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Grèce

Objet : URGENT- Le gouvernement SYRIZA veut interdire le droit de grève

 

Chers camarades, 


Le gouvernement grec dirigé par Syriza s’attaque au droit de grève. Avec la législation en discussion au parlement 99% des grèves seront déclarées illégales en Grèce. Immédiatement à l’appel de PAME de nombreuses manifestations ont été organisées dans tout le pays. Le ministère du travail qui refusait de recevoir des délégations a été envahit par des travailleurs en colère, d’autres refoulés avec des gaz lacrymogène qui manifestaient devant le Parlement et la résidence du 1er Ministre Tsipras. 


Une grève générale est décidée le 14 décembre. Les camarades de PAME ont besoin de notre soutien. Il faut envoyer des messages nombreux de solidarité et le faire d’autant plus que la CES est dorénavant complice tout comme ses affiliés sur place qui se cachent. 


Cette orientation réactionnaire de Syriza aux ordres de Bruxelles et du patronat vise les travailleurs et militants combatifs de PAME, elle nous vise également car la Grèce est le laboratoire de ce que l’union Européenne et Macron rêvent d’appliquer en France avec la complicité de la CES, de la CFDT et le silence d’autre


Cela appelle une riposte de notre part et un soutien total aux militants de PAME qui se battent courageusement. Ils nous ont soutenu nos grèves et manifestations dans notre riposte à la destruction du code du travail en 2016 et 2017, soutenons les aujourd’hui. Ils on un besoin urgent de notre solidarité.


Fraternellement, Jean-Pierre Page 


Commentaire de B.T :

Syriza est aussi membre du PGE au même titre que le PCF. Que fait-on dans la même galère. L'ami de Pierre Laurent Tsipras fait dans le Jules Moch. J'espère qu'il est au moins gêné et qu'il nous le fera savoir 

Conférence internationale des partis communistes et ouvriers de Leningrad

100e anniversaire de la grande Révolution socialiste d’Octobre, les enseignements et les taches pour les communistes d’aujourd’hui Intervention du KKE

 

 

par  communistes
 

La rencontre internationale des partis communistes et ouvriers organisée par le KPRF à Saint-Petersbourg (Leningrad) a été un évènement avec la participation de très nombreux partis communistes... à l’exception du PCF. Mieux, le PCF était entièrement absent de toutes les cérémonies organisées à Léningrad ou Moscou pour le centième anniversaire de la révolution du 4 eu 7 novembre dernier... Les communistes Français doivent prendre conscience que leur direction s’est complètement isolée du mouvement communiste international pour se rapprocher d’une gauche européenne institutionnelle...

 

Heureusement qu’une délégation de communistes français à l’initiative de la section de Vénissieux s’est rendu à Moscou et a pris des contacts... (compte-rendu sur http://levenissian.fr) !

 

pam


Discours du KKE à la conférence théorique internationale des partis communistes et ouvriers « 100e anniversaire de la grande Révolution socialiste d’Octobre, les enseignements et les taches pour les communistes d’aujourd’hui »

 

Une Conférence internationale s’est tenue entre le 11 et le 13 août à Leningrad, organisée par le Parti communiste ouvrier de Russie, sur le thème « 100e anniversaire de la grande Révolution socialiste d’Octobre. Les enseignements et les taches pour les communistes d’aujourd’hui ».

 

Le KKE était représenté par les camarades Giorgos Marinos, membre du BP du CC du KKE et Eliseos Vagenas, membre du CC et Responsable du Département des Relations internationales du CC du KKE.

 

Nous publions l’intervention du KKE ci-après.

Discours du KKE à la conférence théorique internationale des partis communistes et ouvriers « 100e anniversaire de la grande Révolution socialiste d’Octobre, les enseignements et les taches pour les communistes d’aujourd’hui » (Leningrad 11-13/8/2017)

 

Chers camarades,

 

Au nom du CC du KKE, nous remercions le Parti communiste ouvrier de Russie pour l’initiative et l’accueil de notre Conférence d’aujourd’hui.

 

Le Comité central du KKE célèbre le 100e anniversaire de la grande Révolution socialiste d’Octobre. Il célèbre l’événement phare d’importance mondiale du 20e siècle qui a prouvé que le capitalisme n’est pas invincible, que nous pouvons construire une société supérieure sans exploitation de l’homme par l’homme.

 

La Révolution d’Octobre a mis en évidence la puissance de la lutte de classe révolutionnaire, la puissance des exploités et des opprimés quand ils effectuent une fuite en avant et tournent la roue de l’histoire vers l’avant, vers la libération sociale. la classe ouvrière russe, par la Révolution d’Octobre, est venu à réaliser la vision de millions de masses ouvrières-populaires pour une vie meilleure.

 

La Révolution d’Octobre a prouvé la justesse de la pensée léniniste que la victoire du socialisme est possible dans un pays ou un groupe de pays en raison du développement inégal du capitalisme.

 

Dans le même temps, l’Octobre a souligné le rôle irremplaçable de l’avant-garde révolutionnaire politique, du Parti communiste, en tant que dirigeant non seulement de la révolution socialiste, mais de toute la lutte pour le façonnement, le renforcement, la victoire finale de la nouvelle société communiste.

 

La contribution de Lénine et l’expérience des bolcheviks dans la lutte contre l’opportunisme (en tant que vecteur de l’idéologie et de la politique bourgeoise dans le mouvement ouvrier) est d’une grande importance politique et pratique.

 

Dans la pratique, il s’est avéré que la confrontation bien réfléchie et étayée avec les économistes, les menchéviks et les socialistes-révolutionnaires a été un élément clé dans la mise en place des conditions pour la création d’un parti révolutionnaire, d’un parti de nouveau type, fondé sur les principes léninistes.

 

L’effort systématique pour nettoyer le parti bolchevique de l’opportunisme a donné le pouvoir aux forces révolutionnaires, et (dans les deux ans suivant la 2e Conférence, 1903) a permis au Parti de se préparer et d’assumer un rôle décisif dans la révolution de 1905 et au cours des années de réaction qui ont suivi, en continuant, en adaptant la ligne révolutionnaire aux nouvelles conditions.

 

En septembre 1905, Lénine écrivait en matière du soulèvement à Moscou que « l’éclatement du soulèvement a été une fois de plus étouffé. Encore une fois : Vive le soulèvement », en notant puis en 1906 que « ainsi, rien de plus myope que le point de vue de Plékhanov, repris par tous les opportunistes et selon lequel il ne fallait pas entreprendre cette grève inopportune, il ne fallait pas prendre les armes. » (…) « au contraire, il fallait prendre les armes d’une façon plus résolue, plus énergique et avec un esprit plus agressif ; il fallait expliquer aux masses l’impossibilité de se borner à une grève pacifique, et la nécessité d’une lutte armée, intrépide et implacable ».

 

De 1905 jusqu’à la révolution socialiste victorieuse en Octobre 1917, a été enregistré la différence qualitative, l’écart entre la stratégie du courant révolutionnaire et l’opportunisme des mencheviks et des socialistes-révolutionnaires qui ont cultivé le fatalisme et ont diffusé des illusions parlementaires, qui ont soutenu le gouvernement provisoire bourgeois établi en février 1917, qui se sont emparés pour une période critique des Soviets et ont essayé de les émasculer.

 

Les menchéviks et les socialistes-révolutionnaires ont tenté d’empêcher la Révolution d’Octobre et de la mener à la défaite, ils se sont battus contre le nouveau pouvoir ouvrier et ont miné la construction socialiste de façon planifiée ; ce sont ces forces de l’opportunisme qui ont sapé le PCUS en cours de route et ont contribué de manière décisive à la contre-révolution et la restauration du capitalisme en l’Union soviétique.

 

Aujourd’hui, lorsque les conséquences de la contre-révolution frappent douloureusement la classe ouvrière à travers le monde et la pratique a prouvé que le capitalisme engendre des guerres impérialistes, des crises économiques, du chômage, de la pauvreté et des réfugiés, des forces de l’opportunisme parlent sans vergogne de l’« Octobre », essayant en tout cas de miner, de supprimer le caractère socialiste de la révolution d’Octobre et son contribution historique énorme.

 

La vérité est que les forces de l’opportunisme se sont livrées à une activité anticommuniste antisoviétique organisée toutes les années de construction socialiste, derrière la façade de l’eurocommunisme ou de ses branches dans de nombreux pays.

 

Les communistes doivent se souvenir et tirer des leçons.

 

L’opportunisme peut changer du nom et de formes d’organisation et de manifestation, mais dans chaque moment historique il représente un grand danger pour le mouvement communiste, un facteur d’érosion et d’intégration dans le système d’exploitation capitaliste.

 

Camarades,

 

La flamme d’Octobre a conduit à et a accéléré la création d’un certain nombre de Partis communistes, des partis ouvriers révolutionnaires de nouveau type, contrairement aux partis sociaux-démocrates de cette époque, qui avaient trahi la classe ouvrière et la politique révolutionnaire.

 

L’existence et le succès de la société socialiste pendant des décennies, lancée par la Révolution d’Octobre, a démontré qu’une société sans maîtres, sans capitalistes qui possèdent les moyens de production, est possible. Cette conclusion n’est pas annulée par le fait que dans cette période particulière elle n’a pas pu vaincre définitivement la propriété capitaliste et le profit capitaliste.

 

La nécessité et l’actualité du socialisme, la possibilité d’éliminer la propriété privée des moyens de production concentrés résultent du développement capitaliste qui conduit à la production concentrée. La propriété capitaliste implique le freinage du caractère social de la production. La propriété capitaliste annule la possibilité que tous les travailleurs vivent dans des meilleures conditions, socialement organisées, répondant aux besoins croissants de l’homme : travail pour tous sans le cauchemar du chômage, travailler moins d’heures en jouissant de meilleures conditions de vie, l’enseignement étant exclusivement public et gratuit de haut niveau, avec des services de Santé et de bien-être correspondants.

 

Ces possibilités sont générées par le travail de la classe ouvrière dans le capitalisme, et sont élargies par le développement de la science et de la technologie. Cependant, dans une société où ce qui sera produit et son mode de fabrication sont déterminés en fonction du profit individuel, capitaliste, les besoins de la classe ouvrière et des couches populaires sont écrasées. L’essence du problème réside dans le fait que c’est d’autres qui produisent et d’autres qui décident des objectifs et de l’organisation de la production. Les crises économiques cycliques sont dans l’ADN du capitalisme et deviennent de plus en plus profondes et synchronisées, avec pour conséquence la forte augmentation du chômage, l’expansion de nouveau du travail sous-payé et non assuré, la vie avec des droits écrasés, avec des guerres impérialistes pour le partage des marchés et des territoires.

 

La détérioration des conditions de travail et de vie, en dépit de l’augmentation de la productivité du travail, affecte tout le monde capitaliste, et même les États capitalistes les plus développés. Les États capitalistes eux-mêmes, leurs centres de recherche, admettent que le revenu du travail se réduit, alors que les richesses des capitalistes augmentent.

 

Le fait que les conditions de la construction de la société socialiste – communiste sont formées, n’entraîne pas sa réalisation automatique. Une raison importante est que, contrairement aux lois de la nature, le développement social exige l’activité des hommes, dans ce cas, la lutte de classe pour l’abolition de l’ancienne et la construction de la nouvelle société.

 

Le déclenchement de la révolution socialiste (comme toute révolution sociale de l’histoire humaine) nécessite l’émergence d’une condition où la capacité de la classe dirigeante d’intégrer, de supprimer, d’assurer le peuple, affaiblit.

 

Lénine a formulé le concept de la situation révolutionnaire et a identifié les principales caractéristiques objectives et subjectives qui s’accumulent dans la société à la veille de la révolution. Mais, comme l’a souligné Lénine de façon ciblée, chaque situation révolutionnaire ne se transforme pas à la révolution. Ni la réaction de ceux d’en bas, ni la crise de ceux d’en haut n’entraînera pas le renversement, sans le soulèvement révolutionnaire planifiée de la classe ouvrière, sous la direction de son avant-garde consciente.

 

En d’autres termes, pour la manifestation de la révolution ouvrière, la présence de l’avant-garde politique révolutionnaire, du Parti communiste, est nécessaire, qui est équipé de l’élaboration théorique et de la capacité de prédiction des développements, fondées sur la vision marxiste - léniniste du monde, et capable de diriger le soulèvement révolutionnaire de la classe ouvrière.

 

Malheureusement, l’expérience positive de la Révolution d’Octobre n’a pas était assimilée et n’a pas dominé tout au long de l’Internationale communiste. Au contraire, à travers un processus contradictoire, a prévalu de manière significative le concept stratégique qui, en général, fixait l’objectif d’un pouvoir ou d’un gouvernement de type intermédiaire, entre le pouvoir bourgeois et le pouvoir ouvrier, en tant que transition vers le pouvoir socialiste.

 

Aujourd’hui, on peur mieux constater que l’effort complexe de la politique extérieure de l’URSS de retarder en tant que possible l’attaque impérialiste et d’exploiter les contradictions entre les centres impérialistes dans ce sens, est associé à des changements importants dans la ligne de l’Internationale communiste, qui ont joué un rôle négatif dans le cours du mouvement communiste international les décennies à venir. Les changements concernaient le traitement du courant fasciste, l’attitude envers la social-démocratie et la démocratie bourgeoise elle-même. On a l’émergence de la distinction politique des alliances impérialistes de cette période en agressives, comprenant les fascistes, et en défensives, comprenant les forces démocratiques-bourgeoises.

 

Plus précisément, l’estimation sur l’existence d’une aile droite et d’une aile gauche au sein des partis sociaux-démocrates dans les années 30 était erronée, sur laquelle se fondait l’alliance avec eux. Ce fait sous-estimait leur mutation complète en partis bourgeois. Cette fausse distinction a été maintenue après la Seconde Guerre mondiale.

 

Ces changements objectivement enfermaient la lutte du mouvement ouvrier sous la bannière de la démocratie bourgeoise. De même, la distinction des centres impérialistes en pacifiques et en belliqueux masquait le vrai coupable de la guerre impérialiste et de la montée du fascisme, le capitalisme monopoliste. À savoir, la tâche impérative stratégique des Partis communistes de combiner le rassemblement des forces pour la lutte pour la libération nationale et la lutte antifasciste avec la lutte pour le renversement du pouvoir bourgeois, en utilisant les conditions de la situation révolutionnaire formées dans plusieurs pays, n’a pas été mise à la lumière.

 

En général, dans les élaborations stratégiques de l’Internationale communiste, le caractère de l’époque a été sous-estimé et l’identification du caractère de la révolution sur la base de la position d’un pays capitaliste dans le système impérialiste international a dominé. À savoir, le plus bas niveau de développement des forces productives d’un pays par rapport au plus haut niveau atteint par les principales forces du système impérialiste international, et le rapport de force négative à l’égard du mouvement ouvrier révolutionnaire, ont été adoptés à tort en tant que critère pour identifier le caractère de la révolution.

 

Mais le développement inégal des économies capitalistes et les relations inégales entre pays ne peuvent pas être supprimés dans le cadre du capitalisme. En fin de compte, le caractère de la révolution dans chaque pays capitaliste est objectivement déterminé par la contradiction fondamentale qu’elle doit résoudre, indépendamment du changement relatif de la position de chaque pays dans le système international impérialiste. Le caractère socialiste et les tâches de la révolution résultent de l’aiguisement de la contradiction fondamentale entre le capital et le travail dans tous les pays capitalistes à l’époque du capitalisme monopoliste.

 

Dans une série d’élaborations des Partis communistes, l’approche de l’objectif du pouvoir ouvrier se faisait en fonction du rapport de force et non de la détermination objective de l’époque historique où nous vivons, qui dépend du mouvement de la classe qui est chaque fois à la tête du développement social, à savoir de l’action vers la libération sociale.

 

Certes, ces erreurs de stratégie du mouvement communiste international, ainsi que des erreurs commises par le PCUS dans l’élaboration de sa politique à l’intérieur, avec le travail de sape attendu de l’impérialisme et la contre-révolution, ont influencé les développements.

 

La Révolution d’Octobre a mis en lumière une organisation supérieure de la société, qui était radicalement différente de tous les systèmes qui l’ont précédé historiquement et qui avaient en commun l’exploitation de l’homme par l’homme.

 

À cette époque, les nouvelles institutions de participation ouvrière ont été développées, ayant initialement comme noyau le lieu de travail, une relation politique qui ensuite était compromis en cédant à des difficultés objectives existantes et à des pressions subjectives. Sous la pression également de la préparation pour la contribution active de tout le peuple face à la guerre à venir, la Constitution soviétique de 1936 a généralisé le droit de vote au suffrage universel secret en fonction du lieu de résidence. Les assemblées des représentants dans chaque unité de production, en tant que noyaux d’organisation du pouvoir ouvrier, s’étaient dégradées. Dans la pratique, la difficulté de révoquer les représentants des organes supérieurs de l’État a été augmentée.

 

Ils ont été interprétés comme des faiblesses inévitables qui sont dans la nature de la planification centrale et non comme le résultat des contradictions des survivances de l’ancien, le résultat d’erreurs dans le plan qui n’était pas élaboré de manière scientifique. Ainsi, au lieu de rechercher la solution vers l’avant, au moyen de l’expansion et du renforcement des rapports communistes de production et de distribution, elle a été recherchée vers l’arrière, dans l’utilisation des outils et des rapports de production du capitalisme. La solution a été recherchée dans l’expansion du marché, dans le « socialisme de marché ».

 

Le 20e Congrès du PCUS (1956) était le point tournant, parce que pendant celui-ci, au moyen de ladite « culte de la personnalité », une série de positions opportunistes ont été adoptées par rapport à des questions de la stratégie du mouvement communiste, des relations internationales et partiellement de l’économie. De manière plus générale, la direction centrale de la planification a été affaiblie. Plutôt que de concevoir la transformation des kolkhozes en sovkhozes, et notamment de commencer le passage de toute la production des coopératives et des kolkhozes au contrôle de l’État, en 1958, les tracteurs et autres machines sont passés à la propriété des kolkhozes, une position qui avait été rejetée auparavant.

Quelques années plus tard, en commençant par la soi-disant « réforme Kossyguine » (1965), la catégorie bourgeoise du « profit commercial » de chaque unité de production individuelle a été adoptée, alors que les rémunérations des directeurs et des employés ont été liées à celui-ci. L’estimation de la productivité des unités de production socialistes en termes de volume de production a été remplacée par l’évaluation de la valeur de leur produit. Le processus d’accumulation de chaque unité socialiste a été découplé de la planification centrale socialiste entraînant l’affaiblissement du caractère social des moyens de production et de stocks de produits. De plus, jusqu’en 1975, toutes les fermes d’État, les sovkhozes, étaient passés au régime d’auto-préservation complète. Toutes ces mesures ont conduit à la création des conditions de l’usurpation et de la propriété individuelles, des relations qui ont été interdites par la loi.

