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PCF, l’heure de vérité... réflexions et analyses

 

17/05/2017

 

Bonjour

 

Sans surprise , Macron a été élu président de la république. Le scénario était prêt depuis des mois. Il lui fallait Le Pen pour y parvenir. Aucune autre issue était attendre, comme jamais avant elle, cette élection a fonctionné comme un piège a con. Le Medef et ses supports idéologiques peuvent être satisfait tout a fonctionné comme prévu. La culpabilisation une fois n'est pas coutume a joué son rôle à plein, après le terrorisme qui s'est invité dans la campagne, le fascisme est venu faire peur dans les chaumières.

 

Depuis Charly celui qui ne met pas ses pas dans ceux que lui indique l'establishment est mis a l'index, tancé de milles façons, dénoncé en place publique. Les moralistes loin d'être des moralisateurs de la vie publique selon ses attendus  républicains  "liberté égalité fraternité " ont pu jouer sur les cordes sensibles de la lyre apollinienne sans retenues. La fêtes et ses agapes resteront des privilèges  olympiens. Le peuple en sera une fois de plus écarté pour longtemps!

 

Macron va pouvoir réformer selon la partition du sublime Gataz qui n'en peut plus mais. La recomposition suit cet évènement avec une précision tout aussi mécanique. Après avoir mis en pièce le PS qui avec son consentement s'est fracturé sur trois pôles ( Macron Mélenchon et Hamon) les marcheurs s'attaquent au républicain. De ce point de vu la nomination du premier ministre constitue une torpille avec explosion à retardement lancée contre la coque du navire amirale de la droite.

 

Si tout la classe politique s'en émeut tout cela n'a rien de surprenant pour les militants que nous sommes. Cette pseudo stratégie, s'inscrit elle aussi dans la recomposition qu'attend le capital pour mettre en ouvre la politique de "réforme" qu'il espère et prépare depuis des dizaines d'années. De fait, Macron,comme l'explique le communiqué de l'ocml. est l'homme de l'union européenne et des impérialismes qui l'inspire. Il sera le nouveau glaive utilisé pour que coïncide au mieux, richesse économique et pouvoir la structure politique et juridique actuelle ne réussissant plus à exprimer les intérêts des moyens de production capitalistes, il fallait le changement pour que celui ci puisse imposer les formes nouvelles dont ils ont  besoin.

 

Il est à noter que l'effet de choc de cette onde nouvelle s'étend à d'autres secteurs et que la gauche elle même doit reconsidérer ses bases comme ses références. Il est d'ailleurs à remarquer que le mode d'organisation et de structuration de la France insoumise suit a peu de chose près les mêmes processus de  mis en place que ceux régissant "la république en marche", avec une hyper concentration des pouvoirs et une centralité qui confine au pouvoir d'un homme sur tous, selon les règles imposées par la présidentialisation et le régime de l'homme providentiel qu'elle impose.

 

C'est ainsi que nous arrivons aux législatives et aux problématiques validations des candidatures. Il ne s'agit plus de faire gagner un courant de la société, mais un clan , une classe et ses alliés mais une marque et ses représentants. Pourtant plus que jamais la lutte des classes impose l'exposition des contradictions entre pauvres et riches, exploité et exploiteurs, possédant et dépossédés. Plus que jamais leur résolutions dépendront de nos luttes et de notre capacité à unir, rassembler organiser.

 

Nous aurons donc besoin de relais institutionnels, mais aussi avant tout, de retrouver une organisation de classe capable d'intégrer ces nécessités dans sa pratique et ses objectifs ainsi que l'exprime la déclaration du réseau faire vivre le PCF. Quels sont les positionnements des uns et des autres? La FI bloque autour d'elle tout le processus de mobilisation . Pour melenchon la chose est entendu les 7 millions de voix qui se sont porté sur son nom l'on été sur son programme et pour son organisation . Il n'a aucune  reconnaissance pour un rassemblement engageant d'autres forces politiques que la sienne, ni pour une stratégie de conquête d'une majorité dans le cadre d'un front. La dynamique produite autour de son nom doit rester autour de son rassemblement la FI et donc de sa châtre et de l'autorité de son noyau dur.

 

Cette attitude confirme ce que nous avons toujours connu de son fonctionnement. Il ne s'agit pas tant de défendre les intérêts des "gens"  que ceux de son organisation et de son financement. je vous donne plusieurs point de vu sur ce sujet dont celui de Pierre Laurent qu'il me semble légitime de faire connaître étant donné l'ostracisme dont il fait l'objet dans les médias. Suit une tribune d'Yvon Quiniou et un article de Gilles Questiau. j'ai trouvé aussi intéressant de vous faire connaître la vidéo posté sur facebook par "osons causer" qui nous parle de la manière dont le renouveau de l'offre politique utilise les tecniques de communication, et le rôle que ces dernières ont joué dans la campagne. Elles en disent les virtualités et les fragilités. Une organisation révolutionnaire ne peut se contenter de parlotes sur le net. Elle taille dans le vif des luttes de classes, se structure sur le concret des évènements avec de vrais gens qui rentrent en relation entre eux et produisent des actes militants.

 

Gilbert Remond


PCF, l’heure de vérité...

Déclaration du réseau Faire Vivre et Renforcer le PCF

, par  lepcf.fr,

pdf 

Dans quelques semaines, les législatives viendront compléter la situation politique recomposée issue de cette campagne présidentielle. Elles exigent de tirer de premiers enseignements urgents des résultats.

Le monde du travail, les services publics, les collectivités locales, auront besoin de députés points d’appui pour résister, se faire entendre, reconstruire.

Mais la direction du PCF s’entête dans l’impasse et la confusion paralysant les communistes.

Pendant des mois, les dirigeants du PCF ont désespérément cherché les conditions d’alliances toujours plus incertaines, multipliant les "lundis de la gauche", les rencontres d’appareils, de dirigeants, laissant les militants dans l’incertitude sur la stratégie, le contenu, et les conditions pratiques de l’action. Pendant ce temps, les 4 candidats arrivés en tête au premier tour menaient bataille sur leur ligne politique, sans se soucier du "rassemblement", mais en construisant partout le rapport de forces le plus favorable pour eux.

Les médias et le système politique les ont largement favorisés, mettant en scène les conditions de la reproduction politique souhaitée par les oligarchies qui dirigent, une recomposition politique qui change tout pour que rien ne change. Il fallait tuer Fillon pour maximiser l’effet repoussoir de Le Pen. Il fallait tuer Hamon pour maximiser l’effet sauveur de Macron, mais il fallait le maintenir pour ne pas risquer de pousser Mélenchon jusqu’au deuxième tour.

