Recherche


Qui est en ligne

Nous avons 814 invités et aucun membre en ligne

Flux RSS

Copyright Joomla

Copyright © 2017 PCF Bassin Arcachon - Tous droits réservés
Joomla! est un Logiciel Libre diffusé sous licence GNU General Public

Syndicales 2017

10 décembre 2017

UD CGT 13, le capitalisme conduit toujours à la barbarie

« La Libye, indique la déclaration de l'UD CGT, où vivaient et travaillaient des milliers de migrants sans être victimes d’actes criminels, a été détruite par l’agression armée des USA, de l’UE et de la France, cette dernière s’étant arrogée à l’issue de cette guerre et au nom de la sacrosainte « reconstruction » le droit d’exploiter 30% du pétrole libyen. Dans le même temps, les guerres et leur corollaire de pillage, de spoliation, de misère et de dictatures corrompues chassent les jeunes des pays africains vers « l’eldorado » que leur renvoie les images des pays d’Europe et des USA véhiculées par les médias.La réponse des pays pilleurs au chaos qu’ils génèrent est l’édification de murs et de camps source de tous les désespoirs et de toutes les violences... »

Reprenons la lecture de la déclaration de l'UD CGT 13...

Michel Peyret


« Comment accepter, souligne Jean-Jacques Lagarde qui transmet ce texte, au 21e siècle ce « retour » de l’esclavage nous disent à longueur d’antenne nombre de chroniqueurs et d’intervenants pas toujours bien intentionnés ou lucides sur la situation et si souvent muets sur ses causes ?  


Une déclaration de l’UD CGT 13

Des guerres impérialistes au retour de l’esclavage ne laissons pas faire !!!

mercredi 29 novembre 2017 

Une déclaration de l’UD CGT 13 qui se passe de commentaires...sauf des votres si vous le désirez bien sûr !

Les images de Libye qui tournent en boucle dans les médias sont inacceptables !!!

Comment accepter au 21e siècle ce « retour » de l’esclavage nous disent à longueur d’antenne nombre de chroniqueurs et d’intervenants pas toujours bien intentionnés ou lucides sur la situation et si souvent muets sur ses causes ?

Si pour la France l’esclavage a été officiellement aboli en 1848 (et bien plus tard dans le monde) il n’a cessé de perdurer dans les colonies françaises, en particulier en Mauritanie où la France a fermé les yeux sur une pratique touchant alors près de 5% de la population selon l’ONG WALK FREE.

Aujourd’hui, selon la même ONG, ce sont près de 36 millions de personnes dans le monde (près de 9 000 en France) qui sont victimes de cette forme extrême d’exploitation.

Concernant la Libye les larmes de crocodiles des gouvernements et des médias sont d’autant plus inacceptables qu’elles s’accompagnent d’une amnésie simulée quant aux causes de la situation actuelle.

La Libye où vivaient et travaillaient des milliers de migrants sans être victimes d’actes criminels, a été détruite par l’agression armée des USA, de l’UE et de la France, cette dernière s’étant arrogée à l’issue de cette guerre et au nom de la sacrosainte « reconstruction » le droit d’exploiter 30% du pétrole libyen.

Dans le même temps, les guerres et leur corollaire de pillage, de spoliation, de misère et de dictatures corrompues chassent les jeunes des pays africains vers « l’eldorado » que leur renvoie les images des pays d’Europe et des USA véhiculées par les médias.

La réponse des pays pilleurs au chaos qu’ils génèrent est l’édification de murs et de camps source de tous les désespoirs et de toutes les violences.

Le retour en force sur le devant de la scène de la traite des noirs et de l’esclavage, des guerres coloniales, comme les récents affrontements entre migrants parqués et marocains exploités, montre s’il en était encore besoin, quele capitalisme conduit toujours à la barbarie.

La CGT appelle le monde du travail, à s’inscrire dans toutes les actions porteuses de paix, de solidarité internationale et de lutte contre toutes les formes d’exploitation. A fortiori celles les plus extrêmes.

Posté par Michel Peyret

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Deuxième panne géante gare Montparnasse: quand le business déraille et pour redescendre dans le quotidien rude des gens d'en-dessous

Deuxième panne géante gare Montparnasse: quand le business déraille et pour redescendre dans le quotidien rude des gens d'en-dessous

Voici le communique de la CGT-Cheminots. Surtout, ne cherchez pas celui de la Cfdt-cheminots, vous perdriez votre temps.

La journée du 03 décembre dernier a été une « journée noire » pour le ferroviaire, les cheminots en service et les usagers de la SNCF.

La direction de la SNCF avait programmé depuis plusieurs mois des travaux en gare de Paris Montparnasse inhérents à un changement de logiciel afin de mieux gérer les itinéraires et augmenter la capacité du nombre de trains à la sortie de la gare.

Les problématiques sur les installations, la dégradation des infrastructures en général, s’amplifient sur le territoire national à l’instar de ce qui s’est passé au poste de circulation de Vanves au mois de juillet 2017.

Cette situation dégradée est vécue dans différents points du territoire. Pour exemple, depuis le 29 novembre, une panne sur une installation électrique au poste central de circulation ferroviaire à Miramas paralyse l’ensemble du trafic Voyageurs et Marchandises. Dernièrement, une aiguille cassée a bloqué le trafic à Saint-André-le-Gaz en Isère.

La CGT des cheminots et ses représentants locaux dénoncent et font régulièrement remonter les informations de terrain dans les Instances de Représentation du Personnel internes, sans qu’il n’y ait de réaction de la part de la direction.

La logique business développée ces dernières années par la direction de l’entreprise favorise la mise en place de calendriers de travaux trop contraints qui ne permettent pas aux cheminots de travailler sereinement, appuyée par des réductions budgétaires drastiques entraînant des milliers de suppressions d’emplois dans les chantiers.

Nous le constatons, les organisations du travail craquent, les cheminots aussi (nous déplorons 9 suicides et 1 tentative de suicide depuis le mois d’août dernier).

Le gouvernement fait le choix d’un désengagement financier et stratégique qui dégrade le service public ferroviaire. La Fédération CGT des cheminots estime que cette situation démontre à quel point il est urgent que les pouvoirs publics reprennent la main sur la SNCF qui est une entreprise publique.

Nous dénonçons depuis de nombreuses années une gestion « par activité » (TER, Voyages, Fret, etc.), voire par axe, qui n’a eu comme effet que de désorganiser la production ferroviaire, ne permettant pas aux cheminots de mieux travailler ensemble dans une logique de production globale.

Les choix de gestion de la direction de l’entreprise d’externaliser des charges de travail à des entreprises privées, de faire appel de plus en plus à la sous-traitance, ne permettent plus à l’entreprise de maîtriser l’ensemble de la chaîne de production qui nécessite des interfaces, de la complémentarité entre les cheminots de différents services.

La seule réponse apportée pour l’heure est la tenue des Assises de la Mobilité, dans lesquelles le sujet des trains est exclu, le rapport confié à Jean-Cyril SPINETTA qui doit statuer sur les questions ferroviaires ainsi que le Conseil d’Orientation des infrastructures présidé par M. Philippe DURON.

Cette stratégie n’a pour seul objectif que de créer l’illusion d’un débat national, qui serait pourtant nécessaire, sur l’avenir du ferroviaire alors que le futur projet de loi gouvernemental dit « d’orientation des mobilités » dans lequel sera fait état des modalités d’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire est certainement déjà écrit.

La CGT estime que le Service Public SNCF doit être développé, son avenir ne peut plus rester entre les mains de joueurs de Monopoly.

Publié par El Diablo

ATTAQUE HISTORIQUE CONTRE LES SYNDICATS : Une nouvelle ordonnance dynamite les délégués syndicaux

photo :el diablo

photo :el diablo

Le gouvernement vient de signer en catimini une sixième ordonnance, annoncée "corrective" à 80%. Cependant dans ce texte que Macron essaie de passer sans bruit se trouve une mesure cruciale qui marque un recul historique pour le droit syndical : la fin du monopole de négociation avec l'entreprise pour les délégués syndicaux.

LA SUITE :

ORDONNANCES MACRON/MEDEF

 

Une 6ème ordonnance : balai... pour les droits et garanties des salariés

 

LA SUITE :

CGT : retour aux sources ? 

 

Un article du Front Syndical de Classe

 


 
 
 
 
CGT : affirmer jusqu’au bout un syndicalisme de classe !

D’une certaine manière, l’éditorial du dernier numéro d’ENSEMBLE, signé par une membre de la Commission exécutive confédérale, adressé à tous les adhérents de la CGT constitue une première depuis longtemps.

 

Dès le départ il souligne « l’urgence... d’entraver par tous les moyens ce système capitaliste jusqu’à son anéantissement total ».

En passant par un appel à l’intervention des travailleurs pouvant aller jusqu’à la gestion collective des moyens de production.

 

Et en spécifiant que pour la CGT : « le syndicalisme est né de la double volonté des salariés de défendre leurs intérêts immédiats et de participer à la transformation de la société ».

 

Cet éditorial appelle plusieurs remarques.


Son contenu renoue en effet avec les fondamentaux du syndicalisme CGT et de l’histoire du mouvement ouvrier. La double besogne revendiquée par la Chartes d’Amiens dès 1906 qui lie donc la défense disons strictement professionnelle à l’objectif d’une transformation radicale de la société de caractère résolument anti-capitaliste : 


« Mais cette besogne n’est qu’un côté de l’œuvre du syndicalisme ; il prépare l’émancipation intégrale, qui ne peut se réaliser que par l’expropriation capitaliste », à savoir l’objectif de la propriété collective des moyens de production et d’échange.

 

Nous soulignons le caractère nouveau depuis longtemps de ces affirmations dans la mesure où par exemple en 1995, le 45ème congrès sous l’impulsion de Louis Viannet avait supprimé l’article mentionnant que la « La CGT s’assigne pour but la suppression de l’exploitation capitaliste, notamment par la socialisation des moyens de production et d’échange ».

 

Cette véritable réorientation-mutation de l’époque était le résultat d’un moment de désarroi idéologique (victoire de la contre-révolution capitaliste dans les pays socialistes, affaiblissement syndical...) et de la volonté politique d’être admis dans une Confédération Européenne des Syndicats (CES) qui posait des conditions draconiennes à cette admission : acceptation du "dialogue social", du "syndicalisme rassemblé", retrait de la Fédération Syndicale Mondiale...

 

L’actualité de cet éditorial pose donc une question fondamentale, d’autant plus décisive que la mutation des années 90 a toujours fait l’objet au niveau confédéral d’un déni de changement.

 

Une question se pose donc : dans les conditions actuelles, la confédération renoue-t-elle officiellement avec ses fondamentaux ?

 

Pour la clarté à terme cela exige un débat de fond, un bilan des 25 dernières années.


En particulier, est posée la question de l’appartenance à la CES, succursale de l’Union européenne, adepte de l’accompagnement du capitalisme, situation par conséquent incompatible avec une CGT se réclamant elle de l’anticapitalisme.

 

Sauf à ce que perdurent les confusions qui ne peuvent que semer le trouble et perturber les militants et les organisations de la CGT.

 

Le contenu de cet éditorial adressé à tous les militants de la CGT est un fait hautement positif.


Le moment nous paraît donc venu que la démarche qu’il révèle soit poussée jusqu’au bout par l’affirmation d’orientations revues à la lumière d’un bilan de plusieurs décades, par l’ouverture d’un débat débouchant sur des décisions qui engagent un nouveau cours d’une CGT réellement de classe et de masse.

 

FSC le 5 décembre 2017

Publié par El Diablo

Panne Gare Montparnasse : QUAND LE BUSINESS DÉRAILLE ! [CGT cheminots]

Panne Gare Montparnasse : QUAND LE BUSINESS DÉRAILLE ! [CGT cheminots]

La journée du 03 décembre dernier a été une « journée noire » pour le ferroviaire, les cheminots en service et les usagers de la SNCF.

 

La direction de la SNCF avait programmé depuis plusieurs mois des travaux en gare de Paris Montparnasse inhérents à un changement de logiciel afin de mieux gérer les itinéraires et augmenter la capacité du nombre de trains à la sortie de la gare.

 

Les problématiques sur les installations, la dégradation des infrastructures en général, s’amplifient sur le territoire national à l’instar de ce qui s’est passé au poste de circulation de Vanves au mois de juillet 2017.

 

Cette situation dégradée est vécue dans différents points du territoire. Pour exemple, depuis le 29 novembre, une panne sur une installation électrique au poste central de circulation ferroviaire à Miramas paralyse l’ensemble du trafic Voyageurs et Marchandises. Dernièrement, une aiguille cassée a bloqué le trafic à Saint-André-le-Gaz en Isère.

 

La CGT des cheminots et ses représentants locaux dénoncent et font régulièrement remonter les informations de terrain dans les Instances de Représentation du Personnel internes, sans qu’il n’y ait de réaction de la part de la direction.

 

La logique business développée ces dernières années par la direction de l’entreprise favorise la mise en place de calendriers de travaux trop contraints qui ne permettent pas aux cheminots de travailler sereinement, appuyée par des réductions budgétaires drastiques entraînant des milliers de suppressions d’emplois dans les chantiers.

 

Nous le constatons, les organisations du travail craquent, les cheminots aussi (nous déplorons 9 suicides et 1 tentative de suicide depuis le mois d’août dernier).

 

Le gouvernement fait le choix d’un désengagement financier et stratégique qui dégrade le service public ferroviaire. La Fédération CGT des cheminots estime que cette situation démontre à quel point il est urgent que les pouvoirs publics reprennent la main sur la SNCF qui est une entreprise publique.

 

Nous dénonçons depuis de nombreuses années une gestion « par activité » (TER, Voyages, Fret, etc.), voire par axe, qui n’a eu comme effet que de désorganiser la production ferroviaire, ne permettant pas aux cheminots de mieux travailler ensemble dans une logique de production globale.

 

Les choix de gestion de la direction de l’entreprise d’externaliser des charges de travail à des entreprises privées, de faire appel de plus en plus à la sous-traitance, ne permettent plus à l’entreprise de maîtriser l’ensemble de la chaîne de production qui nécessite des interfaces, de la complémentarité entre les cheminots de différents services.

 

La seule réponse apportée pour l’heure est la tenue des Assises de la Mobilité, dans lesquelles le sujet des trains est exclu, le rapport confié à Jean-Cyril SPINETTA qui doit statuer sur les questions ferroviaires ainsi que le Conseil d’Orientation des infrastructures présidé par M. Philippe DURON.

 

Cette stratégie n’a pour seul objectif que de créer l’illusion d’un débat national, qui serait pourtant nécessaire, sur l’avenir du ferroviaire alors que le futur projet de loi gouvernemental dit « d’orientation des mobilités » dans lequel sera fait état des modalités d’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire est certainement déjà écrit.

 

La CGT estime que le Service Public SNCF doit être développé, son avenir ne peut plus rester entre les mains de joueurs de Monopoly.

 

Le 4 décembre 2017

SOURCE :

Fédération CGT des cheminots

https://www.cheminotcgt.fr/

Révolution de 1917 et syndicalisme

 

Publié le 3 Décembre 2017

 A lire,

 à faire lire et discuter,

 Une publication à connaitre

 et à être abonné.

 

Révolution de 1917 et syndicalisme

 

Parce que le sujet n'est pas "que politique" mais a une dimension bien plus vaste, qu'il n'est pas que Russe mais mondial, Canaille le Rouge croit utile de vous informer de la parution (et vous conseiller lecture et diffusion) d'un numéro spécial des "Cahiers de l'IHS" de la CGT consacrés à "la révolution russe et le syndicalisme français"

 

Rédigé par Canaille le Rouge

1 décembre 2017

Retour « historique » sur une question d'actualité : les non titulaires de la fonction publique

 

En un demi-siècle, j’ai fait le « tour de la table » de la politique de la fonction publique comme syndicaliste, directeur du cabinet du ministre, conseiller d’Etat en service extraordinaire,  auteur d'ouvrages.Il y a bien longtemps que, contrairement à certains nonagénaires, je n’aspire en aucune façon à participer aux assemblées, journées d’études, séminaires ou autres colloques des organisations syndicales de fonctionnaires – auxquels je ne suis d’ailleurs pas convié – pour traiter le présent et l’avenir de la fonction publique.

 

En revanche, je n’oublie pas que j’ai beaucoup écrit comme témoin, acteur et auteur sur de longues périodes de l’histoire de la fonction publique et du syndicalisme des fonctionnaires., et qu’une bonne part des décrets dont j’ai été le rapporteur au Conseil d’Etat en 1983-1987 portaient sur la mise en œuvre de la  titularisation de non titulaires engagée dans la période précédente par le ministère de la fonction publique.

 

Quand je lis que telle organisation syndicale revendique la titularisation du million de non titulaires des trois fonctions publiques, il me vient l’idée de reprendre en vrac et sans autre forme de procès des extraits de l’un de mes derniers ouvrages « L’Etat et les fonctionnaires, de la plume sergent-major à internet » (publié en deux volumes sur le site Calameo) en rappelant que d’autres développements existent  dans les ouvrages précédents et en pensant avec l’optimisme qui caractérise un âge avancé que cela pourrait donner à réfléchir.

 

(Ces extraits sont reproduits dans une 17e brochure sur le site calaméo).

Comment faire gagner le mouvement social anti-Macron ?

 

jeudi 30 novembre 2017

Par Philippe Champigny

Transmis par Jean-Pierre Escaffre

 

Il s’agit ici de gagner contre les politiques libérales et non de « gagner » le leadership de l’opposition. Face à la guerre de classes amplifiée par Macron, le mouvement syndical revendicatif est confronté une nouvelle fois à cette question. La multiplication des journées d’actions ne suffit pas (18 en 2 ans1). Mais, il n’est pas complètement exact de dire que « les organisations ont défendu un pré carré et refusé de mener une vraie campagne nationale unitaire ». Solidaires, qui avait un stand sur le passage de la manifestation de la France insoumise, a proposé à l’ensemble des composantes du mouvement social de se rencontrer le 4 octobre2. Si elle s’est retrouvée être la seule composante syndicale nationale à participer à cette tentative, on peut se poser la question du « pourquoi » ? L’injonction faite de participer avec armes et bagages, mais sans aucun débat à la marche de la France insoumise du 23 septembre, n’a pas aidé. La FI devrait aussi balayer devant sa porte, d’autant que ce sont les salariés qui se déclarent proches de la CGT (51 %) et de Solidaires (53 %) qui ont le plus voté pour Mélenchon. Mettre nos difficultés sur le dos de la Charte d’Amiens est un contre-feu qui évite de s’interroger sur ses propres pratiques. Par ailleurs, il n’y a pas de recette magique. Une manifestation nationale3 ne garantit pas plus un succès qu’une grève générale d’un jour. Là encore c’est dans un cadre de construction de la lutte dans la durée qu’une telle manifestation peut devenir déterminante.

 

Est-il utile de rappeler que le mouvement syndical gagne sur un enjeu national lorsque la grève se généralise et permet d’occuper les entreprises et la rue de façon durable (36, 68, 95) ? Le problème est, qu’en dehors des incantations gauchistes, la grève ne se reconduit pas pour l’instant, même si certaines équipes syndicales y travaillent.

 

Un contexte post-électoral difficile

 

Il est toujours difficile de mobiliser juste après une séquence électorale (présidentielle ; législatives) aussi prégnante dans la vie politique en France. Il y a une certaine légitimité dans les têtes. Il n’est donc pas inutile de rappeler le score de Macron au premier tour. Score qui a bénéficié d’une crainte d’un duel Fillon-Le Pen au second tour. Il n’est pas inutile de rappeler le nombre de votes blancs et d’abstentionnistes du second tour. Il serait utile de rappeler qu’être élu ne donne pas les pleins pouvoirs et que cela donne l’obligation de travailler pour le bien commun. Il y a à travailler sur la représentation de l’élu-e : pas un-e chef-fe, mais un représentant et un délégué. Cela peut aussi se faire en lien avec les pratiques explicitées de fonctionnements horizontaux des structures syndicales, associatives, politiques et un projet pour une République sociale. Évidemment en lien avec la démonstration rationnelle de la nocivité de ces contre-réformes. Encore faut-il une campagne d’opinion qui donne les armes du combat social.

 

Une éducation populaire insuffisante

 

Les organisations syndicales ont-elles fait le maximum dans ce domaine ? Localement et parfois unitairement, oui. Sur l’ensemble du territoire, sans doute très insuffisamment. Parler d’éducation populaire, c’est non seulement faire de la formation syndicale des adhérent-e-s et des salarié-e-s dans les entreprises, mais c’est aussi organiser des réunions dans les quartiers populaires (dans les facs etc.) pour essayer de toucher les parties du salariat qui sont en dehors du syndicalisme (TPE, précaires etc.). La classe bourgeoise dispose des principaux relais médiatiques. Les « réseaux sociaux » ne suffisent pas à toucher les plus exploité-e-s. Rien ne remplace l’échange direct, les exemples concrets pour faire prendre conscience de la gravité et de la violence des contre-réformes Macron. Deux exemples de croyances4 à déconstruire : ces « réformes seraient un mal nécessaire » et « les référendums d’entreprises seraient une bonne idée ».

 

Toutes les politiques qui ont été demandées par le Medef n’ont pas fait reculer le chômage :

 

 

– Quel recul du chômage grâce aux ENCA (emplois nouveaux à contraintes allégées) de 1986 demandés par Yvon Gattaz (père de l’actuel Gattaz du Medef) ?

 

– Qui se souvient des accords de branches de Fillon en 2004 ? Du « Nouveau pacte pour l’emploi » de Borloo en 2005 ?

 

 

– Doit-on rappeler le bouclier fiscal de Sarkozy ainsi que sa baisse de l’impôt sur la grande fortune, sans compter les allègements des cotisations sociales en 2007 ?

 

– Sans oublier le CDD « à objet défini » – ancêtre du contrat de chantier de Macron – de Sarkozy en 2008 ?

 

 

– Des mesures Rebsamen en 2015, avec réduction des instances représentatives, allègement de la loi sur la pénibilité, doublement de la durée des CDD, etc.

 

 

– Enfin la loi El Khomri avec la négociation au niveau de l’entreprise pour le temps de travail etc.

 

– Faut-il parler du CICE, du Pacte de responsabilité et du million d’emplois promis par le fils Gattaz ?

 

En Allemagne, les accords Hartz qui sont dans la même veine, ont surtout augmenté la précarité et le nombre de travailleurs pauvres.

 

« En Argentine et au Brésil, la réforme du Code du travail est la copie conforme de celle qu’on nous présente en France. Avec un objectif, la baisse du coût du travail pour des salariés payés, en moyenne, quatre fois moins que chez nous. »

Phillipe Martinez, secrétaire général de la CGT, L’Humanité du 9 novembre 2017.

 

 

Donc le prétexte de la compétitivité en France est un leurre, puisque des salarié-e-s payé-e-s 4 fois moins cher sont quand même attaqué-e-s dans leurs droits. En clair, le capitalisme actionnarial ne s’arrêtera jamais de lui-même dans sa recherche de la baisse du coût du travail et de l’augmentation des dividendes versés aux actionnaires.

 

Les référendums d’entreprise sont initiés par les patrons, la question posée aussi. Elle ressemble souvent à un chantage à l’emploi. Le choix est entre accepter des reculs sociaux ou la fermeture de l’entreprise. C’est ce qu’on appelle « voter avec le pistolet sur la tempe »…

 

L’unité ne se décrète pas, elle se construit… ou pas

 

Souvent le reproche est fait aux syndicalistes qu’il y aurait trop de syndicats5. Il y aurait des progrès à faire sans doute. Mais en prenant en compte le réel. Aujourd’hui, il y a des désaccords majeurs entre l’axe CGT/Solidaires/FSU et l’axe CFDT. Les uns combattent le libéralisme tout en développant des axes de transformation sociale (CGT/Solidaires/FSU), les autres s’en accommodent très bien (CFDT). La situation de FO étant flottante (contre le libéralisme, mais pour le statu quo).

 

L’unité incantatoire se fait au prix de contenus revendicatifs pauvres et de mobilisations sans cesse freinées. Il suffit de se rappeler la position de la CFDT après la mobilisation unitaire et encourageante de la fonction publique du 10 octobre 2017 : on ne parle pas des ordonnances Macron, on se revoit le 24 octobre, pour finalement s’opposer à toute mobilisation. En effet la CFDT trouve des points positifs aux ordonnances Macron. Cette direction confédérale trouve toujours un os à ronger dans les projets gouvernementaux (des places symboliques dans les conseils d’administration)… Sans doute est-ce surtout une place de premier de la classe qu’elle cherche. Pas certain que le capitalisme financier ait besoin de la CFDT, tant il se sent tout puissant.

