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Que révèle le « livre noir » du Grexit ?

Un article d’un journal grec (europhile) qui parle des menaces reçues par le gouvernement grec…

 

Le 19/07/2015

 

Jean Claude Junker a décrit au premier ministre grec, peu avant l’ouverture de la réunion du sommet, tous les détails du grexit pour lui faire comprendre le contexte juridique et politique d’une telle décision.

 

De notre correspondant à BRUXELLES. 

 

Au 13ème étage de l’immeuble Berlaymont à Bruxelles, à quelques mètres du bureau du président de la Commission Européenne, J. C. Junker, dans une pièce spéciale sécurisée, est gardé à l’intérieur d’un coffre-fort le plan de sortie de la Grèce de la zone euro. Un livre comportant de nombreuses pages a été rédigé il y a un peu moins d’un mois par 15 membres de la commission et répond aux questions de comment faire face à une telle sortie, y compris, aussi choquant que cela puisse paraître, à la possible sortie du pays de l’espace Schengen ; ainsi cela ne conduirait, pas seulement à la sortie de l’euro mais aussi à celle de l’U.E.

 

La Grèce a pu échapper la semaine passée au danger immédiat de sortie de la zone euro par l’ouverture de négociations pour un 3ème mémorandum, mais, comme a déclaré à « K », le président du Conseil, Donald Tusk, cet accord « ne constitue que le premier pas ».

 

Jusqu’à la réunion dramatique qui a suivi de 24 h le référendum, beaucoup avaient entendu parler du plan, mais rien n’était confirmé. Aux premières heures de mardi, après la fin de la réunion, depuis le podium du Conseil de l’Europe, le président de la Commission Européenne, visiblement en colère des agissements du premier ministre grec, dévoila à des dizaines de journalistes que le plan existe et qu’il est prêt.

 

Selon un officiel européen, à cette rencontre au sommet, la Commission Européenne avait déjà un document établi, un écrit de nombreuses pages dont M. Junker en personne a parlé au président grec, avec tous les détails du grexit, pour lui faire comprendre le cadre juridique et politique d’une telle décision.

 

Dans cet écrit de nombreuses pages, selon un officiel européen qui a pu voir son contenu, il y a les réponses détaillées à 200 questions qui se poseraient en cas de grexit.

 

Ces questions, explique le même officiel européen , sont interdépendantes, car la sortie de l’euro créerait une chaîne d’événements qui se dérouleraient dans un temps assez bref. Depuis le retour de l’économie à la drachme, au contrôle des changes qui seront faits aux frontière du pays pour arriver finalement à la sortie de la Grèce de l’espace Schengen.

 

Les auteurs

 

Ce plan, selon l’officiel européen, a été préparé dans des conditions de secret absolu . Une équipe spéciale de 15 personnes de la Commission, en contact direct avec la Grèce, a commencé à le préparer en étant aussi en contact direct avec une série de hauts responsables et de directeurs généraux de la Commission Européenne spécialisés dans des domaines spécifiques. La rédaction du plan avait commencé quand la date de l’échéance du programme (fin juin) approchait, pour que la Commission soit prête à toute éventualité . Quand a été annoncé le référendum, le vendredi 26 juin, le processus s’est accéléré. Le week-end du référendum, les travaux se sont intensifiés, si bien que deux jours plus tard, le mardi de le réunion, le plan avait sa forme définitive.

 

Suivant une source bien informée, ceux qui étaient impliqués dans la réalisation du plan « avaient le cœur serré », elle explique à « K » qu’ « ils étaient accablés » parce qu’ils ne pouvaient pas croire que les choses en étaient arrivées à ce stade. La plupart d’entre eux étaient impliqués dans le programme de sauvetage de la Grèce. Dans la Commission Européenne existait, jusqu’au dernier moment, l’espoir que l’on trouverait une solution. Les membres de cette équipe connaissaient mieux que quiconque les conséquences de la sortie de la Grèce de la zone euro et savaient le coût d’une telle décision. Un des membres qui connaissait de près la réalité grecque dans cette phase cruciale déclara au reste de l’équipe : « Si ce plan est appliqué, on entendra le bruit des chenilles des tanks dans les rues d’Athènes ! »

 

Cela ne tient qu’à un fil

 

Même si ce plan peut constituer maintenant un scénario éloigné, à peine quelques jours auparavant,le lundi  à 7 h du matin après 17 heures consécutives de négociations de la réunion au sommet, un haut responsable européen déclare à « K » que la sortie de la Grèce ne tenait qu’à un fil. Tsipras et Merkel demandent alors l’interruption des négociations. M. Tsipras demandait 24 h pour consulter le parlement grec et Mme Merkel demandait une autre réunion pour le mercredi, deux jours plus tard. « C’était comme s’ils cherchaient des excuses pour interrompre » dit le haut responsable en lien direct avec les événements de la réunion. «  C’était un moment très dangereux et très spontané, comme une réaction authentique à la fatigue et à l’irritation qu’ils ressentaient tous les deux », dit il à « K »,  il dit aussi que tous deux étaient sûrs d’être arrivés à un point où ne les séparaient plus que 2,5 milliards.

 

Donald Tusk, président du Conseil et médiateur entre les deux parties,dit à « K » que finalement le différend porte sur combien d’argent « virtuel » des privatisations irait aux investissements et combien au remboursement de la dette . La position de Mme Merkel était de consacrer 10 milliards aux investissements, celle de M. Tsipras était de 15 milliards. « Alors là je leur ai dit que s’ils terminent les négociations sans résultat, je suis prêt à dire publiquement que l’Europe est au bord du gouffre à cause de 2,5 milliards…

 

Source : www.kathimerini.gr, traduit pour Les-crises.fr