 

Vers la même époque, la conception marxiste-léniniste de l’État ouvrier a été révisée. Le 22e Congrès du PCUS (1961) a décrit l’État de l’URSS comme « État de tout le peuple » et le PCUS comme « parti de tout le peuple ». Ces positions ont donné lieu à l’atténuation rapide et puis à la mutation des caractéristiques révolutionnaires et de la composition sociale du parti. La conversion de la dégénérescence opportuniste du PCUS en force contrerévolutionnaire ouverte a eu lieu en 1987, avec l’adoption de la loi consacrée à la protection au niveau institutionnel des relations capitalistes sous prétexte de la diversité des relations de propriété, la fameuse politique de « perestroïka » et de « glasnost ». Cet événement marque le début officiel de la période de contre-révolution.

 

Chers camarades,

 

Le KKE cherche à tirer des conclusions nécessaires pour aujourd’hui, des victoires, mais aussi des défaites amères et de la retraite du mouvement communiste. À travers un grand effort laborieux collectif, le KKE a élaboré une stratégie révolutionnaire contemporaine qui augmente sa capacité d’organiser des foyers de résistance et de contre-attaque qui se trouvent en première ligne, dans tous les secteurs de l’économie, tout grand lieu de travail, dans toutes les régions du pays.

 

Le renforcement du KKE à tous les niveaux, dont s’est occupé le récent 20e Congrès du Parti, constitue une condition préalable à la promotion de sa politique révolutionnaire.

 

En même temps, le KKE lutte pour la reconstruction du mouvement communiste international, selon les principes de l’internationalisme prolétarien, de la solidarité internationaliste entre les peuples contre le capitalisme et la guerre impérialiste, exprimé par le mot d’ordre « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ». Quelques progrès sont déjà accomplis dans l’effort pour établir un pôle distinct fondé sur les principes du marxisme - léninisme, au moyen de la « Revue Internationale communiste » et l’Initiative communiste européenne.

 

Un élément constitutif de la stratégie contemporaine du KKE est sa conception programmatique du socialisme. La construction socialiste commence par la conquête révolutionnaire du pouvoir par la classe ouvrière. L’État ouvrier, la dictature du prolétariat, est un organe de la classe ouvrière dans la lutte de classe qui continue dans le socialisme sous d’autres formes et par d’autres moyens. Il est utilisé pour le développement planifié des nouvelles relations sociales, ce qui implique la suppression des efforts contre-révolutionnaires, ainsi que le développement de la conscience communiste de la classe ouvrière. L’État ouvrier, comme mécanisme de domination politique, est nécessaire jusqu’à ce que toutes les relations sociales se transforment en communistes, jusqu’à la formation de la conscience communiste dans la grande majorité des travailleurs, et jusqu’à la victoire de la révolution, au moins dans les pays capitalistes les plus puissants.

 

Chers camarades,

 

Il y a 100 ans, dans cette ville, lors de telles journées, le 6e congrès du Parti bolchevique a pris une décision historique, élaborant la ligne de soulèvement armé. La mise en œuvre de la décision a conduit quelques mois plus tard au son des canons d’« Aurore ». Aujourd’hui, 100 ans plus tard, les communistes du monde entier sont appelés à se pencher sur l’histoire, à en tirer les conclusions nécessaires, à élaborer la stratégie révolutionnaire contemporaine dans leur pays et au niveau international.

 

Ceci est la réponse nécessaire pour faire face au travail corrosive de l’opportunisme, pour surmonter le déclin idéologique et organisationnel du mouvement communiste, pour sa reconstruction révolutionnaire.

 

Il est objectivement nécessaire et impératif de faire correspondre la stratégie des partis communistes au caractère de notre époque, époque de passage du capitalisme monopoliste-impérialisme au socialisme que la Révolution socialiste d’Octobre a ouvert, et de surmonter alors les étapes transitoires des programmes des partis communistes et définir le caractère de la révolution en tant que socialiste.

 

Cette direction peut contribuer de manière décisive à se débarrasser des options qui se trouvent à l’intérieur des murs de gestion du capitalisme, comme les soi-disant « gouvernements de gauche » et l’alliance avec la social-démocratie, à faire avancer la lutte antimonopoliste, anticapitaliste, les élaborations qui sont fondées sur les exigences de la lutte de classe et qui peuvent contribuer de manière décisive à la préparation du facteur subjectif et à la concentration des forces ouvrières-populaires dans la lutte pour renverser le capitalisme et construire le socialisme-communisme.

 

Manifestations du PAME : L’optimisme pour le peuple ne se trouve que dans le développement de la lutte de classe

 
par  communistes
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Un message de résistance et de contre-attaque s’adressant au gouvernement et aux employeurs a été envoyé par les manifestations que le Front Militant des Travailleurs a organisé le 9/11 à Athènes, à Thessalonique et à d’autres villes du pays.

 

En répondant à l’appel pour l’organisation des manifestations les fédérations, les syndicats et les centrales syndicales régionales ont confirmé qu’ils se trouvent en vigilance et qu’ils sont préparés pour le nouveau vague de l’offensive anti-ouvrière que le gouvernement déploie pour les intérêts du capital dans plusieurs fronts.

 

Cette lutte prend lieu chaque jour dans les lieux de travail où les ouvriers luttent pour signer les Conventions collectives, pour défendre des places de travail et des droits. Pour lutter contre le terrorisme de l’état et des employeurs, contre les saisies des logements et les enchères auxquelles les mains des banques et de l’état s’étendent.

 

Une station dans cette activité était l’organisation de ces manifestations, qui ont poussé à la continuation et à l’intensification de cet effort, afin de préparer à partir de maintenant une grève en tant que réponse contre l’attaque que le gouvernement a lancée. Cette attaque frappe l’action collective, l’organisation des travailleurs et surtout le droit à la grève.

 

Nikos Mavrokefalos, membre de la Secrétariat Exécutif du PAME, en prenant le parole pendant la manifestation dans la place Syntagma à Athènes, a condamné la politique antipopulaire du gouvernement SYRIZA-ANEL et a fait référence aux foyers de lutte et de résistance étant crées dans des secteurs et des lieux de travail : aux mobilisations des médecins des hôpitaux contre la dissolution du système de la Santé et l’ intensification des conditions de travail qui conduisent à l’épuisement du personnel ; aux luttes des métallurgistes de la zone de réparation des navires qui ont conduit à signer la convention collective au niveau régional ; aux mobilisations de grève des travailleurs à l’ organisme des Télécommunications de la Grèce (OTE) et aux grands chantiers du secteur des Constructions pour les Conventions collectives. Aussi, aux luttes dans les usines ELAIS (produits des olives) et LEVER, dans les messageries de Presse pour les places de travail et les droits des travailleurs. Aux initiatives des syndicats et des Comités populaires contre les saisies et les enchères. Il a ajouté : nous avons le devoir de renforcer chaque foyer de résistance et d’unifier toutes ces luttes en confrontation générale contre les employeurs comme une classe. Contre son personnel dans le mouvement syndical et contre ses partis politiques.

 

Il a souligné que le PAME lutte pour que des Conventions collectives soient signées : “On organise la lutte pour les Conventions collectives dans tous les secteurs et tous les entreprises. On intensifie l’initiative des 530 unions syndicaux qui l’année précédente ont déposé un plan complet de lutte et de revendications ».

 

Le SG de la Comité Centrale du Parti Communiste (KKE) de la Grèce a participé à la manifestation à Athènes. Il a déclaré :

 

La crise économique et le développement capitaliste ont comme dénominateur commune la destruction des droits ouvriers-populaires. L’optimisme ne se trouve pas dans les paroles du premier Ministre ou de Mitsotakis (chef du parti principal de l’opposition) concernant le juste développement. L’optimisme pour le peuple se trouve dans le développement de la lutte de classe, le regroupement rapide du mouvement ouvrier, l’Alliance Sociale, la lutte dans tous les fronts et le renforcement général du KKE.

 

Le FMI, l’euro et la Grèce: un rapport accablant

 

 

Jacques SapirPar  · 

Le rapport publié par le Independent Evaluation Office du FMI sur la gestion de l’aide à la Grèce, à l’Irlande et au Portugal[1], contient une série de remarques qui ne surprendront certes pas les spécialistes, mais qui n’en sont pas moins profondément révélatrice. Au delà, ce rapport, que l’on pourra consulter ci-dessous, est extrêmement intéressant par ce qu’il révèle sur le fonctionnement de cette organisation. L’article publié dans The Telegraph par Ambrose Evans-Pritchard[2], en tire déjà certaines conclusions.

 

Rapport de l’Independent Evaluation Office

 

IEO-Report IMF

 

On se demandera alors si le FMI est devenu le nouveau repère de l’extrême-gauche, voire des souverainistes. Comment une organisation internationale comme le FMI peut-elle tout à la fois tenir un discours très conservateur, par l’intermédiaire de Mme Christine Lagarde, publier des textes, qu’il s’agisse des documents de travail (aisément accessibles sur le site du FMI), ou des rapports[3], qui nourrissent une bonne partie des critiques contre les politiques de la Troïka, et avoir – sur le terrain – toujours la même attitude, qui l’a rendue odieuse, depuis le début des années 1990 ? C’est que le FMI est en même temps trois choses distinctes, et que de cela découlent des points de vue nécessairement différents.

 

1- Le FMI est non pas une « organisation internationale » au sens des Nations-Unies, mais en réalité une banque. On oublie, un peu vite, cette réalité. Cette banque doit la majorité de son capital aux Etats-Unis. La directrice (ou le directeur) du FMI doit donc à la fois s’en tenir à la charte interne du FMI et naviguer entre ses grands actionnaires. C’était d’ailleurs pourquoi Dominique Strauss-Kahn, quand il était directeur, avait tenté une réforme donnant plus de poids aux pays « émergents ». Les discours tenus par Mme Lagarde sont des discours de politique, ou de diplomatie. Ils ne reflètent que médiocrement les réalités économiques mais bien plus les rapports de forces existants entre les grands actionnaires. A ce sujet, il faut toujours se rappeler de l’aphorisme qui dit que « quand un diplomate vous dit ‘oui’, il pense ‘peut-être’, quand il vous dit ‘peut-être’ il pense ‘non’, et s’il vous dit ‘non’, ce n’est pas un bon diplomate.

 

2- Le FMI, pour être capable d’intervenir de manière efficace, s’est doté d’un service de recherches. Ce service a connu un fort développement depuis les années 2000, et surtout à la suite du désastre que fut, pour le FMI, la crise russe mais aussi la crise asiatique. Le FMI fut, à la fin des années 1990, sous les feux des critiques non seulement de l’extrême-gauche mais aussi de gens bien plus modérés. La crise russe d’août 1998, mais aussi l’échec du FMI dans sa gestion de la crise asiatique ont provoqué une prise de conscience. Les travaux du service de recherche sont devenus plus ouverts à la réalité économique et moins imprégnés de la doctrine monétariste qui prévalait au début des années 1990. Cette doctrine était d’ailleurs mal comprise, et le niveau général, en économie, des directeurs du FMI était assez faible. J’ai travaillé avec le FMI de 1991 à 1993, et je me souviens de ce qu’un des directeurs (homme fort affable par ailleurs) m’avait déclaré en public « Monsieur Sapir, l’inflation est toujours et partout un phénomène macroéconomique, comme l’a démontre Von Hayek », et ce alors que toutes les personnes connaissant un peu l’œuvre de Hayek savent pertinemment que, pour cet auteur, l’inflation est d’abord causé par les désordres microéconomiques…Depuis 2004, la qualité des travaux publiés par le FMI a connu un fort progrès. Cela ne veut pas dire que l’idéologie n’y joue aucun rôle, ni que la doctrine économique du FMI soit nécessairement une référence. Mais, les travaux de Blanchard et Leigh, par exemple, ont compté dans cette prise en compte de la réalité[4].

 

3- Par contre, les « experts » envoyés dans les pays sous contrôle du FMI sont restés ce qu’ils étaient au début des années 1990, c’est à dire des brutes dont les compétences sont limitées mais le pouvoir de nuisance expéditif…

 

Il faut donc lire le rapport écrit par l’Independent Evaluation Office. Un point particulièrement important est mis en avant dès la préface :

 

« The IEO report approaches the topic by asking whether the IMF’s crisis management was appropriate, given the exceptional circumstances; whether it compromised its best economic judgment because of the way it engaged the euro area; and what it could have done differently to achieve better outcomes. The evaluation concludes that the Executive Board generally played a limited role in its supervisory function, and that the IMF’s overall performance in surveillance and crisis lending was uneven. The IMF’s handling of the euro area crisis raised issues of accountability and transparency, which helped create the perception that the IMF treated Europe differently »

 

Autrement dit, et cela est écrit avec beaucoup de diplomatie, la Direction du FMI n’a pas joué son rôle de supervision et a « compromis » son jugement pour satisfaire aux responsables de la zone Euro. Mais, encore une fois, on ne saurait trop conseiller de lire l’intégralité du rapport…

 

[1] Takagi, Shinji, | International Monetary Fund. Independent Evaluation Office, The IMF and the crises in Greece, Ireland, and Portugal, Washington DC, IMF, 2016.

 

[2] http://www.telegraph.co.uk/business/2016/07/28/imf-admits-disastrous-love-affair-with-euro-apologises-for-the-i/?WT.mc_id=tmg_share_tw

 

[3] Comme le IMF – 2017 EXTERNAL SECTOR REPORT dont on a rendu compte par ailleurs sur ce carnet, voir, « L’Euro source structurelle de déséquilibre », note publiée le 29 juillet 2017 sur RussEurope : https://russeurope.hypotheses.org/6180

 

[4] Voir, « Le FMI et l’aveu de François Hollande sur la croissance » note publiée sur RussEurope le 20 février 2013, https://russeurope.hypotheses.org/895

Quand Varoufakis dévoile les coulisses de l’Europe

 

16 Juillet 2017
 

 

ISABELLE COUET Le 02/07 à 11:05
 
Dans son dernier livre, l’ancien ministre des Finances grec lève le voile sur les coulisses européennes. Un témoignage décapant. En voici deux épisodes.
 

Deux ans après avoir été poussé à la démission, Yanis Varoufakis, ancien ministre grec des Finances, réputé pour son anticonformisme a publié un livre choc révélant les dessous des négociations entre son pays et la Troïka pendant ses six mois au gouvernement. Il décrit notamment sa rencontre avec Michel Sapin et son premier Eurogroupe vécu comme une expérience kafkaïenne.

 

MICHEL SAPIN, l’HOMME AUX DEUX DISCOURS

 

En préparation de son premier Eurogroupe, le nouveau ministre des Finances grec Yanis Varoufakis fait la tournée de plusieurs capitales européennes. Il rencontre Michel Sapin à Paris pour lui expliquer son plan pour la Grèce.

 

Le Grec et sa petite délégation sont accueillis à Bercy par un homme jovial et chaleureux, « typiquement latin dans sa gestuelle et son langage corporel ». Tout le monde s’asseoit, y compris les traducteurs appelés en renfort car Michel Sapin est « le seul ministre de l’Eurogroupe ne parlant pas anglais », rapporte Varoufakis. Le ministre d’Alexis Tsipras est invité à exposer ses idées  : il évoque son plan de restructuration de la dette grecque et, espérant sans doute faire mouche, propose de bâtir « une nouvelle relation entre son pays et l’Union européenne inspirée du contrat social de Jean-Jacques Rousseau ».

 

La réponse de Michel Sapin le comble au-delà de ses attentes : « Le succès de votre gouvernement sera aussi le nôtre. Il est important que nous changions l’Europe ensemble et que nous remplacions cette obsession de l’austérité par un agenda pro-croissance. La Grèce en a besoin, la France en a besoin, l’Europe en a besoin ». Encouragé, Yanis Varoufakis se met à détailler des mécanismes un peu complexes par lesquels la BCE et BEI pourraient efficacement soutenir l’économie européenne, en réduisant la dette et encourageant l’investissement. Son interlocuteur acquiesce et réaffirme avec emphase la promesse de François Hollande « Ensemble, nous devons redémarrer l’Europe.»

Victoire ! Yanis Varoufakis sent un vent de révolution se lever dans l’enceinte de Bercy. « C’est tout juste si Michel ne m’a pas attrapé la main pour qu’on aille prendre la Bastille en chantant la Marseillaise », raconte-t-il avec une pointe d’ironie.

 

Mais l’atmosphère va rapidement changer et le souffle révolutionnaire retomber. Dans le couloir qui mène à la salle de presse, le locataire de Bercy avertit son homologue que Berlin, avec qui il est en contact, n’a pas du tout apprécié que les Grecs viennent à Paris sans passer par la capitale allemande. Une faute que Michel Sapin lui conseille de réparer au plus vite. « Allez-les voir », lui dicte le Français, avec une petite tape dans le dos.

 

Deux pupitres côte à côte, placés devant les drapeaux français, grec et européen, les attendent dans la salle de presse. Le ministre français parle le premier et souhaite la bienvenue à son nouvel homologue, tout en reconnaissant les sacrifices énormes consentis par le peuple grec. Et tout d’un coup, plus aucune trace de jovialité et de camaraderie. Yanis Varoufakis croit entendre une voix venue d’outre-Rhin : « obligations à l’égard des créanciers », « discipline », Michel Sapin rappelle les Grecs à leurs devoirs et balaie tout espoir de changements significatifs dans l’accord qui lie Athènes à la Troïka (Commission, BCE et FMI). Pour le ministre grec, c’est un véritable « coup dans l’estomac ».

Yanis, vous devez comprendre une chose. La France n’est plus ce qu’elle était

Sitôt sorti de la salle, le locataire de Bercy remet le masque du sympathique « cousin, que l’on n’a pas vu depuis longtemps », en prenant la main de Varoufakis. Ce dernier l’interroge : « Mais qui êtes-vous, qu’avez-vous fait à mon Michel ? » Cette fois, le Français comprend sans avoir besoin de traduction. Et lui répond « Yanis, vous devez comprendre une chose. La France n’est plus ce qu’elle était. »

 

Un aveu terrible qui, dans les mois qui suivent, sera étayé par de nombreuses preuves. Les dirigeants français (à l’exception d’Emmanuel Macron, le seul qui trouvera grâce aux yeux du Grec) ne veulent prendre aucun risque et certainement pas abîmer leur crédibilité en soutenant un gouvernement de Gauche radicale, alors qu’ils jouent eux-mêmes gros dans cette partie: Paris sait qu’il est dans le viseur de Berlin et de la Commission sur les questions de discipline budgétaire.

 

Dans l’ascenseur, Michel Sapin confie à Varoufakis qu’il n’a pas fait d’études d’économie. «Savez-vous quel était le sujet de ma thèse? L’histoire de la monnaie ancienne d’Egine». Grand sourire de l’Enarque. Enfin, au moment où la petite délégation athénienne s’apprête à sortir, le ministre s’élance vers eux pour leur livrer un précieux enseignement: comment nouer une cravate à la française.

 

LA MECANIQUE IMPITOYABLE DE L’EUROGROUPE

 

L’Eurogroupe du 11 février 2015 est le premier sommet du nouveau ministre grec. Il le sait, c’est le rendez-vous de tous les possibles et de tous les dangers. Yanis Varoufakis, à qui les Grecs ont confié la mission de renégocier l’accord avec la Troïka, l’a préparé en allant présenter son plan pour la Grèce à un certain nombre de ministres des Finances européens.