 

L’axe CGT/FSU/Solidaires a la responsabilité d’impulser les initiatives de façon unitaire envers les salarié-e-s. Cela peut faire bouger les choses au sein de FO, et même dans certains secteurs CFDT, UNSA, CFTC, CGC… Pour autant, il y a encore un bout de chemin à faire pour que le patriotisme d’appareil soit relégué au placard. Là encore, parlons de ce qui fonctionne : les stages intersyndicaux CGT/FSU/Solidaires femmes6organisés depuis 20 ans devraient inspirer d’autres initiatives co-organisées. La convergence de services publics qui localement permet une articulation salarié-e-s/usagers/élus est aussi une dynamique qui mériterait d’être mieux intégrée dans les syndicats et les unions interprofessionnelles. Dans les exemples unitaires ancrés dans le réel et la durée, on peut rappeler l’inter-organisation des retraité-e-s, appelée groupe des 9. Groupe des 9 qui rassemble syndicats (sauf la CFDT) et associations de retraité-e-s. Il faut encore signaler l’intersyndicale anti-FN…

 

Les initiatives unitaires locales doivent également être valorisées, relayées et multipliées au sein des unions départementales. L’unité se fera au « sommet » quand elle sera massive à la base, car c’est bien l’unité des travailleurs dont il est question et non d’unité d’appareils. Mais pour cela il faut construire une pensée professionnelle et interprofessionnelle et des mobilisations partagées dans la durée. Cela va bien au-delà d’un tract et cela prend du temps.

Retrouver le chemin des Jours heureux

 

Au-delà de l’abrogation des textes El Khomri et Macron, cette unité a donc besoin de se construire sur des axes programmatiques unifiants (liste non limitative) :

 

• Des axes transversaux universels : laïcité, féminisme, antiracisme radical, écologie sociale…


• La redistribution des richesses (par les salaires et l’impôt), la réduction du temps de travail avec les embauches correspondantes ;


• Une protection sociale à 100 %7. (100 % pour le remboursement des frais de santé ; 100 % financée par les cotisations sociales, 100 % autogérée par les salarié-e-s via leurs élus syndicaux) ;


• Poser la question de la propriété du travail et des moyens de production, donc de la place des salariés dans la gestion des entreprises. Finalité de la production et du travail ? Propriété d’usage ? Socialisation ? SCOP ? Il semble que des milliers de patrons de PME vont partir à la retraite. Le mouvement syndical revendicatif ne devrait-il pas imposer aux pouvoirs publics d’aider financièrement les projets de reprise construits par les salarié-e-s de ces PME ? L’idée à remettre à l’ordre du jour est que ce sont les salarié-e-s qui produisent la richesse et que donc cette richesse produite doit leur appartenir. Et que les choix de production doivent aussi être débattus avec les salarié-e-s8 ;


• Plus globalement, la question de la politique industrielle en France (en lien avec les questions écologiques et sociales) mériterait d’être envisagée ;


• Quelle réponse à la précarité et au chômage? Une nouvelle branche de la Sécurité sociale qui sur la base d’un financement via des cotisations sociales, garantisse le revenu si l’activité de l’entreprise diminue ? Ou la formation si le/la salarié-e- recherche ou a besoin une nouvelle qualification ?9

 

Voilà des pistes de colloques et de stages intersyndicaux, qui, à l’instar de ceux du féminisme intersyndical, de l’intersyndicale anti-FN ou du mouvement unitaire des retraité-e-s, pourraient être des axes de (re)construction d’un syndicalisme qui ne se contentera pas de s’opposer aux multiples attaques du capitalisme libéral, mais serait à l’offensive et porteur d’espoirs et d’alternatives pour le salariat.

 

1 Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, dans L’Humanité du jeudi 9 novembre 2017 : « On ne lâchera rien sur les ordonnances, votées ou non ».

 

2 Lettre du 27 septembre 2017, Cécile Gondard-Lalanne et Éric Beynel, co-délégués généraux Solidaires national.

 

3 Là encore annoncer une manifestation d’un million de personnes sur les Champs-Élysées, alors qu’aucune rencontre n’a eu lieu, relève plus du coup médiatique que de la construction d’une campagne unitaire.

 

4 Sondage Harris interactive « Les Français et la réforme du Code du travail », 9 octobre 2017.

 

5 Même si c’est croquignolet, quand cela vient d’organisations politiques qui brillent,  comme chacun sait, par leur grand sens de l’unité et de la recomposition… sous leur bannière !

 

6 Lire l’excellent livre Toutes à y gagner. Vingt ans de féminisme intersyndical CGT/FSU/SOLIDAIRES, Éditions Syllepse.

 

 

7 Lire l’incontournable livre d’Olivier Nobile et Bernard Teper Pour en finir avec le trou de la Sécu, repenser la protection sociale au XXIème siècle.

 

 

8 Lire l’excellent livre de Bernard Teper Penser la république sociale pour le XXIème siècle.

 

9 En plus de l’ouvrage de Bernard Teper, on peut aussi lire « En finir avec les luttes défensives » de Bernard Friot dans Le Monde Diplomatique de novembre 2017

Alstom : le dépeçage se confirme

 

par  Laurent Santoire
 
L’Allemand Siemens va mettre la main sur la branche ferroviaire d’Alstom, après que ce dernier avait déjà été dépouillé de son secteur Energie au profit de General Electric. La « souveraineté européenne » vantée par Emmanuel Macron recouvre ainsi une succession d’abandons industriels et technologiques nationaux, dont Laurent Santoire, responsable CGT chez GE-Alstom, précisait les enjeux dans l’édition de Ruptures du 26 octobre. Compte tenu de l’actualité, nous publions ici désormais cette analyse.
Coup de tonnerre industriel : le 26 septembre, un communiqué du Français Alstom et du géant allemand Siemens annonçait le « rapprochement » entre les deux firmes. En réalité, une prise de contrôle du premier par le géant d’outre-Rhin.Déjà, après le rachat de sa branche énergie (fabrication de turbines) par le conglomérat américain General Electric (GE) en 2015, l’activité d’Alstom s’était réduite à sa branche ferroviaire.Le groupe français, qui compta dans ses activités les Chantiers de l’Atlantique, était issu de la Compagnie générale d’électricité (CGE), ex-fleuron industriel et technologique jadis aussi présent dans les télécommunications via Alcatel (vendu au Finlandais Nokia en 2016).
 
Se profile donc un nouveau démantèlement d’une filière industrielle et technologique nationale
 
Se profile donc un nouveau démantèlement d’une filière industrielle et technologique nationale, au sein de laquelle avait été développé notamment l’emblématique TGV. Cependant, l’accord ne sera juridiquement effectif que d’ici douze à dix-huit mois.Plus précisément, le projet prévoit la création d’une entreprise baptisée Siemens-Alstom qui regrouperait l’actuel Alstom (7,3 milliards de chiffre d’affaire, 10 milliards de commandes, 8 500 salariés en France, 3 000 en Allemagne) et la branche ferroviaire de Siemens (7,8 milliards de CA, soit 12 000 salariés outre-Rhin).Siemens va souscrire à une augmentation de capital d’Alstom qui lui sera réservée, ce qui permettra au géant allemand de détenir 50% des actions de la nouvelle firme, et de faire siéger six administrateurs sur onze au Conseil d’administration.Mais pour préserver les apparences, l’actuel PDG d’Alstom restera à la tête de l’entreprise pour quatre ans, et le siège central de celle-ci sera en France. Pendant cette même période, des « garanties » sont données en termes de maintien de l’emploi tant en France qu’en Allemagne – mais pas dans les pays tiers où le groupe est également implanté.Le protocole prévoit également un versement de dividendes exceptionnels pour « consoler » les actionnaires d’Alstom : 8 euros par action, soit un manque à gagner pour la trésorerie de l’entreprise de 1,8 milliard. Pour le groupe Bouygues, actionnaire de référence d’Alstom avec 28,3% des parts, cela représente un pactole de 500 millions d’euros. Plusieurs banques d’affaires ont piloté étroitement l’opération, dont Rothschild pour Alstom.
 
L’opération a été supervisée au plus haut niveau : par l’Elysée et par la chancellerie allemande
 
Lors de la vente d’Alstom Energie à GE en 2015, une clause de l’accord prévoyait la possibilité pour l’Etat français de racheter, à l’échéance d’octobre 2017, une partie des actions détenues par Bouygues et de reprendre ainsi une influence sur l’avenir du groupe français. Bercy n’a pas exercé cette option, ce qui donne implicitement carte blanche à Siemens. Ce renoncement aurait été demandé par Angela Merkel.Car l’opération a été supervisée au plus haut niveau : par l’Elysée et par la chancellerie allemande. Son annonce a été rendue publique le jour même où Emmanuel Macron prononçait un discours solennel consacré à l’avenir de l’UE, et vantait en particulier l’objectif de « souveraineté européenne » en lieu et place d’une souveraineté nationale qui serait obsolète (lire notre éditorial).
 
Similitudes

Responsable CGT chez Alstom Power System (GE), Laurent Santoire relève les similitudes entre l’opération avec Siemens et avec General Electric, deux ans plus tôt. A commencer par l’habillage trompeur d’une « alliance entre égaux », alors qu’il s’agit avant tout de servir l’appétit des actionnaires au détriment tant de l’emploi que de la maîtrise industrielle et technologique nationale.De même, le syndicaliste pointe aujourd’hui ce que valaient les « assurances » données à l’époque. La direction de la firme américaine avait promis de créer 1 000 emplois nets en France au sein de trois co-entreprises lancées en commun par GE et Alstom dans des domaines des turbines pour centrales nucléaires, des réseaux, ainsi que des turbines hydro-électriques. Or au 1er janvier 2017, relève Laurent Santoire, le solde est déjà de 400 emplois nets supprimés. Et pourrait bien s’alourdir, n’était-ce un tour de passe-passe : l’intégration des effectifs de certains sous-traitants.
 
Les actionnaires du géant américain, pourtant déjà largement profitable, exigent plus de rentabilité
 
Parmi les points « chauds » actuels figure en particulier la co-entreprise GE-Hydro (turbines pour l’hydro-électricité) dont le site historique de Grenoble est occupé par les salariés contre la menace de 350 licenciements (sur 800).C’est que les actionnaires du géant américain, pourtant déjà largement profitable, exigent plus de rentabilité, ce qui passe par une vaste restructuration mondiale, dont les co-entreprises créées en 2015 pourraient faire les frais. GE a l’habitude de récupérer ce qui l’intéresse le plus : la maîtrise, les savoir-faire et les brevets (développés en partie grâce à des financements publics). Mais il ergote désormais sur le prix (pourtant fixé dans le contrat de 2015 : 2,5 milliards d’euros) auquel Alstom a la possibilité de lui revendre ses parts d’ici septembre 2018. Une possibilité que le protocole Siemens-Alstom a transformé en obligation, plaçant ainsi les salariés des co-entreprises en victimes collatérales à la merci de la direction américaine du groupe.
 
« Airbus du ferroviaire » ?

Or, explique le cégétiste, le ferroviaire comme les turbines constituent des filières industrielles nationales essentielles. D’autant que ce ne sont pas les projets d’ampleur qui manquent. La perspective d’équipement des futurs réseaux ferroviaires du « Grand Paris » en est un exemple.Qu’en est-il, dans ces conditions, de l’« Airbus du ferroviaire » vanté par les promoteurs du projet ? Laurent Santoire conteste formellement cette présentation abusive, d’autant que l’actuel Airbus, rappelle-t-il, a tourné le dos à ce qui présida à sa naissance (fin des années 1960) : un projet industriel à l’initiative d’Etats souverains. L’esprit était de mener des coopérations, non pilotées par la rentabilité, s’appuyant sur des entreprises publiques – en France en tout cas. Un tel montage serait aujourd’hui interdit par la Commission européenne.Pour Alstom ferroviaire, les partisans de l’absorption par Siemens mettent par ailleurs en avant l’argument de la concurrence chinoise : deux groupes de ce pays ont récemment fusionné pour former un mastodonte mondial (public, donc non soumis aux exigences de rentabilité, tout en bénéficiant d’un marché intérieur géant captif). Cette nouvelle donne imposerait des regroupements européens… En réalité, une telle assertion anticipe et accompagne un contexte où l’on accepte la libre circulation des marchandises et des capitaux, sans aucune autre règle que celle du libre échange mondial.
 
Pour Laurent Santoire, syndicaliste CGT, la priorité devrait être, aujourd’hui, de réintroduire l’Etat dans le jeu
 
A l’inverse, pour Laurent Santoire, la priorité devrait être, aujourd’hui, de réintroduire l’Etat dans le jeu. En particulier pour le secteur de l’énergie, ce dernier – et non GE – devrait racheter les actions qu’Alstom détient dans les co-entreprises ; et négocier en mettant en avant l’importance de la commande publique, décisive pour les filières concernées.Mais cela nécessite de mobiliser les salariés, et, au-delà, de faire intervenir les citoyens dans ces débats cruciaux pour l’avenir du pays, conclut le syndicaliste.
 

Voir en ligne : Article du périodique Ruptures

À l’occasion de la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien, la FSM exprime sa solidarité durable avec le peuple palestinien.

 

En ce jour symbolique, nous appelons les affiliés et amis de la FSM, tous les syndicats militants du monde, dans chaque pays à exprimer leur solidarité avec la juste lutte du peuple palestinien contre la barbarie de l’occupation israélienne et à mener des actions de solidarité avec le peuple palestinien.

 

L’ONU, l’UE et d’autres organisations internationales ont une grande responsabilité dans la situation inacceptable qui persiste ; en d’autres termes, ils prétendent être justes mais en pratique, ils soutiennent la politique israélienne.

 

La FSM exprime sa solidarité de classe pleine, stable et durable avec le peuple palestinien et sa lutte pour une patrie indépendante. Nous rejetons activement le génocide contre nos frères et sœurs palestiniens perpétré par le gouvernement criminel impérialiste d’Israël.

 

Nous demandons :

 

• La reconnaissance de l’Etat palestinien aux frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale
• La fin des colonies et le retrait de tous les colons qui se sont installés à travers les frontières de 1967.
• La démolition du mur de séparation à Jérusalem.
• Le droit au retour pour tous les réfugiés palestiniens sur la base des résolutions pertinentes de l’ONU
• L’élimination de toute exclusion et discrimination contre les Palestiniens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.
• La libération immédiate des Palestiniens emprisonnés et des autres prisonniers politiques détenus dans les prisons israéliennes.
• Le retrait de l’armée israélienne de tous les territoires occupés de 1967, y compris les hauteurs du Golan et la région de Sheba au sud du Liban.

 

Dans les conditions actuelles, les travailleurs de Palestine doivent renforcer les relations de camaraderie avec la FSM, qui se tient aux côtés du peuple palestinien de 1945 à aujourd’hui. Il est nécessaire de renvoyer des syndicats les dirigeants syndicalistes corrompus qui sont des marionnettes des syndicalistes jaunes, des dirigeants syndicaux corrompus qui volent la sueur des travailleurs palestiniens.

 

La Fédération Syndicale Mondiale a été et sera du côté des Palestiniens jusqu’à la victoire finale. L’internationalisme de la FSM n’est pas à vendre et ne peut donc pas être acheté.

 

Vive la lutte du peuple palestinien !

 

Le Secrétariat

29 Nov 2017

»» http://www.wftucentral.org/declaration-de-la-fsm-a-loccasion-de-la-jou...
URL de cet article 32619 

Internationalement, ou en est la CGT ?

 

Une analyse de Jean-Pierre Page

 

par  Jean-Pierre Page
 

I - Un peu d’histoire récente

 

Depuis son congrès de Strasbourg en 2000, la CGT a rejoint les rangs de la Confédération Européenne des syndicats (CES) et ceux de la Confédération Syndicale Internationale (CSI). Cela a entraîné un « recentrage » de son activité internationale en particulier en Europe. C’est là un fait, qui depuis quelques années suscite des interrogations souvent des critiques, dans ses rangs et au-delà !

 

Pendant de nombreuses années l’argument officiel des dirigeants de la Confédération fut : adhérer à la CES c’est se donner les moyens d’influencer le syndicalisme européen, et avec d’autres confédérations, rendre celui-ci plus combatif, plus démocratique et indépendant. Toutefois, d’autres dirigeants ajoutaient que l’objectif était aussi, de rendre compatible la CGT avec la conception qui à leurs yeux dominait de manière irréversible le syndicalisme européen et international, c’est-à-dire une vision réformiste des rapports entre le capital et le travail afin de favoriser un prétendu « dialogue social » par la « concertation », la « proposition », la « négociation », le « partenariat ».

 

Enfin les deux démarches se retrouvaient pour affirmer ensemble que la CGT devait rompre avec son isolement. Le secrétaire général de l’époque allant jusqu’à mettre en garde sur le risque pour la CGT de rejoindre le « dernier carré » des organisations syndicales en Europe et dans le monde appartenant à une vision obsolète, dorénavant en voie de disparition, celle d’avant la chute du mur de Berlin. Donc, point de salut, hors la conversion !

 

C’est avec cet état d’esprit que furent conduites les négociations avec les partenaires syndicaux de la CGT. Selon les règles de vie de la CES il fallait préalablement à l’affiliation lever l’opposition systématique de la CFDT. Selon un rapport de Nicole Notat devant les dirigeants de la CES, l’adhésion de la CGT était alors prématurée. Elle prenait en compte les évolutions récentes sur la construction européenne, mais elle ajoutait que la CGT n’avait pas totalement rompu avec un syndicalisme de contestation et de confrontation, ce qui était à ses yeux en contradiction flagrante avec les valeurs du syndicalisme européen.

 

Bien que la quasi-totalité des confédérations syndicales en Europe soutenait l’affiliation de la CGT, le blocage persistait. Pour sortir de cette situation, il fallait parvenir à un nécessaire « aggiornamento ».

 

Celui-ci exigeait de faire des compromis, accélérer une mutation déjà en marche depuis des années. Commodément, ceci fut fait au nom d’un nouveau concept, celui du « syndicalisme rassemblé » qu’on s’empressa d’adopter et que l’on continue à défendre bec et ongles malgré l’évidence de son échec. Aujourd’hui cette obstination dont certains font preuve n’est pas sans risques pour l’unité et la cohésion de la CGT.

 

Cette révision doctrinale impliquait une réorientation des activités internationales de la CGT, une approche différente des enjeux européens, une normalisation des relations avec la centrale de Nicole Notat, une révision des fondamentaux qui appartenaient au patrimoine de la CGT comme le rôle déterminant accordé dorénavant à la proposition et à la négociation au détriment de l’action.

 

Ce ralliement fut accepté !

 

Plus tard les mêmes raisons furent invoquées s’agissant de l’affiliation à la CSI. La convergence de la CGT au niveau mondial avec d’autres confédérations allait permettre, disait-on, de réorienter le syndicalisme pour en faire un outil au service de la lutte « contre les excès de la mondialisation ».

 

Avec au début 2000, la nouvelle formule du Forum Social Mondial de Porto Allègre (Brésil), le syndicalisme se rangeait dorénavant aux cotés d’ONG et de la société dite civile pour défendre l’idée d’une altermondialisation succédant de manière plus « constructive » à l’antimondialisation des débuts.

 

Cela semblait si convaincant qu’on ajouta également que l’hypothèque FSM avait été définitivement levée avec la chute de l’URSS. L’unité était dorénavant en marche puisqu’elle s’appuyait sur une nouvelle organisation internationale : la CSI, résultat d’un mariage entre la Confédération Internationale des Syndicats Libres (CISL) et une organisation confessionnelle : la Confédération Mondiale du Travail (CMT). On fit le choix d’y adhérer, en limitant à sa plus juste expression la consultation démocratique dans la CGT.

 

Faisant suite au départ de la FSM en 1995, les affiliations de la CGT à la CES puis à la CSI allaient constituer et confirmer une évolution. Un saut « qualitatif » pour certains ? Non, une « rupture » !

 

Cela entraîna immédiatement une prise de distance avec de nombreuses organisations syndicales dans le monde et également un divorce sans consentement mutuel avec la FSM. Ceci était en contradiction avec les décisions du 45ème congrès de 1995 et rendait bien dérisoire l’argument selon lequel la CGT aurait été isolée internationalement, puisque dorénavant, elle allait établir des critères de sélection dans ses contacts internationaux.

 

Avec les décisions du congrès de Strasbourg, s’imposait dorénavant le cadre très sélectif, vertical des orientations et décisions de la CES et de la CSI dans les relations bilatérales et multilatérales ; elles allaient progressivement conduire à une mise en conformité de la CGT. Celle-ci renonçait ainsi à son indépendance de jugement et d’action.

 

Le département international fut réorganisé en conséquence ! Sa dimension militante abandonnée au bénéfice d’une bureaucratisation, d’une institutionnalisation sur le modèle syndical européen. Cette prétendue « professionnalisation » avec la multiplication des collaborateurs n’ayant qu’une vague idée de ce que représentait le syndicalisme CGT dans les entreprises devint la règle. Ces derniers ont ainsi appris à faire preuve d’absence de sens critique, d’allégeance, d’un apriori politique et idéologique conforme à la vulgate de la CES/CSI.

 

Les activités en Europe et dans les institutions prirent le pas sur une approche globale, transversale, militante en phase avec les besoins de la CGT dans les entreprises. Le groupe de recherche international de l’ISERES fut abandonné. Autant préciser que cette normalisation conforme aux pratiques de la CES/CSI augurait de ce qu’allait être les « 20 ans qui changèrent la CGT » dans ses engagements internationaux.

 

Ce changement d’orientation opéré par le Congrès de Strasbourg au sujet des affiliations internationales et européennes était cohérent avec l’évolution des statuts marqués entre autres par l’abandon de l’objectif de « la socialisation des moyens de production et d’échange ». On peut ajouter que cette transformation avait déjà été engagée bien avant ; en fait dès le Congrès Confédéral de Grenoble fin 1978 dont se revendiquait la nouvelle direction de la CGT élue à Strasbourg.

 

Dans les rangs de la CGT ceci ne fut pas toujours perçu comme tel et fut même largement sous- estimé quant aux conséquences que ces orientations allaient entraîner. De plus avec l’élection d’un nouveau secrétaire général le congrès de Strasbourg allait masquer et occulter opportunément des changements beaucoup plus essentiels.

 

Presque 20 ans après, le bilan de ces décisions est accablant au point que de nombreux militants et syndicats se demandent si c’est la CGT qui a influencé l’évolution de la CES et de la CSI, ou si ce ne serait pas l’inverse. Le développement chaotique de la situation revendicative en France et en Europe, les débats que cela suscite au sein du syndicalisme en général et dans la CGT en particulier semblent confirmer ce constat.

 

Cette métamorphose de la CGT à conduit à mettre en cause progressivement ce qui avait caractérisé pendant près d’un siècle les principes sur lesquels s’étaient construites son identité, sa légitimité et son utilité. C’est-à-dire son analyse et sa solidarité de classe au plan international, son combat unitaire pour une rénovation des orientations et des pratiques du syndicalisme en France et dans le monde. En bref tout ce qui avait fait de la CGT la première organisation syndicale française et un repère pour de nombreux syndicats dans bien des pays. En France comme à l’étranger, son image de marque s’en est trouvé déstabilisée. Pour toute chose, il y a un prix à payer, celui de la CGT est élevé.

II - Aujourd’hui où en est on ?

 

Face a cette mutation préoccupante, il faut se féliciter que des résistances s’expriment et se manifestent de plus en plus fréquemment dans la CGT. Ce fut le cas avec la décision courageuse du Comité Confédéral National de rejeter le projet de constitution européenne que la direction confédérale avec la CES souhaitait approuver. C’est le cas également en maintenant ou en établissant des relations syndicales internationales que, par ailleurs, le département international désapprouve en particulier avec la FSM, ou le syndicat PAME en Grèce. C’est encore le cas en soutenant la campagne BDS de boycott d’Israël. On se souviendra qu’un secrétaire général de la CGT avait été reçu avec tous les égards par une officine du lobby sioniste en France et que la Confédération continue à défendre une approche sélective du boycott, contrairement à ce qui fut fait aux temps de l’apartheid en Afrique du Sud.

 

Si ces exemples sont encourageants et si leur multiplication devrait faire réfléchir, l’immobilisme et l’aveuglement continue à déterminer les comportements de nombreux dirigeants, perpétuellement sur la défensive dès que l’on aborde le sujet international. Ainsi sur proposition du bureau confédéral, le CCN de novembre 2017 a repoussé l’examen de ce sujet à une date ultérieure. Comment s’étonner dans ces conditions qu’a tous les niveaux de l’organisation, à commencer par les syndicats d’entreprise, on s’interroge de plus en plus fréquemment : « Mais qu’est-ce que notre CGT est partie faire et continue à faire dans cette galère du syndicalisme réformiste ».

