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Asie

La Corée du Nord comme vous ne l’avez jamais vue

 

23 Mars 2017

Publié le 16 décembre 2016 à 19h02
 

Le photographe Chris Petersen-Clausen s’est rendu en Corée du Nord plusieurs fois cette année pour l’agence NK News. Spécialisée dans les informations sur la Corée du Nord, celle-ci nous permet aujourd’hui de vous en présenter une sélection.

 

Cela fait cinq ans que Kim Jong-un est arrivé au pouvoir, au lendemain de la mort de son père Kim Jong-il le 17 décembre 2011. Depuis, l’héritier a lancé des réformes économiques tout en maintenant les programmes nucléaire et balistique de son pays.

 

Alors que la Corée du nord reste souvent perçue de manière caricaturale, une lente mutation se déroule et des changements surviennent dans la vie quotidienne des Nord-Coréens. La capitale Pyongyang présente un visage relativement « moderne », mais les campagnes évoluent beaucoup plus lentement. L’ensemble des photos est également visible sur le site de NK News.

 

Ce groupe d’étudiants dont l’Université n’est pas mentionnée précisément portent toujours le double-badge à l’effigie de Kim Il-sung (1948-1994), le fondateur de la République Populaire et Démocratique de Corée (DPRK) et de Kim Jong-il (1994-2011). La plupart des étudiants viennent des familles bien placées au sein de l’administration ou du Parti des Travailleurs (équivalent du Parti communiste en Chine) mais certains élèves brillants détectés en province peuvent y entrer. © NK News

Les services de bus dans la capitale se sont améliorés, selon plusieurs témoignages crédibles mais durant les heures de pointe les autobus sont bondés. A souligner, l’apparence vestimentaire très simple mais en nette amélioration comparé à plusieurs années en arrière. De nouvelles gammes de vêtements arrivent dans les magasins, souvent privés, fabriqués dans certaines usines textiles nord-coréennes ou importés de Chine. © NK News

 

 

Les inscriptions sur la façade de ce nouveau centre commercial au centre de la capitale Pyongyang présente la particularité d’être en langue coréenne mais aussi en anglais. Un défecteur nord-coréen passé en Corée du Sud en 2014 Kim Jun Hyok, la vingtaine, remarque que Kim Jong-un se soucis de plus en plus de l’image de son pays aux yeux des touristes étrangers. Plus de 100 000 touristes voyagent en Corée du Nord chaque année, 90% de Chinois continentaux et 10% d’Occidentaux et d’Asiatiques. © NK News

 

 

Les Volvo des années 1990 ont rendu l’âme mais en dépit des sanctions votées par l’ONU depuis 2006, des Audi flambant neuves circulent quand même dans la capitale, venant des usines chinoises. A noter le numéro 727 qui indique que la voiture est destinée à un cadre de haut rang. Le 27 juillet, (7-27) est le jour de la Victoire en Corée du Nord, jour de la fin de la guerre de Corée en 1953. © NK News

 

 

Deux téléphones portables, le blue-tooth avec une oreillette et un chien en animal domestique sont les signes apparent de richesse de la nouvelle classe « bourgeoise » en Corée du Nord: les Donju ou « maîtres de l’argent », ces hommes d’affaires (difficile à en évaluer le nombre mais on parle de 80 000 familles). Ce sont des commerçants qui importent, légalement ou illégalement des produits de Chine ou d’ailleurs et les revendent en Corée du Nord auprès de petits commerçants. © NK News

 

 

L’élite commerçante nord-coréenne, les Donju ont des distractions bien au-dessus des moyens de la grande majorité des Nord-Coréens. Ici, les familles de Donju pratiquent le cheval au Mirim Horse riding Club. Selon Han Song Chol, la quarantaine, qui a fait defection en Corée du Sud en 2014 il en coûterait 100 000 Wons nord-coréens pour une leçon d’une heure, soit l’équivalent de quatre ans de salaire d’un ouvrier nord-coréen. © NK News

 

 

Les vélos électriques sont de plus en plus à la mode à Pyongyang. Fabriqués en Chine, il faut toutefois avoir de quoi investir mais de petits boulots de livreurs se multiplient. Le patron, un donju, avance l’argent et se fait rembourser progressivement par son livreur. En dépit d’un système économique étatique et planifié pendant des décennies, les Nord-Coréens ont un sens aigu des affaires. © NK News

 

 

Changement de décor. A la campagne le mode de vie reste précaire, les voitures sont très très rares et on circule à pied ou à vélo, non électrique. Si les routes sont excellentes autour de Pyongyang, elles deviennent de petites départementales et des pistes plus on s’éloigne. © NK News

 

 

« Il est encore très courant de voir ce genre de camion militaire datant de 1958 dans les campagnes », explique Kim Jun Hyok « et le fait qu’ils fonctionnent encore relève du miracle ». Ce camion transporte des bottes de paille vers une ferme à cochons. © NK News

 

 

Récolte du riz. Paysans, ouvriers ou étudiants sont mobilisés pour la récolte du riz. Avec la réforme agraire les paysans peuvent maintenant cultiver une parcelle de la terre collective pour leur propre consommation ou pour la vendre sur les petits marchés privés autorisés par le régime. Depuis, les récoltes ont beaucoup augmentées, en dépit des inondations dans certaines régions. © NK News

 

 

Travail des champs. L’agriculture n’étant pas mécanisée tout se fait pratiquement à la main. Hommes, femmes et même enfants sont à la tâche sous les yeux de jeunes militaires qui font un service obligatoire de 10 ans. © NK News

 

 

Dans la ville côtière de Wonsan, à l’est du pays, il est de notoriété publique que les petits entrepreneurs font des affaires, dans la construction, le commerce, ou la petite industrie. Ici sur la photo, un couple pousse une petite charrette de câbles électriques à destination d’une petite usine. © NK News

 

 

Retour à la capitale où le régime est fier de montrer ces derniers projets immobiliers de tailles impressionnantes. Certains parlent d’un boum de l’immobilier à Pyongyang mais aussi dans certaines villes frontalières de la Chine. Toujours dans le cadre étatique, de nombreux entrepreneurs font travailler une main d’œuvre privée, achètent des appartements, les rénovent, les louent ou même les revendent. © NK News

 

 

Selon un témoignage très récent, les autorités de la ville ont remis en service les gardiens ou gardiennes de la circulation à Pyongyang, régulant le trafic automobile de façon souvent mécanique et amusante. Les gestes sont précis et leur signification sans équivoque, pour ceux qui maîtrisent le langage des signes policiers. © NK News

Ce groupe d’étudiants dont l’Université n’est pas mentionnée précisément portent toujours le double-badge à l’effigie de Kim Il-sung (1948-1994), le fondateur de la République Populaire et Démocratique de Corée (DPRK) et de Kim Jong-il (1994-2011). La plupart des étudiants viennent des familles bien placées au sein de l’administration ou du Parti des Travailleurs (équivalent du Parti communiste en Chine) mais certains élèves brillants détectés en province peuvent y entrer. © NK News
 

Source : NK News Traduction : Dorian Malovic

 

Dorian Malovic

La militarisation de la péninsule coréenne et du Japon sape la stabilité en Asie de l’Est

 

21 Mars 2017

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Le principal protagoniste de cette politique est aux États-Unis. Par ses provocations, Washington tente de déclencher un conflit et d’y impliquer non seulement la Corée du Nord, mais aussi la Chine.

 

A travers les pages du journal « Pravda », Sergei Kozhemyakin.

 

https://kprf.ru/international/capitalist/163145.html

10/03/2017

 

Les têtes de pont de Washington

 

Le fait que la région Asie-Pacifique, et en particulier l’Asie orientale, est l’une des principales orientations de la politique étrangère de la nouvelle administration américaine, était connu bien avant l’inauguration officielle de Donald Trump. Tout d’abord, l’équipe du futur président des États-Unis a envoyé un signal négatif à Beijing, en établissant des contacts avec les autorités de Taiwan. Ensuite Washington a fait clairement savoir qu’il n’allait pas abandonner l’alliance avec le Japon et la Corée du Sud. Les États-Unis ont commencé une militarisation à marche forcée de ces pays afin de consolider leur statut de « porte-avions insubmersibles » de Washington.

 

Le calendrier des réunions et visites de haut responsables américains est significatif. Le premier des leaders mondiaux qui ont rencontré Trump après son élection en tant que président, a été le Premier ministre du Japon Shinzo Abe. Cela s’est produit dès la mi-novembre. Le chef du gouvernement japonais n’a pas tardé à rendre une visite officielle, visitant les États-Unis en février. Lors de sa visite un certain nombre de déclarations importantes ont été faites. Selon Trump, Washington est « à 100 % dévolu à l’alliance avec le Japon », et n’a pas l’intention de réviser l’accord de coopération mutuelle et de garanties de sécurité conclu en 1960. Cet accord sur la défense collective, entre autres choses, autorise le séjour dans le pays d’un contingent de 54.000 soldats américains. En outre, comme l’a souligné Trump, l’accord est applicable aux îles Senkaku (Diaoyu). Et cela est un défi direct à la Chine, qui considère l’archipel comme une partie de son territoire.

 

En outre, Trump et Abe ont mis en garde Pékin contre une augmentation de son activité dans la mer de Chine méridionale, masquant à leur habitude cette ingérence par des larmes de crocodile sur la « violation de la liberté de navigation et de vol ».

 

Quelques jours après ces déclarations, les porte-avions de l’US Navy a fait son entrée dans la zone. Son commandant, le contre-amiral James Kilby a déclaré de manière éhontée que le but de l’action était une « démonstration de force ».

 

Il est évident que sans la crise politique en Corée du Sud (le 9 décembre la Présidente Park Geun-hye a été déclarée destituée suite à des accusations de corruption), la direction du pays se serait également empressée de rendre hommage au patron transatlantique. Ainsi, Tokyo et Séoul, dans le système du  « monde à l’américaine » continuent d’occuper une place particulière, et la menace de Trump de réduire leur coût d’entretien était de la pure démagogie préélectorale.

 

C’est ce qu’on démontré les visites en Corée du Sud et au Japon du nouveau secrétaire à la Défense James Mattis, qui ont été ses premiers voyages à l’étranger. Le chef du Pentagone a réitéré les déclarations de Trump sur l’intangibilité de la coopération militaire et politique avec ces pays. Des mesures concrètes n’ont pas tardé à venir. Début février, dans la région d’Hawaii ont eu lieu des essais communs US-japonais de missiles intercepteurs SM-3. Simultanément les États-Unis ont disposé 10 nouveaux chasseurs F-35B sur la base d’Iwakuni, situé sur l’île de Honshu. Avant la fin de l’année y seront transférés les appareils du porte-avion nucléaire « Ronald Reagan » – une soixantaine d’avions.

 

Japon développe sa propre production militaire. Selon le programme adopté, chaque année il construira deux destroyers avec un déplacement de 3000 tonnes chacun. Le pays ne cache pas le fait que les nouveaux navires doivent patrouiller dans la mer de Chine orientale, autrement dit pour le « confinement » de la Chine.

 

L’agresseur n’est pas celui qu’on pense

La militarisation en Corée du Sud est plus grande encore. Pour ce faire, ils ont trouvé une excuse commode : les missiles et le programme nucléaire de la RPDC. Les efforts occidentaux pour diaboliser Pyongyang ne furent pas vains: presque tout le monde répète les paroles sur le « régime nord-coréen agressif », qui soi-disant ne fait qu’attendre le bon moment pour lancer ses missiles nucléaires. A titre d’exemple, on cite le test de l’année dernière, ainsi que les tirs de missiles balistiques. Le dernier a eu lieu le 12 février, quand une fusée « Pukkykson-2 » (« Etoile polaire-2 ») a été lancée. La colère des États-Unis et de leurs alliés a été causée non seulement par le fait que le test a eu lieu au moment de la visite de Shinzo Abe à Washington, mais aussi des nouvelles capacités de la RPDC. Le missile a été lancé à partir d’une unité mobile et équipé d’un moteur à combustible solide, ce qui complique son interception par l’ennemi.

 

En réponse, contre le pays ont été imposées des sanctions sévères, y compris l’interdiction de l’importation de minéraux provenant de la Corée du Nord, l’embargo sur la fourniture de carburant d’aviation et même l’inspection de tous les biens entrant dans le pays. Malheureusement, la Russie s’y est ralliée, alors qu’elle souffre elle-même de restrictions injustes. Fin février, le ministère russe des Affaires étrangères a préparé un projet de décret présidentiel sur un nouveau durcissement des sanctions. Le document prévoit la fin de la coopération scientifique et technique avec Pyongyang, l’interdiction de la fourniture de cuivre, de nickel et d’autres métaux, et ainsi de suite.

 

En d’autres termes, Moscou a accepté les règles imposées. Seulement sont-elles justes? La politique envers la Corée du Nord est un exemple frappant de la stigmatisation, de l’anathème. La RPDC est stigmatisée à l’unanimité pour des péchés qu’elle n’a pas commis, et ceux qui crient le plus fort sont loin d’être des juges innocents de tous crimes. Depuis dix ans, ce pays n’a commis aucun acte d’agression, et tous les tests sont effectués sur son propre territoire. A la différence des États-Unis, qui ont transformé la Libye, l’Irak, l’Afghanistan, la Syrie et de nombreux autres Etats en polygones sanglants pour les armes américaines.

 

Pyongyang dit ouvertement que le programme de missiles et nucléaire sert à garantir la souveraineté du pays. Contrairement à une croyance populaire, la Corée du Nord ne brandit pas la « matraque nucléaire », et envisage la possibilité d’utiliser l’arsenal existant seulement en cas d’agression. Dans le même temps, la direction nord-coréenne n’exclut pas un gel complet de ces tests qui indisposent tellement l’Occident. Au VIIe Congrès du Parti des travailleurs de Corée, qui a eu lieu l’année dernière, l’éventualité d’un moratoire a été évoquée. En échange, Pyongyang ne demande qu’une chose : que cessent les exercices à grande échelle dans le voisinage de la ligne de démarcation.

 

Les manœuvres militaires régulières de Séoul et Washington sont un fait souvent négligé. C’est une grave erreur, parce qu’il ne s’agit pas en réalité de simples manœuvres. Il s’agit plutôt d’une mobilisation complète et une concentration de forces dans le voisinage immédiat du territoire de la RPDC. Par exemple, dans les manœuvres de l’année dernière  « Key Resolve » ont été impliqués 300.000 soldats coréens et 15.000 américains. D’autres exercices – « UlchiFreedom Guardian  » – ont dû rappeler à Pyongyang les jours terribles de la guerre de Corée: les militaires sont venus sur la péninsule de 9 pays – participants de la coalition pro-américaine de 1950-1953.

 

Pour comprendre la nature agressive de ces jeux de guerre il suffit d’énumérer les objectifs de l’entraînement : application d’une frappe nucléaire préventive sur la Corée du Nord, atterrissage et prise de Pyongyang, destruction de la direction nord-coréenne et, enfin, occupation complète du pays. En fait, plusieurs fois par an en Corée du Sud se tient une répétition générale pour une invasion du Nord. À cet égard, la position de la RPDC, dénonçant ces manœuvres comme une des principales raisons de l’escalade sur la péninsule, est tout à fait justifiée.

 

Ceux qui parlent de l’« agressivité de Pyongyang » inversent délibérément les liens de cause à effet. En 2014-2015, la direction nord-coréenne a demandé à plusieurs reprises à Séoul de reprendre le dialogue de paix et de relancer le processus de création d’une Confédération coréenne unifiée, idée mise en avant déjà par Kim Il Sung. Cependant, le gouvernement droitier de Park Geun-hye a rejeté ces initiatives, admettant seulement une variante de réunification : l’absorption du Nord par le Sud suivant l’exemple de la RFA et de la RDA. Le contingent américain en Corée du Sud a été renforcé, les manœuvres conjointes ont pris encore plus d’ampleur. Ce n’est qu’après que Pyongyang a repris ses essais nucléaires et de missiles.

 

Provocations petites et grandes

La série actuelle de lancement de missiles a également été une réponse aux étapes ouvertement hostiles de Séoul et Washington. Le Ministère de la Défense de la Corée du Sud a annoncé un plan de « punition massive et de vengeance », selon lequel Pyongyang « sera transformé en cendres et disparaîtra de la carte » dès « le moindre signe d’utilisation d’armes nucléaires. » Les critères du « moindre signe » ne sont pas spécifiés dans le document. Cependant, Séoul a annoncé la création d’une unité spéciale pour la destruction physique de la direction politique et militaire de la Corée du Nord, y compris Kim Jong-un. Comme il est souligné, en cas d’ouverture des hostilités, cette tâche sera accomplie en premier lieu, quels que soit les « dommages collatéraux » parmi la population civile de la RPDC.

 

La nouvelle administration américaine s’exprime sur le même ton. Appelant la Corée du Nord, « une menace majeure pour la sécurité régionale et mondiale, » le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson a déclaré préparer une nouvelle stratégie dans ses relations avec Pyongyang. Selon lui, il faut considérer toutes les options, sans exclure l’utilisation de la force militaire contre la Corée du Nord. Il a été soutenu par le commandant des forces américaines en Corée du Sud Vincent Brooks, qui a appelé à renforcer les capacités de frappe sur l’Etat voisin. « La défense conventionnelle ici est insuffisante. Si nous ne pouvons pas tuer les archers, alors nous ne serons pas en mesure d’intercepter toutes les flèches »  – a-t-il dit de manière imagée.

 

Dans ce contexte, la fourniture d’armes en Corée du Sud s’est fortement intensifiée. 24 hélicoptères d’attaque « Apache » ont été affectés à la base américaine à Suwon. Et 36 supplémentaires sont venus compléter la force aérienne du pays. Selon Séoul, les hélicoptères sont prévus pour être transférés aux îles de Yeonpyeong et Baengnyeongdo situées à 12 kilomètres de la côte nord-coréenne. On ne fait pas mieux comme provocation : après la fin de la guerre de Corée, la frontière maritime entre les deux pays n’a pas fait l’objet d’un accord, et Pyongyang conteste la propriété des îles.

 

En outre, au cours de la visite de Mattis a été confirmée la volonté des parties avant la fin de l’année d’installer le système anti missiles THAAD. Leur gestion sera effectuée exclusivement par les militaires américains, Séoul n’a même pas accès aux données du radar. Ainsi, la Corée et bientôt aussi le Japon seront connectés au système global de défense antimissile, créé par les États-Unis pour isoler la Chine, la Russie et l’Iran.

 

Mais cela ne représente qu’une partie du déroulement de la militarisation. Pour participer au lancement en mars aux exercices  » Key Resolve  » et « FoalEagle » sont amenées en Corée du Sud des armes stratégiques – sous-marins nucléaires, avions de combat F-22, bombardiers stratégiques, ainsi que toute une escadre menée par le porte-avions nucléaire « Carl Vinson ». Comme déjà indiqué à Washington et Séoul, les manœuvres actuelles sont d’une ampleur sans précédent. En outre, elles peuvent être une occasion pour installer les armes stratégiques en Corée du Sud sur une base permanente. Le chef des Joint Chiefs of Staff, Lee Sung-jin a déjà fait une demande en ce sens aux États-Unis.

 

En provoquant la réaction de la RPDC, Washington cherche à renforcer sa position dans la région. Dans ce contexte, la mort très mystérieuse de Kim Jong-nam mérite une attention particulière. Le demi-frère de l’actuel leader de la Corée du Nord, cependant, a vécu pendant de nombreuses années à l’extérieur du pays, menant une vie plutôt dissolue et gagnant sa vie par des « révélations » sur le régime nord-coréen. Et 16 ans après son départ de RPDC, Kim Jong-nam est tué dans une attaque à l’aéroport de Kuala Lumpur (Malaisie).

 

La question se pose: à qui cela profite? Certainement pas à la direction nord-coréenne, qui subit déjà une pression extrême depuis de nombreuses années. Mais les forces qui sont intéressées par  déstabilisation de l’Asie de l’Est, ont avec l’assassinat de Kim Jong-nam une occasion en or pour de nouvelles attaques contre Pyongyang. Est-il étonnant que, immédiatement après les premiers rapports sur l’attentat, Séoul par la bouche du Président par intérim Hwan Ahnkyo ait désigné la RPDC comme coupable et exhorté à punir sévèrement un « Etat terroriste »? Ce qui ressemble à une provocation délibérée est la version officielle, selon laquelle Kim Jong-nam a été tué par le poison violent le VX, condamné par la Convention sur l’interdiction des armes chimiques. Maintenant, la Corée du Nord va certainement être accusée non seulement d’assassiner, mais aussi d’utiliser des armes chimiques. Il est clair que ces événements font partie d’un scénario plus grand sur la déstabilisation de la situation dans la région. Et la Corée du Nord n’est pas la seule cible.

 

Traduit par Marianne Dunlop pour Histoire et Société

Corée: Non à la propagande de guerre, non à la guerre

 

21 Mars 2017

Marianne qui va partir le premier avril (ce n’est pas une blague) en Corée du Nord à la recherche d’un espérantiste dans ce pays mystérieux (elle prépare le congrès d’esperanto à Séoul) n’a pas encore réussi à m’entraîner vers ce pays qu’elle voit d’un point de vue chinois, mais je partage l’inquiétude reflétée par ce texte sur la montée des périls et la prtopagande de guerre qui est déversé sur ce pays. Bien des informations comme nous avons pu le vérifier ici même sont de pures inventions de propagande et ce pays dont j’ignore tout, comme bien des gens, paraît incontestablement subir une désinformation massive. Donc j’attends beaucoup de ce voyage de la vaillante Marianne qui rêve par ailleurs d’apprendre le coréen.

 

(note de Danielle Bleitrach pour Histoire et societe)


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Souvenirs américains de la guerre de Corée…

 

À l’heure où une intervention guerrière des États-Unis est envisagée en Corée, il faut dénoncer le conditionnement des opinions publiques et appeler à une solution pacifique.

 

Toutes  les interventions militaires occidentales (Irak, Libye, Syrie…)  sont désormais des guerres qui ne disent plus leur nom : débutant par des « frappes préventives » et menées au nom d’un prétendu « droit d’ingérence humanitaire », ces guerres sont longuement préparées par un conditionnement des opinions publiques occidentales, conditionnement qui voit le gouvernement du pays visé dénoncé, à longueur d’articles et de reportages à charge dans les médias, comme odieux et devant  nécessairement être renversé. Il s’agit de la forme moderne de la propagande de guerre, où tout est bon pour justifier une guerre à outrance contre l’ennemi.

 

Pour la première fois depuis 1994, une guerre est ouvertement envisagée contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). En visite en Corée du Sud le 17 mars 2017, le secrétaire d’État américain Rex Tillerson a déclaré qu’un conflit militaire avec la Corée du Nord était une option. Ces déclarations bellicistes s’accompagnent d’actions très concrètes : les manœuvres militaires américano-sud-coréennes en cours, d’une durée de deux mois, sont les plus grands exercices militaires au monde. Elles s’accompagnent du déploiement par les États-Unis du dispositif antimissile THAAD (Terminal High Altitude Area Defense) en Corée du Sud, lequel accélère la course aux armements en Asie du Nord-Est.

 

En 1994, lorsque l’administration Clinton était sur le point d’attaquer les installations nucléaires de la Corée du Nord, le département de la Défense des États-Unis avait estimé qu’un futur conflit en Corée pourrait faire jusqu’à un million de morts. Mais une telle guerre ne sera pas limitée à la péninsule coréenne et, en décembre 2015, le chef de l’état-major interarmées des États-Unis, le général Joseph Dunford, a déclaré que tout conflit avec la Corée du Nord serait inévitablement « trans-régional, multi-domaine et multifonctionnel », c’est-à-dire une guerre mondiale impliquant d’autres puissances et l’utilisation de toutes les armes, dont des bombes nucléaires.

