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BRICS

Crise de la mondialisation : le temps des BRICS est venu

 

Par Emir Sader  |  2 décembre 2016    

Sociologue et politiste, coordinateur du Laboratoire des politiques publiques de l’Université d’Etat de Rio de Janeiro (UERJ) 

Quand le bloc occidental, mené par les Etats-Unis, a remporté la guerre froide, il affirmait que l’histoire avait atteint sa destination finale. Il y’aurait des bouleversements mais circonscrits au cadre de l’économie de marché capitaliste et de la démocratie libérale. C’était la fin de l’histoire.

 

La mondialisation néolibérale se chargeait de rendre universel ces schémas économiques et politiques. La Pax americanas’imposait. Mais le passage d’un monde bipolaire à un monde unipolaire sous hégémonie impérialiste nord-américaine n’a amené ni la paix, ni le développement économique. Au contraire, les zones de guerre se sont multipliées et la récession économique s’est mondialisée.

 

La crise récessive qui a débuté en 2008 est propre au système. Elle n’a pas de dates de fin ni de solution de sortie. Les politiques d’austérité menées par tous les pays européens sont des machines à produire de l’instabilité sociale et politique. Ce qui délégitime les systèmes et les partis politiques traditionnels.

 

Le Brexit a été une expression évidente du malaise provoqué par la mondialisation. L’élection de Donald Trump n’étant qu’une confirmation. Le rejet des effets de la mondialisation néolibérale s’est généralisé. Les gouvernements et partis qui persistent à suivre cette direction sont systématiquement battus. La crise d’épuisement de la mondialisation va de pair avec celle de la démocratie libérale. Celle-ci perd de la légitimité en n’exprimant pas les sentiments de la majorité de la population.

 

La fin de l’histoire a terminé en réalité en fin du néolibéralisme avec comme perspective le dépassement de ce dernier par les BRICS. Plus qu’un simple regroupement de pays, les BRICS ont commencé à dessiner un nouvel ordre économique, politique et international visant à remplacer celui construit à la fin de la seconde guerre mondiale représenté par la Banque mondiale, le FMI et le dollar.

 

Quand la mondialisation montre ses limites, elle condamne ses économies à un ralentissement sans fin et provoque la crise des systèmes politiques intégrés en son sein. C’est une période historique qui se termine. Nombreux étaient ceux à évoquer une supposée fin de cycle des gouvernements progressistes en Amérique latine mais ce qui se joue en réalité est une fin de cycle du système lui-même. C’est le sens des événements comme la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne ou la remise en cause des traités de libre-échange et d’autres piliers de la mondialisation par Donald Trump.

 

La mondialisation s’est épuisée sans qu’elle n’ait réussi à retrouver la croissance. Elle a institué, au contraire, la récession à l’échelle mondiale. Elle n’a pas non plus réussi à réduire les conflits dans le monde entier. Elle les a multipliés.

 

Le monde qui surgit du Brexit, de l’élection de Trump, de la profonde crise de l’Union européenne, et surtout des BRICS est un monde de transition. Transition entre la mondialisation menée par les Etats-Unis et son modèle néolibéral d’une part, et le pari d’une remise en marche du développement, d’une résolution négociée des conflits internationaux, d’un renforcement des Etats nationaux, des processus d’intégration régionale et des échanges Sud-Sud d’autre part.

 

Le moment est plus que jamais venu pour l’Amérique latine d’approfondir son processus d’intégration et surtout de se rapprocher des BRICS, de leur Nouvelle banque de développement et de leur fond commun de réserves. C’est un retour en arrière que de chercher à renouer avec les Etats-Unis. C’est se condamner à la récession, et s’éloigner des foyers dynamiques de l’économie mondiale. A l’image de ce qui s’est déroulé dans les années 1990, c’est devenir de nouveau insignifiant.

 

Au moment précis où la mondialisation et son modèle néolibéral s’épuisent à l’échelle mondiale, l’Argentine et le Brésil renouent avec ce modèle, après son échec retentissant dans ces pays dans les années 1990. Encore une preuve qu’il s’agit d’options contraires à la dynamique du monde au 21ème siècle.

 

Source : ALAI AMLATINA, 16/11/2016

 

Traduction : Fanny Soares

Les BRICS plaideront pour la Syrie : La visite de Poutine à Goa va accélérer la construction d’un monde multipolaire

 

16 Octobre 2016

Très important, tandis que la presse occidentale parle de l’isolement russe ou prétend que Poutine exerce un chantage à la guerre mondiale, les nouvelles qui nous parviennent des Brics et de la réunion de Goa prouvent les tentatives d’un monde de la coopération multipolaire qui laisse entrevoir une lueur d’espoir

(note de DB, traduction de MD pour histoireetsociete).


Sergey Aksenov

http://svpressa.ru/politic/article/158603/

 

Vladimir Poutine (G) et Narendra Modi à l'occasion du sommet annuel Inde-Russie. (Konstantin Zavrazhin/Service de presse du Kremlin)

Le président russe Vladimir Poutine et le Premier ministre de l’Inde, Narendra Modi (Photo: Constantin Zavrazhin / service de presse du Président de la Fédération de Russie / TASS)

 

Ce week-end à Goa (Inde) se tiendra le huitième sommet du BRICS. Le président russe est arrivé en Inde samedi matin avec un léger retard – à cause du brouillard, son avion a dû faire un atterrissage d’urgence à Mumbai. Le programme de rencontres de Vladimir Poutine a commencé par un dialogue avec son homologue indien le Premier ministre Narendra Modi. Toutefois, l’événement principal du week-end sera la réunion des dirigeants des cinq pays participant à l’union, et leur déclaration finale. Dans le contexte des tensions dans les décisions mondiales, les BRICS peuvent sérieusement affecter la situation internationale.

 

A la veille de son voyage, le Président Poutine dans une interview avec l’agence de nouvelles indienne IANS a appelé les BRICS «un élément clé du monde multipolaire émergent» et a expliqué pourquoi. « Nos pays n’acceptent pas la politique d’intimidation et de violation de la souveraineté des autres Etats. Dans un contexte où un certain nombre d’Etats de l’Occident tentent d’imposer leurs approches unilatérales, une telle position est d’une importance particulière », – a dit le président russe. Les « Cinq », a-t-il dit, réaffirment constamment leur attachement au droit international, avec un rôle central réservé à l’ONU.

 

Si auparavant, ces mots semblaient trop formels et vagues, maintenant, au moment de la crise aiguë en Syrie, cette position va pouvoir se concrétiser. Et Poutine a dit clairement: « Nous avons des approches similaires sur les problèmes internationaux, y compris la crise syrienne, le règlement au Moyen-Orient.» Cela ne peut signifier qu’une chose – dans la déclaration finale du sommet, d’une façon ou d’une autre sera abordée la question syrienne. Les enjeux sont plus élevés que jamais. Si la position russe sur la Syrie actuelle reçoit le soutien sans équivoque de géants comme la Chine et l’Inde, le conflit aura une dimension véritablement mondiale. Un point sur la carte où les intérêts des grandes puissances du monde s’entrecroisent.

 

En plus de la géopolitique, les sujets du sommet seront les questions de la croissance mondiale, la coopération des BRICS avec d’autres pays, le changement climatique et les contacts humanitaires. Il est prévu que les dirigeants du BRICS discuteront des résultats provisoires de la mise en œuvre de la «Stratégie de partenariat économique», ainsi que les questions de sécurité internationale, y compris le terrorisme. Le projet de feuille de route pour la coopération commerciale, économique et l’investissement entre les cinq pays jusqu’en 2020sera finalisé, et signé un protocole de coopération entre les banques de développement des pays BRICS et la Nouvelle Banque de développement BRICS, selon TASS. Le sommet se conclura par une réunion avec les dirigeants de l’Organisation du Golfe du Bengale. Comme nous pouvons voir, tout le monde veut travailler avec la Russie.

 

Créé comme une alternative à d’autres formats internationaux, le BRICS a été soumis depuis le début à la critique zélée de l’Occident. Ici encore, à la veille de la réunion à Goa, dans les médias du monde entier ont été publiés des textes pointant les divergences entre les pays participants et exprimant le scepticisme quant à la faisabilité de leur coopération. En effet, au moins deux pays – le Brésil et l’Afrique du Sud connaissent des difficultés politiques internes. La mise en accusation du Président du Brésil Dilma Rousseff selon de nombreux experts est associée à l’influence des États-Unis. Cependant, le BRICS a été créé dès l’origine avec des objectifs à long terme. En outre, les «piliers» de l’association, sans aucun doute, sont la Russie, l’Inde et la Chine.

C’est précisément l’opinion d’Alexandre Loukine, qui dirige le Département des relations internationales à la Faculté d’économie et politique mondiale de l’école HEC. « Parler de la perte de pertinence des BRICS relève de la pensée magique, » – a-t-il expliqué dans le magazine Profil « . – En fait, l’union des BRICS se fonde sur des tendances à long terme et est indépendante de tout gouvernement. Un gouvernement spécifique peut mettre plus ou moins l’accent sur cette tendance, mais les intérêts de la Russie, la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud, coïncident dans une certaine mesure, bien sûr pas dans tous les cas. »

 

Loukine est persuadé que le rôle principal des BRICS est géopolitique. L’économie est au second rang. «Le BRICS aujourd’hui n’a rien à voir avec le BRICS dont parlaient à l’origine les inventeurs du terme chez Goldman Sachs, qui établissaient une comparaison par rapport à leur développement économique… Maintenant le plus important pour les BRICS sont les facteurs géopolitiques et économiques connexes.» Selon lui, les BRICS dans une certaine mesure ont pris la place restée vacante après l’effondrement de l’URSS. Voilà pourquoi le BRICS cherche à obtenir une plus grande participation des pays du Tiers-Monde dans les institutions financières internationales. L’objectif principal des BRICS est d’être une alternative au «G7» dans le G20, dit Loukine.

 

Il semble que ce soit la seule approche correcte. Le BRICS est une union politique. L’économie est importante, mais secondaire et se développe donc principalement au niveau de la relation des pays les uns avec les autres. Les premières heures de la visite de Poutine,sans surprise, ont été consacrées à des projets économiques russo-indiens. Un total de 18 documents ont été signés. L’élément le plus important parmi les accords était la coopération militaro-technique. Entre autres choses, les pays ont signé des accords sur la fourniture de systèmes de missiles anti-aériens S-400 « Triumph », la production au bénéfice de la Marine indienne des frégates du projet 11356, ainsi que la création de la société indienne-russe pour la production d’hélicoptères Ka-226T.

 

Poutine et Modi ont assisté également à la cérémonie de lancement du deuxième bloc de la centrale nucléaire « Kudamkulan ». L’accord sur la construction des 5ème et 6ème bloc sera signé avant la fin de l’année. Un autre contrat important – « Rosneft » fournira à l’Inde 100 millions de tonnes de pétrole sur 10 ans. Cependant, la politique a prévalu et les deux dirigeants à la veille de l’assemblée générale ont exposé leur position sur les questions les plus chaudes. Ils sont convaincus que le conflit en Syrie devrait être résolu pacifiquement, « un dialogue global et inclusif sur la base du communiqué de Genève du 30 juin 2012 et des résolutions afférentes du Conseil de sécurité de l’ONU. » Quant à l’Ukraine, l’accord de Minsk doit être respecté, ont souligné Poutine et Modi.

 

Selon Boris Volkhonskoï, politologue, chef du secteur Asie de l’Institut russe de Recherches Stratégiques, le développement des BRICS comme association à l’échelle mondiale va grandement contribuer au développement des relations bilatérales entre la Russie et les autres participants. Le sommet indien donnera un nouvel élan aux relations avec à Delhi.

 

– Un grand tournant dans les relations avec l’Inde n’est pas à prévoir. Les relations entre nos pays ont plus de 60 ans. Il n’existe pas de désaccords fondamentaux entre la Russie et l’Inde. Mais en raison du fait que le contexte international a changé, il peut y avoir des nuances dans les détails, dans des affaires mineures. Le rejet total du monde unipolaire, qui selon toutes les indications, arrive maintenant à sa fin, fera en sorte que notre relation se poursuivra avec succès dans l’avenir. Il n’est pas un secret que la Russie, l’Inde et la Chine – sont les trois principaux piliers des BRICS. Maintenant, nous assistons à des tentatives de déstabilisation de ce format. Par exemple, les événements au Brésil. En outre, les États-Unis tentent de jouer sur les contradictions entre l’Inde et la Chine, qui sont une réalité. Il y a aussi des revendications territoriales.

 

Et le rôle que la Chine essaie maintenant de jouer dans le monde crée des tensions. En particulier, la tentative de créer un corridor économique avec le Pakistan, qui passera par le Cachemire, un territoire contesté entre l’Inde et le Pakistan, contrôlée par le Pakistan. Cependant, malgré toutes les contradictions, la Chine reste le plus grand partenaire commercial de l’Inde. En outre, la politique étrangère de l’Inde repose sur un principe multi-vectoriel. Ainsi, dans la doctrine de politique étrangère de l’Inde il est exclu de participer à des alliances militaires, mais elle développe des partenariats avec tout le monde. Au début des années 2000, nous avons signé un accord de partenariat stratégique. Après Delhi a signé un document similaire avec les États-Unis, et l’accord avec la Russie a été reformulé comme partenariat stratégique privilégié. Cet esprit va certainement continuer.

 

Mais notre coopération économique est très en retard. La mise en place d’infrastructures pour le développement des échanges est entravée par des facteurs géographiques. Le fait que pour la première fois en août dernier à Bakou ait été organisé un sommet trilatéral Russie-Azerbaïdjan-Iran, où l’un des principaux problèmes a été la construction du corridor de transport Nord-Sud, l’Inde et la Russie étant les principaux initiateurs et pilotes du projet, montre que nous serons en mesure d’installer une relation logistique courte avec l’Inde aussi. J’espère que ce projet sera discuté lors du sommet de Goa. Cela permettra de renforcer la cohésion de nos pays. En effet, le chiffre d’affaires actuel du commerce est de 8 milliards $, bien en deçà de nos possibilités. Le sommet avait été atteint en 2013 avec 11,5 milliards de dollars. La baisse est due à un changement du cours du rouble par rapport au dollar.

 

Le facteur le plus important sera la future adhésion de l’Inde et du Pakistan à l’OCS, qui de factoa déjà eu lieu, mais il reste à le fixer sur le plan juridique. Cela stimulera tous les processus d’intégration. Alors, en Eurasie existera un centre de pouvoir, ce qui contribuera à renforcer le format BRICS. L’OSC, un format régional, en se renforçant, aura un effet bénéfique sur les BRICS. Par exemple, lors du récent forum chinois sur le développement de la Route de la soie, il y avait des participants de 80 pays. Autrement dit, l’initiative d’intégration chinoise englobe le monde entier. Le même mécanisme jouera ici aussi.

 

« SP »: – Cependant les exercices militaires russo-pakistanais qui se sont déroulés récemment ne vont-ils pas affecter la poursuite du rapprochement entre la Russie et l’Inde?

 

– Par eux-mêmes, des exercices militaires de deux États ayant une existence juridique ne contreviennent pas au droit international et ne sont pas dirigés contre des pays tiers. En réalité, ils ont eu lieu dans une région montagneuse à l’ouest du Pakistan. Initialement, il était question du Cachemire, mais cela n’a pas eu lieu. On ne peut donc pas parler de geste inamical par rapport à l’Inde. En outre, y participaient nos tireurs alpins, ce qui montrent qu’ils étaient dirigés contre les terroristes, les rebelles, qui sont basés dans ce genre de zone. La Russie et l’Inde, et le Pakistan sont les cibles potentielles de ces personnes. En outre, parallèlement aux exercices russo-pakistanais avaient lieu des exercices russo-indiens en Extrême-Orient. Ainsi, malgré toutes les difficultés existantes entre l’Inde et le Pakistan, nous développons des relations avec tous, ce qui est raisonnable.

 

traduction MD pour H&S

Les USA tentent d’empêcher l’intégration de l’Eurasie dirigée par la Russie, la Chine

 

08 Aout 2016

Les troupes américaines et afghanes vérifier sur la ville de Yawez.

Ce texte paru dans spoutnik en anglais (le site en français étant infréquentable) replace le terrorisme dans un grand jeu autour  du continent eurasiatique, il s’agit pour les Etats-Unis et les Britanniques qui ne peuvent pas tout contrôler d’empêcher par le chaos l’alliance économique entre la Russie et l’Allemagne (le reste du continent suit) et il est évident que le projet chinois de la route de la soie est un obstacle supplémentaire pour les Etats-Unis. D’où l’accélération de leur capacité de nuisance, la question est de savoir ce qui sortira des élections de novembre

(note de Danielle Bleitrach)


POLITIQUE

19:10 06/08/2016(Mise à jour 19h11 08/06/2016) 
 

Pendant presque un siècle les géostratèges britanniques et américains ont tenté d’empêcher des rapprochements  russo-allemand et russo-chinois en tant que menace qui risquerait de saper la domination du Royaume-Uni / États-Unis. De même, le projet chinois « Une ceinture, une route » est considéré par les analystes américains de géopolitiques comme une menace.

 

Le monde retient son souffle pour voir si oui ou non le successeur d’Obama abolira la stratégie de politique étrangère de Washington visant à déstabiliser l’Eurasie, selon le Dr Christina Lin, collaborateur au Centre pour les relations transatlantiques à l’Université SAIS-Johns Hopkins, .

 

« Le monde attend maintenant et retient son souffle pour voir si l’élection américaine de  novembre inaugurera une nouvelle ère d’un monde multi-partenaires pour faire face aux défis mondiaux tels que la lutte contre le terrorisme, ou entrera dans une nouvelle guerre froide où s’intensifieront la confrontation et la domination dans un monde multipolaire » , écrit  le Dr Lin écrit dans son article pour Asia Times.

 

Toujours à partir du film de 1964 de Stanley Kubrick Dr. Strangelove
© PHOTO: CAPTURE D’ÉCRAN / COLUMBIA PICTURES / STANLEY KUBRICK

Il semble que les racines de la stratégie étrangère américaine s’enfoncent profondément dans le paradigme géopolitique de Halford Mackinder surnommé la « théorie du Heartland ».Mackinder (1861 – 1947), le géographe britannique, universitaire et homme politique a considéré le continent eurasien comme le « centre » de la politique mondiale et a déclaré que le pouvoir qui contrôle l’Eurasie ( « Heartland ») pourrait affecter les affaires du monde.

 

D’autre part, étant un Britannique, Mackinder a exprimé des préoccupations au sujet de l’alliance russo-allemande qui menaçait de saper les positions géopolitiques de l’Empire britannique.

 

Dans son célèbre essai « Le pivot géographique de l’histoire » écrit en 1904, Mackinder dirige  l’attention sur le fait que si l’Eurasie est intégrée au moyen d’un réseau de chemins de fer, il y aurait là une manière de rééquilibrer considérablement le commerce mondial et de diminuer l’importance du Royaume-Uni comme puissance maritime mondiale

 

Harold Mackinder
© WIKIPEDIA / BIBLIOTHÈQUE DE LA LONDON SCHOOL OF ECONOMICS AND POLITICAL SCIENCE
Harold Mackinder
 

« Les chemins de fer russes ont un parcours de 6000 miles de Wirballen à l’ouest à Vladivostok dans l’est… Il est vrai que le chemin de fer transsibérien est encore une ligne unique et précaire de  communication, mais le siècle ne sera pas vieux avant que toute l’Asie soit couverte de chemins de fer,  » prévoit Mackinder.

 

« Les espaces au sein de l’Empire russe et de la Mongolie sont si vastes, et leurs potentialités en accueil de population, de blé, de coton, de carburant et de métaux sont tellement incalculables, qu’il est inévitable qu’un vaste monde économique, plus ou moins à part,  s’y développe, inaccessible au commerce océanique » , a-t-il averti.

 

« Le plein de développement de sa mobilité ferroviaire moderne [de la Russie] est simplement une question de temps. Il est probable que toute révolution sociale possible va modifier ses relations essentielles aux grandes limites géographiques de son existence », prédisait le prophétique universitaire britannique.

 

Le président russe Vladimir Poutine (R) serre la main avec son homologue chinois Xi Jinping
© AFP 2016 / KIRILL KUDRYAVTSEV
 
 

Plus de cent ans se sont écoulés depuis la prévision de Mackinder, mais les principaux impératifs géopolitiques sont restés intacts. Après l’effondrement de l’Union soviétique, la Russie a continué d’entretenir des liens étroits avec l’Allemagne de l’Ouest et avec l’ancienne périphérie de l’Asie centrale de l’URSS dans le sud. Dans le même temps Moscou a poursuivi sa coopération avec Pékin à l’est.

 

Le plus grand cauchemar de Mackinder est sur le point de se réaliser avec l’initiative « One Road, One Belt »  (OBOR) lancée en 2013 par le président chinois Xi Jinping. Le projet prévoit la création d’un réseau de chemins de fer à grande vitesse qui va s’étirer de Shanghai à Berlin.

 

On pouvait s’y attendre, une plus grande intégration de l’Eurasie ne fait pas l’affaire des États – Unis » car elle menace de faire pencher la balance du pouvoir mondial en faveur du Heartland.

 

Cette carte montre l'étendue et de l'ampleur des plans de la Chine pour «nouvelles routes de la soie», y compris une vaste transport et logistiques liens terrestres et maritimes.
 
Cette carte montre l’étendue et l’ampleur des plans de la Chine pour de «nouvelles routes de la soie», y compris un vaste réseau (transport et logistique) de liens terrestres et maritimes.
 

« [Le] Etats-Unis veulent mettre fin à une coalition entre l’Allemagne et la Russie parce que la combinaison du capital allemand et de sa technologie avec les ressources naturelles de la Russie et sa main-d’œuvre peut contrer la domination américaine. Son mouvement de déstabiliser et de jeter de l’équilibre hors « pays en Eurasie menace la Chine "One Ceinture, Un projet de route" qui contribuerait à l’intégration économique eurasienne et réduire l’espace ungoverned pour les organisations terroristes de prospérer », souligne Lin.

 

Le président Vladimir Poutine rencontre le président chinois Xi Jinping
© SPUTNIK / MICHAEL KLIMENTYEV
 
 

Il cite George Friedman, fondateur et président de l’intelligence privée et géopolitique société de prévision, Stratfor. En février ici à 2015 Friedman a prononcé un discours au Conseil de Chicago influent sur les affaires mondiales. « L’intérêt primordial des États-Unis dont pour siècle nous avons combattu les guerres – la première [Guerre mondiale], la deuxième et la guerre froide – a été la relation entre l’Allemagne et la Russie, parce que unis ils sont la seule force qui pourrait nous menacer et il faut faire en sorte que cela ne se produise pas, » a souligné  Friedman en poursuivant dans la veine du paradigme géopolitique de Mackinder.

