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Pour les médias chez le Macron tout est bon, l’ode au libéralisme.

Comment en sommes-nous arrivés là ?…

 

16 Mai 2017

 

Comment la France politoco-médiatique en est-elle arrivée à cette exaltation du libéralisme?

 

Un orgasme généralisé paraît exploser sur les chaînes de télévision devant le Macron et comme chez le Macron tout est bon, nous avons son premier ministre qui bénéficie de cette folle exaltation médiatique. Il nous avait déjà produit une troupe de perdreaux de l’année qui ont fait leurs armes dans la COM, les starts up, les associations patronales et des collectivités locales, un déficit manifeste d’ouvriers et d’employés, un troupeau de moutons à lui seul chez Macron tout est bon, y compris le bonapartisme parlementaire. Étrange à quel point le « mouvement » par rapport au parti renforce la dépendance si besoin était, après l’épisode frondeurs, la parade clientélisme est là… voici le premier ministre. Proche de Juppé mais aussi cadre organisateur de l’UMP, maire du Havre.

 

Le bon côté de l’affaire c’est la tête des militants Républicains de la Seine Maritime qui voient leur leader entre lard et cochon, mais chez le macron tout est bon. Mais le commun dénominateur de tous ces gens c’est le pantouflage et lui est un ancien directeur des Affaires publiques du groupe Areva, qui fournit l’industrie nucléaire française en relation avec la Françafrique (et énarque). Tu parles d’un nouveau, un homme dont on a l’impression qu’il est l’ultime rejeton des réseaux Foccart et des manœuvres pour passer du RPR gaulliste à l’UMP son contraire. L’attaque de la droite est déjà entamée et sous l’égide de l’UE et du patronat, il s’agit de démanteler sous prétexte de faire « jeune » ce qui reste du gaullisme. ce qu’on appelle le gaullisme c’est ce bref épisode où est applique le programme du CNR avec la présence des communistes, ce qu’on appelle l’Etat providence, la sécurité sociale et tout le reste… Ce qui reste de cet épisode c’est la volonté d’indépendance et celle qui va avec de planifier, de détenir les leviers de l’économie y compris par les nationalisations… le passage du RPR à l’UMP consacre sa fin et c’est cet homme qui en est la cheville ouvrière.

 

Le temps des Daniel Blake…

 

En attendant dans la liesse générale, on s’attaque aux retraités des couches moyennes, les vieux tous à l’asile des pauvres, les vieux c’est moche alors que le jeune est tellement à la mode qu’être vieux devient une insulte, un argument… dans le même temps où l’on supprime les remboursements ou les soins deviennent de plus en plus coûteux on augmente leurs impôts … Et on lève le poids des « charges sur les monopoles… Mais chez le Macron tout est bon, c’est l’ode au libéralisme la dénonciation de l’Etat totalitaire, de sa bureaucratie au coût prohibitif et l’exaltation de la bureaucratie du secteur privé, la fin de la fonction publique, la précarité et l’art de convaincre les ouvriers, les employés qu’ils ne sont bon à rien qu’à voter Le Pen ou s’abstenir faute d’un PCF. Mais chez le président Macron tout est bon, il ouvre les portes du pillage de l’Etat à une bande de petits notables locaux dont tout nous dit qu’ils viennent là pour leurs intérêts et de gros prédateurs issus du patronat plus ou moins directement.

 

Pendant ce temps-là des ouvriers désespérés à qui l’on répond que c’est la loi du marché et que rien ne doit l’entraver, qu’ils doivent « se former », menacent de faire sauter leur usine. Nous sommes déjà dans le film de Ken Loach : moi

 

 

Daniel Blake…

 

 

Le pire c’est la situation de la gauche et du parti communiste

 

La situation est d’autant plus stupéfiante que cette « adhésion » quasiment contre nature s’est faite avec un quart des voix des Français et un nombre jamais connu d’abstentions de votes blancs et nuls, plus le vieux piège mitterrandien faire monter le FN dont les trois quart des français ne veulent pas pour assurer la victoire du dit quart.

