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Le mythe de la convergence en Europe?

 

17 janvier 2015

Par 

http://russeurope.hypotheses.org/3301 

Drapeaux

XLVIII session du séminaire Franco-Russe 

 

La question de l’intégration dans l’Union européenne a été associée dès le début du processus à la question de la convergence. Le processus européen a été décrit comme devant naturellement impliquer une convergence accrue entre les pays membres, que ces derniers soient des « anciens » membres ou qu’il s’agisse des « nouveaux entrants » des Pays de l’Europe Centrale et Orientale. De ce point de vue s’est imposé un discours privilégiant les effets « automatiques » d’une Union sur les effets des politiques industrielles concertées et discrétionnaires entre des pays. C’est dans ce cadre qu’il convient de replacer la question de la convergence espérée résultant des mécanismes de l’Union.

 

La convergence sert à décrire à la fois un processus d’harmonisation institutionnel, mais aussi, et on a eu tendance à l’oublier, un processus de nature macroéconomique. C’est cette convergence macroéconomique qui a expliqué dans une large mesure l’attractivité de l’UE pour les Etats « non-membre ». Il convient donc de s’intéresser à l’existence, ou non, de cette convergence macroéconomique, et en particulier dans le domaine de la croissance sur ces 25 dernières années.

 

I. Qu’est-ce que la convergence ?

 

La convergence décrit un mouvement ou les principaux indicateurs macroéconomiques convergent, mais aussi un processus dans lequel des pays nouveaux entrants voient leur situation s’améliorer par rapport au « cœur » de l’Union (et avant des Communautés européennes). C’est cette définition de la convergence que l’on a retenue dans la mesure où c’est celle qui importe politiquement.

 

La convergence peut alors résulter de divers facteurs :

  • - Des facteurs institutionnels, comme l’adoption de législations harmonisées.

  • - Des facteurs ayant un impact particulier sur les conditions commerciales, comme l’abolition des barrières tarifaires, mais aussi la création de la zone Euro qui, à l’origine, était réputée apporter une croissance particulière aux pays membres.

  • - Des mesures d’aides (comme les fonds structurels), mesures qui ont joué un rôle important pour les pays ayant rejoint la CEE dans les années 1970 et 1980 (Grèce, Portugal, Espagne).

Le second facteur ici cité a eu un rôle particulier. L’idée qu’une zone monétaire caractérisée par une monnaie unique, comme l’Euro, donnerait naissance à une augmentation très forte des flux commerciaux entre les pays de cette zone monétaire a été fortement répandue. Ceci provenait de travaux tant théoriques qu’empiriques, en particulier ceux d’Andrew K. Rose[1]. Ces travaux, qui étaient fondés sur un modèle de gravité[2], accordaient une très grande importance à la proximité géographique des partenaires. Donnant naissance à ce que l’on a appelé « l’effet Rose » et à une littérature extrêmement favorable aux Unions Monétaires, ils décrivaient les monnaies nationales comme des « obstacles » au commerce international[3]. L’intégration monétaire devait provoquer une meilleure corrélation du cycle des affaires entre les pays[4]. Cette intégration monétaire devait aussi conduire à une accumulation des connaissances conduisant à une forte augmentation de la production et des échanges potentiels[5].

 

En un sens l’Union monétaire allait créer les conditions de réussite de la « Zone Monétaire Optimale »[6], dans un mouvement qui semblait devoir être endogène[7]. D’où les déclarations de divers hommes politiques, aujourd’hui fameuses, affirmant que l’Euro allait conduire, de par sa seule existence, à une forte croissance pour les pays membres. Jacques Delors et Romano Prodi ont ainsi affirmé que l’Euro allait favoriser la croissance européenne de 1% à 1,5%[8].

 

Cependant, un certain nombre de critiques pouvaient être formulées quant à ces théories. D’autres recherches étaient réalisées au début des années 2000 raffinant les hypothèses utilisées par Rose, et aboutissant à une forte réduction de l’ampleur des effets positifs de l’Union Monétaire[9] ; néanmoins ceux-ci restaient élevés, avec un effet d’accroissement du commerce entre les pays membres de la zone qui était compris entre 20% et 40%[10]. Il ne faisait alors aucun doute, dans l’esprit de ces experts, que l’introduction de l’Euro aurait un effet extrêmement positif sur l’économie des pays membres. Ces travaux ont été cependant fortement critiqués sur la méthode économétrique utilisée[11]. En particulier les modèles d’estimation du commerce international par la méthode dite « de gravitation », s’ils se prêtent à l’analyse d’un commerce bilatéral, ne semblent pas être adaptés à l’analyse d’une zone à plusieurs pays. Par ailleurs, et ceci est une critique plus fondamentale, ces modèles ne semblent pas prendre en compte la persistance du commerce international[12] qui s’explique par différents phénomènes, dont les asymétries d’information. Enfin, ces modèles négligent l’existence de facteurs endogènes au développement du commerce, facteurs qui ne sont pas affectés par l’existence – ou la non-existence – d’une Union Monétaire.

 

Ces différents éléments ont conduit à une remise en cause plus fondamentale des résultats de l’étude initiale de A.K. Rose. Capitalisant sur près de vingt ans de recherches sur le commerce international et les modèles de gravité[13], Harry Kelejian (avec G. Tavlas et P. Petroulas) ont repris les diverses estimations des effets d’une union monétaire sur le commerce international des pays membres[14]. Les résultats sont dévastateurs.