 

Le membre de la fondation Stratfor a précisé que les États-Unis doivent créer un « cordon sanitaire » autour de la Russie, la séparant de l’Allemagne et préservant l’engagement des nations d’Europe orientale dans le giron américain.

 

« De toute façon, nous sommes de retour au vieux jeu », a souligné Friedman.

 

Friedman faisait apparemment référence à la formule exprimée par le premier Secrétaire général de l’OTAN (1952-1957) général Hastings Lionel Ismay: « pour garder les Russes, les Etats-Unis tireront les Allemands vers le bas. »

 

Le président russe Vladimir Poutine (R) et son homologue chinois Xi Jinping assister à une cérémonie d'accueil à l'extérieur du Grand Palais du Peuple à Beijing, en Chine, le 25 Juin, 2016
© REUTERS / KIM KYUNG-HOON
 
 

Lin souligne que les États-Unis sont lancés dans l’adage  « diviser pour régner »  plan en Asie centrale et orientale. Il note que les États-Unis n’ont pas les ressources pour occuper tout l’Eurasie, il a commencé à appuyer les rivalités entre les nations, attisant les flammes simultanément entre eux, de sorte qu’ils sont dépassés par leurs problèmes. Lin souligne que la proposition de Friedman de mener des attaques, comme au Vietnam, en Irak et en Afghanistan pour « les jeter hors d’équilibre, comme nous [US] avons fait avec al-Qaïda en Afghanistan », de toute évidence menace le projet OBOR dirigé par la Chine . 

 

Les néo-conservateurs américains et leurs bailleurs de fonds sont actuellement impliqués dans une guerre froide de style « grands jeux » visant à jeter plus de pays « hors d’ équilibre ». En conséquence, de plus en plus gouvernées espaces en Eurasie sont la proie de terroristes comme Daesh (ISIS / ISIL), met-il en garde.

 

En revanche, des projets tels que OBOR visent à restreindre « l’espace ingouvernable  » dans lequel  les organisations terroristes prospèrent.

 

La question sur toutes les lèvres est : la stratégie étrangère de Washington se poursuivra-t-elle après l’élection de novembre.

La Russie et la Chine: est-ce que vous devez vous méfier de l’éclosion du colosse eurasien ?

 

07 Aout 2016

https://tpc.googlesyndication.com/safeframe/1-0-4/js/ext.js

 

 

Encore un article du même auteur qui développe la même mise en garde face aux Etats-Unis sur le dédain à l’égard de la relation sino-soviétique, passionnant

(note de Danielle Bleitrach)


Est-ce que ces deux grandes puissances pourraient se rapprocher plus encore ?


Lyle J. Goldstein
25 octobre 2015

 

http://nationalinterest.org/feature/russia-china-beware-the-budding-eurasian-colossus-14163

 

Comme l’intervention militaire inattendue de la Russie en Syrie a dominé les unes des journaux à travers le monde au cours des dernières semaines, quelques médias ont spéculé sur le fait que les forces chinoises pourraient entrer dans la mêlée. Bien que « la rumeur  » en particulier dans ce cas reste très peu probable, la question n’est pas tout à fait bizarre. Après tout, il y a seulement quelques mois qu’une escadre navale chinoise était dans la mer Noire en train de mener des exercices avec la flotte russe. De plus, la capacité de la marine chinoise a augmenté régulièrement au Moyen-Orient depuis qu’elle a envoyé sa première flottille dans le golfe Persique à l’automne 2014, elle a également mené des opérations d’évacuation de la population au Yémen en 2014 et Libye en 2011, tandis que la marine de l’APL maintient ses patrouilles anti-piraterie dans le golfe d’Aden. Des dilemmes majeurs de sa politique étrangère et de défense attendent Pékin alors que la Chine continue à tracer son projet   » une route, une ceinture  » – son propre «pivot» stratégique de la Chine à l’ouest.


Néanmoins, le succès continu du président russe Vladimir Poutine à maintenir  l’Ouest au large avec son gambit syrien soulève aussi l’urgence de comprendre la trajectoire de la relation sino-russe. Pendant des années, les analystes occidentaux ont suggéré que le lien Moscou-Pékin ne pouvait pas conduire à grand-chose car il est largement considéré comme étant purement une relation de convenance nimbée de suspicion mutuelle. Au cours de la dernière décennie, d’ailleurs, ce scepticisme a semblé faire ses preuves à plusieurs reprises, par exemple dans les différents projets énergétiques bilatéraux qui se sont déplacés lentement, au mieux, ou dans les initiatives politiques un peu indolentes de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) gérée conjointement. Mais les stratèges occidentaux sont, néanmoins, en droit de regarder cette relation comme devenue plus  étroite depuis un renforcement majeur des relations entre la Russie et la Chine, ce qui  pourrait se développer dans un « colosse » eurasien (mais avec deux capitales au lieu d’une) ce contre quoi les gourous de la géopolitique nous avaient depuis longtemps mis en garde.


Les signes d’une amélioration constante du  partenariat Russie-Chine  sont très facilement visibles. Les visites réciproques des deux Présidents pour observer une victoire des célébrations de l’autre (et l’absence manifeste de dirigeants occidentaux à chaque événement) semblaient être la preuve d’ un isolement contemporain partagé, ainsi que le constat de leur histoire commune d’avoir subi des pertes catastrophiques dans l’énorme incendie de la Seconde Guerre mondiale. Un récent article dans la prestigieuse revue militaire chinoise, 中国军事科学 [Military Science Chine] montre le rôle saillant de ce partage historiquedans l’exploration de la « Coopération sino-soviétique pendant la guerre mondiale anti-fasciste. » Dans un chapitre de la Seconde Guerre mondiale qui est rarement abordé à l’Ouest, cet article explique que Moscou n’a pas craint d’aider la Chine avec près de 1000 avions (et pilotes bénévoles d’accompagnement) dans les quatre ans après le Massacre de Nanjing en décembre 1937. Il existe de nombreuses raisons pour lesquelles cette aide extraordinaire n’est pas connue comme elle le devrait. Pour Moscou, cette aide somptueuse peut apparaître comme une erreur stratégique importante dans les années précédant l’assaut nazi quand l’Armée rouge aurait sans doute pu utiliser ces mêmes avions comme une force de réserve vitale. Mais en Chine, l’aide soviétique pendant la Seconde Guerre mondiale n’a pas été étudiée à fond pendant de nombreuses décennies, parce qu’une grande partie de l’aide était apportée aux Chinois nationalistes plutôt que les communistes, et plus particulièrement en raison de l’héritage de la menace soviétique datant des années 1960 qui aurait fait de ces révélations historiques une violation de  l’orthodoxie maoïste anti-soviétique en vigueur.

 

Bien que l’histoire soit en effet intéressante et pertinente, le centrage de cette édition de Dragon Eye porte plutôt sur la relation contemporaine sino-russe. En ce qui concerne le «triangle stratégique» rendu célèbre par les pirouettes diplomatiques de Henry Kissinger au début des années 1970 , une vue fascinante est offerte dans une édition de la mi-2015 俄罗斯东欧中亚研究 [Recherche sur la Russie, l’Europe orientale et l’Asie centrale], publiée par l’Académie chinoise des sciences sociales. Ce journal a une intéressante enquête des écrits occidentaux sur l’évolution des relations sino-russes. Ces recensions d’une telle littérature sont assez courantes dans les  revues chinoises de sciences sociales, et celle-ci est admirablement complète, citant comme il le fait, certaines solides analyses publiées dans ce forum vénérable sur le sujet de la relation sino-russe. Mais cette revue de la littérature chinoise suggère que la plupart des analyses occidentales sont superficielles sur le fond  et sont également plutôt pessimistes, « …唱衰中俄关系… » [… chantonnant sur le déclin des relations sino-russes …].

 

L’enquête développe une ligne intéressante pour le développement de la relation entre la Russie et la Chine dans le monde de l’après-guerre froide, en commençant par une déclaration claire de Moscou lors de la crise 1995-1996 de Taiwan affirmant que sa « politique d’une Chine » ne changerait pas. Alors que les guerres dans les Balkans ont poussé la Russie et la Chine à se rapprocher, cette analyse chinoise rapporte que les relations Russie-Chine « face au défi des événements 9/11, » alors que  la Russie était  apparue, pour un temps au moins,  pencher fortement vers les US. Fait intéressant, il est noté que Pékin n’a pas soutenu explicitement Moscou pendant la guerre de 2008 avec la Géorgie. Cette analyse observe aussi une inclinaison apparente du président d’alors Dmitri Medvedev à « 亲美疏中 » [baiser avec les États – Unis, tout en négligeant la Chine]. Selon cette analyse, cependant, le resserrement du lien Moscou-Pékin existait déjà bien avant la crise en Ukraine. En particulier, l’auteur cite l’intervention occidentale de 2011 en Libye comme un tournant majeur. L’Ours et le Dragon n’ont ni l’un ni l’autre apprécié les répercussions du «printemps arabe» dans leurs propres régions respectives. En effet, leur perception commune était que l’Occident était de plus en plus impatient de voir un changement de régime en Russie et en Chine. Il était impératif de mettre un terme à ces tendances ce qui a été suggéré dans une coordination diplomatique sino-russe à la mi-2012 afin d’éviter les sanctions de l’ONU contre le régime d’Assad à Damas. Une preuve supplémentaire, bien sûr, est que le premier voyage de Poutine à l’étranger après avoir pris à nouveau la présidence russe en 2012 a été la Chine, tandis que le trajet inverse a été fait lors du voyage inaugural de Xi à l’étranger comme président chinois en 2013. Néanmoins, il y a peu de doute que le crise de l’Ukraine a également contribué à l’avènement d’une «nouvelle normalité» dans les relations russo-chinoises. Cette analyse chinoise démontre une conscience aiguë que les analystes occidentaux sont maintenant sérieusement préoccupés de peur que la relation évolue en une  véritable alliance politico-militaire « 军事政治联盟 ».

 

L’enquête chinoise enregistre consciencieusement qu’il existe beaucoup de scepticisme dans les évaluations occidentales quant à la possibilité d’une véritable coordination  stratégique Russie-Chine. Par exemple, une académie occidentale bien connue est citée comme suggérant que les relations entre la Russie et la Chine « sont pleines de faiblesse. » Il est connu que d’autres analystes occidentaux soulignent à la fois les limites du partenariat, ainsi que sa nature «asymétrique». Sur ce dernier point, il est suggéré qu’il y ait un « 实力差距 » [capacity gap] de plus en plus entre les deux puissances et il y a aussi une perception en Occident que dans la relation bilatérale Pékin est de plus en plus assis sur le siège du conducteur. En effet, si ces enquêtes sur la littérature sont populaires parmi les spécialistes chinois, une des raisons est qu’elles peuvent permettre aux spécialistes chinois d’émettre des préoccupations qui ne sont pas tout à fait politiquement correctes dans les deux centres qu’il s’agisse de Pékin (ou Moscou pour cette question). Il y a une discussion sur l’héritage de l’ hostilité et la méfiance qui peuvent encore subsister concernant  la confrontation armée qui a eu lieu à la frontière dans le milieu de la guerre froide. Fait intéressant, l’analyse fait observer que cette méfiance peut « 加上文化上俄罗斯一直对西方的认同感 » [renforcer le degré auquel la Russie s’identifie toujours avec l’Occident sur le plan culturel]. Pour donner un exemple relativement concret des difficultés, cette étude mentionne, par exemple, la façon dont la copie chinoise des systèmes d’armes russes a provoqué en Russie une méfiance accrue en matière d’exportation de technologies d’armement à la Chine. Pendant ce temps, il est souligné l’hostilité chinoise contre de telles limitations de la technologie des armes, car il semble que la Russie juste cherche à maintenir son avantage dans la technologie militaire sur la Chine. Pour cette raison et d’autres, l’analyse chinoise conclut que les spécialistes occidentaux sont généralement dédaigneux de «专制主义轴心 » [soi-disant axe autoritaire ] et voient la relation comme une sorte de «monnaie d’échange» pour Moscou et Pékin dans leur relations respectives avec l’Occident. La pièce se termine par la vue plutôt sombre que beaucoup d’Occidentaux préoccupés par la Russie considèrent toujours la Chine (vice – Russie) en tant que « 真正的战略对手 » [le véritable adversaire stratégique]. L’auteur chinois observe, par ailleurs, que l’Occident vise toujours à « utiliser la Chine pour encercler la Russie et à employer la Russie pour encercler la Chine … »

 

En regardant la stratégie syrienne de Poutine se dérouler, avec toutes les perturbations occidentales connexes, de nombreux diplomates chinois sont sûrs de plaider pour le plus classique des stratagèmes chinois: « 坐山观虎斗 » [assis sur la montagne et regarder les tigres se battre]. Cependant, les analystes occidentaux peuvent encore être trop sceptiques concernant le développement des relations entre la Russie et la Chine. Comme cela a été suggéré ci-dessus, diverses périodes de l’histoire ont vu des niveaux très élevés de collaboration sino-russe, pour inclure – ne l’ oublions pas – la fondation même du Parti communiste chinois. Il n’est pas du tout évident, comme cela est souvent suggéré, que l’antagonisme est l’ «état naturel» des affaires dans les relations sino-russes. La double combinaison du «rééquilibrage» en tandem avec toujours en évolution la réponse stratégique de l’Occident à la crise en Ukraine, peut encore se révéler suffisante pour solidifier un contrepoids eurasien géopolitiquement important.

 

Lyle J. Goldstein est professeur agrégé à l’ Institut d’études maritimes de la Chine (CMSI) au US Naval War College de Newport, RI. Les opinions exprimées dans cette analyse sont les siennes et ne représentent pas les évaluations officielles de la Marine des États-Unis ou tout autre organisme du gouvernement des États-Unis.

 

Note de l’éditeur: Ce qui suit fait partie d’une série occasionnelle appelé Dragon Eye, qui cherche un aperçu et une analyse des écrits chinois sur les affaires du monde. Vous pouvez trouver tous les articles de retour dans la série ici .

La banque des BRICS est essentielle pour briser la mainmise du dollar américain

 

Publié le 

La banque des BRICS est essentielle pour briser la mainmise du dollar américain

2016-07-28 15:06:44 xinhua

 

La Nouvelle banque de développement (NBD) créée par les pays des BRICS, à savoir le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud, aidera à briser la mainmise du dollar américain sur le commerce mondial, a annoncé un expert brésilien.

 

"L'établissement de la NBD fait partie d'un désir de fournir de l'aide aux pays touchés par la crise sans qu'ils aient à se tourner vers la Banque mondiale ou le FMI (Fonds monétaire international)", a indiqué Bruno Martarello de Conti, professeur d'économie et expert des BRICS à l'Université d'Etat de Campinas, à Sao Paulo, dans une récente interview accordée à Xinhua.

 

Le 21 juillet 2015, la NBD a officiellement été ouverte à Shanghai avec pour objectifs principaux de se concentrer sur des projets dans les infrastructures et le développement durable.

 

"Les institutions multilatérales créées après la Seconde Guerre mondiale ont toutes été centrées sur le dollar américain. Le FMI fait des prêts en dollar américain, et ils doivent être remboursés dans la même monnaie. Entre 80% et 90% du commerce international est réalisé en dollar américain", a déclaré l'expert.

 

"Par conséquent, les pays des BRICS et la NBD peuvent tenter de faire des opérations dans leurs propres monnaies, comme le renminbi (chinois) ou le real (brésilien). Cela favorisera l'utilisation d'autres monnaies, ce qui est important pour le système monétaire international", a-t-il ajouté.

 

Un autre aspect intéressant est que les pays des BRICS sont prêts à partager une partie de leurs réserves internationales pour s'entraider dans les moments difficiles, a indiqué M. de Conti, se référant à l'Accord de fonds de réserve (Contingent Reserve Arrangement), qui est une réserve d'une valeur de 100 milliards de dollars destinée à des mesures de liquidité et de protection contre la crise.

 

"Quand l'un d'entre eux est en crise, ils auront accès à ces réserves au lieu de demander un crédit au FMI, qui impose de nombreuses contraintes. Nous pouvons définir nos propres critères pour le partage de ces réserves, sans dépendre du FMI", a-t-il expliqué.

 

Selon l'expert, le potentiel de la NBD ne se limite pas aux cinq pays des BRICS. "L'idée est d'inviter d'autres pays d'Amérique latine, d'Afrique et même la Grèce à rejoindre la NBD. Tous les pays en périphérie peuvent considérer la NBD comme une source importante de fonds, en parallèle de la Banque mondiale".

 

En outre, une collaboration plus étroite au sein des pays des BRICS peut resserrer les liens entre ses membres, a affirmé l'expert, prenant en exemple la coopération entre la Chine et le Brésil.

 

"Les investissements chinois sont très importants pour le Brésil, car cela peut être une source de demande pour la reprise de notre économie", a-t-il indiqué, appelant les deux pays à travailler ensemble dans le domaine des infrastructures.

 

"Par exemple, la Chine importe beaucoup de soja du Brésil, mais les cultures sont principalement dans les Etats de Goias et de Mato Grosso, dans le centre-ouest du pays. Ces Etats sont loin des ports, et les pousses de soja doivent être transportées aux ports par camions, ce qui les rend plus chères pour les Chinois", a-t-il fait savoir, ajoutant : "La construction d'un chemin de fer serait bonne tant pour le Brésil que pour la Chine, car cela pourrait aider à réduire les frais d'importations".

 

Martarello de Conti a déclaré que la NBD pourrait être une source de financement importante pour les infrastructures au Brésil, indiquant que "nous avons la Banque brésilienne de développement, qui est importante, mais qui a ses limites. La NBD pourrait être essentielle pour notre développement".

 

source: http://french.cri.cn/621/2016/07/28/562s487698.htm

 

Publié par Jean Lévy

Le partenariat stratégique entre la Russie et la Chine au top !

La carte montre bien l'intérêt stratégique de la coopération renforcée entre la Russie et la Chine

La carte montre bien l'intérêt stratégique de la coopération renforcée entre la Russie et la Chine

Analyse communiste internationale

Blog d'information et d'analyse des mouvements politiques

xinhua

Les relations entre la Russie et la Chine sont à leur comble, a annoncé mardi le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

"Cette relation est constamment approfondie et développée dans l'intérêt de nos pays et de nos peuples", a expliqué M. Lavrov dans une interview conjointe accordée aux médias chinois, japonais et mongoles.

Il a expliqué que la Russie et la Chine souhaitent étendre la coopération et aligner l'Union Economique Eurasienne (UEE) dirigée par la Russie avec l'initiative "Ceinture et Route" de la Chine.

"Actuellement, un accord sur la coopération commerciale et économique entre l'UEE et la Chine est en cours de préparation et une feuille de route pour des projets d'intégration prioritaires est établie simultanément", a-t-il poursuivi.

Le diplomate a également souligné l'importance de la coopération régionale entre les deux pays, impliquant notamment l'Extrême-Orient russe et les provinces du nord-est de la Chine, ainsi que le projet Volga-Yangtzé.

Alors que la Russie et la Chine expérimentent "des effets négatifs" à cause d'une économie mondiale au ralenti, M. Lavrov a déclaré qu'il pense que la baisse du volume commercial de la Russie avec la Chine et d'autres voisins extrême-orientaux n'est que temporaire.

Par ailleurs, M. Lavrov a déclaré que la Russie et la Chine souhaitent établir une zone de libre-échange entre l'UEE et l'Organisation de Coopération de Shanghai (OCS), idée initiée par le président russe Vladimir Poutine.

Source: http://french.cri.cn/621/2016/04/13/661s475606.htm

Publié par Jean Lévy

Lula et les BRICS pris dans une lutte à mort avec l'Empire, Par Pepe Escobar

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« BRICS » est l'acronyme le plus obscène pour l'axe Washington/Wall Street, et cela pour une bonne raison : la consolidation des BRICS est le seul projet organique de portée mondiale qui a le potentiel de faire dérailler l'emprise de l'empire exceptionnaliste sur ce que l'on appelle la « communauté internationale ».

Il n'est donc pas surprenant que les trois puissances clés des BRICS aient subi, depuis un certain temps, des attaques simultanées sur de nombreux fronts. Concernant la Russie, tout tourne autour de l'Ukraine et de la Syrie, la guerre des prix pétroliers, la curieuse attaque hostile contre le rouble et la diabolisation systématique de l'«agression russe ». Quant à la Chine, tout est lié à l'« agression chinoise » dans la mer de Chine méridionale et au raid (raté) contre la bourse de Shanghai/Shenzhen. Le Brésil est le maillon le plus faible de ces trois puissances clés émergentes. Fin 2014, il était déjà manifeste que la meute habituelle porterait sans retenue tous les coups possibles pour déstabiliser la septième économie mondiale, avec pour objectif un bon vieux changement de régime au moyen d'un méchant cocktail d'impasse politique (« l'ingouvernabilité ») poussant l'économie à s'enliser.

Parmi la quantité de raisons justifiant cette attaque, on retrouve : la consolidation de la banque de développement des BRICS ; l'initiative concertée des BRICS de commercer dans leurs propres devises, en contournant le dollar US et visant à une nouvelle devise de réserve mondiale pour le remplacer ; la construction d'un câble sous-marin de télécommunication en fibre optique entre le Brésil et l'Europe, ainsi que le câble des BRICS reliant l'Amérique du Sud à l'Asie de l'Est - tous deux contournant la mainmise des Etats-Unis.

Et par-dessus tout, comme d'habitude, il y a le saint des saints - lié à l'ardent désir de l'Empire exceptionnaliste de privatiser l'immense richesse naturelle du Brésil. Une fois encore, tout est question de pétrole.

Coincer Lula à tout prix !

Déjà en 2009, Wikileaks exposait comment les majors pétrolières étaient actives au Brésil, en essayant de modifier - par tous les moyens d'extorsion nécessaires - une loi proposée par l'ancien président Luiz Innácio Lula da Silva (plus connu sous le nom de Lula), positionnant la lucrative compagnie nationale Petrobras comme opératrice en chef de tous les blocs offshore de la plus grande découverte de pétrole de ce début de 21ème siècle, les gisements pré-salifères.

Lula n'a pas seulement maintenu hors du tableau les majors pétrolières - en particulier ExxonMobil et Chevron - mais il a également ouvert l'exploration pétrolière au Brésil à la Chinoise Sinopec, dans le cadre du partenariat stratégique sino-brésilien (BRICS entre BRICS).

Un Empire exceptionnaliste humilié est capable de tout ! À l'instar de la Mafia, il n'oublie jamais ; un jour, Lula devra payer, comme Poutine doit payer pour s'être débarrassé des oligarques alliés aux Américains.

