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Chine

La quintessence de l’expérience chinoise

 

09 Décembre 2017
 
Publié par  le 08/12/2017

 

HE WENPING*

 

Lorsque Deng Xiaoping, architecte en chef de la réforme et de l’ouverture menées en Chine, avait rencontré en août 1985 le président tanzanien de l’époque, Julius Kambarage Nyerere, venu effectuer une visite en Chine, il avait affirmé : « Notre réforme est une expérimentation, aussi bien pour la Chine que pour le monde. Si elle réussit, nous pourrons fournir nos expériences pour qu’elles servent la cause socialiste et le développement dans les pays sous-développés aux quatre coins du globe. »

 

Aujourd’hui, plus de trente ans après le lancement de la politique de la réforme et de l’ouverture, la Chine polarise l’attention du monde de par son succès économique phénoménal. Elle a non seulement réussi l’exploit de faire sortir plus de 700 millions d’habitants de la pauvreté, mais en plus, elle est parvenue à se hisser au rang de deuxième économie mondiale juste derrière les États-Unis.

 

Alors comment la Chine a-t-elle pu opérer cette brillante métamorphose ? Tout au long de la réforme, comment le Parti communiste chinois (PCC), en tant que parti au pouvoir, a-t-il fait pour consolider sa capacité à gouverner et gagner constamment en popularité auprès du peuple ?

 

Développement économique et gouvernance politique

 

Au cours de ces trente dernières années de réforme et d’ouverture, la Chine a accumulée une expérience très riche et variée en matière de développement, qui couvre de multiples domaines : agriculture, industrie, commerce extérieur, réduction de la pauvreté, culture et éducation, développement des ressources humaines, renforcement des capacités de gouvernance, etc.

 

Depuis longtemps, les réalisations du développement économique chinois s’attirent largement l’admiration et les éloges du monde, y compris les pays occidentaux. Quant aux nombreux pays en développement, ils s’inspirent de l’expérience chinoise, en particulier de celle acquise dans la réduction de la pauvreté et le développement économique, puisqu’il s’agit des deux principaux objectifs ciblés par les gouvernements de ces pays.

 

Les accomplissements de la Chine dans ces deux domaines sont applaudis et très peu contestés à l’échelle internationale. Toutefois, la route est encore longue et sinueuse avant que le monde parvienne à comprendre pleinement la gouvernance politique de la Chine.

 

D’après certains, la réforme chinoise ne se borne qu’à la dimension économique, alors qu’elle marque le pas dans la dimension politique.

 

À en croire d’autres, la réforme économique chinoise va trop vite, tandis que son régime politique, inadapté, finira par s’effondrer.

 

À la fin des années 1980 et au début des années 1990, avec l’éclatement de l’URSS et la fin de la Guerre froide, des grands débats et pronostics sur « l’effondrement de la Chine » ont émergé dans le monde occidental, en écho à la thèse de « la fin de l’histoire » prêchée par le chercheur américain d’origine japonaise Francis Fukuyama. Comme la suite l’a démontré, la Chine ne s’est pas effondrée, bien au contraire ! Elle s’est engagée d’un pas plus assuré sur la voie du développement et de la stabilité. Néanmoins, les préjugés et les idées négatives sur la gouvernance politique chinoise, qui ont pris racine dans la méconnaissance de la Chine ou la mentalité digne de la Guerre froide, persistent dans l’opinion publique internationale, à dominante occidentale.

 

Ce « nuage » formé d’a priori a commencé à se dissiper au début du XXIe siècle, époque caractérisée par un monde plus globalisé et secouée par des bouleversements nouveaux, en particulier dans la dernière décennie. Alors que le monde a subi la crise financière survenue en 2008 et le Printemps arabe amorcé fin 2010, soit deux épreuves d’une portée planétaire menaçant le développement économique et sociopolitique, la Chine socialiste sous la direction du PCC n’a connu ni krach financier en réplique au séisme frappant l’épicentre capitaliste, ni crise sociopolitique tels les troubles connus dans le monde arabe, en dépit des prédictions de certains observateurs occidentaux. A contrario, grâce à son système politique présentant certains avantages, elle s’est avérée plus résiliente aux pressions et aux chocs que les États-Unis et l’Europe, avec leurs systèmes capitalistes.

 

Ainsi, ces dernières années, la gouvernance politique chinoise est devenue un sujet d’attention pour une foule d’analyses, au même titre que le partage de l’expérience chinoise en matière de développement. En septembre 2014, le livre Xi Jinping : la gouvernance de la Chine a été publié pour la première fois. En seulement deux ans et demi, cet ouvrage traduit en de nombreuses langues (anglais, français, russe, arabe, espagnol, portugais, allemand, japonais, etc.) a été imprimé à plus de six millions d’exemplaires dans une centaine de pays et régions du monde. De plus en plus de gouvernements et partis politiques étrangers, fascinés par les prouesses attribuées à la « voie chinoise », se sont mis à puiser des idées dans la sagesse des dirigeants et du parti au pouvoir chinois. De nombreux pays en développement notamment espèrent trouver, par le biais de l’expérience chinoise, leur propre voie de développement sur l’actuel échiquier international, caractérisé par un multilatéralisme croissant et l’essor du monde non occidental. Ainsi, l’expérience chinoise voit son attractivité dépasser le cadre du développement économique pour atteindre la sphère de la gouvernance politique.

 

En particulier depuis le XVIIIe Congrès du PCC, les réalisations de la Chine, par exemple dans l’édification du Parti et la lutte contre la corruption, sont au vu et au su de la communauté internationale. Ainsi, tout naturellement, l’intérêt qu’éprouvent les pays en développement pour le « modèle chinois » ne se cantonne plus au développement économique, mais commence à s’étendre au développement politique, qui se traduit par l’édification du Parti et la gouvernance de l’État. Par ailleurs, certaines mesures telles que les formations proposées aux partis politiques étrangers, les dialogues entre les partis et l’établissement de mécanismes d’échanges ont également pris une place importante dans les relations qu’entretiennent les pays en développement avec la Chine.

 

Réforme progressive

 

L’un des principes au cœur de l’expérience chinoise consiste à procéder à la réforme de manière progressive, en pondérant les rapports entre réforme, développement et stabilité, en vertu d’un concept de développement qui évolue avec son temps. Dans un pays en développement en pleine transition, les grandes réformes ont inévitablement des répercussions sur la structure sociale d’origine et sa stabilité. Or, la réforme se doit de considérer la stabilité comme la prémisse et le développement comme la finalité. La voie chinoise de réforme et d’ouverture adhère donc au principe suivant lequel « la stabilité est prioritaire ». Comme le soulignait Deng Xiaoping, « la stabilité passe avant tout ». Il faut apaiser l’agitation sociale et conforter la stabilité avant de rechercher le développement, puis entretenir cette stabilité grâce aux fruits de la réforme et du développement, afin de parvenir à un équilibre coordonné entre stabilité, développement et réforme.

 

Au cours de la réforme et du développement économiques, le gouvernement chinois a appliqué une « approche par tâtonnements » pour garantir une transition en douceur, considérant qu’une réforme radicale serait susceptible de provoquer des turbulences dans l’économie nationale et ainsi d’accroître le risque et la probabilité d’échec de la réforme. En d’autres termes, il s’attaque aux questions les plus faciles d’abord et les plus difficiles ensuite, étape par étape. En outre, il commence toujours par mettre en œuvre des projets pilotes, puis, en fonction des résultats obtenus, décide ou non de les généraliser et de les promouvoir. Que ce soit l’instauration du système d’exploitation forfaitaire à base familiale en milieu rural ou la promotion des entreprises rurales, que ce soit la réforme des entreprises publiques ou la réforme du secteur financier, sans oublier les réformes opérées dans l’emploi, la sécurité sociale, la répartition des revenus et le registre d’état civil, lesquelles visent à soutenir le passage d’une économie planifiée à une économie de marché… Dans toutes ces réformes, l’objectif a toujours été d’atténuer le choc ressenti par les groupes les plus vulnérables, ainsi que de limiter ou de répartir les coûts et les risques associés.

 

Dans le domaine politique, c’est également dans le respect de cette prémisse, la stabilité, que les réformes s’opèrent. Celles-ci consistent à élargir graduellement la participation politique, tout en promouvant activement les recherches et essais relatifs aux élections démocratiques (organisées dans un premier temps aux échelons de base) et à la démocratie au sein du Parti, dans le but ultime de réaliser l’égalité politique.

 

C’est grâce à cette progression graduelle et ordonnée que la réforme chinoise a pu s’approfondir cycle après cycle. Et dans le même temps, cette réforme méthodique a permis à la Chine d’accomplir, dans l’ensemble, une transition socioéconomique particulièrement vaste et profonde, en un laps de temps très court et dans des circonstances relativement harmonieuses et stables.

 

Depuis le lancement de la réforme et de l’ouverture il y a plus de trente ans, au-delà d’équilibrer les relations réforme-développement-stabilité, le gouvernement chinois, avec les différentes générations de dirigeants, s’attache à guider en tout temps le développement, l’envisageant selon une conception évolutive, pour que celui-ci réponde en permanence aux exigences de l’époque. Considérant que « les problèmes découlant du développement doivent être résolus par le développement » et que « le développement constitue la source et la solution des problèmes », il saisit le « développement » comme une clé multifonction pour engager les diverses réformes.

 

Tout comme les défis et les tâches auxquels fait face la Chine évoluent en fonction des stades de développement traversés, le concept de développement chinois a été renouvelé à plusieurs reprises ces trente dernières années. Dans les années 1970 et 1980, au sortir de la Révolution culturelle, le plus grand défi à relever pour la Chine consistait à sortir de son état de faiblesse et de pauvreté, et à réaliser les « quatre modernisations » de l’industrie, de l’agriculture, de la défense nationale, ainsi que des sciences et des technologies. Ainsi, l’architecte en chef et pionnier de la réforme et de l’ouverture, Deng Xiaoping, a avancé les fameux préceptes « Le développement est la pierre de touche » ou « Peu importe que le chat soit noir ou blanc, pourvu qu’il attrape les souris ». Guidée par ce concept de développement, l’économie chinoise a suivi une progression fulgurante, avec un taux de croissance à deux chiffres.

 

Cependant, ce développement exponentiel a produit des effets secondaires, notamment un développement extensif, la pollution de l’environnement et l’accroissement des disparités de revenus. Afin de résoudre les problèmes découlant du développement, la troisième session plénière du XVIe Comité central du PCC, tenue en octobre 2003, a présenté le nouveau concept de développement scientifique.

 

Les grands principes de ce concept sont les suivants : insister sur une planification générale sans pour autant négliger chaque domaine particulier ; placer l’homme au centre de toutes les préoccupations ; établir un concept de développement global, coordonné et durable ; et favoriser le développement à la fois socioéconomique et humain. D’après ce nouveau concept de développement scientifique, il serait simpliste d’assimiler la croissance du PIB au développement et au progrès social, et à ce compte-là, il convient de remédier aux déséquilibres observés dans certains domaines et certaines régions, où les progrès sociaux, la valeur attribuée à l’homme et le bien-être à long terme sont négligés au profit des indices économiques, des acquisitions matérielles et des intérêts immédiats.

 

À l’heure où l’environnement économique et commercial international est de plus en plus complexe et hasardeux, le Comité central du PCC, avec le camarade Xi Jinping comme noyau dirigeant, a lancé en temps opportun le concept de développement innovant, coordonné, vert, ouvert et partagé. M. Xi a indiqué : « Nous devons prendre conscience que l’économie chinoise, en dépit du volume considérable qu’elle représente, n’est pas encore robuste et qu’en dépit de sa croissance très rapide, elle n’affiche pas une qualité optimale. Notre modèle de développement extensif qui misait principalement sur les facteurs de production, en particulier les ressources, pour stimuler la croissance économique et l’expansion du volume économique n’est pas durable. Il est temps d’accélérer notre transformation pour passer d’un développement essentiellement alimenté par les facteurs de production et l’investissement massif à un développement tiré par l’innovation. »

 

En conclusion, c’est en persistant dans l’idée de développement, mise au diapason de son époque, que la Chine est devenue sans conteste l’exemple type d’un État développeur.

 

Gouvernement fort et politiques adéquates

 

Le second principe au cœur de l’expérience chinoise consiste à avoir un gouvernement fort et engagé dans le développement, ainsi que des dirigeants visionnaires et des politiques adéquates. Dans un pays en pleine transition, il est nécessaire d’avoir, à certaines périodes et pour certains domaines, un « gouvernement fort », doté d’une grande autorité politique et d’une vive capacité en matière de gouvernance. L’objectif étant d’unir la population nationale autour d’une volonté commune et d’un sentiment de cohésion, ainsi que de conjuguer les efforts de tout le pays pour faire progresser de manière ordonnée les réformes économiques, sociales et politiques.

 

Dans l’histoire humaine, les faits démontrent depuis longtemps que le développement économique peut être atteint dans des circonstances politiques autres que la démocratie occidentale. Dans les années 1960 et 1970, certains pays et régions en développement (à l’instar des « Quatre dragons asiatiques ») ont connu une croissance économique assez rapide. Pour expliquer cet essor des économies émergentes de l’Asie de l’Est, dont la Chine, de nombreux chercheurs occidentaux ont recouru au concept du soi-disant « État développeur ». Selon leur définition, « un État développeur se caractérise par un modèle de développement économique dirigé par un gouvernement fort et faisant preuve d’une ferme volonté de développement économique, un gouvernement capable de mobiliser et de redistribuer efficacement les diverses ressources dans le but de promouvoir le développement national. »

 

Concernant le régime politique, bien que le système de collaboration multipartite et de consultation politique sous la direction du PCC ait longtemps été interprété par les sociétés occidentales comme « un parti unique au pouvoir de longue date », toutes les analyses faisant preuve d’objectivité reconnaissent qu’« un parti unique au pouvoir de longue date » est plus à même d’assurer une continuité politique. Élaboré pour la première fois en 1949 sous la houlette du PCC, le Plan quinquennal pour le progrès social et le développement économique en est désormais à sa XIIIe édition.

 

En accord avec les plans quinquennaux successifs, la Chine poursuit ses efforts de manière ordonnée dans la construction d’infrastructures, dans l’aménagement de zones économiques spéciales, ainsi que dans la coopération internationale en matière de capacités de production et pour la construction des Nouvelles Routes de la Soie. De plus, le PCC ne cesse de perfectionner ses équipes de cadres dirigeants aux différents échelons par le biais du système de mandat, de la direction collective, de la sélection au mérite et de la mise en concurrence des candidats aux postes. C’est donc en assurant une « bonne gouvernance » plutôt qu’en poursuivant aveuglément la « démocratisation des élections » que le PCC cherche à renforcer sa popularité, qui constitue le socle de la gouvernance de l’État.

 

En outre, bien que les réalisations du développement économique chinois soient connues et reconnues du monde entier, très peu de gens semblent se rendre compte que la Chine a mené sa réforme économique en simultané et en symbiose avec sa réforme sociopolitique. Les résultats obtenus à travers la réforme économique sont donc indissociables des efforts déployés dans le cadre de la réforme sociopolitique. Ces trente dernières années, de nombreuses réformes progressives sur la supervision du pouvoir et la mise en œuvre de contre-pouvoirs sont menées, notamment dans le système de direction, le système de nomination des cadres dirigeants, le système électoral (élections internes au Parti, mais aussi élections aux échelons de base), les systèmes législatif et judiciaire, ainsi que le système de prise de décision.

 

De cette manière, la réforme économique peut progresser en continu et en profondeur, et au cours de la transition socioéconomique majeure, les différentes ethnies et les diverses couches sociales parviennent à vivre en harmonie et à concilier leurs intérêts. Bien sûr, la Chine est encore confrontée à de nombreux défis dans son processus de développement, comme le fossé entre riches et pauvres ou les inégalités entre les différentes régions. Mais du point de vue diachronique, le peuple chinois jouit de droits économiques, sociaux et politiques toujours plus nombreux, aujourd’hui à un niveau sans précédent dans son histoire. C’est sans doute pourquoi le « Consensus de Beijing » axé sur le développement est en mesure de concurrencer le « Consensus de Washington » axé sur la libéralisation économique. D’ailleurs, ce « Consensus de Beijing » est aujourd’hui prisé par un nombre croissant de pays en développement.

 

*HE WENPING est chercheuse senior à l’Institut Chahar et chercheuse à l’Institut de recherche sur l’Asie de l’Ouest et l’Afrique qui relève de l’Académie des sciences sociales de Chine.

Propos d’expert

 

Lire aussi :


• HE Wenping, China-Africa Knowledge Project Research Hub – Jeune Afrique – World Economic Forum.
• Dossier documentaire Economie Chine, Monde en Question.
• Index Économie, Monde en Question.
• Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Quid du recyclage international du plastique maintenant que la Chine ne veut plus s’en charger ?

 

08 Décembre 2017

Auteur

 Research Fellow, Architecture, Design and the Built Environment, Nottingham Trent Universit

 

    En 2010, dans la province chinoise de l’Anhui. STR/AFP
     
    La fin de la « poubelle du monde »

    Mais en juillet 2017, la Chine a annoncé d’importants changements quant au contrôle de qualité des matériaux importés, en informant l’Organisation mondiale du commerce qu’elle interdirait les importations de 24 catégories de déchets recyclables et solides d’ici la fin de l’année. Cette campagne contre sa place de yang laji ou « poubelle du monde » concerne les plastiques, textiles et papiers. La Chine importera ainsi bien moins de matériaux usagés qu’elle ne le faisait jusqu’ici et les remplacera par ceux collectés sur son territoire, issus des consommateurs de la classe moyenne – influencés par le mode de vie occidental et toujours plus nombreux.
     
    Cette décision s’annonce d’ores et déjà lourde de conséquences. La Chine étant le principal marché à recueillir le plastique recyclé, l’on s’inquiète que les déchets qu’elle importe actuellement – et particulièrement les matériaux de faible qualité – ne puissent être envoyés nulle part ailleurs.
     
    Aujourd’hui, 87 % du plastique recyclé de 27 États de l’Union européenne sont exportés directement ou indirectement – via Hong Kong – en Chine. L’année dernière, les États-Unis lui ont vendu 1,42 million de tonnes de débris plastiques, pour une valeur estimée à 495 millions de dollars.
    Avec une population de plus de 1,4 milliard d’habitants, la gestion des ordures ménagères en Chine est déjà un challenge. Wu Hong/EPA
    Le plastique, ce matériau problématique
     
    Qu’adviendra-t-il du plastique que ces pays collectent par des systèmes de recyclage des déchets ménagers une fois que les Chinois ne l’accepteront plus ? Quelles sont les alternatives ?
     
    Les plastiques pourraient être incinérés et transformés en énergie. Il s’agit, après tout, de matériaux façonnés à base de combustibles fossiles, et qui brûlent extrêmement bien. En générant de l’électricité, ils pourraient ainsi permettre aux États de subvenir sans difficulté à leurs besoins en énergie.
     
    On pourrait aussi les enfouir – mais ce n’est pas l’idéal – ou les stocker jusqu’à ce que l’on trouve de nouveaux marchés demandeurs de ce type de déchets. Mais cela causerait sans doute des problèmes, comme en témoignent les centaines d’incendies déclenchés sur des sites de stockage de matériaux recyclables.
     
    Si le plastique est un matériau fiable et malléable – du film transparent alimentaire à l’emballage souple d’objets rigides comme les appareils électroniques –, les dégâts qu’il cause – notamment dans les océans – attirent de plus en plus l’attention.
     
    Changer notre rapport au plastique
     
    Un premier pas pour y remédier serait de limiter ses fonctions. Beaucoup d’objets jetables sont en plastique : quelques-uns sont jetables par nécessité ou pour des raisons d’hygiène – par exemple, les poches de sang et certains matériels médicaux – mais beaucoup d’autres le sont par commodité.
     
    Du côté des consommateurs, il existe des manières de restreindre le recours au plastique. Limiter l’utilisation de sachets plastiques par la dissuasion financière, par exemple, est une initiative qui a porté ses fruits et entraîné des changements dans notre comportement. En France, certains objets jetables en plastique auront disparu d’ici 2020 et en Grande-Bretagne, la première chaîne de brasseries, Wetherspoons, a banni les pailles à usage unique.
     
    L’instauration d’un système de consignes pour les bouteilles en plastique (et les cannettes) pourrait aussi modifier les comportements. Les micro-billes, abondamment utilisées dans les cosmétiques comme exfoliants, sont maintenant pointées du doigt. Les dommages qu’elles provoquent apparaissent de plus en plus clairement, au point que le gouvernement britannique a annoncé des plans pour interdire leur emploi dans certains produits.
     
    Ces mesures s’inscrivent dans une suite de décisions similaires aux États-Unis et au Canada. Plusieurs pays de l’Union européenne, la Corée du Sud et la Nouvelle-Zélande prévoient également d’appliquer des interdictions sur les usages des micro-billes.
    Wonderful news for our marine life! The New Zealand government has just banned production and sale of all microbeads http://bit.ly/2AoCpD6

    Quelques réutilisations possibles du plastique


    Beaucoup d’administrations locales collectent des déchets enchevêtrés, mêlés les uns aux autres. Ce type de collecte produit un effet indésirable : s’il est pratique pour les ménages, il entraîne des taux de contamination élevés qui contribuent à diminuer la qualité des matériaux. Ces derniers seront alors soit vendus à des prix plus bas dans un marché restreint et devront être retraités dans des établissements de tri, soit incinérés, ou encore laissés dans les sites d’enfouissement. Et changer les modes de collecte et de retraitement en vue d’améliorer la qualité des matériaux pourrait s’avérer coûteux.
     
    Autres alternatives : le plastique recyclé pourrait fournir des substances chimiques au secteur pétrochimique, des carburants aux secteurs de l’aviation et des transports, des emballages alimentaires, etc.
     
    Les difficultés auxquelles nous sommes confrontés viennent, d’une part, de la domination mondiale de la Chine dans la fabrication de produits manufacturés et, d’autre part, du fait que beaucoup de pays ont compté sur un marché pour résoudre leurs problèmes de gestion des déchets et de recyclage. La situation actuelle nous offre l’opportunité de trouver de nouvelles solutions, d’augmenter la proportion de plastique recyclé dans nos propres produits manufacturés, d’améliorer la qualité des matériaux récupérés et d’utiliser de façons nouvelles les matériaux recyclés.
    Traduit de l’anglais par Diane Frances.

    07 décembre 2017

    Wikipedia, de la route de jade à la route de la soie

     

     

    « Le préhistorien André Leroi-Gourhan, indique Wikipedia,  considère cette route comme un espace d'échanges actifs dès le paléolithique. Héritière de la Route de jade dont les vestiges datent de 7 000 ans, elle n'est cependant évoquée dans les chroniques chinoises qu'à partir du iie siècle av. J.-C. Cette route est aussi mentionnée par Michèle Pirazzoli-t'Serstevens« depuis 2000 avant notre ère au moins » comme voie de passage à des populations d'agro-pasteurs des steppes eurasiatiques, surtout éleveurs de chevaux. Et des études publiées en 2012 et 2014 sur la culture de Qijia (une culture du néolithique final du Nord-ouest) ont démontré que ces échanges portaient aussi sur l'apport de la technologie du bronze en Chine. Cet itinéraire serait le résultat de la curiosité de l'Empereur de Chine Wudi (141-87 av. J.-C.) de la dynastie Han pour les peuples civilisés lointains que l'on disait habiter les contrées occidentales, au-delà des tribus barbares... »

     

    Reprenpns la lecture de l'historique de Wikipedia...

     

    Michel Peyret

     


    Route de la soie

     

    Routes de la soie : le réseau de routes du corridor de Chang’an-Tian-shan *

    Patrimoine mondial de l'UNESCO

    Coordonnées

    34° 18′ 16″ nord, 108° 51′ 26″ est

    Pays

     Chine
     Kazakhstan
     Kirghizistan

    Type

    Culturel

    Critères

    (II), (III), (V), (VI) [archive]

    Superficie

    42 668 ha

    Zone tampon

    189 963 ha

    Numéro
    d’identification

    1442 [archive]

    Zone géographique

    Asie et Pacifique **

    Année d’inscription

    2014 (38e session)

    Géolocalisation sur la carte : Asie

    * Descriptif officiel UNESCO
    ** Classification géographique UNESCO

     

    La route de la soie désigne un réseau ancien de routes commerciales entre l'Asie et l'Europe, reliant la ville de Chang'an (actuelle Xi'an) en Chine à la ville d'Antioche, en Syrie médiévale (aujourd'hui en Turquie). Elle tire son nom de la plus précieuse marchandise qui y transitait : la soie.

     

    La route de la soie était un faisceau de pistes par lesquelles transitaient de nombreuses marchandises, et qui monopolisa les échanges Est-Ouest pendant des siècles. Les plus anciennes traces connues de la route de la soie, comme voie de communication avec les populations de l'Ouest, remontent à « 2000 avant notre ère au moins ». Les Chinois en fixent l'ouverture au voyage de Tchang K'ien en 138-1261. Mais elle s'est développée surtout sous la dynastie Han (221 av. J.-C. - 220 ap. J.-C.), en particulier Han Wudi. Puis sous la dynastie Tang (618-907). À partir du xve siècle, la route de la soie est progressivement abandonnée, l'instabilité des guerres turco-byzantines, puis la chute de Constantinople poussent en effet les Occidentaux à chercher une nouvelle route maritime vers les Indes. L'abandon de la route de la soie correspond ainsi au début de la période des « Grandes découvertes » durant laquelle les techniques de transport maritime deviennent de plus en plus performantes. Du côté chinois, les empereurs Ming Yongle, puis Ming Xuanzong chargent, à la même époque, l'amiral Zheng He d'expéditions maritimes similaires.

     

    Etymologie

     

    La route doit son nom à la marchandise la plus chère qui y transitait : la soie, dont les Chinois furent pendant longtemps les seuls à détenir le secret de fabrication. Cette dénomination, forgée au xixe siècle, est due au géographe allemand Ferdinand von Richthofen.

     

    Histoire

     

    Détail des passages Nord et Sud autour du désert du Taklamakan

     

     

    Les principales routes de la soie entre 500 av. J.-C. et 500 ap. J.-C. (en latin)Le préhistorien André Leroi-Gourhan considère cette route comme un espace d'échanges actifs dès le paléolithique. Héritière de la Route de jade dont les vestiges datent de 7 000 ans, elle n'est cependant évoquée dans les chroniques chinoises qu'à partir du iie siècle av. J.-C.2. Cette route est aussi mentionnée par Michèle Pirazzoli-t'Serstevens3« depuis 2000 avant notre ère au moins » comme voie de passage à des populations d'agro-pasteurs des steppes eurasiatiques, surtout éleveurs de chevaux. Et des études publiées en 2012 et 2014 4 sur la culture de Qijia (une culture du néolithique final du Nord-ouest) ont démontré que ces échanges portaient aussi sur l'apport de la technologie du bronze en Chine.

     

    Cet itinéraire serait le résultat5 de la curiosité de l'Empereur de Chine Wudi (141-87 av. J.-C.) de la dynastie Han pour les peuples civilisés lointains que l'on disait habiter les contrées occidentales, au-delà des tribus barbares.

     

    Les Grecs, puis les Romains, commencent à parler du « pays des Seres » à partir du ive siècle av. J.-C. pour désigner la Chine. Vers le début de l'ère chrétienne, les Romainsdeviennent de grands amateurs de soie après en avoir acquis auprès des Parthes qui sont alors les organisateurs de ce commerce.

     

    De nombreux autres produits voyagent sur ces mêmes routes : musc, pierres précieuses, porcelaine, étoffes de laine ou de linjadeambreivoirelaqueépicesverre (en particulier : les perles de verre avant qu'elles ne soient produites en Chine6), corail, métaux précieux et armes, etc.

     

    Les Sogdiens, un peuple indo-européen d'origine scythe établi en Sogdiane, dans l'ouest de l'actuel Ouzbékistan et les pays limitrophes, ont assuré depuis l'antiquité et surtout entre le vie et viiie siècles l'essentiel du commerce des voies d'Asie centrale entre la Chine, la Perse, l'Occident et l'Inde, et en particulier la Route de la Soie. Polyglottes, ils ont fourni bon nombre d'espions, de traducteurs ou d'agents diplomatiques à qui voulait bien les employer. Maîtres de la Transoxiane (région située entre les fleuves Oxus et Syr-Daria), ils prélevaient de nombreuses taxes qui enrichirent leurs prestigieuses cités de Samarcande et Boukhara.

     

    La majorité des caravansérails d'Asie centrale étaient des établissements sogdiens. Ils contribuèrent également à la diffusion de religions en Chine comme le nestorianisme, le manichéisme et le bouddhisme7. La soie, pour les producteurs chinois8, était, non un objet de profit, mais, tout simplement, une monnaie qui servait à payer les fonctionnaires et à gratifier les souverains étrangers, dont les menaçants nomades. Ce furent les marchands sogdiens qui la captèrent en route et en firent un objet économique. Même de leur point de vue, il ne semble pas qu'elle ait toujours été perçue comme formant l'essentiel de leur activité. Les marchandises qu'ils transportaient, de toute façon en très faibles quantités, étaient plutôt le musc et le santal.

     

    Parcours

    Un sogdien sur un chameau de Bactriane. Figurine chinoise sancai, période Tang, entre 618 et 907. Musée de Shanghai.

     

    Xi'an est, du côté chinois, l'extrémité est de la route de la soie. Le parcours a été considéré comme officiellement « ouvert » par le général chinois Zhang Qian au iie siècle av. J.-C.. Les empereurs Han assiégés par des barbares nomades (les Xiongnu) décident d'ouvrir au commerce et au monde extérieur la soie, alors monopole d'État : Ils ont en effet besoin d'alliés et de chevaux.

     

    À l'apogée de la Dynastie Tang (618-907), la ville capitale de Chang-An (Xi'an) abrite deux millions d'habitants, soit dix fois plus que Constantinople ou Cordoue, mille fois plus qu'Aix-la-Chapelle au temps de Charlemagne9.

     

    Les convois de caravanes partent de Xi'anLanzhou ou Xining et empruntent le corridor du Gansu. Ils contournent ensuite le désert du Taklamakan, l'un des plus arides du monde, soit par la voie du nord ou par celle du sud. Ces deux itinéraires possibles possèdent chacun différentes variantes, et sont jalonnés de villes et caravansérails, dont les noms et l'importance varient au fil des temps.

     

    Toutes les pistes progressent le long d'un chapelet d'oasis-forteresses situées à la périphérie du désert et au pied des hautes montagnes des Tian Shan ou des Kunlun :

     

    À partir de Kachgar et Yarkand, les pistes rejoignent la Perse ou l'Inde à travers les hautes montagnes de l'Asie centrale (PamirHindū-Kūsh et Karakoram), puis par la Sogdiane (SamarcandeBoukharaMerv), la Bactriane (Balkh) ou le Cachemire (Srinagar). En réalité, très rares sont ceux qui ont eu l'occasion de parcourir l'intégralité du trajet: Marco Poloson père et son oncle furent de ceux-ci.

     

    Les marchandises venues d'Orient ou d'Occident s'échangent dans les oasis, devenues d'importants comptoirs fréquentés non seulement par les commerçants mais aussi par les pèlerins, les soldats et les espions. À son apogée, la Route de la soie relie – côté ouest – l'Empire byzantin et – côté est – une vaste région qui va des Trois royaumesjusqu'aux territoires de la dynastie Yuan en zone chinoise.

     

    Déclin de la « Route de la Soie »

     

    La longueur du parcours, les nombreux intermédiaires, les multiples dangers encourus par les voyageurs sur ces pistes soumises aux incursions de peuples belliqueux et aux attaques des brigands (surtout après la dislocation de l'empire mongol au xive siècle et l'ouverture par les Européens de la route maritime des Épices), vont finir par contribuer au déclin de l'itinéraire terrestre de la « route de la soie ». Ainsi par exemple, la région du « Turkestan chinois » est sous la souveraineté théorique de l'empereur de Chine, mais cette domination subit en réalité de fréquentes éclipses, dues à son grand éloignement et à la difficulté d'y maintenir des garnisons suffisantes.

     

    L'extrême rigueur du climat (torride en été et glacial en hiver), complique l'acheminement qui progresse cahin-caha pendant parfois plus d'un an, à dos de yacks ou en caravanes de cinquante à mille chameaux10.

     

    Au total, l'ensemble de ces facteurs renchérissent le prix des produits qui transitent entre l'Extrême-Orient et le bassin méditerranéen. Ces raisons incitent les Européens à rechercher et à pratiquer une route maritime (aussi appelée routes des épices ou « routes des parfums ») pour commercer avec les pays d'Orient2.

     

    Par ailleurs, les soies chinoises intéressent moins les Européens car la fabrication de la soie se développe en Europe même.

    Au xve siècle, la Route de la soie est progressivement abandonnée.

     

    Impact culturel de la « route de la soie »

     

    Article détaillé : Expansion du Bouddhisme via la Route de la Soie.

     

    • La route est aussi utilisée par les pèlerins qui cherchent à refaire les pérégrinations du Bouddha. Parmi les plus célèbres, on peut citer :

    le moine Faxian en 399 (le récit de son pèlerinage se trouve dans les Mémoires sur les royaumes bouddhiques) ;
    le moine Xuanzang en 629, héros du célèbre roman chinois Le Voyage en Occident, qui voyagea pendant 15 ans ;
    en 964, 300 moines chinois vont rechercher les enseignements des mahayanistes.
    • Elle est la voie de diffusion vers l'occident de découvertes chinoises majeures : boussolepoudre à canonpapier-monnaieimprimerie, etc.

    • Elle est également - en sens inverse - la voie par laquelle plusieurs religions étrangères pénètrent en Chine : bouddhismechristianisme nestorienjudaïsmemanichéisme et islam se transportent le long de l'itinéraire jusqu’à Xi'an.

    • Ainsi, l'art bouddhique, influencé par l'art grec, se diffuse jusque dans la vallée de l'Indus à la suite des conquêtes d'Alexandre le Grand. Il laisse, dans de nombreux sites abandonnés plus tard et ensevelis sous les sables du désert, des vestiges redécouverts à partir de la seconde moitié du xixe siècle, et qui témoignent des influences culturelles véhiculées au Moyen Âge. Cette région, surtout le bassin du Tarim, a vu de temps à autre se réaliser des syncrétismes culturels à partir d'influences indiennes, persanes, occidentales et chinoises (art dit « sérindien »).

    • Entre 1860 et 1925, cette région est explorée et fouillée par des explorateurs et des savants occidentaux au profit des musées de LondresBerlinParis ou Saint-Pétersbourg.

    • Postérité de la « route de la soie »

    Par une culture internationale, elle a permis des échanges matériels, culturels, religieux et scientifiques entre peuples aussi divers et mutuellement lointains que les Turcs, les Tokhariens, les Sogdiens, les Perses, les Byzantins et les Chinois.

     

    Dans les régions qu'elle traverse, les richesses qu'elle génère représente une force d’attraction et ouvre des horizons pour des tribus qui vivent jusque là de façon isolée. Ces peuples sont attirés par les richesses et les opportunités qui se présentent à eux et deviennent maraudeurs ou mercenaires. Beaucoup de leurs membres deviennent ainsi des guerriers redoutables, capables de conquérir des cités riches, des terres fertiles et de forger des empires.

     

    Elle évoque pour certains un processus assimilable à la mondialisation. Elle est à l'évidence un sujet intéressant pour ceux qui veulent observer un phénomène précoce d'intégration politique et culturelle, causé par le commerce international.

     

    Elle a : suscité le rassemblement d'États militaires fondés par des nomades de Chine du Nord, amené le nestorianisme, le manichéisme, le bouddhisme puis l'islam en Asie centrale et en Chine, provoqué le puissant empire des Turcs Khazars.

    • Contribué à la fin de sa gloire, entre autres facteurs, à l'établissement du plus grand empire continental de tous les temps : l'Empire des Mongols, avec ses centres politiques répartis sur toute la route (Pékin en Chine du Nord, Karakorum en Mongolie orientale, Samarkand en TransoxianeTabriz à l'ouest de l'Iran, Astrakhan sur la Volga, Bahçesaray en CriméeKazan en Russie centrale, Erzurum en Anatolie orientale).

    • Cet empire réussit à unifier, sous la terreur, ces zones auparavant liées de façon intermittente par des rapports commerciaux, mais ne sera qu’éphémère.

    L'unité politique de cette région ne survit pas à la chute de l'Empire mongol, la culture et l'économie de la région en souffrent également. Les seigneurs turcs extorquent à l'Empire byzantin décadent l'extrémité ouest de la route et posent les fondations du futur Empire ottoman. De même, à la suite de l'islamisation de la région, les Chinois deviendrons durablement méfiants vis-à-vis de cette voie commerciale, dès la fin de la dynastie Tang, et préféreront la fermeture puis le commerce maritime, qui commencera alors à prendre son essor11.

     

    Nouvelle route de la soie

     

    Article détaillé : Nouvelle route de la soie.

    Ce projet serait notamment constitué du tronçon d'autoroute de 213 kilomètres entre Kashgar et Erkeshtam est entré en service en septembre 2013.

     

    C'est un chantier titanesque. L'Europe, la Chine et les pays d'Asie centrale sont engagés dans la construction d'un nouvel axe commercial majeur. La nouvelle route de la soie pourrait redistribuer les cartes, à l'heure où la mondialisation de l'économie fait pencher la balance vers l'Est. Plusieurs tronçons ont déjà été transformés en autoroute.

     

    La partie chinoise de cette route sera constituée des passages par Lianyungang, dans la Province du Jiangsu, et Xi'an, dans la Province du Shaanxi, et par la région autonome ouïghour du Xinjiang.

     

    Cette route pourrait alors rejoindre l'Europe en passant par le Kirghizistan, l'Ouzbékistan, le Tadjikistan, le Turkménistan, l'Iran et la Turquie. Côté chinois, on achève le Xinsilu, une quatre-voies de 5 000 km qui relie la mer Jaune aux monts Tian. Un axe qui a pour but de délester la route maritime, par laquelle transitent des millions de conteneurs par an.

     

    Deux autres routes sont envisagées pour rejoindre l'Europe : une passant par le Kazakhstan et la Russie, et l'autre traversant le Kazakhstan via la mer Caspienne. Les travaux ne sont pas financés par l'Union européenne, qui n'apporte aucune aide logistique. Les bailleurs sont la Banque européenne de développement, la Banque asiatique de développement, la Banque de développement islamique.

     

    Cette route permettra notamment de faciliter le commerce entre la Chine populaire et les pays d'Asie centrale, dont les échanges s'élevaient à 25,2 milliards de dollars américains en 2008. Une liaison ferroviaire allant de la région autonome ouïghour à l'Iran et desservant le Tadjikistan, le Kirghizistan et l'Afghanistan est également envisagée12.

     

    La route du sud, via la Turquie et l'Iran, est pour l'instant délaissée en raison des sanctions de l'ONU imposées à l'Iran. Ce pays est par ailleurs en conflit avec ses voisins sur le partage des eaux de la mer Caspienne.

     

    Un nouveau terminal pour ferries, tankers et cargos est en chantier à Alat, le nouveau terminal portuaire de Bakou. Cette gigantesque plate-forme, dotée des meilleurs équipements, assurera toutes les jonctions possibles entre bateaux et trains, wagons-citernes et pipelines, conteneurs et camions. « Alat pourra traiter jusqu'à 25 millions de tonnes de fret par an contre 7 millions en 2012, depuis le vieux port de Bakou », confirme Mousa Panahov, le vice-ministre des Transports de Chine.

     

    En 2012, il faut compter au minimum un mois pour acheminer des marchandises depuis Shanghai jusqu'à Rotterdam par la mer, via le canal de Suez; moins de trois semaines en train, et environ quinze jours en camion. Les experts estiment que ces deux derniers voyages terrestres pourraient être réduits de moitié en améliorant les infrastructures et en harmonisant les législations. Un programme dont l'Azerbaïdjan se verrait bien le champion. Le budget consacré par Bakou aux transports (trois milliards d'euros en 2010) est d'ailleurs le premier poste de dépense de l'État azéri. Élément essentiel de cette stratégie, la voie ferrée Bakou-Tbilissi-Kars a été rénovée, des rails et traverses aux locomotives et à l'alimentation électrique. Fort de ses pétrodollars, l'Azerbaïdjan a prêté 400 millions d'euros à son voisin géorgien pour ce chantier.

     

    La route de la soie du troisième millénaire, de même que son modèle original, ne suit pas un trajet unique. Depuis la rive orientale de la mer Caspienne, trois itinéraires différents permettront de rejoindre les contreforts des monts Tian, puis d'entrer en Chine par une dizaine de points de passage.

     

    Plus que la qualité du bitume ou de l'écartement des rails des voies ferrées, c'est le temps et l'argent perdus aux frontières (environ 40 % de la durée et du coût du voyage) et le cout des transports terrestres qui sont les principaux obstacles à la reconstruction de la route de la soie, qui ne peut être une voie économiquement adaptée aux transport des énormes tonnages de marchandise de masse caractérisant la mondialisation moderne qui n'a finalement rien de commun avec le commerce de la route de la soie historique qui n'étaient qu'une voie de commerce et de négoce fondée sur des produits rares et précieux.

     

    Le 14 mai 2017, la Chine ouvre un sommet consacré au projet de nouvelle route de la soie13.

     

    Notes et références

    1.  Jean-Paul Roux 2006, p. 46

    2. ↑ a et bChristian Grataloup,  L’Atlas des migrations. Les routes de l’humanité, hors-série Le Monde/La Vie, décembre 2008

    3.  Splendeur des Han, 2014, p. 23

    4.  (en) Ludmila Koryakova et Andrej Vladimirovich Epimakhov, The Urals and Western Siberia in the Bronze and Iron ages, Royaume-Uni, États-Unis, Australie, Cambridge University Press,, 2007, 383 p. (ISBN0-521-82928-3) : relié. Et (en) Li Liu et Xingcan Chen, The Archaeology of China : From the Late Paleolithic to the Early Bronze Age, New York, Cambridge University Press, 2012, 482 p. (ISBN9780521644327).

    5.  François Bellec, Marchands au long cours, éd. du Chêne-Hachette, Paris, 2003

    6.  Susan Whitfield (dir.), 2009, p. 80-81. Des perles typiquement chinoises, vert-jade, opaques, sont produites dès le vie – ve siècle av.n. ère. Par contre une coupe d'inspiration romaine, en verre transparent, est produite en Chine au vie siècle de notre ère.

    7.  E. de la Vaissière, Histoire des marchands sogdiens, Paris, 2004

    8.  Franz Grenet, « Recentrer l'Asie centrale (Discours inaugural au Collège de France) » [archive], 40 leçons inaugurales, sur France Culture, 7 novembre 2013 (consulté le 22 décembre 2016), durée 58 min, moment: 53:50. Idem sur le site du Collège [archive]

    9.  François Bellec, op. cit.

    10.  François Bellec, op cit

    11.  Mark Edward Lewis(en), History of imperial China, Belknap Press of Harvard University Press 2009

    12.  La Chine va construire une Nouvelle Route de la Soie vers l'Europe [archive] - Le Quotidien du Peuple, 15 avril 2011

    13.  Edouard Pflimlin, « La Chine veut restaurer la Route de la soie, non sans périls », Le Monde.fr,‎ 15 mai 2017 (ISSN1950-6244lire en ligne [archive])

     

    Histoire de l'Asie centrale

    • Jean-Paul Roux, L'Asie centrale : Histoire et civilisations, Paris, Fayard, 1997 (ISBN2-213-59894-0)

    • Jean-Paul Roux, Histoire de l'Iran et des Iraniens : Des origines à nos jours, Paris, Fayard, 2006 (ISBN2-213-62736-3)

    • (en) Peter B. Golden, Central Asia in world history, Oxford, New York et Auckland, Oxford University Press, 2011 (ISBN978-0-19-515947-9)

    • (en) Boris A. Litvinsky, Zhang Guang-da et R. Shabani Samghabadi (dir.), History of civilizations of Central Asia. Vol. III : The crossroads of civilizations : A.D. 250 to 750, Paris, UNESCO Pub., 1996 (ISBN92-3-103211-9)

    La route de la soie : introductions

    • Cécile Beurdeley, Sur les routes de la Soie, Paris, Seuil, 1985 (ISBN2-02-008663-8)

    • Édith et François-Bernard Huyghe, La route de la soie ou les empires du mirage, Paris, Payot, 2008 (ISBN978-2-228-90073-7)

    • Jacques Anquetil, Routes de la soie, Paris, J.C. Lattès, 1992 (ISBN2-7096-1112-0)

    • (en) Susan Whitfield, Life along the Silk Road, Londres, John Murray, 2000 (ISBN0-7195-6401-8)

    • Luce Boulnois, La Route de la Soie : Dieux, guerriers et marchands, Genève, Olizane, 2010

    • (en) Xinru Liu, The Silk Road in World History, Oxford, Oxford University Press, 2010 (ISBN978-0-19-533810-2)

    • (en) Étienne de la Vaissière, « Central Asia and the Silk Road », dans The Oxford Handbook of Late Antiquity, Oxford, Oxford University Press, 2012, p. 142-169

    • Olivier WeberLe Grand Festin de l'Orient, Paris, Robert Laffont, 2004

    Catalogues d'expositions

     

    • A la rencontre de Sindbad, la route maritime de la soie, exposition. Paris : Musée national de la Marine1994

    • Monique Cohen, Jean-Pierre Drège et Jacques Giès (éds.), La Sérinde, terre d'échanges : art, religion, commerce du ier au xe siècle, Paris, La Documentation française, 2000(ISBN2-11-004281-8)

    • Jean-Paul Desroches, L'Asie des steppes : d'Alexandre le Grand à Gengis Khan, Paris, Musée des arts asiatiques Guimet, 2001, 202 p. (ISBN2-7118-4176-6)

    • (en) Susan Whitfield, The Silk Road: Trade, Travel, War and Faith, Chicago, Serindia, 2004 (ISBN1-932476-12-1)

    • (en) James C. Y. Watt (dir.), China : Dawn of a Golden Age, 200-750 AD, New York, New Haven et Londres, Metropolitan Museum of Art et Yale University Press, 2004 (lire en ligne [archive])

    • Susan Whitfield (dir.), La route de la soie : un voyage à travers la vie et la mort, Bruxelles, Fonds Mercator - Europalia international, 2009 (ISBN978-90-6153-892-9)

    • Éric Lefebvre et Huei-chung Tsao (dir.), Splendeur des Han : Essor de l'Empire Céleste, Paris, Flammarion et Musée national des arts asiatiques-Guimet, 2014, 255 p.(ISBN978-20-81348-84-4)

    Autres ouvrages

    • (en) Edward H. Schafer, The Golden Peaches of Samarkand: A study of T’ang Exotics, Berkeley and Los Angeles, University of California Press, 1985 (1re éd. 1963) (ISBN0-520-05462-8)

    • Bruno Judic, L'océan Indien au Moyen Âge, Paris, Ellipses, coll. « Le monde : une histoire - mondes médiévaux », 2008

    • (en)Richard FoltzReligions of the Silk Road, Palgrave Macmillan, 2010 (ISBN978-0-230-62125-1)

    • Philippe Norel et Laurent Testot (dir.), Une histoire du monde global, Auxerre, Sciences humaines éd., 2012 (ISBN978-2-36106-029-9)

    Annexes

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    Articles connexes

    Liens externes

     

    La transformation numérique rapide de la Chine

     

    05 Décembre 2017
    French.china.org.cn | Mis à jour le 04. 12. 2017
     
    Ce qui apparaît c’est que dans ce domaine comme celui de l’intelligence artificielle, la Chine est passée du domaine d’ « éponge de l’innovation » à celui de créatrice de l’innovation. Il y a deux pays qui sont désormais en tête dans ces domaines, les USA et la Chine. Si cette accélération donne le tournis, on se dit que vue la manière dont se développent aux USA ces innovations en risquant de laisser sur le carreau de plus en plus de professions, du chauffeur routier au comptable, l’affirmation de la Chine que cette évolution sera celle d’une société de plein emploi et de moyenne aisance pour tous rassure, comme rassure la proposition de coexistence pacifique des civilisations même si on a du mal à saisir la totalité de la démonstration, le dialogue, l’échange est indispensable. Il ne reste plus en effet qu’à faire une sorte de pari de pascal, sur l’appel au communisme lancé par la Chine. En effet du côté du capital c’est la barbarie, la guerre, l’élimination des faibles, il ne reste que le choix du socialisme, d’un destin commun de l’humanité et de rapidement nous communistes français, nous gens de gauche à nous jeter dans ce flot de modernité pour l’orienter, développer l’éducation, la recherche, les capacités transversales de l’intelligence, se battre pour un développement humain et non fasciste, prétendre le refuser est illusoire
     
    (note de danielle Bleitrach)

    Le pays est en passe de devenir une pépinière pour l’innovation et le développement de produits.

     

    Que se passe-t-il chaque minute en ligne en Chine ? Eh bien, toutes les 60 secondes, des utilisateurs commandent près de 1400 taxis et 2800 voitures privées sur Didi Chuxing, la plus grande entreprise de commande de taxis en ligne ; plus de 194 000 personnes discutent en conversation audio ou vidéo sur WeChat, la plateforme de réseau social la plus populaire dirigée par Tencent Holdings ; et plus de 770 personnes achètent quelque chose sur Internet, avec près de 1 133 900 dollars (955 000 €) dépensés sur les sites commerciaux du groupe Alibaba.

     

    Ces chiffres donnent un aperçu rapide de la façon, dont Internet est en train de modeler la Chine de façon stupéfiante : « Le pays réalise en 60 secondes [en ligne] ce que d’autres mettent plus d’une journée, une semaine ou plus [à faire] », indique Tech in Asia, le site  internet spécialisé dans la technologie, qui a recensé ces données. Par ailleurs, cet essor s’est déroulé en tout juste quelques années et le cyberespace est aujourd’hui de plus en plus étroitement lié au monde réel.

     

    La Chine a officiellement lancé l’initiative « Internet Plus » en 2015, qui fut conçue pour moderniser les industries traditionnelles en embrassant les nouvelles technologies, comme l’Internet mobile, le cloud computing (ou infonuagique), les mégadonnées et l’Internet des objets. En tout juste deux années, des progrès concrets ont été réalisés, les technologies liées à Internet révolutionnant les secteurs comme la production, la vente au détail, les transports, la finance et la santé.

     

    « Nous allons travailler plus rapidement pour faire de la Chine un producteur de qualité et développer la production avancée, [mais également] promouvoir davantage l’intégration de l’Internet, les mégadonnées et l’intelligence artificielle avec l’économie réelle », a déclaré le président Xi Jinping lors de son discours au XIXe Congrès national du Parti communiste de Chine.

     

    Selon le Premier ministre Li Keqiang, de nouveaux modèles commerciaux et industriels ont émergé depuis le lancement de l’initiative Internet Plus, qui ont fortement stimulé la croissance économique de la Chine.

     

    AliResearch, l’institut de recherche d’Alibaba, note que la croissance liée à Internet représente 6,9 % du PIB chinois, le deuxième taux le plus fort au monde.

     

    L’application rapide des nouvelles technologies numériques dans les secteurs traditionnels a en grande partie été rendue possible par la puissance des infrastructures d’information du pays. La Chine a en effet construit le plus grand réseau à haut débit du monde.

     

    Miao Wei, le ministre de l’Industrie et des technologies de l’information, a déclaré que la Chine s’était hissée au rang d’acteur majeur sur la scène de l’Internet mondial et était devenue la plus grande puissance manufacturière au monde.

     

    « La mise à niveau du secteur de la production manufacturière avec les technologies numériques avancées est une tendance mondiale. La Chine a pris un bon départ dans cette direction », a-t-il indiqué.

     

    Depuis 2015, son ministère a trié sur le volet 206 projets pilotes de production intelligente à travers tout le pays. Vingt-huit d’entre eux sont en phase d’essais industriels numériques, qui ont renforcé leur efficacité de production par plus de 30 %.

     

    En établissant l’interconnexion numérique des machines, des mégadonnées et de l’Internet des objets, qui peut analyser les données des machines et ajuster les opérations, les entreprises accélèrent la dynamique de mise à niveau de leurs usines.

     

    Danielle Bailey, directrice de recherche pour la région Asie-Pacifique pour la société de conseils L2, note que l’intégration des environnements virtuels et réels constitue un domaine, où la Chine est en tête : « En Occident, il y a cette bataille entre le en-ligne et le hors-ligne… Ici, à travers une variété de modèles, il est possible de voir où la Chine a réussi à faire fonctionner ces choses, sans que cela ne soit un discours creux. »

     

    De la même façon, comment embrasser Internet constitue le dernier sujet tendance dans le secteur de la finance. En plus d’offrir des services de paiements mobiles, les entreprises locales de technologie financière (fintech) ont adopté de manière active de nouvelles activités comme la gestion en ligne du patrimoine, la notation de la solvabilité et le paiement de factures de services.

     

    Un développement aussi robuste a permis à la Chine de s’assurer cinq des dix premières places dans un classement des acteurs les plus performants au monde de la fintech, selon un rapport publié par la société de conseil KPMG basée au Royaume-Uni et l’entreprise australienne d’investissement H2 Ventures.

     

    Ce rapport publié en novembre révèle, que la filiale financière d’Alibaba Ant Financial (qui dirige Alipay, la plus grande plateforme financière mobile de Chine) reste l’entreprise de fintech la plus performante au monde.

     

    « La Chine continue à dominer le paysage de la fintech. Ces entreprises poursuivent une tendance, qui se développe depuis plusieurs années et souligne l’essor extraordinaire du secteur de la fintech en Chine », souligne Ben Heap, un partenaire d’H2 Ventures.

     

    Dans le même temps, la stratégie Internet Plus a donné naissance à une vague d’innovation en Chine, aidant le pays à passer du statut d’« éponge de l’innovation » – absorbant et adoptant les technologies et les connaissances existantes du monde entier – à « leader mondial de l’innovation », avec un large éventail de produits et services de pointe développés au niveau national.

     

    Rien ne démontre mieux cela que le phénomène des vélos partagés : créé par des acteurs chinois, dont Ofo et Mobike, ce service sans bornes de vélos équipés de GPS a permis d’améliorer la vie de la population dans les grandes villes en Chine et à l’étranger, fatiguée des routes congestionnées et aspirant à des formes de transport écologiques.

     

    Suivez China.org.cn sur Twitter et Facebook pour rejoindre la conversation.

