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Asie

Mémoires de feu en Corée du Nord

 

15 Août 2017

Quand les Etats-Unis détruisaient un pays pour le sauver

 

La Corée du Nord tenterait, sans raison, de s’équiper en armes de destruction massive, tandis que l’opposition de Washington à cette stratégie relèverait de l’innocence originelle. Pourtant, depuis les années 1940, les Etats-Unis ont eux-mêmes utilisé ou menacé d’utiliser ces armes en Asie du Nord-Est. Ils sont la seule puissance à avoir eu recours à la bombe atomique, et leur dissuasion repose sur la menace de les employer de nouveau en Corée.

 

par Bruce Cumings
 
Le Monde diplomatique
Mémoires de feu en Corée du Nord

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Bombardier B-29 américain en mission, juillet 1950.
© Roger-Viollet

Plutôt que d’une guerre « oubliée », mieux vaudrait parler, s’agissant de la guerre de Corée (1950-1953), d’une guerre inconnue. L’effet incroyablement destructeur des campagnes aériennes américaines contre la Corée du Nord – qui allèrent du largage continu et à grande échelle de bombes incendiaires (essentiellement au napalm) aux menaces de recours aux armes nucléaires et chimiques (1) et à la destruction de gigantesques barrages nord-coréens dans la phase finale de la guerre – est indélébile. Ces faits sont toutefois peu connus, même des historiens, et les analyses de la presse sur le problème nucléaire nord-coréen ces dix dernières années n’en font jamais fait état.

 

La guerre de Corée passe pour avoir été limitée, mais elle ressembla fort à la guerre aérienne contre le Japon impérial pendant la seconde guerre mondiale, et fut souvent menée par les mêmes responsables militaires américains. Si les attaques d’Hiroshima et de Nagasaki ont fait l’objet de nombreuses analyses, les bombardements incendiaires contre les villes japonaises et coréennes ont reçu beaucoup moins d’attention. Quant aux stratégies nucléaire et aérienne de Washington en Asie du Nord-Est après la guerre de Corée, elles sont encore moins bien comprises, alors que ces stratégies ont défini les choix nord-coréens et demeurent un facteur-clé dans l’élaboration de la stratégie américaine en matière de sécurité nationale. (…)

 

Le napalm fut inventé à la fin de la seconde guerre mondiale. Son utilisation provoqua un débat majeur pendant la guerre du Vietnam, attisé par des photos insoutenables d’enfants qui couraient nus sur les routes, leur peau partant en lambeaux… Une quantité encore plus grande de napalm fut néanmoins larguée sur la Corée, dont l’effet fut beaucoup plus dévastateur, car la République populaire démocratique de Corée (RPDC) comptait bien plus de villes peuplées que le Nord-Vietnam. En 2003, j’ai participé à une conférence aux côtés d’anciens combattants américains de la guerre de Corée. Lors d’une discussion à propos du napalm, un survivant de la bataille du Réservoir de Changjin (Chosin, en japonais), qui avait perdu un œil et une partie de la jambe, affirma que cette arme était bel et bien ignoble, mais qu’elle « tombait sur les bonnes personnes ».

 

Les bonnes personnes ? Comme lorsqu’un bombardement toucha par erreur une douzaine de soldats américains : « Tout autour de moi, les hommes étaient brûlés. Ils se roulaient dans la neige. Des hommes que je connaissais, avec qui j’avais marché et combattu, me suppliaient de leur tirer dessus… C’était terrible. Quand le napalm avait complètement brûlé la peau, elle se détachait en lambeaux du visage, des bras, des jambes… comme des chips de pommes de terre frites (2). »

 

Un peu plus tard, George Barrett, du New York Times, découvrit un « tribut macabre à la totalité de la guerre moderne » dans un village au nord d’Anyang (en Corée du Sud) : « Les habitants de tout le village et dans les champs environnants furent tués et conservèrent exactement l’attitude qu’ils avaient lorsqu’ils furent frappés par le napalm : un homme s’apprêtait à monter sur sa bicyclette, une cinquantaine d’enfants jouaient dans un orphelinat, une mère de famille étrangement intacte tenait dans la main une page du catalogue Sears-Roebuck où était cochée la commande n° 3811294 pour une “ravissante liseuse couleur corail”. » Dean Acheson, secrétaire d’Etat, voulait que ce genre de « reportage à sensation » soit signalé à la censure afin qu’on puisse y mettre un terme (3).

 

L’un des premiers ordres d’incendier des villes et des villages que j’ai trouvés dans les archives fut donné dans l’extrême sud-est de la Corée, pendant que des combats violents se déroulaient le long du périmètre de Pusan, début août 1950, alors que des milliers de guérilleros harcelaient les soldats américains. Le 6 août 1950, un officier américain donna l’ordre à l’armée de l’air « que soient oblitérées les villes suivantes » : Chongsong, Chinbo et Kusu-Dong. Des bombardiers stratégiques B-29 furent également mis à contribution pour des bombardements tactiques. Le 16 août, cinq formations de B-29 frappèrent une zone rectangulaire près du front qui comptait un grand nombre de villes et de villages, et créèrent un océan de feu en larguant des centaines de tonnes de napalm. Un ordre semblable fut émis le 20 août. Et le 26 août, on trouve dans ces mêmes archives la simple mention : « Onze villages incendiés (4) ».

 

Les pilotes avaient ordre de frapper les cibles qu’ils pouvaient discerner pour éviter de frapper des civils, mais ils bombardaient souvent des centres de population importants identifiés par radar, ou larguaient d’énormes quantités de napalm sur des objectifs secondaires lorsque la cible principale ne pouvait être atteinte. La ville industrielle de Hungnam fut la cible d’une attaque majeure le 31 juillet 1950, au cours de laquelle 500 tonnes de bombes furent lâchées à travers les nuages. Les flammes s’élevèrent jusqu’à une centaine de mètres. L’armée américaine largua 625 tonnes de bombes sur la Corée du Nord le 12 août, un tonnage qui aurait requis une flotte de 250 B-17 pendant la seconde guerre mondiale. Fin août, les formations de B-29 déversaient 800 tonnes de bombes par jour sur le Nord (5). Ce tonnage consistait en grande partie en napalm pur. De juin à fin octobre 1950, les B-29 déversèrent 3,2 millions de litres de napalm.

 

Au sein de l’armée de l’air américaine, certains se délectaient des vertus de cette arme relativement nouvelle, introduite à la fin de la précédente guerre, se riant des protestations communistes et fourvoyant la presse en parlant de « bombardements de précision ». Les civils, aimaient-ils à prétendre, étaient prévenus de l’arrivée des bombardiers par des tracts, alors que tous les pilotes savaient que ces tracts n’avaient aucun effet (6). Cela n’était qu’un prélude à la destruction de la plupart des villes et villages nord-coréens qui allait suivre l’entrée de la Chine dans la guerre.

 

Larguer trente bombes atomiques ?

 

L’entrée des Chinois dans le conflit provoqua une escalade immédiate de la campagne aérienne. A compter du début novembre 1950, le général MacArthur ordonna que la zone située entre le front et la frontière chinoise soit transformée en désert, que l’aviation détruise tous les « équipements, usines, villes et villages »sur des milliers de kilomètres carrés du territoire nord-coréen. Comme le rapporta un attaché militaire britannique auprès du quartier général de MacArthur, le général américain donna l’ordre de « détruire tous les moyens de communication, tous les équipements, usines, villes et villages » à l’exception des barrages de Najin, près de la frontière soviétique et de Yalu (épargnés pour ne pas provoquer Moscou et Pékin). « Cette destruction [devait] débuter à la frontière mandchoue et continuer vers le sud. » Le 8 novembre 1950, 79 B-29 larguaient 550 tonnes de bombes incendiaires sur Sinuiju, « rayantde la carte ». Une semaine plus tard, un déluge de napalm s’abattait sur Hoeryong « dans le but de liquider l’endroit ». Le 25 novembre, « une grande partie de la région du Nord-Ouest entre le Yalu et les lignes ennemies plus au sud (…) est plus ou moins en feu ». La zone allait bientôt devenir une « étendue déserte de terre brûlée (7) ».

 

Tout cela se passait avant la grande offensive sino-coréenne qui chassa les forces de l’ONU du nord de la Corée. Au début de l’attaque, les 14 et 15 décembre, l’aviation américaine lâcha au-dessus de Pyongyang 700 bombes de 500 livres, du napalm déversé par des avions de combat Mustang, et 175 tonnes de bombes de démolition à retardement qui atterrirent avec un bruit sourd et explosèrent ensuite, quand les gens tentèrent de sauver les morts des brasiers allumés par le napalm. Début janvier, le général Ridgway ordonna de nouveau à l’aviation de frapper la capitale Pyongyang « dans le but de détruire la ville par le feu à l’aide de bombes incendiaires » (objectif qui fut accompli en deux temps, les 3 et 5 janvier 1951). A mesure que les Américains se retiraient au sud du 30e parallèle, la politique incendiaire de la terre brûlée se poursuivit : Uijongbu, Wonju et d’autres petites villes du Sud, dont l’ennemi se rapprochait, furent la proie des flammes (8).

 

L’aviation militaire tenta aussi de décapiter la direction nord-coréenne. Pendant la guerre en Irak, en mars 2003, le monde a appris l’existence de la bombe surnommée « MOAB » (Mother of all bombs, Mère de toutes les bombes), pesant 21 500 livres et d’une capacité explosive de 18 000 livres de TNT. Newsweek en publia une photo en couverture, sous le titre « Pourquoi l’Amérique fait-elle peur au monde ? (9) ». Au cours de l’hiver 1950-1951, Kim Il-sung et ses alliés les plus proches étaient revenus à leur point de départ des années 1930 et se terraient dans de profonds bunkers à Kanggye, près de la frontière mandchoue. Après trois mois de vaines recherches à la suite du débarquement d’Inch’on, les B-29 larguèrent des bombes « Tarzan » sur Kanggye. Il s’agissait d’une bombe nouvelle, énorme, de 12 000 livres, jamais utilisée auparavant. Mais ce n’était encore qu’un pétard à côté de l’arme incendiaire ultime, la bombe atomique.

 

Le 9 juillet 1950, deux semaines seulement après le début de la guerre, le général MacArthur envoya au général Ridgway un « message urgent » qui incita les chefs d’état-major (CEM) « à examiner s’il fallait ou non donner des bombes A à MacArthur ». Le général Charles Bolte, chef des opérations, fut chargé de discuter avec MacArthur de l’utilisation de bombes atomiques « en soutien direct aux combats terrestres ». Bolte estimait qu’on pouvait réserver de 10 à 20 bombes au théâtre coréen sans que les capacités militaires globales des Etats-Unis s’en trouvent affectées « outre mesure ». MacArthur suggéra à Bolte une utilisation tactique des armes atomiques et lui donna un aperçu des ambitions extraordinaires qu’il nourrissait dans le cadre de la guerre, notamment l’occupation du Nord et une riposte à une potentielle intervention chinoise ou soviétique comme suit : « Je les isolerai en Corée du Nord. En Corée, je vois un cul-de-sac. Les seuls passages en provenance de Mandchourie et de Vladivostok comportent de nombreux tunnels et ponts. Je vois là une occasion unique d’utiliser la bombe atomique, pour frapper un coup qui barrerait la route et demanderait un travail de réparation de six mois. »

 

A ce stade de la guerre, toutefois, les chefs d’état-major rejetèrent l’usage de la bombe car les cibles suffisamment importantes pour nécessiter des armes nucléaires manquaient, ils redoutaient les réactions de l’opinion mondiale cinq ans après Hiroshima et ils s’attendaient que le cours de la guerre soit renversé par des moyens militaires classiques. Le calcul ne fut plus le même lorsque d’importants contingents de soldats chinois entrèrent en guerre, en octobre et novembre 1950.

 

Lors d’une célèbre conférence de presse, le 30 novembre, le président Truman agita la menace de la bombe atomique (10). Ce n’était pas une bourde comme on le supposa alors. Le même jour, le général de l’armée de l’air Stratemeyer envoya l’ordre au général Hoyt Vandenberg de placer le commandement stratégique aérien en alerte « afin qu’il soit prêt à envoyer sans retard des formations de bombardiers équipés de bombes moyennes en Extrême-Orient, (…) ce supplément [devant] comprendre des capacités atomiques ». Le général d’aviation Curtis LeMay se souvient à juste titre que les CEM étaient parvenus auparavant à la conclusion que les armes atomiques ne seraient probablement pas employées en Corée, sauf dans le cadre d’une « campagne atomique générale contre la Chine maoïste ». Mais puisque les ordres changeaient en raison de l’entrée en guerre des forces chinoises, LeMay voulait être chargé de la tâche ; il déclara à Stratemeyer que son quartier général était le seul qui possédait l’expérience, la formation technique et « la connaissance intime » des méthodes de largage. L’homme qui dirigea le bombardement incendiaire de Tokyo en mars 1945 était prêt à mettre le cap de nouveau sur l’Extrême-Orient pour diriger les attaques (11). Washington se souciait peu à l’époque de savoir comment Moscou allait réagir car les Américains possédaient au moins 450 bombes atomiques tandis que les Soviétiques n’en avaient que 25.

 

Peu de temps après, le 9 décembre, MacArthur fit savoir qu’il voulait un pouvoir discrétionnaire concernant l’utilisation des armes atomiques sur le théâtre coréen, et, le 24 décembre, il soumit une « liste de cibles devant retarder l’avancée de l’ennemi » pour lesquelles il disait avoir besoin de 26 bombes atomiques. Il demandait en outre que 4 bombes soient larguées sur les « forces d’invasion » et 4 autres sur les « concentrations ennemies cruciales de moyens aériens ».

 

Dans des interviews parues après sa mort, MacArthur affirmait avoir un plan permettant de remporter la guerre en dix jours : « J’aurais largué une trentaine de bombes atomiques (…) en mettant le paquet le long de la frontière avec la Mandchourie. » Il aurait ensuite amené 500 000 soldats de la Chine nationaliste au Yalu, puis aurait « répandu derrière nous, de la mer du Japon à la mer Jaune, une ceinture de cobalt radioactif (…) dont la durée de vie active se situe entre soixante et cent vingt années. Pendant soixante ans au moins, il n’aurait pas pu y avoir d’invasion terrestre de la Corée par le nord ». Il avait la certitude que les Russes n’auraient pas bougé devant cette stratégie de l’extrême : « Mon plan était simple comme bonjour (12). »

 

La radioactivité du cobalt 60 est 320 fois plus élevée que celle du radium. Selon l’historien Carroll Quigley, une bombe H de 400 tonnes au cobalt pourrait détruire toute vie animale sur terre. Les propos bellicistes de MacArthur paraissent insensés, mais il n’était pas le seul à penser de la sorte. Avant l’offensive sino-coréenne, un comité dépendant des chefs d’état-major avait déclaré que les bombes atomiques pourraient s’avérer être le « facteur décisif » qui stopperait l’avancée chinoise en Corée. Au départ, on envisageait éventuellement leur utilisation dans « un cordon sanitaire [pouvant] être établi par l’ONU suivant une bande située en Mandchourie juste au nord de la frontière coréenne ».

 

La Chine en ligne de mire

 

Quelques mois plus tard, le député Albert Gore (le père d’Al Gore, candidat démocrate malheureux en 2000), qui s’opposa par la suite à la guerre du Vietnam, déplorait que « la Corée [fasse] détruise peu à peu la virilité américaine » et suggérait de mettre fin à la guerre par « quelque chose de cataclysmique », à savoir une ceinture radioactive qui diviserait la péninsule coréenne en deux de façon permanente. Bien que le général Ridgway n’ait pas parlé de bombe au cobalt, après avoir succédé à MacArthur en tant que commandant américain en Corée, il renouvela en mai 1951 la demande formulée par son prédécesseur le 24 décembre, réclamant cette fois 38 bombes atomiques (13). Cette demande ne fut pas acceptée.

 

Début avril 1951, les Etats-Unis furent à deux doigts d’utiliser des armes atomiques, au moment, précisément, où Truman révoquait MacArthur. Si les informations concernant cet événement sont encore en grande partie classées secrètes, il est désormais clair que Truman ne destitua pas MacArthur uniquement en raison de son insubordination réitérée, mais parce qu’il voulait un commandant fiable sur le terrain au cas où Washington décide de recourir aux armes atomiques. En d’autres termes, Truman se débarrassa de MacArthur pour garder ouverte sa politique en matière d’armes atomiques. Le 10 mars 1951, après que les Chinois eurent massé de nouvelles forces près de la frontière coréenne et que les Soviétiques eurent stationné 200 bombardiers sur les bases aériennes de Mandchourie (d’où ils pouvaient frapper non seulement la Corée, mais les bases américaines au Japon) (14), MacArthur demanda une « force atomique de type Jour J » afin de conserver la supériorité aérienne sur le théâtre coréen. Le 14 mars, le général Vandenberg écrivait : « Finletter et Lovett alertés sur les discussions atomiques. Je pense que tout est prêt. » Fin mars, Stratemeyer rapporta que les fosses de chargement des bombes atomiques sur la base aérienne de Kadena, à Okinawa, étaient de nouveau opérationnelles. Les bombes y furent transportées en pièces détachées, puis montées sur la base, seul le noyau nucléaire restant à placer. Le 5 avril, les CEM ordonnèrent que des représailles atomiques immédiates soient lancées contre les bases mandchoues si de nouveaux contingents importants de soldats chinois se joignaient aux combats ou, semble-t-il, si des bombardiers étaient déployés de là contre des positions américaines. Le même jour, Gordon Dean, président de la Commission sur l’énergie atomique, prit des dispositions pour faire transférer 9 têtes nucléaires Mark IV au 9e groupe de bombardiers de l’aviation militaire, affecté au transport des bombes atomiques. (…)

 

Les chefs d’état-major envisagèrent de nouveau l’emploi des armes nucléaires en juin 1951 – cette fois, du point de vue tactique sur le champ de bataille (15) – et ce fut le cas à maintes autres reprises jusqu’en 1953. Robert Oppenheimer, l’ancien directeur du Projet Manhattan, travailla sur le Projet Vista, destiné à évaluer la faisabilité de l’usage tactique des armes atomiques. Au début de 1951, un jeune homme du nom de Samuel Cohen, qui effectuait une mission secrète pour le département de la défense, étudia les batailles ayant conduit à la seconde prise de Séoul et en conclut qu’il devait exister un moyen de détruire l’ennemi sans détruire la ville. Il allait devenir le père de la bombe à neutrons (16).

 

Des milliers de villages anéantis

 

Le projet nucléaire le plus terrifiant des Etats-Unis en Corée fut probablement l’opération Hudson Harbor. Cette opération semble avoir fait partie d’un projet plus vaste portant sur « l’exploitation ouverte par le département de la défense et l’exploitation clandestine par la Central Intelligence Agency, en Corée, de la possibilité d’utiliser les armes nouvelles » (un euphémisme désignant ce qu’on appelle maintenant les armes de destruction massive). (…)

 

Sans recourir aux « armes nouvelles », bien que le napalm ait été très nouveau à l’époque, l’offensive aérienne n’en a pas moins rasé la Corée du Nord et tué des millions de civils avant la fin de la guerre. Pendant trois années, les Nord-Coréens se sont trouvés face à la menace quotidienne d’être brûlés par le napalm : « On ne pouvait pas y échapper », m’a confié l’un eux en 1981. En 1952, pratiquement tout avait été complètement rasé dans le centre et le nord de la Corée. Les survivants vivaient dans des grottes. (…)

 

Au cours de la guerre, écrivit Conrad Crane, l’armée de l’air américaine « provoqua une destruction terrible dans toute la Corée du Nord. L’évaluation à l’armistice des dégâts provoqués par les bombardements révéla que sur les 22 villes principales du pays, 18 avaient été au moins à moitié anéanties. » Il ressortait d’un tableau établi par l’auteur que les grandes villes industrielles de Hamhung et de Hungnam avaient été détruites à 80 %-85 %, Sariwon à 95 %, Sinanju à 100 %, le port de Chinnamp’o à 80 % et Pyongyang à 75 %. Un journaliste britannique décrivit l’un des milliers de villages anéantis comme « un monticule étendu de cendres violettes ». Le général William Dean, qui fut capturé après la bataille de Taejon, en juillet 1950, et emmené au Nord, déclara par la suite qu’il ne restait de la plupart des villes et des villages qu’il vit que « des gravats ou des ruines couvertes de neige ». Tous les Coréens qu’il rencontra, ou presque, avaient perdu un parent dans un bombardement (17). Winston Churchill, vers la fin de la guerre, s’émut et déclara à Washington que, lorsque le napalm fut inventé à la fin de la seconde guerre mondiale, personne n’imaginait qu’on en « aspergerait » toute une population civile (18).

 

Telle fut la « guerre limitée » livrée en Corée. En guise d’épitaphe à cette entreprise aérienne effrénée, citons le point de vue de son architecte, le général Curtis LeMay, qui déclara après le début de la guerre : « Nous avons en quelque sorte glissé un mot sous la porte du Pentagone disant : “Laissez-nous aller là-bas (…) incendier cinq des plus grandes villes de Corée du Nord – elles ne sont pas très grandes – ça devrait régler les choses.” Eh bien, on nous a répondu par des cris – “Vous allez tuer de nombreux civils”, et “c’est trop horrible”. Pourtant, en trois ans (…), nous avons incendié toutes (sic) les villes en Corée du Nord de même qu’en Corée du Sud (…). Sur trois ans, on arrive à le faire passer, mais tuer d’un coup quelques personnes pour régler le problème, beaucoup ne peuvent pas l’encaisser (19). »

 

La Corée du Nord tenterait, sans raison, de s’équiper en armes de destruction massive, tandis que l’opposition de Washington à cette stratégie relèverait de l’innocence originelle. Pourtant, depuis les années 1940, les Etats-Unis ont eux-mêmes utilisé ou menacé d’utiliser ces armes en Asie du Nord-Est. Ils sont la seule puissance à avoir eu recours à la bombe atomique, et leur dissuasion repose sur la menace de les employer de nouveau en Corée.

 

Bruce Cumings

 

Directeur du département d’histoire à l’université de Chicago. Auteur de The Korean War : A History, Random House, New York, 2010.
 

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(1) Stephen Endicott, Edward Hagerman, « Les armes biologiques de la guerre de Corée », Le Monde diplomatique, juillet 1999.

(2) Cité dans Clay Blair, Forgotten War, Random House, New York, 1989.

(3) Archives nationales américaines, dossier 995 000, boîte 6175, dépêche de George Barrett, 8 février 1951.

(4) Archives nationales, RG338, dossier KMAG, boîte 5418, journal KMAG, entrées des 6, 16, 20 et 26 août 1950.

(5) The New York Times, 31 juillet, 2 août et 1er septembre 1950.

(6) Voir « Air War in Korea », dans Air University Quarterly Review 4, n° 2, automne 1950, pp. 19-40, et « Precision bombing », dans Air University Quartely Review 4,n° 4, été 1951, pp. 58-65.

(7) Archives MacArthur, RG6, boîte 1, « Stratemeyer à MacArthur », 8 novembre 1950 ; Public Record Office, FO 317, pièce n° 84072, « Bouchier aux chefs d’état-major », 6 novembre 1950 ; pièce no 84073, 25 novembre 1959, sitrep.

(8) Bruce Cumings, The Origins of the Korean War, tome II, Princeton University Press, 1990, pp. 753-754 ; New York Times, 13 décembre 1950 et 3 janvier 1951.

(9) Newsweek, 24 mars 2003.

(10) The New York Times, 30 novembre et 1er décembre 1950.

(11) Hoyt Vandenberg Papers, boîte 86, Stratemeyer à Vandenberg, 30 novembre 1950 ; LeMay à Vandenberg, 2 décembre 1950. Voir aussi Richard Rhodes, Dark Sun : The Making of the Hydrogen Bomb, 1955, pp. 444-446.

(12) Bruce Cumings, op. cit., p. 750. Charles Willoughby Papers, boîte 8, interviews par Bob Considine et Jim Lucas en 1954 parus dans le New York Times, 9 avril 1964.

(13) Carroll Quigley, Tragedy and Hope : A History of the World in Our Time,MacMillan, New York, 1966, p. 875. C. Quigley fut le professeur préféré de William Clinton à Georgetown University. Voir aussi B. Cumings, op. cit., p. 750.

(14) Les documents rendus publics après l’effondrement de l’Union soviétique ne semblent pas corroborer cette information. Selon les historiens, les Soviétiques ne déployèrent pas une force aérienne de cette importance à l’époque, contrairement à ce que pensaient les services de renseignement – en raison peut-être d’une désinformation efficace de la part des Chinois.

(15) Il ne s’agissait pas d’utiliser des armes nucléaires dites tactiques, non encore disponibles en 1951, mais d’utiliser les Mark IV tactiquement dans les combats, comme les bombes classiques larguées par les B-29 avaient été utilisées dans les combats depuis fin août 1950.

(16) Samuel Cohen était un ami d’enfance d’Herman Kahn. Voir Fred Kaplan, The Wizards of the Armageddon, Simon & Schuster, New York, 1983, p. 220. Sur Oppenheimer et le projet Vista, voir B. Cumings, op. cit., pp. 751-752, David C. Elliot, « Project Vista and Nuclear Weapons in Europe », dans International Security 2, n° 1, été 1986, pp. 163-183.

(17) Conrad Crane, American Airpower Strategy in Korea, University Press of Kansas,Lawrence, 2000, pp. 168-169.