 

Fondée en 1969 pour défendre la paix et la réunification de la Corée, l’Association d’amitié franco-coréenne appelle à la cessation immédiate de l’escalade des tensions et des sanctions, en encourageant le retour à un dialogue multilatéral pour résoudre pacifiquement la question des armes nucléaires – de toutes les armes nucléaires – en Corée.

 

L’Association d’amitié franco-coréenne dénonce la propagande de guerre diffusée par les médias occidentaux, reprenant les éléments de langage de l’administration américaine pour conditionner les opinions publiques et faire avancer les peuples vers la guerre tels des somnambules.

 

Profondément attachée à la paix, l’Association d’amitié franco-coréenne appelle à la fin des manœuvres militaires américano sud-coréennes et à interrompre le déploiement du système THAAD en Corée du Sud, en laissant le peuple coréen décider librement de son avenir, sans ingérence étrangère et alors que, suite à la destitution de la présidente sud-coréenne Park Geun-hye, une élection présidentielle anticipée se tiendra le 9 mai 2017 en Corée du Sud.

« Si ce soir devait débuter un affrontement, le plus susceptible de se produire concernerait la péninsule coréenne »

 

24 Février 2017

Publié le 23 février 2017 04:53 GMT | Dernière mise à jour le 23 février 2017 06:40 GMT

Les responsables de l’US Navy annoncent une escalade des tensions avec la Corée du Nord, ce qui pourrait déclencher un conflit armé dans un avenir proche.

 

Les soldats américains et la Corée du Nord à Panmunjom poste frontière entre la Corée du Nord et du Sud, Reuters

« Si des affrontements ce soir avaient été enregistrées quelque part, les plus susceptibles de se produire concernent la péninsule coréenne,  » a déclaré mardi le vice-amiral de la marine américaine, Joseph Aucoin, lors d’une conférence à San Diego (USA) selon le rapport de Business Insider.

 

Cette même hypothèse est partagée par le vice-amiral de la Marine américaine, Nora Tyson, qui ajoute que la « probabilité numéro un » serait une escalade de la tension avec la Corée du Nord et le début des hostilités avec le pays asiatique.

 

Parallèlement à ces déclarations belliqueuses et inquiétantes, les deux responsables militaires conviennent également que des États-Unis et la marine sont prêts à se battre.

 

« Est-ce que nous sommes prêts pour le combat?  Vous pouvez parier que oui,  » a dit le vice-amiral Jamie Foggo, décrivant comme « inquiétante » la dernière provocation de Pyongyang, en se référant aux récents lancements de longue balistiques – missiles de courte portée en mer du Japon.

 

Dans le cadre de la stratégie de sécurité et de coopération militaire conjointe entre les Etats-Unis, le Japon et la Corée du Sud, Washington a déployé dans la région asiatique ses navires et ses avions militaires, des batteries de missiles Patriot et le système de missile THAAD, et plus 28.000 soldats pour contrer ce que les USA considèrent comme des menaces réfléchies de la Corée du Nord.

 

Les Philippines n’aideront pas les Etats-Unis pour leurs patrouilles en mer de Chine méridionale

 

30 Décembre 2016

Le Quotidien du Peuple en ligne | 09.12.2016 08h52 Et de ce côté là ce n’a va pas mieux pour les Etats-Unis…Sur la photo les pêcheurs revendiquent leur appartenance à la Chine.

 

(note de Danielle Bleitrach)


Le Secrétaire à la défense des Philippines a annoncé jeudi qu’il est très peu probable que son pays permettra à l’armée américaine de l’utiliser comme un tremplin pour ce que les Etats-Unis appellent des « patrouilles pour la liberté de navigation » en mer de Chine méridionale, pour éviter de s’opposer à la Chine.

 

Delfin Lorenzana précisé que les navires et aéronefs américains pourraient utiliser des bases de Guam, Okinawa ou partir de porte-avions pour patrouiller dans les eaux contestées. Sous le prédécesseur de l’actuel Président Rodrigo Duterte, Benigno Aquino III, certains avions et navires américains s’arrêtaient aux Philippines en route vers leurs patrouilles contestant les revendications territoriales de la Chine.

 

Rodrigo Duterte, qui a pris ses fonctions en juin, a pris des mesures pour restaurer les liens avec la Chine et a montré son hostilité à l’égard de l’administration Obama, après que celle-ci ait fait part de ses inquiétudes sur la violente répression des drogues illicites par le gouvernement philippin. Quand il lui a été demandé si les Philippines continueraient d’accueillir des navires et des avions américains en direction des eaux contestées, M. Lorenzana dit que le Président Duterte ne permettra probablement pas que cela se produise « afin d’éviter tout acte de provocation pouvant exacerber les tensions en mer de Chine méridionale. C’est peu probable ».

 

« Nous allons éviter cela pour le moment », a déclaré M. Lorenzana. « De toute façon, les États-Unis peuvent voler là-bas depuis d’autres bases ».

 

Les responsables américains n’ont pas commenté immédiatement. Le commandant des forces américaines dans le Pacifique, l’amiral Harry Harris, a déclaré le mois dernier que, malgré la rhétorique du Président Duterte, la coopération militaire avec Manille n’a pas changé. Le Président philippin a néanmoins publiquement menacé de réduire les engagements militaires des Philippines avec les États-Unis, notamment en retirant un plan de patrouilles conjointes avec la marine américaine dans les eaux contestées, dont il dit que la Chine s’y oppose.

 

Les actions de Rodrigo Duterte sont devenues un obstacle aux efforts américains pour réaffirmer leur présence en Asie, bien que l’armée américaine ait dit qu’elle continuerait à patrouiller dans l’une des voies navigables commerciales les plus fréquentées du monde. Après que le Président Duterte ait rencontré le Président chinois Xi Jinping à Beijing en octobre, la Chine a autorisé les Philippins à pêcher dans la zone contestée de l’île Huangyan, dont la Chine a repris le contrôle en 2012 après une confrontation tendue avec les navires du gouvernement philippin. Signe de la détente entre les deux pays, mis à part le relâchement des tensions à Huangyan, les navires des garde-côtes chinois ne bloquent désormais plus les navires de ravitaillement philippins se trouvant dans la zone de l’atoll Ren’ai, plus au Sud dans les îles chinoises Nansha, a également précisé M. Lorenzana.

Samsung, derrière les produits High Tech les leucémies et la répression

 

mardi 13 décembre 2016 
par  Charles Hoareau 

En marge de la manifestation des chômeurs du 3 décembre nous étions quelques militant-e-s à rencontrer les salariés coréens de Samsung en tournée européenne pour faire connaître le bras de fer qui les oppose à ce géant mondial qui emploie près de 500 000 salariés dans le monde [1] auxquels il faut rajouter au moins 200 000 sous-traitants. Les syndicalistes coréens avancent le chiffre de 1 million de salarié-e-s. Il est en fait difficile de connaître le nombre exact car derrière le groupe SAMSUNG, créé en 1938, se cachent un enchevêtrement de sociétés unies par des liens complexes, évidemment opaques à dessein entre autres pour des raisons fiscales.

 

On commence par les présentations d’usage et celles-ci donnent immédiatement le ton : « bonjour je m’appelle Jisook KIM ma sœur et moi sommes des victimes de Samsung moi j’ai survécu mais ma sœur est morte de sa leucémie, bonjour mon fils est mort de leucémie, bonjour je m’appelle San LEE j’accompagne les victimes et je me bats pour les droits de l’homme »…

 

Le responsable régional du syndicat prend la parole non sans humour malgré la gravité du sujet : « On remercie le directeur général de Samsung car c’est lui qui nous a fait venir en France ! Chez Samsung le syndicat n’est pas reconnu par la direction et cela dure depuis 80 ans. La direction refuse de le reconnaitre et pourtant il existe à l’intérieur. La loi et la constitution obligent à reconnaitre le syndicat mais la direction détourne cette obligation par des procédures judiciaires et de la répression. La direction refuse même aux travailleurs le droit de se syndiquer et en fait elle peut le faire grâce à ses liens avec le gouvernement et l’impunité dont elle jouit. L’entreprise est à la tête d’un vaste réseau de corruption… Pour empêcher le syndicat d’exister elle a monté un service secret de renseignements secrets digne d’un état. Vous avez vu qu’il y a actuellement en Corée une révolte contre la corruption. Eh bien c’est Samsung qui a donné l’argent. On fait une tournée en Europe car mobiliser en Corée ne suffit pas. Il faut qu’on alerte partout sur la question des leucémies d’origine professionnelles mais aussi sur la grande précarité dans laquelle Samsung contraint nombre de travailleurs »

 

Vient le tour de Sunghwan KIM  : Secrétaire général du SGS, Responsable de la délégation qui visitera l’Europe, a été licencié en novembre 1996 et a continué à lutter avec le groupe Samsung depuis 20 ans en tant que travailleur licencié. Du fait de ses luttes, il a été emprisonné pendant 3 ans et 10 mois. Il a été nommé en tant que prisonnier politique par l’Amnesty International en 2007 « Sans syndicat on ne peut pas revendiquer les droits. Samsung fonctionne comme une organisation criminelle et il est important de faire connaitre notre combat dans le monde. J’ai été licencié y a 20 ans nous étions moins organisés, il y avait moins de travailleurs syndiqués que maintenant. Je suis content enfin de vous rencontrer après tout ce temps… » Les témoignages s’enchainent.

 

Aejeong JUNG : Son mari, travailleur dans l’industrie des semi-conducteurs de Samsung est mort d’une leucémie en 2005. Elle a lutté depuis la perte de son mari jusqu’à actuellement pour demander les excuses et les mesures pour la prévention de récidive pour tous les travailleurs « Mon mari est mort de leucémie et déclarer la mort comme accident du travail c’est très difficile. Sans syndicat c’est un combat individuel pour trouver les preuves. Il faut faire tout un travail sur les semi-conducteurs et leur liste secrète de composants chimiques. Les dirigeants de SAMSUNG se cachent derrière le secret de fabrication. Ils peuvent le faire car il n’y a pas de mesure pas de l’état. 1 seul mort c’est grave mais sur le seul secteur des semi-conducteurs il y a eu 180 morts. Il n’y a pas de reconnaissance du crime, parce que c’en est un et nous on connait seulement les conséquences dans le secteur des semi-conducteurs…Les questions de la corruption, du contrôle des médias et des injustices, tout est lié. Cela fait 9 ans que je suis dans la rue. Je lutte depuis la mort de mon mari pas seulement pour lui mais pour l’ensemble des travailleurs…Grâce à nos luttes il y a plus de coréens informés et qui ont compris le problème…Samsung n’a peur de rien en particulier en Corée parce qu’il se sent fort à cause de ses liens avec le gouvernement. Il est donc stratégiquement important de sortir de Corée »

 

Jisook KIM  : Employée de Samsung, victime de la leucémie. Sa jeune sœur est morte d’une leucémie qui était une maladie professionnelle dans l’industrie des semi-conducteurs à Samsung SDI « Moi je suis obligée de travailler à la maison. Ma sœur et moi avons eu la leucémie. Ma sœur est morte et moi j’ai survécu…Je dois travailler à la maison en plus pour soigner ma maman malade. Dès que j’ai su que j’étais malade je suis allée voir le syndicat qui a manifesté à mes côtés et m’a soutenue. On connait la liste des produits nocifs mais il y a tellement de corruption que personne n’attaque Samsung. On n’a pas d’autre choix que de résister. On n’a même pas eu d’excuses de la direction. On a manifesté j’ai été blessée pendant la manif mais ce n’est pas grave ce qui est grave c’est que les coréens aient peur de la répression. C’est important qu’il y ait eu la manifestation en France et le soutien que nous avons reçu et que j’ai senti jusque dans les regards. A cause de la peur on n’a pas ça en Corée »

 

C’est au tour de Sungchul CHOI : Directeur de la PME BuilENG (une des petites et moyennes entreprises sud-coréenne sous-traitantes du géant). Il a créé son entreprise en 1978 et commencé à collaborer avec Samsung depuis le février 1980. En 2011, l’entreprise a été victime d’une faillite à cause d’un non-respect du contrat par Samsung « J’ai travaillé 30 ans en tant que directeur d’une entreprise sous-traitante de Samsung. Il faut bien comprendre que Samsung est la 1re entreprise de Corée. Chez nous les problèmes sociaux sont toujours liés à Samsung, y compris dans les PME. Il y a beaucoup de répression et c’est la direction qui décide le prix des produits et pas le marché. Il y a un black-out sur les mesures illégales que prend Samsung. Ça fait 20 ans que je suis dans la rue pour un problème lié aux grands médias. Samsung impose ses conditions aux PME et toutes les questions autour de la démission de la présidente est liée. Il faut bien comprendre que la publicité de Samsung inonde les médias et donc rien que par cela elle a le pouvoir. »

 

Après ce tour de table éclairant, Vasiliki MANAKOU, militante de la FSM, félicite les militants pour leur lutte particulièrement tenace et qui pose des questions si graves mettant en jeu la vie des salarié-e-s. Elle souligne alors l’importance de la solidarité internationale qui doit se manifester en luttant chacun dans son pays. Elle explique alors : « on a transmis le message au secrétaire général de la FSMGeorges MAVREKOS qui est d’accord de rencontrer sans délai le secrétaire général de votre syndicat. Notre réalité est le même en France et en Europe où il y a aussi des morts par accident du travail ou des maladies professionnelles qui ne sont pas reconnues. En France il y a des luttes pour faire reconnaître le droit à la santé au travail et la question de l’amiante est emblématique de cela. On a affaire à un terrorisme patronal pour faire accepter ce qu’il faut bien appeler des crimes au travail. C’est la concurrence entre les groupes capitalistes qui produit cela ». Sans surprise son propos est approuvé sans réserve. Elle poursuit : « Le capitalisme nous attaque il faut qu’on réfléchisse à quel syndicalisme on a besoin au niveau mondial et national et la FSM veut répondre à cette question. Elle manifeste tous les jours dans les pays du monde pour la santé au travail comme pour tous les droits des travailleurs ».


Il ne faudra pas longtemps pour que ses propos soient confirmés. Dès le lendemain de l’entrevue le site de la FSM affichera une série de photos à l’appui d’une déclaration de soutien.

 

La rencontre durerait encore longtemps mais la délégation coréenne doit déjà repartir. En tous cas rendez-vous est pris de part et d’autres pour des initiatives communes futures de solidarité avec ces salarié-e-s qui font preuve d’un courage et d’une ténacité extraordinaires. Samsung ne restera pas impunie, en partant nous nous en faisons le serment.

 

 

A noter que les salariés de Samsung, profitant de leur venue en Europe et de leur passage prévu à Genève le 15 décembre prochain, ont demandé à être reçus à l’OIT (Organisation Internationale du Travail) où elle a son siège. Bien que leur lutte soit soutenue par les deux confédérations internationales, pour l’instant cela leur a été refusé !!

 

Participaient également à cette rencontre Keongok RIM : Responsable du secrétariat du SGS, femme de M. Sunghwan KIM


Byeongdong LEE : chargé aux organisations du comité des travailleurs du PDP (Parti Démocratique Populaire)


Yungha JIN : chargé aux relations internationale du comité des travailleurs du PDP

 

Ainsi que Saenal JEONG, Interprète-traductrice français-coréen, Membre du secrétariat du Forum Coréen International que Rouge Midi remercie non seulement pour ses traductions pendant la rencontre mais aussi pour son aide précieuse à la réalisation de cet article

 

[1les derniers chiffres connus sont de 489 000. Cf Wikipedia

L’actuel Premier ministre de l’Inde, Narendra Modi, est connu pour son racisme et il peut être décrit comme un néo-fasciste. Une manière plus agréable de l’étiqueter est hindouiste nationaliste mais cela signifie essentiellement la même chose.

 

Il s’avère maintenant que l’extrémisme de Modi ne se limite pas à son penchant nationaliste mais inclut quelques folles idées économiques.

 

Modi a décidé de démonétiser le pays du jour au lendemain. Tous les billets de banque équivalents à plus de 7 dollars étasuniens ont été retirés de la circulation. L’idée assez folle qui préside à cette décision est de gérer toutes les transactions monétaires à l’aide de systèmes de monnaie électronique et d’imposer ensuite chaque transaction. Toutes les autres sortes d’impôts seraient supprimées.

 

Seul un fou qui ne connaît rien à l’économie réelle peut avoir une idée pareille.

 

Le résultat prévisible d’une démonétisation soudaine est une diminution de la liquidité. Il y a tout à coup la moitié seulement de la quantité d’argent qui circulait auparavant. On ne peut pas payer ses factures, ni les salaires, ni les services parce qu’on n’a pas d’argent pour le faire. Le gouvernement veut pousser les gens à ouvrir des comptes bancaires, mais l’infrastructure bancaire indienne est rudimentaire, les systèmes utilisés sont obsolètes et les logiciels incapables de gérer des données massives. Des foules séquestrent des banquiers parce que le jour de paie se transforme en jour de peine en Inde, titre actuellement Bloomberg.

 

Les manifestations n’ont pas encore atteint leur paroxysme, mais attendez-vous à de sérieuses émeutes en Inde pendant les prochaines semaines et mois si Modi continue sur sa lancée. Ce sera encore pire quand, dans un deuxième temps, le nouveau système fiscal sera introduit.

 

Taxer toutes les transactions c’est s’écarter du sujet. Les pauvres finiront par payer plus que les riches du fait que qu’il n’y aura plus d’impôts fonciers ni d’autres impôts du même genre. Selon les estimations le taux d’imposition devrait être de 4 à 6% sur chaque transfert monétaire pour pouvoir supprimer toutes les autres taxes.

 

L’industrie, qui fabrique des produits complexes à partir de pièces, de matières premières prétraités, etc, finira par être fortement taxée. Chaque vis d’une pièce d’une voiture aura été imposée en passant du sidérurgiste au grossiste en acier, au fabricant de la vis, à l’industriel qui fait la pièce, à celui qui construit les voitures et au consommateur. Avec un certain pourcentage d’impôts ajouté à chacune de ces transactions, la voiture finira par être très chère. Il y a des produits qui peuvent facilement inclure une douzaine d’étapes de ce genre ou même plus.

 

On ne pourra plus mettre en place des « taxes sur les vices » pour réglementer la consommation d’alcool, d’essence et d’autres choses nocives sur le plan social ou environnemental. Les taxes douanières et les accords de double imposition avec d’autres pays deviendront très problématiques.

 

La bureaucratie indienne n’est pas la meilleure du monde. Il y a peu d’infrastructure bancaire, en particulier dans les régions encore rurales de l’Inde. Il est pratiquement impossible de parvenir à une telle conversion brutale et massive de toute l’économie sans de grandes crises.

 

On assistera bientôt au premier gros problème économique. Les réductions de liquidité sont habituellement suivies de brusques baisses de la productivité et de l’activité économique générale. L’Inde a jusque récemment bénéficié d’une économie en croissance rapide. Il est très probable qu’elle entre maintenant en récession.

 

Les taxes sur la monnaie engendreront une économie parallèle dans laquelle les gens utiliseront d’autres moyens de paiement, en particulier pour les petites transactions quotidiennes. La nouvelle monnaie sera probablement des cigarettes ou tout ce qui peut être négocié. Le revenu fiscal sera donc vraisemblablement inférieur à ce qui est estimé, car on utilisera moins l’argent officiel, puis l’argent électronique, dans la vie quotidienne.

 

Modi est en faveur d’une économie basée sur la taxation des transactions depuis au moins 2013 bien que cela n’ait joué aucun rôle dans ses discours de campagne et ses discours politiques. Les gens ne sont pas préparés à cette réforme ni aux grosses secousses qui accompagneront sa mise en œuvre.

 

J’ai bien peur que Modi ne recoure à l’habituel tour de passe-passe des nationalistes / fascistes quand il y a des problèmes économique. Il est peu probable qu’il renonce à son projet. Il va plutôt chercher un ennemi à accuser des problèmes. Divertir l’attention des peuples par une guerre – le choix ne manque pas : le Pakistan, la Chine, les musulmans en général, l’opposition locale ou n’importe quoi d’autre. On trouve toujours quelqu’un à accuser.

 

Jusqu’à présent, Modi a plutôt réussi en tant que Premier ministre. Son projet fiscal pourrait bien tout mettre par terre. Compte tenu de ses antécédents, sa solution sera probablement de provoquer un conflit. Dans une Inde dotée de l’arme nucléaire avec un Pakistan voisin doté de l’arme nucléaire et ennemi de toujours, c’est une perspective inquiétante.

 

Moon of Alabama

Traduction : Dominique Muselet

»» http://www.moonofalabama.org/2016/11/modi.html
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Publié par  El Diablo

Que se passe t-il aux PHILIPPINES ?

source : google maps

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Les médias de France ont longtemps ignoré complètement l'existence des Philippines, ce grand pays d’Asie (plus de cent millions d’habitants). Ces derniers temps, ils ont découvert l'existence de son Président élu, Dutertre, présenté comme un assassin mégalomane. Et si ce discours n'était qu'une caricature inspirée par les dirigeants des USA ? Nous avons demandé son analyse à Jean Pierre Page, Président d'honneur du Collectif Polex, fin connaisseur de cette région du monde.
 

Pour répondre à ta question : je pense beaucoup de bien de ce qui se passe aux Philippines. Évidemment et même si c'est important on ne peut réduire ces événements à la seule élection de Dutertre. Je connais bien les Philippines et Tamara également. J’ai beaucoup travaillé avec les syndicats, le KMU dirigé par le PC, et Tamara dans les années 80 travaillait dans l'île de Mindanao avec le KMP l'organisation paysanne également dirigé par le PC ainsi qu'avec la guérilla. Elle était très liée à celui qui est maintenant chargé par Dutertre de la réforme agraire : Raphaël Mariano qui est un dirigeant du parti. Quant à Sison qu'elle connaît aussi très bien il a été le professeur de Dutertre à l'université.

Ce qui se passe est d'abord le reflet d'un changement du rapport des forces dans la région, le rejet des ingérences américaines, l'influence grandissante de la Chine. Ensuite les Philippines ont toujours été marqués par une classe ouvrière très combative sur le plan social et anti impérialiste à travers le mouvement contre les bases américaines. L'importante résistance anti japonaise à l'époque de la seconde guerre mondiale a été dirigé par les communistes et malgré la répression féroce des États Unis et la dictature notamment celle de Marcos les idées et l'action révolutionnaires ont toujours été très présentes aux Philippines L'église, voir, malgré les mouvements évangélistes dont certains sont très largement influencés par des" missionnaires américains d'un type particulier" n'a pu se tenir en dehors de ces réalités. De nombreux cadres du parti, du KMU, du KMP, des multiples organisations sociales (pauvres, locataires, jeunes, femmes, migrants philippins à Hong Kong et ailleurs, etc.…), y compris dans la guérilla sont aussi des chrétiens actifs. Il y a donc et depuis de très nombreuses années un réseau social extrêmement dense, très combatif, largement influencé par le PC qui est officiellement toujours clandestin. Au sein du Parlement le PC à plusieurs élus mais sur une autre étiquette. Le plus important institut de recherches économiques "IBON" et qui fait autorité en Asie est dirigé par un communiste, mon ami Antonio « Tony » Tujan membre par ailleurs du Conseil scientifique de la Pensée Libre.

