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  • 20 Août 2015

Publié par Jean Lévy

Alexis Tsipras privatise 14 aéroports alors que sa majorité tangue

 

Alexis Tsipras privatise 14 aéroports alors que sa majorité tangue
Alexis Tsipras privatise 14 aéroports alors que sa majorité tangue

Se conformant aux exigences des créanciers, le gouvernement entame « une vente générale de la Grèce », déplore l'aile gauche de Syriza.

C'était prévu dans l'accord conclu le 13 juillet entre la Grèce et ses créanciers européens : en plus d'une palanquée de mesures d'austérité (refusées par référendum le 5 juillet), le gouvernement grec devait engager un programme de privatisations sous la supervision des institutions internationales. 

 

Première de ces privatisations : la Grèce a approuvé la concession des 14 aéroports régionaux du pays au consortium allemand Fraport-Slentel pour 1,23 milliard d’euros, annonce un décret publié ce mardi au Journal officiel.

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Après avoir suspendu le programme de privatisation de la législature précédente, Alexis Tsipras le relance. Sa majorité mais également de nombreux ministres estiment que des élections anticipées sont inéluctables.

 

C’est une question lancinante depuis l’arrivée de Syriza au pouvoir en janvier dernier. Le programme de privatisations engagé par la majorité précédente avait été suspendu par le nouveau gouvernement d’Alexis Tsipras. Six mois plus tard, le voici annonçant la privatisation de 14 aéroports régionaux dans les mêmes termes que ce qui avait été décidé par la précédente législature. Le gouvernement a beau préciser que les discussions sont toujours en cour, il semblerait que le consortium Fraport-Slentel mette la main sur cet ensemble pour la somme de 1,23 milliard d’euros. Il versera un loyer annuel de 22,9 millions d’euros. La durée de la concession est de quarante à cinquante ans.

 

Les privatisations qualifiées de « crime » par Syriza

 

Syriza avait pourtant fait campagne sur ce programme de privatisations contre Antonis Samaras. Le précédent premier ministre grec avait lancé la vente de véritables bijoux de famille comme le port du Pirée, les compagnies d’électricité et de gaz, ou encore des mines d’or. En tout, c’est près de 28 privatisations d’un montant de 50 milliards d’euros qui étaient inscrites dans l’agenda. Pour le parti de gauche radical, ce programme était qualifié de « crime ».

 

Mais à peine élu, Alexis Tsipras a soufflé le chaud et le froid sur ces privatisations, tentant d’en faire une variable d’ajustement des exigences des créanciers. Dès le mois de mai, il revenait sur sa décision de suspendre la vente du port de Pirée, la première infrastructure portuaire du pays, en annonçant la cession de 51 % de son capital par l’État. Certes, c’est moins que les 67 % prévus précédemment. Il n’empêche, le gouvernement avait alors reconnu, par la voix de son porte-parole Gabriel Sakellaridis, que cette vente était une « concession » faite aux créanciers. Surtout, l’accord du 13 juillet avec les institutions (Europe, FMI), impliquait ces privatisations.

 

Gagner du temps

 

Pourtant, les privatisations ont été au cœur des discussions avec les créanciers. Si Alexis Tsipras n’a pas réussi à obtenir une révision profonde du programme, il a néanmoins obtenu un délai plus large. Un gain de temps qui devrait lui permettre de ne pas brader ses actifs. Pour les 14 aéroports régionaux, il était déjà trop tard puisque la négociation était faite. L’organisme chargé des privatisations, Taiped, a ainsi recommandé au gouvernement d’officialiser la vente à Fratport-Slentel, qui avait remporté l’appel d’offres en 2014 contre le français Vinci.

 

Sauf qu’en procédant à ces privatisations, Alexis Tsipras se met en porte à faux avec sa propre majorité. Déjà, une partie de ses députés a dénoncé cette décision à travers un communiqué : « c’est la première action du mémorandum (plan d’aide) en vue d’une vente générale de la Grèce ».

 

Syriza au bord de l’explosion

 

Pour Alexis Tsipras, l’exercice du pouvoir est de plus en plus précaire. Vendredi, il avait eu, encore une fois, eu recours aux voix de l’opposition pour faire adopter le troisième plan d’aide qui doit rapporter 86 milliards d’euros à la Grèce. Sur 149 députés Syriza, 43 se sont abstenus ou ont voté contre. De plus en plus, la presse et même certains membres du gouvernement s’attendent à ce qu’Alexis Tsipras convoque un vote de confiance au Parlement.

 

« Des élections sont impératives pour des raisons de stabilité politique. Étant donné les problèmes dans la majorité (parlementaire) du gouvernement, la situation est tout sauf stable » actuellement, a considéré le ministre de l’Énergie, Panos Skourletis, sur Skai TV.

 

Un autre ministre, Alekos Flambouraris, a jugé possibles des élections anticipées pour le 20 septembre prochain, dans le cas où un vote de confiance désapprouverait Alexis Tsipras la semaine prochaine.

 

Des élections hautement périlleuses ?

 

Plus pessimiste, la ministre de la Santé a jugé que si la majorité se rassemblait pour voter la confiance à Alexis Tsipras, les élections étaient inévitables puisque certains d’entre eux persisteraient à ne pas voter les mesures du gouvernement.

 

Le gouvernement redoute la réaction des marchés en cas de nouvelles élections anticipées dont l’issue sera incertaine. L’absence de majorité claire contreviendra à la poursuite des réformes exigées par les créanciers. Une nouvelle crise grecque en perspective ? 

 

Cet article a initialement été publié sur le site de la Tribune