l’argent à laquelle a désormais accès une bourgeoisie noire et qui est partagée par les démocrates et les Américains. Chomsky qui en appelle aux syndicats et qui a plusieurs fois expliqué qu’il fallait recomposer les camps sur des bases de classe a parfaitement raison
 
(note de danielle Bleitrach)


par Jeussey de Sourcesûre 
mardi 22 août 2017
Noam Chomsky affirme que le mouvement antifasciste impliqué dans les affrontements de Charlottesville est « autodestructeur ». Il soutient que les principes de leur action sont faux et qu’il s’agit d’un « énorme cadeau fait à la droite ».

 

Le mot « antifa  est un raccourci utilisé pour désigner les organisations « antifascistes », il se réfère à une coalition non structurée et décentralisé de groupes militants de base qui s’opposent à l’extrême droite.

 

Le mouvement, qui a été fondé en Italie et en Allemagne dans les années 1920, a fait les gros titres à la suite d’un rassemblement de la « suprématie blanche » à Charlottesville, en Virginie, au début du mois. Des néo-nazis, des membres du Ku Klux Klan et des partisans de « alt-right » (littéralement : la droite alternative) se sont affrontés avec des antifascistes et une femme est morte après qu’une voiture ait foncé dans un groupe de manifestants antifascistes.

 

Comme pour en rajouter à cette violence, Trump a déclenché une certaine colère en renvoyant dos à dos les suprématistes blancs et les antifascistes, affirmant que les contre-manifestants étaient aussi violents que les groupes « d’extrême droite » et que le mouvement « alt-right » incluait des gens   « Très bien ».

 

Chomsky, qui est célèbre pour sa critique de la politique étrangère américaine, du néolibéralisme et des grands médias, vient d’émettre un avis critique sur les Antifas.

 

« En ce qui concerne les Antifas, il s’agit d’une minuscule frange de la gauche, tout comme leurs prédécesseurs », a déclaré le linguiste et philosophe au Washington Examiner : « Ils font là un énorme cadeau à la droite, y compris à commencer par la droite militante et exubérante. Leurs actions reposent souvent sur de faux principes – comme le refus du dialogue – et leur mouvement est généralement autodestructeur. Lorsque la confrontation se dérive sur le terrain de la violence, c’est le plus dur et le plus brutal qui gagne – et celui-là, nous le connaissons. Cela discrédite le militantisme constructif et fait perdre les avancées réalisées par des formations structurées et organisées ».

 

En disant cela, Chomsky se réfère à d’autres formes de lutte et de tactiques que l’action directe contre les « suprématistes blancs », telles que l’organisation syndicale, la solidarité avec les migrants, les programmes d’éducation publique.

 

Chomsky, qui a récemment quitté son poste de professeur émérite au Massachusetts Institute of Technology pour devenir professeur lauréat à l’Université de l’Arizona, a suscité des critiques à propos de ce jugement porté sur lesAntifas.

 

Eleanor Penny, qui a beaucoup écrit sur le fascisme et l’extrême droite, a déclaré à The Independent : « Chomsky considère la lutte contre le fascisme comme un combat pour la pureté morale que l’on peut gagner en restant respectueux, polis et différents. Mais les fascistes n’ont aucune intention de gagner cette bataille. Ils ne se soucient pas de respecter la liberté d’expression ou le droit à un procès équitable ; ils ont ouvertement déclaré leur intention meurtrière envers les personnes de couleur (et d’autres « indésirables ») et ils continueront à le faire par tous les moyens. Pour cette raison, la résistance physique est un devoir, un acte de légitime défense, et non pas une représentation maladroite du déclin moral de gauche « . En outre, la bataille de Cable Street en 1936 et les affrontements similaires de Lewisham et Wood Green à Londres en 1977, ont montré que la résistance physique a protégé les populations locales de la violence raciste et empêché un rassemblement de fascistes d’aller plus loin. Cela s’inscrit dans une politique générale ».

 

Les avis critiques sur les médias sociaux soutiennent que Chomsky est moins « à gauche » (sic) en vieillissant et insinuent que sa notoriété et son discernement sont en régression, pour ne pas dire du domaine du passé. Asa Winstanley, un journaliste américain, a déclaré : « C’est triste : Chomsky imite Trump en condamnant  » les deux parties  » en affirmant qu’Antifa est « un cadeau majeur à la droite ».

 

Le mouvement antifasciste, qui prône l’opposition populaire autonome au fascisme plutôt que de faire appel à la police ou à l’État, n’est pas une organisation centralisée homogène. Ce mouvement a une histoire longue et variée qui remonte à la lutte contre les chemises noires de Mussolini dans les années 1920 et ensuite les chemises brunes d’Hitler dans les tavernes de Munich. Au Royaume-Uni, les antifascistes se sont mobilisés contre les chemises noires menées par Oswald Moseley, le chef de l’Union britannique des fascistes, dans Cable Street à East London dans les années 1930 et dans bien d’autres cas. De 1934 à 1936, en France, un Comité de vigilance a regroupé des intellectuels antifascistes.

 

Ramer à contre-courant comme le fait Chomsky réclame beaucoup d’énergie pour cet homme de 88 ans.

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Sources : BBC news, Washington Examiner.

Publié par El Diablo

Des nouvelles d’Ana Belén Montés, prisonnière politique aux USA

Timbre mail art d’Eric Bensidon

Timbre mail art d’Eric Bensidon

Chers amis,

Vous êtes nombreux à nous demander des nouvelles d’Ana Belén Montés.

Il est vrai qu’avec l’élection démoralisante de Trump aux Etats-Unis et aussi avec le temps qu’ont duré nos propres élections, nous sommes restés de nombreux mois silencieux sur cette douloureuse affaire.

 

Ana est hélas toujours en prison, et son cancer d’un sein ne lui facilite pas sa vie de recluse.

 

Le 21 septembre sera le 16ème anniversaire de son arrestation, aussi nous avons décidé d’écrire  aux « procédures spéciales » du conseil des droits de l’homme de l’ONU, avec une copie à la Croix Rouge internationale, et une autre à la Maison Blanche.

 

Voici donc la lettre que nous avons envoyée le 21 août 2017 (ci-dessous).

 

Jacqueline ROUSSIE

 

Conseil des Droits de l’Homme                                                                  

« Division des Procédures Spéciales »

C/O OHCHR-UNOG-14 Avenue de la Paix

1211 Genève 10

Suisse

Le 21 août 2017

 

Mesdames, Messieurs,

 

Dans la situation où le monde se trouve aujourd’hui, le combat pour la paix est un impératif qui s’impose pour contrecarrer les dérives multiples et répétées vers la guerre, laquelle sévit d’ores et déjà dans de nombreux endroits. Avec les armes dont disposent les pays, elle pourrait être mondiale, avec le risque d’anéantissement de l’humanité et peut-être même de la vie sur terre.

 

L’essence de l’ONU est d’éviter les guerres et d’aider à la résolution pacifique des conflits. Ce n’est pas tâche facile. De tous temps des pacifistes internationalistes ont œuvré pour éviter le pire. Ana Belén Montés en fait partie, et c’est à son sujet que nous vous écrivons aujourd’hui.

 

 Ana est simple, modeste et déterminée. C’est une grande dame, enfermée depuis maintenant 16 années dans de rudes conditions d’isolement à l’hôpital psychiatrique pour femmes de la prison de Carswell au Texas. Son arrestation remonte au 21 septembre 2001. Elle a été condamnée pour espionnage et si nous n’agissons pas, elle restera confinée dans cet univers hostile jusqu’en janvier 2023.  Elle assume pleinement ses actes dictés par sa conscience. Elle était  analyste de première catégorie à la DIA, spécialiste de Cuba, et avait accès à presque toute l’information sur l’Ile dont disposait la communauté du renseignement, en particulier sur les activités militaires cubaines. De par son rang, elle était membre du très secret « groupe de travail inter agences sur Cuba », qui rassemble les principaux analystes des plus hautes agences de renseignements des Etats-Unis, comme la CIA par exemple. Elle avait remis à Cuba, sans contre partie financière, l’information lui permettant de connaître les plans d’agression des Etats-Unis contre l’île.

 

Non seulement cette femme courageuse a évité à Cuba des attentats, mais elle a aussi empêché les Etats-Unis de se lancer dans une aventure sanglante contre ce pays. Alors que les Etats-Unis n’attendaient qu’un prétexte pour intervenir, contre toute attente, elle a rédigé un rapport remis au Pentagone en 1998 prouvant que Cuba n’était pas une menace pour les Etats-Unis.  Son geste s’inscrit parfaitement dans le cadre des raisons d’exister de l’ONU.

 

L’article 2 de la charte de l’ONU qui recommande de  «  Développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe de l'égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d'eux-mêmes, et prendre toutes autres mesures propres à consolider la paix du monde », va dans le sens de ce qu’a déclaré Ana dans son plaidoyer lors de son procès avant l’annonce de sa sentence:

 

 « Il existe un proverbe italien qui peut-être, décrit le mieux ce que je crois :

 

Le monde entier n’est qu’un seul pays. Dans ce pays mondial, le principe d’aimer son prochain comme soi même, est le guide essentiel pour des relations harmonieuses entre tous les pays.

 

Ce principe implique tolérance et compréhension pour la façon de se comporter envers les autres. Il implique que nous traitions les autres nations comme on aimerait être traité : avec respect et considération. C’est un principe que, malheureusement nous n’avons jamais appliqué à Cuba.

 

Votre honneur, je suis devant vous aujourd'hui pour une activité à laquelle je me suis livrée parce que j'ai obéi à ma conscience plutôt qu'à la loi. Je crois que la politique de notre gouvernement vis-à-vis de Cuba est cruelle et injuste, profondément agressive, et je me suis sentie moralement dans l'obligation d'aider l'île à se défendre contre nos efforts de lui imposer nos valeurs et notre système politique. Nous avons fait preuve d'intolérance et de mépris à l'égard de Cuba depuis plus de 40 ans. Nous n'avons jamais respecté le droit pour Cuba de choisir sa propre voie vers ses propres idéaux d'égalité et de justice. ( …).

 

Ma manière de réagir à notre politique Cubaine a peut-être été moralement condamnable. Peut-être que le droit pour Cuba d'exister libre de toute pression politique ou économique ne justifie pas les informations secrètes que j'ai transmises pour l'aider à se défendre. Je peux seulement dire que j'ai fait ce qui me paraissait être juste pour réparer une grave injustice. 

 

Mon plus grand désir est de voir des relations amicales s'établir entre les Etats-Unis et Cuba. J'espère que mon cas contribuera d'une certaine manière à encourager notre gouvernement à abandonner sa politique hostile envers Cuba et à collaborer avec la Havane dans un esprit de tolérance, de respect mutuel, de compréhension... »

 

Ana Belén Montés a aussi anticipé sur la politique des Etats-Unis envers Cuba, puisque ses paroles vont dans le sens de celles prononcées le 20 mars 2016 sur le sol cubain par le président Obama.

 

Cette femme souffre en plus d’un cancer du sein. Elle a subi début 2017 une mammectomie et a été traitée par radiothérapie. Une telle situation, déjà traumatisante pour n’importe quelle femme, est, dans son cas, vraiment inhumaine. Elle vit coupée du monde, de ses amis, de toute possibilité de soins alternatifs. La prison où elle est enfermée est une machine à la faire souffrir et à détruire sa personnalité.

 

Il nous semble que l’ONU se doit de soutenir Ana Belén Montes dans l’épreuve qu’elle traverse et d’exiger sa libération. En espérant que vous agirez dans ce sens, recevez l’expression de nos sentiments humanistes les plus sincères.

 

Jacqueline ROUSSIE Quartier Castet 64360 Monien France

Maurice LECOMTE 20 rue Capitale 13007 Marseille

*****

Pour information, voici la traduction de la lettre que nous avons reçue en février dernier de sa cousine Miriam:

 

Chers tous, je vous embrasse

 

Merci de continuer à être solidaires d’Ana. Comme il se doit nous avons éprouvé des sentiments très divers : Une grande joie pour le triomphe que représente pour le peuple de Porto Rico (et pour les autres camarades solidaires) le retour d’Oscar dans son pays et auprès des siens. Et d’un autre côté la tristesse de voir qu’Ana n’a pas été libérée.

 

Comme vous le savez, Ana se remet d‘une mammectomie et est actuellement traitée par radiothérapie. Ce traitement est déjà très angoissant pour n’importe quelle femme, alors à plus forte raison quand elle se trouve en prison, loin de ceux qui lui sont chers et de la possibilité d’explorer des traitements alternatifs. Cela a été très difficile et douloureux, vous pouvez l’imaginer. Ana a survécu à tant, a résisté à des conditions d’enfermement si hostiles…

 

Je n’ai pas reçu de lettres d’elle depuis son opération, car elle ne peut se servir de sa main droite. Néanmoins, elle a un contact téléphonique avec sa mère. Elle est toujours l’objet de mesures administratives d’extrême sécurité, raison pour laquelle je m’exprime avec précautions. 

 

A Porto Rico le Groupe de Travail continuera à appuyer Ana. Maintenant plus que jamais nous en avons besoin. Notre objectif principal est de faire connaître son cas dans ses justes perspectives : les principes pour lesquels elle a lutté, la situation historique qui a été à l’origine de son action, la maladie dont elle souffre.

 

Je comprends qu’une campagne éducative fera basculer l’opinion publique en sa faveur, c’est à mon sens, une chose indispensable pour plaider pour sa libération. Je comprends aussi que la façon dont Ana se sentira appuyée et aimée rendra moins dur son enfermement. Je pense qu’il est vital d’insister sur l’appui humanitaire que mérite son cas. Nous ne devons pas non plus oublier le virage historique provoqué par les déclarations faites il y a deux ans par Obama.

 

 Beaucoup de camarades qui travaillent dans le Groupe ont aussi travaillé pour la libération d’Oscar. Sa libération nous a inspiré en tant que peuple. Un peuple uni, combattif, et qui persévère dans ses objectifs, et finit par vaincre. J’ai confiance dans le fait que la lutte pour Ana va se diversifier et s’amplifier.

 

Nous fêterons son anniversaire le dimanche 26 février avec musique, poésie, et peintures, toutes inspirées d’Ana. Nous avons et continuerons à participer aux festivals populaires, aux rencontres religieuses et culturelles, aux manifestations artistiques, et à toutes les opportunités pour exposer son cas. Souhaitons que nous puissions parler directement avec elle !

Nous ne savons pas ce qui va se passer avec l’actuel gouvernement. Nous ne savons rien. Mais ne nous fermons à aucune éventualité. Pour cela il est important de continuer à faire connaître Ana. Je rêve que le jour de sa libération nous soyons nombreux à la connaître, pour pouvoir la recevoir et l’embrasser comme elle le mérite.

Merci de ne pas l’oublier, et comme dit Sean, Hasta la victoria, Siempre !

Avec affection et gratitude.

Miriam

 

 SOURCE : correspondance particulière

États-Unis : des proches du pape dénoncent la « géopolitique apocalyptique »

 

Un article de Marie-Lucile Kubacki publié dans La vie

 

La revue jésuite Civiltà Cattolica a récemment mis en cause la convergence entre fondamentalisme religieux et politique, notamment portée par des proches du président américain Donald Trump. Une prise de position qui suscite la controverse.

 

« Fondamentalisme évangélique et intégrisme catholique aux États-Unis : un oecuménisme surprenant », tel est le titre de l’article récemment publié dans la revue jésuite Civiltà Cattolica, une petite bombe journalistique qui fait du bruit pour deux raisons. La première est le contenu : une critique de la convergence entre fondamentalisme religieux et politique, sur fond de manipulations réciproques, phénomène qui a pris son envol après la fameuse formule de G.W. Bush sur le combat contre « l’axe du mal », après les attentats du 11 septembre

 

2001, et qui trouve sa manifestation actuelle dans la « géopolitique apocalyptique » du conseiller du président Trump, Steve Bannon. La deuxième, ce sont ses auteurs : le père jésuite Antonio Spadaro, directeur de la Civiltà Cattolica, proche de la pensée du pape François, et Marcelo Figueroa, pasteur presbytérien et rédacteur en chef de l’édition argentine du journal du Vatican, L’Osservatore Romano. Ajoutons à cela, que, comme tous les articles publiés dans la Civiltà Cattolica, celui-ci a donc été relu et approuvé par la Secrétairerie d’État du Vatican avant d’être diffusé, a fortiori car il évoque la conception qu’a François de la géopolitique du Saint-Siège. Fondamentalisme évangélique et géopolitique apocalyptique

 

Les auteurs partent d’un constat. Après les attentats du 11 septembre 2001, les discours de G.W. Bush sur le devoir des États-Unis de « libérer le monde du mal  » ont favorisé l’émergence d’un « langage manichéen » qui divise la réalité entre « le Bien absolu et le Mal absolu »« Aujourd’hui, poursuivent-ils, le président Trump a étendu le combat à une entité plus large du "mauvais" ou du "très mauvais". Dans sa politique, on retrouve des positions basées sur des principes fondamentalistes chrétiens évangéliques datant du début du XXe siècle qui ont été "progressivement radicalisés". » Si les principes d’origine prônaient le rejet des logiques mondaines dont la politique fait partie, l’idéologie actualisée entend désormais « exercer une forte influence morale et religieuse sur le processus démocratique et ses résultats ».

 

Ainsi, les groupes socio-religieux influencés par cette idéologie « considèrent les États-Unis comme une nation bénie par Dieu »« n’hésitent pas à fonder la croissance économique du pays sur une adhésion littérale à la Bible » et diabolisent leurs « ennemis ». Parmi les « ennemis » identifiés, on trouve pêlemêle esprits modernistes, mouvement pour les droits civils pour les noirs, mouvement hippie, communisme et mouvements féministes, auxquels sont venus s’ajouter récemment les migrants et les musulmans. En matière d’écologie, ces groupes prônent le « dominisme » : ils considèrent, en se fondant sur la Genèse, que l’humanité est en position de « domination » sur la Création et en concluent, que les catastrophes naturelles et le changement climatique sont des signes apocalyptiques.

 

Or, loin d’interpréter ces signes apocalyptiques comme un signal d’alarme et une invitation à la lutte environnementale, ils y voient le contraire  : « des signes qui confirment leur compréhension non-allégorique des images finales du livre de l’Apocalypse et leur espoir apocalyptique d’un “nouveau paradis et d’une nouvelle terre” ». Leur priorité est donc « combattre les menaces contre les valeurs américaines et se préparer à la justice imminente d’un Armageddon, un affrontement final entre le Bien et le Mal, Dieu et Satan, l’ultime bataille contre l’ennemi ». Ainsi, et c’est le danger pour Spadaro et Figueroa, « la communauté de croyants (foi) devient une communauté de combattants (guerre) ».

 

À l’appui, Spadaro et Figueroa citent l’influence des thèses du pasteur Rushdoony (1916-2001), sur le Conseil national de sécurité et sur Steve Bannon, stratège en chef à la Maison Blanche, « partisan d’une géopolitique apocalyptique ». Notons toutefois que ce dernier a été radié du Conseil en avril de cette année mais qu’il a conservé son poste de stratège en chef. « La doctrine de Rushdoony soutient la nécessité théocratique, analysent-ils : soumettre l’État à la Bible avec une logique qui n’est pas différente de celle qui inspire le fondamentalisme islamique. Au fond, le récit de la terreur qui façonne la vision du monde des jihadistes et celle des nouveaux croisés proviennent de puits qui ne sont pas si éloignés. Nous ne devons pas oublier que la théologie politique répandue par l’État islamique repose sur le même culte d’une apocalypse qui doit se faire le plus tôt possible. Donc, il n’est pas simplement accidentel que George W. Bush soit considéré comme un "grand croisé" par Oussama ben Laden. »

 

Perversion de la « liberté religieuse » et de l’oecuménisme

À ce manichéisme politique s’ajoute un autre phénomène : « une forme particulière de proclamation de la défense de la "liberté religieuse".  » Attention, notent les auteurs : si l’érosion de la liberté religieuse dans un contexte de sécularisation galopante doit être regardée de près, il ne faut pas que la défense de la liberté religieuse se transforme en « religion en totale liberté », entendu comme « un défi direct à la laïcité de l’État ». Or, remarquent-ils «  appelant aux valeurs de l’intégrisme, une étrange forme d’oecuménisme se développe entre les fondamentalistes évangéliques et les intégristes catholiques, unis par le même désir d’influence religieuse dans la sphère politique. »Cette rencontre se fait autour de préoccupations communes : avortement, mariage gay, éducation religieuse à l’école et tous les sujets qui relèvent généralement de la morale et des valeurs. « Ces nouveaux apôtres de l’oecuménisme, poursuivent Spadaro et Figueroa, condamnent l’oecuménisme traditionnel au profit d’un oecuménisme du conflit qui les réunit dans le rêve nostalgique d’un état théocratique. » La pointe la plus dangereuse de ce nouvel oecuménisme paradoxal, affirment-ils, culmine dans sa vision xénophobe et islamophobe qui souhaite « des murs » et des « déportations purifiantes ». Ils développent : «  L’intolérance est une marque céleste du purisme. Le réductionnisme est sa méthode exégétique. L’ultra-littéralisme sa clé herméneutique. »

 

Un oecuménisme de la haine à l’opposé de la « politique » du pape François. « Un aspect évident de la géopolitique du pape François, notent les auteurs, repose sur le fait de ne pas donner une place théologique au pouvoir de s’imposer ou de trouver un ennemi à combattre à l’intérieur ou à l’extérieur. Il faut fuir la tentation de projeter de la divinité sur le pouvoir politique qui s’en sert pour ses propres fins. » Le danger du projet fondamentaliste, expliquent-ils, est de vouloir établir un royaume divin ici et maintenant. Mais la divinité de ce royaume est « une projection de puissance », vision qui « génère l’idéologie de conquête ». Rien à voir avec le projet chrétien, eschatologique, qui va de pair avec une diplomatie où nul ne peut être couronné « homme de la Providence ».

 

C’est la clé de la diplomatie du Saint-Siège, expliquent-ils, qui entend «  établir des relations directes et fluides avec les superpuissances, sans entrer dans des réseaux d’alliances ou d’influences déjà constitués ». Ne pas dire qui a tort et qui a raison « car à la racine des conflits, il y a toujours combat pour le pouvoir ». Ce qui, dans un contexte marqué par le terrorisme islamique, se traduit à la fois par le refus de reconnaître une quelconque « légitimité théolocopolitique aux terroristes, en évitant la réduction de l’islam au terrorisme islamique », et de la refuser aussi à ceux qui postulent et veulent une « guerre sainte » ou des barrières de barbelés. « La seule couronne d’épines qui compte pour le chrétien, concluent les auteurs, est celle que le Christ a portée haut. »

 

Aux États-Unis, l’article fait grand débat dans la presse catholique et n’a pas manqué de générer des réactions contrastées. Dans les colonnes de Crux, le père Raymond J. de Souza, rédacteur en chef de Convivium, un site internet canadien spécialisé dans les rapports culture et foi, dénonce de manière virulente une vision partiale et caricaturale du catholicisme conservateur américain et du milieu évangélique. Interviewé par le magazine America, Antonio Spadaro explique, face aux critiques, avoir voulu alerter sur un risque qui n’est pas «  exclusif aux États-Unis », celui de l’instrumentalisation de valeurs religieuses à des fins politiques, une manipulation « très risquée qu’elle soit le fait de progressistes ou de conservateurs ».

 

MARIE-LUCILE KUBACKI AVEC LA CIVILTÀ CATTOLICA publié le 18/07/2017

 

http://www.lavie.fr/religion/cathol...

L’article a été écrit avant l’annonce. Il y a une mise à jour ci-dessous (NdT)

Ce soir, Trump va annoncer une nouvelle « avancée » de l’occupation de l’Afghanistan. Selon les fuites habituelles, les États-Unis « avanceront » exactement de la même manière que depuis 16 ans.

 

Plusieurs milliers de soldats des États-Unis et de divers pays de l’OTAN entraîneront l’armée afghane (en vain). Les forces spéciales, et les mercenaires de la CIA lanceront des raids sur une propriété familiale ou une autre sur la foi d’ouï-dire. Des bombes seront larguées sur tout ce qui sera considéré comme une cible.

 

Trump va annoncer qu’un millier de soldats va être ajouté au contingent actuel. Il y aura environ 15 000 soldats étrangers en Afghanistan. Environ trois paramilitaires seront en outre déployés pour chaque soldat.

 

Trump sait que cette « avancée » est un non-sens qui ne conduit nulle part, que le mieux serait que toutes les troupes étrangères en Afghanistan partent tout simplement :

Donald J. Trump @realDonaldTrump - 21 nov. 2013
Nous avons perdu énormément de sang et d’argent en Afghanistan. Leur gouvernement n’a aucune gratitude. Partons !

Mais ni l’armée, ni la CIA, ni le gouvernement afghan local ne laisseront les Etats-Unis partir. Au contraire, on attise les peurs : « Que se passera-t-il si l’Afghanistan devient un repaire de terroristes internationaux ? » Mais quasiment aucun acte terroriste international en « Occident » n’a été organisé en Afghanistan. Les coupables de tous les attentats récents étaient des gens du pays.

 

L’armée veut sauver les apparences. Les généraux ne veulent pas admettre qu’ils ont perdu une guerre de plus. La CIA veut conserver les forces militarisées et les drones dont elle justifie la possession par son engagement en Afghanistan. La production de drogue en Afghanistan, que les États-Unis n’ont jamais vraiment essayé d’arrêter, sert, à ce qu’on dit, à financer les opérations « au noir » de la CIA, tout comme pendant la guerre du Vietnam et divers conflits en Amérique du sud. Les membres du gouvernement afghan vivent tous de l’argent des États-Unis. La guerre en Afghanistan est un racket qui coûte d’innombrables vies afghanes et beaucoup d’argent aux contribuables américains.

 

Trump, qui est maintenant sous le contrôle des généraux de tendance néo-conservative, avait peu de chances de prendre une décision différente. Il avait demandé à son équipe de trouver d’autres solutions, mais aucune ne lui a été fournie :

Le président a dit à McMaster « de retourner à sa table à dessin », a déclaré un officiel. « Mais il revenait toujours avec la même chose. »

L’ancien conseiller stratégique de Trump, Steve Bannon, avait relayé une idée d’Eric Prince, un fournisseur douteux de mercenaires internationaux : confier l’Afghanistan à une entité privée à but lucratif comparable à la Compagnie britannique des Indes orientales. Cette compagnie, à l’aide de sa propre grande armée, a dépouillé l’Inde de tout ce qu’elle avait de précieux et est devenue presque un État dans l’état. Mais Prince et Bannon ont oublié de raconter la fin qu’elle a eue. Elle a capoté après qu’une grande mutinerie en Inde a vaincu ses forces armées et elle a dû être renflouée par le gouvernement. Une entité comme la Compagnie des Indes orientales en Afghanistan donnerait le même résultat que celui d’aujourd’hui.

 

Ensuite, il y a le conte de fées selon lequel l’Afghanistan est riche en minéraux. Mille milliard de dollars de fer, de cuivre, de métaux rares et d’autres choses intéressantes pourraient être extraits du sol. Mais en réalité, les coûts de l’extraction des minéraux en Afghanistan sont, pour diverses raisons, prohibitifs.

 

Le plan de Bannon / Prince était fou, mais il était au moins un peu différent des projets toujours identiques à eux-mêmes de l’armée :

Le secrétaire à la Défense [Mattis] a utilisé cet argument pendant les réunions : « Monsieur le Président, nous n’avons pas fait une guerre de 16 ans, nous avons plutôt fait une guerre d’un an, 16 fois ».

Cette rhétorique a déjà été utilisée il y a cinq ans pour parler de la guerre contre l’Afghanistan. (elle avait au départ été utilisée pour la guerre de 10 ans au Vietnam.) Mattis n’a pas expliqué pourquoi ni comment ce rythme répétitif d’un an pourrait un jour prendre fin.

 

La « nouvelle » partie du plan est de faire pression sur le Pakistan pour qu’il cesse de financer et d’approvisionner les groupes talibans. Ce n’est pas dans l’intérêt du Pakistan et ils ne le feront pas. L’administration Trump veut bloquer le versement annuel à l’armée pakistanaise. Les Etats-Unis ont déjà essayé et la réponse pakistanaise a été de fermer la route d’approvisionnement des États-Unis en Afghanistan. Une autre voie d’approvisionnement en Russie s’était mise en place, mais elle a maintenant été fermée du fait de l’attitude hostile des Américains envers ce pays. Les États-Unis ne peuvent pas soutenir un déploiement en Afghanistan sans une route mer-terre vers le pays.

 

L’armée afghane est, comme le gouvernement, totalement corrompue et pleine de gens qui ne veulent pas se battre. Davantage de « formation » n’y fera rien. Le gouvernement par procuration des États-Unis ne contrôle que quelques-unes des plus grandes villes. Il prétend contrôler de nombreuses régions, mais ses forces sont souvent repliées dans des complexes centraux pendant que les talibans dirigent les campagnes. Au total, les talibans et les seigneurs de guerre qui leur sont alliés détiennent plus de la moitié du pays et continuent de gagner le soutien des habitants. La soi-disant branche de l’EI en Afghanistan a été créée à l’origine par la Direction nationale de la sécurité afghane sous contrôle de la CIA avec des talibans pakistanais :

A Nangarhar, il y a un an, l’avant-garde du mouvement était un groupe de militants pakistanais qui y vivaient depuis des années comme « invités » du gouvernement afghan et des populations locales. Tout en évitant d’abord d’attaquer les forces afghanes, ils ont révélé leur nouvelle allégeance en attaquant les Talibans et en prenant leur territoire.

