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Discours du président russe Vladimir Poutine à la Journée Internationale du Souvenir de l’Holocauste

 

Lors de la Journée internationale du souvenir de l’Holocauste et du 70e anniversaire de la libération du camp de concentration d’Auschwitz par l’armée soviétique, Vladimir Poutine a visité le Musée juif et le Centre de la tolérance à Moscou. Le président a visité l’exposition « Homme et catastrophe » dédiée à l’extermination massive, par les nazis, des détenus dans les camps de concentration. M. Poutine était accompagné du Grand rabbin de Russie, Berel Lazar, et du président de la Fédération des communautés juives, Alexandre Boroda.

L’Assemblée générale des Nations unies a déclaré le 27 janvier, date à laquelle les troupes soviétiques ont libéré le camp de concentration d’Auschwitz en 1945, Journée internationale du souvenir de l’Holocauste.

Discours au Musée juif et Centre de la tolérance de Moscou


LE PRÉSIDENT DE LA RUSSIE VLADIMIR POUTINE :

 

Mes amis,

Il y a 70 ans, les troupes soviétiques ont libéré le camp de concentration d’Auschwitz, où les nazis ont massacré des millions de personnes. Par la décision de l’Organisation des Nations unies, ce jour, le 27 janvier, a été déclaré Journée internationale du souvenir de l’Holocauste. L’Holocauste, l’un des crimes les plus meurtriers contre l’humanité, est devenu un symbole de deuil et de douleur contre la cruauté déchaînée et le mépris de la vie humaine.

Il est difficile d’imaginer que dans ces usines de la mort, les fusillades de masse et les déportations ont été une réalité du XXe siècle ; elles furent organisées de sang-froid dans ce qui semblait alors être une Europe civilisée. Oui, elles ont été planifiées et organisées de sang-froid. Nous avons vu l’exposition – que vous avez vue aussi –, c’était prévu, une opération délibérée d’extermination.

 

Incroyablement simple.

 

Cependant, comme l’Histoire l’a montré, là où les idées de l’origine ethnique ou de la suprématie raciale sont inculquées aux individus, là où les graines de la haine inter-ethnique sont semées, là où les valeurs traditionnelles humaines sont détruites et foulées au pied, la civilisation cède inexorablement et rapidement sa place à la barbarie, et la paix cède elle-même la place à des conflits cruels, à la guerre et à l’agression.

 

Les nazis ont menacé de réduire en esclavage les peuples de notre État multi-ethnique. Ceux-ci devaient être assimilés par la force ou réduits au rang d’esclaves, sinon ils étaient éliminés afin de créer un espace vital pour la soi-disant race supérieure.

 

Selon les documents du procès de Nuremberg, six millions de juifs ont été tués en Europe durant la Shoah. L’horreur de ces chiffres est insondable. Ils ne sont pas morts au combat, mais ont été tout simplement exterminés, gazés puis brûlés dans les fours ou abattus. Parmi ces millions, il y avait des centaines de milliers de nos compatriotes.

 

Ces crimes ne sont pas et ne devront jamais être prescrits. Ils ne peuvent être ni pardonnés, ni oubliés. Toutes les tentatives pour faire taire ces événements, les déformer ou réécrire l’Histoire sont inacceptables et immorales.

 

Souvent, ces tentatives masquent le désir de dissimuler un comportement honteux -– de lâcheté, d’hypocrisie et de trahison –, afin de justifier une collusion silencieuse, directe ou indirecte, avec les nazis dans la mise en œuvre de leur politique criminelle.

 

Cependant, les faits historiques sont irréfutables. Ainsi, ils montrent que les Banderistes [disciples de Bandera, leader nazi en Ukraine dans les années 40, NdT] et d’autres collaborateurs et sbires d’Hitler étaient eux-mêmes impliqués dans la destruction du peuple juif, dans la destruction des juifs de Lvov, d’Odessa, de Kiev et d’autres villes et villages ukrainiens, pendant que les nazis conduisaient dans les États baltes le nettoyage ethnique de Vilnius, Riga et Tallinn [capitales des États baltes, NdT].

 

En cette tragique journée, nous rendons hommage à la mémoire de tous ceux qui ont été torturés par les nazis et leurs complices dans les camps de concentration et les ghettos. Nous pleurons pour les millions de personnes qui sont mortes dans les flammes de la plus sanglante des guerres de toute l’histoire de l’humanité.

 

Je tiens à noter que, à l’initiative d’organisations publiques et religieuses, et pas seulement d’organisations juives, la Russie effectue des recherches pour essayer de retrouver les noms des victimes dans les fosses communes de l’Holocauste. Cet effort mérite un soutien spécial et va certainement se poursuivre.

 

Aujourd’hui, nous rendons hommage au courage de ceux qui ont survécu aux horreurs de l’occupation, à la violence et à l’humiliation du travail forcé, ceux qui ont survécu à ces actions inhumaines et sont restés intacts.