 

L’impact de l’Union Economique et Monétaire sur le commerce des pays membres est estimée à une croissance de 4,7% à 6,3%, soit très loin des estimations les plus pessimistes des travaux antérieurs qui plaçaient ces effets à un minimum de 20%, et ceci sans même évoquer les travaux initiaux de Rose qui les situaient entre 200% et 300%. En dix ans, on a donc assisté à une réduction tout d’abord de 10 à 1 (de 200% à 20%[15]) réduction qui est survenue rapidement, puis à une nouvelle réduction ramenant la taille de ces effets de 20% à une moyenne de 5% (un facteur de 4 à 1)[16]. Les effets de persistance du commerce semblent avoir été largement sous-estimés, et inversement les effets positifs d’une union monétaire tout aussi largement surestimés, très probablement pour des raisons politiques. On ne peut manquer de remarquer que les annonces les plus extravagantes sur les effets positifs de l’Union Économique et Monétaire (avec des chiffres d’accroissement du commerce intra-zone de l’ordre de 200%) ont été faites au moment même de l’introduction de l’Euro.

 

Mais, si l’effet sur le commerce international créé par une zone monétaire est faible, il faut en déduire qu’inversement l’effet des prix (ce que l’on appelle la « compétitivité coût ») est nettement plus important que ce qu’en dit le discours dominant[17]. Ceci redonne toute son importance aux dévaluations pour restaurer la compétitivité de certains pays.

 

Or, on constate que la croissance de la zone Euro fut inférieure à celle de ses partenaires, qui pourtant ne bénéficiaient pas des effets des effets supposés très positifs de l’intégration et cela dès l’introduction de la monnaie unique. On remarque dans le tableau 1 que, par rapport à la moyenne de l’OCDE, la zone Euro a connu une croissance inférieure de 0,5% à 0,7%. Ceci pourrait être la conséquence de l’introduction unique qui a joué le rôle d’un immense frein par rapport à l’activité économique des pays membres[18]. De ce point de vue il est frappant de constater que, depuis l’introduction de l’Euro, le rôle de l’Europe sur la scène économique internationale n’a cessé de décroître.

Tableau 1

Taux de croissance du PIB à prix constants. Moyenne par période

 

Moyenne 2001-2011

Moyenne 2001-2007

Moyenne 2007-2011

Australie

3,1%

3,4%

3,1%

Canada

2,1%

2,6%

1,4%

Norvège

1,8%

2,3%

1,2%

Suède

1,8%

3,0%

0,5%

Suisse

1,7%

2,0%

1,6%

Royaume-Uni

1,6%

2,6%

0,4%

États-Unis

1,9%

2,4%

1,3%

Zone Euro

1,1%

1,9%

0,4%

Total OCDE

1,8%

2,4%

1,1%

Écart à la moyenne de l’OCDE

-0,7%

-0,5

-0,7

SOURCES : Base de données de l’OCDE. Pour 2011, estimations. Pour 2010, chiffres provisoires.

 

Sources et méthodes, (http://www.oecd.org/eco/sources-and-methods ).

Ces chiffres sont corrigés du nombre de jours ouvrés.

 

Note : La mise en place des systèmes de comptes nationaux SCN93 et SEC95 a progressé à un rythme inégal selon les pays membres de l’OCDE, et ce pour les variables et la période couverte. En conséquence, plusieurs séries nationales contiennent des ruptures. De plus, plusieurs pays utilisent des indices de prix en chaîne afin de calculer le PIB réel et les composantes des dépenses. Voir le tableau «Systèmes de comptabilité nationale, années de référence et dernières mises à jour» au début de l’annexe statistique ainsi quePerspectives économiques de l’OCDE.

 

Il faut cependant remarquer que l’impact des politiques économiques nationales mises en place dans les pays de la zone justement du fait de l’introduction de la monnaie unique ont eu une importance considérable sur la trajectoire individuelle des pays. Ainsi, l’accroissement de la dette publique en France a été largement liée à des politiques de compensations des effets négatifs de l’euro sur la croissance. L’impact de l’Euro ne se manifeste donc pas seulement sur la croissance mais sur la totalité des indicateurs y compris les indicateurs budgétaires et de la dette publique. De ce point de vue, loin d’aboutir à une convergence des dynamiques économiques et du « cycle des affaires », l’introduction de l’Euro a été marquée par une divergence accrue au sein même de la zone.

 

II. Les stratégies d’adhésion à l’UE et le défi de la transition

 

Le développement très rapide de l’UE en matière d’intégration de nouveaux pays membres a porté la marque de la fin du système « soviétique » en Europe centrale et orientale. Dans ce processus, les éléments politiques (volonté d’ancrer de manière « définitive » le pays à l’aire démocratique) ont été aussi importants que les éléments économiques. Il faut se souvenir que l’adhésion à l’OTAN a constitué dans les faits un préalable à l’adhésion à l’UE.

