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Publié par Jean Lévy

La soi-disant aide de « l'Europe » (des Etats, c'est-à-dire vous, moi) à la Grèce n'est allée qu'aux banques privées !

 

La soit-disante aide de "l'Europe" (des Etats, c'est-à-dire vous, moi) à la Grèce n'est allée qu'aux banques privées !

 

Mes chères contrariennes, mes chers contrariens !

 

Je ne me lasse pas d’entendre les « bonnes âmes » ayant un avis « autorisé » (qui consiste à répéter la propagande infligée à longueur de temps comme si c’était sa propre pensée) avec des remarques « saisissantes » d’intelligence et de connaissances lorsque l’on affirme de façon péremptoire et avec la certitude des sots :

 

« Les Grecs n’avaient qu’à payer leurs impôts »… Mais les Grecs les payent les impôts… Enfin les Grecs d’en bas, les Grecs comme vous et uniquement ceux qui travaillent, puisque l’impôt est directement prélevé à la source en Grèce… Il n’y a que les très riches qui ne payent pas d’impôt… Un peu comme chez nous d’ailleurs, où l’artisan est taxé à 33 % sur les bénéfices mais les entreprises du CAC 40 à 8 % en moyenne…

 

Ou alors nous avons droit à un extraordinaire : « Avec tous les milliards que l’on a refilé aux Grecs… moi j’en ai assez de payer pour les Grecs, en plus ils ne respectent pas le Rêêêêglement de copropriété… » Mais il faudra vous le dire combien de fois mes chers amis ? Les Grecs n’ont pas reçu un euro de votre argent ni de celui des Européens… Ce sont les BANQUES commerciales qui avaient pour 300 milliards de dettes grecques dans leurs comptes, ce qui était suffisant pour « consommer » tous leur fonds propres ou presque et donc faire faire faillite au système bancaire européen.


Les dirigeants de l’époque (Sarko en France avec Merkel et tous les autres) ont décidé de faire racheter directement par les pays européens (dont la France pour 68 milliards d’euros de VOTRE pognon) la dette grecque détenue par les BANQUES… On n’a rien, mais strictement rien donné aux grecs. Nous n’avons pas sauvé les Grecs, nous avons sauvé les banques et surtout les nôtres…

 

Cela devrait tout de même relativiser votre générosité… En clair, les citoyens ont été enflés. Vous pensiez aider les Grecs, vous avez aidé à gaver les banques… en particulier les banques allemandes qui avaient le génie génial et absolu d’aller chercher du « bon » rendement en Grèce…

 

Bon, je pourrais poursuivre la litanie avec « les Grecs ont la plus forte concentration de Porsche »… alors que même dans les pays les plus pauvres, il y a toujours eu des riches avec des belles bagnoles… D’ailleurs, c’est vrai qu’en France avec nos 100 % de dette sur PIB, avec nos retraites payées par de l’argent que nous n’avons pas, nos aides sociales ou médicales financées avec de l’argent que nous empruntons, nous pouvons donner des leçons.

 

Les Français ne payent pas le montant d’impôt correspondant à leurs dépenses…

 

Alors vous pouvez donner des leçons aux Grecs affamés, pas soignés, en état de malnutrition y compris infantile. La réalité c’est que demain nous serons les futurs Grecs de nos grands amis les Allemands et sauver les Grecs c’est un peu nous sauver aussi figurez-vous.

 

Il ne s’agit pas de dire aux Grecs plus de dette ! Il s’agit d’être juste !

 

Alors toutes les bonnes âmes m’expliquent, et ce sont les mêmes, qu’il faut enterrer les Grecs vivant dans d’horribles souffrances parce « qu’on ne veut pas payer pour eux »… mais se montrent forts généreux avec les milliers de migrants qui débarquent sur nos côtes, enfin sur les côtes grecques et italiennes surtout.

 

Voilà, on veut bien payer pour le migrant mais pas pour le Grec… Et pourquoi ? Toutes les souffrances humaines doivent être traitées.

 

Alors enfin, et ce n’est pas faute d’appeler à cette solution, oui il faut aider le peuple grec.

 

Il faut que les enfants grecs soient nourris et soignés.


Il faut que les médicaments soient distribués.


