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Pour les Grecs, les carottes sont cuites ?

 

 

Va-t-on vers une rupture ou un accord ?

Gestionnaire de fonds d’investissement

Crise grecque, va-t-on vers une rupture ou un accord ?

 

Bien malin qui peut dire aujourd’hui quelle sera l’issue de la partie de bras de fer qui se joue en ce moment entre Aléxis Tsípras et Angela Merkel, car n’en doutez pas, cela se joue désormais entre ces deux-là et personne d’autre. Le lecteur deBoulevard Voltaire aura la sagesse d’attendre le résultat des courses, qui ne saurait d’ailleurs tarder, mais pour un professionnel de la gestion d’actifs comme votre serviteur, anticiper fait partie du boulot.

Les deux pierres d’achoppement sur lesquelles buttent les négociations sont la TVA et les retraites. Pour les créanciers (FMI + BCE + UE), réduire leurs engagements sur la Grèce est la priorité absolue, ce qui implique un solde budgétaire positif. Or, le moyen le plus rapide pour y parvenir – l’effet est quasi immédiat -, c’est de relever la TVA et trancher dans les pensions (déjà réduites de 1.350 € en 2009 à 833 € en 2015 en moyenne).

 
 

Pour Aléxis Tsípras, les économies ainsi obtenues seraient annulées et même plus – dans un laps de temps de trois à six mois – par un recul supplémentaire de la consommation. À la place, il préconise de lutter davantage contre la corruption et la fraude fiscale, une voie plus saine mais dont les résultats seront plus lents à venir. Céder serait donc un non-sens économique mais aussi une capitulation en rase campagne politiquement inacceptable. Plus grave encore, Aléxis Tsípras est persuadé que les créanciers n’ignorent pas les risques énormes que leurs exigences font courir à la Grèce, il les soupçonne de vouloir l’humilier pour le discréditer et, à brève échéance, l’éliminer de la scène politique. Tsípras n’a donc plus aucune marge de manœuvre, il ne cédera pas ; si accord il y a, ce sera sur la base de son propre plan de réformes. Ces derniers jours, les milieux financiers semblaient se préparer à un défaut de paiement le 30 juin prochain, ce qui peut être interprété aussi bien comme de la résignation que comme un bluff de dernière heure.

La Grèce n’est pas l’Argentine. Un défaut de paiement le 30 juin pourrait avoir des conséquences politiques majeures : chronologiquement la sortie de la zone euro, la sortie de l’Union européenne et enfin un basculement stratégique au bénéfice de la Russie. Washington est déjà monté au créneau pour défendre une solution de compromis et Angela Merkel a très certainement reçu le message cinq sur cinq. Après tout, un effort financier supplémentaire de 7,5 milliards représente peu de chose à l’échelle de l’Europe.

En résumé, la position des créanciers est économiquement insensée, pas un économiste sans parti pris ne peut affirmer le contraire. Un compromis politique sur la base du plan grec ne fera que repousser l’échéance fatale (le Grexit) de quelques mois, tout au plus deux ans, mais dans l’immédiat, il va permettre à chacun de partir en vacances, l’esprit tranquille. C’est pourquoi je crois qu’Aléxis Tsípras finira par avoir gain de cause dans les jours à venir. La seule solution raisonnable à la crise est ailleurs : une sortie de la zone euro immédiate, le retour à la drachme et surtout l’acceptation par l’Union européenne de ses propres erreurs et de sa part de responsabilité, qui est immense, dans cette mémorable bérézina.

Ah oui, j’oubliais : les Grecs, chaque jour, se rendent à un DAB pour retirer le maximum autorisé. Les comptes se vident, les espèces manquent, certaines rumeurs suggèrent que les banques grecques fermeront leurs portes dès lundi prochain. Il est fort possible que les carottes soient cuites bien avant le 30 juin.