Il faudra après les législatives comprendre les ressorts d’un système dont on dit qu’il est en crise profonde, systémique, mais qui a la capacité de mobiliser de telles forces sociales, économiques, culturelles qu’il réussit à transformer une défaite assurée en victoire politique, symbolisée par le geste paternel de Hollande envers son successeur.

Il faudra regarder en face les scores très élevés du Front national dans des terres ouvrières qui ont longtemps fait la force du PCF, provoquant une fracture lourde de danger dans le peuple entre ceux qui ont massivement voté pour faire barrage au FN, notamment dans les quartiers populaires des métropoles, et ceux qui ont voté FN contre la mondialisation, notamment dans les régions désindustrialisées. Cette fracture politique est la traduction du renoncement du PCF à son rôle historique de parti de la classe ouvrière.

Le futur ex-FN tente de se positionner comme principale force d’opposition de concert avec la stratégie de Macron visant a créer une nouvelle bipolarisation à l’américaine garante de la poursuite du système.

Les communistes paient lourdement 20 ans de fuite en avant dans une "refondation" qui n’a jamais cru à l’utilité du parti communiste, qui l’a toujours mis sous la table, qui a toujours considéré comme secondaire de s’engager, de s’organiser comme un parti d’action, de terrain, dans les entreprises et les quartiers…

Jean-Luc Mélenchon propulsé par notre renoncement à la candidature en 2012 rassemble de nombreux électeurs de la gauche historique communiste et socialiste, qui est à son plus bas niveau historique. Conforté par le résultat du premier tour, il tente dans une démarche toute miterrandienne d’en finir avec le PCF, pour construire une nouvelle force politique de gauche sans ancrage au communisme.

Marie-Georges Buffet appelle le PCF à se dépasser tandis que Pierre Laurent laisse planer le doute sur le changement de nom de notre parti.

Mais le parti communiste ne doit ni se dépasser ni s’effacer. Il doit se reconstruire, se renforcer, s’organiser, se battre, et gagner les 11 et 18 juin, le plus de points d’appuis législatifs possibles pour réouvrir enfin son histoire.

Nous n’attendons aucune solution du rassemblement par en haut ou de la vieille tambouille électorale qui nous déconsidèrent. Nous ne sommes à vendre ni à la France insoumise, ni à la nouvelle force politique que promet Hamon.

La bataille des législatives peut nous permettre d’avancer dans la reconstruction du parti communiste. Dans quelques circonscriptions, nous pouvons faire élire des députés déterminés à résister et à porter les intérêts populaires point d’appui pour tous ceux qui luttent. C’est l’urgence, et notre direction nationale doit enfin s’y consacrer entièrement, au lieu de chercher de nouveaux expédients ;

Ensuite, il faudra une conférence nationale des animateurs de sections pour tout mettre sur la table : un bilan concret et partagé des 20 années de mutations, refondations, métamorphoses, de nos résultats électoraux, de nos bases militantes, de notre capacité à être utile dans les luttes sociales, politiques et idéologiques pour unir notre peuple autour du nécessaire changement de société.

 


https://blogs.mediapart.fr/yvon-quiniou/blog/110517/le-choix-de-rupture-de-melenchon-plus-quune-erreur-une-faute

Le choix de rupture de Mélenchon: plus qu'une erreur, une faute.

 

11 MAI 2017

PAR YVON QUINIOU

BLOG : LE BLOG DE YVON QUINIOU (/MÉDIAPART)

 

Mélenchon vient de rompre avec les communistes pour les législatives. C'est une erreur, car il sous-estime le rôle que les communistes ont joué et pourraient jouer dans son audience. Mais c'est aussi une faute: manque de reconnaissance à l'égard d'un allié et volonté d'occuper tout seul le terrain. Il sera isolé et risque de casser idéologiquement cette nouvelle gauche qui émerge.

 

Le choix de rupture de Mélenchon : plus qu’une erreur, une faute. 

 

Ainsi Mélenchon, grisé par son score à la Présidentielle, rompt son alliance avec les communistes. C’est d’abord une erreur : son succès, qui avait commencé avec sa campagne de 2012, est dû aussi, sinon largement, aux communistes. Ceux-ci ont été massivement les acteurs des rassemblements en sa faveur par la force de leur organisation et l’engagement de ses militants, ainsi que leur presse. J’avais pu dire à l’époque (2012) que Mélenchon était le porte-parole du Front de gauche, mais que son moteur était le PC, et c’est sur cette base que le score du Front de gauche avait pu être possible. Et s’il analyse avec précision et objectivité ses résultats récents, il s’apercevra que ce sont les lieux (villes, départements) où le PC reste encore fort, que l’audience de la France insoumise a été elle-même la plus forte. Or ce n’est pas du tout un hasard : c‘est l’effet non seulement d’une sociologie particulière, celle des victimes du libéralisme, mais aussi d’une influence politique auprès de ces dernières ! En se coupant des communistes – j’en fais le pari – il va perdre beaucoup de voix dans le camp de ceux qui ont voté pour lui avec enthousiasme, dont la mienne. Et son projet de recomposition de la gauche autour de lui va du coup à l’échec. Tant pis pour lui : c’est ce qui arrive à ceux qui, en politique, sont perturbés par leur réussite et, si je puis dire, « la jouent perso ». Mais pas tant pis surtout, hélas, pour les clases populaires, qui souffrent et ont besoin aussi bien d’un immense renouvellement de la gauche que de son union.

 

Justement, au-delà de cette erreur catastrophique il y a la faute morale, présente en filigrane dans ce qui précède. Elle est double. D’une part il oublie tout ce que le mouvement qu’il a fondé doit, dans la dernière période et comme je l’ai indiqué, aux communistes, ce qui est une forme d’ingratitude moralement injustifiable et incompréhensible. Je dis bien « moralement » puisque je crois savoir que, philosophiquement, il fait une place à la morale dans son engagement politique, comme on peut le constater dans les travaux de son conseiller intellectuel, J. Généreux – ce qui n’est pas fréquent. Où est donc passée sa morale ? Le cynisme politique, très fortement présent ailleurs, aurait-il repris le dessus ? D’autre part, et c’est là le plus grave, Mélenchon entend occuper toute la place à gauche, ignorant que la gauche de Hamon est tout à fait respectable et ambitionnant  avant tout  de détruire le PC, avec la force réelle qu’il continue à avoir.