L’EI en Afghanistan, créée pour être une force anti-taliban, n’est qu’une autre forme de la guerre des seigneurs de la guerre afghans.

 

EN 16 ans, les États-Unis n’ont pas réussi à donner un objectif stratégique réaliste à leur occupation de l’Afghanistan. Ils n’en ont toujours pas. Sans but politique, les militaires sont envoyés dans des opérations tactiques qui ne changent rien sur le long terme. Toute tentative de négocier quelque paix que ce soit en Afghanistan nécessite de parler sérieusement avec les Taliban, le Pakistan, la Chine, la Russie et l’Iran. Personne à Washington n’est prêt à le faire.

 

La probable décision de Trump signifie que l’histoire de l’occupation américaine de l’Afghanistan se poursuivra au cours des prochaines années exactement de la même manière qu’au cours des 16 dernières années. La décision, une fois prise, est peu susceptible de changer avant la prochaine élection présidentielle. Les 16 guerres d’un an en Afghanistan deviendront 20 guerres d’un an, sans gain perceptible.

 

Le seul événement concevable qui pourrait changer la situation est un grand nombre de victimes militaires américaines. Cela pourrait conduire à un vague de sentiment anti-guerre qui pourrait obliger le Congrès à voter la fin de la guerre. Mais les talibans y ont-ils intérêt ?

 

Mise à jour (22 août 2017) :

Trump a annoncé exactement ce que nous avions prédit ci-dessus. L’armée lui a dicté son plan comme auparavant à Obama. Voici le discours de Trump. Il n’est pas différent de celui qu’Obama avait tenu en 2009 : objectifs non définis, nombres de troupes indéfinis, limites de temps indéfinies – bashing du Pakistan (qui rétorquera de même) et pas la moindre idée nouvelle. Tant que les États-Unis ne partiront pas, la guerre se poursuivra sans aucun espoir de fin :

TOLOnews @TOLOnews - 4:43 AM - 22 août 2017

En réponse à l’annonce du président américain # Trump, Talibans affirment qu’ils continueront à se battre "tant que les troupes américaines resteront en #Afghanistan ".

Moon of Alabama

»» http://www.moonofalabama.org/2017/08/four-more-one-year-wars-in-afghanistan.html
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lundi 21 août 2017

Etats Unis: guerre mémorielle et globalisation de l'histoire

 

La crise politico-sociale aux Etats Unis autour des monuments confédérés n'en finit pas. Déboulonner les monuments la nuit, brûler les drapeaux au milieu de cris de joie, plus qu'un défouloir populaire, c'est le signe d'un virage idéologique radical, qui jusque-là avait épargné les Etats Unis. La guerre mémorielle qui touche notre voisin Outre-atlantique n'est que la conséquence logique de la radicalisation idéologique qui s'étend sur nos sociétés. Un monde global ne peut avoir qu'une histoire globale, elle doit donc être "nettoyée" en permanence, à l'image de Wikipedia, version McDo d'Universalis.
 
Monuments et mémoire collective
 
Les monuments jouent un rôle central dans la construction de la mémoire collective d'une Nation. Ils marquent les symboles autour desquels vont se jouer les processus d'identification, mettent en avant les "grands moments" de l'histoire nationale et les "grands hommes" qui l'ont faite. Il ne s'agit pas de poser objectivement ce qui s'est passé et qui l'a fait, il s'agit de construire un discours qui va fédérer un peuple, l'unifier, autour d'une vision du monde. Donc d'une idéologie.
 
C'est justement à la fin de l'URSS que l'on a vu la chute des statues devenir une méthode politique de marquage idéologique. Comme les bolchéviques avaient pratiqué les actes individuels de contrition publique, le libéralisme triomphant pratique l'acte de contrition collectif. La société doit collectivement rejeter son passé non libéral et le signifier au monde entier par la destruction de ses statues. Elle rejoint ainsi le clan du Bien et des Bons, les brutes et les truands restant hors caméra.
 
Le scénario est bien ficelé, il a parfaitement marché pour l'espace post-soviétique, où les statues sont tombées comme des mouches, il a été réemployé lors des guerres de "libération" menées par l'Occident, en Irak par exemple, où l'on se souviendra de la surmédiatisation de la destruction de la statue de Saddam Hussein, symbole de la victoire du Bien sur le Mal. Le pays s'est enfoncé dans le terrorisme, l'Etat est défaillant, mais peu importe. Cela a été repris pour les besoins de la cause en Ukraine après le coup d'Etat organisé par les Etats Unis et l'aide de pays européens, l'histoire publique est réécrite: destruction des statues, changement de nom de rues et de villages. 
 
L'histoire se réécrit en fonction de besoins conjoncturels, mais le processus répond à une vision stratégique: appuyer la victoire d'un clan idéologique sur une mémoire collective adaptée, ce qui implique le nettoyage des images et des discours.
 
Le démontage des Etats Unis
 
Ceci est finalement bien connu. Le plus surprenant est de voir ce processus à l'oeuvre aux Etats Unis, pays exporteur de guerre mémorielle, puisque considéré comme le coeur du processus de globalisation. Voyons cette scène, qui se passe à Durham, en Caroline du Sud, où des "pacifistes anti-fascistes" détruisent une statue de soldat confédéré. Elle nous rappelle la fureur et la bestialité à l'oeuvre en Ukraine ou en Irak.  
 
 
Etrangement, cette statue a été construite en 1924, à l'époque d'une tentative de politique de réconciliation nationale, notamment envers les amerindiens qui obtiennent enfin la nationalité américaine (Indian Citizenship Act), et d'une politique de contrôle de l'immigration, par le renforcement des quotats et le renforcement du contrôle de la frontière avec le Mexique. 
 
Les affrontements de Charlottesville ont servi de détonateur. La ville a décidé de démonter la statue du Général Lee, figure centrale de la guerre de Sécession. Une manifestation contre le démontage a donc été organisée, bien que non autorisée. Des confrontations avec les partisans du démontage furent inévitables. Jusque-là rien d'inhabituel. Jusqu'au moment où la victime sacrificielle est apparue ... sous les roues d'un conducteur "d'extrême droite", qui a jeté sa voiture dans la foule. Ce qui est intéressant est que personne ne connaissait les sympathies de ce conducteur pour l'extrême droit avant la tragédie et qu'il n'appartient à aucun mouvement d'extrême droite.
 
Mais le cocktail est prêt et la machine est lancée, alors que le démontage a lieu depuis des mois. Trump n'intervient pas assez vite au goût de la presse, puis pas assez bien. Finalement il doit lui aussi faire un acte de contrition et dire que le KKK n'est pas fréquentable, ce qui est une lapalissade. Mais lorsque la parodie de la bonne foi médiatique bafouée atteint le stade de la nausée, il a le malheur de rappeler que parmis les manifestants, de part et d'autres, il y a des responsables, des provocateurs, et qu'il n'y a pas que des KKK et des suprémacistes racistes qui s'opposent au démontage. 
 
 
La fureur médiatique se lance encore plus fort. Surout qu'il ose demander, avec un bon sens dont il n'est pas toujours partisan, jusqu'où va aller la folie du nettoyage historique.
La question se pose en effet. En Virginie, le Gouverneur demande de déboulonner les monuments de nuit pour éviter les confrontations, le maire de New York propose d'enlever la plaque commémorative de Pétain datant d'avant la Seconde Guerre Mondiale, un dapeau confédéré est brûlé à Boston qui s'enflamme aussi. L'histoire doit être simpliste, des hordes bestiales nourries par l'inculture sont lancées pour la démonter.
 
Finalement, dans toute cette tornade médiatico-sociale, il est reproché à Trump de ne pas jouer la carte de la guerre des communautés et de tenter de les réconciler pour éviter l'explosion. Assez surprenant quand même. Quelques conclusions s'imposent à ce stade des évènements.
 
1) Le communautarisme ne fonctionne pas. L'élection d'Obama a redonné des espoirs aux noirs d'obtenir une revanche. Ils ne l'ont pas eu, Obama était le candidat d'un système qui avait besoin de jouer cette carte, non pas de défendre les droits des noirs. Trump, qui a été élu à la surprise générale, a laissé croire par son discours conservateur que l'extrême droite pourrait elle aussi avoir sa revanche. Ces espoirs aussi ne furent pas satisfaits, il n'a pas soutenu le KKK ou les supémacistes, mais cherche un compromis pour cette société multi-culturelle, crispée sur ses différences. Autrement dit, les différentes communautés ne vivent pas ensemble, elles vivent les unes à côté des autres, chacune cherchant à dominer dans le contexte politique. En jouant la carte du diviser pour mieux régner, l'état profond risque de faire exploser le système qui reposait sur un mythe; celui de la cohabitation pacifiée et acceptée.
 
2) L'Etat profond, ou de Deep state, n'est pas les Etats Unis. L'on a tendance à considérer les Etats Unis comme le centre névralgique de la globalisation. Mais l'on confond l'état profond, celui qui dure quels que soient les changements électoraux, avec les Etats Unis dans leur ensemble. L'élection surprise de Trump a remis sur le devant de la scène ces Etats Unis méconnus et méprisés par la communauté internationale globalisée.
 
Un clan idéologique, néoconservateur aux Etats Unis ou néolibéral en Europe, monopolise le discours politique et médiatique, constituant ainsi "l'opinion publique", en dehors de laquelle il n'est point de salue. S'ils viennent étrangement de la droite financiste, l'idéologie s'est emparée des mouvements de gauche de type révolutionnaire (trotskistes et néo-trotskistes) pour accoucher d'un monstre globaliste détruisant la répartition gauche/droite, comme l'illustre Macron en France. Ce que certains appelaient la fin de l'idéologie : puisqu'il n'y en a qu'une et qu'elle ne peut accepter la concurrence, nous ne sommes plus censés la voir. Il y aurait ainsi des pacifistes de gauche, qui ne peuvent qu'être pacifistes, sous la carte antifas, altermondialistes et autres foutaises pour esprits simplifiés, face à une droite identifiée à l'extrême droite dès qu'elle n'est pas mondialiste. Et pour être certains de ne pas se tromper, l'on sort même quelques croix gammées, symbole particulièrement bien instrumentalisé ces derniers temps, pour bien montrer où sont les méchants, ceux-là étant historiquement incontestables.
 
Dans cette furie, le dernier conseiller tant décrié de D. Trump, S. Bannon, déclare que la présidence de Trump, celle pour laquelle ils se sont battus et ont été élu, est terminée. C'est pourquoi il part, mais le combat va continuer, ailleurs.
 
La question qu'il reste à résoudre reste de savoir jusqu'où les néoconservateurs sont-ils prêts à détruire le navire s'il ne les conduit pas à bon port? Et jusqu'où les véritables anti-globalistes, qui ne constituent pas l'état profond et n'ont rien à voir avec ces mouvements altermondialistes téléguidés, sont prêts à aller pour empêcher que le navire ne continue à s'éloigner du port des états démocratiques souverains? D'une certaine manière, une bataille idéologique décisive se livre aux Etats Unis.
 

 

Août 2017

La chronique de Recherches internationales

 

Le retour gagnant des néoconservateurs américains

 

 

Pierre Guerlain Université Paris-Nanterre

 

 

Le cirque permanent qu'est la présidence Trump est un spectacle qui occupe et enrichit les médias dominants mais obscurcit les enjeux fondamentaux de cette présidence. Il est clair que Trump ne connaît pas grand chose aux phénomènes politiques et économiques, qu'il n'a pas l'envergure intellectuelle pour comprendre l'assurance santé ou les relations internationales et qu'il semble changer d'avis et de politique au gré des influences diverses qui s'exercent sur lui. Homme égocentrique, caractériel et impulsif, il accumule les gaffes, les contradictions et les renvois des responsables qu'il a nommés. Son tout nouveau chef de cabinet, John Kelly, a commencé par virer son directeur de la communication, Scaramucci, nommé dix jours plus tôt et qui avait lui obtenu la démission de deux proches.

 

 

Néanmoins, dans le chaos perpétuel on peut distinguer les zones dans lesquelles Trump peut donner libre cours à ses préférences réactionnaires, ses préjugés et son envie d'apparaître comme le chef incontesté et les autres, finalement plus nombreuses ou importantes, dans lesquelles il est ligoté par ce que les Américains appellent l'Etat de sécurité nationale ou le complexe militaro-industriel et médiatique ou encore l'Etat profond.

 

 

Lorsque Trump décide de faire l'annonce que les États-Unis vont se retirer de l'accord de Paris (COP 21) sur le réchauffement climatique, il est critiqué par les Démocrates dans leur ensemble et des villes ou Etats fédérés prennent des initiatives pour lutter contre ce réchauffement. Les Républicains au Congrès approuvent et le choix d'une politique catastrophique pour la planète permet un rapprochement entre Trump et les frères Koch, les milliardaires ennemis de toute réglementation environnementale.

 

 

Lorsque Trump bombarde le régime syrien, sans stratégie finale sur le plan diplomatique, la quasi-totalité de la classe politique l'applaudit et le trouve présidentiel. Ses déclarations incendiaires sur la Corée du Nord, un Etat au régime abominable mais que l'on pourrait engager par des ouvertures diplomatiques, rendent la possibilité d'une nouvelle guerre de Corée plus plausible. La classe politique applaudit.

 

 

Sur l'Iran, Trump est, depuis le début, car sur ce point il n'a pas varié entre la campagne et son exercice du pouvoir, aligné sur les néoconservateurs, Israël et Hillary Clinton. L'élite du pouvoir comme disait déjà C. Wright Mills dans les années 50 a une position commune sur l'Iran qui est désigné, contre toute évidence, comme le principal responsable du terrorisme au Moyen-Orient. Obama avait obtenu l'un de ses plus grands succès en parvenant, avec ses 5 partenaires qui incluaient la France, la Russie, l'Allemagne et la Chine, à un accord sur le nucléaire iranien. Trump a tout fait pour « déchirer » cet accord, terme qu'il avait lui-même utilisé durant la campagne.

 

 

Sur la Russie, il est clair que Trump ne peut plus rien décider lui-même. Les sanctions votées par le Congrès américain montrent que le président n'a aucune marge de manœuvre, il est devenu une potiche.

 

 

Trump disait vouloir améliorer les relations avec la Russie, comme Obama en son temps lorsqu'il avait parlé d'un redémarrage, mais il a aussi fait des déclarations outrancières d'admiration pour Poutine en homme fort, de demande d'intervention russe pour dévoiler les emails de sa rivale démocrate et il s'est souvent tiré une balle dans le pied dans l'affaire de l'enquête sur l'ingérence supposée de la Russie dans le processus électoral américain. Il ne peut donc pas améliorer les relations avec la Russie, une idée qui n'est pas choquante en elle- même puisqu'elle renvoie aux périodes dites de détente autrefois entre URSS et États-Unis. Au contraire, Trump doit accepter la stratégie de la tension et de l'escalade voulue par le complexe militaro-industriel et les médias dominants qui sont eux-mêmes la propriété de grands groupes industriels. Sa parole est totalement dévalorisée en ce qui concerne la Russie. Ce qu'il dit n'a aucun effet sur la politique américaine et donc aucun impact sur les dirigeants russes qui savent à quel point il est isolé et sans pouvoir réel. Il a rencontré le président russe Poutine lors du sommet du G20 à Hambourg en Allemagne (juillet 2017) et les médias dominants ont longuement disserté sur la longueur de leur entretien principal, sur le fait qu'il y avait eu un autre court entretien en continuant à insister sur la possible collusion entre Trump et Poutine. Lors de son voyage retour Trump a mis au point un discours pour son fils, soupçonné de collusion avec des agents russes dans l'avion officiel du président des États- Unis, Air Force One. Sa conversation, privée dans un lieu qui doit être protégé, s'est retrouvée dans les médias et a tout de suite constitué un élément à charge dans l'enquête sur une éventuelle collusion avec la Russie. Les services secrets espionnent le président dans son avion officiel et font fuiter l'information obtenue dans les journaux et pratiquement personne ne trouve qu'il y a un problème dans ce mode de fonctionnement.

 

 

Trump et Poutine avaient décidé de mettre sur pied une commission sur l'espionnage numérique, projet vite écarté par ceux qui ont le pouvoir aux États-Unis. Le discours tenu à Varsovie, sous les applaudissements des ultra-réactionnaires au pouvoir en Pologne, n'a pas suscité de nombreux commentaires et pourtant Trump y tenait des propos xénophobes, réactionnaires et anti-russes. Rien qui puisse gêner le complexe militaro-industriel qui, par ailleurs s'est réjoui des achats d'armes sophistiquées par Varsovie. Trump en représentant de commerce pour le secteur de la défense américain ne fait pas peur. Son public polonais qui l'a ovationné ne croit pas du tout à la collusion avec la Russie, il apprécie le discours réactionnaire et nationaliste du président américain qui ressemble à celui des dirigeants polonais.

 

 

L'hostilité envers un personnage aussi problématique que Trump est fort compréhensible mais elle ne se manifeste que dans certains cas ou pour certaines outrances. Il n'est pas très sain pour une démocratie que les services secrets, alliés aux médias qui recueillent leurs fuites, décident à la place des élus, même si ces élus sont très incompétents ou problématiques.

 

 

Les États-Unis sont donc dans une situation relativement inédite où la pétaudière de la Maison Blanche est connue de tous, où le président est en butte avec ses services secrets dont il dépend pourtant pour mettre au point les opérations militaires. Il est également en conflit avec presque tous les médias ; ses conseillers et le parti républicain ne le soutiennent que sur certains plans. Sa représentante à l'ONU, Nikky Haley, dit des choses fort différentes de ce qu'il affirme et défend la ligne anti-russe, très anti-iranienne et pro-israélienne des néoconservateurs. Son ministre des affaires étrangères dit aussi des choses diamétralement opposées aux siennes. Ainsi, sur la crise entre l'Arabie saoudite et ses alliés du Golfe, d'une part, et le Qatar, d'autre part, Trump, qui ne semblait pas savoir que les États-Unis avaient une gigantesque base militaire au Qatar, a pris le point de vue saoudien et mis de l'huile sur le feu tandis que Tillerson jouait l'apaisement.

 

 

Sur la Chine, les déclarations hostiles ont été suivies par des protestations d'amitié puis des mises en garde si la Chine ne réglait pas le problème de la Corée du Nord. On voit là une habitude d'un magnat de l'immobilier qui donne des ordres (« allez réglez moi ça ») sans faire quoi que ce soit lui-même. L'incompétence crasse de Trump en relations internationales ne semble être un problème qu'avec la Russie. Même avec la Chine, il y a un semblant de dialogue rationnel. Donc pas de sanctions lourdes ou de guerre froide avec ce pays qui pourtant est le vrai rival des États-Unis pour l'hégémonie mondiale et sur le plan économique.

 

 

La focalisation sur l'Iran et la Russie et le choix de vendre des armes à l'Arabie saoudite, dont on n'exige pas la démocratie ou le respect des droits humains, ou à la Pologne, qui elle aussi s'éloigne de l'Etat de droit, ne sont pas le résultat du chaos organisé par un Trump bouffon irascible.

 

 

Nous retrouvons là les grandes lignes de la politique étrangère de l'administration de George

 

 

W. Bush éminemment influencée par les néoconservateurs. Cette ligne aboutit à renforcer le pouvoir des durs, les mollahs, en Iran, elle attise la défiance du dictateur nord-coréen qui joue avec ses missiles pour assurer sa défense et elle rend Poutine plus populaire en Russie, tout en précipitant son pays dans les bras de la Chine.

 

 

On pourrait penser que tout cela est bien irrationnel et ne conduira pas à des victoires diplomatiques. Cependant le secteur de la défense adore la guerre permanente qui assure les profits des fabricants d'armes et les bouffonneries d'un Kim Jung Un légitiment les escalades verbales voire militaires. La détente était autrefois attaquée par les plus réactionnaires, elle est aujourd'hui interdite par les deux partis dominants et tous les secteurs de l'élite du pouvoir.

 

 

Le président brouillon et braillard a délégué la prise de décision à divers individus ou groupes et ne conçoit son rôle que dans une optique de relations publiques (pouvoir dire « c'est moi qui gagne »). Son administration est truffée de néoconservateurs recommandés par divers acteurs dont Mitt Romney. Ceux-ci avaient pourtant, en général, pris parti pour Hillary Clinton durant la campagne. Trump est entouré de ceux dont il s'était moqué durant la campagne car n'ayant pas de réseau à Washington et étant extérieur au milieu de la politique, il a dû nommer des gens qui lui ont été recommandés par les caciques du parti républicain qui pourtant lui sont hostiles.

 

 

L'hostilité des conservateurs traditionnels ne provient pas des multiples attaques contre les services sociaux ou les déclarations racistes, sexistes, xénophobes ou les diverses abjections de Trump mais de son côté imprévisible et de ses déclarations à l'emporte pièce sur l'Otan, qu'il jugeait obsolète, ou la Russie avec qui il disait voulait avoir de bonnes relations. Lorsque Trump semble s'éloigner des lignes du complexe militaro-médiatico-industriel, il inquiète mais lorsqu'il rentre dans le rang, on le loue. Evidemment même ses déclarations critiques de l'Otan ou de l'Arabie saoudite ou apparemment pro-Poutine n'étaient pensées, elles ne faisaient pas partie d'une idéologie ou d'une politique mûrement réfléchie mais, comme tout le reste, faisaient partie du numéro de bateleur aiguisé par des années de télé-réalité.

 

 

Ce qui est notable dans le grand retour des néoconservateurs est qu'aujourd'hui ceux-ci incluent un grand nombre de démocrates, les fameux interventionnistes libéraux qui avaient poussé Obama à intervenir en Libye en 2011. Obama avait en son temps été critiqué pour sa mollesse vis à vis de la Russie, notamment par Romney, et aussi pour son refus de l'escalade au Moyen Orient, en Syrie et contre l'Iran. Il avait su obtenir un accord sur le nucléaire iranien au grand dam des néoconservateurs et des Israéliens. Trump ne cesse de vouloir se distinguer d'Obama mais il subit les mêmes pressions que lui de la part des mêmes néoconservateurs aujourd'hui alliés des démocrates qui font de la Russie l'ennemi principal des États-Unis et de l'Arabie saoudite et d'Israël leurs principaux alliés.

 

Les néoconservateurs que l'on pensait discrédités après la catastrophe de l'intervention militaire en Irak en 2003 sont donc revenus sur la scène, pas sur le devant de la scène mais dans les coulisses. Aujourd'hui ils font alliance avec les Démocrates militaristes, ceux qui étaient regroupés derrière Hillary Clinton et tiennent l'appareil du parti. Cette alliance a ses relais dans les médias et bénéficie de l'incompétence et du narcissisme de Trump qui s'en remet à d'autres pour appliquer des politiques qu'il ne peut formuler lui-même et qui est englué dans l'affaire du Russiagate puissamment orchestrée par les services secrets et les médias dominants. Cette alliance a pris la forme d'une association appelée Alliance for Securing Democracy, un titre préoccupant lorsque l'on sait que les interventions militaires américaines sont toujours vendues au nom de la promotion de la démocratie.

 

 

Trump est donc bien cette figure abjecte décrite par les médias dominants mais il ne faut pas prendre l'arbre pour la forêt. Ceux qui affirment le détester en politique étrangère et le font passer pour un agent russe, sont essentiellement les néoconservateurs qui se vantaient au début des années 2000 en disant que « les vrais hommes vont à Téhéran ». La capitale iranienne est toujours dans leur viseur et les faucons démocrates prennent le risque de relancer une guerre froide avec la Russie qui pourrait déraper, tout comme avec la Corée du Nord.

 

 

Les sanctions américaines contre l'Iran, la Russie et la Corée du Nord vont toucher des entreprises européennes, surtout allemandes. Ces sanctions justifiées par des raisons pseudo- éthiques, respect du droit international et des droits humains, sont une façon de faire la guerre commerciale à l'Europe, de marginaliser et affaiblir la Russie en prenant le risque d'un conflit qui dégénère. Le Congrès américain ne modère donc pas le clown cruel Trump mais le coince dans un tunnel et l'encourage à prendre les pires décisions. L'opposition aux néoconservateurs militaristes était plus forte du temps de George W. Bush car le ralliement de ces néoconservateurs à Clinton leur a assuré une hégémonie gramscienne sur le débat public en politique étrangère. Seuls la gauche radicale, certains paléo-conservateurs ou les libertariens autour de Rand Paul dénoncent à la fois Trump et les néoconservateurs qui font mine de s'opposer à lui en le mettant au pas.

 

 

Au-delà donc du cirque médiatique quotidien que le bouffon qui se prend pour le roi anime, par Twitter et télé interposés, les forces qui composent l'Etat profond, celui du « parti de la guerre » sont donc alignées : services secrets, complexe militaro-industriel, médias dominants pris dans la nouvelle hégémonie néoconservatrice. Certes, ils ne sont pas d'accord sur la personnalité de Trump et certains aimeraient bien le voir destitué pour être remplacé par un néoconservateur guerrier mais plus lisse et prévisible, Mike Pence, mais pour le moment sur tout ce qui compte Trump est bien ligoté et espionné par ses services secrets. Il suffit de lui faire croire que c'est lui qui décide et qu'il gagne pour qu'il fasse le boulot, c'est à dire satisfaire les vrais détenteurs du pouvoir. Sur la Russie il se fait parfois tirer l'oreille mais, au bout du compte, il dit ou fait dire ce qu'il faut, vend les armes aux bons alliés, fait grimper la bourse et fait peur au monde entier qui craint la superpuissance américaine. Le président vaniteux et irascible est finalement très docile, les États-Unis s'enfoncent dans la militarisation à outrance et tant pis si cela éviscère la société américaine et favorise l'hégémonie chinoise à moyen terme. A court terme, (le seul qui compte pour la capitalisme qui détruit la planète), le chaos rapporte gros.

 

Cette chronique est réalisée en partenariat rédactionnel avec la revue Recherches internationales à laquelle collaborent de nombreux universitaires ou chercheurs et qui a pour champ d’analyse les grandes questions qui bouleversent lemonde aujourd’hui, lesenjeux de la mondialisation, les luttes de solidarité qui se nouent et apparaissent de plus en plus indissociables de ce qui se passe dans chaque pays.

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La guerre mondiale qui vient sera provoquée par les États-Unis

 

20 Août 2017 , Rédigé par Réveil Communiste

La guerre mondiale qui vient :

 

Le danger de guerre actuel provient exclusivement des États-Unis qui ont obtenu leur hégémonie mondiale en gagnant les trois précédentes (on peut considérer la guerre froide en comptant les conflits localisés qui l’ont accompagné (Viet Nam, Proche Orient) comme la troisième), et qui sont tentés de la conserver en s’engageant dans une quatrième.

 

Aucune autre puissance n’est en mesure de menacer la paix. Le terrorisme, notamment, n’est qu’un instrument au service des États-Unis, soit un allié direct comme en Syrie, soit un adversaire idéal qui ne présente aucun danger réel, et qui joue son rôle dans la mise en condition militaire des peuples occidentaux, et leur acceptation, au rebours de leurs valeurs individualistes, d’un État policier et d’une société de contrôle total.

 

Les États-Unis du capitalisme en déclin de l’année 2017 peuvent croire qu'ils ont objectivement intérêt à la guerre dans cette décennie. Leur équipement militaire hypertrophié et leur expérience du combat réel leur donnent la certitude trompeuse d'une victoire dans n’importe quel conflit armé classique, à condition qu’ils puissent construire le consentement de leur opinion à une telle démarche sanguinaire, mais cette avance est financée par la contribution du reste du monde à commencer par la Chine, qui comble les déficits abyssaux de l'économie américaine, et d’ici dix ou vingt ans elle aura disparu.

 

Depuis la crise de 2008, ils sont entrés dans une phase agressive, s’attaquant à des nations petites ou moyennes, le plus souvent en utilisant des collaborateurs locaux, des séparatistes, des réactionnaires religieux, des intermédiaires en apparence non étatiques et des auxiliaires étrangers, une « société civile » ad hoc cultivées dans leurs universités  et recrutée dans un certain nombre de pays stratégiques.

 

Mais ils ont aussi mené des guerres directes dont le but réel semble bien tout simplement de maintenir en état opérationnel leurs forces armées et de tester leurs armements. Ils sont déjà lancés dans une cyber guerre  ouverte avec le reste du monde.

 

Il faut bien comprendre que la déclaration officielle de guerre au terrorisme en septembre 2001 a une importance fondamentale dans l’histoire de l’Empire américain : il s’agit d’une revendication de souveraineté qui porte sur l’ensemble du territoire mondial, et qui met fin à la politique internationale telle qu’elle était pratiquée depuis les traités de Westphalie au moins (1648). Ils revendiquent le statut et rang de seul État souverain.

 

Mais les moyens indirects ont eu leur préférence depuis leur relatif échec en Irak et en Afghanistan.

 

Ils ont réussi à prendre le contrôle du gouvernement de plusieurs États en instrumentalisant une opposition stipendiée de longue date, et en pratiquant avec l’aide des grands groupes de médias une déstabilisation intérieure de grande échelle. Comme l'a symboliquement établi la destruction de l'ambassade à Belgrade en 1999, l’ennemi principal des États-Unis est bien entendu la Chine, dont le surgissement prochain au premier rang économique mondial épouvante l’oligarchie occidentale. Les actions erratiques de l’Occident piloté par les États-Unis ont paradoxalement renforcé ce rival, en consolidant son alliance avec la Russie, et l’effondrement annoncé de la présidence Trump n’a fait qu’accélérer ce mouvement.

