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Europe 2017

13 décembre 2017

Johannes Stern, Allemagne, la légitimation de la politique fasciste

 

« Les positions militaristes de l’AfD, indique Johannes Stern, recoupent celles du personnel dirigeant de l’État et de l’armée, et sont largement partagées par tous les partis au parlement. Dans son programme, l’AfD demande : « Compte tenu des menaces actuelles qui pèsent sur l’Europe et la nouvelle orientation géopolitique des États-Unis […] il faudrait que les forces armées soient de nouveau prêtes pour le combat ». Elles doivent être « réformées de manière à garantir leur disponibilité au combat dans les déploiements de la plus haute intensité. Pour cela, des changements structurels, humains et matériels complets sont essentiels ». Quelques jours avant le congrès de l’AfD, l’inspecteur général des forces armées allemandes a parlé en termes quasi identiques lors d’une table ronde... »

 

Reprenons la lecture de la présentation des évolutions politiques en Allemagne...

 

Michel Peyret


Le congrès de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) de la semaine dernière, le parti xénophobe et anti-immigration d’extrême droite, a marqué une nouvelle étape dans la légitimation de la politique fasciste en Allemagne. Sept décennies après la chute de la dictature hitlérienne, les médias allemands ont traité le congrès des fascistes comme un événement politique majeur et légitime, tandis que le président allemand Frank-Walter Steinmeier a fait étalage de son invitation à sa résidence officielle de deux dirigeants de l’AfD pour des négociations en vue d’une coalition.

 

Bien que l’aile droite au nationalisme extrémiste et völkisch de Björn Höcke ait dominé le Congrès, les médias et les politiciens de l’establishment ont critiqué l’AfD non pas pour son extrême militarisme et sa xénophobie, mais pour son manque d’unité.

 

Comme le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung se plaignait lundi, l’AfD affichait « un chaos embarrassant ». Et ceci-après que son groupe parlementaire se soit présenté comme « uni et politiquement capable ». Le Frankfurter Allgemeine Zeitung a exprimé une opinion similaire, se plaignant du fait que « non seulement les modérés, mais aussi les radicaux fussent simplement des observateurs d’un parti sans chef ». La chaîne d’information Phoenix a même diffusé le congrès en direct à la télévision et a commenté les disputes entre les différentes factions comme s’il s’agissait d’un match sportif.

 

Le congrès de l’AfD doit être pris avec le plus grand sérieux politique. L’AfD est un véhicule pour les forces d’extrême droite qui prônent les immondices longtemps considérées comme ayant été abandonnées en Allemagne : le racisme, le nationalisme völkisch et le militarisme. Alexander Gauland a été élu nouveau codirigeant du parti, un homme qui, pendant la campagne électorale, fédérale a loué « les réalisations des soldats allemands dans les deux guerres mondiales » et a demandé que le médiateur fédéral pour l’intégration, Aydan Özoguz, un Allemand d’origine turque, soit « éliminé » en étant envoyé vers la Turquie. Le professeur d’économie Jörg Meuthen a été confirmé dans son poste de chef du parti.

 

L’AfD sera donc dirigée par deux personnalités proches de « l’aile » d’extrême droite au sein du parti. Tous deux ont participé cette année à une réunion organisée par Höcke au Kyffhäuser, un monument de l’époque du Kaiser, qui dans les années 1920 est devenu un lieu de rencontre pour les nationalistes völkisch et plus tard les Nazis. En 2016, Höcke y a craché – en présence de Gauland et Meuthen – sa « furor Teutonicus » (fureur teutonique) et l’émergence d’une « nouvelle mythologie » pour le peuple allemand.

 

L’élection de Gauland est directement liée à une intervention de la faction Höcke. Pour bloquer l’élection du candidat « modéré », le chef de l’AfD de l’État à Berlin, Georg Pazderski, la faction de Höcke a proposé Doris Sayn-Wittgenstein dans l’élection. Porte-parole de l’AfD au Schleswig-Holstein, celle-ci a prononcé un discours provocateur, a fulminé contre les antifascistes et a défendu le Mouvement identitaire néo-nazi. Elle a non seulement ouvert la voie à Gauland, mais a été dans les traditions de sa classe, la haute noblesse allemande. Heinrich Prinz zu Sayn-Wittgenstein, un de ses ancêtres, était un officier hautement décoré de la Wehrmacht. Il participa, entre autres, à la guerre d’anéantissement contre l’Union soviétique.

 

C’est seulement parce qu’elles bénéficient du soutien de l’appareil d’État que les traditions et les cliques extrémistes et militaristes de droite qui, à deux reprises, ont conduit le monde à la catastrophe au cours du XXᵉ siècle, peuvent redresser la tête de manière aussi agressive. Le congrès de l’AfD a été sécurisé par une police lourdement armée, qui a aspergé des manifestants avec des canons à eau pendant que les délégués de l’AfD les encourageaient. « Rester ferme. Dans cet esprit, laissez jaillir l’eau ! Elle atteint toujours la cible », s’enthousiasma le juge de Dresde Jens Maier, affilié à l’AfD.

 

Au cours de la dernière semaine, le chef de l’État en personne, le Président Frank-Walter Steinmeier, a donné sa bénédiction au spectacle de la droite à Hanovre. Après une réunion avec Steinmeier au Palais de Bellevue, la dirigeante parlementaire de l’AfD, Alice Weidel, a tweeté : « Hier, Alexander Gauland et moi étions invités avec le président allemand Frank-Walter Steinmeier. En plus des discussions exploratoires sur la formation d’un gouvernement, le sujet était l’élection de notre exécutif fédéral à Hanovre. »

 

Ce n’est pas une simple coïncidence si Steinmeier, dans sa tentative d’installer un gouvernement de droite, fait l’éloge de l’AfD. Lorsqu’il était ministre des affaires étrangères, M. Steinmeier a proclamé la « fin de la retenue militaire » en 2014 et a été fortement impliqué dans le coup d’État de droite en Ukraine. Sous sa direction, le ministère des affaires étrangères a lancé un processus dit de révision afin de briser l’opposition populaire, profondément enracinée, au militarisme et à la guerre. Steinmeier a rédigé des documents de stratégie prônant la militarisation de l’Europe sous la direction allemande, et il s’est félicité dans une série de discours et d’articles du « nouveau rôle mondial de l’Allemagne ».

 

Les positions militaristes de l’AfD recoupent celles du personnel dirigeant de l’État et de l’armée, et sont largement partagées par tous les partis au parlement. Dans son programme, l’AfD demande : « Compte tenu des menaces actuelles qui pèsent sur l’Europe et la nouvelle orientation géopolitique des États-Unis […] il faudrait que les forces armées soient de nouveau prêtes pour le combat ». Elles doivent être « réformées de manière à garantir leur disponibilité au combat dans les déploiements de la plus haute intensité. Pour cela, des changements structurels, humains et matériels complets sont essentiels ». Quelques jours avant le congrès de l’AfD, l’inspecteur général des forces armées allemandes a parlé en termes quasi identiques lors d’une table ronde.

 

Le Sozialistische Gleichheitspartei – la section allemande du Comité international de la Quatrième Internationale – a analysé les motivations objectives du retour du militarisme allemand dès septembre 2014 dans une résolution où nous avions prévenu : « La propagande de l’après-guerre selon laquelle l’Allemagne avait tiré les leçons des terribles crimes des nazis, était « arrivée en Occident », avait adopté une politique étrangère pacifique et s’était développée en une démocratie stable s’est révélée être des mensonges. L’impérialisme allemand montre une fois de plus ses vraies couleurs telles qu’elles ont émergé historiquement, avec toute leur agressivité ici et à l’étranger ».

 

Ce pronostic est maintenant confirmé, soulignant l’urgence de la construction du SGP. Tous les autres partis – avec le Parti de gauche en tête – sont opposés à de nouvelles élections parce qu’ils craignent beaucoup plus un développement socialiste de la classe ouvrière que la montée de l’extrême droite. Le SGP est le seul parti qui s’oppose à cette folie. Nous appelons à de nouvelles élections pour construire une alternative socialiste au capitalisme, au fascisme et à la guerre.

 

(Article original allemand paru le 5 décembre 2017)

Posté par Michel Peyret 

Désormais l’Espagne sait que Puigdemont est l’agent russe Cipollino

 

12 Décembre 2017

19.11.2017

 

La ministre espagnole de la Défense María Dolores de Cospedal a appris, lors d’un entretien téléphonique avec son homologue letton, que Carles Puigdemont était bien un agent de Vladimir Poutine et que la crise catalane était donc orchestrée depuis la Russie. Quel dommage que la conversation ne soit qu’un canular des farceurs russes!

 

María Dolores de Cospedal, ministre espagnole de la Défense, a récemment reçu un coup de téléphone peu ordinaire. Un homme qui s’est présenté comme Raimonds Bergmanis, son homologue letton, a évoqué la «menace russe» et le rôle de la Russie dans la crise qui déchirait la Catalogne. La ministre a appris que le Président catalan destitué était un agent des services spéciaux russes connu sous le nom «Cipollino», si l’on veut croire les spécialistes russes du canular téléphonique, Vovan et Lexus.

 

«Puidgemont, je ne sais pas comment vous allez le traiter, mais il ne faut pas flirter avec lui car c’est une histoire dangereuse», a déclaré d’une voix grave le ministre letton. «Puigdemont travaille depuis longtemps pour le renseignement russe. Nous avons même appris son pseudo dans les services spéciaux, Cipollino», a-t-il prévenu Mme Caspedal.

 

Le faux ministre letton de la Défense a souligné qu’il fallait être vigilant et a d’ailleurs proposer d’aider Madrid, en déployant des unités lettones à Barcelone. Mme Caspedal a répondu vouloir en parler avec le chef du gouvernement et le Président Mariano Rajoy. Elle a demandé comment son interlocuteur a appris ces informations.

 

Le «ministre» a dit les avoir obtenues de «sources fiables», partiellement en Ukraine. Il a appelé à prévoir un scénario similaire que celui «dans le Donbass». La femme politique l’a remercié pour les importantes informations et a pointé la nécessité d’ouvrir les yeux de la société espagnole sur ce qui se passait en réalité.

 

«Je crois que vous n’avez jamais soupçonné le fait que Puigdemont était un agent pendant tout ce temps?»

 

«Non, non, nous ne nous en doutions pas exactement. Nous savions que quelque chose de cette sorte se passait, mais nous ne supposions pas qu’il existait des liens aussi étroits», a répondu Mme Caspedal.

 

De même, la «menace» croissante que présente la chaîne russe RT a été abordée. A la question de savoir si l’Espagne envisage d’interdire RT, la ministre a répondu par l’affirmative, mais n’a tout de même pas donné de précisions quant à des mesures concrètes.

 

Selon les farceurs, Mme Caspedal a ensuite compris que la conversation était un canular. Quelque temps plus tard sur sa page Twitter, elle a qualifié le dialogue de «très étrange» et a affirmé savoir maintenant «que c’étaient des Russes».

 

Les-crises.fr DT | 12 décembre 2017 à 5 h 00 min | Étiquettes : EspagneRussie | Catégories : GéoPolitique | URL : https://wp.me/p17qr1-Qgd

11 décembre 2017
Investig’Action, le capitalisme et la santé des travailleurs
 

« L’accélération, indique l'article de Investig’Action, de la productivité au milieu des années 90 partout dans l’OCDE et l’essor des nouvelles technologies ont totalement transformé le mode de production et les modes de management des entreprises. Tout va beaucoup plus vite, les rythmes s’accélèrent. Tout ceci a eu un impact très positif pour la compétitivité des entreprises. Mais avec le recul, on peut sans crainte de se tromper affirmer que cette transformation a eu un impact inversement très négatif pour le travailleur, voire catastrophique pour l’environnement... »

 

Reprenons la lecture de l'article de Investig'Action...

 

Michel Peyret


Jean-Jacques Lagarde : « Le capitalisme : ses objectifs pour quoi ?, pour qui ?, et les limites des "adoucisseurs" conquis dans son cadre.

 

Le mode de gestion dans l’entreprise, le mode de production et le mode de redistribution provoquent des altérations et une érosion catastrophique qui déminéralise l’homme tout comme son environnement.

 

C’est le paradoxe de notre société néolibérale (capitaliste) que de vouloir coûte que coûte une croissance infinie dans un monde constitué d’une biomasse, d’une biodiversité et d’une biomotricité qui ont leurs limites.


Motricité mutilée. Causes et conséquences de l’intensification des charges de travail

 

Qu’est-ce qui pousse à toujours vouloir produire plus et augmenter la cadence ?

 

Quelles sont les conséquences pour la santé du travailleur ?

 

Comment le concept d’obsolescence programmée prouve que ce monde marche sur sa tête ?

 

Dans ce troisième volet de son dossier consacré à la motricité mutilée, Carlos Perez, écologue du mouvement, se penche au chevet des travailleurs et de mère Nature.

 

Quelles sont exactement les causes de cette « insoutenabilité » et de cette hausse de pression sur l’empreinte écomotrice d’une part et sur les forces motrices soit les travailleurs, d’autre part ?

 

L’accélération de la productivité au milieu des années 90 partout dans l’OCDE et l’essor des nouvelles technologies ont totalement transformé le mode de production et les modes de management des entreprises. Tout va beaucoup plus vite, les rythmes s’accélèrent. Tout ceci a eu un impact très positif pour la compétitivité des entreprises. Mais avec le recul, on peut sans crainte de se tromper affirmer que cette transformation a eu un impact inversement très négatif pour le travailleur, voire catastrophique pour l’environnement.

 

Il n’est plus très compliqué de recouper les informations glanées dans les différents médias pour avoir une cartographie réaliste de la catastrophe de notre modèle dominant sur la santé psychomotrice des travailleurs.

 

Que disent les enquêtes à ce propos ?

 

L’intensification dans le monde du travail est de plus en plus insoutenable, c’est un véritable danger qui pèse sur les épaules des forces motrices.

 

Une étude de la direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES) relève ainsi : « L’intensification du travail, après avoir connu une pause lors de l’enquête 2005, reprend sa progression. En trente ans, la proportion de salariés dont le rythme de travail est déterminé simultanément par au moins trois contraintes est passée de 6 % en 1984 à 35,2 % en 2013. (…) Entre 2005 et 2013, pour les salariés en France métropolitaine, les contraintes de rythme de travail se sont accrues, au moment où les changements organisationnels se sont multipliés et où l’insécurité de l’emploi a beaucoup augmenté. C’est ce qui ressort de l’étude de la Dares, réalisée à partir de l’enquête Conditions de travail de 2005 et 2013 auprès d’un grand nombre d’actifs occupés (34 000). »

 

C’est donc tout un protocole d’évaluation et d’augmentation des compétences qui a été mis en place dans les entreprises pour accroître la charge, l’intensité et les rythmes de production des forces motrices. Globalement, tout s’accélère.

 

Les reportages, les articles et les livres ne manquent pas sur le sujet de l’intensité et l’insoutenabilité de ce nouveau modèle de production managériale ainsi que son manque d’humanité. Par exemple, les reportages suivants : Le travaille un monde sans pitié Le coût de l’excellence ou La révolution manageriale.

 

Tout doit s’accélérer. Il n’y a pas d’autres alternatives.

 

Se pose alors la question : pour quoi faire ?

 

On nous dit que le but de cette accélération est de préserver le cap de la compétitivité. Mais comment peut-on produire toujours plus, plus vite et plus longtemps, tout en préservant le bien-être et la santé des forces productives, le bonheur intérieur brut et la qualité de l’environnement ?

 

Le tout dans une croissance qu’on voudrait infinie ?

 

C’est le paradoxe insurmontable de la société néolibérale.

 

Ce paradoxe de la compétitivité permanente se retrouve dans la crise de surproduction que nous vivons. Et il s’illustre parfaitement à travers le concept d’obsolescence programmée. Cette technique est utilisée par des industriels qui proposent volontairement des produits dont la durée de vie est limitée et qu’on ne peut pas réparer.

 

Le but ?

 

Que le consommateur remplace son téléphone, sa machine à laver ou sa télévision le plus souvent possible.

 

Le problème n’est pas que nous manquons de tout. Nous avons trop de tout. Mais pour maintenir une croissance artificielle, nous inventons la destruction programmée de ce que nous produisons. Ce montage artificiel doit ainsi maintenir les forces motrices dans l’action et dans le cadre de production imposées par les idéologies dominantes.

 

Comme l’expliquait Marx, « c’est la nature de la production capitaliste de produire sans se préoccuper des limites du marché (…) Le marché s’étend plus lentement que la production (…) Vient un moment où le marché devient lui-même trop étroit pour la production. Cela se produit à la fin d’un cycle. Mais cela signifie simplement que le marché est saturé. La surproduction est manifeste. » (Marx, Théorie de la plus-value)

 

Lawrence Summers, ex-secrétaire au Trésor américain, prévient : « Les dangers auxquels fait face l’économie mondiale aujourd’hui sont plus importants qu’à l’époque de la faillite de Lehman Brothers, en 2008. C’est indiscutable. L’économie chinoise – qui représente 16 % de la production et 30 % de la croissance mondiale – continue de ralentir (à 6,9 % officiellement, mais nettement moins en réalité). Les exportations et les importations chinoises chutent depuis plusieurs mois. Les prix des marchandises baissent du fait d’une contraction de la demande. Ce sont les symptômes de ce que les marxistes appellent une crise de surproduction – ou de “surcapacité”, selon la formule des économistes bourgeois. Les forces productives – l’industrie, la technique et la science – étouffent dans les limites des Etat-nations et de la propriété privée des moyens de production. »

 

C’est la qu’intervient l’obsolescence programmée. Produire pour détruire. C’est ce que nous avons trouvé de mieux pour garder le cap de la productivité et de la croissance, une chimère qui se mord la queue. Produire toujours plus, plus vite et plus longtemps, pour tout détruire et tout recommencer.

 

Pour le travailleur, quels sont le sens et l’intérêt de ce modèle de production ?

 

Difficile de répondre, alors qu’émergent “les jobs à la con” : « Le sociologue Émile Durkheim avait prédit que la perte de normes et de repères serait le prochain mal du siècle. Au travail, cette tendance est assez symptomatique de notre époque. À l’été 2013, l’anthropologue américain David Graeber publiait une tribune qui avait eu l’effet d’une bombe, intitulée «Du phénomène des jobs à la con». Sa théorie : à cause des progrès technologiques,la société invente des rôles et produits des métiers inutiles. Il vise particulièrement les secteurs suivants : ressources humaines, management, conseil, finance, et une grande partie des emplois de bureau. L’anthropologue va plus loin. Selon lui, les salariés visés savent pertinemment que leur travail n’a aucun sens ou aucune utilité ».

 

Une perte de sens que pointe également,  les travaux de l’UCL: « Dans les évaluations, lorsque la quantité́ devient plus importante que la qualité́ et que disparaît toute délibération sur les critères d’un travail bien fait, les professionnels peuvent se voir dans l’obligation de bâcler leur travail. D’où le sentiment souvent exprimé d’une perte du sens du métier ».

 

Pour la force motrice ou « le travailleur », cela se traduit par une perte de sens de ce que font les mains et l’esprit. Le tout étant lié au processus d’intensification, le pouvoir de la mesure, les évaluations multiformes et la sélection. Tous tendus vers l’excellence.

 

Dans des entreprises dont les organigrammes deviennent indéchiffrables et dont les tâches et attributions sont maintenues dans le flou, le travailleur se sent impuissant et comme piégé dans un TGV sans frein où il na plus aucun contrôle.

