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Israël - Palestine

Les élus arabes et les communistes ne participeront pas au discours de Mike Pence à la Knesset

 

14 Décembre 2017
Voici un extrait du journal israélien The times of Israël. Dans celui-ci, le chef de la Liste arabe unie déclare que « les Etats-Unis ont perdu leur place de médiateur exclusif dans les négociations » après avoir reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël. Ayman Odeh a été élu « en 2016, tête de la Liste unifiée, rassemblant, derrière le Hadash communiste, divers partis arabes israéliens. Sa liste crée la surprise en arrivant en troisième position avec 10.54% et 13 sièges et à ce titre il est le troisième parti d’Israël. C’est un député communiste mais aussi un militant actif et il est blessé en janvier 2017 au dos et à la tête par des tirs de la police israélienne. Celle-ci était intervenue pour sécuriser les travaux de destruction d’un village occupé par des bédouins afin de le remplacer par un village juif, quand une échauffourée a éclaté avec les habitants au cours duquel ce responsable communiste a été blessé. La seule question que je pose est pourquoi en France la position de ces communistes qui représentent la meilleure chance de paix est-elle aussi méconnue?  A la suite de l’article, je publie son interview publié en 2016 dans Marianne
 
(note de Danielle Bleitrach).

MARISSA NEWMAN 13 décembre 2017, 20:10 2
Ayman Odeh, leader de la liste commune, réagit lors d'une séance plénière au parlement israélien, le 25 janvier 2017 (Yonatan Sindel / Flash90)
Ayman Odeh, leader de la liste commune, réagit lors d’une séance plénière au parlement israélien, le 25 janvier 2017 (Yonatan Sindel / Flash90)
 
En protestation face à la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par l’administration américaine, les députés arabes israéliens n’assisteront pas au discours du vice-président américain Mike Pence à la Knesset la semaine prochaine.Dans un communiqué publié ce mercredi, Ayman Odeh, leader de la Liste arabe unie, a déclaré que les 13 membres de son groupe boycotteraient le discours à la Knesset lundi afin « d’envoyer un message clair à l’administration américaine et au monde entier, de leur montrer qu’il y a des citoyens vigoureusement opposés à la déclaration de Trump et de leur expliquer que les Etats-Unis ont perdu leur place de médiateur exclusif dans les négociations ».
« Jérusalem-Ouest sera reconnue comme capitale d’Israël par le monde entier dès que le gouvernement d’Israël aura reconnu Jérusalem-Est comme capitale de l’Etat palestinien », a ajouté Odeh.Pence devrait s’adresser au Parlement israélien lundi prochain, aux côtés du Premier ministre Benjamin Netanyahu, du chef de l’opposition Isaac Herzog et du président de la Knesset Yuli Edelstein.L’annonce de Odeh survient plusieurs heures après que Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, a déclaré que les Palestiniens n’accepteraient aucune ingérence future des Etats-Unis dans les pourparlers de paix suite à la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par le président Donald Trump.
 
 
L’Autorité palestinienne a également déclaré qu’elle refuserait de rencontrer le vice-président américain lors de son voyage dans la région. Au cours du week-end, le conseiller diplomatique d’Abbas a déclaré que la rencontre avec Pence avait été annulée « car les Etats-Unis avaient franchi les lignes rouges » concernant Jérusalem. La semaine dernière, Jibril Rajoub, membre éminent du Fatah de Mahmoud Abbas, avait déjà fait écho à ce sentiment, affirmant que Pence n’était « pas le bienvenu en Palestine ».En réponse à cette position, la Maison Blanche a accusé les Palestiniens de « s’éloigner » des efforts de paix. »Cet article d’un journal israélien a le mérite de nous faire connaitre une situation méconnue en France et on se demande pourquoi… pourquoi les positions de ces communistes à la tête de la ligue arabe au parlement israélien sont-elles aussi méconnues en France? L’hypothèse la plus vraisemblable est que si officiellement, la gauche, le PCF se bat pour les accords de l’ONU, en fait on est convaincu qu’il faut chasser Israël et n’avoir qu’un état palestinien et donc insister sur la nature coloniale de son existence. Là encore, je pense qu’il faut discuter en Congrès de la position REELLE des communistes sur la question et pas prétendre défendre une position quand on se bat sur une autre. L’Humanité, la direction du parti doivent avoir une position claire et des revendications précises décidées par les communistes eux-mêmes et pas jouer à la contrebande des haines. Et le terme de « sioniste » non seulement est employé à la place de juif, mais masque les questions que je pose ici et qui doivent être décidées par les communistes, peut-être est-il trop tard à cause des Américains et du gouvernement israélien pour prétendre à deux Etats, alors dites-le, défendez votre position politiquement et arrêtez de créer les conditions d’un massacre généralisé qui est celle de Trump et de Netanyaoun.
 
Ayman Odeh, chef de file de la Liste arabe devenue la troisième force politique d'Israël. SIPANY/SIPA

 

Ayman Odeh : « Juifs et Arabes doivent se battre ensemble pour un état moral »

Propos recueillis par Martine Gozlan
Publié le 07/05/2016 à 12:00
Ayman Odeh, 41 ans, chef du Hadash, le Parti communiste juif et arabe, est le leader de la Liste arabe unie, devenue la troisième force politique du pays en obtenant 13 sièges aux dernières élections législatives. Rencontre à Haïfa, sa ville natale, au pied du mont Carmel, où vit sa famille depuis trois cents ans.
 
Marianne : Quel est votre état d’esprit alors que les tensions sont de plus en plus vives non seulement entre Palestiniens et Israéliens, mais entre les deux communautés, juive et arabe, au sein d’Israël ?
 
Ayman Odeh : Nous vivons à l’heure des fanatismes. Si on ose dire que ce pays est celui de tous les citoyens, on vous regarde comme un extrémiste et vous êtes harcelé très durement. Sans doute, il ne s’agit pas d’un Etat qui pratique l’apartheid : les simples faits que je siège à la Knesset avec les 12 autres membres de la Liste arabe unie et l’existence de la Cour suprême en constituent des preuves tangibles. Néanmoins, les Palestiniens d’Israël (20 % de la population) sont confrontés au racisme et à la discrimination. Quel est le seul facteur de lutte contre le racisme ? La démocratie. C’est un combat commun. Les juifs et les Arabes doivent le mener ensemble, car je crois fermement en un Etat moral. Il ne peut y avoir de combat séparé. Je vis dans une ville mixte, Haïfa, où juifs et Arabes mènent encore une existence commune. C’est la ville la plus saine d’Israël. Personne, ici, ne peut dire que nos deux peuples ne peuvent pas vivre ensemble. Le problème, ce n’est pas nos peuples, mais le gouvernement qui alimente le feu de la haine.
 
L’islamisme, aussi, est vecteur de haine. Comment le combattez-vous ?
 
Mais il s’est produit un phénomène extraordinairement positif ! Nous siégeons ensemble au sein d’une liste arabe unie. Communistes, islamistes, nationalistes, modérés, sont réunis autour des mêmes objectifs. Il faut réaliser ce que cela signifie aujourd’hui, au Moyen-Orient, où tout le monde se déchire. C’est en soi une victoire formidable : nous, Arabes, avons été capables de dire stop aux conflits internes. Je suis un Arabe palestinien, c’est mon identité nationale. Et je suis aussi un citoyen d’Israël. Le lendemain des élections qui ont fait de notre liste la troisième force politique du pays, nous sommes allés voir tous les ministres et nous leur avons demandé de nous donner nos droits. Nous avons été capables d’influencer des décisions économiques sur le sous-développement des zones où vit notre minorité. Nous nous battons pour qu’elles soient mises en application au plus vite. Il s’agit notamment de réduire les disparités dans les transports publics : 40 % des nouveaux crédits alloués aux villes arabes y seront consacrés. C’est du concret, pas de l’idéologie.
 
Je reviens sur la question de la violence qui reste présente : l’idéologie extrémiste, l’influence de Daech, ne risquent-elles pas de saper les bases de votre combat ?
 
Patience ! Aux Etats-Unis, il y avait Malcolm X mais aussi Martin Luther King. La réalité, c’est que 88 % de la population arabe a voté pour notre liste arabe unie. Qui essaie de nous pousser vers l’extrémisme ? Le gouvernement ! Bien sûr, que nous sommes affectés par la détérioration de la situation dans les Territoires. Au moment des accords d’Oslo, en 1993, il y avait un mieux très sensible. Et puis, allons au fond des choses, nous ne sommes pas seulement une minorité nationale, c’est notre patrie ! Nous ne sommes pas venus vers l’Etat d’Israël : c’est l’Etat d’Israël qui est venu à nous. Et, à partir de 1967, l’Etat a occupé des territoires. Or, l’occupation fait d’abord souffrir les Palestiniens et ensuite la société israélienne. Elle la métamorphose en une société violente et raciste. Je crois qu’un peuple qui en occupe un autre ne peut pas être libre. Je préfère la résistance pacifique, mais je comprends que les Palestiniens décident de leur façon de résister.
 
Avec les couteaux, les attentats ?
Que pensez-vous de la campagne pour le boycott d’Israël ?
 
Boycotter les produits des colonies est une décision morale. Je la soutiens. Mais pas question d’être contre les juifs et contre l’Etat d’Israël. Je fais partie de cet Etat, je siège à la Knesset. Je ne peux donc pas soutenir mon propre boycott.
 
C’est l’occupation qu’il faut combattre, pas l’Etat.

Jérusalem et la mystique de l’élection

 

Comme le montre la naïveté des commentaires sur la crise actuelle, on ne comprend pas les conflits du Proche-Orient si l’on oublie l’essentiel. Le sionisme n’est pas un mouvement d’émancipation juive, ni un nationalisme séculier classique. C’est un colonialisme fondé sur une mystique de l’élection.

 

Lorsque Nétanyahou est reçu au congrès américain, il parle du “peuple élu” et il invoque la “destinée manifeste”. En validant les prétentions israéliennes sur Jérusalem, Trump ne se contente pas de piétiner la loi internationale. Flattant le narcissisme israélien, il accrédite la mythologie fondatrice de l’Etat-colon.

 

On s’inquiète d’une confessionnalisation du conflit, mais on oublie que ce conflit est confessionnel depuis l’origine. Non pas du fait de la résistance arabe, mais du fait de l’entreprise sioniste. En fait, le mouvement auquel le sionisme ressemble le plus est le suprématisme blanc des Afrikaners. Dans les deux cas, ils se prennent pour le peuple élu, et la guerre coloniale vise à s’emparer de la “Terre promise”. L’Etat d’Israël, cet enfant chéri de la conscience laïque occidentale, est un implant colonial justifié par l’Ancien Testament.

 

Même s’ils ont raison, le déni de légitimité que les juifs orthodoxes opposent au sionisme est trompeur. Il faut lire les penseurs sionistes de l’ère pré-israélienne : le sionisme n’a pas trahi le judaïsme, il s’est simplement affranchi de sa passivité. Il substitue à l’attente du sauveur une action politique, mais cette action vise à prendre possession d’“Eretz Israël”, et non d’une lointaine contrée indifférente au récit biblique. Le sionisme moderne n’a pas laïcisé l’espérance messianique, il l’a détournée à son profit pour implanter au Proche-Orient un Etat occidental.

 

La conquête coloniale de la Palestine se fonde sur une mystique de l’élection, et cette mystique se nourrit d’une géographie du sacré. Interprétant la Thora comme un acte notarié, elle le brandit comme si un texte religieux pouvait fonder un droit opposable. Croyant occasionnel, Theodor Herzl avait bien compris la puissance symbolique de cette supercherie. “Si la revendication d’un coin de terre est légitime, disait-il, alors tous les peuples qui croient en la Bible se doivent de reconnaître le droit des juifs”. Quel Occidental contestera, si elle est bibliquement établie, la légitimité d’un Etat juif en Palestine ?

 

Le sionisme repose sur une idée simple : la Thora tient lieu de titre de propriété, et cette propriété sera reconnue par un Occident pétri de culture biblique. Il faut reconnaître que ce tour de passe-passe a porté ses fruits. Loin d’être une nouveauté, le sionisme chrétien est constitutif du sionisme lui-même. L’idée du retour des exilés en Terre sainte fut une idée protestante avant d’être une idée juive, et le gouvernement britannique s’en fit l’ardent défenseur à l’apogée de l’Empire. Ce n’est pas un hasard si cette entreprise a fini par voir le jour avec la bénédiction d’une Grande-Bretagne férue d’Ancien Testament.

 

Malheureusement, ce n’est pas la première fois qu’une idée absurde exerce une force matérielle. Pour les sionistes, la cause est entendue : si le droit des juifs sur la terre d’Israël n’est pas négociable, c’est qu’il dérive de la transcendance. Combattre l’entreprise sioniste, c’est faire offense à Dieu, se rebeller contre sa volonté. Avant la proclamation unilatérale de l’Etat d’Israël, le grand rabbin de Palestine déclarait devant une commission internationale : “C’est notre forte conviction que personne, ni individu, ni pouvoir institué, n’a le droit d’altérer le statut de la Palestine qui a été établi par droit divin”.

 

Chef du parti national-religieux, le général Effi Eitam expliquait en 2002 : “Nous sommes seuls au monde à entretenir un dialogue avec Dieu en tant que peuple. Un Etat réellement juif aura pour fondement le territoire, de la mer au Jourdain, qui constitue l’espace vital du peuple juif”. On comprend pourquoi le sionisme, à l’appui de ses prétentions, n’invoque pas le droit international, mais la promesse de Yahvé à Abraham : “C’est à ta descendance que je donne ce pays, du fleuve d’Egypte au grand fleuve, le fleuve Euphrate” (Genèse, 15).

 

Cette mythologie a fait de Jérusalem le joyau de la promesse. La cité de David est l’écrin de la présence divine depuis que son successeur Salomon y bâtit le premier Temple. Espace de communication avec le divin, Jérusalem porte témoignage de la geste hébraïque. Le martyre subi lors de sa destruction en accentue la sacralité, en la déclinant sur le mode messianique. Dans la narration biblique, Jérusalem est le centre d’une histoire sainte. Le tour de force du sionisme est de l’avoir fait passer pour une histoire tout court.

 

Cette conversion de la narration biblique en narration historique, pourtant, est un véritable château de cartes. Israël s’est lancé à Jérusalem dans une quête obstinée des vestiges de sa grandeur passée. A coup d’excavations frénétiques, on a exhibé la moindre breloque comme si elle était la preuve d’une gloire ancestrale, et un tesson de poterie attestait le rayonnement immémorial du royaume hébraïque. Mais cette manie de fouiller le sous-sol palestinien à la recherche d’une gloire perdue a montré ses limites, et les archéologues israéliens ont fini par tirer un trait sur ces affabulations.

 

Les fouilles entreprises à Jérusalem n’ont apporté aucune preuve de la grandeur de la cité à l’époque de David et de Salomon”. Mieux encore : “Quant aux édifices monumentaux attribués jadis à Salomon, les rapporter à d’autres rois paraît beaucoup plus raisonnable. Les implications d’un tel réexamen sont énormes. En effet, s’il n’y a pas eu de patriarches, ni d’Exode, ni de conquête de Canaan, ni de monarchie unifiée et prospère sous David et Salomon, devons-nous en conclure que l’Israël biblique tel que nous le décrivent les cinq livres de Moïse, les livres de Josué, des Juges et de Samuel, n’a jamais existé ?

 

Ces citations ne sont pas tirées d’un brûlot antisioniste, mais du livre d’Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman, La Bible dévoiléeLes nouvelles révélations de l’archéologie, Bayard, 2002, p. 150. La mythologie sioniste avait maquillé le mythe en histoire pour les besoins de la cause. Cette histoire en carton-pâte est balayée par la recherche scientifique. La véritable histoire reprend ses droits, et la géographie du sacré sombre dans les sables mouvants. Mais peu importe. Avec de vieilles pierres en guise de témoins muets, les sionistes revendiquent obstinément la propriété d’une terre arrachée en 1948 à ses détenteurs légitimes.

URL de cet article 32684 

Une visite du Jérusalem multiculturel en 1897

 

10 Décembre 2017
Dans ces temps où l’absurdité des rivalités les plus mesquines y compris à l’échelle des maîtres du monde semble le lot de ces « lieux saints », je ne puis m’empêcher néanmoins de songer à cette espérance folle de opprobre universelle qui fit que durant 2000 ans fut prononcée l’incantation « l’an prochain à jérusalem », que je l’ai dite moi même ces soirs de seder (la cène du Christ) et que tous mes grands parents ont été enterrés avec un sachet de terre d’Israël sous la tête… Qu’est-ce qui pousse les êtres humains à de telles choses et vers ce lieu, s’agit-il de notre porte de l’enfer à tous ?
 
(note de danielle Bleitrach)

Publié le 07/12/2017
Auteur: Pierre Ancery
 

Jérusalem, le Mur des Lamentations, agence Rol, 1922 – source : Gallica BnF
DANS UNE SÉRIE D’ARTICLES PARUS DANS LE FIGARO, UN ÉCRIVAIN DÉCRIT EN 1897 LA VILLE DE JÉRUSALEM, OÙ COHABITENT, NON SANS RIVALITÉS, LES TROIS RELIGIONS MONOTHÉISTES.
 

Septembre 1897. Gustave Larroumet, historien d’art et écrivain, est en voyage en Méditerranée. De son passage à Jérusalem, il tire une série d’articles que le Figaro va publier en feuilleton entre le 22 novembre et le 7 décembre. Son long récit, qui n’est pas dénué de préjugés (notamment à l’encontre de la population juive), donne néanmoins un aperçu de la façon dont cohabitaient alors les différentes communautés de la ville.

 

À l’époque, la ville sainte du judaïsme, du christianisme et de l’islam est depuis quatre siècles sous contrôle de l’Empire ottoman. Les trois religions sont présentes dans la ville. Entre leurs communautés règne un certain équilibre, comme l’explique Vincent Lemire dans son livre Jérusalem 1900, la ville sainte à l’âge des possibles.

 

Ce qui n’empêche pas les relations entre croyants d’être marquées par des tensions. Larroumet en est témoin lorsqu’il arrive à l’église du Saint-Sépulcre, qui accueille plusieurs confessions chrétiennes :

« Le Saint-Sépulcre est la propriété commune de toutes les confessions chrétiennes. Chacune, en vertu de vieux usages jalousement défendus, a ses droits, ses privilèges, ses prétentions victorieuses ou disputées. Le sanctuaire du Dieu de paix est un temple de discorde.

 

Les religieux des diverses confessions ont l’humeur également mesquine et taquine. Pressés dans un petit espace, ils nourrissent des rivalités de petite ville ; orgueilleux et ignorants, ils attachent à des riens une importance énorme ; enflammés de passions religieuses, ils en cuisent le fiel ; soutenus par leurs gouvernements respectifs, ils sont politiciens. »

https://www.retronews.fr/embed-journal/le-figaro/25-novembre-1897/104/795169/4?fit=13.2268.829.515

 

Larroumet, pétri de culture biblique, visite la vallée de Josaphat, le tombeau de la Vierge ou le mont des Oliviers. Il décrit ensuite les lieux d’islam – cette dernière religion étant alors celle des Ottomans, Arabes et Turcs.

« Jérusalem n’est pas seulement chrétienne. Elle est aussi musulmane et juive. Je devrais dire juive et musulmane, pour suivre l’ordre du temps. Mais, outre que les musulmans sont les maîtres de la ville, ils ont mis sur elle une marque profonde, tandis que le passé juif n’existe plus que dans le souvenir. »

La visite du Harâm ech Cherif et de la mosquée d’Omar lui inspirent des réflexions sur les rivalités entre religions :

« En aucun lieu du monde ne se montre plus nettement le rôle du surnaturel dans toutes les religions, et aussi la négation mutuelle qui engendre l’intolérance. Ici, trois croyances se disputent les mêmes sanctuaires, avec le mépris et la haine des croyances rivales […].

 

Aussi le pèlerinage de Jérusalem commence-t-il par attrister et troubler non seulement les croyants, mais ceux qui, dans la ruine de la foi, ont conservé le sentiment religieux. Il faut la dévotion naïve du pauvre moujik, qui vient du fond de la Russie se prosterner en larmes sur le tombeau du Sauveur, pour ne rien voir de ce qui détonne et choque, autour de cette pierre, comme le contraire des vertus chrétiennes.

 

Tout homme de quelque culture rencontre à chaque pas, avec la bassesse et la méchanceté humaines, les contradictions et les impossibilités. On en vient à se demander si toutes les religions ne sont pas des écoles d’aveuglement et de haine. »

https://www.retronews.fr/embed-journal/le-figaro/04-decembre-1897/104/788433/4?fit=13.2438.868.559

 

Le 6 décembre, Gustave Larroumet évoque la population juive de Jérusalem.

« Les émigrants juifs affluent d’Allemagne, de Russie et de Pologne vers Jérusalem. Ce sont les Achkenazim. Ils viennent non pas se joindre, mais se juxtaposer aux Sephardim, depuis longtemps établis dans la ville.

 

Les Achkenazim sont pauvres. En quittant l’Europe, ils n’obéissent pas seulement à l’amour de l’ancienne patrie et au désir de reposer dans la terre ancestrale. Il sont aussi poussés par la misère et l’espoir d’une condition meilleure, grâce aux nombreuses fondations de leurs coreligionnaires riches. La plupart ne trouvent à Jérusalem qu’une existence précaire. »

Dans un discours paradoxalement teinté d’antisémitisme, il plaint les conditions de vie de ces Juifs émigrés :

« Partout la dérision, agressive chez les musulmans, sans charité chez les chrétiens, les accompagnait. Devant ces scènes d’opprobre, je songeais à l’existence fastueuse que mènent en Europe leurs frères par le sang et la foi, à l’orgueil des équipages, au luxe des réceptions, aux galeries de tableaux, à la colonnade de la Bourse, au préfet Worms-Clavelin d’Anatole France.

 

Les uns jouissent, les autres souffrent ; mais tous, dans l’orgueil et dans l’humiliation, avec leurs rares qualités et leurs défauts antipathiques, proposent au monde le même problème de fatalité historique, le même exemple de foi et de patriotisme, la même preuve de solidarité. »

Puis l’écrivain évoque le sionisme, dont il juge très faibles les chances de réussite :

« Un rêve confus, sorti des prédictions messianiques, a pris la forme d’un projet à échéance prochaine. Le congrès des Sionistes a fait quelque bruit autour de ce projet […]. De toutes les chimères que peut nourrir l’esprit de secte, je n’en vois pas de plus vaine que celle-ci.

 

Les juifs sont dispersés dans le monde entier ; ils ont trouvé les moyens d’existence et la richesse “parmi les nations”. S’ils ont conservé, irréductibles, leur foi et leur solidarité de race, en bien des pays ils ont adopté leur séjour comme une nouvelle patrie. »

https://www.retronews.fr/embed-journal/le-figaro/06-decembre-1897/104/795311/4?fit=6.2495.916.517

 

Vingt ans plus tard, en décembre 1917, la ville passait sous la coupe britannique à l’issue de la bataille de Jérusalem. La déclaration Balfour, en novembre 1917, ouvrait quant à elle la voie à la création d’un « foyer national pour le peuple juif » en Palestine, foyer qui sera à l’origine de l’État d’Israël.

 

Kadyrov fustige l’initiative de Trump à Jérusalem comme « brutale », met en garde contre une guerre à grande échelle au Moyen-Orient

 

10 Décembre 2017
Kadyrov en dehors de sa propension à bourrer les urnes, de nier l’existence des homosexuels en Tchétchénie et autres pratiques a parfois des réflexions qui dénotent un certain bon sens stratégique comme ici.Et incontestablement au niveau international il est de ceux qui jouent plutôt la pacification en laissant les pays et les frontières en l’état. 
 
(note et traduction de danielle Bleitrach)

Kadyrov fustige le mouvement de Jérusalem de Trump comme «brut», met en garde contre une guerre à grande échelle au Moyen-Orient
Président de la République tchétchène Ramzan Kadyrov © Global Look Press
Le chef de la République tchétchène, Ramzan Kadyrov, a décrit la reconnaissance de Jérusalem comme la capitale d’Israël par le président américain comme un coup de poignard dans le dos pour ceux qui ont tenté de parvenir à un règlement au Moyen-Orient, et un pas vers une nouvelle guerre.

Dans un message posté sur sa page dans le réseau social le plus populaire de Russie, VKontakte (In Contact), Kadyrov a déclaré que la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par Donald Trump était faite contre l’opinion de la communauté internationale et en violation des résolutions adoptées par Nations Unies et autres organisations internationales influentes. Il a ajouté que la décision privait les Palestiniens de la dernière chance d’obtenir un état autonome.

 

« Essentiellement, c’est un coup de poignard dans le dos pour ceux qui ont passé les dernières décennies à essayer de développer un algorithme pour un règlement politique et diplomatique dans cette région compliquée », a écrit Kadyrov. Il a noté que le danger de l’initiative  des Etats-Unis était particulièrement évident car cela a été fait très rapidement après que l’armée syrienne, avec le soutien de l’armée de l’air russe, ait libéré son pays de l’Etat islamique (IS, anciennement ISIS).

 

« Comment comprennons-nous la politique du président américain? C’est simple – maintenant nous avons perdu nos derniers doutes sur qui avait créé cette base terroriste sur le territoire de l’Irak et de la Syrie afin d’établir leur «nouvel ordre mondial », écrit-il.

