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Le Référendum grec, vu de Russie 

 

Alexandre Douguine

 

Le Référendum grec, vu de Russie.

 

Ce texte est extrait d’un article publié le 1er juillet sur le site « Le Printemps Russe ». Il est dû à Alexandre Douguine, qui y décode quelques éléments du contexte propres aux jours qui ont précédé le referendum, et insère celui-ci dans la perspective géopolitique globale qui lui est chère. Il est intéressant d’y lire la position adoptée par les médias de Russie vis-à-vis du referendum en Grèce. Le résultat de celui-ci étant connu, les perspectives tracées par Douguine prennent un relief supplémentaire.

 

Être ou ne pas être. La question sera tranchée le 5 juillet. Si la Grèce est, l’Union européenne n’est plus. Si l’Union européenne est, une Grèce souveraine ne peut exister. Si le peuple vote en faveur des mesures que l’Union européenne veut imposer, il ne sera plus question en Grèce ni de souveraineté, ni de politique sociale, ni de pensions, ni d’avantages, ni de droits économiques. Le pays passera sous le marteau. Si le peuple se prononce contre ces mesures, pour la Grèce, et non seulement pour la Grèce mais pour toute l’Europe, et même pour le monde entier, commencera une ère nouvelle ; les règles auront radicalement changé. Certaines portes se refermeront, d’autres s’ouvriront, en Eurasie, en Russie, à l’Est. Cela ne signifie pas que ce sera facile. Ce sera même difficile, mais la Grèce vaincra, tout comme la liberté et la dignité nationale. Dire non à la Troïka c’est dire « la Grèce est ».

 

La bureaucratie de l’Union européenne a eu recours à tous les moyens pour faire pression sur les autorités grecques pour empêcher celles-ci de porter les problèmes au niveau d’un referendum, pour qu’elles acceptent le diktat de la Troïka, dans les coulisses, par-dessus la tête de la nation. Tsipras a refusé de se prêter à ce jeu. En soi, il s’agissait d’un défi au système antidémocratique et totalitaire qui s’installe progressivement et insensiblement en Europe. Les décisions sont prises par ceux à qui elles profitent. Concrètement, il s’agit de l’oligarchie financière mondiale, les Rothschild et Rockefeller, avec l’appui des « bataillons d’assaut » de Soros (des Ong à n’en plus finir, les équipes de la politique des genres, etc…), mais sûrement pas le peuple. Tsipras a enfreint les règles du jeu. Et le referendum du 5 juillet eut lieu. Voyant leurs plans déjoués, les dirigeants mondiaux jouèrent leur va-tout à défaut d’autres moyens. Le 1er juillet, le journal Financial Times, qui entretient des liens étroits avec les services de renseignements britanniques, publie une information fausse à propos d’une soi-disant lettre de Tsipras à la Commission européenne dans laquelle il aurait acquiescé aux exigences de la Troïka. La publication de ce mensonge fut jugée nécessaire afin de discréditer le Premier Ministre grec, alors que celui-ci indiquait clairement sur son compte twitter qu’il appelait les Grecs à préserver leur dignité nationale et à voter « Non ». On s’empressa de passer sous silence le message de Tsipras sur twitter et de gloser à l’infini sur le faux.

 

Tous les coups étaient permis, y compris les sondages falsifiés. Bloomberg épilogua longuement sur les résultats d’un sondage du journal « Ephimerida Ton Syntakton », média financé par l’oligarchie financière transnationale, qui affirmait un pur mensonge, à savoir que le pourcentage de Grecs disposés à voter « Non » était tombé en quelques jours de 57 % à 46 %. Ces chiffres ne correspondaient à rien. Tous les instituts de sondage fiables en Grèce, ainsi que des sociétés indépendantes annonçaient avec assurance que le nombre de ceux qui se disaient prêts à voter contre la Troïka se maintenait fermement autour des 60%, excluant toute variation de plus de 5% dans un sens ou l’autre. Nous étions en présence d’une attaque psychique directe de l’Occident contre la Grèce, d’une tentative d’orienter les résultats du referendum, de maintenir la Grèce dans le camp de concentration européen de la finance libérale, de la pousser à commettre un suicide. Bien entendu une sourde menace se mit à résonner de plus en plus fort : voir se répéter à Athènes le scénario du maïdan ukrainien et plonger le pays dans le gouffre d’une guerre civile sanglante (à l’aide des bataillons-gay de Soros).

 

La lourde maladresse des méthodes en dit long à propos de la panique des dirigeants mondiaux, surpris par la série de démarches et décisions audacieuses des dirigeants grecs.

 

Nous vivons un moment de rupture. Les médias de Russie minimisent clairement la portée des événements qui se déroulent en Grèce, reproduisant souvent de façon irréfléchie et peu critique une propagande ouvertement anti-grecque. Les Russiens doivent apprendre la vérité : si la Grèce décide d’être, l’Europe libérale pro-américaine se dirigera vers sa fin. Cette situation nous donnera, à nous, la Russie, une nouvelle chance d’entrer dans l’histoire en devenant un joueur actif sur l’échiquier de la politique européenne. La Russie fut toujours un pareil joueur, et elle le restera. Nous vaincrons en Grèce, nous vaincrons en Nouvelle-Russie et ensuite en Ukraine, dans le même grand réseau fraternel que nos frères orthodoxes grecs.

 

Aujourd’hui, il y va de la responsabilité de chacun. Il faut contribuer à briser le blocus de l’information autour de la Grèce. Il faut annoncer et répandre sur les réseaux d’information les données de la situation réelle et de ses développements, à Athènes et dans les autres villes de Grèce, à la veille du referendum. Les Grecs doivent savoir que les Russes sont à leurs côtés, que nous ne les laisserons pas tomber dans la pauvreté. Nous leur viendrons en aide et leur apporterons tout le soutien nécessaire. Bruxelles et l’hégémonie libérale tentent de brise la Grèce. Nous voulons la sauver. Nous avons reçu des Grecs leur foi, leurs lettres et leur culture. Nous devons assumer nos responsabilités à l’égard du peuple grec, source historique d’enseignement pour les Russiens, fondateur de notre culture et de nos lettres. Et nous portons aussi des responsabilités envers l’Europe. Nous devons devenir les garants de sa liberté, de son indépendance et de sa souveraineté.

 

Le 5 juillet peut signifier le début du processus fondamental libérant l’Europe de la dictature du nouvel ordre mondial. C’est notre lutte.

 

6 juillet 2015

 

Sources :
http://rusvesna.su/recent_opinions/1435752375

Russie Sujet Géopolitique