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Comité... décentré 

par Panagiotis Grigoriou

Míkis Theodorákis, vient de publier un nouveau manifeste

 

lundi 3 août 2015, par Comité Valmy

Comité... décentré

 

Les slogans restent, la liberté peut attendre. La Troïka, renforcée car promue en Quadriumvirat du nouveau caciquisme, loge de nouveau à Athènes, à l’hôtel Hilton plus précisément d’après le reportage. Les ministres SYRIZA, Tsakalotos et Stathákis s’y sont rendus dès vendredi matin (31 juillet), histoire de “prendre contact” avec les représentants de... l’ordre financieriste (FMI, BCE, Commission européenne et MES). Mafias... respectables.

 

Les mesures de sécurité prises sont draconiennes, la garde rapprochée ainsi mise en disposition des Troïkans pour les besoins de leurs déplacements entre les hôtels de luxe et les... secteurs des “négociations” tenus secrets, est alors plus importante que jamais auparavant, tout cela, aux frais... de la colonie, les exécutants de la mafia financieriste ne se sentent pas très à l’aise à Athènes, ils ont raison.

NON, la Grèce n’est pas une colonie. Nous pouvons autrement. Place de la Constitution, 3 juillet

 

Juillet 2015 s’achève dans un imbroglio alors tragique. “NON, la Grèce n’est pas une colonie. Nous pouvons autrement”, tel était le slogan essentiel Place de la Constitution, lors du grand rassemblement du “NON” le 3 juillet. Alexis Tsipras y avait été acclamé par les Athéniens ; depuis, ils ont été fâcheusement renvoyés dans leur sphère privée, et pour ce qui (leur) reste de l’été grec, ils préféreront... si faire se peut, occuper les plages d’Attique.

 

Entre-temps, le Comité central SYRIZA s’est (enfin) réuni jeudi 30 juillet, là aussi, imbroglio et gauche parodique. Dix-sept de ses membres ont démissionné, dénonçant ainsi la parodie régnante : “Dans un moment bien critique pour notre pays en pleine faillite, et à la veille de la signature d’un nouveau mémorandum pendant que tous les scénarii restent ouverts, le Comité Central SYRIZA est amené à ‘conclure’ par le biais d’une procédure d’urgence qui vise à entériner le choix du Premier ministre. Ce choix concerne l’application de l’accord humiliant déjà signé, prolongeant ainsi le régime politique du mémorandum. La direction de SYRIZA vise ainsi tout simplement, à valider la mutation de notre formation politique en faisant de lui un parti du mémorandum, et cela, au moyen de l’organisation d’un congrès, où certains courants en seront ouvertement écartés. Au même moment, la politique menée par le gouvernement, intensifie jour après jour, la frustration et la démobilisation de milliers de membres et amis de SYRIZA”. SYRIZA, parti désormais mutant et... mutilé.

Comité Central SYRIZA, Athènes, le 30 juillet

 

La Plateforme de Gauche aurait donc perdu (d’avance) la bataille... du “Plan B” interne. Panagiótis Lafazánis et les siens avaient pourtant proposé la tenue d’un congrès permanent, dès la semaine prochaine, justement, avant l’aboutissement de l’accord pressenti (avec la Troïka renforcée), histoire de ne pas l’entériner, au niveau du parti déjà. Cette motion de l’aile gauche de SYRIZA a été rejetée de justesse... et par acclamation.

 

Seul le corps du Congrès permanent, composé de délégués du congrès fondateur de SYRIZA, sera ce collectif compétent, capable d’assumer de la sorte, la continuité dans la lutte contre le mémorandum, et autant, le caractère radical de notre parti sans compromettre son unité. Ce Congrès Permanent, défendant le programme comme les statuts de notre parti que lui-même avait d’ailleurs adopté, il aurait l’obligation démocratique d’inviter le gouvernement à respecter ses engagements quant au programme politique sur lequel il a été élu, et respecter aussi, le mandat populaire qui lui a été accordé lors des élections du 25 janvier et lors du référendum 5 Juillet. Autrement-dit, mettre fin aux politiques d’austérité et trouver une alternative face au chantage des créanciers.

 

Il est très important d’essayer d’éviter l’incorporation de SYRIZA dans un nouveau mémorandum, pour le parti lui-même d’abord, et surtout, pour ce qui est de l’avenir de notre pays et de celui de notre peuple. La convocation du Congrès extraordinaire à l’automne (motion adoptée d’Alexis Tsipras), faisant suite au vote du Parlement, c’est-à-dire, après avoir entériné le nouveau mémorandum (en août), lequel ligotera davantage notre pays, n’a plus de sens, puisque les participants seront amenés à acquiescer rétrospectivement des faits accomplis extrêmement préjudiciables pour la Grèce”, voilà pour le communiqué officiel de la Plateforme de Gauche.