« Je peux affirmer avec certitude qu’en faisant cela, pour ne pas dire plus, la décision brutale de Trump jette l’état d’Israël dans l’abîme de la confrontation sanglante et le met sous la menace d’une Intifada nouvelle, plus puissante et organisée. Ce qui signifie une guerre à grande échelle », dit Kadyrov.

 

Cette semaine, le président américain Donald Trump a signé une déclaration reconnaissant officiellement Jérusalem comme la capitale d’Israël et a annoncé le projet de relocaliser l’ambassade américaine dans cette ville en quittant  Tel Aviv. « Aujourd’hui, nous reconnaissons enfin l’évidence: à savoirque Jérusalem est la capitale d’Israël. Ce n’est rien de plus ou de moins qu’une reconnaissance de la réalité », a déclaré Trump dans un discours consacré à l’événement.

 

Les responsables russes et les politiciens ont qualifié le mouvement d’extrêmement dangereux et ont mis en garde contre une éventuelle aggravation de la crise au Moyen-Orient. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré jeudi que la décision de Trump pourrait détruire l’idée même d’une coexistence pacifique des Etats israéliens et palestiniens.

 

Jérusalem ne sera jamais la capitale d’une entité coloniale (Al Jazeera)

 

Wadi Joz, Jérusalem-Est, le 21 juillet 2017 - Les fidèles palestiniens organisent une prière de masse dans les rues de Jérusalem-Est après qu’Israël ait installé des détecteurs de métaux à l’entrée de la mosquée Al-Aqsa - Photo : Yotam Ronen/Activestills.org

Pour comprendre la psychopathologie à l’origine de la psychose sioniste, il faut plonger au cœur de leur illusion, comme l’analyste le fait pour le malade mental allongé sur son canapé – et aujourd’hui on trouve une excellente manifestation de cette fixation coloniale psychotique dans un article, intitulé : Bien sûr que Jérusalem est la capitale d’Israël, publié (bien sûr !) dans le New York Times quelques heures avant que Donald Trump, ce pompeux crétin, annonce que selon lui, « Jérusalem est la capitale d’Israël ».

 

La prétention délirante des sionistes fanatiques s’enracine dans l’idée qu’« il y a eu un temple à Jérusalem pendant près de 1000 ans avant sa destruction par les Romains, ce qui signifie que pendant environ 3000 ans, Jérusalem a été la coeur du peuple juif. » C’est le plus vieux et le plus débile tour de prestidigitation des sionistes : on prend un petit fragment de vérité – et on le retourne à son avantage. Pas si vite, monsieur !

 

Les approximations historiques délibérées des sionistes sur le Moyen-Orient sont complètement délirantes. On trouve aussi des traces archéologiques de la présence des chrétiens et des musulmans, qui remontent à des milliers d’années dans la même Palestine. Cela ne leur donne pas le droit de déclarer une république chrétienne ou islamique en Palestine. L’idée d’un « État juif » en Palestine est aussi impudente que la proposition d’un Empire chrétien ou d’une République islamique en Palestine. La Palestine a également été gouvernée par des empires perse et romain, mais cela n’autorise pas l’Italie ou l’Iran à revendiquer la Palestine. Pourquoi ne pas faire monter Berlusconi et Ahmadinejad sur un ring pour solder leurs prétentions sur la Palestine – le vainqueur prendra Netanyahu. Le problème avec ces sionistes est qu’ils sont complètement inconscients de leur propre délire.

 

De mensonges en mensonges

 

A partir de ces fausses prémisses, ces charlatans en arrivent à une conclusion encore plus fausse : « Puis les Juifs sont revenus », disent-ils, en persévérant dans leur récit mythique aussi fantastique qu’agressif, « au 19ème siècle, les Juifs ont commencé à construire des quartiers et à s’installer à l’extérieur de la vielle ville de Jérusalem. »

 

Les Juifs, qui viennent en Palestine ou même qui vivent en Palestine par conviction religieuse ou parce qu’ils la voient comme leur patrie commune avec les chrétiens et les musulmans à travers les siècles, n’ont absolument rien à voir avec l’aventure européenne sioniste de colonisation de la Palestine. Ce sont deux populations très différentes que les « voleurs à main armée » sionistes confondent délibérément afin de mélanger leur vol infâme de la Palestine avec l’histoire juive pour justifier l’injustifiable.

 

L’escroquerie israélienne consistant à confondre les juifs avec les sionistes est l’essence même de toutes leurs lamentables manigances. Mais le fait est là : tous les juifs ne sont pas sionistes. Tous les sionistes ne sont juifs. Les sionistes chrétiens sont les plus fanatiques de tous les sionistes. Les sionistes musulmans sont maintenant dirigés par le prince héritier saoudien au cœur de la communauté musulmane et par l’ambassadeur des Émirats arabe unis à Washington. Cela devrait également mettre fin à l’accusation absurde d’antisémitisme portée contre ceux qui critiquent légitimement la colonisation israélienne. Encore une fois : tous les juifs ne sont pas sionistes, tous les sionistes ne sont pas juifs, et les seuls qui ont peur d’être traités d’« antisémites » sont les antisémites.

 

Anticipant l’extension de la Déclaration Balfour à Jérusalem par le président américain Donald Trump, les petits soldats de propagande israélienne ont dit : « Ce n’est pas la déclaration d’un président américain qui va changer l’engagement des Israéliens envers Jérusalem, c’est notre capitale et elle le restera toujours. Elle a été prise au peuple juif par la force. Elle a été reprise par la force. Si nécessaire, elle sera également maintenue sous la juridiction d’Israël par la force. »

 

Le vocabulaire limité d’un soldat de la Hasbara *

 

Quand le soldat de la Hasbara dit : « C’est notre capitale », c’est un voleur sioniste. Quand il dit « elle a été prise au peuple juif », c’est un tricheur qui tire une carte de ses manches sales pour falsifier l’histoire.

 

Personne n’a pris Jérusalem ou la Palestine aux Juifs pour que les sionistes soient obligés de la reprendre. Juifs, chrétiens et musulmans ont été collectivement sujets de conquêtes impériales successives, toutes culminant dans l’impérialisme européen couronné par la conquête coloniale sioniste de la Palestine. Ce fait historique clair et net pénètre dans la tête idéologiquement malade des sionistes avant d’être régurgité en éléments de langage frauduleux.

 

Enraciné dans une idéologie raciste, Israël est une colonie européenne de peuplement créée par un inique officier colonial britannique et aujourd’hui soutenue par un impérialisme américain sans foi ni loi. Depuis les Babyloniens jusqu’aux Croisés, aux Ottomans et aux Britanniques, en passant par les Perses et les Romains, la Palestine a été soumise à des empires successifs, dont aucun n’avait le moindre droit légitime sur les habitants de Palestine – Juifs, Chrétiens ou Musulmans.

 

Les colonialistes sionistes ne sont que les derniers seigneurs de guerre à conquérir la Palestine par la force sans un iota de légitimité historique de plus que les autres. Juifs, chrétiens et musulmans continueront à vivre en Palestine pour des générations après que le sionisme termine son existence là où toutes les autres conquêtes impériales et coloniales de la Palestine ont pris fin : dans la poubelle de l’histoire.

 

Les sionistes sont de grossiers propagandistes. Ils ont un vocabulaire limité, un fantasme délirant qu’ils projettent sur l’histoire, et un fanatisme qu’ils ont fait passer pour des convictions à leurs audiences européennes et américaines. Les meilleurs d’entre eux croient dur comme fer à ces dangereux délires. Les pires d’entre eux dirigent Israël et manipulent les États-Unis pour qu’ils soutiennent leur vol de la Palestine. Plus ils crient fort, plus l’inconsistance de leur rhétorique devient apparente.

 

La Palestine appartient aux Palestiniens. Jérusalem a toujours été et restera toujours la capitale palestinienne. Jérusalem n’a jamais été et ne sera jamais la capitale d’un état d’apartheid colonialiste et raciste nommé « Israël », qui n’est somme toute qu’une base militaire occidentale. Jamais.

 

Hamid Dabashi

Hamid Dabashi est un professeur irano-américain titulaire de la chaire Hagop Kevorkian en Etudes iraniennes et Littérature comparée à l’Université Columbia de New York. Collègue et ami d’Edward Saïd, il poursuit sa réflexion critique dans le champ des études postcoloniales. Son compte twitter : @HamidDabashi

 

Traduction : Chronique de Palestine – Dominique Muselet

 

Note :
* Hasbara : Propagande sioniste

»» http://chroniquepalestine.com/jerusalem-ne-sera-jamais-capitale-une-en...

URL de cet article 32670 

Le parti communiste palestinien (PCP) condamne la décision du gouvernement Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël

 

Solidarité Internationale PCF

07 Décembre 2017

Le Parti Communiste Palestinien a publié une déclaration sur la déclaration de Donald Trump sur le transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem, "capitale éternelle de l’État palestinien". 

 

(Traduction NK pour Solidarité Internationale PCF)

Cette déclaration rappelle que l'occupation sioniste historique de la terre palestinienne n'aurait pas eu lieu sans le soutien de l'impérialisme britannique et américain formant cette entité usurpatrice qui, depuis sa création, confisque la terre et déporte le peuple de Palestine.

Le Parti communiste de Palestine a qualifié le transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem de "déclaration de guerre" contre le peuple palestinien et sa cause nationale. "Cela nous oblige à nous unir et à mettre fin à la division palestinienne rapidement et correctement, la seule option viable pour notre peuple étant une résistance massive", a déclaré le communiqué.

Il a été observé que l'attaque américaine contre les droits du peuple palestinien signifie que l'arrogance de la politique américaine est en train de défier le peuple palestinien, les nations arabes libres et le monde.

La déclaration a souligné que l'objectif central dans le viseur de l'attaque de Trump sont les masses du peuple palestinien, sa résistance nationale. Elle déclare que cette situation nécessite de dessiner une politique de confrontation incluant :

- L'unification de toutes les factions au sein de l'arène politique palestinienne et la restauration de l'OLP sur la base d'une démocratie révolutionnaire.

- De revoir la Charte de l'OLP et remplacer la solution à deux États par la solution démocratique à un État, qui nécessite une lutte par tous les moyens.

- De rencontrer toutes les factions de l'action nationale pour préparer un troisième soulèvement, dirigé par les factions de la résistance.

- De souligner la nécessité de surmonter les agendas ou engagements régionaux.

- De donner un rôle plus important aux masses à travers les congrès du peuple, un Congrès Général du Peuple, dans le pays et parmi la diaspora, afin de dessiner une politique de confrontation.

- De résister à la division des partis palestiniens concernant les engagements d'Oslo sur la base des décisions du Congrès Général du Peuple.

Le PC palestinien a conclu cette déclaration avec les slogans "Vive Jérusalem, capitale éternelle d'un État palestinien indépendant" et "Liberté pour les prisonniers du Parti Communiste Palestinien".

Le parti communiste de Grèce (KKE) condamne la décision du gouvernement Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël

 

Solidarité Internationale PCF

07 Décembre 2017

En ce qui concerne l'annonce du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël, le Bureau de presse du Comité Central du Parti Communiste de Grèce a publié la déclaration de condamnation suivante - (Traduction NK pour Solidarité Internationale PCF)

 

La décision des États-Unis de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël montre le cynisme avec lequel l'impérialisme américain participe activement au crime commis contre le peuple de Palestine par Israël et ses alliés, principalement les États-Unis, ainsi que l'Union Européenne. Non seulement elle approfondit constamment ses relations avec Israël, mais elle met aussi sur le même plan l'auteur et la victime, proclamant comme «terrorisme» la juste lutte du peuple de Palestine.

Un résultat de cette politique de longue date est la poursuite de l'occupation de la Palestine, la violence exercée par l’État d'Israël contre le peuple palestinien, les meurtres, les milliers de prisonniers politiques, le mur, les colonies, en quelques mots la torture de tout un peuple.

Maintenant, avec leur nouvelle décision, les États-Unis "mettent de l'huile sur le feu" cherchant à "brûler" la solution de la fondation et de la reconnaissance d'un État palestinien avec Jérusalem-Est comme capitale, à côté d'Israël. De plus, un tel acte est certainement lié à de plus larges développements dans la région du Moyen-Orient et du Golfe Persique, où les États-Unis planifient et favorisent les conflits militaires, les changements de frontière, dans le cadre du "Grand Moyen Orient", plan visant à contrôler les ressources énergétiques et les parts de marché, les routes de transport de marchandises.

Le gouvernement SYRIZA-ANEL a de lourdes responsabilités dans ce crime, non seulement parce qu'il exonère et embellit systématiquement l'impérialisme américain, mais aussi parce qu'il développe profondément ses relations avec Israël, en leur conférant même un caractère d'importance stratégique, impliquant ainsi le pays plus profondément dans les antagonismes impérialistes. De plus, il est responsable de ne pas avancer directement vers la reconnaissance de l'État palestinien en appliquant la décision pertinente du Parlement de décembre 2015, une question que le groupe parlementaire du KKE a récemment soumis au ministre des Affaires étrangères.

Une fois de plus, le KKE exprime sa solidarité à la lutte juste du peuple palestinien et condamne de la manière la plus décisive les actes des impérialistes américains et de leurs alliés.

100 jours dans les geôles israéliennes pour le jeune avocat franco-palestinien Salah Hamouri

 

Publié le 2 Décembre 2017

Cet article est reposté depuis Le blog de Roger Colombier.

Sofa Landver : « Des mesures toutes fraîches pour l’intégration des Français »

 

30 Novembre 2017
De passage à Paris, la ministre de l’Alyah et de l’Intégration a notamment détaillé pour le Times of Israël une série de décisions récentes ou en cours en faveur des professionnels de santé s’installant dans l’Etat juif. Cet article note à quel point les juifs français ne souhaitent pas partir comme d’ailleurs ceux d’aucun pays. Non seulement le gouvernement fait tout pour les attirer, mais l’antisémitisme est son meilleur allié avec la conviction que celui-ci ne s’arrêtera jamais.
 
(note de danielle Bleitrach)

OLIVIER CHALAUTRE 28 novembre 2017, 14:26
Sofa Landver au salon parisien de l'alyah du 26 novembre 2017 (Crédit : autorisation Agence juive pour Israël-France)

Sofa Landver, en charge des nouveaux immigrants et de l’intégration dans le gouvernement Netanyahu, s’est déplacée au salon parisien de l’alyah organisé par l’Agence juive le 26 novembre dans une salle de réception du bois de Vincennes, avec un peu moins d’un millier de visiteurs.

 

Elle souhaitait délivrer un message prometteur alors que les Français sont presque deux fois moins nombreux à partir qu’il y a trois ans (3 500 à 4 000 contre 7 000 en 2015). Elle a annoncé que le budget à leur intention ne baisserait pas malgré cette chute et a voulu montrer que la question épineuse de la reconnaissance des diplômes médicaux serait bientôt réglée pour l’ensemble des professionnels concernés. Nous l’avons interrogée à l’occasion de ce voyage.

 

Times of Israël : L’alyah de France, toujours importante, est néanmoins en baisse sensible depuis deux à trois ans. Est-ce seulement la conséquence de la diminution des actes antisémites ou voyez-vous une explication liée à la situation interne en Israël et aux difficultés d’intégration ?

 

Sofa Landver : Je vais être directe. Tout Juif, en diaspora, pense naturellement que les choses vont s’améliorer dans le pays où il se trouve, que l’antisémitisme y est passager. Mais il renaît toujours. Je suis convaincue que la baisse en question ne durera pas.

 

Concernant l’intégration, elle n’a jamais été facile. Pour la réussir, il faut une vraie volonté personnelle.

 

Nous n’avons pas les moyens d’offrir aux nouveaux immigrants le volume d’aides sociales en vigueur en France et ceux qui nous rejoignent font face à toutes sortes de défis.

 

Remarquez cependant que le soutien financier à l’alyah en provenance de l’Hexagone n’a pas diminué d’un shekel alors que la vague de départs a fortement fléchi depuis 2014-2015. Je continue à croire en effet que ce pays reste un terreau exceptionnel : les Juifs français apportent énormément à Israël et le mouvement va se poursuivre.

 

La ministre Sofa Landver avec le directeur de l’Agence juive pour la France, Daniel Benhaim, le 26 novembre 2017 (Crédit : autorisation Agence juive pour Israël-France)

 

Nombre d’entre eux exercent des professions de santé. Or, malgré des progrès en ce sens, on ne comprend pas bien pourquoi le processus de reconnaissance des diplômes et des compétences est si lent et laborieux…

 

Il ne l’est plus. Il y a eu de grandes avancées ces derniers temps et nous accélérons la cadence en ce moment-même.

 

Désormais, un dentiste parisien ou marseillais peut travailler en Israël sans la moindre restriction s’il justifie de cinq années d’expérience.

Les médecins diplômés sont libres de s’installer dans les secteurs public et privé.

 

Pour les étudiants en médecine, il y avait un problème spécifiquement français : le diplôme n’est délivré ici qu’à l’issue de l’internat, qui lui-même ne débute qu’après un cursus de six ans. C’est pourquoi il était délicat d’autoriser les jeunes en quatrième ou cinquième année à intégrer le système hospitalo-universitaire israélien au même niveau, dès leur arrivée.

 

J’ai décidé de faciliter les choses. Sans entrer dans les détails pointus de la réforme, je suis intervenue fin 2016 auprès des autorités concernées pour qu’un étudiant puisse réaliser son alyah en cours de route et opter pour telle ou telle spécialité… La prise en charge économique de cette seconde partie de son parcours émane de mon ministère.

 

Au salon parisien de l’alyah du 26 novembre 2017 (Crédit : autorisation Agence juive pour Israël-France)

 

S’agissant des infirmiers et infirmières, la responsable du secteur au ministère de la Santé, Shoshana Goldberg, qui a en charge 70 000 professionnels, m’a accompagnée ce 26 novembre en France. C’est une première. Le principal obstacle a été levé en octobre. Jusqu’alors, nous imposions pour exercer un examen théorique difficile. Dorénavant, une infirmière bénéficiant d’au moins cinq ans d’activité antérieure peut travailler quasi-immédiatement en Israël. Il suffit qu’elle se prête à un examen pratique extrêmement simple et rapide ! C’est un progrès très important.

 

Et ce n’est pas tout : mon ministère finance, dorénavant, un stage de préparation à l’examen théorique pour ceux et celles qui ont débuté récemment dans le métier à l’extérieur de nos frontières. Nous rendons la réussite à cet examen plus aisée en leur octroyant de surcroît un « bonus » de dix points. S’agissant de certaines spécialités non sanctionnées par un diplôme académique en France, comme l’ostéopathie ou la podologie, cinq ans d’expérience suffisent – et deux ans pour un pharmacien à partir d’aujourd’hui.

 

Une révolution toute fraîche : le décret a été promulgué ce 22 novembre.

 

Les Français d’Israël reprochent parfois au gouvernement de s’occuper davantage des migrants américains ou russes.

 

C’est inexact. En tout cas, la réalité a changé du tout au tout dans ce domaine. Il y a cinq ou six ans, mon ministère employait très peu de francophones. Aujourd’hui, ils sont nombreux. Je suis entourée de conseillers originaires de France, comme Olivier Rafowicz, colonel de réserve, ex-porte-parole de Tsahal et bien connu par les fidèles des médias audiovisuels juifs diffusant dans votre langue.



Olivier Rafowisc (Crédit : Capture d’écran I24/YouTube)

 

 

Quels freins administratifs rencontrez-vous encore ?

 

Permettre aux nouveaux immigrants âgés de percevoir leur retraite en Israël n’est pas toujours facile mais cela ne concerne pas les Français.

Globalement, je regrette aussi que les logements réservés aux olim [ceux qui font leur alyah – NDLR] soient rares. On ne construit pas assez en pensant à cette population.

Mais je voudrais répéter que l’intégration est par définition une épreuve. Le simple fait de changer de région ou de ville à l’intérieur d’un même pays nécessite des adaptations parfois pénibles. Or, les Français font de gros efforts. C’est une alyah de haute qualité.

Contrairement à une idée reçue, ils sont d’ailleurs moins diplômés, proportionnellement, que d’autres nouveaux Israéliens. Il n’y a pas que les médecins ! Beaucoup sont ou étaient commerçants, sans formation particulière. Eh bien, ils se battent et s’inscrivent à l’une des 2 000 sessions de formation professionnelle financées par mon ministère. Leur énergie est indéniable et il existe pour eux une quantité d’opportunités dans des secteurs aussi variés que la pâtisserie ou la cyber-sécurité.

« Nous n’avons pas les moyens d’offrir aux nouveaux immigrants le volume d’aides sociales en vigueur en France et ceux qui nous rejoignent font face à toutes sortes de défis »

 

Sofa Landver

Les olim de France sont réputés traditionalistes ou religieux, parfois très pratiquants. Est-ce une difficulté ?

 

Pourquoi donc ? Il est vrai que la société israélienne est ouverte, que la vie communautaire typiquement hexagonale y est inconnue. Mais chacun se respecte.

 

Le chef de file de mon parti (Yisrael Beytenu), Avigdor Liberman, n’est pas pratiquant. Son épouse est religieuse, sa fille aussi et ils s’entendent à merveille.

 

L’antenne française de l’Agence juive va-t-elle simplifier les démarches nécessaires à l’émigration vers Israël ?

 

Elle l’a déjà fait dans une large mesure. Le système a été fluidifié. Les délais d’attente sont de plus en plus courts. Je tiens à souligner une réalité dont on n’a pas toujours conscience en Diaspora : le processus migratoire vers l’Etat juif est, tout simplement, le plus facile du monde développé !

 

Avigdor Liberman, ministre de la Défense, à la Knesset, le 10 juillet 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

 

Essayez donc de vous installer aux Etats-Unis…

 

Comment jugez-vous les tensions actuelles entre Israël et les courants libéral et « conservative » (massorti, en hébreu) du judaïsme américain ? On parle de divorce, en raison du poids des ultra-orthodoxes dans les décisions gouvernementales.

 

Je suis sur la même ligne qu’Avigdor Liberman.

 

Je déplore ces tensions car Israël est la maison commune de tous les Juifs, sans exclusivité. Et je m’oppose aux interdictions successives prononcées contre les prières mixtes au mur Occidental. Le Kotel [mur Occidental] appartient à l’ensemble du peuple juif.

 

Publié par El Diablo

Le gouvernement israélien a peur de l'avocat Salah HAMOURI !

 

À la veille du 100ème jour d'incarcération de Salah Hamouri, son épouse Elsa Lefort exprime dans notre entretien sa colère contre l’acharnement du gouvernement israélien envers son foyer familial. La famille souhaite s’installer à Jérusalem, ville natale de Salah Hamouri, pour avoir une vie normale, comme beaucoup du monde…

 

.Réalisation : Abrahim Saravaki

Salah Hamouri est en détention administrative dans le désert de Néguev depuis de nombreuses semaines.

 

Pour rappel : En Israël, la détention administrative pour 6 mois initialement peut-être prolongée comme en atteste la situation de prisonniers palestiniens incarcérés depuis des années, sans motif avoué et sans jugement.

 

Avez-vous beaucoup entendu les défenseurs habituels des droits de l'homme « partout dans le monde » à ce propos ?

 

Et qu'en est-il de l'indignation du gouvernement français ?

 

***

Elsa Lefort, la femme de Salah : "Le gouvernement israélien a peur de l'avocat Salah Hamouri . À  la veille du 100e jour d'incarcération de Salah Hamouri, son épouse Elsa Lefort  exprime dans notre entretien sa colère contre l’acharnement du gouvernement israélien envers son foyer familial. La famille souhaite s’installer à Jérusalem, ville natale de Salah Hamouri,  pour avoir une vie normale, comme beaucoup du monde".

 

SOURCE :FSC

 

La ministre de la Justice Ayelet Shaked et le Procureur Général Avichai Mendelblit, 25 octobre 2017. Oren Ben Hakoon

Mercredi, le Procureur général Avichai Mendelblit a autorisé la confiscation de terres privées palestiniennespour les besoins de colons en Cisjordanie. Sa démarche faisait suite à une requête de la ministre de la Justice Ayelet Shaked pour le revêtement d’une route vers l’avant-poste illégal Harasha, sans laquelle il serait impossible de le « légitimer ».

 

Son opinion se fondait ostensiblement sur la décision du Juge à la retraite de la Cour Suprême Salim Joubran à propos d’Amona. Joubran a décrété que le commandant militaire de Cisjordanie devait également veiller aux besoins des colons, puisqu’ils sont résidents de la région. Joubran se réfère ainsi à la décision de l’ancien président de la Cour Suprême Aharon Barak stipulant que « les Israéliens de cette région ont droit à la vie, la dignité, la propriété et le reste des droits dont quiconque jouit en Israël ».

 

Avec tous les problèmes soulevés par ces décisions, supposer que Mendelblit met en œuvre le jugement de Joubran est sans fondement. Joubran a souligné que le besoin de protéger les colons ne peut pas entacher le statut spécial des Palestiniens de population « protégée » selon le droit international et que le commandant militaire doit veiller à ne prendre aucune mesure qui pourrait porter atteinte à leurs droits au détriment des résidents de l’État occupant.

 

Mendelblit et Shaked ont clairement choisi d’ignorer ces points, jetant de la poudre aux yeux du public parce que le verdict du tribunal ne traitait pas du tout de l’expropriation de la terre pour les besoins des colonies et ne condamnait pas ce genre d’actions illégales.