(18) Jon Halliday et Bruce Cumings, Korea : The Unknown War, Pantheon Books, New York, 1988, p. 166.

(19) John Foster Dulles Papers, histoire orale Curtis LeMay, 28 avril 1966.

Missile nord-coréens sur la route de la soie ?

 

Publié le 14 Août 2017

Les VRP et les missiles à domicile
 
Missile nord-coréens sur la route de la soie ?
Evidemment, sous réserve de développement, c'est France info du 14 aout qui met en ligne : 
 
C'est une thèse étonnante. La Corée du Nord aurait réalisé ses progrès spectaculaires en matière de balistique grâce à des moteurs d'une entreprise ukrainienne probablement obtenus sur le marché noir, selon une étude publiée lundi 14 août par l'International institute for strategic studies (en anglais).

Le groupe de réflexion britannique a cherché à comprendre comment, en l'espace de deux ans, la Corée du Nord avait réussi à aligner un nouveau type de missile à portée intermédiaire, le Hwasong-12, et son grand-frère le Hwasong-14, un missile balistique intercontinental (ICBM) testé avec succès à deux reprises ces dernières semaines.
Aucun autre pays n'a fait la transition d'une capacité de moyenne portée à un ICBM en une période aussi courte

Michael Elleman, auteur de l'étude

Le savoir-faire nord-coréen insuffisant

 

Pour lui, la réponse est simple : "La Corée du Nord s'est procuré un moteur à carburant liquide de haute performance venant d'une source à l'étranger." "Il est probable que ces engins viennent d'Ukraine, probablement de manière illégale", souligne le spécialiste dans une interview au New York Times (en anglais). "La question est de savoir combien ils en ont et si les Ukrainiens les aident. Je suis très inquiet", ajoute t-il.Dans une longue démonstration très détaillée, ce spécialiste des missiles arrive, en procédant par élimination, à la conclusion que le type de moteur utilisé par Pyongyang ne peut avoir été modifié que dans les usines du groupe russe Energomash et de l'entreprise ukrainienne KB Ioujnoïe. Il est clair selon lui que les ingénieurs nord-coréens n'ont pas le savoir-faire pour modifier ce moteur, le RD-250, tel qu'il est utilisé sur les lanceurs de Pyongyang.
 
L'entreprise dément, le gouvernement aussi

Le New York Times souligne pour sa part que les services de renseignement et les experts concentrent leur enquête sur une usine ukrainienne connue sous le nom de Ioujmach, qui a une longue expérience en matière de moteur de fusée et qui aurait des difficultés financières depuis la chute du gouvernement prorusse en 2014. L'entreprise a très fermement démenti lundi ces informations dans un communiqué : "Ioujmach n'a jamais eu et n'a aucun lien avec le programme de missiles nord-coréens qu'il soit de nature spatiale ou pour la défense".
 
Olexandre Tourtchinov, secrétaire du Conseil national de sécurité et de défense ukrainien, qui dépend directement du président ukrainien, a lui aussi formellement démenti. Michael Elleman souligne d'ailleurs dans son étude que ces engins ont pu être obtenus sur le marché noir à l'insu du gouvernement, grâce aux liens établis de longue date par les Nord-Coréens en ex-Union soviétique.
 
Quand on sait que l'Ukraine dispose d'un régime de le gouvernement a été directement mis en place par l'OTAN et le pentagone. 
 

Rédigé par Canaille Lerouge

L’Asie  centrale au cœur de la mondialisation : entre corruption, répression et évasion fiscale

 

14 Juillet 2017

Dictateurs sans frontières Livre John Heathershaw Alexandre Cooley Asie centrale Corruption Finance Dictature

13 juillet 2017

Contrairement à une idée répandue, l’Asie centrale est très connectée aux flux financiers mondiaux, au moins pour ses élites. Dans le livre « Dictateurs sans frontières », deux chercheurs montrent comment le système financier mondial et l’état de Droit sont utilisés pour contrôler les populations et poursuivre les opposants à l’étranger. Interview.

 

Plus de 25 ans après leur indépendance, les cinq Etats d’Asie centrale (Kazakhstan, Kirghizstan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Turkménistan) reposent pour la plupart sur un système politique organisé autour d’un régime présidentiel fort, renforcé par des mécanismes de patronages. Le maintien de ces systèmes autoritaires a entravé le développement démocratique pour la majorité des pays, Kirghizstan excepté. Cela a également empêché la poursuite des réformes sociales, politiques et économiques nécessaires à la modernisation et à la consolidation de ces pays.

 

Dans leur nouvel ouvrage « Dictateurs Sans Frontières » (« Dictators without borders », non traduit en français) publié le 7 février dernier, John Heathershaw, professeur associé en relations internationales à l’Université de Exeter, au Royaume Uni, et Alexander Cooley, directeur de Harriman Institute à l’Université de Columbia et professeur de sciences politiques au Barnard College, déconstruisent l’argumentaire fort répandu : l’Asie centrale est isolée et très mal intégrée dans le monde globalisé.

 

Utiliser les moyens offerts par l’Occident

 

Les auteurs démontrent comment les dynamiques économiques, politiques et sécuritaires sont exploitées par les régimes centrasiatiques en dehors de leur pays pour se positionner au centre des réseaux financiers mondiaux. Par l’intermédiaire de réseaux d’affaires, de courtiers tiers et de juridictions étrangères, les chefs d’Etats d’Asie centrale deviennent des acteurs globaux, bien intégrés dans les centres politiques et financiers du pouvoir transnational mondial.

 

A l’occasion de la publication de « Dictateurs Sans Frontières », Novastan a pu s’entretenir avec John Heathershaw.

 

Novastan : Votre livre s’intitule « Dictateurs sans frontières ». Quelles sont les frontières ou les limites d’une dictature ? Lesquelles sont infranchissables pour les dirigeants centrasiatiques ?

 

John Heathershaw : C’est une question plutôt philosophique ! Le livre s’intéresse à la place du territoire et de la sphère politique en Asie centrale. Il est plutôt courant de penser que les dictatures sont confinées dans un territoire donné : les bandits sont « stationnaires » pour le sociologue Mancur Olson, par exemple. Pourtant, avec ce livre nous montrons comment ils utilisent des espaces offshores et extra-territoriaux où des processus mondiaux opèrent, des allers-retours des capitaux pour éviter les impôts ou blanchir de l’argent jusqu’à l’arbitrage international de conflits commerciaux.

 

Ces dictateurs ne peuvent pas contrôler le résultat de ces processus, qui sont en dehors des limites de leurs frontières, mais en tant que pouvoirs souverains ils ont un avantage comparatif sur leurs concurrents. L’illusion de contrôle par les dictatures est aussi de ce registre. Aussi, il est tout aussi impossible de supprimer toute poche de dissidence, locale ou globale, que d’atteindre un soutien universel par la dictature. Nous voyons cela autant avec les communautés de Turkmènes en exil que ceux restés dans le pays.

 

Comment concevez-vous « l’autoritarisme mondial », dans ce cas ?

 

L’autoritarisme mondial, ce sont les pratiques financières, économiques, sociales, politiques, juridiques et sécuritaires des dictatures en-dehors de leurs frontières. Elles incluent l’utilisation de comptes offshores pour échapper au regard du public, accroître sa richesse personnelle et passer des accords avec des multinationales qui ne sont pas tenues aux règles anti-blanchiment.

 


Ces pratiques sont « autoritaires » dans le sens où les autocraties sont des managers et des bandits comme le décrit Mancur Olson. Les pratiques sociales incluent par exemple la constitution de réseaux mondiaux par la propriété, l’éducation et l’acquisition de la citoyenneté et de la résidence, parmi d’autres choses. Les Kazakhs de Londres ou les Ouzbeks en Lettonie sont deux bons exemples de ces diasporas d’élites qui s’établissent, même si tous leurs membres ne sont pas tous des soutiens de leur gouvernement, comme le montre le cas Moukhtar Abliazov (un homme d’affaire kazakh condamné par contumace au Kazakhstan et retenu en France, ndlr).

 

Politiquement, l’autoritarisme mondial est principalement représenté par le lobby international, tout en cachant l’origine politique par des comptes offshores. Le gouvernement du Tadjikistan a ainsi utilisé cette méthode aux Etats-Unis. Pour ce qui est du côté juridique, on retrouve l’utilisation de poursuites contre des opposants à l’étranger et l’acquisition d’une protection légale des ressources capturées grâce aux processus d’arbitrage à Londres ou Stockholm, parmi d’autres lieux. Enfin, l’aspect sécuritaire implique l’utilisation d’Interpol et une large coopération sur la sécurité intérieure dans les pays de la Communauté des Etats indépendants, et de plus en plus l’Organisation de coopération de Shanghai. Certaines de ces pratiques sont distinctement dictatoriales, d’autres relèvent simplement de l’utilisation de systèmes libéraux pour des buts autoritaires.

 

Vous expliquez comment le 11 septembre marque un tournant majeur dans les relations entre l’Asie centrale et l’Occident, avec l’intégration totale des gouvernements centrasiatiques dans les réseaux transnationaux. Les pays occidentaux ont-ils permis aux Etats centrasiatiques d’être englués dans ces réseaux opaques ?

 

L’autoritarisme mondial en Asie centrale existait avant le 11 septembre. Nous pensons cependant que cet évènement a accéléré la fin de la période des années 1990 où le libéralisme était promu de manière très agressive. La sécurité en est venue à prendre le pas sur la libéralisation dans certains cas. Ainsi, le gouvernement américain était prêt à ne rien voir de la corruption transnationale dans les contrats de fournisseurs de pétrole pour sa base au Kirghizstan. L’aide pour assurer la sécurité de l’Ouzbékistan et du Tadjikistan, et ainsi le financement et la coopération avec des agences qui utilisent de manière routinière la torture, sont passés avant la promotion des droits des citoyens.

 

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Le principal problème de régulation de ces 10-20 dernières années, c’est l’échec de l’application de politiques anti-corruption et anti-blanchiment en Asie centrale. Cet échec est dû à la faiblesse des agences de régulation et la promotion de l’auto-régulation par l’Occident, alors que fournisseurs de service n’ont que peu d’incitation à signaler des faits douteux. La raison ici pourrait plus relever du commerce que de la politique ou de la sécurité.

 

Vous mentionnez également que de nombreux centres cosmopolites occidentaux comme New York, Londres ou Genève sont devenus de véritables paradis fiscaux pour les dirigeants occidentaux. Est-ce que l’Occident a perdu son autorité morale ?

 

Ces lieux ont des entreprises et des agents qui facilitent l’évasion fiscale et garantissent une résidence et du secret, mais en réalité ce fonctionnement est véritablement mondial. Un individu peut obtenir un visa pour Londres mais financera sa propriété grâce à des comptes offshores situés à Belize, comme l’a fait Maxime Bakiev en 2010 (le fils du président kirghiz Kourmanbek Bakiev, démis de ses fonctions en 2010 après une révolution, ndlr).

 

Les gouvernements occidentaux offrent des régimes de visa qui permettent aux ploutocrates et kleptocrates de résider et d’éventuellement obtenir la citoyenneté tout en bloquant l’arrivée d’enfants réfugiés, comme au Royaume-Uni. Dans le même temps, ils ne fournissent pas suffisamment de moyens à leurs autorités de régulation pour identifier et enquêter sur le blanchiment d’argent de tels individus. A l’inverse, des avocats très bien payés et des financiers sont plus qu’heureux d’aider ces individus à effacer leurs traces. Ils se défendent en affirmant qu’ils travaillent en toute légalité. Pour moi, ces personnages et les gouvernements occidentaux ont perdu leur autorité morale, oui.

 

A la lecture, on a l’impression que ces « activités illégales » et le « secret financier » ne sont finalement pas si secrets ou opaques. Est-ce si facile d’acheter une citoyenneté ?

 

Souvent, ce sont des militants occidentaux, travaillant avec des centrasiatiques très courageux, qui déterrent ces affaires. Donc d’une certaine façon, « l’Occident » travaille autant pour que contre l’autoritarisme mondial. Il est difficile d’avoir des preuves pour des faits précis publiquement sans risquer la diffamation. Ce que nous savons aujourd’hui n’est probablement que la pointe de l’iceberg, qui peut n’être que peu représentative de l’ensemble.

 

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Dans le détail, il existe plusieurs variantes pour l’obtention d’une citoyenneté. Certains pays la donnent très facilement, tandis que d’autres sont plus stricts. Au Royaume-Uni par exemple, il y a de plus en plus de pression politique pour rendre son obtention encore plus difficile. En général, vous avez besoin de beaucoup d’argent et des relations avec les bons avocats et agents pour obtenir la citoyenneté en Occident (sans passer par la case emploi, mariage ou asile politique). Ainsi, ceux qui le font sont souvent ceux qui ont prospéré sous leurs autocraties chez eux et qui ont un capital qu’ils peuvent utiliser pour s’installer à l’étranger.

 

Vous vous êtes concentré principalement sur les liens entre les pays centrasiatiques et les pays occidentaux. Mais qu’en est-il de la Russie et de la Chine ?

 

Il y a effectivement une autre histoire à raconter sur la Russie et la Chine en particulier. Même si les deux apparaissent dans le livre, la Russie notamment, ces pays apparaissent de manière moins proéminente et nous avons choisi de nous concentrer sur l’Occident et ses agents de la mondialisation. Ici, deux choses sont à prendre en compte. En premier lieu, les affaires sortent dans l’Occident car il y a de la transparence et de la responsabilité, même si elles sont insuffisantes. Il y en a beaucoup moins autant en Russie qu’en Chine. Ensuite, le fait est que des villes comme Londres, New York, Paris ou Genève restent des destinations de choix pour les élites centrasiatiques, comme pour celles de kleptocrates du monde entier.

 

Moscou et Shanghai semblent secondaires comme lieux de vie et n’offrent pas les protections des cours européennes. C’est ici que le libéralisme compte : l’Etat de droit vous permet de vous protéger une fois arrivé, si vous tombez en état de disgrâce avec le régime en place. Maxime Bakiev a pu se protéger depuis Londres, quand Gulnara Karimova (la fille de l’ancien président ouzbek, Islam Karimov, ndlr) s’est rendue vulnérable en décidant de rentrer à Tachkent.

 

Y a-t-il des spécificités dans les entreprises utilisées comme coquilles vides par les élites centrasiatiques ?

 

Pour répondre à cette question, nous aurions besoin de faire une étude comparative des autres régions du monde. Pour autant que nous puissions en parler, ces coquilles vides (shell companies) sont plutôt génériques. Elles représentent une partie très établie du système financier mondial qui a grandi de façon exponentielle depuis les années 1970.

 

La seule option qui ferait décliner leur nombre serait d’avoir des régulations plus fortes qui réduiraient leur capacité à offrir des contournements d’impôts et du secret. Par exemple, de plus en plus de voix se font entendre depuis longtemps pour inscrire dans des registres publics les véritables propriétaires de ces coquilles vides. Certains pays ont discuté de l’application de cette idée mais sans un processus global mené par le Royaume-Uni et les Etats-Unis incluant leurs territoires à l’étranger et leurs Etats fédérés, cette solution ne serait qu’à moitié efficace.

 

Des accords mondiaux dans ces domaines peuvent être signés si l’intérêt public mondial est élevé et que les gouvernements sentent qu’ils doivent utiliser leur pouvoir en ce sens. Le fait que des terroristes et des membres du crime organisé utilisent souvent des coquilles vides pour financer leurs activités a amené un argument de plus pour cet effort de régulation. Cependant, je ne suis pas du tout persuadé que nous verrons un registre mondial avant un bon moment.

 

Y a-t-il des différences entre les pays centrasiatiques quant à leur insertion mondiale dans ce genre de milieu ?

 

Certains pays se sont construits comme des nœuds du système financier mondial, comme le Kirghizstan avec l’Asian Universal Bank et le Kazakhstan avec BTA Bank. D’autres n’utilisent que peu de coquilles vides offshores comme le Tadjikistan ou l’Ouzbékistan, ou ne maintiennent que des comptes avec des banques étrangères très haut de gamme, comme le Turkménistan qui utilisaient des comptes Deutsche Bank avant d’être découvert par Global Witness en 2006.

 

Cela pourrait suggérer que ceux qui sont les plus libéraux économiquement sont les plus intégrés au niveau mondial. Mais sans données, difficile d’être catégorique. Y a-t-il de compétition dans ce domaine ? Peu de preuves viennent alimenter cette théorie. Mais on peut cependant dire que certains pays comme le Kazakhstan sont plus efficaces pour viser leurs opposants à l’étranger que d’autres, comme le Kirghizstan.

 

A la fin de votre livre, vous affirmez que ces territoires en dehors des pays sont les premiers terrains de bataille entre régime en place et opposition. Est-ce le reflet de l’absence de justice indépendante en Asie centrale ?

 

Pas entièrement. Si vous voulez faire des affaires avec des entreprises étrangères, elles insisteront sur l’arbitrage international qui prévaut du fait de la nature prédatrice des systèmes judiciaires nationaux et les standards internationaux dans lesquels ils opèrent. Les gouvernements centrasiatiques vont utiliser les cours nationales quand ils le peuvent : les Tadjiks ont par exemple visé l’opposant Zayd Saïdov en 2013, ou son Parti de la renaissance islamique, en 2015 (ce dernier a alors été interdit et ses membres chassés, ndlr).

 

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Mais si vos exilés se déplacent à l’étranger, vous avez besoin de les viser là-bas. Si vous êtes un insider qui cherche à se protéger, vous établissez un abri en Lettonie ou à Londres. Si vous voulez être un citoyen du monde et avoir de l’argent que vous pouvez utiliser partout, il est bon d’avoir un compte en banque secret en dollars ou en euros. La place de plus en plus importante de ces lieux de contestation extra-territoriaux est le produit de la mondialisation.

 

Si l’on vous suit, et étant donné le contexte de plus en plus sécuritaire en Asie centrale, quel est le future d’une opposition politique interne autre qu’être dépendante d’acteurs extérieurs ?

 

Dans de nombreux pays centrasiatiques, l’opposition de l’intérieur s’exile. Seul le Kirghizstan a une opposition interne. L’opposition de la diaspora est en général très peu efficace mais les avancées technologiques et les flux migratoires permettent la création d’opportunités pour des réseaux transnationaux de rentrer et de sortir du pays d’origine. C’est la raison pour laquelle ces gouvernements exportent la répression, pour utiliser le vocabulaire du centre d’étude des Affaires étrangères britannique qui a récemment étudié le phénomène.

 

Le but de « Dictateurs Sans Frontières » est d’arrêter de penser en termes d’intérieur et d’extérieur comme des choses distinctes. L’idée est plutôt de réfléchir en termes de flux transnationaux – de l’extérieur vers l’intérieur et de l’intérieur vers l’extérieur – comme des caractéristiques durables du paysage politique centrasiatique pour le futur proche. D’où la création du projet Central Asian Political Exiles pour suivre ces flux et pratiques.

 

Selon vous, quel est le futur possible pour ces réseaux transnationaux et l’Asie centrale ?

 

Il n’y a pas de futur précis que nous pouvons dessiner. C’est un défi de régulation mondial, qui ne s’arrête pas à combattre l’extension de l’autoritarisme mondial mais bien de distinguer entre les demandeurs d’asile légitimes, qui demandent de la protection, et ces exilés qui sont impliqués dans des abus de pouvoir chez eux et du blanchiment d’argent à l’étranger.

 

Souvent, ces deux personnes sont les mêmes. A d’autres moments, non. Cette situation est remplie de défis auxquels les systèmes judiciaires nationaux ne peuvent pas répondre seuls, comme le cas de Maxime Bakiev à Londres le montre. L’important, c’est que nous avons un besoin d’aller plus loin dans l’activisme, la transparence et la responsabilité à une échelle mondiale. Cela sous-entend des activistes qui découvrent de nouvelles affaires et qui mettent en lumière l’hypocrisie des grands donateurs et des pouvoirs libéraux qui les ont laissé prospérer. Cela sous-entend de la transparence par des fuites de données, l’accès à des données sur les bénéficiaires de coquilles vides et la publication d’études de fond sur l’investissement étranger en Asie centrale. Et cela sous-entend enfin de la responsabilité par l’extension du droit criminel international et l’application plus systématique d’instruments comme la « US Foreign Corrupt Practices Act » et la « UK Anti-Bribery Law ».

 

Si tout cela arrive, alors nous en saurons beaucoup plus à l’avenir sur les pratiques de l’autoritarisme mondial, qui restent bien souvent dans l’ombre.

 

Propos recueillis par Pablo Garcia
Traduction depuis l’anglais par Etienne Combier

La coalition communiste gagne les élections locales au Népal

 

09 Juillet 2017

  • Dans la première phase des sondages municipaux, tenue le 14 mai, le CPN-UML a également remporté la majorité des voix.

    Dans la première phase des sondages municipaux, tenue le 14 mai, le CPN-UML a également remporté la majorité des voix. | Photo: EFE

Publié le 7 juillet 2017
  •  
La troisième et dernière phase de ces élections aura lieu le 18 septembre.
 
Le parti communiste du Népal (union marxiste-léniniste unifiée), CPN-UML, la coalition a remporté la deuxième phase des élections locales au Népal, selon les derniers résultats publiés jeudi.
 
Avec des résultats portant sur  325 des 334 unités locales, les candidats du CPN-UML ont gagné dans 146 unités locales et dirigent dans six unités locales.
 
La coalition est  suivie par le Congrès népalais social-démocrate, qui a remporté 118 unités locales, et le Parti communiste népalais (Centre maoïste), qui a remporté la victoire dans 38 unités locales.
 
Dans la première phase  des élections municipales, tenue le 14 mai, le CPN-UML a également remporté la majorité des voix.
 
« Les résultats des élections montrent le succès du commandement central du parti », a déclaré l’analyste politique Puranjan Acharya à Kathmandu Post.
 
La « sélection intelligente » des candidats du CPN-UML a également bien fonctionné dans les circonscriptions dominantes de Tharou et Madhesi, a ajouté Acharya.
 
Les élections locales ont été organisées pour la première fois en Himalaya depuis 1997, ce qui marque une tentative du gouvernement de rétablir la démocratie après un soulèvement maoïste de longue date suivi d’un retard d’un an dans le passage à une nouvelle constitution.
 
« Cette élection permettra le fonctionnement des organes locaux et ouvrira  la  la prospérité sociale et économique », a déclaré le président népalais Bidya Devi Bhandari dans un communiqué.
 
Le premier tour d’élections a eu lieu dans trois des sept provinces du Népal, avec une participation électorale de plus de 70 pour cent. Trois autres provinces ont tenu des élections le mercredi dernier. Le dernier tour est prévu pour le 18 septembre dans la dernière province.

Marianne en Corée du Nord

 

03 Juillet 2017
 

LIBERTE

 

Après son entretien avec le nouveau président sud-coréen Moon Jae-in, le 30 juin, Donald Trump a encore durci le ton contre la Corée du Nord. « La patience stratégique avec le régime nord-coréen est terminée. Ensemble, nous faisons face à la menace du régime dangereux et brutal de Corée du Nord. Les programmes nucléaire et balistique de ce ce régime exigent une réponse déterminée », a déclaré le président américain. Pour la première fois, Washington a également annoncé des sanctions contre une banque chinoise accusée de coopérer avec Pyongyang.

 

Si la fonction des médias dominants est de substituer l’imaginaire à la réalité, la représentation occidentale de la Corée du Nord n’échappe pas à la règle. Vu de l’Ouest, il est vrai que Pyongyang fait figure d’accusé idéal. Cette « monarchie rouge », ce « régime ubuesque », ce « goulag asiatique » réunit les stigmates de tout ce que l’homo occidentalis est censé détester. Désigné par les grands prêtres du droit-de-l’hommisme comme l’incarnation du Mal, cet Etat honni ferait peser, selon le secrétaire d’Etat US Rex Tillerson, « la pire des menaces sur la paix mondiale ».

 

Mais de quelle menace s’agit-il ? Depuis son entrée fracassante dans le club des puissances nucléaires, en octobre 2006, la Corée du Nord est mise au ban des nations. Contre ce petit pays, la « communauté internationale » phagocytée par Washington a mobilisé les grands moyens. Résolutions onusiennes, sanctions économiques et manœuvres militaires se succèdent, sans relâche, pour isoler le régime fautif. Rangée par les USA dans la catégorie des « Etats voyous », la République populaire démocratique de Corée est dans la ligne de mire.

 

La propagande occidentale dépeint Kim Jong-un comme un tyran sanguinaire faisant joujou avec la bombe, mais cette caricature peine à masquer la réalité des rapports de force. Inutile d’être un grand expert, en effet, pour comprendre que la stratégie nucléaire nord-coréenne est purement défensive. Dissuasion du faible au fort, sa finalité est d’exposer l’agresseur à des représailles, et non de prendre l’initiative des hostilités. Les Nord-Coréens veulent échapper au sort de l’Irak et de la Libye, pulvérisés par les USA et leurs supplétifs pour avoir le bonheur de goûter les bienfaits de la démocratie importée manu militari.

 

Le bellicisme prêté à Pyongyang, en réalité, relève d’une inversion accusatoire dont le soi-disant « monde libre » est coutumier. Prompts à donner des leçons de morale, les USA sont les seuls à avoir utilisé l’arme nucléaire. A Hiroshima et Nagasaki, en août 1945, ils l’ont fait sans hésitation et n’en éprouvent aucun remords. Non seulement ce massacre de masse (plus de 220 000 morts) fut d’une barbarie sans nom, mais il n’avait aucune justification militaire. Le Japon était prêt à capituler, et le recours à l’arme atomique visait à intimider l’URSS, dont les troupes écrasaient l’armée japonaise en Mandchourie.

