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Publié par Jean Lévy

Grèce : Le risque d'un « Grexit » n'a jamais été aussi élevé

 

Le Point -

Les ministres des Finances se retrouvent pour une négociation cruciale lundi. Les positions des Européens et des Grecs semblent difficilement conciliables.

Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schaüble est l'un des plus sceptiques de la zone euro sur les propositions grecques. Cela n'empêche pas son homologue grec de penser qu'il "est probablement le seul politique européen avec de la consistance intellectuelle". Pas très diplomatique.

Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schaüble 

La Grèce risque-t-elle de sortir de la zone euro ? Le compte à rebours est enclenché : les Européens et le gouvernement de la gauche radicale Syriza, allié à la droite nationaliste, n'ont plus que 15 jours pour s'entendre. Faute d'accord, le programme d'ajustement de l'économie grecque supervisé par la Troïka (Banque centrale européenne, Commission, Fonds monétaire international) arrivera à son terme le 28 février sans que l'argent restant à verser ne soit déboursé, faute d'avancée suffisante dans les réformes promises.

 

Incapable de faire appel aux marchés financiers qui ne lui accordent plus leur confiance, le gouvernement grec se retrouverait alors coupé de sa seule source de financement pérenne : l'argent fourni par les Européens et le FMI. 

 

La BCE acculée à appuyer sur le bouton ? 

 

Une sortie de l'euro serait alors quasi inévitable. N'ayant pas le droit de financer directement les États, la BCE serait probablement forcée de couper le financement d'urgence accordé aux banques grecques moyennant des titres de dette grecque pris en garantie. Cette décision priverait l'État grec de sa dernière bouée de sauvetage car elle empêcherait les banques du pays d'acheter ses émissions de dette pour le financer à très court terme.

 

Sans argent, la Grèce serait incapable de rembourser la dette due au FMI qui arrive à échéance en mars et celle due à la BCE cet été. Pire, elle se retrouverait rapidement incapable de payer ses fonctionnaires et de faire tourner la machine étatique. La seule solution serait alors de retrouver sa souveraineté monétaire : en clair, imprimer de la drachme à volonté pour faire face à ses engagements. 

 

Un chemin "ardu" (Michel Sapin)

 

Peut-on en arriver là ? La plupart des analystes ne le pensent pas. Personne n'y a intérêt, font-ils valoir, pas plus les Grecs que les Européens. Reste que pour certains d'entre eux, le risque est réel. "Ils semblent fondamentalement opposés sur de nombreux sujets et nous pensons que la probabilité d'une sortie est maintenant plus élevée qu'elle ne l'a jamais été en 2012", s'alarment par exemple les spécialistes de la banque Barclays.

 

Le fiasco de l'Eurogroupe exceptionnel de mercredi 11 février montre que le "chemin" entre la prise en compte de la nouvelle réalité politique grecque et "le respect des règles européennes" auquel s'accroche le ministre français des Finances, Michel Sapin, est pour le moins "ardu".

 

Lundi, les ministres des Finances de la zone euro devaient de nouveau tenter de se mettre d'accord sur un nouveau programme de réformes en échange d'un financement supplémentaire, voire d'un allègement de l'endettement grec qui atteint 175,5 % du PIB. 

 

Hausse du smic, embauche de fonctionnaires...

 

Les négociations promettent d'être difficiles. Au-delà des questions de symboles politiques (le gouvernement grec rejette la "technocratie" incarnée par la Troïka), le programme du Premier ministre Alexis Tsipras ne se limite pas à revenir sur l'austérité imposée par ses créanciers, quasi unanimement dénoncée pour ses excès. Il va à l'encontre de la philosophie des réformes imposées jusqu'à présent. Alors que les Grecs ont consenti de douloureux efforts de compétitivité en réduisant notamment le smic, Alexis Tsipras veut faire machine arrière. Il a aussi promis de revenir sur la réforme du marché du travail qui avait limité l'influence des syndicats dans les embauches. Il veut réembaucher des milliers d'agents publics et se montre très réticent sur le programme de privatisation censé rapporter, à terme, 20 milliards d'euros. Le gouvernement grec prétend endosser quelque 70 % du plan d'ajustement imposé jusqu'à présent par ses créanciers. Mais les 30 % restants sont rejetés en bloc.

 

L'Allemagne encore sceptique

 

Si l'exigence d'un excédent budgétaire primaire (avant remboursement des intérêts de la dette) de 4,5 % du PIB à partir de 2016 peut sans doute être assouplie par les Européens, il n'est pas sûr qu'ils soient prêts à financer la Grèce si celle-ci adopte une stratégie économique en laquelle ils ne croient pas.

 

Pas sûr que la promesse de s'attaquer enfin à l'évasion fiscale et à la corruption, notamment des plus aisés, suffise à contrebalancer les choses. Pour convaincre, les Grecs ont fait appel à l'OCDE pour dessiner des réformes alternatives au programme de la Troïka, censées prouver sa capacité à relancer la croissance. Reste à savoir si l'organisation peut réellement définir des réformes alternatives, elle qui vient de recommander d'aller vite sur le programme de privatisations dans son rapport intitulé Objectif de croissance.

 

"Au vu de ce que j'ai entendu sur les discussions techniques du week-end, je suis très sceptique", a prévenu le ministre des Finances allemand, Wolgang Schäuble, interviewé par la radio publique Deutschlandfunk, à propos de l'Eurogroupe de lundi. Le gouvernement grec va devoir mettre de l'eau dans son vin.