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Politique française 2017

Publié par El Diablo

MACRON livre le système de SANTÉ au CAPITALISME

Les dépenses totales de santé annuelles s’élèvent à 257 milliards d’euros, 12% du Produit Intérieur Brut de la France(PIB). La consommation de soins et de bien médicaux est évaluée à 198,5 milliards d’euros en 2016.

 

C’est un marché fabuleux, une source de profits que les entreprises capitalistes veulent s’approprier. Leur livrer totalement fait partie intégrante de l’objectif de Macron de soumettre l’ensemble de la société française aux exigences du capitalisme : le service public de santé soumis entièrement à la loi du profit et l'hôpital géré comme n'importe quelle entreprise privée. Le service public hospitalier, les soins et les traitements ne sont en définitive qu’une marchandise et la santé un vaste marché que le capitalisme veut entièrement dominer.

 

Depuis plus de 30 ans tous les gouvernements ont mis en place la politique exigée par le capital, une politique de recul de la Sécurité Sociale et de privatisation du système de santé :

 

Exonérations de cotisations sociales (salariales et patronales), la CSG , instaurée en 1991 par Rocard, premier ministre socialiste de Mitterrand, un impôt qui n'a cessé d'augmenter : 97 milliards en 2016, 99 milliards en 2017, 120 milliardsen 2018. Avec l'augmentation de la CSG de 1,7% pour les retraités, Macron poursuit la fiscalisation de la Sécurité sociale. Ajoutons, les économies imposées à hôpital public, leur obligation de rendement, la baisse des prestations sociales en matière de santé par toutes sortes de franchises, de participation forfaitaire, de forfait hospitalier, multiplication des déremboursements, etc., c'est la disparition de la Sécurité Sociale programmée.

 

Toutes les mesures de la Loi de Financement 2018 de la Sécurité Sociale livrent au secteur privé capitaliste tout ce qui peut être rentable au niveau de la santé (cf. Hebdo n° 531 et Journal n° 126 décembre 2017).

 

Macron étend la suppressions des cotisations patronales (aujourd’hui jusqu’à 1, 6 SMIC)  à 2,5 smic! En programmant 4,2 milliards d'économie pour la Sécurité Sociale. En multipliant les déremboursements de médicaments, en augmentant le forfait hospitalier, en faisant payer de plus en plus les dépenses de santé par les malades, le gouvernement poursuit le désengagement de la Sécurité Sociale au profit des mutuelles complémentaires qui sont appelées à contribuer de façon décisive à la politique de santé : " la mutualité se doit d'assumer un rôle de leadership et être le centre de gravité de la protection sociale en France" (Thierry Beaudet, président la Fédération nationale de la Mutualité Française).

 

Le montant des cotisations des complémentaires santés est estimé à 5 milliards d€, détournés pour le privé et en moins pour la sécurité sociale !

 

La voie est ouverte aux assurances privées. Déjà en 1977, Yvon Chotard, vice président du CNPF [1] voulait "abolir, cette machine anonyme [la Sécurité Sociale] qui fait s'effondrer l'économie sous les charges et rendre rapidement l'édifice à une assurance privée efficace".

 

Le système de santé français repose sur la place centrale conférée à l’hôpital. Les multiples lois qui se sont succédées (Loi Hôpital Patient Santé Territoire, Loi Santé, etc.) vont toutes dans le même sens : des économies drastiques qui mettent en péril le système de santé, aggravent l’accès aux soins des plus précaires, réduisent l’offre de soins dans le service public et permettent au Privé de s’engouffrer dans le Groupement Hospitalier de Territoire (GHT) par le biais de partenariat favorisés par l'Agence Régionale de Santé. L'ARS joue un rôle déterminant dans le financement des hôpitaux, dans l'organisation des soins, décide de fermer des services ou des établissements et impose des partenariats Public-Privé.

 

Le gouvernement met à la direction des hôpitaux des gestionnaires qui gèrent l'hôpital comme une entreprise privée. Exiger que les hôpitaux augmentent leur "rendement", réduire drastiquement leur budget c’est interdire l'accès à des soins de qualité pour tous, c’est la casse programmée de l’hôpital public.

 

Macron veut livrer la santé au capitalisme, à la recherche du profit maximum.

 

Il ne faut pas les laisser faire. Le système français de santé, avec la Sécurité Sociale est une conquête du peuple. "Seule la gestion par les travailleurs de leur système social garantira le droit à la santé pour tous" (A. Croizat, Ministre du travail à la Libération).

 

Seule la lutte unie des salariés de notre pays permettra le maintien d’un système de santé pour tous. Les moyens existentpour développer un système public de soins répondant aux exigences du 21ème siècle, une Sécurité Sociale solidaire qui réponde aux besoins vitaux de la population de notre pays.

 

Il faut récupérer les richesses produites par les travailleurs er accaparés par le patronat capitaliste..

 

[1]. Conseil National du patronat Français, en 1998 devient le Mouvement des Entreprises de France (Medef).

 

SOURCE :

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

La Déontologue de l'Assemblée nationale ne croit pas aux règles dont elle doit contrôler l'application: à part ça, ça va au palais Bourbon?

La Déontologue de l'Assemblée nationale ne croit pas aux règles dont elle doit contrôler l'application: à part ça, ça va au palais Bourbon?

Rappel, comme des députés faisaient dans de la magouille avec leurs frais de mandat pour s'enrichir ou soulager la peine de leurs proches, l'Assemblée nationale s'était vue obligée d'instaurer un Déontologue pour faire plus blanc que blanc avec les plus de 5 000 euros mensuels attribués aux représentants de la nation.

Cela n'avait pas marché si bien que ça sous Hollande. Mais sous Macron, ça allait être autre chose et François de Rugy, ex-patron des députés écolos sous Hollande, ayant changé de mangeoire, adoubé par Macron président de l'Assemblée nationale, allait donc faire feu de toutes flammes.

Bêta que je suis parfois, j'aurais cru que baisser drastiquement les frais de mandat allait être une mesure des plus salutaires. Ben non, on conserva le même argent de poche pour les faux frais de nos chers députés, au propre comme au figuré.

De plus, le ou la Déontologue était toujours choisi par le président de l'Assemblée nationale. Sans remettre en cause son cursus universitaire ni son honnêteté, aucun fonctionnaire du fisc ou magistrat donc ne pouvait juger le bien ou le mal.

Ceci dit, c'est madame Agnès Roblot-Troizier qui fut choisie. On aurait pu croire que tout irait pour le mieux. Et la société civile de droite et droite, qui sert de députés à Jupiter deuxième du nom, et la droite de Laurent Wauquiez ont approuvé la réforme des frais de mandats des députés. "Cocorico", tonitruait le sire François Henri Goullet de Rugy du haut de son perchoir, en saluant le dispositif de contrôle "le plus complet à ce jour" destiné à mettre fin aux abus.

Il cocorisa sans doute si fort que, la Déontologue qui prenait ses marques dans son nouveau bureau, se fendit d'un avis confidentiel. Ben oui, on fait dans la transparence ou pas. Or, une petite souris passant par là, alerta un journaliste de LCP. Que voulez-vous, on ne peut pas faire confiance à une petite souris. Sauf pour placer sous l'oreiller d'un gosse un euro et six centimes, pour compenser sa quenotte chue. Mais cela est un autre conte à dormir debout.

Bref, le rapport confidentiel de la Déontologue ne devint plus du tout confidentiel. Et que disait ce qui devait rester dans le secret des rois?

L'utilisation de l'avance allouée – 5 373 euros –  ne fera l'objet que d'une "vérification comptable partielle et imparfaite", qui "ne permettra pas à la déontologue de contrôler que les dépenses des députés correspondent à des frais de mandat, comme le prescrit la loi". Elle s'inquiète également de l'absence de vérification comptable pour les 457 députés qui ne seront pas choisis par le tirage au sort annuel.  Pire, avec cette réforme(sic) adoptée, le député peut refuser de fournir à la déontologue "des informations confidentielles couvertes par un secret protégé par la loi ou relatives à l'identité de tierces personnes". Secret médical? Secret Défense? On ne sait pas.

Conclusion: Agnès Roblot-Troizier estime que la réforme "est, s’agissant des modalités de contrôle des frais de mandat, très en deçà de l’objectif législatif tendant à contribuer au rétablissement de la confiance entre les citoyens et les parlementaires".

Merde c'est bêta pour cette société civile, de droite et de droite, qui allait révolutionner les institutions. Non?

Pour ceux qui ne suivraient pas, les 5 373 euros de frais de mandat sont en plus de la rémunération mensuelle d'un député, soit 7 209,74 € brut 

Travail, salaires, fonctionnaires & notables

 

Publié le 12 Décembre 2017

 Cherchez l'erreur 

Travail, salaires, fonctionnaires & notables

Publié le : 11/12/2017 à 19:01 - Mis à jour le : 12/12/2017 à 10:20 : 

 

Le Sénat augmente de 40% les maires des très grandes villes

Les sénateurs ont voté une augmentation de 40% de la rémunération des maires des grandes villes et des présidents de région et de département, durant l'examen du budget 2018.

 

https://www.publicsenat.fr/article/politique/le-senat-augmente-de-40-le-salaire-des-maires-des-grandes-villes-et-des-presidents

Publié le : 11/12/2017 à 16:20 - Mis à jour le : 11/12/2017 à 18:38 :

 

Budget 2018 au Sénat : 3 jours de carence pour les fonctionnaires

Le Sénat a instauré 3 jours de carence pour les fonctionnaires durant lesquels leurs arrêts maladie ne sont pas rémunérés. Il a également enlevé aux agents publics une partie de la compensa...

 

https://www.publicsenat.fr/article/politique/arret-maladie-le-senat-instaure-3-jours-de-carence-pour-les-fonctionnaires-80684

Travail, salaires, fonctionnaires & notables

Rédigé par Canaille le Rouge

11 décembre 2017

Corse, Jérémie Lamothe, les raisons du choix majoritaire de l'abstention

 

« Le choix, indique Jérémie Lamothe, était d’ailleurs plus restreint que d’habitude avec sept listes présentes au premier tour dimanche contre 12 en 2015 et 11 en 2010. Il n’y avait ainsi qu’une liste de gauche sous l’étiquette du Parti communiste et de La France insoumise. Pour André Fazi, « l’absence de la gauche à ce scrutin est révélatrice et a participé à cette abstention ». Selon lui, « les électeurs de l’opposition ont reçu un coup de bambou après les élections législatives », où les nationalistes ont empoché trois sièges de député sur quatre. « C’était alors inenvisageable, ça a joué sur le moral de leurs opposants » poursuit-il... »

 

Reprenons la lecture de l'analyse des résultats de l'abstention...

 

Michel Peyret


Abstention historique en Corse : « Pour certains, le résultat était joué d’avance »

 

Outre le score de la coalition nationaliste menée par Gilles Simeoni, le premier tour des élections territoriales, dimanche, a été marqué par un fort taux d’abstention.

 

LE MONDE | 05.12.2017 à 16h06 • Mis à jour le 05.12.2017 à 16h29 

 

|Par Jérémie Lamothe (envoyé spécial à Bastia)


Le président de l’Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, le 3 décembre à Bastia.Il est plus de 20 heures, ce dimanche 3 décembre, et les militants nationalistes, réunis à la permanence de la coalition Pè a Corsica, dans le centre-ville de Bastia (Haute-Corse), exultent. Le score obtenu par leur chef de file, Gilles Simeoni, est historique : l’autonomiste arrive nettement en tête avec 45,36 % des voix au premier tour des élections territoriales. « Du jamais-vu », « un raz de marée démocratique », entend-on dans l’assistance.

Mais dans l’euphorie de la victoire, un autre score historique retient moins l’attention, celui de l’abstention qui atteint 47,83 % des inscrits. Soit sept points de plus que lors des régionales de 2015 et 20 points par rapport au scrutin de 2004. Malgré l’enjeu du scrutin – qui dirigera l’île pendant quatre ans ? –, 111 905 électeurs corses ont décidé de tourner le dos à ce scrutin.

« Problème de société »

Dans un entretien à Corse-Matin mardi, le président de l’Assemblée de Corse et allié de M. Simeoni, Jean-Guy Talamoni, estime que l’abstention « est un problème de société qui dépasse la Corse et nous interpelle ».
« Il y a dans toutes les sociétés occidentales une défiance à l’endroit de la démocratie. (…) La solution passe par la réduction de la fracture territoriale, sociale et intergénérationnelle. »
Malgré son ampleur, ce chiffre n’a pas surpris André Fazi, politiste et maître de conférences en science politique à l’université de Corse. « Je m’attendais à ce niveau d’abstention. Il y a une lassitude générale avec le trop plein d’élections entre 2015 et 2017, avec les régionales, les primaires, la présidentielle, les législatives… », expliquait-il, lundi, dans un entretien au Monde.

Dominique, 56 ans, fait partie de ceux qui ne se sont pas déplacés dimanche pour aller voter. S’il se dit « déçu » par la politique menée par la majorité nationaliste sortante dans la région depuis 2015, il estime, plus largement, que « les gens sont un peu désabusés, écœurés par la politique en général ».

De son côté, Abdel, 31 ans, n’est également pas allé voter et regrette le choix qui était proposé aux électeurs corses, dimanche :
« On veut avoir une certaine autonomie, mais il faut faire attention. La Corse tient parce qu’elle est sous perfusion de la France. La Corse peut-elle subsister toute seule ? J’en doute. Mais si on ne vote pas pour les autonomistes, avec les autres, ce sera le retour du phénomène de clientélisme et du clanisme. »
« Coup de bambou »

Le choix était d’ailleurs plus restreint que d’habitude avec sept listes présentes au premier tour dimanche contre 12 en 2015 et 11 en 2010. Il n’y avait ainsi qu’une liste de gauche sous l’étiquette du Parti communiste et de La France insoumise. Pour André Fazi, « l’absence de la gauche à ce scrutin est révélatrice et a participé à cette abstention ». Selon lui, « les électeurs de l’opposition ont reçu un coup de bambou après les élections législatives », où les nationalistes ont empoché trois sièges de député sur quatre. « C’était alors inenvisageable, ça a joué sur le moral de leurs opposants », poursuit-il.

Le problème était différent à droite avec deux candidats : Valérie Bozzi, soutenue par Les Républicains, et Jean-Martin Mondoloni (droite régionaliste). Mais ceux-ci manquaient d’ancrage local pour faire le poids face à des nationalistes qui peuvent compter sur une base militante très mobilisée, quel que soit le scrutin. Pour Mme Bozzi, arrivée 3e avec 12,77 % des voix, « à droite, nous pâtissons aussi de ce qui se passe au niveau national. Et en Corse, il faut maintenant reconstruire la droite en profondeur et remailler le terrain pour les prochaines élections. »

Un résultat « joué d’avance » ?

Elle explique également ce taux d’abstention par le manque d’intérêt des Corses pour la nouvelle collectivité unique qui verra le jour le 1er janvier 2018, née de la fusion entre la région et les deux départements, ainsi que par une campagne électorale qui a été jugée fade par beaucoup. « Il y a une incompréhension du rôle et de l’importance qu’aura la future collectivité unique. C’est notamment dû au fait que cette collectivité a été faite dans la précipitation, sans concertation avec l’opinion », explique-t-elle.
« Nous ne sommes pas du tout entrés dans le fond des sujets dans cette campagne qui a été trop courte. Il n’y a eu aucun débat sur le fond des programmes, c’était donc compliqué de mobiliser. »
Lire l’éditorial du « Monde » :   Paris face au défi Corse

Un constat partagé par le candidat de La République en marche, Jean-Charles Orsucci arrivé 4e avec 11,26 % des voix. Selon lui, « pour certains, le résultat était joué d’avance. Les scores ont d’ailleurs monté qu’il y avait un dynamisme chez les nationalistes qui n’est pas retombé ». Mais pour les deux candidats, qui ont annoncé leur maintien pour le second tour, le score historique réalisé dimanche par Gilles Simeoni pourrait permettre de remobiliser une partie de l’électorat.

« Certains craignent vraiment cette hausse des nationalistes. Il faut montrer qu’il y a eu une alternative à Pè a Corsica », fait savoir Mme Bozzi. Après avoir récupéré la liste des abstentionnistes, les deux candidats et leur équipe sont ainsi repartis sur le terrain cette semaine faire du porte-à-porte pour tenter de remobiliser ces plus de 100 000 Corses qui ont boudé les urnes dimanche.

L’avènement d’une « superrégion » corse au 1er janvier 2018

Rarement une élection territoriale aura précédé un tel enjeu : la mise en place, annoncée au 1er janvier 2018, d’une « collectivité unique » inédite dans l’histoire de l’organisation institutionnelle française. Fruit de la fusion des deux départements de l’île avec la collectivité territoriale de la Corse, cette « superrégion » assurera la gestion de l’île en matière, entre autres, de réseau routier, d’aménagement du territoire, de développement économique ou d’action sociale.

Le nombre de conseillers sera porté de 51 à 63 (et 14 « conseillers exécutifs ») au sein de la nouvelle assemblée. La nouvelle collectivité devrait employer quelque 4 200 agents, pour une population de 320 000 habitants. Des incertitudes persistent en matière de statut des agents, de temps de travail ou de rémunération. Une chambre des territoires, censée assurer une représentation du rural, regroupera les élus locaux des intercommunalités et des communes. Son rôle ne sera cependant que purement consultatif.

Le budget de la collectivité devrait avoisiner 1 milliard d’euros, selon la loi sur la nouvelle organisation territoriale de la République (NOTRE), précisée par trois ordonnances ratifiées par le Parlement le 7 mars. Mais il est d’ores et déjà grevé par l’important volume de la dette, de l’ordre de 600 millions d’euros.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/12/05/abstention-historique-en-corse-pour-certains-le-resultat-etait-joue-d-avance_5225011_823448.html#KS1dzgph8uRyBHSQ.99

Posté par Michel Peyret

Faut-il pleurer Faut-il en rire

 

Publié le 11 Décembre 2017

Fait-il péril ou bien pitié?

Faut-il pleurer Faut-il en rire

Je n'ai pas le coeur à le dire.

 

Voici Hulot par lui montré.

 

La presse de ce 11 décembre : 

 

"Climat : Nicolas Hulot appelle les patrons français à passer « à l’action »"

Un peu comme si on appelait le directeur de l'école de guerre à se reconvertir en éleveur de colombes ou encore Trump en militant de la lutte contre le réchauffement climatique.

 

Comme N Hulot n'est ni un benêt ni un édulcoré du cortex c'est la preuve que le filleul de L'Oréal Aréva &C° sait comment et pour qui il travaille :

 

"Patron faites dans le cosmétique pour masquer le réel, travailleur acceptez toujours plus de sacrifice au nom de la défense de la planète que les sponsor du p'tit Nicolas-bis se refuse à combattre" ; on ne mord pas la main qui te nourris.

 

Rédigé par Canaille le Rouge

Et si Finkielkraut apprenait l'orthographe et si Bussereau s'achetait des lunettes ?