 

La décision d’adhérer à l’UE (et avant à la CEE) fut largement dictée par la volonté des populations de voir leur niveau de vie rejoindre celui du bloc des pays fondateurs. De ce point de vue, l’attractivité de l’UE, et avant sa création de la CEE, s’avère incontestable. Le processus de transition[19] n’a été perçu dans bien des cas que comme une condition devant permettre à ces pays de rejoindre à terme l’Union Européenne, ce qui a permis de surmonter le problème, rapidement détecté, de l’écart entre les anticipations de la population et la réalité de leurs conditions de vie[20]. Ceci a été évident dans le cas des pays de l’accord de Višegrad[21]. Dans cette logique, on a retenu le cas de 6 pays de l’ex-« Europe de l’Est » :

 

  • -       Bulgarie (adhésion en 2007/ accord obligatoire de rejoindre à terme la zone Euro)

  • -       Pologne (adhésion en 2004/ accord obligatoire de rejoindre à terme la zone Euro)

  • -       Hongrie (adhésion en 2004/ accord obligatoire de rejoindre à terme la zone Euro suspendu jusqu’à 2017)

  • -       République Tchèque (adhésion en 2004/ accord obligatoire de rejoindre à terme la zone Euro)

  • -       Roumanie (adhésion en 2007/ accord obligatoire de rejoindre à terme la zone Euro)

  • -       Slovaquie (adhésion en 2004/ Entrée dans l’Euro en 2009)

 

A ces pays est venu s’ajouter un des pays issus de l’éclatement de l’ex-Yougoslavie, la Slovénie.

Il faut ici cependant rappeler que le niveau de vie sous le système soviétique était assez différent, avec la Hongrie et la République Tchèque (sous la forme de la Tchécoslovaquie) ayant le niveau le plus élevé ; ces pays étaient suivis de la Pologne, et la Roumanie et la Bulgarie fermaient la marche. Ces pays ont par ailleurs suivi des trajectoires relativement différentes[22]. La Pologne s’est engagée dans ce qui a été appelé une « Thérapie de Choc »[23], marquée par une libéralisation complète des prix et une destruction d’une partie des institutions de l’ancien système. Néanmoins, elle se montrera très prudente sur la question des privatisations et fera fonctionner pendant plusieurs années un secteur d’Etat important[24], qui fera sa réforme sous le régime de la propriété d’Etat avant d’être très progressivement privatisé. La question de la privatisation va d’ailleurs concentrer bien des problèmes et bien des différences[25]. La Tchécoslovaquie, puis après la « séparation de velours » la République Tchèque et la Slovaquie, vont suivre des voies différentes. La République Tchèque va procéder à une privatisation très rapide de son industrie, tout en conservant des éléments de régulation des prix pendant plusieurs années. La Slovaquie sera beaucoup plus conservatrice, conservant tant des régulations de prix que ne procédant de manière très mesurée aux privatisations de l’industrie. La Hongrie[26], enfin, se caractérisera par une grande prudence, tant dans la réforme des prix que dans les privatisations, adoptant une démarche gradualiste dans la transition. La Roumanie et la Bulgarie feront elles aussi une transition très partielle et lente, mais marquée par des crises politiques à répétition et une corruption galopante des élites.

 

III. La mesure de la convergence.

 

 Il convient alors de se poser la question de savoir comment on peut évaluer cette convergence sur les dernières 25 années, qu’il s’agisse de la convergence au sein des « anciens membres » de l’Union européenne ou de celle qu’ont pu connaître des « nouveaux entrants ». Pour ce faire, on va utiliser plusieurs indicateurs. Le premier est assez simple et consiste dans un indice de croissance, en utilisant l’année 1989 comme la base 100. Mais on utilisera aussi un second indicateur et l’on cherchera à mesurer la convergence par l’écart entre la croissance du PIB  de chacun de ces pays au PIB allemand. Tant que l’écart est négatif, l’écart s’accroît entre ces pays et l’Allemagne. Quand cet écart est positif, l’écart se réduit. Néanmoins ceci ne mesure que le PIB. Une autre mesure possible consiste à prendre le PIB par habitant, ce qui est une mesure de richesse individuelle sous réserve d’une évolution commune des mesures d’égalité et d’inégalité des revenus. Or, suivant les pays, les inégalités ont évolué de manière assez différente. Néanmoins, cet indicateur fournit des informations intéressantes.

 

Pour étalonner le processus on applique la même méthodologie à des pays de la CEE, soit deux membres historiques (France et Italie) et trois pays qui ont été considérés à l’époque comme des « nouveaux entrants », la Grèce, l’Espagne et le Portugal.

 

Les données en indice montrent alors les situations suivantes, que l’on utilise les données en indice ou celles rapportées à l’Allemagne. On constate que fort peu de pays, qu’il s’agisse de pays appartenant déjà à l’UE (CEE) en 1989 ou de pays du bloc d’adhésion montrent une convergence. Cependant, pour les pays déjà membres, il est clair que la crise de 2007 a été un facteur majeur de divergence cette fois. Ceci est très clair pour la Grèce et pour le Portugal, et se ressent dans une moindre mesure pour l’Espagne. La France reste dans une position relative plus ou moins égale avec l’Allemagne. En ce qui concerne les pays du bloc d’adhésion on que sur les 6 pays concernés, seulement 2 montrent une convergence forte (la Pologne et la Slovaquie). Un pays a une divergence forte (Bulgarie), et les trois autres montrent des divergences modérées.

 

Graphique 1

Indice de croissance dans l’Europe « post-effondrement du Mur de Berlin »

 A - GR1

Source : Base de données du FMI

 

Graphique 2

Ecart du taux de croissance aux taux de l’Allemagne : 1989-2013

 A - Gr2

Source : Idem Gr.1.

