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Le loup, les vautours et le corbillard

 

PUBLIÉ LE 

 

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Militant, adjoint à la culture de la ville d'Avion et membre de la direction départementale du PCF (62)

 

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Carte d’identité

29 ans -12 ans de carte au PCF, avant cela responsable départemental de la JC - Membre de la direction départementale du PCF dans le Pas-de-Calais - Maire-adjoint en charge de la culture à Avion - Vice-Président de "Droit de Cité" - Porteur des assises de la culture et de l'éducation populaire dans la région avec un collectif d'artistes, de programmateurs, d'élus, de syndicalistes ... - Amoureux de littérature, de poésie, de philosophie, d'histoire, de sociologie et de cinéma - Marxiste jusqu'au bout des ongles, engagé avec le réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" - Un peu italien par ma mère, beaucoup citoyen du monde par mes valeurs - Ecris pour créer des ponts, éclairer, partager et parce que par dessus tout, j'aime ça.

 

L’obsessionnel fétichisme du bilan des communistes s’appliquera t-il un jour à celles et ceux qui ont défiguré la puissance de la matrice qui nous anime, à celles et ceux qui ont sacrifié sur l’autel des renoncements opportunistes le crucial besoin d’ériger avec constance et rigueur une critique et une pratique radicales du capitalisme ?

 

L’année 2017 et sa cohorte électorale, les errements et autres génuflexions de congrès où on nivelle par le bas notre niveau d’exigence révolutionnaire, marque la fin d’un cycle de décomposition de l’appareil communiste.

 

Après l’ère Hue et son rouleau compresseur réformiste, après la période Buffet confirmant l’effacement du parti, nous voici donc dans les petites manœuvres funestes qui viennent atteler la carriole mortuaire. Pas de candidat, pas de visibilité et une approche chaotique des législatives, la France Insoumise et Jean-Luc Mélenchon faisant enfin tomber le masque pour nous laisser entrevoir l’hideux visage du gauchisme destructeur. Ces gens sont des pyromanes qui croient aux vertus de la politique du pire. Brûler la terre et l’écorce dans l’espoir de voir refleurir les graines d’espérance. C’est une folie à la hauteur de la dégénérescente ligne qui s’invente dans les prêches sectaires du grand maître.

 

Nous voici donc cadenassés entre une social-démocratie qui se réinvente et l’héritage trotskiste qui jouit provisoirement d’une place démesurément grande du fait de notre grande faiblesse. Partout où nous avons laissé la place, de l’Espagne à l’Italie, de la Grèce à la France, les peuples sombrent dans la désespérance et le fascisme déploie ses longues ailes sombres obstruant ainsi la lumineuse voie de la transformation radicale du monde par nous-mêmes et pour nous-mêmes. Le radicalisme de gauche est donc devenu cette monstruosité populiste raclant dans les coins pour satisfaire les calculs savants des équipes de campagne formées à Science-Po. Je ne dis évidemment pas que le discours seul et son degré de pureté font l’avenir. Je dis néanmoins que ranger le drapeau rouge, que travestir la lutte des classes en substituant une classe par un peuple artificiel ne nous mènera jamais ailleurs que vers une impasse. Comme il faudrait que tous nous relisions Lénine pour nous mettre une bonne et salutaire baffe et stopper là la descente aux enfers.

 

J’ai conscience de la bêtise d’un tel texte dans la période dans laquelle nous sommes. Je sais que bien des camarades me reprocheront ces mots et ces lignes. Cependant, les menaces de procès de la France Insoumise à notre encontre sont la provocation de trop quand on sait que le gourou fait ses meilleurs scores dans nos villes, que l’appareil malgré de saines oppositions s’est mis en branle pour envahir les quartiers populaires, tenir les murs, convaincre une à une les consciences abîmées d’une classe ouvrière meurtrie et abandonnée. La responsabilité d’une telle folie nous incombe totalement, nous qui avons laissé le ver pourrir le fruit. Le parallèle gerbant de Garrido, dont la médiocrité se dispute à la suffisance, entre le PCF et le FN révèle la dangerosité des gens à qui nous pensons pouvoir céder le flambeau révolutionnaire par procuration.

 

Je repense avec colère à l’arrogance de ceux qui nous montraient du doigt, nous les sectaires, nous les orthodoxes, nous les staliniens. Qui êtes-vous vous et avez-vous seulement conscience de la responsabilité que vous assumez aveuglement en prenant une place que l’histoire n’aurait jamais du vous laisser ? Ces élus qui n’ont même pas su respecter le processus démocratique du parti, eux qui ont tant louer la superbe de ce loup qui leur mangeait pourtant déjà la laine sur le dos ? Vous pleurez de chaudes larmes aujourd’hui quand la députation s’éloigne alors qu’elle était possible et accessible parce que nous travaillons comme des chiens pour sauver ce qu’il reste du service public, parce que nous sommes les derniers à vivre dans le réel, parce que nous nous battons avec sincérité pour la dignité des plus faibles. Vous ne mesurez même pas le sacrifice que vous consentez en envoyant à l’abattoir ces héros de l’ordinaire, ces militants infatigables qui ont avalé couleuvre sur couleuvre mais qui ont une conscience de classe tellement grande, qu’ils se refusent à abandonner le terrain tant les incidences pourraient alors être lourdes. Dans le huis-clos confortable des petites manœuvres de sommet, vous livrez aux chiens cet outil qui a fait les jours de gloire de la classe ouvrière, qui a permis de faire tomber le fascisme quand dans l’ombre de la clandestinité les coups de fusils s’abattaient sur la bête immonde. Viens Garrido lire un à un les noms de nos camarades sur les murs des citadelles et ose encore nous comparer à l’extrême-droite ?

 

Alors oui, l’heure du bilan devra sonner à un moment ou à autre. Oui, il nous faudra désigner les coupables et leur faire prendre leurs responsabilités. Oui, il nous faudra sortir de l’ornière et assumer notre responsabilité collective. Oui, il faudra prendre les armes, notre bâton de pèlerin et tout reconstruire avec constance et droiture, avec méthode et discipline. Oui Mélenchon comme tu le disais en 2012, nous sommes le drapeau rouge et le rouge du drapeau quand tu n’es et ne seras toi que le fossoyeur irresponsable des jours heureux.

 

G.S