 

Une guerre directe contre la Chine, sous la forme de pression externes et de blocus maritime et aérien de son territoire, dont le littoral est étroitement verrouillé par les bases américaines, est techniquement possible et même jouable, pour gagner, mais au prix de provoquer une très forte crise économique internationale dont les effets seraient imprévisibles. Les militaires ne font rien d’imprévisible. Mais ils ont une certaine tendance à la surestimation de leurs capacités, qui en l’occurrence sont incontestablement très fortes, et la tentation de chercher des solutions technologiques à des problèmes stratégiques, notamment pour neutraliser les armes nucléaires.

 

Cependant, les États-Unis eux-mêmes ne sont pas un sujet géopolitique pleinement souverain, et le pouvoir réel va se chercher dans un milieu international où leurs ressortissants sont les plus influents mais non exclusivement. Milieu composé des institutions financières et des banques, des cadres dirigeants des multinationales et des ONG qui recrutent leurs cadres dirigeants dans les mêmes écoles, des médias internationaux, etc. Dans ces milieux, la perspective d’une guerre qui ne soit plus une guerre asymétrique à zéro mort dans son camp crée un malaise.  Ils conservent parfois la culture historique suffisante pour comprendre que la guerre ouverte comme solution des contradictions du capitalisme n’est pas la meilleure option, parce qu'elle peut déboucher sur la révolution. Ils soutiendront toutes les guerres néocoloniales ou contre-révolutionnaires, mais chercheront à éviter un conflit majeur avec les puissances émergentes capitalistes. En cas de guerre mondiale ouverte et déclarée, l'expérience historique montre que la puissance qui en a pris l'initiative perd la mise.

 

Certains alliés secondaires (Grande Bretagne, France, Israël, Arabie saoudite) peuvent être tentés de jeter de l'huile sur le feu pour acquérir un rang de « senior partner » dans l’alliance occidentale.

 

Tout ce qui contribue à affaiblir la résistance à l'hégémonie des États-Unis rend la guerre plus probable, car elle crédibilise chez les pions qui nous gouvernent l'idée d'une guerre technologique victorieuse propre et rapide. L'effondrement de la Libye a rapproché le monde de la catastrophe. La résistance de la Syrie, mais aussi de la Corée, face aux ingérences impériales, éloigne la guerre.

 

L'anti-impérialisme et le mouvement international pour la paix sont donc redevenus les priorités existentielles pour l’avenir de l’humanité.

 

GQ , 13 août 2017

21 août 2017

George Monbiot, Buchanan et le capitalisme totalitaire

 

« Buchanan, indique George Monbiot, avait raison sur un point : il y a un conflit intrinsèque entre ce qu’il appelait « la liberté économique » et la liberté politique. La liberté complète pour les milliardaires signifie la pauvreté, l’insécurité, la pollution et la disparition des services publics pour le reste de la société. Etant donné que nous ne voterons jamais pour un tel programme, il ne peut être mis en place qu’en ayant recours à la tromperie et à un contrôle autoritaire. Le choix auquel nous sommes confrontés oppose un capitalisme sans restriction et la démocratie. Nous ne pouvons pas avoir les deux.Le programme de Buchanan est un mode d’emploi pour la mise en place d’un capitalisme totalitaire. Et ses disciples ont à peine commencé à le mettre en application... »

Reprenons la lecture de l'article de George Monbiot...

Michel Peyret


16/08/2017

Le tyran (dé)masqué : la mission d’un homme pour détruire la démocratie, par George Monbiot

 

Source : The Guardian, George Monbiot, 19-07-2017

 

‘ Buchanan a développé un programme caché pour supprimer la démocratie pour le compte des très riches. Il refaçonne la politique. Illustration: Sébastien Thibault’

La vision de James McGill Buchanan d’un capitalisme totalitaire a infecté les politiques publiques aux Etats-Unis. Aujourd’hui, elle est en train de s’exporter.

C’est le chapitre manquant : une clé pour comprendre la politique de la dernière moitié du vingtième siècle. Lire le nouveau livre de Nancy Mac Lean: “Democracy in chains : The Deep History of the Radical Right’s Stealth Plan for America”, c’est voir ce qui jusqu’alors était demeuré invisible.

Le travail du professeur d’histoire sur le sujet commença par accident. En 2013, elle tomba sur une maison coloniale abandonnée sur le campus de l’université George Mason en Virginie. Celle-ci était remplie d’archives non classées appartenant à un homme mort cette année là et dont le nom ne vous est probablement guère familier : James McGill Buchanan. Elle affirme que la première chose qu’elle récupéra fut un lot de lettres confidentielles concernant des millions de dollars transférés à l’université par le milliardaire Charles Koch.

Ses découvertes dans cette maison des horreurs révèlent comment Buchanan, avec l’aide de magnats des affaires et des instituts financés par ces derniers, développèrent un programme secret pour supprimer la démocratie au bénéfice des ultra-riches. Ce programme est en train de remodeler la sphère politique et pas seulement aux Etats-Unis.

Buchanan fut fortement influencé à la fois par le néolibéralisme de Friedrich Hayek et de Ludwig von Mises ainsi que par le défenseur du primat de la propriété John C. Calhoun, lequel défendit dans la première moitié du XIXème siècle l’idée selon laquelle la liberté consiste à avoir le droit absolu d’utiliser votre propriété (y compris vos esclaves) comme vous le souhaitez ; toute institution qui empiète sur ce droit est un agent d’oppression, exploitant les possédants pour le compte de la masse.

James Buchanan réalisa la synthèse de ces influences pour créer ce qu’il appela la théorie du choix public. Selon cette dernière, une société ne peut être considérée comme libre à moins que chaque citoyen n’ait la possibilité de mettre un veto sur les décisions prises par celle-ci.

Pour Buchanan, cela voulait dire concrètement que personne ne devait être imposé contre sa volonté. Or, selon lui, les riches étaient exploités par ceux qui utilisent leur vote pour leur extorquer de l’argent et qui l’utilisent pour financer, via l’impôt, la dépense publique et les systèmes de protection sociale. Autoriser les travailleurs à créer des syndicats et mettre en place des niveaux d’imposition progressifs sur le revenu était l’exemple d’une législation « discriminatoire ou différentielle » envers les détenteurs du capital.

Tout conflit entre “la liberté » (autoriser les riches à agir comme bon leur semble) et la démocratie devait être résolu en faveur de la liberté. Dans son livre, « The Limits of Liberty », Buchanan notait que « le despotisme pourrait être la seule forme d’organisation alternative à la structure politique telle que nous l’observons. »

Le despotisme au nom de la défense de la liberté.

Sa solution à ce problème était une “révolution constitutionnelle” : créer des contraintes irrévocables pour limiter le choix démocratique. Sponsorisé durant toute sa carrière par des fondations appartenant à des milliardaires et de grandes entreprises, il développa un cadre théorique pour présenter à quoi ressemblerait sa révolution constitutionnelle ainsi que la stratégie pour la mettre en œuvre.

Il expliqua comment les politiques de déségrégation dans les écoles du sud des Etats-Unis pourraient être mises en échec en créant un réseau d’écoles privées soutenues par les états. Il fut le premier à proposer de privatiser les universités et d’imposer aux étudiants de payer l’intégralité des frais de scolarité : son but initial était d’écraser le militantisme étudiant.

Il appela à privatiser la sécurité sociale et de nombreuses autres fonctions de l’Etat. Il chercha à rompre les liens entre le peuple et le gouvernement et à réduire à néant la confiance envers les institutions. Pour résumer, son objectif était de sauver le capitalisme de la démocratie.

En 1980, il put mettre son programme en action. Il fut invité au Chili où il aida la dictature de Pinochet à écrire une nouvelle constitution qui, grâce aux habiles mécanismes proposés par Buchanan, s’est avérée impossible à abroger complètement. Pendant que la torture et les massacres faisaient rage, il conseilla le gouvernement d’étendre les programmes de privatisation, d’austérité, de restriction monétaire, de dérégulation et de destruction des syndicats : un ensemble de mesures qui contribuèrent à un effondrement économique en 1982.

Rien de tout cela ne troubla l’Académie Suédoise qui, par le biais de Assar Lindbeck de l’université de Stockholm, un supporteur de Buchanan, lui attribua le prix d’économie en mémoire d’Alfred Nobel. C’est une des décisions qui, parmi d’autres, contribuèrent à discréditer ce prix. Mais son pouvoir commença vraiment à se faire sentir lorsque Koch, actuellement la septième fortune des Etats-Unis, décida que Buchanan possédait la clé qui lui permettrait d’enclencher la transformation qu’il souhaitait. Koch considérait même des idéologues comme Milton Friedman ou Alan Greenspan comme des « vendus » car ils cherchaient à améliorer l’efficacité du gouvernement plutôt que de lé détruire purement et simplement. Buchanan poussa cette logique jusqu’au bout.

MacLean affirme que Charles Koch injecta des millions de dollars dans le travail de Buchanan à l’université George Mason dont les départements d’économie et de droit ressemblent davantage à des think-tanks financés par des entreprises qu’à des institutions universitaires. Il utilisa l’économiste pour recruter les « cadres » destinés à mettre en place son programme (Murray Rothbard de l’institut Cato fondé par Koch, a exhorté le milliardaire à étudier les techniques de Lénine et à les appliquer à la cause libertarienne). A eux deux, ils commencèrent à développer un programme destiné à changer les règles.

Les papiers découverts par MacLean montrent que Buchanan considérait la dissimulation comme étant cruciale. Il avertit ses collaborateurs que « le secret de la conspiration est en tout temps essentiel ». Au lieu de révéler le but final, ils allaient avancer pas à pas, par paliers. Par exemple, au lieu de chercher à détruire le système de sécurité sociale, ils affirmeraient vouloir le sauver arguant que sans des « réformes » radicales, ce dernier était condamné (le même argument est utilisé par ceux qui attaquent le NHS [le système de santé britannique]. Petit à petit, ils construiraient une « contre-intelligentsia », alliée à « vaste réseau de pouvoir politique » destiné à devenir la nouvelle élite.

Par le réseau de think-tanks que Koch et les autres milliardaires ont financé, par leur transformation du parti républicain et les centaines de millions qu’ils ont injecté dans les élections législatives et judiciaires américaines, par la colonisation massive de l’administration de Trump par les membres de ce réseau et par les campagnes redoutablement efficaces contre un ensemble de sujets allant de la santé publique au changement climatique, il serait juste de dire que la vision de Buchanan est arrivée à maturité aux Etats-Unis.

Mais pas seulement là-bas. Lire ce livre fut comme enlever la couche de buée recouvrant la fenêtre d’où j’observe la vie politique britannique. La grande liquidation des réglementations mise en évidence par le désastre de la tour Greenfel, la destruction de l’architecture de l’Etat par l’austérité, les règles budgétaires, le démantèlement des services publics, les frais de scolarité et le contrôle des écoles : toutes ces mesures suivent le programme de Buchanan à la lettre. Je me demande combien de personnes ont conscience que le projet des écoles libres de David Cameron s’appuie sur un projet conçu pour lutter contre la déségrégation du sud des Etats-Unis.

Buchanan avait raison sur un point : il y a un conflit intrinsèque entre ce qu’il appelait « la liberté économique » et la liberté politique. La liberté complète pour les milliardaires signifie la pauvreté, l’insécurité, la pollution et la disparition des services publics pour le reste de la société. Etant donné que nous ne voterons jamais pour un tel programme, il ne peut être mis en place qu’en ayant recours à la tromperie et à un contrôle autoritaire. Le choix auquel nous sommes confrontés oppose un capitalisme sans restriction et la démocratie. Nous ne pouvons pas avoir les deux.

Le programme de Buchanan est un mode d’emploi pour la mise en place d’un capitalisme totalitaire. Et ses disciples ont à peine commencé à le mettre en application. Grâce aux découvertes de MacLean, nous pouvons au moins prendre conscience de son existence. L’une des premières règles en politique est : connais ton ennemi. On s’en approche.

Traduction par Camille M.

Source : The Guardian, George Monbiot, 19-07-2017

Posté par Michel Peyret

Publié par El Diablo

CANADA : Un touriste français paie 1110 dollars pour deux points de suture

 

CANADA : Un touriste français paie 1110 dollars pour deux points de suture

Un touriste français paie 1110 dollars pour deux points de suture

 

Les frais administratifs pour l’ouverture de son dossier lui ont couté plus de 1000 dollars

 

Un touriste français s’insurge d’avoir dû payer des frais d’administration de 1050 dollars pour une visite à l’urgence, alors que l’acte médical n’a coûté que 60 dollars.

 

Samedi le 5 août 2017, Frank Touri, a eu le front coupé par l’hélice d’un bateau et le sang coulait à flots, il a vomi, puis il a perdu connaissance.

 

Son ami l’a alors rapidement conduit à l’hôpital Suroît, à Valleyfield, en Montérégie, où on lui a dit que les frais seraient de 1500 dollars et qu’on le rembourserait si ça coûtait moins.

 

Même s’il était assuré, il a trouvé les frais excessifs. Il s’est alors rendu à l’hôpital Barrie Memorial, à Ormstown, toujours en Montérégie.

 

(…)

LIEN VERS LA SUITE DE L’ARTICLE CI-DESSOUS :

Un touriste français paie 1110$ pour deux points de suture

Un touriste français paie 1110$ pour deux points de suture

Un touriste français s'insurge d'avoir dû payer des frais d'administration de 1050 $ pour une visite à l'urgence, alors que l'acte médical n'a coûté que 60 $. Samedi le 5 août, Frank Touri, ...

 

http://www.journaldemontreal.com/2017/08/12/un-t

18 août 2017

Michel Makinsky, Moyen-Orient, Trump ou l’allumeur d’incendies

« Dès le début de la crise, le gouvernement iranien a adopté une double posture : il a invité le Qatar et ses protagonistes à résoudre leur désaccord par la voie diplomatique et les a mis en garde contre les dangers d’une escalade . Les media se sont enflammés sur le sujet, les opinions étant partagées entre ceux, notamment réformateurs, qui poussent à prendre parti pour le Qatar, y voyant une opportunité pour l’économie iranienne et ceux qui invitent à faire preuve de retenue , de neutralité dans une « guerre de sheikhs » . Tous condamnent l’Arabie saoudite. Surtout, Téhéran a dénoncé la responsabilité américaine dans le déclenchement de cette crise en mettant en cause l’attitude de Trump lors de sa visite à Riyad où il avait par ailleurs fustigé l’Iran comme sponsor du terrorisme . N’oublions pas que les relations irano-qataries sont loin d’être harmonieuses. L’exploitation du champ gazier conjoint de South Pars est un sujet de frictions car l’Iran reproche au Qatar de tirer des quantités de gaz bien supérieures aux siennes (en avril 2017, le Qatar a mis fin à un moratoire), Téhéran n’ayant pas beaucoup de moyens de moderniser son extraction mais ayant décidé de combler son retard. L’augmentation de la part iranienne de production gazière est un enjeu prioritaire , d’où une nervosité perceptible sur ce sujet..."

Reprenons la lecture de l'analyse de la crise...

Michel Peyret


L’Iran entre deux orages : attentats à Téhéran et crise du Qatar (3/3) 


Article publié le 17/08/2017

Par Michel Makinsky

Michel Makinsky

Dernières actualités

Directeur Général d’AGEROMYS INTERNATIONAL, collaborateur scientifique à l’université de Liège.
Dernière publication : « L’Economie réelle de l’Iran, au-delà des chiffres », ouvrage collectif, Paris, L’Harmattan, 2014.

Lire les parties 1 et 2 : 
L’Iran entre deux orages : attentats à Téhéran et crise du Qatar (1/3)
L’Iran entre deux orages : attentats à Téhéran et crise du Qatar (2/3)

Donald Trump et la crise du Qatar ou comment allumer un incendie que d’autres doivent éteindre

Lors de sa visite à Riyad les 20 et 21 mai pour un véritable resserrement des relations bilatérales américano-saoudiennes, le président Trump a soutenu, sur globalement tous les sujets, les options saoudiennes. Il a notamment vivement critiqué l’Iran qu’il convient d’isoler. Il a ensuite fustigé le Qatar, soutien du terrorisme. Le 6 juin, Trump, se félicite des retombées de sa visite dans un tweet : « C’est si bien de voir que la visite en Arabie saoudite auprès du Roi et de 50 pays est déjà fructueuse. Ils ont dit qu’ils adopteraient une ligne dure sur le financement… de l’extrémisme et toute référence visait le Qatar ». Le locataire de la Maison Blanche avait oublié que la plus grande base militaire américaine au Moyen-Orient (Al Udeid), centre névralgique des opérations contre Daech, est au Qatar. Il a ce faisant donné un soutien, peut-être involontaire, aux Saoudiens. Signe de la confusion dans le système décisionnaire américain (Trump, Tillerson et le secrétaire à la Défense James Mattis tiennent des propos contradictoires sur un Qatar sponsor du terrorisme et fidèle allié) (1), plusieurs responsables se sont empressés de louer la contribution du Qatar (2) et rappeler qu’il n’est pas question de remettre en cause la base américaine du Qatar (3). Un contrat de $12mds pour la fourniture d’avions F15 américains a été signé dans ce même temps. Un contingent qatari est également engagé dans les opérations militaires contre le Yémen. L’appareil d’Etat américain est fragmenté. Le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson, pilier de la posture du président Trump, a appelé les parties prenantes, en particulier saoudiennes, à la retenue (4). Heather Nauert, porte-parole du département d’Etat, reconnaît le 20 juin que l’Amérique s’interroge (sur les mobiles qui ont guidé l’Arabie saoudite et les Emirats dans l’offensive lancée contre le Qatar). Elle avoue la « perplexité » (We are mystified) de l’administration, deux semaines après le début de l’embargo, devant le fait que ses initiateurs n’aient pas communiqué au Qatar ni publié les détails des griefs qui lui sont formulés. Elle ajoute : « Au point où nous en sommes, nous sommes face à une question simple : les actions concernaient-elles véritablement leurs préoccupations quant au prétendu soutien du Qatar au terrorisme ou portaient-elles sur leurs griefs qui couvent depuis longtemps ? » (5). C’est plus qu’une question, c’est un aveu révélateur de l’amateurisme de l’exécutif américain. Ms Nauert n’a pu que répéter que Rex Tillerson et son administration encouragent « toutes les parties à diminuer les tensions et entamer un dialogue constructif ». Comme le note Hussein Ibish, analyste avisé, Washington ne nie pas que le Qatar a des choses à se reprocher, notamment en matière de financement de mouvements terroristes, mais il craint les risques de dérapages d’une crise entre ses alliés moyen-orientaux. Tillerson indique que bien que le Qatar ait déjà fait des progrès en la matière, il faut faire plus et plus vite (6). Ceci est plus mesuré que les propos abrupts de Trump mais n’effacera pas la perception de la rudesse présidentielle.

Devant ce qu’elle perçoit (tardivement) comme un dangereux engrenage où elle s’est fait piéger par les Saoudiens, l’administration américaine multiplie les contacts, consultations, conseils et admonestations avec les protagonistes de cette partie qu’elle ne maîtrise pas, l’incendie une fois allumé. Tillerson adjure le 21 juin les Saoudiens et leurs amis de fournir au Qatar une liste de demandes « raisonnables et pratiquables ». Il ajoute qu’il soutient la médiation que le Koweit a décidé de lancer dès le 6 juin avec l’accord du Qatar (7). Pour cet acteur respecté, coutumier des médiations, l’enjeu est de taille (8). Au-delà de la réussite de la démarche de rapprocher des points de vue très opposés, il s’agit de se poser en pôle d’influence ayant suffisamment de poids face à une Arabie dont l’appétit autoritaire augmente. En cas d’échec, le royaume traitera l’émir comme petit vassal dans un Conseil de Coopération du Golfe à sa dévotion. On comprend dès lors l’extrême prudence omanaise (9) qui préserve sa place de discret go-between que Washington finit par percevoir (10). Cette crainte s’avère justifiée. La médiation koweitie est visiblement dans l’impasse, le « club des quatre procureurs » n’envisageant à court terme aucune concession. La publication « opportune » (organisée par qui ?) des accords de 2013/2014 est l’occasion de « remettre les pendules à l’heure », autrement dit de rappeler que les vagues six « principes » n’effacent pas les dits accords.

Une éclaircie ?

Tillerson a-t-il le poids et l’autorité nécessaires (affaibli à Washington par Trump qui le désavoue sur le renouvellement des waivers nucléaires de l’Iran) pour imposer un compromis qui acterait les « efforts » (11) du Qatar ? Multipliant les consultations et échanges, il s’emploie à persuader le bloc saoudien de trouver une « porte de sortie honorable ». On peut penser que le Qatar, qui ne peut indéfiniment laisser prospérer cette crise, consentira un certain nombre de concessions. De fait, le secrétaire d’Etat enregistre un premier succès. Nous avons en effet signalé plus haut le Memorandum of Understanding signé le 11 juillet entre le Qatar et l’Amérique (« fruit de plusieurs semaines de discussions entre experts ») prévoyant de conduire pendant les prochains mois et années une série de mesures conjointes pour interrompre et tarir les sources de financement du terrorisme et lutter contre ce fléau au niveau global. Le ministre qatari des Affaires étrangères a déclaré que l’accord n’était pas lié à la crise qui affecte le Qatar et le bloc des quatre. Mais il est évident que Tillerson espère manifestement que cet accord dégèle l’impasse, bien que le contenu de celui-ci ne coïncide pas vraiment avec la liste de mesures exigées par ce bloc, ni avec les accords de 2013/2014. De fait, tout en se félicitant de cet heureux développement, l’Arabie saoudite, les Emirats, Bahrein, l’Egypte, ont publié un communiqué conjoint félicitant l’Amérique de ses initiatives pour éradiquer le terrorisme mais qu’ils surveilleraient attentivement le comportement du Qatar (12). Ils ajoutent que « cette étape est insuffisante », car « on ne peut faire confiance aux autorités qataries » (13). L’embargo sera maintenu tant que le Qatar n’aura pas cessé sa politique « d’ingérence ,d’incitation au terrorisme…. de discours encourageant la haine » (14). On retrouve là quelques extraits du catalogue des exigences du quatuor.

Moins d’une semaine après la signature de ce MOU avec l’Amérique, l’émir Tamim signe un décret amendant sa législation anti-terroriste, en y apportant une définition du terrorisme, des actes terroristes et fixant un régime de gel des financements terroristes et établissant une réglementation de ce financement (15). C’est une première étape significative que les « procureurs » saoudiens ne peuvent traiter par le mépris. Mais il est prématuré de prévoir si elle permettra une sortie de crise. En tout cas, elle en améliore les conditions. Cette première éclaircie dans un ciel tourmenté est indiscutablement à mettre au crédit de Tillerson, certes, avec l’appui d’autres ‘bonnes volontés’, mais qui vient à point nommé redorer son blason diplomatique.

Le 21 juillet, il déclare que les « Etats-Unis sont satisfaits » des efforts consentis par le Qatar qu’il dit prêt à « s’asseoir avec ses quatre protagonistes » sachant que pour Doha, « la souveraineté et la dignité de tous les cinq pays doit être respectée dans ces discussions » (16). Il ajoute qu’il espère que « les quatre pays considéreront comme signe de bonne foi la levée de ce blocus terrestre ». En clair, il demande un « geste ». Anwar Gargash, ministre des Affaires étrangères des Emirats Arabes Unis, a salué la parution du décret qatari amendant sa législation anti-terroriste (17). Ce premier pas sera-t-il suffisant pour que le « geste » suggéré par Tillerson soit fait par le « groupe des quatre » du bloc saoudien ?

Mais d’un autre côté, la médiation koweitie va-t-elle pouvoir se poursuivre ? La marge de manœuvre diminue, pour les raisons que nous venons d’indiquer. Un symptôme supplémentaire l’illustre. Le 20 juillet, le Koweït (qui n’a plus d’ambassadeur à Téhéran depuis 2016) ordonne la fermeture des missions culturelles et militaires de l’ambassade d’Iran et la réduction de 19 à 4 du personnel diplomatique. Le motif avancé serait l’implication de la République islamique dans l’affaire du démantèlement de la « cellule Abdali » en 2015. Les autorités koweities ont en plus gelé l’activité des commissions bilatérales qui traitent les dossiers intéressant les deux pays (18). Téhéran a convoqué le chargé d’affaires koweiti et protesté contre ces mesures. Une annonce plus étrange de source azérie (19), fait état de l’injonction koweitie délivrée le 20 juillet à l’ambassadeur iranien (?) de quitter le territoire sous 48 jours. Ceci confirme non seulement une dégradation des relations entre l’Iran et le Koweit, mais aussi le poids des pressions de Riyad et ses alliés pour mettre au pas le Koweit désormais en peine pour se poser en médiateur dans le dossier qatari. Toutefois, le 24 juillet, le ministère inranien des Affaires étrangères indique que finalement les relations diplomatiques irano-qataries sont maintenues au niveau des ambassadeurs. Au-delà, ces épisodes nous font toucher du doigt une rude réalité : l’affaiblissement de l’influence de Washington, ou , plutôt de sa capacité à imposer à ses interlocuteurs des lignes de conduite (20). La visite triomphale de Trump à Riyad, les mirifiques contrats signés (y compris avec le Qatar), ne doivent pas faire illusion. Les « alliés stratégiques » entendent jouer leur propre partition. Ceci ne veut pas dire que l’Amérique ne dispose plus de moyen de pression sur sa « clientèle » moyen-orientale, tant s’en faut : l’exemple le plus emblématique en est la base installée au Qatar, et le niveau gigantesque de la coopération militaire entre Washington et les monarchies. Le « reset » de la relation américano saoudienne est trop visible pour être ignoré. Nous voulons plutôt signifier que les Etats-Unis n’ont guère les moyens de dicter leur conduite à ces encombrants alliés quand intérêts et visions divergent.

Un sous-produit bien involontaire de cette incapacité a été de pousser Téhéran et Ankara à un rapprochement tactique.

La Russie est également embarrassée. Fidèle soutien des Iraniens, elle souhaite aussi accroître sa position au Moyen-Orient, et a depuis longtemps renforcé ses relations avec l’Arabie saoudite, notamment sur les hydrocarbures et sur la question des cours du baril. Ce dossier comporte aussi une dimension gazière : le Qatar, comme l’Iran et comme la Russie, est un acteur majeur d’un groupe de producteurs qui est en train de s’organiser. Ce pôle gazier joue un rôle et la donne énergétique pèse probablement. La Russie, embarrassée, essaie de persuader l’Arabie saoudite de chercher une issue négociée à cette situation tendue. Elle entretient avec Riyad un dialogue continu en dépit de profondes divergences de vues sur des sujets très importants, notamment sur la Syrie : les conversations se poursuivent difficilement, et si le trio Russie, Iran,Turquie est au centre de ces discussions, la Russie voudrait amener les Saoudiens et les Américains à être partie prenante, ou à ne pas créer d’obstacles supplémentaires. Le rôle éventuel de la Russie dans le déclenchement de la crise qatarie (nous avons évoqué la présence de sites russes dans l’épisode du piratage de sites qataris et des enquêteurs américains auraient estimé que des hackers russes seraient impliqués) laisse perplexe, les rumeurs précitées ne permettant pas de conclure dans un sens ou un autre. Elles ont été vigoureusement démenties par les autorités russes. Mark Katz, bon expert des politiques russes, conclut justement : « Au final, Moscou veut faire des affaires avec toutes les parties en conflit dans ce différend » (21). Maxim A. Suchlov estime que Moscou a été pris par surprise et n’avait pas vu émerger ce cocktail explosif. Rapidement V. Poutine a multiplié les concertations avec l’ensemble des responsables de la région pour encourager une solution diplomatique. Les démarches russes se poursuivent. La Russie avait tablé sur un développement de ses relations avec le Qatar, et le trouble qui naît du fait de cette crise complique ses calculs. Celle-ci poursuit en même temps la discussion d’importants projets pétroliers avec les Saoudiens, qu’elle entend ne pas mettre en péril. Aussi V. Poutine, tout en promouvant la recherche de compromis, ne veut pas se placer en « go-between » ni passer pour être dans le « camp » qatari (22).

L’Iran, ciblé comme le Qatar, pourrait en tirer avantage

Dès le début de la crise, le gouvernement iranien a adopté une double posture : il a invité le Qatar et ses protagonistes à résoudre leur désaccord par la voie diplomatique et les a mis en garde contre les dangers d’une escalade (23). Les media se sont enflammés sur le sujet, les opinions étant partagées entre ceux, notamment réformateurs, qui poussent à prendre parti pour le Qatar, y voyant une opportunité pour l’économie iranienne et ceux qui invitent à faire preuve de retenue (24), de neutralité dans une « guerre de sheikhs » (25). Tous condamnent l’Arabie saoudite. Surtout, Téhéran a dénoncé la responsabilité américaine dans le déclenchement de cette crise en mettant en cause l’attitude de Trump lors de sa visite à Riyad où il avait par ailleurs fustigé l’Iran comme sponsor du terrorisme (26). N’oublions pas que les relations irano-qataries sont loin d’être harmonieuses. L’exploitation du champ gazier conjoint de South Pars est un sujet de frictions car l’Iran reproche au Qatar de tirer des quantités de gaz bien supérieures aux siennes (en avril 2017, le Qatar a mis fin à un moratoire), Téhéran n’ayant pas beaucoup de moyens de moderniser son extraction mais ayant décidé de combler son retard. L’augmentation de la part iranienne de production gazière est un enjeu prioritaire (27), d’où une nervosité perceptible sur ce sujet. Dès le lancement du blocus saoudien, Javad Zarif a tweeté que « les voisins sont permanents ; la géographie ne peut être changée, la coercition n’est pas une solution » et que « le dialogue est impératif » (28). Téhéran a très vite compris qu’une opportunité se présentait à lui. En prenant parti pour son voisin, et surtout en ouvrant immédiatement son espace aérien (29) aux avions qataris qui ont pu trouver une route ainsi que ses ports maritimes (30), l’Iran a tenté un pari qui pourrait s’avérer payant. Initialement dénoncée par Trump et le bloc saoudien comme une menace régionale soutenant le terrorisme, donc promis à l’isolement, la République islamique voit se présenter un rapprochement avec un acteur majeur du gaz, qui partage avec elle cet enjeu stratégique. Une occasion rêvée pour elle, et sans doute une erreur (stratégique) majeure du bloc précité et de son myope allié transatlantique. Au passage, Téhéran peut aussi profiter d’une convergence avec Ankara (31) ,bienvenue au moment où les deux capitales ont encore des divergences sérieuses sur la Syrie.

