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Pourquoi hier j’ai à nouveau adhéré au PCF par Danielle Bleitrach

Pourquoi hier j’ai à nouveau adhéré au PCF par Danielle Bleitrach

 

 

30 Janvier 2016

 

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Hier je me suis rendue à l’invitation des Rouge-vifs 13 et à la nouvelle ANC récemment fondée. Il y avait Hervé Poly, Kamel, la salle était pleine de travailleurs, d’habitants des quartiers nord, d’anciens camarades ayant quitté le parti. Je connais bien cette atmosphère chaleureuse et combative que Charles Hoareau et d’autres camarades ont réussi à créer autour des luttes marseillaises. Je n’étais pas venue pour adhérer à l’ANC, pas plus que je ne souhaite adhérer à d’autres organisations pour lesquelles j’éprouve fraternité et respect comme le PRCF.

J’ai dû quitter le PCF en 2003, et depuis cette date j’ai refusé toute adhésion y compris syndicale ou associative. En revanche, comme je l’ai dit ici même quand j’ai souhaité mener des combats que j’estimais justes, le premier d’entre eux étant pour Cuba, pour ce peuple héroïque qui avait choisi de résister, le dernier en date a été pour faire connaître la véritable situation en Ukraine, le combat des communistes, tous les camarades qui paraissent malheureusement appartenir à des chapelles éclatées ont répondu présent et non seulement m’ont aidée, mais ont à leur tour agi, à commencer par mes camarades de Vénissieux et du réseau. (FVR-PCF)

Par ailleurs, j’ai créé deux blogs, Changement de société repris par mon ami Marc Harpon, et celui-ci Histoire et société. Disons rapidement que ce dernier blog où Marianne est venue me rejoindre avait un but, aider les communistes à réfléchir à leur place réelle dans l’Histoire. Grace aux traductions de Marianne, aussi bien que nos récits de voyage, aujourd’hui chacun peut prendre connaissance de la manière dont ceux qui ont vécu en URSS sont en train de mener un véritable travail d’inventaire sur la réalité de ce passé. Parce qu’ il ne s’agit pas seulement du passé, mais face aux nouveaux défis qu’ils affrontent :  nouvelle phase de guerre froide, montée des fascismes, impact de sanctions injustifiées, revisiter les combats de hier est la manière de se positionner dans le présent et surtout dans l’avenir. Il en est des sociétés comme des individus, celles qui refusent le passé, veulent l’enfouir, ne peuvent pas agir.

Ce travail d’inventaire, pas celui que nous impose le capital et ses médias depuis tant d’années, mais l’examen critique par les communistes eux-mêmes, le PCF n’a pas voulu le faire et il s’est condamné un peu plus à ne plus poser la question du socialisme autant qu’à se mettre à la remorque du PS qui dérivait depuis longtemps et n’a cessé de se déporter vers la droite, vers les intérêts du capital.

Et ce parce que mes voyages autour du monde, la rencontre quotidienne et attentive de gens qui partout souffrent dans leur chair, leur espérance de vie face aux méfaits d’un capitalisme sénile et mortifère m’a convaincue de la nécessité du socialisme? Incontestablement:  le libre renard dans le libre poulailler des intérêts égoïstes mène à la destruction des hommes autant que de l’environnement. Avec en toile de fond la possibilité pour l’humanité de se détruire et de disparaître. Oui mais le socialisme a besoin d’être redéfini avec en son cœur l’exigence de passer à la propriété collective des moyens de production, quel collectif, quelles modalité d’intervention démocratique dans ce cas? cette réflexion collective, en liaison avec une stratégie, une perspective sera l’œuvre d’un véritable parti communiste. Des jalons sont aujourd’hui posés par ceux qui dans et hors du parti ont choisi de résister.

Se dire que la première expérience socialiste dans l’estimation de ceux qui l’ont vécue a déjà apporté de vraies réussites, l’exigence de la paix, de l’amitié entre les peuples, la justice sociale autant que la santé et l’éducation. L’étau du capitalisme a pu être desserré pour tous, y compris aux Etats-Unis parce qu’il y avait la crainte de la contagion. Le fascisme a été vaincu et ce au prix de millions d’héroïques sacrifices. On ne doit pas avoir honte au contraire et bien mesurer que si l’ennemi a apparemment vaincu, c’est qu’il a pu tromper sur son apport, acheter au plus haut niveau, mais surtout c’est parce qu’il y a eu d’incontestables problèmes dans la capacité du communisme à favoriser l’intervention des masses en la faveur du socialisme. Même s’il y a eu combat et regrets aujourd’hui, les communistes se sont retrouvés désarmés parce que les institutions qui devaient défendre le socialisme n’ont pas pu jouer leur rôle à commencer par le parti lui-même.