L'affaire a démarré avec les révélations d'Edward Snowden sur la façon dont la NSA espionnait la Présidente brésilienne Dilma Rousseff et les dirigeants de Petrobras. Elle s'est poursuivie avec le fait que la police fédérale brésilienne coopère aussi bien avec le FBI que la CIA, qui lei prodiguent entraînement et formation et/ou qui la nourrissent, étroitement (surtout dans la sphère de l'antiterrorisme). Et cela a continué à travers l'enquête « Car Wash », qui dure depuis deux ans, laquelle a découvert un vaste réseau de corruption impliquant des acteurs au sein de Petrobras, des sociétés de construction brésiliennes et des politiciens du Parti des Travailleurs au pouvoir.

Le réseau de corruption est bien réel - avec des « preuves » généralement orales, rarement étayées par des documents et obtenues essentiellement auprès de menteurs professionnels rusés qui mouchardent dans le cadre de procédures « plaider-coupable ». 

Mais pour les procureurs de l'opération « Car Wash », le véritable objectif, depuis le début, est comment prendre Lula au piège.

Entre en scène l'Elliott Ness des tropiques

Cela nous conduit à ce vendredi spectaculaire, une mise en scène hollywoodienne, à Sao Paulo, qui a envoyé des ondes de chocs dans le monde entier. Lula « détenu », interrogé, humilié en public. Voici mon analyse détaillée.

Le Plan A pour le raid hollywoodien contre Lula était un pari ambitieux : il s'agissait non seulement de paver la voie pour la destitution de la Présidente Dilma Rousseff, sur une accusation d'« association de malfaiteurs », mais de « neutraliser » Lula pour de bon, en l'empêchant de se représenter à la présidentielle en 2018. Il n'y avait pas de Plan B.

On pouvait s'attendre - comme dans tous les coups montés du FBI - à ce que toute l'opération se retourne contre ses instigateurs. Lula, dans un discours politique d'une grande maîtrise, diffusé en direct dans tout le pays, s'est non seulement positionné de façon convaincante comme la victime d'une conspiration, mais a également revigoré ses troupes ; même des conservateurs respectables ont fermement condamné la mise en scène hollywoodienne, parmi eux, un ministre de la Cour Suprême et un ancien ministre de la justice, ainsi qu'un économiste de premier plan, Bresser Pereira, l'un des fondateurs du PSDB - les anciens sociaux-démocrates devenus des agents néolibéraux sous influence américaine -, et des dirigeants de l'opposition de droite.

Bresser a en fait déclaré que la Cour Suprême brésilienne devrait intervenir dans l'opération Car Wash pour empêcher les abus. Lula, par exemple, avait demandé à la Cour Suprême de détailler quelle jurisprudence était appropriée pour enquêter sur les accusations formulées contre lui. En outre, un avocat au centre de la scène durant le raid hollywoodien a dit que Lula avait répondu sans sourciller à toutes les questions durant cet interrogatoire de près de quatre heures - des questions auxquelles il avait déjà répondu auparavant.

L'avocat Celso Bandeira de Mello, pour sa part, n'a pas mâché ses mots : la classe moyenne supérieure - dont une bande exécrable qui se vautre dans l'arrogance, l'ignorance et les préjugés, et qui rêve de posséder un appartement à Miami - est terrifiée à l'idée que Lula se représente en 2018, et remporte l'élection.

Et cela nous amène au juge et à l'exécuteur de tout ce mauvais film : Sergio Moro, l'acteur principal de Car Wash.

La carrière universitaire de Moro est loin d'être excitante. Ce n'est pas exactement une grosse-tête. Il a passé son diplôme d'avocat en 1995 dans une médiocre université perdue au milieu de nulle part dans l'un des Etats méridionaux du Brésil et a fait quelques voyages aux Etats-Unis, dont l'un d'eux fut financé par le Département d'Etat pour apprendre sur le blanchiment d'argent. Comme je l'ai déjà fait remarquer, son chef-d'œuvre est un article publié en 2004 dans un obscur magazine (seulement en portugais, intitulé Considérations à propos de Mani Pulite, CEJ, numéro 26, juillet/septembre 2004), dans lequel il vante clairement les mérites de la « subversion autoritaire de l'ordre judiciaire pour atteindre des objectifs spécifiques » et l'utilisation des médias pour intoxiquer l'atmosphère politique.

En un mot, le juge Moro a littéralement transposé la fameuse enquête des années 1990 Mani Pulite (« Mains Propres ») de l'Italie au Brésil - instrumentalisant au maximum les médias institutionnels et le système judiciaire pour accomplir une sorte de « délégitimation totale » du système politique. Mais pas de tout le système politique ; juste le Parti des Travailleurs, comme si les élites à tout faire, infiltrées dans la droite brésilienne, étaient des chérubins.

Il n'est donc pas surprenant que l'acolyte principal de Moro, tout du long de l'opération Car War, est la famille oligopolistique Marinho, de l'empire médiatique Globo - un nid de vipères réactionnaires, pas très futées, qui a entretenu des relations très étroites avec la dictature brésilienne, entre les années 1960 et les 1980. Ce n'est pas par hasard que Globo a été informé en avant-première de l'« arrestation » hollywoodienne de Lula, lui permettant de s'investir dans un reportage à la CNN très complet.

Moro est considéré par quantité de personnes au Brésil comme un Elliott Ness du cru. D'autres avocats qui ont étroitement suivi son travail indiquent cependant qu'il nourrit le fantasme tordu que le Parti des Travailleurs est une mafia saignant et pillant l'appareil d'Etat dans le but de le livrer, en petits morceaux, aux syndicats.

Selon l'un de ces avocats, un ancien président de l'association des avocats à Rio, qui ont parlé à des médias brésiliens indépendants, Moro est entouré d'une bande de jeunes procureurs fanatiques, avec peu de connaissance juridique, et posant comme l'Antonio di Pietro brésilien (mais sans la solidité du procureur milanais de « Mains Propres »). Pire, Moro oublie que l'implosion du système politique italien a conduit à l'avènement de Berlusconi. Au Brésil, cela conduirait certainement à l'avènement d'un clown, un idiot du village, soutenu par l'empire Globo, dont les pratiques oligopolistiques sont assez berlusconiennes.

 Les Pinochet du numérique

 On peut dire que le raid hollywoodien contre Lula ressemble étrangement à la première tentative de coup d'Etat au Chili en 1973, qui testa la température en termes de réponse populaire avant le véritable coup d'Etat. Dans le remix brésilien, les larves médiatiques assorties de Globo posent comme des Pinochet numériques. Au moins, beaucoup de rues à Sao Paulo arborent des graffitis disant « Plus jamais de coup d'Etat militaire ».


Oui, parce que tout ceci est une question de coup d'Etat en douceur - sous la forme d'une procédure de destitution de Rousseff et de l'envoi de Lula à la potence. Mais les vieilles habitudes (militaires) ont la vie dure : les asticots médiatiques de Globo vantent maintenant les mérites de l'armée descendant dans la rue pour « neutraliser » les milices populaires. Et ce n'est que le début. La droite s'apprête à une mobilisation nationale, dimanche prochain, appelant - à quoi d'autre - à la destitution de Rousseff. Le mérite de Car Wash est d'enquêter sur la corruption, la collusion et l'influence dans un Brésil profondément corrompu. Mais tout le monde, toutes les factions politiques, devraient faire l'objet d'une enquête - y compris celles qui représentent les élites brésiliennes serviles. Ce n'est pas le cas. Parce que le projet politique lié à Car Wash se fiche pas mal de la « justice » ; la seule chose qui importe est de perpétuer la crise politique vicieuse comme un moyen d'entraîner la septième économie mondiale dans l'enlisement et d'atteindre le Graal : un coup d'Etat en douceur, c'est-à-dire un bon vieux changement de régime. Mais 2016 n'est pas 1973, et le monde entier sait désormais qui sera le dindon de la farce dans un changement de régime.

Copyright 2016 Pepe Escobar/[JFG-QuestionsCritiques]

 

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Les BRICS : une fable de notre temps

 

Par Immanuel Wallerstein  |  27 février 2016 


Sociologue, chercheur à l’université de Yale 

 

C’est une curieuse histoire que celle des BRICS. Elle trouve son point de départ en 2001, dans un article largement commenté de Jim O’Neill, alors président de la branche « gestion d’actifs » du géant de l’investissement Goldman Sachs, consacré à ce que l’on nomme aujourd’hui les « économies émergentes ». O’Neill mettait en exergue le cas de quatre pays – le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine – pesant tous d’un poids substantiel sur le marché mondial par la taille de leur population et l’étendue de leur territoire. Il leur donnait l’appellation de « BRIC » (BRICs, en anglais, où l’acronyme prend la marque du pluriel).

 

Les avoirs de ces pays, disait O’Neill, croissent à un rythme tel que leur total cumulé est appelé à dépasser celui des pays du G7, dont la liste a longtemps été celle des pays les plus riches du système-monde. Il ne disait pas précisément quand surviendrait ce rattrapage – en 2050 au plus tard –, mais la montée en puissance des BRIC lui semblait à peu près inéluctable. Compte tenu des fonctions qui étaient les siennes chez Goldman Sachs, sa démonstration visait d’abord à inciter les clients de la firme à réorienter une part significative de leurs investissements vers ces quatre pays tant que les prix d’actifs y restaient faibles.

 

La thèse fit florès, y compris dans les quatre pays concernés. Ils décidèrent d’endosser ce nom de « BRIC » et d’instaurer des rencontres annuelles à partir de 2009, avec pour objectif de donner à leur puissance économique naissante une dimension géopolitique. Leurs déclarations communes successives affirmaient la place du Sud vis-à-vis du Nord, et singulièrement des Etats-Unis, dans le système-monde. Les BRIC parlaient de remplacer le dollar en tant que monnaie de réserve par une nouvelle monnaie basée dans un pays du Sud. Ils imaginaient une banque de développement du Sud qui assumerait une bonne part des fonctions réservées jusqu’alors au Fonds monétaire international et à la Banque mondiale. Ils voulaient réorienter les flux commerciaux internationaux au profit des échanges Sud-Sud.

 

Les BRIC discutaient de tous ces projets mais, sans que l’on sache bien pourquoi, ne se décidaient jamais à les mettre en œuvre. Ce qui les préoccupait davantage, en ce début des années 2010, c’était d’engranger les fruits de la hausse des matières premières, grâce auxquels leurs Etats respectifs pouvaient augmenter substantiellement le revenu des classes moyennes et supérieures, et même revaloriser certaines allocations aux moins favorisés.

 

Les temps étaient propices, et pas seulement pour les BRIC. En 2009, l’Afrique du Sud sut les convaincre d’ajouter une cinquième lettre à leur acronyme : le S initial de South Africa. Le nouveau venu ne remplissait pas réellement les critères économiques définis par O’Neill mais, d’un point de vue géopolitique, le groupe pouvait ainsi se targuer de compter un membre africain.

 

A la même époque, plusieurs autres pays commençaient à afficher des indicateurs économiques comparables à ceux des BRICS. On vit éclore dans les médias le terme de « MINT » (pour : Mexique, Indonésie, Nigeria et Turquie). Toutefois, ce groupe lui aussi formé d’économies « émergentes » ne se dota jamais d’une organisation formelle. Un autre pays, la Corée du Sud, y aurait eu toute sa place, mais déjà membre du club des pays riches, l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), elle ne voyait aucune nécessité de rehausser son statut géopolitique.

 

Et puis, dans les années 2010, la puissance économique des BRICS connut un décrochage brutal. Non pas que les pays du G7 aient repris l’avantage en termes de croissance : c’est bien les performances des BRICS qui étaient en recul. Leur élan semblait brisé.

 

Que s’était-il donc passé ? Si l’on regarde un instant l’économie-monde de la première décennie du xxie siècle, on voit que l’expansion économique mondiale était alimentée en grande partie par la frénésie chinoise de construction et d’industrialisation à tout-va. Celle-ci entraînait une demande massive des matières premières les plus diverses, que la Chine se procurait tant auprès des BRICS que de pays tiers. Le boom chinois s’était construit sur les politiques de crédit hasardeuses et précaires des nombreuses banques régionales qui avaient vu le jour dans le pays, sur fond de corruption omniprésente. Quand le gouvernement chinois voulut assainir la situation, le taux de croissance chuta sensiblement, tout en restant à un niveau relativement élevé.

 

Par ailleurs, la volonté de prééminence géopolitique de la Chine vis-à-vis de ses voisins de l’Est et du Sud-Est asiatique est source d’une longue accumulation de tensions, considérée comme un aspect de la rivalité sino-américaine. Rivalité que les deux puissances s’efforcent de contenir dans certaines limites pour ne pas fermer la porte à un partenariat à plus long terme.

 

Les ajustements chinois ont eu des répercussions immédiates à l’étranger, et notamment chez les autres pays des BRICS, qui se sont révélés économiquement fragiles et donc politiquement vulnérables. L’effondrement mondial des prix du pétrole ajoutant à la crise, les BRICS ont vu, l’un après l’autre et sous des formes diverses, leur situation se dégrader.

 

La politique économique suivie jusqu’alors par le Brésil, alliant mesures macroéconomiques néolibérales et transferts sociaux de grande ampleur vers le tiers le plus pauvre de la population – avec le programme dit Fome Zero (Faim Zéro) –, ne fonctionne plus.

 

Les incessant jeux d’alliances qui règnent au Congrès ont pris une tournure chaotique, mettant en péril la stabilité politique du pays. Chacun des deux principaux camps cherche à obtenir la destitution du dirigeant adverse. Et l’image de celui qui fut l’artisan des politiques naguère fructueuses pour le Brésil, l’ancien président Luis Inácio Lula da Silva, dit Lula, est aujourd’hui sévèrement écornée.

 

Les dépenses militaires massives de la Russie, de même que ses politiques publiques de redistribution, sont fortement compromises par la chute des prix du gaz et du pétrole. Son activisme géopolitique en Ukraine et au Proche-Orient a suscité différents phénomènes de boycott qui grèvent lourdement le revenu national.

 

Les efforts de l’Inde pour rattraper non seulement l’Occident mais la Chine ont eu pour double conséquence des atteintes massives à l’environnement et une baisse des investissements de sa diaspora en Amérique du Nord et en Europe de l’Ouest. Le gouvernement actuel, dirigé par Narendra Modi, est bien en peine de tenir les promesses qui lui ont valu, il y a si peu de temps, un succès électoral éclatant.

 

En Afrique du Sud, la majorité écrasante que détenait l’ANC (Congrès national africain) a fini par refluer, sous l’effet du poids électoral croissant de la génération qui n’a pas connu la lutte contre l’apartheid. La politique sud-africaine tend au contraire à s’« ethniciser » de plus en plus, et l’ANC est même menacée par une montée du sentiment anti-Blancs chez les électeurs les plus jeunes, radicalement étrangers à l’histoire politique non raciale du mouvement. On doit aussi mentionner le malaise grandissant des voisins de l’Afrique du Sud devant ses ingérences dans leur politique intérieure.

 

Ah ! Comment sont tombés les héros... [1] Quant aux aspirations géopolitiques des BRICS, qui peut dire ce qu’il en reste ?

 

Traduction : Christophe Rendu

 

NOTES

[1] Allusion biblique : élégie de David sur Saül et son fils Jonathan (II Samuel I, 17-27).

Publié par Jean Lévy

De Minsk à Manille... Contre l'emprise impérialiste, l'organisation d'une coopération pacifique se met en place

 

OCS :  la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizistan, l’Ouzbékistan, la Russie et le Tadjikistan, plus, en 2016,  l'Inde, l'Iran la Mongolie  et le Pakistan.  Pays observateurs comme l’Afghanistan, l’Inde, l’Iran, la Mongolie et le Pakistan et trois partenaires au dialogue comme la Biélorussie, le Sri-Lanka et la Turquie

OCS : la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizistan, l’Ouzbékistan, la Russie et le Tadjikistan, plus, en 2016, l'Inde, l'Iran la Mongolie et le Pakistan. Pays observateurs comme l’Afghanistan, l’Inde, l’Iran, la Mongolie et le Pakistan et trois partenaires au dialogue comme la Biélorussie, le Sri-Lanka et la Turquie

 

Chroniques du Grand jeu

 

Pendant que le Moyen-Orient atteint le point d'incandescence, l'Eurasie poursuit son bonhomme de chemin. A Zhengzhou, lors de la réunion des chefs de gouvernement de l'Organisation de Coopération de Shanghai, le Premier ministre russe Medvedev a proposé un partenariat commercial entre l'OCS, l'Union Eurasienne et certains pays de l'ASEAN.

 

Et d'abord quelques cartes pour comprendre la portée de la chose.

 

OCS (en bleu les Etats membres, en vert les membres observateurs. L'Inde et le Pakistan deviennent membres de plain pied en 2016) :

De Minsk à Manille

Union Eurasienne :

De Minsk à Manille

 

ASEAN (sachant tout de même que la proposition russe ne concerne pas tous les membres, dont certains - Malaisie, Singapour, Brunei et Vietnam - sont liés au Traité trans-pacifique) :

 

De Minsk à Manille

On imagine aisément les gouttes de sueur perler au front des stratèges américains... Un immense bloc commercial de Minsk à Manille, rêve gaullien, Europe en moins, enfermée qu'elle est dans le carcan eurocratique de l'empire.

 

Ce projet fou, cauchemar du pauvre MacKinder, fera évidemment face à certaines difficultés : méfiance traditionnelle de l'Inde vis-à-vis de la Chine, même si les relations se sont franchement réchauffées depuis deux ans ; concurrence du "trans-pacifique" des Etats-Unis qui feront tout pour écarter certains pays de l'ASEAN du projet eurasiatique.

 

Mais la proposition de Poutine relayée par Medvedev est tout sauf une chimère. L'OCS ne cesse de gagner en importance, se transformant doucement mais sûrement en véritable bloc militaro-économico-politique. D'ailleurs, lors de ce même sommet de Zhengzhou, le Premier ministre chinois a évoqué l'état d'avancement des discussions pour faire de l'alliance une zone de libre-échange.

Quant au président Xi, il a encore apporté de l'eau au moulin de l'inextinguible lune de miel sino-russe en assurant que "la coopération stratégique entre les deux pays se renforcera quelle que soit l'évolution globale ou régionale". C'est presque une déclaration d'amour... Il en a également profité pour pousser à l'intégration entre le pharaonique projet de Routes de la soie et l'Union Eurasienne.

 

Cela fait déjà un certain temps que ce blog documente l'inarrêtable intégration de l'Eurasie. L'on pourrait être plus étonné de l'extension du projet à l'ASEAN mais, en y regardant de plus près, cela est tout sauf une surprise. La Chine a déjà dépassé les Etats-Unis comme premier partenaire commercial du sud-est asiatique tandis que celui-ci entretient également de bonnes relations commerciales avec la Russie. Les faits sont têtus, comme disait l'autre, et la réalité est que l'ASEAN a bien plus intérêt à s'allier avec Pékin et Moscou que de rester dans l'orbite de l'ancien maître américain.

 

Le grand corps eurasien pose donc un pied en Asie du Sud-est. A des milliers de kilomètres de là, l'autre jambe arrive au Moyen-Orient. Nous avons déjà plusieurs fois évoqué le vif intérêt d'Israël - ô doux coup de poignard dans le dos états-unien - pour l'Union Eurasienne. Tel Aviv est on ne peut plus sérieux et espère arriver à un accord de libre-échange d'ici 2018.

 

Mais c'est surtout l'Iran qui attire tous les regards. Membre observateur de l'OCS depuis une décennie, il pourrait y faire une entrée en fanfare dès l'année prochaine, une fois les sanctions internationales levées. Le spectaculaire triangle sino-russo-iranien ne cesse de se renforcer comme nous l'avons montré le mois dernier ; l'entente avec la Russie est quasi parfaite, encore renforcée par les intérêts stratégiques communs en Syrie.

 

Exemple entre mille de cette concorde : Gazprom fournira via l'Iran du gaz à l'Arménie, membre elle aussi de l'Union Eurasienne. Tout se met en place, les pièces du puzzle eurasiatique s'imbriquent inexorablement au grand dam d'une certaine puissance maritime.

Métamorphose tranquille : The Rest of the World passe du mode Rest, au mode World 


Par M K Bhadrakumar

samedi 25 juillet 2015, par Comité Valmy

Métamorphose tranquille :The Rest of the World passe du mode Rest, au mode World

 

L’entrée de l’Inde et du Pakistan comme membres de plein droit dans l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) constitue un grave revers pour les stratégies régionales des États-Unis. Les analystes occidentaux ont considéré l’OCS comme l’Otan de l’Est. Que l’OCS étende son territoire et inclue l’Asie du Sud bouleverse profondément les intérêts états-uniens.

 

Il est sans doute possible de mettre cela en relation avec la hâte inconvenante avec laquelle les États-Unis font pression sur les États membres du Conseil de coopération du Golfe (GCC) pour permettre le déploiement d’un système unifié de défense antimissile dans la région du golfe Persique. Dans l’idéal, les États-Unis auraient déployé le système ABM en Afghanistan. Le pacte US-afghan de 2014 a fourni le cadre légal nécessaire, mais la réalité aujourd’hui sur le terrain est que tout règlement afghan impliquant les Talibans provoquerait une occupation occidentale à long terme du pays.

 

Les États-Unis semblent placer beaucoup d’espoir dans le fait que l’entrée de l’Inde et du Pakistan dans l’OCS pourrait être bloquée. Un commentaire émis la semaine dernière par la Radio Free Europe Radio Liberty – fondée par le gouvernement des États-Unis – notait :

 

•L’admission de l’Inde et du Pakistan dans l’OCS renforce la dimension internationale du groupe, mais cela pourrait être aux dépens des membres d’Asie centrale. Croyez-le ou non, mais cette radio, RFERL, vient de parrainer une table ronde pour débattre sur le thème : « Les pays d’Asie centrale sont-ils les perdants de l’expansion de l’OCS ? »

 

Les participants américains ont affirmé que le président ouzbek Islam Karimov était manifestement mécontent de la décision de l’OCS d’accueillir l’Inde et le Pakistan comme membres à part entière et a exprimé ouvertement ses doutes, et que « d’autres présidents d’Asie centrale ont évité de faire de tels commentaires, mais ils ont dû aussi les avoir en tête ».

 

Un commentateur américain a pontifié : « Maintenant, avec l’ajout de l’Inde et du Pakistan, je pense que certains pays d’Asie centrale craignent que parfois leurs opinions et leurs décisions soient ignorées. »

 

A la suite de quoi, un autre éditorialiste a promptement abondé dans ce sens : « Avec l’Inde et le Pakistan, il y a maintenant quatre énormes pays, des puissances nucléaires, et quatre pays d’Asie centrale, assez pauvres, assez petits et pas très puissants, donc je pense qu’il y a un souci légitime qu’ils [ces membres d’Asie centrale] soient neutralisés dans les prises de décisions de l’OCS. »

 

La RFERL ajoute : « Il est facile de voir pourquoi les pays d’Asie centrale pourraient être inquiets. » Elle estime que c’est le Kremlin qui fait monter l’Inde et le Pakistan à bord comme membres de l’OCS et que « le moment était bon pour la Russie ». En effet, elle a vu une concordance des intérêts entre Moscou et Bejing sur cette question aussi.