 

«L’Eurogoupe est une créature intéressante. Il n’a aucune base légale dans les traités européens et pourtant c’est le lieu où sont prises les décisions les plus cruciales pour l’Europe», analyse le nouveau venu. A quoi ressemble une réunion de cette instance si peu connue du grand public? Yanis Varoufakis explique que tout se passe autour d’une «immense table rectangulaire» et que les ministres des Finances, chacun accompagnés d’un conseiller, s’installent de part et d’autre de la table.

 

«Mais le vrai pouvoir est assis à chaque extrémité»: d’un côté, Jeroen Dijsselbloem, le président de l’Eurogroupe, et le FMI (Christine Lagarde, Poul Thomsen). De l’autre, le letton Valdis Dombrovskis alors vice-président de la Commission européenne «dont le rôle véritable consiste à contrôler – à la demande de Wolfgang Schäuble – Pierre Moscovici, le commissaire aux affaires économiques et financières». A leurs côtés, les représentants de la BCE. Son président Mario Draghi se trouve ainsi tout proche du ministre allemand Schaüble, une zone où l’atmosphère est chargée d’électricité, à en croire l’outsider plongé dans le coeur du réacteur européen.

La Troïka a pris le pouvoir dans la gouvernance européenne

Yanis Varoufakis identifie un groupe particulier: celui qu’il baptise ironiquement la bande de « groupies ». A savoir, les ministres finlandais, slovaque, autrichien, portugais, slovène, letton, lithuanien et maltais. Autrement dit, ceux qui ne vont faire qu’appuyer Schaüble et Dijsselbloem.

 

«Dans les réunions normales de l’Eurogroupe, un fascinant rituel illustre la manière avec laquelle la Troïka a pris le pouvoir dans la gouvernance européenne». Ce rituel consiste à donner d’abord la parole aux personnalités non élues, Commission, FMI, BCE donc. Mais le sommet du 11 février, crucial pour le nouveau gouvernement grec, va introduire un peu de nouveauté. «Pour la première fois un pays (est) représenté par un ministre des Finances élu sur la base d’un programme consistant à s’opposer à la Troïka», relève Yanis Varoufakis. Par ailleurs, Dijsselbloem a contacté le Premier ministre grec pour l’inciter à envoyer trois personnes et non deux, comme le veut la règle. Le trublion Varoufakis est ainsi flanqué de deux autres représentants de la Grèce. Deux hommes qui ne partagent pas totalement ses idées, et encore moins son plan de marche.

 

Le moment tant attendu arrive: le Grec prend la parole et détaille les changements que la Grèce souhaite introduire dans l’accord précédemment signé avec la Troïka. Il demande à ce que soit distribué le texte qu’il a rédigé et qui résume ses propositions. Premier couac. Le secrétariat lui explique qu’il y a un problème. Le président de l’Eurogroupe confirme: c’est impossible. Varoufakis a du mal à comprendre. Mais la réponse ne tarde pas à venir: si un tel document circule, alors le ministre des Finances allemand Wolfgang Schaüble sera contraint légalement de le présenter au Bundestag. Et cela, personne ne peut le souhaiter, compte tenu des tensions politiques qu’un tel enjeu peut créer outre-Rhin.

 

Le projet de communiqué final de l’Eurogroupe – le but ultime de la réunion – est en revanche distribué. «Un seul regard (suffit) à comprendre qu’il est impossible de l’accepter puisqu’il engage explicitement la Grèce à aller au bout du deuxième programme d’ajustement et à mettre en oeuvre l’intégralité du Memorandum of Understanding (MoU)», déplore Varoufakis. Il est simplement mentionné qu’une « flexibilité maximale » sera accordée mais dans le strict respect du programme. Autrement dit : 0 flexibilité.

 

Le ministre grec s’en émeut et tente le compromis: ajouter le mot « amendé » derrière le terme « programme ». Ses deux compatriotes acquiescent. Dijsselbloem demande une interruption de la réunion. Quand elle reprend, Schaüble allume son micro et explique pourquoi il ne peut pas accepter. Un terme ajouté au communiqué supposera d’aller devant le… Bundestag!

 

Entre le Grec et l’Allemand s’engage un véritable bras de fer. Lequel des deux va plier et donc soumettre son Parlement à la décision de l’autre? Varoufakis est bien décidé à ne pas céder, malgré les regards furieux et l’hostilité évidente de Dijsselbloem. Pour accentuer la pression, on lui rappelle que si le communiqué n’est pas publié le jour même, les délais de ratification par les différents parlements seront impossibles à tenir et qu’il n’y aura donc aucune extension de l’aide à la Grèce avant le 28 février, date à laquelle la BCE sera donc obligée «de débrancher la prise»… autrement dit d’arrêter les prêts aux banques grecques. Et donc de pousser la Grèce vers la sortie de l’euro.

 

Christine Lagarde se décide à jouer les médiatrices et fait une suggestion. «Est-ce que l’on pourrait mettre le terme ‘ajusté’?» Le ministre grec accepte, à condition d’évoquer aussi la «crise humanitaire» qui secoue la Grèce. Dijsselbloem refuse catégoriquement. Cela fait dix heures que la réunion a commencé. Schaüble sort de la salle. Tout le monde s’interroge. Le tout-puissant ministre revient. La discussion reprend, mais de manière complètement désordonnée. Le clan des «groupies» demande à Varoufakis s’il a l’intention de faire sortir la Grèce de l’euro. Et finalement, sans qu’aucun communiqué final ne soit validé, tous les participants s’en vont. Reste à affronter la presse et minimiser le drame qui vient de se nouer.

 

Yanis Varoufakis, Adults in the Room, My Battle with Europe’s Deep Establishment, The Bodley Head, 2017

Le Dispensaire Social Métropolitain d’Elléniko dénonce :


L’annulation de la décision dans l’affaire des malversations de la TAIPED(1) à l’encontre du Gouvernement Grec concernant les biens immobiliers est une tentative de couvrir un scandale sous le manteau du parlement grec.

 

«  La déclaration du vice président de la commission, Valdis Dombrovskis est d’une autre époque -avant les mémorandums- ; de même , les pressions exercées sur notre pays par l’Eurogroupe du 15 juin,pour que soient amnistiés les experts de la TAIPED afin que nous soit versée la nouvelle tranche, auraient provoqué des réactions politiques à l’intérieur de l’Union Européenne ou pour le moins aurait fait démissionner certains de ceux qui interfèrent dans les affaires intérieures d’un pays membre.

 

Non seulement cela ne s’est pas produit dans l’Union Européenne de 2017, mais en plus les pressions continuent, l’an dernier, sur les pressions de Jeroen Dijsselbloem alors président de l’Euro Groupe, le gouvernement grec a passé une loi pour accorder l’immunité aux experts techniques de la privatisation et auprès des banques – grecs et étrangers- contre toute poursuite future qui pourrait être exercée pour prévarication contre l’Etat Grec.

 

Cette intervention législative particulière est intervenue après les poursuites qui avaient déjà été engagées contre les experts de la TAIPED et par conséquent ne les couvrait donc pas.

 

Le 29 juin la justice indépendante grecque a annulé la décision du Conseil d’appel qui avait intenté un procès contre trois membres du Conseil d’Administration de la TAIPED et six membres du Conseil des Experts,(dont un Slovaque, une Italienne, un Espagnol) pour malversations contre l’Etat Grec dans l’affaire de la vente et de la cession-bail de 28 biens publics durant la période 2013-2014.

 

Rappelons nous dans cette affaire que le Tribunal avait jugé (Acte numéro 275/2013) de Z. Klimakiou, que la transaction était opaque et désavantageuse. Par la suite sous le numéro 1204/2014,la décision de la section VI du Tribunal a approuvé la signature des contrats pour des raisons non liées à la substance de la transaction.

 

Par ces contrats de vente et cession-bail l’Etat grec recevait un financement de 260 millions d’euros et il devait payer pendant 20 ans un loyer annuel d’environ 26 millions d’euros ou 520 millions d’euros en une seule fois ( c’est à dire le double). Selon l’estimation des juges saisis de l’enquête, le préjudice pour l’état grec se monte à 580 millions d’euros.

 

De plus les juges ont estimé que le désavantage de l’opération en cause vient du financement qui se monte au taux scandaleux de plus de 12% alors qu’a l’époque où a été conclu le contrat notre pays pouvait emprunter sur le marché à des taux qui culminaient à 7 ou 8%.

Par l’ordonnance 999/2017 du Conseil d’Appel sur l’avis du 18/10/2013 concernant trois Grecs et trois étrangers du conseil des experts de la TAIPED, il est déclaré que « la transaction convient » à l’Etat grec.

 

Si tous les éléments ci- dessus, dont est informé le citoyen grec, ne constituent pas des preuves accablantes que nous en sommes arrivés à une situation que nous ne pouvons qualifier que de « colonie », vraiment, je ne sais pas quel mot plus juste nous pouvons employer. Par elle même et à elle seule, la loi qui change les responsabilités pénales de ceux qui sont impliqués dans ces actes indique l’illégalité de ces actions à l’égard de notre pays. C’était bien sûr une condition pour que nous recevions l’échéance du prêt.

 

Pour nous, il est très clair que tout cela est un essai de couvrir un scandale sous le manteau de la loi du Parlement Grec. Aucun citoyen grec indépendant ne peut accepter ces exigences et lois déraisonnables qui donnent la possibilité aux créanciers souverains de voler notre pays.

 

Soyez toutes et tous certains, à l’intérieur ou à l’extérieur des frontières qu’en son temps ces scandales de toutes sortes seront enquêtés et que les responsables recevront ce qu’ils doivent. Autant de lois que fassent passer certains par le parlement, la vérité finira par éclater. »

 

1(Société anonyme qui privatise les biens de l’Etat Grec exclusivement pour rembourser les créanciers -note du traducteur)

traduction Palili

 

http://kinisienergoipolites.blogspot.fr/2017/07/blog-post_67.html

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La crise grecque a largement profité à l’Allemagne

 

11 Juillet 2017

  • Par lefigaro.fr, AFP, AP, Reuters Agences
  • Mis à jour le 10/08/2015 à 18:35
  • Publié le 10/08/2015 à 18:14
Angela Merkel, la Chancelière allemande, lors d'une réunion à Berlin il y a quelques semaines.

Selon des calculs réalisés par un institut allemand, l’Allemagne a réalisé plus de 100 milliards d’euros d’économies budgétaires depuis le début de la crise grecque, soit un peu plus de 3% de son PIB.

 

La position allemande face à Athènes a largement été commentée, analysée, débattue. Une étude réalisée par l’Institut Leibnitz de recherche économique (IWH)révèle que l’Allemagne a cependant largement profité de la crise grecque. Selon les résultats d’une étude publiée ce lundi, le pays a réalisé près de 100 milliards d’euros d’économies budgétaires depuis le début de la crise en 2010, soit environ 3% de son PIB. «Ces économies dépassent le coût engendré par la crise et ce même si la Grèce ne remboursait pas entièrement sa dette, commentent les économistes. L’Allemagne a donc dans tous les cas profité de la crise en Grèce».

 

Les experts ont effectué des simulations en partant du constat que les investisseurs confrontés à une crise économique effectuent le plus possible des placements sûrs. «Durant la crise européenne de la dette, l’Allemagne a profité de cet effet de manière disproportionnée», selon eux. En parallèle, les analystes ont cherché à évaluer quelle aurait été une politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) neutre pour l’Allemagne durant cette période. «On en vient à des taux simulés sur les emprunts d’État allemands qui, en moyenne entre 2010 et aujourd’hui, sont 3% plus élevés à ce qu’ils ont été dans la réalité», poursuivent-ils, ce qui revient à des économies budgétaires globales d’au moins 100 milliards d’euros sur les quatre dernières années et demi».

 

Une société allemande a racheté 14 aéroports régionaux grecs

 

Au delà de ces gains économiques, l’Allemagne en a également profité dans le secteur commercial. Le pays a raflé d’importants contrats lors des privatisations menées tambour battant par Athènes depuis 2011 en échange de l’aide financière des Européens notamment. La société Fraport, associée à un entrepreneur grec, a notamment décroché le rachat de 14 aéroports régionaux grecs, dont certains très touristiques comme Corfou, pour environ un milliard d’euros.

 

Durant la crise grecque, l’Allemagne a toujours adopté un discours très ferme, martelant sans cesse la priorité aux messures d’austérité malgré l’asphyxie de l’économie hellène. Elle a même été accusée par certains économistes et responsables politiques d’imposer un «diktat» lors des dernières négociations entre la Grèce et ses créanciers européens mi-juillet autour d’un troisième plan d’aide.

 

Depuis de nombreux mois, Angela Merkel s’est engagée de longue date auprès des contribuables à ce que le les plans d’aide accordés à Athènes ne leur coûtent rien. Berlin est également radicalement opposée à un effacement partiel de l’abyssale dette grecque alors que la plupart des économistes et certaines institutions internationales comme le FMI la juge insoutenable (environ 170% du PIB).

 

Les communistes grecs bloquent les forces de l’OTAN

 

07 Juin 2017


Les communistes ont bloqué le mouvement des forces de l’OTAN en Grèce


Texte: Alexandre Gasyuk (Athènes)
http://www.kpu.ua/ru/87063/grecheskye_kommunysty_zablokyrovaly_peredvyzhenye_syl_nato

 

Les membres du Parti communiste de Grèce (KKE) ont arrêté vendredi le mouvement d’un convoi militaire de l’OTAN près de la ville grecque de Kozani, ont rapporté les médias locaux.

 

Plus de 20 véhicules militaires avec des soldats de l’OTAN étaient transportés de l’Albanie vers le nord de la Grèce afin de participer aux exercices de l’OTAN « Noble Jump 2017 », qui se tiendront en Roumanie du 6 au 14 juin. Cependant, s’étant heurté à la hauteur d’Egnatia à un poste de contrôle organisé par les communistes, les véhicules de l’alliance militaire ont été contraints de prendre à droite et de s’arrêter. Les organisateurs du blocus ont déployé des banderoles et des affiches avec des slogans comme « Assassins de l’OTAN, Go Home » et organisé un rassemblement spontané directement sur la chaussée, bloquant la route.

 

Sur les lieux ont été appelés la police grecque et les forces anti-émeute, mais le conflit a été évité – l’équipement de l’OTAN et les soldats, debout pendant quelques heures à cet endroit, ont été contraints à la fin de faire demi-tour et de repartir dans la direction opposée.

 

L’eurodéputé du KKE Sotiris Zorianopulos, qui participait au blocus a déclaré que « les communistes ont remporté la victoire. » Le député a déclaré aux journalistes grecs que le but des exercices de l’OTAN en cours est de tester « aussi rapidement et efficacement que possible la manière de transférer des troupes à la frontière de l’UE avec la Russie en cas d’une confrontation militaire. »

 

Le Député européen a appelé les Grecs à se battre pour que l’OTAN quitte la Grèce, et que toutes les bases de l’OTAN soient fermées.


Traduction MD pour H&S

A Athènes, mourir dans le dénuement

 

22 Mai 2017

19 mai 2017 – Benjamin Keller


Hier j’ai entendu sur BMTV l’interview de François Baroin interviewé par une de ces petites nullités dont la télé semble avoir le secret, comme il disait ne pas être d’accord avec la mesure visant à imposer plus les retraités, elle lui a dit « quelle importance ce ne sont pas les forces vives? » ce à quoi il lui a répondu qu’ils consommaient beaucoup. Le tout suivi d’une impertinence dans laquelle elle lui faisait remarquer qu’il n’était plus jeune et qu’il devait céder la place…

 

A quand l’euthanasie… En tous les cas le programme Macron c’est ça, l’Europe tu l’aimes ou tu la quittes… Quand il ne nous reste plus que le choix entre ces gens-là et les groupies de Tsipras, d’abord anticommuniste comme les mélenchoniens, on meure ce qu’on peut attendre…

 

(note de Danielle Bleitrach)


Les allocations de retraite ont déjà été réduites de 40% en moyenne depuis le début de la crise.


MAËLLE GROSS


Près de la moitié des retraités grecs vivent déjà sous le seuil de pauvreté. Les nouvelles mesures d’austérité les ciblent pourtant une nouvelle fois. Reportage.

 

Un vieillard en survêtement s’approche d’un pas mal assuré d’une benne à ordures. D’un bras, il soulève avec peine le couvercle bleu. De l’autre, il sonde les détritus autant qu’il peut. Son butin: une boîte à chaussures et un cintre en plastique. Il referme le conteneur, se retourne et traverse lentement la route, en direction de la poubelle d’en face. La scène se passe à Athènes, dans un quartier résidentiel. Elle est presque devenue banale dans la capitale grecque.

 

Les 2,7 millions de retraités que compte la Grèce – sur 11 millions d’habitants – sont en première ligne des mesures d’austérité mises en œuvre dans le pays depuis 2010 pour tenter de réduire le déficit budgétaire. Les nouvelles coupes dans les pensions imposées au parlement hellénique par les créanciers internationaux s’ajoutent à treize autres réformes en sept ans. Ces dernières, appliquées de manière graduelle, ont notamment rehaussé l’âge de la retraite, relevé les cotisations et supprimé certaines aides.

 

Sous le seuil de pauvreté


Les allocations, qui avec la nouvelle loi devraient diminuer de 9% à l’horizon 2019 pour économiser 1,8 milliard d’euros, ont déjà été réduites de 40% en moyenne. A l’heure actuelle, la retraite standard est d’un peu plus de 800 euros par mois, selon les autorités, et 43% des pensionnaires reçoivent moins de 660 euros, un montant inférieur au seuil de pauvreté. Or la plupart ne perçoivent aucun autre argent et les pensions constituent le revenu principal d’un ménage sur deux. Elles se substituent en outre à d’autres prestations sociales, faibles en Grèce. Enfin, les retraités doivent faire face comme tout le monde à la hausse des taxes en tous genres.

 

«Que vont-ils enlever à ceux qui n’ont déjà plus rien?» s’inquiète Teresa, une rousse de 67 ans active dans le réseau de solidarité Mirmigi («la fourmi»), situé à Kypseli, un quartier central d’Athènes qui s’est paupérisé ces dernières années. L’association fondée en 2012 fournit des vivres et des produits de base à environ 400 familles nécessiteuses, grecques et étrangères, deux fois par mois. Un bénéficiaire sur dix est retraité, indique Kostas, 26 ans, l’un des piliers de Mirmigi. «Ils sont toujours plus nombreux, observe-t-il. Certains touchent 500, 300 euros, voire rien du tout si ce n’est l’assistance sociale. Comment voulez-vous qu’ils vivent?»

 

Retraite divisée par deux


Au sein même de Mirmigi, environ la moitié de la trentaine de bénévoles actifs sont des retraités. Il y a par exemple Margarita, 69 ans, une ex-fonctionnaire qui percevait 900 euros ainsi qu’une aide de 100 euros en 2010 et qui n’en reçoit plus que 700 aujourd’hui. Il y a aussi Ioannis, 71 ans, qui travaillait dans les télécommunications et qui a vu sa pension être coupée en deux. De 2600 euros versés quatorze fois par an, elle est passée à 1500 fois douze, les 13e et 14e «salaires» ayant été supprimés.