 

Publié le 11 Décembre 2017

 Deux déclarations dans la presse

 qui permettent de classer les "élites".

 Science-Po Paris et Normal Sup

 ont-ils pensé à désinfecter

 leurs émissaires à eaux usées

Et si Finkielkraut apprenait l'orthographe et si Bussereau s'achetait des lunettes ?

Pour le premier, la proposition venant de l'auteur de ces lignes va sûrement faire se gondoler de rire les canaillophiles réguliers, mais elle a sa cohérence.

 

Il faut revenir à la source pour mesurer ce que porte les propos de la verte amibe infectieuse bicornée arpenteuse et gardienne du marigot idéologique :

 

"Le" philosophe "(sic)  Alain Finkielkraut a jugé que seul le «peuple des petits blancs» s'était rendu à l'hommage de Johnny, estimant que les «non-souchiens» avaient «brillé par leur absence». Un vocabulaire qui a beaucoup fait réagir sur les réseaux sociaux.

 

Non monsieur Finkielkraut cela ne s'écrit pas comme cela (du moins si on considère que vous prenez parti et vous installez de le camp petits blancs ceux du KKK, des Afrikaaners, même si les ors, glands et sabres du quai Conti vous pousseraient volontiers à vous considérer élite parmi les grands). Non Môssieur l'académichien, on n'écrit pas souchien quand ont est Finkielkraut mais sous-chien comme on dit petit chien hargneux, ,aboyeur de fond de cour, roquet.

 

L'académie française va-t-elle avec la même énergie et célérité interpeler l'auteur de ce néologisme qu'elle a réagi à l'écriture inclusive ? Il est vrai que "non souchien" étant utlisé au masculin, ça peut faire diversion.

 

Paul Valéry disait : " Le plus sale roquet peut faire une blessure mortelle ; il suffit qu'il ait la rage. "  Et Finkielkraut c'est connu en un chien de garde enragé du capital.

 

Dominique Bussereau,portant appréciation sur les propos du "novlangueur" en habit vert, Bussereau donc,  l'homme de la casse du service public ferroviaire, celui qui jamais ne met les pieds dans un des départements -la seine St Denis- qui héberge une part majeure des moyens technologiques de l'outil qu'il veut dépecer, reconnaît , pour confirmer les pros du cador immortel de la pensée réactionnaire , qu’il n’a "pas vu en effet le peuple de Seine-Saint Denis" lors de l’hommage à Johnny Hallyday.

 

Mais, lui Bussereau spécialiste des critères génétique d'outre-périph sait depuis son école primaire que les Huns qui ont déferlé sur Paris arrivait par la porte de Montreuil, les Alains venait par Romainville tandis que les Ostrogoths plantaient leurs campements entre Dugny et la Courneuve. Sans compter ces armées de Bretons Celtes par la cuisse nord qui font de St Denis la deuxième ville bretonne de France. C'est de là d'après certains historiens que date la fête de l'Humanité. Et vous savez ce que c'est, ces peuplades sédentarisées parce que déjà en 600 après J.-C., quand Bussereau polissait ses premières raffarinades, les étrangers venaient se servir c'est bien connu et vivait au crochet d'une France déjà trop généreuse … une France qui alors n'existait pas, les Francs n'étant pas encore parvenus jusqu'à la porte de Bagnolet. 

 

Mais depuis, preuve de duplicité, et Bussereau les traque, ils ont appris l'art du camouflage. Pour preuve il n'a pas pu les identifier du côté de la Madeleine.

 

Et c'est comment un " neuf-troiïste souchien " ? Canaille le Rouge ne le sait pas mais il sait comment repérer les usant d'une vulgate raciste néo fascisante.

 

Rédigé par Canaille le Rouge

Publié le  par Descartes

Fais moi mal, Johnny Johnny Johnny !

 

Les hystéries se suivent et ne se ressemblent pas. Après les débordements de l’affaire « #balancetonporc », la mort de Jean-Philippe Smet dit « Johnny Hallyday » occupe depuis deux jours 90% de l’espace médiatique. Et chaque personnalité, quel que soit son domaine d’action quel que soit sa célébrité, se voit tenue à prendre position sur le phénomène, sous peine de bannissement médiatique. Du docte sociologue qui écrit une tribune dans la section « idées » du Monde à l’homme politique qu’on voit étouffer des sanglots de crocodile devant les caméras, tout le monde s’y met.
 
Le plus drôle, dans cette affaire, c’est que s’il était né quelques années plus tard, Hallyday serait probablement trouvé cloué au pilori en tant que « porc » libidineux : en 2003 une femme, hôtesse sur son yacht, l’accuse de l’avoir violée. Mais à l’époque, on n’écoute pas encore « la parole des femmes » et on exige des preuves : l’affaire se conclut par un non-lieu, les juges estimant qu’aucune preuve sérieuse n’accuse le chanteur, et la plaignante sera lourdement condamnée, certaines des pièces utilisées dans sa plainte étant des faux. O tempora, o mores…
 
Mais trêve de méchancetés. Comme disait ma grand-mère, femme sage a défaut d’être sage-femme, « des morts, rien que du bien ». Le problème, c’est qu’avec Hallyday, les opportunités de dire du bien ne sont pas si nombreuses que ça. Oui, il avait une voix magnifique, une résistance physique rare, un sens profond du spectacle. Il était semble-t-il généreux, du moins avec ses amis, parce que lorsqu’il s’agissait de payer des impôts, ce n’était pas tout à fait le cas. Mais ce serait faire insulte à la vérité que de dire que Johnny avait une intelligence hors du commun et même une intelligence tout court, qu’il eut dans sa vie un comportement héroïque, qu’il se distinguait par son engagement civique ou pour son attention aux autres.
 
Alors, à quoi rime cette église de la Madeleine avec trois présidents de la République – deux anciens et un en exercice – entourés de tout ce qui compte de célébrités des arts et de la politique, retransmise par toutes les chaînes de télévision en direct ? A quoi rime le qualificatif de « héros français » que lui accorde le président de la République en exercice ?
 
Johnny Hallyday a été beaucoup de choses, mais certainement pas un « héros ». Et encore moins un « héros français », lui dont la source d’inspiration était plutôt de l’autre côté de l’Atlantique. Johnny Hallyday n’était pas un « héros » tout simplement parce qu’il n’a jamais, au cours d’une très longue vie, fait rien qui puisse être qualifié de « héroïque ». Il n’a jamais sauvé quelqu’un d’un incendie au péril de sa vie. Il n’a jamais pris le risque de chanter une chanson ou de publier un texte qui aurait pu lui valoir la prison ou la mort. En plus d’un demi-siècle de vie publique, il n’a pas une seule fois défié un pouvoir, pris un risque. Et s’il s’est engagé pour des « causes » - essentiellement en participant dans des concerts au bénéfice de celles-ci – c’était toujours des causes fort sages et conformistes : la famine en Ethiopie, les Restaurants du Cœur. Où est l’héroïsme là-dedans ?
 
Il n’y a pas de honte : il n’est pas donné à tout le monde d’être un héros. Et ce n’est pas seulement une question de qualités personnelles. Pour être un héros, il faut aussi avoir de la chance, vivre dans un contexte qui s’y prête. La génération qui avait 20 ans en 1940 avait devant elle une voie qui la conduisait à l’héroïsme. Une voie étroite, sans doute. Une voie difficile, c’est certain. Une voie qu’ils n’ont pas été si nombreux à emprunter. Mais une voie quand même. Johnny Hallyday appartient, lui, à une génération qui n’a pas eu cette possibilité. Tout au contraire : une génération choyée, élevée dans du coton dans une société devenue « libérale-libertaire ». Une génération chez qui être « rebelle » c’était porter un blouson noir et écouter une musique que les adultes trouvaient barbare. Une « rébellion » qui ne risquait pas de les conduire à Buchenwald ou devant le poteau d’exécution, comme ce fut le cas pour la génération précédente.
 
Lorsque nous pleurons les morts, c’est sur nous que nous pleurons. Johnny Hallyday est le symbole de cette génération, celle qui a eu la chance de vivre dans une société riche, fruit de l’immense effort de reconstruction accompli par leurs parents. Une génération qui n’avait pas à se soucier du chômage ou des responsabilités, et qui s’est amusée comme si la fête devait durer toujours. Une génération de « rebelles sans cause », pour reprendre le titre du film qui le mieux illustre sa problématique, et qui met en scène l’icône absolue de cette génération, James Dean. Une génération aussi à qui l’héroïsme était très largement étranger : leurs grands-parents étaient les héros de la première guerre mondiale, leurs parents ceux de la deuxième, de la Résistance et de la reconstruction. Pour la génération de Johnny, il fallait chercher dans les guerres coloniales finissantes – où l’héroïsme était toujours ambigu – ou l’engagement dans les aventures aux côtés de Bob Denard ou de Che Guevara. Pour les moins courageux, il restait « l’héroïsme de substitution » consistant à lancer des pavés sur les CRS – substitut symbolique des SS -, à porter des sacs de riz, à aider les sans-papiers, ou à faire un stage chez les « humanitaires ».
 
Johnny fut l’icône culturelle de la génération yé-yé, cette génération qui a pu se permettre le luxe de vivre en se regardant le nombril (1). Une génération rythmée par Sheila, Vartan ou Johnny là où la précédente avait écouté Brel, Brassens, Barbara, Ferré, Ferrat, Reggiani (sans compter les chanteurs plus commerciaux et cependant merveilleux comme Aznavour). Ce n’est pas une question de qualité, c’est une question de profondeur : Brel ou Barbara chantent le tragique. Vartan ou Johnny peuvent au mieux faire du dramatique. Brassens ou Ferré chantent pour des adultes, Sheila ou Johnny ont chanté – et cela jusqu’à la fin de leur vie –  pour des adolescents parce qu’ils sont restés eux-mêmes de grands adolescents. Et cela est aussi vrai pour leur public. Cela s’est vu d’ailleurs lors des obsèques : à seize ans pleurer hystériquement parce que votre chanteur préféré est mort, c’est compréhensible. A cinquante ans, cela pose problème.
 
Emmanuel Macron a raison quand il ajoute « qu’il faut des héros pour qu’un pays soit grand ». Mais le héros a une fonction exemplaire. Quel est l’accomplissement civique, artistique, scientifique, politique qu’on veut offrir à travers lui en exemple aux générations futures ? En quoi souhaiterions-nous que nos jeunes l’imitent ? En d’autres termes, de quoi Johnny est-il l’exemple ? Peut-être d’un homme qui parti de rien a gagné beaucoup d’argent. Pour un président qui disait il y a pas si longtemps qu’il fallait que nos jeunes rêvent de devenir milliardaires, c’est peut-être suffisant pour le rendre exemplaire… un « héros macronien », à défaut d’être un « héros français »…
 
Descartes

Publié par El Diablo

PLAIDOYER d'Aude LANCELIN pour un journalisme libre ! [VIDÉO]

Publié par El Diablo

RETRAITES : Le projet de MACRON prévoit-il de pénaliser les chômeurs ?

La réforme des retraites pourrait pénaliser les carrières frappées par le chômage

 

Les administrateurs de la Caisse nationale d'assurance vieillesse ont rencontré le Haut-commissaire aux retraites, en consultations pour la réforme attendue d'ici 2019. Ils ont alerté sur la question des périodes non contributives comme le chômage.

 

La réforme des retraites pourrait pénaliser les chômeurs. C’est une inquiétude qui ressort de la rencontre qui s’est tenue le 6 décembre entre le Haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye et les membres du conseil d’administration de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav), la plus importantes des quelques 30 caisses qui forment le système français des retraites. 

 

LA SUITE :

La réforme des retraites pourrait pénaliser les carrières frappées par le chômage

https://francais.rt.com/economie/46357-reforme-retraites-pourrait-penaliser-car

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

 

Non, je vous jure, je n'étais pas sur les Champs-Elysées ni devant ma télé

 

Pourtant le programme présenté n'était pas rien, les obsèques nationales d'un personnage exceptionnel dans la vie de chacun doivent rester ancrées dans les mémoires. Pour la raconter plus tard à nos descendants en frémissant comme au premier instant: "J'y étais".

 

Et de bons copains m'ont présenté pour communier dans cet élan unanime de la nation sur Fb des images du défunt solidaire avec des travailleurs en lutte. Mais c'était dans ses premiers pas dans la musique que j'aime. Et cela n'a duré pour lui ce que vivent les roses, l'espace d'un matin. Ensuite, très vite, ce fut le show-business et ses ogres, même si le talent incontestable et incontesté restait toujours présent chez l'artiste.

 

Oui mais Djonny, c'était notre jeunesse, peuvent me répondre certains de mes potes. Sans doute mes camarades. Mais faut-il enterrer sa jeunesse dans le cercueil de l'idole qu'il fut pour les jeunes. Ou bien être toujours dans l'action, comme autrefois, en séparant comme autrefois l'ivraie du bon grain pour que le monde change de bases.

 

Si les chansons de Johnny Hallyday ont été de toutes les modes musicales et de ce fait ont enchanté plusieurs générations, l'homme a pris partie pour le camp des possédants, usant de toutes les ficelles que lui ont accordés ses conseillers fiscaux et ses amis politiciens.

 

Et les portes du pénitencier ne se renferment que très rarement pour ce petit monde clos. Ou alors si mal, qu'il peut recommencer tout à loisir.

 

Je ne crache pas sur la tombe de Johnny Hallyday, même s'il se fait enterrer dans l'île de Saint-Barthélémy, paradis des riches qui ont du fric à ne plus savoir qu'en faire. Mais pour l'heure, noir c'est noir pour la majorité de l'humanité, y compris en France, l'un des pays où les riches appartiennent aux plus riches de la planète.

 

Dans ma jeunesse, en écoutant chanter Johnny, mais aussi Pottier, je souhaitais renverser le capitalisme. Aujourd'hui où j'entre dans l'automne de l'existence, j'écoute toujours chanter Pottier. Et toujours le poing dressé.

 

Non, je vous jure, je n'étais pas sur les Champs-Elysées ni devant ma télé

Dans cette actualité, déclaration d'Axel Kahn

 

Publié le 9 Décembre 2017

 Pour marcher avec sa tête

 les deux pieds sur terre 

 

Dans cette actualité, déclaration d'Axel Kahn

Sortir de la machine à vertige en prenant de la hauteur

 

Déclaration recueillie ce matin et rapportée par les amis de l'Humanité.

 

Je n’ai rien à dire de désagréable vis à vis de l’hommage à Johnny Hallyday, ni de celui à Jean d’Ormesson. Des millions de personnes ont grandi avec Hallyday, ils pleurent autant leur jeunesse que le chanteur. Cela n’a rien de scandaleux. Moi aussi j’ai cet âge là mais ai toujours été éloigné de l’homme et de son style. À 17-20 ans mes tubes étaient plus les brandebourgeois de Bach que les succès de Johnny. Un peu atypique ! Pourtant, pas de problème, je comprends l’émotion des gens.

 

Néanmoins, la grande nouvelle du jour n’est pas la mort d’une vedette nationale, c’est hélas la reconnaissance par les États-Unis de Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël, et d’Israël seul. Fini la fiction de deux états avec Jérusalem comme capitales qui constituait le point essentiel des accord d’Oslo. Un autre type de fin d’époque. Certes, la colonisation et ses murs avaient déjà réduit à peu de chose la perspective d’un état palestinien viable. Cependant, même la fiction en est pour un temps enterrée, comme le sera bientôt Johnny.

 

Avec l’alliance virtuelle entre l’Arabie saoudite et Israël, sous l’égide des États-Unis, cela va sans doute contribuer à amplifier le rapprochement entre même des populations sunnites et l’arc Iran, Irak, Liban et Syrie. La Turquie elle-même consolidera sans doute son gentleman agreement actuel avec l’Iran qui endossera le rôle de défenseur des seconds lieux saints de l’Islam. Sombres perspectives, peut-être, sans doute. Je pense qu’en Arabie, le jeune Prince devra plus encore qu’avant faire attention à sa vie, les tueurs pourraient tout faire pour l’abattre. Pour tout le monde, Palestiniens, Israéliens, Arabes, autre populations, seule une perspective de paix est désirable pour tous, peut offrir un vrai avenir à long terme aux enfants d’aujourd’hui et de demain. J’espère me tromper, je l’espère. Il est hélas à craindre que mes craintes ne soient fondées.

 

NB : Comme chaque fois que l'on évoque le drame en Palestine et Israël, les passions vont se déchainer. Je vous en prie, ne jouez pas à la guerre à des milliers de kilomètres de distances, dans le confort de vos certitudes inébranlables. Cela ne sert à rien, rien, rien. Dites ce que vous avez à dire, avec mesure. Merci. J'expulserai les va-t-en-guerre.

 

Ne trouvez-vous pas que la fraîcheur d'une pensée claire se marie bien avec l'intelligence ?

 

Rédigé par Canaille le Rouge

 

A mettre dans vos Favoris : Le vent se lève

 

Dommage une impasse : La nécessité de l'organisation sur les lieux même où se déroule l'affrontement. C'est là, que se dresse la barricade où Capital et Travail se font face. En renonçant à cette illusion d'un hypothétique nouveau compromis social chère à Mélenchon (Interview à Marianne). Là, où il ne peut s'agir de partage mais de réappropriation.


Bernard Trannoy

 

NOTRE PROJET

LVSL : Un média dans la guerre de position

Le Vent Se Lève part d’un constat : celui d’une défaite historique des forces de progrès. Notre projet s’annonce donc comme une entreprise de reconquête. Exposé d’une méthode.

La parole confisquée

L’époque actuelle a pour caractéristique première la domination sans partage – quoique contestée – de l’hégémonie néolibérale. Si le néolibéralisme refuse de dire son nom, s’il refuse de se donner un visage unique, il est cependant parvenu à construire une hégémonie solide, laquelle s’incarne dans une variété d’acteurs : journalistes, politiques, partis. Ce sont là les expressions les plus visibles de cette hégémonie, ensemble de théories, de pratiques, d’idées, de valeurs et de méthodes qui infusent dans la société tout entière, font système et fondent le règne d’une pensée dominante répandue partout.

Le phénomène le plus évident qui résulte de cette dynamique de conquête est la concentration médiatique et l’appropriation par une poignée de milliardaires des médias de masse. L’information serait un bien comme un autre que l’on achète et que l’on vend, de sorte qu’on la soumette aux lois du marché. Il est cependant permis de douter du sens des affaires de nos grandes fortunes nationales qui se précipitent dans la course à la monopolisation des moyens de communication et d’information. Surprenant en effet que ces gens s’acharnent à vouloir investir dans des titres de Presse à peu près tous déficitaires qui ne promettent pas de perspectives de profits très importantes… Aurions-nous alors affaire à une démarche philanthropique ? Peut-être. On n’imagine en tout cas pas que messieurs Niel, Bergé, Pigasse, Drahi, Dassault, Arnault, Pinault, Lagardère, Bouygues ou Bolloré, heureux propriétaires du Monde et de l’Obs, de Libération et de l’Express, du Figaro, des Echos, du JDD et du Point, d’Europe 1, du groupe TF1 et du groupe Canal, puissent vouloir contrôler tous les titres de Presse du pays à des fins d’influence.