 

Écoutez en entier le passionnant enregistrement de RFERL, si vous avez le temps. Quel stratagème propagandiste magistral !

 

Encore plus fascinant, le commentaire du site web Eurasianet, une publication sœur de RFERL. Il dit que Karimov s’est exprimé avec prudence sur l’expansion de l’OCS, disant que « cela ne fera pas que changer la carte politique, mais changera les équilibres de pouvoir.

 

Ce n’est pas une question simple et elle doit être débattue ». Le site a spéculé mélancoliquement en considérant que la présidence de l’OCS a maintenant passé à Tachkent, et qu’il pourrait y avoir loin de la coupe aux lèvres pour l’Inde :

 

•Et un responsable et chercheur d’un groupe de réflexion à Astana a suggéré que l’expansion projetée pourrait être bloquée. « De jure, le processus doit encore être totalement clarifié. Il est tout à fait possible qu’un membre de l’OCS existante bloque leur entrée », a déclaré Sanat Kushkumbayev, directeur adjoint de l’Institut kazakh d’études stratégiques sous le président de la République du Kazakhstan dans une interview au site internet Russia Direct. « Karimov a relevé avec raison que l’entrée de l’Inde et du Pakistan, détenteurs d’armes nucléaires, pourrait modifier l’équilibre des forces au sein de l’organisation et sur le plan international. Il y a beaucoup de questions non résolues entre Dehli et Islamabad, et il on ne voit pas clairement comment cela se conciliera avec l’esprit de coopération affirmé par l’OCS. »

 

Évidemment, la paranoïa qui frappe l’esprit américain est compréhensible. Le cœur de la question est que l’expansion de l’OCS intervient dans le contexte du fort déclin de l’influence états-unienne dans la région eurasiatique.

 

Défiant toute propagande occidentale, la Russie et la Chine accélèrent leur coopération et leur coordination des politiques régionales en Asie centrale. De prestigieux groupes de réflexion états-uniens ont produit des douzaines de rapports ces dernières années, analysant les graves contradictions et les conflits d’intérêts entre la Russie et la Chine, qui leur créent des désaccords en Asie centrale. Les analystes états-uniens ont souvent tenté de jouer sur les sensibilités de la Russie en faisant valoir que la Chine remplace systématiquement la Russie comme acteur dominant en Asie centrale.

 

Par conséquent, la décision d’intégrer le projet d’Union économique eurasienne dirigée par la Russie et l’initiative chinoise Ceinture et Routedevient un moment décisif dans la politique de l’Eurasie. Il est tout à fait évident que Moscou et Beijing ont un intérêt commun à faire reculer la présence des États-Unis et de l’Otan dans la région eurasienne.

 

Est-ce que tout cela renvoie à ce qu’on appelle la Théorie du Heartland de Halford Mackinder, une géo-stratégie qui a beaucoup influencé depuis un siècle les politiques régionales des États-Unis à l’égard de l’Eurasie ?

 

Oui, comprendre la Théorie du Heartland peut aider à saisir ces développements dans les politiques des grandes puissances dans l’Asie centrale contemporaine. Permettez-moi de ressortir de mes archives sur l’Asie centrale un excellent article que j’ai publié il y a quelques années, intitulé Revisiting the Pivot : The Influence of Heartland Theory in Great Power Politics, écrit avec une grande prescience par deux chercheurs au Macalester College, Minnesota. Vous pouvez le lire ici.

 

M K Bhadrakumar 
Le 22 juillet 2015

 

Source blogs.rediff.com

Publié par Jean Lévy

Le futur plan de développement devrait faire franchir une nouvelle étape à la coopération au sein de l'Organisation de Coopération de Shanghai (OSC)

 

Le futur plan de développement devrait faire franchir une nouvelle étape à la coopération au sein de l'Organisation de Coopération de Shanghai (OSC)

 

L'Organisation de Coopération de Shanghai

 

 (Chine, Russie, Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan et Ouzbékistan), s'élargit au Pakistan et à l'Inde

 

Les dirigeants des Etats membres de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) ont approuvé vendredi lors du 15e sommet du bloc une série de documents définissant un plan directeur pour le développement du mécanisme de coopération multilatérale pour les dix prochaines années.

 

La feuille de route, qui couvre une variété de sujets, dont une stratégie de développement sur 10 ans, l'élargissement de l'organisation, le renforcement de la coordination en matière de sécurité et la volonté de défendre les résultats de la Seconde Guerre mondiale, devrait devenir un point de repère de l'OCS et faire franchir une nouvelle étape à la coopération entre les membres de l'OCS.

 

Plans pragmatiques pour la prochaine décennie

 

Lors du sommet, les dirigeants des Etats membres de l'OCS (Chine, Russie, Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan et Ouzbékistan), ont approuvé la Stratégie de développement de l'OCS jusqu'en 2025, qui fixe des objectifs et des tâches détaillées pour le développement du bloc dans les dix années à venir sur la base d'une analyse approfondie des tendances de développement mondiales et régionales.

 

La stratégie définit les objectifs de coopération des Etats membres dans des domaines tels que la politique, la sécurité, le commerce, l'économie et les échanges entre les peuples et les médias pour les dix prochaines années.

 

Selon la stratégie, les Etats membres devront déployer des efforts concertés pour renforcer la confiance et l'amitié au sein du bloc, relever les défis sécuritaires, approfondir la coopération économique et commerciale, stimuler les interactions dans la technologie, la santé et l'éducation et élargir les échanges avec d'autres organisations régionales et internationales de manière à accroître l'influence du bloc sur la scène internationale.

 

La coopération économique est l'un des aspects les plus importants pour promouvoir le développement commun des Etats membres.

 

Lors d'une réunion entre le président chinois Xi Jinping et son homologue russe Vladimir Poutine, les deux parties ont convenu de faire de l'OCS une plate-forme importante pour aligner l'initiative de la  Ceinture économique de la Route de la Soie proposée par la Chine sur l'aspiration de la Russie dans le cadre de l'Union économique eurasiatique, un programme historique qui devrait offrir plus de possibilités d'approfondir la coopération économique.

M. Xi a proposé l'initiative de la Ceinture économique de la Route de la Soie en 2013 dans le but de renforcer la coopération et de faciliter le développement des pays le long de l'ancienne Route de la Soie.

 

Etapes constantes vers l'élargissement

 

Les Etats membres de l'OCS ont ratifié la résolution sur le lancement des procédures d'adhésion de l'Inde et du Pakistan en tant qu'Etats membres de l'organisation, élevé le statut de partenaire de dialogue de la Biélorussie à celui d'observateur et accepté l'Azerbaïdjan, l'Arménie, le Cambodge et le Népal comme nouveaux partenaires de dialogue, une décision importante qui aidera le bloc à servir de plate-forme d'élargissement de la coopération économique et sécuritaire dans la région eurasiatique.

 

M. Xi a accueilli avec satisfaction l'élargissement prévu, souligné que l'entrée de nouvelles forces dans l'OCS donnera un nouvel élan à la coopération entre les pays du bloc dans tous les domaines et appelé à respecter l'"Esprit de Shanghai" caractérisé par la confiance mutuelle, les avantages réciproques, l'égalité, la consultation, le respect de la diversité culturelle et la poursuite du développement commun.

 

Pour sa part, M. Poutine a estimé que l'élargissement de l'OCS ouvrait un nouveau chapitre de son développement et souhaité que le bloc devienne une plate-forme de résolution des problèmes internationaux.

 

L'élargissement illustre le caractère inclusif de l'OCS et prouve que le bloc renforce davantage ses capacités dans de nouveaux domaines et dans de nouvelles directions, a déclaré Sergueï Louzianine, directeur adjoint de l'Institut de l'Extrême-Orient de l'Académie russe des sciences.

 

Détermination inébranlable a préserver la sécurité globale

 

Plusieurs documents concernant la sauvegarde de la sécurité et de la stabilité dans la région, y compris un accord sur le renforcement de la défense des frontières, un plan de coopération sur la lutte contre les "trois forces nocives" (le terrorisme, le séparatisme et l'extrémisme) et une déclaration conjointe sur la lutte contre les drogues, ont également été adoptés lors du sommet de l'OCS.

 

Les dirigeants des six Etats membres ont souligné que des efforts conjoints devaient être déployés pour répondre aux défis et menaces conventionnelles et non conventionnelles dans les domaines sécuritaires et se sont engagés à intensifier la lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée.

 

Ils ont estimé qu'il était très important de renforcer le rôle de l'OCS dans la construction d'un ordre mondial juste, ouvert et égal pour assurer la sécurité et le développement durable de tous les pays du monde.

 

Forte volonté de respecter les résultats de la seconde guerre mondiale

 

Comme cette année marque le 70e anniversaire de la victoire de la Guerre mondiale contre le fascisme, les participants au sommet ont publié une déclaration pour appeler les pays à s'opposer résolument à toute déformation des résultats de la Seconde Guerre mondiale, à se souvenir de l'histoire, à rendre hommage aux martyrs, à chérir la paix et à travailler ensemble pour forger un avenir meilleur.

 

Les dirigeants des pays de l'OCS ont déclaré que l'amitié forgée pendant la guerre était un bien commun des membres de l'OCS qui sert également de guide moral dans la lutte pour la justice et la sécurité dans le monde.

 

Après avoir évoqué la catastrophe de la Seconde Guerre mondiale, les dirigeants se sont engagés à ne ménager aucun effort pour prévenir la montée d'un nouveau sentiment dangereux pour l'humanité et réaffirmé leur engagement en faveur des principes de la Charte des Nations Unies et d'autres lois internationales.

The Guardian : Chine et Russie : un nouvel axe superpuissant au monde ?

 

 
11 Juillet 2015

 

http://www.theguardian.com/world/2015/jul/07/china-russia-superpower-axis

 

The Guardian :CHINE ET RUSSIE : UN NOUVEL AXE SUPERPUISSANT AU MONDE ?

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Ces deux pays sont des partenaires commerciaux avec un but commun : celui de challenger l’hégémonie américaine.Mais lesdisputes passées et les intérêts respectifs entrant en compétition rendent cette relation plus complexe’

 

Oublions les meetings des sommets européens et le G7; pour des pays qui aiment se voir comme étant les nouvelles puissances montantes, le vrai sommet a lieu cette semaine en Russie Centrale où Vladimir Poutine y recevra les participants.

 

Les leaders des pays du BRICS ( Brésil, Inde, Chine, Afrique du Sud ) rencontreront Poutine à Ufa mercredi et procèderont ensuite à l.ouverture au groupe des puissances asiatiques  membres de l’ Organisation de Coopération de Shangao..


Russie et Chine en  sont le dénominateur commun comme de nos jours dans beaucoup de domaines géopolitiques’ Le Conseil de Sécurité de l’ONU, l’APEC, le G20,Russie et Chine y sont toujours présents, un duo puissant dont les intérêts coincident plus souvent qu.ils ne divergent’

Moscou et Beijing ont beaucoup en commun en plus des 4170 km de frontières : des économies dominées par les entreprises d’État et des oligarchies qui peuvent s’enrichir tant qu’elles restent conformes aux politiques officielles et à leurs fluctuations quotidiennes’


DANS LES CLUBS

Guardian graphic

 

Russie et Chine sont les seuls pays étant membres des 5 organisations APEC, BRICS, G20, SHANGHAI COOPERATION ORGANISATION,  et  du COMITE DE SECURITE DES NATIONS UNIES.


Officiellement Poutine n’est pas intêressé par des suggestions de nouvelles alliances à l.Est.


 » Nous ne sommes pas entrain de créer une alliance militaire avec la Chine  »  a-t-il précisé le mois dernier.  » Nous ne sommes pas entrain de créer une coalition locale nous sommes en train d’essayer de créer une approche globale  » .

 

Cependant les deux pays ont le même désir de limitation du pouvoir américain’ Ils vivent une relation commerciale naissante basée, en principe, sur l.échange d’hydrocarbures contre des biens de consommation à bas prix., et ont un intérêt mutuel dans la promotion d’un modèle alternatif à la diplomatie occidentale’

 

Le commerce en dix ans est devenu 6 fois plus important’ L’année dernière ces deux pays ont claironné avoir conclu un accord qualifié d.historique de par son ampleur et portant sur la vente de gaz.

 

L’été se terminera par deux évènements frappants:

 

D’une part, les bateaux de guerre chinois et russes manoeuvrant côte à côte en Méditerranée orientale en mai et d’autre part les présidents russe et chinois seront côte à côte à Beijing en septembre lors du 70 ième anniversaire de la fin de la seconde guerre mondiale’

 

Alors quelle est la force de cet axe Russie-Chine ?

 

GEOPOLITIQUES

 

Pour la Chine, une des principales raisons  à avoir des relations Sino-Russes plus étroites réside dans  la possibilité  de devenir challenger la position de domination globale que les américains ont encore’

 

En Chine la position officielle était encore rėcemment celle du non-alignement’ Quelques têtes pensantes du monde universitaire ont commencé à lancer des appels non ambigus sur la nécessité d.une alliance stratégique et compréhensive avec la Russie’


Alexander Korodev du Centre Asie et Globalisation de L’Université Nationale de Singapour a exposé récemment dans les pages d’une publication interne à lÉcole du Parti Communiste Chinois des arguments selon lesquels les raisons stratégiques Sino-russes sont des  plus essentielles et importantes et aussi que la Chine seule ne pourra pas transformer le monde unipolaire en un monde bipolaire sans former une alliance solide avec les russes.


Mais souvent coopération et tension sont les deux faces d.une même pièce’


Prenons le cas de l’Asie Centrale, le président chinois Xi Jinping a établi ses visions de la Nouvelle Route de la Soie en utilisant les milliards de la Chine pour aider ses voisins et alliés régionnaux dans leur développement et indirectement soutenant de ce fait la croissance intérieure et l'expansion en douceur de la puissance chinois’


Toutefois c.est aussi la sphère traditionelle d.influence et toute présence chinoise allant plus loin que juste une présence commerciale probablement ne manquera pas d’en hérisser certains à Moscou’


C’est tout à fait possible pour la Chine de développer ses relations avec les pays d’Asie Centrale sans venir challenger la Russie , a déclaré Liu Jin , un expert sur les Etudes Russes Aà l’East China Normal University’


Il est vrai que la Russie pourrait se sentir concernée si l’ère d.influence de la Chine en Asie Centrale venait à croître de trop, mais ces considérationsne sont pas l’essentiel dans les relations bilatérales’ il y a bien plus de bėnéfices dans la coopération qu’autrement »’


La Russie partage ce but stratégique d.affaiblissement de l.Hėgémonie américaineen faveur d.un monde multipolaire, et les deux puissances souvent se retrouvent du même côté à exercer leur droit de véto en tant que membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies’
Aucun accord sur la régulation du programme nucléaire Iranien ne peut intervenir sans la Russie et la Chine qui en ont très fortement protégè l’expansion ces dernières années’ Le support des deux pays est largement la raison pour laquelle Bachar El Assad a été capable de se maintenir au pouvoir en Syrie.

 

Rėcemment la Russie a fait des ouvertures politiques à la Corée du Nord qui dépend pour survivre de la nourriture, de l’armement et de l’ėnergie de son voisin clé…La Chine’

 

Partageant l’idée d’un monde multipolaire contre la domination américaine, Moscou et Beijing se porteront mutuellement aide dans la défense de leur propre sphère d’influence a dit le directeur du Centre Carnaggie de Moscou Mr Dimitri Tremin’
Les deux dernières années la Russie a annexê la Crimée et a appuyée la campagne des séparatistes ukrainiens en frustrant Kiev dans sa marche vers l’Ouest,, et la Chine a été en conflit avec des alliés de l’Occident  dans le sud de la Mer de Chine’


La Chine admet de facto les intérêts de la Russie en Europe de l’Est tout comme la Russie admet que la Chine puisse avoir des intérêts dans le périmètre alentour de ses frontières et même si aucun des deux n’interviendrait activement en Ukraine ou en Mer de Chine, ensemble ils observeraient une neutralité toute avantageuse ‘ D.après T   » il n’y aura aucune critique de part et d’autre lorsqu’il sera question du coeur de leur sphère d’influence respectives’


LEADERSHIP


L’enthousiasme du gouvernement chinois à propos du réchauffement des liens sino russes est porté en épingle dans une série vidéo de l’Agence de presse contrôlée par l.Etat : Xinhua.

 

Cette vidéo a pour titre   » que  pense le peuple chinois de la Russie ?  »


Et l.on peut y voir des enfants chinois découvrant la Russie comme étant  » plus grande que la Chine  » un vieil homme appréciant la force russe appelle à plus d’investissement, de vente de gaz, de train ã grande vitesse’ On peut y constater aussi beaucoup de temps donné à l.adulation du président russe’ Poutine est populaire depuis longtemps en Chine où il est considéré comme un leadeur fort qui a révélé et boosté la fierté nationale et n’est pas peu admiré pour ses photos torse nu  » Poutine ,vous êtes un bel homme  » dit une femme d’âge moyen alors qu’on lui demandait quel serait le message qu’elle souhaiterait envoyer à Moscou’

 

On le compare aussi au président chinois Xi qui a contribué au culte de la personnalité en faisant echo à celui de Poutine’  » Poutine est comme notre papa Xi » déclare un jeune homme, utilisant cette affectueuse expression du reste bien accueillie et assumée par le gouvernement »


Pour leur part les russes sont plus ambivalents à propos du président Xi qui bénéficie d’un profil beaucoup moins élogieux que son alter ego russe.


COMMERCE


L'intérêt de la Chine pour les exportations russes est largement focalisé sur les ressources naturelles et le matériel militaire’

 

Au-delà de ces deux domaines ils ne sont pas des partenaires naturels. La Russie a peu à offrir en matière de marques célèbres ou en produits technologiques innovants pour séduire les consommateurs chinois’ C.est une bonne chose qu’il y ait une volonté politique derrière sans cela peu de choses pourraient avoir lieu a précisé Mr Liu.  » la plupart des plus grands projets sont soutenus par les gouvernements et le volume d’affaires  commerciales en périphérie est plutôt faible.

 

HISTORIQUE DE LA TENDANCE DES VALEURS COMMERCIALES

Le déséquilibre de leur relation peut s’observer au travers de la chûte de leur commerce bilatéral. La Chine est le 2 ieme partenaire commercial de la Russie après L’Union Européenne, alors que la Russie arrive tout juste à figurer dans la liste des 10 premiers partenaires commerciaux de la Chine, soit représentant environ 3% du volume total des échanges avec la Chine.


Moscou espère aussi l’aide financière des chinois après que les fonds occidentaux se soient retirés l’année dernière.

 

Certaines entreprises chinoises ont vu dans le vascillement de l’économie russe l’opportunité d’investir des capitaux dans ce pays.
INVESTISSEMENTS CHINOIS A L ETRANGER


tableau

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ENERGIE


La Chine et la Russie devraient être des partenaires naturels  en ce qui concerne l’énergie; les pipelines annoncés la décennie dernière n’ont toujours pas été construits pour cause de désaccord sur les prix et autres conditions.

 

Au début de cette année et pour la 1 ière fois la Russie a supplanté l’Arabie Saoudite comme étant le plus grand fournisseur de pétrole de la Chine en plus que doublant depuis 2010 ses exportations. Mais la Chine est habituée à faire ses courses sur le marché mondial de l.énergie entraînant un dumping sur les prix auprès de ses fournisseurs alors que la Russie  est habituée , elle a une politique de contrôle des prix avec ses partenaires européens qui n.ont pas d.autres choix.

 

La Russie  qui a  rarement accepté de vendre des parts de compagnies minières stratégiques à des compagnies occidentales a offert à la Chine en septembre dernier des parts de la compagnie pétrolière d’état Rosneft, N°1 de la production avec ses champs pétroliers de Vankor , ce qui souligne la nouvelle direction donnée à la politique énergétique de la Russie.

 

L’offre a été faite lors d’une cérémonie marquant le début de la construction du pipeline  » Power of Siberia » pour un montant de 55. Milliards de  US dollars et prévu pour livrer à la Chine orientale 38 milliards de m3 par an de gaz sur une période de 30 ans.


En novembre les deux pays ont aussi signé les grandes lignes d.un autre contrat portant sur la construction d.un autre pipeline  : Altai Gaz Pipeline potentiellement capable de livrer 30 milliards de m3 de gaz à la Chine occidentale chaque année pendant 30 ans’


Mais aucun de ces deux accords ne semblent avoir été finalisés, les sanctions économiques et la faiblesse du rouble rendant ces énormes projets pour le russe Gazprom très difficile à réaliser’

 

Il semblerait , a déclaré Grégory Birg, analyste à Investcafe, qu’à chaque rencontre il y ait un accord signé, annoncé et présenté comme un autre gros contrat. mais Gazprom devra développer ses sites d’exploitation et construire les pipelines.

 

 » je pense que le plus grand holdup réside dans l’environnement actuel de sécurisation financière et nous n.avons aucune indication sur les données financière de ce projet  »

 

Bien que Birg ait estimé le pourcentage de retour sur investissement du Power of Siberia à un modeste 9 à 10% quand l’accord fut signé, la profitabilité sera plutôt moindre avec unprix de pétrole qui reste faible.

 

Beijing apparemment sera capable d’obtenir une baisse des prix encore plus dure par rapport à ceux proposes.pour le gaz du pipeline Altai vers la Chine Occidentale, région qui a moins de besoins que l’Est plus industrialisé et qui reçoit déjà du gaz à bas prix en provenance du Turkmenistan voisin.


Cependant l.analyste s.attend à ce que la coopération énergétique continue à se développer, la Russie cherchant d’autres alternatives ã la politique épineuse du marché européen et la Chine ayant une demande toujours en augmentation avec en plus des problèmes d’environnement et de blackout.

 

L’année dernière la Chine a supplanté l’Allemagne en ce qui concerne l’importation de pétrole russe.


 » La Chine est le marché alternatif majeur le plus accessible compte tenu des réserves ( emplacement géographiques ) et du partenariat géopolitique, c’est donc un mariage évident  »  a déclaré Mr Birg’


LES PIPELINES DE GAZ VERS LA CHINE

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DEVISES


Les deux pays, Russie et Chine ont intérêt à laisser tomber la domination dans les échanges commerciaux internationaux du dollar américain comme monnaie d’échange,’


La Russie accepte d’être payée pour son pétrole en Yuan ( ce que d’autres pays comme l’Arabie Saoudite refusent ) .Suite aux sanctions européennes les compagnies et banques russes ´ traditionnellement dépendantes du dollar US ( denominated  Syndicate Loans ) ont commencé à chercher en Chine  des échappatoires  financiers. L’été dernier la paire Yuan-Rouble a atteint des records dans les échanges commerciaux’


Les sociétés russes ne sont pas sur le marché du renmimbi ( monnaie chinoise ) pas plus que dans l’émission de  Dim Sum Bonds, bonds en yuan chinois largement émis par des entités basées en Chine ou ã Hong Kong.