Cette longue énumération pour expliquer que ce qui se passe ne tombe pas du ciel même si la direction du Parti (Sison)se trouve à Utrecht en Hollande. Le PC Philippin est très actif et présent sur le terrain des luttes ouvrières et paysannes. Il a été et encore très largement influencé par les thèses maoïstes mais c'est aussi un Parti qui sait être pragmatique quand il le faut. Les événements actuels leur offrent une opportunité politique sans précédents. Dutertre a besoin d'eux compte tenu de leur influence parmi les petites gens des grands centres urbains ou des campagnes. Ils ont un bon réseau international, souvent très gauchiste, mais c'est ainsi. Il faut accepter les gens comme ils sont !

Si Dutertre n'est pas assassiné la situation devrait permettre d'enclencher de véritables changements. Les chinois l'ont très vite compris et viennent de recevoir à Pékin Dutertre en très grandes pompes, comme ils savent le faire ils ont mis les petits plats dans les grands. Ils ont signé des contrats pour 12 milliards d'Euro + 8 milliards de prêts. La Chine va construire, voies ferrées, ports, autoroutes, etc. Et cela malgré les différents qu'ils ont sur le contrôle territorial de certaines îles de l'archipel en mer de Chine. On va sûrement y mettre une croix pour le moment.

Pour les américains c'est une défaite ils ont sous-estimé Dutertre et n'ont retenu que le côté expéditif de sa lutte contre les cartels de la drogue, ses propos souvent peu diplomatiques surtout quand il a dit à Obama d'aller se faire "encul...» ! (sic) Les américains ne s'attendaient pas à ça et surtout pas à cette accélération du film. Dutertre a annoncé officiellement à Pékin qu'il" se séparait des americains"qu'il ´n'y aurait plus de manœuvres conjointes avec les USA mais dorénavant avec les chinois et les russes. Dans ces conditions l'avenir des bases US hautement stratégiques est menacé. Enfin les négociations de paix avec le PC sont très engagées, Sison doit revenir et Dutertre s'en est déclaré très heureux, il y a déjà et non officiellement une participation communiste importante dans le gouvernement et l'appareil d'état. Enfin sur le plan géo politique Dutertre va multiplier les initiatives vers les chinois, les russes, les Brics...et sa critique des USA, de leurs ingérences est sans appel.

Par conséquent je serai tenté de dire que ça va plutôt dans le bon sens toutefois il faut rester prudent, lucide, les américains ne vont pas passer la main et se retirer pour faire la place aux chinois. Il s'agit d'un pays de 100 millions d'habitants, très sensible dans la stratégie du "pivot Asia" d'Obama considéré comme prioritaire par Washington. Il faut donc suivre avec attention.

Depuis son élection Dutertre a vu son influence passer de + 50% à aujourd'hui plus de 70%. Ce qui veut dire qu'il a un soutien populaire incontestable. Jusqu'où ira-t-il, je pense que c'est un peu prématuré pour le dire. Comme toujours il faut voir le fond des choses et non les apparences.

Le 7 Novembre, 2016

Jean-Pierre PAGE

SOURCE :

QUE SE PASSE T'IL AUX PHILIPPINES ?

 

http://www.collectif-communiste-polex.org/bulletin/bulletin_145_art3.htm

Dans l'actualité

 

Publié le 1 Novembre 2016

Réalité virtuelle adoucie

pour ne pas montrer le réel.

 

Vu par Gellük

Vu par Gellük

 

Dans le Sud Est asiatique (principalement au Viet Nam) depuis 40 ans, c'est Halloween tous les jours ...

 

Grâce à Monsanto 

Expo orange Hô Chi Minh-Ville, au Vietnam, le 18 septembre 2004. Exposition à la mémoire des enfants, victimes de l'agent orange.

 

Expo orange Hô Chi Minh-Ville, au Vietnam, le 18 septembre 2004. Exposition à la mémoire des enfants, victimes de l'agent orange.

 

De 1964 à 1973, pendant la guerre du Vietnam, les Américains ont déversé sur ce pays 80 millions de litres d’un puissant herbicide, l’agent «orange».

 

Près de 40 ans plus tard, ce produit continue à intoxiquer la population. Alors que les USA refusent toujours de reconnaître leur responsabilité, la Corée du Sud vient de condamner les fabricants du produit.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Agent_orange

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Solidarité avec les prisonniers politique en Corée du Sud

 

, par  lepcf.fr

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Pendant qu’on apprend des médias les affaires de la présidente, toujours le silence sur les militants pourchassés et emprisonnés en Corée du Sud. Le camarade coréen qui avait pris la parole pour exprimer la solidarité internationale devant l’usine Bosch de Vénissieux a été arrêté à son retour en Corée. Nous dénonçons son arrestation et appelons à soutenir le mouvement de protestation.

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En mai 2016, on compte 57 prisonniers politiques en Corée du Sud, et en 2015 plus de 10 millions de communications (sous forme de méls, d’appels téléphoniques ou de SMS) ont été interceptées par les services de renseignement (NIS). M. Jin Yongha a lui-même fait l’objet d’une surveillance au titre de ses communications à 22 reprises.

 

Mme Yang Goeun a apporté des détails sur la répression spécifique qui s’abat contre l’Alliance coréenne, dont l’autre co-président est actuellement sous mandat d’arrêt. 9 militants de l’Alliance coréenne sont actuellement en prison ou en détention provisoire. Un militant a été libéré après sa condamnation. 32 autres sont dans l’attente d’un jugement. Dès qu’ils sont arrêtés (la détention provisoire est limitée à 48 heures en Corée du Sud), les militants de l’Alliance coréenne engagent une grève de la faim et refusent de parler – car tout ce qu’ils disent pourrait être retenu contre eux. Ils ont engagé des manifestations à une personne, qu’autorise la réglementation en Corée du Sud sans déclaration préalable, mais celles-ci donnent désormais lieu à des arrestations et des placements en détention provisoire par les forces de l’ordre. Des actions similaires sont conduites à l’étranger, avec une manifestation de l’Alliance coréenne devant la Maison blanche américaine depuis 180 jours. Enfin, les médias liés à l’Alliance coréenne – notamment le journal en ligne Minjok Ilbo – sont frappés par la répression."

 

https://solidaritecoree.wordpress.com/2016/05/22/repression-politique-et-antisyndicale-temoignage-a-paris/

 

Il y a depuis le cas de Han Sang Gyun Baek Nam Gi en plus de cas de Kim Hye-young.

 

Kim Hye-young

 

"Kim Hye-young, une militante sud-coréenne souffrant d’un cancer de la thyroïde, a été condamnée le 29 janvier 2016 à deux ans d’emprisonnement pour avoir participé à une manifestation pacifique. Elle a interjeté appel et, le 26 mai, la haute cour de Séoul a confirmé la peine qui lui avait été infligée en vertu de la Loi relative à la sécurité nationale.

 

Kim Hye-young était déjà atteinte du cancer avant son arrestation mais elle a développé des troubles mentaux pendant sa détention. Le ministère de la Justice continue de refuser que Kim Hye-young reçoive des soins à l’extérieur, comme l’a recommandé un psychiatre.


Celui-ci a notamment conseillé qu’elle bénéficie d’une prise en charge psychologique sans supervision directe du personnel pénitentiaire."


https://solidaritecoree.wordpress.com/2016/05/31/histoire-dune-militante-pour-les-droits-de-lhomme/

 

Baek Nam-gi :

 

"Le militant paysan Baek Nam-gi, qui était dans le coma depuis qu’il avait été grièvement blessé par les forces de l’ordre lors de la manifestation du 14 novembre 2015, est décédé le samedi 24 septembre 2016 à deux heures de l’après-midi à l’hôpital national universitaire de Séoul. Agé de 69 ans, il n’avait pas repris connaissance depuis son hospitalisation. Son sort était devenu un symbole de la violence de la répression policière et des manifestations de soutien avaient été organisées en Corée et en Europe, y compris à Paris. Dès l’annonce de sa disparition, des centaines de personnes se sont réunies devant l’hôpital national universitaire de Séoul, avec un déploiement encore plus important de forces de l’ordre – des milliers de policiers ayant été dépêchés par un gouvernement aux abois, craignant une nouvelle vague de protestations. L’usage disproportionné du canon à eau par les forces de l’ordre, à l’origine de la mort de Baek Nam-gi, avait été mis en cause par Maina Kiai, rapporteur spécial de l’ONU pour les libertés d’association et de réunion, et par la fille du militant disparu, Baek Minjuhwa, qui avait témoigné devant le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies."


https://solidaritecoree.wordpress.com/2016/09/25/baek-nam-gi-est-mort/

 

Han Sang-gyun :

 

La CGT condamne la criminalisation des syndicalistes en Corée du sud "Le 4 juillet 2016, la Cour de Séoul a condamné Han Sang-gyun, Président de la Confédération coréenne des syndicats, KCTU, à 5 ans de prison et 500.000 won d’amende. Comme premier dirigeant de la KCTU, il assume la responsabilité des actions syndicales organisées à l’automne 2015.


La sentence a obéi aux requêtes du gouvernement suite aux rassemblements syndicaux et manifestations de protestation en 2015. En particulier, le 14 novembre 2015 à Séoul, les plus de 100.000 manifestants ont été accueillis par des gaz lacrymogènes, des canons à eaux et 20.000 policiers."

 

https://solidaritecoree.wordpress.com/2016/07/17/libertes-syndicales-la-cgt-solidaire-de-la-kctu/

A l’heure qu’il est, Rodrigo Duterte, le Président des Philippines au franc-parler, fait très probablement partie de la liste noire occulte, prestigieuse et permanente de l’Empire.

 

La liste est très longue et l’est depuis déjà plusieurs décennies. On pourrait facilement perdre le compte et s’embrouiller : combien de personnalités ont été marquées et secrètement condamnées à mort ? Combien sont effectivement mortes ?

 

La liste se lit comme un catalogue de leaders mondiaux illustres : de Patrice Lumumba (Zaïre), Mohammad Mossadegh (Iran), Hugo Chavez (Venezuela), Sukarno (Indonésie), Juvénal Habyarimana (Rwanda), Salvador Allende (Chili) à Mouammar Kadhafi (Libye ), Al-Basheer (Soudan) et Fidel Castro (Cuba), pour ne citer que quelques-uns.

 

Certains ont été directement assassinés ; d’autres ont été « seulement » renversés, tandis que seule une poignée de « listés » ont effectivement réussi à survivre et rester au pouvoir.

 

Presque tous avaient commis des crimes graves et de nature similaire, dont : défendre des intérêts vitaux de leurs nations et de leur peuple, refuser d’autoriser le pillage effréné des ressources naturelles par les sociétés multinationales, et s’opposer aux principes de l’impérialisme. La simple critique de l’Empire a aussi été souvent punie de mort.

 

M. Duterte est en train de les commettre tous. Il semble être « coupable de tous les chefs d’accusation ». Il plaide coupable et semble même être fier des accusations portées contre lui.

 

« Est-ce qu’il en marre de la vie ? » se demandent certains. « A-t-il perdu l’esprit ? Est-il prêt à mourir ? »

 

Est-il un héros, un nouveau Hugo Chavez asiatique, ou tout simplement un populiste hors de contrôle ?

 

Ce qui est certain c’est qu’il risque gros et peut-être même tout. Il est en ce moment en train de commettre les péchés les plus impardonnables aux yeux des régimes occidentaux : il est ouvertement insultant envers l’Empire et ses institutions (y compris l’ONU, l’OTAN et l’UE). Il leur crache même à la figure !

 

Et pour ne rien arranger, il ne se contente pas de paroles ; il prend des mesures décisives ! Il essaie d’aider les pauvres dans son pays, il flirte avec le Parti communiste et les socialistes, et pour comble, il demande l’aide de la Chine et de la Russie.

 

Ca barde. Régulièrement des personnalités ou des institutions telles que Obama, le Pape, les États-Unis, l’UE et l’ONU se voient conseillées d’aller en enfer, ou sont rebaptisées fils-de-putes !

 

Et les Philippins adorent ça. Duterte a remporté les élections avec une marge très faible, mais les dernières enquêtes d’opinion lui attribuent un taux de popularité incroyable de 76%. Certains soutiennent donc que si la « démocratie » est réellement la « volonté du peuple » (ou du moins un reflet de la volonté du peuple), alors tout va bien aux Philippines.

 

Alors qu’Eduardo Climaco Tadem, Maître de Conférences des Etudes Asiatiques (Université de Diliman), est critique de la forme « peu présidentielle » du discours de Duterte, et trouve négative sa politique en matière de « droits civils et politiques », il est néanmoins clairement impressionné par ses réalisations dans plusieurs autres domaines. Comme il me l’a récemment écrit dans une lettre :

« Des initiatives positives ont été prises sur d’autres fronts. La nomination de cadres du Parti Communiste à des postes ministériels pour entreprendre une réforme agraire, le travail sur le social et le développement, et les programmes de lutte contre la pauvreté sont bons. D’autres personnalités de l’aile gauche et progressistes occupent d’autres postes ministériels dans le travail, l’éducation, la santé, la science et l’environnement. Plus important, des initiatives positives ont été prises pour faire avancer la redistribution des terres, mettre fin au travail précaire, entrer en contact et apprendre des programmes de santé de Cuba, et réduire les opérations destructrices sur l’environnement des grandes entreprises minières. En outre, les négociations de paix tant avec le CPP que le MILF / MNLF ont été relancées avec des premiers signes encourageants.

 

Une politique étrangère indépendante a été annoncée et, à la différence des présidents qui l’ont précédé, Duterte ne se prosterne plus devant les puissances américaines et occidentales. Il est également en train de se réconcilier avec la Chine en prenant une voie différente et moins belliqueuse dans la résolution des conflits territoriaux dans la mer de Chine du sud ... »

En ce qui concerne Washington, Londres et Tokyo, tout ceci est « mauvais », très mauvais. Un tel comportement ne passe jamais inaperçu ni impuni !

 

Cette fois-ci, la réponse de l’Empire n’a pas tardé.

 

Le 20 Septembre, 2016, International Business Times a rapporté :

« Le gouvernement des Philippines a affirmé qu’un coup d’Etat était orchestré contre le président Rodrigo Duterte et a dit que l’administration sévissait contre les comploteurs présumés. Un porte-parole du gouvernement a déclaré que certains Américano-philippins de New York avaient ​​l’intention de renverser le dirigeant troublion.

 

Sans révéler les noms des conspirateurs présumés ni leurs plans, le Secrétaire des Communications du gouvernement philippin Martin Andanar a dit que ceux qui conspiraient contre Duterte devraient « réfléchir à deux fois . J’ai reçu des informations provenant de sources crédibles aux États-Unis. Oui, nous avons des noms, mais je ne veux pas en parler. Nous examinons la situation avec sérieux. Nous enquêtons. » a déclaré le haut fonctionnaire du gouvernement.

Les coups d’état, les complots d’assassinat. Les coups d’états mous, les coups d’état durs : Brésil, Argentine, Bolivie, Venezuela, Syrie, Ukraine, Libye, Paraguay, Honduras et le Soudan, la moitié de l’Afrique... Tous, au cours des dernières années seulement... et maintenant les Philippines ? Bravo, l’Empire donne un coup d’accélérateur ! L’éthique de travail de ses égorgeurs est en nette amélioration.

 

Le Président Duterte a tout compris. Comme mentionné ci-dessus, il a déjà qualifié le président Obama de « fils de pute », et a récemment suggéré qu’ « il aille en enfer ».

 

C’est même plus cru que ce que le président Hugo Chavez avait coutume de dire à propos de George W Bush, connu aussi comme « Señor W ». Et le président Chavez, selon de nombreux analystes latino-américains, a fini par payer de sa vie son antagonisme ouvert envers l’Empire et l’impérialisme en général.

 

La vérité est que l’Empire ne pardonne jamais à ceux qui lui renvoient son propre image. Il tue sans pitié pour les plus infimes gestes de désobéissance ou de rébellion. Son appareil de propagande et sa main droite - les médias – arrivent toujours à élaborer une explication et une justification appropriée. Et l’opinion publique nord-américaine et européenne est totalement complaisante, endoctrinée et passive ; elle ne défend que ses propres intérêts étroits, jamais la victime, surtout si la victime se trouve quelque part dans un pays lointain peuplé de « non-personnes ».

 

Le grand président indonésien Sukarno fut renversé et détruit (entre autres choses) pour avoir crié publiquement à l’ambassadeur des États-Unis : « Au diable avec votre aide »... Et aussi bien sûr pour avoir défendu les intérêts de son peuple contre l’Empire. Patrice Lumumba fut assassiné pour avoir osé dire que les Africains n’avaient aucune raison d’être reconnaissants envers les colonisateurs.

 

Duterte dit beaucoup plus. Il est amer et il a d’innombrables raisons de l’être. Les Etats-Unis ont assassiné plus d’un million de Philippins, la plupart à la fin du 19ème et au début du 20ème siècle. Dans l’histoire récente, ils ont transformé cette nation autrefois fière et prometteuse en un paillasson, une semi-colonie humiliée, entièrement dépendante des caprices de Washington. Capitaliste et totalement pro-américaines, les Philippines ont évolué, comme l’Indonésie, en un « État défaillant », une catastrophe sociale et une friche intellectuelle.

 

Le Président Duterte a réussi à mettre en place un cabinet déterminé et cohérent d’intellectuels et bureaucrates.

 

Comme RT l’a rapporté récemment :

« Le Ministre des Affaires étrangères de Duterte, Perfecto Yasay, qui a parfois tenté de minimiser les commentaires de son patron, a publié une déclaration sur Facebook intitulée « L’Amérique nous a trompé » dans laquelle il dit que, s’il y a « d’innombrables choses pour lesquelles nous serons éternellement reconnaissants envers les Etats-Unis », ils n’ont jamais vraiment respecté l’indépendance des Philippines.

 

« Après avoir proclamé le 4 Juillet, 1946, que les Philippins avaient été formés de manière adéquate pour l’autodétermination et la gouvernance, les États-Unis ont imposé des chaînes invisibles qui nous ont mené vers la dépendance et la soumission comme des petits frères de couleur incapables d’une véritable indépendance et de liberté, » a dit le Ministre dans la déclaration. »

Ces déclarations sont très rarement répercutées par les grands médias occidentaux, où Duterte et son cabinet sont sans cesse diabolisés et ridiculisés.

 

Voici les derniers titres sur les Philippines :

« La fille du playboy-baron Antony Moynihan, trafiquante de drogue, abattue aux Philippines » (Daily Mail).

« Le président des Philippines accusé de nourrir un crocodile avec un homme vivant » (Le Journal.ie via Yahoo UK & Ireland News)

« Rapport spécial - dans la guerre de Duterte contre la drogue, les résidents locaux aident à dresser les listes noires » (Reuters)

« Duterte a tué un fonctionnaire de la Justice, déclare un tueur-à-gages devant le Sénat philippin » (AFP)

Rien sur la lutte pour la justice sociale ! Rien sur la lutte contre l’impérialisme occidental.

 

La guerre contre la drogue ...

 

Oui, beaucoup de Philippins sont véritablement préoccupés par « le tas de cadavres » et les méthodes de ce gouvernement pourraient être qualifiées de brutales, et même d’intolérables.

 

Mais la situation n’est pas si simple. Ici, ce n’est pas l’Europe. C’est l’Asie avec sa propre dynamique et ses problèmes culturels. Aux Philippines, le taux de criminalité a atteint des sommets grotesques, inconnus presque partout ailleurs en Asie-Pacifique. Une grande partie de la criminalité est liée à la drogue. Et les gens en ont véritablement marre. Ils exigent une action décisive.

 

Pendant de nombreuses années, M. Duterte a été maire de Davao, une ville sur l’île de Mindanao. Davao était synonyme de délinquance ; un endroit difficile à vivre, et beaucoup disaient un endroit presque impossible à gouverner.

 

M. Duterte est honnête. Il admet ouvertement qu’il n’aurait pas duré longtemps comme maire de Davao s’il avait « obéi aux 10 commandements ». Peut-être que personne n’aurait pu.

 

Il est extrêmement sensible à la critique de son bilan en matière de droits de l’homme. Que cela vienne de l’ONU, de l’UE ou des Etats-Unis, sa réponse est le plus souvent rebelle et cohérente : « Va te faire foutre ! »

 

Et c’est tout ce qu’on répercutera généralement en Occident.

 

Ce qui est omis, c’est ce que Rodrigo Duterte explique en général après :

 

Vous me parlez des droits de l’homme ? Que dire des millions que vous tuez dans le monde, y compris récemment en Irak, en Libye et en Syrie ?

 

Qu’en est-il du peuple philippin que vous avez massacré ? Et qu’en est-il de votre propre peuple, les Afro-Américains qui sont abattus par la police, tous les jours ?

 

Il ne cache pas sa profonde allergie pour l’hypocrisie occidentale. Pendant des siècles, les États-Unis et l’Europe ont tué des millions, pillé des continents entiers, et maintenant se réservent le droit de juger, de critiquer et bousculer les autres. Directement ou à travers les institutions qu’ils contrôlent, comme les Nations Unies. Encore une fois, sa réponse est clairement Sukarno-esque : « Allez au diable, vous et votre aide ! »

 

Mais vous ne lirez rien de tout ça dans les pages du New York Times ou The Economist. Pour eux, il n’y a que la « guerre contre la drogue », les « victimes innocentes » et bien sûr « l’homme-fort » Duterte.

 

Mais la situation évolue rapidement.

 

Récemment, le président Duterte a ordonné l’arrêt d’un exercice militaire, surnommé le « Philippines Amphibious Landing Exercise » (Phiblex). Il avait commencé le 4 Octobre et devait durer plus d’une semaine. Environ 1.400 soldats US et 500 soldats philippins étaient engagés dans les jeux de guerre, certains dangereusement proches des eaux près des îles contestées en mer de Chine du sud.

 

Selon plusieurs grands intellectuels philippins, les Etats-Unis ont utilisé les Philippines pour servir leurs ambitions agressives impérialistes dans la région, en confrontant et en provoquant sans cesse la Chine.

 

Le gouvernement Duterte est déterminé à se rapprocher beaucoup plus de la Chine et à s’éloigner de l’Occident. Il est très probable que les Philippines et la Chine seront en mesure de résoudre tous les désaccords dans un avenir prévisible. A condition que les Etats-Unis puissent être tenus à l’écart de manière permanente.

 

Pour démontrer sa bonne volonté envers la Chine, et pour démontrer sa nouvelle indépendance politique, Manille envisage également d’annuler l’ensemble des 28 exercices militaires annuels prévus avec les États-Unis.

 

Le Président Duterte sait parfaitement ce qui est en jeu. Pour marquer ses 100 jours de fonction, il a donné plusieurs discours enflammés, en reconnaissant que l’Occident pouvait tenter de le renverser, et même de le tuer :

 

« Vous voulez me renverser ? Vous voulez utiliser la CIA ? Allez-y ... Ne vous gênez pas. J’en ai rien à foutre ! Je serais viré ? Parfait. (Dans ce cas), ça fait partie de mon destin. Le destin recouvre tellement de choses. Si je meurs, cela fait partie de mon destin. Ca arrive, que des Présidents soient assassinés. »

 

C’est vrai. Il leur arrive souvent d’être assassinés.