Or donc, il convient de faire ce constat froid que la quasi-totalité des moyens d’information d’une démocratie sont concentrés entre les mains de quelques oligarques. La subordination de l’information aux intérêts privés, économiques ou financiers, est aussi préoccupante que l’était l’alignement de l’information sur les intérêts étatiques au temps de l’ORTF. En quelques décennies, les moyens de communication seront simplement passés des mains de l’Etat aux mains des puissances privées. Il n’est pas évident que la démocratie ait gagné au change si l’on considère que les médias dominants se sont contentés de troquer un ministre de l’information ayant une ligne directe dans toutes les rédactions contre une multitude d’actionnaires et d’annonceurs publicitaires qui, de la même manière, censurent, licencient et influencent les lignes éditoriales malgré la résistance et le travail indépendant que continuent de mener certains journalistes.

Pourtant, des débats se tiennent, des idées sont échangées, des points de vue contradictoires se confrontent et plusieurs titres de Presse sont concurrents. Seulement la pluralité ne fait pas le pluralisme. CNews, BFMTV et LCI se disputent des parts d’audience, peut-on pour autant parler d’un pluralisme des points de vue pour cette seule raison que ces chaînes occupent des fréquences différentes ?

Les mêmes présentateurs lisent les mêmes prompteurs, donnent la parole aux mêmes éditorialistes, au-dessus des mêmes bandeaux déroulants où s’accumulent les mêmes informations jusqu’à la perte totale de sens. Il faut bien faire preuve du dernier aveuglement pour voir dans le matraquage médiatique aux allures de spectacle permanent la condition d’une information libre. Nous sommes en droit de nous interroger : l’espace public qui garantit l’existence d’un débat réellement démocratique existe-t-il encore dans ces conditions ? Il n’a certes pas été détruit comme dans les régimes autoritaires, il existe ! Mais il est occupé, colonisé par les intérêts privés et pour tout dire, anesthésié, toute contradiction véritable s’en est trouvée évacuée, ou placée dans une situation de faire-valoir.

Disons-le clairement au risque d’en décevoir certains : nos industriels fortunés n’ont pas investi la sphère médiatique dans l’unique but de renflouer des titres en difficulté. S’offrir un journal ou une chaîne de télévision c’est s’acheter de l’influence. C’est-à dire une influence personnelle et aussi – et surtout – une influence politique qui s’inscrit dans un projet de classe. Le rachat de la Presse est l’étape ultime de la conquête de l’hégémonie culturelle par les néolibéraux. Sont ainsi répétés en boucle les mêmes credos néolibéraux, les mêmes mots-valise matraqués ad nauseam (« compétitivité » ; « coût du travail » ; le « courage » du « chef d’entreprise » ; le « dialogue social » qu’il faudrait « fluidifier » etc.) jusqu’à faire accepter ces mots pour évidents. Cette construction d’une grille de lecture, prétend à une forme de naturalité. Elle interdit la mise en avant de cadres d’analyse différents. En l’espèce, ces dernières années ont achevé de marginaliser la parole de gauche, pourtant devenue déjà très minoritaire dans le monde médiatique. Il est vrai, cependant, que la parole de gauche s’est elle-même disqualifiée, n’ayant pas su se réinventer, ni établir de stratégies pour faire face à un tel contexte. Les voix dissonantes, expropriées de l’espace public, se regroupent autour de pôles de résistance et de potentielle renaissance intellectuelle (on citera Le Monde Diplomatique, Là bas si j’y suis, Les économistes atterrés, Fakir, Acrimed dans des domaines très différents…). Mais ces quelques bastions enclavés se trouvent bien seuls au milieu d’un océan de silence, et s’adressent à un public restreint.

Face au Mur médiatique : Guerre asymétrique

Faire de la situation actuelle une fatalité serait une grave erreur car notre adversaire a des points faibles. Il importe aujourd’hui de jeter les bases d’un nouveau cycle et d’entamer la construction d’une nouvelle hégémonie.

L’ampleur de la tâche à accomplir a pourtant de quoi briser les élans les plus déterminés. Parce que les conditions historiques ont changé, les règles de la lutte politique ont également changé. C’est pourquoi cet article se veut l’exposé d’une méthode, de notre méthode.

Préalablement à tout développement, il nous faut admettre comme point de départ une représentation spatiale du monde social dans la lignée d’Antonio Gramsci. Il faut comprendre par là l’idée d’un monde social comme un vaste champ de bataille découpé entre leurs positions et les nôtres, entre notre ligne de défense et la tranchée adverse. Les positions de l’adversaire ont ceci de particulier qu’elles sont bien mieux défendues que les nôtres et qu’il peut de ce fait se permettre de mener l’offensive contre nous. Ce schéma, c’est celui de la guerre de position élaboré par Gramsci au lendemain de la première guerre mondiale. Il transpose le vocabulaire propre à la tactique militaire à l’analyse du monde social. Il parle ainsi des médias, des églises, des universités, des usines, des palais de justice, comme d’autant de bunkers et de casemates, de forteresses et de bastions qu’il importe de défendre ou de conquérir avant de pouvoir prétendre à l’exercice du pouvoir. De là la distinction fondamentale dans la pensée de Gramsci entre la société politique et la société civile, qui fabrique le consentement et assure le règne de la classe dominante par la diffusion de ses idées dans la société.

Ce qui importe ici, c’est de comprendre l’effort d’actualisation de la pensée marxiste entrepris par Gramsci. Ce dernier écrit dans un contexte d’échec généralisé des tentatives révolutionnaires en Europe de l’Ouest et d’arrivée du fascisme au pouvoir en Italie, plus précisément, il écrit depuis la cellule de prison où Mussolini l’a fait jeter. Afin de comprendre cet échec historique des révolutions socialistes, il opère une distinction d’importance entre l’Est et l’Ouest, entre la Russie où la révolution bolchévique a triomphé et l’Europe où tous les mouvements révolutionnaires ont été défaits. La société russe se caractérisait alors par une structure sociale simple, une société civile quasi-inexistante, un appareil étatique affaibli : le pouvoir était à prendre. Cette situation appelle une guerre de mouvement, rapide, frontale, pour se saisir du pouvoir.

En Europe de l’Ouest tout au contraire, la structure sociale est complexe, nervurée de tranchées, la société civile est puissante et la classe dominante s’appuie bien davantage sur les idées que sur la force brute pour régner. Ce qu’il appelle l’Etat intégral peut ainsi se définir comme une « hégémonie cuirassée de coercition », la domination par les idées encadrée par la possibilité du recours à la contrainte, l’aspect coercitif occupe ici le second rôle. Dans une telle configuration, opposer le fusil à la plume est impossible, inefficace et contre-productif. Gramsci pense ici aux grandes offensives frontales sur des tranchées ennemies trop bien défendues au cours desquelles des centaines de milliers d’hommes se faisaient faucher par les mitrailleuses pendant la Grande Guerre, sans aucun résultat militaire. Il faut adapter les méthodes de lutte et substituer la guerre de position à la guerre de mouvement. Cette guerre de position se mène avant toute chose par une praxis politique propre à un parti et à une classe sociale, par la guerre culturelle. La « bataille des idées et des mots » joue ici un rôle important quoique non exclusif : il s’agit, pour les acteurs de cette guerre, de conquérir des positions sociales, d’avancer leurs pions, et de faire progresser leur vision du monde. C’est une stratégie de conquête plus lente, plus laborieuse, mais la seule à même de réussir. A travers cette guerre de position, ce qu’il s’agit de faire – comme le formulent Ernesto Laclau et Chantal Mouffe -, c’est de tracer une ligne de démarcation claire, à l’endroit le plus pertinent, entre l’adversaire et nous, de créer un eux et un nous de part et d’autre d’une frontière intérieure à la société et de nous battre toujours pour faire avancer cette frontière antagonique, pour faire avancer nos lignes et faire reculer l’adversaire.

Aujourd’hui, face à un adversaire tout-puissant qui nous contraint au repli sur les dernières positions qu’il nous reste, tout assaut frontal est voué à l’échec. Attaquer une forteresse trop bien défendue est au mieux stupide, au pire suicidaire. C’est pourquoi nous refusons de lui livrer bataille directement. L’hégémonie néolibérale domine et toute parole alternative est disqualifiée de manière systématique lorsqu’elle se confronte à la parole de l’adversaire sur son terrain, dans ses journaux ou sur ses chaînes de télévision. Prenant acte de cette situation, nous affirmons notre stratégie : face au mur médiatique, menons une guerre asymétrique.

Nous n’avons pas les moyens de l’adversaire, aussi nous investissons un terrain où nous pouvons être meilleurs que lui. Cette lutte pour l’hégémonie culturelle, cette bataille des idées, nous choisissons de la mener sur internet, sur les réseaux sociaux, sur un champ de bataille où nous pouvons avoir l’avantage. La guerre de position est présentement quasi-impossible à mener ? Soit ! Menons ce que nous appellerons une guérilla de position. Toute guérilla, une fois qu’elle est devenue suffisamment puissante affronte cependant l’adversaire sur son terrain et mène une guerre régulière. La guerre asymétrique que nous avons choisi de mener n’est donc ni une fin en soi, ni une initiative qui doit interdire la guerre de position sur un champ de bataille traditionnel, dans le domaine de la lutte politique classique, bref, dans la réalité matérielle. Elle est un préalable, elle est un complément. A la guérilla devra succéder la guerre de position.

La devise que nous avons adoptée « Tout reconstruire, tout réinventer » ne veut pas dire autre chose : tout réinventer dans le monde des idées, réformer un logiciel politique sclérosé, pour tout reconstruire dans le monde matériel, forger une force politique nouvelle dans la réalité concrète.

C’est l’unité de ces deux termes qui fonde le projet que nous nous efforçons de construire. Suivant cette idée, et empruntant une distinction déjà énoncée ailleurs, on peut comparer le rôle d’un média comme Le Vent Se Lève au rôle d’un échafaudage. L’échafaudage est une structure temporaire, il n’est pas une fin en soi, il a pour seule fonction d’assurer la construction du bâtiment auquel il est adossé. Pour construire le grand mouvement qui émergera demain, un échafaudage solide est nécessaire. L’émergence d’une force politique nouvelle est conditionnée à l’élaboration d’une grille de lecture alternative par des médias comme le nôtre, par l’imposition de nos mots dont Íñigo Errejón dit qu’ils « sont des collines dans le champ de bataille de la politique » et que celui « qui les domine a gagné la moitié de la guerre », par la mise à l’agenda de nos thèmes et de nos termes afin d’œuvrer à la conquête de la centralité de l’échiquier politique. Et nous pouvons en cela compter sur les très nombreuses initiatives qui émergent ici et là, des médias écrits, des blogs, des chaînes Youtube, des revues, des collectifs etc. Le Vent Se Lève n’est de ce point de vue qu’un pion dans la large constellation d’initiatives en train de naître.

La construction d’un média d’opinion

Cela étant, le terrain que nous investissons, c’est-à-dire internet et les réseaux sociaux, n’est pas un terrain vierge. Une multiplicité d’acteurs s’y affrontent déjà. Les plus combatifs parmi eux sont les médias d’extrême droite dont le succès fulgurant et l’omniprésence sur les réseaux sociaux constituent la raison première de la fondation de LVSL, démarche qui se concevait comme une contre-attaque nécessaire. Ces sites constituent, aux côtés des médias officiels évoqués plus haut, notre second adversaire. Une clarification s’impose ici. La guerre asymétrique doit être une stratégie simplement temporaire le temps de gagner en puissance. Cette stratégie ne doit pas faire oublier cette loi fondamentale du combat politique que pour vaincre son adversaire il faut jouer sur son terrain et selon ses règles. 

Dès lors, cela implique de comprendre les raisons du succès de ces sites d’extrême-droite. La raison en est assez évidente : leur capacité à rester proche du sens commun, des représentations majoritaires dans la société, et à travailler ce sens commun dans leur sens par des discours adéquats. A l’inverse, la gauche s’est depuis trop longtemps murée dans son idéologie, sûre d’être le « camp du bien », quitte à être de plus en plus déconnectée des subjectivités politiques du commun des mortels. LVSL ne veut pas laisser le monopole de l’efficacité politique à ces sites et ces groupes. Nous nous revendiquons de ce que Gramsci appelle le journalisme intégral. Celui-ci part du sens commun, afin de le travailler et de l’amener là où il est désirable de l’amener. Jusqu’alors, au sens commun populaire, la gauche opposait son sens commun militant et toutes ses évidences. C’est cet échec historique qu’il faut dépasser, si nous voulons être en mesure de gagner cette bataille culturelle. Le journalisme intégral implique de façonner son lectorat à travers la production d’un discours alternatif. Cette idée est à la base du projet de média populiste qu’est LVSL : forger de nouvelles identités politiques pour construire un peuple.

Or donc, les réseaux sociaux possèdent des règles qui leur sont propres, l’une d’elles est la suivante : l’opinion prévaut sur la soi-disant objectivité journalistique. Les sites dont nous parlons l’ont bien compris et doivent leur succès au modèle qu’ils ont su élaborer. Assumer sa subjectivité, prendre position de façon argumentée, s’annonce comme la tactique la meilleure pour faire avancer ses idées sur ce terrain particulier. L’horizontalité qui caractérise le fonctionnement des réseaux sociaux place les acteurs sur un relatif pied d’égalité. La disqualification de la parole alternative ne fonctionne pas sur internet. Les récentes polémiques sur les fake news et la création en réponse du très critiqué service Décodex par le journal Le Monde, dont la mission consiste à décerner des brevets de respectabilité aux sites d’information, témoigne d’une tentative de régulation de la diffusion de l’information sur les réseaux sociaux – sans grand succès pour le moment.

Le média d’opinion tire sa force de ce fait qu’il assume sa subjectivité. Nous affirmons que la neutralité n’existe pas pour cette raison simple que l’auteur d’un article est engagé dans des rapports sociaux et influencé (pour ne pas dire déterminé) par une multitude de discours antagonistes. Que l’on combatte ou que l’on serve les intérêts de la classe dominante de manière active, de manière consciente ou de manière inconsciente, on ne peut pas prétendre s’extraire d’un monde social conflictuel et accéder à une neutralité quelconque, on est toujours du côté de l’une des forces en présence. Aussi, assumer un parti pris revient à une forme d’honnêteté. Cela permet par ailleurs de capitaliser sur le discrédit dont souffrent les médias officiels, c’est là pour nous une arme puissante.

Restent encore les médias d’opinion d’extrême droite. Nous le disions, lorsque le combat est possible, il faut affronter l’adversaire en jouant avec ses règles. En l’espèce, nous adoptons les codes de l’adversaire, nous les subvertissons, les transformons, les adaptons et les retournons contre lui. Nous conservons le parti pris, nous conservons le style polémique, mais nous nous assurons une légitimité supérieure en prenant le lecteur au sérieux et en ne l’abreuvant pas de mensonges ou d’articles insipides.

Nous ne sommes pas seuls à mener ce combat, nous venons juste d’intégrer une chaîne qui compte déjà de nombreux maillons qui sont autant d’alliés. Nous parlons des très nombreux projets qui reposent sur l’écrit ou la vidéo, et qui fleurissent un peu partout et vont dans le même sens que nous. Nous prenons nos adversaires au sérieux, et nous sommes ici pour les combattre pied à pied. Ils ont prospéré sur un terrain vierge, à nous de leur contester le monopole de la parole alternative, à nous d’être meilleurs qu’eux.

Le Vent Se Lève, c’est tout ça. Un projet qui veut faire converger les forces existantes pour fédérer autour d’une parole alternative, autour d’un discours de rupture pour jeter les bases d’un renouveau. En ces temps de montée des périls, il est indispensable de porter un autre projet de société, un système de pensée nouveau qui pave la voie à la construction d’un autre avenir. Ainsi nous engageons le combat, animés par cette conviction profonde, étayée par les faits et l’histoire, qu’à l’hiver, toujours, succède le printemps.

Pour aller plus loin :

Médias français, qui possède quoi ? Le Monde Diplomatique

https://www.monde-diplomatique.fr/cartes/ppa

Projet pour une Presse libre, Le Monde Diplomatique,

https://www.monde-diplomatique.fr/2014/12/RIMBERT/51030

Médias : pourquoi 10 milliardaires contrôlent-ils notre information ?

http://osonscauser.com/medias-pourquoi-10-milliardaires-controlent-ils-notre-information/

LVSL : Tout reconstruire, tout réinventer

http://lvsl.fr/tout-reconstruire-tout-reinventer

Jhônny suite, et pas fin

 

Publié le 8 Décembre 2017

 Cette semaine sur vos écrans :

 Te Deum storys

 

La rally dead box week. "Invalides-Madeleine" ligne impériale.

 

Si vous l'auriez oublié, cette semaine à Paris c'est aussi après tortures, sévices, et achèvement la mort du code du travail.

Jhônny suite,  et pas fin

Une canaillophile reprend cette phrase d'Elsa Triolet :

 

« Je suis, comme vous le voyez, des fans de Johnny Hallyday. Vous trouvez cela grotesque ? Vous avez tort, je suis à l'âge où, si on n'est pas un monstre, on aime ce qui est en devenir. Je ne peux pas attendre l'an 2000 quand on invitera un Johnny de cinquante-six ans, si mon compte est bon, à la Maison-Blanche... »  

 

Le problème c'est qu'on a vu ce qu'il est devenu.

 

Lucidité d'Elsa Triolet sur sa compatibilité avec la Maison Blanche qui n'est pas celle de Kennedy mais plutôt celle de Bush Jr..

 

E. Triolet avait aussi écrit cette célèbre phrase que Canaille le Rouge reprend souvent : "les barricades n'ont que deux côtés",

 

Si Dr J. Hallyday Jekyll savait aller au populaire, mister J-Ph Smet Hyde avait choisi son camp. 

 

Enfin, et cet argument doit être sereinement débattu sinon c'est le signe de la renonciation à tout esprit critique : pourquoi personne ne dit rien, voire trouve normal  quand on dénonce (à juste titre) les engagements réactionnaires d'un Charlton Heston et qu' en France ce serait crime de lèse "Jhônny" de dire sa désapprobation sur son parcours anti-citoyen d'homme ancré à droite ?

 

Le talent n'empêche pas qu'au bilan on juge le parcours d'un homme pas un empilage de disques d'or, et le bilan pour moi n'est pas "globalement positif".

 

Pour sa part La Canaille  préfère cette approche. 

 

 

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

A propos des USA et de Jérusalem : « Regrettable, vous avez dit regrettable ? »

A propos des USA et de Jérusalem: "Regrettable, vous avez dit regrettable?"

