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Amérique Latine

Brésil : L’adhésion à la grève générale contre la réforme des retraites grandit

Brésil : L’adhésion à la grève générale contre la réforme des retraites grandit 

 

18 Février 2018

  • On mesure bien que ce qui nous paraît une offensive française est d’abord européenne mais partout le capital profitant de ses avancées politiques et du repli des travailleurs, l’abstention, la division mènent une offensive généralisée, face à laquelle se pose partout la question d’une riposte à la hauteur des coups portés. Au brésil où il y a eu un coup d’Etat « légal » avec mise en jugement de Lula de la part d ‘un pouvoir corrompu, la riposte tente de prendre de l’ampleur
  • (note et traduction de danielle Bleitrach)

15 FÉVRIER 2018

Partout au Brésil, la lutte contre la réforme que le gouvernement du coup d’état brésilien veut approuver est en train de monter . Le Front populaire brésilien prévient que la mesure pénalise les plus pauvres et vise à laisser la sécurité sociale entre les mains du capital privé.

 

Le Front populaire brésilien et les centrales syndicales considèrent la mobilisation pour vaincre la réforme de la sécurité sociale fondamentale

Le Frente Brasil Populaire et les centrales syndicales considèrent la mobilisation comme fondamentale pour vaincre la réforme de la Sécurité sociale Crédits/ Médias Ninja

Du nord au sud, les secteurs les plus divers syndicats ont tenu plénière une vue de décider du mode de participation des travailleurs à la grève générale contre la réforme des retraites, prévue pour le lendemain 19 le Front populaire du Brésil (FBP) et qui a   le soutien des grandes centrales syndicales du pays sud-américain.

 

Il est pas encore certain que la réforme, qui a été présentée comme un amendement constitutionnel proposé (PEC) 287, obtiendra un vote à la Chambre des représentants le 19 (20 et 21 sont des hypothèses aussi), mais les syndicats et les organisations sociales ont clairement fait savoir que quel que soit le jour du vote, lundi prochain est « le jour de l’arrêt du Brésil ».

 

Février est la date limite imposée par le gouvernement de Michel Temer pour l’approbation de la réforme des retraites, après plus d’un an de discussions et reports successifs de son vote. Cependant, le projet, qui « semblait avoir un soutien solide » peine à atteindre  les 308 votes nécessaires « dans une année électorale et après avoir fait face deux plaintes » du ministère public fédéral, appelé le Brésil de Fato .

 

Au portail rouge , le président de la "Centralnica dos Trabalhadores (CUT)", Vagner Freitas, a également souligné la question de l’année électorale: «Ils n’ont pas voté jusqu’à présent parce qu’ils n’ont pas de voix. Les députés ont peur d’approuver cette proposition inquiétante et ne pas être réélus », a-t-il déclaré.

 

Menace de destruction de la sécurité sociale

 

Une note à portée de main sur le site Web du Centre des travailleurs du Brésil (PFE), le FBP   rapelle que le « gouvernement du coup d’ Etat de Michel Temer et ses alliés menacent le peuple brésilien sur les questions de  la retraite [retraite] » depuis l’ année dernière .

 

Affirmant que le peuple et les travailleurs brésiliens, organisés et mobilisés, peuvent vaincre la tentative , FPB souligne que, si elle est approuvée, cela conduira à la destruction de la sécurité sociale et constituera  « un stimulus à la croissance des pensions privées, laissant la société otage des banques dans un pacte des putschistes avec le capital financier ».

 

«  Michel Temer disant que la réforme est nécessaire pour mettre fin » avec le déficit du régime de retraite, a déclaré le FBP, soulignant que les changements proposés augmenteront le temps de cotisation et l’âge minimum d’accès à la retraite (62 ans pour femmes et 65 ans pour les hommes), et mettra un terme aux systèmes spéciaux de réforme des enseignants, des fonctionnaires, des travailleurs ruraux et autres.

 

Le FBP souligne également que, dans certaines régions et périphéries des grandes villes du Brésil, «les résidents travailleront jusqu’à leur mort», considérant que l’espérance de vie n’excède pas 58 ans.

 

Pour le 19, il a été annoncé des grèves, des protestations, des manifestations, desmanifestations dans des États comme São Paulo, Pernambuco, Natal, Ceará, Bahia, Sergipe, Minas Gerais, Rio de Janeiro, District fédéral, Santa Catarina, Rio Grande do Sul.

 

La Syrie et Cuba signent un programme exécutif d’accord de coopération culturelle

La Syrie et Cuba signent un programme exécutif d’accord de coopération culturelle

 

16 Février 2018

 15 février 2018

 

Comme le dit très pertinemment Jack Dion : « Le Président de la République a déclaré que la France mènerait des frappes en Syrie si elle avait « des preuves avérées » que le régime avait utilisé des armes chimiques. On peut donc en conclure qu’en l’état actuel des informations, il n’y en a pas de preuves. Ce détail a dû échapper à tous les médias ayant expliqué que la soldatesque de Bachar al-Assad avait eu recours à des armes chimiques dans l’enclave de la Ghouta, aux portes de Damas. Comment dit-on « fake news » en français? » Il semble qu’une bonne partie de la planète ne soit pas de leur avis.
 
(note de danielle Bleitrach) 

La Havane, SANA-Syrie et Cuba ont signé un programme exécutif pour un accord de coopération culturelle entre les ministères de l’enseignement supérieur des deux pays.

 

L’accord a été signé par le ministre de l’enseignement supérieur, Dr. Atef al-Naddaf, et son homologue cubain, José Ramon Saborido, dans la capitale cubaine de La Havane.

 

Après la signature de l’accord, le ministre al-Naddaf a déclaré aux journalistes que l’accord renforcerait la coopération scientifique et culturelle entre les deux pays.

 

Il a ajouté que le programme comprend l’échange de visites entre professeurs, experts et spécialistes et la participation à des symposiums et à des conférences organisés par les universités et les centres de recherche scientifique des deux pays.

 

Pour sa part, le ministre cubain a indiqué que l’accord donnera une grande impulsion à la coopération scientifique entre la Syrie et Cuba dans les domaines scientifiques et culturels.

 

R. Jazaeri / Ghossoun

Le véritable objectif du périple de Tillerson en Amérique Latine

Le véritable objectif du périple de Tillerson en Amérique Latine

 

Publié le par anonyme

Interventionniste, dangereux et un rappel du fait que, pour les États-Unis, l'Amérique Latine est leur arrière-cour : telles sont les caractéristiques du périple qu'effectue actuellement le secrétaire d'état des États-Unis, Rex Tillerson,

Bien que le Venezuela ne figure pas bien sûr, sur la liste des pays à visiter, c'est précisément sur ce pays sud-américain qu'est centrée l'attention du périple du chef de la diplomatie étasunienne qui ne cache pas les intentions de Washington de se faire des alliés dans ses tentatives de promouvoir la déstabilisation en territoire vénézuélien pour renverser le président Nicolas Maduro, élu démocratiquement aux urnes par le peuple.

Rappelons que les attaques des États-Unis contre Caracas incluent des sanctions, des agressions, l’encouragement de putsch militaires et la méconnaissance d’institutions légitimes. Le voisin du Nord étaye l’opposition dans ses actions violentes contre la Révolution Bolivarienne, actions qui ont fait des dizaines de morts et de nombreux blessés parmi la population civile.

Maintenant Tillerson est allé même jusqu`à dire ouvertement que la Force Armée Nationale Bolivarienne pourrait devenir en « agent du changement » dans ce pays sud-américain suggérant ainsi que les militaires pourraient intervenir dans les questions politiques du pays.

Ce sont des déclarations extrêmement dangereuses car, comme l’a bien souligné le ministre vénézuélien de la défense, Vladimir Padrino. « Aujourd’hui l’agression est contre le Venezuela mais elle serait faisable en n’importe quel moment suivant les niveaux d’intervention du gouvernement étasunien contre n’importe quel gouvernement ».

La réalité est que l’administration du président Donald Trump est aussi retournée au passé dans ses relations avec l’Amérique Latine et elle est désireuse d’encourager la tristement célèbre Doctrine Monroe, connue principalement par la phrase « l’Amérique pour les Américains » et qui marquerait le développement des relations internationales dans la région depuis sa formulation en 1823 jusqu’à nos jours.

Nous savons tous qu’en appliquant cette politique extérieure à l’égard de l’Amérique Latine, les États-Unis ont pillé les ressources naturelles, envahi les marchés avec leurs produits tandis que les peuples s’enfoncent de plus en plus dans la pauvreté et que des coups d’état ont été orchestrés.

La Doctrine Monroe a été et elle reste une ingérence et une colonisation ouverte du continent américain par les États-Unis qui voient avec préoccupation comment la région ne suit plus aveuglement leurs diktats et que beaucoup de gouvernements comme ceux du Venezuela et de Cuba n’acceptent ni chantages ni impositions d’aucune sorte.

Mais c’est, en plus, une façon de freiner la diversification des relations des pays latino-américains et caribéens avec d’autres états comme la Russie, la Chine et l’Iran avec lesquels d’importants accords mutuellement avantageux ont été signés.

Le Mexique, l’Argentine, le Pérou, la Colombie et la Jamaïque sont les pays inclus dans le périple de Tillerson dans la région, périple qui a soulevé un grand rejet au sein de la société civile.

Des organisations sociales signalent que le périple du chef de la diplomatie étasunienne a pour but de coordonner, avec les gouvernements liés à Washington, les actions pour continuer à asphyxier le Venezuela.

Il faut être vigilants car, comme l’a dénoncé le ministère cubain des Affaires étrangères, la position de Tillerson est une instigation au « changement de régime », changement qui a fait des millions de victimes innocentes dans plusieurs parties du monde et promu la violence, la guerre, les crises humanitaires et l’instabilité, démontrant ainsi son échec.

Mais il s’agit en plus d’une preuve d’ignorance totale. Le gouvernement du président Nicolás Maduro, qui a toujours insisté sur la nécessité du dialogue, s’est assis à la table de négociations avec l’opposition pour résoudre les problèmes du pays et il a convoqué des élections générales pour le premier quadrimestre de cette année, ce qui est une démonstration ouverte de souveraineté, de transparence et d’engagement envers son peuple.

Edité par Reynaldo Henquen


source: http://www.radiohc.cu/fr/especiales/comentarios/154489-le-veritable-objectif-du-periple-de-tillerson-en-amerique-latine

Le Media TV sur le Venezuela

10 février 2018

Le Media TV sur le Venezuela

 

Le Media TV sur le Venezuela

 

Publié par Venezuela infos 
 

Première de la nouvelle émission « Les sujets qui fâchent » sur LeMediaTV, présentée par Gérard Miller, le 9 février 2018. Le journaliste Maurice Lemoine, ex-rédacteur en chef du Monde Diplomatique et qui couvre l’Amérique Latine depuis trente ans, démonte l’univocité médiatique en France et rétablit le point de vue de la réalité du Venezuela. Cette émission existe grâce aux Socios.

 

URL de cet article : https://wp.me/p2ahp2-3ZU

Retour sur une condamnation sans preuve : le cas Lula au Brésil ou la judiciarisation de la vie politique

« Pour nos combats de demain, pour un monde plus libre, plus juste, plus égalitaire, plus fraternel et solidaire, nous devons maintenir vivante la mémoire de nos luttes »

 

Gunter Holzmann

 

Retour sur une condamnation sans preuve : le cas Lula au Brésil ou la judiciarisation de la vie politique

 

8 février 2018
 

Dans cette vidéo, Christophe Ventura revient sur les enjeux et les suites de la confirmation de la condamnation de l’ancien président brésilien par le tribunal fédéral de Porto Alegre (24 janvier 2018) pour corruption passive et blanchiment d’argent.

 

Le cas Lula est un cas de « Lawfare » (utilisation abusive des armes juridiques à des fins de persécution politique).

 

 

 

Vidéo et musique : Adrien Piquera et Jordi Lafon

Les Etats-Unis reconnaissent publiquement que les sanctions cherchent l’effondrement du Venezuela (Mision Verdad)

Les Etats-Unis reconnaissent publiquement que les sanctions cherchent l’effondrement du Venezuela (Mision Verdad)

Le Secrétaire d’État états-unien Rex Tillerson a suggéré la possibilité d’un coup d’État au Venezuela pour chasser le président élu Nicolas Maduro et l’exiler à Cuba : «parfois en Amérique Latine l’armée peut être un acteur de changement quand les choses vont trop mal »  a-t-il précisé le jeudi 1 février.

 

La thèse est assez souvent répétée mais elle ajoute plus de réalisme au scénario actuel : plus les partis d’opposition rendent visible leur incapacité à diriger le front intérieur de l’opération de changement de régime, plus les puissances occidentales se font les porte-paroles d’actions contre le Venezuela et agissent. De façon de plus en plus agressive et brutale.

 

La semaine dernière, le chef de la CIA, Mike Pompeo, a avoué lors d’un forum du think-tank néo-conservateur American Enterprises Institute que l’appareil de renseignement qu’il dirige a travaillé coude à coude avec Trump les éléments des sanctions contre le Venezuela.

 

Les médias internationaux qui ont rapporté ses déclarations en ont extrait la partie la plus rentable pour eux, oubliant les détails que, pendant presque une heure, Pompeo a donnés sur le parcours qui a abouti à la mise sur pied de institutionnalisation des sanctions financières par un Ordre Exécutif (13692) et la désignation de plus de 30 fonctionnaires de haut niveau du Gouvernement vénézuélien par l’OFAC/Département du Trésor.

 

Pour orchestrer les sanctions, la CIA, selon son chef, a préparé des rapports sur le statut actuel des Forces Armées Nationales Bolivariennes (FANB) et leur relation avec le pouvoir exécutif. Il a aussi été élaboré une mosaïque des points faibles de la dette extérieure concernant le délai et la capacité de paiement du pays destinée à obtenir une plus grande efficacité qui se permettrait non seulement de forcer la situation de défaut de paiement mais aussi de déformer le schéma du commerce international du Venezuela concernant des produits de base comme les aliments et les médicaments.

 

Peut-être à cause du flux énorme d’informations au Venezuela où des événements importants peuvent remonter dans un ensemble de nouvelles concernant le spectacle, les déclarations du chef de la CIA sont arrivées dans la plus grande indifférence, encouragée par les nouvelles technologies de l’information en ce qui concerne la politique parce que c’est leur intérêt. Et cela aussi fait partie du plan : l’individualisation en tant que processus systémique (le contraire de la politique) est la dernière touche de la grande œuvre du pouvoir mondial pour supprimer les vases communicants de la société.

 

Des déclarations de Pompeo se détachent, au moins, 3 signes qui vont marquer le conflit politique et sa internationalisation consciente pour des raisons géopolitiques impérieuses après l’installation de l’Assemblée Nationale Constituante (ANC) et le désastre de l’opposition interne :

 

 La confession de la CIA est un reflet du fait que le pouvoir dur (qu’on appelle « Etat profond » dans les conclaves des grandes corporations qui décident de la politique étrangère des puissances) laisse derrière lui la diplomatie et, dans le meilleur des cas, lui impose ses rythmes et ses façons d’agir.

 

 Que des organes de sécurité étasuniens entrent en jeu de façon frontale révèle que les sanctions et ce qui en découle sur le terrain sont une expérimentation pré-guerrière dans laquelle la vie de la population et l’Etat Nation doivent être détruits par des mécanismes de pouvoir réel (interruption de la fourniture d’aliments, de produits d’hygiène, d’argent) en poussant un scénario d’intervention préventive pour « raisons humanitaires » et « l’effondrement définitif » tellement annoncé.

 

 Les agences du Gouvernement des Etats-Unis et le Congrès prennent un tournant dans lequel « l’issue » à la crise vénézuélienne est transnationale et se fait par la force, les élections et l’Etat en exercice (la Constitution vénézuélienne) en tant que pratique sociale et cadres symboliques de la nation, deviennent des obstacles au développement du plan de fond. Le Gouvernement Trump est, à la base, une Junte Militaire. C’est pourquoi il crie à la « fraude » dès que les élections présidentielles ont été annoncées.

 

La création par l’extrême droite de María Corina Machado de « Je suis le Venezuela » comme avant-garde idéologique de « l’intervention humanitaire » nommée ainsi sans aucun détour car ils savent qu’ils recevront les applaudissements du Congrès, doit être vue comme l’élargissement de ce front. Le vertige que donne l’élargissement des sanctions demande de simuler une certaine vénézolanisation.

 

Dans une vidéoconférence avec des journalistes, le haut fonctionnaire du Département d’Etat a évoqué sans plus de détails la façon dont « un officiel du Département de l’Etat-major » a donné certains détails sur la tournée qu’effectuera le Secrétaire d’Etat Rex Tillerson en Amérique Latine à partir du 1° février. Dans son programme, il est prévu qu’il se rende au Mexique, en Argentine, en Colombie, au Pérou et en Jamaïque et qu’il rencontre les principales autorités et le corps diplomatique des pays qui composent le Groupe de Lima.

 

Un détail important : cette tournée se déroule à quelques jours de la présentation par la Chine, qualifiée comme l’une des principales menaces pour les Etats-Unis dans sa Stratégie de Sécurité Nationale et de Défense pour 2018, de son projet Initiative de la Bande et de la Route au II° Forum Chine-CELAC (Communauté des États Latino-américains et des Caraïbes). Un fait qui n’est pas sans importance étant donné que la Chine augmente son influence financière sur la région dont le Venezuela est un pivot dans les stratégies du géant asiatique qui prend la place des Etats-Unis comme principal partenaire commercial.

 

Les journalistes ont interrogé « l’officiel » sur les divers sujets que Tillerson devrait traiter pendant sa tournée. Les négociations complexes sur le TCLAN avec le Mexique, l’augmentation de la production de drogue en Colombie et d’autres négociations sur l’ouverture de marchés pour les exportations étasuniennes devraient tenir une bonne partie de l’ordre du jour bien que le sujet du Venezuela devrait être au premier plan pour la presse mondiale.

 

A une question de la journaliste María Molina de Radio Colombia sur l’efficacité des sanctions contre le Venezuela, il a répondu : « La campagne de pression fonctionne. Les sanctions financières que nous avons imposées au Gouvernement vénézuélien l’ont obligé à commencer à créer le défaut de paiement aussi bien en ce qui concerne la dette souveraine que la dette de PDVSA, leur compagnie pétrolière. Et ce que nous allons amener, (…) c’est un effondrement économique complet du Venezuela. Alors, notre politique fonctionne, notre stratégie fonctionne (…)  » Cette déclaration est un message pour tenter d’affaiblir la table de dialogue en République Dominicaine.

 

Il souligne aussi (sur un ton assez euphorique) les sanctions coordonnées avec l’Union européenne et la création du Groupe de Lima pour mettre en place une coalition qui augmente la capacité de nuisance des sanctions des Etats-Unis.

 

De cette façon, les Etats-Unis reconnaissent une évidence mais qui résonne différemment quand elle est prononcée par le pouvoir : les sanctions imposées au Venezuela n’ont pas pour but de « rétablir la démocratie » ou d’inciter à des « négociations sérieuses » avec l’opposition mais de faire s’effondrer le pays économiquement et financièrement pour l’engager dans une situation de chaos perpétuel qui pourrait permettre une issue militaire. La privation d’aliments et de médicaments, le boycott du dollar parallèle et le blocus financier sont des étapes préalables et ceux qui les mettent en place reconnaissent qu’elles suivent la bonne voie. Le moment d’occulter les ordres du jour est passé.

 

Pendant ce temps, le Congrès des Etats-Unis a déjà approuvé dans sa chambre basse un projet de loi « d’assistance humanitaire » au Venezuela qui oblige la diplomatie étasunienne à chercher à obtenir du Conseil de Sécurité de l’ONU des mesures coercitives qui permettent de faire parvenir cette « aide » grâce à des mécanismes militaires et privés. Le Département d’Etat reconnaît que les politiques de sanctions représentent un ensemble d’agressions préalables pour que cette loi l’impose comme la seule solution pour le Venezuela.

 

Tillerson semble avoir bien prévu son ordre du jour et la façon de faire pression, ce n’est pas pour rien que Pompeo s’attribue les sanctions et « l’officiel » du Département d’Etat interviewé fabrique un modèle aux objectifs que poursuivent les sanctions. Une manœuvre qui rend transparents les acteurs de poids qui sont derrière et contrôlent.

 

A la lumière des composantes du front intérieur (dialogue, Assemblée Nationale aux mains de gens comme ceux du parti Un Nouveau Temps, décomposition de l’opposition de partis politiques et organisation d’élections présidentielles) tout suggère que la tournée de Tillerson non seulement annonce une ronde de sanctions plus agressives contre l’économie – le Journal des Amériques envisage un éventuel embargo sur le pétrole – mais la construction de bases de soutien dans la région pour les rendre légitimes. Le Groupe de Lima a été créé pour cela. Au départ, il a été fondé en tant que garant du blocus politique, diplomatique et financier du pays. Il faudra voir combien de pays sont attirés par le fait de rompre les relations commerciales et diplomatiques avec le Venezuela car au-delà des communiqués, les Etats-Unis ont besoin d’envoyer un message fort et d’augmenter l’efficacité du blocus diplomatique et financier.

 

Une analyse minimale des éléments dont nous avons parlé permet d’envisager l’éventualité qu’à mesure que l’effondrement provoqué par les sanctions avance, cette coalition se transforme en front militaire pour faire pression pour une intervention « humanitaire. » La résistance provoquée par les paroles de Trump disant qu’il n’écartait pas « l’option militaire » au Venezuela a différentes acceptions, selon qu’il s’agit d’une intervention pour soi-disant protéger ou sauver un pays « effondré », ou de l’ouverture de « couloirs humanitaires » par des pays frontaliers pour balkaniser le pays. La CIA et le Congrès travaillent à ce changement de sens devant lequel le Département d’Etat et son « chef » baissent la tête.

 

The Washington Post et The New York Times, des médias qui ont d’importantes relations commerciales avec la CIA, accélèrent une intense campagne pour homologuer le Venezuela avec la Somalie ou le Congo, des pays également victimes de cette sorte de guerres. Les crimes ne sont pas seulement économiques mais se mènent aussi dans le domaine de l’information.

 

Les tournées de hauts fonctionnaires des Etats-Unis pour préparer un ordre du jour de siège ont un précédent dans la tournée de Mike Pence en août, quelques semaines après l’installation de l’Assemblée Nationale Constituante et avec une opposition dévastée, dans laquelle il s’agissait d’intégrer des soutiens régionaux pour augmenter les pressions sur le Venezuela.

 

Quelques semaines plus tard, un Ordre exécutif signé par Donald Trump institutionnalisait le blocus financier du Venezuela, une action qui aujourd’hui rend chaotiques tous les aspects de la vie sociale, économique et politique du pays. Un crime qui aujourd’hui dépasse toutes les lois internationales et « met contre le mur l’estomac de la population »…

 

Traduction : Françoise Lopez pour Bolivar Infos

Source en espagnol : http://misionverdad.com/LA-GUERRA-EN-VENEZUELa/eeuu-reconoce-publicame...

