Recherche


Qui est en ligne

Nous avons 982 invités et aucun membre en ligne

Flux RSS

Copyright Joomla

Copyright © 2017 PCF Bassin Arcachon - Tous droits réservés
Joomla! est un Logiciel Libre diffusé sous licence GNU General Public

PCF Vie et débats 2016

Publié le  par Descartes

Bonne année 2017 !

 

Mes chers lecteurs, mes chers commentateurs, complices de cette aventure commencée il y a bientôt huit ans, puissiez-vous connaître une année 2017 heureuse, paisible et prospère à côté de ceux qui vous sont chers. Et surtout, surtout, puissiez vous vivre des temps intéressants, comme disent nos amis chinois. Le bonheur, la santé, l’amour et la tendresse c’est beaucoup, mais ce n’est pas assez. Il faut aussi de quoi alimenter nos petites cellules grises, celles qui font de l’être humain quelque chose de si particulier et de si différent de toutes les espèces animées. Puisse 2017 être une année de débats, de réflexion, de lectures et d’échanges.

 

2017 sera une année de changements. En mai, l’hôte de l’Elysée cédera sa place, en juin une nouvelle majorité prendra place à l’Assemblée nationale.

 

Quelque soit la nouvelle configuration, les politiques qui seront mises en œuvre dépendront moins du projet du candidat élu que du vote qui se sera exprimé et surtout des rapports de force dans la société. C’est pourquoi les progressistes ne doivent pas faire de l’élection l’alpha et l’oméga de la politique. La victoire du candidat X ne sera jamais la fin de l’histoire pour le bien, celle du candidat Y pour le mal. Une élection ne change pas « la vie »,

 

c’est le rapport de forces qui le fait. Cela ne veut pas dire que l’élection n’ait pas d’importance, mais qu’il faut la replacer dans une continuité. L’action politique c’est tous les jours, pas tous les cinq ans. La question a se poser, ce n’est pas seulement « comment on fait pour faire un bon score en mai » mais « qu’est ce qu’on fait après ».

 

Il y a aussi, et je ne surprendrai pas mes lecteurs en disant ça, à revaloriser la place de la réflexion, du débat, de la construction de ponts entre les gens qui ne sont pas d’accord sur tout, mais qui partagent au moins quelques priorités, quelques objectifs. Il faut être conscient des ravages que le sectarisme a fait – surtout à gauche – ces dernières années, fermant pratiquement tout l’espace au débat. Aux débats violents comme ils pouvaient l’être il y a trente ans a succédé un refus de l’échange même. Au discours qui cherchait à réfuter les arguments de l’autre a succédé un discours qui le disqualifie par avance et refuse de prendre ces arguments en considération. A la prétention de posséder une vérité scientifique de l’Histoire a succédé la conviction de posséder une vérité ontologique : au « j’ai raison parce que je pense » a succédé un « j’ai raison parce que je suis ». C’est pourquoi, être progressiste aujourd’hui c’est porter bien haut les valeurs des Lumières. Oui, je sais, c’est une tâche ingrate. C’est ramer à contre-courant. Mais c’est là que réside la seule liberté, le seul projet qui vaille la peine de se battre pour lui.

 

Avant de vous quitter, quelques mots sur le fonctionnement du blog. 2016 aura été l’année du premier « café politique Descartes ». Le mérite revient à notre ami BolchoKek, lecteur et commentateur de longue date de ce blog, qui en a eu l’idée et surtout l’énergie de l’organiser. On essaiera de répéter l’expérience en 2017.

 

Et maintenant, les statistiques. Sur 2016, le blog accueille en moyenne chaque jour entre 200 et 300 visiteurs uniques, qui lisent en moyenne deux pages chacun. C’était déjà la fourchette l’an dernier. Par contre, il est devenu beaucoup plus irrégulier : le lectorat peut monter très haut à la publication d’un nouveau papier – selon la thématique abordée – avec des pics à 2000 lecteurs, puis descendre relativement bas si les papiers s’espacent. Même stabilité pour les commentaires : ils ont été autour de 4000, comme en 2015, alors qu’on comptait 2570 en 2014 (1). Quant à moi, j’ai publié 37 papiers cette année, ce qui fait mieux qu’un toutes les deux semaines, qui est le seuil que je me suis fixé. Il est vrai que pour tenir ce rythme j’ai publié quelquefois des papier qui auraient gagné à être relus et peaufinés un peu plus… comme le montre le flux de messages proposant des corrections pour des fautes d’orthographe ou de français quand ce ne sont pas des simples coquilles. Je remercie mes lecteurs de leur vigilance, je me fais un devoir de porter les corrections sur le texte… et je tiens à m’excuser. Mais comprenez-moi… si l’on est perfectionniste, les papiers ne sortent jamais !

 

Encore une fois, mes meilleurs vœux à tous. Ce n’est qu’un début… continuons le combat !

 

Descartes

Bonne année 2017, pas de commémoration mais l’Histoire et ses traces dans notre futur: paix et santé à tous

 

01 Janvier 2017

L’image contient peut-être : une personne ou plus, foule et plein air

 

Voilà tous nos voeux de paix et de santé comme disent les Corses. Des voeux adressés à tous les lecteurs de ce blog, dont certains sont devenus des amis et des collaborateurs, mais à tous ceux qui par milliers chaque jours pratiquent une lecture silencieuse et que nous retrouvons parfois et qui nous disent leur intérêt et leur amitié, nous remercient d’exister. A  tous, quel que soit votre pays, votre religion ou absence de religion, nous partageons pas mal de choses, bien sûr il y a notre espérance dans un autre monde et notre volonté de le construire, mais il y a plus que ce militantisme, une forme d’humour, le goût de la cocasserie humaine,cette passion pour le petit homme, le vagabond de Chaplin, ce chiendent que rien ne détourne de son désir de vie éperdu. il y a l’idée que ce qu’on appelle l’art a beaucoup à voir avec ce petit bonhomme et sa compagne, parce que sans l’humanité l’art n’aurait aucune raison d’être, parce que l’art est l’expression de la rue, travaillée par des obsédés de la forme et de son influence sur nos sensations, notre imaginaire.Il y a entre nous encore le refus de l’hypocrisie, du coeur en écharpe, des grotesques qui en ces temps se croient tout permis . il y a la colère contre tous ceux qui dévoient notre désir d’un monde nouveau en haine de l’autre. Il y a encore tant et tant de choses, je suis sûre que vous trouverez à les exprimer mieux que je ne le fais…

 

Voilà vous n’y couperez pas, nous sommes en 2017, le centième anniversaire de la Révolution d’octobre, alors notre blog va être consacré à cette révolution, ses conséquences. Nous travaillerons pas dans un esprit de commémoration mais parce que hier détermine aujourd’hui et que si nous voulons avancer il faut ne plus avoir de cadavres dans le placard, il faut savoir mesurer l’apport des révolutions, pour aller de l’avant aujourd’hui et surtout dans le futur.

 

Edgard Morin a dit « Il est temps de changer de civilisation » . D’accord, avec un simple bémol, nous sommes déjà en train de changer de civilisation pour ceux qui ne s’en seraient pas encore aperçu. Ici même nous avons fait un parallèle audacieux et sans doute inexact comme toutes les analogies entre la chute d’Alep et celle de Constantinople qui marque avec la découverte des Amériques la fin réelle de l’empire romain, du mode de production esclavagiste et féodal on passe au capitalisme… Mais la rupture n’est qu’apparente, cela s’engendre dans des siècles, voir un millénaire de transformation des formes de propriété, des forces productives et des pouvoirs, dans des cycles marchands et non marchands. Peut-être la transformation que nous sommes en train de vivre et que l’on résume par l’idée d’un monde multipolaire a -t-elle débutée avec la grande guerre impérialiste de 1914-1918, le partage du monde… déjà… Il ne s’agit donc pas de penser la Révolution bolchevique dans la simple nostalgie, mais bien de mesurer ce qu’elle représente aujourd’hui comme potentiel encore inexploré, étouffés par la contrerévolution.

 

Donc paix et santé et Vive 1917 en 2017, je parle bien sûr au nom de Marianne qui va fournir on s’en doute un énorme travail pour nous faire lire comment les héritiers directs de cette révolution d’octobre en font un bilan. Nous avons discuté longuement de ce projet et nous le mettrons en oeuvre par nos voyages et croquis de voyage, conférences et compte-rendus de conférence. Déjà à la fin de l’année dernière d’autres collaborations sont venues nous rejoindre, en anglais avec Béatrice, le côté féminin ne doit pas être considéré comme exclusif, si d’autres veulent contribuer aux articles et traductions, nous les accueillerons avec enthousiasme.

 

Danielle Bleitrach

 2017, que viser ?

Publié le 31 Décembre 2016

Année de luttes,

année de colère,

année de rejet des fabricants de misère.

Année de Paix

contre les faiseurs de guerres.   

    2017, que viser ?

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

2017, mes meilleurs voeux pour une année de luttes et d'espoir

2017, mes meilleurs voeux pour une année de luttes et d'espoir

Quand la culture se mêle à la lutte pour l'émancipation du genre humain: le Choeur des esclaves de Guiseppe Verdi, à Paris, contre les forces de l'argent et leurs parasites.

Avec tous mes meilleurs voeux pour cet an nouveau.

 

Les derniers rayons du soleil du 31 décembre 2016 sur la rade de Marseille…

 

31 Décembre 2016
 

L’image contient peut-être : ciel, océan, plein air et nature

En Chine la planète est déjà passée en 2017, et la Russie sibérienne est en train de plonger dans 2017…

 

J’abandonne cette année 2016 en proie à l’indignation, ce qui est un sentiment plein de vie. Indignation face à ces expéditions qui ne profitent qu’aux marchands d’armes, et font le malheur de population entières à qui on prétend porter la démocratie et l’art de vivre, alors qu’ils ne nous demandent rien. Cela fait des siècles que ça dure, on est passé de l’évangélisation des sauvages, aux valeurs civilisatrices du modèle consumériste américain et rien ne semble endiguer cette volonté missionnaire de pillards et d’exploiteurs.

 

Pendant ce temps là, notre pays va mal et sa population souffre, nos hôpitaux, notre protection sociale, notre système éducatif sont détruits faute de moyens, là encore la seule solution qu’ils ont trouvé est de les livrer aux appétits des intérêts privés… Trop c’est trop… je n’écouterai pas les voeux de Hollande, même si ce benet parait presque supportable depuis qu’il n’est plus flanqué de Valls et de Macron et depuis qu’il se rapproche d’un René Coty, l’idéal présidentiel que nous n’aurions jamais dû abandonner après avoir coupé la tête au Roi.

 

Il est plus supportable depuis qu’il a juré de disparaître du paysage et que , tout le PS parasite et inconséquent se rue vers des primaires qui ne riment à rien, une gauche qui se délite à force de faire le lit de la droite et de l’extrême-droite nous fait presque oublier qu’il y a 100 ans la première expérience socialiste, celle de l’URSS était lancée, que tout ce considérons comme nos acquis ont été le fruit de la peur de la contagion par le capital et qu’aujourd’hui ils croient pouvoir nous le reprendre à cause de la contre révolution… Il faudra bien que l’exigence révolutionnaire renaisse sous ;des formes adaptées au présent parce que tout cela est devenu insupportable. Bon bout d’an en attendant 2017.

 

Danielle Bleitrach

 

En souvenir de ce temps où je ne pouvais pas me passer de lui…Avant qu’on ne m’en dépossède et que nous soyons obligé d’inventer ici ce que nous aurions aimé y trouver… mais ça reviendra… quand un peuple s’y reconnaîtra… A ce momentlà et à ce moment seulement les intellectuels en auront aussi un intense besoin, pour reprendre pied sur la terre qui nourrit et refleurit…

 

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Faites du bruit pour passer de l'an vieux à l'an neuf!

Autrefois, du temps ou mes jeunes années couraient dans les Corbières, sur des sentiers pleins d'oiseaux et de fleurs, il ne fallait pas qu'une échelle ou une charrette traîne dans le village. Nous nous en saisissions pour tambouriner aux volets de quelques grincheux ou de la demoiselle qui avait repoussé notre flamme. Ce n'était ni courtois ni très élégant, j'en conviens, après de longues agapes réveillonnesques pour célébrer l'an nouveau. Mais c'était aussi pour chasser les mauvais esprits de l'année nouvelle, coutume païenne que l'église et les hors-sol -oui, déjà- honnissaient au plus haut point.

Et si nous faisions pareil pour passer vers cet an nouveau? Bon, pas au bout d'une échelle, mais en écoutant Bella Ciao, chanson populaire italienne que la résistance communiste a adapté pour lutter contre le fascisme en Italie allié au Reich nazi.

Una matina, mi sono svegliato
Un matin, je me suis reveillé
O bella ciao (x3)
Ô ma belle au revoir (x3)
Ciao, ciao
Au revoir, au revoir

Una matina, mi sono svegliato
Un matin, je me suis réveillé
Ed ho trovato l'invasore.
Et l'envahisseur était là.
O ! Partigiano portami via
Ô ! partisan emportes-moi
O bella ciao (x3)
Ô ma belle au revoir (x3)
Ciao, ciao
Au revoir, au revoir

O ! Partigiano portami via
Ô ! Partisan emportes-moi
Che mi sento di morir'.
Je me sens prêt à mourir.
E se io muoio, da partigiano
Et si je meurs, de partisan
O bella ciao (x3)
Ô ma belle au revoir (x3)
Ciao, ciao
Au revoir, au revoir

E se io muoio, da partigiano
Et si je meurs, de partisan
Tu mi devi seppellir'.
Tu devra m'enterrer.
Mi seppellirai lassu in montagna
Tu devras m'enterrer là-haut sur la montagne
O bella ciao (x3)
Ô ma belle au revoir (x3)
Ciao, ciao
Au revoir, au revoir

Mi seppellirai lassu in montagna
Tu devras m'enterrer la haut sur la montagne
Sotto l'ombra di un bel' fior'.
A l'ombre d'une belle fleur.
E le genti, che passeranno
Et les gens, ils passeront
O bella ciao (x3)
Ô ma belle au revoir (x3)
Ciao, ciao
Au revoir, au revoir

E le genti, che passeranno
Et les gens, ils passeront
E diranno 'Oh che bel fior'.
Et diront 'Oh quelle belle fleur'.
E questo è il fiore Del partigiano
Cette fleur est la fleur du partisan
O bella ciao (x3)
Ô ma belle au revoir (x3)
Ciao, ciao
Au revoir, au revoir

E questo è il fiore Del partigiano
Cette fleur est la fleur du partisan
Morto per la libertà.
Mort pour la liberté.