 

Pour le travailleur, les résultats de cette configuration pleine de paradoxes et de contre-sens est que cette activité économique et productiviste bouleverse son empreinte écomotrice. Elle altère ses capacités de production au point de créer des catastrophes psychomotrices en masse. Selon l’OCDE, plus de 360.000.000 millions de personnes seraient touchées par la dépression dans les pays industrialisés. Les forces motrices, les travailleurs, ont l’impression de manquer de temps, de devoir s’adapter en permanence et de ne plus rien contrôler.

 

Compétitivité, position concurrentielle et restructuration constituent une triade, pierre angulaire de notre système de valeurs dominant. Ses résultats sont véritablement catastrophiques pour les travailleurs. Les traumatismes psychosociaux liés au monde du travail génèrent des pathologies lourdes.

 

L’agence européenne pour la sécurité et la santé au travail le pointe dans un rapport: « Les travaux de recherche menés sur plusieurs décennies mettent en évidence le lien existant entre les risques psychosociaux et le stress au travail ainsi que les conséquences négatives sur la santé, telles que les problèmes de santé mentale (dépression), les maladies cardiovasculaires, les troubles musculo-squelettiques et également, plus récemment, le diabète. Il n’est habituellement pas facile de déterminer dans quelle mesure le travail contribue au développement de ces effets négatifs, mais lorsque l’on étudie la charge financière du stress et des risques psychosociaux, il convient de tenir compte des coûts associés également à ces problèmes de santé. »

 

En mai 2016, la Fondation Travailleur autrement commentait un rapport de l’OIT : « A l’occasion de la journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail qui se déroulait le 28 avril, L’OIT (Organisation internationale du Travail) a publié un rapport sur les tendances mondiales du stress au travail et de son impact : 20 à 25 % des travailleurs seraient concernés. Dans «Stress au travail : un défi collectif», l’Organisation Internationale du Travail dresse un panorama mondial de la situation de stress lié au travail, sont ampleur et ses répercussions sur la santé des travailleurs.

 

Le rapport au travail et à l’entreprise connaît une mutation sans précédent. La mondialisation et la révolution numérique bouleversent les manières de travailler : nouvelles formes d’emploi, nouveaux modes d’organisation du travail ou encore nouvelles exigences (flexibilité, productivité accrue face à la concurrence internationale…). Dans un contexte marqué par la précarisation de l’emploi, avec un chômage important et une peur de perdre sont emploi, le travailleur évolue dans un environnement de plus en plus stressant. Toutes les professions sont affectées, tous les continents sont touchés. Le stress ne connait pas de frontières. »

 

Les conséquences sont importantes, et à plusieurs niveaux :

 

Stress au travail : Quatre Belges sur cinq souffrent du stress au travail titrait un article de la RTBF; au Royaume Unis en 2010-2011, le Bureau pour la Santé et la Sécurité (HSE,2010-2011) donnait une estimation prudente du coût du stress, de la dépression et de l’anxiété, à savoir 3,6 milliards de GBP;

 

En Australie d’après des statistiques de 2008-2009, Safe Work Australia (2012) a estimé que le stress psychologique lié au travail coûte à la société australienne 5,3 milliards de dollars australiens (AUD) par an. Ce chiffre inclut les coûts résultant des perturbations de la production et les coûts médicaux;

 

Au Canada, le coût annuel du stress au travail et des maladies liées au stress (y compris le coût des soins de santé mentale, des services sociaux et autres) pour la société a été estimé à 2,75 milliards de dollars canadiens (CAD) pour une faible prévalence du stress et à 8,25 milliards de CAD pour une prévalence plus élevée (Shain, 2008). De même, une estimation prudente du coût annuel pour les employeurs canadiens des maladies mentales liées au stress et de la perte de productivité s’établit à entre 222 millions et 2,75 milliards de CAD. La somme de ces chiffres a conduit les auteurs à estimer le coût total du stress lié au travail au Canada entre 2,9 et 11 milliards de CAD.

 

Aux États-Unis en 1987, Matteson et Ivancevich ont déterminé que le stress au travail coûtait 300 milliards de dollars américains (USD) à l’économie américaine. Ils ont considéré que l’économie américaine était constituée d’entreprises fictives employant chacune 1.000 personnes et ont calculé le coût de l’absentéisme lié au travail, de l’augmentation des effectifs, des contre-performances et des mauvais résultats ainsi que de la rotation de personnel dans les entreprises de cette taille. Ils ont ensuite constaté qu’en moyenne, le coût du stress par employé s’élevait à 2.270 USD. Ils ont ensuite multiplié ce chiffre par le nombre total de travailleurs américains de l’époque, soit 108 millions, et ont obtenu un coût annuel de 300 milliards d’USD.

 

La dépression : Sur le coût de la dépression en Europe, Sobocki et Al (2006) ont regroupé les données nationales et européennes de 28 pays européens afin d’évaluer le coût global de la dépression en Europe. En utilisant les données de prévalence sur une période d’un an, ils ont estimé qu’en 2014, le coût global de la dépression en Europe s’élevait à 118 milliards d’EUR, soit 1 % du PIB de l’Europe.

 

Maladies cardiovasculaires : Le coût des maladies cardiovasculaires peut également être lié au travail. Il s’agit des derniers résultats d’une méta-analyse (comportant la somme de plusieurs grandes études européennes) ayant porté sur plus de 200 000 personnes. En France, la cohorte Gazel a suivi, de 1989 à 2006, 20 000 agents EDF. Le but était d’établir le lien entre les contraintes au travail et l’incidence de la maladie coronaire. Chez les grands stressés, le risque d’infarctus s’est révélé augmenté de 23 %. Cela signifie que, sur les 100 000 infarctus annuels en France, 4 000 seraient imputables au stress au travail. En 2012, le rapport du Réseau européen du cœur (Nichols et al., 2012) s’est intéressé au coût global des MCV pour l’économie de l’Union européenne dans son ensemble et pour chaque État membre en particulier. Il a estimé le coût annuel des MCV pour l’économie de l’Union européenne à 196 milliards d’EUR en 2009.

 

Troubles musculo-squelettiques : A l’instar des systèmes de production qui les génèrent, les troubles musculo-squelettiques liés au travail se mondialisent. Tel est le constat établi à l’issue de la septième édition de Premus, congrès international sur les TMS liés au travail, qui s’est tenue à Angers (Maine-et-Loire), en fin d’été. Pendant cinq jours, le point a été fait sur les connaissances scientifiques les plus récentes portant sur la physiopathologie, l’épidémiologie et la prévention de ces pathologies, qui représentent la principale cause de maladies professionnelles dans le monde. Première cause de maladie professionnelle en France, les Troubles Musculo-Squelettiques (TMS) sont des douleurs articulaires provoquées par des gestes répétitifs.

 

Comment prévenir ces douleurs ?

 

Quelles sont les solutions pour améliorer les conditions de travail ?

 

Il est difficile d’estimer précisément le coût des TMS, selon cette étude, parce qu’il en existe une grande variété. Certains auteurs tentent de quantifier le coût des TMS en général, tandis que d’autres se concentrent sur un type de TMS, par exemple les douleurs lombaires ou l’arthrite (Parsons et al., 2001).

 

Au niveau de l’Union européenne, on estime que les coûts directs des TMS représentent jusqu’à 2 % du PIB; les douleurs lombaires chez les travailleurs européens coûte plus de 12 milliards d’EUR par an (Bevan et al., 2009) et l’arthrite rhumatoïde 45 milliards d’EUR par an (Lundkvist et al., 2008).

 

Au Royaume-Uni, on estime qu’en 2008 les « TMS et affections associées » ont coûté 186 millions de GBP aux services de santé nationaux. Les dépenses de santé imputables à l’arthrite rhumatoïde s’élevaient à 560 millions de GBP par an, ce chiffre atteignant 1,8 milliard de GBP si l’on y englobe la perte d’emploi et les arrêts maladie (Morse, 2009). Toujours au Royaume-Uni, on a calculé qu’en 1998, les dépenses de santé, les soins informels et les pertes de production imputables aux douleurs lombaires représentaient un total de 10,67 milliards de GBP (Maniadakis et Gray, 2000).

 

Aux Pays- Bas, le coût annuel des lésions répétitives liées au stress au travail s’élève à 2,1 milliards d’EUR (Bevan et al., 2009). En Irlande, le coût annuel de l’arthrite rhumatoïde a été estimé à 1,6 milliard d’EUR (Arthiritis Ireland, 2008) et à 2 milliards d’EUR en Espagne (Lajas et al., 2003).

 

Diabète lié au travail : Le stress provoqué par le travail augmente la probabilité de développer un diabète de type 2, selon une nouvelle étude scientifique allemande. Cette étude confirme les conclusions d’une précédente étude canadienne de l’Université de Toronto qui révélait que 19% des cas de diabète de type 2 était associés chez les femmes au stress au travail.

 

Le mode de gestion dans l’entreprise, le mode de production et le mode de redistribution provoquent des altérations et une érosion catastrophique qui déminéralise l’homme tout comme son environnement. C’est le paradoxe de notre société néolibérale que de vouloir coûte que coûte une croissance infinie dans un monde constitué d’une biomasse, d’une biodiversité et d’une biomotricité qui ont leurs limites.

 

Le corps est le réceptacle de toutes nos tensions. Chaque traumatisme s’incruste dans le corps et petit a petit, il peut se verrouiller et devenir notre ennemi. Le corps est l’image somatique de nos traumatismes. Ce n’est pas à notre motricité et à nos corps de s’adapter au besoin des entreprises, mais aux entreprises de s’adapter à notre motricité et à nos limites corporelles.

 

Source: Investig’Action

 

A lire aussi :

 

La motricité mutilée. L’empreinte écomotrice, c’est quoi? 

 

Le bouclier des entreprises transnationales : le régime de commerce et d’investissement 

 

Nestlé et la fin de l’ère Brabeck

Posté par Michel Peyret

Publié par El Diablo

Que cache l’indignation affichée par Bruxelles contre L’ÉVASION FISCALE ? [Par Pierre LÉVY]

Que cache l’indignation affichée par Bruxelles contre L’ÉVASION FISCALE ? [Par Pierre LÉVY]

La condamnation de la fraude et de l’évasion fiscales permet de passer sous silence leur véritable cause, en l’occurrence la libre circulation des capitaux, analyse Pierre Lévy, rédacteur en chef du mensuel Ruptures.

 

Elle n’est pas peu fière, la Commission européenne, d’avoir publié sa «liste noire» de dix-sept pays ou entités soupçonnés de favoriser l’évasion fiscale. Parmi les Etats nommés, on trouve du reste la Corée du Sud. Tiens, pour une fois, la Corée du Nord n’est pas dans le viseur. Un oubli, très certainement…

Car Bruxelles soigne sa com’. Après la publication des «révélations» connues sous le terme (forcément) anglais de «Paradise papers», l’Union européenne entendait montrer sa vertu, d’autant que les grands médias n’ont pas manqué d’afficher leur indignation face à ce scoop incroyable : la fraude et l’évasion fiscales séviraient aux quatre coins de la planète via des paradis fiscaux[…]

LA SUITE :

Que cache l'indignation affichée par Bruxelles contre l'évasion fiscale ?

 

 

 

 

Que cache l'indignation affichée par Bruxelles contre l'évasion fiscale ?

La condamnation de la fraude et de l'évasion fiscales permet de passer sous silence leur véritable cause, en l'occurrence la libre circulation des capitaux, analyse Pierre Lévy, rédacteur en ch...

 

https://francais.rt.com/opinions/46274-que-cache-indignation-affichee-par-bruxel

Financial Times : Martin Schulz appelle à « États-Unis d’Europe »

 

10 Décembre 2017

Si la grande coalition arrive à se former, c’est-à-dire si comme le dit l’article le SPD réussit à vaincre les résistances du parti, ce sera en adoptant une intégration européenne toujours plus poussée. Ce discours fait pour vaincre les résistances des militants s’aligne sur la politique préconisée par Macron avec ministre des finances commun et promesses qui ne mangent pas de pain de surveillance de l’évasion fiscale. toujours dans le cadre du « demain on rasera gratis » la protection de salaire minimal alors même qu’aujourd’hui code du travail sont démantelés sous contrainte de l’UE. On voit se dessiner la future campagne des européennes avec une grande coalition qui reproduirait le macronisme et sous couvert d’Europe et de nouveauté rallierait droite et PS. Dans un tel contexte on ne peut que juger plus sévèrement encore l’initiative de  Pierre Laurent, n’attendant même pas que le congrès fixe pour les militants une politique européenne et proposant à un Benoit Hamon acquis à cette Europe là une liste commune.

 

(note et traduction de Danielle Bleitrach)

 

Martin Schulz demande l’approfondissement de la construction européenne par la création des « États-Unis d’Europe ».

https://www.ft.com/content/ec2a8982-db4a-11e7-a039-c64b1c09b482

 

Le partenaire potentiel de la coalition de Merkel propose que les membres de l’UE s’inscrivent ou quittent le bloc

 

DÉCEMBRE 2017 1135

 

Le leader des sociaux-démocrates allemands a appelé les Etats membres de l’UE à s’engager en faveur des « Etats-Unis d’Europe » d’ici 2025, établissant un ambitieux programme de réformes européennes, son parti ayant accepté de discuter avec Angela Merkel de la formation d’un nouveau gouvernement.

 

Martin Schulz a déclaré lors d’une conférence à Berlin jeudi qu’il souhaitait que les Etats membres de l’UE se mettent d’accord sur un nouveau « traité constitutionnel » pour établir une union fédérale et que les pays qui ne s’inscrivaient pas dans cette perspective devaient quitter le bloc. « Un tel traité constitutionnel doit être rédigé par une convention qui inclut la société civile et le peuple. Ce traité constitutionnel devra ensuite être soumis aux Etats membres et ceux qui ne l’approuveront pas devront automatiquement quitter l’UE », a déclaré M. Schulz.

 

Il a également appelé à un changement radical dans la position de l’Allemagne sur la réforme de la zone euro. Sa position fait écho à plusieurs demandes formulées par le président français Emmanuel Macron mais est en contradiction avec les positions de longue date du gouvernement Merkel.

 

« Nous n’avons pas besoin d’un diktat d’austérité européen, nous avons besoin d’investissements dans un budget de la zone euro », a déclaré le leader du SPD. « Nous avons besoin d’un ministre européen des finances qui freine la course à la baisse de la politique fiscale et met fin à l’évasion fiscale insupportable. Nous avons besoin d’un cadre européen pour un salaire minimum qui mette fin au dumping salarial»

 

Dans une interview à l’ancien ministre allemand des Finances, M. Schulz a ajouté: « L’UE ne peut pas se permettre quatre années supplémentaires de politique allemande envers l’Europe à la Wolfgang Schäuble ». La proposition de M. Schulz d’organiser des discussions exploratoires avec la CDU / CSU sur la formation d’un nouveau gouvernement a été approuvée par une large majorité de délégués jeudi soir.

 

La proposition souligne que les pourparlers à venir ne visent pas spécifiquement une nouvelle « grande coalition » et que la base du parti devra approuver tout accord futur avec Mme Merkel.

 

Le chef du SPD a insisté sur le fait que les pourparlers ne mèneraient pas « automatiquement » à une soi-disant grande coalition , mais a exhorté sa base réticente à ne pas exclure une alliance officielle du gouvernement dès le départ. « Nous n’avons pas à gouverner à n’importe quel prix, mais nous ne devons pas non plus éviter de gouverner à n’importe quel prix », a-t-il déclaré.

 

Le chef du SPD a été soumis à une pression croissante pour mettre fin à l’impasse à Berlin et renouveler le lien avec l’Union chrétienne-démocrate de Mme Merkel et son parti frère bavarois, la Christian Social Union.  La CDU / CSU et le SPD sont au gouvernement depuis 2013, mais les trois partis ont lourdement perdu lors des dernières élections générales en septembre. Après une campagne terne menée par M. Schulz, les sociaux-démocrates n’ont obtenu que 20,5% des suffrages, leur pire résultat dans l’histoire moderne allemande.

 

Jeudi, M. Schulz a décrit le résultat comme une « défaite amère » qui a souligné la nécessité d’un renouvellement.  « Nous n’avons pas réussi à répondre à la question de ce que la social-démocratie représente au 21ème siècle. Notre plus gros problème est que [nous] avons perdu notre profil », a-t-il dit. De nombreux électeurs, a déclaré M. Schulz, ont vu le SPD non plus comme leur représentant mais comme « une partie de l’establishment ».

 

La défaite de septembre a incité les dirigeants du SPD à faire la promesse de reconstruire le parti dans l’opposition, ainsi que les promesses répétées de M. Schulz qu’il ne renouvellerait pas la grande coalition. Mais il a été contraint de rompre cette promesse le mois dernier, après l’échec des pourparlers de coalition entre le bloc conservateur de Mme Merkel, les démocrates libres pro-affaires et les Verts de gauche.

 

Pour éviter une nouvelle élection, Mme Merkel pourrait également former un gouvernement minoritaire – un scénario favorisé par certains sociaux-démocrates, mais le chancelier a tout sauf exclu.

 

L’accent mis sur la réforme de l’UE est une initiative  récente de la part de M. Schulz, ancien président du Parlement européen, qui a été critiqué pour ne pas avoir abordé les problèmes de l’UE pendant la campagne. Rolf Müller, un membre du SPD de Thuringe qui a suivi le discours de jeudi lors de la conférence, a déclaré: « Nous aurions pu gagner 7 à 8% de plus dans les élections s’il avait prononcé un discours comme celui-ci cet été. Il n’a jamais parlé de l’Europe. » Elisabeth Humbert-Dorfmüller, un autre membre du SPD, a suggéré que la nouvelle orientation de l’UE pourrait rehausser la popularité du parti: « Il a présenté une vision que nous n’avions pas auparavant. Il a aussi de la crédibilité parce qu’il est lui-même issu de l’UE et qu’il peut vraiment faire avancer le débat. »

 

La conférence du SPD mardi a également élu M. Schulz pour un autre mandat en tant que chef de parti. Il a obtenu le soutien de 81,9% des délégués – une baisse par rapport à 100% lorsqu’il s’est présenté pour la première fois plus tôt cette année.

 

Ca n’a pas duré longtemps: Les néo-nazis finlandais refont surface une semaine après leur interdiction

 

10 Décembre 2017
© REUTERS / LEHTIKUVA / Markku Ulander

A peine une semaine s’est écoulée depuis que le Mouvement de résistance nordique a été officiellement interdit en Finlande pour être violent et néo-nazi, mais cela n’a pas empêché des centaines de ses partisans de marcher à travers Helsinki pour célébrer le Jour de l’Indépendance.

 

Fin novembre, le Mouvement de résistance nordique (NMR) a été interdit en Finlande, en devenant le premier mouvement politique en quarante ans à être mis hors la loi dans le pays.

 

La RMN, qui a longtemps été dans la mire des autorités finlandaises pour son programme anti-immigrés et suprématistes blancs, a finalement été interdit après un épisode violent, quand un de ses membres  a agressé un piéton qui avait échangé des mots avec les manifestants lors d’un rassemblement dans le centre d’Helsinki. La victime est décédée d’une hémorragie cérébrale une semaine après l’agression. Son assaillant a ensuite reçu un prix de ses camarades RMN. cependant le porte parole national norvégien NRK .a expliqué que la récompense  n’était pas destinée à glorifier l’attaque, mais plutôt à soutenir l’homme dans une situation difficile,

 

Cette semaine, cependant, les membres du NRM ont refait surface lors des rassemblements du Jour de l’Indépendance, qui arassemblé des centaines de radicaux dans la seule capitale. Bien que les marches aient regroupé à la fois des nationalistes et leurs adversaires, des militants de gauche et des anarchistes, qui étaient plus nombreux que leurs adversaires, les manifestations se sont bien déroulées, avec seulement dix personnes arrêtées.