    Le PCC et d’autres partis politiques du monde ont publié la « Proposition de Beijing »

     

    05 Décembre 2017

    RCI 2017-12-03 18:36:25

    Voici la première confirmation de la présence du parti communiste français à cette réunion, c’est par ce compte-rendu de la Chine que nous en avons connaissance, mais les communistes français doivent avoir un compte-rendu de cette initiative comme d’ailleurs de cette vague de renaissance du marxisme léninisme en Espagne, en Italie, ou encore de la renaissance sur les mêmes bases de ce qui fut le plus grand parti communiste non au pouvoir, le parti communiste d’Indonésie. C’est un mouvement de grande ampleur qui à la fois insiste sur la nécessité de la diversité des socialismes et des moyens pour y parvenir, mais réaffirme la nécessité d’une confrontation des expériences et la référence au marxisme léninisme. Ce mouvement doit être pris en compte dans la préparation du Congrès du PCF  

     

    (note de Danielle Bleitrach)


    Le Dialogue de haut niveau entre le PCC et des partis politiques du monde s’est clôturé le 3 décembre à Beijing. Dans la « Proposition de Beijing » adoptée lors de ce dialogue, il est souligné que les partis politiques du monde doivent renforcer la confiance mutuelle, la communication et coopérer étroitement et sur la base de nouvelles relations internationales, établir de nouvelles relations entre partis politiques en mettant à côté les divergences et recherchant les points communs et un enrichissement mutuel et un respect mutuel en vue de construire une communauté de destin pour l’humanité.

     

    Il s’agit de la première démarche diplomatique multilatérale après le 19ème Congrès national du PCC. Environ 300 partis politiques et organisations politiques de 120 pays y ont envoyé leurs responsables. Il s’agit du premier dialogue du haut niveau entre le PCC et d’autres partis politiques du monde. Le secrétaire général du Comité central du Parti communiste chinois Xi Jinping a prononcé un discours lors de l’ouverture, qui a suscité de vives discussions parmi les responsables des partis politiques.

     

    L’ancien premier ministre italien Romano Prodi a déclaré ceci : « J’approuve le respect de la Chine envers la diversité des civilisations et des modèles de développement dans le monde. L’esprit transmis dans « La Gouvernance de la Chine » de Xi Jinping est que dans le cadre de la construction de la communauté de destin commun pour l’humanité, les diverses civilisations multicolores coexistent et c’est une information significative qui constitue l’unique moyen pour éviter les conflits. Dans la gouvernance du monde, la position chinoise est de respecter les autres pays au lieu d’imposer le modèle chinois à autrui.

     

    Mme Samarbakhsh Lydia, membre du conseil exécutif du Parti communiste français, a indiqué ceci : « Nous avons la conviction que cette proposition offrira de belles opportunités et possibilités pour l’avenir de l’être humain. Pour le développement dans le futur, l’être humain doit refuser la concurrence, éviter la guerre et résoudre le problème de l’inégalité. Améliorer le niveau de vie de tous les peuples du monde et favoriser le développement de toute l’humanité constituent les concepts pour tous. Nous souhaitons participer aux discussions de cette proposition tout en apportant nos contributions. »

     

    L’initiative de la communauté de destin a été lancée en 2013 par le président chinois Xi Jinping. Ces quatre dernières années, cette initiative a gagné de plus en plus de soutien et d’adhésion, et est en train d’être mis en œuvre. L’initiative de « la Ceinture et la Route » est la concrétisation de la communauté de destin, et est devenue une plate-forme de coopération pour la réalisation de développement en commun de différents pays. Durant le Dialogue, plusieurs responsables de parti ont accordé une importance à l’initiative de « la Ceinture et la Route ». Ils espèrent qu’en profitant des échanges entre différents partis, la construction de l’initiative de « la Ceinture et la Route » sera promue, afin de réaliser le gagnant-gagnant entre les pays concernés.

     

    Ketmonov Khatamjon, president du parti populaire et démocratique de l’Ouzbékistan, a déclaré ceci : « Pour de jeunes partis politiques de l’Ouzbékistan, ce dialogue offre une bonne opportunité d’apprendre auprès des autres partis. Ce qui favorise nos travaux à l’avenir. Des échanges entre des partis dans le cadre de « la Ceinture et la Route » promouvront la création des conditions de bénéfice mutuel et la coordination des coopérations internationales. L’Ouzbékistan participera à ces activités avec l’attitude et l’acte les plus actifs. »

     

    Elever la capacité de l’exercice du pouvoir et de la participation aux affaires politiques des partis politiques constitue le thème clé de ce dialogue. Durant plusieurs réunions sur la construction de parti, les expériences de la gouvernance du Parti communiste chinois sont au cœur des discussions. Renforcer les disciplines et le style de travail du parti, et la lutte anti-corruption ont trouvé un écho général. Zizi Kodwa, membre du comité exécutif de l’Africain National Congress de l’Afrique du sud, a indiqué que les mesures anti-corruption du PCC ont donné un bon exemple au monde.

     

    « Le problème de corruption est un défi pour un parti politique. Je pense que les mesures anti-corruption du PCC ont donné un bon exemple à tous les autres partis politiques. La lutte anti-corruption du PCC vise à la fois les hautes et les basses sphères du pouvoir. Mais pour la plupart des partis, seulement les basses sphères du pouvoir sont chassées. Les partis politiques doivent suivre l’exemple du PCC dans son unification de pensée et d’acte pour la lutte contre la corruption, parce que la corruption détruit la confiance du peuple au parti. »

     

     

    La Chine ne compterait-elle pour rien ?

     

    Immanuel Wallerstein
    Sociologue, chercheur à l’université de Yale 

     

    Très souvent lorsque j’écris sur la crise structurelle du système-monde moderne, et donc du capitalisme comme système historique, je reçois des objections me disant que j’ai négligé la forte vitalité de la croissance économique de la Chine et sa capacité à servir de substitut économique à la puissance clairement déclinante des États-Unis et du monde occidental, qu’on désigne comme le Nord.

     

    C’est là un argument parfaitement raisonnable, mais qui oublie les difficultés fondamentales que traverse le système historique existant. En outre, il peint un tableau des réalités de la Chine beaucoup plus rose que ne le justifie une analyse plus attentive. C’est pourquoi je me propose de répondre à cette question en deux temps – d’abord sur le développement historique du système-monde dans sa globalité, ensuite sur la situation empirique de la Chine à l’heure actuelle.

     

    J’ai déjà, à de multiples reprises – dans ces commentaires et dans mes autres écrits –, fait l’analyse de ce que j’appelle la crise structurelle du système-monde moderne. Elle mérite malgré tout d’être reprise sous forme abrégée. C’est d’autant plus nécessaire que même ceux qui se disent favorables à ce concept de crise structurelle semblent néanmoins, dans la pratique, réticents à accepter l’idée d’une disparition du capitalisme, malgré la solidité de cette thèse.

     

    Il y a un certain nombre d’arguments qu’il faut considérer ensemble. A commencer par l’affirmation que tous les systèmes (quel que soit leur but et sans exception) ont une durée de vie et ne peuvent être éternels. L’explication de cette disparition, tôt ou tard, de tout système quel qu’il soit tient au fait que les systèmes opèrent avec, à la fois, des rythmes cycliques et des tendances « séculaire » [1].

     

    Les rythmes cycliques font référence aux mouvements constants de rapprochement et d’éloignement des équilibres mouvants, une réalité parfaitement normale. Cependant lorsque divers phénomènes connaissent une phase d’expansion conforme à leurs règles systémiques puis se contractent, ils ne reviennent pas après leur contraction exactement là où ils en étaient avant leur mouvement cyclique ascendant. Ils reviennent en fait à un point légèrement plus élevé. C’est là le résultat de la résistance à la perte de gains qui se produit durant la phase ascendante.

     

    Il s’ensuit que leur courbe sur le long terme est ascendante. C’est ce que nous voulons dire par tendance « séculaire ». Si on mesure cette activité sur l’abscisse, ou sur l’axe « x » du graphique [2], on peut voir que les courbes se rapprochent à la longue d’une asymptote de 100% qui ne peut être franchie. Il semble que lorsque d’importants facteurs atteignent un point antérieur de 80% sur l’abscisse, ces courbes se mettent à fluctuer de manière erratique.

     

    Lorsque des courbes cycliques arrivent à ce point, elles cessent d’utiliser les moyens dits normaux de résolution des contraintes constantes dans le fonctionnement du système et entrent, alors, dans une crise structurelle du système.

     

    Une crise structurelle est chaotique. Ce qui signifie qu’au lieu de l’éventail standard normal de combinaisons et d’alliances qui étaient auparavant utilisées pour maintenir la stabilité du système, les acteurs modifient constamment ces alliances dans la recherche de gains à court terme. Cela ne fait que rendre la situation pire. Nous remarquons là un paradoxe – la certitude de la fin du système existant et l’incertitude intrinsèque de ce qui va ultérieurement le remplacer, et par là même de ce fait créer un nouveau système (ou de nouveaux systèmes) qui viendra (ont) stabiliser les réalités.

     

    Durant la période de crise structurelle qui s’étale dans le temps long (ou moins long), on observe une bifurcation entre deux manières alternatives de résoudre la crise – l’une en remplaçant le système en crise par un système différent qui d’une manière ou d’une autre préserve les éléments essentiels du système mourant, et l’autre en le transformant radicalement.

     

    Concrètement, dans notre système capitaliste actuel, il y a ceux qui cherchent à fonder un système non capitaliste mais qui conserve néanmoins les pires traits du capitalisme – la hiérarchie, l’exploitation et la polarisation. Et ceux qui souhaitent établir un système relativement démocratique et égalitaire, un type de système historique qui n’a encore jamais existé. Nous sommes en plein dans cette bataille politique.

     

    Examinons maintenant le rôle de la Chine dans ce qui se passe aujourd’hui. Si on se place du point de vue du système actuel, la Chine semble gagner un fort avantage. Défendre l’idée que cela signifie la continuité du fonctionnement du capitalisme comme système revient fondamentalement à (ré)affirmer l’argument irrecevable que les systèmes sont éternels et que la Chine remplace les États-Unis de la même façon que ceux-ci ont remplacé le Royaume-Uni en tant que puissance hégémonique. Si cela s’avérait vrai, dans les 20-30 ans à venir la Chine (ou peut-être l’Asie du Nord-Est) serait capable d’imposer ses lois au système-monde capitaliste.

     

    Mais est-ce vraiment ce qui se passe ? D’abord, l’avantage économique de la Chine, bien que supérieur à celui du Nord, est en train de décliner de façon significative. Et ce déclin pourrait bien s’amplifier à bref délai, avec le développement de la résistance politique aux tentatives chinoises de contrôler les pays voisins et de s’attirer (c’est-à-dire d’acheter) le soutien de pays lointains, comme cela semble se produire.

     

    La Chine pourra-t-elle alors s’appuyer sur un élargissement de la demande intérieure pour maintenir son avantage mondial ? Il y a deux raisons pour que ce ne soit pas le cas. La première, c’est que les autorités en place craignent qu’une couche sociale moyenne qui s’élargit ne mette en péril leur contrôle politique, aussi cherchent-elle à limiter son développement.

     

    La seconde raison, plus importante celle-là, c’est que la demande intérieure résulte pour l’essentiel d’emprunts risqués effectués par les banques régionales, lesquelles doivent faire face à une incapacité à soutenir leurs investissements. Si elles s’effondrent, même partiellement, cela pourrait signifier la fin totale de l’avantage économique de la Chine.

     

    De surcroît, il y a eu, et il y aura encore des revirements brutaux en matière d’alliances géopolitiques. Dans un sens, les zones clés ne se trouvent pas au Nord, mais dans des régions comme la Russie, l’Inde, l’Iran, la Turquie et l’Europe du Sud-Est, qui poursuivent toutes leur propre stratégie en jouant un jeu qui consiste à changer rapidement et constamment de camp. Le résultat final est que, même si la Chine joue un très grand rôle à court terme, celui-ci n’est pas aussi grand qu’elle le souhaiterait et que le craignent certains dans le reste du système-monde. Il est impossible pour la Chine d’arrêter la désintégration du système capitaliste. La seule chose qu’elle puisse faire est d’essayer de s’assurer une place dans un futur système-monde.

     

    Traduction et notes : Mireille Azzoug

    Illustration : Steve Webel / Flickr CC

     

    © Immanuel Wallerstein, distribué par Agence Global. Pour tous droits et autorisations, y compris de traduction et de mise en ligne sur des sites non commerciaux, contacter : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.1.336.686.9002 ou 1.336.286.6606. Le téléchargement ou l’envoi électronique ou par courriel à des tiers sont autorisés pourvu que le texte reste intact et que la note relative au copyright soit conservée. Pour contacter l’auteur, écrire à : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

     

    Ces commentaires, bimensuels, sont des réflexions consacrées à l’analyse de la scène mondiale contemporaine vue dans une perspective de long terme et non de court terme.

     

    NOTES

    [1] NDT : c’est-à-dire de très long terme, selon le concept de longue durée développé par Fernand Braudel

     

    [2] NDT. Dans le graphique proposé par Immanuel Wallerstein pour représenter la dynamique des rythmes cycliques, les phénomènes évalués en pourcentage figurent sur l’axe « y » des ordonnées, et leur évolution dans le temps sur l’axe « x » des abscisses.

    Le risque de conflit augmente dans la péninsule coréenne selon les experts chinois

     

    02 Décembre 2017

    Cet article du Global Times montre à quel point les dangers de guerre dans la péninsule nord coréenne s’accroissent et non pas par la faute de la seule Corée du nord, de fait dans une position défensive, mais par la multiplication de dangereuses manoeuvres militaires en Corée du sud de la part des Etats-Unis
    (note et traduction de Danielle Bleitrach)

    Par Liu Xin Source: Global Times Publié: 2017/12/1 23:23:40

    Les États-Unis tentent de forger l’unité mondiale contre la Corée du Nord


    Les possibilités d’affrontements militaires sur la péninsule coréenne restent élevées alors que les Etats-Unis tentent de forger un front politique et militaire mondial unifié pour faire pression sur la Corée du Nord,  notamment en envoyant ses avions les plus puissants mener des exercices militaires avec la Corée du Sud.
     
    Le président sud-coréen Moon Jae-in et le président américain Donald Trump ont tenu leur deuxième entretien téléphonique en deux jours après le dernier test de missiles à longue portée de Pyongyang, en convenant de maintenir la pression et les sanctions dans l’espoir de ramener le régime à la table des négociations, a rapporté vendredi l’agence de presse Yonhap.
     
    « Les deux dirigeants se sont mis d’accord sur la nécessité de maintenir des sanctions et des pressions fortes sur le Nord jusqu’à ce que la Corée du Nord renonce volontairement à développer des missiles nucléaires et des missiles », a déclaré le bureau présidentiel sud-coréen vendredi, a rapporté Yonhap.
     
    Le président chinois Xi Jinping a parlé avec Trump au téléphone mercredi, affirmant que la dénucléarisation de la péninsule coréenne était un objectif indéfectible de la Chine, a rapporté mercredi l’agence de presse Xinhua.
     
    Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang, a déclaré lors d’un point de presse vendredi que la position de la Chine sur le dossier nucléaire de la Corée du Nord est claire et que le contact est  maintenu avec les Etats-Unis.
     
    « La Chine et les Etats-Unis partagent une position commune sur  la dénucléarisation de la péninsule coréenne et la Chine espère que les Etats-Unis et la communauté internationale pourront conjuguer leurs efforts pour résoudre le problème par la négociation », a-t-il déclaré.« Les Etats-Unis tentent de forger une ligne de front politique et militaire contre la Corée du Nord, y compris en multipliant des exercices militaires avec la Corée du Sud et appellent plus de pays à faire pression sur la Corée du Nord », a déclaré Song Zhongping vendredi.
     
    Song a dit que les Etats-Unis pourraient considérer les affrontements militaires comme le seul moyen de forcer la Corée du Nord à abandonner les armes nucléaires en développement et que ce pays est en train de répéter des tactiques rapides avec ses alliés au cas où il y aurait une guerre dans la péninsule coréenne.
     
    Les États-Unis et la Corée du Sud organiseront un exercice interarmées de l’armée de l’air, Vigilant Ace, du 4 au 8 décembre, impliquant environ 230 avions et 12 000 soldats américains. Les États-Unis prévoient d’envoyer six chasseurs furtifs F-22 Raptor pour participer à l’exercice. Les bombardiers stratégiques B-1B et trois ou quatre avions F-35A se joindront probablement à eux, a rapporté Yonhap.
     
    « Les Etats-Unis ont une capacité de ciblage précise contre la Corée du Nord: les bombardiers stratégiques B1-B cibleront tout objet venant de l’extérieur de la zone de défense, un groupe de F-22 détruirait rapidement une cible principale », Song a dit.
     
    Les Etats-Unis ont également demandé au Conseil de sécurité de l’ONU d’exhorter toutes les nations à rompre leurs liens avec la Corée du Nord, à rompre les relations diplomatiques, à imposer des sanctions et à limiter la coopération militaire, scientifique, technique ou commerciale, à réunion du Conseil de sécurité, a rapporté Euro News mercredi.
     
    Lü Chao, chercheur à l’Académie des sciences sociales du Liaoning, a déclaré vendredi au Global Times que le cercle vicieux de la guerre de la péninsule coréenne s’est intensifié alors que les Etats-Unis et leurs alliés imposent une pression accrue sur la Corée du Nord, ce qui augmente la possibilité d’affrontements militaires.
     
    « Les Etats-Unis et la Corée du Sud ont établi une ligne limitée pour les essais de missiles nucléaires de la Corée du Nord – en estimant qu’elle n’offrait  pas de capacité de combat pratique, mais selon la situation actuelle, la Corée du Nord a franchi cette ligne avec les tests en cours », a déclaré Lü, en ajoutant que le Hwasong-15 a surpassé le Hwasong-14 dans certaines zones telles que la hauteur de lancement et la distance.
     
    Lee Eugène, porte-parole du ministère sud-coréen de l’Unification, a déclaré lors d’un point de presse vendredi que « le gouvernement ne pense pas que le dernier test de la Corée du Nord démontre une capacité complète pour un ICBM (missile balistique intercontinental). Séoul ne considère pas le Nord comme traversant la ligne rouge. » Avant que la Corée du Nord franchisse la ligne rouge, la communauté internationale « a encore le temps de résoudre la question par des moyens diplomatiques et pacifiques », a ajouté M. Lü, ajoutant que « les Etats-Unis et leurs alliés devraient sérieusement envisager une suspension réciproque» 

    Le fonds d’assurance sociale de Chine affiche un excédent en 2016

     

    30 Novembre 2017

    © Chine Nouvelle (Xinhua) – Wang Meng, le 28/11/2017 10:55
     

    Résultat de recherche d'images pour "jeunesse chinoise"

    Le fonds d’assurance sociale de Chine a affiché un excédent de 650,8 milliards de yuans (environ 99 milliards de dollars) en 2016, a annoncé mardi le ministère des Finances dans un rapport comptable de clôture.

     

    L’excédent a porté le solde total du fonds à 6.540 milliards de yuans fin l’année dernière.

     

    Le total des revenus du fonds a augmenté de 8,1% en glissement annuel pour atteindre 5.010 milliards de yuans, tandis que les dépenses ont augmenté de 11,5% pour s’établir à 4.360 milliards de yuans.

     

    Environ 73% des revenus proviennent des primes d’assurance et 22% des subventions gouvernementales. Le reste est constitué des versements d’intérêts, des rendements des placements et ou des dons.

     

    Le fait que la croissance des dépenses soit plus rapide que celle des revenus reflète la pression qu’exerce une population vieillissante. La part des personnes âgées de 60 ans et plus dans la population totale a augmenté rapidement depuis des années et s’est établie à 16,7% fin 2016.

     

    Le fonds chinois d’assurance sociale couvre l’assurance retraite de base, l’assurance maladie de base, les accidents du travail, le chômage et la maternité.

     

     

    Le Centre de Réconcilation pour la Syrie a annoncé ce mercredi que des Forces spéciales Chinoises vont incessamment arriver en Syrie pour participer au combat contre les groupes terroristes. Le Centre russe déclare que les Forces chinoises vont se rendre rapidement en Syrie afin d'intensifier les actions contre le Parti islamique « Al-Turkistan » qui ont été ciblées par les troupes de l'Armée syrienne.

    Des Forces Spéciales d’Elite chinoises arrivent en Syrie pour se joindre à la lutte antiterroriste.

     

    Teheran (FNA).

     

    Le Centre cite des sources du Ministère de la Défense Chinois déclarant que les « Night Tigers » et les Sibérian Tigers » spécialisés dans les actions anti-terroristes allaient arriver rapidement en Syrie pour s’attaquer au « Mouvement Islamique Oriental » dans la Province de Damas.

     

    « Al-Watan online », dans son édition en arabe, rapportait ce lundi que des membres du Parti Islamique Al-Turkistan s’étaient affrontés avec le groupe terroriste rival « Ansar Turkistan » dans la base aérienne d’Abu ai-Dhonhour dans le Sud-Est pour la première fois.

     

    « Al-Watan » rapportait de sources proches des deux côtés combattants disant que des différents concernant la menée des opérations contre l’Armée régulière avaient causé des incidents entre les deux parties.

     

    Il ajoutait que les troupes régulières, (De l’AAS), s’étaient déployées à quelques 17 kilomètres de la base aérienne dans la direction de l’Est.

     

    « Al-Watan » en déduisait que le « Parti Al-Turkistani » avait rejoint récemment le « Front Al-Nusra », (Tahrir al-Sham Hay’at, le Parti de Libération du Levant), qui participe aux combats contre les hommes de l’AAS régulière près du village de al-Mastariheh.

     

    http://en.farsnews.com/newstext.aspx?nn=13960908000584

     

    Traduit par Geb avec les approximations et les coquilles d’usage.

    Note de Geb : J’ai comme une impression que ça n’est pas tout à fait "que" les "terroristes de "al-Turkistan" qui doivent se faire du mourron. 


    Ca ressemble plutôt à un avertissement envers les USA et leur intention de squatter par proxy le territoire national syrien en leur montrant que les Russes, le Hezbollah et l’AAS ne sont pas seuls sur le coup.

    »» http://en.farsnews.com/newstext.aspx++cs_INTERRO++nn=13960908000584
    URL de cet article 32621 

     

    La Chine, avant garde de l’écologie réelle

     

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    Ville forêt de Liuzhou
    Ville-forêt de Liuzhou, en projet pour 2018, entièrement autosuffisante sur le plan énergétique et destinée à l’amélioration de la qualité de l’air et de la biodiversité.

     

    C’est notoire : la Chine est l’un des principaux pays pollueurs du monde. Évidemment on cite toujours le chiffre brut, jamais le chiffre par habitant [1]… mais il est désormais évident que le volontarisme de l’État chinois en matière de lutte contre la pollution de l’air et le réchauffement climatique, acté lors du dernier Congrès du Parti Communiste Chinois en 2012 en particulier, donne ses premiers fruits, qui sont de taille !

     

    La Chine est en effet passée de la simple répression financière des usines les plus polluantes (qui se maintient mais rencontre évidemment des freins locaux au niveau du secteur privé) au financement massif de vastes plans urbains de restauration de la qualité de l’air et de la biodiversité, ainsi qu’une politique opiniâtre de reconversion énergétique du territoire.

     

    Concernant l’énergie, on sait peu par exemple que des projets de centrales nucléaires chinoises reposaient initialement sur le principe de la « fission à sels fondus » (thorium) dont les chinois furent les pionniers dans les années 70, et s’opposant à celui de l’uranium (centrales nucléaires à hauts risques et à forte production de déchets radioactifs de nos pays) [2]. Ce type de centrale, qui limite considérablement les déchets (en volume, d’une facteur mille, comme en dangerosité), n’est plus à l’étude en Occident faute de financement et sous la pression du lobby militaro-industriel : celui-ci recycle l’uranium appauvri pour l’armement, alors que les centrales à sels dissous n’en produisent pas, et utilise le même combustible pour les bombes atomiques. C’est faute de technologie que le pays a du abandonner cette opportunité dans les années 70, mais l’État chinois réalise actuellement le seul projet de grande ampleur actuellement pour la mise en place de telles centrales, avec un financement de 250 millions de dollars et une ouverture dans moins de vingt ans (source « Un nucléaire sûr existe, et la Chine ouvre la voie avec le thorium » (The Telegraph, mars 2011) [3]. Celle-ci ouvrira la voie d’une véritable révolution énergétique dans la région.

     

    L’État chinois veut donc se doter d’énergies dites « propres » sur le plan des rejets de gaz à effet de serre (non produit par le nucléaire) et à haut rendement néanmoins, pour sortir de la très polluante industrie charbonnière qui domine encore le marché chinois.

     

    La Chine s’est encore récemment illustrée en mettant en place cette année la première méga-centrale flottante à énergie solaire à Huaïnan près de Shanghaï, et se place au premier rang mondial pour l’énergie hydroélectrique (renouvelable, non intermittente et sans déchet).

     

    Concernant les projets urbains, nous sommes face à une incontestable avant-garde : l’État chinois promeut dans plusieurs villes la construction de « villes-forêts » pour 2020, et ce n’est pas une « belle promesse », c’est du concret ! On parle beaucoup ce mois-ci de la fameuse Liuzhou Forest City, qui sera la première ville entièrement conçue pour l’amélioration de la qualité de l’air, de la biodiversité et les économies d’énergie. Elle pourra accueillir 35.000 habitants. Une ville similaire de 100 000 habitants est également prévue à Shijiakhuang, ainsi que deux grandes « tours forestières » dans la ville de Nanjing (prévues pour 2018), immeubles revêtus de 23 espèces d’arbres et de 2500 arbustes.

     

    Liuzhou Forest City c’est 40.000 arbres et plus de 100 espèces différentes, qui pourront accueillir la faune, notamment l’avifaune locale, et fournir à la ville une couverture thermique naturelle permettant des économies d’énergie l’hiver, et un ombrage suffisant l’été. Ce couvert végétal absorbera 1000 tonnes de dioxyde de carbone par an et 57 tonnes de polluants, tout en produisant 900 tonnes de dioxygène. La ville sera entièrement autosuffisante sur le plan énergétique : énergie solaire et énergie géothermique en seront les ressources exclusives.

     

    Sa surface sera volontairement réduite (175 hectares) pour laisser plus de place à la nature environnante, et elle sera connectée aux villes alentours par un réseau ferroviaire et routier entièrement électrique.

     

    L’exemple de Liuzhou Forest City devrait nous faire réfléchir au-delà de l’anecdote. Propagande totalitaire ? Bluff géopolitique ? « Capitalisme vert » ? Nos écologistes occidentaux feraient bien de poser les questions qui s’imposent : A partir du moment où un pays s’est suffisamment développé économiquement (c’est le cas chez nous comme en Chine), pourquoi l’écologie politique se détournerait avec suspicion de tels « projets pharaoniques », « démesurés » (termes rencontrés dans la presse ironique mais forcée d’en parler [4]) pour ne promouvoir que des solutions « familiales », « locales », au cœur d’un océan d’agrobuziness, de productivisme industriel débridé et de recherche capitaliste du profit maximum et immédiat ? N’est-il pas évident que les seuls projets viables et durables du point de vue de la protection de l’environnement à grande échelle ne peuvent s’appuyer que sur des politiques étatiques pensées, financées et planifiées par une économie nationale souveraine, jamais sur la libre entreprise et la concurrence inter-impérialiste ? N’est-il pas évident qu’à des échelles différentes, les seuls États à sortir du lot pour ce type de politique de protection environnementale soient Cuba et la Chine ?

     

    Comme sur bien d’autres questions, de l’aérospatial aux grandes politiques industrielles dans les pays arriérés, c’est bien le socialisme, c’est-à-dire la capacité d’investir massivement (et sans retour immédiat sur investissement), à l’échelle nationale et de façon coercitive dans des plans de protection des sols, des ressources énergétiques et de l’environnement naturel, qui s’avère le plus efficace et prometteur. Même à un degré moindre dans des pays ayant subi des reculs politiques liés à la disparition du camp soviétique dans les années 90, se placent d’emblée à l’avant-garde d’une véritable « révolution verte » dont nos militants écolo au sein des pays impérialistes se doivent d’étudier les résultats.

     

    Voir en ligne : sur le site journallegerminal...

     

     

     

    [1] Huit tonnes de carbone produit par habitant en Chine contre dix en Union Européenne et vingt aux USA.

     

    [2] La centrale fonctionnant sur ce principe sont les seules pour lesquelles une surchauffe du réacteur s’éteint instantanément par dilution immédiate de la réaction en chaîne par la fonte d’un bouchon de contrôle : le sel fondu est à la fois le fluide porteur de chaleur et sa première barrière de confinement. Voir le documentaire ARTE « Thorium, la face cachée du nucléaire »,

    https://www.youtube.com/watch?v=9tPoOMHxrao

     

     

    Source "La Chine au présent" novembre 2017 

    La Chine, avant-garde de l’écologie réelle


    Guillaume Suing* 

    C'est un fait connu : la Chine est confrontée à de nombreux de problèmes environnementaux. Évidemment on cite toujours le chiffre brut, jamais le chiffre par habitant (1)... mais il est désormais évident que le volontarisme de la Chine en matière de lutte contre la pollution de l'air et le réchauffement climatique, acté lors du Congrès du Parti communiste chinois en 2012, donne ses premiers fruits, qui sont de taille ! 

    La Chine est en effet passée de la simple sanction financière des usines les plus polluantes (qui se maintient, mais rencontre évidemment des freins locaux au niveau du secteur privé) au financement massif de vastes plans urbains de restauration de la qualité de l'air et de la biodiversité, ainsi qu'une politique opiniâtre de reconversion énergétique du territoire. 

    L'énergie propre 

    Concernant l'énergie, peu de personnes savent par exemple que des projets de centrales nucléaires chinoises reposaient initialement sur le principe de la « fission à sels fondus » (thorium) dont les Chinois furent les pionniers dans les années 70, s'opposant à celui de l'uranium (centrales nucléaires à hauts risques et à forte production de déchets radioactifs en France). Ce type de centrale (2), qui limite considérablement les déchets, n'est plus à l'étude en Occident faute de financement et sous la pression du lobby militaro-industriel : celui-ci recycle l'uranium appauvri pour l'armement, alors que les centrales à sels dissous n'en produisent pas et utilise le même combustible Pour les bombes atomiques.

     

    C'est faute de technologie que le pays a dû abandonner cette opportunité dans les années 70, mais la Chine a lancé en 2011 un projet de grande ampleur pour la mise en place de tels réacteurs, avec une ouverture prévue dans moins de vingt ans. Celle-ci ouvrira la voie d'une véritable révolution énergétique dans la région. La Chine veut donc se doter d'énergies dites « propres », sur le plan des rejets de gaz à effet de serre (non produit par le nucléaire) et à haut rendement néanmoins, pour sortir de la très polluante industrie charbonnière qui domine encore le marché chinois. 


    Centrale photovoltaïque flottante Hainin province de l’Anhui 


    La Chine s'est encore récemment illustrée en mettant en place cette année la première méga-centrale flottante à énergie solaire à Huainan dans la province de l'Anhui, et se place au premier rang mondial pour l'énergie hydroélectrique (renouvelable, non intermittente et sans déchet). 

    Des projets urbains de reboisement 

    Concernant les projets urbains, nous sommes face à une incontestable avant-garde : la Chine promeut dans plusieurs villes la construction de « villes-forêts » pour 2020, et ce n'est Pas une « belle promesse », mais du concret ! La fameuse Liuzhou Forest City sera la première ville entièrement conçue pour l'amélioration de la qualité de l'air, de la biodiversité et les économies d'énergie. Elle pourra accueillir 35 000 habitants. Une ville similaire de 100 000 habitants est également prévue à Shijiazhuang, ainsi que deux grandes « tours forestières » dans la ville de Nanjing (prévues pour 2018), immeubles revêtus de 23 espèces d'arbres et de 2 500 arbustes.

     

    Liuzhou Forest City abritera 40 000 arbres et plus de 100 espèces différentes, qui pourront accueillir la faune, notamment l'avifaune locale, et fournir à la ville une couverture thermique naturelle permettant des économies d'énergie l'hiver, et un ombrage suffisant l’été. Ce couvert végétal absorbera 1000 tonnes de dioxyde de carbone par an et 57 tonnes de polluants, tout en produisant 900 tonnes de dioxygène. La ville sera entièrement autosuffisante sur le plan énergétique : l'énergie solaire et l'énergie géothermique en seront les ressources exclusives. 




    Liuxhu province du Guangxi 


    Grâce à la superposition des logements en tours, sa surface ne sera que de 175 ha pour laisser plus de place à la nature environnante, et elle sera connectée aux villes alentours par un réseau ferroviaire et routier entièrement électrique. L'exemple de Liuzhou Forest City devrait nous faire réfléchir au-delà de l'anecdote. Propagande totalitaire ? Bluff géopolitique ? « Capitalisme vert » ? Nos écologistes occidentaux feraient bien de poser les questions qui s'imposent. A partir du moment où un Pays s'est suffisamment développé économiquement (c'est le cas chez nous comme en Chine)' pourquoi l'écologie politique se détournerait avec suspicion de tels « projets pharaoniques » « démesurés » (termes rencontrés dans la Presse. ironique, mais forcée d'en parler pour ne promouvoir que des solutions « familiales », « locales »), au cœur d' un océan d'agrobusiness, de productivisme industriel débridé et de recherche capitaliste du profit maximum et immédiat ? N'est-il pas évident que les seuls projets viables et durables du point de vue de la protection de l'environnement à grande échelle ne peuvent s'appuyer que sur des politiques étatiques pensées, financées et planifiées par une économie nationale souveraine, jamais sur la libre entreprise et la concurrence inter-impérialiste ? N'est-il pas évident qu'à des échelles différentes les seuls États à sortir du lot pour ce type de politique de protection environnementale soient Cuba et la Chine ? 

    Comme sur bien d'autres questions, de l'aérospatial aux grandes politiques industrielles dans les pays émergents, c'est bien le socialisme, c'est-à-dire la capacité d'investir massivement (et sans retour immédiat sur investissement), à l'échelle nationale et de façon directive dans des plans de protection des sols, des ressources énergétiques et de l'environnement naturel, qui s'avère le plus efficace et prometteur. Même à un degré moindre, des pays ayant subi des reculs politiques liés à la disparition du camp soviétique dans les années 90, se placent d'emblée à l'avant-garde d'une véritable « révolution verte » dont nos militants écolo au sein des pays impérialistes se doivent d'étudier les résultats. 


    *Guillaume Suing est agrégé de biologie professeur dans le secondaire et auteur d un essai intitulé « Evolution : la preuve par Marx » (Éditions Delga 2016). 


    Notes 
    (1) Huit tonnes de carbone produit par habitant et par an en chine contre dix en union européenne et aux États-Etats Unis. 
    (2) Dans le cas d’une surchauffe du réacteur des centrales fonctionnant sur ce principe, un système par dilution immédiate l'éteint instantanément via une réaction en chaîne provoquant la fonte d'un bouchon de contrôle : le sel fondu est à la fois le fluide porteur de chaleur et sa première barrière de confinement. 


    Edité le 27-11-2017 à 23:25:30 par Xuan

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    contrairement à une opinion répandue, le soleil brille aussi la nuit

    La Chine et Cuba se rapprochent

     

    28 Novembre 2016
    Par  |  

    L'objectif du déplacement du Premier ministre chinois à Cuba est d'approfondir davantage encore la coopération sino-cubaine dans les divers domaines et (d') injecter une nouvelle dynamique dans les relations bilatérale.
    L’objectif du déplacement du Premier ministre chinois à Cuba est d' »approfondir davantage encore la coopération sino-cubaine dans les divers domaines et (d’) injecter une nouvelle dynamique dans les relations » bilatérale. (Crédits : Reuters)
    Les premiers ministres chinois et cubain ont signé une trentaine d’accords de coopération dans les domaines de la santé et de l’agriculture notamment.

    Le Premier ministre chinois Li Keqiang a rencontré samedi à La Havane le président cubain Raul Castro au premier jour d’une visite officielle de 48 heures. M. Li a été reçu au Palais de la Révolution par Raul Castro avec lequel il a présidé à la signature « d’environ une trentaine » d’accords de coopération entre Pékin et un des derniers régimes communistes de la planète à la suite du dégel intervenu entre La Havane et Washington, selon la télévision cubaine.

     

    Les accords conclus portent sur des domaines aussi variés que les tarifs douaniers, la coopération dans les domaines scientifico-technique, de l’environnement, de l’informatique, de l’industrie, de l’énergie, de l’agriculture et de la santé.

     

    Nouvelle dynamique

     

    L’objectif de ce déplacement est d‘ »approfondir davantage encore la coopération sino-cubaine dans les divers domaines et (d’) injecter une nouvelle dynamique dans les relations »bilatérales, a déclaré M. Li dans un article paru dans le quotidien officiel Granma.

     

    Après s’est félicité de la contribution de Cuba à « la stabilité régionale » et au « dialogue », le Premier ministre a souligné que la Chine était « disposée à développer activement (…) la coopération dans les domaines de la biotechnologíe, des énergies renouvelables, de l’informatique et des communications, de l’électro-ménager, des machines agricoles et des infrastructures ». Même chose, a-t-il poursuivi, dans la culture, l’éducation et le tourisme.

     

    La Chine, deuxième partenaire commercial de Cuba

     

     Le président chinois Xi Jinping avait déjà visité Cuba en 2014, mais aucun Premier ministre de la République populaire de Chine n’était allé dans cette île caribéenne depuis l’établissement de relations diplomatiques entre les deux pays il y a 56 ans.
     

    La Chine est le principal fournisseur de crédits à Cuba et son deuxième partenaire commercial, derrière le Venezuela, selon des sources chinoises.

     

    La visite de Li Keqiang intervient juste après celle de Shinzo Abe, premier chef d’un gouvernement japonais à s’être rendu sur cette île.

    Cuba et les Etats-Unis ont annoncé leur rapprochement en décembre 2014, avant de rétablir leurs relations diplomatiques en juillet 2015.

    (Avec AFP)

     
     
    © Chine Nouvelle (Xinhua) – Tian Yun, le 27/11/2017 12:03

    L’Agence de Presse Xinhua (Chine nouvelle) cherche à renforcer la coopération dans le domaine des médias avec Cuba pour contribuer au développement des relations bilatérales, a déclaré lundi Cai Mingzhao, le président de l’agence.

     

    « Xinhua a créé son bureau à La Havane dans les années cinquante et a présenté au monde l’image d’un Cuba réel, dans sa globalité, et en progression », a indiqué M. Cai lors de son entretien avec Alberto Gonzalez Casals, directeur du Centre de presse internationale du Ministère cubain des Affaires étrangères.

     

    Xinhua est en train d’élaborer son schéma de développement conformément à l’esprit du 19e Congrès national du Parti communiste chinois (PCC) et vise à devenir une agence de presse mondiale de premier ordre et d’un nouveau type, selon M. Cai.

     

    Xinhua poursuivra sa couverture de l’Amérique latine et souhaite coopérer avec les médias cubains sur l’initiative « la Ceinture et la Route », a noté M. Cai.

     

    Remerciant Xinhua pour ses reportages objectifs et justes sur Cuba, M. Casals a annoncé qu’il souhaitait que les médias chinois et cubains renforcent leurs coopérations dans le cadre de l’initiative « la Ceinture et la Route » et il a ajouté que les médias cubains voulaient tirer des leçons de l’expérience de Xinhua en matière de nouveaux médias.

     

    Des lycéennes chinoises ont travaillé 11 heures par jour pour produire l’iPhone X

     

     

    23 Novembre 2017

    Employées chinoises dans l'usine de Foxconn à Zhengzhou, mai 2010. STR / AFP: Des lycéennes chinoises ont travaillé 11 heures par jour pour produire l'iPhone X© Fournis par Slate Des lycéennes chinoises ont travaillé 11 heures par jour pour produire l’iPhone X

     

    Un nouveau scandale sur les conditions d’exploitation de la main d’oeuvre chinoise par les sociétés étrangères en violation de la loi chinoise. Ici il s’agit de stagiaires lycéennes contraintes par un deal entre leur école et Apple. Tandis qu’en Europe on a si volontiers décrit la manière dont un pays communiste exploitait sa main d’oeuvre, on a évité de décrire la réalité à savoir que c’étaient les multinationales étrangères qui le plus souvent violaient la loi chinoise  pour surexploiter la population. Mais plus la Chine avance, plus elle est en mesure de dénoncer cette exploitation et les viols de sa légalité.

     

    (note de danielle Bleitrach)


    Elles ont entre 17 et 19 ans, et affirment avoir été contraintes de travailler, de manière illégale, pour la production de l’iPhone X, rapporte le Financial Times. Afin de répondre à la forte demande provoquée par le dernier-né d’Apple, six lycéennes chinoises disent avoir effectué des journées de 11 heures en moyenne, contre leur gré, dans une usine de Zhengzhou.

     

    Une durée dépassant la limite légale de travail pour les stagiaires qui, d’après la loi chinoise, est limitée à 40 heures par semaine.

     

    L’une des étudiantes concernées confie avoir assemblé jusqu’à 1.200 caméras d’iPhone X par jour. Leur calvaire commence en septembre dernier, lorsque leur école –la Zhengzhou Urban Rail Transit School– envoie près de 3.000 de ses étudiantes dans l’entrepôt d’un fournisseur d’Apple, Hon Hai Precision Industry –plus connu sous le nom de Foxconn. Cette mission de trois mois est alors présentée comme un pré-requis à l’obtention de leur diplôme. Un mensonge, selon Yang, 18 ans, qui a refusé de révéler son prénom par peur de représailles: « L’école nous force à travailler. Les tâches que l’on effectue n’ont rien à voir avec nos études.» Contactée par le Financial Times, l’école en question a refusé de répondre aux questions des journalistes. Apple et Foxconn, quant à eux, ont reconnu avoir entendu parler de stagiaires ayant effectué de nombreuses heures supplémentaires et se disent déterminés à prendre les mesures nécessaires pour que cela ne se reproduise plus. Les deux entreprises assurent toutefois que toutes les lycéennes consentaient à travailler: « Il nous a été confirmé que les étudiantes ont travaillé volontairement, ont reçu des compensations et des bénéfices, même s’il est vrai qu’elles n’auraient pas dû avoir à travailler plus que la durée légale. »

     

    Un retard de deux mois


    Le fournisseur Foxconn avoue lui aussi que le temps de travail imposé aux jeunes femmes constitue une violation de sa politique. Un surmenage à mettre en relation avec les nombeux problèmes rencontrés lors de la production du smartphone, qui avaient causé le report sa sortie –initialement prévue pour septembre– au mois de novembre. Ce retard avait fait chuter de 39% le revenu trimestriel de Foxconn.D’après un employé de longue date du fournisseur, l’usine de Zhengzhou a chaque année recours à de nombreux étudiants entre août et décembre, période de pleine activité. Au point de parfois tripler son nombre d’employés. À cette saison, plus de 20.000 iPhones seraient produits quotidiennement. Et en 2017, le besoin de main d’œuvre supplémentaire aurait été particulièrement important.Jenny Chan, professure assistante à la Hong Kong Polytechnic University explique: «La stratégie d’Apple est de réduire les coûts de production et de tout faire dans un timing serré.» Ce qui explique en partie la mobilisation de nombreux stagiaires, qui peuvent être recrutés de manière très flexible.


     

    Note de B.T : Foxconn est une entreprise Taiwanese. L’usine de Zhengzhou fabrique actuellement 200 000 iPhone par jour et emploie 130 000 personnes. Au total, Foxconn fait travailler 1,2 million de salariés dont 1 million en Chine. On rappellera que ses usines font également parler d'elle pour les conditions de travail imposées aux salariés... Conditions qui ont débouché sur des suicides ou des accidents comme en mai dernier où une explosion a fait trois morts et 15 blessés. (Eureka Presse)

     

    La Chine est responsable de 100% de la diminution du nombre de personnes pauvres, par John Ross

    source : Key trends to globalization

    traduit de l’anglais par Marc Harpon pour Changement de Société

    En 2010, le Professeur Danny Quah de la London School of Economics, remarquait : « Ces trois dernières décennies, à elle seule, la Chine a tiré plus de gens de la pauvreté extrême que tous les autres pays du monde pris ensemble. En effet, la diminution, entre 1981 et 2005, de 627 millions du chiffre des personnes pauvres vivant avec un dollar par jour, dépasse le total de la baisse mondiale de cette même forme de pauvreté, qui passe pour la même période, de 1,9 milliards à 1,4 milliards ». Le but de cet article est d’analyser la situation sur la base des données disponibles trois ans après l’analyse de Quah, d’observer les tendances en matière de pauvreté, et pas seulement de pauvreté extrême (calculée par la Banque Mondiale sur la base d’une dépense quotidienne inférieure à 1,25 dollars), d’examiner une définition de la pauvreté légèrement plus large (2 dollars de dépenses quotidiennes) et faire la comparaison avec d’autres tendances dans l’économie mondiale.

    La conclusion est simple. La conclusion de Quah tient toujours. La Chine est responsable de 100% de la réduction du nombre de personnes vivant dans la pauvreté dans le monde. Ce résultat découle de tout examen sérieux et informé du rôle de la Chine dans l’économie mondiale et de sa contribution aux droits de l’homme.

    Il y a de nombreuses statistiques remarquables à propos de la Chine :

     

    • La Chine abritait 22% de la population mondiale quand sa réforme fut engagée en 1978, donc le pourcentage de la population mondiale bénéficiant de la croissance économique rapide de la Chine est sept fois supérieur aux 3% de la population des États-Unis ou du Japon quand commencèrent leur croissance, ou aux 2% que représentait le Royaume-Uni au temps de la Révolution Industrielle.
    • Les 9,9% de croissance moyenne du PIB par tête durant les deux derniers plans quinquennaux représentent la plus rapide augmentation du PIB par tête jamais réalisée par un pays important dans l’histoire de l’humanité.
    • Dans le même temps, la hausse de 8,1% de la consommation moyenne annuelle des ménages chinois, et la hausse de 8,3% de la consommation totale, y compris la dépense publique dans des domaines aussi importants pour la qualité de vie que l’éducation et la santé, ont été les plus rapides enregistrées dans une grande économie. Si on prend en compte l’espérance de vie supérieure à ce qu’on pourrait attendre compte tenu du PIB par tête, il est évident que la Chine a connu la hausse la plus rapide de la qualité de vie jamais vécue par un pays.
    • Mesurée en Parité de Pouvoir d’Achat (PPA)- le résultat réel en termes de production de voitures, de services etc.- la plus grande augmentation en valeur absolue en une seule année aux États-Unis date de 1999, et était de 567 milliards de dollars. Mais en 2010, la Chine a atteint 1, 126 milliards de dollars de hausse- plus du double de la grosse hausse de la production jamais réalisée par un pays en une seule année de l’histoire humaine.

    Néanmoins, aussi impressionnantes que soient ces statistiques, du point de vue du bien-être humain, il y a un autre chiffre qui éclipse tous les autres : la contribution de la Chine à la réduction de la pauvreté humaine, non seulement à l’intérieur de ses frontières, mais aussi par son impact dans le monde. Le fait étonnant demeure que la Chine a été responsable de la totalité de la réduction du nombre de personnes vivant dans la pauvreté absolue dans le monde !

    Pour montrer cela, le tableau ci-dessous fournit le nombre de personnes dans le monde qui vivent de moins de deux des mesures standard utilisées par la Banque Mondiale pour mesurer la pauvreté. C’est le critère de distinction de la pauvreté extrême, des dépenses de moins d’1,25 dollars par jour (37,5 dollars par mois), et la pauvreté- dépenses inférieures à deux dollars par jour (60 dollars par mois). Les graphiques montrant la tendance sont à la fin de l’article.

    En 1981, d’après les données de la Banque Mondiale, 972 millions de personnes vivaient en Chine avec moins de 37,5 dollars par mois. En 2008, ce nombre était tombé à 173 millions, en 2009, il était tombé à 157 millions. Par conséquent, 662 millions de personnes ont été tirées de la pauvreté extrême en Chine en 2008 et 678 millions si on va jusqu’à 2009.

    En contraste, le nombre de personnes vivant en pauvreté extrême a augmenté hors de Chine de 50 millions entre 1981 et 2008- le nombre de personnes sorties de la pauvreté était inférieur à la hausse de la population. Cela est dû au à la hausse du nombre de personnes en situation de pauvreté extrême en Afrique sub-saharienne. La Chine est donc responsable de 100% de la réduction du nombre de personnes vivant dans la pauvreté extrême.

    En analysant le cas des personnes vivant avec 2 dollars par jours (60 dollars par mois), un revenu toujours très bas, la tendance est encore plus frappante. Le nombre de personnes en Chine vivant à ce niveau de dépense ou à un niveau inférieur est tombé de 972 millions en 1981 à 395 millions en 2008 et 362 millions en 2009. Le nombre de personnes vivant avec moins de 60 dollars par mois ou moins était tombé à 577 millions en 2008 et à 610 millions en 2009.

    En contraste, le nombre de ceux vivant à ce niveau de pauvreté hors de Chine est passé de 1,548 millions en 1981 à 2,057 millions en 2008- une hausse de 509 millions. Une fois encore, la Chine comptabilise la totalité de la réduction du nombre de personnes pauvres dans le monde.

    Il est par conséquent presque impossible d’exagérer la contribution apportée non seulement au bien-être du peuple chinois mais à toute l’humanité par le progrès économique chinois. Sans la Chine, il n’y aurait littéralement pas eu de réduction du nombre de personnes vivant dans la pauvreté.

    L’énorme impact de cela sur le bien-être humain réside non seulement dans son effet direct sur le revenu et les dépenses, mais aussi dans ses conséquences indirectes sur le développement humain. Prenez des exemples simples :

     

    • L’espérance de vie en Chine est de neuf ans plus longue qu’en Inde- un pays qui avait à la fin des années 1940 un PIB par tête supérieur à celui de la Chine.
    • Pour mille habitants, la Chine a 66% d’infirmières et d’aides soignantes en plus et 160% de médecins en plus que l’Inde.
    • En Chine, le taux d’alphabétisation des femmes de 15 à 24 ans est de 99% d’après les dernières données de la Banque Mondiale, alors qu’en Inde il est de 74%.
    • Le taux de mortalité infantile pour 1000 naissances vivantes est de 12 en Chine contre 44 en Inde.

    Le fait de sortir les gens de la pauvreté est aussi la plus grande contribution que l’on puisse faire aux droits de l’homme. La réalité est qu’avoir tiré 600 millions de personnes de la pauvreté fait qu’aucun autre pays ne rivalise même de loin avec la contribution de la Chine au bien-être humain et aux droits de l’homme.

     

    Quatre choses à savoir sur la Chine – dans le cadre du XIXème congrès du Parti

     

    20 Novembre 2017

    • La communication médiatique occidentale sur le XIXème congrès du Parti communiste chinois a été affligeante. L’attention a presque exclusivement porté sur les “marionnettes du spectacle”, sur un seul homme et les spéculations à propos de l’hypothétique étendue de son pouvoir. Toutefois ce congrès ne portait pas sur la personne de Xi Jinping mais sur les changements et les défis fondamentaux du plus grand pays au monde. Mais nous n’avons pas appris grand chose à ce sujet, sinon quelques clichés éculés.

    Au cœur du congrès : le fait que la Chine se trouve dans une nouvelle ère de développement. L’expression “ère nouvelle” figurait 36 fois dans le discours du président Xi .L’ère ancienne s’est caractérisée par le développement rapide de l’économie et de la technologie, parallèlement à l’inégalité sociale et aux problèmes environnementaux.

     

    L’ère nouvelle œuvre pour une croissance durable et équilibrée, une meilleure qualité de vie pour la population, davantage de participation et un rôle plus prépondérant sur la scène mondiale (1)

     

    Nous donnons ci-après quelques informations contextuelles sur un certain nombre de domaines dans la société chinoise en pleine mutation, en plein “développement”, dans l’espoir de pouvoir étayer plus solidement les connaissances et ou les critiques.

     

    1. L’économie

    Des chiffres qui donnent le tournis

     

    Ces 35 dernières années la croissance a été tout bonnement phénoménale. Le PNB par habitant a été multiplié par 17, oui vous lisez bien, par 17. En comparaison, celui de l’Inde a quadruplé pendant la même période (2). Entre 2003 et 2013 l’économie des pays industrialisés a connu une croissance de 16%, en Chine elle a été de 165% et en Inde de 102% (3). En outre il ne s’agissait plus de “davantage des mêmes choses”, car la productivité elle aussi a bondi en avant. Aujourd’hui un ouvrier chinois moyen produit cinq fois plus qu’il y a vingt ans (4).

     

    Pour rendre plus concrètement cette poussée de modernisation : tous les deux ans, la Chine produit autant de ciment que les Etats-Unis pendant tout le vingtième siècle (5). La Chine produit aujourd’hui autant d’acier que le reste du monde (6). En 15 ans la Chine a posé 20.000 km de voies ferrées pour des trains à grande vitesse, soit davantage que le reste du monde. D’ici 2025 elle prévoit encore 15.000 km de plus (7). Deux tiers de tous les aéroports en construction se trouvent aujourd’hui en Chine. D’ici 2020 il y aura 240 aéroports (8).

     

    Il a fallu 150 ans à la Grande-Bretagne, là où la révolution industrielle a commencé, pour doubler son revenu par habitant. Aux Etats-Unis il a fallu 30 ans. En Chine c’est le cas tous les sept à dix ans, et en outre sur une bien plus grande échelle (9). Aujourd’hui le PNB chinois est plus élevé que celui de l’économie entière de 154 pays (10).

     

    A son arrivée il y a cinq ans, le président Xi Jinping indiquait déjà qu’une transformation du modèle de croissance » était nécessaire. Le vieux modèle se basait sur l’exportation et sur des investissements dans l’industrie lourde, la construction et l’industrie manufacturière. Dans le nouveau modèle, le moteur est la consommation de masse (marché intérieur), l’augmentation du secteur des services et le progrès technologique (11).

    Cette conversion est bien engagée. En 2005 le secteur des services représentait 41% du PNB, en 2016, 52%. Les exportations comptaient en 2005 pour 37%; en 2016 elles avaient baissé à 20%. Par ailleurs la Chine n’est plus un pays de transit où les marchandises sont assemblées avec peu de bénéfice pour le pays même. Aujourd’hui la Chine ajoute 76 % de valeur à ses produits d’exportation. Dans l’UE ce chiffre est de 87% (12). La Chine est actuellement au sommet de l’innovation : 40 % de tous les brevets dans le monde sont chinois, soit davantage que ces trois pays réunis : les Etats-Unis, le Japon et la Corée du Sud (13).

