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Iran

Publié par Jean Lévy

Le ciel de l'Iran protégé

 

 

Le ciel de l'Iran protégé

Poutine lève l'interdiction de livrer à l'Iran es missiles S-300


Le Monde.fr avec AFP | 

Le président russe, Vladimir Poutine, a signé, lundi 13 avril, un décret annulant l'interdiction faite à la Russie de livrer à l'Iran des missiles S-300, selon un communiqué du Kremlin.

En 2010, le président d'alors, Dmitri Medvedev, avait interdit la livraison de missiles S-300 à l'Iran – un contrat critiqué par les Occidentaux et par Israël, – en application d'une résolution de l'Organisation des Nations unies sanctionnant Téhéran pour son programme nucléaire controversé.

Le S-300 est un missile antiaérien mobile et à longue portée, qui peut traquer et détruire des missiles balistiques, des missiles de croisière et des avions volant à basse altitude.

Les négociations de Lausanne, qui ont abouti à un accord le 2 avril, ont permis de lever les obstacles sur la durée de l'encadrement du programme iranien, sur sa capacité d'enrichissement, sur la levée des sanctions et les inspections.

Poing

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  • Description : Résistance est un collectif de membres du Parti Communiste Français (fédération du Nord, section de Lille).
Samedi 8 février 2014

Les sanctions, c’est de l’arnaque !

iran-sanctionsPar une dépêche de l’IRIB, l’agence de presse iranienne, on apprend qu’en 1967, l’Iran, alors dirigé par le shah, avait acheté des armes aux Britanniques. Une grosse commande quand même puisqu’elle portait sur 1.500 chars d’assaut et 250 véhicules blindés. Tout est en règle, tout est payé, les armes vont être livrées. 

Mais les choses traînent un peu, et dix ans plus tard, la livraison n’a pas encore débuté. La République islamique d’Iran est proclamée en 1979, et la Grande Bretagne est alors aux abonnés absents ! Bien plus, lorsque qu’en 1980, l’Irak déclare la guerre à l’Iran, c’est en Irak que les armes sont finalement livrées. Aux frais de l’Iran ! À l’époque, quand Saddam Hussein fait la guerre à l’Iran, il est, pour l’Occident, le gentil démocrate laïc. Il ne deviendra le méchant dictateur sanguinaire que bien plus tard, lorsqu’il vendra son pétrole en euros ! 

Bien sûr, l’Iran demande légitimement le remboursement de sa commande, non seulement jamais livrée, mais offerte de surcroît à son ennemi d’alors. Et on parle quand même de 475 millions d’euros ! 

Les Britanniques répondent sans mollir que cette somme ne peut être versée à l’Iran du fait des sanctions étasuniennes, et qu’elle viendra s’ajouter aux quelque 1,2 milliard d’euros déjà confisqués au même motif ! 

L’Iran a porté plainte, devant les tribunaux britanniques, contre le ministère de la défense ! Nous lui souhaitons tout le succès possible, mais ça va être dur !
 

D.R.

Iran : les néo-conservateurs américains et français sur la même longueur d’onde


Par François d’Alançon

mardi 17 décembre 2013, par Comité Valmy


Iran : les néo-conservateurs américains et français sur la même longueur d’onde


14/12/2013


Les négociateurs français maintiennent leur ligne intransigeante dans la négociation sur les détails de la mise en œuvre de l’accord intérimaire de Genève sur le programme nucléaire iranien.


Entre « néo-cons » américains et français, la lune de miel continue. Mark Dubowitz et Reuel Marc Gerecht, deux experts de la Foundation for Defense of Democracies, un des repaires néo-conservateurs de Washington, ont été reçus cette semaine au ministère français des affaires étrangères par Jacques Audibert, Directeur général des Affaires politiques et de la Sécurité et inamovible « gardien du temple » de la non prolifération nucléaire, de même que par Justin Vaïsse, directeur du Centre d’Analyse, de Prévision et de Stratégie et son équipe. Pour compléter ce tour d’horizon du néo-conservatisme à la française, il ne manquait plus que Philippe Errera, successeur de Michel Miraillet à la Délégation aux Affaires Stratégiques du ministère de la Défense ainsi que l’incontournable Bruno Tertrais, expert à laFondation pour la Recherche Stratégique.


Vent debout contre l’accord intérimaire, conclu le 24 novembre à Genève entre les « 5+1 » (les cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité et l’Allemagne) et l’Iran, mais pas encore en application, les néo-conservateurs américains mobilisent tous azimuts pour entraver sa mise en œuvre et faire capoter la négociation d’un accord final. Au sein du groupe « 5+1 », la France reste leur meilleur allié, nettement plus fiable à leurs yeux que l’administration Obama, le Royaume-Uni et l’Allemagne, soupçonnés de vouloir conclure un « deal » au rabais avec la République islamique. « Les Français maintiennent leur ligne dure dans la négociation sur la mise en œuvre de l’accord intérimaire, en particulier sur tout ce qui concerne le réacteur à l’eau lourde d’Arak et la levée des sanctions » explique Reuel Marc Gerecht, un ancien de la CIA. « J’échangerais volontiers Jacques Audibert contre Wendy Sherman », la négociatrice en chef du Département d’Etat.


Les obsédés du « regime change »


Au cours de leur séjour à Paris, les deux « néo-cons » américains se sont également inquiétés de savoir si Peugeot et Renault n’allaient pas s’engouffrer dans la brèche de la levée partielle de sanctions prévue par l’accord de Genève pour alimenter les chaînes de montage de véhicules de leurs partenaires iraniens. Les « néo-cons d’Orsay » les ont rassuré en leur expliquant que les sanctions américaines sur les transactions financières restant en place, il serait très difficile aux deux entreprises françaises de reprendre leurs activités. S’il en était besoin, l’allongement, jeudi 12 décembre, par le Département du Trésor américain de sa liste noire à 12 entreprises, 4 individus et 36 navires, soupçonnés de contourner les sanctions, ne fera qu’inciter les hommes d’affaires français à la prudence.


Aux yeux des « néo-cons », tous les arguments sont bons pour torpiller l’amorce d’un réalignement stratégique au Moyen-Orient qui laisserait Paris dans un splendide isolement, aux côtés du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et de la monarchie saoudienne. Tout comme le président Rohani, le ministre des affaires étrangères Javad Mohammad Zarif serait, - contrairement à l’apparence trompeuse conférée par son séjour de plus de vingt ans aux Etats-Unis-, un islamiste pur et dur, tout entier dévoué à la sauvegarde de la Révolution islamique. Téhéran n’aurait pas changé son calcul sur le nucléaire et les différences entre « modérés » et « ultra-conservateurs » ne seraient que tactiques, un simple jeu de « good cop, bad cop ».

Selon Mark Dubowitz, la menace du ministre iranien des affaires étrangères de rompre les négociations en cas de nouvelles sanctions adoptées par le Congrès n’est qu’un bluff. Téhéran a besoin d’un accord final ou, au minimum, une série d’accords intérimaires de six mois renouvelables pour permettre une levée réelle des sanctions et un changement psychologique qui augmente la confiance des investisseurs dans le marché iranien. Tant que les sanctions financières américaines resteront en place, ajoute-t-il, les banques et institutions financières ne prendront pas le risque de donner à l’Iran accès à ses réserves de change gelées à l’étranger ou de faire des transactions avec des banques iraniennes.


La véritable bataille a lieu au Congrès, entre Américains


La véritable bataille aura donc lieu au Congrès, entre Américains. C’est là que l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC), le lobby pro-israélien, et les néo-conservateurs américains concentreront leurs efforts dans les prochains mois. L’administration Obama a réussi à repousser de quelques semaines un projet de loi prévoyant des sanctions supplémentaires dans le cas où, à l’issue des six mois de l’accord intérimaire, un accord final « satisfaisant » n’est pas conclu avec l’Iran. Autrement dit, un accord final à des conditions draconiennes (suspension totale des activités d’enrichissement de l’uranium et inspections sans restriction) déjà exclues par Téhéran et l’accord intérimaire. Mais ce n’est qu’un répit dans une guerre de tranchées. Au risque de faire voler en éclats le consensus international sur le régime de sanctions, les faucons repartiront à l’offensive au début de l’année prochaine.


Sur le fond, néo-conservateurs américains et français sont sur la même longueur d’onde : l’option militaire est préférable à l’accession de l’Iran au rang de puissance nucléaire de facto. Quitte à jouer les apprentis sorciers, les obsédés du « regime change » ont déjà réussi à retarder l’application de l’accord de Genève. L’équipe d’experts iraniens a interrompu, jeudi 12 décembre, pour des consultations à Téhéran, les négociations entamées lundi à Vienne sur les détails de sa mise en œuvre.


Par François d’Alançon


Mise en ligne CV : 16 déce

La « sainte alliance » contre l’Iran


02 Décembre 2013

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Nul ne fait mystère de la position de l’Arabie Saoudite et d’Israël par rapport à l’accord sur le programme nucléaire iranien. C’est une question vitale pour ce «couple» recomposé.


L’effarouchement du royaume wahhabite est proportionnel à sa peur existentielle de perdre son statut d’allié américain dans la région au profit de l’Iran. Et pour ce faire, les «serviteurs» des Lieux Saints sont prêts à tout, y compris à pactiser avec le diable. Israël, qui est théoriquement l’ennemi juré, devient ainsi l’ami intime pour la circonstance. Le prince saoudien Al Walid Ben Talal Ben Abdelaziz, petit-fils du roi Ibn Saoud, fondateur de l’Arabie Saoudite, électron libre de la monarchie, a mis hier les pieds dans le plat. L’Arabie Saoudite, les Arabes et les musulmans sunnites approuvent une attaque israélienne contre l’Iran pour détruire son programme nucléaire. Les sunnites appuieraient une telle attaque car ils sont hostiles aux chiites et à l’Iran», a-t-il déclaré dans une interview accordée à la chaîne de télévision économique américaine Bloomberg.


Ce prince milliardaire, qui vend une image «libérale», ne s’empêche pas de dire tout haut ce que ses cousins pensent tout bas. «L’Arabie Saoudite, les Arabes et les musulmans sunnites n’affirment pas ce soutien publiquement, mais ils l’expriment lors de rencontres secrètes», soutient-il, arguant du fait que «les Arabes estiment que le danger auquel ils sont confrontés vient d’Iran et non pas d’Israël». Voilà qui scelle la «sainte» alliance entre l’Etat hébreu et les porte-voix autoproclamés du monde sunnite. Al Walid Ben Talal prend ainsi la responsabilité de parler au nom de tous les Arabes et de tous les musulmans pour dire sa haine de l’Iran chiite et trouver des atomes crochus avec Israël.


