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Publié par Michel El Diablo

Le PREMIER MINISTRE GREC, sous forte pression européenne, s’engage à présenter des réformes sans délai [RUPTURES]

Le PREMIER MINISTRE GREC, sous forte pression européenne, s’engage à présenter des réformes sans délai [RUPTURES]

Ca vient, ça vient… – ainsi pourrait être résumé le message adressé par Athènes à ses « partenaires européens ». C’est en tout cas ce qui ressort du communiqué publié à l’issue du « mini-sommet » informel tenu dans la nuit du 19 au 20 mars, en marge du Conseil européen officiel (ce dernier a par ailleurs confirmé le principe du maintien des sanctions contre la Russie, et débattu du projet d’« union de l’énergie » – la rédaction y reviendra prochainement).

La réunion nocturne, demandée par le premier ministre grec, s’est tenue sous haute tension : face à Alexis Tispras siégeaient les présidents de la Commission européenne, du Conseil européen, de l’eurogroupe, de la Banque centrale européenne, ainsi qu’Angela Merkel et François Hollande. Un aréopage qui a d’ailleurs irrité quelques uns des chefs d’Etat et de gouvernement qui n’y ont pas été associés. Ainsi, le premier ministre belge a exprimé publiquement sa colère : « je n’ai pas donné mandat à la France et à l’Allemagne de négocier au nom des Belges, c’est inacceptable». Plusieurs de ses collègues ont abondé dans le même sens.

Mais pour mettre sous pression la Grèce, la présence des représentants des institutions européennes ainsi que de Berlin et de Paris semblait largement suffisante. Alexis Tsipras a dû s’engager à présenter une liste de réformes « précises » dans les « tout prochains jours ». C’est au gouvernement grec de peaufiner ces dernières, conformément aux engagements pris devant l’eurogroupe le 20 février dernier. Or ces engagements grecs tardaient à venir, s’impatientait Bruxelles depuis un mois. La pression est d’autant plus forte sur Athènes que la Grèce, tant qu’elle reste au sein de la zone euro, doit rembourser d’importantes échéances dans les jours et semaines qui viennent (1,6 milliard la semaine prochaine). Et les marchés estiment que les « caisses sont vides », ce qui alimente une importante fuite des capitaux, les « épargnants » craignant un « défaut » du pays (non remboursement des échéances à l’heure dite).

Mais à Bruxelles, Francfort, Berlin et Paris, le discours n’a pas changé : tant que les autorités grecques n’ont pas engagé des « réformes » censées assurer une réduction des dépenses publiques, ou une augmentation des recettes, pas question de débloquer la dernière tranche des prêts promise, à savoir les 7 milliards qui pourraient permettre au Trésor grec de sortir – provisoirement – la tête de l’eau.

Le 20 février, Athènes avait accepté de ne pas remettre en cause les réformes réalisées par le gouvernement précédent sur injonction de la Troïka, de ne prendre aucune mesure qui « pèse » sur les finances publiques, et de rembourser rubis sur l’ongle les échéances de la dette publique. En échange, la très impopulaire « Troïka » avait été… débaptisée (on parle désormais des « institutions » ou du « groupe de Bruxelles »). Cependant, M. Tsipras a finalement dû accepter que les experts européens reviennent à Athènes pour éplucher de près les comptes grecs. Bref, la tutelle se fait plus que jamais sentir. Le ministre des finances a du reste concédé que l’essentiel des promesses électorales devrait être remis à plus tard. Seule une loi sur l’« urgence humanitaire » (aide aux ménages en détresse financière) a été adoptée.

François Hollande a pour sa part résumé le résultat de la réunion de crise : « nous avons reconfirmé cet accord (du 20 février) et même demandé qu’il soit accéléré, c’est-à-dire qu’il puisse y avoir des réformes qui soient présentées le plus tôt possible par le gouvernement grec ».

Quelques heures plus tôt, un des principaux conseillers économiques du chef du gouvernement grec avait démissionné, pour signifier son opposition à l’alignement contraint sur les oukases européens. Une démission qui reflète des remous croissants au sein de Syriza, le parti du premier ministre. Une forte minorité de cette formation dénonce le choix de rester au sein de la zone euro, un choix dont découle la mise sous pression de la Grèce.

Pour sa part, le premier ministre bulgare n’a pas hésité à interpeller la Grèce : « il est grand temps que nos voisins (…) respectent leurs engagements à appliquer des règles ». Et Boïko Borissov a vanté l’austérité draconienne qui fut imposée à son peuple. Il a en revanche omis de faire allusion aux manifestations contre la misère que la Bulgarie a connues en 2013, et qui l’avaient contraint à la démission.

Mais peut-être est-ce l’avenir radieux qu’il souhaite à son voisin hellénique ?

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