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Grèce : Tsipras sur le fil du rasoir par le parti communiste de la fédération de Russie

 

28 Juillet 2015

http://kprf.ru/international/capitalist/145072.html

 

Image illustrative de l'article Parti communiste de la Fédération de Russie

Ainsi, ce que beaucoup de gens n’attendaient pas et que même certains craignaient est arrivé. Le défaut de la Grèce est un fait accompli. Que va-t-il se passer ensuite ? Je rappelle que le défaut signifie l’impossibilité pour le débiteur de remplir ses obligations. Si le défaut est déclaré par un état (défaut souverain), alors les dettes et les litiges sont soumis à régulation au niveau international. La spécificité de ce qui vient de se passer est que pour la première fois dans l’histoire contemporaine, il s’agit d’un pays européen développé, membre de l’UE, de L’OTAN et toutes sortes d’alliances « civilisées ».

 

L’an dernier, étant en Grèce, j’ai déjà bien ressenti le parfum de ce mélange de fierté et de pauvreté et d’une tension sociale croissante. Oui, la Grèce n’est plus ce qu’elle était… Les grecs ne sont plus ce qu’ils étaient… Un pays toujours fier, indépendant, berceau de la civilisation européenne, autrefois, centre de l’antiquité, au carrefour de la pensée philosophique, de l’innovation et du progrès, en quoi s’est-elle transformée aujourd’hui ? Ou il serait plus juste de dire : en quoi a-t-elle été transformée par les efforts de ses « partenaires » de l’UE sous la dictée des « maîtres » par-delà l’océan.

 

Maintenant, il s’agit d’un pays totalement arriéré, pratiquement privé (volontairement !) de cette puissance industrielle et agraire, et comme il m’a semblé alors de toutes perspectives. La Grèce s’est transformée en une périphérie, une arrière-cour de l’Europe, en une esclave qui sert les intérêts de la puissance TroÏca des créditeurs : l’UE, le BCE et le FMI.

 

Les Grecs sont tout simplement fatigués, c’est pourquoi, les résultats du référendum sur la « confiance au créditeur » et la sortie de l’UE étaient parfaitement compréhensibles. Et ensuite ?

 

Il se trouve que pratiquement une semaine après ces événement, je me suis à nouveau retrouvé en Grèce, sur l’île de Crète. Je rappelle, contrairement à la Grèce continentale, pratiquement 70% de la population de l’île s’est exprimée en faveur de la rupture avec l’Europe. Ce qui est parfaitement naturel : les mesures d’économie imposées par l’UE priveraient l’île de toutes sortes d’avantages et de préférences.

 

La première vague de passion s’est déjà apaisée, les émotions se sont un peu calmées. Tous se sont figés dans une attente inquiète. Dans l’ensemble, on ressent un certain désarroi. En principe, le traité de création de l’UE, au départ ne prévoyait pas de sortie d’un de ses membres. Les fondateurs de l’UE l’avaient planifié comme une chose intangible et indivisible ou « un pour tous et tous pour un ». Ici, nous avons un cas de force majeur.

 

Selon l’opinion de la majorité des gens, l’UE elle-même n’est pas prête, ni techniquement, ni pratiquement à un « divorce » avec la Grèce. Et le gouvernement d’Alexi Cipras fait tout correctement : maintenant, les Hellènes ont un atout dans leur pour-parler avec l’Europe. Le gouvernement a dans ses mains l’atout de confiance populaire pour s’opposer à l’énorme pression venant des « amis » européens. Il y a un peu plus d’une semaine, à l’époque où tous pensaient comme ça, ont commencé des pour-parler fastidieux.

 

Tous, retenant leur respiration, attendaient. Qui, un nouveau précédant, qui la liberté.

 

Mais finalement, rien ne s’est passé. Cipras a paniqué et a fait marche arrière. En fait, il a accepté comme un châtiment pour sa rébellion, les conditions encore plus dures de l’UE.

 

Il est impossible d’exprimer par des mots, la déception de la majorité des citoyens. Les Grecs avec qui j’ai pu discuter, sont abasourdis : pourquoi fallait-il demander l’avis du peuple et ayant obtenu l’approbation de la majorité, faire tout le contraire ? La déception envers la politique et les politiciens est immense. Beaucoup considèrent déjà Cipras et son parti SYRIZA comme des traitres à l’intérêt national et sont prêts à la première occasion à sortir dans les rues, en signe de protestation, contre la politique d’abdication et d’humiliation.

 

J’ai essayé avec tact de sonder les sentiments de la population locale : ce qu’ils pensent de leur avenir et à qui, parmi les politiciens et les hommes politiques ils pourraient désormais octroyer leur confiance. Comme on pouvait s’y attendre, les avis sont partagés.

 

Certains croient jusqu’à présent, que l’accord avec l’UE n’est pas définitif et qu’il est encore temps de tout réparer et de le faire plus acceptable pour la Grèce et ses habitants. Ils espèrent sincèrement, que le gouvernement de Cipras est justement occupé à cela, et que tout ce qui se passe est simplement une ruse de sa part et que tout ira bien comme il l’avait promis dans sa campagne électorale et par la suite quand son pays a été plongé dans des temps difficiles.

 

Cependant, beaucoup d’habitants sont d’humeur plutôt critique et même agressive. Considérant que le gouvernement actuel n’est pas capable de défendre la nation et ses citoyens et devrait immédiatement être démis soit exécuter la volonté du peuple telle qu’exprimée au référendum. En ce qui concerne la confiance envers de quelconques forces politiques, on peut dire une seule chose de façon certaine, c’est que Syriza est au bord du gouffre. Elle est sur le point de perdre une partie considérable de son électorat. Et cet électorat, sur la vague des protestations encouragées par des mots d’ordre nationalistes peut basculer… Aussi bien à droite, qu’à gauche. C’est arrivé plus d’une fois. La situation actuelle est particulière en ce sens que personne ne peut plus rester neutre.