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La Grèce prépare un plan de retour à la drachme, se prépare à manquer un remboursement au FMI


By Ambrose Evans-Pritchard, & Mehreen Khan

 

samedi 4 avril 2015, par Comité Valmy

La Grèce prépare un plan de retour à la drachme, se prépare à manquer un remboursement au FMI.

 

« Nous sommes un gouvernement de gauche. Si nous avons à choisir entre faire défaut au FMI ou faire défaut à notre propre peuple, notre choix est évident », explique un haut-fonctionnaire grec.
 
La Grèce est en train d’élaborer des plans drastiques pour nationaliser le système bancaire du pays et pour introduire une monnaie parallèle destinée à payer les factures, à moins que la zone euro prenne des mesures pour désamorcer la crise et adoucir ses exigences.
 
Des sources proches du parti Syriza ont déclaré que le gouvernement est déterminé à maintenir les services publics et à payer les pensions alors que les fonds disponibles sont dans une situation critique. Le gouvernement peut être contraint de prendre la décision sans précédent de manquer un versement au Fonds Monétaire International la semaine prochaine.
 
La Grèce n’aura plus assez d’argent pour payer 458 millions d’euros au FMI le 9 avril, ni pour couvrir les paiements des salaires de ses fonctionnaires et pour la sécurité sociale le 14 avril, à moins que la zone euro s’engage à verser la prochaine tranche de son renflouement à temps.« Nous sommes un gouvernement de gauche. Si nous avons à choisir entre faire défaut au FMI ou faire défaut à notre propre peuple, notre choix est évident », a déclaré un haut-fonctionnaire.« Nous pourrions être amenés à ne pas rembourser le FMI. Cela provoquerait un tollé sur les marchés et cela accélèrerait le cours des évènements », a dit cette source au journal The Telegraph.Le gouvernement de la gauche radicale Syriza préférerait limiter son litige à ses créanciers de l’Union Européenne, mais les premiers paiements à venir sont dûs au FMI. Alors que le parti Syriza ne souhaite pas déclencher un défaut de paiement vis-à-vis du FMI, il considère de plus en plus un glissement avant défaillance comme une escalade nécessaire dans son bras de fer avec Bruxelles et Francfort.Vu d’Athènes, les créanciers de l’UE n’ont pas encore compris que le paysage politique a radicalement changé depuis l’élection de Syriza en janvier, et ils devront faire de réelles concessions si ils veulent éviter une rupture désastreuse de l’union monétaire, un résultat que les créanciers ont écarté à plusieurs reprises comme impensable. « Ils veulent nous humilier et nous forcer à la capitulation. Ils essaient de nous mettre dans une position où soit nous faisons défaut à notre propre peuple, soit nous signons un accord qui est politiquement toxique pour nous. Si c’est leur objectif, ils devront le faire sans nous », a dit la source.
 
Faire défaut vis-à-vis du FMI - même pour quelques jours - est une stratégie extrêmement risquée. Aucun pays développé n’a jamais fait défaut aux institutions de Bretton Woods. Bien qu’il y aurait une période de grâce de six semaines avant la décision du FMI de déclarer la Grèce en défaut technique, le processus pourrait devenir hors de contrôle.
 
Les sources proches de Syriza disent qu’ils sont pleinement conscients que la ligne dure avec les créanciers risque de déclencher une réaction en chaîne inévitable. Ils insistent sur le fait qu’ils sont prêts à envisager le pire plutôt que d’abandonner leurs promesses électorales faites au peuple grec.
 
Un plan de repli d’urgence est déjà en œuvre. « Nous allons fermer les banques et les nationaliser, puis nous allons émettre des reconnaissances de dette si nous y sommes obligés, et nous savons tous ce que cela signifie. Ce que nous ne ferons pas, c’est devenir un protectorat de l’UE », a déclaré cette source. Il est bien entendu à Athènes qu’une telle action équivaudrait à un retour à la drachme, même si Syriza préfèrerait plutôt parvenir à un accord amiable et rester dans l’union économique et monétaire.Ambrose Evans-Pritchard, & Mehreen Khan

2 avril 2015
 

 


Commentaire de B.T : Pour ma part, je considère la déclaration de Pierre Laurent « L’Europe est un atout pour Syriza, pas un obstacle », même au moment où elle a été prononcée, comme totalement irresponsable. Le risque décrit dans ce texte était évident dès ce moment, être démenti violemment par les faits en est la sanction.