Allez, faisons du bruit, tous ensemble, dans la nuit du 31 décembre 2016, mais aussi les autres jours! Nous le valons bien.

 

https://www.youtube.com/watch?v=OyMA84-mowI

Bonne année 2017 avec ces pêcheurs péruviens… qui ont décidé d’adoucir le coeur des grands grâce au chamanisme

 
31 Décembre 2016
 

Entre nous c’est pas plus bête que d’aller voter aux primaires socialistes ou croire en Macron, ce poulet gonflé aux hormones médiatiques et des tas d’autres pratiques tout aussi incantatoires et c’est nettement plus coloré et plus poètique..

 

Ce n’est pas la crédulité qui m’a fait m’interesser partout au vaudou et autres cultes animistes, c’est ce qu’ils révèlent de formes, de couleurs et de fausse naïveté…

 

Alors je vous souhaite à tous une année 2017 magique…

 

Danielle Bleitrach 

Publié par  El Diablo

Un nouveau DOGME au PCF : L’EURO

Un nouveau DOGME au PCF : L’EURO

Cette article date de 2013 mais reste totalement d'actualité:

Le Parti s’est-il discrètement converti à la monnaie et la pensée uniques ?

Au moment de l’organisation de la manifestation « pour la VIe République » j’avais eu la curiosité de faire un petit tour sur le site du Parti de gauche pour comprendre sa démarche institutionnelle. Ces colonnes ont accueilli l’expression de ma consternation . Amateurisme et incompétence semblant être les outils utilisés pour la mise en avant du mot d’ordre. Une visite sur le site d’« Economie et politique » revue marxiste d’économie très proche du PCF, pour consulter un article intitulé « Contre l’austérité, luttons pour un autre euro», a provoqué la même surprise accablée. Sauf que cette fois-ci, compte tenu de la personnalité des signataires, et de leur compétence universitaire reconnue,  il semble difficile d’invoquer l’amateurisme et l’incompétence. On se rabattra sur la mauvaise foi et l’aveuglement. Si l’on comprend les auteurs, il faudrait « exiger » la mise en place d’un « bon » euro à la place de l’actuel. Les moyens d’y arriver, relèvent, de façon assez habituelle, de l’incantation floue. Mais en fait, la cible de cet article, ce sont ceux qui préconisent de renoncer à la monnaie unique. Et, les armes du débat sont étonnamment le mensonge et la mauvaise foi. Le but étant d’effrayer le chaland, pour venir,  de façon incompréhensible, au secours d’un euro chancelant.

« Face à ces blocages, certains agitent l’idée de sortir de l’euro. Cela reviendrait à fuir devant la lutte décisive pour une autre utilisation de celui-ci et de la BCE. »Bigre, ça commence bien, tous ces économistes, banquiers, savants, hommes politiques qui se prononcent ou s’interrogent sur cette voie, ce sont des agitateurs et des couards. Ils apprécieront.

Retenons pour faire court deux extraits particulièrement significatifs.

« Le commerce extérieur de la France, souffre d’un déficit annuel de 60 à 70 milliards d’euros. Le retour au Franc, qui se ferait alors au prix d’une dévaluation de l’ordre de 25 % par rapport à l’euro, entraînerait automatiquement un enchérissement du même ordre du coût de nos importations. »

C’est tout simplement faux. Les auteurs feignent de ne pas savoir que la dévaluation est une forme de protectionnisme. Un certain nombre de produits auparavant importés devenant plus chers, les consommateurs se tourneront vers des produits locaux. Seuls les produits dont nous ne disposons pas (les carburants par exemple) devront donc toujours être importés. Ils représentent 30 % de nos importations. Quel est le but de cette présentation biaisée, sinon de faire peur ?

Autre exemple :

« Notre dette publique a été très internationalisée depuis les années 1980. Aujourd’hui elle est détenue à 60 % par des opérateurs non résidents, banques, sociétés d’assurances, fonds de pension… Le retour au Franc dévalué entraînerait automatiquement un enchérissement de 25 % sur les quelques 1140 milliards d’euros de titres de dette détenus hors de France ». Mais qu’est-ce que c’est que cette énormité ? Les économistes entretiennent parfois des rapports élastiques avec la rigueur juridique, on se trouvera donc obligé de rappeler quelques éléments. Ce sont des contrats de droit français qui régissent l’essentiel de la dette de notre pays (85 %). Ces contrats prévoient  qu’elle sera remboursée dans la monnaie ayant cours dans celui-ci. En cas de sortie de l’euro, la dette sera recalculée en francs, et pour les mêmes montants qu’en euros. La nationalité du créancier est absolument sans effet au contraire de ce que nous raconte les éminents camarades.

Le reste de l’article est à l’avenant, inutile de s’encombrer. La question qui se pose est de savoir quel est l’objectif de ce genre de prise de position, qui rend service à un François Hollande soi-disant engagé dans une partie de bras de fer avec l’Allemagne. C’est peut-être le but ? François Hollande pourrait très bien signer ce qui constitue la conclusion de l’article : «La raison la plus importante c’est qu’en sortant de l’euro, on déserterait le terrain de la bataille pour un autre euro et pour une construction solidaire de l’Union européenne, au mépris d’une nouvelle croissance fondée sur le développement des peuples et, notamment, sur l’aide aux pays d’Europe du sud. »

La « section économique » du parti, respectée pour son sérieux et sa rigueur, bénéficiait dans les années 70 d’un grand prestige, bien au-delà de ses frontières naturelles. Il semble qu’il n’en reste plus grand-chose aujourd’hui : on n’y réfléchit et innove guère plus que dans le reste de la maison-mère. Et en plus on se permet d’y diffamer –sans les citer- les collègues hérétiques façon Sapir ou Lordon à grand coups d’arguments barrosocompatibles. Bizarre, bizarre…

Camarades, vous qui avez voté non à Maastricht, non au TCE, qui vous êtes opposés à la création de cette monnaie unique dont l’échec économique politique social est aujourd’hui aveuglant, comment pouvez-vous croire une seconde à la possibilité de faire advenir « un autre euro » ?

Le seul bon euro est un euro mort.

LE 19 JUIN 2013

RÉGIS DE CASTELNAU

SOURCE:

Un nouveau dogme au PCF : l'euro. - Vu du Droit

 

http://www.vududroit.com/2013/06/un-nouveau-dogme-au-pcf-leuro/

Publié par El Diablo

Julian Mischi : Le COMMUNISME désarmé [vidéo]

Julian Mischi : Le COMMUNISME désarmé [vidéo]

 

Le communisme a autant été désarmé par ses adversaires socialistes et de droite, dans un contexte d’offensive néolibérale, qu’il s’est désarmé lui-même en abandonnant l’ambition de représenter prioritairement les classes populaires. Analyse du déclin d’un parti qui avait produit une élite politique ouvrière, ce livre propose une réflexion sur la construction d’un outil de lutte collectif contre l’exclusion politique des classes populaires.

Marx sous les sunlights

 

 

29 Décembre 2016
 
Il est clair que l’auteur de cet article n’a qu’une connaissance très superficielle de Marx, de Proudhon et de Courbet, le voir reprendre l’antienne des Versaillais sur ce dernier, l’accusation d’avoir détruit la colonne Vendome m’a arraché un cri tant je me souviens des dernières oeuvres de Courbet, ces pommes tavelées peintes à la prison de sainte pelagie, cet homme épuisé, traqué par ces calomnies, par la réclamation d’une somme fabuleuse et tout ça pour qu’un journaliste au hasard d’un article qu’il croit brillant et qui n’est que superficiel suive l’avis de ses juges infames… Et tout est comme ça dans cet article. Oui Marx est un personnage magnifique, drôle, généreux, anticonformiste et Engels mérite d’être découvert, mais décidemment je ne compterai pas sur le Monde, je préfère aller voir le film qui me paraît prometteur.
 
(note de danielle Bleitrach)

 

 

« Le Jeune Karl Marx », de Raoul Peck, raconte les vertes années de l’auteur du « Capital » et de son compère Friedrich Engels. Le tournage, parfois haut en couleur, vient tout juste de s’achever

 

Par Jacques Mandelbaum

 

 

 

 

Après Groucho, Harpo et Chico, se pourrait-il que Karl, moins drôle mais à peu près aussi célèbre, incarne à son tour la famille Marx au cinéma ? Il semble que oui, le cinéaste Raoul Peck ayant achevé de tourner en Allemagne sinon un biopic, du moins le portrait d’un jeune homme en colère. Un film d’avant Le Capital, donc, et d’avant la statue du commandeur rouge à barbe blanche, vieux lutteur épuisé qui nous regarde avec une triste componction. Cela s’appellera donc Le Jeune Karl Marx. Voilà qui n’est pas anodin. On connaît certes des réalisateurs qui se sont plus ou moins durablement inspirés du marxisme (de Dziga Vertov à Jean-Luc Godard), mais on ne voit pas, dans l’histoire du cinéma, beaucoup de réalisateurs que Marx lui-même aura fait rêver en tant que personnage. Tout au plus Sergueï Eisenstein avait-il rêvé d’adapter au cinéma Le Capital, sans suite. Le destin de cet homme qui a sacrifié sa vie et celle de sa famille à la réalisation d’un idéal, au prix de l’exil et du dénuement, a pourtant des aspects très romanesques.

 

En tout état de cause, visez cette scène. Intérieur jour. Nous sommes à Paris, vers 1845, dans l’atelier de Gustave Courbet (en réalité, nous sommes à Ganz, dans l’est de l’Allemagne, le 3 novembre 2015, dans une sorte de hangar délabré mais de belle allure, où le froid pince). Au milieu de quelques modèles nus croqués par des élèves, le peintre est occupé à faire le portrait du proto-anarchiste Pierre-Joseph Proudhon. Autour d’une table, Karl Marx est en train de mettre une pilée aux échecs au libertaire russe Mikhaïl Bakounine, sous le regard amusé de son compère Friedrich Engels et de sa femme Jenny Marx, née von Westphalen et issue de la vieille noblesse teutonne. Marx et Proudhon se toisent en grands fauves, devisent des « partisans allemands de la critique critique », que Marx et Engels viennent d’étriller dans un livre qu’ils ont décidé de nommer « Critique de la critique critique » (rire général sur le titre de cet ouvrage, qui deviendra La Sainte Famille). Sur ces entrefaites entre Moritz Hess, figure tutélaire des hégéliens de gauche, retour du Louvre, accompagné de sa femme Sybille, dont tout porte à croire qu’elle a accordé ses faveurs au jeune et impétueux Engels, et qui approuve en badinant l’avis de Proudhon sur la révolution comme « secousse ».

  •  

     

On en restera là de cette scène, qui résume à elle seule les défis soulevés par le film. D’un côté, une ribambelle de « monuments », dont l’œuvre et l’influence mobilisent quelques tonnes de littérature critique. De l’autre, une tentative de les naturaliser dans un récit qui ne renonce ni au trivial ni au romanesque. Au milieu, des acteurs qui luttent pour alléger leur personnage du poids de la reconstitution, de l’idéologie et de l’histoire, tâche ardue tant Raoul Peck, qui aime à se couvrir et à varier les points de vue, éprouve leur spontanéité par un nombre considérable de prises. Nommons-en quelques-uns : August Diehl, acteur réputé en Allemagne, est Marx ; Stefan Konarske, son jeune challenger, est Engels ; Olivier Gourmet, qu’on ne présente plus, est Proudhon.

 

La fin du tournage semble difficile pour certains d’entre eux, contraints par surcroît de se lever tous les jours à cinq heures du matin lors de cette ultime semaine. Diehl, qui semble fraîchement sorti de l’Actors Studio, est rentré en dedans de lui-même, en osmose intellecto-chimique avec le génie ombrageux de son modèle, et semble porter le poids du Capital sur ses épaules. Konarske, à l’opposé, est un blond feu follet, folâtrant sur le plateau et en dehors, vantant à qui veut l’entendre sa lassitude de l’Allemagne, la liberté et la grâce de la France, où il a élu domicile. Gourmet, plutôt solitaire en ces terres germaniques, assouplissant ses muscles entre deux prises, assure l’essentiel comme à l’ordinaire. Tous tombent d’accord pour tenter de rendre vivant leur personnage en oubliant l’histoire intellectuelle, et pour convenir néanmoins que la pensée de ces jeunes hommes en colère contre l’ordre social de leur temps tombe à point dans notre époque.

 

  •  

Aucun d’entre eux n’entretient toutefois à l’égard de Marx la ferveur et le lyrisme de Raoul Peck. Sans les nécessités du lendemain, alors que nous le rencontrons en début de soirée, il est probable que la nuit entière y serait passée. Son parcours explique en partie cette passion. Naissance à Port-au-Prince (Haïti) en 1953, enfance à Leopoldville (aujourd’hui Kinshasa), au Congo, pour fuir la dictature Duvalier avec ses parents, études d’ingénieur en Allemagne, puis de cinéma. Une œuvre très engagée s’ensuit. L’Homme sur les quais (1993), sur le début de règne de Duvalier ; Lumumba (2000), sur la figure assassinée de l’indépendance congolaise ; Quelques jours en avril (2005), une série HBO sur le génocide rwandais. entre-temps, Raoul Peck aura été ministre de la culture en Haïti. Depuis 2010, il assume les fonctions de président de la Femis.