Le grand écart… Et pour soigner un peu sa cote de popularité parmi le lobby sioniste et faire ses génuflexions à Tel-Aviv, le représentant de la monarchie la plus rétrograde au monde se paye la tête de… Barack Obama. «C’est une marionnette entre les mains de l’Iran à tel point qu’il fait honte au Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu», assène-t-il. Sûr que son ami Netanyahu et les néo-conservateurs américains apprécieront ce «courage» d’un homme issu d’un pays où les femmes sont interdites de prendre le volant…

Walid Ben Talal dit tout haut…


Selon le journaliste américain qui a recueilli l’interview, Jeffrey Goldberg, le prince Al Walid aurait déclaré : «Nous et les Israéliens sommes concernés pas cette question et sommes inquiets.» Voilà qui a le mérite d’être clair. Aussi clair que les responsables israéliens eux-mêmes qui n’hésitent plus à évoquer «nos amis d’Arabie Saoudite». Il est vrai que l’accord entre les Occidentaux et l’Iran sur le dossier nucléaire a précipité la formation de ce couple contre nature entre Israël et les Al Saoud. Les deux pays ont en commun qu’ils craignent de tomber en disgrâce dans le sillage des recompositions géopolitiques à venir dans la région. L’Iran est désormais leur cible privilégiée dès lors que son nouveau président, le modéré Hassan Rohani, n’est pas un bon client pour Israël et l’Arabie Saoudite.


Habitués à la littérature subversive d’Ahmadinejad qui servait de carburant vital pour embrayer sur le «monstre» iranien, le couple israélo-saoudien ne sait plus quoi faire face au ton conciliant de Rohani. C’est d’ailleurs l’exercice auquel s’est livré hier le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, au Koweït, en assurant que l’accord sur le nucléaire iranien était dans l’intérêt des pays arabes du Golfe. Mieux encore, le MAE iranien a annoncé son intention de se rendre en… Arabie Saoudite.

«Le règlement de cette question (le nucléaire iranien) est dans l’intérêt de tous les pays de la région et ne se fait aux dépens d’aucun pays de cette région», a déclaré le ministre après des entretiens avec son homologue koweïtien, cheikh Sabah Khaled Al Sabah. «Soyez rassurés, cet accord sert la stabilité et la sécurité de la région», a-t-il insisté. Pas sûr que Riyad l’entende de cette oreille et encore moins son allié de circonstance, Tel-Aviv. Seulement, contrairement aux déclarations de Walid Ben Talal, son pays n’est pas sur la même longueur d’ondes que les autres monarchies du Golfe.


Rohani, un mauvais client d’Israël


Ces dernières ont globalement soutenu l’accord sur le nucléaire et disent souhaiter des «relations de bon voisinage» avec l’Iran. Le chef de la diplomatie émiratie, cheikh Abdallah Ben Zayed Al Nahyan, a d’ailleurs effectué, jeudi, une visite officielle à Téhéran où il a annoncé la volonté des émirats de créer «un comité économique conjoint dans tous les domaines, notamment dans les activités du secteur privé, pour accroître les liens avec l’Iran». Face à cette campagne diplomatique menée par l’Arabie Saoudite et Israël, Téhéran a ainsi dépêché son MAE pour aller prêcher la « bonne parole » dans les pays de la région, y compris là où il est vraiment indésirable, l’Arabie Saoudite.

 

Hassan Moali

Iran-Cinq+Un
Un « Plan intérimaire » à torpiller urgemment


Léon Camus

mercredi 27 novembre 2013, par Comité Valmy

Iran-Cinq+Un
Un « Plan intérimaire » à torpiller urgemment

mercredi 27 novembre 2013

Au bout de quatre jours de négociations, l’Iran et les Grandes puissances ont signé dans la nuit de 23 au 24 novembre un “accord intérimaire” de six mois relatif au contrôle international du programme nucléaire civil iranien. Un succès diplomatique obtenu à l’arraché mais assurément historique, tant pour la République islamique d’Iran que pour l’Occident. Étape décisive qu’a saluée solennellement le président américain Barack Obama depuis la Maison Blanche, soulignant que désormais cet accord « barre la route » de l’Iran en direction de l’acquisition de l’arme nucléaire. Des propos aussitôt violemment contredits par les opposants et leurs lobbies, coalition farouchement hostile à toute politique de détente et de retour à une certaine forme de stabilité au Proche-Orient. Quelques heures après la signature, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, jamais en reste d’une provocation verbale, qualifiait quant à lui l’accord « d’erreur historique », tout en n’excluant pas, une fois de plus, une opération militaire contre la République islamique.

L’encre du Traité intérimaire est à peine sèche que l’on nous promet que l’Iran doit prochainement se livrer à un « nouvel Anschluss ou pire 1 » comparant les ministres Kerry, Haig et la Haute représentante de l’Union européenne, Lady Ashton, à l’infortuné Nevill Chamberlain déclarant le 30 sept. 1938, au retour de la négociation de Munich, à sa descente d’avion : « for the second time in our history, a British Prime Minister has returned from Germany bringing peace with honor. I believe it is peace for our time ».


Et en effet bien des obstacles subsisteront en 2014 sur le chemin de la paix car il faudra définitivement établir quelle est l’autonomie réelle de l’Iran en matière d’enrichissement de l’uranium… une question non négociable pour Israël qui en fera son cheval de bataille au cours des mois à venir. À ce propos, cultivant l’ambiguïté, lors d’une conférence de presse tenue dimanche 24 novembre à l’aube, le Secrétaire d’État américain s’est cru obligé de préciser que « l’accord intérimaire relatif à un plan d’action… ne dit pas que l’Iran a le droit à l’enrichissement [de l’uranium], quoiqu’en disent certains commentaires d’interprétation ».


A contrario en Iran, le Guide suprême de la Révolution, l’ayatollah Ali Khamenei, a « salué l’accord qui établit la reconnaissance par les puissances mondiales du droit de l’Iran à l’enrichissement de l’uranium » [french.cri.cn24nov13]. De belles empoignades à venir, une pomme de discorde ou un point de litige que les chancelleries devront instamment veiller à ne pas laisser s’envenimer.

 

Exit le grand Satan, Fabius le petit Satan nouveau est arrivé


Samedi 23 « Le Point.fr » titrait « Fabius le petit Satan qui fait trembler l’Iran »… dans la crainte de voir le ministre français réitérer sa conduite d’obstruction en réclamant encore plus fort de « la fermeté » et ainsi faire à nouveau capoter les négociations. Pourtant si nos amis les journalistes avaient eu les yeux plus grand ouverts, ils se seraient aperçus que Paris ne pourra pas se dispenser du soutien logistique américain afin de conduire sa prochaine opération de stabilisation en République centrafricaine. Donnant, donnant, Fabius a été convié à se coucher - une fois de plus – car il n’avait pas cette fois les bonnes cartes en mains. Telle est l’explication, la plus simple, la plus logique donc la meilleure.


Il n’en demeure pas moins que le coup d’éclat du sieur Fabius faisant échouer la négociation le 10 novembre, aura à n’en pas douter de cuisantes conséquences, surtout au plan économique, pour la France. À ce titre, M. Fabius qui a joué ouvertement contre les intérêts nationaux les plus élémentaires, devrait avoir à rendre des comptes pour des faits qui relèvent ou pourrait relever de la « haute trahison »… si la morale et la justice s’exerçaient à bon escient. À Téhéran « l’amertume était telle [au lendemain de l’ajournement des pourparlers] que des industriels iraniens se sont rencontrés pour débattre d’une réduction de leurs échanges commerciaux avec la France [Irna]… alors même que de nombreuses entreprises occidentales sont mobilisées, prêtes à reconquérir le marché iranien dans l’hypothèse d’une levée des sanctions » ! « De toute façon les relations franco-iraniennes n’en sortiront pas indemne »… « La prise de position de Laurent Fabius le 9 novembre dernier restera comme une blessure indélébile entre nos deux pays » telle est l’opinion qu’exprimaient les représentants de la presse iranienne présents ce samedi à Genève [lepoint.fr23nov13].


Le gouvernement israélien fulmine


À peine trois heures seulement après l’annonce de l’accord conclu à Genève, le bureau du Premier ministre israélien publiait un communiqué dénonçant un « mauvais texte ! ». L’ultrasioniste ministre de l’Économie Naftali Bennett, faisait savoir que l’État hébreu « ne se trouve pas engagé par un accord qui menace sa propre existence ». Avigdor Liberman 2, le « maximaliste » ministre des Affaires étrangères, a qualifié l’accord de « plus grande victoire diplomatique de l’Iran depuis la Révolution islamique ». Quant à M. Netanyahou, il s’agit pour lui d’une « erreur historique »… « Le monde n’est désormais pas plus sûr. À l’instar de l’accord passé avec la Corée du Nord en 2005, le monde se trouve désormais en danger » [lefigaro.fr24nov13]… « What was concluded in Geneva last night is not a historic agreement, it’s a historic mistake… It’s not made the world a safer place. Like the agreement with North Korea in 2005, this agreement has made the world a much more dangerous place ».


Il serait fastidieux de recenser toutes les déclarations bellicistes et menaçantes 3 émanant de Tel-Aviv, notamment depuis le discours du président iranien Hassan Rohani le 24 sept. à la tribune de la 68e Assemblée générale des Nations unies à New-York… entrée en scène internationale remarquée qui fut suivie le 29 sept. d’un échange téléphonique d’un quart d’heure avec le président américain. Un événement totalement inédit depuis la rupture des relations diplomatique entre les deux pays et la prise en otages de diplomates américains le 9 novembre 1979. En quelques mots disons que le premier ministre israélien ressasse inlassablement et explicitement qu’Israël saura éliminer par ses propres moyens et de sa seule initiative la menace nucléaire iranienne… comme il le fit naguère en 1981 contre le réacteur irakien d’Osirak et plus récemment, en 2007, contre les installations syriennes d’al-Kibar.


À force d’avertir, Tsahal passera-t-elle finalement à l’acte ? Le crédit de l’État hébreu n’est plus ce qu’il était. Sa brutalité et son cynisme ont fini par lasser les esprits les mieux disposés à son égard. Les préventions à son encontre se multiplient. D’ailleurs Tel-Aviv – en dehors du recours à l’arme nucléaire sous forme d’ogives miniaturisés dont les vecteurs seraient les missiles de croisière embarqués sur les sous-marins d’attaque aimablement fournis par Mme Merkel - possède-t-il la capacité d’effectuer de tels raids dans la profondeur du territoire iranien ? Même avec la complicité et les autorisations de survol – déjà accordées – de l’Arabie ? Cela sans la couverture satellitaire des États-Unis ? Parce qu’en outre, à l’ordinaire, lorsqu’il s’est agi de conflits dépassant la dimension régionale, Tel-Aviv a eu jusqu’à présent l’habileté de les faire sous-traiter par les États-Unis et leurs alliés européens – bonnes poires !… Pensons aux deux guerres de Mésopotamie, à la Syrie et d’autres encore où les ficelles ont été moins visibles.