 

En fait apparait de plus en plus nettement, l’impasse stratégique dans laquelle se trouve aujourd’hui le syndicalisme européen incarné par la CES, son institutionnalisation, sa bureaucratisation, son mutisme face au développement de l’action revendicative, la montre pour ce qu’elle est en définitive : une roue de secours, une justification sociale et finalement un rouage de l’Union européenne. C’est un constat que chacun peut faire ! Le problème pour de nombreux militants c’est que cette conception « aseptisée » du syndicalisme version CES, a quelque chose de contagieux et d’inquiétant pour l’avenir du syndicalisme en général et de la CGT en particulier !

 

Une opinion identique s’exprime s’agissant de la CSI, internationalement incapable d’affronter et donc de confronter les conséquences désastreuses de la mondialisation capitaliste et les projets de domination impérialiste. Sa lecture de la crise accompagne à l’identique les thèses sur la fatalité de celle-ci. Les exemples de sa capitulation sont légions.

 

Jamais les inégalités de développement n’ont été si importantes, jamais les risques de guerre, et même de 3ème guerre mondiale n’ont été si élevés. Malgré cela, la CSI s’aligne avec zèle sur les positions des gouvernements occidentaux, de l’OTAN et des institutions financières internationales sous leadership US.

 

Faire ce constat n’a rien de polémique, il s’agit de faits. On dit que les faits sont têtus alors pourquoi faudrait il faire comme s’ils n’existaient pas !

 

Par conséquent, on ne peut éluder plus longtemps la question qui se pose avec acuité, dans la CGT, mais à laquelle les dirigeants refusent de répondre ! Celle de savoir si le moment n’est-il pas venu pour les organisations et les militants de procéder à une évaluation lucide et critique de cette mutation engagée par la CGT depuis des années, au plan européen et international comme d’ailleurs dans d’autres domaines.

 

Dans ce cadre ne faut-il pas se poser également la question de savoir si aujourd’hui les affiliations à la CES et la CSI sont pertinentes et si d’ailleurs à travers l’expérience concrète, elles ne l’ont jamais été. Au 51ème congrès Confédéral de 2016 à Marseille, des délégués avaient souhaité en débattre, certains avaient proposé des amendements aux documents adoptés. Tout cela fut vain et classé sans suite. Pourquoi ? Les réponses à ces questions ne pourront être éternellement différées !

 

La période est inédite ! Les politiques régressives de l’Union européenne mettent en cause brutalement l’idée même de progrès social. Le couple Merkel/Macron pousse les feux de l’intégration au détriment de la souveraineté des états ; c’est le cas dans tous les domaines, en particulier ces derniers temps en matière de défense et de sécurité. Le mouvement syndical et donc la CGT se devraient de réfléchir et agir pour confronter les causes autant que les conséquences de ces orientations réactionnaires. Ce n’est malheureusement pas le cas, comme l’illustrent les initiatives de la CES au sommet très symbolique de Göteborg « pour les emplois et une croissance équitable ». On y verra comme toujours « la montagne accoucher d’une souris », et les syndicalistes pérorer aux côtés des Ministres du travail de l’UE. Il suffit de consulter le programme syndical de ce "sommet" pour s’en convaincre. La commission de Bruxelles et le patronat peuvent dormir tranquille.

 

La CGT peut-elle continuer à soutenir de telles orientations et pratiques, poursuivre dans la voie de ce syndicalisme institutionnalisé coupé des réalités ?

 

A l’inverse de cette démarche mortifère, le besoin d’élargissement et de coordination des luttes en France, en Europe et dans le monde devrait s’imposer comme une nécessité. Il importe pour la CGT d’y contribuer, d’en débattre dans ses propres rangs et au-delà, de prendre des initiatives avec toutes les forces qui sont disponibles. Pour ces raisons elle se doit d’orienter autrement son activité internationale, de telle manière à être partie prenante de la construction d’un mouvement revendicatif à l’échelle européenne et mondiale.

 

Elle doit le faire en fonction des besoins de justice sociale qu’expriment les travailleurs. Ceci implique de lutter de manière plus radicale pour résister et prendre le contre-pied des orientations dictées par le Capital. Cela ne peut se faire sans un programme, sans objectifs, sans une stratégie clairement anticapitaliste et anti-impérialiste. Or, c’est bien ceci qui fait défaut !

 

Pour progresser dans cette voie, il faut une analyse de classe, permanente et pertinente du contexte comme des tendances qui le caractérisent en France, en Europe comme dans le monde. Ceci exige de bannir la superficialité dans les analyses, les commentaires approximatifs vis-à-vis des objectifs des différents protagonistes. Savoir se débarrasser de la rhétorique recasée, mais sans effets véritables sur la réalité. Agir contre l’ignorance et la paresse. Cette tâche devrait être assumée par la direction de la CGT ! Ce n’est pas le cas et loin s’en faut. La lecture des rapports des réunions de la Commission exécutive confédérale comme du CCN ou les déclarations du département international est accablante et en porte témoignage. Cette situation crée de plus en plus d’insatisfaction parmi les militants.

 

Au niveau européen et international, conjuguer nos luttes avec celles d’autres peuples, d’autres travailleurs et syndicats dans une démarche revendicative globale, du particulier au général, de l’entreprise jusqu’à l’échelle mondiale, est un besoin auquel on ne peut se soustraire, à fortiori, du fait même de la mondialisation capitaliste, cause principale des problèmes auxquels se heurtent les travailleurs et les peuples dans le monde.

 

Ce constat implique, une vision. Pour la CGT, elle doit lui être propre, elle doit le faire sans déléguer ses responsabilités à la CES, à la CSI ou à quiconque. Elle doit le faire elle-même, par elle même. Y renoncer la conduirait inévitablement à affaiblir durablement son indépendance, sa crédibilité, son autorité, son influence et sa force organisée.

 

A partir de là, la CGT doit aussi le faire avec tous ceux qui partagent la conviction que rien ne peut se faire sans luttes. Cela suppose donc plus de disponibilité et d’ouverture d’esprit pour échanger, partager, confronter. Cela exige de rejeter l’ostracisme et les idées reçues. Pour y contribuer il est impératif que les adhérents et les militants de la CGT prennent la parole sur tous ces sujets d’importance, débattent et décident eux-mêmes de quelle activité la CGT a besoin en France, en Europe et dans le monde.

 

III - Question de perspectives et de stratégie

 

Les entreprises, les gouvernements, les partis politiques, les syndicats, les ONG et toutes les institutions supranationales ou non, ont des réflexions et des stratégies internationales. Qu’elle est celle de la CGT ? Cette question est importante, non pour des raisons morales, « droit de l’hommistes » ou autres.

 

Soyons lucide, il n’y a ni philanthropie, ni bons sentiments dans les relations internationales, cela est valable pour tout le monde, en tous temps, en tous lieux. Il n’y a que des intérêts de classe. Il en va donc de même pour le mouvement syndical. Pour celui-ci l’activité internationale ne peut être un supplément d’âme, comme on l’explique parfois la main sur le cœur.

 

Elle doit contribuer à la mise en œuvre d’orientations en faveur d’une perspective, celle que décident ses congrès à tous les niveaux de son organisation. Faut-il toutefois encore avoir une perspective. Pour la CGT, cela exige une clarification !

 

Prenons donc la dimension internationale de son activité !

 

Les intérêts géopolitiques des états, le commerce, le contrôle, et le pillage des richesses auxquels certains se livrent, les conditions de leur accès, la maîtrise des corridors maritimes ou terrestres, le soutien aux entreprises transnationales, les communications et les technologies du futur, la sécurité, les conflits asymétriques qui se multiplient, sont autant de sujets qui sont au cœur des préoccupations de chaque État et gouvernement, ce qui détermine les rapports de force, les alliances, les politiques nationales et internationales. Bien évidemment, la France n’échappe pas à cette réalité, à cette façon de voir et de faire. Cela était vrai hier comme puissance coloniale et impériale, cela est le cas tout autant aujourd’hui, en particulier en Afrique ou la France revendique un pré carré.

 

Même vassalisée et atlantiste, la France est une des principales puissances impérialistes, puissance nucléaire, elle est membre du conseil de sécurité de l’ONU. Elle aspire à jouer un rôle de partenaire dans le leadership qu’elle partage avec l’Allemagne en Europe. Cette réalité impose une responsabilité particulière à la CGT. Elle a donc besoin à tous les niveaux de son organisation, d’une analyse, si elle veut jouer un rôle et prétendre à une stratégie syndicale conséquente, susceptible de peser sur les orientations de la France et au-delà, qu’il s’agisse de celles du gouvernement, des institutions supranationales, comme des entreprises, voire des différentes forces politiques.

 

Pour ces raisons en relation avec d’autres organisations en Europe, dans le monde et pas exclusivement syndicales, la CGT doit échanger, partager, s’informer, de façon bilatérale ou multilatérale avec l’objectif que ce travail soit utile à son combat et à celui d’autres. Est ce la démarche qui l’anime aujourd’hui en toutes circonstances ? Rien n’est moins sûr, d’autant que rien n’est jamais neutre et surtout pas dans les différents domaines de l’activité internationale.

 

Ni angélisme, ni idées reçues, ni a priori, la CGT a besoin de tous les éléments d’appréciation pour se déterminer en connaissance de cause. Elle doit le faire à partir de principes, et non à partir de positions de circonstances déterminées par l’air du temps, ou tout simplement par le souci d’être en conformité avec la pensée syndicale dominante. Comme le disait Marx, la « pensée dominante n’est-elle pas celle de la classe dominante ». Il ne croyait pas si bien dire s’agissant de la CES et de la CSI.

 

Ce qui pouvait sembler désuet et « archaïque » au moment de la crise du bloc socialiste, réapparait aujourd’hui avec une vigueur renouvelée. Les tensions sociales et internationales s’aiguisent au point de rappeler la logique mortifère en vigueur avant 1914. Ceci explique le retour du capitalisme vers son « naturel », la guerre de classe contre les pauvres, les travailleurs, les peuples, les États plus faibles. Ceci renvoie à la modernité des conceptions sur lesquels les fondements historiques de la CGT ont été bâtis.

 

Qu’il s’agisse d’enjeux internationaux ou tout simplement nationaux, parfois dans des conditions difficiles, la CGT se doit de prendre parti, donner une opinion et prendre des décisions. Selon les sujets, la manière dont elle le fait peut forcément donner lieu à des débats, et c’est bien normal, mais la CGT peut-elle se dérober ? Tant il est vrai qu’on ne peut assumer des responsabilités tout en restant dans l’expectative, l’arme au pied ou en attendant des jours meilleurs, d’autant qu’ils sont parfaitement hypothétiques.

 

« Dans une barricade il n’y a que deux côtés », toute la question est donc de savoir de quel côté on est ! Ce qui est déterminant et ce qui doit guider la CGT, ce sont chaque fois les intérêts des travailleurs, et ceux de notre peuple.

 

Héritière de la Révolution Française, de Valmy et de la Commune de Paris, toute l’histoire passée de la CGT est fidèle à l’engagement internationaliste. Depuis la 1ère guerre mondiale, la guerre du Rif au milieu des années 1920 ou encore les pages glorieuses de ses combats dans la résistance pour l’Indépendance nationale, ou encore contre le colonialisme, et les guerres impérialistes. Les faits ont démontré qu’il s’agissait là d’un engagement constant dans le but de nouer les solidarités nécessaires et construire les rapports de force internationalement, afin de permettre aux peuples et au nôtre de gagner afin d’ouvrir la voie à une libération des forces du travail contre celles du Capital. C’est cela qui a participé à donner ce caractère singulier, et son identité à la CGT, comme à la reconnaissance internationale qui est la sienne. Il n’est pas sans signification que pendant près d’un demi-siècle, la CGT a porté sur toutes ses banderoles et ses drapeaux le sigle de son appartenance à une organisation internationale : celui de la Fédération Syndicale Mondiale (FSM), dont elle fut co-fondatrice.

 

Mais disent certains camarades, cet internationalisme est-il toujours d’actualité ? Est-il le reflet de ce qu’est devenue la CGT, le mouvement syndical, la société aujourd’hui ? Ne nous attachons-nous pas trop à une vision passéiste ?

 

Si elle continue à revendiquer une analyse de classe, comme vient encore de le faire le secrétaire général de la CGT, celle-ci doit en conséquence être cohérente avec ses positions internationales ! Si elle fait d’autres choix ce qui est son droit, elle doit le dire, mais c’est à ses syndiqués et militants d’en décider.

 

L’internationalisme n’est pas une pétition morale, elle est un trait ou devrait être un trait constitutif d’une conception de la lutte de classes, du sens et de l’orientation donné à un combat comme à l’organisation de celui-ci. Chaque lutte en influence une autre et contribue au succès de toutes. C’est vrai en France, ça l’est tout autant à une toute autre échelle.

 

La solidarité internationale fait partie d’une démarche parce qu’elle vise à rassembler et unir les travailleurs à travers le monde pour leur permettre des rapports de force capables d’influer sur les choix, les décisions. Il s’agit d’un patrimoine qui est commun, qui s’est constitué durant des décennies et qui est partagé avec d’autres forces syndicales. S’agissant de la CGT, c’est là son histoire et tous ses militants en sont comptables !

 

Il est donc nécessaire que la CGT s’inscrive dans cette continuité qui est indispensable au contenu de son action revendicative comme aux valeurs et principes qui sont et qui doivent demeurer les siens.

 

IV - Comment répondre à la mondialisation capitalisme et à la surexploitation ?

 

Partons du contexte pour observer la situation dans laquelle nous sommes à la lumière des luttes du printemps 2016 et de celles de la rentrée 2017 contre la destruction du code de travail. Une évidence s’impose : nous faisons face à la multiplication et à l’accélération de nombreux évènements nationaux, internationaux qui accompagnent une offensive de la classe dominante contre les droits sociaux, précarisant sans limites, mettant en cause les libertés individuelles et collectives. On assiste à une régression sociale, un recul de civilisation qui influence les décisions prises dans tous les domaines. Face à cette offensive, c’est d’une contre-offensive générale qu’il faut parler, à l’échelle nationale, européenne et internationale.


C’est au fond tout le débat actuel dans la CGT entre hésitation, indécision, illusions et esprit d’initiative, volonté et confiance.

 

Cela démontre que nous sommes entrés dans une nouvelle période de l’histoire, une période incertaine marquée par la crise systémique du système capitaliste. Celle-ci est aussi une crise hégémonique, une crise du projet de domination impérialiste, une crise politique qui met en évidence l’absence totale de légitimité du système lui-même. 


Justice sociale ou régression, guerre ou paix, protection et respect de notre environnement, tolérance ou exclusion seront les choix qui vont déterminer le futur de l’humanité. Il y a les risques, il a aussi les possibles, les opportunités. Comment en tenons-nous compte ?

 

Ces événements sont au fond le reflet de l’antagonisme radical qui oppose le capital au travail, les riches aux pauvres, les nations entre elles selon le niveau de leur développement. Ces contradictions loin de s’effacer se sont accrues. Oublier où ignorer cette réalité conduirait à mettre en cause le combat pour nouer les solidarités nécessaires et changer radicalement la société, ce qui est un objectif qui doit demeurer pour une organisation syndicale à fortiori quand elle se revendique de la lutte de classes.

 

La CGT ne saurait-être indifférente à ces bouleversements, elle ne saurait observer passivement les causes des conflits, des tensions, des crises, des menaces ou des risques de guerre. Par conséquent, elle doit avec les travailleurs prendre parti au nom de son histoire, de ses convictions et de générations de militants engagés dans la lutte pour la justice sociale, le progrès et la paix. Mais aussi par-dessus tout parce qu’on ne saurait se contenter de l’idée qu’on ne peut faire autrement. Il existe d’autres voies pour répondre aux besoins des travailleurs et des peuples. C’est là le sens d’une cause, d’un idéal d’un combat pour la justice.

 

Jaurès disait « Un peu d’internationalisme éloigne de la patrie, beaucoup y ramène ». Il rappelait également que la nation est « le seul bien des pauvres ». Il nous faut donc prendre en compte, du fait même des abandons de souveraineté auquel se livre Macron, l’Union européenne et les institutions internationales au nom de la « bonne gouvernance », combien la défense du cadre national reste plus que jamais une idée fondamentalement progressiste et donc internationaliste.

 

Elle suppose qu’en toutes circonstances ce soit le peuple souverain, qui doit décider de son avenir, assumer son libre choix. C’est donc la responsabilité de chaque syndicat, de chaque militant d’y contribuer. Cela suppose une activité qui privilégie un rapport direct aux travailleurs individuellement et collectivement. On ne soulignera jamais assez le rôle formateur, l’importance de la transmission des connaissances, ou encore la responsabilité pédagogique dont doit faire preuve tout militant ou militante syndical de la CGT. C’est là une responsabilité des plus importantes, en particulier vis-à-vis de la jeunesse.

 

Les journées d’étude organisées par l’UD CGT du Val-de-Marne en mai 2017 en sont un bon exemple, elles mériteraient d’être multipliées, car les moyens mis en œuvre par l’adversaire de classe dans la bataille des idées sont considérables, même si leur contenu est contredit par la réalité concrète. L’exigence pour nous est de nous donner les moyens de faire face avec nos idées, nos analyses, en toutes circonstances, sur tous les sujets et d’abord à l’entreprise.

 

L’hégémonie culturelle de la bourgeoisie, celle du patronat, les positions des organisations syndicales de collaboration de classes doivent être combattues ! Or où en est-on de la bataille syndicale contre les efforts démentiels de l’establishment politico/médiatico/financier ? La complaisance et les arguments défensifs ne peuvent permettre de contrecarrer ce qui est entrepris pour encadrer la pensée et détourner les travailleurs de toute réflexion critique quant à la situation qui est la leur, voir jusqu’à leur interdire d’entendre et lire autre chose.

 

Comme le remarquait déjà le philosophe Paul Nizan en1932 le problème c’est que la bourgeoisie comme classe « doit convaincre qu’elle agit pour le bien de l’humanité et elle doit faire en sorte de le croire elle-même ».

 

Plus la compréhension de nos idées est profonde et plus étroits et directs sont les rapports entre travailleurs et syndicats. C’est vrai sur le lieu de travail, ça l’est également à une toute autre échelle. Qu’on en ait conscience ou non, défendre les droits des autres, c’est aussi défendre les siens, car où qu’elle se situe chaque action menée est de fait convergente avec une autre ! Notre problème, c’est peut-être que l’adversaire de classe lui ne l’ignore pas. Comme le faisait remarquer le milliardaire américain Warren Buffet « la lutte de classes existe, mais depuis 20 ans, c’est nous qui la gagnons ».

 

S’il est légitime et logique de coordonner nos actions à l’échelon professionnel, interprofessionnel, local, départemental ou national, il doit donc en aller de même à l’échelon européen et plus largement international. Nous nous devons de faire partager cette conviction.

 

Mais en est-il toujours ainsi ?

 

Pour que cela soit le cas, les arguments de la CGT ne sauraient être utiles s’ils s’expriment de manière cosmétique à la marge des problèmes. Le combat de la CGT doit être orienté clairement contre les choix, les pratiques, les orientations, les stratégies du Capital, à commencer par celles mises en œuvre dans chaque entreprise, dans notre pays, en Europe ou ailleurs.

 

Voilà pourquoi la meilleure solidarité internationale est celle qui repose d’abord sur l’action dans l’entreprise, sur ce qui est le lieu de travail, car c’est là que se noue la contradiction, là que nait la lutte de classes. C’est donc à partir de là qu’il faut l’articuler avec celles d’autres travailleurs et d’autres forces syndicales ailleurs. C’est Benoit Frachon qui disait avec malice « avant de faire le tour du monde, il faut faire le tour de l’atelier ».

 

Nous sommes des internationalistes, non pas en soit, de manière incantatoire ou pour la forme ! Mais tout simplement parce que nous ne concevons pas le sens de notre combat indépendamment de celui d’autres travailleurs dans le monde et de l’action de leurs syndicats. Leurs victoires, mais aussi leurs défaites sont aussi les nôtres !

 

Or, nous vivons une situation paradoxale. D’une part la mondialisation capitaliste, l’Europe en crise, celle de l’euro et des institutions supranationales écrase les peuples et les inégalités entre riches et pauvres n’ont jamais été si importantes, mais d’autre part jamais autant qu’aujourd’hui l’exigence, le besoin de solidarité entre travailleurs n’a été si fort. Jamais, dans l’histoire de l’humanité, les salariés n’ont été si nombreux, mais jamais les salariés ne se sont autant interrogés sur leurs propres forces. Il y a donc un besoin objectif à se rassembler dans nos différences et sans discriminations pour agir ensemble à une plus vaste échelle.

 

Nous devons par la discussion, la conviction, la disponibilité, l’action, et par l’esprit d’initiative surmonter les obstacles, les incompréhensions, les idées reçues. Nul ne saurait prétendre qu’il a seul la force qui lui permettra de résoudre les problèmes, ou qu’il a les réponses aux défis auxquels nous sommes aujourd’hui tous confrontés.

 

Nous faisons face à un même système, à un même adversaire, à une même logique d’exploitation et de prédation, à de mêmes ambitions de domination. Le rapport des forces dont nous avons besoin exige d’unir sur des objectifs qui rassemblent. C’est là la tache principale et on ne saurait écarter aucune force de ce combat.

 

V - Syndicalisme international, deux visions s’opposent

 

Notre activité internationale exige donc une ouverture d’esprit, une disponibilité, la recherche des connaissances nécessaires, la curiosité, la tolérance et la modestie pour chercher à comprendre et mieux expliquer aux travailleurs dans quel monde nous vivons. Nous devons pour cela apprendre aussi auprès des travailleurs qui par leur travail productif perçoivent souvent mieux les logiques économiques que bien des experts, ou encore que certains syndicalistes de collaboration comme on en trouve à la CES ou la CSI.

 

Ainsi, si nous sommes d’accord pour dire que le mouvement syndical international est divers et si nous avons besoin d’échanger, de partager, d’écouter et d’apprendre les uns des autres, alors nous ne saurions exclure quiconque ! Nous devons le faire dans le respect des positions de chaque organisation, sans jugement péremptoire, ou pire encore en cherchant à les masquer, à les cacher, à les travestir en faisant parfois preuve d’arrogance et de suffisance.

 

Voilà pourquoi dans son activité la CGT se doit d’écarter toutes formes d’ignorance, d’indifférence d’idées reçues, sur ce qu’est la réalité des orientations défendues par chaque syndicat dans le monde. Les succès acquis par certains devraient conduire à faire preuve de modestie et renoncer à toutes formes de condescendance.

 

Concrètement, cela veut dire débattre avec tous sans discriminations, mais aussi sans concessions. Ainsi dans le mouvement syndical international, il existe deux confédérations, internationales la CSI et la FSM, pas une, mais deux. Par ailleurs il y a aussi la CES et d’autres structures régionales pour chaque internationale syndicale. Il existe par ailleurs l’Organisation de l’Unité Syndical Africaine (OUSA), la Confédération internationale des syndicats arabes (CISA), Nuestre America qui en Amérique Latine rassemble des syndicats de différentes affiliations internationales.

 

Il existe également des structures syndicales de groupes en particulier en Europe, de coordinations, professionnelles et interprofessionnelles associés aux centrales internationales ou régionales, des représentations dans les institutions internationales comme celles de l’ONU avec en particulier le BIT, ou l’UNESCO, l’OCDE… d’autres encore comme entre des structures informelles comme celle qui réunit chaque année, la FSM, les syndicats chinois, l’OUSA, la CISA ou encore d’affiliation internationale différente au niveau des BRICS (Brésil, Chine, Russie, Afrique du Sud, Inde).

 

Tout cela représente un potentiel de forces considérable qu’il faut contribuer à mettre en mouvement. C’est une grande responsabilité à laquelle la CGT se doit de contribuer. Cette diversité est une richesse. La force organisée du mouvement syndical qui se compte en centaines de millions d’adhérents à travers le monde, représente près de 45 millions en Europe, 100 millions en Chine. Par ailleurs, ne l’oublions pas, il existe un très grand nombre de confédérations syndicales qui n’ont pas ou ne souhaitent pas avoir d’affiliation internationale, comme par exemple les syndicats chinois, ou d’importantes organisations au Japon, aux Philippines, en Inde pour ne citer que quelques exemples en Asie.