Très rapidement, une très forte tendance a pris le dessus : ceux qui considèrent que s’ouvre à la République islamique un accès inespéré au marché qatari, une occasion à saisir indispensable à l’économie iranienne. Les besoins urgents du Qatar en denrées alimentaires dont l’embargo le prive, ont été la première priorité. Les premiers envois d’urgence ont été suivis d’un flot considérable, désormais régulier (32), de denrées livrées tant par mer (33) que par voie aérienne. Même si c’est coûteux, le Qatar est à l’abri d’une pénurie alimentaire que l’interruption des livraisons de provenances habituelles pouvait créer. Non moins vite, des responsables économiques iraniens ont déclaré leur intérêt pour les perspectives d’exportations vers le Qatar : le ministère de l’Industrie, des Mines et du Commerce a préparé l’envoi d’une délégation au Qatar pour étudier les marchés potentiels (34), le secteur agroalimentaire se mobilisant en priorité pour expédier de la nourriture (35). Allant plus loin, sera aussi étudié le renforcement de la présence des entreprises iraniennes. De son côté, le secteur du transport maritime a travaillé sur des tarifs compétitifs adaptés à la demande qatarie.

Téhéran essaie tout autant de capitaliser des gains stratégiques avec son voisin en adoptant une posture qui est à la fois un appui affirmé et le maintien d’une ouverture en direction de l’Arabie saoudite conviée à quitter le registre de la menace pour celui de la détente. Si le premier axe semble réaliste et prometteur, le second paraît hors d’atteinte tant que la rigidité du royaume persiste, encouragée par Trump. On perçoit également la tentation pour Téhéran de se poser aussi comme « contributeur » à la sécurité régionale. L’idée de constituer un mécanisme de sécurité régionale (36) est une idée très ancienne de la diplomatie iranienne, qui a souvent vanté auprès de ses voisins incrédules l’intérêt pour les pays de la région de s’organiser de façon autonome ( = sans les USA). Régulèrement avancée, cette suggestion est toujours repoussée par lesdits voisins qui non seulement ne veulent pas se débarrasser du « parapluie américain », (aujourd’hui moins que jamais) mais en outre demandent à Téhéran de faire preuve de crédibilité en la matière. En l’occurrence, le refus iranien de déférer à un arbitrage ou une juridiction internationale le contentieux des Ilots d’Abu Musa, de la Petite et de la Grande Tomb occupés par l’Iran et revendiqués par les Emirats arabes unis, pèse sur ce paysage.

A dire vrai, le bloc saoudien a commis une erreur de calcul : en sommant Doha de couper ses relations et sa coopération avec l’Iran, il s’exposait nécessairement à un refus (37) ; bien plus, il a suscité l’inverse : un rapprochement. Naturellement, il ne faut pas en exagérer la portée mais pour l’heure les deux partenaires y trouvent avantage. Rohani a réaffirmé le 25 juin à l’Emir Tamim (38) l’engagement de l’Iran à ses côtés et surtout la volonté de renforcer les liens et la coopération entre les deux pays. Il a d’ailleurs insisté sur le développement des relations économiques bilatérales par le secteur privé. Au bout du compte, un certain consensus semble émerger parmi les analystes : par rapport au but escompté, le blocus intenté par Riyad et ses alliés est partiellement contournable, ce dont Téhéran essaie de tirer des bénéfices (39). Au plan régional, ils sont visibles, mais bridés par la pression américaine sur les banques internationales qui n’osent pas opérer avec l’Iran, bloquant ainsi le financement des investissements. Pèsent aussi sur ce paysage les incertitudes que Trump fait planer quant au sort réservé à l’application de l’Accord Nucléaire (JCPOA).

Un sous-produit de la crise : le rapprochement Téhéran-Ankara

Assurément imprévu par le bloc saoudien, ce développement a été très largement favorisé par la rigidité des injonctions adressées au Qatar et à la Turquie. De même que Doha doit couper ses liens avec Téhéran, le Qatar doit renvoyer les troupes turques (en très petit nombre) et la Turquie fermer sa base militaire. Sans surprise, ces prétentions furent repoussées avec hauteur. L’opération d’isolement du Qatar a engendré un double effet : conforter la relation de Doha et d’Ankara, et provoquer un rapprochement, certes circonstanciel, entre Turcs et Iraniens dont le stock de convergences n’était pas si garni.

Comme beaucoup, la Turquie a été prise par surprise par la décision d’isoler le Qatar le 5 juin. Une situation embarrassante car elle cultive des relations très cordiales avec le Qatar tout en souhaitant développer des liens stratégiques avec l’Arabie saoudite et les autres monarchies du Golfe. La base turque installée au Qatar depuis 2015 est un enjeu qui n’est pas symbolique. Aussi, quand l’Arabie saoudite demanda à ses alliés de mettre en œuvre les mesures d’isolement du Qatar, Erdogan, très gêné, adjura dans un communiqué les membres du Conseil de Coopération du Golfe à « résoudre leurs problèmes par la négociation, le dialogue et la communication » (40). Un message peu susceptible d’être entendu, au moins au début de la crise.

Aussi, avec autant de célérité que l’Iran, la Turquie agit pour aider son voisin à subvenir à ses besoins immédiats en nourriture (41). De même, Ankara a multiplié les démarches diplomatiques auprès des pays du Golfe lors d’une tournée (42) pour favoriser une sortie de crise. Le 13 juin, Erdogan, tout en ne critiquant pas Riyad, a qualifié le blocus d’« inhumain et non-islamique ». Peu à peu, Erdogan comprend que cette évolution devient dangereuse pour la sécurité turque. La Turquie, amie des Frères musulmans qu’elle ne dédaignerait pas d’abriter, réalise que si le bloc saoudien veut soumettre le Qatar par la force, ou un changement de régime, la Turquie se trouve rapidement exposée (43). Ceci change la donne et contraint Erdogan, tout en ne s’opposant pas frontalement au royaume, à prendre des dispositions pour sa survie, celle-ci passant par une solidarité militaire avec le Qatar. Le 7 juin, le Parlement adopte d’urgence deux accords (signés depuis longtemps) prévoyant le déploiement de troupes au Qatar et des prestations d’entraînement par la gendarmerie turque (44). Ceci doit être considéré comme un tournant. Ironiquement, l’accord de défense passé avec le Qatar était initialement destiné à protéger ce dernier…. contre l’Iran (45).

La Turquie entend montrer son engagement militaire aux côtés du Qatar. Le 19 juin, des exercices militaires conjoints se sont déroulés (46). Le 22 juin, l’armée turque révèle que 113 militaires turcs sont déployés au Qatar (effectif symbolique) et que des personnels seront déployés avec des véhicules blindés. Ce faisant, elle entend peut-être honorer aussi une dette à l’égard d’Erdogan. Selon certaines sources, des unités qataries auraient été déployées après la tentative de coup d’état pour protéger Erdogan pendant quatre jours (47). Symétriquement, Erdogan doit se souvenir de ce que Téhéran, dès le début de l’insurrection, avait assuré le chef de l’Etat turc de sa solidarité.

L’engagement turc aux côtés du Qatar affecte la posture stratégique de la Turquie dans son ensemble, tout comme celle de l’Iran. Le président turc a en effet été contraint de choisir entre les bonnes relations avec le Qatar et son objectif de se rapprocher des monarchies sunnites. Il espérait conserver une attitude pragmatique ménageant les uns et les autres (48). Comme le notent divers observateurs, il a tenté en vain une « diplomatie téléphonique futile largement médiatisée » (49),mais au bout du compte, « Ankara a décidé d’interprêter les mesures contre le Qatar comme si elles avaient été prises contre la Turquie ». Pour Erdogan, (c’est la perception turque ou, du moins celle désignée par lui), la Turquie est la ‘suivante sur la liste’. Un scénario improbable mais qui reflète l’état d’esprit de ce dernier. Les mêmes sources considèrent que le soutien sans faille apporté par le président égyptien à la ‘punition’ du Qatar, au nom de la lutte contre les Frères musulmans (chéris des Turcs), a contribué à l’alignement d’Ankara sur le Qatar. In fine, le tournant ainsi adopté ne laisse pas d’autre choix à la Turquie que de se rapprocher (au moins sur la problématique qatarie, car des divergences subsistent sur d’autres dossiers comme la Syrie (50)) de Téhéran. La chose n’allait pas de soi. Du coup, la coopération économique entre la Turquie et l’Iran devrait connaître un dynamisme plus soutenu, alors qu’elle souffrait de déséquilibres accentués par la fraîcheur des relations politiques bilatérales. Les deux pays ont décidé de progresser dans la laborieuse négociation d’un accord de libre-échange (PTA) qui doit encore franchir de sérieux obstacles (l’Iran demande à la Turquie l’élimination des quotas placés sur les marchandises iraniennes, la modification d’une liste de 140 produits iraniens, la suppression de taxes douanières supplémentaires sur les biens hors du périmètre du PTA) (51). Le secteur de l’énergie pourrait aussi donner lieu à une plus ample coopération (52) au-delà des fournitures de gaz iranien. La perspective de cette amélioration ne doit pas faire perdre de vue que le choix en faveur de Doha peut causer du dommage au commerce turc avec les partisans du bloc saoudien (53). Il reste que le rapprochement turco-iranien-qatari, bien qu’encore récent, porte en lui les germes de conséquences stratégiques qui n’ont pas échappé aux analystes israéliens attentifs à cette évolution. Ils se demandent si cette convergence ne pourrait pas porter atteinte à la posture stratégique de l’état hébreu (54). Une bonne question pour l’instant sans réponse.

In fine, la crise déclenchée par le bloc saoudien, supposée défendre les membres du « club », le Conseil de Coopération du Golfe, non seulement pourrait (elle est loin d’être achevée) ne pas produire les résultats escomptés par lui (mais restons prudents, tout peut arriver), mais porte en elle les germes de fragilisation, de fissuration du Conseil (55) en tant qu’organisation collective. Le CCG ne progresse pas dans le traitement de ses propres ambigüités et limites, et les initiatives mal calculées de Trump contribuent à cette vulnérabilité.

En guise de conclusion

La République islamique fait face à un cumul de défis que le nouveau gouvernement iranien qui prendra ses fonctions lorsque le président Rohani entamera son second mandat devra relever dans un contexte particulièrement lourd. Au premier chef, l’attitude de Donald Trump, qui brandit maintes menaces, entretient l’incertitude. En second lieu, le problème brûlant du gel persistant des flux financiers avec les banques internationales terrorisées par les pressions américaines pénalise lourdement les investissements de partenaires étrangers pourtant indispensables au redécollage de l’économie. Nous avons vu que les attentats terroristes perpétrés à Téhéran pouvaient permettre aux ultras et à l’appareil sécuritaire de peser sur les orientations réformatrices du chef de l’Etat. En revanche, le blocus saoudien sur le Qatar offre à celui-ci des marges de manœuvre régionales inédites. La France, dont le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves le Drian, suit ce dossier, pourrait contribuer, par ses relations régionales, à une concertation utile.

Notes :

(1) Qatar Signs $12 Billion Deal for U.S. F-15 Jets Amid Gulf Crisis, Bloomberg, 14 juin 2017 ; Giorgio Cafiero and Theodore Karazik, America and Qatar’s Latest Defence Deal, LobeLog, 15 juin 2017.
(2) Us military lauds Qatar,s ays flights unaffected, Gulf Times, 5 juin 2017.
(3) Trump, Qatar, and Shifting sands in the Gulf, The Washington Institute for Near East Policy, 1er juin 2017. Trump a été obligé de réaffirmer le 12 juillet que Washington n’abandonnera pas sa base et entend entretenir de bonnes relations avec le Qatar : US will maintain good relations with Qatar, Gulf Times, 15 juillet 2017.
(4) Laura Rozen, US urges dialogue to ease Qatar crisis, Al Monitor, 6 juin 2017. 
(5) Heather Nauert, U.S. Department of State Diplomacy in Action, Department Press Briefing, June 20, 2017.
(6) Hussein Ibish,Washington’s Competing Priorities in the Qatar Crisis, Arab Gulf States Institute in 
Washington (AGSIW), 22 juin 2017.
(7) Qatar backs Kuweit mediation efforts over rift with Arab states, Trend News, 12 juin 2017.
(8) Giorgio Cafiero,Stakes high for Kuwait as mediator in Qatar crisis, Al-Monitor, 27 juin 2017. 
(9) Giorgio Cafiero and Theodore Karazik, Kuwait, Oman and the Qatar Crisis, Middle East Institute, 22 juin 2017.
(10) Trump administration looks to Oman for help navigating Middle East, Al-Monitor, 23 juillet 2017.
(11) Laura Rozen, Tillerson calls on Saudi bloc to lift blockade on Qatar, Al-Monitor, 21 juillet 2017.
(12) U.S., Qatar sign an agreement on combating terrorism financing, Reuters, 11 juillet 2017.
(13) Saudi and allies : Anti-Qatar sanctions to stay in place, PressTV, 12 juillet 2017.
(14) Qatar’s anti terror deal with US leaves neighbours cold,Financial Times, 12 juillet 2017.
(15) Qatari emir amends laws to bolster against terrorism agency, Reuters, 20 juillet 2017. Une mesure saluée par les Emirats arabes unis : UAE Welcomes Qatari Decision to Amend Anti-Terrorim Laws, The New York Times, 21 juillet 2017. 
(16) Tillerson urges Arab states to lift Qatar ‘land blockade’, Reuters, 21 juillet 2017. Le ministre britannique des Affaires étrangères , Boris Johnson, a joint sa voix à cet appel : U.K. joins U.S. in Calling for an end to Boycott of Qatar, Bloomberg, 23 juillet 2017.
(17) UAE welcomes Qatari decision to amend anti-terrorist legislations, Reuters, 21 juillet 2017.
(18) Kuwait shuts Iran cultural mission, Tehran summons chargé d’affaires, Tehran Times, 20 juillet 2017.
(19) Kuwait orders Iranian envoy to leave within 48 days, Trend News, 20 juillet 2017. L’Agence Reuters confirme, d’après une source iranienne (agence Isna) que l’ambassadeur Iranien, Alireza Enayati doit quitter le pays sous 45 jours (délai modifié) : Kuwait orders Iran envoy to leave within 45 days : Iran’s ISNA news, Reuters, 20 juillet 2017.
(20) Thomas Seibert, Qatar crisis reflects waning US influence, Agence Global, 17 juillet 2017.
(21) Mark N. Katz, Russia and the Qatar crisis, LobeLog, 8 juin 2017.
(22) Maxim A.Suchkov, Russia’s reading on what is at stake in Qatar crisis, Al-Monitor, 8 juin 2017.
(23) Iran urges explicit dialogue between Qatar, Persian Gulf States, PressTV, 5 juin 2017.
(24) Une prudence perceptible chez les vétérans du corps diplomatique qui déconseillent aux autorités de prendre parti dans la querelle : The Qatar Crisis : How do Iranian view the story ? Iranian Diplomacy, 7 juin 2017.
(25) Iranians debate whether to take advantage of Qatar crisis”, Al- Monitor, 6 juin 2017.
(26) Iran blames Trump for the worst rift in the Arab world in years, Reuters, 5 juin 2017.
(27) The Qatar-Iran Gas Field Behind the Diplomatic War in the Middle East, Haaretz et Reuters, 7 juin2017.
(28) Ladane Nasseri, Saudi-led rupture With Qatar Pushes Nation Into Iran’s Embrace, Bloomberg, 6 juin 2017.
(29) Qatar Airways Circumvent Airspace Restrictions via Iran, Iran Financial Tribune, 6 juin 2017 ; Iran’s airspace open to Qatari flights, Tehran Times, 7 juin 2017.
(30) Iranian ports open to Qatari-flagged ships, Tehran Times, 7 juin 2017.
(31) Iran ‘s Zarif makes surprise visit to Turkey amid Arab rift, Tehran Times, 7 juin 2017.
(32) Iran Supplies Continue to Help Ease Qatar Blockade, Iran Financial Tribune, 17 juin 2017 ; Iran sends 1000 tons of food to Qatar daily, Tehran Times, 23 juin 2017.
(33) Iran Plans Direct Shipping Route to Qatar, Iran Financial Tribune, 8 juillet 2017. 
(34) Iran Sending Delegation for Qatar Market Survey, Iran Financial Tribune, 8 juin 2017.
(35) Selon le président de la confédération des exportateurs iraniens, Mohammad Lahuti, le Qatar importe $ 4 à 5 milliards de nourriture par an, Mehr News, 6 juin 2017.
(36) Javad Zarif, ministre iranien des Affaires étrangères, a proposé récemment un mécanisme de consultation et de résolution des conflits à l’image de celui d’Helsinki. Une telle idée est inacceptable pour les Saoudiens, comme le souligne Georges Malbrunot : Crise du Golfe : l’Iran en embuscade, Le Figaro, 16 juin 2017.
(37) Doha Says Tehran Ties Not Negociable, Iran Financial Tribune, 21 juin 20217.
(38) Rouhani vows stronger ties with embattled Qatar, Tehran Times, 26 juin 2017.
(39) Shahir Shahidsaless, Saudi-led Blockade of Qatar Could Boost Iran, The Atlantic Council, 10 juillet 2017.
(40) Turkey can’t afford to take sides in Qatar crisis, Al-Monitor, 6 juin 2017.
(41) Turkey sent 15 planes of food to Qatar in last 5 days, Trend News, 12 juin 2017.
(42) Turkish minister lands in Qatar aiming to help ease Gulf rift, Reuters, 14 juin 2017. Saudi Arabia working on list of Qatar’ grievances’ as Turkey FM arrives in Jeddah, middleeasteye.net news, 16 juin 2017.
(43) Erdogan tries to juggle Iran, Saudi Arabia amid Qatar crisis, Al-Monitor, 13 juin 2017.
(44) Turkish parliament okays troop deployment in Qatar amid Saudi threats, Tehran Times, 8 juin 2017. Diplomacy, Turkey’s parliament ratifies Qatar military deals, Hurriyet daily news, 7 juin 2017.
(45) If push comes to come, will Turkey defend Qatar against Iran ?, Al-Monitor, 16 mai 2017.
(46) Turkish troops hold exercises in Qatar in show of support, Reuters, 19 juin 2017.
(47) Turkish military will protect Qatari regime if necessary, Al-Monitor, 12 juin 2017.
(48) La tournée d’Erdogan au Qatar,e n Arabie saoudite, au Koweit, les 23/24 juillet, est une tentative de ‘sauver la face” d’une position équilibrée sans espoir de résultat concret, Trend News, 18 juillet 2017.
(49) After rushing to Qatar’s aid, Turkey may have to rethink its Mideast ties, Al-Monitor, 8 juin 2017.
(50)Russia, Turkey, Iran fail to agree on Syria de-escalation zones, Reuters, 5 juillet 2017.
(51) Iran agrees to Revise PTA With Turkey, Iran Financial Tribune, 18 juillet 2017.
(52) Iran wants Turkish companies for energy projects, Hurriyet Daily news, 23 juillet 2017. 
(53) Turkey’s economic dilemma : Win Qatar or lose the Gulf ?, Al-Monitor, 18 juillet 2017.
(54) Turkey’s power–play in Qatar leads to warmer relations with Iran, The Jerusalem Post, 1er juillet 2017.
(55) Kristian Coates Ulrichsen, Implications of the Qatar Crisis for Regional Security in the Gulf, Expertbrief, Alsharq Forum, June2017.

Posté par Michel Peyret

Imposer à L’Amérique un retour vers la blancheur par Toni Morrisson

 

19 Août 2017

Les choix faits par les hommes blancs, prêts à abandonner leur humanité par peur des hommes et des femmes noirs, suggèrent l’horreur réelle du statut perdu.

 

Photo de Stan Grossfeld / The Boston Globe via Getty
C’est un projet sérieux. Tous les immigrants aux États-Unis savent (et savaient) que s’ils veulent devenir des Amérindiens bien réels et authentiques, ils doivent réduire leur fidélité à leur pays natal et la considérer comme secondaire, subordonnée, pour mieux souligner leur blancheur. Contrairement à toute nation en Europe, les États-Unis font de la blancheur LA force fédératrice. Ici, pour beaucoup de gens, la définition de «l’américanité» est la couleur.

En vertu de l’esclavage, la nécessité de classer à partir des couleurs était évidente, mais dans l’ Amérique d’aujourd’hui, avec la législation post-droits civils, la conviction des Blancs concernant  leur supériorité naturelle est en train d’être perdue. Rapidement,  en train de se perdre. Il y a des «personnes de couleur» partout, ce qui menace d’effacer cette définition basique de l’Amérique. Et alors? Un autre président noir? Un Sénat à prédominance noire? Trois juges noirs de la Cour suprême? La menace est effrayante.

Afin d’arrêter la possibilité de ce changement intenable et de restaurer la blancheur dans son statut antérieur comme marqueur de l’identité nationale, un certain nombre d’Américains blancs sont en train de s’immoler eux-mêmes . Ils ont commencé à faire des choses qu’ils ne souhaitent pas vraiment faire, Et, à cause de cela, ils sont en train d’ abandonner leur sens de la dignité humaine et ils sont prêts à endosser un rôle de lâche. Alors qu’ ils ne peuvent que haïr leurs comportements, et  qu’ils savent très bien ce qu’ils valent, ils sont prêts à tuer les petits enfants qui fréquentent l’église du dimanche et les groupes  joyeux qui invitent un garçon blanc à prier. Embarrassés eux mêmes devant le caractère évident  de leur lâcheté , ils sont disposés à mettre le feu aux églises, et à commencer à tirer dans le tas  de leurs paroissiens  en prière. Et, malgré leur honte face à de telles démonstrations de faiblesse, ils sont prêts à tirer sur des enfants noirs dans la rue.

Pour maintenir la conviction de la supériorité blanche, ces Américains blancs se déguisent sous des chapeaux en forme de cône et derrière des drapeaux américains et ils refusent une confrontation face à face, exerçant leurs armes sur les non armés, les innocents, les terrorisés, sur des individus  qui fuient, exposant leur dos  aux balles. Sûrement, le fait de tirer  dans le dos sur un homme en fuite  a du mal à  étayer la présomption de la supériorité  blanche? La triste situation des hommes blancs croisés, étouffant le meilleur d’eux-mêmes, en train d’abattre l’innocent à un arrêt de la circulation,écrasant les visages des femmes noires dans la boue, menottant les enfants noirs. Seuls des gens apeurés pourraient agir ainsi. Est-ce juste?

Ces sacrifices, exigés des hommes blancs supposés en train de résister, prêts à abandonner leur humanité par peur des hommes et des femmes noirs, dit la véritable horreur du statut perdu.

Il se peut que nous ayons quelques difficultés à éprouver de la pitié par rapport à ceux qui sont prêts à de tels sacrifices bizarres pour affirmer le pouvoir blanc et la suprématie de la race blanche.. L’autocritique  de sa personne n’est pas facile pour les Blancs (en particulier pour les hommes blancs), mais pour conserver la conviction de leur supériorité envers les autres, en particulier par rapport aux Noirs, ils sont disposés à risquer le mépris et à être vilipendés par les personnes mature, sophistiquées et fortes. Si cela ne témoignait pas  d’un caractère ignorant et pitoyable, on pouvait pleurer sur cet effondrement de la dignité au service d’une cause maléfique.

Le confort d’être «naturellement meilleur que», de ne pas avoir à lutter ou à exiger un traitement citoyen, est difficile à abandonner. La confiance que vous ne serez pas surveillé dans un grand magasin, que vous êtes le client privilégié dans les restaurants haut de gamme – ces inflexions sociales, appartenant à la blancheur, sont avidement appréciées.

Les atteintes aux privilèges blancs sont tellement effrayantes que beaucoup d’Américains ont afflué vers une plate-forme politique qui soutient et traduit la violence comme recours. Ces gens ne sont pas tellement en colère que terrifiés, avec le genre de terreur qui fait trembler les genoux.

Le jour du scrutin, combien d’électeurs blancs, à la fois pauvres et conscients, ont choisi la honte et la peur semé par Donald Trump. Le candidat dont la société a été poursuivie par le ministère de la Justice pour ne pas louer des appartements aux Noirs. Le candidat qui a demandé si Barack Obama était né aux États-Unis et qui semblait tolérer les violences contre un manifestant de la Vie noire dans un rassemblement de campagne. Le candidat qui a gardé les travailleurs noirs au plus bas dans  ses casinos. Le candidat qui est aimé par David Duke et approuvé par Ku Klux Klan.

William Faulkner l’a compris mieux que presque tout autre écrivain américain. Dans «Absalom, Absalom», l’inceste est moins tabou pour une famille méridionale de classe supérieure que de reconnaître la seule goutte de sang noir qui salirait la lignée familiale. Plutôt que de perdre sa « blancheur » (encore une fois), la famille choisit le meurtre.

Cet article apparaît dans le cadre d’une caractéristique plus grande,  » Aftermath: Sixteen Writers on Trump’s America « , dans le numéro du 21 novembre 2016.
 
Cet article apparaît dans d’autres versions du numéro du 21 novembre 2016, avec le titre «Mourning for Whiteness».
  • Toni Morrison a écrit douze romans. Elle a reçu le Prix Nobel de littérature de 1993.

Après Henri Ford, Walt Dysney, Charles Lindberg, Le grand Père Busch, le père Trump et quelques autres

 

Publié le 16 Août 2017

C'est maintenant le titulaire du bureau ovale qui trouve les nazis fréquentables

 

Après H Ford, W. Dysney, Ch Lindberg, Le grand Père Busch, le père Trump et quelques autres

184 000 soldats américains tués en Europe pour combattre le nazisme. (à mettre en lien avec les 11 millions de soldats soviétiques morts au combat).

 

184 000 qui, si on suit Trump avaient parmi ceux en face d'eux des braves gars.

 

Rédigé par Canaille Lerouge

17 août 2017

Joseph Kishore, Etats-Unis, un mouvement vers le fascisme

« Le fascisme, estime Joseph Kishore, n’est pas encore un mouvement de masse aux États-Unis. La mobilisation nationale des organisations d’extrême droite pour s’opposer à l’enlèvement d’une statue du général confédéré Robert E. Lee n’a attiré que quelques centaines de personnes. Nonobstant leur soutien limité parmi la vaste masse de la population, cependant, ces éléments réactionnaires jouissent du soutien de puissantes sections de l’État, y compris la Maison-Blanche elle-même. Ils ont le soutien financier de milliardaires (Stephen Bannon, le stratège en chef fasciste de Trump, a développé des liens étroits avec Robert Mercer, gestionnaire de fonds spéculatifs). Et ils ont la sympathie active de sections importantes de l’appareil militaire et de la police. Tout au long de sa campagne et de ses sept premiers mois en exercice, Trump et ses conseillers fascistes ont poursuivi une stratégie politique bien définie, en croyant pouvoir exploiter une colère sociale généralisée et une désorientation politique pour développer un mouvement extra-parlementaire visant à supprimer violemment toute opposition populaire à une politique d’extrême militarisme et de réaction sociale... »

Reprenons la lecture de l'analyse de Joseph Kishore...

Michel Peyret


L’éruption de violence nazie à Charlottesville, en Virginie, pendant le week-end, a été un choc pour des millions de personnes aux États-Unis et dans le monde. Les images des suprématistes blancs pro-nazis assaillant les contre-manifestants et le meurtre brutal de Heather Heyer, âgée de 32 ans, ont exposé l’état de putréfaction sociale et politique de la société américaine. Des voyous nazis ont semé le chaos dans une ville universitaire et ont terrorisé les étudiants et les autres résidents alors que les policiers souriant d’un air suffisant se tenaient à l’écart et ont fait des clins d’œil aux attaquants. En réalité, le pays qui se prend à prêcher la moralité au monde et à se poser en tant que phare du droit et de la stabilité démocratique craque de toutes parts.

Il y a une grande différence entre la colère profonde de millions de personnes ordinaires au cours des événements à Charlottesville d’une part et les lamentations pour la forme et les condamnations hypocrites de la violence par des politiciens des partis démocrate et républicain et des médias de l’establishment d’autre part. Leurs déclarations puent le manque de sincérité. Leurs dénonciations pour la forme de la violence à Charlottesville sont dépourvues d’un examen sérieux des conditions sociales et politiques sous-jacentes dont elle est issue.

L’éditorial de lundi (« La haine dont il n’ose pas parler ») dans le New York Timesétait typique de cela. Dans ce journal qui exprime le point de vue du Parti démocrate, les éditeurs ont critiqué Trump pour ne pas avoir condamné les groupes suprématistes blancs responsables de la violence. Ils ont déclaré que Trump « est seul dans l’histoire présidentielle moderne dans sa volonté de convoquer des démons de la bigoterie et de l’intolérance à son service ». Le président s’accroche aux suprématistes blancs, ont ajouté les rédacteurs, « pour sauver à tout prix sa présidence défaillante ».