Dans le passé ces options représentaient des sources de financement moins coûteuses, maintenant elles sont devenues une nécessité.
Toutefois les rendements des bonds émis en Yuan par des compagnies russes ont augmenté au fur et à mesure que la liste des sanctions à l’encontre de la Russie s’amplifiait.

 

ARMEMENT


Les ventes d’armes de la Russie ã la Chine est estimée à 1 milliard de US dollars par an.

 

Auparavant les Russes hésitaient à vendre leurs dernières avancées d.armement à celui qui était considéré comme leur rival militaire de l’ancienne URSS.

 

Mais la dernière annonce faite par l’état russe d’un accord portant sur la livraison de ses S400 missiles sol-air system a amené leurs relations vers une nouvelle étape à l’heure oû la Chine est à la recherche de nouvelles technologies de défense aérienne et navale.


Le plus haut niveau de vente d’armes s’est accompagné d’une plus grande coopération militaire et c.est traduit en mai dernier par la tenue de manoeuvres militaires en Mer Méditerranée d’après Mr Trenin. De tels exercices dans ce qui a été la « mare traditionnelle de l’ONU  » ont été préparés pour accroître la portée d’intervention de la marine chinoise tout aussi bien que pour démontrer aux USA que la Russie pouvait étre un important partenaire…..


Suite à la crise ukrainienne provoquant de douloureuses relations avec l’Occident ,Mr Trenin rajoute que les principales considérations derrière l’entente Russie-Chine sont d’ordre politiques.


De nos jours la Russie est fortement stimulée dans la croissance de ses relations avec la Chine,  ses relations avec l’Occident étant très problématiques, la Chine est le seul grand acteur mondial qui puisse être considéré économiquement, politiquement et jusqu’à un certain point militairement, un allié, rajoute Mr Trenin.

 

La Chine et la Russie ont à plusieurs reprises répétés qu.ils deviendront des partenaires et non des alliés. En attendant , des deux côtés on est concerné par les troubles au Pakistan et en Afghanistan , troubles qui pourraient s’étendre sur leur territoire respectifs ou servir d.incubateurs pour des militants qui retourneront un jour chez eux.


Mais rien de cela ne signifie qu’ils oublient leurs disputes et désaccords passés et leurs différences actuelles.  la Chine en copiant le matériel qu.elle achète à la Russie amoindrit les revenus de celle ci, ce qui rend les rapports nerveux et la Russie observe au plus près Beijing dans  ces tentatives quelqu’elles soient en ce qui concerne le projet de puissance militaire en Asie Centrale . »Le partenariat stratégique de la Chine et de la Russie est le résultat de la conjoncture mais il est totalement différent d’une alliance militaire telle que celle du Japon et des USA. » Tel qu’écrit dans un éditorial récent Le Global Times ( tabloïd nationaliste chinois )   » la Chine et la Russie ont dit à plusieurs reprises qu’ils deviendront des partenaires et non des alliés et ils le pensent vraiment.  »

 

La Chine soigne aussi ses relations avec l’Occident et la Russie ne veut pas voir les relations avec l’Ouest tomber dans une impasse.


LE VOTE DE LA CHINE ET DE LA RUSSIE AU CONSEIL DE SECURITE DE L’ONU



CYBER SÉCURITÉ


Les deux pays Chine et Russie partagent leurs inquiétudes quant à la domination américaine d’Internet.


En janvier la Russie, la Chine et un certain nombre de dictatures d’Asie Centrale ont conjointement présenté à l’Assemblée Générale des Nations Unies , une nouvelle proposition de code internationnal de bonne conduite  en matière de sécurité informatique. Dans une clause ciblant directement les USA , le document appelle les pays à ne pas utiliser les technologies d’informations , de communication et les réseaux pour interférer dans les affaires intérieures d’autres états, ou ayant pour but de miner leurs politiques , économies et stabilité sociale.


Lors d’un récent forum à Moscou sur la sécurité d’Internet, les officiels des deux pays ont appelé à une nouvelle approche concernant cette sécurité.

 

 » C.est génial d.avoir inventé l’Iphone mais quand vous ouvrez votre iphone et voyez la caméra, vous vous demandez toujours si c.est entrain de vous photographiez ou non  » a déclaré Mr Konstantin Malofeyev homme d’affaires contreversé connu pour son soutien à l’Église Orthodoxe Russe et aux séparatistes pro-russes ukrainiens.

 

 » la Russie est allée dans l’espace la première et aussi la première en Antartique mais nous ne les contrôlons pas, le contrôle s’effectue par des chartes internationales. Pourquoi les USA auraient le contrôle d’Internet ?  »

 

Un officiel chinois a déclaré  » Nous devrions nous donner la main pour établir un ordre dans le cyber espace  » .


Plusieurs pays partagent une vision constante d’amélioration de la gouvernance du cyber espace suivant des règles de confiance et de respect mutuels.

 

En attendant, Beijing et Moscou ont signé un accord exceptionnel concernant la cyber securité, pouvant ainsi renforcer la défense en cas d’attaque extérieure ainsi que de pouvoir partager la technologie dans le domaine du contrôle intérieur.


Les deux pays ont beaucoup augmenté le budget attribué au contrôle d’internet dans le but de restreindre la potentielle plateforme que représente internet pour les dissidents. Le Grand Firewall chinois ( par analogie avec la Grande Muraille ) est un filtre puissant et sophistiqué du monde connecté ( Toile, Web ) mais encore suffisamment poreux pour que la plupart des chinois n’ait pas besoin d’essayer d’y trouver des parades échappatoires.


Les deux pays aussi enrôlent et paient des armées de hackers et d.agents de propagande pro gouvernementales connu en Chine sous l’appellation de Groupe 50 Cents en référence au salaire reçu pour chaque  » post  » ( message )


Toutefois les experts soulignent que leur attention concentrée en grande partie sur le contrôle intérieur d’Internet a été fait au détriment de la cyber sécurité.  » En donnant la priorité au contrôle de l’information politique au détriment de technologie de cyber défense cela porte atteinte aussi au propre système de sécurité de la Chine  » s’est exprimé ainsi lors d’un récent briefing Mr John Linsay du Centre Belfar pour la Science et les Affaires Internationales de l’Université d’Harvard.

 

 » La faible vigilance à l’application des lois et la pauvreté du système de cyber défenses de ce pays, en font un pays vulnérable aussi bien à des attaques de la cybercriminalité qu’à celle des espions étrangers. »


HUMEUR ET AMBIANCE DANS LES AFFAIRES


Parmi certains hommes d’affaires russes il y a la crainte que cette augmentation des affaires vers l’Est ne soit perçue que comme une sortie de position de faiblesse.

 

La chûte des relations avec l’Ouest est mauvaise pour la Russie et pour l’Ouest. L’unique bénéficiaire en est la Chine, d’après un des hommes d’affaires russe les plus en vue.


Le nombre de délégations chinoises entrant en Russie a été multiplié par 10 et les chinois n’entrent sur un marché que s’ils sont sûrs que cela leur sera très bénéfique.


Les médias russes ont étė prié de promouvoir les liens avec la Chine et les pays non occidentaux. Les entreprises. Elles. Ont subi des pressions pour obtenir qu’elles s’intéressent au pays de l’Est combien même cela n’avait que peu de sens pour leurs affaires.


Mais ce qu’initialement semblait insignifiant commence à porter ses fruits.


Cela a commencé comme une pièce de théâtre mais maintenant il se trouve des entreprises qui vraiment accomplissent des choses a dit Tom Blackwell cadre supérieur d’EM , une entreprise de conseil ayant travaillé avec nombre de sociétés majeures russes dans leur exploration du marché chinois.


Les fonds d’investissementschinois ont très peu d’expériences ou de connaissances sur la Russie. C’est très dur à vendre. Mais il semble que la stratégieest de conclure de gros contrats d.Etat d’abord et ensuite on assume que les plus petites entreprises suivront.


Lentement les choses se mettent en place.


Le service fédéral russe  d’immigration est très conscient du flux d’émigrés chinois traversant les frontières sino- russes. Il a été constaté que les chinois pourraient devenir le premier groupe ethnique de Russie de l’est d’ici 2020-2030.


L’été dernier un officiel des services frontaliers a déclaré que 1.5 million de chinois étaient entrés illégalement en Russie entre 20013 et 2014.

 

Ces deux pays sont des partenaires commerciaux avec un but commun : celui de challenger l’hégémonie américaine.Mais les disputes passées et les intérêts respectifs entrant en compétition rendent cette relation plus complexe’

 

Oublions les meetings des sommets européens et le G7; pour des pays qui aiment se voir comme étant les nouvelles puissances montantes, le vrai sommet a lieu cette semaine en Russie Centrale où Vladimir Poutine y recevra les participants.

 

Les leaders des pays du BRICS ( Brésil, Inde, Chine, Afrique du Sud ) rencontreront Poutine à Ufa mercredi et procèderont ensuite à l.’ouverture au groupe des puissances asiatiques  membres de la Shanghai Cooperation Organisation .

La Banque de développement des BRICS entre dans le concret

 

10 Juillet 2015

9 juillet 2015 Goulnaz Danilova

 

Le Conseil d’affaires des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) a tenu une réunion à Oufa (Oural méridional) à la veille du sommet de l’organisation. Les débats ont été essentiellement consacrés à l’avenir de la Nouvelle banque de développement.

Le Conseil d’affaires des BRICS
La réunion du Conseil d’affaires des BRICS. Crédit : BRICS2015
 

Oufa a accueilli le 8 juillet une réunion du Conseil d’affaires des BRICS. Les représentants des cinq pays ont dressé le bilan de la présidence annuelle du Brésil au sein de l’organisation. Le rapport qu’ils ont approuvé sera remis aux chefs d’Etat et de gouvernement de leurs pays respectifs lors du sommet du 9 juillet. Il formule les principaux problèmes qui se dressent devant les membres du groupe.

 

Perspectives

 

Les débats du Conseil d’affaires ont été consacrés, conformément aux attentes, aux perspectives de la Nouvelle banque de développement et à la possibilité d’effectuer des règlements en monnaies nationales. Le ministre russe des Finances, Anton Silouanov, a déclaré à l’issue de la réunion que la Nouvelle banque avait été mise en place pour financer des projets d’infrastructures. Le capital souscrit non appelé de la banque est de 100 milliards de dollars et le capital versé se monte à 10 milliards. La Russie a réservé les ressources nécessaires dans son budget. Des changements au capital pourront être apportés pendant cinq ans.

 

Lire aussi : La banque de développement des BRICS entame ses activités

 

D’ici la fin de l’année, chaque membre des BRICS soumettra des projets concrets parmi lesquels la Nouvelle banque choisira les plus efficaces. Le début du financement est prévu pour le début de l’année prochaine.

 

Les projets sont nombreux, et certains ont été d’ores et déjà travaillés en profondeur. Il y a un an, la délégation russe a soumis au sommet au Brésil 37 propositions formulées en commun par la Chambre de commerce et d’industrie et le ministère du Développement économique de Russie. Ce sont notamment des projets de Rostekhnologuii (société publique des hautes technologies) sur la technique de construction ultra rapide de ports, qui présente un grand intérêt pour tous les membres des BRICS. Brasilia propose pour sa part de construire une route transocéanique qui traversera le Brésil, le Paraguay, l’Argentine et le Chili. Un autre projet prévoit la construction de la ligne à grande vitesse Moscou-Kazan, qui constituera le premier tronçon du projet TGV reliant Moscou et Pékin.

 

Milieu concurrentiel

 

La Nouvelle banque devra déployer ses activités dans un milieu concurrentiel, a fait remarquer Anton Silouanov lors de la réunion. Etant donné qu’elle a été fondée après la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (BAII), avec un capital similaire, il est prévu de coordonner leurs activités. Les deux établissements pourraient réaliser ensemble de grands projets de concession intéressant plusieurs pays, comme, par exemple, le développement de la Route économique de la soie entre la Russie et la Chine.

 

La direction de l’institution nouvellement créée aura pour sa part à réfléchir aux moyens de simplifier les procédures de prise de décision. Celles-ci ne doivent pas être bureaucratisées ni traîner en longueur et pouvoir présenter des avantages par rapport aux procédures d’autres institutions financières.

 

Groupes de travail

 

Selon Sergueï Katyrine, président de la Chambre de commerce et d’industrie de Russie et président de la représentation russe au Conseil d’affaires des BRICS, les membres du Conseil jugent indispensable que le monde des affaires soit représenté au sein des structures dirigeantes de la Nouvelle banque de développement ou qu’il puisse au moins avoir des contacts avec elles afin de pouvoir influencer l’examen et le financement des projets.

 

Lire aussi : Pourquoi les BRICS comptent tant pour la Russie

 

Le Conseil d’affaires a également évoqué l’amélioration du climat d’affaires dans les cinq pays, les questions relatives au régime des visas, les moyens de simplifier la circulation des entrepreneurs, des biens, des services et des finances, ainsi que le rapprochement des normes, des règlements techniques et des régimes d’autorisation.

 

Toujours d’après Sergueï Katyrine, le nombre des groupes de travail, qui est passé de cinq à sept, avec celui de l’agriculture et de l’élimination des barrières administratives. Ce dernier est « transversal » : il regroupe les propositions de tous les autres groupes de travail, car les barrières entravant les affaires se dressent en grand nombre dans tous les domaines d’activités.

 

Un autre sujet crucial est le développement des PME. En effet, ce segment du monde des affaires n’est pas suffisamment représenté au sein du Conseil, alors que chacun des cinq pays souhaite vivement développer des contacts d’affaires avec les autres.

 

« Les activités des PME sont régionales, voire municipales, mais nombre d’entrepreneurs de ce domaine ont la possibilité d’exporter leur production et de mettre en place des sociétés mixtes », a souligné Sergueï Katyrine dans une interview à RBTH.

Publié par Jean Lévy

Coopération Russie-Chine: révolution sur le marché du pétrole?

Coopération Russie-Chine: révolution sur le marché du pétrole?
 
 
La Russie renforce ses positions
sur le marché mondial du pétrole
en obtenant un des principaux débouchés – la Chine.
 
La Russie a doublé l'Arabie saoudite en termes de volume d'exportations de pétrole vers la Chine. Qui plus est, le paiement pour les livraisons russes est réalisé en yuans. Cela pourrait changer cardinalement la donne sur le marché pétrolier, estime le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung. 
 
Les importations de pétrole russe de la Chine ont atteint 3,92 millions de tonnes, tandis que des exportations en provenance d'Arabie saoudite ont baissé de 42% et constituent actuellement 3,05 millions de tonnes. Même l'Angola livre des volumes supérieurs, fait remarquer le journal. 
 
A présent, la Chine représente un marché clé pour les exportations mondiales de pétrole. Et si le gouvernement saoudien veut regagner sa position dominante sur ce marché, il devra accepter le yuan en tant que monnaie de paiement, estiment des experts. 
 
© SPUTNIK.La Chine veut une collaboration tous azimuts avec Moscou 

 Le succès enregistré par la Russie sur le marché chinois est dû au fait que Moscou a conclu des accords de livraison de pétrole avec Pékin en échange de crédits, ce qui est profitable aux deux partenaires. 

 

Ainsi, la Chine cherche à transformer ses réserves monétaires de plusieurs milliards de yuans en investissements, ce qui tombe bien, car des compagnies russes éprouvent un besoin pressant de crédits à des conditions avantageuses. 

 

L'Arabie saoudite, quant à elle, a ses propres réserves monétaires non négligeables et n'a donc pas besoin d'emprunts.

 

L'augmentation de la demande pour le pétrole russe s'explique également par la politique tarifaire de Riyad. Avant la chute des prix du baril, les pays asiatiques bénéficiaient des remises considérables, mais à présent la situation a changé, et la Russie a su en profiter. 

 

"Le marché est instable, il n'est pas donc exclu que l'Arabie saoudite retrouve sa part sur le marché chinois. Mais la situation actuelle démontre que la Russie ne cesse de renforcer ses positions", conclut le quotidien.

Nous sommes conscients des problèmes mais ensemble nous les résoudrons tous

 

09 Juillet 2015

President of the Russian Federation Vladimir Putin (right) and President of the People’s Republic of China Xi Jinping during their meeting in Ufa.

En unissant nos forces la Russie et la Chine vont surmonter toute attente et résoudre tous les problèmes auxquels ils sont confrontés, a déclaré le Président Vladimir Poutine à son homologue chinois Xi Jinping mercredi.

« Nous sommes pleinement conscients de l’économie et des problèmes de politique étrangère que nous affrontons maintenant mais en travaillant ensemble, nous les  résoudrons tous, » a dit  Poutine lors de l’entretien avec le dirigeant chinois en marge des sommets de l’OCS et des BRICS maintenant en cours à Oufa.

 

Journalists at the International Media Centre, which opened to cover the SCO and BRICS summits in Ufa.
Photohost © BRIC/SCO
 

L’événement international auquel assistent les chefs d’États des BRICS : Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud qui va durer jusqu’au jeudi 9 juillet.

 

« Je suis heureux de vous accueillir dans cette belle ville sur la Volga. J’apprécie vraiment votre accord pour participer au sommet des BRICS, puis au sommet de l’OCS tenu dans l’un des plus beaux endroits que l’on puisse trouver ici en Russie. J’espère que vous vous plairez ici, » a dit Poutine.

 

Étant donné que depuis le précédent sommet des BRICS tenu à Fortaleza au Brésil, les cinq pays ont renforcé leurs liens à plusieurs niveaux, notamment dans la promotion économique, affaires, commerce et coopération culturelle ainsi que l’instauration d’un dialogue au niveau parlementaire.

 

« Je sais que l’administration régionale et les gens qui vivent ici ont travaillé très dur pour préparer la ville pour les sommets », a-t-il ajouté.

Publié par Jean Lévy

Les BRICS lancent un équivalent du FMI au capital de 100 Mds USD

Les BRICS lancent un équivalent du FMI au capital de 100 Mds USD

Karel Vereycken_La Grèce veut rejoindre la dynamique des BRICS

Mardi 7 juillet les BRICS ont signé un accord sur les conditions d'entraide en cas de crise, ce qui pourrait aider la Russie si les sanctions antirusses sont renforcées, expliquent les experts.

Mardi, les banques  centrales des BRICS  (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) ont signé un accord sur le soutien mutuel des pays membres de l'alliance. Ils ont également crée un pool de réserves monétaires du groupe et ont indiqué les conditions de son fonctionnement. Cette nouvelle structure est une alternative au FMI et à la Banque mondiale, qui sont contrôlées par les Etats-Unis et qui perdent peu à peu de leur influence.

 

Le but de la création et du fonctionnement du pool est "une allocation mutuelle de la part des banques centrales des BRICS de moyens financiers en US dollars en cas de problèmes de liquidité en dollars". "Ainsi, la création d'un tel mécanisme de sécurité a pour objectif le maintien de la stabilité financière dans les pays-membres", lit-on dans un communiqué de presse. Mardi 7 juillet les BRICS ont signé un accord sur les conditions d'entraide en cas de crise, ce qui pourrait aider la Russie si les sanctions antirusses sont renforcées, expliquent les experts.

 

Ce sera l'une des plus grandes institutions financières, au capital déclaré de 100 milliards de dollars. L'apport de la Chine sera de 41 milliards de dollars, celui de la Russie, de l'Inde et du Brésil sera de 18 milliards de dollars, et l'Afrique du Sud en apportera encore 5 milliards.

Le BRICS et l'Organisation de Coopération de Shanghai, main dans la main pour aller plus loin

 

(Source: le Quotidien du Peuple en ligne)

08.07.2015 08h25

Récemment, l'ambassadeur de Chine en Russie, Li Hui, a signé un article publié dans le Quotidien du Peuple, et intitulé « Le BRICS et l'Organisation de Coopération de Shanghai, main dans la main pour aller plus loin ». L'article indique que, après plus de dix années de développement, les pays du BRICS sont devenus, pour les grands pays émergents du monde, une plate-forme importante d'échanges et de dialogue et d'approfondissement de la coopération pragmatique. La coopération entre les Etats membres de l'Organisation de Coopération de Shanghai ne cesse de se renforcer dans divers domaines comme la sécurité et la coopération économique et culturelle, et pour ces Etats, elle est devenue un mécanisme efficace et une force constructive pour le maintien de la sécurité et de la stabilité régionales et la promotion du développement commun.

 

S'agissant de la septième réunion des dirigeants des BRICS qui va se tenir prochainement dans la ville russe d'Ufa, Li Hui estime qu'il est premièrement nécessaire d'approfondir la confiance politique mutuelle et de créer une communauté de destin des pays du BRICS, pour que la direction de développement de l'ordre international soit plus juste et plus rationnelle. Deuxièmement, il faut approfondir la coopération pragmatique et bâtir une collectivité d'intérêts du BRICS, accélérer la construction de la nouvelle banque du développement et mettre en service dès que possible les dispositions de réponse d'urgence, pour promouvoir le développement diversifié de la coopération financière internationale. Troisièmement, il faut renforcer la coopération internationale et créer une communauté de responsabilité du BRICS et, sur l'agenda de développement post-2015, parler d'une même voix sur des sujets comme les négociations sur le changement climatique, le terrorisme, la sécurité du réseau et la réforme du FMI, pour sauvegarder les intérêts communs des marchés émergents et des pays en développement intérêts. Quatrièmement enfin, il faut travailler ensemble pour promouvoir le processus historique des pays du BRICS en matière de coopération économique, sociale, culturelle et de sécurité.

 

Au sujet de la 15e réunion de l'Organisation de Coopération de Shanghai (OCS), Li Hui estime que, premièrement, afin de mettre convenablement en œuvre la « Stratégie de développement de l'Organisation de Coopération de Shanghai 2025 », il faut soigneusement planifier la direction de développement à long terme prévue pour l'organisation. Deuxièmement, afin d'approfondir la confiance politique mutuelle en tant que base, il faut sauvegarder fermement la souveraineté, la sécurité et les intérêts de développement des États membres et, sur les grandes questions internationales et régionales, coordonner activement leurs positions, afin que l'ordre international prenne une direction plus juste et plus rationnelle. Troisièmement, il faut consolider la coopération en matière de sécurité en tant que protection, afin d'empêcher l'expansion de la pénétration régionale des forces extrémistes terroristes au sein de l'OCS. Quatrièmement enfin, il faut renforcer la coopération pratique en tant qu'objectif, afin que le potentiel des États membres se complète pour donner des retombées économiques tangibles.

 

La coopération mutuelle entre les pays du BRICS a permis d'activer davantage l'énergie et la cohésion en matière de développement pour apporter une contribution à la stimulation de la croissance économique mondiale. Quant aux pays membres de l'Organisation de Coopération de Shanghai, garantir la sécurité commune et parvenir à une coopération gagnant-gagnant leur a apporté des opportunités importantes. La Chine, quant à elle, espère ardemment que le sommet d'Ufa permettra d'obtenir des résultats importants.