 

Par conséquent, et même en tenant compte de toutes ses limites, l’influence du mouvement syndical dans le monde du travail devrait logiquement et naturellement peser en faveur de la justice sociale, du règlement des conflits, de la paix, des droits de l’homme et du développement.

 

Malheureusement, ce n’est pas le cas ! Pourquoi en est-il ainsi ? C’est là un sujet important qu’il faut clarifier.

 

Comme on pourra le voir à travers la lecture de mon livre « Camarades, je demande la parole », le mouvement syndical international est d’une grande diversité, d’histoires et de pratiques. Historiquement, il est traversé par des débats, il en a toujours été ainsi !

 

Deux visions s’opposent : d’une part ceux qui défendant une conception de luttes de classes et qui inscrivent leur démarche non seulement dans la contestation radicale du système capitaliste, mais dans son éradication pour y substituer une société répondant aux besoins de l’humanité, des peuples, des travailleurs : une société socialiste. D’autre part une conception qui consiste à vouloir accompagner, reformer « en redoublant d’efforts pour gérer la mondialisation » comme l’a déclaré clairement la CES à Rome à l’occasion du 60ème anniversaire du Traité de Rome, ce traité fondateur de l’union européenne. Cette même Union européenne dont toute l’histoire, et la finalité sont d’être au service exclusif du Capital transnational dans une vassalité absolue aux intérêts du pays capitaliste le plus puissant, les USA.

 

En fait presque 30 ans après la chute du mur de Berlin le syndicalisme international reste souvent arc-bouté sur des conceptions politiques et idéologiques héritées du passé. Le cas du soutien inconditionnel de la CES à l’UE, à l’euro, à l’intégration fédérale est significatif de cette dérive de la guerre froide et ce malgré la nocivité et la faillite des institutions bruxelloises.

 

C’est également au niveau international le fait de la CSI dans ses positions sur des conflits en Syrie, Libye en Ukraine ou elle soutient peu ou prou les positions occidentales, également par son hostilité vis à vis de la Chine, de Cuba et de ses syndicats, ou encore par son appui inconditionnel à la Histadrut en Israël, ce syndicat totalement inféodé au pouvoir fascisant de Netanyahu.

 

La CSI par ailleurs développe à partir de ses relais institutionnels une mainmise sur l’OIT, où elle appuie une réforme qui vise à mettre fin au système tripartite d’élaboration des normes et des conventions. Elle entretient des relations incestueuses avec les entreprises transnationales et les institutions financières comme avec les fondations supranationales ou s’élaborent les stratégies de domination capitaliste sur le monde, souvent en accointance avec certains services de renseignements US ou autre. Un exemple en est donné à travers le "Global Labor Institute" basé à Genève. Est-ce par naïveté qu’un ancien secrétaire général de la CGT y prête son concours ?

 

La prétention de la CSI à vouloir incarner une seule vision du syndicalisme international n’a pas varié par rapport à celle de la CISL. Elle poursuit une logique de guerre froide, prélude à des guerres sans fins. Elle est à l’origine des divisions, des exclusions, des jugements de valeur, d’un sectarisme héritage d’une vision nostalgique d’une époque révolue marqué par l’anticommunisme et l’antisoviétisme, une mentalité de guerre froide. Il faut se souvenir que ceci avait conduit la CISL à collaborer étroitement à travers ses structures professionnelles et régionales avec la CIA dans la répression de militants ouvriers par les dictatures militaires en Amérique Latine. Pour s’en convaincre, il faut lire cet excellent livre jamais contredit « Journal d’un agent secret » de Philippe Agee.

 

On attend encore un début d’autocritique de la CSI sur ce passé très chargé de sa matrice CISL. Elle pourtant si prompte à dénoncer de manière sélective les atteintes aux libertés syndicales et aux droits de l’homme.

 

Au détriment de leur indépendance, cette manière de voir n’est pas sans influencer négativement l’activité internationale de nombreux syndicats en cherchant à leur imposer une vision unilatérale. Elles perpétuent surtout au niveau national et international la division syndicale et la dépendance.

 

La CGT en son temps avait fait une critique constructive et sans concessions de cette situation en optant pour une démarche indépendante et des initiatives concrètes en faveur d’un renouveau syndical international. Après que nous ayons quitté la FSM en 1995, cette approche consistait en principe à faire le choix de travailler avec tous sans exclusive.

 

Ainsi en 1995, au 45ème congrès confédéral, plus de 110 organisations de toutes affiliations internationales (CISL, FSM, CMT, CES, OUSA, CISA) ou sans affiliation avaient participé à nos travaux, certaines d’entre elles pour la première fois, comme plusieurs organisations de l’AFL-CIO des Etats-Unis. Cela soulignait l’étendue du réseau des relations internationales qui était devenu celui de la CGT sur tous les continents, rendant bien dérisoire l’argument de certains dirigeants de la CGT sur son isolement.

 

Elle avait ainsi contribué à une réflexion collective sur le besoin de changer en profondeur le contenu de l’action syndicale dans le monde, au sortir de la guerre froide. Cette réflexion a beaucoup aidé la CGT à se déployer et enrichir son activité propre, concrète et indépendante. Elle avait aussi participé à favoriser des attitudes et des comportements plus ouverts, plus disponibles au sein même du syndicalisme international.

 

Cela avait donné lieu à des initiatives concrètes encourageantes, couronnées de succès et riches de perspectives comme à l’occasion du Sommet Social de l’ONU à Copenhague en 1995 ou encore à la conférence du Caire en mai 1996.

 

Malheureusement avant, mais surtout après les années 2000 et notre affiliation à la CES et à la CSI, ce changement stratégique n’a pas permis de poursuivre ce travail ! Pourquoi ? La CGT en a subi un préjudice et avec elle le mouvement syndical international dans son ensemble !

 

Quand on examine avec lucidité la situation présente du mouvement syndical dans le monde, la réalité est contrastée, bien évidemment, il existe des luttes et des succès, il faut les valoriser et s’en féliciter, il existe aussi des défaites et des échecs, il ne faut pas les ignorer. Toutefois, il est évident que dans le même temps les syndicats internationalement sont atones comme paralysés et ne semblent pas capables de donner une impulsion, une autre ampleur à leur action, à la rendre concrète, visible, utile, efficace, à anticiper, à coordonner leurs initiatives non seulement à l’échelon national, mais aussi européen ou international. Posons-nous la question dans nos syndicats, dans les entreprises, sur ce que savent les syndiqués, les travailleurs de ce que font ou ne font pas la CSI, la FSM, la CES ? Connaissent ils déjà l’existence de ces organisations ?

 

Par exemple, nous savons tous que dans le prolongement des lois El Khomri, la Commission de Bruxelles entend appliquer partout ces orientations régressives. Comment alors ne pas s’interroger sur le rôle et l’immobilisme de la CES, son incapacité, voir son refus de mobiliser les travailleurs en Europe, à être un véritable contrepoids. Depuis son congrès de Paris, aucune action n’a été entreprise ! Cela suscite bien naturellement des interrogations dans de nombreux syndicats CGT et au-delà quand à l’utilité et la finalité de cette organisation qui semble se réduire aux entrevues sans suite avec les dirigeants européens et à participer aux commémorations.

 

La seule exception notable, est sa décision de participer aux côtés d’un grand nombre d’organisations à la journée mondiale pour le droit à l’avortement le 28 septembre dernier.

 

Faut-il rester muet quand en 2016, la CES se refuse d’apporter un soutien clair et concret aux luttes engagées par la CGT et FO, et qu’elle fait le choix d’appuyer la CFDT, alors que ces 3 confédérations sont affiliées à la CES et à la CSI. Ou encore qu’elle soutient comme en 2005 le projet de constitution européenne, ou qu’elle caricature la décision des travailleurs Britanniques de quitter l’UE, ou qu’elle admet le principe d’ingérence et d’agression militaire dans le cas de la Syrie ou de la Libye, revendiqué par Bernadette Segol ancienne secrétaire générale de la CES ?

 

Est-ce par impuissance de sa part ou parce que ce sont des choix qui sont le résultat de convictions convergentes avec celles des dirigeants européens, conservateurs ou sociaux démocrates. Enfin n’est-ce pas parce que la CES se comporte comme un appendice de l’UE, qu’en retour celle-ci l’a fait bénéficier de ressources financières à hauteur de 75% de son budget ? Sommes-nous d’accord avec de telles compromissions ? Si oui ceci pourrait expliquer cela, mais si c’est non, pourquoi ne pas le dire clairement et en tirer les conséquences. Et qu’on ne nous dise pas que c’est trop compliqué, cette formule miracle qui permet de ne pas répondre aux questions que l’on vous pose.

 

Bien sûr, il faut prendre les choses telles qu’elles sont, se garder des jugements de valeur, mais il est un fait : ce syndicalisme d’accompagnement, de propositions, de concertations plus que de négociations d’ailleurs, est en échec et finalement dans une impasse pour la simple raison que le dialogue social européen est un leurre.

 

En fait si la CES n’est pas en mesure d’engager des luttes offensives, la raison en est simple ! C’est parce qu’elle n’en a tout simplement pas la volonté, et parce que ce n’est pas le rôle qu’on lui a imparti.

 

Sa fonction est tout autre, elle n’est pas d’être au service de la coordination, des luttes revendicatives en Europe pour arrêter la marche en avant du rouleau compresseur anti-social. Son action consiste à cautionner, en donnant l’apparence de discussions dont le résultat est connu à l’avance. On bavarde le contenu à la marge, ce que la CES appelle pompeusement « un socle européen des droits sociaux renforcés ». En d’autres termes, elle cherche à donner de manière totalement illusoire « un visage humain » à cette Europe du Capital, tout en réaffirmant comme l’a fait Lucas Visentini son secrétaire général, son accord profond avec la vision du Président de la Commission de Bruxelles : Jean-Claude Junker.

 

Il faut prendre connaissance de l’appel du Comité Exécutif de la CES de juin 2017. C’est tellement raisonnable que l’on aura du mal à imaginer le patronat et les dirigeants européens trembler sur leurs bases. Tout est dans la forme et les intentions. La CGT l’a approuvé ? Oui ou non ? Nous avons le droit de le savoir et d’en tirer les conséquences.

 

Par exemple, la Commission européenne se propose de limiter le droit de grève en Europe pour le personnel du trafic aérien, et qui d’autre demain ? Qu’en dit et que fait la CES : rien ! Aujourd’hui partout, se généralisent les atteintes aux libertés syndicales, et même aux libertés tout court, on arrête et on condamne des syndicalistes à des peines de prison, les manifestions et grèves sont réprimées violemment, l’état d’urgence façon Macron est proclamé de façon permanente ? Au point ou la Commission des droits de l’homme de l’ONU vient de signifier à la France que cette législation est contraire aux engagements de l’État français et aux conventions qu’elle a approuvées. Face à cette tendance très inquiétante, la CES demeure interrogative, je la cite : « Cela ne nous inspire pas confiance » ! On ne saurait être plus radical ! L’ONU serait elle plus radicale que la CES ?

 

Voyons les choses en face, certains camarades continuent à voir la CES comme une organisation sur la défensive dont la faiblesse serait son absence de volonté à ne pas confronter une institution à laquelle elle est attachée parce qu’elle incarne l’Europe ! La réalité est malheureusement bien différente. En fait toute l’orientation de la CES, toute sa démarche participe du désarmement des travailleurs, de leur démobilisation de leur intégration et de leur acceptation du système en place, c’est-à-dire une Europe fédérale intégrée et totalement assujettie au Capital financier.

 

Pour la CES, cette Europe là est un horizon indépassable. Un bon exemple ce sont ses congrès d’autosatisfaction qui sont tout sauf des réunions syndicales ! Y débattrait-on sur le comment lutter et s’organiser efficacement ? Non ! Ce sont des tribunes qui font la part belle aux hommes et femmes politiques européens les plus réactionnaires et cela dans un contentement général. Ce fut le cas notamment à Paris pour le congrès de la CES de 2015 avec une pléthore de chefs de gouvernements, de membres de la commission de Bruxelles, de ministres et de François Hollande lui-même.

 

A cette occasion ceci permit au secrétaire général de la CES, Luca Visentini, d’affirmer que « la priorité des syndicats, c’est la négociation, la négociation et encore la négociation » (sic) en préconisant de manière significative : « une nouvelle alliance avec les employeurs les plus intelligents à savoir ceux qui pensent qu’il y a un lien entre la compétitivité et un bon dialogue social » (re sic). La CGT adhère-t-elle oui ou non à cette manière de voir ?

 

D’ailleurs Macron n’a-t-il pas été élu pour mettre en œuvre et si nécessaire à marche forcée, cette nouvelle alliance capital/travail que défend la CES ! Chercher à nier cette évidence, c’est contribuer au piège, à l’impasse dans laquelle on cherche à pousser les travailleurs et leurs syndicats au mépris de leur indépendance.

 

On évoque la défense des revendications et des droits des travailleurs, mais comment ne pas répliquer à ces campagnes de la CES qui ont pour objectif d’intégrer socialement, idéologiquement travailleurs et syndicats à la politique de l’U.E. Elles visent en fait à convaincre sur le caractère indépassable du capitalisme. Pourquoi la CES évite-t-elle de parler d’exploitation de l’homme par l’homme, est-ce devenu choquant à ce point ?

 

Ainsi c’est dans ces conditions avec une rhétorique à toutes épreuves que la CES négocie la flexibilisation du marché du travail, une plus grande liberté donnée aux entreprises, ce qui permet de progresser plus vite vers « une société de pauvres avec emploi succédant à une société de pauvres sans emplois ».

 

Selon les normes de l’ONU, la France compte plus de 10 millions de gens vivant en dessous du seuil de pauvreté, plus de 15 millions en Allemagne, plus de 30% de la population en Grèce, en Espagne selon des données officielles, c’est le cas de 40% de la population infantile. Cette situation tragique devrait inspirer la colère et un esprit de rébellion ! Elle ne suscite chez ces « syndicalistes » que le seul espoir de permettre comme la déclaration de la CES l’indique : « la pleine implication des syndicats et des employeurs dans la mise en œuvre effective d’un "socle" de droits sociaux ».

 

Comme on le voit, 60 ans après le traité de Rome et 25 ans après le Traité de Maastricht on en est toujours à la mise en place du « socle des droits sociaux ». On saluera cet exemple d’opiniâtreté et cette extrême patience du syndicalisme européen.

 

Faut-il ajouter qu’avec cette situation accablante, on comprend mieux pourquoi les moyens financiers accordés au syndicalisme européen par le patronat et les institutions supranationales de Bruxelles ne soient pas sans aider à calmer les ardeurs revendicatives, de nombreux dirigeants syndicaux, si toutefois la CES n’en avait jamais eu.

 

Voyons les choses en face !

 

L’un des obstacles auquel il faut s’attaquer avec résolution et qu’il faudra bien clarifier tôt ou tard, c’est que les luttes sociales dans le monde et en Europe en particulier sont dominées par un mouvement syndical qui entend discuter à la marge des orientations réactionnaires de l’UE ou de celles du G7, et à se taire devant les risques de guerre dans le monde en soutenant les positions des gouvernements impérialistes occidentaux.

 

Or, c’est là une des causes du déficit de luttes de classes, et celui-ci, c’est bien en Europe et dans le premier monde capitaliste qu’il se situe !

 

Comme on l’a vu avec la vague de répression de militants CGT en France ou vis-à-vis du besoin d’élargir la lutte au niveau européen contre la casse du code travail, ce syndicalisme constructif s’est trouvé et continue à être aux abonnés absents. Si l’on prend l’exemple de la Grèce cela est particulièrement éloquent. On aurait du mal à trouver des initiatives et actions de solidarité avec les combatifs travailleurs grecs. Est ce parce que le syndicat GSEE affilié à la CES et à la CSI a capitulé en rase campagne depuis longtemps et que la seule organisation qui est de tous les combats du monde du travail est PAME, affiliée à la FSM ?

 

Malgré toutes les défaites, les reculs, les renoncements et parfois même les trahisons, la CES et la CSI entendent poursuivre avec cette conception qui cherche à affirmer invariablement l’exigence d’un partenariat avec le patronat, les gouvernements, les institutions supranationales ou internationales.

 

Quand dans la CGT allons-nous en faire le bilan ? Mais surtout, quelles conséquences allons-nous en tirer ? De plus en plus nombreux sont les camarades et les syndicats qui considèrent qu’il faut quitter la CES et la CSI, et on leur répond quoi ? Ignorer ces questions comme le fait l’autruche n’a jamais résolu les problèmes.

 

Le contenu du rapport à la commission exécutive du 21 novembre 2017 en est un exemple consternant.


Les débats vigoureux, les réflexions, les propositions du CCN qui avaient précédé quelques jours auparavant ne semblent pas avoir inspiré l’auteur. On assiste dans ce cas à un plaidoyer conformiste et désarmant en faveur de l’Union européenne, un constat bien-pensant qui vise à justifier l’inaction et légitimer l’accompagnement de la CES aux politiques bruxelloises. Ce qui confirme à ceux qui pourraient encore en douter une forme de normalisation des orientations européennes de la CGT, un alignement totalement dépourvu d’esprit critique et d’indépendance.

 

Je veux évoquer un autre aspect qui touche à la vie des syndicats, à leur nature, à leur mission.

 

On assiste à travers le mode d’organisation réformiste à une « professionnalisation » accrue d’un syndicalisme coupé des réalités concrètes du monde du travail. La CGT n’y échappe pas. Depuis 1965, le nombre de secrétaires confédéraux de la CGT est passé de 14 et 33 collaborateurs à aujourd’hui 18 entourés de 145 collaborateurs ! Faut-il ajouter que ces chiffres ne sont pas à jour ! Ceci réduit à peu de chose la représentativité et la crédibilité de ceux qui parlent au nom de la CGT sans expérience concrète de terrain. Le département international de la CGT en est l’exemple saisissant.

 

Cela se fait au détriment de la dimension militante du syndicalisme, comme le montrent les activités de l’organisme ETUI (The European Trade Union Institute) qui forme tout à la fois les cadres pour les institutions européennes et pour les syndicats, favorisant le « pantouflage » du mouvement syndical à la fonction publique européenne aux rémunérations et avantages bien éloignés de la réalité du monde du travail. Ce n’est pas le seul cas, si vous allez aux USA de grandes universités forment depuis de nombreuses années au « métier » de syndicaliste.

 

Enfin comment ne pas constater un décalage saisissant entre la situation personnelle et matérielle de nombreux dirigeants syndicaux de la CES et de la CSI et celle faite aux militants d’entreprise. Pourquoi ne pas pratiquer la transparence sur les rémunérations des dirigeants syndicaux européen tout particulièrement ceux de la CES. Parce que cela susciterait de la colère ?

 

On a même vu voici quelques années des « syndicalistes » comme Bill Jordan ancien secrétaire général de l’ex CISL, devenue la CSI être anobli par la reine d’Angleterre. Il le fut en compagnie d’autres dirigeants de la CISL en responsabilité au BIT, sans que cela ne choque qui que ce soit.

 

La corruption n’arrive pas qu’aux autres. Les réactions salutaires que nous avons connues dans la CGT à ce sujet, pourquoi ne faudrait-il ne pas les encourager ailleurs.

 

Soyons lucide, cette situation s’est aggravée y compris internationalement quand de nombreuses confédérations sont souvent devenues totalement dépendantes d’institutions extérieures, publiques, privées nationales ou supranationales, de grandes entreprises transnationales, de fondations et de leurs financements. Tout cela participe à leur propre affaiblissement. Ainsi, on voit au sein du BIT les organisations syndicales être de plus en plus considérées au même titre que des ONG, et cela, au nom de la représentation de ladite société civile. ONG privilégiées dont personne ne mentionne les sources de financement d’ailleurs. Est-ce que c’est vers cela que doit tendre le mouvement syndical ?

 

Comment cela ne pourrait-il pas poser un sérieux problème d’indépendance, d’existence et d’utilité du syndicalisme. Comme nous le montrons dans notre livre « Camarades, je demande la parole », il est intéressant de noter, autre exemple, comment des Fondations US se comportent à l’égard des syndicats. Ainsi le "National Endowment for Democracy" créé par le président américain Ronald Reagan pour faire comme il le disait lui-même « ce que la CIA ne peut pas faire », à savoir financer dans des proportions importantes de nombreuses organisations syndicales ou pseudo-syndicales dans le monde, principalement affiliées ou liées à la CSI. Plus de 500 millions de dollars pour le seul cas de la Chine. Le "Global Labor Institute" lui s’est spécialisé dans le dévoiement du syndicalisme en Europe de l’Est. On pourrait citer également dans ce cadre la fondation "The Open Society du milliardaire escroc Georges Soros.

 

La CGT l’ignore-t-elle ? Si oui que fait alors le département international ? Serait-elle indifférente à tout cela ? La question se pose !!!

 

Ainsi on a vu le 10 juillet 2016, le bureau confédéral de la CGT décider d’apporter une aide financière de 2000 euros à l’action de "Mémorial", une ONG pour la défense des droits homosexuels-LGBT en Tchétchénie. "Mémorial" est une organisation interdite en Russie, elle est en effet liée à Georges Soros mais est aussi financée par le "NED" et "Freedom House" qui comme l’on sait est aussi une des multiples couvertures de la CIA. Je ne veux en tirer aucune conclusion, mais c’est là une bien étrange compagnie pour la CGT ! Est ce par ignorance des réalités internationales, du rôle joué par certaines ONG dans la mise en œuvre des stratégies géo politiques de l’impérialisme ? Sans doute, mais il serait intéressant d’en savoir plus et plus encore qui est à l’origine de cette proposition !

 

On pourrait compléter à travers le soutien apporté par la CGT au « Mouvement des parapluies » pour la « démocratie » à Hong Kong, qui est un mouvement politique piloté par des fondations US spécialisées dans les « révolutions de couleurs », théorisées par le philosophe américain Gene Sharp. Ou encore aux pseudo syndicalistes chinois soi-disant victimes de la répression, mais dont on ignore qui ils sont, à quel secteur professionnel ils appartiennent et de quelle partie et groupe social de la Chine viennent-ils !

 

Un autre exemple plus récent, est plus significatif encore et sans doute plus inquiétant. Dans ce cas, stupéfiante est cette rencontre entre la CGT et la NUAWE d’Afghanistan présentée comme une première et un événement. Il s’agit en réalité d’un syndicat fantoche non-représentatif des travailleurs, affilié à la CSI, véritable courroie de transmission du gouvernement et de l’ambassade US à Kaboul, associé étroitement au pouvoir du "Jamiat Islamic Party". La délégation était conduite par d’anciens commandants moudjahidin qui ont fait leur classe avec l’aide des Etats-Unis dans la guerre contre les Soviétiques et le régime progressiste afghan. Certains de ces groupes ont donné naissance aux Talibans et par extension à Al Qu’aida. Depuis quelques années ces « syndicalistes » sont devenus plus présentables mais d’un type très particulier, ils sont liés étroitement au gouvernement et au pouvoir mis en place à Kaboul par les USA. L’une de leurs importantes ressources est la location à la CIA de leur hôtel "Arianna" à Kaboul, qui leur rapporte 30.000 dollars US par mois. Les scissions et les divisions au sein de la NUAWE ne cessent de se succéder selon les alliances ou les mésalliances politiques des potentats locaux, très riches par ailleurs.

 

Dans une interview, le Président de la NUAWE qui a rencontré Philippe Martinez ne fait à aucun moment référence au martyr de son peuple, au désastre de l’occupation militaire par les États-Unis et les forces de l’OTAN, à la situation tragique au niveau économique et social. Faut-il rappeler que l’impérialisme US y est toujours dans une impasse, il contrôle 30% du pays et à provoqué en 15 ans la mort de 300.000 personnes dont 43% de civils principalement femmes et enfants. Pas un mot non plus dans ses commentaires sur cet acte de barbarie, ce crime de guerre de Trump qui a fait exploser en Afghanistan, il y a quelques mois, la « mère de toutes les bombes ». Les adhérents de la CGT n’en sauront rien. La CGT, elle, n’en parle pas.

 

Pourtant, le secrétaire général de la CGT dans une intervention à Port-de-Bouc fera référence au fait que jusqu’à Kaboul on soutenait l’action contre la destruction du code du travail en France ! Impensable !

 

Faut-il ajouter que Trump vient d’ailleurs de décider d’envoyer de nouvelles forces, plus de 4.000 soldats qui viennent s’ajouter au 12.000 déjà sur place et aux mercenaires de la société américaine "Black Water" connue pour ses exactions en Irak et ailleurs, ses viols et ses massacres. Dans un commentaire à la Nouvelle Vie Ouvrière, le Président de la NUAWE, Quaderi Maroof, se félicite de l’ingérence internationale conduite par les États-Unis depuis 2001 ; il ajoute même « si Trump à une nouvelle stratégie je garde espoir ! ».