Sans Trump implique le Times, les rues de l’Amérique résonneraient d’hymnes d’amour fraternel. Mais l’interprétation de l’histoire qui fait tout reposer sur « le méchant Trump » n’explique rien. Le voyou de la Maison-Blanche est, comme la violence à Charlottesville, un symptôme d’une crise profonde et insoluble.

En tant que phénomène politique et social, le fascisme est un produit du capitalisme en crise extrême. En analysant la montée du mouvement nazi en Allemagne en 1932, Trotsky a expliqué que la classe dirigeante se tourne vers le fascisme « lorsque les moyens “normaux”, militaires et policiers, de la dictature bourgeoise, avec leur couverture parlementaire, ne suffisent pas pour maintenir la société en équilibre. À travers les agents du fascisme, le capital met en mouvement les masses de la petite bourgeoisie enragée, les bandes des lumpen-prolétaires déclassés et démoralisés tous ces innombrables êtres humains que le capital financier a lui-même plongés dans la rage et le désespoir ». (Léon Trotsky, Comment vaincre le fascisme, Écrits sur l’Allemagne 1931-1933, Les Éditions de la passion, 1993, p.67)

Le fascisme n’est pas encore un mouvement de masse aux États-Unis. La mobilisation nationale des organisations d’extrême droite pour s’opposer à l’enlèvement d’une statue du général confédéré Robert E. Lee n’a attiré que quelques centaines de personnes.

Nonobstant leur soutien limité parmi la vaste masse de la population, cependant, ces éléments réactionnaires jouissent du soutien de puissantes sections de l’État, y compris la Maison-Blanche elle-même. Ils ont le soutien financier de milliardaires (Stephen Bannon, le stratège en chef fasciste de Trump, a développé des liens étroits avec Robert Mercer, gestionnaire de fonds spéculatifs). Et ils ont la sympathie active de sections importantes de l’appareil militaire et de la police.

Tout au long de sa campagne et de ses sept premiers mois en exercice, Trump et ses conseillers fascistes ont poursuivi une stratégie politique bien définie, en croyant pouvoir exploiter une colère sociale généralisée et une désorientation politique pour développer un mouvement extra-parlementaire visant à supprimer violemment toute opposition populaire à une politique d’extrême militarisme et de réaction sociale.

Cependant, Trump est moins le créateur que le résultat de processus économiques, sociaux et politiques prolongés. Son administration, composée d’oligarques et de généraux, découle d’un quart de siècle de guerre sans fin, de quatre décennies de contre-révolution sociale et du caractère de plus en plus autoritaire de la politique américaine. La torture, les assassinats par drone, les guerres d’agression, les meurtres de la police – supervisés par les démocrates et les républicains – constituent la toile de fond des événements de Charlottesville.

Le plus grand atout de Trump a été le caractère et l’orientation de ses opposants politiques au sein de la classe dirigeante. Il a vaincu Hillary Clinton lors des élections de 2016 parce que les démocrates ont mené leur campagne comme le parti du statu quo, l’incarnation de la complaisance et de l’autosatisfaction. Depuis l’élection, leur opposition à Trump a été entièrement orientée vers les agences de renseignement et les militaires, où les éléments fascistes s’épanouissent, sur la base de la demande d’une politique plus agressive contre la Russie. Ils sont incapables d’avancer un programme qui puisse inspirer un soutien populaire significatif, et ils ne le veulent pas, puisqu’ils représentent une alliance entre Wall Street et des couches privilégiées de la classe moyenne.

Trump a pu gagner une certaine base dans les régions du pays qui ont été dévastées par la désindustrialisation, profitant du rôle réactionnaire des syndicats, qui ont longtemps abandonné toute opposition aux exigences des sociétés, favorisant plutôt l’idéologie toxique de nationalisme économique. Le programme « l’Amérique d’abord » de l’Administration Trump a trouvé un terrain fertile parmi les dirigeants syndicaux privilégiés et complètement corrompus.

Un facteur idéologique supplémentaire a servi à alimenter la montée des organisations nationalistes blanches : la légitimation de la politique explicitement raciste par le Parti démocrate. Alors que les démocrates et leurs affiliés des médias ont dénoncé les actions ouvertement racistes des néonazis à Charlottesville, il n’en reste pas moins que les nationalistes blancs ont été aidés et encouragés par la promotion implacable du Parti démocrate et de ses alliés de race en tant que catégorie principale de l’analyse sociale et politique.

Des chroniques et des articles sans fin sont apparus dans les pages du New York Times et d’autres publications favorisant le concept de la « blancheur » et du « privilège blanc ». C’est un chroniqueur du Times, Charles Blow, qui, dans un éditorial de juin 2016 dénonçant le film Free State of Jones, a attaqué « l’insistance libérale blanche que la race n’est qu’une construction subordonnée à la classe ». Comme l’a commenté le World Socialist Web Site à l’époque, Blow « n’est pas un fasciste, mais il pense bigrement comme tel ».

La fixation obsessionnelle sur la politique raciale, de la part du Parti démocrate et de la confrérie des organisations de pseudo-gauche qui opèrent dans son orbite a atteint son apogée lors de la campagne électorale de Hillary Clinton qui a été organisée sur le principe que tous les problèmes sociaux peuvent être réduits à race et au racisme, et que les griefs des travailleurs blancs ne sont pas dus au chômage et à la pauvreté, mais au racisme et à leurs privilèges.

L’interprétation raciale de la politique, de la culture et de la société par les démocrates était politiquement pratique, car elle a permis de détourner l’attention des problèmes d’inégalité sociale et de guerre tout en blâmant les travailleurs blancs – et non pas le système capitaliste et la classe dirigeante – pour l’élection de Trump.

Alors que l’administration Trump entretenait de plus en plus les forces fascistes au cours des derniers mois, Google – en alliance avec les sections de l’État particulièrement associées au Parti démocrate – mettait en œuvre un programme de censure visant des sites web de gauche et progressistes, et surtout, le World Socialist Web Site. La réponse de toutes les factions de la classe dirigeante à la crise sociale et politique qui a produit Trump est de chercher à bloquer et à supprimer tout défi au système capitaliste.

Une longue expérience historique a démontré que le fascisme ne peut être combattu que par la mobilisation de la classe ouvrière sur un programme socialiste et révolutionnaire. La lutte contre l’extrême droite doit être développée grâce à l’unification de toutes les sections de la classe ouvrière, de toutes les races, genres et nationalités. L’opposition au fascisme doit être liée à la lutte contre la guerre, l’inégalité sociale, le chômage, les bas salaires, la violence policière et tous les maux sociaux produits par le capitalisme.

Tant que les intérêts de la classe ouvrière ne sont pas articulés et avancés en adoptant une forme politique indépendante, ce sont les forces de l’extrême droite qui en bénéficieront. La tâche urgente est de construire une direction révolutionnaire dans la classe ouvrière – le Parti de l’égalité socialiste.

(Article paru d’abord en anglais le 15 août 2017)

Posté par Michel Peyret

17 août 2017

Peter Symonds, Trump renforce sa menace incendiaire visant la Corée

 

« La doctrine de la « guerre préventive », indique Peter Symonds, invoquée par Trump et ses conseillers pour justifier une attaque, et même une frappe nucléaire, contre la Corée du Nord a d’abord été énoncée par le président George W. Bush comme prétexte à l’invasion et à l’occupation de l’Irak. Le président Barack Obama a développé la doctrine de Bush pour déclarer que toute menace sur les « valeurs et intérêts » américains, serait une cause suffisante pour que les États-Unis attaquent militairement un autre pays. Cette nouvelle doctrine est une violation flagrante du droit international. Mener une guerre d’agression a été le crime principal pour lequel les dirigeants nazis ont été accusés et condamnés lors des procès de Nuremberg après la Seconde Guerre mondiale... »

 

Reprenons la lecture des constats relevés par Peter Symonds...

 

Michel Peyret


L’impérialisme américain et la menace d’une guerre nucléaire contre la Corée du Nord

 

Par Peter Symonds 
12 août 2017

 

Le monde est au bord d’une guerre sur la péninsule coréenne qui pourrait rapidement se transformer en un conflit nucléaire mondial.

 

Le président américain Donald Trump a renforcé sa menace incendiaire d’engloutir la Corée du Nord dans « un feu et une fureur que le monde n’a jamais vus jusqu’à présent ». Jeudi, il a commenté que ses mots n’étaient « peut-être pas assez durs » et a averti que la réponse des États-Unis à toute attaque « sera un événement jamais vu jusqu’alors ». Il a ajouté que l’arsenal nucléaire américain était « en excellent état ».

 

Interrogé sur une éventuelle « attaque préventive » contre la Corée du Nord, Trump a déclaré qu’il ne parlerait pas d’options militaires, mais il ne l’a pas écarté. Qu’une attaque soit à l’étude dans les milieux dirigeants américains a été souligné par un article paru dans le New York Times intitulé « Si les États-Unis attaquent en premier la Corée du Nord, est-ce de la légitime défense ? » Le commentaire a traité d’une attaque unilatérale, agressive, contre la Corée du Nord comme une option légitime, se demandant si elle remplirait les critères juridiques d’une frappe préventive.

 

Un article effrayant dans le Washington Post est allé plus loin pour examiner comment Washington pourrait lancer une attaque nucléaire préventive sur la Corée du Nord. Il a conclu que Trump pourrait ordonner une première frappe nucléaire sans obtenir l’accord de ses conseillers, et que ni l’armée ni le Congrès ne pourraient annuler son ordre.

 

Que Trump cherche à provoquer le régime hautement instable de Pyongyang à commettre un acte désespéré auquel les États-Unis répondraient avec une force écrasante, ou qu’il cherche à créer les conditions pour lancer des frappes préventives contre la Corée du Nord, les États-Unis préparent un crime monstrueux « que le monde n’a jamais vu jusqu’à présent ».

 

Même si la guerre se limitait à la péninsule coréenne et n’engageait que des armes classiques, la mort et la destruction atteindraient des millions de personnes, comme cela a été le cas pendant la guerre de Corée de 1950-53. Le secrétaire à la Défense, le général James Mattis, a menacé cette semaine que, si la Corée du Nord ne s’inclinait pas devant les ordres de Washington, Washington provoquerait « la fin du régime et la destruction de son peuple », c’est-à-dire l’anéantissement d’un pays de 25 millions de personnes. Si d’autres puissances nucléaires telles que la Chine et la Russie devaient y être entraînées, les conséquences mondiales seraient incalculables.

 

Qui est responsable de cette crise ? Les médias américains accusent d’une seule et même voix l'« agression » nord-coréenne. C’est un mensonge, dans la droite ligne du rôle des médias américains comme relais de la propagande d’État.

 

La crise actuelle est le résultat d’une politique d’agression brutale exercée par l’impérialisme américain au cours du dernier quart de siècle au Moyen-Orient, en Afrique du Nord, en Asie centrale et dans les Balkans. À la suite de la dissolution de l’Union soviétique de 1991, qui avait agi comme un obstacle aux ambitions mondiales de Washington, le Pentagone a rédigé des lignes directrices en matière de défense indiquant que la stratégie fondamentale des États-Unis doit « se concentrer sur l’empêchement de l’émergence de tout futur concurrent mondial potentiel ».

 

La doctrine de la « guerre préventive » invoquée par Trump et ses conseillers pour justifier une attaque, et même une frappe nucléaire, contre la Corée du Nord a d’abord été énoncée par le président George W. Bush comme prétexte à l’invasion et à l’occupation de l’Irak. Le président Barack Obama a développé la doctrine de Bush pour déclarer que toute menace sur les « valeurs et intérêts » américains, serait une cause suffisante pour que les États-Unis attaquent militairement un autre pays. Cette nouvelle doctrine est une violation flagrante du droit international. Mener une guerre d’agression a été le crime principal pour lequel les dirigeants nazis ont été accusés et condamnés lors des procès de Nuremberg après la Seconde Guerre mondiale.

 

S’inspirant de la position du gouvernement de Trump, il y a maintenant un bombardement médiatique dans les pays occidentaux pour diaboliser le leader nord-coréen Kim Jong-un, le présenter comme un fou et gonfler grossièrement la menace que constituent les « armes de destruction massive » de son régime. Cela suit un mode opératoire bien rodé qui a été utilisé pour mettre l’opinion publique au pas derrière les guerres dirigées par les États-Unis contre la Serbie, l’Irak, la Libye et la Syrie.

 

Derrière ce flot de propagande, quel est le caractère fondamental de cette guerre imminente ? C’est un conflit entre la puissance impérialiste la plus armée au monde et un pays opprimé et appauvri, dont le caractère social et politique est le produit d’une oppression coloniale et impérialiste implacable tout au long du vingtième siècle.

 

Après plus de quarante ans de domination coloniale brutale par le Japon, les États-Unis ont installé une dictature militaire à Séoul et mené une guerre presque génocidaire au début des années 1950 pour préserver la division artificielle de la péninsule coréenne entre le Nord et le Sud. Depuis la fin de la guerre, la Corée du Nord a été soumise à un blocus économique dirigé par les États-Unis, accompagné de provocations répétées et de menaces militaires.

 

La cible principale des menaces de guerre du gouvernement Trump n’est pas la Corée du Nord, mais la Chine, que les États-Unis considèrent comme le principal obstacle à leur domination régionale et mondiale. Le renforcement militaire des États-Unis dans toute la région Asie-Pacifique n’a pas commencé avec le milliardaire fasciste Trump, c’est une continuation du « pivot vers l’Asie » développé par le gouvernement d’Obama. En transférant cette initiative géostratégique à Trump, Obama a identifié la Corée du Nord comme le principal défi militaire qui se présentait au nouveau gouvernement et a conseillé que la « menace » nord-coréenne serve de prétexte pour faire monter d’un cran l’épreuve de force américaine avec la Chine.

 

Le fait que les déclarations belliqueuses de Trump surviennent immédiatement après un vote unanime au Conseil de sécurité de l’ONU pour de nouvelles sanctions sévères contre Pyongyang démontre que Washington a interprété le vote de la Chine à l’appui de la résolution des sanctions comme un signe de faiblesse et un feu vert pour intensifier immédiatement le face-à-face. La menace de « feu et fureur » contre la Corée du Nord est un avertissement implicite à la Chine, à la Russie et à toute autre puissance qui présente un défi à l’hégémonie des États-Unis.

 

Toute attaque des États-Unis contre la Corée du Nord pourrait rapidement devenir une guerre avec la Chine, comme cela s’est déjà produit en 1950. Le contrôle américain de la péninsule coréenne stratégiquement placée pourrait devenir le tremplin pour des provocations et des interventions dans le nord de la Chine, comme ce fut le cas pour l’impérialisme japonais dans les années 1930. La Chine, qui s’est battue il y a 67 ans pour empêcher une prise de contrôle américaine de la Corée du Nord et qui maintient encore un traité de défense mutuelle avec Pyongyang, est très consciente du danger et a renforcé militairement sa frontière nord.

 

Seule la mobilisation révolutionnaire indépendante de la classe ouvrière à l’échelle internationale peut désarmer les va-t-en-guerre et arrêter la marche impérialiste vers une nouvelle guerre mondiale.

 

(Article paru en anglais le 11 août 2017)

Posté par Michel Peyret

Dans une interview, Steve Bannon obsédé par « la guerre économique » contre la Chine

 
17 Août 2017
Dans le style extrême-droite autour du président, il y a ce type que l’on dit sur le départ mais qui reflète bien les tendances paranoïaques à l’oeuvre aux Etats-Unis. On voudrait nous faire croire que Trump est un accident, et que les autres (les Bush en tête) ne sont pas d’accord, mais il y a une logique globale de la politique  des USA (et de la nôtre dans le cadre d’une Europe vassalisée par la défense commune des intérêts monopolistes). Cette logique va vers l’extrême-droite, pas nécessairement « les clowns », mais ce qui est déjà à l’oeuvre et que nos médias appuient de toutes leurs forces, une politique de guerre pour conserver la suprématie « occidentale » et exploiter toujours plus leurs propres travailleurs
 
(note de Danielle Bleitrach).

Dans une interview, Steve Bannon obsédé par "la guerre économique" contre la Chine
Steve Bannon, le 9 avril. (JIM WATSON/AFP)

Le conseiller nationaliste de Donald Trump, qu’on dit sur le départ, donne sa vision des choses dans une interview paranoïaque.

 

La confrontation avec la Corée du Nord sur le nucléaire n’est qu' « une diversion » : c’est le propre conseiller stratégique de Donald Trump, le très controversé Steve Bannon, qui le dit. « Selon moi, la guerre économique avec la Chine, c’est la question numéro 1. Nous devons nous concentrer sur cette question, de façon maniaque », martèle le chantre nationaliste mercredi 16 août dans un entretien avec American Prospect, un site d’informations marqué à gauche.

 

« Et si nous continuons à perdre cette guerre, nous sommes à cinq ans, dix ans au maximum, du point de non-retour », assure l’ancien patron du site d’informations Breitbart News, dont il a fait une plateforme pour l’extrême droite américaine, rebaptisée « alt-right » ou droite alternative.

 

« Nous sommes en guerre économique avec la Chine », insiste-t-il :

 

« Tout est d’ailleurs écrit chez eux, ils ne cherchent pas à cacher ce qu’ils font. L’un de nous sera en situation d’hégémonie d’ici 25 ou 30 ans, et ce sera la Chine si nous continuons sur cette voie. Sur la Corée du Nord, ils ne font que nous amadouer. Ce n’est qu’une diversion ».

 

« Au Pentagone, ils font dans leur froc »

 

Apparemment isolé au sein de l’administration à la Maison Blanche, Steve Bannon, qui n’a reçu qu’un tiède soutien de la part du président Trump lors de sa dernière conférence de presse mardi, a laissé libre cours à ses avis tranchés, dans cette interview par téléphone avec le rédacteur en chef d’American Prospect, Robert Kuttner.

 

Steve Bannon est ainsi très critique face à la menace du président Trump de faire tomber « le feu et la colère » sur la Corée du Nord si elle persiste à menacer les Etats-Unis avec ses missiles et son programme nucléaire.

 

« Il n’y a pas de solution militaire, laissons tomber. Tant que quelqu’un n’aura pas résolu l’équation qui me démontrerait que dix millions de Sud-Coréens ne mourront pas dans les 30 minutes suivantes, tués par des armes conventionnelles, je ne vois pas de quoi on parle, il n’y a pas de solution militaire, ils nous tiennent ».

 

Quant à ceux au sein du département d’Etat ou au Pentagone qui veulent obtenir l’aide de la Chine dans le cadre de ce dossier nord-coréen, il n’est pas tendre avec eux :

 

« Ils font dans leur froc ».

 

Les suprémacistes ? « Des clowns »

 

De même, loin de soutenir le président Trump dans le cadre de la polémique autour des événements de Charlottesville, en Virginie, et des mouvements d’extrême droite, Steve Bannon Bannon a traité avec dédain ce mouvement nationaliste blanc qu’il avait pourtant aidé avec Breitbart News.

 

« L’ethno-nationalisme, ce sont des losers. Ils sont à la marge. Je pense que les médias leur donnent trop d’importance, et nous devons aider à les écraser, à les écraser encore plus ».

 

« Ces gars, c’est juste une collection de clowns », insiste-t-il, au sujet de ces mouvements suprémacistes blancs.

 

T.V. avec AFP

The New York Times : Le staff juif de Trump est resté silencieux devant sa défense de la marche antisémite

 

17 Août 2017

Traditionnellement aux USA, les juifs sont majoritairement démocrates et progressistes comme Bernie Sanders, Chomsky et bien d’autres. La presse et la communauté juive a mis en demeure les juifs dans le staff du président de le désavouer, à commencer par son gendre et sa fille. Ce n’est pas le premier juif prêt à avaler des couleuvres antisémites. Nixon était ouvertement antisémite et Kissinger subissait ses propos. Ce qui prouve à quel point aujourd’hui   « le progressisme » juif, pour certains, qui ont par ailleurs tendance à se présenter comme les seuls défenseurs du judaïsme, cède la place à des politiques qui peuvent s’appuyer sur l’extrême-droite quand les fondements de classe, les alliances géopolitiques l’exigent. Jusqu’à présent cette tolérance au nazisme se contentait d’appuyer des expéditions de l’OTAN, des dictateurs latino-américains, mais voici qu’elle touche aux Etats-Unis eux-mêmes.

 

(note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoire et societe)


Par MICHAEL D. SHEAR AUG. 16, 2017
Jared Kushner, le beau-fils du président Trump et son conseiller principal, et sa femme, Ivanka Trump, la fille du président, sont tous deux juifs. CréditDoug Mills / The New York Times
WASHINGTON – Les membres juifs de l’administration du président Trump sont restés pour la plupart muets mercredi après que Monsieur Trump ait pris la défense des manifestants nationalistes et de droite à Charlottesville, en Virginie, qui avaient chanté des slogans antisémites et ont insulté le beau-fils juif du président.

Gary D. Cohn, le directeur du Conseil économique national du président, qui est juif, a été décrit par plusieurs personnes proches de lui comme « dégoûté » et « profondément bouleversé » par les remarques du président. Mais M. Cohn n’a pas exprimé publiquement ces points de vue.

Steven Mnuchin, le secrétaire du Trésor et aussi juif, se tenait silencieusement derrière M. Trump mardi, alors que le président a déclaré qu’il y avait « des gens très bien des deux côtés » en parlant de l’incident de Virginie. M. Mnuchin n’a rien dit depuis les remarques du président.

Et Jared Kushner, le beau-fils du président, qui est aussi juif, a gardé le silence sur les commentaires de M. Trump. Ivanka Trump, la femme de M. Kushner, qui s’est convertie au judaïsme, a déclaré dimanche: « Il ne devrait pas y avoir de place dans la société pour le racisme, la suprématie blanche et les néo-nazis ».
 M. Kushner, M. Cohn et M. Mnuchin qui mercredi ont été sollicités pour faire des commentaires n’ont pas répondu.

Les violentes manifestations racistes à Charlottesville ont débuté alors que les suprématistes blancs et d’autres avaient manifesté contre la suppression d’une statue de Robert E. Lee d’un parc dans la ville. Leurs paroles visaient aussi bien les juifs que les noirs.

Les néo-nazis ont porté des torches et ont déclaré que « les Juifs ne nous remplaceront pas » alors qu’ils traversaient le campus de l’Université de Virginie vendredi. Et mardi, Chris Cantwell, un chef suprématisme blanc, a déclaré à Vice News qu’il voulait un président qui « ne donne pas sa fille à un juif ».
Charlottesville: Race and Terror – VICE News Ce soir sur HBO Video par VICE News
Dans ses commentaires mardi, M. Trump a appelé les néo-nazis lors des manifestations « des personnes mauvaises», mais il a défendu beaucoup de ceux qui sont venus au rassemblement.

« On dirait qu’ils ont eu des personnes grossières, mauvaises, des néonazis, des nationalistes blancs, comme vous voulez les désigner », a déclaré le président. « Mais vous avez eu beaucoup de gens dans ce groupe qui étaient là pour protester innocemment et protester très légalement ».

Les partisans juifs de M. Trump à l’extérieur de l’administration ont également été très silencieux mercredi. Sheldon Adelson, le megadonor juif de Las Vegas, qui était un passionné de la campagne de M. Trump, n’a pas fait de déclaration.

Michael D. Cohen, l’avocat personnel du président, qui est juif, a défendu M. Trump en réponse à la question d’un journaliste mercredi.« Je connais le président Trump et son cœur », a commenté M. Cohen. « C’est un homme bon et il n’y a pas une once de racisme en lui. Tout le matin, je reçois des commentaires horribles sur l’anti-noir, le raciste, etc. que serait  Trump. C’est tout simplement faux! » 

M. Cohen a énormément dénoncé « la suprématie blanche, le nationalisme blanc, les croyances nazies et la haine de toute personne fondée sur la race, la religion, la croyance, la couleur ou l’orientation sexuelle ». Mais il a ajouté: « Trump n’est pas un raciste et moi non plus. Les attaques contre Lui et tous ceux qui l’accompagnent sont dégoûtantes, honteuses  et blessantes»

Sam Nunberg, un ancien conseiller de la campagne Trump qui a été congédié après avoir publié des messages sur le plan racial de Facebook, est également venu à la défense du président.

« J’ai passé des milliers d’heures avec cet homme. Il n’a pas une seule once d’antisémitisme en lui », a déclaré M. Nunberg, juif, lors d’une interview téléphonique. M. Nunberg a condamné les manifestants néo-nazis comme « un tas de gens dégoûtants. Beaucoup de personnes disent des choses antisémites. » 

Il a ajouté qu’il était déçu des commentaires de M. Trump mardi parce qu’ils laissaient la porte ouverte à l’interprétation et aux malentendus.

M. Nunberg a déclaré qu’il ne croyait pas que M. Mnuchin ou M. Cohn devraient faire connaître leur point de vue.

« C’est une situation dans laquelle il ne peuvent que perdre », a déclaré M. Nunberg. « Si M. Mnuchin ou M. Cohn font une déclaration, alors? est-ce qu’ils sont supposés démissionner? Ils ont la responsabilité de mener à bien leur travail. » 

Le représentant Lee Zeldin, un républicain juif de New York, a pris la défense du président pour avoir noté qu’il y avait de la violence des deux côtés, mais il a ajouté que « ces deux côtés ne sont pas égaux. Ils sont différents. »

Julian Assange demande pourquoi les États-Unis n’ont rien dit lorsque Obama a soutenu les néo-nazis ukrainiens

 

17 Août 2017
Bonne Question et elle ne devrait pas se limiter à la seule Ukraine? C’est toute la politique des Etats-Unis et de leurs alliés, toute la manière dont notre presse en rend compte.

Le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, a envoyé une série de Tweets très pertinents au sujet de la récente manifestation de droite contre les protestations de gauche à Charlottesville qui ont entraîné une mort et des blessures multiples.

 

Il demande pourquoi il y aurait deux poids et deux mesures face à l’extrême-droite quand elle défile à Charlotteville ou en Ukraine et que les Etats-Unis la soutienne.

 

La même très pertinente question pourrait être posée à nos belles âmes de la presse française, des politiciens et de tous ceux qui continuent à feindre de ne rien voir pour soutenir les menées de l’OTAN. Ou pire encore qui ont choisi de présenter les mêmes au Venezuela comme l’image d’un peuple se révoltant contre un tyran…

 

Précurseurs et alliés du nazisme aux Etats-Unis

 

17 Août 2017

Racisme et eugénisme pendant l’entre-deux-guerres

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Ce n’est pas un des meilleurs films de Kazan, le Mur invisible est celui qui sépare les juifs des autres citoyens américains, un journaliste se fait passer pour juif pour y être confronté. Il découvre l’enfer alors que nous sommes aux lendemains de la deuxième guerre mondiale. Notons la présence de John Garfield, lui même juif et communiste qui va être une des victimes du Maccarthysme et en mourra. Il faut lire aussi les mémoires de Filler où le cinéaste juif alors jeune journaliste raconte l’horreur du racisme anti-noir dans les Etats du sud. Il y a une étroite solidarité entre noirs et juifs qui aux Etats-Unis n’est pas totalement oubliée

 

(note de Danielle Bleitrach).


Publié il y a un an, le roman de Philip Roth « Le Complot contre l’Amérique » imaginait l’arrivée à la présidence des Etats-Unis, en 1940, de Charles Lindbergh. Si la victoire du célèbre aviateur, antisémite notoire et sympathisant du régime nazi, sur Franklin Delano Roosevelt relève de la fiction, l’influence du nazisme outre-Atlantique était bien réelle. A preuve les écrits de Henry Ford. Plus : les tenants américains de l’eugénisme et du racisme ont inspiré Adolf Hitler.

 

par Michael Löwy & Eleni Varikas 
 
Le Monde diplomatique
Précurseurs et alliés du nazisme aux Etats-Unis

Certains, comme Daniel Goldhagen, ont essayé d’expliquer le nazisme par une perversité antisémite exclusivement allemande ; d’autres, comme Ernst Nolte, dans un esprit visiblement apologétique, parlent de comportement « asiatique » ou d’imitation des bolcheviks. Et si, comme l’a si tôt perçu Hannah Arendt, le racisme et l’antisémitisme nazis avaient plutôt des sources occidentales (1), et même des filiations nord-américaines ? En effet, parmi les lectures favorites des fondateurs du IIIe Reich se trouve le livre d’un personnage américain hautement représentatif : Henry Ford. Par ailleurs, les doctrines scientifiques et les pratiques racistes politiques et juridiques des Etats-Unis ont eu un impact non négligeable sur les courants équivalents en Allemagne.

 

Cette connexion américaine remonte tout d’abord à la longue tradition de la fabrication juridique de la race – une tradition qui exerce une grande fascination sur le mouvement nazi dès ses origines. En effet, pour des raisons historiques, liées entre autres à la pratique ininterrompue, des siècles durant, de l’esclavage des Noirs, les Etats-Unis offrent le cas peut-être unique d’une métropole qui a exercé, et sur son propre sol, une classification raciste officielle comme fondement de la citoyenneté.