 

(Source : Le Quotidien du Peuple)

BRICS : accord de soutien mutuel en cas de manque de liquidités en dollars

 

08 Juillet 2015

Le Blog Finance

Elisabeth Studer

BRICS : accord de soutien mutuel en cas de manque de liquidités en dollar

Dans un formidable pied de nez aux institutions financières qui secouent actuellement la Grèce, voire à terme nombre de pays membres de l’Union européenne, les banques  centrales des BRICS  (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) ont signé mardi un accord sur le soutien mutuel des pays membres de l’alliance en cas de crise. Un pool de réserves monétaires du groupe verra également le jour, les conditions de son fonctionnement ayant été précisées dans le cadre de la signature.

 

Cette nouvelle structure se veut être une alternative au FMI et à la Banque mondiale, et un soutien important pour la Russie en vue notamment de permettre à cette dernière de limiter les impacts sur son économie d’un éventuel renforcement des sanctions occidentales prises à son encontre compte-tenu de sa politique menée envers l’Ukraine.

 

Le communiqué de presse précise qu’une telle structure vise à permettre « une allocation mutuelle de la part des banques centrales des BRICS de moyens financiers en US dollars en cas de problèmes de liquidité en dollars. « Ainsi, la création d’un tel mécanisme de sécurité a pour objectif le maintien de la stabilité financière dans les pays-membres », poursuit le texte.

 

Il devrait s’agir de l’une des plus grandes institutions financières, au capital déclaré de 100 milliards de dollars. L’apport de la Chine sera de 41 milliards de dollars, celui de la Russie, de l’Inde et du Brésil sera de 18 milliards de dollars, tandis que celui de l’Afrique du Sud s’élèvera à 5 milliards.

 

Sources : sputniknews

 

Elisabeth Studer – 08 juillet 2015 – www.leblogfinance.com

 

A lire également :

Quand Banque Mondiale et FMI se voient concurrencer par la nouvelle banque des pays du BRICS

Le Partenariat Chine Russie joue un rôle clé dans la mise en place d’un nouvel ordre mondial

 

08 Juillet 2015

Hoisting the Russian flag

Il faut encore noter le rôle joué dans cette collaboration par l’agressivité des Etats-Unis tant dans la zone pacifique qu’en Ukraine et au Moyen Orient… Ce qui se passe aujourd’hui en Europe, l’affaire de l’Ukraine aussi bien que celle de la Grèce vont-elles jouer un rôle dans le continent eurasiatique? Parce que l’UE a fait dans les deux cas la démonstration de son incapacité à la coopération et sa volonté de concurrence destructrice. En ce qui concerne l’Ukraine elle a fait la preuve de sa vassalité non pas aux Etats-UNis mais au système sur lequel ils ont fondé leur hégémonie mondiale ; loin de représenter une alternative démocratique, l’Europe a choisi de s’intégrer dans ce système en déclin.  (Cela dit si ces deux pays avaient choisi la coopération plus tôt nous n’en serions pas où nous sommes aujourd’hui, où le capitalisme prétend continuer à maintenir une hégémonie sur sa seule capacité de destruction).  

 

(note de Danielle Bleitrach)

Dans les économies émergentes, l’alliance entre la Russie et la Chine se renforce et devient la « force obligatoire » dans un certain nombre d’organisations internationales et régionales telles que les BRICS et l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) selon l’analyste politique chinois Zheng Yu.

Depuis 2008, on a assisté à une série d’événements dans les relations internationales qui ont mis un terme au monde unipolaire, écrit l’analyste politique chinois Zheng Yu.

 

Ce monde unipolaire a beaucoup souffert en raison de la crise économique, à la suite de laquelle Washington a perdu beaucoup de son influence. Néanmoins, des problèmes économiques ont frappé de nombreux autres pays, leur faisant réaliser que la coopération est vitale pour accélérer la croissance de l’économie.

 

L’autorité de ces économies émergentes se développe de plus en plus tandis que l’influence du ‘G 7′ est en chute libre.

Chinese People's Liberation Army soldiers stand guard inside the Great Hall of the People as the Russian flag flies on Tiananmen Square
© AFP 2015 / Stephen SHAVER

Chercheur à l’Académie chinoise des Sciences sociales, Zheng Yu a écrit pour le chinois Global Times, que la coopération entre la Russie et la Chine joue maintenant un rôle clé instituant un nouvel ordre mondial. L’alliance entre la Russie et la Chine est la « force obligatoire » dans un certain nombre d’organisations internationales et régionales telles que des BRICS et l’organisation de coopération de Shanghai (OCS). Ce type de coopération aidera Pékin et Moscou à améliorer et à renforcer leur influence, tant sur la scène internationale qu’en Asie centrale.

 

Dans cette région, les intérêts de la Russie et de la Chine se croisent, donc le développement de l’Union économique eurasienne, qui a été lancé par Moscou et la stratégie chinoise de « nouvelle route de la soie » sont autant de démarches très prometteuses, dit Zheng Yu.

 

La visite du Président chinois, Xi Jinping en Russie en mai ont montré que les relations entre les deux pays ont maintenant atteint un « niveau sans précédent ». Cela signifie que dans les bonnes circonstances, la promesse d’une amitié entre Moscou et Pékin sera non seulement une aide pour eux mais aussi elle contribuera à la prospérité et au « développement harmonieux » du monde dans son ensemble.

 

Sur le même sujet voir l’article de The Guardian

 

http://www.theguardian.com/world/2015/jul/07/china-russia-superpower-axis?CMP=fb_gu

Le président chinois Xi Jinping et ce qu’il attend du sommet de Oufa

 

05 Juillet 2015

Malgré le ralentissement des économies; les BRICS demeurent ce qui assure 50%  de la croissance mondiale. la Chine articule un nouveau modèle de gouvernance économique basé sur le gagnant-gagnant avec son projet de la route de la soie intégrant l’organisation de coopération de Shangaï dans un projet de stabilité pacifique, les pays d’Asie centrale mais visant à concerner au premier chef le continent euroasiatique.

 

(note de Danielle Bleitrach)

 

« Renforcer le rôle des BRICS sera utile pour promouvoir l’efficacité de la gouvernance financière internationale », assure-t-il.

 

Approfondir la coopération pragmatique entre les membres des BRICS et de l’OCS aide à forger une communauté avec une destinée commune

 

( Source: Xinhua )

04.07.2015 10h59

 

Le président chinois Xi Jinping participera au 7ème sommet des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) et au 15ème sommet de l’Organisation de la Coopération de Shanghai (OCS) dans la ville russe d’Ufa du 8 au 10 juillet.

 

Sa visite a pour but de booster la coopération pragmatique entre les Etats-membres des BRICS et de l’OCS, lier les stratégies de développement nationales des autres pays, et forger une communauté avec une destinée commune présentant des situations gagnant-gagnant et une convergence d’intérêts.

 

Creer des perspectives prometteuses pour les BRICS

 

Au cours de sa visite, M. Xi devrait proposer plusieurs initiatives et programmes pour renforcer le partenariat entre les Etats-membres des BRICS, et programmer la coopération économique future avec quatre autres chefs d’Etat.

 

Un des documents clefs exposant une stratégie de partenariat économique pour les pays des BRICS sera discuté au prochain sommet et devrait être approuvé.

 

Depuis l’établissement du mécanisme de coopération des BRICS il y a six ans, le mécanisme a montré une innovation et une vitalité puissante. Il est devenu un cadre de coopération à plusieurs niveaux dirigé par des réunions de leaders et une plateforme multilatérale représentant les intérêts des pays en voie de développement.

 

« La croissance des économies des BRICS dans son ensemble a ralenti mais les pays des BRICS, sur le long-terme et en ce qui concerne le développement, continuent d’être les centrales de la croissance économique mondiale », a souligné Wang Youming, chercheur spécialisé dans l’étude des pays en voie de développement à l’Institut chinois des Etudes internationales.

 

En tant que leaders de tous les pays en voie de développement, les cinq pays des BRICS doivent se soutenir, travailler ensemble et approfondir la coopération.

 

Dans le contexte de reprise lente de l’économie mondiale, tous les pays des BRICS devraient construire un partenariat plus étroit et poursuivre un développement et une prospérité commune. Le potentiel est grand pour la coopération économique dans le bloc des BRICS.

 

Ratifier le modele de l’OCS (organisation de Coopération de ShangaÏ)

 

Au programme du sommet de l’OCS à Ufa, se trouve la ratification de la Stratégie de développement de l’OCS jusqu’à 2025, modèle complet couvrant une variété de sujets. Le modèle est très important pour approfondir la coopération de l’OCS dans les 10 prochaines années.

 

Les participants devraient également ratifier un nouveau guide de coopération pour combattre « les trois forces » que sont le séparatisme, le terrorisme et l’extrémisme et signer un accord sur la défense des frontières.

 

Par ailleurss, des progrès seront également réalisés lors du sommet de l’OCS sur la coopération pragmatique, tels que l’interconnectivité, le commerce, l’investissement, la capacité de production et la finance, l’expansion du bloc, etc.

 

La Chine va suggérer une série de propositions pour soutenir le développement des Etats-membres et appeler les Etats-membres de l’OCS à travailler ensemble pour construire la Ceinture économique de la Route de la Soie.

 

Dimitri Mezentsev, secrétaire-général de l’OCS, a déclaré plus tôt que la Chine a invité les membres de l’OCS à participer au projet, et que cela faisait sens pour ces pays de combiner leurs projets de développement économique avec l’initiative.

 

Les blocs des BRICS et de l’OCS sont le résultat de l’alliance et du renouveau des pays en voie de développement, qui répondent à leurs propres intérêts, et correspondent également au développement pacifique et à la reprise économique du monde.

 

Tout le monde sait que les économies des BRICS ont contribué à hauteur de 50 % à la croissance économique mondiale au cours des 10 dernières années, et que leur coopération boostera la reprise économique mondiale.

 

L’OCS jouera également un rôle. Sa coopération pratique donnera un nouvel élan au développement solide de l’économie mondiale

Le sommet d’Oufa (Russie du 8 au 12 juillet) va doper la coopération entre BRICS

 
05 Juillet 2015

Polarisés comme nous le sommes sur la situation grecque, nous ignorons un contexte susceptible de changer la donne y compris en Grèce et en Europe. les pays sous développés ont longtemps espéré que l’euro et l’europe serait une alternative à l’hégémonie du dollar et à l’imposition du diktat du FMI. Ce qui se profile aujourd’hui est effectivement une véritable alternative. Le sommet de Oufa (Russie)à sous la présidence de Vladimir POutine désormais acquis à la    coopération des Brics et à une entente plus étroite avec la CHine est un contexte que l’on ne peut ignorer y compris après le résultat encore incertain à l’heure ou nous écrivons ces lignes du référendum grec.

 

Les pays des BRICS travaillent sur la possibilité de passer aux devises nationales pour les échanges à l’intérieur du groupement, a déclaré Sujata Mehta, ministre-adjoint des Affaires étrangères de l’Inde.“La possibilité d’échanger en devises nationales entre les pays des BRICS est une question qui est en train d’être considérée. Les banques de développement des BRICS préparent des documents à ce sujet. Elles ont étudié la possibilité d’accorder les accréditifs en devises nationales et d’autres mesures qui contribueraient à de tels échanges. Le processus n’est pas encore accompli, mais un travail préparatoire est mené”, a annoncé le ministre-adjoint.

 

Déjà lors du VIe sommet des BRICS, le 15 juillet 2014, à Fortaleza (Brésil), la convention sur la création d’un pool de 100 milliards de dollars pour le fond de réserve des BRICS a été signée.

 

Ce fond de réserve permettrait aux pays, en cas de besoin, de surmonter un manque de liquidité à court terme et de compenser un déficit budgétaire en période d’instabilité économique. La convention sur la création de la nouvelle banque de développement des BRICS a été aussi signée à Fortaleza. Son objectif est le soutien de projets d’infrastructure dans les pays des BRICS et les pays en voie de développement.

 

Le prochain sommet des BRICS se tiendra du 8 au 10 juillet à Oufa.

 

http://french.xinhuanet.com/chine/2015-07/05/c_134383600.htm

 

MOSCOU, 5 juillet (Xinhua) — Les dirigeants des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) devraient discuter des stratégies de développement au sein de leur groupe et des moyens de promouvoir la coopération lors de leur sommet à Oufa (Russie), confie Sergueï Narychkine, président de la Douma, la chambre basse du Parlement russe, dans un entretien à Xinhua.

 

« J’espère que l’on aura une discussion approfondie sur la situation internationale et les défis actuels », poursuit-il, avant d’ajouter que la Russie, qui assure la présidence tournante de ce groupe de pays en développement, souhaite accroître la coopération entre ses membres.

 

Pour certains partisans d’un monde unipolaire, l’émergence des BRICS constitue un « défi malvenu », ironise M. Narychkine, indiquant que ce bloc n’a cessé de se renforcer, de se faire de nouveaux amis et supporters et d’accroître la coopération entre ses membres.

 

L’existence des BRICS a même quelque peu battu en brèche les ambitions occidentales de domination du monde, affirme-t-il. Pour lui, les membres des BRICS ont bâti un modèle de coopération fonctionnant sur un pied d’égalité, ce qui n’est pas le cas dans les alliances occidentales.

 

« Nous n’imposons nos positions à personne (…) Nous encourageons tous les membres à participer à la construction d’un avenir commun, tout en préservant nos traditions, notre histoire et nos visions. C’est pour cela que notre position commune bénéficie d’un soutien sans cesse grandissant », assure le président de la Douma.

 

A propos de coopération, il a noté que les membres des BRICS avaient beaucoup d’expérience pratique en matière de développement économique domestique et d’échanges bilatéraux. Ce qu’ils doivent encore approfondir, c’est muscler la coopération multilatérale qui « bénéficiera non seulement à nous-mêmes mais aussi au monde ».

 

Assurant que les BRICS défendent fermement les institutions internationales et leur travail, Sergueï Narychkine accuse les pays occidentaux de vouloir s’accrocher à leurs sièges dans des organes tels que le Fonds monétaire international (FMI) et appelle à de profondes réformes au sein de ces institutions afin qu’elles reflètent les réalités de l’économie mondiale.

La tendance à la dédollarisation se poursuit : la Russie soutient l’alternative des BRICS à SWIFT


RILe 29 mai 2015 – Source Russia Insider

 

En février dernier, la Russie a détaillé une alternative à SWIFT qui relierait 91 banques du pays à la Banque centrale de Russie.

Le BRICS mène la charge contre le dollar

D’un côté, le plan constituait un mouvement de plus dans le sens d’une dédollarisation mondiale, mais d’un autre, il résultait d’une nécessité, lorsque la Russie a commencé à croire qu’elle pourrait être expulsée de SWIFT, en punition de son soutien aux rebelles en Ukraine. Le Premier ministre Dmitry Medvedev a averti qu’il pourrait y avoir desconséquences illimitées si l’Occident décidait un gel punitif de SWIFT.

 

Deux mois plus tard, Moscou recevait un siège au conseil d’administration de SWIFT.

 

Maintenant, la Russie fait un pas de plus vers la dédollarisation en suggérant qu’une alternative des BRICS à SWIFT pourrait être dans les cartons. Russia Today en dit plus :

La Banque centrale de Russie a proposé une discussion concernant la réalisation d’un réseau mondial analogue à SWIFT pour la transmission de l’information financière, qui traite quotidiennement quelque $6 mille Mds de transactions. 


La BCR espère réduire les risques potentiels de perturbations


«Pour parler sérieusement, il n’y a pas de système analogue à SWIFT pour le moment dans le monde, il est unique. Le seul sujet qui peut tous nous intéresser au sein des BRICS est d’examiner et de discuter de la possibilité de mettre en place un système qui s’appliquerait aux pays BRICS, et serait utilisé comme une sauvegarde», a expliqué vendredi la gouverneure adjointe de la Banque centrale de la Fédération de Russie, Olga Skorobogatova.

Cela arrive au moment où la Russie (qui, incidemment, est le deuxième plus important utilisateur de SWIFT) est chargée d’organiser un sommet des BRICS à Urfa les 8 et 9 juillet, où la banque BRICS dotée d’un capital de $100 Mds sera lancée officiellement parallèlement à la mise en place d’une réserve en devise du même montant. Tout comme la banque AIIB dirigée par la Chine, la banque BRICS est à bien des égards une réponse à l’échec des institutions multilatérales dominées par les États-Unis, afin de répondre aux besoins de la modernité et offrir une représentation en rapport avec le poids économique de ses membres.

 

Cette situation ne devrait pas changer de sitôt parce que, comme nous l’avons analysé plus tôt dans ce mois, la Maison Blanche a signalé qu’elle n’était pas disposée à renoncer au droit de véto des États-Unis, même si cela signifie instaurer et imposer des mesures pour une réforme du Fonds sans l’approbation du Congrès. Le Washington Post a élégamment résumé la situation après le 6e sommet des BRICS l’été dernier:

Bien que les BRICS représentent plus d’un cinquième de l’économie mondiale, ensemble ils détiennent à peu près 11% des voix au FMI. Mais réformer la gouvernance des institutions de Bretton-Woods a rencontré un certain nombre d’obstacles. En 2008 et de nouveau en 2010, une réforme des quotas au FMI a été tentée afin de doubler le total des engagements financiers de tous les pays membres, tout en donnant en même temps davantage de parts dans les votes aux pays BRICS. Comme cela exigeait davantage de contributions de la part des membres des gouvernements des pays riches, plusieurs ont refusé, pour des raisons différentes.

La Russie va aussi de l’avant avec des plans visant à établir une union monétaire eurasienne, quelque chose dont nous avons parlé il y a quelques mois. Voici ce que nous disions en mars:

S’il y a une personne attentive qui a compris que les États-Unis ne renonceraient jamais au monde unipolaire des années 1980, bien que ce dernier soit depuis longtemps révolu, c’est bien le Russe Vladimir Poutine, qui a proposé aujourd’hui de créer une union monétaire eurasienne, dont les premiers membres seraient la Biélorussie et le Kazakhstan, qui sont déjà des partenaires de la Russie dans une union politique et économique constituée d’anciennes républiques soviétiques.

Sputnik News a les dernières informations :

La Russie est prête à considérer la création d’une union monétaire avec d’autres membres de l’Union économique eurasienne (UEE), a déclaré jeudi le Premier ministre Dmitry Medvedev.

« Dans ce format [UEE], il serait possible d’envisager éventuellement la création d’une union monétaire», a dit Medvedev.

Le Premier ministre est actuellement au Kazakhstan pour une session du Conseil intergouvernemental eurasien.

L’UEE, officiellement entrée en vigueur le 1er janvier 2015, comprend l’Arménie, la Biélorussie, le Kazakhstan et la Russie. Le bloc vise à atteindre une plus grande intégration économique, incluant la libre circulation des marchandises, des services, des capitaux et de la main d’œuvre dans ses états membres.

Avec cela, nous avons trois étapes de dédollarisation, la première quand la Russie tend à couper le lien critique du dollar en créant un système alternatif soutenu par des puissances émergentes, la seconde quand celles-ci se préparent à lancer leur propre banque de développement lors de la rencontre de juillet à Urfa, et enfin la troisième lorsque que Moscou examine en même temps comment sceller des liens économiques avec ses alliés régionaux par la création d’un bloc monétaire.

 

Beep – Beep, roi dollar, tu vacilles sur ton trône.

 

Article original paru dans Zero Hedge

Les USA se font piétiner par les BRICS en Amérique du Sud

 

Pepe Escobar

Pepe Escobar

Par Pepe Escobar – Le 23 mai 2015 – Source : Russia Today

 

Tout a commencé en avril par une pluie d’accords entre l’Argentine et la Russie lors de la visite de la présidente Cristina Kirchner à Moscou.

 

Le président russe Vladimir Poutine et la présidente de l’Argentine Cristina Fernandez de Kirchner arrivent à la session de photo officielle pour le sommet du BRICS (Reuters / Sergio Moraes)

 

Puis un ambitieux plan d’investissement de $53 Mds a été scellé lors de la visite du premier ministre chinois Li Keqiang au Brésil, premier arrêt d’une nouvelle offensive commerciale de la Chine en Amérique du Sud, qui comprenait une belle métaphore : Li voyageant à bord d’une rame de métro fabriquée en Chine qui circulera sur la nouvelle ligne qui sera inaugurée à Rio de Janeiro à la veille des jeux Olympiques de 2016.

 

Où se situent les USA dans tout cela ? Nulle part. Peu à peu, mais inexorablement, les membres des BRICS que sont la Chine et, dans une moindre mesure, la Russie, sont parvenus à restructurer les échanges commerciaux et les projets d’infrastructure dans l’ensemble de l’Amérique latine.

 

D’innombrables missions commerciales sillonnent ses côtes, à la manière des USA entre les deux guerres mondiales. Lors d’une réunion importante avec des chefs d’entreprise latino-américains en janvier, le président Xi Jinping a promis d’injecter $250 Mds dans des projets d’infrastructure au cours des dix prochaines années.

 

Les principaux projets d’infrastructure en Amérique latine sont tous financés par des capitaux chinois, à l’exception du port de Mariel à Cuba, dont le financement provient de la Banque brésilienne de développement (BNDES) et dont l’exploitation sera gérée par l’opérateur portuaire singapourien PSA International Pte Ltd. Une firme de Hong Kong a entamé l’an dernier la construction du canal du Nicaragua (plus gros, plus large et plus profond que le canal de Panama), dont les travaux prendront fin en 2019. De son côté, l’Argentine a conclu un accord de $4,7 Mds avec la Chine pour la construction de deux barrages hydroélectriques en Patagonie.

 

Le Premier ministre chinois Li Keqiang et la présidente Dilma Rousseff du Brésil avant une réunion à Brasilia, le 19 mai 2015 (Reuters / Ueslei Marcelino)

 

Parmi les 35 accords signés lors de la visite de Li au Brésil, mentionnons le financement de $7 Mds accordé à Petrobras, le géant pétrolier brésilien ; la vente de 22 avions commerciaux de l’avionneur brésilien Embraer à Tianjin Airlines, au coût de $1,3 Mds ; et une kyrielle d’accords avec Vale, un géant dans la production du minerai de fer. Tout cet investissement chinois pourrait contribuer à retaper les réseaux routiers, ferroviaires et portuaires du Brésil, qui sont dans un état lamentable. Les aéroports sont légèrement en meilleur état, grâce aux améliorations apportées avant la tenue de la Coupe du Monde l’an dernier.