»» https://venezuelainfos.wordpress.com/2018/02/02/les-etats-unis-reconna...
URL de cet article 32909 

La Jornada : Tillerson: l’armée vénézuélienne pourrait renverser Maduro

La Jornada : Tillerson: l’armée vénézuélienne pourrait renverser Maduro

 

03 Février 2018
Quand le spectacle de la démocratie en est là et que nos propres médias relaient cet ultime parodie du devoir d’ingérence qui n’est qu’un nouveau plan condor pour l’Amérique latine, quand le président de la République française se mêle de participer à l’assaut militaire en dénonçant le pays victime de cette appel au putsch fasciste, cette ingérence fantasmée de la Russie et de la Chine, le retour du grand « totalitarisme » fantasmé, le communisme, les masses en mouvement et leur dictature potentielle ! Que signifie alors  la démocratie sinon ce moment où elle devient tyrannie par temps de crise du capital  et pourtant ici comme en Corée, les menaces proférées se heurtent à une résistance, la vraie question est encore et toujours ce que veut réellement le peuple? Comment est-il organisé pour exprimer cette volonté?
 
(note et traduction de Danielle Bleitrach)

Reuters |  Jeudi, 01 Fév 2018  15:17

Le secrétaire d’État des États-Unis parle avant de signer un accord avec le Qatar à Washington. Photo Afp ​​/ Archive

L’eugénisme, la « science » pour améliorer la race, en Amérique latine

L’eugénisme, la « science » pour améliorer la race, en Amérique latine

 
27 Janvier 2018
 
Comment au pérou en relation avec le FMI et  l’église, Fujimori a procédé à un programme de stérilisation forcée. Ces pratiques eugénistes ont touché essentiellement les catégories pauvres, les indigènes
 
(Traduction et note de danielle Bleitrach)


Publié: Jan 27 2018 01:39 GMT

L'eugénisme, la «science» pour améliorer la course, en Amérique latine

Illustration illustrative / Mohammed Salem / Reuters
 

L’eugénisme a émergé au cœur de l’Angleterre victorienne à la fin du XIXe siècle et a été défini par Sir Francis Galton, son créateur, comme «la science qui traite de toutes les influences qui améliorent les qualités innées d’une race.

 

Que ce soit par des mécanismes subtils promus par l’Église catholique ou par des pratiques agressives telles que la stérilisation forcée des personnes, l’eugénisme sera la science responsable de la promotion de la reproduction des « bons » individus et découragera les «mauvais» ou « qualité inférieure ».

 

Coïncidence ou non, depuis plus de 100 ans, les plus drastiques pratiques eugéniques ont été appliquées dans le monde entier, presque exclusivement sur les classes inférieures. L’Amérique latine n’est pas l’exception.

 

Certains plus précieux que d’autres

 

« les Élites ont vu dans l’eugénisme un moyen  pour invoquer la supériorité des uns sur les autres. Qu’apportera cette science sinon qu’il ya des gens dont la vie vaut plus que d’autres. Donc, s’il y a plus de bonnes personnes, l’eugénisme de fournir un mécanisme par lequel la reproduction d’un être sera orienté  au détriment des autres « , explique Gustavo Vallejo, docteur en histoire et chercheur au Conseil national de la recherche scientifique et technique (CONICET), basé à l’Université nationale de Quilmes (Argentine).

 

Logo du deuxième congrès international d’eugénisme, 1921. / wikipedia.org / Beao / Domaine public

 

Selon le chercheur, l’eugénisme aura deux aspects majeurs. D’une part, il y aura l’eugénisme anglo-saxon , qui n’aura pas de limites et effectuera des mesures sanglantes de l’exercice de la violence directe sur les corps, comme la stérilisation forcée . Dans cette direction étaient les eugénistes américains, et par cette voie, on en est venu directement au nazisme.

 

La seconde sera ce qu’on a appelé l’eugénisme latin et elle réunira précisément les pays de cette ascendance. Dans cet aspect non stérilisant de l’eugénisme, un rôle central est donné à l’église, au système judiciaire et à la médecine, afin de déterminer l’aptitude des individus en tant que futurs pères et prolongateurs d’une certaine génétique et de certaines valeurs.

 

 

« La connaissance normative, qui est la loi, la médecine et la théologie, finit par construire un vaste champ à travers lequel l’eugénisme fut  diffusé comme un mécanisme d’ordre social, qui a eu lieu vers 1930 et a  traversé toute l’Amérique latine ».

 

Le point de départ de tout ce mécanisme sera la sélection des conjoints, et cette sélection sera faite en partie par l’Eglise catholique à travers les conseils pré-matrimoniaux. Lorsque les futurs mariés sont allés voir un prêtre avant de se marier, le prêtre leur a posé des questions, évalué et analysé le futur couple pour éventuellement décourager et interdire le mariage par l’Église.

Gustavo Vallejo, docteur en histoire et chercheur au CONICET
L’eugénisme latin était plus subtil, moins visible en termes de pratiques qui ont été réalisées et c’est peut-être pourquoi il a été moins analysé ou moins détectéGustavo Vallejo, Docteur en Histoire et chercheur du CONICET

Dans le même temps, l’examen médical prénuptial a été institué dans le domaine public étatique. Bien qu’il existe encore aujourd’hui dans de nombreux pays, sa motivation dans les années 1930 était strictement eugénique. Si à la suite d’ un examen médical , il avait  été déterminé que l’ un des époux avait une maladie ou « tare » qui pourraient être transférés à leurs enfants, l’Etat a le pouvoir  de dire non pour permettre les unions civiles.

 

« Ici commence à articuler le domaine médical, le droit et l’Eglise D’un côté est le certificat médical … Si vous ne respectez pas les attentes, il agit de la loi La loi peut intervenir sur un acte qui relève du  droit privé et d’autre part il y a l’Eglise, le prêtre intervient pour vous décourager si il a été admis  s que vous alliez générer une progéniture pas souhaitable pour l’État », résume Vallejo.

 

Selon l’historien, l’eugénisme latin était une manière moins visible en termes de pratiques qui ont été réalisées et peut-être, par conséquent, est passé inaperçu.

 

Nouveau millénaire et stérilisations forcées

 

Près d’un siècle après l’arrivée des idées eugéniques en Amérique latine, le tournant du millénaire a entraîné un tournant inattendu et une violence sans précédent dans la région.

 

Des femmes protestent contre les stérilisations forcées qui ont eu lieu dans les années 90. Lima, Pérou – 2016. / Aaron Heredia / Roverimages / http://www.globallookpress.com

 

L’eugénisme anglo-saxon occupait une place centrale lorsqu’il s’agissait de contrôler et de restreindre la croissance des populations considérées comme dangereuses ou indésirablest.

 

En 1996, Alberto Fujimori, alors président du Pérou, a lancé pendant sa deuxième présidence le Programme national de santé génésique et de planification familiale (PNSRPF) dans le but supposé de lutter contre la pauvreté grâce à la stérilisation des femmes.

 

Grâce à des méthodes contraceptives auparavant punissables par la loi, comme la ligature des trompes, le programme de santé reproductive a progressé avec ses objectifs à plein régime, et au moment où il a pris fin en 2000, le nombre  des femmes stérilisées dans le pays était de 331 000 , selon une étude qui cite des estimations du ministère de la Santé péruvien lui-même.

 

Cependant, ce qui, à première vue, pourrait être interprété comme un succès en termes de santé sexuelle et reproductive a fini par être l’un des crimes les plus graves de l’histoire démocratique du continent.

 

Au moins 18 femmes sont mortes victimes de ces opérations. 211 000 femmes stérilisées – soit plus de 63% du total – n’ont pas reçu d’informations complètes sur le processus de ligature des trompes, alors que 25 000 d’entre elles n’ont pas été informées du caractère irréversible de l’intervention chirurgicale, c’est-à-dire qu’elles ne pourront plus jamais avoir d’enfants.

 

María Ysabel Cedano, Directrice de l'Etude pour la Défense des Droits de la Femme
En fait, il y avait une politique de contrôle de la population par la violation des droits reproductifs des femmes, les stérilisant sans garantir un consentement préalable, libre et éclairé.María Ysabel Cedano, Directrice de l’Etude pour la Défense des Droits de la Femme

« Un an après l’opération, ma taille a commencé à faire mal et la coupure que j’avais subie dans l’opération, je ne pouvais pas manger des choses chaudes ni faire des efforts  et à partir de ce moment, je me suis sentie mal ». présidente de l’Association des femmes péruviennes touchées par la stérilisation forcée et l’une des victimes de la campagne promue par Fujimori.

 

Avant d’être opérée, Rute a été menacée par les opérateurs de santé pour avoir résisté à l’intervention: on lui a d’abord dit qu’elle ne pourrait pas inscrire sa fille nouveau-née au registre municipal, puis on lui a dit qu’elle commencerait bientôt à payer cher  pour chacun de leurs enfants. Finalement, le 10 février 1999, elle a été emmenée en ambulance avec sa fille et son mari censés faire vacciner la fille.

 

Une fois à l’hôpital et devant les pleurs  et les doutes de Rute, une infirmière l’emmena dans une salle d’opération où elle fut rapidement déshabillée et allongée sur une civière. En raison de sa résistance constante, la femme était attachée à la main et au pied et la procédure a été menée contre sa volonté . « Jusqu’à présent, il n’y a pas de justice, le gouvernement ne dit rien et nous avons suffisamment de preuves, notre affaire a été arrêtée, ils ne veulent plus avancer, et maintenant le président actuel a accordé un pardon à Fujimori qui ne mérite pas le respect ».

 

Coopération internationale

 

Les procédures judiciaires engagées par les victimes et par des associations non gouvernementales cherchent à condamner les auteurs directs des stérilisations, ainsi que celui de Fujimori et des autres dirigeants politiques. Cependant, María Ysabel Cedano, directrice de l’étude pour la défense des droits de la femme (DEMUS), souligne le rôle joué par certaines organisations internationales dans ce processus agressif de contrôle démographique.

 

Image illustrative. / Pixabay / Herney
 

« Lorsque Fujimori arrive au pouvoir pour se réinsérer dans le système international, il adopte les politiques du FMI, de la Banque mondiale et de la Banque interaméricaine de développement, y compris des politiques démographiques soutenues par la coopération internationale », souligne M. Cedano.

 

Un rapport fait en 2002 par une commission enquêtant sur le Congrès péruvien qui cherchait à trouver les responsables de ces politiques confirme ce qu’a affirmé le directeur de DEMUS.

 

Le document se réfère aux archives internes de l’agence américaine . pour le développement international (USAID), qui révèlent que, en 1993,  ce pays a pris en main  le système de santé national du Pérou. Cette intervention a été possible grâce à une réorganisation du ministère de la Santé qui avait été réalisée peu de temps auparavant en réponse aux recommandations des bailleurs de fonds .

 

Selon le rapport, le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) était également un acteur clé dans ce cadre institutionnel à des fins eugéniques.

 

« Depuis le début des activités de la planification familiale au Pérou, le FNUAP a participé en collaboration avec l’ USAID dans pratiquement toutes les activités contribuant au financement. Il est important de considérer que les principaux contributeurs de fonds du FNUAP sont précisément les EE. Amérique du Nord », dit le texte préparé par la législature.

 

Des femmes brandissent des affiches contre les stérilisations forcées lors d’une manifestation au Pérou – 2015 / Mariana Bazo / Reuters
 

María Ysabel Cedano estime qu’en dehors de tous les euphémismes utilisés par Fujimorismo, « il y avait en fait une politique de contrôle de la population par la violation des droits reproductifs des femmes, les stérilisant sans garantir un consentement préalable, libre et éclairé. pas toutes les femmes, mais les femmes analphabètes, les locuteurs du quechua, les paysans et les populations autochtones. »

 

Le cauchemar continue

 

Bien que les centaines de milliers de cas de stérilisation forcée au Pérou aient été largement couverts par la presse internationale et même parvenus à la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH), les choses ne semblent pas avoir beaucoup changé dans la région. Bien que nous ne puissions jusqu’ici parler de plans systématiques de contrôle agressif de la reproduction par les États latino-américains, les stérilisations sans consentement restent une réalité, en particulier pour les femmes séropositives.

 

Un rapport de 2013, réalisé par l’organisation «Promotion de la balance pour le développement et la jeunesse», a révélé que les droits reproductifs des femmes séropositives  au Mexique et dans trois pays d’Amérique centrale étaient violés . Sur un total de 337 femmes interrogées, 20 d’entre elles ont déclaré avoir subi des pressions ou être obligées de se faire stériliser au Mexique, 10 au Salvador, 7 au Nicaragua et 6 au Honduras.

Alexandra Minna Stern, professeur de culture et d'histoire américaine à l'Université du Michigan.
« Il y a une logique eugénique derrière tout cela qui dit que ces gens ne devraient pas avoir de bébés parce qu’ils ne sont pas en forme »Alexandra Minna Stern, professeur de culture et d’histoire américaine à l’Université du Michigan.

« Les femmes autochtones ou les femmes de couleur en Amérique latine sont toujours la cible de stérilisations, peut-être s’agit-il d’une série de cas spécifiques, je ne sais pas si cela devient un modèle, mais l’idée derrière cela est que vous êtes Les femmes sont une menace et leur état indique qu’elles ne devraient pas être mères », explique Alexandra Stern, professeur de culture et d’histoire américaine à l’Université du Michigan.

 

Plus récemment, Amnesty International a publié un document confirmant que les stérilisations forcées se poursuivent au Mexique et dans d’autres pays de la région.

 

Le rapport raconte l’histoire de plusieurs femmes qui ont subi ces abus en Amérique latine. Parmi eux se trouve le cas de Michelle, une mère de 23 ans de l’État de Veracruz au Mexique qui a découvert qu’elle était séropositive au cours d’un examen médical alors qu’elle était enceinte de quatre mois.

 

Le jour où elle est arrivée à l’hôpital pour accoucher, Michelle a trouvé sur son lit une pancarte qui disait «VIH». Puis le médecin lui a dit qu’ils devaient opérer pour éviter de futures grossesses. Alors que Michelle a refusé, les médecins ont ignoré  ses protestations  et ont procédé à la stérilisation.

 

Selon Stern, l’argument derrière ces stérilisations pourrait être économique et lié à la santé publique, mais si vous creusez plus profondément, les vraies raisons sont évidentes: « Il y a une logique eugénique derrière tout cela qui dit que ces gens ne devraient pas avoir de bébés parce qu’ils ne sont pas adaptés, ou parce qu’ils sont malades ou parce qu’ils ne sont tout simplement pas le genre de citoyen qui devrait continuer à se reproduire », conclut-il.

 

Ignacio Fernández Albano

Avec Lula c’est le peuple brésilien que l’on condamne

Avec Lula c’est le peuple brésilien que l’on condamne

 

26 Janvier 2018

L’ancien président Lula dans une manifestation de soutien à São Paulo, le 24 janvier. LEONARDO BENASSATTO / REUTERS

Condamné en appel le 24 janvier à une peine alourdie, passée à douze ans et un mois de prison, l’ancien président Lula poursuit son combat politique et judiciaire.

Je n’ai jamais eu la moindre illusion. Il y a eu un pacte entre le pouvoir judiciaire et les médias, qui ont décidé qu’il était temps d’en finir avec le PT [Parti des travailleurs]. Ce sont les seuls à vouloir que je ne sois pas candidat.”

Un avenir encore incertain

 

Le tribunal régional fédéral a décidé, en appel, d’alourdir la peine en la passant à douze ans et un mois de prison – Lula avait été condamné à neuf ans et demi en première instance. Les trois juges ayant choisi exactement la même sentence, les recours possibles sont limités, mais les avocats de Lula entendent bien les mettre en œuvre, relate le quotidien O Globo. La suite de la procédure se déroulera donc principalement devant deux tribunaux, le Tribunal supérieur de justice (STJ) et le Tribunal supérieur fédéral (STF), à Brasilia, qui devraient recevoir le dossier d’ici deux mois. Ces deux instances devront aussi se prononcer sur l’application de la peine : la prison, le sursis ou un régime semi-ouvert.
Lula a déjà fait savoir qu’il resterait candidat à la présidentielle du mois d’octobre, quoi qu’il arrive. Il revient à cet effet au Tribunal supérieur électoral de décider si la candidature de l’ancien président est valide.

La bourse bat un record

Dans la foulée de la confirmation de la condamnation, la Bourse de São Paulo a fermé avec une hausse de 3,72 %, établissant un record à 83 680 points.

La radio CBN, du groupe Globo, explique cette hausse par l’animosité des marchés financiers à l’égard de Lula, figure tutélaire de la gauche.

Mais aux yeux du président Michel Temer, de centre droit, cité par le magazineVeja, les bons résultats des marchés sont dus à son discours au Forum économique mondial de Davos, qui se déroule jusqu’au 26 janvier dans la station suisse.
Devant un parterre clairsemé, au moment même où se tenait le procès de Lula, Michel Temer a réaffirmé l’importance de la réforme du système des retraites, que prépare son gouvernement. Sur le procès de Lula, il s’est contenté d’un commentaire laconique :
Le pouvoir judiciaire juge en toute indépendance, en toute tranquillité.”
Signe de l’importance du procès pour les Brésiliens, 811 000 tweets ont été publiés en dix-huit heures, relève le quotidien Estadão

La séance a fait réagir aussi bien les anti-Lula, autour du hashtag #LulaNaCadeia (“#LulaEnPrison”), que les pro-Lula, avec les mots-clefs #CadêAProva (“#OùEstLaPreuve”).

Hugo Florent

Cuba rejette la déclaration de Jérusalem comme capitale d’Israël à l’ONU

Cuba rejette la déclaration de Jérusalem comme capitale d’Israël à l’ONU

 

23 Décembre 2017

Voilà une position qui me convient totalement et j’ai toujours cru que c’était celle du PCF, mais il s’avère que visiblement des camarades croient très « révolutionnaire » de relayer des positions gauchistes et qui ne mènent nulle part. Sans parler de ceux qui font du sensationnel, de l’émotion trafiquée et des fausses nouvelles la base de leur choix politique dans les réseaux sociaux, tout cela en vue de diaboliser les « sionistes », terme qui masque à peine celui de juif. Sur cette question, comme celle de l’Europe et tant d’autres, il serait temps que les militants du PCF adoptent la position qui est celle de leur parti quand ils la connaîtront, l’humanité ne les éclairant guère sur la question

 

(note et traduction de Danielle Bleitrach)


 

l’Ambassadeur Anayansi Rodriguez Camejo, représentant permanent de Cuba auprès des Nations Unies, est intervenue lors de la 10e session extraordinaire de l’ Assemblée générale des Nations Unies sur les « actions illégales d’Israël dans Jérusalem-Est occupée et le reste des territoires palestiniens occupés « .

 

En correspondance avec la Déclaration du Ministère des Affaires Etrangères de Cuba, publiée le 6 décembre 2017, la diplomate de l’île a réitéré la profonde préoccupation et le rejet de la nation caribéenne en ce qui concerne la déclaration unilatérale du Président des États-Unis, désignant la ville de Jérusalem en tant que capitale d’Israël, ce qui constitue une violation grave et flagrante de la Charte des Nations Unies, du droit international et des résolutions pertinentes des Nations Unies; ce qui, a-t-elle ajouté, viole les intérêts légitimes du peuple palestinien et des nations arabes et islamiques, provoquant une augmentation des tensions dans cette région et empêchant tout effort visant à reprendre les pourparlers de paix entre Israéliens et Palestiniens.

 

Elle a demandé au Conseil de sécurité – s’acquittant de la responsabilité de la Charte des Nations Unies dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales – d’adopter les décisions nécessaires et d’exiger d’Israël la fin immédiate de l’occupation des territoires palestiniens et des politiques agressives et des pratiques colonisatrices, ainsi que le respect des résolutions adoptées par cet organe sur la situation au Moyen-Orient, y compris la question palestinienne.

 

Rodríguez Camejo a souligné la nécessité d’une solution globale, juste et durable au conflit israélo-palestinien, fondée sur la création de deux États, qui accorde aux Palestiniens le droit à l’autodétermination et à un État indépendant et souverain, avec sa capitale à Jérusalem-Est et les frontières d’avant 1967.

 

Lors de cette extraordinaire session d’urgence de l’Assemblée générale des Nations Unies, la délégation cubaine a coparrainé et voté en faveur du projet de résolution intitulé «Statut de Jérusalem», qui stipule clairement que toute décision ou action ayant pour but de modifier le caractère, le statut ou la composition démographique de la ville sainte de Jérusalem n’a aucun effet juridique, est considéré comme nul et doit être abrogé, conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité de l’ONU.

 

A cet égard, le texte a été adopté avec le soutien majoritaire de 128 des Etats membres de l’Organisation, 9 contre – y compris Israël et les Etats-Unis – et 35 abstentions; demande à tous les États de s’abstenir d’établir des missions diplomatiques dans la ville sainte de Jérusalem.

Le représentant de Cuba à l'ONU, Anayansi Rodríguez, dans son discours rejetant la politique de Trump à Jérusalem. Photo: @ CubaMINREX / Twitter.

 

(Avec des informations de CubaMinrex)

Chili : Piñera président

Avec 54,57 % des voix, Sebastián Piñera remporte l’élection présidentielle et revient au pouvoir après Bachelet.

 

Comme je l’avais signalé, Piñera représente la droite dure et réactionnaire. Mais Guillier, par son manque de stratégie électorale et d’écoute aux aspirations populaires portées par Beatriz Sánchez et le Frente Amplio est seul responsable de sa déroute. Sa condescendance et son mépris auront été fatals. Encore une fois, la Démocratie Chrétienne préfère s’allier à la droite. Cela ne peut que nous rappeler ce triste jour de septembre 1973, notre 11 septembre.

 

Pourtant, les Chiliens ont été plus nombreux à se rendre aux urnes qu’au premier tour ce qui montre, contrairement à ce que dit Bachelet, que les électeurs ne se sont pas détournés de la politique. Il s’agit, en fait, d’un désaveu de la politique menée par la Concertation vers plus de libéralisme.

 

Bachelet prendra son petit-déjeuner demain à 9 h avec Piñera. Qu’elle le digère bien car des millions de pauvres se feraient une joie d’y participer !

 

En attendant, Salvador Allende et Miguel Enríquez doivent se retourner dans leurs tombes !

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Pourquoi n’y a-t-il pas de drogue à Cuba?

Pourquoi n’y a-t-il pas de drogue à Cuba?

 
17 Décembre 2017

15 DÉCEMBRE 2017

 

La politique cubaine de «drogue zéro» est insérée dans un modèle où l’humain est premier.