 

On peut maintenant s’attendre à ce que l’opinion de Mendelblit soit utile à l’insatiable appétit des colons pour les terres privées des Palestiniens. Cependant, dans le processus de blanchiment juridique, les fonctionnaires impliqués ont omis, comme d’habitude, la question de la légalité des colonies. Selon le droit international, toutes les colonies de Cisjordanie sont illégales. Mendelblit ne peut donc légitimer le vol des terres palestiniennes en faveur d’aucune colonie au nom de « besoins publics », parce que le public auquel il s’adresse a volé la terre sur laquelle il habite.

 

Israël agit comme une organisation criminelle qui fonctionne selon ses propres lois et est persuadée qu’on peut la considérer comme un organe juridique.

 

Mendelblit a enjolivé son avis avec une série de vagues qualifications telles que « faisabilité » et « proportionnalité ». Ces mots n’ont aucun sens pratique lorsqu’il s’agit, pour les colons et le gouvernement, d’assouvir la passion qui les anime pour le vol des terres. Ce genre d’opinion conduit à porter atteinte aux droits des Palestiniens, à ce qu’Israël fasse fi du droit international et à saper la légitimité du système judiciaire d’Israël.

 

L’article ci-dessus est un éditorial en Une d’Haaretz, tel que publié en Israël dans ses versions en hébreu et en anglais

Traduction : J. Ch. pour l’Agence Média Palestine

»» http://www.agencemediapalestine.fr/blog/2017/11/20/editorial-le-droit-...
URL de cet article 32602 

Publié par El Diablo

ARRESTATION arbitraire de Salah HAMOURI à Jérusalem-est

Le jeune franco-palestinien, Salah Hamouri, arrêté hier (22/08/2017) chez lui à Jérusalem, vient de décrocher son diplôme d'avocat. (DR)

Le jeune franco-palestinien, Salah Hamouri, arrêté hier (22/08/2017) chez lui à Jérusalem, vient de décrocher son diplôme d'avocat. (DR)

L'arrestation de Salah Hamouri, alors qui venait d'obtenir son diplôme d'avocat, sucite l'indignation. L'Association France Palestine Solidarité appelle  à laisser des messages sur le site du consulat général de France à Jérusalem. 

 

Salah Hamouri a été arrêté ce mercredi au petit matin. Plusieurs véhicules de l’armée israélienne se sont positionnés devant son domicile de Jérusalem-est occupé, puis les soldats ont pénétré chez le jeune homme qui vient d’obtenir son diplôme d’avocat à l’université de Bir Zeit, en Cisjordanie. En début d’après-midi, les défenseurs de Salah Hamouri n’avaient toujours pas reçu d’explications ni de motifs à cette arrestation qui apparaît, dès lors, comme totalement arbitraire.

(...)

LIEN VERS LA SUITE DE L'ARTICLE CI-DESSOUS:

Arrestation arbitraire de Salah Hamouri à Jérusalem-est

Arrestation arbitraire de Salah Hamouri à Jérusalem-est

L'arrestation de Salah Hamouri, alors qui venait d'obtenir son diplôme d'avocat, sucite l'indignation. L'Association France Palestine Solidarité appelle à laisser des messages sur le site du ...

 

https://www.humanite.fr/arrestation-arbitraire-de-salah

06 juillet 2017

Netanyahou en France pour commémorer la rafle du Vel d'Hiv

« Plusieurs membres de l’actuel gouvernement israélien, nous dit JPC, prônent ouvertement l’annexion de la zone C et tous récusent l’idée d’un État palestinien. Ils se sentent en position de force puisque la communauté internationale ne fait rien. De plus, l’arrivée de Trump au pouvoir aux États-Unis les encourage dans leurs positions. Ce que va faire Trump risque d’être décisif dans les mois à venir dans un sens ou dans un autre... S’il s’en tient à ses premières déclarations, le pire n’est jamais sûr mais il est probable. Il faut donc espérer qu’il aura compris les enjeux, mais rien n’est moins sûr... »

 

Reprenons la lecture des 4 articles ci-dessous...

 

Michel Peyret


BOYCOTT TOTAL D'ISRAEL

4 articles ci-dessous. A ne pas manquer !

 

Cordialement

Paul Monmaur



3 juillet 2017

Non à la venue du criminel Netanyahou en France !

 

Nous nous élevons contre la venue en France de Benjamin Netanyahou, premier ministre du gouvernement colonial israélien. L’invitation qui lui est faite par Emmanuel Macron de venir commémorer la rafle du Vel d’Hiv est indigne.


Il est indécent pour les victimes de la Rafle du Vel d’Hiv, 13.000 Juifs dont une moitié d’enfants arrêtés à Paris et en banlieue entre le 16 et le 17 juillet 1942 par 7.000 policiers français pour être livrées aux nazis et déportées dans des camps dont moins d’une centaine reviendront, d’être représentées par un raciste à la tête d’un Etat terroriste qui persécute tout un peuple depuis des décennies.

 

Confier cette commémoration à celui qui s’est spécialisé dans l’enfermement du peuple palestinien, le massacre de populations civiles, la torture des enfants, et qui maintient hermétiquement fermé le ghetto de Gaza, est scandaleux.

 

D’autant que cette rafle de 1942 concerna essentiellement les Juifs étrangers, réfugiés en France, et on sait comment le gouvernement israélien traite les étrangers et les réfugiés, qu’il s’agisse des demandeurs d’asile africains, qualifiés de « cancer » par la ministre de la « culture » , ou des réfugiés palestiniens parqués dans des camps, privés de liberté de circulation, ou encore expulsés et bannis illégalement de leur propre pays.

 

Netanyahou, qui a remis à l’honneur le concept de races, qui pratique l’apartheid sur des bases ethniques et religieuses, n’a rien à faire dans un pays qui se présente comme un défenseur des droits humains et du droit international.

 

On ne peut pas dire "Plus jamais cela", et dérouler le tapis rouge aux responsables d’un terrible nettoyage ethnique.

 

C’est pourquoi nous appelons à une manifestation de protestation la plus large possible

 

le samedi 15 juillet, veille de sa réception par le président de la République,

Rendez-vous à 15 H Place de la République à Paris le 15 juillet.

 

Premiers signataires : EuroPalestine, Droits Devant, Enfants de Palestine, Christine Delphy, Jacques-Marie Bourget, Mgr Gaillot, Collectif pour la Libération de Georges Ibrahim Abdallah, Nanterre Palestine, PIR, Marie-Jeanne Manuellan, Odile Tobner, Fethi Chouder, Les Désobéissants, Comité Palestine Israël Chateaubriant, Samidoun, Collectif 69 de Soutien au Peuple Palestinien, Alain Brossat, Paul Aries, Attac Paris Centre, Martine Sevegrand, Collectif Ni Guerre Ni Etat de Guerre...


L’aviation israélienne à la rescousse des groupes djihadistes

 

29 Jun 2017 -STEFANO MAURO

La tension est vive au sud de la Syrie, près des hauteurs du Golan occupé illégalement par Israël depuis 1967. Ciblés par les troupes syriennes et leurs alliés, les groupes djiahdistes tentent de reprendre du terrain. Ils peuvent compter sur un coup de pouce d’Israël… (IGA)


La frontière dans le sud de la Syrie (région de Quneitra) près des hauteurs du Golan occupé devient de plus en plus ardente. Des centaines de terroristes de Tahrir al-Cham et de Jaïch al-Tawhid ont essayé, durant ces derniers jours, de regagner du terrain contre l’armée syrienne dans la ville d’Al Baath. L’objectif des djihadistes est de résister à l’opération militaire lancée par l’armée syrienne et le Hezbollah dans la province de Deraa.

 

Al Jazeera a affirmé que les groupes djihadistes ont délibérément lancé des roquettes et des mortiers vers la frontière israélienne, fournissant un prétexte à l’aviation de Tel-Aviv pour bombarder le sud de la Syrie. Samedi et dimanche en effet, les avions israéliens ont frappé des positions de l’armée syrienne « en soutien évident aux terroristes opérant dans le Golan », causant de nombreux morts et blessés parmi les militaires syriens.

 

La chaîne iranienne PressTV a aussi déclaré que ces derniers jours « un intense trafic d’armes et de munitions en provenance d’Israël vers le Golan a eu lieu dans le but de renforcer les groupes djihadistes dans leurs combats contre l’armée syrienne et le Hezbollah, dernière tentative d’opposition à l’avancée de Damas dans la région ».

 

Ce qui inquiète le plus Tel-Aviv, c’est de voir les troupes de Damas et du Hezbollah gagner du terrain dans la province de Deraa et de Quneitra. Ces territoires bordent les hauteurs du Golan, occupé illégalement par Israël depuis 1967. Selon le site israélien Kan, le chef du Mossad Yossi Cohen, a déclaré que « l’Iran  est en train de créer un nouveau Hezbollah dans les hauteurs du Golan».

 

Le chef du service de renseignement israélien fait référence au groupe Harakat Hezbollah Al Nujaba (considéré comme le Hezbollah irakien, NDLR) qui, après les victoires de Daesh en Irak, a rejoint les troupes chiites libanaises. L’objectif déclaré d’Al Nujaba – en particulier la « Brigade de libération du Golan » – est de soutenir Damas et de contrer Israël en ouvrant, en cas de conflit avec Tel-Aviv, un nouveau front dans la région du Golan pour sa libération.

 

Selon le site d’informations Jerusalem Post, lors d’une réunion de son cabinet ministériel, Avigor Lieberman a annoncé  qu’« Israël ne restera pas passif contre tout type d’attaque qui touchera les hauteurs du Golan ». « Toute personne qui veut transformer la Syrie comme une base opérative pour le Hezbollah et l’Iran » — a continué le ministre israélien de la Défense – « devra réfléchir deux fois et s’attendre à une possible réponse militaire d’Israël ». Aussitôt dit, aussitôt fait.

 

Lundi la défense aérienne syrienne (DCA, NDLR) a mis en garde Israël et a dit qu’elle « n’hésitera pas à répondre aux attaques aériennes de Tel-Aviv, comme cela a déjà eu lieu dans le passé avec un avion israélien qui a été abattu ».

 

Le Secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, lors de la commémoration d’Al Qouds, a déclaré à plusieurs reprises qu’en cas de guerre avec Israël, « le conflit ne sera pas seulement limité aux Libanais, aux Syriens et aux Palestiniens », mais mobilisera de nombreux combattants dans différents pays arabes. Dans son discours, Nasrallah a fait référence au  rôle et à l’influence dont jouit le parti chiite dans le monde arabe, même dans les pays sunnites. Tout en restant un parti chiite, le Hezbollah  représente aux yeux des masses arabes « l’ axe de la  Résistance qui lutte contre les groupes takfiri comme Daesh et Al-Qaïda ». Enfin, concernant la question palestinienne, Nasrallah ajoute que la Résistance est « la seule force qui arrête les plans saoudiens pour faire oublier la situation en Palestine et qui empêche la normalisation des relations avec Israël, un pays qui emprisonne, colonise, torture et tue ».

 

Source originale: Nenanews

 

Traduit de l’italien par Stefano Mauro pour Investig’Action

Source: Investig’Action


http://www.europalestine.com/spip.php?article13168

5 juillet 2017

 

"À Gaza, Israël fait des expérimentations sur des humains en situation de stress et de privations" par Gideon Levy

 

"Qu’arrive-t-il à deux millions d’êtres humains privés d’électricité presque tout le temps, de nuit comme de jour ? C’est ce qu’expérimente Gaza. L’une des plus grandes expériences, impliquant des sujets humains jamais réalisée, est en train de se dérouler actuellement sous nos yeux, et le monde entier regarde les bras croisés."

 

Le journaliste israélien tire à nouveau la sonnette d’alarme sur la situation à Gaza, dans un article, dont nous publions plusieurs extraits.



( Photo : 16 avril 2015, dans une décharge publique à Rafah, au sud de la bande de Gaza, un jeune palestinien fouille dans un tas de déchets à la recherche, entre autres, d’objets recyclables qu’il espère vendre (AFP).

 

Ce projet vient d’atteindre son paroxysme dans l’indifférence générale. Il s’agit d’une expérience sur êtres humains pour laquelle aucune des institutions scientifiques internationales n’a obtenu l’approbation de la déclaration d’Helsinki. Son but ? Examiner les comportements humains dans des situations de tension extrême et de privations.

 

Il ne s’agit pas d’un groupe expérimental de quelques dizaines, centaines, ni de milliers ou dizaines de milliers, ni même de centaines de milliers des personnes. Les sujets de cette expérience ne sont pas moins de deux millions d’êtres humains.

 

Jusqu’à présent, ils ont réussi d’une façon stupéfiante à résister à cette épreuve. Évidemment, on a certes constaté quelques turbulences dans la cocotte minute à l’intérieur de laquelle ils sont confinés, mais elle n’a pas encore explosé. La bande de Gaza est sous observation afin de déterminer quand et comment elle finira par exploser. Ce n’est visiblement qu’une question de temps.

 

Voici comment est présentée cette expérience par Israël, l’Autorité palestinienne et l’Égypte : qu’arrive-t-il quand deux millions d’êtres humains sont privés d’électricité presque tout le temps, de jour comme de nuit ? Que leur arrive-t-il en hiver et au printemps, et surtout maintenant que frappe la terrible chaleur de l’été au Moyen-Orient ?

 

Cette expérience, comme toutes celles de ce genre, s’échelonne en une succession de phases. On va faire cuire la grenouille dans de l’eau chauffée, progressivement, jusqu’à ébullition.

 

Pour commencer, Gaza fut privée d’électricité pendant environ huit heures sur 24, puis environ douze heures, et maintenant le temps de privation d’électricité a été porté à un tel niveau que les deux millions d’habitants de Gaza n’en disposent qu’environ 2 heures et demi sur 24. Examinons-en maintenant les effets sur les sujets. Voyons comment ils réagissent. Et que se passe-t-il quand on leur accorde l’électricité pendant seulement une heure par jour ? Ou pourquoi pas une heure par semaine ? Cette expérience n’en est qu’à ses débuts et personne ne peut prévoir comment elle va tourner.

 

Au cours de la dernière décennie, cette bande de terre malmenée s’est aussi transformée en une cage – la plus grande cage sur terre. (...)



Des Palestiniens déambulent dans une rue du camp de réfugiés d’Al-Shati (ville de Gaza) pendant une panne d’électricité, le 11 juin (AFP)

 

On peine à concevoir la vie quotidienne, dans cette chaleur oppressante, avec seulement deux heures et demie d’électricité dans la journée. Comment imaginer conserver la nourriture ? On frémit à la pensée de toutes ces tâches ordinaires à accomplir sans électricité. Imaginez toutes ces personnes hospitalisées dont la vie dépend de l’électricité : c’est affreux.

 

Récemment, un article paru dans Haaretz (le 4 juin) de Mohammed Azaizeh, qui travaille pour Gisha, une organisation israélienne de défense des droits de l’homme, a décrit ce qui se passait à l’Hôpital d’Al-Rantisi à Gaza.

 

Au service pédiatrie, les enfants sont placés sous respirateur, mais comme l’électricité n’est disponible que quelques heures par jour, leur vie tient désormais au bon fonctionnement d’un générateur – qui parfois tombe en panne. Le directeur de l’hôpital, Dr Muhammad Abu Sulwaya donne une description catastrophique de son établissement. La situation est évidemment similaire dans tous les autres à Gaza.

 

À cause du manque d’électricité, l’eau propre manque et les égouts débordent d’eaux non traités qui inondent les rues. Gaza a l’habitude d’une telle situation, mais même l’incroyable et incomparable résilience des Gazaouis a ses limites.(...)

 

Gaza se meurt, lentement. Ses souffrances n’intéressent personne ailleurs. Personne à Washington, Bruxelles, Jérusalem ou au Caire, ni même à Ramallah. Aussi incroyable que cela puisse paraître, visiblement personne ne se soucie du sort de deux millions de personnes, abandonnées aux ténèbres la nuit et à la chaleur oppressante des journées d’été, avec nulle part où se tourner et pas le moindre espoir. Aucun."

 

(Traduction de l’anglais (original) par Dominique Macabies.)

 

Source : http://www.middleeasteye.net/fr/opinions/gaza-isra-l-fait-des-exp-rimentations-sur-des-humains-en-situation-de-stress-et-de

CAPJPO-EuroPalestine


http://www.enfantsdepalestine.org/article/la-victoire-de-la-force-ne-peut-que-conduire-a-la-defaite-d-israel

La victoire de la force ne peut que conduire à la défaite d’Israël

 

Soumis par abnah le dim, 02/07/2017 - 10:21

 

Jean-Paul Chagnollaud, professeur émérite des universités et auteur de nombreux ouvrages sur le Moyen-Orient et la question palestinienne, vient de publier aux éditions Actes Sud Israël-Palestine : la défaite du vainqueur, un nouvel opus dans lequel il dresse un constat peu optimiste de la situation.

 

Oppression, humiliations, vol de terres, violence latente mais omniprésente, discriminations structurelles et apartheid… pour le spécialiste, la situation sur le terrain pour les Palestiniens ne fait qu’empirer malgré une apparente stabilité. Or, si Israël semble remporter l’épreuve de force, c’est sans compter avec le fait que, selon l’universitaire, « il est impensable qu’un peuple puisse jamais accepter sans résistance un tel système de domination ».

 

Pour le perpétuer, prévient-il, « il faudra donc encore davantage de moyens de coercition et d’oppression. Ce qui implique évidemment en retour des réactions de violence sans fin avec toutes les formes de radicalisation qu’elles ne manqueront pas de générer. »

 

Jean-Paul Chagnollaud revient pour Middle East Eye sur son analyse du conflit israélo-palestinien, et sur ce qui constitue selon lui la seule solution à terme : œuvrer pour la victoire du droit, « la seule qui importe parce qu’elle est la seule à fonder une paix juste et équilibrée. Toutes les autres ne sont, à l’échelle de l’histoire, que des défaites différées. »

 

Middle East Eye : Vous citez en ouverture de votre ouvrage le général chinois Sun Tzu, auteur de L’Art de la guerre, qui écrivit : « Jamais guerre prolongée ne profita à un pays ». En quoi le vainqueur du conflit israélo-palestinien est-il, selon vous, condamné à essuyer une défaite ?

 

Jean-Paul Chagnollaud : Depuis de nombreuses années, et tout particulièrement depuis 2001, les gouvernements israéliens se sont lancés dans une vaste entreprise de colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Aujourd’hui, il y a près de 650 000 colons israéliens en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, soit près d’un habitant sur quatre.

 

Cela n’est rendu possible qu’en raison de l’occupation militaire israélienne, avec tout ce que cela implique pour les Palestiniens : domination arbitraire, absence totale de toutes les libertés même les plus simples comme celle d’aller et venir... Ils subissent donc une oppression de tous les jours, dans tous les domaines de leur vie.

 

Continuer comme cela revient à consolider un système d’apartheid. C’est une victoire de la force qui, à l’échelle de l’histoire, ne peut durer. Elle ne peut que conduire à des catastrophes politiques et humanitaires et donc à la défaite d'Israël...

 

MEE : Vous mentionnez le poids grandissant de l’extrême droite dans la politique et la société israélienne et citez deux visions de l’avenir promues par ce courant : l’annexion selon le ministre de l’Éducation Naftali Bennett et le transfert de populations selon le ministre de la Défense Avigdor Liberman. Sont-ce là des perspectives réelles à court terme ?

 

JPC : Plusieurs membres de l’actuel gouvernement israélien prônent ouvertement l’annexion de la zone C et tous récusent l’idée d’un État palestinien. Ils se sentent en position de force puisque la communauté internationale ne fait rien. De plus, l’arrivée de Trump au pouvoir aux États-Unis les encourage dans leurs positions. Ce que va faire Trump risque d’être décisif dans les mois à venir dans un sens ou dans un autre... S’il s’en tient à ses premières déclarations, le pire n’est jamais sûr mais il est probable. Il faut donc espérer qu’il aura compris les enjeux, mais rien n’est moins sûr.

 

MEE : Malgré toutes les politiques de judaïsation de Jérusalem, vous constatez la forte résilience démographique des Palestiniens : alors que depuis 1967, la population juive a été multipliée par 2,5, la population palestinienne a quadruplé. Quelles conséquences politiques pourrait avoir cette croissance continue de la population palestinienne à Jérusalem ?

 

À Jérusalem, la balance démographique penche en effet à terme en faveur des Palestiniens. D’ici une vingtaine d’années, sur la base des paramètres actuels, on tend vers les 50/50. Ce qui est déjà le cas sur le territoire de l’ensemble Israël/Palestine, où il y a désormais parité démographique entre la population juive et la population palestinienne (inclus les Palestiniens citoyens d’Israël).

 

Mais le pouvoir n’est pas lié à la démographie, surtout dans une situation d’occupation militaire. C’est en ce sens qu’on glisse de plus en plus vers un système d’apartheid. Même [l’ancien Premier ministre israélien] Ehud Barak vient ces jours-ci d’utiliser le terme !

 

MEE : Comme vous l’expliquez, l’apparente stabilité en Israël-Palestine, surtout par rapport aux guerres qui sévissent dans la région, n’est qu’une illusion qui masque une constante aggravation de la situation. Peut-on alors s’attendre à une nouvelle intifada ?

 

JPC : Je ne crois pas à une nouvelle intifada prochainement car les organisations politiques palestiniennes sont assez dévitalisées et les jeunes s’en sont éloignés. Reste la désespérance profonde des jeunes Palestiniens. L’occupation les empêche d’avoir un avenir. Il est évident que certains d’entre eux vont s’exprimer par des actes violents quitte à en perdre la vie, comme on l’a vu récemment avec les attaques au couteau.

 

MEE : Que pensez-vous de cette tendance des autorités israéliennes à dresser un parallèle entre les attaques palestiniennes et le terrorisme de groupes tels que l’État islamique ?

 

JPC : Rien à voir avec Daech, qui sont des terroristes sectaires et totalitaires avec lesquels il n’y a rien à négocier. Les Palestiniens se battent pour la reconnaissance de leurs droits et pour obtenir enfin leur État.

 

Leurs revendications sont conformes au droit international tel qu’il résulte notamment des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU. Avec la dernière en date : la résolution 2334 du 23 décembre 2016, qui rappelle que l’acquisition de territoires par la force est absolument contraire au droit international.

 

MEE : Qu’est-ce qui empêche selon vous le Fatah en Cisjordanie et le Hamas à Gaza d’opérer une véritable réconciliation ?

JPC : Les organisations politiques palestiniennes sont empêtrées dans des luttes d’appareil qui leur font oublier l’essentiel. Les divergences sont idéologiques et politiques mais il ne faut pas sous-estimer les luttes des dirigeants entre eux pour le pouvoir ou, en tout cas, pour ce qui en tient lieu...

 

Aujourd’hui, il y a près de 650 000 colons israéliens en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, soit près d’un habitant sur quatre

 

MEE : Vous citez Moshe Levinger, l’un des fondateurs de Goush Emounim, groupe de colons nationalistes-messianiques, qui a un jour déclaré : « La temporalité a toujours été importante pour nous […]. Ils finissaient tout simplement par s’habituer aux faits sur le terrain ». Pensez-vous que ceci pourrait s’appliquer aux Palestiniens ; pourraient-ils capituler ?

 

JPC : J’ai cité la formule de Moshe Levinger qui attendait que les gouvernements israéliens se lassent et finissent par accepter les faits accomplis sur le terrain. Cela n’a rien à voir avec les Palestiniens, qui eux n’accepteront jamais une telle situation d’oppression...

Israël a entamé la construction d'une toute nouvelle colonie en Cisjordanie le 20 juin 2017, une première en 25 ans, à la veille de la visite du conseiller principal de la Maison Blanche, Jared Kushner (capture d’écran)

 

MEE : Vous écrivez qu’une paix juste passe par la négociation et le droit international. Or, vous rappelez que les Israéliens ont instrumentalisé les négociations pour gagner du temps et entériner leur occupation. Peut-on alors garder confiance dans les négociations ? Pourrait-on envisager une autre solution, par exemple un accord imposé par la communauté internationale ?

 

JPC : Une négociation s’inscrit toujours dans un rapport de forces. Il y a ici une totale asymétrie entre une puissance occupante (au sens de la IVe Convention de Genève de 1949) et un peuple occupé. Donc sans une intervention de la communauté internationale, rien n’avancera.

 

MEE : Comment qualifieriez-vous la diplomatie française sur le conflit israélo-palestinien jusqu’à présent ? Le nouveau président Emmanuel Macron est-il selon vous désireux – et capable – d’œuvrer en faveur d’une solution juste pour les Palestiniens ?

 

JPC : La France a un rôle à jouer. Difficile, très difficile, mais très important. J’ignore ce que fera Emmanuel Macron.

 

La victoire de la force ne peut que conduire à la défaite d’Israël Soumis par abnah le dim, 02/07/2017 - 10:21 

Posté par Michel Peyret

Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a récemment exprimé ses préoccupations au sujet des contacts entre les soldats de l’armée israélienne et les combattants de différents groupes djihadistes dans le sud de la Syrie (province de Deraa) et dans les hauteurs du Golan.

Dans rapport produit par l’ONU le 8 juin, Antonio Guterres a mis l’accent sur la montée progressive des contacts entre les deux parties, contacts vérifiés par les observateurs de l’ONU situés dans le Golan.