     

    Caractéristiques chinoises

     

    Dans le passé, Deng décrivait le passage progressif de l’économie planifiée à l’économie de marché par la métaphore : “Nous traversons la rivière en nous appuyant sur les pierres, à tâtons”. Cela, il n’en est plus question. L’économie chinoise est et reste un système hybride où l’Etat exerce un contrôle fort et autorise le marché dans certaines limites. C’est le socialisme dit “ à caractéristiques chinoises”.

     

    Dans ce contexte le président chinois a répété à peu près ce qu’il disait déjà il y a cinq ans : les marchés doivent jouer “un rôle décisif” dans l’octroi de moyens, mais en même temps les autorités doivent jouer “un plus grand rôle” dans l’économie (14). Dans la pratique, il n’a pratiquement pas été question du premier point. Ces cinq dernières années nous avons assisté à une plus forte emprise des autorités sur l’économie, et ceci sur quatre terrains (15).

     

    1. Marchés financiers : le “ rôle décisif” visait surtout les marchés financiers. La formulation servait sans doute aussi à ne pas effaroucher les investisseurs étrangers. Quoi qu’il en soit, après le mini krach de la bourse chinoise en 2015 et la ruée sur le yuan, toute une série de déréglementations dans les marchés financiers ont été revues. Depuis 2016 il y a aussi davantage de restrictions sur les investissements étrangers d’entreprises chinoises, tant sur des entreprises d’Etat que sur des firmes privées (16).

    2. Extension du plan : jusqu’en 2010 la planification économique se limitait à neuf industries clés, comme l’acier, la pétrochimie et la construction navale. En 2010 sept secteurs y ont été ajoutés comme les énergies alternatives et les biotechnologies. En 2015, nouvelle extension, avec dix secteurs comme l’aéronautique, les équipements agricoles et les nouveaux matériaux (17).

    3. Consolidation des entreprises d’Etat. En novembre 2015 il est décidé que les efforts de réforme viseront principalement le “renforcement, l’optimisation et l’extension d’entreprises d’Etat”. En même temps la “privatisation” est rejetée. Avec la fusion de grandes entreprises d’Etat dans des entités encore plus grandes, les pouvoirs publics renforcent leur emprise sur l’économie. Les entreprises privées sont encouragées à ne prendre que de petites parts minoritaires dans les entreprises d’Etat. Entre 2006 et 2013 les actifs des entreprises d’Etat sont passés de 130% du PNB à 176% (18).

    4. Rôle plus important du parti. De grandes entreprises d’Etat cotées en bourse ont modifié leurs statuts afin d’ancrer le parti communiste, plutôt que l’Etat chinois, dans l’entreprise. On prévoit que davantage d’entreprises vont suivre. Le parti veut aussi davantage de membres du parti dans le haut management de l’entreprise. Bien sûr les cadres supérieurs gagnent bien leur vie, mais comparés à leurs collègues étrangers ils sont sous-payés. Ainsi le directeur de PetroChina gagne 200 fois moins que le PDG de Chevron (19).


    Dans une économie avancée, la planification exige le traitement rapide d’une quantité gigantesque de données. Jusqu’à récemment c’était une tâche surhumaine et c’est peut-être une des raisons pour lesquelles l’économie soviétique a commencé à se gripper au début des années ‘80. Mais les progrès actuels de l’intelligence artificielle semblent rendre la chose possible. La grande entreprise chinoise en ligne Alibaba a déjà acquis une fameuse expertise dans ce domaine. Selon son fondateur Jack Ma “les Big Data rendront le marché plus malin et permettront de planifier et de prévoir les forces du marché, si bien que nous pourrons enfin réaliser une économie planifiée”. Sur base de Big Data, les économistes sont en train d’élaborer une économie hybride selon un modèle “planifié et conforme aux conditions du marché” (20).

     

    Plusieurs formes différentes de propriété ont été autorisées dans l’économie chinoise. Dans des secteurs où la propriété d’Etat n’était pas nécessaire, comme la production d’articles de consommation, le petit commerce et les petits services, la propriété privée a été autorisée voire encouragée. Par ailleurs les rapports de propriété ne disent pas toujours tout du contrôle des pouvoirs publics sur l’économie.

     

    Via l’attribution ou non de l’accès aux marchés publics ou aux crédits bon marché, les avantages fiscaux, l’accès aux fonds d’investissement publics, institutions financières et subventions etc., l’autorité centrale dirige des secteurs entiers sans avoir le contrôle direct sur les entreprises séparément. Le capital privé est le bienvenu aussi longtemps qu’il est au service des objectifs de l’autorité. Inversement, l’Etat peut aussi prendre ses distances par rapport à la gestion de ses entreprises sans renoncer à les détenir, parce que les limites à l’intérieur desquelles il faut travailler sont très claires (21).

     

    Wu Jinglian, professeur à la China Europe International Business School de Pékin, le résume comme suit : « la présence de l’Etat reste grande, il maîtrise les courants financiers et fonctionne comme gardien de quasi toutes les décisions importantes, depuis les transactions foncières jusqu’aux fusions. Le contrôle ne se fait pas seulement à l’échelon le plus élevé. Les autorités locales participent aussi au fonctionnement d’une entreprise”. Le capital international ne peut y échapper. Selon leFinancial Times: “De cette manière, la Chine accueille le capital international à ses propres conditions et elle neutralise son pouvoir” (22).

     

    2. Le social

    Salaires et pouvoir d’achat

     

    Presque partout dans le monde les salaires restent constants voire reculent. Même en Inde, dont la croissance surpasse celle de la Chine, les salaires sont restés constants. Ce n’est pas le cas en Chine, où ces dix dernières années les salaires moyens ont été triplés. Avec une augmentation de 10,5 %, c’est bien au-dessus de la croissance économique. Les Indiens gagnent à présent un cinquième de leurs voisins chinois. Ces quarante dernières années la consommation des ménages a augmenté de 7,7% par an, inflation comprise (23).

     

    Il y a quinze ans des multinationales occidentales sont allées massivement en Chine en raison des faibles salaires. A présent le mouvement inverse est en train de s’amorcer. Les salaires moyens dans l’industrie chinoise ne sont plus inférieurs que de 20% à ceux du Portugal. En Bulgarie, Macédoine, Roumanie, Moldavie et Ukraine, dès 2013 les salaires minimum étaient déjà plus bas qu’en Chine (23). .i

     

    La pauvreté et le fossé

     

    Contrairement à beaucoup d’autres pays, la croissance économique en Chine s’accompagne d’un fort recul de la pauvreté. Entre 1978 et 2015 le revenu des 50% de Chinois les plus pauvres a augmenté de 400%. Pendant la même période il baissait de 1% aux Etats-Unis alors même que l’économie y croissait de 184%. Là-bas l’accroissement des richesses va exclusivement à la couche supérieure (25). Ces 25 dernières années, la Chine a tiré un nombre record de personnes de la pauvreté extrême : 635 millions – soit le total de l’Afrique noire à ce moment. Au rythme actuel l’extrême pauvreté sera éradiquée vers 2020 (26).

     

    A présent que la majeure partie de la pauvreté a disparu, les autorités chinoises ne se concentrent plus tellement sur le développement des régions arriérées mais plutôt sur les individus pauvres, avec des programmes personnalisés. D’autres pays font de même, mais selon The Economist, “La Chine est un des rares pays en développement dotés d’une bureaucratie qui est suffisamment grande et solide pour réussir dans cette voie”.

     

    Le Forum Economique Mondial est du même avis : “La Chine est sans aucun doute un leader mondial dans le domaine de la lutte contre la pauvreté et de l’amélioration des résultats de santé. Le reste du monde peut tirer beaucoup d’enseignements de son expérience” (27).

     

    Les pauvres y ont gagné, mais les Chinois les plus riches y ont gagné bien plus encore. Un grand fossé s’est donc creusé depuis les années ‘80. L’indice de Gini est passé de 29 à 41,5 – ce qui n’est guère une évolution positive (28). L’écart est le plus fort entre ville et campagne, entre régions les plus pauvres et provinces côtières. C’est surtout une conséquence d’une hausse de productivité plus rapide dans l’industrie et le secteur des services que dans l’agriculture (29).

     

    Les dix dernières années ont vu un léger revirement et le coefficient de Gini a commencé à baisser. En 2009 le revenu moyen en ville était 3,3 fois plus élevé qu’à la campagne. Aujourd’hui il a baissé à 2,7 (30).

     

    Il y a septante ans, la Chine était l’un des pays les plus pauvres du monde. Le PNB par habitant était la moitié de celui de l’Afrique (31). La population chinoise arrivait tout à fait en queue. Aujourd’hui, septante ans plus tard, elle acquiert lentement une position dans le peloton de tête, comme le montre le graphique ci-dessous. Sur l’axe horizontal figurent les déciles. 1 représente les 10% de plus pauvres, 10 représente les 10% des plus riches. L’axe vertical montre le pourcentage par région. La majeure partie de la population chinoise se situe entre le sixième et le neuvième décile de la population mondiale (32).

     

     

    3. La géopolitique

    L’encerclement

     

    En 1992, un an après l’effondrement de l’Union soviétique, le Pentagone lançait une doctrine qui reste aujourd’hui le fil conducteur de la politique étrangère des Etats-Unis : “Notre objectif premier est d’empêcher qu’un nouveau compétiteur n’apparaisse sur la scène mondiale. Nous devons empêcher les concurrents potentiels ne serait-ce que d’aspirer à jouer un plus rôle au niveau mondial” (33).

     

    Un rapport récent cite quatre pays qui sont les cibles potentielles d’une action militaire : l’Iran, la Russie, la Corée du Nord et la Chine (34). En dépit des roulements de tambour face à la Corée du Nord et de la rhétorique sur la Russie et l’Iran, c’est aujourd’hui en premier lieu la Chine qui est au centre du viseur. Tout autour de ce pays les Etats-Unis ont plus de trente bases militaires, points d’appui ou centres d’entraînement (petites boules sur la carte). D’ici 2020, 60% du total de la flotte sera stationnée dans la région (35). Vu sur une carte, il n‘est pas exagéré de dire que la Chine est cernée ou encerclée.

     

     

    Face à cette surpuissance des Etats-Unis, la Chine est extrêmement vulnérable. Pour son commerce extérieur la Chine dépend à 90% du transport maritime. Plus de 80% du transport pétrolier doit passer par le détroit de Malacca (près de Singapour), où les Etats-Unis ont naturellement une base militaire. Washington peut ainsi fermer le robinet à pétrole, et actuellement la Chine n’a aucun moyen de défense à cet égard. Les Etats-Unis dépensent en armement plus de quatre fois plus que la Chine, et par habitant c’est quinze fois plus (36).
     

    C’est dans ce contexte qu’il faut voir la construction de petites îles artificielles en mer de Chine méridionale, de même que la revendication d’une grande partie de cette zone. Contrôler les routes maritimes par lesquelles sont transportés son énergie et ses biens industriels a une importance cruciale pour Pékin. D’ailleurs aucun des six pays qui revendiquent des parties de la mer de Chine méridionale ne suit au pied de la lettre le code de conduite sur cette zone (37).

     

    La stratégie d’Amsterdam

     

    Pendant la majeure partie de l’Histoire, l’économie chinoise a été largement autosuffisante. Il n’y avait pas de pénurie de matières premières. Le pays pouvait se permettre de s’isoler du monde étranger et l’a souvent fait. Les principaux risques, vu l’étendue du pays, étaient d’ordre interne.

     

    Aujourd’hui la situation est totalement différente. Le pays n’est plus autosuffisant. Avec 18% de la population mondiale il ne dispose que de 7% des terres agricoles fertiles et extrait seulement 5% du pétrole mondial. Proportionnellement les Etats-Unis ont 8 fois plus de minerai et la Russie 31 fois plus. En outre le pays produit beaucoup plus de biens qu’il n’en consomme lui-même. Pour toutes ces raisons le pays dépend aujourd’hui fortement de l’économie extérieure (38).

     

    C’est dans ce cadre et aussi à cause de l’étreinte des Etats-Unis que le pays commence à mettre en œuvre une Nouvelle Route de la Soie. C’est un gigantesque réseau de routes maritimes et terrestres, lancé sous l’appellation “la Ceinture et la Route”. L’initiative implique des investissements, des financements, des accords commerciaux et des dizaines de zones économiques spéciales (ZES) d’une valeur de 900 milliards de dollars.

     

    Au total le pays veut investir pas moins de 4.000 milliards de dollars dans 64 pays, pour une population de 3 milliards de personnes. Cela représente environ 30 fois l’aide au développement annuelle des pays riches. C’est donc de loin le plus grand programme depuis le plan Marshall pour la reconstruction de l’Europe après la Deuxième guerre mondiale (39).

     

    La Nouvelle Route de la Soie fait beaucoup penser à la stratégie commerciale des Pays-Bas il y a 400 ans. Les colonialismes britannique et français tentaient de conquérir et de soumettre des sociétés entières. Amsterdam par contre visait un “empire de commerce et de crédit”. Il ne s’agissait pas de territoires mais d’affaires. Ils construisirent une flotte gigantesque, installèrent des postes commerciaux sur les grandes routes tout en essayant de les sécuriser (40).

     

    Tout comme les Néerlandais du XVIIème siècle, la Chine détient actuellement la plus grande flotte commerciale (41). Les ZES sont “des garnisons commerciales dans les chaînes d’approvisionnement internationales, grâce auxquelles la Chine peut sécuriser son commerce sans s’encombrer de soumission coloniale” selon Stratfor, un prestigieux laboratoire d’idées (42).

     

    4. L’écologie

    Une situation intenable

     

    Depuis la fin des années ‘80 la Chine est entrée dans une phase de développement qui entraîne une grande pollution environnementale. En tant “qu’atelier du monde”, la Chine est forcément un des plus gros pollueurs de la planète. Plus de 40% du territoire agricole sont actuellement affectés, dont un cinquième de terres arables est même gravement pollué.

     

    A Pékin la pollution de l’air a atteint jusque quarante fois le seuil d’alerte fixé par l’Organisation mondiale de la santé. Dans le nord du pays, la pollution atmosphérique a réduit de cinq années l’espérance de vie et elle cause un nombre inquiétant de cancers du poumon et d’accidents cardiovasculaires (43).

     

    La Chine est maintenant largement le principal émetteur de CO2, même si les émissions par personne sont moitié moindres que celles des Etats-Unis et environ aussi importantes que celles de l’Europe. Elle n’est d’ailleurs responsable que de 11% des émissions cumulées, contre plus de 70% pour les pays industrialisés.

     

    La situation n’en est pas moins intenable. Au rythme actuel, la Chine aura produit entre 1990 et 2050 autant de dioxyde de carbone que le monde entier entre le début de la révolution industrielle et 1970, ce qui est catastrophique pour le réchauffement climatique. Au rythme actuel de croissance il y aura d’ici vingt à trente ans une forte pénurie de pétrole partout dans le monde, avec toutes les conséquences économiques et géopolitiques qui en découlent (44).

     

    Changement de cap

     

    Il y a une petite dizaine d’années les autorités chinoises ont changé de cap en donnant la priorité à la problématique écologique. Lors du précédent congrès il y a cinq ans, cette priorité a été intégrée dans le plan de développement global du parti communiste. Toute une batterie de mesures ont fait leur apparition et la Chine s’est dotée d’une législation pionnière en matière d’environnement, même si l’application ne va pas de soi (45).

     

    Mais c’était du sérieux. Mark Kenber, directeur de l’ONG The Climate Group, voit dans la Chine un exemple pour les autres pays en développement : “Il est clair que le plan chinois pour réduire les émissions de CO2 et construire une économie de technologie verte a été décidé au plus haut niveau du gouvernement. Nous espérons que l’Inde, le Brésil et d’autres pays suivront rapidement et feront preuve du niveau d’ambition nécessaire” (46).

     

    Pour The Economist, qui est tout sauf un fan de la Chine : “Les dirigeants actuels comprennent le défi du changement climatique mieux que leurs prédécesseurs et peut-être mieux aussi que leurs collèges internationaux. Ils sont bons pour adopter des mesures prioritaires fortes (47).

     

    Ce changement de cap exprime les aspirations de la population. Selon un sondage de 2012, 57% des Chinois trouvaient l’environnement prioritaire, même au prix de la croissance économique. Un quart de toutes les manifestations dans le pays concerneraient l’environnement (48).

     

    Leader mondial

     

    Les résultats sont bien là. A court terme la Chine est devenue numéro 1 dans le domaine des panneaux solaires et de l’énergie éolienne. Actuellement 33% de l’électricité sont issus d’énergies vertes – contre 15% aux Etats-Unis. D’ici 2020, 360 milliards sont prévus pour susciter de nouvelles énergies vertes. Le constructeur automobile Chongqing Changan a fait savoir qu’il ne vendra plus de véhicules à moteur à combustion d’ici 2025.

     

    L’industrie automobile française et britannique ne le prévoit que pour 2040, tandis que les constructeurs allemands refusent la transition. Dans un avenir proche la Chine veut séquestrer des millions de tonnes de CO2 sous terre. Le pays est également pionnier dans le domaine de la transmission sur grandes distances de grandes quantités d’énergie (par exemple à partir de champs de panneaux photovoltaïques éloignés), ce qui est très important pour l’approvisionnement des villes en énergie verte (49).

     

    Au sommet pour le climat de Paris, la Chine avait promis de faire baisser ses émissions de dioxyde de carbone dès 2030. Entre-temps l’engagement a déjà été tenu. La Chine utilise de moins en moins de charbon. 2017 est la quatrième année consécutive d’émissions de dioxyde de carbone inchangées ou en baisse. “Les statistiques montrent que la Chine est en bonne voie de dépasser largement les objectifs climatiques de Paris” dit Lauri Myllyvirta, le porte parole de Greenpeace (50).

     

    Avec son approche, Pékin fait d’une pierre quatre coups. 1. Les problèmes environnementaux sont affrontés. 2. Les entreprises les plus polluantes sont souvent aussi les moins rentables. L’élévation des normes environnementales entraîne une efficacité accrue dans la production. 3. La fermeture de ces entreprises polluantes permet d’aborder d’emblée la surcapacité dans un certain nombre de secteurs. 4. L’énergie verte est un secteur en croissance très prometteuse qui peut créer pas mal d’emplois.

     

    Jennifer Morgan, directrice de Greenpeace, l’a résumé en ces mots : “La Chine est également motivée par de puissants intérêts nationaux quand elle s’attaque à la pollution ambiante tenace, veut limiter l’incidence de la crise climatique et augmenter les possibilités d’emploi dans le secteur des énergies renouvelables. Aujourd’hui en Chine, plus de 3,4 millions de personnes travaillent déjà dans le secteur de l’énergie verte” (51).

     

    Le bouquet

     

    Pas besoin d’être un expert pour pouvoir suivre les développements politico-économiques chinois. Le quotidien populaire China Daily qui tire à des millions d’exemplaires papier et digitaux, publie depuis plusieurs jours un petit jeu-concours éducatif filmé

     

    Ng Sauw Tjhoi est journaliste à la VRT. Marc Vandepitte est analyste politique. Ils ont écrit à quatre mains le livre ‘Made in China, meningen van daar’, EPO – Radio 1, 2006.

     

    Traduction du néerlandais : Anne Meert pour Investig’Action.

     

    Notes

    i 1 Pour en savoir plus : cf notamment Carlens S., ‘Neue Kräfteverhältnisse’, Junge Welt, 25 octobre 2017; https://www.jungewelt.de/artikel/320656.neue-kr%C3%A4fteverh%C3%A4ltnisse.html Willems F., ‘Partijcongres bevestigt strategische lijn van Xi Jinping’; http://www.chinasquare.be/actueel-nieuws/congres-bevestigt-strategische-lijn-xi-jinping/ Philips T., ‘Xi Jinping heralds ‘new era’ of Chinese power at Communist party congress’, The Guardian, 18 octobre 2017;https://www.theguardian.com/world/2017/oct/18/xi-jinping-speech-new-era-chinese-power-party-congress .

    2 Financial Times, 11 mars, p. 9. http://www.ft.com/intl/cms/s/0/c7f12434-c678-11e4-aee8-00144feab7de.html#axzz3fJsX3ZAh

    3. Financial Times, 4/5 janvier 2014, p. 3. http://im.ft-static.com/content/images/dc29d692-74af-11e3-af50-00144feabdc0.img?width=973&height=663&title=&desc=

    4. The Economist, 8 avril 2017, Special Report, The Pearl River Delta, p. 7-9;https://www.economist.com/news/special-report/21720073-factories-are-upgrading-still-lag-far-behind-rich-world-future-lies

    5. Financial Times, 25 février 2016, p. 9. http://www.ft.com/intl/cms/s/2/65a584e2-da53-11e5-98fd-06d75973fe09.html

    6. The Economist, 9 avril 2016, p. 57. http://www.economist.com/news/business/21696556-it-hard-see-future-many-worlds-high-cost-steel-producers-britains-are-no

    7. The Economist, 14 janvier 2017, p. 47. https://www.economist.com/news/china/21714383-and-theres-lot-more-come-it-waste-money-china-has-built-worlds-largest Financial Times, 1er mars 2013, p. 5; http://www.ft.com/intl/cms/s/0/009bb49a-80f6-11e2-9908-00144feabdc0.html

    8. The Economist, 12 mai 2012, p. 72. http://www.economist.com/node/21554492

    ‘China’s aviation boom drives airport building frenzy’, Reuters, 26 juin 2015,https://www.reuters.com/article/us-china-aviation/chinas-aviation-boom-drives-airport-building-frenzy-idUSKBN0P60F220150626

    9. The Economist, 5 janvier 2013, p. 48. http://www.economist.com/news/business/21569016-emerging-world-consumer-king-mammons-new-monarchs

    10. The Economist, 29 mars 2014, p. 53-4; https://www.economist.com/news/china/21599806-our-asia-economics-editor-takes-his-leave-less-worried-many-his-peers-about-frailties

    11. Financial Times, 19 avril 2013, http://www.ft.com/intl/cms/s/0/93f0ddc6-a822-11e2-8e5d-00144feabdc0.html#axzz2T0n6X4ND

    12. Banque mondiale, exportationshttps://donnees.banquemondiale.org/indicateur/NE.EXP.GNFS.ZS?locations=CN&name_desc=falseBanque mondiale, secteur des services en % du PNBhttps://donnees.banquemondiale.org/indicateur/NV.SRV.TETC.ZS?locations=CN The Economist,Special Report, The Pearl River Delta, 8 avril 2017, p. 9-10. https://www.economist.com/news/special-report/21720076-copycats-are-out-innovators-are-shenzhen-hothouse-innovation

    13. Financial Times, 25 novembre 2016, p. 2; https://www.ft.com/content/4b6a9820-b210-11e6-a37c-f4a01f1b0fa1 Dodwell D., ‘Be afraid: China is on the path to global technology dominance’, South China Morning Post, 24 mars 2017. http://www.scmp.com/business/global-economy/article/2081771/be-afraid-china-path-global-technology-dominance

    14 Johnson C., ‘Xi Jinping Opens 19th Party Congress Proclaiming a New Era—His’ Center for Strategic & International Studies, 18 octobre 2017.

    15. Jinglian W. & Guochuan M., ‘Whither China? Restarting the Reform Agenda’, Oxford 2016, p. 234-9;Financial Times, 25 octobre 2012, p. 5; http://www.ft.com/intl/cms/s/0/008ac6ea-1dcc-11e2-901e-00144feabdc0.html#axzz2A9Cj2iEB Financial Times, 16 octobre 2017, p. 7.https://www.ft.com/content/304964a4-ad0f-11e7-beba-5521c713abf4

    16. Financial Times, 16 octobre 2017, p. 7; https://www.ft.com/content/304964a4-ad0f-11e7-beba-5521c713abf4Financial Times, 29 septembre 2017, p. 12. https://www.ft.com/content/cbe6deb2-a433-11e7-b797-b61809486fe2

    17. The Economist, 23 septembre 2017, p. 61-2; https://www.economist.com/news/finance-and-economics/21729442-its-record-industrial-policy-successes-patchy-china-sets-its-sights The Economist, 22 juillet 2017, p. 11-2. https://www.economist.com/news/leaders/21725295-bad-china-and-world-chinas-state-enterprises-are-not-retreating-advancing

    18. Kroeber A., ‘China’s Economy. What Everyone Needs to Know’, Oxford 2016, p. 99; Financial Times16 octobre 2017, p. 7; https://www.ft.com/content/304964a4-ad0f-11e7-beba-5521c713abf4 Financial Times, 1er mars 2016, p. 7. http://www.ft.com/intl/cms/s/0/253d7eb0-ca6c-11e5-84df-70594b99fc47.html

    19. Financial Times, 8 septembre 2017, p. 11; https://www.ft.com/content/e91270a8-9364-11e7-bdfa-eda243196c2c The Economist, 28 octobre 2017, p. 57; https://www.economist.com/news/business-and-finance/21730613-chinese-business-has-not-stopped-thriving-under-all-powerful-leader-fears-xi-jinping The Economist, 22 juillet 2017, p. 11-2. https://www.economist.com/news/finance-and-economics/21725293-outperformed-private-firms-they-are-no-longer-shrinking-share-overall

    20. Financial Times, 5 septembre 2017, p. 9; https://www.ft.com/content/6250e4ec-8e68-11e7-9084-d0c17942ba93 ‘Can big data help to resurrect the planned economy?’, Global Times, 14 juin 2017.http://www.globaltimes.cn/content/1051715.shtml Kynge J., ‘China harnesses big data to buttress the power of the state’, Financial Times, 28/9 octobre 2017, p. 11. https://www.ft.com/content/5f483a34-ba5f-11e7-8c12-5661783e5589

    21. Hsueh R., ‘China’s Regulatory State. A New Strategy for Globalization’, Ithaca 2011; Zhikui Z., ‘Introduction to Socialism with Chinese Characteristics’, Pékin 2016, chapitre 3; Kroeber A., ‘China’s Economy. What Everyone Needs to Know’, Oxford 2016, chapitre 5; Porter R., ‘From Mao to Market. China Reconfigured’, Londres 2011, p. 177-184; Bey M., ‘In China, Innovation Cuts Both Ways’,Stratfor, 24 octobre 2017; https://worldview.stratfor.com/article/china-innovation-cuts-both-ways The Economist, 23 novembre 2013, p. 70-1; https://www.economist.com/news/finance-and-economics/21590562-chinas-rulers-look-singapore-tips-portfolio-management-soe-glc Financial Times 10 août 2017, p. 7; https://www.ft.com/content/ed900da6-769b-11e7-90c0-90a9d1bc9691

    22. The Economist, 9 janvier 2016, p. 48; http://www.economist.com/news/china/21685511-ageing-reformists-diagnose-economys-ills-three-wise-men Financial Times, 4 juillet 2017, p. 9.https://www.ft.com/content/5cf22564-5f2a-11e7-8814-0ac7eb84e5f1

    23. Financial Times, 27 février 2017, p. 1; https://www.ft.com/content/f4a260e6-f75a-11e6-bd4e-68d53499ed71 Ross J., ‘No China’s Economy is not Going to Crash’, Socialist Economic Bulletin, 1er septembre 2015. http://www.rdcy.org/displaynewsen.php?id=15104

    24. Clean Clothes Campaign, ‘Stitched Up: Poverty wages for garment workers in Eastern Europe and Turkey’, 2014, http://www.cleanclothes.org/resources/publications/stitched-up-1, p. 32 Banque Mondiale, Labor force. https://donnees.banquemondiale.org/indicateur/SL.TLF.TOTL.IN . Source des graphiques : Financial Times, 27 février 2017, p. 1. https://www.ft.com/content/f4a260e6-f75a-11e6-bd4e-68d53499ed71

    25. The Economist, 18 février 2017, p. 63; http://www.economist.com/news/finance-and-economics/21717102-why-chinese-citizens-seem-more-tolerant-rising-inequality-westerners-new

    United States GDP per capita’. https://tradingeconomics.com/united-states/gdp-per-capita

    26. World Bank Group, ‘Taking on inequality. Poverty and Shared Prosperity. 2016’, Washington 2016,https://openknowledge.worldbank.org/bitstream/handle/10986/25078/9781464809583.pdf, p. 41 et 46; The Economist, 29 avril 2017, p. 43-4. https://www.economist.com/news/china/21721393-after-decades-success-things-are-getting-harder-chinas-new-approach-beating-poverty

    27. The Economist, 29 avril 2017, p. 43-4; https://www.economist.com/news/china/21721393-after-decades-success-things-are-getting-harder-chinas-new-approach-beating-poverty World Economic Forum, ‘What lessons can we learn from China’s rapid growth?’, 16 mars 2016.https://www.weforum.org/agenda/2016/03/what-lessons-can-we-learn-from-china-s-rapid-growth/

    28.L’indice de Gini va de 0, égalité complète, à 100, inégalité complète. Les scores les plus bas sont en Scandinavie, où le coefficient de la Suède est de 25. Les scores les plus hauts sont en Amérique latine. En Colombie il est de 58,5. Ravallion M., A Comparative Perspective on Poverty Reduction in Brazil, China and India. Working Paper 5080, World Bank, Washington 2009, p. 31;http://hdr.undp.org/sites/default/files/hdr_2010_fr_complete_reprint.pdf , New York 2010, p. 169 sqq.

    29. En Inde par exemple il y a aussi un grand fossé entre les habitants de villes eux-mêmes. Financial Times, 10 avril 2014, p. 11. http://www.ft.com/intl/cms/s/0/e8bca4ec-bf29-11e3-a4af-00144feabdc0.html#axzz3BJnhLJEv

    30. The Economist, 14 mai 2016, p. 55. http://www.economist.com/news/finance-and-economics/21698674-rising-rural-incomes-are-making-china-more-equal-up-farm

    31. Maddison A., L’Economie mondiale : Une perspective millénaire, OCDE 2001,http://www.oecd.org/fr/dev/etudesducentrededeveloppementleconomiemondialeuneperspectivemillenaire.htm

    32. Source : Credit Suisse, ‘Global Wealth Databook 2013’, p. 95. https://publications.credit-suisse.com/tasks/render/file/?fileID=1949208D-E59A-F2D9-6D0361266E44A2F8

    33. ‘Excerpts From Pentagon’s Plan: “Prevent the Re-Emergence of a New Rival”’, New York Times, 8 mars 1992., http://www.nytimes.com/1992/03/08/world/excerpts-from-pentagon-s-plan-prevent-the-re-emergence-of-a-new-rival.html?pagewanted=all

    34. The Pentagon, ‘The National Military Strategy of the United States of America 2015’,https://news.usni.org/2015/07/02/document-2015-u-s-national-military-strategy, p. 2.

    35. The Economist, 19 novembre 2005, p. 22; Financial Times, 29 avril 2014, p, 6;http://www.ft.com/intl/cms/s/0/52b9edbe-ce25-11e3-bc28-00144feabdc0.html#axzz39oj4zaTF The Economist, Special Report, Asian Geopolitics, 22 avril 2017, p. 4;https://www.economist.com/news/special-report/21720714-after-seven-decades-hegemony-asia-america-now-has-accommodate-increasingly The Economist, 7 décembre 2013, p, 55;https://www.economist.com/news/asia/21591242-america-winding-down-its-presence-claims-it-wont-fade-away-going-going; Pilger J., https://blogs.mediapart.fr/danyves/blog/141216/la-prochaine-guerre-contre-la-chine-par-john-pilger-le-2-decembre-2016‘; The Economist, 17 octobre 2015, p. 62;http://www.economist.com/news/international/21674648-china-no-longer-accepts-america-should-be-asia-pacifics-dominant-naval-power-who-rules

    36. Dyer G., ‘The Contest of the Century. The New Era of Competition with China – and How America Can Win’, New York, p. 26; Vien T., ‘The Grand Design of China’s New Trade Routes’, Stratfor;https://www.stratfor.com/analysis/grand-design-chinas-new-trade-routes SIPRI, ‘Military expenditure by country’, 2017. https://www.sipri.org/sites/default/files/Milex-constant-2015-USD.pdf

    37. Financial Times, Life & Arts, 5-6 avril 2014, p. 8; http://www.ft.com/intl/cms/s/2/58cbbbe2-ba70-11e3-aeb0-00144feabdc0.html#axzz3BJnhLJEv Financial Times, 20 juin 2014, p. 7.http://www.ft.com/intl/cms/s/0/313432b0-f78f-11e3-b2cf-00144feabdc0.html?siteedition=intl#axzz37Ag64da2

    38. The End of China’s Dengist Diplomacy’, Stratfor, 17 octobre 2017;https://worldview.stratfor.com/article/end-chinas-dengist-diplomacy The Economist, 10 juin 2017, p. 14;https://www.economist.com/news/leaders/21723109-cleaning-filthy-soil-much-harder-cleaning-foul-air-chinas-rockiest-environmental-problem Wikipedia,https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_production_de_p%C3%A9trole Craig A., ‘10 Countries With The Most Natural Resources’, Investopedia, 12 septembre 2016;http://www.investopedia.com/articles/markets-economy/090516/10-countries-most-natural-resources.asp Dyer G., ‘The Contest of the Century’, p. 10; Subramanian A., ‘Eclipse. Living in the Shadow of China’s Economic Dominance’, Washington 2011, p. 121sqq.

    39. Financial Times, 9 octobre 2015, p. 9; http://www.ft.com/intl/cms/s/2/6e098274-587a-11e5-a28b-50226830d644.html ‘China Paves the Way for a New Silk Road’, Stratfor, 15 mai 2017;https://worldview.stratfor.com/article/china-paves-way-new-silk-road Financial Times, Special Report, Asian Infrastructure & Trade, 4 mai 2017, p. 5; https://www.ft.com/content/b9af2e26-0342-11e7-aa5b-6bb07f5c8e12 The Economist, 2017, 6 mai p. 45. https://www.economist.com/news/china/21721678-silk-routes-are-not-always-appealing-they-sound-china-faces-resistance-cherished-theme The Economist, 2 juillet 2016, p. 53; http://www.economist.com/news/china/21701505-chinas-foreign-policy-could-reshape-good-part-world-economy-our-bulldozers-our-rules Vien T., Stratfor, 24 juin 2015;https://www.stratfor.com/analysis/grand-design-chinas-new-trade-routes d’Hooghe I., ‘De Nieuwe Zijderoute moet China’s internationale positie versterken’, Internationale Spectator, 2015 n° 8.https://spectator.clingendael.org/pub/2015/8/china_en_de_nieuwe_zijderoute/ Source de la carte :https://commons.wikimedia.org/wiki/File:One-belt-one-road.svg?uselang=fr

    40. Même si les Néerlandais ont collaboré avec les chefs locaux pour chasser les Portugais à Ceylan et en Indonésie, leur objectif premier était d’assurer le commerce dans toute la région.https://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_colonial_n%C3%A9erlandais

    Arrighi G., Adam Smith in Beijing. Lineages of the Twenty-Firs Century, Londres, 2007, p. 238;

    41. Au XVIIème siècle les Néerlandais avaient proportionnellement 25 fois plus de navires que l’Angleterre, la France et l’Allemagne. Aujourd’hui la Chine détient 20 fois plus de navires de commerce que les Etats-Unis.Maddison A., L’Economie mondiale : Une perspective millénaire, OCDE 2001,http://www.oecd.org/fr/dev/etudesducentrededeveloppementleconomiemondialeuneperspectivemillenaire.htm

    42. Khanna P., ‘Use It or Lose It: China’s Grand Strategy’, Stratfor, 9 avril 2016.https://www.stratfor.com/weekly/use-it-or-lose-it-chinas-grand-strategy

    43. Financial Times, 19-20 avril 2014, p. 4; http://www.ft.com/intl/cms/s/0/c250bd4c-c6b4-11e3-9839-00144feabdc0.html#axzz3B6tUyGad China: More Than 40 Percent Of Arable Land Degraded’, Stratfor, 4 novembre 2014; http://www.stratfor.com/situation-report/china-more-40-percent-arable-land-degraded The Economist, 8 février 2014, p. 11; https://www.economist.com/news/leaders/21595903-government-gives-its-davids-sling-use-against-polluting-goliaths-small-breath-fresh The Financial Times, 9 juillet 2013, p. 1. http://www.ft.com/intl/cms/s/0/eed7c0be-e7ca-11e2-9aad-00144feabdc0.html#axzz2b0YBCPq8

    44. Netherlands Environmental Assessment Agency, ‘Trends in Global CO2 Emissions’; Mengpin G., Friedrich J., & Damassa T., ‘6 Graphs Explain the World’s Top 10 Emitters’, World Resources Institute, 25 novembre 2014; http://www.wri.org/blog/2014/11/6-graphs-explain-world%E2%80%99s-top-10-emittershttp://edgar.jrc.ec.europa.eu/news_docs/jrc-2016-trends-in-global-co2-emissions-2016-report-103425.pdf The Economist, 8 février 2014, p. 11; https://www.economist.com/news/leaders/21595903-government-gives-its-davids-sling-use-against-polluting-goliaths-small-breath-fresh Minqi L., ‘China and the Twenty-First Century Crisis’, Londres 2016, p. 148.

    45. Vandepitte M., ‘Wat mogen we van China de komende jaren verwachten? Verslag van het 18de partijcongres’, http://www.dewereldmorgen.be/artikels/2012/11/11/wat-mogen-we-van-china-de-komende-jaren-verwachten-verslag-van-het-18de-partijco Tsemin Y., ‘The 2014 revisions of china’s environmental protection law’, Swiss Re Insititute, 16 octobre 2014;http://institute.swissre.com/research/risk_dialogue/magazine/Environmental_liability/The_2014_Revisions_of_Chinas_Environmental_Protection_Law.htmlJoseph W., (ed.), ‘Politics in China. An Introduction’, Oxford 2010; p. 282.

    46. IPS, ‘Klimaatplan China ambitieus, Zuid-Korea onvoldoende’,http://www.dewereldmorgen.be/artikel/2015/07/02/klimaatplan-china-ambitieus-zuid-korea-onvoldoende

    47. The Economist, 10 août 2013, p. 17-20. http://www.economist.com/news/briefing/21583245-china-worlds-worst-polluter-largest-investor-green-energy-its-rise-will-have

    48. GALLUP, ‘Majority of Chinese Prioritize Environment Over Economy’, 8 juin 2012;http://news.gallup.com/poll/155102/majority-chinese-prioritize-environment-economy.aspx The Economist, 10 août 2013, p. 8. http://www.economist.com/news/briefing/21583245-china-worlds-worst-polluter-largest-investor-green-energy-its-rise-will-have

    49. Lofgren K., ‘China Becomes World’s First Nation to Install 3 GW of Utility-Scale Solar Power!’,https://inhabitat.com/china-becomes-worlds-first-nation-to-install-3-gw-of-utility-scale-solar-power/Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89nergie_solaire_en_Chine ; Financial Times, 11 février 2016, p. 3; http://www.ft.com/intl/cms/s/0/e2298424-cfdf-11e5-831d-09f7778e7377.html The Economist, 22 avril 2017, p. 50; https://www.economist.com/news/china/21721227-once-foot-dragger-it-now-wants-lead-trumps-indifference-climate-change-has-not-changed ‘China: Automobile Company To Stop Selling Combustion Engine Cars In 2025’, Stratfor, 19 octobre 2017;https://worldview.stratfor.com/situation-report/china-automobile-company-stop-selling-combustion-engine-cars-2025 Financial Times 2 août 2017; https://www.ft.com/content/968402ea-769d-11e7-a3e8-60495fe6ca71?mhq5j=e7 Financial Times, 23 mai 2017, p. 5; https://www.ft.com/content/d6ee4558-36d7-11e7-bce4-9023f8c0fd2e The Economist, 14 janvier 2017, p. 11;www.economist.com/news/leaders/21714350-case-high-voltage-direct-current-connectors-chinas-embrace-new

    50. PS, ‘China investeert niet meer in steenkool’,http://www.dewereldmorgen.be/artikel/2016/12/05/china-investeert-niet-meer-in-steenkool; Greenpeace, ‘China coal use falls: CO2 reduction this year could equal UK total emissions over same period’;http://energydesk.greenpeace.org/2015/05/14/china-coal-consumption-drops-further-carbon-emissions-set-to-fall-by-equivalent-of-uk-total-in-one-year/ Harvey C., ‘China vowed to peak carbon emissions by 2030. It could be way ahead of schedule’, Washington Post, 7 mars 2016,https://www.washingtonpost.com/news/energy-environment/wp/2016/03/07/china-vowed-to-peak-carbon-emissions-by-2030-these-researchers-think-it-could-already-be-there/?utm_term=.82ec15ee992a The Economist, 22 avril 2017, p. 50;https://www.economist.com/news/china/21721227-once-foot-dragger-it-now-wants-lead-trumps-indifference-climate-change-has-not-changed

    51. ‘Consolidating China’s Industries, One Polluter at a Time’, Stratfor, 25 octobre 2017;https://worldview.stratfor.com/article/consolidating-chinas-industries-one-polluter-time

    World Resources Institute, ‘WRI Calls China INDC “A Serious and Credible Contribution”’, 30 juin 2015.http://www.wri.org/news/2015/06/statement-wri-calls-china-indc-serious-and-credible-contribution

    Source : Investig’Action

    La Chine transfère des capitaux d’Etat au fonds de la sécurité sociale

     

    20 Novembre 2017
    La concrétisation des annonces chinoises lors du Congrès
     
    (note de Danielle Bleitrach)

    © Chine Nouvelle (Xinhua) – Luo Jingping, le 18/11/2017 06:46

    La Chine transférera quelques capitaux d’Etat, y compris des actions des entreprises publiques et des institutions financières vers le fonds de la sécurité sociale du pays, Au moment même où une société vieillissante exerce des pressions sur le paiement des pensions, ont montré samedi les documents officiels.

     

    Les capitaux seront transférés au Conseil national du fonds de la sécurité sociale et aux sociétés entièrement contrôlées par l’Etat, selon un document publié par le Conseil des Affaires d’Etat.

     

    Cette année marque le début de projets pilotes portant sur les transferts des actions de trois à cinq sociétés d’Etat supervisées au niveau central et de deux institutions financières centrales.

    Vu de Chine:  Karl Marx « revient » en vedette, en  Allemagne alors qu’approche le 200e anniversaire de sa naissance approche

     

    19 Novembre 2017
    Source: Xinhua | 2017-11-18 00:43:52 | Éditeur: Mu Xuequan
     Vieux timbre. 1953. Chine. Karl Marx Banque d'images - 5300767
     
    La Chine où on assiste également à un renouveau de l’étude du marxisme, est allée observer les préparatifs de la célébration du bicentenaire de sa naissance alors que cette année était celle des 150 ans du capital
     
    (note de Danielle Bleitrach)

    par Ren Ke, Tian Ying, Zhang Yuan

     

    BERLIN, 17 novembre (Xinhua) – Dans la patrie de Karl Marx, la question se pose: son Das Kapital est-il encore d’actualité? Plus des deux tiers des répondants ont voté pour « Oui, c’est plus d’actualité que jamais ».

     

    La question a été soulevée lors d’une exposition à Hambourg en mémoire de sa première publication dans la ville portuaire en 1867. Malgré de grandes vicissitudes au cours des derniers siècles et demi, seulement 6% des visiteurs pensent qu’il est dépassé.

     

    Comme cette année marque le 150e anniversaire de Das Kapital et 2018 marquera le 200e anniversaire de la naissance de Marx, le grand mentor du prolétariat semble être «revenu», en provoquant  plus d’attention du public et une image publique plus positive.

     

    Outre une exposition Das Kapital au Work Museum de Hambourg, d’autres expositions sur Marx ont été lancées. Une grande exposition intitulée « Karl Marx 1818-1883: Vie, œuvres et temps » est en cours de préparation, qui ouvrira ses portes l’année prochaine.

     

    Dans la ville natale de Marx Trèves, un porte-parole de la ville a déclaré à Xinhua que la ville se prépare à une série de grands événements pour commémorer la figure la plus célèbre de l’histoire. Une statue de Marx de 5,5 m sera érigée à la fin de cette année et devrait être dévoilée au public à Trèves le 5 mai 2018, pour le 200e anniversaire de Marx.

     

    Parmi les visiteurs de l’exposition, il y avait des étudiantes, Natasha et ses camarades de classe de Madrid. « Pourquoi venons-nous? Parce que nous l’aimons, Marx et ses œuvres ont changé le monde! » a déclaré Natasha , ajoutant que bien que le monde ne ressemble pas à ce qu’il était il y a 150 ans, le capitalisme fonctionne toujours comme Marx l’avait envisagé.

     

    « L’exposition a pour but de poser une question aux visiteurs: à 150 ans de sa publication, Das Kapital est-il toujours important ou pertinent? » On peut dire que bien que le monde ait beaucoup changé, les analyses de Das Kapital sont toujours d’actualité  » , a déclaré Joachim Baur, conservateur de l’exposition à Xinhua.

     

    Baur a déclaré que Marx était l’un des premiers économistes à avoir analysé la mondialisation et a découvert que dans le capitalisme, la valeur d’échanges de marchandises, plutôt que leur valeur d’usage, est trop déterminante, ce qui est encore un problème en ce moment.

     

    Juergen Herres est chercheur à l’Académie des Sciences et des Sciences Humaines de Berlin-Brandebourg et rédacteur en chef de la MEGA (Marx-Engels-Gesamtausgabe), la plus grande collection d’œuvres de Marx et Engels en allemand ou dans n’importe quelle langue. Au cours des 20 dernières années, Herres a travaillé sur la compilation de nombreux manuscrits et lettres inédits des deux auteurs et les a publiés dans la collection.

     

    Herres a déclaré à Xinhua qu’au cours des dernières années, il a constaté que les lecteurs des œuvres originales de Marx sont en train de croître . Les gens discutent ouvertement de Marx et de son Das Kapital, et les journalistes en écrivent plus sur lui dans les journaux. Les conférences académiques sur Marx et ses théories ont également explosé. Trois biographies de Marx ont été publiées cette année, et il pense que d’autres viendront l’année prochaine.

     

    Presque tous les médias allemands ont rapporté le 150ème anniversaire de la publication de Das Kapital début septembre et l’exposition à Hambourg. Deutsche Welle a écrit « dans une histoire que de haut niveau de monopolisation de l’économie allemande »  à l’ heure actuelle a été précisément prédite  par Karl  Marx.

     

    Actuellement, la Fondation Rosa Luxemburg organise régulièrement des groupes de lecture Marx « Das Kapital lesen ». IMarx Autumn School et a fait la plate-forme Internet Marx200.org pour son 200e anniversaire.

     

    Marx est également apparu davantage dans les documentaires et les films allemands. Conjointement produit par l’Allemagne, la France et la Belgique, le « Jeune Karl Marx » a fait ses débuts au Festival de Berlin en février dernier et il s’est établi  sur la liste des dix premiers du box-office en Allemagne.

     

    Son image a été imprimée sur une carte de crédit émise par une banque locale de Chemnitz, et une statuette en forme de buste portant le titre « Das Kapital » est en vente dans la plus grande librairie de Berlin, Dussmann.

     

    « C’est comme une renaissance », a déclaré Baur, qui a estimé que les crises multiples des dernières années, à savoir la crise financière, la mondialisation, la crise de l’euro et d’autres ont poussé les gens à chercher des moyens de comprendre les problèmes actuels.

     

    Herres a déclaré que l’image de Marx parmi le public allemand est contradictoire et divisée. Cependant, après presque 30 ans de réunification, les Allemands ont commencé à considérer  Marx avec une attitude plus objective.

     

    « Beaucoup de gens se sont pris d’intérêt pour Karl Marx, avec Marx, que peuvent-ils apprendre de ses théories, ils ne s’intéressent pas au marxisme, mais à Marx en tant que philosophe, économiste et sociologue », a déclaré Herres.

     

    Il peut s’agir d’un « retour » de Marx dans sa patrie, cependant, il n’a peut-être jamais quitté.

     

    Herres a déclaré que Marx et ses œuvres ont profondément influencé et aidé à façonner le système social et économique allemand actuel.

     

    Comparé aux États-Unis et à la Grande-Bretagne, l’Allemagne se concentre davantage sur l’équité sociale et la justice, un système formé conjointement par la lutte des classes et un éventail de pensées politiques allemandes depuis le 18ème siècle, y compris celui de Marx.

     

    C’est aussi un pays avec des syndicats forts et une idéologie traditionnelle de la social-démocratie, et avec un parti social-démocrate (SPD) que son prédécesseur a été fortement influencé par Marx lui-même.

     

    « Les théories de Marx, en particulier Das Kapital, ont également eu un impact sur l’économie et les sciences sociales », a déclaré Herres.


    Commentaire de B.T : "Dans la patrie de Karl Marx, la question se pose: son Das Kapital est-il encore d’actualité? Plus des deux tiers des répondants ont voté pour « Oui, c’est plus d’actualité que jamais »." A l'allure où vont les choses il n'y aura bientôt plu que Pierre Laurent et son mentor Roger Martelli pour le considérer comme dépasser. 

    Comment interpréter la visite de Song Tao en Corée du Nord ?

     

    Publié le 18 Novembre 2017
    17 Novembre 2017

    Après le congrès du Parti communiste chinois (PCC) qui a donné lieu à des échanges habituels de messages de félicitations entre le PCC et le Parti du travail de Corée (PTC), Song Tao, chef du bureau des relations internationales du PCC est arrivé en République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) en qualité de représentant du Président chinois Xi Jinping. Si les médias occidentaux – ou encore le Président Donald Trump – ont voulu interpréter cette visite au regard du rôle que pourrait jouer la Chine pour abaisser les tensions dans la péninsule coréenne, quelques jours après la fin de la tournée asiatique du chef d’Etat américain, les autorités chinoises ont insisté sur la stricte corrélation entre cette visite et l’usage d’informer le PTC des résultats du dernier congrès.

     

    Rencontre entre la délégation nord-coréenne conduite par Choe Ryong-hae et la délégation chinoise dirigée par Song Tao

    Rencontre entre la délégation nord-coréenne conduite par Choe Ryong-hae et la délégation chinoise dirigée par Song Tao

     

    Il faut connaître le fonctionnement des démocraties populaires et l’importance des relations de parti à parti, dans le contexte des relations traditionnelles entre Pékin et Pyongyang, pour comprendre que, si une telle visite n’avait pas eu lieu, elle aurait en tout cas signifié la remise en cause de liens noués depuis trois générations entre les dirigeants chinois et nord-coréens.

     

    Song Tao a été accueilli à l’aéroport de Pyongyang par Ri Chang-gun, vice-directeur de département du PTC. Il a ensuite été reçu par Choe Ryong-hae, vice-président du Comité central du PTC, témoignant de la reconnaissance du niveau de la délégation chinoise.

     

    Il est d’usage, lors de telles visites, d’aborder des sujets d’intérêt commun aux deux partis. L’application par la Chine des récentes sanctions internationales à l’encontre de la RPDC a donc probablement été évoquée, même si les comptes rendus publics des échanges sino-nord-coréens n’ont pas vocation à évoquer un tel sujet où les divergences de vues sont réelles.

     

    En tout cas, la Chine a réaffirmé à l’occasion de cette visite qu’elle était favorable à un « double moratoire » (de ses essais nucléaires et balistiques par Pyongyang, de leurs exercices militaires par Washington), contredisant ouvertement les déclarations du Président Donald Trump qui avait affirmé, lors de sa récente visite en Chine, que Pékin était sur une position comparable à celle des Etats-Unis d’accroître la pression sur la RPDC.

     

    Une fois encore, la Chine s’affirme comme un médiateur potentiel de premier rang pour diminuer les tensions dans la péninsule coréenne, en défendant le principe d’un dialogue suivant des positions qui ne sont donc celles ni de Pyongyang, ni de Washington.

     

    Source :

    China’s special envoy meets closest aide of North Korean leader

     

    A special envoy of Chinese President Xi Jinping on Friday met with the closest aide of North Korean leader Kim Jong Un, amid an ongoing pause in Pyongyang’s saber-rattling….

     

    http://www.scmp.com/news/china/diplomacy-defence/article/21204

    En chine : une bibliothèque, j’ai vécu le jour des merveilles…

     

    17 Novembre 2017
    Dans la meusre où j’ai le vertige à Marseille dans la bibliothèque municipale de l’Alcazar qui joue sur les transparences, je ne sais si j’apprécierais celle-ci, mais il y a là comme souvent une architecture sculpture avec cet espèce d’optimisme conquérant qui est une marque de la Chine aujourd’hui, comme si l’humanité en était déjà à l’assaut de l’univers. mais si vous regardez la video vous retrouvez le souci de l’enfant, la tendresse au coeur du gigantisme.  La Chine s’est mise en commune ,j’ai vécu le jour des merveilles, chantait le poète :  https://www.youtube.com/watch?v=1LIpWAg-x-s 
     
    (note de Danielle Bleitrach)

    En images, l’une des plus belles bibliothèques au monde

     

    Ce nouveau temple du savoir installé dans le district de Tianjin, à l’est de la Chine, peut sérieusement prétendre à l’entrée dans le classement des plus belles bibliothèques du monde. Visite au cœur de ses 33.700 m2 aux 1,2 millions de livres.

     

    PAR TIFFANY SALES. PHOTOS : MVRDV. | 
     

    Il aura fallu trois ans pour réaliser cet espace de 33.700 m2 dédié à la lecture, la marche, la réunion et la discussion. A l’origine de cet immense temple du savoir ? La société néerlandaise d’architecture et de design urbain, MVRDV, ainsi que des architectes chinois.

     

    Située en Chine, à Tianjin, dans l’est de la Chine, cette gigantesque bibliothèque publique qui a ouvert ses portes le 1er octobre, peut accueillir 1,2 millions de livres. Winy Maas, cofondateur de MVRDV, décrit l’intérieur comme « une étagère continue ». Au cœur de cette dernière, des immenses étagères s’étendent en effet à perte de vue du sol jusqu’au plafond.

     

    Il précise : « Les étagères sont de grands espaces pour s’asseoir et permettre en même temps l’accès aux étages supérieurs, les angles et les courbes étant destinés à [optimiser] différentes utilisations de l’espace. »

     

    Autre détail notable, toute l’architecture du bâtiment réparti sur cinq niveaux a été pensée pour que cet édifice ait la forme d’un œil, d’un véritable globe oculaire en trois dimensions. La couleur immaculée du lieu, éclairée par une géante baie vitrée, renforce également le sentiment de débarquer dans une troisième dimension.

     

    En son centre, un auditorium de forme sphérique trône sous un puis de lumière qui « reflète l’environnement, en offrant un panorama à 360 degrés sur l’espace intérieur, un environnement véritablement propice à la réflexion et la contemplation », ajoute Winy Maas.

     

    La bibliothèque comprend également des salles d’enseignement, des aires de lecture pour enfants et personnes âgées, des salles de réunion et d’informatique mais aussi des bureaux. Le sous-sol, abrite quant à lui, les archives.

