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Russie

Tchourkine ou le management: deux visions stratégiques antagonistes

mardi 20 février 2018

Tchourkine ou le management : deux visions stratégiques antagonistes

Il y a un an, le 20 février 2017 décédait subitement Vitaly Tchourkine, figure incontournable de la diplomatie russe. Une vitalité d'esprit incroyable, soutenue par une culture dont beaucoup aimeraient posséder le dixième, sans failles au service de son pays, de sa patrie. Un style soutenant une volonté de fer. Une carrure - peut-être d'une autre époque. De celle de la connaissance et non des compétences. De la souveraineté et non du globalisme. Deux visions incompatibles de la gouvernance: Tchourkine ou le management. 
 
Vitaly Tchourkine, diplomate de carrière, a défendu les intérêts de l'URSS puis de la Russie sur la scène internationale sur tous les fronts. Premier secrétaire de l'ambassade des Etats-Unis en 1983, il est révélé au "monde libre" lorsqu'il est sorti devant la presse quand les journaux publient à la Une que l'URSS a descendu un Boeing sud-coréen, en 1986 il intervient au Congrès US au sujet de Tchernobyl, lors des évènements de 93 il fut l'intermédiaire entre Tchernomyrdine et le Soviet Suprême, a joué un rôle important pour l'ex-Yougoslavie. Nommé en août 2008 représentant de la Russie auprès de l'ONU, il aura défendu chaque cm2 de l'intérêt national avec intelligence, sans jamais renoncer à rien, avec une force et un courage qui ont forcé l'admiration, même de son homologue américaine. 
 
Vitaly Tchourkine est l'incarnation de ce que l'on appelle "la vieille école", celle où l'on apprenait, où l'on travaillait, où l'on acquérait du savoir, avec le temps et en profondeur. Car l'on y formait des hommes et pour qu'un individu devienne un homme, il doit acquérir un savoir. Uniquement le savoir permet d'avoir des compétences. 
 
Aujourd'hui nos pays se trouvent face à un choix, non seulement de gouvernance, mais civilisationnel: donner la possibilité à ces individus de devenir des hommes (car contrairement à ce qui est communément affirmé l'on ne naît pas homme, on le devient - ou pas) ou les cantonner dans des tâches sectorielles nécessitant des compétences précises et aucune capacité de réflexion abstraite? 
 
La première alternative permet des hommes comme Tchourkine, mais oblige l'Etat à être à la hauteur de ces hommes, c'est-à-dire de s'assumer en tant qu'Etat. La seconde est celle du règne, en France par exemple, de nos charmants députés marcheurs, ces individus qui mordent les chauffeurs de taxi, sont heureux d'être invités à des cocktails, organisent des visites payantes de l'Assemblée nationale et votent ce qu'ils faut quand il faut comme il faut. En Russie, c'est le monde de personnages comme Kirienko, adepte du Jeu, de la (re)programmation de la société, sur le modèle du Cercle des méthodologistes de Moscou de Georgi Schedrovitsky. Un monde de commerçants, de techniciens, à la vue et aux intérêts à court terme, qui ne tolère pas la carrure. 
 
L'homme contre l'individu, l'enjeu de nos sociétés.
 
La question s'était déjà posée en ces termes à l'Union soviétique. Dans les années 50, Georgi Schedrovitsky fut en quelque sorte à l'avant-garde du pédagogisme, mais avec une vision dépassant le cadre scolaire: il était persuadé que par une pédagogie adaptée, il est possible de modifier le monde qui nous entoure et de (re)programmer la société. Il crée le Cercle des méthodologistes de Moscou, qui va compter une grande partie des dirigeants de la fin de l'URSS. Selon Schedrovitsky, le Jeu est utilisé pour conduire les gens à recourir à une méthodologie considérée universelle de résolution de n'importe quel problème. Cela rappellera à certains Le Jeu des perles de verres de H. Hesse. Et le monde totalitaire que cela entraîne. 
 
Les individus sont en effet "passifs" au travail, fonctionnent sur le mode des ordinateurs, ont un code intégré et le répète à l'infini. Le but n'est pas de les libérer de ce code, mais de le modifier. Schedrovitsky comprend aussi que le langage est ici d'une importance cruciale, comme nos chers néolibéraux aujourd'hui. 
 
Le mot créé le monde, car il crée une nouvelle réalité. Un nouveau vocabulaire est constamment inventé.
 
Son fils continue aujourd'hui son "oeuvre". Et c'est justement ce fils que l'on retrouve en 2004 comme conseiller de Kirienko, ce dernier étant aujourd'hui l'un des vice-directeurs de l'Administration présidentielle (qu'il semble informellement diriger). Ce fils qui suit Kirienko à Rosatom, où il devient son adjoint. 
 
Aujourd'hui, Kirienko est le centre de tous les mouvements orientés vers la transformation de l'homme en individu, de la régression du savoir vers les compétences, du passage des professionnels vers les "managers efficaces", selon le terme consacré en Russie. Tous formatés dans le moule du jeune cadre dynamique, IPhone en main, gavés de numérique, noyés dans une masse d'informations superficielles qui leur permet de ne pas acquérir de savoir. Réactifs, ayant librement choisi leur laisse, se laissant sortir en promenade à heure fixe et avalant leur gamelle avec un sourire imperturbable. L'homme déshumanisé à qui l'on a soudain envie de mettre une cigarette au bec et un whisky dans la main. Mais en vain, il a le front lisse, le regard au loin, ancré dans un monde meilleur.
 
La dernière fournée a été recrutée par un concours, celui des "Leaders de Russie", grande foire aux "talents" venus du business ou peu importe d'où, sans aucune compréhension de ce qu'est l'Etat (et ça sert à quoi, l'Etat est inefficace) mais avec beaucoup d'ambition, qui vont pouvoir gonfler les rangs de leurs petits camarades déjà en place dans les organes publics. Ils avaient notamment, comme dans la méthode de Schedrovitsky, à résoudre à plusieurs des problèmes de toutes sortes, la résolution devant être collective. N'importe quelle solution peut être apportée, ce n'est pas la solution qui compte, mais la capacité de l'individu à se soumettre aux règles, à se soumettre au Jeu. Noyer l'homme dans l'individu. Puis l'individu dans le groupe. Un groupe étant parfaitement manipulable. Par la manipulation du jeu, le but (devenir un leader) devient le point de départ (être un leader). Puisqu'il s'agit de vouloir pour être. Instanténément.
 

 Efficacité, compétitivité, rationalisation. Les mots sont là. La nouvelle réalité se crée. 

Pourtant, cette nouvelle réalité ne s'applique pas à elle-même les critères d'évaluation qu'elle impose "au vieux monde". Quelle efficacité auraient ces individus déshumanisés au Conseil de sécurité de l'ONU? Combien de temps tiendraient-ils le combat? Gagneraient-ils l'admiration de leurs adversaires? On peut en douter, ils ne sont pas dressés au combat, ils ne défendent aucune idée, ils ont une "vision technique du monde", policée, appauvrie, encadrée par des slogans.
Des hommes aux individus. Des idées aux slogans. Que restera-t-il de l'Etat? Sa place est contestée dans ce nouveau schéma. 
 
Mais comme il faudra toujours des centres de décisions et que ces centres ne peuvent être composés que d'hommes, où seront-ils alors?
 
Comme écrit C.  Jacq dans son roman Urgence absolue:
"C'est curieux, chez les humains, cette obstination à ne pas admettre la réalité. Pourtant, elle a un nom: la Machine. Une machine créée par ces mêmes humains, et qui les contrôle aujourd'hui dans tous les domaines. Et ils sont ravis, parce que c'est trop pratique de croire au progrès et de renoncer à la liberté.
 Je me suis posé la question: qui est aux commandes de la Machine? Réponse : personne. Pas de complot, pas de manipulateur. Elle fonctionne toute seule, alimentée par la bêtise et l'inconscience. Et l'avenir est si merveilleux que personne ne se révolte." 

Etats-Unis / Russie : un dialogue de sourds qui ne peut que se radicaliser

lundi 19 février 2018

Etats-Unis / Russie : un dialogue de sourds qui ne peut que se radicaliser

Les relations entre les Etats-Unis et la Russie continuent à se dégrader, tant directement (sanctions) que sur les "fronts transversaux" que sont l'Ukraine et la Syrie. D'un autre côté, il n'y a aucune raison pour que la situation se stabilise : le "globalisme américain" ne peut tolérer l'existence d'une résistance, si hésitante soit-elle au risque de ne plus être global et la Russie surfe toujours sur cette hésitation, entre intégration économique et revendication souverainiste.
 
L'évolution des relations entre les Etats-Unis et la Russie, la radicalisation du discours américain, le calme contenu des répliques russes, tout cela suit une courbe ascendante de tension que rien ne semble, à court terme, pouvoir remettre en cause.
 
Les Etats-Unis ont accusé 13 Russes d'ingérence dans les processus électoraux, sans pour autant que le procureur Muller ne puisse affirmer un quelconque effet de cette présupposée "ingérence" sur les résultats électoraux de 2016. Le secrétaire général de l'OTAN accuse la Russie de relancer la course aux armements - car elle a l'outrecouidance de ne pas laisser son arsenal vieillir et dépérir. L'Ukraine attaque en toute impunité le bâtiment du Centre culturel russe à Kiev pendant que des enfants y sont, sans que la police n'intervienne, laissant sur les murs cette douce inscription "Mort à la Russie", le tout sur fond d'adoption de la loi de "d'intégration" du Donbass, qui pose la Russie en ennemi et permet la reprise du conflit armé dans des proportions aujourd'hui impossibles. En Syrie, le soutien de la coalition américaine permet de maintenir à flot les groupes terroristes agissant contre l'unité du pays et sa pacification. Ainsi, si l'état islamique a disparu, les deux plus gros groupes extrémistes antérieurement appartenant à Al Qaïda viennent d'annoncer leur regroupement, pendant que les tensions entre les acteurs locaux sont exacerbées par les aides partielles et ciblées des Etats-Unis appportées aux uns contre les autres (Kurdes contre turcs), puis aux autres contre les premiers afin de déstabiliser la situation et de diviser. Finalement, le Département d'Etat envisage de nouvelles sanctions contre les oligarques russes et certaines personnalités politiques, dont les fondements sont flous - mais ils sont Russes.
 
La Russie, face à cet interventionnisme débridé des Etats-Unis, reste de marbre et semble se barricader dans les limites de la diplomatie et du droit. Ainsi, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères russe, à juste titre, déclare "absurde" les accusations sans fondement des 13 russes. Le président du comité du Conseil de la Fédération déclare que Porochenko est responsable de l'action des nationalistes contre le bâtiment russe et l'ambassade de Russie en Ukraine demande aux Etats-Unis de ne pas soutenir le nationalisme. Pour ce qui concerne la Syrie, la Russie demande aux Etats-Unis " de ne pas jouer avec le feu ", rappelant qu'ils ont des preuves du manque de volonté des américains de combattre Al Nusra. Quant aux sanctions, le ministère des Affaires étrangères russe déclare que depuis 2014, il y a déjà eu 50 vagues de sanctions US contre la Russie, ce qui démontre suffisamment leur inefficacité. La Russie s'est habituée et a trouvé le moyen de minimiser les effets négatifs. En cas de nouvelles sanctions, la politique menée jusque-là ne sera pas modifiée, et si vraiment besion est - des mesures plus fortes pourraient être prises. La Russie déclare et demande. Pendant que les Etats-Unis sont dans l'attaque.
 
Autrement dit, cette politique légaliste et défensive ne fonctionne pas à court et moyen terme puisque les pressions augmentent et que la situation se dégrade sur les fronts transversaux. A long terme, certes, cette politique peut, peut-être, se révéler la bonne, car les Etats-Unis se discréditent. Mais encore faut-il y arriver à ce (très) long terme ... Et y arriver sans trop de pertes. Ou sans pertes irréversibles.
 
Les hésitations de la Russie à réellement répondre, sans même parler d'adopter une politique offensive, sont parfaitement perçues par l'Occident, qui y voit une possibilité de continuer sans trop de risques réels ses pressions.
 
Tout se passe comme si la Russie n'assumait pas totalement les conséquences du rattachement de la Crimée en 2014, ou comme si elle n'avait pu imaginer alors que l'Occident serait "froissé" à ce point. Or, sans une vision politique conséquente, les effets positifs du rattachement et de l'affirmation de la Russie à avoir des intérêts stratégiques propres légitimes se retournent contre elles, au lieu d'être politiquement capitalisés. En lançant le gant, il faut accepter le duel et non pas s'habituer à la contorsion.
 
En tentant de repousser le combat dans les limites de la légalité, la Russie espère éviter le combat. C'est un pari dangereux qui semble, vue la radicalisation, plutôt donner un sentiment d'impunité aux Etats-Unis qui perçoivent la Russie comme un joueur finalement faible, qui voudrait plus faire partie de ce système que de le remettre en cause. Or, les Etats-Unis ne sont pas prêts à intégrer la Russie, un centre de pouvoir existe déjà, et ils ne voient aucune raison pour le partager sans se battre jusqu'au bout, puisque c'est de leur prédominance dont il s'agit.
 

Quand Tourchinov reconnaît le soutien populaire massif en Crimée pour la Russie

vendredi 16 février 2018

Quand Tourchinov reconnaît le soutien populaire massif en Crimée pour la Russie

Quand A.Tourchinov, le pasteur sanglant, pilier du Maïdan qui a très démocratiquement cumulé les fonctions de président de la Rada et de Président du pays jusqu'à l'élection de Poroshenko, déclare devant la justice et répète devant la télévision ukrainienne qu'il fut impossible de mener une opération en Crimée en 2014 en raison du soutien populaire et de la "traitrise" des officiers du SBU, l'on se demande de quelle annexion l'Occident - et l'Ukraine - peut encore parler ... 
 
L'on se souvient des critiques de l'Occident nous expliquant que le référendum en Crimée n'a aucune valeur, est illégal et illégitime, car les habitants ont voté le fusil sur la tempe sur injonction du Kremlin ...
C'est d'ailleurs ce qui a donné le prétexte aux Etats-Unis et à l'Union européenne pour adopter toute une série de sanctions contre la Russie et continuer à poser la restitution de la Crimée à l'Ukraine comme point de départ d'hypothétiques négociations pour la levée des sanctions antirusses. 
 
Or, à la surprise générale, le Baptiste fou,  A. Tourchinov, vient de faire des déclarations plus que surprenantes au regard de la doxa bien intégrée dans le discours pro-ukrainien et sans nuances occidental. 
 
En ce moment se déroule ce qu'il est difficile d'appeler le Procès de Yanukovych, le nouveau pouvoir ukrainien ayant un minimum besoin de légitimer le coup d'Etat. Tourchinov y est témoin. Et lorsqu'on lui demande pourquoi aucune opération n'a été menée en Crimée en 2014 (c'est vrai, c'est étrange...), il a du mal à se justifier en restant dans le discours habituel: la Crimée a été prise de force par la Russie, militairement, et la population s'est soumise.
 
Il est alors amené à déclarer qu'il était impossible de lancer les forces de l'ordre en Crimée pour reprendre la situation en main en raison de l'attitude très agressive de la population à l'égard des nouvelles forces de Kiev:
“In the morning I was informed that the special forces of the Russian Federation seized governmentbuildings in Crimea, I immediately gave the order to the heads of the Internal troops, which were based in Crimea, in order to surround the Parliament and the Cabinet, to prepare his capture and carry out the operation. After a few hours I was informed that unfortunately they were only able to develop the perimeter of these buildings, but under the pressure of aggressive civilians who had gathered in large numbers, they are unable to perform the task and were forced to disperse. That is, unfortunately, the task of unblocking of buildings of the Crimean Parliament and Cabinet of Ministers of Crimea there was no one to implement it,” – said Turchinov.
Et Tourchinov d'insister devant les caméras de la chaîne ukrainienne 112: de toute manière, il n'y avait personne à envoyer pour rétablir l'ordre. 90% des membres du SBU ont alors "trahi" le pouvoir post-Maïdan:
"SBU came out with the initiative of the ATO. I have the opportunity to explain why they did not go out with such a proposal. Because of the SBU, I give the official data, which is in the case, the Military Prosecutor's office, 90% of betrayed. With such a total betrayal not to have someone from the security service spending in Crimea ATO " 
Si l'on résume la situation, Tourchinov, que l'on peut difficilement accuser de travailler pour la Russie,  vient de déclarer que non seulement les forces de l'ordre en poste en Crimée sont dans leur quasi-totalité passées du côté de la population, qui elle est dans sa grande majorité passée du côté de la Russie, mais que l'Ukraine post-Maîdan n'avait pas de légitimité.
 
C'est finalement ce qui a été exprimé par le référendum.
 
Donc, en conséquence, le référendum est légitime puisqu'il s'appuie sur l'expression libre de la volonté populaire dans le cas de la faillite de l'Etat, en l'occurence ukrainien, après le coup d'Etat qui a détruit le contrat social.
 
Alors quid des sanctions et de leur "légitimité"?
 

Les néo-nazis patrouillent dans les rues de l’Ukraine pour déjà y remplacer la police

Les néo-nazis patrouillent dans les rues de l’Ukraine pour déjà y remplacer la police

 

18 Février 2018
MERCREDI 14 FÉVRIER 2018

Quand je pense aux combats qu’il a fallu mener contre ceux qui nous présentaient la révolution ukrainienne comme la revendication de la liberté contre la méchante Russie et les vestiges de l’URSS. Qu’il se soit trouvé des B.H.L des Glucksman pour un tel enfumage mais qu’ils aient été relayés par les Clémentine Autain et autres trotskistes, qu’ils aient entretenu le silence du parti et de l’Humanité montre bien à quelle pression le parti a été soumis sur toutes les questions internationales. Jusqu’à quand allons-nous relayer les expéditions libyennes, les pseudo libérateurs de la Syrie et ceux de l’Ukraine, pour partout favoriser l’implantation fasciste avec l’OTAN ? Oui le bilan est indispensable pour que nous puissions élaborer une politique en liaison avec d’autres partis communistes, dans le respect de nos positions mais dans la fraternité d’une lutte contre la guerre et le fascisme

 

(note et traduction de Danielle Bleitrach).


Néonazis de la Druzhyna à travers les rues de Kiev
 

Depuis le coup d’État de 2014, nous avons à peine entendu parler de l’Ukraine. Pratiquement tout ce qui concerne la guerre civile qui ravage l’est du pays passe inaperçu.

 

Le 4 février, des groupes de citoyens sont descendus dans les rues de Kiev. Ils protestaient, ce qui n’a rien de nouveau, puisque  les citoyens mécontents de leur état et du gouvernement  ont augmenté, jusqu’à c’est devenu une habitude presque chaque semaine.

 

Des citoyens ont protesté contre la soi-disant « Druzhyna », une organisation para-policière qui, dans certaines villes, se substitue au  travail de la police.

 

Ces volontaires sont légalisés « Sur la participation des citoyens à la protection de l’ordre public et à la frontière de l’Etat » cela permet aux organisations privées de patrouiller dans  les villes avec la police. Cette loi leur permet de réclamer papier d’identité   et des permis de conduire aux citoyens, d’assigner à comparaître pour des crimes mineurs, d’arrêter et de livrer les gens à la police, de pénétrer dans des stades ou des cinémas pour arrêter des individus. Ils jouissent d’autres priviléges spéciaux pour la défense des citoyens et dans bâtiments administratifs contre les troubles de masse.

 

Cependant, ils ont déjà déclaré qu’ils feraient cela même s’il n’y a pas de présence policière, puisqu’ils ne le voient pas formé pour assurer la loi et l’ordre, alors ils agissent déjà contre les graffeurs, les parieurs ou les salles de jeux illicites.

 

Le Druzhyna est une milice, généralement formée par des vétérans de l’ATO (Opération antiterroriste), qui soit après démobilisation, handicap ou autres , a cessé de servir sur le front, à l’est du pays, et sont retournés dans leurs foyers.

 

Il a été créé par Ihor Kashka, Artem Klimin et Maksym Klymka, les trois vétérans de la guerre. L’organisation est déjà présente dans 18 régions du pays et dans plusieurs villes telles que Tcherkassy ou Lustk, et est déjà considérée comme une organisation civique pour la protection de l’ordre public. Il y a 600 activistes à Kiev où ils sont reconnus comme ONG, en attendant de légaliser leurs rôles. Ils ont plus de 1000 membres à travers le pays.

 

Les chefs exercent leurs fonctions d’administration de la milice, qui est la branche armée du parti politique Corps national fondé en 2016 par Andriy Biletsky, l’homme qui dirige vraiment les fils de discussion, parlementaire actuelle dans la Rada Suprême (Rada suprême) de l’Ukraine, position obtenue en 2014 grâce au président Porochenko pour son travail au sein de l’ATO.