 

Les tailles n’ont épargné aucune catégorie de retraités mais les pensions les plus hautes ont été les plus fortement élaguées.

 

Anthi Nikiforakis, une architecte, s’est retirée de la vie active en 2012. Elle aurait dû obtenir 2000 euros. Elle doit finalement se contenter de 1300. «J’ai travaillé dur et je touche 40% de moins que prévu», se plaint-elle. Une fois à la retraite, elle prévoyait de construire une maison et d’aider son fils. Désormais, elle parvient tout juste à régler ses factures: «Une fois, je suis allée au tribunal parce que je ne pouvais pas payer. On m’a répondu que je n’avais pas le choix!»

 

Indispensable ou impasse?


Les retraités sont descendus dans la rue pour protester contre cet énième tour de vis et une cour étatique l’a déclaré anticonstitutionnel. Rien n’y a fait. «Ces coupes étaient inévitables, juge Yannis Koutsomitis, un économiste indépendant. Il y a un vrai problème au niveau du système de pension grec, qui n’est pas du tout soutenable.» La Grèce est le pays d’Europe qui consacre la plus grande part de son budget aux retraites, indique le spécialiste de la zone euro, qui enchaîne: «Le salaire moyen est plus bas que la pension moyenne.

 

Trop de gens ont aussi pu recevoir des retraites confortables sans avoir payé l’entier de leurs contributions.» Des salaires de plus en plus bas, un chômage élevé (50% chez les jeunes) et une population vieillissante complètent le tableau. Pour l’économiste, «il faut entièrement repenser le filet social, pour pouvoir venir en aide à ceux qui ont été durement affectés par la crise».

 

Plus confiance en Tsipras

 

Le premier ministre Alexis Tsipras, du parti de gauche Syriza, a promis aux Grecs que cet effort serait le dernier avant un redémarrage de l’économie. Mais beaucoup ont perdu foi en sa parole. Kostas, de Mirmigi, en fait partie. Lui a arrêté de voter pour ce qu’il considère comme un «parti libéral» après le référendum de 2015 sur la poursuite des programmes de rigueur dictés par la troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international), auquel il avait dit «non» comme 61,3% des Grecs.

 

«Tsipras et les autres ont tourné ce ‘non’ en ‘oui’ et maintenant nous vivons la même chose qu’auparavant, dénonce-t-il. Il faut une nouvelle gouvernance car ce chemin est toxique. La dépression dure depuis sept ans et les gens continuent de souffrir. Nous sommes dans une impasse.»

 

>>> Lire notre édito «Perseverare diabolicum» sur l’emprise de l’idéologie libérale sur l’Europe

 

L’austérité votée


Le Parlement grec a adopté jeudi soir de nouvelles mesures d’austérité, réclamées par les créanciers, UE et FMI. Elles sont censées permettre le versement d’une nouvelle tranche des prêts internationaux au pays, qui espère aussi un allégement de sa dette.

 

Les principaux articles de la loi comprennent de nouvelles coupes dans les retraites et des hausses des impôts. Ils ont été approuvés par la faible majorité de la coalition gouvernementale, soit 153 députés de la gauche Syriza d’Alexis Tsipras et du petit parti souverainiste Anel, tandis que 128 députés ont voté contre, selon un vice-président du Parlement.

 

Le gouvernement grec dominé par Syriza espère que l’adoption de ces mesures, quatre jours avant une réunion des ministres des finances de la zone euro à Bruxelles, convaincra les créanciers qu’Athènes peut obtenir une tranche de 7,5 milliards d’euros d’aide et un nouvel allégement de sa dette.

 

En début de soirée, des milliers de manifestants s’étaient rassemblés aux abords du Parlement avec des banderoles frappées des mots « Non aux plans d’aide! Non à l’austérité! ». Selon la police, plus de 10 000 personnes ont manifesté pour protester contre un projet de loi comprenant de nouvelles coupes dans les retraites et des hausses des impôts.

 

Des échauffourées se sont produites entre les policiers et de petits groupes d’individus cagoulés qui lançaient des cocktails Molotov. La police a tiré des gaz lacrymogènes pour les disperser. ATS

 

Pas tous égaux devant l’austérité


Tous les Grecs doivent faire des efforts pour réparer les erreurs du passé. L’antienne est connue: elle ne correspond pourtant aucunement à la réalité. Une étude de l’institut Hans Böckler a démontré que les hausses d’impôts subies par les Grecs entre 2008 et 2013 touchaient très diversement les citoyens. Ainsi, les catégories les plus modestes ont vu leurs prélèvements augmenter de 337% tandis que les riches ne paient que 9% de plus qu’auparavant.

 

Du côté des revenus, le constat est similaire. Selon les chercheurs, les 10% des Grecs les plus pauvres auraient perdu durant ce laps de temps 86% de leur revenu! Les 30% les plus riches, eux, n’auraient subi qu’une chute de 17% à 20% de leurs entrées. Des chiffres que les derniers plans d’austérité n’ont certainement fait qu’aggraver. BPZ

Publié par El Diablo

GRÈCE: le Parlement adopte les NOUVELLES MESURES D’AUSTÉRITÉ sur fond de manifestations et de grève générale

source : ruptures-presse

source : ruptures-presse

Le Parlement grec a adopté le soir du 18 mailes nouvelles mesures d’austérité exigées par les créanciers d’Athènes – UE, FMI et MES – en contrepartie du versement d’une nouvelle tranche de prêts. Un apport urgent car la Grèce doit rembourser 7 milliards d’euros en juillet (cf. la dernière édition de Ruptures).

C’est à une faible majorité que la coalition gouvernementale dirigée par Alexis Tsipras a approuvé ce plan de rigueur supplémentaire (assorti de quelques maigres compensations pour les plus vulnérables) : sur 281 députés présents (la Vouli – le Parlement grec – en compte 300 au total), 153 ont voté pour (les élus Syriza et ceux de son allié, le petit parti souverainiste ANEL) et 128 contre.

L’aide financière doit encore être validée par l’Eurogroupe – composé des ministres des Finances de la zone euro –, qui se réunit le 22 mai. La question de l’allègement de la colossale dette publique de la Grèce (179 % du PIB) reste sur la table, le FMI conditionnant sa participation au plan de renflouement à celui-ci tandis que Berlin reste extrêmement réticent face à une telle perspective.

Grève générale de 24 heures

Le 17 mai, la Grèce a connu une grève générale de 24 heures dans les secteurs public et privé. L’appel visait à protester contre le vote des nouvelles mesures d’austérité. Selon la police, 12 000 personnes ont manifesté à Athènes, 6 000 à Thessalonique. Dans la capitale, les troupes du syndicat PAME, proche du Parti communiste grec, étaient majoritaires (8 000 personnes).

Adedy, le syndicat de la fonction publique, et la centrale du privé GSEE avaient également appelé à la grève générale. Les jeunes étaient fortement représentés parmi les manifestants ; le taux de chômage des moins de 25 ans est proche de 48 % (il est d’environ 23 % pour l’ensemble de la population active).

Le 18 mai, jour du vote, 12 000 manifestants se sont de nouveau réunis devant le Parlement ; le PAME était encore fortement mobilisé. Des centaines de retraités avaient également protesté sous la pluie dans l’après-midi, inquiets quant aux nouvelles attaques contre la sécurité sociale.

Alexis Tsipras s’était empressé de féliciter Emmanuel Macron pour son élection, parlant à propos de celle-ci d’ « une inspiration pour la France et l’Europe ». Le nouveau président devrait lui rendre la pareille en célébrant la capacité du Premier ministre grec à « tenir bon face à la rue » (forcément archaïque et populiste).

SOURCE :

Le Parlement grec adopte les nouvelles mesures d'austérité sur fond de manifestations et de grève générale - Ruptures

 

https://ruptures-presse.fr/actu/grece-parlement-adopte-mesures-austerite-syriza-

Mémoires d’un marxiste « erratique » par Michaël Roberts

 

 
07 Mai 2017
 

Le 4 mai 2017, par Michaël Roberts

 

La Grèce est encore le maillon faible du capitalisme européen. A l’heure où le débat français s’enlise dans des considérations politiciennes, Michaël Roberts profite de la sortie des mémoires de Yannis Varoufakis, l’éphémère et iconoclaste ministre des finances du premier gouvernement Syriza, celui qui n’avait pas encore capitulé face au chantage de l’Eurogroupe, pour nous rappeler l’incapacité du capitalisme à dépasser ses propres faillites au-delà d’un certain point. Avec beaucoup d’a-propos, il souligne la différence majeure entre les politiques de la gauche keynesienne, ici également en échec et la perspective nécessaire d’une transformation socialiste de l’économie.

 

(note et traduction de Franck MARSAL)


 

Yanis Varoufakis s’est lui-même décrit une fois comme un ‘marciste erratique’. Cet économiste hétérodoxe devint ministre des finances dans le gouvernement grec dirigé par Syriza durant la période la plus intense de la crise de la dette grecque, alors que les grecs tentaient d’éviter les sévères mesures alors imposées en 2015 par la Troika formée de l’Eurogroupe, du FMI et de la Banque Centrale Européenne et de rester dans la zone Euro.

 

Varoufakis fut limogé par le premier ministre Tsipras lorsque Tsipras décidé de capituler aux demandes de la Troika, en dépit du vote du peuple grec s’opposant à l’austérité lors d’un référendum sans précédent, sollicité par Tsipras lui-même. Depuis, le gouvernement Syriza a accepté une série de mesures supplémentaires d’austérité, incluant des coupes dans les salaires et les emplois du secteur public, des baisses de pensions de retraites et des privatisations en contrepartie de subventions de l’UE, sous forme de prêts destinés à rembourser des dettes précédentes – en un cercle sans fin.

 

Maintenant, Varoufakis a publié ses mémoires de son époque de ministre des finances et de ce qui advint dans les discussions et négociations avec les dirigeants de l’UE et autres sur la gestion de la dette publique grecque. Selon une note de lecture critique de Paul Mason, « Varoufakis a écrit un des plus grand ouvrage de mémoires politiques de tous les temps. Bien, pour moi, cela sonne comme une hyperbole, en comparaison de « Ma vie », de Trotsky ou des mémoires politiques de Chruchill. Mais, aucun doute, le livre est intéressant, comme, selon les mots de Mason, « la petite histoire de la grande politique, racontée par un outsider ». Selon Mason, Varoufakis montre en dessins que « les politiciens élus ont peu de pouvoir ; Wall Street et un réseau de fonds d’investissements, de milliardaires et de propriétaires de médias ont le véritable pouvoir, et que l’état de l’art en politique consiste à reconnaître ceci comme un fait de la vie et de réaliser ce que vous pouvez sans perturber le système ».


Varoufakis établit « non seulement que la Grèce était en banqueroute en 2010, lorsque l’UE la renfloua et que le renflouement était destiné à sauver les banques françaises et allemandes, mais qu’Angela Merckel et Nicolas Sarkozy le savaient et qu’ils savaient que ce serait un désastre ». Le but des dirigeants de l’Euro, en 2010, alors que la crise grecque explosait dans la foulée de la Grande Récession et de la crise financière mondiale était de s’assurer que les banques françaises et allemandes ne subiraient pas de pertes importantes dans le cas d’un défaut de l’État Grec. Ces banques avaient acheté des volumes importants de dette grecque, pour faire des profits et, au moment de la crise, cette dette grecque ne valait plus rien. Les dirigeants de l’UE arrivèrent avec une solution : ces banques subiraient un « rafraichissement » (pas plus de 10 % de leurs investissements dans la dette) et le reste de la dette serait transféré dans les livres de comptes de l’UE, de la BCE et du FMI pour être remboursés sur la prochaine décennie ou plus tard. La Troïka, aurait alors à presser et saigner le peuple grec pour obtenir le remboursement des fonds prétés aux banques.

 

A ce moment, la coalition de gauche « Syriza » gagna une victoire fameuse dans les élections grecques, sur un programme rejetant le fardeau de la dette et refusant les mesures d’austérité. Voici ce que j’écrivis à ce moment : “L’alternative « prendre le taureau par les cornes » : demander l’annulation de la dette auprès de la BCE et du FMI (demande originale de Syriza) ou faire défaut ; imposer un contrôle des capitaux ; prendre le contrôle des banques grecques et appeler au soutien du peuple grec et du mouvement ouvrier européen ; laisser les dirigeants européens, plutôt que Syriza, prendre l’initiative sur l’appartenance de la Grèce à la zone Euro. Le problème est dès lors que le peuple grec a été conduit à croire qu’il n’y a qu’une voie de sortie : un accord avec l’Eurogroupe avec des conditions empirées. L’alternative d’un plan d’investissement socialiste et d’un appel large à l’Europe ne leur est pas présenté. »

 

Après des mois de négociations avec les dirigeants européens, Tsipras sollicita un référendum, s’attendant à le perdre (comme Varoufakis apparemment). Perdre le référendum aurait sorti Tsipras de l’étau car il aurait pu accepter les mesures de la Troïka puisque les Grecs l’aurait validé. Mais lui et Varoufakis eurent un choc. En dépit d’une massive campagne médiatique par les dirigeants européens et les conservateurs grecs ; en dépit d’un blocage du crédit organisé par l’Allemagne et la BCE et d’une ruée suivie d’une fermeture des banques grecques pendant plusieurs semaines, le peuple grec refusa.

 

Néanmoins, Tsipras décida d’ignorer ce vote et choisît de capituler. Mason dit que c’était le bon choix. “Je continue à croire que Tsipras eut raison de plier face à l’ultimatum de l’UE… Pour Tsipras – et pour la génération plus âgée des anciens détenus et victimes de la torture qui rebâtirent la gauche grecque après 74 – rester au pouvoir comme un bouclier diminué contre l’austérité était préférable à rendre le pouvoir à un cartel de politiciens mafieux soutenus par une foule de gosses de riches avides et de fashionistas.”  Mason est-il sérieux ? Les mafiosis de droite étaient-ils la seule solution ? Au lieu de construire un mouvement de soutien pour le gouvernement et de proposer un plan d’urgence pour le peuple grec et son économie, la seule solution était-elle d’abandonner ?

 

En juillet 2015, j’avais considérée les options pour Syriza. Il y avait la solution néo-libérale, demandée par la Troïka. Cela consistait à poursuivre les coupes dans le secteur public et ses coûts, de garder les revenus de travail bas et de faire payer les retraités et les autres payer davantage. Cela avait pour but d’améliorer la profitabilité du capital grec et, sans investissement étranger supplémentaire, de rétablir l’économie. Alors, peut-être l’économie de l’Eurozone recommencerait à croitre fortement et ainsi aiderait la Grèce, comme la marée montante soulève tous les bateaux.

La solution suivante était la solution keynesienne, soutenue par l’aile gauche de Syriza (mais pas par Varoufakis, qui demeura silencieux et partit pour l’Amérique – apparemment à cause de menaces de mort contre sa famille, selon ses mémoires). Elle consistait à augmenter la dépense publique, pour soutenir la demande, d’annuler une partie de la dette gouvernementale, pour la Grèce de quitter la zone Euro et d’introduire une nouvelle monnaie (la Drachme) qui serait dévaluée autant que nécessaire pour rendre l’industrie grecque compétitive sur le marché mondial.

 

Le problème avec cette solution était qu’elle supposait que le capitalisme grec pourrait revivre avec un taux de change plus bas, et qu’une dépense publique plus forte pourrait augmenter la demande sans à nouveau diminuer la profitabilité. Mais, la profitabilité est décisive pour la reprise d’une économie capitaliste. Les exportateurs grecs auraient bénéficié d’une dévaluation, mais les compagnies grecques qui font leur chiffre d’affaire à l’intérieur en Drachmes auraient été décimées. Et l’inflation augmentant rapidement qui aurait suivi la dévaluation aurait seulement amélioré la profitabilité seulement dans la mesure où, précisément, elle mordrait dans le revenu réel de la majorité si les salaires réels ne suivait pas l’inflation. En réalité, c’est précisément ce qui arrive au Royaume Uni depuis le vote sur le Brexit.

 

La troisième option était la voie socialiste – quelque chose qui n’était adopté alors ni par Tsipras, ni par Varoufakis, ni par la gauche de Syriza (ou sembla-t-il, sans être pour autant viable, selon Mason). Elle reconnaissait que le capitalisme grec ne pourrait se rétablir et restaurer le niveau de vie de la majorité, que ce soit à l’intérieur de la zone Euro dans le cadre d’un programme de la Troika ou à l’extérieur, avec sa propre monnaie et sans soutien de l’Eurozone. La solution socialiste consistait à remplacer le capitalisme grec par une économie planifiée, dans laquelle les banques grecques et les principales compagnies sont sous propriété et contrôle public et où la contrainte du profit est remplacée par la recherche de l’efficience, de l’investissement et de la croissance. L’économie grecque est petite, mais elle n’est pas sans avoir un peuple éduqué, de nombreuses capacités et des ressources au-delà du tourisme. En utilisant son capital humain dans un sens innovant et planifié, elle peut croître. Mais étant petite, elle aurait besoin, comme toute petite économie, de l’aide et de la coopération du reste de l’Europe.

 

Cette solution nécessitait que Syriza mobilise le support latent du peuple, à travers des comités d’usines et d’entreprises pour discuter d’un plan d’urgence pour le changement. Elle aurait entraîné une nationalisation immédiate des banques principales pour assurer le paiement des dépots populaires (en dépit de la BCE) et la prise de contrôle des principales compagnies (inversant les privatisations) dans le but d’instituer un plan pour la production et l’investissement. Cela aurait signifié de contacter le mouvement ouvrier et les forces progressistes dans les principaux pays européens pour obliger les gouvernements à arrêter l’austérité imposée à la Grèce ou les tentatives de la faire quitter la zone euro et, plutôt, la soulager de la ‘dette odieuse’ tout comme les allemands furent soulagés dans les années 50 de leur réparations de guerre (encore impayée à la Grèce pour les morts et destructions causées par les Nazis).

