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Publié par Jean Lévy

Grèce : les abandons de Tsipras, qui ont dopé les bourses européennes : « Un premier pas dans la bonne direction... », commentent les dirigeants européens, qui exigent davantage de concessions de la part de Tsipras

Le programme électoral de Syriza

Le programme électoral de Syriza

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Europe : les concessions grecques ouvrent la voie à un accord dans les 48 heures :
de fortes hausses de la TVA (seuls les médicaments et les livres auront un taux réduit) et pour préserver les petites retraites, une forte hausse du cotisation du régime général sera instaurée tandis que les systèmes de pré-retraite seront quasi-réduits à néant. « Environ 90 % du chemin a été fait vis-à-vis des créanciers.

Athènes a déposé lundi un programme économique «étendu, une base qui permet de redémarrer la discussion», d'après le patron de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem. La chancelière allemande évoque un «bon point de départ»
 

Grèce: les dirigeants de la zone euro optimistes sur une sortie de crise

Les dirigeants de la zone euro se sont montrés optimistes sur les chances de sceller un accord avec la Grèce d'ici la fin de la semaine et éviter au pays un défaut de paiement, après un sommet qui a permis lundi soir de faire "un pas en avant" avec de nouvelles propositions d'Athènes.

Pour finaliser le travail qui reste à accomplir, une nouvelle réunion de l'Eurogroupe --les ministres des Finances des 19-- aura lieu mercredi soir, veille d'un sommet européen prévu de longue date, a annoncé le président du Conseil européen Donald Tusk.

"Les nouvelles propositions grecques sont un pas en avant positif", a-t-il estimé. "L'Eurogroupe peut parvenir à un résultat mercredi soir".

"Nous avançons vers un accord", s'est pour sa part réjoui le président français François Hollande à l'issue du sommet.

Les propositions grecques constituent "un certain progrès" et "un bon point de départ pour de prochaines discussions", a reconnu de son côté la chancelière allemande Angela Merkel. "Mais il est également clair qu'un travail vraiment intensif est maintenant nécessaire", a-t-elle souligné.

"J'ai la sensation que (...) la balle se trouve dans le camp des autorités européennes", a dit le Premier ministre grec Alexis Tsipras devant la presse, à l'issue du sommet au cours duquel ont été débattues les nouvelles propositions soumises par Athènes à ses créanciers (Commission, BCE, FMI).

"Notre critère de base, c'est la justice sociale", a-t-il affirmé, comme s'il rodait ses arguments pour défendre devant le Parlement grec l'accord souhaité, dans un pays profondément éprouvé par la crise.

Dopée par l'optimisme sur le dossier grec, la bourse de Tokyo a atteint mardi à la mi-journée un nouveau sommet en 15 ans (+1,62% à 20.758,68 points).

Avant même l'issue du sommet, un vent d'optimisme avait fait bondir les Bourses: Paris et Francfort ont chacune gagné 3,81% lundi tandis que la Bourse d'Athènes s'est envolée de 9%. A New York, l'indice Dow Jones a avancé de 0,58% et le Nasdaq a fini sur un record historique.

"Je suis convaincu que nous allons parvenir à un accord final dans le courant de la semaine", a insisté le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, qui a filé la métaphore footballistique pour rappeler qu'"on ne peut pas jouer les prolongations".

"Il nous reste peu de temps, mais beaucoup de travail", a résumé la directrice générale du FMI, Christine Lagarde.

La Grèce doit en effet rembourser quelque 1,5 milliard d'euros au FMI dans huit jours, un paiement qu'elle ne peut honorer sans la reprise de l'aide financière de ses créanciers (7,2 milliards d'euros). Pour cela, un accord est nécessaire avec eux sur une série de réformes et de mesures budgétaires.

Le gouvernement grec a publié lundi soir la liste complète de ses propositions aux créanciers. Dans ce document en 21 points, Athènes souligne qu'il s'agit du "résultat de négociations difficiles afin d'arriver à un accord qui ne touche pas les droits du travail et ne dissout pas la cohésion sociale mais donne une perspective, (...) et constitue une solution viable pour l'économie grecque sans frapper les bas et moyens revenus".

La partie grecque confirme qu'elle accepte le principe d'un budget en excédent primaire (le solde du budget hors charge de la dette) de 1% cette année et 2% l'an prochain, qui a longtemps été l'un des points d'achoppement des discussions.

Selon une source au fait des négociations, les créanciers ont demandé à Athènes d'augmenter la TVA sur les hôtels et restaurants à 23%, une mesure "socialement équitable" car elle toucherait principalement les touristes étrangers. Cela permettrait d'atteindre l'objectif de 1% d'excédent budgétaire primaire en ne touchant pas à la TVA à 13% sur l'électricité et à 6% sur les médicaments.

"Actuellement, 90% du chemin est fait. On ne peut pas faire échouer les choses alors qu'on en est là", selon cette source.