 

La drogue est le phénomène caractéristique  du système politique et économique d’un pays. Celui qui dit qu’il peut faire face au trafic de drogue et à son environnement terrible, sans regarder comment l’argent est fabriqué et la société organisée dans une nation, ment.

 

Au Mexique, par exemple, la violence liée à la drogue s’est intensifiée dans les années 1980, lorsque l’État a abandonné ses fonctions de protection sociale. À partir de ce moment, progressivement ont été laissé les services de santé, le logement, l’éducation, la culture, la sécurité, etc. dans des mains privées, ainsi que  toutes les industries stratégiques telles que l’énergie, les mines ou les télécommunications. La perspective a changé et ce qui était   auparavant des droits sont devenus des affaires.

 

Au Mexique, le trafic de drogue existe parce que le développement a été abandonné pour faire place au marché libre; une thèse qui propose de laisser dans les mains du capital la régulation de l’économie, mais aussi des relations entre les personnes, fondées non sur la solidarité mais sur le profit.

 

Sous cette domination, il est logique que le trafic de drogue prolifère mais aussi les enlèvements, la piraterie, l’extorsion, la traite des êtres humains. Il y a des trafiquants de drogue parce que le manque de droits a poussé des millions de personnes à profiter de l’exploitation humaine, en effet; mais aussi parce que le trafic de drogue est une activité prospère. Et dans une économie de marché libre, l’argent est au-dessus de la justice, parce que l’argent est la figure de proue du pouvoir. Cela suppose aussi la corruption de la culture, c’est-à-dire de ce qui émane de nos relations sociales. Le rapt et la violence sont normalisés, parce que c’est ainsi que les choses sont faites.

 

Le contraire de tout cela est ce qui a transformé Cuba en un pays sans drogue. Bien sûr, Cuba bénéficie  d’ avantages car il n’a que des frontières avec la mer. Mais si c’était seulement à cause de cela , le Royaume-Uni n’aurait pas ce problème non plus, et pourtant il l’a. Je l’ai dit au début. La drogue est un problème absolument lié à la structure économique et politique d’un pays.

 

La politique cubaine de «drogue zéro» est insérée dans un modèle où l’humain est premier, l’argent plus tard. Cuba a mis fin au capitalisme avec la Révolution de 1959, et donc rejeté tous les phénomènes associés au marché libre, y compris le trafic de drogue, de la même manière que l’exploitation du travail, la contrainte sexuelle, la spéculation financière, la corruption politique ou le marché noir. Et bien il est vrai que ceux qui cherchent de  la marijuana à La Havane en  trouveront après de nombreux déboires, vous vous rendrez compte combien c’est  difficile coûteux, dangereux et isolé parce que  précisément  le petit dealer sait à quoi il est exposé.

 

À Cuba, il n’y a pas de trafic de drogue parce qu’il n’y a pas de conditions pour qu’il prolifère. Plus de 90% des drogues saisies sur l’île ont été égarées parce que le pays est au milieu des routes entre le consommateur du sud producteur et le consommateur nord du continent américain. Mais en 59 ans, un trafic n’a jamais été basée sur le territoire cubain, fondamentalement, parce qu’il y avait une révolution qui a balayé la dictature et le capitalisme, construisant à sa place la structure d’un modèle économique, social, culturel et politique qu’ils ont fait de Cuba, l’un des pays les plus sûrs du monde, selon les Nations Unies.

 

(Avec des informations de Telesur )

Au Venezuela, la souveraineté commence par les semences

Au Venezuela, la souveraineté commence par les semences

 

Publié par Venezuela infos 
 
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L’un des enjeux les plus importants de la Révolution Bolivarienne est la construction d’un modèle de production agricole qui garantisse la sécurité et la souveraineté alimentaires, aujourd’hui plus que jamais menacées, et qui offre une alternative au système capitaliste de l’agro-industrie, destructrice et prédatrice. Il s’agit d’un programme ambitieux, qui repose sur un grand nombre d’expériences déjà réalisées dans ce sens dans tout le pays. C’est maintenant au tour de l’Etat de jouer, en instaurant des politiques publiques qui permettront de multiplier ces expériences sur le long terme, de les renforcer et d’en étendre le champ d’application.

 

POUR UNE AGRICULTURE DIVERSIFIEE ET « ZÉRO DEVISES »

 

« La possibilité de construire un modèle alimentaire différent, diversifié et souverain fait partie d’une agriculture « zéro devises ». Le Venezuela reste fortement dépendant de l’importation de tous les éléments constituant la chaine de production de l’agro-industrie : depuis les semences jusqu’aux intrants et aux technologies. Il s’agit d’une chaine de production industrialisée des aliments autour de laquelle s’organise le « bachaqueo » : c’est le nom populaire donné au pillage des produits subventionnés au Venezuela pour les revendre à prix majoré (dans le pays lui-même mais aussi et surtout en Colombie ou dans d’autres pays voisins à économie strictement néo-libérale) et à la spéculation, alors même que ces systèmes de production agro-industriels ont depuis toujours bénéficié d’aides et de subventions de la part de l’Etat.

L’agrobusiness s’est développé au Venezuela grâce à  l’appropriation de la rente pétrolière et des biens publics par une poignée de familles ; si nous voulons construire un autre modèle, nous devons modifier tous les éléments de la chaine, des semences à la consommation », nous explique Ana Felicien, membre de la campagne « Venezuela libre de transgéniques » et de l’organisation « Semences du peuple 
».

 

Des efforts ont été faits dans le sens d’un tel changement tant par des institutions que par le peuple organisé. La Loi des Semences (2015), fruit de trois années de débats populaires constituants, en a été l’un des résultats les plus importants. Une vision agro-écologique s’en dégage, valorisant la semence indigène, afro-descendante, paysanne et locale. Anti-transgénique, anti-brevet et anti-privatisation, la Loi des Semences respecte la législature constitutionnelle selon laquelle le génome d’êtres vivants ne peut pas être privatisé et l’importation, la production et le semis de graines transgéniques dans le pays doit être interdite.

 

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Ana Felicien, membre de la campagne « Venezuela libre de transgéniques » et de l’organisation « Semences du peuple »

 

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Actuellement, nous dit Ana Felicien, « de gros efforts sont faits par le peuple mobilisé pour produire et améliorer diverses variétés de semences autochtones, permettant de retrouver la diversité de notre patrimoine génétique et de diminuer notre dépendance aux importations. C’est déjà le cas pour les semences de maïs, de pommes de terre et de quelques autres variétés de légumes ».

 

AMELIORER NOS PROPRES SEMENCES POUR AMELIORER LA PRODUCTION

 

« Pour améliorer la production alimentaire, il faut commencer par les semences. Le soutien apporté par l’Etat dans cette optique existe mais doit être plus fort et plus efficace. La dépendance aux semences, outre le fait qu’elle limite la production, va à l’encontre de la politique voulue », affirme l’agriculteur Pablo Characo, producteur de maïs appartenant à la communauté de Guanape (Etat d’Anzoategui) et membre d’un réseau national de producteurs de semences. « Notre communauté travaille à la production et à l’amélioration des semences –en particulier celles de maïs- depuis dix ans et a obtenu de très bons résultats. Nous avons commencé à produire nos propres semences pour plusieurs raisons, mais avant tout par nécessité : les semences que nous nous procurions sur le marché n’étaient pas de bonne qualité et n’arrivaient que lorsque la saison des pluies était terminée. Nous étions aussi affectés d’un point de vue économique, car pour la majorité d’entre nous il est difficile d’acheter des semences importées en raison de leur coût élevé. Le simple fait qu’une semence vienne de l’extérieur peut lui faire perdre, à son arrivée dans le pays, toute garantie d’un bon rendement en raison du changement de climat et d’autres facteurs », nous explique Characo.

 

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Le processus d’amélioration de la semence de maïs créole autochtone (comme l’ont nommée ses producteurs) a apporté de nombreux avantages à la communauté de Guanape. « Nous nous sommes rendus compte que la semence que nous produisions nous-mêmes était de meilleure qualité que celle vendue sur le marché. Tout d’abord parce que n’étant pas obligés de l’acheter, nous avons pu en baisser les coûts de production, ce qui nous a apporté des bénéfices et nous a permis d’améliorer nos conditions de vie ». Mais en dehors du point de vue économique, nous avons aussi pris en considération d’autres aspects pour améliorer nos semences : les conditions climatiques, sociales, politiques et culturelles. Par exemple, les pluies sont insuffisantes à Guanape, nous avons donc adapté nos semences à ce type de climat: elles n’ont pas besoin d’une trop grande quantité d’eau et résistent à la sécheresse. Par ailleurs, à part l’agriculture, nous faisons aussi de l’élevage (ovins, porcs, vaches, volailles) et nos semences, riches en protéines et à forte concentration d’amidon, servent d’aliment pour notre bétail. Nous avons pu vérifier que grâce à cette alimentation, les animaux prennent plus de poids et produisent plus de lait. Le maïs que produisent nos semences pèse plus lourd et est donc plus avantageux à vendre », selon lui.

 

« La semence que nous avons améliorée ne nécessite pas non plus un tas d’engrais chimiques pour produire, car nous avons adopté une approche agro-écologique : nous utilisons un humus de lombrics et de matière organique comme fertilisants, ainsi que des « contrôleurs biologiques » contre les maladies. Nous avons utilisé un seul produit agro-chimique à petite échelle pour les mauvaises herbes, mais nous cherchons à l’éviter afin de produire des aliments totalement naturels, de préserver la qualité de nos sols et le milieu ambiant. Car nous savons bien que les produits agro-chimiques utilisés en agriculture contaminent les cours d’eau et par conséquent affectent aussi notre qualité de vie », affirme Pablo Characo, qui rappelle que cette semaine, ils apporteront leur appui à d’autres communautés de Guasdualito (Etat d’Apure).

 

SAUVER LA DIVERSITE ET NOS SAVOIR-FAIRE 

 

A l’autre bout du pays, dans des communautés du plateau andin, on œuvre aussi à la sauvegarde de légumes autochtones, comme les pommes de terre natives, la cuiba, la ruba, entre autres. « Notre objectif est de sauver aussi bien la diversité des semences de légumes d’origine andine que les savoir-faire liés à leur emploi », explique Liccia Romero, professeure à l’Université des Andes (ULA)  et à l’Université Polytechnique Régionale « Kleiber Ramirez », et membre d’une petite équipe d’investigation qui depuis 18 ans travaille avec une communauté de l’État de Mérida, celle de Gavidia. « La production de pommes de terre de commerce est très dépendante de l’achat de semences qui doivent être renouvelées périodiquement pour échapper à la dégénérescence de la semence-tubercule. Cependant, les communautés paysannes utilisent une série de savoir-faire et un matériau qui rendent possible un refroidissement de longue durée de cette semence et ne connaissent donc par cette dépendance. Par conséquent, aussi bien le matériau -les semences dans toute leur diversité- que les compétences représentent des éléments-clés pour repenser un nouveau modèle productif ne dépendant pas du schéma commercial, de la certification des semences et de coûts de production élevés. Cette option doit être valorisée par nos politiques publiques, qui jusqu’à présent restent trop attachées à la certification. »

 

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« La semence paysanne doit être reconnue dans toute sa diversité et toute sa potentialité », soutient Liccia Romero, « la grande diversité de semences que possèdent ces communautés permettent d’obtenir de nombreux produits et  permet différents procédés de récolte, y compris leur conservation sur le long terme, (d’où l’appellation « pommes de terre annuelle »), fondamentale pour la souveraineté et la sécurité alimentaires. De plus, il s’agit de tubercules qui permettent d’adopter facilement un mode de production agroécologique et durable : ils ne nécessitent pas l’usage de produits agro-chimiques, que ce soit pour la conservation de la semence ou pour obtenir une bonne récolte. Ce sont des semences qui ont été sélectionnées pour leur capacité de résistance soit à des maladies dues aux nuisibles, soit à des conditions naturelles défavorables. Elles sont tout-à-fait adaptées au le contexte d’incertitude climatique que nous connaissons actuellement.

 

Pour l’instant, nous avons notre propre technique de semis à l’intérieur de l’espace communautaire de Gavidia. Au début nous étions 3 familles, maintenant nous sommes 25 à posséder et à reproduire nos propres semences. En-dehors de Gavidia, 17 autres agriculteurs en ont reçu et les multiplient. Mais cela représente un espace restreint, la plupart des familles continuant à dépendre des semences du commerce qui nécessitent beaucoup d’intrants chimiques, une fertilisation intense et de grandes quantités d’eau pour leur irrigation, donc d’une agriculture assez coûteuse », commente Romero.

 

« Pour que ces expériences puissent s’étendre, il leur faut l’appui d’une politique publique comprenant des programmes spécifiques allant dans ce sens ». L’Etat doit reconnaître la semence paysanne dans toute sa diversité et ses potentialités, en mettant en place des politiques d’incitation à cette forme d’agriculture. « Des organismes de financement comme FONDAS (1) par exemple pourraient lancer des programmes spécifiques pour répandre l’usage de cette catégorie de semences à l’aide de financements et de transferts de savoir-faire. Ce dont ces cultures ont un besoin essentiel, c’est d’une fertilisation organique, d’un sol bien aéré et d’un mode d’exploitation particulier, facilement transmissible. Notre équipe organise fréquemment des ateliers pour enseigner ces pratiques à de nouvelles familles d’agriculteurs qui les apprennent rapidement et les mettent en pratique. Mais notre champ rayon d’action est limité car nous sommes une petite équipe ».

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Unepolitiquepublique miseenplacedanscetteperspectivedevrait renforcer et accélérer les processus d’investigation, selon Liccia Romero : « L’une des difficultés que nous rencontrons, par exemple, est de trouver le procédé permettant de cultiver cette variété de pomme de terre à plus basse altitude, car jusqu’à présent elle n’a été produite qu’à Gavidia, qui est un plateau de haute altitude ».

 

Ces politiques publiques devaient aussi développer un marché plus étendu pour l’écoulement de variétés de pommes de terre native dont la culture ne satisfait pour le moment que l’autoconsommation locale : « elles ne sont pas produites en plus grandes quantités car leur commercialisation reste difficile, la plupart des gens ne les connaissant pas et étant habituée à consommer la pomme de terre de commerce. Cependant, les producteurs de cette sorte de pomme de terre préfèrent eux-mêmes acheter la pomme de terre native pour leur consommation personnelle : elle est plus goûteuse et plus naturelle. Ils ne consomment souvent pas les pommes de terre qu’ils cultivent, sachant très bien qu’ils utilisent de grosses quantités de produits agro-chimiques pour leur production », dit Liccia Romero. « Les autres tubercules d’origine andine, comme la cuiba et la ruba sont moins connues mais présentent un grand potentiel de culture agroécologique ainsi qu’une grande diversité de produits dérivés possibles. Ce sont nos propres produits qui contribuent à notre identité andine et vénézuélienne », conclut-elle.

 

Note

(1) Fond pour le Développement Agricole Socialiste : organisme public rattaché au Ministère du Pouvoir Populaire pour une Agriculture productive et des Terres. Lancé en 2009 par le biais d’une activité de production et d’octroi de crédits aux petites et moyennes unités de production afin d’améliorer la qualité de vie des communautés paysannes.

 

Source : http://www.albatv.org/La-soberania-comienza-por-las.html

 

Traduction : Frédérique Buhl

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Pourquoi le Chavisme a-t-il encore gagné ?

Pourquoi le Chavisme a-t-il encore gagné ?

 

14 Décembre 2017
Une réflexion intéressante sur les raisons de la victoire vénézuélienne du chavisme
 
(traduction et note de Danielle Bleitrach)

Nicolás Maduro parle au peuple vénézuélien après les élections municipales. Photo: Presse de Miraflores.

 

Le chavisme a remporté sa troisième victoire électorale en moins de quatre mois. Encore une fois, sans conteste. D’abord les élections à l’Assemblée nationale constituante (ANC), le 30 juillet, puis les  gouverneurs, le 15 octobre et enfin, le 10 décembre, où, comme le président Nicolás Maduro l’a dit la nuit, 300 des 335 mairies ont été remportées. La carte montre une corrélation avec les sondages avec une grande majorité pour le Chavisme, qui a également ajouté un nouveau gouvernance, avec un total de 19 sur 23.

 

Comment ces résultats sont-ils expliqués? L’argument de l’opposition et de ses alliances internationales est toujours le même: la fraude. C’est un bouton automatique qu’ils utilisent avant chaque résultat défavorable. Le manque de crédibilité de cette accusation vient de la mise à l’épreuve du mécanisme électoral, et d’eux-mêmes, quand une partie de la droite, celle qui gagne, reconnaît les résultats et une autre, celle qui perd, ne le fait pas. Il est de ce fait avéré dans la dynamique du conflit vénézuélien que cette affirmation est systématique et sans fondement.

 

Les réponses devraient être recherchées dans la façon dont chacune des forces est venue aux élections. L’opposition l’a fait avec plusieurs éléments contre elle, et avec cette capacité unique qu’elle a de s’envoyer des balles dans les  pieds. La première chose était qu’une partie importante, en particulier les principaux partis, a décidé de ne pas participer. Cela ne veut pas dire que la droite n’a pas été présente, il y a les mairies qui ont gagné comme preuve de leur présence. Il y avait beaucoup de leurs figures connues, avec des luttes publiques, des accusations de trahisons croisées, plusieurs candidats dans la même commune. L’image était celle d’une force en crise, les généraux s’affrontant.

 

http://www.cubadebate.cu/opinion/2017/10/30/donde-esta-el-enemigo-de-la-revolucion-bolivariana/embed/#?secret=ZVHGMEoBnw

 

Ce scénario a été construit depuis la défaite subie avec l’élection de l’ANC, qui a abouti à la fois à l’effondrement de l’assise de l’unité démocratique, et à une image de démoralisation de sa base sociale qui a également commencé à accuser ses dirigeants d’être des traîtres. Cela a conduit à la défaite dans les élections du gouverneur – l’échec politique a un effet domino – et cela a accentué la perte stratégique déjà évidente. Les principaux partis ont passé quatre mois à appeler à sortir le gouvernement par la violence dans les rues, à se présenter aux élections et à s’abstenir. Le résultat du dimanche était alors prévisible.

 

Cela confirme l’incapacité de l’opposition à ouvrir une perspective au sujet du développement de l’élément de conflit vénézuélien, après dix-huit ans de processus révolutionnaire, elle n’a acquis aucun droit pour être une alternative pour la majorité de la population. Son manque de crédibilité est à arrivé en ce moment à une évidence maximale. Ils ont dispersé en une moitié d’année, le capital politique qu’ils avaient pu accumuler. Ils se présentent  à la présidentielle désunis, avec trois tentatives infructueuses et des tentatives insurrectionnelles, quatre élections dans le temps du mandat de Nicolas Maduro. Ils ont remporté une victoire électorale unique, en décembre 2015, qu’ils n’ont pas réussi à exploiter.

 

Héctor Ródriguez, président du PSUV dans l'état de Miranda. Photo: Correo del Orinoco.

 

La situation dans laquelle l’opposition se trouve est le produit de ses propres erreurs – qui sont aussi, dans certains cas, le résultat des ordres émanant des États-Unis – et de la capacité politique du Chavisme, qui a réussi à sortir d’un match nul et de les coincer en défense. Cette récupération de l’initiative, matérialisée dans ce troisième résultat électoral en 133 jours, a plusieurs raisons. L’un est que l’unité a été maintenue. Tandis que l’opposition était de plus en plus divisée, le Chavismo a accepté Nicolás Maduro comme une direction consolidée, et il a présenté des candidatures unitaires dans la plupart des régions, aussi bien régionales que municipales.

 

Une autre raison est la cohérence discursive. Le Chavisme n’est jamais tombé dans l’appel à la confrontation de rue dans laquelle la droite entre avril et juillet a tenté de l’entraîner. La proposition était toujours pour une solution électorale, et de cette manière il était possible de contenir l’escalade violente et maintenir le pouvoir politique. Unité et stratégie face aux luttes interne et délires stratégiques.

 

http://www.cubadebate.cu/opinion/2017/08/27/las-oportunidades-urgentes-del-chavismo/embed/#?secret=bCMxbbo1OR

 

Une raison de plus peut être recherchée dans les acquis de la révolution. Alors même que la droite ne parvient pas à se consolider comme une alternative pour la majorité, le chavisme trouve ses forces dans sa dimension identitaire dans les classes populaires. Le Chavisme est plus que la direction et les différentes médiations avec leurs succès et des échecs, c’est une expérience politique d’organisation de la vie, qui traverse une partie du peuple vénézuélien, et peut faire face à ces joutes électorales avec une base que n’a pas la droite. Il y a une prise de conscience du moment historique, de ce qui est joué, de ce qui peut être perdu en cas de défaite électorale.

 

Il peut y avoir des raisons de cette troisième victoire électorale à un stade où de nombreux analystes avaient affirmé et réaffirmé malgré les sondages que le processus conduirait inévitablement à une défaite du chavisme. Un triomphe qui se produit au moment de plus grandes difficultés économiques dans le pays. Une situation qui ne doit pas être considérée isolément de l’image politique: l’approfondissement de l’attaque de l’économie cherche à conditionner le vote, générer des scénarios opposition, s’effondre sous son propre poids. Il existe des relations directes entre le dollar illégal, les augmentations de prix, les pénuries et les résultats électoraux.

 

Ce qui suit est un défi immense et urgent pour le chavisme: stabiliser l’économie, ce qui ralentit le recul matériel jette des images d’un pays où les actions de tous les jours sont devenus des batailles pour la plupart de la population. Cela signifie à la fois approfondir les partenariats internationaux, les moyens d’éviter l’étranglement que  cherche à imposer le gouvernement américain et ses alliés, comme la récupération de la capacité de gouvernance de l’économie et de faire face aux ennemis internes de la révolution. L’un d’eux est la corruption qui avait saisi l’industrie pétrolière et les importations, à savoir les poumons de l’économie.

 

Gagner des élections signifie la possibilité de poursuivre le projet historique. Un nouveau pas a été franchi dans cette direction. Et pas seulement dans un contexte d’adversité interne, mais à un moment où les droits du continent, subordonné aux États-Unis, cherchent à se rattraper et à se montrer, comme dans le cas de la fraude électorale au Honduras, dans la mesure de leur volonté. Avoir obtenu une nouvelle victoire électorale est alors immense, c’est une leçon de politique, un échantillon des combats que la révolution vénézuélienne peut donner.

 

(Tiré du blog Hasta el Nocau)

VENEZUELA / ELECTIONS : Victoire écrasante du PSUV de Nicolas Maduro. Les socialistes remportent le poste de gouverneur de Zulia et balayent les capitales d’État

 

11 Décembre 2017

Ca vaut la peine d’interrompre la trève des confiseurs, il s’agit d’une victoire écrasante y compris dans la province de Zula qui touche la Colombie et est traditionnellement un fief de la droite.