 

Cette option socialiste était la seule qui pouvait sortir la Grèce de cet enfer. Mais, bien sûr, elle aurait été fort difficile à mettre en place. Oui, les forces conservatrices à l’intérieur de la Grèce se seraient mobilisées ; oui, les militaires grecs auraient pu relever la tête ; et oui, les dirigeants de l’Euro auraient tenté d’étrangler la petite Grèce socialiste et de l’expulser de l’Euro et de l’UE. Mais, la bataille pour une transformation socialiste pose toujours ce genre d’obstacles ; et seule l’unité de la classe ouvrière dans toute l’Europe, et des dirigeants grecs déterminés pouvaient les surmonter. Mais, les dirigeants de Syriza, y compris Varoufakis (le marxiste erratique) n’ont jamais considéré cette option comme viable, et le marxiste Paul Mason est d’accord avec eux. Pour eux, il n’y avait pas d’alternative sinon d’accepter les diktats de la Troïka – qui se poursuivent encore jusqu’à ce jour. Et Mason admet que « Le gouvernement Tsipras a été un bouclier bien peu efficace pour la classe ouvrière grecque » même si (comme il le revendique) il fut « une protection efficace pour le plus d’un million de migrants syriens qui ont débarqués sur les rivages grecs dans les semaines qui ont suivi la capitulation économique. »

 

Mason estime que le succès de Tsipras dans la construction de Syriza et son accès au gouvernement est plus important que le franc-tireur « marxiste » Varoufakis qui est resté « immaculé » de la capitulation de juillet 2015. Mais, apparemment, si la « gauche globale » doit revenir elle « a besoin de dirigeants comme Tsipras, de trouver des penseurs comme Varoufakis et de les encourager ». Bon, les mémoires de Varoufakis et l’action de Tsipras semblent tout juste justifier l’admiration de Mason. Encore cette semaine, le gouvernement grec dirigé par Syriza a signé un nouveau round de sévères mesures d’austérité afin d’obtenir la nouvelle tranche des prétendus fonds de sauvetage de l’UE. Le gouvernement a accepté d’adopter 3,6 milliards de coupes budgétaires supplémentaires, des baisses de taxes pour les entreprises en contrepartie de la permission de dépenser une somme équivalente pour des mesures soulageant la pauvreté.

 

Le gouvernement Syriza a fait tout ce que a été demandé par la Troïka pour faire payer au peuple grec l’échec du capitalisme grec. Et, cependant, les dirigeants de l’UE n’ont encore pas accepté « d’allègement de la dette ». En fait, ils parlent seulement de l’envisager lorsque les mesures d’austérité du dernier paquet auront été implémentées totalement et que le programme arrivera à son terme en 2018. En attendant, le gouvernement grec est supposé obtenir un surplus budgétaire de 3,5 % du PIB annuel sur le futur prévisible. C’est un niveau plus élevé que nimporte quel pays de l’UE et loin au dessus de ce qu’aucun gouvernement a réussi jusqu’ici.

 

Pas de doute que le FMI considère que cette approche est insoutenable. « Même si la Grèce, grâce à un effort héroïque, pouvait attendre temporairement un surplus proche de 3,5 % du PIB, que peu de pays ont réussi à atteindre et à soutenir depuis une décennie ou davantage, il est hautement improbable que la Grèce puisse le soutenir considérant la faiblesse de ses institutions politiques et les projections qui suggèrent que le chômage demeurera à deux chiffres durant plusieurs décennies. » FMI


Pour la Grèce, il n’y a pas d’échappatoire à la misère de la dette publique due au FMI et à l’Eurogroupe. Il y a une nouvelle étude détaillée des plans de la Troika (UE, FMI et BCE) pour forcer le gouvernement grec à conduire un excédent budgétaire primaire (hors paiement des intérêts de la dette) de 3,5 % du PIB à partir de 2018. Elle montre qu’il sera impossible pour la Grèce de tenir ce niveau d’austérité et, même si elle y parvient, cela n’empêchera pas la dette de croître encore davantage. « L’expérience passée suggère que la politique fiscale attendue – un surplus budgétaire avant paiement des intérêts de 3,5 % du PIB, reconduit pendant 15 ans – n’a litteralement aucune chance d’aboutir, même si la Grèce était capable de commencer à générer un surplus budgétaire de 3,5 % en 2018, comme selon la trajectoire ». L’étude poursuit : « La dette de la Grèce à l’égard du Fond Européen de Stabilisation Financière ferait plus que doubler à environ 278 milliards d’Euros en 2050, lorsque le report des intérets prendrait fin, et commencerait un lent reflux, mais le montant en suspens en 2080 serait encore supérieur à ce qu’il est aujourd’hui. ». Ce sera 70 ans après le début de la crise ! L’étude conclut que l’EU doit offrir davantage d’argent pour le sauvetage dès l’année prochaine pour « dépanner la Grèce ». Mais, la dette demeurera et continuera à augmenter, même si de nouvelles mesures d’austérité (déjà sans précédent dans l’histoire) étaient appliquées. La seule solution est d’effacer la dette. Donc, alors que Varoufakis publie les mémoires de son passage comme ministre des finances durant la crise de la dette, expose la politique pourrie et cruelle de la Troïka, et parcours l’Europe en séminaires pour réclamer une meilleure Europe, le gouvernement Syriza dirigé par Tsipras continue d’essayer de répondre aux demandes et aux objectifs de la Troïka, dans l’espoir illusoire que le capitalisme européen récupèrera et croitra, permettant ainsi aux grecs d’obtenir quelques miettes. Il pourra y avoir éventuellement un deal sur « l’allègement de la dette ». Mais cela signifie néanmoins que la Grèce aura un fardeau insoutenable de dette dans ses livres pour les générations futures, alors que le niveau de vie du foyer grec moyen sera tombé en dessous de ce qu’il était lorsque la Grèce a rejoint la zone euro. Une génération entière de grecs se portera plus mal que la précédente alors qu’une récession mondiale est encore à prévoir.

Publié par  El Diablo

GRÈCE : l’épopée austéritaire de la « gauche radicale » continue

GRÈCE : l’épopée austéritaire de la « gauche radicale » continue

Selon des informations obtenues auprès de sources proches du dossier par Reuters (voirl’article– en anglais – publié par l’agence de presse le 29 mars), la Grèce et ses créanciers internationaux sont sur le point de converger vers une position commune quant à nouveau plan d’austérité. Celui-ci porte sur une vaste « réforme du marché du travail », des coupes budgétaires (avec les retraites en ligne de mire) et une privatisation accrue dans le secteur de l’énergie.

L’objectif des négociations actuelles entre Athènes, l’UE et le FMI est de parvenir à un accord officiel avant la réunion au sein de l’Eurogroupe des ministres des Finances le 7 avril prochain à Malte. La Commission européenne n’a pour l’instant pas confirmé l’existence d’un accord préliminaire.

Les tractations avançaient péniblement depuis plusieurs mois, laissant craindre une nouvelle crise. Pour obtenir la participation du FMI au « plan de sauvetage » (celui qui est à l’œuvre actuellement expire en 2018), le gouvernement Syriza a accepté le mois dernier des mesures d’austérité supplémentaires d’un montant évalué à 2 % du PIB. Pièce de résistance : un programme de réduction des pensions de retraite, qui fournirait jusqu’à la moitié des économies souhaitées en 2019. L’abaissement du plafond donnant droit à une exemption d’impôts devrait également dégager autour de 1 % du PIB.

[…]

LIEN VERS LA SUITE DE L’ARTICLE CI-DESSOUS :

L'épopée austéritaire de la " gauche radicale " continue en Grèce - Ruptures

L'épopée austéritaire de la " gauche radicale " continue en Grèce - Ruptures

Un accord entre le gouvernement d'Alexis Tsipras et les créanciers de la Grèce serait proche. Au programme : " réforme du marché du travail ", diminution des retraites et privatisation dans le ...

 

https://ruptures-presse.fr/actu/lepopee-austeritaire-de-la-g

Publié par  El Diablo

Le massacre de la GRÈCE symbole tragique du 60e anniversaire du traité de Rome

Le massacre de la GRÈCE symbole tragique du 60e anniversaire du traité de Rome

Le premier est celui de la victoire de la guerre d'indépendance sur l'Empire ottoman, dite aussi Révolution grecque (1821-1829). Cette commémoration renforce la volonté des Grecs de se libérer de leurs nouveaux envahisseurs : la Troïka (Union européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international).

Le second est celui du 60ème anniversaire de la signature du traité de Rome qui a lancé la « construction » européenne. Cette date devrait être un jour de deuil européen, tant les méfaits de ce système sont désormais tellement évidents, le « cas » grec en étant une preuve tragique.

À cette occasion, Jacques Nikonoff, président du 
Parti de la démondialisation, s’est rendu à l’Ambassade de Grèce à Paris pour remettre à l’ambassadeur une lettre de soutien au peuple grec dans les épreuves qu’il traverse et de condamnation du gouvernement Tsipras totalement soumis à la tyrannie de l’Union européenne. Il a fait une courte prise de parole que vous pourrez retrouver dans une vidéo(ci-dessous).

Pour sortir de la crise, en Grèce et dans les autres pays de l’Union européenne, il faut sortir de l’euro et de l’Union européenne, immédiatement et unilatéralement ! Il faut démondialiser !

 

L’Etat de Grexit

La crise grecque, et tout ce qu’elle comprend – presque tout, ne fait plus couler de l’encre. La Grèce pourtant continue à traverser une phase très difficile, qui concerne tous les peuples, surtout ceux qui croient qu’ils sont à l’abri d’un tel traitement. La Grèce suit une feuille de route que son peuple n’a pas choisie, définit par ses créanciers qui avec l’asphyxie économique, font qu’elle soit plus que jamais enchaînée dans une situation d’austérité extrême qui est mal expliquée. Oui, il y a obstination à appliquer l’austérité comme un concept économique capable d’ajuster ou de réguler des situations et des modèles économiques, alors que nous savons depuis plus d’un siècle que ce concept n’est pas toujours applicable. Alors pourquoi continuer à le faire, encore aujourd’hui, dans des situations comme celle de la Grèce cela ne devrait pas être un mystère ou en tout cas se présenter en tant que tel.

 

Historiquement, nous savons que les politiques de relance économique basées sur l’austérité échouent, surtout lorsqu’elles ne sont pas adaptées pour des pays comme la Grèce, qui souffrent non seulement d’un déficit budgétaire mais aussi du déficit de la balance de paiements. L’austérité, dénoncée depuis les débuts du siècle dernier (voir David Hume), consiste à un modèle de dévaluation intérieure des revenus d’un pays (travail, retraite, investissements, prix, etc.), qui n’est pas adapté dans le cas grec puisque plus le coût de travail et les retraites baissent, plus la dette augmente. L’austérité en tant que mesure de régulation des modèles économiques et financiers (G20 de Toronto, 2008). Le bloc européen a refusé de suivre le modèle suivi par d’autres pays comme la Chine, la Russie, les EU, etc.

 

Pourquoi alors l’Allemagne, principal moteur de la politique de l’euro, (avec la complicité partielle de la France), refuse de suivre le modèle macroéconomique keynésien et opte pour une adaptation par les politiques monétaires et économiques ? Depuis, alors que les grandes puissances optent pour une approche keynésienne, afin de sortir de la crise de 2008 et prendre les mesures nécessaires au niveau international afin de corriger les failles du modèle, l’UE, quant à elle, fait bande à part.

 

Les intérêts de la dette et les Memoranda

 

Le point de vue, ici c’est à l’occasion de l’inscription sur le budget 2017 de la Grèce d’une dette de 563.055.375.000 €. Cette décision, loi 4444 a été publié dans JO du gouvernement grec le 14/12/2016, date à laquelle les pays membres doivent inscrire dans leur bilan, non seulement leur dettes mais aussi les coûts de service de la dette, c’est-à-dire les programme d’assistance pour soutenir le service de la dette du pays endetté. Avec cette loi qui consiste à charger le peuple grec avec un fardeau deux fois plus lourd qu’il y a 4 mois, votée par le parlement, sous gouvernement dit d’extrême gauche, signé par le Ministre des Finances Tsakalotos, la Grèce se prépare à traverser une autre galère, bien plus grande que celle qui traverse aujourd’hui.

 

D’où vient cette dette ? Quel est son rapport avec l’économie réelle ? Comment le peuple d’une manière ou d’une autre a bénéficié de cette somme, pourquoi les économistes de gauche comme de droite ne réagissent pas, quel est le rapport avec le devenir de la France ou de l’Europe, seraient les questions à se poser, surtout lorsque on se prépare à élire notre président. Cela consisterait aussi à étudier de plus près le fonctionnement de la BCE et frapper pour changer, car le calcul est vite fait si on veut calculer l’inscription à porter pour le budget 2018 : Avec 40 Milliards de recettes, et 600 Milliards de dette, environ 80 Milliards serait exigibles fin 2017, c’est-à-dire deux fois les recettes de la Grèce. Ce qui veut dire, que jusqu’à 2030, date imposée par les créanciers, la dette actuelle augmenterait de 322 Milliards dont la moitié seront des intérêts.

 

Le droit à la faillite et l’état de nécessité

 

Le droit sur la faillite d’un Etat est inexistant. Les forces qui s’y opposeraient établissent ou non la légitimité nécessaire pour procéder. Le cas de l’Argentine ou de l’Islande sont différents de celui de la Grèce.

 

L’état de nécessité, reconnu par l’ONU, permettrait d’utiliser la force publique d’un Etat au service et les besoins de son peuple, et cela voudrait dire que la Grèce doit envisager une rupture unilatérale avec l’eurozone, qui elle-même constitue en elle-même un système incroyable. Autrement dit, comme la sortie de l’eurozone n’est pas prévue par les textes, la Grèce emprunterait une feuille de route inconnue, où elle trouverait face à elle l’hostilité de ses créanciers par le biais des grandes puissances qui les protègent. (Rappelons-nous, dans le cas de l’Argentine, même la France avec son président de l’époque, Nicolas Sarkozy a mis la pression, ce dernier une semaine après son installation à l’Elysée a pris son avion pour défendre les intérêts du Club de Paris). Ajoutons aussi que sur cette éventualité plusieurs propagandes de dangerologie essaient de barrer la route à tout Etat-membre qui tenterait de la faire.


Le danger est de rester dans l’UE

 

Si effectivement l’Europe était régie par une autre mentalité, la BCE interviendrait dans le bon sens pour compenser le manque de politique monétaire commune européenne dans l’intérêt de l’Etat qui subit cette politique de l’Euro, sans les compensations si on compare avec le fonctionnement du Dollar, ce qui est tant préjudiciable pour les pays comme la Grèce. C’est justement ce laxisme ou l’inaction très volontaire probablement, de la BCE qui a fait monter les spreads et conduire la Grèce à subir une situation de faillite non déclarée. Mais le fonctionnement de la BCE n’est pas isolé du fonctionnement de l’UE. L’attachement farouche à un certain type de construction de l’Europe a été ressenti avec la manière avec laquelle le Traité de Lisbonne a été adopté.

 

L’eurozone est une construction juridique incroyable et de caractère féodal. La BCE définit de façon unilatérale l’émission de la monnaie. L’art 104 du traité de Maastricht interdit à toutes les banques nationales d’émettre de la monnaie, interdit à la BCE de donner des avances dans les cas de nécessité exceptionnelle, comme il interdit à la BCE d’acheter des obligations des Etats-membres lorsqu’ils se trouvent face à des problèmes. C’est-à-dire l’avantage pour un Etat-membre de disposer de sa banque centrale et de bénéficier d’une souplesse pendant des périodes courtes d’un excès de besoin de s’endetter (c’est courant pour une entreprise, comme c’est courant pour un Etat de profiter des possibilités de roll up de sa banque centrale). Lorsque l’annonce délibéré en 2009, sur une éventuelle faillite de l’Etat grec a été propagée très efficacement (nul doute sur la source d’information), il n’y avait plus de banque centrale grecque pour intervenir et la BCE n’a pas agi en tant que banque centrale de substitution, et le résultat était la montée des spreads jusqu’à 30%. C’est-à-dire pour honorer un taux de 30%, quelle doit être le taux de croissance d’un pays ?

 

Grexit ou Grexit

 

Le danger d’un Grexit n’est pas pour la Grèce mais pour ceux qui s’attachent à voir leur capital rémunéré de la sorte, les créanciers qui prêtent à la BCE. Tous ceux, y compris des économistes Grecs, qui déconseillent à la Grèce de procéder de façon unilatérale à sa sortie de l’euro, et par conséquent de l’Europe, ne regardent pas l’inscription de la nouvelle dette grecque dans le bilan ? Cela ne leur fait pas peur ? On est donc face à des opinions sans preuves et il convient de les écarter, et ce n’est pas nouveau ou curieux de voir des intellectuels ou des académiciens changer de camp idéologique. L’Histoire nous montre bon nombre de nos intellectuels et scientifiques accueillir avec des fleurs lors de l’occupation nazie.

 

Le mécanisme européen est un mécanisme de mise en esclavage des pays qui ne sont pas en mesure d’être compétitifs (et il y en a qui œuvrent fort pour cela). Il y a un principe dans la théorie du mercantilisme, qui dit qu’il y a un avantage spécifique au pays qui présente une balance de paiement positive, alors qu’il y a un immense danger qui pèse sur le pays qui présente une balance négative. Avant l’euro, la mesure d’affronter un tel danger, en cas de balance négative, étaient de recourir à payer avec de devises étrangères la différence, mais cette possibilité n’est plus au sein de l’euro. Au lieu donc de recycler l’excédent dû à l’avantage concurrentiel au sein des pays les plus faibles, l’Allemagne le fait avec intérêts, dont les taux sont usuriers, et pour prendre le rythme de ce phénomène il suffit de mesurer les intérêts que la Grèce a déjà payés juste parce qu’elle présente un inconvénient (et non un avantage) concurrentiel. S’il n’est pas clair pourquoi l’Allemagne ne veut pas un changement, ni des règles de l’euro (ce qui conduirait à une Europe Fédérale, avec un fonctionnement identique à celui de la FED et un euro comme le dollar), ni de la forme de l’Europe. Le fait de ne pas vouloir se limiter au competitive advantage mais vouloir TOUT (l’huile d’olive ou les carrières de marbre, les aéroports ou l’exploitation des musées), n’est-il pas un argument de taille pour sortir de l’Euro et de l’Europe ? Dans un tel système européen, monétaire et financier, qui s’apparente aux pratiques des usuriers moyenâgeuses qui poussent les peuples à l’esclavage et à la disparition, ne pas sortir de l’Euro et de l’Europe serait du suicide.

 

C’est pour cela que la soi-disant destruction de la Grèce, dans le cas où elle choisit de se séparer de l’euro et de facto de l’Europe, non seulement elle est déjà faite pour plusieurs générations (et encore ceci est valable si la Grèce décide de sortir immédiatement de l’Euro), mais sans sortie immédiate de l’Euro, il faut accepter que la mort est déjà arrivée.

 

Comment est possible pour un peuple d’accepter une dette dix fois plus grande que ses recettes, pendant que les créanciers par le biais des Etats-membres détenteurs de la dette, principalement l’Allemagne, La France et l’Italie, lui privent de ses outils de productivité en imposant la braderie de ses centres de productions les plus lucratifs, à laquelle on assiste depuis quelque temps déjà, pour se servir en premier au prix qu’ils définiront eux-mêmes. Comment qualifierait-on ce type de relation avec l’UE, ce type d’assujettissement, si ce n’est pas une vassalité assortie d’un joug économique aux effets gravissimes ? Faut-il se poser encore la question pourquoi les créanciers avec l’Allemagne en tête refusent de voir la Grèce sortir de l’Euro ? Qui tuerait-il la poule aux œufs d’or ? Quand on convertit l’intérêt collectif européen en intérêt national et au lieu de travailler sur la compétitivité européenne il travaille sur la compétition intra-européenne, juste pour tirer la couverture de la crise de 2009 vers soi, peut-il s’appeler partenaire européen ? Bien sûr que non.