 

N’est-il pas consternant que la CGT et la NVO reçoivent de tels personnages, marionnettes de l’ambassade US à Kaboul !

 

Pour Trump, l’Afghanistan regorge de matières premières d’une valeur estimée à 3 trillions de dollars ; sur le plan géopolitique ce pays tampon entre le Pakistan et l’Iran que Trump menace régulièrement d’agressions, est au cœur de l’Eurasie, non éloigné de la Chine et de la Russie. Cela justifie à ses yeux depuis son élection plus du doublement des actions violentes de l’armée de l’air américaine en Afghanistan : 2.244 interventions pour 1.074 en 2016.

 

Ou le département international de la CGT ignore tout de la situation en Afghanistan, de la géographie, et parle pour ne rien dire, ou alors dans ce cas, c’est bien plus grave. Plus grave encore d’avoir impliqué le secrétaire général de la CGT dans cette mascarade irresponsable, en la présentant de surcroît comme une « première syndicale internationale ».

 

Faut-il faire comme si cette situation préjudiciable pour tous les adhérents de la CGT n’existait pas ! Faut-il donc se taire, renoncer à poser des questions parce qu’elles dérangent, alors qu’elles interrogent de très nombreuses organisations de la CGT.

 

Pour se faire une opinion dans un débat démocratique et prendre des décisions tous ensemble, il faut tout mettre sur la table, avoir tous les éléments qui permettent de juger, d’apprécier d’approuver ou de désapprouver. Cela est valable en toutes circonstances et partout. Rien n’est permanent, tout change, rien n’est figé tout peut évoluer. Nous n’en sommes pas là !

 

Il en va de nos affiliations internationales à la CES et la CSI.

 

Le bilan que nous avons été capables de tirer en son temps pour la FSM nous devrions être capables de le faire en permanence vis-a-vis de toute organisation quelle qu’elle soit, à fortiori si nous sommes adhérents. Nous avons des droits, nous payons même des cotisations, des dirigeants de la CGT siègent dans les organes de la CES ! Le problème est identique s’agissant de la CSI. Il ne saurait y avoir de sujet tabou dans une organisation comme la CGT, pourtant cela semble être le cas !

 

Voyons les choses en face ! Si nous ne sommes pas affiliés pour le plaisir de l’être, comme si nous appartenions à un club, alors que devons-nous faire ? Qu’à la CGT en commun avec la CES et la CSI ? En quoi ces affiliations sont-elles utiles aux luttes qu’elle conduit, d’autant qu’elle ne bénéficie d’aucun soutien à son action ? La CGT appuie-t-elle ces orientations de la CES et de la CSI que j’ai évoquées ? On reconnaîtra par rapport à la CGT, que la CFDT a le mérite de la cohérence, car elle, de manière très claire, n’a aucun problème avec les orientations de ces deux organisations. Ce qui est dans l’ordre des choses.

 

A cette situation, des responsables du département international faisant preuve de litote, expliquent qu’il s’agit de difficultés pour la CES et la CSI à élaborer des positions communes. Cette absence de clarté n’est pas faite pour rassurer.

 

J’ai évoqué longuement la CES et la CSI, parlons maintenant de la FSM, un sujet qui est quasiment devenu tabou dans la CGT.

 

En effet, faut-il ignorer ou feindre d’ignorer l’existence de la FSM parce qu’elle défend des positions anticapitalistes et anti-impérialistes et qu’elle revendique désormais près de 100 millions d’adhérents dans plus de 125 pays ? Son récent congrès de Durban a été un grand succès, elle est dorénavant présidée par un dirigeant de la prestigieuse COSATU d’Afrique du Sud et animée par un secrétaire général bien connu dans son pays, la Grèce, et internationalement, il s’agit de Georges Mavrekos issu de PAME, ce syndicat particulièrement combatif, le seul à la tête des luttes des travailleurs grecs.

 

Devrions-nous taire le fait qu’une importante Fédération de la CGT, celle des industries chimiques a décidé d’adhérer à la FSM, ou encore le syndicat de Paris de la Fédération CGT de l’énergie, et que d’autres importantes organisations de la CGT envisagent de le faire. C’est ce qu’a confirmé le succès de la réunion du 28 octobre 2017 à Paris, où ont participé un nombre inattendu d’organisations de la CGT en présence du secrétaire général de la FSM. 

 

Est-il acceptable de se taire, pire de cacher la solidarité qu’exprime la FSM vis-à-vis des luttes des travailleurs français, alors qu’elle est la seule organisation internationale dans ce cas. C’est pourtant ce que fait délibérément le département international de la CGT.

 

Faut-il ne rien dire sur le fait que d’importantes Confédérations dans le monde ont préféré choisir la FSM plutôt que la CSI, c’est le cas en Afrique, en Asie, en Amérique Latine. On ne saurait écrire ou réécrire l’histoire comme elle nous convient. Doit-on rester avec un train de retard par rapport à cela.

 

Disant cela, je ne cherche pas à démontrer que la FSM serait sans critiques, sans carences, sans faiblesses, ni insuffisances. Mais, il est un fait indiscutable que depuis son congrès de La Havane en 2005, celle-ci s’est profondément renouvelée, transformée en mettant en pratique des réformes que d’ailleurs la CGT avait préconisé dès les années 90. Ses résultats sont incontestables, sa crédibilité a progressé de manière significative. Pour beaucoup de syndicats, cette évolution est observée comme une alternative possible à la crise du syndicalisme international. La FSM compte de nouveau dans le paysage syndical mondial ! Au nom de quoi et de qui faudrait-il le taire dans la CGT ? Que craint-on ?

 

Avons-nous un problème avec le syndicalisme de lutte de classes, celui qui défend des positions critiques vis-à-vis du capitalisme, de l’impérialisme, de l’Europe, de l’euro et qui attache une grande importance à la solidarité internationale de lutte, qui considère l’action revendicative comme le meilleur et seul moyen pour anticiper toute discussion ou négociations en position de force. Ce syndicalisme qu’incarne la FSM a les moyens de progresser sensiblement en influence comme en force organisée, et il ne faudrait pas en parler ?

 

Bien sûr, il est important pour la FSM de disposer d’une stratégie de conquête dans les pays développés particulièrement en Europe où son implantation reste faible. La FSM doit impérativement trouver les moyens de dialoguer et de coopérer pour agir avec toutes les forces syndicales qui se battent résolument. C’est le cas avec les secteurs critiques qui sont disponibles, que l’on trouve dans de nombreuses confédérations, parfois même de manière inattendue. Il ne faut pas craindre de prendre des initiatives permettant de rassembler, d’unir. Cela passe impérativement par des rencontres, des échanges d’expérience. Nous avons tous à apprendre les uns des autres. Il est important que la CGT à tous les niveaux engage ce débat avec la FSM, comme elle doit le faire avec d’autres.

 

La place prise par la FSM et ses affiliés dans l’organisation de la solidarité avec les organisations de la CGT à l’époque du printemps de la colère de 2016 en France sont positifs. Cela fut marqué par le discours du secrétaire général de la FSM à Marseille à une manifestation organisée par la CGT des Bouches-du-Rhône, et eu un important impact.

 

Cela doit encourager à poursuivre dans cette voie en partant des revendications concrètes depuis les entreprises, les branches, les régions, les localités. Aller dans cette voie sans sectarisme ni ostracisme, permettrait d’ouvrir une perspective. C’est ce que fait notamment l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône avec sa conférence internationale des syndicats du pourtour méditerranéen à la mi-décembre 2017. Le secrétaire général de la FSM, invité à cette occasion, a annoncé sa participation comme beaucoup de délégations étrangères d’affiliation internationale différentes. La direction confédérale elle aussi invitée sera-t-elle présente ? Pour l’heure nul ne le sait ?

 

Est-on si certain qu’il y a compatibilité entre les orientations de la CGT et celles du syndicalisme européen CES ou celui incarné au niveau international par la CSI. Qu’en pensent les syndiqués et les militants de la CGT. Ont-ils la parole sur ce sujet ? Sont-ils d’ailleurs informés de ces évolutions.

 

Aujourd’hui dans la CGT quelle analyse faisons-nous de ce qu’est devenu le mouvement syndical international presque 20 ans après la chute du mur de Berlin ? Ne sommes-nous pas encore marqués et effrayés par les stigmates de la guerre froide alors que d’autres ont su les surmonter.

 

Mon constat est sévère mais il reflète une réalité. Cette situation n’est pas sans influencer négativement l’image et la crédibilité qui est celle du syndicalisme dans son ensemble, en particulier dans la jeunesse. Elle constitue un préjudice aux luttes des travailleurs. Ceci n’est donc pas sans risques, quant à son devenir. Cela nous concerne donc directement ! Il faut en parler ! La direction le veut-elle ?

 

Ces différences dans le mouvement syndical international sont parfois très tranchées, elles donnent lieu à des débats y compris dans les rangs de la CGT, il ne faut pas les craindre. Si l’on fait le choix de résister, de passer à l’offensive pour trouver une voie qui rassemble les travailleurs, et qui permette de construire une alternative, nous avons besoin de clarifier tous ces sujets et pour cela, nous avons besoin de l’opinion de tous.

 

La CGT étant affilée à la CES et à la CSI, je ne fais pas ce constat pour culpabiliser, mais doit-on faire comme si cette réalité n’existait pas ? Sommes nous dorénavant condamnés à déléguer nos pouvoirs à des organisations syndicales supranationales dont les caractéristiques principales consistent à faire preuve de mutisme, à fermer les yeux, à refuser de faire les bilans, à renoncer à une lecture objective de l’histoire. La CGT pense-t-elle comme la CES/CSI que l’histoire s’est arrêtée avec la chute du Mur de Berlin ?

 

Faut-il se taire quand l’on sait l’âpreté du combat, la répression et les sacrifices de chaque jour pour un militant syndical en France et dans le monde, quand avec ses camarades, il doit confronter le capital sous toutes ces formes, qu’il s’agisse des sociétés multinationales, des institutions financières, des gouvernements réactionnaires comme celui qui a été mis en place avec l’élection casting de Macron. Ne faut-il pas débattre de toutes ces questions sans interdits ni autocensure, ou faut-il croire nous aussi que l’histoire s’est arrêtée ?

 

De quoi avons-nous besoin comme solidarité internationaliste en Europe et dans le monde pour mener nos combats jusqu’à la victoire, n’est ce pas au fond la seule question qui vaille d’être posée ?

 

C’est justement pourquoi la finalité de notre livre « Camarades, je demande la parole » est justement de contribuer à ce débat d’idées, à la critique constructive et collective en s’écoutant pour partager et pour décider ensemble.

 

Cette opinion que j’exprime ici n’est pas à prendre ou à laisser, nous aurons sans doute entre nous des différences, des désaccords, mais ce qui compte, c’est une même volonté de se comprendre pour agir mieux.

 

Nous ne sommes pas dans l’incantation, ou encore dans la nostalgie d’une période révolue, en fait débattre de tout cela, c’est aussi chercher à comprendre dans le contexte de la mondialisation capitaliste comment trouver les voies permettant au monde du travail de passer à l’offensive avec des syndicats plus forts, plus influents, plus crédibles, avec pour ce qui nous concerne, une CGT à l’initiative.

 

Voilà pourquoi cela suppose de bien apprécier ce que sont les formidables défis que nous avons devant nous. Ces derniers exigent une analyse rigoureuse du rapport des forces afin de situer au juste niveau ce que doit être notre engagement, tout comme le contenu de nos objectifs. Les enjeux sont considérables, notre ambition doit être de se hisser à leurs niveaux pour peser réellement sur le cour des choses.

 

VI - La position internationale de la CGT doit bouger

 

Il est un fait que l’on ne saurait dissocier, l’élection d’Emmanuel Macron de l’analyse que l’on fait de la situation dans le monde, de la crise en Europe, des tensions et conflits internationaux. Tout comme l’arrivée au pouvoir de Donald Trump aux USA l’a montré, celle de Macron est aussi le reflet de la crise profonde que traverse notre société. Le taux d’abstention historique et de votes blancs aux récentes élections en France a mis en évidence que Macron est un président très minoritaire, élu par défaut et non par adhésion, il en va de même du « mouvement » qui le soutient !

 

De ce point de vue, il faut dire clairement que la vision de Macron est de répandre les idées de l’hypercapitalisme à toute l’Europe et au-delà. Il se propose de faire de l’UE un « paradis capitaliste compétitif » comme il le dit lui-même. Il veut avoir les mains libres pour restructurer complètement tout le système socio-économique de notre pays en faveur du capital. Il a pour ambition de renforcer l’ « élite » financière, la structure oligarchique de l’UE dans une perspective fédérale qu’il veut accélérer et permettre aux banquiers d’imposer de brutales mesures d’austérité dans toute l’Europe.

 

Dans le domaine des affaires étrangères et militaires, Macron est un chaud partisan de l’OTAN. Son gouvernement s’alignera donc sur la politique agressive des USA envers la Russie et le Proche-Orient en particulier en Syrie, vis-à-vis de l’Iran dont il met en cause de manière totalement irresponsable la politique de ce pays et sa place au cœur de l’Eurasie.

 

Sans oublier le soutien aux va-t-en guerre d’Arabie Saoudite et d’Israël qui menacent la paix du monde. Ces derniers participent déjà dans la plus totale impunité aux bombardements de masse des peuples yéménites, syriens, irakiens, après avoir contribuer à détruire la Libye devenu maintenant le champ des marchands d’armes et d’esclaves.

 

Nous sommes donc fixés et les atermoiements, les hésitations, les paroles creuses ne sont franchement pas de mise. Face à cette situation nouvelle le syndicalisme est à la croisée des chemins, et va devoir choisir entre subir ou agir, entre compromissions ou confrontation, entre dépendance ou indépendance, entre accompagnement ou contestation, entre renoncement ou transformation. Nous vivons une période de clarification, en quelque sorte nous pourrions dire que tout le monde est au pied du mur, et cela inclue la CGT.

 

Cela vaut pour la crise sociale, la guerre économique, les causes réelles de la menace terroriste, les risque de nouveaux conflits, et même d’une troisième guerre mondiale, de l’environnement comme on le voit avec la décision des Etats-Unis de se retirer de l’accord de Paris sur le climat. Il en va de même quant au devenir et à la crédibilité d’institutions internationales comme l’ONU et l’OIT, seule institution tripartite que beaucoup considèrent comme une forme d’organisation obsolète au même titre que les conventions et normes du travail qui y sont adoptées.

 

Pour ce qui nous concerne et si nous voulons jouer un rôle au plan européen et international cela suppose de soutenir l’idée d’une rénovation du syndicalisme dans un sens plus revendicatif, plus unitaire, plus indépendant et surtout plus démocratique. Pour cela, il faut aider à sortir des lourdeurs paralysantes, des formalismes, des conventions, en nous tournant vers tous ceux qui veulent agir, et cela, sans écarter quiconque ni aucune des questions qui se posent. Tout devrait être mis à plat !

 

VII - Qu’y a-t-il en face de nous ?

 

Le point de départ à partir duquel nous devons nous déterminer pour fixer clairement ce que doit être notre stratégie syndicale internationale, ce n’est pas de s’en tenir aux seules conséquences, mais de bien déterminer les causes qui caractérisent la crise des relations internationale et de ceux qui en assument les responsabilités.

 

Qu’en est-il ?

 

Le monde est devenu synonyme d’instabilité, de confrontations, de conflits sans fins. Nous vivons une crise systémique, c’est-à-dire une crise qui est tout à la fois politique, économique, monétaire, sociale, alimentaire, énergétique, environnementale, morale, institutionnelle, culturelle, civilisationnelle.

 

Cette crise du capitalisme est bien plus dévastatrice que la crise de 1929 et bien plus généralisée, à commencer par les Etats-Unis eux mêmes. Les inégalités de développement sont criantes. Si les pays du Nord concentrent 16% de la population mondiale, ils absorbent 70% des richesses qui sont produites. 85 personnes dans le monde possèdent autant que la moitié la plus pauvre de la planète. Les pays développés dominent l’essentiel de la propriété intellectuelle, 60% des richesses et ressources. Ils contrôlent l’essentiel des recherches dans le domaine des communications, des médias, des bio- technologies, de l’armement, de la sécurité numérique, des sciences du futur.

 

Vis-à-vis des pays du Sud, les gouvernements capitalistes, les sociétés multinationales imposent des politiques de coercition, de racket et de pillage, de mise en concurrence, de délocalisation systématique, de l’usage des zones de non droits que sont les zones franches, sans parler des mal nommés « paradis fiscaux » qui hébergent l’argent des guerres, des marchands d’armes, de la drogue, de la corruption mondialisée. Il est intéressant de noter que le premier voyage à l’étranger de Macron comme président s’est fait dans cette région d’Afrique riche en uranium ou le Premier ministre actuel, à l’époque où il était VRP d’Areva, avait imposé des accords léonins aux gouvernements locaux. Les troupes françaises assurent cet « ordre » au Mali, en Cote d’Ivoire, au Sénégal, au Gabon, au Cameroun, au Niger, au Tchad, en Centre Afrique, à quel prix ? Faut-il s’en accommoder ?

 

Cette suprématie du capitalisme mondialisé n’est autre que l’impérialisme et son leadership est celui des USA. Ces derniers entendent s’imposer partout au besoin par la force avec l’aide du complexe militaro-industriel dont ils sont dépendants. La démocratie, le respect des choix souverains des peuples sont bafoués ! La défense des droits de l’homme est détournée, instrumentalisée pour permettre la mise en œuvre de stratégies de domination. Ainsi en est-il de l’usage fait dorénavant du concept de « responsabilité à protéger » (R2P) pour légitimer les ingérences.

 

En Europe, comme partout ailleurs les peuples ont le sentiment « que ça ne marche pas », que le système est incapable de répondre aux défis de l’humanité. On assiste à la crise même de l’idée européenne, à l’aggravation de l’endettement, à l’avenir incertain de l’euro, aux tensions avec la Russie et la vassalisation de l’UE vis-à-vis des USA qui est illustrée par la signature de l’accord de libre échange Europe-Canada, le CETA, véritable cheval de Troie pour la relance des négociations sur le TAFTA entre les USA et l’UE dont la CSI, la CES et l’AFL-CIO s’accommodent fort bien !

 

Il faudrait compléter ce tableau européen par l’abandon des principes de souveraineté populaire qui sont systématiquement bafoués.

 

D’ailleurs cela est une nouvelle fois illustré par l’exemple récent des Pays-Bas. Contre l’avis de la majorité des citoyens néerlandais consultés par référendum, Bruxelles avec la complicité du gouvernement d’Amsterdam et dans le silence assourdissant de la CES, a imposé la ratification du projet de coopération entre l’UE et l’Ukraine, ce pays aux mains des oligarques corrompus et de bandes nazis. On se souvient qu’après le rejet des Français par référendum, ce fut la même chose avec le projet de traité constitutionnel européen. Après tout, n’est ce pas Jean Claude Juncker Président de la Commission de Bruxelles qui a déclaré « Il ne peut y avoir de choix démocratiques contre les traités européens » !!!.

 

Cette Europe, capitaliste incarne une faillite économique, sociale politique et tout particulièrement un échec démocratique. La monnaie unique, l’euro, en est l’extraordinaire révélateur.

 

Dans ces conditions, quand l’on parle de la menace du populisme en Europe n’est-ce pas pour détourner l’attention des peuples de tout esprit critique. Comme on l’a vu avec les élections en France, le recours à la menace fasciste a constitué un argument politicien et fallacieux, qui a permis un véritable hold-up, une forme de coup d’état.

 

Il faut savoir de quoi l’on parle et se dégager de fantasmes ou d’illusoires dangers pour notre démocratie quand nous sommes par contre face à des menaces bien concrètes et réelles, au plan social et démocratique. C’est le moyen pour le capitalisme d’imposer la domination sur toutes les activités humaines de façon autoritaire et unilatérale, sur les peuples et les individus.

 

Or c’est ce système qui cadenasse les libertés et les droits humains, qui impose la pensée unique et la voix de son Maitre, qui pille les richesses produites par l’homme et la nature que l’on veut imposer. Tout cela au bénéfice d’une oligarchie corrompue, de riches toujours plus riches, celle que l’on appelle le 1%. C’est cela qu’il faut confronter en toute priorité, car la logique de ce système menace l’avenir même de l’humanité, il frappe partout sans distinctions.

 

VII - Contester les choix du capital, du lieu de travail jusqu’au niveau international

 

Si la crise est économique, sociale, politique elle est aussi hégémonique. Le système capitaliste voit sa finalité de plus en plus ouvertement contestée. La domination impérialiste, unilatérale et violente est une agression de plus en plus insupportable. A l’échelle du monde fort heureusement, cet état de fait est de plus en plus ouvertement mis en question. La CGT doit être de ce combat.

 

Parfois dans la confusion et parfois de manière plus organisée. Il est un fait, encourageant que des peuples, des états de plus en plus nombreux cherchent à s’émanciper de la tutelle étouffante des pays occidentaux ou par exemple du dollar dans leurs échanges. Ils prennent des initiatives de coopération dans de nombreux domaines (BRICS, Route de la soie, Forum de Shanghai, ALBA en Amérique Latine, mise en cause du dollar dans les échanges). Pour faire face à la crise ce n’est pas de gestion de la mondialisation capitaliste pour lui donner un visage humain dont il s’agit, ou de résoudre les conflits par les interventions militaires et les ingérences, mais d’agir pour promouvoir une autre logique d’autres choix de société, fondée sûr la réponse aux besoins, en s’appuyant sur tous ces nouveaux points d’appui, cet état d’esprit nouveau dans les relations internationales qui cherche à se frayer une voie.

 

Dans ce cadre, le combat pour la paix mériterait une autre prise en compte par le mouvement syndical, tout comme par ailleurs celui du drame des réfugiés. De ce point de vue et c’est un bon exemple, la victoire des travailleurs immigrés de Rungis avec la mobilisation de la CGT, c’est aussi la victoire de la solidarité internationale de classe. « Français, immigrés, même patron même combat » comme nous disions et devons continuer à le dire.

 

Le mouvement syndical international dans son ensemble et dont nous sommes partie prenante se doit de jouer ce rôle mobilisateur. Comment ?

 

En prenant position clairement et en répondant !

 

Faut-il considérer la mondialisation capitaliste comme un mal nécessaire et chercher à l’humaniser, à la réguler dans le cadre de ce que les employeurs et les gouvernements décident ? Où s’agit-il de contester les choix du capital, de mettre en question la propriété et les pouvoirs de décision, du lieu de travail jusqu’au niveau de l’état ?

 

Si la lutte des classes est internationale et si toutes les luttes s’épaulent les unes les autres, il faut bien admettre que les centres de décisions se situent dans les pays occidentaux étant entendus que l’Europe en crise fait figure de vassal et non de contre poids. C’est là que le combat est décisif, mais c’est là aussi où il faut bien constater comme je l’ai dit un déficit de luttes syndicales.

 

Fort heureusement il y a des actions, mais aussi un manque à gagner évident qui pénalise non seulement les travailleurs en Europe, mais tous les travailleurs internationalement. Comment mettons-nous cela en débat à tous les niveaux, si l’objectif est celui du rapport des forces dont on doit disposer si l’on veut se faire entendre ? On devrait se satisfaire de la rédaction de communiqués ou de manifestations sans lendemains à Göteborg ou ailleurs ? Ce qui compte, c’est la permanence de l’action syndicale, quelles que soient les circonstances, le moment ou les lieux.

 

Le renouveau syndical international appelle plus de débats d’idées, d’échanges de partage. Il faut le faire sans exclusive et par-dessus tout, il faut veiller à l’indépendance de celui-ci tout particulièrement vis-à-vis des forces du capital afin de permettre le développement des luttes et redonner confiance. Le syndicalisme a trop souffert des exclusions, de ce refus de la différence.

 

Dans ce sens, nous avons besoin d’une anticipation autant que d’une articulation de nos actions, du lieu de travail jusqu’au niveau international. Les confédérations nationales, internationales ou régionales, professionnelles ou autres doivent y contribuer par l’initiative. Ne devons-nous pas être exigeant à ce sujet ? Il faut encourager les contacts et la recherche d’actions communes pour faire pression à tous les niveaux.