 

La composante d’extrême droite des rassemblements a réuni environ 450 manifestants dans le centre d’Helsinki. Un comptage de citoyens a répertorié quelque 80 soldats d’Odin et quelque 320 membres de la RMN.

 

« Ils ont dit que les nazis étaient morts et ils voulaient s’appeler national-socialistes », a déclaré le politicien d’Helsinki Thomas Wallgren du Parti social-démocrate au quotidien Hufvudstadsbladet.

 

Bien que le NRM ait largement accordé de la publicité à cet événement sur son site Web et invité tous ceux qui partageaient leur opinion d ans d’autres pays, Wallgren n’a pu repérer que des Finlandais dans la foule.

 

« Je n’ai entendu que le finnois, pas le russe, le suédois ou le polonais », a déclaré Wallgren.

Cette semaine, l’opérateur de ferry baltique Viking Line a refusé d’accueillir 24 passagers appartenant à la RMN qui se dirigeaient vers Helsinki.

 

Les sympathisants du Mouvement de résistance nordique néo-nazi (Nordiska motstandsrorelsens) manifestent dans le centre de Stockholm (Dossier)
© AFP 2017 / JONATHAN NACKSTRAND

Auparavant, le chercheur suédois Christer Mattson de l’Institut Segerstedt à Göteborg a soutenu que l’interdiction pourrait finalement devenir inutile dans la lutte contre l’extrémisme de droite pour la simple raison que les membres fortement motivés par l’idéologie trouveront un autre moyen d’auto-organisation.L’idée que d’anciens membres de la NMR se regrouperont et referont  surface dans les rues finlandaises a également été exprimée par Leo Hertzberg de la police finlandaise.

 

La RMN réunit plusieurs centaines de membres à travers la Scandinavie  et cherche à établir un seul état national-socialiste sur la base  de l’autosuffisance nordique et de la scission de l’UE. La RMN est une farouche opposante à l’immigration des pays «non-blancs» et promeut  fortement des images traditionnelles nordiques et viking telles que les runes.

 

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Ouf, pas de paradis fiscaux dans l'UE du capital

Figurez-vous que, sans rire et très doctement, les 28 ministres des finances de l'UE ont publié ce mardi 5 décembre urbi et orbi une liste de 17 méchants qui font dans le paradis fiscal et dans l'évasion du même métal. Et sonnez hautbois, résonnez musette, aucun de ses états voyous n'appartient à l'UE du capital.

Ils ont pour noms: les Samoa, les Samoa américaines, l’île de Guam,Bahreïn, Grenade, la Corée du Sud, Macau, les Iles Marshall, la Mongolie, la Namibie, les Palaos, Sainte-Lucie, Trinité-et-Tobago, la Tunisie, les Emirats arabes unis, le Panama et la Barbade.

La Commission européenne, dirigée par Jean-Claude Juncker, ex-premier ministre du grand-duché du Luxembourg, état fondateur de l'EU, a initié cette liste, à cause parait-il des scandales financiers des gros qui ont plein de fric, dévoilés par la presse et qu'aucun service d'espionnage des grands nous gouvernants ne connaissait. C'est dire l'aspect de la chose.

Bon, ils ne nous prennent pas pour des çons à Bruxelles et on peut s'en féliciter. En effet, ni la Belgique, ni le Luxembourg, ni l'Irlande, ni Malte, ni Chypre, ni les Pays-bas, ni le Royaume-Uni -oui parce que la GB est encore dans l'UE- ni le Portugal cher à un certain chanteur et ni d'autres états européens ne font dans la fraude et l'évasion fiscale.

Tout ça parce que l’Union européenne a choisi d’exclure d’emblée les pays européens de cette liste : ils sont déjà censés se conformer au droit de l’UE en matière de lutte contre l’évasion et la fraude fiscales. Source: la Commission européenne.

Du coup, il faut remercier en masse cette UE qui, comme une certaine lessive, lave plus blanc que blanc. Non?

Sinon, je vous conseille cet écrit ci-dessous, approuvé à Bruxelles, le 28 janvier 1706, par le censeur catholique des livres à lire et surtout à ne pas lire. Comme l'UE impose sa vérité et ses dogmes capitalistes aujourd'hui.

Ouf, pas de paradis fiscaux dans l'UE du capital

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Le ministre portugais des finances prend la présidence de l'Eurogroupe au sein de l'UE du capital

Dois-je ajouter que le marché, doux nom pour désigner le capital, est libre et non faussé sur notre vieux continent mais aussi dans le monde? Bref, Mario Centeno est un économiste de gôche, comme l'était François Hollande avec son gouvernement, ou comme les socialistes s'apprêtant à entrer dans celui dirigé par Angela Merkel en Allemagne.

On dit que le gouvernement du Portugal, dirigé par les socialistes et soutenu par le Pc et un fg portugais, fait dans  l'austérité budgétaire"furtive". C'est à dire, un coup je te vois beaucoup, un coup, je te vois moins. Et donc pas vraiment la rupture avec le capital. D'ailleurs le Pc portugais vient de perdre des plumes lors des dernières élections municipales en soutenant le gouvernement.

Pour en revenir à l'Eurogroupe, réunissant tous les pays avec la monnaie capitaliste commune, c'est un gouvernement de la zone euro connu pour son opacité et ses défaillances en matière de lutte contre les paradis fiscaux ayant pris l'euro comme monnaie. C'est là le moins que je puisse écrire.

"C’est un honneur. Nous avons une fenêtre très unique pour continuer à mieux préparer nos économies et nos sociétés", a déclaré le ministre desfinances portugais Mario Centeno, lundi 4 décembre, juste après avoirété choisi par ses pairs.
 
Bon, j'avais cru lire que certains en France applaudissaient le gouvernement portugais de coalition des gauches. Un exemple qu'on pourrait mettre en route dans notre pays. Avant ou après l'Europe sociale?
 
Et un dessin entre "partenaires" de la zone euro. Qui date peut-être, ou peut-être pas.
Le ministre portugais des finances prend la présidence de l'Eurogroupe au sein de l'UE du capital

Publié par El Diablo

Symboles de l'Union européenne [par Jean-Paul Lecoq, député PCF]

Jean-Paul Lecoq , député PCF de Seine-Maritime (source photo: l'humanité)

Nous publions ci-dessous, pour votre information, l’intervention du député Jean-Paul Lecoq à l’Assemblée Nationale.

 

Quand Jean-Paul Lecoq parle de « refondation de l’europe » nous avons envie de lui dire : pourquoi pas ? Mais vite nous constatons que cette volonté se heurte aux réalités. Aujourd'hui, il existe un traité et pour le modifier il faut l'unanimité des 27 états (article 48 du TFUE). Ainsi, mettre d’accord tous les États membres sur un traité de contenu progressiste c’est se bercer d’illusions…Peut être quand les poules auront des dents… En clair c'est impossible !  Donc pour « refonder l'europe » il faut d'abord sortir des traités en cours, le seul moyen « légal » étant l’utilisation l'article 50 du TFUE comme le fait  le Royaume Uni après le référendum sur le Brexit - Le reste c'est malheureusement du bavardage sans conséquences concrètes, sinon qu’il entretient la confusion et l’illusion - Tant que le PCF n'aura pas revu sa position sur ce sujet il n'a aucune chance de regagner en influence notamment dans les milieux populaires, de plus il laisse la place aux discours plus ou moins clairs de certaines formations politiques que par ailleurs il voudrait, selon le cas, concurrencer ou combattre.

 

El Diablo


Commentaire amical de B.T : Je partage totalement le propos ci-dessus. Mais encore faut-il constater qu'il vaut tout autant pour France Insoumise, cela mérite d'être rappelé. Plus de 60% d'abstention aux élections en Corse. Il n'y a pas besoin d'aller voir plus loin. Comment pour les milieux populaires peuvent-ils voter communiste ? Alors que le PCF de fait ne l'est plu. Dont les dirigeants n'ont en fait qu'un seul rêve. Aller vers un congrès de Tours à l'envers. Autrement dit, un rassemblement constituant un des dispositifs d'intégration du monde du travail aux objectifs du Kapital. 


Intervention dans la discussion générale à l'Assemblée Nationale:

 

Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, pour nous, le destin de l’Europe, notre destin, est une affaire non pas de symboles, mais de contenu. Le problème n’est pas tant de savoir où planter un drapeau, mais ce qu’il dit, ce qu’il représente. Quel sens symbolique et politique revêt-il pour les peuples européens ?

 

Nous croyons dans la force des symboles dès lors que ceux-ci portent une réalité commune, comme c’est le cas pour notre hymne, la Marseillaise, notre effigie, Marianne, et notre devise, « liberté, égalité, fraternité », qui nous rappelle constamment que sans égalité ni fraternité, il n’y a pas de liberté généralisée. Ces symboles, auxquels on peut ajouter le drapeau tricolore, placent notre régime républicain dans le sillon de la Révolution de 1789.

 

Nous, députés communistes, assumons pleinement cet héritage politique et sommes fiers de ces symboles, qui sont la métaphore de notre identité commune dans la ligne des idéaux révolutionnaires, et de notre projet politique fondé sur la République et la démocratie.

 

L’identité et le projet politique : voilà ce que les symboles sous-tendent. Et voilà le véritable débat qui s’ouvre. Nous nous sentons européens et nous n’avons pas de leçon d’Europe à recevoir, surtout lorsque celle-ci a la faiblesse de vouloir s’enseigner à partir d’un drapeau.

 

Nous sommes les enfants d’une famille politique qui s’est opposée aux deux guerres mondiales qui ont saigné à blanc les peuples et les nations du continent pendant que les barons de l’argent prospéraient. Nous sommes d’une famille qui n’a cessé de construire des ponts entre les cultures, les savoirs, les peuples et les nations, une famille qui considère qu’en raison de son histoire, de sa culture, de ses valeurs, mais aussi de l’intérêt de ses populations, l’Europe sera sociale ou ne sera pas. Nous sommes d’une famille qui considère que l’idée d’Europe doit et devra perdurer, mais pas sous le joug des intérêts privés.

 

Le problème de l’Europe porte donc bien sur son projet politique. Pour emprunter cette formule à un célèbre dialogue prémonitoire de Michel Audiard, déclamé ici même, à cette tribune : « Je ne vous demanderai pas d’oublier ce que vous êtes, en repoussant cette Europe des maîtres de forges et des compagnies pétrolières, cette Europe de la fortune contre celle du travail, de l’industrie lourde contre celle de la paix. Je me contenterai de vous exposer en quoi le cap que vous suivez se situe à contre-courant de l’intérêt des populations. » Vous avez reconnu le texte déclamé par Jean Gabin dans Le Président.

 

Des siècles d’une histoire mouvementée, souvent dramatique, quelquefois exaltante, ont forgé des nations à partir de la volonté des peuples présents sur ce même continent. Tous se sont sentis européens et tous ont exprimé une pensée européenne. Pourtant, et malgré de nombreuses tentatives funestes, ce ne sont ni les rois ni les empereurs qui sont parvenus à jeter les bases d’une Europe politique. Ce sont les peuples.

 

L’Europe est démocratique. Tous ses États sont démocratiques, parce que ses nations ont conquis la démocratie. Le drapeau de l’Union symbolise donc à la fois l’identité européenne, que nous embrassons, et son projet politique, c’est-à-dire celui d’une Europe néolibérale et technocratique qui s’apparente plus à une « Union des marchés européens » qu’à une union des peuples.

 

Cette Europe des marchés, nous la rejetons. C’est une Europe dont les peuples se sont détachés parce qu’elle s’est détachée d’eux. Pourtant, que l’idée d’Europe est belle ! Cette position, notre position, s’est déjà exprimée avec force lors du référendum de 2005 sur la Constitution européenne, un texte qui consacrait ces fameux symboles de l’Union en leur donnant un sens que le peuple français a rejeté.

 

En votant « non » à près de 55 %, les Français sont allés contre les intérêts de quelques-uns. Il a donc fallu rétablir les choses, et c’est le couple Merkel-Sarkozy qui a repris les principes et les règles de la Constitution européenne pour les insérer dans le traité de Lisbonne aujourd’hui en vigueur.

 

À la suite de la crise de 2008, après laquelle l’Union européenne a laissé les peuples exsangues financièrement, les Européens ont assisté à la crucifixion du peuple grec, qui avait osé défier l’Europe. Mais tout le monde n’est pas perdant dans cette affaire : la Banque centrale européenne a empoché cette année 7,8 milliards d’euros grâce aux bons du Trésor grec qu’elle détient depuis 2012.

 

Nous restons en effet convaincus que ce n’est pas en buvant la potion néolibérale jusqu’à la lie que nous sauverons l’Union, et moins encore que nous serons sauvés du péril nationaliste et xénophobe qui peut s’exprimer ici et là. Il est hors de question de repenser la construction européenne en s’appuyant sur la peur de l’autre. Le nationalisme est une impasse mortifère pour les peuples européens et se fait toujours le brutal allié du capitalisme décomplexé dès qu’il arrive au pouvoir.

 

Aujourd’hui, les peuples d’Europe attendent des actes de solidarité au regard des difficultés économiques et sociales auxquelles ils sont confrontés. Si l’Union d’aujourd’hui avait une devise, ce serait « austérité, compétitivité, précarité ». Suggérons-lui « protection, paix, justice et solidarité », car l’Europe ne pourra se faire sans faire passer l’humain d’abord. Nous, communistes, croyons dans une refondation de l’Europe qui serait consacrée par un véritable traité social européen porteur des valeurs de justice, de liberté et d’égalité, sur lesquelles reposeraient des normes protectrices pour les travailleurs, les jeunes, les plus âgés, les handicapés, et pour la planète.

 

Les solutions, nous les défendons depuis longtemps. Premièrement, il s’agit de détruire ce dogme néolibéral qu’est le traité sur la stabilité, comme nous l’avions proposé en déposant conjointement avec le groupe Die Linke au Bundestag une proposition de résolution européenne dès 2011. La règle d’or, notamment les limites de 3 % du PIB pour le déficit et de 60 % pour la dette publique, muselle toute politique de relance progressiste, et tout espoir pour les peuples de reprendre leur part de la richesse.

 

La lutte contre l’évasion fiscale constituera la clef de voûte de ce projet, puisqu’elle permettra aux États européens de retrouver une certaine vigueur financière. Près de 1 000 milliards d’euros par an s’évaporent en Europe. Qu’elle soit légale ou illégale, l’évasion fiscale est un fléau. Comment laisser filer tout cet argent avec autant de flegme que M. Juncker ?

 

Un traité européen ambitieux permettrait à la Banque centrale européenne de renégocier les dettes souveraines et de relancer l’investissement. Le quatrième acte pour une nouvelle Europe serait de mettre fin aux traités commerciaux négociés dans le plus grand secret, comme le CETA – l’accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne –, et qui sacrifient les peuples et la planète sur l’autel du profit des multinationales.

 

Même la commission en charge de l’évaluation de l’impact attendu de l’entrée en vigueur du CETA mise en place par le Gouvernement n’a pas pu faire autrement que de critiquer cet accord dont les retombées économiques seront dérisoires. Il aura d’ailleurs fallu un plan d’action du Gouvernement pour le mettre en œuvre. Si nous ne laissons pas le peuple français s’exprimer sur cette question, il sera alors de notre responsabilité de rejeter cet accord.

 

La directive sur les travailleurs détachés devra aussi être revue de fond en comble pour ne plus être l’instrument de dumping social favori des entreprises européennes. J’étais parmi les premiers à le dire à cette tribune dès 2009.

 

Une fois ces traités détricotés, le chantier suivant consistera à créer ensemble une harmonisation par le haut des conditions de travail des salariés et une protection sociale et environnementale de la plus haute exigence pour tous. Inspirons-nous des joyaux français pour redonner du souffle à ce projet : la retraite par répartition, la sécurité sociale, l’expression des cultures et leur respect. L’Union européenne ne peut-elle pas, à l’appui de normes progressistes, imposer par son marché intérieur ses valeurs aux multinationales ?

 

Enfin, pour pérenniser le projet européen, il faudra raffermir sa place sur la scène internationale et diplomatique. Cela fait trop longtemps que l’Union européenne est invisible et faible sur ce plan.

 

L’Union n’est pas au service de la paix : elle reste bloquée dans les interminables tergiversations franco-allemandes. La gestion de la crise des migrants en est le terrible exemple. En repoussant ces derniers en Méditerranée et en Libye, où ils sont parfois vendus comme esclaves et très souvent maltraités, l’Union européenne a montré un visage inhumain dont personne ici ne peut être fier.

 

L’Union européenne doit aussi être à la pointe de la lutte contre les inégalités internationales. Pour cela, elle devrait être le plus puissant allié de l’ONU et en respecter chaque résolution, à commencer par celles sur la pleine reconnaissance de l’État palestinien, sur l’organisation d’un référendum au Sahara occidental et sur les Comores.

 

Quand les uns disent « Europe de la défense », je veux leur répondre « Europe de la diplomatie et de la paix » ! Nous, députés communistes, nous engageons à répondre à cette volonté populaire parce que nous préférons convaincre plutôt qu’imposer. C’est pourquoi nous voterons contre cette proposition de résolution inspirée par des calculs politiciens.

 

Que pour les peuples et les citoyens d’Europe l’hymne à la joie devienne véritablement l’hymne de la joie dans la construction européenne ; dès lors, le drapeau de l’Union pourra flotter avec fierté au côté du drapeau français.

 

Jean-Paul Lecoq

Député de la Gauche démocrate et républicaine (GDR)

 

SOURCE:

ROUGE CERISE

http://www.pcf84danielecasanova.fr/

Publié par El Diablo

Contre la course aux ARMEMENTS, au nom de l'aspiration de paix de nos peuples, ARRÊTONS la militarisation de l’UE !

Contre la course aux ARMEMENTS, au nom de l'aspiration de paix de nos peuples, ARRÊTONS la militarisation de l’UE !

Les partis communistes et ouvriers signataires condamnent le projet de « Coopération structurée permanente » (dont le sigle en anglais est PESCO)comme étant une initiative militariste agressive.

 

L'Allemagne impérialiste, sous la direction du Ministre de la Défense Von der Leyen, prendra la direction des 23 états membres pour constituer ce qu'elle appelle « L'armée européenne ». Dans ce but, elle confirme qu'une force militaire commune est une idée de base de la Communauté européenne. Pourtant, jusqu'à présent, les mentors du projet d’intégration ont essayé de nous vendre ce projet comme un projet de paix.

 

En fait, le projet PESCO ne fait qu’augmenter le danger de guerre sous le prétexte d'arriver à « l'autonomie stratégique ». Cela signifie que l'UE doit être en capacité de faire la guerre indépendamment des États-Unis et de l'OTAN. Ainsi, en plus d'obliger les États à se lancer dans une course à l'armement permanente, le PESCO exige des États participants des contributions substantielles aux futures interventions militaires de l'UE. Les États participants seront non seulement tenus d'augmenter leurs dépenses militaires, mais aussi de participer à des projets d'armement communs et de fournir des soldats pour des « groupements tactiques de l’UE ».

 

Ceci signifie que les sommes destinées aux dépenses militaires ne peuvent pas être dépensées à des fins sociales. Chaque euro dépensé en armement est un euro qui est refusé aux retraités, aux étudiants et à leur éducation, aux enfants et à leurs écoles et garderies, aux familles et au soutien aux malades.