 

Pour la « nation exceptionnelle » à la « destinée manifeste », carboniser des centaines de milliers de femmes, d’enfants et de vieillards ne pose aucun problème sur le plan moral. Pour fêter l’anniversaire de la double explosion, les généraux US aimaient déguster en famille une pâtisserie en forme de champignon atomique. Cinq ans plus tard, les mêmes galonnés à la bonne conscience indécrottable déchaînèrent les feux de l’enfer contre les Coréens. Ces derniers échappèrent de peu à l’apocalypse nucléaire rêvée par MacArthur, mais ils subirent les effets dévastateurs d’une arme nouvelle : le napalm. Pendant la guerre de Corée, l’US Air Force fit un usage massif de cet explosif incendiaire, et la plupart des grandes villes du Nord ont été détruites.

 

Imagine-t-on une guerre qui anéantirait 60 millions d’Américains en les carbonisant avec des bombes incendiaires ? C’est ce que la Corée du Nord a subi entre 1950 et 1953. Déversant davantage de bombes sur la péninsule que sur le Japon entre 1942 et 1945, les généraux du Pentagone ont massacré sans état d’âme 3 millions de personnes, soit 20% de la population de ce petit pays. On se doute bien que de telles broutilles n’entacheront jamais le prestige inégalé dont jouit l’Oncle Sam dans les contrées occidentales. Mais à la lumière de cette histoire on comprend mieux, en revanche, la hargne anti-impérialiste des Nord-Coréens.

Il n’y a pas que le passé, au demeurant, qui incite à relativiser la passion de Washington pour la paix dans le monde et l’amitié entre les peuples. Lorsque les USA jouent la vertu outragée et brandissent l’épouvantail nord-coréen, on finirait presque par oublier qu’ils détiennent 4 018 têtes nucléaires, alors que la République populaire démocratique de Corée en possède une dizaine. Les cinq essais nucléaires nord-coréens ont provoqué des torrents d’indignation en Occident, mais les USA en ont réalisé plus d’un millier. Enfin, ce n’est pas la Corée du Nord qui a pris l’initiative de nucléariser la péninsule, mais les USA en 1958.

 

Lorsqu’on demande ce que viennent faire des porte-avions US dans la région, la propagande répond que la Corée du Nord est un Etat-voyou qui a violé le traité de non-prolifération nucléaire. Mais un Etat souverain est libre de dénoncer un traité international, et Pyongyang a la mérite d’avoir annoncé la couleur en se retirant du TNP. De ce point de vue, sa situation est beaucoup moins scandaleuse que celle d’Israël. Car cet Etat non-signataire du TNP détient 300 têtes nucléaires avec la bénédiction des puissances occidentales, alors qu’il bombarde ses voisins et colonise des territoires qui ne lui appartiennent pas.

Les dirigeants nord-coréens ont beau user d’une rhétorique grandiloquente, ils ont les pieds sur terre. La puissance militaire de cet Etat de 25 millions d’habitants représente 2% de celle des USA, et sa seule ambition est de prévenir une agression extérieure dont la perspective n’a rien d’irréel. Réduits à l’impuissance au Moyen-Orient, les docteurs Folamour du Pentagone rêvent d’en découdre avec ce pays récalcitrant. Ils ont installé un bouclier anti-missiles en Corée du Sud, dépêché dans la région un puissant groupe aéro-naval, et largué dans la montagne afghane la méga-bombe anti-bunker « MOAB » en guise d’avertissement.

 

Malgré les réticences du nouveau président sud-coréen, qui s’est déclaré prêt à « renvoyer » le bouclier anti-missiles, les « neocons » de Washington envisagent ouvertement une opération militaire contre les installations nucléaires nord-coréennes. Car l’affrontement avec la Corée du Nord présenterait deux avantages. Il constituerait un puissant dérivatif à l’échec de l’impérialisme au Moyen-Orient, où il se heurte à l’axe Moscou-Téhéran-Damas-Bagdad. Et il fournirait un banc d’essai pour le bombardement des installations souterraines du complexe nucléaire nord-coréen avec la bombe « MOAB ». En cas de succès, une telle prouesse technologique priverait la Corée du Nord de son outil de dissuasion et administrerait une leçon de choses à l’Iran, cible préférée de l’administration Trump.

 

Pari hasardeux, bien sûr. Dans l’immédiat, cette agressivité a pour seul effet de conforter Pyongyang dans sa détermination. Farouchement attachée à sa souveraineté, fidèle à l’idéologie du « juché » (autonomie) héritée de Kim-Il-Sung, la Corée du Nord n’aime pas qu’on lui marche sur les pieds. Contrairement aux USA dont la doctrine prévoit la possibilité d’une attaque préventive, son programme nucléaire indique clairement à ceux qui voudraient l’attaquer qu’ils s’exposent à de sévères représailles. Décidée à résister à toutes les pressions, adossée au géant chinois, la République populaire démocratique de Corée est un « domino » que Washington n’est pas près de faire tomber.

 

Bruno GUIGUE

(Afrique-Asie, juillet 2017, version actualisée)

URL de cet article 32057 

The National interest : La Corée du Nord publie les détails de la tentative d’assassinat alléguée sur Kim Jong-un

 

29 Juin 2017
Tandis que notre presse rit d’un rire gras habituel dès qu’il s’agit de la Corée du Nord, celle-ci lance de graves accusations, vidéo à l’appui contre l’ancienne dirigeante (destituée pour corruption) et  mise en prison, fille de l’ancien dictateur sanglant de la Corée du sud) et la CIA. Le contexte est non seulement celui de l’accusation par les Etats-Unis contre la Corée du nord, mais à la suite de la très belliqueuse ancienne dirigeante de la Corée du sud et l’élection d’un dirigeant connu pour son pacifisme. Nos médias se gaussent comme si  l’assassinat de chefs d’Etat (y compris américains) par la CIA était une fable grotesque. Alors qu’il s’agit d’une situation encore plus dangereuse pour la paix que celles qui existent en Syrie, en Iran ou même en Europe avec les avancées de l’OTAN. Ce pseudo humour dont croient abuser les journalistes est de la désinformation et une manière de nous infantiliser.
 
(note de Danielle Bleitrach).

12 juin 2017

Les médias de l’Etat nord-coréen ont publié une vidéo détaillant une prétendue tentative d’assassinat contre Kim Jong Un.

 

Pyongyang a accusé l’Agence centrale de renseignement et le Service national de renseignement de la Corée du Sud d’avoir comploté pour tuer le dictateur nord-coréen avec une arme biochimique lors d’un défilé militaire.

 

Dans une vidéo récemment publiée, Kim Song Il, qui affirme qu’un nordiste  a été embauché par des services de renseignement étrangers contre le leader nord-coréen, il indique qu’il y avait plusieurs plans. Un programme impliquait de cacher une «substance nano-toxique dans un climatiseur», et l’autre impliquait l’injection à Kim Jong Un de polonium radioactif. Le plan est finalement devenu de « répandre la substance toxique dans la présidence de la direction suprême ».

 

L’assassin « terroriste » affirme qu’il a été chargé de recueillir autant d’informations que possible sur la zone où se déroulent les événements, en particulier la situation de sécurité et les détails sur la chaise ou le bureau utilisé par le dictateur nord-coréen. Kim prétend qu’il a d’abord été abordé par Do Hui-yun, le directeur de la Coalition des citoyens pour les droits de l’homme des secouristes (CHNK), alors qu’il travaillait dans le territoire de Khabarovsk en Russie en tant que bûcheron en juin 2014, selon NK News.

La Corée du Nord estime que CHNK, une organisation non gouvernementale, est une division ou un bras du service de renseignement sud-coréen.

 

Selon le rapport, ils ont «soudoyé Kim avec de l’argent et des biens» et l’ont trompé avec de fausses informations sur la Corée du Nord et la «propagande anti-étatique». Kim dit qu’il a rencontré l’un des dirigeants de la Corée du Sud en août 2014. À cette époque, il a reçu des informations détaillées sur un plan visant à assassiner Kim Jong Un avec diverses « substances biochimiques, y compris une substance radioactive et une substance nano-toxique ».

 

Les médias étatiques nord-coréens suggèrent que les substances mortelles ne pourraient être produites que par la CIA.

 

« Ils m’ont demandé de faire un plan de terreur avec ces substances biochimiques et m’ont remis plus de 10 000 dollars américains, un téléphone intelligent Doogee et un émetteur-récepteur satellite », explique Kim dans la vidéo, produite par Uriminzokkiri.

 

Il prétend que, en 2016, un homme nommé Han a tenté de mettre en place un «centre de liaison à l’étranger» à Dandong, en Chine, où les agents du NIS devaient fournir des milliers de dollars en espèces et les armes pour l’attaque. « L’équipement et les matériaux » pour l’assassinat de Kim Jong Un ont été envoyés par des agents de renseignement sud-coréens en mars 2017, mais l’intrigue a été déjouée par le ministère de la Sécurité de l’État avant que le terroriste puisse s’installer.

 

La vidéo est étonnamment détaillée et extrêmement critique de ce qu’elle appelle le  « terrorisme parrainé par l’État ».

 

Tristan Webb, un analyste principal de NK News, a déclaré aux journalistes que « la RPDC n’avait jamais fait une démonstration publique, détaillée et directe du terrorisme d’Etat par les États-Unis »

 

Les accusations déposées contre la CIA et les NIS sont arrivées à un moment où les législateurs américains appelaient la Corée du Nord à se déclarer comme un parrain étatique du terrorisme. La tentative d’assassinat présumée s’est également produite à la suite de rapports selon lesquels des agents nord-coréens ont été impliqués dans l’assassinat du demi-frère de Kim Jong Un, Kim Jong Nam, qui a été assassiné avec un agent nerveux létal dans un aéroport de Malaisie en février.

 

Les allégations de la Corée du Nord peuvent être une tentative de renvoyer les responsabilités en réponse aux critiques américaines et sud-coréennes.

 

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Une bonne nouvelle pour la paix : Le Président Moon Jae-in face à l’histoire

9 mai 2017

Défait en 2012 par la candidate conservatrice Park Geun-hye, le démocrate Moon Jae-in a pris sa revanche en remportant largement l’élection présidentielle du 9 mai 2017 (42,7 % des voix suivant un sondage sorti des urnes de l’institut Realmeter, contre 22,8 % pour le conservateur Hong Joon-pyo et 19,1 % pour le centriste Ahn Cheol-soo). A l’issue de ce scrutin anticipé, organisé à la suite de la destitution de Mme Park Geun-hye, à tour unique, le Président Moon Jae-in devra faire face à des défis historiques sans précédent : préserver la paix dans la péninsule coréenne et répondre aux aspiration des millions de Corée qui, en participant aux manifestations de la « révolution des bougies » ayant conduit au départ de Mme Park, ont exprimé leur aspiration d’une Corée du Sud sociale et démocratique.



Le Président Moon Jae-in face à l’histoire


Né en 1953 dans une famille paysanne pauvre, originaire du Nord, Moon Jae-in sait plus que d’autres comment s’est construit le « miracle économique » sud-coréen, sur fond de régime autoritaire et d’exploitation très forte des travailleurs, en ayant payé par des séjours en prison son opposition au régime militaire de Park Chung-hee (père de la présidente destituée) puis en devenant un avocat des droits de l’homme, aux côtés de Roh Moo-hyun, ancien président de la République de Corée (2003-2008).

 

Son élection marque déjà la fin d’une période sombre : celle d’une dérive autoritaire de la Corée du Sud, cautionnée par les pays occidentaux – au premier rang desquels les Etats-Unis de Barack Obama et Donald Trump et la France de François Hollande : les candidats conservateurs ont réuni moins d’un tiers des voix au scrutin du 9 mai 2017 (22,8 % pour Hong Joon-pyo, 8,2 % pour le conservateur Yoo Seung-min opposé à Parkk Geun-hye et 1 % pour l’ultraconservateur Cho Won-jin).

 

Car le score relativement modeste de la principale candidate de gauche à ce scrutin, Sim Sang-jung (6 %, néanmoins le meilleur score d’un candidat de gauche jamais obtenu à une élection présidentielle en Corée du Sud), ne doit pas être interprété comme un blanc-seing aux ambiguïtés de Moon Jae-in sur le déploiement du système de missiles américain THAAD en Corée du Sud, ou encore les droits des minorités sexuelles : les millions de manifestants qui ont chassé du pouvoir le régime autoritaire et corrompu de Mme Park Geun-hye ont d’abord voté « utile » pour stopper la course où les conservateurs entraînaient la Corée du Sud, vers la guerre et la dictature.

 

Alors que les Etats-Unis de Donald Trump menacent d’attaques américaines qui conduiraient à la guerre avec la Corée du Nord, Moon Jae-in a une responsabilité historique pour modérer son allié américain, et aussi renouer les fils du dialogue intercoréen, comme il s’y est engagé pendant sa campagne. Ne disposant pas d’une majorité parlementaire, il aura aussi la lourde tâche d’améliorer les libertés publiques en Corée du Sud, libérer les prisonniers politiques (y compris les objecteurs de conscience), mettre fin à la répression antisyndicale, abroger la loi de sécurité nationale. Enfin, il devra répondre aux aspirations d’une société légitimement inquiète par le ralentissement économique, la montée des inégalités sociales et le coût très élevé pour les familles d’un système éducatif trop compétitif qui pousse trop de jeunes au suicide. La tâche est immense : pour relever ses défis, l’Association d’amitié franco-coréenne souhaite plein succès à Moon Jae-in, qu’elle félicite pour son élection.

La Corée du Nord comme vous ne l’avez jamais vue

 

23 Mars 2017

Publié le 16 décembre 2016 à 19h02
 

Le photographe Chris Petersen-Clausen s’est rendu en Corée du Nord plusieurs fois cette année pour l’agence NK News. Spécialisée dans les informations sur la Corée du Nord, celle-ci nous permet aujourd’hui de vous en présenter une sélection.

 

Cela fait cinq ans que Kim Jong-un est arrivé au pouvoir, au lendemain de la mort de son père Kim Jong-il le 17 décembre 2011. Depuis, l’héritier a lancé des réformes économiques tout en maintenant les programmes nucléaire et balistique de son pays.

 

Alors que la Corée du nord reste souvent perçue de manière caricaturale, une lente mutation se déroule et des changements surviennent dans la vie quotidienne des Nord-Coréens. La capitale Pyongyang présente un visage relativement « moderne », mais les campagnes évoluent beaucoup plus lentement. L’ensemble des photos est également visible sur le site de NK News.

 

Ce groupe d’étudiants dont l’Université n’est pas mentionnée précisément portent toujours le double-badge à l’effigie de Kim Il-sung (1948-1994), le fondateur de la République Populaire et Démocratique de Corée (DPRK) et de Kim Jong-il (1994-2011). La plupart des étudiants viennent des familles bien placées au sein de l’administration ou du Parti des Travailleurs (équivalent du Parti communiste en Chine) mais certains élèves brillants détectés en province peuvent y entrer. © NK News

Les services de bus dans la capitale se sont améliorés, selon plusieurs témoignages crédibles mais durant les heures de pointe les autobus sont bondés. A souligner, l’apparence vestimentaire très simple mais en nette amélioration comparé à plusieurs années en arrière. De nouvelles gammes de vêtements arrivent dans les magasins, souvent privés, fabriqués dans certaines usines textiles nord-coréennes ou importés de Chine. © NK News

 

 

Les inscriptions sur la façade de ce nouveau centre commercial au centre de la capitale Pyongyang présente la particularité d’être en langue coréenne mais aussi en anglais. Un défecteur nord-coréen passé en Corée du Sud en 2014 Kim Jun Hyok, la vingtaine, remarque que Kim Jong-un se soucis de plus en plus de l’image de son pays aux yeux des touristes étrangers. Plus de 100 000 touristes voyagent en Corée du Nord chaque année, 90% de Chinois continentaux et 10% d’Occidentaux et d’Asiatiques. © NK News

 

 

Les Volvo des années 1990 ont rendu l’âme mais en dépit des sanctions votées par l’ONU depuis 2006, des Audi flambant neuves circulent quand même dans la capitale, venant des usines chinoises. A noter le numéro 727 qui indique que la voiture est destinée à un cadre de haut rang. Le 27 juillet, (7-27) est le jour de la Victoire en Corée du Nord, jour de la fin de la guerre de Corée en 1953. © NK News

 

 

Deux téléphones portables, le blue-tooth avec une oreillette et un chien en animal domestique sont les signes apparent de richesse de la nouvelle classe « bourgeoise » en Corée du Nord: les Donju ou « maîtres de l’argent », ces hommes d’affaires (difficile à en évaluer le nombre mais on parle de 80 000 familles). Ce sont des commerçants qui importent, légalement ou illégalement des produits de Chine ou d’ailleurs et les revendent en Corée du Nord auprès de petits commerçants. © NK News

 

 

L’élite commerçante nord-coréenne, les Donju ont des distractions bien au-dessus des moyens de la grande majorité des Nord-Coréens. Ici, les familles de Donju pratiquent le cheval au Mirim Horse riding Club. Selon Han Song Chol, la quarantaine, qui a fait defection en Corée du Sud en 2014 il en coûterait 100 000 Wons nord-coréens pour une leçon d’une heure, soit l’équivalent de quatre ans de salaire d’un ouvrier nord-coréen. © NK News

 

 

Les vélos électriques sont de plus en plus à la mode à Pyongyang. Fabriqués en Chine, il faut toutefois avoir de quoi investir mais de petits boulots de livreurs se multiplient. Le patron, un donju, avance l’argent et se fait rembourser progressivement par son livreur. En dépit d’un système économique étatique et planifié pendant des décennies, les Nord-Coréens ont un sens aigu des affaires. © NK News

 

 

Changement de décor. A la campagne le mode de vie reste précaire, les voitures sont très très rares et on circule à pied ou à vélo, non électrique. Si les routes sont excellentes autour de Pyongyang, elles deviennent de petites départementales et des pistes plus on s’éloigne. © NK News

 

 

« Il est encore très courant de voir ce genre de camion militaire datant de 1958 dans les campagnes », explique Kim Jun Hyok « et le fait qu’ils fonctionnent encore relève du miracle ». Ce camion transporte des bottes de paille vers une ferme à cochons. © NK News

 

 

Récolte du riz. Paysans, ouvriers ou étudiants sont mobilisés pour la récolte du riz. Avec la réforme agraire les paysans peuvent maintenant cultiver une parcelle de la terre collective pour leur propre consommation ou pour la vendre sur les petits marchés privés autorisés par le régime. Depuis, les récoltes ont beaucoup augmentées, en dépit des inondations dans certaines régions. © NK News

 

 

Travail des champs. L’agriculture n’étant pas mécanisée tout se fait pratiquement à la main. Hommes, femmes et même enfants sont à la tâche sous les yeux de jeunes militaires qui font un service obligatoire de 10 ans. © NK News

 

 

Dans la ville côtière de Wonsan, à l’est du pays, il est de notoriété publique que les petits entrepreneurs font des affaires, dans la construction, le commerce, ou la petite industrie. Ici sur la photo, un couple pousse une petite charrette de câbles électriques à destination d’une petite usine. © NK News

 

 

Retour à la capitale où le régime est fier de montrer ces derniers projets immobiliers de tailles impressionnantes. Certains parlent d’un boum de l’immobilier à Pyongyang mais aussi dans certaines villes frontalières de la Chine. Toujours dans le cadre étatique, de nombreux entrepreneurs font travailler une main d’œuvre privée, achètent des appartements, les rénovent, les louent ou même les revendent. © NK News

 

 

Selon un témoignage très récent, les autorités de la ville ont remis en service les gardiens ou gardiennes de la circulation à Pyongyang, régulant le trafic automobile de façon souvent mécanique et amusante. Les gestes sont précis et leur signification sans équivoque, pour ceux qui maîtrisent le langage des signes policiers. © NK News

Ce groupe d’étudiants dont l’Université n’est pas mentionnée précisément portent toujours le double-badge à l’effigie de Kim Il-sung (1948-1994), le fondateur de la République Populaire et Démocratique de Corée (DPRK) et de Kim Jong-il (1994-2011). La plupart des étudiants viennent des familles bien placées au sein de l’administration ou du Parti des Travailleurs (équivalent du Parti communiste en Chine) mais certains élèves brillants détectés en province peuvent y entrer. © NK News
 

Source : NK News Traduction : Dorian Malovic

 

Dorian Malovic

La militarisation de la péninsule coréenne et du Japon sape la stabilité en Asie de l’Est

 

21 Mars 2017

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Le principal protagoniste de cette politique est aux États-Unis. Par ses provocations, Washington tente de déclencher un conflit et d’y impliquer non seulement la Corée du Nord, mais aussi la Chine.

 

A travers les pages du journal « Pravda », Sergei Kozhemyakin.

 

https://kprf.ru/international/capitalist/163145.html

10/03/2017

 

Les têtes de pont de Washington

 

Le fait que la région Asie-Pacifique, et en particulier l’Asie orientale, est l’une des principales orientations de la politique étrangère de la nouvelle administration américaine, était connu bien avant l’inauguration officielle de Donald Trump. Tout d’abord, l’équipe du futur président des États-Unis a envoyé un signal négatif à Beijing, en établissant des contacts avec les autorités de Taiwan. Ensuite Washington a fait clairement savoir qu’il n’allait pas abandonner l’alliance avec le Japon et la Corée du Sud. Les États-Unis ont commencé une militarisation à marche forcée de ces pays afin de consolider leur statut de « porte-avions insubmersibles » de Washington.

 

Le calendrier des réunions et visites de haut responsables américains est significatif. Le premier des leaders mondiaux qui ont rencontré Trump après son élection en tant que président, a été le Premier ministre du Japon Shinzo Abe. Cela s’est produit dès la mi-novembre. Le chef du gouvernement japonais n’a pas tardé à rendre une visite officielle, visitant les États-Unis en février. Lors de sa visite un certain nombre de déclarations importantes ont été faites. Selon Trump, Washington est « à 100 % dévolu à l’alliance avec le Japon », et n’a pas l’intention de réviser l’accord de coopération mutuelle et de garanties de sécurité conclu en 1960. Cet accord sur la défense collective, entre autres choses, autorise le séjour dans le pays d’un contingent de 54.000 soldats américains. En outre, comme l’a souligné Trump, l’accord est applicable aux îles Senkaku (Diaoyu). Et cela est un défi direct à la Chine, qui considère l’archipel comme une partie de son territoire.

 

En outre, Trump et Abe ont mis en garde Pékin contre une augmentation de son activité dans la mer de Chine méridionale, masquant à leur habitude cette ingérence par des larmes de crocodile sur la « violation de la liberté de navigation et de vol ».

 

Quelques jours après ces déclarations, les porte-avions de l’US Navy a fait son entrée dans la zone. Son commandant, le contre-amiral James Kilby a déclaré de manière éhontée que le but de l’action était une « démonstration de force ».

 

Il est évident que sans la crise politique en Corée du Sud (le 9 décembre la Présidente Park Geun-hye a été déclarée destituée suite à des accusations de corruption), la direction du pays se serait également empressée de rendre hommage au patron transatlantique. Ainsi, Tokyo et Séoul, dans le système du  « monde à l’américaine » continuent d’occuper une place particulière, et la menace de Trump de réduire leur coût d’entretien était de la pure démagogie préélectorale.

 

C’est ce qu’on démontré les visites en Corée du Sud et au Japon du nouveau secrétaire à la Défense James Mattis, qui ont été ses premiers voyages à l’étranger. Le chef du Pentagone a réitéré les déclarations de Trump sur l’intangibilité de la coopération militaire et politique avec ces pays. Des mesures concrètes n’ont pas tardé à venir. Début février, dans la région d’Hawaii ont eu lieu des essais communs US-japonais de missiles intercepteurs SM-3. Simultanément les États-Unis ont disposé 10 nouveaux chasseurs F-35B sur la base d’Iwakuni, situé sur l’île de Honshu. Avant la fin de l’année y seront transférés les appareils du porte-avion nucléaire « Ronald Reagan » – une soixantaine d’avions.

 

Japon développe sa propre production militaire. Selon le programme adopté, chaque année il construira deux destroyers avec un déplacement de 3000 tonnes chacun. Le pays ne cache pas le fait que les nouveaux navires doivent patrouiller dans la mer de Chine orientale, autrement dit pour le « confinement » de la Chine.

 

L’agresseur n’est pas celui qu’on pense

La militarisation en Corée du Sud est plus grande encore. Pour ce faire, ils ont trouvé une excuse commode : les missiles et le programme nucléaire de la RPDC. Les efforts occidentaux pour diaboliser Pyongyang ne furent pas vains: presque tout le monde répète les paroles sur le « régime nord-coréen agressif », qui soi-disant ne fait qu’attendre le bon moment pour lancer ses missiles nucléaires. A titre d’exemple, on cite le test de l’année dernière, ainsi que les tirs de missiles balistiques. Le dernier a eu lieu le 12 février, quand une fusée « Pukkykson-2 » (« Etoile polaire-2 ») a été lancée. La colère des États-Unis et de leurs alliés a été causée non seulement par le fait que le test a eu lieu au moment de la visite de Shinzo Abe à Washington, mais aussi des nouvelles capacités de la RPDC. Le missile a été lancé à partir d’une unité mobile et équipé d’un moteur à combustible solide, ce qui complique son interception par l’ennemi.