 

La « période du grain à moudre » est révolue, et tout le monde s’accorde à dire que loin d’une amélioration de la situation nous sommes face à une crise dont la prochaine étape sera de l’avis général plus forte qu’en 2008. Une véritable apocalypse économique et sociale. Tous les observateurs sont d’accord sur ce point. Comment se prépare-t-on à de telles échéances ? Comment va-t-on résister aux menaces de nouveaux conflits dans le monde en Europe, au Proche-Orient, en Afrique, en Asie ?

 

Ce qui doit nous guider est comment trouver les moyens d’être utile à nos luttes quotidiennes. Il ne servirait à rien d’être affilié internationalement si cela ne servait pas nos objectifs. Nous n’avons pas besoin de clubs de discussions, mais d’organisations où se prennent des décisions d’actions et de solidarité.

 

Les syndicats ne vivent pas pour eux-mêmes, mais pour servir des objectifs revendicatifs et les intérêts des travailleurs. N’est-ce pas cette conception qui doit prévaloir dans les actions contre les pratiques des sociétés transnationales, les institutions financières ou encore celles d’organisations internationales comme le FMI, l’OMC, l’OCDE, la Banque Mondiale, comme nous l’avons fait avec succès en son temps contre l’AMI (l’accord multilatéral sur l’investissement).

 

Au fond il s’agit de construire et de multiplier les réseaux, les contre pouvoirs face aux institutions supranationales, aux institutions financières, aux puissances hégémoniques qui s’arrogent le droit de décider pour tout le monde, y compris par la force. Pour être efficace, il faut que l’internationalisme syndical et celui de la CGT se concrétisent en termes d’engagements concrets, de comportements conséquents à partir des réalités nationales auxquelles les travailleurs sont confrontés.

 

L’objectif étant d’affaiblir partout les positions du Capital pour avancer vers des succès globaux. Cela doit se faire à partir du lieu de travail, de l’entreprise. Car en dernière analyse, c’est bien là que le combat de classe est décisif.

 

Jean-Pierre Page


Ancien salarié d’Air France, il a été secrétaire général de l’Union départementale de la CGT du Val-de-Marne (1979-1990), membre de la commission exécutive confédérale de la CGT (1981-2000), responsable du département international de la CGT(1991-2000). Il est l’auteur de plusieurs livres dont « Camarades, je demande la parole ».


Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.    

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Des CDD contrôleurs à la SNCF. Et bientôt des CDD aiguilleurs?

La SNCF, découpée en plusieurs morceaux par les parlementaires socialistes et écologistes sous François Hollande, ne cesse pas de dégraisser ses effectifs. Son but, refiler aux sociétés privées ce qui reste de la nationalisation de la SNCF en 1937 sous l'égide du Front populaire. Sous Emmanuel Macron, ça s'accélère. Et pour cette prochaine vente à la découpe, des embauches temporaires y compris dans des postes de sécurité. Pour l'heure, des CDD seniors pour être contrôleurs dans un train de voyageurs.

Plus qu'un long discours, cette annonce de Manpower pour la SNCF en Lorraine que m'adresse l'un de mes lecteurs:

Manpower Cabinet de Recrutement Lorraine recherche pour son client, acteur du secteur ferroviaire, des Agents de service commercial / Contrôleur itinérant (H/F) dans le cadre d’un contrat à durée déterminée senior* (CDD senior) de 6 mois.

14 postes itinérant à pourvoir dans le un cadre d’interventions sur toutes les lignes Lorraine.
Aptitude sécurité médicale et psychologique obligatoire à valider pour contrat.

Les missions

A bord des trains, vous prenez en charge les opérations de contrôle et de régularisation, l’accueil, l’information et la prise en charge de la clientèle, la gestion des situations perturbées et la prescription des produits et services.
 
Dans ce cadre, vos principales responsabilités sont les suivantes :
 
- Réalise des opérations de présence visibles et rassurantes (sûreté et lutte anti-fraude) dans les trains.
- Informe et prend en charge la clientèle, réalise des opérations de service et d’assistance aux clientèles spécifiques : Personnes à mobilité réduite, groupes…
- Réalise la gestion des correspondances, du flux clients, accueil quai en visibilité clients participe à des opérations ponctuelles ou conjoncturelles (périodes d’affluence).
- Participer à la gestion des moyens à disposition des clients si nécessaire, au replacement des voyageurs dans les transports de substitution, ainsi qu’à l’évaluation de la gestion de la prise en charge
- Promouvoir et vendre des produits et services à bord du train, démarcher les clients et les informer sur les services proposés.
- Vérifier la propreté et le bon fonctionnement des installations à bord.
- Assurer les opérations liées à la sécurité et la sûreté des voyageurs

Base 35 heures par semaine en horaires décalés 2 x 8.

Flexibilité indispensable pour ce poste et permis B exigé :

- peut être amené à travailler du lundi au dimanche (dont jours fériés)
- plage horaire possible entre 4h30 et 22h00.
- découché 2 nuits par semaine

Le profil

De niveau BAC à BAC +2 maximum, dans le domaine du commerce, vous possédez une expérience significative dans le dialogue commercial et la relation client.

Vous êtes éligible au CDD Senior*
Le CDD senior est un contrat à durée déterminée classique or, il s’adresse aux personnes de plus de 57 ans et qui sont inscrites depuis plus de 3 mois à Pôle Emploi (ou qui bénéficient d’un contrat de sécurisation professionnelle (CSP) après un licenciement économique).

Vos qualités relationnelles, votre sens du service client et votre fibre commerciale vous permettent de promouvoir les produits et services complémentaires.
Autonomie et sens des responsabilités sont nécessaires : vous êtes amené à intervenir seul à bord de trains et êtes responsable des opérations de sécurité des circulations ferroviaires.
Capacité d’adaptation, rigueur et bonne gestion du stress sont des qualités indispensables pour ce poste.

Seules les candidatures correspondant aux critères de l'offre seront étudiées.

Allez, merci à qui?

Et qui dit mieux? Peut-être ça bientôt...

Des CDD contrôleurs à la SNCF. Et bientôt des CDD aiguilleurs?

27 novembre 2017

Le gouvernement tenté par une limitation du droit de grève dans les entreprises de Transports publics et ferroviaires ?

 

C'est l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP) qui  sonne la charge contre le droit de grève dans les transports. 
 
Jamais les patrons ne sont favorables au droit de grève. 
 
Depuis la reconnaissance du droit de grève en 1864, le droit de grève a évolué, jusqu'à, en 1950, être accordé aux fonctionnaires civils sur le fondement du préambule de la Constitution de 1946.
 
Mais dès sa reconnaissance en 1964, les contestations et remises en cause du droit de grève se sont multipliées.
 
En 1941 le régime collaborationniste de Vichy interdit la grève.  Les forces armées nazies avaient fait basculer le rapport de forces en faveur des patrons ...
 
Après la libération, force fut de reconnaître que nombre d'ouvriers, de salariés, le syndicat CGT, avaient participé à la résistance contre l'occupant nazi.  Le Parti communiste est puissant.  Il a lui aussi été un des acteurs majeurs de la Résistance.  Les patrons font profil bas, eux qui ont largement trempé dans la collaboration.  Une citation de De Gaulle pour soutenir les réformes sociales du CNR en témoigne : « Pour la France en particulier, où le désastre, la trahison, l’attentisme, ont disqualifié beaucoup de dirigeants et de privilégiés et où les masses profondes du peuple sont, au contraire, restées les plus vaillantes et les plus fidèles, il ne serait pas acceptable que la terrible épreuve laissât debout un régime social et moral qui a joué contre la nation. »  En 1945, le rapport de forces est défavorable au patronat. Le droit de grève est reconnu dans le préambule de la constitution de 1946. 
 
Mais rien n'est jamais acquis, rien n'est durablement conquis dans ce monde capitaliste qu'aucune mesure ne peut "aménagé" ou "moralisé".  Depuis 1957, ce droit ne cesse d'être remis en cause, au nom du "dialogue social", au nom du service public, du droit de circuler ... Jusqu'à instaurer, en 2008 puis 2009, un service minimum dans les écoles, à la SNCF.
 
Cela ne leur suffit plus.L'UFT invoque aujourd'hui "une utilisation abusive du droit de grève" (?) pour remettre en cause le "droit de retrait" et les grèves reconductibles ou illimitées.
 
Il est clair qu'à droite, chez les "ni de droite ni de gauche", dans la seconde droite, on rêve d'aller plus loin.  Le Figaro titre sur les"abus" du droit de grève.  Michelle Alliot-Marie voulait ainsi interdire le droit de grève aux fonctionnaires. Elle le dit tout haut.  Ils sont nombreux à le penser tout bas.  Jamais les patrons ne sont favorables au droit de grève.  S'attaquer à celui-ci peu à peu, en jouant sur les divisions entre salariés, ils savent faire.
 
AC
Les entreprises du transport public veulent la fin des grèves à «durée illimitée»
 

Vincent Vérier| 22 novembre 2017
«Il y a une perte de confiance et les usagers se détournent du transport public», estime un responsable de la FNAUT.LP/ARNAUD DUMONTIER
Vu sur Le Parisien
 
"Abus du droit de grève" disent les patrons des transports "publics".  Oublient-ils que les salariés perdent de lourdes sommes d'argent quand ils font grèves ?  Et qu'un salarié ne fait jamais grève par plaisir mais parce qu'il y est acculé ?
 
Grèves: les opérateurs de transport veulent mettre fin aux abus
 
Un rapport publié mardi par l'Union des transports publics et ferroviaires dénonce certaines pratiques qui découlent du droit de grève et empêchent les entreprises de gérer correctement leur ...
 

 

Il y a quelques années la SNCF était prestataire de service pour RFF (Réseau Ferré de France), ce dernier étant alors propriétaire du réseau ferré français. La SNCF a été déstructurée et une « nouvelle SNCF » est en cours de consolidation. En effet, la SNCF a été divisée en trois entités différentes : 1-SNCF mobilité 2-SNCF réseau 3- Epic de tête. L’ancien propriétaire du réseau ferré français, RFF donc, a été absorbé par l’entité SNCF réseau. Le premier problème se situe dans les conditions dans lesquelles RFF avait été absorbée. En effet, RFF était porteuse d’une dette s’élevant à plus de 50 milliards d’euros qui avait été contractée avec la création des différentes LGV (lignes à grande vitesse). Lors de la restructuration de la SNCF, cette dette n’a pas été effacée puisqu’elle a été répartie dans les trois entités ci-dessus présentées. Pour l’instant, ces trois entités sont englobées dans ce qu’on appelle le GPF (Groupe Public Ferroviaire) qui est lui-même dirigé par un comité central : le CC-GPF. Mais avec le processus de libéralisation nous assistons depuis quelques années à une véritable dérive de notre service public, une dérive qui deviendra de plus en plus insupportable pour les usagers. Le statut « Cheminots » est littéralement vidé de son contenu et les cheminots subissent des pressions psychiques énormes : comme tous les agents du service public.

Pourquoi les différents gouvernements (Gauche ou Droite) veulent-ils en finir avec notre service public ferroviaire ?

 

La réponse à cette question qui est cadrée sur le plan national trouve ses réponses sur le plan international : le national et l’international sont des questions corrélatives. La France est un pays impérialiste doté d’un capital financier (toute-puissance des monopoles, c’est-à-dire des multinationales) particulièrement belliqueux.

 

De plus, la France est intégrée dans l’Union Européenne qui est une coordination de plusieurs impérialismes : l’UE est une machine d’extraction de la plus-value à grande échelle. Comme tous les pays du monde, la nation impérialiste française est dotée d’une force de travail nationale qui est réalisatrice de plus-value, c’est-à-dire du profit capitaliste.

 

Mais la force de travail publique, par exemple les cheminots, les postiers, EDF, la santé, etc., etc., n’est pas une force de travail réalisatrice de profits capitalistes, puisqu’elle exerce une mission de service public : là se situe la démarcation entre la force de travail publique et la force de travail privée.

 

En face du bloc impérialiste européen se dressent d’autres pays impérialistes en consolidation ou en devenir (exemple : la Russie, l’Inde, la Chine, etc., etc.) qui ont la même perspective : augmenter leurs taux de profits capitalistes. Sur le plan international, il y a donc une concurrence entre tous ces pays impérialistes, et cela même s’il existe effectivement une interdépendance entre tous ces pays impérialistes de par la mondialisation des forces productives.

 

Le point nodal de compréhension de ce processus se situe donc dans le lien absolu entre le profit et la force de travail humaine : car il ne peut pas y avoir de profit capitaliste sans qu’il y ait exploitation de la force de travail humaine. Il s’ensuit logiquement qu’il ne pourrait y avoir augmentation du taux de profit capitaliste s’il n’y avait pas, dans le même temps, augmentation de l’exploitation de la force de travail humaine.

 

Le bloc impérialiste européen doit donc trouver une solution pour augmenter son taux de profit capitaliste, ce qui établirait, dans le même temps, un rempart au développement fulgurant des pays impérialistes non européens concurrents. 


La force de travail publique, donc les cheminots, entre autres, est ainsi une réserve de profit capitaliste en devenir : si elle est privatisée, elle pourra alors réaliser du profit capitaliste. Tous les gouvernements, de Gauche comme de Droite, sont les représentants d’un État Français qui est l’État des monopoles, c’est-à-dire un État totalement subordonné aux multinationales : c’est une des caractéristiques fondamentales du stade impérialiste ou capitalisme de monopole.

 

Les différents gouvernements français devaient donc trouver une solution afin d’engager le processus de privatisation de la force de travail publique que sont les cheminots, mais aussi de satisfaire les directives européennes et la politique des monopoles (Multinationales). Cette « nouvelle SNCF » constitue donc l’amorce d’un processus de privatisation qui s’avère une solution pour le capital financier français.

 

La dette qui avait été contractée par RFF a été répartie en trois entités :

 

-  SNCF réseau : 46,2 milliards d’Euros.

-  SNCF mobilité : 8,2 milliards d’Euros.

-  SNCF de tête : 0, 2 milliards d’Euros.

 

Nous pouvons constater que SNCF réseau (ancien RFF donc), à elle seule, a récupéré une grande partie de la dette. Ces trois entités qui sont englobées dans le GPF détiennent toujours l’État comme actionnaire unique, mais un actionnaire qui est en réalité celui des monopoles.

 

Pour ce même État et ses différents gouvernements, cette « nouvelle SNCF » a enclenché un processus d’asphyxie financier afin de déblayer le passage pour les monopoles : Bouygues ou Vinci par exemple dévorent les Chemins de fer à une vitesse « grand V ».

 

En 2019, sera libéralisé le secteur des trains de voyageurs. Mais dans certains secteurs de la SNCF la libéralisation a été effectuée depuis très longtemps : chez SNCF réseau (le secteur des travaux et maintenance) les monopoles comme Bouygues ou Vinci sont déjà très prolifiques ! De là cette dérive de notre service public, une dérive qui ne sera pas résorbée...au contraire...

 

Comment cette dérive de nos chemins de fer se matérialise-t-elle sur le terrain ?

 

La libéralisation a été et est la cause de cette dérive de notre service public ferroviaire représenté par la SNCF. Cette libéralisation émane des directives européennes qui sont des obligations pour les États membres de l’UE.

 

Ces directives obéissent à des ordres très durement imposés aux États et il s’ensuit que la direction de la SNCF est dans l’obligation de les mettre en application : le résultat est que la base travailleuse subit les conséquences de ce processus destructeur. Ce processus de libéralisation est en réalité un processus de marchandisation de notre service public : ils souhaitent que la SNCF sorte du cadre public et devienne une entreprise capitaliste.

 

Prenons un exemple concret avec les travaux d’un changement de rail : lorsqu’un monopole, donc une multinationale (ETF, Bouygues, Vinci, etc....) intervient pour changer un rail, ce même rail devient inévitablement une marchandise comme toutes les autres : sa perspective est conditionnée par le profit et rien d’autre. Mais une marchandise est dotée d’une valeur, c’est-à-dire qu’une marchandise est la cristallisation d’une quantité de travail humaine incorporée en elle-même.

 

Ce qui mesure la quantité de valeur d’une marchandise n’est rien d’autre que le temps de travail socialement nécessaire et réalisé lors de la production de la marchandise (dixit Karl Marx dans Le Capital). Il s’ensuit donc que le rail devenu marchandise ne peut pas échapper à cette règle inhérente au mode de production capitaliste.

 

Les monopoles exploitent des ouvriers qui travaillent dans des conditions atroces (contrats précaires ou pas de contrats, pas de pauses, ordres très durement émis et heures de travail dépassant le cadre légal).

 

Et ces pauvres ouvriers exploités par ces mêmes monopoles n’ont d’autre solution que de subir ces conditions de travail atroces et doivent donc travailler le plus vite possible : c’est ce qu’on appelle la politique de rendement. De plus, les monopoles ne veulent pas former ces ouvriers (réduction des coûts) et il en résulte que ceux-ci n’ont aucune connaissance technique relative à un changement de rail par exemple.

 

Cela engendre des problèmes techniques lors des différents chantiers et il n’est pas rare que les voyageurs subissent le retard de leurs trains du fait que ces chantiers sont très mal gérés.

 

Cette situation s’est réellement produite, dernièrement, à la gare de Bondy en Seine-Saint-Denis. L’entreprise privée qui est une filiale du monopole Vinci, intervenait pour changer un appareil de voie à la gare. Les ouvriers très fatigués de cette entreprise, sans formation, soumis à une pression psychique et physique énorme, travaillaient le plus vite possible donc et ont arraché des câbles et plusieurs défaillances graves se sont accumulées lors de ce même chantier.

 

Finalement, tous les trains du matin ont été arrêtés, car le chantier en retard ne permettait pas la reprise de la circulation des trains. C’est ainsi que les voyageurs s’accumulaient sur le quai de la gare de Bondy à 6h du matin et en milieu de semaine !

 

Les voyageurs étaient alors bloqués sur le quai et on pouvait entendre ces mêmes voyageurs mécontents qui insultaient les cheminots : mais il n’y avait aucun cheminot sur place lors de ce chantier ! Comme la plupart des chantiers actuellement, puisque ce sont les monopoles et leurs filiales qui accaparent les marchés !

 

Les médias du capital affirment que les retards des trains trouvent leurs causes dans les prérogatives des cheminots eux-mêmes, alors que ce sont des monopoles qui interviennent (n’oublions pas que les dirigeants des médias sont mis en place par les dirigeants politiques) ! Cela permet au capital d’influencer l’opinion publique qui devient très hostile aux cheminots !

 

Le cheminot n’est pas soumis à cette logique de profit et il n’est donc pas soumis à un temps de travail particulier. Pour le cheminot (de même pour l’infirmier, le postier, l’agent EDF, etc....) l’important était alors sa mission de service public : il faisait donc primer la qualité du travail sur la quantité de travail.

 

Cette situation révèle donc une contradiction qui présente deux aspects : d’un côté une politique de rendement et de profit, et de l’autre une politique de service public. Notre service public SNCF mettait en avant ces trois mots d’ordre autour desquels gravitait le travail des cheminots :

 

1. Confort.

2. Régularité

3. Sécurité.

 

Alors que les monopoles, actuellement, mettent en pratique un seul mot d’ordre : faites vite car le profit nous attend ! 


Le processus de destruction de notre service public SNCF trouve donc deux points nodaux :

 

1- L’aspect anti-démocratique de l’Union Européenne et sa volonté de transformer cette entreprise publique SNCF en une entreprise capitaliste intégrée dans des spéculations financières et accords de marchés, etc.

 

2- Le processus de libéralisation qui permet le passage aux monopoles.

 

La position de la CGT Cheminots

 

Dans son journal La tribune des Cheminots la CGT Cheminots a pointé du doigt l’aspect anti-démocratique de l’UE et sa volonté de pulvériser notre service public par ce processus de libéralisation.

 

D’ailleurs, dans un article de ce même journal qui traitait de négociations concernant le libre-échange, la CGT Cheminots écrivait : « TTIP (Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement), TAFTA (Transatlantic Free Trade Agreement), GMT (Grand marché transatlantique) sont autant de sigles qui désignent les accords du grand marché transatlantique. Il s’agit d’un texte qui, depuis de nombreux mois maintenant, est « négocié » dans le dos des peuples et traite de la nature des liens qui doivent régir les relations entre l’Europe et les États-Unis. Ce projet de traité menace les services publics et toutes nos règles sociales, environnementales, alimentaires et sanitaires. Son adoption signifierait l’ouverture forcée de nos frontières aux OGM, à la viande clonée et au poulet lavé au chlore, au nom de la libre circulation des marchandises ».

 

Un peu plus loin, dans ce même article, la CGT Cheminots expliquait que : « Les négociations se déroulent à huis clos, sans consultation du public. Les parlements nationaux ne sont même pas informés des détails des textes de négociation de la Commission ». Elle ajoutait : « L’objectif de cette duperie est de redonner du souffle à un capitalisme en crise en créant le plus grand marché mondial de circulation des capitaux et de marchandises et en élargissant le champ de la concurrence au maximum d’activités humaines ».

 

Depuis le début, les militants syndicaux de la CGT Cheminots, leurs sympathisants et les cheminots non syndiqués ont lutté contre la réforme ferroviaire et pour la défense de notre service public. L’obstacle qui avait ralenti le développement de la lutte syndicale et ainsi permis à la réforme ferroviaire et à la libéralisation de passer facilement se situe sur le plan politique.

 

En effet, le syndicalisme de classe est conditionné par des bases politiques fermes. La direction de la CGT est une direction réformiste/opportuniste qui est noyautée par La France Insoumise et PCF/FDG. Ces organisations politiques qui régissent la direction syndicale ne veulent pas en finir avec le mode de production capitaliste et ses monopoles, car elles espèrent en réalité un bel avenir dans le capitalisme.

 

Cela pose un véritable problème aux cheminots, sachant que ce sont justement ces monopoles qui leur retirent le pain de la bouche ! Ceci étant dit, il y a une ligne de démarcation très nette qui doit être effectuée entre la direction CGT (Nationale ou Cheminots) intégrée au système capitaliste et les militants de la CGT Cheminots à la base qui sont dotés d’une véritable volonté révolutionnaire : le problème est qu’ils sont mal orientés.

 

Les militants de la CGT Cheminots sont solides, forts et d’une abnégation féroce. Ce ne sont donc pas les militants de la CGT Cheminots qui posent problème, ni les délégués du personnel d’ailleurs, mais leur direction syndicale. Il y a évidemment des dirigeants intègrent, mais ils ont été isolés par la structure réformiste/opportuniste.

 

Lors de la lutte contre la loi travail, nous avons constaté que les militants et sympathisants de la CGT Cheminots étaient dotés d’une volonté ferme et qu’ils constituaient une base militante sur laquelle les salariés peuvent s’appuyer pour les défendre devant les attaques du patronat. La direction syndicale est une bureaucratie parasite, une aristocratie ouvrière qui espère un bel avenir dans le capital : là est le problème...

 

Les révolutionnaires existent toujours à la CGT Cheminots, mais ils sont isolés et totalement subordonnés à la direction réformiste/opportuniste. La tactique est simple, mais demande de l’abnégation et de la patience, car elle doit s’articuler sur le long terme et prendre appui sur une approche dialectique de la situation objective.

 

Dans un premier temps, il faut une adhésion en masse à la CGT. Ensuite, grâce à une approche dialectique juste et cohérente (parallèlement à un parti révolutionnaire fort), il en découlera une cristallisation de la contradiction fondamentale englobant deux aspects : d’un côté les idées réformistes, et de l’autre les idées révolutionnaires.

 

Ensuite, les idées révolutionnaires prendront inévitablement le dessus sur les idées réformistes. Finalement, les idées révolutionnaires organiseront tous les militants et sympathisants qui récupéreront ainsi leur outil syndical et le redonneront ensuite aux salariés.

 

Non à la destruction de notre service public ! A bas la classe capitaliste !

URL de cet article 32591 

Publié par El Diablo

Ordonnances Macron : Le « CONSEIL D’ENTREPRISE », cette ARME PATRONALE vient d'être aggravée par les députés

Ordonnances Macron : Le « CONSEIL D’ENTREPRISE », cette ARME PATRONALE vient d'être aggravée par les députés

Syndicalistes Debout !

 

Billet d'actualité n°5

Les députés de la droite libérale, le 22 novembre 2017, ont aggravé l’ordonnance n°2017-1386 du 22 septembre 2017 « relative à la nouvelle organisation du dialogue social et économique dans l’entreprise ».
 

Cette ordonnance, qui va devenir loi à la fin du mois, vise à remplacer la représentation syndicale des salariés par « un comité social et économique » dont le nombre de représentants du personnel sera déterminé par décret en Conseil d’État. (Art. L. 2314-1). La fusion ainsi réalisée des DP, CE et CHSCT efface les revendications du personnel au profit du management libéral.
 