 

Or cela est à la fois inadmissible moralement (à nouveau) et irresponsable par rapport à l’avenir de la gauche anti-libérale, dite « radicale ». On peut ne pas être entièrement d’accord avec le PC au nom ce qu’il a été à l’époque de l’URSS. Mais on oublie alors qu’il s‘est profondément renouvelé, sinon refondé, et qu’il doit continuer ce processus, tout en restant communiste, ce qu’il fait. Je justifierai ce point en faisant appel à un propos que j’ai lu récemment sous la plume d’un journaliste, pourtant pas spécialement marxiste, Jacques Julliard, et que je cite : « La « décommunisation » de l’extrême gauche a fait sauter le verrou doctrinal qui la rattachait à la gauche, au sens classique du terme » – j’ajoute « et qui empêchait sa dérive libérale ». Il s’agit très précisément du marxisme, pour employer un terme générique qui peut recouvrir une grande diversité de compréhensions de celui-ci. Car, ramené à l’essentiel qui fait l’accord, le marxisme est la seule doctrine qui nous révèle l’essence du capitalisme, en accuse l’injustice structurelle et nous en propose le dépassement  profond à terme, afin de lui substituer une tout autre organisation économique et sociale : une société visant l’intérêt de tous et l’épanouissement vital de chacun – ce que j’appelle l’émancipation, c’est-à-dire la fin des aliénations qui font de la majorité des individus des êtres mutilés, rabougris, in-humains, à savoir privés de leur pleine humanité, incapables de réaliser toutes leurs potentialités (voir mon livre Les chemins difficiles de l’émancipation  qui va paraître, pour plus de détails). Or cette perspective-là, contraire à la pensée dominante en politique, est un bien extrêmement précieux qui, au-delà de son aspect économique (la fin de l’exploitation de l’homme par l’homme) vise à promouvoir, et je le dis sans la moindre emphase, une nouvelle civilisation fondée sur des droits humains universels, bien plus riches humainement et  bien plus concrets que ceux que la  Déclaration de 1789  a déjà promulgués.

 

Or, c’est ce « verrou doctrinal » (dont Généreux, à nouveau, ne parle guère) que Mélenchon risque de fragiliser en s’en prenant, avec un mépris rare, au PC et en voulant le liquider. Celui-ci est le support institutionnel (ou partidaire) d’un héritage idéologique fondamental dont on ne sait pas vraiment s’il le revendique, malgré ses propositions politiques avec lesquelles on peut être souvent d’accord. En voulant détruire ce support, on risque de faire disparaître cet héritage. Je sais bien que s’en réclamer, quitte à l’enrichir ou l’actualiser comme je tente de le faire, ne fait pas l’unanimité, voire suscite l’hostilité ou carrément la censure des médias. Et pourtant, il faut s’y consacrer, fût-ce dans une relative solitude  intellectuelle, car il est le seul à nous indiquer ce qu’il faut dénoncer et combattre ainsi que ce vers quoi il faut aller en politique. Comme le disait Platon : « Il ne suffit pas de vouloir le juste, il faut savoir le juste qu’il faut vouloir ». Or je ne vois pas ce qui, dans les doctrines politiques à la mode (Tocqueville, Hayek, Weil, Arendt, Aron, l’individualisme, etc.) et qui  constitue la culture qui va nous diriger désormais (Macron et une large partie des dits socialistes s’en inspirent), peut nous éclairer à ce propos, en dehors de la pensée de Marx ou de celles qui s’appuient sur elle. Sans ce fond doctrinal et sans ceux qui le défendent, c’est le conformisme le plus imbécile qui nous menace, l’abandon aussi de toute visée morale de justice, le culte de l’individu entrepreneurial et consommateur (pour ceux qui ont les moyens) et, du coup, l’expansion du malheur social pour ceux d’en bas – les « sans dents » comme disait l’autre d’un air hautain. Bref, il ne suffit pas de marcher comme un Macron triomphant risque de  s’y employer faute d’une résistance unie en face de lui : il faut marcher en avant et non en arrière. As-tu compris ce qui nous menace, J.-L. Mélenchon, si tu veux faire cavalier seul et te retrouver isolé?

 

Yvon Quiniou

15 Mai 2017


Publié par El Diablo

Le PCF, la France Insoumise, ANALYSES politiques COMPARÉES

Sur l'absence d'accord entre PCF et FI, les torts sont partagés.

 

Le PCF a fait des demandes trop exigeantes, ce qui semble montrer qu'il ne désirait pas un accord, principalement parce qu'il voudrait faire face à ses difficultés financières grâce aux votes comptabilisés aux législatives.

 

Il a également suscité la méfiance de ses partenaires par la mollesse (au mieux) de sa campagne. Un courant important, inspiré par la cellule éco et des notables locaux a même tenté à plusieurs reprises de la saboter : diffusion de messages hostiles (pour être gentil) sur les réseaux sociaux, tentatives de résurrection de l'Union de la Gauche, tentatives de ralliements à Montebourg, puis à Hamon, pression pour l'abandon de la candidature Mélenchon après le vote des primaires socialistes puis demande d'une alliance avec Hamon au prix des points essentiels du programme, rétention des signatures pour semer le doute à quelques semaines du vote, vote Hamon, "vote révolutionnaire" pour Poutou ou pour Macron.

 

La FI de son côté n'a pas l'air de comprendre que le PCF est toujours une force politique militante, qu'il comporte des débats intérieurs et une opinion interne et qu'on ne peut pas s'allier avec une telle force sans faire la moindre concession, qu'il s'agit d'un parti historique et que ses militants veulent le conserver, pour beaucoup d'entre eux c'est même le seul but. Il y a même quelques zones en France où le PCF conserve un ancrage populaire, et où un candidat PCF fera mieux, notamment contre le FN, qu'un nouveau venu de la FI. S'effacer devant le PCF dans trente circonscriptions, ce n'était pas la mer à boire, surtout quand on vise la victoire nationale.

 

Sur le fond, la ligne actuelle du PCF est beaucoup plus droitière que celle de la FI, mais celle-ci est essentiellement le reflet de l'opinion actuelle de son dirigeant principal et de quelques conseillers. Le volet institutionnel du programme de la FI, mis en avant en premier dans un discours basiste et ultra-démocratique, est le moins crédible. Si Mélenchon change d'avis sur quelque chose, la FI suivra au quart de tour. Le PCF, sans être un modèle idéal du genre, est en fait plus démocratique que la FI ; mais il faut l'avouer, beaucoup moins efficace.

 

Pour résumer, la FI offrait aux présidentielles deux avantages majeurs sur le PCF :

 

Mélenchon pouvait gagner, et donc abolir un certain nombre de lois du quinquennat Hollande, ce qui n'était pas à la portée du PCF, qu'il soit isolé ou dans une union de la gauche discréditée. Sur le plan programmatique il avait la volonté, crédible, de sortir de l'OTAN, et celle qui l'est moins mais qui est tout de même fortement affirmée, de tenir tête à l'UE, ce qui ne peut aboutir qu'à la quitter si on le fait vraiment. Le PCF a baissé pavillon sur ces deux questions cardinales.