 

Mais récemment, l’un après l’autre, des pays du monde entier ont rejoint la coalition anti-impérialiste. Certains sont actifs ; d’autres sont déstabilisés (comme le Brésil), économiquement dévastés (comme le Venezuela) ou entièrement détruites (comme la Syrie). Toutes les nations du refus, de la Russie à la Chine, de la RPDC à l’Iran sont diabolisés par la propagande occidentale et ses médias.

 

Mais il semble que le monde en a assez. L’Empire est en ruines ; il est pris de panique. Il tue de plus en plus, mais il ne gagne pas.

 

Les Philippins sont-ils en train de rejoindre cette alliance ? Après seulement 100 jours de pouvoir, il semble que le président Duterte a pris son parti : Plus de servitude ! Plus jamais !

 

Est-ce qu’il survivra ? Est-ce qu’il continuera sur la même voie ?

 

Est-il aussi dur-à-cuire qu’il en a l’air ? Il faut avoir des nerfs d’acier pour faire face à l’Empire ! Il faut avoir au moins neuf vies pour survivre aux innombrables et inextricables complots d’assassinat, aux systèmes de propagande sophistiqués, aux supercheries. Est-il prêt pour affronter tout cela ? Il semble que oui.

 

Les élites de son pays sont totalement inféodées à l’Occident ; comme celles de l’Indonésie et, dans une large mesure, de la Thaïlande et de la Malaisie.

 

Ce sera un combat difficile. C’est déjà un combat difficile.

 

Mais la majorité du pays est derrière lui. Pour la première fois dans l’histoire moderne, le peuple Philippin a une chance de prendre son destin en mains, ses propres mains.

 

Et si l’Occident n’aime pas ce qui se passe à Manille ? Le Président Duterte s’en fiche. Il a déclaré qu’il a déjà préparé beaucoup de contre-questions. Et si l’Occident ne peut pas y répondre :

 

« Si vous êtes incapables de répondre, fils de pute, rentrez chez vous, bande d’animaux. Je vais vous botter le cul. Ne venez pas me faire chier. Ils ne sont pas plus intelligents que moi, croyez-moi ! »

 

Il est très probable qu’ils ne le sont pas ; ils ne sont pas plus intelligents que lui. Mais ils sont certainement plus impitoyables, plus brutaux.

 

De quoi l’accuse-t-on ? D’une « guerre contre la drogue », qui a coûté environ 3000 vies ?

 

Combien de vies est-ce que l’Occident (ou ces « fils de pute », comme disent de nombreux Philippins ces jours-ci) a prises depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, partout dans le monde ? 40 ou 50 millions ? Ca dépend de la manière de compter : « directement » ou « indirectement ».

 

L’Empire tentera très probablement d’assassiner le président Duterte, et probablement bientôt, très bientôt.

 

Pour survivre, pour continuer à avancer, pour continuer à se battre, à défendre son pays meurtri et exploité, il fera très certainement bien d’oublier définitivement les 10 commandements.

 

Andre Vltchek

Traduction "soyez durs, soyez doux, de toute façon l’Empire s’occupera de vous" par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.

»» http://journal-neo.org/2016/10/17/will-they-really-try-to-kill-preside...
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Les communistes philippins soutiennent la rupture de Duterte avec les États Unis : Les Philippines se tournent vers les BRICS !

 

 

philippines guérillaSe tournant vers la Chine et la Russie, le président  affirme une rupture des  avec la tutelle totale de Washington sur sa plus veille colonie. Dans le même temps, Duterte a engagé une politique de cessez le feu avec les très influents rebelles . Et des négociations de paix sont en cours depuis cet été à Oslo ayant déjà abouti à la libération de plusieurs dizaines de prisonniers politiques et des engagements en faveur d’une profonde réforme agraire.

 

Le PRCF, mobilisé pour défendre la paix soutient les efforts pour la paix des camarades philippins.

 

Le PRCF  exprime son soutien au Front démocratique National des Philippines dans les négociations de paix qui se déroulent à Oslo.

 

Ces négociations sont le fruit de décennies de résistance et de luttes populaires – d’abord contre la dictature de Marcos et ensuite contre les pouvoirs corrompus vassaux du grand Capital et des Etats Unis – qui ont toujours vu les forces rassemblées par le NDFP en première ligne, au prix de grands sacrifices.

 

Le NDFP se bat pour la libération de plus de 400 prisonniers politiques et pour un accord pour résoudre les causes réelles du conflit, à commencer par une profonde réforme agraire avec la distribution de terres aux paysans et un plan de développement industriel  prérequis indispensable pour un pays indépendant et se développant.

 

L’arrivée de Duterte à la présidence a ouvert une possibilité concrète pour mettre une fin au conflit dans le pays, un conflit qui a commencé il y a 47 ans. La victoire aux Philippines d’une option politique qui ne soit pas asservie à l’ mais tournée vers le développement indépendant et progressiste serait un appui majeur pour promouvoir la paix dan la région et pour renforcer partout le camp anti-impérialiste

 

Pour cette raison nous réaffirmons notre solidarité internationaliste avec le NDFP et avec l’ensemble des luttes populaires des Philippins pour une paix durable et pour la justice sociale.

 

Commission Internationale du PRCF – 27/10/2016

 

Pour illustrer l’évolution de la situation aux Philippines nous publions une tribune de José Maria Sison figure du parti communiste philippin qui expose son point de vue mais donne aussi des indications pour nourrir nos propres  analyses.

 

www.initiative-communiste.fr donne la parole aux camarades philippins, avec la traduction de cette tribune de Jose Maria Sison, figure du parti communiste philippin, traduite par nos soins.

 

Évidemment, l’avenir dira si un large Front populaire et patriotique à participation communiste parvient à se consolider aux Philippines et si les déclarations, annonces et actions de Duterte contre l’impérialisme américain se confirment dans la durée. D’ores et déjà la violente campagne de presse et les pressions exercées par Washington contre Duterte (lire ci après Vont Il assassiné Duterte ?) montre que le mouvement des Philippines menace les visées de l’impérialisme américain. Le désalignement des Philippines – principale et historique base militaire et politique des Etats-Unis depuis près d’un siècle et demi – signerait un bouleversement politique majeure ouvrant des perspectives majeures pour l’ensemble de l’Asie et donc pour les peuples de toutes la planète. Cela cinquante ans après que les Etats-Unis et le bloc impérialiste occidental ont totalement fini de verrouillé cette partie du Monde, imposant leurs tutelles l’Indonésie en génocidant près de 3 millions de communistes indonésiens pour faire tomber le régime non aligné de Sukarno et après avoir mis sous tutelle Philippines et Malaisie là aussi en massacrant les communistes.


Les rebelles communistes philippins soutiennent la rupture de Duterte avec la politique américaine

 

jose-maria-sison-philippines

Un accord de cessez-le-feu entre le Gouvernement de la République des Philippines (GRP) du président Rodrigo Duterte et le Front Démocratique National des Philippines (NDFP / FNDP) conduit par le parti communiste des Philippines (CPP) a débuté le 26 aout dernier, à la suite d’une première session de pourparlers de paix entre le GRP et le NDFP

 

L’accord de cessez-le-feu a été mis en œuvre au moyen d’ordres de cessez-le-feu unilatéraux simultanés ordonnés par le GRP aux Forces armées des Philippines (AFP), à la Police nationale philippine (PNP) et aux forces paramilitaires; et par le Comité central du PCP à l’Armée Nouvelle Populaire et la milice populaire.Jusqu’à présent, c’est le plus long-feu en vigueur entre le GRP et le FNDP depuis le début de ces 47 années de guerre civile révolutionnaire aux Philippines. Les ordres de cessez-le-feu unilatéraux devraient être transformés en un cessez-le-feu bilatéral ou conjoint plus stable sur la base du respect de certaines exigences, dont la principale est l’amnistie et la libération de plus de 500 prisonniers politiques emprisonnés par les régimes Arroyo et  Aquino.

 

Dans la deuxième série de pourparlers officiels, à partir des 6 et 10 octobre les équipes de négociation du GRP ont assuré à leurs homologues du NDFP que la libération effective de 22 consultants politiques du FNDP emprisonnés serait suivie par la libération de 200 autres prisonniers qui sont malades ou âgés , des femmes et  de ceux qui sont depuis trop longtemps en prison avant que la troisième série de pourparlers formels ne débute dans la troisième semaine de Janvier 2017.Les négociateurs du  NDFP ont fermement rappelé à leurs homologues du GRP que la libération est en conformité avec l’Accord général sur le respect des droits de l’homme et du droit international humanitaire (CARHRIHL) que tous les prisonniers politiques doivent être libérés immédiatement parce qu’ils ont été injustement emprisonnés sur des accusations forgées de toutes pièces de crimes de droit commun.

 

La délégation de négociation NDFP a également rappelé à la partie du GRP que le président Duterte a promis d’effectuer la libération des prisonniers politiques par le biais d’une proclamation d’amnistie afin d’éviter des retards inutiles dans leur libération et de leur faire bénéficier d’un effacement de leurs casiers judiciaires après une longue période d’incarcération injuste. La demande du peuple pour la libération de tous les prisonniers politiques a été réclamée à grands cris depuis plusieurs décennies déjà.

 

En fait, la promesse du président Duterte de l’amnistie et de libérer tous les prisonniers politiques a été une importante incitation pour le NDFP pour souscrire à la reprise et l’accélération des négociations de paix et à un cessez-le-feu au moyen d’ordres de cessez-le-feu unilatéraux qui peuvent conduire à un accord  de cessez le feu conjoint bilatéral plus robuste.

 

Le NDFP est devenu très ouvert à forger un accord de paix avec le GRP sous la présidence de Duterte en raison de sa déclaration d’opposition à l’impérialisme US et contre l’impérialisme et l’oligarchie nationale des grands compradores, alors que Duterte apparait se tenir comme le premier président de gauche des Philippines qui est déterminé à respecter l’indépendance nationale, étendre la démocratie pour le peuple, à mener à bien l’industrialisation nationale et une véritable réforme agraire, et à conduire une politique étrangère indépendante.

 

Le NDFP est prêt à coopérer avec le gouvernement Duterte à travers les négociations de paix dans l’adoption et la mise en œuvre des réformes sociales, économiques et politiques et est prêt à participer à un gouvernement inclusif d’unité nationale, la paix et le développement et à un système de défense nationale contre toute combinaison des agressions américaines et des menaces réactionnaires locales.

 

Le NDFP est bien averti par l’exemple des FARC de la Colombie qui a accepté les promesses de concessions du gouvernement Santos mais qui a accepté d’admettre la responsabilité pénale et de dissoudre l’armée du peuple, avant même la mise en œuvre des réformes. Le pire de tout, il est convenu de soumettre son accord de paix avec le gouvernement Santos à un référendum qui était évidemment un dispositif piégeant et de la frustration de tout ce qui a été promis comme bénéfique pour le peuple et les forces révolutionnaires.

 

Alors que le président Duterte lui-même a essayé d’inspirer l’espoir d’un changement parmi le peuple, il y a des éléments dans son propre gouvernement qui souhaitent imposer la capitulation et la pacification des forces  révolutionnaires et populaire et qui souhaitent prolonger la politique économique néolibérale déjà discréditée et en faillite dictée par les Etats-Unis et perpétuer la domination étrangère et féodale dans le Philippines.

 

Dans le même temps es éléments patriotiques et progressistes occupent des postes au sein du gouvernement philippin et s’opposent aux réactionnaires et aux marionnettes pro-U.S.. Duterte lui-même veille à ce que le mouvement de masse continue à le soutenir. Ainsi, il a organisé le Kilusan sa Pagbabago (Mouvement pour le changement) qui est prêt à coopérer avec le mouvement  de masse de longue date des forces patriotiques et progressistes. [Ndlr : l’avenir dira si un large Front populaire et patriotique à participation communiste parvient à se consolider aux Philippines]

 

Un large éventail de la population philippine a applaudi les rapprochements du président DUTERTE avec la Chine, la Russie et le reste du bloc des  pour les relations diplomatiques et économiques dans la reconnaissance d’un monde multipolaire et tournant le dos à l’hégémonisme des Etats-Unis et le pivot stratégique des Etats-Unis vers l’Asie de l’Est. Duterte est allé aussi loin que fustiger les Etats-Unis pour n’avoir jamais présenté ses excuses pour l’assassinat en masse de 1,4 millions de Philippins entre 1899-1914, fustigeant également la poursuite de la même politique meurtrière d’agression dans divers pays à l’heure actuelle.

 

Les forces révolutionnaires et le peuple au sein de la large alliance du FNDP et sous la direction du PCP continuent d’appuyer les déclarations et les actes progressistes et patriotiques du gouvernement Duterte , de faire des propositions de réformes fondamentales et de pousser Duterte à confirmer par ses actes ses déclarations générales contre l’impérialisme américain et les oligarques nationaux.

 

Jose Maria Sison est membre fondateur du Parti Communiste des Philippines et consultant politique du Front Démocratique National des Philippines FNDP

 

Traduit depuis l’anglais par www.initiative-communiste.fr

 

Vietnam - Russie: Vers une coopération étroite et efficace dans tous les domaines

 

Publié le par anonyme

Vietnam - Russie: Vers une coopération étroite et efficace dans tous les domaines
Jeudi, 22 septembre 2016 à 11:52:53
Nhân Dân en ligne -
 
Le Comité intergouvernemental Vietnam - Russie sur la coopération dans l’économie, le commerce et les sciences a tenu, le 21 septembre, à Saint-Pétersburg, en Russie, sa 19e session, sous la co-présidence du Vice-Premier ministre (PM) vietnamien, Trinh Dinh Dung, et son homologue russe, Igor Shuvalov.
 
Lors de cette session, les deux parties ont examiné la mise en œuvre du Mémorandum de coopération bilatérale signé lors de la 18e session, et déterminé des mesures concrètes visant à dynamiser leur coopération, en particulier dans l’industrie pétrolière, la banque-finance, les sciences et technologies, l’énergie, l’information et les communications, l’éducation et la formation.
 
L’année dernière, la coopération vietnamo-russe a connu des résultats encourageants dans divers domaines dont notamment l’économie, le commercer et l’investissement. Les projets de pointe spécialisés dans l’énergie, l’industrie et l’exploitation gazo-pétrolière ont été mis en œuvre de manière efficace. Les échanges commerciaux bilatéraux entre janvier et juillet se sont établis à 1,56 milliard de dollars, soit une croissance de 30% en glissement annuel.
 
Sur le plan d’investissements, la Russie recense, à compter jusqu’en juin dernier, 113 projets d'IDE (investissement direct étranger) au Vietnam cumulant un fonds de 1,1 milliard de dollars, tandis que le Vietnam ​dénombre 20 projets en Russie, d’un capital total de 2,93 milliards de dollars.
 
En ce qui concerne les orientations de développement de leurs relations dans les temps à venir, les deux parties ont convenu de promouvoir la coopération décentralisée, de créer une zone industrielle et des co-entreprises en Russie, d’accélérer leur coopération dans la construction navale, la fabrication de voitures, la production des équipements d’exploitation minière, ainsi que dans le développement des infrastructures et services touristiques au Vietnam. Elles se sont mis d’accord pour renforcer les échanges bilatéraux de produits agricoles et effectuer au plus tôt les négociations d’une convention sur la garantie de la qualité de ces produits.
 
Les deux parties ont aussi discuté des préparatifs pour la mise en œuvre de l’Accord de libre-échange (ALE) entre le Vietnam et l'Union économique eurasiatique (EAEU).
 
Lors d’une rencontre avec ​la presse à l’issue de la 19e session du Comité intergouvernemental Vietnam - Russie, les deux Vice-PMs, Trinh Dinh Dung et Igor Shuvalov, ont salué la réussite de cette session, en affirmant que les deux parties feraient des efforts pour ​mettre sur pied des mécanismes de coopération dans les secteurs bancaire et financier, la construction, l’énergie, le tourisme, et créeront des conditions favorables aux investisseurs vietnamiens et russes.
 
Les deux dirigeants ont signé, à cette occasion, le procès verbal de la 19e session du Comité intergouvernemental Vietnam - Russie sur la coopération dans l’économie, le commerce et les sciences.
 
NDEL
 

Vous n’avez pas entendu parler de la plus grande manifestation du monde…

 

 

16 Septembre 2016
 

Cela se passe en Inde, là où une population qui dépasse largement celle de la France dans sa totalité défile pour défendre les services publics.

 

150 millions de travailleurs du secteur public ont protesté le 6 septembre en Inde contre la politique économique poursuivie par le Premier ministre Narendra Modi, en particulier ses projets de privatisation.

 

Dix organisations syndicales ont appelé à manifester pour réclamer du Gouvernement qu’il garantisse la sécurité sociale et une protection de santé pour tous.

 

Bien que cette manifestation ait rassemblé près d’un huitième de la population indienne, les médias n’en ont pas parlé.

 

Alors rassurez-vous si vous avez eu l’impression que nos médias minimisaient l’importance de celles qui se sont hier déroulées en France… C’est probablement un choix rédactionnel qui concerne la planète.

 

PS. Quelques nouvelles qui complètent ce sentiment d’être parfois abusé par l’effet loupe de nos médias sur l’inutile. / J’ai pris un nouveau rythme de travail. Avec la conscience du caractère précieux du temps et de la vie, le refus de continuer à le perdre. Par exemple dans ces élections présidentielles, leurs dérisoires primaires et leur absence d’enjeu, il est probable que je vais poursuivre une carrière d’abstentionniste entamée depuis pas mal d’années. Mais passons, ce commentaire est lui-même une perte de temps….Hier je suis repartie de la bibliothèque municipale de Marseille avec deux livres pour le week end, le premier sur recommandation de Monika est l’histoire de la Pologne de Daniel Beauvois, cela devrait me permettre de travailler mes notes du voyage en Pologne et nous avons convenu avec Monika d’en faire quelque chose ensemble. Le second que j’avais déjà lu est celui de Carlo Ginzburg, mythes, emblèmes, traces, morphologie et histoire, il m’aidera à préparer notre participation avec Marianne au séminaire de Jean Salem et présenter donc le sens de nos croquis de voyages à la recherche des traces de la première expérience socialiste, histoire et futur

 

Pour vous expliquer le sens de ces recherches et de ces mises à distance dans le temps et l’espace. J’avais prêté à Monilka en Pologne un livre tout à fait passionnant: les mémoires de Markus Wolf, le célèbre espion de la RDA. Elle a lu le livre et elle me dit: « c’est passionnant, mais cela a été écrit en 1991, aujourd’hui Markus Wolf serait moins enclin à ce battre la coulpe, il se dirait « j’ai eu raison d’agir comme je l’ai fait », c’est cela qui a changé dans nos pays ex-socialistes et qui continue à changer… Avec la transformation du monde, la chute de l’empire américain, la montée des luttes et les menaces de guerre, l’estimation de cette expérience socialiste n’a rien à voir avec celle que nous pouvions faire du temps de la chute du mur de Berlin »… Un des problèmes de la situation politique française est que nous restons englués dans une vision du monde qui n’a pas lieu d’être ni en ce qui concerne le passé, ni celle du présent et cela conditionne notre incapacité à penser l’avenir. 

 

J’espère que notre blog profitera de cette retraite un tantinet monacale… Avec mes amitiés à tous les lecteurs de ce blog.

 

Danielle Bleitrach 

Le dilemme Duterte (et pourquoi est-ce important): la Chine, l’Alliance avec les États-Unis

 

16 Septembre 2016

 

Il a beaucoup été fait état des imprécations de Rodrigo Duterte, le nouveau président des Philipines contre Obama. Et ce  alors même que se tenait la réunion des nations d’Asie du sud-est (ANASE) qui regroupe les dirigeants de la région Asie pacifique, y compris les États Unis, le Japon, la Chine, la Russie et l’Inde, ainsi que le secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies. Non seulement le contexte est tendu en particulier dans la mer de Chine, mais le dit Dutertre devait officiellement assumer la présidence par les Philipines de l’ASEAN pour 2917, date symbolique à 50 ans de sa création. ce qui nous permet  de bien mesurer ce qui est en train d’évoluer entre les Etats-UNis et leurs alliés.

 

C’était là une occasion unique pour Rodrigo Duterte, le remuant  chef philippin, pour se mettre en valeuir en tant qu’homme d’Etat, pour se  construire son profil international, et chercher un soutien pour les Philippines au milieu des conflits intensifiés dans la mer de Chine du Sud. Duterte devait également accepter officiellement la présidence pour les Philippines de l’ ASEAN pour le 50e anniversaire, en 2017 de l’organisation.   Une réunion bi-latérale  était prévue avec le président Barack Obama qui effectuait son dernier voyage en Asie en tant que président des Etats-Unis. C’est alors que Dutertre n’a pu s’empêcher de le traiter, entre autres, de fils de pute, ce qui avait provoqué un tollé général dans les médias et l’annulation de la rencontre bilatérale avec Obama. .

 

Voilà l’histoire telle que nous la connaissons, mais il y a le contexte qui mérite plus ample information…

 

Malgré le scandale tout a été fait ultérieurement  de part et d’autres pour atténuer l’impact de la sortie du bouillant président philippin. Il a été soigneusement évité de manifester l’existence d’une crise diplomatique entre les Philippines et les Etats-Unis. L’administration Duterte ensuite publié une déclaration de «regret » et la Maison Blanche a déclaré que les relations américano-philippins restent « un roc solide» , conduisant les observateurs les plus optimistes à espérer que les deux alliés avaient rapidement réglé la question.

 

Mais pour d’autres un tel optimisme a paru prématuré, l’incident pourrait signaler le début d’une reconfiguration douloureuse dans les relations Philippines États-Unis à cause de Duterte. Les relations bilatérales sont trop institutionnalisées pour  être perturbé par un hoquet diplomatique à court terme, mais ils n’ont plus l’aspect spécial et sacro-sainte comme avant.

 

En ce qui nous concerne (Histoire et société)L’affaire est d’autant plus remarquable qu’elle correspond à d’autres formes d’émancipations des alliés les plus stratégiques des Etats-Unis comme par exemple Erdogan, à la fois pilier de l’OTAN et mettant en cause directement le rôle des Etats-Unis. Les médias alors découvrent le caractère dictatorial ou les excès d’un allié auquel jusqu’ici il n’était pas question de toucher. les rapports institutionnels demeurent mais une marge d’autonomie est en train de se développer et le cas des Philipines et de Dutertre en est un autre exemple, on pourrait même joindre Israël au lot, sans parler des trublions ingérables que sont les saoudiens et autres émirats. Cela fait donc  partie de la lente déchéance de l’empire américain sorti grand leader incontesté du capitalisme après la deuxième guerre mondiale, rempart contre le communisme, puis son vainqueur jusqu’à ce que la machine s’emballe devant une chute de l’URSS qu’elle n’a jamais su gérer.pas plus que la montée en puissance de la Chine. Après Bush, Obama ont témoigné à leur manière de cette manière de tourner à vide et ce que l’on sait des deux candidats en lice ne laisse augurer aucune capacité à construire une hégémonie mais à entretenir le chaos comme mode de gouvernance.

 

L’essentiel étant que l’on mesure bidn comment dans cette lente chute de l’empire américain, apparemment les relations établies perdurent alors même que chacun cherche d’autres solutions immédiates qui correspondent à ses intérêts propres, ceux de sa nation, ceux de ses visées impériales locales… On pourrait même pousser la démonstration jusqu’à admirer la retenue des puissances  concurrentes comme la Russie et surtout la Chine qui ne tiennent pas à un effondrement trop rapides qui leur laisserait le soin de régler la note catastrophique laissée par l’ex-maître du monde.