 

Le clou de ce spectacle fastueux  est, sans contredit, le projet de construction d’un chemin de fer faisant 3 500 kilomètres, un investissement de $30 Mds, qui reliera le port brésilien de Santos, sur la côte atlantique, au port péruvien de Ilo, sur la côte Pacifique, en passant par l’Amazonie. Du point de vue logistique, ce projet est un atout pour le Brésil, car il lui donnera une porte d’entrée sur le Pacifique. Les gagnants seront évidemment les producteurs de matières premières, du minerai de fer aux fèves de soja, qui seront exportées vers l’Asie, principalement en Chine.

 

Ce chemin de fer transcontinental pourrait s’avérer un projet extrêmement complexe, avec toutes sortes d’enjeux allant des questions environnementales et des droits fonciers à la préférence accordée aux firmes chinoises chaque fois que les banques chinoises vont délibérer sur l’extension des lignes de crédit. Mais pour l’instant, le champ est libre. Les suspects habituels sont évidemment inquiets.

 

Géopolitiquement vôtre !

 

La politique officielle du Brésil, depuis le années Lula, consiste à attirer de gros investissements chinois. La Chine est le principal partenaire commercial du Brésil depuis 2009. Avant, c’étaient les USA. La tendance s’est amorcée dans le secteur de la production alimentaire. Aujourd’hui, les investissements se font dans les ports et les chemins de fer. On passera ensuite au transfert de technologie. La Nouvelle banque de développement des BRICS et la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (créée à l’initiative de la Chine), dont le Brésil est membre fondateur, seront incontestablement de la partie.

 

Le problème, c’est que cette interaction massive des BRICS dans les échanges commerciaux se conjugue à une situation politique assez alambiquée. Les trois principales puissances de l’Amérique du Sud que sont le Brésil, l’Argentine et le Venezuela, qui sont d’ailleurs toutes membres du Mercosur, font l’objet de tentatives dedéstabilisation à répétition par les suspects habituels, qui dénoncent couramment la politique étrangère des présidents Dilma Rousseff, Cristina Kirchner et Nicolas Maduro, tout en regrettant la belle époque de la relation de dépendance à Washington.

 

Brasilia, Buenos Aires et Caracas sont simultanément confrontés à des complots contre leur ordre institutionnel, bien que le degré de complexité (et de querelles intestines) varie d’une capitale à l’autre. Les suspects habituels n’essaient même pas de dissimuler leur froid diplomatique avec les trois principaux pays de l’Amérique du Sud.

 

Le Venezuela, qui est sous le coup de sanctions imposées par les USA, est considéré par ce pays comme une menace à sa sécurité nationale, un fait qui ne tient même pas la route comme mauvaise blague. Kirchner fait constamment l’objet de harcèlement diplomatique. Qui plus est, l’Argentine est dans la ligne de mire des fonds vautours états-uniens. Quant aux relations avec Brasilia, elles sont pratiquement gelées depuis septembre 2013, lorsque Rousseff a reporté une visite à Washington en réaction à l’espionnage qu’exerçait la NSA sur Petrobras et elle-même en personne.

 

Ce qui nous amène à un enjeu géostratégique crucial, qui n’est pas encore résolu.

 

Le siège social de Petrobras à Rio de Janeiro

 

L’espionnage de la NSA pourrait avoir permis de faire fuiter à dessein des renseignements de nature délicate afin de déstabiliser le programme de développement du Brésil qui comprend, dans le cas de Petrobras, l’exploration des plus grands gisements de pétrole (pré-salifères) découverts en ce début du XXIe siècle.

 

Ce qui en train de se dénouer est crucial, car en plus d’être la deuxième économie en importance dans les Amériques (après les USA), le Brésil constitue la principale puissance économique et financière de l’Amérique latine. C’est aussi au Brésil que l’on trouve ce qui était la deuxième plus grande banque de développement au monde, la BNDES, avant d’être supplantée par la banque des BRICS, ainsi que la plus grande société en Amérique latine, Petrobras, qui compte parmi les géants mondiaux de l’énergie.

 

La pression intense exercée contre Petrobras provient essentiellement des actionnaires états-uniens, qui tournent autour comme des vautours, prêts à saigner à blanc la société et à en tirer profit, de pair avec les lobbyistes qui fulminent contre la priorité accordée à Petrobas dans l’exploration des gisements pré-salifères.

 

Bref, le Brésil est la dernière grande frontière souveraine à s’opposer à la domination hégémonique illimitée des Amériques. L’Empire du Chaos peut bien ruminer.

 

Surfons sur la vague continentale

 

Le partenariat stratégique en constante évolution des BRICS est perçu dans les cercles du pouvoir à Washington avec incrédulité, mais aussi avec crainte. Il est pratiquement impossible pour Washington de causer des dommages réels à la Chine, mais c’est beaucoup plus facile dans le cas du Brésil ou de la Russie. N’empêche que Washington déverse surtout sa colère sur la Chine, car elle ose conclure un accord après l’autre dans ce qui constituait l’arrière-cour des États-Unis d’Amérique.

 

Encore une fois, la stratégie de la Chine (et de la Russie) consiste à garder son calme et à proposer des solutions gagnant-gagnant. Xi Jinping a rencontré Maduro en janvier pour conclure (évidemment) des accords. Il a rencontré Cristina Kirchner en février pour la même raison, au moment même où les spéculateurs s’apprêtaient à déclencher une autre attaque contre le peso argentin. C’est maintenant au tour de Li de se rendre en Amérique du Sud.

 

Il va sans dire que les échanges commerciaux entre l’Amérique du Sud et la Chine continuent de monter en flèche. L’Argentine y exporte des aliments et des fèves de soja ; le Brésil y exporte la même chose ainsi que des minerais et du bois d’œuvre ; la Colombie y vend du pétrole et des minerais ; le Pérou et le Chili, du cuivre et du fer ; le Venezuela, du pétrole ; la Bolivie, des minerais. Quant à la Chine, elle exporte surtout des produits fabriqués à forte valeur ajoutée.

 

Un élément-clé à surveiller dans un avenir rapproché est le projet Transul, proposé pour la première fois lors d’une conférence des BRICS à Rio l’an dernier. Il s’agit essentiellement d’une alliance stratégique entre le Brésil et la Chine liant le développement industriel brésilien à l’approvisionnement partiel de la Chine en métaux, au moment où la demande des Chinois est à la hausse (ils prévoient de construire rien moins que 30 mégapoles d’ici 2030). Cet approvisionnement sera effectué par des sociétés brésiliennes ou sino-brésiliennes. Pékin a fini par donner son assentiment au projet.

 

La situation dans son ensemble à long terme demeure inexorable. Les BRICS et les pays d’Amérique du Sud, qui convergent vers l’UNASUR (l’Union des nations sud-américaines), misent sur un nouvel ordre mondial multipolaire et un processus d’indépendance à l’échelle continentale.

Il est facile de voir que nous sommes ici à des années-lumière de la doctrine Monroe.

 

Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan: How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007), Red Zone Blues: a snapshot of Baghdad during the surge (Nimble Books, 2007), Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009) et le petit dernier, Empire of Chaos(Nimble Books).

Publié par Jean Lévy

La Banque des BRICS : un système alternatif aux institutions dominées par les nations occidentales, Fonds monétaire international (FMI) et Banque mondiale

 

La Banque des BRICS : un système alternatif aux institutions dominées par les nations occidentales, Fonds monétaire international (FMI) et Banque mondiale

 

 

Alexis Tsipras

Alexis Tsipras

 

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a remercié le vice-ministre russe des Finances Sergueï Stortchak - qui s’occupe de la création de la NBD – de la proposition adressée à Athènes de devenir le 6e membre de la nouvelle institution financière.

 

Lundi le 11 mai 2015, le Premier ministre grec a eu un entretien avec le ministre russe adjoint des Finances Sergueï Stortchak qui a invité Athènes à devenir le 6e membre de la NBD, a annoncé le site officiel du parti Syriza.

 

Après l’entretien, Alexis Tsipras, étonné, a remercié le haut responsable russe. Le Premier ministre a qualifié la proposition d’«intéressante» et a promis de l’étudier en détails. Les BRICS et la Grèce auront l’occasion d’évoquer à nouveau la question au cours du Forum économique international de Saint Pétersbourg du 18 à 20 juin.

 

La Nouvelle banque de développement a été établie pour faire face à deux géants financiers à dominante occidentale : la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. La NBD jouera un rôle clé en tant que pool monétaire pour les projets d’infrastructure des cinq puissances émergentes signataires : la Russie, le Brésil, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud.

 

Alexis Tsipras et Vladimir Poutine

 

Alexis Tsipras et Vladimir Poutine

Le cauchemar américain : Russie + Chine + Inde


Par Andrei Polunin – Le 15 mai 2015 – Source  Russia Insider

 

L’amélioration des relations entre l’Inde et la Chine ouvre la voie pour les trois grandes nations des BRICS à l’émergence d’une nouvelle puissance économique et stratégique mondiale.

Le premier ministre indien Modi 
et le président chinois Xi

 

Le Premier ministre indien Narendra Modi a voyagé en Chine le jeudi 14 mai, pour des négociations avec le président de la République populaire de Chine Xi Jinping. Dans le cadre de sa visite de trois jours Modi espère réaliser une percée dans les relations avec la Chine, qui ont jusqu’à présent été entravées par un différend frontalier et les revendications territoriales des deux parties. A en juger par les indicateurs indirects, la visite pourrait être un virage important dans les relations entre New Delhi et Pékin.

 

Le programme de la visite de Modi à la Chine a été conçu de telle sorte que le Premier ministre indien soit reçu par les plus hautes autorités de la Chine. Brisant le protocole, le président chinois a voyagé jusqu’à sa ville natale de Xi’an, ou il a rencontré personnellement Modi, non seulement pour une réunion au sommet qui a duré plus de 90 minutes, mais aussi pour une visite informelle des principaux sites historiques bouddhistes de Xi’an. C’est la première fois que Xi a reçu un chef d’état en dehors de Pékin. Le geste est considéré comme une tentative sérieuse pour réduire les différends bilatéraux et améliorer la confiance entre les deux pays. Le président Xi a également rendu la politesse à Modi, qui avait fait un geste similaire lorsque Xi avait visité l’Inde l’année dernière en septembre. Modi avait reçu Xi dans sa ville natale d’Ahmedabad.

 

Le Premier ministre indien est vendredi à Beijing pour rencontrer le Premier ministre chinois Li Keqiang. Sa visite se terminera par un voyage à Shanghai, où la délégation indienne participera à des négociations avec les représentants des milieux d’affaires de la Chine.

 

Pour la Russie, le rapprochement entre l’Inde et la Chine est une question d’une importance primordiale. Pendant longtemps, le concept d’un triangle stratégique entre la Russie, la Chine et l’Inde a existé, mais jusqu’à récemment, il n’a pas paru particulièrement viable. Le RIC, tel que le groupe est nommé, n’a été en grande partie qu’un forum économique, sans grand chose à montrer en termes stratégiques.

 

Le conflit entre la Chine et l’Inde, sur leur frontière, est en suspens, et semble insoluble. Avec cette visite, il est probable que certains problèmes vont se résoudre et la principale difficulté pour l’intégration économique de l’Eurasie peut trouver sa solution. Cela signifie que Moscou a de nouvelles opportunités à l’Est.

 

Dans ce contexte, la conversation téléphonique entre le Président russe Vladimir Poutine et le Premier ministre indien moins d’une journée avant la visite de Modi en Chine est significative. Selon le service de presse du Kremlin, et les propres tweets de Modi, le Premier ministre indien a confirmé sa participation au prochain sommet des BRICS en juillet et au sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai, qui ont lieu en même temps à Ufa, en Russie. Il a également discuté avec le président russe de diverses questions liées à l’expansion du partenariat stratégique privilégié entre la Russie et l’Inde.

 

La semaine dernière, M. Poutine a reçu le président chinois Xi à Moscou, où plus de 30 accords ont été signés par les deux dirigeants.

 

Qu’est-ce que le rapprochement des deux géants économiques de l’Asie signifie pour la Russie ?

 

L’idée d’un triangle russe, chinois et indien a été mis en avant par Evgenny Primakov, à la fin des années 1990 », a déclaré Alexey Maslov, directeur du Centre de recherche stratégique sur la Chine à l’Université russe de l’Amitié des Peuples. Il est également chef du département d’études orientales à l’École supérieure d’économie.

 

Mais alors, on pensait que la Russie pourrait jouer le rôle de leader dans le triangle. Maintenant, il est clair que la Chine va jouer ce rôle, et cela change toute la situation, a-t-il dit.

 

Il faut comprendre que le renforcement du triangle aura lieu selon le concept chinois d’une nouvelle Route de la Soie. En d’autres termes, la Chine va unir les pays sur la base de l’intérêt mutuel, et surtout économique.

 

Quels sont les projets qui peuvent unir l’Inde, la Chine et la Russie ?

 

D’abord et avant tout c’est la transition vers une monnaie commune. Il est clair que cette monnaie ne va pas apparaître demain, mais dans le meilleur des cas, elle pourrait exister dans cinq ou six ans. C’est un projet très attrayant. En outre, nos trois pays peuvent mettre en place un système de commerce préférentiel et créer des entreprises conjointes. Nous pouvons probablement développer des voies ferroviaires et des itinéraires aériens communs pour le fret.

 

Pour l’essentiel, la Chine cherche aujourd’hui à créer une nouvelle réalité politique, et c’est Pékin qui contrôle cette réalité. Mais beaucoup dépend de la capacité de la Chine à normaliser ses relations avec l’Inde. Ce n’est pas facile à faire, compte tenu des revendications territoriales des parties et du conflit qu’elles provoquent, comme c’est déjà apparu dans le cadre de négociations précédentes.

 

Pensez-vous que Pékin va réussir dans ce domaine ?

 

Je pense que durant sa visite, Modi va conclure un accord qui gèlera les différends territoriaux. Je pense que la Chine prendra des mesures économiques pour fournir à l’Inde les crédits nécessaires au développement de son industrie.

 

Je dois dire que l’Inde d’aujourd’hui est le concurrent naturel de la Chine en termes de coûts de production. Il est possible que la Chine délocalise certaines de ses entreprises en Inde. Dans un proche avenir, les travaux financés par des investissements chinois débuteront pour les routes et les chemins de fer dans le nord de l’Inde.

 

En substance, dans le cadre du projet de la Grande Route de la Soie, Pékin espère prendre le contrôle sur un vaste territoire – de l’Asie du Sud-Est au Caucase. Ce concept implique l’intégration économique, la coopération financière et politique, une logistique et des infrastructures communes.

 

Pour l’instant, ce concept englobe les territoires intérieurs de la Chine, ainsi que les pays voisins, comme les républiques d’Asie centrale et un certain nombre de pays d’Asie du Sud-Est. La Russie n’a pas encore adhéré à ce concept, mais dit qu’elle est prête à une coopération dans le cadre des deux entités : la Route de la Soie et l’Union économique eurasienne. (L’Inde n’est pas non plus venue à bord du projet de Route de la Soie.)

 

Est-il possible de dire que dans cette situation, il est particulièrement avantageux pour la Russie de se tourner vers l’Est ?

 

À l’heure actuelle, la Russie est le plus grand pays qui soutient la politique expansionniste de la Chine. Cela renforce nos positions politiques et économiques. D’autre part, un certain nombre de risques et de conflits peuvent surgir à l’avenir, qui ne peuvent être résolus que si la Russie est en mesure de s’engager également avec l’Occident et l’Orient, a déclaré Maslov.

 

« Entre Pékin et New Delhi, il y a un différend territorial, qui existait avant la guerre des frontières sino-indiennes de 1962, et qui a pris fin avec la défaite de l’Inde», note Andrey Ostrovsky, directeur adjoint de l’Institut des études d’Extrême-Orient, et membre de l’Association européenne des sinologues.

 

En conséquence, l’Inde occupe désormais une partie du territoire chinois – l’État de l’Arunachal Pradesh, et la Chine une partie du territoire indien – le plateau Aksai Chin. Tant que ces différends territoriaux ne sont pas résolus, l’instauration de relations normales entre les deux pays sera assez difficile.

 

Toutefois, ces problèmes peuvent être résolus, progressivement, à travers des négociations. Prenez par exemple les relations entre la Russie et la Chine. En 1964, quand Mao Zedong a pour la première fois soulevé la question du sort de 1.5 millions de kilomètres carrés, que la Russie tsariste avait pris à la Chine, cette question était loin d’être résolue. Cependant, en 2004 – 40 ans plus tard – la délimitation définitive de la frontière russo-chinoise a été réalisée. Avec de la bonne volonté des deux côtés, les pays sont tout à fait capables de résoudre leurs problèmes de frontières. Dès que la Chine et l’Inde auront réglé leurs différends territoriaux, toutes les questions politiques seront résolues immédiatement.

 

Il faut dire que le règlement de cette question de la frontière est attendu depuis longtemps et que les liens économiques entre l’Inde et la Chine se développent très rapidement. Le volume du commerce extérieur entre l’Inde et la Chine est déjà comparable au volume du commerce de la Russie avec la Chine – environ 100 milliards de dollars. La chose à retenir est que les problèmes entre l’Inde et la Chine seront abordés non seulement dans le format BRICS, mais aussi dans le cadre de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), dans laquelle la Russie joue un rôle important.

 

Comme nous le savons, New Delhi a demandé à adhérer à l’OCS. Il est tout à fait possible que, pendant le Sommet de l’OCS à Ufa en juillet, la candidature de l’Inde soit approuvée.

 

Qu’est-ce qui constituent les intérêts économiques mutuels de l’Inde et de la Chine ?

 

Les marchés des deux pays sont intéressants – ce sont d’énormes marchés. En fait, presque toute la production excédentaire dont la Chine est capable peut être vendue en Inde – et vice versa. Il existe également des produits et services qui sont produits seulement en Inde, ou seulement en Chine. En Inde, ce sont avant tout des services concernant l’informatique et les logiciels, tandis que la Chine espère construire un réseau de trains à grande vitesse en Inde.

 

Quelle est la place de la Russie dans ces deux économies ?

 

Notre place dans l’économie chinoise semble se dessiner à partir des 32 accords signés par le président Xi lors de sa visite de mai à Moscou. Selon ces accords, la Chine va investir dans notre programme de développement d’infrastructures. En plus de la ligne ferroviaire à grande vitesse entre Moscou et Pékin, qui doit être construite en 2023, nous avons des projets communs d’infrastructure en Asie, tels que la construction de la voie ferrée Kyzyl-Kuragino et le Seaport d’Extrême-Orient. En outre, la Chine fournit à la Russie des lignes de crédit. Par ailleurs, nous fournirons du gaz à la Chine par la route de l’Ouest, ainsi que cent avions Sukhoi Superjet.

 

L’Inde est également intéressée par le gaz russe. Le pays est énorme, et ne dispose pas de ressources en énergie suffisantes. Oui, des problèmes existent dans l’organisation de la fourniture de gaz, par exemple, en raison de la difficulté du terrain concerné [dans l’Himalaya, NdT]. Cependant, comme les Chinois l’ont montré par la construction d’une ligne ferroviaire à grande vitesse au Tibet, ce n’est pas quelque chose d’insurmontable.

 

Andrei Polunin

La Russie, l’Iran et la Chine pour l’Eurasie


Pepe Escobar

Pepe Escobar

 

Par Pepe Escobar – le 18 avril 2015 – Source Russia Insider

 

La Russie, l’Iran et la Chine partagent des intérêts et une vision eurasienne. Les récentes ventes d’armes importantes de la Russie à l’Iran et à la Chine arrivent dans un contexte de renforcement des liens Chine-Iran avec l’intention de Moscou et de Pékin d’arrimer l’Iran à l’Organisation de coopération de Shanghai.

L’Iran est crucial pour la Nouvelle route de la soie

 

Au cours des dernières décennies, le mythe préfabriqué d’une bombe iranienne insaisissable n’a jamais été le véritable problème entre les États-Unis et l’Iran; la question était de savoir comment dompter – ou isoler – une puissante nation indépendante qui refusait de suivre la ligne de l’exceptionnalisme.

 

Maintenant que la réhabilitation de l’Iran – au moins pour certains exceptionnalistes et leurs sbires – paraît imminente, en attendant un accord sur le nucléaire à décrocher en juin, différentes factions de Washington ne peuvent toujours pas se coordonner.

 

Le Pentagone a presque agréé à l’éternel rêve glauque des néocons et des médias corporatifs: l’option militaire.

 

Le Congrès américain ira sans tabous pour essayer de scotcher la transaction. La Commission des affaires étrangères du Sénat américain a adopté à l’unanimité un projet de loi qui donnerait au Congrès le droit d’intervenir dans tout ce qui concerne la levée des sanctions.

 

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif fait face à une bataille encore plus difficile car le rapport des faits que l’administration Obama exigeait de lui pour plaider la cause au Congrès, à Washington, complique la façon dont l’accord nucléaire peut être reçu en Iran. Pour couronner le tout, rapport des faits ou non, la cause n’a jamais été faite à Washington, après tout [mais à Israël, NdT].

 

Et maintenant, les suspects habituels – du Département d’État au Congrès et au lobby israélien – vont naturellement péter les plombs sur le narratif hystérique «Poutine a vendu des missiles aux ayatollahs».

 

Ils ont les S… 300-400-500 ça fait vendre

 

Ce que le président russe Vladimir Poutine vient de faire est de revenir aux affaires comme d’habitude; avant même la levée des sanctions, il a signé un décret de levée des interdictions propres à Moscou sur la livraison du système sol-air anti-missile S-300 pour Téhéran, à la suite d’un contrat de $800 millions signé en 2010, qui n’a pas été respecté en raison d’une pression américaine implacable. Téhéran s’attend à recevoir les S-300 d’ici la fin de l’année.

 

La ligne officielle de Moscou a toujours été que l’embargo sur les armes à l’Iran doit être levé dès qu’un accord nucléaire final est décroché. L’administration Obama insiste pour que les sanctions soient supprimées progressivement. À Téhéran, tout le monde, du chef suprême, l’ayatollah Khamenei, jusqu’au plus bas de l’échelle, est catégorique: les sanctions doivent être levées le jour de la transaction, selon les mots de Khamenei.

 

Le guide suprême avait ajouté une note conciliante, cependant, remarquant que «si l’autre côté lève son ambiguïté dans les discussions sur le nucléaire, cela montrera la possibilité de négocier avec eux sur d’autres questions». Reste un si de dimension sidérale.

 

Pendant ce temps, et dans la synchro, Anatoly Isaykin, le directeur général de la  société Rosoborobexport, exportatrice des meilleurs armes de la Russie, a confirmé que la Chine venait de lui acheter les systèmes de défense antimissile S-400. Pékin est le premier d’une longue liste d’acheteurs étrangers – car l’industrie de défense russe est tenue de donner la priorité sur les S-400 au Ministère russe de la défense.

 

Chaque S-400 est capable de lancer jusqu’à 72 missiles, engageant chacun jusqu’à 36 cibles simultanément, et protège le territoire des frappes aériennes, stratégiques, de croisière, tactiques, ainsi que des missiles balistiques tactiques et de moyenne portée. Il est opérationnel depuis 2007, remplaçant les systèmes S-300 maintenant vendus à l’Iran.