 

Le reste du programme de la FI soit ne fait pas partie de mes choix (sortie du nucléaire, constitution parlementariste, végétarisme, etc.), soit n'est pas assez courageux pour aller chercher les voix des classes populaires là où elles sont (immigration et sécurité).

 

Le ralentissement de l'immigration est compris par les classes populaires comme essentiel pour l'intégration des immigrés déjà présent et pour la lutte contre le chômage, et elles ont sans doute raison. Si on veut retrouver leur confiance il faut sortir du consensus libéral sur cette question, partagé avec le MEDEF, qui prône la totale liberté de mouvements de main d'œuvre dans le monde.

 

Mais ces faiblesses existent aussi dans le programme du PCF ; elles indiquent simplement que les militants de gauche sont massivement recrutés aujourd'hui dans la petite bourgeoisie dont la vie quotidienne est peu impactée par l'insécurité ou qui idéalise l'immigration (qu'il ne s'agit pas non plus de diaboliser, mais d'analyser sobrement).

 

Il est exact que la FI a réussi à regagner du vote ouvrier, complètement perdu par le PCF à l'exception de quelques circonscriptions (Vénissieux, Martigues, Douai, le Havre, etc.), mais c'est sur une base ethnique : environ 25% des ouvriers sont issus d'une immigration récente (deux ou trois générations) et environ 25% aussi des ouvriers votent Mélenchon. Mais des départements ouvriers comme l'Aisne ou les Ardennes votent massivement Le Pen. Au vu des résultats du 23 avril, sans "barrage à" d'un côté ou de l'autre au second tour, il peut y avoir 150 députés de la France Insoumise ; et aussi 150 députés FN, ce qui en annulerait arithmétiquement l'effet. Et on ne peut pas d'un côté espérer sans le dire que l'électorat frontiste se reporte sur ses candidats par pur "dégagisme" et mobiliser à son profit un front républicain dans des duels avec le FN qui ne s'annoncent pas très bien.

 

Si le FN est un épouvantail et un leurre, qui ne représente aucun danger pour le train-train de la démocratie libérale, il n'en reste pas moins qu'affaiblir son influence sur la classe ouvrière est la priorité stratégique du moment, pour ceux qui veulent représenter légitimement cette classe. Et pour ça il faut arrêter de discourir comme les patrons (ou comme les enfants des patrons quand ils sont encore trotskystes).

 

Cela dit, Mélenchon n'a pas obtenu son résultat exceptionnel en Seine-Saint Denis (34%, à comparer justement aux 34% de Marine le Pen dans le Pas de Calais), comme voulait le faire Hamon, en flattant les tendances communautaristes, il a au contraire rallié ces votes autour d'un discours démocratique franco-patriotique qui est plus à même, à l'avenir, de surmonter la barrière ethnique et de réunifier le prolétariat en France qui le discours différentialiste en vogue dans la "gauche de gauche".

 

Fondamentalement, c'est pour le moment un vote patriotique et républicain interclassiste qui regroupe tout le monde sauf les riches, et qui comme tel provoque la fureur dans les milieux trotskystes. Significativement, Mélenchon, qui avait fait l'erreur, à mon humble avis, de terminer sa campagne dans l'Est parisien, a fait le même résultat, 19%, dans le département le plus "ouitiste" en 2005 (Paris) et dans le plus "noniste" (Pas de Calais). Et on se souvient que ce vote avait été un marqueur de classe très net.

 

La FI a fait la moitié du chemin dans la reconquête du vote de la classe ouvrière, perdu par le PCF à partir de 1981. Pourra-t-elle aller plus loin ? Cela dépend essentiellement de la nouvelle génération de militants qu'elle a su ramener à la politique, et de la bataille des idées qui s'y développe.

 

Gilles Questiaux

Le 14 mai 2017

 

Post-scriptum : Par exemple, au lieu d'esquiver la question, les militants de la FI peuvent affirmer sans craindre l'opprobre médiatique que "Le Venezuela n'est pas une dictature" ! A certain moments Mélenchon donne l'impression d'avoir nos idées (une analyse de classe anti-impérialiste), mais d'en redouter (peut être avec raison) le coût politique. Cultiver l'ambiguïté fait partie du savoir-faire politique : on ne la quitte qu'à son détriment.

 

SOURCE :

Le PCF, la France Insoumise, analyses politiques comparées - Réveil Communiste

http://www.reveilcommuniste.fr/2017/05/le-pcf-la-france-insoumise-analyses-p


 
 

Aux adhérent-es du Parti communiste français




Chers camarades, 

 

Dans un communiqué publié mardi 9 mai au soir et dans l'émission de Jean-Jacques Bourdin sur BFM TV ce mercredi 9 mai, Jean-Luc Mélenchon et son directeur de campagne, Manuel Bompard, ont pris la responsabilité d'annoncer la rupture de toute discussion avec notre parti pour les élections législatives. Je sais que cette situation vous inquiète tous. Je le comprends. 

 

Je veux vous le dire clairement : cette rupture, ni moi, ni la direction du PCF, ne l'avons décidée, encore moins souhaitée, et nous ne nous y résolvons pas. Toute autre affirmation est simplement mensongère.

 

Tous les actes que nous avons produits, que j'ai personnellement produits depuis des mois pour notre engagement dans la campagne de Jean-Luc Mélenchon et pour un accord national entre nos formations pour les élections législatives attestent du contraire. J'invite chacun à relire l'intégralité de mes prises de position et celles de la direction du Parti et les trois appels lancés depuis le premier tour de l'élection présidentielle. 

 

Tout est dit, tout est clair et basé sur un principe simple : union et rassemblement dans le respect de tous. Je réfute donc les allégations entendues ces dernières heures. Je le dis avec fermeté et colère, même si je n'ai nullement l'intention de verser dans la polémique stérile à laquelle certains nous appellent. Des élections législatives cruciales nous attendent. Le peuple peut, à nouveau, reprendre la main. Etre utile à cela est la seule chose qui m'importe, qui doit nous mobiliser. 

 

Je tiens tout de même à apporter à chacun d'entre vous les éléments d'information et d'appréciation nécessaires.

 

1) D'abord, et c'est l'essentiel, sur le sens de nos efforts pour les élections législatives

 

Après l'élection présidentielle, cette nouvelle bataille est décisive. Elle va à nouveau redistribuer les cartes et peut donner une nouvelle chance aux électeurs, aux sept millions et demi qui ont voté Jean-Luc Mélenchon, de reprendre du pouvoir sur l'avenir.