Nous, communistes, demandons la dissolution de l'OTAN, l’arrêt de la militarisation de l'UE, et invitons à résister aux guerres impérialistes !

 

Partis signataires :


Parti Communiste Allemand -Parti du Travail d'Autriche- Parti Communiste Wallonie-Bruxelles- Parti du Travail de Belgique - AKEL, Chypre - Parti Communiste des peuples d'Espagne - Communistes de Catalogne - Parti Communiste de Finlande - Parti Communiste du Luxembourg- Nouveau Parti Communiste des Pays Bas - Parti Communiste de Pologne - Parti Communiste Portugais - Parti Communiste de la Bohême et Moravie - Union du Peuple Galicien - Parti Communiste Roumain.

 

SOURCE :

Solidarité Internationale PCF

http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Sur l'intensification de la militarisation et de l'agressivité de l'union européenne - déclaration des partis de l'initiative communiste européenne

 

03 Décembre 2017

(Traduction NK pour Solidarité Internationale PCF)

 

L'Union Européenne, l'OTAN et les gouvernements bourgeois de leurs états membres sont engagés dans une course aux armements croissante et dans l'élaboration de plans et de préparatifs militaires, qui constituent un grave danger pour les peuples.

 

Ces développements reflètent les contradictions entre les gouvernements de l'UE et de l'OTAN ainsi que leurs contradictions avec d'autres centres impérialistes et puissances rivales qui se concentrent sur le contrôle des hydrocarbures et des oléoducs au Moyen-Orient, en Afrique du Nord, en Méditerranée orientale ainsi que dans d'autres régions.

 

Ce processus, qui concerne les profits capitalistes et la répartition des parts de marché, constitue un grand danger pour la paix et la sécurité des populations, bien qu'il soit accompli au nom des peuples. L'Union européenne, en tant qu'union impérialiste, renforce sa militarisation. Guidée par sa «Stratégie globale» et par le Livre blanc sur la Défense, elle a créé l'Union Européenne de la Défense et le Fond qui lui est associé, tout en renforçant le contrôle systématique de la promotion des armements par ses états membres à travers l'Examen Annuel Coordonné en matière de Défense (CARD).

 

Dans le même cadre, l'UE promeut des forces et formations militaires visant à la création d'une «armée de l'UE» telle que la coopération structurée permanente (PESCO), les groupements tactiques, les intergroupes en concurrence avec les États-Unis et l'OTAN, ou en coopération avec eux, servant dans chaque cas les intérêts des monopoles européens.

 

Face à ces développements dangereux, les peuples doivent être organisés et préparés, ils doivent être vigilants et renforcer leur lutte contre les plans militaires aventureux, les interventions et les guerres des gouvernements bourgeois et des organisations impérialistes telles que l'UE et l'OTAN.

 

L'Initiative Communiste Européenne :


- Appelle les peuples à condamner les gouvernements bourgeois de leurs pays qui favorisent le renforcement des armements, l'amélioration, l'extension et l'augmentation des bases militaires américaines, de l'OTAN et de l'UE dans leurs pays ainsi que les diverses concessions pour la mise en œuvre des leurs plans impérialistes contre les peuples.


- Renforcer la lutte contre l'UE, l'OTAN et toutes les alliances impérialistes.


- Nous luttons pour le droit des peuples à choisir indépendamment de leur propre voie de développement, y compris le droit de se désengager de l'UE et de l'OTAN. Nous intensifions notre lutte pour le socialisme qui est nécessaire et urgent.

30 novembre 2017

Naissance de la Pesco, fille de l’OTAN

 

Après 60 années d’attente, annonce la ministre de la Défense Roberta Pinotti, va naître en décembre la Pesco, “Coopération structurée permanente” de l’Union européenne, dans le secteur militaire, initialement entre 23 des 27 Etats membres.

 

C’est le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, qui explique ce que c’est. Participant au Conseil des affaires étrangères de l’Union européenne, il souligne “l’importance, mise en évidence par de nombreux leaders européens, que la Défense européenne soit développée de manière à ne pas être compétitive mais complémentaire à l’Otan”.

 

La première façon de le faire est que les pays européens accroissent leur propre dépense militaire : la Pesco stipule que, parmi “les ambitieux et les plus contraignants engagements communs” il y a “l’augmentation périodique en termes réels des budgets pour la Défense afin d’atteindre les objectifs convenus”. Au budget en continuelle augmentation de l’Otan, dont font partie 21 des 27 Etats de l’Ue, s’ajoute maintenant le Fonds européen de la Défense à travers lequel l’Ue accordera 1,5 milliards d’euros annuels pour financer des projets de recherche en technologies militaires et acheter des systèmes d’armes communs. Ce chiffre sera celui de départ, destiné à augmenter au cours des années.

 

En plus de l’augmentation de la dépense militaire, parmi les engagements fondamentaux de la Pesco se trouvent “le développement de nouvelles capacités et la préparation pour participer ensemble à des opérations militaires”. Capacités complémentaires aux exigences de l’Otan qui, dans le Conseil Atlantique Nord du 8 novembre, a décidé l’adaptation de la structure de commandement pour accroître, en Europe, “la capacité de renforcer les Alliés de façon rapide et efficace”.

 

A cet effet deux nouveaux commandements sont institués. Un Commandement pour l’Atlantique, avec la mission de garder “libres et sûres les lignes maritimes de communication entre Europe et Etats-Unis, vitaux pour notre Alliance transatlantique”. Un Commandement pour la mobilité, avec la mission "d’améliorer la capacité de mouvement des forces militaires Otan à travers l’Europe”.

 

Pour que les forces et armements puissent se déplacer rapidement sur le territoire européen, explique le secrétaire général de l’Otan, il faut que les pays européens “éliminent de nombreux obstacles bureaucratiques”. On a beaucoup fait depuis 2014, mais il reste encore beaucoup à faire pour que soient “pleinement appliquées les législations nationales qui facilitent le passage de forces militaires à travers les frontières”. L’Otan, ajoute Stoltenberg, a en outre besoin d’avoir à disposition, en Europe, une capacité suffisante de transport de soldats et armements, fournie en grande partie par le secteur privé.

 

Plus important encore : qu’en Europe soient “améliorées les infrastructures civiles -comme routes, ponts, voies ferrées, aéroports et ports- de façon à être adaptées aux exigences militaires de l’Otan”. En d’autres termes, les pays européens doivent effectuer à leurs frais des travaux de conformité des infrastructures civiles pour un usage militaire : par exemple, un pont suffisant pour la circulation des cars et poids lourds devra être renforcé pour permettre le passage des chars d’assaut.

 

Voilà la stratégie dans laquelle s’insère la Pesco, expression des cercles dominants européens qui, bien qu’ayant des conflits d’intérêts avec les cercles étasuniens, se re-compactent dans l’Otan sous commandement USA quand entrent en jeu les intérêts fondamentaux de l’Occident mis en danger par un monde qui change. Voilà alors que pointe la “menace russe”, face à laquelle se lève cette “Europe unie” qui, alors qu’elle fait des coupes dans les dépenses sociales et ferme ses frontières intérieures aux migrants, augmente les dépenses militaires et ouvre les frontières intérieures pour faire circuler librement soldats et chars d’assaut.

 

Manlio Dinucci

 

Article original en italien :

Nasce la Pesco costola della Nato

Traduction par Marie-Ange Patrizio

Edition de mardi 21 novembre 2017 de il manifesto

 

https://ilmanifesto.it/nasce-la-pesco-costola-della-nato/

Photo : Illustration ©FREDERICK FLORIN / AFP

La source originale de cet article est ilmanifesto.it

Copyright © Manlio Dinucciilmanifesto.it, 2017

 

Vu sur Mondialisation

L’Humanité : En s’érigeant en tribunal de la Révolution d’Octobre, le Parlement européen sombre dans le révisionnisme

 
29 Novembre 2017
La politique de l’UE est claire, créer un équivalent immonde entre communisme et nazisme, pour mieux soutenir les nazis d’aujourd’hui et réprimer les communistes, cela va avec sa politique anti-sociale
 
(note de Danielle Bleitrach)

JEAN-JACQUES RÉGIBIER
JEUDI, 23 NOVEMBRE, 2017
HUMANITE.FR

Pour vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, « la révolution de 1917 en Russie a été le début d’une vague de régimes totalitaires, » qui a ouvert la voie au « nazisme et au fascisme. Photo : AFP

 
Pour vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, « la révolution de 1917 en Russie a été le début d’une vague de régimes totalitaires, » qui a ouvert la voie au « nazisme et au fascisme. Photo : AFP
 

Au cours d’un débat tendu sur la révolution russe d’Octobre 1917, l’extrême-droite européenne a fait entendre sa haine du communisme, relayée par la majeure partie de la droite et une partie des libéraux. Cette offensive pour discréditer l’une des plus grande tentative de contestation de l’ordre capitaliste au cours du XXème siècle, est partagée par l’ensemble des institutions européennes.

 

Quand il écrivait en 1847, dans une phrase devenue culte, qu’« un spectre hante l’Europe : le spectre du communisme », Marx pouvait-il deviner que deux siècles plus tard, son constat n’aurait pas pris une ride ? La seule chose qui a changé, c’est la liste de « toutes les puissances de la vieille Europe » qui, selon Marx, s’étaient « unies en une Sainte Alliance pour traquer ce spectre. » A celle énumérée dans le Manifeste (« le pape, le tsar, Metternich et Guizot, les radicaux de France et les policiers d’Allemagne »), on peut aujourd’hui en substituer une autre: la Commission européenne, le Conseil européen, le Parlement européen dans son immense majorité, et le Conseil de l’Europe (1).

 

« Le legs de la révolution totalitaire bolchévique. » C’est sous ce titre qui avait au moins le mérite d’annoncer clairement la couleur, que le Parlement européen était appelé à débattre mercredi 15 novembre lors de la dernière session parlementaire. Débattre est en l’occurrence un bien grand mot. Ce fut surtout l’occasion pour l’extrême-droite de prendre la tête d’une anachronique croisade antibolchévique, épaulée par la droite (PPE) et pratiquement tous les libéraux (ALDE), profitant de l’occasion pour vanter les mérites de l’ordre néolibéral et des principes censés le soutenir (démocratie parlementaire, droits de l’homme et état de droit), au point de faire douter de leur universalité (2).

 

L’entassement de ces invectives antibolcheviques 100 fois rabâchées (la fameuse caricature du bolchevique au couteau entre les dents) serait sans importance si elles n’étaient proférées comme des évidences dans l’une des plus grandes instances internationales, qui prétend ainsi – et c’est le plus grave – remplacer les centaines d’études produites par les historiens depuis un siècle, toutes ayant en commun d’analyser la révolution d’Octobre dans le cadre général des grandes révolutions qui, depuis 1789, ont rythmé l’Histoire universelle et ouvert le monde à la modernité.

 

Mais ce qui est encore plus grave, c’est que loin de se résumer à quelques propos de députés d’extrême-droite surchauffés par le thème, ce qu’on a entendu au Parlement européen constitue bien la base de l’analyse de l’histoire de l’Europe, partagée, comme on va le voir, par toutes les institutions européennes.

 

Feu sur Octobre 17 !

 

A commencer par la Commission européenne. Pour son vice-président, Frans Timmermans, « la révolution de 1917 en Russie a été le début d’une vague de régimes totalitaires, » qui a ouvert la voie au « nazisme et au fascisme. » Pour lui d’ailleurs révolution bolchévique, nazisme et fascisme doivent être mis dans le même sac. Le commissaire européen conteste le fait que la Révolution d’Octobre ait pu résulter d’une immense colère populaire face à la misère, la guerre et la faim, et n’hésite pas – on jugera du niveau pitoyable de la métaphore – à comparer le communisme à l’alcoolisme qui est « bon à court terme et mauvais à long terme. » Outre qu’il est toujours amusant d’entendre un commissaire européen qui n’a été élu par personne, vanter les mérites de la démocratie (3), on fera remarquer que

 

1/ aucun historien sérieux ne considère que le stalinisme n’est la même chose que la Révolution d’Octobre, et que

 

2/ l’URSS n’a jamais rien eu à voir, ni idéologiquement, ni politiquement, avec l’Allemagne nazie, qui avait engagé contre elle « une guerre d’annihilation » (selon les propos d’Hitler), dont l’URSS est sortie victorieuse, au prix de 26 millions de morts. C’est l’URSS, qui a payé le plus lourd tribut pour libérer l’Europe du nazisme, il faut le rappeler, puisque la forme la plus courante du révisionnisme consiste à oublier certains faits historiques, et à fonder son analyse de l’Histoire sur ces oublis.

 

Pour le Conseil européen, c’est l’Estonien Maati Maasikas qui a sonné la charge contre la Révolution d’Octobre, celle-ci n’ayant entraîné, selon lui, que « destruction, famine, guerre et massacres. » Encore une fois, il s’agit là d’une contrevérité flagrante puisque c’est bien au contraire le régime tsariste qui est responsable de la guerre qu’il a déclarée, entrainant destruction, famine et massacres.

 

La Russie est le pays qui a enregistré le plus grand nombre de victimes au cours de la Première guerre mondiale, qu’elles soient militaires (1 700 000 morts sur les champs de bataille), ou civiles (1 500 000 morts ), alors que l’engagement de la Russie n’a duré « que » 3 ans, un an de moins que pour les autres belligérants. Ces 3 200 000 morts (un peu plus selon d’autres estimations) sont à inscrire exclusivement au palmarès du pouvoir tsariste. Rappelons également, que ce sont bien les bolcheviques, comme ils l’avaient annoncé dans leur programme avant la Révolution, qui ont arrêté la guerre. Ils seront d’ailleurs le seul groupe politique en Europe, spécialement parmi les groupes d’obédience socialiste, non seulement à faire de la paix leur objectif central, mais aussi à réaliser leur promesse.

 

Rappelons aussi que l’immense majorité des pays qui ont plongé l’Europe dans une guerre qui fera 20 millions de morts et 21 millions de blessés, était composée de régimes parlementaires (à l’exception de la Russie et de l’Empire ottoman) – c’est le cas particulièrement pour deux des principaux belligérants, le Royaume-Uni et la France. Ce sont donc des démocraties comparables à celles d’aujourd’hui qui ont été responsables de l’extermination d’une partie de la jeunesse européenne. On sait maintenant que l’enjeu de la boucherie de 14-18 était le partage du monde et des empires coloniaux entre puissances capitalistes, comme l’avaient d’ailleurs analysé les bolchéviques ainsi que Jean Jaurès, avant qu’un fanatique d’extrême-droite ne l’assassine.

 

Non seulement, contrairement aux contrevérités distillées par les représentants de la Commission européenne et du Conseil de l’Europe, le libéralisme économique et la démocratie parlementaire n’ont pas permis d’éviter les massacres de 14-18, mais ce sont eux qui les provoqués, et non pas les bolchéviques qui les ont stoppés.

 

Droite et extrême-droite, main dans la main

 

On passera sur les inepties de la droite (PPE) mettant sur le même plan les bolcheviques, le nazisme, le stalinisme, mais aussi le « djihadisme » ( ? ), la Corée du Nord (dont la constitution ne fait plus référence au communisme), la Russie de Poutine (qui n’a pas fêté la Révolution d’Octobre) – opinion soutenue par la députée de lettonne Sandra Kalniete. Ou bien celle de Laszio Tokes (PPE, Hongrie) regrettant « cette Europe jadis chrétienne menacée dans son identité par le bolchevisme et l’athéisme, » et qui doit « se débarrasser de cet héritage destructeur qu’est le communisme », tandis que d’autres (Asim Ademov, PPE, Bulgarie) n’hésitent pas à voir dans la Révolution d’Octobre «  la catastrophe morale la plus grande de toute l’histoire de l’humanité. »

 

On ne s’attardera pas non plus sur les propos d’une extrême-droite hallucinée voyant « l’U-E entre les griffes des néo-marxistes », et « le bolchevisme, vivant dans l’Union européenne (Marcel de Graaf) – « 95% des gens ici présents sont des communistes ou d’autres types de rouges », a scandé à l’adresse de ses collègues un député d’extrême-droite polonais (Janusz Korwin-Mikke), obligeant le président de séance à lui demander de ne pas insulter ses collègues (!) Tandis que le député britannique Nathan Gill, de l’UKIP (très en verve l’UKIP dans ce débat) voit des « similitudes entre le régime instauré par les bolchéviques et l’U-E », et dans la Commission européenne, « une résurgence du Politburo » (!)

 

Au milieu de ce déchaînement de propos révisionnistes – un véritable festival – les députés de la Gauche unitaire européenne, très isolés, ont eu bien du mal à remonter le courant, en proposant un bilan plus respectueux des faits et plus équilibré. Le député tchèque Jiri Mastalka a ainsi fait remarquer que même si la Révolution d’Octobre 1917 pouvait donner lieu à un débat controversé, elle n’en restait pas moins un des jalons historique du XXème siècle et que c’était, de toutes façons, non pas au parlement européen mais aux historiens d’en juger. Pour la députée socialiste française Christine Revault d’Allonnes-Bonnefoy (S et D), il ne faut pas oublier non plus que « derrière 1917, il y avait des femmes et des hommes exploités et en colère, qui vivaient dans la servitude et la misère, une population qui s’est soulevée contre l’autocratie, contre un empire féodal injuste et chantre des inégalités. »

 

(1) Au motif de dénoncer les « populistes » sans jamais désigner  à quels groupes particuliers il fait allusion, le Conseil de l’Europe rejette comme contraire à la démocratie, ceux qui « entendent porter la voix de celles et de ceux qui se considèrent comme exclus du « système », et déclarent vouloir mettre en place des politiques plus justes, plus équitables et plus durables », « s’attaquant aux valeurs libérales qui fondent nos sociétés (sic.) » Tous les progressistes et les défenseurs de l’environnement se reconnaîtront dans cette description. (Propos liminaire du Secrétaire général du Conseil de l’Europe, Thorbjorn Jagland, au Forum mondial de la démocratie, du 8 au 10 novembre 2017 à Strasbourg.)

 

(2) Emmanuel Macron, que cette question de l’universel occidental semble tarauder (il l’a également évoquée dans son discours à la Cour européenne des droits de l’homme le 31 octobre , a dit lors de la COP23: « les pays riches ont imposé au monde leur universel. Il leur est interdit désormais d’imposer leurs tragédies. » Le problème, c’est qu’il y a déjà longtemps que les pays riches ont imposé les deux. Cette manière faussement naïve de poser, en le biaisant, un problème réel, est l’une des constantes de la sophistique macronienne.

 

(3) « Le fait que la démocratie soit érigée au rang de valeur suprême pour l’adhésion (à l’Union européenne, ndlr) n’épuise en rien la question de la démocratie au sein du système politique européen » remarque Nicolas Levrat, dans un ouvrage de « La Documentation française » paru en 2012 , intitulé « La construction européenne est-elle démocratique ? » A cette question, Nicolas Levrat répond que « de l’avis d’une majorité de citoyens, la réponse semble clairement négative », et ajoute : « en dépit d’une floraison d’institutions et de procédures, le sentiment de déficit démocratique persiste. »

 

jeudi 30 novembre 2017

Praljak, le cadavre de trop du TPI pour l'ex-Yougoslavie?

Hier 29 novembre 2017, le général Slobodan Praljak a avalé la ciguë après avoir été confirmé coupable par les membres du TPI pour l'ex-Yougoslavie en appel. Choc de deux mondes, dont la coexistence est impossible. Celui des idées, qui peuvent conduire au sang, et celui de la bonne morale, qui cache le sang. Praljak serait-il le cadavre de trop de cet étrange tribunal où l'on meurt beaucoup?
 
