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La trêve dans les échanges de la réunion européenne d’hier laisse les discussions au stand-by, donne deux jours pour la préparation technique des propositions de Tsipras avec un traitement dans un futur lointain, mais en fait ce ne sont que les apparences car en réalité une histoire des gros sous reste une histoire difficile et longue à démêler.

 

Avec la réunion hier à Bruxelles, personne des participants ne sait où aboutira le « cas grec ». La mise en relation directe entre la Grèce et ses créanciers, montée de toute pièce du fait de la pression du Grexit qui pèse sur les pays-membres, c’est une « bonne chose » puisque elle calme les marchés, fait monter les spreads chose qui a pour effet de pousser le coût des emprunts vers le domaine privé. Mais alors Que reste-il à faire ?

 

Il a été dit, que le Grexit est à éviter, on reconnaît la délicatesse de la situation et surtout l’impact d’un défaut de paiement et surtout en cas d’un Grexit, malgré les mécontentements de ceux qui n’ont pas été invités à participer ou à assister à ces discussions, en effet l’Europe à deux têtes a estimé que le cas grec appartenait à l’Allemagne et à la France, les repoussant ainsi dans une position où l’affaire grecque ne les regarde pas.

 

Dans sa démarche Tsipras, en se montrant volontaire pour épuiser chaque effort allant dans le bon sens, et en demandant une autre orientation pour l’Europe, semble obtenir le soutien de l’Allemagne.

 

La Dette est un détail et pas le fond ?

 

Personne n’a intérêt, excepté le peuple grec, de continuer à parler de la dette grecque, en tout cas pas avant que chacun épuise ses efforts dans sa propre stratégie, hélas nous sommes loin d’un effort collectif, car collectif signifie « tous contre un », ou plutôt les forts contre les faibles. Ce n’est pas une question de vision commune, d’ailleurs, il n’y en a jamais eu, le bateau coule et par conséquent « chacun pour soi » jusque peut-être au moment où une solution globale sera acceptable par tous où par ceux qui resteront à vouloir une Europe selon des Traités respectés à la guise des plus forts.

 

Qu’est-ce qu’on attend ? Manifestement rien, tant que la balle est dans le camp des Européens, qui ont tout intérêt à laisser pourrir la situation en accusant la Grèce. Comment attendre quelque chose de sérieux lorsque durant cette dernière journée de négociations Schäuble se sent d’autorité à donner des consignes à une institution telle que la BCE pour ne pas verser les LEA s’il n’y a pas de contrôle sur le capital grec. Attendre c’est mettre un ministre, tel que Schäuble au-dessus des institutions européennes. Attendre c’est remettre les décisions européennes au sort des futures pressions des partis politiques du CDU et de Syriza sur Merkel et Tsipras respectivement.

 

A moins que lesdites négociations ne portent pas sur le point litigieux, à savoir que faire de la dette et de son paiement, s’il s’avère acceptable, mais sur une autre orientation de l’Europe, ce que Tsipras défend depuis le début, c’est-à-dire croissance, solidarités, et respect des dignités et des espoirs des peuples. A vrai dire, cela semble synchrone au besoin en support des politiques extérieures américaines. On verra, ce qui sera abordé lors de la réunion de l’Eurogroupe aujourd’hui et lors de la réunion des pays-membres prévue pour demain.

 

Et après ?

 

Dans le mode grotesque de fonctionnement européen, si l’Allemagne semble crédible en demandant une rigueur de fonctionnement, le bon dans l’histoire est Tsipras, qui en montrant l’exemple obtient de se faire écouter, se faire comprendre, si on se fie aux commentaires des participants de la réunion d’hier et faire étudier ses propositions de ce que viabilité et honorabilité signifient.

 

La victoire de Syriza et sa lutte pour les enjeux helléniques est un abcès pour l’Europe politique actuelle qui n’a pas d’autre intérêt à ce propos que d’estomper toute prolifération ou « contamination politique ». Plus le cas grec dure plus l’effet Syriza devient dangereux pour l’Europe néolibérale. Quel compromission politique pour la survie idéologique de Syriza ?

 

Le futur montrera la nature de la viabilité d’un programme économique sur mesure pour la Grèce est toujours un mixte d’économie et de politique, et en ce moment on verra pourquoi Merkel décide d’un coup de soutenir Tsipras, comme elle a fait avec Matteo Renzi, qui lui aussi a fait des déclarations similaires avec Tsipras pour « une autre Europe ». Est-ce bien là le scénario de la prochaine marche allemande pour une autre Europe ? En tout cas, maintenir Tsipras au pouvoir c’est promettre de l’aider dans la réalisation de son programme politique pour le court et moyen terme, et Tsipras, ne se fera pas d’illusion, en entrant dans ce jeu de Merkel c’est offrir la Grèce sur un plateau à l’Allemagne, chose encore impensable à ce stade.

 

Anastase ADONIS


le 24 Juin 2015

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