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Publié par Jean Lévy

Berlin exige du gouvernement Syriza l'abandon total de son programme

L'Allemagne exige de la Grèce un reniement complet

Économie

Grèce : polémique autour des privatisations

LE MONDE ECONOMIE | 

 

Il aura fallu beaucoup d’efforts diplomatiques pour réconcilier les positions diamétralement opposées des gouvernements grec et allemand et obtenir l’accord du 20 février sur une prolongation de quatre mois du plan d’aide à la Grèce. Après plusieurs semaines de négociations mouvementées, la validation, mardi 24 février, par l’Eurogroupe de la liste des réformes qu’Athènes s’engage à mener semblait annoncer une période de répit dans les relations entre les deux pays. Au moins jusqu’à la mission de contrôle de ces réformes prévue pour fin avril.

 

Pourtant, dès le mercredi 25 février, le ping-pong bilatéral de déclarations musclées a repris de plus belle entre Berlin et Athènes. La pomme de discorde cette fois : les privatisations entamées en Grèce depuis quatre ans et inscrites au programme des mesures exigées par les créanciers du pays.

Le ministre grec des finances, Yanis Varoufakis (à droite) et son homologue allemand, Wolfgang Schaüble, lors de leur rencontre à Berlin, le 5 février

Le ministre grec des finances, Yanis Varoufakis (à droite) et son homologue allemand, Wolfgang Schaüble, lors de leur rencontre à Berlin, le 5 février 
 

Dans un entretien au quotidien grec Ethnos, le ministre grec de l’énergie, Panayotis Lafazanis, qui appartient à l’aile gauche du parti de la gauche radicale Syriza, a annoncé que le gouvernement ne mettrait pas en œuvre le projet de privatisation de PPC, la première compagnie d’électricité du pays et de l’opérateur de réseaux électriques Admie. « Les entreprises n’ont pas déposé d’offre contraignante, donc cela ne sera pas finalisé », a-t-il dit.

 

D’autres sources au sein du ministère de l’économie, des infrastructures, de la marine marchande et du tourisme ont avancé, mercredi, que le processus de privatisation de quatorze aéroports grecs allait aussi être interrompu et modifié. L’objectif étant de garantir une participation de l’Etat dans les sociétés d’exploitations de ces aéroports et limiter dans le temps les concessions d’exploitation. La philosophie générale d’Athènes sur les privatisations reste celle annoncée aux lendemains du scrutin du 25 janvier. Les procédures déjà achevées ne seront pas annulées mais celles encore en cours seront réévaluées.

 

Berlin dit "Nein !"

 

La réponse de Berlin n’a pas tardé, en dehors pourtant du cadre institutionnel officiel de négociations que constitue l’Eurogroupe. Martin Jäger, le porte-parole du ministère allemand des finances, a déclaré, mercredi, que le gouvernement grec ne peut pas décider seul de retarder ou d’annuler la privatisation d’entreprises grecques : « Si Athènes nourrissait une telle intention, cela devrait se faire en étroite coordination avec la troïka” [Fonds monétaire international, Banque centrale européenne et Commission de Bruxelles] », a-t-il précisé.

 

Dans un entretien à la radio SWR2, le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble, est allé plus loin, assurant mercredi qu’« aucun euro » d’aide ne serait versé à la Grèce tant qu’elle n’aura pas rempli tous ses engagements prévus avec ses partenaires européens dans le cadre du programme d’aide. « S’ils remplissent [leurs engagements]ils pourront recevoir les versements restants, a-t-il insisté. Et s’ils ne les remplissent pas, il n’y aura pas de versements. »

 

Des déclarations très politiques alors que le Parlement allemand doit approuver la prolongation du plan grec à l’occasion d’un vote prévu vendredi 27 février.