 

Et même si les nouvelles mesures d’austérité tant désirées par les créanciers, ou 4e memorandum, sont acceptées, comment alors protéger une population de la famine, de la maladie ou de l’absence d’un système d’éducation ? Il faut croire que tout ceci ne constitue plus un minimum à assurer à une population, et ne correspond plus aux droits de l’homme les plus élémentaires.

 

Parfois il faut démolir pour tout reconstruire, et c’est ça le message à faire passer. Le traité de Maastricht avait promis une Europe politique et sociale qui n’a jamais eu lieu, montrant que le but de ses architectes était de construire seulement une alliance de créanciers tout en déconstruisant les acquis sociaux et politiques de chaque peuple. Les traités ce sont avérés être un bluff qui a enrôlé les peuples dans un système législatif complexe et périlleux. Et si ce n’est plus possible de s’entendre dans un très court terme, entre peuples cette fois-ci, sur une architecture de coopération contrôlée, alors il vaut mieux être seul et libre plutôt que dans une prison collective.

»» http://www.afh-mp.fr
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Publié par  El Diablo

[Vers le Grexit ? 1/3] - GRÈCE : l'impasse économique

[ Vers le Grexit ? 1/3 ] - GRÈCE : l'impasse économique

Olivier Delorme est écrivain et historien. Passionné par la Grèce, il est l'auteur de La Grèce et les Balkans: du Ve siècle à nos jours (en Folio Gallimard, 2013, trois tomes), qui fait aujourd'hui référence.Alors que la crise grecque semble sur le point de refaire surface en raison de la mésentente entre les différents créanciers du pays, et que l'idée d'un « Grexit » est récemment devenue, pour la toute première fois,majoritaire dans un sondage grec, Olivier Delorme a accepté de revenir pour L'arène nue sur la situation de la Grèce.

Cette analyse est en trois partie et traitera successivement de l'impasse économique, de l'impasse géopolitique et de l'impasse politique dans lesquelles se trouve Athènes. Ci-dessous, le premier volet.

*****

Aujourd’hui, la Grèce se trouve dans une triple impasse. La première est économique : depuis 2009, elle a connu plus de dix plans de rigueur assortis de coupes budgétaires, de mesures de démantèlement du droit du travail, de centaines de réformes dites structurelles (notamment lors de l’imposition à ses gouvernements des trois mémorandums de 2010, 2012 et 2015), des baisses de salaires et de pensions ainsi que des dizaines de hausses ou créations d’impôts. Car depuis sept ans, la Grèce s’est vu imposer par l’UE et le FMI un véritable délire fiscal dont la dernière manifestation consiste à taxer les contribuables sur la différence entre la montant minimal que, eu égard à leurs revenus, ils « doivent » avoir réglé par carte bancaire et le montant dont ils peuvent justifier qu’ils l’ont dépensé, si le second est inférieur au premier– mesure destinée, en réalité, à réduire la circulation d’argent liquide et à faire passer toutes les transactions par les banques.

Cette politique déflationniste, d’une violence inconnue en Europe depuis les années 1930 (où elle a amené Hitler au pouvoir en Allemagne), a étouffé la consommation intérieure, provoqué des milliers de faillites et l’évaporation d’au moins le quart (sans doute autour du tiers, nonobstant les habillages statistiques) de la richesse nationale. Elle a fait plonger le tiers de la population sous le seuil de pauvreté et gravement précarisé un autre tiers désormais lui aussi menacé de basculer ; elle a en grande partie liquidé les classes moyennes – fondement sociologique de la démocratie – et creusé les inégalités dans un pays qui était déjà, avant 2009, l’un des plus inégalitaires d’Europe.

[…]

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http://l-arene-nue.blogspot.fr/2017/03/vers-le-grexit-13-grece-limpasse.html

Publié par  El Diablo

GRECE : La procédure judiciaire provocatrice, attentée par les nazis contre le maire communiste, Kostas Peleditis, a été mise en échec

photo d'illustration : manifestation du parti communiste grec (KKE)

photo d'illustration : manifestation du parti communiste grec (KKE)

Communiqué du Parti communiste grec (KKE)

Le  24 février 2017

Traduction MlN pour « Solidarité internationale PCF – Vivelepcf ».

La chambre d’accusation du tribunal de la ville de Patras a relaxé le maire de la ville, Kostas Peleditis, le 23 février. Il était accusé de n’avoir pas laissé de locaux communaux à la disposition des petits meurtriers nazis de « l’Aube Dorée » pour qu’ils puissent diffuser leur poison fasciste et raciste lors de la campagne des élections parlementaires de 2015. Le verdict a été salué par des applaudissements nourris des milliers de personnes rassemblées devant le tribunal.

Les poursuites ont été engagées à la suite de la plainte d’un ancien député du parti nazi « Aube Dorée ». Il a accusé le maire, qui a appliqué pourtant une décision unanime du conseil municipal et a rempli sa mission vis-à-vis du peuple, de ne pas accorder de moyens à l’activité à l’organisation nazie et criminelle qu’est « l’Aube Dorée ». Sous le gouvernement de « gauche » des partis Syriza et Anel, il s’est trouvé des éléments de l’Etat bourgeois pour, après l’intervention des fascistes, remettre en cause la légalité des décisions du conseil municipal et du maire.

A l’annonce du jugement, Kostas Peletidis a déclaré aux médias présents : « le maire et le conseil municipal défendent, de façon conséquente, les intérêts du peuple. Nous continuerons a remplir notre devoir, concrètement à ne pas accorder de moyens à l’ « Aube Dorée » avec son idéologie nazie qui porte son caractère criminel. Nous nous battons ensemble, avec le peuple et ses organisations, qui ont soutenu sans discontinuer le conseil municipal, pour isoler l’activité d’une organisation qui représente la forme la plus extrême de l’exploitation de classe. Nous nous battons pour que celles et ceux qui subissent les lourdes mesures des derniers gouvernements bourgeois, puissent respirer ».

Aux côtés du maire communiste, se tenaient des représentants de syndicats, d’organisations de masse, des élus de tout le pays, et des milliers de travailleurs.

SOURCE:

Publié par  El Diablo

UNION EUROPÉENNE: L’austérité pousse les GRECS vers la dépression collective

UNION EUROPÉENNE: L’austérité pousse les GRECS vers la dépression collective

L’Eurogroupe qui se réunit ce lundi [20/02/2017] réclame de nouvelles mesures d’austérité à la Grèce. Le spectre du « Grexit » refait surface alors que l’économie du pays est exsangue.

Athènes doit rembourser 7 milliards d’euros à ses créanciers avant l’été. Or, comme depuis 2011, elle ne pourra pas honorer ses dettes sans toucher au préalable la dernière tranche de crédit que le FMI et les membres de la zone euro lui ont promise en juillet 2015 (86 milliards d’euros). Les créanciers réclament de nouvelles mesures… alors que la population est à bout.

« Tous les ans, la situation scolaire se dégrade. Je n’ai plus d’espoir d’amélioration !» La mine de Dimitris Panogiotakopoulos s’allonge dès qu’il parle de l’école primaire qu’il dirige, à Elefsina, à une vingtaine de kilomètres d’Athènes. « Entre 2009 et aujourd’hui, le budget a diminué de 70%, confie-t-il. Nous n’avons même pas de quoi acheter les craies. Nous avons dû organiser une collecte sur la place centrale de la ville pour nous procurer les fournitures scolaires ». Kostas Vamvakas, professeur de sport, fait le même constat : la situation est identique dans son lycée. Face à l’urgence, les deux hommes ont monté un réseau de solidarité. « Certains gamins n’ont même pas un blouson à se mettre sur le dos cet hiver ! Ils en pleurent avec ce froid », témoigne l’enseignant. Dans le bureau du directeur, tous sont couverts : le chauffage est en marche mais au minimum.

Une ville industrielle naguère prospère

Kostas Vamvakas est amer : « En 2015, nous espérions qu’Alexis Tsipras [l’actuel premier ministre] et son parti, Syriza [la gauche grecque] stoppent la descente aux enfers »Pour Dimitris Panogiotakopoulos, seule une sortie de l’euro mettra un terme aux problèmes.

[…]

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L'austérité pousse les Grecs vers la dépression collective

L'austérité pousse les Grecs vers la dépression collective

Athènes doit rembourser 7 milliards d'euros à ses créanciers avant l'été. Or, comme depuis 2011, elle ne pourra pas honorer ses dettes sans toucher au préalable la dernière tranche de crédi...

 

https://www.letemps.ch/monde/2017/02/19/lausteri

16 février 2017

Dès 2010, le FMI savait que le programme de Bruxelles pour la Grèce échouerait - Alors, pourquoi y a-t-il participé ?

Grèce : le FMI savait que le programme échouerait dès 2010

 

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Le FMI avait anticipé l'échec du programme grec dès 2010.

Le FMI avait anticipé l'échec du programme grec dès 2010. (Crédits : © Yuri Gripas / Reuters)

Nouvelle pierre dans le jardin des créanciers européens sur la Grèce : le FMI avait mis en garde sur les risques de la stratégie mise en place en 2010. Des avertissements ignorés à l'origine du désastre actuel.

Alors que la crise grecque pourrait, le 20 février, connaître un nouvel épisode lors de la réunion de l'Eurogroupe sur la deuxième revue du troisième programme de financement de l'Etat grec, de récentes révélations viennent à nouveau éclairer les débuts de cette crise en 2010. Un éclairage qui explique largement les échecs et les aveuglements, même sept ans plus tard...

Ces révélations étaient, pour tout dire, passées relativement inaperçues en Europe lorsqu'elles ont été publiées dans le dernier ouvrage du journaliste étasunien Paul Blustein, Laid Low, paru en octobre dernier aux Etats-Unis aux éditions du Centre international de l'innovation de la gouvernance (CIGI). L'ouvrage s'intéresse particulièrement au rôle du FMI dans la préhistoire du premier mémorandum imposé à la Grèce en mai 2010. Ce récit détaillé confirme ce que d'autres sources avaient déjà établies, notamment la Commission sur la Vérité de la dette grecque, établie au premier semestre 2015 par Zoé Kostantopoulou, alors présidente de la Vouli, le parlement grec, mais aussi par d'autres journalistes étasuniens et par l'instance de surveillance interne du FMI. Mais cet ouvrage donne une vision plus claire des négociations du printemps 2010 et apporte davantage de précisions.

Les réserves du FMI sur le plan de 2010

 

Paul Blustein confirme ainsi que le FMI a bien participé au premier programme grec contre ses propres règles édictées après la crise argentine qui obligeaient le Fonds à ne pas aider un pays dont la dette n'était pas tenable sur le long terme. Or, les experts du FMI ne se faisaient aucune illusion sur la capacité du programme à sortir la Grèce de l'ornière. C'est la grande information de ce livre qui cite un « mémo interne » du chef économiste du FMI d'alors, Olivier Blanchard, transmis le 4 mai 2010, soit six jours avant l'annonce du plan « d'aide » à Athènes.

Ce mémo est d'une grande sévérité pour le mémorandum qui sera finalement signé avec la Grèce. Ce plan prévoyait, rappelons-le, officiellement, une dette maximale de 149 % du PIB en 2013 pour la Grèce et une légère récession en 2010 de 0,4 %, puis une reprise vigoureuse dans le cas où le pays réaliserait toutes les réformes structurelles imposées. Dans la version officielle qui a toujours cours et qui est encore largement acceptée par les décideurs et observateurs européens, c'est le manque d'implication de la Grèce dans le programme de réformes qui a fait échouer ces plans.

Des réformes vaines ?

 

Mais Olivier Blanchard, qui, depuis, a quitté le FMI avait déjà mis en garde dès le 4 mai 2010 : « même en remplissant entièrement toutes les conditions posées, rien ne peut soutenir la croissance contre la contribution négative du secteur public ». Et d'ajouter : « la reprise aura plus vraisemblablement la forme d'un « L » avec une récession plus profonde et plus longue que celle projetée ». Et de conclure : « le schéma de croissance en « V » projetée est beaucoup trop optimiste, il est improbable que les forts gains de productivité puisse jouer un rôle significatif ». Ce mémo prouve que le FMI savait donc parfaitement ce qui allait se passer en Grèce. Les informations de Paul Blustein ont été confirmées par Olivier Blanchard lui-même qui, dans un tweet du mercredi 15 février, a indiqué qu'il « n'a pas fait fuité lui-même » ce document, mais qu'il n'est finalement « pas mécontent qu'il ait fuité ». [...]

La suite ci-dessous

Grèce : le FMI savait que le programme échouerait dès 2010

Grèce : le FMI savait que le programme échouerait dès 2010

Nouvelle pierre dans le jardin des créanciers européens sur la Grèce : le FMI avait mis en garde sur les risques de la stratégie mise en place en 2010. Des avertissements ignorés à l'origine ...

 

http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/grece-le-fmi-savait-que-le-programme-echouerait-des-2010-639615.html

Athènes : un hôpital suspend les chimiothérapies

L’Association Médicale d’Athènes a dénoncé l’annulation des chimiothérapies programmées la semaine passée à l’hôpital Laiko en raison du manque de médicaments. 

Selon les responsables de l’hôpital, les patients atteints du cancer ont été prévenus que les thérapies prévues étaient annulées en raison du manque de médicaments oncologiques. 

Ils déclarent :« Le report des thérapies peut avoir une conséquence défavorable sur leurs résultats et constitue de toute manière une violation des bonnes pratiques scientifiques.. Cela ajoute aussi une grande souffrance au groupe fragile des patients atteints du cancer qui viennent, pour beaucoup, de la province pour suivre leur thérapie. Cette situation inacceptable ne peut pas durer. » 

Au cours de l’année dernière, le personnel soignant et les malades ont informé l’ Association Medicale d’Athènes,comme le souligne son président, de sérieux manques qui rendent problématique le fonctionnement des hôpitaux et mettent les malades en danger. 

L’Association Médicale d’Athènes exprime sa forte inquiétude devant l’incapacité des hopitaux publics à se procurer les médicaments et produits nécessaires à leur bon fonctionnement.

 

Traduction Palili

http://kinisienergoipolites.blogspot.fr/2017/01/a.html

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GRÈCE : Alexis Tsipras une nouvelle fois humilié par les créanciers

Tsipras avec Juncker, le président de la Commission européenne

Tsipras avec Juncker, le président de la Commission européenne

Par ROMARIC GODIN - 27/12/2016

Le premier ministre grec a obtenu la tolérance des créanciers concernant son "cadeau de Noël" aux retraités moyennant des engagements humiliants pour l'avenir. L'autonomie financière de la Grèce est de plus en plus un mirage.

Le gouvernement grec s'est-il livré à un jeu de dupes dans la querelle autour des primes accordées aux retraités en janvier ? C'est ce que l'on peut soupçonner. Au début du mois de décembre,le premier ministre Alexis Tsipras avait annoncé la suspension de la hausse prévue de la TVA dans les îles du nord de la mer Egée, les plus exposées au flux de migrants depuis la Turquie et la distribution d'une prime de 300 à 800 euros pour les retraités les plus pauvres. L'ensemble des mesures s'élevaient à 617 millions d'euros et étaient en ligne avec le mémorandum dans la mesure où Athènes a dégagé un excédent budgétaire primaire de plus de 3 milliards d'euros supérieur à l'objectif et qu'elle peut employer à sa guise 60 % de ces surplus.

LIEN VERS LA SUITE DE L'ARTICLE CI-DESSOUS:

Pour la prise de pouvoir par le peuple : Dix propositions afin de ne pas reproduire la capitulation que nous avons connue en Grèce.

 

Par Eric Toussaint

 

, par  pam

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Visiblement, beaucoup de progressistes, y compris parmi ceux qui étaient dans la recherche d’une alternative non communiste à gauche, cherchent comment tirer les leçons de l’échec grec à l’été 2016...et en tirent la conclusion qu’il faut commencer par la désobéissance européenne et se donner de nouveaux outils monétaires... Il n’y a que la direction du PCF qui s’enferme dans le refus d’ouvrir ce débat...

 

Pour éviter de reproduire la capitulation que nous avons connue en Grèce en 2015, je fais dix propositions sur la prise de pouvoir par le peuple |1|.

 

La première proposition est la nécessité, pour un gouvernement de gauche, de désobéir, de manière très claire et annoncée au préalable, à la Commission européenne. Le parti qui prétend, ou la coalition de partis qui prétendent gouverner et, bien sûr, je pense par exemple à l’Espagne, devront refuser d’obéir, dès le début, aux exigences d’austérité, et s’engager à refuser l’équilibre budgétaire. Il faudra dire : « Nous ne respecterons pas l’obligation décrétée par les traités européens de respecter l’équilibre budgétaire » parce que nous voulons augmenter les dépenses publiques pour lutter contre les mesures anti-sociales et d’austérité, et pour entreprendre la transition écologique. Par conséquent, le premier point est de s’engager d’une manière claire et déterminée à désobéir. Selon moi, après la capitulation grecque, il est essentiel d’abandonner l’illusion d’obtenir de la Commission européenne et des autres gouvernements européens qu’ils respectent la volonté populaire. Conserver cette illusion nous conduirait au désastre. Nous devons désobéir.

 

Deuxième point : S’engager à appeler à la mobilisation populaire. Tant au niveau de chaque pays qu’au niveau européen. Cela aussi a échoué l’année dernière en Grèce. Il est évident que les mouvements sociaux européens ne furent pas à la hauteur en termes de manifestations, qui certes eurent lieu, mais ne montrèrent pas un niveau suffisant de solidarité avec le peuple grec. Mais il est vrai aussi que l’orientation stratégique de Syriza ne prévoyait pas de faire appel à la mobilisation populaire au niveau européen, ni même de faire appel à la mobilisation populaire en Grèce. Et quand ils ont appelé à la mobilisation par le référendum du 5 Juillet 2015, ce fut pour ensuite ne pas respecter la volonté populaire de 61,5% des Grecs, qui refusèrent d’obéir aux exigences des créanciers.

 

Troisième point : S’engager à organiser un audit de la dette avec la participation des citoyens. Je dirais que cet audit devra être simultané à la suspension des remboursements de la dette. Les situations dans 28 pays de l’Union européenne sont différentes. Il y a des pays européens où la suspension des remboursements est une mesure de nécessité absolue et prioritaire, comme dans le cas de la Grèce, et comme serait le cas du Portugal et de Chypre. En Espagne, il faudrait voir. Dans d’autres pays, il est possible de réaliser d’abord l’audit et ensuite décider de la suspension des remboursements. Ces mesures doivent être mises en œuvre en tenant compte de la situation spécifique de chaque pays.

 

Quatrième mesure. Mettre en place des contrôles des mouvements de capitaux. Et tenir compte de ce que cela signifie. C’est à dire aller à l’encontre de l’idée selon laquelle il serait interdit aux citoyens de transférer quelques centaines d’euros à l’étranger. Il est évident que les transactions financières internationales seront autorisées jusqu’à un certain montant. Par contre, il s’agit de mettre en place un contrôle strict sur les mouvements de capitaux au-dessus d’un certain montant des transferts.