Ajoutons enfin que les échecs diplomatiques répétés qu’essuie le Likoud ne peuvent qu’entraîner à court terme de graves préjudices pour le micro État en grande part tributaire de l’aide occidentaliste… à commencer par les effets induits de la dégradation des relations politico-diplomatiques avec les États-Unis ! Les écailles tombant peu à peu des yeux, Israël court le risque bien réel d’apparaître ou d’être catalogué pour ce qu’il est véritablement, et depuis longtemps, à savoir un État perturbateur, « a rogue state », autrement dit un État voyou !


Il est des signes qui ne trompent pas : l’absence de réactions outragées ou simplement indignées de la part de la presse serve lorsqu’à Téhéran, au moment où s’ouvrait à Genève la conférence des 5+1, le Guide suprême, Ali Khamenei, s’est permis de déclarer devant une assemblée de cinquante mille Gardiens de la Révolution qu’Israël est « voué à la disparition » !… « Les fondements du régime sioniste ont été affaiblis très fortement et il est voué à la disparition. Aucun phénomène imposé par la force ne peut durer » [AFP 20nov13].


On se souvient du tollé soulevé par les propos similaires du président Ahmadinejad en octobre 2005 : « Israël doit être rayé de la carte du Temps ». Annonce ou prophétie aussitôt interprétée par la presse unanime comme la volonté d’éradiquer le peuple juif. Ce qui était une contre-vérité patente, mais à l’époque nul n’en avait cure. Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose ! Aujourd’hui, rien de semblable. Les gens de presse sont restés muets et la négociation a pu aboutir vite et pour le mieux… pour le moment. Comme quoi la paix peut-être le fruit d’une volonté affirmée. Pareillement la guerre n’est pas le seul fruit du hasard, des circonstances mais souvent, essentiellement, du bon ou du mauvais vouloir de l’un ou l’autre des protagonistes.


Demeure l’hypothèse du pire, les hommes du Likoud au pouvoir à Tel-Aviv n’acceptant pas leur défaite morale, en un mot une surenchère belliciste au cours des mois à venir en concertation avec Paris et Ryad. Surenchère qui pourrait se présenter sous forme d’une relance de la crise au Levant. La Syrie et le Liban devenant le théâtre d’une diversion qu’Israël mettrait à profit pour rebattre et brouiller les carte, un deus ex machina qui serait une aubaine pour un Parti socialiste français en perdition au moment des échéances électorales européennes et municipales ? Pour limiter la casse annoncée que ne ferait-on pas dans le landernau parisien ? Vendre son âme au diable si ce n’était déjà fait ? Une éventualité qui au final n’a rien de vraiment ni de totalement absurde, pessimisme oblige.


Léon Camus le 24 novembre 2013


Geopolintel


Notes

 
(1) « A Confused World Reacts To The Iran Nuclear Deal » Tyler Durden [zerohedge.com24nov13] L’Anschluss est l’annexion de l’Autriche par le Reich allemand le 12 mars 1938.


(2) Inculpé de corruption le 13 déc. 2012, il démissionne trois jours plus tard. Acquitté des charges pesant sur lui le 6 nov. 2013, il retrouve derechef son portefeuille aux Affaires étrangères le 11 novembre après un vote favorable de la Knesset avec 62 voix pour et 17 contre !


(3) Ainsi entre les deux tours de négociation, à la veille de la visite en Israël du président Hollande, le Premier ministre israélien appelait la France à ne pas « fléchir »… « Sur le dossier iranien, nos deux pays défendent des positions communes depuis de nombreuses années, quelle que soit la majorité au pouvoir, et nous poursuivons [actuellement] ce partenariat essentiel avec le président Hollande… Nous saluons sa position cohérente et déterminée sur le dossier iranien » [lefigaro16nov13]. « Ma conviction est qu’on ne doit pas baisser la garde face l’Iran, un régime agressif, violent, messianique et apocalyptique.… Ce pays est en train de se doter de missiles balistiques intercontinentaux au sujet duquel le projet d’accord rédigé à Genève ne dit pas un mot… Pour quoi faire ? Pas pour frapper Israël, ce qu’ils sont déjà en mesure de faire, mais bien pour atteindre Paris ou Londres, Washington ou New York » ! [ibid.]. On reconnaît bien ici l’habituelle rhétorique de l’apocalypse tous azimuts et une inversion accusatoire sans surprise de la part des dirigeants israéliens.

http://comaguer.over-blog.com - Bulletin n° 260 - semaine 48- 2013

Nucléaire iranien, un moment de vérité !

 
Comaguer

mercredi 27 novembre 2013, par Comité Valmy

Nucléaire iranien, un moment de vérité !

L’accord international sur le nucléaire iranien conclu à Genève le 24 Novembre est en soi-même un évènement politique.

 

Observons la scène : D’un côté (tous représentés en personne par leur Ministre des Affaires étrangères)


- 5 puissances atomiques et membres permanents du Conseil de Sécurité

L’Allemagne 

 
L’Union européenne en la personne de sa « ministre » des affaires étrangères : Catherine Ashton
 

 

De l’autre, seul : L’Iran

 
Sur le papier, un extraordinaire déséquilibre

Economique : PIB annuel de l’Iran 2012 environ 500 milliards de dollars, 21° rang mondial , au niveau de la Suède

Démographique : 2 milliards d’habitants chez les 6 contre 75 millions en Iran

Militaire : un budget annuel de l’ordre de 10 milliards de dollars 

 
(Moins qu’Israël et les Emirats arabes unis autour de 15 milliards de dollars chacun et moins que l’Arabie Saoudite qui avoisine 50 milliards – France : 62 milliards – Etats-Unis : environ 700 milliards))


Pourtant il va y avoir une négociation et à son issue un accord, un accord écrit. Certes un accord transitoire de 6 mois au terme duquel chacune des parties vérifiera si l’autre a respecté sa signature et ses engagements.


Là est le premier évènement !<br> Collectivement la Chine, les Etats-Unis, la Russie, l’Allemagne, la Grande Bretagne et la France se sont engagés à débloquer de l’argent iranien déposé dans diverses banques de leur pays. Il est question de 6 à 8 milliards de dollars, soit une fraction de l’ensemble des avoirs iraniens bloqués dont le montant est de l’ordre de 50 milliard de dollars. Collectivement les 6+1 (Union européenne) reconnaissent le droit à l’Iran d’utiliser l’énergie atomique à des fins civiles ou plutôt ils le confirment puisque l’adhésion de l’Iran au traité de non prolifération nucléaire était en soi une reconnaissance internationale de ce droit. L’Iran s’est engagé à suspendre l’enrichissement de l’uranium à 20% (ce matériau ne permet pas de fabriquer des bombes atomique mais est utilisé dans des applications médicales) et pourra poursuivre la production d’uranium enrichi entre 3,5% et 5 % utilisé comme combustible dans les centrales nucléaires (L’Iran en possède une et veut en commander une autre).


En signant cet accord, les 6 puissances reconnaissent que l’Iran respecte le Traité de non prolifération nucléaire , qu’il n’ a pas d’armes nucléaires, qu’il ne cherche pas à en fabriquer et elles mettent donc fin en un seul geste à une propagande mondiale massive et prolongée contre « le nucléaire iranien » fondée sur une confusion entretenue à dessein entre nucléaire civil et nucléaire militaire où le passage de l’un à l’autre serait simplissime et échapperait aux regards vigilants et avertis des inspecteurs de l’AIEA et sur l’insinuation permanente que l’Iran « pays voyou » mentait en permanence lorsqu’il proclamait à tous les niveaux de la République islamique qu’il ne voulait pas l’arme nucléaire.


C’est le second évènement ! Les 6+ 1 ont reconnu officiellement que l’Iran n’avait pas menti.

 
L’éclatement de cette vérité met à mal les membres du camp sioniste avec ses bases à Tel Aviv, Washington et Paris et il marque la réinsertion de l’Iran dans la communauté des nations, retour que sa présidence du Mouvement des Non Alignés ne pouvait que favoriser et qui met fin à une longue période de mise à l’index ouverte en 1979. La chute de la dynastie Pahlévi avait alors été perçue en Occident comme une catastrophe politique, la perte du principal gendarme de l’ordre impérialiste au Moyen Orient. Si le pire que l’Occident pouvait redouter, à savoir la création d’une république socialiste, avait été évité grâce à la prise de contrôle du mouvement révolutionnaire par les mollahs, l’hostilité de l’occident est depuis restée entière face à un régime qui a rejeté, en même temps que le Shah, l’impérialisme sous sa face la plus répressive.


Depuis 35 ans l’Occident a tout fait pour faire tomber la République islamique.


Il a encouragé l’Irak à attaquer l’Iran l’a armé et soutenu autant qu’il a pu pendant une effroyable guerre de dix ans. Il a ensuite mis le pays sou embargo et tenté diverses formes d’ingérence dans ses affaires intérieures du pays et il a fini par lancer sa grande campagne contre le « nucléaire iranien » non sans avoir en plus complété l’encerclement militaire complet du pays par les forces de , l’Afghanistan, 2001 et l’Irak 20013 venant s’jouter à la Turquie. Menacé à longueur d’années de bombardements et d’invasion militaire, l’Iran a tenu, sans peur, arcbouté sur sa vérité : « Nous ne voulons pas l’arme atomique ! ».


Enorme force politique de la vérité !


Qu’est-ce qui aurait pu empêcher un Iran machiavélique, tortueux et menteur de se doter de l’arme nucléaire « par la bande » comme l’ont fait les 3 non signataires du Traité de non Prolifération nucléaire : Israël, Inde et Pakistan qui eux n’ont pas été mis au ban de la communauté des Nations ? Le mensonge était chez l’adversaire et il allait de pair avec la menace.


Le camp du mensonge, de la menace et des sanctions, obligé de s’accorder avec la Chine et la Russie, a perdu le 24 Novembre à Genève.


Quoi qu’il arrive maintenant et d’autres péripéties sont probables, un page importante de l’histoire contemporaine a été tournée et les futures négociations sur la sortie de la crise syrienne porteront la marque de tournant.

Pourquoi l’accord conclu à Genève avec l’Iran est à saluer par Freddy Kaplan


25 Novembre 2013

Le succès de politique étrangère que Barack Obama cherchait à tout prix, il vient enfin de l’obtenir. Mais le plus dur reste à faire, passer d’un accord intérimaire de six mois à un vrai traité international.

 
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- L’entrée de la centrale de Bushehr. REUTERS/Raheb Homavandi -


L’accord sur le nucléaire iranien conclu dans la nuit du samedi 23 au dimanche 24 novembre est un triomphe. Il ne contient aucun élément auquel les Américains, les Israéliens ou les Arabes les plus sceptiques puissent raisonnablement s’opposer. Si George W. Bush avait négocié un tel accord, les Républicains auraient loué cette prouesse diplomatique, et à juste titre.