 

Le cas de l’Italie appelle un commentaire. L’Italie est la 3ème économie de la Zone Euro (et la 4ème de l’UE). Or, elle semble décrocher de manière significative dès les années 1998-2001, ce décrochage tendant à s’amplifier en fin de période. Il est maintenant intéressant de constater que les deux pays qui ont le mieux réussi leur convergence avec l’UE appartiennent à des cas très différents. La Pologne est le pays qui est l’exemple de la « thérapie de choc », tandis que la Slovaquie s’est caractérisée par une forme très prudente et relativement conservatrice de la Transition. Par contre, dans ces deux pays la politique de privatisation a été moins brutale qu’en République Tchèque ou en Hongrie. En fait, on constate (Graphique 3) un écart extrêmement important dans la croissance, les deux pays des Balkans (Roumanie et Bulgarie) fermant la marche.

 

Graphique 3

Indice de croissance des pays du bloc d’adhésion de 1989 à 2013

 A - Gr3

Sources : WIIW et calculs de l’auteur.

 

Il est intéressant de constater que les deux pays qui ont le mieux réussi leur convergence avec l’UE appartiennent à des cas très différents. La Pologne est donc le pays de la « thérapie de choc », tandis que la Slovaquie s’est caractérisée par une forme très prudente, et relativement conservatrice, de la Transition. Par contre, dans ces deux pays la politique de privatisation a été moins brutale qu’en République Tchèque ou en Hongrie. La croissance économique des pays « nouveaux entrants » ne semble donc pas refléter les caractéristiques de la transition. Si tous ces pays montrent bien une forte crise liée à l’application des premières mesures de la transition, il est assez frappant de constater que l’on ne peut pas relier la croissance à des caractéristiques institutionnelles particulières.

 

Si l’on fait maintenant la comparaison entre les pays dits « périphériques » de l’UE (CEE) et les pays du bloc d’adhésion, on constate la relative similitude des trajectoires de la Grèce, de l’Espagne et du Portugal avec les pays du bloc d’adhésion moins la Pologne et la Slovaquie. Les pays « périphériques » n’ont bien entendu pas connu la dépression engendrée par la transition, ce qui se reflète dans une trajectoire meilleure dans les 10 premières années. Globalement, pour ces pays, il y a bien un fort phénomène de convergence avec le « cœur » de l’Union européenne jusqu’au début des années 2000. Mais leur trajectoire témoigne d’un renversement à partir de 2000 (Portugal) ou 2007 (Grèce). Ce renversement de tendance est aussi notable pour les 4 pays du bloc d’adhésion.

 

Graphique 4

PIB : Comparaison des pays périphériques

 A - Gr4

On constate en réalité trois dynamiques très nettes. Il y a celle, tout d’abord de l’Espagne et de la Grèce dont le taux de croissance est fortement supérieur à celui des pays du « noyau » (core) soit de la France et de l’Allemagne, mais dont la croissance est cassée par la crise des dettes souveraines dans la zone Euro. Il y a, ensuite, le cas du Portugal, dont la croissance semble avoir été cassée bien avant la crise des dettes souveraines et qui cesse son mécanisme de convergence dès 2001. Enfin, nous avons le cas de l’Italie, dont la croissance s’avère inférieure à celle des pays du « noyau » et qui va décrocher de ces pays dès les années 2000. Si l’on considère maintenant l’évolution du taux de croissance du PIB par tête (calculé en indice) rapporté aux taux de l’Allemagne, on remarque encore mieux les phénomènes macroéconomiques très violents qui surviennent sur longue période. Mais, surtout, cette comparaison des taux de croissance relatif fait ressortir qu’à partir de 2006-2007 plus aucun pays n’améliore sa position par rapport à celle de l’Allemagne et en particulier, pour les pays les plus pauvres, il n’y a plus de convergence. Ici encore on ne peut pas ne pas remarquer la situation très particulière d’un pays, l’Italie. Ce pays voit sa situation économique se détériorer tout d’abord en début de période (1989-1992) puis à nouveau, et de manière très sensible, à partir de 2005, soit avant la période dite de la crise des dettes souveraines. En fait, un pays montre une relative convergence de long terme, c’est l’Espagne, alors que la France stabilise sa situation par rapport à l’Allemagne, aussi sur le long terme.

 

Graphique 5

Evolution de l’écart du taux de croissance du PIB par habitant avec l’Allemagne

 A - Gr5

Ceci se retrouve aussi, et c’est un phénomène plus inquiétant, en matière de PIB par habitant (Graphique 6).

 

Graphique 6

PIB par habitant : écart avec l’Allemagne en euros par habitants.

 A - Gr6

Source : Données du FMI, octobre 2014.

 

On voit une dégradation générale dans les pays du « sud » de l’Union Européenne, mais surtout, recalculé en euros constants, l’écart avec l’Allemagne est bien plus important qu’en 1989, et il tend à s’accroître de manière spectaculaire depuis 2005-2008. Ce qui est encore plus surprenant est que l’évolution de la situation française, caractérisée par un écart positif avec l’Allemagne, connaît une évolution comparable. Bien sur, la France conserve son écart positif, mais ce dernier s’amenuise depuis 2005. Un phénomène du même ordre semble toucher les Pays-Bas depuis 2007.

 

Résumons le résultat des observations que l’on a pu faire : des pays connaissent des évolutions très divergentes, que ce soit parmi les « anciens » membres ou les « nouveaux ». D’un autre côté, ses pays ont des résultats similaires, et montrent une réelle convergence, tout en ayant choisis des trajectoires très différentes dans la transition. Deux conclusions sont possibles et viennent probablement ajouter leurs effets.