Oui, Emmanuel Macron a trouvé "regrettable" que le président de la libre Amérique fasse de Jérusalem la capitale une et indivisible d'Israël, contre toutes les résolutions de l'ONU à ce sujet.

Dès lors, ce regret exprimé est terriblement court de la part de la France, membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU. Pire, il est criminel de la part d'un pays qui donna au monde la Déclaration universelle des droits de l'homme.

Avec cette décision unilatérale de Donald Trump, le brasier qu'est cette partie du monde ne peut que s'enflammer avec toutes les répercussions extérieures à cette région.

Mais cet acte du président des USA n'est ni une exagération, ni un coup de folie. Et les regrets d'Emmanuel Macron à son allié n'est pas plus une condamnation. Les Etats-Unis jouent simplement la carte d'un rapprochement entre Israël et l'Arabie saoudite et les pays du golfe, contre l'Iran, leur ennemi commun. Parce que business is business dans cette partie du monde, mais ailleurs sur notre planète. Le dernier exemple: le cimentier français Lafarge commerçait en Syrie avec les islamo-fascistes de Daech et le gouvernement français en était informé.

Jupiter 2e du nom, monarque élu en France, ne condamne donc pas l'acte voyou de son suzerain. Dimanche, en grandes pompes, il recevra le premier ministre israélien. Cela en revient à accorder un blanc-seing à la colonisation israélienne de Jérusalem-est et sur une partie de la Palestine. Cela en revient ni plus ni moins à admettre Israël comme état juif aux dépens des populations qui y vivent.

Benyamin Netanyahou se rendra lundi  à Bruxelles, siège de l'UE du capital. Il sera également reçu avec tous les honneurs. Oui, le capitalisme est toujours porteur de la guerre pour son profit, comme la nuée porte l'orage.

Faut-il en rire pour éviter la rage ?

 

Publié le 7 Décembre 2017

faut-il en rire pour éviter  la rage ?

D'un seul coup, plus d'interdiction de manif,  plus de nasse et déclaration en prefecture;, les Champs Elysée sont libre d'accès tout comme la place de la Concorde et la rue Royale après l'installation "d'un vaste périmètre sécurisé" .

 

Mélenchon doit être fou de rage, lui qui voulait prendre l'Elysée, ah que c'est jôhnny qui va y mettre le feu.

 

La circulation sera interdite dès vendredi à 23 h 30 sur la rue Royale, et dès 8 heures samedi sur les Champs-Elysées.

 

500 à 700 motos sans vignettes vertes.le président de la république gardien de la constitution et de la laïcité qui la pilote va aller es qualité prendre la parole durant un office religieux. 

 

Cerise sur le gateau c'est dans le bureau du préfet de police que les organisateurs donnent  le détail des opérations.

 

Le jour où Canaille le Rouge croisera Philippe Martinez il lui dira sa façon de penser : comment se fait-il que la CGT n'a jamais présenté ses manifs depuis le bureau du préfet ? Et pourquoi ce n'est pas l'état qui paie alors que les syndiqués et la CGT paient leurs impôts... eux .

 

Paris (la ville) ne reste pas en reste Bercy, tour Eiffel registre de condoléance et tuttiquanti.

 

La FFF qui refait le coup de de Laporte et le rugby avec la lettre de Guy Moquet remastérisé chanson de l'idole défuncté avant les matchs de ligue 1 et 2 . Ils vont leur faire chanter San Francisco ou Jesus Christ est un hippie ? 

 

Plus sérieusement,  c'est donc sur financements publics que Touthenmakron offre un Te Deum motorisé à un exilé fiscal.

 

Argent public qui manque cruellement pour les populations de St Martin ou St Barthélemy où l'idole idolâtrée va être inhumé.

 

Et après cela son ministre de l'education nationale va venir pérorer sur le besoin d'instruction civique et la culture des valeurs morales.

 

Bon vaut mieux entendre ça que d'être sourd.

 

Rédigé par Canaille le Rouge

Il faut comprendre comment les gens pensent, sentent, aiment et espèrent – François Ruffin

 

08 Décembre 2017
Je suis d’accord au moins partiellement avec lui et puis je me sens un peu solidaire de son amende, parce que quand on voit ceux qui l’accusent d’être un clown on se dit qu’ils ne se voient pas à commencer par Macron définissant ce qu’est un « héros national », le bon côté de la chose de cet excès national c’est que tout le monde se fout de l’élection des républicains, le mauvais côté c’est que quand on veut faire peuple on en rajoute jusque là. Alors salut Ruffin.
 
(note de Danielle Bleitrach)

Il faut comprendre comment les gens pensent, sentent, aiment et espèrent – François Ruffin
  
François Ruffin 1
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François Ruffin est député de la France insoumise depuis maintenant six mois. Nous avons souhaité nous entretenir avec lui sur son parcours, sur la façon dont il conçoit son action, et sur les défis stratégiques de la France insoumise.

 

LVSL : Nous souhaitons dans un premier temps revenir sur votre parcours personnel et votre politisation. Quel est le rôle du journalisme et de Fakir dans votre engagement ?

 

J’ai lancé Fakir en 1999. J’étais un révolté individuel, assez rétif à toute organisation collective. Mon objectif était alors de détruire le journal municipal, Le Journal des Amiénois. Bon, je constate dix-huit ans plus tard que ça reste un échec… (rires). J’étais familier des écrits de Serge Halimi, et j’étais mentalement très structuré par la critique des médias.

 

Mais dès le premier numéro, je me suis dit que cela ne suffisait pas de critiquer les médias. Je voulais aussi montrer ce qui n’était pas montré, faire entrer dans les pages de Fakir la majorité du monde social qu’on ne voit jamais dans les médias. J’ai donc fait du reportage, par exemple sur les apprentis dans la restauration et le déroulement de leur stage, ce qui était très peu fait. J’ai aussi fait un reportage au zoo d’Amiens, pour savoir quelles étaient les conditions de vie des animaux. Le journal municipal disait qu’ils vivaient en totale liberté. Je me rappelle d’une photo « Sandrine l’éléphante tend sa trompe aux enfants en signe de bienvenue ». J’avais été rencontrer le soigneur qui m’avait expliqué qu’en réalité l’éléphante était complètement folle, qu’ils avaient dû installer des poteaux hydrauliques, pour éviter qu’elle détruise les barrières et qu’elle fonce sur les enfants ! Ils étaient obligés de la soigner de loin avec des seringues hypodermiques. En fait, l’éléphante avait des tics nerveux à cause de son enfermement. J’avais là la preuve incontestable d’un mensonge indigne ! J’ai donc mis la preuve sous le nez du rédacteur du journal des Amiénois, qui m’a dit « bah oui, ça on le savait bien ». Et moi, avec ma candeur de jeune journaliste – je n’avais pas de carte de presse ni rien – je trouvais ça scandaleux qu’on déforme ainsi la vérité.

 

Je me suis donc lancé dans une croisade qui dure toujours (rires). Ça, c’est le premier épisode d’une bagarre assez individuelle. Ensuite j’ai construit une équipe, aussi parce que j’ai eu plusieurs procès [avec la ville d’Amiens et le Courrier Picard, ndlr]. La presse locale, c’est quelque chose de très violent. Au niveau national, les gens sont plus habitués à recevoir des critiques. Avec les Guignols de l’info ou le Canard Enchaîné, ils encaissent mieux. Ce n’est pas le cas à l’échelle locale. Il y a donc des rapports de force qui se jouaient, j’ai trouvé des alliances dans des syndicats de journalistes. Mon parcours politique est donc très lié à Fakir. J’ai structuré mes actions autour de mes articles. Quand tu es à Fakir, tu ne peux pas te faire d’illusions sur le fait que quand tu publies un article, cela change les choses. Parce qu’on a trop peu de lecteurs, parce que ce n’est pas dans le cercle des élites qu’on va lire le journal. On a donc monté des actions pour qu’il y ait des effets derrière. Notamment autour du procès sur Hector Loubota, un jeune homme mort dans un accident du travail à Amiens, autour des gérants de petits casinos.

 

« Je ne faisais pas du journalisme pour me faire plaisir mais pour changer la société. Il faut changer ce qu’il y a dans les têtes pour ensuite pouvoir changer le monde. »

 

On était en quelque sorte notre propre service après-vente : on fait l’info et on fait le nécessaire en termes d’action derrière pour que les choses changent. Je ne faisais pas du journalisme pour me faire plaisir mais pour changer la société. Il faut changer ce qu’il y a dans les têtes pour ensuite pouvoir changer le monde. Cela montrait aux gens qu’on était capables de changer quelques petites choses. Quand j’étais à Là-bas si j’y suis, j’avais moins le sentiment d’avoir besoin de ce service après information : j’avais 700 000 auditeurs, je me disais qu’il y avait des députés, des syndicats pour utiliser cette info comme outil de transformation. On est déjà sur le terrain de l’organisation collective : pendant les manifestations de fin 2010 contre Sarkozy, localement à Amiens nous avons été le point de convergence d’organisation d’une occupation de la zone industrielle. Il y avait les Goodyear, on a fait venir les cheminots au même endroit, et des tas de gens dans les manifestations qui voulaient faire plus. Nous étions faibles : nous n’avions pas la capacité de faire déborder la rivière, mais lorsqu’elle débordait, on pouvait la guider. C’est le rôle qu’on a joué en 2010 : je pédalais avec mon vélo pour aller d’une AG de cheminots à la zone industrielle, pour faire en sorte que Solidaires et la CGT s’entendent, etc. C’était mon rôle de petit facteur, on faisait signer aux gens des engagements pour qu’ils viennent à 4h du matin sur la zone industrielle. Cela n’avait aucune valeur, mais le mec qui signe prend quand même conscience.

 

J’étais donc toujours sur le terrain. En même temps, j’ai toujours voté. Dans les années 1990, après la chute du mur et le vide idéologique déjà patent au PS, le slogan « syndicat-caca, parti-pipi » était très récurrent. A cette époque, j’étais déjà plutôt libertaire d’instinct. Je crois que c’est aussi quelque chose que j’apporte au mouvement France Insoumise. C’est-à-dire que, sur la forme, dans ma manière de m’exprimer, je suis très libertaire, et sur le fond, je partage un socle avec les camarades.

 

Dans ma famille, personne n’est politisé. Je n’ai pas eu la chance d’avoir des parents communistes ou socialistes. La discussion politique n’est pas quelque chose qui vient naturellement. J’ai découvert le Monde diplomatique et Pierre Bourdieu en entrant à la fac. J’ai essayé de lire La Distinction, je ne comprenais rien. Donc j’ai lu son livre Questions de sociologie, et c’est devenu un socle pour moi. Je suis d’une famille qui ne connaissait pas de difficultés financières, mais il n’y avait pas un apport culturel, ni de structuration politique ou syndicale, même si on m’a initié à la lecture très tôt.

 

LVSL : On ne le sait pas forcément mais vous êtes titulaire d’une maîtrise de lettres modernes. Tant et si bien qu’on aimerait vous demander si vous avez encore cette fibre littéraire. En France, les personnalités politiques ont longtemps cultivé un amour de la littérature, avant d’être remplacées par des profils plus technocratiques. Comment est-ce que la littérature irrigue l’action politique ? Est-ce qu’on a encore le temps de lire lorsqu’on est député à l’Assemblée nationale ?

 

Quand on lit un roman, on se demande ce qu’on en retient. Certains font des notes de lecture ou essaient d’en extraire des citations, moi je ne le fais pas. Je pense que ce qui reste d’un roman, c’est l’empathie : la capacité à se mettre à la place des autres. Et je pense avoir cette capacité-là, qui peut consister à se mettre à la place des souffrants, et aussi à comprendre le point de vue de la partie adverse. Quand on lit un roman, on cherche même à comprendre les salauds ! Même s’ils ne sont pas de ton univers social. Si on est attiré par la lecture, c’est pour creuser, comprendre pourquoi le personnage agit tel qu’il agit.

 

LVSL : Une opération de décentrement…

 

Oui, je n’ai jamais appelé ça comme ça, mais pourquoi pas ! Se mettre à la place de quelqu’un et essayer de comprendre quelles sont ses réactions. C’est aussi le sens de mon travail d’enquête et de député. Je ne conçois pas de changer l’agriculture, par exemple, sans avoir compris les producteurs, les agriculteurs, quand bien même ils seraient à la FNSEA ! Si tu veux transformer le modèle agricole, il faut comprendre pourquoi il fonctionne comme ça, pourquoi les mecs, affectivement s’orientent dans ce sens. C’est un gros apport en politique. Combien de militants sont au contraire butés dans leurs propres croyances ? Pour moi, c’est une forme de sectarisme. Pour prendre le pouvoir en France, il faut l’épouser, la France. Il faut comprendre comment les gens pensent, sentent, aiment et espèrent. Si on ne le fait pas, on est mort. Je pense que la littérature est le lieu où, sans le savoir, on acquière cette faculté. Malheureusement je fais de la politique, mais j’aurais bien aimé être écrivain !

 

La littérature apporte aussi le sens de la narration en politique. Quand je structure une prise de parole, y compris à l’Assemblée, j’essaie de raconter ou d’amorcer une histoire. J’essaie de faire éclore quelque chose qui vienne du réel.

François Ruffin dans son bureau à l’Assemblée nationale ©Alexis Mangenot

LVSL : Y’a-t-il un livre qui vous a marqué tout particulièrement ?

 

Pas qu’un ! J’ai grandi avec François Cavanna, j’ai beaucoup aimé les Raisins de la colère, de Steinbeck. Les classiques, on croit souvent qu’ils sont classiques parce qu’ils sont plats. Pour moi, à l’inverse, un livre devient classique parce qu’il a heurté son époque. La langue y est souvent très vivante, et pourtant quand on le place dans la catégorie des classiques on a tendance à s’en éloigner. Ce qui fait devenir un classique aujourd’hui, ce sont des aventuriers, des gens hors normes qui bousculent le système social. Même le personnage de Manon Lescaut, de l’Abbé Prévost, c’est un livre qui heurte son époque.  Je suis un grand lecteur de Balzac, de Dostoïevski… Mais ça fait un peu idiot de citer comme cela des noms, on croirait que je suis Sarkozy et qu’il faut que je démontre absolument que j’ai lu des livres (rires). Je suis un peu obsessionnel, je lis par période : j’ai lu tout Dostoïevski en six ou huit mois. Il y a chez lui une langue particulière et une compassion permanente pour ces personnages qui passent du calme à la folie d’une page à l’autre. Au début de Fakir, quand j’étais seul, les romanciers m’ont tenu compagnie

 

LVSL : Avez-vous le temps de lire encore aujourd’hui ?

 

Oui, je m’oblige à lire. Je lis Vernon Subutex en ce moment. J’essaie d’alterner un essai, un roman, un essai, un roman.

 

LVSL : Comment vivez-vous la présence dans les institutions, cette double-casquette de député-reporter ? Comment maintenir ce lien avec le dehors, avec les luttes ?

 

C’est très compliqué, parce que le pouvoir enferme – même le petit pouvoir qu’on a. J’imagine très bien comment, lorsqu’on devient ministre, on n’a plus autour de soi qu’un univers de papier. C’est compliqué car, si tu n’es pas à l’Assemblée nationale – et il y a de quoi s’occuper tous les jours – ça ne va pas, mais si tu passes ton temps à l’Assemblée, tu te coupes des gens. Je sais que ce qui me rendrait moins bon, c’est d’avoir moins de temps pour les gens.

 

Pour moi, l’Assemblée nationale n’est pas une rupture mais la continuité avec ce que je faisais avant. Mon objectif avec Fakir était d’avoir une parole publique la plus large possible. L’Assemblée nationale est un porte-voix pour une parole publique. Intervenir à une tribune officielle donne à la parole une légitimité supérieure à celle du rédacteur du journal Fakir.

 

Parfois les gens me demandent « est-ce que ce n’est pas décourageant de crier dans le vide à l’Assemblée ? » et je leur réponds que mon désert aujourd’hui est bien plus peuplé qu’auparavant.

 

« Etre un épouvantail à multinationales, ça se prend. »

 

Dans cette nouvelle fonction, ma parole prend du poids, notamment quand je vais rencontrer des gens. La bonne sœur rouge qu’on voit dans Merci Patron, m’a expliqué que des gens à Amiens ont eu des problèmes avec SFR. Elle m’a dit : « j’ai contacté SFR et je leur ai dit que j’allais appeler François Ruffin », et le problème s’est réglé. Etre un épouvantail à multinationales, ça se prend. Dans beaucoup de petits cas concrets, on peut changer la donne localement par notre présence.

 

J’ai toujours voulu faire un journal populaire, et mon rôle de député peut renforcer mon lien avec les gens. Pas forcément dans ma disponibilité en termes de temps, mais dans ma capacité à être à leurs côtés dans leurs difficultés. C’est agréable sur le plan du sentiment d’utilité et de la place que je veux occuper. Ensuite, je ne pourrais pas intervenir à l’Assemblée de manière aussi tonitruante si derrière je n’éprouvais pas l’assentiment des gens. La légitimation, c’est le jour de l’élection, mais c’est aussi les autres jours ! Si je me balade sur une raiderie et que les gens viennent me dire que je ne raconte que des conneries, je n’oserais plus intervenir à l’Assemblée de la même manière. C’est pas comme si je vivais en dehors de la société, je représente des gens et il faut que je trouve le chemin pour qu’ils m’accompagnent.

 

Et donc si à l’inverse je reçois des messages positifs, ça m’encourage, parce que les forces contraires sont nombreuses. Ceux qui nous disent que ce qu’on raconte est débile sont nombreux, qu’il faut mieux s’exprimer, qu’il faut rentrer sa chemise dans son pantalon ! C’est tous les jours qu’on a le droit à des rappels au règlement, que De Rugy n’est pas content après toi et qu’il te met un blâme. Sans parler des médias… Heureusement, on peut sentir que des gens approuvent ce qu’on fait.

 

LVSL – Il va y avoir un livre sur votre immersion dans l’hôpital psychiatrique d’Amiens. Pouvez-vous nous en dire plus ?

 

Pendant la campagne, il y a eu une grève à l’hôpital psychiatrique Philippe Pinel à Amiens, qui est situé en dehors de ma circonscription. J’y suis allé, j’ai rencontré les salariés et les syndicalistes, et je leur ai promis de revenir les voir une fois député. J’y suis donc retourné en octobre, pour 24h. La députation m’a permis d’ouvrir la porte de l’hôpital psychiatrique, j’ai même pu rencontrer le directeur, ce qui aurait été impossible si j’étais resté le rédacteur du petit journal Fakir ! On m’aurait proposé un créneau entre 7h30 et 8h du matin… Quand j’y suis allé en tant que député, non seulement le directeur était là, mais il avait convoqué tout son staff, ça dure 3 heures, c’est une espèce de match de boxe où tu arraches des informations. Et ensuite, tu peux aller rencontrer l’Agence régionale de santé, qui prend deux heures pour discuter avec toi.  C’est beaucoup plus compliqué en tant que journaliste. Donc être député offre des capacités de reportage.