Il y a de cela quelques semaines, un «haut représentant de l’administration Obama» avait dessiné dans les grandes lignes l’accord que le président Obama souhaitait obtenir à Genève. Certains des journalistes présents lors de cet entretien (dont moi) considéraient que les termes de l’accord recherchés étaient beaucoup trop unilatéraux, et que les Iraniens ne l’accepteraient jamais. Or voilà ce qui vient de se passer: l’accord signé par l’Iran et les Cinq membres permanents du Conseil de Sécurité (Etats-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne, France) + l’Allemagne est précisément l’accord présenté et espéré lors de cet entretien.


Pas de place pour les tricheries et les pièges


C’est un accord provisoire, pas un traité (ce qui signifie, entre autres choses, qu’il ne nécessite pas un accord du Sénat). Il est conçu comme la première étape d’un traité complet qui devra être négocié ces six prochains mois. Surtout, cet accord expire dans six mois. En d’autres termes, si l’Iran et les autres puissances ne parviennent pas à s’entendre sur un traité dans les six mois, personne ne se retrouvera lié par cet accord qui n’a pas vocation à être permanent. Il n’y a donc aucune place pour les tricheries ou les pièges.


Par ailleurs, l’Iran doit faire les choses suivantes: cesser l’enrichissement de l’uranium au delà de 5%, et geler son stock d’uranium enrichi à 3,5%; neutraliser son stock d’uranium ayant déjà été enrichi à 20% (soit en le diluant jusqu’à un taux de 5%, soit en le convertissant dans une forme qui ne peut être utilisée pour fabriquer des armes); cesser de produire, installer ou moderniser des centrifugeuses; cesser de construire des usines d’enrichissement; cesser toutes les activités sur le réacteur nucléaire à eau lourde d’Arak (qui a le potentiel de produire des armes nucléaires au plutonium); autoriser des mesures plus complètes et plus contraignantes de vérification par l’Agence Internationale de l’Energie Atomique, dont des inspections quotidiennes de tous les sites.

Impossible pour les Iraniens d’avancer vers l’arme atomique


Sans rentrer dans trop de détails techniques (qu’on peut lire ici), l’idée centrale est celle-là: l’accord rend impossible pour les Iraniens d’effectuer le moindre progrès vers la dotation de l’arme nucléaire au cours des six prochains mois – et si les pourparlers échouent après cette date et que les Iraniens décident à ce moment là de rebâtir un arsenal musical, il leur faudra beaucoup plus de temps pour le faire.


En échange de ces restrictions, les 5+1 ont accepté de débloquer près de 6 milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés à l’étranger depuis longtemps. Cette somme ne représente qu’un petit pourcentage des sanctions imposées à l’Iran dans les secteurs financiers et énergétiques. Dans l’intervalle, toutes les autres sanctions demeurent en application et vont continuer de l’être strictement ; l’accord n’affecte en rien ces sanctions. Le Congrès américain doit accepter de ne pas imposer des sanctions additionnelles au cours des six prochains mois. S’il les impose malgré tout, il doit avoir conscience que cet accord –et la coalition internationale qui a imposé ces sanctions– s’effondreront. Même le Congrès actuel risque fort de reculer. S’il décide de continuer sur sa lancée et vote une loi imposant de nouvelles sanctions, Obama apposera certainement son veto.


La prochaine phase s’annonce plus délicate


Alors, qu’y a t-il de mauvais dans cet accord? Selon le président israélien Benjamin Netanyahu et de nombreux néoconservateurs américains: beaucoup de choses. Selon eux, un bon accord doit, avant toute chose, prévoir le démantèlement complet du programme nucléaire iranien et, deuxièmement, interdire à l’Iran tout enrichissement d’uranium. En d’autres termes, il doit permettre de s’assurer que l’Iran ne soit jamais en mesure de construire l’arme nucléaire.


Vous souvenez peut-être que dans mon introduction, j’ai écrit que personne ne pouvait raisonnablement s’opposer au contenu de l’accord conclu samedi soir. Et ces objections sont en effet déraisonnables. Quand bien même les mollahs d’Iran s’évanouissaient demain et étaient remplacés par des démocrates séculiers, les nouveaux dirigeants iraniens continueraient d’exiger ce qu’ils considèrent comme leur droit d’enrichir de l’uranium jusqu’à un certain point. On pourrait ajouter que le Traité de Non-Prolifération Nucléaire garantit ce droit: il leur donne en effet le droit de développer une «énergie nucléaire non militaire» et donc une certaine forme de programme nucléaire.


Netanyahu s’inquiète du fait qu’un accord partiel permette aux Iraniens d’avancer dans leur programme nucléaire tout en nous menant en bateau au cours des interminables négociations qui s’annoncent. Il devrait pourtant sauter aux yeux de tout le monde que cet accord les empêche précisément de nous rouler dans la farine. Le président Obama a également déclaré, au cours d’un discours télévisé samedi soir, que si les Iraniens ne respectaient pas leurs engagements au cours des six mois qui viennent, il gèlera à nouveaux les avoirs iraniens à l’étranger et imposera des sanctions plus rudes.


Cet accord met il un terme aux inquiétudes raisonnables que l’on peut nourrir à l’égard de l’Iran? Non. La prochaine phase –celle d’un accord complet que les différentes parties vont tenter de négocier au cours des six prochains mois- sera bien plus délicate. L’accord à suivre devra, sans doute, prévoir que l’Iran démantèle encore davantage son programme nucléaire en l’échange d’une levée progressive des sanctions les plus dures infligées par l’Occident. Cela ne sera pas sans provoquer des controverses, dans les deux camps. Si l’accord de la première phase ne donne rien, il sera facile pour le président Obama de geler à nouveau les avoirs à l’étranger de l’Iran. Mais si la deuxième phase -l’accord complet- n’aboutit pas, il sera aussi plus difficile pour la coalition de réimposer de nouvelles sanctions. Du côté iranien, même les partisans de la ligne dure doivent se satisfaire de cet accord temporaire, et espèrent sans doute que le dégel des avoirs donnera assez de respiration sur le plan économique pour que le recul sur le programme nucléaire en vaille la peine. Ce qu’ils sont prêts à lâcher sans une levée complète des sanctions occidentales, et jusqu’à quel point l’Occident est prêt à lever des sanctions sans un démantèlement complet du programme nucléaire iranien, est une grande inconnue. Tenter de la résoudre ne pousse guère à l’optimisme.

De mauvaises raisons pour contester cet accord


Mais encore une fois: qui aurait pu espérer, même il y a quelques semaines, qu’un accord d’une telle amplitude puisse être négocié et signé? Il y a deux mois de cela, les Etats-Unis et l’Iran n’avaient pas eu de pourparlers formels depuis 1979. Et pourtant cet accord va bien plus loin que tous les accords de contrôle des armements que les Etats-Unis et l’Union soviétique ont pu signer au cours des vingt-cinq premières années de la détente.


Mais soyons un peu sérieux et évoquons les vraies raisons du scepticisme de certaines personnes à l’égard de cet accord –ou de tout accord potentiel avec l’Iran. Premièrement, ils ne font pas confiance à l’Iran. C’est compréhensible: dans le domaine du nucléaire, l’Iran a menti et triché depuis des années. Mais ce que cet accord a de particulier c’est que –comme tout accord bien rédigé entre des nations ayant toutes les raisons du monde de se méfier les unes des autres– il n’est pas nécessaire que les parties contractantes se fassent confiance.


La seconde raison, qui constitue un problème politique plus sérieux, est que certaines personnes (dont le président israélien, de nombreux néoconservateurs américains sans compter les Arabes sunnites) craignent que cet accord fonctionne. Ils ne veulent pas que les Etats-Unis et d’autres grandes puissances se rapprochent de l’Iran. Les Sunnites craignent que cela ne fasse pencher la balance des pouvoirs dans la région du Golfe en leur défaveur -et en faveur des Chiites. Certains Israéliens craignent qu’un tel accord ne signe un désengagement complet des Etats-Unis de la région (quand bien même de nombreux responsables israéliens, dont d’anciens chefs du Mossad, soutiennent un accord avec l’Iran, à juste titre). Et quant à certains néoconservateurs américains… disons-le tout net: ils ont davantage confiance en Netanyahu qu’en Obama.


Il est donc grand temps que toutes ces adversaires de l’accord respirent à fond, lisent les termes de l’accord, acceptent le fait qu’il va bien plus loin que quiconque aurait raisonnablement pu l’espérer et lui donnent sa chance. C’est dans l’intérêt des Etats-Unis, d’Israël et des pays arabes que l’Iran soit contraint de faire des choix qui rendent plus difficile la fabrication d’une bombe nucléaire. Et si une forme de détente nait de ces pourparlers, s’il devient possible qu’un dialogue s’installe entre l’Iran et les Etats-Unis, et qu’ils agissent ensuite de concert sur des questions portant sur nos intérêts mutuels, alors cet accord est certainement dans notre intérêt, quoique l’on puisse en penser.


Au cours des dernières semaines, certains néocons ont averti l’opinion publique américaine: Hassan Rohani, le nouveau président iranien, manifestement plus pragmatique, et qui a permis ces avancées, n’est en aucun cas un nouveau Gorbatchev. C’est vrai, mais il convient précisément de se rappeler que quand ce dernier est arrivé au pouvoir et s’est mis à parler de Glasnost et de Perestroïka, les mêmes personnes nous expliquaient que Gorbatchev n’était pas non plus un Gorbatchev.


Cet accord est une première étape. Dans un an, il sera peut-être considéré comme une petite avancée, voire un petit pas naïf et ridicule. Mais pour l’instant, c’est une avancée offrant des possibilités historiques; une étape qu’il convient de considérer avec précaution, mais aussi avec espoir et enthousiasme.


Fred Kaplan


Traduit par Antoine Bourguilleau

Nucléaire iranien, Accord à Genève : L’enrichissement de l’Iran reconnu, les sanctions allégées 

Al Manar


dimanche 24 novembre 2013, par Comité Valmy


 

Accord à Genève : L’enrichissement de l’Iran reconnu, les sanctions allégées


Après quatre jours de négociations marathon sur le programme nucléaire de Téhéran, les et l’Iran sont parvenus à un accord au milieu de la nuit de samedi à dimanche à Genève.


Après plusieurs heures de blocage sur le "droit’" à l’enrichissement de l’uranium pour l’Iran, un accord a été finalement annoncé.


"Nous sommes parvenus à un accord" a écrit sur le réseau social Twitter Michael Mann, le porte-parole de la diplomate en chef de l’Union Européenne Catherine Ashton, qui menait les négociations, mandatée par l’ONU et les 5+1. Michael Mann n’a pas donné de détails.


Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, a pour sa part annoncé sur Twitter : "Nous sommes parvenus à un accord", a-t-il écrit.


Le " programme d’enrichissement reconnu "


S’exprimant devant les journalistes, à l’issue des négociations, M. Zarif a expliqué que cet accord est "un résultat important mais c’est seulement un premier pas".


"Nous avons mis en place une commission conjointe pour surveiller la mise en place de notre accord. J’espère que les deux parties pourront avancer d’une façon qui permettra de restaurer la confiance", a-t-il dit.


M.Zarif a en outre précisé que l’accord contient une "référence claire selon laquelle l’enrichissement va continuer" en Iran, une question qui a été considérée longtemps comme la principale pierre d’achoppement des négociations.


"Nous estimons que c’est notre droit", a ajouté le ministre iranien, qui a été applaudi à son entrée dans la salle de presse par les nombreux journalistes iraniens venus à Genève pour ces négociations.


"Notre objectif a été de résoudre cette question nucléaire", car c’était "un problème qui n’était pas nécessaire", a-t-il poursuivi.


Le ministre a encore indiqué qu’il espérait que "la confiance du peuple iranien envers les pays occidentaux" allait être restaurée suite à cet accord.


" Le droit à la technologie nucléaire est un droit inaliénable", a encore indiqué le ministre, en ajoutant que le "combat que nous avons mené depuis plusieurs années avait pour but que la communauté internationale reconnaisse" que l’Iran exerce ce droit.


Nous pensons que cet accord et le plan d’action" signifie que "le programme nucléaire iranien va continuer", a-t-il conclu.


S’exprimant plus tard devant la presse iranienne, il a salué "l’immense succès de notre pays" car selon lui le document "reconnait le droit de l’Iran à l’enrichissement". Celui-ci est selon lui "compris dans le TNP qui reconnait le droit à la technologie nucléaire civile d’une manière générale".


"Les activités d’enrichissement à Natanz et Fordo vont se poursuivre. Le nombre des centrifugeuses (dans les deux sites) ne va pas changer. Le stock (d’uranium enrichi) à 5% sera préservé et le stock à 20% va être transformé en combustible pour le réacteur de Téhéran, selon nos besoins et nos plans", a souligné M.Zarif.


Le texte de l’accord


Le document de l’accord, publié par le site d’information iranien Irib, comporte quatre pages dont une consacrée aux sanctions.


Selon le texte, les 5 + 1 n’adopteront pas de nouvelles sanctions contre l’Iran. Les sanctions pétrolières contre l’Iran seront suspendues, le niveau de vente du pétrole actuel de l’Iran sera maintenu et les revenus pétroliers seront débloqués.


Les sanctions pétrochimiques seront entièrement levées et le secteur automobile iranien sortira également du régime des sanctions.


Le boycott sur l’or et les métaux précieux ainsi que les sanctions sur le secteur d’assurance lié au pétrole seront également éliminées.


Le droit iranien à l’enrichissement de l’uranium iranien figure à deux reprises dans le texte.


Les sites nucléaires iraniens seront maintenus, et les réacteurs de Fordo et d’Arak continueront leurs activités.


Mais, que va faire l’Iran ? Pendant six mois, les activités nucléaires iraniennes à Arak, Natanz et Fordo ne s’amplifieront pas , mais l’enrichissement se fera à moins de 5%. Par contre, les travaux de recherche nucléaire se poursuivront.


L’enrichissement de l’uranium à 20% sera suspendu pendant six mois, mais l’Iran conservera la totalité de ses réserves en uranium enrichi sur son territoire sans en exporter un iota à l’étranger.

Rappelons que les 5+1, les Etats unis, la Russie, la Chine, la France, la Grande Bretagne et l’Allemagne ont négocié depuis mercredi à Genève avec l’Iran à la recherche d’un accord intérimaire de six mois, qui apporterait des garanties sur le caractère pacifique du programme nucléaire iranien avec en contrepartie un allégement "limité" de sanctions imposées contre l’Iran.


Les ministres des 5+1 ont rejoint samedi les négociateurs.


Dans les dernières heures les discussions ont été bloquées sur la question du "droit" à l’enrichissement de l’uranium pour l’Iran.


L’Iran veut une référence explicite à son droit à l’enrichissement d’uranium dans l’accord en discussion avec les grandes puissances à Genève, a affirmé dans la nuit le négociateur en chef iranien Abbas Araghchi.


Source : Divers



Accord nucléaire : Israël atterré !



IRIB- Le ministre israélien des Affaires stratégiques, Yuval Steitnitz qui a eu pour mission ces 5 derniers jours de saper les négociations Iran /5+1 en inventant des arguments les uns plus saugrenus que les autres se sent "atterré" ! selon Al Mayadin qui le cite , " l’accord qui vient d’être signé entre l’Iran et les 5+1 est un mauvais accord et qu’Israël ne peut pas participer à la fête internationale qui accompagne la signature de cet accord" 

 
" Israël n’est pas content des derniers changements apportés au texte de l’accord entre l’Iran et les 5+1 . L’Iran a réussi à tromper les 5+1 mais Israël n’est pas dupe "

Genève : Enfin un joli rayon de soleil dans un automne morose

 

Publié le 24 Novembre 2013

 

Genève :  enfin un joli rayon de soleil dans un automne morose

"Un accord a été trouvé à Genève sur le nucléaire iranien"


Hormis les faucons d'Israël et les vrais qui ici les soutiennent, c'est un titre quasi unanime de la presse qui est pris comme un signal positif pour la paix en général et la diminution des tensions au Moyen-Orient en particulier.


Reste une question: ce qui s'applique à l'Iran (qui depuis 1970 a ratifié le traité antiprolifération et dit s'y tenir) n'est-il pas en terme d'égalité de traitement applicable à toute la planète, en particilier envers les états qui refusent de le signer, avec au besoin les mêmes moyens de coercitions que ceux imposés à l'Iran, et à le faire effectivement respecter - avec les mêmes méthodes -pour ceux qui l'ont signé et ne le respecte pas ?


Si Fabius fait une déclaration allant dans ce sens, Canaille le Rouge s'engage à la publier sans commentaires ni illustrations perfides et (ou) tendancieuses.


Haliburton pour l'instant n'aura pas son champ de profits (pardon, de bataille). L'air est plus léger ce matin.


Le chef de l'amirauté (celui qui commande le porte avion israëlien en méditérannée et tient l'aussière maitrisant l'escorteur d'escadre du Quai d'Orsay a du faire preuve de réalisme et contre mauvaise fortune bon coeur.


Comment va-t-il s'y prendre pour dénucléariser Israël et le pakistan ? (l'Inde, non signataire, a décidé un moratoire de son industrie militaire nucléaire à la fin des années 90 et s'y tient)

 

Concernant la France, La Canaille attend avec impatience les questions d'actualité ou les interpelations du gouvernement - et qui va les poser- pour voir concernant son propre arsenal ce qui va être engagé.


Et que Montebourg ne nous dise pas qu'il faut persister pour sauver des emplois industriels. A voir le nombre de cancers qui se révèlent parmis les ouvriers des arsenaux du coté de Guernevez, ce serait aussi une source d'économie pour la sécu, une vraie, là.


Au fait, un mot comme ça en passant, vous ne trouvez pas curieux ce tapage médiatique sur le nucléaire civil (et pas de ¨naïveté" ici sur sa propreté absolue énoncée de principe) et le silence des batelleurs de vertes estrades dès qu'il s'agit du militaire et même leur alignement concernant l'Iran sur les positions des faucons éclairant pour partie où nichent ici nos vrais ?


En matière de luttes pour la Paix, rien n'est définitivement gagnée.Vite, une déclaration et des initiatives du Mouvement de la paix, ne serait-ce que pour indiquer qu'il existe encore.


L’Iran : Une nouvelle méthode à conforter ou comment refaire l’amour entre porc épic par Danielle Bleitrach


24 Novembre 2013

6738871[1]Ce qu’il faut saluer avec cet accord qui reste partiel et provisoire est la vraie avancée, celle d’une nouvelle méthode de traitement des questions internationales qui a abouti à la fois à reconnaître le droit de l’Iran au nucléaire en échange d’un véritable contrôle sur l’état de ce nucléaire ce qui ne pouvait pas être obtenu autrement.


Un exemple concret des termes de l’entente:


Mohammad Javad Zarif a également réaffirmé le "droit inaliénable" de son pays à l’enrichissement d’uranium". Le texte de Genève contient une "référence claire selon laquelle l’enrichissement va continuer", a-t-il martelé, très applaudi par la presse et la délégation iraniennes venues en nombre à Genève.


Le droit à l’enrichissement d’uranium n’est pas mentionné dans le Traité de non-prolifération nucléaire dont l’Iran est signataire. Donc les iraniens sont dans leur droit puisque le seul argument légal que l’on puisse leur opposer est leur signature de ce traité (traité non signé par Israël ce qui lui donne les mains libres comme en matière de stock chimique non signé également).


Cela dit concrètement dans l’accord ce droit a été réaffirmé mais a été supprimé le terme "inconditionnel" et dans les faits des dispositions sont prises pour que l’enrichissement dépasse les 5% et même l’arrêt de la centrale à l’eau lourde.


Ce que confirme Kerry en disant "L’Iran a accepté de suspendre l’enrichissement d’uranium au-delà de 5%. L’Iran a accepté de dégrader ou de convertir son stock d’uranium enrichi à 20 %", a détaillé Kerry, parlant d’"une première étape" avant une prochaine "phase beaucoup plus difficile".

Donc le volet sur le nucléaire est traité d’une manière que l’on peut considérer comme satisfaisante mais qui est le même que celui que la France a prétendu bloquer. Alors que l’essentiel est bien dans la reconnaissance du civil et le contrôle blocage, voir démantèlement de ce qui va vers le militaire.


Cet accord en effet a aussi une dimension économique favorable à tous, il a été obtenu par l’affirmation d’une levée graduelle des sanctions qui était une nécessité pour les Iraniens, mais aussi pour l’Europe et l’Asie, dans la mesure où l’Iran est un immense marché et la porte de la route de l’énergie. Donc l’accord est en conçu comme un échange permanent vers le retour à la normale.

Une méthode nouvelle


Quand Cuba et Kennedy envisageaient l’amélioration de leurs relations, la stratégie proposée avait été celle de l’amour entre porc épic, beaucoup de précautions et prendre son temps et conserver le désir … Ce désir ne peut être alimenté que par les peuples sur des dirigeants qui subissent d’autres pressions et c’est là un point essentiel si l’on veut comprendre ce qui s’est passé et comment depuis des mois se prépare en tête à tête et en secret une manière de renouer le contact entre Etats-Unis et iran.