 

Depuis 1991, lorsque l’Ukraine est devenue indépendante, Biletsky a sauté d’un parti politique à l’autre en permanence à la recherche d’une occasion d’enraciner ses idées fascistes. Avant de fonder le Corps national en 2016, il a été dès le début des opérations dans la zone de l’ OAB dans le Bataillon Azov,  – organisation néo nazie reconnue.

 

Le monstre que l’ impérialisme a créé en Ukraine après le renversement de M. Ianoukovitch est  utilisé comme une arme contre la Russie,  et l’ OTAN comme but ultime.

 

http://www.descifrandolaguerra.es/el-nacional-socialismo-vuelve-a-patrullar-calles-en-europa/

 

Plus d’ informations: 

– Le coup d’ Etat fasciste en Ukraine se réunit 4 ans (Maidan 1) 
– Un tireur d’ élite géorgienne donne les noms de ceux qui regorgeait la foule sur la place Maidan 
– néo ukrainienne – nazis veulent un seconde Maidan

 
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Le fascisme en Ukraine ou la destruction de la Libye? rien de tout cela, il n’y a que la menace russe !

Le fascisme en Ukraine ou la destruction de la Libye ? rien de tout cela, il n’y a que la menace russe !

 

18 Février 2018

  • Nos camarades communistes portugais mènent une bataille au sein de l’union de Front populaire, non seulement contre le retour à l’austérité pour laquelle l’UE fait pression, mais également, cela va avec, pour qu’il ne soit pas répondu aux demandes pressantes de l’UE et de l’OTAN pour  augmenter leur participation au budget militaire. Nous subissons les mêmes pressions en France et une telle bataille serait importante pour les communistes en coordonnant les efforts contre l’austérité et contre l’augmentation du budget militaire de l’OTAN
  • (note et traduction de Danielle Bleitrach)
30 JANVIER 2018
Le Secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a parlé des «nombreux défis complexes» auxquels l’Alliance atlantique est confrontée, mais rien de l’expansionnisme militariste et des guerres de proies qu’elle promeut.
Dans une interview accordée à RTP, le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, a déclaré, sans "mea culpa", que l'Alliance faisait face à "de nombreux défis complexes en même temps".
Dans une interview accordée à RTP, Jens Stoltenberg, Secrétaire général de l’ OTAN a déclaré, sans « mea culpa », l’Alliance est confrontée à « de nombreux défis complexes en même temps » crédits/ politico.eu
Quiconque a vu et entendu, l’interview Stoltenberg hier soir à RTP sont restés sur l’impression l’impression d’avoir vu et entendu seilement  le chevalier blanc d’une « sainte alliance » prêt à envisager fin du monde: le terrorisme ou Daesh appelé Etat islamique, les cyber-menaces, l’affirmation de soi de la Russie, la prolifération des armes en Corée du Nord, le conflit qui « là » en Afrique du Nord, au Moyen-Orient, l’Irak, la Syrie, l’Afghanistan.

Des conflits qui sont «là-bas», et ce à quoi l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord ( OTAN ou OTAN ) doit faire face.

Après avoir passé une bonne partie de l’interview à parler de la Russie, le secrétaire général de l’OTAN a d’abord rejeté l’idée que l’Alliance atlantique « accentue la tension avec la Russie en Europe de l’Est », soulignant que « le plus grand théâtre d'opération militaire en cours de l’OTAN se déroule en Afghanistan ». Il ne mentionne cependant pas l’histoire plus récente ou lointaine de l’interventionnisme des « alliés de l’OTAN » dans le pays d’Asie centrale. Il n’était pas non plus censé parler de Reagan et des Talibans.

Se référant à l’action globale de l’Alliance atlantique, il a déclaré ce qui inclut « une coalition mondiale pour vaincre le Daesh » et que l’OTAN « a fait un grand nombre de progrès dans cette coalition, défaisant Daesh en Irak et en Syrie. » Plus loin, il ne voulait pas trop compromettre, affirmant que l’OTAN n’est pas sur le terrain dans le nord de la Syrie: « Nous soutenons la coalition avec des avions radar, mais nous ne sommes pas sur le terrain ».
«  Aussi il ne devrait pas parler de Reagan et des talibans. »
Pas la moindre mention sur le fait que la coalition internationale opérant en Syrie le fait sans l’autorisation du gouvernement de Damas et sans mandat de l’ONU. Et là encore, il n’y avait aucune mention de l’effort de la Russie – aux côtés de Damas.

« L’Otan est prête à défendre un allié contre toute menace, c’est le message principal, le principal idéal de l’OTAN », at-il dit, en soulignant que « la raison pour laquelle l’OTAN est forte et unie est de ne pas provoquer un conflit, mais oui pour éviter un conflit ». On ne peut que constater  l’indignation ressentie par ceux qui regardent le monde et voit les guerres d’agression et de pillage du capitalisme, les opérations de déstabilisation promues par les Etats-Unis dans l’arrière-cour mondiale – celles d’aujourd’hui  et d’autres plus encore  – avec l’OTAN bras armé

L’ancien premier ministre norvégien a également soulevé l’idée de « la paix en Europe depuis près de 70 ans, une des plus longues périodes de paix depuis des siècles en Europe » sans la moindre allusion  à la destruction de la Yougoslavie et au coup d’Etat 2014 en Ukraine, avec le soutien des États-Unis et de l’Union européenne (UE), avec la guerre qui a suivi dans le Donbass, où la population a rejeté la menace fasciste et s’est levée en armes.

Dialogue, oui, mais c’est la faute de la Russie

Sur la Russie, Jens Stoltenberg a déclaré qu‘ « il est possible de combiner défense, dissuasion et dialogue ». -ET il  a continué le discours sur le  voisin qui harcèle l’Europe en paix avec ses troupeaux de pirates et  leurs campagnes de propagande et de désinformation. Le secrétaire général de l’OTAN a même déclaré que la Russie était « plus affirmée ». Tellement mauvaise qu’elle utilise  « différents outils » et, par conséquent, l’OTAN non polluée « doit réponde  par  le renforcement de cyberdefesas ». L’UE a déjà pris des précautions.

L’OTAN et l’Union européenne: le vieux jumelage évident

 

« Le partenariat stratégique » avec la Russie n’existe pas – non pas faute de tentative de l’OTAN, at-il souligné, mais parce que Moscou « a décidé d’essayer de rétablir des sphères d’influence et de contrôler dans une certaine mesure ses voisins, comme nous l’avons vu en  Ukraine ».Et c’est quelque chose que l’OTAN, gardée par les États-Unis d’Amérique, chargée d’arsenaux pour la paix dans le monde et qui roule depuis des années sur les terres de l’Union soviétique et ses amis, ne peut pas tolérer. L’OTAN cherchera donc à dire qu’elle est « ferme », « forte », mais qu’elle tente de réduire les tensions, d’éviter les conflits et de maintenir le dialogue, a déclaré M. Stoltenberg.
 
La Russie, cependant, n’a rien à craindre d’être entourée de pays devenus membres de l’OTAN, car c’était une décision de « nations souveraines et indépendantes ». Et si vous avez des inquiétudes quant à l’existence d’un Front oriental de l’Alliance atlantique, c’est votre faute, « une conséquence directe de [vos] actions agressives contre l’Ukraine », a déclaré M. Stoltenberg, évoquant la situation dans le Donbass en Ukraine orientale. réintégration de la Crimée dans la Fédération de Russie.Le secrétaire général de l’ OTAN insiste sur le fait que l’intégrité territoriale et la souveraineté de l’Ukraine ont été violés en Crimée et le Donbass, par les forces soutenues par la Russie et le soutien militaire russe, mais, comme dans un univers parallèle, il n’a pas fait une allusion à la coup d’état de 2014 à Kiev, au fascisme en Ukraine– ou en Pologne ou en Lettonie. Ou appelé, en Juillet l’ année dernière, l’ OTAN a promu les Frères de la forêt, qui se sont battus « contre l’Armée rouge pour dans la Baltique , et que de nombreux membres intégrés des nazis SS ou des collaborateurs avec les forces d’ invasion nazie. 
 
Les Etats-Unis renforcent leur présence militaire en Europe
 
Le secrétaire général de l’OTAN a déclaré que les Etats-Unis avaient montré qu’ils « étaient engagés dans des relations transatlantiques », ajoutant que Washington augmentait même sa présence militaire sur le continent européen après des années de déclin. « C’est un engagement que nous voyons non seulement dans les mots mais aussi dans les faits », a souligné M. Stoltenberg.
 
Sans aborder la question de l’ approfondissement de la militarisation de l’UE, la création de la coopération structurée permanente (CEP) et la complémentarité – qu’elle a déjà défendue – entre ce qu’elle appelle la Défense européenne et l’OTAN, le leader de l’Alliance atlantique a encore insisté sur  la nécessité de coopérer dans le domaine de la défense dans l’UE pour « résoudre la fragmentation de l’industrie européenne de la défense ».
 

Parti et classe. Introduction (La répartition des forces de classe dans le Donbass, partie 3) par Stanislas Retinsky

Parti et classe. Introduction (La répartition des forces de classe dans le Donbass, partie 3) par Stanislas Retinsky

 
17 Février 2018

14/02/2018

http://wpered.su/2018/02/14/partiya-i-klass-vvedenie-rasklad-klassovyx-sil-na-donbasse-chast-3/

 

Cet article poursuit les deux précédents sur l’origine des événements dans le Donbass. L’article envoyé directement par les communistes du Donbass, dont l’auteur est le dirigeant du Kprf du Donbass qui fait un important travail théorique tout en participant activement à l’expérience de cette république nous l’a envoyé directement en exclusivité, en prolongement des contacts pris à Vénissieux.  Il explique aujourd’hui la manière dont le parti des régions, parti des oligarques sous couvert de revendication régionaliste, séparatiste a toujours passé des compromis mutuellement avantageux avec les oligarques de Kiev. Les événements de 2014, le refus du coup d’Etat du maïdan et donc la création de républiques indépendantes a été précédé d’événements en 2004, entre les deux les oligarques ont perdu leur toute puissance mais un mouvement dans lesquels les masses sont intervenues sur la base du patriotisme et non de classe s’est développé, l’auteur de l’article en analyse les forces et les limites et pose la question du parti communiste. Une réflexion tout à fait fondamentale y compris dans le cadre de la montée des mouvements régionalistes en Europe

 

(note et traduction de Danielle Bleitrach)


 

Essence de classe des « anti-Maidan » dans le Donbass

 

Jusqu’en 2014, dans le Donbass, la question de la sécession ou, du moins, de l’accession de la région à un statut autonome en Ukraine a été soulevée à plusieurs reprises. Il a fait l’objet de négociations avec les grandes capitales locales et à Kiev. En 1994, un référendum a eu lieu dans les oblasts de Donetsk et de Lougansk, au cours duquel la majorité des électeurs ont demandé un arrangement fédéral. La question du fédéralisme a été soulevée déjà en 2004 lors du congrès de Severodonetsk. Ensuite, les représentants des régions du sud-est de l’Ukraine ont décidé d’organiser un référendum et d’annoncer l’autonomie du Donbass, à moins que Viktor Ianoukovitch ne soit reconnu comme le président de l’Ukraine. Après le « troisième tour » de vote, Viktor Iouchtchenko est devenu le président, à la suite de quoi la fédéralisation du pays a commencé à être mise sur le tapis  beaucoup plus souvent.

 

Tout d’abord, par le Parti des régions, qui a défendu les intérêts du plus grand capital de l’Ukraine, a parlé plus haut que tout le reste du fédéralisme. Ce capital, après la domination économique, a cherché la domination politique. Pour cela, il était prêt à partager le pays. En 2005, des accusations de séparatisme ont été portées contre un certain nombre de députés ukrainiens et d’anciens gouverneurs des régions de Kharkov et Lougansk. Mais l’événement le plus marquant a été la détention par le  bureau du procureur général du président du conseil régional de Donetsk Boris Kolesnikov. Certes, il a été convoqué sur le cas du séparatisme, mais détenu sur des accusations d’extorsion. Curieusement, l’arrestation de Boris Kolesnikov convenait aux deux côtés. Viktor Iouchtchenko s’est attribué le slogan  » les bandits – en  prison », et le Parti des Régions a démontré de façon efficace dans les médias comment le pouvoir orange punit brutalement les « combattants d’opinion ».

 

Alors que l’attention de l’électorat était centrée sur la détention du président du conseil régional de Donetsk, les négociations entre le président et les «régionaux» se sont, d’ailleurs, déroulées avec beaucoup de succès. Un mois après la libération de Boris Kolesnikov, Viktor Iouchtchenko a limogé le Premier ministre Ioulia Timochenko et, en septembre 2005, avec le soutien actif des députés de la faction du Parti des régions, Yury Ekhanourov est devenu le nouveau Premier ministre. Plus les électeurs étaient convaincus du manque de scrupules du Parti des Régions, plus sa cote devenait basse. Comme la lutte pour la langue russe en tant que deuxième langue s’est arrêtée avec la campagne électorale, le référendum pour la fédération a été oublié immédiatement par les « régionalistes »après la conclusion des accords avec Viktor Iouchtchenko.

 

Le 22 février 2014, une réunion des députés du sud-est de l’Ukraine s’est tenue à Kharkov, où ils ont annoncé qu’ils étaient prêts à assumer pleinement leurs fonctions dans le cadre du coup d’État de Kiev. Cependant, la suite de cet  appel d’offres s’est faite attendre. Par exemple, à Donetsk le 1er mars, les autorités locales, qui avaient spéculé   sur la désobéissance de Kiev, ont tenté d’organiser un rassemblement en faveur du gouvernement central. Des dizaines de milliers de manifestants n’ont pas soutenu de telles actions, exigé la démission des responsables qui avaient reconnu le gouvernement central, ainsi que la tenue d’un référendum sur le statut de la région. Après que le président de l’administration régionale de l’Etat de Donetsk, Andrei Shishatsky, le protégé de l’oligarque Donetsk Rinat Akhmetov, ait ignoré les demandes des manifestants, une tentative a été faite pour prendre d’assaut le bâtiment administratif.

 

La différence entre ce qui s’est passé en 2004 et en 2014 dans le sud-est,  a été que dans le premier cas, ces événements ont été complètement sous le contrôle des oligarques locaux et utilisés dans la lutte contre d’autres groupes oligarchiques, tandis que le second événement – a eu lieu contre leur gré. Le fait est que pendant dix ans, l’équilibre du pouvoir avait changé à l’intérieur du pays et à l’extérieur. Les Oligarques, entretenant des relations entre eux, s’appuyaient sur la petite-bourgeoisie et le prolétariat, mais en 2014 dans le sud-est, les éléments petits-bourgeois ont perdu le contrôle et ont commencé à revendiquer un rôle indépendant. Les dirigeants d’« antimaydan » et du « printemps russe » dans le Donbass, en commençant par l’ancien « gouverneur du peuple » Paul Goubarev et se terminant par le Président actuel du Conseil national de la DNI Dennis Pushilin, sont issus de la petite bourgeoisie.

 

En 2004, les oligarques de Donetsk ont ​​également entièrement contrôlé le «séparatisme» local. Sur la vague des événements bien connus, un certain nombre d’organisations publiques ont émergé, y compris la « République de Donetsk ». Par exemple, Alexandre Turcan, en ce temps là directeur et l’un des fondateurs de l’organisation, lors des élections présidentielles de 2004, avait travaillé au siège de Viktor Ianoukovitch, ce qui indique l’existence d’un lien entre les activités du Parti des régions et l’avènement de la « République de Donetsk ». Le grand capital, au service de leurs intérêts a cherché à passer pour les intérêts de tout le Donbass, et même du Sud-Est de l’Ukraine. Il était donc important pour les «régionalistes» de montrer que les appels à la création de la fédération ne reposaient pas tant sur eux que sur le «peuple». Même si des organisations telles que la « République de Donetsk » ne naîtraient qu’à l’initiative de leurs fondateurs, les activités publiques ne devaient pas outrepasser le cadre qu’ils avaient fixé.

 

En 2014, la situation dans le Donbass a changé. À l’heure actuelle, la «République de Donetsk» est la principale force du MRN, mais parmi les figures de l’État non reconnu, il n’y a pas d’oligarques. L' »Anti-Maidan » dans le Donbass dès le début a été  un mouvement démocratique, c’est-à-dire un mouvement indépendant de la petite bourgeoisie. Les oligarques, au contraire, ont constitué un front uni, oubliant pour un moment la lutte entre eux. La DNR a déclaré la guerre contre « le propriétaire du Donbass » Rinat Akhmetov, et son plus proche concurrent Sergey Taruta. Mais les actions de la petite bourgeoisie la plus radicale n’ont jamais cessé d’être timorées. Jusqu’au dernier moment, elle a essayé de négocier avec les oligarques locaux, en leur assurant qu’il n’y aurait pas de nationalisation. Même l’introduction en mars 2017 de l’administration publique externe dans les entreprises anciennement détenues par la grande bourgeoisie, ne devrait pas être contre eux. Cela ne rapprochait pas le Donbass du socialisme. Friedrich Engels dans Anti-Duhring a écrit que dans la société capitaliste il y a des cas où l’état est forcé de prendre le contrôle de quelques branches de l’économie.

 

La situation actuelle dans le Donbass incarne l’idée petite-bourgeoise de préserver les relations de marché, mais sans l’oligarchie. Le problème est qu’une telle société ne peut pas survivre longtemps. La logique des relations marchandise-argent est qu’elles sont soit surmontées, c’est-à-dire que le capitalisme est remplacé par le socialisme, soit elles reviennent à l’origine. Dès que le MRN a essayé de se soustraire à l’influence de certains oligarques, il y avait une menace de la part des autres. Selon certaines sources, Sergey Kurchenko, un oligarque ukrainien, proche de la famille Ianoukovitch, tente d’influencer l’économie de la République. Après le coup d’Etat à Kiev, il a fui le pays, comme le président, et réside actuellement en Russie.

 

Et quel est le rôle du prolétariat dans les événements du Donbass? Il y a certainement participé, mais pas en tant que force indépendante, mais dans le cadre d’un mouvement démocratique. À quelques exceptions près, les travailleurs ont agi de manière organisée et ont agi selon leurs propres exigences. Dans certaines villes, entreprises et places centrales, ils ont organisé plusieurs rassemblements à l’appui du MRN. La plus grande manifestation a eu lieu à Donetsk le 28 mai 2014. Environ un millier de mineurs ont pris part à la marche pour protester contre «l’opération antiterroriste» dans le Donbass. Il est passé deux jours après le bombardement de la ville par l’aviation de Kiev. Les combats ont considérablement accru la menace d’une situation d’urgence dans les entreprises. Les bombardements dans les sous-stations signifient pour les mineurs la mort inévitable, alors ils sont sortis en protestation dans les rues.

 

Dans le Donbass, la plupart des travailleurs s’opposaient au coup d’Etat de Kiev et, par conséquent, ils sympathisaient avec le DNR. Le fait est que les participants de l’ ‘ »euromaydan » ont traité le prolétariat du Donbass avec dédain, l’ont appelé « bétail » et avant que le coup d’Etat ne fasse irruption dans le sud-est, espérant y exporter une « révolution ». En relation avec le fait que les oligarques de Donetsk, soutenaient «l’EuroMaidan», le prolétariat s’y opposait également. Des slogans anti-oligarchiques ont résonné dans le Donbass, mais ils n’ont pas été provoqués par une protestation contre l’exploitation en tant que telle, mais contre les capitalistes en tant que partisans et participants à un coup d’État. Ici, nous ne traitons pas d’une position de classe, mais du patriotisme local. Et ce n’est pas surprenant, car l’introduction de la conscience de classe est la tâche des communistes.

 

La conclusion suivante peut être tirée des événements dans le Donbass. Dans certaines circonstances, les masses émergent d’un état indifférent et sont prêtes non seulement à participer passivement aux événements, c’est-à-dire à participer à des rassemblements et à voter lors d’un référendum, mais aussi à prendre des mesures actives. Ils sont prêts non seulement à sympathiser avec l’idée, mais aussi à se battre pour cela. Ceci s’applique aux travailleurs. Ainsi, avec le déclenchement des hostilités, la «Division minière» a été créée, qui comprenait notamment les mineurs de la mine Skochinsky. Un des commandants d’unité est aussi un mineur. Actuellement, il dirige une organisation syndicale. La division a pris part à de nombreuses batailles, y compris des batailles pour Shakhtersk. L’expérience militaire des travailleurs du Donbass, bien sûr, ne passera pas sans laisser de traces. La condition nécessaire pour la victoire de la révolution socialiste est le prolétariat, durci dans les batailles, dirigé par le Parti communiste révolutionnaire. Mais le rôle du parti dans le mouvement ouvrier est déjà dans les parties suivantes de l’article, qui seront basées sur les travaux de Lénine, Lukacs et Gramsci.