 

Ensuite, je peux interpeller la Ministre de la Santé dans l’hémicycle sur la condition dans les hôpitaux psychiatriques. Agnès Buzyn me répond que c’est du flan, elle essaie de rassurer les députés : « le monde des hôpitaux psychiatriques n’est pas du tout comme le décrit François Ruffin ». Et si je n’avais pas été sur le terrain, si je n’avais pas cette réassurance, je ne pourrais pas reprendre la parole pour dire « Madame la ministre, c’est vous qui racontez des conneries ». Parce que moi j’ai rencontré les patients, les familles, les psychiatres, les infirmiers, et ils sont tous dans la mouise aujourd’hui. C’est donc la Ministre, enfermée dans son monde de papier, qui est sourde à cette douleur-là. Je ne pourrais pas lui rentrer dans le lard si je m’étais contenté de lire vaguement un rapport sur la question.

 

On a tiré la sonnette d’alarme, on espère que ça pourra faire bouger les lignes. J’apporte une proposition de loi sur le financement de la psychiatrie, je ne me fais pas d’illusion, elle ne passera pas. Mais ce n’est pas le problème, c’est un mode de publicisation : on rend tout cela public, et on peut espérer qu’il y aura une alerte suffisante au Ministère pour que ça change. Cela n’aurait pas été possible avec Fakir.

 

« Fakir me force à me poser, à réfléchir, parce que l’Assemblée est une machine décérébrante. »

 

LVSL – Où va Fakir maintenant que vous êtes député ? Quel doit être son rôle ?

 

Fakir me force à me poser, à réfléchir, parce que l’Assemblée est une machine décérébrante. On passe d’un sujet à l’autre toutes les 5 minutes. Hier, j’ai traité Alstom, Réseau transports électricité, la mission économie des collectivités locales. Tous les jours, je suis sur six ou sept sujets différents. C’est pas comme ça qu’on pense et qu’on réfléchit, c’est extrêmement superficiel. Heureusement que j’ai été élu à 42 ans et que j’ai dix-huit ans de Fakir derrière moi. Mon premier réflexe quand je dois traiter un sujet à l’Assemblée, c’est de regarder ce que j’ai publié dessus dans Fakir. C’est mon lieu d’existence intellectuelle. C’est un socle, j’ai toujours fait autre chose à côté de Fakir, mais je sais que si tout le reste disparaissait, il resterait Fakir.

 

Maintenant, la question qui se pose c’est : est-ce que les gens vont le lire alors qu’ils peuvent regarder mes vidéos sur Facebook ? C’est compliqué, mais je pense qu’il existe un lien affectif avec nos lecteurs, un sentiment d’appartenance collective. En fin de compte, quand j’écris, c’est comme si je donnais toujours à voir la cuisine, j’explique comment se fait l’enquête, etc. Expliquer cela, c’est aider les gens à grandir avec moi. Montrer les coulisses de mon travail, m’exprimer à la première personne, je pense que cela donne la sensation aux gens de m’accompagner.

 

Notre gauche part de très bas. Fakir est un outil pour avancer et faire avancer les gens avec nous. On a 15 000 abonnés, 30 000 lecteurs, sur 60 millions de Français ce n’est pas beaucoup, mais dans l’univers militant, c’est déjà pas mal. On a une petite influence. Je pense que j’ai contribué à faire entrer la question du protectionnisme, par exemple, au Parti de Gauche. Replacer la confrontation capital/travail au cœur du discours politique, on y a aussi participé. On a été parmi les veilleuses qui ont entretenu cela, la question de la guerre de classes, quand même le Parti Communiste n’en parlait plus. Comme disait Boris Vian, ce qui compte ce n’est pas la puissance de la bombe, c’est l’endroit où tu la poses. On n’est pas un mouvement de masse qui pénètre dans les foyers français, mais on a su parler de certains sujets au bon endroit.

 

« C’est très important de montrer la victoire est possible, que notre gauche n’est pas toujours condamnée à perdre. »

 

LVSL – Votre victoire aux législatives n’aurait pas été possible sans votre capacité à rallier de larges secteurs de la population de la circonscription : des classes moyennes déclassées, des chômeurs, des ouvriers. Quand on regarde le détail, on voit clairement que vous avez empêché le FN de monter. Comment poursuivre cette reconquête, notamment dans cette France périphérique et déclassée ?

 

Tout d’abord, c’est très important de montrer la victoire est possible, que notre gauche n’est pas toujours condamnée à perdre. La base historique qu’on doit construire, c’est l’alliance des deux cœurs de la gauche : les classes populaires et la classe intermédiaire, les profs et les prolos, comme dirait Emmanuel Todd. Mais on doit aussi résoudre la fracture entre les classes populaires blanches des zones périurbaines et les fils d’immigrés des banlieues. Ce n’est pas quelque chose qui va de soi. Dans ma circonscription, il n’est pas évident de faire prendre conscience aux habitants de Flixecourt et des quartiers Nord qu’ils partagent des intérêts communs.

 

François Ruffin dans son bureau à l’Assemblée nationale ©Alexis Mangenot

Pour réaliser la jonction, il ne faut pas les emmener sur le terrain culturel, ou cultuel. Le divorce apparait aussitôt. Il faut déplacer le débat là où leurs intérêts sont convergents, c’est-à-dire sur l’économique et le social.

 

Foncièrement, je pense que les gens sont moins racistes aujourd’hui que dans les années 1970. On me raconte comment à l’époque, à Amiens, tout le monde se traitait de bougnoules, de bicots, c’était la guerre d’Algérie qui trainait encore. Mais le débat n’était politiquement pas placé sur ce terrain. Il était situé sur le terrain de la lutte des classes, des petits contre les grands, des pauvres contre les riches, des ouvriers contre les patrons. Ça créait une convergence. Aujourd’hui, on a un parti, le Front National, qui s’est spécialisé dans cette question de la fracture culturelle, qui a donné une traduction politique et électorale à quelque chose qui existe dans la société, mais dans une moindre mesure qu’auparavant. Le thème central du FN, c’était l’immigration, l’insécurité, les noirs et les arabes. C’était concomitant à l’effacement du clivage capital/travail.

 

LVSL – Vous parliez de réunir les deux cœurs historiques de la gauche. Qu’est-ce qu’implique cette rencontre entre la petite-bourgeoisie intellectuelle et les classes populaires ? Comment doit-elle s’opérer ?

 

Je ne pense pas que ce sera une union formidable. Mais des processus historiques comme la Révolution française sont tout de même marqués par la conjonction de ces deux classes. L’une qui est très puissante et très consciente de sa force, c’est la bourgeoisie qui se veut l’expression des classes populaires à l’Assemblée, bien qu’il s’agisse en réalité des des avocats et des propriétaires. Et l’autre, le peuple, qui se mobilise dehors, dans les campagnes et dans les villes.

 

Toute la beauté de la Révolution, et ce qui en fait le moteur, c’est l’histoire de la jonction entre ces deux classes contre l’aristocratie. Dans son film La prise du pouvoir par Louis XIV, Roberto Rossellini explique la peur du retour de la fronde, à savoir la crainte de la jonction entre l’aristocratie et la bourgeoisie contre le roi. Louis XIV a tout fait pour éviter cela, c’est la raison pour laquelle il a créé Versailles : les aristocrates, au lieu d’être hébergés par les bourgeois parisiens, se retrouvent près du roi et dépendants de lui. Par ce biais-là, le roi a attaché l’aristocratie au royaume, il a cassé le lien possible avec la bourgeoisie. C’est pour cela qu’à la différence de la révolution anglaise, où la bourgeoisie et l’aristocratie s’étaient unies contre le roi, l’aristocratie française est restée proche du roi tandis que la bourgeoisie a du trouver un autre allié : le peuple. C’est ce qui fait l’originalité de la Révolution française, un processus extraordinaire qui dure pendant six ans.

 

« Sur le plan économique et social, il existe un intérêt commun à se bagarrer contre la nouvelle aristocratie qu’est l’oligarchie.

 

Comme le dirait Chantal Mouffe, ce qui fait le « nous », c’est le « eux » : il faut définir l’adversaire. »

 

Avec le Front populaire, on assiste aussi à une alliance de classes : les intellectuels antifascistes, les ouvriers pour les 40h et les congés payés. En mai 68, on a vu la jonction s’opérer entre étudiants et ouvriers, même si on ne peut pas parler d’une communion. En 1981, on a eu une conjonction entre les deux groupes sociaux dans les urnes, mais pas dans la rue. Maintenant, il faut la rue et les urnes ! On n’obtiendra rien uniquement par les élections. Je ne pense pas forcément à une rencontre physique, mais il peut y avoir une rencontre autour d’hommes auxquels on se reconnaîtra, et autour d’un programme. Sur le plan économique et social, il existe un intérêt commun à se bagarrer contre la nouvelle aristocratie qu’est l’oligarchie. Comme le dirait Chantal Mouffe, ce qui fait le « nous », c’est le « eux » : il faut définir l’adversaire, cette nouvelle aristocratie. Il faut réussir à conjuguer tout cela et montrer que les multinationales, l’oligarchie politique et aristocratique qui dirige opprime les gens.

 

LVSL – Récemment, dans un débat avec Olivier Besancenot, vous avez défendu le protectionnisme pour protéger les salariés, et ramener le patron dans l’espace national. Comment faire en sorte que le protectionnisme soit un outil de progrès et non un simple repli sur soi ?

 

Le protectionnisme est une condition nécessaire mais non suffisante. Ce n’est pas parce qu’on fait du protectionnisme qu’il y a forcément derrière du progrès social. Le protectionnisme est un moyen et non une fin. Mais sans ce moyen, on est interdit de politique, car on vit sous la menace d’un chantage permanent : le départ des capitaux. Jusqu’aux années 1970, les salariés prenaient confiance en eux-mêmes, devenaient forts et gagnaient du terrain. C’est un peu comme si une équipe de football qui perdait tout le temps commençait à engranger des victoires, et à ce moment-là l’équipe d’en face décide de s’en aller pour jouer contre d’autres adversaires. C’est ce qui s’est passé.

 

« J’en ai marre d’être l’« anti-Macron » »

 

Il faut formuler le protectionnisme en relation avec les finalités que l’on poursuit : l’écologie, la justice sociale, le progrès fiscal. Car si le moyen est commun avec le Front national, la politique poursuivie derrière en est aux antipodes !

 

LVSL – D’une certaine façon, vous incarnez l’indignation et la colère face aux élites et à la mondialisation néolibérale. En d’autres termes, vous incarner le dégagisme, le moment destituant. Comment conjuguer cela avec un projet alternatif et une rhétorique instituante afin d’aller plus loin ?

 

Dans mes dernières années à Fakir, c’est une question je me posais de façon récurrente sur chaque dossier : « qu’est-ce que nous on ferait ? ». Quand on élabore des propositions de loi, qu’on fait en sorte qu’elles soient crédibles et audibles par les gens, on est dans l’instituant. Par exemple, le 1er février, le groupe France Insoumise aura sa première niche parlementaire – journée consacrée aux textes présentés par un groupe d’opposition. J’ai tout de suite pensé qu’il était essentiel de bien structurer ce qu’on allait proposer à ce moment-là, pour être crédible et cesser d’être vus exclusivement comme les « anti ». J’en ai marre d’être l’ « anti-Macron », je ne veux pas qu’on me sorte du tiroir seulement quand il faut réagir à une déclaration d’Emmanuel Macron.

 

Il faut porter la colère des gens et susciter l’espoir. Colère et espoir, c’était le nom d’un mouvement communiste dans les années 2000 d’ailleurs, mais les deux termes sont justes. Piotr Kropotkine disait quelque chose comme « si la colère fait les émeutes, seul l’espoir fait les révolutions ». Il faut viser l’élévation du niveau de conscience collective. On part de très bas, les prochaines générations partiront de plus haut, auront quelques barreaux d’avance en matière d’idéologie. Aujourd’hui, on perd dans les grandes largeurs à chaque vote au Parlement. La guerre des classes a bien lieu mais elle se fait en notre défaveur : on voudrait un code du travail qui protège davantage les salariés et c’est tout l’inverse qui se profile. Tous les jours on perd, mais au moins nos questions sont posées dans le débat public, c’est déjà une avancée. Je repense à un propos de Victor Serge, qui parlait de Trotski : de génération en génération, la conscience collective des Russes n’a cessé de s’élever et si Trotski était au-dessus du lot, c’est qu’il était déjà porté par cette montée générale du niveau.

 

Aujourd’hui, on doit participer à la montée du niveau des eaux. J’essaie d’y prendre part. Est-on apte à prendre le pouvoir et à en faire quelque chose aujourd’hui ? Moi je pense qu’il faut se préparer. A l’Assemblée, techniquement on est moins bons que nos adversaires car ils sont habitués à jongler avec les signes. Les 17 députés, on se forme, on s’élève un peu, on comprend comment se fait un budget. On n’a pas l’élite à même d’occuper les ministères. C’est une inquiétude, si jamais demain on devait avoir le pouvoir, on a un défi colossal. Emmanuel Macron, lui, a une élite à son service et mène une politique voulue par les dominants, donc il ne rencontre pas d’obstacles majeurs. Nous, si nous arrivons au pouvoir, nous devrions avoir une élite formée et dans un moment de lutte intense où on devrait se bagarrer contre le Sénat, contre le Conseil constitutionnel, contre les médias, contre Bruxelles. Nous n’aurions pas une masse de gens suffisamment consciente des outils à leur disposition, et donc il va falloir aller les trouver.

 

« On ne peut pas dire journalopes et merdias en permanence, comme une espèce de réflexe. »

 

Là, on a des années devant nous pour faire monter ce niveau d’exigence. Cela commence par moi-même. Je pense être un bon contre-pouvoir, mais jusqu’ici le moment instituant ce n’est pas franchement mon truc. Maintenant, je me mets à faire des propositions de loi, j’ai des collaborateurs qui lisent le code de la santé, qui rencontrent les admnistrateurs, etc. De mon côté, je rencontre les médecins, les patients, les familles de patients, ou l’ARS pour déterminer ce qu’il faudrait faire. C’est pourquoi la niche du 1er février est importante : même si nos propositions ne passeront pas, on peut démontrer qu’on est capable d’en porter. On espère aussi que cela formera des gens autour de nous. J’ai fait sur ma page Facebook une défense de Nicolas Demorrand : on ne pourra pas gagner avec des gens qui sont juste haineux et atrabilaires. Je comprends qu’à force de perdre en permanence, lorsqu’on est démuni de toute arme et qu’on a la tête sous l’eau, on peut avoir de la rancœur. Mais on doit être plus digne. On ne peut pas dire journalopes et merdias en permanence, comme une espèce de réflexe. Quand je vais voir quelqu’un de la FNSEA je prends plein de critiques, mais j’essaie d’expliquer aux gens qu’on ne transformera pas, encore une fois, l’agriculture française sans discuter avec la FNSEA.

 

François Ruffin dans son bureau à l’Assemblée nationale ©Alexis Mangenot

On peut prendre l’exemple de la crise du poulet Doux, ces dernières années. Là où on voit notre médiocrité, c’est qu’on a été incapables de dire « voilà ce qu’il faut faire ». Et quand on appelle tous les nôtres, en Bretagne, personne n’est capable de te mettre en liaison avec un aviculteur. On ne peut pas changer l’aviculture sans avoir discuté avec les aviculteurs. Ce qui m’inquiète, c’est qu’on considère parfois détenir une vérité condensée dans un programme, qu’il suffirait de dérouler l’ensemble. Non, il faut aller voir les producteurs, comprendre l’agriculture sur le terrain. On doit apporter ce volet enquête, car on n’a pas la science infuse, il faut s’informer sur les conditions de vie des gens, déterminer l’élément à partir duquel ils vont penser qu’on peut changer les choses. C’est aussi ce que je retiens de Chantal Mouffe : faire de l’enquête, partir des gens, casser le sectarisme. A l’Assemblée nationale, je prends plaisir à faire des choses avec des gens du Modem sur l’agriculture, ou avec un député LR-constructif sur le football.

 

« Croire qu’il ne faut pas bâtir une alliance, c’est estimer qu’on est le plus faible et qu’on croit qu’on ne pourra pas tirer avantage de cette alliance. […] Dire qu’il ne doit pas y avoir des alliances avec les socialistes et les communistes… moi je ne veux pas l’exclure pour l’avenir. »

 

Avec ces initiatives, c’est aux militants que je m’adresse, en leur disant que si on veut gagner et construire demain, il va falloir faire des alliances. Sur l’hôpital psychiatrique, j’ai repris le post de Barbara Pompili sur ma page Facebook pour dire qu’elle raconte la même chose que moi et qu’on allait pouvoir faire des actions communes. En commentaires les gens réagissaient en la traitant d’opportuniste, de vendue ou de pourrie. Opportuniste on ne peut pas le nier, compte tenu de son parcours politique. Mais ce n’est pas grave, on cherche les alliances qu’on peut, pour avancer. Croire qu’il ne faut pas bâtir une alliance, c’est estimer qu’on est le plus faible et qu’on croit qu’on ne pourra pas tirer avantage de cette alliance. Ce sont des questions qui doivent se poser : le Front populaire, c’était une alliance électorale. Les discours du type « la France Insoumise va incarner la gauche et prendre le pouvoir toute seul », je n’y crois pas. La question doit se poser dans une situation historique donnée. On ne peut pas tirer de conclusion pour l’éternité. Le Front populaire se déclenche car à l’intérieur de la coalition les radicaux de gauche sont déclinants, la SFIO devient le premier parti et le PCF monte. Ce n’est pas la même alliance que si les radicaux de gauche avaient été au gouvernement. Dire qu’il ne doit pas y avoir des alliances avec les socialistes et les communistes… moi je ne veux pas l’exclure pour l’avenir.

 

LVSL – En parlant de rhétorique instituante, de production d’un ordre alternatif et de nouvelles institutions, Nuit Debout, auquel vous avez abondamment participé, était marqué par sa volonté d’horizontalité pure. Un an et demi plus tard, quelle analyse faites-vous de l’échec du mouvement ? Les mouvements des places ont-ils un avenir ?

 

Je n’ai pas abondamment participé, j’ai été là au lancement de Nuit Debout surtout, mais le mouvement a vécu. Compte tenu de la sociologie parisienne, il devait sûrement être ce qu’il a été. Je ne crois pas à l’horizontalité, je préfère une verticalité qui s’assume et qui ne cherche pas à se cacher derrière l’horizontalité. J’ai un côté très pragmatique qui fait que je ne théorise pas les choses avant de les avoir faites. Le dogme de l’horizontalité avec des dizaines et des dizaines de commissions et de sous-commissions, ce n’est pas mon truc. J’étais allé à Flixecourt pour demander aux gens ce qu’ils pensaient de Nuit Debout, et ils ne savaient pas ce que c’était. On avait ensuite montré la vidéo sur la place de la République, et ça avait été mal pris, parce que les gens de Nuit Debout se voyaient un peu comme le centre du monde. Flixecourt n’était pas au diapason.