 

Qu’il s’agisse des définitions de la « blancheur » et de la « noirceur » qui, nonobstant leur instabilité, se succèdent depuis trois siècles et demi comme catégories juridiques, qu’il s’agisse des politiques d’immigration enviées par Adolf Hitler dès les années 1920 ou encore des pratiques de stérilisation forcée dans certains Etats plusieurs décennies avant la montée du nazisme en Allemagne, la connexion américaine offre un terrain privilégié, bien qu’aucunement unique, pour repenser les sources proprement modernes du nazisme, les continuités inavouées de celui-ci avec certaines pratiques politiques des sociétés occidentales (y compris démocratiques).

 

La stérilisation forcée institutionnalisée

 

Denoncer l’antisémitisme et le judéocide est une des composantes importantes de la culture politique dominante des Etats-Unis aujourd’hui. Tant mieux. Il règne, en revanche, un silence gêné sur les liens, les affinités, les connexions entre personnages importants de l’élite économique et scientifique du pays et l’Allemagne nazie. Ce n’est qu’au cours des dernières années que sont parus des livres qui abordent de front ces questions embarrassantes. Deux de ces ouvrages nous semblent mériter une attention particulière : The Nazi Connection (2), de Stefan Kühl, et The American Axis (3), de Max Wallace. Kühl est un universitaire allemand qui a fait des recherches aux Etats-Unis, et Wallace un journaliste américain établi de longue date au Canada.

 

« Il y a aujourd’hui un pays où l’on peut voir les débuts d’une meilleure conception de la citoyenneté », écrivait Hitler en 1924. Il se référait à l’effort des Etats-Unis pour maintenir la « prépondérance de la souche nordique », pour leur politique relative à l’immigration et à la naturalisation. Le projet d’« hygiène raciale » développé dans Mein Kampf prenait pour modèle l’Immigration Restriction Act (1924), qui interdisait l’entrée des Etats-Unis aux individus souffrant de maladies héréditaires ainsi qu’aux migrants en provenance de l’Europe du Sud et de l’Est. Quand, en 1933, les nazis ont mis en place leur programme pour l’« amélioration » de la population par la stérilisation forcée et la réglementation des mariages, ils se sont ouvertement inspirés des Etats-Unis, où plusieurs Etats appliquaient déjà depuis des décennies la stérilisation des « déficients », une pratique sanctionnée par la cour suprême en 1927.

 

L’étude remarquable de Kühl retrace cette sinistre filiation en étudiant les liens étroits qui se tissent entre eugénistes américains et allemands de l’entre-deux-guerres, les transferts des idées scientifiques et des pratiques juridiques et médicales. Bien documentée et défendue avec rigueur, la thèse principale de l’auteur est que le soutien continu et systématique des eugénistes américains à leurs collègues allemands jusqu’à l’entrée des Etats-Unis dans la seconde guerre mondiale, leur adhésion à la plupart des mesures de la politique raciale nazie ont constitué une source importante de légitimation scientifique de l’Etat raciste de Hitler.

 

A l’encontre d’une partie considérable de l’historiographie dominante, Kühl montre que les eugénistes américains qui se sont laissé séduire par la rhétorique nazie de l’hygiène raciale n’étaient pas qu’une poignée d’extrémistes ou de marginaux, mais un groupe considérable de scientifiques dont l’enthousiasme ne s’est pas atténué quand cette rhétorique est devenue réalité. L’étude des mutations de ces rapports entre les deux communautés scientifiques permet au sociologue et historien allemand de mettre en lumière les aspects multiples de l’influence qu’ont exercée sur les adeptes de l’hygiène raciale les « progrès » de l’eugénisme américain – notamment l’efficacité d’une politique d’immigration qui « combinait la sélection ethnique et eugéniste » – et le succès qu’a connu le mouvement eugéniste américain en faisant adopter des lois en faveur de la stérilisation forcée.

 

Pendant que, dans la république de Weimar, travailleurs sociaux et responsables de la santé publique se préoccupaient de réduire les coûts de la protection sociale, les spécialistes de l’hygiène raciale avaient les yeux tournés vers les mesures de stérilisation forcée pratiquées dans plusieurs Etats de l’Amérique du Nord pour réduire le coût des « déficients ». La référence aux Etats-Unis, premier pays à institutionnaliser la stérilisation forcée, abonde dans toutes les thèses médicales de l’époque. Une des explications souvent avancées pour expliquer ce statut d’avant-garde dont jouissait l’eugénisme américain était la présence des Noirs, qui aurait « obligé très tôt la population blanche à recourir à un programme systématique d’amélioration de la race ». Cette même explication sera avancée plus tard par les apologètes américains du régime nazi comme le généticien T. U. H. Ellinger, qui comparait la persécution des Juifs au traitement brutal des Noirs aux Etats-Unis.

 

Avec la montée du nazisme, les eugénistes américains, à l’exemple de Joseph DeJarnette, membre d’un mouvement de promotion de la stérilisation en Virginie, découvrent avec surprise et fascination que « les Allemands nous battent à notre propre jeu… ». Ce qui n’empêche pas, du moins jusqu’à l’entrée en guerre des Etats-Unis (décembre 1941), leur soutien actif aux politiques racistes des nazis, pas plus que le silence de la grande majorité des eugénistes devant la persécution des Juifs et des Tziganes, des Noirs du IIIe Reich. Certes la communauté eugéniste ne fut pas homogène, comme le montrent les dénonciations virulentes de scientifiques comme les eugénistes socialistes Herman Muller et Walter Landauer ; celles du généticien progressiste L. C. Dunn et du célèbre anthropologue Franz Boas. Mais, contrairement aux deux derniers, qui étaient critiques envers l’eugénisme, Muller et Landauer menaient une critique « scientifique » du nazisme qui, tout en niant la hiérarchie des races, reconnaissait le besoin d’améliorer l’espèce humaine par la promotion de la reproduction des individus « capables » et la prohibition de celle des individus « inférieurs ».

 

Un vocabulaire biologique, médical et hygiéniste

 

Le chapitre 6 du livre de Kühl, « Science et racisme. L’influence des concepts différents de la race sur les attitudes envers les politiques racistes nazies », apporte un démenti à la thèse canonique selon laquelle les tendances « pseudo-scientifiques » de l’eugénisme américain – responsables de la loi raciste de 1924 sur l’immigration – auraient cédé la place, dès les années 1930, à un eugénisme progressiste plus « scientifique » en rupture totale avec l’hygiène raciale.

 

La typologie complexe que construit l’auteur démontre que les différenciations au sein du mouvement eugéniste américain n’avaient rien à voir avec son devenir plus « scientifique ». Il souligne que la lutte à l’intérieur de la communauté scientifique internationale au sujet de la politique raciale nazie était avant tout une lutte entre des positions scientifiques divergentes relatives à l’amélioration de la race et aux moyens scientifiques, économiques et politiques pour y parvenir.

 

C’est la raison pour laquelle l’auteur propose deux notions – « racisme ethnique » et « racisme génétique » –, qu’il estime nécessaires pour la compréhension du phénomène étudié. Le premier fut condamné ouvertement par le tribunal de Nuremberg en 1946 ; pour le second, ce fut plus difficile. D’une part, la plupart des hygiénistes raciaux n’ont pas été jugé(e)s pour la stérilisation forcée de quatre cent mille personnes. D’autre part, la recherche récente a montré qu’une partie de l’accusation a essayé de présenter les massacres de masse et les expériences dans les camps comme des pratiques séparées de l’« eugénisme authentique ».

 

En 1939, Ellinger écrivait dans le Journal of Heredity que la persécution des juifs n’était pas une persécution religieuse, mais « un projet d’élevage de grande échelle visant à éliminer de la nation les attributs héréditaires de la race sémitique ». Et d’ajouter : « Mais quand il s’agit de savoir comment le projet d’élevage peut être réalisé avec la plus grande efficacité, une fois que les politiciens ont décidé de sa désirabilité, même la science peut assister les nazis. » Quelques années plus tard, Karl Brandt, le chef du programme d’élimination des personnes handicapées, déclarait devant ses juges que celui-ci avait été fondé sur des expériences américaines dont certaines dataient de 1907. Il citait pour sa défense Alexis Carrel, dont une de nos universités portait encore récemment le nom (4).

 

L’ouvrage de Wallace analyse les rapports avec le nazisme de deux icônes américaines du XXe siècle : le constructeur automobile Ford et l’aviateur Charles Lindbergh. Ce dernier, consacré héros de l’aviation après avoir traversé pour la première fois l’Atlantique (1927), va jouer un rôle politique significatif dans les années 1930, comme sympathisant américain du IIIe Reich et, à partir de 1939, comme un des organisateurs (avec Ford) de la campagne contre Roosevelt, accusé de vouloir intervenir en Europe contre les puissances de l’Axe.

 

Moins connu, le cas de Ford est plus important. Comme le montre très bien Wallace – c’est un des points forts de son livre –, The International Jew (1920-1922), de Ford (lire « Henry Ford, inspirateur d’Adolf Hitler »), inspiré par l’antisémitisme le plus brutal, a eu un impact considérable en Allemagne. Traduit dès 1921 en Allemand, il a été l’une des principales sources de l’antisémitisme national-socialiste et des idées de Hitler. Dès décembre 1922, un journaliste du New York Times visitant l’Allemagne, raconte que « le mur situé derrière la table de Hitler, dans son bureau privé, est décoré d’un large tableau représentant Henry Ford ». Dans l’antichambre, une table était couverte d’exemplaires de Der Internationale Jude. Un autre article du même journal américain publie, en février 1923, les déclarations d’Erhard Auer, vice-président de la Diète bavaroise, accusant Ford de financer Hitler, parce qu’il était favorable à son programme prévoyant l’« extermination des Juifs en Allemagne ».

 

Wallace observe que cet article est une des premières références connues aux projets exterminateurs du dirigeant nazi. Enfin, le 8 mars 1923, dans une interview au Chicago Tribune, Hitler déclarait : « Nous considérons Heinrich Ford comme le leader du mouvement fascisti croissant en Amérique. (…) Nous admirons particulièrement sa politique antijuive, qui est celle de la plate-forme des fascisti bavarois (5). » Dans Mein Kampf, qui paraîtra deux ans plus tard, l’auteur rend hommage à Ford, le seul individu qui résiste aux Juifs en Amérique, mais sa dette envers l’industriel est bien plus importante. Les idées de The International Jew sont omniprésentes dans le livre, et certains passages en sont extraits presque littéralement, notamment en ce qui concerne le rôle des conspirateurs juifs dans les révolutions en Allemagne et en Russie.

 

Quelques années plus tard, en 1933, une fois le parti nazi au pouvoir, Edmund Heine, le gérant de la filiale allemande de Ford, a écrit au secrétaire de l’industriel américain, Ernest Liebold, pour lui raconter que The International Jew était utilisé par le nouveau gouvernement pour éduquer la nation allemande dans la compréhension de la « question juive » (6). En rassemblant cette documentation, Wallace a établi, de manière incontestable, que le constructeur automobile américain avait compté au nombre des sources les plus significatives de l’antisémitisme du national-socialisme.

 

Comme le rappelle Wallace, Hitler fit attribuer en 1938 à Ford, par l’intermédiaire du consul allemand aux Etats-Unis, la grande croix de l’ordre suprême de l’Aigle allemand, une distinction créée en 1937 pour honorer de grandes personnalités étrangères. Auparavant, la médaille, une croix de Malte entourée de svastikas, avait été attribuée à Benito Mussolini.

 

Cependant, Wallace ne nous explique pas pourquoi, considérant l’abondance des travaux antisémites européens, notamment allemands, l’auteur de Mein Kampf a été à ce point fasciné par l’ouvrage américain. Pourquoi a-t-il orné son bureau du portrait de Ford, et non de celui de Paul Lagarde, Moeller Van der Bruck et de tant d’autres illustres idéologues antisémites allemands ? Outre le prestige associé au nom de l’industriel, il semble que trois raisons peuvent expliquer cet intérêt pour The International Jew : la modernité de l’argument, son vocabulaire « biologique », « médical » et « hygiéniste » ; son caractère de synthèse systématique, articulant dans un discours grandiose, cohérent et global, l’ensemble des diatribes antisémites de l’après-guerre ; enfin, sa perspective internationale, planétaire, mondiale.

 

« Je l’ai lu et je suis devenu antisémite »

 

Wallace montre, documents à l’appui, que Hitler n’a pas été le seul des dirigeants nazis à éprouver l’influence du livre fabriqué à Dearborn. Baldur von Schirach, leader de la Hitlerjugend et, plus tard, gauleiter de Vienne, déclara, lors du procès de Nuremberg : « Le livre antisémite décisif que j’ai lu à cette époque, et le livre qui a influencé mes camarades, est celui de Henry Ford, The International Jew. Je l’ai lu et je suis devenu antisémite. » Joseph Goebbels et Alfred Rosenberg figurent également parmi les dirigeants ayant mentionné cet ouvrage au nombre des référence importantes de l’idéologie du Parti national-socialiste allemand (NSDAP) (7).

 

En juillet 1927, menacé d’un procès en diffamation et inquiet de la chute des ventes de ses voitures, Ford s’était livré à une rétractation en bonne et due forme. Dans un communiqué de presse, il affirmait sans broncher ne « pas avoir été informé » du contenu des articles antisémites parus dans The Dearborn Independent, et il demandait aux Juifs « pardon pour le mal involontairement infligé » par le pamphlet The International Jew (8). Jugée peu sincère par une bonne partie de la presse américaine, cette déclaration a cependant permisà Ford de dégager sa responsabilité pénale. Elle ne l’a pas empêché de continuer à soutenir, en sous-main, une série d’activités et de publications à caractère antisémite (9).

 

« Ford précurseur du nazisme » a été largement occulté aux Etats-Unis, au profit du grand industriel moderne promoteur de la voiture fabriquée en série et vendue à bon marché. C’est cet homme que l’écrivain anglais Aldous Huxley présentait ironiquement, dans Le Meilleur des mondes (1932), comme une divinité moderne, la prière adressée à « Our Ford » remplaçant l’ancienne dirigée à « Our Lord » (« Notre Seigneur »).

 

Ce long silence gêné est compréhensible. Le « cas » Ford soulève des questions délicates sur la place du racisme dans la culture nord-américaine et sur les rapports entre notre « civilisation occidentale » et le IIIe Reich, entre la modernité et l’antisémitisme le plus délirant, entre progrès économique et régression humaine. Le terme de « régression » n’est d’ailleurs pas pertinent : un livre comme The International Jew n’aurait pas pu être écrit avant le XXe siècle, et l’antisémitisme nazi est lui aussi un phénomène radicalement nouveau. Le dossier Ford jette une lumière crue sur les antinomies de ce que Norbert Elias appelait le « processus de civilisation ».

 

Michael Löwy

Directeur de recherches émérite au Centre national de la recherche scientifique (CNRS).
 

Eleni Varikas

Professeure à l’université Paris-VIII (Saint-Denis).

 

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(1) Cf. la démonstration qu’a faite Hannah Arendt, en ce qui concerne le colonialisme, l’impérialisme et l’antisémitisme européens, dans le premier et le deuxième volume des Origines du totalitarisme. Pour une actualisation et un enrichissement de cette thèse, cf. Enzo Traverso, La Violence nazie, Paris, La Fabrique, 2002.

(2) Stefan Kühl, The Nazi Connection. Eugenics, American Racism, and German National Socialism, Oxford University Press, New York, 1994.

(3) Max Wallace, The American Axis. Henry Ford, Charles Lindbergh, and the Rise of the Third Reich, St. Martin’s Press, New York, 2004.

(4) La faculté de médecine Lyon-I, jusqu’en 1996.

(5) Max Wallace, The American Axis, p. 45-46.

(6) Ibid., p. 130.

(7) Ibid., p. 42, 57.

(8) Ibid., p. 31-33.

(9) Sur les connexions antisémites et philonazies de Ford dans les années 1930, et sur son alliance avec Lindbergh, lire les pages 124 à 145 et 239 à 266.

VOIR AUSSI

  • Henry Ford, inspirateur d’Adolf Hitler

    Michael Löwy
    Avec le livre The International Jew, de Henry Ford , nous ne sommes plus du tout dans l’antijudaïsme traditionnel, d’inspiration religieuse, mais dans quelque chose de radicalement différent. Cet ouvrage en (…) →

Aux Etats-Unis, « d’abominables lynchages »

 

16 Août 2017

Auteur: 
Marina Bellot
 
 
Un de mes souvenirs d’enfant très fort, et c’est peut-être ce qui m’a éloigné à jamais des Etats-Unis contre lesquels je n’avais aucune raison d’avoir de la prévention, était le récit des horreurs racistes dans le sud. J’ai toujours détesté le racisme et je faisais à huit ans le rêve d’épouser soit un noir, un asiatique ou un « peau-rouge » et l’enfant que nous aurions épouserait lui-même un autre jusqu’à ce que tout ça soit mélangé, c’est ce que j’ai découvert avec joie à Cuba. Résultat ces gens étaient d’abominables barbares stupides.
 
(note de Danielle Bleitrach)
Le Petit Journal Supplément du dimanche du 7/10/1906 – Source : BnF RetroNews
 
Entre la fin du xixe et la première moitié du xxe siècle, la haine raciale entretenue par le ku klux klan donne lieu à une violence inouïe contre les noirs. La presse française s’en fait volontiers l’écho.

4000 noirs ont été exécutés sans jugement aux États-Unis entre la fin du XIXe et la première moitié du XXe siècle selon une étude de 2015 de l’association américaine de défense des droits de l’homme, l’Equal justice initiative, réévaluant de plusieurs centaines de nouveaux cas les précédentes estimations.

 

Fusillades, pendaisons, noyades, supplices du feu, mais aussi mises en scène macabres, corps marqués au fer des lettres KKK ou badigeonnés de goudron bouillant puis couverts de plumes… Ces actes de torture et exécutions sommaires ont pour une large part été perpétrés ou encouragés par le Ku Klux Klan, né sur les ruines de la guerre de Sécession.

 

L’organisation, créée en 1865 par des officiers sudistes hostiles à l’abolition de l’esclavage et aux droits civiques accordés aux noirs, prône alors la suprématie de la race blanche et se livre à des campagnes de lynchage d’une violence inouïe.

 

En France, les informations concernant les « lynchages de nègres » apparaissent dans la presse à partir des années 1890.

 

En 1904, L’Humanité dresse un état des lieux de la ségrégation qui sévit outre-Atlantique :

« Quelques exemples récents de lynchage de noirs aux États-Unis ont montré combien les questions de couleur et de race demeurent vivantes sur la terre de Washington. On s’imagine difficilement en effet à quel point est parvenue la persécution des Noirs dans les États du Sud. »

https://www.retronews.fr/embed-journal/l-humanite/23-septembre-1904/40/344253/1?fit=369.2895.640.414

 

Et le journaliste d’énumérer :

« En Virginie, blancs et nègres ne doivent s’asseoir côte à côte dans le même tramway. En Tennessee, les noirs ne peuvent pas faire partie du jury et les lois ordonnent la séparation des races sur les voies ferrées. Dans un autre État, tout récemment, un pasteur protestant de couleur qui stationnait dans un wagon « blanc » fut saisi et fouetté par les autres voyageurs.

 

Un mulâtre ne peut pénétrer dans les temples destinés aux blancs. Les enfants noirs fréquentent des écoles spéciales pour les noirs. Presque tous les États, même ceux du Nord, défendent le mariage entre blancs et noirs. À New-Jersey, les gens de couleur ne peuvent pas se baigner dans l’Océan aux mêmes heures que les blancs. Enfin, touchant exemple de fraternité évangélique, les associations chrétiennes de jeunes gens sont impitoyablement fermées aux noirs. Et cette servitude pèse sur plus de dix millions de nègres. »

Aux États-Unis, les journaux locaux assurent la publicité des lynchages, qui deviennent un véritable argument de vente : photos chocs et textes à sensation se multiplient, donnant à voir de manière toujours plus spectaculaire la violence envers les Noirs. Les photos des scènes de torture peuvent s’acheter séparément et, au début du XXe siècle, des cartes postales illustrées voient même le jour…

 

De leur côté, les journaux français s’émeuvent régulièrement des « horribles lynchages » pratiqués outre-Atlantique… tout en ne se privant pas de faire leur le slogan américain « If it bleads, it leads » (« Le sang c’est vendeur »).

 

En 1906, c’est une véritable scène de guerre que décrit Le Petit Journal, qui y consacre aussi une spectaculaire couverture. La ville d’Atlanta est alors à feu et à sang après la publication dans les journaux locaux d’informations faisant état d’« attentats contre des personnes de race blanche » :

« Aussitôt, une fureur s’empara de la foule qui se mit à parcourir les rues en poussant des cris de mort. Comme obéissant à un plan concerté à l’avance, les manifestants, concentrés devant les bureaux des principaux journaux, se partagèrent en bandes qui se précipitèrent vers les différents quartiers habités par les nègres. (…)

 

Les manifestants arrêtaient les hommes et les femmes de couleur qu’ils rencontraient et les battaient à mort. Sur certains points de la ville, la populace blanche dévasta plusieurs boutiques de barbiers nègres qui furent traînés dans les rues et massacrés. Un grand hôtel, qui emploie des domestiques nègres, fut envahi par la foule qui maltraita les hommes de couleur et tenta de mettre le feu à l’hôtel. Le pillage se concentra dans une rue où se trouvent de nombreux magasins appartenant à des nègres. Ces sanglants désordres se prolongèrent toute la nuit. »

https://www.retronews.fr/embed-journal/le-petit-journal-supplement-du-dimanche/07-octobre-1906/82/397171/2?fit=31.56.936.638

 

« En 55 ans, 4 674 nègres ont été brûlés ! » titre en 1937 Paris-Soir, dont l’envoyé spécial en Alabama raconte sa rencontre avec un dentiste noir, « un nègre intelligent et cultivé qui souffre dans sa chair toutes les souffrances de sa race » qui entreprend de lui montrer toute la documentation qu’il a accumulée sur les cas de lynchage. Avant de conclure :

« Tant que le lynchage existe, la société elle-même est en danger. Tant qu’on laisse la populace agir à son gré, on n’a aucune garantie que cette populace n’annihilera pas un beau jour la société elle-même. »

https://www.retronews.fr/embed-journal/paris-soir/14-octobre-1937/131/108345/7?fit=61.210.1116.691

Lettre de Karl Marx à Abraham Lincoln : Mort à l’esclavage

 

15 Août 2017

Abraham_Lincoln_November_1863-1

Mort à l’esclavage.

 

L’esclavage a été aboli en France le 27 avril 1848. Ailleurs dans le monde, les autres puissances occidentales tardèrent à proscrire cette pratique honteuse, symbole de l’impérialisme et du colonialisme. Ce crime contre l’humanité (comme le définit depuis mai 2012 la loi Taubira), a fédéré la lutte de nombreux esprits, courants et idéologies opposés. Exemple majeur, Karl Marx se range aux côtés d’Abraham Lincoln dans une lettre historique.

Lettres

30 décembre 1864

 

Nous complimentons le peuple américain à l’occasion de votre réélection à une forte majorité. Si la résistance au pouvoir des esclavagistes a été le mot d’ordre modéré de votre première élection, le cri de guerre triomphal de votre réélection est : mort à l’esclavage.

 

Depuis le début de la lutte titanesque que mène l’Amérique, les ouvriers d’Europe sentent instinctivement que le sort de leur classe dépend de la bannière étoilée. La lutte pour les territoires qui inaugura la terrible épopée, ne devait-elle pas décider si la terre vierge de zones immenses devait être fécondée par le travail de l’émigrant, ou souillée par le fouet du gardien d’esclaves ?

 

Lorsque l’oligarchie des trois cent mille esclavagistes osa, pour la première fois dans les annales du monde, inscrire le mot esclavage sur le drapeau de la rébellion armée ; lorsque à l’endroit même où, un siècle plus tôt, l’idée d’une grande république démocratique naquit en même temps que la première déclaration des droits de l’homme qui ensemble donnèrent la première impulsion à la révolution européenne du 18ème siècle, alors les classes ouvrières d’Europe comprirent aussitôt, et avant même que l’adhésion fanatique des classes supérieures à la cause des confédérés ne les en eût prévenues, que la rébellion des esclavagistes sonnait le tocsin pour une croisade générale de la propriété contre le travail et que, pour les hommes du travail, le combat de géant livré outre-Atlantique ne mettait pas seulement en jeu leurs espérances en l’avenir, mais encore leurs conquêtes passées. C’est pourquoi, ils supportèrent toujours avec patience les souffrances que leur imposa la crise du coton et s’opposèrent avec vigueur à l’intervention en faveur de l’esclavagisme que préparaient les classes supérieures et « cultivées », et un peu partout en Europe contribuèrent de leur sang à la bonne cause.

 

Tant que les travailleurs, le véritable pouvoir politique du Nord permirent à l’esclavage de souiller leur propre République ; tant qu’ils glorifièrent de jouir du privilège d’être libres de se vendre eux-mêmes et de choisir leur patron, ils furent incapables de combattre pour la véritable émancipation du travail ou d’appuyer la lutte émancipatrice de leurs frères européens.

 

Les ouvriers d’Europe sont persuadés que si la guerre d’indépendance américaine a inauguré l’époque nouvelle de l’essor des classes bourgeoises, la guerre anti-esclavagiste américaine a inauguré l’époque nouvelle de l’essor des classes ouvrières. Elles considèrent comme l’annonce de l’ère nouvelle que le sort ait désigné Abraham Lincoln, l’énergique et courageux fils de la classe travailleuse, pour conduire son pays dans la lutte sans égale pour l’affranchissement d’une race enchaînée et pour la reconstruction d’un monde social.

 

Depuis que Trump a menacé la Corée du Nord (la RPDC), du « feu et de la fureur » des Etats-Unis, la raison est revenue aux personnes dotées d’un minimum de bon sens. Les experts ont largement cessé de parler d’attaques préventives sur la Corée du Nord, attaques qui n’ont d’ailleurs jamais été sérieusement envisagées. La Corée du Nord a de nombreux moyens de riposter à une frappe et ils pourraient tous causer des dommages catastrophiques à la Corée du Sud et au Japon et, partant, aux intérêts américains en Asie.

 

Il est possible de dissuader la Corée du Nord d’utiliser ses armes nucléaires de la même manière qu’on en dissuade tous les États dotés d’armes nucléaires. Malheureusement, le conseiller en sécurité nationale McMaster n’a pas encore compris ce simple fait :

STEPHANOPOULOS : Mais votre prédécesseur, Susan Rice, a écrit cette semaine que les États-Unis pouvaient tolérer les armes nucléaires en Corée du Nord de la même manière que nous avons toléré les armes nucléaires en Union soviétique dans une bien plus grande mesure pendant la guerre froide. A-t-elle raison ?

 

MCMASTER : Non, elle a tort. Comment la théorie classique de la dissuasion pourrait-elle s’appliquer à un régime comme le régime de la Corée du Nord ? Un régime qui fait preuve d’une brutalité indescriptible envers son propre peuple ? Un régime qui constitue une menace permanente pour ses voisins dans la région et qui peut maintenant constituer une menace, une menace directe, pour les États-Unis avec ses armes de destruction massive ? Un régime qui emprisonne et menace quiconque semble s’opposer à lui, y compris les membres de sa propre famille, en utilisant du gaz Sarin dans un aéroport public ?

La dissuasion classique a marché contre l’Union soviétique aussi bien que contre la Chine de Mao. (Et à l’inverse, elle a également marché contre les États-Unis.) Comme la Corée du Nord, ces deux régimes étaient censément des régimes qui réprimaient brutalement les dissidents internes et menaçaient leurs voisins et les adversaires militaires des États-Unis. S’ils pouvaient être dissuadés, alors la Corée du Nord peut également l’être.

 

Pour ramener l’équipe Trump à la réalité, la Chine a réaffirmé qu’elle garantirait la sécurité de la Corée du Nord. The Global Times, un porte-parole non officiel du Parti communiste chinois, a écrit dans un éditorial :

« Il faudrait que la Chine précise également que si la Corée du Nord lance, la première, des missiles qui menacent le sol américain, et que les États-Unis ripostent, la Chine restera neutre, » [...].

 

« Mais si les États-Unis et la Corée du Sud se livrent à des frappes préventives et tentent de renverser le régime nord-coréen pour changer le modèle politique de la péninsule coréenne, la Chine les empêchera de le faire ».

Toute guerre non provoquée contre la Corée du Nord deviendrait donc une guerre avec la Chine et personne ne veut sérieusement se lancer dans une telle aventure. La seule voie raisonnable est de négocier un nouvel équilibre entre les intérêts nord-coréens et américains.

Les États-Unis continuent à mener des manœuvres à grande échelle avec la Corée du Sud et à faire voler des bombardiers stratégiques à capacité nucléaire près des frontières nord-coréennes. Cela force l’armée de la Corée du Nord à maintenir un niveau d’alerte élevé et coûteux, pour se prémunir contre de potentielles attaques surprises. L’une des raisons pour laquelle la Corée du Nord a développé l’arme nucléaire est de diminuer la nécessité d’être toujours prêt à se défendre dans une guerre conventionnelle.

 

La Corée du Nord a offert plusieurs fois de mettre fin à tous ses essais de missiles et d’armes nucléaires si les États-Unis arrêtaient leurs grandes manœuvres près de ses frontières. L’administration Trump a rejeté ses offres, mais la Corée du Nord vient d’augmenter la pression avec ses tests récents.