 

Ce Jeune Karl Marx est pour lui une longue histoire : « Marx, c’est d’abord ma propre jeunesse. Je le lis depuis l’université, en Allemagne, où on l’enseigne. C’est un penseur et un théoricien exceptionnel, un puits d’érudition et un génie dans son siècle. C’est une plume incroyable, qui invente une langue. Il n’a rien fait d’autre que d’analyser la société capitaliste, et de montrer que le seul profit la régule. Toute société, pense-t-il, est déterminée par ses modes de production. Voilà qui me semble riche d’enseignements et de conséquences, plus encore peut-être à notre époque qu’à la sienne. Ma première tentative de le mettre en scène date d’il y a dix ans. C’était une commande de docu-fiction pour Arte, mais je n’étais pas content de mon traitement. Le sujet n’est pas simple : c’était trop lourd, trop compliqué… »

Il y reviendra donc, avec l’aide de son complice en écriture Pascal Bonitzer, pour un projet cette fois de pure fiction, qui se limite aux années de jeunesse, 1843-1848. La période s’achève avec la rédaction du Manifeste du Parti communiste, qui prône une conception matérialiste de l’histoire et jette les bases d’un mouvement ouvrier unifié international. Roberto Rossellini, comme Peck l’a découvert au cours de ses recherches, avait en son temps entretenu ce projet. Les deux hommes potassent la correspondance, ainsi que les cours de Raymond Aron au Collège de France, le philosophe s’étant intéressé à cette période. But de l’opération : « Tenter non de faire un biopic, qui n’est que la réduction hollywoodienne d’une histoire générale à un destin privé, mais d’incarner par l’émotion une histoire intellectuelle qui regarde encore notre temps. »

 

Même tonalité chez Pascal Bonitzer : « L’enjeu émotionnel était fort : il fallait absolument montrer un Marx différent de l’icône de la maturité, sombre et compassé. Notre Marx est un jeune homme qui cherche, à la fois arrogant et génial. Engels est, quant à lui, une sorte de play-boy intellectuel. Il nous fallait donner un petit coup de jeune à tout ça, parce qu’à relire aujourd’hui Le Manifeste du Parti communiste, on est stupéfait de la modernité de ce texte, qui nous parle plus de la frénésie du capitalisme financier d’aujourd’hui que de celui de son époque. Marx est résolument moderne ! Relisez Lamartine ou Hugo, et comparez. »

 

Car il y a évidemment, derrière ce film, la croyance que la pensée de Marx, par-delà les fléaux politiques qui se sont réclamés de sa pensée, serait toujours utile aujourd’hui : « Le ton a changé depuis la crise financière, précise Raoul Peck. Nous vivons une révolution comparable à celle de l’industrialisation, il y a une résurgence de l’intérêt pour Marx. La recherche, au milieu d’un grand désarroi, d’une méthode d’analyse qui nous permette de penser le monde. » Le film n’aura d’ailleurs pas échappé aux rapports de production : la société Agat Films engage un budget de 9 millions d’euros, avec la société Rohfilm comme coproducteur allemand. Le budget, rapidement ficelé en France, a été « un enfer » à trouver en Allemagne, où Marx n’éveille pas forcément de bons souvenirs. Le tournage s’est également révélé laborieux, dans un pays où, contrairement à la souplesse et à la débrouille en vigueur en France, la hiérarchisation des fonctions et le respect du devis sont appliqués sans égards pour le projet. Il se murmurait enfin qu’une lutte de tempéraments aurait opposé, sur le plateau, le réalisateur à son acteur principal. Ainsi se vérifie qu’en ce bas monde, vouloir l’égalité du genre humain condamne à un éternel exil.

 

 

 

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/cinema/visuel/2015/12/02/marx-sous-les-sunlights_4822507_3476.html#TsMZY50OHJoLH98t.99

Danger y compris nucléaire ou le complexe de Samson

 

27 Décembre 2016

Afficher l'image d'origine

Maintenant que je vous ai dit -et je le pense- à quel point l’antisémitisme ordinaire qui émaille certains posts dans les réseaux sociaux est intolérable, je voudrais dire à quel point je considère que l’extrême-droite israélienne porte une lourde responsabilité dans ce qu’il adviendra, d’Israêl et au-delà d’Israël de ce qu’elle est prête à accomplir pour maintenir sa politique irresponsable .

 

Déjà aujourd’hui ce qui est en question est la survie d’Israël alors même que le vote du Conseil de sécurité ne met absolument pas en cause cette existence, simplement une occupation totalement injustifiée des territoires palestiniens et des constructions totalement illégales. Aucune nation représentée à l’ONU ne défend officiellement la fin d’Israêl, mais dans le même temps la vague des opinions publiques va déjà au-delà en délégitimant son existence ; Il n’y a pas réellement de force politique responsable, ni d’Etat pour remettre en cause cette existence,  Mieux ou pire,  personne ne propose même des sanctions et cette indulgence au niveau du droit international, loi d’être une garantie de survie,  accompagne et nourrit une campagne qui exige la fin d’Israël, nul ne peut se masquer ce fait. .Ce qui se passe dans les réseaux sociaux n’est que le reflet de cette avancée de l’opinion vers la fin de cet Etat et le recours aux vieux poncifs de l’antisémitisme, le recyclage du protocole des sages de Sion, la mise en évidence d’une hypothétique domination juive mondial qui substitue les juifs au capitalisme.

 

Dans ce cas comme dans d’autres, face à la remise en cause du droit international cautionnée par l’ hégémonie occidentale en perte de vitesse et l’injustice insupportable qui en résulte sans moyen d’imposer une solution, les monstres surgissent dans cet entre deux. Faute d’une solution politique et de forces capable de l’imposer le pire paraît l’issue inévitable et ne pas le mesurer est une folie.

.
Pendant ce temps, l’extrême-droite israélienne cherche des alliés dans toutes les forces les plus réactionnaires: « nos amis les antisémites »,par exemple  l’entourage suprématiste blanc du futur président des Etats-Unis , Qu’importe si ce sont des antisémites, des nostalgiques des nazis que l’on a pour alliés, pourvu qu’ils soient les inconditionnels de la politique inique d’Israël. « Jusqu’où, comme le disait Abraham Berg, laissera-t-on Hitler déterminer notre destin ». L’extrême-droite a tranché: plutôt Hitler qu’un Etat palestinien. L’extrême-droite mais pas seulement elle, et c’est bien là ce qui a fait le lit, comme partout, de l’extrême-droite, une gauche qui allie à l’impuissance la proclamation vertueuse et les pratiques les plus contestables . .La démocratie  s’exerce dans un club des nantis et dans le mépris des ,exploités et du droit international. Il était si facile alors d’ériger Israël en incarnation de ces espoirs trahis, la deuxième guerre mondiale avait été une duperie et le nazisme jamais éradiqué. Le négationnisme n’était plus seulement dans les mots mais dans les faits.avec la victoire sur le communisme et le soviétisme. .On a interdit aux Russes de participer à la libération d’Auschwitz pour mieux défendre les suppôts de Bandera au pouvoir en Ukraine, sous la bannière étoilée déployée derrière celle de l’OTAN .

 

OUi mais voilà ce qui est programmé au Moyen orient et ailleurs, n’est pas une fin comparable à celle de l’Union soviétique, le cheval de Troie introduit de nuit dans la place dans une forêt de Biolorussie par trois ivrognes faisant aussitôr allégeance aux Etats-Unis. Le compte à rebours du plus sanglant des règlements de compte a débuté et loin de songer à arrêter le minutier des fous furieux accélèrent l’inévitable. Un jour Chomsky a parlé à propos d’Israêl du « complexe de Samson », cette figure légendaire de la bible qui meurt avec ses ennemis sous l’édifice dont sa force herculéenne a fait tomber les piliers de soutènement . Il avait mis en garde sur le fait qu’il y a dans ce mélange détonnant des gens  prêts à faire exploser une bombe atomique..

 

Il est peut-être encore temps de songer à une solution négociée, je l’ignore, mais je crains plus que tout qu’il ne reste plus que le massacre et l’arrivée d’un irresponsable à la maison blanche laisse mal augurer de l’avenir. L’aide qu’il va apporter à l’extrême-droite israëlienne, y compris en installant son ambassade à Jérusalem loin de sauver cet Etat, l’entraîne plus avant vers une explosion généralisée. Obama une fois de plus a préparé le terrain; Non  pas comme on pouvait l’espérer de celui à qui était accordé un prix Nobel anticipé vers   un règlement pacifique,  mais consistant à faire de son successeur une grenade dégoupillée jetée sur un monde malade. Obama l’a fait en se donnant des objectifs impériaux tout en sachant qu’il n’utiliserait pas la force nécessaire pour les réaliser, le discours du Caire était un coup d’épée dans l’eau., il a partout multiplié les foyers de guerre y compris nucléaire.

 

Et c’est pour cela que rien n’excuse le racisme, pas plus que Daech ne justifie la vague anti-musulmane, pas plus l’extrême-droite au pouvoir en Israël, le CRIF qui se prend pour le porte parole des juifs de France, ne justifient l’antisémitisme. qui se développe. L’antisémitisme ne concerne pas que les juifs, il est le moule dans lequel se forgent toutes les haines et leur croissance sans borne, parce qu’il est ancien, parce qu’il n’a pas apparemment aucun signe distinctif et surtout parce qu’il offre à la lutte des classes son double personnage, le révolutionnaire et le capitaliste. Partout dans le monde, faute d’être apte à défendre des solutions de paix et de progrès on assiste au même dévoiement vers la haine, la recherche de boucs émissaires. Et tous y compris ceux qui aujourd’hui croient que la haine d’Israêl est leur victoire en seront les victimes. Parce que le racisme est indivisible et que la boîte de Pandore est ouverte par des gens aux intérêts médiocres de rapaces. Des gens qui veulent qu’un système qui fait eau de toute part perdure. C’est le terrain idéologique sur lequel les extrêmes-droites sont prêtes à sacrifier l’humanité pour que survive le capitalisme.

 

Y a-t-il encore une alternative politique à opposer à ce terrible danger? Qu’en est-il du communisme, d’un veritablde rassemblement autour de la justice et de la paix? Si être communiste à un sens pour moi c’est ce cri célèbre : « Imbéciles, c’est pour vous que je meurs », cette dernière phrase de Valentin Feldman l’adressera à ses bourreaux, aux nazis qui allaient le fusiller au Mont-Valérien.

 

Il ne nous reste plus qu’à tabler   sur la capacité de négociations de puissances régionales, en Asie celles qui tout en ne dénonçant pas les alliances traditionnelles avec les USA freinent des quatre fers à l’idée d’un conflit avec la Chine. Au Moyen orient et dans l’Asie centrale, la mise en oeuvre de négociations qui mettent hors jeu les Etats-Unis et ses alliés, pour confronter des intérêts réels et pas des idéologies vides de sens… Dans quelle mesure la Russie va-t-elle pouvoir nouer un partenariat mutuellement avantageux avec le nouveau président? Toutes ces solutions sont à la fois l’amorce d’un monde nouveau, une alternative à la menace et dans le même temps elles sont doublement fragiles: parce qu’aucune de ces puissances ne peut remplacer l’hégémonie américaine, ce qui peut être une chance mais aussi quand la puissance hégémonique s’accroche à sa domination une faiblesse. Et surtout  parce que ce nouveau monde multipolaire reste celui d’Etats dominés par le capitalisme, ‘insuffisamment ancrés sur la colère des peuples, sur une perspective de progrès réel. Un monde multipolaire basé sur la négociation mais en tenant compte de quels intérêts?

 

Je voudrai enfin ajouter qu’il y a eu une autre résolution à l’ONU : elle a été adoptée par l’assemblée générale des nations Unies. Elle n’a pas opposé les camps habituels mais ceux qui détiennent l’arme nucléaire et les autres qui ont décidé d’une conférence. On n’en a pas beaucoup parlé et pourtant il y a là une prise de conscience qui mériterait une écoute. La Chine est le seul membre du Conseil de Sécurité à s’être abstenue, alors que tous les autres de la Russie aux Etats-Unis, en passant par la france et israêl, tous les pays pourvus de l’arme nucléaire se sont opposés à cette exigence de désarmement. .

 

Danielle Bleitrach

28 décembre 2016

Yvon Quiniou, pourquoi le marxisme pourrait-il être obsolète ?

 

« Par contre, indique Yvon Quiniou, il y a une nouveauté, en un sens qu’il faut préciser et que Marx avait très bien anticipée (décidément, ce Marx!) : c’est la mondialisation capitaliste d’aujourd’hui. Celle-ci constitue la difficulté politique majeure pour un projet socialiste (ou communiste) de notre temps : la suppression économique des frontières (pour l’instant en Europe) a pour conséquence inouïe de supprimer largement les souverainetés politiques nationales. Se mettent en place des entités supranationales qui échappent au contrôle politique des peuples (quand ils s’y opposent, on fait fi de leur vote : voir le Traité constitutionnel européen, refusé et dont l’admission après coup, par un artifice politicien, a été, selon Gauchet, « un déni absolu de démocratie ») sous diverses formes... »

 

Dans le débat, je voudrais rappeler que les trois processus (je souligne "processus") prônés par Marx pour aller vers le changement de société pourraient se résumer ainsi :

 

 l'abolition du salariat,

 

l'appropriation sociale...

 

le dépérissement de l'Etat... 

Michel Peyret

 


Face au "trou noir" du socialisme, revenir aux principes!

 

Face au "trou noir" du socialisme en crise partout du fait de ses abandons théoriques et politiques, il faut d'abord rappeler que l'échec du système soviétique ne signifie en rien que le marxisme soit obsolète. A partir de là, on doit revenir à des principes simples, fondant un projet de société vraiment socialiste, visant à émanciper les êtres humains et dont rien ne démontre l'impossibilité.

 

 

Indépendamment de la perspective présidentielle dont on ne peut prévoir avec certitude l’issue négative pour la gauche dans son ensemble, l’urgence intellectuelle aujourd’hui, face au « trou noir » du PS et de la social-démocratie en Europe, est de repenser ou de rappeler  les principes d’une alternative socialiste, par-delà les avanies qu’elle subit depuis l’effondrement du système soviétique. Ceux-ci s’esquissent à la « gauche de la gauche » dans les deux programmes, convergents mais non identiques, de Mélenchon et du PC, mais je voudrais me situer à un niveau plus large : celui des fondements ou des principes, justement.

 

Et d’abord en balayant un argument qui habite la conscience de trop nombreux militants ou responsables politiques à gauche : le socialisme (et a fortiori le communisme) aurait échoué, l’échec de l’expérience soviétique l’ayant définitivement démontré, et avec lui auraient échoué les idées tirées de Marx qui seules, pourtant, nous permettent de critiquer le capitalisme en profondeur et d’en envisager le dépassement actuel.