Les observateurs ont documenté au moins 16 rendez-vous entre les forces israéliennes et les milices « rebelles » dans les zones frontalières qui incluent « le mont Hermon, la zone de Quneitra et les hauteurs du Golan » dans la période qui va de mars 2017 jusqu’au mois dernier. Le rapport poursuit en disant que « pour la période entre mars et mai, il y a eu de nombreuses rencontres entre l’armée israélienne et les militants djihadistes, le long de la frontière avec des échanges d’armes, de médicaments et de matériel militaire ».

Ces derniers jours, même le journal Wall Street Journal a rapporté qu’« Israël continue à fournir et à soutenir différents groupes rebelles engagés dans la lutte contre Assad et ses alliés russes, iraniens et libanais » afin de maintenir une zone tampon près de ses frontières.

Selon le journal étasunien, en 2016, Israël a créé une unité spéciale qui a eu pour mission de distribuer l’aide israélienne aux différents groupes. L’aide consistait en « armes, munitions et salaires à donner aux djihadistes ».

Interviewé par le WSJ, le porte-parole du groupe rebelle Fursan al-Joulan, ou Chevaliers du Golan, (groupe lié à Al-Qaïda), Motassam al Golani, a remercié Tel-Aviv pour avoir combattu à leurs côtés : indirectement, en fournissant armes et, directement, avec l’aviation et le soutien de l’artillerie. Le même Al Golani est venu déclarer que « s’il n’y avait pas Israël, on ne pourrait jamais tenir tête à l’armée syrienne de Bashar Al Assad ».

La chaîne Russia Today (RT) a repris la nouvelle et a interviewé d’autres militants. Le chef d’un autre groupe djihadiste dans le Golan, Abou Sahib, a déclaré : « à titre de commandant, je perçois un salaire annuel de 5 000 dollars versé par Israël ». Au cours de l’entretien, le chef du groupe a indiqué que la collaboration avec Tel-Aviv continue depuis 2013 et a joué un rôle crucial pour continuer à s’opposer à l’armée loyaliste d’Assad dans toute la région, vu qu’« Israël continue d’envoyer des armes et de l’argent pas seulement à notre groupe, mais à tous les groupes rebelles dans le Golan ».

Selon les autorités de Damas, le rapport de l’ONU « confirme ce que nos agences de presse ont longtemps soutenu ». À plusieurs reprises, en effet, les troupes loyalistes avaient confisqué des armes aux rebelles en provenance d’Israël ou avaient documenté le transport des djihadistes blessés dans les hôpitaux israéliens. Damas, dans un communiqué officiel, a ajouté que « les réseaux djihadistes qu’Israël maintient en Syrie, en fournissant des armes, sont les mêmes terroristes qui commettent des attentats en Europe ».

Officiellement, le gouvernement Netanyahou a démenti les accusations sur le financement des groupes takfiristes, les qualifiant comme « fausses ». Il semblerait, cependant, que l’ancien ministre israélien des Affaires militaires, Moshe Yaalon, soit plus crédible. Il y a quelques mois, le ministre avait déclaré que Daesh « avait présenté ses excuses pour avoir attaqué par erreur Israël pour la première fois », en admettant tacitement l’alliance avec des groupes liés à la galaxie salafiste.

Stefano Mauro

Références :
http://www.un.org/ga/search/view_doc.asp?symbol=S/2017/486
https://www.wsj.com/articles/israel-gives-secret-aid-to-syrian-rebels-1497813430

Source originale : Nenanews

Traduit de l’italien par Stefano Mauro pour Investig’Action

»» http://www.investigaction.net/fr/selon-un-rapport-des-nations-unies-is...
URL de cet article 32032 

Domique Vidal, Palestine, une version israélienne de l'apartheid sud-africain ?

 

02 mai 2017

Domique Vidal, Palestine, une version israélienne de l'apartheid sud-africain ?

 

"Mais quel sera le statut des Palestiniens ainsi annexés avec leur terre ? Pour le président de l’État d’Israël, Reuven Rivlin, la réponse est claire :"Appliquer la souveraineté à une zone donne la citoyenneté à ceux qui y vivent. Il n’y a pas de loi [différente] pour les Israéliens et pour les non Israéliens." (Times of Israel, 14 février 2017). Mais le président est isolé : la plupart des dirigeants israéliens excluent d’accorder aux Arabes de Cisjordanie le droit de vote dont jouissent les juifs (et, en Israël même, les Palestiniens). Autrement dit, ils envisagent une version israélienne de l’apartheid sud-africain.C’est dire que l’État unique qui se profile n’a rien de commun avec la Palestine laïque et démocratique que prônait l’OLP à ses débuts ni avec la Fédération judéo-arabe rêvé par les binationalistes juifs en Palestine dans les années 1930. La communauté internationale ne saurait l’accepter..."

 

Reprenons la lecture de l'article de Dominique Vidal...

 

Michel Peyret


Israël-Palestine : vers l’État unique ?

 

 

Dominique Vidal, Orient XXI, mercredi 26 avril 2017

 

Le 10 juin 1967, au terme de la guerre israélo-arabe dite « des Six-Jours », Israël quadruple son territoire : il s’est emparé du Sinaï égyptien et du Golan syrien, mais surtout du reste de la Palestine : la bande de Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem-Est. Quelques mois plus tard, l’ONU exige le retrait des territoires occupés, en échange d’une paix négociée.

 

Non seulement Israël refuse, mais il annexe la partie arabe de Jérusalem et y implante des colonies juives en même temps que dans les autres territoires occupés. En cinquante ans, le nombre de colons atteint 220 000 à Jérusalem-Est et 430 000 en Cisjordanie – il n’y en a plus à Gaza depuis 2005. Cette colonisation viole le droit international, car les Conventions de Genève comme l’ONU l’interdisent formellement.

 

L’État palestinien s’efface sur le terrain

 

Que faire de ces territoires ? Du côté palestinien, à partir de 1974, l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) se prononce pour la construction d’une « Autorité nationale et combattante sur toute partie du territoire palestinien qui sera libérée ». Cette évolution la conduira, le 15 novembre 1988, à proclamer l’État de Palestine tout en reconnaissant Israël et en renonçant au terrorisme. Ce qu’elle confirmera lors de la signature des accords d’Oslo, en septembre 1993.

 

Du côté israélien, pas question de reconnaître un État palestinien. Même lors de l’échange de lettres avec Yasser Arafat, Itzhak Rabin reconnaît, non pas cet État, mais l’OLP comme « le représentant du peuple palestinien ». Et les négociations consécutives aux accords d’Oslo ne s’inscriront jamais explicitement dans la perspective de la création d’un État palestinien.

 

Au fil des décennies, en revanche, la communauté internationale fait sienne de plus en plus largement la solution dite « des deux États ». Le 29 novembre 2012, 136 États – contre 9 et 41 abstentions – admettent l’État de Palestine comme membre observateur de l’ONU. Auparavant, il a été accueilli de plein droit : au sein de l’Unesco en 2011, et en 2015 à la Cour pénale internationale (CPI).

 

De la colonisation à l’annexion

 

Hélas, au fur et à mesure que l’État de Palestine s’impose dans l’arène internationale, il s’efface sur le terrain. En ce début 2017, l’extrême droite israélienne engage en effet un tournant dans l’histoire du conflit israélo-palestinien : le passage de la colonisation à l’annexion. À l’initiative de Naftali Bennet, le leader du parti ultranationaliste Foyer juif, le Parlement vote, le 6 février 2017, celle de 4 000 logements dans des « avant-postes », ces colonies que même le droit israélien jugeait jusqu’ici illégal.

 

Enivré par l’élection de Donald Trump et enhardi par les scandales qui « plombent » le premier ministre Benyamin Nétanyahou, Naftali Bennet ne dissimule plus ses ambitions. Après le démantèlement de l’« avant-poste » d’Amona, il avait déclaré :

"Nous mettrons en place un nouveau régime juridique en Judée et en Samarie (appellation israélienne de la Cisjordanie) qui régulera la totalité des implantations, et de la perte douloureuse de ce bastion dans la montagne émergera l’application de la souveraineté d’Israël sur toute la Cisjordanie." (Times of Israel, 1er février 2017)

L’apartheid version israélienne

 

Mais quel sera le statut des Palestiniens ainsi annexés avec leur terre ? Pour le président de l’État d’Israël, Reuven Rivlin, la réponse est claire :

"Appliquer la souveraineté à une zone donne la citoyenneté à ceux qui y vivent. Il n’y a pas de loi [différente] pour les Israéliens et pour les non Israéliens." (Times of Israel, 14 février 2017)

Mais le président est isolé : la plupart des dirigeants israéliens excluent d’accorder aux Arabes de Cisjordanie le droit de vote dont jouissent les juifs (et, en Israël même, les Palestiniens). Autrement dit, ils envisagent une version israélienne de l’apartheid sud-africain.

 

C’est dire que l’État unique qui se profile n’a rien de commun avec la Palestine laïque et démocratique que prônait l’OLP à ses débuts ni avec la Fédération judéo-arabe rêvé par les binationalistes juifs en Palestine dans les années 1930. La communauté internationale ne saurait l’accepter.

Posté par Michel Peyret 

La souffrance des Palestiniens qui vivent sous l’occupation va encore augmenter du fait de l’expansion de l’industrie israélienne du gaz.

 

Ramallah - Un accord de pipeline israélo-européen ayant pour but de faire d’Israël un important exportateur d’énergie en Méditerranée fait l’objet de critiques de la part des Palestiniens. Ces critiques sont encore exacerbées par le fait que la bande de Gaza assiégée souffre d’une crise d’énergie endémique qui paralyse son économie.

Shahan Jabarin, le directeur général d’Al-Haq, a déclaré à Al Jazeera : « L’accord de pipeline entre Israël, l’Italie, Chypre et la Grèce bénéficiera non seulement aux entreprises qui profitent directement de l’occupation du territoire palestinien mais
il permettra à Israël de s’assurer de l’approbation tacite de l’Europe pour accentuer son « blocus maritime » des côtes palestiniennes, et prolonger le conflit armé international qui sévit dans les eaux territoriales de la bande de Gaza. L’expansion de l’industrie israélienne du gaz engendrera une oppression accrue des Palestiniens soumis à l’occupation israélienne. »

Les ministres d’Israël, de la Grèce, de l’Italie et de Chypre, ainsi que le Commissaire de l’Union européenne pour l’action climatique et l’énergie, ont signé une déclaration commune, ce mois-ci, pour construire un pipeline qui amènerait le gaz naturel récemment découvert, depuis Israël et Chypre vers L’Italie et le marché européen par l’intermédiaire de la Grèce.

Le pipeline, que Yuval Steinitz, le ministre israélien de l’Énergie, a décrit comme « le pipeline sous-marin le plus long et le plus profond du monde », devrait être opérationnel d’ici 2025.

Steinitz a salué le projet comme « le début d’une merveilleuse amitié entre quatre pays méditerranéens », et Miguel Arias Canete, le Commissaire de l’UE pour l’action climatique et l’énergie, a noté : « Nous soutenons fermement le développement de cette région et de ces pays d’une manière générale mais aussi parce que ce sont de futurs fournisseurs de gaz ».

Canete a dit qu’il ne pouvait pas prendre d’ « engagements formels », mais il a indiqué qu’il espérait que le projet respecterait toutes les conditions requises pour recevoir des fonds via le mécanisme pour l’interconnexion en Europe de l’UE, un programme qui soutient le développement d’infrastructures transeuropéennes et qui a déjà financé les études de viabilité technique et commerciale du projet.

Qualifié de « projet d’intérêt général » par l’UE, le pipeline a été vendu comme le moyen de pallier à la dépendance actuelle du bloc occidental à l’énergie russe et à l’épuisement des réserves de la mer du Nord. Mais les analystes ne sont pas sûrs que ce gaz sera en mesure concurrencer le gaz russe, ni que le projet attirera les investisseurs, du fait des coûts élevés des infrastructures conjugués à la baisse des prix du gaz.

Selon Brenda Shaffer, un membre du conseil d’administration de l’Atlantic Council Global Energy Centre, l’accord est l’expression d’objectifs politiques communs aux quatre pays, qui ne se traduiront pas nécessairement en décisions d’investissement de la part des entreprises commerciales.

« Les intérêts et les objectifs des entreprises peuvent être très éloignés des considérations politiques », a déclaré Shaffer à Al Jazeera. « À ce stade, le projet proposé a surtout une finalité politique, c’est loin d’être une réalité commerciale, et il n’est pas certain que la tendance actuelle de la demande de gaz du sud de l’Europe justifie commercialement un projet supplémentaire d’approvisionnement en gaz ».

Elio Ruggeri, directeur général d’IGI Poseidon, la société qui supervise le développement du projet et dont les partenaires incluent la société italienne Edison et la société d’état DEPA de Grèce, a dit à Al Jazeera que le pipeline atteindrait environ 3 500 km de long et coûterait 5,2 milliards d’euros jusqu’en Grèce, et 6,2 milliards d’euros pour arriver en Italie. Les ultimes décisions d’investissement seraient prises en 2020, selon Ruggeri.

Le pipeline transporterait le gaz de l’immense champ gazier israélien, Leviathan, dont la découverte en 2010 a fait d’Israël un acteur majeur de la région en matière d’énergie. On estime que Leviathan contient environ 238 milliards de mètres cubes de gaz. Noble Energy, basé au Texas, détient 39,7% du champ, tandis que Delek Drilling et Avner Oil Exploration, toutes deux filiales du groupe israélien Delek, en détiennent chacune 22,7%. La société israélienne Ratio Oil en détient 15 %. Il y a un conflit sur les frontières maritimes, et le Liban affirme que Leviathan se trouve en partie dans les eaux libanaises.

Le premier pays qui a signé l’accord pour acheter le gaz de Leviathan est la Jordanie. Le pays a conclu un accord de gaz de 10 milliards de dollars avec Israël l’année dernière, au titre duquel Israël fournira 8,5 millions de mètres cubes de gaz à son voisin pendant 15 ans. L’accord a déclenché une vague de protestations populaires en Jordanie parce que les gens considèrent que cet accord augmentera la dépendance jordanienne à Israël et financera l’occupation israélienne des territoires palestiniens.

« Il est impossible d’isoler géographiquement les champs de gaz d’Israël et de faire comme si cela n’avait rien à voir avec le conflit palestien », a déclaré à Al Jazeera Susan Power, une experte en droit, qui a rédigé, en 2015, un rapport intitulé Annexing Energy publié par Al Haq, une association palestinienne des droits humains.

« En 2011, Noble Energy, l’exploitant principal du champ Leviathan, a extrait unilatéralement le gaz d’un champ de gaz palestinien / israélien commun sans l’autorisation palestinienne exigée par le droit international coutumier et les Accords d’Oslo », a-t-elle déclaré, ajoutant que Noble Energy possède également une installation de stockage de gaz, le Mari-B, située à 13 miles marins de la bande de Gaza et reliée par pipeline à Tamar, un champ plus petit que la firme exploite au large de la côte de Haïfa.

« Israël se livre à des opérations maritimes brutales et illégales pour protéger les plates-formes gazières de Noble Energy au large de la bande de Gaza, en attaquant, blessant et tuant des pêcheurs palestiniens qui pêchent à proximité de la zone des six miles nautiques d’eaux territoriales palestiennes qu’Israël a fermée illégalement », a-t-elle ajouté.

Pendant tout ce temps, Gaza souffre d’une crise de l’électricité et de l’énergie qui s’est encore aggravée au début de l’année. Des milliers de personnes sont descendues dans les rues pour protester contre les coupures d’électricité qui sont passées de huit heures à 12 à 18 heures. Le rapport d’Al Haq conclut que si les Palestiniens étaient autorisés à exploiter leurs propres ressources, par exemple le champ gazier qui se situe près du champ Gaza Marine, non seulement leurs besoins énergétiques seraient couverts, mais ils seraient économiquement autosuffisants et libérés des humiliantes chaînes de l’aide internationale.

La seule centrale électrique en fonctionnement de Gaz a fermé la semaine dernière, ce que laisse Gaza avec seulement six heures d’électricité par jour et qui met en danger les services publics essentiels, y compris les hôpitaux. Le carburant qui avait été acheté, avec l’aide Qatari et turque, pour régler la crise de ce début d’année aggravée par un conflit sur la taxe sur les carburants entre l’autorité de l’électricité à Gaza et l’Autorité palestinienne, est épuisé.

L’accord d’exploitation de Leviathan au profit de Noble Energy et Delek a également fait l’objet d’une enquête antitrust, et d’une action judiciaire auprès de la Cour suprême d’Israël. Les opposants soutiennent que les deux sociétés auraient trop de contrôle sur les réserves de gaz du pays et que l’accord n’est pas dans l’intérêt des consommateurs mais des grandes entreprises.

À l’époque, le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, avait défendu l’accord en mettant en avant des considérations géopolitiques et en disant que c’était un investissement pour la sécurité du pays. Depuis la découverte du Leviathan, Israël s’est engagé à négocier des accords d’exportation avec la Turquie et l’Egypte. Ce dernier pays est maintenant inondé de gaz, lui aussi, depuis la découverte en 2015, d’un champ gazier super-géant, Zohr.

« La capacité d’exporter du gaz nous met davantage à l’abri des pressions internationales. Nous ne voulons pas être vulnérables aux boycotts », a dit Netanyahu.

Traduction : Dominique Muselet

»» http://www.aljazeera.com/indepth/features/2017/04/israel-europe-gas-de...
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20 avril 2017

Mohamed Warda, Israël, banques et groupes qui violent lois et résolutions

"Le Crédit agricole et sa filiale LCL, précise Mohamed Warda, détiennent ainsi des participations financières dans neuf banques et entreprises israéliennes directement impliquées dans l’expansion coloniale. Le groupe BCE et sa filiale Natixis en détiennent six, la Société générale et AXA quatre. Autre exemple : un prêt de 288 millions d’euros a été accordé par un consortium de banques – dont BNP Paribas, Société Générale, Crédit Lyonnais et Natixis – à la société Israel Electric Corporation qui pourvoit en électricité les colonies. Et les travaux sont réalisés par… Alstom, dont l’État français, qui dénonce par ailleurs la colonisation, est actionnaire à hauteur de 20 %. Pour les auteurs, les groupes français impliqués violent les lois et résolutions françaises et internationales..."

Ces banques et sociétés d’assurances françaises qui financent l’expansion coloniale israélienne

 

31 mars 2017 par Warda Mohamed

Une enquête menée par un collectif de syndicats et d’organisations de défense des droits humains françaises et palestiniennes, révèle comment les principales banques françaises soutiennent l’expansion coloniale israélienne aux dépens des territoires palestiniens, et de la construction de la paix. Pourtant, la France a officiellement condamné cette colonisation et soutenu les résolutions des Nations Unies en la matière. Les auteurs du rapport espèrent que ces banques hexagonales imiteront les grands fonds d’investissements européens et états-uniens qui excluent tout financement de la colonisation israélienne.

La colonisation israélienne de la Palestine dure depuis cinquante ans. Le blocusde la bande de Gaza depuis dix ans. « Les colonies israéliennes en territoire palestinien occupé ne font pas partie d’Israël comme défini par les frontières de 1967 et sont illégales au regard du droit international », rappelle la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU du 23 décembre 2016. Une position soutenue officiellement par l’Union européenne et le gouvernement français. Pourtant, les gouvernements israéliens poursuivent et intensifient l’occupation et la colonisation, rendant ainsi impossible toute résolution du conflit. Et ce, avec l’appui de plusieurs banques françaises, comme le révèle un rapport intitulé "Les liaisons dangereuses des banques françaises avec la colonisation israélienne", réalisé par huit organisations françaises et palestiniennes, dont le CCFD, la Ligue des droits de l’homme, la CGT, Solidaires ou l’ONG palestinienne Al-Haq [1].

Rien que pour 2016, la construction de 1823 habita­tions supplémentaires a été programmée par le gouvernement israélien dans les colonies de Jérusalem-Est et de la zone C, une zone qui s’étend sur 60 % de la Cisjordanie placée sous contrôle militaire israélien. 6000 nouveaux logements de colons viennent d’être planifiés en janvier 2017. En parallèle, 986 maisons et autres structures palestiniennes – écoles, citernes, enclos d’éleveurs, installations sanitaires… – ont été détruites. Ces démolitions se sont fortement intensifiées et « ont entraîné le déplacement forcé de nombreux civils palestiniens », précise le rapport.

Le système bancaire israélien : « Un outil essentiel de la politique de colonisation »

Viabiliser les terres accaparées, bâtir des colonies et mettre en place les infrastructures qui les accompagnent nécessitent des financements. Cette colonisation, et la violation des droits fondamentaux des Palestiniens qui en découle, bénéficie du soutien de banques israéliennes. En 2013, une mission d’enquête des Nations unies sur l’impact des colonies israéliennes a montré le rôle capital de plusieurs banques du pays dans la colonisation [2]. « Le système bancaire israélien constitue un outil essentiel de la politique de colonisation », écrivent les auteurs du rapport.

Les banques israéliennes se sont pas les seules en cause : « Les principales institutions financières françaises contribuent indirectement au maintien et au développement de cette situation illégale au regard du droit international », dénonce le rapport. Elles « gèrent des participations financières ou détiennent des actions auprès de banques et entreprises israéliennes qui contribuent au financement des colonies dans le territoire palestinien occupé et fournissent des services vitaux au maintien et au développement des colonies, comme la construction d’habitations ou d’usines, la connexion aux réseaux téléphoniques et internet ou encore l’aménagement en équipements de surveillance », déplore l’enquête.

Crédit agricole et BPCE particulièrement impliqués

Le Crédit agricole et sa filiale LCL détiennent ainsi des participations financières dans neuf banques et entreprises israéliennes directement impliquées dans l’expansion coloniale. Le groupe BCE et sa filiale Natixis en détiennent six, la Société générale et AXA quatre (voir le tableau ci-dessous). Autre exemple : un prêt de 288 millions d’euros a été accordé par un consortium de banques – dont BNP Paribas, Société Générale, Crédit Lyonnais et Natixis – à la société Israel Electric Corporation qui pourvoit en électricité les colonies. Et les travaux sont réalisés par… Alstom, dont l’État français, qui dénonce par ailleurs la colonisation, est actionnaire à hauteur de 20 %. Pour les auteurs, les groupes français impliqués violent les lois et résolutions françaises et internationales tout comme leurs engagements et directives en matières de droits humains – le pacte mondial des Nations unies, les lignes directrices de l’OCDE et les principes directeurs des Nations unies.

« Se conformer aux principes internationaux »

Des entreprises étrangères ont pourtant déjà mis fin à leur collaboration avec des partenaires israéliens. Le premier fonds de pension mondial, le fonds souverain norvégien, ainsi que le fonds de pension néerlandais PGGM ont placé plusieurs de ces entreprises israéliennes sur leur liste d’exclusion. « En 2014, le fonds de pension luxembourgeois FDC s’est désinvesti à son tour de ces cinq banques israéliennes pour les mêmes raisons. La même année, la banque danoise Danske Bank et la banque allemande Deutsche Bank Ethical Fund ont mis Hapoalim Bank sur une liste noire. Plus récemment, en janvier 2016, le fonds de pension de l’Église méthodiste aux États-Unis, estimé à 20 milliards de dollars, s’est désengagé des banques Hapoalim et Leumi et a ajouté les cinq banques sur sa liste d’exclusion en raison de leur contribution directe à la colonisation israélienne ».

Les huit organisation signataires du rapport demandent en conséquence à l’État français de respecter ses engagements et responsabilités, notamment en faisant pression sur les entreprises ; et aux banques et assurances « de se conformer aux principes internationaux en cessant tout financement de la colonisation israélienne ». Les acteurs cités ont pour la plupart reconnu que ces accusations étaient fondées, indique le rapport, mais n’ont pas donné suite. En 2016, Orange et l’entreprise israélienne ont résilié leur contrat après la publication d’un rapport similaire [3]. Les auteurs de cette nouvelle alerte espèrent le même impact, pour que les États et entreprises ne rendent plus possible la colonisation illégale de la Palestine.

Warda Mohamed

[1] L’Association France Palestine Solidarité (AFPS), CCFD–Terre Solidaire, Fair Finance France, la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), la Ligue des droits de l’homme (LDH), Solidaires, CGT et Al-Haq.

[2] Bank Hapoalim, Bank Leumi, First International Bank of Israel, Israel Discount Bank, ou Mizrahi Tefahot Bank.

[3] "Les liaisons dangereuses d’Orange dans le Territoire Palestinien Occupé", lire notre article.

Posté par Michel Peyret

Publié par  El Diablo

ENFANCES BRISÉES : les mineurs PALESTINIENS dans le viseur de la répression israélienne

ENFANCES BRISÉES : les mineurs PALESTINIENS dans le viseur de la répression israélienne

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ENFANCES BRISÉES : les mineurs PALESTINIENS dans le viseur de la répression israélienne

Déclaration de Georges Abdallah à l’occasion de la journée du prisonnier palestinien

mercredi 19 avril 2017 

Cher« e »s Camarades, Cher« e »s ami« e »s,

 

Il y a juste un mois, de nombreuses activités dans différents pays ont été organisées afin de célébrer la « Journée Internationale du Prisonnier Révolutionnaire ». Aujourd’hui, nous voici rassemblé-e-s de nouveau, aussi dans différents pays, afin de célébrer la « Journée du Prisonnier Palestinien » et exprimer notre indéfectible solidarité avec les Résistant« e »s embastillé« e »s dans les geôles sionistes, soutenir de toutes nos forces leurs justes revendications, et saluer par là même la mobilisation en cours des masses populaires autour de la grève de la faim entamée ce matin derrière les abominables murs.