 

À cet égard, je ne peux m’empêcher de rappeler une autre date : aujourd’hui, nous marquons l’anniversaire de la libération de Leningrad du blocus nazi. Ce fut encore un autre exemple des massacres organisés par les nazis, qui étaient en train de détruire de sang-froid la population civile de Leningrad par des bombardements et des tirs d’artillerie.

 

Nous nous inclinons devant l’exploit héroïque de l’Armée rouge, des officiers et des hommes qui ont vaincu le nazisme et ont arrêté la terrible machine d’anéantissement. Ce n’était pas seulement leur patrie qu’ils protégeaient contre les agresseurs. Leur grande mission de libération est devenue un acte d’honneur pour l’ensemble de notre peuple.

 

À cet égard, je voudrais dire que, comme nous venons de le rappeler, les Russes portaient le poids de la bataille contre le nazisme. Soixante-dix pour cent de tous les officiers de l’Armée rouge et de ses hommes étaient des Russes, et le peuple russe a fait le plus grand sacrifice au nom de la victoire.

 

Cependant, ici, dans l’enceinte du Musée juif et Centre de la tolérance, je voudrais rappeler que les citoyens juifs de l’Union Soviétique ont apporté une énorme contribution à la victoire sur notre ennemi. Plus d’un demi-million de juifs ont combattu dans l’Armée Rouge, plus de quarante mille étaient des membres des unités de partisans. Près d’un tiers d’entre eux étaient des volontaires. Près de deux cent mille ont été tués dans les batailles pour leur patrie.

 

L’héroïsme des représentants de tous les groupes ethniques, leur amour désintéressé pour leur patrie, leur état de préparation pour l’auto-sacrifice resteront toujours dans notre mémoire, dans la mémoire reconnaissante des peuples de la Russie.

 

Alors que nous célébrons cette année le 70e anniversaire de la Grande victoire, nous allons, encore et encore, adresser nos plus chaleureux remerciements à nos chers anciens combattants, y compris ceux qui sont présents ici, ceux qui ont tout donné d’eux-mêmes pour la liberté et l’indépendance de leur patrie.

 

Amis, alors que nous rendons hommage, nous devons regarder l’avenir. Des crimes semblables à l’Holocauste ne doivent pas être répétés. C’est notre devoir commun qui, sans exagération, est le devoir le plus important et le plus urgent pour l’ensemble de la communauté mondiale.

 

C’est vrai, il y a eu des changements significatifs sur la scène mondiale au cours des dernières décennies. Cependant, nous voyons que les idées inhumaines sont toujours là.

 

Nous continuons à faire face à des tentatives pour diviser l’humanité sur des motifs d’appartenance ethnique, raciale ou religieuse, à faire face aussi à des manifestations d’antisémitisme, de russophobie et à l’intolérance agressive des autres groupes ethniques, culturels et traditionnels.

 

Les nazis ont fait usage de ces instincts primitifs en leur temps, tandis que maintenant ils sont utilisés par des néo-nationalistes, des extrémistes et des terroristes dans un certain nombre de pays et de régions.

 

Nous devons faire face à ces menaces ensemble, pour protéger la paix et la liberté du peuple, défendre le droit des États et des peuples de choisir leur propre voie de développement.

 

L’Histoire a montré dans quel terrible abîme la prétention à la suprématie mondiale peut conduire l’humanité ; et quelles tragédies peuvent entraîner les tentatives visant à faire pression sur des États souverains ou le non-respect de leurs droits.

 

Nous savons tous à quel point sont dangereuses les attitudes du deux poids deux mesures ainsi que l’indifférence aux autres. Prenez, par exemple, la tragédie que vit actuellement le sud-est de l’Ukraine, où les populations pacifiques de Donetsk, de Lugansk et d’autres villes sont assaillies depuis des mois, et cela de sang-froid.

 

Je tiens à répéter que, aujourd’hui, au XXIe siècle, il est important d’améliorer l’efficacité du système de sécurité collective et de promouvoir les valeurs de l’humanisme et de la coopération, et de toujours garder à l’esprit les leçons que nous apprenons de l’Histoire.

 

En conclusion, chers amis, je ne peux m’empêcher de partager mes propres impressions sur le film que nous avons vu. Bien sûr, nous connaissons tous ces camps de la mort et nous avons souvent à utiliser des mots tels que inhumain et criminel, et nous savons ce qu’est l’Holocauste. Cependant, aussi cruel que cela puisse paraître, ces mots sont parfois instrumentalisés et perdent leur sens premier.

 

Et quand vous voyez tant de preuves documentées, elles nous envahissent avec une force renouvelée. Certains commencent alors à réaliser ce que nous avons enduré, ce à quoi l’humanité a dû faire face à l’époque. Nous rendons hommage à tous ceux qui sont morts et à tous ceux qui ont mis un terme à ce massacre.

 

Je vous remercie.

 

Vladimir POUTINE

 

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