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Grèce : à la fois respect de sa souveraineté et mise en garde sur les illusions

Publié le 29 Décembre 2014

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le dessous des cartes

Grèce : à la fois respect de sa souveraineté et mise en garde sur les illusions

L’école d’Athènes, Raphaël, 1512

"SYRIZA ayant toutes les chances de les remporter, nous assisterons à la première victoire d'un parti de la Révolution citoyenne en Europe.

C'est une phrase comme celle-ci, qui se balade sur les réseaux sociaux, qui conduit Canaille le Rouge à avancer ce qui suit pour tenter de donner un point de vue communiste.

Depuis que ce dimanche le candidat de la BCE n'a pas réussi à tricher suffisamment pour se faire élire, tous les yeux se tournent vers Syriza et les déclarations d'Alexis Tsipras son premier responsable et président du groupe GUE dans les instances de l'UE.

Pas question de rejeter d'un revers de main les espoirs qui ici ou là peuvent tenter de se hisser au-dessus de la palissade pour voir ce qui se passe de l'autre côté, mais besoin de ne pas prendre les vessies pour des lanternes sinon on se brûle douloureusement et la cicatrisation est aussi aléatoire que porteuse de séquelles.

Ce n'est pas depuis Paris qu'il faut caler le débat mais bien depuis ce que le peuple grec peut attendre, espérer, construire et rejeter.

Il y a la droite grecque extrême comprise, qui commence au même point géodésique que chez nous ; l'équivalent PS et ce qui se trouve hors champ : le peuple grecs et ses doutes, certitudes recherches et rejets.

Il y a historiquement un débat rude entre Syriza qui accepte l'UE et les communistes grecs qui au nom de leur souveraineté nationale et populaire la rejette.

Si les militants du KKE sont taxés de rigueur idéologique excessive d'abord par ceux qui ici en la matière ont acquis une flexibilité qui les a conduit depuis longtemps à abandonner l'idée de faire respecter le vote souverain du peuple français en 2005, reconnaissons que les propos de Tsipras ont pour mérite de pointer les limites d'un anticapitalisme, limites qui sont au veau d'or ce que le ministre des Finances du Luxembourg est à la traque de la fraude fiscale.

Plutôt que des analyses ou des anathèmes, privilégions quelques propos de Tsipras qui montrent en quoi les marchés financiers qui jouent les vierges effarouchées n'auront pas d'état d'âme pour ouvrir leur couche au jeune premier du GUE.

Il y a quelques mois à l'occasion d'une tournée aux USA Tsipras rencontre Obama et lui déclare :  « je pense que nous pouvons avoir un débat constructif avec Washington sur la question de la crise de la zone euro. C'est une des raisons pour lesquelles je suis heureux d'être ici aujourd'hui ».

Ce n'est pas accident de parcours, mais plutôt une confirmation de ligne politique.

A l'occasion d'un hommage au social-démocrate autrichien Bruno Kreisky (c'est en soit, par choix, révélateur). Alexis Tsipras avance entre autre point de cadrage de ses choix « Un gouvernement de gauche en Grèce tendra la main aux sociaux-démocrates européens, aux libéraux d'Europe à la pensée libre ». Quand on tend la main aux libéraux, c'est qu'on accepte le libéralisme.

Le plan de SYRIZA propose « la stabilisation de la zone euro –première étape vers une Europe ouverte, démocratique et cohésive ».
Stabiliser la zone euro c'est admette son principe "stabilisé" et donc actuel.
Quant à l'Europe "cohésive", le dictionnaire des synonymes nous donne : "fédératif, intégrateur, rassembleur, unificateur". Faut-il détailler ?Or ce dont souffrent les peuples c'est justement de la zone euro ses principes fondateurs et ses objectifs au service du capital.
Un tel gouvernement, précise SYRIZA poursuivra « un plan Marshall européen », qui comprendra « une union bancaire correcte, une dette publique gérée de manière centralisée par la BCE et un programme massif d'investissements publics ». 

Ces objectifs, affirme catégoriquement Tsipras, peuvent être achevés sans aucune « modification des traités » de l'UE. Ce quoi réjouir les Banksters en place à Bruxelles Strasbourg et Luxembourg, la BCE est gardée, on ne changera que le nom de la Troïka pour faire croire qu'on change. 
Lampedusa aura juste traversé l'adriatique.

Alors finalement que faut-il penser de cette nouvelle donne possible en Grèce ?

Si comme le prévoie la presse de déférences Syriza arrive en tête, il devra composer une majorité. Il sera au pied du mur. Avec qui ?

Avec les ectoplasmes du Pasok qui est encore plus à droite que le PS de France ? 

Avec les autres formations de même nature que le Pasok seul des variantes infimes de dosage modifiant la nature de l'alliage ?

Pour autant L'Union Européenne n'a pas renoncé à faire pression sur le peuple grec :
C'est en son nom le commissaire français à l'économie, Pierre Moscovici, qui s'est chargé de réagir. « Avec ce processus démocratique [les élections législatives anticipées], le peuple grec va à nouveau décider de son futur. Un engagement fort pour l'Europe et un support large des électeurs et des leaders politiques grecs pour des réformes en faveur de la croissance sera essentiel pour prospérer à nouveau au sein de la zone euro », a-t-il dit dans un communiqué aussi bref que menaçant.

C'est un appel du cacique du PS à voter pour la droite grecque dont le Pasok fait partie.

Le Monde tente de brouiller les cartes :
« Ce que redoutent surtout les Européens, c'est qu'en cas de victoire, Syriza veuille sortir définitivement de la « tutelle » financière de Bruxelles, sans conclure « proprement » le deuxième plan d'aide financière de 130 milliards d'euros de la fameuse « troïka » (FMI, BCE, Union européenne), toujours en cours. Cette décision pourrait affoler les investisseurs et provoquer une onde de choc sur les marchés, notamment des emprunts souverains européens. On est loin de la prise en compte des intérêts d'un peuple que BCE et FMI assassinent à petit feu avec de violentes crises de fournaises imposées par la Troïka.»

Le journal migrateur au grès des spéculations* précisant :

« Un premier plan d'aide, d'un montant total de 110 milliards d'euros, avait été accordé entre 2010 et 2012. Le prix pour casser le principe des lois sociales appelées réformes structurelles et privatisations, Pour le deuxième, accordé pour la période 2012-2014, les sommes étaient versées progressivement, en fonction de la mise en place des réformes structurelles exigées par les créanciers ».

C'est dans ce cadre que Syriza veut maintenir la Grèce. On mesure combien le Capital est effarouché  de façade, ennamouré de fond..

Le Monde de préciser :

« Une dernière tranche de 1,8 milliard d'euros restait à verser, d'ici au 31 décembre. Mais voyant que les parties n'arrivaient pas à s'entendre sur le projet de budget 2015 de la Grèce –Bruxelles reprochant à Athènes son optimisme et exigeant d'autres coupes budgétaires – deux mois supplémentaires ont été accordés début décembre par les Européens », le temps de magouiller pour quand même garder la main sur la Grèce.

Vous seriez Grec, vous voteriez Syriza ???

 

La Canaille n'est pas certain que ces éléments de réflexions cavalent librement sur les réseaux sociaux. Si vous le pensez utile ils sont à votre disposition.

 

*Il semblerait que le titre ait projet de s'installer face à Bercy les pieds entre Seine et voies ferrés d'Austerlitz.

 

Rédigé par Canaille Lerouge