L’ordonnance va plus loin : elle crée un « conseil d’entreprise », « compétent pour négocier, conclure et réviser les conventions et accords d’entreprise ou d’établissement…» (Art. L. 2321-1). Ce conseil d’entreprise « peut être institué par accord d’entreprise… Il peut également être constitué par accord de branche étendu pour les entreprises dépourvues de délégué syndical…» (Art. 2321-2).


Cette vieille revendication, aussi ancienne que le Medef, constitue en soi une éradication du fait syndical.

 

Mais c’est sans compter sur l’appétit libéral de la CFDT et les députés du lobby Medef. Ils ont obtenu que les compétences de ce « conseil d’entreprise » ne soient plus limitées à quelques points, mais globales.
 

La disposition restrictive de l’article L. 2321-1., va sauter. Elle excluait des accords du conseil d’entreprise « les accords qui sont soumis à des règles spécifiques de validité…».
 

Chaque « entreprise », dont la définition est à la discrétion du seul patron, va créer un « droit » fait d’accords locaux, ou de simples enregistrements des décisions de l’employeur.
 

Les collèges des délégués vont se réunir pour savoir qui va être exclu du fait de la réduction draconienne du nombre d’élus.
 

Ils devront céder le pas à cette organisation patronale qui n’aura d’oreille que pour la productivité, la réduction de la rémunération du travail et des effectifs salariés.
 

Une réforme ? Non, une contre-révolution. Et il faudrait tourner la page ?
 

voir également le lien ci-dessous: 

 

[jpg] SYNDICALISTES-DEBOUT-5

SYNDICALISME : une histoire de l’institutionnalisation … une réflexion pour aujourd’hui ! 

 

19 Novembre 2017 

Dans cette conférence, Stéphane SIROT décrit l’institutionnalisation comme un processus utilisé par les classes dominantes avec l’objectif principal de domestiquer la classe ouvrière et le mouvement syndical.

 

Très tôt, dès la fin du 19ème siècle !

 

Et où en es-t-on aujourd’hui ?

 

Une réflexion éclairée par l’histoire pour agir et décider maintenant !


Une conférence de Stéphane Sirot à l’Université populaire de Toulouse

 

Stéphane Sirot est historien, spécialiste de l’histoire des grèves et du syndicalisme. Il enseigne l’histoire politique et sociale du XXe siècle à l’Université de Cergy-Pontoise et l’histoire des relations sociales à l’Institut d’administration des entreprises de l’Université de Nantes. Il a donné une conférence sur l’institutionalisation du syndicalisme à l’Université populaire de Toulouse.

Images intégrées 1

« L’institutionnalisation du syndicalisme. Etapes et problèmes »


Le jeudi 26 octobre 2017 l’UD CGT 31 en partenariat avec l’Université Populaire de Toulouse recevait Stéphane Sirot à la Bourse du Travail.

 

Conférence sonore consultable à l’adresse :

 

http://syndicollectif.fr/une-conference-de-stephane-sirot-a-luniversite-populaire-de-toulouse/

 

Contenu synthétique de la conférence

 

Définition, de quoi parle-t-on ?


Premier aspect pour un sociologue : il existe des structures sociales qui sont pérennes, s’inscrivent dans la durée.


De facto les syndicats sont des institutions.


L’autre aspect : l’institution est un instrument de régulation : rôle attribué dans un champ par l’ordre dominant.


Abord à présent de l’institutionnalisation comme processus : reconnaissance du fait syndical par le droit avec 2 grands objectifs : l’intégration des syndicats à leur environnement, leur affiliation à l’ordre dominant (objectif prioritaire) et le second : participation des syndicats à l’organisation et aux besoins de normalisation de la société.


Processus piloté par le droit.


La macro- institutionnalisation ou  institutionnalisation par le haut (ex. négociations nationales inter-professionnelles) ; elle existe dès la fin du 19e.


Plus récemment, une micro- institutionnalisation à l’échelle de l’entreprise pour l’essentiel, surtout depuis 1980.


Loi de 1884 : les 2 attitudes


Loi de décembre 1968 reconnaissance section syndicale dans l’entreprise.


Les lois Auroux de 1982 ont plombé le syndicalisme, bien accueillies au départ (obligation de négocier dans les entreprises destinées à orienter les organisations vers des formes de régulation plus pacifiées);

 

Les 5 objectifs de l’ordre dominant :

 

    • - Transformer les rapports de force en rapports de droit. 

    • - L’assignation à résidence professionnelle des organisations syndicales et donc leur exclusion de l’entre soi du champ politique : il s’agit de circonscrire l’action syndicale à ce qu’on pourrait appeler la spécialisation travail = autonomisation de la sphère travail (les parlementaires des années 1880 discutent de la manière de séparer le champ syndical du champ politique) 
    • - Faire des syndicats ce que Pierre Rosanvallon « des relais et des béquilles de la généralité, cette généralité étant le champ politique = syndicats apparentés à des structures d’accompagnement, de cogestion du système en place en vue d’une auto-régulation partenariale des rapports sociaux. 

      On retrouve ces objectifs avec la loi LARCHER.

On recherche l’association des syndicats aux décisions recherchées par l’ordre dominant .

 

Illustration : le père de Giscard dans les années 50 « la manière la plus efficace c’est de faire comprendre et accepter par les organisations ouvrières la nécessité de cette politique … car il n’y aura pas de meilleur relais au sein du monde ouvrier pour faire accepter la douleur des décisions qu’on voudrait voir prises »

 

  • - Dernier objectif ; affiliation des contre pouvoir aux institutions

L’ordre des institutions est d’une extrême fragilité : il repose avant tout sur des représentation symboliques ; il leur faut le renfort des structures destinées à l’encadrement de la société = mise en place de dispositifs d’amarrage des corps intermédiaires au système en place pour lui assurer sa survie.


C’est pour tout cela qu’à la fin du 19e siècle les républicains légalisent le fait syndical.


Pour sa propre survie la République a besoin de cela (pas encore tout à fait stabilisée).

 

Mise en place des dispositifs en vue de ces objectifs :

 

  • - Légalisation/autorisation
  • - Admission syndicat comme porte-parole d’un collectif pour favoriser processus de négociations à la place de rapports de force (lois sur les conventions collectives)
  • - Mise en place régulation pacifiée via représentation plus solide au sein des entreprises (1917 dans usines de guerre, 1936, 1968 avec reconnaissance section syndicale dans l’entreprise)
  • - Dispositif permettant présence représentants syndicaux dans structures d’état : dès fin 19e siècle en 1890-1891 MILLERAND  et mise en place du Conseil Supérieur du Travail.

EN 1925 le Conseil Economique et Social émane de’une initiative de Léon JOUHAUX = dispositifs de mise en connivence.

 

Colégislation orientée par l’état avec discours sur l’autonomie des partenaires sociaux. Le dialogue social vise à faire participer les syndicats aux décisions douloureuses, pas aux décisions stratégiques.


Exemple les licenciements cogérés.

 

L’institutionnalisation a de puissants effets sur le syndicalisme lui-même :

 

  • Dépolitisation des organisations = prise de distance vis a vis des systèmes de pensée utopique et d’alternatives à imaginer et penser la vie en société

Images intégrées 3

Les dirigeants de la CGT d’avant 14 perçoivent cet écueil : syndicalisme révolutionnaire, GRIFFUELHES, POUGET,  PATOUX pour les électriciens écrivent un livre sur une Révolution fiction : on le fait par ce que si on le fait pas il est sûr que l’on va être absorbé par les logiques qui sont celles de l’adversaire .


POUGET dans ouvrage en 1908 « La CGT » explique cela ; «  le rapport entre l’utopie et le rapport de force constitue une manière d’échapper au seul aménagement apaisé du quotidien dans un cadre défini par les frontières de l’existant, qui si d’autres horizons n’apparaissaient pas, constituerait une adaptation du syndicalisme au milieu capitaliste, voie vers laquelle les pouvoirs publics voudraient voir s’aiguiller les organisations corporatives » 

 

- Péril d’obéissance alors que le syndicalisme se construit comme instrument de transgression de la loi. Comme syndicat on est en train de forger une contre-société.

  • Affiliation du syndicalisme aux institutions (de l’état, des entreprises)

Albert DETRAZ en 1963 de la CFDT dans un colloque met en garde contre installation dans les institutions : développement syndicalisme d’expertise et production d’une forme de distanciation par rapport aux salariés

 

  • - Mise en exil progressif de la pratique gréviste : apprentissage manifeste aujourd’hui (déclaration d’Edmond Maire CFDT)

  • - Déplacement des logiques de légitimation du syndicalisme : légitimation dans les profondeurs du mouvement social contre l’acte électoral (loi de 2008 mise en place avec l’intervention active de B. THIBAULT) : AVANT la loi de 2008 le critère de représentativité c’était leur capacité à mobiliser, à faire adhérer

Images intégrées 2

Au bout de 10 ans très clairement la légitimité, la survie est indéxée sur les résulats électoraux aux élections professionnelles accompagnée donc d’une déconstruction du syndicalisme français construit sur le mandatement impératif, le refus de la démocratie libérale sans recherche d’un adoubement institutionnel délégataire = syndicats machines à assurer des élections 

 

- Dévitalisation des appareils syndicaux alors même qu’ils n’ont jamais été aussi pléthoriques. Le processus d’institutionnalisation  participe de la fabrique d’une espèce d’oligarchie syndicale voire parfois d’ailleurs d’une présidentialisation de la fonction de secrétaire général de confédération qui sont des processus étroitement imbriqués à l’institutionnalisation.

 

  • - Parallèlement gonflement des appareils au niveau des fédérations et des confédérations.
  • Quelques chiffres :

 

Entre fin des années 60 et fin 2000 le nombre de personnes œuvrant au siège des confédérations auraient grosso modo quintuplé à la CGT et multiplié par 6 à la CFDT alors même que le nombre d’adhérents a lui fortement décru.

Images intégrées 4

Au sein de la CFDT le noyau central réuni quelques 3000 permanents qui se répartissent entre les sièges parisien de la confédération, les fédérations, les UR et les UD …


Autre exemple entre 1965 et 11985 le nombre de secrétaires confédéraux de la CGT est passé de 14 + 33 collaborateurs à 18 entourés de 145 collaborateurs .


Collaborateurs qui (c’est la CFDT qui a commencé) qui peuvent être des experts hors syndicalisme (c’est ça aussi l’institutionnalisation).

 

A la CGT qui a ma préférence, j’en fait partie, ce n’est plus l’époque de Krasucki qui lors d’un congrès à la proposition d’embaucher quelqu’un pour la presse confédérale répond : « Mais NON, toi militant tu vas être journaliste ». C’est ça le syndicalisme !


On fabrique par soi-même ce dont on a besoin !

 

  • - Processus qui obère l’autonomie financière
  • - Intégration du vocabulaire dominant

A force d’intégrer les logiques de l’ordre dominant on intègre aussi son vocabulaire, sa manière de s’exprimer, sa manière de penser et à partir des années 80 les termes de dialogue social, partenaires sociaux, concertation qui ne sont pas du vocabulaire syndical MAIS qui le sont devenus !

 

Pourtant, à certains moments les syndicats ont été en capacité d’instrumentaliser l’institutionnalisation … à des moments où ils étaient portés par des mouvements sociaux d’ampleur : exemple, le Front populaire.


But de  l’institutionnalisation : déconstruire la logique de contestation du mouvement social pour la remplacer par une logique d’intégration

 

ORDONNANCES 2017 :

 

On y trouve les 2 aspects, poursuite ou arrêt du processus car le champ d’institutionnalisation du syndicalisme se réduit lui aussi avec ces ordonnances en recherchant d’autres interventions pour assurer la défense du monde du travail si on ne peut plus le faire via des structures dont on dénie désormais l’existence  comme le CHSCT .

La formation et la carrière des représentants formés par des universités …


Le syndicalisme envisagé comme une carrière professionnelle : bilan de compétence renforcé prévu… formation d’une task force composée de binômes  anciens représentants syndicaux/DRH ou DRS chargés d’aider les entreprises de la branche qui n’en n’ont pas à négocier.

Images intégrées 5

Les réactions syndicales face à ces ordonnances sont symptomatiques des effets de l’institutionnalisation : d’un côté syndicalisme de lobbying très clairement assumé (CFDT ) qui n’est plus un syndicat ça veut dire des coups de téléphone, aller dans des rencontres bilatérales, utiliser ses réseaux pour essayer de peser sur l’écriture d’un texte SAUF que si satisfaction n’est pas obtenu sur l’essentiel on ne sait plus quoi faire derrière parce qu’on a désappris les pratiques de mobilisation, le lobby étant un instrument d’influence.

 

Cf l’interview de BERGER qui conduit à un pourrissement de l’institutionnalisation.

 

Les journées d’action : une ritualisation

 

De l’autre côté, là où on veut encore mobiliser on est confronté aux pratiques d’institutionnalisation  qui sont bien ancrées dans le mouvement ouvrier et que l’on appelle les journées d’action.


Les journées d’action c’est de mon point de vue une espèce de ritualisation de la contestation qui n’existe qu’à partir du milieu des années 30, qui va s’installer fortement après la seconde guerre mondiale à un moment où globalement gouvernement et patronat dans les 30 glorieuses (compromis fordien) jouent leur rôle, c’est-à-dire dans un espace conflictuel des rapports sociaux.


La journée d’action s’inscrivait dans ce cadre.


Mais si l’un des 3 ne joue plus son rôle cela ne fonctionne plus et il faut en tirer les conséquences d’où la nécessité de réfléchir à d’autres modalités de mobilisation sauf à produire des effets proches de ceux qui se limitent au syndicalisme de lobbyiste.


Dans les 2 cas c’est l’échec car le pouvoir n’est plus réceptif, d’où des défaites permanentes depuis 22 ans, depuis 1995.


Même avec des mobilisations pourtant puissantes comme en 2003 avec risques de désyndicalisation (preuve d’inefficacité du syndicalisme)


Risque du délitement des appareils confédéraux chacun jouant sa partition dans son coin : routiers … = affaiblissement de ce que POUGET appelait « le chef d’orchestre confédéral »

 

Intérêt de la connaissance de l’histoire et reconsidération d’éléments naturels du pouvoir syndical : principes de politisation, de transgression et de culture de grève.

 

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Il y a urgence à sauver le rail public français

Qui parmi les tenants de la pensée unique capitaliste n'a pas dit que la CGT-Cheminots était ringarde en se mobilisant pour une autre politique en faveur du rail français? L’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières a publié jeudi un bilan du transport ferroviaire de voyageurs 2015-2016. A l'heure où intervient l'éclatement du rail public et le rabougrissement de la SNCF à sa portion la plus congrue, les chiffres cités dans le rapport parlent d'eux-mêmes.

La France se situe en 10e position en Europe position pour l'utilisation du rail pour les voyageurs et le fret, avec 48 trains circulant chaque jour par kilomètre de ligne. Moins bien que l'Italie avec 49 trains. Et nettement moins bien que les Pays-Bas (140 trains), la Suisse (119), la Grande-Bretagne (96) ou l'Allemagne (75).

De ce fait, la hausse du trafic voyageur par la route est en hausse de 14% depuis 2011. Le ferroviaire reste sous les 10% de l'ensemble des modes de transports intérieurs en perdant depuis 2011 0,5% par an. Incontestablement, la route domine de très loin le rail puisque, voitureindividuelle comprise (elle aussi en hausse depuis cinq ans), le bitume accueille en France 88 % du transport intérieur de personnes.

Pourtant, 9 voyageurs sur 10 utilisent la voie ferrée pour un déplacement de proximité avec les TER, les trains de banlieue et le RER. Mais le rapport met en exerce cette fréquentation et le manque flagrant de sièges et dont de trains accordés.

155Km/h est la vitesse commerciale des TGV. On est loin du cocorico glorifiant les 300Km/h mis en avant par les gouvernements successifs. En cause: une partie des trajets s'effectue sur des lignes classiques dont très peu sont à 160Km/h, la vitesse maximum autorisée pour les express. Le TGV ne représente que 26 % des circulations et 8 % des passagers transportés.

Seulement 2 régions, la Bretagne et l'Alsace, ont vu leurs recettes commerciales augmenter. Toutes les autres ont connu des chiffres d’affaires en recul. La palme revient à l’Ile-de-France (– 21 % de baisse), alors que la fréquentation était en augmentation de plus de 3 %. La chute en région parisienne est due à la décision de passer l’abonnement (pass Navigo) à un tarif unique de 70 euros.

Je mets en ligne la déclaration de la CGT-Cheminots du novembre 2017: Tous ensemble arrêtons-les!

Et l'article du Monde évoquant le rapport. A noter que le journal pointe plus du doigt la fréquence des arrêts TGV que l'état du réseau français. Tout comme le pouvoir et l'oligarchie de la SNCF.

Il y a urgence à sauver le rail public français

Tous ensemble, arrêtons-les ! -

Ces dernières semaines sont marquées par des annonces tous azimuts de destructions de services, de fermetures de lignes, de triages, d'activités synonymes de baisse de la sécurité ferroviaire ...

 

https://www.cheminotcgt.fr/edito/tous-ensemble-arretons-les/

 

Dix chiffres qui pourraient vous surprendre sur le train en France

 

http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/11/18/dix-chiffres-qui-

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Les forces de l'argent et du patronat poursuivent leur offensive en s'attaquant maintenant au régime des retraites complémentaires

Les forces de l'argent et du patronat poursuivent leur offensive en s'attaquant maintenant au régime des retraites complémentaires

Actuellement, les forces de l'argent et du patronat en France souhaitent réformer le régime des retraites complémentaires des salariés du privé. Mais pas dans le sens du dictionnaire où réformer signifie apporter des modifications importantes à quelque chose  destinées à l'améliorer.

En octobre 2015, sous le socialiste François Hollande, les partenaires dits sociaux, sauf la CGT, avaient paraphé la fusion des caisses de retraites complémentaires Arrco (salariés non cadres du secteur privé) et Agirc (cadres du secteur privé) au 1er janvier 2019. A cette époque, Emmanuel Macron était ministre ni de gauche ni de gauche. Mais les autres ministres de ce gouvernement de gôche n'étaient-ils pas également ni de gauche ni de gauche? Si je me trompe, dites-le-moi, je rectifierai.

Bref, cette saloperie sur les retraites complémentaires est en cours de négociations(sic). Un peu beaucoup pour que le futur pendu tisse la corde qui le conduira à la mort. Mais la pensée unique, ses aboyeurs privés ou publics, les réformistes qui gèrent depuis toujours loyalement les affaires du capitalisme, dénomment cela de la négociation.

Une ultime réunion est fixée au 17 novembre 2017. Après, ça sera, il n'y a plus rien à voir, circuler de la part de ceux qui, sauf la CGT, ont paraphé le recul social en octobre 2015.

la CGT appelle les salariés, les retraités, les privés d’emploi à participer à la mobilisation unitaire du 16 novembre pour faire exiger une protection sociale de haut niveau.

En lien, l'article de la CGt-UGICT sur cette pseudo-négociation:

Populisme ? Vous avez dit populisme ?

 

Contribution au débat 

 

Populisme ? Vous avez dit populisme ?

 

Le document que Canaille le Rouge met en ligne se veut être une contribution à la réflexion. Il s'agit d'une étude sur le concept et l'histoire du populisme, sa charge idéologique. Il date de 2012 mais est en résonance avec l'actualité.

 

Cet article des cahiers de l'Institut d'histoire sociale de la CGT signé par André Naritssen mérite d'être lu et connu.

 

Il ne boucle pas les débats mais éclaire les enjeux dans un domaine où il est urgent de garder la tête froide pour ne pas perdre la boussole de la nature de classe de l'affrontement politique et donc de ses ressorts idéologique.

 

Bonne lecture,

 

Populisme ? Vous avez dit populisme ?
Populisme ? Vous avez dit populisme ?
Populisme ? Vous avez dit populisme ?
Populisme ? Vous avez dit populisme ?
Populisme ? Vous avez dit populisme ?
Populisme ? Vous avez dit populisme ?

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

La découpe de la SNCF se poursuit pour mieux la brader aux profits du privé.

La découpe de la SNCF se poursuit pour mieux la brader aux profits du privé.

Peut-être que je vous agace avec mon interminable rappel. Mais la loi du 4 août 2014, votée par les parlementaires socialos et écolos, sous François Hollande, a partagé en 3 la SNCF qui avait été réunifiée et nationalisée en 1937 sous l'égide du gouvernement de Front populaire. La SNCF fut donc démantibulée avec également le soutien actif de l'UE du capital, des aboyeurs de la presse de la pensée unique et de Guillaume Pepy, patron de ladite SNCF et ex-directeur de cabinet de Martine Aubry lorsqu'elle fut ministre socialiste.

La CGT-cheminots, malgré une longue grève en juin 2014 avec Sud-rail, n'avait pu inverser le rapport de force dans la lutte de classes. Ces deux syndicats avaient dû enduré une coalition des forces réactionnaires et du parti socialiste et écologique au pouvoir à l'époque, dont Benoît Hamon ministre présenté aujourd'hui comme un chevalier plus blanc que blanc sur l'échiquier politique. Et naturellement, la cohorte du réformisme syndical français, FO et CFDT pour ne pas les nommer, avait également soutenu cette gestion capitaliste des affaires de la SNCF. Quant aux députés dits du Front de gauche, ils avaient déposé des amendements tribuniciens ne remettant pas en cause la casse programmée de la SNCF. Bref: la structure historique de ce qu'avait été la Société nationale des chemins de fer français était perdue.

Comme pour EDF-GDF, nationalisée en 1946, puis découpée en deux entités, puis en multiples filiales, pour que le capital s'en accapare plus facilement, pareille stratégie s'opère au sein de l'ex-SNCF. Cela pour répondre aux diktats de l'UE du capital.

Je vous met en ligne l'article de Le Point sous le titre "La SNCF propose de créer une nouvelle entreprise publique pour les gares". Chacun appréciera la chose.

Et pour vous agacer encore, l'expression de la CGT-cheminots à l'été 2014, sur ce qui allait se perpétrer contre le rail public français:

La découpe de la SNCF se poursuit pour mieux la brader aux profits du privé.
La découpe de la SNCF se poursuit pour mieux la brader aux profits du privé.

Remplir le verre à moitié plein

jeudi 14 septembre 2017 

On ne se refait pas.


ils me gonflent les trois zozos sympas avec leur drapeau noir, avec leur sono qui me rabâche que l’heure est à la « GREVE GENERALE RECONDUCTIBLE »

ils m’énervent d’autant plus que j’en reconnais un qui n’a même pas distribué un tract dans sa boite, qui ne sait pas ce qu’est le combat patient et acharné de conviction à déployer pour que ce qui n’est qu’un e "convalescence" de la conscience de classe devienne détermination avec l’espoir de vaincre !

J’avoue que personnellement, j’escomptais moins de monde à la manif bordelaise et que que je pense que la camionnette FO n’est pas sortie du garage syndical par "radicalisation" subite de la direction de son Union départementale girondine
Pour apprécier ce qui bouge, sans le surévaluer, sans SURTOUT le SOUS ESTIMER, il faut se refaire dans sa tête le film de ces derniers mois,

De ces années Hollande, de décennies de lente rupture du monde du travail (dans sa masse) avec la "culture" de la LUTTE des Classes,
IL faut accepter d’admettre que le courant révolutionnaire a du plomb dans l’aile, que TOUT a été contaminé par la"pédagogie du renoncement", que certains ont profané le tombeau de MARX

Il n’y a que dans le cyclisme gangrené par le dopage, qu’on gagne sept Tours de France après un cancer des testicules.
Quand à ceux qui pestent contre leurs compagnons de misère qui ne sont pas encore là sur la barricade de résistance à la macronisation de notre jeunesse par les Capitalistes arrogants, rappelons leur que si un vote en 1940 avait donné la parole au"peuple" , PETAIN aurait été plébiscité , tant l’exode sur les routes de millions de français, la peur, l’individualisme pour sauver sa peau avaient hélas quatre ans après juin 1936, donné à"ma"France un visage n’ayant rien à voir avec celle que chante FERRAT

Nous sommes en 1941...

NON, majoritairement , les français n’étaient pas convaincus que FABIEN avait eu raison de démontrer que l’occupant pouvait être lui, aussi, frappé, 

Non ils n’était pas encore prêts à un "TOUS ENSEMBLE" qui a conduit aux journées d’Aôut 44

LA RESISTANCE va s’amplifier

Qu’on soit loin de ce que nous voullons comme rapport de forces Capital/Travail, conscience de classe et engouement pour la société COMMUNISTE qui vivra un jour(ou alors c’est la Barbarie qui aura définitivement gagné), c’est une évidence.