 

En réponse, contre le pays ont été imposées des sanctions sévères, y compris l’interdiction de l’importation de minéraux provenant de la Corée du Nord, l’embargo sur la fourniture de carburant d’aviation et même l’inspection de tous les biens entrant dans le pays. Malheureusement, la Russie s’y est ralliée, alors qu’elle souffre elle-même de restrictions injustes. Fin février, le ministère russe des Affaires étrangères a préparé un projet de décret présidentiel sur un nouveau durcissement des sanctions. Le document prévoit la fin de la coopération scientifique et technique avec Pyongyang, l’interdiction de la fourniture de cuivre, de nickel et d’autres métaux, et ainsi de suite.

 

En d’autres termes, Moscou a accepté les règles imposées. Seulement sont-elles justes? La politique envers la Corée du Nord est un exemple frappant de la stigmatisation, de l’anathème. La RPDC est stigmatisée à l’unanimité pour des péchés qu’elle n’a pas commis, et ceux qui crient le plus fort sont loin d’être des juges innocents de tous crimes. Depuis dix ans, ce pays n’a commis aucun acte d’agression, et tous les tests sont effectués sur son propre territoire. A la différence des États-Unis, qui ont transformé la Libye, l’Irak, l’Afghanistan, la Syrie et de nombreux autres Etats en polygones sanglants pour les armes américaines.

 

Pyongyang dit ouvertement que le programme de missiles et nucléaire sert à garantir la souveraineté du pays. Contrairement à une croyance populaire, la Corée du Nord ne brandit pas la « matraque nucléaire », et envisage la possibilité d’utiliser l’arsenal existant seulement en cas d’agression. Dans le même temps, la direction nord-coréenne n’exclut pas un gel complet de ces tests qui indisposent tellement l’Occident. Au VIIe Congrès du Parti des travailleurs de Corée, qui a eu lieu l’année dernière, l’éventualité d’un moratoire a été évoquée. En échange, Pyongyang ne demande qu’une chose : que cessent les exercices à grande échelle dans le voisinage de la ligne de démarcation.

 

Les manœuvres militaires régulières de Séoul et Washington sont un fait souvent négligé. C’est une grave erreur, parce qu’il ne s’agit pas en réalité de simples manœuvres. Il s’agit plutôt d’une mobilisation complète et une concentration de forces dans le voisinage immédiat du territoire de la RPDC. Par exemple, dans les manœuvres de l’année dernière  « Key Resolve » ont été impliqués 300.000 soldats coréens et 15.000 américains. D’autres exercices – « UlchiFreedom Guardian  » – ont dû rappeler à Pyongyang les jours terribles de la guerre de Corée: les militaires sont venus sur la péninsule de 9 pays – participants de la coalition pro-américaine de 1950-1953.

 

Pour comprendre la nature agressive de ces jeux de guerre il suffit d’énumérer les objectifs de l’entraînement : application d’une frappe nucléaire préventive sur la Corée du Nord, atterrissage et prise de Pyongyang, destruction de la direction nord-coréenne et, enfin, occupation complète du pays. En fait, plusieurs fois par an en Corée du Sud se tient une répétition générale pour une invasion du Nord. À cet égard, la position de la RPDC, dénonçant ces manœuvres comme une des principales raisons de l’escalade sur la péninsule, est tout à fait justifiée.

 

Ceux qui parlent de l’« agressivité de Pyongyang » inversent délibérément les liens de cause à effet. En 2014-2015, la direction nord-coréenne a demandé à plusieurs reprises à Séoul de reprendre le dialogue de paix et de relancer le processus de création d’une Confédération coréenne unifiée, idée mise en avant déjà par Kim Il Sung. Cependant, le gouvernement droitier de Park Geun-hye a rejeté ces initiatives, admettant seulement une variante de réunification : l’absorption du Nord par le Sud suivant l’exemple de la RFA et de la RDA. Le contingent américain en Corée du Sud a été renforcé, les manœuvres conjointes ont pris encore plus d’ampleur. Ce n’est qu’après que Pyongyang a repris ses essais nucléaires et de missiles.

 

Provocations petites et grandes

La série actuelle de lancement de missiles a également été une réponse aux étapes ouvertement hostiles de Séoul et Washington. Le Ministère de la Défense de la Corée du Sud a annoncé un plan de « punition massive et de vengeance », selon lequel Pyongyang « sera transformé en cendres et disparaîtra de la carte » dès « le moindre signe d’utilisation d’armes nucléaires. » Les critères du « moindre signe » ne sont pas spécifiés dans le document. Cependant, Séoul a annoncé la création d’une unité spéciale pour la destruction physique de la direction politique et militaire de la Corée du Nord, y compris Kim Jong-un. Comme il est souligné, en cas d’ouverture des hostilités, cette tâche sera accomplie en premier lieu, quels que soit les « dommages collatéraux » parmi la population civile de la RPDC.

 

La nouvelle administration américaine s’exprime sur le même ton. Appelant la Corée du Nord, « une menace majeure pour la sécurité régionale et mondiale, » le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson a déclaré préparer une nouvelle stratégie dans ses relations avec Pyongyang. Selon lui, il faut considérer toutes les options, sans exclure l’utilisation de la force militaire contre la Corée du Nord. Il a été soutenu par le commandant des forces américaines en Corée du Sud Vincent Brooks, qui a appelé à renforcer les capacités de frappe sur l’Etat voisin. « La défense conventionnelle ici est insuffisante. Si nous ne pouvons pas tuer les archers, alors nous ne serons pas en mesure d’intercepter toutes les flèches »  – a-t-il dit de manière imagée.

 

Dans ce contexte, la fourniture d’armes en Corée du Sud s’est fortement intensifiée. 24 hélicoptères d’attaque « Apache » ont été affectés à la base américaine à Suwon. Et 36 supplémentaires sont venus compléter la force aérienne du pays. Selon Séoul, les hélicoptères sont prévus pour être transférés aux îles de Yeonpyeong et Baengnyeongdo situées à 12 kilomètres de la côte nord-coréenne. On ne fait pas mieux comme provocation : après la fin de la guerre de Corée, la frontière maritime entre les deux pays n’a pas fait l’objet d’un accord, et Pyongyang conteste la propriété des îles.

 

En outre, au cours de la visite de Mattis a été confirmée la volonté des parties avant la fin de l’année d’installer le système anti missiles THAAD. Leur gestion sera effectuée exclusivement par les militaires américains, Séoul n’a même pas accès aux données du radar. Ainsi, la Corée et bientôt aussi le Japon seront connectés au système global de défense antimissile, créé par les États-Unis pour isoler la Chine, la Russie et l’Iran.

 

Mais cela ne représente qu’une partie du déroulement de la militarisation. Pour participer au lancement en mars aux exercices  » Key Resolve  » et « FoalEagle » sont amenées en Corée du Sud des armes stratégiques – sous-marins nucléaires, avions de combat F-22, bombardiers stratégiques, ainsi que toute une escadre menée par le porte-avions nucléaire « Carl Vinson ». Comme déjà indiqué à Washington et Séoul, les manœuvres actuelles sont d’une ampleur sans précédent. En outre, elles peuvent être une occasion pour installer les armes stratégiques en Corée du Sud sur une base permanente. Le chef des Joint Chiefs of Staff, Lee Sung-jin a déjà fait une demande en ce sens aux États-Unis.

 

En provoquant la réaction de la RPDC, Washington cherche à renforcer sa position dans la région. Dans ce contexte, la mort très mystérieuse de Kim Jong-nam mérite une attention particulière. Le demi-frère de l’actuel leader de la Corée du Nord, cependant, a vécu pendant de nombreuses années à l’extérieur du pays, menant une vie plutôt dissolue et gagnant sa vie par des « révélations » sur le régime nord-coréen. Et 16 ans après son départ de RPDC, Kim Jong-nam est tué dans une attaque à l’aéroport de Kuala Lumpur (Malaisie).

 

La question se pose: à qui cela profite? Certainement pas à la direction nord-coréenne, qui subit déjà une pression extrême depuis de nombreuses années. Mais les forces qui sont intéressées par  déstabilisation de l’Asie de l’Est, ont avec l’assassinat de Kim Jong-nam une occasion en or pour de nouvelles attaques contre Pyongyang. Est-il étonnant que, immédiatement après les premiers rapports sur l’attentat, Séoul par la bouche du Président par intérim Hwan Ahnkyo ait désigné la RPDC comme coupable et exhorté à punir sévèrement un « Etat terroriste »? Ce qui ressemble à une provocation délibérée est la version officielle, selon laquelle Kim Jong-nam a été tué par le poison violent le VX, condamné par la Convention sur l’interdiction des armes chimiques. Maintenant, la Corée du Nord va certainement être accusée non seulement d’assassiner, mais aussi d’utiliser des armes chimiques. Il est clair que ces événements font partie d’un scénario plus grand sur la déstabilisation de la situation dans la région. Et la Corée du Nord n’est pas la seule cible.

 

Traduit par Marianne Dunlop pour Histoire et Société

Corée: Non à la propagande de guerre, non à la guerre

 

21 Mars 2017

Marianne qui va partir le premier avril (ce n’est pas une blague) en Corée du Nord à la recherche d’un espérantiste dans ce pays mystérieux (elle prépare le congrès d’esperanto à Séoul) n’a pas encore réussi à m’entraîner vers ce pays qu’elle voit d’un point de vue chinois, mais je partage l’inquiétude reflétée par ce texte sur la montée des périls et la prtopagande de guerre qui est déversé sur ce pays. Bien des informations comme nous avons pu le vérifier ici même sont de pures inventions de propagande et ce pays dont j’ignore tout, comme bien des gens, paraît incontestablement subir une désinformation massive. Donc j’attends beaucoup de ce voyage de la vaillante Marianne qui rêve par ailleurs d’apprendre le coréen.

 

(note de Danielle Bleitrach pour Histoire et societe)


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Souvenirs américains de la guerre de Corée…

 

À l’heure où une intervention guerrière des États-Unis est envisagée en Corée, il faut dénoncer le conditionnement des opinions publiques et appeler à une solution pacifique.

 

Toutes  les interventions militaires occidentales (Irak, Libye, Syrie…)  sont désormais des guerres qui ne disent plus leur nom : débutant par des « frappes préventives » et menées au nom d’un prétendu « droit d’ingérence humanitaire », ces guerres sont longuement préparées par un conditionnement des opinions publiques occidentales, conditionnement qui voit le gouvernement du pays visé dénoncé, à longueur d’articles et de reportages à charge dans les médias, comme odieux et devant  nécessairement être renversé. Il s’agit de la forme moderne de la propagande de guerre, où tout est bon pour justifier une guerre à outrance contre l’ennemi.

 

Pour la première fois depuis 1994, une guerre est ouvertement envisagée contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord). En visite en Corée du Sud le 17 mars 2017, le secrétaire d’État américain Rex Tillerson a déclaré qu’un conflit militaire avec la Corée du Nord était une option. Ces déclarations bellicistes s’accompagnent d’actions très concrètes : les manœuvres militaires américano-sud-coréennes en cours, d’une durée de deux mois, sont les plus grands exercices militaires au monde. Elles s’accompagnent du déploiement par les États-Unis du dispositif antimissile THAAD (Terminal High Altitude Area Defense) en Corée du Sud, lequel accélère la course aux armements en Asie du Nord-Est.

 

En 1994, lorsque l’administration Clinton était sur le point d’attaquer les installations nucléaires de la Corée du Nord, le département de la Défense des États-Unis avait estimé qu’un futur conflit en Corée pourrait faire jusqu’à un million de morts. Mais une telle guerre ne sera pas limitée à la péninsule coréenne et, en décembre 2015, le chef de l’état-major interarmées des États-Unis, le général Joseph Dunford, a déclaré que tout conflit avec la Corée du Nord serait inévitablement « trans-régional, multi-domaine et multifonctionnel », c’est-à-dire une guerre mondiale impliquant d’autres puissances et l’utilisation de toutes les armes, dont des bombes nucléaires.

 

Fondée en 1969 pour défendre la paix et la réunification de la Corée, l’Association d’amitié franco-coréenne appelle à la cessation immédiate de l’escalade des tensions et des sanctions, en encourageant le retour à un dialogue multilatéral pour résoudre pacifiquement la question des armes nucléaires – de toutes les armes nucléaires – en Corée.

 

L’Association d’amitié franco-coréenne dénonce la propagande de guerre diffusée par les médias occidentaux, reprenant les éléments de langage de l’administration américaine pour conditionner les opinions publiques et faire avancer les peuples vers la guerre tels des somnambules.

 

Profondément attachée à la paix, l’Association d’amitié franco-coréenne appelle à la fin des manœuvres militaires américano sud-coréennes et à interrompre le déploiement du système THAAD en Corée du Sud, en laissant le peuple coréen décider librement de son avenir, sans ingérence étrangère et alors que, suite à la destitution de la présidente sud-coréenne Park Geun-hye, une élection présidentielle anticipée se tiendra le 9 mai 2017 en Corée du Sud.

« Si ce soir devait débuter un affrontement, le plus susceptible de se produire concernerait la péninsule coréenne »

 

24 Février 2017

Publié le 23 février 2017 04:53 GMT | Dernière mise à jour le 23 février 2017 06:40 GMT

Les responsables de l’US Navy annoncent une escalade des tensions avec la Corée du Nord, ce qui pourrait déclencher un conflit armé dans un avenir proche.

 

Les soldats américains et la Corée du Nord à Panmunjom poste frontière entre la Corée du Nord et du Sud, Reuters

« Si des affrontements ce soir avaient été enregistrées quelque part, les plus susceptibles de se produire concernent la péninsule coréenne,  » a déclaré mardi le vice-amiral de la marine américaine, Joseph Aucoin, lors d’une conférence à San Diego (USA) selon le rapport de Business Insider.

 

Cette même hypothèse est partagée par le vice-amiral de la Marine américaine, Nora Tyson, qui ajoute que la « probabilité numéro un » serait une escalade de la tension avec la Corée du Nord et le début des hostilités avec le pays asiatique.

 

Parallèlement à ces déclarations belliqueuses et inquiétantes, les deux responsables militaires conviennent également que des États-Unis et la marine sont prêts à se battre.

 

« Est-ce que nous sommes prêts pour le combat?  Vous pouvez parier que oui,  » a dit le vice-amiral Jamie Foggo, décrivant comme « inquiétante » la dernière provocation de Pyongyang, en se référant aux récents lancements de longue balistiques – missiles de courte portée en mer du Japon.

 

Dans le cadre de la stratégie de sécurité et de coopération militaire conjointe entre les Etats-Unis, le Japon et la Corée du Sud, Washington a déployé dans la région asiatique ses navires et ses avions militaires, des batteries de missiles Patriot et le système de missile THAAD, et plus 28.000 soldats pour contrer ce que les USA considèrent comme des menaces réfléchies de la Corée du Nord.

 

Les Philippines n’aideront pas les Etats-Unis pour leurs patrouilles en mer de Chine méridionale

 

30 Décembre 2016

Le Quotidien du Peuple en ligne | 09.12.2016 08h52 Et de ce côté là ce n’a va pas mieux pour les Etats-Unis…Sur la photo les pêcheurs revendiquent leur appartenance à la Chine.

 

(note de Danielle Bleitrach)


Le Secrétaire à la défense des Philippines a annoncé jeudi qu’il est très peu probable que son pays permettra à l’armée américaine de l’utiliser comme un tremplin pour ce que les Etats-Unis appellent des « patrouilles pour la liberté de navigation » en mer de Chine méridionale, pour éviter de s’opposer à la Chine.

 

Delfin Lorenzana précisé que les navires et aéronefs américains pourraient utiliser des bases de Guam, Okinawa ou partir de porte-avions pour patrouiller dans les eaux contestées. Sous le prédécesseur de l’actuel Président Rodrigo Duterte, Benigno Aquino III, certains avions et navires américains s’arrêtaient aux Philippines en route vers leurs patrouilles contestant les revendications territoriales de la Chine.

 

Rodrigo Duterte, qui a pris ses fonctions en juin, a pris des mesures pour restaurer les liens avec la Chine et a montré son hostilité à l’égard de l’administration Obama, après que celle-ci ait fait part de ses inquiétudes sur la violente répression des drogues illicites par le gouvernement philippin. Quand il lui a été demandé si les Philippines continueraient d’accueillir des navires et des avions américains en direction des eaux contestées, M. Lorenzana dit que le Président Duterte ne permettra probablement pas que cela se produise « afin d’éviter tout acte de provocation pouvant exacerber les tensions en mer de Chine méridionale. C’est peu probable ».

 

« Nous allons éviter cela pour le moment », a déclaré M. Lorenzana. « De toute façon, les États-Unis peuvent voler là-bas depuis d’autres bases ».

 

Les responsables américains n’ont pas commenté immédiatement. Le commandant des forces américaines dans le Pacifique, l’amiral Harry Harris, a déclaré le mois dernier que, malgré la rhétorique du Président Duterte, la coopération militaire avec Manille n’a pas changé. Le Président philippin a néanmoins publiquement menacé de réduire les engagements militaires des Philippines avec les États-Unis, notamment en retirant un plan de patrouilles conjointes avec la marine américaine dans les eaux contestées, dont il dit que la Chine s’y oppose.

 

Les actions de Rodrigo Duterte sont devenues un obstacle aux efforts américains pour réaffirmer leur présence en Asie, bien que l’armée américaine ait dit qu’elle continuerait à patrouiller dans l’une des voies navigables commerciales les plus fréquentées du monde. Après que le Président Duterte ait rencontré le Président chinois Xi Jinping à Beijing en octobre, la Chine a autorisé les Philippins à pêcher dans la zone contestée de l’île Huangyan, dont la Chine a repris le contrôle en 2012 après une confrontation tendue avec les navires du gouvernement philippin. Signe de la détente entre les deux pays, mis à part le relâchement des tensions à Huangyan, les navires des garde-côtes chinois ne bloquent désormais plus les navires de ravitaillement philippins se trouvant dans la zone de l’atoll Ren’ai, plus au Sud dans les îles chinoises Nansha, a également précisé M. Lorenzana.

Samsung, derrière les produits High Tech les leucémies et la répression

 

mardi 13 décembre 2016 
par  Charles Hoareau 

En marge de la manifestation des chômeurs du 3 décembre nous étions quelques militant-e-s à rencontrer les salariés coréens de Samsung en tournée européenne pour faire connaître le bras de fer qui les oppose à ce géant mondial qui emploie près de 500 000 salariés dans le monde [1] auxquels il faut rajouter au moins 200 000 sous-traitants. Les syndicalistes coréens avancent le chiffre de 1 million de salarié-e-s. Il est en fait difficile de connaître le nombre exact car derrière le groupe SAMSUNG, créé en 1938, se cachent un enchevêtrement de sociétés unies par des liens complexes, évidemment opaques à dessein entre autres pour des raisons fiscales.

 

On commence par les présentations d’usage et celles-ci donnent immédiatement le ton : « bonjour je m’appelle Jisook KIM ma sœur et moi sommes des victimes de Samsung moi j’ai survécu mais ma sœur est morte de sa leucémie, bonjour mon fils est mort de leucémie, bonjour je m’appelle San LEE j’accompagne les victimes et je me bats pour les droits de l’homme »…

 

Le responsable régional du syndicat prend la parole non sans humour malgré la gravité du sujet : « On remercie le directeur général de Samsung car c’est lui qui nous a fait venir en France ! Chez Samsung le syndicat n’est pas reconnu par la direction et cela dure depuis 80 ans. La direction refuse de le reconnaitre et pourtant il existe à l’intérieur. La loi et la constitution obligent à reconnaitre le syndicat mais la direction détourne cette obligation par des procédures judiciaires et de la répression. La direction refuse même aux travailleurs le droit de se syndiquer et en fait elle peut le faire grâce à ses liens avec le gouvernement et l’impunité dont elle jouit. L’entreprise est à la tête d’un vaste réseau de corruption… Pour empêcher le syndicat d’exister elle a monté un service secret de renseignements secrets digne d’un état. Vous avez vu qu’il y a actuellement en Corée une révolte contre la corruption. Eh bien c’est Samsung qui a donné l’argent. On fait une tournée en Europe car mobiliser en Corée ne suffit pas. Il faut qu’on alerte partout sur la question des leucémies d’origine professionnelles mais aussi sur la grande précarité dans laquelle Samsung contraint nombre de travailleurs »

 

Vient le tour de Sunghwan KIM  : Secrétaire général du SGS, Responsable de la délégation qui visitera l’Europe, a été licencié en novembre 1996 et a continué à lutter avec le groupe Samsung depuis 20 ans en tant que travailleur licencié. Du fait de ses luttes, il a été emprisonné pendant 3 ans et 10 mois. Il a été nommé en tant que prisonnier politique par l’Amnesty International en 2007 « Sans syndicat on ne peut pas revendiquer les droits. Samsung fonctionne comme une organisation criminelle et il est important de faire connaitre notre combat dans le monde. J’ai été licencié y a 20 ans nous étions moins organisés, il y avait moins de travailleurs syndiqués que maintenant. Je suis content enfin de vous rencontrer après tout ce temps… » Les témoignages s’enchainent.

 

Aejeong JUNG : Son mari, travailleur dans l’industrie des semi-conducteurs de Samsung est mort d’une leucémie en 2005. Elle a lutté depuis la perte de son mari jusqu’à actuellement pour demander les excuses et les mesures pour la prévention de récidive pour tous les travailleurs « Mon mari est mort de leucémie et déclarer la mort comme accident du travail c’est très difficile. Sans syndicat c’est un combat individuel pour trouver les preuves. Il faut faire tout un travail sur les semi-conducteurs et leur liste secrète de composants chimiques. Les dirigeants de SAMSUNG se cachent derrière le secret de fabrication. Ils peuvent le faire car il n’y a pas de mesure pas de l’état. 1 seul mort c’est grave mais sur le seul secteur des semi-conducteurs il y a eu 180 morts. Il n’y a pas de reconnaissance du crime, parce que c’en est un et nous on connait seulement les conséquences dans le secteur des semi-conducteurs…Les questions de la corruption, du contrôle des médias et des injustices, tout est lié. Cela fait 9 ans que je suis dans la rue. Je lutte depuis la mort de mon mari pas seulement pour lui mais pour l’ensemble des travailleurs…Grâce à nos luttes il y a plus de coréens informés et qui ont compris le problème…Samsung n’a peur de rien en particulier en Corée parce qu’il se sent fort à cause de ses liens avec le gouvernement. Il est donc stratégiquement important de sortir de Corée »

 

Jisook KIM  : Employée de Samsung, victime de la leucémie. Sa jeune sœur est morte d’une leucémie qui était une maladie professionnelle dans l’industrie des semi-conducteurs à Samsung SDI « Moi je suis obligée de travailler à la maison. Ma sœur et moi avons eu la leucémie. Ma sœur est morte et moi j’ai survécu…Je dois travailler à la maison en plus pour soigner ma maman malade. Dès que j’ai su que j’étais malade je suis allée voir le syndicat qui a manifesté à mes côtés et m’a soutenue. On connait la liste des produits nocifs mais il y a tellement de corruption que personne n’attaque Samsung. On n’a pas d’autre choix que de résister. On n’a même pas eu d’excuses de la direction. On a manifesté j’ai été blessée pendant la manif mais ce n’est pas grave ce qui est grave c’est que les coréens aient peur de la répression. C’est important qu’il y ait eu la manifestation en France et le soutien que nous avons reçu et que j’ai senti jusque dans les regards. A cause de la peur on n’a pas ça en Corée »

 

C’est au tour de Sungchul CHOI : Directeur de la PME BuilENG (une des petites et moyennes entreprises sud-coréenne sous-traitantes du géant). Il a créé son entreprise en 1978 et commencé à collaborer avec Samsung depuis le février 1980. En 2011, l’entreprise a été victime d’une faillite à cause d’un non-respect du contrat par Samsung « J’ai travaillé 30 ans en tant que directeur d’une entreprise sous-traitante de Samsung. Il faut bien comprendre que Samsung est la 1re entreprise de Corée. Chez nous les problèmes sociaux sont toujours liés à Samsung, y compris dans les PME. Il y a beaucoup de répression et c’est la direction qui décide le prix des produits et pas le marché. Il y a un black-out sur les mesures illégales que prend Samsung. Ça fait 20 ans que je suis dans la rue pour un problème lié aux grands médias. Samsung impose ses conditions aux PME et toutes les questions autour de la démission de la présidente est liée. Il faut bien comprendre que la publicité de Samsung inonde les médias et donc rien que par cela elle a le pouvoir. »

 

Après ce tour de table éclairant, Vasiliki MANAKOU, militante de la FSM, félicite les militants pour leur lutte particulièrement tenace et qui pose des questions si graves mettant en jeu la vie des salarié-e-s. Elle souligne alors l’importance de la solidarité internationale qui doit se manifester en luttant chacun dans son pays. Elle explique alors : « on a transmis le message au secrétaire général de la FSMGeorges MAVREKOS qui est d’accord de rencontrer sans délai le secrétaire général de votre syndicat. Notre réalité est le même en France et en Europe où il y a aussi des morts par accident du travail ou des maladies professionnelles qui ne sont pas reconnues. En France il y a des luttes pour faire reconnaître le droit à la santé au travail et la question de l’amiante est emblématique de cela. On a affaire à un terrorisme patronal pour faire accepter ce qu’il faut bien appeler des crimes au travail. C’est la concurrence entre les groupes capitalistes qui produit cela ». Sans surprise son propos est approuvé sans réserve. Elle poursuit : « Le capitalisme nous attaque il faut qu’on réfléchisse à quel syndicalisme on a besoin au niveau mondial et national et la FSM veut répondre à cette question. Elle manifeste tous les jours dans les pays du monde pour la santé au travail comme pour tous les droits des travailleurs ».