 

Nous sommes dans une situation inédite, instable et mouvante. Les électeurs n'ont pas dit leur dernier mot. Ces élections vont décider deux choses : qui aura la majorité ? Aujourd'hui, la réponse n'est acquise pour personne.  Et quelles formations seront demain présentes dans le nouveau paysage politique ? 

 

Notre objectif est donc clair : disputer la majorité parlementaire à Emmanuel Macron, aux forces du libéralisme et de l’extrême-droite et permettre à toutes les forces engagées dans la bataille, dont le Parti communiste français, d'être représentées pour être utiles demain aux forces populaires. Forts des sept millions et demi de voix recueillies par Jean-Luc Mélenchon le 23 avril, et rassemblés, nous pouvons (FI, le PCF, Ensemble !, etc) empêcher le Président de la République d’avoir les mains libres pour casser le Code du Travail. 

 

Nous pouvons battre  ses candidats et ceux de la droite dans de très nombreuses circonscriptions, barrer la route à l’entrée massive de députés Front national au Parlement, après avoir barré la route de l’Elysée à Marine Le Pen. La meilleure chance de victoire que nous pouvons nous donner, c’est l’union maximale de ces forces, en les unissant tout en respectant leurs différences. 

 

C’est cette méthode que nous ne cessons de proposer pour les élections législatives, en rassemblant tous nos candidats sous une bannière commune respectueuse de tous, membres ou non de la France insoumise. Nous allons entrer en campagne en tendant nationalement et localement la main à de telles ententes. Nous agirons dans les heures qui viennent à nouveau en ce sens. 

 

Pourquoi cette proposition de bon sens est-elle  à ce jour refusée par les dirigeants de la France insoumise, même quand elle est localement acceptée ?

 

Je crains malheureusement que les dirigeants de la France insoumise misent sur un choix dangereux et périlleux pour la défense des intérêts populaires. Préférer l'intérêt d'une recomposition politique partisane autour de la seule France insoumise à la possibilité d’une ample victoire les 11 et 18 juin prochains. Mais je tiens à réaffirmer que rien, pour notre part,  ne doit nous détourner du cap choisi. L’union des forces capables de reconstruire une gauche nouvelle, profondément réinventée comme nous avons commencé à le faire avec le Front de gauche puis dans cette année 2017, n’est pas un choix de circonstance électorale,  c’est un choix de fond et durable.

 

Et je demande aux candidats que nous avons investis d’entrer en campagne en portant cette ambition de rassemblement auprès de tous les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, auprès de tous les électeurs aujourd'hui à la recherche d'une voie nouvelle pour l'avenir, auprès de toutes les forces socialistes et écologistes  qui refuseront de cautionner la politique de Macron.

 

Notre ligne de conduite reste la même. Nous avons voté Jean-Luc Mélenchon pour ouvrir la voie à un nouvel espoir. Après avoir battu Marine Le Pen, et conscients des combats qui nous attendent face à Emmanuel Macron, nous voulons aujourd’hui concrétiser cet espoir et cette force dans les élections législatives en rassemblant le maximum de voix et de forces à gauche et en faisant élire le maximum de députés communistes et d'autres forces qui  porteront les combats à venir.  

 

Nos candidates et candidats, issus dans toute la France du monde du travail, doivent travailler à faire entrer cette force populaire à l’Assemblée nationale. 

 

C’est sur ces bases que je lancerai demain à 19 h, au gymnase Japy à Paris, la campagne nationale de nos candidats pour les élections législatives. J'invite toutes celles et ceux qui le peuvent à y participer ou à en relayer la parole.

 

Dans cette bataille, nous défendons la liberté d'initiative du Parti communiste. Nous avons raison pour maintenant et pour l'avenir. Pour notre part, nous n'opposons pas ce choix à celui que d'autres font dans la France insoumise. Mais nous ne voulons pas de tutelle. Et la position claire que nous avons adoptée entre les deux tours   est un bel exemple de l'utilité qu'il y a à maintenir la parole singulière du PCF. 

 

Union et respect sont nos deux boussoles. 

 

2) Sur les négociations de ces dernières heures

 

Je veux là aussi donner quelques précisions. Car des camarades nous posent légitimement la question : avons-nous tout fait pour éviter l'échec actuel des discussions ?

 

Oui, nous avons tout tenté.  Et nous allons continuer. 

 

Hier après-midi, mardi 9 mai, j'ai lancé un nouvel appel public, le troisième en deux semaines,  car nous sentions grandir le risque d'une annonce de rupture unilatérale. J 'ai redit notre volonté d'aboutir sans délai à un accord large et national permettant d’aller ensemble à la bataille avec une candidature commune dans le maximum de circonscriptions. Le risque grandissait puisque nos interlocuteurs  écartaient depuis déjà dix jours toute possibilité d’un accord national qui n’aurait pas lieu sous la tutelle unique de la France insoumise, poussant  ainsi à la multiplicité des candidatures issues des diverses forces ayant soutenu Jean-Luc Mélenchon et à la division des électeurs réunis par son bulletin de vote le 23 avril. 

 

Depuis, nous en étions réduits à des discussions sur des listes qui diminuaient comme peau de chagrin, concernant une poignée de circonscriptions, 26 exactement sur 577 lors de la dernière discussion de lundi. Nous les poursuivions tout de même, avec la volonté d’aboutir à un  accord pourtant insuffisant mais dont nous espérions qu’il envoie un signal unitaire positif. 

 

Dans la dernière liste discutée, 13 retraits réciproques étaient envisagés pour chaque force, autant dire que nous étions loin de toute ambition majoritaire. Dans ces listes figuraient les 7 députés communistes sortants, comme si cela relevait d'un exploit que de soutenir des députés irréprochables dans leur combat tout au long du quinquennat, et seulement 6 circonscriptions dans lesquelles nous sommes au combat pour la reconquête. 

 

Mais la France insoumise a continué de nous demander de nous retirer à Ivry et à Créteil sans contrepartie, ainsi qu'à Montreuil, à Grigny, tandis qu'elle refusait d'envisager tout retrait réciproque à Paris, où 4 circonscriptions sont pourtant jouables ; que jamais le Gard, la Dordogne ou les Bouches du Rhône n'ont été envisagés à un seul moment, pour ne prendre que trois exemples de très bons résultats départementaux de Jean-Luc Mélenchon. Où était la volonté de gagner ensemble ?

