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Tsipras, le PCF et l'Europe

 

20 juillet 2015 |  « ; » par Bernard Foutrier

 

(Ce texte est une réponse à un email sur la Grèce que m'a envoyé  la Fédération de Paris du PCF)

 

Cher camarade, tu as beau signer ton email « Fraternellement », il va de soi que tu ne me répondras pas.

 

Le tract que tu envoies sur la Grèce est meilleur que le discours de Pierre Laurent au Sénat, lequel discours est une honte.

 

Votre ligne de défense de « L'Europe » comme horizon indépassable de l'émancipation des peuples d'Europe est la cause essentielle de l'échec de Tsipras dont il est dérisoire de dire qu'il a  négocié « avec un pistolet sur la tempe » car ce n'est pas lui, mais le peuple grec qui par l'accord que Tsipras a signé est menacé de mort.

 

L'Europe telle qu'elle se construit depuis 1949 a toujours eu pour but ce qui se passe aujourd'hui: imposer absolument la férule implacable de la  politique du Capital  aux peuples d'Europe en empêchant pour ceux-ci toute possibilité de choisir librement leurs destins.

 

Le combat du PCF sur le « terrain de l'Europe » est un combat immanquablement voué à l'échec comme en  témoigne bien  ce qui se passe contre la Grèce, cette orientation pro-européenne du PCF signe son abandon définitif de la perspective du combat pour l'instauration du socialisme et finalement son ralliement à la sociale-démocratie dont il n'est plus que l'aile gauche dérisoire.

 

Tsipras a immanquablement perdu dans un bras de fer perdu à l'avance et il a perdu de façon caricaturale pour être venu les mains vides dans son combat.

 

Pourquoi n'a-t-il à aucun moment brandi la menace de l'annulation par la Grèce et son gouvernement de la fameuse « dette grecque »? Pourquoi n'a-t-il pas proclamé que le peuple grec n'avait pas à rembourser une « dette » dont seule la spéculation financière capitalistique européenne est responsable. Quand Pierre Laurent, Tsipras et autres se battent pour le réexamen et rééchelonnement de la « dette grecque », ils signent leur ralliement à la politique financière du capitalisme européen dont ils demandent aux peuples d'Europe de devenir co-responsables et, en bonne démocratie sociale-démocrate, « co-gestionnaires ».

 

Comment Mélenchon peut-il reprocher à Hollande d'être intervenu trop tardivement dans l'envoi de hauts fonctionnaires français en Grèce, alors même que cet envoi est un piétinement grossier de l'indépendance grecque en même temps qu'une aide inestimable à la position allemande.

 

D'ailleurs ici, quant à l'Allemagne, comment imaginer une Europe qui ne soit pas allemande? De 1949 à aujourd'hui, de Jean Monet et Robert Schumann à Hollande/Sarkozy, et mis à part divers aspects de la politique de De Gaulle,  toute la politique française européenne s'est faite essentiellement au profit de l'Allemagne, tant au niveau politique qu'économique, qu'il s'agissait d'amarrer à « l'Europe occidentale » en l'installant en  première ligne de la lutte contre « le communisme », l'URSS et le « bloc soviétique ». C'était oublier que depuis, disons, 1872 l'Allemagne n'est pas seulement la grande puissance militaire que le nazisme a radicalement discréditée, mais aussi et sans aucun doute d'abord la plus grande puissance économique européenne, de sorte que  depuis la fin des années 1960 et surtout la chute de l'URSS en 1990, elle est tout « naturellement » hégémonique en  Europe et dans l'Union Européenne.

 

Comment le tract du PCF ose-t-il dire que la sortie de la Grèce de l'Europe représente une menace pour la paix en Europe, reprenant à son compte le thème cher à la droite et au PS « L'Europe c'est la paix », alors même que « L'Europe », Allemagne et France en  tête, ce fut la guerre en Yougoslavie et la destruction de celle-ci, ce fut l'éclatement de la Tchécoslovaquie, la satellisation honteuse des Pays Baltes, avec ce résultat de « La Carte  de l'Europe » qui ressemble aujourd'hui à s'y méprendre à la carte de l'Europe de 1942/43, c'est-à dire à la carte de l'Europe de l'époque de la grande domination militaire de l'Europe par l'armée de L'Allemagne nazie. Et ce qui se passe actuellement contre la Grèce est la continuation de cela. De même en Ukraine, où l'Europe ce n'est pas la paix, mais la guerre contre la Russie et aux côtés des forces les plus réactionnaires et d'extrême droite -fascisante et lourdement  pro-nazie et antisémite. Mais l'Europe c'est aussi la guerre au Moyen Orient et en Afrique, où elle soutient la politique d'intervention éhontée de la France...

 

En faisant de « l'Europe » - « euro », « Union européenne », « Banque européenne » et tutti quanti-, l'horizon indépassable  de sa politique, le PCF signe dans la suite de son abandon de la perspective du socialisme, son ralliement éhonté définitif à la politique sociale-démocrate de collaboration de classe avec la bourgeoisie et les logiques et forces sociales du capitalisme...

 

Et c'est le fond de la capitulation de Tsipras à Athènes.

 

Bernard Foutrier, 17, rue Edouard Vaillant. 89400 Migennes.

 

Site: bernardfoutrier.wordpress.com). 


Commentaire de B.T : Voilà un communiste qui l'ouvre et qui sait garder une analyse critique des documents venant des "directions". Un communiste qui sait garder en tout état de cause son indépendance de jugement, d'analyses, qui sait courir le risque de se tromper. Un communiste qui a intégré, qu'avant tout un communiste est un rebelle, pas un mouton. Que l'on soit d'accord ou pas, de vraies questions sont là posées.