     

     
     
     
     
     
     

    La technologie et le marxisme de Jack Ma


    Par Caleb Maupin – Le 26 octobre 2017 – Source New Eastern Outlook

    Jack Ma, le fondateur d’Ali Baba, premier site de vente en ligne chinois.

    Le célèbre fondateur d’Alibaba est peut être un PDG milliardaire, mais les mots qu’il diffuse dans le monde entier ont des échos de Karl Marx, de Vladimir Lénine et de Mao Dzedong. Il peut être difficile pour une oreille non avertie de l’identifier, mais il n’est pas surprenant que cette vedette de l’économie planifiée chinoise soit en bons termes avec un parti au pouvoir profondément idéologique. Pour ceux qui connaissent le sujet en profondeur, des sous-entendus marxistes peuvent être retrouvés tout au long de l’optimisme technologique de Ma.

     

    Un matérialisme historique

     

    Beaucoup de gens ouvrent le manifeste communiste en s’attendant à y trouver un plan pour un monde idéal, étalé devant eux. Pourtant, Karl Marx ou ses associés ont très peu écrit au sujet de la nature supposée du monde futur. Les écrits de Marx portaient plutôt sur des concepts philosophiques qu’il a inventés, le matérialisme dialectique et historique. En substance, le marxisme est une description de l’histoire du monde comme étant la résultante d’une lutte pour faire progresser les niveaux de vie et atteindre un mode de production plus élevé.

     

    En s’exprimant au Valdaï Discussion Club en octobre, Jack Ma a sévèrement critiqué ceux qui réagissent à l’avènement d’Internet par la peur. Il a déclaré : « Là où d’autres personnes s’inquiètent, nous trouvons des moyens de résoudre cette inquiétude. » Il a rappelé à l’auditoire les nombreuses peurs qui ont accompagné l’invention de l’automobile et ajouté : « Si nous avons plus d’imagination et de créativité, nous nous sentirons beaucoup mieux. »

     

    À l’époque de la révolution industrielle du XIXe siècle, la perspective de Marx était la même. Tout en critiquant le capitalisme, Marx saluait la naissance de l’économie industrielle et des révolutions sociales qui avaient détruit le féodalisme. Marx voyait la fin du servage et la naissance de la classe ouvrière industrielle ou du « prolétariat », conséquences des énormes progrès technologiques, comme un formidable bond en avant.

     

    Jack Ma a aussi averti le public du danger potentiel associé aux progrès technologiques. Il est allé jusqu’à faire remarquer que les deux guerres mondiales se sont déclenchées à la suite de bonds technologiques.

     

    Ce faisant, Ma pointait vers une compréhension du concept marxiste de surproduction et de baisse du taux de profit. En effet, les deux guerres mondiales ont été précédées par des ralentissements économiques et des périodes de dépression, et ces deux périodes difficiles ont été le résultat direct des progrès technologiques.

     

    Dans « Le Capital », Marx explique que les propriétaires d’usines et d’entreprises cherchent constamment à révolutionner les moyens de production afin de produire des biens plus efficacement qu’auparavant. Cependant, dans ce processus de diminution des coûts de production et de recherche d’efficacité, le pouvoir d’achat des travailleurs diminue aussi. Finalement, l’abondance créée par les progrès technologiques crée une pauvreté de masse. Les marxistes du monde entier ont décrit les développements politiques qui ont finalement abouti aux deux guerres mondiales comme une conséquence des crises économiques créées par la surproduction.

     

    Pourtant, malgré son inquiétant avertissement, Ma semble penser qu’un résultat potentiellement différent sera la conséquence de la révolution informatique. En 1848, Marx soulignait que la révolution industrielle réduisait les ouvriers à être « un appendice des machines ».

     

    En 2017, Jack Ma nous dit : « Nous avons transformé des gens en machines, maintenant nous faisons des machines à l’image des gens. »

    Ma soutient que l’éducation peut être complètement transformée car l’humanité est témoin de la naissance de la technologie des données (TD) en remplacement de la technologie informationnelle (TI). Selon Ma, avec la naissance de la TD, ce qu’il appelle les « travaux stupides », ceux pour lesquels les êtres humains sont poussés à ne pas utiliser leur intelligence pourraient être éliminés. Dans la nouvelle économie, la créativité humaine doit se développer pour faire ce que les machines ne peuvent pas faire, car « une machine ne peut avoir d’âme ».

     

    « Nous avons besoin d’un G200, pas d’un G20 »

     

    Tout comme Karl Marx, Jack Ma n’est pas un adversaire de la mondialisation. Au contraire, comme Marx l’a fait au XIXe, Ma salue la montée de l’économie mondiale comme un pas en avant, en disant « là où le commerce s’arrête, le monde s’arrête ».

     

    Cependant, même si Ma ne critique pas la globalisation en tant que concept, il est opposé au déséquilibre de l’économie mondiale. Décrivant le caractère injuste du marché mondial, il a déclaré « 20% des pays réussissent, tandis que 80% n’ont aucune chance ».

     

    Ici, Ma s’oppose frontalement au récit de la mondialisation poussé par les partisans du néolibéralisme. Le « Sud global » ne devient pas plus riche en raison du commerce avec l’Europe et les États-Unis. Les réformes du marché libre et la pénétration de la Banque mondiale et du FMI ne « développent » pas les pays sous-développés. Les politiques commerciales poussées par les dirigeants occidentaux n’ont pas l’effet que des personnes comme Milton Friedman et Jeffrey Sachs ont affirmé qu’elles auraient.

     

    Avec ses mots, Ma fait écho à une approche de l’économie mondiale semblable à celle qui a été articulée par Vladimir Lénine avant la révolution russe. C’est une vision du monde qui explique comment les pays les plus riches du monde ont truqué les choses en leur faveur, pour rester les 20% les plus riches, s’enrichir en monopoles alors que les 80% restent pauvres et deviennent plus pauvres, en tant que consommateurs captifs. C’était le concept de Lénine disant « l’impérialisme, le stade suprême du capitalisme ».

     

    Ma ne s’oppose pas à la mondialisation, mais insiste sur le fait qu’elle doit changer de structure. Selon ses propres mots : « Nous avons besoin d’un G200, pas d’un G20 ». Les paroles de Ma sont en accord avec la politique étrangère chinoise et son initiative de Nouvelle Route de la Soie, visant à sortir les pays de la pauvreté grâce aux infrastructures. Alors qu’elle continue d’étendre sa présence dans le monde sous-développé, la Chine développe ses partenaires commerciaux avec des trains à grande vitesse, des hôpitaux et des programmes éducatifs. Au fur et à mesure que ces pays deviennent plus riches, la Chine devient plus riche, en développant des économies avec lesquelles elle peut commercer. Ce modèle de mondialisation « gagnant-gagnant », par opposition au monopole d’entreprise de Londres et de Wall Street, est très différent.

     

    Ma soutient que la multipolarité devrait être la bienvenue, et que plutôt que de se faire face les uns aux autres, les pays devraient travailler ensemble pour résoudre les problèmes mondiaux. « L’ennemi commun devrait être la pauvreté », a-t-il expliqué.

     

    L’histoire avance, avec ou sans vous

     

    « La révolution technologique est en marche, personne ne peut l’arrêter ! » Jack Ma prévient son public. Plutôt que d’être seulement au courant de l’histoire, Jack Ma invite son auditoire à en faire partie : « Les jeunes ne veulent pas seulement s’informer, ils veulent s’impliquer ! »

     

    Son inquiétant avertissement que la technologie avance et la société avec elle, indépendamment de nos peurs, cela nous rappelle l’essai de Mao Dzedong « Rapport sur le mouvement paysan dans la province du Hunan. » Dans cet essai, Mao avertissait que la paysannerie chinoise était en révolte contre les propriétaires, et que les communistes chinois devaient les rejoindre et les diriger ou bien « se laisser dépasser ». Il y est écrit : « Quand les gens sont en mouvement, vous pouvez vous opposer à eux, vous pouvez les suivre en gesticulant et en critiquant, ou vous pouvez les diriger. »

     

    Cette polémique de l’époque avec les dirigeants du Parti communiste chinois contient plusieurs des citations les plus connues de Mao. Mao y avertissait ses lecteurs que les avances et les explosions peuvent être imprévisibles, « une seule étincelle peut mettre le feu à la plaine ».

     

    Lorsque Mao Dzedong écrivait ces mots en 1926, avec le même ton optimiste mais prudent que les projets de Jack Ma aujourd’hui, la Chine était une société agraire profondément appauvrie. Aujourd’hui, menée par l’organisation politique que Mao Dzedong a construite, elle est devenue la deuxième plus grande économie de la planète.

     

    « Un environnement convivial pour les entreprises »

     

    Alors que l’on pourrait s’attendre à ce qu’un milliardaire se considère comme un « self-made man » et râle contre l’ingérence d’un gouvernement dans les affaires économiques, la perspective de Ma semble être différente.

     

    Au Club de discussion de Valdaï à Sotchi, Ma a salué les efforts récents du Parti communiste chinois, lorsqu’on l’a interrogé sur le XIXe Congrès national historique qui avait lieu simultanément à Beijing. Il a parlé de la façon dont la campagne anti-corruption « Mass Line » lancée par Xi Jinping est un bon développement qui a « aidé à nettoyer le milieu des affaires » et a permis de faire de la Chine un « environnement convivial pour faire du commerce ».

     

    En effet, ceux dont la compréhension de l’idéologie marxiste est simpliste peuvent se moquer de l’idée qu’un milliardaire comme Jack Ma ait quelque chose en commun avec Marx. Les mêmes personnes raillent l’idée que la Chine soit socialiste, alors qu’il existe tant de sociétés privées, et que tant de personnes sont devenues riches.

     

    Mais Deng Xiaoping l’a dit lui-même, « la pauvreté n’est pas le socialisme, s’enrichir est glorieux », et ces mots faisaient simplement écho à l’approche marxiste du matérialisme historique. L’histoire avance en raison de l’intelligence et de l’innovation humaine ; au contraire, à mesure que le capitalisme a émergé, la recherche irrationnelle du profit à tout prix a entravé la capacité de progression sociale.

     

    Le « socialisme aux caractéristiques chinoises » est devenu une économie qui permet à 700 millions de personnes de sortir de la pauvreté.

     

    Dans la Chine du XXIe siècle, chaque jour une personne devient millionnaire. Oui, s’enrichir est glorieux, mais toute cette richesse en Chine n’a pas été créée par l’avidité irrationnelle et l’égoïsme. Le chemin de la Chine vers plus de richesse et de prospérité a été basé sur une société fonctionnant de manière disciplinée, dirigée par une organisation politique forte, qui place la prospérité pour tout le peuple, et pas seulement une riche minorité, en tête de l’ordre du jour.

     

    Caleb Maupin est un analyste politique et un activiste basé à New York.

    Photos : Cérémonie d’inauguration du Palais de l’amitié Vietnam-Chine et du centre culturel chinois à Hanoï

     
    14 Novembre 2017
    Voilà un autre pas dans la recomposition des alliances en Asie pacifique… toujours dans le cadre de la visite de Trump.
     
    (note de Danielle Bleitrach)

    © Chine Nouvelle (Xinhua) – Tian Yun, le 13/11/2017 05:45

    Xi Jinping et Nguyen Thi Kim Ngan ont assisté dimanche à la cérémonie d’inauguration et de remise des clés du Palais de l’amitié Vietnam-Chine et à la cérémonie d’inauguration du centre culturel chinois de Hanoï. – Photo : Li T.

     

    Le président chinois

     

    Le président chinois, Xi Jinping, qui est également secrétaire général du Comité central du Parti communiste chinois (PCC), et Nguyen Thi Kim Ngan, présidente de l’Assemblée nationale vietnamienne, inaugurent le centre culturel chinois de Hanoï, au Vietnam, le 12 novembre 2017

     

    Le président chinois

     

    Le président chinois, Xi Jinping, qui est également secrétaire général du Comité central du Parti communiste chinois (PCC), remet une « clé en or » du Palais de l’amitié Vietnam-Chine à Nguyen Thi Kim Ngan, présidente de l’Assemblée nationale vietnamienne, à Hanoï, au Vietnam, le 12 novembre 2017

     

    Trump humilié en Chine lors de la visite de Pékin souligne le nouvel ordre mondial en Asie

     

    14 Novembre 2017
    Loin de souligner le leadership américain, le voyage a encore accentué l’émergence de la Chine comme pilier alternatif de la prospérité et de la stabilité dans la région la plus dynamique du monde, écrit Richard Heydarian cet article bien informé témoigne de ce que peut être le meilleur de la diplomatie chinois: utiliser la force et la brutalité de l’adversaire pour lui imposer sa propre volonté.
     
    (note et traduction de Danielle Bleitrach)


    Publié: lundi 13 novembre 2017, 07h02
    MISE À JOUR: lundi 13 novembre 2017, 23h19

     

     

    Parmi les étapes du voyage de Donald Trump dans cinq pays asiatiques  celle  qui est le plus caractéristique est Pékin. Après tout, la Chine est considérée comme le plus grand rival régional de l’Amérique, et elle a été souvent l’objet des tirades non-stop du président.

     

     Tous les autres pays participant à la tournée sont soit des alliés issus de traités, à savoir le Japon, la Corée du Sud et les Philippines, soit un nouveau partenaire stratégique, à savoir le Vietnam.
     

    La visite, dans laquelle on a vu  Trump échouer à obtenir une concession majeure de la Chine, a  été celle qui a souligné l’émergence tranquille mais indubitable d’un véritable ordre post-américain en Asie.

     

    Loin de souligner le leadership américain dans la région, la visite a démontré  l’émergence de la Chine en tant que pilier alternatif de prospérité et de stabilité dans le théâtre géopolitique le plus dynamique du monde. Trump s’est embarqué dans son voyage en Asie pour affirmer la centralité américaine dans les affaires mondiales, mais il a quitté Beijing comme le chef humilié d’une superpuissance en déclin.

     

    Pendant  sa campagne présidentielle, Trump avait pointé du doigt  la Chine avec brio et vigueur, décrivant souvent la puissance asiatique comme une menace majeure pour le bien-être économique et la suprématie mondiale des États-Unis.

     

    Adoptant un langage souvent belliqueux, il avait  accusé la Chine de manipuler des devises, de vendre un excédent commercial excessif à l’Amérique, de dominer agressivement les eaux adjacentes aux dépens des alliés régionaux comme le Japon et les Philippines et d’aider des parias comme la Corée du Nord.

     

    Il n’est donc pas étonnant que le monde ait eu un regard très attentif sur le président américain, qui parle dur, pouvait obtenir en matière de concession majeure sur les principaux points de divergence avec Pékin. Comme prévu, cependant, la Chine a réussi à apaiser et à apprivoiser le président américain, tout en restant sur ses positions dans les zones de désaccord.

     

    Sous Trump, l’excédent commercial de la Chine avec l’Amérique s’est en fait élargi à 223 milliards de dollars américains au cours des 10 premiers mois de l’année – une augmentation à deux chiffres par rapport à l’année précédente. Mais au lieu de reculer sur des domaines d’intérêt fondamental pour elle, en particulier sur le commerce et la politique industrielle, la Chine a sciemment attenué la différence.

     

    Pour calmer les inquiétudes américaines face à leur énorme déficit commercial avec la Chine, Beijing a offert 37 contrats d’investissement majeurs totalisant plus de 250 milliards de dollars à 30 PDG de grandes entreprises américaines. De grands noms tels que Boeing, General Electric, Goldman Sachs, Qualcomm, Cheniere Energy, Air Products étaient parmi ceux qui ont rejoint la délégation d’hommes d’affaires de Trump.

     

    Le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, a salué ces accords comme une étape cruciale pour fournir « une base solide pour une relation plus forte, plus libre, équitable et réciproque entre les Etats-Unis et la Chine ».

     

    Aux applaudissements de son auditoire chinois, Trump est allé jusqu’à donner à « la Chine un grand crédit » pour sa capacité à « tirer profit d’un autre pays [l’Amérique] pour le bénéfice de ses citoyens … »

     

    Au lieu de blâmer la Chine pour les problèmes commerciaux de l’Amérique, il a placé la responsabilité sur ses prédécesseurs pour ne pas avoir adopté une relation économique optimale avec la plus grande nation exportatrice du monde. Pour l’instant, il semble que l’administration Trump recule effectivement par rapport à  ses menaces précédentes d’imposer des sanctions commerciales à la Chine.

     

    Ainsi, Pékin a réussi à vider de son contenu  la posture agressive de Trump à travers un ensemble soigneusement élaboré d’accords commerciaux mutuellement satisfaisants. C’était la politique chinoise à son niveau le meilleur.

     

    Pour être juste cependant, le président chinois Xi Jinping a promis un environnement d’investissement ouvert et que «la Chine ne fermera pas ses portes» et gardera son énorme marché intérieur «plus ouvert, plus transparent et plus ordonné» pour les entreprises étrangères, y compris américaines. Ce fut une déclaration d’assurance opportune au milieu des préoccupations croissantes concernant la montée du nationalisme économique en Chine.

     

    En ce qui concerne les zones de tensions géopolitiques, Trump est parti presque bredouille de Pékin. S’exprimant devant l’Assemblée nationale sud-coréenne un jour plus tôt, le président américain avait lancé  une attaque à peine voilée contre la Chine pour avoir soi-disant choisi « d’ignorer » ou « pire encore, de permettre » la Corée du Nord. Il a carrément placé le «poids de la crise» sur la «conscience» de la Chine.

    Pourtant, tout ce dur  discours  s’est rapidement traduit par une gratitude conciliatrice envers la Chine pour ses efforts visant à freiner le programme agressif de missiles balistiques et nucléaires de la Corée du Nord. A Pékin, Trump a simplement appelé « la Chine et votre grand président à travailler très dur », exprimant son optimisme que « si [Xi] travaille dur », il y aura une résolution rapide de la crise dans la péninsule coréenne .

    Probablement, il n’y avait pas non plus d’accord significatif sur la montée des tensions sino-américaines en mer de Chine méridionale, la marine américaine contestant les activités de remise en état de la Chine par des «opérations de liberté de navigation» régularisées. Qualifiant les relations bilatérales de «nouveau point de départ historique», le président chinois a réitéré son point précédent: «L’océan Pacifique est assez grand pour accueillir la Chine et les États-Unis».

     

    Ainsi, la Chine a manifesté sa volonté d’un «grand marché» émergent dans les eaux adjacentes, sans aucune résistance palpable de la part de l’administration Trump, qui cherche désespérément  l’aide de Pékin sur la question de la Corée du Nord.

     

    L’échec à obtenir une concession majeure sur des domaines clés de différence peut expliquer le refus controversé de Trump de répondre aux questions des médias lors de sa conférence de presse conjointe avec Xi. Comme on dit, parfois le silence en dit long. La visite paradoxale  de Trump en Chine est probablement le signe avant-coureur d’un nouvel ordre en Asie, où l’Amérique n’est plus le numéro un incontesté.

     

    Richard Heydarian est un universitaire basé à Manille et auteur de Rise of Duterte: une révolte populiste contre la démocratie d’élite

     
    Cet article est paru dans l’édition imprimée de South China Morning Post sous le titre: Trump est venu avec des exigences, mais a obtenu l’état d’art à son meilleu

    Un peu d’humilité à l’égard de la Chine, bon sang !
    L’affligeante nullité des commentaires de la presse française sur le 19ème congrès du parti communiste chinois (18-24 octobre) est éloquente. Qu’avons-nous appris ? Quasiment rien à vrai dire, sinon que la dictature communiste est abominable, que Xi Jin Ping a été déifié, que la Chine croule sous la corruption, que son économie est chancelante, son endettement abyssal et son taux de croissance en berne. Enfilade de lieux communs et fausses évidences à l’appui, la vision française de la Chine a brillé une fois encore par un simplisme narquois qui masque à peine une ignorance crasse. Il suffit d’avoir entendu une seule émission de Vincent Hervouët sur Europe 1 pour prendre la mesure de ce vide sidéral.
     
    Il faut dire que la Chine ne fait rien pour faciliter les distinctions tranchées - dignes du lit de Procuste - et les catégories préétablies auxquelles ce petit monde médiatique voudrait la plier à tout prix. Communiste, capitaliste, un peu des deux, ou autre chose encore ? Dans les sphères médiatiques, on y perd son chinois. Inconsciemment, on le sent bien, nos commentateurs aimeraient pouvoir dire que la Chine n’est plus communiste, ce serait tellement plus simple. Convertie au libéralisme, cette nation rebelle réintégrerait le droit commun. Retour à l’ordre des choses, cette capitulation idéologique validerait la téléologie de l’homo occidentalis. Absorbant la Chine, le capitalisme mondialisé pourrait enfin déboucher le Champagne.
     
    Mais voilà, c’est une romance libérale, une de plus. Le PCC n’a nullement renoncé à son rôle dirigeant dans la société, et il fournit son ossature à un Etat qui tire sa force de sa souveraineté. Hérité du maoïsme, l’Etat central conserve la maîtrise de la politique monétaire et contrôle le secteur bancaire. Doté depuis les lois de 2008 d’une fiscalité moderne, d’un code du travail et d’un système social - certes imparfaits -, il s’est fixé pour objectif numéro un l’élévation du niveau de vie de la population. Restructuré dans les années 1990, le secteur public demeure la colonne vertébrale de l’économie chinoise : avec 40% des actifs et 50% des profits générés par l’activité industrielle, il est prédominant dans la sidérurgie, l’énergie et l’électricité.
     
    Aucun commentateur ne l’a fait, mais il suffit de lire la résolution finale du 19ème congrès pour mesurer l’ampleur des défis de la Chine contemporaine. Lorsque cette résolution affirme que “le Parti doit s’unir pour remporter la victoire décisive de l’édification intégrale de la société de moyenne aisance, faire triompher le socialisme à la chinoise de la nouvelle ère, et lutter sans relâche pour réaliser le rêve chinois du grand renouveau de la nation”, il faut peut-être prendre ces déclarations au sérieux. Avec 89 millions de membres, le PCC n’est pas en perte de vitesse.
     
    Mais il lui faudra stimuler la consommation intérieure, réduire les inégalités sociales et juguler la pollution - un véritable fléau -, s’il veut conserver l’appui d’une population en voie d’urbanisation accélérée.
     
    En Occident, la vision de la Chine est obscurcie par les idées reçues. On s’imagine que l’ouverture aux échanges internationaux et la privatisation de nombreuses entreprises ont sonné le glas du “socialisme à la chinoise”. Mais c’est faux. Pour les Chinois, cette ouverture est la condition du développement des forces productives, et non le prélude à un changement systémique. Les “zones d’exportation spéciale” ont dopé la croissance, mais cette insertion dans la mondialisation s’est effectuée aux conditions fixées par l’Etat. Pour Pékin, il fallait accumuler les capitaux afin de poursuivre les réformes. Elles ont permis de sortir 700 millions de personnes de la pauvreté, soit 10% de la population mondiale. Il n’est pas étonnant que le 19ème congrès ait réitéré le choix d’une économie mixte en insistant sur les défis de l’urbanisation et la nécessaire réduction des inégalités.
     
    Depuis 40 ans, la Chine change à un rythme déconcertant et brouille les repères habituels. Un pays qui assure 30% de la croissance mondiale et dont on juge que sa croissance “fléchit” lorsqu’elle est à 6,5% mérite quand même le détour. On peut ironiser sur ce communisme qui fait la part belle au capitalisme, ou encore évoquer le spectre d’un capitalisme d’Etat, mais à quoi bon ? Les communistes chinois se moquent bien des catégories dans lesquelles nos appareils idéologiques désignent la réalité chinoise. Ils la connaissent mieux que nous, et ils savent que nous n’avons aucune prise sur notre propre réalité. La puissance qui est la leur et l’impuissance qui est la nôtre suffisent à nous disqualifier. Si seulement la France était un Etat souverain, peut-être aurions-nous quelque chose à dire. Mais franchement, mettez-vous à la place des Chinois. Allons, un peu d’humilité !
     

    La Chine parie pour une économie plus ouverte contre le protectionnisme de Trump

     

    13 Novembre 2017

      

    Le président de la Chine, Xi Jinping. Photo: Archive

    Le président de la Chine, Xi Jinping. Photo: Archive

     

    Le président chinois Xi Jinping s’est engagé samedi à ouvrir  davantage l’économie du géant asiatique et a exhorté les pays de la région à collaborer étroitement lors de son discours au Forum de coopération économique Asie-Pacifique.

     

    Les commentaires reflètent l’appel du président pour soutenir un « système commercial multilatéral » et celui-ci contrastait avec les propositions émises par le président des Etats-Unis, Donald Trump, qui s’est retiré du Partenariat Trans-Pacifique (TPP) et a déclaré que  les Etats-Unis envisageait de conclure des accords commerciaux bilatéraux.

     

    Le dirigeant chinois a indiqué que son gouvernement continuera de donner la priorité à l’emploi dans son pays et à veiller à ce que le développement économique du pays « soutienne la création d’emplois », selon l’agence de presse officielle Xinhua.

     

    « La Chine va s’ouvrir davantage et son développement générera des bénéfices encore plus grands pour le reste du monde », a assuré M. Xi aux autres dirigeants de l’APEC.

     

    Xi a rapporté que son pays a créé un total de 13 millions de nouveaux emplois dans les villes ces dernières années.

     

    « La restructuration économique ne doit pas se faire au détriment de l’emploi », a déclaré le président. « Au contraire, un emploi stable permettra une plus grande liberté de réforme et de développement », a-t-il ajouté.

     

    (Avec des informations d’Europa Press)

    Trump poursuit en Chine sa croisade contre la Corée du Nord

     

    09NOV

    Les présidents américain Donald Trump (g) et chinois Xi Jinping lors d’une visite de la Cité Interdite, le 8 novembre 2017 à Pékin

    © AFP/Archives Jim WATSON

     

    LE 8 NOVEMBRE 2017

    Donald Trump a entamé mercredi en Chine l’étape potentiellement la plus délicate de sa tournée asiatique, au cours de laquelle il tente de forger un front uni contre les ambitions nucléaires de la « cruelle dictature » nord-coréenne.

     

    L’avion du président américain a atterri à l’aéroport de Pékin en provenance de Séoul, donnant le coup d’envoi d’une visite de moins de 48 heures en Chine, pays dont il avait fait l’un de ses boucs émissaires avant son élection il y a tout juste un an, l’accusant d’avoir « volé » des millions d’emplois aux Etats-Unis.

     

    Mais désireux d’obtenir l’aide de Pékin dans sa croisade contre la Corée du Nord, il ne tarit plus d’éloges envers son homologue chinois, qui lui faisait mercredi visiter la Cité interdite, l’ancien palais des empereurs de Chine.

     

    « J’attends avec une grande impatience de rencontrer le président Xi, qui vient tout juste de remporter une grande victoire politique », avait tweeté M. Trump quelques heures avant de rejoindre Pékin, faisant allusion au nouveau mandat de cinq ans que Xi Jinping a obtenu à la tête du Parti communiste chinois (PCC) et donc du pays le plus peuplé du monde.

     

    « Il passe de la pommade. C’est pour préparer le terrain et le mettre de bonne humeur parce qu’il aura des choses désagréables à lui dire », pronostique le sinologue Jean-Pierre Cabestan, de l’Université baptiste de Hong Kong.

     

    Si la Chine a voté les dernières sanctions de l’ONU contre la Corée du Nord et promis de les appliquer strictement, Washington lui demande d’en faire davantage pour étrangler économiquement Pyongyang.

     

    « Des échanges commerciaux se poursuivent » à la frontière sino-coréenne, a affirmé un haut responsable de l’administration américaine devant la presse.

     

    « Nous allons travailler étroitement avec les Chinois pour identifier ces activités et y mettre fin », a-t-il dit dans l’avion qui amenait Donald Trump à Pékin.

     

    – ‘Pas accepter’ –

     

    La Chine, qui assure la quasi-totalité du commerce de la Corée du Nord, est en position cruciale pour faire pression sur le régime de Kim Jong-Un, qui a procédé début septembre à un nouvel essai nucléaire. Mais si elle s’oppose au programme nucléaire nord-coréen, elle rejette les menaces de Donald Trump et plaide pour le dialogue.

     

    Avant de quitter la Corée du Sud, Donald Trump a une nouvelle fois mis en garde la Corée du Nord, tout en appelant Kim Jong-Un à sortir de son isolement.

    « Ne nous sous-estimez pas, ne nous mettez pas à l’épreuve », a lancé M. Trump devant l’Assemblée nationale sud-coréenne, sous des applaudissements nourris.

     

    M. Trump en a profité pour appeler « toutes les nations responsables » à unir leurs forces, citant la Chine et la Russie, appelées à rompre tous liens commerciaux et technologiques avec le régime stalinien. « Vous ne pouvez pas soutenir, vous ne pouvez pas approvisionner, vous ne pouvez pas accepter », a-t-il lancé.

     

    Mais le président américain a aussi tendu la main au dirigeant nord-coréen.

     

    « En dépit des crimes que vous avec commis contre Dieu et l’homme, nous voulons ouvrir une voie vers un avenir meilleur », a-t-il déclaré à l’attention du jeune leader du Nord.

     

    Des propos qui ne devraient pas convaincre Pyongyang de renouer le dialogue, selon des experts sud-coréens. Qualifier Kim Jong-Un de dictateur cruel « pourrait suffire à provoquer la Corée du Nord, qui attache la plus grande importance à la dignité de ses dirigeants », relève Yang Moo-Jin, expert des questions nord-coréennes à l’Université de Séoul.

     

    Son discours devant les députés sud-coréens intervenait quelques heures après une déconvenue pour Donald Trump: l’annulation d’une visite surprise sur la zone démilitarisée (DMZ). Pour cause de brouillard, l’hélicoptère présidentiel n’a pu se poser à proximité de cette zone qui sépare les deux Corées depuis la fin de la guerre en 1953.

     

    – ‘Graves déséquilibres’ –

     

    Les relations commerciales devraient être l’autre gros dossier de la visite du président américain en Chine, même si plusieurs gros contrats pourraient être signés à cette occasion.

     

    A bord d’Air Force One, le haut responsable de l’administration Trump a évoqué « les graves déséquilibres » dans la relation économique bilatérale, « pas juste le déficit commercial mais aussi les règles inéquitables, comme les transferts de technologie imposés aux entreprises américaines ».

     

    Le déficit commercial américain vis-à-vis de la Chine ne montre pas de signe de dégonflement un an après l’élection de Donald Trump.

     

    Alors qu’il atterrissait à Pékin, les Douanes chinoises faisaient état d’un excédent commercial de 223 milliards de dollars avec les Etats-Unis sur les 10 premiers mois de l’année, en hausse de 8% par rapport à la même période de 2016.

     

    LNT avec Afp

    The National Interest : la Chine est en train de renforcer ses positions dures à l’intérieur comme à l’extérieur

     
    09 Novembre 2017
    Au moment de la rencontre entre Trump et Xi Jimping, voici l’interprétation que ce site conservateur proche de l’armée donne de la politique chinoise et du discours de Xi jimping au Congrès. une synthèse très éclairante.
     
    (note et traduction de Danielle Bleitrach)

    Le 19ème Congrès du Parti a fourni peu de raisons jusqu’à présent de penser que Pékin va adoucir sa position, que ce soit au niveau national ou à l’étranger.

    Alors que le 19e congrès du Parti communiste chinois se terminait la semaine dernière, le secrétaire général du Parti communiste Xi Jinping a renforcé  son entourage de dirigeants pour les cinq prochaines années.

     

    Bien que ses politiques précises soient peu susceptibles d’être révélées avant la troisième session plénière du 19ème Congrès du Parti au début de l’année prochaine, son discours récent au Congrès fournit quelques indications probables de la direction générale de sa politique.

     

    Il s’appuie sur l’État, pas sur les marchés

     

    Dans son discours, qui a duré plus de trois heures, M. Xi a souligné le rôle des entreprises d’État pour aider la Chine à atteindre son objectif de devenir une «société moyennement prospère» d’ici 2021.

     

    Ces entreprises seront la pièce maîtresse des efforts déployés pour développer les secteurs des finances, des télécommunications et de l’énergie en Chine. La Chine s’appuiera davantage sur les marchés comme moyen d’obtention des ressources que comme moteur de croissance.

     

    Tout en indiquant que le marché devrait aider à fixer les taux d’intérêt, il a souligné que Pékin «doit développer le secteur public». À cette fin, les entreprises d’État deviendront «plus fortes, meilleures et plus grandes».

     

    Cela contraste fortement avec l’ère du secrétaire général Jiang Zemin et du premier ministre Zhu Rongji, lorsque les dirigeants chinois ont cherché à réduire leur dépendance vis-à-vis des entreprises d’État et à choisir  plus complètement le marché.

     

    Le discours de Xi a également mis fin à tout espoir que le développement économique chinois créerait une classe moyenne qui pourrait pousser à la réforme politique et à la libéralisation. De tels espoirs ne seront probablement pas réalisés dans les cinq prochaines années.

     

    Renforcer la politique intérieure

     

    Les commentaires de Xi au sujet de Hong Kong, de Taïwan et d’Internet montrent clairement qu’il n’offrira  pas beaucoup d’ouverture politique.

     

    Par exemple, il a déclaré que l’objectif du rajeunissement national serait un «vœu pieux» s’il n’était pas dirigé par le Parti communiste chinois.

     

    Plutôt que de suivre la voie des autres nations, M. Xi a déclaré que la Chine devrait poursuivre sa propre approche politique, d’autant plus qu’ « aucun système politique ne devrait être considéré comme un choix optimal ».

     

    A cette fin, Internet sera soumis à des contrôles plus stricts, afin de limiter les dommages causés par des «points de vue erronés». Les «patriotes» doivent jouer le rôle principal dans la direction de Hong Kong et de Macao.

     

    Ses commentaires sur Taiwan ont été accueillis avec de forts applaudissements:

     

    Nous défendrons résolument la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale et ne tolérerons jamais la répétition de la tragédie historique d’un pays divisé. Toutes les activités de division de la patrie seront résolument combattues par tout le peuple chinois. Nous avons une volonté ferme, une confiance totale et une capacité suffisante pour vaincre toute forme de complot de sécession de l’indépendance de Taiwan. Nous n’autoriserons jamais une personne, une organisation ou un parti politique à diviser une partie du territoire chinois de la Chine à tout moment ou sous quelque forme que ce soit.

     

    Ces commentaires laissent  peu de chances  à l’hypothèse d’un plus grand respect des droits de l’homme, de la transparence ou d’un libre échange d’idées. Ils suggèrent également un durcissement probable des politiques envers Taïwan.

     

    Pékin a déjà suspendu toute communication et tout dialogue officiels avec Taipei. Les commentaires de Xi suggèrent que non seulement il est peu susceptible de changer sa position, mais qu’il pourrait bien augmenter la pression dans sa deuxième mandature.

     

    Soutenir la modernisation militaire

     

    Afin de maintenir cette pression et de défendre les revendications territoriales toujours plus vastes de la Chine dans le Pacifique occidental, M. Xi a également précisé que l’effort de modernisation militaire en cours ne ralentirait pas.

     

    Il a considéré que  l’Armée populaire de Libération devait pouvoir non seulement combattre les guerres futures, mais aussi les gagner. Cela exigerait que l’armée soit capable de s’engager non seulement dans des opérations conventionnelles terrestres, maritimes et aériennes, mais aussi dans de nouveaux théâtres, tels que l’espace extra-atmosphérique et l’information / le cyberespace.

     

    Il a également précisé que la Chine ne renoncerait pas à ses revendications territoriales, comme dans la mer de Chine méridionale. Il a déclaré catégoriquement: «La Chine ne progressera jamais au détriment des intérêts des autres nations, mais nous n’abandonnerons jamais nos droits légitimes.

     

    Il a dit que la Chine ne cèdera pas sur les questions qui « nuisent à notre souveraineté, à notre sécurité et à nos intérêts de développement », ce qui correspond au concept des « intérêts fondamentaux » de Pékin.

     

    À cette fin, il a réaffirmé l’engagement de la Chine à maintenir ses avant-postes et ses îles artificielles dans la mer de Chine méridionale et le développement soutenu de la marine chinoise pour défendre ses intérêts maritimes.

     

    Couplé à l’élévation de personnalités telles que Wang Huning, l’idéologue du Parti communiste chinois, au Comité permanent du Politburo, le 19e Congrès du Parti a fourni peu de raisons jusqu’à présent de penser que Pékin va adoucir sa position, au plan interne ou en matière de politique étrangère.

     

    Cet article a paru à l’ origine sur The Daily Signal.

    Image: Reuters


    Commentaire de Bernard Trannoy

    En fait ce que reproche "The National Interest" à la Chine c'est qu'elle ne fasse pas comme l'U.E se coucher. La Chine constate et prone la multipolarité du monde face à des USA qui se refusent à sortir de leur domination unipolaire du monde.

    Présence chinoise dans les hydrocarbures en Asie centrale : réalité et perspectives

     

    09 Novembre 2017

     

    Le champ de pétrole et de gaz de Tarim, situé à Korla, dans la région ouighoure.
     
    08 novembre 2017

    Présence chinoise dans les hydrocarbures en Asie centrale : réalité et perspectives

     
    Au tournant des années 2000, la Chine a commencé à considérer l’Asie centrale pour lui fournir des hydrocarbures. Avec des investissements conséquents dans les cinq pays de la zone, Pékin a cherché à sécuriser ses approvisionnements, tout en jouant un jeu politique.Novastan vous propose un tour d’horizon, sur la base d’un article écrit par Vladimir Paramanov et Alekseï Strokov, coresponsables du projet d’analyse « Eurasie centrale », et publié par le Central Asian Analytical Network.
     
    La présence chinoise dans le domaine des hydrocarbures des États d’Asie centrale est aussi équivoque qu’ambiguë. Certes, l’infiltration de la Chine dans ce domaine est un succès considérable. Mais ce processus n’implique toutefois pas des relations d’égal à égal, mutuellement avantageuses, pour les pays impliqués, pas plus qu’elle ne permet le complexe développement économique des États d’Asie centrale.
     
    L’intérêt de la République populaire de Chine pour le domaine des hydrocarbures des pays d’Asie centrale est né vers le milieu des années 1990. L’attention de Pékin était alors portée sur le Kazakhstan et sur les possibilités de transport du pétrole kazakh vers la Chine. L’importance de la région n’a depuis lors cessé d’augmenter aux yeux du secteur énergétique chinois et de la politique économique dans son ensemble, éveillant les intérêts politiques.
     
    Lire aussi sur Novastan : La Chine, leader régional ?
     
    Si les projets des entreprises chinoises pour les hydrocarbures ne concernaient au début que le voisin kazakh, le début du XXIe siècle a vu l’intérêt de la Chine s’étendre progressivement à d’autres États d’Asie centrale. Aujourd’hui, l’attention de Pékin s’est cristallisée sur les hydrocarbures du Kazakhstan et du Turkménistan, de sorte que la présence chinoise dans ce secteur en Ouzbékistan, au Kirghizstan et au Tadjikistan n’est pas tant liée à ses besoins énergétiques qu’à la promotion d’autres intérêts, économiques ou politiques, dans ces pays et dans la région en général. Tour d’horizon
     

    Le Kazakhstan, premier partenaire centrasiatique

     
    À partir du moment de l’établissement des liens diplomatiques, le 3 janvier 1992, la République du Kazakhstan était perçue par Pékin comme un intérêt économique et, surtout, énergétique majeur en Asie centrale. Cette conception s’est pleinement révélée après l’an 2000, lorsque la Chine s’est mise à acheter massivement des actifs dans le domaine des hydrocarbures kazakhes ainsi que dans d’autres branches du secteur énergétique, principalement dans le domaine de l’énergie atomique. Dès lors, les entreprises chinoises ont sans cesse augmenté leurs crédits, finançant certains projets à des conditions avantageuses.
     
    Tout ceci s’est traduit par une présence commerciale chinoise considérablement accrue sur le marché kazakh. De 2001 à 2008, la livraison de biens depuis la Chine a augmenté de 11,3 fois, passant de 0,74 à près de 8,4 milliards de dollars, tandis que le volume total des échanges commerciaux est passé de 1,25 à environ 16 milliards de dollars. En 2009, le volume des échanges entre la Chine et le Kazakhstan a certes diminué (de 15,5 %, soit 13,5 milliards de dollars) en raison de l’influence négative de la crise financière mondiale, mais il est reparti à la hausse au cours des années suivantes.
     
    Relations commerciales Chine Kazakhstan 1992 2014
     
    Données pour la période 1992-2001 de la Banque de Développement asiatique, d’après les organes nationaux de statistiques du Kazakhstan ; données pour la période 2002-2014 de l’Economist Intelligence Unit, d’après les organes nationaux de statistiques du Kazakhstan.
     

    Central Asian Analytical Network

     

    Le pétrole kazakh fait saliver Pékin

    Le volume total des ressources financières allouées par la Chine au renforcement de sa position dans le domaine des hydrocarbures kazakh était évalué début 2015 à hauteur de 43 à 45 milliards de dollars, comprenant de 22 à 24 milliards de dollars d’investissements, de près de 16 milliards de dollars d’actifs acquis et de 5 milliards de dollars de crédits.

    Lire aussi sur Novastan : L’industrie pétrolière et gazière du Kazakhstan : in oil we trust ?

    La politique chinoise dans les hydrocarbures de la République du Kazakhstan témoigne de son intérêt pour l’exploitation des gisements pétroliers, l’intensification des volumes d’extraction et de transport du pétrole kazakh vers la Chine et le renforcement de la position des entreprises chinoises sur le marché kazakh des produits pétroliers.

    Dans une première phase à partir de la fin des années 1990, les entreprises chinoises ont lentement mais sûrement entamé une politique expansionniste dans le domaine des hydrocarbures du Kazakhstan via l’acquisition assez massive d’actifs étrangers et en partie kazakhs. En outre, la ligne de conduite de Pékin dans ce domaine a été et reste axée sur la forte augmentation des volumes d’extraction du pétrole (avec pour objectif son exportation vers la Chine).

    Les entreprises chinoises contrôlent un quart du pétrole extrait au Kazakhstan

    Dans ce contexte, l’extraction de gaz ne revêt qu’une importance secondaire pour les entreprises chinoises. En effet, la Chine s’intéresse davantage au transit du gaz depuis le Turkménistan qu’à son extraction directe au Kazakhstan. Compte tenu de l’intérêt aigu de la République populaire pour l’augmentation des importations en pétrole kazakh et pour le transit du gaz turkmène via le Kazakhstan, on comprend que la construction intensive d’un réseau d’oléoducs depuis le Kazakhstan vers la Chine a été et constitue encore une priorité absolue pour Pékin.

    Lire aussi sur Novastan : Un projet qui n’en finit pas : le gisement pétrolier de Kachagan

    Ekibastouz Kazakhstan Rue Neige Vide Vélo Lumière

    Une rue d’Ekibastouz vide, de nuit.

    Tengrinews

     

    A l’heure actuelle, les entreprises chinoises contrôlent près du quart du pétrole extrait au Kazakhstan et le cinquième du marché kazakh des produits pétroliers. Elles occupent également une position assez solide tant dans le secteur des hydrocarbures kazakhes que dans la construction et l’exploitation de ces hydrocarbures. Toutefois, vu la situation actuelle, on ne sait si la Chine a la possibilité d’augmenter davantage encore le volume d’extraction de pétrole kazakh. En effet, les gisements pétroliers affleurants à la surface placés sous contrôle chinois diminuent ou sont à leur niveau maximal d’extraction, de sorte que les compagnies chinoises se heurtent à un problème de saturation des réseaux d’oléoducs existant et en construction.

     

    L’objectif d’un accès au « Big Oil » / « Big Gas »

    A court et moyen termes, il semble très peu probable que le caractère et l’envergure de la présence chinoise dans le secteur des hydrocarbures kazakhes ne changent de manière significative. À quelques exceptions près peut-être, l’intensification du processus d’implantation des entreprises commerciales chinoises sur le marché des hydrocarbures kazakh va se poursuivre. D’autant plus que le Kazakhstan crée lui-même les conditions propices à cet effet en favorisant l’importation d’hydrocarbures depuis la République populaire à la construction de nouvelles raffineries sur son sol.

    Lire aussi sur Novastan : Le Kazakhstan raconté à travers ses habitants

    À long terme, si les entreprises chinoises parviennent à accéder au « Big Oil »/ »Big Gas » et à prendre activement part dans ces projets, la présence chinoise dans le secteur des hydrocarbures kazakh va s’amplifier, en même temps que l’importance du Kazakhstan dans les intérêts énergétiques et stratégiques de la Chine. Les gisements côtiers concernés par le projet pharaonique au nord de la mer Caspienne sont particulièrement visés pour accéder à ce graal industriel.

    Route de la soie Asie centrale Camion Montagne

    Les Nouvelles Routes de la Soie peuvent apporter beaucoup aux centrasiatiques.
    lensnmatter
     

    L’ombre des Nouvelles routes de la Soie

    Toutefois, même dans cette hypothèse, il est très douteux que les caractéristiques actuelles de la présence chinoise dans le secteur des hydrocarbures kazakhes se trouvent modifiées. Les entreprises chinoises vont procéder en priorité aux exportations de ressources kazakhes. Dans le même temps, il est peu probable que les entreprises chinoises présentes au Kazakhstan fassent du traitement des hydrocarbures leur activité principale. Les Chinois vont sans aucun doute augmenter leurs capacités en matière de raffinage du gaz naturel et de production de gaz naturel liquéfié (GNL).

    Lire aussi sur Novastan : Russie et Chine : levier pétrolier sur l’Asie centrale

    Si les entreprises chinoises échouent à accéder au « Big Oil »/« Big Gas », il semble que l’importance du Kazakhstan dans l’intérêt, notamment énergétique, de la Chine va nettement diminuer, de même que la part de pétrole kazakh subvenant à la consommation chinoise, aujourd’hui d’à peine 2 à 3 % de la demande chinoise. Néanmoins, Pékin va dans tous les cas poursuivre ses activités dans le secteur des hydrocarbures kazakhes. Si la Chine ne parvient pas à accéder au « Big Oil »/« Big Gas », sa présence au Kazakhstan n’ambitionnera plus l’emprise sur les hydrocarbures, mais s’orientera vers des considérations stratégiques, notamment son projet de Nouvelles routes de la Soie, déjà bien entamé.

    Au Kirghizstan, la Chine avance à petits pas

    Jusqu’en 2008, la Chine ne portait aucune attention au secteur des hydrocarbures kirghizes, bien que des relations diplomatiques entre les deux pays existent depuis le 5 janvier 1992 et que des liens économiques, principalement commerciaux, se sont développés dès la chute de l’URSS. Ce désintérêt a pour conséquences une absence effective de ressources en pétrole et en gaz, une économie nationale peu développée, des contextes socio-économique et de politique intérieure instables ainsi qu’une peur permanente de Bichkek de l’expansion de l’ogre chinois.

    Vu l’attractivité extrêmement faible de l’économie du Kirghizstan, en ce compris son secteur des hydrocarbures, Pékin n’a pas accordé la moindre attention au cours des années 1990 et du début de la décennie suivante au développement des relations économiques avec cet État d’Asie centrale, limitant les échanges commerciaux tant dans leur quantité que dans leur diversité.

    Une arrivée discrète à partir de 2004

    Mais à partir de la moitié des années 2000, la Chine a commencé à considérer son voisin occidental comme une base d’opérations potentielle pour son expansion commerciale dans la région et dans l’espace postsoviétique en général. Ce changement se reflète dans la dynamique commerciale entre les deux pays : si les échanges étaient inexistants avant 2004, leur volume n’a cessé d’augmenter par la suite.

    Ainsi, si les exportations chinoises vers le Kirghizstan stagnaient entre 1992 et 2004 à 26/100 millions de dollars par an, et 30/125 millions de dollars pour l’ensemble des échanges commerciaux, leur volume a explosé dès 2008, atteignant environ 1,2 milliard de dollars pour un ensemble des échanges d’1,4 milliard de dollars.

    Le pétrole kirghiz en ligne de mire

    En 2009, ces mêmes échanges commerciaux ont accusé le coup de la crise financière sur les marchés internationaux, diminuant presque de moitié par rapport à l’année précédente (de 1,4 à 0,8 milliard de dollars). Mais ils sont repartis à la hausse les cinq années suivantes, et ont atteint en 2014 près du double de leur valeur de 2009, passant de 0,8 à 1,6 milliard de dollars.

    Relations commerciales Chine Kirghizstan 1992 2014

    Sources : Données pour la période 1992-2001 de la Banque de développement asiatique, d’après les organes nationaux de statistiques du Kirghizstan ; données pour la période 2002-2013 de l’Economist Intelligence Unit, d’après les organes nationaux de statistiques du Kirghizstan.
     

    L’implantation directe chinoise dans le secteur des hydrocarbures du Kirghizstan ne s’est intensifiée qu’en 2008, lorsque l’entreprise chinoise Zhungneng Co. Ltd. s’est mise à prospecter la province de Batken, dans le sud-ouest du pays, en quête de pétrole. Presque simultanément, en 2009, une autre entreprise chinoise, China Petrol Company Zhongda, a entamé la construction d’une raffinerie à Kara-Balta, à l’ouest de la capitale Bichkek. Par la suite, en 2013, l’intérêt de Pékin pour le secteur s’est encore accru après avoir décidé la construction d’un quatrième segment du gazoduc reliant le Turkménistan et la Chine via le Tadjikistan et le Kirghizstan.

    Lire aussi sur Novastan : Quelles compagnies pétrolières sont implantées au Kirghizstan ?

    Début 2015, le volume des ressources financières chinoises (principalement des investissements) dans le secteur des hydrocarbures kirghize était évalué à 390 millions de dollars.

    Un objectif d’influence politique

    L’implantation chinoise dans le secteur des hydrocarbures du Kirghizstan s’inscrit dans un processus politique de « soft expansion » bien plus ambitieux, dont l’objectif est le renforcement économique et politique de la Chine dans l’ensemble de l’Asie centrale.

    Investissements chinois Kirghizstan

    La Chine est le premier investisseur étranger au Kirghizstan

    Le secteur des hydrocarbures kirghizes en lui-même n’a jamais été l’objet d’une attention particulière de Pékin. Le Kirghizstan ne dispose de pratiquement aucune réserve en pétrole et en gaz, et le marché intérieur offre très peu de perspectives, vu la faible démographie du pays. Jusqu’en 2008, l’intérêt chinois pour ce secteur était nul. Par la suite, il n’a que très faiblement augmenté, si bien qu’en 2013, lorsque l’on a constaté un indéniable sursaut, celui-ci est demeuré non pas lié aux hydrocarbures en elles-mêmes, mais à d’autres enjeux largement plus importants.

     

    Un intermédiaire plus qu’un producteur

    Cependant, le projet chinois de construction du gazoduc « D » donne une chance à Pékin de non seulement prendre le contrôle de tout le segment gazier du secteur, mais aussi de solidement renforcer son influence au Kirghizstan en général. D’un côté, la Chine se veut un soutien du régime en place, cherchant à s’assurer sa loyauté. D’un autre côté, elle souhaite s’investir en masse dans les projets d’activités locaux, qui vont lui permettre de garder ce voisin comme un terrain d’opérations pour son expansion commerciale dans l’espace postsoviétique.

    A l’avenir, notamment à long terme, il est clair que la Chine ne va pas extraire de manière industrielle des hydrocarbures du Kirghizstan ni, de surcroît, les importer depuis ce pays. Le plus probable est que l’intérêt chinois pour le secteur des hydrocarbures kirghizes se cristallise sur le segment du transport gazier et la construction et l’exploitation du quatrième segment du gazoduc reliant le Turkménistan et la Chine. Le marché des produits pétroliers peut aussi être un sujet d’attention si la question des envois réguliers de pétrole kazakh et/ou russe vers la raffinerie de Kara-Balta est résolue.

    En mettant en exploitation le segment « D », la Chine prépare le terrain à la participation de ses entreprises aux projets hydroélectriques d’envergure au Kirghizstan. En raison de l’approvisionnement continu en gaz l’hiver, il sera plus avantageux et technologiquement plus pratique pour le Kirghizstan ainsi que pour le Tadjikistan d’utiliser massivement leurs réserves d’eau l’été au moyen de l’hydroélectricité produite dans les centrales thermiques pour les mettre à disposition d’États comme l’Ouzbékistan ou le Kazakhstan, principaux utilisateurs des ressources en eau du Syr-Daria.

    Le Tadjikistan, petit poucet de l’investissement chinois

    Bien que les relations diplomatiques liant la Chine à la République du Tadjikistan aient été établies presque sitôt après la chute de l’URSS, le 4 janvier 1992, le secteur des hydrocarbures tadjikes, pas plus que l’économie du pays en général, n’ont éveillé les intérêts chinois, comme pour le voisin kirghiz. Jusqu’à la moitié des années 2000, les liens économiques entre les deux pays se résumaient à de maigres envois de biens chinois de consommation courante, de sorte que les exportations de la Chine vers le Tadjikistan pesaient environ 15 millions de dollars annuels pour la période 1992 à 2003 et que les importations chinoises depuis ce pays étaient nulles.

    La faiblesse des relations économiques entre la Chine et le Tadjikistan durant les années 1990 et au début des années 2000 était en grande partie due à la guerre civile (1992-1997) qui a ravagé l’État le plus pauvre d’Asie centrale, puis au long et difficile processus d’établissement de la paix. En outre, le manque de transports entre les deux pays, véritable obstacle au développement des relations économiques, a joué un rôle important.

    Lire aussi sur Novastan : Tadjikistan : 20 ans après la guerre civile, l’heure est au souvenir

    Bien qu’une frontière commune de plus de 500 kilomètres sépare les deux États, elle a longtemps été inaccessible pour le développement des infrastructures nécessaires au commerce dans cette région de haute altitude, totalement absentes jusqu’en 2004. Par conséquent, l’acheminement des marchandises chinoises vers le Tadjikistan s’effectuait uniquement via les pays voisins : le Kazakhstan, le Kirghizstan et l’Ouzbékistan.

    Une seule route relie la Chine et le Tadjikistan

    L’ouverture, fin 2004, de la liaison routière directe entre le Tadjikistan et la Chine via le col Kulma, ainsi que les initiatives de financement par crédits de Pékin dans l’économie tadjike ont marqué le début de l’implantation chinoise au Tadjikistan. Les crédits provenaient et proviennent encore principalement de financement de projets par des compagnies chinoises. Bien que cette politique de financement sur le territoire tadjik menée par Pékin ne vise pas directement le secteur des hydrocarbures, elle n’en utilise pas moins la dynamique de croissance des échanges entre les deux pays.

    Xi Jinping Emomalii Rahmon Chine Tadjikistan Rencontre BRICS

    Emomalii Rahmon et Xi Jinping ont affiché leur amitié officiellement.