Cette histoire ne nous est pas étrangère à nous communistes français qui alors que les périls montent et continuent à accabler notre peuple, nous retrouvons dépossédés. Nous contemplons stupéfaits la débâcle idéologique et politique générale, les communistes au plus haut niveau paraissent pris dans la crise de la bourgeoisie, son nihilisme, son catastrophisme qui se double d’un faux humanisme vide de sens, ignorant en fait la peine et les souffrances réelles d’un nombre croissant d’individus.

Disons tout de suite que durant ces treize années hors du PCF j’ai beaucoup réfléchi, à ce qu’était devenu le parti communiste, mais aussi à mes propres erreurs et elles ne sont intéressantes que tout autant qu’elles sont partagées. Comment ont-ils réussi ce travail de destruction qui, je le crains est en train d’arriver à son stade ultime avec la dissolution émiettement des régionales et la nouvelle opération des primaires et de « reconstitution de la gauche » autour de ce piètre enjeu? Les différentes directions du PCF qui se sont succédé ont mis à mal notre socle idéologique autant que notre organisation, en faisant se succéder comme unique préoccupation des alliances de sommet, des manœuvres politiciennes en vue d’une échéance électorale immédiate. Ceci s’est traduit par le départ et la mise à l’écart d’un grand nombre de militants expérimentés ayant des liens forts avec le monde du travail, les quartiers populaires. Il y a dans cette absence de résistance, dans ce retrait massif quelque chose qui témoigne non seulement de l’offensive externe et interne contre ce parti, mais de problèmes réels dans notre fonctionnement, en particulier notre légitimisme qui s’est trouvé accentué dans la dernière période par le poids des personnels de collectivités locales, d’assemblées élues dont le sort était en fait lié à l’union avec le PS. Mais même nous qui partions indignés, à notre manière avons témoigné de l’incapacité de résistance à laquelle nous étions parvenus. Je le dis en toute simplicité quand en 2003, il y a eu une manœuvre fédérale pour m’évincer, manœuvre qui a consisté y compris à me faire frapper, en démissionnant j’ai réagi comme une petite bourgeoise et il est normal que les communistes qui pourtant m’avaient suivis jusqu’ici quand je remontais des cellules dans le centre ville de Marseille n’aient rien fait pour me défendre, je m’étais moi-même mise hors jeu et combien d’entre nous ont agi ainsi. Était-ce  ce qu’on pouvait attendre de communistes?..

Cette expérience qui a été la mienne a été partagée par bien d’autres et voici que nous sommes confrontés à une situation gravissime dans le monde et en France. Au moment de la montée croissante des périls, alors que ceux qui tentent de résister et l’affaire Goodyear en est le symbole sont passibles de prison, alors que les dangers de fascisation qui ne se limitent pas à ceux représentés par le FN se multiplient, alors que partout les dangers de guerre, la violence s’étendent, que des gens n’en peuvent plus devant la pression du chômage, des bas salaires et de la répression patronale, le parti communiste parait proche de jouer son dernier acte. Jamais on a eu autant besoin des communistes et jamais ceux-ci n’ont été aussi faibles, dispersés, déboussolés. Pouvons-nous refuser ce combat? Autre chose est là où nous pensons devoir le mener. J’ai fait mon choix, mais je ne condamnerai aucun autre. Je veux un parti combatif dans les luttes d’abord mais aussi capable d’utiliser les échéances électorales pour faire avancer la perspective du socialisme, le vrai, celui de la socialisation des grands moyens de production, du combat pour la paix, la justice sociale et la souveraineté des peuples et des nations.