Sans revenir sur les détails de la guerre de l'ex-Yougoslavie, disons qu'avec le recul, elle commence à beaucoup ressembler aux prémisses du démantèlement de l'espace post-soviétique que l'on voit perdurer aujourd'hui. Avec la chute de l'URSS et le maintient de la Russie dans un état de faiblesse durant toutes les années 90, tout a commencé très vite. La mort de Tito réveille les revendications ethniques et d'indépendance. En 1991, des négociations politiques sont lancées entre les serbes et les bosniaques, mais tombent dans une impasse. Le 29 février 1992, le pouvoir bosniaque organise un référendum d'indépendance, auquel ne participent pas les serbes. Il ne reste plus qu'à reconnaître les résultats. Mais le morcellement d'un pays risque toujours de provoquer des crises violentes, une manifestation est alors organisée à Sarajevo le 5 avril, où pour la dernière fois les serbes et les bosniaques ont manifesté ensemble pour la paix. Sans que l'on n'ait pu établir d'où, des tirs éclatères sur la foule. Les victimes sacrificielles permirent de justifier l'intervention occidentale dans le processus politique interne yougoslave. L'UE a reconnu dès le 6 avril les résultats du référendum et le morcellement du pays avec l'indépendance de la Bosnie-Herzégovine. Le 7 avril fut le tour des Etats Unis. Ca ne vous rappelle rien? Passons. Comme prévu et manifestement attendu, la guerre a pu commencer. Par deux fois, l'OTAN a lancé une opération militaire particulièrement violente contre le pays et principalement les serbes, montrés seuls responsables du conflit par la communauté internationale. La disclocation du pays est célébrée en 1995. Dans la première partie du conflit, de 1992 à 1995, le nombre des victimes est à ce jour difficilement estimable: de 70 000 à 200 000.
 
En 1999, l'OTAN se souvient à nouveau de ce morceau de terre, et le fondement d'une nouvelle intervention dite "humanitaire" fut la cause des albanais et le nettoyage ethnique imputé aux serbes. Mais les informations sur les dégâts causés par les bombardements démocratiques lancés contre les serbes sont classés secrets-défenses aux USA et aucune information ne filtre sur la détermination des cibles civiles qui furent nombreuses, comme le montre ce rapport de l'Institut de recherche sur l'énergie et l'environnement, pointant notamment le bombardement systématique des installations industrielles civiles, ayant entraîné des dangers réels immédiats et à long terme pour la population civile, sans même parler des problèmes juridiques de bombardements de cibles civiles en violation du droit de la guerre. Pour autant, aucune action en justice internationale n'a été lancée contre les pays occidentaux responsables de ces désastres. L'impunité totale qu'ils ont alors ressentie leur a totalement délié les mains dans ce que nous voyons aujourd'hui.
 
Ces problèmes étiques et ce parti-pris politique immédiat explique peut-être ce qui ressemble de plus en plus à du fanatisme de la part du Tribunal prénal international pour l'ex-Yougoslavie. Si au départ, les deux parties au conflit, les serbes et les bosniaques furent reconnus coupables du déclenchement de la guerre, finalement sous la pression de la politique internationale et grâce à l'objectivité toujours incontestable de la presse occidentale, les serbes sont les pricipaux figurants présumés coupables de cette étrange institution quasi-judiciaire.
 
D'une manière générale, la justice pénale internationale est une justice à part, c'est la justice des vainqueurs. Elle repose bien sur un motif politique et défend une vision idéologique. C'est elle qui est censée poser la vérité officielle, construire l'histoire officielle du Bien contre le Mal. Pour que les peuples dorment en paix, il est important qu'ils soient persuadés que le Bien a gagné. Ces mécanismes fonctionnent lorsqu'il existe un réel consensus sur le mal, comme en ce qui concerne les crimes nazis lors de la Seconde Guerre Mondiale. Avec cette instance, l'Occident a voulu réutiliser ce qui avait finalement bien fonctionné, oubliant qu'il en manquait ici les fondements moraux, le bien et le mal étant particulièrement imbriqués. D'une certaine manière, la puissante campagne médiatique qui accompagne ce processus de blanchiment para-judiciaire et de légitimation internationale fonctionne dans l'ensemble assez bien au regard des populations occidentales, qui n'ont pas eu accès à d'autre point de vue que le point de vue officiel dans ce conflit extrêmement complexe et ne remettent absolument pas en cause l'intervention de l'OTAN. Ce but a été atteint, un autre coupable a été trouvé.
 
Non seulement le fondement de cette "justice" a ainsi été légitimé, mais le déroulement du spectacle est présenté sous un jour particulièrement favorable. Lorsque la presse française parle des conditions de détention, elle présente la prison où sont incarcérés les détenus, principalement les dirigeants serbes, comme une prison modèle:
Il faut dire que la prison de la Cour Pénale Internationale est un peu particulière. Cette prison de haute sécurité, située dans le quartier résidentiel de Scheveningen à La Haye, la capitale des Pays-Bas, fonctionne en respectant le principe fondamental de la justice internationale: le respect des droits de l'homme. "Les détenus sont des accusés qui attendent leur jugement, et qui sont donc présumés innocents, ce qui n'est pas toujours très bien compris à l'extérieur: ils possèdent des droits qu'ils n'auront plus une fois condamnés", expliquait Marc Dubuisson, le directeur des services d'appui judiciaires de la Cour au Figaro.
Ils peuvent se faire à manger, rencontrer leurs conjoints, un modèle même de tolérance. Or, dans ce monde merveilleux, où les "présumés innoncents" sont incarcérés jusqu'à 15 ans avant d'entendre leur verdict, on meurt beaucoup et l'on ne soigne pas vraiment. L'on se souviendra de la réaction hystérique de la communauté internationale suite au décès en prison en Russie de Magnitsky, qui blanchissait les fonds pour le magnat Browder. Cette mort a donné lieu à une révision totale du système de soins. Mais dans la prison du TPI, on continue allègrement à mourir.
 
Il faut dire que l'accès au soin est très sélectif. Nombreux dirigeants serbes ont des problèmes cardiaques, sans avoir d'accès aux traitements, ni de consultations avec des spécialistes, Milocevic en est mort. Un autre, a vécu un an avec une tumeur au cerveau avant d'être renvoyé dans un hôpital en Serbie pour y mourir. C'était trop tard, il n'a pas été soigné pendant trop longtemps. En général, 6 dirigeants serbes sont morts, soit "suicidés" par pendaison notamment, soit de maladie par manque de soins, soit 'd'une arrêt du coeur". Aucune enquête n'a abouti à quoi que ce soit, aucun élément ne filtre. 2006, suicide de Milan Babic. 1998 suicide de Slavko Dokmanovic. Voir le reportage pour les russophones:
 
 
Nous sommes très loin de l'image bobo de la prison modèle que l'on veut nous vendre. 
L'attitude des juges, si l'on peut les appeler ainsi, laisse également à désirer. L'on se souviendra du procès de Mladic, qui après plusieurs infarctus se sent mal lors du prononcé de son jugement. Le juge ne lui permet pas d'avoir accès à un médecin. Lorsqu'avec ses dernière forces il déclare "Tout cela n'est qu'un tissus de mensonges, c'est un tribunal de l'OTAN", le jugement sera lu sans lui, c'est plus commode de se retrouver entre soi, entre personnes du même monde. De toute manière l'affaire était réglée, comme l'affirmait le procureur, "tout jugement autre qu'une condamnation à vie serait une honte pour la justice." Justice est faite, il peut être satisfait. Mais la question des soins n'est pas réglée et il y a un véritable problème d'image de la justice. Alors peut-on encore parler de justice?
La manière dont les hommes sont traités dans ce tribunal est très éloignée des standards internationaux requis en la matière. La justice est un processus qui doit suivre des règles, mais qui doit également être conforme à l'image de la justice. C'est ce que ne cesse de marteler l'Europe. Couper les micros lorsque les paroles dérangent (l'on se souviendra de Milosevic), refuser des pauses à des personnes malades (le cas notamment de Mladic), refuser les accès aux soins (ils sont trop nombreux pour être cités), sont des violations flagrantes des droits des personnes en jugement. Que ce tribunal remette de facto en cause la présomption d'innoncence est attendu dans ce type de "justice de légitimation", mais remettre en cause la nature humaine de la personne poursuivie lui confère un niveau très sophistiqué de barbarie.
Face à ce qu'il n'a pu considérer comme de la justice, le général croate Slobodan Paljak s'est suicidé en avalant du poison après avoir déclaré:
Praljak n'est pas un criminel. Je rejette avec mépris votre verdict
Le juge, dans un autre monde, ne semble pas faire attention à ce qu'ingurgite l'accusé, il lui demande simplement de se taire et de s'asseoir.  Sur la vidéo, c'est flagrant:
 
 
Le juge se moque éperdument de ce qu'avale démonstrativement Praljak, lui a des choses importantes à faire, il doit rendre la justice et condamner ces monstres. Puisqu'ils sont ici, devant lui, ce sont des monstres. Or cet individu le gêne, à gesticuler comme ça. Il détourne l'attention de la Justice. C'est manifeste, il est contrarié. Et lorsque l'avocate tente de faire comprendre que Praljak a avalé du poison, l'on ne voit strictement aucune empathie apparaître sur le visage du juge, juste de la contrariété. Un homme meurt devant ses yeux et lui, ça le dérange, car l'ordre du jour va en être perturbé. Un tel niveau de cynisme tend à l'inhumain. 
 
L'une des avocates de Praljak, Natacha Favo Ivanovic, déclare qu'il faut absolument trouver les responsables. La question des méthodes de travail de cette juridiction doit être posée.
 
C'est le moins que l'on puisse dire, un véritable problème moral se pose. Praljak est-il le cadavre de trop de ce tribunal qui a fini par rendre la vengeance et non la justice, discréditant d'autant le système très fragile de la justice internationale?
 

Carnet vert

Publié le 27 Novembre 2017
 

 Sous le haut patronage de Monsieur Stéphane Travert Lauréat 2017 du prix La Brinviller 

 

et de Madame Angéla Merkel aumonière de la bourse de Francfort,

 

Monsieur Bayer et Madame Monsanto

 

ont le plaisir de vous convier le

à la confirmation sacramentelle

de leur fils

 

 

Glyphosate

 

la bénédiction sera administrée par

Monseigneur Junker

en présence de tous les membres

du conclave bruxellois de l'ordre séculier de l'UE.

 

 

Gants, masque et combinaison de catégorie Ⅲ et de type PB3 (modèle de soirée) obligatoire

 

A l'issue de la cérémonie, un buffet de produits bios sera offert aux participants

 

Rédigé par Canaille le Rouge


Nota de B.T : Ne pas confondre buffet avec Marie-George, encore qu'elle n'aurait pas tellement fait tâche.

 

Publié par El Diablo

La FRANCE est-elle encore un pays SOUVERAIN ? L’exemple du glyphosate

La FRANCE est-elle encore un pays SOUVERAIN ? L’exemple du glyphosate

L'Union Européenne autorise le glyphosate pour cinq ans : de Philippot à Bové, la classe politique scandalisée

 

Les 28 Etats-membres, réunis en comité d’appel après l’échec des tentatives précédentes pour s'accorder, ont décidé le 27 novembre de ré-autoriser le pesticide de Monsanto pour cinq ans. L'Allemagne a fait basculer le vote en se prononçant pour.

 

La Commission européenne a annoncé que les Etats membres de l'UE, réunis au sein d'un comité d'appel, avaient voté le 27 novembre en faveur d'une nouvelle autorisation pour cinq ans du glyphosate, l'herbicide controversé.

 

Dix-huit pays ont voté en faveur de la proposition de l'exécutif européen, représentant à peine plus des 65% de la population de l'UE nécessaires. Neuf s'y sont opposés, dont la Belgique et la France, et un pays s'est abstenu. La majorité qualifiée requise a pu être obtenue, contrairement à un premier vote début novembre, grâce au vote « pour » de l'Allemagne.

 

La classe politique française scandalisée, de gauche à droite

 

José Bové, député européen, a réagi sur Twitter, en dénonçant : «Le scandale du glyphosate se poursuit. On en reprend tous pour cinq ans, paysans, consommateurs. Le principe de précaution est foulé aux pieds. Bayer et Monsanto ont réussit à tordre le bras à Mme Merkel. C'est la victoire du business sur la science.»

 

[…]

 

LIEN VERS LA SUITE DE L’ARTICLE CI-DESSOUS :

 

L'UE autorise le glyphosate pour cinq ans : de Philippot à Bové, la classe politique scandalisée

https://francais.rt.com/international/45994-glyphosate-autorise-pour-cinq-ans

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Le glyphosate autorisé par l'UE du capital pour une nouvelle durée de 5 ans: dites c'est quand l'Europe écologique ou sociale, comme vous voulez?

Voilà, le glyphosate, pesticide classé  "cancérogène probable"en mai 2015 par le Centre international de recherche sur le cancer, organe de l'OMS, vient de voir sa licence  autoriser à nouveau pour 5 ans sur notre vieux continent. La France de Macron sollicitait 3 ans et pas son interdiction absolue. 18 pays, dont l'Allemagne de Merkel patronne de l'Ue, ont soutenu la Commission de Bruxelles et le lobby des syndicats patronaux de l'agriculture dont la FNSEA en France.

Ah, ce capitalisme qu'on veut humaniser...

Attention, Une pétition officielle demandant la disparition progressive du glyphosate dans l'UE, classée "initiative citoyenne européenne", a récolté plus d'un million de signatures. Elle a été déposée selon les règles établies par l'UE du capital auprès de la Commission qui doit y répondre d'ici le début de l'année prochaine. Après qu'elle aura entériné le prolongement du glyphosate dont la licence expire ce 15 décembre.

Ah, c'est quand même bien ficelée l'EU au service du capitalisme libre et non faussé.

Le glyphosate autorisé par l'UE du capital pour une nouvelle durée de 5 ans: dites c'est quand l'Europe écologique ou sociale, comme vous voulez?

Publié par El Diablo

Élections EUROPÉENNES en 2019 : le RETOUR des listes NATIONALES ?

La loi électorale d’avril 2003 avait créé huit circonscriptions, pour l'élection des députés français au parlement européen.

La loi électorale d’avril 2003 avait créé huit circonscriptions, pour l'élection des députés français au parlement européen.

Elections européennes : pourquoi Macron veut des listes nationales

 

Le président de la République souhaite mettre fin à l'exception française des circonscriptions. Les prochaines élections européennes auront lieu en 2019.

 

L'échéance est dans plus d'un an mais, dans le calendrier politique, c'est déjà demain. Pour réformer le mode de scrutin des élections européennes en France, le président de la République  a organisé pendant deux jours des consultations avec quatorze responsables politiques. Et la question de la nationalisation des élections divise d'ores et déjà les partis.

 

Car en finir avec le mode de scrutin actuel et prononcer la disparition des huit circonscriptions françaises implique forcément un changement de stratégie politique. Si la France Insoumise et le FN se sont déjà prononcés en faveur d'un retour aux listes nationales, LR et le PS sont beaucoup plus mitigés.

 

La France reste pour autant une quasi-exception dans l'Union européenne puisque les listes nationales sont en vigueur dans la plupart des 28 pays de l'Union, à l'exception de la Belgique, de l'Irlande, de l'Italie et de la Pologne qui conservent elles aussi plusieurs circonscriptions.

 

[…]

LIEN VERS LA SUITE DE L’ARTICLE CI-DESSOUS :

Publié par El Diablo

ALLEMAGNE: de la catastrophe sociale à la catastrophe politique

ALLEMAGNE: de la catastrophe sociale à la catastrophe politique

De lacatastrophe sociale à la catastrophe politique : après l’échec de la “coalition Jamaïque”, l’Allemagne est ingouvernable.

 

Les élections fédérales allemandes de 2017 se sont tenues le 24 septembre 2017. Elles ont vu l’élection de 94 députés d’extrême-droite : je dis bien 94 députés d’extrême-droite !

 

Le paysage politique allemand “présentable” – c’est-à-dire pro-européen ! – est morcelé en un puzzle de partis dont aucun n’a de majorité franche, celui de Mme Merkel pas plus que les autres.

 

Sans coalition, l’Allemagne est ingouvernable

 

Nous avons déjà vu ce film.

 

Nous savons ce que sera le XXIe siècle en Europe.

 

Dans l’Union européenne en général, la catastrophe sociale provoque en réaction la catastrophe politique.  L’Espagnel’Irlandel’Autriche sont elles aussi ingouvernables sans coalitions de fortune.

 

Et maintenant au tour de l’Allemagne.

Rappel ::

 

-en 2016, il y avait 860 000 sans-abri en Allemagne ;

 

-en 2018 : il y aura 1,2 million de sans-abri en Allemagne.

 

Et aujourd’hui, l’Allemagne est ingouvernable.

 

Regardez bien la photo ci-dessous. C’est une photo historique.

ALLEMAGNE: de la catastrophe sociale à la catastrophe politique

C’est la photo d’Angela Merkel, qui s’exprime devant les journalistes, dans la nuit du 19 au 20 novembre 2017.

Sur la photo, les dirigeants de la droite pro-européenne, la CDU, entourent Angela Merkel : ils ont des têtes d’enterrement.

Ils ne peuvent pas gouverner sans coalition de quatre partis : la CDU d’Angela Merkel, la CSU de centre-droit, le parti libéral FDP et les Verts. C’est la coalition dite “Jamaïque” parce que les couleurs de ces quatre formations sont celles du drapeau jamaïcain. Mais cette coalition hétéroclite ne parvient pas à se former tant les divergences sont importantes.

Voilà pourquoi depuis le 24 septembre, l’Allemagne est ingouvernable.

C’est la mort du soi-disant « modèle allemand ». Social et politique.

SOURCE :

23 novembre 2017

Yves Sandoz, Débat : le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes

 

« A la remise d’un prix, nous dit Yves Sandoz, que lui avait précisément attribué la «Generalitat de Catalunya», Claude Lévi-Strauss avait tenu des propos qui prennent une résonance toute particulière dans le contexte actuel: «J’ai connu une époque où l’identité nationale était le seul principe concevable dans les relations entre Etats. On sait quels désastres en résultèrent. Telle que vous l’avez conçue, l’eurorégion crée entre les pays de nouvelles relations qui débordent les frontières et contrebalancent les anciennes rivalités par les liens concrets qui prévalent à l’échelle locale sur les plans économique et culturel.» Il est en effet indispensable dans le monde actuel d’engager sereinement des débats, aussi bien entre les Etats qu’à l’intérieur de ceux-ci, sur le partage du pouvoir et des solidarités à plusieurs niveaux. L’aiguillon nationaliste démagogiquement utilisé à des fins politiciennes, que ce soit au nom du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ou à celui de l’unité nationale, n’a pour seul résultat que d’envenimer ce débat nécessaire et de faire peser la menace de «désastres» tels que ceux évoqués par Claude Lévi-Strauss... »

Reprenons la lecture des consodérations de Yves Sandoz...

Michel Peyret


Plus d'informations sur l'image Manifestation de soutien aux leaders catalans pro-indépendance qui ont été arrêtés ou sont menacés de l'être. Barcelone, 11 novembre 2017. 


© ALBERT GEA/REUTERS/FILE PHOTO

Europe Espagne Epoque

Yves Sandoz, professeur honoraire de droit international humanitaire
Publié mercredi 22 novembre 2017 à 19:11.