L’ère Bush, la politique de la canonnière est sinon terminée mais au moins on lui préfère la négociation, le retour en force de la diplomatie et chacun doit s’en féliciter.


Ceux qui ont perdu et là aussi on ne peut que s’en féliciter c’est ceux qui depuis des années tiennent leur peuple dans un paranoïa insupportable et jouent la politique du pire.


Il est clair que les peuples qui ont fait le plus grand pas vers le changement des relations internationales sont le peuple des Etats-Unis et celui d’Iran, qui a su dès le premier tour de l’élection présidentielle élire le seul candidat proposé Hassan Rohani qui à l’inverse de son prédecesseur Mahmoud Ahmadinejad présentait ce visage de paix et des négociation. Ce peuple qui a inauguré ce qu’on a appelé les printemps arabes est un grand peuple qui résiste à tous les impérialisme, réclame sa souveraineté toutes tendances confondues, mais est aussi épris de paix et de liberté. Les Etats-Unis eux aussi ont changé et leur opinion s’oppose majoritairement à toutes les aventures guerrières dont elle a été abreuvée.


Les résistances existent et rien n’est joué


Il est clair et c’est là le point noir qu’il reste des forces qui n’ont rien compris et qui rêvent de conduire leur peuple à la catastrophe. Il y a le premier ministre israélien qui semble avoir à coeur de mener Israël vers le pire comme si pour éviter un accord avec les palestiniens il choisissait la guerre avec ses voisins quitte à s’entendre avec ses pires ennemis dans cet objectif, les Saoudiens en jouant y compris le hamas pour empêcher tout pas en avant. Il conduit le peuple israélien à la destruction et à l’isolement intégral, ce que j’appelle depuis pas mal de temps la stratégie de l’OAS avec le succès que l’on sait. Il a malheureusement du répondant en Iran avec le guide suprême qui ne voit de survie de lui-même et de son régime théocratique que dans l’affrontement, il l’a prouvé en organisant à la veille de négociation une provocation. La seule, solution est de tabler sur les peuples et sur leur volonté de paix, et de ce point de vue les menaces d’Israël vont a contrario de l’intérêt d’Israël surtout si l’on mesure à quel point ces aboiements de part et d’autres sont vains et dérisoires vu le rapport des forces internationales. Nul doute que le premier ministre israélien va tenter de faire jouer les réseaux qui lui sont favorables pour dénoncer cet accord, mais vu son contenu, vu ce qu’est son principal soutien, les juifs américains, sa politique l’isolera un peu plus et tous ceux qui ont le moindre bon sens s’en rendront compte. On pourrait donc espérer que cela se traduise y compris en Israël par la montée des forces de paix et la pression vers un accord avec les Palestiniens. C’est l’hypothèse la plus favorable pour le monde, la région et Israël même. La question est donc celle du choix la paix ou le suicide, d’autres peuples ont connu cette alternative.

Il est clair que l’accord a été mené parallèlement entre iraniens et Etats-Unis et que de l’autre côté les Russes ont travaillé activement pour obtenir l’accord de tous, Europe, Chine et ont même tenu compte d’Israël dans leurs efforts avec un mélange de réalisme et de garanties. Cette diplomatie qui éloigne Israël mais aussi la France et même l’Angleterre est le produit non seulement des errances du gouvernement de Hollande mais celle de son prédécesseur avec le rôle désastreux joué en Libye par Sarkozy, le mépris des décisions de l’ONU et les résultats.


Ou l’on continue cette paranoïa criminelle, ou l’on regarde le caractère réel de cet accord qui reconnaît le droit au nucléaire des Iraniens ce qui est légitime mais dans le même temps est créé les conditions d’un véritable contrôle internationale du développement du nucléaire vers le militaire.


Le monde est en train de changer


C’est une grande chance dans un monde en plein mouvement, un monde qui tend vers un équilibre multipolaire et qui cherche les voies du développement dans une situation de crise très grave dominée par des monopoles financiarisés qui réclament pillage et guerre. C’est la première fois de son histoire que l’humanité opére une transition telle que le challenger économique de l’hégémonie est un pays sous développé, la Chine, qui ne veut pas entrer dans une révalité belliciste dont elle n’a pas les moyens et jouent tout sur des alliances à "avantages réciproques". C’est également la première fois où l’humanité est plus urbaine que rurale et que le phénomène des masses s’agglutinant sans espoir de travail et entrée en migration prend une telle ampleur.


Penser dans un tel monde exige de voir loin, très loin et dans le même temps savoir d’où vient le danger et intervenir avant qu’il soit insurmontable parce que ce qui se joue est le devenir de l’humanité, sa survie, celle de la planète. Et la seule méthode possible est de trouver le chemin du dialogue et de la paix par les négociations, les donnant-donnant.


Cet accord si faible soit-il doit donc être renforcé par la volonté des peuples, et nous en France nous avons notre propre rôle à jouer dans ce domaine vu l’attitude irresponsable de ceux qui nous gouvernent.


Danielle Bleitrach


L’histoire de l’Iran, la première tentative de nationalisation du pétrole iranien et la CIA (1953)


22 Novembre 2013

Mossadegh_US14[1]

Iran: la CIA a bien renversé Mossadegh


L’Iran est le premier pays à avoir tenté de nationaliser son pétrole. C’était en 1953, le 18 août, le 19 août 2013 ul y a peu la CIA a reconnu sa responsabilité dans le coup d’Etat qui a renversé le gouvernement démocratique et laïque iranien. Voici pour rappel la dépêzche de l’AFP publiée par le Figaro.

 
éLa CIA reconnaît avoir orchestré le coup d’Etat qui a renversé le Premier ministre iranien Mohamed Mosssadegh le 18 août 1953, après qu’il eut nationalisé le pétrole du pays, selon des documents récemment déclassifiés. Le rôle de l’agence américaine de renseignement était un secret de polichinelle depuis des années et hante toujours les relations entre les Etats-Unis et l’Iran. Mais des documents internes à l’agence datant des années 1970, récemment déclassifiés et publiés aujourd’hui montrent clairement son rôle. "Le coup d’Etat militaire qui a renversé Mossadegh et son cabinet de Front national a été mené sous la direction de la CIA dans un acte de politique étrangère", affirme l’agence dans l’un des documents.


Le Premier ministre iranien avait nationalisé en 1951 l’Anglo-Iranian Oil Company, l’ancêtre de BP, provoquant l’ire de Londres, pour qui le pétrole iranien était jugé vital pour le redressement de l’économie britannique après la Seconde Guerre mondiale. Or début 1953, le président Dwight Eisenhower arrive au pouvoir aux Etats-Unis et se montre plus compréhensif vis-à-vis des doléances britanniques que son prédécesseur Harry Truman.


Les documents déclassifiés de la CIA montrent que l’agence comprenait les raisons du positionnement de Mossadegh, loin de l’image de "fou" sénile véhiculée par les médias occidentaux.
Les hommes politiques et responsables d’entreprises britanniques manquaient de respect pour les Iraniens, perçus comme "inefficaces, corrompus et servant leurs propres intérêts", affirme même la CIA.


Mais l’agence justifie son action par les contingences de la guerre froide et la peur que les Soviétiques n’envahissent et ne prennent le pouvoir à Téhéran si Londres envoyait ses navires de guerre, ce que fit la Grande-Bretagne trois ans plus tard après la nationalisation du canal de Suez. "Alors, non seulement le pétrole iranien aurait été irrémédiablement perdu pour l’Ouest, mais la chaîne de défense autour de l’Union soviétique, une composante de la politique étrangère américaine, aurait été rompue", justifient les auteurs.


Le chah Mohammad Reza Pahlavi fut mis sur le trône et devint un proche allié de Washington jusqu’à son renversement lors de la révolution islamique de 1979. En 2000, la secrétaire d’Etat américaine Madeleine Albright, pour tenter d’améliorer les relations avec Téhéran, avait déclaré que que les Etats-Unis avaient "joué un rôle significatif" dans le renversement de Mossadegh et jugé que le coup d’Etat avait constitué un "revers pour le développement politique de l’Iran". Le président Barack Obama avait lui aussi exprimé une position similaire après sa prise de fonctions.


Par lefigaro.fr avec AFP


Publié le 19/08/2013 à 22:40


lefigaro.fr avec AFP

Le guide suprême de l’Iran, est-il un génie ou un fanatique ? par Michael Crowley


22 Novembre 2013

File photo shows Iran's Supreme Leader Ayatollah Ali Khamenei greeting clerics during a meeting in Tehran

By Michael Crowley @CrowleyTIMENov. 21, traduit par danielle Bleitrach pour histoire et sociéte. De l’humour et quelque pertinence dans ce texte du TIME


L’homme le plus puissant d’Iran a certainement un sens de la formule. Il surnomm l’Amérique "le diable incarné" avec des plans pour "une domination diabolique de l’Iran." Négociant avec les États-Unis, il a dit en 2009, que ce pays serait "naïf et perverti." Il avertit que l’ouest complote "de réveiller des désirs sexuels" en Iran Islamique, parce que "s’ils arrivent à organiser la mixité entre les hommes et les femmes … il n’y aura plus de besoin de l’artillerie et des armes à feu."


Les mots de cet homme, le Leader Suprême Ali Khamenei, présentent un extrême intérêts pour les États-Unis. Assez pour que l’Agence de Sécurité nationale suive à la trace Khamenei grâce à un projet de surveillance secret double l’Opération Dreadnaught, bien qu’un ancien officiel américain ait dit au TIME que l’espionnage révèle plus de détails sur les mouvements de Khamenei que sur sa mentalité.


Aucune mise sur écoute n’était nécessaire mercredi, cependant, quand Khamenei s’est livré à un nouveau discours public particulièrement belliqueux à Téhéran alors que les négociateurs étaient arrivés à Genève pour une nouvelle série de discussions sur le programme nucléaire de l’Iran. Il a appelé Israël "un chien enragé" son gouvernement, "voué à l’échec et l’annihilation," et a traité ses leaders de moins qu’humains "Ils ressemblent aux animaux, enfin certains d’entre eux."


Il a aussi attaqué sur "l’arrogance" des États-Unis et a ajouté que, sur les pourparlers nucléaires, l’Iran "ne reculera pas d’un iota sur nos droits."


La diatribe télévisée face à un public de 50,000 hommes de la milice Basij, qui dressaient leurs poings en l’air et ont chanté " Mort à l’Amérique," a jeté un froid sur les pourparlers de Genève – et a laissé des officiels américains en train de signaler maladroitement leur désapprobation sans entamer un combat rhétorique qui pourrait mettre en cause de délicate négociations.


"Évidemment, les commentaires de ce type ne rendent pas service," la porte-parole de Département d’État Jen Psaki a précautionneusement dit aux journalistes à Washington. "Mais nous croyons toujours que les deux côtés sont en pourparlers en toute bonne foi." Un officiel français était plus ferme, appelant les mots du Leader Suprême "inacceptables" et disant ils "compliqueraient" les pourparlers.