 

Stanislav Retinsky, secrétaire du Comité central du CPDPR

Que nous apprend le journal d’Ivan Maïski ?

Que nous apprend le journal d’Ivan Maïski ?

 

François Eychart revient sur la parution du journal de l’ambassadeur de l’URSS à Londres de 1932 à 1943

 

Ivan Maïski a été un grand diplomate, à la différence de bien des ambassadeurs. Ancien menchévik, communiste convaincu après avoir participé à la révolution de 1917, il a fait le choix original de travailler dans la sphère de la politique étrangère qui devint très vite capitale pour la survie de la république des soviets. La geste révolutionnaire de la guerre civile a suscité tant de passions que les regards se sont détournés du rôle de la diplomatie soviétique qui fut pourtant remarquable par son efficacité. Dans les défaites que l’armée rouge infligea aux interventionnistes occidentaux, les hommes de la diplomatie eurent aussi leur part.

 

Titchérine et Litvinov, les premiers ministres des Affaires étrangères de cette époque, se voulaient les héritiers de la grande tradition russe. Ils firent beaucoup avec peu de moyens et créèrent une pépinière de jeunes talents capables d’initiatives à qui ils confièrent des missions en accord avec leurs capacités. Maïski était du nombre. Personnage intellectuellement remarquable, anglophone parfait et proche des vues de Litvinov, il fut nommé ambassadeur à Londres avec l’objectif de mettre fin à l’image exécrable de l’URSS en s’imposant dans les milieux conservateurs qui dirigeaient l’Angleterre.

 

Anticipant l’arrivée d’Hitler au pouvoir, Litvinov cherchait à construire une politique de sécurité collective pour y faire pièce. Le poids de l’Angleterre en Europe impliquait qu’elle en fût un élément essentiel. Maïski s’employa donc à supprimer un à un les obstacles à cette ligne politique, que ce soient ceux que la révolution d’Octobre avait légués ou ceux que les intérêts spécifiques britanniques faisaient surgir en cours de route. Il y fut brillant sans pour autant arriver à ses fins.

 

La recherche d’une entente avec l’Angleterre et la France, isolant l’Allemagne, fut finalement un lourd échec concrétisé par les accords de Munich, en 1938. Ils disposaient de l’avenir de l’Europe sans tenir compte de l’URSS, orientaient l’Allemagne vers l’Est, augmentaient sa puissance. Cette nouvelle donne voulue par Londres et Paris, très inquiétante pour l’URSS, provoqua le remplacement de Litvinov par Molotov. Maïski le voyait venir et le redoutait comme la marque d’un désaveu d’une politique que Staline avait pourtant acceptée pendant des années. Mais c’était aussi un signal fort donné à la France et à l’Angleterre. Il signifiait que l’URSS tirait les conclusions de ce qui venait de se passer et allait réorienter sa politique extérieure. Ni Paris ni Londres n’en tinrent compte et cela se termina par le pacte germano-soviétique de 1939.

 

Alors que les objectifs de la diplomatie soviétique sont souvent l’objet de suspicions qui partent de considérations idéologiques et non de l’analyse des intérêts propres à chaque pays, le journal de Maïski a l’avantage de présenter le point de vue de Moscou et d’agrandir le paysage. Il donne aussi une idée des débats au sein de la direction soviétique. Maïski était parfaitement instruit des projets alternatifs à l’alliance britannique qui prenaient forme à Moscou, provoqués par les complications systématiques que le Foreign Office opposait à la politique de sécurité collective. Cela renforçait son propre activisme à Londres mais quand le divorce diplomatique fut consommé il n’eut aucun état d’âme à soutenir le pacte germano-soviétique. Le lecteur a donc un pied dans la logique intime des deux camps. Le fait que la tenue de journaux personnels était déconseillée par le pouvoir soviétique renforce encore l’intérêt de celui de Maïski car peu d’ambassadeurs ont osé enfreindre les instructions. Maïski le fit, lui, tranquillement, mais il avait dans doute le sentiment de ne pas être un simple ambassadeur.

 

Ce journal n’est pas le journal d’un écrivain. Il n’est pas tenu tous les jours, son auteur étant un homme très occupé. On y trouve des informations de nature et d’intérêts divers : des relations de conversations importantes, d’excellents portraits littéraires, de simples potins mondains. De temps en temps, Maïski libère ce qu’il pense au fond de lui de ses collègues britanniques. Ainsi, en 1943, après avoir constaté les limites du courage politique de Eden, chef du Foreign Office, qu’il connaît bien depuis des années et qui lui a rendu de nombreux services, il écrit : « Malgré tous ses mérites, Eden n’a pas une personnalité très forte. » Tout est dit, quoique, du point de vue soviétique, Eden soit un des moins hostiles. Sur Churchill, qu’il admire sincèrement pour son courage, sa ténacité, les faiblesses de l’homme, les caprices, les mensonges n’échappent pas à son regard acéré. Car, s’il y a dans toute activité diplomatique un aspect ludique régi par des règles, c’est un jeu impitoyable par ses conséquences proches ou lointaines qui se concluent par la vie ou la mort des nations. En jouer avec élégance comme le fit Maïski ne libère pas de la tension profonde qui tenaille les responsables politiques.

 

S’il est une caractéristique dominante dans ces pages, c’est bien le constat que le travail de diplomate est pour partie un jeu de dissimulations voire de mensonges. Connaître son partenaire, percer ses secrets, anticiper sur les variantes qu’il peut mettre en œuvre sont les cartes indispensables d’un bon diplomate. Maïski fut brillant à ce jeu au point de sortir quelques fois du cadre qui régit le rôle d’un ambassadeur. La profondeur de ses vues personnelles alliée à la virtuosité avec laquelle il les mettait en œuvre lui faisaient ressentir péniblement l’incapacité de Moscou à saisir certaines opportunités, que ce soit sous la férule de Litvinov ou celle de Molotov. Pour arriver à ses fins, c’est-à-dire provoquer une initiative que Moscou ne souhaitait pas, il la suggérait à Vansittart (haut diplomate anglais) ou à Eden, la faisant en apparence partir de la partie britannique. Il arriva que Moscou découvre après coup qu’il était l’auteur de telle ou telle initiative, mais il ne fut jamais sanctionné. C’est par tous ces aspects que Maïski acquit la stature d’un diplomate de haut rang, à l’aise dans les situations les plus périlleuses.

 

Le journal est présenté par l’historien israélien Gabriel Gorodetski. Ses commentaires sont souvent utiles et même précieux, en particulier quand il rapproche les dires de Maïski des mémoires des diplomates britanniques. Il prend souvent et de façon assez systématique des accents défavorable aux objectifs diplomatiques soviétiques. On a le droit de détester Staline, mais la présentation un document de ce niveau ne devrait pas empêcher de reconnaître que Staline et son équipe agissent souvent avec raison et rationnellement pour défendre leur pays. Par ailleurs, quand il est poussé trop loin, le goût des suppositions fait perdre de vue des réalités sensibles. On sait par exemple que la diplomatie anglo-américaine, qui, dès 1943, ne voyait pas d’un bon œil l’URSS devenir une puissance majeure en Europe, se lança dans des négociations occultes pour une paix séparée avec l’Allemagne. Gorodetsky s’embarque dans des suppositions pour démontrer que ce fut aussi le cas de l’URSS. En fait, si ce fut le cas, on aimerait que les preuves en soient clairement rapportées.

 

Le journal s’arrête en 1943 date du rappel de Maïski à Moscou qui sanctionnait le mécontentement soviétique d’un nouveau report du deuxième front en France. Maïski se retrouva consigné à Moscou dans les fonctions de vice-ministre des Affaires étrangères. C’était une forme de disgrâce qu’il vécut douloureusement. On le retrouve pourtant à Yalta, dans la délégation qui négocie avec Roosevelt et Churchill. Il est élu académicien et il s’occupe à ne rien faire. Puis il est arrêté en 1953 dans une affaire policière concernant essentiellement Molotov qui s’était opposé à Staline. Etait-il alors considéré comme un proche de Molotov qu’il n’aimait pas ? Voulait-on le contraindre à témoigner contre Molotov ? Autant de suppositions pour l’instant sans réponse. Ce qui est sûr, c’est qu’il fut libéré grâce à Béria et fut ensuite compromis par la protection que celui-ci lui prodigua. Il mit longtemps à se sortir des griffes de ces différents pièges. Il mourut en 1975, hautement considéré, auteur de nombreux ouvrages.

 

Son journal est un document essentiel à l’intelligence de notre temps.

 

Mais pour ceux qui seraient effrayés par les 750 pages, il est possible de se contenter de la réédition de Qui aidait Hitler ? récemment parue aux Editions Delga. C’est un ouvrage très aisé à lire qui reprend l’essentiel de ce que l’auteur a à dire sur cette intéressante question.

 

Article paru dans le numéro du 8 février 2018 des Lettres françaises, accessible sur le site de l’Humanité : 


https://www.humanite.fr/sites/defau...

 

Ivan Maïski, Journal, 1932-1943. Edition de Gabriel Gorodetsky, Les Belles lettres, 2017, 752 pages, 29 euros.

 

Contre vents et marées, la Russie diversifie ses relations extérieures

Contre vents et marées, la Russie diversifie ses relations extérieures

 

 

L’une des principales erreurs de la Russie postsoviétique a été de trop faire confiance à l’Occident, mais depuis, Moscou a corrigé le tir. Les bouleversements mondiaux de ces dernières années ont permis à Moscou de tisser de nouveaux liens et de s’éloigner de ces rapports souvent injustes et hypocrites.

 

Évidemment à la chute de l'URSS, les élites occidentales souhaitaient avant tout maintenir la Russie sous leur influence, sans pour autant la considérer comme membre à part entière de la «famille». Les élites libérales russes des années 1990 y ont trouvé leur compte: enrichissement massif et privatisation des secteurs clés de l'économie russe avec l'assistance de conseilleurs étasuniens: telle était la triste réalité de cette époque, aujourd'hui dépassée.

 

Concomitamment à ce «rapprochement» sans précédent avec l'Occident, la Russie connaissait un appauvrissement d'une très large partie de sa population et perdait de nombreuses positions en Afrique, en Asie et en Amérique latine. Les élites pro-occidentales de l'époque avaient bien sûr favorisé dans la mesure de leurs moyens ce processus.

 

Suite à cette période de marasme, la Russie s'est redressée et a commencé à renouer avec les alliés de l'époque soviétique, ainsi qu'avec de nouveaux partenaires. L'erreur de la Russie est sans aucun doute de ne pas avoir, à l'instar de la Chine, accéléré la diversification de ses relations extérieures plus tôt, sans attendre l'arrivée du summum des tensions géopolitiques avec l'Occident politique. Il faut dire que «l'héritage» laissé par les élites de la période chaotique des années 1990 n'a pas non plus facilité la tâche.

 

Quoi qu'il en soit, la Russie a maintenant largement récupéré sa place de puissance mondiale. Une position de premier plan qui se traduit par des intérêts aux quatre coins de la planète. En Eurasie, un véritable axe autour de Moscou et Pékin se forme, comme l'illustre l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS). De plus, l'Union économique eurasiatique se renforce de jour en jour dans l'espace ex-soviétique. Quant aux BRICS, union dont la Russie fait également partie, au-delà de représenter près de la moitié de la population mondiale (loin des 10% représentés par le monde occidental), lesdits pays représentent également près de 40% du PIB mondial et sont en bon chemin pour en représenter la moitié, à eux seuls…

 

La Russie est devenue également l'un des principaux partenaires de nombre de pays d'Asie et d'Amérique latine, tant sur les plans politiques, économiques, que dans le domaine stratégique de la Défense. Quant à l'Afrique et après y avoir perdu nombreuses de ses positions, l'heure est au grand retour: au cours des deux dernières années, l'Algérie est passée à la troisième place des principaux clients de l'armement russe, en frôlant la deuxième, pour le moment occupée par la Chine. Le Maroc et l'Union économique eurasiatique prévoient de lancer une zone de libre-échange cette année. Les échanges se renforcent avec l'Afrique du Sud, l'Égypte (notamment dans le nucléaire civil), l'Angola, la Namibie, le Zimbabwe, le Burundi et d'autres nations africaines.

 

Tout cela démontre à ceux qui croyaient que la Russie ne pourrait se passer de l'Occident qu'ils se sont radicalement trompés. Pour d'évidentes raisons, l'État russe reste ouvert à des relations honnêtes et mutuellement bénéfiques avec les pays occidentaux, en premier lieu européens. Mais la Russie a compris que seules des interactions majeures avec le reste de l'humanité lui permettront d'obtenir encore plus de succès et de garantir plus de stabilité mondiale: c'est tout simplement l'approche multipolaire des relations internationales que défend la Russie.

 

Certains jaloux ont beau dire que la Russie ne peut s'éloigner de l'Europe —géographiquement il est peu probable que cela arrive un jour- elle doit néanmoins continuer tenter d'ouvrir des portes que l'Occident a toujours gardées fermées, bien que Moscou ait souvent idéalisé ses partenaires de l'Ouest. Des illusions heureusement aujourd'hui révolues.

 

D'ailleurs, il suffit d'observer les mutations récentes pour comprendre qui représente ou non un partenariat gagnant-gagnant pour la Russie. L'Occident qui a tellement besoin du très vaste marché russe pour écouler ses produits transformés et acheter en retour du gaz —en absence d'alternative fiable- tout en fermant ses portes aux entreprises de Russie? Ou plusieurs pays non-occidentaux, qui multiplient aujourd'hui les achats de technologies russes de pointe, et grâce auxquels plusieurs secteurs industriels reprennent un nouveau souffle? Cela donne à réfléchir.

Les pensions de retraite : la CEDH prend fait et cause pour l'Ukraine ... contre le droit

jeudi 15 février 2018

Les pensions de retraite : la CEDH prend fait et cause pour l'Ukraine ... contre le droit

A force de vouloir prendre fait et cause pour l'Ukraine, la CEDH rend des décisions de plus en plus étranges. Non seulement elles se contredisent sur le fond les unes les autres, mais elles portent même des contradictions juridiques internes. Tel est le cas de la très surprenante décision de la juridiction européenne accordant le droit à l'Ukraine de ne pas payer les pensions de retraite et diverses prestations sociales aux habitants du Donbass. 
 
Ce 13 février, la CEDH vient de rendre un arrêt dans l'affaire Tsezar et autres contre Ukraine. Les faits sont simples: les septs requérants, de nationalité ukrainienne, nés entre les années 20 et 60 s'adressent à la Cour européenne car depuis le lancement de la dénommée "Opération antiterroriste" dans le Donbass par le gouvernement post-Maïdan, ils ne perçoivent plus leurs pensions de retraite et prestations sociales, étant citoyens ukrainiens et ayant travaillé toute leur vie.
 
L'Ukraine explique que, en raison du conflit, la question de la gestion des pensions a été transférée dans la région voisine, sous contrôle de Kiev, ainsi que la juridiction compétente pour les recours. Ce qui, théoriquement, est logique. 
 
Il est donc reproché aux requérants de n'avoir pas utilisé toutes les voies de recours - théoriquement - à leur disposition, puisque l'Ukraine a mis en place une juridiction - théoriquement - compétente. Et que, vues les circonstances - concrètes - l'on ne peut pas en demander plus à Kiev. Autrement dit, le droit à l'accès à un tribunal n'est pas violé et les requérants ne sont pas fondés à s'adresser à la CEDH, puisqu'ils n'ont pas épuisé les voies de recours internes. 
 
Et c'est ici que, justement, le raisonnement de la CEDH ne tient pas sur le plan juridique, au minimum car elle mélange les niveaux d'analyse : théorique pour imposer plus d'obligations sur les requérants, concret pour alléger les obligations de l'Ukraine. Les voies de recours sont garanties, mais dans la pratique elles ne sont pas utilisables en raison du conflit même, qui dédouane Kiev de devoir les garantir effectivement. Avant, la CEDH affirmait que la justice, pour être justice, devait avoir aussi l'image de la justice. Maintenant, la mascarade suffit.
 
Tout cela fonde le rejet pour non-épuisement des voies de recours internes, qui est obligatoire pour pouvoir s'adresser à la CEDH, la juridiction européenne ne pouvant remplacer les tribunaux nationaux. Dans cette logique, les habitants du Donbass, qui ne peuvent garantir leur sécurité en se rendant dans les tribunaux ukrainiens vu le nombre incroyable de "disparitions", risquent de se faire systématiquement rejeter devant la CEDH, ce qui est le but recherché. 
 
Mais ici aussi il y a contradiction dans la jurisprudence européenne et déformation du sens de ses principes. Les voies de recours nationales qui sont obligatoires sont celles qui sont considérées comme "efficaces". Or, dans un arrêt de Grande chambre  du 12 octobre 2017 (Burmych et autres contre Ukraine), la CEDH a reconnu la défaillance systémique de l'ordre judiciaire ukrainien:
"Les présentes requêtes font partie d’un groupe de 12 143 requêtes similaires actuellement pendantes devant la Cour. Elles procèdent toutes du problème systémique identifié dans l’arrêt pilote Ivanov, à savoir de divers dysfonctionnements du système judiciaire ukrainien qui entravent l’exécution de jugements définitifs et entraînent ainsi un problème systémique de non-exécution ou d’exécution tardive de décisions judiciaires internes, combiné avec l’absence de voies de recours internes effectives quant à ces défaillances."
La CEDH (voir notre analyse à ce sujet) reconnaissait alors que les décisions internes étaient systématiquement non exécutées et qu'il n'existe pas en Ukraine de voies de recours internes permettant d'y remédier. Mais dans le dernier arrêt, la Cour estime que l'Ukraine a mis en place un système judiciaire compatible avec l'art. 6. Il y a une contradiction totale entre ces deux arrêts, puisque les réformes législatives tant appelées n'ont évidemment pas été adoptées dans ce laps de temps.
 
Pour renforcer l'incohérence totale de cette décision, la CEDH justifie le non-paiement des pensions aux habitants du Donbass par le fait qu'ils se trouvent dans une situation objective différente. Et juridiquement, il n'y a pas de rupture du principe d'égalité justement lorsque les personnes considérées se trouvent dans des situations différentes. Il n'y a donc pas de discrimination. Donc, le fait qu'ils se trouvent dans une zone de conflit justifie le non-paiement des pensions, mais ne justifie pas les difficultés objectives pour accéder physiquement à un tribunal se trouvant de l'autre côté de la ligne de front? A un tel niveau d'argumentation, l'on ne parle même plus de deux poids deux mesures.
 
Si juridiquement la décision de la CEDH est un acte visant à légitimer le blocus économique, social et juridique du Donbass, même politiquement, elle est surprenante. Car par cette décision, la Cour ampute l'Ukraine d'une partie de son territoire: si les obligations de l'Etat ukrainien envers les populations s'arrêtent à la ligne de front, la souveraineté sur son territoire également. De facto, cela entraîne la prise en considération de l'autonomie des républiques du Donbass. Ce qui est, du point de vue de la juridiction européenne, une erreur politique étonnante. A déformer le droit dans un but politique à court terme, elle commet des erreurs stratégiques et porte un sérieux coup à l'étaticité ukrainienne.
 

Saakachvili expulsé en Pologne

Saakachvili expulsé en Pologne

13 Février 2018
  1. Voilà ceux que nos élites intellectuelles en l’occurrence le mari actuel de Léa Salame, Raphaël Glucksmann dont  Le Monde  (21/03/ 2011) note à son propos :  « À 34 ans, Raphaël Glucksmann, le fils d’André, a fait des soulèvements nationaux son fonds de commerce. Après la Géorgie, c’est en Ukraine qu’il conseille les leaders pro-Europe », BHL et Glucksman, les toujours nouveaux philosophes et très anticommunistes ont porté à bout de bras la publicité de cette bande d’escrocs et de médiocres aventuriers d’extrême-droite  en nous les vendant comme les purs produits d’une révolte populaire. Et ils continuent… Saakachvili en Pologne, pourquoi s’en faire plus on est de fous anticommunistes plus on rit… Pourquoi se gêneraient-ils puisqu’il n’y a personne pour les dénoncer.
  2. (note de danielle Bleitrach)

L’ancien président géorgien et ex-gouverneur de la région ukrainienne d’Odessa, arrêté hier dans un restaurent du centre de Kiev par des garde-frontières, a été expulsé en Pologne, rapporte RBC. 