 

    • (a) : L’UE fonctionne de moins en moins comme un mécanisme unifiant la situation des pays membres et de plus en plus au profit des (du) plus fort, c’est à dire l’Allemagne.

  • (b) Les caractéristiques propres à l’économie de ces pays, que ce soit en Pologne ou en Slovaquie pourraient expliquer bien mieux la présence d’une convergence que les mécanismes européens.

Il faut donc maintenant regarder les phénomènes tant structurels, et pour certains d’origine microéconomiques, que macroéconomiques qui ont pu expliquer cette situation.

 

IV. Evolution des facteurs potentiels de convergence ou de divergence : la productivité et l’investissement.

 

Le rôle de la productivité du travail mais surtout celui des gains de productivité dans le mécanisme de croissance (puisque l’on est en dynamique) ne doivent pas être ignorés. Par ailleurs, les gains de productivité sont, en règle générale dans les publications universitaires, reliés aux investissements[27]. Ce point peut cependant être discuté. L’investissement étant lié à des mécanismes d’irréversibilité[28], il faut que l’entreprise mais aussi l’économie dans son ensemble aient fait la preuve de la capacité à maintenir une forte croissance dans l’horizon temporel du retour sur investissement[29]. C’est ici que la microéconomie (la décision d’investissement dans une firme donnée) se mélange avec la macroéconomie et surtout les représentations collectives des trajectoires macroéconomiques potentielles. Dans la mesure où certains pays sont en début de période sont à un niveau relativement faible de productivité et moyennant qu’ils puissent rapidement converger vers la productivité des pays du « noyau » de l’Union Européenne on doit s’attendre à ce que leur croissance soit plus forte que celle du « noyau ».

 

Graphique 7

A - Gr7

Source : Base de données de l’OCDE.

Graphique 8

 A - Gr8

Données de l’OCDE et calculs de l’auteur.

 

En ce sens la « convergence » qui s’exprime dans les taux de croissance se doit de refléter un phénomène du même ordre en ce qui concerne la productivité. On reprend alors des graphiques en indice (de manière à bien isoler les phénomènes de croissance) mais aussi en comparaison avec le taux de croissance de la productivité du travail de l’Allemagne (graphique 7 et graphique 8). On constate, immédiatement, que si les pays qualifiés de « nouveaux entrants » ont bien eu des gains de productivités nettement plus élevés que les pays du « noyau » de l’Union Européenne en début de période, trois phénomènes importants sont néanmoins à observer :

 

  1. Il y a une rupture dans le processus des « nouveaux entrants » qui se situe entre 2005 et 2007 soitavant la crise financière international et qui casse l’homogénéité du groupe. Deux pays continuent d’avoir des gains très élevés, la Slovaquie et la Pologne et pour les autres pays il y a une relative stagnation à partir de cette date.

  2. La Grèce avait de 1999 à 2004 une trajectoire comparable aux « nouveaux entrants », mais le processus de convergence dans le domaine de la productivité s’interrompt après 2004 et s’inverse à partir de 2009.

  3. L’Italie et l’Espagne ont des évolutions qui témoignent d’une divergence en matière de productivité avec les pays du « noyau » jusqu’en 2007. Le phénomène se poursuit pour l’Italie qui enregistre un écart d’environ -15% par rapport aux gains de productivité de l’Allemagne, tandis que l’Espagne améliore puis stabilise sa position vis-à-vis de l’Allemagne à partir de 2008.

Ces phénomènes sont à l’évidence durables à moyen terme. Ils exigent que l’on étudie l’évolution des flux d’investissement dans ces pays (Graphique 9). Pour ce faire on va reconstituer les séries des montants de l’investissement en euros constants et l’on va les comparer en indice.

Graphique 9

 A - Gr9

Base de données du FMI, 2014 et calculs de l’auteur.

 

L’évolution des investissements met en évidence deux groupes de pays. Le premier, constitué de l’Allemagne, du Portugal et de la Slovénie se sépare nettement du second, regroupant la France, l’Italie, l’Espagne, les Pays-Bas et la Belgique ainsi que la Grèce. Alors que le montant des investissements croit fortement en début de période pour les pays du second groupe, il stagne pour les pays du premier groupe. Puis, à partir du milieu des années 2000, deux pays seulement maintiennent un investissement élevé, la France et la Belgique, alors que les montants d’investissements s’effondrent dans la majorité des autres pays. Si l’on peut considérer que la crise des dettes souveraines dans la zone Euro est responsable de ce phénomène pour la Grèce et le Portugal, il n’en va pas de même quand on voit les évolutions similaires de pays comme l’Allemagne et comme l’Italie ou l’Espagne. Devant l’importance de ce phénomène, on observe comment évoluent les investissements calculés cette fois en pourcentage du PIB et ramenés en indice (graphique 10).

Graphique 10

A - Gr10

Source : Base de donnée du FMI et calculs de l’auteur.

 

On constate un effondrement généralisé en fin de période, à l’exception de la France. Naturellement, la chute est la plus forte sur les deux pays qui ont été les premières victimes de la crise des dettes souveraines, la Grèce et le Portugal. Mais la baisse s’avère aussi très forte en Allemagne, aux Pays-Bas, et Italie et en Espagne.

