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Pourquoi le gouvernement grec est arrivé les mains vides à l’Eurogroupe, par Romaric Godin

 

08 Juillet 2015

Le gouvernement grec tente désespérement de renverser la logique de l’UE, imposer la politique, la démocratie, la confrontation des choix contradictoires tandis qu’on l’englue dans des arguments techniques avalisés par les chefs d’Etat. Aujourd’hui Tsipras va tenter d’interpeller sur la même base le parlement européen… La démonstration de ce qu’est l’UE avec son noyau dur l’Euro devient chaque jour plus évidente, jusqu’à quand le PCF s’obstinera-t-il à crier comme un Cabri (de Gaulle) Europe, Europe? Il a de fait accepté le coup de force de Lisbonne qui a nié son droit citoyen face à la constitution européenne et a fait ce faisant le lit du FN, le fascisme comme unique réponse au viol de la démocratie.

(note de danielle Bleitrach)

 

En fait, la position des dirigeants du PCF sur la question de l'Europe et de l'Euro n'obéit pas à des principes. Cette position participe plutôt de considérations purements électoralistes, là où la lutte des classes est passée en perte au profit de la lutte des places "Rester socialo compatibles",  semble être le référent obligé, avoir des élus à tout prix, quelqu'en soit le prix. Et ce prix c'est bien souvent le prix des renoncements.

(Note de bernard Trannoy)

Euclide Tsakalotos, ministre grec des Finances

Euclide Tsakalotos, ministre grec des Finances

 

Le nouveau ministre des Finances grec n’a rien proposé de neuf à l’Eurogroupe de ce mardi dont la réunion a tourné court. Une stratégie qui vise à placer au centre la question de la dette.

 

Le gouvernement grec tente d’imposer ses propres priorités. Ce mardi 7 juillet, les créanciers avaient une fois de plus fixé leur calendrier en prévoyant un Eurogroupe avant le conseil européen. Autrement dit, la logique financière devait continuer à primer sur la logique politique. L’idée était donc la même qu’au cours des dernières semaines : engluer la Grèce dans des discussions financières techniques qui devront être validées au niveau des chefs d’Etat ensuite. Avec cette méthode, aucun accord satisfaisant pour Athènes n’était possible puisqu’Alexis Tsipras n’entend signer un texte technique qu’après un engagement sur la dette. Or, cet engagement ne peut se prendre qu’au niveau politique. Voilà pourquoi Athènes a annoncé déposer une demande d’aide complète au MES (mécanisme européen de stabilité) demain, incluant sans doute une restructuration de la dette.

 

Pas de propositions

 

Le gouvernement grec a donc contourné la difficulté. Le nouveau ministre des Finances, Euclide Tsakalotos, est arrivé à l’Eurogroupe sans nouvelle proposition concrète, se contentant d’évoquer la proposition présentée le 1er juillet dernier (laquelle, rappelons-le, n’était pas si éloignée de la proposition du 25 juin rejetée par les électeurs grecs). L’Eurogroupe a donc été dans l’incapacité de s’exprimer. Du coup, les chefs d’Etats et de gouvernements ne pourront pas discuter sur des éléments techniques. Et c’est exactement là où Alexis Tsipras voulait en venir : entamer un dialogue au niveau politique, incluant la question de la dette. Le premier ministre grec va ainsi rencontrer Angela Merkel et François Hollande avant le Conseil.

 

Comment discuter avant de poser la question de la dette ?

 

Car, en réalité, les discussions techniques sans ce préalable sont absurdes : établir des objectifs d’excédents et des mesures à prendre sans discuter de la dette revient à enterrer la question puisque, précisément, ces objectifs sont basées sur la nécessité de rembourser intégralement la dette. Il faut donc d’abord discuter de ce point crucial, notamment de la question de la dette détenue par la BCE (Banque centrale européenne) qui doit être remboursée en juillet et août de cette année (6,7 milliards d’euros), mais aussi en 2016 (2,3 milliards d’euros) et en 2017 (6,3 milliards d’euros). Athènes propose une reprise de cette dette par le MES, une décision qui relève du niveau politique.

 

Attentes absurdes des chefs d’Etats et de gouvernements

 

Evidemment, cette manœuvre peut échouer. Les chefs d’Etat peuvent se montrer irrités et rejeter tout dialogue ce mardi soir. Mais ce comportement semblerait étrange. Comment imaginer qu’un gouvernement qui vient d’être conforté par le « non » massif au référendum arrive sans vouloir parler de la dette et en présentant un plan encore plus strict que le précédent ? Là aussi, une telle attente semble loin de la réalité. Alexis Tsipras va donc, comme il l’a promis dès dimanche soir, mettre la question de la dette sur la table. Il y a fort à parier qu’il ne soit pas entendu. Mais son mandat renouvelé le 5 juillet l’obligeait à agir ainsi.

 

Source : Romaric Godin, pour La Tribune, le 7 juillet 2015.