 

Duterte est une véritable nouveauté pour les Philippines.Les pHilippines sont en proie à des conflits, à des insurrections, les Etats-Unis fournissent une aide ancienne en matière de « contre-terrorisme » comme lors du massacre de 500.000 communistes et quelle que soit la corruption de leur poulain, ils le soutiennent tandis que la misère s’étend dans le pays et que les rues de Manille bouillonnent.Dutertre est le premier dirigeant philippin qui se décrit lui-même comme un «socialiste , » avec des liens profonds avec les groupes progressistes de gauche qui ont conquis un accès sans précédent aux échelons supérieurs du pouvoir au sein de l’administration Duterte. Et il est le premier président des Philippines avec un agenda politique porté presque exclusivement sur la loi et l’ ordre, en particulier la lutte contre les drogues illicites. On doit ajouter à ces caractéristiques déjà problématiques pour les Etats-Unis, sa propension aux déclarations tonitruantes dont celle proférée contre Obama et les discours fleuves qui gênent les individus bien élevés mais ont attiré vers lui les classes inférieures désillusionnées. Ce qui se traduit dans nos médias par le vocable d »e « populiste », assorti de la découverte de méthodes peu empreintes de légalité d’une police dont jusqu’ici l’occident tolérait les exactions quand il s’agissait de tuer, de torturer des communistes ou des syndicalistes. Enfin nous avons droit sur les réseaux sociaux aux descriptions des frasques du dirigeant philipin, opposé à la dignité gourmé d’un Obama dont on oublie de dire qu’en tant que président des Etats-Unis, il est le successeur d’une longue lignée qui a toujours pensé que les dirigeants des Philippines (comme ceux d’une certaine Amérique latine) étaient des « fils de pute, mais c’étaient « Leurs » fils de pute faisant naître sous leur pas crimes, tortures, corruption et misère.

 

Mais ce que les Etats-Unis ont a reprocher à Dutertre va bien au delà de ce folklore dont font état nos médias. Fondamentalement pour les États-Unis, Duterte est aussi le premier président philippin d’avoir explicitement appelé à une politique étrangère plus indépendante. Après son élection, Duterte a déclaré , «Je vais tracer une [nouvelle] route [pour les Philippines] qui lui soit propre et qui ne sera pas dépendande des États-Unis. » C’était une déclaration politique audacieuse, une défi aux élites philippines profondément pro-américaines , où une grande partie del’ intelligentsia et deqs forces de sécurité se sentent une affinité profonde avec les États-Unis.

 

De surcroît, il ne s’agit pas seulement de mots, Dutertre est Un iconoclast qui paraît faire ce qu’il dit. Duterte a constamment encouragé les contacts diplomatiques avec la Chine, qui jusqu’ici était profondément impopulaire dans les Philippines, en particulier à la lumière des différends de la mer de Chine méridionale. Pour Duterte, la confrontation avec la Chine est non seulement inutile , mais stupide. Il est intéressé par la relance des relations bilatérales jusqu’ici fortement tendues, avec un accent mis sur l’appel aux investissement chinois à grande échelle dans l’infrastructure du pays.

 

l est très probable que Duterte choisira Pékin pour sa première visite officielle d’ Etat, une manière remarquable de se démarquer de ses prédécesseurs, qui choisissaient habituellement Washington comme leur première destination diplomatique. Pendant ce temps, Duterte a adopté une position intransigeante contre toute critique de sa campagne anti-crime, «choc et effroi », qui lui a attiré des réactions négatives de l’Organisation des Nations Unies, les États-Unis, et les médias internationaux. On comprend , alors, que Duterte se soit senti provoqué lorsque le président Obama a clairement indiqué que qu’il soulèverait la question des droits humains dans leur réunion bilatérale qui était prévue.

 

dans la foulée,Duterte avait également menacé, en matière d’humour noir, de sortir son pays hors de l’Organisation des Nations Unies , si cette dernière s’obstinait dans les enquêtes relatives aux droits de l’ homme aux Philippines. Il a également évité toute réunion formelle avec le secrétaire général de l’ ONU Ban Ki – moon , en marge du Sommet de l’ ASEAN.

 

Mis à part le faux pas diplomatique de haut niveau avec Washington, des réunions bilatérales de DUTERTE avec les dirigeants asiatiques, en particulier avec le Premier ministre Shinzo Abe du Japon, se sont bien déroulées et ont été très cordiales. Sa décision de dé-multilatéraliser efficacement les différends mer de Chine du Sud, appelant à un dialogue pacifique et à minimiser le cas d’arbitrage des Philippines contre la Chine, il a touché une corde sensible pour de nombreux dirigeants de l’ ASEAN, qui sont désireux d’éviter toute qurelle diplomatique avec la Chine.


En fait, de nombreux dirigeants de l’ASEAN considèrent tranquillement le fait que le nouveau leader philippin adopte une approche plus pragmatique et conciliante envers la Chine, par opposition à la précédente administration Benigno Aquino qui fait pression sans cesse sur ses pairs régionaux pour monter des coalitions contre Pékin. En ce sens, Duterte est considéré comme une colombe diplomatique.

 

Pratiquement aucun chef de file en Asie a exprimé sa préoccupation avec la situation des droits de l’ homme aux Philippines. Certains peuvent profiter, ou même admirer, la critique vive de Duterte du dossier aux Etats-Unis droits de l’ homme et sa forte aura personnelle. Néanmoins, l’administration Duterte, qui est aux prises simultanément avec le terrorisme et les menaces maritimes de la Chine, ne peut pas s’aliéner totalement les États-Unis.

 

Duterte a clairement fait qu’il ne sabordera pas les accords de sécurité existants avec Washington, qui sont cruciaux pour les exigences minimales de la défense des Philippines. Les négociations avec Pékin pourraient se gâter, en particulier avec les craintes que la Chine pourrait bientôt aller de l’ avant avec la construction d’installations sur le Scarborough Shoal amèrement contestée. Si la Chine refuse de faire des concessions tangibles sur la mer de Chine du Sud, en particulier sur les ressources halieutiques à Scarborough, l’administration Duterte aura pas d’autre choix que de revenir à une approche plus conflictuelle de peur qu’elle provoque une crise politique intérieure.

 

Voilà précisément pourquoi les relations de sécurité avec les États-Unis resteront indispensables pour les Philippines. Néanmoins, il est clair que sous la présidence Duterte, les États-Unis ne peuvent plus attendre le même niveau de déférence stratégique et un soutien diplomatique. Ceci est la nouvelle normalité dans les relations Philippines États-Unis.

 

texte élaboré par Danielle Bleitrach à partir d’un article du National interest : 

http://nationalinterest.org/blog/the-buzz/the-duterte-dilemma-why-it-matters-china-the-us-alliance-17689
article de
Richard Javad Heydarian
13 septembre 2016 dont nous avons déjà noté la position iconocalaste par rapport au Caucase.

Séoul fait une erreur stratégique en permettant le déploiement du THAAD (COMMENTAIRE)

 

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Séoul fait une erreur stratégique en permettant le déploiement du THAAD (COMMENTAIRE)

BEIJING, 26 juillet (Xinhua) -- Si Séoul estime que le bouclier antimissile de Washington pourra efficacement empêcher les menaces en provenance de RPDC (République populaire démocratique de Corée), il fait une erreur stratégique.

 

La vérité est que les Etats-Unis ne se soucient pas de la sécurité de la Corée du Sud. Ce que Washington veut vraiment est un système antimissile qui puisse garantir la suprématie militaire des Etats-Unis dans la région Asie-Pacifique.

 

Après le déploiement de quatre systèmes de défense antimissile THAAD (Terminal High Altitude Area Defense) aux Etats-Unis, et de deux radars X-Band au Japon, la Corée du Sud est actuellement la pièce manquante. C'est pourquoi Washington essaie sans relâche depuis 2012 de déployer le THAAD en Corée du Sud.

 

Une fois que la Corée du Sud aura permis le déploiement du système THAAD sur son territoire, le pays deviendra l'un des outils de Washington, perdant son autonomie dans l'élaboration et l'exécution d'une politique étrangère indépendante.

 

Les Sud-Coréens doivent aussi savoir que le système THAAD aurait une efficacité très limitée contre les missiles en provenance du Nord.

 

D'un point de vue technique, le THAAD est conçu pour abattre des missiles à une altitude relativement élevée de 40 à 150 km, tandis que les missiles de la RPDC volent à une altitude d'environ 20 km, ce qui rend le système antimissile américain incapable de les intercepter, ont fait savoir des experts.

 

En outre, le système THAAD devrait être déployé dans le district de Seongju, à quelque 300 km au sud-est de Séoul, loin de la frontière avec la RPDC. Cela signifie que la capitale sud-coréenne et ses environs, les lieux les plus peuplés du pays, ne se trouvent pas dans le rayon de protection du système.

 

Même si le système est exploitable, il ne pourra qu'être considéré par la RPDC comme une autre bonne raison pour poursuivre ses programmes nucléaires et de missiles. Si la situation s'aggrave, l'on devrait s'attendre à une course à l'armement dans la région, et la Corée du Sud pourrait faire les frais de cette potentielle guerre totale.

 

De plus, cette décision controversée de Séoul pourra affaiblir la confiance stratégique et le partenariat établis avec Beijing ainsi qu'avec d'autres pays dans la région.

 

La Chine a fermement rejeté le déploiement du système THAAD en Corée du Sud. Beijing a averti que le déploiement pourrait détruire l'équilibre stratégique en Asie de l'Est et faire disparaître la chance de régler pacifiquement la question nucléaire dans la péninsule coréenne.

 

La Maison Bleue doit maintenant reconsidérer sa décision. Elle doit savoir que le déploiement du système THAAD dans son pays créera plus de problèmes qu'il n'en réglera.

 

La Corée du Sud devrait ainsi stopper le déploiement et travailler pour la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

 

source: http://french.xinhuanet.com/2016-07/26/c_135541448.htm

 

Nguyên Xuân Phuc élu Premier ministre pour le mandat 2016 - 2021

 

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Nguyên Xuân Phuc élu Premier ministre pour le mandat 2016 - 2021

Mardi, 26 juillet 2016 à 04:36:40

Nhân Dân en ligne - Avec 98,18 % des voix de députés exprimées au scrutin secret au sein de l’Assemblée nationale vietnamienne, Nguyên Xuân Phuc a été élu, mardi après-midi 26 juillet, Premier ministre du Vietnam pour le mandat 2016 - 2021.

 

Après adoption par l’Assemblée nationale d’une résolution sur l'élection du Premier ministre, Nguyên Xuân Phuc a prêté serment devant les représentants du peuple, s’engageant à «être totalement fidèle à la Patrie, au peuple et à la Constitution de la République socialiste du Vietnam», ainsi qu’à faire de son mieux pour accomplir les tâches à lui confier par le Parti, l’État et le peuple.

 

Dans son discours, le Premier ministre Nguyên Xuân Phuc a insisté sur la nécessité de redoubler d’efforts pour rattraper les autres pays du monde. Selon lui, le Vietnam est le 14e pays le plus peuplé du monde, mais son économie n’est que la 48e, et le revenu per capita, ​que le 133e. «Le Vietnam doit ​exploiter ses forces internes ​comme les forces ex​ternes pour garantir l'intérêt national, promouvoir un développement rapide et durable, édifier un pays riche et puissant ayant un statut croissant sur la scène internationale», a-t-il déclaré.

 

Le chef du Gouvernement a ensuite ​souligné la nécessité de simplifier l’appareil administratif, d’augmenter la productivité et l’efficacité de l’investissement, d’accélérer la réforme institutionnelle, de moderniser le système éducatif ainsi que les technologies. Il a particulièrement ​insisté sur l’importance de la protection de l’environnement et d’un plus grand dynamisme ​dans la réaction au changement climatique.

 

"Les plus grands potentiels du Vietnam résident dans ses ressources humaines", a-t-il indiqué, ajoutant qu’il était important de mieux investir dans l’éducation et de créer des opportunités pour le développement des talents.

 

Selon le Premier ministre, il est en outre nécessaire de contrôler le respect de l'environnement des usines, de favoriser l’esprit de start-up et l'innovation, de lever tous les obstacles au développement des entreprises, notamment celles du secteur privé et les PME.

 

En conclusion, Nguyên Xuân Phuc a promis d’œuvrer pour un Gouvernement constructif et intègre, aux actions rigoureuses et au service du peuple.

 

NDEL/VNA

 

source: http://fr.nhandan.org.vn/politique/domestique/item/2780071-nguyen-xuan-phuc-elu-premier-ministre-pour-le-mandat-2016-2021.html

 

Publié par El Diablo

Entretien avec Noor Zaheer, militante du PCI (Parti communiste de l'Inde)

Entretien avec Noor Zaheer, militante du PCI (Parti communiste de l'Inde)

Entretien réalisé par la Ligue de la Jeunesse Communiste du Canada (YCL-LJC Québec), 30 mai 2016, repris pour Solidarité Internationale PCF.

Noor Zaheer, militante du Parti communiste de l’Inde (PCI), présidente de la branche de Delhi de la Fédération nationale des femmes indiennes et écrivaine de renom était de passage à Montréal dans le cadre d’une tournée canadienne qui s’est clôturée le 21 mai avec une allocution au 38e Congrès du Parti communiste du Canada. 

Elle s’est entretenue avec la rédaction de Clarté, l'organe du Parti communiste du Québec, au sujet des développements politiques en Inde depuis l’élection du gouvernement nationaliste de droite de Modi. 


Clarté: Le régime de l’actuel président Modi du parti nationaliste BJP a été qualifié par le PCI de fasciste. Peux-tu nous en dire un peu plus?

Noor Zaheer: Le fascisme de Modi s’articule à plusieurs niveaux. C’est d’ailleurs ce qui le rend difficile à combattre: s’il était unidirectionnel, il aurait probablement été défait beaucoup plus facilement. Or, il opère à l’échelle individuelle, contre le mouvement des femmes, dans les organisations et institutions religieuses, contre les communautés, dans les institutions de l’État et contre les étudiants. Il est présent partout et il serait erroné de croire qu’il est en déclin.

Le mouvement des femmes a été particulièrement ciblé, en particulier les femmes musulmanes, puisque le gouvernement BJP tente d’imposer un code civil unique concernant la pratique religieuse, ce qui attaque de plein fouet les minorités religieuses, pas seulement les Musulmans, mais aussi les Chrétiens, les Sikhs, les Bouddhistes et les Parsis qui bénéficient jusqu’à maintenant d’une liberté de culte.

Le fascisme de Modi est aussi à l’origine d’une recrudescence des assassinats d’Intouchables. Les femmes intouchables quant à elles sont de plus en plus victimes de viols, surtout celles qui réclament justice.

Tout ça sont quelques exemples du fascisme du régime Modi, je ne sais pas pourquoi nous devrions édulcorer la réalité: il est là et nous devons nous mobiliser dès maintenant pour bâtir une riposte frontale contre le gouvernement du BJP.


Clarté: Comment ce fascisme s’est-il installé dans la société indienne?

N. Z. À mon avis, le premier signe avant-coureur a été l’assassinat de Mahatma Gandhi. À cette époque, le BJP n’existaient pas, mais le Sangh Parivar [mouvement fédérant plusieurs associations désireuses d’instaurer l’hindouisme comme religion d’État en Inde et qui a entretenu des liens avec le fascisme de Mussolini dans les années 1930, NDR] a été reconnu comme commanditaire de l’assassinat de Gandhi. Au moment où l’interdiction du RSS [groupe paramilitaire nationaliste, NDR], l’un des principaux constituents du Sangh Parivar, a été levée, les problèmes ont commencé. Ils se sont reconvertis en organisation culturelle, ce qui leur a permis de passer sous le radar. Ils ont commencé à organiser des clubs de sport pour se rapprocher des jeunes.

Selon moi, les jeunes hindous se sont sentis un peu menacés par la création du Pakistan et ont été sensibles aux discours anti-musulman à cause de la propagande haineuse diffusée un peu partout. Le fascisme a donc été quelque peu sanctifié et a pris racine peu à peu.

Il ne faut pas oublier non plus qu’en Inde, il existe une forme de racisme jamais discutée: le système de castes. Nous avons essayé de pousser ce débat, mais le gouvernement indien l’a toujours esquivé. Cette forme de racisme, les nouveaux développements depuis l’élection du BJP et la crise capitaliste forment un mélange explosif qui a permis de paver la voie au fascisme.


Clarté: dans ces circonstances, comment vit-on le fait d’être une femme, progressiste et militante de surcroit?

N.Z.: C’est de plus en plus difficile chaque jour, chaque minute même! Pour moi, c’est d’autant plus difficile que ma fille est impliquée politiquement, donc je reçois des menaces du genre «tu devrais mieux éduquer ta fille». Toutefois, mon cas n’est pas unique: plusieurs mères viennent nous rencontrer pour chercher de l’aide pour les mêmes raisons. Nous essayons de répondre à leurs besoins notamment en les organisant et en les soutenant dans leurs luttes. Il reste qu’être une militante en Inde est très dangereux ces jours-ci: tous les jours, je me fais harceler par les Mullahs ou par les nazillons du RSS.

Clarté: depuis novembre dernier, les étudiants indiens mènent une âpre lutte contre le régime de Modi, en particulier à l’université Jawaharlal Nehru. Que penses-tu de l’importance de cette mobilisation dans la riposte contre le régime de Modi et que penses-tu que les étudiants canadiens et québécois pourraient faire pour témoigner de leur solidarité?

N.Z.: Le plus important dans cette mobilisation, c’est que les étudiants ont réussi à rejoindre plusieurs couches dont les travailleurs, les paysans et les femmes, ce qui est très encourageant pour la suite du mouvement. Si les luttes dans ce genre perdurent et se multiplient dans les trois années à venir, je suis confiante que le régime de Modi ne sera qu’un sombre chapitre de l’histoire indienne.

Concernant la solidarité avec le mouvement étudiant, la première tâche de la jeunesse et des étudiants canadiens est de promouvoir cette lutte par tous les moyens possibles, car il y a un silence total à ce sujet. Ils pourraient aussi organiser des actions de solidarité comme des piquetages devant les représentations diplomatiques indiennes à travers le pays. Même s’ils ne sont que quatre ou cinq avec un tract et une banderole, c’est assez pour piquer au vif le gouvernement qui accorde beaucoup d’importance à son image à l’international. Bien sûr, toute expression de solidarité est également bienvenue.


Clarté: il ne fait aucun doute que le fascisme de Modi soit lié aux problèmes de la question nationale non-réglée en Inde. Comment pensez-vous régler cette question en respectant le droit des peuples à l’auto-détermination et de façon démocratique?

N.Z.: C’est une question qui est de plus en plus discutée en Inde. En effet, la question nationale en Inde s’est imposée dans le débat politique d’une façon très violente. Par exemple, le Cachemire est sous occupation militaire, le Nord-Est où la situation est semblable dans trois États (Manipur, Assam et Nagaland), ce qui a mené à des débats afin de savoir si l’Inde représente vraiment une nation ou si nous ne devrions pas former une fédération. Cependant, ces deux dernières années, toute discussion, tout débat politique ont été muselés. La proposition d’un État fédératif garantissant les droits nationaux de chaque population doit être discutée, car l’Inde est un pays trop diversifié pour que l’on parle d’une nation unitaire.

Clarté: concernant la politique internationale et régionale, le gouvernement Modi a aussi créé des remous notamment en imposant un blocus au Népal après avoir voté une constitution progressiste.

N.Z.: En effet, lorsque le blocus a été décrété, j’étais moi-même à la frontière. Le PCI était sur place également. Ce blocus est un acte imposé à 100% par l’Inde, le Népal n’a aucune responsabilité dans cette affaire si ce n’est que d’avoir voté une Constitution à l’image des aspirations du peuple népalais. La propagande indienne a fait valoir que les Népalais avaient l’intention d’empêcher le commerce transfrontalier, or il n’en est rien: pourquoi un pays dont 30% de la force de travail dépend du commerce avec l’Inde, qui plus est à l’économie ravagée à cause d’un séisme catastrophique, voudrait rompre ses relations commerciales avec son voisin? La vérité, c’est que Modi veut implanter une Constitution hindouiste en Inde alors que le Népal a voté une Constitution laïque et fédérative, ce qui a attiré les foudres du gouvernement indien.

Ceci illustre le fait que les pays qui désirent entretenir des relations d’égal à égal avec l’Inde ont eux aussi intérêt à défaire le gouvernement de Modi. Je suis confiante que lors des prochaines élections il sera battu, mais va-t-il accepter de laisser sa place? Ce n’est effectivement pas dans la logique fasciste, il est possible que par un truchement quelconque, il réussisse à se maintenir en place envers et contre la voix du peuple. Ainsi, nous devons nous maintenir mobilisés, être prêts à lutter sur tous les fronts et être prêts à cette éventualité. Pour le moment, nous devons donner plus de pouvoir aux jeunes et aux femmes qui sont au coeur de la riposte et nous devons leur offrir notre soutien total, car ils constituent une force considérable sur laquelle nous pouvons nous appuyer pour renverser Modi.

Lien de l'article original : http://yclljc-magazine.blogspot.fr/2016/05/entretien-avec-noor-zaheer-militante.html?m=1

L’aspect le plus négligé du Congrès du Parti de la Corée du Nord

 

par Harry M. Sa

12 Mai 2016

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http://nationalinterest.org/blog/the-buzz/the-most-overlooked-story-north-koreas-party-congress-16162

Article intéressant dans la manière dont il témoigne du quasi désarroi des dirigeants Etatsuniens devant le caractère énigmatique de la politique de la Corée du Nord. Cette vision change un peu de la stupidité de ceux qui dans nos médias comme dans les réseaux sociaux en répercutant la propagande de l’extrême-droite de séoul, relayé par l’empire Murdoch, feignent de savoir ce qu’ils ignorent  

(note de danielle Bleitrach)


11 mai 2016

 

Le Congrès du Parti de la Corée du Nord s’est terminé après quatre jours de théâtre non – stop. Il a été tout ce que nous en attendions, et plus encore: le secret, la pompe, les armes nucléaires, et même la détention et l’ expulsion du correspondant de la BBC Rupert Wingfield-Hayes. Une annonce, cependant, a été faite sans fanfare: le plan quinquennal économique de Kim Jong-Un . Certes, les plans économiques ne sont pas aussi palpitante que les armes nucléaires et l’ expulsion des journalistes occidentaux, mais cela pourrait être l’histoire la plus révelétrice souterraine jusqu’à présent. Une raison en est que , lorsque l’annonce a été faite, il était dépourvu de tous les détails. L’autre raison est que le progrès économique ne semble pas très nord – coréen.

 

Beaucoup d’ entre nous, en particulier aux États-Unis, ont été conditionnés à penser à la Corée du Nord comme un pays coincé dans un état perpétuel de misère et de décrépitude. Sa simple mention tend à faire surgir des images de gens affamés . Au contraire, il est évident que l’inverse se produit . Merci à l’avancée tranquille d’une économie de marché naissant, la Corée du Nord a connu une croissance modeste au cours des dernières années. La production agricole se maintient malgré la sécheresse au début de 2015 et le niveau de la défection de son voisin du Sud a chuté. Bien sûr, cela ne veut pas dire que tout va bien dans le Royaume Ermite. La malnutrition généralisée persiste et son économie a un long chemin à parcourir. Peu importe, des prévisions optimistes de l’économie nord – coréenne devrait inquiéter Washington.