 

Un premier point très surprenant est que cet effondrement de l’investissement qui est quasi-général, ne semble pas avoir affecté le rythme des gains de productivité. A contrario, l’Italie dont la trajectoire en matière d’investissements est plutôt supérieur à celle de l’Allemagne (sauf en fin de période) se caractérise par des gains de productivité bien plus faibles que ce dernier pays. On observerait donc un découplage entre l’investissement et les gains de productivité. Ce n’est pourtant pas exactement ce que l’on voit quand on regarde maintenant le cas des pays « nouveaux entrants ». En fait, on constate (graphique 11) une forte hausse des investissements à l’exception de la République Tchèque. Dans le cas de la Roumanie, le phénomène se produit avec 2 à 3 trois ans de retard sur les autres pays. La Hongrie est le premier pays à sortir de ce groupe de forte croissance de l’investissement, et elle le fait très tôt, dès 2005. Avec la République tchèque elle est en 2013 a à peine 10% de plus de son niveau d’investissement de 1995.

Graphique 11

Pays « nouveaux entrants »

 A - Gr11

Source : Base de donnée du FMI (octobre 2014) et calculs de l’auteur.

 

Pour les autres pays, la cassure se produit en 2008 et elle est très brutale que ce soit pour la Slovénie, pour la Roumanie ou la Slovaquie. Elle est plus faible pour la Pologne qui reste à un niveau élevé des investissements par rapport au point de départ de 1995. Si cette évolution est cohérente avec celle des gains de productivité pour la Pologne, mais aussi pour la Hongrie et la République Tchèque, on retrouve les mêmes incohérences entre les dynamiques d’évolution de l’investissement et de la productivité que l’on avait observé pour les pays « anciens membres » de l’UE en ce qui concerne les autres pays. Il est clair qu’un problème quant aux données de l’investissement peut survenir du fait que ces données sont largement agrégées. Il faut regarder, alors, des données plus spécifiques, comme les stocks d’investissements directs étrangers dans chaque pays.  Ce faisant, on cherche à obtenir une image à la fois de l’attractivité internationale de ces territoires mais aussi un impact potentiel quant à la modernisation des anciens pays du « bloc soviétique » (tableau 2).

 

L’impact de ces IDE semble cependant avoir été très faible dans les anciens « pays de l’Est ». Le pourcentage du PIB est très faible en Pologne par rapport à la République Tchèque ou à la Hongrie, et pourtant les résultats de la Pologne (et de la Slovaquie) sont très supérieurs à ceux de ces deux derniers pays. Inversement, dans le cas des pays de l’ancienne CEE, si le pourcentage des IDE en proportion du PIB peut correspondre aux résultats médiocres de l’Italie (pour la Grèce, il est clair qu’il y a eu de 2010 à 2012  sortie massive des IDE), cela ne correspond pas aux résultats de l’Allemagne ni à ceux de l’Espagne et du Portugal.

 

Tableau 2 :

stock des IDE en pourcentage du PIB (en USD et PPA pour 2012)

Anciens « pays de l’Est »

Pays de l’ancienne CEE

République Tchèque

52,9%

Pays-Bas

94,5%

Hongrie

58,4%

Portugal

52,3%

Slovaquie

47,2%

Espagne

50,9%

Pologne

32,7%

France

48,7%

 

 

Allemagne

33,4%

 

 

Italie

22,3%

 

 

Grèce

10,9%

Source : Base de donnée de l’OCDE

 

Si ces pourcentages donnent bien une représentation de l’attractivité des territoires, cette attractivité est aussi biaisée par des effets de taille et de situation. Par contre, il ne semble pas possible de relier les phénomènes de convergence aux flux des IDE.

 

Conclusions

 

Les phénomènes de convergence (Pologne et Slovaquie), mais aussi ceux de divergence (Italie, Portugal, Grèce, Hongrie, République Tchèque et Roumanie) ne semblent donc pas avoir de raison unique, voir commune.

 

Il est clair que pour les pays qui ont été les plus touché par la crise des dettes souveraines de la zone Euro, l’effondrement important de l’investissement à partir de 2008/2009 traduit aussi l’entrée dans un cercle vicieux de dépression[30]. La décision d’investir apparaît comme l’image déformée de la représentation qu’ont les acteurs des perspectives de l’économie considérée[31]. Ceci a aussi pu jouer sur la Slovénie. Mais, le cas de l’Italie interpelle : ce pays connaît une crise latente depuis plus d’une dizaine d’année. Il est aussi clair que des décisions de politique macroéconomique ont pu avoir une forte influence. On peut ici signaler le cas de la République Tchèque qui s’est infligée un « sur-ajustement » budgétaire. Il faut aussi signaler les effets de la monnaie unique (Italie, Portugal et Grèce), et l’insuffisance des fonds structurels (ainsi que leurs conditions d’emploi) sauf pour le cas de la Pologne.

 

D’une manière plus générale, le discours sur la « convergence » économique obtenue via l’adhésion à l’Union Européenne et à l’Union Monétaire (la Zone Euro) semble devoir être très sérieusement remis en cause. Ainsi, l’impact de l’Union Economique et Monétaire sur le commerce des pays membres est estimée à une croissance de 4,7% à 6,3% de ce dernier au plus, soit très loin des estimations les plus pessimistes des travaux antérieurs qui plaçaient ces effets à un minimum de 20%, et ceci sans même évoquer les travaux initiaux de Rose qui les situaient entre 200% et 300%. En dix ans, on a donc assisté à une réduction tout d’abord de 10 à 1 (de 200% à 20%[32]) réduction qui est survenue rapidement, puis à une nouvelle réduction ramenant la taille de ces effets de 20% à une moyenne de 5% (un facteur de 4 à 1)[33]. Les effets de persistance du commerce semblent avoir été largement sous-estimés, et inversement les effets positifs d’une union monétaire tout aussi largement surestimés, très probablement pour des raisons politiques[34]. Il est donc important d’en tenir compte quand on cherchera à estimer les effets potentiels de l’Union Eurasienne.