 

Mikheil Saakachvili avait obtenu la nationalité ukrainienne en 2015, invité par le nouveau pouvoir à prendre la direction de la région d’Odessa et perdant dans la foulée sa nationalité géorgienne d’origine, puis en a été déchu à l’été 2017, après avoir accusé le président Petro Porochenko de corruption et d’entrave aux réformes.

 

Dès lors apatride et poursuivi par Kiev, il s’est réfugié un moment aux États-Unis, avant de retourner illégalement en Ukraine au mois de septembre dernier, via la Pologne, aidé par une centaine de ses partisans.

 

L’ancien gouverneur est accusé par Kiev d’avoir perçu de l’argent volé par Viktor Ianoukovitch, ancien président destitué par le Parlement après les événements de Maïdan, afin de tenter de prendre le pouvoir en Ukraine. Mikheil Saakachvili a déclaré aujourd’hui que le président Porochenko avait personnellement commandé son expulsion et réfute toute accusation de liens avec une organisation criminelle. L’ancien président, également condamné dans son pays natal pour « abus de pouvoir », y risque une peine d’emprisonnement de trois ans. Tbilissi réclame son extradition.

Source : RBC
 

Un tireur d’élite géorgien a nommé les noms des personnes impliquées dans les meurtres sur le Maidan

Un tireur d’élite géorgien a nommé les noms des personnes impliquées dans les meurtres sur le Maïdan

 

13 Février 2018

13 février 2018

Photo: image fixe de la vidéo

Texte: Olga Nikitina

https://vz.ru/news/2018/2/13/908013.html

 

Marianne nous envoie cette traduction, il est peu probable que nous aurons connaissance en occident sur qui étaient « les tireurs » du maIdan et qui a provoqué le coup d’Etat en Ukraine au nom de « la liberté » chère aux révolutions de couleur

 

(note de danielle Bleitrach, tradution de Marianne Dunlop pour histoire et société)


Le témoignage du tireur d’élite géorgien Alexandre Revazishvili, présent au Maïdan en février 2014, fait référence à ceux qui ont participé personnellement à l’assassinat de personnes lors des manifestations.

 

« [L’actuel chef du Comité de la Verkhovna Rada sur la sécurité nationale et de la défense Sergei] Pachinsky a tiré avec son fusil automatique de courtes rafales. [leDéputé de la Verkhovna Rada Vladimir] Parasyuk junior – de sa carabine « Saiga », son père – de la carabine SCS », – a déclaré Revazishvilidans un témoignage à son avocat, rapporte RIA Novosti.

 

Il est rapporté que, avec ces déclarations, le tireur d’élite géorgien est prêt à parler devant la justice ukrainienne.

 

Selonl’ancien militaire géorgien Koba Nergadze, c’est le conseiller de l’ex président géorgien Mikheïl Saakachvili, Mamuk Mamulashvili, désormais à la tête de la Légion géorgiennequi combat aux côtés des forces de sécurité ukrainiennes, qui l’avait invité avec  d’autres tireurs d’élite en Ukraine. Nergadze a déclaré que son groupe avait reçu 10 000 dollars, et 50 000 supplémentaires étaient promis après leur retour d’opération.

 

À la mi-décembre, les avocats de l’ancien président ukrainien Viktor Ianoukovitch ont présenté des preuves de la présence de mercenaires géorgiens lors de la session du tribunal de Kiev sur l’accusation de haute trahison lors des événements de Maydan en 2014.

 

Avant cela, l’avocat des ex-employés du « Berkout » Alexander Goroshinsky a raconté les détails de la fusillade au Maïdan en février 2014. Selon lui, les mercenaires étaient divisés en groupes de 10 personnes et tiraient sans discrimination, tant sur les manifestants que sur les forces de sécurité. Il a ajouté que pour l’exécution de la mission, les mercenaires se sont vu promettre une récompense monétaire de 5 000 dollars.

 

L’Ukraine déclare que la « décommunisation » est totale

L’Ukraine déclare que la « décommunisation » est totale

 

13 Février 2018
En revanche bien sûr la dénazification attendra, mieux la réhabilitation des tortionnaires et des collaborateurs du nazisme, leur célébration comme des héros de la nation est totale, tout cela sous le parrainage de l’UE, des USA, de l’OTAN, voire de BHL, Soros  et ses copains comme Edwyn Plenel… partout comme en Pologne sévit un institut de la mémoire. Mais en sommes-nous aussi éloignés qu’il paraît nous Français qui osons cautionner le totalitarisme qui crée un signe d’équivalence entre nazisme et communisme, entre Hitler et Staline y compris jusqu’à la direction actuelle du PCF.  
 
(note et traduction de Danielle Bleitrach)
 

Kharkov. Monument de Lénine démoli

Aleksey Golubov сс 4.0

12.02.2018, Kiev.

 

La décommunisation en Ukraine est achevée de facto, a déclaré le directeur de l’Institut ukrainien de la mémoire nationale, Vladimir Vyatrovitch, le samedi 10 février dans le cadre de l’ émission Interview de samedi sur Radio Liberty.

 

Vyatrovich a déclaré de facto l’achèvement de la décommunisation comme un processus de destruction des symboles soviétiques. « Nous avions des localités à ces noms – environ un millier d’entre eux. C’est presque tout ce qu’il y avait  », a-t-il dit. Il a également noté qu’environ 9-10 noms communistes « non évidents » sont laissés, qui, à son avis, relèvent des dispositions de la loi de décommunisation ukrainienne.

 

Vyatrovitch a également déclaré que presque tous les monuments de Vladimir Lénine sont détruits en Ukraine, tout comme les monuments des autres dirigeants communistes – environ 2,5 mille au total. Il a noté que seuls les monuments connus avaient été détruits, et que certains monuments « oubliés par tous » pouvaient encore rester dans les territoires des usines ou dans les villages.

 

Un certain nombre de lois de décommunisation ont été adoptées par la Verkhovnaya Rada (Parlement) le 9 mai 2015 *. Ils ont été signés par le président Porochenko le 15 mai. Ces lois interdisent toute utilisation de symboles soviétiques en Ukraine, condamnent le régime communiste, déclarent l’ouverture de toutes les archives du KGB.

 

Le 4 mai 2016, Vladimir Vyatrovich a déclaré que la décommunisation et la démolition des monuments soviétiques étaient une manière de lutter contre le monde russe ceci comme une manière d’annoncer le 9 mai qui est le Jour de la Victoire, il commémore la victoire de l’Union Soviétique sur l’Allemagne nazie dans la Grande Guerre Patriotique. Il est célébré par la Russie et d’autres pays de la CEI le 9 mai.

 

Source: Agence de presse Rossa Primavera

Opération « mains propres » dans la république russe du Daghestan

lundi 12 février 2018

Opération « mains propres » dans la république russe du Daghestan

Le nouveau gouverneur Vladimir Vassiliev, pour l'instant nommé par intérim en attendant les élections, a ouvert la chasse aux schémas mafieux qui infestaient le Daghestan. Arrestation des principaux figurants, démission collective du gouvernement local, contrôle des fonds sur lesquels les hauts fonctionnaires se font construire (illégalement) des palais sur les bords de la mer Caspienne. La tolérance face à la corruption appartient à une autre époque, la volonté politique d'en finir avec ce système féodal est affirmée. 
 
Le budget de la république russe fédérée du Daghestan dépend à plus de 70% du budget fédéral. La question de l'utilisation des fonds publics versés est d'autant plus sensible. Le nouveau gouverneur, un politicien de stature et de grande carrière, Vladimir Vassiliev, a été nommé à la tête de la république pour faire le ménage et rétablir l'état de droit. Vus les premiers résultats, il remplit sa mission avec célérité et sans compromis, ce qui est important dans cette région du Caucase du Nord, pour rompre le fonctionnement confortable clanique. 
 
Voici la vidéo de l'arrestation par le Comité d'enquête des membres du gouvernement : 
 

 
Ont été arrêtés le Premier ministre par intérim A. Gamidov, deux de ses adjoints C. Issaev et A. Youssoufov, le maire de Makhatchkala Moussa Moussaev et l'architecte en chef de la ville M. Guitinov. Le ministre de l'Education est sous enquête. Tout cela est le résultat d'un long travail d'enquête, selon V. Vassilev
 
Voici la vidéo de la perquisition : 
 

 
Le ministre de la construction, avec l'architecte en chef et Gamidov ont surévalué le prix du mètre carré, le passant de 25 450 roubles à 34 850 roubles le m2, facturant ainsi au budget un surplus de 386,2 millions de roubles lors de la construction de nouveaux bâtiments pour le relogement des habitants antérieurement logés dans des bâtiments menaçant ruine. Le ministère des Transports a également surfacturé des achats de meubles, la différence du coût ayant été détournée par une compagnie intermédiaire. Le ministre de l'Education est lui soupçonné d'avoir détourné plus de 90 millions de roubles lors de la construction d'une école. Etc. Le système de corruption était généralisé à toutes les sphères de pouvoir. La fonction n'était qu'un moyen d'enrichissement personnel. 
 
La Procuratura général a, mi-janvier, commencé un travail de vérification systématique de la république du Daghestan. Les résultats sont effrayants. Dans la foulée, un nouveau procureur a été nommé dans la région, Denys Popov, venant de Khakassie, où il était spécialisé dans la lutte contre la corruption. 
 
2430 violations de la législation mises à jour, 71 affaires pénales ouvertes et 433 affaires ressortant de la responsabilité administrative. Selon le Procureur général, les fonctionnaires de la république ont totalement perdu le sens des réalités. 
 
Dans le ministère de l'Education, alors que les salaires des enseignants dans la république ne sont pas payés à temps et que le budget leur doit une somme considérable, le ministère s'est octroyé un bonus de fin d'année de plus de 400 000 roubles. 
 
Les achats publics se font parfois sans appels d'offre préalables, sans même publication de l'information. Ainsi, le ministère du Travail et du développement social du Daghestan a conclu deux contrats à hauteur de 740 millions de roubles avec une compagnie, qui a été créée un mois avant la conclusion des contrats et enregistrée au nom  du père de l'un des membres du ministère.  
 
La collusion entre la fonction publique et le business est incontournable, tout comme le mode de recrutement par cooptation. La Procuratura a mis à jour plus de 350 violations de la législation anticorruption. 7 vice-ministres n'ont pas déclaré leurs liens avec le business, tout comme 6 conseillers de hauts fonctionnaires et 14 autres fonctionnaires. 
 
Le Procureur général Tchaïka a également souligné que les plus grandes demeures construites illégalement sur les bords de la mer Caspienne privatisant l'accès à la mer, mais "légalisées" par les députés, appartiennent en général aux fonctionnaires de la république. Il faut absolument vérifier au cas par cas sur quels fonds a été contruite chaque maison. 
 
Les temps changent, le pouvoir central tente de reprendre la main sur la république. Comme l'a déclaré le gouverneur Vassiliev:
"Nous avons vaincu le banditisme et le terrorisme. Maintenant, il nous faut vaincre la corruption. Si quelqu'un a encore un doute, il vaut mieux qu'il donne sa démission."

Ksénia Sobchak a du mal à s'imposer aux Etats-Unis

jeudi 8 février 2018

Ksénia Sobchak a du mal à s'imposer aux Etats-Unis

Alors que les élections présidentielles russes doivent se dérouler le 18 mars et que Ksénia Sobchak a obtenu les signatures nécessaires à officialiser sa candidature, ce qui a été fait par la Commission centrale électorale, elle fait une grande tournée américaine. Etrange. Enfin, s'il s'agit d'obtenir un soutien populaire dans son pays. Mais pas vraiment s'il s'agit de convaincre les sponsors. Ceux qui s'occupent de l'opposition dite "libérale" en Russie. En ce sens, Ksénia Sobchak ne déroge pas à la grande tradition "démocratico-libérale" qui s'est installée lors de la chute de l'URSS.
 
En automne 1989, Boris Eltsine, alors simple député soviétique, rend sa première visite aux Etats-Unis, sur invitation d'un membre du Congrès. Afin de ne pas froisser Gorbatchev, George Bush décide de ne pas recevoir officiellement Eltsine à la Maison Blanche, mais le fait recevoir par son Conseiller pour la sécurité nationale ... et à cette occasion le rencontre non officiellement, par "hasard". Cette poignée de main avec Bush père a largement aidé Eltsine à renforcer sa position intérieure, à former cette image de l'opposant N°1.
 
Ksénia Sobchak tente désespérément de marcher sur les pas de Eltsine avec cette visite aux Etats-Unis. Il est vrai que l'échec du projet Navalny ouvre une porte: il a montré à ses sponsors son inexistence politique, se démenant principalement dans l'activisme de rue. La place peut être reprise. Pourquoi pas par Sobchak? Elle a en plus la chance d'avoir eu un père, et certains disent même un parrain. Quoi qu'il en soit, elle est intégrée dans les milieux de pouvoir.
 
Mais sa réputation est sulfureuse. Elle a beau commencer à s'indigner de la comparaison faite avec Paris Hilton, elle a beau vouloir s'arroger une grande activité politique "sérieuse" en Russie, elle ne convainc pas. 
 
La presse américaine n'accroche pas. A juste titre, elle lui reconnaît le mérite d'apporter du glamour dans la campagne électorale, plus que des idées:
L'on appréciera la photo d'en-tête de l'article sur sa venue aux Etats-Unis dans le New York Post
Non, vraiment je ne vois pas d'où peut venir cette idée saugrenue de la comparer avec Paris Hilton ...
 
Pendant ce temps-là, Ksénia Sobchak tente d'exister politiquement Outre-Atlantique, et d'expliquer à la presse qu'elle est quelqu'un d'important. Assez pathétique, mais que faire, allégeance oblige ...
Il faut lui reconnaître que son espace politique potentiel est assez réduit et que la concurrence est rude, car finalement rien ne la différencie de ses acolytes "libéraux" moscovites, surtout pas son rating. Comme eux, elle ne représente aucune force politique à l'intérieure du pays. Voici les derniers sondages en vue des élections - dans l'ordre Poutine, Groudinine, Jirinovsky, Sobchak, Iavlinsky et Titov:
En attendant donc son petit-déjeuner présidentiel, raison de son voyage, en compagnie de plus de 3 000 invités, où elle n'a pas été invitée, évidemment, pour prendre la parole mais pour applaudir, comme au bon vieux temps de la Russie post-soviétique servile, elle réussit son passage obligé par les Centres américains coordonnant l'opposition radicale en Russie. En l'occurrence, il s'agit du CSIS (Center for Strategic and International Studies), ONG fondée en 1962, notamment par l'Amiral A. Burke, où l'on retrouve des anciens diplomates, sénateurs et membres de Congrès, et divers hommes influents de la politique américaine.
 
Le discours qu'elle y a fait est sans surprise: 

Dans ce qu'elle appelle le futur "post-autoritaire" de la Russie, considérant donc comme il convient le présent d'autoritaire, elle imagine une Russie libérée de son président et laissée aux mains du parlementarisme. Il est amusant de noter que tous les opposants à la Russie, que ce soit sous l'Ancien régime ou aujourd'hui, veulent absolument tuer le centre de pouvoir et noyer le pays dans le parlementarisme. Il est vrai que cela permettrait de plus facilement le découper par la suite, comme l'histoire l'a également montré. 

 

D'autant plus qu'elle ressort l'idée éculée de l'intégration du pays dans l'UE. Vue la taille de la Russie, l'on ne sait pas qui absorberait qui ... D'où l'importance du parlementarisme et donc du découpage. Pour faciliter la digestion.

 

Sur les sujets conflictuels, elle est parfaitement dans les règles. L'OTAN ne représente aucun danger pour la Russie. La Crimée est annexée. Mais comme la population locale est quand même favorable à la Russie, et est russe, il faut un référendum. Il y en a déjà eu un me direz-vous? Certes, mais il en faut un autre - qui englobe la population de l'Ukraine et de la Russie. Etrange référendum ... pas vraiment locale. Mais tel est manifestement le but. Pour le Donbass, évidemment, la Russie est l'agresseur. Les fameuses troupes russes doivent se retirer. Les autres peuvent en revanche rester, semble-t-il.

 

Et Poutine. Incontournable. C'est vrai, il est populaire. Mais son électorat est conservateur - comprenez rétrograde. Le problème est qu'il est là - cet électorat et qu'elle, Ksénia Sobchak, n'a aucun argument pour le faire changer d'avis:

“Millions of people vote for him. this is also the truth we have to live with. Many people really support him … because they are quite conservative…because they gained more money than they did in the 1990’s.”

Et n'oublions pas les hackers, car il faut bien justifier les sanctions. Rassurez-vous, ils sont bien russes, Sobchak en est certaine:
In the AP interview, Sobchak said she believes Russian hackers working with the government interfered in the 2016 U.S. presidential election — something the Kremlin has steadfastly denied.
"I think those hackers, of course, they were Russian, and it had to do something with the government," she said. "I don't rule out this kind of meddling."
Et comme ses petits camarades, elle apporte sa contribution aux "listes" diverses et variées de sanctions à prendre contre la Russie:
She said she would suggest adding more names to the list when she speaks with U.S. officials during an upcoming trip to the United States.
She singled out cellist Sergei Roldugin, whose $2 billion in offshore assets publicized in the so-called Panama Papers in 2016 were allegedly linked to Putin.
"I think Roldugin should be added to the list," Sobchak said, noting that she believes she would also share the names of Russian generals and others who were involved in Russian actions in Ukraine to be added as potential targets of U.S. sanctions.
"I'm a politician who's against corruption that Putin has done in our country," she said.
Bref, en pleine campagne électorale, russe j'entends, Ksénia Sobchak fait son opération de séduction aux Etats-Unis. Pour 2018, elle sait qu'elle va perdre. Mais c'est le dernier mandat de Poutine et elle est pleine d'espoir. Peut-être sera-t-il possible de refaire un 91, de suffisamment déstabiliser la situation pour que ces "libéraux" puissent reprendre le pouvoir ?
 
Elle nie être pour la révolution, mais ces individus ne peuvent accéder au pouvoir autrement. Et tout son comportement affirme le contraire: elle prépare ses sponsors et ses alliés Outre-atlantiques pour les prochaines élections, pas celles-ci. Elles seront effectivement un véritable test de résistance pour se système politique russe, système, au-delà de la personne.
 

Baisse significative et continue de la population carcérale en Russie

mercredi 7 février 2018

Baisse significative et continue de la population carcérale en Russie

En 10 ans, la Russie a vu diminuer sa population carcérale de manière systématique et continue pour enfin revenir, en 2017, aux chiffres de l'Union soviétique. Celle des enfants a même été divisée par 7 en 10 ans. Un excellent signe de la bonne santé de la société. 
 
Dans les années 1997-2000, la population carcérale russe flirtait avec le million de personnes. Le pic a été atteint en 2000 avec 1,92 million. Depuis, la courbe de baisse est significative et continue. Au 1er janvier 2018, la Russie est arrivée à un peu plus de 600 000 personnes détenues. Autrement dit, sa population carcérale a été divisée par trois en 18 ans. Ce qui est un exploit à souligner.
 
Voici un tableau récapitulatif de l'évolution de ces dernières années, réalisé à partir des statistiques du Service fédéral de l'exécution des peines et de leur reprise dans le journal Nevolia.
Quelques conclusions peuvent déjà être tirées:
 
La tendance à la baisse de la population carcérale est continue, elle est donc le résultat d'un changement systémique de la politique pénale. Bien que 2017 ait été considérée comme la date barrière, puisque la Russie est enfin revenue aux chiffres de l'Union soviétique, la dynamique positive continue.
 
La baisse de la population carcérale des mineurs est la plus significative, elle a quasiment été divisée par 7. Cet indicateur est un excellent signe de la santé de la société.
 
Le nombre de personnes en détentation provisoire est également à la baisse, d'un tiers environ, ce qui montre un changement dans la mentalité des juges et une approche plus personnalisée.
 
Ces chiffres sont intéressants, surtout si on rappelle ceux des Etats-Unis, où le principe de l'incarcération de masse met systématiquement le pays en première place mondiale pour le nombre de détenus:

Aux États-Unis, 710 habitants sur 100 000 sont incarcérés. Tous paliers confondus, le pays compte 2,3 millions de détenus. Ce chiffre regroupe à la fois les institutions fédérales et régionales. Avec une population de 315 millions d'habitants, les États-Unis ont le plus haut taux d'incarcérés mondialement. En effet, un citoyen américain en âge d'entrer en prison sur cent est incarcéré.
D'une manière générale, les Etat-Unis représentent 5% de la population mondiale, mais 25% de la population carcérale mondiale. Ils ont 7 fois plus de prisonniers que la France, 11 fois plus que la Hollande et 15 fois plus que le Japon. 
 