 

La question cruciale est que les S-300 vont rendre les défenses aériennes de l’Iran pratiquement sécurisées contre tout ce que le Pentagone peut leur envoyer, sauf les chasseurs furtifs de cinquième génération. Et ceux-ci, le S-300 et S-400, ne sont même pas l’état de l’art russe actuel en la matière; ce serait plutôt le système S-500, dont j’ai déjà parlé ici, capable de mettre définitivement la Russie, et d’autres, à l’abri de tout ce que le Pentagone peut leur envoyer.

 

Synchronisation stratégique

 

La livraison simultanée des S-300 et S-400 à l’Iran et à la Chine est encore un exemple plus parlant du partenariat stratégique entre les trois nations eurasiennes qui contestent activement l’hégémonie de l’hyperpuissance. Ils sont certainement en synchronisation.

 

En parallèle, discrètement, Moscou a déjà commencé, dans la pratique, un troc de $20 milliards, pétrole contre des biens, avec Téhéran – échange de céréales, d’équipements et de matériaux de construction pour un maximum de 500 000 barils de brut iranien par jour. Selon le ministre adjoint des Affaires étrangères Sergei Ryabkov, «Ce n’est pas interdit ou limité en vertu du régime actuel de sanctions.»

Ryabkov a seulement révélé une évidence : «Il faut être deux pour danser le tango. Nous sommes prêts à offrir nos services et je suis sûr qu’ils seront très compétitifs par rapport à d’autres pays. […] Nous n’avons jamais abandonné l’Iran dans les moments difficiles…»

 

Téhéran a répondu en synchronisation, par l’intermédiaire du Président du Comité pour la politique étrangère et la sécurité nationale de l’Assemblée consultative islamique d’Iran, Alaeddin Boroujerdi; l’Iran est prêt à élargir la coopération avec la Russie dans tous les domaines au plus haut niveau. Fondamentalement, «c’est aussi l’opinion de notre chef religieux suprême, l’ayatollah Ali Khamenei sur le développement des relations avec la Russie».

 

Les suspects habituels, comme d’habitude, s’accrochent à tout argument qui prouve que la coopération Russie-Iran est condamnée à échouer. Par exemple, un Iran réhabilité  condamnera l’industrie énergétique de la Russie en raison des  graves conséquences sur le marché du pétrole dues à l’augmentation de la production iranienne et de sa concurrence avec l’exportateur de gaz russe Gazprom.

 

Ryabkov a rejeté l’argument en allant droit au but : «Je ne suis pas encore convaincu que la partie iranienne sera prête à effectuer les livraisons de gaz naturel à partir de ses champs rapidement et en grandes quantités vers l’Europe [pour concurrencer Gazprom, NdT]. Cela nécessite une infrastructure qui est difficile à construire.»

 

Cette mise à niveau des infrastructures est coûteuse et prendra des années; l’Iran peut y arriver, mais avec l’aide – une fois encore – des Russes et des Chinois. La Russie sera de retour, avec vigueur, dans le secteur de l’énergie en Iran.  Gazprom Neft, le bras de Gazprom dans le pétrole, et Lukoil ont dû mettre en attente de nombreux projets à cause des sanctions. Rosatom, pour sa part, sera en mesure de décrocher d’autres contrats pour l’usine nucléaire de Bushehr.

 

L’UE – et surtout les États-Unis – misent sur la réhabilitation de l’Iran comme une manne économique et politique; le premier avantage réel serait que Téhéran devienne un fournisseur dans un autre stratagème louche du Pipelinistan, le gazoduc Trans-Anatolie (TAP) , qui peut – ou non – être terminé d’ici 2018. TAP fournira du gaz à l’UE via la Turquie , mais on ne sait toujours pas combien de gaz les fournisseurs potentiels – l’Azerbaïdjan ou l’Iran – sont capables de mettre sur le marché.

 

La mise en service du TAP ne signifiera pas que les exportations de Gazprom vers l’UE vont disparaître. En fait, ce dont les responsables russes et iraniens ont discuté pendant un certain temps est maintenant la rentabilité de l’exportation vers l’UE pour les deux nations. En outre, la Russie a encore un autre atout dans le jeu du Pipelinistan – le Turk Stream, qui canalisera le gaz russe vers la Turquie et la Grèce.

 

Et oui, Gazprom s’apprête à être un fournisseur incontournable pour deux marchés essentiels en même temps. Voici ce que le PDG de Gazprom Alexeï Miller a dit à Rossiya-24: «Les gisements de la Sibérie occidentale sont une ressource qui est utilisée pour délivrer du gaz à l’Europe. En d’autres termes, à ce stade, nous sommes au top de la préparation lorsque la question de la compétitivité commencera à se poser réellement pour nos ressources énergétiques entre les deux méga-marchés: asiatique et européen.»

 

Le business SWIFT

 

Beijing, quant à lui, est également passé à l’offensive. En tant que fournisseur principal d’énergie – pétrole et gaz – l’Iran représente une question de sécurité nationale chinoise. Donc, sanctions après sanctions, le gouvernement américain a toujours été obligé de renouveler des dérogations pour la Chine, Pékin a gardé le droit d’importer de l’énergie d’Iran à volonté.

 

L’Iran est un nœud absolument essentiel des Nouvelles routes de la soie – terrestre ou maritime –  qui va transiter par le port de Chabahar. Et le partenariat Chine-Iran ne couvre pas seulement l’énergie et le commerce; il comprend également la technologie de pointe chinoise dans le domaine de la défense, et l’entrée chinoise dans le programme de missiles balistiques de l’Iran.

 

La Chine a créé un système SWIFT parallèle pour payer l’énergie à l’Iran; Téhéran, après l’accord sur le nucléaire, sera libre d’accéder à ces fonds en yuan. Les dirigeants iraniens du secteur de l’énergie sont déjà allés à Beijing pour discuter des investissements chinois dans le secteur iranien de l’énergie. Sinopec et CNPC seront déterminants dans le développement de projets dans le gisement de gaz de South Pars – le plus grand dans le monde – et dans les gigantesques champs de pétrole de Yadavaran et North Azadegan.

 

Pour l’Iran, tout cela va se passer en parallèle avec les géants européens de l’énergie investissant dans le développement et la technologie du gaz naturel liquéfié (GNL) .

 

Investissant sur de multiples fronts, la Chine sera également active par sa poussée pour aider à finaliser le pipeline très troublé Iran-Pakistan (IP), qui à l’avenir pourrait même inclure une extension vers le Xinjiang.

 

Xi va à Téhéran

 

La cerise sur ce vaste gâteau de l’énergie est de voir à quel point la Russie et la Chine sont profondément engagées à intégrer l’Iran dans leur vision eurasienne. L’Iran peut enfin être admis comme membre à part entière de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) lors du prochain sommet de l’été en Russie. Cela implique un partenariat à part entière sur la sécurité, les questions commerciales et politiques concernant la Russie, la Chine, l’Iran, et la plupart des Stans d’Asie Centrale.

 

L’Iran est déjà un membre fondateur de l’AIIB, la banque dirigée par la Chine et chargée de financer les infrastructures asiatiques; cela signifie que le financement d’une série de projets de la Nouvelle route de la soie profitera à l’économie iranienne. Les financements de l’AIIB seront certainement intégrés avec d’autres prêts et d’autres formes d’assistance dans le Fonds financier créé par la Chine pour le développement des infrastructures de la Route de la soie.

 

Et last but not least, le partenariat stratégique Chine-Iran sera discuté en détail lors de la visite du président chinois Xi Jinping à Téhéran le mois prochain.

 

Il est facile de se souvenir comment l’Iran, il y a seulement quelques mois, était implacablement tourné en dérision par la foule exceptionnaliste comme s’étant isolé. Pourtant, le fait est qu’il n’a jamais été isolé, mais a minutieusement organisé son intégration eurasienne.

 

Les entreprises européennes ont, bien sûr, des démangeaisons pour déclencher une avalanche d’investissement dans le marché iranien post-sanctions, et surtout, la plupart des géants de l’énergie aspirent à réduire la dépendance de l’UE par rapport à Gazprom. Mais ils vont être confrontés à une concurrence redoutable, car Moscou et Pékin ont compris depuis longtemps de quel côté le vent soufflait: l’inévitable (ré)émergence de l’Iran comme une puissance eurasienne incontournable.

BRICS : nouvelle Sainte Alliance ou 6e Internationale?

 

BRICS : nouvelle Sainte Alliance ou 6e Internationale?

 

5 Avril 2015

Texte bref, écrit par Mikhaïl Deliaguine en 2013 et repris aux pages 63, 64 et 65 de son dernier livre « La Russie Face à l’Histoire. Fin de l’Époque de Trahison nationale? » paru en janvier 2015. Il permet de replacer l’aspect événementiel de la Présidence russe du BRICS dans le mouvement significatif des tendances lourdes.

Deliag kniga

Les monopoles mondiaux et leurs serviteurs libéraux refusent catégoriquement tout isolement hors du marché global, et en particulier l’isolement étayé par des institutions étatiques. C’est pourquoi ils sont non seulement des exploiteurs, mais les ennemis jurés de toute société voulant promouvoir son développement et faire croître le bien-être ; ces processus doivent demeurer les privilèges exclusifs des monopoles mondiaux eux-mêmes et des «managers efficients» qui sont à leur service. La masse restante de l’humanité est condamnée par leur implacable logique commerciale à la dégradation et à une intégration utilitaire au sein des richesses collectives des multinationales ou personnelles de ceux qui les servent. Dans le contexte d’une condition objective prenant la forme d’un cannibalisme indomptable, toute velléité de désaccord ou de résistance, de mise lors de l’époque précédente, perd alors son sens, de la même façon elle le perdit dans les camps d’extermination nazis.

 

De gauche ou de droite, athées ou fanatiques, nationalistes ou internationalistes, juifs et antisémites, intellectuels ou gopniks, plus personne ne dispose plus d’aucune valeur indépendante face au rouleau compresseur du business mondial, qui non seulement bloque tout, mais écrase tout, et qui ne considère ces gens comme rien d’autre que des produits semi-finis dont il convient de tirer profit. L’ennemi commun, consciemment, sans cesse et organiquement incapable du moindre compromis, crée le terreau naturel requis pour que croisse l’union contre lui.

 

Le contenu de l’histoire mondiale de la décennie prochaine sera par essence celui de la lutte de libération nationale des peuples les plus divers luttant pour leur souveraineté réelle, contre le «talon de fer» des multinationales, lutte qui offrira à l’humanité rebondissant de la dépression mondiale, une tragique victoire.

 

Cette lutte a créé une communauté d’intérêt constituant la base d’une union paradoxale entre les patriotes de différents pays, notamment entre certains qui sont concurrents. Et tout en se faisant la concurrence, leurs approches patriotiques respectives les incitent à rejeter toute négation du droit de l’autre à exister, alors qu’au même moment le business mondial considère comme une monstrueuse perversion tout isolement d’une société par rapport à son influence destructrice (pour ce qui concerne l’étape actuelle du développement de l’humanité).

 

De façon assez paradoxale, un phénomène similaire s’est produit au cours de l’histoire récente. Nous laisserons de côté la coalition antihitlérienne, en vertu de son évidence et de sa brièveté, pour nous souvenir, de l’exemple de la «Sainte Alliance», qui réunit les monarchies d’Europe au cours de la première moitié du XIXe siècle. Tout d’abord pour s’opposer à Napoléon, et ensuite à la vague révolutionnaire. Malgré le cynisme et l’effroi à l’aide desquels les Européens exploitèrent le romantisme de Nicolas Ier, la « Sainte Alliance » défendit de façon active et efficace les principes de fondamentaux de la monarchie. Non seulement la Russie, mais aussi, à certains moments, d’autres participants européens, sacrifièrent leurs intérêts particuliers ( l’adhésion désintéressée à cette attitude conduisit Nicolas Ier quasiment jusqu’à la catastrophe, tant personnelle qu’au niveau de l’État, au cours de la guerre de Crimée alors que les alliés se renforçaient grâce à l’aide qu’il leur procurait).

 

Les BRICS pourraient constituer une analogie moderne de la «Sainte Alliance». L’apparition postmoderne anecdotique de cette association, imaginée « pour le bon mot » par des analystes boursiers sur base du rapprochement éphémère de paramètre formels, ne doit pas nous dissimuler sa longévité, ni l’existence au sein de cette structure, fruit d’une invention, de sérieuses relations de partenariat. Il s’agit d’une association solide qui a attiré à elle l’Afrique du Sud, précisément parce qu’elle est constituée de pays capables d’un développement autonome et non pas en vertu d’une affiliation fondée sur l’idéologie libérale du business mondial. Même les dirigeants les plus compradores de ces pays, disposés à collaborer avec le business mondialisé, restent prêts à le faire, mais seulement sur base du statut et des droits de jeunes partenaires, et ils refusent absolument le statut, dépourvu de droits, de jeunes managers, qui leur est prédestiné en vue de maximiser les profits.

 

Il ne s’agit pas seulement de la confrontation d’ambitions égoïstes. Il s’agit de l’isolement dans un marché encore mondialisé, de morceaux à la signification lourde, et qui vont s’avérer trop durs, même pour les dents du tout puissant business mondial. Il s’agit de germes du futur, encore faibles, pas tout à fait conscients d’eux-mêmes, mais toutefois suffisamment résistants et qui se cherchent les uns les autres. Par leur union, et nonobstant les différences profondes qui existent entre eux (et peut-être partiellement grâce à celles-ci) , ils parviendront à exercer une influence déterminante sur la formation de nouvelles règles du jeu, et sur l’architecture mondiale en général après son effondrement dans la dépression globale.

BRICS. La Russie prend la barre

 

BRICS. La Russie prend la barre

5 AVRIL 2015

 

Article publié sur le site du portail d’information Odnako, et repris dans les pages du Club d’Izborsk sur le réseau LiveJournal. Il rappelle l’importance sur le plan géopolitique et économique du développement des institutions du BRICS, et l’espace qui y est ouvert à la Russie, lui permettant d’agir de façon constructive sur le développement d’un monde multipolaire.
brics

 

A partir du 1er avril 2015, la Russie prend la présidence annuelle tournante du BRICS. Les objectifs principaux de cette année qui commence sont l’ouverture de nouvelles voies pour la collaboration multilatérale sectorielle et l’entrée en fonction de la nouvelle banque de développement et du pool de réserves monétaires. Des efforts particuliers seront entrepris pour élargir la collaboration dans les domaines énergétiques, miniers, industriels et dans les technologies de l’information et de la communication.


L’activité dans ces domaines sera déterminée par la Stratégie de Partenariat économique 2020, présentée par la Russie lors du sommet de 2014 au Brésil. Les pays du BRICS condamnent toute tentative d’ingérence dans les affaires intérieures d’États souverains et soutiennent le règlement pacifique des conflits internationaux.


La Présidence russe de l’Organisation s’attachera à l’utilisation la plus efficace des ressources des cinq pays contribuant à renforcer la sécurité et la stabilité dans le monde. L’implication de la communauté des jeunes dans les travaux constituera un trait distinctif de la Présidence russe. Le premier sommet des jeunes du BRICS se déroulera à Kazan, du 1 au 5 juillet et portera sur la coopération des jeunes dans les domaines de la culture et de l’économie, et sur les perspectives de contacts entre jeunes diplomates.


Comme il l’a expliqué dans un entretien avec RIA Novosti, le Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Russie, Sergueï Katyrine, qui a pris au 1er avril 2015 la tête du Conseil Commercial du BRICS, estime que la Russie concentrera ses efforts sur le lancement de la Banque du BRICS.


Vadim Loukov, ambassadeur itinérant du Ministère des Affaires étrangères de la Russie et sous-sherpa de la République Fédérale de Russie auprès du BRICS a déclaré que la formation des organes dirigeants de la banque commencera dans un très proche avenir. L’accord de constitution de cette banque fut signé en juin 2014 ; elle deviendra une des plus grandes institutions multilatérales de développement avec un capital déclaré de 100 milliards de dollars. ses quartiers généraux se situeront à Shanghai, qui a accepté de fournir l’espace bureau et tout l’équipement nécessaire au fonctionnement.


Il est intéressant de constater que certains partenaires occidentaux ont déjà tâté le terrain afin de faire leur entrée dans la banque de développement du BRICS. C’est la première de ces institutions à être formée sans la participation de pays occidentaux. Les États membres du BRICS, fondateurs de la banque, disposeront de droits spéciaux qui ne seront pas accessibles aux autres membres de cette institution. Elle sera constituée sur des principes exclusivement commerciaux ; tous les projets devront être rentables. Les créateurs de cette structure n’auraient pas l’intention d’en faire une caisse d’entraide mutuelle ou d’octroi de prêts. A l’heure actuelle pour ce qui concerne la Russie seulement, 40 projets pourraient être pris en considération. Les pays participants ont également déclaré qu’ils allaient créer une nouvelle agence de rating, vraisemblablement sur base de l’agence chinoise Dagong.


Une démarche similaire concernera le système d’échanges SWIFT, dont on a menacé d’exclure la Russie. Compte tenu du poids économique croissant des pays du BRICS, ceux-ci examinent constamment les possibilités de se prémunir de la possibilité de pressions de la part des structures financières internationales, contrôlées par l’Occident.


L’adresse du site officiel de la Présidence du BRICS par la Fédération de Russie est http://brics2015.ru


Source.

Quel avenir pour les BRICS ?

 

Par Peter Wahl  |  3 avril 2015     

 

Depuis le 1er avril, la Russie assure pour une durée d’un an la présidence des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud). Le pays accueillera le prochain Sommet de l’alliance à Oufa (capitale de la République de Bachkirie) les 9 et 10 juillet.

 

Conflits au Proche-Orient, situation en Ukraine, stabilité mondiale, lancement de la Banque de développement et du Fonds de réserves de change commun décidés en 2014 lors du Sommet de Fortaleza (lire « Les BRICS passent à la vitesse supérieure »), les sujets de coopération ne manqueront pas durant l’année 2015 pour cet ensemble qui rassemble 42 % de la population mondiale et représente 20% du PIB mondial.

 

Dans quelle mesure les BRICS contribuent-ils à la recomposition du monde ? S’agit-il d’un bloc cohérent ? Est-il porteur d’un projet géopolitique et économique alternatif ? Traduit-il une crise d’hégémonie dans le système-monde ?

 

Mémoire des luttes publie un document de référence proposé par Peter Wahl, président de l’ONG allemande WEED (World Economy, Ecology and Develoment). L’auteur est également l’un des fondateurs d’Attac Allemagne.

 

Son texte, intitulé « Quel avenir pour les BRICS ? Une alliance ambigüe mais un potentiel anti-hégémonique », est le fruit d’une intervention au séminaire « BRICS : nouvelles configurations du pouvoir mondial » organisé par l’association Ibase à Rio de Janeiro les 17 et 18 novembre 2014.

 

Le document a été traduit par Mireille Azzoug pour Mémoire des luttes.

PDF - 485.1 koQuel avenir pour les BRICS ?
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L’extension massive de l’OCS (Inde, Iran, Pakistan) est en vue 

Dedefensa.org

samedi 28 février 2015, par Comité Valmy

 

***

L’extension massive de l’OCS (Inde, Iran, Pakistan) est en vue

 

Le ministre russe des affaires étrangères Sergei Lavrov a confirmé de manière officielle les bruits et les hypothèses développés depuis deux ans. Il a annoncé la probabilité d’une décision de l’Organisation de Coopération de Shanghai, lors de son sommet de juillet à Oufa, en Russie, de l’extension de cette organisation à de nouveaux membres, et notamment les plus importants, – l’Inde, l’Iran et le Pakistan, trois pays d’une importance considérable aussi bien par leurs poids propres que par la position et l’activité qu’ils développent dans les relations internationales. (Les modalités de l’extension de l’OCS à de nouveaux membres ont été examinées au sommet de 2014, ce qui implique que tout est prêt pour la décision finale.)

 

Lavrov parlait ce jour (voir Sputnik.News, le 27 février 2015) devant l’Académie Diplomatique à Moscou : « Nous sommes en train de préparer le sommet de Oufa. Durant ce sommet, nous discuterions la question de l’intensification et de la concrétisation de différents projets de coopération à l’intérieur de l’OCS, et nous examinerons la question de l’expansion de l’Organisation ... Nous examinerons les demandes d’adhésion d’un nombre important de pays, et notamment l’Inde, l’Iran et la Pakistan... »

 

Des personnalités politiques des directions respectives de l’Inde, du Pakistan et de l’Iran ont confirmé ces deux deniers mois l’intention de leur pays d’adhérer à l’OCS. Tout semble donc en place pour procéder à l’élargissement de l’OCS selon un format géopolitique considérable, qui fera de cette organisation un ensemble massif intégrant une zone stratégique fondamentale, un arc englobant le sous-continent indien jusqu’à la partie orientale du Moyen-Orient. (La Turquie, qui se trouve imbriquée dans cet arc, a fait savoir qu’elle est intéressée par une adhésion à l’OCS. Aucune indication à cet égard ne semble avoir été donnée par Lavrov.) Même si l’OCS entend rester une Organisation extrêmement attentive à n’empiéter en rien sur les souverainetés nationales de ses membres, en évitant notamment l’idée d’une structure militaire du type otanien, le choc causé par l’adhésion de ces trois pays-clef (peut-être avec d’autres) constituera sans nul doute un événement de communication majeur bouleversant la perception de l’arrangement géopolitique avec le renforcement décisif d’un contrepoids d’une importance considérable face aux organisations du bloc BAO.

 

Le mois de juillet à Oufa sera d’autant plus animé que la Russie y recevra parallèlement le sommet des BRICS. Il ne fait pas de doute que l’activité du sommet de l’OCS, avec la perspective d’adhésions aussi importantes, aura un effet sur les BRICS, où l’on retrouve des acteurs importants de l’OCS. Enfin, ce double sommet qui est présenté comme un événement exceptionnel et dont la Russie veut évidemment faire un événement exceptionnel, sera touché par l’influence des événements en cours, dont la crise ukrainienne bien entendu et les pressions exercées sur la Russie par les pays du bloc BAO. Que cela soit prévu ou non, préparé ou pas, le double sommet OCS-BRICS d’Oufa sera un événement directement imbriqué dans la crise générale qui a pris toute sa puissance avec l’affaire ukrainienne. L’adhésion annoncée du trio Inde-Iran-Pakistan devrait agir comme un détonateur et être perçu comme un coup de tonnerre ; comme l’on sait dans cette époque ivre de communication, l’événement, même annoncé, qui se produit, recèle souvent une puissance d’effet immédiat que sa prévision ne laisse jamais véritablement mesurer.

 

Mis en ligne le 27 février 2015 à 18H19

Mise en ligne CV : 28 février 2015

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