 

Malgré cela, et après avoir accepté d'intégrer dans les circonscriptions compensables par un retrait de notre part les 7 députés sortants, nous sommes allés jusqu'à accepter des retraits non compensés à Toulouse, à Montpellier, à Grenoble, à Marseille... Nous avons dit notre accord pour trouver des circonscriptions d'atterrissage gagnables et acceptables par nos deux formations pour les porte-paroles de France insoumise, puisque cela semblait être la priorité numéro un de la France insoumise, en démontrant que l'élargissement du périmètre des discussions permettrait de trouver aisément une solution. J'ajoute que jamais dans la discussion la moindre information ne nous a été donnée sur le choix de Jean-Luc Mélenchon, alors que s'il s'agissait de Marseille, cela aurait pu ouvrir la voie à une discussion fructueuse sur l'ensemble de la ville et du département. J'arrête là, mais je pourrais donner d'autres exemples que les responsables de notre secteur Elections, qui siégeaient à mes côtés dans ces discussions,  pourraient aisément détailler.

 

Je tiens seulement à redire avec ces éléments que notre disponibilité à un accord même étriqué était total et qu'elle le reste. Evidemment, si je porte ces éléments à votre connaissance, ce n'est aucunement à l'usage d'une bataille publique mais afin que  tous ceux qui nous demandent des éclaircissements puissent en  disposer en toute transparence. 

 

En conclusion,

 

Je veux le redire à chacune et chacun. Ne perdons pas de vue l'essentiel : l'intérêt de notre peuple et l'enjeu législatif face à Macron, la droite et le FN. 

 

Travaillons inlassablement pour aujourd'hui et pour l'avenir, au rassemblement. Nous avons dans toute la France de belles et beaux candidats représentatifs du monde salarié, impliqués dans la vie du quotidien des Français, pétris de principes éthiques qui font tant défaut dans la politique. Le score qu'ils réaliseront, les députés que leur travail permettra d'élire, le groupe qu'ils permettront de constituer seront des points d'appui indispensables pour les batailles qui s'annoncent. 

 

Ainsi, et nous en ferons un enjeu majeur de l'élection, nous pouvons priver le Président de la République de la possibilité de recourir aux ordonnances. Car il n'en a pas seul le pouvoir. Une loi d'habilitation de ces ordonnances doit être votée par le Parlement. 

 

Alors, chers camarades, je vous appelle au combat et à la confiance, dans cette période aussi rude que pleine de promesses. 

 

Courage à vous toutes et vous tous. 


Pierre Laurent
Secrétaire national du Parti communiste français


 

[LES POLITIQUES SUR YOUTUBE] Une excellente vidéo de l'ami Le Stagirite qui offre un éclairage original sur la communication politique et les stratégies politiques sur le web, sur les populismes, sur ce qui s'est joué pendant cette campagne présidentielle sur le net. Vraiment à voir ! Installez-vous confortablement, et bon visionnage ! :) Nous on vous dit bon weekend ! 


Pour s'abonner à sa chaîne : https://www.youtube.com/user/LeStagirite

https://www.youtube.com/watch?v=0-c3YB6-0qc

Macron, nouveau visage de l’impérialisme français ! Plus que jamais, prenons nos affaires en main !

 

Emmanuel Macron a été élu (20 millions de voix), sans surprise face à Marine Le Pen (11 millions de voix). Le taux d’abstention à 25% est un record depuis 1969 (12 millions d’inscrits), de même que les votes blancs et nuls (4 millions de votants), sans même parler des non-inscrits et de nos camarades immigrés qui n’avaient pas le droit de vote. Beaucoup de gens ne se sont pas résignés à voter Macron pour faire « barrage au FN ». Ce n’est pas faute d’injonctions quotidiennes des médias et des politiciens bourgeois, ceux-là mêmes qui propagent à longueur d’année les idées réactionnaires. 


Cette contestation est politique et même les médias bourgeois sont contraints de le reconnaître ! Elle est loin d’être « irresponsable » comme on nous l’a rabâché, au contraire, elle exprime la conscience embryonnaire, notamment des prolétaires et dans les quartiers populaires, de l’impasse que représente la démocratie bourgeoise pour notre avenir. Avec tous ceux et celles qui sont venues discuter et agir avec nous dans notre campagne pour le boycott, nous avons pu le mesurer.

 

Macron au pouvoir, tout va continuer pire comme avant : exploitation, répression, racisme, militarisme... Car chaque gouvernement, qu’il soit de gauche, de droite ou du milieu, fait toujours pire que le précédent. Le capitalisme c’est la guerre économique. La guerre économique c’est l’exploitation au travail, la pénibilité, la précarité, le chômage, la concurrence entre travailleurs...


Nous sommes déjà dans la rue, ce lundi 8 mai, preuve que des illusions de « renouvellement » n’ont pas fait long feu. Macron c’est vraiment le président de l’opportunisme, un pur « produit » du capitalisme, une étiquette à multiples appartenances, pour mieux se faire élire, aux présidentielles comme aux législatives à venir. C’est un bourgeois, le représentant parfait validé par tous, de Gattaz à Robert Hue en passant par les médias, de cette classe exploiteuse qui gère ce système, et qui va assurer le recyclage tranquille et la continuité des plus vieux requins de la politique bourgeoise du PS comme des LR.

 

Le Pen battue, c’est un soulagement pour beaucoup. Personne ne savait ce que son élection aurait pu déclencher, au-delà des mesures promises encore plus réactionnaires, islamophobes et rétrogrades. La crainte aussi, que les fascistes, comme après l’élection de Trump se sentent invincibles et que les agressions racistes, sexistes, homophobes se multiplient. Elles sont déjà répétées à l’égard des migrant.e.s, ou de militants dans le Nord ou le Sud-Est où le FN a déjà une assise locale. Mais élue ou pas, le combat continue, dans les quartiers, au travail, contre tous les racismes.

 

Avec les élections législatives qui arrivent, c’est reparti pour un tour : débats entre politiciens bourgeois, déferlantes de drapeaux bleu-blanc-rouge, rivalités et concurrence y compris chez les Insoumis. Nous le disions dès le début de notre campagne : l’enjeu des élections pour la bourgeoisie, c’est de confisquer notre force collective, nous laisser croire que notre seul choix se résume à voter puis subir notre sort. On ne peut pas changer le système en réformant ses institutions de l’intérieur. Nous refusons de nous ranger derrière une bannière « patriotique » impérialiste quelle quel soit.

 

Alors aujourd’hui, refusons que tout continue comme avant, refusons à nouveau de nous laisser engluer dans le système parlementaire, prenons nos affaires en main et organisons-nous !


 

OCML Voie Prolétarienne, 9 mai 2017

Emmanuel Todd: «le FN ne veut pas le pouvoir»

 

Présidentielle - Le polémiste Emmanuel Todd renvoie dos à dos Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Il a vu dans le débat présidentiel «une comédie» illustrant la volonté du parti de Marine Le Pen de ne pas gouverner…

 

Emmanuel Todd: «Si l'on additionne les voix de Macron, Hamon et Fillon au premier tour, nous nous rendons compte – ô surprise – que les candidats pro-européens ont remporté la majorité. L’européisme est une forme de conservatisme.»