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    De 2004 à 2008, le volume des exportations chinoises vers le Tadjikistan n’a cessé de croître, pour atteindre en 2008 646 millions de dollars, pour un volume d’échanges total de 755 millions de dollars. L’année 2009 a vu une diminution de près de 40 % du chiffre d’affaires par rapport à l’année précédente, passant de 755 à 446 millions de dollars, causée par l’influence de la crise financière mondiale.

    Des échanges commerciaux très limités

    La tendance à la hausse a toutefois repris au cours des années suivantes, de sorte qu’entre 2009 et 2011, les échanges commerciaux ont augmenté de 1,3 fois, passant de 446 à 575 millions de dollars. La période 2011-2012 fut marquée par une certaine stagnation, voire une légère recrudescence, des échanges, passant de 575 à 552 millions de dollars. Mais le commerce entre les deux pays a été multiplié par 1,5 entre 2012 et 2014, atteignant les 845 millions de dollars.

    Relations commerciales Chine Tadjikistan 1992 2014

    Sources : Données pour la période 1992-2001 de la Banque de développement asiatique, d’après les organes nationaux de statistiques du Tadjikistan ; données pour la période 2002-2013 de l’Economist Intelligence Unit, d’après les organes nationaux de statistiques du Tadjikistan.
     

    Le mois de juin 2013 marque le début de l’activité chinoise dans le secteur des hydrocarbures tadjik, lorsque la China National Petroleum Corporation, amortissant les dettes de la Tethys Petroleum Ltd., se joint à l’exploration géologique des gisements pétrolifères dans le district de Bokhtar. Presque simultanément, en septembre de la même année, les deux pays profitent d’une visite du président chinois Xi Jinping à Douchanbé, la capitale tadjike, pour conclure un accord concernant le passage sur le territoire du Tadjikistan du quatrième segment du gazoduc reliant le Turkménistan à la Chine. Peu après, en avril 2014, un accord gouvernemental sur la construction d’une raffinerie dans la zone économique spéciale de Dangara est signé.

    L’influence avant la production

    Début 2015, le volume des ressources financières chinoises dans le secteur des hydrocarbures tadjik représentait 80 à 130 millions de dollars, comprenant 50 à 100 millions de dollars d’investissements et 30 millions de dollars d’actifs acquis.

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    Malgré une présence chinoise tardive dans le secteur des hydrocarbures tadjikes, intervenue 21 ans après la déclaration d’indépendance du Tadjikistan, la Chine a toutes les chances de se retrouver en position de force par rapport à son voisin, déjà à court terme.

    Xi Jinping Emomalii Rahmon Chine Tadjikistan Rencontre BRICS

    Le président chinois Xi Jinping (à gauche) a accueilli son homologue tadjik Emomalii Rahmon avant l’ouverture officielle du sommet du BRICS.

    Il est clair que les principaux intérêts politiques de Pékin sont la formation d’une solide influence prochinoise parmi les élites tadjikes au pouvoir, la lutte contre une entrée du Tadjikistan dans une potentielle alliance antichinoise et la prévention d’une arrivée au pouvoir dans le pays d’islamistes radicaux.

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    Par ailleurs, les principaux intérêts économiques de la Chine résident dans l’approvisionnement de ses entreprises en matières premières minérales tadjikes, et tout particulièrement ses riches réserves en minerai polymétallique constituées sous l’ère soviétique.

    Objectif pour Pékin : contrôler Douchanbé

    En résumé, outre la faible importance actuelle des intérêts chinois pour les hydrocarbures tadjikes en tant que tel, ce secteur joue un rôle toujours plus important pour la politique chinoise au Tadjikistan. Même dans l’hypothèse où à l’avenir la Chine ne s’implique pas dans l’extraction de gaz et de pétrole tadjiks, le contrôle des approvisionnements en gaz dans ce pays et du marché des hydrocarbures demeure néanmoins pour Pékin un puissant moyen de pression sur Douchanbé.

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    Il est fort probable que la Chine va à l’avenir renforcer sa position dans les branches du transport gazier et du traitement du secteur des hydrocarbures tadjik, ainsi que dans le marché des produits pétroliers. Il n’en demeure pas moins que les perspectives de renforcement de cette position sont vagues.

    En dehors de la possibilité de contrôle industriel de la région pétrolifère de Bakhtar (si du moins les prévisions se confirment), les importantes difficultés technologiques et les hautes dépenses liées à l’activité de production rendent l’extraction d’hydrocarbures non rentable, a fortiori dans la conjoncture défavorable.

    La Chine comme solution aux problèmes énergétiques tadjiks ?

    Par conséquent, il est plus que probable que l’activité chinoise dans le secteur des hydrocarbures tadjik se cristallise sur la construction et l’exploitation du segment « D » du gazoduc « Turkménistan – Chine » ainsi que sur la production de produits pétrolifères (principalement à partir de pétrole importé) et leur écoulement sur le marché local. Cette mise en exploitation va favoriser, sous l’égide de la Chine, les conditions de résolution des problèmes hydroélectriques régionaux et préparer le terrain à une participation active des entreprises chinoises dans les grands projets hydroélectriques du Tadjikistan.

    Statue Tadjikistan Douchanbé Ismoil Somoni Place

    L’Asie centrale reste depuis la fin de l’URSS sous l’influence de celle-ci. Ici une statue représentant Ismoil Somoni à Douchanbé, Tadjikistan.

    Ainsi, si l’approvisionnement en gaz est constant en hiver, le Tadjikistan pourra compter sur des conditions financières et technologiques plus favorables au moment d’aborder, l’été venu, une phase de rejet massif des eaux qui permettra une productivité maximale de ses centrales hydroélectriques. Ce qui risque par ailleurs de faire les affaires de l’Ouzbékistan et du Turkménistan, qui consomment la majeure partie de l’énergie produite au Tadjikistan grâce aux eaux de l’Amou-Daria. Un accord entre Douchanbé, Tachkent et Achgabat visant à mettre en place un régime d’exploitation mutuellement avantageux du barrage de Rogun est possible. Cet accord pourrait favoriser la construction de projets tels que cette centrale ou d’autres projets hydroélectriques au Tadjikistan, auxquels prendraient bien entendu part des entreprises chinoises.

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    Il convient dès lors de ne pas minimiser le tremplin que constituerait le secteur des hydrocarbures tadjik pour le renforcement rapide et de grande envergure de la position chinoise dans le secteur hydroélectrique au Tadjikistan. Pékin recevra par conséquent une chance de dominer le domaine de l’énergie tadjike.

    Le Turkménistan, un enjeu gazier majeur pour Pékin

    Comme pour le Tadjikistan et le Kirghizstan, jusqu’au milieu des années 2000, les entreprises chinoises n’ont accordé aucun intérêt au Turkménistan, notamment à son secteur des hydrocarbures, bien que les relations diplomatiques entre les deux pays aient été établies presque sitôt après la chute de l’URSS, le 6 janvier 1992. Ce désintérêt était en grande partie dû à l’éloignement géographique entre les deux États ainsi qu’au manque de développement des infrastructures de transport reliant le Turkménistan à la Chine.

    Principale répercussion, les relations commerciales bilatérales entre les deux pays étaient extrêmement faibles, au point de revêtir jusqu’après 2006 une importance secondaire, même pour une économie aussi modeste que celle du Turkménistan. Ainsi, le volume des échanges bilatéraux pour la période 1992 à 2006 ne dépassait pas les 125 millions de dollars, soit environ 1,8 % des échanges globaux du pays.

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    L’éveil de l’activité politique et économique chinoise au Turkménistan ne s’est produit qu’après 2005, lorsque la Chine a clairement manifesté son intérêt stratégique pour les ressources en pétrole de l’Etat le plus fermé d’Asie centrale. Il est à noter que le sursaut d’intérêt de Pékin pour le contrôle des transports en gaz turkmène a coïncidé avec l’envie d’Achgabat de diversifier ses relations économiques extérieures, notamment au moyen de son secteur des hydrocarbures.

    Feu rouge Achgabat Turkménistan

    Une avenue centrale d’Achgabat, la capitale turkmène.

    Le dernier pays visé par les investissements chinois
     

    La Chine s’est alors activement appliquée à transposer sur place son mécanisme financier, rodé au préalable dans les autres pays d’Asie centrale et comprenant l’offre de crédits préférentiels destinés à développer toute une série de projets économiques locaux. Ces crédits, sauf exception, ont été accordés par des entreprises chinoises. Pékin a par ailleurs procédé à la fourniture de matériel permettant de réaliser ces projets. En échange, Achgabat s’est engagée à ouvrir toujours plus largement son secteur des hydrocarbures à la Chine.

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    Cette ouverture a eu pour effet une intensification drastique du commerce bilatéral. Déjà en 2007, les échanges entre les deux pays avaient augmenté de 3 fois par rapport à l’année précédente, passant de 125 à 377 millions de dollars. En 2008, le commerce a encore enregistré une hausse de 76 %, atteignant 663 millions de dollars. La hausse s’est prolongée en 2009, le volume des échanges augmentant de 2,5 fois par rapport à l’année précédente et atteignant 1,6 milliard de dollars. La période 2010-2014 a encore prolongé cette tendance en triplant le volume des échanges, qui plafonnait à près de 4,9 milliards de dollars en 2014.

    Relations commerciales Chine Turkménistan 1992 2014

    Sources : Données pour la période 1992-2001 de la Banque de développement asiatique, d’après les organes nationaux de statistiques du Turkménistan ; données pour la période 2002-2012 de l’Economist Intelligence Unit, d’après les organes nationaux de statistiques du Turkménistan.

    Central Asian Analytical Network

     

    Un prix du gaz turkmène dérisoire

    L’activité des entreprises chinoises dans le secteur des hydrocarbures turkmènes se concentre principalement sur le segment gazier. Ainsi, à partir de 2007, la China National Petroleum Corporation y a lancé toute une série de projets visant à s’approprier les gisements gaziers et à construire des usines de traitement du gaz et l’énorme gazoduc Turkménistan-Chine, destiné à acheminer durablement des quantités gigantesques de gaz turkmène vers la Chine.

    De 2007 à 2014, Pékin a investi d’importants moyens dans le secteur des hydrocarbures turkmène, dont le volume total atteignait début 2015 13 à 15 milliards de dollars, soit près de 9 milliards de dollars de crédits et 4 à 6 milliards de dollars d’investissements.

    Lire aussi sur Novastan : Le Turkménistan vend son gaz à la Chine à très bas prix

    En retour, le Turkménistan se retrouve dans une situation délicate. En 2016, le prix payé par les Chinois pour son gaz est largement en dessous de la concurrence mondiale : 185 dollars pour 1000 mètres cubes, contre 228 dollars en moyenne pour l’ensemble des exportateurs. De quoi handicaper le Turkménistan, dont le gaz est la principale, si ce n’est la seule, richesse.

    Pékin contrôle un quart du gaz turkmène

    Toutefois, malgré la forte présence chinoise dans le secteur des hydrocarbures turkmène, celle-ci se concentre essentiellement sur le segment gazier : appropriation des gisements gaziers, extraction de gaz, construction d’usines de traitement du gaz et d’un réseau de gazoducs à destination de la Chine. Cette présence demeure néanmoins inégale, pour des raisons objectives et subjectives.

    Le Turkménistan est un géant gazier fragile.

    Pékin contrôle plus du quart de la production turkmène en gaz et occupe une position dominante par rapport aux autres acteurs extérieurs, entreprises comme États. Cette domination s’exerce dans l’extraction de ce gaz, son traitement (raffinage et déshydratation, passant d’un gaz brut à un produit commercialisable) et dans la construction et l’exploitation de gazoducs. Les ressources financières chinoises dépassent largement l’ensemble des ressources financières des autres États et entreprises étrangères investies dans les hydrocarbures turkmènes.
     

    Une implantation chinoise particulièrement réussie

    En comparaison, la politique chinoise d’implantation au Turkménistan, menée au moyen de larges crédits octroyés à la fourniture de gaz et d’une participation active aux projets d’extraction, de traitement primaire et de transport du gaz, est particulièrement réussie. En outre, cette présence chinoise va encore s’intensifier, car Pékin souhaite s’approprier de nouveaux gisements de gaz dans les provinces occidentales et sud-occidentales du Turkménistan, ce qu’Achgabat voit d’un bon œil par rapport à ses propres plans d’extraction, de traitement primaire et d’exportation de son gaz.

    Il n’en demeure pas moins qu’au milieu de ce fourmillement d’activité, l’intérêt chinois pour le pétrole local est extrêmement faible en ce qui concerne son raffinage, voire inexistant quant à son extraction et son transport. La raison principale de ce désintérêt est que le Turkménistan ne possède pas de réserves conséquentes en pétrole ni de possibilité réelle d’exporter celles-ci.

    Vers une augmentation des échanges

    D’ici 3 à 10 ans, le caractère de la présence chinoise dans le secteur des hydrocarbures turkmènes ne devrait pas, selon toute vraisemblance, être modifié, mais poursuivre sa croissance. Dès 2021 et à moyen terme, le Turkménistan pourra livrer annuellement et durablement 65 milliards de mètres cubes de gaz à Pékin, atteignant le maximum du rendement des gazoducs reliant les deux États.

    À long terme, il est difficile de prévoir la nature et l’ampleur de la présence chinoise dans ce secteur. L’intérêt de Pékin pour des volumes précis de gaz turkmène va en effet jouer un rôle prépondérant. En théorie, une fois le quatrième segment de gazoducs Turkménistan-Chine construit et mis en exploitation, la capacité annuelle de fourniture devrait augmenter de 30 milliards de mètres cubes, passant à 95 milliards de mètres cubes. Toutefois, en pratique, les volumes réels peuvent largement varier, dans un sens comme dans l’autre.

    L’Ouzbékistan entre deux eaux

    Bien que la République d’Ouzbékistan ait été le premier État d’Asie centrale à nouer des relations diplomatiques avec la Chine, le 2 janvier 1992, Pékin n’est pas arrivé à s’installer économiquement dans ce pays et dans son secteur des hydrocarbures jusqu’au début des années 2000, et ce pour toute une série de raisons. La première est que ni la Chine, ni l’Ouzbékistan n’ont montré à cette époque le moindre intérêt à intensifier leurs relations gouvernementales, l’un comme l’autre se considérant comme d’ordre secondaire dans leurs priorités de politique extérieure.

    Après 2002, les liens économiques entre les deux pays se limitaient à un commerce basique, dans des quantités extrêmement faibles. La tendance à la hausse de la présence économique chinoise dans le secteur des hydrocarbures ouzbek ne s’est manifestée qu’après 2003, lorsque la politique économique de Pékin s’est fixée sur l’Asie centrale.

    Gaz et pétrole à Boukhara

    Entrée de la compagnie d’exploitation du pétrole et du gaz à Boukhara en Ouzbékistan

    Une forte augmentation des échanges avec la Chine

     

    Ainsi, si le volume des exportations chinoises vers l’Ouzbékistan n’a pas dépassé les 114 millions de dollars annuels pour toute la période 1992-2002, avec des échanges bilatéraux plafonnant à 136 millions de dollars par an, ce volume est passé, au cours de la période 2002-2007, de 114 à 867 millions de dollars pour les exportations chinoises vers le partenaire ouzbek et de 136 millions à 1,6 milliard de dollars pour l’ensemble des échanges commerciaux bilatéraux.

    En 2008, ce volume a quelque peu baissé, mais la hausse a repris de manière spectaculaire dès 2009 pour atteindre près de 4,2 milliards de dollars en 2014.

    Relations commerciales Chine Ouzbékistan 1992 2014

    Sources : Données pour la période 1992-2001 de la Banque de développement asiatique, d’après les organes nationaux de statistiques de l’Ouzbékistan ; données pour la période 2002-2013 de l’Economist Intelligence Unit, d’après les organes nationaux de statistiques de l’Ouzbékistan.

    Central Asian Analytical Network

    Simultanément à cette hausse du commerce bilatéral, on a assisté à une recrudescence des investissements chinois pour des projets en Ouzbékistan. La présence des entreprises chinoises dans le secteur des hydrocarbures ouzbèkes est principalement liée aux intérêts politiques de Pékin.

    Pékin tente d’influencer Tachkent

    D’une part, l’Ouzbékistan revêt une importance stratégique pour le transit du gaz turkmène, dont les livraisons représentent à court terme un enjeu énergétique essentiel pour la Chine. D’autre part, Pékin s’évertue à renforcer ses positions politique et économique en Ouzbékistan afin d’y obtenir une influence dans le développement de l’Etat le plus peuplé d’Asie centrale, l’objectif premier étant d’empêcher l’intégration du pays dans une alliance antichinoise.

    L’intérêt croissant de Pékin à s’ancrer dans le secteur des hydrocarbures ouzbèkes a débuté en 2004, quand la China National Petroleum Corporation et l’entreprise nationale ouzbèke Uzbekneftegaz ont signé un accord-cadre sur le développement de leur coopération.

    Peu après, de 2005 à 2007, ces deux acteurs économiques ont signé une série d’accords sur la réalisation de projets particuliers, notamment l’exploration géologique, avec future appropriation, des gisements d’hydrocarbures dans la vallée de Ferghana dans l’est du pays, mais aussi à l’ouest dans la région de BoukharaKhiva, sur le plateau d’Oust-Ourt et dans la partie ouzbèke de l’ancienne mer d’Aral. Par la suite, dès 2008, la China National Petroleum Corporation a démarré un projet de construction du segment ouzbek du gazoduc Turkménistan-Chine. Par ailleurs, Pékin a décidé de financer deux projets assez imposants de traitement d’hydrocarbures en Ouzbékistan.

    Le gaz, seul intérêt de Pékin en Ouzbékistan

    Au total, de 2004 à 2014, la Chine n’a cessé d’injecter des fonds dans le secteur des hydrocarbures ouzbèkes, de sorte que début 2015, leur volume total atteignait près de 2 milliards de dollars, comprenant 0,3 milliard de dollars de crédits et 1,6 à 1,8 milliard de dollars d’investissements.

    La mer d’Aral, un potentiel en matière de ressources gazières ?

    Il n’en demeure pas moins que la forte activité chinoise en Ouzbékistan concerne uniquement le secteur du transport du gaz, alors que l’intérêt de Pékin pour les gisements pétroliers, l’extraction et le traitement des hydrocarbures sur le territoire ouzbek reste insignifiant.

     

    De fait, l’Ouzbékistan présente déjà un déficit énergétique et est confronté à une consommation toujours plus importante en hydrocarbures d’importation. À l’heure actuelle, cela concerne le pétrole, mais il y a fort à parier que cette consommation impliquera dans un avenir proche le gaz.

    De moins en moins de pétrole disponible en Ouzbékistan

    Dès 2004, on a observé en Ouzbékistan une tendance constante à la baisse du volume d’extraction du pétrole. Si en 2004 ce volume dépassait les 7 millions de tonnes, il n’a cessé de diminuer au cours des années suivantes, pour atteindre lors de la période 2009 à 2014 la limite de 2,9 à 3,3 millions de tonnes annuellement, ce qui représente nettement moins que la quantité nécessitée pour la consommation interne. Par conséquent, à partir de 2005, le pays s’est vu forcé d’accroître ses volumes d’importation de pétrole. En 2014, seules 3 millions de tonnes de pétrole étaient produites pour 4,4 millions de tonnes importées.

    Le statut d’exportateur traditionnel de gaz naturel de l’Ouzbékistan risque, à court terme, de se confronter au problème du déficit en « carburant bleu » sur le marché intérieur. Même en faisant abstraction de cette dynamique d’extraction/consommation de gaz enraillée, d’autres facteurs jouent indirectement sur la situation : la transition progressive opérée par certaines régions d’Ouzbékistan concernant leur approvisionnement énergétique, qui abandonnent le gaz pour le charbon, ou encore la stratégie à long terme mise en place par Tachkent pour développer son secteur du charbon, en faisant entre autres appel à des investissements et des technologies étrangers, notamment chinois.

    Vers une impasse

    Côté chinois, l’empire du milieu s’efforce d’intensifier sa présence énergétique et économique sur le sol ouzbek non pas dans le but de s’y fournir en masse en ressources énergétiques, ce qui est objectivement impossible, mais afin d’obtenir un rôle influent dans le jeu politique à Tachkent. Pékin nourrit très vraisemblablement l’ambition d’empêcher l’adhésion potentielle de l’Ouzbékistan dans une alliance antichinoise, ainsi que celle de soutenir fermement les relations amicales qu’entretiennent les deux États. Pour sa part, l’Ouzbékistan tâche d’utiliser au maximum le potentiel technologique et financier chinois dans le processus d’industrialisation du pays.

    Chavkat Mirzioïev Réunion Ouzbékistan Ouverture

    Le président ouzbek Chavkat Mirzioïev fait preuve d’ouverture, mais ne lâche pas les rênes pour autant.

    En outre, l’Ouzbékistan ne pourra envisager, même à long terme, de devenir un fournisseur incontournable en gaz à la Chine. En effet, malgré les efforts soutenus par Tachkent depuis 2012 pour alimenter en gaz le gazoduc Turkménistan-Chine, la quantité fournie demeure négligeable aux yeux de Pékin.

    En décembre 2011 encore, AK Ouztransgaz, subdivision de l’entreprise Ouzbekneftegaz, concluait avec PetroChina International Company Ltd. (subdivision de la China National Petroleum Corporation) un accord-cadre concernant la fourniture en gaz naturel ouzbek à la Chine. Ce contrat fut conclu sur base de l’accord intergouvernemental de 2007 sur les principes de construction et d’exploitation du segment ouzbek du gazoduc Turkménistan-Chine, ainsi que de l’accord sur les conditions de base de contrat d’achat et de vente en gaz naturel signé la même année par Ouzbekneftegaz et la China National Petroleum Corporation.

    Des objectifs faramineux fixés par Tachkent

    Si l’on s’en réfère audit accord-cadre, l’Ouzbékistan devra pouvoir fournir à la Chine jusqu’à 10 milliards de mètres cubes de gaz chaque année, sans toutefois que les délais soient précisés. À l’heure actuelle, le gaz ouzbek est acheminé via le second segment du gazoduc Turkménistan-Chine. En 2012, le pays a livré à Pékin 4 milliards de mètres cubes de gaz, en 2013 près de 3 milliards, et en 2014 environ 5,8 milliards.

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    Il est difficile de prévoir quand (et même si) l’Ouzbékistan sera capable de faire parvenir ces 10 milliards de mètres cubes annuels à son partenaire chinois, mais il semble clair qu’il s’agit du plafond théorique de capacité de fourniture de gaz à la Chine. D’ici 2020, les autorités ouzbèkes ont augmenté cet objectif pour atteindre 66 milliards de mètres cubes exportés à cet horizon.

    Des volumes d’échange réels difficiles à prévoir

    En pratique toutefois, le volume réel de gaz fourni par l’Ouzbékistan à la Chine devrait être nettement moindre que 10 milliards de mètres cubes par an. Ce, d’une part, en raison de la traditionnellement forte consommation en gaz du marché intérieur ouzbek (où 85 % de l’énergie électrique est produite à partir de la combustion de gaz dans des centrales thermiques) encore renforcée par la croissance démographique du pays, de la stratégie mise en place par Tachkent pour industrialiser son économie nationale, des volumes en rapide recrudescence de gaz destiné à la consommation domestique et de la transition énergétique vers le gaz pour les transports routiers.

    Chemin de fer Chine train soleil couchant soirée

    Les Chinois sont devenus experts dans la construction de routes et chemins ferrés, notamment en Asie centrale.

    D’autre part, il est impossible à l’heure actuelle de prévoir dans quelle mesure la quantité de gaz extrait localement va augmenter. Entre 2009 et 2014, le niveau annuel de gaz extrait s’était stabilisé à près de 60 milliards de mètres cubes (selon certaines données, environ 55 milliards de mètres cubes en 2013), sans que l’on constate pour autant un accroissement des réserves nationales. Par conséquent, vu la forte consommation intérieure en gaz, il n’est pas exclu que l’Ouzbékistan importe, déjà à d’ici une dizaine d’années, du gaz en provenance du Turkménistan voisin.
     

    Pékin avance à visage découvert 

    La politique énergétique de Pékin en Asie centrale demeure fortement dépendante de la stratégie globale chinoise qui, au moyen de conditions les plus favorables possible, poursuit sa modernisation, la croissance constante de son économie et sa route vers un leadership économique mondial. Dans sa tâche vers ces ambitieux objectifs, la Chine implique toujours plus activement le vecteur centrasiatique de sa politique en renforçant d’une main de fer sa position dans les économies locales, en y proposant toujours plus de projets, en augmentant les investissements et les crédits. Le secteur des hydrocarbures joue à cet égard un rôle clé.

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    Il n’est donc pas exagéré de dire que Pékin souhaite toujours plus faire de la région un pion dans son réseau d’influence géoéconomique. Il est particulièrement frappant de constater le manque total de précautions de la Chine dans cette ligne de conduite et la transparence complète de ses ambitions politiques et géopolitiques en Asie centrale. Il n’en demeure pas moins que la présence chinoise dans le domaine des hydrocarbures des États composant cette région est aussi équivoque qu’ambiguë. Certes, l’infiltration de la Chine dans ce domaine et dans d’autres secteurs connexes est un succès considérable. Mais ce processus n’implique toutefois pas des relations d’égal à égal, mutuellement avantageuses, pour les pays impliqués, pas plus qu’elle ne permet le complexe développement économique des États d’Asie centrale.

    Vladimir Paramanov et Alekseï Strokov

    Traduit du russe par Pierre-François Hubert pour Novastan

    Texte intégral du rapport de Xi Jinping au 19e Congrès national du PCC

     
    07 Novembre 2017

    (Xinhua/Ju Peng)BEIJING, 3 novembre (Xinhua) — Xi Jinping a présenté un rapport au 19e Congrès national du Parti communiste chinois (PCC) le 18 octobre 2017.

     

    Voici le texte intégral :

     

    Remporter la victoire décisive de l’édification intégrale de la société de moyenne aisance et faire triompher le socialisme à la chinoise de la nouvelle ère

     

    — Rapport au XIXe Congrès national du Parti communiste chinois

    (18 octobre 2017)

    Xi Jinping

     

    Camarades,

     

    Au nom du XVIIIe Comité central, j’ai l’honneur de présenter maintenant le rapport d’activité au XIXe Congrès national du Parti communiste chinois (PCC).

     

    Le XIXe Congrès national du PCC est un congrès extrêmement important qui a lieu au moment où nous entrons dans la phase décisive de l’édification intégrale de la société de moyenne aisance, et au moment clé où le socialisme à la chinoise est entré dans une nouvelle ère.

     

    Le présent congrès a pour thème : rester fidèle à l’engagement initial, garder constamment à l’esprit notre mission, porter haut levé le grand drapeau du socialisme à la chinoise, remporter la victoire décisive de l’édification intégrale de la société de moyenne aisance, faire triompher le socialisme à la chinoise de la nouvelle ère, et lutter sans relâche pour réaliser le rêve chinois du grand renouveau de la nation.

     

    Rester fidèle à l’engagement initial assure le succès de toute entreprise. L’engagement initial et la mission des communistes chinois consistent précisément à apporter le bonheur au peuple chinois et le renouveau à la nation chinoise. Ils représentent la force motrice fondamentale qui pousse les communistes chinois à continuellement aller de l’avant. Tous les camarades du Parti doivent toujours rester étroitement unis au peuple en partageant avec lui le même souffle et le même destin. Ils doivent toujours faire de l’aspiration du peuple à une vie meilleure l’objectif de leur lutte, et continuer à avancer vaillamment, avec une détermination sans faille, vers ce but grandiose qu’est la réalisation du grand renouveau de la nation chinoise.

     

    À l’heure actuelle, la situation tant intérieure qu’extérieure connaît des changements profonds et complexes. Le développement de notre pays se trouve dans une importante période stratégique dont les perspectives sont rayonnantes, tout en étant confronté à des défis très sérieux. Tous les camarades du Parti doivent prendre de la hauteur pour voir loin, être conscients des dangers possibles, avoir un esprit ouvert à la réforme et à l’innovation en rejetant toute pensée sclérosée et tout immobilisme, unir autour d’eux et conduire notre peuple multiethnique à la victoire décisive de l’édification intégrale de la société de moyenne aisance, et faire triompher le socialisme à la chinoise de la nouvelle ère.

     

    I. LES TÂCHES ACCOMPLIES DURANT LES CINQ DERNIÈRES ANNÉES ET LES TRANSFORMATIONS HISTORIQUES OPÉRÉES

     

    La période des cinq années qui s’est écoulée depuis le XVIIIe Congrès national a été une période extraordinaire dans le processus de développement du Parti et de l’État. Dans un environnement international caractérisé par la faiblesse de la reprise de l’économie mondiale, des conflits et bouleversements régionaux fréquents et l’aggravation des problèmes planétaires, et face aux changements profonds de notre économie avec, notamment, l’amorce de la nouvelle normalité, nous avons suivi dans notre travail le principe général dit « aller de l’avant à pas assurés ». Nous avons également avancé en surmontant toutes sortes de difficultés grâce à un esprit créatif, remportant ainsi de nouveaux succès historiques s’agissant de la politique de réforme et d’ouverture, et de la modernisation socialiste.

     

    Pour appliquer l’esprit du XVIIIe Congrès national, le Comité central a convoqué sept sessions plénières lors desquelles ont été adoptées des décisions et dispositions sur des questions importantes, portant notamment sur la réforme des organes gouvernementaux et la reconversion de leurs fonctions, l’approfondissement intégral de la réforme, la promotion à tous les niveaux de la gouvernance du pays en vertu de la loi, l’élaboration du XIIIe Plan quinquennal, et la gestion globale et stricte du Parti. Ces cinq dernières années, nous avons fait progresser de façon synergique les dispositions d’ensemble dites « Plan global en cinq axes » [l’édification sur les plans économique, politique, culturel, social et écologique] et les dispositions stratégiques des « Quatre Intégralités » [édification intégrale de la société de moyenne aisance, approfondissement intégral de la réforme, promotion intégrale de la gouvernance de l’État en vertu de la loi, application intégrale d’une discipline rigoureuse dans les rangs du Parti]. Par conséquent, les objectifs du XIIe Plan quinquennal ont été accomplis avec succès, la mise en place du XIIIe Plan s’est faite sans obstacle, et la cause du Parti et de l’État a connu une situation nouvelle dans tous les domaines.

     

    L’édification économique a remporté des succès importants. Nous avons appliqué fermement le nouveau concept de développement, rectifié résolument les idées erronées dans ce domaine, et transformé notre mode de développement, si bien que la qualité et la rentabilité du développement n’ont cessé de s’améliorer. Une croissance moyennement élevée de l’économie a été maintenue, de sorte que notre pays se trouve au premier rang des principaux pays du monde. Passant de 54 000 milliards de yuans à 80 000 milliards, le PIB de notre pays occupe la deuxième place du monde avec une contribution supérieure à 30 % à la croissance de l’économie mondiale. La réforme structurelle du côté de l’offre s’est poursuivie en profondeur, permettant une optimisation continue de notre structure économique ; l’économie numérique et d’autres industries nouvelles ont connu un développement fulgurant ; la construction d’infrastructures telles que les lignes ferroviaires à grande vitesse, les routes, les ponts, les ports et les aéroports s’est accélérée. La modernisation de l’agriculture a progressé à pas assurés, portant la capacité de production céréalière à 600 millions de tonnes. Le taux d’urbanisation a augmenté en moyenne de 1,2 point de pourcentage par an, tandis que plus de 80 millions de ruraux se sont installés en ville pour devenir citadins. La coordination du développement interrégional s’est renforcée, et la promotion du projet « la Ceinture et la Route », le développement coordonné de la zone Beijing-Tianjin-Hebei, ainsi que la construction de la ceinture économique du Changjiang ont enregistré des résultats notables. La stratégie de développement par l’innovation a été appliquée de façon énergique. L’édification d’un pays novateur a porté de beaux fruits, de sorte que de grandes réalisations scientifiques et technologiques ont été accomplies, comme le module spatial Tiangong, le submersible Jiaolong, le radiotélescope sphérique à ouverture unique Tianyan, l’explorateur de particules de matière noire Wukong, le satellite de communication quantique Mozi et l’avion gros porteur. Par ailleurs, nous avons promu activement les travaux de construction sur les îlots et les récifs en mer de Chine méridionale. Un nouveau système d’économie ouverte s’est perfectionné peu à peu, tandis que notre commerce extérieur, nos investissements à l’étranger et nos réserves de devises se sont classés solidement aux premiers rangs dans le monde.

     

    L’approfondissement intégral de la réforme a réalisé des percées importantes. En faisant progresser de manière stable et rapide l’approfondissement intégral de la réforme, nous avons éliminé résolument toutes sortes de vices au niveau des institutions et des mécanismes. En œuvrant pour une réforme tous azimuts, nous avons veillé à réaliser des percées dans plusieurs secteurs et à pousser la réforme en profondeur, de manière à renforcer son caractère systématique, global et coordonné. Pour faire progresser étape par étape les réformes, tant en ampleur qu’en profondeur, nous avons adopté plus de 1 500 mesures, permettant ainsi des percées dans les secteurs importants et les maillons clés, et l’établissement d’un cadre général de réforme dans les domaines prioritaires. Le régime socialiste à la chinoise s’est amélioré, le niveau de modernisation du système et de la capacité de gouvernance de l’État a sensiblement progressé, et le dynamisme du développement et la force novatrice de toute la société ont connu un accroissement sensible.

     

    L’édification de la démocratie et de la légalité a franchi un pas important. Nous avons développé activement la démocratie socialiste et déployé de grands efforts pour la promotion intégrale de la gouvernance de l’État en vertu de la loi, de sorte que l’édification institutionnelle pour assurer la coordination entre la direction du Parti, la souveraineté populaire et la gouvernance de l’État en vertu de la loi s’est renforcée sur tous les plans, que le système de direction du Parti et ses mécanismes n’ont cessé de s’améliorer, que la démocratie socialiste a connu un développement continu, que la démocratie au sein du Parti s’est élargie davantage, que la démocratie consultative socialiste a joué son rôle sur tous les plans, que le front uni patriotique s’est consolidé et développé, et que le travail innovant concernant les ethnies et les religions a progressé. Par ailleurs, nous avons veillé à renforcer en même temps le caractère scientifique de la législation, la rigueur de l’application de la loi, l’impartialité de la justice et le respect de la loi par tous, et à réaliser l’interaction entre l’appareil d’État, l’Administration et la société sous l’autorité des lois. Le système légal socialiste à la chinoise n’a cessé de se perfectionner, tandis que la conscience de la légalité des citoyens s’est sensiblement renforcée. La réforme pilote du système national de supervision a produit des effets tout à fait positifs. La réforme des systèmes administratif et judiciaire, ainsi que l’édification d’un système de contrainte et de surveillance du fonctionnement du pouvoir ont donné des résultats satisfaisants.

     

    L’édification dans les domaines idéologique et culturel a fait des progrès importants. Nous avons renforcé la direction du Parti sur le travail idéologique et fait progresser globalement l’innovation théorique. De ce fait, la position du marxisme comme idéologie directrice s’est davantage affirmée, le socialisme à la chinoise et le rêve chinois sont entrés dans le cœur des Chinois, les valeurs essentielles du socialisme et la quintessence de la culture traditionnelle chinoise se sont propagées à une large échelle, et les activités de masse visant à construire la civilisation spirituelle se sont répandues en produisant des résultats réels. Le niveau des services culturels publics n’a cessé de s’améliorer ; la création littéraire et artistique a connu une progression durable ; les œuvres et les industries culturelles ont prospéré ; le développement, la gestion et l’utilisation d’Internet n’ont cessé de s’améliorer ; les sports de masse et de compétition ont connu un développement général. Les grands thèmes de notre époque ont retenti avec encore plus de force, rendant ainsi plus puissante l’énergie positive au sein de la société ; la confiance dans notre propre culture s’est accrue, tandis que le « soft power » culturel et le rayonnement de la culture chinoise se sont renforcés considérablement ; la cohésion et l’unité de tout le Parti et de toute la société sont devenues plus solides.

     

    Les conditions de vie de la population n’ont cessé de s’améliorer. Grâce à la mise en application du concept de développement centré sur le peuple, tout un lot de mesures a été exécuté au profit du peuple, ce qui a permis de renforcer considérablement son sentiment de satisfaction. La lutte pour éradiquer la pauvreté a enregistré des résultats décisifs, si bien que plus de 60 millions d’habitants démunis sont sortis définitivement de la pauvreté, et que le taux de pauvreté a baissé, passant de 10,2 % à moins de 4 %. Le secteur de l’éducation a connu un essor général, surtout dans les régions rurales et dans le Centre et l’Ouest du pays. Dans le cadre de l’amélioration continue de l’emploi, plus de 13 millions de nouveaux postes par an ont été créés dans les agglomérations urbaines. Le taux de croissance du revenu des populations urbaine et rurale a dépassé celui de l’économie. Les groupes de personnes à revenu moyen n’ont cessé de s’élargir. La mise en place d’un système de protection sociale couvrant les populations urbaine et rurale a été presque achevée ; le niveau de santé de la population et des services médicaux et sanitaires s’est amélioré considérablement ; la construction de logements sociaux a progressé de manière régulière. Enfin, le système de gouvernance sociale s’est amélioré davantage, garantissant ainsi la stabilité sociale générale et le renforcement de la sécurité nationale dans les divers domaines.

     

    L’édification d’une civilisation écologique a remporté des succès notables. Le Parti et le pays tout entier ont déployé de grands efforts pour promouvoir l’édification d’une civilisation écologique, si bien que l’application du concept de développement vert est devenue un acte conscient et une initiative des masses, et que la négligence de la protection de l’environnement a été sensiblement corrigée. La mise en place d’un système de civilisation écologique a été accélérée ; la stratégie des régions à fonctions spécifiques s’est perfectionnée progressivement ; les projets pilotes de création de parcs nationaux ont bien progressé. La promotion efficace concernant les économies de ressources naturelles dans tous les domaines a donné des résultats très positifs, permettant ainsi de faire baisser considérablement l’intensité de la consommation d’énergies et de ressources naturelles. Les projets importants de protection et de régénération des écosystèmes ont progressé sans à-coup, et le taux de couverture forestière du pays s’est élevé continuellement. Grâce aux efforts consentis, l’environnement s’est amélioré sensiblement. Par ailleurs, en incitant à la coopération internationale pour réagir aux changements climatiques, notre pays est devenu un important acteur, contributeur, et exemple à suivre pour l’édification de la civilisation écologique à l’échelle mondiale.

     

    L’édification des forces armées est entrée dans une phase nouvelle. Visant la réalisation du rêve chinois et du rêve de renforcement de l’armée, nous avons élaboré des principes stratégiques militaires adaptés à la conjoncture nouvelle, et déployé tous nos efforts pour faire progresser la modernisation de la défense nationale et de l’armée. À la suite de la conférence de Gutian sur le travail politique au sein de l’armée, les traditions glorieuses et l’excellent style de travail de notre Parti et de notre armée ont pu être rétablis et développés, tandis que le paysage politique de l’armée populaire s’est véritablement amélioré. La réforme de la défense nationale et des forces armées a réalisé une percée historique. En effet, un nouveau schéma s’est établi, dans lequel la Commission militaire centrale assure la direction centralisée et unifiée, les zones de commandement se chargent des opérations militaires, et les différentes forces armées se consacrent à leur propre édification. C’est ainsi que l’armée populaire a accompli une refonte révolutionnaire de sa structure organisationnelle et de ses structures de forces. Nous avons renforcé les entraînements militaires et les préparatifs de combat. Nous avons également procédé à l’exécution de tâches importantes, telles que la sauvegarde des droits dans nos eaux maritimes, la lutte contre le terrorisme et la préservation de la stabilité, la lutte contre les calamités naturelles et les secours à la population sinistrée, les opérations internationales de maintien de la paix, l’escorte des convois dans le golfe d’Aden et les secours humanitaires. Le développement des équipements militaires s’est accéléré. Les préparatifs de combat ont enregistré des progrès importants. C’est ainsi que l’armée populaire a fait de solides pas en avant dans la voie de la montée en puissance à la chinoise.

     

    Le travail concernant Hong Kong, Macao et Taiwan a enregistré de nouveaux progrès. En appliquant intégralement et avec précision le principe « un pays, deux systèmes », nous avons exercé fermement le pouvoir de gouvernance globale attribué à l’autorité centrale par la Constitution et les lois fondamentales sur les Régions administratives spéciales de Hong Kong et de Macao, approfondi les échanges et la coopération entre la partie continentale et ces deux régions, et assuré la prospérité et la stabilité de ces dernières. En maintenant le principe d’une seule Chine et le « Consensus de 1992″, nous avons promu le développement pacifique des relations entre les deux rives du détroit de Taiwan, renforcé leurs échanges et la coopération qu’elles entretiennent sur les plans économique et culturel, et réalisé la rencontre historique des dirigeants des deux côtés. Nous avons su réagir judicieusement aux changements de la situation politique à Taiwan et combattu fermement les forces sécessionnistes pour l' »indépendance de Taiwan », sauvegardant ainsi la paix et la stabilité du détroit.

     

    La diplomatie tous azimuts a poursuivi son développement en profondeur. Nous avons fait progresser globalement la diplomatie de grand pays à la chinoise, de manière à mettre en place une diplomatie tous azimuts, multidimensionnelle et à plusieurs niveaux, créant ainsi un environnement extérieur favorable au développement de notre pays. Dans le cadre du projet « la Ceinture et la Route », nous avons pris l’initiative de créer la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures et mis sur pied le Fonds de la route de la soie. Nous avons organisé le premier Forum « la Ceinture et la Route » pour la coopération internationale, la réunion des dirigeants de l’APEC, le sommet du G20 à Hangzhou, le sommet des BRICS à Xiamen et la Conférence pour l’interaction et les mesures de confiance en Asie. Par ailleurs, nous avons pris l’initiative de construire une communauté de destin pour l’humanité et promu la réforme du système de gouvernance mondiale. Tout cela a permis à la Chine de jouir d’une influence accrue sur le plan mondial, de susciter une adhésion croissante autour d’elle et de jouer un rôle chaque jour plus actif dans le remodelage des relations internationales. C’est ainsi que nous avons pu apporter de nouvelles et importantes contributions à la paix et au développement dans le monde.

     

    La gestion globale et stricte du Parti a donné d’excellents résultats. Nous avons renforcé sur tous les plans la direction et l’édification du Parti pour prévenir et corriger avec une grande fermeté toute manifestation de relâchement et de laxisme dans la gestion du Parti. Nous avons amené tout le Parti à se conformer strictement aux statuts du Parti, à renforcer la conscience politique, la conscience de l’intérêt général, la conscience du noyau dirigeant et la conscience de l’alignement [« Quatre Consciences »], et à défendre fermement l’autorité et la direction centralisée et unifiée du Comité central, tout en réaffirmant la discipline et les règles de conduite politiques du Parti et en assumant, d’échelon en échelon, la responsabilité politique en matière de gestion du Parti. Conformément à l’exigence de « se regarder dans le miroir, rectifier sa tenue, prendre sa douche et se soigner », nous avons organisé la campagne d’éducation et de mise en pratique de la ligne de masse du Parti et l’opération éducative sur le style de travail dit « trois consignes de rigueur et trois règles d’honnêteté », tout en régularisant et institutionnalisant l’éducation dite « deux études et une ligne d’action ». Par conséquent, dans tout le Parti, les idéaux et convictions sont devenus plus solides et l’esprit du Parti s’est raffermi davantage. Grâce à l’application stricte des normes requises pour l’évaluation des bons cadres à la nouvelle époque, nous avons constaté une nette amélioration quant à l’atmosphère et la pratique de la sélection et de la nomination des cadres. La réforme institutionnelle en matière d’édification du Parti a progressé en profondeur, tandis que la réglementation interne du Parti s’est perfectionnée sans cesse. Nous avons veillé à accorder la première place à la discipline du Parti, et à résoudre les problèmes qui ont suscité un vif mécontentement au sein des masses populaires et qui constituent la plus grave menace pour le fondement même de l’exercice du pouvoir par le Parti. Le Comité central a publié les « Huit Recommandations » pour réprimer sévèrement le formalisme, la bureaucratie, l’hédonisme et le goût du luxe [« quatre vices »], et combattre toute recherche de privilèges. Les tournées d’inspection couvrant tous les comités des instances centrales et provinciales du Parti ont agi comme une arme fortement dissuasive. La lutte anticorruption, étendue à tous les domaines, ne connaît pas de tolérance ni de zone interdite, et nous sommes résolus à réprimer aussi bien les « tigres » que les « mouches » et les « renards ». Nous avons presque atteint notre but de dissuader toute tentative de corruption en resserrant les barreaux de la cage pour empêcher toute possibilité de corruption, et en consolidant la digue qui réprime toute envie même de corruption. Tout cela a permis de renforcer et de maintenir l’effet dissuasif et répressif de la lutte anticorruption.

     

    Les résultats que nous avons obtenus depuis cinq ans dans tous les domaines ont une valeur pionnière ; les réformes réalisées durant cette période se sont opérées à des niveaux plus profonds et revêtent un caractère fondamental. Depuis cinq ans, grâce à un énorme courage politique et à un sens aigu des responsabilités, notre Parti a formulé une série de conceptions, pensées et stratégies nouvelles, adopté une série de principes et politiques majeurs accompagnés d’un train de mesures importantes, et accompli une série de tâches majeures. Cela nous a permis de réussir des tâches colossales et de surmonter bon nombre de difficultés que nous n’avions pas réussi à surmonter durant de très nombreuses années. Toutes ces transformations historiques revêtent une grande et profonde signification pour l’avenir de la cause du Parti et de l’État.

     

    Depuis cinq ans, animés d’un grand courage pour affronter les divers risques, les dures épreuves et les problèmes notables au sein du Parti, nous avons, en nous appuyant sur une volonté opiniâtre, rétabli la discipline, combattu la corruption et puni les coupables, de manière à éliminer les dangers latents au sein du Parti et de l’État. Ainsi, la vie politique interne du Parti s’est renouvelée, le paysage politique du Parti s’est sensiblement amélioré, et sa force créatrice, sa cohésion et sa combativité se sont considérablement renforcées. De plus,l’unité du Parti s’est renforcée, les relations entre le Parti et les masses populaires se sont davantage resserrées, et le Parti est devenu plus ferme dans sa lutte révolutionnaire, tout en se dotant d’une nouvelle et puissante vitalité. Tout cela a fourni une solide garantie politique pour le développement de la cause du Parti et de l’État.

     

    En même temps, nous devons être parfaitement conscients que notre travail reste insuffisant et que nous devons faire face à de nombreux défis et difficultés qui peuvent se résumer ainsi : certains problèmes qui empêchent sérieusement un développement équilibré et suffisant subsistent, la qualité et la performance du développement se trouvent encore à un niveau relativement bas, notre capacité à innover n’est pas assez forte, le niveau de l’économie réelle doit être amélioré, et la tâche de la protection des écosystèmes et de l’environnement s’annonce encore lourde et ardue ; de nombreux maillons faibles gênent encore l’amélioration des conditions de vie de la population, l’élimination de la pauvreté s’impose comme une tâche très dure, l’écart de développement entre villes et campagnes comme entre les différentes régions et l’écart de revenus restent encore importants, les masses populaires sont encore confrontées à bon nombre de difficultés en ce qui concerne notamment l’emploi, l’éducation, les soins médicaux, le logement et les services aux personnes âgées ;le degré de civilité de notre société doit être élevé ; les contradictions et problèmes sociaux s’enchevêtrent et s’additionnent, notre tâche de l’édification intégrale d’un État de droit demeure très lourde, notre système et notre capacité de gouvernance de l’État doivent être renforcés ; la lutte idéologique demeure complexe, la sécurité nationale est confrontée à une situation nouvelle ; certaines dispositions et mesures politiques d’importance capitale relatives à la réforme nécessitent une meilleure mise en application ; l’édification du Parti présente encore bon nombre de maillons faibles. Tous ces problèmes nous demandent de grands efforts pour trouver des solutions adéquates.

    Tous les succès obtenus au cours des cinq années écoulées, nous les devons à la ferme direction du Comité central du Parti et surtout aux efforts conjugués de tout le Parti et de notre peuple multiethnique. Ici, je tiens à exprimer, au nom du Comité central du PCC, nos remerciements les plus sincères à toutes nos communautés ethniques, à tous les partis et groupements démocratiques, à toutes les organisations populaires, aux patriotes de tous horizons, à nos concitoyens des Régions administratives spéciales de Hong Kong et de Macao, à nos compatriotes de Taiwan, ainsi qu’aux Chinois résidant à l’étranger, sans oublier nos amis partout dans le monde qui s’intéressent à la Chine et apportent leur soutien à la modernisation de la Chine.

     

    Camarades,

     

    Dès le début de l’application de la politique de réforme et d’ouverture, le PCC a lancé un appel à construire un socialisme à la chinoise qui suive un chemin qui lui est propre. Il a dès lors uni et conduit le peuple chinois multiethnique dans une lutte inlassable, permettant ainsi à la Chine de se hisser au rang des premiers pays du monde dans les domaines de l’économie, des sciences et des technologies, de la défense nationale et de la puissance globale du pays ; la position internationale de la Chine a atteint un niveau plus élevé que jamais ; les physionomies du Parti, de l’État, du peuple, de l’armée et de toute la nation ont connu sans exception des changements inédits ; la nation chinoise se dresse en Orient sous un aspect entièrement nouveau.

     

    Le socialisme à la chinoise, après avoir parcouru un long chemin, est entré dans une nouvelle ère, et au cours de son développement, un nouvel horizon historique s’est ouvert à notre pays.

     

    L’entrée du socialisme à la chinoise dans une nouvelle ère signifie que la nation chinoise, qui avait connu toutes sortes d’adversités dans le passé, est en voie d’accomplir un grand bond, passant d’une nation qui s’est relevée, à une nation riche, puis à une nation puissante, et ouvrant de ce fait de belles perspectives pour son grand renouveau ; cela montre que le socialisme scientifique est reparti de l’avant avec une vitalité débordante dans la Chine du XXIe siècle et que l’étendard du socialisme à la chinoise flotte haut levé dans le monde ; cela prouve que le socialisme à la chinoise a progressé sans cesse dans sa voie, sa théorie, son régime et sa culture, ouvert aux pays en développement une voie plus large pour leur modernisation, offert des choix totalement nouveaux aux nations et pays désireux d’accélérer leur développement en toute indépendance, et apporté à l’humanité la sagesse et la solution chinoises pour résoudre ses problèmes.

     

    Cette nouvelle ère, héritière de l’ancienne et annonciatrice de la future, est l’ère durant laquelle le socialisme à la chinoise se dirige vers une grande victoire dans un nouveau contexte historique. L’édification intégrale de la société de moyenne aisance remportera la victoire décisive avant que la construction complète d’un grand pays socialiste moderne puisse être menée à terme. Le peuple chinois multiethnique continuera à lutter ensemble pour créer continuellement les conditions d’une vie meilleure et réaliser enfin la prospérité commune. Tous les Chinois travailleront sans relâche, d’un même cœur et d’une même volonté, pour la réalisation du rêve chinois du grand renouveau national. Notre pays jouera progressivement un rôle central sur la scène internationale et apportera des contributions plus grandes à l’humanité.

     

    Avec l’entrée du socialisme à la chinoise dans la nouvelle ère, la principale contradiction dans la société chinoise s’est transformée en celle entre l’aspiration croissante de la population à une vie meilleure et le développement déséquilibré et insuffisant de la Chine. Notre pays est déjà parvenu à assurer la satisfaction des besoins élémentaires et quotidiens de plus d’un milliard de personnes, a réalisé pour l’essentiel une prospérité moyenne, et accomplira bientôt l’édification intégrale de la société de moyenne aisance ; les besoins de la population pour une vie meilleure se diversifient, et la population devient de plus en plus exigeante non seulement à l’égard de la vie matérielle et culturelle, mais aussi de la démocratie, de la légalité, de l’équité, de la justice, de la sécurité et de l’environnement. Alors que les forces productives sociales en Chine se trouvent dans leur ensemble à un niveau beaucoup plus élevé et que notre pays est au premier rang mondial dans de nombreux domaines en termes de capacités de production, le problème du développement déséquilibré et insuffisant se pose avec acuité et est considéré de surcroît comme le principal handicap pour satisfaire l’aspiration croissante de la population à une vie meilleure.

     

    Il faut bien comprendre que cette transformation de la principale contradiction sociale en Chine est un changement historique touchant à la situation d’ensemble. Le Parti et l’État doivent donc agir en s’adaptant à de nombreuses nouvelles exigences qui en découlent. Il nous faut, en poursuivant nos efforts en faveur du développement, tout mettre en œuvre pour résoudre le problème lié à un développement déséquilibré et insuffisant, et améliorer sensiblement sa qualité et ses performances, de manière à satisfaire au mieux les besoins croissants de la population dans les domaines économique, politique, culturel, social et écologique, à encourager le plein épanouissement de l’homme, et à faire progresser la société dans tous les domaines.

     

    Il faut également comprendre que, bien que la principale contradiction sociale ait changé, notre affirmation sur la phase historique où se trouve le socialisme en Chine n’a pas changé : notre pays se trouve et se trouvera encore longtemps dans le stade primaire du socialisme, et cette réalité fondamentale n’a pas changé ; la Chine demeure le plus grand pays en développement dans le monde, et ce statut international n’a pas changé. Tous les membres du Parti sont appelés à lutter pour faire de la Chine un grand pays socialiste beau, moderne, prospère, puissant, démocratique, harmonieux et hautement civilisé. Pour ce faire, les membres du Parti doivent se conformer à la réalité fondamentale et aux conditions réelles de notre pays, à savoir qu’il est encore au stade primaire du socialisme ; se tenir fermement à la ligne fondamentale du Parti qui représente une source vitale pour le Parti et l’État et fournit une garantie essentielle pour le bonheur du peuple ; guider et unir autour d’eux toutes les communautés ethniques chinoises pour axer nos efforts sur le développement économique, observer les quatre principes fondamentaux, poursuivre la réforme et l’ouverture, compter sur nos propres forces et œuvrer sans relâche en bravant les obstacles et difficultés.

     

    Camarades,

     

    Le socialisme à la chinoise est entré dans une nouvelle ère. Cela revêt une importance capitale aussi bien pour l’histoire du développement de la République populaire de Chine et de la nation chinoise, que pour l’histoire du socialisme à l’échelle mondiale et l’histoire de la société humaine. Tous les membres du Parti doivent renforcer leur détermination et œuvrer avec dynamisme et dans un esprit entreprenant, de manière à permettre au socialisme à la chinoise de dégager une vitalité encore plus grande.