 

(note de danielle Bleitrach)


Les candidats du Parti socialiste vénézuélien emportent 23 des 24 capitales d’État ainsi que le poste de gouverneur de l’État de Zulia, ont annoncé les autorités électorales en publiant des résultats partiels lors des élections municipales de dimanche.

 

« Ces élections étaient accompagnées de 9 139 564 électeurs » a annoncé Sandra Oblitas, vice-présidente du Conseil national électoral, ou CNE, avec un taux de participation de 47,32%.

 

Les représentants du CNE ont présenté des résultats partiels pour les capitales des 23 états y compris Caracas, avec des candidats du Parti Socialiste Uni du Venezuela (PSUV) qui prennent tous les postes sauf celui de maire dans l’État de Tachira.

 

Omar Prieto du PSUV a également remporté le poste de gouverneur de l’Etat de Zulia, concédant ainsi à l’opposition 4 des 23 états du pays. Le poste de gouverneur de cet État clé a été laissé vacant après que le candidat de l’opposition qui avait remporté l’élection le 15 octobre ait refusé de prêter serment devant l’Assemblée constituante.

 

Plus tôt dans la journée, le président vénézuélien Nicolas Maduro a salué la participation.

 

« Il y a une participation électorale extraordinaire » a déclaré Maduro dimanche. « Je tiens à remercier le peuple vénézuélien qui est venu dans les centres de vote pour exercer son droit de vote. »

 

Les résultats certifiés, fiables et audités des 335 municipalités du pays ont été donnés dimanche soir. Avec 19,7 millions d’électeurs, Nicolas Maduro avait appelé le peuple à voter à la troisième élection de la nation sud-américaine cette année.

 

Lors de l’Assemblée nationale constituante du 30 juillet, la CNE avait décidé de changer les lieux de vote de certains électeurs pour empêcher les actes de violence de la part des secteurs de la droite vénézuélienne. Ces changements ont été maintenus pour les élections des gouverneurs le 15 octobre. Maintenant, les électeurs exerceront leur droit de vote près de chez eux.

 

Dimanche marque la troisième élection du Venezuela en moins de six mois et la 24ème au cours des 18 dernières années.

 

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Lula dénonce la persécution politique contre Cristina Fernandez de Kirchner

Lula dénonce la persécution politique contre Cristina Fernandez de Kirchner

Publié le par anonyme

Buenos Aires, (RHC).-

 

Luis Inacio Lula Da Silva, l'ex-président du Brésil, a dénoncé ce vendredi la persécution politique dont fait l'objet l'ex-présidente argentine, Cristina Fernandez de Kirchner.

 

Favori pour occuper la présidence du Brésil aux prochaines élections, Lula a qualifié de préoccupante ce qu'il a qualifié de véritable chasse judiciaire et médiatique à l'encontre de l'ex-présidente argentine.

 

« J'exprime ma solidarité avec la présidente Cristina Kirchner et ses collaborateurs qui ont tant fait pour le peuple argentin et pour l'intégration sud-américaine » a écrit Lula sur son compte twitter.

 

« Ce qui est en cours en Argentine est la même stratégie utilisée par la droite dans d'autres pays de l'Amérique Latine » soulignait par ailleurs le Parti des Travailleurs du Brésil dans un communiqué.

 

De son côté, l'ex-président équatorien, Rafael Correa twittait : « C'est le même scénario partout : Dilma, Lula, Jorge Glas, Cristina »

 

Le président Evo Morales s'est joint à la vague de solidarité régionale en qualifiant de lamentable la décision du juge fédéral Bonadio de livrer un mandat d'arrêter contre l'ex-présidente argentine.

 

Edité par Francisco Rodríguez Aranega

 

source: http://www.radiohc.cu/fr/noticias/internacionales/149888-lula-denonce-la-persecution-politique-contre-cristina-fernandez-de-kirchner

Honduras : La contestation s’intensifie

Le Président élu par le peuple hondurien, mais toujours pas reconnu par son adversaire Juan Orlando Hernández, a déposé une plainte devant le Ministère Public contre David Matamoros Batsón, président du Tribunal Suprême Électoral, pour les délits d’abus de pouvoir, violation des devoirs des fonctionnaires et falsification de documents.

 

Dans les mobilisations de rue massives, au moins 15 manifestants ont été tués par les militaires soutenus par le gouvernement actuel qui cherche à mettre sous l’éteignoir la voix du peuple qui, cette fois, ne se laissera pas voler son vote.

 

Nous défendons la victoire du candidat de l’opposition de la coalition Alliance, qui a demandé l’annulation du scrutin et du travail du Tribunal Suprême Électoral, la constitution d’un arbitrage international et le recomptage des 18103 bureaux de vote.

 

Jorge Torres Zelaya, responsable des Relations Internationales d’Alliance, avec qui j’ai pu avoir un long entretien, remercie la France Insoumise pour son soutien et demande l’amplification des mobilisations nationales et internationales.

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Au Honduras, l’empire face à son échec

Flashback 8 ans en arrière. 28 juin 2009. Le président Manuel Zelaya subissait un coup d’État pour avoir tenté d’ouvrir un processus constituant dans son pays. En seulement deux ans, de 2009 à 2010, le taux de meurtres a doublé. La militarisation de la société, la corruption ainsi que le narcotrafic se sont étendus, et la dette publique du Honduras a explosé. Pour autant, Zelaya n’a pas abandonné le terrain à ses adversaires. En 2010, il fonde un nouveau parti. Son épouse Xiomara Castro de Zelaya est la candidate aux élections présidentielles de 2013. Mais le candidat de la droite Juan Orlando Hernandez – déjà accusé de fraude – est vite déclaré vainqueur.

 

L’entrée du Honduras dans l’ALBA, un organisme d’intégration régionale créé par Hugo Chavez, avait hérissé les poils de l’administration Obama. Contrairement aux déclarations officielles, le coup d’État avait bel et bien compté sur le soutien de « l’ami américain » . Dès 2010, le gouvernement issu du coup d’État de Porfirio Lobo, a compté sur la reconnaissance des États-Unis, qui ont travaillé à le rendre légitime et à faire oublier les causes qui se cachaient derrière.

 

Dans ses mémoires, la secrétaire d’État Hillary Clinton a avoué : « les jours suivants (au coup), j’ai parlé avec mes partenaires de tout l’hémisphère, y compris avec la secrétaire [Patricia] Espinosa au Mexique (…) Nous avons élaboré une stratégie qui consistait à rétablir l’ordre au Honduras et à nous assurer que des élections libres et justes seraient organisées rapidement et perçues comme étant légitimes, ce qui rendrait la question de Zelaya sans objet. » L’affaire des mails de Clinton révélés au grand public ont confirmé dans le détail le rôle précis des USA dans le coup contre Zelaya, qui est à l’origine de la longue crise politique, économique et sociale que traverse le Honduras.

 

Aujourd’hui, ce plan est toujours en vigueur. La discrétion médiatique autour de la fraude électorale et l’état de siège imposé à la population est insupportable. Le peuple hondurien ne demande pas la lune : il veut juste qu’on respecte le résultat des élections en faveur du candidat de l’Alliance de l’Opposition, Salvador Nasralla.

 

Ce peuple qui a tellement souffert n’a pas besoin d’ingérences à répétition. Il a le droit de construire son avenir avec ses propres forces. Les observateurs électoraux et des droits humains ont dénoncé les nombreuses irrégularités du Tribunal Électoral et du gouvernement de Juan Orlando Hernandez, qui cherche à se maintenir aux manettes du pouvoir. Pour éviter des futurs ennuis avec la justice ? Dans ce cas, il n’a rien à craindre : sur le territoire états-unien, de nombreux dictateurs, oligarques et terroristes latino-américains peuvent témoigner de l’agréable American Way of Life qu’ils mènent désormais.

 

Alex Anfruns

»» https://www.investigaction.net/fr/le-journal-de-notre-amerique-au-hond...
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Cuba : plus de coopération médicale que tout le « monde riche » réuni (Cubainformación TV)

Cuba : plus de coopération médicale que tout le « monde riche » réuni (Cubainformación TV)

 

Avez-vous lu, dans un des grands médias du « monde libre », que 48 000 coopérants cubains sont actuellement à l’œuvre dans 66 pays du Sud, soit un nombre plus élevé que tous les coopérants des « pays riches » réunis ?

 

Avez-vous lu, dans notre grande presse, qu’au Venezuela la coopération cubaine a sauvé un million 500 000 vies en douze ans ?

 

Avez-vous lu qu’en 2017, la Brigade Médicale Cubaine « Henry Reeve » a été récompensée par l’Organisation Mondiale de la Santé pour les soins prodigués à plus de 3 millions 500 000 personnes dans 21 nations ?

 

Savez-vous que pour combattre l’épidémie d’Ebola, en Afrique, le Secrétaire Général de l’ONU a demandé de l’aide seulement aux États-Unis, à la France, au Royaume Uni et… à Cuba, laquelle a envoyé 256 coopérants médecins ?

 

Savez-vous que plus de 4 millions de personnes démunies, de 34 nations, ont été opérées gratuitement des yeux grâce au programme solidaire cubano-vénézuelien « Opération Miracle » ?

 

Eh bien, si vous n’avez pas lu un seul mot de tout cela dans la presse internationale, posez-vous un instant cette seule question : mais pourquoi donc vous le cache-t-on ?

 

Article de Ivena Belén Ruiz et José Manzaneda pour Cubainformación TV.

Traduction M. Colinas

 

»» http://cubainformacion.tv/index.php/en-portada/77020-cuba-imas-coopera...

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Au Honduras, le coup d’Etat permanent

 

Au Honduras, le coup d’Etat permanent

 

Par Maurice Lemoine  |  5 décembre 2017

Maurice Lemoine

Journaliste 

 

Après plus d’une semaine de retards et d’incidents plus suspects les uns que les autres, le Tribunal suprême électoral (TSE) hondurien a annoncé le 4 décembre les résultats « provisoirement définitifs » de l’élection présidentielle du dimanche 26 novembre dernier. Ceux-ci donneraient la victoire à Juan Orlando Hernández, le président de la droite « post coup d’Etat » en exercice, qui se représentait illégalement, avec 42,98 % des suffrages. Crédité de 41,39 %, Salvador Nasralla, candidat d’une coalition, l’Alliance d’opposition contre la dictature, ayant pour coordonnateur l’ex-chef de l’Etat renversé en 2009 Manuel Zelaya, dénonce une fraude et refuse, avec de bonnes raisons pour le faire, de reconnaître le verdict du TSE. Alors que le pouvoir a décrété l’état d’urgence et que les manifestations se multiplient, un dangereux bras de fer est engagé.

 

C’est dans le cadre de scrutins à un seul tour que 6,2 millions de citoyens ont été appelés à élire leur président de la République, mais aussi trois vice-présidents, 128 députés au Congrès, 20 députés au Parlement centraméricain et 298 maires. Sur les neuf aspirants à la magistrature suprême, seuls deux avaient une chance de l’emporter : Hernández, pour le Parti national (PN) et Nasralla pour l’Alliance d’opposition.

Ce 26 novembre, la nuit n’est pas encore tombée que, dans le plus pur style de la droite « putschiste » hondurienne, Juan Orlando Hernández (dit « JOH ») s’enflamme devant ses militants : « Le décompte est plus que clair et indiscutable, nous avons gagné ! » 

A ce moment précis, aucun chiffre officiel n’a encore été communiqué par le TSE. Mais un sondage « sortie des urnes » le crédite de 43,93 % des voix contre 34,70 % au candidat de l’Alliance d’opposition contre la dictature Salvador Nasralla, arrivé en deuxième position. Une information fiable ? L’institut Ingeniera Gerencial, qui a réalisé cette enquête, appartient au « tsar des sondages » Arturo Corrales, ex-ministre des affaires étrangères (septembre 2011-avril 2013) de Porfirio Lobo (PN), puis d’Hernández lui-même (janvier 2015-avril 2016), et ministre de l’intérieur pendant dix-huit mois entre-temps. Pour peu que l’on ne travaille pas dans un média appartenant à l’oligarchie hondurienne, on a déjà connu plus évidente garantie de neutralité.

 

Le processus électoral ne pouvant de ce fait être donné comme complètement terminé, Nasralla, candidat d’une coalition de partis du centre et de gauche, proclame également sa victoire, sur la base de résultats partiels peut-être plus dignes de foi annoncés le lundi à 1h45 du matin : après dépouillement de 57 % des actes électoraux, le TSE lui octroie officiellement 45,17 % des suffrages contre 40,21 % à Hernández. Cinq points d’avance (93 975 voix). « Un résultat irréversible », n’hésite pas à affirmer Marco Ramiro Lobo, l’un des quatre magistrats du TSE. 


Une affirmation d’autant plus raisonnable que, lors de la présidentielle précédente (24 novembre 2013), dès le lendemain du scrutin, après dépouillement de 67 % des suffrages, le déjà président du TSE David Matamoros avait déclaré, annonçant la victoire (contestée) de « JOH » : « Le résultat est sans appel. Les chiffres que nous avons donnés reflètent une tendance qui est irréversible. Les résultats ne vont pas varier [1]. »


On en est donc là lorsque, curieusement, la remontée des résultats des bureaux de vote s’interrompt brutalement.

 

Dans la journée de lundi, le président de la Conférence permanente des partis politiques d’Amérique latine et des Caraïbes (COPPPAL), Manolo Pichardo, fait part de son étonnement : « Ce qui nous surprend pratiquement tous c’est que (…) on ne connaisse toujours pas officiellement quel candidat a gagné les élections [2] » De fait, alors que les dirigeants du Parti national demandent à leurs sympathisants de se préparer à « défendre le triomphe dans la rue », Nasralla avertit : « Nous allons lutter pour défendre ce que nous avons gagné dans les urnes. » 


Donné en troisième position, le candidat du Parti libéral Luis Zelaya (aucun lien de parenté avec l’ancien chef de l’Etat) reconnaît sa défaite et la victoire de Nasralla, qu’il félicite. Ce dernier évoque déjà une fraude. Hernández et les dirigeants du Parti national multiplient les provocations.

 

Pressé de questions sur les délais anormalement étirés du dépouillement, le président du TSE Matamoros informe que 30 % des actes électoraux (2 millions de bulletins de vote), essentiellement ruraux, n’ayant pu être transmis électroniquement du fait d’une « surcharge des serveurs », ils doivent être transportés physiquement à Tegucigalpa, la capitale, par l’armée. En conséquence, ajoute-t-il, on ne connaîtra l’issue définitive du scrutin que… le jeudi 30 novembre – quatre jours après la clôture des bureaux ! Le genre d’annonces qui, survenant au Venezuela, déclencherait une tourmente médiatique et un scandale international instantanés.

 

Le mercredi 29, le TSE communique au compte-gouttes de nouveaux chiffres tendant à démontrer que l’écart se resserre entre les deux candidats. Puis le système de transmission des résultats du TSE tombe en panne. Lorsque, cinq interminables heures plus tard, il se remet à fonctionner, « JOH » se retrouve miraculeusement en tête avec 42,2 % des suffrages contre 42,1 % à Nasralla (une différence de 3 000 voix). Ce dernier annonce que le pacte qu’il a signé en présence des observateurs de l’Organisation des Etats américains (OEA), et dans lequel il s’engageait à reconnaître le verdict de l’arbitre électoral, n’a plus aucune validité, car on lui a « tendu un piège ». 


Depuis Washington, l’OEA critique vertement cette décision tout en réclamant que « dans le calme et l’impartialité, les votes soient comptés de façon transparente ». La tension monte dès lors dangereusement.Pour ceux qui l’ont vécue, la situation rappelle un fâcheux précédent : la honteuse présidentielle du 24 novembre 2013.

 

A cette occasion, la candidate d’opposition la mieux placée s’appelait Xiomara Castro et représentait le parti Liberté et refondation (Libre). Epouse de l’ex-chef de l’Etat Manuel Zelaya, renversé par un coup d’Etat le 28 juin 2009 pour avoir voulu mener un train de réformes indisposant les représentants de la « bonne société » et Washington, elle fut déclarée battue (28,78 % des suffrages) par Hernández (36,89 %) au terme d’un scrutin entaché par de fortes suspicions de fraude et de graves irrégularités. Malgré leurs dénonciations argumentées, et celles de Nasralla, arrivé alors en troisième position (13,43 %) pour le compte du Parti anticorruption (PAC), le résultat fut entériné dans des conditions extrêmement contestables par les missions d’observation de l’OEA et de l’Union européenne (UE), que dirigeait en la circonstance l’autrichienne Ulrike Lunacek [3].

En conséquence, quatre années plus tard, la présence de ces mêmes missions ne rassure guère les forces progressistes ou même simplement démocratiques sur leur éventuelle contribution au respect par la droite « post-coup d’Etat » des règles du jeu. Et ce d’autant moins que le chef de la délégation de l’OEA, l’ex-président bolivien conservateur Jorge « Tuto » Quiroga (jamais élu à cette fonction, mais y ayant accédé, en tant que vice-président, lors de la mort du chef de l’Etat Hugo Banzer en mai 2002) participe activement à la virulente campagne de déstabilisation menée contre le président vénézuélien Nicolás Maduro, en compagnie de ses ex-collègues les plus rances – Andrés Pastrana et Álvaro Uribe (Colombie), Vicente Fox et Felipe Calderón (Mexique), José María Aznar et Felipe González (Espagne), Eduardo Duhalde (Argentine), Sebastián Piñera (Chili), Óscar Arias (Costa Rica), Lucio Gutiérrez (Equateur), Alfredo Cristiani (Salvador), Alejandro Toledo (Pérou), etc.

 

Jamais, depuis leurs continents respectifs, l’OEA et l’UE n’auront fait preuve d’un tel cynisme. Depuis Washington, le secrétaire général de l’organisation panaméricaine, Luis Almagro, mène une offensive d’une violence extrême contre Caracas, poussant l’aberration (et le ridicule !) jusqu’à prétendre envoyer Maduro et son gouvernement devant la Cour pénale internationale (CPI). L’Union européenne « glyphosatée » [4], suivant servilement les desiderata de Donald Trump, a adopté le 13 novembre des sanctions contre le Venezuela. Mais ni les uns ni les autres, pas plus que la fameuse « communauté internationale » dont ils se réclament, n’ont seulement levé un sourcil devant le scandale que constitue la candidature de « JOH » à cette élection.

 

Le 28 juin 2009, c’est par un supposé viol de la Constitution, qui interdit expressément la réélection présidentielle, qu’a été justifié par les représentants de l’oligarchie – le Parti national, une faction du Parti libéral, l’armée, les médias, l’Eglise et les corps constitués – le renversement de Manuel Zelaya [5]. Il s’agissait d’un grossier mensonge : le seul tort du chef de l’Etat fut alors de vouloir organiser en toute légalité une consultation populaire, sans caractère contraignant, sur la possible convocation d’une Assemblée nationale constituante (ANC) destinée à élaborer une nouvelle Constitution [6]. Cette consultation ayant lieu le même jour que les élections générales, dont la présidentielle, il lui était impossible, comme on l’en a accusé, de s’y présenter pour se perpétuer au pouvoir illégalement. 


Grâce à la féroce répression qui a suivi, les gouvernements de Porfirio Lobo (2010-2013), « vainqueur » après le « golpe » d’élections considérées comme illégales et boycottées par une grande partie de la population, puis d’Hernández (de 2013 à aujourd’hui), ont pu réimposer le carcan néolibéral au pays. Tâche d’« utilité privée » que « JOH » entend bien poursuivre. Raison pour laquelle ce qui était interdit hier doit soudain devenir possible demain. Et de la plus impudente des façons…

 

L’exécution de la forfaiture débute en août 2013 quand le Parlement, que domine le Parti national et que préside alors Hernández, déjà candidat à la présidentielle du mois de novembre suivant, destitue, sans aucune attribution pour le faire, quatre des cinq magistrats de la Salle constitutionnelle de la Cour suprême de justice (CSJ). Ces derniers venaient imprudemment de rejeter le « projet phare » de « JOH » et de ses comparses, la loi des « villes modèles » [7] – des enclaves échappant aux lois sociales et aux juridictions nationales offertes, avec une main d’œuvre pieds et poings liés, aux investisseurs internationaux. 


Nommés en janvier 2014, les nouveaux magistrats reviennent docilement sur cette décision. Ayant échappé à la destitution pour s’être prononcé en faveur des « villes modèles », Óscar Chinchilla devient procureur général de la République. Lorsque Hernández, désormais chef de l’Etat, manifeste son intention de postuler à un second mandat, que tout un chacun sait prohibé, ce beau monde hoche la tête, les doigts sur la couture du pantalon.

« JOH » ayant également renouvelé le haut commandement militaire et policier en y plaçant complices et alliés, nul ne bronche d’avantage quand, en avril 2015, la Cour suprême de justice déclare « inapplicable » l’article de la Constitution contenant l’interdiction de la réélection et lorsque le Congrès rejette la demande de Libre, du Parti libéral et du Parti anticorruption, qui réclament l’organisation d’un référendum permettant de consulter « le peuple » sur cet ukase. A quoi bon ? Hernández n’a-t-il pas entre les mains le résultat de sondages qui établissent que 70 % des Honduriens sont d’accord avec la réélection ? « Il faut regarder le reste du monde, déclare-t-il avec le plus grand sérieux, là où la réélection permet un second mandat, et se demander pourquoi on y progresse plus que nous, et aussi pourquoi nous devrions rester avec notre exception, dans une situation où, tous les quatre ans, alors qu’on a commencé à avancer, arrive quelqu’un qui détruit tout [8].  »

C’est ainsi qu’en décembre 2016, le Conseil national électoral entérine la candidature de « JOH » à un second mandat. Pour la petite Histoire, l’un des adversaires les plus farouches de ce tour de passe-passe s’appelle Romeo Vásquez : chef de l’armée en 2009, c’est lui qui, sur le thème de la non-réélection, pour obéir à l’oligarchie, a accompli les basses œuvres en procédant avec ses troupes au renversement de Zelaya. Désormais à la retraite, et traînant derrière lui l’image hideuse du putschiste, il semble ne guère apprécier la duplicité des « politicards » qui, après l’avoir instrumentalisé et déshonoré, ont tranquillement repris, pour leur seul profit, le partage du gâteau.

 

Alors que se multiplient les manifestations indignées de protestation, la police réprime avec allégresse, l’armée se déclare « respectueuse » des décisions du TSJ et du CNE, le ministère public garde un silence sépulcral et l’Eglise qui, en 2009, hurlait à la mort en préparant la crucifixion de Zelaya, enjoint les fidèles de se laisser gentiment domestiquer : « En tant que chrétiens, nous ne pouvons pas agir de façon irresponsable, nous devons participer aux élections » (Conférence épiscopale, 27 février 2017). 


Quant à la Mission d’appui contre la corruption et l’impunité au Honduras (MACCIH), mandatée depuis le 19 avril 2016 dans ce pays failli par la très vertueuse OEA, elle s’en lave les mains : « Nous ne nous mêlons pas de politique », déclare avec beaucoup de respect dans la voix, le 19 août 2016, oubliant pour une fois Caracas, son porte-parole Juan Jiménez Mayor. 