 

Cet argument est tellement envahissant qu’on le retrouve chez Marcel Gauchet dans Comprendre le malheur français  (Stock) : analysant avec précision et beaucoup de justesse les difficultés de la vie sociale en France, il ne voit pas comment y faire face, quelles solutions pourraient y remédier. Pour une raison simple et qu’il avoue clairement : le marxisme est obsolète, s’étant  foncièrement discrédité à l’Est (et il pourrait ajouter, dans sa perspective : en Chine). D’où un vide radical, conceptuel et idéologique, pour concevoir un progrès à venir, selon lui.

 

Chercher l’erreur ! Elle tient en une proposition simple qui est la mienne depuis très longtemps : l’équation marxisme = expérience soviétique constitue un contresens majeur, ce que j’ai appelé autrefois, lors du centenaire de la mort de Marx (donc avant la chute du Mur), « l’imposture sémantique du 20ème siècle » – équation qui était défendue aussi bien par les adversaires du marxisme (ce qui était de bonne guerre) que par ses partisans qui ne voulaient pas procéder à un examen critique en profondeur du système soviétique, par-delà les seuls crimes abominables de la période stalinienne. Elle entraîne beaucoup à refuser toute entreprise de dépassement du capitalisme qui recourrait à certains moyens qui étaient mis en application dans ce système et sur lesquels je vais revenir.

 

Et elle incite même nombre de dirigeants du PS, à tous les niveaux, à récuser toute idée d’une économie « dirigée ». Deux exemples de terrain, à la fois minimes et significatifs : la député socialiste de mon département s’en est pris violemment à moi à ce propos lors d’une discussion publique ; et le maire de ma ville, Jacques Auxiette, devenu ensuite Président du Conseil régional de Pays de la Loire  a pu, autrefois, fustiger la demande légitime d’une municipalisation de l’eau dans ma ville en la comparant à une « nationalisation » du type de celles qui avaient fait la preuve de leur inefficacité en URSS! Ce ne sont pas là des paroles anodines ou anecdotiques : elles en disent long sur la mentalité idéologique desdits socialistes par rapport  à la question que j’aborde !

 

Mais pourquoi donc parler de « contresens » ou  d’« imposture sémantique », à propos du système soviétique, ce que même certains communistes que je connais bien et estime, y compris des dirigeants nationaux, refusent d’admettre, ne voulant pas aller au fond des choses  et critiquer leur culture antérieure, marxiste-léniniste (la formule « marxisme-léninisme » étant d’ailleurs de… Staline !), tant elle a pesé sur eux longtemps ?

 

C’est qu’on oublie ou occulte  dans ce cas une donnée essentielle du message théorique de Marx, lié à sa conception matérialiste de l’histoire que je continue à considérer, sans hésitation, comme scientifique : une révolution socialiste (ou communiste, peu importe la distinction ici), n’est possible qu’à partir des conditions économiques fournies par la capitalisme développé et ses acquis démocratiques. Je ne développe pas ce point essentiel, bien qu’il décide de beaucoup de choses.

 

Marx n’a cessé pourtant de rappeler cette idée, et Engels avec lui. Et, même s’il a pu envisager, à la fin de sa vie, qu’une  transformation communiste puisse se déclencher dans un pays sous-développé comme la Russie, c’était en ajoutant qu’elle ne pouvait réussir qu’avec l’appui d’une révolution en Occident, avec ses acquis matériels et culturels, que Lénine espérait mais qui ne s’est pas produite (voir la correspondance de Marx avec Vera Zassoulitch, une intellectuelle révolutionnaire russe). D’où une conséquence importante à tous points de vue, y compris s’agissant de la forme concrète que devait prendre cet avenir auquel Marx aspirait pour le bienfait des hommes, de tous les hommes : les mesures qu’il concevait pour organiser cette société radicalement nouvelle à l’échelle de l’histoire, n’avaient de sens que sur cette base évoluée précise et sous la forme démocratique, que j’ai indiquées.

 

C’était, pour résumer, une organisation collective de la production  dont la social-démocratie s’est elle-même réclamée tout au long du 20ème siècle sauf en Allemagne, au congrès de Bad Godesberg. Et Gauchet a l’intelligence de définir la social-démocratie – contre ses définitions malveillantes et inexactes que le stalinisme a pu en donner – comme « la forme démocratique du collectivisme », expression que je trouve excellente.

 

Quelles conséquences de fond en tirer ?

 

Elles concernent les principes organisateurs du socialisme (ou communisme), mode de production opposé radicalement au capitalisme, dont je voudrais rappeler ce qu’ils devraient être dans le cadre de ce processus « d’évolution révolutionnaire » que Jaurès appelait de ses vœux, quitte à en assouplir l’application étant donné la mondialisation capitaliste actuelle, avec les dangers nouveaux et terribles qu’elle fait surgir.

 

Il n’est pas question dans ce qui suit ni de réciter le Manifeste communiste ou la Critique du programme de Gotha,dont je rappelle cependant qu’elle était formulée au sein des débats agitant la social-démocratie allemande, ni de faire un historique de tous les programmes qui ont caractérisés ce courant, avec les  discussions entre des orthodoxes fidèles à Marx (comme Kautsky) ou des révisionnistes essayant d’inventer un socialisme réformiste comme Bernstein capable de dire que « le but n’est rien, le mouvement est tout » – ce qui autorise tous les renoncements quant au but au non d’un soi-disant réalisme dans les moyens, qui clôt toute perspective d’une alternative profonde au capitalisme.

 

Il n’est pas question non plus d’évoquer dans le détail tout ce qui s’est fait en Europe au nom de cette même social-démocratie, dont le bilan est contrasté : un Blum continuant à se dire socialiste et se réclamant du marxisme, l’Italie avec ses contradictions à gauche et un PCI ouvert à un compromis avec la classe capitaliste au pouvoir, un régime social-démocrate autrichien  dirigé par Kreisky et qui comportait un nombre de nationalisations supérieur à celui que comportait le programme de la gauche unie en 1981 en France, les pays nordiques avec leurs avantages sociaux incontestables dans nombre de domaines ou, à l’inverse, l’expérience désastreuse d’un Tony Blair, influencé par le sociologue Anthony Giddens dont la conception de la société mettait l’individu responsable au centre du corps social, et non les classes et leurs inégalités, et relativisait la propriété sociale ou les services publics – ce qui entraîna Blair dans une politique libérale, sinon néo-libérale, conforme à son anthropologie, catastrophique pour les classes populaires et dont le cinéma de Ken Loach se fait admirablement l’écho.

 

Sur tout cela il existe en France une littérature abondante, comme les livres de Rosanvallon, de Gorz, Fejjtö ou ceux de la deuxième gauche inspirée par Rocard… ainsi que les témoignages fournis par les programmes successifs du PS. Non, ce qu’il faut examiner ce sont donc les principes politiques qui demeurent valables et que les socialistes ou sociaux-démocrates ont jeté peu à peu au panier, très discrètement mais réellement, au point de devenir des sociaux-libéraux… dans la théorie et dans la pratique, sans le dire vraiment, à l’exception de Valls ou de Macron, Hollande, lui, ayant menti effrontément. Puis, ces principes étant rappelés et maintenus, j’indiquerai ce qu’il faut faire pour les rendre efficaces dans la nouvelle conjoncture actuelle.

 

1 Les principes : Au centre, il y a selon moi le rôle de l’Etat ou de la puissance publique –ce  qui veut dire qu’il faut d’emblée mettre entre parenthèses la question marxienne classique du dépérissement de l’Etat (pourtant importante dans le vision du communisme), qui implique son affaiblissement avant sa disparition. Or face au libéralisme déchaîné que nous subissons, ce n’est pas de moins d’Etat dont avons besoin, de cet Etat qui se désinvestit de partout pour laisser place aux privatisations, à la concurrence, à la marchandisation des activités et à la course aux profits, quelles qu’en soient les conséquences humaines pour les travailleurs ou les usagers (voir ce qui se passe à la Poste, dans les transports ou dans le secteur de la santé lié aux hôpitaux publics), mais de plus et de mieux d’Etat.

 

Et c’est-là que le scepticisme tiré de l’expérience soviétique refait surface pour décrédibiliser cette perspective. Or elle n’était valable pour Marx que dans une société techniquement développée, avec des travailleurs compétents et qualifiés, hautement éduqués et capables, de ce fait, d’intervenir dans la gestion des entreprises. C’est pourquoi le « plus d’état » pouvait s’accompagner d’un « mieux d’Etat », à savoir d’une démocratisation de la gestion… contrairement à ce qui s’est passé en URSS, tout spécialement, où l’étatisation s’est traduite par une bureaucratisation de l’économie, à la fois autoritaire  et inefficace ! A l’inverse, voyons ce qu’il s’est passé dans un pays développé comme la France avec ses entreprises nationalisées comme les transports (SNCF, Air France), la Poste ou l’hôpital public : un vrai succès quant à l’efficacité (et le compétitivité mondiale), la démocratie au travail, les conditions satisfaisantes de celui-ci, le rôle des syndicats et même, tout simplement, la rationalité de leur fonctionnement !

 

Reste que cet Etat dont nous avons absolument besoin – y compris, au passage, pour définir et imposer les normes d’un vivre-ensemble humain et digne qui nous fasse échapper à la loi de la jungle – doit se concevoir d’une manière souple, à savoir sous diverses formes. J’en vois trois, de la moins ambitieuse à la plus ambitieuse : 

 

1 l’Etat-stratège ou planificateur qui permet, à la fois, de dominer la marche de l’économie en l’orientant vers l’intérêt collectif et les besoins humains, tenant compte aussi de la cause écologique, essentielle désormais, et échappant à ce productivisme aveugle, imbécile, dangereux et cupide, auquel le libéralisme nous livre. 

 

2 L’Etat régulateur qui introduit, dans le champ social du travail, en particulier, mais pas seulement, des règles strictes concernant les conditions du travail, donc, mais aussi celles de la démocratie dans la gestion, via les syndicats, mais concernant aussi tout ce qui  touche aux effets actuellement catastrophiques d’une croissance non maîtrisée et qui saccage la planète.

 

3 Enfin, last but not least, la propriété sociale des grands moyens de production et d’échange, c’est-à-dire le principe des nationalisations, donc l’Etat propriétaire. Or voilà le gros mot lancé, on pourrait presque dire le mot « obscène », du fait, à nouveau, du contresens signalé plus haut qui les identifie à tort à la forme qu’elles ont prises et aux effets qu’elles ont produits dans le système soviétique – par où l’on voit l’urgence absolue, sur le plan idéologique, de dissiper ce contresens ! Or ce qui en justifie le principe est simple (et on le trouve formulé étonnamment, quoique indirectement, dans la Déclaration française des droits de 1946 s’agissant des entreprises ayant acquis la taille d’un monopole national de fait : elles doivent devenir la propriété de  l’Etat ! ) : c’est la propriété qui donne le pouvoir (et non l’inverse) et toutes les mesures envisagées précédemment risqueraient de ne pas exister, d’être limitées ou remises en cause dans une économie où la propriété privée dominerait sans partage. Songez à ce qui existe aux Etats-Unis, avec ses  conséquences  sur la vie sociale : des inégalités de classes criantes et scandaleuses, la pauvreté, la violence, le chomâge, le racisme.

 

Or, et je le dis tout net, la majeure partie des préoccupations humaines incarnées dans ces principes sont absentes désormais des programmes de ladite social-démocratie, devenue social-libérale, et l’une des raisons qui explique cette absence, qui s’apparente à une vraie démission, tient sans doute à la disparition de la préoccupation morale dans l’engagement et le projet des hommes politiques, y compris de ce bord – ce que le philosophe C. Godin appelle un phénomène de « démoralisation » – et qui est sans doute articulé aussi à une anthropologie pessimiste qui ne croit guère à la possibilité d’inventer un vivre-ensemble autre qu’égoïste, individualiste et concurrentielle, dans laquelle devenir milliardaire est présenté comme une ambition louable pour un jeune d’aujourd’hui par Macron (je laisse de côté la Rollex de Sarkozy) ! Pauvres « socialistes » ! Pauvre caste politique !

 

Seuls échappent à cette critique les projets que je trouve à la « gauche de la gauche », côté PC ou côté Mélenchon. Avec une réserve de taille, que l’on comprendra si l’on a compris ce qui précède : la problématique de la propriété collective a apparemment disparu de ces deux projets respectifs, disons pour l’essentiel, comme si on n’y croyait plus, spécialement du côté de Mélenchon, même si l’on maintient l’importance des services publics. Mais disons que dans ce camp au moins, une ambition morale pour la politique  se fait sentir : «  L’humain d’abord » est bien  impératif à teneur morale, au sens noble et concret, tout à la fois, de cette expression.

 

 

Et j’ajoute qu’on ne voit pas ici poindre l’idée que l’homme serait foncièrement mauvais, rétif à toute idée de coopération et préférant la concurrence interindividuelle, ce qui permet de justifier à peu de prix le fonctionnement du capitalisme comme conforme à la « nature humaine » ! Voir les écrits de J. Généreux ou de L Sève, et si je puis me permettre, les miens dans ce domaine, qui récusent tout pessimisme fondamental à ce sujet. Cela ne signifie pas que les chemins de l’émancipation humaine soient faciles, que l’homme soit un ange, mais cela interdit de déclarer celle-ci a priori impossible, ce qui définirait rapidement la doxa idéologique socialiste

 

Reste une autre explication à cette crise de la social-démocratie, à ce vide abyssal de sa pensée politique, et qui rejoint mon point de départ : l’abandon des grands concepts de la pensée marxienne, qui seuls fondent une intelligence critique de notre société et de ses injustices structurelles : propriété privée de l’économie, exploitation du travail, profit, classes sociales, aliénations multiples des individus, y compris dans leur rapport à l’histoire, et donc exigence d’émancipation, idéologie enfin.

 

Ce sont tous ces concepts qu’il faut remettre au goût du jour et approfondir (c’est ce que j’ai fait en partie dans un prochain livre à paraître chez Kimé) et c’est leur absence qui rend les « socialistes » aveugles au malheur des hommes. Car comme le disait Camus (qui n’était pas marxiste, pourtant) : « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde », surtout si cette « mauvaise nomination » revient à une ignorance ou à une occultation de ce qui se passe réellement… alors qu’on a à sa disposition des concepts pour voir et comprendre ce malheur social. Bien des auteurs, au demeurant,  renouvellent aujourd’hui notre vision de la société, présente et à venir, dans le sillage de Marx et à un niveau strictement politico-économique comme J. Bidet, T. Andréani (voir ses Dix essais sur le socialisme du XXIème siècle) ou encore F. Lordon. Qu’on les lise, tout simplement… et qu’on s’en inspire concrètement. Mais aussi : qu’on en parle !