 

LVSL – Il y a une autre question qui est épineuse : l’Europe. Comment se dessine la question européenne à l’avenir ? Est-ce que le Plan A/Plan B  de l’Avenir en commun est une manière de réconcilier les deux classes dont nous parlions tout à l’heure ?

 

La manière dont la stratégie Plan A/Plan B est formulée me semble tout à fait pertinente. En 2005, le non a fait 55%. Si on refaisait le référendum aujourd’hui, on pourrait être à 65%. Je pense que des pans entiers des classes moyennes peuvent basculer sur cette question européenne. Non pas si on adopte une présentation frontale du type « Il faut sortir de l’Union européenne », je n’y crois pas. En revanche, sur l’idée d’un rapport de force construit avec l’Union européenne, la sortie de certains traités, la remise en cause de la libre circulation des capitaux et des marchandises, on peut avoir la masse critique avec nous. Ce n’est pas le cas si on dit « sortie de l’Union européenne », car c’est le saut dans l’inconnu. La métaphore de Chevènement n’est pas bête : « je ne voulais pas monter dans l’avion, mais maintenant qu’il a décollé, je ne vais pas vous demander de sauter sans parachute ». On a intérêt à construire le parachute.

 

Ceci dit, je ne pense pas que ce soit le seul point de tension entre classes moyennes et classes populaires. Les classes populaires se remettent à exister dans l’espace politique, elles n’en sont plus les grandes oubliées. Des symboles interdits des classes populaires – le camping, la pétanque, le football – sont remis en valeur : on joue à la pétanque le long du canal Saint Martin, tout le monde peut aller au camping. Bref, je suis assez optimiste sur la « réconciliation » des classes populaires et d’une partie des classes moyennes. C’est la fin du Grand bond en arrière de Serge Halimi. La mondialisation fonctionne un peu comme le combat des Horaces et des Curiaces décrit par Tite-Live : si elle avait attaqué en même temps les ouvriers, les fonctionnaires, les jeunes, cela aurait créé un front de résistance à cette mondialisation. Mais elle a pu s’imposer car elle a attaqué les ouvriers dans un premier temps, les jeunes dans un second temps, les fonctionnaires ensuite… ce sont des vagues d’attaques successives. On a des vaincus de la mondialisation qui s’accumulent. La solidarité n’est pas immédiate entre toutes ces classes, il faut en montrer le chemin, trouver ce qu’il y a de commun.

 

Sur le plan social il y a toujours des hauts et des bas, même si la mondialisation nous plonge dans un long cycle déclinant. Sur le terrain écologique, en revanche, on n’est pas sur un processus cyclique : ce qui est détruit ne pourra pas être reconstruit. On est dans un processus de destruction, et c’est une inquiétude majeure. Dans notre réflexion sur la jonction des classes populaires et des classes intermédiaires, il faut à mon avis intégrer la question écologique. Il suffit de lire Quand les riches détruisent la planète de Hervé Kempf. J’ai rencontré Jean-Luc Mélenchon pour la première fois juste avant la fondation du Parti de Gauche. Il m’a demandé ce qu’il devait lire : je lui ai conseillé l’Illusion économique et d’Emmanuel Todd, et ce livre de Kempf.

 

C’est la raison pour laquelle je suis en adéquation avec la France Insoumise, car le gros du programme additionne ces deux ouvrages : le protectionnisme de Todd, le souci environnemental lié à la question sociale chez Kempf. Le slogan de Hervé Kempf, c’est consommer moins pour répartir mieux. C’est une façon d’allier le vert et le rouge. Il repart de la théorie de Thorstein Veblen sur la rivalité ostentatoire : les riches détruisent la planète parce qu’ils surconsomment mais aussi parce qu’ils tirent toute l’échelle de la consommation vers le haut. Il y a un phénomène d’attraction : tu as le yacht de Bernard Arnault, tel patron qui a un yacht de 20 mètres de long, puis tel médecin qui va avoir son voilier à La Baule, et le retraité qui va vouloir faire sa croisière Costa, et en dessous un prolo de Picardie qui va s’acheter un scooter des mers pour le conduire sur la Somme. Ce que nous dit Kempf, c’est qu’il faut aplatir la pyramide : il faut commencer par le haut, pour éviter d’être tirés toujours vers plus de consommation. C’est d’abord l’oligarchie qu’on doit limiter.

 

« Maintenant, moi, je préfère toujours quand on associe le drapeau rouge et le drapeau tricolore, quand on chante la Marseillaise et l’Internationale. »

 

LVSL – Quel est le rôle du patriotisme dans cette convergence ? On pense au retour des drapeaux tricolores lors de la campagne de Jean-Luc Mélenchon…

 

Il y a une phrase que j’aime bien, de Lao-Tseu : connaître sa honte et soutenir sa gloire. Intimement, il y a des souvenirs dont on a honte. Si on les rumine, on sombre dans la dépression, et on ne fait rien de bon à partir de cela. Soutenir sa gloire, c’est s’appuyer sur les pages qu’on estime les plus valorisantes de soi, et tout faire pour être à la hauteur de ces pages. Et je pense que ce qui est vrai sur le plan individuel l’est aussi sur le plan collectif. Si on ressasse toujours les pages noires de notre histoire, qu’il ne faut évidemment pas nier, on ne peut pas s’en sortir. Il s’agit de bousculer l’ordre du monde. Si on n’est pas fier de ce que l’on est, comment va-t-on y parvenir ? Maintenant, moi, je préfère toujours quand on associe le drapeau rouge et le drapeau tricolore, quand on chante la Marseillaise et l’Internationale.

 

Entretien réalisé par Lenny Benbara

Militantisme post-mortem ou récupération indécente par le monde de l'argent et de la réaction?

 

Publié le 7 Décembre 2017
                           ALLUMER  LE  FEU
ALLUMER LE FEU
 
Tous les projos sont braqués sur J-Ph Smet et accessoirement sur de J. d'Ormesson, le jour de la mise à mort officielle du code du travail.Même si ses deux chantres tenus à bout de bras sur toutes les avant scènes médiatiques n'ont pas forcément choisi le moment, la droite et le capital savent mobiliser et user de tous les ressorts pour derrière ce brouillard commettre  leurs mauvais coups.
 
Les déclarations assumées et réitérées tant de l'écrivain (talentueux mais à l'esprit très orienté*) que le chanteur justifient quand même de rappeler que l'un fut le directeur du quotidien symbole de la réaction et de la grande bourgeoisie française et l'autre, Koblencien fiscal, usait activement des bienfaits d'un système social, médical et d'assistance à la production artistique qu'il refusait de financer alors qu'il s'est engraissé des aides de la SACEM et des recettes provenant de ceux qui sont le plus pressurés pour l'abonder.Concernant le plus helvéto-californien hébergé des paradis fiscaux, parler de deuil national voire même de Panthéon alors que ces honneurs sont systématiquement interdits à quiconque, pourtant grandement digne de les recevoir, a combattu la réaction, la grande bourgeoisie, leur ont arraché les moyens de pour mettre en place ce système social, médical et d'assistance à la production artistique, oui parler de deuil national est pour le moins indécent.
 
L’événement étant maintenant le moment où il se tait, "on" nous annonce que pour faire durer le tunnel médiatique permettant la mise en place des ukases liberticides, Touthenmakron, oracle, va parler.Va-t-il, chanoine de Latran sous contrôle des Gardes Suisses pontificaux,  demander la béatification de l'exilé fiscal ? Rien ne laisse présumer des ses élucubrations ...sauf la précisions permanente de ses attaques antisociale et sa volonté d'araser le socle du pacte républicain de le miner pour livrer au capital une France dévasté comme espace de concurrence libre et plus "faussable". (Ce qui renvoi encore une fois à la responsabilité de qui l'a fait roi). 
 
* Roger rappelle opportunément ce trait d'esprit du châtelain dont la ville porte son nom que pour lui appeler jour où il y a grève "journée d'action" est la preuve que les syndicalistes ont l'habitude de ne rien faire. Cela ne fera sourire que ceux qui embusqués profiteur restent  à attendre que les luttes leur permettent de rester au chaud chez eux ou au boulots pour bénéficier d'une haute valeur morale décerné par leur taulier.
 
Rédigé par Canaille le Rouge

La loi et le désordre

Publié le 7 Décembre 2017

La loi et le désordre

 

Donc, un fou parano provocateur peut appeler à violer le droit international en toute quiétude autre que de voir se manifester une désapprobation voir une condamnation qui en l'état reste virtuelle, mais appeler à ne pas participer au pillage d'une colonisation imposée à un peuple au mépris du même droit international est en France passible des tribunaux et conduit la représente de l'U.E., celle des "100 ans de paix" à inciter les victimes de la double agression à la modération.

 

Je sais en faisant mes courses vers qui mon faible pouvoir d'achat n'ira pas.

La loi et le désordre

Rédigé par Canaille le Rouge

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Bien triste nouvelle

Hier matin, à la boulangerie, tout le monde avait l'air triste et on m'interpella, sans doute parce que je faisais bonne figure à part de tous. "vous ne connaissez pas la triste nouvelle, vous seriez bien le seul en France", m'asséna mon voisin et moi, penaud, j'acquiesçais, baissant la tête et opinant du bonnet pour entrer dans le rang.

Chez moi, le petit jour levé, j'allumais la radio. Elle déversait à plein jet de la musique classique. Je changeais de station plusieurs fois: même constat. Et dans la téloche, même TF1, qui d'ordinaire inonde votre cerveau de pubs, diffusait la Marche funèbre de Chopin. Je commençais à broyer sérieusement du noir quand l'on frappa à ma porte. "Pas déjà les témoins de Jéhovah", je grondais. Non, c'était un pli spécial venu du palais de l'Elysée.

L'ex-banquier d'affaires, que la droite et la droite, plus la gôche et aussi ceux qui prennent encore des vessies pour des lanternes, placèrent sur son trône, avait réquisitionné tous les emplois aidés pour apporter une bien triste nouvelle à son bon peuple.

Le faire-part de décès était ainsi cosigné:

Sa majesté Jupiter deuxième du nom

Son grand Chambellan Muriel Pénicaud, chargé des affaires du patronat

Pierre Gattaz, conseiller spécial du palais de l'Elysée

contraints et forcés par la conjoncture

annoncent à tous les sujets de France et aussi de Corse

le décès du Code du travail.

La levée du corps se fera au siège de la CFDT où un hommage national sera rendu.

Ni fleur ni couronne et surtout pas de drapeau rouge.

"Merde, noir c'est noir, c'est vraiment pas de bol", je m'écriais. "Pile poil le jour de la mort de Djonny du Tennessee qu'il avait en lui. Ce n'est pas dieu possible!"

Bien triste nouvelle

6 décembre 2017

Nouvelle attaque contre la loi de séparation de 1905 !

 

La « Société de confiance » de Darmanin-Macron: une nouvelle attaque contre la loi de séparation de 1905 !

 

Par  le  LaïcitéPositions
 

Méfiez-vous de la « société de confiance » que nous prépare le pouvoir macronien ! Le projet de loi ainsi nommé, étudié en procédure accélérée par l’Assemblée Nationale, recèle des dispositions contraires à la laïcité, qu’on essaye de faire passer subrepticement. Elles se trouvent à l’article 38 (voir encadré ci-après) : l’UFAL en fait une première analyse.

 

 

Une remise en cause directe de la loi de 1905

 

Le I de cet article 38 modifie explicitement l’art. 19 de la loi de 1905… et son équilibre même ! Les associations « cultuelles », issues de l’art. 4 de la loi, ont pour objet exclusif d’assurer le libre exercice des cultes. Leur régime financier est fixé par l’art. 19, qui leur interdit par exemple de reverser le surplus de leurs recettes (quêtes, dons, legs) à des associations qui ne seraient pas « constituées pour le même objet » (médias, éditions…).

 

En contrepartie, les associations cultuelles bénéficient de la gratuité totale des dons et legs : pas de TVA sur les quêtes !

 

De même, l’art. 795-10° du code général des impôts exonère de droits de mutation à titre gratuit la cession d’un immeuble à une association cultuelle, donc à la stricte condition qu’il soit destiné à l’accomplissement de l’objet de celle-ci (le culte), précise l’art. 19 alinéa 8 de la loi de 1905, Le don d’une chapelle privée est concerné, si elle doit servir à la célébration du culte -non celui de boxes…

 

Eh bien, c’est cette limitation à l’objet cultuel que la loi pour une « société de confiance » entend faire sauter, permettant (par modification de l’art. 19 de la loi de 1905) aux associations cultuelles de « posséder et administrer tout immeuble acquis à titre gratuit » -donc y compris un patrimoine immobilier lucratif sans aucun lien avec le culte. Évidemment avec exonération des droits de mutation !

 

Autrement dit, il s’agit d’une subvention fiscale nouvelle accordée aux Eglises, en violation directe de l’art. 2 de la loi de 1905 (« La République (…) ne subventionne aucun culte »).

 

C’est ce que l’exposé des motifs appelle sans honte : « des mesures de clarification et de modernisation du statut des cultes, en renforçant leurs ressources » : quel aveu ! Les associations cultuelles ne pouvant, « sauf exceptions, recevoir des financements publics », il déplore qu’elles « rencontrent, pour un nombre important d’entre elles, des difficultés financières résultant du déséquilibre existant entre les charges liées aux frais de culte, stables, et leurs ressources, en diminution. » (souligné par UFAL).

 

Autrement dit : c’est aux fonds publics de compenser l’insuffisance des ressources que leurs versent leurs adeptes ! Rappelons tout de même que toutes les églises construites avant 1905 sont entretenues aux frais des communes (ou de l’Etat pour les cathédrales).

 

Les cléricaux ne remercieront jamais assez le Conseil constitutionnel, dans sa décision du 21 févier 2013 constitutionnalisant en partie la loi de 1905, d’avoir soigneusement omis l’interdiction de subventionnement public

 

Les Églises dispensées de respecter la loi sur la transparence de la vie publique !

 

Le II du projet de loi « société de confiance » va dans le même sens, mais en s’attaquant à la loi du 11 octobre 2013 « relative à la transparence de la vie publique ».

 

Ce texte oblige notamment (art. 18‑2) les « représentants d’intérêts » privés à déclarer tous leurs rapports avec les « décideurs » publics : la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique en tient un registre public.

 

Or la définition des « représentants d’intérêts » est extrêmement large(1) : le législateur, dans sa grande sagesse, a donc prévu d’exempter certains organismes de ces contraintes. Parmi ceux dont la loi déclare qu’ils « ne sont pas des représentants d’intérêts », on trouve au d) du même article 18-2 : « Les associations à objet cultuel, dans leurs relations avec le ministre et les services ministériels chargés des cultes. »(2) Exemption justifiée, puisque l’exercice des cultes que ces associations ont pour objet d’assurer entraîne forcément des relations avec les autorités qui garantissent la liberté dudit exercice.

 

Mais Darmanin et Macron, se servant de la loi sur la « société de confiance », entendent exempter les associations à objet cultuel de toute déclaration d’intérêts, quel que soit le décideur public avec lequel elles sont en rapport. Y compris donc quand il s’agit des rencontres entre le Gouvernement et l’Eglise catholique, instaurées par Lionel Jospin…

 

Comment ? Très simple : en supprimant la limitation prévue par la loi sur la transparence (« dans leurs relations avec le ministre et les services ministériels chargés des cultes »), ce que fait l’art. 38, II du projet de loi « société de confiance ». L’exposé des motifs nous explique benoîtement que les relations entre les cultes et les pouvoirs publics « ne se limitent pas aux seuls services du ministre de l’Intérieur en charge des relations avec les cultes. »

 

On a bien compris : TOUTES les relations des cultes avec les pouvoirs publics peuvent rester secrètes, et se dérouler dans l’ombre, alors que la moindre association est soumise à l’obligation de « transparence » ! Le lobbyisme clérical se développera en toute tranquillité, toute obscurité, et toute inégalité ! Par exemple, auprès du ministre de l’éducation nationale, pour augmenter la part des subventions publiques à l’école confessionnelle au-delà du 80/20 actuel ; ou après de la ministre de la santé, pour empêcher l’évolution des lois de bioéthique…

 

C’est un recul caractéristique du principe de séparation (intitulé et art. 2 de la loi de 1905), puisqu’il facilite la confusion entre les cultes et la République, et ce dans une obscurité totale.

 

Des discriminations sournoises et des inégalités flagrantes

 

C’est également une rupture d’égalité entre les « associations cultuelles » et l’ensemble des autres organismes, associatifs, industriels et commerciaux, qui restent tenus de déclarer leurs « opérations d’influence ».

 

Pire, ce ne sont pas n’importe quels cultes qui en bénéficieront ! L’exception ne concerne en effet que les associations « à objet cultuel », celles prévues par la loi du 9&nbsp ;décembre 1905 pour « assurer le libre exercice des cultes ». Or ultérieurement, cette possibilité a été reconnue à des associations de la loi de 1901, à caractère cultuRel, et non strictement cultuel : c’est le cas de la quasi-totalité des associations musulmanes ! Autrement dit : seuls les cultes catholique, protestants et israélite (pour l’essentiel) seront exemptés de l’obligation de transparence dans leurs rapports avec les pouvoirs publics.

 

On permettra à l’UFAL de prendre ici la défense du culte musulman : le libre exercice et le principe d’égalité entraînent l’interdiction de toute discrimination, directe ou indirecte, des pouvoirs publics à l’égard d’un culte. Or c’est ce à quoi aboutirait le texte de l’art. 38, II du projet de loi ! Au regard du seul principe d’égalité, sa constitutionnalité paraît pour le moins douteuse.

 

PROJET DE LOI POUR UN ÉTAT AU SERVICE D’UNE SOCIÉTÉ DE CONFIANCE (extraits)
 

Exposé des motifs


L’article 38 propose des mesures de clarification et de modernisation du statut des cultes, en renforçant leurs ressources, en particulier celles des associations cultuelles qui ne peuvent, sauf exceptions, recevoir des financements publics et qui rencontrent, pour un nombre important d’entre elles, des difficultés financières résultant du déséquilibre existant entre les charges liées aux frais de culte, stables, et leurs ressources, en diminution.


Cet article autorise les associations cultuelles à détenir tout immeuble acquis à titre gratuit et explicite l’obligation pour les associations cultuelles d’établir des comptes annuels qui est aujourd’hui indirectement prévue pour de nombreux actes de la vie civile qu’elles accomplissent.


Il clarifie la nature des relations entre les cultes et les pouvoirs publics qui ne se limitent pas aux seuls services du ministre de l’intérieur en charge des relations avec les cultes.