 

La Corée du Nord perçoit les États-Unis comme son adversaire éternel. Si cette perception de menace reste le même tandis que ses conditions économiques s’améliorent, le comportement belliqueux de la Corée du Nord se pétréfira . « Pourquoi », se demandera Pyongyang , « devrions-nous aller à la table de négociations ? Nous avons réalisé tout cela à l’extérieur du système. » Encouragé par ses ressources financières et économiques de fraîche date, Pyongyang va probablement renchérir sur sa stratégie d’isolement, sur son agressivité, sur le développement de son armée. Ce qui représente une menace importante pour, non seulement pour les États-Unis, mais pour toute la région Asie-Pacifique.

 

Actuellement, l’administration Obama a adopté une politique baptisée «patience stratégique». L’objectif principal est d’utiliser l’isolement et les sanctions multilatérales pour rendre insupportable à la Corée du Nord le maintien de son programme nucléaire. Ensuite, nous attendons la suite des événements. Pyongyang devrait trouver trop douloureux de maintenir sa trajectoire actuelle et devrait se soumettre aux conditions américaines. Ce qui s’avère une politique inopérante . « patience stratégique » a seulement servi à durcir la détermination de la Corée du Nord et a forcé le régime de Kim de trouver des façons créatives et novatrices pour survivre. Au lieu de mendier pour être autorisé à revenir dans le giron, la Corée du Nord est plus résistante que jamais.

 

Avec que le président Obama est en train de terminer son mandat, comment les candidats présidentiels conçoivent-ils l’ une des énigmes géopolitiques les plus difficiles et durables de notre temps? L’ ancien secrétaire d’Etat, Hillary Clinton a été relativement calme. Ellea cependant été le principal moteur actuel des États-Unis de l’approche actuelle. Les deux autres Donald Trump et le sénateur Bernie Sanders ont esquissé une politique nord – coréenne qui reposait sur une pression exercée sur la Chine pour faire face à l’état secret.

 

Le plan visant à refiler la responsabilité à la Chine est une alternative populaire. Après tout, avec des quantités massives d’aide et de commerce en provenance de la Chine,elle doit sûrement avoir un effet de levier important sur la Corée du Nord. C’est également une impasse. Peu importe la colère que les dirigeants à Pékin manifestent , il n’abandenneront jamais la Corée du Nord, ni permettront à son effondrement. Cela coûte trop cher. À court terme, la Chine devrait faire face à une crise des réfugiés à l’échelle de la Syrie ou pire, la réaffectation des ressources précieuses de l’Etat dans la sécurisation de la frontière sino-nord-coréenne, et un éventuel conflit militaire avec les États-Unis. À plus long terme, la Chine devra faire face à une péninsule coréenne unie sous la domination de Séoul et sans doute encore un allié américain. Ceci est plus dangereux que de perdre un état tampon qui a servi les intérêts chinois depuis de nombreuses décennies.

 

Pas un seul candidat a mentionné les perspectives de négociations .

 

Les États-Unis doivent faire le premier pas et inviter la Corée du Nord aux négociations. Il s’agit d’offrir une ouverture, même minime, pour peser sur le comportement de la Corée du Nord. Même si la nature de l’ influence exercée se révèle être minime, il est bien préférable à l’effet de levier zéro que nous exerçons aujourd’hui. Deuxièmement, Kim Jong-Un et la Corée du Nord deviennent plus prévisible. Lors d’ une récente conférence organisée par le Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS) à Washington DC, le Dr Suh Hoon, ancien directeur adjoint du renseignement sur la Corée du Nord du Service national du renseignement sud – coréen, a fait remarquer , « Pendant l’ère Kim Jong-Il, nous avons eu beaucoup de discussions. Nous pouvions anticiper leurs pensées, mais ce qui est différent avec Kim Jong-Un. « Grâce à l’absence d’interaction, la prise de décision déjà ésotérique et mystérieuse de la Corée du Nord est plus opaque que jamais.


Ce sera un processus long et douloureux, mais négocier avec la Corée du Nord est la seule option viable qui nous reste. Il y a un besoin urgent pour les candidats de formuler une nouvelle approche avec l’ancienne diplomatie. Nous ne pouvons plus nous permettre de tout faire reposer sur l’hypothèse d’un effondrement inévitable nord-coréenne ou nos espoirs sur une intercession peu probable de Pékin.

 

Harry H. Sa est un analyste de recherche sur le Programme des États-Unis à l’Institut de défense et d’études stratégiques, une unité de l’Ecole S. Rajaratnam d’études internationales (RSIS) basé à l’Université Technologique de Nanyang, à Singapour. Il est originaire de Los Angeles, Californie.

L’Asie centrale offshore

 

 

10 Avril 2016

 

 

06.05.2015

 

  • Cet article est un chef d’oeuvre dans le genre… Il explique en effet avec une sorte d’innocence touchante que l’Asie centrale n’est pas une somme de pays arriérés de l’ex-Union soviétique totalement fermés à l’économie de marché. Ils ont au contraire réussi leur transition avec succès En particulier les élites, héritées de l’appareil soviétique, ont parfaitement intégré le systèmes des paradis fiscaux et la fameuse corruption caractéristique de ces pays n’est en fait que le moyen par lequel l’occident étend son mondialisation financière. Certes il y a un petit détail, la vie de la majorité de la population est devenue insupportable, misère, épidémies, chômage, trafics en tous genres et bandes levées pour alimenter quelque sjihad, mais ça aussi c’est la modernisation capitaliste. Bravo l’Asie centrale devenue « moderne »… .
  • (note de Danielle Bleitrach)

Une des dernières éditions du Central Asian Survey, revue scientifique consacrée à l’Asie centrale, casse avec force le stéréotype d’une région reculée, peu intégrée dans la mondialisation économique. Retour sur les principaux points soulevés dans ce dernier numéro.

L’Asie centrale est en fait bien intégrée dans la mondialisation, à commencer par les flux financiers globaux. C’est là le message principal qu’avance ce premier numéro de 2015, dirigé par John Heathershaw (University of Exeter) et Alexander Cooley (Columbia University), deux des principaux spécialistes universitaires de la région.

 

Alors que cette région a longuement été analysée comme étant isolée économiquement, les chercheurs montrent que « même les Etats centre-asiatiques avec les systèmes économiques les plus fermés (l’Ouzbékistan et le Turkménistan) ont incorporé leurs transactions […] dans un jeu de réseaux de transactions informelles à portée mondiale. » Ainsi, les premiers acteurs de cette intégration sont les élites locales soucieuses de dissimuler leurs capacités financières.

 

Par cette analyse innovante de l’Asie centrale, ce numéro du Central Asian Survey combat le mythe d’une libéralisation ratée, reprochée à des maux locaux parmi lesquels la corruption, le clientélisme et le régionalisme. Au contraire, une compréhension complète du développement économiques des pays centre-asiatiques comprend la considération de leur imbrication dans l’économie mondiale.

 

Casser les mythes sur l’économie centre-asiatique

 

Non l’Asie Centrale n’est pas isolée des évolutions politiques et des réalités géopolitiques régionales ou globales. Au contraire, la région est au cœur de la diffusion de certaines normes. C’est le cas, notamment, de la notion de société civile au Kirghizstan avec ses 10000 à 15000 ONGs. Le pays où « les ONGs poussent comme les tulipes ». D’autre part, certains Etats de la région se font maîtres dans les pratiques de simulations d’institutions démocratiques. Le Kazakhstan est ainsi un des Etats dont le modèle politique est à l’origine du concept de « demi-autoritarisme » initié à la fin des années 1990.

 

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Non l’Asie Centrale n’a pas raté sa transition vers l’économie de marché. Alors que les problèmes de la région ont longtemps été attribués à une libéralisation manquée, celle-ci aurait plutôt été sélective, tournant surtout autour de la dérégulation financière. Ainsi, une intégration à l’économie de marché mondiale s’est accompagnée d’un manque ou d’une absence de libéralisation politique, faisant obstacle aux libertés économiques.

 

Tandis que les réformes liées aux institutions financières et à la libéralisation de certains secteurs sont promus avec insistance par les organisations internationales, celles de l’Etat, des institutions et du mode de gouvernance sont reportées à des lendemains moins noirs. C’est le cas du secteur de l’électricité au Kirghizstan : les institutions financières comme l’Etat préfèrent miser sur l’augmentation des prix de l’électricité que sur une lutte contre la corruption dans le secteur. C’est aussi le discours employé par le président kazakh Noursoultan Nazarbayev, qui préconise la nécessité d’un Etat fort pour un développement économique efficace.

 

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Non l’Asie Centrale n’est pas traditionaliste et clanique. Les structures sociales locales s’appuient bien sur des formes sociales préexistantes, mais les indépendances ont également mené à une imbrication globale des « clans » centre-asiatiques. Ainsi, dans les régions minières du Kirghizstan, des structures sociales dites traditionnelles vont de pair avec un très bon suivi du prix de l’or sur les marchés mondiaux. Les clans évoluent donc au côté de réseaux d’intermédiaires qui assurent le lien avec l’économie globale.

 

Lire aussi sur Novastan : Vallée de Chatkal, le ‘Klondike kirghiz’ : mines, isolement et corruption

 

La corruption : une affaire de complicité internationale

 

Ces mythes que conteste le Central Asia Survey se sont établis alors même que croissaient des réseaux économiques mondiaux autour de l’Asie centrale. Mais cette intégration a surtout servi l’enrichissement d’élites économiques et politiques (dans la région elles ne font qu’une) et du secteur financier de pays développés. Ainsi pour les chercheurs de conclure l’introduction au numéro : « Si on explore l’ensemble des points de contact extraterritoriaux [de l’Asie Centrale] – des entreprises de lobbying jusqu’aux cabinets d’avocats – alors le si bien nommé ‘Grand Jeu’ devient bien moins héroïque et bien plus proche de la maison. Aujourd’hui les émissaires de la Russie et de l’Ouest en Asie centrale peuvent mener des affaires depuis leurs confortables bureaux. Et les élites centre-asiatiques peuvent poursuivre leurs intérêts politiques et économiques locaux via les mécanismes offshores offerts par la globalisation

 

Ce que ces mythes cachent, c’est l’enrichissement massif des élites centre-asiatiques qui n’aurait pas été possible sans « la complicité de l’Ouest et même son implication active dans de nombreuses activités de corruption qui sont d’habitude vues comme étant exclusivement le résultat d’actions locales [aux pays d’Asie Centrale]

 

En effet, les logiques du libéralisme et de l’individualisme se sont bel et bien établies dans la région, bien que leurs gains ne soient limités qu’à quelques-uns. Et comme le précisent Stacy Closson et Charles Dainov dans leur analyse du secteur des hydrocarbures dans la région, malgré toutes les ruptures causées par les indépendances, il y a bien un élément de continuité dans l’intégration de l’Asie centrale dans la mondialisation :« La nature informelle des affaires dans la région eurasienne trouve ses racines dans le système patrimonial soviétique, conçu pour assurer la survie des élites et de leurs cohortes dans une économie de manque permanent. […] Ainsi les leaders obéissent davantage à des intérêts informels plutôt qu’à des dynamiques de marché. »

 

La Rédaction

Le Vietnam et la Russie intensifient leur coopération dans l’industrie

Publié le par anonyme

Le Vietnam et la Russie intensifient leur coopération dans l’industrie

Mercredi, 23 mars 2016 à 03:07:26

Nhân Dân en ligne - Le Vietnam et la Russie ont signé, le 21 mars, à Moscou, un protocole intergouvernemental de soutien par la Russie de la fabrication de véhicules à moteur au Vietnam.

Les signataires étaient le ministre russe de l’Industrie et du Commerce, Denis Manturov, et son homologue vietnamien, Vu Huy Hoàng, à l'occasion de la visite de ce dernier dans quatre pays européens.

Selon cet accord, le Vietnam importera 2.550 voitures dans les trois prochaines années, 13.500 unités de pièces détachées dans les cinq années à venir. Le taux de localisation de la production devra atteindre de 40 à 50% d'ici à 2025.

Dans son discours, le ministre russe Denis Manturov a indiqué que cet accord était le premier projet de coopération bilatérale visant à appliquer l’accord de libre-échange entre le Vietnam et les pays membres de l’Union économique eurasiatique, ainsi que pour augmenter les échanges commerciaux entre Vietnam et Russie.

Le Vietnam souhaite fabriquer des automobiles sur son territoire et augmenter le taux de localisation des pièces détachées, a souligné le ministre Vu Huy Hoàng, affirmant que ce projet contribuera au développement du secteur automobile du Vietnam.

Le même jour, Vu Huy Hoàng a eu une séance de travail avec la ministre du Commerce de l'Union économique eurasiatique, Veronika Nikishina.

Le ministre Vu Huy Hoàng et la délégation l'accompagnant effectue une visite en Russie du 20 au 22 mars, avant de partir pour la Biélorussie le 23 mars.

NDEL/VNA

source: http://fr.nhandan.org.vn/politique/relation_exterieure/item/2315271-le-vietnam-et-la-russie-intensifient-leur-cooperation-dans-l%E2%80%99industrie.html

 

Park Kun-woong (« Je suis Communiste ») : « Nous ne sommes pas libérés de la guerre des idéologies »

 

19 Mars 2016

16 mars 2016

Park Kun-woong ("Je suis Communiste") : « Nous ne sommes pas libérés de la guerre des idéologies »

http://www.actuabd.com/Park-Kun-woong-Je-suis-Communiste

 

Invité de Livre Paris, Park Kun-woong n’a pas (encore) la notoriété d’un Spiegelman ou d’un Tardi. Il est cependant de ces auteurs dont les œuvres enrichissent la mémoire universelle par le roman graphique. Après « Fleur » (Casterman) et « Massacre au pont de No Gun Ri » (Vertige graphique), il poursuit l’exploration de l’histoire de la Corée avec les deux volumes de « Je suis communiste » (Cambourakis). Nous l’avions rencontré l’été dernier à l’occasion du Festival de Bucheon dont il était le Président. Nous le retrouvons à Paris.

 

Après avoir été honoré par ses aînés qui l’ont nommé président de la plus importante manifestation de BD coréenne, Park Kun-woong s’était retrouvé en haut de l’affiche de la 18e édition du Festival de Bucheon.

 

Né en 1972, cet auteur semble agir comme un relais entre les pionniers de la bande dessinée sociale coréenne, témoins directs des drames du passé, et la nouvelle génération, tournée vers le numérique. Ainsi, les œuvres de Park Kun-woong rappellent les ravages de l’occupation japonaise, de la guerre entre le Nord et le Sud et de la dictature militaire qui s’en est suivie.

 

Du fait de l’actualité éditoriale française, l’entretien qui suit évoque en priorité Je suis communistedont les deux volumes viennent d’être adaptés en français aux éditions Cambourakis. Cette épaisse biographie, présente Hur Young-chul, coréen du Sud, pétri d’idéaux marxistes qui a combattu du côté du Nord avant d’être emprisonné durant trente-six années dans les geôles du Sud.

 

Cependant, il sera également question du Temps des bêtes, son dernier roman graphique en date qui n’a pas encore été traduit en France. Cette nouvelle somme retrace le calvaire de Kim Geun-Tae, figure de l’opposition à la dictature sud-coréenne, emprisonné et torturé en 1985. Lors du festival de Bucheon, ce livre a fait l’objet d’une exposition impressionnante, réalisée par Park Kun-woong lui-même.

Park Kun-woong ("Je suis Communiste") : « Nous ne sommes pas libérés de la guerre des idéologies »

« Je suis communiste », en Corée avez-vous publié ce livre avec le même titre ?

 

Oui. « Je suis communiste » était le titre du livre pour sa première publication en deux volumes. Mais lors de sa réédition de 2014 en intégrale, le titre est devenu « Mémoires d’un révolutionnaire ». Des groupes conservateurs qui défendent les idées du gouvernement actuel [Mme Park Geun-hye -Présidente de la République du pays depuis 2013- est la fille de l’ancien dictateur militaire, Park Chung-hee, NDLR] ont attaqué mon livre parce qu’ils l’estiment partisan de la Corée du Nord. Ainsi il a été retiré de certaines bibliothèques. Cela montre que le terme « communiste » est toujours interdit, comme à l’époque de la dictature. Aujourd’hui la chasse aux sorcières ne fonctionne plus, mais les manipulations sont toujours à l’œuvre.

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Extrait de « Je suis communiste, Tome 1 »

© Park Kun-woong, Hur Young-chul – Cambourakis

Pour quelles raisons pensez-vous que votre livre été la cible des conservateurs ?

 

Il l’a été à la fois pour son titre et pour son contenu. Hur Young-chul, dont j’expose le parcours, a refusé de se fondre dans le capitalisme pendant plus trente ans. Il témoigne aujourd’hui que le système de l’ennemi des années 1950 lui semblait plus abouti d’un point de vue social. C’est ce qui a valu au livre d’être retiré de quelques bibliothèques sous la pression des conservateurs. Je le ressens comme une atteinte au droit à la culture et à l’expression. 


Il s’agit de l’histoire d’une personne emprisonnée pendant trente-six ans pour avoir déclaré déclaré : « Je suis communiste ». Je crois que la démocratie signifie la diversité d’opinion. Le fait de ne pas reconnaître le communisme dans la Corée du Sud actuelle m’amène à douter de cette démocratie. Nous ne sommes pas encore libérés de la guerre des idéologies.

 

Pourquoi avoir choisi de raconter cette histoire ?

 

Je raconte l’histoire d’une personne qui a pris le parti du Nord. Pendant ses trente-six années de détention, ses photos et ses écrits ont été brûlés par sa propre famille pour ne pas subir plus de répression. À sa sortie de prison le seul support sur lequel il pouvait s’appuyer pour raconter son parcours était sa mémoire. Il en a tiré un livre, c’est ce qui constitue ma bande dessinée.


Son témoignage permet d’équilibrer notre regard sur l’affrontement entre le Nord et le Sud. On voit par exemple que l’armée chinoise qui est perçue aujourd’hui comme invasive, a été reçue par une partie de la population dans un esprit de solidarité et que les soldats chinois faisaient preuve de comportements positifs…

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Extrait de « Je suis communiste, Tome 2 »

© Park Kun-woong, Hur Young-chul – Cambourakis

Pourquoi aborder autant de sujets douloureux de l’histoire de votre pays ?

 

Après la guerre, la dictature a empêché de bien connaître notre passé. La vérité historique a été enterrée. J’ai pris la bande dessinée en tant qu’outil pour la révéler. Depuis peu, j’utilise un second outil, la caricature, pour aborder la satire politique. Le passé est important, l’histoire actuelle aussi.

 

Au festival de Bucheon, vous semblez plus proche de l’ancienne génération d’auteurs ?

 

C’est vrai. D’ailleurs des lecteurs qui me découvrent ici me pensaient plus âgé. J’aborde des sujets lourds pour un « jeune » auteur. Cependant l’histoire contemporaine intéresse de plus en plus ma génération parce que le pouvoir actuel rappelle l’époque de la dictature. Les groupes qui dirigeaient le pays reviennent aux affaires. Il reste beaucoup de sujets à traiter. La bande dessinée a de plus l’avantage d’être facilement abordée par les jeunes.

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Extrait du « Temps des bêtes », encore inédit en français 

© Park Kun-woong

La bande dessinée numérique -le webtoon- semble connaître un impact profond en Corée. Songez-vous à œuvrer dans ce secteur ?

 

Oui bien sûr. Avec Le Temps de la bête, j’achève un cycle de trois témoignages qui avait commencé avecMassacre au Pont de No Gun Ri, puis par Je suis communiste. Je travaille actuellement sur un projet de science-fiction où il sera question de pouvoir politique. Cette bande dessinée sera à la fois diffusée en webtoon et imprimée sur papier.

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L’Affiche du Festival de Bucheon 

© Park Kun-woong – KOMAKON

La science-fiction est aussi le thème de votre affiche pour le festival de Bucheon. Pouvez-vous nous l’expliquer ?

 

En sortant de mon style habituel, j’ai voulu apporter un visuel ludique et divertissant pour le grand public. J’ai pensé à une bouteille d’encre comparable à un corps humain. Sa tête s’envole vers un espace mystérieux en emportant les lecteurs. Que la bande dessinée conquière de nouveaux territoires, est dans l’esprit des auteurs. Sur quelle étoile et quelle histoire la tête va-t-elle atterrir ? C’est à l’imaginaire des auteurs de le déterminer.

 

Pour le festival, vous avez conçu une exposition autour du « Temps des bêtes » à propos des tortures subies dans les années 1980 par le militant des droits de l’homme, Kim Geun-tae. Vous y avez notamment reconstitué la cellule où eurent lieu les sévices. On a été surpris de vous y voir pris en photo avec la veuve, les enfants et petits-enfants de Kim Geun-tae. Ils semblaient sourire, ce qui pour nous, Occidentaux, paraît étrange dans une telle circonstance. Que signifiait ce sourire ?

 

Je ne pense qu’ils souriaient, ils étaient sereins. J’ai longuement discuté avec Mme Chae Keun, sa veuve, pour préparer ce livre. Je pense que ce sourire est une satisfaction du fait que l’histoire de son mari devienne le sujet d’une exposition et que lui-même serait heureux de savoir que son histoire est aujourd’hui connue. Comme une revanche contre l’oubli.

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« Une revanche contre l’oubli ». Au coeur de l’exposition consacrée au « Temps des bêtes », Park Kun-woung entouré par ses ainés Park Jae-dong et Lee Hee-jae avec la veuve, les enfants et petits-enfants de Kim Geun-Tae dont il a raconté le calvaire dans son livre et son exposition.

Les éditions étrangères de vos livres étaient présentes dans l’exposition. Cela représente-t-il une grande importance pour vous ?

 

Je traite de l’histoire contemporaine coréenne, sous l’angle de thématiques universelles, les droits de l’homme, le refus de la guerre. Je remercie le public français de me lire, car ces thématiques méritent des réflexions communes. On publie aussi des bandes dessinées françaises en coréen. J’espère que l’échange va se poursuivre. C’est à l’humanité entière de résoudre ces problèmes.

 

Propos recueillis par Laurent Melikian.

La rébellion universitaire s’étend en Inde

 

21 Février 2016
 
Par Laurence DEFRANOUX 17 février 2016 à 18:26 (mis à jour le 18 février 2016 à 16:53)
 

Les manifestations sont quotidiennes dans la capitale. A New Delhi, le 18 février.

 

Photo Chandan Khanna. AFP

Le mouvement, déclenché par l’arrestation d’un leader étudiant dans la plus grande université de New Delhi, bastion communiste, continue à s’étendre.

  • La rébellion universitaire s’étend en Inde

Jeudi, des milliers d’étudiants et professeurs se sont rassemblés dans le centre de New Delhi, avec des drapeaux indiens et des pancartes «Ce n’est pas parce que je ne suis pas d’accord que je suis antipatriotique».Dans une dizaine d’autres villes, des étudiants ont marché avec les mêmes slogans défendant la liberté d’expression, et une quarantaine d’universités ont exprimé leur solidarité avec le mouvement de protestation.

 

Depuis une semaine, la capitale est secouée par des manifestations en soutien au président de l’association des étudiants de l’université Jawaharlal-Nehru, arrêté pour «sédition». Des centaines de professeurs de la plus prestigieuse fac indienne, bastion de la gauche, sont en grève. La situation pourrait s’envenimer alors que la détention du leader étudiant a été prolongée, et que des avocats nationalistes ont agressé le prévenu et des journalistes lors de l’audience au tribunal, mercredi.

 

Qu’est-ce qui a déclenché le mouvement ?