Il ne faudra pas longtemps pour que ses propos soient confirmés. Dès le lendemain de l’entrevue le site de la FSM affichera une série de photos à l’appui d’une déclaration de soutien.

 

La rencontre durerait encore longtemps mais la délégation coréenne doit déjà repartir. En tous cas rendez-vous est pris de part et d’autres pour des initiatives communes futures de solidarité avec ces salarié-e-s qui font preuve d’un courage et d’une ténacité extraordinaires. Samsung ne restera pas impunie, en partant nous nous en faisons le serment.

 

 

A noter que les salariés de Samsung, profitant de leur venue en Europe et de leur passage prévu à Genève le 15 décembre prochain, ont demandé à être reçus à l’OIT (Organisation Internationale du Travail) où elle a son siège. Bien que leur lutte soit soutenue par les deux confédérations internationales, pour l’instant cela leur a été refusé !!

 

Participaient également à cette rencontre Keongok RIM : Responsable du secrétariat du SGS, femme de M. Sunghwan KIM


Byeongdong LEE : chargé aux organisations du comité des travailleurs du PDP (Parti Démocratique Populaire)


Yungha JIN : chargé aux relations internationale du comité des travailleurs du PDP

 

Ainsi que Saenal JEONG, Interprète-traductrice français-coréen, Membre du secrétariat du Forum Coréen International que Rouge Midi remercie non seulement pour ses traductions pendant la rencontre mais aussi pour son aide précieuse à la réalisation de cet article

 

[1les derniers chiffres connus sont de 489 000. Cf Wikipedia

L’actuel Premier ministre de l’Inde, Narendra Modi, est connu pour son racisme et il peut être décrit comme un néo-fasciste. Une manière plus agréable de l’étiqueter est hindouiste nationaliste mais cela signifie essentiellement la même chose.

 

Il s’avère maintenant que l’extrémisme de Modi ne se limite pas à son penchant nationaliste mais inclut quelques folles idées économiques.

 

Modi a décidé de démonétiser le pays du jour au lendemain. Tous les billets de banque équivalents à plus de 7 dollars étasuniens ont été retirés de la circulation. L’idée assez folle qui préside à cette décision est de gérer toutes les transactions monétaires à l’aide de systèmes de monnaie électronique et d’imposer ensuite chaque transaction. Toutes les autres sortes d’impôts seraient supprimées.

 

Seul un fou qui ne connaît rien à l’économie réelle peut avoir une idée pareille.

 

Le résultat prévisible d’une démonétisation soudaine est une diminution de la liquidité. Il y a tout à coup la moitié seulement de la quantité d’argent qui circulait auparavant. On ne peut pas payer ses factures, ni les salaires, ni les services parce qu’on n’a pas d’argent pour le faire. Le gouvernement veut pousser les gens à ouvrir des comptes bancaires, mais l’infrastructure bancaire indienne est rudimentaire, les systèmes utilisés sont obsolètes et les logiciels incapables de gérer des données massives. Des foules séquestrent des banquiers parce que le jour de paie se transforme en jour de peine en Inde, titre actuellement Bloomberg.

 

Les manifestations n’ont pas encore atteint leur paroxysme, mais attendez-vous à de sérieuses émeutes en Inde pendant les prochaines semaines et mois si Modi continue sur sa lancée. Ce sera encore pire quand, dans un deuxième temps, le nouveau système fiscal sera introduit.

 

Taxer toutes les transactions c’est s’écarter du sujet. Les pauvres finiront par payer plus que les riches du fait que qu’il n’y aura plus d’impôts fonciers ni d’autres impôts du même genre. Selon les estimations le taux d’imposition devrait être de 4 à 6% sur chaque transfert monétaire pour pouvoir supprimer toutes les autres taxes.

 

L’industrie, qui fabrique des produits complexes à partir de pièces, de matières premières prétraités, etc, finira par être fortement taxée. Chaque vis d’une pièce d’une voiture aura été imposée en passant du sidérurgiste au grossiste en acier, au fabricant de la vis, à l’industriel qui fait la pièce, à celui qui construit les voitures et au consommateur. Avec un certain pourcentage d’impôts ajouté à chacune de ces transactions, la voiture finira par être très chère. Il y a des produits qui peuvent facilement inclure une douzaine d’étapes de ce genre ou même plus.

 

On ne pourra plus mettre en place des « taxes sur les vices » pour réglementer la consommation d’alcool, d’essence et d’autres choses nocives sur le plan social ou environnemental. Les taxes douanières et les accords de double imposition avec d’autres pays deviendront très problématiques.

 

La bureaucratie indienne n’est pas la meilleure du monde. Il y a peu d’infrastructure bancaire, en particulier dans les régions encore rurales de l’Inde. Il est pratiquement impossible de parvenir à une telle conversion brutale et massive de toute l’économie sans de grandes crises.

 

On assistera bientôt au premier gros problème économique. Les réductions de liquidité sont habituellement suivies de brusques baisses de la productivité et de l’activité économique générale. L’Inde a jusque récemment bénéficié d’une économie en croissance rapide. Il est très probable qu’elle entre maintenant en récession.

 

Les taxes sur la monnaie engendreront une économie parallèle dans laquelle les gens utiliseront d’autres moyens de paiement, en particulier pour les petites transactions quotidiennes. La nouvelle monnaie sera probablement des cigarettes ou tout ce qui peut être négocié. Le revenu fiscal sera donc vraisemblablement inférieur à ce qui est estimé, car on utilisera moins l’argent officiel, puis l’argent électronique, dans la vie quotidienne.

 

Modi est en faveur d’une économie basée sur la taxation des transactions depuis au moins 2013 bien que cela n’ait joué aucun rôle dans ses discours de campagne et ses discours politiques. Les gens ne sont pas préparés à cette réforme ni aux grosses secousses qui accompagneront sa mise en œuvre.

 

J’ai bien peur que Modi ne recoure à l’habituel tour de passe-passe des nationalistes / fascistes quand il y a des problèmes économique. Il est peu probable qu’il renonce à son projet. Il va plutôt chercher un ennemi à accuser des problèmes. Divertir l’attention des peuples par une guerre – le choix ne manque pas : le Pakistan, la Chine, les musulmans en général, l’opposition locale ou n’importe quoi d’autre. On trouve toujours quelqu’un à accuser.

 

Jusqu’à présent, Modi a plutôt réussi en tant que Premier ministre. Son projet fiscal pourrait bien tout mettre par terre. Compte tenu de ses antécédents, sa solution sera probablement de provoquer un conflit. Dans une Inde dotée de l’arme nucléaire avec un Pakistan voisin doté de l’arme nucléaire et ennemi de toujours, c’est une perspective inquiétante.

 

Moon of Alabama

Traduction : Dominique Muselet

»» http://www.moonofalabama.org/2016/11/modi.html
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Publié par  El Diablo

Que se passe t-il aux PHILIPPINES ?

source : google maps

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Les médias de France ont longtemps ignoré complètement l'existence des Philippines, ce grand pays d’Asie (plus de cent millions d’habitants). Ces derniers temps, ils ont découvert l'existence de son Président élu, Dutertre, présenté comme un assassin mégalomane. Et si ce discours n'était qu'une caricature inspirée par les dirigeants des USA ? Nous avons demandé son analyse à Jean Pierre Page, Président d'honneur du Collectif Polex, fin connaisseur de cette région du monde.
 

Pour répondre à ta question : je pense beaucoup de bien de ce qui se passe aux Philippines. Évidemment et même si c'est important on ne peut réduire ces événements à la seule élection de Dutertre. Je connais bien les Philippines et Tamara également. J’ai beaucoup travaillé avec les syndicats, le KMU dirigé par le PC, et Tamara dans les années 80 travaillait dans l'île de Mindanao avec le KMP l'organisation paysanne également dirigé par le PC ainsi qu'avec la guérilla. Elle était très liée à celui qui est maintenant chargé par Dutertre de la réforme agraire : Raphaël Mariano qui est un dirigeant du parti. Quant à Sison qu'elle connaît aussi très bien il a été le professeur de Dutertre à l'université.

Ce qui se passe est d'abord le reflet d'un changement du rapport des forces dans la région, le rejet des ingérences américaines, l'influence grandissante de la Chine. Ensuite les Philippines ont toujours été marqués par une classe ouvrière très combative sur le plan social et anti impérialiste à travers le mouvement contre les bases américaines. L'importante résistance anti japonaise à l'époque de la seconde guerre mondiale a été dirigé par les communistes et malgré la répression féroce des États Unis et la dictature notamment celle de Marcos les idées et l'action révolutionnaires ont toujours été très présentes aux Philippines L'église, voir, malgré les mouvements évangélistes dont certains sont très largement influencés par des" missionnaires américains d'un type particulier" n'a pu se tenir en dehors de ces réalités. De nombreux cadres du parti, du KMU, du KMP, des multiples organisations sociales (pauvres, locataires, jeunes, femmes, migrants philippins à Hong Kong et ailleurs, etc.…), y compris dans la guérilla sont aussi des chrétiens actifs. Il y a donc et depuis de très nombreuses années un réseau social extrêmement dense, très combatif, largement influencé par le PC qui est officiellement toujours clandestin. Au sein du Parlement le PC à plusieurs élus mais sur une autre étiquette. Le plus important institut de recherches économiques "IBON" et qui fait autorité en Asie est dirigé par un communiste, mon ami Antonio « Tony » Tujan membre par ailleurs du Conseil scientifique de la Pensée Libre.

Cette longue énumération pour expliquer que ce qui se passe ne tombe pas du ciel même si la direction du Parti (Sison)se trouve à Utrecht en Hollande. Le PC Philippin est très actif et présent sur le terrain des luttes ouvrières et paysannes. Il a été et encore très largement influencé par les thèses maoïstes mais c'est aussi un Parti qui sait être pragmatique quand il le faut. Les événements actuels leur offrent une opportunité politique sans précédents. Dutertre a besoin d'eux compte tenu de leur influence parmi les petites gens des grands centres urbains ou des campagnes. Ils ont un bon réseau international, souvent très gauchiste, mais c'est ainsi. Il faut accepter les gens comme ils sont !

Si Dutertre n'est pas assassiné la situation devrait permettre d'enclencher de véritables changements. Les chinois l'ont très vite compris et viennent de recevoir à Pékin Dutertre en très grandes pompes, comme ils savent le faire ils ont mis les petits plats dans les grands. Ils ont signé des contrats pour 12 milliards d'Euro + 8 milliards de prêts. La Chine va construire, voies ferrées, ports, autoroutes, etc. Et cela malgré les différents qu'ils ont sur le contrôle territorial de certaines îles de l'archipel en mer de Chine. On va sûrement y mettre une croix pour le moment.

Pour les américains c'est une défaite ils ont sous-estimé Dutertre et n'ont retenu que le côté expéditif de sa lutte contre les cartels de la drogue, ses propos souvent peu diplomatiques surtout quand il a dit à Obama d'aller se faire "encul...» ! (sic) Les américains ne s'attendaient pas à ça et surtout pas à cette accélération du film. Dutertre a annoncé officiellement à Pékin qu'il" se séparait des americains"qu'il ´n'y aurait plus de manœuvres conjointes avec les USA mais dorénavant avec les chinois et les russes. Dans ces conditions l'avenir des bases US hautement stratégiques est menacé. Enfin les négociations de paix avec le PC sont très engagées, Sison doit revenir et Dutertre s'en est déclaré très heureux, il y a déjà et non officiellement une participation communiste importante dans le gouvernement et l'appareil d'état. Enfin sur le plan géo politique Dutertre va multiplier les initiatives vers les chinois, les russes, les Brics...et sa critique des USA, de leurs ingérences est sans appel.

Par conséquent je serai tenté de dire que ça va plutôt dans le bon sens toutefois il faut rester prudent, lucide, les américains ne vont pas passer la main et se retirer pour faire la place aux chinois. Il s'agit d'un pays de 100 millions d'habitants, très sensible dans la stratégie du "pivot Asia" d'Obama considéré comme prioritaire par Washington. Il faut donc suivre avec attention.

Depuis son élection Dutertre a vu son influence passer de + 50% à aujourd'hui plus de 70%. Ce qui veut dire qu'il a un soutien populaire incontestable. Jusqu'où ira-t-il, je pense que c'est un peu prématuré pour le dire. Comme toujours il faut voir le fond des choses et non les apparences.

Le 7 Novembre, 2016

Jean-Pierre PAGE

SOURCE :

QUE SE PASSE T'IL AUX PHILIPPINES ?

 

http://www.collectif-communiste-polex.org/bulletin/bulletin_145_art3.htm

Dans l'actualité

 

Publié le 1 Novembre 2016

Réalité virtuelle adoucie

pour ne pas montrer le réel.

 

Vu par Gellük

Vu par Gellük

 

Dans le Sud Est asiatique (principalement au Viet Nam) depuis 40 ans, c'est Halloween tous les jours ...

 

Grâce à Monsanto 

Expo orange Hô Chi Minh-Ville, au Vietnam, le 18 septembre 2004. Exposition à la mémoire des enfants, victimes de l'agent orange.

 

Expo orange Hô Chi Minh-Ville, au Vietnam, le 18 septembre 2004. Exposition à la mémoire des enfants, victimes de l'agent orange.

 

De 1964 à 1973, pendant la guerre du Vietnam, les Américains ont déversé sur ce pays 80 millions de litres d’un puissant herbicide, l’agent «orange».

 

Près de 40 ans plus tard, ce produit continue à intoxiquer la population. Alors que les USA refusent toujours de reconnaître leur responsabilité, la Corée du Sud vient de condamner les fabricants du produit.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Agent_orange

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Solidarité avec les prisonniers politique en Corée du Sud

 

, par  lepcf.fr

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Pendant qu’on apprend des médias les affaires de la présidente, toujours le silence sur les militants pourchassés et emprisonnés en Corée du Sud. Le camarade coréen qui avait pris la parole pour exprimer la solidarité internationale devant l’usine Bosch de Vénissieux a été arrêté à son retour en Corée. Nous dénonçons son arrestation et appelons à soutenir le mouvement de protestation.

pam

 

En mai 2016, on compte 57 prisonniers politiques en Corée du Sud, et en 2015 plus de 10 millions de communications (sous forme de méls, d’appels téléphoniques ou de SMS) ont été interceptées par les services de renseignement (NIS). M. Jin Yongha a lui-même fait l’objet d’une surveillance au titre de ses communications à 22 reprises.

 

Mme Yang Goeun a apporté des détails sur la répression spécifique qui s’abat contre l’Alliance coréenne, dont l’autre co-président est actuellement sous mandat d’arrêt. 9 militants de l’Alliance coréenne sont actuellement en prison ou en détention provisoire. Un militant a été libéré après sa condamnation. 32 autres sont dans l’attente d’un jugement. Dès qu’ils sont arrêtés (la détention provisoire est limitée à 48 heures en Corée du Sud), les militants de l’Alliance coréenne engagent une grève de la faim et refusent de parler – car tout ce qu’ils disent pourrait être retenu contre eux. Ils ont engagé des manifestations à une personne, qu’autorise la réglementation en Corée du Sud sans déclaration préalable, mais celles-ci donnent désormais lieu à des arrestations et des placements en détention provisoire par les forces de l’ordre. Des actions similaires sont conduites à l’étranger, avec une manifestation de l’Alliance coréenne devant la Maison blanche américaine depuis 180 jours. Enfin, les médias liés à l’Alliance coréenne – notamment le journal en ligne Minjok Ilbo – sont frappés par la répression."

 

https://solidaritecoree.wordpress.com/2016/05/22/repression-politique-et-antisyndicale-temoignage-a-paris/

 

Il y a depuis le cas de Han Sang Gyun Baek Nam Gi en plus de cas de Kim Hye-young.

 

Kim Hye-young

 

"Kim Hye-young, une militante sud-coréenne souffrant d’un cancer de la thyroïde, a été condamnée le 29 janvier 2016 à deux ans d’emprisonnement pour avoir participé à une manifestation pacifique. Elle a interjeté appel et, le 26 mai, la haute cour de Séoul a confirmé la peine qui lui avait été infligée en vertu de la Loi relative à la sécurité nationale.

 

Kim Hye-young était déjà atteinte du cancer avant son arrestation mais elle a développé des troubles mentaux pendant sa détention. Le ministère de la Justice continue de refuser que Kim Hye-young reçoive des soins à l’extérieur, comme l’a recommandé un psychiatre.


Celui-ci a notamment conseillé qu’elle bénéficie d’une prise en charge psychologique sans supervision directe du personnel pénitentiaire."


https://solidaritecoree.wordpress.com/2016/05/31/histoire-dune-militante-pour-les-droits-de-lhomme/

 

Baek Nam-gi :

 

"Le militant paysan Baek Nam-gi, qui était dans le coma depuis qu’il avait été grièvement blessé par les forces de l’ordre lors de la manifestation du 14 novembre 2015, est décédé le samedi 24 septembre 2016 à deux heures de l’après-midi à l’hôpital national universitaire de Séoul. Agé de 69 ans, il n’avait pas repris connaissance depuis son hospitalisation. Son sort était devenu un symbole de la violence de la répression policière et des manifestations de soutien avaient été organisées en Corée et en Europe, y compris à Paris. Dès l’annonce de sa disparition, des centaines de personnes se sont réunies devant l’hôpital national universitaire de Séoul, avec un déploiement encore plus important de forces de l’ordre – des milliers de policiers ayant été dépêchés par un gouvernement aux abois, craignant une nouvelle vague de protestations. L’usage disproportionné du canon à eau par les forces de l’ordre, à l’origine de la mort de Baek Nam-gi, avait été mis en cause par Maina Kiai, rapporteur spécial de l’ONU pour les libertés d’association et de réunion, et par la fille du militant disparu, Baek Minjuhwa, qui avait témoigné devant le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies."


https://solidaritecoree.wordpress.com/2016/09/25/baek-nam-gi-est-mort/

 

Han Sang-gyun :

 

La CGT condamne la criminalisation des syndicalistes en Corée du sud "Le 4 juillet 2016, la Cour de Séoul a condamné Han Sang-gyun, Président de la Confédération coréenne des syndicats, KCTU, à 5 ans de prison et 500.000 won d’amende. Comme premier dirigeant de la KCTU, il assume la responsabilité des actions syndicales organisées à l’automne 2015.


La sentence a obéi aux requêtes du gouvernement suite aux rassemblements syndicaux et manifestations de protestation en 2015. En particulier, le 14 novembre 2015 à Séoul, les plus de 100.000 manifestants ont été accueillis par des gaz lacrymogènes, des canons à eaux et 20.000 policiers."

 

https://solidaritecoree.wordpress.com/2016/07/17/libertes-syndicales-la-cgt-solidaire-de-la-kctu/

A l’heure qu’il est, Rodrigo Duterte, le Président des Philippines au franc-parler, fait très probablement partie de la liste noire occulte, prestigieuse et permanente de l’Empire.

 

La liste est très longue et l’est depuis déjà plusieurs décennies. On pourrait facilement perdre le compte et s’embrouiller : combien de personnalités ont été marquées et secrètement condamnées à mort ? Combien sont effectivement mortes ?

 

La liste se lit comme un catalogue de leaders mondiaux illustres : de Patrice Lumumba (Zaïre), Mohammad Mossadegh (Iran), Hugo Chavez (Venezuela), Sukarno (Indonésie), Juvénal Habyarimana (Rwanda), Salvador Allende (Chili) à Mouammar Kadhafi (Libye ), Al-Basheer (Soudan) et Fidel Castro (Cuba), pour ne citer que quelques-uns.

 

Certains ont été directement assassinés ; d’autres ont été « seulement » renversés, tandis que seule une poignée de « listés » ont effectivement réussi à survivre et rester au pouvoir.

 

Presque tous avaient commis des crimes graves et de nature similaire, dont : défendre des intérêts vitaux de leurs nations et de leur peuple, refuser d’autoriser le pillage effréné des ressources naturelles par les sociétés multinationales, et s’opposer aux principes de l’impérialisme. La simple critique de l’Empire a aussi été souvent punie de mort.

 

M. Duterte est en train de les commettre tous. Il semble être « coupable de tous les chefs d’accusation ». Il plaide coupable et semble même être fier des accusations portées contre lui.

 

« Est-ce qu’il en marre de la vie ? » se demandent certains. « A-t-il perdu l’esprit ? Est-il prêt à mourir ? »

 

Est-il un héros, un nouveau Hugo Chavez asiatique, ou tout simplement un populiste hors de contrôle ?

 

Ce qui est certain c’est qu’il risque gros et peut-être même tout. Il est en ce moment en train de commettre les péchés les plus impardonnables aux yeux des régimes occidentaux : il est ouvertement insultant envers l’Empire et ses institutions (y compris l’ONU, l’OTAN et l’UE). Il leur crache même à la figure !

 

Et pour ne rien arranger, il ne se contente pas de paroles ; il prend des mesures décisives ! Il essaie d’aider les pauvres dans son pays, il flirte avec le Parti communiste et les socialistes, et pour comble, il demande l’aide de la Chine et de la Russie.

 

Ca barde. Régulièrement des personnalités ou des institutions telles que Obama, le Pape, les États-Unis, l’UE et l’ONU se voient conseillées d’aller en enfer, ou sont rebaptisées fils-de-putes !

 

Et les Philippins adorent ça. Duterte a remporté les élections avec une marge très faible, mais les dernières enquêtes d’opinion lui attribuent un taux de popularité incroyable de 76%. Certains soutiennent donc que si la « démocratie » est réellement la « volonté du peuple » (ou du moins un reflet de la volonté du peuple), alors tout va bien aux Philippines.

 

Alors qu’Eduardo Climaco Tadem, Maître de Conférences des Etudes Asiatiques (Université de Diliman), est critique de la forme « peu présidentielle » du discours de Duterte, et trouve négative sa politique en matière de « droits civils et politiques », il est néanmoins clairement impressionné par ses réalisations dans plusieurs autres domaines. Comme il me l’a récemment écrit dans une lettre :

« Des initiatives positives ont été prises sur d’autres fronts. La nomination de cadres du Parti Communiste à des postes ministériels pour entreprendre une réforme agraire, le travail sur le social et le développement, et les programmes de lutte contre la pauvreté sont bons. D’autres personnalités de l’aile gauche et progressistes occupent d’autres postes ministériels dans le travail, l’éducation, la santé, la science et l’environnement. Plus important, des initiatives positives ont été prises pour faire avancer la redistribution des terres, mettre fin au travail précaire, entrer en contact et apprendre des programmes de santé de Cuba, et réduire les opérations destructrices sur l’environnement des grandes entreprises minières. En outre, les négociations de paix tant avec le CPP que le MILF / MNLF ont été relancées avec des premiers signes encourageants.

 

Une politique étrangère indépendante a été annoncée et, à la différence des présidents qui l’ont précédé, Duterte ne se prosterne plus devant les puissances américaines et occidentales. Il est également en train de se réconcilier avec la Chine en prenant une voie différente et moins belliqueuse dans la résolution des conflits territoriaux dans la mer de Chine du sud ... »

En ce qui concerne Washington, Londres et Tokyo, tout ceci est « mauvais », très mauvais. Un tel comportement ne passe jamais inaperçu ni impuni !

 

Cette fois-ci, la réponse de l’Empire n’a pas tardé.

 

Le 20 Septembre, 2016, International Business Times a rapporté :

« Le gouvernement des Philippines a affirmé qu’un coup d’Etat était orchestré contre le président Rodrigo Duterte et a dit que l’administration sévissait contre les comploteurs présumés. Un porte-parole du gouvernement a déclaré que certains Américano-philippins de New York avaient ​​l’intention de renverser le dirigeant troublion.

 

Sans révéler les noms des conspirateurs présumés ni leurs plans, le Secrétaire des Communications du gouvernement philippin Martin Andanar a dit que ceux qui conspiraient contre Duterte devraient « réfléchir à deux fois . J’ai reçu des informations provenant de sources crédibles aux États-Unis. Oui, nous avons des noms, mais je ne veux pas en parler. Nous examinons la situation avec sérieux. Nous enquêtons. » a déclaré le haut fonctionnaire du gouvernement.

Les coups d’état, les complots d’assassinat. Les coups d’états mous, les coups d’état durs : Brésil, Argentine, Bolivie, Venezuela, Syrie, Ukraine, Libye, Paraguay, Honduras et le Soudan, la moitié de l’Afrique... Tous, au cours des dernières années seulement... et maintenant les Philippines ? Bravo, l’Empire donne un coup d’accélérateur ! L’éthique de travail de ses égorgeurs est en nette amélioration.

 

Le Président Duterte a tout compris. Comme mentionné ci-dessus, il a déjà qualifié le président Obama de « fils de pute », et a récemment suggéré qu’ « il aille en enfer ».

 

C’est même plus cru que ce que le président Hugo Chavez avait coutume de dire à propos de George W Bush, connu aussi comme « Señor W ». Et le président Chavez, selon de nombreux analystes latino-américains, a fini par payer de sa vie son antagonisme ouvert envers l’Empire et l’impérialisme en général.