En 1974, « La Conférence Nationale Palestinienne » a décrété le 17 avril « Journée du Prisonnier Palestinien ». Cela n’était pas seulement destiné à dénoncer à cette occasion, la barbarie de l’occupant sioniste, les tueries, les rafles, et l’embastillement des meilleurs fils et filles de notre peuple, ni seulement destiné à honorer les Résistant« e »s captifs en rappelant aux masses populaires leurs sacrifices et leur inébranlable volonté de tenir debout face à la soldatesque sioniste.

La célébration de cette « Journée du Prisonnier Palestinien » est destinée, avant toute autre chose, à affirmer haut et fort la ferme détermination d’arracher nos camarades aux griffes de leurs criminels geôliers. En effet, à plusieurs reprises, les avant-gardes de la lutte révolutionnaire palestinienne ont assumé cette tâche avec beaucoup de courage et d’abnégation, obligeant l’ennemi à libérer des milliers de camarades captifs, sans aucune contrepartie de leur part.

Certainement, la libération des prisonniers révolutionnaires a toujours été un moment de grande effervescence populaire, et elle a participé de la façon la plus significative au rayonnement de la révolution palestinienne et à l’enrichissement de la lutte, aussi bien au niveau régional qu’au niveau international. Cependant les réactionnaires de tous bords n’ont jamais voulu cohabiter avec ce foyer révolutionnaire dans cette région si capitale pour le monde capitaliste.

Depuis le tout début des années 70 du siècle passé, la liquidation de la révolution palestinienne est à l’ordre du jour des forces impérialistes et de leurs affidés réactionnaires régionaux. Rien ne lui a été épargné. Les guerres et les massacres se sont succédé depuis, et les masses populaires y ont fait face avec les moyens et les capacités disponibles… D’innombrables batailles ont été livrées, certaines ont été perdues, d’autres ont été gagnées.

Mais dans l’ensemble, et en dépit de toutes les pertes et de toutes les erreurs, les masses populaires ont pu consolider certaines réalisations dont personne ne peut aujourd’hui contester leurs portée stratégique : un cheminement historique, dont les contours sont tracés par le sang des Révolutionnaires palestiniens et dont la dynamique est pérennisée par l’engagement prématuré de ces Fleurs et autres Lionceaux de la Palestine et par la lumière, toujours plus éclairante, des flambeaux de la liberté, ces indomptables Héros résistants captifs dans les geôles sionistes…

Cher« e »s Camarades, Cher« e »s ami« e »s,

Plusieurs milliers de prisonnières et de prisonniers embastillé-e-s depuis tant d’années, pour certains depuis plusieurs décennies, incarnent aujourd’hui plus que jamais la Résistance du peuple palestinien dans la pluralité de ses expressions. Certainement la situation derrière les abominables murs est loin d’être parfaite d’un point de vue révolutionnaire comme on l’aurait souhaité…

En dépit de tout l’effort déployé pour entretenir l’unité nationale, à défaut de la renforcer, les diverses initiatives de luttes, ces derniers temps, ont beaucoup souffert du manque de l’unité d’action, et n’ont pas pu surmonter les divisions, et cela même quand les initiatives ont réussi à arracher quelques revendications. Tout cela n’enlève rien, ni au rôle historique qui incombe, pour diverses raisons, à nos Héros embastillés, ni à nos devoirs de solidarité envers ces indomptables Résistants, et plus particulièrement envers ces Fleurs et Lionceaux engagés prématurément dans la lutte contre l’occupant sioniste.

Que mille initiatives solidaires fleurissent en faveur de ces 363 Fleurs et Lionceaux afin que leurs geôliers sionistes comprennent qu’ils ne sont jamais seuls !

Que mille initiatives solidaires fleurissent en faveur de la Palestine et de sa prometteuse Intifada !

La solidarité, toute la solidarité avec les résistants dans les geôles sionistes, et dans les cellules d’isolement au Maroc, en Turquie et aux Philippines et ailleurs de par le monde !

La solidarité, toute la solidarité avec les camarades révolutionnaires résistants dans les geôles en Grèce !

Que mille initiatives solidaires fleurissent en faveur des masses populaires kurdes et ces valeureux combattants du PKK !

La solidarité toute la solidarité avec les jeunes prolétaires des quartiers populaires !

Le capitalisme n’est plus que barbarie, honneur à tous ceux et celles qui s’y opposent dans la diversité de leurs expressions !

Ensemble Camarades, et ce n’est qu’ensemble que nous vaincrons !
À vous tous, Camarades et ami« e »s, mes plus chaleureuses salutations révolutionnaires.

Votre camarade Georges Abdallah

Une enquête menée par un collectif de syndicats et d’organisations de défense des droits humains françaises et palestiniennes, révèle comment les principales banques françaises soutiennent l’expansion coloniale israélienne aux dépens des territoires palestiniens, et de la construction de la paix. Pourtant, la France a officiellement condamné cette colonisation et soutenu les résolutions des Nations Unies en la matière. Les auteurs du rapport espèrent que ces banques hexagonales imiteront les grands fonds d’investissements européens et états-uniens qui excluent tout financement de la colonisation israélienne.

La colonisation israélienne de la Palestine dure depuis cinquante ans. Le blocus de la bande de Gaza depuis dix ans. « Les colonies israéliennes en territoire palestinien occupé ne font pas partie d’Israël comme défini par les frontières de 1967 et sont illégales au regard du droit international », rappelle la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU du 23 décembre 2016. Une position soutenue officiellement par l’Union européenne et le gouvernement français. Pourtant, les gouvernements israéliens poursuivent et intensifient l’occupation et la colonisation, rendant ainsi impossible toute résolution du conflit. Et ce, avec l’appui de plusieurs banques françaises, comme le révèle un rapport intitulé "Les liaisons dangereuses des banques françaises avec la colonisation israélienne", réalisé par huit organisations françaises et palestiniennes, dont le CCFD, la Ligue des droits de l’homme, la CGT, Solidaires ou l’ONG palestinienne Al-Haq (1).

Rien que pour 2016, la construction de 1823 habita­tions supplémentaires a été programmée par le gouvernement israélien dans les colonies de Jérusalem-Est et de la zone C, une zone qui s’étend sur 60 % de la Cisjordanie placée sous contrôle militaire israélien. 6000 nouveaux logements de colons viennent d’être planifiés en janvier 2017. En parallèle, 986 maisons et autres structures palestiniennes – écoles, citernes, enclos d’éleveurs, installations sanitaires – ont été détruites. Ces démolitions se sont fortement intensifiées et « ont entraîné le déplacement forcé de nombreux civils palestiniens », précise le rapport.

Le système bancaire israélien : « Un outil essentiel de la politique de colonisation »

Viabiliser les terres accaparées, bâtir des colonies et mettre en place les infrastructures qui les accompagnent nécessitent des financements. Cette colonisation, et la violation des droits fondamentaux des Palestiniens qui en découle, bénéficie du soutien de banques israéliennes. En 2013, une mission d’enquête des Nations unies sur l’impact des colonies israéliennes a montré le rôle capital de plusieurs banques du pays dans la colonisation (2). « Le système bancaire israélien constitue un outil essentiel de la politique de colonisation », écrivent les auteurs du rapport.

Les banques israéliennes se sont pas les seules en cause : « Les principales institutions financières françaises contribuent indirectement au maintien et au développement de cette situation illégale au regard du droit international », dénonce le rapport. Elles « gèrent des participations financières ou détiennent des actions auprès de banques et entreprises israéliennes qui contribuent au financement des colonies dans le territoire palestinien occupé et fournissent des services vitaux au maintien et au développement des colonies, comme la construction d’habitations ou d’usines, la connexion aux réseaux téléphoniques et internet ou encore l’aménagement en équipements de surveillance », déplore l’enquête.

Crédit agricole et BPCE particulièrement impliqués

Le Crédit agricole et sa filiale LCL détiennent ainsi des participations financières dans neuf banques et entreprises israélienne directement impliquées dans l’expansion coloniale. Le groupe BCE et sa filiale Natixis en détiennent six, la Société générale et AXA quatre (voir le tableau ci-dessous). Autre exemple : un prêt de 288 millions d’euros a été accordé par un consortium de banques – dont BNP Paribas, Société Générale, Crédit Lyonnais et Natixis – à la société Israel Electric Corporation qui pourvoit en électricité les colonies. Et les travaux sont réalisés par... Alstom, dont l’Etat français, qui dénonce par ailleurs la colonisation, est actionnaire à hauteur de 20 %. Pour les auteurs, les groupes français impliqués violent les lois et résolutions françaises et internationales tout comme leurs engagements et directives en matières de droits humains – le pacte mondial des Nations unies, les lignes directrices de l’OCDE et les principes directeurs des Nations unies.

« Se conformer aux principes internationaux »

Des entreprises étrangères ont pourtant déjà mis fin à leur collaboration avec des partenaires israéliens. Le premier fonds de pension mondial, le fonds souverain norvégien, ainsi que le fonds de pension néerlandais PGGM ont placé plusieurs de ces entreprises israéliennes sur leur liste d’exclusion. « En 2014, le fonds de pension luxembourgeois FDC s’est désinvesti à son tour de ces cinq banques israéliennes pour les mêmes raisons. La même année, la banque danoise Danske Bank et la banque allemande Deutsche Bank Ethical Fund ont mis Hapoalim Bank sur une liste noire. Plus récemment, en janvier 2016, le fonds de pension de l’Église méthodiste aux États-Unis, estimé à 20 milliards de dollars, s’est désengagé des banques Hapoalim et Leumi et a ajouté les cinq banques sur sa liste d’exclusion en raison de leur contribution directe à la colonisation israélienne ».

Les huit organisation signataires du rapport demandent en conséquence à l’État français de respecter ses engagements et responsabilités, notamment en faisant pression sur les entreprises ; et aux banques et assurances « de se conformer aux principes internationaux en cessant tout financement de la colonisation israélienne ». Les acteurs cités ont pour la plupart reconnu que ces accusations étaient fondées, indique le rapport, mais n’ont pas donné suite. En 2016, Orange et l’entreprise israélienne ont résilié leur contrat après la publication d’un rapport similaire [3]. Les auteurs de cette nouvelle alerte espèrent le même impact, pour que les États et entreprises ne rendent plus possible la colonisation illégale de la Palestine.

29 mars 2017

»» https://multinationales.org/Ces-banques-et-societes-d-assurances-franc...
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3 avril 2017
Un rapport dévoile les liens entre cinq banques et assurances françaises et les colonies israéliennes : BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole (et sa filiale LCL), BPCE (et sa filiale Natixis), et AXA.
 

 

Un rapport dévoile les liens entre cinq banques et assurances françaises et les colonies israéliennes

 
29 mars 2017 - Communiqué conjoint
 

Paris, le 29 mars 2017 – Plusieurs organisations (Association France Palestine Solidarité, CCFD – Terre Solidaire, Fair Finance France, FIDH, LDH, Solidaires, CGT et Al-Haq) publient aujourd’hui un rapport sur « Les liaisons dangereuses des banques et assurances françaises avec la colonisation israélienne ». Il met en lumière les liens entre certaines banques et assurances françaises et des banques et entreprises israéliennes impliquées dans le maintien et le développement des colonies israéliennes.

Lire le rapport

 

La colonisation israélienne dure depuis 50 ans. Illégale au regard du droit international, elle ne cesse de s’accélérer. La planification de 6 000 nouveaux logements depuis janvier 2017 en est la dernière manifestation. Dans la continuité de ses résolutions antérieures, le Conseil de Sécurité de l’ONU a adopté le 23 décembre 2016 la résolution 2334, exigeant notamment d’Israël « qu’il arrête immédiatement et complètement toutes ses activités de peuplement dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est ».

 

[...]

Lire l'article intégral en cliquant ici :  Lire le rapport

En arrêtant son co-fondateur, Israël prouve qu’il considère le BDS comme une menace stratégique (Middle East Monitor)

Omar Barghouti, le cofondateur palestinien du mouvement BDS a été frappé d’une interdiction de facto de sortie du territoire. Dimanche, un autre ministre israélien a annoncé qu’un groupe de travail serait créé pour « cibler » les militants du BDS de nationalité étrangère et les expulser du pays.

Cela fait maintenant une semaine que les autorités israéliennes ont arrêté Omar Barghouti, co-fondateur du mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) en Palestine. Son arrestation fait suite à des années d’intimidation et de menaces de la part de divers organismes publics. Si le but était d’isoler et de faire taire Barghouti, son arrestation s’avère, au mieux, à courte vue et contreproductive. Le BDS est devenu un mouvement global d’inspiration palestinienne qu’il sera impossible d’arrêter.

En mai 2015, Reuven Rivlin, le président israélien, a qualifié, le mouvement BDS de « menace stratégique ». Pourtant, lorsqu’il a été lancé en juillet 2005, il avait été balayé d’un revers de main par les officiels qui le considéraient comme un piètre plagiat du mouvement de boycott international qui avait joué un rôle central dans le démantèlement du Régime d’apartheid criminel d’Afrique du Sud. Aujourd’hui plus personne ne sous-estime le BDS. Le seul fait qu’Israël dépense des millions de dollars mensuels à collecter des données pour contrer le BDS à l’intérieur comme à l’étranger, prouve que les Israéliens le prennent maintenant très au sérieux.

En recourant à des tactiques arbitraires de répression et d’intimidation, Israël se rend un très mauvais service. Sans s’en rendre compte, ce pays a, par de telles mesures, créé les conditions idéales pour que le BDS se développe et attire des sympathisants du monde entier, car il est facile de convaincre les gens ouverts de la nécessité du BDS.

Les conduites politiques qui violent les libertés fondamentales et les droits de l’homme répugnent instinctivement aux êtres humains équilibrés qui ont le sens de la justice.

Aujourd’hui, ceux qui soutiennent le BDS sont motivés par leur attachement aux valeurs d’égalité et d’équité, ainsi que par la conscience que nous sommes tous des êtres humains. C’est pourquoi ils trouvent honteux de refuser la pleine égalité aux citoyens palestiniens d’Israël ; c’est pourquoi ils exigent qu’il soit mis fin à l’occupation militaire des territoires palestiniens capturés en 1967 ; et c’est pourquoi ils veulent savoir pourquoi les Palestiniens qui ont été expulsés par les milices juives en 1948 ne sont pas autorisés à exercer leur droit de retour. Cette revendication n’a rien de conspirationniste ni d’extrémiste. C’est un droit internationalement reconnu.

C’est principalement le déni constant de tous les droits palestiniens par Israël qui a nourri le mouvement BDS. Sur chaque continent, les communautés minoritaires et défavorisées, les communautés religieuses, les syndicats et les organisations de défense des droits de l’homme soutiennent cette campagne non violente parce qu’ils sont convaincus qu’il y va de leur propre survie.

Le temps n’est plus où les artistes et les sportifs les plus célèbres accordaient un soutien sans réserve à Israël. Aujourd’hui, leur soutien est conditionnel ; Ils ne l’accorderont que lorsqu’Israël respectera la dignité du peuple palestinien. On ne voit plus actuellement de stars soutenir ou légitimer ouvertement la discrimination, quelle qu’en soit l’auteur. Il n’y a tout simplement aucune justification morale ou légale à la discrimination quelle qu’elle soit, et encore moins lorsqu’elle est le fait d’un État comme c’est le cas en Israël.

Aussi cruel que cela puisse paraître, l’arrestation d’Omar Barghouti était inévitable ; non pas parce qu’il aurait commis quelque crime, mais parce que cela faisait trop longtemps que la menace pesait sur lui. L’année dernière, Amnesty International a exprimé des inquiétudes sur sa sécurité et sa liberté après que plusieurs ministres israéliens ont proféré des menaces voilées contre Barghouti au cours d’une conférence anti-BDS à Jérusalem le 28 mars.

Le ministre des Transports, du Renseignement et de l’Energie Atomique, Yisrael Katz, avait proféré une menace particulièrement grotesque en appelant Israël à procéder à l’ « élimination civile ciblée » des dirigeants du BDS avec l’aide de ses agences de renseignement assassines. Amnesty a indiqué que le terme s’inspirait de l’expression « assassinats ciblés », utilisée pour décrire la politique israélienne de ciblage des membres des groupes armés palestiniens.

Le Comité national palestiniens du BDS (le BNC) n’a aucun doute sur le motif de l’arrestation de son co-fondateur ; Il s’agit de répression. Le BNC a affirmé que l’ouverture de cette enquête, qui inclut une interdiction de sortie du territoire, n’est pas une coïncidence, car, quelques semaines plus tard, Barghouti devait se rendre aux États-Unis pour recevoir le Gandhi Peace Award conjointement avec Ralph Nader, lors d’une cérémonie à l’Université de Yale.

Le mouvement BDS s’effondrerait-il si Omar Barghouti était emprisonné ou assassiné ? Bien sûr que non. Les similitudes juridiques, politiques et de violations des droits de l’homme qui existent entre la réalité palestinienne et celle qui régnait dans l’Afrique du Sud de l’apartheid sont tellement flagrantes qu’elles sautent aux yeux de tout 
le monde civilisé.

À ce jour, aucune des mesures prises par Israël pour combattre le BDS n’a été couronnée de succès. Que ce soit l’interdiction des militants d’entrer en Palestine, la création d’unités spéciales dont la mission est de remuer la merde pour tenter de discréditer les militants, ou l’emprisonnement, toutes ces méthodes ont été utilisées en Afrique du Sud où elles se sont avérées totalement inadéquates et impuissantes. Au contraire même, tout ce qu’elles ont réussi à faire, c’est d’attirer de plus en plus l’attention sur la nature injuste et criminelle du système d’apartheid.

Soyez certains que les résultats seront les mêmes en Palestine, avec ou sans la présence physique et l’activité incessante d’Omar Barghouti. En faisant si grand cas de lui, Israël reconnait, en fait, que la campagne de boycott, de désinvestissement et de sanctions représente bien une menace stratégique pour ce pays.

Dr Daud Abdullah

Traduction : Dominique Muselet

»» https://www.middleeastmonitor.com/20170327-israel-turns-bds-co-founder...
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Publié par  El Diablo

Un Etat ou deux Etats en PALESTINE ? Quelles sont les conditions de la paix ?

Un Etat ou deux Etats en PALESTINE ? Quelles sont les conditions de la paix ?

En 1988 à Alger, la direction de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine) a reconnu l’Etat d’Israël dans ses frontières d’avant 1967 et a limité ses revendications à un Etat palestinien sur 22% de la Palestine historique (Gaza, Jérusalem Est et Cisjordanie). Avant d’examiner les circonstances historiques qui ont mené à cette concession majeure et ce qui s’en est suivi, il convient de faire une constatation facile : près de 20 ans après les accords d’Oslo, conséquences de la décision d’Alger, l’occupant a détruit dans les faits toute possibilité d’établir un Etat palestinien qui soit autre chose que la juxtaposition de bantoustans isolés et non-viables. Alors, utopie pour utopie, revenons sur ce débat « un Etat/deux Etats ».

Conférence-débat à Montauban
à l’invitation de l’AFPS 82
le samedi 4 février 2012
par Pierre Stambul (co-président de l’UJFP)

La question fondamentale : l’Etat juif.

Sans doute, parmi les Juifs qui arrivent en Palestine dès les années 1900, beaucoup cherchent un refuge, face à l’antisémitisme européen. Mais le projet politique qui est à l’œuvre, le sionisme, a dès le départ une autre signification qui est raciste. Pour les sionistes, la Palestine est « une terre sans peuple pour un peuple sans terre » (phrase due à Zangwill dans un autre contexte) et le peuple palestinien n’existe pas. Pour les sionistes, les Juifs ont vécu 2000 ans d’exil et de souffrance lors d’une longue parenthèse (la diaspora) et ils ont fait leur « retour » sur la terre de leurs ancêtres. On sait aujourd’hui qu’il n’y a eu ni exil, ni retour (lire Shlomo Sand). Pour les sionistes (c’est enseigné en Israël et on trouve ces délires sur de nombreux sites sionistes), la Palestine était (faiblement) peuplée de populations composites amenées là par l’occupant ottoman. Le candidat républicain aux présidentielles américaines Newt Gingrich a repris officiellement ces thèses négationnistes sur la non-existence du peuple palestinien.

En 1919, Ben Gourion écrit que ces fellahs qui vivent en Palestine sont sûrement des descendants d’Hébreux (là il n’a pas tort) et qu’ils vont donc accepter le projet sioniste. Là, bien sûr il se trompe.

Le projet sioniste est un projet de conquête colonial très particulier. Il ne vise pas à exploiter les autochtones mais à les nier, à les expulser et à les remplacer par des Juifs. Ce projet est raciste : l’existence, la dignité et les droits des Palestiniens sont totalement niés.

Le KKL qui va déposséder les Palestiniens de leur propre pays a été fondé en 1901. La banque coloniale juive date de 1899. L’Agence juive est créée en 1929 et dans les faits, c’est plus que l’embryon du futur Etat juif. Le syndicat Histadrout est créé en 1920 et dans ses statuts, il vise à établir une « patrie de travail pour le peuple juif ».

Avant le sionisme, environ 4% de la population palestinienne était juive. En majorité, cette population arrivée à partir de la fin du XVIIIe siècle était très religieuse. Ces Juifs palestiniens vivent en bonne intelligence avec leurs voisins musulmans ou chrétiens et ils seront longtemps hostiles au sionisme. Les Palestiniens ne sont pas contre une cohabitation avec les Juifs. Mais après la déclaration Balfour, ce qu’ils constatent, c’est une conquête rampante de leur pays et surtout la création d’un véritable Etat avec ses institutions et son armée qui grignote leur territoire et a d’entrée comme projet leur expulsion.

La révolte palestinienne de 1929 et surtout la grande révolte de 1936 qui sera impitoyablement réprimée par le colonialisme britannique ne traduisent pas un refus de cohabitation mais un refus de domination. L’Etat juif en construction prépare très tôt l’expulsion qui se déroulera en 1948 parce qu’il ne donne pas la moindre place aux Palestiniens.

Avant 1948 : les forces opposées à la partition.

Dès le début du mandat britannique, dans le monde arabe, des forces s’opposent au colonialisme et imaginent le Proche-Orient après l’indépendance. Ils s’adressent naturellement aux Juifs, mais les sionistes n’ont qu’une seule idée en tête, créer un Etat juif, et l’intégration des Juifs dans le Proche-Orient est à l’antithèse de leur projet. Ils se considèrent européens.

En Palestine, il y a un parti politique qui regroupe à la fois des Palestiniens et des Juifs : c’est le parti communiste. Dans sa perspective, la Palestine doit devenir un Etat binational socialiste et indépendant.

À l’intérieur du Yichouv, (terme qui désigne les Juifs établis en Palestine avant la création d’Israël), le concept d’Etat juif ne fait pas l’unanimité. Des intellectuels de premier plan (Martin Buber, Judah Magnes) défendent l’idée d’un Etat binational. Ce courant, appuyé de l’extérieur par Hannah Arendt, obtiendra plus de 40% des voix aux élections syndicales et politiques dans le Yichouv peu avant la guerre de 1948. Mais ce courant sera balayé par l’hystérie nationaliste et le basculement majoritaire de l’opinion juive vers l’idée du « transfert » : l’expulsion de tous les Palestiniens au-delà du Jourdain.

Quand Staline, pensant poser des problèmes aux Britanniques, se rallie à l’idée de la partition de la Palestine, le PC suit, contre la volonté de la majorité de ses militants.

Quand l’ONU vote le plan de partage de 1947, les Palestiniens refusent en masse. Quel peuple pourrait accepter la partition de son propre pays ? Non seulement ce plan de partage caresse dans le sens du poil l’idéologie sioniste (qui est au départ une théorie de la séparation affirmant que le « vivre ensemble » est impossible), mais il est d’une injustice criante. Les Palestiniens, plus nombreux, héritent de la partie la plus petite et la plus pauvre.

Dans le plan de partage, il y a très peu de Juifs dans le futur Etat palestinien alors qu’il y a plus de 40% de Palestiniens dans le futur Etat juif. En fait, la guerre de 1948 ne commence pas le 15 mai, jour où l’ONU reconnaît l’Etat d’Israël. À cette date, 375000 Palestiniens vivant dans la partie juive ont déjà été expulsés. C’est la partition qui cause la guerre. Comme le montre Ilan Pappé dans son livre (« la guerre de 48 en Palestine »), les dirigeants sionistes ont habilement combiné violence et diplomatie pour imposer la partition, réaliser de façon préméditée le nettoyage ethnique et consolider immédiatement le fait accompli.

LIEN VERS LA SUITE DE L'ARTICLE CI-DESSOUS:

5 mars 2017

Quel état stable, cohérent, paisible et viable peut s’établir de la Méditerranée au Jourdain ?

Réflexions inspirées par la Conférence internationale de Téhéran sur la Palestine des 21 et 22 février 2017.

 

par Alain Corvez,

Repris sur comité valmy

Introduction:

L’état d’Israël : un état de fait

 

Nul n’est besoin d’être grand exégète du général de Gaulle pour savoir qu’il considérait comme une erreur la création en 1948 de l’état d’Israël, décidée à New-York après bien des difficultés et des hésitations par les grandes puissantes gagnantes de la guerre mondiale toute récente, fin 1947, création résultant des abominables persécutions que la barbarie nazie avait déployée contre les Juifs- et d’autres minorités considérées elles aussi comme inférieures et nuisibles. Mais cet état de fait regrettable à ses yeux devait être respecté puisque résultant d’une décision de l’ONU, seule instance internationale justifiée, même s’il l’appelait « le machin ».