 

Le 9 février, un rassemblement a été organisé par un mouvement étudiant proche des maoïstes au sein de l’université Jawaharlal-Nehru (JNU) en mémoire d’un séparatiste indien du Cachemire. Afzal Guru avait été condamné à mort pour avoir été l’un des organisateurs de l’attentat suicide qui a frappé le cœur du Parlement indien en 2001. Sa pendaison, le 9 février 2013, avait été très critiquée par les ONG de défense des droits humains, ses aveux ayant été recueillis sous la torture. Après les protestations d’un autre syndicat étudiant, lié aux nationalistes hindous au pouvoir, la fac a demandé l’annulation du rassemblement quelques minutes avant son début. Sur place, la tension est montée entre les deux camps, et des slogans réclamant l’indépendance du Cachemire, région disputée par le Pakistan et l’Inde, et «appelant à détruire l’Inde»auraient été lancés. Quelques jours après, le président élu de l’association des étudiants de la JNU, Kanhaiya Kumar, était arrêté pour «sédition». Une arrestation qui a déclenché une vague de soutiens, d’autant plus que, selon nombre d’observateurs, il est peu probable que cette personnalité décrite comme modérée ait crié des slogans «antipatriotiques».

 

Que représente cette université en Inde ?

 

Nicolas Jaoul, chargé de recherche à l’Iris à Paris (CNRS), connaît bien la JNU, fondée dans les années 60, pôle d’excellence dans les sciences humaines. Considérée comme la première université indienne, elle est aussi un bastion communiste. Il explique à Libération comment la fac est devenue «un haut lieu de la radicalité politique en Inde, où quasiment chaque jour, des meetings et des débats politiques sont organisés, des luttes ont lieu pour s’opposer aux tentatives de l’administration de reprendre en main le campus». Le chercheur précise que la fac recrute beaucoup dans les Etats pauvres et agraires du Bihar et de l’Uttar Pradesh : «Cette université a un rôle de premier plan dans la formation des élites indiennes, notamment les hauts fonctionnaires et les futurs universitaires. Son contrôle par la gauche pose un réel problème pour le gouvernement actuel qui représente l’extrême droite hindoue et qui se montre décidé à passer à l’offensive.»

 

Pourquoi les étudiants ont-ils organisé un rassemblement en faveur d’un homme considéré comme un terroriste ?

 

Selon Nicolas Jaoul, «l’exécution d’Afzal Guru, réalisée dans le secret de la prison de Tihar, est restée comme un symbole des abus d’une loi antiterroriste, le Pota, mise en place en 2002 par les nationalistes hindous et qui a été désactivée en 2004 par le gouvernement d’alliance suivant dirigé par le parti du Congrès». De plus, de nombreuses exactions ont lieu au Cachemire, une affaire dont la gestion politique par l’Etat indien suscite énormément de contestations dans les milieux intellectuels de gauche, sans parler de l’occupation militaire. «La condamnation à mort, à partir d’aveux recueillis sous la torture, ainsi que l’exécution à huis clos, et le fait que le corps n’a pas été remis à sa famille, ont alimenté l’indignation morale. Ce n’est donc pas tant la peine de mort, qui reste largement acceptée par l’opinion publique indienne, que le sentiment d’injustice lié à ce cas précis qui génère les protestations.»

 

Que représente l’accusation de sédition ?

 

Le recours à la loi anti-sédition est paradoxal : elle avait été créée au XIXe siècle par les colonisateurs britanniques pour réprimer les indépendantistes indiens. Ce crime de soulèvement contre l’Etat peut être puni de la perpétuité, mais les condamnations sont rares, la Cour suprême ayant souvent limité son application pour préserver la liberté d’expression. Les étudiants, professeurs, artistes qui manifestent dans les grandes villes depuis plusieurs jours craignent que toute voix dissidente, et même toute opposition politique, soit désormais réprimée par le gouvernement comme «antipatriotique».

 

Qui a agressé le leader étudiant, ainsi que des journalistes, devant le tribunal ?

La Cour suprême avait ordonné la protection du tribunal, après des violences lors de la première comparution de Kanhaiya Kumar, lundi. Malgré la présence de centaines de policiers, des avocats nationalistes hindous ont manifesté à l’extérieur mercredi, scandant «A bas Kanhaiya Kumar», et lançant des pierres aux journalistes et aux manifestants. Le leader étudiant a été bousculé. Trois avocats ont été convoqués par la police pour violences, ainsi qu’un député local du BJP, le parti au pouvoir. Le leader étudiant a dû être escorté par des policiers anti-émeute.

 

Est-ce la première fois que le gouvernement de Narendra Modi est confronté à une telle contestation ?

 

Même si le pays est souvent secoué par de fortes manifestations, le mouvement semble prendre une ampleur importante. Le chercheur français précise que cette mobilisation universitaire est dans la droite ligne de celle qui a suivi le suicide d’un étudiant de très basse caste, à l’université d’Hyderabad, le 17 janvier : «Cet étudiant était ciblé par le syndicat étudiant nationaliste hindou, l’ABVP, pour sa participation à des mobilisations contre la peine de mort d’un autre accusé musulman, et avait été exclu de sa résidence universitaire suite aux pressions d’une ministre du gouvernement central.»

 

La situation pourrait-elle dégénérer ?

 

Le gouvernement semble empêtré dans cette affaire, qui enflamme les médias indiens. Il y a quelques jours, le ministre de l’Intérieur avait assuré sur la base d’un tweet que le rassemblement à la JNU était soutenu par Hafeez Saeed, un terroriste pakistanais fondateur du groupe armé Lashkar-e-Toiba. Ce que l’intéressé a démenti dans une longue vidéo, expliquant que le compte Twitter était un fake, et ridiculisant le ministre. Selon Nicolas Jaoul, «l’affaire semble dépasser le seul mouvement étudiant, générer des alliances dans l’opposition, prendre une tournure nationale et polariser l’opinion. Il est évident que le gouvernement a échoué dans sa tentative de réprimer l’activisme politique de gauche au nom de prétendues activités « anti-nationales », et que cette tentative maladroite pourrait se retourner contre lui.»

 

Jeudi soir, le gouvernement annonçait que les 46 universités centrales devaient dorénavant installer«fièrement» le drapeau tricolore indien sur«un mât de 207 pieds» (environ 60 mètres), et que le premier de ces drapeaux devrait flotter sur le toit de la JNU.

 

A student shouts slogans during a protest to condemn students actions in New Delhi, in Mumbai on February 18, 2016. Student leader Kanhaiya Kumar was sent to custody after being arrested on for allegedly shouting anti-India slogans at a rally called to protest against a Kashmiri separatist's execution three years ago. The arrest of the student union leader has reignited a row over freedom of expression in India, where some rights campaigners say the Hindu nationalist government is using the British-era sedi

Manifestation à Bombay, le 18 février (photo Indranil Mukherjee. AFP)

 

Laurence DEFRANOUX

La réflexion du jour: faute de faire le bien, il ne leur reste plus qu’à agiter la marionnette du mal…

 

15 Février 2016
 

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J’ai incontestablement l’esprit de contradiction parfois je le pousse comme Brecht jusqu’à l’absurde mais ce n’est pas inutile …

 

Quand je reçois un article qui se prétend de mon avis et qu’en le survolant je trouve la perle suivante: « ils veulent nous mettre un uniforme gris comme en Corée du Nord »… je sais de toute éternité que je n’ai pas une minute à perdre avec l’auteur de l’article.

 

Ne croyez pas que je sois une fanatique de la Corée du nord, mais je commence à en avoir marre des stéréotypes que l’on me balance sur ce pays. J’ai découvert que la plupart des nouvelles qui tendaient à en faire le royaume du père Ubu avec à sa tête des dirigeants sanguinaires et grotesques s’avéraient fausses et généralement démenties peu de temps après. La maitresse exécutée ré-apparaissait à la télévision, et le pays n’avait pas piraté le système informatique de Sony… J’ai découvert que la plupart de ces inventions provenaient d’une officine d’extrême-droite de Corée du Sud et étaient relayées par l’empire de presse de Murdoch, qui comme chacun sait est une garantie d’impartialité journalistique. Peu à peu je n’ai plus supporté les grasses plaisanteries de ceux qui relayaient ces fausses informations… L’esprit de supériorité des crétins occidentaux, très colonialistes…


Bref tout en reconnaissant que j’ignore tout sur la Corée du Nord, j’ai au moins le bon goût de reconnaitre mon incompétence et j’aimerais que chacun en fasse autant et ne nous abreuve pas de stéréotypes. Ce qui m’irrite au plus haut point dans cette affaire est l’imbécillité satisfaite de ceux qui n’ont jamais le moindre doute sur eux-mêmes, sur ce qu’ils savent et sur leur inconséquence alors que la Corée du nord est un des points chauds du globe, duquel peut provenir une guerre mondiale…


Voilà si j’éprouve une telle irritation face aux idées toutes faites sur un pays dont j’ignore tout, imaginez l’état de colère quand il s’agit d’un lieu sur lequel j’ai quelques informations…Et que là je me heurte à l’omerta des bien-pensants qui n’osent pas appeler un chat, un chat et nos alliés de Kiev par exemple une bande d’escrocs flanqués de néo-nazis.

 

Jadis, on disait; les faits sont sacrés, les interprétations sont libres. maintenant c’est le contraire: les idées toutes faites (par qui?) sont sacrées et les faits sont utilisés (ou cachés) en toute liberté.


C’est comme cet homme rencontré la semaine dernière, un spécialiste des Etats-UNis qui était désespéré de la montée de Bernie Sanders parce cela assurait selon lui la victoire de Donald trump.

 

Ce qui est peut-être exact.  Et il ajoutait : avec Trump, c’est la guerre planétaire assurée.

 

Là aussi Trump n’est pas ma tasse de thé mais je ne vois pas en quoi son élection nous garantit plus la guerre que celle de Clinton?


Le match Jeb Bush-Donald Trump mené recemment nous éclaire sur la politique étrangère telle qu’elle est pratiquée dans les primaires.

 

Donald Trump a commencé par dire que les Etats-Unis ne pouvaient mener deux guerres en même temps en Syrie, à la fois contre Bachar al-Assad et l’organisation Etat islamique, des « animaux » qui doivent être selon lui la priorité militaire américaine.

 

« Jeb a tort », a ajouté Donald Trump, alors que l’ex-gouverneur de Floride insiste pour le départ du président syrien. « C’est en l’écoutant, lui et d’autres, qu’on s’est retrouvés au Moyen Orient depuis 15 ans sans avoir rien gagné ».

 

Et c’est bien là le drame, qu’il ne se trouve plus des gens de gauche, des communistes pour avoir le goût des FAITS…

 

Qui ne parte pas d’a priori que le MAL, sur des repoussoirs permettant à ceux qui les désignent comme tels de faire n’importe quoi puisqu’ils ne savent plus définir le progrès et le bien par rapport à eux mêmes, leurs projets politiques mais seulement par référence à des diables qu’ils fabriquent de toute pièce, quitte à perdre toute crédibilité aux yeux du bon peuple nettement plus rationnel, mais qui n’a pas le choix, s’abstenir ou les sanctionner.

 

Danielle Bleitrach

La solution du «problème» de la Corée du Nord dépend entièrement des USA, par Piotr Akopov

 

10 Février 2016

Северная Корея угрожает США ответным ядерным ударом

8 février 2016

Photo: Korean News ServiceIK / CP / Reuters

Texte: Piotr Akopov traduit du russe par Marianne Dunlop pour Histoireetsociete

http://www.vzglyad.ru/world/2016/2/8/793031.html

 

La Corée du Nord se trouve à nouveau dans le collimateur des grandes puissances. Le lancement d’une fusée avec mise en orbite de satellite, ainsi que le dernier essai nucléaire le mois dernier a fortement augmenté la probabilité de l’imposition de nouvelles sanctions contre Pyongyang. Mais aucune pression ne permettra de résoudre le problème nucléaire nord-coréen. Pour cela il existe une recette toute différente.

 

Dimanche, la Corée du Nord a lancé sa fusée «Kwangmyongsong-4 », qui a mis en orbite un satellite avec des appareils de télécommunication. La communauté internationale n’a pas cru aux objectifs purement scientifiques du lancement – soupçonnant les Coréens d’avoir effectué un nouveau test de missile balistique intercontinental.

 

Déjà début janvier, lorsque Pyongyang a testé une bombe à hydrogène, l’Occident et le Japon ont commencé à exiger l’introduction de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord – et maintenant les risques sont encore plus réels. Pour l’instant, la Russie et la Chine ont condamné le lancement de la fusée, et par conséquent le Conseil de sécurité des Nations unies réuni en urgence a adopté une nouvelle résolution condamnant les actions de Pyongyang.

 

Et bien que le représentant permanent de la Russie à l’ONU Vitali Tchourkine ait déclaré qu’il ne faudrait pas que des sanctions renforcées conduisent à un effondrement économique et humanitaire en Corée du Nord, une lutte sérieuse s’est engagée autour du degré de pression à exercer sur Pyongyang. Les Etats-Unis sont partisans de la plus grande sévérité. Et l’une des formes de pression sur la Russie et la Chine sont les messages concernant le début de négociations pour un éventuel déploiement en Corée du Sud d’un nouveau système de défense antimissile américain.

 

Il est clair que le déploiement du système de défense antimissile américain dans le sud de la péninsule coréenne sera perçu à juste titre par Moscou et Pékin comme dirigé contre eux. Mais les Américains ont justement calculé que, pour éviter cela, la Russie avec la Chine renforceraient leur pression sur les nord-coréens au sujet des programmes nucléaires et des missiles. Cela dit, c’est une ruse pas très honnête : même si Donald Trump, par exemple, a déclaré que «la Chine prétend qu’elle ne contrôle pas la Corée du Nord. En fait, elle possède le plein contrôle de la Corée du Nord … Que la Chine résolve ce problème » – en fait, les experts américains sont bien conscients que personne ne contrôle la Corée du Nord.

 

De surcroît, le problème nord-coréen est largement utilisé par les Etats-Unis pour maintenir leur présence sur les frontières de la République populaire de Chine et de la Russie. Après tout, la « menace nord-coréenne » est le principal argument pour justifier les forces américaines en Corée du Sud. Mais existe-t-il un problème nord-coréen, qui est déjà présenté depuis deux décennies comme l’une des principales menaces pour le monde?

 

Oui, la Corée du Nord a lancé des fusées dans l’espace, cela fait partie de son programme militaire. Oui, la Corée du Nord procède à des essais nucléaires. Mais pourquoi fait-elle cela? La réponse est simple – pour se protéger des Etats-Unis.

 

Le pays est situé entre la Chine, la Russie et l’Amérique. Avec les deux premières, il a des frontières, et les forces américaines se trouvent directement sur le territoire de son voisin du sud, avec qui, après la guerre de 1950-1953, il n’y a toujours pas eu de traité de paix. Les deux Corées se sont battues il y a 60 ans – du côté du Nord se battaient l’armée chinoise et les pilotes russes, tandis que les troupes américaines avaient remplacé l’armée sud-coréenne anéantie. Cette guerre est terminée depuis longtemps, et les Chinois se sont retirés cinq ans après la signature de l’armistice – mais les Américains sont toujours en Corée du Sud. Ils étaient là tant qu’existait le camp socialiste, et lorsque l’Union soviétique s’est effondrée ils sont restés. En outre, au début des années 90 les Etats-Unis ont d’abord attendu l’effondrement du régime de Kim Il Sung, et ensuite, quand ils ont soupçonné qu’il faisait une bombe atomique, ils ont même pensé à attaquer la RPDC.

 

Mais Kim s’est préoccupé sérieusement de la création d’armes nucléaires précisément en raison de la disparition de l’Union soviétique – voulant enfin prémunir son pays d’une attaque des Américains. Nous pouvons considérer Kim et ses descendants comme des dictateurs, et juger leur régime effrayant et arriéré, mais même dans ce cas, on ne peut qu’être d’accord avec le fait que leur inquiétude est fondée. Oui, dans les années 90, les États-Unis n’ont pas attaqué une Corée du Nord dénucléarisée (tout simplement parce qu’ils auraient subi eux-mêmes des pertes énormes), mais Kim pensait à l’avenir. Et quand plus tard les Américains ont écrasé l’Afghanistan et l’Irak dénucléarisés, que pouvait penser Pyongyang?

 

L’arme nucléaire a longtemps été la force de dissuasion de la RPDC – et ils ont officiellement annoncé sa présence en 2005. Et avant cela, et ensuite, toutes les tentatives de faire pression sur la Corée du Nord n’ont amené à rien. Il y a eu – et il y a toujours –  des sanctions et des menaces et des exhortations. Toutes inutiles – parce que la Corée du Nord ne se sent pas en sécurité.

 

Toutes les tentatives de détourner la conversation dans le sens de « les Kim n’y sont pas sensibles parce qu’ils sont eux-mêmes agressifs » ne sont qu’une pitrerie. Aucun des trois Kim – aujourd’hui le pays est dirigé par le petit-fils du fondateur, Kim Jong-un, 33 ans, – ne sont des crétins maniaques. Attaquer la Corée du Sud, où l’armée américaine possède des bases, équivaudrait à une attaque contre les États-Unis. Même dans les années 1950-1980, quand les Américains maintenaient la Corée du Sud dans la crainte de leur voisin du nord, il était clair quel Pyongyang n’avait pas de plans d’attaque. Et cela est encore plus vrai aujourd’hui dans les conditions d’isolement géopolitique de la Corée du Nord.

 

Depuis un quart de siècle, la Corée du Nord vit sans le parapluie nucléaire soviétique –conservant seulement un traité d’amitié et d’assistance mutuelle avec la Chine. Mais Pyongyang ne peut pas compter entièrement sur l’assurance chinoise. Tout d’abord, parce que pendant de nombreuses années la Corée était un vassal de la Chine – pour les fiers Coréens une telle dépendance est douloureuse. D’autant plus – et c’est la deuxième chose –que Pyongyang a vu le soutien soviétique s’évaporer en quelques années. Et où est la garantie que, tôt ou tard, il ne se passera pas la même chose avec la Chine?

 

Bien sûr, Pyongyang comprend que la Chine n’acceptera pas l’expansion de la zone d’influence américaine sur toute la péninsule coréenne et en particulier le déploiement de troupes américaines au nord. Mais qui peut garantir à Pyongyang, qu’à un certain moment les Etats-Unis et la Chine ne s’entendront pas derrière son dos sur la réunification de la Corée à leurs conditions? Une option à peine imaginable – mais la Corée du Nord ne peut pas l’exclure.

 

La Corée du Nord est non seulement l’une des dix puissances cosmiques, mais aussi un pays avec une souveraineté nationale absolue. Un pays qui ne compte que sur lui-même – et pour préserver leur droit de vivre selon leurs propres règles, les Coréens du Nord ont créé une bombe nucléaire et des missiles balistiques. Ce pays ne menace personne dans le monde. Au contraire, les deux dernières décennies on tente de le transformer en un paria du monde, l’isoler et le contraindre à renoncer à sa politique de « compter sur ses propres forces ». L’indignation face à leur programme nucléaire basique est compréhensible, mais pas trop convaincante : pour la simple raison qu’aucune plainte au niveau international n’a été formulée à l’encontre d’Israël qui est officieusement et depuis longtemps en possession d’armes atomiques.

 

Le secret est simple – les Etats-Unis agitent la menace nucléaire coréenne afin de changer le régime de Pyongyang. La marginalisation internationale de Pyongyang devait, selon les Américains, saper les fondements du gouvernement nord-coréen. Des sanctions pour les armes atomiques, pour les missiles, les droits de l’homme, entraînant la détérioration des conditions de vie d’une population déjà pauvre, une crise politique et la chute des Kim. Et en conséquence – l’unification de la Corée par l’absorption du Nord par le Sud pour la plus grande joie de Washington,avançant ses bases vers la frontière sino-russe.

 

La pression sur la Chine est la deuxième raison pour laquelle les Etats-Unis montent en épingle la « menace coréenne ». Pékin, comme Moscou, ne peut pas déclarer officiellement qu’il ne se soucie pas de « la bombe des Kim » : tout de même, il y a le régime de non-prolifération, et puis le problème du programme nucléaire nord-coréen est fortement médiatisé. Cependant ni Pékin ni Moscou n’ont pas la capacité de commander à Pyongyang quoi que ce soit.

Ainsi, la politique américaine de pression sur la Corée du Nord ne peut pas conduire à la solution du «problème» atomique coréen, tout simplement parce que les Etats-Unis eux-mêmes sont la principale cause des armes nucléaires du Juche. Les éliminer n’est plus possible – au moins tant que les troupes américaines resteront en Corée du Sud. Mais il est possible d’atténuer les tensions dans la région elle-même, pour assurer que le problème nucléaire coréen cesse d’être un objet de manipulation de la part de Washington. Car dans la mesure où le Pacifique devient de plus en plus la scène principale de l’action et des intérêts des États-Unis, on « étrillera » la Corée de plus en plus.

 

Il suffit de conclure un traité de paix entre la RPDC et les Etats-Unis –ce qu’en fait demande depuis longtemps Pyongyang à Washington. Mais les Etats-Unis refusent–en retournant la question : procédons d’abord à la dénucléarisation de la Corée du Nord, après nous verrons. C’est-à-dire que l’on propose à un pays que les États-Unis ont mis sur la liste de l’ «axe du mal», contre qui on a fait la guerre dans le passé et envers qui « on n’exclue pas un scénario militaire», dont les dirigeants sont dépeints comme « une menace majeure pour les Etats-Unis » de désarmer unilatéralement – et on fait semblant d’être surpris par son refus.

 

Si les Etats-Unis ne veulent pas de traité de paix – cela signifie qu’ils ne veulent pas résoudre le problème. Et qu’ils veulent seulement l’utiliser dans un grand jeu géopolitique contre la Chine et la Russie. mais si les Etats-Unis continuent à « jouer à la Corée », tôt ou tard, Moscou et Pékin devront prendre des mesures extraordinaires pour priver leur adversaire géopolitique de la possibilité de jouer cette carte.

 

Une bonne option a été suggérée par le chef du Comité de la Douma pour la défense, Vladimir Komoedov [Parti communiste russe]. Il a souligné que « cette ligne devient dangereuse pour la Russie », et, tout en admettant que «probablement il faut faire quelque chose pour freiner la Corée du Nord, » l’amiral a déclaré que l’une des options pour contrôler la Corée du Nord, serait peut-être d’examiner son admission dans le « club nucléaire. »

 

Pour le moment Moscou et Pékin ne sont pas encore prêts à faire la proposition de reconnaître officiellement la RPDC comme huitième puissance nucléaire- mais le « jeu coréen » de Washington ne laisse pas à la Russie et à la Chine d’autre choix.

 

Titre original : Решение «проблемы» КНДР зависит только от США

Le parti communiste du Vietnam ne veut pas disparaître


Par MK Bhadrakumar

dimanche 7 février 2016, par Comité Valmy

 

Cua Rua, la légendaire tortue géante de Hanoi

 

Le parti communiste du Vietnam ne veut pas disparaître

 

Cua Rua, une très vieille tortue révérée par les Vietnamiens comme symbole de bon augure, une des seules tortues géantes à carapace molle, dites du Yangtse, sur les quatre vivant encore, a été trouvée morte, flottant dans le lac Hoan Kiem à Hanoi, où elle vivait. La cause du décès n’est pas connue – il pourrait être dû à la pollution, au changement climatique ou au grand âge, tout simplement. La BBC a rapporté que les gens ordinaires du pays, profondément superstitieux, voient là un mauvais présage pour le Parti communiste vietnamien, qui tiendra son congrès quinquennal jeudi à Hanoi.