     

    II. LA MISSION HISTORIQUE DU PARTI COMMUNISTE CHINOIS À LA NOUVELLE ÈRE

     

    Il y a cent ans, les salves de la Révolution d’Octobre ont apporté à la Chine le marxisme-léninisme. Des éléments avancés en Chine ont découvert, à travers la vérité scientifique du marxisme-léninisme, la clé de la résolution des problèmes chinois. En 1921, le Parti communiste chinois a vu le jour suite aux mouvements violents déclenchés en Chine depuis les temps modernes, aux luttes acharnées du peuple chinois contre la domination féodale et l’invasion étrangère, et à la combinaison du marxisme-léninisme avec le mouvement ouvrier chinois. Dès lors, les Chinois ont trouvé un guide leur permettant de mener à bien leur lutte pour l’indépendance nationale, l’émancipation du peuple, la prospérité du pays et le bonheur des citoyens, passant ainsi sur le plan moral de la passivité à l’initiative.

     

    La nation chinoise est une grande nation avec une civilisation vieille de plus de 5 000 ans et une brillante culture qui lui est propre. Elle a apporté une contribution considérable à l’humanité. Après la guerre de l’Opium, elle a sombré dans un état déplorable et souffert de troubles intérieurs et de menaces extérieures, et son peuple a vécu de profondes souffrances : des guerres incessantes, des territoires envahis et une vie misérable. Pour redresser la nation, beaucoup d’hommes aux nobles idéaux se sont lancés les uns après les autres à diverses reprises dans des luttes héroïques et opiniâtres. Mais, finalement, ils ne purent changer ni la nature de l’ancienne Chine, ni le sort misérable de son peuple.

     

    La réalisation du grand renouveau est le plus grand rêve de la nation chinoise depuis les temps modernes. Dès sa naissance, le PCC, en se donnant comme idéal suprême et objectif ultime de réaliser le communisme, s’est chargé sans aucune hésitation de mener à bien la mission historique du renouveau de la nation chinoise. Il a uni et conduit le peuple dans une lutte d’une âpreté inouïe, inscrivant ainsi dans l’histoire les épopées les plus glorieuses.

     

    Notre Parti a parfaitement compris que, pour réaliser le grand renouveau de la nation chinoise, il fallait renverser à tout prix les trois montagnes qui pesaient sur les épaules du peuple chinois, à savoir l’impérialisme, le féodalisme et le capitalisme bureaucratique, pour obtenir l’indépendance nationale, libérer le peuple, réunifier le pays et maintenir la stabilité sociale. Dans ce but, il a conduit le peuple à trouver la bonne voie révolutionnaire consistant à encercler les villes à partir des campagnes et à prendre le pouvoir par les armes. Au terme de 28 années de combats sanglants, la révolution de démocratie nouvelle s’est achevée, donnant naissance à la République populaire de Chine en 1949. Un grand pas a été franchi par la Chine qui a réussi le passage de l’autocratie féodale plusieurs fois millénaire à un régime de démocratie populaire.

     

    Notre Parti a profondément compris que, pour réaliser le grand renouveau de la nation chinoise, il était impératif d’établir un régime social avancé et adapté à la réalité du pays. Pour ce faire, il a conduit le peuple à achever la révolution socialiste, à établir le système fondamental du socialisme, à promouvoir l’édification socialiste, et à accomplir la transformation sociale la plus ample et la plus profonde dans l’histoire de la Chine, préparant ainsi les conditions politiques préalables et les fondements institutionnels indispensables au progrès et au développement de la Chine contemporaine. Tout cela a permis à la nation chinoise de réaliser un grand bond en avant, c’est-à-dire un changement radical de destin : en finir avec le déclin continu depuis les temps modernes pour s’engager dans la voie de la prospérité et d’une montée en puissance.

     

    Notre Parti a profondément compris que, pour réaliser le grand renouveau de la nation chinoise, il fallait suivre le courant de l’époque, répondre aux attentes du peuple, et pratiquer courageusement la réforme et l’ouverture sur l’extérieur, de façon à donner une grande force motrice à la progression irrésistible de la cause du Parti et du peuple. Notre Parti a uni et conduit le peuple à entreprendre une nouvelle révolution que sont la réforme et l’ouverture, pour éliminer tous les obstacles idéologiques et institutionnels préjudiciables au développement du pays et au progrès de la nation, et pour se frayer la voie du socialisme à la chinoise, permettant ainsi à la Chine d’être en phase avec son temps.

     

    Durant les 96 années écoulées, pour accomplir la mission historique du grand renouveau de la nation chinoise, le PCC, qu’il ait été en position de force ou de faiblesse, dans ses victoires comme dans ses défaites, est resté indéfectiblement fidèle à son engagement initial et à ses idéaux, et a conduit le peuple à œuvrer opiniâtrement, en bravant mille difficultés et dangers et en faisant de grands sacrifices. Sans se laisser décourager par les vicissitudes, il a toujours eu le courage de corriger ses erreurs et de surmonter une à une toutes les difficultés qui semblaient insurmontables, créant ainsi une série de miracles à jamais inscrits dans les annales de l’histoire.

     

    Camarades,

     

    Aujourd’hui, nous sommes plus que jamais proches de l’objectif du grand renouveau national, et plus que jamais confiants et capables de l’atteindre.

     

    Un voyageur qui a fait 90 % de son trajet doit considérer qu’il n’est encore qu’à mi-chemin. Le grand renouveau national ne se réalisera pas sans peine, ni simplement à coups de tambour ou de gong. Tout le Parti doit être prêt à consentir davantage d’efforts pénibles et assidus.

     

    La réalisation du grand rêve implique une grande lutte. La société évolue à travers le mouvement des contradictions. Qui dit contradiction dit lutte. Notre Parti, à la tête du peuple, doit mener une grande lutte aux nombreuses caractéristiques historiques nouvelles, afin de faire face aux grands défis, se prémunir contre les risques sérieux, surmonter les graves difficultés et résoudre les contradictions fondamentales ;toute idée ou tout acte, tel que la recherche des agréments de la vie, la passivité, le laisser-aller et le contournement des contradictions, est à condamner. Tous les membres du Parti doivent plus consciencieusement rester fidèles à la direction du Parti et au régime socialiste de notre pays, et s’opposer à tout acte ou propos qui tente de les affaiblir, de les ternir et de les rejeter ; sauvegarder les intérêts du peuple en luttant contre tout acte susceptible de leur nuire et en se gardant de se couper des masses populaires ; suivre le courant de réforme et d’innovation de notre époque et combattre les maux graves et invétérés ; sauvegarder la souveraineté, la sécurité et les intérêts en matière de développement de notre pays en combattant toutes les activités de sécession et toute tentative de sabotage de l’unité nationale, ainsi que de l’harmonie et de la stabilité sociales ; se prémunir contre toutes sortes de risques en surmontant toutes les difficultés et en relevant tous les défis à caractères politique, économique, culturel, social et écologique. Tout le Parti doit faire preuve d’un esprit combatif et améliorer ses aptitudes afin de mener, jusqu’aux nouvelles victoires, cette grande lutte à long terme qui se révèle très complexe et ardue.

     

    La réalisation du grand rêve implique une grande œuvre. Cette œuvre est précisément la nouvelle grande entreprise de l’édification du Parti qui se poursuit maintenant en profondeur. L’histoire a prouvé et prouvera que, sans la direction du PCC, le renouveau national ne sera qu’une chimère. Le PCC doit lui-même être fort s’il veut demeurer, en tout temps, un parti marxiste au pouvoir, à l’avant-garde de l’époque, et le pilier de la nation. Tous les membres du Parti doivent renforcer l’esprit du Parti, avoir le courage d’affronter les problèmes, faire preuve d’une volonté de fer pour mener la tâche jusqu’au bout comme si l’on n’hésitait pas à racler l’os pour en éliminer le poison, extirper tous les facteurs préjudiciables à la pureté et au caractère avancé du Parti et éliminer tout virus nuisible à sa santé, de manière à lui permettre de renforcer sans cesse ses capacités en matière de direction politique, d’orientation idéologique, de mobilisation populaire et d’influence sociale, et de garder toujours sa grande vitalité et sa puissante combativité.

     

    La réalisation du grand rêve implique la progression continue de notre grande cause. Le socialisme à la chinoise est le thème majeur de toute la théorie et de toute la pratique suivies par notre Parti depuis l’application de la politique de réforme et d’ouverture,et représente le résultat essentiel que le Parti et le peuple ont obtenu au prix d’immenses efforts et peines. La voie du socialisme à la chinoise est le passage obligé pour réaliser la modernisation socialiste et créer une vie meilleure pour les Chinois ; le système théorique du socialisme à la chinoise est la juste théorie permettant au Parti et au peuple chinois de réaliser le grand renouveau national ; le régime du socialisme à la chinoise offre la garantie institutionnelle fondamentale pour le développement et le progrès de la Chine contemporaine ; la culture du socialisme à la chinoise est une puissante force spirituelle qui pousse notre Parti et notre peuple multiethnique à aller courageusement de l’avant. Tous les membres du Parti sont appelés à renforcer leur confiance dans la voie, la théorie, le régime et la culture qui nous appartiennent. Nous refusons de reprendre l’ancienne voie du repli sur soi et de l’immobilisme, comme nous rejetons la voie erronée nous menant à l’abandon de notre drapeau. Nous devons garder notre fermeté politique, faire un travail solide en faveur du redressement du pays, et maintenir et développer sans arrêt le socialisme à la chinoise.

     

    La grande lutte, la grande œuvre, la grande cause et le grand rêve sont quatre éléments étroitement liés, cohérents entre eux et en interaction, à l’intérieur desquels la nouvelle et grande œuvre d’édification du Parti joue un rôle crucial. Pour réussir cette grande œuvre, il faut l’entreprendre en liaison avec les pratiques de la grande lutte et de la réalisation de la grande cause et du grand rêve, de sorte que le Parti se tienne toujours à la pointe de notre temps tout au long du processus historique marqué par une conjoncture internationale en profonde mutation, reste toujours le soutien spirituel du peuple tout au long de la progression de la lutte pour faire face aux divers risques et épreuves venant tant de l’intérieur que de l’extérieur, et demeure pour toujours le ferme noyau dirigeant tout au long de la lutte historique pour le maintien et le développement du socialisme à la chinoise.

     

    Camarades,

     

    Notre mission appelle aux responsabilités et nous dirige vers l’avenir. Nous devons nous montrer dignes du choix historique et de la confiance que le peuple a placée en nous. Dans la grande pratique du socialisme à la chinoise de la nouvelle ère, sous la ferme direction du Parti et grâce à une lutte ardue, nous mobiliserons tous les Chinois pour aller courageusement de l’avant et rassemblerons d’immenses forces pour accomplir ensemble le rêve chinois.

     

    III. LA PENSÉE DU SOCIALISME À LA CHINOISE DE LA NOUVELLE ÈRE ET LA STRATÉGIE FONDAMENTALE À SUIVRE

     

    Depuis le XVIIIe Congrès national du PCC, face à une situation nationale et internationale en évolution, et face au développement des divers secteurs d’activités en Chine, nous nous trouvons confrontés à un grand défi de notre époque, celui de savoir donner une réponse systématique, en combinant la théorie et la pratique, aux questions suivantes :quel type de socialisme à la chinoise doit-on maintenir et développer à la nouvelle ère et comment le maintenir et le développer, y compris les objectifs généraux, la mission globale, les dispositions d’ensemble et les dispositions stratégiques, ainsi que les questions essentielles liées à l’orientation du développement, au mode de développement, aux forces endogènes de développement, aux phases stratégiques, aux conditions extérieures et à la garantie politique. Il nous faut aussi, sur la base de nouvelles pratiques, procéder à des analyses théoriques et proposer des orientations politiques concernant les domaines de l’économie, de la politique, de la légalité, des sciences et technologies, de la culture, de l’éducation, du bien-être social, des affaires ethniques, des affaires religieuses, de la société, de la civilisation écologique, de la sécurité nationale, de la défense nationale et de l’armée, du principe d' »un pays, deux systèmes » et de la réunification nationale, du front uni, de la diplomatie et de l’édification du Parti, afin de mieux poursuivre et développer le socialisme à la chinoise.

     

    Face à ce grand défi de l’époque, notre Parti s’est guidé sur le marxisme-léninisme, la pensée de Mao Zedong, la théorie de Deng Xiaoping, la pensée importante de la « Triple Représentation » et le concept de développement scientifique ; il s’est conformé aux principes selon lesquels il faut libérer la pensée, faire preuve d’objectivité et de réalisme, et être en phase avec son temps. Fidèle au matérialisme dialectique et au matérialisme historique, et en fonction des nouvelles conditions de l’époque et des exigences de la pratique, le Parti a adopté une vision toute neuve pour approfondir ses connaissances sur les lois régissant l’exercice du pouvoir par les partis communistes, l’édification socialiste et l’évolution de la société humaine, et a continuellement effectué des recherches théoriques. D’importants résultats sur le plan de l’innovation théorique ont été obtenus, donnant ainsi naissance à la pensée du socialisme à la chinoise de la nouvelle ère.

     

    Cette pensée du socialisme à la chinoise de la nouvelle ère a clarifié ce qui suit : le maintien et le développement du socialisme à la chinoise ont pour mission globale de réaliser la modernisation socialiste et le grand renouveau de la nation chinoise, et après la mise en place de la société de moyenne aisance, de faire de la Chine, en deux étapes et vers le milieu du siècle, un grand pays socialiste beau, moderne, prospère, puissant, démocratique, harmonieux et hautement civilisé ; la principale contradiction dans la société chinoise à la nouvelle ère étant celle entre l’aspiration croissante de la population à une vie meilleure et un développement déséquilibré et insuffisant, il faut rester fidèle au concept de développement centré sur le peuple, et promouvoir continuellement le plein épanouissement de l’homme et l’enrichissement commun de toute la population ; il importe de suivre les dispositions d’ensemble dites « Plan global en cinq axes » et les dispositions stratégiques des « Quatre Intégralités », tout en renforçant la confiance dans la voie, la théorie, le régime et la culture du socialisme à la chinoise ; l’objectif général de l’approfondissement intégral de la réforme consiste à perfectionner et développer le régime du socialisme à la chinoise, et à promouvoir la modernisation du système et de la capacité de gouvernance de l’État ; la promotion tous azimuts de la gouvernance du pays en vertu de la loi a pour objectif général d’établir un ordre légal socialiste à la chinoise et d’édifier un État de droit socialiste ; l’objectif du Parti concernant la montée en puissance de l’armée dans la nouvelle ère consiste à construire une armée populaire selon le principe dit « l’obéissance au commandement du Parti, l’excellente aptitude au combat et un style de travail exemplaire », afin de faire de l’armée populaire une armée de premier rang mondial ; la diplomatie de grand pays à la chinoise vise à promouvoir la mise en place d’un nouveau type de relations internationales et la construction d’une communauté de destin pour l’humanité ; la direction du PCC est la marque essentielle du socialisme à la chinoise et également le plus grand atout du régime socialiste à la chinoise : le Parti exerce le pouvoir suprême de direction politique, les exigences globales de l’édification du Parti à la nouvelle ère sont formulées, et l’édification sur le plan politique joue un rôle essentiel dans l’édification du Parti.

     

    En tant que continuation et développement du marxisme-léninisme, de la pensée de Mao Zedong, de la théorie de Deng Xiaoping, de la pensée importante de la « Triple Représentation » et du concept de développement scientifique, la pensée du socialisme à la chinoise de la nouvelle ère représente le dernier acquis de la sinisation du marxisme ainsi que la cristallisation de l’expérience et de la sagesse collective du Parti et du peuple. Elle est un élément essentiel du système théorique du socialisme à la chinoise, et le phare qui guide tout le Parti et tout le peuple dans leurs efforts pour réaliser le grand renouveau de la nation chinoise. Il faut perpétuer cette pensée tout en la développant.

     

    Le Parti tout entier doit saisir parfaitement l’essence et le riche contenu de la pensée du socialisme à la chinoise de la nouvelle ère et la mettre en application intégralement et avec précision.

     

    1) Maintenir la direction du Parti dans toutes les activités. Tout doit être placé sous la direction du Parti, que ce soit les organisations du Parti, le gouvernement, l’armée, la société civile, et quel que soit l’endroit où l’on se trouve. Il faut implanter dans l’esprit de chacun la conscience politique, la conscience de l’intérêt général, la conscience du noyau dirigeant et la conscience de l’alignement. Il faut également défendre consciencieusement l’autorité et la direction centralisée et unifiée du Comité central, en agissant en parfait accord avec ce dernier tant dans l’action que sur les plans idéologique et politique. Nous devons parfaire les systèmes et mécanismes visant à maintenir la direction du Parti, nous tenir au principe général dit « aller de l’avant à pas assurés », promouvoir de façon synergique les dispositions d’ensemble dites « Plan global en cinq axes » et promouvoir de façon coordonnée les dispositions stratégiques des « Quatre Intégralités », accroître la capacité et la fermeté du Parti quant au maintien de l’orientation politique, à l’élaboration d’un plan d’ensemble, à l’adoption des politiques et au suivi de la progression de la réforme, afin que le Parti puisse maîtriser l’ensemble de la situation et coordonner les actions de toutes les parties.

     

    2) Persévérer dans l’idée de la primauté du peuple. Le peuple est le créateur de l’histoire et également la force essentielle dont dépend le destin du Parti et du pays. En insistant sur la position primordiale du peuple et en adhérant fermement à l’idée que le Parti se met au service des intérêts communs et exerce le pouvoir pour le peuple, nous devons rester fidèles à l’objectif fondamental de servir le peuple de tout cœur, mettre en application la ligne de masse du Parti dans toutes les activités d’administration du pays, et nous fixer l’objectif de satisfaire l’aspiration du peuple à une vie meilleure, afin d’accomplir des exploits historiques en nous appuyant sur lui.

     

    3) Poursuivre l’approfondissement intégral de la réforme. Seul le socialisme peut sauver la Chine ; seule la politique de réforme et d’ouverture permet de développer à la fois la Chine, le socialisme et le marxisme. Il nous faut maintenir et perfectionner le système socialiste à la chinoise, et faire progresser sans cesse la modernisation du système et de la capacité de gouvernance de l’État. Nous devons nous débarrasser de toutes les idées et conceptions obsolètes ainsi que des défauts des systèmes et des mécanismes, briser la barrière des « privilèges intouchables », en nous référant aux fruits de la civilisation humaine, afin de mettre en place des systèmes complets, scientifiques et efficaces, et de valoriser pleinement la supériorité du système socialiste chinois.

     

    4) Maintenir le nouveau concept de développement. Le développement est la base et la clé pour résoudre tous nos problèmes. Nous devons œuvrer pour un développement scientifique et nous attacher à mettre en œuvre l’idée directrice en faveur d’un développement innovant, coordonné, écologique, ouvert et partagé. Il faut maintenir et perfectionner notre système économique fondamental et notre système de répartition des revenus, consolider et développer sans relâche l’économie publique, encourager, soutenir et orienter avec détermination le développement de l’économie non publique, notre but étant de permettre au marché de jouer un rôle décisif dans la distribution des ressources, et au gouvernement de mieux jouer son rôle. Nous devons promouvoir le développement coordonné d’une industrialisation de type nouveau, de l’informatisation, de l’urbanisation et de la modernisation agricole. Nous devons prendre l’initiative de promouvoir la mondialisation économique et d’y participer, et développer une économie ouverte à un niveau plus élevé. Le tout doit contribuer à l’accroissement de la puissance économique et de la puissance globale de notre pays.

     

    5) Assurer le statut du peuple en tant que maître du pays. Maintenir l’osmose entre la direction du Parti, la souveraineté populaire et la gouvernance de l’État en vertu de la loi est une exigence essentielle du développement politique socialiste. Nous devons poursuivre fermement la voie de développement politique socialiste à la chinoise, maintenir et parfaire le système des assemblées populaires, le système de coopération multipartite et de consultation politique sous la direction du PCC, le système d’autonomie régionale ethnique et le système d’autogestion populaire aux échelons de base. Il faut aussi consolider et développer le plus large front uni patriotique, développer la démocratie consultative socialiste, améliorer le système démocratique, enrichir les formes et élargir les canaux de réalisation de la démocratie, afin que la souveraineté populaire se traduise concrètement dans la vie politique et la vie sociale.

     

    6) Persévérer dans la promotion intégrale de la gouvernance de l’État en vertu de la loi. La promotion intégrale de la gouvernance de l’État en vertu de la loi est une exigence essentielle et une garantie importante du socialisme à la chinoise. La direction du Parti doit s’exercer sur toutes les facettes et dans toutes les opérations de gouvernance de l’État en vertu la loi. Nous devons marcher inébranlablement dans la voie de la légalité socialiste à la chinoise, perfectionner le système juridique socialiste à la chinoise axé sur la Constitution, établir un ordre légal socialiste à la chinoise, pour ainsi créer un véritable État de droit socialiste et développer une théorie de la légalité socialiste à la chinoise. Il faut mener de front la gouvernance de l’État, l’exercice du pouvoir et l’administration dans le respect de la loi, de manière à réaliser l’intégration de l’appareil d’État, de l’Administration et de la société sous l’autorité des lois. Il faut insister sur l’importance de l’alliance entre la loi et la morale dans la gouvernance de l’État, ainsi que sur l’importance d’une parfaite association entre la gouvernance de l’État en vertu de la loi et la gestion du Parti en vertu de ses règlements. La réforme du système judiciaire se poursuivra en profondeur, et des efforts seront faits pour renforcer le sens du droit et de la moralité de toute la nation.

     

    7) Adhérer fermement aux valeurs essentielles socialistes. La confiance dans la culture constitue une des forces les plus fondamentales, les plus profondes et les plus durables dans le développement d’un pays et d’une nation. Il nous faut rester fidèles au marxisme, ancrer solidement dans notre esprit le noble idéal du communisme et l’idéal commun du socialisme à la chinoise, tout en cultivant et pratiquant les valeurs essentielles du socialisme. Nous devons renforcer continuellement notre initiative et accroître notre droit à la parole dans le domaine idéologique. La transformation novatrice et le développement innovant des bonnes traditions culturelles chinoises doivent être promus, de manière à poursuivre les traditions de la culture révolutionnaire et à développer une culture socialiste à caractère avancé. Ce n’est qu’en restant fidèles à nos belles traditions, en assimilant tout ce qu’il y a d’utile provenant de l’étranger, et en nous orientant vers l’avenir que nous arriverons à bâtir l’esprit chinois, les valeurs chinoises et la force chinoise qui fourniront un guide moral au peuple.

     

    8) Garantir et améliorer le bien-être social par le développement. Le développement a pour but final d’améliorer le bien-être de la population. Nous devons donner la primauté à l’intérêt général et répondre aux préoccupations des citoyens, remédier aux maillons faibles dans le secteur du bien-être public et promouvoir l’équité et la justice sociales. De nouveaux progrès devront être réalisés afin que les enfants grandissent sainement, que tout le monde ait droit à l’éducation, que tout travail soit rémunéré, que chacun soit couvert par l’assurance maladie et l’assurance vieillesse, que tout habitant dispose d’un logement décent et que les démunis puissent recevoir une aide. Il faut mener jusqu’à la victoire finale la lutte contre la pauvreté, garantir à tous les citoyens le sentiment de satisfaction au cours du développement « par tous et pour tous », et promouvoir continuellement le plein épanouissement de l’individu et la prospérité commune. En vue d’assurer la stabilité à long terme de l’État ainsi qu’une vie paisible à la population, il est important de promouvoir l’édification d’une Chine sûre, d’innover en renforçant le système de gouvernance sociale, et de sauvegarder l’harmonie et la stabilité sociales.

     

    9) Persévérer dans la coexistence harmonieuse entre l’homme et la nature. L’édification de la civilisation écologique est une œuvre d’importance capitale qui met en jeu le développement pérenne de la nation chinoise. Il faut garder à l’esprit l’idée que la nature vaut son pesant d’or, et appliquer fidèlement la politique fondamentale de l’État. Cette dernière, considérant la protection de l’écosystème comme une question de vie ou de mort,insiste sur les économies des ressources et la protection de l’environnement. Nous veillerons à mettre en place une gestion systématique des montagnes, des rivières, des forêts, des champs, des lacs et des steppes, et à promouvoir un mode de développement et un mode de vie respectueux de l’environnement, grâce à l’application la plus stricte des mesures de protection des écosystèmes. Il faut suivre une voie de progrès permettant de favoriser à la fois la production, le bien-être de la population et la préservation des écosystèmes, afin de construire une belle Chine, de créer un bel environnement de production et de vie pour la population, et d’apporter de nouvelles contributions à l’écosécurité à l’échelle planétaire.

     

    10) Adopter un concept global de sécurité nationale. Coordonner le développement et la sécurité, aiguiser notre vigilance face aux risques éventuels même quand nous sommes en temps de paix, voilà un principe important que suit notre Parti dans sa gouvernance de l’État. En plaçant l’intérêt de l’État au-dessus de tout, en ayant pour objectif fondamental la sécurité des citoyens, et sur la base de la sécurité politique, nous devons coordonner les divers facteurs tels que la sécurité extérieure et intérieure, la sécurité du territoire et celle des citoyens, la sécurité conventionnelle et la sécurité non conventionnelle, la sécurité nationale et la sécurité commune. L’accent doit également être mis sur l’amélioration du système de sécurité nationale et le renforcement de la capacité en matière de défense de la sécurité nationale, afin de préserver résolument la souveraineté et la sécurité nationale ainsi que les intérêts en matière de développement.

     

    11) Maintenir la direction absolue du Parti sur l’armée populaire. L’édification d’une armée populaire fidèle au Parti, apte au combat, et dotée d’un style de travail exemplaire constitue une garantie stratégique à la réalisation des objectifs des « deux centenaires » et du grand renouveau de la nation. Nous devons appliquer l’ensemble des principes et des règlements fondamentaux visant à garantir la direction du Parti sur l’armée, et faire en sorte que le concept du Parti concernant le renforcement de l’armée dans la nouvelle ère joue un rôle directeur dans l’édification de la défense nationale et des forces armées. Il faut poursuivre l’édification de l’armée sur le plan politique, le renforcement de l’armée par la réforme, le renouveau de l’armée par la science et la technologie, ainsi que l’administration de l’armée en vertu de la loi. En vue de réaliser l’objectif du Parti consistant à construire une armée puissante en cette nouvelle ère, l’accent doit être davantage mis sur la préparation aux combats selon les exigences de guerre en situation réelle, sur l’innovation, sur la mise en place d’institutions, sur la gestion intensive et l’efficacité, ainsi que sur l’intégration militaro-civile.

     

    12) Maintenir le principe « un pays, deux systèmes » et promouvoir l’unité nationale. Assurer la prospérité et la stabilité à long terme de Hong Kong et de Macao, et achever la réunification complète de la patrie font partie des exigences essentielles pour réaliser le grand renouveau de la nation chinoise. Nous devons défendre le pouvoir de gouvernance globale de l’autorité centrale sur les Régions administratives spéciales de Hong Kong et de Macao, tout en garantissant le haut degré d’autonomie de ces deux régions, afin que le principe « un pays, deux systèmes » reste inchangé et inébranlable, et qu’il ne soit ni altéré ni déformé lors de son application. En nous tenant à la politique d’une seule Chine et en respectant le « Consensus de 1992 », nous nous efforcerons de mieux promouvoir le développement pacifique des relations entre les deux rives du détroit de Taiwan, d’approfondir la coopération économique et les échanges culturels entre les deux parties et de mobiliser les compatriotes des deux rives pour s’opposer ensemble à toute activité sécessionniste, afin d’œuvrer ensemble à la réalisation du grand renouveau de la nation chinoise.

     

    13) Promouvoir la construction d’une communauté de destin pour l’humanité. Le rêve du peuple chinois est étroitement lié aux rêves des autres peuples. Il est difficile de le réaliser sans un environnement international pacifique et un ordre international stable. Il faut tenir compte de la conjoncture tant intérieure qu’extérieure, suivre la voie de développement pacifique et appliquer une stratégie d’ouverture mutuellement bénéfique. En adoptant une conception correcte de la justice et des intérêts, nous devons mettre en place une nouvelle conception de sécurité commune, globale, coopérative et durable, de manière à ouvrir des perspectives de développement caractérisées par l’ouverture, l’innovation, l’inclusion et la réciprocité, à promouvoir les échanges et l’enrichissement mutuel entre civilisations dans le respect de la diversité, et à former un système écologique respectueux de la nature et favorisant un développement vert. La Chine restera toujours un bâtisseur de la paix mondiale, un contributeur au développement dans le monde et un défenseur de l’ordre international.

     

    14) Continuer à faire régner une discipline rigoureuse dans les rangs du Parti. Avoir le courage de s’imposer une révolution et appliquer une stricte discipline dans ses rangs font partie des qualités les plus manifestes de notre Parti. Nous devons faire avancer de façon coordonnée l’édification du Parti sous tous ses aspects conformément à ses statuts, en donnant la priorité à l’édification politique et en associant l’édification idéologique à la gestion institutionnelle. En même temps, il faut accorder une attention particulière aux cadres dirigeants qui jouent un rôle déterminant malgré leur petit nombre, respecter les « trois consignes de rigueur et trois règles d’honnêteté », et maintenir le centralisme démocratique ; il faut rendre plus rigoureuse la vie politique au sein du Parti, resserrer la discipline et renforcer le contrôle interne ; il faut assainir le paysage politique en son sein afin de développer une culture politique active et saine et mettre fin à toute pratique malsaine, et adopter une politique de tolérance zéro face à la corruption. C’est ainsi que notre Parti pourra parfaire sa capacité à se purifier, à se perfectionner, à se renouveler et à s’améliorer, et ses liens de chair et de sang avec les masses populaires se perpétueront éternellement.

     

    Les 14 points susmentionnés composent la stratégie fondamentale pour le maintien et le développement du socialisme à la chinoise de la nouvelle ère. Tous les camarades du Parti sont tenus d’appliquer intégralement la théorie, la ligne et la stratégie fondamentales du Parti, afin de mieux guider la progression de la cause du Parti et du peuple.

     

    L’innovation théorique est sans limites, tout comme la pratique. Du fait que le monde, comme la Chine, sont en évolution permanente, nous sommes obligés d’adapter la théorie aux exigences de notre époque, de renouveler sans cesse notre compréhension des lois objectives, et de promouvoir sans relâche les innovations théorique, pratique, institutionnelle, et culturelle, entre autres.

     

    Camarades,

     

    Le temps est la mère de la pensée, la pratique est la source de la théorie. Pourvu que nous ayons la sagesse de comprendre l’appel du temps et le courage de corriger les erreurs commises pour persévérer dans la vérité, le marxisme chinois du XXIe siècle témoignera sûrement d’une force de conviction encore plus puissante.

     

    IV. REMPORTER LA VICTOIRE DÉCISIVE DE L’ÉDIFICATION INTÉGRALE DE LA SOCIÉTÉ DE MOYENNE AISANCE ET ENTAMER LA NOUVELLE MARCHE DE L’ÉDIFICATION INTÉGRALE D’UN PAYS SOCIALISTE MODERNE

     

    Après la mise en œuvre de la politique de réforme et d’ouverture, notre Parti a pris des dispositions stratégiques en matière de modernisation socialiste du pays et s’est fixé l’objectif stratégique de développement « en trois étapes ». Jusqu’à présent, les deux premières étapes — mettre la population à l’abri des besoins essentiels et lui assurer une vie de moyenne aisance dans son ensemble –, ont été franchies avant la date prévue. Sur cette base, notre Parti a proposé les objectifs suivants : au moment du centenaire de la fondation du Parti, il faudra avoir parachevé la construction de la société de moyenne aisance caractérisée par une économie plus développée, une démocratie plus avancée, un niveau scientifique et éducatif plus élevé, une culture plus prospère, une société plus harmonieuse et une vie plus aisée ; ensuite, après encore trois décennies d’efforts, au moment du centenaire de la fondation de la Chine nouvelle, il faudra avoir réalisé pour l’essentiel la modernisation du pays pour le transformer en un État socialiste moderne.

     

    Jusqu’à 2020, nous nous trouverons à l’étape décisive de l’édification intégrale de la société de moyenne aisance. Il nous faut donc, en conformité avec les exigences formulées par les XVIe, XVIIe et XVIIIe Congrès nationaux du Parti, et en fonction de la transformation de la principale contradiction sociale en Chine, faire progresser de façon coordonnée l’édification sur les plans économique, politique, culturel, social et écologique. Il nous faut aussi appliquer fermement la stratégie de redressement de la nation par les sciences et l’éducation, la stratégie du renouveau national grâce à l’émergence de talents, les stratégies de développement par l’innovation, de redressement des campagnes, de développement interrégional coordonné et de développement durable, ainsi que la stratégie d’intégration militaro-civile. Nous devons mettre l’accent sur les domaines prioritaires, remédier à nos insuffisances, nous débarrasser de nos points faibles, et surtout, livrer la dure bataille pour parer aux risques majeurs, réaliser l’élimination ciblée de la pauvreté et maîtriser la pollution de l’environnement. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour que, le moment venu, le peuple chinois reconnaisse l’avènement de la société de moyenne aisance et que cette dernière résiste à l’épreuve de l’histoire.

     

    La période qui sépare le XIXe du XXe Congrès national du Parti constitue la charnière des objectifs des « deux centenaires ». Durant cette période, nous devons non seulement parachever l’édification intégrale de la société de moyenne aisance pour réaliser l’objectif du premier centenaire, mais également entreprendre, sur cette lancée, l’édification intégrale d’un pays socialiste moderne — nouvelle grande marche conduisant à la réalisation de l’objectif du deuxième centenaire.

     

    Après l’analyse de la conjoncture, tant extérieure qu’intérieure, et l’analyse des conditions de développement dont dispose notre pays, nous pouvons diviser en deux phases la période allant de 2020 au milieu du siècle pour prendre des dispositions.

     

    La première phase va de 2020 à 2035 ; phase pendant laquelle, partant de l’établissement de la société de moyenne aisance, nous poursuivrons nos efforts pour réaliser l’essentiel de la modernisation socialiste. La Chine verra alors sa puissance économique, scientifique et technologique accroître considérablement, et se hissera au premier rang des pays novateurs. Le droit du peuple à la participation et au développement sur un pied d’égalité se verra pleinement garanti ; l’édification d’un État, d’un gouvernement et d’une société qui respectent la loi sera parachevée pour l’essentiel ; les systèmes institutionnels seront améliorés dans divers domaines ; et la modernisation du système et de la capacité de gouvernance de l’État sera réalisée dans son ensemble. Le degré de civilité de notre société atteindra un niveau plus élevé, le « soft power » culturel s’accroîtra considérablement, et le rayonnement de la culture chinoise deviendra plus large et plus profond. La vie de la population sera plus aisée ; la proportion des personnes à revenu moyen accroîtra sensiblement ; les écarts de développement entre les régions, et entre les villes et campagnes, ainsi que les écarts du niveau de vie entre les habitants seront notablement réduits ;l’homogénéisation des services publics fondamentaux sera pratiquement réalisée ; notre marche vers l’enrichissement commun accomplira ainsi un pas substantiel. Une structure de gouvernance sociale moderne prendra forme, créant une société où règnent le dynamisme, l’harmonie et l’ordre. L’écosystème connaîtra une amélioration fondamentale, et la belle Chine deviendra réalité.

     

    La deuxième phase va de 2035 au milieu du siècle ; phase pendant laquelle nous allons, partant de la modernisation réalisée pour l’essentiel, poursuivre nos efforts pendant encore 15 ans pour transformer notre pays en un grand pays socialiste beau, moderne, prospère, puissant, démocratique, harmonieux et hautement civilisé. La Chine connaîtra alors un renforcement général sur le plan de la civilisation matérielle, politique, spirituelle, sociale et écologique, et réalisera la modernisation du système et de la capacité de gouvernance de l’État. La Chine se hissera au premier rang du monde en termes de puissance globale et de rayonnement international. Le peuple chinois connaîtra pour l’essentiel l’enrichissement commun, aura une vie plus heureuse et plus aisée, et prendra sa place dans le concert des nations avec une plus grande fierté.

     

    Camarades,

     

    Parachever l’édification intégrale de la société de moyenne aisance, pour ensuite réaliser l’essentiel de la modernisation, et enfin édifier un grand pays socialiste moderne dans tous les domaines, sont les dispositions stratégiques que nous avons adoptées pour développer le socialisme à la chinoise de la nouvelle ère. Nous devons faire preuve de ténacité et consentir d’inlassables efforts pour inscrire des chapitres glorieux dans la nouvelle marche vers la modernisation socialiste.

     

    V. APPLIQUER LE NOUVEAU CONCEPT DE DÉVELOPPEMENT ET ÉDIFIER UN SYSTÈME ÉCONOMIQUE MODERNE

     

    Pour atteindre les objectifs des « deux centenaires », réaliser le rêve du grand renouveau national, et élever sans cesse le niveau de vie de la population, il faut considérer, sans équivoque, le développement comme la tâche primordiale du Parti dans la gouvernance de la nation en vue de son renouveau, continuer à libérer et à développer les forces productives sociales, persévérer dans la réforme visant le perfectionnement de l’économie de marché socialiste, et promouvoir un développement sain et durable de l’économie.

     

    Ayant réalisé le passage d’une croissance rapide à un développement axé sur la qualité, notre économie se trouve actuellement à une période clé caractérisée par la transformation du mode de développement, l’optimisation de la structure économique, et la conversion des moteurs de croissance. Pour franchir ce cap, il est impératif d’édifier un système économique moderne, ce qui constitue aussi l’objectif stratégique de notre développement. Il s’agit d’insister sur la primauté de la qualité sans négliger pour autant l’efficacité ; prendre pour fil conducteur la réforme structurelle du côté de l’offre pour promouvoir un changement en matière de qualité, d’efficacité et de force motrice du développement économique ; élever la productivité globale des facteurs et accélérer l’instauration d’un système industriel où l’économie réelle, l’innovation scientifique et technique, la finance moderne et les ressources humaines se développent de façon coordonnée ; construire un système économique caractérisé par la grande efficacité du rôle du marché, un dynamisme entrepreneurial des acteurs microéconomiques et un emploi à bon escient du macro contrôle. Tout cela a pour objectif d’accroître sans cesse la capacité d’innovation et la compétitivité de notre économie.

     

    1) Approfondir la réforme structurelle du côté de l’offre. Dans l’édification d’un système économique moderne, il faut définir comme priorité le développement de l’économie réelle, et orienter les efforts notamment sur l’amélioration de la qualité du système de l’offre, afin de renforcer considérablement l’avantage qualitatif de notre économie. Nous accélérerons la transformation du pays en puissance manufacturière et le développement d’une industrie manufacturière avancée, stimulerons l’intégration profonde de l’Internet, des mégadonnées et de l’intelligence artificielle à l’économie réelle, et créerons de nouveaux pôles de croissance. Nous formerons ainsi de nouvelles forces motrices dans les domaines de la consommation haut et moyen de gamme, de l’innovation appelée à jouer un rôle moteur, des technologies vertes et à faibles émissions de carbone, de l’économie partagée, de la chaîne moderne de l’offre et des prestations de services en capital humain. Nous encouragerons l’optimisation et la mise à niveau des industries traditionnelles et accélérerons le développement du secteur des services modernes, en nous référant aux normes internationales. Nous ferons évoluer nos industries vers les positions moyennes et supérieures de la chaîne mondiale de valeur, et ferons émerger des conglomérats manufacturiers avancés de niveau mondial. Nous intensifierons la construction des réseaux d’infrastructures dans les domaines des ouvrages hydrauliques, des chemins de fer, des routes, du transport fluvial et maritime, de l’aviation, de la canalisation, de l’électricité, de l’information et de la logistique. Poursuivant nos efforts pour éliminer les capacités de production obsolètes, diminuer les stocks, baisser le ratio de levier, réduire les coûts de production et combler les failles de l’économie, nous chercherons en même temps à optimiser la répartition des ressources existantes et à multiplier l’offre de nouvelles ressources de qualité, afin de réaliser un équilibre dynamique entre l’offre et la demande. Par la galvanisation et la protection de l’esprit entrepreneurial, nous encouragerons davantage d’acteurs à se lancer dans l’innovation et la création d’entreprises. Nous formerons un grand nombre de travailleurs dotés de qualités intellectuelles, de compétences professionnelles et d’un esprit novateur, et ferons rayonner l’esprit du travailleur modèle et du maître-artisan, afin que règnent des mœurs honorant le travail dans la société et la recherche de la perfection dans le monde professionnel.

     

    2) Accélérer l’édification d’un État innovant. L’innovation est la première force motrice du développement et constitue la base stratégique de la mise en place d’un système économique moderne. Ciblant les sciences et technologies d’avant-garde dans le monde, nous renforcerons les recherches fondamentales et tâcherons de réaliser d’importantes percées dans les recherches fondamentales proactives et les recherches originales et pionnières. En même temps, nous intensifierons les recherches fondamentales appliquées, étendrons les grands projets nationaux scientifiques et technologiques, et favoriserons l’innovation surtout en matière de technologies génériques clés, technologies d’avant-garde, technologies d’ingénierie moderne et technologies révolutionnaires. De cette manière, nous fournirons un appui solide à la construction d’un État puissant dans les domaines des sciences et technologies, des produits de qualité, de l’aérospatiale, de l’Internet et des transports, et aussi à la construction d’une Chine numérique et d’une société intelligente. Nous accentuerons l’édification du système national d’innovation et consoliderons les forces scientifiques et technologiques d’intérêt stratégique. Dans le cadre de l’approfondissement de la réforme du système scientifique et technologique, nous mettrons en place un système d’innovation technologique alimenté principalement par les entreprises, orienté vers le marché, et associant les entreprises, les établissements d’enseignement et les institutions de recherche. Nous accorderons davantage de soutien aux PME dans leurs efforts d’innovation, et stimulerons la conversion des acquis scientifiques et technologiques en forces productives réelles. Nous exalterons l’ardeur de toute la société pour l’innovation et intensifierons la création, la protection et l’utilisation de la propriété intellectuelle. Enfin, nous formerons un plus grand nombre d’équipes novatrices de haut niveau, de talents en sciences et technologies stratégiques, de chefs de file et de jeunes éminents atteignant tous un niveau scientifique et technologique international.

     

    3) Appliquer la stratégie de redressement des régions rurales. Du fait que les problèmes liés à l’agriculture, aux paysans et aux régions rurales revêtent une importance fondamentale pour l’économie nationale et la vie de la population, nous devons toujours considérer les solutions à ces problèmes comme « la priorité des priorités » du travail du Parti. Nous devons privilégier le progrès de l’agriculture et des régions rurales dans le développement national. Des industries prospères, un milieu où il fait bon vivre, des mœurs civilisées, une gouvernance efficace et une vie aisée étant l’exigence globale à remplir, nous établirons des systèmes, des mécanismes et des politiques en faveur du développement intégré ville-campagne, et accélérerons la modernisation de l’agriculture et des régions rurales. Nous consoliderons et améliorerons le système fondamental d’exploitation rurale, approfondirons la réforme du système agraire rural, et perfectionnerons le régime de séparation entre le droit de propriété, le droit de prise en charge forfaitaire et le droit d’exploitation des terres agricoles. Le droit forfaitaire devant être stabilisé et maintenu à long terme, les contrats signés pour la deuxième tranche de 30 ans et arrivés à échéance seront renouvelés pour une nouvelle durée. Nous approfondirons la réforme du système de propriété collective rurale pour garantir les droits de propriété aux paysans et renforcer l’économie collective. La sécurité alimentaire fera l’objet d’une garantie renforcée, afin que les Chinois aient toujours des réserves suffisantes à leur disposition. Nous allons construire un système industriel et un système de production et d’exploitation adaptés aux exigences de l’agriculture moderne, perfectionner le système de soutien et de protection agricoles, développer l’exploitation d’envergure adéquate sous diverses formes, former des exploitants agricoles de type nouveau, et améliorer le système de prestations sociales agricoles, afin de réaliser une parfaite association entre les foyers paysans et l’agriculture moderne. Nous favoriserons le développement intégré des secteurs primaire, secondaire et tertiaire, encouragerons et soutiendrons les paysans désireux de trouver un emploi ou de créer leur propre entreprise, et accroîtrons le revenu des paysans par de multiples moyens. Nous renforcerons le travail aux échelons de base, et améliorerons le système de gouvernance rurale, combinant l’autogestion, l’observation de la loi et le respect des convenances morales. Nous formerons des équipes de travail compétentes en agriculture, dévouées aux régions rurales et attachées au sort des paysans.

     

    4) Appliquer la stratégie de développement interrégional coordonné. Nous accroîtrons notre soutien pour accélérer le développement des anciennes bases révolutionnaires, des régions peuplées d’ethnies minoritaires, des régions frontalières et des régions démunies. Nous adopterons des mesures plus énergiques pour faire émerger une nouvelle configuration concernant la mise en valeur de l’Ouest de la Chine, approfondirons la réforme pour accélérer le redressement des anciennes bases industrielles du Nord-Est et d’autres régions chinoises, exploiterons les atouts du Centre du pays pour promouvoir son décollage, et ferons jouer davantage un rôle moteur à l’innovation pour réaliser en premier l’optimisation du développement de l’Est du territoire. Tout cela permettra d’instaurer un nouveau mécanisme de développement interrégional coordonné et plus efficace. Nous prendrons les conurbations comme principaux modèles d’aménagement urbain caractérisé par un développement coordonné des grandes, moyennes et petites villes, et des bourgs, et accélérerons la transformation d’anciennes populations agricoles en populations urbaines. Nous ferons progresser le développement coordonné de la zone Beijing-Tianjin-Hebei en commençant par la tâche clé qui consiste à déplacer hors de Beijing les fonctions qu’une capitale n’est pas obligée d’endosser, et construirons la nouvelle zone de Xiong’an selon une planification et des critères de haut niveau. Nous stimulerons le développement de la ceinture économique du Changjiang en veillant à conjuguer nos efforts pour sa protection au lieu de son exploitation à grande échelle. Nous soutiendrons la reconversion et la mise à niveau de l’économie des régions qui dépendent de leurs ressources naturelles. Nous accélérerons le développement des régions frontalières, sans jamais négliger leur stabilité et leur sécurité. Poursuivant la coordination de la mise en valeur des ressources terrestres et maritimes, nous accélérerons notre marche vers une puissance maritime.

     

    5) Accélérer le perfectionnement du système d’économie de marché socialiste. La réforme du système économique doit se fixer pour priorité le perfectionnement du système de propriété et l’allocation des facteurs de production en vertu des règles du marché pour réaliser une incitation efficace en faveur du droit de propriété, la libre circulation des facteurs de production, l’ajustement automatique et rapide des prix, la concurrence loyale et ordonnée, ainsi que la sélection par élimination des entreprises. Il faut perfectionner les divers systèmes de gestion des biens publics, réformer le système de licence d’exploitation des capitaux publics, accélérer l’optimisation de la répartition, la restructuration et la réorganisation stratégique de l’économie publique, favoriser la valorisation et la revalorisation optimales des biens publics, poursuivre les efforts pour que les capitaux publics gagnent en puissance, en ampleur et en performance, et prévenir efficacement la fuite des avoirs publics. Nous travaillerons à approfondir la réforme des entreprises d’État, à développer l’économie de propriété mixte et à créer des entreprises compétitives de niveau mondial. Nous mettrons en œuvre intégralement le système de la liste négative pour l’accès au marché, procéderons à l’examen ou l’abrogation des règlements et méthodes qui entravent la formation d’un marché unifié et la concurrence loyale, soutiendrons le développement des entreprises privées et stimulerons le dynamisme de toutes les catégories d’acteurs du marché. Nous approfondirons la réforme concernant la simplification des formalités d’enregistrement des entreprises industrielles et commerciales, mettrons fin au monopole administratif, préviendrons le monopole sur le marché, accélérerons la réforme visant à soumettre le prix des facteurs de production aux règles du marché, assouplirons les conditions d’accès au secteur des services et perfectionnerons le système de supervision du marché. Nous innoverons en perfectionnant le contrôle macroéconomique, ferons jouer un rôle d’orientation stratégique au plan de développement national, et perfectionnerons le mécanisme de coordination des politiques économiques d’ordre budgétaire, monétaire, sectoriel et régional. Nous améliorerons les différents systèmes et mécanismes favorables à la croissance de la consommation pour renforcer le rôle fondamental de la consommation dans le développement économique. Nous approfondirons la réforme du système d’investissement et de financement pour faire valoir le rôle décisif des investissements dans l’optimisation de la structure de l’offre. Nous accélérerons l’établissement d’un système moderne des finances, de manière à mettre en place des relations financières entre les instances centrales et locales caractérisées par une délimitation claire des pouvoirs et des responsabilités, une répartition coordonnée des ressources et l’équilibre interrégional. Nous travaillerons à établir un système budgétaire complet, standardisé, transparent, scientifique et véritablement contraignant, et à mettre en œuvre intégralement le régime d’évaluation des performances budgétaires. Nous approfondirons la réforme du régime fiscal pour améliorer le système fiscal local. Nous poursuivrons la réforme du système financier, de manière à renforcer la capacité de la finance à servir l’économie réelle, à augmenter la part des financements directs et à favoriser le développement sain du marché des capitaux à multiples niveaux. Nous parachèverons le cadre de contrôle basé sur la politique monétaire et la politique macroéconomique prudentielle, et approfondirons la réforme visant à soumettre le taux d’intérêt et le taux de change aux règles du marché. Enfin, nous améliorerons le système de supervision financière pour parer aux risques financiers systémiques.

     

    6) Promouvoir une nouvelle conjoncture d’ouverture tous azimuts. L’ouverture amène le progrès ; le repli sur soi conduit à la régression. La porte ouverte de la Chine ne se refermera pas, mais au contraire continuera à s’ouvrir encore davantage. Ayant comme priorité le projet « la Ceinture et la Route », nous devons combiner au mieux les deux volets de la stratégie, à savoir « introduire de l’étranger » et « sortir du pays » ; suivre fidèlement le principe de « consultations réciproques, d’engagement commun et de partage des fruits » ; et renforcer l’ouverture et la coopération en matière de capacités d’innovation, pour créer une situation caractérisée par une ouverture simultanée vers l’Est et l’Ouest aux interactions terre-mer. Nous étendrons le commerce extérieur, tout en encourageant l’émergence de nouvelles activités et de nouveaux modes de commerce pour faire de la Chine une puissance commerciale. Nous appliquerons la politique de libéralisation et de facilitation du commerce et de l’investissement de haut niveau, mettrons intégralement en œuvre la règle du traitement national dès la phase de pré-établissement et le système de la liste négative, assouplirons considérablement les conditions d’accès au marché, élargirons l’ouverture sur l’extérieur du secteur des services, et protègerons les droits et intérêts légitimes des entrepreneurs étrangers en matière d’investissement. Toute entreprise enregistrée en Chine sera traitée sur un pied d’égalité. Nous continuerons à optimiser les dispositions d’ouverture régionale et accroîtrons l’ouverture de l’Ouest de la Chine. Nous accorderons aux zones pilotes de libre-échange un plus grand pouvoir de décision concernant les réformes et étudierons la question de l’établissement de ports de libre-échange. Nous adopterons de nouveaux modes d’investissement à l’étranger, encouragerons la coopération internationale en matière de capacité de production, créerons des réseaux de commerce, d’investissement, de financement, de production et de services tournés vers le monde entier, et travaillerons à nous doter, dans les meilleurs délais, de nouveaux atouts dans la coopération et la concurrence économiques internationales.

     

    Camarades,

     

    Libérer et développer les forces productives sociales est une exigence essentielle du socialisme. Stimulons la créativité de toute la société,donnons un nouveau souffle au développement, et efforçons-nous de réaliser un développement de meilleure qualité, plus efficace, plus équitable et plus durable !

     

    VI. PARFAIRE LE SYSTÈME DE LA SOUVERAINETÉ POPULAIRE ET DÉVELOPPER LA DÉMOCRATIE SOCIALISTE

     

    La Chine est un État socialiste de dictature démocratique populaire, dirigé par la classe ouvrière et fondé sur l’alliance des ouvriers et des paysans. Tous les pouvoirs de l’État appartiennent au peuple. La démocratie socialiste chinoise est la démocratie la plus large, la plus réelle et la plus efficace pour préserver les intérêts fondamentaux du peuple. Développer la démocratie socialiste a pour but de traduire la volonté du peuple, de garantir ses droits et intérêts, de stimuler sa créativité, et de lui assurer par tout un système institutionnel le statut de maître du pays.

     

    Du point de vue de l’histoire, de la théorie ou de la pratique, la voie de développement politique socialiste aux caractéristiques chinoises est l’aboutissement logique de la lutte de longue haleine menée par le peuple chinois depuis les temps modernes. C’est aussi la condition nécessaire au maintien de la nature du Parti et à la poursuite de son objectif fondamental. Il n’existe pas, dans le monde, deux systèmes politiques parfaitement identiques. On ne doit pas juger d’une façon abstraite le régime politique d’un pays sans tenir compte de ses conditions sociales et politiques, ou de ses traditions historiques et culturelles, ni le vénérer comme absolument supérieur aux autres, ni transposer mécaniquement sur celui-ci le modèle politique d’un autre pays. Nous devons poursuivre sans relâche et développer sans cesse la démocratie socialiste chinoise ; promouvoir activement, mais méthodiquement, la réforme du système politique ; nous efforcer d’institutionnaliser, de normaliser et de régulariser la démocratie socialiste ; nous assurer de garantir le droit du peuple à gérer, en vertu de la loi, les affaires de l’État, ainsi que les activités économiques, culturelles et sociales par différents moyens et sous diverses formes, afin de consolider et de développer une situation politique caractérisée par le dynamisme, la stabilité et l’union.