 

2 La situation actuelle. Je serai très bref ici, tenant seulement à indiquer les difficultés de l’émancipation socialiste (ou communiste) par les temps qui courent. Je laisse de côté la complexification des rapports sociaux de classe, du fait de la complexification du monde du travail (voir les Adieux au prolétariat, autrefois, de Gorz, surestimés cependant) : c’est pour moi une tarte à la crème qui entend nous détourner du combat socialiste, ou combat de classe (eh, oui !), en  occultant l’essentiel, à savoir que ce monde du travail est largement majoritaire et qu’il demeure exploité, même si c’est sous des formes et à des degrés divers. La nécessité (morale) de combattre  cette situation-là demeure donc, pleine et entière.

 

Par contre, il y a une nouveauté, en un sens qu’il faut préciser et que Marx avait très bien anticipée (décidément, ce Marx!) : c’est la mondialisation capitaliste d’aujourd’hui. Celle-ci constitue la difficulté politique majeure pour un projet socialiste (ou communiste) de notre temps : la suppression économique des frontières (pour l’instant en Europe) a pour conséquence inouïe de supprimer largement les souverainetés politiques nationales. Se mettent en place des entités supranationales qui échappent au contrôle politique des peuples (quand ils s’y opposent, on fait fi de leur vote : voir le Traité constitutionnel européen, refusé et dont l’admission après coup, par un artifice politicien, a été, selon Gauchet, « un déni absolu de démocratie ») sous diverses formes.

 

Et ce qui se passe à l’échelle européenne est encore plus vrai à l’échelle mondiale : des instances non élues (FMI, OCDE, etc.), intimement liées à la finance internationale et mettant en œuvre ses intérêts particuliers, décident du sort du monde, en dehors des peules concernés par leurs politiques. Nous sommes entrés, comme je viens de le lire, dans une ère « post-démocratique » puisque ce sont les marchés financiers qui imposent leur loi  et l’Europe telle qu’elle est en constitue un facteur actif.

 

D’où des propositions indispensables, dont la suggestion est faite par divers mouvements, organisés ou pas, dont j’admire et soutiens la lucidité politique progressiste, et dont j’aimerais que le mouvement communiste auquel j’appartiens, les entérine davantage : 

 

1 L’idée que la nation, entendue comme un espace politique de souveraineté et donc de démocratie (et non comme une réalité ethnique intangible), doit être valorisée et défendue en tant que telle, y compris pour les spécificités qualitatives ou culturelles que certaines d’entre elles possèdent et qui méritent d’être défendues : je n’ai pas envie d’être envahi définitivement par le règne américain de Jésus et de Coca-Cola ! 

 

2 Plusieurs courants politiques défendent aujourd’hui à juste titre, dans la même optique, l’idée de démondialisation, ou encore de relocalisation de l’économie : c’est là une vue à la fois sage et indispensable… que défend par exemple P. Ariès et sa revue les Zindigné(e)s.

 

A quoi bon échanger à travers le monde des biens dont la circulation a un prix énergétique invraisemblable et exacerbe la crise écologique, alors que ces produits, spécialement les marchandises agricoles, pourraient être à la fois produits et consommés sur place, favorisant ainsi le bien-être des peuples nationaux ou activant l’emploi par une production industrielle autonome ? Seul le capitalisme mondial, agricole ou industriel, tire un profit de cette situation ! Et c’est lui qui décide de tout cela !

 

C’est donc à un nouveau protectionnisme raisonnable qu’il faut procéder (faute d’instances internationales ou d’alliances d’expériences socialistes pouvant peser en sens inverse) et contrairement aux propos irresponsables de Hollande récemment, lors de l’annonce de son retrait à la présidentielle : « Le protectionnisme, voilà le danger ». Les victimes de la mondialisation libérale apprécieront, mais il n’en a cure, faisant partie de cette caste supranationale qui fonctionne, précisément dans cet espace supranational et qui en tire profit, ici un profit politique ! Surtout si l’on ajoute que cette défense de la nation n’a strictement rien à voir ni avec le nationalisme ni avec un quelconque populisme.

 

D’abord parce que ce terme de populisme doit être banni du vocabulaire de la gauche : ce n’est qu’une manière de mépriser les aspirations légitimes, la plupart du temps, du peuple. Ensuite, parce que le souci de la nation n’a rien à voir, à gauche en tout cas, avec un quelconque nationalisme égoïste ou belliqueux : l’inter-nationalisme(avec un tiret) est à l’opposé du supranationalisme véhiculé par la mondialisation capitaliste. Celle-ci, liée au développement mondial d’une bourgeoisie transnationale (laquelle était nationaliste au début du siècle dernier parce que ses intérêts étaient nationaux)!), ne cesse d’écraser les nations dans un impérialisme économique qui les méprise politiquement et les défait culturellement.

 

Le véritable internationalisme, lié au socialisme, les respecte lui, tout en les ouvrant les unes aux autres et en les ouvrant aussi à une évolution collective, choisie et non imposée par le Capital. Comme le disait magnifiquement Jaurès (que je cite souvent) : « Un peu d’internationalisme éloigne de la patrie, beaucoup en rapproche » !

 

D’où, enfin, l’idée que nous avons besoin d’une véritable révolution culturelle qui substituerait à ces objectifs humains médiocres   caractéristiques du libéralisme et intériorisés par les « socialistes » (entendre : les sociaux-démocrates devenus sociaux-libéraux), d’autres, bien plus élevés dans la hiérarchie des normes de vie : le partage des richesses actuelles et non la croissance à tout prix ; une politique qui ne réduise pas d’une part à l’assouvissement d’ambitions personnelles et de l’autre à l’accompagnement gestionnaire de l’économie telle qu’elle va (ou ne va pas) ; enfin, une vision de l’homme et de la société, assise sur une culture scientifique et philosophique de haut niveau, animée par des valeurs universelles et permettant d’assigner à la politique une véritable ambition morale touchant à l’émancipation de l’homme dans tous les domaines. Est-ce rêver ? Je ne le pense pas, en toute lucidité intellectuelle

 

Yvon Quiniou. A paraître, en 2017, aux éditions Kimé : Les chemins difficiles de l’émancipation. Réponse à Marcel Gauchet et à quelques autres. Ce texte s’en inspire pour une part.

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

 

DERNIER COMMENTAIRE

17/12/2016 - PAR JACKY DAHOMAY

 

Parler d'émancipation est aussi insister sur la question morale. Et ceci à deux niveaux:

 

1- Au plan inviduel, comment lutter contre cette  "démoralisation" ou "amoralisation" produite par  le type d'individualisme répandu par le néolibéralisme ? La force de ce dernier, sa biopolitique si on peut dire, est de produire des subjectivités totalement soumises à la domination. Source peut-être de servitude volontaire.

 

2-Au plan collectif, peut-il exister une vision morale collective ? Les visions du bien ne seront-elles pas toujours plurielles ? La question du lien social ou politique collectif demeure et ne peut se réduire à l'infrastructure économique. Vous ne parlez pas  des droits de l'homme. Or c'est dans cette direction qu'on peut chercher une morale publique collective. Il reste à faire un bilan des luttes populaires passées. Il  me  semble  que ce qui s'est souvent produit, c'est que les droits du peuple ont eu tendance à s'absoluitiser au détriment des droits de l'homme. Pourquoi pratiquement tous les socialismes ayant effectivement existé ont-ils mis de côté les droits de l'homme ? Le cas de Cuba est dramatique pour nous surtout dans la Caraïbe.

 

Quel est le "peuple" des Castro ?

 

Le délitement de la morale a enfin une dimension internationale. Ce qui se passe en ce moment    -et Alep n'est qu'un révélateur- c'est l'effacement totale dans la diplomatie, avec Poutine et Trump, de toute dimension "transcendantale" de l'expérience humaine. Une nouvelle diplomatie d'un cynisme radical, une diplomatie  cow-boy auait dit ma  mère.

 

Enfin  comment repenser les luttes aujourd'hui ? Ne faudrait-il par penser de manière nouvelle la société civile ? L'erreur de Marx n'aurait-elle pas  été de réduire la société civile à la  "société des besoins" comme disait Hegel ?

Posté par Michel Peyret

26 décembre 2016

Roland Gori : « Le néolibéralisme détruit les biens communs et le lien social depuis 40 ans »

Accueil

Roland Gori : « Le néolibéralisme détruit les biens communs et le lien social depuis 40 ans »

Entretien réalisé par LUCIE FOUGERON de l'Humanite Dimanche

Samedi, 26 Décembre, 2015
 

Humanité Dimanche
 

Photo : PIERRE PYTKOWICZ
 

Après les attentats de novembre 2015, le psychanalyste et essayiste* revient sur la nature des groupes terroristes et pose les jalons d'une réponse à une crise de civilisation qui suppose de repenser totalement le monde.

 

HD. De quoi les groupes terroristes qui ont mené notamment les attentats de novembre en France se nourrissent-ils ?

 

ROLAND GORI. Ils émergent de la niche écologique d’une crise de civilisation qui s’est développée dès lors que les démocraties libérales ont voulu imposer ce que Pierre Bourdieu a appelé un faux universel, c’est-à-dire une raison du monde qui repose essentiellement sur le droit et les affaires. La prétention de rétablir par la tyrannie et la terreur des valeurs intégristes en matière de religion et de famille correspond à ce que la rationalité, que j’appelle « pratico-formelle » – la raison du droit et celle des affaires –, a laissé de côté : les valeurs traditionnelles de la morale et de la religion. Elles constituent le fonds de commerce d’une propagande à même d’appâter les individus les plus « désaffiliés » de notre société. La précarisation, la prolétarisation des vies, associées à une perte des valeurs, permet à ces mouvements de proposer un « sens », une sorte de prothèse à leur existence et d’esthétiser la mort. C’est frappant de voir comment aujourd’hui plus que jamais ces mouvements qui se veulent religieux, donc en révolte et en réaction contre les logiques de marché et de la technique, se sont euxmêmes saisis des armes (Internet, réseaux sociaux, mise en spectacle des meurtres…) des adversaires qui ont participé à leur enfantement. Cela aboutit à une sorte d’accouplement entre le théofascisme et ce que j’ai appelé le technofascisme. On peut dire de ces mouvements ce qu’Hannah Arendt disait des nazis : ils ont emprunté à la mafia américaine leurs méthodes de terreur et à la publicité hollywoodienne leurs techniques de propagande.

HD. Comment ces mouvements proposent-ils une autre façon, concurrente, de « faire société » ?

 

R. G. La désaffiliation propre à uneconception néolibérale du sujet humain comme individu autoentrepreneur de lui-même a abouti à une pulvérisation des collectifs et une atomisation des relations sociales, créant un besoin de nouvelles formes d'affiliation qui peuvent s'exprimer par différentes manières de faire et d'être ­ par le besoin de partager et d'inventer autre chose, mais aussi au moyen de ces entreprises terroristes qui proposent la fraternité par le meurtre et la soumission à mort. Les humains cherchent un sens, une cohérence à leur existence, et sont donc d'autant plus exposés à la prise des idéologies ­ on l'a vu dans l'histoire contemporaine ­ qu'ils sont dénutris de mythes et de religions.

 

Désespérés et affamés de nouvelles valeurs, ils sont susceptibles d'être attirés par des prédateurs qui les invitent à faire corps avec le groupe à partir de valeurs partagées. Comme le faisaient les Jeunesses hitlériennes, ces groupes terroristes offrent un salaire, une panoplie, des femmes, la jouissance de la cruauté, la vengeance des humiliations vécues et héritées et la possibilité pour un individu atomisé de s'enraciner dans un parti ou une secte de masse.

HD. Dans cette logique, la terreur constituerait une forme alternative de gouvernement politique face à la déliquescence de nos institutions...

 

R. G. Comme l'a écrit Montesquieu,toute forme de gouvernement politique s'accompagne de formes d'éducation et de transmission qui reposent sur des valeurs. Si la République repose sur la vertu, l'aristocratie sur l'honneur, le propre de la tyrannie est de reposer sur la terreur. Aujourd'hui, ce n'est plus l'honneur qui légitime l'organisation aristocratique de la société, ni malheureusement la vertu qui est la valeur cardinale organisatrice de la République aujourd'hui dégénérée ­ avec comme symptômes la corruption, les affaires, la crise de confiance généralisée dans les institutions et les représentants politiques ­, mais l'intéret et le profit qui régissent le gouvernement.

 

Et du côté des mouvements extrémistes, c'est un gouvernement articulé sur la terreur, qui va aussi organiser ce mode d'exercice dans tout le champ social. La volonté de faire État est là. À côté de la terreur exercée et mise en spectacle est assurée la distribution des moyens et ressources matériels ­ eau, nourriture, électricité, etc. ­ qui permettent aux « affairistes » de la terreur d'administrer les populations en s'appuyant sur les clans, les autorités traditionnelles.

HD. Les États démocratiques ont réagi de manière essentiellement sécuritaire, cela ne risque-t-il pas de constituer une réponse à la terreur et à la haine par la terreur et la guerre ?

 

R. G. S'il ne s'agit pas de se priverdes dispositifs de sécurité face aux menaces terroristes, il faut montrer que la réponse sécuritaire est dans l'ordre du court terme. Face au radicalisme religieux, il faut être radical, c'est-à-dire, au sens premier, prendre les choses à la racine. Nous avons peut-être perdu de vue que cette liberté que nous considérons comme une habitude est un bien sacré qu'il nous faut construire et défendre.

 

Or elle n'est pas le résultat « naturel » du commerce ou du droit, elle est une aspiration des humains à s'émanciper et à s'affranchir des servitudes. La liberté libérale a une limite, elle s'arrête en quelque sorte aux portes du politique, alors qu'elle devrait être un plébiscite de tous les jours, une victoire des forces de la concorde sur celles de la discorde.

 

On le voit très concrètement : les islamistes, notamment dans certains pays du Maghreb, se sont insérés dans des zones de protection sociale désertées par les services traditionnels de l'État, en aidant de diverses manières des populations démunies, qui deviennent progressivement captives de cette protection. Cela doit nous amener à réfléchir à la question des inégalités sociales et à remettre en cause la façon dont l'État s'est dessaisi de services et de fonctions qu'il a externalisés, voire privatisés. Et qui finalement sont tombés dans de « mauvaises mains », affairistes, mafieuses ou extrémistes.