 

Cela ne signifie pas cependant qu’il n’y ait pas eu des effets positifs. Mais, ces derniers semblent beaucoup plus liés à des démarches volontaristes bi-latérales ou multi-latérales, autour d’objets spécifiques de coopération internationale (réseaux de transports ou grands projets industriels). Cela conduirait à relativiser fortement les effets automatiques attendus d’une Union douanière, ou commerciale, ou encore monétaire, au profit des effets de politiques ciblées qui font l’objet de véritables engagements politiques dans la durée. Ceci constitue une voie possible d’étude pour le futur.


[1] Rose, A.K. (2000), « One money, one market: the effect of common currencies on trade », Economic Policy Vol. 30, pp.7-45 et Rose, Andrew K., (2001), “Currency unions and trade: the effect is large,” Economic Policy Vol. 33, 449-461.

[2] Anderson, J., (1979), “The theoretical foundation for the gravity equation,”

American Economic Review Vol. 69, n°1/1979 106-116. Deardorff, A., (1998), “Determinants of bilateral trade: does gravity work in a neoclassical world?,” in J. Frankel (ed.), The regionalization of the world economy, University of Chicago Press, Chicago.

[3] Rose, A.K., Wincoop, E. van (2001), « National money as a barrier to international trade: the real case for currency union », American Economic Review, Vol. 91, n°2/2001, pp. 386-390.

[4] Rose, A.K. (2008), « EMU, trade and business cycle synchronization », Paper presented at the ECB conference on The Euro of Ten: Lessons and Challenges, Frankfurt, Germany, 13 et 14 novembre

[5] De Grauwe, P. (2003), Economics of Monetary Union, New York: Oxford University Press. Frankel, J.A., Rose A.K. (2002), « An estimate of the effect of currency unions on trade and output », Quarterly Journal of Economics, Vol. 108, n°441, pp. 1009-25.

[6] On consultera à ce sujet le mémoire de Master 2 écrit par l’un de mes étudiants, Laurentjoye T., La théorie des zones monétaires optimales à l'épreuve de la crise de la zone euro, Formation « Économie des Institutions », EHESS, Paris, septembre 2013.

[7] Frankel, J.A., Rose A.K. (1998), « The endogeneity of the optimum currency area criteria », Economic Journal, Vol.108, 449, pp.1009-1025. De Grauwe, P., Mongelli, F.P. (2005), «Endogeneities of optimum currency areas. What brings countries sharing a single currency closer together? », Working Paper Series,468, European Central Bank, Francfort.

[8] Sapir J. (2012), Faut-il sortir de l’Euro ?, Le Seuil, Paris.

[9] Bun, M., Klaasen, F. (2007), « The euro effect on trade is not as large as commonly thought», Oxford bulletin of economics and statistics, Vol. 69: 473-496. Berger, H., Nitsch, V. (2008), « Zooming out: the trade effect of the euro in historical perspective », Journal of International money and finance, Vol. 27 (8): 1244-1260.

[10] Glick R. et A.K. Rose, (2002), « Does a Currency Union Affects Trade ? The Time Series Evidence », inEuropean Economic Review, n° 466, pp. 1125-1151.

[11] Persson T. (2001), « Currency Unions and Trade : How Large is the Treatment Effect ? » in Economic Policy, n°33, pp. 435-448 ; Nitsch V. (2002), « Honey I Shrunk the Currency Union Effect on Trade »,World Economy, Vol. 25, n° 4, pp. 457-474.

[12] Greenaway, D., Kneller, R. (2007), « Firm hetrogeneity, exporting and foreign direct investment »,Economic Journal, 117, pp.134-161.

[13] Flam, H., Nordström, H. (2006), « Trade volume effects of the euro: aggregate and sector estimates »,IIES Seminar Paper No. 746. Baldwin R. (2006) « The euro’s trade effects » ECB Working Papers, WP n°594, Francfort. Baldwin R. et al. (2008), « Study on the Impact of the Euro on Trade and Foreign Direct Investment », Economic Paper, European Commission, n° 321.

[14] Kelejian, H. & al. (2011), « In the neighbourhood : the trade effetcs of the euro in a spatial framework »,Bank of Greece Working Papers, 136

[15] Du travail initial de A.K. Rose datant de 2000 mais réalisé en fait entre 1997 et 1999 « One money, one market: the effect of common currencies on trade », Economic Policy 30, op.cit., au travail de R. Glick et A.K. Rose, datant de 2002, « Does a Currency Union Affects Trade ? The Time Series Evidence », op. cit..

[16] Bun, M., Klaasen, F. (2007), « The euro effect on trade is not as large as commonly thought», Oxford bulletin of economics and statistics, op.cit., vont même jusqu’à estimer l’effet « positif » de l’UEM à 3%, ce qui le met largement dans l’intervalle d’erreurs de ce genre d’estimations.