 

La vérité est que l’Empire ne pardonne jamais à ceux qui lui renvoient son propre image. Il tue sans pitié pour les plus infimes gestes de désobéissance ou de rébellion. Son appareil de propagande et sa main droite - les médias – arrivent toujours à élaborer une explication et une justification appropriée. Et l’opinion publique nord-américaine et européenne est totalement complaisante, endoctrinée et passive ; elle ne défend que ses propres intérêts étroits, jamais la victime, surtout si la victime se trouve quelque part dans un pays lointain peuplé de « non-personnes ».

 

Le grand président indonésien Sukarno fut renversé et détruit (entre autres choses) pour avoir crié publiquement à l’ambassadeur des États-Unis : « Au diable avec votre aide »... Et aussi bien sûr pour avoir défendu les intérêts de son peuple contre l’Empire. Patrice Lumumba fut assassiné pour avoir osé dire que les Africains n’avaient aucune raison d’être reconnaissants envers les colonisateurs.

 

Duterte dit beaucoup plus. Il est amer et il a d’innombrables raisons de l’être. Les Etats-Unis ont assassiné plus d’un million de Philippins, la plupart à la fin du 19ème et au début du 20ème siècle. Dans l’histoire récente, ils ont transformé cette nation autrefois fière et prometteuse en un paillasson, une semi-colonie humiliée, entièrement dépendante des caprices de Washington. Capitaliste et totalement pro-américaines, les Philippines ont évolué, comme l’Indonésie, en un « État défaillant », une catastrophe sociale et une friche intellectuelle.

 

Le Président Duterte a réussi à mettre en place un cabinet déterminé et cohérent d’intellectuels et bureaucrates.

 

Comme RT l’a rapporté récemment :

« Le Ministre des Affaires étrangères de Duterte, Perfecto Yasay, qui a parfois tenté de minimiser les commentaires de son patron, a publié une déclaration sur Facebook intitulée « L’Amérique nous a trompé » dans laquelle il dit que, s’il y a « d’innombrables choses pour lesquelles nous serons éternellement reconnaissants envers les Etats-Unis », ils n’ont jamais vraiment respecté l’indépendance des Philippines.

 

« Après avoir proclamé le 4 Juillet, 1946, que les Philippins avaient été formés de manière adéquate pour l’autodétermination et la gouvernance, les États-Unis ont imposé des chaînes invisibles qui nous ont mené vers la dépendance et la soumission comme des petits frères de couleur incapables d’une véritable indépendance et de liberté, » a dit le Ministre dans la déclaration. »

Ces déclarations sont très rarement répercutées par les grands médias occidentaux, où Duterte et son cabinet sont sans cesse diabolisés et ridiculisés.

 

Voici les derniers titres sur les Philippines :

« La fille du playboy-baron Antony Moynihan, trafiquante de drogue, abattue aux Philippines » (Daily Mail).

« Le président des Philippines accusé de nourrir un crocodile avec un homme vivant » (Le Journal.ie via Yahoo UK & Ireland News)

« Rapport spécial - dans la guerre de Duterte contre la drogue, les résidents locaux aident à dresser les listes noires » (Reuters)

« Duterte a tué un fonctionnaire de la Justice, déclare un tueur-à-gages devant le Sénat philippin » (AFP)

Rien sur la lutte pour la justice sociale ! Rien sur la lutte contre l’impérialisme occidental.

 

La guerre contre la drogue ...

 

Oui, beaucoup de Philippins sont véritablement préoccupés par « le tas de cadavres » et les méthodes de ce gouvernement pourraient être qualifiées de brutales, et même d’intolérables.

 

Mais la situation n’est pas si simple. Ici, ce n’est pas l’Europe. C’est l’Asie avec sa propre dynamique et ses problèmes culturels. Aux Philippines, le taux de criminalité a atteint des sommets grotesques, inconnus presque partout ailleurs en Asie-Pacifique. Une grande partie de la criminalité est liée à la drogue. Et les gens en ont véritablement marre. Ils exigent une action décisive.

 

Pendant de nombreuses années, M. Duterte a été maire de Davao, une ville sur l’île de Mindanao. Davao était synonyme de délinquance ; un endroit difficile à vivre, et beaucoup disaient un endroit presque impossible à gouverner.

 

M. Duterte est honnête. Il admet ouvertement qu’il n’aurait pas duré longtemps comme maire de Davao s’il avait « obéi aux 10 commandements ». Peut-être que personne n’aurait pu.

 

Il est extrêmement sensible à la critique de son bilan en matière de droits de l’homme. Que cela vienne de l’ONU, de l’UE ou des Etats-Unis, sa réponse est le plus souvent rebelle et cohérente : « Va te faire foutre ! »

 

Et c’est tout ce qu’on répercutera généralement en Occident.

 

Ce qui est omis, c’est ce que Rodrigo Duterte explique en général après :

 

Vous me parlez des droits de l’homme ? Que dire des millions que vous tuez dans le monde, y compris récemment en Irak, en Libye et en Syrie ?

 

Qu’en est-il du peuple philippin que vous avez massacré ? Et qu’en est-il de votre propre peuple, les Afro-Américains qui sont abattus par la police, tous les jours ?

 

Il ne cache pas sa profonde allergie pour l’hypocrisie occidentale. Pendant des siècles, les États-Unis et l’Europe ont tué des millions, pillé des continents entiers, et maintenant se réservent le droit de juger, de critiquer et bousculer les autres. Directement ou à travers les institutions qu’ils contrôlent, comme les Nations Unies. Encore une fois, sa réponse est clairement Sukarno-esque : « Allez au diable, vous et votre aide ! »

 

Mais vous ne lirez rien de tout ça dans les pages du New York Times ou The Economist. Pour eux, il n’y a que la « guerre contre la drogue », les « victimes innocentes » et bien sûr « l’homme-fort » Duterte.

 

Mais la situation évolue rapidement.

 

Récemment, le président Duterte a ordonné l’arrêt d’un exercice militaire, surnommé le « Philippines Amphibious Landing Exercise » (Phiblex). Il avait commencé le 4 Octobre et devait durer plus d’une semaine. Environ 1.400 soldats US et 500 soldats philippins étaient engagés dans les jeux de guerre, certains dangereusement proches des eaux près des îles contestées en mer de Chine du sud.

 

Selon plusieurs grands intellectuels philippins, les Etats-Unis ont utilisé les Philippines pour servir leurs ambitions agressives impérialistes dans la région, en confrontant et en provoquant sans cesse la Chine.

 

Le gouvernement Duterte est déterminé à se rapprocher beaucoup plus de la Chine et à s’éloigner de l’Occident. Il est très probable que les Philippines et la Chine seront en mesure de résoudre tous les désaccords dans un avenir prévisible. A condition que les Etats-Unis puissent être tenus à l’écart de manière permanente.

 

Pour démontrer sa bonne volonté envers la Chine, et pour démontrer sa nouvelle indépendance politique, Manille envisage également d’annuler l’ensemble des 28 exercices militaires annuels prévus avec les États-Unis.

 

Le Président Duterte sait parfaitement ce qui est en jeu. Pour marquer ses 100 jours de fonction, il a donné plusieurs discours enflammés, en reconnaissant que l’Occident pouvait tenter de le renverser, et même de le tuer :

 

« Vous voulez me renverser ? Vous voulez utiliser la CIA ? Allez-y ... Ne vous gênez pas. J’en ai rien à foutre ! Je serais viré ? Parfait. (Dans ce cas), ça fait partie de mon destin. Le destin recouvre tellement de choses. Si je meurs, cela fait partie de mon destin. Ca arrive, que des Présidents soient assassinés. »

 

C’est vrai. Il leur arrive souvent d’être assassinés.

 

Mais récemment, l’un après l’autre, des pays du monde entier ont rejoint la coalition anti-impérialiste. Certains sont actifs ; d’autres sont déstabilisés (comme le Brésil), économiquement dévastés (comme le Venezuela) ou entièrement détruites (comme la Syrie). Toutes les nations du refus, de la Russie à la Chine, de la RPDC à l’Iran sont diabolisés par la propagande occidentale et ses médias.

 

Mais il semble que le monde en a assez. L’Empire est en ruines ; il est pris de panique. Il tue de plus en plus, mais il ne gagne pas.

 

Les Philippins sont-ils en train de rejoindre cette alliance ? Après seulement 100 jours de pouvoir, il semble que le président Duterte a pris son parti : Plus de servitude ! Plus jamais !

 

Est-ce qu’il survivra ? Est-ce qu’il continuera sur la même voie ?

 

Est-il aussi dur-à-cuire qu’il en a l’air ? Il faut avoir des nerfs d’acier pour faire face à l’Empire ! Il faut avoir au moins neuf vies pour survivre aux innombrables et inextricables complots d’assassinat, aux systèmes de propagande sophistiqués, aux supercheries. Est-il prêt pour affronter tout cela ? Il semble que oui.

 

Les élites de son pays sont totalement inféodées à l’Occident ; comme celles de l’Indonésie et, dans une large mesure, de la Thaïlande et de la Malaisie.

 

Ce sera un combat difficile. C’est déjà un combat difficile.

 

Mais la majorité du pays est derrière lui. Pour la première fois dans l’histoire moderne, le peuple Philippin a une chance de prendre son destin en mains, ses propres mains.

 

Et si l’Occident n’aime pas ce qui se passe à Manille ? Le Président Duterte s’en fiche. Il a déclaré qu’il a déjà préparé beaucoup de contre-questions. Et si l’Occident ne peut pas y répondre :

 

« Si vous êtes incapables de répondre, fils de pute, rentrez chez vous, bande d’animaux. Je vais vous botter le cul. Ne venez pas me faire chier. Ils ne sont pas plus intelligents que moi, croyez-moi ! »

 

Il est très probable qu’ils ne le sont pas ; ils ne sont pas plus intelligents que lui. Mais ils sont certainement plus impitoyables, plus brutaux.

 

De quoi l’accuse-t-on ? D’une « guerre contre la drogue », qui a coûté environ 3000 vies ?

 

Combien de vies est-ce que l’Occident (ou ces « fils de pute », comme disent de nombreux Philippins ces jours-ci) a prises depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, partout dans le monde ? 40 ou 50 millions ? Ca dépend de la manière de compter : « directement » ou « indirectement ».

 

L’Empire tentera très probablement d’assassiner le président Duterte, et probablement bientôt, très bientôt.

 

Pour survivre, pour continuer à avancer, pour continuer à se battre, à défendre son pays meurtri et exploité, il fera très certainement bien d’oublier définitivement les 10 commandements.

 

Andre Vltchek

Traduction "soyez durs, soyez doux, de toute façon l’Empire s’occupera de vous" par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.

»» http://journal-neo.org/2016/10/17/will-they-really-try-to-kill-preside...
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Les communistes philippins soutiennent la rupture de Duterte avec les États Unis : Les Philippines se tournent vers les BRICS !

 

 

philippines guérillaSe tournant vers la Chine et la Russie, le président  affirme une rupture des  avec la tutelle totale de Washington sur sa plus veille colonie. Dans le même temps, Duterte a engagé une politique de cessez le feu avec les très influents rebelles . Et des négociations de paix sont en cours depuis cet été à Oslo ayant déjà abouti à la libération de plusieurs dizaines de prisonniers politiques et des engagements en faveur d’une profonde réforme agraire.

 

Le PRCF, mobilisé pour défendre la paix soutient les efforts pour la paix des camarades philippins.

 

Le PRCF  exprime son soutien au Front démocratique National des Philippines dans les négociations de paix qui se déroulent à Oslo.

 

Ces négociations sont le fruit de décennies de résistance et de luttes populaires – d’abord contre la dictature de Marcos et ensuite contre les pouvoirs corrompus vassaux du grand Capital et des Etats Unis – qui ont toujours vu les forces rassemblées par le NDFP en première ligne, au prix de grands sacrifices.

 

Le NDFP se bat pour la libération de plus de 400 prisonniers politiques et pour un accord pour résoudre les causes réelles du conflit, à commencer par une profonde réforme agraire avec la distribution de terres aux paysans et un plan de développement industriel  prérequis indispensable pour un pays indépendant et se développant.

 

L’arrivée de Duterte à la présidence a ouvert une possibilité concrète pour mettre une fin au conflit dans le pays, un conflit qui a commencé il y a 47 ans. La victoire aux Philippines d’une option politique qui ne soit pas asservie à l’ mais tournée vers le développement indépendant et progressiste serait un appui majeur pour promouvoir la paix dan la région et pour renforcer partout le camp anti-impérialiste

 

Pour cette raison nous réaffirmons notre solidarité internationaliste avec le NDFP et avec l’ensemble des luttes populaires des Philippins pour une paix durable et pour la justice sociale.

 

Commission Internationale du PRCF – 27/10/2016

 

Pour illustrer l’évolution de la situation aux Philippines nous publions une tribune de José Maria Sison figure du parti communiste philippin qui expose son point de vue mais donne aussi des indications pour nourrir nos propres  analyses.

 

www.initiative-communiste.fr donne la parole aux camarades philippins, avec la traduction de cette tribune de Jose Maria Sison, figure du parti communiste philippin, traduite par nos soins.

 

Évidemment, l’avenir dira si un large Front populaire et patriotique à participation communiste parvient à se consolider aux Philippines et si les déclarations, annonces et actions de Duterte contre l’impérialisme américain se confirment dans la durée. D’ores et déjà la violente campagne de presse et les pressions exercées par Washington contre Duterte (lire ci après Vont Il assassiné Duterte ?) montre que le mouvement des Philippines menace les visées de l’impérialisme américain. Le désalignement des Philippines – principale et historique base militaire et politique des Etats-Unis depuis près d’un siècle et demi – signerait un bouleversement politique majeure ouvrant des perspectives majeures pour l’ensemble de l’Asie et donc pour les peuples de toutes la planète. Cela cinquante ans après que les Etats-Unis et le bloc impérialiste occidental ont totalement fini de verrouillé cette partie du Monde, imposant leurs tutelles l’Indonésie en génocidant près de 3 millions de communistes indonésiens pour faire tomber le régime non aligné de Sukarno et après avoir mis sous tutelle Philippines et Malaisie là aussi en massacrant les communistes.


Les rebelles communistes philippins soutiennent la rupture de Duterte avec la politique américaine

 

jose-maria-sison-philippines

Un accord de cessez-le-feu entre le Gouvernement de la République des Philippines (GRP) du président Rodrigo Duterte et le Front Démocratique National des Philippines (NDFP / FNDP) conduit par le parti communiste des Philippines (CPP) a débuté le 26 aout dernier, à la suite d’une première session de pourparlers de paix entre le GRP et le NDFP

 

L’accord de cessez-le-feu a été mis en œuvre au moyen d’ordres de cessez-le-feu unilatéraux simultanés ordonnés par le GRP aux Forces armées des Philippines (AFP), à la Police nationale philippine (PNP) et aux forces paramilitaires; et par le Comité central du PCP à l’Armée Nouvelle Populaire et la milice populaire.Jusqu’à présent, c’est le plus long-feu en vigueur entre le GRP et le FNDP depuis le début de ces 47 années de guerre civile révolutionnaire aux Philippines. Les ordres de cessez-le-feu unilatéraux devraient être transformés en un cessez-le-feu bilatéral ou conjoint plus stable sur la base du respect de certaines exigences, dont la principale est l’amnistie et la libération de plus de 500 prisonniers politiques emprisonnés par les régimes Arroyo et  Aquino.

 

Dans la deuxième série de pourparlers officiels, à partir des 6 et 10 octobre les équipes de négociation du GRP ont assuré à leurs homologues du NDFP que la libération effective de 22 consultants politiques du FNDP emprisonnés serait suivie par la libération de 200 autres prisonniers qui sont malades ou âgés , des femmes et  de ceux qui sont depuis trop longtemps en prison avant que la troisième série de pourparlers formels ne débute dans la troisième semaine de Janvier 2017.Les négociateurs du  NDFP ont fermement rappelé à leurs homologues du GRP que la libération est en conformité avec l’Accord général sur le respect des droits de l’homme et du droit international humanitaire (CARHRIHL) que tous les prisonniers politiques doivent être libérés immédiatement parce qu’ils ont été injustement emprisonnés sur des accusations forgées de toutes pièces de crimes de droit commun.

 

La délégation de négociation NDFP a également rappelé à la partie du GRP que le président Duterte a promis d’effectuer la libération des prisonniers politiques par le biais d’une proclamation d’amnistie afin d’éviter des retards inutiles dans leur libération et de leur faire bénéficier d’un effacement de leurs casiers judiciaires après une longue période d’incarcération injuste. La demande du peuple pour la libération de tous les prisonniers politiques a été réclamée à grands cris depuis plusieurs décennies déjà.

 

En fait, la promesse du président Duterte de l’amnistie et de libérer tous les prisonniers politiques a été une importante incitation pour le NDFP pour souscrire à la reprise et l’accélération des négociations de paix et à un cessez-le-feu au moyen d’ordres de cessez-le-feu unilatéraux qui peuvent conduire à un accord  de cessez le feu conjoint bilatéral plus robuste.

 

Le NDFP est devenu très ouvert à forger un accord de paix avec le GRP sous la présidence de Duterte en raison de sa déclaration d’opposition à l’impérialisme US et contre l’impérialisme et l’oligarchie nationale des grands compradores, alors que Duterte apparait se tenir comme le premier président de gauche des Philippines qui est déterminé à respecter l’indépendance nationale, étendre la démocratie pour le peuple, à mener à bien l’industrialisation nationale et une véritable réforme agraire, et à conduire une politique étrangère indépendante.

 

Le NDFP est prêt à coopérer avec le gouvernement Duterte à travers les négociations de paix dans l’adoption et la mise en œuvre des réformes sociales, économiques et politiques et est prêt à participer à un gouvernement inclusif d’unité nationale, la paix et le développement et à un système de défense nationale contre toute combinaison des agressions américaines et des menaces réactionnaires locales.

 

Le NDFP est bien averti par l’exemple des FARC de la Colombie qui a accepté les promesses de concessions du gouvernement Santos mais qui a accepté d’admettre la responsabilité pénale et de dissoudre l’armée du peuple, avant même la mise en œuvre des réformes. Le pire de tout, il est convenu de soumettre son accord de paix avec le gouvernement Santos à un référendum qui était évidemment un dispositif piégeant et de la frustration de tout ce qui a été promis comme bénéfique pour le peuple et les forces révolutionnaires.

 

Alors que le président Duterte lui-même a essayé d’inspirer l’espoir d’un changement parmi le peuple, il y a des éléments dans son propre gouvernement qui souhaitent imposer la capitulation et la pacification des forces  révolutionnaires et populaire et qui souhaitent prolonger la politique économique néolibérale déjà discréditée et en faillite dictée par les Etats-Unis et perpétuer la domination étrangère et féodale dans le Philippines.

 

Dans le même temps es éléments patriotiques et progressistes occupent des postes au sein du gouvernement philippin et s’opposent aux réactionnaires et aux marionnettes pro-U.S.. Duterte lui-même veille à ce que le mouvement de masse continue à le soutenir. Ainsi, il a organisé le Kilusan sa Pagbabago (Mouvement pour le changement) qui est prêt à coopérer avec le mouvement  de masse de longue date des forces patriotiques et progressistes. [Ndlr : l’avenir dira si un large Front populaire et patriotique à participation communiste parvient à se consolider aux Philippines]

 

Un large éventail de la population philippine a applaudi les rapprochements du président DUTERTE avec la Chine, la Russie et le reste du bloc des  pour les relations diplomatiques et économiques dans la reconnaissance d’un monde multipolaire et tournant le dos à l’hégémonisme des Etats-Unis et le pivot stratégique des Etats-Unis vers l’Asie de l’Est. Duterte est allé aussi loin que fustiger les Etats-Unis pour n’avoir jamais présenté ses excuses pour l’assassinat en masse de 1,4 millions de Philippins entre 1899-1914, fustigeant également la poursuite de la même politique meurtrière d’agression dans divers pays à l’heure actuelle.

 

Les forces révolutionnaires et le peuple au sein de la large alliance du FNDP et sous la direction du PCP continuent d’appuyer les déclarations et les actes progressistes et patriotiques du gouvernement Duterte , de faire des propositions de réformes fondamentales et de pousser Duterte à confirmer par ses actes ses déclarations générales contre l’impérialisme américain et les oligarques nationaux.

 

Jose Maria Sison est membre fondateur du Parti Communiste des Philippines et consultant politique du Front Démocratique National des Philippines FNDP

 

Traduit depuis l’anglais par www.initiative-communiste.fr

 

Vietnam - Russie: Vers une coopération étroite et efficace dans tous les domaines

 

Publié le par anonyme

Vietnam - Russie: Vers une coopération étroite et efficace dans tous les domaines
Jeudi, 22 septembre 2016 à 11:52:53
Nhân Dân en ligne -
 
Le Comité intergouvernemental Vietnam - Russie sur la coopération dans l’économie, le commerce et les sciences a tenu, le 21 septembre, à Saint-Pétersburg, en Russie, sa 19e session, sous la co-présidence du Vice-Premier ministre (PM) vietnamien, Trinh Dinh Dung, et son homologue russe, Igor Shuvalov.
 
Lors de cette session, les deux parties ont examiné la mise en œuvre du Mémorandum de coopération bilatérale signé lors de la 18e session, et déterminé des mesures concrètes visant à dynamiser leur coopération, en particulier dans l’industrie pétrolière, la banque-finance, les sciences et technologies, l’énergie, l’information et les communications, l’éducation et la formation.
 
L’année dernière, la coopération vietnamo-russe a connu des résultats encourageants dans divers domaines dont notamment l’économie, le commercer et l’investissement. Les projets de pointe spécialisés dans l’énergie, l’industrie et l’exploitation gazo-pétrolière ont été mis en œuvre de manière efficace. Les échanges commerciaux bilatéraux entre janvier et juillet se sont établis à 1,56 milliard de dollars, soit une croissance de 30% en glissement annuel.
 
Sur le plan d’investissements, la Russie recense, à compter jusqu’en juin dernier, 113 projets d'IDE (investissement direct étranger) au Vietnam cumulant un fonds de 1,1 milliard de dollars, tandis que le Vietnam ​dénombre 20 projets en Russie, d’un capital total de 2,93 milliards de dollars.
 
En ce qui concerne les orientations de développement de leurs relations dans les temps à venir, les deux parties ont convenu de promouvoir la coopération décentralisée, de créer une zone industrielle et des co-entreprises en Russie, d’accélérer leur coopération dans la construction navale, la fabrication de voitures, la production des équipements d’exploitation minière, ainsi que dans le développement des infrastructures et services touristiques au Vietnam. Elles se sont mis d’accord pour renforcer les échanges bilatéraux de produits agricoles et effectuer au plus tôt les négociations d’une convention sur la garantie de la qualité de ces produits.
 
Les deux parties ont aussi discuté des préparatifs pour la mise en œuvre de l’Accord de libre-échange (ALE) entre le Vietnam et l'Union économique eurasiatique (EAEU).
 
Lors d’une rencontre avec ​la presse à l’issue de la 19e session du Comité intergouvernemental Vietnam - Russie, les deux Vice-PMs, Trinh Dinh Dung et Igor Shuvalov, ont salué la réussite de cette session, en affirmant que les deux parties feraient des efforts pour ​mettre sur pied des mécanismes de coopération dans les secteurs bancaire et financier, la construction, l’énergie, le tourisme, et créeront des conditions favorables aux investisseurs vietnamiens et russes.
 
Les deux dirigeants ont signé, à cette occasion, le procès verbal de la 19e session du Comité intergouvernemental Vietnam - Russie sur la coopération dans l’économie, le commerce et les sciences.
 
NDEL
 

Vous n’avez pas entendu parler de la plus grande manifestation du monde…

 

 

16 Septembre 2016
 

Cela se passe en Inde, là où une population qui dépasse largement celle de la France dans sa totalité défile pour défendre les services publics.

 

150 millions de travailleurs du secteur public ont protesté le 6 septembre en Inde contre la politique économique poursuivie par le Premier ministre Narendra Modi, en particulier ses projets de privatisation.

 

Dix organisations syndicales ont appelé à manifester pour réclamer du Gouvernement qu’il garantisse la sécurité sociale et une protection de santé pour tous.

 

Bien que cette manifestation ait rassemblé près d’un huitième de la population indienne, les médias n’en ont pas parlé.

 

Alors rassurez-vous si vous avez eu l’impression que nos médias minimisaient l’importance de celles qui se sont hier déroulées en France… C’est probablement un choix rédactionnel qui concerne la planète.