HD. À partir de quelles valeurs peut-on envisager une reconquête de la liberté et du lien social ?

 

R. G. Le fascisme s'impose là où il ya une faillite des idées auxquelles se substitue la coagulation d'opinions. On a laissé de plus en plus désert l'espace du politique, au sens que lui a donné Hannah Arendt : ce qui peut relier les humains entre eux, ce sont des paroles, des actes, des oeuvres.

Quand ces moyens de combler le vide entre les hommes que sont la culture et la politique ne sont plus là, les gens vont se tourner vers l'offre disponible, en l'occurrence les idéologies les plus traditionnelles et radicales, porteuses, en apparence, de ce qui leur manque dans une civilisation néolibérale des moeurs. Avec les réformes néolibérales, les dispositifs qui participaient à la création de l'humain ­ santé, culture, éducation, justice... ­ et à sa vie politique et sociale ne visent plus qu'à l'adapter au désert. Rappelons-nous ce que disait Jaurès : le socialisme est aussi une morale. C'est la perte des valeurs humanistes qui organisaient l'ensemble des activités humaines qui met en faillite le libéralisme. Il en résulte de nouveaux fascismes, dont ces mouvements terroristes. Comme leurs prédécesseurs, ils contiennent cette haine à l'égard des valeurs des Lumières, des valeurs démocratiques, de progrès, de raison ­ tout ce qui est mis en avant dans les racines philosophiques du libéralisme et qui s'est révélé, de par le libéralisme économique, être des valeurs hypocrites. Camus, dans « l'Homme révolté »,écrit : « La philosophie des Lumières aboutit alors à l'Europe du couvre-feu. »

 

Ces valeurs n'ont pas eu de débouchés sociaux et politiques concrets, et se sont révélées comme n'étant pas fiables. La propagande de Daech ­ à l'instar des discours fasciste et nazi ­ dénonce le caractère purement formel de l'égalité, de la liberté et de la fraternité dans les démocraties libérales.

 

Ce qu'ils proposent à la place est monstrueux, mais pousse sur les ruines des ambitions morales, politiques et philosophiques des libéralismes.

 

On ne peut pas se limiter à la recherche de méthodes pour empêcher la radicalisation d'adolescents : cela reste des mesures symptomatiques qui ne traiteront pas l'étiologie (les causes ­ NDLR) de la maladie de civilisation à laquelle répondent, à leur manière, les actuels mouvements terroristes. On ne va pas recréer en quelques semaines ou en quelques mois du lien social pour éviter les attentats. Commençons par reconquérir les territoires désertés par la République. Au-delà de la volonté de rétablir l'autorité de l'État, retisser le lien social doit nous amener à repenser totalement le monde, autrement qu'à partir des valeurs qui, depuis 40 ans, au nom du néolibéralisme, détruisent les biens communs, l'État de protection sociale. C'est aussi cet État social qui faisait sécurité.

 

Il s'agit aussi de considérer que la peur, partie intégrante de la condition humaine, est générée par le pressentiment, en chacun de nous, que l'évidence des objets, des faits, du sens commun, ne suffit pas, et que, derrière, il y a peut-être un autre monde. Éluard disait : « Il y a un autre monde, mais il est dans celui-ci. » Il y a autre chose en arrière des objets. Or les citoyens ne pourront pas être rassurés et confiants si on ne prend pas en considération cet arrière-monde qui est justement ce dont l'art, la culture, la santé, l'éducation prennent soin. Porter une alternative aux mesures sécuritaires ­ auxquelles en particulier les États-Unis et Israël ont « habitué » leurs populations ­, en recherchant des réponses du côté des valeurs originelles des Lumières européennes, fonder les relations sociales sur d'autres types de valeurs, contribuera fondamentalement à élaborer des mesures de sécurité symbolique, culturelle, éducative.

 

* Initiateur en 2009 de l'Appel des appels (www. appeldesappels.org), Roland Gori a récemment publié « l'Individu ingouvernable » (éd. Les liens qui libèrent, 2015)

Publié par El Diablo

« Vive la Sécu » : la vague qui secoue le pays

« Vive la Sécu » : la vague qui secoue le pays

Succès du film de Gilles Perret La Sociale, échanges entre malades et médecins, sondages… le sursaut contre la casse de la Sécu gagne du terrain.

L’actualité délie parfois les langues des patients dans les salles d’attente des médecins, habituellement plutôt silencieuses. Le docteur Laurence, médecin généraliste en région parisienne, est témoin de ces conversations qui se poursuivent parfois pendant la consultation, quand l’émotion ou les inquiétudes sont trop fortes. Cela a été le cas au lendemain des attentats de 2015, et à nouveau après les annonces de François Fillon concernant la Sécurité sociale. « Toute la semaine des patients m’en ont parlé, confie la médecin. “Vous avez entendu ?” me disaient-ils. Les retraités étaient les plus inquiets. Ils se demandaient comment cela allait se passer pour eux avec leurs petites pensions. Je les ai sentis perdus, se demandant notamment pour qui voter, vers qui se tourner. »

Le projet Fillon a été « la goutte de trop »

Dans son cabinet, elle reçoit beaucoup d’ouvriers, d’employés, ces couches populaires dont les revenus ne suffisent pas, voire pas du tout, à boucler leurs fins de mois. Ceux qui sont le plus enclins à rogner sur leurs dépenses de santé. « L’accès aux soins est dégradé. L’attente pour obtenir des rendez-vous s’allonge avec les spécialistes, les médecins traitants trop peu nombreux. Même SOS Médecins refuse des patients. À l’hôpital, les soignants sont dans un état de stress incroyable jusqu’à l’évitement des patients. Le système est de plus en plus déshumanisé. On ne fait pas ce boulot pour ça », s’alarme la docteure, pour qui l’annonce du candidat de la droite à la présidentielle de « focaliser l’assurance publique universelle notamment sur les affections graves ou de longue durée (…) et l’assurance privée sur le reste » agit comme « la goutte de trop ».

Cette appréciation est largement corroborée par des enquêtes d’opinion qui, toutes, montrent que la cote d’alerte est largement dépassée pour les candidats qui montrent des velléités de s’en prendre au remboursement des soins par l’assurance maladie, ou, plus généralement, à la Sécurité sociale. Un sondage réalisé sur un panel très large de 18 000 personnes par Ipsos-Sopra Steria pour le Cevipof (centre de recherches de SciencesPo), et publié par le Monde du 15 décembre, place la Sécurité sociale en tête des « notions » auxquelles les Français sont attachés, avec 71 % d’opinions positives, devant les services publics (52 %, en 2e position). Surtout, une autre enquête, réalisée cette fois par Elabe pour les Échos, donne ce résultat étonnant de prime abord : pour 90 % des quelque 1 000 personnes interrogées, il ne serait « pas acceptable » de baisser la dépense publique en matière de santé, cette opposition montant à 57 % pour qui ce ne serait « pas du tout acceptable ». Les réponses concernant les autres domaines dits « régaliens » ou touchant au modèle social sont à l’avenant : retraites (89 % d’opposition à des coupes), sécurité (89 % également), éducation (86 %), justice (82 %).

Même à droite, on refuse la casse de la Sécu

« Quand on en arrive à de tels résultats, ce sont des oppositions majoritaires qui se vérifi ent dans toutes les catégories de population et quelle que soit la préférence partisane », relève le directeur des études politiques d’Elabe, Yves-Marie Cann. Ainsi, les électeurs de droite et du centre se montrent tout aussi hostiles que le reste de la population à des coupes dans les dépenses du système public de santé, puisque seuls 10 % d’entre eux jugent celles-ci « acceptables »

PAR SÉBASTIEN CRÉPEL, SYLVIE DUCATTEAU AVEC PIERRIC MARISSAL ET AURÉLIEN SOUCHEYRE

SOURCE :

"Vive la Sécu", la vague qui secoue le pays

 

http://www.humanite.fr/vive-la-secu-la-vague-qui-secoue-le-pays-629153

Bon bout d’an : boire un petit coup c’est agréable …

 

24 Décembre 2016

Aucun texte alternatif disponible.

 

Pour une fois où il question de Picasso et Staline sans que l’on me parle du portrait…  

 

Je dédie ce toast à tous les imbéciles, hypocrites qui m’accusent d’être « stalinienne » pour mieux justifier leur propre renoncement à penser a contrario des idées reçues et mieux s’incliner devant l’ordre établi…

 

Danielle Bleitrach

Appel de la 18eme Rencontre Internationale des Partis communistes et ouvriers

 

, par  communistes

pdf 

 

La 18° Rencontre Internationale des Partis communistes et ouvriers s’est tenue du 28 au 30 Octobre 2016 à Hanoi, capitale de la République Socialiste du Vietnam, sur le thème "La crise capitaliste et l’offensive impérialiste- Stratégie et tactiques des Partis communistes et ouvriers dans la lutte pour la paix, les droits des peuples et le socialisme".

 

sur solidnet en anglais

 

Après avoir discuté de la situation dans le monde et des défis croissants confrontés par l’humanité, les nations, les ouvriers et les peuples de nombreux pays, particulièrement l’aggravation de la crise socio-économique et environnementale, de l’insécurité croissante et de l’instabilité dans de nombreuses parties du monde, qui sont causés par le capitalisme, la crise capitaliste et les interventions impérialistes qui sont plus graves, l’ingérence et les manoeuvres, alimentant l’émergence du dénommé "ISIS et des autres forces extrémistes criminelles, et également les crises des réfugiés ;

 

Nous soulignons que le socialisme est la seule alternative réelle aux crises en cours économique, sociale et écologique, à l’exploitation capitaliste et à la barbarie ;

 

Nous saluons les luttes des peuples et des ouvriers dans toutes les parties du monde contre l’offensive du capitalisme et de l’impérialisme, pour les droits au travail , sociaux et démocratiques, l’égalité des sexes, l’indépendance et la souveraineté, la paix et le socialisme.

 

Nous insistons sur l’importance du contexte historique de la Grande Révolution Socialiste d’Octobre en Russie et de son prochain 100 ème anniversaire en 2017 ;

 

Nous sommes encouragés par les succès et les expériences de la lutte et de la coopération entre les parties communistes et ouvriers des années précédentes ;

 

Nous appelons les Partis communistes et ouvriers à développer leur action commune et convergente autour des axes suivants :

 

- Intensification des travaux théoriques et pratiques et des échanges sur la construction du socialisme dans le 21ème siècle.

 

- Œuvrer ensemble en direction de la commémoration commune du 100ème anniversaire de la Grande Révolution Socialiste d’Octobre pour souligner son importance historique pour paver le chemin d’une nouvelle période dans l’histoire humaine, la contribution du socialisme pour faire progresser la lutte des ouvriers et des peuples pour leur émancipation, et le besoin de renforcer la lutte pour la paix, le progrès social et le socialisme, en organisant diverses activités liées.

 

- Commémorer le 150ème anniversaire de la publication de "Das Capital" par Karl Marx.

 

- Promouvoir l’échange sur les stratégies, tactiques et expériences pour renforcer le combat contre toutes les formes d’imposition et offensive idéologique et politique capitaliste , pour renforcer les partis communistes et ouvriers et pour améliorer la mobilisation des ouvriers et des masses populaires, particulièrement la jeunesse, les étudiants et les femmes, dans les luttes anti-impérialistes, pour l’emploi, les droits sociaux et démocratiques des syndicats, et le socialisme.

 

- Renforcer les activités pour défendre les libertés et les droits démocratiques, contre l’anticommunisme et toutes les formes de discrimination, pour exprimer la solidarité avec les communistes en Ukraine et dans les autres pays qui font face à la répression et à l’interdiction de leur activité, en organisant, de préférence dans la semaine du 5 au 11 Mai 2017, des activités contre le fascisme et le néo-nazisme à l’occasion de l’anniversaire de la victoire sur le nazi-fascisme (9/5/1945) ;

 

- Elargir le front anti-impérialiste pour améliorer la lutte pour la paix, contre l’occupation impérialiste, les interventions et les ingérences dans les affaires intérieures des autres pays, contre l’OTAN et son extension, contre les armes nucléaires, la militarisations et les bases militaires, pour un règlement pacifique et juste de tous les conflits basé sur les principes du droit international,

 

- Intensifier les activités pour demander la cessation du blocus US contre Cuba, pour soutenir le droit du peuple Palestinien à un Etat libre, souverain et indépendant et pour exprimer la solidarité avec tous les peuples d’Asie, du Moyen-Orient, d’Afrique, d’Amérique Latine et d’Europe qui font face à l’occupation, l’intervention, l’ingérence et le blocus impérialistes.

 

Finalement, les Partis communistes et ouvriers participants remercient le Parti communiste et le peuple du Vietnam pour leur hospitalité. Ils ont confirmé leur soutien inébranlable et constant et leur solidarité avec le Vietnam qui construit et défend le pays socialiste.

 

Voir en ligne : traduction par le PADS

Discours de clôture du 20ème congrès du Parti communiste portugais, 4 décembre 2016

 

, par  communistes,

pdf 

Discours prononcé à Alamada par Jeronimo de Sousa, secrétaire Image illustrative de l'article Parti communiste portugaisgénéral du PCP, le 4 décembre 2016,

JPEG - 39.5 ko

Camarades et amis, chers invités,

 

Au moment de clôturer les travaux de notre 20ème congrès, nous pouvons dire que nous avons rempli avec succès les objectifs que nous nous étions fixés.

 

Premièrement, par le degré d’implication et de participation des délégués. Ils ont honoré par leur présence et leur participation permanentes le mandat qui leur a été donné. Personne ne les a contraints. C’est un acte libre et responsable d’hommes et de femmes libres qui aspirent à une vie meilleure pour les travailleurs et le peuple portugais, d’hommes et de femmes qui font la différence, dans les formes d’engagement politique, en étant membres de notre parti.

 

Même au moment de leurs congrès, les partis ne sont pas tous pareils.

 

Nous saluons aussi les camarades et les invités, toujours présents, qui ont manifesté leur adhésion aux interventions. Des délégués venant de Bragance ou de l’île de Flores (Açores) ont parlé de la vie, des problèmes de leur région, de leur secteur d’activité, de la réalité des entreprises et des lieux de travail.