Qu’on ne rie pas. C’est une histoire de fou, mais malheureusement elle est vraie.


Depuis le « golpe » de 2009, le Honduras vit sous la dictature de la CIA : Corruption, Insécurité, Autoritarisme. Avec 65 % de sa population vivant sous le seuil de pauvreté, dont 42 % en situation d’indigence, d’après la Banque mondiale, cette ex (?) République bananière de 9,1 millions d’habitants survit grâce aux transferts d’argent (18,5 % du PIB) de son million d’émigrés, exilés surtout aux Etats-Unis. Pour ne prendre que cet exemple, ceux qui vivent encore dans le pays ont dû subir la privatisation de l’Entreprise nationale d’énergie électrique (ENEE). Suivant scrupuleusement le credo du Front monétaire international (FMI), ce transfert a très classiquement provoqué une augmentation des tarifs de 100 % à 200 %, faisant de l’électricité hondurienne la plus chère de toute l’Amérique centrale. Fort heureusement pour eux, dans les campagnes, certains s’éclairent encore à la bougie. 


Gangrené comme ses voisins salvadorien et guatémaltèque par les « maras » – gangs impliqués dans le trafic de drogue et le crime organisé –, le pays connaît un taux d’homicide parmi les plus élevés au monde (63,8 pour 100 000 habitants en 2015 ; 93,2 en 2011). Au prétexte de combattre ce fléau, Hernandez a créé une Police militaire d’ordre public (PMOP), garde prétorienne financée par un nouvel impôt. Un de plus. Marquant la fin de près de vingt ans de démilitarisation progressive, après la transition ayant suivi la dictature militaire des années 1980, cette initiative n’a pas pour seule cible la délinquance, loin de là. Lorsqu’on remet les choses à leur vraie place, on se rend compte que contrôle social et répression constituent les objectifs prioritaires de l’opération. La réforme du code pénal, également promue par « JOH », a très clairement attribué à l’armée la tâche de réprimer « la sédition, les actes de terrorisme, et l’altération de l’ordre public et de la stabilité sociale à travers le vandalisme ». Pour qui sait lire entre les lignes : les manifestations d’opposition.

 

L’assassinat, le 2 mars 2016, de Berta Cáceres, indienne Lenca coordinatrice du Conseil civique des organisations populaires et indigènes du Honduras (Copinh), a levé un coin de voile sur les méthodes expéditives ayant cours sur ces terres un peu trop oubliées des médias – qui se passionnent en revanche pour le Nicaragua voisin, où l’on peut dénigrer à cœur joie (au nom de quelques critiques légitimes, mais aussi et surtout pour de mauvaises raisons) le pouvoir sandiniste. Il est vrai que celui-ci, aggravant son cas, a développé des programmes sociaux qui lui valent l’appui populaire.


Huit hommes ont été accusés du meurtre de Cáceres, militante opposée à la construction du barrage hydroélectrique Agua Zarca, sur le río Gualcarque : deux sont en relation directe avec Desarrollos Energéticos (DESA), l’entreprise propriétaire, et trois liés aux services de renseignement de l’armée. Le 19 novembre dernier, deux policiers ont été arrêtés à leur tour – Juan Carlos Cruz et Miguel Arcángel Rosales – pour avoir falsifié les preuves recueillies pendant l’enquête afin de protéger les inculpés et présenter l’affaire comme le résultat d’un vol ou d’un crime passionnel. 


Alors que, d’après un rapport du Groupe conseil international des personnes expertes (Gaipe) [9], l’assassinat de Cáceres a été planifié par des cadres de DESA et des agents de l’Etat, aucun de ces auteurs intellectuels n’a été à ce jour inquiété.

 

Il va de soi que ce drame, qui a indigné la communauté des défenseurs de l’environnement, ne peut se convertir en un arbre cachant la forêt. Depuis 2010, 123 militants – politiques liés à Libre, syndicaux ou paysans – ont été massacrés dans la plus totale impunité, en particulier dans la région du Bajo Aguán, où les grands propriétaires producteurs de palme africaine persécutent les « sans terre ». 


Comment en rendre compte ? Alors que les médias dominants – El Heraldo, La Prensa, Tiempo, La Tribuna, les chaînes Canal 5, Canal 13 et Canal 7 de télévision, HRN pour la radio, etc. – verrouillent le système, soixante-deux journalistes, photographes cameramen et propriétaires de médias alternatifs, critiquant généralement les autorités au pouvoir, ont été assassinés depuis 2008. Sans parler des menaces subies et des agressions [http://www.clibrehondur10].

 

En matière de corruption, le ver est dans le fruit au plus haut niveau. En janvier 2014, le directeur de l’Institut hondurien de sécurité sociale (IHSS) pendant le mandat de Porfirio Lobo, Mario Zelaya (aucun lien de parenté non plus avec l’ancien président) s’enfuit précipitamment. On vient de découvrir que 120 millions de dollars (qui deviendront bientôt 200 millions) destinés à l’achat de médicaments, de fournitures pour le système sanitaire et le paiement de pensions de vieillesse se sont « évaporés », ruinant l’Institut. Mais pas tout le monde, cela va de soi. Désormais en cavale, Zelaya revend en hâte pour 300 000 dollars la luxueuse résidence qu’il possède en Louisiane, près du lac Pontchartrain.

 

Arrêté neuf mois plus tard près de la frontière du Nicaragua, il doit affronter la justice. « Cette détention est une démonstration convaincante du fonctionnement diligent et effectif des institutions de sécurité et de défense de l’Etat », se félicite bruyamment le président Hernández. Il va devenir beaucoup moins prolixe lorsque, en mai 2015, la coordinatrice du Conseil national anticorruption (CNA), Gabriela Castellanos, amorce une série de révélations au long desquelles on découvrira que 136 000 dollars de ce butin volé à la population la plus nécessiteuse ont atterri, en chèques et en espèces, dans les caisses du Parti national pour financer… sa campagne électorale.

 

Sept fonctionnaires seront incarcérés au Honduras dans le cadre de cette affaire, trois autres aux Etats-Unis, au Panamá et au Chili ; des comptes bancaires seront saisis, ainsi que soixante propriétés, moitié sur le territoire américain, moitié au Honduras. Un malheur n’arrivant jamais seul, la vice-présidente du Congrès Lena Gutiérrez (Parti national) tombe à son tour en juin 2015 : l’entreprise Astropharma, qui appartient à sa famille et pour laquelle elle a travaillé, a surfacturé jusqu’à 5000 % les médicaments qu’elle vend aux hôpitaux publics. Puis on en reste à peu près là des révélations. Et pour cause… 


Le 1er juin, Roberto Ramírez Aldana, le procureur qui a découvert la colossale fraude de l’IHSS, a pris l’avion pour la France où il représentera le Honduras à l’Unesco. Au moment de son départ, il a clairement précisé qu’il n’a pas démissionné de sa fonction de procureur, mais qu’il a seulement demandé « une permission spéciale » lui permettant de s’absenter de son travail « pour raisons de sécurité ».

 

Des dizaines de milliers de Honduriens descendant dans la rue pour exiger la démission d’Hernández, la crise prend de l’ampleur et c’est pour la désamorcer qu’est négocié avec l’OEA la venue en janvier 2016 de la Mission d’appui contre la corruption et l’impunité (MACCIH). Dépourvue de pouvoir réel, son équipe internationale de juges et d’avocats n’a pour fonction que d’apporter un « appui technique » aux enquêteurs et procureurs locaux. « Une pantomime », estimera Alexander Main, chercheur au Center for Economic and Policy Research (CEPR) [11].

 

Personne, même le plus naïf, n’ignore au Honduras l’existence d’une quantité de criminels ni celle d’un grand nombre de politiciens qui ne valent pas mieux.


Les Etats-Unis estimaient en 2011 que 60 % de la cocaïne parvenant sur leur territoire en provenance de Colombie transitaient par l’Amérique centrale, en lien avec les cartels mexicains de Sinaloa et des Zetas. Stratégiquement situé, le Honduras s’est fait une spécialité des vols à basse altitude, pour éviter les radars, d’avions qui, chargés de neige bien empaquetée dans des emballages plastiques, atterrissent n’importe où, à n’importe quelle heure et dans n’importe quelles conditions. Sans parler des fast boats ou autres embarcations qui croisent au large des côtes de la très isolée Moskitia.

Au terme d’une longue traque, des agents américains de la Drug Enforcement Administration (DEA) et les hommes d’un bataillon spécial hondurien arrêtent début octobre 2014, près de la frontière du Guatemala, les redoutables chefs du cartel del Valle : les frères Miguel Arnulfo (chef du clan) et Luis Alonso Valle Valle. Rejoints plus tard par le troisième frère, José Inocent Valle (dont la femme Griselda Amaya Arguera a déjà été capturée), ils embarqueront le 18 décembre dans un Beechcraft B300 SuperKing appartenant au Département de la Justice US, direction les geôles des Etats-Unis. D’après les rapports dressés avant leur capture, ils dirigeaient une organisation criminelle « employant une combinaison de violence brutale et de corruption publique », exécutant de millionnaires opérations de blanchiment de l’argent sale à travers des exploitations honduriennes productrices de café, de bétail et de lait.

 

Dans le cadre de cette guerre sans fin, le clan del Valle, désarticulé, a laissé la domination du Honduras à d’autres seigneurs et maîtres, les Cachiros. Qui à leur tour, comme nombre de leurs prédécesseurs, vont pouvoir vérifier la pertinence du postulat numéro un du business : peu de trafiquants meurent dans leur lit ; leur fin naturelle est le cimetière ou la prison. En janvier 2015, acculés, les Cachiros se sont d’eux-mêmes livrés à la justice américaine. Provoquant quelques sérieux dégâts collatéraux.

 

En 2004 déjà, un document de Wikileaks avait révélé que les vestiges d’un avion ayant transporté au moins une tonne de cocaïne avaient été enterrés dans la propriété de Miguel Facussé Barnum, où il avait atterri. Grand propriétaire cultivant la palme africaine dans le Bajo Aguán, bourreau des petits paysans, industriel éminent, homme parmi les plus riches de la nation (sa famille possède le quotidien La Tribuna), Miguel Facussé participera activement, cinq ans plus tard, à la conspiration contre Manuel Zelaya.

En liberté, les frères Devis Leonel et Javier Rivera Maradiaga, capos des Cachiros, faisaient trembler tous leurs rivaux (Leonel a avoué devant les enquêteurs américains avoir participé à 78 assassinats). Mais, depuis qu’ils « balancent », un certain nombre de membres de l’oligarchie, de députés, de juges, de banquiers, de fonctionnaires publics, d’officiers de l’armée et de la police dorment très mal la nuit. 


Les premiers à tomber, suite aux aveux des détenus, ont été les notables de la richissime famille Rosenthal, l’une des plus influentes du pays (propriétaire du quotidien Tiempo et du Canal 11 de télévision,pièce maîtresse du « golpe » de 2009). En octobre 2015, Yankel Rosenthal, arrêté à Miami, y comparaît devant un juge. Au mois de juin précédent, il était encore ministre de l’Investissement de « JOH ». Sans barguigner, il plaide coupable de crime de blanchiment d’argent et de trafic de drogue, en liaison avec plusieurs cartels, dont celui des Cachiros. Selon le bureau du procureur du district Sud de Miami, Rosenthal, à travers son Grupo Continental (ou Continental Group), « a cherché à blanchir de l’argent en achetant des biens immobiliers aux USA et en faisant des contributions politiques au Honduras. »

 

De révélation en révélation, toute la famille se retrouve emportée par la tourmente : Jaime Rosenthal Oliva, le patriarche (79 ans), ex-vice-président du Honduras (1986-1989) et son cousin Yani Rosenthal Hidalgo ; tous deux ont été sans succès candidats à la magistrature suprême pour le compte du Parti libéral. Des liasses de leurs dollars ont atterri dans des sociétés offshore – Shalimar, Ltd., Desland Overseas, Ltd., Investissements Preyden, Ltd. – situés dans les îles Vierges britanniques, mais aussi dans des établissements américains de Floride – Inverciones Continental U.S.A., Corp., Shalimar Real Estate Holdings II, Inc., and Shalimar Real Estate Holdings III, Inc.


Le 20 juin 2015, toujours grâce à la coopération de Rivera Maradiaga, Fabio Lobo Lobo, fils de l’ex-président Porfirio Lobo, tombe entre les mains de la DEA en Haîti. Expédié manu militari aux Etats-Unis, il s’y déclare coupable d’« association de malfaiteurs pour trafiquer de la cocaïne ». On considérera ici qu’un individu, fut-il chef de l’Etat, n’est pas, par définition, responsable des agissements de ses enfants ou de sa famille [12]. Mais, lorsque Rivera Maradiaga prétend également avoir payé des milliers de dollars à Porfirio Lobo en personne, dans le cadre d’un marché nébuleux, tout un chacun se doit d’ouvrir l’oreille. Tout comme les sourcils se haussent quand apparaît le nom du frère de « JOH », Tony Hernández [13]. Député du Parti national, ce dernier a en tant qu’avocat défendu (ce qui n’a rien de répréhensible, le droit à la défense devant être ardemment protégé) des trafiquants de drogue, mais en aurait également favorisé la fuite, ce qui relève moins de la déontologie. Si les autorités anti-narco américaines ne le lient pas publiquement au trafic, elles ne l’en considèrent pas moins comme « une personne digne d’intérêt [14]  ». 


Sans faire fi de la présomption d’innocence, cette énumération pourrait continuer, démontrant qu’on se trouve là dans un Etat failli et que la fébrilité de cette oligarchie pour renverser hier Zelaya et se maintenir aujourd’hui au pouvoir n’a pas que de « nobles raisons ». Il leur procure une relative impunité.


Sur un terrain moins marécageux, s’y ajoute la poursuite du modèle économique qui a donné de si piètres résultats (pour la population s’entend). Avec les mêmes recettes et projets. Promettant de créer six cent mille emplois, « JOH » ressort de sa manche les fameuses « villes modèle », ces « Hongkong au Honduras » qu’il promouvait déjà en 2011 lorsqu’il était président du Congrès. Pour contourner le rejet qu’elles provoquent au sein de la population, elles ont simplement été rebaptisées Zones spéciales de développement et d’emploi (ZEDE). Jadis repaires de pirates, et donc en parfaite adéquation avec le projet, les îles du Cygne, au large de la côte caraïbe, pourraient être les premiers territoires où s’installera(it) cet « îlot d’opportunités » autogouverné, c’est-à-dire dirigé par des investisseurs disposant de leurs propres police, justice, lois et fiscalité [15].

 

Après le traumatisme du coup d’Etat suivi de l’élection sans doute volée de 2013, l’opposition a dû se recomposer pour faire face à ce système autoritaire et mafieux. Dirigée par le toujours populaire Manuel « Mel » Zelaya, Libre, deuxième force politique du pays, a résisté tant que faire se peut depuis le Congrès. Mais, s’il a pu montrer ses muscles, c’est surtout dans la rue. La vie du parti a été classiquement agitée de conflits internes – le principal, comme quasiment partout dans le monde, tournant autour de la trop forte emprise des dirigeants au détriment des militants. Le thème de la réélection a également fourni son lot de contradictions et de critiques. Menant énergiquement la fronde dans un premier temps, Zelaya a par la suite baissé le ton, finissant par accepter les faits : après tout, la nouvelle donne, lui offre la possibilité, un jour, de se représenter lui aussi (tout comme les ex-présidents de droite encore en âge de le faire, Carlos Flores, Ricardo Maduro, Roberto Suazo, Rafael Callejas, Porfirio Lobo et le putschiste Roberto Micheletti).

 

Révélation du scrutin de 2013 où, total outsider, il arriva troisième, l’ancien présentateur de télévision et spécialiste du football Salvador Nasralla a su faire fructifier, à titre personnel, cet excellent résultat. En revanche, son Parti anticorruption, créé de bric et de broc pour l’occasion, sans idéologie réellement définie, a sombré corps et bien. Dans les années 1930, Sam Zemurray, président de la pieuvre bananière américaine United Fruit en avait déjà ricané : « Au Honduras, il est moins cher d’acheter un député qu’une mule ! » Rien n’a vraiment changé. Plusieurs des treize députés du PAC, davantage mus par l’ambition et les intérêts que par l’idéal, se sont fait débaucher par l’ennemi. Libre a subi la même mésaventure : sur ses trente-sept députés de départ, il ne lui en reste que trente-deux.

 

Au fil des mois, un constat s’impose : seule une coalition peut permettre d’en finir avec le Parti national et son âme damnée « JOH », maîtres dans l’art des manipulations en tout genre. Lors de sa Convention célébrée en mai 2017, le candidat à la présidence pour le Parti libéral, Luis Zelaya, demande pardon aux militants et sympathisants de base pour le coup d’Etat de 2009, qui a renversé l’un des leurs, « Mel Zelaya » et, en cassant le parti, a relégué ce qui en reste (les dissidents ayant rejoint Libre et « Mel ») dans les soutes de la vie politique. Mais de vieilles rancœurs demeurent chez les dirigeants. Ils imposent que, si le parti rejoint l’Alliance d’opposition en formation, Luis Zelaya doit la diriger, et en aucun cas Salvador Nasralla, Manuel Zelaya ou Xiomara Castro.

 

Un tel oukase passant très mal, venant d’une formation en aussi mauvaise posture, l’Alliance d’opposition contre la dictature se fera sans elle. Et sans le PAC, dont une partie des notables n’appuient plus Nasralla. En effet, pour faciliter ce nécessaire accord, Manuel Zelaya, qui se sait « polarisant », a annoncé, faisant preuve d’une grande maturité politique, qu’il est disposé à laisser de côté toute ambition personnelle, posture imitée par son épouse Xiomara Castro. 


Lorsque est prise la décision d’avoir pour candidat Nasralla, qui n’est en rien ce qu’on appelle un « homme de gauche », quelques remous secouent la base de Libre, mais, surtout, et pour une raison inverse, diverses personnalités du PAC : elles n’acceptent pas de voir leur lider se mettre au service d’une coalition aussi large et penchant… à gauche. C’est donc sans le parti qu’il a créé en 2011, mais fort de son charisme et de sa popularité, que Nasralla se lance en campagne aux côtés de Libre et du petit Parti Innovation et unité (PINU) de centre gauche, avec comme aspirants vice-présidents Xiomara Castro (Libre) et Guillermo Valle (PINU).

Maires et députés

 

Par son poids symbolique, le scrutin présidentiel a monopolisé l’attention, reléguant au second plan l’élection de 128 députés et 298 maires. Le 4 décembre à 10 heures du matin, sur la base de plus de 97,38 % des procès-verbaux dépouillés, le Tribunal suprême électoral annonçait :

 

Députés 


Parti national (PN) : 61
Libre : 30
Parti libéral (PL) : 26
Parti Unification démocratique (PINU) : 4
Alliance patriotique (de l’ex-général Romeo Vásquez) : 4
Unité sociale démocrate (PSD) : 4
Parti anticorruption (PAC) : 1
Parti démocrate chrétien (PDC) : 1

 

Dans le cadre de scrutins davantage marqués par le poids des notables, des féodalités locales et des partis traditionnels historiquement implantés (PN et PL), ces résultats octroient une majorité relative au PN à l’Assemblée nationale. Libre confirme sa position de deuxième force politique du pays. S’étant détourné de Nasralla, son ex-leader naturel, le Parti anticorruption s’effondre. Dans l’absolu, les forces d’opposition seraient très légèrement majoritaires si elles étaient capables d’établir des alliances – très improbables connaissant les aléas et la volatilité de la vie politique hondurienne. Mais, en tout état de cause, le Parti national n’a pas devant lui une voie royale pour imposer sa loi. 


Ces résultats s’entendent, bien entendu, hors recours à venir pour fraudes ou irrégularités éventuelles – qui ne manquent pas !

 

Maires (92,46 % des dépouillements)


Parti national : 171
Parti libéral : 91
Libre : 31


Les cinq dernières municipalités se répartissent entre cinq petits partis – dont le PAC (1), l’Alliance patriotique (1) et le PDC (1).


Ces résultats s’entendent, bien entendu, hors recours à venir pour fraudes ou irrégularités éventuelles – qui ne manquent pas (bis) !

 

Source (des chiffres) : La Prensa, Tegucigalpa, 4 décembre 2017.

 


Les alliés et collaborateurs de Nasralla, ceux des siens qui l’ont suivi, trouvent leur place, pour les législatives, sur les listes du PINU. Fille de la militante assassinée, Olivia Marcela Zúniga Cáceres se présente à la députation avec Libre. « Mel Zelaya » demeurant dans une ombre relative l’architecte de la coalition, on retrouve dans son programme une bonne partie des propositions politiques et sociales des secteurs qui sont nés de la résistance au coup d’Etat.

 

Il fallait s’y attendre… Dans les jours précédant le scrutin, un sinistre personnage, l’américain Otto Reich, ex-agent de la CIA, haut fonctionnaire du Département d’Etat sous les administrations de Ronald Reagan et de George Bush (père), acteur de la sale guerre contre le Nicaragua sandiniste dans les années 1980, ex-ambassadeur au Venezuela, désormais sans fonction officielle mais omniprésent dans les coulisses du pouvoir américain, fait sensation en avertissant : cent quarante-cinq Vénézueliens « chavistes » ont passé la frontière du Honduras, déguisés en touristes, pour s’incorporer à « la campagne perverse » qui favorise les amis de « Mel » Zelaya.

 

Il fallait s’y attendre aussi… Quelques jours plus tard, et alors que de toute part monte l’inquiétude devant les dysfonctionnements de l’élection hondurienne, le secrétaire général de l’OEA Luis Almagro, depuis Washington, pique une colère homérique. Evoquant la fraction de la droite vénézuélienne qui, en République dominicaine, va se rasseoir pour dialoguer avec les représentants du président Maduro, il exprime sèchement sa réprobation : « Je crois que, définitivement, l’opposition va devoir séparer le bon grain de l’ivraie [16]. » Depuis que la violence a cessé et qu’on ne ramasse plus les morts, Almagro est trèsmalheureux.

 

A Tegucigalpa, le jeudi 30 novembre, malgré les engagements du TSE, toujours pas de résultats. Du fait des soupçons de fraude, des manifestations éclatent dans la capitale et dans quatorze des dix-huit Départements, où des barrages coupent les voies de communications. Le premier mort tombe sous les coups de la répression.


Le lendemain, sur la base de 94,31 % des 18 128 procès-verbaux définitivement entérinés, « JOH », avec 45 000 voix d’avance (1,5 %), maintient officiellement son avantage. Considérés comme « litigieux », 1031 actes (les 5,69 % restant) devront faire l’objet d’un « scrutin spécial » et n’ont pas été enregistrés. Or, s’indigne l’Alliance d’opposition, une quantité tout à fait anormale de procès-verbaux sur lesquels Nasralla arrive en tête ont été placés en attente dans cette catégorie. Compte tenu de la différence infime séparant les deux candidats, les 300 000 voix qu’ils concernent sont susceptibles d’inverser la tendance. 