 

Par Xavier Alonso Paris 05.05.2017 «Voter Front national, c’est approuver la xénophobie. Voter Macron, c’est accepter la soumission. Moi, je ne peux pas choisir». Emmanuel Todd ira à la pêche ou se promener dimanche prochain, mais en aucun cas il ira voter. C’est ce qu’il nous dit, avec humour, mais sans plaisanter. L’intellectuel et polémiste Emmanuel Todd (65 ans) est un anti-européen forcené. Et une critique féroce de la vie politique française. Le débat d’entre-deux-tours ne l’a pas réconcilié avec la présidentielle. Interview.

 

Q - Le débat Marine Le Pen contre Emmanuel Macron vous a-t-il fait changer d’avis: toujours abstentionniste?

 

Emmanuel Todd - : Non. Le débat ne m’a pas fait changer de position. Ce que j’ai vu était une comédie. Mais j’ai acquis la conviction que le FN ne voulait pas le pouvoir!

 

Q - Qu’est-ce qui vous fait dire cela?

 

ET – J’ai eu le sentiment étrange qu’un scénariste unique avait rédigé deux partitions: le fasciste hystérique et le bon élève discipliné. J’ai vu l’affrontement de la France d’en bas contre la France d’en haut comme dans une mise en scène. J’ai vu un système: vulgarité contre conformisme. Marine Le Pen a permis à Emmanuel Macron de ne pas parler de son absence de solution à la paralysie de la France. Elle n’a rien dit. Il n’a rien dit. Et en tant que Français, j’ai eu honte de ce que le débat soit devenu ça dans cette grande Nation. J’ai pensé que cette médiocrité allait faire regretter à beaucoup Jean-Luc Mélenchon.

 

Q - Mais approuvez-vous le choix de Jean-Luc Mélenchon de ne pas donner une indication d'un vote clair pour le second tour?

 

ET - On entend les commentateurs dire, c’est affreux, cette entorse à la loyauté républicaine, il se suicide. Au contre, je considère que le refus de Jean-Luc Mélenchon de prendre position automatiquement pour Emmanuel Macron est l'acte fondateur de quelque chose de nouveau. Il montre un vrai tempérament d’homme d’Etat. Enfin dans ce pays, une gauche alternative a le courage de se libérer du dogme européen. Car si rien ne change, les élections continueront d'être une sorte de fiction. Il serait plus honnête d'élire un vice-chancelier pour la France.

 

A long terme, Emmanuel Macron est un marchepied pour Marine Le Pen

 

Q - Vous ne craignez pas d’aider Marine Le Pen?

 

ET - Le Front national n'a pas enregistré au 1er tour la progression que beaucoup prédisaient. C’est le résultat du succès de Jean-Luc Mélenchon. Cela fait des décennies que j’analyse les flux électoraux et je n’avais jamais vu un exploit de ce genre. Il gagne huit points par rapport à la dernière élection présidentielle. Il est également le seul candidat qui a des voix parmi les travailleurs «transclasse»: diplômés, jeunes, vieux, classe moyenne.

 

Q - Battre le FN n’est donc plus une priorité?

 

ET - Utiliser le bulletin de vote Macron pour barrer la route à Marine Le Pen signifie aussi frustrer cet élan extraordinaire qui est, à ce jour, la seule véritable opposition au Front national. A long terme, Emmanuel Macron est un marchepied pour Marine Le Pen. Personnellement, je considère le lepénisme et le macronisme comme les deux faces d'une même médaille. On ne peut pas choisir le racisme de Marine Le Pen. Mais Emmanuel Macron, c’est la soumission aux banques, à l’Allemagne, à tout ce qui nous a conduits à la crise d'aujourd'hui. C'est pourquoi je m’abstiens toujours, et même avec joie, en attendant la naissance d'un monde meilleur. Mais ce ne sera pas pour cette fois, parce que je suis convaincu maintenant que Macron va gagner.

 

Q - Comment en êtes-vous si certain?

 

ET - La présidentielle se décide par le vote des électeurs âgés. Qui ont peur de quitter l'Europe. Et si l'on additionne les voix de Macron, Hamon et Fillon au premier tour, nous nous rendons compte – ô surprise – que les candidats pro-européens ont remporté la majorité. L’européisme est une forme de conservatisme. Le résultat de ce grand cirque électoral, c’est que le vote de Maastricht est reconduit au premier tour de la présidentielle. Le programme d’Emmanuel Macron est européiste… On est dans un pays qui fait semblant d’exister. Le rêve français, c’est de sortir de l’histoire. (TDG)

 

Créé: 04.05.2017, 18h25


J'ajouterais une analyse trouvée sur RT qui ne manque ni d'intérêts, ni de pertinence
Bernard Trannoy

Par John Laughland
John Laughland est directeur des Etudes à l'Institut de la Démocratie et de la Coopération (Paris), philosophe et historien. De nationalité britannique, il est l’auteur de plusieurs ouvrages historiques et géopolitiques traduits en sept langues.

EMMANUEL MACRON, PRODUIT D'UNE « ÉLECTION COLORÉE »

17 mai 2017

Emmanuel Macron, produit d'une «élection colorée»

L'élection du nouveau président français est la première «révolution colorée» à survenir en Occident, considère l'historien John Laughland.

C'était en lisant le brillant ouvrage récent de Lucien Cerise que la réflexion suivante m'est venue à l'esprit : la victoire d'Emmanuel Macron est la première «révolution colorée» déployée en Occident. Ayant eu ensuite le plaisir de faire la connaissance de Lucien Cerise, j'ai été content d'apprendre qu'il parle, lui aussi, d'une «élection colorée» dans le cas du nouveau président de la République.

Le terme «révolution colorée» désigne les opérations de changement de régime qui ont été effectuées dans les ex-pays communistes à partir de l'an 2000. Le résultat de toutes ces révolutions a été de ramener les pays en question dans le giron occidental. Des interventions gigantesques de la part de gouvernements occidentaux, en particulier par les Américains, mais aussi de la part d'ONG payées par eux et par les Européens, ont été pratiquées pour garantir le résultat attendu.

Les «révolution colorées» de référence sont le renversement du président yougoslave Slobodan Milosevic le 5 octobre 2000 ; la «révolution des roses» en Géorgie en 2003 qui a amené le jeune Mikhaïl Saakachvili au pouvoir en renversant l'ancien ministre soviétique des affaires étrangères, Edouard Chevardnadze ; et la révolution «orange» en Ukraine en 2004. Nombreuses sont les autres révolutions calquées sur celles-ci, financées par les mêmes pays, et qui ont suivi le même modèle.