Si l'on ramène le nombre de personnes incarcérées à la population du pays (données publiées en 2016), ce qui permet de comprendre l'ampleur nationale de la population carcérale, la Russie occupe la 10e place, avec 442 détenus pour 100 mille habitants. La tête du palmarès est détenue cette fois-ci par les Iles Seychelles avec 799, suivies par les Etats-Unis avec 698 (sachant que 2015 est l'année où le taux d'incarcération aux Etats-Unis est momentanément tombé au plus bas depuis 1997). 
 
Bref, des données rassurantes sur la dynamique de la politique pénale mise en place en Russie, allant vers une plus grande humanisation et individualisation des peines.
 

Ukraine : quand les fascistes dictent leur loi - Milice néo-nazie - Censure - Anti-sémitisme...

4 février 2018
Ukraine : quand les fascistes dictent leur loi - Milice néo-nazie - Censure - Anti-sémitisme...
 
Ukraine : quand une nouvelle milice néo-nazie fait la police
 
Mis en ligne le 2/02/2018
Stéphane Siohan
 
Le très décrié Bataillon Azov vient de donner naissance à une « Milice nationale » censée faire régner l’ordre, avec la bénédiction tacite du ministère de l’Intérieur. Inquiétant.
 
Des membres de la garde du tristement célèbre bataillon Azov.
Vu sur le site du journal belge "Le Soir"

Ukraine : une mémoire de la Shoah qui ne passe pas

 

Lors d'une série de conférences en Ukraine autour du documentaire sur Louise Pikovsky, une élève juive déportée, son auteure, Stéphanie Trouillard, a constaté que la Shoah y est encore souvent un sujet sensible, passé sous silence. Carnet de voyage.

Ukraine : une mémoire de la Shoah qui ne passe pas - France 24
 
Lors d'une série de conférences en Ukraine autour du documentaire sur Louise Pikovsky, une élève juive déportée, son auteure, Stéphanie Trouillard, a constaté que la Shoah y est encore souv...
 
 

La nostalgie du communisme réunit les fidèles de l’URSS en Asie Centrale

La nostalgie du communisme réunit les fidèles de l’URSS en Asie Centrale

 

05 Février 2018
Toujours de ce site bien informé bien qu’anti-soviétique qui rend compte des manifestations et des tendances non sans les caricaturer, noter que le drapeau soviétique doit toujours être « rapé », mais il est néanmoins intéressant le constat qui est fait de la division des communistes, entre ceux qui souhaitent garder la pureté doctrinaire et les autres qui veulent adapter, les premiers ont déjà donné avec le gorbartchévisme et même pensent-ils le khrouchtchevisme et les autres lorgnent l’expérience chinoise. C’est un débat qui porte moins sur les mérites de l’URSS reconnus que sur ce qui a entraîné sa dissolution, moins voulue en Asie centrale que partout ailleurs si on en croit les résultats du référendum de 1991 sur le maintien de l’URSS. On a cru en France en la prophétie d’Hélène Carrère d’encausse sur l’éclatement de l’Union soviétique comme un empire colonial. En fait l’éclatement est parti non des zones périphériques comme elle le décrivait mais du centre même, des pays baltes qui ont répoussé l’URSS, et surtout de la principale pièce du dispositif la fédération de Russie avec son président du parti communiste d’alors Eltsine qui a littéralement dynamité l’URSS et Gorbatchev en utilisant le désordre que ce dernier avait créé dans l’économie et la société.
 
(note de Danielle Bleitrach)
10 novembre 2012

 0Le 7 novembre 2012 fût une journée bien particulière pour les adeptes du communisme. Cette date marque en effet le 95e anniversaire de la Révolution d’Octobre de 1917, genèse de l’histoire soviétique. Coïncidant cette année, ironie du sort, avec les élections présidentielles aux États-Unis, la manifestation a réuni les communistes Kirghizes sous les drapeaux râpés de la faucille et du marteau.

 

Le lieu de la manifestation s’est imposé à ses organisateurs comme une évidence. Difficile de trouver endroit plus approprié pour l’évènement que la place ancienne au centre de Bichkek, et sa statue de Vladimir Lénine, le bras tendu vers des lendemains qui chantent.

 

Les manifestants ont pris place en face du siège du Gouvernement, vide ce mercredi 7 novembre, jour férié au Kirghizstan. Des communistes jeunes et vieux, entourés de symboles soviétiques, drapeaux écarlates, faucilles dorés, bannières aux slogans glorifiant la Révolution, ont pu écouter les dirigeants du mouvement, Klara Adjybekova et Isskhaque Masaliev.

 

ABC
Klara Adjybekova, leader du parti communiste kirghiz d’URSS. Crédit : Aïdaï Erikova

 

Depuis la scission du parti communiste Kirghiz 1999, il y a deux partis communistes au Kirghizstan. Le premier, sous la direction de Klara Adjybekova, s’efforce de préserver la pureté des idéaux marxistes-léninistes originels. Le second, dirigé par Isskhaque Masaliev, tâche d’adapter le communisme aux conditions de l’Etat souverain. Divisé entre ces deux partis, l’électorat communiste n’a pas réussi à réunir suffisamment de suffrages pour entrer au gouvernement en 2010. Pendant la manifestation, les leaders des deux partis se sont accordés sur la même priorité : « Nous désirons que chaque citoyen puisse mener sa vie dignement ».

 

Une partie de la population garde en mémoire les avantages offerts par le régime communiste, avec en premier lieu l’assurance d’un travail, d’une formation, et dans une certaine mesure, de la satisfaction des besoins élémentaires de l’homme. Cette nostalgie explique amplement la popularité de la doctrine communiste au Kirghizstan et au-delà, dans l’Asie Centrale et la CEI.

 

C’est ainsi que lors des élections à la Douma d’Etat [Le parlement russe] en décembre 2011, le parti Communiste de la Fédération de la Russie [KPRF] dirigé par Gennadiï Zuganov a obtenu 19,51% et est devenu le deuxième parti de Russie, après le parti présidentiel « Edinaïa Rossia » [« Russie unie »].

 

Au Kazakhstan les disciples du marxisme-léninisme sont représentés par le Parti Communiste du Kazakhstan [KPK] , composé de 54 246 membres [d’après les chiffres de la Commission électorale]. Cependent en octobre 2011 l’action du KPK a été arrêtée par la Cour interrégionale sur la responsabilité administrative d’Almaty. Le gouvernement a décidé d’intenter cette procédure suite à un soupçon quant à un lien entre le leader des communistes Kazakhs, Gaziz Aldamdjarov, et le mouvement d’opposition « Front populaire ». Cette interdiction est encore actuelle.

 

Les communistes tadjiks sont réunis dans le CRT, le Parti Communiste Tadjik , favorable à la  construction d’un Etat socialiste. Aux élections de 2010, le parti a obtenu 7% des voix et a pu envoyer deux députés à la Chambre basse du Parlement Tadjik.

 

Le Parti national-démocratique [NDP] regroupe quant à lui  les communistes ouzbeks. Entre 2009 et 2010,  ce parti était représenté au Parlement par 31 députés sur 150. Aujourd’hui la fraction de NDP au Parlement ouzbek comprend 29 membres, soit 19% des députés. Le but principal du NDP est de devenir un parti du pouvoir et d’influencer les décisions du Parlement, malgré le fait que leurs adversaires politiques le considèrent comme un parti peu progressif.

 

Âgé de 21 ans, Gleb Khim, membre du Parti Communiste du Kirghizstan, affirme : « Le socialisme est notre avenir. Tôt ou tard, l’humanité retournera vers le communisme parce que seul le communisme est le bon chemin », en ajoutant qu’il y a environ 10 000 membres répertoriés dans son parti.

 

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Un manifestant arborant une pancarte du camarade Lénine. Crédit : Aïdaï Erikova

 

Tout le monde n’accepte pourtant pas l’avenir offert par les partis communistes. Professeur à l’Université Kirghizo-Russo Slave, Marat Kazakpaev déclare : « Ce sont des partis mourants dirigés par de vieux politiciens. Naturellement, quelques uns dans notre pays [Kirghizstan] sont nostalgiques de l’URSS. Mais marcher à reculons est impossible et trompeur. Quand on parle de l’URSS, il faut comprendre qu’aux côtés des aspects positifs du communisme, les violations des Droits de l’Homme faisaient partie du système ».

 

D’autre part, les divergences entre les partis communistes sont perceptibles. Malgré l’unité extérieure, mise en évidence par les chefs des partis pendent la manifestation du 7 novembre, la division idéologique parmi les cadres du même mouvement vulnérabilise les deux partis communistes kirghizs.


Le communisme kirghiz ne se limite d’ailleurs pas à ces deux seuls partis : un autre mouvement est représenté par le « Comité Central du Parti Communiste de l’URSS auprès du XXème congrès ».

 

Ce dernier s’est démarqué du Parti Communiste du Kirghizstan après que Klara Adjybekova ait voté en faveur de la propriété privée à la séance plénière du Parlement. Aujourd’hui les membres de ce mouvement défendent encore la dictature du prolétariat, en suivant de manière puritaine les dogmes marxistes abandonnés lors du vingtième congrès.

 

Quoi qu’il en soit, « la nostalgie du communisme » semble garder une place prépondérante dans les cœurs des anciennes générations. Mais les contradictions entre les différents courants du mouvement communiste montrent la vulnérabilité à l’intérieur du Parti. Au point de se demander si le communisme est encore possible dans des conditions d’un pays souverain influencé par la mondialisation.

 

Aïdaï Erikova
Rédactrice en chef de Francekoul.com 

 

Relu par 
Pierre Sautreuil
Stéphane Vinçon 

Une alternative pour le Kirghizstan : les communistes s’organisent

Une alternative pour le Kirghizstan : les communistes s’organisent

 

04 Février 2018

Action coup de poing lors de laquelle l’avenue Tchouï a été renommée Avenue Staline
04 février 2018
 
Un site très bien informé et qui  n’est pas particulièrement pro-soviétique , c’est même une litote…
(note de danielle Bleitrach)
 

https://www.novastan.org/fr/kirghizstan/une-alternative-pour-le-kirghizstan-les-communistes-sorganisent/

Peu après la prise de pouvoir de Sooronbaï Jeenbekov à la dernière élection présidentielle, « Nouvelle Voie », un nouveau mouvement, est apparu dans le paysage politique du Kirghizstan. Fondée en tant qu’organisation non-gouvernementale, l’association communiste milite pour l’avènement d’un Kirghizstan socialiste. Quels sont les enjeux de ce mouvement ? Pourquoi le communisme reste-t-il, pour certains Kirghiz, une idéologie politique encore convaincante ?

 

Novastan reprend et traduit un article initialement paru dans notre version allemande.

 

À Bichkek, l’été dernier, une action coup de poing révélait un nouveau mouvement politique. En pleine nuit, des activistes ont rebaptisé l’avenue Tchouï, axe principal du centre-ville. Le mot « Tchouï » a été ainsi remplacé : la route qui borde la Maison Blanche et la place Ala-Too s’appelle désormais « Avenue Staline ». L’affaire a agité les médias kirghiz et un groupe de jeunes adultes a revendiqué l’action. Ils se nomment les « Nouveaux Staliniens ».

 

Amantour Manapbaev, 22 ans, est l’un d’entre eux. Pour cette action, il a déjà subi plusieurs gardes à vue et interrogatoires. Mais les autorités l’ont finalement libéré. Tout ce retentissement autour de cette action étonne le jeune militant. Après tout, la route avait déjà porté ce nom à l’époque soviétique. Ce sont les autres qui l’ont rebaptisée. « C’était indispensable de rappeler à la société, et surtout aux puissants, le nom de Staline. Car notre pays vit aujourd’hui dans le chaos. Et un homme comme Staline pourrait y mettre un terme. », explique Amantour  Manapbaev pour justifier cette action.

 

Amantour Manapbaev Activiste

Amantour Manapbaev, activiste communiste kirghiz de 22 ans

C’est après la lecture d’une biographie de Lénine qu’il est devenu fervent communiste. Lorsqu’il a fêté ses 18 ans, Amantour Manapbaev a adhéré au Parti communiste du Kirghizstan. Depuis, il travaille à plein temps pour le parti et est en charge des relations publiques. Il voit alors dans le socialisme le seul moyen de résoudre les problèmes économiques, sociaux et politique de son pays.

 

Nationalisation partielle des entreprises kirghizes

 

Aujourd’hui, il ne souhaite pas le retour du système soviétique et il ne considère pas l’abolition absolue de la propriété privée comme indispensable. « Il est préférable de ne nationaliser que les filières stratégiques de l’économie. Les petites et moyennes entreprises conserveraient leur liberté d’action, mais les grandes entreprises appartiendraient pour 51% à l’État et pour 49% au secteur privé. C’est le système le plus efficace en matière économique », estime-t-il.

 

 

S’il parvenait au pouvoir avec le mouvement communiste, il rendrait, d’ailleurs, la mine d’or de Koumtorau peuple kirghiz.

 

Lire aussi sur Novastan : Koumtor : combien d’onces d’or coûte une vie humaine ?

 

Staline est un de ses plus grands modèles, même si Amantour admet que des « atrocités excessives » sont survenues lorsqu’il détenait le pouvoir. Pourtant, le jeune homme de 22 ans reste impressionné par l’efficacité avec laquelle Staline réalisa tant de choses en si peu de temps.

 

Le communisme, une quête d’identité

 

Mais pourquoi tant de jeunes se sentent-ils, à l’image d’Amantour, attirés par un modèle politique et social pourtant responsable en grande partie des problèmes économiques et sociaux que connaît actuellement le pays ? Le professeur Emil Nasritdinov est chercheur en sciences sociales à l’American University of Central Asia (AUCA) et mène des recherches sur la culture de la jeunesse en Asie centrale.

 

Selon lui, la recherche d’une identité commune est aujourd’hui le plus grand défi posé aux jeunes générations. À l’époque communiste, chacun avait une place dans la société et la cohésion entre adolescents était forte. « La jeunesse se partageait la ville. Chaque quartier avait même son surnom et on savait exactement qui y vivait. Chacun de ces microdistricts avait son identité, c’était un moyen de se définir ».

 

Lire aussi sur Novastan : La nostalgie du communisme réunit les fidèles de l’URSS en Asie centrale

 

Ces souvenirs sont transmis par les générations qui ont vécu cette époque. Les jeunes sympathisants de l’idéal communiste sont souvent marqués par les récits de leurs parents.

 

Un mouvement avec peu d’influence

 

Le père d’Amantour Manapbaev était lui-même fervent communiste. Sa mère, en revanche, a commencé à se faire du souci lorsque son fils a annoncé sa volonté de rejoindre le parti. Et, parmi ses amis, bien peu se laissent enthousiasmer par son idéal. Peut-être trouvent-ils ses idées trop radicales. Il soutient notamment la peine de mort, suivant l’exemple du socialisme chinois, notamment pour les cas de corruption.

 

 

Des activistes du mouvement « Nouvelle Voie » défendant l’idéal communiste

 

Sur les réseaux sociaux, Amantour Manapbaev a longuement tenté de convaincre les jeunes de soutenir sa cause. En vain. « L’électorat est très différent ici. Les gens ont subi un véritable bourrage de crâne. Mais, quand on va dans les régions rurales pour y faire signer des pétitions, on a beaucoup plus de succès. Les petites gens nous soutiennent. »

 

Malgré tout, Amantour Manapbaev reste attaché à son rêve d’un Kirghizstan socialiste. En décembre 2017, il annonce la création de l’ONG « Nouvelle Voie ». Un contre-projet face au programme de développement national mené par le nouveau présidentSooronbaï Jeenbekov, qui, selon lui, n’offre pas de réponses à long terme aux problèmes que connaît actuellement le pays.

 

Lire aussi sur Novastan : Kazakhstan : comment la pop et le rock ont affaibli le pouvoir soviétique

 

L’organisation communiste défend la mise en place d’un plan quinquennal pour le développement social du pays. Mais elle n’a pas encore fait connaître de plan d’action précis. Le nouveau mouvement peine toutefois à se faire connaître du grand public au Kirghizstan.

 

Janina Lackmann
Rédactrice en chef de Novastan

 

Traduit de l’allemand par Antoine Roth et Élodie Vouaux

 

Édité par Jérémy Lonjon
Rédacteur en chef de Novastan

Plus de 60 000 personnes se rassemblent dans le centre de Moscou pour soutenir les athlètes russes et célébrer Stalingrad

Plus de 60 000 personnes se rassemblent dans le centre de Moscou pour soutenir les athlètes russes et célébrer Stalingrad

 

04 Février 2018

L’événement est célébré à la veille des Jeux Olympiques. d’hiver, qui débutera ce 9 février en Corée du Sud.

 

Plus de 60 000 personnes se rassemblent dans le centre de Moscou pour soutenir les athlètes russes

Les participants du rallye «La Russie est dans mon cœur!», Au centre de Moscou.

Des dizaines de milliers de personnes ont participé ce samedi à un rassemblement au centre de Moscou sous le slogan « La Russie est dans mon cœur! » . L’événement a été organisé en soutien aux athlètes russes à la veille des Jeux Olympiques. d’hiver, qui débutera ce 9 février dans la ville sud-coréenne de Pyeongchang.

 

Un autre but du rassemblement est d’honorer la mémoire des héros soviétiques morts lors de la bataille de Stalingrad , l’une des plus sanglantes contre le nazisme, ce n’est pas un hasard  si .les Russes mêlent ces événements. Comme il n’est pas non plus un hasard qu’un film qui raconte l’histoire d’un match sportif entre Américains et Russes du temps de l’uNion soviétique remporté par ces derniers a été le grand succès au box office russe. Le président du Parti communiste de la fédération de Russie et le candidat des communistes ont repris une proposition qui connaît un grand succès/ ils veulent nous humilier en interdisant à nos Athlètes à défiler derrière le drapeau russe, pour quoi ne pas défiler derrière le drapeau de la victoire sur l’Allemagne nazie?

 

 La référence à l’Union soviétique et en particulier à Staline est une revendication à la dignité autant qu’à l’efficacité, au refus de la corruption autant qu’au refus des ingérences étrangères.
 

« Plus de 60 000 personnes participent à l’événement, et des policiers, des représentants de la Garde nationale russe et un groupe de volontaires veillent à l’ordre public », indique le  communiqué  du ministère russe de l’Intérieur, il négait, il faisait très froid, mais visiblement cela n’a pas freiné les ardeurs.

 

En raison du grand nombre de participants au rassemblement, les autorités moscovites ont coupé plusieurs rues dans le centre de la capitale. Un concert a eu lieu sur la Place Rouge pendant l’événement.

 

Ce 3 février, aux manifestations et concerts sous le slogan « La Russie est dans mon coeur! » Plus de 520 000 personnes ont participé dans 129 villes du pays.

 

A qui profite l’appel au boycott de l’élection présidentielle russe ?

A qui profite l’appel au boycott de l’élection présidentielle russe ?

 

04 Février 2018

Publié le par Boyer Jakline

Serguéï Udaltsov,  « Front de gauche  » à la russe….

Retour sur les enjeux de l’élection présidentielle tels que le faux duel Navalny-Poutine, rabâché ici, ne permet pas de les apprécier. 

 

Portrait d’un nouveau venu dans ce blog.

 

Serguéï Udaltsov 41 ans, est avocat. Il est dans la politique depuis de nombreuses années, dans des partis d’extrême gauche, défendant l’héritage soviétique.  Avec toujours une dimension  « patriotique ». Il fut un moment l’avocat de l’une des Pussy Riot. Condamné à 4 ans et demi de prison pour activité  « extrémiste » (je ne sais pas bien ce que cela signifie. J.B) … il est sorti en août 2017 au bout de 3 ans. Il est désormais présent sur la plateforme du KPRF, soutien à Pavel Groudinine  « front de gauche », candidat proposé par le KPRF.

 

Extrait de son article, paru le 11 janvier dernier dans le journal  « Svobodnaya pressa » (  en français :: presse libre )

 « ….  Quand le boycott se justifie-t-il :

 

1- quand la loi prévoit un seuil minimum de participation,

 

2- quand appellent au boycott les principales forces politiques d’opposition,

 

3- quand parmi les candidats il n’y en a pas un qui porte une réelle concurrence au candidat du pouvoir.

 

Tous ces critères sont largement absents.