     

    1) Veiller à une parfaite cohésion entre la direction du Parti, la souveraineté populaire et la gouvernance de l’État en vertu de la loi. La direction du Parti constitue la garantie fondamentale de la souveraineté populaire et de la gouvernance en vertu de la loi ; la souveraineté populaire est la nature même de la démocratie socialiste ; la gouvernance en vertu de la loi est le principal mode de gestion des affaires de l’État par le peuple sous la direction du Parti. Elles représentent trois aspects indivisibles de la grande pratique de la réalisation de la démocratie socialiste en Chine. Dans la vie politique chinoise, le Parti joue un rôle directeur. Il faut d’une part, renforcer la direction centralisée et unifiée du Parti, et d’autre part, soutenir l’Assemblée populaire, le gouvernement, la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC), la cour de justice et le parquet dans leurs efforts pour exercer leurs fonctions, engager des actions et jouer leur rôle conformément à la loi et aux règlements. Ces deux éléments sont cohérents. Il importe donc d’améliorer les modes de direction et de gouvernement du Parti pour garantir une gouvernance efficace de l’État par le peuple sous la direction du Parti ; il est nécessaire d’élargir la participation ordonnée du peuple aux affaires politiques pour lui garantir des droits de participation en vertu de la loi aux élections, aux consultations, à la prise de décisions, à la gestion et au contrôle démocratiques ; il faut défendre l’unité, l’inviolabilité et l’autorité de la loi, et renforcer la garantie légale des droits de l’homme, pour assurer au peuple la jouissance d’une large panoplie de droits et libertés accordés par la loi. Nous consoliderons les organes du pouvoir à la base ; parachèverons le système démocratique aux échelons de base ; et assurerons au peuple ses droits à l’information, à la participation, à l’expression et à la supervision. Nous perfectionnerons le mécanisme de prise de décisions en vertu de la loi et mettrons en place un mécanisme de fonctionnement des pouvoirs caractérisé par une prise de décisions scientifique, une application rigoureuse des décisions et un contrôle efficace des pouvoirs. Les cadres à tous les échelons doivent renforcer leur conscience démocratique, faire valoir l’esprit démocratique, se soumettre au contrôle du peuple et servir le peuple avec dévouement.

     

    2) Renforcer la garantie institutionnelle de la souveraineté populaire. Le système des assemblées populaires est un système politique fondamental garantissant l’unité organique entre la direction du Parti, la souveraineté populaire et la gouvernance de l’État en vertu de la loi. Il faut le maintenir pour longtemps et le perfectionner sans cesse. Il faut soutenir et garantir l’exercice du pouvoir de l’État par le peuple au moyen des assemblées populaires. Il faut faire jouer aux assemblées populaires et à leurs comités permanents leur rôle central dans le travail législatif ; perfectionner le système d’organisation et de travail des assemblées populaires ; soutenir et garantir l’exercice par les assemblées populaires des attributions de législation, de supervision, de prise de décisions, de nomination et de destitution des responsables conformément à la loi ; et mieux faire jouer leur rôle aux représentants des assemblées populaires, de sorte que les assemblées populaires à tous les échelons et leurs comités permanents deviennent des organes assumant pleinement les responsabilités qui leur sont confiées par la Constitution et les lois, et restent en contact étroit avec les masses populaires. Enfin, nous perfectionnerons la structuration des commissions spéciales des assemblées populaires, et optimiserons la composition des membres de leur comité permanent et de leurs commissions spéciales.

     

    3) Faire valoir le rôle important de la démocratie consultative socialiste. Se consulter quand un problème se pose, et solliciter les avis de tous quand il s’agit des affaires de tous représentent l’esprit de la démocratie populaire. La démocratie consultative est un moyen essentiel à la concrétisation de la direction du Parti, une forme d’expression unique et un atout maître de la démocratie socialiste chinoise. Nous devons promouvoir un large développement institutionnel, à plusieurs niveaux, de la démocratie consultative ; et devons encourager,de façon coordonnée, les consultations au sein des partis politiques, des assemblées populaires, des organes gouvernementaux, des organisations de la CCPPC, des groupements populaires et des organisations sociales, ainsi qu’aux échelons de base. Il faut renforcer l’édification institutionnelle de la démocratie consultative, établir des mécanismes globaux et procédures intégrales, ainsi que des moyens de réalisation, pour garantir au peuple un droit de participation large, durable et réel à la vie politique quotidienne.

     

    La CCPPC, système propre à la Chine, est un important canal et l’organe consultatif de la démocratie consultative socialiste. Elle doit axer ses activités sur les tâches centrales du Parti et de l’État, et les mener autour des deux thèmes que sont l’unité et la démocratie, pour traduire la démocratie consultative dans tout le processus des consultations politiques, du contrôle démocratique, de la participation à la vie politique et de la délibération des affaires de l’État. Elle doit enrichir le contenu et perfectionner les méthodes de consultation et de délibération des affaires de l’État, élargir les consensus et promouvoir l’unité. Elle doit renforcer son rôle dans le contrôle démocratique, avec un accent mis sur la supervision de la mise en œuvre des politiques majeures et des décisions importantes du Parti et de l’État. Il faut accroître la représentativité des différents groupes de la CCPPC et assurer une meilleure formation de ses membres.

     

    4) Approfondir la pratique de la gouvernance de l’État en vertu de la loi. La promotion intégrale de la gouvernance de l’État en vertu de la loi est une révolution profonde dans l’administration de l’État. Il faut promouvoir la primauté de la loi, légiférer de manière scientifique, assurer l’application rigoureuse de la loi, garantir l’équité judiciaire et faire respecter la loi par tous les citoyens. Afin de renforcer la direction unifiée pour la promotion de l’édification d’une Chine fondée sur les lois, un groupe dirigeant central chargé de la promotion intégrale de la gouvernance de l’État en vertu de la loi sera mis en place. Nous veillerons à l’application de la Constitution et au contrôle de son application, à faire progresser le travail d’examen de la constitutionnalité et à préserver l’autorité de la Constitution. Nous ferons en sorte que les lois soient édictées dans un esprit scientifique, dans le respect des procédures démocratiques et en vertu de la loi, pour que les bonnes lois favorisent le développement et garantissent la bonne gouvernance. Nous veillerons à édifier un gouvernement respectueux de la loi, à soumettre l’administration au régime légal, et à appliquer la loi de façon stricte, uniforme, équitable et adéquate. Nous approfondirons la réforme globale du système judiciaire et les réformes d’accompagnement, et mettrons en œuvre intégralement le système de responsabilité dans le travail judiciaire, pour permettre à la population de ressentir l’équité et la justice dans chaque affaire judiciaire. Nous redoublerons d’efforts pour assurer une large diffusion des connaissances juridiques parmi les Chinois, développer une culture légalitaire socialiste, et enraciner dans les esprits la primauté de la Constitution et des lois et l’égalité de tous devant la loi. Les organisations du Parti à tous les échelons et tous les membres du Parti doivent donner l’exemple en étudiant, en respectant et en observant la loi, et y recourir si besoin est. Aucune organisation ni aucun individu n’a le droit de se placer au-dessus de la Constitution et des lois, et personne ne doit substituer son autorité personnelle à celle de la loi, placer son pouvoir au-dessus de la loi, chercher des gains illicites, ni abuser de ses fonctions pour satisfaire ses intérêts personnels.

     

    5) Approfondir la réforme des institutions et du système administratif. Nous devons revoir selon une planification d’ensemble la structuration des différentes institutions, définir de façon scientifique les attributions des organismes du Parti et du gouvernement, les attributions de leurs organes internes, et préciser leurs responsabilités respectives ; mettre en valeur de manière coordonnée toutes les catégories d’effectifs pour établir un système de gestion scientifique et rationnel et parfaire les lois organiques des organismes d’État ; poursuivre la reconversion des fonctions gouvernementales, approfondir la décentralisation et la simplification administratives, et innover dans les méthodes de supervision, afin de renforcer la capacité d’exercice du pouvoir et la crédibilité du gouvernement, et de mettre en place un gouvernement au service du peuple et apprécié par celui-ci. Davantage de pouvoirs de décision seront attribués aux gouvernements provinciaux et à ceux des échelons inférieurs. Des recherches seront faites pour étudier la possibilité d’une fusion des organes du Parti et du gouvernement dont les attributions sont similaires aux niveaux des provinces, des municipalités et des districts, ou de l’intégration du personnel. Nous approfondirons la réforme des établissements d’intérêt public, qui verront leur vocation d’utilité publique renforcée, et nous ferons avancer cette réforme selon le principe suivant : séparer les établissements d’intérêt public de l’Administration, séparer ces établissements des entreprises qui en dépendent et séparer les fonctions administratives des fonctions exécutives.

     

    6) Consolider et développer le front uni patriotique. Le front uni est un atout majeur pour la réussite de la cause du Parti ; il sera maintenu encore pour une longue période. Nous devons porter haut levé le drapeau du patriotisme et du socialisme, garder toujours à l’esprit l’importance de la solidarité et de l’unité, et assurer une parfaite cohésion entre l’homogénéité et l’hétérogénéité, de manière à trouver le plus grand dénominateur commun et le plus grand des cercles concentriques ; maintenir le principe de coexistence à long terme, de contrôle mutuel, de sincérité réciproque et de communauté de destin pour le meilleur et pour le pire ; encourager un meilleur exercice des fonctions de participation au pouvoir de l’État des partis et groupements démocratiques, conformément aux exigences du socialisme à la chinoise ; appliquer sans réserve la politique ethnique du Parti, approfondir les campagnes d’éducation sur le thème de la solidarité et du progrès commun des ethnies, renforcer le sentiment d’appartenance à la nation chinoise et promouvoir les échanges et l’inspiration mutuelle entre les différentes ethnies chinoises, pour que toutes forment ensemble une nation étroitement unie comme les pépins d’une grenade et luttent ensemble pour réaliser la prospérité partagée et le développement commun. Nous appliquerons intégralement la politique fondamentale du Parti en matière d’affaires religieuses, veillerons à ce que les religions se conforment mieux aux réalités chinoises, et travaillerons activement à aider les religions à s’adapter à la société socialiste. Nous renforcerons notre travail auprès des intellectuels non communistes et mènerons à bien notre travail auprès des nouvelles couches sociales pour faire valoir leur rôle important dans la cause du socialisme à la chinoise. Nous établirons des relations de type nouveau entre les pouvoirs publics et les acteurs économiques caractérisées par la proximité et l’honnêteté, et travaillerons à assurer le développement sain de l’économie non publique et l’épanouissement de ses acteurs dans de bonnes conditions. Nous renforcerons nos liens et notre solidarité avec les Chinois d’outre-mer, avec les ressortissants chinois revenus dans leur patrie et leur famille, pour œuvrer ensemble au grand renouveau de la nation chinoise.

     

    Camarades,

     

    Le régime politique socialiste à la chinoise est une grande création de notre Parti et du peuple chinois. Nous avons totalement la confiance et la capacité de faire pleinement valoir les avantages et les caractéristiques de la démocratie socialiste chinoise et de contribuer, par la sagesse chinoise, au progrès de la civilisation humaine sur le plan politique.

     

    VII. RENFORCER LA CONFIANCE DANS NOTRE CULTURE ET FAVORISER L’ÉPANOUISSEMENT DE LA CULTURE SOCIALISTE

     

    La culture est l’âme d’un pays et d’une nation. Si la culture est florissante, le pays et la nation le seront aussi. Sans une confiance solide dans notre culture et sans une prospérité culturelle, le grand renouveau de la nation chinoise serait impossible. Aussi devons-nous poursuivre la voie du développement de la culture du socialisme à la chinoise et développer la créativité culturelle de toute la nation, afin de faire de la Chine une puissance culturelle socialiste.

     

    La culture socialiste chinoise, qui tire son origine de la brillante culture traditionnelle que la nation chinoise a forgée durant son histoire cinq fois millénaire, s’est développée avec la culture révolutionnaire et la culture socialiste avancée créées par le peuple chinois au cours de la révolution, de la construction et de la réforme du pays sous la direction du Parti, et s’est enracinée dans la grande pratique du socialisme à la chinoise. Développer la culture socialiste chinoise, c’est mettre en place, à la lumière du marxisme et dans le respect des valeurs de la culture chinoise, en tenant compte des réalités de la Chine contemporaine et des conditions de notre époque, une culture socialiste nationale, scientifique et populaire, orientée vers la modernisation, le monde extérieur et l’avenir, et promouvoir un développement coordonné des civilisations socialistes matérielle et spirituelle. Il faut également suivre les principes suivants : servir le peuple et le socialisme ; « que cent fleurs s’épanouissent, que cent écoles rivalisent » ; et réaliser une transformation créative et un développement innovant, pour assurer un nouveau rayonnement splendide de la culture chinoise.

     

    1) Maintenir fermement notre rôle directeur dans le travail idéologique. L’orientation et la voie du développement de la culture dépendent de l’idéologie. Nous devons faire progresser la sinisation et la popularisation du marxisme tout en l’adaptant à notre temps, et construire une idéologie socialiste dotée d’une puissante force de cohésion et d’orientation, afin d’unir le peuple sur le plan des idéaux, des convictions, des valeurs et de la moralité. Il faut renforcer l’arsenal théorique pour que la pensée du socialisme à la chinoise de la nouvelle ère soit enracinée dans les esprits. Il est aussi nécessaire d’approfondir l’étude et l’édification de la théorie marxiste, d’accélérer le développement de la philosophie et des sciences sociales à la chinoise, et de promouvoir la construction de think-tanks de type nouveau et aux caractéristiques chinoises. Nous continuerons à guider correctement l’opinion publique, attacherons une haute importance au renforcement et à l’innovation des moyens de diffusion, et augmenterons les capacités de communication et d’orientation, l’influence et la crédibilité des médias auprès du grand public. Nous travaillerons à enrichir et assainir les sites Internet et à mettre en place un système de gestion intégrée, afin de créer un cyberespace sain et propre. Il faut bien appliquer le système de responsabilité dans le travail idéologique ; renforcer la gestion et consolider nos positions ; et faire la distinction entre les questions de principes politiques, les questions de compréhension, et les questions d’ordre académique, afin de réagir et de lutter sans équivoque contre toutes les idées erronées.

     

    2) Cultiver et mettre en pratique les valeurs essentielles socialistes. Celles-ci reflètent parfaitement l’esprit de la Chine contemporaine et représentent l’aspiration commune du peuple chinois. Nous devons nous fixer l’objectif de former une nouvelle génération, capable de remplir la grande mission du renouveau de la nation chinoise ; renforcer l’éducation, la mise en pratique et la garantie institutionnelle des valeurs essentielles socialistes ; faire jouer le rôle d’orientation des valeurs essentielles socialistes dans l’éducation des citoyens, l’édification de la civilisation spirituelle, ainsi que dans la création et la diffusion des produits culturels ; faire en sorte que ces valeurs soient intégrées dans tous les aspects du développement social, que le peuple y adhère de bon cœur et qu’il les traduise dans son comportement quotidien. Il faut que toute la population soit mobilisée, que les cadres donnent l’exemple, et que la sensibilisation commence au niveau familial dès le plus jeune âge. Nous travaillerons à mettre pleinement en valeur les pensées, les conceptions, l’esprit humanitaire et les règles morales que recèle l’excellente culture traditionnelle chinoise, tout en innovant en fonction des exigences de notre époque, pour que la beauté éternelle de la culture chinoise rayonne sur notre époque.

     

    3) Renforcer l’édification morale et idéologique. Un peuple ferme dans ses convictions fait la force du pays et porte l’espoir de la nation. Nous devons élever la conscience idéologique, le niveau de moralité et la formation culturelle du peuple,ainsi que le degré de civilité de toute la société ; développer dans tout le pays l’éducation en matière d’idéaux et de convictions, mener en profondeur la campagne de sensibilisation au socialisme à la chinoise et au rêve chinois, faire rayonner l’esprit national et l’esprit de l’époque, et renforcer l’éducation au patriotisme, au collectivisme et au socialisme, de manière à ce que la population se forge une juste conception de l’histoire, de la nation, du pays et de la culture ; pousser en avant le projet d’éducation morale des citoyens, faire progresser l’éducation en matière de civilité, de déontologie professionnelle, de valeurs familiales et de qualités individuelles, et encourager dans la société les comportements qui incarnent la bonté et le progrès, ainsi que la piété filiale et la loyauté envers la patrie et le peuple ; renforcer et améliorer le travail politico-idéologique et développer en profondeur les activités de masse visant à construire une civilisation spirituelle ; faire rayonner l’esprit scientifique, populariser les connaissances scientifiques, faire évoluer les us et coutumes pour mettre à l’honneur les mœurs de notre époque et combattre l’action corrosive de la culture décadente et arriérée ; sensibiliser à l’honnêteté, institutionnaliser le bénévolat et renforcer le sens des responsabilités sociales, du respect des règles et du dévouement à la société.

     

    4) Faire prospérer la littérature et l’art socialistes. La littérature et l’art socialistes appartiennent au peuple. Il faut persister dans le principe consistant à accorder la place centrale au peuple dans la création littéraire et artistique,se frotter aux réalités et s’enraciner dans la vie du peuple pour créer des œuvres littéraires et artistiques dignes de notre époque. Pour la prospérité des créations littéraires et artistiques, il faut : veiller à une parfaite association entre la profondeur de la pensée, la virtuosité de l’art et la finesse du style ; encourager les œuvres inspirées de la vie réelle ; et offrir sans cesse au grand public des chefs-d’œuvre qui valorisent le Parti, la patrie, le peuple et des héros incarnant les valeurs socialistes. Il est important de développer la démocratie sur les plans académique et artistique, et d’encourager les œuvres originales et les créations littéraires et artistiques innovantes. La recherche de la hauteur d’esprit et du bon goût, ainsi que le sens de la responsabilité sont à encourager, tandis que les goûts vulgaires, vils et bas sont à combattre. Nous renforcerons la formation des écrivains et artistes afin de faire émerger un grand nombre d’illustres maîtres très respectés pour leur haute moralité et leurs compétences professionnelles, ainsi qu’un grand nombre de créateurs de haut niveau.

     

    5) Promouvoir la culture et l’industrie culturelle. Afin de répondre aux nouvelles aspirations du peuple à une vie meilleure, nous devons lui fournir une riche nourriture spirituelle. Pour ce faire, il nous faut approfondir la réforme du système culturel, tout en en perfectionnant les mécanismes de gestion, et accélérer la mise en place d’un système institutionnel qui associe l’efficacité sociale et l’efficacité économique en privilégiant la première. Nous veillerons à perfectionner le système de services culturels publics, à promouvoir la réalisation de projets culturels pour le bénéfice de tous, et à diversifier les activités culturelles de masse. Des efforts seront déployés pour le renforcement de la protection, de la mise en valeur et de la transmission du patrimoine culturel matériel et immatériel. Nous travaillerons à améliorer le système d’industrie et de marché culturels modernes, à mettre en œuvre des mécanismes de production et d’exploitation innovants, à perfectionner les mesures économiques en matière culturelle,et à développer de nouvelles branches d’activités culturelles. Nous généraliserons la pratique de l’exercice physique à une large échelle, accélérerons la construction d’une puissance sportive et ferons avancer les préparatifs des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de Beijing. Par ailleurs, nous intensifierons les échanges humains et culturels avec l’extérieur dans un esprit d’enrichissement mutuel et dans le respect des valeurs culturelles chinoises. Nous renforcerons nos capacités de communication internationale, notre but étant de savoir « raconter la Chine », c’est-à-dire, de présenter de manière exhaustive une Chine réelle et pluridimensionnelle. Le tout doit contribuer au renforcement du « soft power » culturel de notre pays.

     

    Camarades,

     

    Depuis sa création, notre Parti a joué un rôle de pionnier et de contributeur au progrès de la culture chinoise avancée ; il est aussi le continuateur et le promoteur de la brillante culture traditionnelle chinoise. Aujourd’hui, tous les communistes et le peuple chinois doivent et peuvent, j’en suis sûr, accomplir la nouvelle mission culturelle qui leur incombe, enrichir la culture chinoise par des apports créatifs et la faire progresser en suivant la marche de l’histoire.

     

    VIII. GARANTIR ET AMÉLIORER LES CONDITIONS DE VIE DE LA POPULATION, ET INNOVER POUR RENFORCER LA GOUVERNANCE SOCIALE

     

    Tous les membres du Parti doivent garder constamment à l’esprit que la question « qui servir » est la pierre de touche permettant de déterminer la nature d’un parti et d’un pouvoir. Guider le peuple vers une vie meilleure, tel est l’objectif que notre Parti poursuit inlassablement. Nous devons toujours placer les intérêts du peuple au-dessus de tout, garantir que les fruits de la réforme et du développement bénéficient davantage et plus équitablement à l’ensemble de la population, et avancer sans cesse vers l’enrichissement commun de tous.

     

    Pour garantir et améliorer la qualité de vie de la population, il faut, avant tout, concentrer nos efforts sur les problèmes qui touchent aux intérêts directs et réels de la population et qui sont au centre de ses préoccupations ; faire tout ce qui est possible, dans la mesure de nos capacités, et travailler année après année sans relâche pour résoudre un par un les problèmes rencontrés par la population. Nous devons agir en suivant le principe de « par tous et pour tous », observer le seuil à ne pas dépasser, mettre l’accent sur les domaines prioritaires, perfectionner le système institutionnel et orienter les anticipations de la population. Il faut aussi travailler à parfaire le réseau de services publics et à satisfaire les besoins essentiels de la population, de même que son aspiration croissante à une vie meilleure ; promouvoir sans cesse l’équité et la justice sociales ; mettre en place une gouvernance sociale efficace ; et assurer un meilleur ordre social, afin de procurer au peuple un sentiment de satisfaction, de bonheur et de sécurité qui soit plus fort, mieux garanti et plus durable.

     

    1) Développer en priorité l’éducation. Faire de la Chine une puissance en termes d’éducation est une œuvre fondamentale pour réaliser le grand renouveau de la nation chinoise. L’éducation doit rester l’une de nos priorités. Dans ce domaine, la réforme doit être approfondie et la modernisation poursuivie,en sorte que le peuple soit satisfait. Il faut appliquer intégralement la politique éducative du Parti ; accomplir la tâche fondamentale qui consiste à cultiver le sens moral tout en formant les compétences ; assurer le développement des élèves sous tous les rapports ; et garantir l’égalité des chances dans l’éducation, afin de former des bâtisseurs et des continuateurs du socialisme qui soient pleinement épanouis sur les plans moral, intellectuel, physique et esthétique. Nous favoriserons l’intégration de l’éducation obligatoire dans les villes et campagnes, en attachant une grande importance aux régions rurales ; mènerons à bien l’enseignement préscolaire, l’éducation spécialisée et la formation en ligne ; généraliserons le deuxième cycle de l’enseignement secondaire ; et nous efforcerons de garantir à chaque enfant l’égal accès à une éducation de qualité. Nous travaillerons à perfectionner le système de formation et d’enseignement professionnels, à approfondir l’intégration entre la production et l’enseignement, ainsi qu’à renforcer les partenariats entre les établissements d’enseignement et les entreprises. Des efforts seront engagés pour accélérer l’édification d’universités et de disciplines de premier rang, et réaliser un développement qualitatif de l’enseignement supérieur. Nous perfectionnerons le système d’aide financière aux élèves, et ferons en sorte que la grande majorité des nouveaux arrivants sur le marché du travail urbain et rural aient suivi le deuxième cycle de l’enseignement secondaire, et qu’une plus grande proportion d’entre eux aient suivi des études supérieures. La création d’écoles par différents acteurs sociaux sera encouragée et réglementée. Nous renforcerons la formation des enseignants sur le plan de la moralité et de l’éthique professionnelle pour faire émerger un corps enseignant hautement compétent, et renforcerons le sentiment de respect à l’égard des enseignants et de l’éducation au sein de la société. De plus, nous mènerons à bien la formation continue. Notre objectif est d’accélérer l’édification d’une société attachée à l’étude et d’élever sensiblement les qualités des citoyens sur les plans moral et intellectuel.

     

    2) Augmenter la qualité de l’emploi et les revenus de la population. L’emploi est essentiel au bien-être de la population. Nous devons poursuivre la stratégie de priorité à l’emploi et la politique de création active d’emplois, afin de créer davantage d’emplois de meilleure qualité. Nous travaillerons à développer la formation professionnelle à grande échelle, à résoudre les problèmes structurels en matière d’emploi, et à stimuler l’emploi par la création d’entreprises. En proposant des services publics à tous les niveaux en faveur de l’emploi, nous multiplierons les possibilités d’emploi pour les travailleurs migrants et les jeunes, y compris les jeunes diplômés de l’enseignement supérieur, qui désirent trouver du travail ou créer leur propre entreprise. Les obstacles institutionnels à la mobilité de la main-d’œuvre et des talents dans la société seront levés, de manière à ce que chacun ait la chance de réussir dans la vie grâce à un travail laborieux. Afin d’établir des relations de travail harmonieuses, nous perfectionnerons les mécanismes de concertation et de coordination entre le gouvernement, les syndicats et les entreprises. Nous poursuivrons le principe de rémunération selon le travail fourni et améliorerons le mécanisme de rémunération en fonction des facteurs de production, en vue d’une répartition des revenus plus rationnelle et plus ordonnée. Nous encouragerons la population à s’enrichir par son labeur et dans le strict respect de la loi ; ferons en sorte qu’il y ait une augmentation du nombre de personnes ayant un revenu moyen ; augmenterons le revenu des personnes à faible revenu ; réajusterons les revenus excessivement élevés et supprimerons les gains illicites. Nous voulons réaliser la synchronisation de la croissance économique avec l’accroissement des revenus des habitants, ainsi que la synchronisation de l’amélioration de la productivité du travail avec une meilleure rémunération. Les canaux qui permettent aux habitants d’augmenter leurs revenus provenant du travail et de la propriété seront multipliés. Enfin, nous veillerons à ce que le gouvernement joue bien son rôle de régulateur dans la répartition des revenus, à accélérer l’homogénéisation des services publics fondamentaux, et à réduire l’écart entre les revenus.

     

    3) Renforcer l’édification du système de protection sociale. Conformément au principe de « garantir les moyens d’existence, consolider le socle de la protection et établir les mécanismes nécessaires », nous parachèverons la mise en place d’un système de protection sociale durable, à plusieurs niveaux et couvrant toute la population. Ce système sera marqué par l’harmonisation des règlements pour les populations urbaine et rurale, une définition claire des droits et des obligations, et une meilleure adaptation aux besoins réels. Toute la population sera inscrite à l’assurance sociale. Nous perfectionnerons le système d’assurance vieillesse de base des travailleurs urbains et celui des habitants urbains et ruraux, et réaliserons au plus tôt une gestion unifiée de l’assurance vieillesse au niveau national. Nous veillerons à parfaire le système unifié de l’assurance maladie de base et celui de l’assurance pour les maladies graves en faveur des habitants urbains et ruraux, ainsi que le système d’assurance chômage et le système de l’assurance contre les accidents du travail. Une plate-forme de services publics unifiée au niveau national pour l’assurance sociale sera mise en place. Les systèmes d’assistance sociale en ville et à la campagne seront harmonisés, et le système du minimum vital sera perfectionné. Nous poursuivrons la politique fondamentale de l’égalité des genres et protégerons les droits et intérêts légitimes des femmes et des enfants. Nous travaillerons aussi à parfaire les divers systèmes concernant l’assistance sociale, le bien-être social, les œuvres caritatives, les allocations aux militaires invalides, les allocations aux familles des militaires et des martyrs révolutionnaires, ainsi que la réinsertion des chômeurs ; à perfectionner les réseaux d’assistance aux enfants, aux femmes et aux personnes âgées des régions rurales, séparés de leurs parents ou de leurs proches partis travailler ailleurs. Nous développerons les œuvres sociales pour les personnes handicapées et améliorerons les services de rééducation en leur faveur. Conformément au principe dit « le logement, c’est pour habiter, pas pour spéculer », nous accélérerons la mise en place d’un système de logement caractérisé par la diversification des offres, la multiplication des garanties, et une importance égale accordée à l’achat et à la location, afin que chacun dispose d’un logement décent.

     

    4) Remporter la victoire finale dans la lutte contre la pauvreté. Faire entrer les populations et régions pauvres dans une société de moyenne aisance en même temps que l’ensemble du pays est un engagement solennel pris par notre Parti. Il faut mobiliser tout le Parti, tout le pays et toute la société, afin d’apporter une assistance ciblée aux démunis et de réaliser l’élimination ciblée de la pauvreté ; il faut agir suivant le mécanisme de travail dit « le gouvernement central se charge de la planification d’ensemble, les gouvernements provinciaux se chargent de la direction, et les gouvernements au niveau de la municipalité et du district se chargent de la mise en application », et respecter strictement le système de responsabilité des premiers responsables des organismes du Parti et du gouvernement ; il faut adopter une vision globale quant à la lutte contre la pauvreté, en renforçant la volonté de lutter et en améliorant le niveau d’éducation, approfondir la coopération entre les régions de l’Est et de l’Ouest de la Chine, et nous attaquer en priorité à la pauvreté dans les régions les plus démunies, afin de s’assurer que d’ici 2020 toutes les populations rurales démunies et tous les districts pauvres, définis selon les critères en vigueur dans notre pays, sortent de la pauvreté, et que le problème de la pauvreté régionale soit résolu. Il s’agit donc là d’une véritable lutte pour éliminer définitivement la pauvreté, sans trucage des chiffres.

     

    5) Mettre en œuvre la stratégie d’une « Chine saine ». La bonne santé du peuple est le signe essentiel de la prospérité de la nation et de la puissance de l’État. Nous devons perfectionner la politique de santé publique pour offrir des services de santé tous azimuts et couvrant tout au long de la vie. Il faut approfondir la réforme du système médical, pharmaceutique et sanitaire, pour mettre en place à l’échelle nationale un système de services médicaux et sanitaires de base à la chinoise, un système de protection médicale et un système de soins efficace et de qualité, ainsi qu’un système amélioré de gestion moderne des hôpitaux. Il faut, par ailleurs, améliorer le système de services médicaux et sanitaires aux échelons de base, et la formation de médecins pluridisciplinaires. Nous supprimerons dans tous les hôpitaux le financement supplémentaire des soins médicaux par les recettes des produits pharmaceutiques et poursuivrons nos efforts pour améliorer le mécanisme d’approvisionnement en produits pharmaceutiques. En accordant la priorité à la prévention, nous approfondirons le mouvement patriotique en faveur de l’hygiène, préconiserons des modes de vie à la fois sains et civilisés, et intensifierons la prévention et le contrôle des maladies graves. La stratégie de fiabilité des produits alimentaires sera poursuivie, afin d’offrir à la population des produits alimentaires dignes de confiance. Tout en accordant une importance égale à la médecine chinoise et à la médecine occidentale, nous nous attacherons à mettre en valeur et à développer la médecine et la pharmacie traditionnelles chinoises. Il faut encourager la création de services médicaux financés par des capitaux non publics et développer le secteur de la santé. Il convient de promouvoir la connexion entre la politique de natalité et des mesures économiques et sociales d’accompagnement, et d’approfondir la recherche stratégique sur le développement démographique. Pour faire face au vieillissement de la population, il faut développer toute une série de politiques et un environnement social qui encouragent le respect, l’aide et le soutien à l’égard des personnes âgées, et promouvoir la combinaison des services médicaux et sanitaires avec les services aux personnes âgées, de sorte à accélérer le développement des œuvres sociales et du secteur des services en faveur du troisième âge.

     

    6) Mettre en place une architecture de gouvernance sociale dite « synergie, concertation et partage ». L’édification institutionnelle de la gouvernance sociale sera renforcée, tout comme sera amélioré le régime de gouvernance sociale qui associe la direction des comités du Parti,la responsabilité assumée par le gouvernement, la synergie sociale, la participation du public et la garantie par la loi. Ainsi, verra-t-on une gouvernance sociale plus conforme à la loi, plus intelligente et plus spécialisée, avec la participation de tous les citoyens. Il faut perfectionner les mécanismes de prévention et de résolution des conflits sociaux, et traiter correctement les contradictions au sein du peuple. Il importe d’établir un concept de développement sûr, de valoriser le principe selon lequel « la vie est le bien le plus précieux et la sécurité l’emporte sur tout », et de parfaire le système de sécurité publique et le système de responsabilité s’agissant de la sécurité du travail,afin de freiner la multiplication des accidents graves ou extrêmement graves, et d’améliorer notre capacité de prévention et de réduction des calamités naturelles et de secours aux sinistrés. Par ailleurs, nous accélérerons la mise en place d’un système de prévention et de contrôle en matière d’ordre public, et punirons en vertu de la loi tous les délits et actes criminels tels que la pornographie, les jeux d’argent, la drogue, les activités des sociétés secrètes semblables à la maffia, l’enlèvement et le trafic de femmes et d’enfants, et les escroqueries, pour protéger les droits de la personne, les droits de propriété,et les droits de la personnalité. Nous perfectionnerons le système de services psychologiques sociaux, de manière à cultiver dans la société le respect de soi, la confiance en soi, la raison, la placidité et l’esprit d’entreprise. Nous renforcerons le système de gestion au niveau des quartiers d’habitation, en orientant la gestion sociale vers les échelons de base et en faisant valoir le rôle des organisations sociales, afin de favoriser le plus possible les interactions entre l’administration, la concertation sociale et l’autogestion des habitants.

     

    7) Assurer efficacement la sécurité nationale. Celle-ci est la pierre angulaire de la stabilité d’un pays. Défendre la sécurité nationale est dans l’intérêt fondamental du peuple chinois multiethnique. Il faut perfectionner la stratégie et les politiques en matière de sécurité nationale, défendre résolument la sécurité politique du pays et faire progresser de façon coordonnée toutes les activités relatives à la sûreté de l’État. Il convient d’améliorer le système de sécurité nationale en lui donnant un appui légal solide, et de développer nos capacités à prévenir et à combattre les risques en matière de sécurité. Nous redoublerons de vigilance et réprimerons fermement les actes d’infiltration, de subversion et de sabotage, les actes terroristes violents, les activités nationalistes séparatistes et les activités religieuses extrémistes. Nous nous efforcerons de renforcer l’éducation à la sécurité nationale et d’élever la conscience en la matière dans tout le Parti et toute la population, de manière à former dans toute la société une synergie puissante en faveur de la sauvegarde de la sécurité nationale.

     

    Camarades,

     

    Toutes les activités du Parti doivent avoir pour norme suprême les intérêts fondamentaux de la plus grande majorité de la population. Nous devons nous attacher à ce principe : considérer le moindre souci des masses populaires comme s’il s’agissait d’une affaire importante nous concernant, et agir là où les masses populaires ont des besoins, et là où nous pouvons les satisfaire, pour les conduire à une vie toujours meilleure.

     

    IX. ACCÉLÉRER LA RÉFORME EN FAVEUR DE LA CIVILISATION ÉCOLOGIQUE ET CONSTRUIRE UNE BELLE CHINE

     

    L’homme et la nature forment une communauté de vie. L’homme doit respecter la nature, vivre en conformité avec elle et la préserver. C’est en respectant les lois de la nature que l’homme évitera efficacement de s’engager dans une mauvaise voie en exploitant la nature, étant donné que les dommages causés à la nature par l’homme retomberont en fin de compte sur ce dernier ; c’est une loi inéluctable.

     

    La modernisation que nous voulons réaliser est une modernisation caractérisée par la coexistence harmonieuse entre l’homme et la nature, c’est-à-dire que nous voulons créer une plus grande richesse matérielle et spirituelle pour satisfaire l’aspiration croissante de la population à une vie meilleure. En même temps, nous voulons fournir davantage de produits écologiques de qualité pour satisfaire les exigences croissantes de la population pour un environnement écologique agréable. Nous suivrons fidèlement le principe de « priorités aux économies, à la protection et au renouvellement des ressources naturelles »,et travaillerons à développer une configuration spatiale, une structure industrielle, un mode de production et un mode de vie favorables aux économies des ressources et à la protection de l’environnement, afin de rendre à la nature sa tranquillité, son harmonie et sa beauté.

     

    1) Promouvoir le développement vert. À cette fin, il faut accélérer la mise en œuvre d’un système juridique et de mesures favorables à la production et la consommation vertes, ainsi qu’un système économique de développement vert, circulaire et à faible émission de carbone ; mettre en place un système d’innovation des technologies vertes basé sur les besoins du marché, développer la finance verte, l’industrie de l’environnement et des économies d’énergie, le secteur de la production non polluante et l’industrie d’énergie propre ; faire progresser la révolution dans la production et la consommation des énergies,de manière à mettre en place un système d’énergie propre, efficace, sûr et à faible émission de carbone ;réaliser l’économie tous azimuts des ressources et leur recyclage,lancer une campagne nationale pour économiser l’eau, réduire la consommation d’énergie et de matières premières, pour pousser en avant le lien entre la production et la vie quotidienne ; préconiser un mode de vie économe,simple et à faible émission de carbone,combattre le gaspillage, le goût du luxe et la consommation irrationnelle, et lancer une opération pour promouvoir une administration économe des ressources, les foyers verts, les écoles vertes et les quartiers d’habitation verts, ainsi que les modes de déplacement verts.

     

    2) Veiller à résoudre les problèmes saillants de l’environnement. Il faut suivre le principe de lutte concertée contre la pollution et du traitement à la source, poursuivre les actions de lutte contre la pollution de l’air, et remporter la guerre sans merci pour préserver un ciel bleu ; accélérer la lutte contre la pollution de l’eau, et adopter des méthodes concertées contre la pollution des bassins et des eaux littorales ; renforcer le contrôle de la pollution des sols et leur régénération, intensifier la prévention et la lutte contre la pollution diffuse de l’agriculture, et entreprendre l’aménagement des conditions d’habitat dans les campagnes ; renforcer le traitement des rejets solides et des déchets ; resserrer les normes d’émission de matières polluantes, mettre l’accent sur la responsabilité des pollueurs, et parfaire le système d’évaluation de la crédibilité en matière de protection de l’environnement,le système de publication obligatoire de l’information et le système de sanctions et d’amendes sévères s’agissant de la protection de l’environnement. Nous mettrons en place un système de gestion de l’environnement dirigé par le gouvernement, avec les entreprises comme acteurs principaux, et aussi la participation des organisations sociales et du public. Nous participerons activement à la gouvernance planétaire de l’environnement et honorerons nos engagements de réduction des émissions de carbone.

     

    3) Renforcer la protection de l’écosystème. Nous mettrons en œuvre des projets d’importance majeure pour la protection et la régénération des écosystèmes essentiels, optimiserons le système de barrières protectrices pour la préservation des écosystèmes,aménagerons des corridors écologiques, construirons des réseaux protecteurs de la biodiversité, et travaillerons à améliorer et à rendre plus résistant l’écosystème. Nous terminerons le travail de délimitation de la ligne rouge à ne pas franchir s’agissant de la protection des espaces écologiques, des terres agricoles de base à usage imprescriptible, et des lignes de démarcation des terrains destinés à la construction dans les villes et bourgs. Une grande campagne de reboisement sera lancée et des méthodes combinées seront adoptées pour lutter contre l’érosion des sols, la désertification et l’extension des déserts rocheux. La protection et la restauration des écosystèmes dans les zones humides seront intensifiées, ainsi que la lutte contre les catastrophes géologiques. Le régime de protection des forêts naturelles sera amélioré et davantage de terres abusivement défrichées seront reconverties en forêts et en prairies ;la protection des terres cultivées sera renforcée,les expériences pilotes de rotation des cultures et de jachère seront étendues, le système de maintien de l’état de repos pour les terres cultivées, les steppes, les forêts, les rivières et les lacs sera amélioré, et des mécanismes de compensation écologique diversifiés et conformes aux règles du marché seront mis en place.

     

    4) Innover dans le domaine du système de surveillance de l’écosystème. Il convient de renforcer la planification d’ensemble et l’organisation de l’édification de la civilisation écologique : établir des organes chargés de la gestion des biens publics liés aux ressources naturelles et de la surveillance de l’écosystème, améliorer le régime de gestion de l’écosystème, et exercer de façon unifiée les attributions des propriétaires des biens publics liés aux ressources, les attributions de gestion de l’utilisation du territoire national, de protection et de régénération de l’écosystème, les attributions de surveillance de toutes les émissions polluantes dans les villes comme dans les campagnes, et les attributions d’exécution de la loi par voie administrative. Nous poursuivrons la mise en œuvre des plans d’exploitation et de protection du territoire, perfectionnerons les mesures politiques d’accompagnement applicables dans les régions à fonctions spécifiques,et mettrons en place un système de protection des réserves naturelles, dont notamment les parcs nationaux. Tous les actes de sabotage de l’écosystème seront prohibés et sanctionnés.

     

    Camarades,

     

    Si c’est à nous qu’il revient d’accomplir l’édification de la civilisation écologique, ses effets bénéfiques profiteront aux générations successives de Chinois durant des siècles. Nous devons ancrer solidement l’idée de la civilisation écologique socialiste, créer une nouvelle situation de modernisation marquée par le développement harmonieux de l’homme et de la nature, et apporter les contributions de notre génération à la protection de l’écosystème.

     

    X. POURSUIVRE LA VOIE À LA CHINOISE DU RENFORCEMENT DE L’ARMÉE ET PROMOUVOIR INTÉGRALEMENT LA MODERNISATION DE LA DÉFENSE NATIONALE ET DE L’ARMÉE

     

    L’édification de la défense nationale et de l’armée se trouve désormais à un nouveau point de départ historique. Étant donné les profondes mutations de l’environnement sécuritaire national et pour répondre à l’exigence de notre époque d’édifier un État puissant avec une armée puissante, nous devons mettre en œuvre intégralement l’idée directrice du Parti relative à la montée en puissance de l’armée dans la nouvelle ère ; appliquer une stratégie militaire adaptée à la nouvelle situation, afin d’édifier une armée de terre, de mer et de l’air, des forces balistiques et des forces d’appui stratégique puissantes et modernes ; mettre sur pied des organes de commandement fermes et hautement efficaces pour des opérations interarmées menées au niveau des zones de commandement ; et mettre en place un système de combat moderne à la chinoise. Tout cela sert à bien assumer la mission et les tâches de la nouvelle ère que le Parti et le peuple ont confiées à notre armée.

     

    Pour suivre la tendance de développement de la nouvelle révolution militaire dans le monde et répondre aux besoins concernant la sécurité nationale, il faut assurer une meilleure performance et une plus grande efficacité de l’édification de l’armée. Dans ce but, il faut,d’ici 2020, réaliser pour l’essentiel sa mécanisation et enregistrer d’importants progrès dans l’informatisation et l’élévation de sa capacité stratégique. Pour suivre la progression de la modernisation du pays, il faut promouvoir la modernisation de la théorie militaire, de l’organisation militaire, du personnel militaire et de l’armement, de manière à réaliser pour l’essentiel la modernisation de la défense nationale et de l’armée en 2035, et faire de l’armée populaire une armée de premier ordre vers le milieu du siècle.

     

    Pour consolider l’édification du Parti au sein de l’armée, nous poursuivrons la campagne d’éducation sur le thème « transmettre les gènes révolutionnaires et assurer la mission du renforcement de l’armée ». Le système de distinctions honorifiques pour les militaires sera complété, notre but étant de former des militaires révolutionnaires compétents, courageux, vertueux et dignes de la nouvelle ère, et de maintenir pour toujours la nature, les objectifs et les qualités propres à une armée populaire. Nous continuerons à approfondir la réforme de la défense nationale et de l’armée. Nous poursuivrons les réformes organisationnelles et politiques de grande importance telles que la professionnalisation des officiers, la réorganisation du personnel civil et la refonte du service militaire. Nous pousserons en avant la révolution de la gestion militaire, perfectionnerons et développerons le système militaire socialiste à la chinoise. Nous devons ancrer dans les esprits l’idée selon laquelle les sciences et technologies font partie des éléments essentiels de la combativité, faire progresser les importantes innovations technologiques et les innovations autonomes,développer le système de formation du personnel militaire, et nous efforcer d’édifier une armée populaire innovante. Enfin, en assurant une administration rigoureuse de l’armée sur tous les plans, nous introduirons des changements radicaux dans son mode de gestion et nous élèverons le niveau de conformité à la loi de l’édification de la défense nationale et de l’armée.

     

    L’armée doit être prête aux combats. C’est pourquoi la combativité est un critère à appliquer dans toutes nos activités, et tout doit converger vers l’exigence de « savoir combattre et vaincre ». Il faut mener à bien la préparation aux combats dans toutes les directions stratégiques ; faire progresser de façon coordonnée la préparation aux combats dans les domaines sécuritaires traditionnels et ceux de type nouveau ; développer de nouveaux types de forces de combat et de soutien ; promouvoir des entraînements militaires simulant des guerres réelles ; faire valoir notre dispositif de frappe ; accélérer le développement militaire intelligent ; et améliorer nos capacités de combat transrégional et de combat interarmées qui s’appuient sur les réseaux informatiques. Nous devons faire preuve d’une grande efficacité pour orienter les évolutions, contrôler les crises, contenir les conflits et gagner les guerres.

     

    En veillant à réaliser une parfaite unité entre la prospérité de l’État et la puissance de l’armée, nous renforcerons la direction unifiée, la conception globalisée, les réformes et les innovations, ainsi que la mise en œuvre de projets d’importance majeure, et approfondirons la réforme dans les domaines des sciences, des technologies et des industries servant la défense nationale, afin de créer une structure de développement marquée par une profonde intégration militaro-civile, et de mettre en place un système stratégique national unifié et doté de capacités réelles. Nous améliorerons le système de mobilisation pour la défense nationale et développerons une défense frontalière, maritime et aérienne puissante, solide et moderne. Un organe de gestion et de protection des militaires démobilisés sera établi pour défendre les droits et intérêts légitimes des militaires et des membres de leur famille, de telle sorte que le métier de militaire soit un métier respecté de tous. Nous continuerons à approfondir la réforme des forces de police armée pour bâtir une police armée moderne.

     

    Camarades,

     

    Notre armée est une armée du peuple, et notre défense nationale, une défense assurée par notre peuple tout entier. Nous devons renforcer la sensibilisation à la défense nationale, resserrer l’unité entre l’armée et le gouvernement, tout comme la solidarité entre l’armée et le peuple,pour rassembler de puissantes énergies en vue de la réalisation du rêve chinois et du rêve de la montée en puissance de l’armée chinoise.

     

    XI. MAINTENIR LE PRINCIPE « UN PAYS, DEUX SYSTÈMES » ET PROMOUVOIR LA RÉUNIFICATION NATIONALE

     

    Après le retour de Hong Kong et de Macao dans le giron de la patrie, la mise en pratique du principe « un pays, deux systèmes » a été une grande réussite universellement reconnue. Les faits ont prouvé que ledit principe était la meilleure solution pour régler la question, léguée par l’histoire, de Hong Kong et de Macao, de même que le meilleur régime pour y maintenir la prospérité et la stabilité à long terme.

     

    Dans ce but, il faut appliquer dans leur intégralité et avec précision les principes dits « un pays, deux systèmes », « administration de Hong Kong par les Hongkongais », « administration de Macao par les Macanais », et le principe d’un haut degré d’autonomie. Il faut agir conformément à la Constitution et aux lois fondamentales qui régissent Hong Kong et Macao, et perfectionner le système et les mécanismes liés à l’application des lois fondamentales. Les chefs de l’exécutif, ainsi que les gouvernements de ces deux Régions administratives spéciales, bénéficieront de notre soutien dans leurs efforts en vue de gouverner en vertu de la loi. Ils devront prendre l’initiative d’unir et de guider les personnalités issues de divers milieux de Hong Kong et de Macao pour assurer le développement, promouvoir l’harmonie, garantir et améliorer le bien-être des habitants, faire progresser méthodiquement la démocratie, préserver la stabilité sociale et remplir leurs obligations de sauvegarde de la souveraineté et de la sécurité nationale, tout comme la sauvegarde des intérêts en matière de développement du pays, tel que le prévoit la Constitution.

     

    Le développement de Hong Kong et de Macao est étroitement lié au développement de la partie continentale. Nous soutiendrons leur intégration dans le plan national de développement : des efforts seront faits pour promouvoir la coopération mutuellement bénéfique entre la partie continentale et ces deux régions dans tous les domaines, mettant notamment l’accent sur le plan d’aménagement de la conurbation de la Baie Guangdong-Hong Kong-Macao, la coopération Guangdong-Hong Kong-Macao et la coopération dans le pan-delta du Zhujiang ; des mesures politiques seront adoptées en faveur des habitants de Hong Kong et de Macao qui souhaitent se développer dans la partie continentale.

     

    En persévérant dans les principes dits « administration de Hong Kong par les Hongkongais » et « administration de Macao par les Macanais », et avec les patriotes comme principaux acteurs, nous développerons à Hong Kong et à Macao des forces attachées à ces deux régions et à la patrie. Nous travaillerons à renforcer la conscience de l’État et l’esprit patriotique de nos compatriotes de ces deux régions pour qu’ils partagent, avec les autres Chinois, la responsabilité historique qu’est la réalisation du renouveau national, et tirent honneur du grand prestige de notre patrie prospère et puissante.

     

    Résoudre la question de Taiwan et réaliser la réunification complète de la patrie constituent tant un souhait commun de tous les Chinois qu’un enjeu pour les intérêts fondamentaux de la nation chinoise. En restant fidèles au principe de « réunification pacifique » et d' »un pays, deux systèmes », nous ferons progresser le développement pacifique des relations entre les deux rives du détroit et la réunification pacifique de la patrie.

     

    Le principe d’une seule Chine constitue la base politique des relations entre les deux rives. Le « Consensus de 1992 », en affirmant ce principe, définit clairement la nature de ces relations et constitue ainsi la clé de leur développement pacifique. En reconnaissant le « Consensus de 1992 », qui est un fait historique, et l’appartenance des deux rives à une seule Chine, les deux parties pourront entamer un dialogue et se consulter mutuellement pour régler les problèmes d’intérêt commun concernant les compatriotes des deux rives, tandis que tout parti politique et toute organisation de Taiwan pourront effectuer des échanges sans obstacle avec la partie continentale.

     

    Les compatriotes des deux rives sont des frères de sang naturellement liés ensemble et partagent de ce fait le même destin. En suivant l’idée que « de part et d’autre du détroit, il s’agit de la même famille », nous respecterons le régime social actuel de Taiwan et le mode de vie de ses habitants, et sommes disposés à partager d’abord avec eux nos opportunités de développement. Nous élargirons les échanges et la coopération dans les domaines économique et culturel entre les deux rives pour réaliser des bénéfices réciproques. Nous offrirons progressivement aux compatriotes taiwanais le même traitement que celui réservé aux habitants locaux pour vivre, étudier, travailler, ou créer une entreprise dans la partie continentale. Tout cela se fera dans le but d’améliorer le bien-être de nos compatriotes de Taiwan. De plus, nous invitons la population des deux rives à faire rayonner ensemble la culture chinoise pour promouvoir une communauté de cœur.

     

    Nous défendrons fermement la souveraineté et l’intégrité territoriale du pays, et ne tolérerons jamais que se répète la tragédie passée de la division du pays. Toute activité séparatiste sera résolument combattue par tous les Chinois. Nous avons la ferme volonté, la confiance totale et la capacité suffisante de mettre en échec les tentatives sécessionnistes visant à l' »indépendance de Taiwan », sous quelque forme que ce soit. Nous ne permettrons à aucune personne, à aucune organisation, ni à aucun parti politique de séparer une seule parcelle de terre de la Chine, à quelque moment et sous quelque forme que ce soit !

     

    Camarades,

     

    Réaliser le grand renouveau national est le rêve commun de tous les Chinois. Nous sommes convaincus que tous les descendants de Chinois, y compris nos compatriotes de Hong Kong, de Macao et de Taiwan, pourront créer ensemble un bel avenir en réalisant le grand renouveau de la nation, pourvu qu’ils suivent le cours de l’histoire, qu’ils assument conjointement leurs responsabilités envers la nation, et qu’ils prennent fermement en main le destin de la nation chinoise !

     

    XII. POURSUIVRE UNE VOIE DE DÉVELOPPEMENT PACIFIQUE ET FAIRE PROGRESSER LA CONSTRUCTION DE LA COMMUNAUTÉ DE DESTIN POUR L’HUMANITÉ

     

    Œuvrant pour le bien-être du peuple chinois et luttant pour le progrès de l’humanité, le PCC se dévoue toujours à sa mission d’apporter de nouvelles et plus grandes contributions à l’humanité.

     

    Portant haut levé l’étendard de la paix, du développement, de la coopération et du principe gagnant-gagnant, nous resterons fidèles à l’objectif de notre politique étrangère, à savoir, sauvegarder la paix mondiale et favoriser un développement commun. Nous sommes prêts à développer des relations d’amitié et de coopération avec les autres pays sur la base des Cinq principes de coexistence pacifique. Nous œuvrerons pour l’établissement d’un nouveau type de relations internationales basées sur le respect mutuel, l’équité et la justice, ainsi que la coopération et le principe gagnant-gagnant.

     

    Le monde traverse actuellement une période de grands développements, de profondes transformations et de vastes réajustements, mais la paix et le développement demeurent les deux thèmes majeurs de notre époque. La multipolarisation politique, la mondialisation économique, l’informatisation sociale et la diversification culturelle se développent en profondeur ; les mutations du système de gouvernance mondiale et de l’ordre international s’accélèrent ; les liens et l’interdépendance des États s’approfondissent chaque jour ; le rapport de force international tend à devenir plus équilibré, tandis que la paix et le développement constituent une tendance irréversible. En même temps, le monde est confronté à de sérieuses sources d’instabilités et d’incertitudes ; la croissance de l’économie mondiale reste atone ; le fossé entre les riches et les pauvres se creuse ; les points chauds régionaux se succèdent ; les questions du terrorisme, de la cybersécurité, des graves épidémies, du changement climatique et d’autres menaces de sécurité non conventionnelles continuent à s’étendre. L’humanité doit donc faire face à beaucoup de défis communs.

     

    Le monde où nous vivons est plein d’espoir et de défis. Nous ne devons pas abandonner nos rêves à cause de la complexité de la réalité, ni cesser la poursuite de nos idéaux parce qu’ils nous semblent trop loin à atteindre. Aucun pays n’est capable de répondre tout seul aux divers défis posés à l’humanité, de même qu’aucun pays ne peut se retirer sur une île déserte pour y vivre dans l’isolement.

     

    Nous appelons tous les peuples à unir leurs efforts pour bâtir une communauté de destin pour l’humanité, et construire un monde beau et propre, caractérisé par l’ouverture, l’inclusion, la paix durable, la sécurité globale et la prospérité commune. Ce qu’il nous faut, c’est le respect mutuel et des discussions d’égal à égal ; il faut abandonner résolument la mentalité de la guerre froide et la politique du plus fort, et suivre une nouvelle voie pour les relations entre États qui privilégie le dialogue et le partenariat, plutôt que les confrontations et les alliances. Il faut régler les différends par le dialogue et la discussion, coordonner les actions pour répondre aux menaces de sécurité conventionnelles et non conventionnelles, et lutter contre toute forme de terrorisme. Il faut œuvrer, dans un esprit de solidarité, pour la facilitation et la libéralisation du commerce et de l’investissement, et faire évoluer la mondialisation économique dans le sens d’une plus grande ouverture, de l’inclusion, de l’universalité, de l’équilibre et du principe gagnant-gagnant. Il faut respecter la diversité des civilisations : transcender les malentendus par les échanges entre civilisations ; les conflits, par leur inspiration réciproque ; et la supériorité d’une quelconque civilisation, par la coexistence de toutes. Enfin, il faut édifier une société respectueuse de l’environnement et coopérer pour faire face au changement climatique, afin de préserver la Terre, notre foyer unique.