 

« On pouvait se demander, en effet, et on se demandait même chez beaucoup de Juifs, si l’implantation de cette communauté sur des terres qui avaient été acquises dans des conditions plus ou moins justifiables et au milieu des peuples arabes qui lui étaient foncièrement hostiles, n’allait pas entraîner d’incessants, d’interminables, frictions et conflits. Certains mêmes redoutaient que les Juifs, jusqu’alors dispersés, mais qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tout temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent, une fois rassemblés dans le site de leur ancienne grandeur, à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis dix-neuf siècles. »

 

Lors de cette conférence de presse à l’Elysée du 27 novembre 1967, il dira plus loin qu’il avait dit aux amis arabes de la France qu’ils ne devaient pas remettre en question cet état de fait en attaquant les premiers Israël. Il l’avait dit également aux dirigeants israéliens. « La France considèrerait comme agresseur celui qui tirerait le premier. »

 

Et la guerre est venue par l’attaque israélienne de juin 1967 ; le Général a alors des mots implacables pour dénoncer Israël :

« Israël ayant attaqué, s’est emparé, en six jours de combat, des objectifs qu’il voulait atteindre. Maintenant, il organise, sur les territoires qu’il a pris, l’occupation qui ne peut aller sans oppression, répression, expulsions, et il s’y manifeste contre lui une résistance, qu’à son tour, il qualifie de terrorisme. »

 

Rappelons que la résolution 181 de l’ONU décidant la création de l’état d’Israël n’a été acceptée que le 29 novembre 1947 après plusieurs tentatives infructueuses dont la première datait de septembre 1947, les votes favorables des états étant insuffisants. Sous les pressions des Etats-Unis, huit états, dont la France, ont changé leur vote en quatre jours du 25 au 29 novembre.

 

Une imposante conférence qui fera date

 

Les 21 et 22 février 2017, 700 responsables politiques et spécialistes de 80 pays d’Amérique du Sud, d’Europe, d’Afrique, d’Inde, de Chine, de Russie, parmi lesquels 22 présidents de parlements ont débattu dans l’immense Centre de conférences internationales de Téhéran du présent et de l’avenir de la lutte pour les droits des Palestiniens à avoir un état sur la terre de leurs ancêtres.

 

De façon lancinante me revenait la confidence que m’avait faite le général Pierre-Marie Gallois, un des plus grands stratèges d’après-guerre, dans les années 90. Me prenant à part lors d’une réunion sur la question yougoslave, sachant que je revenais d’un voyage au Moyen-Orient, il me dit en substance : « Il n’y a pas de solution durable à deux états au conflit israélo-arabe, car ils seraient en permanence en belligérance, larvée ou pas ; et pour des raisons démographiques, historiques, géographiques, politiques, cet état ne peut être que l’état palestinien, avec des garanties de sécurité pour les populations juives historiques. »

 

Introduits par un discours magistral du Guide Suprême de la Révolution Islamique, Ali Khamenei, dirigés par le Président du Parlement iranien, Ali Larijani, conclus par le Président Rouhani accompagné de plusieurs ministres dont le Ministre des AE, M. Zarif, les débats ont été intenses et riches.

 

Unifier la Résistance et refuser la compromission

 

Si les différents orateurs ont apporté chacun leur sensibilité sur le sujet, et des propositions pour l’avenir, le sentiment général qui émane des interventions est la nécessité impérieuse d’unifier la Résistance en oubliant les rivalités internes pour s’entendre sur l’essentiel de la stratégie de lutte contre l’ennemi, excluant tout essai d’entente avec l’occupant. L’essai de négociation avec la puissance occupante a montré son inanité depuis les accords d’Oslo qui n’ont fait que faciliter la négation des droits les plus élémentaires des Palestiniens et l’annexion renforcée de terres.

 

Le discours introductif du Guide a fait ressortir avec une logique implacable les fondements du sujet et comment « la question de Palestine peut et doit être le pivot de l’unité de tous les pays islamiques. » Il a affirmé que la troisième intifada était fortement réprimée mais remportait des succès en laissant augurer la victoire finale, car l’ennemi devait affronter la réprobation de pays de plus en plus nombreux. Il a stigmatisé la politique de compromis avec l’occupant qui a eu des effets destructeurs sur la Résistance en la divisant. Seule l’intifada est légitime face à l’injustice car le compromis tend à justifier la présence de l’occupant. La Résistance, depuis le début a remporté des victoires grâce à ses alliés comme le Hezbollah libanais, l’Iran et tous les groupes impliqués comme le Jihad Islamique, le Hamas, le Fatah ou le FPLP. La Résistance doit dépasser les divergences entre pays arabes et islamiques, ou les divergences nationales, ethniques ou confessionnelles qui existent dans certains pays. « Notre position sur la Résistance », a-t-il dit, « est une position doctrinale qui n’a rien à voir avec un groupe particulier. »

 

Il indiquait par-là que les divisions instillées par l’ennemi entre chiisme et sunnisme, ou entre tendances religieuses ou culturelles devaient s’effacer devant le but ultime de libération de la Palestine. L’Unité nationale sur la base d’un plan djihadiste est une nécessité nationale pour la Palestine a-t-il martelé.

 

« Cette conférence peut-être un modèle pour tous les musulmans et toutes les nations de la région et les aider à contrôler leurs divergences en s’appuyant sur leurs points communs. »

 

Il serait trop long de rapporter les nombreuses interventions pourtant souvent très enrichissantes car apportant une sensibilité différente venue d’Asie, d’Afrique, des Amériques ou d’Europe, le sentiment général étant pour dénoncer le refus d’Israël de respecter les résolutions internationales et les droits des Palestiniens et d’appeler à l’unité de la Résistance en oubliant les divergences culturelles ou confessionnelles.

 

Aucun parlementaire français n’avait fait le déplacement.

 

Le Président du Parlement libanais, Nabih Berri a eu un franc succès du fait de son habituelle aisance oratoire pour convaincre son auditoire, énonçant des propositions concrètes pour donner une suite à ces deux jours de rencontres :


1. Si les Etats-Unis mettent à exécution leur intention de transférer à Jérusalem leur capitale, que tous les pays qui soutiennent la Résistance ferment leur ambassade à Washington.


2. Insistant, lui aussi, sur l’impérieuse nécessité de l’unité du front de résistance, il suggère que cette conférence assure le suivi de cette résolution.

 

Le Président du Parlement iranien, Ali Larijani, le remerciera pour ces suggestions et lui demandera de bien vouloir assurer ce suivi : un centre de coordination pourrait s’installer à Damas ou Beyrouth.

 

Le président du Parlement irakien, Salim Al Jabouri, insistera sur les crimes commis par Israël contre les Palestiniens et sur le fait que la résistance en Palestine est une cause commune.

 

Un représentant du Front Démocratique de Libération de la Palestine FDLP insiste à son tour sur la nécessité de l’unité des différents mouvements de résistance et propose d’établir un comité de suivi logistique des prises de décisions de la conférence, dont le secrétariat pourrait être à Téhéran.

 

Abou Ahmad Fouad, Directeur Général du FPLP (Front Populaire de Libération de la Palestine), dénoncera particulièrement les accords d’Oslo qui reconnaissaient le gouvernement sioniste.

 

Ahmed Jibril, du FPLP (CG), Front Populaire de Libération de la Palestine, Commandement Général, remarque qu’un nouveau Front de Résistance réclamé par certains est inutile puisqu’il existe depuis 30 ans, constitué par le Hezbollah et l’Iran et que ceci indique qu’il y a union de destins entre chiites et sunnites. Il propose la création d’un fonds islamique pour empêcher l’achat des terres palestiniennes.

 

L’Ayatollah Amoli Larijani (frère du Président Ali Larijani), président du pouvoir judiciaire iranien, insiste aussi sur l’universalité de la cause palestinienne, qui concerne en tout cas tout l’islam, et sur l’arrogance de l’Occident qui met partout en avant les droits de l’homme mais soutient Israël qui y contrevient journellement. La Palestine est une cause qui comporte une surface – les territoires occupés- et une profondeur-la confrontation des idéologies, sionisme contre l’islam monothéiste- s’appuyant sur la force des Etats-Unis ; il cite Fukuyama et sa théorie de la fin de l’Histoire avec la fin de l’URSS, qui fait adopter à l’Occident les thèses sionistes contre l’islam. L’Islam appelle à la paix mais en restant vigilant face aux menaces. La République Islamique d’Iran est un exemple de fermeté face à l’outrecuidance de l’Occident qui l’accuse de vouloir fabriquer des armes atomiques alors qu’il soutient les exactions d’Israël qui a l’arme atomique.

 

Deux rabbins antisionistes étaient parmi les délégués et ont participé aux travaux des commissions de cette conférence.

 

En conclusion de ces deux jours, Ali Larijani dénoncera les crimes contre l’humanité commis par Israël et affirmera que les débats ont montré que la Palestine est une cause commune à tous les pays musulmans et au-delà, à tous les hommes épris de justice et de liberté.

 

Conclusion

 

Les arguties diplomatiques concernant la solution du conflit israélo-palestinien sur un ou deux états me paraissent depuis longtemps hors de propos ; cette conférence internationale m’a convaincu qu’un front puissant se constitue pour orienter les diplomates raisonnables vers la seule création d’un état palestinien sur l’ensemble des territoires concernés qui assurerait des garanties aux populations juives ayant des droits justifiés pour vivre dans cet état.

 

Il est clair, comme me le disait le général Gallois que la coexistence pacifique de deux états est devenue impossible après 70 ans d’accumulations de haines qui alimentent d’ailleurs l’antisémitisme dans le monde, au grand dam de nombreux de mes amis juifs. Il semble que les extrémistes qui sont au pouvoir à Tel Aviv se permettent depuis l’origine toutes les atteintes aux droits fondamentaux des Palestiniens parce qu’ils ont eu jusqu’ici le soutien de la plus grande puissance du monde, où l’influence de leur diaspora est déterminante.

 

Mais le monde a changé, les Etats-Unis sont affaiblis pour diverses raisons et de nouvelles puissances mondiales rivalisent avec eux. Ils doivent s’adapter à ce nouveau monde et, bien que le nouveau Président américain reste parfois énigmatique dans ses projets, il a clairement l’idée de sortir du système figé qui dirige les EUA, comme il l’a annoncé dans sa campagne, ce qui l’a fait élire, et veut adapter son pays aux nouvelles donnes internationales. Car c’est un entrepreneur qui n’est pas prisonnier des idéologies mais raisonne sur les réalités : les liens avec Israël que nous lui connaissons, liés à son pragmatisme, peuvent l’aider à prendre des décisions radicalement différentes de ses prédécesseurs, ne serait-ce que pour mettre un terme à l’hostilité récurrente de nombreuses populations du monde qui reprochent aux Etats-Unis de soutenir des tyrans ou des injustices. Les liens de ses services avec DAESH sont désormais de notoriété publique et il arrivera à comprendre que l’Iran qu’il invective n’est pas à confondre avec les terroristes islamistes mais qu’il est au contraire un pays essentiel et au premier rang dans la lutte contre cette plaie mondiale.

 

Il est possible enfin que de nombreux juifs américains qui ne partagent pas les vues de l’influent AIPAC (American Israëli Public Affairs Committee), qui sont très nombreux et lassés de soutenir une cause qui dessert autant Israël que les Etats-Unis, amènent le Président Trump à comprendre que les intérêts des Etats-Unis ne se confondent pas avec ceux d’un Israël « sûr le lui-même et dominateur » qui développe l’exécration contre eux.

 

Alain Corvez est Conseiller en stratégie internationale

 

PS. 1. On peut accéder au texte intégral de la conférence de presse du 27 novembre 1967 à l’Elysée du général de Gaulle sur le site de la Fondation Charles de Gaulle :www.charles-de-gaulle.org/

 

2. On pourra lire sur Google une analyse de la vision du général de Gaulle sur le sujet telle qu’elle apparaît dans sa conférence de presse du 27 novembre 1967, que j’ai écrite en 2006 : De Gaulle et sa vision du Proche-Orient IMPERIALISME-TERRORISME-ISLAMISME, Analyse par Alain Corvez

Le « bonheur » de Trump fait le malheur des Palestiniens

jeudi 2 mars 2017 


154 députés et sénateurs et une poignée d’ambassadeurs français s’adressent au Président de la République, demandant la reconnaissance sans délai de l’État palestinien. Beau geste, quoiqu’un peu tardif et qui, dans les circonstances présentes, est voué à connaître le destin des vœux pieux et des pétitions sans suite. Or, face au changement de pied de l’administration américaine sur le dossier israélo-palestinien, annoncé de longue date par Trump et son équipe, l’heure n’est pas aux suppliques destinées à « sauver l’âme » de ceux qui les adressent – mais à l’action.

Question : combien, parmi les signataires de ces appels, iront s’activer pour que la France rappelle son ambassadeur à Tel-Aviv lorsque l’annexion de la Cisjordanie par Israël aura trouvé son rythme de croisière ? Combien, pour que la France suspende les accords et conventions, notamment en matière scientifique et universitaire, qui la lient à l’État hébreu ? Combien pour que la France à haute et intelligible voix que l’Union européenne adopte une position claire et ferme ? Combien pour que l’ONU adopte les sanctions qui s’imposent ? Et, ce qui serait bien le moins, combien pour que cesse enfin la criminalisation, unique en son genre, de la campagne du BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions) ? Combien ?

On ne peut que s’alarmer du silence assourdissant qui se fait entendre du côté de la gauche non sioniste française (de l’autre, nous n’attendons rien – que le pire) depuis que cela est devenu visible à l’œil nu : les lignes sont en train de bouger en Israël/Palestine – sous l’effet en tout premier lieu de l’élection de Trump. Se pourrait-il que le feuilleton de la campagne présidentielle soit d’une si haute tenue et d’une densité telle que l’attention de cette espèce de gauche hexagonale en soit toute entière accaparée ?

Les choses sont pourtant tout à fait claires pour qui n’entend pas se rassurer en affectant de croire que les borborygmes de Trump tendraient à indiquer qu’en fin de compte, le temps des rodomontades de campagne électorales passé, la Maison Blanche est en train de revenir aux fondamentaux de la politique états-unienne sur le dossier israélo-palestinienne.

C’est exactement l’inverse : le degré zéro de la compétence politique et le niveau d’indigence linguistique qui se sont épanouis dans la bouche de Trump, lors du récent voyage de Netanyahou à Washington, ne sont que le voile de la frivolité jeté sur ce solide élément de réalité : sur le terrain, c’est-à-dire en Cisjordanie occupée, le temps de l’annexion a commencé, succédant à celui de l’occupation et des implantations de colonies, de grignotage illégal du territoire palestinien.

Trois semaines à peine avant que se fasse entendre en live et en direct de la Maison Blanche le clapotement produit par les complexités israélo-palestiniennes dans le cerveau du désormais « homme le plus puissant de la planète » (« So, I’m looking at two-state and one-state, and I like the one that both parties like. I’m very happy with the one that both parties like. I can live with either one »), en effet, le parlement israélien a adopté une loi légalisant l’expropriation de terres palestiniennes au bénéfice des colons israéliens. La « loi » se fait ici le pur et simple instrument de la force et de la violence en donnant par avance une base légale à l’annexion de la Cisjordanie, tout ou partie, aujourd’hui réclamée à corps et à cris par la droite et l’extrême droite israéliennes, majoritaires au parlement et soutenues par une partie apparemment croissante de la population. La fusion de la loi et de la force ou du fait accompli est la signature de ce type de régime politique dont nous sommes portés, non sans raison, à associer le nom au souvenir des pires violences du XX° siècle.

Le vote des députés israéliens est un pur et simple geste de conquête : ils légifèrent à propos d’un territoire extérieur à la souveraineté israélienne et dont la population, naturellement, n’a pas eu l’occasion de voter lors des élections qui les ont mis en place. Enhardi par l’élection de Trump, le parti des colons se sent pousser des ailes et entend, après avoir longtemps dû se contenter du mode de facto passer à celui du de jure avec l’espoir de rendre ainsi les acquis de la colonisation irréversibles et de parachever celle-ci.

Pour forcer ainsi le destin, il leur faut assumer pleinement leur adhésion à une notion qui fait horreur, en principe, au droit international contemporain – le droit de conquête. Comme aurait dit Thomas Mann en d’autres temps : ils se trompent d’époque, en se prenant pour Gengis Khan qui, lui, du moins, ne s’embarrassait pas d’arguments théologiques nébuleux (« la terre que Dieu nous a donnée », etc.).

Et il est vrai que lorsque Saddam Hussein s’est essayé à annexer le Koweit au prétexte que cet État n’existait que par la grâce de découpages arbitraires hérités de la colonisation, le ciel lui est tombé sur la tête. Et il est tout aussi vrai que lorsque la Russie de Poutine, se posant en État successeur de l’URSS, a « récupéré » la Crimée, le tollé a été unanime dans les chancelleries et les journaux d’Occident.

Voici donc qu’aujourd’hui ceux qui naguère fustigeaient le droit de conquête en acte sont au pied du mur : se pourrait-il qu’ils finissent par s’en accommoder lorsque celui-ci s’affuble d’une théologie de pacotille ?

La tentation serait, éventuellement, pour certains esprits (qui s’imaginent fins et ne sont que retors) de jouer au plus malin : après tout, les ruses de l’Histoire étant infinies, il se pourrait bien que la droite expansionniste israélienne, en annexant la Cisjordanie, se tire dans le pied : le résultat, à terme étant un seul État dans lequel Juifs et Arabes seraient en nombre à peu près égal (cinq millions pour chaque « communauté »).

Ergo, un tel État ne pouvant être que celui de tous ses citoyens, à parts et droits égaux, la situation serait alors susceptible de se retourner en faveur des Palestiniens ou du moins en contribuant à une liquidation progressive des bases ethnocentriques de l’État sioniste. Et donc, les voies de l’Histoire étant sinueuses et insondables, let’s wait and see, inutile de se précipiter pour dénoncer cette annexion annoncée qui, un jour ou l’autre, finira par revenir en boomerang dans la figure de ses promoteurs…

Cette tentation, outre qu’elle serait, une fois de plus, le commode alibi de la « distraction » et de la passivité face à la pratique constante de l’État sioniste consistant à mettre en œuvre et valider face au monde son propre droit et l’usage à ses fins propres de l’exception comme règle (en matière d’armement nucléaire, entre autres), est fondée sur l’illusion que, de l’addition de capitulations devant le fait accompli peut résulter un (plus) grand bien – pieuse rêverie dont sont pavés les cimetières de l’histoire du XX° siècle.

C’est la pente sur laquelle les chancelleries occidentales, à la remorque des États-Unis, essaient de nous entraîner depuis des décennies : le « réalisme », c’est que les Palestiniens « fassent des concessions », acceptent le vol de leur terre par les colons et son quadrillage par l’armée israélienne, qu’ils acceptent d’« échanger » « la paix » contre des portions de territoire, la « sécurité » contre des abandons de souveraineté, etc. Et ceci pour quel résultat ?

Pour se rendre à l’évidence, des décennies et des décennies plus tard, que, tout compte fait et à la réflexion, même d’un État-croupion palestinien, même d’une souveraineté palestinienne factice, les dirigeants et la majorité de la population israéliens ne veulent pas. Ce qu’ils veulent, c’est le « Grand Israël », un État ethnique, un État juif étendu aux confins de la Jordanie et de la Syrie (dont ils ont déjà annexé une partie – le plateau du Golan).

Ce n’est pas parce que l’expérience des dernières décennies a vu s’envoler en fumée la perspective d’une coexistence de deux États, l’un « juif » dans sa définition ethnique et l’autre palestinien, que tout deviendrait miraculeusement possible, au nom d’un réalisme relancé, dopé aux hallucinogènes trumpistes et surtout au mépris souverain du droit international. C’est, dans cette situation de confusion redoublée suscitée par l’arrivée aux affaires du Néron de l’immobilier new-yorkais, dans cette situation précisément qu’il faut rappeler que l’occupation de la Cisjordanie est illégale au regard du droit international, qu’elle ne se négocie pas, que le préalable à tout règlement du conflit israélo-palestinien est le retrait de l’armée israélienne des territoires occupés, le démantèlement des colonies, la restitution de Jérusalem-Est aux Palestiniens. Le droit international, tout le droit, rien que le droit – et la fin de « l’exception israélienne » en la matière.

Rien de plus repoussant à ce propos que les prêches de la presse de référence française ne cessant d’incriminer, à parts égales, la mauvaise volonté et les calculs stériles des deux parties en présence : si déliquescence et corruption de la direction palestinienne en Cisjordanie il y a, ce qui n’est plus à démontrer, c’est là avant tout un effet induit de la politique de l’État sioniste acharné depuis toujours à empêcher l’émergence d’un interlocuteur politique digne de ce nom du côté palestinien.

La soi-disant direction palestinienne sise à Ramallah n’est, de façon toujours plus flagrante, qu’un agrégat de clients de l’État sioniste. Moins que jamais la fiction des deux parties auxquelles leurs tuteurs occidentaux devraient « tordre le bras » en vue de les obliger à s’entendre (la fiction d’Oslo) n’a la moindre consistance. C’est, comme il apparaît aujourd’hui en pleine lumière, Israël qui conduit le bal et celui-ci ressemble plus que jamais à une campagne de conquête coloniale plutôt qu’à un « processus de paix ».

Ceux qui s’imaginent qu’il découlerait de la nature démocratique de l’État d’Israël qu’un redéploiement de celui-ci incluant la Cisjordanie (ou une partie de celle-ci) que cet État rassemblant des Juifs, des Arabes (et quelques autres) serait voué à être un État de tous ses citoyens sont de grands enfants – ou alors des hypocrites.

Un tel État serait, bien sûr et plus que jamais, un État sécuritaire policier et ultra-militarisé avant tout ; un État qui attribuerait à chacun sa place, comme le faisait la France en Algérie au temps de la colonisation – ces places n’étant, pour le moins, pas égales ; un État dans lequel les conditions juridiques, civiles et civiques des uns et des autres seraient hiérarchisées et infiniment variables – on peut faire confiance aux juristes du cru pour mettre tout ça en musique dans des formes suffisant à apaiser les scrupules et réserves de l’opinion démocratique occidentale ; bref, un État d’apartheid sophistiqué, relayé par une puissante machine à expulser (plutôt qu’à assimiler), de surcroît : ce ne seraient pas les prétextes sécuritaires qui manqueraient alors pour rendre la vie impossible à toute une fraction de la population palestinienne dans l’espoir de la contraindre à l’exil, voire à expulser manu militari tous ceux qui seraient épinglés comme constituant un danger vital et immédiat pour la sécurité de l’État et de la population – une figure qui nous est devenue familière dans le contexte de la « lutte contre le terrorisme ».

Il n’est pas trop tôt pour le dire – plutôt un peu tard, déjà : à tous égards, l’annexion de la Cisjordanie, tout ou partie, par l’État d’Israël, telle qu’elle est en marche aujourd’hui, constituera, si elle se confirme, est un désastre politique annoncé, tant pour les Palestiniens que pour le Moyen-Orient. Elle serait pour la gauche non sioniste et antisioniste internationale une déroute, tant morale que politique. Il est donc plus que temps de nus demander, toutes affaires cessantes : que faisons-nous pour nous opposer à ce désastre et à cette déroute ?

Alain Brossat publié sur 

Médiapart


01 mars 2017

Sandrine Mansour, comment se construit l'identité palestinienne

« Petit à petit, indique Sandrine Mansour, la revendication va accentuer le côté palestinien car les régionalismes ont du sens : on s’aperçoit de traditions spécifiques à chaque région malgré les nombreuses similitudes avec les Libanais ou les Syriens dans la nourriture ou le folklore. Vers 1912-1915, juste avant la déclaration Balfour, la revendication devient palestinienne. Celle-ci s’affirme ensuite face à la conférence de la paix de Paris, en 1919, qui entend décider de l’identité des peuples de la région.Mais cette revendication est tout d’abord le fait des élites musulmanes, chrétiennes et juives de Palestine. D’ailleurs les élites juives sont également opposées à l’arrivée des juifs européens sionistes qui ont pour eux un mépris hérité du racisme colonial face aux Arabes... »

Reprenons l'interview de Sandrine Mansour...

Michel Peyret


L’identité palestinienne au début du XXe siècle

 

http://enfantsdepalestine.org/article/l-identite-palestinienne-au-debut-du-xxe-siecle 

 

Soumis par abnah le jeu, 23/02/2017 - 10:53

Loin d’être un désert, comme l’affirmera le sionisme plus tard, la Palestine d’avant la déclaration Balfour de 1917 est un carrefour culturel très riche. Au début du XXe siècle, cette terre commence à affirmer son identité, arabe puis palestinienne, face à la férule ottomane. Sandrine Mansour, historienne spécialiste de la région, a répondu à nos questions sur la population palestinienne et ses revendications à cette époque.

Pouvez-vous nous décrire la population vivant en Palestine dans la période qui précède la déclaration Balfour, c’est-à-dire au début du XXe siècle ?

Sandrine Mansour : Selon différents recensements d’époque, on considère qu’en 1914 il y a 750.000 habitants en Palestine. Au sein de cette population majoritairement musulmane, on trouve 11% de chrétiens et environ 5% de juifs. Il s’agit d’une population arabe, toutes religions confondues, assez typique du Moyen-Orient, qui compte 60% d’agriculteurs. Les villes principales, concentrant les élites et l’activité économique et journalistique, sont Haïfa, Jérusalem et le port de celle-ci : Jaffa.