 

Les forces d’opposition s’apprêtent à prendre part à la compétition électorale: Pavel Groudinine, du bloc de la gauche patriotique,  Grigorii Yavlinski, Boris Titov, Ksénia Sobtchak pour les libéraux. Pour les amateurs de fun, Jirinovski et Gordon. Donc, pas de large coalition pro-boycott. Que cela plaise ou non, le boycott n’aura pas lieu. A l’inverse la tactique efficace de l’opposition c’est susciter une participation massive aux élections.

 

Et du coup, la campagne pour le boycott, que cela soit voulu ou non, favorise le Kremlin, car ne permet pas à l’opposition de se rassembler autour de celui qui est le plus à même  d’affronter le candidat Poutine.

 

Cet appel à  « la grève des électeurs  » est un appel à la grève de la raison, conclut S. Udaltsov.

 

Il faut savoir que l’essentiel des idées portées par Alekséï Navalny seront présentes dans le scrutin puisque est apparue une nouvelle candidate, Ksénia Sobtchak dont le programme est  « contre tous » (les candidats), façon de laisser le champ libre au favori, soit le président sortant.

 

Vladimir Poutine vise la réélection au premier tour. Pavel Groudinine son opposant le plus vigoureux veut empêcher ce scénario et plus…. si affinité.

 

 

Filipov et les bombardements d'Idlib: pourquoi la presse occidentale soutient-elle les terroristes?

Mardi 6 février 2018

Filipov et les bombardements d'Idlib : pourquoi la presse occidentale soutient-elle les terroristes?

 
Roman Filipov, pilote russe en mission en Syrie contre le terrorisme, vient d'être abattu par des terroristes, étrangement entrés en possession de missiles sols-airs portatifs. Sans que cette question ne soit examinée par la communauté internationale, la Russie et le Gouvernement syrien sont accusés de tous les maux en raison du combat qu'ils mènent contre le bastion terroriste d'Idlib, qualifié de "modéré" par la presse française. 
 
Manifestement, la farce médiatique ne recule devant aucune compromission. Comme si le simple fait de "tuer du Russe" justifiait tous les pardons. En sommes-nous arrivés là? Retour sur un évènement et sa communication très ciblée. 
 
Récemment, les "rebelles" sont entrés en possession de missiles anti-aériens portatifs. La grande question étant de savoir comment .... vraiment, aucune idée. 
 
Alors que l'armée régulière syrienne, appuyée par l'aviation russe, tente de nettoyer le dernier bastion terroriste dans la province de Idlib, un avion SU 25 russe a été abattu - par ces "rebels". Il est vrai que pour la presse française, ils sont "modérés" (sic!). Voir cet article de Ouest-France:
Dans la province d’Idlib, la dernière aux mains des rebelles, plusieurs factions opèrent, des « modérés » de l’Armée syrienne libre aux extrémistes djihadistes de Hayat Tahrir al-Cham, autrefois affiliés à al-Qaida.
Autrement dit, ce sont des terroristes modérés de Al Quaida ... qui se défendaient contre une agression russe? Il est vrai que le même journal fonde son article sur le très controversé Observatoire syrien basé à Londres qualifié de "source sûre". Rien à ajouter. 
 
Donc l'aviation est abattu par les terroristes modérés alors que la Russie a le mauvais goût de lutter contre ces rebelles "qui font du bon boulot" selon notre ancien ministre des Affaires étrangères. Ce pilote, lui aussi, a la mauvaise idée de ne pas simplement se rendre (après tout ce sont des modérés ...) ou, encore mieux, de se faire tuer. Non. Il se bat en héros jusqu'au bout, laisse approcher les terroristes, tire tant qu'il peut et lorsque les barbares sont assez proches, il se fait exploser avec une grenade, emportant avec lui autant qu'il le peut de ces monstres modérés pro-occidentaux. 
 
Attention, la vidéo est très violente (+18 ans)
 

 
Alors que l'on entend les terroristes jubiler au moment où ils ont touché l'avion, lorsque Roman Filipov, le pilote se fait exploser, il a le courage de crier:
Ca, c'est pour les gars!
Ce comportement héroïque semble déranger, presque viscéralement, la presse française, où l'on peut lire, que le pilote s'est simplement fait tuer par les "rebelles":
Un pilote russe a été tué dans le nord-ouest de la Syrie après la destruction de son avion, un Soukhoï SU-25, par des tirs d'un groupe jihadiste contrôlant la province d'Idleb, cible d'une vaste offensive des forces prorégime alliées à Moscou.
L'on comprend que c'est en plus un peu de sa faute: que vient-il bombarder des zones terroristes ...:
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), l'avion russe a été abattu samedi au-dessus de la ville de Maasran. Le pilote, qui a réussi à sauter en parachute avant d'être capturé, a eu recours à son arme à feu avant d'être abattu. (...) "Il y a eu des dizaines de frappes russes sur la zone au cours des dernières 24 heures. Cet avion aussi menait des raids", a affirmé le directeur de l'Observatoire, Rami Abdel Rahmane.
Sans commentaire. 
 
Mais l'infamie ne s'arrête pas ici. Toujours sur la base des informations délivrées par les ONG pro-occidentale, l'armée régulière et la Russie sont accusées de recourir aux armes chimiques contre les habitants de la région et de volontairement bombarder les hôpitaux. Il faut bien faire oublier la question des armes, des terroristes ... il faut des victimes innocentes.


Pendant ce temps-là à l'ONU, les Etats-Unis continuent à accuser la Russie de ne pas remplir ses obligations et de couvrir les exactions chimiques.
Non, vraiment, quelle coïncidence, je n'en reviens pas ... Justement les Etats-Unis refusent de modifier le fonctionnement de l'organe de contrôle des attaques chimiques en l'obligeant à aller contrôler sur place et non pas à simplement reprendre aveuglément les accusations des ONG pro-occidentales. Ce serait trop dangereux d'aller vérifier sur place, peut-être, pour la fiabilité du discours ... Or, c'est justement la Russie, qui est accusée de soutenir (voire de participer) les attaques chimiques, qui demande à ce que de véritables enquêtes soient menées.
 
D'un autre côté, avec la Conférence de Sotchi sur la paix en Syrie, son combat contre le terrorisme, elle dérange de plus en plus. Le pire serait à venir: imaginez qu'elle reprenne une place "normale" dans la communauté internationale, sans sanctions, permettant ainsi l'arrivée d'un monde multipolaire? Non, un véritable cauchemar, dont les Etats-Unis préservent le monde "libre".

Sortie de « Russie, la tentation néolibérale » de Karine Bechet-Golovko

Lundi 5 février 2018

Sortie de « Russie, la tentation néolibérale » de Karine Bechet-Golovko

J'ai le plaisir de vous annoncer la sortie de mon ouvrage sur la politique intérieure russe contemporaine chez les éditions L'Harmattan: 
Russie, la tentation néolibérale.
Il est disponible ici.
 
Pour vous mettre l'eau à la bouche, voici la préface et la table des matières détaillée.






 

Le CIO refuse d'inviter les sportifs russes blanchis par le TAS aux JO de Pyeongchang: la politique contre le droit

lundi 5 février 2018

Le CIO refuse d'inviter les sportifs russes blanchis par le TAS aux JO de Pyeongchang : la politique contre le droit

Difficile de dire que ce soit une grande surprise, mais cela n'en reste pas moins une grande déception. Le CIO a évidemment refusé d'inviter les sportifs russes blanchis par le TAS de tout dopage, ne s'estimant manifestement pas lié par les décisions de justice. La politique contre le droit, quel dommage de voir à ce point discréditer le mouvement olympique, acter sa mutation en mouvement commercial. 
 
Dès la décision du Tribunal sportif réhabilitant totalement 28 sportifs russes exclus à vie par le CIO et cassant les suspensions à vie de 11 autres (voir notre article ici), le président du CIO Thomas Bach s'est dit choqué par cette décision:
«Cette décision est décevante et on ne se serait jamais attendu à ça»
En effet, comment un tribunal peut venir avec ses considérations juridiques, son droit des preuves exiger que des allégations soient, en plus, prouvées. T. Bach a donc plutôt proposé de réfléchir à une réforme du TAS. Logique:
«J'ai parlé avec le président du Conseil international en matière d'arbitrage du sport(l'Australien membre du CIO John Coates)du besoin de réformer le TAS en termes de structure pour une meilleure qualité et continuité de la jurisprudence.»
Continuité de la jurisprudence ou allégeance? 
 
Finalement, le CIO a donc décidé de s'épargner les soucis de devoir remettre en cause sa décision politique (certainement pour des raisons de "continuité" ...) et a refusé d'autoriser les 13 sportifs et les 2 entraîneurs russes réhabilités par le TAS à participer aux JO de Corée du Sud. L'explication fournie est ... totalement ubuesque pour un juriste. 
 
Ainsi, comme le TAS n'a pas encore publié sa partie motivée, le CIO se reconnaît le droit de ne pas en tirer les conséquences juridiques:
Bien que le panel de révision des invitations ait pris note de la décision du TAS, il a aussi noté que les explications complètes ayant amené à cette décision n'avaient pas été rendues publiques
Quel est le rapport entre la publication de la décision dans son intégralité et la nécessité de l'appliquer? Rappelons que la décision est d'abord publiée dans sa résolution, l'argumentation vient plus tard pour des raisons techniques, ce qui est notamment le cas de la CEDH et personne ne demande la réforme de cette cour pour ces raisons. Le CIO n'a pas à "juger" de l'argumentation de la décision du TAS, mais à l'appliquer. 
 
La presse a très bien compris qu'il ne s'agit pas de justice olympique, mais de vengeance. Ainsi RFI publie:
Niet ! Le Comité international olympique (CIO) a repoussé lundi sans ménagement les 15 Russes blanchis par le TAS de leur suspension à vie pour dopage: ils ne seront pas invités aux Jeux d'hiver 2018 de Pyeongchang, qui débutent vendredi.
 
Par cette décision, le CIO met aussi un point d'honneur à garder son indépendance vis à vis du Tribunal arbitral du Sport, dont la décision jeudi dernier a suscité surprise et déception chez Thomas Bach, le président de l'instance olympique.
Pourrait-on nous expliquer d'où sort cette "indépendance" du CIO par rapport au TAS? Imaginez l'Etat condamné par un tribunal administratif à verser des compensations à un citoyen bafoué dans ses droits déclarer: "je vais garder toute mon indépendance par rapport à ce tribunal"! C'est totalement absurde. Juridiquement. Mais pas politiquement.
 
Finalement, le CIO veut pouvoir tranquillement mener la politique qu'il veut - ou qu'il doit - mener, sans avoir à s'embarrasser de considérations juridiques. La démarche est assez barbare, mais tout à fait en phase avec l'époque. Position revendiquée par cette Commission soi-disant indépendante (en tout cas du TAS), qui explique son rôle de cette manière:
Le panel souligne que son rôle n'est pas de prouver qu'il y eu dopage (ADRV), mais de confirmer que les sportifs peuvent être considérés comme propres 
Comment peut-on considérer un sportif propre sans s'attacher à la preuve du dopage?
 
De son côté, le président du TAS, J. Coates, a répondu à T. Bach:
"Les sportifs doivent avoir confiance dans la procédure judiciaire à tous les niveaux, en particulier devant le TAS (...). Les décisions raisonnées concernant ces cas sont hautement importantes (...) nous espérons leur publication le plus vite possible"
Mais le CIO n'a pas pris le risque d'attendre, ils se sont dépêchés à confirmer le rejet des sportifs russes. Ils se sont dépêchés à confirmer leurs convictions. Puisque sans preuves, il ne reste que les convictions. Comme l'écrivait Nietzsche dans Humain, trop humain:
 
Des passions naissent les opinions: la paresse d'esprit les fait cristalliser en convictions. 
 

La Russie célèbre les 75 ans de sa victoire à Stalingrad et Poutine se fait photographier sur fond d’armée rouge

La Russie célèbre les 75 ans de sa victoire à Stalingrad et Poutine se fait photographier sur fond d’armée rouge

 

03 Février 2018

La Russie célèbre vendredi les 75 ans de la victoire soviétique dans la bataille de Stalingrad © AFP/Archives MIKHAIL MORDASOV

LE 2 FÉVRIER 2018

 

La Russie célèbre vendredi les 75 ans de la victoire soviétique dans la bataille de Stalingrad, tournant majeur de la Seconde guerre mondiale et symbole de la fierté retrouvée et du patriotisme que veut incarner Vladimir Poutine, en campagne pour un quatrième mandat.Notons qu’il a choisi un tête à tête singulier avec le peuple, très gaullien, débarrassé de son parti à qui il laissera pourtant le soin de bourrer les urnes et d’acheter le consciences. Autant il a eu du mal à se positionner face à la révolution d’octobre dans la vision des présidentielles proches, autant il utilise à plein la grande guerre patriotique, il s’en présente comme l’héritier face à l’OTAN à ses frontières et les sanctions, l’interdiction humiliante de défiler sous son drapeau aux jeux olympiques. Il est Staline et Joukov sur les toits de Moscou, dans le siège de Léningrad et dans la plus terrible des batailles, celle de Stalingrad. Son unique challenger est le candidat du parti communiste et des forces patriotiques, celui qui s’affirme l’héritier de l’épopée mais à qui l’on reproche la traîtrise de Gorbatchev et d’Elstine, le spectacle d’un bradage à l’occident. L’idée que ce qu’ils ont détruit on ne pourra pas le reconstruire et qu’il ne reste plus qu’à attendre l’affrontement, le provoquer avant le feu nucléaire avec l’autre challenger le bouffon xénophobe, la caricature domestiquée de toutes les haines qui emplissent les coeurs et se substituent au combat pour l’amitié entre les peuples. Le parti communiste refuse ce spectacle politique, cette manière d’entraîner les Russes dans l’acceptation de la corruption sous couvert de la défense de l’héritage glorieux, ils défendent encore la vie dans l’esthétisation de la mort,tout en affirmant leur appartenance à la célébration. ;Face à l’impérialisme américain qui a perdu son moi et donne un étrange spectacle, puéril et inquiétant, Poutine rejoue Staline refusant d’abandonner Moscou, rassurant le peuple par sa présence au coeur des périls. La tragédie rejouée devient comédie et pourtant massivement l’immense Russie refuse le cirque démocratique occidental.

 

(note de danielle Bleitrach)


Un défilé militaire mobilisant environ 1.500 soldats, véhicules blindés et aviation a eu lieu en matinée à Volgograd, nom actuel de Stalingrad, ville du sud de la Russie où a eu lieu cette bataille et où le président russe est attendu dans la soirée.

 

Considérée comme l’une des plus sanglantes de l’Histoire (1942-1943) en faisant environ deux millions de morts tous camps confondus, cette bataille a changé le cours du conflit en Union Soviétique, démoralisée jusque-là par plusieurs défaites cuisantes.

 

Elle est toujours glorifiée par les Russes comme l’événement qui sauva l’Europe du nazisme.

 

Le 2 février « est une date très importante pour nous tous », a souligné à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

 

« Le patriotisme en Russie est devenu pratiquement une idéologie d’Etat », commente l’analyste politique Konstantin Kalatchev.

 

Alors que les relations entre Moscou et l’Occident sont au plus bas depuis la Guerre froide les autorités russes « ont besoin des symboles » comme la bataille de Stalingrad « pour promouvoir l’image d’un pays qui est capable d’accomplir des exploits et de vaincre tôt ou tard tous les ennemis », a-t-il déclaré à l’AFP.

 

Le 75e anniversaire de cet événement majeur de la Seconde guerre mondiale intervient cette année en pleine campagne électorale pour la présidentielle du 18 mars.

 

Vladimir Poutine multiplie les déplacements pour s’afficher quasi quotidiennement avec des ouvriers ou des étudiants.

 

– 200 jours –

 

Il s’est déjà rendu le 18 janvier aux cérémonies commémoratives du 75e anniversaire de la levée du siège de Leningrad, organisées à Saint-Pétersbourg (autrefois Leningrad, nord-ouest) et dans ses environs.

 

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Vladímir Putin posa con jóvenes vestidas de suboficiales del Ejército Rojo (FOTOS)

« Dopage russe » : Le TAS brise la politisation du CIO et de l'AMA

vendredi 2 février 2018

« Dopage russe » : Le TAS brise la politisation du CIO et de l'AMA

 
Le Tribunal d'arbitrage sportif (TAS) vient de mettre le CIO et l'Agence mondiale antidopage (AMA) face au caractère politique de leur décision, en cassant systématiquement les disqualifications prononcées par le mouvement olympique sur le fondement du rapport McLaren: la culpabilité n'a pas été prouvée et la présomption d'innocence n'a pas à être renversée. 
 
42 sportifs se sont adressés au Tribunal sportif suite à leur disqualification à vie par le CIO, qui se fondait sur le rapport McLaren, autrement dit sur le journal intime de Rodchenkov. Le TAS vient de rendre sa décision concernant 39 d'entre eux. Or, 28 ont été totalement réhabilités et 11 ont vu leur disqualification à vie cassée, pour être remplacée par une interdiction de participer à ces JO. Dans tous les cas, le Tribunal sportif, qui doit quand même un minimum suivre les règles de droit, n'a pas trouvé de fondements suffisants aux sanctions prononcées. Aucune des sanctions prononcées par le CIO n'a été maintenue. 
 
Autrement dit, le CIO et l'AMA n'ont pas juridiquement prouvé la culpabilité des sportifs russes et ont pris une décision politique. 
 
C'est un choc pour la presse anglosaxonne, qui n'ose accepter que 'leur' verdict ne soit remis en cause par une juridiction. 
 
Le CIO lui emboîte le pas et monte le véritable visage de ce qui n'a plus grand-chose à voir avec le mouvement olympique. Non seulement, ils ne sont pas prêts à appliquer la décision et à en tirer les conséquences juridiques, à savoir restaurer de ces sportifs dans leur droit de participer aux JO, s'ils le veulent, au nom de la présomption d'innocence, que personne n'a encore suspendue. Mais l'on apprend que la participation aux JO n'est plus "un droit", elle serait devenue un "privilège":
 « Ne pas être sanctionné ne confère pas le privilège d’une invitation », a réagi l’instance olympique.
Ils ont totalement perdu le sens des réalités. Adieu la présomption d'innocence: le fait de ne pas être condamné ne signifie pas que vous soyez innocent, et manifestement ce n'est pas au tribunal d'en décider en fonction du droit, mais à eux, instance politique, en fonction d'autres considérations. 
 
L'Agence mondiale antidopage n'a pas mieux digéré la situation, puisque son communiqué commence ainsi, en regrettant cette décision:
The World Anti-Doping Agency (WADA) notes with serious concern the decisions by the Court of Arbitration for Sport (CAS), relating to the 2014 Sochi Olympic Winter Games, to uphold the appeals of 28 Russian athletes while also essentially rejecting the appeals of 11 others against suspensions issued by the International Olympic Committee (IOC) for anti-doping rule violations when all 39 athletes were part of Russia’s systemic doping program.
Car finalement le problème est là: le TAS n'a pas reconnu le dopage d'Etat par sa décision. Afin de faire prévaloir sa conviction sur le droit, l'AMA envisage de continuer et de s'adresser au Tribunal fédéral suisse en appel.
 
Dans le même temps, l'on sent une fracture au sein de l'institution, entre ceux qui s'inquiètent du mouvement olympique et de la légitimité de ses institutions et les jusqu'auboutistes. Ainsi, le numéro 2 de l'AMA demande une enquête indépendante sur le fonctionnement des instances antidopages, car cette décision du TAS n'est rien moins qu'un désaveu frontal du fonctionnement de ces instances  devant lutter contre le dopage et non contre les sportifs:
"En tant que vice-présidente de l'AMA, je vais prendre une initiative pour que soit lancée une enquête indépendante sur le fonctionnement de la communauté antidopage", a déclaré Linda Hofstad Helleland dans un courrier électronique.
 
Les conclusions de l'enquête "permettront de nous assurer que les droits des athlètes propres sont protégés", a-t-elle ajouté.
Faute de "transparence et d'intégrité", les instances responsables du contrôle et de la lutte antidopage "risquent de perdre toute crédibilité" tandis que les gouvernements qui financent ces organismes "vont finir par se demander comment les fonds sont dépensés"
La douche est glacée. La Russie récupère 9 de ses médailles de Sotchi et reprend sa première place au classement, le dopage d'Etat n'est pas reconnu par l'instance judiciaire, le rapport McLaren est montré comme faible en preuves. 
 
Attendons la suite. Peut-être le drapeau russe pourra-t-il flotter finalement aux JO ...
 