Manœuvre ? Manipulation ? Le temps qui passe et s’étire sans que cette étape ultime ne soit entamée permet d’imprégner l’opinion des chiffres qui laissent entendre : Hernández a gagné.

 

Lorsque, enfin, le samedi 2 décembre, six longs jours d’incohérences après le scrutin, Matamoros annonce que l’autorité électorale va commencer la phase « spéciale » de recomptage de ces procès-verbaux en présence de représentants des partis, la tension a monté dangereusement. A la rage légitime (mais pacifique) des opposants, portés au rouge par le souvenir du coup d’Etat et des deux élections illégitimes qui ont suivi (2009 et 2013), s’est ajoutée la ponctuelle présence de délinquants. Profitant de la situation, des groupes incontrôlés pillent des commerces et sèment la confusion. Pain béni pour le pouvoir : il instrumentalise ce chaos relatif pour suspendre les garanties constitutionnelles et décrète pour dix jours un couvre-feu de 18 heures à 6 heures du matin. Il laisse également au TSE (et à la police) le soin de décider quels journalistes auront le droit de circuler la nuit pour couvrir ses activités.

 

L’opposition présente onze revendications précises – pas de vagues accusations de fraude non argumentées – au TSE. Parmi elles, la vérification de 5 174 procès-verbaux transmis après les multiples et mystérieuses pannes informatiques ainsi que celle de 1 006 actes présentant des incohérences sur le nombre de votes, l’absence de signatures ou autres irrégularités. Autre exigence : la vérification des urnes provenant de trois départements de l’ouest du pays – Lempira, La Paz et Intibucá – ayant enregistré un taux de participation anormal de 70 à 75 % alors que la moyenne nationale est de 50 à 55 %. De ces onze demandes, le TSE n’en accepte que six, générant une nouvelle impasse. C’est sans représentants de l’Alliance d’opposition qu’il va procéder à la vérification des 1 006 procès-verbaux. Au nom de l’OEA, Jorge Quiroga, jusque-là très silencieux, reproche à l’opposition de retarder les opérations.

 

Sept morts, une vingtaine de blessés et cinq cents interpellations plus tard, le 4 décembre à l’aube, David Matamoros, sans en faire une « déclaration officielle », donne « JOH » vainqueur avec 42,8 % des suffrages contre 41,39 % à Nasralla (une différence de 52 347 voix). Puis il ajoute qu’il restera à « examiner les contestations qui surviendront sûrement ». Sur ce point, il faut lui rendre hommage, il ne se trompe pas. Plus courageuse et respectable qu’en 2013, la mission de l’UE, dirigée cette fois par une portugaise, Marisa Matias (membre dans son pays du Bloc de gauche), déclare que « les demandes de l’opposition doivent être écoutées ». Car la rue gronde, la fièvre monte, un début de soulèvement populaire a lieu.

 

Le dimanche voit une manifestation monstre se dérouler. Le lundi, l’Alliance persister et signer. En tant que « président du Honduras », Nasralla réclamela réunion, à Washington, du Conseil permanent de l’OEA, afin de lui présenter les preuves de la fraude. Zelaya invite « el pueblo » à défier l’état d’urgence (ce que, le soir même, il fait). Et une sorte de miracle a lieu : soulignant « les problèmes systémiques et les irrégularités qui ont marqué les élections » la mission de l’OEA affirme « n’avoir aucune certitude sur leur résultat ». On ne parlera pas de « révélation ». La position de l’UE mettrait toute tergiversation en évidence. Et, surtout, les choses prennent une très mauvaise tournure pour le « désordre établi ».

On apprend que les « Cobras » et les « Tigres », unités d’élite particulièrement redoutables, ainsi que diverses formations de police ont décidé, désobéissant aux officiers supérieurs, de se croiser les bras et de ne plus réprimer. Peut-être faut-il y voir le fait que l’ex-général putschiste Romeo Vásquez, demeuré populaire dans ces milieux et contestant lui aussi la tricherie, se déclare prêt à « défendre la patrie ». On commence à voir, ici et là, manifestants et policiers fraterniser.

 

Reste l’arbitre suprême, jusque-là muet : Washington. Le bien-être de l’Amérique centrale n’est en rien sa priorité. Fin novembre, l’administration républicaine de Donald Trump a, entre autres mesures, annoncé sa décision de retirer le Statut de protection temporaire (TPS en anglais) accordé aux Haïtiens et aux Centraméricains arrivés aux Etats-Unis après diverses catastrophes naturelles (dont l’ouragan « Mitch » en 1998) et de leur donner douze mois pour rentrer dans leurs pays respectifs. Un nouveau désastre si cette expulsion se concrétise : elle concerne 59 000 Haïtiens, 5 300 Nicaraguayens, 200 000 Salvadoriens et 56 790 Honduriens [17].

 

Le non-respect de l’Etat de droit par « JOH » au Honduras ? Trump peut parfaitement s’en accommoder s’agissant d’un allié aussi proche sur le plan idéologique. Mais risquer une crise majeure, alors que Nasralla, bien que partenaire de Zelaya et de Libre, n’a rien d’un révolutionnaire, pour défendre une caste aussi corrompue (la lutte contre le narcotrafic demeurant un élément central du débat) ? Rien n’est moins sûr, les jours prochains seront déterminants. 


L’oligarchie hondurienne se retrouve en situation difficile : à trop tirer sur la corde, elle pourrait bien finir par casser.

 

NOTES

[1]  Le Monde, 26 novembre 2013.

[2]  Hondudiario, Tegucigalpa, 27 novembre 2017.

[3] Lire « Un observateur électoral de l’Union européenne dénonce… »

[4] Au terme de deux ans de débats, l’UE a décidé le 25 novembre une nouvelle autorisation pour cinq ans du glyphosate, l’herbicide de Monsanto classé en 2015 parmi les cancérogènes probables par le Centre international de recherche sur le cancer – agence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

[5] La Constitution entrée en vigueur le 20 janvier 1982 a alors la particularité de comporter plusieurs articles « pétréos » (« gravés dans le marbre ») – qu’elle « interdit » de réformer de quelque manière que ce soit et dont l’un traite de la non-réélection du chef de l’Etat.

[6] Lire « Retour des “gorilles” au Honduras »

[7] Sur ce sujet, lire Maurice Lemoine, « Villes privées dans la jungle », Le Monde diplomatique, juin 2011.

[8]  Criterio, Tegucigalpa, 10 novembre 2016.

[9] Equipe de spécialistes en droits humains, droit pénal international et droit pénal comparé formée à la demande de la famille de Berta Cáceres pour mener une enquête indépendante, objective et impartiale – https://www.gaipe.net/

[10] Comité pour la liberté d’expression au Honduras (C-Libre) – http://www.clibrehonduras.com/

[11] Alexander Main, « Una pantomima de anti-corrupción en Honduras », CEPR, 17 février 2016.

[12] Règle qu’un certain nombre de nos estimés confrères se gardent bien d’appliquer lorsqu’il s’agit d’Efraín Campo Flores et Franqui Flores de Freitas, neveux de Cilia Flores, épouse du président Nicolás Maduro, eux aussi jugés aux Etats-Unis pour « conspiration en vue de faire entrer 800 kilos de cocaïne sur le territoire américain » (« conspiration » signifiant qu’il y a ou qu’il y a pu avoir « intention de », mais que le crime n’a pas été commis ; ce qui ne modifie en rien la sévérité du verdict).

[13]  El Nuevo Herald, Miami, 16 mars 2017.

[14]  Cholusat Sur, 19 janvier 2015.

[15http://templarisland.com/

[16]  El Universal, Caracas, 28 novembre 2017.

[17] Le 6 novembre 2017, le gouvernement américain a annoncé une prolongation de six mois du TPS pour les Honduriens.

 

Le parti communiste d’Espagne dénonce la fraude électorale des élections présidentielles au Honduras, le couvre-feu décrété par le gouvernement et la répression qui a déjà fait au moins cinq morts

 

 Solidarité Internationale PCF  Honduras - résistance au coup d'Etat!,Amérique LatineEspagne

Manifestante hondurienne devant une barricade

Déclaration du Parti Communiste d'Espagne du 4 décembre 2017 - (Traduction NK pour Solidarité Internationale PCF)

 

Le Parti Communiste d'Espagne dénonce la fraude électorale commise lors des élections présidentielles du Honduras le 26 novembre pour éviter le triomphe indiscutable du candidat progressiste Salvador Nasralla.

Avec la complicité du Tribunal électoral suprême, l'oligarchie putschiste du Honduras a conservé pendant des heures le résultat des élections pour subvertir la volonté populaire et assurer ainsi la continuité de Juan Orlando Hernandez, candidat de la droite défendant les intérêts américains et ses bases militaires de Palmerola et Mosquitia, installées au Honduras.

Des magistrats du Tribunal électoral eux-mêmes ont reconnu l'irréversibilité de la victoire de Salvador Nasralla, ayant dépassé 45% des suffrages exprimés.

Le peuple hondurien est descendu dans la rue pour défendre la victoire du candidat de l'Alliance de l'Opposition Contre la Dictature, Nasrallah, comme il l'avait déjà fait en 2009 contre le coup d’état militaire visant le le président Mel Zelaya. La réponse du gouvernement face à ces manifestations a été la déclaration d'un couvre-feu qui suppose une réduction évidente des libertés ainsi qu'une spirale répressive qui a fait au moins cinq morts, des dizaines de blessés et des centaines de détenus.

Le PCE dénonce ce nouveau coup porté à la souveraineté nationale hondurienne et appelle les observateurs internationaux, notamment ceux de l'UE, à ne pas reconnaître cette fraude électorale.

Le PCE soutiendra toutes les actions nécessaires pour empêcher la consolidation de cette fraude électorale et exprime sa solidarité avec le candidat élu Salvador Nasralla.

Nasralla exhorte les militaires à « suivre l’exemple de la police » et à arrêter la répression au Honduras

Nasralla exhorte les militaires à « suivre l’exemple de la police » et à arrêter la répression au Honduras

 

 
05 Décembre 2017

Les policiers ont refusé de faire respecter l'état de siège et de réprimer.

Les policiers ont refusé de faire respecter l’état de siège et de réprimer les manifestants. | Photo: Reuters

Publié le 5 décembre 2017 (il y a 1 heure 24 minutes)
Salvador Nasralla, le candidat de gauche victime de la fraude,  a réaffirmé sa volonté de dialogue, mais a précisé qu’il représente: « un peuple qui est opprimé, qui veut que justice soit faite ».
Le candidat de l’opposition à la présidence du Honduras, Salvador Nasralla, a exhorté les forces armées de son pays à « suivre l’exemple patriotique de la police » qui a décidé lundi de ne pas obéir aux ordres des supérieurs pour réprimer les manifestants qui veulent faire respecter les résultats électoraux du 26 novembre dernier.

« J’appelle l’armée à suivre l’exemple de la police », a déclaré Nasralla après avoir visité un site où des agents étaient présents, y compris des membres des « Cobras », l’escouade spéciale anti-émeute, qui refusent également de faire respecter le couvre-feu imposé depuis la nuit de vendredi dernier.

Les policiers refusent de réprimer le peuple et demandent la paix au Honduras
Dans des déclarations au média local HCH, Nasralla a déclaré que le président Juan Orlando Hernandez « a payé des militaires sans scrupules pour ne pas appliquer » l’article 272, qui entre autres choses, oblige les forces armées à « maintenir la paix, le respect de la Constitution, les principes du suffrage libre et l’alternance dans l’exercice de la Présidence de la République.  »

Hernandez, qui tente d’être réélu d’une manière controversée, manipule les élections comme cela a été  annoncé par le Tribunal électoral suprême (TSE), cependant, l’opposition et une partie de la population hondurienne dénoncent la fraude.

Compte tenu du retard dans l’annonce des résultats des élections présidentielles, les Honduriens se sont mobilisés pacifiquement pour réclamer la publication des résultats et défendre les suffrages exprimés au cours de la journée du 26 novembre. Peu après, ils ont été réprimés par les forces de sécurité.

« Je veux mettre fin à la crise, mais je représente un peuple qui est opprimé, qui veut que la justice soit faite », a déclaré Nasralla, qui a réaffirmé qu’il était prêt à dialoguer pour faire respecter la volonté des Honduriens.

« Ce processus n’est pas terminé, Juan Orlando Hernández n’est pas le président », a-t-il ajouté.
 

Morales: « Pourquoi les Etats-Unis et l’OEA maintiennent-ils un silence complice sur les élections au Honduras? »

Morales: « Pourquoi les Etats-Unis et l’OEA maintiennent-ils un silence complice sur les élections au Honduras? »

 

03 Décembre 2017
Tandis que sur un plateau de télévision français de pseudo « témoins » et vrais employés du MEDEF, macroniens de la première heure et ennemis de toujours de la révolution cubaine, viennent jouer les démocrates vénézueliens, on tait ce qui se passe au Honduras
 
(note et traduction de Danielle Bleitrach)

Publié: 2 décembre 2017 15:00 GMT

Le président bolivien a commenté dans son compte Twitter la situation actuelle du « pays frère ».

 

Morales: "Pourquoi les Etats-Unis et l'OEA maintiennent-ils un silence complice sur les élections au Honduras?"

Evo Morales au Palais du Gouvernement à La Paz (Bolivie), le 17 avril 2017.
 
Juan Karita / Reuters

Evo Morales, président de la Bolivie, a parlé de la situation au Honduras, où le retard dans le décompte des voix des élections présidentielles du 26 novembre a provoqué des troubles.

 

« Après plus d’une semaine des élections au Honduras, pourquoi les Etats – Unis et l’OEA maintiennent-ils un silence complice de l’élection et la mort des citoyens ?

 

La démocratie est menacée dans un pays frère, Luis Almagro [secrétaire de l’OEA] et la compagnie non seulement ne se prononce pas, mais ils semblent regarder de l’autre côté » , a écrit le président sur son compte Twitter.

A casi una semana de las elecciones en Honduras, ¿por qué EEUU y OEA mantienen silencio cómplice sobre elecciones en Honduras y la muerte de ciudadanos? La democracia peligra en un país hermano, @Almagro_OEA2015 y compañía no solo no se pronuncian, sino parecen mirar a otro lado.

 

 

Les manifestants au Honduras accusent le Tribunal électoral suprême de manipuler les données pour favoriser l’actuel président hondurien Juan Orlando Hernández devant le candidat de l’Alliance de l’opposition contre la dictature, Salvador Nasralla.

 

Après les élections générales du 26 novembre, le Tribunal électoral suprême (TSE) n’a pas encore publié le résultat final du décompte des voix. Bien que l’opposition Nasralla dans les premiers jours de la direction électorale était en tête du dépouillement des votes, tout a changé en faveur de Hernandez, qui à ce vendredi avait 42,92% des voix, contre 41,42% à son adversaire

 

 

Des partis qui composent l’Alliance de l’opposition contre la dictature ont dénoncé le fraude en cours et appelé à des mobilisations dans le pays , principalement dans la capitale, Tegucigalpa. En réponse, les autorités ont suspendu plusieurs garanties constitutionnelles le 2 décembre, déclarant un couvre-feu et un état d’urgence.

 

Pour sa part, Salvador Nasralla a déclaré dans une vidéo postée sur Facebook que la suspension des garanties constitutionnelles permet « de continuer à manipuler le processus électoral et de pouvoir donner au président de la République le titre de vainqueur du processus électoral ».

 
 
 
 

 

Cuba : le blocus est toujours en vigueur et s’intensifie

Cuba : le blocus est toujours en vigueur et s’intensifie

 

Résolution 71/5 de l’Assemblée générale des Nations Unies. 

 

par  lepcf.fr
 

Le blocus économique, commercial et financier exercé par le gouvernement des États-Unis contre Cuba depuis déjà près de 60 ans persiste et continue de causer des préjudices au peuple cubain et d’entraver le développement économique du pays.

Le 16 juin 2017, le président Donald Trump a signé le Mémorandum présidentiel de Sécurité nationale sur le renforcement de la politique des États-Unis à l’égard de Cuba, un décret dont l’un des principaux objectifs est de durcir le blocus contre l’Île.

 

Le président Trump a, dans ce but, annoncé de nouvelles mesures coercitives contre Cuba et en a révoqué d’autres que son prédécesseur avait adoptées en vue de modifier certains aspects du blocus en matière de voyages et de commerce.

 

Il a également abrogé le Décret présidentiel intitulé : Normalisation des relations entre les États-Unis et Cuba par lequel le président Barack Obama avait reconnu, le 14 octobre 2016, que le blocus était une politique dépassée qu’il fallait éliminer.

 

Bien que le Département du Trésor des États-Unis ait annoncé le 15 mars 2016 que Cuba pourrait désormais utiliser le dollar dans ses transactions internationales et que des banques étasuniennes octroieraient des crédits aux importateurs cubains pour acheter les produits étasuniens autorisés, Cuba n’a pas pu réaliser à ce jour la moindre opération internationale d’envergure dans cette monnaie.

 

Dans le Rapport de Cuba sur la résolution 71/5 de l’Assemblée générale des Nations Unies intitulée Nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier appliqué à Cuba par les États-Unis d’Amérique - Juin 2017, il est démontré que le blocus économique, commercial et financier appliqué à Cuba constitue le plus gros obstacle à la mise en œuvre du Plan national de développement économique et social et en général au développement de toutes les potentialités économiques et du bien-être du peuple cubain, ainsi qu’aux relations économiques, commerciales et financières de notre pays avec les États-Unis et le reste du monde.

 

Le document explique pourquoi les mesures adoptées par l’administration Obama durant ses deux dernières années de mandat ont eu une portée limitée.

 

Les préjudices provoqués par presque soixante ans de blocus se chiffrent à 822.280.000.000 dollars, compte tenu de la dépréciation du dollar face à l’étalon-or sur le marché international, et à plus de 130.178.600.000 dollars à prix courants.

 

Durant la période que couvre ce Rapport, le blocus a causé des pertes s’élevant à 4.305.400.000 dollars. Pour situer ce chiffre en perspective, il suffit de dire que le ministère cubain de l’Économie et de la Planification a estimé que le pays avait besoin de deux à deux milliards et demi de dollars d’investissements étrangers directs par an pour assurer son développement économique. Autrement dit, le coût du blocus représente environ le double des investissements dont Cuba a besoin chaque année pour développer son économie.

 

Il est urgent que les États-Unis respectent les 25 résolutions adoptées par la communauté internationale représentée à l’Assemblée générale des Nations Unies, dont les États membres réclament la fin de cette politique absurde et la levée unilatérale et inconditionnelle du blocus.

 

Indépendamment des mesures adoptées par l’administration Obama en 2015 et 2016 afin de modifier certains aspects pratiques du blocus, les lois et réglementations le sous-tendant restent en vigueur et sont appliquées par les agences du gouvernement étasunien, notamment par le Département du Trésor et le Département du Commerce, et, tout particulièrement, par l’Office of Foreign Assets Control (Office de contrôle des avoirs étrangers, OFAC).

 

En 2015 et 2016, l’administration du président Obama a mis en vigueur plusieurs mesures visant à modifier l’application de certaines dispositions du blocus, et même si elles ont constitué des pas positifs, elles se sont révélées insuffisantes en raison des entraves importantes à leur mise en œuvre, et de la persistance d’éléments clés du blocus, ainsi que de nombreuses restrictions découlant de cette politique.

 

Le durcissement du système de sanctions des États-Unis contre Cuba marque un recul dans les relations bilatérales et dresse de nouveaux obstacles aux liens économiques et commerciaux déjà fort limitées et rares entre les deux pays. Les mesures adoptées par l’administration Trump non seulement entraîneront une réduction des voyages de citoyens de ce pays à Cuba mais imposeront de nouvelles prohibitions au secteur étasunien des entreprises et en lèsera les intérêts.

 

Le blocus a aussi porté préjudice aux échanges universitaires et scientifiques entre médecins et techniciens de la santé des deux pays, à cause du retard avec lequel les autorités pertinentes délivrent les visas nécessaires pour assister à des rencontres organisées aux États-Unis

 

Les pertes monétaires accumulées dans le secteur de la santé depuis que cette politique a été mise en place se chiffrent à 2.711.600.000 dollars, et pour la période analysée à plus de 87 millions de dollars.

 

Le blocus entrave les programmes cubains visant à assurer une éducation de qualité, universelle et gratuite à tous les niveaux, le secteur de l’éducation ayant enregistré des préjudices durant la période analysée se montant à 2 832 830 dollars.

 

L’industrie touristique enregistre aussi de lourdes pertes à cause du blocus, chiffrées pour la période concernée à 1.701.960.000 dollars.

 

Les communications et l’informatique, dont les télécommunications, ont également enregistré durant cette période des pertes évaluées à 768.922.110 dollars, soit 9.713 000 dollars de plus que pour la période précédente.

 

Pour Cuba, le développement intégral de l’industrie constitue une priorité dans la mesure où celle-ci concerne les secteurs stratégiques envisagés dans le Plan national de développement économique et social à l’horizon 2030, mais ils sont touchés eux aussi par le blocus, les pertes financières s’élevant à 59.225.936 dollars.

 

Le blocus contre Cuba doit cesser. Il s’agit du système de sanctions unilatérales le plus injuste, le plus sévère et le plus long jamais appliqué à un pays. À vingt-cinq reprises, l’Assemblée générale des Nations Unies s’est prononcée à une majorité écrasante pour le respect du Droit international et l’application des buts et principes de sa Charte.

 

L’administration des États-Unis doit éliminer le blocus totalement, unilatéralement et inconditionnellement, ce qui serait en accord avec la demande de la quasi-totalité de la communauté internationale et avec l’opinion largement majoritaire de ceux qui, aux États-Unis mêmes, réclament la fin de cette politique injuste.

 

(Informations tirées du Rapport de Cuba sur la Résolution 71/5 de l’Assemblée générale des Nations Unies intitulée "Nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier imposé à Cuba par les États-Unis d’Amérique").

 

Source Granma, organe du comité central du parti communiste cubain

Voir la video-biographie de Fidel (en espagnol)

Voir la video-biographie de Fidel (en espagnol)

 

29 Novembre 2017

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Une recension de la vie du leader de la Révolution cubaine Fidel Catro Ruz est faite dans la vidéo-biographie « Fidel, combattant des idées », ce matériel dure 21 minutes, disponible dans le canal YouTube de Cubadebate.
 
 

Venezuela : échec du siège par l’Empire, les groupes financiers et médiatiques

Venezuela : échec du siège par l’Empire, les groupes financiers et médiatiques

 


 
Note de Venezuelainfos. Dicton populaire vénézuélien : « la politique bouge tellement qu’il est ennuyeux d’aller au cinéma ».
 