 

La semaine dernière, la Corée du Nord a de nouveau offert de limiter ses efforts si les États-Unis mettaient fin à certaines de leurs provocations. Elle a annoncé un éventuel test de quatre missiles en direction de la base des États-Unis sur l’île de Guam. Les bombardiers américains stratégiques qui volent près de la Corée du Nord décollent habituellement de Guam. Peu de personnes ont remarqué que l’annonce était assortie d’une condition et d’une offre :

Les bombardiers stratégiques nucléaires venant de Guam qui volent au-dessus de la Corée du Sud mènent ouvertement des exercices de guerre réelle avec toute la force nécessaire pour frapper les bases stratégiques de la RPDC. Cette situation extrême force la KPA (armée nord-coréenne, ndt) à surveiller constamment Guam, l’avant-poste et la tête de pont des Etats-Unis pour envahir la RPDC, et à prendre les mesures nécessaires, des mesures concrètes de grande envergure, pour empêcher cela.

Dans la matinée du 8 août, les pirates aériens de Guam sont apparus dans le ciel au-dessus de la Corée du Sud pour mettre en scène une série d’exercices simulant une guerre réelle dignes d’un fou furieux.
...
[Les États-Unis] devraient immédiatement arrêter leurs provocations militaires irresponsables contre la Corée du Nord sinon elle sera obligée de faire un choix militaire inévitable.

En d’autres termes : Arrêtez les vols en provenance de Guam sinon nous allons tester nos missiles en ciblant des zones proches de l’île. Les États-Unis n’ont aucune défense capable de détruire quatre missiles lancés simultanément vers Guam. Si la Corée du Nord mettait sa menace à exécution, les États-Unis perdraient la face. S’ils essayaient d’intercepter les missiles et qu’ils échouaient, ils perdraient encore plus la face. Je suis convaincu que les vols stratégiques des bombardiers de Guam au-dessus de la Corée du Sud cesseront bientôt.

 

Plusieurs commentateurs ont affirmé que les États-Unis exagéraient les capacités nord-coréennes. Que la confirmation par les services de Renseignements de l’existence de têtes nucléaires miniaturisés en Corée du Nord est un mensonge, que les missiles nord-coréens ne sont pas assez puissants pour atteindre les États-Unis ou que les têtes nucléaires utilisées par la Corée du Nord dans les essais récents ne sont pas suffisamment solides pour protéger leur charge nucléaire en rentrant dans l’atmosphère. Mais la Corée du Nord a exhibé une tête nucléaire miniaturisée en mars 2016. La portée d’un missile est variable et dépend en grande partie de la taille de la charge utile et du temps de combustion, et l’échec du test du 16 avril 2017 vient de la trajectoire inhabituelle que la Corée du Nord avait choisie pour le test. Il y a plus de 50% de chance que la Corée du Nord dise la vérité quand elle prétend pouvoir frapper les États-Unis. Il faut se résoudre à l’évidence et accepter l’idée que la Corée du Nord est désormais un État doté d’armes nucléaireset que ses multiples missiles nucléaires sont en capacité d’atteindre les États-Unis.

 

Ceux qui disent que les agences de renseignement des États-Unis exagèrent les capacités nord-coréennes mentent probablement. Mais ils ont raison de le faire pour essayer d’empêcher l’administration Trump, le Pentagone et les marchands d’armes d’en profiter pour faire avancer leurs objectifs et/ou leurs intérêts.

 

Un expert en marketing de défense antimissile a déclaré aujourd’hui que les moteurs des lanceurs de missiles nord-coréens utilisés dans les essais récents ont été achetés dans des usines d’Ukraine ou de Russie. Les propagandistes patentés du New York Times ont repris sa déclaration pour alimenter leur parti-pris anti-russe :

Mr. Elleman n’a pas pu exclure la possibilité qu’une grande entreprise de missiles russes, Energomash, qui a de solides liens avec le complexe ukrainien, ait joué un rôle dans le transfert de la technologie des moteurs RD-250 vers la Corée du Nord. Il a déclaré que les moteurs RD-250 restants pourraient également être stockés dans des entrepôts russes.

Mais les moteurs en question sont d’une taille et d’une force différentes de celles des moteurs R-250 et les événements ne peuvent pas s’être déroulés dans le temps comme ils le prétendent. Le gouvernement ukrainien a nié tout transfert de missiles ou de plans. L’article a été réfuté en l’espace de quelques heures par deux experts éminents. Mais impliquer la Russie, même si c’est saugrenu, est toujours une bonne chose si l’on veut vendre plus d’armes.

 

Un des dadas du Pentagone est le système de défense antimissile de moyenne portée THAAD qui va maintenant être installé en Corée du Sud. Ceci, alors que le Pentagone est incapable de défendre la Corée du Sud même contre les missiles nord-coréens de courte portée. Le système antimissile cible clairement la Chine.

 

L’admirateur de Reagan qui règne actuellement à la Maison Blanche pourrait bientôt relancer l’Initiative de défense stratégique de Reagan, surnommée la « guerre des étoiles », lancée en 1984. L’Initiative incarnait le rêve coûteux et irréaliste des lasers et autres gadgets dans l’espace. Dans le cadre de l’Initiative, les militaires américains ont injecté des centaines de milliards dans un système de défense global contre les missiles balistiques, qui aurait protégé les États-Unis contre les missiles intercontinentaux. Le programme a été enterré au début des années 1990. Un des rejetons de la guerre des étoiles a survécu. C’est le National Missile Defense (bouclier anti-missile) avec ses 40 intercepteurs en Alaska et en Californie. Il n’a jamais bien fonctionné et ne fonctionnera probablement jamais bien. Si le bouclier fonctionnait comme promis, il n’y aurait aucune raison de craindre les missiles intercontinentaux nord-coréens. La défense antimissile est en grande partie un moyen frauduleux de transférer des milliards de dollars des contribuables américains à divers conglomérats de fabricants d’armes.

 

Je m’attends à ce que la « menace » nord-coréenne soit bientôt utilisée pour lancer « Initiative de défense stratégique – Suite », dans un nouvel effort pour militariser l’espace en jetant des milliards de dollars dans des projets de « défense » futuristes complètement inutiles. Cela consolera le Pentagone des succès que la Corée du Nord vient de remporter en dépit des décennies de tentatives étatsuniennes pour la soumettre.

 

Moon of Alabama

»» http://www.moonofalabama.org/2017/08/north-korea-and-the-remake-of-rea...
URL de cet article 32197 

Quand Trump protège les fascistes aux USA

Publié le 13 Août 2017
Le KKK et le parti nazi américain
protégés de la Maison Blanche
 
Quand Trump protège les fascistes aux USA

 

Une voiture a foncé dans la foule de contre-manifestants venus s’opposer à un rassemblement unitaire de la droite radicale américaine : néonazis, suprémacistes blancs, Ku Klux Klan (KKK) jusqu’à la droite alternative ou Alt-Right, dont une partie au moins avait soutenu Donald Trump à l’élection présidentielle.

 

Suite aux provocations fascistes de la veille et les défilés en arme, la police en tenue anti-émeute avait  décidé  d’interdire la manifestation prévue le samedi 12 août en début d’après-midi aux groupuscules de l’extrême droite qui s'étaient donnés une nouvelle fois rendez-vous.  

 

Le gouverneur avait décrété l'état d'urgence.

 

La police a procédé à l’évacuation du parc public où s'étaient rassemblé les nazillons. Les forces de l’ordre ont procédé à un nombre inconnu d’interpellations.

 

Un véhicule a alors foncé sur des contre-manifestants antiracistes, venus dénoncer la présence dans la ville, samedi, de groupuscules radicaux et identitaires.

 

Le véhicule a fini sa course dans celui qui le précédait avant de repartir brutalement en marche arrière en dépit de la présence de blessés causés par sa première charge. Le maire de la ville a annoncé un peu plus tard le décès d’une personne, Une femme de 32 ans. On relève aussi une vingtaine de personnes blessées.

 

Trump la haine s'est manifesté de sa façon devenue habituelle : il a refusé de désigner un coupable en assurant condamner « dans les termes les plus forts possibles cette énorme démonstration de haine, de sectarisme et de violence venant de diverses parties ». Une formule qu’il a répétée à plusieurs reprises.

 

Le père de Bush était le banquier d'Hitler . Trump assure la protection de leurs héritiers.

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Danger!! Docteur Trumplamort

Publié le 12 Août 2017

s'équipe pour la Corée du Nord !

 

Danger!! Docteur Trumplamort

Trump la mort toujours a affirmé vendredi que l'option militaire était «prête à l'emploi» contre le régime nord-coréen.

 

Répondre à un petit voyou qui trépigne devant le saloon qu'on est plus fort en menaçant de fracasser toute la boutique démontre un comportement des plus dangereux surtout quand on mesure que la boutique est la terre, la clientèle l'humanité et que le gamin (comme le patron du saloon) relève de la camisole.

 

Si le régime de Corée du nord n'est pas la tasse de thé du Canaille le Rouge, il n'est ni plus ni moins répréhensible que la kyrielle de dictatures qui subsistent grâce au soutien sans faille du gendarme américain. Son premier dirigeant pour peu fréquentable qu'il soit aux yeux de La Canaille ne l'est pas plus que d'autres dirigeants de pays en voie de nucléarisation, en gardant en tête que tout démarre à partir des deux premières bombes atomiques larguées par le pays du docteur Trumplamort en 1945 sur le Japon puis l'invasion de la Corée par les USA et ses complices dès 1950.

 

Outre Guam et la chaîne de base dans l'ouest du Pacifique, les USA disposent de  actuellement de 28'500 soldats au sud du 38ème parallèle: armée de l'air, armée de terre, infanterie de marine et, bien sûr, l'US Navy.

 

A Moscou, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov s'est dit «très inquiet» des risques de conflit «très élevés» entre États-Unis et Corée du Nord. «Il est clairement temps pour toutes les parties de se concentrer sur les moyens de faire baisser les tensions», a renchéri Stéphane Parricide, porte-parole du secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres.

 

Tandis que le Quai d'Orsay et Matignon se taisent, que Macron macronise, dans le rôle de cheffe de poste avancée de l'UE, la Chancelière d'Allemagne s'est positionnée vendredi sur le cas de la Corée du Nord. Angela Merkel a indiqué qu'elle ne «voyait pas de solution militaire à ce conflit» et que l'Allemagne allait «s'engager de manière intensive aux possibilités de résolutions non militaires». Elle considère également l'escalade verbale comme une mauvaise réponse.

 

Façon de dire avec courtoisie que les rodomontades de Trump la mort commence à plus qu'irriter y compris la garde rapprochée de ses meilleurs alliés.

 

Danger!! Docteur Trumplamort

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Prodigue en bonnes paroles, l’Occident se veut l’incarnation des valeurs universelles. Ce parangon de la démocratie, ce champion des “droits de l’homme” convoque toujours ses vertus supposées à l’appui de ses prétentions hégémoniques. Comme si une bonne fée s’employait, magnanime, à faire coïncider sa morale et ses intérêts, il revêt ses ambitions matérielles des oripeaux de la justice et du droit. C’est ainsi que le “monde libre” pratique le bombardement de pays étrangers à des fins “démocratiques”, mais de préférence dans les contrées riches en hydrocarbures ou en ressources minières. Conjuguant la foi du charbonnier et la rapacité du capitaliste, il agit comme s’il pouvait convertir sa puissance économique en privilège moral.

 

Le reste du monde n’est pas dupe, mais finalement peu importe. “Le monde libre” a toujours raison car il est du côté du Bien, et il ne risque pas la contradiction aussi longtemps qu’il est le plus fort - c’est du moins ce qu’il croit dur comme fer. La barbarie congénitale qu’il attribue aux autres est l’envers de son monopole autoproclamé de la civilisation. Auréolé du sacro-saint “droit d’ingérence”, ce mariage réussi du sac de sable façon GI’s et du sac de riz façon Kouchner, l’Occident vassalisé par Washington s’imagine sans doute qu’il sauve le monde en le soumettant matin, midi et soir, à l’impitoyable razzia exigée par les vautours de la finance et les multinationales de l’armement.

 

Cette entreprise de domination, on le sait, ne date pas d’hier. Elle s’inscrit dans la longue durée historique chère à Fernand Braudel, celle de la constitution d’une “économie-monde”. Porté par sa longueur d’avance technologique, le monde occidental s’est lancé depuis la “Renaissance” à la conquête de l’orbe terrestre. Patiemment, il s’est approprié le monde des autres, il l’a façonné à son image, le contraignant à lui obéir ou à l’imiter, éliminant au passage tous ceux qu’il jugeait inassimilables. Sans que ce tour de passe-passe ne vienne troubler ses certitudes, l’Occident s’est pensé comme une métaphore du monde. Il n’en était qu’une partie, mais il voulait en devenir le tout, de la même façon que des pays représentant 10% de la population mondiale, aujourd’hui, se prennent pour la “communauté internationale”.

 

La conquête coloniale illustra au cours des trois derniers siècles cette propension de l’Occident à étendre son emprise au-delà de ses frontières en prétendant y apporter les bienfaits de la “civilisation”. Ce projet de domination planétaire fut mis en échec par la révolte généralisée des peuples colonisés au 20ème siècle, mais il connut une seconde chance avec son excroissance nord-américaine. L’“Amérique”, cet extrême-Occident découvert par un Christophe Colomb à la recherche de l’extrême-Orient, a hérité du Vieux Continent son ambition conquérante et sa rapacité commerciale. Convertissant leur absence de passé en promesse d’avenir, ces “Etats-Unis” surgis du néant dans l’atmosphère du puritanisme anglo-saxon ont magnifié cette ambition tout en l’unifiant à leur profit.

 

Au prix du génocide des Amérindiens, “l’Amérique” est alors devenue la nouvelle métaphore du monde.

 

Il n’est pas sûr que ce dernier y ait gagné au change. Les empires coloniaux ont succombé à leur insupportable archaïsme, tandis que l’hégémonie américaine s’exerce, elle, par les multiples canaux de la modernité technologique, de Google aux drones de combat. Du coup, elle paraît à la fois plus ductile et plus tenace. Ce qui lui donne sa souplesse commande aussi sa rémanence. Du casque blanc de l’administrateur colonial européen à l’écran digital de la cybernétique militaire US, une révolution a eu lieu. Elle a substitué à une domination abrupte, liquidée au cours d’une sanglante décolonisation, une entreprise hégémonique multiforme. Héritiers des trois “M” du colonialisme classique, les ONG made in USA ont remplacé les “missionnaires” chrétiens, les “marchands” sont devenus des multinationales et les “militaires” sont désormais bardés de haute technologie.

 

Fort de la bonne conscience indécrottable des “born again” du Middle West, l’Empire américain projette aujourd’hui sur le monde son manichéisme dévastateur. Les yeux ouverts, il rêve d’un partage définitif entre les bons et les méchants, pilier inébranlable d’un ethnocentrisme sans complexe. Le droit est forcément de son côté, puisqu’il incarne les valeurs cardinales de la “démocratie libérale”, des “droits de l’homme” et de “l’économie de marché”. C’est à l’évidence une idéologie grossière, masque frauduleux des intérêts les plus sordides, mais il faut avouer qu’elle est efficace. Si elle ne l’était pas, il y aurait peu de monde pour croire que les USA ont gagné la Seconde Guerre Mondiale, que le capitalisme est un bon système, que Cuba est un goulag tropical, qu’Assad est pire qu’Hitler et que la Corée du Nord menace le monde.

 

De cette intimité présumée avec le Bien, les thuriféraires de l’Empire nord-américain déduisent logiquement un droit préemptif à traquer le Mal sous toutes les latitudes. Aucun scrupule ne devant inhiber sa frénésie salvatrice, la civilisation au singulier dont il se croit l’incarnation s’attribue la prérogative expresse de réduire la barbarie par tous les moyens. C’est pourquoi l’impérialisme contemporain fonctionne comme une sorte de tribunal universel, qui distribue les récompenses et inflige les punitions à qui bon lui semble. Devant cette juridiction hautement “morale”, la CIA tient lieu de juge d’instruction, le Pentagone de bras séculier, et le président des Etats-Unis de juge suprême, sorte de “deus ex machina” d’une justice divine qui frappe de la foudre les suppôts de “l’Axe du Mal” et autres empêcheurs de tourner en rond dans l’arrière-cour de l’Empire du Bien.

 

Manifestement, cette tendance à se prendre pour l’incarnation de la Morale se situe du côté des structures, car la succession conjoncturelle - et trépidante - des locataires de “White House” n’y change rien. A Washington, la croisade contre les barbares sert invariablement de cache-sexe à la cupidité sans limite du complexe militaro-industriel et à l’emprise séculaire de l’Etat profond. D’Harry Truman à Donald Trump en passant par Barack Obama, de la Corée à la Syrie en passant par le Vietnam, l’Indonésie, l’Angola, le Mozambique, le Salvador, le Nicaragua, le Chili, l’Afrique du Sud, la Serbie, l’Afghanistan, le Soudan, la Somalie, l’Irak et la Libye, on administre la mort, directement ou par “proxies”, à tous ceux qui s’opposent au règne salvateur de la justice universelle.

 

Pour exécuter ses basses besognes, “l’Amérique” bienfaitrice a toujours su utiliser la main d’oeuvre locale. Franco, Hitler et Mussolini (jusqu’en 1939), Tchang Kaï-Tchek, Somoza, Syngman Rhee, Ngo Dinh Diem, Salazar, Batista, Mobutu, Marcos, Trujillo, Pik Botha, Duvalier, Suharto, Papadopoulos, Castelo Branco, Videla, Pinochet, Stroessner, Reza Chah Pahlevi, Zia Ul Haqq, Ben Laden, Uribe, le roi Salmane, Netanyahou, les nazis ukrainiens et les “terroristes modérés” du Moyen-Orient ont fourni un précieux concours. Leader incontesté du merveilleux “monde libre”, “l’Amérique” prétend incarner la civilisation au moment où elle vitrifie des populations entières à l’arme atomique, au napalm ou au missile de croisière, à défaut de leur infliger la mort lente par l’agent orange, l’uranium enrichi ou l’embargo sur les médicaments. Et elle ne manque pas de zélateurs jurant qu’elle rend des services irremplaçables à l’humanité, alors qu’à l’évidence la défaite de cet Empire criminel serait une excellente nouvelle.

 

Bruno GUIGUE

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12 août 2017

Bill Van Auken, Trump, déclencher « un feu et une fureur » à partir de la Corée

 

« Ce qui entraîne, considère Bill Van Auken, la menace d’une guerre mondiale nucléaire est la crise grandissante du capitalisme américain et mondial qui trouve ses origines dans la contradiction insoluble entre l’économie mondiale et la division du monde en États-nations concurrents. Cependant, la même crise du système de profit crée à la fois les conditions objectives et la nécessité politique pour la classe ouvrière de lutter pour sa propre solution révolutionnaire, par la construction d’un mouvement international contre la guerre basé sur une perspective socialiste pour mettre fin au capitalisme avant qu’il ne plonge l’humanité dans la barbarie... »

 

Reprenons la lecture des préoccupations fortes de Bill Van Auken...

 

Michel Peyret


 

La menace du président américain Donald Trump de déclencher « un feu et une fureur que le monde n’a jamais vus jusqu’à présent » contre la nation appauvrie et opprimée de Corée du Nord a envoyé des ondes de choc et d’anxiété sur toute la planète.

 

La semaine même où les survivants d’Hiroshima et de Nagasaki ont marqué le 72 anniversaire des bombardements atomiques américains qui ont tué près d’un quart de million d’hommes, de femmes et d’enfants japonais, le président américain a interrompu ses vacances consacrées au golf pour menacer d’une guerre nucléaire en Asie qui aurait des conséquences incalculables pour toute l’humanité.

 

Un conseiller principal de la Maison Blanche a tenté de minimiser les conséquences terrifiantes de la déclaration de Trump, disant aux médias que le commentaire du président avait été « imprévu et spontané », alors que le secrétaire d’État américain Rex Tillerson a déclaré aux Américains qu’ils « devraient dormir tranquillement la nuit, et de ne pas s’inquiéter de cette rhétorique particulière des jours derniers ».

 

Et pourtant, alors même que ces propos rassurants mais manquant de conviction étaient prononcées, le secrétaire de Trump à la Défense, l’ancien général de la marine James Mad Dog Mattis, régulièrement désigné par les médias comme « l’adulte dans la salle » et une force de modération, s’est fait l’écho à la menace du président. Il a exigé mercredi que la Corée du Nord « cesse toute considération d’actions qui mèneraient à la fin de son régime et à la destruction de son peuple ». Le sens est indéniable : il faut se plier aux exigences de Washington ou risquer l’anéantissement nucléaire.

 

Trump lui-même a enchaîné sur sa menace antérieure par un tweet mercredi se vantant de la capacité de Washington à mener une guerre nucléaire. « Mon premier ordre en tant que président était de rénover et de moderniser notre arsenal nucléaire », a-t-il déclaré. « Il est maintenant beaucoup plus fort et plus puissant que jamais. Nous espérons que nous ne devrons jamais utiliser cette puissance, mais il n’y aura jamais un temps où nous ne serons pas la nation la plus puissante au monde ! »

 

L’imprudence de ces menaces et de la rhétorique d’intimidation est sidérante. Que devraient penser les dirigeants de la Corée du Nord lorsque la plus forte puissance nucléaire au monde menace à maintes reprises de les attaquer avec « le feu et la fureur » et d’éliminer toute leur population ?

 

Ces menaces sont proférées dans des conditions où les États-Unis ont déployé un groupement tactique conduit par le porte-avions USS Carl Vinson au large des côtes coréennes et envoyé des bombardiers B-1 Lancer qui mènent des sorties menaçantes près de la frontière nord-coréenne.

 

La Corée du Nord a répondu aux menaces de guerre des États-Unis avec sa propre menace de lancer une attaque de missiles sur le territoire américain de Guam dans le Pacifique, qui abrite des bases de sous-marins nucléaires et de bombardiers stratégiques américains. Bien que la menace puisse être balayée comme n’étant que de la rhétorique de Pyongyang, ce n’est pas certain. Et si les Nord-Coréens calculaient que les menaces américaines sont réelles et que la guerre est imminente ? Ils pourraient bien décider que, au lieu de perdre leur armée contre les bombes et les missiles américains, ils devraient mener leur propre frappe préventive et montrer à Washington qu’ils ne bluffent pas.

 

Bien que le World Socialist Web Site n’accorde aucun soutien au régime réactionnaire héréditaire en Corée du Nord et de ses propres actions provocatrices, il n’y a rien d’irrationnel dans ce genre de calculs.

 

Il y a un poids énorme de l’histoire qui sous-tend la position de la Corée du Nord. La guerre des États-Unis contre la Corée il y a 65 ans a tué au moins trois millions de personnes, dont deux millions au nord. Selon l’armée de l’Air des États-Unis elle-même, « dix-huit des vingt-deux grandes villes de Corée du Nord avaient été au moins à moitié rasées ». Le général de l’armée de l’Air, Curtis LeMay, rappela plus tard : « Nous avons brûlé à peu près toutes les villes de la Corée du Nord et de la Corée Sud ».

 

Ainsi, pour les Coréens du Nord, les propos des États-Unis sur le « feu et de fureur » et les menaces d’exterminer toute la population sont tout sauf une rhétorique exagérée.

 

Tout le conflit actuel découle de l’exigence de Washington que la Corée du Nord arrête ses essais d’armes nucléaires et de missiles balistiques et renonce complètement à sa capacité nucléaire. Mais le gouvernement de la Corée du Nord, Kim Jong-un, est bien conscient du sort d’autres régimes qui ont cédé à de telles demandes.

 

L’Irak, qui, comme la Corée du Nord, faisait partie de l’« axe du mal » de George W. Bush, a accepté d’abandonner ses programmes d’armements et a été envahi de toute façon en 2003 au prétexte mensonger qu’il possédait « des armes de destruction massive ». La guerre des États-Unis a coûté la vie à un million d’Irakiens et s’est terminée par le procès expéditif du chef de l’État du pays, Saddam Hussein. De même, Mouammar Kadhafi en Libye a accepté de renoncer à son programme d’armements après l’invasion de l’Irak, avec comme seul résultat le lancement d’une guerre des États-Unis et l’OTAN contre son pays en 2011 qui a tué des dizaines de milliers de Libyens, réduit la société en ruines et a fini par son propre meurtre aux mains de lyncheurs.

 

Le programme nucléaire de la Corée du Nord est la seule chose qui a préservé le pays et son gouvernement d’un sort semblable.

 

Les menaces apparemment folles de Trump sont un signe que l’impérialisme américain n’est plus prêt à accepter le risque d’une confrontation nucléaire comme un obstacle insurmontable à ses plans de guerre d’agression.

 

Le gouvernement américain essaie de préparer le public pour ce qui deviendra presque certainement une guerre mondiale catastrophique, avec des conséquences dévastatrices pour les conditions économiques, les droits démocratiques et la vie même des travailleurs aux États-Unis et dans toute autre partie de la planète. La Maison Blanche, le Pentagone et les différents groupes de réflexion qui élaborent la politique impérialiste américaine affirment que Pyongyang a franchi le seuil pour devenir une puissance nucléaire, ayant prétendument développé des ogives miniaturisées et les missiles balistiques intercontinentaux capables de les lancer contre une ville américaine.

 

Il n’y a pas plus de raisons de prendre ces affirmations pour argent comptant qu’il ne fallait gober les mensonges du gouvernement Bush à propos des armes de destruction massive irakiennes. Et alors que Washington proclame que les armes nucléaires nord-coréennes constituent une menace existentielle, il a aidé des régimes aussi instables et agressifs en Israël, en Inde et au Pakistan à développer leurs propres arsenaux nucléaires.

 

Les calculs de la classe dirigeante capitaliste dans la préparation de la guerre contre la Corée du Nord sont énoncés en termes terrifiants dans le dernier numéro du magazine The Economist, qui élabore un scénario hypothétique pour le déclenchement d’une guerre qui se termine par une victoire rapide pour les États-Unis. Il estime le nombre initial de morts civils à 300 000, et beaucoup d’autres succomberont à l’intoxication par rayonnement. Il se termine par un tweet hypothétique de Trump : « L’attaque nucléaire contre Séoul par le diable Kim était MAUVAISE ! On n’avait pas d’autre choix que de riposter avec une bombe nucléaire. Mais grâce à mes actions, l’Amérique est en sécurité à nouveau ! »

 

Cette perspective horrible relève d’une hypothèse optimiste, car une telle guerre pourrait affecter non seulement l’ensemble de la population de la Corée du Nord, mais aussi 10 millions de personnes à Séoul et 38 millions à Tokyo, sans parler des dizaines de milliers de soldats américains stationnés en Corée du Sud. De plus, une attaque américaine contre la Corée du Nord pourrait, comme ce fut le cas il y a 65 ans, y entraîner la Chine, aujourd’hui une grande puissance nucléaire.

 

L’escalade du risque de guerre et les menaces apparemment insensées d’extermination nucléaire ne relèvent pas seulement de la mentalité criminelle et fasciste de Donald Trump. C’est l’ensemble du gouvernement américain qui a commencé à parler dans le langage d’Adolf Hitler.

 

Ceci consistue le produit final d’une culture politique qui a été développée au cours de 25 années de guerres d’agression implacables, de menaces et d’intimidations par une oligarchie capitaliste aux États-Unis qui a adopté le militarisme et la guerre agressive comme moyen de compenser sa domination économique érodée.

 

La guerre à l’étranger a été accompagnée d’une inégalité sociale toujours plus grande et d’attaques incessantes contre les niveaux de vie et les droits fondamentaux de la classe ouvrière à l’intérieur du pays. L’opposition sociale se développe dans des conditions où Trump est le président le plus impopulaire de l’histoire américaine. L’establishment politique est divisé en son sein et le gouvernement Trump est en guerre avec lui-même. Il y a un réel danger que la Maison Blanche saisisse l’occasion d’une guerre avec la Corée du Nord pour détourner des tensions sociales et politiques internes vers un « ennemi » étranger.

 

Personne ne devrait douter des conséquences profondes d’une telle politique. Le lancement d’une guerre qui signifie des massacres en masse, y compris la mort de milliers de soldats américains, servira de prétexte pour une répression politique violente aux États-Unis.

 

Les efforts de Google pour mettre sur une liste noire le World Socialist Web Site constituent un avertissement sur les méthodes dictatoriales en cours de préparation visant la classe ouvrière dans son ensemble.

 

Ce qui entraîne la menace d’une guerre mondiale nucléaire est la crise grandissante du capitalisme américain et mondial qui trouve ses origines dans la contradiction insoluble entre l’économie mondiale et la division du monde en États-nations concurrents. Cependant, la même crise du système de profit crée à la fois les conditions objectives et la nécessité politique pour la classe ouvrière de lutter pour sa propre solution révolutionnaire, par la construction d’un mouvement international contre la guerre basé sur une perspective socialiste pour mettre fin au capitalisme avant qu’il ne plonge l’humanité dans la barbarie.

 

(Article paru en anglais le 10 août 2017)

Posté par Michel Peyret

Depuis 170 ans, les États-Unis ont entamé leur marche délirante de déstabilisation du monde à leur profit. Je ne parlerai pas de jadis terriblement accusateur pour les USA (génocide indien, accaparement par la force de territoires, etc...), mais de naguère et d’aujourd’hui qui suffisent à condamner leur comportement barbare de missionnaire soudard, la bible à la main, extrêmement dangereux pour toute la planète et la paix dans le monde (2).

