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Un livre (ou deux) qui dit l’importance de connaître le passé pour inventer l’avenir

 

23 Août 2017

Résultat de recherche d'images pour "Giulio Ceretti"

 

Grâce à Philippe Brunet qui l’a acheté pour moi sur le net et me l’a envoyé alors qu’il est encore en vacances, je peux relire « A l’ombre des deux T » de Giulio Ceretti. 40 ans avec Palmiro Togiatti et Maurice Thorez. (Julliard, 1973). C’est un militant communiste, comme nous avons eu la chance d’en connaître, nous ceux qui ont plus de vingt ans. Il combat le fascisme, puis approvisionne l’Espagne républicaine en armes et devient membre du comité central du PCF. Il est mis dans l’illégalité en 1939 comme les autres communistes, pendant que se prépare la défaite face à l’Allemagne nazie. Il passe par la Belgique, l’Allemagne, le Danemark, toujours clandestin pour se retrouver dans la Russie en guerre avec les autres dirigeants du Kominterm. Il est ministre du premier gouvernement italien, issu de la résistance, puis sénateur de Florence. Il aura été le secrétaire de Maurice Thorez dont il dresse un magnifique portrait et de Palmiro Togliatti. Un livre écrit avec humour et une verve qui vous tient en haleine. Son témoignage, sans culte de la personnalité, mais respectueux et juste (il écrit en 1973) m’a beaucoup servi pour le livre que j’ai maintenant terminé (Marianne révise les traductions  sur le sujet que nous offrons dans une dernière partie). ce livre s’intitule : « 1917-2017, Staline, un tyran sanguinaire ou un héros national ».

 

On écrit toujours un livre pour un lecteur imaginaire, hier j’ai réalisé quel était mon lecteur en priorité. ce sont tous ces communistes de la base au sommet que j’ai pu rencontrer dans ma vie. Ils ont tous eu le coeur brisé par la chute de l’Union soviétique, par ce qui a été dit de cette expérience socialiste. beaucoup n’ont pas pu croire ce qui se disait, ce n’était pas parce qu’ils étaient des brutes sanglantes, des « staliniens », tel qu’on les caricaturait, mais au contraire. L’expérience de leur propre vie, de la manière dont ils avaient tout donné, de leur désintéressement allait a contrario de ce qui se disait, ils sont restés ou non au parti. Mais il y a chez beaucoup un vieux fond d’incrédulité face à ce qu’on leur raconte ou pire encore du chagrin, de la colère. Les communistes sont des combattants disciplinés mais ils ont de la compassion et avant de sacrifier les autres, ils sont prêts à se sacrifier eux-mêmes. leur vie mais aussi tous les petits arrangements dont bien des gens s’accommodent. Ce sont eux qui m’ont toujours attachée à ce parti et pour eux que je veux passionnément depuis toujours que l’on aille jusqu’au bout de notre analyse sur nos propres bases, sur ce que nous voulons et pas sur les ragots émanant d’un adversaire qui continue à avoir peur du communisme parce qu’il sait bien que c’est la seule chose qui signifie la fin du capitalisme.

 

Il ne s’agit pas je le répète d’un apologie de Staline ou du stalinisme, ni même d’une réhabilitation, il s’agit de rouvrir la recherche historique, pas seulement comme c’est déjà entamé sur le plan scientifique, académique, mais politique, de présenter des pièces du dossier en vue de cette investigation. Avec au centre de notre analyse, la différence d’appréciation par nous occidentaux, français et ceux qui ont vécu cette histoire., en particulier les anciens peuples soviétiques et les Russes.

 

Toute ma vie à partir de ce moment n’a été qu’une longue quête pour notre honneur perdu à nous les communistes, j’ai fait le tour de la planète à la recherche d’explication, pour retrouver ceux qui continuaient à se battre, ceux qui comme les Cubains restaient debout… Et quand je lis un livre comme celui de Ceretti je sais que je ne suis pas seule, qu’ils sont là tous autour de moi, autour de nous pour exiger cette vérité.

 

Bien sûr ce livre, le mien, espère un public plus large, celui de Ceretti mériterait d’être réédité. Je voudrais tant que la jeunesse déboussolée, tous ceux qui errent sans perspective et avec le mépris de leurs anciens donc d’eux-mêmes y trouvent un autre regard. Sans ce nouveau regard, ni aujourd’hui, ni demain il n’y aura de perspective politique.