Depuis que l’ex-procureure générale Luisa Ortega a fui la justice de son pays, il n’est de semaine sans qu’on découvre de nouveaux réseaux de corruption sur le point de pousser l’industrie publique du pétrole (PDVSA) à une faillite généralisée comme point d’orgue de la déstabilisation. Alors que les cours du pétrole remontent fortement, le président Nicolas Maduro a décidé de stopper une fois pour toutes la saignée quotidienne de millions de dollars par jour – hypothèque de la filiale CITGO à des fonds vautours, surfacturations ou contrats-fantômes, vols d’infrastructures, bateaux bourrés de pétrole vendus en secret par des tiers. L’enquête menée par le nouveau procureur général Tarek William Saab frappe fort, jusqu’aux plus hautes sphères de l’« État dans l’Etat ». Ce 30 novembre l’ex-ministre du pétrole et l’ex-président de PDVSA ont été arrêtés à Caracas, imputés pour divers délits de corruption, comme avant eux une soixantaine de hauts fonctionnaires. L’enquête s’étend à d’autres dossiers explosifs comme le CADIVI-CENCOEX (octroi de devises d’État au secteur privé), Odebrecht (méga-contrats avec le géant brésilien de la construction) ou la compagnie de l’électricité : on peut s’attendre à d’autres surprises dans les semaines qui viennent.
 
Pendant ce temps, une droite très divisée, socialement affaiblie depuis l’échec de son insurrection violente d’il y a quelques mois, a fini par s’asseoir à la table des négociations avec le gouvernement bolivarien, sous l’œil de médiateurs internationaux comme l’ex-président espagnol Zapatero Rodriguez. Dans quelques jours auront lieu les élections municipales et en 2018, les présidentielles. L’Amérique Latine, loin d’une « fin de cycle », compte sur un important potentiel électoral important pour poursuivre la transformation sociale et politique.
 
Thierry Deronne, Caracas, le 30 novembre 2017

Par Silvina M. RomanoArantxa TiradoAníbal García Fernández

 

Venezuela : l’échec du siège par l’Empire, les groupes financiers et médiatiques


Haitian President Jovenel Moise visits Venezuela

 

Caracas, le 27 novembre 2017. Le Président de Haïti Jovenel Moise et le Président du Venezuela Nicolas Maduro approfondissent la coopération agricole, commerciale et infrastructurelle dans le cadre du programme PetroCaribe.

 

Au cours de ces dernières années, depuis Février 2014 et avec une particulière virulence en cette année 2017, l’opposition vénézuélienne et la communauté internationale (avec à sa tête les Etats Unis) ont mis en œuvre diverses mesures économiques, politiques et militaires destinées à parvenir au « rétablissement de la démocratie » au Venezuela (lire : changement de régime). Pour ce faire, il leur faut montrer (voire monter) une réalité d’un Venezuela plongé dans une crise totale (humanitaire) et surtout, d’un Venezuela complètement isolé et affaibli face aux gouvernements « occidentaux ». Dans les faits cependant, le peuple et le gouvernement vénézuéliens poursuivent le processus de changement et le supposé « isolement » contraste avec les fructifères alliances passées avec la Chine ou la Russie dans un schéma de changement géopolitique mondial, dans lequel ces puissances ont retrouvé un rôle prépondérant.

 

Le siège militaire pour garantir « la démocratie »


Coïncidant avec l’escalade de la pression internationale contre le processus de changement au Venezuela, le Commando Sud des Etats-Unis s’est livré à diverses « activités » dans des zones voisines du Venezuela, en particulier les Tradewinds 2017 (manœuvres militaires en face des côtes du Venezuela), la récente tenue de l’exercice militaire commun dénommé « Opération Amérique Unie » à la triple frontière entre le Pérou, le Brésil et la Colombie et, même, une intervention préparée en février 2016 pour envahir le Venezuela depuis la base de Palmerola au Honduras, dénommée Opération Liberté II.[1] En comparaison, notons que les manœuvres militaires de l’armée russe au Belarus en septembre dernier, ont été considérées comme une menace et une démonstration de pouvoir de la part des membres de l’Union Européenne et membres de l’OTAN.[2] Toutefois, la présence militaire des Etats-Unis en Amérique Latine et dans la Caraïbe (sous ses diverses modalités) [3] est “naturelle” pour la communauté internationale. Justifiée par la guerre contre les drogues et le crime transnational, cette présence se montre de plus en plus impliquée dans la défense de la « démocratie » dans la région.


L’Amiral Kurt Tidd, Commandant du Commando Sud, il y a un mois, l’a clairement exprimé : “après dix années de défis, les régimes hostiles aux Etats-Unis sont en déclin. L’offensive continue contre la démocratie au Venezuela a fait l’unité des nations sur la défense de nos valeurs communes”.[4] Il est clair que le problème du Venezuela est sa posture « anti-étasunienne », comprenez : un processus qui pose comme principe un ordre social, économique et politique qui n’est pas conforme à la démocratie de libre échange promue par les Etats-Unis et la « communauté occidentale » – dans un pays doté des plus fortes réserves de pétrole du monde.


Il semble alors que les militaires ont un rôle primordial dans la conduite du Venezuela vers la démocratie qu’ils jugent « correcte ». La semaine dernière, le vice-président colombien, Oscar Naranjo – ex Général de la Police Nationale Colombienne et l’un des principaux responsables de l’exportation du Plan Colombie au Mexique, en particulier pour ce qui touche à l’expansion du para-militarisme [5], s’est rendu aux Etats-Unis. Comme « résultat positif » de sa visite (d’après les porte-parole officiels des deux gouvernements) figurent « les premiers pas de la création d’une force d’intervention navale dans le Pacifique entre les Etats-Unis, le Mexique et la Colombie pour la guerre contre la drogue ».[6] Dans le même compte rendu il est dit que le vice-président des Etats-Unis, Michael Pence, a félicité le gouvernement colombien pour avoir joué un rôle de premier plan face à la situation vénézuélienne.[7]


Mais la présence militaire et la surveillance permanente exercée par les Etats-Unis dans des territoires voisins du Venezuela ne suffit pas. Voilà pourquoi, le 13 Novembre dernier, les ministres des Affaires Etrangères de l’Union Européenne ont approuvé un embargo sur les armes contre le Venezuela , comme élément de ce qu’ils ont qualifié de « mesures restrictives » destinées à faire pression sur le gouvernement du président Nicolas Maduro afin qu’il renforce « l’Etat de droit et la démocratie ».[8] Ils ont à leur tour souligné que « La principale responsabilité de mettre fin à la crise au Venezuela réside dans le pays lui-même », [9] créant ainsi de la confusion : s’il en est ainsi, pourquoi et dans quel but faire pression de l’extérieur avec un embargo sur les armes ? Ce qui est certain c’est que, cet embargo, en termes matériels et symboliques, s’ajoute à une série de mesures de la communauté internationale qui essaient de montrer que le Venezuela est « isolé » et « assiégé », que le processus de changement « a été un échec ». Des exemples concrets sont la longue croisade de l’OEA contre le gouvernement vénézuélien [10], ou la pression depuis l’ONU pour contribuer à installer l’idée d’une « crise humanitaire » dans le pays [11]. Ces « mesures » font partie de la guerre économique comme composante indispensable du siège.

 

Pétrole et paiement de la dette, quel default ?


Ces derniers mois, le prix mondial du pétrole a monté, suite à l’accord obtenu par les membres de l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP) : en octobre le prix du baril a dépassé les 45 dollars –il convient d’ajouter que le 30 Novembre prochain les membres de l’OPEP se réuniront de nouveau à Vienne pour décider s’ils prolongent l’accord sur les réductions de production au-delà du premier trimestre 2018 –.[12] Dans un tel contexte, depuis septembre, le gouvernement vénézuélien a décidé de présenter le prix de son pétrole en yuans et non en dollars. Comme conséquence de cette mesure, le prix du baril est monté à 46.7 dollars. Ces deux initiatives ont contribué au rétablissement du prix du baril, ce qui permettra au Venezuela d’avoir une rentrée de devises supérieure à celle enregistrée ces dernières années. Au cours de la première semaine de novembre, le prix du baril a dépassé les 60 dollars, prix équivalent à celui de Juin 2015, lorsque les prix du marché international commencèrent à baisser.Le pétrole au Venezuela représente 95% des devises qui entrent dans l’économie nationale et toute variation dans les prix du pétrole a un impact substantiel sur l’économie vénézuélienne. En même temps que l’augmentation du prix du pétrole, le Venezuela a annoncé que les réserves de pétrole attestées et certifiées avaient atteint le chiffre de 300,878, 033 millions de barils car avaient été intégrés 1.9 millions de barils provenant de la Ceinture Pétrolifère de l’Orénoque.[13]


Dans quelques media hégémoniques on a spéculé sur la chute en default – défaut de paiement- du Venezuela, affirmation appuyée par les déclarations des agences de classement mondiales comme Standard & Poor’s .[14] Cependant le gouvernement vénézuélien a payé toutes ses obligations financières à ses créanciers et a couvert les obligations à échéance de 2027 et 2020 ;, ce qui implique que sont payées toutes ses obligations pour ce qui reste de 2017. [15] Il faut ajouter à cela que le gouvernement vénézuélien cherchera à restructurer sa dette, car pour 2018 il aura à payer d’autres obligations pour environ 9 milliards de dollars.[16] Les dernières sanctions économiques imposées par les Etats-Unis depuis le début de l’année indiquent qu’il est probable que depuis les organismes internationaux, sous la pression des Etats-Unis, l’on tente d’empêcher ou au moins d’entraver une telle restructuration, considérant que c’est l’année des élections présidentielles au Venezuela.


Un aspect important est le risque latent que les fonds agressifs dénommés « vautours » achètent une partie des obligations vénézuéliennes de PDVSA et en exigent le paiement au gouvernement. Un tel scénario est probable. Cette alerte n’est pas minime, si l’on considère que le comité directeur de CITGO, la filiale étasunienne de PDVSA, fait l’objet d’un mandat d’arrêt car ils ont signé un accord international avec deux entreprises financières pour refinancer des programmes de dettes sur 2014/2015. Ces dits contrats ont été réalisés sous des conditions qui étaient désavantageuses pour PDVSA. L’accord pourrait mettre en danger la stabilité financière de CITGO car il apparaissait comme garantie du financement.[17]

 

Etendre le siège : les Etats-Unis dans la Caraïbe en guerre contre le pétrole du Venezuela.

 

La guerre économique inclut également la pression dans le domaine énergétique. Comme on le sait, le Venezuela a impulsé la création en 2005 de Petrocaribe, une initiative qui englobe plus d’une quinzaine de pays de la Caraïbe qui bénéficient d’une coopération énergétique de la République Bolivarienne du Venezuela grâce à la vente de pétrole à des prix subventionnés et avec des facilités de paiement. Il s’agit, dans la perspective vénézuélienne, de garantir la sécurité énergétique de ses alliés, en facilitant leur développement et en posant les bases d’une coopération géopolitique alternative.


Conscients du caractère stratégique que représente pour ces petites et fragiles économies, traditionnellement soumises à l’influence étasunienne, de pouvoir diversifier leurs relations et accéder à des accords commerciaux leur donnant une plus grande liberté d’action, depuis la Présidence de Barack Obama, les Etats-Unis font pression sur les pays de la Caraïbe pour qu’ils mettent de côté leur approvisionnement en pétrole à travers Petrocaribe, le remplaçant par de nouvelles alliances avec les Etats-Unis. Il s’agit de saper l’un des pivots de la projection extérieure vénézuélienne. C’est ainsi qu’en janvier 2015, les Etats-Unis ont invité les pays de la Caraïbe à une réunion, coïncidant avec le 3ème sommet de la CELAC, réunion qui fut l’antichambre du lancement en Avril, de l’Initiative de Sécurité Energétique de la Caraïbe [18] (CESI selon son sigle en anglais). Se retranchant derrière la crise économique que traversait le Venezuela suite à la chute des prix du baril de pétrole et des impacts que cela pourrait avoir dans sa coopération, les Etats-Unis essayèrent d’attirer les Etats insulaires caribéens. L’idée de l’instabilité de Petrocaribe fut au préalable travaillée par les think tanks – laboratoires d’idées- de l’establishment étasunien comme Atlantic Council qui, en 2014, publia un rapport intitulé “Uncertain Energy : The Caribbean’s Gamble with Venezuela” [19] (« Energie Incertaine : le pari de la Caraïbe sur le Venezuela » )


Une autre des stratégies étasuniennes est d’en appeler au remplacement des énergies. Sous un discours d’apparente défense de l’environnement se cache le conflit géopolitique visant à miner l’influence du Venezuela dans une zone aussi géo-stratégiquement importante pour les Etats-Unis que ne l’est la Caraïbe. Dans cette même ligne l’on comprend que, le 15 Novembre dernier, le Département d’Etat des Etats-Unis ait annoncé que 4.3 millions de dollars seront destinés à « appuyer la diversification énergétique de la Caraïbe ».[20] Il est important de souligner que cette annonce s’est faite dans le cadre de la Table Ronde sur la Prospérité des Etats-Unis et de la Caraïbe, et que les fonds serviront à promouvoir la CESI et la Stratégie 2020 pour la Caraïbe.[21] Participent à ce projet le Bureau des Ressources Energétiques du Département d’Etat, l’USAID (Agence américaine pour le développement international) – déjà porteuse de projets semblables ces dernières années- et l’OPIC Overseas Private Investment Corporation. Leur mission, selon les propres mots du Département d’Etat, est d’offrir « assistance technique en matière énergétique, subventions pour la préparation de projets et de nouvelles opportunités pour des entreprises et des exportations énergétiques étasuniennes mondialement compétitives ».[22]

 

Les alliances du Venezuela : franchir le siège

 

Amener l’idée de l’isolement international du Venezuela fait fondamentalement partie de la propagande des moyens de communication liés aux grands pouvoirs économiques. Il semblerait que pour ces media, le système international se réduise à l’existence des puissances centrales occidentales, laissant de côté tout le monde émergent représenté par la République Populaire de Chine, la Fédération de Russie, l’Inde, le Brésil, etc. Mais il ne s’agit pas que des seuls BRICS. Grâce à l’impulsion qu’Hugo Chávez a donnée à la politique extérieure vénézuélienne, tant sur le plan bilatéral que multilatéral, et grâce aussi à la diversification de ses zones d’influence, étendant sa projection extérieure à des territoires jusqu’alors non explorés par la diplomatie vénézuélienne, l’Etat vénézuélien s’est positionné, ces dernières années comme un actif et dynamique acteur international de premier ordre. Son rôle prépondérant dans les négociations de l’OPEP, en sa qualité de pays détenteur des principales réserves de pétrole avérées dans le monde, autant que son profil de référent pour l’anti-impérialisme international, sont le signe de la tromperie du concept de son isolement international.


De fait, depuis Septembre 2017, le Venezuela occupe la Présidence du Mouvement des Pays Non Alignés (MNOAL), qu’elle gardera jusqu’en 2019.[23] C’est la première fois que le Venezuela assume cette responsabilité internationale, à fort impact symbolique, à un moment où le pays est fortement mis en question à l’extérieur.


Cependant, ces critiques, de même que l’instabilité politique intérieure induite, n’ont pas empêché que le Venezuela, ces derniers mois, ait continué de signer des accords commerciaux décisifs, avec des puissances comme la Chine ou la Russie, en plus de pouvoir compter sur leur appui politique dans les moments difficiles.[25] Les entreprises russes ont aussi apporté leur aide en avançant des paiements à PDVSA au milieu des sanctions des Etats-Unis. [26]Le siège militaire, politique, économique et médiatique qui se construit chaque jour contre le processus de changement au Venezuela, a comme objectif immédiat d’installer l’idée que le Venezuela est isolé, qu’il manque d’alliances fortes et « qu’il n’a pas d’issue ». Cependant, le peuple vénézuélien montre une grande force et une dignité, qui s’est manifestement révélée dans sa participation au vote pour l’Assemblée Nationale Constituante en Juillet dernier et lors des élections législatives d’Octobre 2017. De son côté, le gouvernement vénézuélien continue de consolider ses alliances internationales. Le siège est réel, mais il a échoué. Malgré les pronostics de la presse néo-libérale, la réalité qui s’impose contre toute attente est celle du peuple vénézuélien qui cherche à consolider le processus de changement. Le Venezuela continuera de déjouer les assiégeants.

Silvina M. Romano, @silvinamcelesteArantxa Tirado, @aran_tiradoAníbal García Fernández, @Anibal_garcia89 

Notes : [1] http://misionverdad.com/la-guerra-en-venezuela/operacion-venezuela-freedom-2-el-documento

[2]http://www.lavanguardia.com/internacional/20170914/431275707337/rusia-inicia-maniobras-militares-frontera-ue.html

[3] http://www.celag.org/operacion-america-unida-presencia-militar-permanente-eeuu-america-latina/

[4]http://www.southcom.mil/Media/Speeches-Transcripts/Article/1347999/adm-tidd-prepared-remarks-olmsted-foundation/*[5] https://www.elespectador.com/noticias/elmundo/acusan-al-general-r-oscar-naranjo-de-promover-grupos-pa-articulo-469652

[6] https://www.americaeconomia.com/politica-sociedad/politica/colombia-estados-unidos-y-mexico-crearian-fuerza-de-tarea-naval-en-el

[7] https://www.americaeconomia.com/politica-sociedad/politica/colombia-estados-unidos-y-mexico-crearian-fuerza-de-tarea-naval-en-el

[8] https://www.nytimes.com/es/2017/11/14/venezuela-embargo-armas-union-europea/

[9] https://www.nytimes.com/es/2017/11/14/venezuela-embargo-armas-union-europea/

[10] http://www.celag.org/almagro-invoca-carta-democratica-a-favor-o-en-contra-de-la-democracia-por-silvina-m-romano/

[11] http://www.noticiasrcn.com/internacional-crisis-venezuela/pedido-eeuu-consejo-seguridad-onu-discute-crisis-venezuela

[12] http://www.contrapunto.com/noticia/podria-extenderse-recorte-de-petroleo-de-paises-opep-y-no-opep-149589/

[13] https://actualidad.rt.com/actualidad/254973-sube-precio-petroleo-causas-consecuencias-venezuela

[14] https://www.forbes.com.mx/sp-declara-a-venezuela-en-default-selectivo/

[15] https://www.telesurtv.net/news/Venezuela-paga-intereses-de-bono-PDVSA-2027-20171115-0037.html

[16] https://www.cronista.com/internacionales/En-medio-de-rumores-de-default-Venezuela-enfrenta-dia-clave-con-acreedores-20171113-0064.html

[17]http://www.resumenlatinoamericano.org/2017/11/21/venezuela-duro-golpe-a-corruptos-y-traidores-a-la-patria-detenidos-seis-altos-directivos-de-citgo-por-irregularidades-en-contrataciones-opinan-delcy-rodriguez-diosdado-cabello-y-jorge-rodriguez/

[18] https://www.state.gov/e/enr/c66945.htm

[19]http://www.atlanticcouncil.org/publications/reports/uncertain-energy-the-caribbean-s-gamble-with-venezuela

[20]https://translations.state.gov/2017/11/16/el-departamento-de-estado-de-ee-uu-apoya-la-diversificacion-energetica-en-el-caribe-2/

[21] https://www.state.gov/p/wha/rt/caribbeanstrategy/index.htm

[22]https://translations.state.gov/2017/11/16/el-departamento-de-estado-de-ee-uu-apoya-la-diversificacion-energetica-en-el-caribe-2/

[23]https://www.telesurtv.net/news/Venezuela-asume-presidencia-del-Movimiento-de-Paises-no-Alineados-20160917-0021.html

[24]https://www.telesurtv.net/news/Venezuela-y-China-fortalecen-acuerdos-petroleros-y-comerciales-20170831-0040.html

[25] http://www.hispantv.com/noticias/china/350436/venezuela-eeuu-trump-opcion-militar-injerencia

[26]https://www.bloomberg.com/news/articles/2017-08-04/rosneft-aids-venezuela-s-state-oil-producer-with-prepayment

 

Source : http://www.celag.org/cerco-fallido-venezuela-presion-militar-guerra-economica/Traduction : Michele ELICHIRIGOITYURL de cet article : https://wp.me/p2ahp2-3Um

Voir en ligne : Publié par Venezuela infos, 30 novembre 2017

Cuba rend hommage à Fidel Castro, un an après sa mort

Cuba rend hommage à Fidel Castro, un an après sa mort

 

27 Novembre 2017

Cuba | November 25, 2017, Saturday @ 08:28 in En français » MONDE | By: AFP | Views: 137
 
Cuba rend hommage à Fidel Castro, un an après sa mort
Cuba commémore samedi dans la sobriété le premier anniversaire de la mort de Fidel Castro, (YAMIL LAGE / AFP)

 

(AFP) – Cuba commémore samedi dans la sobriété le premier anniversaire de la mort de Fidel Castro, au moment où le pays est déjà tourné vers une transition historique qui mettra fin, dans moins de 100 jours, à six décennies de pouvoir des frères Castro.

 

Conformément au mépris déclaré par le Lider Maximo pour le culte de la personnalité, et comme pour figurer la fin d’un cycle, aucune cérémonie de masse n’a été prévue pour rendre hommage à cette incontournable figure de la Guerre froide, décédée voici un an à l’âge de 90 ans.

 

A La Havane, les célébrations seront surtout marquées samedi soir par une veillée devant l’université. Un éventuel déplacement de Raul Castro à Santiago de Cuba (sud-est), où reposent les cendres de son aîné, n’a toujours pas été confirmé par les autorités.

 

Depuis une semaine, de nombreux évènements « politiques et culturels » ont lieu à travers le pays pour marquer l’anniversaire de la « mort physique » du père de la révolution cubaine. Cette terminologie officielle veut signifier que, bien que décédé, il est encore bien présent dans les esprits des générations de cubains qui n’ont connu que lui.

 

Partout dans le pays, sont réapparus ces derniers jours panneaux et inscriptions sur les murs relayant les slogans « Fidel vive » (« Fidel vit ») ou « Somos Fidel » (« Nous sommes Fidel »), tandis que les radios et la télévision relaient à l’envi le nouvel hymne « Lauriers et Olive », une « trova » poétique interprétée par le chanteur populaire cubain Raul Torres.

 

Adulé par certains, honni par d’autres, Fidel Castro a gouverné sans partage l’île caribéenne et défié la superpuissance américaine pendant près de 50 ans, avant de céder le pouvoir à son frère Raul à partir de 2006.

 

L’année dernière, sa mort avait été suivie d’un deuil national de neuf jours et ses cendres avaient traversé le pays sous le regard de millions de Cubains.

 

« Presque tout ce que nous avons, nous le devons à lui, à ses idéaux », s’émeut Pablo Zamora, un étudiant en médecine de 24 ans.