Ne croyez pas que j’arrive avec la seule vision sectaire d’en finir avec le PS, la gauche, bref que je cède à la manière dont le PS lui-même a œuvré pour détruire d’abord le PCF et maintenant la gauche elle-même, pas plus que je ne suis ennemie de rassemblements électoraux. Mais l’essentiel est ailleurs à mes yeux : je suis convaincue qu’il ne peut exister de rassemblement progressiste et de lutte, la reconstitution d’une gauche offensive contre la droite et l’extrême-droite sans l’existence d’une force organisée, révolutionnaire, impulsant la nécessité d’un changement de société avec des hommes et des femmes capables de résister, un parti communiste. Sans ce parti, la résistance se dilue, s’émiette et les autres forces de gauche cèdent au capital, la société tout entière va de plus en plus vers la droite, voire l’extrême-droite. C’est l’expérience que nous-mêmes et aussi le peuple français fait depuis des décennies. Chacun là où il est doit s’il en est convaincu, agir en fonction.

Alors hier quand ce jeune secrétaire de section du lieu où j’habite désormais dans Marseille est venu me dire qu’il était lecteur de notre blog, que lui enfant de communistes il s’y retrouvait comme en famille, à cause de ce qu’il apprenait mais aussi d’un langage simple et direct, comme entre militants… J’ai réfléchi quelques instants et je lui ai demandé s’il était d’accord pour enregistrer mon adhésion.

Ma réflexion, je vous la livre. Je ne me fais aucune illusion sur ce que je suis capable de faire, mais depuis l’âge de 15 ans je suis membre de ce parti, je suis en quelque sorte tombée dans la marmite comme Obélix et la potion magique. Grâce à ce parti j’ai tout appris, même ma boulimie de connaissance, mon goût de la lecture, du cinéma, de la peinture, de la littérature, mon appétit des civilisations sont passés par ce filtre là. Comment décrire ces exigences de droiture, d’honnêteté et le refus pourtant de se faire avoir que l’on apprenait au contact du monde ouvrier? Il s’agit sans doute de quelque chose qui s’efface et pourtant encore présent. Il suffisait de voir cette salle des vœux de Rouge vif. Oui il y a là quelque chose qui est a contrario de l’air du temps, de ses égoïsmes, ses médiocrités et pourtant sans esprit réactionnaire, sans prétendre simplement retourner vers le passé. Volontairement je ne parle pas des contenus politiques, de la bataille contre l’Europe, contre l’OTAN, en faveur des droits au travail, aux services publics. Non je parle de ce qui nous a permis de mener ces combats sans rien espérer pour nous-mêmes d’autres qu’un juste combat, qu’une vie de camaraderie.

Je ne pourrais peut-être rien faire mais je ne déserterai pas ce dernier combat comme je l’ai fait en 2003. Si je vous dis tout cela mes chers amis et camarades, c’est pour vous demander de réfléchir à vos propres engagements. Moi j’ai fait ce choix, mais je sais à quel point les situations locales sont difficiles, combien de toute une vie de dévouement communiste quel que soit votre âge vous avez conservé l’entêtement devant l’injustice, donc réfléchissez, nul ne peut le faire à votre place mais reprenez votre place là où vous l’estimez utile et où vous serez en capacité de recréer l’unité de ceux et celles qui veulent un parti communiste digne de ce nom. A ce titre je vais continuer à publier les diverses positions des camarades dans et hors du PCF.

Comme je l’ai dit à Charles Hoareau en le quittant : Charles vous représentez quelque chose d’essentiel dans les combats d’aujourd’hui, la combativité, le lien maintenu avec la classe ouvrière, moi tu me connais je suis et resterai le PCF. Parce que je crois que votre combativité a besoin d’un véritable parti communiste, présent dans les luttes mais aussi les échéances électorales. Mais je continuerai à me battre avec toi, avec vous, si tu as besoin de moi dans tes stages de formation, je suis là, s’il faut agir ensemble ce sera un honneur pour moi… Parce que tu viens de faire la preuve que l’ANC est utile puisque grâce à vous j’ai pu trouver les conditions d’une ré-adhésion au PCF que je n’avais jamais trouvé ailleurs… En rentrant chez moi j’ai immédiatement téléphoné à mes amis de Vénissieux pour leur annoncer la nouvelle et aujourd’hui, je vous l’annonce à tous amis et lecteurs.

 

Danielle Bleitrach

 

La campagne de Maurice Thorez contre le groupe qui s’était emparé du parti et l’avait réduit à néant. Ce fut l’acte fondateur du véritable PCF.

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