Qu’est-ce qu’un peuple, au juste?

OPINION. Le mouvement indépendantiste catalan pourrait inspirer d’autres peuples à revendiquer l’autodétermination en Europe. Mais qu’est-ce qu’un peuple, et qu’en dit le droit international? Mise au point du professeur Yves Sandoz

Y a-t-il un peuple catalan qui a le droit de disposer de lui-même? Si même des spécialistes du droit international ont des avis partagés, c’est en premier lieu parce que les notions de «peuple» et de libre détermination n’ont jamais été vraiment clarifiées, laissant ouvertes diverses interprétations d’un droit pourtant reconnu dans la Charte des Nations unies. Pour les uns, il s’agissait d’abord de permettre au peuple de chaque Etat de déterminer son système politique mais il était pour d’autres, et il est devenu ensuite essentiellement, le droit des peuples colonisés de se libérer, même par la force armée si nécessaire.

La crainte de nombreux Etats, notamment ceux nouvellement indépendants, que la défense du droit de libre détermination ne devienne un prétexte à des interventions étrangère, a ensuite replacé la souveraineté nationale au premier plan: la légitimité démocratique d’un gouvernement, qui n’est hélas encore qu’une exigence embryonnaire, a peu pesé face à celle-ci. La page du colonialisme tournée, ou presque, les frontières nationales semblaient donc être devenues un tabou. La sécession finalement avortée du Biafra, au terme d’une terrible guerre commencée il y a un demi-siècle, était ressentie comme le risque d’une première fissure dans l’Afrique, prélude à beaucoup d’autres et à un affaiblissement de ce continent déjà fragile si l’on remettait en question les frontières héritées du colonialisme.

 Une définition toujours contestée

Ce tabou est toutefois tombé en Afrique, avec l’Erythrée d’abord, qui a regagné son indépendance, mais aussi en Europe, avec notamment le démantèlement de la Yougoslavie et l’effondrement de l’URSS. Quoique la Russie n’ait pas accepté la reconnaissance contestée du Kosovo, celle-ci lui a donné prétexte pour annexer la Crimée conformément à la volonté exprimée par un vote du «peuple» de Crimée. Cette définition du mot «peuple» reste donc au cœur de bien des contestations et elle est sujette à des louvoiements opportunistes: la Russie, qui a défendu le droit du «peuple» de Crimée à disposer de lui-même, et auparavant celui des «peuples» d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud de se séparer de la Géorgie, s’est opposée avec une grande violence aux revendications indépendantistes du «peuple tchétchène», au nom de l’unité du «peuple russe».

La communauté internationale se contente d’enregistrer, le cas échéant, une situation nouvelle en cas de sécession aboutie

Ne peut-on donc pas donner à cette question politique une réponse juridique? On aurait pu l’espérer quand la Cour internationale de justice (CIJ) a été saisie d’une demande d’avis consultatif sur la conformité au droit international de la déclaration unilatérale d’indépendance relative au Kosovo. Mais la CIJ a éludé le problème. Si elle s’est bien prononcée sur le fait que, selon elle. La déclaration d’indépendance du Kosovo «n’a pas violé le droit international», elle s’est empressée d’ajouter qu’elle n’était pas «tenue, par la question qui lui est posée, de prendre parti sur le point de savoir si le droit international conférait un droit positif de déclarer unilatéralement son indépendance, ni, a fortiori, sur le point de savoir si le droit international confère en général à des entités situées à l’intérieur d’un Etat existant le droit de s’en séparer unilatéralement». On admet donc, en général, que cela reste une affaire interne et que la communauté internationale se contente d’enregistrer, le cas échéant, une situation nouvelle en cas de sécession aboutie.

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 Ce qu’en disait Lévi-Strauss

Quelle conclusion tirer de tout cela? A la remise d’un prix que lui avait précisément attribué la «Generalitat de Catalunya», Claude Lévi-Strauss avait tenu des propos qui prennent une résonance toute particulière dans le contexte actuel: «J’ai connu une époque où l’identité nationale était le seul principe concevable dans les relations entre Etats. On sait quels désastres en résultèrent. Telle que vous l’avez conçue, l’eurorégion crée entre les pays de nouvelles relations qui débordent les frontières et contrebalancent les anciennes rivalités par les liens concrets qui prévalent à l’échelle locale sur les plans économique et culturel.»

Il est en effet indispensable dans le monde actuel d’engager sereinement des débats, aussi bien entre les Etats qu’à l’intérieur de ceux-ci, sur le partage du pouvoir et des solidarités à plusieurs niveaux. L’aiguillon nationaliste démagogiquement utilisé à des fins politiciennes, que ce soit au nom du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ou à celui de l’unité nationale, n’a pour seul résultat que d’envenimer ce débat nécessaire et de faire peser la menace de «désastres» tels que ceux évoqués par Claude Lévi-Strauss.

Posté par Michel Peyret

Haine et complot nazi dans la police municipale de Madrid

 

23 Novembre 2017

22 novembre 2017
Cet article non seulement montre comment les événements de Catalogne sont en train d’offrir des espaces d’impunité au franquisme-fascisme dans la société espagnole, ici la police et les complicités dans le PPE. Il propose un syndicalisme de masse et de classe pour lutter contre ce pourrissement. Mais je crois qu’il faut encore approfondir l’exemple espagnol. Ce que j’ai toujours craint est en train de se vérifier, un certain gauchisme, des mouvements généreux mais communautaristes et sur le fond incapables de prendre des mesures concrètes ont en quelque sorte fait sortir la réalité du capitalisme en Espagne mais aussi dans toute l’Europe, le fascisme devient l’alternative plus ou moins assumée clairement. Y aura-t-il effectivement non seulement des syndicats de classe et de masse pour y faire face mais également un parti communiste capable de partir des exigences du monde du travail et d’une véritable conception démocratique de la citoyenneté pour rassembler et faire face. Cette question ne concerne pas seulement l’Espagne
 
(note et traduction de danielle Bleitrach)
Manuela Carmena dans une image de fichier.

Manuela Carmena dans une image de fichier.

Seul un syndicat de classe, qui intègre dans son idéologie une vision sociopolitique de l’action syndicale et qui est fier de sa position démocratique, est capable de faire respecter la loi et de défendre les droits fondamentaux des citoyens.

LA PLAINTE DE CCOO

 

Nous connaissons par la presse numérique – Eldiario.es, plus tard répliquée dans Infolibre et Público – les commentaires que dans un chat qui regroupe le « quart de nuit » de plus de 100 policiers municipaux de Madrid,  qui ont été déversés sur le maire, Manuela Carmena, en plus de souhaiter qu’elle ait été tuée par les tireurs fascistes dans le bureau d’Atocha en janvier 1977.

 

La police municipale a continué à insulter Podemos et Pablo Iglesias, ainsi que des journalistes du Sixième Pasteur et Ferreras. Dans le groupe, avec le rôle actif  de cinq ou six « animateurs », la figure d’Hitler était exaltée comme l’auteur de l’holocauste et des opinions terribles étaient exprimées sur les immigrants et les « Maures » dont l’ extermination était devenue un but. 

 

Cette conversation et ses commentaires ont été connus grâce à une plainte du délégué de CC.OO., police municipale, qui y a participé. Après avoir exprimé sa ferme opposition à ces commentaires, il a été menacé de mort à plusieurs reprises et expulsé du groupe  de discussion. Il a actuellement la protection de la police, lui et sa famille. Le juge enquête sur l’affaire.

 

Il n’est pas excessif  de dire que le développement de la « question catalane » depuis  la convocation et la tenue du référendum et les événements ultérieurs jusqu’au renvoi du gouvernement et la suppression de l’autonomie de la Communauté autonome par l’application de l’art. 155 de la Constitution, a généré  un espace grandissant d'immunité  pour l’expression de Franco et l’idéologie nazie-fasciste à partir de l’exaltation de la nation espagnole et de son drapeau. Dans le chat dans lequel on a dénoncé les insultes ignobles adressée au maire, le souhait qu’il ait été assassiné comme ses camarades travailleurs du bureau Atocha, et d’autres commentaires sur d’autres personnalités de la gauche, émanent  de la critique l’action de la police lors du référendum du 1er Octobre et sont montées en flèche ensuite,  dans le déchaînement d’une spirale de haine et de xénophobie. C’est la première question qu’il faut garder à l’esprit, parce que le sentiment d’impunité dont jouissent les porteurs de l’idéologie nazie-fasciste  leur permet d’afficher publiquement leur recours à un moyen énergique pour arrêter – et éliminer essentiellement – la gesticulation politique démocratique qui exprime une grande partie de la citoyenneté regroupés autour des options à gauche ou, dans le cas de Madrid, sur la candidature citoyenne qui gouverne la ville.

 

Le deuxième point à noter est que les gens qui étalent  leur haine publique et leur  l’aversion démocratique et vantant le génocide nazi comme un bon moyen de faire face à l’immigration – « la nourriture des poissons », « la chasse aux Guarros » – sont des employés publics d’un corps armés, qu’ils doivent donc garantir l’accomplissement des droits et libertés de la citoyenneté, tout le contraire de ce qu’ils affirment et pratiquent.  Il est donc inconcevable que ces personnes puissent continuer à être des policiers municipaux. La sécurité et la liberté de tous ceux qui résident à Madrid exigent qu’ils soient suspendus de l’emploi et du salaire, soient sanctionnés et expulsés du corps.

 

Un autre aspect remarquable est le silence institutionnel devant  cette affaire. Ni le ministère de l’Intérieur, si zélé dans le contrôle des communications sur les réseaux sociaux, ou le ministre de la justice – on pouvait s’y attendre préoccupé par le remplacement du procureur général après sa mort inattendue à Buenos Aires – ont jugé bon de publier une déclaration de condamnation. Et le Parti populaire de Madrid, qui ne peut soutenir aucune position devant le Conseil municipal qui ne soit  pas négative, a comparé les expressions nazifascistes de haine qui se sont étalées dans le chat de la police municipale avec la manifestation politique que certains étudiants ont convoquée face à un acte religieux, laissant entendre que pour ce parti les uns et autres faits sont comparables en montrant publiquement dans quelle conception de la démocratie se reconnait ce parti qui est celui qui gouverne l’Espagne.

 

Mais le plus frappant est le silence des cent policiers du chat qui n’ont pas questionné – et bien sûr dénoncé – ces expressions. Selon les informations parues dans la presse, la plupart d’entre eux pensent que c’est une conversation « joyeuse et divertissante » de sorte que ce qui y est dit doit être interprété comme une blague ou un soulagement sans implication politique ou professionnelle. Et beaucoup plus encore l’attitude des syndicats de la police municipale de Madrid, qui ont affirmé qu’ils ne partagent pas les expressions du chat, mais n’ont pas rejoint la plainte de CC.OO. et même n’ont pas  exprimé leur désaveu inquiet..

 

C’est le point douloureux de la question. La conversation du chat a été dénoncée par un délégué de CC.OO. – qui, comme il a été dit, a été immédiatement menacé de mort et bénéficie de la protection de la police face à la probabilité de telles menaces – et a été pris en charge par la section syndicale de ce syndicat. Mais pour une grande partie des autres salariés – et l’avis des autres syndicats – la plainte n’aurait pas du intervenir, car elle crée une mauvaise image du corps de la police municipale de Madrid et ces cas auraient dû être résolus tranquillement par des procédures disciplinaires internes sans le rendre public. Dans ce cas, le corporatisme agit comme un puissant élément de désaveu de l’iintervention démocratique.

 

C’est ce qu’ont choisi le délégué et la section syndicale de CCOO, une intervention démocratique qui considère à juste titre qu’était incompatible avec l’exercice du rôle qu’ils doivent mener à bien comme employés du secteur public avec ce genre d’expression publique – dans un champ collectif d’une centaine de policiers – essentiellement non démocratiques, violents et politiquement incompatibles avec les idéologies du cadre constitutionnel espagnol. Cette médiation syndicale en faveur de la démocratie a signifié que le délégué dénoncé a dû faire face à des risque personnel, et en tant que syndicat, doit faire face à des entreprises de désaveu  de quelques-uns des membres du corps et à l’incompréhension et le manque de solidarité des autres syndicats qui y interviennent. Quand tant  d’opinions  se déversent contre le syndicat sur la base de leur revendication « l’égoïsme », la performance de CC.OO. la police municipale à Madrid, exigeant le respect de la démocratie de ses composants comme condition d’exercice de la fonction publique devrait être considérée comme exemplaire  et considérée à l’unanimité en comme celle de acte exemplaire et citoyen.

 

Il est très courant d’entendre dire que la seule manière pour les corps de police de remplir leur mission de défense de la liberté et de la sécurité des citoyens est de les priver de leurs droits syndicaux afin d’éviter leur « politisation ». Le cas de la haine et le complot nazi de la police municipale de Madrid démontre exactement le contraire. Seul un syndicat de classe, qui intègre dans son idéologie une vision sociopolitique de l’action syndicale et qui est fier de sa considération démocratique, est capable de faire respecter la loi et de défendre les droits fondamentaux des citoyens qui sont à la base de la liberté et la sécurité que vous devez garantir en tant que fonctionnaires.

 

En Pologne, des résistances à la « décommunisation »

 

 

20 Novembre 2017

En Haute-Silésie, habitants et élus montent  au créneau contre le révisionnisme historique. Non la Pologne ce n’est pas seulement ces abominables manifestations mêlant la haine du juif à celle de l’immigré et du communiste, c’est aussi le refus des Polonais de l’oubli de la naissance de leur nation dans la Pologne populaire. C’est cela que je veux affronter avec Monika, comme nous avons décidé avec Marianne de nous confronter à cette montée du fascisme comme réponse du capital à ce refus de l’oubli

 

(note de danielle Bleitrach)


Résultat de recherche d'images pour "Jerzy Ziętek et Edward Gierek"

 

Un engagement sans faille au service de la modernisation et de l’essor industriel de la Silésie. La popularité des dirigeants communistes Jerzy Ziętek et Edward Gierek (ici en compagnie de leur épouse) reste forte à Sosnowiec et Katowice.

 

En 2002, à l’initiative de « l’Association Edward Gierek et de députés, un rond-point de Sosnowiec avait été baptisé du nom d’Edward Gierek », souligne Rafał Łysy, porte-parole de la municipalité de Sosnowiec. Originaire de cette ville de Haute-Silésie, Edward Gierek (1913 – 2001), ancien mineur de charbon dans le nord de la France, avait dirigé la Pologne populaire de 1970 à 1980. Cette place circulaire est aujourd’hui menacée de débaptisation en vertu de la loi dite de « décommunisation » votée, l’an dernier, par les députés du très réactionnaire parti Droit et Justice (PiS). Le voïvode (préfet) a jusqu’au 2 décembre 2017 pour statuer.


Récemment, il a fait parvenir à la municipalité un courrier la sommant de changer le patronyme du rond-point. En dépit de cette injonction, Arkadiusz Chęciński, le maire de Sosnowiec, et les élus opposés à ce projet, tiennent bon. La municipalité ne répondra pas à ce diktat car « consultée, la population est favorable au maintien du nom », poursuit Rafał Łysy. En juin dernier en effet, 97, 3 % des 13 000 habitants qui ont pris part au référendum organisé par la Ville, se sont en effet prononcés contre la débaptisation. Et pour cause ! Le nom de Gierek reste associé au développement le plus dynamique de la ville depuis sa fondation.

 

A Katowice aussi

 

Les années 1970 ont ainsi offert à Sosnowiec de se doter d’infrastructures (transport, logements, etc.) synonymes d’amélioration des conditions de vie des habitants. Au point qu’Adam Gierek, député européen, estime que la mémoire de son père ne serait pas mise en danger par une éventuelle débaptisation tant serait fort le lien unissant Edward Gierek à la population locale un brin nostalgique de cette période faste. Un lien aux multiples dimensions tant sentimentales qu’émotionnelles et culturelles…

 

A noter qu’à une poignée de kilomètres plus au sud, à Katowice, le voïvode a aussi maille à partir avec la municipalité et des habitants attachés aux diverses formes d’hommages rendus dans l’espace public (monument, rue…) à Jerzy Ziętek (1901 – 1985), un autre homme fort de la Pologne populaire. On lui doit notamment la création du parc régional de culture et de loisirs, véritable « poumon vert » de la Silésie. Ici, le général Jerzy Ziętek est aussi considéré comme un héros, pour sa participation aux insurrections silésiennes à caractère patriotique et antiallemand (1919 – 1921).

 

L’épreuve de force est donc engagée avec Jarosław Wieczorek, le voïvode ! Un représentant de l’Etat, qui, selon le site Wyborcza.pl, douterait d’ailleurs du bienfondé de sa démarche. C’est dire…


Jacques KMIECIAK
en collaboration avec Alina HORBIK

Espagnols, le franquisme n’est pas (encore) mort

 

20 Novembre 2017

http://www.publico.es/politica/20-n-espanoles-franquismo-no-muerto.html

 

Cet article montre comment la crise catalane s’inscrit sur celle d’un passé qui a été étouffé, dans lequel les élites et les forces économiques longtemps uniquement au main des franquistes ont subi peu à peu une érosion. Celle-ci est lié aux initiatives protestataires des victimes mais y compris selon l’auteur à la crise immobilière, celle des subprimes qui a vu apparaître aux côtés des anciens gestionnaires franquistes des investisseurs internationaux.  Il y a eu une combinaison de vecteurs sociaux, économiques et politiques pour que s’ébranlent les structures du pouvoir consolidées durant les quarante années de dictature et perpétuées, normalisées dans les quarante ans du post-franquisme. Une telle analyse est très intéressante parce qu’elle témoigne de la manière dont les temps de l’histoire dans le contexte de la crise du capitalisme qui ne cesse de s’approfondir en vagues successives est en train d’ébranler notre vieux continent et ce qu’on croyait être une construction européenne stable

 

(note et traduction de Danielle Bleitrach)


Le dictateur Francisco Franco et le prince d'alors des Asturies et aujourd'hui le roi émérite Juan Carlos de Borbón, dans un acte célébré 59 jours avant la mort du premier.

Le dictateur Francisco Franco et le prince des Asturies et aujourd’hui le roi émérite Juan Carlos de Borbón, dans une manifestation publique intervenue  59 jours avant la mort du premier.

 

MÁS INFORMACIÓN

Qu’est-il advenu du franquisme  au cours des 40 années qui ont suivi la mort du dictateur, le 20 novembre 1975, a-t-i agonisé  ou a-t-il persisté? La question est plus simple que la réponse, encore moins si l’on s’enfonce dans les paradoxes de réalité qui veut que celui qui occupait  des postes dans le ministère des finances  sous la dictature préside aujourd’hui le Comité mixte sénatorial de la sécurité nationale.

 

C’est ce  qui fait de l’ancien ministre des Affaires étrangères, José Manuel García-Margallo, l’un des trois députés de 1977, encore dans la fonction publique après Soledad Becerril le défenseur du peuple, un symbole (quelque chose « représentatif d’une entité, d’une idée d’une certaine condition »), ou peut-être un symptôme ( « signal ou indication que quelque chose se passe ou va se passer » ), de cette période historique connue comme la Transition, dont la naissance n’a jamais été localisée, bien que soient patents les liens avec l’administration de Franco de la majeure partie de ses protagonistes , et dont la fin, quatre décennies plus tard, n’est toujours pas envisagée.