 

Que dire sinon que ces gens s’entendent, mais que cette opération n’est pas un signe de santé mais bien le pourrissement de la démocratie telle que la conçoit la Ve République, l’UE et le capitalisme à son stade sénile… le seul problème je ne cesserai de le dire est l’état de la gauche, l’espèce d’exaltation parallèle d’un Jean-Luc Mélenchon et de ses « insoumis », son côté terminator des partis qui accompagne au nom de la modernité cet élan libéral, on a vu ça avec la Grèce, c’est à l’œuvre chez Podemos, ce n’est pas la première fois que le gauchisme précède le libéralisme… Je le dis sans la moindre haine pour Mélenchon ses insoumis, mais qui a vécu mai 68, son anticommunisme de gauche, sa dénonciation de l’Etat et sa volonté d’être sans entrave sait un peu ce que je veux dire. Oui Mélenchon, il ne le nie pas est l’héritier de Mitterrand et il faut mesurer le rôle joué par ce dernier. On ne peut pas reprocher à Mélenchon d’user de moyens modernes de communication, c’est un faux procès pour le comparer à Macron. Mais en revanche là où l’identification est réelle c’est dans l’idée d’un mouvement destructeur des partis qui de ce fait livre au moment électoral une masse de gens de bonne foi à un petit groupe qui se croit tout permis en matière de lutte des places. Les grandes erreurs de Mélenchon tiennent sans doute à cet entourage et au fait que ce type de leader est toujours prisonnier de l’air du temps. Ses grandes erreurs c’est d’avoir pris de haut les militants communistes, d’avoir prétendu trier entre eux, d’avoir lâché du lest en fin de campagne sur l’Europe et sur l’Amérique latine. Là la comparaison entre lui et Macron est en sa défaveur parce que Macron est solidement arrimé à une dimension de classe celle du capital et lui flotte dans les errances faute d’un arrimage dans la classe ouvrière et les couches populaires.

 

Retourner à l’histoire et ce qui a engendré la situation.


 

Ma cataracte opérable au début juillet, à notre retour de Russie, m’interdit de rester devant l’ordinateur, en revanche je peux lire. Je vous recommande un livre très intéressant Les intellectuels contre la gauche de Michaël Scott Chritofferson, paru chez Agone. Très édifiant non seulement sur le gauchisme qui introduit le libéralisme mais sur le rôle joué par les dirigeants communistes eux-mêmes.

 

En effet ce livre s’interroge sur la manière dont la France est passée de bastion intellectuel et politique de la résistance à l’américanisme et au libéralisme au pays le plus réactionnaire dans ce domaine, l’épisode Macron ne serait que le stade ultime de cette dérive. Le livre montre comment alors que tous les chercheurs en particulier anglo-saxons avaient abandonné dans le monde le concept de totalitarisme qui créait une fausse identité entre nazisme et union soviétique, la quasi totalité des chercheurs insistant sur la non identité même sous Staline, pourquoi la France qui avait été longtemps le lieu de la Résistance à la propagande antisoviétique a-t-elle été la proie de ces idéologues antitotalitaires, en fait anticommunistes ? Tout commence avec Furet et la révision du jacobinisme… Mais la France résiste au libéralisme, car cela fait partie de son histoire, de Colbert à Bonaparte, en passant par Jules Ferry et les radicaux puis les communistes, elle est étatiste et ses intellectuels ont des liens étroits avec les grands commis de l’Etat… Mais Michaël Scott Chritofferson nous montre comment ici (comme aux Etats-Unis où ce sont souvent des gauchistes tendance libertaire, voir trotskistes anti-Etat qui passent à la Révolution conservatrice, et on sait désormais avec l’ouverture des archives déclassifiées de la CIA à quel point l’affaire a été suivie par la CIA, encouragée y compris sur le plan financier.

 

« l’antitotalitarisme français répond à des considérations de stricte politique intérieure (i.e. la crainte de voir le PCF accéder au pouvoir avec le PS). Mitterrand essaie, depuis 1972, de maintenir un équilibre entre le PCF et les tentatives de recentrement du mouvement socialiste. Parallèlement, le champ intellectuel a dû faire face à la quasi-disparition du gauchisme au début des années 1970. Le courant antitotalitaire (au sein duquel la revue Esprit et le Nouvel Observateur jouent un rôle moteur) critique l’Union de la Gauche et tentent de faire avancer les idées réchappées du naufrage gauchiste (autogestion et démocratie directe principalement). Globalement, l’antitotalitarisme s’impose en antienne destinée à cadrer la gauche et à surveiller (sinon à détruire) l’alliance entre communistes et socialistes. Le livre de Jean-François Revel, La tentation totalitaire, paru en 1976, constitue le modèle caricatural de cette stratégie : souhaitant voir triompher la social-démocratie, il invalide toutes les autres solutions politiques. Le stalinisme serait, selon lui, déjà présent dans l’argumentaire politique du PS en raison de sa subordination au PCF.» (1)

 

L’épisode mitterrandien et l’après… à étudier en profondeur..