Lavrov: « L’immunité contre le virus nazi s’est affaiblie dans certains pays »

Lavrov: « L’immunité contre le virus nazi s’est affaiblie dans certains pays »

 

02 Février 2018 
Le point fort de Poutine c’est Lavrov. Son point faible c’est son entourage d’oligarques, leur politique qui ne permettra jamais une véritable indépendance de la Russie et qui spolie les peuples, interdit la mobilisation  des  travailleurs autour d’une véritable reconquête de l’histoire et de la dignité nationale. La lutte contre la corruption est un problème autour duquel doit se rassembler la Russie, telle est  en résumé le positionnement du candidat Communiste.
 
(note et traduction de Danielle Bleitrach)

Publié: février 1 2018 21:02 GMT

Le chancelier russe regrette que nous soyons « témoins de sales tentatives pour falsifier l’histoire et diffamer les troupes libératrices » de l’Union soviétique.

 

Lavrov: "L'immunité contre le virus nazi s'est affaiblie dans certains pays"
Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères

Lors d’une cérémonie commémorant le 75e anniversaire de la victoire soviétique sur l’Allemagne nazie à la bataille de Stalingrad, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déploré que « malheureusement, l’immunité contre le virus nazi  se soit considérablement affaibli dans certains pays.  »

 

À cet égard, le ministre russe des Affaires étrangères a ajouté que « nous sommes témoins de tentatives sales de falsification de l’histoire, de diffamation des troupes libératrices» et «d’inventions  de justifications pour les nazis et leurs sbires ».

 

Lavrov s’est exprimé de cette manière pour se référer aux événements qui se déroulent en Ukraine, où « les néo-nazis et les extrémistes de droite  sont sortis de l’ombre » , ce qui « génère une profonde inquiétude », rapporte RIA Novosti.

 

Selon ce diplomate, les événements de la Seconde Guerre mondiale devraient rappeler les conséquences catastrophiques que peut avoir «un désir de domination du monde fondé sur la conviction de l’exceptionnalisme».ce qui se réfère directement à la position des USA, celle de Trump mais aussi celle de son prédécesseur comme Hillary Clinton.

 

  • La bataille de Stalingrad (17 juillet 1942 – 2 février 1943) est l’une des plus importantes de la Seconde Guerre mondiale.
  • Il a radicalement modifié le cours de ce conflit et il était indispensable à la victoire définitive de l’Union soviétique, qui a eu lieu le 9 mai 1945.

Parti et classe. Introduction : La répartition des forces de classe dans le Donbass, partie 2 (It))

Parti et classe. Introduction : La répartition des forces de classe dans le Donbass, partie 2

02 Février 2018

Nous poursuivons la publication de cette passionnante analyse des centres impérialistes d’accumulation par le secrétaire du parti communiste du Donbass depuis la chute de l’URSS et le rôle des communistes par rapport aux contradictions inter-impérialistes, la nation et les regroupement internationaux

 

(Note et traduction de danielle Bleitrach pour histoire et societé).


30/01/2018

Conflit dans le Donbass dans le contexte de la confrontation inter-impérialiste

 

Quand nous disons que l’Ukraine est située entre deux centres d’accumulation de capital, il s’agit alors d’une question d’affiliation territoriale. Géographiquement, il est situé entre l’UE et l’EEE, et chacun des syndicats a un impact sur lui. Tout d’abord, nous parlons de l’Allemagne et de la Russie. Dans le même temps, les États-Unis, qui sont situés beaucoup plus loin, ont un impact beaucoup plus important. Pour être précis, l’Ukraine est dans la sphère d’influence des trois centres d’accumulation de capital. Strictement parlant, il y a et il n’y a jamais eu de «monde unipolaire», mais il y a un marché mondial où les États-Unis occupent une position dominante. Dans le même temps, l’Allemagne, la Chine, la Russie, le Japon et d’autres pays sont prêts à rivaliser avec les États-Unis pour la domination mondiale.

 

La politique mondiale est déterminée par la corrélation des forces entre les centres impérialistes. Mais ce ratio est en constante évolution, comme en témoigne la situation actuelle en Ukraine. Le conflit du Donbass illustre parfaitement la place de l’Allemagne dans le système de la division internationale du travail. D’une part, elle reste toujours la partenaire junior des Etats-Unis, d’autre part elle essaye déjà de prendre la place du partenaire senior. Dans le premier cas, l’Allemagne est contrainte d’imposer des sanctions contre la Russie, et dans la seconde, elle cherche à influencer le conflit dans le Donbass dans le «format normand», c’est-à-dire sans les États-Unis. La RFA veut poursuivre sa propre politique en Europe, mais elle doit toujours faire face aux intérêts des États-Unis, ce qu’elle doit beaucoup, y compris la formation de son propre impérialisme.

 

Les États-Unis sont principalement intéressés à détruire le potentiel industriel du Donbass, son industrie minière de charbon, afin d’absorber le marché de l’énergie en Ukraine. Comme confirmation de cela, les premières livraisons de charbon thermique américain à Odessa en septembre 2017 servent. Le même sort est préparé pour toute l’Europe. Il n’est pas exagéré de dire que la guerre dans le Donbass est une manifestation de la lutte des États-Unis pour le marché de l’énergie en Europe, où les positions de la Russie sont encore fortes. L’Allemagne dans cette confrontation est enclin à la partie russe, dans laquelle il voit un rival plus faible. L’absorption du marché énergétique européen par le capital américain affaiblira considérablement les positions de l’impérialisme allemand.

 

Les États – Unis est actuellement à la deuxième place dans le monde en termes de production de charbon, en second lieu seulement par rapport à la Chine. Environ 900 millions de tonnes de matières premières sont produites chaque année, ce qui représente plus de 11% du volume mondial. En 2016, la production de charbon dans le monde a diminué, mais l’année suivante, elle a encore augmenté. Dans le même temps, l’augmentation la plus significative a été observée aux États-Unis – de 19%. Une des raisons est une forte augmentation des exportations de charbon. En 2017, les expéditions en provenance des États-Unis ont augmenté de plus de 60% par rapport à l’année précédente. L’exportation vers le Royaume-Uni a augmenté de 175%, en France de moitié. Pendant dix ans, de 2003 à 2013, les livraisons de charbon américain au Royaume-Uni ont augmenté plus de 10 fois, en Allemagne – à 15.

 

Les États-Unis sont le deuxième exportateur d‘«or noir» vers l’Europe après la Russie. Mais avec l’aide des sanctions anti-russes et l’augmentation des exportations, les Américains sont impatients de devenir des leaders sur le marché européen de l’énergie. Dans le même temps, la production de charbon en Europe continue de baisser. Ainsi, en Grande-Bretagne, la dernière mine de charbon a été désaffectée en décembre 2015, bien qu’il y a cent ans, plus de 3 000 entreprises y travaillaient. En Allemagn, il  est resté seulement deux mines de charbon en exploitation, qui seront fermées en 2018. Aux États-Unis, au contraire, Donald Trump a levé les restrictions sur les mines de charbon, qui ont été introduites par Barack Obama. Aux États-Unis, les réserves de charbon les plus importantes au monde, mais  les monopoles américains du gaz sont contre l’augmentation de la production, , parce qu’elles craignent de perdre leur part du marché national de l’énergie. En conséquence, Washington n’a qu’à augmenter les exportations de charbon pour maintenir l’industrie à flot.

 

Entre Washington et Kiev, il existe des accords sur la fourniture de millions de tonnes de charbon. En janvier-novembre 2017, l’Ukraine a importé plus de 17 millions de tonnes de carburant, soit 22% de plus que durant la même période en 2016. La part de la Russie dans les importations est de 56,36%, et les États-Unis, qui sont le deuxième fournisseur de charbon de l’Ukraine, ont une part de  24,84%. Dans le même temps, l’Ukraine surpasse le charbon américain de 40% de plus que pour le russe. À leur tour, les entreprises ukrainiennes d’extraction du charbon pour cette période ont réduit la production de charbon de plus de 5 millions de tonnes (13,6%).

 

À court terme, la forte demande de charbon en Ukraine se poursuivra. Le fait est que depuis les «guerres gazières» russo-ukrainiennes, qui ont commencé bien avant l’euromaydan, les entreprises ont massivement commencé à passer du gaz au charbon. Cette tendance se poursuit encore aujourd’hui, lorsque Kiev cherche activement «l’indépendance énergétique» par rapport à  Moscou. Mais en abandonnant le gaz russe, l’Ukraine tombe sous la dépendance du charbon américain. Dans le même temps, il reste une forte demande pour l’anthracite, qu’il est toujours impossible de satisfaire par  les approvisionnements des États-Unis. En conséquence, la partie ukrainienne a été contrainte d’annuler les sanctions contre un important fournisseur de charbon russe, Yuzhtrans. Simultanément, il réduit sa propre production, annonce le blocus de la République populaire de Donetsk , détruit le potentiel industriel du Donbass avec l’aide de l’artillerie.

 

Le conflit dans le Donbass est une autre confirmation du fait que l’impérialisme est en crise systémique. Les capitalistes essaient de résoudre le problème de la surproduction de biens par des moyens militaires. Au stade impérialiste, cela se fait en détruisant une partie des moyens de production. Ainsi, l’effondrement de l’URSS et la défaite du socialisme en Europe de l’Est ont permis pendant un certain temps d’assurer la croissance de la production dans les pays capitalistes avancés. Pour cela les républiques de l’ancien camp socialiste ont été payées par une baisse significative dans leur propre production. Dans les années 90, la perte moyenne du PIB par habitant était de 30%.

 

Pendant plus de 20 ans, l’espace post-soviétique a été l’objet de la politique impérialiste. Mais la conjoncture favorable des prix de l’énergie a permis de créer un centre d’accumulation du capital efficace en Russie. Avec l’aide de l’EEMP, qui est une alliance de pays bourgeois, et pas du tout de l’URSS-2, Moscou cherche à prendre une position plus ou moins digne dans le système mondial de la division du travail. Des syndicats tels que le Système énergétique unifié de l’Ukraine ont été formés dans le but d’organiser efficacement le processus d’extraction des profits, qui ne peut être obtenu que par l’exploitation du travail. Comment les communistes devraient-ils traiter une telle alliance? La réponse peut sembler paradoxale: nous devons la soutenir!

 

Premièrement, le système énergétique unifié est une union volontaire. Il est recherché non seulement par la bourgeoisie, mais aussi par la majorité de la population. De la part des communistes, ce serait une doctrine vide de s’y opposer simplement parce que cette union n’apporte aucun avantage aux travailleurs. Mais cela signifie-t-il que nous ne devrions pas critiquer cette union? Non, ça ne veut pas dire! La CEEA permet d’extraire des avantages économiques pour la bourgeoisie, mais laisse les travailleurs politiquement divisés. Les communistes doivent critiquer l’incohérence de la bourgeoisie et exiger une pleine fusion politique des pays. Plus le capital est concentré, plus il est facile de le nationaliser; Moins il y a de divisions politiques, plus il est facile au prolétariat de faire face au pouvoir du capital.

 

Dans son ouvrage «Les résultats de la discussion sur l’autodétermination», Vladimir Lénine parle de la nécessité d’unir les nations. Il déduit la formule suivante: Les communistes des pays oppressifs doivent défendre la liberté des pays opprimés et préconiser leur sécession; Les communistes des pays opprimés peuvent être pour l’indépendance politique de leur nation, et pour son inclusion dans l’Etat voisin. Dans la «liberté de sécession» et la «liberté d’union», il y a un véritable internationalisme, et il ne peut y avoir d’autre moyen de fusionner les nations. Selon Lénine, les communistes des pays opprimés ont un léger avantage. Ils peuvent soutenir à la fois la sécession et l’adhésion, tout en restant internationalistes. Mais dans tous les cas, les communistes doivent mettre la liberté universelle et l’égalité au-dessus des intérêts de leur nation.

 

Pendant les années d’indépendance, la majorité de la population ukrainienne a soutenu l’adhésion du pays à une union menée par la Russie. Tous les présidents ukrainiens, malgré leur politique incohérente, doivent encore tenir compte de cela. Lorsque la nouvelle direction, arrivée au pouvoir suite au coup d’État de février 2014, a commencé à suivre une voie strictement pro-occidentale, ignorant ouvertement les intérêts de la majorité, des manifestations de masse ont commencé dans le sud-est du pays. Et ce n’est pas du tout le mérite de Vladimir Poutine, car sa politique à l’égard de l’Ukraine est restée la même qu’avant et après l’euro-Maïdan. La politique de Kiev a radicalement changé.

 

Les événements de 2014 suggèrent que la Fédération de Russie est passée d’un objet à un sujet de la politique impérialiste. Avec l’aide de l’annexion de la Crimée et le soutien du Donbass, Moscou essaie de répondre adéquatement aux politiques de l’UE et des États-Unis, qui ont décidé de régner en Ukraine. Kiev, avec son arbitraire vers le sud-est, a créé toutes les conditions nécessaires pour que Poutine poursuive une politique réussie. Si, après le référendum en Crimée, quelqu’un d’autre doutait du désir volontaire de la population locale de rejoindre la Russie, expliquant cela par la présence des «hommes verts», alors après le Donbass, de tels doutes auraient complètement disparu. Ici, il n’y avait pas d’armée russe, mais au contraire, il y avait des militaires ukrainiens qui tiraient des bureaux de vote et nivelaient les zones résidentielles.

 

En même temps, les communistes doivent exposer l’incohérence des capitalistes russes, qui font obstacle non seulement l’intégration économique de la péninsule (de nombreuses entreprises travaillant sur le continent russe, refusent de travailler en Crimée), mais aussi DNR de reconnaissance politique et LNR (comme demandé par le Parti communiste), la peur de nouvelles sanctions avec l’UE et les États-Unis. Le Donbass s’est séparé de l’Ukraine pour rejoindre la Russie, ou du moins l’Union eurasienne. Mais, avec cela, deux républiques non reconnues sont apparues sur le territoire du Donbass, et même séparées par une frontière. Ainsi, au lieu de détruire les anciennes frontières de l’Etat, de nouvelles sont apparues. Mais la situation dans le Donbass servira une bonne leçon pour les travailleurs que la raison de leur souffrance – pas seulement m’oligarque ukrainien, l’impérialisme américain et l’UE, et le capitalisme en général.

 

La deuxième raison pour laquelle il est nécessaire de soutenir le système énergétique unifié est qu’il est dirigé contre l’impérialisme américain – notre ennemi le plus important. En passant, dans la lutte contre les États-Unis, parfois l’UE devrait aussi être soutenue, surtout en ce qui concerne les relations avec Cuba. Alors que Donald Trump annonce un durcissement du blocus de l’île, le chef de la diplomatie européenne, Federica Mogerini, considère qu’une telle politique est inacceptable.

 

Troisièmement, la CEEA crée beaucoup moins d’obstacles à la circulation des travailleurs de l’Ukraine et du Donbass que l’UE. En outre, certains députés auraient l’ intention de soumettre à la Douma de la Fédération de Russie des projets de loi prévoyant l’abolition de la nécessité d’obtenir un brevet pour les ressortissants de la République populaire de Donetsk et de la République populaire , ainsi que des restrictions sur leur séjour. Si ce n’est qu’un mouvement pré-électoral, alors pour les communistes ce sera une raison supplémentaire de condamner les politiciens bourgeois de leur incohérence.

 

Quatrièmement, une alliance avec la Russie nous permet de préserver au moins partiellement l’industrie du Donbass – une condition objective de l’existence du prolétariat. L’effondrement de l’URSS a montré que l’industrie soviétique était  excellente non seulement pour la construction socialiste, mais aussi pour la production capitaliste. Pour le capital russe, la préservation du potentiel industriel est une question de survie. L’impérialisme de l’UE et des Etats-Unis, au contraire, cherche à le détruire. S’il n’y a pas de moyens de production, il n’y aura pas de travailleurs industriels. Mais nous parlerons de leur rôle dans les événements du Donbass dans la partie suivante.

A suivre

Parti et classe. Introduction : La corrélation des forces de classe dans le Donbass, partie 1

Parti et classe. Introduction : La corrélation des forces de classe dans le Donbass, partie 1

 

16 Janvier 2018

Une série d’articles dont nous présentons la première partie consacrée à la relation entre oligarques et classe ouvrière dans le Donbass et de là en Ukraine qui permettent de comprendre les bases de l’aliénation de ladite classe ouvrière à la chute de l’Union soviétique et avec le maïdan.  Analyse d’un dirigeant communiste du Donbass

 

(note et traduction de Danielle Bleitrach)


15.01.2018

 

 

Quand elle interprète  les événements dans le Donbass, la gauche est  souvent  confrontée à des extrêmes: Certains croient qu’il y avait une révolution socialiste qui a été plus tard supprimée par les oligarques russes et la réaction interne; d’autres pensent que les ouvriers ne font même pas des demandes de classe et se limitent au simple rôle d’observateurs et continuent d’attendre une véritable révolution. Les extrêmes, comme vous le savez, convergent, de sorte que les deux points de vue conduisent au fait que la gauche se sépare complètement des masses et se trouve en marge des événements. « Ne pleurez pas, ne riez pas, ne haïssez pas, mais comprenez », a déclaré le philosophe néerlandais Baruch Spinoza. Par conséquent, essayez d’abord de comprendre ce qui se passe dans le Donbass, sans vous fier aux extrêmes, puis déterminez le rôle du parti dans le mouvement ouvrier.

 

La position du prolétariat industriel à la veille de la guerre.

 

Pour commencer, les manifestations dans le Donbass sont une réponse à l ‘ »Eurosmaidan ». Ce sont les événements de Kiev qui ont réveillé le Donbass qui, au cours des 25 dernières années, ne s’est presque pas manifesté politiquement. Dans le reste de l’Ukraine, on considère que la partie la plus soumise de la population du pays vit ici, on l’a appelée avec mépris le «bétail». Les nationalistes ukrainiens n’ont pas pu gagner le Donbass en 2004 lors du «Maidan», ni en 2013 lors de «l’EuroMaidan». Cependant, Viktor Ianoukovitch n’a pas bénéficié d’une grande autorité parmi la population locale. Bien sûr, la direction de la région de Donetsk d’alors, utilisant une ressource administrative, a emmené les foules à des manifestations de soutien au président, mais cela ne signifiait pas qu’elles le soutenaient vraiment. Au contraire, dans le Donbass, il était détesté parce qu’il n’avait pas tenu les promesses de sa campagne: l’établissement de relations normales avec la Russie, l’octroi de la langue russe comme langue de l’État, etc. Dans le Donbass s’ils ont voté pour Viktor Ianoukovitch c’était contre Viktor Iouchtchenko et Ioulia Timochenko … En 2014, après le coup d’Etat, lorsque le président a quitté le pays, la haine a été empreinte de mépris.

 

Quant au prolétariat, il n’a pas longtemps séparé ses intérêts des intérêts de l’oligarchie locale. C’est dans le Donbass pré révolutionnaire que le salarié est mort de faim, il a vécu dans une caserne et a travaillé 12 heures par jour, alors il n’avait rien à perdre à part ses chaînes. Et avant la guerre du Donbass, les usines et les mines payaient des salaires assez élevés, de sorte que le prolétariat industriel liait la croissance de leur bien-être au bien-être du propriétaire de l’entreprise. Par conséquent, en 2013, le salaire moyen dans la région de Donetsk était de 3 800 grivnas, alors qu’en Ukraine il était de 3 300 grivnas. Dans l’industrie charbonnière, dans certaines régions de la région, le salaire s’élevait à 5 700 grivnas et la moyenne de l’industrie était de plus de 4 600 grivnas.

 

Les statistiques officielles, bien sûr, ne donnent que des données approximatives, de sorte que le revenu des travailleurs était souvent légèrement supérieur. Cela s’explique par la réception d’une partie du salaire dans des « enveloppes » (espèces émises séparément des revenus de base pour éviter de payer des impôts) et par la recherche de « bâclée » (bénéfices supplémentaires). La journée de travail de huit heures, un week-end complet et des congés annuels payés ont contribué au fait que le prolétariat vendait son travail non seulement dans l’entreprise, mais aussi à l’extérieur. Par conséquent, au lieu de se battre pour des intérêts économiques dans une usine ou une mine, les travailleurs cherchaient souvent un revenu supplémentaire en dehors de celui-ci. Ce n’est pas surprenant puisque la grève n’est qu’une des formes de la lutte du travailleur pour obtenir des conditions plus favorables à la vente de sa force de travail. Mais la lutte peut changer de forme, en commençant par la «bâclée» et en finissant par chercher du travail dans d’autres régions. Dans le même temps, la vente de main-d’œuvre non seulement dans l’entreprise, mais aussi au-delà de ses frontières peut se faire en augmentant la journée de travail et en augmentant l’ampleur de l’exploitation du travail.