 

PS. Quelques nouvelles qui complètent ce sentiment d’être parfois abusé par l’effet loupe de nos médias sur l’inutile. / J’ai pris un nouveau rythme de travail. Avec la conscience du caractère précieux du temps et de la vie, le refus de continuer à le perdre. Par exemple dans ces élections présidentielles, leurs dérisoires primaires et leur absence d’enjeu, il est probable que je vais poursuivre une carrière d’abstentionniste entamée depuis pas mal d’années. Mais passons, ce commentaire est lui-même une perte de temps….Hier je suis repartie de la bibliothèque municipale de Marseille avec deux livres pour le week end, le premier sur recommandation de Monika est l’histoire de la Pologne de Daniel Beauvois, cela devrait me permettre de travailler mes notes du voyage en Pologne et nous avons convenu avec Monika d’en faire quelque chose ensemble. Le second que j’avais déjà lu est celui de Carlo Ginzburg, mythes, emblèmes, traces, morphologie et histoire, il m’aidera à préparer notre participation avec Marianne au séminaire de Jean Salem et présenter donc le sens de nos croquis de voyages à la recherche des traces de la première expérience socialiste, histoire et futur

 

Pour vous expliquer le sens de ces recherches et de ces mises à distance dans le temps et l’espace. J’avais prêté à Monilka en Pologne un livre tout à fait passionnant: les mémoires de Markus Wolf, le célèbre espion de la RDA. Elle a lu le livre et elle me dit: « c’est passionnant, mais cela a été écrit en 1991, aujourd’hui Markus Wolf serait moins enclin à ce battre la coulpe, il se dirait « j’ai eu raison d’agir comme je l’ai fait », c’est cela qui a changé dans nos pays ex-socialistes et qui continue à changer… Avec la transformation du monde, la chute de l’empire américain, la montée des luttes et les menaces de guerre, l’estimation de cette expérience socialiste n’a rien à voir avec celle que nous pouvions faire du temps de la chute du mur de Berlin »… Un des problèmes de la situation politique française est que nous restons englués dans une vision du monde qui n’a pas lieu d’être ni en ce qui concerne le passé, ni celle du présent et cela conditionne notre incapacité à penser l’avenir. 

 

J’espère que notre blog profitera de cette retraite un tantinet monacale… Avec mes amitiés à tous les lecteurs de ce blog.

 

Danielle Bleitrach 

Le dilemme Duterte (et pourquoi est-ce important): la Chine, l’Alliance avec les États-Unis

 

16 Septembre 2016

 

Il a beaucoup été fait état des imprécations de Rodrigo Duterte, le nouveau président des Philipines contre Obama. Et ce  alors même que se tenait la réunion des nations d’Asie du sud-est (ANASE) qui regroupe les dirigeants de la région Asie pacifique, y compris les États Unis, le Japon, la Chine, la Russie et l’Inde, ainsi que le secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies. Non seulement le contexte est tendu en particulier dans la mer de Chine, mais le dit Dutertre devait officiellement assumer la présidence par les Philipines de l’ASEAN pour 2917, date symbolique à 50 ans de sa création. ce qui nous permet  de bien mesurer ce qui est en train d’évoluer entre les Etats-UNis et leurs alliés.

 

C’était là une occasion unique pour Rodrigo Duterte, le remuant  chef philippin, pour se mettre en valeuir en tant qu’homme d’Etat, pour se  construire son profil international, et chercher un soutien pour les Philippines au milieu des conflits intensifiés dans la mer de Chine du Sud. Duterte devait également accepter officiellement la présidence pour les Philippines de l’ ASEAN pour le 50e anniversaire, en 2017 de l’organisation.   Une réunion bi-latérale  était prévue avec le président Barack Obama qui effectuait son dernier voyage en Asie en tant que président des Etats-Unis. C’est alors que Dutertre n’a pu s’empêcher de le traiter, entre autres, de fils de pute, ce qui avait provoqué un tollé général dans les médias et l’annulation de la rencontre bilatérale avec Obama. .

 

Voilà l’histoire telle que nous la connaissons, mais il y a le contexte qui mérite plus ample information…

 

Malgré le scandale tout a été fait ultérieurement  de part et d’autres pour atténuer l’impact de la sortie du bouillant président philippin. Il a été soigneusement évité de manifester l’existence d’une crise diplomatique entre les Philippines et les Etats-Unis. L’administration Duterte ensuite publié une déclaration de «regret » et la Maison Blanche a déclaré que les relations américano-philippins restent « un roc solide» , conduisant les observateurs les plus optimistes à espérer que les deux alliés avaient rapidement réglé la question.

 

Mais pour d’autres un tel optimisme a paru prématuré, l’incident pourrait signaler le début d’une reconfiguration douloureuse dans les relations Philippines États-Unis à cause de Duterte. Les relations bilatérales sont trop institutionnalisées pour  être perturbé par un hoquet diplomatique à court terme, mais ils n’ont plus l’aspect spécial et sacro-sainte comme avant.

 

En ce qui nous concerne (Histoire et société)L’affaire est d’autant plus remarquable qu’elle correspond à d’autres formes d’émancipations des alliés les plus stratégiques des Etats-Unis comme par exemple Erdogan, à la fois pilier de l’OTAN et mettant en cause directement le rôle des Etats-Unis. Les médias alors découvrent le caractère dictatorial ou les excès d’un allié auquel jusqu’ici il n’était pas question de toucher. les rapports institutionnels demeurent mais une marge d’autonomie est en train de se développer et le cas des Philipines et de Dutertre en est un autre exemple, on pourrait même joindre Israël au lot, sans parler des trublions ingérables que sont les saoudiens et autres émirats. Cela fait donc  partie de la lente déchéance de l’empire américain sorti grand leader incontesté du capitalisme après la deuxième guerre mondiale, rempart contre le communisme, puis son vainqueur jusqu’à ce que la machine s’emballe devant une chute de l’URSS qu’elle n’a jamais su gérer.pas plus que la montée en puissance de la Chine. Après Bush, Obama ont témoigné à leur manière de cette manière de tourner à vide et ce que l’on sait des deux candidats en lice ne laisse augurer aucune capacité à construire une hégémonie mais à entretenir le chaos comme mode de gouvernance.

 

L’essentiel étant que l’on mesure bidn comment dans cette lente chute de l’empire américain, apparemment les relations établies perdurent alors même que chacun cherche d’autres solutions immédiates qui correspondent à ses intérêts propres, ceux de sa nation, ceux de ses visées impériales locales… On pourrait même pousser la démonstration jusqu’à admirer la retenue des puissances  concurrentes comme la Russie et surtout la Chine qui ne tiennent pas à un effondrement trop rapides qui leur laisserait le soin de régler la note catastrophique laissée par l’ex-maître du monde.

 

Duterte est une véritable nouveauté pour les Philippines.Les pHilippines sont en proie à des conflits, à des insurrections, les Etats-Unis fournissent une aide ancienne en matière de « contre-terrorisme » comme lors du massacre de 500.000 communistes et quelle que soit la corruption de leur poulain, ils le soutiennent tandis que la misère s’étend dans le pays et que les rues de Manille bouillonnent.Dutertre est le premier dirigeant philippin qui se décrit lui-même comme un «socialiste , » avec des liens profonds avec les groupes progressistes de gauche qui ont conquis un accès sans précédent aux échelons supérieurs du pouvoir au sein de l’administration Duterte. Et il est le premier président des Philippines avec un agenda politique porté presque exclusivement sur la loi et l’ ordre, en particulier la lutte contre les drogues illicites. On doit ajouter à ces caractéristiques déjà problématiques pour les Etats-Unis, sa propension aux déclarations tonitruantes dont celle proférée contre Obama et les discours fleuves qui gênent les individus bien élevés mais ont attiré vers lui les classes inférieures désillusionnées. Ce qui se traduit dans nos médias par le vocable d »e « populiste », assorti de la découverte de méthodes peu empreintes de légalité d’une police dont jusqu’ici l’occident tolérait les exactions quand il s’agissait de tuer, de torturer des communistes ou des syndicalistes. Enfin nous avons droit sur les réseaux sociaux aux descriptions des frasques du dirigeant philipin, opposé à la dignité gourmé d’un Obama dont on oublie de dire qu’en tant que président des Etats-Unis, il est le successeur d’une longue lignée qui a toujours pensé que les dirigeants des Philippines (comme ceux d’une certaine Amérique latine) étaient des « fils de pute, mais c’étaient « Leurs » fils de pute faisant naître sous leur pas crimes, tortures, corruption et misère.

 

Mais ce que les Etats-Unis ont a reprocher à Dutertre va bien au delà de ce folklore dont font état nos médias. Fondamentalement pour les États-Unis, Duterte est aussi le premier président philippin d’avoir explicitement appelé à une politique étrangère plus indépendante. Après son élection, Duterte a déclaré , «Je vais tracer une [nouvelle] route [pour les Philippines] qui lui soit propre et qui ne sera pas dépendande des États-Unis. » C’était une déclaration politique audacieuse, une défi aux élites philippines profondément pro-américaines , où une grande partie del’ intelligentsia et deqs forces de sécurité se sentent une affinité profonde avec les États-Unis.

 

De surcroît, il ne s’agit pas seulement de mots, Dutertre est Un iconoclast qui paraît faire ce qu’il dit. Duterte a constamment encouragé les contacts diplomatiques avec la Chine, qui jusqu’ici était profondément impopulaire dans les Philippines, en particulier à la lumière des différends de la mer de Chine méridionale. Pour Duterte, la confrontation avec la Chine est non seulement inutile , mais stupide. Il est intéressé par la relance des relations bilatérales jusqu’ici fortement tendues, avec un accent mis sur l’appel aux investissement chinois à grande échelle dans l’infrastructure du pays.

 

l est très probable que Duterte choisira Pékin pour sa première visite officielle d’ Etat, une manière remarquable de se démarquer de ses prédécesseurs, qui choisissaient habituellement Washington comme leur première destination diplomatique. Pendant ce temps, Duterte a adopté une position intransigeante contre toute critique de sa campagne anti-crime, «choc et effroi », qui lui a attiré des réactions négatives de l’Organisation des Nations Unies, les États-Unis, et les médias internationaux. On comprend , alors, que Duterte se soit senti provoqué lorsque le président Obama a clairement indiqué que qu’il soulèverait la question des droits humains dans leur réunion bilatérale qui était prévue.

 

dans la foulée,Duterte avait également menacé, en matière d’humour noir, de sortir son pays hors de l’Organisation des Nations Unies , si cette dernière s’obstinait dans les enquêtes relatives aux droits de l’ homme aux Philippines. Il a également évité toute réunion formelle avec le secrétaire général de l’ ONU Ban Ki – moon , en marge du Sommet de l’ ASEAN.

 

Mis à part le faux pas diplomatique de haut niveau avec Washington, des réunions bilatérales de DUTERTE avec les dirigeants asiatiques, en particulier avec le Premier ministre Shinzo Abe du Japon, se sont bien déroulées et ont été très cordiales. Sa décision de dé-multilatéraliser efficacement les différends mer de Chine du Sud, appelant à un dialogue pacifique et à minimiser le cas d’arbitrage des Philippines contre la Chine, il a touché une corde sensible pour de nombreux dirigeants de l’ ASEAN, qui sont désireux d’éviter toute qurelle diplomatique avec la Chine.


En fait, de nombreux dirigeants de l’ASEAN considèrent tranquillement le fait que le nouveau leader philippin adopte une approche plus pragmatique et conciliante envers la Chine, par opposition à la précédente administration Benigno Aquino qui fait pression sans cesse sur ses pairs régionaux pour monter des coalitions contre Pékin. En ce sens, Duterte est considéré comme une colombe diplomatique.

 

Pratiquement aucun chef de file en Asie a exprimé sa préoccupation avec la situation des droits de l’ homme aux Philippines. Certains peuvent profiter, ou même admirer, la critique vive de Duterte du dossier aux Etats-Unis droits de l’ homme et sa forte aura personnelle. Néanmoins, l’administration Duterte, qui est aux prises simultanément avec le terrorisme et les menaces maritimes de la Chine, ne peut pas s’aliéner totalement les États-Unis.

 

Duterte a clairement fait qu’il ne sabordera pas les accords de sécurité existants avec Washington, qui sont cruciaux pour les exigences minimales de la défense des Philippines. Les négociations avec Pékin pourraient se gâter, en particulier avec les craintes que la Chine pourrait bientôt aller de l’ avant avec la construction d’installations sur le Scarborough Shoal amèrement contestée. Si la Chine refuse de faire des concessions tangibles sur la mer de Chine du Sud, en particulier sur les ressources halieutiques à Scarborough, l’administration Duterte aura pas d’autre choix que de revenir à une approche plus conflictuelle de peur qu’elle provoque une crise politique intérieure.

 

Voilà précisément pourquoi les relations de sécurité avec les États-Unis resteront indispensables pour les Philippines. Néanmoins, il est clair que sous la présidence Duterte, les États-Unis ne peuvent plus attendre le même niveau de déférence stratégique et un soutien diplomatique. Ceci est la nouvelle normalité dans les relations Philippines États-Unis.

 

texte élaboré par Danielle Bleitrach à partir d’un article du National interest : 

http://nationalinterest.org/blog/the-buzz/the-duterte-dilemma-why-it-matters-china-the-us-alliance-17689
article de
Richard Javad Heydarian
13 septembre 2016 dont nous avons déjà noté la position iconocalaste par rapport au Caucase.

Séoul fait une erreur stratégique en permettant le déploiement du THAAD (COMMENTAIRE)

 

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Séoul fait une erreur stratégique en permettant le déploiement du THAAD (COMMENTAIRE)

BEIJING, 26 juillet (Xinhua) -- Si Séoul estime que le bouclier antimissile de Washington pourra efficacement empêcher les menaces en provenance de RPDC (République populaire démocratique de Corée), il fait une erreur stratégique.

 

La vérité est que les Etats-Unis ne se soucient pas de la sécurité de la Corée du Sud. Ce que Washington veut vraiment est un système antimissile qui puisse garantir la suprématie militaire des Etats-Unis dans la région Asie-Pacifique.

 

Après le déploiement de quatre systèmes de défense antimissile THAAD (Terminal High Altitude Area Defense) aux Etats-Unis, et de deux radars X-Band au Japon, la Corée du Sud est actuellement la pièce manquante. C'est pourquoi Washington essaie sans relâche depuis 2012 de déployer le THAAD en Corée du Sud.

 

Une fois que la Corée du Sud aura permis le déploiement du système THAAD sur son territoire, le pays deviendra l'un des outils de Washington, perdant son autonomie dans l'élaboration et l'exécution d'une politique étrangère indépendante.

 

Les Sud-Coréens doivent aussi savoir que le système THAAD aurait une efficacité très limitée contre les missiles en provenance du Nord.

 

D'un point de vue technique, le THAAD est conçu pour abattre des missiles à une altitude relativement élevée de 40 à 150 km, tandis que les missiles de la RPDC volent à une altitude d'environ 20 km, ce qui rend le système antimissile américain incapable de les intercepter, ont fait savoir des experts.

 

En outre, le système THAAD devrait être déployé dans le district de Seongju, à quelque 300 km au sud-est de Séoul, loin de la frontière avec la RPDC. Cela signifie que la capitale sud-coréenne et ses environs, les lieux les plus peuplés du pays, ne se trouvent pas dans le rayon de protection du système.

 

Même si le système est exploitable, il ne pourra qu'être considéré par la RPDC comme une autre bonne raison pour poursuivre ses programmes nucléaires et de missiles. Si la situation s'aggrave, l'on devrait s'attendre à une course à l'armement dans la région, et la Corée du Sud pourrait faire les frais de cette potentielle guerre totale.

 

De plus, cette décision controversée de Séoul pourra affaiblir la confiance stratégique et le partenariat établis avec Beijing ainsi qu'avec d'autres pays dans la région.

 

La Chine a fermement rejeté le déploiement du système THAAD en Corée du Sud. Beijing a averti que le déploiement pourrait détruire l'équilibre stratégique en Asie de l'Est et faire disparaître la chance de régler pacifiquement la question nucléaire dans la péninsule coréenne.

 

La Maison Bleue doit maintenant reconsidérer sa décision. Elle doit savoir que le déploiement du système THAAD dans son pays créera plus de problèmes qu'il n'en réglera.

 

La Corée du Sud devrait ainsi stopper le déploiement et travailler pour la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

 

source: http://french.xinhuanet.com/2016-07/26/c_135541448.htm

 

Nguyên Xuân Phuc élu Premier ministre pour le mandat 2016 - 2021

 

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Nguyên Xuân Phuc élu Premier ministre pour le mandat 2016 - 2021

Mardi, 26 juillet 2016 à 04:36:40

Nhân Dân en ligne - Avec 98,18 % des voix de députés exprimées au scrutin secret au sein de l’Assemblée nationale vietnamienne, Nguyên Xuân Phuc a été élu, mardi après-midi 26 juillet, Premier ministre du Vietnam pour le mandat 2016 - 2021.

 

Après adoption par l’Assemblée nationale d’une résolution sur l'élection du Premier ministre, Nguyên Xuân Phuc a prêté serment devant les représentants du peuple, s’engageant à «être totalement fidèle à la Patrie, au peuple et à la Constitution de la République socialiste du Vietnam», ainsi qu’à faire de son mieux pour accomplir les tâches à lui confier par le Parti, l’État et le peuple.

 

Dans son discours, le Premier ministre Nguyên Xuân Phuc a insisté sur la nécessité de redoubler d’efforts pour rattraper les autres pays du monde. Selon lui, le Vietnam est le 14e pays le plus peuplé du monde, mais son économie n’est que la 48e, et le revenu per capita, ​que le 133e. «Le Vietnam doit ​exploiter ses forces internes ​comme les forces ex​ternes pour garantir l'intérêt national, promouvoir un développement rapide et durable, édifier un pays riche et puissant ayant un statut croissant sur la scène internationale», a-t-il déclaré.

 

Le chef du Gouvernement a ensuite ​souligné la nécessité de simplifier l’appareil administratif, d’augmenter la productivité et l’efficacité de l’investissement, d’accélérer la réforme institutionnelle, de moderniser le système éducatif ainsi que les technologies. Il a particulièrement ​insisté sur l’importance de la protection de l’environnement et d’un plus grand dynamisme ​dans la réaction au changement climatique.

 

"Les plus grands potentiels du Vietnam résident dans ses ressources humaines", a-t-il indiqué, ajoutant qu’il était important de mieux investir dans l’éducation et de créer des opportunités pour le développement des talents.

 

Selon le Premier ministre, il est en outre nécessaire de contrôler le respect de l'environnement des usines, de favoriser l’esprit de start-up et l'innovation, de lever tous les obstacles au développement des entreprises, notamment celles du secteur privé et les PME.

 

En conclusion, Nguyên Xuân Phuc a promis d’œuvrer pour un Gouvernement constructif et intègre, aux actions rigoureuses et au service du peuple.

 

NDEL/VNA

 

source: http://fr.nhandan.org.vn/politique/domestique/item/2780071-nguyen-xuan-phuc-elu-premier-ministre-pour-le-mandat-2016-2021.html

 

Publié par El Diablo

Entretien avec Noor Zaheer, militante du PCI (Parti communiste de l'Inde)

Entretien avec Noor Zaheer, militante du PCI (Parti communiste de l'Inde)

Entretien réalisé par la Ligue de la Jeunesse Communiste du Canada (YCL-LJC Québec), 30 mai 2016, repris pour Solidarité Internationale PCF.

Noor Zaheer, militante du Parti communiste de l’Inde (PCI), présidente de la branche de Delhi de la Fédération nationale des femmes indiennes et écrivaine de renom était de passage à Montréal dans le cadre d’une tournée canadienne qui s’est clôturée le 21 mai avec une allocution au 38e Congrès du Parti communiste du Canada. 

Elle s’est entretenue avec la rédaction de Clarté, l'organe du Parti communiste du Québec, au sujet des développements politiques en Inde depuis l’élection du gouvernement nationaliste de droite de Modi. 


Clarté: Le régime de l’actuel président Modi du parti nationaliste BJP a été qualifié par le PCI de fasciste. Peux-tu nous en dire un peu plus?

Noor Zaheer: Le fascisme de Modi s’articule à plusieurs niveaux. C’est d’ailleurs ce qui le rend difficile à combattre: s’il était unidirectionnel, il aurait probablement été défait beaucoup plus facilement. Or, il opère à l’échelle individuelle, contre le mouvement des femmes, dans les organisations et institutions religieuses, contre les communautés, dans les institutions de l’État et contre les étudiants. Il est présent partout et il serait erroné de croire qu’il est en déclin.

Le mouvement des femmes a été particulièrement ciblé, en particulier les femmes musulmanes, puisque le gouvernement BJP tente d’imposer un code civil unique concernant la pratique religieuse, ce qui attaque de plein fouet les minorités religieuses, pas seulement les Musulmans, mais aussi les Chrétiens, les Sikhs, les Bouddhistes et les Parsis qui bénéficient jusqu’à maintenant d’une liberté de culte.

Le fascisme de Modi est aussi à l’origine d’une recrudescence des assassinats d’Intouchables. Les femmes intouchables quant à elles sont de plus en plus victimes de viols, surtout celles qui réclament justice.

Tout ça sont quelques exemples du fascisme du régime Modi, je ne sais pas pourquoi nous devrions édulcorer la réalité: il est là et nous devons nous mobiliser dès maintenant pour bâtir une riposte frontale contre le gouvernement du BJP.


Clarté: Comment ce fascisme s’est-il installé dans la société indienne?

N. Z. À mon avis, le premier signe avant-coureur a été l’assassinat de Mahatma Gandhi. À cette époque, le BJP n’existaient pas, mais le Sangh Parivar [mouvement fédérant plusieurs associations désireuses d’instaurer l’hindouisme comme religion d’État en Inde et qui a entretenu des liens avec le fascisme de Mussolini dans les années 1930, NDR] a été reconnu comme commanditaire de l’assassinat de Gandhi. Au moment où l’interdiction du RSS [groupe paramilitaire nationaliste, NDR], l’un des principaux constituents du Sangh Parivar, a été levée, les problèmes ont commencé. Ils se sont reconvertis en organisation culturelle, ce qui leur a permis de passer sous le radar. Ils ont commencé à organiser des clubs de sport pour se rapprocher des jeunes.

Selon moi, les jeunes hindous se sont sentis un peu menacés par la création du Pakistan et ont été sensibles aux discours anti-musulman à cause de la propagande haineuse diffusée un peu partout. Le fascisme a donc été quelque peu sanctifié et a pris racine peu à peu.

Il ne faut pas oublier non plus qu’en Inde, il existe une forme de racisme jamais discutée: le système de castes. Nous avons essayé de pousser ce débat, mais le gouvernement indien l’a toujours esquivé. Cette forme de racisme, les nouveaux développements depuis l’élection du BJP et la crise capitaliste forment un mélange explosif qui a permis de paver la voie au fascisme.


Clarté: dans ces circonstances, comment vit-on le fait d’être une femme, progressiste et militante de surcroit?

N.Z.: C’est de plus en plus difficile chaque jour, chaque minute même! Pour moi, c’est d’autant plus difficile que ma fille est impliquée politiquement, donc je reçois des menaces du genre «tu devrais mieux éduquer ta fille». Toutefois, mon cas n’est pas unique: plusieurs mères viennent nous rencontrer pour chercher de l’aide pour les mêmes raisons. Nous essayons de répondre à leurs besoins notamment en les organisant et en les soutenant dans leurs luttes. Il reste qu’être une militante en Inde est très dangereux ces jours-ci: tous les jours, je me fais harceler par les Mullahs ou par les nazillons du RSS.

Clarté: depuis novembre dernier, les étudiants indiens mènent une âpre lutte contre le régime de Modi, en particulier à l’université Jawaharlal Nehru. Que penses-tu de l’importance de cette mobilisation dans la riposte contre le régime de Modi et que penses-tu que les étudiants canadiens et québécois pourraient faire pour témoigner de leur solidarité?

N.Z.: Le plus important dans cette mobilisation, c’est que les étudiants ont réussi à rejoindre plusieurs couches dont les travailleurs, les paysans et les femmes, ce qui est très encourageant pour la suite du mouvement. Si les luttes dans ce genre perdurent et se multiplient dans les trois années à venir, je suis confiante que le régime de Modi ne sera qu’un sombre chapitre de l’histoire indienne.

Concernant la solidarité avec le mouvement étudiant, la première tâche de la jeunesse et des étudiants canadiens est de promouvoir cette lutte par tous les moyens possibles, car il y a un silence total à ce sujet. Ils pourraient aussi organiser des actions de solidarité comme des piquetages devant les représentations diplomatiques indiennes à travers le pays. Même s’ils ne sont que quatre ou cinq avec un tract et une banderole, c’est assez pour piquer au vif le gouvernement qui accorde beaucoup d’importance à son image à l’international. Bien sûr, toute expression de solidarité est également bienvenue.


Clarté: il ne fait aucun doute que le fascisme de Modi soit lié aux problèmes de la question nationale non-réglée en Inde. Comment pensez-vous régler cette question en respectant le droit des peuples à l’auto-détermination et de façon démocratique?

N.Z.: C’est une question qui est de plus en plus discutée en Inde. En effet, la question nationale en Inde s’est imposée dans le débat politique d’une façon très violente. Par exemple, le Cachemire est sous occupation militaire, le Nord-Est où la situation est semblable dans trois États (Manipur, Assam et Nagaland), ce qui a mené à des débats afin de savoir si l’Inde représente vraiment une nation ou si nous ne devrions pas former une fédération. Cependant, ces deux dernières années, toute discussion, tout débat politique ont été muselés. La proposition d’un État fédératif garantissant les droits nationaux de chaque population doit être discutée, car l’Inde est un pays trop diversifié pour que l’on parle d’une nation unitaire.

Clarté: concernant la politique internationale et régionale, le gouvernement Modi a aussi créé des remous notamment en imposant un blocus au Népal après avoir voté une constitution progressiste.

N.Z.: En effet, lorsque le blocus a été décrété, j’étais moi-même à la frontière. Le PCI était sur place également. Ce blocus est un acte imposé à 100% par l’Inde, le Népal n’a aucune responsabilité dans cette affaire si ce n’est que d’avoir voté une Constitution à l’image des aspirations du peuple népalais. La propagande indienne a fait valoir que les Népalais avaient l’intention d’empêcher le commerce transfrontalier, or il n’en est rien: pourquoi un pays dont 30% de la force de travail dépend du commerce avec l’Inde, qui plus est à l’économie ravagée à cause d’un séisme catastrophique, voudrait rompre ses relations commerciales avec son voisin? La vérité, c’est que Modi veut implanter une Constitution hindouiste en Inde alors que le Népal a voté une Constitution laïque et fédérative, ce qui a attiré les foudres du gouvernement indien.