 

Article 38


I. – La loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État est ainsi modifiée :


1° À l’article 19, après le huitième alinéa, il est inséré un alinéa ainsi rédigé :
« Elles pourront posséder et administrer tout immeuble acquis à titre gratuit. » ;


2° Au premier alinéa de l’article 21, après le mot : « unions » sont insérés les mots : « établissent des comptes annuels et ».


II. – Au d de l’article 18-2 de la loi n°2013-907 du 11 octobre 2013 relative à la transparence de la vie publique, les mots : « , dans leurs relations avec le ministre et les services ministériels chargés des cultes » sont supprimés.

 

Note(s)

 

1. Ainsi l’UFAL, simple association familiale, est obligée à des déclarations d’une complexité et d’une lourdeur sans intérêt pour la « transparence », puisque toutes nos interventions sont déjà publiques !
2. Un « ministre chargé des cultes » ne devrait pas exister dans une République laïque !

jeudi 7 décembre 2017

Un nouveau mandat pour Poutine? Les enjeux

Hier, V. Poutine a annoncé sa candidature aux présidentielles russes de 2018, ce qui, paradoxalement, sans être une grande surprise reste un évènement important. Dernier mandat dans un contexte international plus que tendu, avec un soutien populaire interne incontestable mais des élites qui redoublent d'intrigues. Ce qui finalement est le propre des élites.
 
Le lieu de l'annonce de candidature: l'ampleur de la base électorale réelle
 
En deux temps, le Président russe a amené sa candidature à sa succession. Tout d'abord devant un parterre de volontaires, acclamant cet homme qui pour eux arrive, malgré le temps passé au pouvoir et l'âge, à incarner l'avenir. 
 
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Les bénévoles à Moscou ont ouvert le bal, en lançant le sujet dans une mise en scène parfaitement réglée:
« Je suis toujours avec vous », avait d'abord énigmatiquement répondu le président à un bénévole qui l'interrogeait, lors d'un Forum à Moscou, pour savoir s'il « serait toujours » avec les Russes en 2018 et plus directement sur son éventuelle participation à la prochaine élection présidentielle. 
 
« C'est toujours une décision très importante pour n'importe quelle personne, car la motivation doit venir uniquement de la volonté de rendre la vie meilleure dans ce pays, de le rendre plus puissant, mieux protégé », avait lancé M. Poutine devant la foule composée de milliers de jeunes bénévoles travaillant dans diverses ONG à travers la Russie.
 
« Mais on ne peut y arriver qu'à une seule condition: si les gens vous font confiance et vous soutiennent », avait souligné le président, dont l'intervention était retransmise en direct à la télévision publique.
 
« Si je prends cette décision, aurais-je votre soutien et celui de ceux qui vous sont proches d'esprit ? » , avait-t-il alors demandé à la foule qui avait aussitôt répondu en criant « Oui! », sous une pluie d'applaudissements. 
Pas suivant, l'annonce officielle a été faite à Nijni Novgorod devant les ouvriers de l'usine GAS, usine historique pour le pays.
 
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V. Poutine déclare qu'il n'y a pas de meilleur endroit pour déclarer sa candidature et remercie les gens présents pour leur soutien, pour leur travail, pour leur attachement à leurs devoirs, à leur ville et au pays.
 
En choisissant ces deux lieux et ces deux publics, V. Poutine veut démontrer son attachement populaire, quel qu'il soit. Il souligne également le soutien massif dont il bénéficie dans le peuple "réel", dans les différentes tranches d'âge, de catégories sociales et de vision du monde. 
 
D'autres candidats ont déjà annoncé leur volonté de concourir:
Grigori Iavlinski, fondateur du Parti démocratique russe unifié Iabloko («la pomme» en russe), Gennady Ziouganov, chef de file du Parti communiste, Vladimir Jirinovski, leader du Parti libéral-démocrate, Katia Gordon, journaliste, chanteuse et militante pour les droits des femmes, ou encore l'ex-jet-setteuse Ksenia Sobtchak.
Mais il reste objectivement le seul candidat réaliste, car sa base électorale est la plus large. Ses chances de victoire sont quasiment certaines, la seule inconnue étant de savoir si elle aura lieu au premier ou au second tour. Vue la tension géopolitique et la radicalisation de l'opposition, il est à espérer pour la stabilité du pays qu'elle aura lieu au premier tour. Un entre-deux tours serait une occasion rêver de tentatives de déstabilisations sociales. 
 
Le moment de l'annonce de candidature: reprendre la main
 
Le moment de l'annonce est aussi symbolique. Celle-ci était prête, mais l'actualité a permis de lui donner une autre dimension, toute sa dimension. V. Poutine a annoncé sa candidature le jour de la décision du CIO mettant le pays à la porte de l'Olympisme et tentant de récupérer ses joueurs pour légitimer le drapeau neutre et la négation de l'hymne russe. A ce sujet, le ministère des Sports de Corée du Sud a déjà, (ils sont très réactifs - ou préparés) envoyé un courrier aux sportifs russes, jugés par eux dignes de participer, les invitant à prendre part aux JO sans drapeau et sans hymne. Ce qui est une pression supplémentaire, mais surtout montre le côté particulièrement préparé de ce qui ressemble de plus en plus à une opération spéciale. 
 
C'est à ce moment-là que V. Poutine annonce sa candidature, la remettant automatiquement dans une perspective géopolitique particulière. Et il reprend la main, ce que le journal La Croix titre, avec beaucoup d'aigreur.
Le journaliste insiste lourdement:
Après l’humiliation de l’exclusion olympique, Vladimir Poutine n’a pas tardé à reprendre l’offensive. Comme pour faire diversion au lendemain de la décision choc du Comité international olympique (CIO) d’interdire la Russie aux prochains Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang, en 2018, le chef du Kremlin a pris tout le monde par surprise mercredi 6 décembre : il a annoncé qu’il se présentera pour un quatrième mandat à l’élection de mars 2018.
L'objectivité journalistique est toujours un plaisir. Il est difficile d'appeler cela une manoeuvre de diversion, il s'est plutôt agi de remettre les choses à leur place: la Russie a un chef pour passer cette période de troubles et rien ne la fera changer de cap. Deux remarques à ce sujet. 
 
Tout d'abord, en déclarant que la Russie n'empêchera pas les athlètes qui le veulent, à titre individuel (rappelé deux fois), de participer aux JO, le Président fait le choix de la souplesse contre la rigidification de l'Occident, inversant les rôles joués par le passé dans le combat entre ce même (qui n'est plus tout à fait le même) Occident et l'URSS. 
 
Ensuite, il déclare que rien ne pourra empêcher la Russie d'avancer:
« La Russie va continuer d’aller de l’avant. Et dans ce mouvement en avant, personne ne l’arrêtera jamais »
Le cours politique est annoncé, les réactions de l'Occident seront évidentes. Début janvier vont déjà entrer en vigueur les nouvelles sanctions adoptées par les Etats-Unis contre la Russie, ce qui va pouvoir jouer en matière économique et financière. Pas de manière radicale, mais ces sanctions vont compliquer les choses. A l'intérieur, l'opposition radicale est remontée, bien soutenue de l'extérieur et il est évident que la pression va monter sur le crédo "Poutine est responsable de tous les maux du pays, il suffit qu'il parte pour que tout s'arrange - miraculeusement, puisque nous n'avons aucun programme". Autrement dit, en arriver au scénario ukrainien de la mise sous tutelle.
 
Sur le plan intérieur, le combat entre les clans s'intensifie. Si après la réunion de la Crimée, il s'était calmé, l'on voit les néolibéraux repartir au combat. Ils sont en ce sens beaucoup plus dangereux que l'opposition radicale, car intégrés dans les mécanismes de pouvoir et dans ses structures, qu'il s'agisse de l'Administration présidentielle où le changement du directeur de la politique intérieure a produit des effets particulièrement visibles, ou au Gouvernement où la politique scolaire et la folie de la virtualisation de l'Etat commencent à causer des dégâts qu'il sera difficile de réparer avec le temps. D'une manière générale, la méthode de l'arbitrage présidentiel entre les différents courants politiques, voulant ainsi éviter de tomber dans les excès des uns et des autres, montre ses limites. Peut-être ce dernier mandat sera-t-il l'occasion d'une clarification idéologique - et donc politique.
 
Enfin, comme dernier mandat, il est aussi celui de la préparation de la succession. Cette fois, il n'est pas possible d'éluder la question de la constitution d'élites politiques compétentes et représentatives. Mais s'agira-t-il d'une "élite" composée de ces nouveaux technocrates et managers, tant vanté par ce nouveau courant de l'Administration présidentielle, qui pourtant n'ont qu'une compréhension très indirecte de ce qu'est et la politique et l'étaticité, ou bien s'agira-t-il de la mise en place de conditions permettant l'émergence d'hommes politiques d'importance, le potentiel individuel existant? La réponse nous viendra ces prochaines années et d'elle dépendra la possibilité de l'Etat de passer à un fonctionnement systémique, seule garantie de pérennité.
 

Publié par El Diablo

La SANTÉ publique en DANGER... jusqu'à quand ?

 

Commentaire de Jean Lévy

La SANTÉ publique en DANGER...jusqu'à quand ? [Le commentaire de Jean Lévy]

« Assurance-maladie : la Cour de comptes met la pression sur les médecins et sur l’hôpital » (L’Opinion)

 

Ainsi, la Cour des Comptes jouant le rôle de procureur, le pouvoir Macron, n'en doutons pas, va s'en prendre à la santé des Français au nom de l'équilibre budgétaire de la Sécurité sociale, via celui des hôpitaux. Ceux-ci ne fonctionnent plus que par le dévouement du personnel soignant saigné jusqu'à l'os.  Peu importe pour ces gens qui nous gouvernent que la santé publique se dégrade pour la population, eux ont recours à la médecine de pointe telle qu'elle est prodiguée au Val-de-Grâce ou à l'Hôpital Américain de Neuilly. N'en doutons pas : Macron comme les patrons du CAC 40 ne connaîtront pas de soins au rabais au nom de la "maîtrise comptable" !

Mais jusqu'à quand les Français accepteront ils le règne de cette nouvelle aristocratie, celle de l'Argent, qui comme celle des nobles en 1789, écrasait de son mépris les gens de peu, avant que ceux-ci ne prennent la Bastille ?

 

Jean Lévy

 

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Mort de Jean d'Ormesson

Mort de Jean d'Ormesson

Ce fut un grand écrivain, mais aussi un fieffé réactionnaire. Il a été également un homme politique de droite et plusieurs fois conseiller dans des cabinets ministériels. Journaliste, il fut directeur général du Figaro, l'organe historique de la droite et du patronat. Partisan des guerres coloniales, notamment de celle du Vietnam, il fit interdire d'antenne la chanson de Jean Ferrat: Un air de liberté:

Les guerres du mensonge les guerres coloniales

C'est vous et vos pareils qui en êtes tuteurs

Quand vous les approuviez à longueur de journal

Votre plume signait trente années de malheur

La terre n'aime pas le sang ni les ordures

Agrippa d'Aubigné le disait en son temps

Votre cause déjà sentait la pourriture

Et c'est ce fumet-là que vous trouvez plaisant

Ah monsieur d'Ormesson Vous osez déclarer

Qu'un air de liberté flottait sur Saïgon

Avant que cette ville s'appelle Ville Ho-Chi-Minh

Allongés sur les rails nous arrêtions les trains

Pour vous et vos pareils nous étions la vermine

Sur qui vos policiers pouvaient taper sans frein

Mais les rues résonnaient de paix en Indochine

Nous disions que la guerre était perdue d'avance

Et cent mille Français allaient mourir en vain

Contre un peuple luttant pour son indépendance

Oui vous avez un peu de ce sang sur les mains

Ah monsieur d'Ormesson Vous osez déclarer

Qu'un air de liberté flottait sur Saïgon

Avant que cette ville s'appelle Ville Ho-Chi-Minh

Après trente ans de feu de souffrance et de larmes

Des millions d'hectares de terre défoliés

Un génocide vain perpétré au Viêt-Nam

Quand le canon se tait vous vous continuez

Mais regardez-vous donc un matin dans la glace

Patron du Figaro songez à Beaumarchais

Il saute de sa tombe en faisant la grimace

Les maîtres ont encore une âme de valet

Jean d'Ormesson défunt, je n'irai pas cracher sur sa tombe. Mais il ne fut pas de mes amis ni de mes camarades pour un monde libre, de progrès et de justice sociale.

 

Le Monde Diplomatique (décembre 2017)

 

Dans son éditorial de décembre 2017, Serge Halimi nous met en garde contre nos propensions aux guerres de religion : « La France vient de vivre un moment de folie médiatique et politique. Tous les ingrédients sont en place pour qu’elle en connaisse d’autres du même type : démesure des commentaires suscités par une caricature de presse ; rôle idéal de Twitter quand il s’agit de réagir avant de réfléchir et d’allumer un incendie ; carburant parfait de thèmes liés à la religion pour que le feu se propage ; démagogie d’un homme politique discrédité, ancien premier ministre de surcroît, qui escompte qu’une forêt calcinée favorisera sa résurrection. Avec, pour couronner le tout, une règle désormais éprouvée : tous les sujets, même celui du harcèlement sexuel dont sont victimes des femmes américaines, débouchent plus ou moins vite sur la question des musulmans en République. »

 

Charles Mathieu se demande si les coopératives peuvent venir au secours de l’emploi : « Pour éviter la fermeture de leur entreprise, des salariés choisissent de la reprendre sous un statut coopératif et de s’impliquer dans la direction. Un parcours non dépourvu d’embûches, comme le montre le récit de deux luttes emblématiques, à Carcassonne et à Gémenos. » D’autant que, selon Margot Hemmerich et Clémentine Méténier, « Pour reprendre leur entreprise en coopérative, les salariés doivent repenser toute l’organisation du travail en quelques mois. L’urgence conduit alors les syndicats à sortir de leur réserve vis-à-vis d’un mode de gestion dans lequel ils cherchent encore leur place. »

 

Pour Laurent Bonnefoy, l’Arabie saoudite s’enlise au Yémen : « Du Qatar au Liban, l’Arabie saoudite enchaîne les fiascos lorsqu’elle se mêle de politique régionale au Proche-Orient, où elle est accusée d’avoir armé idéologiquement, voire militairement, certains djihadistes. Le discrédit est à son comble avec la guerre sans issue, et sans merci pour les civils, que le royaume conduit au Yémen. »

Ibrahim Warde a repé une “ Singulière amitié entre Ryad et Washington ” : « Très virulent à l’égard de l’Arabie saoudite durant la campagne électorale de 2016, le président américain entend désormais faire profiter son pays de la richesse du royaume. Une démarche intéressée qui ne tient pas compte des difficultés structurelles d’un pays engagé dans d’incertaines réformes économiques et sociétales. »

 

Selon Pierre Rimbert, les journalistes confient désormais la vérité à des sous-traitants : « Pour rétablir le crédit du journalisme, il fallait un électrochoc. Lancer un mouvement pour soustraire la presse aux griffes des oligarques ? Décupler les budgets consacrés à l’international et aux enquêtes sociales ? Thomas Legrand, éditorialiste politique à France Inter, a son idée. Le 25 septembre dernier, il lance sur les ondes un appel. « Affluence aux manifestations : il faut que la presse se donne les moyens de publier les vrais chiffres. » « Oui, nous avons pris la déplorable habitude de donner le chiffre des organisateurs et celui de la police. (…) Pourtant il ne s’agit pas d’opinion, mais d’un fait ! » Thomas Legrand exhorte alors ses confrères à « décider, collectivement (télés, radios, Agence France-Presse et le plus de journaux possible), de mutualiser [leurs] moyens pour fournir un troisième chiffre. Pas une vérité de plus, mais la réalité ».

 

Dany-Robert Dufour explique comment des fripons peuvent devenir honnêtes (“ Les prospérités du vice ”) : « Depuis le sociologue allemand Max Weber et son livre « L’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme », on se représente le capitalisme comme ascétique, rigoriste, autoritaire, puritain et patriarcal. Et, depuis près d’un siècle, on se trompe. Comme le montre la lecture et la redécouverte de Bernard Mandeville, médecin et philosophe du XVIIIe siècle, et de sa « Fable des abeilles ».

 

Pour Philip S. Golub, l’État chinois a su exploiter la mondialisation : « Au Forum de Davos en janvier comme lors de sa rencontre avec M. Donald Trump en novembre, le président chinois Xi Jinping a peaufiné son discours sur les vertus du libre-échange, quand son homologue a semblé défendre « l’Amérique d’abord » et le protectionnisme. Pékin s’est emparé de la mondialisation pour retrouver sa place dans le monde sans s’y dissoudre grâce à l’État développeur. »

 

Akram Belkaïd et Dominique Vidal ont observé le djihadisme « sous la loupe des experts » : « Chaque fois qu’on cherche à interpréter les motivations des djihadistes, le même affrontement semble monopoliser la scène : radicalisation religieuse liée à l’islam ou bien radicalisation politique qui prend l’islam pour prétexte ? Mais rares sont les spécialistes qui imaginent encore qu’une cause unique pourrait rendre compte de la démarche des milliers de jeunes Français embrigadés. »

 

Pour Anne Vigna, la crise « galvanise les droites » au Brésil : « « Qu’ils s’en aillent tous ! » Quinze ans après celui des Argentins confrontés au chaos économique, le cri parcourt un Brésil balayé par les scandales de corruption. Alors qu’aucune formation traditionnelle n’échappe au discrédit, une droite radicale parfois liée aux militaires émerge, qui promet de nettoyer les écuries d’Augias. »

 

Qu’en est-il de l’ingérence russe (Aaron Maté) : Une intervention de Moscou a-t-elle pu altérer l’issue de la dernière élection présidentielle américaine ? L’hypothèse, qui obsède la presse, est traitée avec autant de passion qu’une guerre ; des commissions parlementaires enquêtent. Et, du Brexit au référendum catalan, chaque scrutin majeur comporte dorénavant sa déclinaison d’un piratage ou d’une subversion russe. Les preuves, elles, se font attendre. »

 

Pour Cécile Andrzejewski, la pénibilité au travail chez les femmes est quasi invisible : « Pour faire passer le recul de l’âge de la retraite, le précédent gouvernement français avait promis la création d’un compte personnel de pénibilité, ouvrant le droit à un départ plus précoce. Non seulement les critères ont été réduits par l’actuelle équipe, mais la plupart avaient été définis en fonction du travail masculin. Les facteurs de risques encourus par les femmes demeurent occultés, comme les gestes répétitifs ou les tâches liées au nettoyage et aux services à la personne. »

 

Pour Jean-Philippe Martin, les microentreprises sont des « machines à fabriquer des pauvres » : « Quand, en 2008, est créé le statut d’autoentrepreneur, les reportages enthousiastes fleurissent un peu partout. Neuf ans plus tard, les forçats du vélo font grève pour être payés correctement, les chauffeurs Uber sont en procès avec la plate-forme, les « indépendants » se mobilisent. En moyenne, les microentrepreneurs gagnent… 410 euros par mois, moins que le revenu de solidarité active (RSA). »