 

Karl Marx et Friedrich Engels dans le Manifeste du Parti communiste ont souligné que, parallèlement au socialisme prolétarien, il existe aussi des doctrines réactionnaires. Pendant la «perestroïka» en Union Soviétique, le soi-disant socialisme de marché s’est généralisé. Avec l’aide des réformes du marché, ils voulaient «corriger» le socialisme. On sait à quoi a conduit : la restauration du capitalisme. Cependant, les vestiges des profits socialistes ont été encore préservés, ce qui permet aux travailleurs de mener non seulement un style de vie tolérable, ou plutôt, un style de vie petit-bourgeois. Ils vivent dans des appartements qui étaient gratuits pendant l’ère soviétique, ont souvent des terres qui leur permettent de faire un bon approvisionnement en nourriture, ils reçoivent également un salaire et une pension d’État lorsqu’ils atteignent la vieillesse.

 

Arrêtons-nous à plus de détails sur ce phénomène comme la disponibilité des terres pour un travailleur. 6 acres de terre ont commencé à être livrés gratuitement dans les années 1960, cette décision inoffensive à première vue, prise par la direction soviétique était très nocive pour le premier pays socialiste dans ses conséquences mondiales. Au lieu d’une plus grande socialisation de la production avec l’utilisation de machines qui permettent d’augmenter considérablement la productivité du travail a augmenté le processus inverse lorsqu’une partie insignifiante du sol a été traité à nouveau avec l’aide d’outils patriarcaux. Mais la productivité élevée est la marque de la société communiste. Avec la restauration du capitalisme, la Journée de solidarité internationale des travailleurs a été transformée  par les capitalistes en la journée du printemps, et au lieu de combattre l’oppression sociale  les masses des travailleurs ont fourni un énorme travail sur les petites parcelles de terrain. Avant la guerre, un travailleur m’a dit qu’il ne se lèverait pas pour se battre jusqu’à ce qu’il y ait un sac de pommes de terre dans sa maison. Ce à quoi j’ai répondu  que la réforme agraire l’emporterait tôt ou tard.

 

Tous les avantages sociaux mentionnés ci-dessus sont un luxe non seulement pour le reste des pays du tiers monde où il n’y avait pas de socialisme, mais même pour les pays capitalistes hautement développés. Sans exagérer, on peut dire que le prolétariat industriel du Donbass occupait la position de l’aristocratie ouvrière. Mais si, en Occident, l’aristocratie ouvrière apparaissait comme le résultat de la corruption des hauts dirigeants du prolétariat avec une part de superprofits monopolistiques, alors c’était aux dépens des réminiscences du socialisme. Dans les conditions d’appauvrissement général causées par la contre-révolution et, par conséquent, la baisse de la production (dans les années 90, le PIB ukrainien s’est contracté de près de 60%, soit le double de la chute économique des Etats-Unis à l’époque de la Grande Dépression), les mineurs et les métallurgistes occupent en effet une position privilégiée. Chacun d’eux, bien sûr, a cherché à préserver cette position pour lui-même. Cela s’est manifesté le plus clairement lors de la réduction des effectifs suivante au lieu de s’unir contre les ennemis de classe les travailleurs ont combattu au sein de leur propre classe. Pour rester dans l’entreprise ou gagner une place plus profitable dans la hiérarchie de la production, les travailleurs ont essayé de gagner la faveur de leurs supérieurs et se sont souvent «assis» (remplacés) l’un par l’autre. Cet état de choses s’explique par le fait qu’à l’ère du capitalisme, la concurrence existe non seulement entre capitalistes mais aussi entre prolétaires. Et à chaque licenciement ou entreprise fermée, la compétition au sein du prolétariat n’a fait que croître. Chacun d’eux, bien sûr, a cherché à préserver cette position pour lui-même. Cela s’est manifesté le plus clairement lors de la réduction des effectifs suivante au lieu de s’unir contre les ennemis de classe les travailleurs ont combattu au sein de leur propre classe.. Et à chaque licenciement ou entreprise fermée, la compétition au sein du prolétariat n’a fait que croître. Chacun d’eux, bien sûr, a cherché à préserver cette position pour lui-même.

 

Au stade du capitalisme, le travail manuel a été remplacé par un travail mécanique qui a créé une réserve d’armée de travail. La diminution de la demande de main-d’œuvre a entraîné une baisse de son prix. Mais dans l’espace post-soviétique, tout s’est passé exactement dans l’autre sens. Lorsque les mines ont été fermées dans le Donbass, les mineurs ont été expulsés vers la rue. Cela ne signifie pas que la demande de main-d’œuvre diminue. Au contraire, la demande pourrait être maintenue, seulement qu’elle a acquis une forme différente. Sur le site de la compagnie minière, apparaissent souvent de petites mines illégales, dans lesquelles le charbon a été extrait par une méthode traditionnelle. Ils étaient souvent payés plus que dans les mines légales, mais les conditions de travail étaient terribles puisqu’à l’époque pré-révolutionnaire, il n’y avait pas de garanties sociales. En 2011, 420 mines illégales ont été effacées dans la région Donets, mais 314 ont continué e plus de la moitié des petites mines extrayaient installés à la place de la fermeture et un quart seulement d’entre eux étaient dans les mines parcelles gratuites. Dans d’autres cas, les petites mines étaient situées dans des territoires miniers où une mine légale y était encore exploitée. L’extraction illégale de charbon a eu lieu dans presque toute la région de Donetsk, mais plus fréquemment dans la partie orientale de la région, car les couches de charbon sont proches de la surface de la terre. à Snezhnoe, plus de la moitié des petites mines liquidées extrayaient à la place des mines fermées et seulement un quart d’entre elles se trouvaient dans des parcelles libres. Dans d’autres cas, les petites mines étaient situées dans des territoires miniers où une mine légale y était encore exploitée.

 

Dans la région de Donetsk, l’extraction illégale de charbon était contrôlée par la famille et les associés les plus proches de Viktor Ianoukovitch. Ceci était en conflit avec les intérêts de Rinat Akhmetov, le propriétaire des mines légales. La famille Ianoukovitch vendait du charbon illégal à l’étranger, ce qui était beaucoup moins cher. Les matières premières ont d’abord été fournies aux mines d’État et ensuite à travers des sociétés intermédiaires ont été exportées à l’étranger. Dans le même temps, d’énormes sommes d’argent ont été allouées à partir du budget du pays pour le développement de l’industrie du charbon en Ukraine. Le volume annuel des subventions était de plus de 12,5 milliards de hryvnas. Bien sûr, l’argent n’a pas atteint le destinataire mais s’est «installé» dans les poches de l’entourage de Ianoukovitch. Ensuite, le mythe de la subvention de la région de Donetsk est né. En peu de temps, le président ukrainien a réussi à rassembler une grande fortune et à devenir si insolent qu’il a simplement cessé d’organiser les oligarques ukrainiens qui, jusqu’à récemment, le considéraient comme leur protégé. Ils ont organisé une conspiration contre lui appelée «Euromaidan».

 

Mais contrairement à la direction actuelle de l’Ukraine, Viktor Ianoukovitch au moins essayé d’agir en tant que président d’un pays indépendant manœuvrent entre les deux centres d’accumulation du capital: l’UE et la Russie. Il était conscient que, avec l’aide de l’accord d’association, Bruxelles tenterait d’atténuer la crise économique dans l’Union européenne aux dépens de l’Ukraine. En ce sens, le président a raisonnablement exigé de l’UE une compensation monétaire ainsi que des garanties permettant de vendre les principales marchandises ukrainiennes dans l’UE, la main-d’œuvre. Une telle garantie serait l’abolition du régime des visas. Ceux qui ont remplacé Ianoukovitch ont accepté l’association sans aucune compensation ou garantie. Bien sûr, le président déchu n’avait rien contre l’UE,

 

Le coup d’État de Kiev en 2014 a montré que l’Ukraine ne pouvait maintenir son intégrité territoriale qu’en appliquant une «politique du vecteur multiple». Dès qu’il a décidé de rejoindre l’un des centres d’accumulation de capital, il a immédiatement commencé à s’effondrer. L’Ukraine est un champ de bataille des monopoles internationaux. Son économie est entièrement contrôlée par le dollar et l’euro, par conséquent, la politique ukrainienne est réduite seulement à la création du meilleur «climat d’investissement» dans le pays. Cependant, cette circonstance n’empêche nullement les oligarques ukrainiens de faire fortune ici, de même que les partis ukrainiens qui élaborent leur propre politique. Tous les partis bourgeois s’impliquent  dans la vente de l’Ukraine à des sociétés transnationales en échange de leur permettre de rester ici en tant qu’employés.

 

En même temps, les événements en Ukraine démontrent l’effondrement du monde soi-disant unipolaire. La capitale russe continue à élargir sa sphère d’influence, et l’impérialisme américain n’est plus en mesure de maintenir son influence sur l’ensemble du territoire de l’Ukraine qui a été séparé de la Crimée et de la moitié du Donbass. Mais cela sera discuté dans le prochain article.

 

A suivre

 

Stanislav Retinsky, Secretario del Comité Central del KPDNR.

Vers la réunion de LNR et DNR?

jeudi 1 février 2018

Vers la réunion de LNR et DNR?

Il y a quelques jours, un pas important a été franchi: la conclusion d'un accord douanier entre les deux petites républiques du Donbass. Vu le processus de désagrégation de l'Etat ukrainien, l'union des républiques de Donetsk et de Lugansk est une question de survie pour elle. 
 
La division des deux républiques du Donbass, LNR et DNR, si elle est compréhensible vue la manière dont les évènements s'étaient précipités après le coup d'Etat à Kiev est aujourd'hui un non-sens. Leur territoire est trop petit pour être économiquement viable sans aide extérieure, sans parler de la division des forces face à l'ennemi commun et des risques que cela emporte. L'on se souviendra de la tentative de renversement de LNR il y a quelques mois.  
 
Une sortie du conflit est d'autant plus incertaine que l'Ukraine n'a pas le choix, car l'Etat continue à se désagréger, ce pouvoir a besoin de la guerre dans le Donbass pour exister. Pour repousser le moment de l'effondrement. A l'intérieur, la situation est en chute libre. L'ouverture des universités a été repoussée, car il n'y a pas d'argent pour les chauffer correctement en hiver, les étudiants passent en cours à distance en attendant le réchauffement climatique. Ce n'est qu'un exemple, mais qui repousse l'Ukraine bien loin du niveau qu'elle occupait avant le Maïdan. Le PIB le démontre, froidement, comme l'a déclaré Y. Timochenko elle-même:
« Malheureusement, l'Ukraine est classée dernière de tous les anciens pays soviétiques en termes de PIB par habitant. […] En 2008, le PIB nominal par habitant, c'est-à-dire quand j'étais Premier ministre, était de 8 000 dollars par habitant. Et c'était l'un des premiers au sein des pays de la CEI. Et aujourd'hui, il est de 2 000 dollars par habitant... Le PIB par habitant a été divisé par quatre, et, en fait, c'est le niveau de vie des gens, »
De l'extérieur, aucune aide pacifique n'est non plus à attendre - les Etats-Unis ont besoin de montrer que la Russie est "un danger pour le monde entier", ce que soutient le lobby militaire, afin d'augmenter son budget, déjà plus que conséquent. Il faut bien ensuite entretenir le marché des conflits pour faire tourner la chaîne de consommation. Sans compter le discours rendant la Russie responsable de l'escalade du conflit dans le Donbass tenu par Volker.
 
La désagrégation de l'Etat ukrainien entraîne une escalade de la violence, latente ou réalisée, à l'intérieur du pays. Un exemple flagrant est celui des milices extrémistes lancées par le parti d'extrême droite "Corps national", sur la base du bataillon Azov et sous la direction de celui qui se fait appeler le Guide Blanc, à savoir le député extrémiste A. Biletsky. Ces milices ont pour but de "nettoyer les rues de Kiev". Ce n'est pas le premier exemple de ce genre. Il y a déjà quelques temps, des députés ayant participé aux combats dans le Donbass avaient créé des milices populaires, le maire de Kiev en avait également créé en réponse et ils s'étaient tous répartis le territoire pour leurs petites affaires (racket, extorsion de fonds, etc). Mais ici, cela va plus loin, Belitsky étant connu pour sa sympathie néonazie et sa xénophobie. Le degré de violence attendu est difficilement prévisible. 
Leur démonstration de force - psychologique - a commencé: 600 jeunes enrôlés ont défilé dans Kiev avant de porter serment à "la Nation ukrainienne" le 28 janvier. Officiellement, ils sont financés par des business men, mais le porte-parole du parti extrémiste Corps national, n'a pas précisé lesquels. C'est une forme de privatisation de facto de l'ordre public: ils doivent maintenir l'ordre là où l'Etat n'est plus capable de le faire. 
 
Ce combat entre les nationalistes et les représentants réguliers des forces de l'ordre est visible également dans l'armée, où selon certaines informations, les bataillons nationalistes tentent de discréditer les commandants militaires. A Kramatorsk, par exemple, et les militaires sont mécontents des nationalistes et les nationalistes des militaires.
 
Dans ce contexte de désagrégation totale de ce qui reste de l'Etat-pantin ukrainien, il est fondamental pour les jeunes républiques du Donbass de resserrer les liens pour faire front commun. Le renforcement des violences contre elles étant inévitable, car nécessaire à toutes les forces en jeu en Ukraine. Et l'on voit effectivement le déplacement de techniques militaires ukrainiennes et de groupes de renseignement et de sabotage vers la ligne de front.
 
La conclusion d'un accord douanier entre les deux jeunes républiques de Donetsk et de Lugansk est une réponse logique à la dangereuse dérive de la situation. Comme le déclare Léonid Pacetchnik, nouveau dirigeant de LNR:
Sans aucun doute, la signature de ces documents est un rapprochement de nos républiques. Nous n'avons rien à diviser: nous avons un même peuple, une même terre, un même but.
Derrière la réunion douanière et l'intégration économique, c'est l'intégration politique de ces deux entités qui serait une perspective raisonnable.
 

Billet d'humeur (joueuse) : Mais comment la Russie ose-t-elle continuer à exister malgré Seppelt et Rodchenkov ?

mercredi 31 janvier 2018

Billet d'humeur (joueuse) : Mais comment la Russie ose-t-elle continuer à exister malgré Seppelt et Rodchenkov ?

Hajo Seppelt, le triste sire de la (géo)politisation du dopage nous sort une nouvelle portion de sa fantasmagorie: "Le complot olympique: doping top secret". Rodchenkov, la seule et unique source, recherché en Russie, donc forcément la meilleure, après épuisement de son journal intime, atteint l'orgasme dans un ultime effort et accuse Poutine. Qui encore?
 
Un peu comme une mauvaise série fleuve qui n'en finit pas. Et pour cause, le calendrier est là. Elections, Championnat du Monde, etc Il y a de quoi faire, ce n'est pas le moment de se reposer. 
 
Quelle surprise, Hajo Seppelt le "journaliste-activiste" de la lutte contre la Russie le dopage en Russie nous sort sur la chaîne allemande ARD son nouveau "documentaire" sur le dopage d'Etat, que la commission indépendante du CIO (et de McLaren) n'a pu prouver, mais peu importe. Il faut dire que Seppelt a un atout de poids, le seul: Rodchenkov. Qui vient nous faire ses nouvelles révélations. Certainement les ultimes, car il est difficile d'imaginer ce qu'il peut trouver de plus.
 
Depuis le temps, il a presque tout dit, tout ce qui était imaginable, le cocktail "duchess", le FSB. Toujours plus haut, toujours plus loin: maintenant c'est Poutine. Poutine qui était évidemment au courant et qui donnait lui-même les ordres?
 
La presse française en profite pour en faire un gros titre et Rodchenkov de "dévoiler" les mécanismes de prise de décision:
"Bien sûr que cela venait de tout en haut. Car seul le président peut donner une telle mission aux services de sécurité, le FSB (...).Il savait tout car la chaîne d'information était très simple: je rendais compte à (Iouri) Nagornikh (vice-ministre des Sports) qui rendait compte à Vitali Moutko (le ministre des Sports) qui rendait compte à Poutine"
Mais quel homme Poutine! Rien décidément dans le monde ne se fait sans lui! Tripatouiller les élections dans les "grandes démocraties" occidentales, tripatouiller les ordinateurs de par le monde, maintenant les urines des sportifs. Que n'a-t-il encore fait? Difficile métier que celui de Président ... Surtout qu'entre-temps, il a l'outrecuidance de gouverner son pays, qui s'en sort plutôt bien. Là est certainement le crime. Le crime de cette Russie qui ose exister et se développer malgré les Seppelt, Rodchenkov et autres figurants de l'hystérie géopolitique actuelle.
 
Et l'on "apprend" alors que le système a été mis en place pour les Jeux de 2008 et 2012, mais perfectionné pour Sotchi. C'est ainsi qu'un autre journal français s'interroge:
L'explication fournie est .... simple? évidente? ou ... fantasmagorique:
Rien qu’en athlétisme, l’équipe de Russie comptait 124 membres, qui avaient conquis 17 médailles. Et Grigory Rodchenkov est formel : malgré leurs dénégations, tous savaient qu’ils utilisaient des produits interdits, ils étaient également complices des manipulations de leurs échantillons d’urine. Pour une raison toute simple : tous les athlètes sont des officiers de police ou des militaires. La raison d’Etat leur interdit de fait le moindre aveu…
N'a-t-on jamais entendu quelque chose de plus absurde? Tous les sportifs russes sont des militaires envoyés par Poutine personnellement combattre sur les champs de bataille modernes que sont les compétitions sportives.
 
Absurde. Cela révèle toute la fantasmagorie malsaine qui entoure le discours sur la Russie dans la presse occidentale, fantasmagorie bien entretenue. Parce que si l'on regarde calmement ce qui se passe dans le sport, l'on peut effectivement s'inquiéter.
 
Comme l'a affirmé le président Poutine, oui la Russie est coupable car il y a eu un véritable problème de dopage, mais a-t-il immédiatement ajouté, pas plus que dans les autres pays. Or, c'est contre la Russie seule que toute la machine de la "lutte antidopage" a été lancée.
 
Et le mouvement olympique le sait parfaitement. Dès 2011, une enquête indépendante est commandée par l'Agence mondiale antidopage pour prendre la mesure du dopage dans l'athlétisme. Il a fallu attendre janvier 2018 pour que les résultats soient publiés dans la Revue Médecine. 2167 athlètes ont été surveillés lors de deux grandes compétitions, les Championnats du Monde d'athlétisme de 2011 en Corée du Sud et les Jeux panarabes de Doha, au Qatar. Les résultats sont effrayants, mais pas particulièrement surprenants:
The estimated prevalence of past-year doping was 43.6% (95% confidence interval 39.4–47.9) at WCA and 57.1% (52.4–61.8) at PAG. The estimated prevalence of past-year supplement use at PAG was 70.1% (65.6–74.7%). Sensitivity analyses, assessing the robustness of these estimates under numerous hypothetical scenarios of intentional or unintentional noncompliance by respondents, suggested that we were unlikely to have overestimated the true prevalence of doping.
Bref, la moitié des sportifs tout pays confondu reconnaît prendre des produits dopants, et plus de 70% des additifs, qui par ailleurs ne sont pas toujours détectables dans l'urine ou le sang. 
 
L'on peut donc se demander pourquoi, alors que le dopage est un problème qui touche tout l'athlétisme, seule la Russie a été touchée par des enquêtes très ciblées? 
 
D'autant plus que la base de preuve vient d'être très sérieusement mise à mal par cet idiot utile de Seppelt lui-même, sans même s'en rendre compte. Rappelons que l'idée de base était que le FSB faisant des trous dans le mur pour changer des échantillons ou les ouvrir et modifier l'urine pour que les sportifs russes soient "propres". Comment? Personne ne le sait puisque c'est top secret. Mais Rodchenkov l'a affirmé. Et comme ça correspond tout à fait à la vision hollywoodienne de la Russie, c'est passé.
 
Maintenant, Seppelt vient d'affirmer que eux, les journalistes de ARD, ont pu ouvrir des pots à urine et ensuite les refermer de telle manière que l'on ne puisse savoir qu'ils ont été ouverts. 
Quel retournement de situation! Finalement, Seppelt a renversé toute l'argumentation de Rodchenkov, puisque n'importe qui a pu avoir accès aux urines des sportifs et en faire ce dont bon lui semblait. A trop s'acharner, Seppelt est allé trop loin et vient de démontrer l'inconsistance de ses accusations passées.
 
En effet, je suis curieuse de voir comment va réagir le CIO ...
 

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