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Les Etats-Unis s’inquiètent de plus en plus de l’évolution de la crise grecque

 

11 Juillet 2015

 Par Nabil Bourassi  |  10/07/2015, 18:01  |  745  mots

Jack Lew s'est personnellement impliqué pour inciter les Européens à trouver un accord avec la Grèce, et faire accepter un plan de restructuration de la dette.

Jack Lew s’est personnellement impliqué pour inciter les Européens à trouver un accord avec la Grèce, et faire accepter un plan de restructuration de la dette. (Crédits : Reuters / Images)

 

Les Américains tentent de faire pression sur les Européens afin de circonscrire une crise qui menace de plus en plus leurs intérêts économiques et stratégiques. Ils tentent de faire accepter aux Européens un plan de restructuration de la dette grecque, une perspective rejetée par l’Allemagne.

 

La crise grecque aura fait l’effet d’une déflagration mondiale. Si bien que les Etats-Unis se sont largement penchés sur la question grecque, quitte à s’ingérer dans les affaires européennes. Chez certains éditorialistes de la presse anglo-saxonne, l’intervention américaine devenait même urgente au lendemain du non au référendum grec sur le plan d’austérité de la Troïka.

 

« Si les choses continuent sur cette pente, la voix de l’Amérique devra se faire plus forte », a ainsi écrit Edward Luce du Financial Times.

 

Un alignement des planètes néfaste à son économie

 

Pour Washington, la crise grecque revêt plusieurs dimensions qui touchent à ses intérêts. Le premier est évidemment d’ordre économique. La zone euro ne parvient toujours pas à enclencher un cercle de croissance vertueux en partie en raison des incertitudes liées à la crise grecque. Or, la zone euro correspond à une part non-négligeable du commerce extérieur américain. Et Washington craint un alignement des planètes néfaste à son économie avec le ralentissement de l’économie chinoise, et la perspective de hausse des taux d’intérêts américains.

 

De plus, Washington n’ignore pas que le dossier du traité transatlantique de libre-échange est en partie plombé par la défiance d’une opinion publique européenne échaudée par la levée des frontières économiques.

 

L’ombre de Poutine…

 

L’économie n’est pas le seul dossier qui titille l’administration Obama. Depuis l’élection d’Alexis Tsipras en janvier, la Grèce semble se rapprocher de Moscou. Vladimir Poutine affiche un malin plaisir à mettre Athènes dans de bonnes dispositions qui, en retour, lui rend la pareille, dénonçant les « sanctions insensées » du camp occidental consécutives à la crise ukrainienne. Une prise de position qui avait provoqué l’ire des Européens et sérieusement fâché Washington.

 

La Grèce d’Alexis Tsipras a ainsi été une première brèche dans la stratégie d’endiguement de la Russie. En outre, Washington considère qu’une sortie de la Grèce de la zone euro, c’est déjà un premier pas vers la sortie de l’Union européenne et déjà un pas de trop vers Moscou… Barack Obama peut au moins se consoler en se disant que Vladimir Poutine n’a jamais promis le moindre rouble (et encore moins d’euro) pour sortir Athènes de l’ornière, et pour cause, il est lui-même confronté à une grave crise économique : sanctions économiques, contre-choc pétrolier…

 

Un dossier devenu trop sensible pour Bruxelles?

 

Face à l’enlisement de la crise grecque, Washington n’était plus disposé à abandonner ce dossier devenu sensible, aux technocrates bruxellois. Il a ainsi activé plusieurs leviers afin de faire entendre sa voix. Le premier, c’est le FMI dont il est le membre influent. Christine Lagarde qui dirige l’institution a demandé à ce que la dette grecque soit restructurée, prenant soin de rappeler que c’était la position défendue par le FMI depuis longtemps.

 

L’autre action a consisté à activer tous les ressorts diplomatiques possibles sans pour autant froisser ses partenaires. Jack Lew, le secrétaire d’Etat américain au Trésor, a ainsi discrètement fait pression sur les Européens pour parvenir à un accord avec la Grèce. Cité par le Financial Times, il a exprimé ses craintes qu’un Grexit coûte des « dizaines de milliards de dollars de dommages économiques à travers le monde » tout en ajoutant qu’il n’y avait « pas de menaces directe sur l’économie américaine ». Il n’empêche qu’il n’a cessé de s’activer ces dernières semaines, envoyant des émissaires dans les différentes capitales européennes et se déplaçant parfois lui-même. Il a d’ailleurs exprimé son souhait que l’accord avec la Grèce aboutisse à une restructuration de la dette pour la rendre « soutenable ». Cette perspective est encore totalement exclue par Berlin.

 

Obama entre dans l’arène

 

Il fallait donc agir en plus haut lieu. Barack Obama a fini par décrocher son téléphone pour s’entretenir avec Angela Merkel mardi 7 juillet, deux jours après le référendum grec qui a infligé un camouflet au plan d’austérité voulu par les créanciers.

 

De plus en plus, l’action des Etats-Unis va au-delà de la simple force de proposition mais ressemble à une véritable ingérence. Pour le Financial Times, les Etats-Unis « sont devenus un avocat important de la restructuration de la dette grecque ». Alexis Tsipras pourrait peut-être alors tourner casaque et se rapprocher de Washington…