 

En réalité et d’après mes sources, la Plateforme de Gauche réunira ses membres prochainement pour se déterminer face à la situation. L’idée d’un nouveau mouvement politique à gauche (et étant donné que l’Aube dorée peut devenir le deuxième parti en Grèce), est dans les urgences du temps qui court. Donc acte ?

 

La coquille (sèche ?) SYRIZA... se referme. Son nouveau... caciquisme aura ainsi restauré tout le pouvoir des mémorandistes, “ce n’est qu’un accord qui durera trois ans”, argumente le camp Tsipriote, sans trop y croire il faut dire.

 

Vive la Grèce libre

 

Les slogans et autres phrases éphémères des murs d’Athènes, expriment déjà la nouvelle amphithymie que les Grecs ressentent, état mental comme on sait, dans lequel se mêlent dépression et exaltation. Les mentalités ne resteront certainement pas là.

 

De son côté, Míkis Theodorákis, vient de publier un nouveau manifeste, aussitôt approuvé par de nombreuses autres personnalités en Grèce. Les mots sont bien pesés. Par son appel, il demande à “ faire respecter toute la volonté du peuple grec, comme il s’est exprimé lors du référendum du 5 Juillet et ainsi, stopper l’avancée du mémorandum qui conduira à la destruction et à l’esclavage."

 

Parmi les premiers signataires du texte, et à part Geórgios Kasimatis, professeur de droit constitutionnel à l’Université d’Athènes, se sont joint à l’appel, Yórgos Vichas, cardiologue membre du conseil de l’Ordre des Médecins d’Athènes et initiateur du Centre médical solidaire d’Ellinikón (candidat non élu SYRIZA aux élections de janvier 2015), Státhis Kouvelákis, professeur au King’s College de Londres (membre du Comité Central SYRIZA), Dimítris Belandís avocat (membre du Comité Central SYRIZA), Katerina Thanopoúlou (Comité central SYRIZA et Vice-présidente de la Région d’Attique), le caricaturiste Státhis, l’Ambassadeur Thémos Stoforopoulos et le journaliste Mihális Stylianou, directeur de la Radiodiffusion française en langue grecque pendant la dictature des Colonels.

 

L’appel a fait valoir que “le programme des memoranda, mis en place depuis 2010, viole ouvertement la Constitution, tout comme il viole le droit européen et international. Il a également déjà causé le plus grand désastre économique et social en Europe (occidentale) depuis 1945. La Grèce, est ainsi utilisée comme un ‘ras de laboratoire’ pour tester en avant-première, les méthodes de destruction de l’État social et de la démocratie en Europe”.

 

Pour maintenir alors les conditions morales et matérielles les plus élémentaires, nécessaires à la survie du peuple grec, ce programme doit être interrompu, de préférence en accord avec les autres pays de l’UE, ou, si cela est impossible, de façon unilatérale. Il n’y a pas d’autre moyen pour sauver la Grèce et le peuple grec. Ce nouvel accord lequel a été signé sous l’effet de l’humiliation et en usant de moyens illégaux, se traduira par l’accaparement des biens publics et privés des Grecs, y compris, leurs résidences principales, leurs terres agricoles ainsi que les banques du pays.

 

Míkis Theodorakis (et les autres signataires du texte) critiquent le gouvernement “pour avoir agi après le référendum comme si les Grecs avaient voté ‘OUI’, car, au lieu d’organiser la défense du pays, le gouvernement a au contraire, propagé au sein de la population le découragement, la peur et la panique. D’ailleurs, les deux partis qui gouvernent après avoir incarné la lutte contre le mémorandum pendant trois ans et cela jusqu’à la dernière minute, (ils) n’ont pas été préparés et ils n’ont pas préparé le peuple grec et le pays non plus, devant la possibilité très probable de la rupture (vis-à-vis de la Troïka)”.

 

Les signataires exhortent “le peuple grec, dans l’un des moments les plus dramatiques de son histoire : il ne faut pas perdre son courage car il faut se souvenir de ce que les ancêtres des Grecs d’aujourd’hui avaient enduré, et ils ont survécu après avoir résisté et finalement vaincu, durant l’occupation allemande de 1941 à 1944 et suite à la terrible famine de 1941-1942. La fierté et le patriotisme des Grecs finiront par prévaloir face à la peur, ainsi la Grèce, la Démocratie et le l’Europe démocratique remporteront autant cette bataille.”