Que les hôpitaux puissent avoir des draps propres.


Il faut que personne ne soit laissé sur le bord du chemin.

 

Lorsque tous les Grecs seront soignés et nourris, alors oui, l’Europe aura fait son boulot de solidarité et au bout de 7 années de souffrances imposées… il est temps de le comprendre.

 

L’Europe ne peut pas être une punition sans fin et une horreur sans fin pour les peuples, et ne vous méprenez pas : ce qui arrive aux Grecs finira pas vous arrivez si nous ne prenons pas gare à ce que nous imposons aux autres. Être fort est une grande responsabilité vis-à-vis des plus faibles.

 

Pour Merkel, il faut attendre ce que dirons les 18 autres chefs d’États de la zone euro !

 

C’est la seule chose que François Hollande aura réussi à obtenir ce soir, et pourtant c’est une avancée qu’il faut saluer car il n’y avait pas d’intransigeance affichée dans la position de Merkel, même si nous savons tous que le diable se cache dans les détails et qu’il y a 1 000 et une façons de faire capoter un processus de négociation, comme l’Allemagne l’a fort bien démontré la semaine dernière.

 

C’est une avancée car au moment où j’écris ces lignes, l’Espagne semble plus souple à l’égard de la Grèce puisque « Podemos » est en bonne place dans les sondages… L’Italie verrait bien aussi un petit assouplissement. La France aussi évidemment.

 

Merkel sait néanmoins que tous les autres ou presque soutiendront la position germanique et que la motivation de l’Espagne et de l’Italie risque de vite vaciller. Encore une fois, dès demain la France devrait se retrouver assez rapidement isolée ou en tout cas en position de faiblesse, ce qui explique la grande prudence de François Hollande lors de son point de presse rapide avec « Angela ». Je persiste à dire que la France doit avoir le courage de bloquer tout processus d’éjection de la Grèce de la zone euro pour le moment, et même si je pense qu’à terme la sortie de la Grèce est indispensable mais cela doit se faire dans la plus grande des préparations et des concertations et avec l’Europe et la solidarité européenne.

 

Nous voyons donc, sous les pressions financières et politiques, se reformer l’axe latin auquel la France est évidemment rattachée. L’axe latin contre l’axe germanique.

 

Si je suis particulièrement critique sur l’action de notre gouvernement, de notre président et de façon générale de ceux que je surnomme les « mamamouchis », je soutiens sans réserve toute politique qui consiste non pas à « raser gratis » ou à faire croire que nos actes fussent-ils financiers n’ont pas de conséquence, mais toute politique qui vise la justice et l’équilibre aussi bien politique, économique que démocratique.

 

Laisser tomber la Grèce c’est commettre une erreur politique fondamentale dont l’Europe et l’euro ne pourront pas se remettre (et dont nous paierons aussi le prix). Laisser tomber la Grèce ce serait une erreur économique évidente parce que ce serait ouvrir la boîte de Pandore de la sortie de l’euro et de la non-irréversibilité de la monnaie unique (qu’à titre personnel j’aimerais sacrément voir disparaître). Une erreur économique encore parce qu’en éjectant la maillon faible, nous prendrions la pire des décisions. Car il y a toujours un dernier et un premier dans une classe. Virez le dernier et l’avant-dernier prend sa place. Au bout du compte, il ne restera que l’Allemagne. La seule solution efficiente en termes économiques serait l’éjection du maillon fort.


Enfin, ce serait une erreur démocratique car ce serait l’Europe des europathes contre celles des peuples. L’Europe des technocrates contre l’intérêt des populations. Ce serait nier la démocratie et les choix populaires qu’une certaine élite aime à qualifier de « populistes » dès que cela vient contrarier ses plans bien établis d’enrichissement entre amis.

 

Si l’Europe veut survivre elle doit se montrer généreuse et humaine. Pour le moment, elle n’y arrive toujours pas. Comme l’Europe ne sait pas faire notre bien, cela, par définition, la condamne à faire notre mal.

 

C’est pour cette raison que la politique qui sera menée par le gouvernement français, ultime rempart à la toute-puissance allemande, est aussi cruciale.

Il est déjà trop tard, préparez-vous.

 

Charles SANNAT