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lundi 6 juillet 2015

La Grèce remet en cause le bien-fondé d'une UE néolibérale 

Les résultats du référendum sont tombés hier soir: à plus de 60%, le peuple grec s'est prononcé contre la politique d'austérité que les instances européennes veulent continuer à lui faire avaler en guise de cure de jouvence. Pour autant, nous ne connaissons pas encore le véritable résultat de ce référendum. Je ne parle pas des chiffres. Je parle des enjeux politiques.
A 61,31% des voix, les grecs ont dit non au renforcement des mesures d'austérité. Et ce qui est significatif, est que dans chaque région, le non est en tête. Pourtant, ce n'est pas faute de pressions  médiatiques. Des pseudo-sondages ont fleuri ces derniers jours annonçant un retournement de situation mettant le oui en tête,   des chiffres totalement absurdes - au regard du résultat final - fleurissaient jusqu'à l'annonce des premiers résultats officiels. Par exemple, sur la chaîne russe RBK (chaîne d'information économique, tendance néo-libérale), qui reprenait Bloomberg et Reuters, les chiffres passaient à de 52/48 à, en fin de soirée à une heure de la fermeture des bureaux de vote grecs, 51/49 en faveur du non. Donc la tendance était de montrer que le non reculait et que le oui pouvait l'emporter. On a rarement vu des chiffres aussi truqués loin de la vérité.
 
      
Il y eu même une tentative de discréditer l'annonce des premiers résultats officiels, qui à 10% de dépouillage des bulletins de vote, donnaient déjà le non vainqueur à 60%. Ainsi, l'agence Greek Public Opinion a annoncé que les chiffres publiés dans la presse étaient faux. Mais ce n'est pas allé plus loin. Quels chiffres? Quelle presse? Aucune précision.
L'on peut donc voir que la Grèce a fait l'objet de pressions importantes, sans même parler du Greekbashing, puisque du moment de l'annonce  du référendum la Grèce est devenue un pays infréquentable - vraiment pas européen en fait - raciste, extrémisme, homophobe, antisémite et même russophile. Car, je vous le demande, que va faire Tsipras à Moscou quand l'UE discute de la dette grecque? C'était la question qui se posait en boucle sur les plateaux TV ce jour-là, y voyant de la provocation de sa part. Et maintenant ils vont s'appeler avec V. Poutine, vraiment aucune tenue. Et pour montrer que, à ce niveau, rien n'a changé, voici deux tweets révélateurs de Laurence Parisot - oui, il est des situations où elle devient une référence ...
 
Grèce : est-ce que tout le monde a bien compris que le 'non' était soutenu par Aube Dorée ?
et là, la trahison atteint son comble:
La question de la restructuration de la dette grecque est alors sur toutes les langues. Celle des liquidités des banques aussi. Je ne suis pas économistes, je ne traiterai pas de ces questions. Je rappellerai juste que l'Allemagne, si intransigeante sur la question du remboursement de la dette par la Grèce, s'est déjà vue par deux fois effacer une partie de l'ardoise. Comme l'écrit Thomas Piketti (Marianne N°947), professeur à l'Ecole d'économie de Paris:
"Certes les Allemands demeurent choqués par l'hyperinflation des années 20 et 30, mais c'est un peu comme si ce pays était plongé dans une amnésie. On fait comme si les niveaux de dettes publiques atteints par la Grèce ou bien encore l'Italie étaient une première. Qu'il n'y aurait d'autre choix que de payer. (...) Il y a une méthode lente, celle qu'on demande à la Grèce aujourd'hui de suivre, et qui consiste à réaliser des économies comme un ménage, autrement dit pour un état à faire des excédents budgétaires très importants. C'est la voie choisie par l'Empire britannique au sortir des guerres napoléoniennes, financièrement ruineuses. Ca marche, mais prend un siècle et pose comme principe que le contribuable enrichit les rentiers du pays. Et puis il y a la méthode rapide, combinant les mécaniques: beaucoup d'inflation, des impôts exceptionnels sur les patrimoines privés les plus élevés et des réductions de dettes pures et simples, comme le montre l'exemple de la Conférence de Londres qui avait réduit de 60% la dette extérieure de l'Allemagne en 1953."
Or, il semblerait que les européens se braquent contre une méthode qui a déjà fait ses preuves, à l'encontre d'une méthode qui elle est montre ses limites, tant sur le plan politique puisque les populations se positionnent de plus en plus contre l'UE en tant que tel, que sur le plan économique puisque les pays soumis à tel régime s'enfoncent irrémédiablement. 
Comment expliquer une telle position? Cela fait longtemps que l'UE a exigé de ses membres un mandat en blanc, l'autorisant à les gouverner comme elle l'entend. Les peuples furent délicatement écartés des mécanismes de gouvernance qui se passent au niveau européen, en leur préservant l'impression de décider au niveau national. Mais comme peu de choses se décident au niveau national, la question était réglée. Ce qui arrangeait également les dirigeants putatifs nationaux qui pouvaient ainsi mettre sur le dos de Bruxelles une politique néolibérale destructrice et impopulaire. Ce qui aussi explique par ailleurs le faible niveau de popularité des dirigeants européens.
Dans ce monde bien arrangé, débarque un ovni politique, la Grèce de Tsipras, qui gouverne au nom et pour son peuple. Cela choque, dérange, mais l'on espère encore l'intégrer. Il résiste et finalement en appelle à la décision du peuple, c'est-à-dire demande mandat au peuple. Cette pratique politique classique à l'époque des hommes politiques traditionnels gouvernant leur pays n'a plus sa place ici. Car il est évident que la volonté du peuple ne peut soutenir une politique néolibérale. Pourtant ce n'est pas faute de lui expliquer à ce peuple que cette politique est bonne car européenne, qu'il ne peut y en avoir d'autre, que l'Europe ce n'est que ça. S'il est contre son appauvrissement au profit de l'enrichissement d'un minorité, il n'est pas européen. Mais cette absurdité commence à faire long feu et les gens ont ouvert les yeux sur des techniques politiques qui ne cherchent même plus à se cacher. L'UE n'est pas l'Europe.
Pour autant, l'UE ne peut se permettre de restructurer la dette grecque sans prendre le risque de devoir restructurer la dette d'autres  pays, comme l'Italie ou l'Espagne. Et surtout sans prendre le risque de remettre à plat sa politique économique. Or ce second aspect est encore plus dangereux que le premier. Car remettre en cause le néolibéralisme, pour l'Union Européenne, cela revient à se remettre en cause elle-même. A remettre en cause la raison même de son inexistence. Et la question de sa survie se pose avec encore plus d'actualité si la Grèce reste au sein de l'UE que si elle en sort.  
Et c'est bien ce qui inquiète ce si triste sir:
 
Dany Cohn-Bendit: "Ce non est une catastrophe"
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