 

Leisi Chi, autre étudiant de 22 ans, se souvient lui de « la douleur » ressentie à l’annonce de sa mort. « Ca nous a touchés, surtout la jeunesse et le peuple d’ici, même si certains s’en sont réjoui ».

 

Pour Michael Shifter, président du groupe de réflexion Dialogue interaméricain, à Washington, l’absence de cérémonies en grande pompe « n’est pas surprenante »

 

« Il existe toujours un grand respect pour Fidel et ses accomplissements (…) mais il a quitté la présidence il y a plus d’une décennie, donc la mémoire et les aspects d’un héritage positif s’estompent, alors que les Cubains sont confrontés à de dures réalités », avance l’expert.

 

 – Transition en ligne de mire –

 

Cette année, la situation économique de l’île est restée préoccupante, avec une croissance de seulement 1% prévue pour 2017, après une récession (-0,9%) l’an dernier, notamment sous l’effet de la baisse des livraisons pétrolières de son allié vénézuélien.

 

Dans ce contexte, les réformes d' »actualisation » d’un modèle économique obsolète voulues par Raul Castro ont connu un coup d’arrêt. Et les ravages de l’ouragan Irma, qui a fait 10 morts en septembre dernier, ainsi que le récent durcissement de la politique américaine vis-à-vis de l’île n’engagent guère à l’optimisme.

 

L’autre évènement de cette fin de semaine à Cuba sera la tenue du premier tour des élections municipales, un scrutin retardé d’un mois suite au passage d’Irma.

 

Ce vote donnera le coup d’envoi d’une série d’élections devant aboutir, fin février, au remplacement de Raul Castro, 86 ans, à la tête du pays.

 

Président depuis 2008 après un intérim de deux ans, le cadet des Castro a annoncé qu’il cèderait sa place à un dirigeant de la nouvelle génération.

 

Pour l’heure c’est son premier vice-président et numéro deux du gouvernement, Miguel Diaz-Canel, 57 ans, qui semble tenir la corde pour lui succéder.

 

Né après la révolution, cet apparatchik aux cheveux poivre et sel aura la lourde tache de fédérer autour de sa personne, consolider les acquis de la révolution et poursuivre la transition économique esquissée par Raul Castro.

 

Ce dernier n’abandonnera toutefois pas totalement les manettes, puisqu’il restera à la tête du tout puissant Parti communiste cubain (PCC) jusqu’au prochain congrès prévu en 2021. Il aura alors 90 ans.

 

Fidel nous a lancés au combat

Fidel nous a lancés au combat

 

24 Novembre 2017 

Le 17 novembre 2005 fut une journée mémorable à l’Université de La Havane, où les étudiants célébraient la Journée internationale des étudiants, qui à cette occasion marquait le 60e anniversaire de l’entrée du commandant en chef Fidel Castro dans cette École de hautes études

 

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Le 17 novembre a marqué le 12e anniversaire du discours historique prononcé par le leader de la Révolution cubaine au Grand Amphithéâtre de l’Université de La Havane. Photo: Jorge Luis González

LE 17 novembre 2005 fut une journée particulièrement agitée à l’Université de La Havane. La célébration de la Journée internationale des étudiants, qui à cette occasion marquait le 60e anniversaire de l’entrée du commandant en chef Fidel Castro dans cette École de hautes études, avait drainé sur la Colline universitaire des milliers d’étudiants de toute la ville qui attendaient fébriles et impatients l’arrivée du leader de la Révolution cubaine.

 

Cet événement changea nos vies pour toujours, se souvient pour Granma international le Dr Elier Ramirez Cañedo qui, en dépit de la fonction de président de la Fédération des étudiants à l’Université de La Havane qu’il occupait à l’époque, eut beaucoup de mal à se faire une place parmi l’auditoire. Il précise que le climat d’intimité qui s’instaura était tel que chaque étudiant avait l’impression que Fidel s’adressait à lui en le regardant droit dans les yeux.

 

Ses premiers mots furent des paroles de reconnaissance pour les jeunes venus nombreux, suivies par une présentation d’excuses.

 

« Vous avez été très aimables de rappeler ce jour très spécial, le 60e anniversaire de ma timide entrée à cette université …). Cela aurait été une immense douleur de ne pas assister à une cérémonie à laquelle vous m’auriez invité, spécialement en ce moment, dans ce Grand Amphithéâtre », signala Fidel.

Fidel avait une confiance infinie en les jeunes cubains, Photo: Pedro Beruvides

Cette rencontre fut un retour aux origines, explique le jeune historien. À l’endroit qui vit naître ses préoccupations pour cette Île, cette « petite Île, aux temps où on ne parlait pas encore de mondialisation, la télévision n’existait pas, l’Internet non plus, pas plus que les communications instantanées d’un bout à l’autre de la planète, c’est à peine s’il y avait le téléphone (…) », faisait remarquer le leader de la Révolution aux jeunes qui s’étaient réunis en cet après-midi de novembre.

 

Ce n’est pas un hasard non plus si ses interlocuteurs étaient précisément des jeunes. Selon Elier Ramirez, « il s’adressa aux jeunes universitaires, en lesquels il avait toujours eu confiance, pour leur dire certaines choses que, dans un autre contexte, il ne se serait pas senti aussi à l’aise et motivé pour les dire ».

 

Ce fut un discours très critique. Le commandant en chef énonça ce 17 novembre une idée qui sous-tend inévitablement la compréhension rationnelle de tout processus historique : la réversibilité latente de ses transformations.

 

Comme lorsqu’il a déclaré que « parmi les nombreuses erreurs que nous avons tous commises, la plus importante a été de croire que quelqu’un savait ce qu’était le socialisme, ou comment on construit le socialisme ».

 

Ou de demander si les révolutions étaient appelées à s’effondrer, ou encore : « est-ce que ce sont les hommes qui peuvent les faire s’effondrer ? Les hommes peuvent-il empêcher ou non, la société peut-elle empêcher ou non les révolutions de s’effondrer ? (…) cette Révolution-ci peut se détruire. Ceux qui ne peuvent pas la détruire, ce sont eux ; nous, en revanche, nous pouvons le faire, et ce serait notre faute ».

 

Cependant, Fidel fut en même temps très optimiste, souligne Ramirez. Il s’est dit confiant dans la capacité du peuple, et en particulier des jeunes, qu’il a appelés à affronter les principaux problèmes internes de notre pays, ajoute-t-il.

 

« (…) si nous allons livrer une bataille, il faut utiliser des projectiles de plus gros calibre, il faut faire la critique et l’autocritique dans la salle de classe, dans la cellule du parti et ensuite hors de la cellule, et après dans la commune et après dans le pays », leur signala le commandant en chef depuis l’estrade de l’imposant salon où reposent, dans une urne de marbre, les restes du philosophe et presbytère

 

Félix Varela.

 

Aussi, ses paroles allaient-elles marquer un avant et un après dans le cours de la Révolution.

 

Il attira une attention particulière sur nos propres erreurs, celles qui sont plus dangereuses que toute la machine de nos puissants ennemis. « Car sans l’existence de ces erreurs que Fidel a énoncées, comme le gaspillage, la corruption, le bureaucratisme et autres maux, aucun ennemi, aussi puissant soit-il, ne pourrait atteindre ses objectifs », signale l’historien.

 

Ceci ne veut pas dire que Cuba doit négliger les menaces externes, qui doivent être prises très au sérieux, « mais il faut en même temps accorder plus d’attention à nos propres maux qui peuvent détruire la Révolution », ajoute-il.

 

Fidel ne pouvait pas être plus explicite dans son intervention : « Ce pays peut s’autodétruire ; cette Révolution peut se détruire. Ceux qui ne peuvent pas la détruire, ce sont eux ; nous, en revanche, nous pouvons la détruire, et ce serait de notre faute. »

 

Ce qui ne signifie pas que l’ennemi externe ait cessé de représenter une menace, reconnaît Ramirez, qui précise que Fidel nous a « appelés à élargir notre vision de cet ennemi, notre voisin du Nord possédant à l’intérieur de notre pays de dangereux alliées prêts à lui faciliter la tâche ».

 

Ainsi, « Fidel nous a rappelé que l’invulnérabilité de la Révolution ne peut être atteinte qu’avec l’éradication de ces maux internes », ajoute Eliecer, visiblement ému à l’évocation de cette commémoration très particulière de la Journée internationale des étudiants à l’Université de La Havane.

 

Les paroles de Fidel furent magiques, et « nous avons tous succombé face à cette capacité qu’il a de nous mobiliser. Ce fut un cri de combat ».

 

Fidel Castro dans le souvenir du général russe Nikolaï Leonov

Fidel Castro dans le souvenir  du général russe Nikolaï Leonov

 

24 Novembre2017
Ce témoignage qui unit l’île de la liberté comme l’appellent encore aujourd’hui les Russes et la révolution d’octobre à travers la figure de Fidel, mais aussi des ses compagnons, le Che et Raoul. Quand ce genre de personnage parle chacun des mots est pesé et nous renseigne sur ce qui est essentiel (la rencontre avec Raoul qui est membre du parti communiste cubain, celle à Mexico, la visite de Fidel en colère parce que Khrouchtchev avait négocié directement avec les dirigeants US le retrait des fusées de Cuba, le rôle structurant du parti en Union soviétique pour Fidel, tout cela peut être opposé à ceux qui prétendent refaire l’Histoire au gré de leurs illusions.
 
(note et traduction de danielle Bleitrach)

Par: Jorge Petinaud Martínez
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Fidel lors d'une visite en Union soviétique. Photo: Yuri Abramochkin / Spoutnik.

Fidel lors d’une visite en Union soviétique. Photo: Yuri Abramochkin / Spoutnik.

 

*Le premier anniversaire de la disparition physique du leader de la Révolution cubaine, Fidel Castro , nous donne l’occasion de publier  aujourd’hui une interview  passé en 2013 à Moscou avec  Nikolái Leónov, co-auteur avec  Vladimir Vorodáev de la biographie russe de Fidel sous le titre "l’Histoire m’acquittera". 

 

Installé sur une chaise de bois dur avec un coussin de cuir,  dans le salon de sa maison, au centre de la capitale russe, le lieutenant-général des forces de renseignement soviétiques (à la retraite) un demi-siècle plus tard.  décrit un moment étincelant, en 1963, lorsque le fondateur de la Révolution cubaine est arrivé pour la première fois en Union soviétique.

 

Avant de commencer la conversation, avec ce sourire franc qu’il dédie toujours « à mes amis cubains », l’auteur de la première biographie sur le président Raúl Castro, a touché les deux bras de la chaise et a exprimé une gratitude spéciale.

 

« C’est le principal trésor de cette maison. Fidel me l’a donné et pour moi rien ne vaut autant » , avoua-t-il.

 

Puis, dans un espagnol fluide  entretenu par  de longues années de service en Amérique latine, et alors qu’il a atteint  presque  l’âge de 85 ans, Leonov semble encore voir le grand homme barbu, vêtu de vert olive, qui après 12 heures de vol a  commence à descendre à Mourmansk d’un Tu-114 de fabrication soviétique.

 

« La première visite du commandant en chef Fidel Castro en Russie a un grand intérêt international et historique encore aujourd’hui, parce que ni avant, ni après l’Union soviétique ou mon pays, quel que soit le nom qu’il porte, a reçu un invité avec autant  d’honneurs » se souvenait le traducteur à l’époque.

 

L’officier à la retraite a déclaré que « il n’y a pas eu un homme d’Etat dont  la visite qui a duré si longtemps, parce ce fut durant plus  de 40 jours, au cours desquels Fidel effectue des tournées dans presque tout le pays, de la Sibérie à l’Ukraine, du nord de Mourmansk à la Géorgie et l’Ouzbékistan » .

 

L’auteur de plusieurs livres sur les héros latino-américains a souligné qu’aucun autre homme d’État n’a eu l’occasion de faire une visite aussi grande, aussi profonde et aussi importante pour ses conséquences.

 

Un garçon peint une fresque dédiée à Fidel. Photo: Oswaldo Rivas / Reuters.

Un garçon peint une fresque dédiée à Fidel. Photo: Oswaldo Rivas / Reuters.

 

« De la part de l’Union soviétique, dont le leader était Nikita Khrouchtchev, le désir historique fondamental était, comme nous l’avons dit, de guérir les blessures laissées  par l’issue de la crise des Caraïbes de 1962 », explique l’historien.

 

Il a ajouté que « Khrouchtchev a résolu les choses directement avec les Etats-Unis, sans consulter Fidel, et bien sûr, cette action a imprimé  une marque très douloureuse sur la conscience de nombreux Cubains de cette époque et aussi dans le cœur de Fidel ».

 

« Je me souviens des manifestations à Cuba, les affiches, les camarades disaient: » Nikita, Nikita, ce qui est donné n’est pas enlevé « , ils parlaient des fusées, et il y a eu des critiques très sévères sur la position du dirigeant soviétique », a rappelé  le lieutenant général;

 

Léonov pense que Khrouchtchev voulait que toutes ces égratignures et blessures soient oubliées, et c’est pourquoi il a ouvert toutes les portes possibles et impossibles, et inaccessible aux autres hommes d’État de l’Ouest ou de l’Est pour satisfaire Fidel.

 

« Il n’a pas seulement vu les sous-marins nucléaires soviétiques de l’époque, mais il est entré pour voir comment cela fonctionnait », poursuit le témoignage, « comment celal était organisé, il voulait même voir une fusée installée dans le submersible, et ils la lui ont également montré ».

 

L’officier a expliqué  qu ‘« il a visité une base de fusées intercontinentales, stockées dans des silos stratégiques, aucun homme d’Etat, plus jamais, ni avant, n’a eu accès à ce type de bases de missiles ».

 

L’Union soviétique à l’intérieur

 

Fidel Castro Photo: Pavel Barashev / Spoutnik.

Fidel Castro Photo: Pavel Barashev / Spoutnik.

 

« Pour ses mérites révolutionnaires, Fidel a reçu la médaille d’or et l’Ordre de Lénine, ce qui signifiait qu’il était un Héros de l’Union soviétique, l’honneur rarement accordé à un étranger », en ajoutant qu’il avait accompagné les visiteurs tout au long du voyage.

 

Le haut fonctionnaire a rappelé que l’homme d’État cubain a été honoré comme Docteur Honoris Causa de l’Université Lomonosov de Moscou, pour ses contributions à la science politique.

 

« Cependant, le plus important pour Fidel a été trouvé à l’intérieur de l’Union soviétique, comprendre où était la racine du socialisme, pourquoi l’Etat multinational est devenu si puissant, » dit-il.

 

Selon Leónov, le leader cubain a trouvé la réponse dans deux facteurs, et le premier est  le peuple .

 

« La façon de recevoir Fidel n’a pas  eu d’autre équivalent , sans aucune pression ou appel de la radio ou de la télévision, les gens sont sortis spontanément dans la rue pour l’applaudir, comme on peut le voir sur les photos de l’époque, que les gens risquaient même La vie parfois, ils ont grimpé sur les arbres, sur les balcons, dans les fenêtres pour voir le héros cubain. Quelque chose d’incroyable », se souvient-il.

 

Leonov a estimé la longueur de la rangée de personnes qui sont allées dans les rues pour recevoir le stratège de la Sierra Maestra  se développait sur 25 kilomètres.

 

« Partout où il était Fidel les  gens l’accueillaient avec un enthousiasme et sympathie que je n’ai jamais vu en ces 50 ans, je ne l’ai pas vu un homme d’État qui a reçu de nombreuses expressions d’affection, de sympathie, de solidarité », dit- ce témoin exceptionnel .

 

Il a ajouté qu' « une autre expérience que le commandant cubain a perçu est le rôle du Parti, parce que partout où il était reçu il a vu la direction de cette organisation; dans la région, la république, partout, et il a vu que le squelette de la nation, le squelette de l’Etat, était le Parti.  »

 

Une phrase de Fidel à côté du drapeau cubain. Photo: Enrique de la Osa / Reuters.

Une phrase de Fidel à côté du drapeau cubain. Photo: Enrique de la Osa / Reuters.

 

Selon lui, cette expérience a servi à enrichir l’expérience politique de Fidel Castro.

 

« C’était une visite exceptionnelle, en bref, comme je l’ai dit, il n’y a absolument aucun équivalent dans l’histoire des contacts internationaux de Moscou avec d’autres Etats. »

 

En expliquant la sympathie et la grande popularité du leader cubain parmi les Soviétiques de l’époque et les Russes d’aujourd’hui, Leonov considérait que c’était dû à son prestige de révolutionnaire légendaire.

 

« Personne ne sait et personne n’a vu les scènes de l’assaut de la caserne Moncada, il y a quelques chroniques de guerre russe dans la Sierra Maestra, mais dans la mémoire des gens il est un Robin des Bois, il est un homme qui défie les dangers, un Don Quichotte qui attaque tout ce qui est mal  pour corriger les torts sur  cette Terre », a-t-il raisonné.

 

L’interlocuteur a souligné que « bien sûr, il n’a déçu personne, parce qu’il avait une grande figure puissante; et une façon de parler clairement, ouvertement, énergiquement, qui a capturé les gens immédiatement.  »

 

Selon Leonov, ils étaient tous des esclaves de l’amour qu’ils  ressentaient spontanément pour le leader cubain.

 

« C’est un cas rare, l’un des hommes d’Etat qui depuis l’assaut sur la Moncada – alors que 60 ans ont passé – tout le monde le respecte, de l’extrême gauche à l’extrême droite », at-il rappelé.

 

Le vétéran a souligné que « peu le haïssent, la majorité éprouve une grande sympathie pour lui, et tout le monde reconnaît qu’il y a maintenant dans le monde une figure politique qui peut être confronté à l’amour spontané et la sympathie que l’on ressent pour lui dans le monde C’est une vérité que personne ne peut nier.  »

 

Fidel et Raúl

Raúl y Fidel en un acto por el 18 aniversario del desembarco del Granma en 1982. Foto: Fidel Soldado de las Ideas.

Raúl y Fidel en un acto por el 18 aniversario del desembarco del Granma en 1982. Foto: Fidel Soldado de las Ideas.

 

En faisant référence à son amitié avec l’actuel président, raoul Castro, qu’il avait connu avant l’assaut de la caserne de la Moncade et sa rencontre avec le chef de l’expédition du Granma et Che Guevara à Mexico, Leonov a indiqué que cela avait créé sa confiance en la révolution cubaine.

 

« Je les ai connu pas mal durant des décennies et cela m’a permis de conserver l’assurance de l’invincibilité de la Révolution cubaine dans l’étape la plus difficile pour Cuba, appelée période spéciale dans les années quatre vingt dix. »

 

Il a ajouté qu’après la dissolution de l’Union Soviétique, tout le monde attendait d’un moment à l’autre la chute du socialisme à Cuba :

 

« mais moi je repoussais les interrogations des reporters occidentaux et nationaux qui contestaient la possibilité pour la révolution de se maintenir.

 

Aujourd’hui je me sens heureux que Cuba ait surmonté les difficultés et cela sans avoir fait aucune concessions sur l’indépendance, la souveraineté et le système politique, économique social et culturel, ni accepter l’ingérence de quel type qu’elle soit.  

 

Avec admiration, léonov a observé que l’âme et l’organisateur de cette confrontation qu’il désigne comme « véritablement biblique » contre les Etats-Unis fut Fidel Castro.

 

Dans ce combat toujours il a été épaulé par son partenaire fidèle, un organisateur talentueux, son jeune frère raoul Castro, a-t-il  ajouté avec émotion.

 

L’expérimenté général Leonov a conclu que « Aujourd’hui je me sens immensément orgueilleux d’avoir servi de traducteur entre . Anastás Mikoyán et Fidel en 1960, quand furent rétablies les relations diplomatiques entre Cuba et l’union soviétique. »

 

Sebastián Piñera en tête du vote présidentiel au Chili, mais une situation ouverte

Sebastián Piñera en tête du vote présidentiel au Chili, mais une situation ouverte

 

20 Novembre 2017
Premier bilan des élections présidentielles au Chili
 
(note de Danielle Bleitrach)

Dans cet article:
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Sebastián Piñera, le favori des Chiliens. Photo: EFE.

L’ancien président du Chili, Sebastián Piñera, est en tête du décompte des voix à l’élection présidentielle dimanche avec 36,67 % des voix , après le dépouillement de 81,75 % des bureaux de vote, selon le Service électoral (Servel). Après une carrière d’économiste marquée par un passage à Harvard, il bâtit sa réussite dans les années 1980, sous Pinochet, en introduisant les cartes bancaires au Chili. Il a lâché Pinochet en 1988 pour rejoindre la droite conservatrice. Il est une des personnalités les plus riches du pays, avec une fortune estimée en 2017 à 2,7 milliards de dollars. Il a été plusieurs fois mis en cause dans des affaires de corruption, de délits d’initiés. Sa fortune s’est étendue dans divers domaines y compris l’audiovisuel. Il est surnommé le Berlusconi Chilien.

 

Au deuxième rang et donc confronté à lui pour le deuxième tour Alejandro Guillier, avec 22,64 %,  c’est un sociologue , journaliste et politicien chilien, un candidat qui se situe dans la foulée de Michèle Bachelet, l’ancienne présidente très impopulaire, mais la nouveauté de la situation c’est le bon score de la candidate du Frente Amplio gauchiste, Beatriz Sánchez, au total 20,34 % des voix. Celle-ci refuse tout compromis avec le précédent mais dans cette élection, vu son score elle peut jouer un rôle déterminant. 

 

En fait le candidat arrivé en tête a déclaré être confiant puisqu’il a déjà été élu dans une configuration équivalente avec un parti de centre gauche déconsidéré et une gauche qui refuse de s’allier, mais le score de Beatriz Sanchez est réellement exceptionnel et peut changer la donne. Cette élection est importante dans un contexte où les pressions des Etats-Unis ont abouti à ce que les commentateurs disent être la fin d’un cycle progressiste en Amérique latine. En fait le cas n’est pas aussi clair que ce que disent ces analystes et la résistance populaire est forte.

 

Les cinq candidats restants n’atteignent pas les dix pour cent des voix, bien que l’on ait, jusqu’à présent, le bon vote de l’extrême-droite José Antonio Kast qui obtient 7,86% des voix.

 

Caroline Goic  5,91% des voix et le gauchiste Marco Enríquez-Ominami 5,68%.

 

Les premiers des 42890 bureaux de vote répartis dans 2.156 bureaux de vote au Chili ont commencé à fermer après 18H00 (heure locale) le jour où est élu le président, est aussi celui de l’élection des 155 députés, 23 des 50 sénateurs et 278 conseillers régional

 

Selon des sources officielles, pour des raisons de décalage horaire, les 162 autres répartis sur 62 pays sur tous les continents ont commencé à le faire, puisque ce sont les premières élections générales dans lesquelles les Chiliens inscrits au recensement des résidents peuvent voter depuis l’étranger.

 

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