 

Pour Laurent Gbagbo (mon ancien collègue à l’Université de Côte d’Ivoire que j’ai rarement vu car il était en prison ou en exil sous Houphouët-Boigny), les accusations de la CPI de La Haye ne tiennent plus : « Le procès de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo devait sceller le triomphe du droit international sur la violence politique. Mais, révélant les carences d’une instruction à charge, les audiences mettent en lumière les responsabilités françaises dans le conflit et la puissance du réseau du président Alassane Ouattara. »

Pour Jean-Arnault Dérens, on assiste à « l’essor d’une gauche souverainiste au Kosovo » : « Se proclamant de gauche tout en cultivant un nationalisme albanais exacerbé, jugé hostile par les Serbes, le mouvement Vetëvendosje a réussi une percée aux législatives de juin dernier et dirige les deux plus grandes villes du Kosovo depuis les municipales de la mi-novembre. »

 

Alhadji Boba Nouhou estime qu’Israël progresse en Afrique : « Longtemps, la cause palestinienne constitua une divergence indépassable entre Israël et l’Afrique. Mais Tel-Aviv a su se rendre utile à de nombreux régimes, notamment pour les questions sécuritaires. Des liens discrets, mais concrets, avec certains États-clés lui laissent espérer nouer des relations économiques et politiques toujours plus étroites. »

 

Raul Guillen a écouté ce que « les abeilles murmurent à l’oreille des humains » : « Les abeilles ne disparaissent pas sur tout le globe, et leur extinction ne menacerait pas nécessairement toute l’agriculture. Tordre le cou à ces croyances alarmistes doit permettre en revanche de mieux comprendre ce que révèlent les pertes sans précédent que subissent les apiculteurs dans certaines régions du monde, et les lourds dangers que portent les mutations profondes des systèmes agricoles. »

 

En art, quel est “ le prix de l’inestimable ” (Franz Schutheis) : « Un petit tableau attribué à Léonard de Vinci vendu 385 millions d’euros en novembre dernier ; « Les Femmes d’Alger », de Pablo Picasso, adjugé en 2015 pour 160 millions d’euros : les placements spéculatifs ont investi le domaine de l’art. Loin des projecteurs, des dizaines de milliers d’œuvres « ordinaires » se vendent chaque année. Ce marché obéit à des règles bien particulières. »

 

Frédéric Lordon se demande s’il est possible d’avoir “ plus d’une idée ” : Ce sont parfois les explosifs les plus puissants qui passent le plus aisément les portiques. De tous les ouvrages consacrés à la critique de l’Union européenne, et il n’en manque pas d’éruptifs, le plus dévastateur pourrait bien être l’un des plus discrets. L’un des plus décalés aussi. Travail méticuleux d’historien, publié aux très révolutionnaires éditions du CNRS, Les « Collabos » de l’Europe nouvelle, de Bernard Bruneteau, a de quoi faire du dégât. Mais, si l’on autorise l’oxymore, de quoi faire du dégât subtilement. Que l’idée d’Europe puisse ainsi se trouver accolée au mot « collabos », c’est une conjonction dont la double propriété de nous sembler parfaitement aberrante et d’être pourtant avérée par l’histoire doit donner à penser. Pour mettre en question non pas tant l’idée elle-même que les aveuglements où peuvent conduire certaines manières de la poursuivre. »

URL de cet article 32645 

Puisqu'il faut en remettre un coup sur la meule : « dégagisme »

Publié le 5 Décembre 2017

 Quand les sorciers

 ne sont plus des apprentis

 et savent ce qu'ils font

Puisqu'il faut en remettre un coup sur la meule : "dégagisme"

Précision qui n'est pas précaution mais indicateur de direction pour mesurer les responsabilités:

 

Ce qui conduit à dénoncer ici les pratiques d'un matamore de la politique de plus en plus Arlequin d'une comédie qui tourne à la mauvaise farce ne peut conduire à absoudre de leurs responsabilités ceux qui par leurs tergiversations, aspirations à rejoindre la caste des hors-sol  lui ont fait litière et balisé le parcours.

 

Il faudra un jour que la question : "De quoi J-L Mélenchon est-il le nom ?" 

 

En attendant ce qui suit illustre tous les dangers d'une réflexion où l’opportunisme politique le dispute à la cécité volontaire sur la nature du fond de commerce des gens qu'il encense.

 

"La liste de monsieur Simeoni a fédéré les élécteurs de Corse en un tout massif et vivant. Elle a donné un centre de gravité à la société Corse. C’est un exploit quand on voit dans quel émiettement croupit la sphère politique sur le continent. Le signal avait été clairement donné il y a six mois. Les électeurs avaient déjà élu trois députés sur quatre pris dans les rangs autonomistes. Le dégagisme en Corse, c’est eux qui l’incarnent, à l’évidence. Et c’est un dégagisme positif."

 

blog de J-L Mélenchon, 4 décembre 2017

 

Applaudir au nom d'un "dégagisme" qui fleure le parfum rance du "à bas les voleurs !" des ligues des années 30 n'est plus une faute politique mais une complicité avec des gens qui en Corses tiennent pour certains des propos fascisants.

 

Soutenir et féliciter une alliance d'un radicalisme clanique avec la branche insulaire du Sarkozisme et se dire porteur de l'espoir de la gauche ...à chacun ses repères, pour Canaille le Rouge pas de çà chez lui, et cela pose d'urgence la question de la valeur actuelle du concept.

 

Applaudir une alliance construite autour des remugles des chauvinismes racistes principalement anti-immigrés et immigrés maghrébins principalement (immigrés que les mêmes ont "importés" souvent clandestinement et parqués comme réserve lowcost à exploiter), comme il serait fou de croire que JLM ne le sait pas, le conduit à afficher ses choix.

 

A chacun d'en tirer enseignements.

 

Rédigé par Canaille le Rouge

Boycottons Léa Salamé et ses pareils qui sont la honte du service public

 

05 Décembre 2017

J’ai déjà dit ce que je pensais de l’invitée « vénézuélienne » de Léa salamé, qui est venu nous dévider la propagande de la CIA comme n’a cessé de le faire Elizabeth Burgos sa mère. Tous les invités de cette émission étaient du même tonneau, proches du pouvoir, appointés par le Medef, une honte journalistique mais qui n’étonne pas quand on voit le milieu dans lequel baignent ces gens là.

 

En ce moment même à Kiev l’ancien président de la Georgie installé sur le toit de sa maison menace de se jeter en bas si la police qui vient l’arrêter avance… Cette tragédie comédie avec pour héros un type totalement déconsidéré comme cocaïnomane et corrompu irresponsable face à un pouvoir ukrainien qui l’est autant que lui, Mikheil Saakavitch. retenez bien ce nom vous allez le retrouver dans les proches de léa Salamé. Voici le sujet il est édifiant.

 

https://www.rt.com/news/411954-saakashvili-jump-roof-police/

 

Mais qui nous vend avec de grands profits personnel ce genre de personnage sinon les journalistes qui prétendent attaquer celui qui défend Cuba ou le Vénezuela. Léa salomé est la compagne de Rafael Glucksman le passé et les actifs de Glucksman et sa compagne Léa Salamé empruntés à https://www.ojim.fr/portraits/raphael-glucksmann/

 

Il faut boycotter de tels « journalistes ». Marchais a été capable quand Anne Sinclair a voulu lui imposer le père André Glucksman, de refuser de participer à son émission.

 

Elle a tenté en vain de trouver un intellectuel communiste pour le remplacer, tous ceux qui ont été sollicités (y compris moi) avons refusé. Il serait temps que les politiques aient une telle attitude et refusent par leur présence de cautionner un service public tombé au main directement de la CIA. Voici les renseignements sur la question.

 

Voici donc la bibliographie de Rafaêl Glucksman, fils d’André, et compagnon de Léa salomé

 

2008, Je vous parle de liberté, avec Mikheïl Saakachvili, Paris, Hachette Livre.

 

2008, Mai 68 expliqué à Nicolas Sarkozy, avec André Glucksmann, 2008.

 

Raphaël Glucksmann, sous la présidence de Mikheil Saakachvili (co-auteur du premier livre ) est l’époux d’une géorgienne Eka Zguladze qui a contribué à la « désoviétisation » de l’institution policière, en remplaçant 20 000 anciens fonctionnaires « suspects » par de jeunes recrues.

 

Elle concourt également à la fusion de la police, des services secrets et de l’ex-KGB. On voit qu’il est rapidement intégré à bonnes oeuvres de la CIA en Georgie. Au printemps 2014, Petro Porochenko décide de mener des réformes profondes en Ukraine et de les confier à des Géorgiens groupés autour de Mikheil Saakachvili, dont fait partie Eka Zgouladze.

 

De ce fait, cette dernière, qui avait fait ses premières armes ministérelles et anti-Poutine en Géorgie, prend alors la nationalité ukrainienne en décembre 2014, avant d’être nommée, quelques jours plus tard, vice-ministre de l’Intérieur de l’Ukraine. On garde les contacts alors qu’on change d’épouse puisque R. Glucksmann se lie avec la « journaliste » Léa Salamé !

 

Raphaël Glucksmann a été gérant de 2009 à 2015 d’une société NOÉ CONSEIL, spécialisée dans « la communication, la rédaction d’articles, la promotion de personnes, de pays, le lobbying et le conseil auprès d’institutions ». Vaste et vague programme ! (Chiffre d’affaires 2015 un peu plus de 100.000 euros!). Le Monde (21/03/ 2011) note à cet égard : « À 34 ans, Raphaël Glucksmann, le fils d’André, a fait des soulèvements nationaux son fonds de commerce. Après la Géorgie, c’est en Ukraine qu’il conseille les leaders pro-Europe », « La révolution, c’est son rayon »… Un de nos vieux proverbe français dit que « les conseilleurs ne sont pas les payeurs » mais les « conseillés » peuvent en revanche l’être et même généreusement pour ce que l’on en sait car, en ces domaines, la discrétion est de rigueur !


Selon le site Intelligence Online, « la lutte entre le président géorgien Mikheil Saakachvili et son challenger politique, le milliardaire Bidzina Ivanishvili, a été une mine d’or pour les lobbyistes […] le gouvernement de la Géorgie s’appuie sur plusieurs entreprises » Tbilissi’s lobbyists are rich », Intelligence Online, 20/09/2012. Traduction OJIM), dont celle de Raphaël Glucksmann, NOE Com

 

Pour donner une idée de la formidable pompe à fric des cabinets de lobbying, les entreprises américaines Prime Policy Group et le Gephardt Group Government Affairs, ont été respectivement payés 150 000 et 180 000 $ pour six mois de travail en 2012 par le président géorgien Mikhaïl Saakachvili.

 

Toujours selon OJIM! « S’il [ Raphaël Glucksmann] devait définir sa fonction aujourd’hui, il dirait “consultant en révolution. Mais ça n’existe pas” ». « Se mobiliser pour une cause française, ce serait déchoir ? “Ça ne m’a jamais fait vibrer de manifester pour les retraites”, répond-il », Ibid. ! (OJIM, source de ces remarques, se présente ainsi « Le travail de l’Ojim se développe avec des correspondants en Italie, en Suisse, en Allemagne, en Pologne et bientôt en Hongrie. Nous avons pu vous proposer des analyses de la presse européenne sur les viols de Cologne, sur la véritable situation des médias en Pologne, des dossiers fournis sur les censures et les auto censures des grands médias. »).

 

 
Raphaël Glucksmann, dont les activités sont très diversifiées, fait figure d’inclassable : révolutionnaire professionnel, documentariste engagé, consulta…

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Sur la Corsalogne, Jean-Luc Mélenchon en remet une couche

Sur la Corsalogne, Jean-Luc Mélenchon en remet une couche

Le sauveur suprême de la France qu'il faut au pays, mais sans abonder à la lutte des classes, en remet une couche sur la victoire au premier tour des nationalistes corses à l'élection territoriale. Il encense ces derniers en oubliant qu'en juin 2017  la Corse s'était donnée 3 députés nationalistes et un député de droite, contre lesquels combattaient les candidats de son bord.

"La liste de monsieur Simeoni a fédéré les élécteurs de Corse en un tout massif et vivant. Elle a donné un centre de gravité à la société Corse. C’est un exploit quand on voit dans quel émiettement croupit la sphère politique sur le continent. Le signal avait été clairement donné il y a six mois. Les électeurs avaient déjà élu trois députés sur quatre pris dans les rangs autonomistes. Le dégagisme en Corse, c’est eux qui l’incarnent, à l’évidence. Et c’est un dégagisme positif."

blog de J-L Mélenchon, 4 décembre 2017

J'ai déjà rappelé qu'à Bastia, les nationaux corses s'étaient alliés avec la droite pour les municipales. Et ce n'était qu'un exemple.

Bon, chacun voit une élection à sa façon et charbonnier est toujours maître chez soi. Après tout, si la France insoumise est d'accord avec la déclaration de son patron, je la laisse à sa cuisine interne.

Mais pour ma part, dans les années 1930, quand Hitler et Mussolini dirigeaient leurs pays respectifs en établissant un état totalitaire, l'extrême droite française militaient violemment contre le dégagisme à grands coups de balai. Comme quoi, lorsque la crise du capitalisme s'accentue en diverses époques de son histoire, cela revient à l'ordre du jour. Et jamais pour le bien du peuple, du progrès et de la justice sociale.

Que tout cela est minable et malheureusement mortifère

 

04 Décembre 2017

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Il y a quelque chose dans cette manière de se réjouir qui est indigne d’un homme politique qui prétend gouverner la France. Sartre le disait jadis, celui que guide seulement l’anticommunisme devient vraiment un pauvre type et Melenchon ici ne faillit pas à cette règle. C’est stupide et mesquin comme si le bonhomme était incapable de dépasser les querelles privées, incapable de se situer à la hauteur des enjeux réels pour la Corse comme pour la France. Est-ce que « le dégagisme » offre une autre perspective que celle du petit bourgeois pris de haine ? 

 

Mais cela ne doit pas nous éviter de tirer ici comme ailleurs des leçons de ce qui se passe. Si la seule liste de gauche ne dépasse pas les 6% et si les nationalistes sont une manière pour la bourgeoisie de se maintenir sans avoir à affronter réellement les questions d’emplois, de difficultés sociales, de secteur public bradé comme en témoigne la lutte des infirmières de l’hôpital de Bastia, ce n’est pas non plus le fruit d’une simple cécité, mais bien parce qu’ici comme dans le reste de la France, voire en Europe, la gauche, à savoir ce qui en a usurpé le nom, les socialistes ont trahi, et de ce point de vue Mélenchon n’a pas tort de parler de « le dégagisme » même s’il risque d’en faire les frais tant sa propre attitude est digne d’un membre du PS qu’il a si longtemps été. Il faut bien mesurer qu’une liste du PCF n’aurait probablement pas fait plus mal mais surtout elle aurait été plus porteuse d’avenir. Plus de la moitié de l’électorat n’a pas voté, est-ce qu’il y a de quoi se réjouir ou faut-il s’interroger sur notre parti et sa capacité à aller au coeur des problèmes, lui seul peut le faire.

 

Pierre Laurent  qui est en train de bousiller le congrès du PCF avec son adresse à la gauche aux insoumis pour les listes européennes fait ici la démonstration que dans sa volonté de faire disparaître le PCF doublement, premièrement en le noyant dans des constructions de gauche dont personne ne veut et deuxièmement en interdisant aux militants tout débat de Congrès autre que celui des montages d’alliance nous conduit dans le mur.

 

Son adresse à un Melenchon risque de nous reconduire à la situation des dernières présidentielles, nous faire disparaître derrière quelqu’un qui ne cesse de cracher le mépris qu’il a de nous et dont le mouvement se résume à sa personne, et in fine de nous raccrocher à des membres du PS et autres écologistes complètement déconsidérés, alors qu’il serait temps de construire notre propre force et propositions de lutte pour un peuple français qui n’en peut plus. le contraire ne peut que favoriser tous les aventurismes.

 

Mélenchon est minable dans ses ricanements haineux, mais malheureusement la direction du PCF semble incapable de faire autre chose que de répéter ce qui conduit le PCF à sa fin, il n’y a plus que les militants pour refuser de le suivre et imposer leur propre ordre du jour.

 

Danielle Bleitrach

Alliances et soutiens, le Napoléon du vieux port et ses félicitations

Publié le 3 Décembre 2017
 
Alliances et soutiens, le Napoléon du vieux port et ses félicitations
Regardons de plus près qui donc félicite ce Général boulanger du 21e siècle :
 
Aux élections municipales de mars 2014, la liste que conduit Gilles Siméoni, Inseme per Bastia, obtient au premier tour le score de 32,34 %.
 
Au second tour, sa liste d'alliance avec le dissident PRG François Tatti et l'UMP Jean-Louis Milani, conclue autour d'un contrat de mandature recueille 55,40 % des voix. Alliance avec le clientélisme historique de la Corse et avec la branche bastiaise du Sarkozysme, c'est avec ça qu'il veut nous faire croire qu'il apporte du neuf en politique ? 
 
Rédigé par Canaille le Rouge

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Elections territoriales en Corse: victoire de la droite et de la droite au premier tour

 

Elections territoriales en Corse: victoire de la droite et de la droite au premier tour

 

Les résultats du premier tour parle d'eux-mêmes. Il reste cependant à analyser le vote ou le non-vote de l'électorat populaire.

 

Cette élection a pour but la création d'une collectivité territoriale unique composée de 63 élus, en supprimant les 2 départements et l'Assemblée régionale.

 

Pour se présenter au 2e tour, la liste doit obtenir 7% des voix au premier tour. L'alliance de circonstance Pcf-France insoumise est donc éliminée, tout comme la liste de la fille à son père. Mais celle-ci sait se retrouver dans la progression de la liste nationaliste corse. Et rappel important, lors des dernières municipales, les nationalistes n'ont pas hésité à s'allier au 2tour avec la droite et la droite.

 

Je reste cependant gazeux devant le tweet de Jean-Luc Mélenchon sur les résultat de scrutin, en fin d'article. Car féliciter les nationalistes...

 

Résultats des territoriales de 2017 en Corse
Voix%
Gilles Simeoni Pè a Corsica 54 211 45,36
Jean-Martin Mondoloni   Droite régionaliste 17 892 14,97
Valérie Bozzi soutenue par LR - CCB 15 266 12,77
Jean-Charles Orsucci LREM 13 455 11,26
Paul-Félix Benedetti Rinnovu 7 996 6,69
Jacques Casamarta CI - PCF - Ensemble !  6 788 5,68
Charles Giacomi FN 3 917 3,28
Total 119 525 100
Exprimés 119 525 97,90
Blancs 1 242 1,02
Nuls 1 316 1,08
Votants 122 083 52,17
Abstentions 111 905 47,83
Inscrits 233 988 100,00

 

 

Elections territoriales en Corse: victoire de la droite et de la droite au premier tour