 

Cinquième mesure : Socialiser le secteur financier et le secteur de l’énergie. Selon moi, socialiser le secteur financier ne consiste pas seulement à développer un pôle bancaire public. Il s’agit de décréter un monopole public sur le secteur financier, à savoir les banques et les sociétés d’assurance. Une socialisation du secteur financier sous contrôle citoyen. C’est-à-dire transformer le secteur financier en service public |2|. Dans le cadre de la transition écologique, bien sûr, la socialisation du secteur de l’énergie est également une mesure prioritaire. Il ne peut y avoir de transition écologique sans monopole public sur le secteur de l’énergie, tant au niveau de la production que de la distribution.

 

Proposition numéro six : Création d’une monnaie complémentaire, non convertible. Que ce soit dans le cas d’une sortie de l’euro ou d’un maintien dans la zone euro, de toute façon, il est nécessaire de créer une monnaie complémentaire non convertible. Autrement dit, une monnaie qui sert, en circuit court, aux échanges à l’intérieur du pays. Par exemple, pour le paiement de l’augmentation des retraites, des augmentations de salaire aux fonctionnaires, pour le paiement des impôts, pour le paiement des services publics ... Utiliser une monnaie complémentaire permet de se détacher et de sortir partiellement de la dictature de l’euro et de la Banque Centrale Européenne. Bien sûr, on ne peut pas éviter le débat sur la zone euro. Je pense que dans plusieurs pays, la sortie de la zone euro est également une option qui doit être défendue en tant que partis et syndicats de classe. Plusieurs pays de la zone euro ne pourront pas réellement rompre avec l’austérité et lancer une transition écosocialiste sans quitter la zone euro. Dans le cas d’une sortie de la zone euro, selon moi, il faudra faire une réforme monétaire redistributive. Qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie décréter, par exemple, que jusqu’à 200.000 euros liquides, le taux de change serait de 1 euro pour 100 pesetas. Mais au-dessus de 200.000 (ou peut-être au-dessus de 100.000), le taux de change serait de 1.5 euros pour obtenir 100 pesetas. A un niveau encore supérieur, il serait de 2 euros. Au-delà de 500.000, il faudrait donner 10 euros pour obtenir 100 pesetas. Ceci consiste en une réforme monétaire redistributive. Cela diminue le liquide en circulation et redistribue la richesse liquide des ménages. Et bien sûr, cela élimine une partie des actifs liquides des 1% les plus riches. Sachant que, je ne connais pas exactement ce que les données du Pays basque et de l’Espagne, mais près de la moitié de la population n’a même pas d’épargne. 30% de la population, les moins riches, ont des dettes, pas d’actifs liquides. Ils ont éventuellement du patrimoine en termes de logement (hypothéqué ou non), mais cette proportion de la population n’a pas de capital.

 

La septième mesure : Bien sûr, une réforme radicale de la fiscalité. Supprimer la TVA sur les biens et les services de consommation de base, comme la nourriture, l’électricité et l’eau, et d’autres bien de première nécessité. Par contre, une augmentation de la TVA sur les biens et les produits de luxe, etc. Nous avons aussi besoin d’une augmentation des impôts sur les bénéfices des entreprises privées et des revenus au-dessus d’un certain niveau. Autrement dit, un impôt progressif sur les revenus et sur le patrimoine.

 

Huitième mesure : Déprivatisations. « Racheter » les entreprises privatisées pour un euro symbolique. Ainsi, de ce point de vue, utiliser l’euro pourrait s’avérer très sympathique, en payant un euro symbolique à ceux qui ont profité des privatisations. Et renforcer et étendre les services publics sous contrôle citoyen.

 

Neuvième mesure : Réduire le temps de travail avec maintien des salaires. Abroger les lois anti-sociales et adopter des lois pour remédier à la situation de la dette hypothécaire. Cela pourrait très bien se résoudre par la loi, en évitant des procès (car il y a de nombreux procès sur la dette hypothécaire où les ménages sont confrontés aux banques). Un Parlement peut décréter par une loi l’annulation des dettes hypothécaires inférieures à 150.000 euros, par exemple. Cela permettrait d’éviter d’aller en justice.

 

Dixième mesure : Entamer un véritable processus constituant. Il ne s’agit pas de changements constitutionnels dans le cadre des institutions parlementaires actuelles. Il s’agirait de dissoudre le parlement et de convoquer l’élection au suffrage direct d’une Assemblée constituante. Bien sûr, il faudra tenir compte des questions de nationalités, etc. mais il s’agit d’ouvrir un véritable processus constituant, que ce soit aux niveaux des nationalités ou au niveau de l’État en tant que tel. Et de rechercher à insérer ce processus dans d’autres processus constituants au niveau européen.

Ce sont pour moi dix propositions de base à soumettre au débat. Mais je mets ces mesures à un niveau élevé de priorité. Parce que je crois que, sans mesures radicales annoncées depuis le début, il n’y aura pas de rupture avec des politiques d’austérité. Il n’y a pas de marge de manœuvre pour rompre avec les politiques d’austérité sans prendre des mesures radicales contre le grand capital. Ceux qui pensent qu’ils peuvent éviter cela, ce sont des « enfumeurs » qui ne pourront pas obtenir de réelles avancées concrètes. Le niveau européen, l’architecture européenne est telle, et la crise du capitalisme est tellement étendue qu’il n’y a pas de réel espace pour des politiques productivistes néo-keynésiennes. Selon moi, l’écosocialisme ne doit pas être à la marge mais au cœur du débat, d’où doit venir les propositions immédiates et concrètes. Il faut mener à bien la lutte contre l’austérité et se lancer sur le chemin et la transition de éco-socialiste est une nécessité absolue et immédiate.

 

Traduit par Trommons

 

Notes

|1| Ce texte correspond à la conférence que Eric Toussaint a donnée à Bilbao le 25 Septembre 2016 lors de la troisième réunion écosocialiste internationale http://alterecosoc.org/?lang=fr

 

|2| Pour une explication à propos de la socialisation des banques, voir Que faire des banques ? Version 2.0, http://www.cadtm.org/Que-faire-des-banques-Version-2-0

 

Voir en ligne : sur le site du CADTM

19 décembre 2016

« ... cette... prime exceptionnelle pour les retraités, n’y peut plus rien ; la popularité des Tsiprosaures est en chute libre. »

 

Hiver de tous les dangers

 

Sur le blog Greek Crisis


Hiver de tous les dangers. En plein centre-ville d’Athènes, on peut distinguer ce buste d’un clown en bois sur lequel est accrochée la pancarte suivante: “Mondialisation, la guerre de la paix”. Autant dire... la guerre tout court. Il neige légèrement dans certains quartiers de l’agglomération. Stéréotypes ainsi battus en brèche. Aux immeubles sans chauffage central comme le nôtre, c’est la débrouille, bouteilles de gaz, puis... cheminées réactivées. Imparable symbole... xylophage du ressenti unanime: “Retour aux années 1950”. Enfumage surtout... du nouveau siècle !

 

 

De la... liberté. Athènes, décembre 2016


La Région Attique fleure alors ce nouveau smog, irrespirable de nuit, et cela je dirais cependant moins... que les “autorités”, lesquelles invitent sans cesse la population à modérer l’usage du bois devenu principale solution en termes de chauffage. Tout part en fumée aux dires des Grecs, et tout est dans l’air du temps, confusion comprise. Maigre consolation, ces dernières années, l’usage du chauffage au gaz naturel (gaz de ville) progresse lentement mais sûrement. Sans la crise, il serait sans doute mieux répandu. Or, c’est le coût de l’installation qui freine son développement.

Contrairement à un certain état passé raisonnablement récent, on sent enfin que l’équilibre collectif devient à son tour précaire, faisant “mécaniquement” suite à la précarisation galopante de chacune des existences et des habitants au pays de la Troïka réellement existante. Sauf que parfois, les pires des illusions finissent par se dissiper, surtout après une saignée. Et alors “offrir de la liberté” à boire ou à diluer dans l’alcool s’adressant aux derniers jeunes restant au pays n’y changera plus rien.

Jeudi 15 décembre, de nombreux retraités venus de toute la Grèce ont manifesté au centre-ville d’Athènes... contre la mise à mort apparaissant comme lente (et en réalité rapide) des retraites grecques. Ils ont même parodié le “geste” d’Alexis Tsipras... en distribuant aux passants de faux billets allemands (euros). Pour ce qui est du “geste”... Jeudi 8 décembre au soir, le premier ministre grec, Alexis Tsipras a annoncé un véritable " cadeau de noël " aux retraités. Un chèque compris entre 300 et 850 euros sera ainsi versé le 22 décembre prochain à 70 % des pensionnés qui touchent moins de 850” et ainsi la bonne analyse de Romaric Godin. Sauf que cette... prime exceptionnelle pour les retraités, n’y peut plus rien ; la popularité des Tsiprosaures est en chute libre.

Grèce: la honte et la colère

 

Jacques SapirPar  · publication  · mis à jour 

La Grèce revient sur le devant de l’actualité avec un incident qui dit, en des termes d’une telle simplicité qu’elle en devient évidente, la réalité de l’oppression exercée par l’Union européenne sur ce pauvre pays.

 

Le Mécanisme Européen de Stabilité (MES), vient d’annoncer le gel du « toilettage » de la dette décidé par l’Eurogroupe du 5 décembre dernier. Cela signifie, en clair que Les créanciers européens de la Grèce ont suspendu les mesures prises sur la dette la semaine passée. Jeroen Dijsselbloem, le président de l’Eurogroupe qui dirige de fait le MES, le dit sans ambages : « Les institutions sont arrivées à la conclusion que les actions du gouvernement grec semblent ne pas être en ligne avec nos accords »[1]. Ce qui est en cause est une mesure sociale, parfaitement dans la ligne de ce qui est autorisé au gouvernement grec par les dits « accords », au profit des retraités. En effet le mémorandum d’août 2015, signé on le rappelle sous la contrainte, le couteau sous la gorge, prévoit que la Grèce puisse disposer de sommes équivalentes à 40 % des excédents budgétaires supplémentaires dégagés par le pays. Or, cet excédent budgétaire s’est élevé en octobre 2016 à environ 3 milliards d’euros. Les mesures prévues par le gouvernement grec au profit des retraités ne couteront que de 674 millions d’euros. On le constate, le MES, et M. Dijsselbloem en particulier, mène une politique d’humiliation systématique du gouvernement grec.

 

Rappelons que, depuis qu’elle applique les mesures d’austérité imposées par ses créanciers, la « Troïka » soit l’Union européenne, la BCE et le FMI, le PIB de la Grèce est revenu à son niveau de 2004. Les investissements (en capital fixe) sont descendus quant à eux sous leur niveau de 1996, autrement dit d’il y a 20 ans.

 

Graphique 1

Evolution du PIB et de l’investissement en capital fixe (à prix constants)

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Source : Elstat

 

La situation est d’ailleurs d’autant plus dramatique si l’on regarde les investissements par secteurs. Dans l’industrie mécanique, on est au-dessous du niveau de 1997. Pour les transports, au niveau de 1996, et pour le logement bien en-dessous du niveau de 1996. Non seulement on affame et l’on assassine le peuple grec aujourd’hui, mais on lui retire tous les moyens de pouvoir un jour se redresser.

 

Graphique 2

Evolution de l’investissement en capital fixe par activité (à prix constants)

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Source : Elstat

 

La situation de la Grèce est aujourd’hui à ce point dramatique que le FMI, qui en a pourtant vu d’autres, appelle les institutions européennes à autoriser les mesures prises par le gouvernement grec et à annuler une partie importante de la dette grecques. Mais, rien n’y fait et n’y fera. Les institutions européennes n’ont de cesse que d’obtenir la chute du gouvernement Tsipras et conduisent à son égard une véritable vendetta politique.

Cela montre bien, s’il en était besoin, que la capitulation de juillet 2015 n’a servi à rien. Seule, une politique de rupture avec les institutions européennes, et avec l’Eurogroupe, pouvait permettre à la Grèce de retrouver un espoir. Il n’y a pas d’avenir pour la Grèce si elle reste dans la zone euro, ni d’ailleurs pour les autres nations de l’Europe du sud.

 

Ce fut la responsabilité de Tsipras de refuser cela, et ce en dépit du mandat clair qu’il avait pu obtenir du peuple grec lors du référendum. Mais, le fait d’avoir trahi son mandat ne l’a pas sauvé de la vindicte des institutions européennes. Il faudra se souvenir de cela lors de l’élection présidentielle d’avril-mai 2017, et ne pas élire quelqu’un dont la main, au moment décisif, soit susceptible de trembler.

 

[1] Godin R., http://www.latribune.fr/economie/unioneuropeenne/grece-leurogroupe-gele-lesmesures-sur-la-dette-624867.html

 

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Toujours plus d'austérité pour le peuple grec: le capitalisme n'en a jamais assez

Toujours plus d'austérité pour le peuple grec: le capitalisme n'en a jamais assez

J'écris cela tant cela n'apparaît pas toujours pour une évidence. Pourtant, lorsqu'on cherche à s'entendre avec le capitalisme, pour une raison ou une autre, le peuple n'a jamais rien à y gagner.

Le 8 décembre dernier, à Athènes, une fois de plus, s'est déroulée une importante manifestation contre l'austérité et une grève générale dans le pays: mouvement de luttes qui s'amplifie chaque jour davantage. Pour ne pas dire que j'affabule sur le quotidien du peuple de Grèce, les chiffres de l'Humanité-dimanche du 15-12-2016 à ce sujet: "6 ans d'austérité, c'est 33,9% de baisse pour les dépenses publiques et la privatisation de nombre d'entreprises, 25% de baisse du PIB par tête, moins 20% sur le salaire moyen, 37,8% d'enfants pauvres et 23,1% de chômeurs". Sans oublier la baisse des pensions de retraite et le report de l'âge de la retraite à 65 ans.

Alexis Tsipras, le chef du gouvernement, reconnait dans l'Humanité du 16 décembre 2016: "Nous avons appliqué ces dernières années une politique extrême d'austérité". Et donc de lâcher du lest. Trois fois rien: un 13e mois pour les plus petites pensions de retraite et le report de la Tva dans les îles grecques. Or, c'est beaucoup trop pour l'Eurogroupe auquel la Grèce appartient et pour l'UE avec à sa tête l'Allemagne. Couic de l'aide européenne prévue. Et pire, on ouvre le robinet si la Grèce va plus loin dans la destruction de son droit du travail.

Les sondages sont mauvais pour le parti d'Alexis Tsipras, largement distancé par la droite réactionnaire. Oui, lorsqu'on n'applique pas une politique carrément anticapitaliste, on laboure gratos pour l'abstention populaire et la droite réactionnaire, pire pour la peste brune.

C'est vrai pour Syriza, du Parti de la gauche européenne, auquel appartient le Pcf, qui bêle à cor et à cris "Europe sociale, Europe Sociale", mais qui ne voit rien venir, comme ma soeur Anne. Et pour cause!

Grèce : la France place ses hauts fonctionnaires pour mieux profiter des privatisations

 

par 

C’est un haut fonctionnaire français, inspecteur général des Finances, Jacques Le Pape, qui présidera au programme de privatisations de propriétés et d’entreprises publiques imposé à la Grèce. Malgré les appels des syndicats et de millions de citoyens grecs, le Parlement du pays a acté fin septembre la relance de ce processus, dans le cadre de son nouvel accord avec ses créanciers européens. Pour chapeauter l’agence de privatisation Taiped, sera créée une nouvelle entité appelée Superfund, avec un conseil composé de trois Grecs et deux Européens. «  Les représentants de l’UE auront un pouvoir de veto sur les décisions du Superfund pour 99 ans, ce qui revient à placer de fait les services et les biens publics grecs sous le contrôle de la Troïka et d’intérêts établis pour tout un siècle », dénonce la Fédération syndicale internationale des services publics ISP.

 

Celle-ci attire notamment l’attention sur la situation des services d’eau d’Athènes et de Thessalonique, depuis longtemps convoités par Suez (lire notre enquête). La privatisation totale initialement envisagée à été bloquée par un arrêt de la Cour suprême grecque. Les Européens cherchent à contourner ce verdict en ne cédant que 49 % des deux entreprises concernées au secteur privé. Cela n’empêchera pas un prestataire comme Suez de contrôler les services et leurs flux financiers (voir en bas de cet article un film en anglais réalisé par l’ISP pour sensibiliser sur les nouveaux risques de privatisation de l’eau en Grèce).

 

Diplomatie intéressée

 

Ancien du cabinet de Christine Lagarde et d’Air France, Jacques Le Pape n’est pas le seul haut fonctionnaire français issu de Bercy à occuper une place stratégique dans le processus de privatisation grec. Philippe Boin, de la direction du Trésor, siège à la fois au conseil d’administration de l’agence de privatisation Taiped, au nom de l’UE, et au service économique de l’ambassade de France en Grèce, où il est chargé... de promouvoir les intérêts des entreprises hexagonales. Un beau conflit d’intérêt !

 

Le gouvernement français, qui aime à se présenter comme un ami de la Grèce, paraît surtout préoccupé de tirer le meilleur profit des futures privatisations. Outre Suez, de nombreuses autres firmes françaises ont fait part de leur intérêt pour les secteurs privatisables, comme EDF (électricité), Vinci (aéroports et autoroutes), La Poste (services postaux) ou encore Alstom (rail). Leurs dirigeants accompagnent régulièrement François Hollande lors de ses déplacements en Grèce.

 

Conquérants bienveillants ?

 

Avant d’être en poste à Athènes, Philippe Boin, rattaché à la direction du Trésor, officiait au service économique de l’ambassade de France en Roumanie. Il y a ardemment défendu les intérêts des multinationales françaises, qu’il a qualifié de « conquérants, au bon sens du terme ». On rappellera que la capitale roumaine Bucarest a privatisé son service de l’eau au profit de Veolia, dont la filiale locale est aujourd’hui au cœur d’une retentissante affaire de corruption (voir ici). GDF Suez (aujourd’hui Engie) avait également obtenu des marchés lucratifs dans le pays.

 

Depuis le début, le processus de privatisation imposé à la Grèce par ses créanciers a été entaché de nombreux scandales de corruption et de conflits d’intérêts, qui ont poussé plusieurs des responsables de l’agence Taiped à la démission. Des problèmes que l’on retrouve quasi systématiquement dans les processus de privatisation (lire notre article Le petit monde des banquiers, avocats et auditeurs qui profitent des privatisations en Europe). Nos nouveaux « conquérants » français feront-il mieux ?

 

Olivier Petitjean

 

 

Grèce : François Hollande et sa fausse légende

 

05 Décembre 2016

Par Romaric Godin  |  02/12/2016

François Hollande a-t-il sauvé la Grèce ?

François Hollande a-t-il sauvé la Grèce ? (Crédits : POOL)

 

Dans son discours de « renoncement » prononcé jeudi comme dans le livre de confidences paru début octobre François Hollande se dressait un portrait de « sauveur de la Grèce ». La réalité pourrait être différente.