 

L’affaire se déroule donc en différentes étapes, empêcher que grâce à l’union de la gauche avec le poids du PCF les communistes parviennent au pouvoir. On sait que l’accord était en train de se conclure avec la vieille SFIO, c’est alors qu’il y a eu l’opération d’Epinay, la prise en main du vieux parti par Mitterrand et ses alliés « gauchistes du CERES, l’union se poursuit mais avec le but affirmé de Mitterrand de réduire le PCF et la promesse faite aux Etats-Unis de cet unique but, le passage au libéralisme, les fausses nationalisations qui transforment les fleurons de l’industrie fançaise en monopoles financiers de plus en plus imbriqués avec l’Europe et les Etats-Unis, les destructurations industrielles. Ce n’est pas n’importe quelle gauche qui avec Mitterrand est venue au pouvoir c’est celle que nous voyons à l’œuvre aujourd’hui dans sa double dimension atlantiste, européenne, anticommuniste d’abord sous couvert d’antitotalitarisme, d’un côté Macron et de l’autre malheureusement Mélenchon, pas tellement lui qui a des liens avec la gauche sud-américaine et qui témoigne d’un certain courage au plan international mais son entourage et l’opération France insoumise…

 

Le PCF va lutter avec Marchais comme il le peut, puis avec la chute de l’URSS c’est la débâcle, et les dirigeants successifs du PCF vont avoir à cœur d’accompagner le mouvement antitotalitaire y compris par le refus des nationalisations, le reniement de leur passé. Le livre s’arrête en 1981, mais il est possible de poursuivre la démonstration et je crois que le prochain congrès devrait s’y atteler. Parce que si on assiste à une résistance, déjà travaillée de l’intérieur par tous les « refondateurs » et autres reconstructeurs, le passage à Robert Hue va être celui d’une débâcle.. Pas une organisation de base, proche des exploités et des gens modestes ne sera maintenue tout cela sur le thème d’une « participation citoyenne » et d’une « mutation » plus proche des « gens »… la logique du ralliement aux insoumis et à Macron est déjà là… les intellectuels qui seront flattés, qui auront leur présence dans l’humanité, voir dans les récents lundi seront ceux de la social démocratie, tous plus antitotalitaires que faire ce peut… Au point que ce que propose Melenchon apparait effectivement comme une tentative d’émancipation par rapport à cet alignement politique mais aussi idéologique.

 

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Ce qui explique cette propagande à prétention philosophique et en fait à seul usage politique interne, c’est tout simplement le fait que le Parti communiste va non seulement laisser faire mais en partit favoriser cette opération réactionnaire… Et quand l’on considère les trois derniers on se demande effectivement comment le PCF aurait pu résister à ces assauts de l’intérieur comme de l’extérieur…

 

Nous voici en proie aux macronades : ou comment un pays dont toutes les traditions mènent au jacobinisme se retrouve-t-il avec à sa tête un espèce de produit terminal d’une évolution qui a débuté avec les nouveaux philosophes et la mise en coupe réglée du service public par l’alternative droite et gauche qui finit par ne plus en être une. Et un PCF complètement décérébré.

 

C’est pour cela que je propose une rééducation généralisée des militants à commencer par la lecture de ce livre passionnant traduit de l’anglais et publié chez Agone. Il ne s’agit pas seulement du parti communiste qui est aujourd’hui proche du coma mais bien du présent français tel que l’histoire sur le long terme autant qu’immédiate l’engendre face aux méfaits du libéralisme et la manière dont il engendre les maux qu’il prétend guérir.

 

Danielle Bleitrach


(1) Michael-Scott Christofferson, Les intellectuels contre la gauche. L’idéologie antitotalitaire en France (1968-1981) par Jérome Lamy, les Cahiers d’histoire
https://chrhc.revues.org/2328