 

Nous avons entendu des ouvriers, d’autres travailleurs ; nous avons entendu des paysans, de petits entrepreneurs, des intellectuels, des jeunes, des femmes, des retraités, des personnes handicapées, des spécialistes, des hommes et des femmes de science, qui sont venus parler de politique économique, de santé, d’éducation, de sécurité sociale, d’accès à l’eau, de la valeur du travail, de la culture et de la production nationale.

 

Ils ont parlé de leur pays et de la souveraineté nationale.

 

Nous avons exprimé, naturellement et spontanément, nos sentiments internationalistes, notre profonde et sincère solidarité avec les partis, les peuples et les pays victimes des attaques et des menaces de l’impérialisme, Cuba, la Syrie, la Palestine et l’Ukraine pour ne citer que ceux-là.

 

Nous avons parlé de la lutte et de son développement comme élément stratégique pour mettre un terme aux blocus, aux pressions et pour commencer à construire une politique alternative patriotique et de gauche.

 

Nous avons parlé de la vie de notre parti, du renforcement politique, social et électoral du PCP comme condition irremplaçable et indispensable à la construction des politiques alternatives pour lesquelles nous combattons, du renforcement de l’organisation du Parti, en particulier en menant une grande campagne d’adhésion.

 

Nous avons parlé et débattu de la nouvelle phase de la vie politique nationale et le Congrès a apprécié le rôle du Parti, de ses propositions et initiatives.

 

Et, chers camarades, permettez-moi de reprendre les dernières phrases du discours de clôture du 19ème congrès. Nous affirmions alors : « Dans une situation où ça cogne si dur, où les travailleurs, le peuple portugais et le pays subissent la tempête destructrice et dévastatrice de la politique du gouvernement PSD/CDC-PP, nous affirmons : Rien n’est perdu à jamais ».

 

« Quand les travailleurs et la population ont intensifié et étendu la lutte, le gouvernement a été ébranlé ; si les cette lutte se développe, le gouvernement sera battu. » Et c’est ce qui s’est passé !

 

Et pas seulement le gouvernement PSD/CDS-PP mais aussi l’idéologie du fatalisme, du conformisme et de la peur. Une fenêtre d’espoir s’est ouverte, des droits et certains revenus ont été rétablis, conquis.

 

Camarades et amis, chers invités,

 

A ce congrès, nous avons discuté de la phase nouvelle de notre vie politique nationale et de la détermination du PCP, avec les travailleurs et le peuple, de tout faire pour continuer à défendre, rétablir et reconquérir des droits.

 

Ce 20ème congrès a affirmé la nécessité et l’urgence de trouver une réponse à la grande question qui monte : celle de l’alternative capable d’ouvrir la voie pour résoudre les problèmes du pays.

 

Ce congrès a vu l’affirmation d’un parti, le Parti communiste portugais, qui assume le projet politique nécessaire au pays d’une politique patriotique, de gauche, et qui combat et combattra pour lui ; d’un parti, le Parti communiste portugais, qui s’adresse à tous les démocrates et les patriotes désireux de converger avec nous pour réaliser cette politique indispensable en vue de surmonter les problèmes du pays ; d’un parti, le Parti communiste portugais qui fait appel aux travailleurs et au peuple pour qu’ils prennent en main la défense de leurs intérêts et de leurs droits, qu’ils concrétisent la politique patriotique et de gauche en vue d’un Portugal développé et souverain.

 

Oui, à ce 20ème congrès, devant vous et devant le pays, le PCP s’affirme comme la force qui porte la politique nécessaire à l’avenir du Portugal, comme la force qui assume l’engagement pris envers les travailleurs et le peuple, tous les démocrates et les patriotes, pour qu’il soit enfin possible de mettre fin à l’exploitation, à l’appauvrissement, au déclin et à la mise sous dépendance, pour que soit assuré un avenir au Portugal.

 

Cette lutte et cette convergence ne tournent pas dans le vide. Il s’agit d’une lutte et d’une convergence pour une politique concrète offrant des solutions pour le pays.

 

Alors, ici, nous réaffirmons, synthétiquement, le contenu de cette politique patriotique et de gauche : libérer le Portugal de la soumission, de la dépendance et des contraintes imposées par l’euro, renégocier la dette, rendre au pays ce qui appartient au pays, ses ressources, ses secteurs stratégiques, son droit inaliénable à la croissance, au développement et à la création d’emplois.

 

Encourager le Portugal à produire, avec une agriculture plus forte, une pêche plus forte, une industrie plus forte ; créer plus de richesses et mieux la distribuer en soutenant les très petites, les petites et les moyennes entreprises, en valorisant le travail et les travailleurs, leurs salaires, leurs droits individuels et collectifs. Pour que le peuple ait le droit aux soins, le droit à l’éducation et l’accès à la culture. Pour que le peuple dispose d’une protection sociale.

 

Voilà la bonne voie, voilà l’alternative d’avenir. Le Portugal a besoin de ça et non d’un retour au passé, au « Pacte de stabilité et de croissance », ce pacte d’agression, à l’action dévastatrice du gouvernement de coalition PSD/CDS-PP. Voilà la voie d’avenir que notre congrès a tracée.

 

Nous allons la matérialiser, lier ces objectifs à notre action et nous voulons ici insister sur certaines priorités de nos prochaines interventions :

 

- La lutte pour l’augmentation des salaires et le salaire minimum national à 600 euros, en janvier prochain ;


- La lutte pour les droits des travailleurs, pour la suppression de dispositions graves du droit du travail, notamment l’abrogation de la caducité des conventions collectives et le rétablissement d’un traitement plus favorable aux travailleurs ;


- Le combat contre la précarité et l’application du principe selon lequel à un emploi permanent doit correspondre un véritable contrat de travail ;


- La défense et l’amélioration des fonctions sociales de l’Etat, notamment du Système national de santé, de l’école publique, des transports publics et de la culture ;


- L’action pour la renégociation de la dette publique ; le développement de la campagne pour la libération de la soumission à l’euro, pour la production, l’emploi et la souveraineté nationale.

 

Il est incompréhensible que notre pays ne se prépare pas à se libérer de la soumission à l’euro.

 

Il est inacceptable de laisser l’avenir du pays entre les mains et au bon vouloir de ceux qui ceux qui veulent liquider notre souveraineté, de laisser le pays désarmé contre les nouveaux processus d’asphyxie et de chantage sur le Portugal. Il est inacceptable qu’ils veuillent nous attirer, comme peuple et nation, dans l’impasse de l’appauvrissement, de la dépendance, en négation des droits du Portugal à un développement souverain.

 

Il est inacceptable que, chaque année, plus de 8 milliards d’euros soient prélevés sur le budget national uniquement pour payer les intérêts de la dette, pour maintenir cette situation de « privilégiés », celle de se retrouver, à la fin de chaque année, avec exactement le même montant de dettes.

Il est incompréhensible que, chaque année, nous assistions aux mêmes menaces et chantage au déficit des finances publiques, alors que le véritable problème du pays est que le Portugal a une des plus lourdes dettes publiques et extérieures du monde.

 

Il est impensable de prolonger encore des années une dette publique insoutenable, en refusant d’ouvrir des négociations sur ses termes, ses intérêts et son montant, ce que le PCP propose depuis longtemps, et ce qui peut et doit être articulé avec une libération du pays de la soumission à l’euro.

Les élections locales de 2017 constituent une bataille politique importante que le Parti sera appelé à mener. Elles se tiendront à un moment très significatif :

 

- Le moment d’affirmer et de renforcer la CDU [Coalition démocratique unitaire, coalition électorale conduite par le PCP – NdT] comme un espace de participation unitaire et de réalisation de la convergence démocratique, facteur du renforcement de la base de la lutte pour une alternative politique ;


- Le moment de prouver notre capacité, déjà reconnue, à gérer, à s’engager pour les intérêts des populations et à répondre à leurs problèmes, en affirmant le PCP et la CDU comme une force capable d’assumer toutes les responsabilités que les travailleurs et le peuple voudront leur confier.


- Le moment d’affirmer notre place singulière dans d’exercice du pouvoir, en mettant en avant notre honnêteté et notre compétence reconnues comme une valeur qui pèse et qui pèsera sur le choix de tous ceux qui ne renoncent pas à ces valeurs dans la vie politique nationale ;


- Le moment pour progresser et avancer, pour confirmer des majorités [dans les assemblées locales] et pour conquérir de nouvelles positions et de nouveaux mandats, avec un renforcement électoral et politique, en octobre prochain, qui donnera l’influence nécessaire et indispensable au PCP, force politique nécessaire et indispensable, qui pourra peser, de ce fait, de façon plus décisive, dans la vie politique nationale.

 

Camarades et amis,

 

Le congrès a affirmé et réaffirmé notre identité de parti de la classe ouvrière, de tous les travailleurs, indépendamment de l’influence, des intérêts de l’idéologie et de la politique des forces du capital.

 

Il a confirmé et réaffirmé nos objectifs suprêmes, la construction du socialisme et du communisme, une société délivrée de l’exploitation et de l’oppression capitalistes.

 

Il a confirmé et réaffirmé notre base théorique, le marxisme-léninisme, la conception matérialiste et dialectique du monde, qui constitue un outil d’analyse, un guide pour l’action et une idéologie critique et transformatrice, ses principes de fonctionnement découlant d’un développement créatif du centralisme démocratique, basé sur une profonde démocratie interne, sur une orientation générale unique et une direction centrale unique.

 

Il a confirmé et réaffirmé que ce parti ne s’épargnera aucun effort, aucun travail, visant à défendre et conquérir des droits, à améliorer les conditions de vie des travailleurs et du peuple, en ayant toujours à l’horizon, comme le but suprême qui anime et justifie notre raison d’être et de lutter : la société libérée de l’exploitation de l’homme par l’homme.

 

Au début de ce congrès, nous avions dit que nous allions partir du présent pour penser le futur, un futur incertain devant la crise du capitalisme et la réponse impérialiste, agressive et belliqueuse, devant la crise dans l’Union européenne et celle de l’Union européenne qui continue de renvoyer à plus tard ses problèmes qui enflent. Incertitude aussi au niveau national devant la contradiction que les contraintes et directives extérieures font peser sur avancées sociales nouvelles.

 

Mais qui d’autre que ce parti, qui n’a jamais eu la vie facile, qui a été aguerri par tant de luttes, qui n’a jamais été découragé par les reculs et les défaites, qui n’a jamais relâché ses efforts après des avancées ou des victoires, qui d’autre que ce parti peut affirmer sa confiance dans les travailleurs, dans notre peuple, sa confiance dans notre patrie souveraine ?

 

La concrétisation du projet fascinant et de l’objectif pour lequel nous luttons, ce rêve millénaire de l’homme libéré de l’exploitation par un autre homme, de ce projet et de cet idéal qui nous ont amenés vers ce parti, se matérialisera peut-être après notre mort.

 

Mais c’est notre époque, le temps de faire, d’agir et de lutter pour ce projet et cet idéal. Rendons-les plus proches, rendons-les possibles !

 

Vive la lutte des travailleurs et du peuple !

 

Vive la solidarité internationaliste !

 

Vive la jeunesse et la Jeunesse communiste portugaise !

 

Vive le 20ème congrès !

 

Vive le Parti communiste portugais !

 

Voir en ligne : traduction MlJ pour solidarité internationale

Bonnes fêtes et préparons l’avenir dans ces temps de froidure….

 

23 Décembre 2016
 

Afficher l'image d'origine

La fresque du bon et mauvais gouvernement à Sienne

 

Voilà à moins d’événements extraordinaires ou de textes très importants, j‘en attends un sur la rencontre entre Chomsky et Harry Belafonte, le blog va prendre un rythme un peu plus lent… Marianne a toute sa famille, elle est frustrée de ne pas avoir le temps de traduire tous les textes passionnants mais c’est une bonne et chaleureuse frustration…

 

Moi voici bien des années que je ne sors plus et passe en solitaire les fêtes de la Noël, la première fois ce fut en 1986 après la mort de mon mari… A chaque deuil, et il n’en manque pas, je renouvelle cette retraite, je m’organise avec mon chat un petit festin raffiné… Ce n’est pas triste, il y a même une sorte de jubilation, comme celle de ce jour où adolescente marchant au bord de la mer, je me suis exclamée: « Quelle chance j’ai eue de naître avec moi! Comme je me serais ennuyée avec quelqu’un d’autre! » Et c’est toujours pareil, celui ou celle dont je sollicite la présence est toujours une élection et pas l’art de combler le vide. Vous me direz que c’est du pur narcissisme, peut-être,  c’est surtout cette manière d’être qui a voulu que depuis ma petite enfance je n’arrête jamais de penser, d’imaginer, de m’interroger sur tout… C’est une curiosité sans fin et un bricolage qui ne s’interrompt jamais… J’ai été longtemps fille unique et secrète, enfermée dans quelque lieu avec des livres, des piles de livres ou dans une salle de cinéma souvent déserte, je ne me suis jamais ennuyée une minute… Quand j’ai aimé un homme, il y en a eu deux, c’est qu’ils étaient à leur manière aussi solitaires et aventuriers que moi… Romantiques et réalistes, bons avant tout et leur intelligence n’était pas cynique, ils étaient humbles et héroïques, ils venaient de deux îles, la Corse et Cuba..  J’ai eu beaucoup de chance et ma solitude est souvent la seule manière de poursuivre sur cette lancée autant qu’une manière de dire à ceux que j’ai perdus que sans eux il n’y a plus de fête possible, que chacun d’eux laisse en moi le manque de ce qu’ils continuent pourtant à m’apporter, le dialogue ininterrompu que j’ai noué avec eux…

 

Voilà je vais lire pendant ces jours tout sur le cinéma soviétique… et peut-être vous ferai-je part de mes découvertes… J’ai aussi commandé le livre de Patrick Boucheron « Conjurer la peur. Sienne, 1338. Essai sur la force politique des images » (Seuil, 2013. D’où l’illustration de cet article, le bon et le mauvais gouvernement de Sienne qu’il étudie dans ce livre).  Parce qu’un journaliste de l’humanité m’a donné à lire sa leçon inaugurale au collège de France que nous avions déjà publiée ici, en 2015 je crois:

 

Je me souviens pourquoi j’ai choisi d’enseigner l’histoire : parce que j’avais d’un coup compris que c’était prodigieusement amusant.