Aux côtés de la majorité arabe, vivent également des étrangers : des Grecs et des Iraniens notamment. La société est assez cosmopolite car à l’époque il n’y a pas de frontières : l’Empire ottoman est très vaste et découpé en régions administratives mais sans séparations strictes. Le Moyen-Orient, et en particulier le Levant, constitue donc un véritable carrefour pour le commerce et les échanges avec beaucoup de passages. Gaza, par exemple, est un port qui permet de rejoindre d’autres régions et le chemin de fer arrive à Haïfa au début du XXe siècle, en 1901. Les échanges sont également culturels, intellectuels et politiques.

Parmi les autres étrangers présents en Palestine, beaucoup sont des marchands installés ici pour le commerce. Certains sont arrivés d’Afrique du nord en faisant les pèlerinages à Jérusalem, y créant le quartier des Maghrébins. On trouve également les fidèles du bahaïsme, une religion persécutée en Perse, qui trouvent refuge sur place. Les raisons religieuses sont donc parfois présentes en parallèle avec les raisons économiques. Des Européens résident aussi en Palestine. Des familles françaises sont venues s’y installer pour développer le commerce de matériaux de construction. En effet, la France, grande puissance catholique, possède des propriétés religieuses en Palestine : hôpitaux, écoles, orphelinats etc. Mais des Anglais et des Italiens y vivent également. Cette dimension cosmopolite est très importante pour bien comprendre la situation à cette période, notamment face à l’image qu’en a donné le sionisme plus tard.

A partir de la réforme des tanzimat, la « réorganisation » du milieu du XIXe, les Ottomans délèguent le pouvoir aux élites locales. L’administration est donc faite par les Palestiniens sous surveillance de la Sublime Porte. Il reste bien-sûr des militaires turcs sur place, notamment en cette période de fortes tensions avec l’Europe. D’ailleurs, les alliés, surtout Français et Anglais, souhaitent alors en découdre avec l’Empire en partie pour récupérer la Palestine.

Aux côtés de la majorité de la population paysanne, les fellahs, il existe une élite bourgeoise de grands propriétaires terriens et une élite citadine. Cette dernière bénéficie du développement des écoles par les Ottomans mais aussi de celles fondées par les étrangers qui leur permettent d’acquérir la maîtrise de plusieurs langues et parfois d’aller étudier à La Sorbonne ou en Angleterre. Devenus journalistes, médecins ou avocats, ceux-là composent une élite intellectuelle et politique pas encore tout à fait organisée mais qui commence à se mettre en place avec des revendications contre le pouvoir ottoman. Ces idées se confondent avec celle, plus large, d’une indépendance arabe que l’on retrouve dans la littérature du mouvement de la nahda, la « renaissance » en arabe. Cette idée d’indépendance intègre aussi des revendications de langue, le retour à l’arabe pour tous les documents administratifs, et une relecture de l’islam en fonction du monde arabe et non turc.

Les élites sont musulmanes mais aussi chrétiennes. Quant aux juifs, ils sont souvent assez pauvres et peu éduqués à l’époque. D’ailleurs les élites de la diaspora juive, comme les Rothschild, auront d’abord comme idée, avant le sionisme, de construire des écoles en Palestine afin de rendre les juifs égaux dans l’éducation. Cela ne marchera pas au début car les juifs préféreront garder leurs méthodes traditionnelles.

A cette époque, existe-t-il déjà des tensions entre les différentes communautés religieuses de Palestine ?

Les tensions n’apparaissent qu’à l’arrivée des juifs européens, surtout après la déclaration Balfour. Mais à partir de 1917, les Palestiniens ont conscience d’être sous deux épées de Damoclès. Autant les régions voisines savent qu’elles sont convoitées par la France et l’Angleterre pour leurs ressources et leur main d’œuvre bon marché, autant la Palestine est également convoitée par les sionistes.

En réalité, au départ, les sionistes s’étaient intéressés à l’Argentine et à l’Ouganda mais cela n’a pas abouti. Néanmoins, ils ne pensaient pas que les Britanniques leur laisseraient une part du gâteau ottoman. Ces derniers se serviront pourtant du sionisme pour obtenir la Palestine face à la France qui la convoite aussi. Il s’agit véritablement d’un jeu de rapports de force dans lequel les grandes puissances vont se servir des pièces présentes sur l’échiquier.

A partir de la fin du XIXe siècle, quand le mouvement sioniste élabore son projet sur la Palestine, les Palestiniens s’inquiètent et interpellent le sultan ottoman qui lui-même s’adresse à Théodore Herzl. Celui-ci lui répond qu’il s’agit seulement de projets de coopération pour le développement avec la population locale mais, en réalité, l’idée est bien de récupérer le territoire.

Les colonies juives apparaissent pendant la première Alyah à la fin du XIXesiècle mais ne prennent pas. En effet, les juifs repartent car ce sont des citadins européens, et non des agriculteurs, qui ont du mal à supporter les conditions climatiques et préfèrent se rendre aux Etats-Unis ou dans d’autres pays. Ces premières colonies ne sont donc pas problématiques sur le terrain.

Les vraies tensions interviennent à partir de la déclaration Balfour, période pendant laquelle les Palestiniens commencent à revendiquer leur droit à l’autodétermination telle que défendue par le président américain Wilson. Au cours des années 1920 on assiste aux premiers heurts lorsque les Palestiniens s’aperçoivent que les juifs sont là pour récupérer des territoires, et on lit dans certaines lettres de 1919-1920 cette inquiétude face au remplacement de population. Les élites ont vraiment conscience de la situation et cela se retrouve dans les journaux, les deux principaux sont Falastin de Jaffa et Al-Karmil de Haïfa, qui font un vrai travail d’analyse et traduisent la presse occidentale et celle en hébreu.

Avant cela il n’y a pas du tout de tensions entre les différentes communautés qui cohabitent pacifiquement. Cela n’a jamais posé de problèmes et dans les écoles les trois religions se côtoient. Un modèle que l’on retrouve dans l’ensemble du monde arabe. La seule différence est appliquée par l’administration ottomane qui divise la population entre les musulmans et les dhimmis, « les protégés », c’est-à-dire les gens du Livre. Le dénominateur commun de cette population étant la langue arabe.

De quand peut-on dater l’émergence d’une identité palestinienne revendiquée par la population locale ?

L’identité existe depuis longtemps car les Palestiniens savent ne pas être Ottomans, c’est une revendication lointaine. Cependant on peut dire qu’elle se concrétise vers 1899-1900. Mais cette revendication porte d’abord sur le fait d’être arabe et ensuite soit palestinien, soit syrien. C’est d’ailleurs l’époque de l’idée d’une grande Syrie, Bilad el-Cham, où sont aussi intégrés les Libanais et les Palestiniens.

Petit à petit, la revendication va accentuer le côté palestinien car les régionalismes ont du sens : on s’aperçoit de traditions spécifiques à chaque région malgré les nombreuses similitudes avec les Libanais ou les Syriens dans la nourriture ou le folklore. Vers 1912-1915, juste avant la déclaration Balfour, la revendication devient palestinienne. Celle-ci s’affirme ensuite face à la conférence de la paix de Paris, en 1919, qui entend décider de l’identité des peuples de la région.

Mais cette revendication est tout d’abord le fait des élites musulmanes, chrétiennes et juives de Palestine. D’ailleurs les élites juives sont également opposées à l’arrivée des juifs européens sionistes qui ont pour eux un mépris hérité du racisme colonial face aux Arabes.

Pour les juifs locaux le projet sioniste n’a pas de sens puisqu’ils possèdent un autre rapport à la terre, ils se sentent palestiniens. Même si la religion reste une référence comme dans l’ensemble du Moyen-Orient, leur identité est arabe. Par ailleurs, il faut rappeler que la Palestine, en tant que berceau des trois religions monothéistes, les a toujours connues et n’a jamais pu être pensée autrement.

La déclaration Balfour sera un catalyseur pour la revendication de l’identité, notamment face au colonisateur britannique. Mais un débat perdurera pendant les années 20 sur le sujet pour savoir si cette identité est palestinienne ou syrienne, on trouve des lettres revendiquant les deux à l’époque. Ensuite, l’idée palestinienne l’emportera face à l’histoire syrienne qui est, elle-même, colonisée par la France et se voit séparée du Liban.

 Sandrine Mansour est historienne spécialisée sur l’histoire du monde arabe, en particulier sur la Palestine, et chercheuse associée au Centre de Recherches en Histoire Internationale et Atlantique (CRHIA) à l’université de Nantes.

Propos recueillis par la Plateforme Palestine

17 février 2017

Jérusalem, une capitale « impossible » ?

 

« Au final, quel avenir pour Jérusalem ?, interroge Delphine Froment. Proclamée depuis 1980 capitale éternelle et indivisible de l’Etat d’Israël, Jérusalem a-t-elle trouvé là une conclusion à son histoire plurimillénaire ? Les auteurs insistent plutôt sur le « point de bifurcation » où elle se trouve : sa capitalisation, mal acceptée à l’international, ne saurait cacher que Jérusalem est la moins juive des grandes métropoles d’Israël ; et Jérusalem « demeure plus que jamais une capitale paradoxale, voire une capitale “impossible”, tiraillée par son triple statut de capitale universelle, nationale et binationale »; d’ailleurs, il est encore aujourd’hui impossible de savoir comment trancher le sort de Jérusalem pour trouver une solution au conflit israélo-palestinien (la question du statut de la ville est tellement problématique et complexe qu’elle n’a pas été intégrée aux négociations de 1993 entre Israéliens et Palestiniens)... »

Reprenons le compte-rendu de Delphine Froment...

Michel Peyret


Les clés du Moyen-Orient

Vincent Lemire (dir.), Jérusalem. Histoire d’une ville-monde 

Article publié le 21/12/2016

Compte rendu de Delphine Froment


S’affranchir des débats passionnés et idéologiques pour retracer la longue histoire de la ville « trois fois sainte » : tel est le défi relevé par l’ouvrage dirigé par Vincent Lemire aux éditions Flammarion, et paru à l’automne 2016. Et ce défi n’était pas des moindres : Jérusalem, que Julien Gracq qualifiait de « ville épileptique » en 1967, ne se situe-t-elle pas, depuis plus de deux millénaires, au croisement des religions monothéistes et de leurs traditions ? N’est-elle pas au cœur d’imaginaires et de fantasmes identitaires ? Ce lourd héritage ne rend-il pas son histoire d’autant plus difficile à écrire ? « Jérusalem ne s’appartient pas, Jérusalem n’est pas à Jérusalem, Jérusalem est une ville-monde, une ville où le monde entier se donne rendez-vous, périodiquement, pour s’affronter, se confronter, se mesurer » (1). Partant de ce constat, les auteurs de cet ouvrage ont tenté de contrer les représentations fantasmées de Jérusalem pour en proposer une relecture « à la fois contextualisée et située, diachronique et géographique » (2).

Refaire de Jérusalem un objet d’histoire

Ce vaste programme est inédit dans l’historiographie. Dans son introduction, Vincent Lemire montre que de manière paradoxale, alors que Jérusalem regorge de monuments et de vestiges, elle est une ville « sans histoire », trop souvent « asphyxiée par des mémoires qui court-circuitent et brouillent la chronologie » (3). Devant la difficulté de passer outre cet héritage mémoriel multiple, jamais une telle synthèse de cette ville n’avait été proposée : cette tentative de faire une « nouvelle histoire de Jérusalem » ne peut donc être que saluée.

D’autant qu’à cette entreprise s’ajoute une autre volonté : celle de faire une histoire incarnée de la ville, en prêtant attention à la topographie, au relief, à la situation, à l’urbanisme et au peuplement. Car, comme le souligne Vincent Lemire, la géographie est l’autre grande absente de l’historiographie de Jérusalem, tant elle est supplantée par les analyses géopolitiques : « l’histoire de Jérusalem est généralement racontée sans que les lieux (rues, monuments, collines, vallées, sources, roches, grottes, murailles, cimetières) soient autre chose qu’une carte d’état-major ou qu’un simple décor à usage folklorique ou patrimonial » (4).

Pour ce faire, une large panoplie de cartes ainsi qu’une chronologie de référence pour l’histoire de la ville des origines à nos jours sont à trouver au fil du texte et en annexe de ce livre.

Quatre auteurs se sont partagé l’écriture de cette grande synthèse (430 pages de texte) :

- Vincent Lemire, directeur de cette publication, maître de conférences en histoire contemporaine à l’université Paris-Est Marne-la-Vallée. Ses recherches portent sur Jérusalem et le Proche-Orient contemporain : dans sa thèse, il s’est intéressé à la question de l’eau à Jérusalem entre la fin du xixe siècle et la mise en place de l’État d’Israël (La Soif de Jérusalem, 1860-1948. Essai d’hydrohistoire, Paris, Publications de la Sorbonne, 2010). Il a plus récemment publié un autre ouvrage, à nouveau centré sur l’histoire de Jérusalem au début du XXe siècle : Jérusalem 1900. La ville sainte à l’âge des possibles, Paris, Armand Colin, 2013. Il est également directeur du projet européen « Open Jerusalem ».

- Katell Berthelot, historienne des religions, et plus particulièrement du judaïsme ancien. Avec Dionigi Albera, elle a notamment publié aux éditions Flammarion en 2013 Dieu, une enquête. Judaïsme, christianisme, islam, ce qui les distingue, ce qui les rapproche. Directrice au CNRS, rattachée au Centre Paul-Albert Février, elle a séjourné de 2007 à 2011 au Centre de recherche français de Jérusalem (CRFJ).

- Julien Loiseau, maître de conférences habilité à diriger des recherches à l’université Paul-Valéry Montpellier-3, et directeur du Centre de recherche français de Jérusalem (CRFJ). Spécialiste de l’Orient médiéval, on lui doit notamment sa très belle monographie sur les Mamelouks (Les Mamelouks. Une expérience politique dans l’Islam médiéval, Paris, Seuil, 2014).

- Yann Potin, historien et archiviste, chargé d’études documentaires principal aux Archives nationales, maître de conférences associé en histoire du droit à l’Université Paris Nord, membre du comité de pilotage du projet européen « Open Jerusalem ». Tout comme Julien Loiseau, il a participé à la coordination de L’Histoire du monde au XVe siècle, dirigée par Patrick Boucheron et parue chez Fayard en 2009.

Jérusalem, de l’âge du bronze à nos jours : construction d’une « capitale impossible »

Ces quatre auteurs signent ainsi une riche synthèse, qui se lit aisément et retrace toute l’histoire de la ville de Jérusalem, de l’âge du bronze à nos jours. Sept chapitres découpent de manière chronologique un passé plurimillénaire.

Loin de vouloir résumer ici le contenu de cet ouvrage aussi dense qu’éclairant, contentons nous d’énumérer les points principaux de ces chapitres, afin de refixer les très grandes lignes de l’histoire de Jérusalem : le premier chapitre se penche sur la période antique de la ville, jusqu’à la provincialisation romaine de la Judée, et y décrit la naissance du judaïsme, première religion à ériger Jérusalem en ville sainte ; le deuxième chapitre revient sur la période tardive et du haut Moyen Âge, en cherchant à montrer les multiples croisements entre la civilisation romaine et les traditions judéo-chrétiennes – croisements qui participent pleinement de l’évolution de la ville ; le troisième chapitre se consacre à la Jérusalem des Omeyyades et des Abbassides, de la conquête arabe au viie siècle à celle des croisés en 1099 – date qui marque le début des longues et âpres luttes pour la ville désormais trois fois saintes : en quelques siècles, Jérusalem passe et repasse aux mains de divers belligérants. Ainsi, le quatrième chapitre est dédié au royaume franc dont Jérusalem fut la capitale de 1099 à 1197 ; mais en 1197, la ville est reprise par Saladin et dirigée par les Ayyoubides puis par les Mamelouks qui parviennent à vaincre les hordes mongoles de Hülegü (petit-fils de Gengis Khan) en 1260 à la bataille de ‘Ayn Jalut, et entrent dans Jérusalem en 1261, inaugurant sept siècles de domination turque à Jérusalem ; cette domination turque, c’est donc d’abord celle des Mamlouks qui succèdent aux Ayyoubides (chapitre 5), puis celle des Ottomans (chapitre 6).

Cette longue domination est synonyme de grande stabilité pour la ville. Or, lorsque l’Empire ottoman disparaît au sortir de la Première Guerre mondiale, cette stabilité vole également en éclat ; la Jérusalem du xxe siècle est au contraire marquée par une période de ruptures et de fractures : « L’image qui s’impose est celle d’une ville en guerre, ou plutôt d’une succession de guerres qui chacune réorientent le destin de la Ville sainte » (5).

De la Première Guerre mondiale à l’intifada al-Aqsa (2000-2004), le septième et dernier chapitre montre combien Jérusalem est sans cesse tiraillée entre plusieurs peuples ; il nuance néanmoins cette idée de simple fracture, et insiste sur certaines continuités (notamment un relatif équilibre démographique entre les communautés tout au long du xxe siècle, avec un léger avantage pour la population juive).

Au final, quel avenir pour Jérusalem ? Proclamée depuis 1980 capitale éternelle et indivisible de l’Etat d’Israël, Jérusalem a-t-elle trouvé là une conclusion à son histoire plurimillénaire ? Les auteurs insistent plutôt sur le « point de bifurcation » où elle se trouve : sa capitalisation, mal acceptée à l’international, ne saurait cacher que Jérusalem est la moins juive des grandes métropoles d’Israël ; et Jérusalem « demeure plus que jamais une capitale paradoxale, voire une capitale “impossible”, tiraillée par son triple statut de capitale universelle, nationale et binationale » (6) ; d’ailleurs, il est encore aujourd’hui impossible de savoir comment trancher le sort de Jérusalem pour trouver une solution au conflit israélo-palestinien (la question du statut de la ville est tellement problématique et complexe qu’elle n’a pas été intégrée aux négociations de 1993 entre Israéliens et Palestiniens).

Au-delà des communautarismes : circulations, échanges, interactions

La richesse de cette longue histoire de Jérusalem réside également (voire surtout ?) dans sa capacité à mettre en avant les porosités entre les traditions des trois monothéismes : circulations, échanges, transferts et interactions sont à l’honneur dans cette histoire. Par exemple, le chapitre 6 montre combien, en 1908, à Jérusalem, la promulgation de la Constitution par les Jeunes-Turcs donne lieu à des scènes de liesse entre les citoyens de toutes les communautés et confessions, qui fraternisent entre eux ; en effet, cette nouvelle promulgation d’une Constitution d’inspiration libérale (qui avait déjà été promulguée en 1876, mais suspendue presque immédiatement) est accueillie avec joie par les minorités nationales qui espèrent pouvoir vivre une démocratisation de l’Empire ottoman ; or, les auteurs de montrer que « le slogan “liberté, égalité, justice” s’est concrétisé par le libre accès de tous les habitants à l’ensemble des lieux saints de la ville » (7).

Cette approche permet ainsi de sortir d’une vision d’une Jérusalem qui aurait été, de tout temps, sclérosée par les communautarismes – alors que les conflits et difficultés que connaît aujourd’hui le Proche-Orient se cristallisent justement autour des passions confessionnelles et communautaires, cette volonté de montrer qu’il n’en a pas toujours été ainsi est à saluer : « Cette simple anecdote permet de mesurer combien est singulière l’histoire de Jérusalem dans ces années 1900, combien il est difficile aujourd’hui de se la représenter, mais aussi combien il est nécessaire d’en conserver la trace » (8).

C’est là l’un des plus grands mérites de cette riche et brillante analyse.

Notes :

(1) Vincent Lemire (dir.), Jérusalem. Histoire d’une ville-monde, Paris, Flammarion, p. 7.
(2) Ibid., p. 13.
(3) Ibid., p. 11.
(4) Ibid., p. 12.
(5) Ibid., p. 353.
(6) Ibid., p. 414.
(7) Ibid., pp. 348-349.
(8) Ibid., p. 350.

Vincent Lemire (dir.), Jérusalem. Histoire d’une ville-monde, Paris, Flammarion, 2016.

Posté par Michel Peyret

Publié par  El Diablo

La PALESTINE historique n’a jamais été aussi MENACÉE

Les Palestiniens protestent contre la fermeture de la rue Shuhada, à Hébron, en Cisjordanie, le 27 février 2015 - Photo : ActiveStills.org

Les Palestiniens protestent contre la fermeture de la rue Shuhada, à Hébron, en Cisjordanie, le 27 février 2015 - Photo : ActiveStills.org

Daniel Vanhove – Que n’aura-t-on écrit, publié et produit comme livres, documents et informations sur les territoires palestiniens occupés, afin d’informer et d’attirer l’attention du plus grand nombre mais aussi des responsables politiques, sur le démembrement de la Palestine historique au profit de la colonie sioniste ?!

Sans le moindre résultat à la hauteur du drame qui y perdure. Sans la moindre réaction déterminée des autres nations. Comment le comprendre ?

Impossible à ce stade, de ne pas revenir quelques années en arrière et de comprendre à la lumière des événements qui se sont succédés depuis, à quel point les Accords d’Oslo ont été une erreur stratégique du président Arafat. Les Palestiniens, trop naïfs, se sont faits piéger – une fois de plus – au plus grand bénéfice de la sournoise idéologie sioniste qui poursuit son objectif : le vol et l’accaparement de toutes les terres palestiniennes. L’art et la maîtrise d’une diplomatie d’un pays réside dans sa capacité à s’adapter aux événements. Or, depuis ces Accords, la situation en Palestine occupée continue de se déliter, au seul profit du projet sioniste. Et il faut bien constater que ni Y. Arafat à l’époque, ni le gouvernement actuel de M. Abbas – collaborationniste s’il en est – n’ont su réagir de manière adéquate, s’entêtant à poursuivre la chimère d’un « processus de paix » moribond et euthanasié au fil du temps par les sordides manœuvres israéliennes !

Loin d’y opposer la moindre contrainte qui eut pu ramener la partie israélienne à rentrer dans le rang, la courageuse diplomatie mondiale alignée sur celle des USA s’est retranchée derrière la même rhétorique éculée d’Oslo. Repoussant ainsi, la possibilité d’un partage acceptable (?) entre l’État israélien et l’improbable État palestinien, au point de le rendre totalement caduque à ce jour.

De même pour les associations et militants de la cause palestinienne dont la plupart persistent à poursuivre ce phantasme de « deux Etats vivant côte à côte dans une paix juste et durable ». Mantra usé jusqu’à la corde, inaudible pour le peuple palestinien, premier concerné et qui n’y croit plus. Quel aveuglement, à la limite de la bêtise, dont les autochtones paient le prix le plus fort, quand d’aucun poursuivent leurs manifestations stériles et de plus en plus clairsemées à défendre des Accords dont tout le monde sait qu’ils sont devenus irréalisables. A ce stade, il faut craindre que tant les associations que leurs militants n’aient rien compris de ce qui se joue sur le terrain, servant d’idiots utiles à la poursuite d’une colonisation intensive. De la même manière que les États, ces associations n’ont pas su s’adapter aux contingences.

[…]

LIEN VERS LA SUITE DE L’ARTICLE CI-DESSOUS :

La Palestine historique n'a jamais été aussi menacée

La Palestine historique n'a jamais été aussi menacée

Que n'aura-t-on écrit, publié et produit comme livres, documents et informations sur les territoires palestiniens occupés, afin d'informer et d'attirer l'attention du plus grand nombre mais auss...

 

http://chroniquepalestine.com/palestine-historique-ja

16 février 2017

Palestine, toujours de nouvelles colonies d'Israël

 

« Comme l’Histoire ne s’arrête jamais, indique l'article , depuis l’élection de D. Trump aux USA, les forfaits dans ces territoires amplement fractionnés semblent s’accélérer. En ce moment même, la droite la plus extrême d’Israël au pouvoir, met les bouchées doubles pour accaparer dans une indifférence quasi générale, le maximum de terres qu’elle vole désormais sans retenue aux Palestiniens, pour y implanter de nouvelles colonies et en légaliser d’autres – pourtant TOUTES illégales aux yeux du Droit international – dès lors qu’elle a compris avoir le feu vert de la nouvelle administration américaine. Et que le reste du monde, tant arabe qu’européen ou asiatique s’en fout. Même l’ONU en est réduite à ses discours pitoyables, réitérant « ses inquiétudes » ou prenant des Résolutions jamais respectées !... »

Reprenons l'ensemble de l'article...

Michel Peyret


http://enfantsdepalestine.org/article/la-palestine-historique-n-a-jamais-ete-aussi-menacee 

La Palestine historique n’a jamais été aussi menacée

 

Soumis par abnah le dim, 12/02/2017 

Sans le moindre résultat à la hauteur du drame qui y perdure. Sans la moindre réaction déterminée des autres nations. Comment le comprendre ?

Impossible à ce stade, de ne pas revenir quelques années en arrière et de comprendre à la lumière des événements qui se sont succédé depuis, à quel point les Accords d’Oslo ont été une erreur stratégique du président Arafat. Les Palestiniens, trop naïfs, se sont faits piéger – une fois de plus – au plus grand bénéfice de la sournoise idéologie sioniste qui poursuit son objectif : le vol et l’accaparement de toutes les terres palestiniennes. L’art et la maîtrise d’une diplomatie d’un pays réside dans sa capacité à s’adapter aux événements. Or, depuis ces Accords, la situation en Palestine occupée continue de se déliter, au seul profit du projet sioniste. Et il faut bien constater que ni Y. Arafat à l’époque, ni le gouvernement actuel de M. Abbas – collaborationniste s’il en est – n’ont su réagir de manière adéquate, s’entêtant à poursuivre la chimère d’un « processus de paix » moribond et euthanasié au fil du temps par les sordides manœuvres israéliennes !