 

Article publié initialement le 17 octobre 2016, mis à jour le 2 décembre:

 

Dans le discours prononcé jeudi soir par François Hollande, ce n’est pas le moment qui a le plus retenu l’attention. Le président de la République, outre sa renonciation à l’élection présidentielle, a fait son propre bilan de la crise grecque :

 

« Au niveau européen, j’ai agi en votre nom pour que l’austérité puisse être enfin terminée pour beaucoup de peuples et j’ai fait en sorte que la Grèce puisse rester dans la zone euro parce que sinon elle aurait éclaté cette zone euro, tellement elle était traversée de tensions et de crises. »

 

Une vision déjà assumée dans le livre* de « confidences » du président de la République. Or, il convient de ne pas oublier que l’essentiel de l’ouvrage vise bien à construire l’image d’un président en action, dans toute la splendeur et l’étendue de son pouvoir. Nulle part cet effort n’est si visible que dans les pages consacrées à la politique étrangère, et en particulier à la troisième crise grecque du premier semestre 2015.

 

Sauveur de la Grèce, le storytelling de l’Elysée

 

Intitulé « le facilitateur », ce chapitre de 14 pages dresse le portrait en pied d’un François Hollande arbitre de l’Europe, capable de retenir la furie destructrice d’Alexis Tsipras, le premier ministre hellénique, et de Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances. Le chef de l’Etat français aime se présenter comme « protecteur » du chef du gouvernement grec. Les deux journalistes auteurs de l’ouvrage soulignent ainsi sa « mansuétude » envers Alexis Tsipras (qu’ils comparent avec celles, coupable à leurs yeux, qu’il a adopté envers Christiane Taubira et Emmanuel Macron), de son « acharnement » à maintenir la Grèce dans la zone euro. On le voit batailler avec Angela Merkel pour que « tout faire pour maintenir la Grèce » dans l’union monétaire.

 

Ce discours, soutenu tant par les auteurs que par le président, n’est pas étonnant. Il est la « version officielle » française des événements depuis que, au petit matin du 13 juillet 2015, Alexis Tsipras a signé une capitulation complète devant ses créanciers, faisant replonger le pays dans la crise et dans l’assujettissement le plus complet. Selon le Château, qui en vend la version à qui veut bien l’entendre, c’est la France qui a stoppé l’Allemagne dans sa volonté de chasser les Grecs de la zone euro.

 

Les deux auteurs rendent donc l’image d’un président gonflé d’orgueil d’avoir l’impression, sur ce dossier grec, de « faire l’histoire ». Du reste, eux-mêmes, présents dans les bureaux dorés de l’Elysée, avouent cette « impression légèrement grisante d’observer l’histoire en marche ». Jamais la connivence entre le monarque et ses secrétaires « embusqués » n’est aussi forte que sur ce dossier. Jamais l’admiration du chef de l’Etat n’y est aussi palpable. Mais si l’on y regarde de plus près, ce portrait élogieux du « sauveur des Grecs » apparaît fort contestable.

Mépris et réalisme

 

Premier élément. Si François Hollande est très soucieux « d’avoir la position la plus proche des Allemands », il montre un mépris ouvert et constant envers « l’ami grec ». « François Hollande, semble s’adresser à un petit frère un peu trop dissipé », notent les auteurs. Plus loin, ils soulignent que le président français « assume parfaitement ce rôle de grand frère ».  Mais les deux journalistes évoquent aussi l’attitude de « proviseur compréhensif » de l’élève Tsipras. Elève de quelle leçon ? Mais celle du « réalisme », bien sûr. Le réalisme consiste pour l’Elysée à faire de la politique en ne changeant absolument rien. Rester donc à tout prix dans la zone euro, quel qu’en soit le prix, mais tenter de présenter un storytelling qui « sauve la face ». « Tsipras entend sauver à la fois son pays… et les apparences », expliquent les auteurs en décryptant le discours présidentiel.

 

Clichés désolants

 

Mais ce qui frappe par-dessus tout, c’est l’incompréhension complète de la situation grecque. François Hollande ne semble pas saisir l’enjeu du succès de Syriza, qui s’appuie sur la défaite absolue de la stratégie menée par les Européens depuis 2010 en Grèce, sur la protection de l’oligarchie pendant l’austérité, sur le désastre social qu’il a causé et sur le sentiment d’humiliation des actes de la Troïka. Pas un mot de tout cela dans la bouche d’un président qui, en 2012, tout fraîchement élu, avait appelé les Hellènes à voter contre Syriza, donc pour le parti conservateur Nouvelle Démocratie d’Antonis Samaras. Pire même, le président français ne peut saisir que, si la Grèce a sa part de responsabilité,  les déséquilibres de la zone euro ont conduit au désastre et que, de ce fait, tout le monde a sa part de responsabilité. Et doit donc prendre sa part de fardeau.

 

François Hollande refuse d’entendre la réalité grecque, jamais il n’évoque l’idée d’un assouplissement des exigences ou un plan « actif » de reconstruction économique du pays. Il impose à la malheureuse Hellade sa propre réalité, faite de clichés désolants de Grecs rétifs aux impôts, au travail non déclaré et aux retraites à 50 ans et d’une dette immense (dont il oublie de préciser qu’elle vient principalement désormais des crédits accordés par les Européens). Dès lors, la situation est simple : Alexis Tsipras doit accepter les « réformes » et les demandes de ses créanciers pour sauver sa place dans la zone euro. La faute est grecque, la Grèce doit payer. Tout en « sauvant les apparences ». Avec de tels amis, la Grèce n’a guère besoin d’ennemis.

Accepter l’alternative allemande

 

Les faits l’ont confirmé. François Hollande a accepté « par réalisme » de discuter des conditions d’une expulsion de la Grèce de la zone euro avec Wolfgang Schäuble. Dès lors, il en acceptait la possibilité et participait à la stratégie allemande en acceptant un « plan B » fondé sur cette expulsion. Il est un peu piquant de voir par la suite l’hôte de l’Elysée s’émouvoir d’une éventuelle demande à la Russie d’impression de drachmes de la part de la Grèce, alors que lui-même travaille à chasser la Grèce de la zone euro. Il est de même assez étonnant de voir François Hollande et ses hagiographes expliquer « qu’à force de persuasion, la France va réussir à éviter le pire », puisque ce « pire » même est une option acceptée par la France. Si Paris avait refusé une expulsion qui, par ailleurs n’est nullement prévue dans les traités, si elle avait usé de son influence pour « changer de logique », ce « pire » n’eût pas été possible. En acceptant l’option de l’expulsion, la France tirait dans le pied des Grecs, puis se réjouissait qu’on ne leur eût pas tiré dans la tête.

 

La France passive

 

Le récit des deux auteurs est, du reste, assez étrange. A les lire, dans les jours qui ont suivi le référendum perdu par les créanciers, le 5 juillet 2015, c’est la France qui a aidé, grâce à une « mise sous tutelle française de l’administration grecque » et à sa « force de persuasion », Athènes à demeurer dans la zone euro. Rien n’est moins juste. Alexis Tsipras a paniqué après la victoire du « non » : il ne s’est pas vu assumer un dernier combat qu’il a jugé perdu d’avance. Il a alors espéré que l’appui français lui permettrait de faire une proposition « acceptable ». 10 fonctionnaires ont été envoyés à Athènes, mais la proposition « française » (une réplique à peine durcie de celle rejetée par les Grecs le 5 juillet) a été rejetée par l’Eurogroupe du 11 juillet ! Ce jour-là, Wolfgang Schäuble et ses alliés ont relevé les mises et imposé de nouveaux critères, notamment un « fonds de privatisation » de 50 milliards d’euros (chiffre absolument irréaliste) et une mise sous tutelle étroite des finances publiques grecques.

 

C’est cette « proposition » du 11 qui va être la base de discussions du 12 et qui sera, à peine aménagée, acceptée le 13 par Alexis Tsipras. François Hollande n’a contribué – s’il a vraiment agi – qu’à négocier quelques détails de cette proposition allemande « punitive ». La France a alors permis à Angela Merkel de « vendre » à son opinion publique le maintien de la Grèce dans la zone euro. Quant à la Grèce, elle a, grâce à son « ami français » pu repartir avec un troisième mémorandum qui a mis encore à genoux son économie défaillante et qui a mis son gouvernement sous une tutelle humiliante. Sans que le gouvernement grec ne parvienne, comme promis le 13 juillet 2015, à ouvrir de vraies négociations sur sa dette publique. Depuis, la France a continué à accepter la position extrêmement dure de l’Eurogroupe, sans vraiment la modifier. Un détail, sans doute, dont ne parlent pas les deux auteurs.

 

La France absente à l’Eurogroupe

 

Au reste, même l’attitude « bienveillante » de la France face à la Grèce durant les négociations est peu convaincante. En quoi François Hollande a-t-il joué le rôle de « facilitateur » ? Le chapitre débute sur une scène où le président français assure Alexis Tsipras du soutien de la France avant l’Eurogroupe du 9 mars 2015. A ce moment, la Grèce prépare un plan de réforme suite à l’accord du 20 février. L’accord doit être validé le 9 mars et la crise pourrait alors s’apaiser. « Il y a un Eurogroupe lundi et nous pourrons peut-être agir », explique alors François Hollande. Mais ce que les deux auteurs ne relèvent pas, c’est que, ce 9 mars, l’Eurogroupe va refuser tout plan grec et, cela, pendant deux mois. L’Eurogroupe réclame des baisses de pension. La France ne s’oppose pas à cette demande. Elle ne tente pas « d’agir », elle ne joue aucun rôle de facilitateur. A lire les deux auteurs, la Grèce est alors restée immobile. « Tsipras tarde à produire ses réformes », explique François Hollande en avril qui tenterait de « réfréner les ardeurs belliqueuses » du Grec. Problème : de mars à mai, la Grèce multiplie les plans de réformes qui sont systématiquement rejetés par un Eurogroupe qui veut obtenir la baisse des pensions, signe final de la capitulation politique du gouvernement grec. Et la France soutient cette politique. Loin d’être « facilitateur », François Hollande a soutenu les objectifs politiques de l’Eurogroupe et a placé le gouvernement grec devant une alternative : sortir de l’euro ou capituler.

 

Miser sur les mauvais chevaux

 

Enfin, dernier point, de détail, celui-là. François Hollande donne deux conseils à Alexis Tsipras : s’appuyer sur l’OCDE et sur Jean-Claude Juncker. Le problème, c’est que c’était miser sur deux mauvais chevaux. La décision n’était pas à la Commission, qui a été entièrement mise sur la touche pendant les négociations, mais à l’Eurogroupe. En demandant à Alexis Tsipras de s’appuyer sur la Commission, François Hollande demande à Bruxelles de faire ce qu’il refuse de faire lui-même : apaiser l’Eurogroupe alors même que la France siège à cet Eurogroupe… Quant à l’OCDE, la Grèce s’est beaucoup appuyée effectivement sur cet organisme, notamment pour rejeter les demandes de l’Eurogroupe.

 

L’obsession de l’Allemagne

 

François Hollande fait donc mine d’oublier qu’il est acteur – passif, s’entend – du blocage entre la Grèce et ses créanciers. En réalité, il le sait et finit par le reconnaître : plus que son « amitié » pour la Grèce, le président français sauve « sa » relation avec l’Allemagne. « Si les Allemands me lâchent, c’est fini », avoue-t-il. C’est là le résumé de toute sa politique européenne. Un peu plus loin, il résume encore son rôle de « facilitateur » : il ne s’agissait pas de faire comprendre aux Allemands et aux Grecs leurs divergences et de les rapprocher. Il s’agissait de « faire comprendre aux Grecs » qu’il faut bien accepter les priorités définies par Berlin. François Hollande ne doit donc pas s’étonner que son rôle dans la crise grecque n’ait guère redoré blason. C’est que, malgré les tendances hagiographiques du livre, la France de François Hollande a été la malédiction de la Grèce plus encore que son « sauveur ».

 

* Gérard Davet & Fabrice Lhomme, « Un président ne devrait pas dire ça« , Stock, pages 499-512.

 

Publié par  El Diablo

GRÈCE : TSIPRAS interdit et réprime les manifestations populaires lors de la visite d’OBAMA à Athènes

GRÈCE : TSIPRAS interdit et réprime les manifestations populaires lors de la visite d’OBAMA à Athènes
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[jpg] JC-13-SOUTIEN-PCGREC-NOV2016

GRÈCE : TSIPRAS interdit et réprime les manifestations populaires lors de la visite d’OBAMA à Athènes

LIRE AUSSI LA DÉCLARATION DU PARTI COMMUNISTE DE GRÈCE (KKE) 

LIEN CI-DESSOUS : 

9 novembre 2016 

"Bien plus que l'avenir de l'économie grecque, c'est désormais son avenir politique qui est la priorité de sa politique. Il n'est cependant pas certain que les Grecs se montrent dupes." 

Grèce : Alexis Tsipras affiche son obéissance totale aux créanciers

 

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Alexis Tsipras envoie des signaux de soumission aux créanciers. Pour remonter dans les sondages ?
Alexis Tsipras envoie des signaux de soumission aux créanciers. Pour remonter dans les sondages ? (Crédits : © Michalis Karagiannis / Reuter)
Le premier ministre grec a remanié son gouvernement en excluant les quelques récalcitrants et revu son objectif de restructuration de la dette à la baisse. Son objectif semble désormais celui d'accepter rapidement les demandes des créanciers pour obtenir une victoire de façade sur le terrain de la dette. Et remonter dans les sondages.
Alexis Tsipras est pressé d'en finir avec la deuxième revue du programme prévu par le troisième mémorandum. C'est en effet à l'issue de cette deuxième revue que les négociations sur la dette publique grecque pourront réellement débuter. Avant la réunion de l'Eurogroupe des 19 ministres des Finances de la zone euro ce lundi 7 novembre, le chef du gouvernement grec a donc envoyé un message fort : il a remanié son gouvernement ce samedi dans un sens très favorable à la politique de « réformes » voulue par les créanciers.
 
Un remaniement pour plaire aux créanciers

Tous les ministres qui avaient émis des doutes sur la politique de privatisation, notamment, ont été écartés. Alexis Tsipras a ainsi exclu du gouvernement le ministre de la mer, Theodoros Dritsas, qui avait émis des réserves sur la privatisation du port du Pirée... tout en la signant. Mais c'est surtout le transfert au ministère de l'Intérieur, dont se désintéressent les créanciers, de Panos Skourletis, jusqu'ici ministre de l'Energie, qui est significatif du changement de stratégie du gouvernement. Panos Skourletis avait fait part de son opposition à la privatisation complète de la compagnie publique d'énergie réclamée par les créanciers. Il est remplacé par Giorgos Stathakis, jusqu'ici ministre de l'Economie et qui est un partisan connu des « réformes ». C'est lui qui, en juillet 2015, avait plaidé auprès d'Alexis Tsipras pour que la Grèce accepte un nouveau mémorandum. Giorgos Stathakis sera lui-même remplacé par Dimitris Papadimitriou, un économiste qui a travaillé dans de nombreuses universités aux Etats-Unis, et qui a un profil tout à fait rassurant pour les bailleurs de fonds. Alexis Tsipras a clairement voulu envoyer un message aux créanciers : les privatisations ne seront pas remis en cause, ni freinées, et la « volonté de réformes » du gouvernement est complète. Il n'y aura plus aucune tentative de retarder l'application des demandes de l'Eurogroupe. Le transfert du ministre du travail, Giorgos Katrougalos, qui avait bâti une réforme des retraites que les créanciers avaient du mal à accepter, au poste symbolique de vice-ministre des Affaires étrangères, va dans le même sens. Sa remplaçante, Effie Achtioglou, jusqu'ici sa vice-ministre, est réputée pour entretenir d'excellentes relations avec les autorités européennes. C'est un élément clé alors que la grande affaire du prochain mois devrait être la réforme du droit du travail réclamée par les créanciers.
 

Grèce : Alexis Tsipras affiche son obéissance totale aux créanciers

 

 

 

Grèce : Alexis Tsipras affiche son obéissance totale aux créanciers

 

Le premier ministre grec a remanié son gouvernement en excluant les quelques récalcitrants et revu son objectif de restructuration de la dette à la baisse. Son objectif semble désormais celui ...

 

http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/grece-alexis-tsipras-affiche-son-obeissance-totale-aux-creanciers-614345.html

 

 

 

Commentaire de B.T : Alors, on soutien toujours ??? Les cocus lever la main. Alors Pierre tu ne crois pas qu'Alexis ne pousse pas un peu loin le bouchon un peu loin en matière de renoncements ?? Mais peut-être envisage-tu les mêmes renoncements pour nous même ??

 

 

Publié par El Diablo

GRÈCE : NON au dépeçage des biens du peuple!

capture d'écran

capture d'écran

Le merveilleux gouvernement de « gauche radicale », conduit par A. Tsipras, fait vendre aux enchères les modestes biens des couches populaires.

 

Une dette est une dette et Tsipras qui refuse d’annuler la dette nationale, par ailleurs illégitime, remboursera jusqu’au dernier euro les « créanciers » de son pays. Il compte appliquer le même fanatisme néolibéral au peuple grec.

 

Les biens des personnes les plus touchées par ses politiques d’austérité, qui ne peuvent s’acquitter de leurs remboursements auprès des banques, sont mis aux enchères.

 

Heureusement, depuis des semaines, les mobilisations de citoyens et d’associations font échouer le déroulement de ces enchères.

 

Mercredi 19 octobre, de nouvelles grandes mobilisations ont eu lieu devant les Tribunaux de tout le pays. Appuyées par l’abstention des notaires, elles ont, une nouvelle fois, empêché le déroulement des enchères.

 

A Salonique, les manifestants ont même brisé les barrages de police et bloqué, de manière combattive, la mise aux enchères (non autorisée) d’un champ.

 

VIDÉO:

Les mots d’ordre des manifestations étaient: « Etat, UE et banques, les voyous volent les maisons du peuple ! », « Aucune maison aux mains du banquier ! », , «  Lutte, affrontement, abolition ! L’Histoire s’écrit en désobéissant ! », « Vous accaparez nos maisons, vous vendez notre DEI (la compagnie nationale d’électricité)   et à la fin, vous vendrez aussi l’Acropole ! ».

SOURCE:

Grèce : NON au dépeçage des biens du peuple!

http://www.pardem.org/actualite/en-bref/487-grece-non-au-depecage-des-biens-du-pe

Publié par El Diablo

BAISSE des pensions en GRÈCE : grenades lacrymogènes contre retraités ! Merci Tsipras !

photo vue sur facebook (Marie Max Moulin)

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photos vues sur facebook (Marie Max Moulin)photos vues sur facebook (Marie Max Moulin)

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Grèce : des retraités affrontent la police lors d'une manifestation contre la baisse de leurs pensions

A Athènes, lundi 3 octobre 2016, la police a procédé à des tirs de gaz lacrymogènes pour disperser une manifestation de retraités, mobilisés après des annonces du gouvernement sur le montant de leur retraite.

LIEN VERS LA SUITE DE L'ARTICLE CI-DESSOUS:

PLUS D'INFORMATIONS (en grec) -traduction possible :