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Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Pourquoi Alexis Tsipras a viré son ministre des finances

L'ancien ministre des Finances grec, Yanis Varoufakis, a révélé, dans un entretien publié lundi 13 juillet, au magazine britannique New Statesman, avoir été mis en minorité, le soir du référendum, sur sa ligne dure prévue face à la BCE après la fermeture des banques grecques.

Officiellement, il avait jeté l'éponge parce que les créanciers ne l'aimaient pas et que le Premier ministre Alexis Tsipras jugeait son départ "utile" pour un accord.

Mais dans un entretien réalisé juste avant l'accord de lundi matin pour négocier une nouvelle aide à l'économie grecque, il révèle avoir en fait perdu à quatre contre deux lors d'une réunion de cabinet après la victoire du non, au cours de laquelle il prônait une ligne dure.

Yanis Varoufakis, persuadé d'avance que cette situation "voulue par la BCE pour sceller un accord" allait se produire, avait prévu "un triptyque" d'actions pour y répondre : "émettre des IOUs" (phonétiquement "I owe you", "je vous dois", des reconnaissances de dettes en euros); "appliquer une décote sur les obligations grecques" détenues par la BCE depuis 2012, pour réduire d'autant la dette, et"prendre le contrôle de la Banque de Grèce des mains de la BCE".

Cela laissait entrevoir une possible sortie de la Grèce de l'euro mais avec la certitude, explique-t-il, qu'il n'y avait de toute façon aucun moyen légal de la pousser dehors. Le tout pour faire peur et obtenir un meilleur accord des créanciers. Il a émis cette suggestion plusieurs fois entre le 29 juin et la victoire du non.

"Mais ce soir-là, regrette-t-il, le gouvernement a décidé que la volonté du peuple, ce NON retentissant, ne devait pas être le déclencheur de cette approche énergique (...) au contraire cela allait mener à des concessions majeures à l'autre camp".

Yanis Varoufakis a donc préféré passer la soirée de vendredi dernier en famille plutôt que d'aller voter au Parlement en faveur des négociations du week-end avec les créanciers du pays. Il se montre très soulagé de ne plus appartenir au gouvernement.

"Je n'ai plus à me plier à cet emploi du temps infernal, inhumain, incroyable. J'ai dormi deux heures par jour pendant cinq mois. Et je suis soulagé de ne plus avoir à endurer l'insupportable pression de négocier pour une position que je trouve difficile à défendre", ajoute-t-il.

Enfin M. Varoufakis s'en prend à l'absence de débat de fond au sein des instances européennes: "Il y avait un refus pur et simple d'engager des débats économiques." Et d'assurer que lorsqu'il exposait un argument économique à ses homologues européens, il était confronté à "des regards vides". "J'aurais pu tout aussi bien chanter l'hymne national suédois, j'aurais obtenu la même réponse", assène-t-il.

Note de ma pomme: J'attends avec impatience le vote des parlementaires français sur l'accord unanime EU-Grèce. Surtout de ceux qui veulent toujours réformer les outils du capitalisme en Europe pour construire un continent de progrès, de solidarité et de justice sociale.