Une «révolution colorée» est caractérisée par les éléments suivants : des mouvements dits de masse (manifestations, affiches, slogans, logos), surtout menés par des jeunes et dirigés contre le président sortant décrié comme un dictateur et un réactionnaire. Ayant personnalisé à outrance le conflit politique pour diaboliser le sortant, la révolution colorée adopte systématiquement le langage – ou plutôt la propagande – du changement et du renouveau.

Tous ces hommes étaient en réalité des tables rases sur lesquelles l'électorat pouvait projeter tous ses espoirs

Pour mener à bien cette propagande, le candidat qui est porté au pouvoir doit être jeune ou inconnu ou les deux à la fois. Ainsi, Slobodan Milosevic, qui avait été d'abord président de la Serbie et ensuite président de la Yougoslavie fédérale, a été remplacé par un professeur inconnu, Vojislav Kostunica, qui pouvait incarner tous les espoirs car il n'en avait déçu aucun, n'ayant exercé aucune fonction politique auparavant. Avec le renversement de Milosevic, la Yougoslavie a immédiatement abandonné sa politique d'opposition au camp occidental et le nouveau président Kostunica fut accueilli, quelques jours après son élection, à un sommet européen en véritable vainqueur de la pensée unique.

Il en fut de même en Géorgie, ou Mikheïl Saakashvili n'avait que 36 ans au moment où des manifestations et autres troubles ont renversé le président Chevardnadze. En Ukraine, le bénéficiaire de la révolution orange, Victor Iouchtchenko, qui avait 50 ans en 2004, avait été, il est vrai, Premier ministre pendant deux ans. Mais il s'était effacé devant le président Koutchma pendant son mandat et il était surtout connu pour avoir été gouverneur de la Banque centrale, c'est-à-dire un inconnu.

Tous ces hommes étaient en réalité des tables rases sur lesquelles l'électorat pouvait projeter tous ses espoirs. Plus jeunes ou plus neufs ils étaient, mieux il remplissaient cette fonction d'écran vide. Mais leur virginité politique n'était qu'une opération de séduction pour vendre toujours le même produit : intégration dans les structures euro-atlantiques, répétition morne et ad nauseam des mêmes slogans politiquement corrects sur la diversité, progrès et ouverture.

La réalité est que ces soi-disant acteurs, comme les centaines de candidats issus de la société civile qui ont été nommés par le parti de Macron ne sont que les idiots utiles d'un scénario parfaitement chorégraphié

Il faut insister sur la jeunesse et/ou le manque de notoriété car c'est le point clé de la popularité d'Emmanuel Macron. Le nouveau président de la République n'incarne, en définitive, que sa nouveauté – tout comme son modèle, Valéry Giscard d'Estaing, lui aussi un jeune ancien ministre des Finances, l'avait fait en 1974. Plus de 40 ans plus tard et c'est toujours le même baratin : modernité, jeunesse, développement, Europe.

L'attraction de Macron, dont le manifeste personnel s'intitulait d'ailleursRévolution, réside uniquement dans le fait qu'il n'est pas son prédécesseur, tout comme les exemple précités en Europe de l'Est. Macron, ce n'est pas l'art pour l'art mais le changement pour le changement.

Deuxième élément clé de la révolution colorée : l'accent qui est mis sur la «société civile», c'est-à-dire sur des groupes non intégrés dans les structures de l'Etat ou de la vie politique formelle. Le rôle joué par des organisations non gouvernementales financées ouvertement ou de façon occulte par le gouvernement américain (par le biais du National Endowment for Democracy), ou par les fondations dites de la «société ouverte» de Georges Soros, a été amplement documenté. L'idéologie de la société civile est essentielle car elle veut nous faire croire à un mouvement spontané de citoyens qui a pour vocation d'en finir avec les structures de l'Etat, décriées comme ringardes et rigides. C'est toute la propagande de la dissolution de l'Etat prônée par le marxo-libéralisme. Or, la réalité est que ces soi-disant acteurs, comme les centaines de candidats issus de la société civile qui ont été nommés par le parti de Macron, La République en marche, ne sont en réalité que les idiots utiles d'un scénario parfaitement chorégraphié et écrit à l'avance : plus d'Europe, plus d'occidentalisme, plus de bénéfices pour les banques et plus de dislocation des structures traditionnelles comme la famille et la nation.

La technique de Macron, autrement dit, c'est de ne pas faire peur aux gens

Troisième élément : la technicité du pouvoir et de son acquisition. Curzio Malaparte avait formulé l'expression «la technique d'un coup d'Etat» et les révolutions colorées se sont inspirées de son exemple. D'autres auteurs, tels que Edward Bernays (Propagande, 1928) ou Gustave le Bon (La Psychologie des foules, 1895), ont également essayé de découvrir le secret de la manipulation des masses. De nos jours, le grand gourou est le politologue américain, Gene Sharp qui, ayant véhiculé une théorie de la résistance non-violente, revendique aujourd'hui aussi la paternité de révolutions violentes comme le printemps arabe ou l'Euromaidan.

C'est ici où la comparaison avec Macron est la plus frappante. Le secret de son succès réside dans le fait que les premiers militants d'En Marche! ont en réalité collecté, dans leurs rencontres avec des gens dans la rue, une base de données permettant à un logiciel de reconnaître les phrases clés que l'électorat veut entendre. Il ne s'agit pas, dans le discours d'Emmanuel Macron, de proposer des solutions concrètes mais, au contraire, de prononcer des phrases qui rassurent. Le changement sans les risques du changement, c'est le beurre et l'argent du beurre : il n'est pas étonnant que l'électorat vote pour cela.

La technique de Macron, autrement dit, c'est de ne pas faire peur aux gens. C'est tout le contraire de Marine le Pen, qui indépendamment du lourd héritage de son père, fait peur aux gens car elle leur explique que tout va mal et qu'il faut renverser l'échiquier. Macron, lui, a compris que l'électorat français était anxieux et qu'un tel discours suscitait un refus instinctif sur le plan émotionnel. Il a compris ce qu'ont compris ses prédécesseurs François Hollande, Jacques Chirac et François Mitterrand (mais non, pas le frénétique Nicolas Sarkozy), à savoir que l'électorat français voulait être endormi. Endormi, dirais-je, pas pour être euthanasié, mais endormi tout de même, au moins au moment du scrutin. Voilà la clé, aussi triste que banale, de la victoire de cet homme sans qualités, qui, tel le Bel-Ami de Maupassant, est venu de nulle part à la conquête du monde. Il n'est, en définitive, qu'une outre neuve pour un vin si ancien qu'il tournera, comme cela a été le cas pour tous ces prédécesseurs en France comme en Europe de l'Est, très vite au vinaigre.