 

En effet, la presse occidentale regorge de spéculations sur le fait que le congrès du parti à Hanoï pourrait être témoin d’une lutte de factions brutale pour un changement de direction. La spéculation est alimentée par ce que le magazine Time a appelé « des fuites à un haut niveau, des dénonciations et même des rumeurs de coup d’État imminent ». (Lire un article sensationnel d’AFP repris par la chaîne Nouvelles d’Asie basée à Singapour : Vietnam a buzz ahead of communist leadership change.)

 

Bien sûr, le Premier ministre Nguyen Tan Dung est le chouchou de l’Occident, il a la réputation d’être un faucon à propos de la Chine et un fervent partisan des réformes du marché (lisez : accès au marché domestique pour les entreprises occidentales). Le New York Times pourrait avoir succinctement capté la dialectique à l’œuvre ici lorsqu’il a rapporté depuis Hanoï, plus tôt dans la semaine, dans un lever de rideau sur le congrès du parti :

 

« Et M. Dung, un Premier ministre charismatique qui favorise des liens plus étroits avec les États-Unis, se bat pour succéder à Nguyen Phu Trong, un apparatchik conservateur qui cherche, selon plusieurs analystes, diplomates et chef d’entreprise, à se maintenir au poste le plus élevé dans le parti, celui de secrétaire général. » (Times)

 

En effet, de grandes questions sont en jeu. À la base de tout cela, c’est l’économie, imbécile ! L’agréable vérité est que le Vietnam s’attend à enregistrer un taux de croissance magnifique de 6.7% cette année. C’est aussi un joueur dynamique dans le commerce extérieur – avec des exportations en augmentation de 8.1% l’an dernier, lui permettant de toucher $162.4 milliards, dont 71% proviennent de compagnies étrangères. Sans surprise, le capitalisme prédateur a faim.

 

Le FMI voit le Vietnam comme l’une des économies à la croissance la plus rapide de l’Asie-Pacifique. En effet, le Vietnam est un pays ambitieux, déterminé à faire passer son revenu per capita de son niveau actuel de $2 170 à quelque chose entre $3 200 et $3 500 vers 2020. Et il n’y a aucune raison qu’il n’y parvienne pas. En d’autres termes, l’Occident veut que le Vietnam ouvre tout grand ses portes et ses fenêtres – la banque, les télécommunications, les mines, etc. – et réforme, conformément aux normes américaines prescrites dans le champ d’application du Partenariat trans-Pacifique. (Voir l’analyse de Bloomberg Vietnam’s Economy is an Emerging Market Standout.)

 

Ensuite, évidemment, ne négligez pas le grand jeu découlant de la stratégie de rééquilibrage des États-Unis en Asie. Essentiellement, ce qui est en jeu ici est la façon dont le Vietnam continuera à piloter intelligemment sa relation complexe avec la Chine, qui a des dimensions historiques, culturelles, idéologiques, politiques, militaires et économiques.

 

Beijing, cependant, paraît imperturbable. C’est ce qui ressort d’un éditorial publié aujourd’hui dans le tabloïd du Parti communiste chinois, Global Times, qui évoque le congrès du parti qui vient de commencer plus tôt dans la matinée et doit durer huit jours. Croyez-le ou non, avec un niveau de sérénité choquant, le Global Times se moque gentiment des spéculations fiévreuses dans les médias occidentaux à propos des turbulences dans l’air de Hanoï.

 

L’éditorial du Global Times note gravement que « des forces externes infiltrent une influence politique dans la société vietnamienne » et que cela pourrait effectivement poser des défis à long terme en termes de stabilité politique dans le pays ; mais que pour le moment, la direction à Hanoï « suivra inébranlablement la voie socialiste » et que, contrairement aux articles occidentaux faisant état de « luttes internes  » au sein du parti communiste, l’équation politique est « probablement plus stable ».

 

D’un point de vue indien, la partie intéressante pourrait être l’interprétation que Global Times propose de l’appréciation chinoise de l’orientation de la politique étrangère du Vietnam dans un futur prévisible. Pour citer l’éditorial :

 

Le changement de direction est également peu susceptible d’apporter des bouleversements majeurs dans les lignes directrices diplomatiques. Hanoï continuera à accorder de l’attention à ses relations avec la Chine, en maintenant l’équilibre entre une coopération bilatérale amicale et le conflit à propos des îles et des récifs en mer de Chine méridionale. Il misera sur les États-Unis pour avoir du soutien dans le conflit à propos de la mer de Chine méridionale.

La préservation par le Vietnam de sa stabilité politique est dans l’intérêt de la Chine. À un moment où l’infiltration politique occidentale est toujours active, l’interdépendance des intérêts nationaux entre Beijing et Hanoï rend leurs liens irremplaçables et une telle interdépendance offre un cadre à toute la complexité des questions bilatérales.

Les liens entre Washington et Hanoï ont donc un grand potentiel, mais l’échange social à grande échelle comporte aussi des risques. Les Vietnamiens qui ont fui en Amérique après la guerre et qui sont soutenus par certaines fractions dans la société américaine dominante souhaiteraient voir le renversement de l’actuel régime vietnamien. Le Vietnam, qui n’a pas la taille de la Chine, devra relever un défi à long terme pour maintenir la stabilité politique du pays.
(Global Times)

 

Comment cela forme-t-il un tout ? Pour le dire brièvement, il semble que le Secrétaire général Nguyen Phu Trong n’est pas prêt à s’en aller au coucher du soleil, ce qui présage d’une continuité dans la politique de Hanoï et de plus, c’est important, représente une perte évidente pour le Premier ministre Dung. Deuxièmement, la configuration des intérêts mutuels fait que la relation sino-vietnamienne est stable – le départ de Dung peut signifier une atmosphère moins acrimonieuse. Troisièmement, Beijing doit travailler dur pour maintenir « l’interdépendance des intérêts nationaux » avec Hanoï de façon à ce qu’elle « offre un cadre à toute la complexité des questions bilatérales ». Le statut irremplaçable de la Chine comme partenaire commercial, de loin le numéro un du Vietnam (avec un commerce bilatéral qui se monte à $90 milliards), contribue certainement à rendre cette relation plus prévisible.

 

En somme, le niveau de confort – pour ainsi dire – est appréciable. (New Delhi devrait prendre note.) L’affinité idéologique qui existe entre la Chine et le Vietnam pourrait l’expliquer. Une telle affinité aide à atténuer les lignes de front obstinées d’un nationalisme strident – une affinité qui continue à prévaloir, nonobstant les caractéristiques locales que le socialisme a acquises dans les deux pays. Beijing a raison de se réjouir que le Parti communiste vietnamien ne se soit pas transformé en tortue.

 

MK Bhadrakumar


Le 21 janvier 2016
– Source Indian Punchline

Un million de communistes et sympathisants rassemblés à Calcutta en Inde Etat des lieux et réflexions par Vijay Prashad. 

 

, par  communistes

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Article du journaliste et historien marxiste indien, Vijay Prashad, paru sur le site CounterPunch le 27 décembre 2015.Le titre original de l’article est « La brigade rouge : rassemblement et réflexion des communistes indiens ». Ici, « brigade rouge » fait référence au lieu où s’est déroulé le rassemblement de masse du Parti communiste indien à Calcutta parfois appelé « terrain de parade des brigades » en référence aux défilés militaires qui y sont organisés.

 

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Un million de communistes et sympathisants rassemblés à Calcutta en Inde
Autour d’un million de communistes et de sympathisants se sont rassemblés au centre de Calcutta lors d’un rassemblement de masse le 27 décembre 2015. Le rassemblement s’est déroulé dans un lieu [vaste espace vert au centre de Calcutta] appelé tantôt « le Maïdan » ou « Brigade Ground », terrain de parade [sorte de Champ de Mars]. Des drapeaux rouges étaient déployés d’un bout à l’autre du Maïdan. Deux événements distincts, mais liés, ont motivé cette démonstration de force. Le premier, d’importance : les élections à l’Assemblée du Bengale Occidental auront lieu en 2016. Le second est la tenue d’un plenum organisationnel par le Parti communiste d’Inde (Marxiste) [CPI-M], la première rencontre de ce type depuis 37 ans. Le plenum va durer quatre jours. Il va non seulement préparer le CPI-M aux défis électoraux à court terme mais aussi réfléchir à questions politiques à plus long terme. Le CPI-M demeure le plus important parti de gauche en Inde. Il travaille en partenariat étroit avec d’autres partis de gauche dans des alliances électorales et politiques.

 

Au Bengale Occidental.


Le « Front de gauche » était au pouvoir au Bengale Occidental depuis 34 ans jusqu’à ce que le parti populiste, qui penche à droite, « Trinamool Congress » (TMC) évince la gauche en 2011. Depuis lors, le TMC et son leader Mamata Banerjee ont ouvert les vannes de la violence contre la gauche. L’assassinat de ses leaders locaux est allé de pair avec la destruction de ses locaux. La presse bourgeoise a alimenté la violence avec un langage incendiaire (« La gauche continue à saigner », The Telegraph, 4 novembre 2014). Le secrétaire du CPI-M pour le Bengale, Surjya Kanta Mishra, a défini quatre axes de la répression : c’est une attaque contre la démocratie et les institutions démocratiques, une attaque contre les moyens d’existence des populations, une attaque contre la laïcité et une attaque contre la gauche. Au rassemblement, il a lancé le slogan : « Sortir Trinamool, sauver le Bengale ».

 

Il y a quelques mois, le moral était au plus bas chez les cadres de la gauche. Les agressions avaient produit leurs effets. Pour construire la dynamique de mobilisation pour le grand rassemblement (et en vue des élections), le CPI-M a organisé une campagne de masse avec des marches (« Jathas ») partant de chacun des 77.240 bureaux de vote de l’Etat du Bengale. Des groupes de communistes et de sympathisants, plus ou moins fournis, ont défilé là-même où c’était encore interdit il y a peu.

 

La violence a été au rendez-vous. Des militants du TMC ont bloqué une « jatha » alors qu’elle défilait dans la circonscription de Mishra à Narayangarh dans le sud-ouest du Bengale Occidental. Les agressions sur Mishra, qui est aussi le leader de l’opposition à l’assemblée de l’Etat du Bengale Occidental, et sur d’autres, n’ont pas empêché le mouvement des jathas d’avancer. Cela n’a pas été la seule attaque contre des jathas du CPI-M. A chaque fois qu’une jatha était bloquée, les cadres du CPI-M ont fait en sorte qu’elle puisse revenir sur le lieu de l’attaque et que la marche reprenne. Cela a constitué un symbole de confiance et de force. Il n’est pas étonnant qu’un million de personnes se soient rassemblées sur le champ de parade le 27 décembre.

 

Les élections qui arrivent dans l’Etat se présentent comme une épreuve complexe. Arithmétiquement, suivant les résultats des élections législatives nationales de 2015, le TMC peut perdre. Malgré une vaque en sa faveur, le TMC n’a atteint que 39% des voix et est minoritaire. Le reste des voix s’est partagé entre le Front de gauche (23%), le BJP de droite (17%) et le Parti du Congrès (10%). Mamata Banerjee a senti le danger. C’est pourquoi elle courtise, tour à tour, le BJP et le Parti du Congrès. Si l’un d’eux s’associe à elle, alors il est probable qu’elle sera imbattable. Mais les élections à venir ne se gagneront pas avec des totalisations de résultats d’élections passées.

 

Suite aux scandales de corruption qui ont touché le gouvernement TMC et à la dégradation des conditions de vie, on a assisté à un décrochage parmi les partisans du TMC. Où vont-ils aller ? La gauche aura à se battre pour regagner la confiance des ouvriers et des paysans qui sont allés vers le TMC depuis la fin des années 2000. C’est la seule voie. Mais la gauche sera-t-elle en mesure de tirer vers elle suffisamment de personnes d’ici les élections de cette année ?

 

L’arithmétique des alliances est une sirène qui peut aussi se révéler trompeuse. Tout accord avec le BJP est impossible. Ce parti est engagé dans une politique ethno-nationaliste, économiquement néolibérale. Le Congrès est théoriquement attaché à la laïcité mais les problèmes les plus importants avec lui sont d’ordre économique et politique. Une des préoccupations du « Front de gauche » est d’appeler les électeurs du Congrès à abandonner leur parti au nom de la démocratie. Mais cet appel à rejoindre les communistes est transcrit dans la presse comme un appel à une alliance électorale avec le Congrès. Le Congrès n’est pas un allié valable. C’est aussi un allié non viable. En 2016, la gauche se présentera aussi aux élections à l’assemblée de l’Etat du Kerala où le principal adversaire sera le parti du Congrès. Ce sera difficile pour la gauche de travailler avec le Congrès dans un Etat et de le combattre dans un autre.

 

Le temps est compté à la gauche pour régler ces questions au Bengale Occidental. Une gauche forte peut-elle émerger non seulement sur le Maïdan mais aussi dans les urnes ? Ce n’est pas une question théorique. L’épreuve se jouera dans les villages et les faubourgs du Bengale Occidental. Il faudra une bonne dose de courage aux militants de gauche pour donner confiance à leurs partisans. Comme le secrétaire général du CPI-M Sitaram Yechury l’a dit récemment, la Gauche ne pourra gagner que « si les liens de notre parti avec notre peuple s’approfondissent – avec des communistes dans le peuple comme des poissons dans l’eau ».

 

Le Plenum


Le CPI-M tient son plenum à ce moment pour discuter de la capacité de la classe ouvrière et de la paysannerie à constituer leurs propres organisations. Les syndicats dans les usines et les champs sont en recul devant les mécanismes créés par le capital pour saper leurs possibilités de s’organiser. Les unités de production sont éparpillées dans le monde à une telle échelle que les ouvriers sont contraints de se concurrencer entre eux au bénéfice du capital. La mécanisation de la production déplace les travailleurs réduisant des centaines de millions de personnes à accepter n’importe quel emploi. Près de 90% des travailleurs indiens sont ainsi employés dans le secteur informel.

 

Au cours de la dernière année, le CPI-M a étudié les changements des conditions socio-économiques en Inde et l’impact des politiques néolibérales sur les différentes classes. Après avoir tenté de comprendre ces évolutions, la direction du CPI-M a maintenant à déterminer comment organiser au mieux les ouvriers et les paysans. Comme Prakash Karat du CPI-M l’a expliqué, les nouvelles conditions exigent l’adoption de « nouveaux slogans, de nouvelles tactiques et de nouvelles formes d’organisation du travail pour développer le mouvement de classe et de masse ». Voilà ce qui sera au cœur des débats du plenum. Une part importante de la discussion portera sur les formes à adopter pour construire l’unité des travailleurs informels, des habitants des bidonvilles, des paysans itinérants sans terre : ce sont des travailleurs aussi et, même, ils constituent la masse de la classe ouvrière et de la paysannerie. Il n’existe pas de modèles tout faits pour indiquer la voie mais il y a des pistes, des idées nouvelles, comme d’organiser les travailleurs là où ils habitent plutôt que là où ils travaillent. Mais elles devront faire leur preuve dans les luttes.

 

Le CPI-M à lui seul compte plus d’un million de membres ayant la carte du parti. Des dizaines de millions de personnes appartiennent aux organisations de masse liées au CPI-M. Les partis avec lesquels il est allié – le CPI, le Parti socialiste révolutionnaire, le bloc « En Avant », le CPI-ML (Libération) et le SUCI (communiste) – apportent de leur côté leurs millions d’adhérents et de partisans. La gauche indienne vibre toujours. Mais elle a grandement souffert de défaites électorales (tout particulièrement au Bengale Occidental) et d’une lente défection de ses membres.

 

La Gauche doit non seulement créer des tactiques tenant compte du présent mais elle devra aussi tourner ses revendications vers le futur. Il ne coule pas de source pour tous que la gauche représente l’avenir, que la gauche peut réellement prendre le pouvoir et que, seule la gauche, peut trouver des solutions aux problèmes pressants d’aujourd’hui. La croyance que le futur appartient à la gauche n’existe plus. Elle doit être recréée, pas simplement par les luttes dans le présent, mais par une affirmation plus solide et confiante pour le futur. L’horizon de la gauche reste cantonné aux luttes actuelles. Il aura besoin d’être projeté dans le futur pour écarter la vision prédominante que l’avenir appartient à la droite. C’est ainsi que le marxiste péruvien, José Carlos Mariategui, voyait la situation en 1925.

 

« Ce qui différencie le plus clairement et le plus évidemment [la bourgeoisie et le prolétariat] dans cette ère, c’est le mythe. La bourgeoisie n’a plus de mythes. Elle est devenue incrédule, sceptique, nihiliste. Le mythe libéral ressuscité a lui aussi vieilli. Le prolétariat a un mythe : la révolution sociale. Il se dirige vers ce mythe avec une foi passionnée et active. La bourgeoisie nie ; le prolétariat affirme. Les intellectuels bourgeois s’occupent avec une critique rationaliste de la méthode, de la théorie, avec la technique révolutionnaire. Quel malentendu ! La force des révolutionnaires n’est pas dans leur science ; elle est dans leur foi, leur passion, dans leur volonté. C’est un pouvoir religieux, mystique, spirituel. C’est la force du mythe ».

 

Précisément ce que les communistes doivent invoquer, c’est le mythe de la révolution. La révolution est le sort que jette le sorcier du monde des morts et qu’il ne peut plus contrôler. Elle affirme la vie et apporte une alternative complète au présent. A défaut de ce mythe, restent les prétentions plus petites à gouverner – les communistes sont incorruptibles et dignes, capables de gouverner selon les besoins des gens plutôt que d’être simplement un frein à la corruption et à un système indigne. Les horizons plus larges qui étaient autrefois la marque de la gauche ont besoin ont besoin d’être ravivés à nouveau..

 

Voir en ligne : traduit par MlN pour Solidarité internationale PCF

 

Le dernier livre de Vijay Prashad s’intitule « No Free Left : The futures of Indian Communism » (New Dehli LeftWord Books, 2015)

 

Publié par Jean Lévy

Meeting communiste de masse à Calcutta...Comme si vous y étiez... (Vidéos et photos)

Meeting communiste de masse à Calcutta...Comme si vous y étiez... (Vidéos et photos)
 
 
 
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Drapeaux rouges sur le fleuve Hooghly pour rejoindre le meeting

KOLKATA, DEC 27 -- Supporters of Communist Party of India (Marxist), CPI (M), carry a replica of their party symbol during a rally in Kolkata on Friday. Thousands of CPI (M) supporters and its leaders gathered on the first day of their four-day long plenum in Kolkata on Sunday. REUTERS/UNI PHOTO-15R

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A l’occasion de l’ouverture du troisième plénum du Parti Communiste d’Inde (Marxiste), un meeting a été organisé à Calcutta (Bengale Occidental) le 27 décembre 2015, meeting qui a rassemblé 1,2 million de personnes. Ce meeting a été l’occasion de dénoncer la répression menée par l’actuel parti au pouvoir à Calcutta, le All India Trinamool Congress, contre les forces progressistes.

Ces quatre dernières années, 171 militants communistes ou de gauche ont été assassinés et des milliers d’autres blessés par la police ou des gangs liés au parti au pouvoir. Le pouvoir central indien, ses politiques d’austérité et sa politique anti-ouvrière ont également été dénoncés, tout comme les divisions communautaires encouragées par le gouvernement et les partis nationalistes.

Quoiqu’on puisse penser que la politique du PCI (M), ce meeting de masse montre que les idées communistes restent une force bien vivante en cette fin d’année 2015.

Communisme en Inde - Népal - Sri Lanka

Victoire écrasante des communistes aux municipales du Tripura (Inde)

 

Dimanche 13 Décembre 2015

Le Left Front, qui regroupe les partis communistes indiens, vient de remporter une victoire écrasante lors des élections municipales dans l'Etat du Tripura (Inde). Les communistes renforcent leurs positions par rapport à 2010

 

- article et traduction Nico Maury

 
 
Victoire écrasante des communistes aux municipales du Tripura (Inde)
 
Le Left Front, conduit par le Parti Communiste d'Inde Marxiste (CPIM), a remporté les élections municipales dans l'Etat du Tripura (Inde). Il s'impose dans toutes les villes de l'Etat et gagne 291 sièges sur les 310 en jeux. Le CPIM reçoit un net soutien des électeurs puis qu'il gagne 104 sièges de plus par rapport à 2010. 

Les rivaux du CPIM arrivent très loin derrière les communistes. L'Indian Congress obtenant 13 sièges (-30) et les nationalistes du BJP 4 sièges (+4). Les indépendants recueillant 2 sièges 

Dans la Agartala Municipal Corporation, capitale de l'État du Tripura (367.000 habitants), les communistes remportent 45 des 49 sièges de l'assemblée municipale. Le Left Front a remporté toutes les 13 municipalités et les 6 nagar panchayats. Dans beaucoup d'entre elles, les communistes remportent 100% des sièges. 

Après les populations rurales lors des élections du panchayat, les populations urbaines ont réaffirmé leur soutien à la politique du gouvernement du Left Front au Tripura. 

Victoire écrasante des communistes aux municipales du Tripura (Inde)
 
 
 
Nicolas Maury

Pour la première fois de son histoire le Népal a une femme comme présidente, une communiste

 

28 Octobre 2015
 http://www.telesurtv.net/news/Nepal-elige-por-primera-vez-a-una-mujer-como-presidenta-20151028-0054.html
  • Se trata de Bidhya Devi Bhandari que fue electa por 327 miembros del Congreso.

    C’est Bidhya Devi Bhandari, qui a été désignée par 327 membres du Congrès.| Photo : radiopaula.

C’est la première fois que ce poste est établi  en vertu de la nouvelle Constitution républicaine.
 
Une décision historique ce mercredi  au Népal et Bidhya Devi Bhandari, a été élue Président de ce pays, ce qui en fait la première femme à occuper le poste.
 
C’est aussi la première fois, que  ce poste  est créé en vertu de la nouvelle Constitution républicaine. Bhandari, chef du parti communiste UML (Marxiste-Léniniste) du Népal, a été choisie par le Congrès de la nation.
 
Le chef de l’UML a été député, ministre de la défense et était l’épouse du défunt leader communiste historique Madan Bhandari. Bidhya est devenue une personne influente dans le changement des nouvelles pratiques ^politique  du pays. 
 
Avec 327 voix, elle a été élue comme nouveau Président, sur un total de 601 politiciens qui composent le Congrès, c’est-à-dire qu’elle a obtenu 54,4 % des voix. Notez que la nouvelle Constitution stipule que c’est le Congrès qui élit le Président.
 
Le choix de Binet est un pas en avant en ce qui concerne  la façon de faire de la politique dans ce pays, une  mise  à niveau de la culture civique  avec l’idiosyncrasie du pays.
 
Après avoir été désignée  Bhadari a déclaré aux journalistes qu’elle  entamera  des discussions avec les territoires  du sud du pays en contradiction avec  la nouvelle Constitution, qui interdit  les protestations et ferme  la frontière avec l’Inde.
 
L’adoption de cette nouvelle Constitution a été à l’origine de  l’instabilité politique dans les zones de la région sud du Teraï, dont  les protestations ont persisté pendant des mois.
 
Données : Bhandari a une longue histoire en tant que membre politique et parlementaire depuis 1994 et a été ministre de la défense durant l’administration de Madhav Kumar (2009-2010).

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