L’apparence de Khamenei généralement absent de la scène publique était un rappel opportun que derrière les visages doux le régime a présenté au monde extérieur est récemment une figure de vitriole qui, un peu de crainte d’observateurs, peut être incapable d’atteindre un accord avec l’Amérique et ses alliés. Khamenei, qui des règles supposées de droit divin , aurait le droit de veto sur n’importe quel accord nucléaire potentiel signé par son ministre des Affaires Étrangères à Genève, même si le président iranien Hassan Rouhani soutient le dit accord.


"Il a un soupçon très profondément enraciné et je dirais la haine pour les États-Unis," dit Gary Samore, qui a servi de coordinateur de la Maison Blanche pour des armes de destruction massive et le contrôle des armements et est maintenant le président d’Uni Contre l’Iran Nucléaire. "C’est la réalité telle que la voit Khamenei."


"Il est une figure isolée, paranoïde qui est convaincue les États-Unis et l’ouest soulèvent des problèmes du programme nucléaire seulement comme la feuille de figuier comme cache sexe du changement de régime," dit un autre ancien officiel de l’administration d’ Obama qui a suivi de près les publications d’Iran.


Khamenei l’a dit de nombreuses fois en public. Dans une adresse au début du mois, il a dit que l’Iran n’avait rien obtenu en échange de la suspension de son enrichissement d’uranium pendant les négociations de 2003 avec l’ouest, il argue "Il est devenu évident que les problèmes [de l'Iran] ne seront pas résolus en reculant, en suspendant des activités d’enrichissement, en différant notre travail et annulant beaucoup de nos plans et des programmes. Il est devenu clair que l’autre côté court après quelque chose d’autre."


"Quand ils sourient," a-t-il ronchonné en novembre 2009, "quand nous regardons bien au fond la situation, nous remarquons qu’ils cachent un poignard derrière leur dos."


Mais au coeur de sa rhétorique bilieuse mercredi, certains ont vu des lueurs d’espoir qui sont que Khamenei-qui est devenu le Leader Suprême en 1989 après la mort de son mentor, Ayatullah Ruhollah Khomeini- des propos ont fait allusion à un accord t avec Washington : "nous voulons avoir des relations amicales avec toutes les nations, même les États-Unis," a-t-il dit. "Nous ne sommes pas hostiles à la nation américaine," seulement aux leaders politiques de l’Amérique.


Un dégel diplomatique ne serait pas la manifestation soudaine d’une passion amoureuse pour Miley Cyrus et Morgan JP, on peut en être assuré.Ce serait plutôt le résultat d’une conclusion stratégique sur le fait que les sanctions menacent son régime et le mécontentement intérieur causé par l’impasse avec l’Ouest.


"Les vrais experts qui comprennent le système de l’Iran – voient le Leader Suprême comme pas très suprême," dit Samore. "Il équilibre constamment une coalition très grincheuse et obscure et diverse. Et il est très conscient que beaucoup de gens sont peu satisfait et malheureux. Particulièrement mieux instruit. Même plus qu’Obama, il est contraint par toutes ces factions avec lesquelles il doit traiter – ycompris la Garde Révolutionnaire pure et dure."


"Je pense vraiment qu’il est prudent," dit Ray Takeyh, un expert iranien-américain du Moyen-Orient avec le Conseil des relations extérieurs et un ancien officiel du Département d’État. "Il ne lâche pas de ses objectifs – qui dans son cas n’est pas seulement le maintien du régime, mais aussi le caractère idéologique du régime – mais il est capable de modification tactique. C’est pourquoi il est le dirigeant ayant le plus d’ancienneté dans le Moyen-Orient."


Khamenei a toujours été un dirigeant peu sûr, dit Mehdi Khalaji, un ami haut en grade à l’Institut de Washington pour la Politique au Proche-Orient qui écrit une biographie politique du Leader Suprême. Il manque du charisme et des références théologiques de son prédécesseur révolutionnaire, Khomenei. "Le manque de confiance en soi le rend très prudent pour accorder du crédit," dit Khalaji. "Même dans la politique intérieure, il n’a pas d’amis." (Sa méfiance peut avoir été encouragée par son presque assassinat en 1981 par une explosion d’un magnétophone éclatant placé dans une conférence de Presse par un groupe d’opposition radical.) Il l’a compensé en partie grace à l’usage du vitriol anti-américain populaire, qui le lie aussi aux origines anti-occidentales de la révolution Islamique.


Mais la perspective d’un accord possible et nécessaire avec l’Amérique peut maintenant le pousser à se concentrer sur Israël comme compensation. "Comme l’Iran s’approche d’une sorte de détente avec l’Ouest, nous pouvons nous attendre à voir sa rhétorique sur Israël se durcir," selon Brandon Friedman, conférencier à l’université de Tel Aviv l’Université et un chercheur du centre Moshe Dayan pour des Études du Moyen-Orient et africaines, selon le Jerusalem Post.


Ce serait plus en accord avec l’image d’un leader prudent, pas un fanatique incapable de s’adapter aux faits politiques. "Je dois dire, le type est un génie de première classe," dit Takeyh ‘ce type est un Bismarck avec un turban".”


Il y a quelques preuves surprenantes de sa profondeur intellectuelle. Selon le journaliste iranien Akbar Ganji, Khamenei est un amateur de Tolstoï, Balzac et Victor Hugo, dont Les Misérables, Khamanei a dit de ce dernier en 2004, " qu’il est le meilleur roman qui ait été écrit dans l’histoire … un miracle dans le monde d’une nouvelle écriture."


Plus important que la mesure de son intellect, cependant, est ce que l’ancien officiel d’Obama appelle "la question à un million de dollars" : savoir est-ce que vraiment Ali Khamenei peut être digne de confiance. Cela reste le mystère suprême du Leader Suprême.

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Read more: Iran’s Supreme Leader Khamenei: Fanatic or Genius? | TIME.comhttp://swampland.time.com/2013/11/21/irans-supreme-leader-fanatic-or-genius/#ixzz2lM1JsUL8

http://comaguer.over-blog.com - Au fil des jours et des lectures n°180

Pourquoi les négociations nucléaires avec l’Iran ont-elles échoué ? 


Ismael Hossein-Zadeh

 

20.11.2013

jeudi 21 novembre 2013, par Comité Valmy


Nous avons choisi de traduire et de diffuser cet article d’un historien etasunien qui donne d’importantes précisions sur le contenu de l’accord avorté sur le nucléaire iranien et replace utilement cette négociation dans un perspective politique plus large. Qui sait si, ironie de l’histoire, le jusqu’auboutisme de la France placée dans le rôle du « mauvais flic » , Obama jouant une nouvelle fois le rôle du « bon flic » (ce qu’il appelle le « management par l’arrière ») n’aura pas permis à l’Iran de comprendre que, sans rapport de forces et sans fermeté, les négociations avec des faux jetons ne mènent qu’à la capitulation et à la Russie de prendre garde à ne pas se satisfaire de la position périlleuse « d’interlocuteur valable » et de médiateur tout terrain adoubé par les occidentaux.

Pourquoi les négociations nucléaires avec l’Iran ont-elles échoué ?

Ismael Hossein-Zadeh
CounterPunch


Les négociations entre l’Iran et ce qu’on appelle Groupe P5 + 1 qui comprend les puissances mondiales, qui ont débuté le 7 novembre et se sont prolongées pendant trois jours, ont fini par frustrant quand, apparemment, la France s’est opposée à l’accord intérimaire proposé étant donné qu’il n’établissait pas un contrôle suffisant de la technologie nucléaire iranienne. Que La France se soit opposée de façon indépendante ou avec la vieille stratégie du bon flic et du mauvais flic est une question secondaire. La question la plus importante est que les puissances nucléaires occidentales sont revenues sur leurs propres demandes et propositions malgré le fait qu’elles supposaient d’importantes concessions unilatérales par les négociateurs iraniens.


Bien que les détails des questions examinées durant les trois jours de négociations soient conservés comme « confidentiels », en particulier par la partie iranienne, l’information divulguée par les négociateurs et les médias occidentaux dit qu’avec la signature de l’accord possible, les négociateurs iraniens auraient convenu de :


(a) arrêter d’enrichir de l’uranium à 20 % ;


(b) désactiver les réserves actuelles de ce combustible (enrichi à 20 %) pour le plus grand enrichissement ;


(c) limiter l’enrichissement de l’uranium à 3-5 % de pureté ;


(d) ne pas pour utiliser les nouvelles centrifugeuses go-M2 pour l’enrichissement, lesquelles peuvent enrichir le combustible nucléaire cinq fois plus rapidement que les anciennes ;


(e) permettre des inspections plus intrusives ;


(f) ne pas mettre en marche le réacteur à eau lourde d’Arak capable de produire du plutonium,


Qu’avait- de son côté obtenu l’Iran en échange de toutes ces concessions ? Pas grand chose. Les États-Unis et leurs alliés étaient d’accord pour :


(a) libérer la partie des fonds de plusieurs dizaines de milliards de dollars de recettes pétrolières iraniennes qui sont bloqués sur des comptes bancaires à l’étranger, notamment en Chine, Corée du Sud et au Japon ;


(b) étudier la possibilité d’assouplir les sanctions interdisant le commerce des métaux précieux et des produits pétrochimiques.


Les sanctions plus strictes sur le pétrole iranien et les banques resteraient sans changement dans le projet d’accord intérimaire.


Malgré l’injustice flagrante envers l’Iran d’un accord basé sur ces concessions unilatérales, c’était l’autre partie, pas l’Iran, qui s’est opposé à sa propre proposition de règlement. La question est de savoir pourquoi.


Négocier de mauvaise foi : le programme nucléaire de l’Iran comme prétexte à un changement de régime


Le fait que les États-Unis et les autres puissances occidentales aient invalidé leurs propres propositions d’accord est un signe indéniable du fait que, fidèle au modèle de nombreuses négociations de la dernière décennie, ces puissances nucléaires n’ont pas négocié de bonne foi : ils ont exigé que la partie iranienne une série de concessions unilatérales dans l’espoir que les Iraniens n’accepteraient pas eux. Mais lorsque les négociateurs iraniens ont décidé de signer l’accord intérimaire proposé basé sur ces demandes, les puissances nucléaires occidentales ont reculé.

Les raisons d’annuler le projet d’accord qu’ont donné publiquement les négociateurs occidentaux comprenaient, entre autres, l’avenir du réacteur nucléaire à eau lourde Arak, les réserves d’uranium enrichi à 20 % et le degré et l’étendue des inspections intrusives. Toutefois, la raison fondamentale, filtrée par les fonctionnaires et les médias Iraniens (et confirmé par les négociateurs russes), est autre.