 

Depuis la seconde guerre mondiale (la CIA a été créée après la catastrophe de Pearl Harbour), la liste des pays agressés est impressionnante, vertigineuse même (1). Trump en est aujourd’hui l’incarnation grotesque mais pas seulement. Ses prédécesseurs ont tous fait des guerres, la main sur le cœur et la bombe entre les dents, pour partout où ils sont intervenus, "rétablir la liberté" à la mode étasunienne, basée sur le veau d’or du "fondamentalisme du marché", c’est à dire la loi de la jungle, celle du plus fort, du plus féroce avec l’asservissement des plus faibles comme résultat. Rien n’est plus inhumain et insupportable tant les extraordinaires perspectives de progrès de civilisation sont anéanties ! C’est une néo-colonisation souvent brutale, parfois rampante qui tue, saccage les savoirs, pille les richesses, installe l’ignorance et la dépendance et transforme les habitants en consommateurs serviles. C’est le règne de la corruption, des oligarchies, du népotisme, des mafieux qui se construisent des richesses insensées en organisant la misère de la grande majorité de la population qu’ils contrôlent. Et tout cela évidemment avec la bénédiction de l’Empire, leur maître à tous, qui n’a plus qu’à aspirer les dividendes ensanglantés que lui servent une terre et une population martyrisées.

 

Mais nom de dieu, où est le peuple étasunien ? On ne l’entend pas !

 

Que pense-t-il des graves menaces et interventions de leur gouvernement contre l’Amérique du Sud, Cuba et le Venezuela en particulier, que Washington ose considérer depuis toujours comme sa chasse gardée ?

 

Que pense-t-il de la déstabilisation du Moyen-Orient, entreprise par ses gouvernements successifs, au nom de la lutte contre le terrorisme qu’ils ont contribué à générer et nourri, avec ses interventions en Afghanistan, en Irak, en Libye, et en Syrie, ses menaces permanentes contre l’Iran, avec parallèlement un soutien sans faille aux dictatures pétrolières les plus obscurantistes et à Israël (seule puissance militaire de la région dotée d’un arsenal nucléaire), leur instrument principal de subversion dans la région ?

 

Que pense-t-il des tentatives de plus en plus précises d’isoler géographiquement et militairement la Russie avec la complicité de cette machine de guerre qu’est l’OTAN en la ceinturant de bases US "otanisées" ?

 

Que pense-t-il des nouvelles menaces sur la Corée du Nord qui ne peut en aucun cas être ce que prétend mensongèrement le nouveau Dr Folamour Trump, un danger pour les États-Unis ? C’est un nouvel Irak que Trump prépare avec l’objectif de fragiliser la Chine qui est sans doute le pays que Washington craint le plus.

 

Comment ne pas s’indigner devant ce que nous insinuent les médias à longueur de colonnes et d’antennes, quand ils transforment pitoyablement un petit pays qui ose défendre sa souveraineté, son indépendance, contre toutes les tentatives de le subvertir (quoiqu’on pense de la Corée du Nord), contre les menaces de l’Empire de le mettre à feu et à sang, en criminel, seul coupable d’une possible confrontation ! Jamais les pays attaqués par l’Empire n’ont attaqué les premiers, jamais. Je ne comprends pas la pusillanimité de la gauche à l’égard des vociférations irresponsables de ce matamore de Trump. Comme pour le Venezuela, il n’y a pas à tergiverser, il y va d’une possible conflagration planétaire et donc de la paix dans le monde car je ne veux pas croire une seconde que la Chine et la Russie laisseront faire un tel forfait.

 

Va-t-on enfin se concerter, s’entendre, se coaliser, puisque l’ONU en est incapable, pour arrêter enfin le bras surarmé et vengeur de celui qui s’est autoproclamé à la fois juge et gendarme du monde mais qui en est en fait le pire des pillards ? Trump, avec sa politique hégémonique assassine et destructrice, doit pouvoir devant son délire césarien, se voir dresser, haut et fort, un mur de contestation, une réplique vigoureuse de tous les pays, de tous les peuples qui en ont assez de cette domination guerrière désespérante qui les enfonce dans l’inhumanité alors que notre civilisation moderne devrait aspirer à plus de confraternité, à plus d’échanges respectueux, et se consacrer enfin à la progression de sa connaissance, de son bien-être et à la préservation de la planète.

 

Mais je n’entends rien...ou pas grand chose... Désespérant !

 

Michel Taupin

»» https://www.facebook.com/groups/CubaSiFranceInfos/

(1) * Chine 1945 -1946* Corée 1950 - 1953* Chine 1950 -1953* Guatemala 1954* Indonésie 1958* Cuba 1959 - 1960* Guatemala 1960* Cuba 1961* Congo 1964* Guatemala 1964* République Dominicaine 1965 - 1966* Pérou 1965* Laos 1964 - 1973* Vietnam 1961 - 1973* Cambodge 1969 - 1970* Guatemala 1967 - 1969* Liban 1982 - 1984* Grenade 1983 - 1984* Libye 1986* El Salvador 1981 - 1992* Nicaragua 1981 - 1990* Iran 1987 - 1988* Libye 1989* Panama 1989 - 1990* Irak 1991* Somalie 1992 - 1994* Bosnie 1995* Iran 1998* Soudan 1998* Afghanistan 1998* Serbie 1999* Afghanistan 2001* Irak 2003* Libye 2011* Syrie 2013

 

(2) "Les États-Unis sont une menace pour la Paix dans le monde" lit-on dans l’International Business Times. En 2014, 66.806 personnes issues de 65 pays différents ont été interrogées par Worldwide Independent Network et Gallup, leaders dans la recherche et études de marché.

 

A la question : "Quel pays est la plus grande menace pour la paix dans le monde aujourd’hui ?", 24% des personnes interrogées répondent les États-Unis. Le Pakistan arrive en deuxième position avec 8% des votes et la Chine troisième avec 6%. Les autres pays considérés comme des menaces sont l’Afghanistan, l’Iran, Israël et la Corée du Nord.

 

Quels sont les pays qui considèrent les États-Unis comme la plus grande menace ? La Chine (54%), la Russie (49%), mais aussi beaucoup de pays d’Amérique du Sud dont le Mexique et l’Argentine, des pays membres de l’Otan comme la Grèce et la Turquie ou encore l’Algérie, le Canada et l’Australie.

 

Et les Américains dans tout ça ? 20% placent l’Iran en première position, suivi de l’Afghanistan et de la Corée du Nord. Mais 13% d’entre eux considèrent tout de même leur propre pays comme une menace pour la stabilité internationale.

URL de cet article 32183 

illustration : "ou quoi ? Vous allez me supprimer de votre liste d’amis sur Facebook ?"

Récemment, le congrès américain a voté des sanctions contre la Fédération de Russie au motif de son ingérence présumée, mais absolument pas prouvée, dans les élections présidentielles américaines. Le vote a été quasi unanime.

 

Le président Trump a signé le décret. C’est une grossière erreur. Il aurait dû opposer son veto, même si cela n’aurait probablement rien changé. En signant la loi, Trump a renoncé à sa position de relative neutralité envers la Russie. Sans aucun bénéfice.

 

Les sanctions du Congrès sont presque toujours éternelles. L’amendement de Jackson-Vanik de 1974 a limité le commerce avec le « bloc communiste ». Il était censé favoriser l’émigration des Juifs d’Union Soviétique vers Israël. Mais la loi et ses sanctions économiques ont été maintenues après l’effondrement de l’Union soviétique début 1990, après la disparition du « bloc communiste », et longtemps après la levée de toutes les limitations à l’émigration. L’amendement n’a été abrogé qu’en 2012 et seulement pour être immédiatement remplacé par la ridicule loi Magnitsky qui a immédiatement établi une nouvelle série de sanctions contre la Fédération de Russie et ses intérêts.

 

C’est pour des raisons de politique intérieure que des sanctions comme l’amendement Jackson-Vanik et la loi Magnitsky ont été votées. La Russie n’aurait rien pu faire pour les éviter, ni pour les faire lever.

 

Les nouvelles sanctions américaines ne sont pas seulement dirigées contre la Russie, mais contre toutes les entreprises et les nations qui coopèrent avec la Russie en matière d’énergie. C’est une tentative cousue de fil blanc pour obliger les pays européens à acheter le gaz naturel liquéfié américain, qui coûte cher, à la place du gaz russe bon marché livré par pipelines. L’objectif immédiat est le pipeline Nord Stream 2, entre la Russie et l’Allemagne, qui traverse la mer Baltique pour éviter les points de potentiels conflits en Europe de l’Est.

 

Les sanctions constituent une menace pour l’indépendance de la politique énergétique allemande. (Les autres partenaires du pipeline sont l’Autriche, la France et les Pays-Bas.) En conséquence, pour 35% des Allemands les États-Unis sont devenus la « principale menace pour le pays ». La Russie est considérée comme telle par seulement 33% des Allemands. Cette vision correspond à la perception générale dans le monde.

 

Ces sanctions façonneront la relation entre les États-Unis et la Russie pour les 30 prochaines années et plus. Le 2 août, le Premier ministre russe Medvedev a dit que la faiblesse du président Trump était la principale cause de ces sanctions :

Le fait que le Président des États-Unis ait signé cette série de nouvelles sanctions contre la Russie ne sera pas sans conséquences. D’abord, il met fin à l’espoir d’améliorer nos relations avec la nouvelle administration américaine. Deuxièmement, c’est une déclaration de guerre économique totale contre la Russie. Troisièmement, l’administration Trump a montré sa grande faiblesse en remettant le pouvoir exécutif au Congrès de cette manière très humiliante. Cela modifie l’équilibre du pouvoir dans les milieux politiques américains.

 

Qu’est-ce que tout cela signifie pour eux ? L’établissement américain a complètement triomphé de Trump ; Le président ne voulait pas des nouvelles sanctions, mais il a été obligé de signer la loi. Les nouvelles sanctions ont pour objet principal de fragiliser Trump. Ce n’est qu’une étape, le but est de l’éliminer du pouvoir. Tout acteur qui ne joue pas le jeu du système doit être supprimé. Les intérêts du monde des affaires américain sont passés à la trappe, la politique prend le pas sur le pragmatisme. L’hystérie anti-russe est devenue un élément clé de la politique étrangère des États-Unis (ce n’est pas nouveau) et de la politique intérieure (ça, c’est nouveau).
...

Rappelez-vous que Medvedev, en tant que leader russe, était depuis longtemps l’espoir de l’élite américaine qui le croyait plus influençable que le président russe Poutine. Medvedev pourrait bien redevenir à nouveau président. Mais aucun média américain, sauf le New York Post, n’a fait attention à sa déclaration. Cela est en soi étonnant et inquiétant. Personne aux États-Unis n’est-il capable de voir où tout cela mène ? Voilà les prédictions de Medvedev :

Le régime des sanctions a été codifié et restera en vigueur pendant des décennies, à moins d’un miracle. [...] [Les relations entre la Russie et les États-Unis seront extrêmement tendues, indépendamment de la couleur politique du Congrès et quel que soit le président. Il va y avoir d’interminables arguties dans les organes et tribunaux internationaux, ainsi qu’une augmentation des tensions internationales et un refus de régler de graves problèmes internationaux.

Sur le plan économique et politique, la Russie a les capacités de faire face à ces sanctions, a dit Medvedev. Mais les États-Unis l’ont-ils ?

 

Pour maintenir leur suprématie sur la planète, les États-Unis doivent empêcher une alliance euro-asiatique, notamment entre la Russie et la Chine. Dans sa dernière contribution au « grand échiquier », Vers un réalignement mondial, le stratège américain Zbigniew Brzezinski - impitoyable, amoral et talentueux - affirme :

Il appartient aux États-Unis de mettre en place une politique dans laquelle au moins l’un des deux États potentiellement menaçants deviendrait un partenaire dans la quête d’une stabilité mondiale d’abord régionale puis plus large ; cela permettrait de contenir le rival le moins prévisible mais sans doute aussi le plus important à maîtriser. Actuellement le rival le plus important à contenir est la Russie, mais à plus long terme, ce pourrait être la Chine.

L’élite de la politique étrangère des États-Unis a déclaré la guerre à la Russie. La position de confrontation envers la Chine, qui était en vogue sous Obama, a clairement évolué. On ne parle plus du « pivot vers l’Asie » de Hillary Clinton / Barack Obama. L’accord anti-chinois de partenariat Trans Pacific a été annulé. Les provocations militaires contre la Chine au sud de la mer de la Chine ont été réduites et remplacées par des provocations continuelles contre la Russie en Europe de l’Est. Ces mesures sont conformes à la stratégie élaborée par Brzezinski.

 

La Russie a prouvé au cours de l’histoire qu’elle savait faire preuve d’imagination dans sa politique. Elle est extrêmement résistante à la pression. Avec les États-Unis dans une position moins hostile contre la Chine, Béhémoth va poursuivre sans relâche ses propres objectifs. La Russie sera bientôt l’une des principales sources chinoises d’énergie fossile et d’autres produits de base. Dans un tel contexte, il n’y a aucune raison majeure pour que la Chine et la Russie ne s’accordent pas. Il n’y aura pas de rupture russo-chinoise. Les principaux pays européens résisteront aux pressions qui mettent en danger leurs économies.

 

Brzezinski est aveug lé par sa haine de la Russie. (Il vient d’une famille galicio-polonaise de la petite noblesse). Sa stratégie est erronée car elle permet à la Chine d’établir sa suprématie. Même dans le cadre de la stratégie de Brzezinski, une alliance russo-européo-étatsunienne contre la poursuite chinoise de l’hégémonie aurait été ce qu’il y a de plus logique.

 

La stratégie d’Hillary Clinton d’accuser la Russie du fait qu’elle n’était pas populaire et qu’elle a échoué aux élections, aboutit maintenant à un échec majeur de la stratégie globale américaine. Si la Maison Blanche avait eu une vision et un projet politique, cela ne se serait pas passé comme ça, mais ce n’est pas le cas (pour l’instant) sous l’ère Trump.

 

Je ne vois pas comment cette stratégie, maintenant scellée dans le marbre par les sanctions du Congrès, pourra jamais apporter le moindre bénéfice aux États-Unis, au niveau mondial.

 

Moon of Alabama

»» http://www.moonofalabama.org/2017/08/sanctions-against-russia-are-a-fa...

URL de cet article 32171 

La répression est en marche aux Etats-Unis

 

L’hypothèse-1984 de Russiagate

 

Daniel McAdams, ancien parlementaire, est le principal associé de Ron Paul dans la direction du Ron Paul Institute for Peace. Il donne ici, à partir d’une interprétation des textes, le développement d’une hypothèse d’une action maximaliste contre la presse antiSystème aux USA, en application de la loi sur les sanctions antirusses que vient de voter le Congrès et que le président Trump a signée mercredi.

 

Le paysage décrit par McAdams est apocalyptique, avec une offensive qui tendrait à retirer la protection de la liberté de la presse à toutes les organisations d’information et de communication qui seraient proclamées comme travaillant “pour le compte du renseignement russe ou en faveur de la Russie”. Cela signifierait une action générale, non seulement contre les réseaux russes aux USA (RT, Sputnik, etc.), mais aussi contre tous les types de sites antiSystème qui n’adoptent pas la ligne générale du Système, de TheDuran.com à ZeroHedge.com, de ConsortiumNews au Ron Paul Institute for Peace, etc.

 

Cette hypothèse vient s’ajouter aux nouvelles concernant l’action de Google contre des sites antiSystème dits-progressistes, telle que la dénoncent ConsortiumNews et WSWS.org. (Voir le 29 juillet 2017, mais aussitoute une rubrique de WSWS.org [8 textes], consacrée à cette question depuis le 27 juillet, avec quelques textes [3] traduits en français sur le site correspondant.)

 

L’appréciation de McAdams, qui est évidemment maximaliste comme il la présente lui-même, constitue une indication très forte selon laquelle la loi votée par le Congrès est aussi bien à destination interne qu’à action externe. Cela rejoint opérationnellement la remarque faite par Medvedev dans sa réaction après la signature de la loi votée par le Congrès : « L’hystérie antirusse est apparue comme étant devenue un facteur essentiel, non seulement de la politique extérieure (comme ce fut souvent le cas) mais aussi la politique intérieure US (c’est nouveau). »

 

(Le titre complet du texte de Daniel McAdams, le 4 août 2017 sur le site de l’Institut, est : « Russia Sanctions and The Coming Crackdown on Americans »)

 

Dedefensa.org 
http://www.dedefensa.org/article/lhypothese-1984-de-russiagate

La répression est en marche aux Etats-Unis

Daniel McAdams

La semaine dernière, j’ai écrit un article et j’ai accordé une interview pour expliquer que, lorsque j’ai lu le nouveau projet de loi sur les sanctions contre la Russie qui vient d’être signé par le président Trump, j’y ai trouvé une mesure qui ouvre la porte à la répression des médias non conventionnels par le gouvernement américain. En particulier, l’article 221 de la « Loi sur la lutte contre les ennemis de l’Amérique au moyen de sanctions » punirait les « personnes » qui « s’engagent dans des transactions avec les secteurs du renseignement ou de la défense du gouvernement de la Fédération de Russie ».

 

A première vue, on pourrait penser que je fais une interprétation exagérée du texte, mais cela fait douze ans que j’examine les lois votées par le Capitole (Congrès), et je peux vous assurer qu’elles ne sont jamais écrites de manière claire et transparente. Il y a toujours des sous-entendus, et, dans ce cas, il nous faut prendre en considération les nombreuses fois où le directeur de l’Agence Centrale du Renseignement (CIA) et d’autres hauts dirigeants de la communauté du renseignement américain ont essayé d’imposer l’idée que les chaînes d’information étrangères comme RT ou Sputnik News ne sont pas protégées par le Premier Amendement sur la liberté de la presse, mais sont au contraire des outils de propagande au service de services secrets étrangers.

 

On se rend compte avec quelle facilité, avec l’hystérie anti-Russie qui s’est abattue sur nous comme la fièvre typhoïde, cette notion serait facilement acceptée par beaucoup de nos concitoyens. Les Rouges sont sous nos lits et les Ruskofs se sont emparés de nos moyens de nos ondes !

 

Je ne pense pas que la répression s’arrêtera aux organes de presse financés par le gouvernement russe comme RT et Sputnik. Une fois achevé l’assaut sur les plus bas fruits de l’arbre, la deuxième vague ciblera les organisations qui s’intéressent à la Russie et qui ne sont pas financées par des gouvernements mais qui remettent en question la ligne officielle des Etats-Unis selon laquelle la Russie est notre ennemi numéro un et son gouvernement doit être renversé. Des sites alternatifs populaires privés comme The Duran et Russia Insider seront probablement les prochains sur la liste des sites poursuivis en justice.

 

Cela vous semble inconcevable ? Voyez les choses de la manière suivante (je peux vous assurer que c’est comme ça que les néocons les voient) : si le gouvernement russe et le site d’information RT s’opposent aux sanctions et que vous administrez un site Web qui est également opposé aux sanctions contre la Russie, ne faites-vous pas le travail du Renseignement russe ? Ne cherchez-vous pas à influencer vos lecteurs dans le sens souhaité par les services secrets russes ? N’êtes-vous pas « engagé dans des transactions », même si ce n’est que sur les ondes ?

 

Et après cette deuxième vague, vous pouvez être sûr qu’il aura des pressions pour s’occuper d’autres médias alternatifs qui n’ont rien à voir avec la Russie, mais qui s’opposent à la politique étrangère interventionniste des États-Unis : ZeroHedge, Lew Rockwell, Ron Paul Institute, ConsortiumNews, etc.

 

Vous pensez que je suis fou ? Rappelez-vous, cette guerre contre nous a déjà commencé l’année dernière lorsque le Washington Post a publié un article en première page accusant tous les sites que je viens de citer d’être des agents russes !

 

Qui sera le prochain ? Vous fréquentez ces sites alternatifs ? Vous leur transmettez des articles opposés à la politique de sanctions américaine contre la Russie ? Alors vous êtes engagé dans des transactions. Vous encourrez les « sanctions » décrites dans la « Loi sur la lutte contre les ennemis de l’Amérique au moyen de sanctions », qui est maintenant la loi du pays.

 

Cela n’arrivera jamais, croyez-vous ? Le gouvernement n’inventorierait, n’analyserait et ne ciblerait jamais des organes de presse privés parce qu’ils s’écartent de la ligne officielle néocon de Washington !

 

Peut-être pas tout de suite. Quoiqu’il y ait déjà des organisations « non gouvernementales » financées par le gouvernement des États-Unis qui le fassent.

 

Le fonds Marshall allemand a aujourd’hui beaucoup moins à voir avec l’Allemagne qu’il ne l’avait lorsqu’il a été fondé après la Seconde Guerre mondiale en témoignage d’admiration pour le Marshall Fund étatsunien. Désormais, il est principalement financé par le gouvernement des États-Unis, des gouvernements alliés (en particulier des pays baltes qui haïssent la Russie), des fondations de néocons, et le complexe militaro-industriel. Grâce à son programme « Alliance pour la protection de la démocratie », (nom qui a d’étranges relents soviétiques), il a lancé quelque chose qui s’appelle « Hamilton 68 : un nouvel outil pour combattre la désinformation russe sur Twitter ».

 

Ce programme surveille 600 comptes Twitter dont le fonds Marshall allemand prétend qu’ils sont des « comptes impliqués dans la promotion des objectifs russes d’influence et de désinformation ». A quelles conclusions parvient ce surveillant ? Il ne veut pas le dire. Comment choisit-il les comptes qu’il surveille ? Il ne veut pas le dire. Dans quel but ? Il ne veut pas le dire. Tout cela est bien effrayant.

Quelle ironie que quelque chose qui s’appelle le fonds Marshall allemand utilise des méthodes du type de la Stasi pour faire taire, aux États-Unis, les médias et les points de vue alternatifs !

 

Alors, que fait exactement le site « Hamilton 68 » ? Selon ses propres mots, tout d’abord, il « affiche les tweets des organes officiels de propagande russes en anglais, et publie un court article sur les thèmes de la journée. C’est le message patent de la Russie ».

 

Mais il va plus loin. Il cherche et stocke des informations sur des gens qui n’ont aucun lien avec la Russie, mais qui, « de leur propre initiative, relayent et amplifient les thèmes russes ». C’est ce que le fonds Marshall allemand appelle un « réseau » de distribution de désinformation de deuxième niveau.

 

Que fait ce « réseau » de personnes sans lien avec la Russie mais qui amplifient les « thèmes » russes ?

 

Il « reflète les priorités des messages russes, mais cela ne signifie pas que tous les noms ou liens que vous voyez sur le tableau de bord sont pro-russes. Le réseau fait parfois de la place à des articles qui plaisent à la Russie ou de personnes ayant des opinions proches de la Russie, mais sans connexion formelle avec elle ».

 

Donc, selon l’alliance autoproclamée pour protéger la démocratie, vous ne savez sans doute pas vous-mêmes que vous faites de la propagande pour le compte de l’Etat russe !

 

Vous vous rendez compte de ce qu’ils font ? Ils utilisent l’argent des États-Unis et d’autres gouvernements dans le but d’éliminer tous les organes d’information et les individus qui s’écartent de la ligne officielle de la politique étrangère des Néocons sur la Russie, la Syrie, l’Ukraine, etc. Ils essaient d’éliminer toutes les informations qui contestent la ligne néocon. De les criminaliser.

D’ailleurs, ils ne font pas mystère qu’ils cherchent à faire taire les opinions alternatives :

« Notre objectif avec ce tableau de bord est d’aider les gens ordinaires, les journalistes et d’autres analystes à identifier les thèmes des messages russes et à détecter la désinformation active et les attaques dès qu’elles commencent. En exposant leurs messages au grand jour, nous rendons les consommateurs d’information plus résistants et nous réduisons l’efficacité des efforts de la Russie pour influencer la pensée des Américains et nous les dissuadons de se livrer à ces activités en en réduisant l’efficacité. »

La description du programme « Alliance pour la protection de la démocratie », à résonance très soviétique », se termine par l’avertissement autoritaire qui convient, arraché des pages de 1984, du Zéro et l’Infini ou du guide pratique d’Erich Honecker :

 

« Nous ne vous disons pas ce que vous devez penser, mais nous croyons que vous devez le savoir quand quelqu’un essaie de vous manipuler. Ce que vous faites de cette information dépend de vous. »

 

Ca fait froid dans le dos, non ? Et surtout que tout cela soit fait avec votre argent, par votre gouvernement, et en votre nom.

 

C’est pourquoi rien ne ferait plus plaisir aux néocons et à leurs innombrables think-tanks (souvent financés par le gouvernement) que d’empêcher la tenue de notre Conférence pour la paix et la prospérité-2017 qui se tiendra juste sous leur nez ! Ils ne peuvent supporter un débat ouvert sur la politique étrangère hyper-interventionniste de Washington. Ils ne veulent pas qu’on parle de toutes leurs guerres ratées - et ils ne veulent surtout pas qu’on parle des guerres qu’ils essaient de déclencher.

 

Nous ne sommes pas anti-Américains. Ce sont eux les Anti-Américains. Ils détestent le Premier Amendement. Ils détestent le débat. Ils nous détestent.

 

Comment pouvons-nous nous défendre ? Un moyen très simple est de leur montrer que notre Conférence a fait le plein ! Rien qu’en venant, vous leur mettez un direct en pleine figure !

 

Imaginez-vous leur fureur quand la Conférence pour la paix et de la prospérité de l’année dernière a été diffusée sur CSPAN ?

 

Grâce au soutien de notre très généreux Comité d’accueil, nous pouvons maintenir le prix du billet assez bas. Nous voulons vous y voir tous ! Vous aurez droit, toute la journée, à des conférenciers perspicaces et clairvoyants, vous pourrez réseauter et comploter avec des personnes partageant les mêmes idées que vous, et vous profiterez d’un très bon déjeuner avec beaucoup de café et de thé pour vous donner des forces ! Nous avons également réussi à obtenir des chambres à un bon prix pour vous faire économiser de l’argent !

 

Et vous rendrez les néocons fous de rage ! Qu’est-ce que vous attendez ! Réservez votre billet dès aujourd’hui !

 

Daniel McAdams

»» http://ronpaulinstitute.org/archives/featured-articles/2017/august/03/...

URL de cet article 32167 

mardi 8 août 2017

Etats Unis : remise en cause de la politique de « l'occupation amie » au  Japon

Base US à Okinawa
Quelle population peut être heureuse de voir sur son sol des soldats étrangers? De voir ses villes survolées par des avions de guerre étranger? De les y voir de manière permanente, à tel point qu'ils en sont chez eux? La domination physique américaine qui passe par ses bases militaires arrive à la limite des possibilités données par la géopolitique. Le Japon en est un exemple.
 
Deux types de populations peuvent accepter de voir à domicile et en permanence une armée étrangère sur son sol: 
 
  • lorsque le pays a perdu la guerre et que le sentiment de culpabilité a été correctement implanté dans la population, qui, de cette manière, accepte de "racheter" les fautes commises; il est ici nécessaire d'entretenir ce sentiment de culpabilité.
lorsque le pays est face à une menace - réelle ou imaginaire - qu'il ne peut affronter, la population appelle alors de ses voeux cette "occupation amie" pour éviter une "occupation ennemie"; il est ici nécessaire d'entretenir le sentiment de menace.
 
Dans les deux cas, la propagande justifiant "l'occupation amie" est nécessaire, la population doit être consentente, puisque le pays qui y est soumis est - au minimum - formellement souverain et la présence d'une armée étrangère ne va pas de soi. Il en fut ainsi du Japon et de l'Allemagne après la Seconde guerre mondiale ou des Pays Baltes aujourd'hui.
 
L'occupation militaire "amie" est une technologie politique permettant d'étendre l'emprise politico-idéologique d'une puissance sur d'autres pays. Elle n'est possible que lorsque certaines conditions nationales et internationales sont réunies. En ce qui concerne l'Allemagne, la présence de ces bases est de plus en plus discutée, surtout que leur rôle avec le développement de l'OTAN n'est pas de protéger la population allemande, mais bien de servir les intérêts américains dans le monde, comme cela est déjà affirmé à voix haute.
 
Les pays baltes, pour leur part, font partie de la partie qui se mène entre les Etats Unis et la Russie, ceux-ci devant garder le contrôle sur les pays européens, amenés dans cette configuration radicalisée à faire un choix stricte entre l'Est et l'Ouest. Les pays d'Europe de l'Est (principalement les Pays Baltes et la Pologne), étatiquement faibles, sont utilisés à ces fins, sur fond d'idéologie anti-russe.
 
Le Japon, pourtant jusqu'à ce jour considéré comme un élément soumis de la politique américaine depuis les bombardements atomiques, semble évoluer vers une recherche d'autonomie, qui pourrait faire bouger le rapport de forces Etats Unis / Russie. De plus en plus de voix dans la population (ce qui n'est pas nouveau), mais également au Gouvernement, se lèvent pour une renégociation des bases militaires américaines, qui ont de plus en plus mauvaise presse dans les populations environnantes. Il est vrai que le Japon se rapproche de la Russie, lance divers grands programmes de coopération dans différents domaines économiques et a relancé un dialogue constructif pour régler la question territoriale en suspend depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Les tensions avec les Etats Unis touchent surtout Okinawa, où le Pentagone s'est vu obligé par la Cour suprême du Japon à rendre une partie du territoire "occupé". Le ministre japonais de la défense a également jugé "regrettable" que les Etats Unis continuent à effectuer des manoeuvres, alors que Tokyo avait expressément demandé qu'il y soit mis un terme. Cette opposition ne peut que se renforcer au fur et à mesure de la reprise par le Japon de son indépendance. Car plus le Japon s'occupera de ses intérêts nationaux, plus l'omniprésence militaire américaine sera dérangeante, et donc se radicalisera en réponse.
 
L'occupation amie du Japon ne se justifie plus, elle doit être transformée en accord technico-militaire ... ce qui serait un véritable coup dur pour les Etats Unis, surtout aujourd'hui.
 

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