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Oligarkhía delenda est

 

, par  Raoul Marc Jennar

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Si la crise grecque et la décision de l’UE du 13 juillet ont servi pour beaucoup de révélateurs des réalités anti-démocratiques et antisociales de l’UE, si elle a permis que beaucoup d’yeux s’ouvrent sur cette dictature d’un mode nouveau que représente le supranationalisme, il serait abusif de croire qu’une majorité de Françaises et de Français serait désormais acquise à la nécessité de sortir de l’Union européenne.

 

Un immense chantier est ouvert pour convaincre de cette nécessité, pour la rendre crédible, pour dessiner et partager les contours d’une alternative concevable et pour populariser l’ensemble du processus.

 

Certes, des voix se font entendre dans des cercles et des milieux divers.

 

Le bruit de l’extrême-droite et de quelques petites formations acolytes sur le sujet n’est que celui de la démagogie qui flatte, au-delà des fanatiques de l’identité, du chauvinisme et du nationalisme, les désespérés de la crise laissés par la République sans conscience des valeurs dont elle se déclare porteuse. Ces voix-là ne nous intéressent que dans la mesure où elles monopolisent l’alternative à l’UE dans la pire de ses formes.

 

Par contre, chez ceux pour qui la République, c’est un processus vivant qui tend vers la réalisation de la liberté, de l’égalité, de la fraternité, un processus en vertu duquel la démocratie si elle n’est pas aussi sociale est incomplète et la patrie si elle ne conduit pas à l’internationalisme n’est qu’un repli, dans ces milieux-là se font, de plus en plus, entendre des voix qui, au nom de l’idéal porté, voient dans l’Union européenne son exact contraire. Bref, pour des humanistes, pour des internationalistes, l’Union européenne désormais, ce n’est pas la solution, c’est le problème.

 

Aux Lumières se sont opposées les Anti-Lumières. Avec une force et une vigueur bien plus déterminées que les humanistes s’y attendaient, tant il paraissait aller de soi que l’humain est un être collectif et que, de ce fait incontournable, il semblait acquis que les formes idéologiques du chacun pour soi ne devaient plus jamais triompher.

 

Les Anti-Lumières sont les pères spirituels de cette contre-révolution à laquelle nous assistons depuis les années Reagan-Thatcher-Delors. Ils ont mis en place les instruments supranationaux de notre nouvelle servitude : l’Organisation Mondiale du Commerce et, pour ce qui nous concerne, l’Union européenne. Celle-ci est un antihumanisme qui organise la concurrence de chacun contre chacun, des peuples européens les uns contre les autres, qui soumet les femmes et les hommes aux volontés des firmes privées, qui organise l’exploitation du reste de la planète par nos firmes transnationales tout en dressant des barbelés contre les victimes de cette exploitation.

 

Traité européen après traité européen, le suffrage universel a été vidé de sa substance. Le vote citoyen ne produit plus aucun effet. Puisque, comme le dit ce gangster placé à la tête de la Commission européenne, « il n’y a pas de vote démocratique contre les traités européens ». Ce qui fut arraché dans la fureur, le sang et les larmes en 1789, 1793, 1848, 1870 et tout au long des luttes politiques et sociales des XIXe et XXe siècles, est systématiquement remis en question au nom de l’Union européenne.

 

Une immense régression démocratique et sociale est à l’œuvre. Il nous faut l’arrêter. Par tous les moyens. Il y va de la survie d’un modèle de société, d’une vision humaniste du vivre ensemble.

 

Il ne suffit plus de combattre l’un après l’autre des projets qui vont tous dans la direction de la servitude. C’est là où ils sont conçus qu’il faut porter le fer. Oui, plus que jamais, les propos de Brecht s’appliquent à l’Union européenne, ce ventre d’où surgit la nouvelle bête immonde. Elle n’a plus les traits hideux du nazisme et du fascisme. Elle a le visage anonyme des fonctionnaires apatrides et sans cœur de la Troïka. Ses nervis ne portent plus l’uniforme militaire, mais plutôt le costume de belle coupe. Leurs méthodes sont plus insidieuses, moins violentes en apparence. En Europe, tout de moins. Mais elles conduisent au même résultat : la négation de la dignité qui est en chaque être humain.

 

On ne peut plus se contenter de déplorer des politiques funestes. Il faut s’en prendre aux institutions qui les engendrent. Il faut mettre fin à l’Union européenne. En commençant par la quitter, car sans la France, et les pays qui s’empresseront de la suivre, elle ne survivra pas. Il faut que s’écroulent les institutions de nos malheurs nouveaux : la Commission européenne, la Cour de Justice de l’UE, la Banque Centrale de l’UE. Elles sont les instruments du pouvoir de l’oligarchie. Ce sont des Bastilles, symboles de l’absolutisme technocratique de l’UE et il faut leur réserver le sort de celle renversée en 1789.

 

Alors, mais alors seulement, il sera possible de construire, avec les peuples qui le souhaitent et qui l’auront exprimé, une union des peuples d’Europe vraiment solidaire et fraternelle.

 

Oligarkhía delenda est [1]. Il faut détruire l’oligarchie.

 

Raoul Marc JENNAR

1 septembre 2015

 

[1] c’est à dessein que j’ai mis ensemble un mot d’origine grecque et un verbe latin conjugué, pour dire mon mépris de ce gouvernement qui brade les racines de notre culture