Comment pourrait il en être autrement alors que le PARTI qui pouvait être ce porteur de boussoles s’est roulé dans la fange d’une pitoyable social démocratisation

IL faut faire vite , certes, mais la patience fraternelle reste une vertu révolutionnaire
Les insultes de Macron ont été une grave erreur de la bourgeoisie....

Si, SIVENCEREMOS !!!

A condition de ne pas trop se prendre le chou entre" insoumis de base" et derniers cocos encartés, en ne voyant pas dans le non gréviste CFDT, voire FO de sa boite, un kollabo-kapo de MACRON..

Bref, en étant , objectivement VOLUTIONNAIRES, c’est à dire en phase avec son temps !

Publié par El Diablo

SCOP-TI : le point de la campagne de socio-financement

SCOP-TI : le point de la campagne de socio-financement

727 souscripteurs pour un montant de 79 252,06 euros

Soit 109 euros en moyenne par souscripteur : on continue ce formidable élan de solidarité !!

Pour participer à la campagne, deux solutions :

Par chèque à
500 Avenue du Pic de Bertagne - ZA de la Plaine de Jouques - 13420 GEMENOS

Par virement suivant ces détails :
RIB : 10278 00866 00020000 406 48
IBAN : FR7610278008660002000040648
BIC : CMCIFR2A


A cette banque : CRCMM Marseille Entreprises - 521 Avenue du Prado - 13008MARSEILLE

Merci de votre soutien."
Achat en ligne ici 
www.1336.fr ou par bon de commande à demander ici : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..">Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

Adhérer à l’association de soutien : http://fraliberthe.fr/
cotisation annuelle 2017 : 13,36 euros

12 septembre, J-22

Publié le 22 Août 2017

Tour de France des manifs 

 

12 septembre, J-22

 

En n'oubliant pas que c'est Gattaz qui fournit les sacoches et leur contenu à doper les dividendes aux ravitaillements de l'équipe gouvernementale 

 

En n'oubliant pas que les cuisines de Beauvau préparent aussi le placard à épices : 

 

Boamp.fr | Avis n°17-112134

 

 

Boamp.fr | Avis n°17-112134

Description succincte : Acquisition de grenades et de moyens de propulsion pour les besoins de la Gendarmerie et Police Nationales. Chaque lot est un accord-cadre multi-attributaire qui s'exécute au...

 

http://www.boamp.fr/avis/detail/17-112134/1

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Un jeu pour cet été

Lors du deuxième tour de la présidentielle, d'aucuns m'avaient encouragé à choisir entre la peste et le choléra: Entre la fille de son père d'extrême droite, gavée grâce à l'héritage du cimentier Lambert à son papa et le banquier d'affaires devenu ministre du gouvernement socialiste et créateur des lois antisociales Macrons. La peste ou le choléra, ou l'inverse quoi...

Il me semble que depuis chacun a pu mesurer toute la grâce qu'accorde Macronléon 1er aux forces du capital. Ceci dit, le 12 septembre 2017, la CGT a convié à manifester et à faire grève contre la loi XXL concoctée par l'ex-DRH de Danone devenue ministre réactionnaire du Travail, avec dans ses poches une conséquente plus-value par la vente ses actions Danone tout en licenciant.

Pour ce 12 septembre, Solidaires et l'UNEF se sont joints à l'appel de la CGT.

Mais pour l'heure, ni la FSU ni FO seront dans l'action. Pour FO, ça grince sec dans la confédération dont un ex-dirigeant est directeur-adjoint du cabinet de la ministre du Travail. Quant à la FSU, ceci pris sur son site national: "Se préparer pour la rentrée

samedi 22 juillet 2017
 

Difficile de partir serein en vacances après le train d’annonces concernant les fonctionnaires : gel du point d’indice, possible remise en cause du calendrier PPCR, rétablissement de la journée de carence, restrictions budgétaires...

Dans le même temps, le gouvernement annonce l’ouverture à l’automne d’assises avec les agents et les usagers pour recueillir leurs avis sur la Fonction publique.

La FSU, avec toutes et tous les agents, va s’employer à faire émerger toutes les idées et propositions utiles aux nécessaires évolutions de la Fonction publique comme à faire entendre la nécessaire reconnaissance due au plus de cinq millions d’agents de la Fonction publique.
 
D’ici là, bel été à toutes et à tous !"

D'où ce jeu que je vous propose:

Un jeu pour cet été

L'Ubérisation de l'économie pour casser toutes les conquis du salariat !

 

Publié le par FSC

 

Il fut effectivement un temps où le mouvement ouvrier s'est fixé comme objectif la fin du salariat.

 

A présent c'est le capital qui s'est fixé cet objectif au nom de la modernité, des évolutions technologiques, de l'extension du domaine ... de l'économie numérique.

 

C'est que contrairement au mouvement ouvrier, ce dont il veut se débarrasser ce n'est pas de la subordination constitutive du salariat au détenteur de la propriété des moyens de production MAIS des conquêtes ouvrières issues de luttes acharnées, parfois sanglantes qui ont tissé un véritable réseau droits échappant au contrôle du marché et du patronat : retraites, protection sociale ... financés par les cotisations sociales.

 

Les travaux de Bernard FRIOT en particulier témoignent de ces conquêtes, de leur caractère révolutionnaire et de la nécessité pour le mouvement social de les étendre jusqu'à la suppression de la propriété lucrative prédatrice du travail humain :

 

http://www.frontsyndical-classe.org/2017/07/capital-travail-cotisation-sociale.le-statut-du-producteur-pour-en-finir-avec-l-assujettissement-au-capital.html

 

Mais la résistance s'organise contre les conséquences de ces choix ... et commence à s'organiser contre ces choix eux-mêmes !

07 août 2017

Rouge Midi, le soutien populaire à la SCOP TI

« On n’en revient pas nous-mêmes !, nous disent les cadres de la SCOP. Ça bouge tous les jours ! Comme on l’indique dans notre lettre hebdomadaire de ce jour « Le soutien populaire dont bénéficie SCOP TI ne se dément pas puisqu’après seulement trois semaines, ce sont 57 879,06 € qui ont déjà été apportés par 477 souscripteurs particuliers et associatifs avec une souscription moyenne de 121 €. » ! [3] Et encore il faut ajouter à ce chiffre les contributions qui vont arriver par Internet ce qui sera possible fin août….A toutes et tous on envoie une lettre de remerciement et on donne à chacun et chacune la possibilité d’être d’office adhérent-e gratuitement de notre association de soutien FRALIBERTHE. D’ailleurs on profite de cet entretien sur www.rougemidi.org pour remercier celles et ceux qui ont fait un virement et dont on n’a pas l’adresse... »

 

Reprenons la lecture de l'appel au soutien lancé par les cadres de la SCOP...

 

Michel Peyret


Rouge Midi, Charles Hoareau

Bien sûr on est en pleine période estivale et chacun est en droit de décrocher un peu… tout en fourbissant les armes pour la rentrée et le 12 septembre en particulier.Néanmoins il y a la campagne de socio-financement lancée par nos camarades de SCOP-TI. Au-delà de ce que la presse, plus ou moins bien intentionnée en dit, il nous a semblé important que Rouge Midi donne la parole aux premiers concernés afin qu’ils nous disent tout à la fois la réalité de la situation, les enjeux de la campagne, les autres moyens d’aider cette SCOP qui est un peu la nôtre à chacune et chacun d’entre nous et les perspectives qui motivent la confiance de toutes celles et ceux qui sont engagé-e-s dans ce combat. L’entretien avec Olivier et Gérard est à diffuser largement et faire partager sur les réseaux sociaux pour celles et ceux qui les utilisent. http://rougemidi.fr/spip.php?article9872. Chacune et chacun d’entre nous est appelé à s’inscrire tant individuellement que collectivement dans cette campagne qui connait déjà un grand succès et rouge vif 13 décidera lors de son prochain bureau de ce que notre organisation peut verser comme contribution. L’ANC ne pourrait-elle pas étudier cette question le 26 août prochain lors de notre assemblée générale ?

D’ici là à chacun de voir ce qu’il est possible…

Amitiés et bons congés


SCOP-TI : où en est-on ?

samedi 5 août 2017 
par  Rouge Midi

A en croire certaine presse, comme le Parisien par exemple, rien n’irait plus pour SCOP-TI 
Qu’en est-il exactement ? Pour le savoir nous avons interrogé Gérard et Olivier devenus cadres dirigeants de la SCOP

Vous lancez une campagne de socio-financement pourquoi ?

En fait on vit un paradoxe : nous avons un « taux de pénétration du marché » (comme disent les professionnels de la vente) qui est exceptionnel en si peu de temps mais en même temps cela ne suffit pas pour arriver encore à l’équilibre et assurer la pérennité de l’entreprise. A la fois nous recevons tous les jours des messages de félicitation pour la qualité et le goût de nos produits mais nous n’atteignons pas encore l’équilibre financier même si la courbe des recettes est exponentielle…Le chiffre d’affaires a quadruplé entre 2015 et 2016 et on pense qu’il va progresser encore de plus de 70% en 2017 Cette croissance est d’autant plus remarquable qu’UNILEVER n’a jamais voulu nous céder un peu de volume pour assurer notre démarrage et que donc nous devons nous implanter comme un nouveau produit alors que la marque Eléphant existe depuis plus de 120 ans ! Si UNILEVER, qui voulait se débarrasser de la marque comme il l’a fait depuis 2000 pour 2/3 des marques qu’il a achetées, [1] nous l’avait cédée, à elle seule la marque Eléphant née à Marseille et diffusée uniquement en France aurait suffi pour nous donner les moyens de la pérennisation du site.

Nous savions bien que cela se passerait comme cela et c’est bien pour cette raison que tout le temps du conflit nous avons réclamé entre autres, les volumes.

Donc vous aviez bien compris que les premiers mois vous seriez en déficit mais dans la presse il est question d’un besoin de 700 000€ ce qui parait énorme. Y a-t-il eu une erreur dans vos prévisions ?

Non. En fait ce chiffre comme bien d’autres est repris dans la presse mais dans la réalité c’est bien plus complexe que cela. Tout comme le chiffre de 19,2 millions qui est annoncé comme la somme versée par UNILEVER à SCOP-TI alors qu’en fait pour plus de 10 millions l’ont été pour les salaires, 7 millions pour la valorisation de l’outillage et seulement un peu plus de 2 millions pour le redémarrage [2]. Il n’y a pas eu d’erreur de notre part mais le problème c’est que nous sommes de mauvais capitalistes…et nous n’avons pas envie de devenir des bons !

D’abord nous avons embauché tous les camarades qui avaient occupé l’usine. Pour nous il n’était pas question qu’une ou un seul d’entre eux reste sur le carreau. Si nous avions été de « bons capitalistes » nous n’aurions embauché que la dizaine nécessaire au lancement de la production : pour nous il n’en était pas question…et nous n’avons jamais regretté ce choix !

Ensuite il y a la question des prix d’achat des matières premières. UNILEVER s’était fait une spécialité de pressurer les producteurs afin d’obtenir les meilleurs prix. ARTE a d’ailleurs montré dans un reportage au Kenya comment la multinationale avait réinventé l’esclavage en enfermant tout un village pour que hommes, femmes et enfants produisent du thé au meilleur prix. De même le groupe avait abandonné le tilleul de Buis Les Baronnies pour aller en chercher en Argentine à un prix dérisoire. Nous, nous cherchons à relancer des circuits courts de production locale et payons la matière première au juste prix : celui qui reconnait la valeur du travail de nos fournisseurs. Donc le tilleul de Buis nous le payons à plus de 5 fois le prix imposé par UNILEVER. En ce qui concerne le thé nous sommes passés par la FSM (Fédération syndicale mondiale) pour aller chercher auprès de camarades vietnamiens un thé que nous payons à un prix juste.

C’est du commerce équitable ?

Si on veut mais nous on n’emploie pas le mot car en général cela signifie une hausse pour les consommateurs : ce n’est pas notre cas…puisque nous n’avons pas d’actionnaires à payer ! 
Il y a aussi la question de l’immobilier qui pèse lourdement dans notre gestion. Avec le changement de majorité à la communauté de communes devenue depuis métropole nos affaires dans ce domaine ne sont pas facilitées. On voudrait d’ailleurs participer à un tour de table pour acheter les locaux afin de garantir encore davantage la pérennité de l’entreprise.

Enfin il faut tenir compte du fait qu’il y a eu un décalage d’un an par rapport à nos prévisions à cause du retard pris dans l’application de l’accord. Il a été signé en mai 2014 mais il nous a fallu attendre juillet 2015 pour avoir officiellement les machines. Cela nous a donc mis en difficulté.

On a pris du retard dans la production et donc dans la rentrée de recettes. Pour autant cela ne doit pas masquer le fait que nous sommes en progression constante dans le chiffre d’affaires. 

Nous progressons sur tous les segments : les marques distributeurs, nos marques 1336 et SCOP-TI et dans le réseau militant. Il nous faut poursuivre notre progression et pouvoir nous appuyer sur une rentrée de fonds assurant définitivement la pérennité et les avances de trésorerie que nous sommes obligés de faire (achat matières premières, différés de paiement des livraisons…)

Vous avez donc lancé la campagne : comment ça répond ?

On n’en revient pas nous-mêmes ! Ça bouge tous les jours ! Comme on l’indique dans notre lettre hebdomadaire de ce jour « Le soutien populaire dont bénéficie SCOP TI ne se dément pas puisqu’après seulement trois semaines, ce sont 57 879,06 € qui ont déjà été apportés par 477 souscripteurs particuliers et associatifs avec une souscription moyenne de 121 €. » ! [3] Et encore il faut ajouter à ce chiffre les contributions qui vont arriver par Internet ce qui sera possible fin août….A toutes et tous on envoie une lettre de remerciement et on donne à chacun et chacune la possibilité d’être d’office adhérent-e gratuitement de notre association de soutien FRALIBERTHE. D’ailleurs on profite de cet entretien sur www.rougemidi.org pour remercier celles et ceux qui ont fait un virement et dont on n’a pas l’adresse.

 

Au-delà de la souscription qu’est-ce qu’on peut faire ?

Les pistes d’action sont de plusieurs ordres : 


- agir auprès des directions de magasins chaque fois que vous ne trouvez pas nos produits. Il suffit le plus souvent de le signaler à la direction pour que nos produits apparaissent. 


- aider collectivement à la progression de la vente militante en montant des dépôts-vente par le biais d’associations, de syndicats, de comités d’entreprises ou lors d’initiatives. Cela peut se faire maintenant en passant par l’un de nos sites Internet ou notre page Facebook. C’est toute l’importance pour ce faire de notre association FRALIBERTHE présidée par Omar 


- Nous essayons de répondre à chaque invitation pour des initiatives autour du film, de la pièce, de concert ou simplement pour tenir un stand lors d’un événement. Ainsi nous nous essayons de nous déplacer chaque fois que l’on nous sollicite. C’est ce qui se produit pratiquement chaque semaine comme par exemple le week-end dernier au festival La Belle Rouge où nous avons connu une très belle réussite. Ce sont chaque fois, comme lorsque nos camarades tournent avec la pièce sur le conflit ou avec le groupe musical Los Fralibos, de grands moments de fraternité, d’explication sur notre lutte 


- Enfin on peut aussi décider d’être ambassadeur ou ambassadrice à titre individuel dans son département. Voir la lettre en document joint et là aussi tout est expliqué sur nos sites.

Si je comprends bien vous êtes confiants ?

Oui même si c’est plus compliqué que pour la lutte !!! Là si bien des éléments ne dépendent pas de nous, on a objectivement des perspectives de développement qui sont très encourageantes. Nous progressons de mois en mois et en juillet dernier nous avons atteint et même dépassé notre meilleur chiffre d’affaire mensuel alors que nous sommes en période estivale, période creuse par définition…surtout pour nos produits. Donc on va y arriver…tous ensembles comme on dit dans nos manifs

Et justement quel est le nouveau rôle du syndicat ? Vous êtes devenus tous les deux cadres selon le terme officiel : comment vous faites ?

(Sourires) Oui là aussi c’est plus compliqué que pendant la lutte ! C’est plus facile à l’extérieur avec notre rôle dans l’UL ou pour préparer le 12 septembre contre la politique du gouvernement Macron. Mais nous sommes adaptés à la nouvelle réalité et l’assemblée des syndiqué-e-s a désigné une nouvelle déléguée syndicale, Rim Hidri et on peut compter sur elle pour ne rien lâcher…(y compris en interne !!) avec les nouveaux élus avec elle comme délégués du personnel : Yves Baroni, Jean Luc Gros, Raymonde Sasso.

[1] Voir articles précédents en particulier ceux du début de la lutte

[2] Pour voir le détail des sommes voir http://rougemidi.org/spip.php?article8530

[3] ça va tellement vite que le temps que cet article paraisse on a dépassé en 24h les 60 000€  !!!

 Documents joints

PDF - 93.3 ko
PDF - 93.3 ko
 
Posté par Michel Peyret

30 juillet 2017

L'Union européenne (UE) en défenseur des travailleurs ? Allons un peu de décence messieurs de la CES !

Cet article est reposté depuis Front Syndical de Classe.

 

L'Union européenne (UE) en défenseur des travailleurs ? Allons un peu de décence messieurs de la CES !

 

 

L'Union européenne (UE) en défenseur des travailleurs ? Allons un peu de décence messieurs de la CES !

La rencontre a effectivement eu lieu avec la présence de Philippe Martinez de la CGT. Mais pour quels résultats ? Et faut-il entretenir l'illusion d'une possible "Europe sociale" quand encore récemment on vient de voir que sur injonction de l'Europe les tarifs réglementés - donc réduits pour les consommateurs- sont considérés comme une entrave à la libre concurrence et que donc il faut la

 

http://www.frontsyndical-classe.org/2017/07/l-union-europeenne-ue-en-defenseur-des-travailleurs-allons-un-peu-de-decence-messieurs-de-la-ces.html

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Paris-Montparnasse: ça roule ma poule?

Paris-Montparnasse: ça roule ma poule?

On pourrait en rigoler. Mais à l'évidence, cette affiche appartient bien à un passé révolu. En plein chassé-croisé estival des voyageurs, la circulation des trains vers Paris-Montparnasse ou en partant de cette gare subit la dégradation du service rendu au public à cause de la recherche permanente d'économies. Et la ministre des Transports veut accélérer cette politique en ouvrant plus rapidement les TER à la concurrence du privé.

Au début du mois de juillet, la CGT-cheminots alertait: "La préoccupation de la SNCF n’est plus de faire circuler des trains, servir les usagers dans des conditions décentes, de sécurité et de sûreté optimales, mais la recherche permanente d’économies." Et le 20 juillet, elle approuvait le rapport des experts indépendants mandatés par la SNCF pour réaliser un diagnostic de la situation et établir des recommandations pour améliorer la situation.

En effet, ledit rapport corrobore les alertes de la CGT-Cheminots sur l'état de la SNCF découpée en 3, tout en réduisant les effectifs et en employant à outrance la sous-traitance.

Paris-Montparnasse: ça roule ma poule?

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Code du travail et Statut des fonctionnaires

Code du travail et Statut des fonctionnaires

La Fédération CGT des services publics communique:

Pendant la campagne pour les élections présidentielles, la majorité des candidats ont porté des programmes anti-sociaux et anti-fonctionnaires, avec des fausses idées sur eux, largement relayées par des médias soumis au pouvoir de la Finance.

Dans la continuité des réformes engagées contre la Fonction publique, le Statut, les Fonctionnaires, Macron envisage de supprimer 70 000 postes dans la Fonction publique territoriale sur 5 ans, soit le non remplacement d’un fonctionnaire sur 4 partant à la retraite, de réduire les dépenses de fonctionnement de 10 milliards d’euros et d’exonérer massivement la taxe d’habitation, ce qui va encore réduire les finances publiques et par conséquent les services publics rendus par des fonctionnaires, en accentuer la privatisation. Il veut également mettre fin à la hausse uniforme du point d’indice, ce qui finirait de mettre à bas les principes fondamentaux du Statut Général (Titre 1) et mettrait en particulier les fonctionnaires territoriaux dans la même position de dépendance et servitude au pouvoir politique qu’avant 1984. Il projette également la remise en place du jour de carence et compte amplifier les réformes territoriales entreprises sous Sarkozy et poursuivies sous Hollande en transférant toutes les compétences des départements dans les métropoles, supprimant encore un échelon démocratique et favorisant le non remplacement des fonctionnaires partant en retraite.

Face à ces attaques du bien commun, la Fonction Publique, la Commission Exécutive Fédérale a décidé, dans le cadre des luttes à mener pour le développement du service public territorial, de la Fonction publique et l’émancipation de l’être humain, de mettre à votre disposition des affiches, autocollants et porte-cartes téléphoniques pour communiquer le plus massivement possible sur les valeurs que portent les fonctionnaires territoriaux et sur ce qu’ils sont vraiment. A travers une première série de visuels destinés à « casser » l’image du fonctionnaire « nanti, fainéant, toujours en vacances… etc. », nous souhaitons impulser une campagne revendicative à l’offensive sur le long terme dans laquelle toutes les formes d’interpellation des agents et de la population sur ce qui les attend seront nécessaires pour faire grandir l’indispensable mobilisation d’ampleur qu’il va s’agir de construire au fil des semaines à venir pour peser dans le débat public.

Et n'oubliez jamais:

Code du travail et Statut des fonctionnaires

Et le lien pour la campagne d'affichage de la Fd CGT des services publics:

Fédération CGT des services publics

 

 

Fédération CGT des services publics

 

https://www.cgtservicespublics.fr/spip.php?article127

Publié par El Diablo

 

 

 

Philippe MARTINEZ (secrétaire général de la CGT) :

« On a fait six heures de discussion sur un texte qui n'existe pas »

Philippe Martinez ( source photo: Le Huffington Post)

Philippe Martinez ( source photo: Le Huffington Post)

La première phase vers une nouvelle loi Travail vient de s'achever, avec le vote de la loi d'habilitation. Le gouvernement se félicite d'avoir bouclé cette étape, après des "négociations" avec les syndicats. Négociations que Philippe Martinez n'a pas vues : "Il n'y a pas eu de négociations mais des concertations : six heures de discussion sur un texte qui n'existe pas. Là où l'on discute de l'avenir des salariés, la CGT est toujours présente. Mais on critique la méthode..."

(...)

LIEN VERS LA SUITE DE L'ARTICLE CI-DESSOUS:

Philippe Martinez : "On a fait six heures de discussion sur un texte qui n'existe pas"

 

 

Philippe Martinez : "On a fait six heures de discussion sur un texte qui n'existe pas"

Secrétaire générale de la CGT. Il évoque la réforme du travail dont la première phase de concertation entre le gouvernement et les partenaires sociaux se termine ce vendredi. La première pha...

 

https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20/l

Plus d'articles...

  1. Ministère de la Défense ou Armées ? Souveraineté ou aventurisme impérialiste ?
  2. Le Gouvernement déterre la hache de guerre contre le service public de l’électricité et du gaz (CGT Mines Energies)
  3. La loi dite Travail pour dynamiter les droits collectifs conquis par les travailleurs: c'est toujours non!
  4. Weekend classé rouge...sur les routes autoroutes et porte-monnaie
  5. Libertés libertés chéries
  6. De l'eau dans le gaz pour les consommateurs de gaz et d'électricité aux tarifs réglementés
  7. Enseignement supérieur : coupes budgétaires sombres et éviction des étudiants !
  8. EX-FRALIB : Scop-Ti lance sa campagne de financement participatif
  9. Pénibilité : le mépris du pouvoir et du MEDEF !
  10. Pourquoi cet ostracisme anti -FSM (Fédération Syndicale Mondiale) de la part de la direction de la CGT ?
  11. Quelques précieuses vérités pour débattre et lutter
  12. Anne, ma soeur Anne, pour le 12 septembre 2017, ne vois-tu rien venir?
  13. MACRON dynamite les DROITS des travailleurs ! (CGT industries chimiques)
  14. Contre la CASSE du contrat de travail : les ARGUMENTS de la CGT pour le débat
  15. Salariés, vous aimiez la précarité, vous adorerez le CDI de chantier
  16. A quoi servent le gouverDT et le CFtronat
  17. Les conditions de l’union et un important interview de Philippe Martinez
  18. « C'est pénible à la fin ces salariés qui pestent contre leur pénibilité au travail », disait le patronat
  19. Dialogue social: il y a longtemps que je n'écris plus ton nom
  20. «Non à la loi Travail» : la banderole qui ne passe pas dans le TOUR DE FRANCE