[17] C’est d’ailleurs le sens d’une note rédigée par P. Artus, « C’est la compétitivité-coût qui devient la variable essentielle », Flash-Économie, Natixis, n°596, 30 août 2013.

[18] Bibow J. et A. Terzi (eds), (2007) Euroland and the World Economy: Global Player or Global Drag?, New York (NY), Palgrave Macmillan.

[19] Amsden A.H, J. Kochanowicz et L.Taylor, (1994), The Market Meets Its Match - Restructuring the  Economies of Eastern Europe , Cambridge, Mass., Harvard University Press. Bhaduri A, K.Laski et F.Levcik, (1993), Transition from the Command to the Market System: what went wrong and what to do now ?, Vienne, Vienna Institute for Comparative Economic Studies (WIIW).

[20] Roland G., (1994), On the speed and sequencing of privatization and restructuring, Londres, CEPR Discussion Paper n°942. Rodrik D., (1995), The Dynamics of Political Support for Reform Economies in Transition , Londres, CEPR, Discussion paper n°1115.

[21] Csaba L., (1994), "Economic Transformation in the Visegràd Countries: a comparison", in Herr H., S.Tober et A.Westphal, edits., (1994-a), Macroeconomic Problems of Transformation , Aldershot, Edward Elgar. Kolodko G.W., (1994), "The Visegràd Economies in Transition: The Comparative Perspective of the Macroeconomic Stabilization Pentagon. A comment on Csaba", in Herr H., S.Tober et A.Westphal, edits., (1994-a), Macroeconomic Problems of Transformation , Aldershot, Edward Elgar

[22] Boyer R., (1995), "The Great Transformation of Eastern Europe: a Regulationist Perspective", inEmergo , Vol. 2, n°4, pp. 25-41.

[23] Balcerowicz L., (1993), Common Fallacies in the Debate on the economic transition in central and eastern Europe , Londres, EBRD Working paper n°11, octobre

[24] Pinto B., M.Belka et S.Krajewski, (1993), "Transforming State Enterprises in Poland: Evidence on Adjustment by Manufacturing Firms", in Brooking papers on Economic Activity , n°1.

[25] Begg, D. et R.Portes, (1993), "Enterprise debt and financial restructuring in central and eastern Europe", in European Economic Review, avril ; Delorme R., (1995), " An Alternative Theoretical Framework for State-Economy Interactions in Transforming Economies" in Emergo , Vol. 2, n°4, pp. 5-24. Frydman R. et A.Rapaczinski, (1994), Privatization in Eastern Europe: Is the State Withering Away? , Londres, Oxford University Press et Central European University Press.

[26] Bonin J.P., (1993), "On the Way to Privatizing Commercial Banks: Poland and Hungary Take Different Roads", in Comparative Economic Studies , vol.35, n°4, hiver

[27] Villa P., « Productivité et accumulation du capital en France depuis 1896 », in Revue de l’OFCE, n°47, 1993, pp. 161-200.

[28] Pindyck R.,«Irreversible Investment, Capacity Choice and the Value of the Firm», American Economic Review, vol. 78, n°5, 1988, décembre, pp. 969-985 ; Abel A. et Eberly J., « The Effect of Uncertainty and Irreversibility on Capital Accumulation », NBER Working Paper, n° 5363, NBER, Cambridge, Mass., 1994 ; Duhautois R. et Jamet S., «Hétérogénéité des comportements d’investissement et fluctuations de l’investissement», Économie et Prévision, 2002, n° 149, pp. 103-115.

[29] Bourdieu J, Benoît Cœuré et Béatrice Sédillot « Investissement, incertitude et irréversibilité », Revue économique, op.cit.. Abel A. et Eberly J., « A unified model of investment under uncertainty », in American Economic Review, vol. 84, 1994, n°6, pp. 1369-1384

[30] Artus P., « Zone euro : de l’équilibre déflationniste à la trappe déflationniste ? », Flash Economie, Natixis, Paris, n°38, 13 janvier 2014.

[31] Naboulet A. et Raspiller S., « Déterminants de la décision d’investir et destination économique des équipements », in Économie et Statistique, n° 395-396, 2006, pp. 141-163.

[32] Du travail initial de A.K. Rose datant de 2000 mais réalisé en fait entre 1997 et 1999 « One money, one market: the effect of common currencies on trade », Economic Policy 30, op.cit., au travail de Glick R. et A.K. Rose, (2002), « Does a Currency Union Affects Trade ? The Time Series Evidence », in European Economic Review, n° 466, pp. 1125-1151.

[33] Bun, M., Klaasen, F. (2007), « The euro effect on trade is not as large as commonly thought», Oxford bulletin of economics and statistics, op.cit., vont même jusqu’à estimer l’effet « positif » de l’UEM à 3%, ce qui le met largement dans l’intervalle d’erreurs de ce genre d’estimations.

[34] Kelejian, H. & al. (2011), « In the neighbourhood : the trade effetcs of the euro in a spatial framework »,Bank of Greece Working Papers, 136.


Ses travaux de chercheur se sont orientés dans trois dimensions, l’étude de l’économie russe et de la transition, l’analyse des crises financières et des recherches théoriques sur les institutions économiques et les interactions entre les comportements individuels. Il a poursuivi ses recherches à partir de 2000 sur les interactions entre les régimes de change, la structuration des systèmes financiers et les instabilités macroéconomiques. Depuis 2007 il s'est impliqué dans l’analyse de la crise financière actuelle, et en particulier dans la crise de la zone Euro.

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