Les dirigeants qui ont pris part au sommet "sont sur la même longueur d'ondes, ils ont la même compréhension des possibilités et des limites", a insisté M. Tusk. "Pour la première fois, on a eu l'impression de parler la même langue", a acquiescé le Premier ministre maltais, Joseph Muscat.

Autre changement, la Grèce a accepté le principe d'une prolongation de son plan d'aide actuel au-delà du 30 juin, "comme seul moyen d'avancer" dans les négociations avec les créanciers, a déclaré une source grecque en marge du sommet.

Mais le gouvernement grec a aussi insisté sur la nécessité de régler la question de la dette et du moyen terme.

Or, sur ce sujet, les partenaires d?Athènes se sont montrés beaucoup plus prudents. "Ce qui doit être réglé, ce sont les questions budgétaires. Un reprofilage de la dette ne pourrait venir que dans une seconde étape", a expliqué M. Hollande.

Sur ce sujet tabou, notamment aux yeux de l'Allemagne, les dirigeants européens doivent être prêts à faire "leur part du travail", avait lancé plus tôt dans la journée le secrétaire américain au Trésor, Jacob Lew, qui s'était entretenu dans l'après-midi avec M. Tsipras.

Ce dernier a multiplié les contacts en marge du sommet. Une réunion bilatérale a notamment eu lieu avec le patron de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, alors que la situation des banques grecques inquiète avec une accélération des retraits des épargnants ces derniers jours.

Le conseil des gouverneurs de la BCE a relevé lundi l'aide d'urgence aux banques grecques et pourrait le faire à nouveau à tout moment si nécessaire, a indiqué une source bancaire grecque.

...Et voici

selon Médiapart

Le programme électoral de Syriza en détails

 Alexis Tsipras, leader du parti Syriza, a présenté son programme pour les élections à venir. A la différence des meetings semblables avant les élections du 6 mai, c’est un potentiel futur premier ministre qui s’est exprimé, tentant de montrer tout son sérieux et son sens de la responsabilité. Si certains thèmes abordés sont maintenant des  « classiques », de nouveaux éléments ont été apportés.

"Nous ouvrons la route vers le début de l'espoir"

"Nous ouvrons la route vers l'espoir"

Comme auparavant, Tsipras a reprécisé qu’on ne pouvait appliquer partiellement les mémorandums, insistant sur le fait que l’enjeu des élections à venir n’est pas le pseudo dilemme euro-drachme, mais bienl’approbation, ou le refus d’une politique qui a engendré l’application de plans d'austérité aux conséquences catastrophiques.

Ironisant sur la rhétorique adoptée par les deux grands partis qui font campagne contre les politiques qu’ils ont eux-mêmes appliqué, Alexis Tsipras a essentiellement centré son discours sur les conséquences sociales injustes du mémorandum qui mettent aujourd’hui la Grèce au bord d’une crise humanitaire dont les symptômes apparaissent de plus en plus violents. Le leader de la gauche radicale a mentionné à ce propos la tragédie des suicides commis pour des raisons économiques.

Voici donc les différents volets du programme électoral de SyRizA en vue des élections du 17 juin:

Economie

- Dès l’entrée au vigueur d’un gouvernement de « gauche », le mémorandum serait purement et simplement annulé.

Renégociation de la dette au niveau européen, négociation pour un moratoire sur le remboursement de la dette.

Audit de la dette

- Renégociation des prêts contractés

- Indexation des taux d’intêrets de la dette sur le taux de croissance

Nationalisation des banques qui ont fait l’objet de recapitalisation

- Création d’un mécanisme de contrôle des dépenses publiques

Gel des réductions des dépenses sociales

- Abolition des mesures prises à l’encontre des intêrets des travailleurs

  • Retablissement des conventions collectives supprimées par l’austérité
  • Rétablissement du salaire minimum à 751€
  • Réhaussement des minimas sociaux

Fiscalité

Reduction de la TVA pour les produits de première nécessité

- Révision du système fiscal, pour le rendre plus « juste »

- Annulation des taxes spéciales, particulièrement pour les personnes sans emploi et les retraités

- Lutte contre l’évasion fiscale

  • Etablir un registre de tous les grecs « tricheurs » qui placent leur argent à l’étranger, et les taxer convenablement
  • Application d’une mesure « à l’américaine » déchouant la nationalité à quiconque ne paie pas ses impôts en Grèce
  • Négociation avec la Suisse d’un accord spécial, permettant de taxer les dépots grecs qui s’y trouvent.

-  Négociation avec les armateurs, pour revoir les 46 lois d’exemption de taxes qui les concernent, et réfléchir à un régime de taxation approprié.

Relance de la production

- Exploitation des ressources naturelles et minières

Reduction de la TVA sur les activités liées au tourisme

- Soutien de la production agricole par des prêts à taux faibles

- Gel de la privatisation des entreprises publiques, et renationalisation de toutes celles qui ont été privatisées

Réformes structurelles

- Réadministration de l’administration étatique

- Suppression de l’immunité ministérielle

- Passage à un système électoral de proportionnelle « pure »

- Lutte contre la corruption :