 

Cependant, commencent à s’accumuler les indicateurs d’une éventuelle fin proche. Entre autres,  le fait que neuf groupes parlementaires se réunissent pour légiférer sur la fin de l’impunité des crimes de Franco en modifiant la loi d’aministie  ou que le Congrès ouvre la porte à  l’annulation des procès politiques sous la dictature. Ou, également, que les trois institutions comme le Congrès, le Parlement de Galice et de la municipalité de Saint Jacques, dans ce cas par voie judiciaire réclament à la famille du dictateur qu’elle rende deux statues de la cathédrale de Saint jacques volées dans les années soixante juste après leur acquisition par le consistoire.

 

« Beaucoup de grandes entreprises sont issues du franquisme » 

 

« Pour pouvoir tourner la page nous devons d’abord y écrire et la lire » dit le politologue et professeur à l’Université de Saragosse Cistina Monge , qui montre comment le changement de régime n’a pas eu d’ incidence sur les structures économiques ou sur leurs centres de pouvoir, ni sur les secteurs clés de l’Administration.

 

« La corrélation des forces et le moment historique ne permettait pas d’aller plus loin, et de nombreuses questions telles que la structure territoriale du pays, le traitement des victimes de la guerre ou de la conception d’un État-providence aux normes européennes, n’ont pas été  résolues » écrit-il

Il est intervenu quelque chose de similaire  avec les structures économiques. « De nombreuses grandes entreprises dans l’Ibex 35 viennent du franquisme, et dans certains cas , du temps de Primo de Rivera , » explique le sociologue Rubén Juste, qui rappelle  la façon dont « la majorité  des bases des principales sociétés ont  été fondées au début des années 40  , avec l’expansion des travaux publics après la guerre.  » En fait,   de ceux qui ont intégré l’indice boursier sélectif seul ACS est né après la dictature, bien que son origine soit OCISA (1942), alors que Acciona est le résultat de la fusion de Entrecanales (1928), Cubiertas(1918) et MZOV ( 1862).

 

Cependant, dans les deux cas, les processus sociaux et économiques connaissent une certaine évolution  dans les structures enracinées dans le franquisme que la Transition a perpétuée  et  qui selon les experts démarrent, respectivement, entre 2007 et 2011 et en 2010.

 

Les nouvelles élites

 

« Nous devons parvenir à un consensus sur le fait que cette première transition est  close à un moment précis,  qui pourrait être en 1982, avec la victoire électorale du PSOE », explique Monge. « Mais cette transition a laissé les choses non résolues auxquelles d’autres ont été ajoutées, dans une situation qui est devenue claire à partir de 2007 et avec les 15-M, qui ont commencé la deuxième transition en 2011 » .

 

Maintenant, ajoute-t-il, « nous prenons un pouls avec cet établissement , tandis que, avec une gauche en retrait, la droite croit qu’elle a beaucoup donné  et veut en récupérer une partie , comme le montre la tendance recentralisatrice du modèle teritorial. »

 

Dans le domaine économique, explique Juste, « les grandes familles du franquisme continuent de diriger les entreprises jusqu’à ce qu’en 2010 ses membres commencent à être remplacés par des investisseurs et des gestionnaires ». Le changement de tendance est dû à l’émergence des fonds d’investissement internationaux avec la crise des caisses d’épargne qui, lorsque la la fusion et les processus bancaires se déclenchent  à la  suite de leur crise généralisée,  cessent de financer les anciennes entreprises de construction issue du franquisme après avoir soutenu leur  expansion internationale en tant que gestionnaires de services publics.

 

.A ce stade, où les nouveaux bailleurs de fonds commencent à imposer des conditions et des contrôles inconnus au moment des caisses, succède   un avenir incertain dans lequel le déclin de certaines de ces entreprises, avec la sortie de l’Ibex 35 de OHL et Abengoa (dont le second créancier est l’Etat pour les prêts Caja Madrid) comme des épisodes exceptionnels, coexiste avec la force dans le monde des fonds d’investissement d’une nouvelle élite, dans lesquelle on trouve des  noms de famille près de pouvoir depuis des décennies comme Aznar ( Haya Real Estate est l’ une des principales sociétés immobilières du pays), Aguirre ( de Aguirre Newman) ou même Primo de Rivera, avec des intérêts dans des sociétés financières et dans les médias.

 

Absence d’une histoire commune

 

Pourtant, malgré la persistance de connexion normalisées et légales avec le franquisme comme le maintien en charge de neuf maires qui ont reçu l’onction avant la mort du dictateur, la validité des dizaines de lois promulguées pendant la dictature ou la transmission une couronne attribuée par Franco et assumée par la Constitution, se multiplient les initiatives de déconnexion et de révision par rapport à cette époque, avec de part ou d’autre la vindicte de ceux qui ont souffer et l’ont  payé de leur vie et de leur liberté multiplient les initiatives.

 

Parmi celles-ci  figurent les initiatives pour exhumer le cadavre du dictateur de la de la Vallée des Morts, pour récupérer les corps des victimes de la guerre et de la dictature et réhabiliter ceux qui ont subi des  représailles, ou des initiatives  qui remettent en cause des questions telles que les relations entre l’Etat et l’Eglise catholique .

 

Bien il y a des franges plus ouvertes pour surmonter la vague du franquisme : l’utilisation partisane des symboles comme le drapeau de l’Etat, les complexes sur le nom même de l’Etat et  l’absence, encore, d’un historique de l’acceptation généralisée de ce qui est arrivé dans les quarante ans de dictature  et dans les quatre décennies qui ont suivi.

 

Pour l’OTAN : avec la résurgence de la Chine et de la Russie, le risque d’un conflit majeur atteint des sommets

 

20 Novembre 2017
Ce genre de constat émanant de l’OTAN rappelle ce constat pessimiste d’un psychanalyste:  « les paranoïaques finissent par avoir des ennemis » et effectivement dans ce cas nous risquons le pire
 
(note de Danielle Bleitrach)

Un représentant de l’alliance atlantique a souligné qu’on assistait au transfert du pouvoir militaire et économique mondial à ces deux pays.

 

OTAN: Avec la résurgence de la Chine et de la Russie, le risque d'un conflit majeur explose

 
Un soldat chinois lors d’une manœuvre antiterroriste russo-chinoise à Tcheliabinsk, le 11 août 2007.
Pavel Gerasimov / Reuters
 

Jeudi dernier, un représentant de l’OTAN a déclaré que le « risque d’augmentation du conflit interétatique a augmenté » ces dernières années, rapporte The Hill.

 

« La Chine profite de son rôle économique pour augmenter les dépenses de défense comme base de sa stratégie vers la puissance mondiale croissante », a déclaré le général Denis Mercier, commandant en chef de Allied Transformation, intervenant dans un centre d’étude du Conseil Atlantique.

 

« L’Inde suit le même chemin et pourrait atteindre un statut comparable à moyen terme », a ajouté M. Mercier, ajoutant que « la Russie réémerge avec la volonté de redevenir une puissance majeure, remettant en cause l’ordre établi depuis la fin de l’ancienne Union Soviétique.  »

 

Le général a résumé les résultats du dernier rapport « Strategic Foresight Analysis » ( Strategic Foresight Analysis ) en le comparant avec le premier rapport de cette série, publié en 2013.

 

Mercier a souligné certaines des principales tendances, notamment le transfert de la puissance militaire et économique dans le monde, de l’Amérique du Nord et de l’Europe occidentale à des pays comme la Russie et la Chine.

 

Les chars traversent la place Rouge lors du grand défilé de la victoire pour le 72e anniversaire de la défaite du nazisme, le 9 mai 2017. / Maxim Shemetov / Reuters
 

L’analyse stratégique prospective de cette année met en lumière les « actions d’une Russie renaissante en Europe de l’Est et d’une Chine plus ferme dans la mer de Chine méridionale, qui utilisent à la fois des instruments de puissance et de puissance douce». «soft power») pour atteindre leurs objectifs politiques ».

 

Le rapport souligne que la Chine et la Russie ont parmi les budgets militaires les plus importants au monde en termes absolus. En outre, il prédit que « les économies des pays d’Asie et du Pacifique atteindraient jusqu’à 60% de l’augmentation de l’acquisition de ressources pour la défense, la recherche et le développement mondial et 30% de toutes les acquisitions militaires d’ici 2020 » .

 

En outre, le rapport souligne que « les ambitions stratégiques à long terme de la Russie et sa politique de retour au pouvoir» poussent l’OTAN à adapter ses capacités et sa préparation.

 

La Russie a exprimé à plusieurs reprises son inquiétude sur l’activité de l’OTAN, qui augmente sa présence militaire près de ses frontières, brandissant le prétendu besoin de « contenir l’agression russe », ce que Moscou nie catégoriquement. Le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a assuré que la Russie ne représente une menace pour personne même si elle ne va pas négliger les actions potentiellement dangereuses pour ses intérêts.

 

Les légionnaires du Christ reconnaissent avoir eu des comptes dans les paradis fiscaux

 

16 Novembre 2017
 
Mardi 14 novembre 2017  12h17

La reconstruction communiste avance en Italie. Nous travaillons à une unité sans reculade

 

 

15 Novembre 2017  

Vidéo 

 

Le Bureau politique du Parti communiste se félicite du résultat de la mobilisation massive du samedi 11 novembre, qui a vu cinq mille travailleurs, jeunes, retraités et sans emploi, participer à la manifestation  dirigée par le CGF. Un résultat incontesté de ces temps, celui qui a vu le retour d’une manifestation communiste, pour  la lutte contre les politiques gouvernementales, pour le retrait  de l’Italie de l’Union européenne et de l’OTAN, réitérant la perspective de la révolution socialiste dans le centenaire de Grande Révolution Socialiste d’Octobre. Nous remercions toutes les organisations régionales et la Fédération romaine pour l’organisation de l’événement et l’effort fourni. Sur le nom du Parti, nous faisons quelques brèves considérations à ce jour, qui marque une avancée majeure sur la voie de la reconstruction communiste;

 

 

1. La manifestation était la meilleure réponse à tous ceux qui avaient réclamé une interdiction de la manifestation et à l’approbation des lois sur la dénonciation du communisme. Elle a été précédée dans la presse réactionnaire, d’une une campagne de propagande anti-communiste contre la tenue dela dite manifestation.  Des signes inquiétants sont venus des municipalités du centre-nord de l’Italie où des motions anticommunistes ont été discutées ou même approuvées. La grande mobilisation du samedi 11 novembre, après celle de Soragna et de Reggio Emilia, est un signal clair contre ces politiques;

 

2. La protestation sociale doit faire réapparaître l’horizon stratégique du changement révolutionnaire dans les rapports sociaux et le système politique qui reflète de telles rapports. Pour cette raison, manifester pour le centenaire de la Révolution d’Octobre, ne veut pas dire faire de simples commémorations, mais revendiquer la perspective finale de notre lutte: le renversement du capitalisme et la construction du socialisme, la seule alternative réelle pour les travailleurs et les masses. C’est la tâche principale des communistes aujourd’hui: ne pas revenir à de simples revendications intermédiaires, mais relier des objectifs immédiats et médiatisés à une stratégie d’accumulation de forces pour renverser le système. La lutte idéologique n’est pas nostalgique mais fait partie intégrante de nos tâches.

 

3. La manifestation le samedi 11 novembre montre que les communistes ne devraient pas attendre et il doivent chasser les forces opportunistes, les coalitions des partis sans avenir, les appels des dizaines d’initiales signataires vides, il s’agissait de convoquer une manifestation de la lutte. Toute accusation de marginalisation tombe devant l’évidence des chiffres observés hier sur la place, qui ne sont certainement pas mineures par rapport aux manifestations habituelles dans lesquelles on voit diverses forces communistes. La stratégie concernant le travail dirigé vers la classe ouvrière et vers la jeunesse paie plus que mille réunions non concluantes et se déroulant  entre des structures qui s’auto-représente;

 

4. La responsabilité que nous donne ce samedi incite le Parti à renouveler la proposition déjà avancée par son bureau politique sur la voie de l’unité communiste.  L’événement d’hier aurait pu être un premier pas dans cette direction, mais cela ne s’est pas produit. Nous regrettons le choix des autres forces communistes d’ignorer l’appel lancé par l’EGF  en juin dernier, et de se retrouver dans une contre-manifestation le même jour – convoquée à la date du défilé communiste déjà annoncé – mais la comparaison s’est faite en notre faveur. Une proposition est maintenant plus que jamais devant de la scène politique, appelant les communistes à ne pas attendre les décisions des opportunistes et des forces sociales-démocrates, mais de prendre un rôle de premier plan, qui vise à la construction d’un camp autonome des communistes.  Nous sommes convaincus avec Lénine que l’unité qui doit être recherchée est celle des communistes avec les communistes, et non entre les communistes et les opportunistes ou sociaux-démocrates. Sur cette route, nous continuons à avancer, en ligne avec nos thèses du Congrès et en renouvelant notre appel aux forces communistes  pour que soit ouvert un débat sérieux sur l’unité communiste;

 

5. Nous faisons appel aux partenaires, déçus par la trahison du leadership opportuniste: il est temps d’entrer dans le jeu. Vous ne pouvez plus rester à la fenêtre à attendre que les communistes reviennent, il faut être présents partout où ils sont nécessaires, le soutien actif et la connaissance, une contribution active, selon les possibilités de chacun, au processus de reconstruction communiste. L’engagement de chacun est un facteur d’accélération indispensable sans lequel la reconstruction communiste se poursuivra plus lentement, dans un contexte d’aggravation soudaine du scénario politique et social;

 

6. L’enthousiasme apporté par l’événement doit être traduit en travail politique, en construisant et en renforçant les luttes, en construisant et en renforçant les organisations locales du parti à tous les niveaux. Ce n’est pas en abandonnant ses positions politiques que les communistes retrouveront la confiance des classes populaires, mais avec un travail politique incessant de lutte, d’enracinement, de leadership. Un vrai parti communiste construit son cadre dans les organisations et les lieux de travail des usines, au centre du conflit de classes. Tout le travail de parti est orienté dans cette direction;

 

7. A cette occasion, le facteur déterminant du succès de la mobilisation a été la jeunesse. La jeunesse est la flamme de la révolution, avec des milliers de jeunes qui apportent des victoires dans les écoles, dans les universités, qui font avancer les luttes et construisent des racines dans les quartiers populaires et en milieu de travail. Les jeunes savent que le capitalisme a produit l’insécurité, le chômage, le travail non rémunéré, l’incapacité d’avoir un droit à domicile et sociaux il y a seulement vingt ans. Les jeunes d’aujourd’hui, n’ont rien à perdre, pourquoi sont-ils si nombreux  malgré des années de diffamation idéologique à devenir communistes et à prendre une part active dans les luttes et dans leur organisation et dans « notre travail pour soutenir l’effort de la jeunesse communiste et construire ensemble les nouvelles générations » ,

 

Bureau politique
Parti communiste
Rome, 12/11/17

 

Voici en complément de ce compte-rendu, la présentation de ce qu’est l’unité recherchée, sous le titre « l’unité avec qui et pourquoi faire ? »

 

Cette question a été soulevée par Pietro Secchia, secrétaire du mouvement communiste italien, elle est toujours la question clé à poser lors de l’examen de l’unité des communistes.

 

Aujourd’hui, dans le mouvement communiste international, et certainement dans notre pays, il existe de sérieuses divergences de vues stratégiques entre les forces qui se réclament du communisme, dont la fragmentation actuelle est la règle. La réflexion des communistes doit commencer par la reconnaissance de ce fait, se rendant compte que l’état actuel n’est pas simplement le produit de personnalités et de malentendus ou de volonté de défendre les petits « jardins potagers », mais le résultat des choix et des contradictions accumulées au cours des années et de divergences stratégiques.

 

Il faudrait simplement se mettre tous ensemble, ce qui a été déjà expérimenté avec Rifondazione Comunista en 1992 (les différences, avait dit Bertinotti sont  un trésor, mais à la fin, cela revient seulement à une certaine confusion) ou pire il s’agirait de lier encore l’unité communiste en question aux échéances électorales, comme cela a été fait par la Fédération de la gauche en 2009.

 

L’unité communiste doit se faire à travers un débat serré sur des questions stratégiques et en recherchant l’unité dans les conflits de classe. Le deuxième Congrès du Parti communiste a tiré les thèses politiques qui sont disponibles à: 

http://ilpartitocomunista.it/wp-content/uploads/DOCUMENTO-II-CONGRESSO-PC-2017.pdf 

nous y exposons notre analyse et la stratégie du Parti, et en particulier ce qui constitue la construction d’un parti révolutionnaire à un stade non-révolutionnaire et comment bien comprendre cette dernière expression.

 

L’Unité communiste est le but de notre document avec des mots clairs qui décrivent notre position. « La question communiste – dit le document – est la question de l’unité des communistes vraiment marxistes-léninistes, qui brise les formes d’opportunisme et rejette toute réduction à des connotations électoralistes génériques et l’agrégation avec les forces de la » gauche », qui relèguent les communistes à une fonction subalterne historique et classique. C’est la question de l’indépendance communiste par rapport aux forces bourgeoises, le profil autonome des intérêts du prolétariat dans le choc des classes nationales et dans sa projection internationale, dans le choc interimperialiste qui le rend irréductible à l’un des champs dans la lutte.  Le Parti doit élever haut le slogan de l’unité, appelant à un chemin commun avec tous les camarades qui se situent dans ce champ. Accroître les initiatives de discussion et de débat, ne pas craindre la confrontation mais valoriser dans la dialectique des positions les perspectives concrètes d’avancement. L’unité n’est rien si elle ne correspond pas à une unité idéologique et à une vision stratégique.  »

 

L’unité est un objectif à poursuivre et pour lequel nous voulons contribuer avec quelques points qui, en termes d’unité et de reconstruction, deviennent indispensables. En particulier:

 

1)    l’autonomie politique des communistes et l’indépendance totale par rapport aux partis qui acceptent le système capitaliste comme horizon. La construction du Parti communiste ne peut pas être réduite à une vision plus radicale au sein du système politique bourgeois, de ses coalitions ou de ses groupes de gauche. Construire le Parti communiste signifie réaliser l’instrument qui détruit ce système. En pratique, refuser toute forme d’alliance électorale avec le Parti démocrate et sortir de toute vision anti-historique de «l’unité des forces constitutionnelles démocratiques». Un rejet net, indépendamment de qui conduit le PD, est exprimé à la fois nationalement et régionalement et localement. Rejeter les alliances avec le PD au niveau national mais ensuite le pratiquer localement s’appelle l’opportunisme. Cela vaut également pour les forces soi-disant de gauche (par D’Alema, en Pisapia, en passant par Vendola) qui peut maintenant tactiquement distingué du PD, mais qui veulent se développer en perspective, puis de nouveau allié avec le PD);

 

2) la centralité de l’analyse léniniste de l’impérialisme,  en tant qu’étape suprême du capitalisme. L’impérialisme ne peut être réduit à l’une de ses phénoménologies, à savoir l’agression militaire. Le mouvement communiste ne peut pas participer de façon stratégique pour l’une ou l’autre déploiement des forces impérialistes dans la lutte et la lutte des communistes est dirigé, tout d’abord, la libération de l’exploitation capitaliste et de son existence dans leur pays par l’Union européenne, de l’OTAN et toutes les alliances impérialistes;

 