 

Les Grecs doivent donc s’organiser pour lutter directement, en aidant les plus faibles devant le spectre de la faim, devant la maladie, face à la misère pour ainsi soutenir ces personnes dans leur dignité, puis, afin de ne pas permettre la dislocation finale de l’État et de la société, comme le prévoit ce troisième mémorandum, en préservant si possible les fonctions leurs fonctions les plus fondamentales, et donc résister face aux nouvelles mesures imposées.”

 

Les Grecs doivent tirer toutes les conclusions qui s’imposent après tant d’expériences douloureuses, mais finalement nécessaires, et alors former un front de résistance enfin sérieux pour ne plus faire confiance par aveuglement, aux sauveurs improvisés, aux aventuriers ou aux opportunistes. Devant le nouveau totalitarisme des financiers, plus dangereux que les totalitarismes des années 1930 et 1940, nous n’avons guère de choix, nous devons nous unir pour combattre et nous devons le faire maintenant. Demain peut-être il sera trop tard pour toute l’Europe, pour toute l’Humanité.”

 

Été grec 2015, au pays paisible... que pour les touristes. Les vitrines sont encore remplies, les entreprises cependant meurent, ou alors, elles tentent à se délocaliser en Bulgarie, en Grande Bretagne ou ailleurs. Pour la première fois depuis son existence, la plus importante (en chiffre d’affaires) entreprise grecque du secteur de l’édition et la moins endettée de sa branche, vient d’annoncer à ses employés que les salaires d’août... de septembre et d’octobre seront versés en retard, et peut-être pas en entier.

Slogan : “Peuple, aux armes”. Athènes, juillet 2015

 

Les contrôles des capitaux, l’asphyxie ainsi imposée par le... “situationnisme eurotique” et la quasi-impossibilité de réaliser même son chiffre d’affaires du mois, comme des mois... précédents et suivants, tout cela ne laisse plus aucun doute quant au sort des autres petites et moyennes entreprises grecques, déjà rongées par six années de crise.

 

Crise donc en images floues du ’NON’ et de la misère, comme celle d’un homme âgé, gisant au sol dans un passage forcement menant nulle part à Athènes, et en juillet 2015. Mon voisin Chrístos, grand chômeur devant les memoranda, a pu travailler en informel... une seule journée durant ce triste mois de juillet. Il est en colère.

 

Le type ne m’a toujours pas payé. Il prétend... que les difficultés liées aux contrôles des capitaux l’en empêchent. Salopard. Nous sommes les vaches à lait et nous avions alors cru à certaines promesses. C’en est terminé, il n’y aura plus de vaches sacrées en politique. Assez... Ce week-end, je retrouverai mon ami Yórgos, il habite dans les quartiers sud, nous irons ensemble... pratiquer la pêche à la ligne. L’autre fois, j’ai ramené à la maison deux kilos de poisson. Ensuite... ensuite, je ne sais plus”.

 

La liberté peut donc encore attendre. La Troïka, renforcée et promue loge de nouveau à Athènes, et elle exige déjà ses nouvelles mesures, initialement... non prévues par le préaccord signé, entre les... institutions et la... gérance Tsipriote. Le ministre du Travail, Yórgos Katroúgalos, annonce déjà l’amputation des retraites de 4% à 6% (hausse des cotisations), et cela, à effet rétroactif à partir du 1er juillet, la presse économique précise qu’à titre d’exemple, pour une retraite actuelle de 486€ dite de base et en brut, à laquelle s’ajoute le montant de la retraite complémentaire de 236€, 24€ par mois seront ainsi retenus au lieu de 19€ auparavant, et 72€ retenus en septembre pour cause d’effet rétroactif de cette mesure. Astucieux.

 

Les Athéniens en sont très... irrités en ce moment, j’assiste presque tous les jours à ces altercations pour un oui... ou surtout pour un non, heureusement que... la Bourse d’Athènes rouvrira ses portes lundi prochain, heureusement que la canicule recule enfin, et que le vent fort sera de retour en mer Égée durant toute la semaine prochaine.

 

SYRIZA fermerait cependant ses portes, la vie peut continuer... et l’espoir reviendra. Nos commençants sans clients en ce moment, nourrissent inlassablement les animaux adespotes devant leurs boutiques. Tout n’est pas perdu. Grèce, expressions du moment.

 

Panagiotis Grigoriou
31 juillet 2015

greek crisis