Les États-Unis et leurs alliés avaient promis à la partie iranienne que si pendant six mois l’Iran remplissait fidèlement et avec succès les « obligations » de l’accord intérimaire pour « générer la confiance », à la fin de cette période, cela aurait comme conséquence :


(a) la reconnaissance du droit légal et légitime de l’Iran à la technologie nucléaire à des fins pacifiques ; 

 
(b) la reconnaissance de son droit à enrichir de l’uranium à 5 % de pureté, le niveau nécessaire pour les centrales nucléaires ;

 
(c) le relâchement ou la levée des sanctions sur les exportations de pétrole brut et l’accès au système financier international.


En 2005, des promesses similaires ont conduit l’Iran à suspendre son programme d’enrichissement de l’uranium pendant deux ans sans contrepartie dans l’assouplissement des sanctions économiques. En tenant compte de cette expérience, les négociateurs iraniens ont insisté cette fois pour que trois promesses mentionnées ci-dessus soient faites par écrit. Et c’est lorsque la mauvaise foi des négociateurs des puissances nucléaires occidentales est devenue claire qu’ils ont refusé d’officialiser leurs engagements par écrit.


Encore une fois, cela montre que, en violation du traité de non-prolifération, qui reconnaît clairement le droit des pays membres à la technologie nucléaire à des fins pacifiques, le véritable objectif des États-Unis et de leurs alliés est refuser l’Iran ce droit légal et légitime. Mais fondamentalement, il montre que ce programme nucléaire iranien est utilisé comme prétexte pour transformer l’état Iranien souverain en état client.


Les dirigeants iraniens semblent être au courant des motifs cachés des Etats-Unis et de leurs alliés dans les négociations nucléaires. Cependant, encore et encore, ils reviennent à la table des négociations - qui, dans ce qui dans l’esprit des États-Unis et de leurs alliés, est fondamentalement une farce - et donnent à leurs adversaires le prétexte pour renforcer les sanctions. Pourquoi ? Pourquoi avancer d’un pas en sachant qu’il conduira à tomber dans un piège ?


Erreurs de calcul de l’Iran


Une réponse fréquente à cette question, c’est que vous en raison des sanctions très sévères et de la menace de guerre, l’Iran se voit obligé de poursuivre les négociations nucléaires même s’il ne peut être optimiste sur leur résultat. S’il peut y avoir quelque chose de vrai dans cette explication, la raison fondamentale semble être une énorme erreur de calcul de la part des décideurs de la politique nucléaire iranienne.


Son raisonnement a toujours été que, comme le programme nucléaire iranien est effectué à des fins civiles/pacifiques, et qu’il respecte le traité de non-prolifération, ils ne devraient pas avoir peur des négociations. En d’autres termes, étant donné que l’Iran dit la vérité, ils pensent, que tôt ou tard ils démontreront que leurs homologues nucléaires avaient tort, et qu’ils devront finalement accepter leurs droits nucléaires légaux et légitimes. C’est une erreur de calcul gigantesque, comme tenter d’inverser le résultat d’un test. Bêtise, selon Albert Einstein, "refaire la même chose encore et encore et s’attendre à des résultats différents." Les négociateurs iraniens sont très loin d’être stupides. Ils sont en effet connus pour être au nombre des hommes politiques et des négociateurs internationaux les plus qualifiés dans le monde. Toutefois, lorsque l’issue ou l’échec des négociations nucléaires sont prédéterminés, il est absurde d’en attendre p un résultat différent. Les efforts inutiles de l’Iran pour changer le résultat des négociations nucléaires (p. ex. test négatif) se sont révélés très coûteux si vous regardez l’augmentation des sanctions économiques : chaque nouveau cycle de négociations nucléaires a entraîné un durcissement des sanctions. Bien sûr, cela ne signifie pas qu’en l’absence de négociations il n’y aurait pas eu de sanctions économiques et/ou des actes d’agression contre l’Iran ; ce que je veux dire, c’est que si elle s’est terminée par cette farce il était inutile de s’acharner sur le prétexte nucléaire pour durcir les sanctions


Le rôle de la Présidente Rouhani


Outre le problème lié à la folie de jouer à cette mascarade de négociations – à laquelle le ont participé, plus ou moins tous les négociateurs iraniens, tout au long de ces 10 dernières années –le président Rouhani et son équipe de négociation les négociateurs pourraient être contestés pour une autre erreur de calcul, ou peut-être même une erreur conceptuelle. Alors que Ahmadinejad les négociateurs iraniens au cours de sa présidence n’avaient aucune illusion sur les intentions des États-Unis et de leurs alliés et ont de ce fait résisté à la demande des concessions unilatérales, Hassan Rouhani et son équipe semblent entretenir ces illusions ; ce qui explique pourquoi ils ont consenti toutes les concessions unilatérales consenties énumérées ci-dessus au cours de la dernière ronde de négociations.


Ces illusions proviennent d’une perception assez confiante et imprudente du fait que les politiques de sanctions économiques contre l’Iran (ou les politiques impérialistes d’agression en général) pourraient être influencées par des formules de politesse et des règles de bienséance diplomatique. En ce sens, elles rejettent la responsabilité des nombreuses sanctions (et de la paralysie économique de l’Iran qui en découle) sur l’ancien Président, Mahmoud Ahmadinejad, pour ses manières « peu raffinées », son attitude de « confrontation » ou ses politiques « extrémistes ». Cette utilisation évidente de son prédécesseur comme bouc émissaire a été patente pendant la campagne présidentielle d’Hassan Rouhani durant les mois de mai et juin 2013.


Que la raison d’imputer la faute des sanctions économiques aux administrations précédentes provienne de convictions sincères ou de calculs politiques opportunistes, demeure le fait qu’en agissant ainsi, Président Rouhani a considérablement affaibli la position de l’équipe de négociation à Genève en la chargeant, peut-être par inadvertance, de la responsabilité de trouver une solution à l’impasse dans les négociations nucléaires. Ceci expliquerait, comme je l’ai déjà dit, pourquoi au cours du dernier round de négociations (du 7 au 9 novembre), que la partie iranienne ait accepté de faire de nombreuses concessions. Que les États-Unis et leurs alliés aient refusé de signer le projet accord (prétendant que les concessions ne limitaient pas suffisamment le programme nucléaire iranien) ne change rien au fait que l’Iran était prêt à le faire.


En conclusion :


La dernière série de pourparlers nucléaires entre l’Iran et le groupe 5 + 1 groupe a échoué, non pas parce que l’Iran n’a pas fait des concessions importantes, mais parce que les Etats-Unis et leurs alliés ont refusé de reconnaître le droit légal et légitime de l’Iran, garanti par le traité de non-prolifération, à la technologie nucléaire à des fins civiles et pacifiques. La politique des Etats-Unis envers l’Iran (ou tout autre pays, en ce qui concerne cette question) est basée sur un agenda impérialiste qui se compose d’une série de demandes et d’attentes, pas dans leur formulation diplomatique ou dans le type de langage utilisé par ses dirigeants. 

 
Cela inclut la renonciation par l’Iran de ses droits légal et légitime à la technologie nucléaire à des fins civiles, ainsi que sa conformité avec la stratégie géopolitique des Etats-Unis-Israël pour le Moyen-Orient et la région du golfe Persique. Cela comprend la poursuite de l’ouverture de l’économie et du marché de l’Iran au libre échange et aux investissements américains.


Il semble raisonnable de soutenir que, ainsi, une fois que l’Iran aurait permis une participation ou une ingérence des États-Unis sur les questions de souveraineté nationale, le pays se serait précipité sur une pente glissante qui l’aurait conduit à l’abandon de sa souveraineté : les États-Unis ne seraient pas satisfaits tant que l’Iran ne serait pas devenu un autre État client, plus ou moins comme la Jordanie, l’Arabie saoudite et d’autres.


La plupart des politiciens et décideurs iraniens sont très conscients de ceci. Cependant, tout comme les anciens présidents Rafsandjani et Khatami, Hassan Rouhani maintient une position ambiguë sur la doctrine impérialiste et la politique étrangère américaine. Le Ce sera mieux Lorsque, lui et ses conseillers identifieront et démasqueront ces stratégies et ces intentions,


Traduction COMAGUER


Ismaël Hossein-zadeh est professeur émérite d’économie, Université de Drake, Des Moines, Iowa. Il est l’auteur de l’économie politique du militarisme US (Palgrave - Macmillan 2007) et « développement soviétique non capitaliste : le cas de Nasser en Egypte » (Praeger Publishers, 1989). Son dernier livre, intitulé « Au-delà des explications grand public de la crise financière : parasite Finance le Capital financier parasite », sera publié par Routledge livres.


Original en anglais publié dans Counterpunch.org article
http://www.counterpunch.org/2013/11/15/why-the-iran-nuclear-talks-failed/

Iran, un échec pour le Guide et... pour la presse occidentale


jeudi 20 juin 2013


Rouge Midi 314

Avec 18 613 329 voix, soit plus de 50 % des suffrages exprimés, Hassan Rohani a été élu président de la République islamique dès le premier tour. Selon les chiffres officiels, la participation a été de 72,7 % et le candidat arrivé en deuxième position, Mohammad Baqer Qalibaf, le maire de Téhéran, n’a recueilli que 6 077 292 voix.


En élisant le candidat qui avait pris le plus de distance avec le système, les électeurs ont infligé un camouflet au Guide Ali Khamenei — sinon au régime. Les éléments conservateurs en ont pris acte. Tabnak, une agence de presse proche de ceux-ci, titre, le 15 juin, sur « une nécessaire défaite pour les « principalistes » » — c’est ainsi qu’est désigné le camp conservateur. Et d’écrire : « Les « principalistes » doivent comprendre qu’ils ont des comptes à rendre. Ils doivent savoir que l’ère durant laquelle ils monopolisaient les médias est terminée. »


Les électeurs ont aussi infligé un camouflet à la presse occidentale. Que n’avait-on entendu sur l’élection présidentielle ? Elle était jouée d’avance ; les électeurs ne se déplaceraient pas ; le régime avait bloqué toute possibilité de changement ; le Guide décidait de tout. Mais l’homme le plus proche de ce dernier, Said Jalili, n’a obtenu que 4 168 946 voix, arrivant en troisième position avec à peine plus de 11 % des suffrages. Depuis longtemps, ces médias occidentaux ont cessé de s’intéresser au pays réel, à sa vie politique et sociale, pour n’en retenir que des caricatures.


Même le débat sur le nucléaire entre les différents candidats, pourtant vif, n’a pas retenu une vraie attention. Oui, on débat en Iran, comme le confirment les critiques d’Ali Akbar Velayati, un ancien ministre des affaires étrangères — proche lui aussi de Khamenei — qui a dénoncé la rigidité de Said Jalili sur la question nucléaire.

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