3) la nécessité d’abandonner toute illusion sur la réformabilité des institutions de l’UE et sur les mécanismes économiques qui la sous-tendent. Les communistes doivent en Italie affirmer la sortie de leur pays de l’UE. Il ne suffit pas de parler d’une lutte simple pour la dissolution des alliances impérialistes, ne précisant pas comment une telle dissolution peut avoir lieu. Elle doit prendre la responsabilité de pratiquer cette percée de la seule manière possible, à savoir par la lutte pour la sortie unilatérale des alliances impérialistes. En même temps, ils n’appartiennent pas au raisonnement communiste sur l’Europe à deux vitesses, sur les alliances dans les pays du sud de l’Europe, sur la simple sortie de l’euro sans même quitter l’UE. Toutes les alternatives politiques alternatives mais apparemment alternatives, qui seraient en effet favorables aux secteurs du capital, et finiraient par aggraver la condition de la classe ouvrière et des masses;

 

4) la conscience, qui découle directement des points précédents, que l’autonomie politique des communistes doit se réaliser même dans les forces « de gauche ». Il n’y a pas de gauche anticapitaliste en dehors des communistes: parler d’anti-libéralisme n’est pas synonyme d’anticapitalisme, mais pointe vers des visions internes différentes de la logique du capitalisme. Soutenir la réformabilité de l’UE comme le fait le Parti de la Gauche européenne et les forces auxquelles il adhère rend ces positions incompatibles avec celles des communistes. Alors l’unité des communistes et des unités de la gauche ne sont  pas synonymes, et ce ne sont même pas des processus qui peuvent marcher ensemble. Vous n’avez pas besoin de mélanger ces deux mots avec une telle légèreté, car derrière eux il y a des perspectives divergentes incompatibles. Penser à rejoindre les communistes et à rejoindre ensuite la gauche qui a des perspectives stratégiques opposées à nous, c’est l’opportunisme de la  pire espèce;

 

5). Le travail des communistes doit être pleinement orienté vers le soutien et la direction de la lutte de classes, et d’abord dans le travail pour augmenter la conscience de classe ouvrière, leur participation à la lutte. Les communistes doivent être en mesure de créer un bloc social autour des exigences les plus avancées de la classe ouvrière, unissant à elle les couches sociales à risque d’appauvrissement et de prolétarisation, qu’entraîne de plus en plus la domination des grands monopoles ;

 

6) Au niveau du conflit, la critique du travail du syndicalisme confédéral, et en particulier du rôle de la CGIL, doit être claire et impitoyable. La perspective stratégique des communistes ne peut pas s’enliser dans un retour impossible de la CGIL sur des positions de classe, mais doit travailler pour la construction du syndicat de classe, lié au niveau international au FSM, qui représente en fait les intérêts des travailleurs, qui peuvent conduire les travailleurs dans la lutte sans laisser place à des compromis à la baisse qui, dans le cas du syndicalisme confédéral, ont conduit à une position de collaboration;

 

7) le lien étroit entre la reconstruction communiste et les processus de réorganisation du mouvement communiste international. Nous pensons qu’à ce stade, il est nécessaire d’intensifier l’action communiste au niveau international pour répondre à l’attaque principale, également au prix de donner une direction politique à une coordination internationale plus stricte. L’adaptation dialectique aux conditions nationales, qui doivent également être présents dans les tactiques de développement des parties, ne peut pas conduire à des torsions stratégiques qui finissent par justifier tout et le contraire de tout, au nom des routes nationales présumées au socialisme;

 

8)  la nécessité de faire face à l’expérience du mouvement communiste de notre pays et en particulier à l’histoire du Parti communiste italien. Ce serait un mauvais service pour le processus de reconstruction communiste de s’enfermer dans une vision religieuse de l’histoire du PCI et de ne pas analyser ses erreurs. En particulier, nous ne pensons pas d’unité communiste sans claire condamnation de l’eurocommunisme, l’acceptation de « parapluie de l’OTAN », le compromis historique de la politique et de la solidarité nationale, éléments centraux du processus de transformation PCI en une force socialdémocrate. En même temps, sert une autocritique impitoyable sur la période qui a suivi la dissolution du PCI, et le processus de construction de la République populaire de Chine. Il critique l’éclectisme et l’opportunisme dominant de ces années, et en particulier la reconnaissance de l’erreur historique de la participation communiste au gouvernement central.

 

9)  Ne pas lier l’unité communiste à de simples perspectives électorales. Cela ne signifie pas que les communistes d’aujourd’hui, en toute autonomie et indépendance par rapport à d’autres forces politiques, ne peuvent et devraient utiliser l’instrument des élections, et peut-être des postes dans des institutions telles que le porte-voix de son action dans le conflit de classe. Etre autonome et indépendant, c’est aussi ne pas déléguer à d’autres forces (comme le font certaines organisations communistes avec les Cinq Étoiles ou les forces de gauche) mais être eux-mêmes dans leurs propres batailles. En un mot, utiliser les élections, les médias, les institutions de construction de partis et le renforcement de la lutte des classes.

 

10) d’énoncer clairement que le but des communistes est le renversement du système capitaliste et la construction du socialisme, et d’agir conformément à cette déclaration. Les communistes ne limitent pas leurs actions à la défense des gains temporaires, mais ils relient chaque combat concret au processus d’accumulation des forces révolutionnaires. Il n’y a pas d’alternative entre le capitalisme et le socialisme et il n’y a pas de phases intermédiaires.

 

Cent ans après la Révolution d’Octobre, nous sommes conscients des grandes difficultés des communistes au moment où les contradictions du capitalisme dans le monde et dans notre pays sont si claires. Le capitalisme est aujourd’hui incapable de fournir un avenir sans l’exploitation, le chômage, l’aggravation des salaires et des conditions de vie, la guerre, le contraste sans équivoque avec l’environnement et la nature finie des ressources de la planète. L’actualité de la question communiste est aussi un effort pour l’unité des communistes, à condition que ces processus soient orientés dans le sens inverse de ce qui a été fait pendant ces années. Nous voulons l’unité des communistes, à partir d’une cohérence stratégique et idéologique, qui a pour prémisse de critiquer les erreurs du passé. Mais nous rejetons toute proposition d’unité ou de dialogue de l’expéditeur avec les forces de gauche et de centre-gauche, peut-être lors des élections. Une perspective qui signifierait reléguer les communistes à la queue des projets perdants, qui trompent les travailleurs, et qui sont parfaitement alignés avec le pouvoir capitaliste sur les dictats de l’UE et de l’OTAN, en échange d’une place dans les institutions.

 

Dans ces conditions et à partir d’un travail conjoint concret, nous avons établi l’unité entre le Parti et le Front de la Jeunesse Communiste et nous considérons que ce modèle sera suivi à l’avenir. Conscient de l’insuffisance des forces existantes, à commencer par nous, nous sommes prêts à remettre en question notre organisation à condition que cette utilisation provoque une avancée et non un pas en arrière sur ce qui, bien qu’encore insuffisante, a été construit laborieusement au fil des ans. L’unité avec les communistes, pas avec ceux qui voudraient entraîner les communistes dans le pantano. Un principe sans unité est, au mieux, de la confusion.

 

Rome 22 février 2017

 

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Pour info, la grandeur humanitaire de l'UE et des gouvernements qui la portent...

 

Publié le 14 Novembre 2017

 

...ramenée à des proportions

plus conformes à la réalité

pour info, la grandeur humanitaire de l'UEet des gouvernements qui la portent...
 

"Le soutien de l'Union européenne aux gardes-côtes libyens conduit à l'emprisonnement arbitraire, pour des durées indéterminées, de migrants dans des conditions "inhumaines", a déclaré mardi le Haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Zeïd Ra'ad al Hussein.

 

La mission Sophia de l'UE participe à l'entraînement et à la formation des gardes-côtes libyens, auxquels l'Italie a fourni quatre patrouilleurs. L'Italie a également donné à Tripoli plusieurs millions d'euros et un navire de réparation de bateaux pour améliorer l'efficacité de la marine libyenne.

 

Les Libyens ont intercepté en mer près de 20.000 migrants depuis le début de l'année, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Après être reconduits vers les côtes libyennes, les candidats au départ sont envoyés dans des "centres de détention", auxquels des employés des Nations unies ont eu accès.

 

"Les observateurs ont été choqués par ce qu'ils ont vu", a déclaré le Haut commissaire des Nations unies dans un communiqué.

 

Ils ont vu "des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants traumatisés, au visage émacié, entassés les uns sur les autres, enfermés dans des hangars sans accès à des fournitures de base et privés de toute dignité humaine", a-t-il expliqué.

 

Vingt mille personnes sont désormais détenues dans des installations contrôlées par le service de l'émigration de Tripoli, contre 7.000 en septembre, indique l'Onu.

 

Si les agences de l'Onu et autres organisations humanitaires ont accès à eux et s'efforcent de leur apporter des soins et des vivres, Zeïd estime que cela ne suffit pas, car "L'UE et ses pays membres n'ont rien fait jusqu'à présent pour atténuer les atteintes subies par les migrants".

 

Rédigé par Canaille le Rouge

 

La République catalane n’aura duré que l’instant d’une proclamation unilatérale, précipitée, sans structuration sociale et populaire, sans alliances larges dans et au-delà de la Catalogne ; mais une proclamation qui a politisé toujours plus toute une jeune génération, une proclamation qui mettait en cause tout l’édifice caduc de la « transition modélique et consensuelle » et d’une constitution aux relents néo-franquistes, de 1978, et surtout d’une monarchie imposée par Franco.

Le parlement qui a proclamé l’indépendance de la République catalane était, lui, légitime.

 

Dans l’immédiat, l’ultra-conservateur et « espagnoliste » Mariano Rajoy, chef du gouvernement de Madrid, partisan d’une Espagne « une », semble avoir gagné. Le 155 n’a pas provoqué, pour le moment, un raz-de-marée contre lui. Mais attention... une victoire en trompe-l’œil. La « question catalane » est partie pour durer. Le problème, nous l’avons dit et répété, est politique. Seules des réponses politiques permettront de réduire les fractures. Le gouvernement de Madrid a choisi la pire des solutions, la répression, en utilisant une justice globalement aux ordres. Le « Fiscal » général, José Manuel Maza, est, de notoriété publique, un homme du PP. Il est chargé du sale boulot, tout comme la juge aux manettes, la très réactionnaire Carmen Lamela. Ces nostalgiques règlent leurs comptes...

 

« La Audiencia nacional » et le Tribunal suprême, vestiges de la dictature, se sont déjà illustrés en tuant professionnellement le juge Garzón qui prétendait recenser et juger les crimes contre l’humanité du franquisme. Juges proches du PP et du PSOE rivalisèrent alors d’ardeur pour lui couper la tête. Ce faisant et dans le même temps, la justice espagnole se refuse toujours à appliquer la législation internationale en matière de disparus (130 000), et à supprimer, comme lui demandent Bruxelles, et de nombreuses associations des Droits de l’Homme, la loi d’amnistie de 1977. C’est ainsi, par exemple, que l’ancien ministre fasciste de l’intérieur, Rodolfo Martín Villa, se promène en toute liberté dans les rues. La sœur et le beau-frère du roi, qui devraient être en prison, se dorent au soleil. Mais quoi d’étonnant à cela, au fond, dans un pays où l’on compte 3,5 millions de chômeurs à la fin de ce mois d’octobre, et où le droit à un logement décent est considéré comme inconstitutionnel ?

 

Le chef d’Etat major des Forces Armées, le général Fernando Alejandre Martínez, vient quant à lui d’écrire crânement dans le journal « ABC » que l’histoire a démontré que l’Armée « sait défendre la nation » lorsque cela s’avère nécessaire. Dans la Constitution, l’Armée est garante de « l’unité nationale ».

 

L’emprisonnement express du Vice-président de la Generalitat, Oriol Junqueras, et de 7 consellers (ministres), est une provocation insupportable, une atteinte aux libertés fondamentales. Le gouvernement catalan, son président, ses ministres, ont été élus, et sont donc légitimes. Mais Mariano Rajoy entend pousser l’avantage pour opérer une involution démocratique, à l’échelle de toute l’Espagne, pour refuser notamment de remettre en cause la constitution de 1978, et pour tuer dans l’œuf toute revendication sociale, ainsi que celle, démocratique, d’une Constituante.

 

Nous avons consulté la presse espagnole : « El Mundo », « l’ABC », « El País ». Elle est unanimement hystérique contre le « cirque catalan », la « république imaginaire », « le grotesque comportement de Puigdemont », traité de « payaso » (clown) par un chroniqueur. Le traitement médiatique par les journaux, liés tous à la droite ou au PSOE (« El País »), utilise le cynisme, la violence verbale, le mépris, en lieu et place de réflexion sur le fond, d’appel à la négociation.

 

La mise sous tutelle ramène la Catalogne au bon vieux temps des vice-royautés... La réponse populaire contre la répression, contre l’ingérence, contre des choix politiques austéritaires s’organise après le choc et les traumatismes. Deux grands rassemblements populaires sont programmés pour les 5 et 12 novembre. La revendication de « grève générale » fait son chemin, malgré les provocations et les intimidations de Mariano Rajoy. Les élus indépendantistes appellent à « l’insoumission pacifique », tandis que de Bruxelles, Puigdemont, malgré la fragilité de sa situation, se pose en chef du gouvernement légitime catalan et demande la libération de tous les détenus.

 

Chacun se prépare aux élections catalanes anticipées du 21-D, imposées par Madrid, acceptées par tous, dont l’issue pour l’heure, selon les sondages, reste incertaine.

 

Jean ORTIZ
(Chroniques latines, l’HUMANITE, 3 novembre 2017).

»» https://www.humanite.fr/blogs/catalogne-le-chemin-sera-long-644910
URL de cet article 32510 

Espagne quand un premier de cordée fait tout pour ne pas dévisser

 

Publié le 10 Novembre 2017

Corruption en Espagne : Rajoy a touché de l'argent de la caisse noire selon un inspecteur de police
 
 
Mercredi 8 novembre. Le principal enquêteur de l'affaire de corruption Gürtel a confirmé hier, jeudi 7 novembre, devant le congrès des députés, que Rajoy a perçu de l'argent de la caisse noi...
 
 
Peut-être une explication à l'acharnement de l'ectoplasme du Franquisme dans sa fuite éperdue vers le chaos politique
 

Rédigé par canaille le Rouge

Publié le  par Descartes

Puigdemont au bagne!

 

Le drame – ou plutôt la saynète – de l’indépendance catalane continue à défrayer la chronique. Après le vote d’une motion d’indépendance par le parlement régional, Madrid a, comme c’était prévisible, mis en route le processus constitutionnel de destitution du gouvernement régional et de suspension de l’autonomie. La justice espagnole a, de son côté, engagé le processus judiciaire à l’encontre des hauts fonctionnaires et dirigeants élus qui ont participé à ces évènements. Cette réaction des autorités espagnoles ont donné lieu en Espagne mais aussi chez nous, et c’était là aussi prévisible, à toutes sortes de dénonciations de l’inacceptable « répression » contre les dirigeants indépendantistes. On est allé jusqu’à assimiler les dirigeants arrêtés aux prisonniers politiques sous le régime franquiste… c’est dire si l’affaire est grave aux yeux de nos redresseurs de torts préférés.

 

Ces discours ont de quoi surprendre. Car que reproche-t-on aux personnalités en question ? Rien, quelques broutilles : d’avoir abusé de leur pouvoir en excédant les compétences des fonctions pour lesquelles ils ont été élus, d’avoir refusé dans l’usage de leurs fonction d’appliquer les décisions contraignantes des juges, et d’avoir porté atteinte à l’intégrité du territoire national de l’Espagne. Je ne connais pas le code pénal espagnol, mais on peut se demander quelles sont les peines qu’encourrait un élu qui en France ferait de même. Ainsi, le « fait pour la personne dépositaire de l'autorité publique, agissant dans l'exercice de ses fonctions, de prendre des mesures destinées à faire échec à l'exécution de la loi est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende » (code pénal, art 432-1). Et ne parlons pas du fait de participer à un mouvement portant atteinte à l’intégrité du territoire national, puni de 15 ans d’emprisonnement (code pénal, art 412-4).

 

Il faut appeler un chat un chat : ces délits sont parmi les plus graves qui puissent être commis par un agent public, un dirigeant politique. Et ce n’est pas par le caprice du législateur, mais pour une raison très simple : si l’agent investi de l’autorité publique peut faire ce que lui dicte son bon plaisir sans limites, plus personne n’est en sécurité. Nous, pauvres citoyens, donnons à nos élus des pouvoirs qui sont exorbitants du droit commun. Par notre mandat, ils disposent de l’argent public, de la force armée, du pouvoir de faire des règles auxquelles nous sommes contraints – par la force si nécessaire – d’obéir. Et ces pouvoirs nous leur accordons en échange d’une seule promesse : de les exercer dans les limites que leur fixe la loi. Que le citoyen viole la loi, c’est grave. Mais que le citoyen investi du pouvoir public, qui est censé faire la loi et la faire observer, fasse de même, c’est inacceptable, et ne saurait être toléré. Que la justice ouvre une procédure contre ceux qui ont commis ces graves délits n’a donc rien de surprenant. Et pour ceux qui sont attachés au gouvernement républicain, fondé sur la responsabilité des élus, ces actions sont plus à applaudir ou à blâmer. Du moins si l’on prend au sérieux les actes des élus catalans. 

 

Mais faut-il les prendre au sérieux ? A lire une partie des expressions politiques – notamment celles venant de la gauche – on arriverait à la conclusion contraire. A les entendre, Puigdemont et les siens doivent être traités comme on traiterait des étudiants turbulents qui auraient voté une motion dans une assemblée générale universitaire. Puisque ce vote ne porte pas à conséquence, qu’il n’y a pas mort d’homme, aucune raison de les poursuivre.

 

Cette réaction est en elle-même très révélatrice d’un trait dominant dans la politique des nations de l’Europe occidentale, qui se caractérise de plus en plus par un comportement infantile des dirigeants et des élites politico-médiatiques. Naguère, l’arène politique était un lieu tragique, ou se jouait l’avenir des peuples, la vie et la mort des nations. Les dirigeants politiques avaient droit aux honneurs et au respect parce qu’ils portaient sur leurs épaules la responsabilité de décisions graves. Aujourd’hui, ce sont des enfants au point qu’il serait presque indécent de les mettre en prison lorsqu’ils ont trahi de manière évidente leur mandat. 

 

Cette infantilité est visible dans la légèreté avec laquelle des décisions qui engagent le crédit et la vie de la nation sont prises. Quelques exemples ? En voici un : on découvre qu’une erreur juridique dans la conception d’une taxe va couter à l’Etat une dizaine de milliards d’Euros, et bien entendu personne n’est responsable. En voici un autre : l’avenir de notre parc nucléaire de production d’électricité, qui vaut bon an mal an une cinquantaine de milliards d’euros, est suspendu à des obscurs débats politicards, et aucune décision n’est prise parce que personne n’est capable de l’assumer. Et le pire, c’est que cette légèreté n’est pas nouvelle : elle rappelle singulièrement la France de 1939-40 telle que décrite par Marc Bloch dans « L’étrange défaite », cette époque ou la date de la mobilisation de nos armées était décidée sous la pression du lobby des « pinardiers ». 

 

Il ne faut pas non plus oublier que dans notre monde politico-médiatique le poids de ceux dont la formation politique s’est faite dans la politique étudiante n’a jamais été aussi fort. Ceci explique peut-être une partie du phénomène. Car si quelque chose caractérise la politique universitaire, c’est son rapport très lointain avec la dure réalité du monde. Et ceux qui ont participé à des assemblées générales universitaires peuvent en témoigner. Ou mieux que là peut-on voter des motions qui n’ont aucune raison de recevoir un commencement d’exécution, qui n’auront la moindre conséquence sur le réel ? Oui, vous avez raison, il y a aussi le Parlement Européen… 

 

Descartes