     

    Poursuivant indéfectiblement une politique extérieure d’indépendance et de paix, la Chine respectera le droit des peuples à choisir en toute indépendance leur voie de développement, défendra l’équité et la justice internationales, et s’opposera à ce que l’on s’ingère dans les affaires intérieures d’autrui, que l’on impose sa volonté aux autres, et que l’on abuse de sa puissance. La Chine ne cherchera pas à se développer au détriment des intérêts d’autres pays, ni ne renoncera à ses propres droits et intérêts légitimes. Personne ne doit s’attendre à ce que la Chine avale des couleuvres au détriment de ses intérêts. Fidèle à sa politique de défense nationale à caractère défensif, elle ne sera jamais une menace pour qui que ce soit. Et quel que soit le degré de développement qu’elle aura atteint, la Chine ne recherchera jamais l’hégémonie ni l’expansion.

     

    Afin d’établir un réseau mondial de partenariats, la Chine veillera à élargir la convergence d’intérêts avec les autres pays, et promouvra la coordination et la coopération entre les grands pays en contribuant à l’établissement d’un cadre de relations globalement stables et équilibrées entre eux. En appliquant le principe dit « amitié, sincérité, réciprocité et inclusion », et la politique diplomatique de bon voisinage et de partenariat avec ses voisins, la Chine développera en profondeur ses relations avec eux. Persévérant dans la juste conception de la justice et des intérêts, et dans le principe dit « sincérité, pragmatisme, amitié et franchise », la Chine renforcera la solidarité et la coopération avec les autres pays en développement. Enfin, elle intensifiera les échanges et la coopération avec des partis et des organisations politiques de tous les pays, en particulier les échanges avec l’extérieur de l’Assemblée populaire, de la CCPPC, de l’armée, des collectivités locales et des organisations populaires.

     

    Persévérant dans sa politique fondamentale d’ouverture, la Chine continuera à ouvrir sa porte pour se développer, et fera une promotion active de la coopération internationale dans le cadre du projet « la Ceinture et la Route », en créant de nouvelles plate-formes de coopération internationale et de nouveaux moteurs de développement commun, dans le but de réaliser la coordination en matière de politique, l’interconnexion des infrastructures, la facilité du commerce, l’intégration financière et la compréhension mutuelle entre les peuples. La Chine accroîtra ses aides aux autres pays en développement, en particulier aux pays les moins développés, pour diminuer l’écart entre le Nord et le Sud. Par ailleurs, elle soutiendra le système commercial multilatéral et la création de zones de libre-échange pour contribuer au développement d’une économie mondiale ouverte.

     

    Fidèle à la conception de gouvernance mondiale dite « concertation, synergie et partage », la Chine préconise la démocratisation des relations internationales et l’égalité entre tous les pays, qu’ils soient grands ou petits, puissants ou faibles, riches ou pauvres. Elle se prononce pour un rôle actif des Nations Unies, ainsi que pour le renforcement de la représentation et l’extension du droit de parole des pays en développement dans les affaires internationales. La Chine continuera à jouer son rôle en tant que grand État responsable, participera activement à la réforme et au développement du système de gouvernance mondiale, pour y apporter continuellement la sagesse et la force chinoises.

     

    Camarades,

     

    Le destin du monde est entre les mains des peuples du monde, et l’avenir de l’humanité dépendra de leur choix. Le peuple chinois est disposé, de concert avec les autres peuples, à promouvoir la construction d’une communauté de destin pour l’humanité et à créer un bel avenir pour elle !

     

    XIII. ASSURER FERMEMENT L’APPLICATION INTÉGRALE D’UNE DISCIPLINE RIGOUREUSE AU SEIN DU PARTI ET ACCROÎTRE SANS CESSE LA CAPACITÉ DE GOUVERNANCE ET DE DIRECTION DU PARTI

     

    Le socialisme à la chinoise étant entré dans une nouvelle ère, il faut faire régner une nouvelle atmosphère dans notre Parti pour accomplir de nouveaux exploits. Comme on dit, « pour forger le fer, il faut soi-même être fort ». Si le Parti veut unir et conduire le peuple pour mener la grande lutte, faire progresser la grande cause et réaliser le grand rêve, il doit maintenir sans jamais faillir sa direction, tout en améliorant et renforçant résolument son édification pour devenir plus ferme et plus puissant.

     

    Faire régner une discipline rigoureuse au sein du Parti est une tâche qui est toujours d’actualité. L’avenir et le sort d’un parti politique ou d’un pouvoir politique dépendent en fin de compte du soutien du peuple. Nous devons prévenir et corriger sans hésitation tout ce qui suscite le mécontentement et l’opposition des masses populaires. Tout le Parti doit se rendre clairement compte que l’exercice de son pouvoir se trouve dans un environnement complexe et que les facteurs nuisant à son caractère avancé et à sa pureté le sont aussi. Les problèmes criants concernant l’impureté en matière d’idéologie, d’organisation et de style de travail n’ont pas été complètement résolus. Il faut prendre pleinement conscience de la longue durée et de la complexité des épreuves auxquelles fait face notre Parti, en particulier dans les domaines de l’exercice du pouvoir, de la réforme et l’ouverture, de l’économie de marché, et sur le plan extérieur. Il faut également se rendre compte de la gravité des dangers qui menacent notre Parti, à savoir le relâchement moral, l’incompétence, la coupure d’avec les masses,l’inaction et la corruption. Il faut, suivant le principe de « se focaliser sur les problèmes », maintenir notre stratégie contre vents et marées, et pousser toujours plus en profondeur la gestion globale et stricte du Parti.

     

    Les exigences globales de l’édification du Parti à la nouvelle ère sont les suivantes : il faut maintenir et renforcer la direction du Parti sur tous les plans, et renforcer le contrôle et la gestion du Parti de façon rigoureuse ; il faut faire progresser sur toute la ligne l’édification du Parti dans les domaines de la politique, de l’idéologie, de l’organisation, de la discipline et du style de travail, tout en veillant à ce que l’édification du Parti aille de pair avec le perfectionnement du système institutionnel — tout au long de ce processus, nous devons faire jouer un rôle directeur à l’édification politique, nous appuyer sur la réaffirmation de nos idéaux, de nos convictions et de nos objectifs, prendre comme fil conducteur l’amélioration de la capacité du Parti à exercer le pouvoir sur le long terme et à préserver son caractère avancé et sa pureté, et focaliser nos efforts sur la stimulation de l’enthousiasme, de l’esprit d’initiative et de la créativité de tout le Parti –; enfin, il faut approfondir la lutte anticorruption et améliorer continuellement la qualité de l’édification du Parti. Tout cela a pour but de faire de notre Parti un parti marxiste dynamique au pouvoir, toujours à l’avant-garde de son époque, soutenu de tout cœur par le peuple, capable de résister à toutes les épreuves, et qui a le courage de s’imposer une autorévolution.

     

    1) Donner la priorité à l’édification politique du Parti. Accorder toute la priorité à la fermeté sur les principes politiques est une exigence essentielle pour notre Parti, un parti marxiste. Jouant un rôle fondamental, l’édification politique détermine l’orientation et les effets de l’édification du Parti. Elle a pour tâche prioritaire de maintenir l’autorité du Comité central et sa direction centralisée et unifiée, de manière à assurer que tout le Parti se soumet au Comité central. Tous les membres du PCC doivent appliquer résolument la ligne politique du Parti, respecter rigoureusement sa discipline et ses règles de conduite politiques, et s’aligner strictement sur son Comité central quant aux positions, orientations, principes et voies politiques. Il faut respecter les statuts du Parti, appliquer rigoureusement les Principes de la vie politique au sein du Parti pour la nouvelle situation,de manière à renforcer son caractère politique, sa concordance avec l’époque, sa conformité aux principes et sa combativité. Il faut empêcher consciemment la corrosion de la vie du Partipar la loi de l’échange de marchandises, et travailler à créer un bon climat politique où l’intégrité règne. Il faut perfectionner et mettre en application les règles du centralisme démocratique, en combinant le centralisme basé sur la démocratie et la démocratie guidée par le centralisme, sans négliger ni l’un ni l’autre. Il s’agit non seulement de faire rayonner pleinement la démocratie, mais aussi d’assurer l’unité et la centralisation. Il faut mettre à l’honneur les valeurs telles que la fidélité, l’honnêteté, l’impartialité, l’esprit de justice, l’objectivité et l’intégrité ; prévenir et combattre fermement l’individualisme, la décentralisation excessive, le libéralisme, le particularisme et la complaisance ; lutter contre le sectarisme, la « culture du cercle » et les « mœurs de quai » ; s’opposer résolument à la pratique du double jeu et à l’homme à double face. Tous les membres du Parti, en particulier les cadres dirigeants supérieurs, doivent, tout en renforçant leur esprit du Parti et en améliorant sans cesse leur propre conscience et leurs compétences politiques, assumer leurs responsabilités politiques essentielles, à savoir, rester fidèles au Parti, partager ses soucis, accomplir les tâches qu’il leur confie et agir dans l’intérêt du peuple, de manière à conserver pour toujours les qualités politiques propres aux communistes.

     

    2) Armer tout le Parti grâce à la pensée du socialisme à la chinoise de la nouvelle ère. L’édification idéologique constitue un volet fondamental de l’édification du Parti. Rien n’est plus élevé que les idéaux révolutionnaires. L’idéal noble du communisme et l’idéal commun du socialisme à la chinoise sont le pilier moral et l’âme politique des communistes chinois, et constituent le fondement idéologique de la cohésion et de l’unité du Parti. Étant donné que le renforcement des idéaux et convictions est la tâche primordiale de l’édification idéologique du Parti, nous devons inciter tous les membres du Parti à garder constamment à l’esprit leurs objectifs, à raffermir le pilier moral propre aux communistes, et à bien régler la question de l' »interrupteur central » que sont les conceptions du monde, de la vie et des valeurs, pour qu’ils deviennent des partisans convaincus et des militants dévoués de l’idéal noble du communisme et de l’idéal commun du socialisme à la chinoise. Pour promouvoir le style d’étude marxiste, nous devons nous efforcer de régulariser et d’institutionnaliser l’éducation dite « deux études et une ligne d’action ». En outre, une campagne ayant pour thème « Rester fidèle à l’engagement initial et garder toujours à l’esprit la mission » sera lancée au sein du Parti, en particulier parmi les cadres dirigeants à l’échelon du chef de district et aux échelons au-dessus, pour que tous soient armés de la théorie innovante du Parti, et œuvrent plus consciencieusement et sans défaillance à l’accomplissement de la mission historique du Parti dans la nouvelle ère.

     

    3) Former un contingent de cadres hautement compétents et spécialisés. Les cadres du Parti demeurent les militants les plus résolus de la cause du Parti et de l’État. Fidèles au principe selon lequel il revient au Parti de gérer les cadres, nous devons choisir nos cadres en tenant compte à la fois de leurs qualités morales et de leurs compétences professionnelles — la priorité étant accordée aux qualités morales –, les nommer selon leurs mérites quelle que soit leur origine, et sélectionner ceux qui sont dévoués à la cause du Parti et font preuve d’impartialité et de loyauté. C’est ainsi que nous parviendrons à recruter de bons cadres. Nous maintiendrons fermement ce principe directeur correct pour la sélection et la nomination des cadres afin de créer une atmosphère saine dans ce domaine. En mettant l’accent sur les critères politiques, nous nous appliquerons à promouvoir et à nommer à des postes importants des cadres qui se montrent fermes concernant les « Quatre Consciences », qui ont une ferme confiance dans notre voie, notre théorie, notre régime et notre culture, qui défendent fermement l’autorité du Comité central du Parti, qui appliquent intégralement la théorie, la ligne, les principes et les mesures politiques du Parti, qui font preuve de dévouement et d’intégrité, et qui ont le courage d’assumer leurs responsabilités. Par ailleurs, il nous faut sélectionner des personnes de talent pour renforcer les équipes dirigeantes à tous les échelons. Nous travaillerons à améliorer la capacité et le professionnalisme de nos cadres pour les rendre plus aptes à répondre aux exigences de développement du socialisme à la chinoise de la nouvelle ère. Un grand effort doit être consenti dans la détection et la constitution d’une réserve de jeunes cadres. À cet effet, nous veillerons à les former et à les aguerrir aux échelons de base,aux premières lignes, et dans les endroits où les conditions sont particulièrement dures, afin de choisir et de nommer continuellement parmi eux des personnes de talent ayant fait leurs preuves dans la pratique. Nous organiserons de manière coordonnée la formation et la sélection de cadres parmi les femmes, les personnes issues d’ethnies minoritaires et les non-communistes, et mènerons à bien le travail relatif aux cadres retraités. En associant la rigueur et l’indulgence et en attachant une importance égale à l’incitation et à la contrainte, nous perfectionnerons le mécanisme d’évaluation des cadres, mettrons sur pied le mécanisme d’incitation et le mécanisme de tolérance et de rectification d’erreurs, défendrons et soutiendrons sans équivoque les cadres qui ont le courage de prendre leurs responsabilités et qui font preuve de diligence et d’intégrité. Les organisations du Parti à tous les niveaux doivent témoigner toute leur sollicitude à l’égard des cadres travaillant aux échelons de base, en prenant l’initiative de les aider à surmonter leurs difficultés et à résoudre leurs problèmes.

     

    Les talents sont des ressources stratégiques cruciales pour réaliser le renouveau de notre nation et nous assurer d’avoir l’initiative dans la concurrence internationale. Fidèles au principe de gestion des talents par le Parti, nous nous emploierons à rassembler des personnes compétentes venant des quatre coins du monde pour faire au plus tôt de la Chine une puissance renommée pour la qualité de ses ressources humaines. Pour ce faire, il nous faut appliquer une politique plus active, plus ouverte et plus efficace. Nous devons savoir détecter avec perspicacité les personnes de talent, les apprécier avec sincérité, faire preuve d’audace et de largeur d’esprit en leur confiant des responsabilités, et les rassembler par des moyens efficaces. C’est ainsi que nous serons en mesure de rallier le plus grand nombre possible de personnes compétentes, à l’intérieur comme à l’extérieur du Parti et du pays, pour les engager dans la grande lutte du Parti et du peuple. Nous encouragerons les personnes de talent à aller dans les régions pauvres reculées, les régions frontalières peuplées d’ethnies minoritaires et les anciennes bases révolutionnaires, à travailler aux échelons de base et à rester très près des masses. Tout cela a pour objectif de créer une situation favorable où chacun a le désir, la détermination, et la possibilité de devenir compétent, et peut exploiter pleinement ses talents, permettant ainsi l’épanouissement de la créativité et de l’intelligence de tous dans tous les domaines.

     

    4) Renforcer l’édification des organisations de base du Parti. Les organisations de base du Parti constituent la garantie même de l’application de la ligne, des principes, des mesures politiques, des décisions et des dispositions du Parti. Il faut donc faire en sorte que les organisations du Parti aux échelons de base — celles au sein des entreprises, des organes administratifs ruraux, des organismes d’État, des écoles, des établissements de recherche scientifique, des quartiers d’habitation, et des organisations sociales –, jouent un rôle de bastion dans la sensibilisation aux recommandations du Parti, l’application de ses décisions, la direction de la gouvernance à la base, le rassemblement et la mobilisation des masses, ainsi que la promotion de la réforme et du développement. L’accent sera mis sur l’amélioration de leur capacité d’organisation et le renforcement de leur rôle politique. Les cellules du Parti doivent bien remplir leurs fonctions consistant à éduquer, gérer et contrôler directement leurs membres, et à organiser, sensibiliser, rallier et servir les masses, tout en incitant leurs membres à jouer leur rôle d’avant-garde et de modèle. Pour remédier à l’affaiblissement, à la minimisation et à la marginalisation de certaines organisations de base du Parti, il convient de maintenir le système dit « trois séances et un cours », de promouvoir l’innovation en ce qui concerne leur structure et leurs formes d’activité, d’intensifier l’édification de leurs équipes dirigeantes, et de travailler à étendre leur couverture. Le Parti doit, en son sein, élargir la démocratie à la base et améliorer la transparence de ses activités, tout en maintenant ouvertes les voies par lesquelles ses adhérents peuvent participer à ses activités internes, surveiller ses organisations et ses cadres, et communiquer leurs opinions et leurs suggestions aux organisations de l’échelon supérieur. Le Parti doit veiller à recruter de nouveaux adhérents parmi les ouvriers, les jeunes paysans et les intellectuels de haut niveau, comme au sein des entités économiques non publiques et des organisations sociales. Il convient d’améliorer le mécanisme d’incitation, de solidarité et d’assistance au sein du Parti. Les organisations du Parti doivent faire en sorte que l’éducation et la gestion des adhérents soient mieux ciblées et plus efficaces, et que les sanctions envers ceux qui ne répondent pas aux critères du Parti soient appliquées de manière appropriée et coordonnée.

     

    5) Poursuivre les efforts pour améliorer le style de travail et faire régner une discipline rigoureuse. Issu du peuple, notre Parti s’enracine dans le peuple et est dévoué à son service. Dès qu’il est coupé du peuple, il perd toute sa vitalité. Pour améliorer son style de travail, notre Parti est tenu de maintenir ses liens de chair et de sang avec les masses populaires, d’être plus dévoué à leurs intérêts, de leur témoigner un attachement plus profond, et de consolider sans cesse son assise populaire dans l’exercice du pouvoir. Nous devons, avec tout le sérieux qui s’impose, résoudre les problèmes qui font l’objet des plus vives critiques de la part de la population, et corriger résolument tout comportement qui porte préjudice à ses intérêts. En faisant jouer un rôle exemplaire aux cadres supérieurs, nous consoliderons les résultats obtenus dans l’application des « Huit Recommandations » du Comité central, poursuivrons notre lutte contre les « quatre vices » et combattrons résolument toute mentalité de privilégié et toute recherche de privilèges. Avant tout, nous rendrons plus strictes la discipline politique et la discipline organisationnelle, de manière à resserrer ensuite les règles disciplinaires relatives à l’intégrité, aux relations avec les masses populaires, au travail, et à la vie privée. Fidèles à la pratique de la critique et de l’autocritique, et au principe dit « tirer la leçon du passé pour éviter de refaire les mêmes erreurs et guérir la maladie pour sauver l’homme », nous recourrons aux « quatre modalités » de surveillance et d’application de la discipline pour réagir tôt et vite contre toute déviation en étouffant le mal dans l’œuf. Nous renforcerons la surveillance, l’application de la discipline et la poursuite de la responsabilité, en conférant des attributions en matière de sanctions disciplinaires aux organisations du Parti chargées de la gestion des cadres. Nous intensifierons la sensibilisation au respect de la discipline et rendrons plus rigoureuse son application, afin que les cadres et les membres ordinaires du Parti sachent respecter les règles et craignent de les enfreindre, qu’ils agissent avec circonspection et dans les limites de la loi et de la discipline, et qu’ils se soumettent volontairement au contrôle et à la discipline.

     

    6) Remporter une victoire écrasante dans la lutte contre la corruption. Les masses populaires détestent au plus haut point la corruption, et celle-ci constitue la plus grande menace pour notre Parti. Nous devons persévérer dans la lutte anticorruption, en veillant à remédier tant aux symptômes qu’à la cause du mal et à assurer à la fois la probité des cadres, l’intégrité de l’administration et la clarté de la vie politique. En effet, c’est seulement ainsi que nous arriverons à contourner le cycle historique et à assurer la stabilité durable du Parti et de l’État. Étant donné la gravité et la complexité de la lutte anticorruption à l’heure actuelle, nous devons montrer une détermination inébranlable à maintenir l’effet dissuasif et répressif de cette lutte pour aboutir finalement à une victoire décisive. Il faut faire en sorte que la lutte anticorruption ne connaisse pas de tolérance, d’exception, ni de zone interdite. Il importe d’enrayer la propagation de la corruption, d’exercer une forte pression sur les personnes corrompues et de former une force de dissuasion durable. Il est impératif de poursuivre autant les coupables de corruption active que les coupables de corruption passive, et d’éviter à tout prix la formation de groupes d’intérêts au sein du Parti. Un système de tournée d’inspection sera introduit dans les comités du Parti aux échelons des municipalités et des districts, et de plus grands efforts seront consentis pour régler les problèmes de corruption portant directement atteinte aux intérêts des masses. Les corrompus, où qu’ils se cachent, seront poursuivis, arrêtés et traduits en justice. Il faut promouvoir l’élaboration de la législation nationale anticorruption et mettre en place une plate-forme de dénonciation couvrant le système de contrôle de la discipline et de supervision. Nous nous efforcerons de renforcer les mesures de dissuasion, de fortifier la « cage » institutionnelle qui empêche toute tentative de corruption, et de sensibiliser davantage au respect conscient de la discipline, de sorte que personne n’ose, ne puisse, ni ne veuille pratiquer la corruption. Bref, nous chercherons à créer, grâce à nos efforts inlassables, un univers où tout est clarté, ordre et justice.

     

    7) Perfectionner le système de contrôle du Parti et de l’État. Pour accroître la capacité d’autopurification du Parti, il faut, en dernière analyse, compter sur son contrôle interne et sa surveillance par la population. Il faut renforcer la limitation et la surveillance des pouvoirs, de sorte que le peuple surveille le pouvoir, et que ce dernier fonctionne en toute transparence tout en étant enfermé dans la « cage » des institutions. Il importe de renforcer le contrôle hiérarchisé, d’améliorer la surveillance démocratique de bas en haut, d’encourager le contrôle mutuel entre les cadres et les organisations de même échelon, et de renforcer la gestion et le contrôle quotidiens des cadres dirigeants communistes. Nous mènerons une profonde inspection politique en insistant sur son rôle dans la découverte de problèmes existants et dans la production d’effets dissuasifs, et en mettant en place un réseau de contrôle efficace grâce à l’interaction entre les tournées d’inspection aux échelons supérieurs et inférieurs. Nous approfondirons la réforme du système national de supervision en procédant à des essais à l’échelle nationale, et en installant des commissions de supervision aux niveaux national, provincial, municipal et de district, dont le personnel sera le même que dans les organes du Parti chargés du contrôle de la discipline. C’est ainsi que nous réaliserons une couverture totale de la supervision de tous les fonctionnaires qui exercent des pouvoirs publics. En élaborant une loi de supervision nous conférerons, conformément à la loi, autant d’attributions que de moyens d’enquête aux commissions de supervision, en substituant la garde à vue à la mesure dite « Lianggui » [mesure disciplinaire obligatoire prise à l’égard d’un cadre du Parti et exigeant de lui qu’il s’explique en temps et lieu fixés pour élucider un acte]. Il convient de réformer le mécanisme d’audit et d’améliorer le mécanisme de statistique. Afin d’augmenter la synergie des contrôles, nous instituerons un système de supervision hautement efficace et faisant autorité. Celui-ci couvrira tous les domaines, sera placé sous la direction unique du Parti, et associera le contrôle interne du Parti, la supervision par les organes d’État, la supervision démocratique, le contrôle judiciaire et la surveillance par les masses et l’opinion publique.

     

    8) Améliorer sur tous les plans les compétences à exercer le pouvoir. Pour diriger un grand pays socialiste comptant plus de 1,3 milliard d’habitants, notre Parti doit se doter à la fois d’une ferme position politique et de compétences hors du commun. Pour améliorer notre aptitude à apprendre, nous devons créer au sein du Parti une atmosphère où chacun est apte à apprendre et courageux dans la pratique, transformant ainsi le PCC en un parti marxiste en formation continue, et faisant de la Chine un pays attaché à l’étude. Pour améliorer notre aptitude à assurer la direction politique, nous devons nous doter de pensées stratégiques, novatrices, dialectiques et légalitaires. Nous devons penser à toutes les éventualités en envisageant le pire, définir de manière scientifique la ligne, les principes et les mesures politiques du Parti pour les appliquer sans défaillance, et faire pleinement jouer au Parti son rôle qui consiste à maîtriser la situation générale et à concilier les intérêts des diverses parties. Afin d’accroître notre aptitude à réformer et à innover, nous devons préserver notre esprit d’initiative et savoir faire avancer notre travail de manière créative, en tenant compte de la réalité et en recourant aux technologies d’Internet et à des moyens informatiques. En vue d’améliorer notre aptitude à assurer le développement dans un esprit scientifique, nous devons savoir appliquer le nouveau concept de développement et réaliser sans cesse de nouvelles avancées dans ce domaine. Pour améliorer notre aptitude à exercer le pouvoir dans le respect de la loi, nous devons établir un ensemble de règlements internes du Parti couvrant tous les aspects de sa direction et de son édification. Nous devons également renforcer et améliorer la direction du Parti sur les organes du pouvoir de l’État. Pour améliorer notre aptitude à mener à bien notre travail auprès des masses populaires, nous devons, en renouvelant les systèmes, mécanismes, modes et méthodes de travail en la matière, encourager les organisations et groupements de masse, tels que les syndicats, la Ligue de la jeunesse communiste et la Fédération des femmes, à renforcer leur caractère politique, avancé et populaire, à jouer leur rôle de courroie de transmission entre le Parti et les masses populaires, et à organiser et motiver celles-ci pour qu’elles suivent le Parti inébranlablement. Afin de renforcer notre aptitude à appliquer effectivement les politiques, nous devons toujours dire la vérité, élaborer des plans réalistes, prendre des mesures efficaces et chercher à obtenir des résultats substantiels. Nous devons aussi associer étroitement le style dit « aussitôt dit, aussitôt fait » à la persévérance opiniâtre, relever les défis redoutables et faire preuve d’esprit de ténacité comme si l’on enfonçait des clous, pour mener à bien toutes nos activités grâce à un travail solide et minutieux. Pour améliorer notre aptitude à maîtriser les risques, nous devons perfectionner les mécanismes de prévention et de contrôle dans tous les domaines, savoir traiter les contradictions complexes, avoir le courage de surmonter tous les obstacles qui se dressent sur notre chemin, et garder fermement l’initiative en toute circonstance.

     

    Camarades,

     

    Une grande cause ne peut se réaliser sans la direction d’un parti politique ferme. Pourvu que notre Parti mène à bien son édification en même temps que son renforcement, et qu’il reste toujours uni avec le peuple dans la pensée et dans l’action, il arrivera à conduire le navire portant le grand rêve du peuple chinois à bon port en dépassant le cap des temps difficiles.

     

    Camarades,

     

    La nation chinoise est une grande nation durement éprouvée, mais indomptable en toutes circonstances ; le peuple chinois est un grand peuple laborieux et courageux, qui n’a jamais cessé de faire des efforts pour progresser ; et le Parti communiste chinois est un grand parti qui ose combattre pour remporter la victoire. La roue de l’histoire tourne en progressant sans arrêt, tandis que le courant de notre époque est impétueux et irrésistible. L’histoire ne favorise que ceux qui ont une volonté ferme et vont vaillamment de l’avant contre vents et marées ; elle n’attend jamais les indécis, les paresseux et les lâches. Tous les membres du Parti doivent travailler dur pour réussir la nouvelle Longue Marche en persévérant dans la diligence et la sobriété, en se gardant de toute présomption et de toute précipitation, et en se saisissant du jour et de l’instant. Ils sont tenus de préserver consciencieusement la cohésion et l’unité du Parti, de maintenir les liens étroits avec les masses populaires, de cimenter la grande union de notre peuple multiethnique et de renforcer l’union de tous nos compatriotes résidant en Chine comme à l’étranger, d’unir toutes les forces susceptibles d’être unies et de conjuguer tous les efforts pour conduire notre pays vers un avenir radieux — le grand renouveau de la nation chinoise.

     

    Un pays est prospère quand sa jeunesse est prospère ; un pays est fort quand sa jeunesse l’est aussi. Lorsque notre jeunesse est dotée de fortes compétences, animée par de grands idéaux et par un sens élevé des responsabilités, le pays a un avenir, la nation a de l’espoir. Le grand renouveau de la nation chinoise est un rêve du passé, du présent et aussi de l’avenir. C’est l’idéal commun de notre génération, et surtout, de la jeunesse chinoise. Il finira par devenir réalité grâce aux efforts continus de plusieurs générations de jeunes. Tout le Parti doit entourer les jeunes d’attentions et de sollicitude, leur offrant une grande scène pour réussir leur vie. De leur côté, les jeunes doivent affermir leurs idéaux et convictions, nourrir de nobles ambitions, avancer d’un pas ferme et assuré, et se tenir à l’avant-garde de l’époque, de manière à donner libre cours à leurs rêves juvéniles tout au long de la réalisation du rêve chinois, et à inscrire des chapitres magnifiques dans leur combat sans relâche au service des intérêts du peuple.

     

    « Quand la Voie céleste prévaut, l’esprit public règne sur Terre. » Vivant sur cet immense territoire chinois de 9,6 millions de km2, puisant nos nutriments dans les richesses culturelles accumulées par la nation chinoise tout au long de quelque cinq mille années de lutte, dotés d’une force extraordinaire née de l’union de plus de 1,3 milliard de Chinois, nous bénéficions d’un vaste champ d’action, d’une solide assise historique et d’une fermeté inébranlable pour avancer sur la voie du socialisme à la chinoise. Nous appelons tout le Parti, ainsi que l’ensemble de notre peuple multiethnique, à s’unir étroitement autour du Comité central du Parti, à porter haut levé le grand drapeau du socialisme à la chinoise, à travailler dur dans un esprit d’entreprise, et à lutter sans relâche pour accomplir nos trois tâches historiques, à savoir le progrès de la modernisation, la réalisation de la réunification nationale, ainsi que la sauvegarde de la paix mondiale et la promotion du développement commun ; et pour remporter la victoire décisive de l’édification intégrale de la société de moyenne aisance, faire triompher le socialisme à la chinoise de la nouvelle ère, réaliser le rêve chinois du grand renouveau national et satisfaire l’aspiration du peuple à une vie toujours plus belle !

    Résolution du 19ème Congrès national du Parti communiste chinois sur le rapport du 18ème Comité central

     

    , par  communistes,
    Chine | pdf 
     
    Pierre Laurent, cité par la presse chinoise a cru pertinent de dire que le PCF et le PCC apprenaient l’un de l’autre...
    En ce qui concerne la coopération franco-chinoise, M. Laurent estime que les deux pays maintiendraient des relations étroites, alors que le PCF et le PCC continueraient à se respecter et apprendre l’un de l’autre.
    Franchement, je ne vois pas ce que le PCF, qui vient de perdre 1,2 million de voix sur 1,8 million aux législatives [1] peut bien apprendre au PCC, qui dirige le plus grand pays du monde... A part, peut-être comment il est possible qu’un parti communiste historique s’affaiblisse autant sans qu’aucun dirigeant ne commence la moindre autocritique... Autocritique, voila une question où Pierre Laurent a à apprendre effectivement du PCC.
    Pam
     
    Beijing, 24 octobre (Xinhua) — Voici le texte intégral de la Résolution du 19ème Congrès national du Parti communiste chinois sur le rapport du 18ème Comité central, adoptée mardi lors du 19ème Congrès national du PCC, qui vient de s’achever.

    Résolution du XIXème Congrès national du Parti communiste chinois sur le rapport d’activité du XVIIIème Comité central


    24 octobre 2017

    Le XIXème Congrès du Parti communiste chinois (PCC) approuve le rapport d’activité que le camarade Xi Jinping a présenté au nom du XVIIIème Comité central. En portant haut levé le grand drapeau du socialisme à la chinoise et en se guidant sur le marxisme-léninisme, la pensée de Mao Zedong, la théorie de Deng Xiaoping, la pensée importante de la « Triple Représentation », le concept de développement scientifique et la pensée de Xi Jinping sur le socialisme à la chinoise de la nouvelle ère, le Congrès a analysé les évolutions de la situation tant internationale que nationale, fait le bilan des tâches accomplies au cours des cinq années écoulées, ainsi que des transformations historiques opérées, et avancé une série d’importantes thèses politiques, dont l’entrée du socialisme à la chinoise dans une nouvelle ère et la transformation de la principale contradiction sociale en Chine en celle entre l’aspiration croissante de la population à une vie meilleure et le développement déséquilibré et insuffisant de la Chine ; il a expliqué de façon approfondie la mission historique du PCC à la nouvelle ère, affirmé le statut historique de la pensée de Xi Jinping sur le socialisme à la chinoise de la nouvelle ère, proposé la stratégie fondamentale pour le maintien et le développement du socialisme à la chinoise à la nouvelle ère, défini les objectifs visant à remporter la victoire décisive de l’édification intégrale de la société de moyenne aisance et à entamer dans tous les domaines la nouvelle marche pour l’édification d’un pays socialiste moderne, et arrêté un ensemble de dispositions pour faire progresser la grande cause du socialisme à la chinoise et la nouvelle grande œuvre de l’édification du Parti à la nouvelle ère. En dessinant un plan magnifique sur la victoire décisive de l’édification intégrale de la société de moyenne aisance et le triomphe du socialisme à la chinoise de la nouvelle ère, le rapport d’activité du XVIIIème Comité central, adopté par le présent Congrès, indique plus clairement la direction à suivre pour faire avancer la cause du Parti et de l’État. Né de la quintessence de la sagesse de tout le Parti et de tout notre peuple multiethnique, ce rapport constitue non seulement un document-programme marxiste, mais également une déclaration politique et un programme d’action permettant à notre Parti d’unir et de guider notre peuple multiethnique dans ses efforts pour maintenir et développer le socialisme à la chinoise à la nouvelle ère.
    Le Congrès estime que le thème exposé dans le rapport d’activité revêt une importance capitale pour notre Parti qui conduit le peuple à aller vaillamment de l’avant dans un esprit d’entreprise. Tout le Parti doit rester fidèle à l’engagement initial, garder constamment à l’esprit sa mission, et porter haut levé le grand drapeau du socialisme à la chinoise, pour remporter la victoire décisive de l’édification intégrale de la société de moyenne aisance, faire triompher le socialisme à la chinoise de la nouvelle ère, et lutter sans relâche pour réaliser le rêve chinois du grand renouveau de la nation.

    Le Congrès donne une haute appréciation de l’activité du XVIIIème Comité central. La période des cinq années qui s’est écoulée depuis le XVIIIème Congrès a été une période extraordinaire dans le processus de développement du Parti et de l’État, car, des succès historiques ont été obtenus dans l’œuvre de réforme, d’ouverture et de modernisation socialiste. Depuis cinq ans, grâce à un énorme courage politique et à un sens aigu des responsabilités, le Comité central du Parti avec le camarade Xi Jinping comme noyau dirigeant, a formulé une série de conceptions, pensées et stratégies nouvelles, adopté une série de principes et politiques majeurs accompagnés d’un train de mesures importantes, et accompli une série de tâches majeures. Cela nous a permis de réussir des tâches colossales et de surmonter bon nombre de difficultés que nous n’avions pas réussi à surmonter durant de très nombreuses années, de sorte que des transformations historiques se sont opérées dans la cause du Parti et de l’État. Animé d’un grand courage pour affronter les divers risques, les dures épreuves et les problèmes notables au sein du Parti, le Comité central avec le camarade Xi Jinping comme noyau dirigeant a fait preuve d’une volonté opiniâtre en rétablissant la discipline, en combattant la corruption et en punissant les coupables. Ainsi, les graves dangers latents au sein du Parti et de l’État ont été éliminés, la vie politique interne du Parti s’est renouvelée, le paysage politique du Parti s’est sensiblement amélioré, et sa force créatrice, sa cohésion et sa combativité se sont considérablement renforcées. De plus, l’unité du Parti s’est consolidée, les relations entre le Parti et les masses populaires se sont davantage resserrées, et le Parti est devenu plus ferme dans sa lutte révolutionnaire, tout en se dotant d’une nouvelle et puissante vitalité. Tout cela a fourni une solide garantie politique pour le développement de la cause du Parti et de l’État. Les résultats que nous avons obtenus depuis cinq ans dans tous les domaines ont une valeur pionnière, et les réformes réalisées depuis cinq ans se sont opérées à des niveaux plus profonds et revêtent un caractère fondamental.

    Le Congrès souligne que le socialisme à la chinoise, après avoir parcouru un long chemin, est entré dans une nouvelle ère, et au cours de son développement, un nouvel horizon historique s’est ouvert à notre pays. Avec l’entrée du socialisme à la chinoise dans la nouvelle ère, la principale contradiction dans la société chinoise s’est transformée en celle entre l’aspiration croissante de la population à une vie meilleure et le développement déséquilibré et insuffisant de la Chine. Cette transformation de la principale contradiction sociale en Chine est un changement historique touchant à la situation d’ensemble. Le Parti et l’État doivent donc agir en s’adaptant à de nombreuses nouvelles exigences qui en découlent. Il nous faut, en poursuivant nos efforts en faveur du développement, tout mettre en œuvre pour résoudre le problème lié à un développement déséquilibré et insuffisant, et améliorer sensiblement sa qualité et ses performances, de manière à satisfaire au mieux les besoins croissants de la population dans les domaines économique, politique, culturel, social et écologique, à encourager le plein épanouissement de l’homme, et à faire progresser la société dans tous les domaines.

    Le Congrès souligne : étant confronté à un grand défi de notre époque, celui de donner une réponse systématique aux questions de savoir quel type de socialisme à la chinoise doit-on maintenir et développer à la nouvelle ère et comment le maintenir et le développer, notre Parti a adopté une vision toute neuve pour approfondir ses connaissances sur les lois régissant l’exercice du pouvoir par les partis communistes, l’édification socialiste et l’évolution de la société humaine, et a continuellement effectué des recherches théoriques. D’importants résultats sur le plan de l’innovation théorique ont été obtenus, donnant ainsi naissance à la pensée de Xi Jinping sur le socialisme à la chinoise de la nouvelle ère. En tant que continuation et développement du marxisme-léninisme, de la pensée de Mao Zedong, de la théorie de Deng Xiaoping, de la pensée importante de la « Triple Représentation » et du concept de développement scientifique, cette pensée représente le dernier acquis de la sinisation du marxisme ainsi que la cristallisation de l’expérience et de la sagesse collective du Parti et du peuple. Elle est un élément essentiel du système théorique du socialisme à la chinoise, et un guide d’action pour tout le Parti et tout le peuple dans leurs efforts de réalisation du grand renouveau de la nation chinoise. Il faut perpétuer cette pensée tout en la développant.

    Le Congrès souligne : maintenir la direction du Parti dans toutes les activités, persévérer dans l’idée de la primauté du peuple, poursuivre l’approfondissement intégral de la réforme, maintenir le nouveau concept de développement, assurer le statut du peuple en tant que maître du pays, persévérer dans la promotion intégrale de la gouvernance de l’État en vertu de la loi, adhérer fermement aux valeurs essentielles socialistes, garantir et améliorer le bien-être social par le développement, persévérer dans la coexistence harmonieuse entre l’homme et la nature, adopter un concept global de sécurité nationale, maintenir la direction absolue du Parti sur l’armée populaire, rester fidèles au principe « un pays, deux systèmes » et favoriser l’unité nationale, promouvoir la construction d’une communauté de destin pour l’humanité, et continuer à faire régner une discipline rigoureuse dans les rangs du Parti, voilà 14 points qui composent la stratégie fondamentale pour le maintien et le développement du socialisme à la chinoise de la nouvelle ère. Tous les camarades du Parti sont tenus d’appliquer intégralement la théorie, la ligne et la stratégie fondamentales du Parti, pour mieux guider la progression de la cause du Parti et du peuple.

    Le Congrès indique que, jusqu’à 2020, nous nous trouverons dans l’étape décisive de l’édification intégrale de la société de moyenne aisance. Il nous faut donc, en conformité avec les exigences formulées par les XVIème, XVIIème et XVIIIème Congrès du Parti, mettre l’accent sur les domaines prioritaires, remédier à nos insuffisances, nous débarrasser de nos points faibles, et surtout, livrer la dure bataille pour parer aux risques majeurs, réaliser l’élimination ciblée de la pauvreté et maîtriser la pollution de l’environnement. Et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour que, le moment venu, le peuple chinois reconnaisse l’avènement de la société de moyenne aisance et que cette dernière résiste à l’épreuve de l’histoire.

    Le Congrès estime que la période qui sépare le XIXème du XXème Congrès du Parti constitue la charnière des objectifs des « deux centenaires ». Durant cette période, nous devons non seulement par achever l’édification intégrale de la société de moyenne aisance pour réaliser l’objectif du premier centenaire, mais également entreprendre, sur cette lancée, l’édification intégrale d’un pays socialiste moderne-nouvelle grande marche conduisant à la réalisation de l’objectif du deuxième centenaire. Après l’analyse de la conjoncture, tant extérieure qu’intérieure, et l’analyse des conditions de développement dont dispose notre pays, nous pouvons diviser en deux phases la période allant de 2020 au milieu du siècle pour prendre des dispositions : la première phase va de 2020 à 2035, phase pendant laquelle, partant de l’établissement de la société de moyenne aisance, nous poursuivrons nos efforts pour réaliser l’essentiel de la modernisation socialiste ; la deuxième phase va de 2035 au milieu du siècle, phase pendant laquelle nous allons, partant de la modernisation réalisée pour l’essentiel, poursuivre nos efforts pendant encore 15 ans pour transformer la Chine en un grand pays socialiste beau, moderne, prospère, puissant, démocratique, harmonieux et hautement civilisé.

    Le Congrès approuve les dispositions proposées dans le rapport d’activité concernant l’édification du socialisme sur les plans économique, politique, culturel, social et écologique. Il souligne qu’il faut appliquer le nouveau concept de développement et édifier un système économique moderne ; insister sur la primauté de la qualité et privilégier la rentabilité du développement ; prendre pour fil conducteur la réforme structurelle du côté de l’offre pour promouvoir un changement en matière de qualité, d’efficacité et de force motrice du développement économique ; accélérer l’instauration d’un système industriel où l’économie réelle, l’innovation scientifique et technique, la finance moderne et les ressources humaines se développent de façon coordonnée ; et construire un système économique caractérisé par la grande efficacité du rôle du marché, un dynamisme entrepreneurial des acteurs microéconomiques et un emploi à bon escient du macrocontrôle, notre but visé étant d’accroître sans cesse la capacité d’innovation et la compétitivité de notre économie. Il faut approfondir la réforme structurelle du côté de l’offre, accélérer l’édification d’un État innovant, appliquer la stratégie de redressement des régions rurales, mettre en œuvre la stratégie de développement interrégional coordonné, accélérer le perfectionnement du système d’économie de marché socialiste, promouvoir une nouvelle conjoncture d’ouverture tous azimuts, de manière à réaliser un développement de meilleure qualité, plus efficace, plus équitable et plus durable.

    Il importe de parfaire le système de la souveraineté populaire et de développer la démocratie socialiste. Dans ce but, nous devons veiller à une parfaite cohésion entre la direction du Parti, la souveraineté populaire et la gouvernance de l’État en vertu de la loi, renforcer la garantie institutionnelle de la souveraineté populaire, faire valoir le rôle important de la démocratie consultative socialiste, approfondir la pratique de la gouvernance de l’État en vertu de la loi, poursuivre en profondeur la réforme des institutions et du système administratif, renforcer et élargir le front uni patriotique, afin de consolider et de développer une situation politique caractérisée par le dynamisme, la stabilité et l’union. Il faut renforcer la confiance dans notre culture et favoriser l’épanouissement de la culture socialiste. À cette fin, il faut maintenir fermement notre rôle directeur dans le travail idéologique, cultiver et mettre en pratique les valeurs essentielles socialistes, renforcer l’édification morale et idéologique, faire prospérer la littérature et l’art socialistes, et promouvoir la culture et l’industrie culturelle, pour stimuler la créativité culturelle de toute la nation. Il faut garantir et améliorer les conditions de vie de la population et innover pour renforcer la gouvernance sociale. Dans ce but, il faut, avant tout, concentrer nos efforts sur les problèmes qui touchent aux intérêts directs et réels de la population et qui sont au centre de ses préoccupations : développer en priorité l’éducation, augmenter la qualité de l’emploi et les revenus de la population, renforcer l’édification du système de protection sociale, remporter la victoire finale dans la lutte contre la pauvreté, mettre en œuvre la stratégie de « Chine saine », mettre en place une architecture de gouvernance sociale dite « synergie, concertation et partage », et assurer efficacement la sécurité nationale, afin de procurer au peuple un sentiment de satisfaction, de bonheur et de sécurité qui soit plus fort, mieux garanti et plus durable. Il faut accélérer la réforme en faveur de la civilisation écologique et construire une belle Chine. À cet effet, il importe de promouvoir le développement vert, de veiller à résoudre les problèmes saillants de l’environnement, de renforcer la protection de l’écosystème, et d’innover dans le domaine du système de surveillance de l’écosystème pour créer une nouvelle situation de modernisation marquée par le développement harmonieux de l’homme et de la nature.

    Le Congrès souligne qu’étant donné les profondes mutations dans la situation sécuritaire nationale et pour répondre à l’exigence de notre époque d’édifier un État puissant avec une armée puissante, il faut poursuivre la voie à la chinoise du renforcement de l’armée : mettre en œuvre intégralement l’idée directrice de Xi Jinping sur la montée en puissance de l’armée, et appliquer une stratégie militaire adaptée à la nouvelle situation, afin d’édifier une armée de terre, de mer et de l’air, des forces balistiques et des forces d’appui stratégique puissantes et modernes ; mettre sur pied des organes de commandement fermes et hautement efficaces pour des opérations interarmées menées au niveau des zones de commandement ; et mettre en place un système de combat moderne à la chinoise, le tout pour promouvoir intégralement la modernisation de la défense nationale et de l’armée, et pour faire de l’armée populaire une armée de premier rang mondial.

    Le Congrès souligne : pour maintenir la prospérité et la stabilité à long terme de Hong Kong et de Macao, il faut appliquer dans leur intégralité et avec précision les principes dits « un pays, deux systèmes », « administration de Hong Kong par les Hongkongais », « administration de Macao par les Macanais », et celui d’un haut degré d’autonomie ; agir conformément à la Constitution et aux lois fondamentales qui régissent Hong Kong et Macao, de sorte que nos compatriotes de ces deux régions partagent, avec les autres Chinois, la responsabilité historique qu’est la réalisation du renouveau national, et tirent honneur du grand prestige de notre patrie prospère et puissante. Fidèles au principe de « réunification pacifique » et d’« un pays, deux systèmes », nous élargirons les échanges et la coopération dans les domaines économique et culturel entre les deux rives du détroit de Taiwan, tout en invitant la population des deux rives à faire rayonner ensemble la culture chinoise ; nous ferons progresser le développement pacifique des relations entre les deux rives du détroit et la réunification pacifique de la patrie, et nous ne permettrons à aucune personne, à aucune organisation, ni à aucun parti politique de séparer une seule parcelle de terre de la Chine, à quelque moment et sous quelque forme que ce soit.

    Le Congrès approuve l’analyse que le rapport d’activité a faite sur la situation internationale ainsi que les principes qu’il a formulés en ce qui concerne notre activité extérieure. Il souligne : la Chine poursuivra la voie de développement pacifique ; portant haut levé l’étendard de la paix, du développement, de la coopération et du gagnant-gagnant, elle restera fidèle à l’objectif de sa politique étrangère, à savoir, sauvegarder la paix mondiale et favoriser un développement commun ; elle est prête à développer des relations d’amitié et de coopération avec les autres pays sur la base des Cinq principes de coexistence pacifique ; elle promouvra activement la coopération internationale dans le cadre du projet « la Ceinture et la Route » ; elle participera activement, comme par le passé, à la réforme et au développement du système de gouvernance mondiale ; elle œuvrera pour l’établissement d’un nouveau type de relations internationales basées sur le respect mutuel, l’équité et la justice, ainsi que la coopération et le principe gagnant-gagnant ; elle apportera sa contribution à la création d’une communauté de destin pour l’humanité ; elle luttera, de concert avec les autres peuples, pour construire un monde beau et propre, caractérisé par l’ouverture, l’inclusion, la paix durable, la sécurité globale et la prospérité commune.Le Congrès souligne : comme on dit, pour forger le fer, il faut être fort soi-même. Si le Parti veut unir et conduire le peuple pour mener la grande lutte, faire progresser la grande cause et réaliser le grand rêve, il doit maintenir sans jamais faillir sa direction, tout en améliorant et renforçant résolument son édification pour se rendre plus ferme et plus puissant. Et les exigences globales de l’édification du Parti à la nouvelle ère sont les suivantes : il faut maintenir et renforcer la direction du Parti sur tous les plans, et intensifier le contrôle et la gestion du Parti de façon rigoureuse ; il faut faire progresser sur toute la ligne l’édification du Parti dans les domaines de la politique, de l’idéologie, de l’organisation, de la discipline et du style de travail, tout en veillant à ce que l’édification du Parti aille de pair avec le perfectionnement du système institutionnel -tout au long de ce processus, nous devons faire jouer un rôle directeur à l’édification politique, nous appuyer sur la réaffirmation de nos idéaux, de nos convictions et de nos objectifs, prendre comme fil conducteur l’amélioration de la capacité du Parti à exercer le pouvoir sur le long terme et à préserver son caractère avancé et sa pureté, et focaliser nos efforts sur la stimulation de l’enthousiasme, de l’esprit d’initiative et de la créativité de tout le Parti- ; enfin, il faut approfondir la lutte anticorruption et améliorer continuellement la qualité de l’édification du Parti. Tout cela a pour but de faire de notre Parti un parti marxiste dynamique au pouvoir, toujours à l’avant-garde de son époque, soutenu de tout cœur par le peuple, capable de résister à toutes les épreuves, et qui a le courage de s’imposer une autorévolution.

    Le Congrès souligne qu’il faut donner la priorité à l’édification politique du Parti. Tous les membres du Parti doivent renforcer la conscience politique, la conscience de l’intérêt général, la conscience du noyau dirigeant et la conscience de l’alignement ; maintenir l’autorité du Comité central et sa direction centralisée et unifiée ; appliquer résolument la ligne politique du Parti, respecter rigoureusement sa discipline et ses règles de conduite politiques, et s’aligner strictement sur le Comité central du Parti quant aux positions, orientations, principes et voies politiques.

    Le Congrès appelle tout le Parti, ainsi que l’ensemble de notre peuple multiethnique, à s’unir étroitement autour du Comité central du Parti avec le camarade Xi Jinping comme noyau dirigeant, à porter haut levé le grand drapeau du socialisme à la chinoise, à étudier et appliquer consciencieusement la pensée de Xi Jinping sur le socialisme à la chinoise de la nouvelle ère, à travailler dur dans un esprit d’entreprise, et à lutter sans relâche pour accomplir nos trois tâches historiques, à savoir, le progrès de la modernisation, la réalisation de la réunification nationale, ainsi que la sauvegarde de la paix mondiale et la promotion du développement commun ; et pour remporter la victoire décisive de l’édification intégrale de la société de moyenne aisance, faire triompher le socialisme à la chinoise de la nouvelle ère, réaliser le rêve chinois du grand renouveau national et satisfaire l’aspiration du peuple à une vie toujours plus belle !
     

    Voir en ligne : Sur le service de presse chinois

     

    [1] 615.487 en 2017, 1.793.192 en 2012

    Le président de la Banque mondiale félicite la Chine pour son combat contre la pauvreté

     

    19 Août 2017

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    La voie choisie par la Chine demeure encore une inconnue et pour l’éclairer il faut remonter aux débats qui ont lieu autour de la NEP, bien qu’ici l’enjeu ne soit déjà plus l’existence des koulaks et l’accumulation primitive sur l’agriculture. pour développer un état socialiste, mais le développement d’abord par la manufacture et de la une transformation totale de la structure productive du pays vers plus de valeur ajoutée. Pour cela, la Chine a besoin de la paix. Cette phase, à l’inverse de l’accumulation primitive du capital décrit par Marx ou de la phase néolibérale que nous connaissons, ne se ferait pas au profit de la classe bourgeoise, mais de l’Etat socialiste dont le plan permet une répartition de développement des plus pauvres.Ce qui apparaît est ce qu’on trouve déjà dans la NEP est une lutte constante entre gauche et droite, suspendus à l’existence  d’ un niveau international dominé par le marché au profit du capital. Il faut  considérer les résultats et ceux présentés ici sont fondamentaux pour juger de l’orientation réelle de la Chine et du rôle qu’elle joue par la masse de sa population.

     

    (note de Danielle Bleitrach)


    © Chine Nouvelle (Xinhua) – Huang Jian, le 18/08/2017 13:29
    Le président de la Banque mondiale Jim Yong Kim a félicité jeudi la Chine pour ses mesures de lutte contre la pauvreté, qui ont permis de sortir des « centaines de millions » de personnes de la misère.

    Beijing « s’est adapté aux nouvelles réalités » de notre temps pour mettre en oeuvre des politiques efficaces, a déclaré M. Kim, qui est arrivé jeudi à Buenos Aires pour une visite de deux jours afin de rencontrer le président argentin Mauricio Macri, avec qui il discutera du développement et des réformes économiques du pays.

    « Depuis 1990, près de 1,1 milliard de personnes à travers le monde sont sorties de la pauvreté. Des centaines de millions d’entre elles vivent en Chine, un pays qui s’est adapté aux nouvelles réalités du marché et a promu la croissance », a déclaré M. Kim lors d’une conférence de presse conjointe tenue à l’issue de sa réunion avec M. Macri au palais présidentiel argentin.

    Ces 30 dernières années, la Chine a mis en oeuvre des réformes et ouvert son économie, ce qui a permis de sortir 700 millions de personnes de la pauvreté. Ce chiffre représente plus de 70% de la baisse de la pauvreté dans le monde, selon un rapport annuel sur la lutte de la Chine contre la pauvreté publié en 2016 par l’Académie chinoise des sciences sociales et le Conseil des affaires d’Etat.

    La Chine comptait 10,2% de pauvres en 2012. En 2016, ce chiffre est passé à 4,5%. Depuis 2013, 55,64 millions de Chinois sont sortis de la pauvreté, selon le rapport.

    Les autorités chinoises visent à éliminer la pauvreté dans les zones rurales d’ici à 2020.

    Au cours de leur rencontre, MM. Kim et Macri ont discuté de la conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) qui se tiendra à Buenos Aires en décembre ainsi que de la présidence du G20 en 2018, qui sera assumée par l’Argentine à compter du 1er décembre.

    « L’Argentine avance vers une direction prometteuse. Elle a entrepris des réformes difficiles pour stabiliser l’économie, ouvert l’Argentine au monde et amélioré la transparence, entre autres », a déclaré M. Kim.

    « Ces réformes vont jeter les fondements qui permettront d’accroître durablement les investissements et la création d’emplois », a-t-il ajouté, estimant que l’Argentine « enregistrera une croissance de 2,7% cette année, ce qui constituera un progrès remarquable, en particulier en comparaison avec la contraction de l’année dernière ».