Loin d’y opposer la moindre contrainte qui eut pu ramener la partie israélienne à rentrer dans le rang, la courageuse diplomatie mondiale alignée sur celle des USA s’est retranchée derrière la même rhétorique éculée d’Oslo. Repoussant ainsi, la possibilité d’un partage acceptable (?) entre l’État israélien et l’improbable État palestinien, au point de le rendre totalement caduque à ce jour.

De même pour les associations et militants de la cause palestinienne dont la plupart persistent à poursuivre ce fantasme de « deux Etats vivant côte à côte dans une paix juste et durable ». Mantra usé jusqu’à la corde, inaudible pour le peuple palestinien, premier concerné et qui n’y croit plus. Quel aveuglement, à la limite de la bêtise, dont les autochtones paient le prix le plus fort, quand d’aucun poursuivent leurs manifestations stériles et de plus en plus clairsemées à défendre des Accords dont tout le monde sait qu’ils sont devenus irréalisables. A ce stade, il faut craindre que tant les associations que leurs militants n’aient rien compris de ce qui se joue sur le terrain, servant d’idiots utiles à la poursuite d’une colonisation intensive. De la même manière que les États, ces associations n’ont pas su s’adapter aux contingences.

Comme l’Histoire ne s’arrête jamais, depuis l’élection de D. Trump aux USA, les forfaits dans ces territoires amplement fractionnés semblent s’accélérer. En ce moment même, la droite la plus extrême d’Israël au pouvoir, met les bouchées doubles pour accaparer dans une indifférence quasi générale, le maximum de terres qu’elle vole désormais sans retenue aux Palestiniens, pour y implanter de nouvelles colonies et en légaliser d’autres – pourtant TOUTES illégales aux yeux du Droit international – dès lors qu’elle a compris avoir le feu vert de la nouvelle administration américaine. Et que le reste du monde, tant arabe qu’européen ou asiatique s’en fout. Même l’ONU en est réduite à ses discours pitoyables, réitérant « ses inquiétudes » ou prenant des Résolutions jamais respectées !

Sur le terrain, loin des propos lénifiants et des rêves éveillés des belles âmes, qu’en est-il ? En parallèle à ce pillage éhonté mené au galop, les assassinats de civils en Cisjordanie se multiplient ; les incursions de colons protégés par l’armée sur l’esplanade des mosquées à Jérusalem également ; le nombre d’arrestations et d’emprisonnements augmente ; et plus inquiétant, des bombardements aériens de l’armée israélienne s’intensifient sur la Bande de Gaza. Ajoutant au stress permanent que subissent les habitants de cette enclave concentrationnaire, prisonniers depuis 10 ans d’encagement et d’embargo.

Par le passé, de tels bombardements étaient pratiqués en vue d’affaiblir la résistance palestinienne avant une intervention militaire d’envergure. Présagent-ils la prochaine guerre qu’Israël voudrait mener contre Gaza ? Et sont-ce ces plans inavoués qui occasionnent dans la foulée, le renforcement actuel de leurs forces terrestres et maritimes ?

A ce stade, aucun pays ne semble réagir. En attente de ce que l’imprévisible nouvel occupant de la Maison Blanche va faire, d’autant que le 1er ministre israélien arrive aux USA dans quelques jours. Ici-et-là, certains trouvent comme à chaque fois quelque circonstance atténuante à l’entité sioniste qui a « le droit de se défendre » ! Ces bombardements s’inscriraient donc dans des « mesures préventives » admises de facto dès qu’il s’agit d’Israël. Mais pour se défendre contre qui, dès lors qu’il est la puissance occupante !? C’est donc à un renversement de toute notion de Justice auquel on assiste, où le coupable se présente à l’extérieur et aux médias comme victime. Qualifiant du même coup les résistants, de terroristes. Et nos gouvernements, par leur manque de rigueur, de probité et de courage politique, n’ayant aucune cohérence dans leurs propos et prises de position, révèlent combien ils sont hypocrites, menteurs et dès lors complices et coupables de cette situation.

Ceux qui suivent la situation me diront peut-être qu’il n’y a-là pas grand-chose de neuf dans la dérive qui prévaut dans la région depuis la partition de la Palestine en 1947. Sauf que ce qui change, est le contexte global des événements en cours. Tentons d’en dresser une topographie rapide :

– la première intervention en Irak décidée par le père Bush en janvier 1991 a entraîné tout le M-O dans le chaos. Nos « amis » américains – ah, le bel euphémisme – y ont multiplié leurs sales guerres pour les oléoducs et hydrocarbures, maquillées sous les prétextes humanitaires habituels qu’il n’y a plus que les bobos de gôôche pour les accréditer, genre BHL, Kouchner, Glucksmann, Bruckner, Adler et autres sombres sionistes qui se succèdent sur les ondes, à justifier ces crimes déguisés sous le label du « droit d’ingérence » ;

– après leurs échecs en Afghanistan, puis en Irak, les USA et la coalition dont fait partie l’UE à travers l’OTAN, ainsi qu’Israël, viennent d’essuyer un sérieux revers en Syrie. Le gouvernement officiel syrien soutenu par la Russie, l’Iran et les forces du Hezbollah libanais gagnent sur les mercenaires d’Al Qaïda et ses nébuleuses protéiformes, financées, formées et armées par nos États (!) ;

– les mêmes « amis » américains, alliés aux Britanniques et aux Israéliens (!) sont enlisés dans leur guerre par procuration menée par l’Arabie saoudite au Yémen, dont presque aucun média mainstream ne parle – on attend toujours les perspicaces analyses des nombreuses pleureuses d’Alep – comme lorsqu’il s’agissait de condamner le tyran B. Al Assad. Mais la résistance yéménite se révèle beaucoup plus robuste que les stratèges américano-israélo-saoudiens ne l’avaient imaginée, au point que les doutes s’installent là-aussi, et que certains princes n’osent même plus dormir dans leurs palais de Ryad;

– en Israël, B. Netanyahu faisant l’objet d’un dossier compromettant où il risque 10 ans de prison pour corruption avérée, tente de détourner les regards sur l’accord nucléaire signé à Vienne entre l’Iran et les grandes puissances (USA, Russie, Chine, France, G-B, Allemagne) après 12 ans de négociations, pour le dénoncer et affirmer que suite à ce mauvais accord, le monde n’a jamais été aussi menacé – allégation obsessionnelle reprise ce week-end par le président Trump qui a déclaré cet accord « très mauvais » et a dans la foulée, décidé de nouvelles sanctions à l’encontre de l’Iran ;

– parallèlement et toujours pour détourner l’attention, Netanyahu entouré de ses généraux répète que le Hezbollah représente une menace directe pour Israël et attise les provocations par des incursions armées en territoire libanais ;

– le président Trump a nommé son gendre Jared Kushner issu lui-même d’une famille juive orthodoxe au poste de haut conseiller à la Maison Blanche, particulièrement pour les Affaires étrangères, ce qui présage des positions que le milliardaire de 36 ans pourrait avoir sur le dossier. Le président américain a révélé que ce dernier était à l’origine de son discours de campagne sur Israël, et pourrait donc l’aider à « être celui qui fera la paix entre Israël et les Palestiniens ». Avec le projet de transférer l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, qui en douterait ?!

– loin de calmer les esprits, les forces armées de différents États pro-occidentaux n’ont de cesse d’organiser des exercices militaires simulant des attaques des uns contre les autres, se rapprochant toujours des frontières de pays ciblés et décrits comme menaçants…

Les tensions sont donc à leur comble et le moindre dérapage de l’une des parties de cet échiquier géant pourrait réellement mettre le feu aux poudres et entraîner un embrasement général dont on peut craindre, comme toujours dans ces cas-là, ne pas savoir comment l’arrêter. Mais, la première victime est toute désignée : la Palestine historique risque bel et bien de passer sous contrôle israélien complet, hormis le camp d’extermination de Gaza où seraient entassés tout ce qu’il y a moyen d’entasser comme population, tant de Cisjordanie que d’ailleurs. Le peuple palestinien aurait de la sorte, sa terre pour y établir son État (360 km² !) que s’empresserait de reconnaître Israël qui se sera approprié tout le reste de la Cisjordanie avec Jérusalem, capitale éternelle de ces fous de Dieu !

Ces plans machiavéliques ne sont pas des cauchemars. Ils émanent d’observateurs palestiniens eux-mêmes, sont dans les cartons de l’administration israélienne et donc, américaine à coup sûr. Et il n’est pas exclu qu’un D. Trump y prête une oreille favorable, flattant au passage les illuminés qui y voient le signe du retour imminent du Messie !

Les Palestiniens ayant compris depuis longtemps qu’ils ne pouvaient réellement compter que sur eux-mêmes, n’ont qu’une issue pour éviter la perte définitive de leur terre : la résistance armée. L’avenir s’assombrit donc encore pour ce bout de terre et sa population courageuse qui risque dans les mois prochains, de passer de la colonisation à l’annexion pure et simple. Mais à quel prix ?!

* Daniel Vanhove est Observateur civil et membre du Mouvement Citoyen. Il a publié aux Ed. Marco Pietteur – coll. Oser Dire : Si vous détruisez nos maisons, vous ne détruirez pas nos âmes – 2004 et La Démocratie mensonge – 2008

Transmis par l’auteur.

 
Posté par Michel Peyret 

02 février 2017

Yonatan Shapira, Israël, le processus de fascisation se poursuit

 

« Le gouvernement israélien actuel, nous dit Yonatan Shapira, est le plus à droite que nous n’ayons jamais eu dans ce pays. Le racisme et l’ethnocentrisme est quelque chose qu’il tente généralement de masquer derrière d’autres valeurs. Mais désormais, les choses apparaissent plus clairement. Auparavant, le système sioniste masquait son véritable agenda avec des messages plus cosmétiques. C’est comme si nous vivions dans une maison aux murs couverts de papiers fleuris chatoyants, mais que derrière, le mur était totalement pourri en raison des contradictions, crimes, dénis. Mais à présent, en raison de la façon dont ce gouvernement agit, le papier peint tombe. Les murs rongés sont alors apparents et nous voyons aussi les fondements de la maison. Désormais, le processus de fascisation se poursuit et continuera en réaction aussi aux condamnations de la communauté internationale devant les actions d’Israël... »

 

Reprenons l'interview de Yonatan Shapira...

 

Michel Peyret


http://www.europalestine.com/spip.php?article12522

17 décembre 2016

 

Yonatan Shapira, ancien pilote israélien devenu refuznik, explique son soutien au boycott d’Israel

 

Interview de Yonatan Shapira, ancien capitaine de l’armée de l’air israélienne, par Middle East Eye. L’un des opposants israéliens auxquels nos medias ne donnent jamais la parole :



Yonatan Shapira, refuznik israélien (AFP)

 

"Yonatan Shapira est un « refuznik » israélien, un de celles et ceux qui refusent ouvertement de servir l’armée israélienne dans les territoires palestiniens occupés. En 2003, il publiait avec 26 autres pilotes de l’armée une lettre ouverte dénonçant les attaques « illégales et immorales que l’État d’Israël effectue dans les territoires palestiniens ».

 

Depuis, l’ancien capitaine de l’armée de l’air, membre de l’élite militaire, fils d’un pilote de la guerre de 1973 et petit-fils de victimes du génocide juif, est devenu un activiste de la paix.

 

Indigné par le sort de Gaza, il tentera, avec d’autres, de pénétrer par trois fois dans l’enclave palestinienne par voie maritime, avec une simple cargaison de jouets et de fournitures scolaires. En 2010, à bord de L’Irène violemment arraisonnée par l’armée israélienne à 20 milles de Gaza, il sera touché par trois tirs de taser par ses ex-camarades de l’armée.

 

Depuis, il milite au sein du mouvement Boycott Désinvestissement Sanctions (BDS).

 

Refuznik très actif, il est aussi l’un de ces « smolanim » ou gauchistes honnis par la droite et l’extrême-droite israéliennes.

 

MEE : Comment s’est fait votre cheminement politique et philosophique, de pilote dans l’armée israélienne à refuznik ?

 

Yonatan Shapira : J’ai grandi dans une base aérienne et je m’identifiais totalement avec Israël. J’adhérais à la narration sioniste qui pose que mon pays recherche la paix avec ses voisins et le monde, et souffre parce qu’il est entouré d’ennemis. C’est là typiquement le genre de narration selon laquelle les enfants de ce pays sont élevés.

 

J’ai simplement cessé de me soucier des miens seulement, et me suis préoccupé de tout le monde. J’ai cessé de m’inscrire uniquement dans une ethnie, une tribu, une religion ou une couleur. C’est un changement de perspective qui modifie tout. Toutes ces valeurs humanistes dans lesquelles j’ai grandi, je les ai appliquées à tous. Mais cela est un changement intenable pour ceux qui sont encore enfermés dans leur point de vue raciste.

 

Je dis souvent que parmi les morts ce jour-là, il y eut aussi le garçon naïf et sioniste que j’étais.

 

Je me suis toujours senti partie prenante de mon pays, c’est une part évidente de mon identité. Lorsque j’ai commencé à interroger la question du Bien ou du Mal qui était fait en mon nom, il a été plus facile de se sentir suffisamment confiant pour parler ouvertement. Quand bien même on me traitait de « traître » ou qu’on m’accusait de faire du mal à ce pays. Bien sûr, en devenant activiste, j’ai vu que mes paroles et actions pouvaient rendre les gens fous. Ainsi, quand j’ai taggué sur le mur du ghetto de Varsovie un graffiti « Libérez tous les ghettos, libérez Gaza », en Israël, les réactions ont été vives. Les gens ne comprenaient pas comment un ex-capitaine de l’armée de l’air pouvait comparer Gaza à un ghetto. Pour moi cela semblait pourtant évident.

 

MEE : Après quel événement avez-vous écrit la lettre des pilotes de 2003 qui appelle à refuser les missions « immorales » sur Gaza ?

 

YS : Il y a eu plusieurs événements mais ce fut spécifiquement les assassinats de combattants palestiniens par l’armée de l’air israélienne. Et de tous les civils autour d’eux. La lettre a succédé à la fameuse attaque contre un leader de la branche armée du Hamas [Salah Shehadeh, l’un des chefs présumés des Brigades Izz al-Din al-Qassam], le 22 juillet 2002. Une bombe d’une tonne fut larguée sur la maison de ce leader, causant la mort de quinze personnes, dont neuf enfants. Je dis souvent que parmi les morts ce jour-là, il y eut aussi le garçon naïf et sioniste que j’étais. Si je n’ai piloté que des engins de secours et n’ai jamais pris part à ce genre d’action, j’ai eu l’impression que ces actions de bombardements avaient été faites en mon nom.



Un enfant assis sur un amas de décombres à la suite de l’offensive israélienne de cinquante jours au cours de l’été 2014 (AFP)

 

MEE : Comment fut reçue cette lettre ?

 

YS : Nous étions, les vingt-six autres pilotes et moi, submergés par cette attaque. Douze ans plus tard, il y eut le massacre de Gaza [l’assaut israélien de 2014 qui a fait plus de 1 500 morts côté palestinien, 6 côté israélien]. En juillet 2002, l’armée israélienne lançait une bombe d’une tonne sur Gaza pour tuer Salah Shehadeh. Exactement à la même date, 12 ans plus tard, en 2014, l’armée israélienne a déversé 100 bombes d’une tonne dans la partie sud de Gaza, tuant encore plus de gens.

 

La situation devient toujours plus extrême, la dévastation causée [en 2014] par l’IDF [l’armée israélienne] rend ce qui s’est passé en 2002 presque insignifiant. À chaque attaque, c’est plus fou, avec plus d’enfants brûlés vivants, plus de gens tués.

 

Peu à peu, ils ont accepté les règles, s’identifiant avec le système. Maintenant, ce sont des meurtriers de masse

 

Après la publication de la lettre, les réactions furent très négatives dans l’establishment militaire. Mais nous avons aussi eu des soutiens surprenants de militaires. J’ai eu ainsi le soutien de mon commandant d’escadron. J’en fus surpris car cette lettre pouvait être considérée comme un acte de mutinerie. Cela montre la complexité des choses. D’autres pilotes ont exprimé leur soutien en privé mais ils précisaient qu’ils avaient trop peur des conséquences s’ils nous rejoignaient dans cet appel.

 

Je pourrais parler de ceux qui furent punis, mais il me semble intéressant de dire la complexité des choses. Ceux qui restent dans le système passent par un processus lent où ils finissent par accepter les choses. Beaucoup de pilotes qui étaient d’accord avec moi aimaient trop voler pour y renoncer. Peu à peu, ils ont accepté les règles, s’identifiant avec le système. Maintenant, ce sont des meurtriers de masse. Personne dans ce monde ne peut dire qu’il ne sera jamais fasciste du moment où il s’adapte et se trouve des excuses.

 

MEE : Vous parlez « d’objection grise », pouvez-vous explicitez cette notion ?

 

YS : C’est un phénomène général, pas seulement en Israël. Seule une minorité décide de s’exprimer ouvertement. Puis il y a ceux qui sont persuadés du bien-fondé du système. Et enfin il y a cette part floue de ceux qui sont mal à l’aise mais refusent de risquer leur stabilité sociale et trouvent des accommodements.

 

Il me semble que nous devons « coller » à ce que les Palestiniens veulent, à leur façon d’envisager leur lutte. Donc soutenir leur appel au mouvement BDS.


 

En Israël, certains trouvent des excuses pour ne pas servir en Cisjordanie ou pour ne pas participer à des attaques qu’ils désapprouvent intérieurement. Je sais que certains pilotes admettent qu’ils évitent de participer à ces missions. Ils se font porter pâles et évitent ainsi d’interroger un système qui produit oppression et crimes. Ce système tolère cette « objection grise », il produit un « consentement industriel ». Cela n’aide en rien car alors d’autres exécutent ces missions.

 

MEE : En 2003, vous êtes devenu un refuznik. Vous avez dit « non ». À quoi dites-vous « oui » désormais ?

 

YS : J’ai dit non au fait d’être partie prenante de ces attaques, de cette occupation, de cette oppression. Mais nous avons décidé, avec mes camarades, de participer à la construction des solutions de réconciliation. J’ai cofondé en 2005 une ONG, Combatants for Peace, qui réunit d’anciens combattants palestiniens et israéliens œuvrant ensemble de façon non violente contre l’occupation. Je n’en fait plus partie désormais. En effet, cette ONG est devenue trop prudente, d’une certaine façon.

 

Il me semble que nous devons « coller » à ce que les Palestiniens veulent, à leur façon d’envisager leur lutte. Donc soutenir leur appel au mouvement BDS et ne pas avoir peur de dire des choses qui effraient l’opinion israélienne. Ce mouvement BDS est non violent. En tant qu’Israélien, je dois suivre ce que les Palestiniens disent, car c’est eux qui luttent contre l’oppression, ce n’est pas une lutte israélienne.

 

MEE : Comment inscrivez-vous votre action dans le refus de certains Palestiniens de toute normalisation avec les Israéliens, même activistes de la paix ?

 

YS : Nous ne sommes pas dans une situation où deux parties de force égale s’affrontent et souffrent également. Si certains palestiniens choisissent de ne pas travailler avec les activistes israéliens, je respecte ce choix. Je lutterai alors avec d’autres. Je comprends que certains Palestiniens soient frustrés par des années et des années de lutte avec le prétendu mouvement pour la paix israélien. Car ce mouvement a souvent échoué. Des gens qui auraient dû refuser de combattre ont accepté d’être réservistes et de participer à des attaques au lieu de manifester contre ces crimes.

 

BDS permet une clarification utile : si quelqu’un souhaite la fin de l’apartheid, de l’injustice, alors il doit soutenir les trois éléments de cet appel. Cela permet de dessiner une ligne nette entre ceux qui demeurent à l’intérieur de leur bon droit sioniste, de leur besoin d’être supérieurs sur cette terre, et ceux qui comprennent que si on veut vraiment la paix, elle doit être basée sur l’égalité.

 

MEE : À propos de BDS, que pensez-vous de la comparaison faite par le Français Bernard-Henri Levy qui a déclaré que c’était un mouvement d’inspiration « nazie » ?

 

YS : J’ai débattu avec lui, il y a douze ans de cela. Je lui ai expliqué ce que mes collègues pilotes et moi devions faire lors de nos missions. Il a occulté toutes ces horreurs d’enfants palestiniens brûlés vivants et m’a raconté combien était excitante l’expérience d’un membre de sa famille dans un kibboutz... Certaines personnes peuvent écrire, réfléchir de façon élaborée, mais leur cœur fonctionne mal en dehors de leur cercle ethnique ; ils voient toujours le monde à travers la peur d’un monde post-holocaustique. C’est triste de voir comment des gens censément intelligents se mettent au service d’une machine oppressive.

 

Un autre intellectuel israélien, Asa Kacher, souffre de cette même cécité. C’est un philosophe reconnu, qui a réécrit le code éthique de l’armée israélienne, c’est-à-dire au final comment oppresser des milliers de personnes dans les check-points, mais en le faisant de façon « éthique ». Dans l’histoire humaine, ce n’est pas nouveau que des intellectuels, écrivains, artistes choisissent de rallier les oppresseurs.

MEE : Vous donnez régulièrement des conférences aux États-Unis ; pensez-vous que les juifs américains puissent faire pression sur Israël dans la recherche de la paix ?

 

YS : Un changement important s’opère aux États-Unis, changement qui peut avoir son importance en Israël. Quand j’ai commencé ces conférences, une organisation comme Jewish Voice For Peace avait seulement cinq à sept ramifications. Elles sont désormais quarante. De plus en plus de juifs américains font partie de groupes de solidarité avec les Palestiniens.

 

Nous n’attendons pas que les leaders mondiaux lancent une initiative comme une grande conférence pour la paix. Nous n’attendons pas que quelqu’un vienne et coupe soudainement le tuyau du soutien militaire et diplomatique à l’apartheid israélien. Nous misons sur un processus qui part de la société civile. Notre espoir est de créer des pressions civiles.



Une femme palestinienne face à un soldat au checkpoint de Qalandia (AA)

 

MEE : Certains partis politiques israéliens appellent désormais ouvertement à une annexion pure et simple des colonies en Cisjordanie. L’hypothèse de deux États est-elle encore viable ?

 

YS : La solution de deux États est déjà morte. Le gouvernement fasciste israélien déclare une chose puis une autre. Nous pensons que la lutte est désormais pour l’égalité des droits de tous et un État pour tous ses citoyens. L’idée qu’il y aurait une différence entre la destruction des villages palestiniens en 1948 et ce qui s’est passé après 1967 en Cisjordanie est idiote. Ce sont les mêmes méthodes et les mêmes procédures employées alors et maintenant. Nous vivons tous ici, et si nous voulons une solution, il faudra reconnaître les crimes qui ont été commis.

 

MEE : Vous avez déclaré qu’Israël vivait « enfermé dans sa propre bulle », pourquoi ce constat ?

 

YS : Pour comprendre cela, il faut que chacun s’interroge sur sa propre société. Prendre simplement les problèmes dans son pays et observer comment les gens réagissent. Nous vivons à l’ère des médias de masse, et la façon dont ils dépeignent les choses est faite de telle manière que cela ne bouleverse pas trop nos propres points de vue. Mais en Israël, tout est plus exacerbé car il n’y a pas de distance physique avec la souffrance qui est si proche. Je suis sur une plage à Tel Aviv, avec les touristes, les lumières douces de la ville. Mais il ne me faudrait pas plus de 30 minutes pour me rendre dans un petit village palestinien lourdement opprimé, où les soldats peuvent entrer dans les maisons la nuit et kidnapper votre enfant, l’interroger pendant des heures sans avocat dans certains camps des services secrets, et sans savoir quand il reviendra.



Manifestants palestiniens devant une colonie israélienne dans le village de Bil’in, Cisjordanie, le 27 février 2015 (AFP).

 

MEE : Une série de lois israéliennes entend criminaliser l’utilisation même du mot « Nakba », la catastrophe palestinienne de 1948, et interroge le financement des ONG qui œuvrent pour la défense des Palestiniens ou la dénonciation des agissements de l’armée… Qu’en pensez-vous ?

 

YS : Le gouvernement israélien actuel est le plus à droite que nous n’ayons jamais eu dans ce pays. Le racisme et l’ethnocentrisme est quelque chose qu’il tente généralement de masquer derrière d’autres valeurs. Mais désormais, les choses apparaissent plus clairement. Auparavant, le système sioniste masquait son véritable agenda avec des messages plus cosmétiques. C’est comme si nous vivions dans une maison aux murs couverts de papiers fleuris chatoyants, mais que derrière, le mur était totalement pourri en raison des contradictions, crimes, dénis. Mais à présent, en raison de la façon dont ce gouvernement agit, le papier peint tombe. Les murs rongés sont alors apparents et nous voyons aussi les fondements de la maison. Désormais, le processus de fascisation se poursuit et continuera en réaction aussi aux condamnations de la communauté internationale devant les actions d’Israël.

 

Source : http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/interview-yonatan-shapira-la-lutte-est-d-sormais-pour-l-galit-des-droits-de-tous

 

CAPJPO-EuroPalestin

Posté par Michel Peyret