Ceci illustre le fait que les pays qui désirent entretenir des relations d’égal à égal avec l’Inde ont eux aussi intérêt à défaire le gouvernement de Modi. Je suis confiante que lors des prochaines élections il sera battu, mais va-t-il accepter de laisser sa place? Ce n’est effectivement pas dans la logique fasciste, il est possible que par un truchement quelconque, il réussisse à se maintenir en place envers et contre la voix du peuple. Ainsi, nous devons nous maintenir mobilisés, être prêts à lutter sur tous les fronts et être prêts à cette éventualité. Pour le moment, nous devons donner plus de pouvoir aux jeunes et aux femmes qui sont au coeur de la riposte et nous devons leur offrir notre soutien total, car ils constituent une force considérable sur laquelle nous pouvons nous appuyer pour renverser Modi.

Lien de l'article original : http://yclljc-magazine.blogspot.fr/2016/05/entretien-avec-noor-zaheer-militante.html?m=1

L’aspect le plus négligé du Congrès du Parti de la Corée du Nord

 

par Harry M. Sa

12 Mai 2016

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http://nationalinterest.org/blog/the-buzz/the-most-overlooked-story-north-koreas-party-congress-16162

Article intéressant dans la manière dont il témoigne du quasi désarroi des dirigeants Etatsuniens devant le caractère énigmatique de la politique de la Corée du Nord. Cette vision change un peu de la stupidité de ceux qui dans nos médias comme dans les réseaux sociaux en répercutant la propagande de l’extrême-droite de séoul, relayé par l’empire Murdoch, feignent de savoir ce qu’ils ignorent  

(note de danielle Bleitrach)


11 mai 2016

 

Le Congrès du Parti de la Corée du Nord s’est terminé après quatre jours de théâtre non – stop. Il a été tout ce que nous en attendions, et plus encore: le secret, la pompe, les armes nucléaires, et même la détention et l’ expulsion du correspondant de la BBC Rupert Wingfield-Hayes. Une annonce, cependant, a été faite sans fanfare: le plan quinquennal économique de Kim Jong-Un . Certes, les plans économiques ne sont pas aussi palpitante que les armes nucléaires et l’ expulsion des journalistes occidentaux, mais cela pourrait être l’histoire la plus révelétrice souterraine jusqu’à présent. Une raison en est que , lorsque l’annonce a été faite, il était dépourvu de tous les détails. L’autre raison est que le progrès économique ne semble pas très nord – coréen.

 

Beaucoup d’ entre nous, en particulier aux États-Unis, ont été conditionnés à penser à la Corée du Nord comme un pays coincé dans un état perpétuel de misère et de décrépitude. Sa simple mention tend à faire surgir des images de gens affamés . Au contraire, il est évident que l’inverse se produit . Merci à l’avancée tranquille d’une économie de marché naissant, la Corée du Nord a connu une croissance modeste au cours des dernières années. La production agricole se maintient malgré la sécheresse au début de 2015 et le niveau de la défection de son voisin du Sud a chuté. Bien sûr, cela ne veut pas dire que tout va bien dans le Royaume Ermite. La malnutrition généralisée persiste et son économie a un long chemin à parcourir. Peu importe, des prévisions optimistes de l’économie nord – coréenne devrait inquiéter Washington.

 

La Corée du Nord perçoit les États-Unis comme son adversaire éternel. Si cette perception de menace reste le même tandis que ses conditions économiques s’améliorent, le comportement belliqueux de la Corée du Nord se pétréfira . « Pourquoi », se demandera Pyongyang , « devrions-nous aller à la table de négociations ? Nous avons réalisé tout cela à l’extérieur du système. » Encouragé par ses ressources financières et économiques de fraîche date, Pyongyang va probablement renchérir sur sa stratégie d’isolement, sur son agressivité, sur le développement de son armée. Ce qui représente une menace importante pour, non seulement pour les États-Unis, mais pour toute la région Asie-Pacifique.

 

Actuellement, l’administration Obama a adopté une politique baptisée «patience stratégique». L’objectif principal est d’utiliser l’isolement et les sanctions multilatérales pour rendre insupportable à la Corée du Nord le maintien de son programme nucléaire. Ensuite, nous attendons la suite des événements. Pyongyang devrait trouver trop douloureux de maintenir sa trajectoire actuelle et devrait se soumettre aux conditions américaines. Ce qui s’avère une politique inopérante . « patience stratégique » a seulement servi à durcir la détermination de la Corée du Nord et a forcé le régime de Kim de trouver des façons créatives et novatrices pour survivre. Au lieu de mendier pour être autorisé à revenir dans le giron, la Corée du Nord est plus résistante que jamais.

 

Avec que le président Obama est en train de terminer son mandat, comment les candidats présidentiels conçoivent-ils l’ une des énigmes géopolitiques les plus difficiles et durables de notre temps? L’ ancien secrétaire d’Etat, Hillary Clinton a été relativement calme. Ellea cependant été le principal moteur actuel des États-Unis de l’approche actuelle. Les deux autres Donald Trump et le sénateur Bernie Sanders ont esquissé une politique nord – coréenne qui reposait sur une pression exercée sur la Chine pour faire face à l’état secret.

 

Le plan visant à refiler la responsabilité à la Chine est une alternative populaire. Après tout, avec des quantités massives d’aide et de commerce en provenance de la Chine,elle doit sûrement avoir un effet de levier important sur la Corée du Nord. C’est également une impasse. Peu importe la colère que les dirigeants à Pékin manifestent , il n’abandenneront jamais la Corée du Nord, ni permettront à son effondrement. Cela coûte trop cher. À court terme, la Chine devrait faire face à une crise des réfugiés à l’échelle de la Syrie ou pire, la réaffectation des ressources précieuses de l’Etat dans la sécurisation de la frontière sino-nord-coréenne, et un éventuel conflit militaire avec les États-Unis. À plus long terme, la Chine devra faire face à une péninsule coréenne unie sous la domination de Séoul et sans doute encore un allié américain. Ceci est plus dangereux que de perdre un état tampon qui a servi les intérêts chinois depuis de nombreuses décennies.

 

Pas un seul candidat a mentionné les perspectives de négociations .

 

Les États-Unis doivent faire le premier pas et inviter la Corée du Nord aux négociations. Il s’agit d’offrir une ouverture, même minime, pour peser sur le comportement de la Corée du Nord. Même si la nature de l’ influence exercée se révèle être minime, il est bien préférable à l’effet de levier zéro que nous exerçons aujourd’hui. Deuxièmement, Kim Jong-Un et la Corée du Nord deviennent plus prévisible. Lors d’ une récente conférence organisée par le Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS) à Washington DC, le Dr Suh Hoon, ancien directeur adjoint du renseignement sur la Corée du Nord du Service national du renseignement sud – coréen, a fait remarquer , « Pendant l’ère Kim Jong-Il, nous avons eu beaucoup de discussions. Nous pouvions anticiper leurs pensées, mais ce qui est différent avec Kim Jong-Un. « Grâce à l’absence d’interaction, la prise de décision déjà ésotérique et mystérieuse de la Corée du Nord est plus opaque que jamais.


Ce sera un processus long et douloureux, mais négocier avec la Corée du Nord est la seule option viable qui nous reste. Il y a un besoin urgent pour les candidats de formuler une nouvelle approche avec l’ancienne diplomatie. Nous ne pouvons plus nous permettre de tout faire reposer sur l’hypothèse d’un effondrement inévitable nord-coréenne ou nos espoirs sur une intercession peu probable de Pékin.

 

Harry H. Sa est un analyste de recherche sur le Programme des États-Unis à l’Institut de défense et d’études stratégiques, une unité de l’Ecole S. Rajaratnam d’études internationales (RSIS) basé à l’Université Technologique de Nanyang, à Singapour. Il est originaire de Los Angeles, Californie.

L’Asie centrale offshore

 

 

10 Avril 2016

 

 

06.05.2015

 

  • Cet article est un chef d’oeuvre dans le genre… Il explique en effet avec une sorte d’innocence touchante que l’Asie centrale n’est pas une somme de pays arriérés de l’ex-Union soviétique totalement fermés à l’économie de marché. Ils ont au contraire réussi leur transition avec succès En particulier les élites, héritées de l’appareil soviétique, ont parfaitement intégré le systèmes des paradis fiscaux et la fameuse corruption caractéristique de ces pays n’est en fait que le moyen par lequel l’occident étend son mondialisation financière. Certes il y a un petit détail, la vie de la majorité de la population est devenue insupportable, misère, épidémies, chômage, trafics en tous genres et bandes levées pour alimenter quelque sjihad, mais ça aussi c’est la modernisation capitaliste. Bravo l’Asie centrale devenue « moderne »… .
  • (note de Danielle Bleitrach)

Une des dernières éditions du Central Asian Survey, revue scientifique consacrée à l’Asie centrale, casse avec force le stéréotype d’une région reculée, peu intégrée dans la mondialisation économique. Retour sur les principaux points soulevés dans ce dernier numéro.

L’Asie centrale est en fait bien intégrée dans la mondialisation, à commencer par les flux financiers globaux. C’est là le message principal qu’avance ce premier numéro de 2015, dirigé par John Heathershaw (University of Exeter) et Alexander Cooley (Columbia University), deux des principaux spécialistes universitaires de la région.

 

Alors que cette région a longuement été analysée comme étant isolée économiquement, les chercheurs montrent que « même les Etats centre-asiatiques avec les systèmes économiques les plus fermés (l’Ouzbékistan et le Turkménistan) ont incorporé leurs transactions […] dans un jeu de réseaux de transactions informelles à portée mondiale. » Ainsi, les premiers acteurs de cette intégration sont les élites locales soucieuses de dissimuler leurs capacités financières.

 

Par cette analyse innovante de l’Asie centrale, ce numéro du Central Asian Survey combat le mythe d’une libéralisation ratée, reprochée à des maux locaux parmi lesquels la corruption, le clientélisme et le régionalisme. Au contraire, une compréhension complète du développement économiques des pays centre-asiatiques comprend la considération de leur imbrication dans l’économie mondiale.

 

Casser les mythes sur l’économie centre-asiatique

 

Non l’Asie Centrale n’est pas isolée des évolutions politiques et des réalités géopolitiques régionales ou globales. Au contraire, la région est au cœur de la diffusion de certaines normes. C’est le cas, notamment, de la notion de société civile au Kirghizstan avec ses 10000 à 15000 ONGs. Le pays où « les ONGs poussent comme les tulipes ». D’autre part, certains Etats de la région se font maîtres dans les pratiques de simulations d’institutions démocratiques. Le Kazakhstan est ainsi un des Etats dont le modèle politique est à l’origine du concept de « demi-autoritarisme » initié à la fin des années 1990.

 

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Non l’Asie Centrale n’a pas raté sa transition vers l’économie de marché. Alors que les problèmes de la région ont longtemps été attribués à une libéralisation manquée, celle-ci aurait plutôt été sélective, tournant surtout autour de la dérégulation financière. Ainsi, une intégration à l’économie de marché mondiale s’est accompagnée d’un manque ou d’une absence de libéralisation politique, faisant obstacle aux libertés économiques.

 

Tandis que les réformes liées aux institutions financières et à la libéralisation de certains secteurs sont promus avec insistance par les organisations internationales, celles de l’Etat, des institutions et du mode de gouvernance sont reportées à des lendemains moins noirs. C’est le cas du secteur de l’électricité au Kirghizstan : les institutions financières comme l’Etat préfèrent miser sur l’augmentation des prix de l’électricité que sur une lutte contre la corruption dans le secteur. C’est aussi le discours employé par le président kazakh Noursoultan Nazarbayev, qui préconise la nécessité d’un Etat fort pour un développement économique efficace.

 

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Non l’Asie Centrale n’est pas traditionaliste et clanique. Les structures sociales locales s’appuient bien sur des formes sociales préexistantes, mais les indépendances ont également mené à une imbrication globale des « clans » centre-asiatiques. Ainsi, dans les régions minières du Kirghizstan, des structures sociales dites traditionnelles vont de pair avec un très bon suivi du prix de l’or sur les marchés mondiaux. Les clans évoluent donc au côté de réseaux d’intermédiaires qui assurent le lien avec l’économie globale.

 

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La corruption : une affaire de complicité internationale

 

Ces mythes que conteste le Central Asia Survey se sont établis alors même que croissaient des réseaux économiques mondiaux autour de l’Asie centrale. Mais cette intégration a surtout servi l’enrichissement d’élites économiques et politiques (dans la région elles ne font qu’une) et du secteur financier de pays développés. Ainsi pour les chercheurs de conclure l’introduction au numéro : « Si on explore l’ensemble des points de contact extraterritoriaux [de l’Asie Centrale] – des entreprises de lobbying jusqu’aux cabinets d’avocats – alors le si bien nommé ‘Grand Jeu’ devient bien moins héroïque et bien plus proche de la maison. Aujourd’hui les émissaires de la Russie et de l’Ouest en Asie centrale peuvent mener des affaires depuis leurs confortables bureaux. Et les élites centre-asiatiques peuvent poursuivre leurs intérêts politiques et économiques locaux via les mécanismes offshores offerts par la globalisation

 

Ce que ces mythes cachent, c’est l’enrichissement massif des élites centre-asiatiques qui n’aurait pas été possible sans « la complicité de l’Ouest et même son implication active dans de nombreuses activités de corruption qui sont d’habitude vues comme étant exclusivement le résultat d’actions locales [aux pays d’Asie Centrale]

 

En effet, les logiques du libéralisme et de l’individualisme se sont bel et bien établies dans la région, bien que leurs gains ne soient limités qu’à quelques-uns. Et comme le précisent Stacy Closson et Charles Dainov dans leur analyse du secteur des hydrocarbures dans la région, malgré toutes les ruptures causées par les indépendances, il y a bien un élément de continuité dans l’intégration de l’Asie centrale dans la mondialisation :« La nature informelle des affaires dans la région eurasienne trouve ses racines dans le système patrimonial soviétique, conçu pour assurer la survie des élites et de leurs cohortes dans une économie de manque permanent. […] Ainsi les leaders obéissent davantage à des intérêts informels plutôt qu’à des dynamiques de marché. »

 

La Rédaction

Le Vietnam et la Russie intensifient leur coopération dans l’industrie

Publié le par anonyme

Le Vietnam et la Russie intensifient leur coopération dans l’industrie

Mercredi, 23 mars 2016 à 03:07:26

Nhân Dân en ligne - Le Vietnam et la Russie ont signé, le 21 mars, à Moscou, un protocole intergouvernemental de soutien par la Russie de la fabrication de véhicules à moteur au Vietnam.

Les signataires étaient le ministre russe de l’Industrie et du Commerce, Denis Manturov, et son homologue vietnamien, Vu Huy Hoàng, à l'occasion de la visite de ce dernier dans quatre pays européens.

Selon cet accord, le Vietnam importera 2.550 voitures dans les trois prochaines années, 13.500 unités de pièces détachées dans les cinq années à venir. Le taux de localisation de la production devra atteindre de 40 à 50% d'ici à 2025.

Dans son discours, le ministre russe Denis Manturov a indiqué que cet accord était le premier projet de coopération bilatérale visant à appliquer l’accord de libre-échange entre le Vietnam et les pays membres de l’Union économique eurasiatique, ainsi que pour augmenter les échanges commerciaux entre Vietnam et Russie.

Le Vietnam souhaite fabriquer des automobiles sur son territoire et augmenter le taux de localisation des pièces détachées, a souligné le ministre Vu Huy Hoàng, affirmant que ce projet contribuera au développement du secteur automobile du Vietnam.

Le même jour, Vu Huy Hoàng a eu une séance de travail avec la ministre du Commerce de l'Union économique eurasiatique, Veronika Nikishina.

Le ministre Vu Huy Hoàng et la délégation l'accompagnant effectue une visite en Russie du 20 au 22 mars, avant de partir pour la Biélorussie le 23 mars.

NDEL/VNA

source: http://fr.nhandan.org.vn/politique/relation_exterieure/item/2315271-le-vietnam-et-la-russie-intensifient-leur-cooperation-dans-l%E2%80%99industrie.html

 

Park Kun-woong (« Je suis Communiste ») : « Nous ne sommes pas libérés de la guerre des idéologies »

 

19 Mars 2016

16 mars 2016

Park Kun-woong ("Je suis Communiste") : « Nous ne sommes pas libérés de la guerre des idéologies »

http://www.actuabd.com/Park-Kun-woong-Je-suis-Communiste

 

Invité de Livre Paris, Park Kun-woong n’a pas (encore) la notoriété d’un Spiegelman ou d’un Tardi. Il est cependant de ces auteurs dont les œuvres enrichissent la mémoire universelle par le roman graphique. Après « Fleur » (Casterman) et « Massacre au pont de No Gun Ri » (Vertige graphique), il poursuit l’exploration de l’histoire de la Corée avec les deux volumes de « Je suis communiste » (Cambourakis). Nous l’avions rencontré l’été dernier à l’occasion du Festival de Bucheon dont il était le Président. Nous le retrouvons à Paris.

 

Après avoir été honoré par ses aînés qui l’ont nommé président de la plus importante manifestation de BD coréenne, Park Kun-woong s’était retrouvé en haut de l’affiche de la 18e édition du Festival de Bucheon.

 

Né en 1972, cet auteur semble agir comme un relais entre les pionniers de la bande dessinée sociale coréenne, témoins directs des drames du passé, et la nouvelle génération, tournée vers le numérique. Ainsi, les œuvres de Park Kun-woong rappellent les ravages de l’occupation japonaise, de la guerre entre le Nord et le Sud et de la dictature militaire qui s’en est suivie.

 

Du fait de l’actualité éditoriale française, l’entretien qui suit évoque en priorité Je suis communistedont les deux volumes viennent d’être adaptés en français aux éditions Cambourakis. Cette épaisse biographie, présente Hur Young-chul, coréen du Sud, pétri d’idéaux marxistes qui a combattu du côté du Nord avant d’être emprisonné durant trente-six années dans les geôles du Sud.

 

Cependant, il sera également question du Temps des bêtes, son dernier roman graphique en date qui n’a pas encore été traduit en France. Cette nouvelle somme retrace le calvaire de Kim Geun-Tae, figure de l’opposition à la dictature sud-coréenne, emprisonné et torturé en 1985. Lors du festival de Bucheon, ce livre a fait l’objet d’une exposition impressionnante, réalisée par Park Kun-woong lui-même.

Park Kun-woong ("Je suis Communiste") : « Nous ne sommes pas libérés de la guerre des idéologies »

« Je suis communiste », en Corée avez-vous publié ce livre avec le même titre ?

 

Oui. « Je suis communiste » était le titre du livre pour sa première publication en deux volumes. Mais lors de sa réédition de 2014 en intégrale, le titre est devenu « Mémoires d’un révolutionnaire ». Des groupes conservateurs qui défendent les idées du gouvernement actuel [Mme Park Geun-hye -Présidente de la République du pays depuis 2013- est la fille de l’ancien dictateur militaire, Park Chung-hee, NDLR] ont attaqué mon livre parce qu’ils l’estiment partisan de la Corée du Nord. Ainsi il a été retiré de certaines bibliothèques. Cela montre que le terme « communiste » est toujours interdit, comme à l’époque de la dictature. Aujourd’hui la chasse aux sorcières ne fonctionne plus, mais les manipulations sont toujours à l’œuvre.

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Extrait de « Je suis communiste, Tome 1 »

© Park Kun-woong, Hur Young-chul – Cambourakis

Pour quelles raisons pensez-vous que votre livre été la cible des conservateurs ?

 

Il l’a été à la fois pour son titre et pour son contenu. Hur Young-chul, dont j’expose le parcours, a refusé de se fondre dans le capitalisme pendant plus trente ans. Il témoigne aujourd’hui que le système de l’ennemi des années 1950 lui semblait plus abouti d’un point de vue social. C’est ce qui a valu au livre d’être retiré de quelques bibliothèques sous la pression des conservateurs. Je le ressens comme une atteinte au droit à la culture et à l’expression. 


Il s’agit de l’histoire d’une personne emprisonnée pendant trente-six ans pour avoir déclaré déclaré : « Je suis communiste ». Je crois que la démocratie signifie la diversité d’opinion. Le fait de ne pas reconnaître le communisme dans la Corée du Sud actuelle m’amène à douter de cette démocratie. Nous ne sommes pas encore libérés de la guerre des idéologies.

 

Pourquoi avoir choisi de raconter cette histoire ?

 

Je raconte l’histoire d’une personne qui a pris le parti du Nord. Pendant ses trente-six années de détention, ses photos et ses écrits ont été brûlés par sa propre famille pour ne pas subir plus de répression. À sa sortie de prison le seul support sur lequel il pouvait s’appuyer pour raconter son parcours était sa mémoire. Il en a tiré un livre, c’est ce qui constitue ma bande dessinée.


Son témoignage permet d’équilibrer notre regard sur l’affrontement entre le Nord et le Sud. On voit par exemple que l’armée chinoise qui est perçue aujourd’hui comme invasive, a été reçue par une partie de la population dans un esprit de solidarité et que les soldats chinois faisaient preuve de comportements positifs…

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Extrait de « Je suis communiste, Tome 2 »

© Park Kun-woong, Hur Young-chul – Cambourakis

Pourquoi aborder autant de sujets douloureux de l’histoire de votre pays ?

 

Après la guerre, la dictature a empêché de bien connaître notre passé. La vérité historique a été enterrée. J’ai pris la bande dessinée en tant qu’outil pour la révéler. Depuis peu, j’utilise un second outil, la caricature, pour aborder la satire politique. Le passé est important, l’histoire actuelle aussi.

 

Au festival de Bucheon, vous semblez plus proche de l’ancienne génération d’auteurs ?

 

C’est vrai. D’ailleurs des lecteurs qui me découvrent ici me pensaient plus âgé. J’aborde des sujets lourds pour un « jeune » auteur. Cependant l’histoire contemporaine intéresse de plus en plus ma génération parce que le pouvoir actuel rappelle l’époque de la dictature. Les groupes qui dirigeaient le pays reviennent aux affaires. Il reste beaucoup de sujets à traiter. La bande dessinée a de plus l’avantage d’être facilement abordée par les jeunes.

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Extrait du « Temps des bêtes », encore inédit en français 

© Park Kun-woong

La bande dessinée numérique -le webtoon- semble connaître un impact profond en Corée. Songez-vous à œuvrer dans ce secteur ?

 

Oui bien sûr. Avec Le Temps de la bête, j’achève un cycle de trois témoignages qui avait commencé avecMassacre au Pont de No Gun Ri, puis par Je suis communiste. Je travaille actuellement sur un projet de science-fiction où il sera question de pouvoir politique. Cette bande dessinée sera à la fois diffusée en webtoon et imprimée sur papier.

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L’Affiche du Festival de Bucheon 

© Park Kun-woong – KOMAKON

La science-fiction est aussi le thème de votre affiche pour le festival de Bucheon. Pouvez-vous nous l’expliquer ?

 

En sortant de mon style habituel, j’ai voulu apporter un visuel ludique et divertissant pour le grand public. J’ai pensé à une bouteille d’encre comparable à un corps humain. Sa tête s’envole vers un espace mystérieux en emportant les lecteurs. Que la bande dessinée conquière de nouveaux territoires, est dans l’esprit des auteurs. Sur quelle étoile et quelle histoire la tête va-t-elle atterrir ? C’est à l’imaginaire des auteurs de le déterminer.

 

Pour le festival, vous avez conçu une exposition autour du « Temps des bêtes » à propos des tortures subies dans les années 1980 par le militant des droits de l’homme, Kim Geun-tae. Vous y avez notamment reconstitué la cellule où eurent lieu les sévices. On a été surpris de vous y voir pris en photo avec la veuve, les enfants et petits-enfants de Kim Geun-tae. Ils semblaient sourire, ce qui pour nous, Occidentaux, paraît étrange dans une telle circonstance. Que signifiait ce sourire ?

 

Je ne pense qu’ils souriaient, ils étaient sereins. J’ai longuement discuté avec Mme Chae Keun, sa veuve, pour préparer ce livre. Je pense que ce sourire est une satisfaction du fait que l’histoire de son mari devienne le sujet d’une exposition et que lui-même serait heureux de savoir que son histoire est aujourd’hui connue. Comme une revanche contre l’oubli.

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« Une revanche contre l’oubli ». Au coeur de l’exposition consacrée au « Temps des bêtes », Park Kun-woung entouré par ses ainés Park Jae-dong et Lee Hee-jae avec la veuve, les enfants et petits-enfants de Kim Geun-Tae dont il a raconté le calvaire dans son livre et son exposition.

Les éditions étrangères de vos livres étaient présentes dans l’exposition. Cela représente-t-il une grande importance pour vous ?

 

Je traite de l’histoire contemporaine coréenne, sous l’angle de thématiques universelles, les droits de l’homme, le refus de la guerre. Je remercie le public français de me lire, car ces thématiques méritent des réflexions communes. On publie aussi des bandes dessinées françaises en coréen. J’espère que l’échange va se poursuivre. C’est à l’humanité entière de résoudre ces problèmes.

 

Propos recueillis par Laurent Melikian.