 

Je me souviens combien il me fut en revanche long et difficile de comprendre qu’elle pouvait aussi se déployer comme un art de la pensée.

 

Je me souviens de la solitude, et de la manière de lui fausser compagnie, du désir de s’assembler et de se disperser.

 

Je me souviens qu’il y a des temps heureux où la mer Méditerranée se traverse de part en part, et d’autres, plus sombres, où elle se transforme en tombeau.

 

Voilà, tout à coup je réalise que cette manière d’intense curiosité, ce besoin de découvrir et de ruminer mes découvertes n’a peut-être jamais été autre chose qu’une volonté de conjurer mes peurs enfantines…Et ce matin encore je me suis dit regardons le monde tel qu’il s’engourdit pour préparer autre chose…

 

Ce qui se passe en Syrie est à la fois lourd de significations quant à la transformation des rapports de force dans le monde et dans le même temps ne doit pas nous entraîner à nous faire des illusions au moins sur deux points.

 

Le premier est de bien comprendre que si nous entrons dans un monde multipolaire, il n’y a aucune puissance prête à reprendre à son compte le rôle jusqu’ici joué par les Etats-Unis d’abord en tant que gendarme du monde ou empire susceptible d’imposer ses intérêts et son mode de vie à la planète. Ce sont plutôt de nouveaux rapports régionaux négociés entre acteurs locaux qui sont mis en place, mais également de nouveaux rapports sud-sud susceptibles d’endiguer la puissance occidentale. De surcroît, il n’y a pas de modification de la domination capitaliste, même si la Chine a un système mixte avec le rôle de l’Etat et de la planification, c’est l’accumulation du capital qui impose son mouvement. Or celui-ci est marqué d’abord par un développement scientifique et technique impulsé par la logique capitaliste et non le développement humain et le respect de l’environnement, la course aux armements risque de croître et de rester la base de ce mouvement. Cette accumulation en particulier militaire se fera avec toujours plus de pression sur les peuples, plus de chômage, plus d’austérité, il n’y aura pas de peuples souverains sans la remise en cause de cette orientation capitaliste.

 

Le deuxième point est en liaison avec le premier, c’est-à-dire qu’il faut impérativement que se constitue un camp de la paix, du désarmement et de la justice sociale. Nous en sommes loin, pour le moment ce qui domine ce sont les mouvements derrière des « leaders » dont certains se rapprochent de l’extrême-droite. Il s’agit de ne pas se faire d’illusions sur les forces en présence, nous ne sommes plus au temps de l’antagonisme URSS-Occident dominés par les Etats-Unis. Il n’y a pas les bons et les méchants et à chaque moment il faut mesurer ce qui va dans le bon sens, celui de la paix.

 

La mondialisation multipolaire présente l’avantage d’inaugurer de nouveaux rapports et au moins pour autant de privilégier la négociation, les avantages mutuels au lieu de la force brute assortie d’un hypocrite discours sur les vertus d’une telle domination.

 

Ceci nous conduit à une troisième réflexion, celle de construire une analyse autonome sur ce qui se passe réellement dans le monde et la nature des enjeux. Pour le moment, nous en sommes à la  très rustique opposition à l’empire américain, à l’écœurement devant ces vingt ans de guerres, d’invasion, de chaos doublé d’un discours moralisateur sur les droits de l’homme. Nous avons envie en particulier de dénoncer une gauche collaborationniste et atlantiste qui n’a cessé d’approuver et de contribuer à ce chaos, mais cela conduit aussi à des confusions avec l’extrême-droite, c’est-à-dire au dévoiement que ce capital sénile est prêt à imposer à l’humanité.

 

Nous devons donc construire une approche autonome, comprendre pour agir, mais aussi agir si nous voulons comprendre…

 

Danielle Bleitrach

Karl Marx (1818-1883), un écolo avant l’heure

 

29 Août 2016

 

b_1_q_0_p_0BPG37AXJ

Ce qu’on oublie souvent, c’est que Karl Marx est d’abord et avant tout un philosophe. Cependant, parce que ses idées, jugées trop contestataires, ne plaisaient pas au pouvoir en place, il n’a jamais pu obtenir une chaire dans une université. Il s’est alors tourné vers le journalisme mais, là encore, il a été attaqué et a finalement dû s’exiler.

 

Il s’est proposé un but scientifique : l’analyse des conditions sociales et économiques dans lesquelles s’effectuait le processus de production et qui expliquaient comment les rapports de domination et de subordination étaient eux-mêmes le produit des rapports de production capitaliste.

 

La nature devient très présente dans sa pensée, Marx souligne en effet toute l’importance qu’elle a pour l’homme et donc non seulement sa valeur en tant que telle mais la richesse qu’elle permet de produire. Il attire également l’attention sur les risques qu’elle court du fait de sa surexploitation et sur les dégâts qu’elle subit par la pollution des eaux et des sols. A noter que la pollution de l’air n’est pas encore un souci à son époque, malgré les vapeurs des machines qui asphyxient l’atmosphère.

 

Marx considère que l’homme, par l’intermédiaire de son travail, ne peut pas produire de richesses matérielles sans le concours de la nature et il parle « d’échanges organiques avec la nature ». Mais le travail n’est pas pour Marx l’unique source de valeurs. Il écrit en effet que « l’homme ne peut point procéder autant que la nature elle-même », c’est-à-dire qu’il ne fait que changer la forme de la matière et que, dans cette œuvre de transformation « il est constamment soutenu par des forces naturelles ». Et il ajoute que, si la terre fournit à l’homme des vivres tout préparés et un objet de travail, elle n’a pas besoin de l’homme pour exister.

 

Valeur d’usage/ valeur d’échange

 

Les biens naturels, gratuits, sont en premier lieu des valeurs d’usage. Et, à côté des biens disponibles, la terre fournit aussi à l’homme l’occasion de travailler en employant des moyens de production de provenance naturelle. Un échange n’est pas nécessaire pour que la marchandise ait une valeur d’usage.  « La valeur d’échange apparaît d’abord comme le rapport quantitatif, comme la proportion dans laquelle des valeurs d’usage d’espèces différentes s’échangent l’une contre l’autre »

 

Soucieux en premier lieu de l’exploitation de la main d’œuvre, Marx déplore que « les machines agricoles remplacent l’homme et que c’est se tromper étrangement que de croire que le nouveau travail agricole à la machine fait compensation ».

 

Et il remarque la destruction des sols qu’entraîne l’intensification de l’agriculture « l’agriculture capitaliste trouble encore les échanges organiques entre l’homme et la terre, en rendant de plus en plus difficile la restitution de ses éléments de fertilité, des ingrédients chimiques qui lui sont enlevés »

 

Marx critique donc le progrès de l’agriculture capitaliste qui, non seulement exploite le travailleur, mais dépouille le sol. En accroissant la fertilité à court terme, les procédés utilisés ruinent en effet à long terme les sources durables de fertilité. Et, plus la grande industrie s’y mêle, plus le processus de destruction est rapide. La grande industrie détruit des forêts entières et ce qu’elle prétend faire pour les replanter est absolument négligeable

 

Et si Marx relève les effets désastreux de la pollution pour l’homme, il s’en inquiète également pour la nature, notamment pour l’eau des rivières car il remarque l’effet destructeur de l’industrie sur la qualité de l’eau : l’utilisation de substances colorantes, le rejet dans l’eau de détritus, le passage des navires, la construction de canaux, privent le poisson de son milieu vital.

 

La production capitaliste, écrit-il, concentre les forces historiques motrices de la société et d’autre part détraque l’interaction métabolique entre l’humanité et la terre ; elle empêche, autrement dit, « le retour à la terre de ses éléments nutritifs constituants » Il regrette que la nature soit considérée comme un objet dont l’utilisation est soumise à la responsabilité de l’homme car il postule que l’homme n’est pas propriétaire de la terre. Il en a la jouissance, il en est en quelque sorte usufruitier, mais il doit la léguer aux générations futures après l’avoir améliorée en « bon père de famille ».

 

Les interprétations quant à l’écologisme de Marx peuvent différer. Mais, si Marx écrit que « aussi longtemps qu’existent des hommes, leur histoire et celle de la nature se conditionnent réciproquement », peut-on encore douter ?

 

Source: Investig’Action

 

- See more at: http://www.investigaction.net/karl-marx-1818-1883-un-ecolo-avant-lheure/#sthash.Yf7x8wAF.dpuf

Alep, Ankara et la paix perpétuelle contre l’état naturel de guerre

 

20 Décembre 2016
 

ambassadeur

A Ankara et Alep, il faudrait ajouter l’attentat de Berlin pour bien mesurer la nécessité de la paix et les obstacles


Hier j’ai eu une conversation passionnante au téléphone avec un des responsables du Mouvement de la paix. Passionnante parce que le dialogue s’était ouvert à partir de mes interrogations sur l’activité du mouvement de la paix. Il ne s’agissait pas de critiques mais plutôt d’une attente importante, tant je pense qu’avoir aujourd’hui un grand mouvement de la paix est essentiel. Il est inimaginable de laisser les questions de sécurité, qui chacun le conçoit ont une dimension de plus en plus internationales à la droite et surtout à l’extrême-droite. A tort ou à raison, j’ai eu le sentiment que le Mouvement de la paix dans son souci d’ouverture était un peu devenu un conglomérat d’associations ayant toutes certainement leur utilité mais qui décentraient par rapport aux problèmes de la paix. Hier soir, dans le contexte dramatique de la situation au Moyen orient, nous parvenait la nouvelle du meurtre de l’ambassadeur russe à Ankara et plus tard dans la nuit la nouvelle de l’attentat terroriste à Berlin. Il est clair que face à ces événements ce qui est recherché c’est la poursuite de la guerre, l’exacerbation des antagonismes, le fascisme comme perpétuation de la guerre de tous contre tous. Nous avons besoin d’une culture de la paix et d’une réflexion sur les principes autant que de la volonté de garder la tête froide pour l’imposer en tant que citoyens.

 

La philosophie du  Mouvement de la paix doit être basée sur le respect des souveraineté : référence à Kant

 

Le mouvement de la paix est irremplaçable dans son combat contre l’OTAN, pour le désarmement en particulier nucléaire, mais il me semble que la question qui se pose au plan international est celle du respect des souverainetés. C’est déjà ce que Kant, le philosophe à la base du droit international définissait comme la base de la paix perpétuelle dans son ouvrage  Projet de paix perpétuelle. Pour Kant les Etats sont soit dans un état de guerre, soit instable et précaire, c’est leur état naturel et le projet de Kant qui est celui d’un droit international est de les sortir de cet état naturel. Il ne s’agit pas de croire que c’est facile puisque cela exige justement de sortir d’un état naturel en transformant l’état de fait de la paix en état de droit, en juridicialisant les rapports entre Etats.

 

« L’état de paix n’est pas un état de nature, lequel est au contraire un état de guerre, c’est pourquoi il faut que l’état de paix soit institué » ” (citation de Kant)

 

Les Etats sont naturellement portés au bellicisme. La défense de la souveraineté prime sur les questions morales. Ils ne connaissent que la force et l’hostilité en ignorant le droit. Le secret et la raison d’Etat règnent en maîtres dans les relations diplomatiques. De la même manière que les individus deviennent citoyens par un contrat social, les Etats doivent entrer dans des rapports contractuels avec d’autres Etats.

 

De la même manière que les individus sortent de leur état de nature via le contrat social, les Etats ne sauraient se contenter de cet état belligérant et doivent entrer en rapport avec les autres Etats.

 

Kant refuse d’emblée l’idée d’un Etat mondial car il gommerait les différences inhérentes aux cultures et nierait le concept de souveraineté.

 

L’idée d’un seul peuple est absurde.

 

Selon Kant, l’idée de paix est un idéal régulateur, vers laquelle il faut tendre. Elle se construit et ne se décrète pas.

 

Si je me suis permis ce long détour par Kant c’est pour bien montrer à quel point l’idéologie qui gouverne aujourd’hui les rapports internationaux est contradictoire avec cet idéal, rien n’a plus été destructeur de paix que la stupidité que l’on appelé le droit d’ingérence ou la philosophie des droits de l’homme qui a été invoquée pour partout porter le chaos. Certes ce que l’on ose appeler une philosophie et qui n’est de fait que le droit du plus fort semble partir de l’une des exigences de Kant : faire que la constitution civique de chaque Etat soit républicaine, en bannir le despotisme. Mais de ce point de vue Robespierre, l’incarnation politique de Kant, a déjà répondu en refusant de faire la guerre à l’Europe en prétendant lui apporter l’idéal révolutionnaire. L’Incorruptible souhaitait que la France fît savoir aux autres peuples d’Europe qu’elle ne rentrerait jamais en guerre contre eux pour de telles raisons. Pour cela, il fallait donc « manifester à la face de l’univers » que ce type de relations que les monarques avaient jusque-là imposé à leur peuple n’était plus de mise pour la France révolutionnaire. En réalité, Robespierre, à son habitude, élargissait le débat. D’un débat qui était resté jusque-là dans le cadre constitutionnel et strictement national, il faisait un débat sur les relations internationales entre les peuples et sur la responsabilité de la France révolutionnaire vis-à-vis des autres peuples.

 

La philosophie politique du mouvement de la paix doit être basée sur le souci de sécurité qui est celui qui pousse les êtres humains à se rassembler, à créer sécurité, et cela passe par l’égalité reconnue entre citoyens comme entre Etats. Ce qui est exactement le contraire de l’impérialisme et de la manière dont depuis plus de vingt ans, après l’effondrement de l’Union Soviétique il s’est comporté, dont y compris la France s’est comportée. Un des acquis du droit international avait été de passer de l’idée de guerre juste avec sa conception de croisade à la guerre légale avec des motifs que l’on peut négocier. Les rapports internationaux sont devenus une sorte de far west dans lequel le cow boy faisait régner sa loi, comme au niveau économique les monopoles financiarisés entraient dans une concurrence sans fin et sans régulation.

 

Outre l’hypocrisie intolérable de ces appels au Droits de l’homme à géométrie variable mais dont le but ultime est toujours de préserver la domination des Etats-Unis et de leurs vassaux et de leur « destin exceptionnel » qui fait d’eux à la fois des juges, des policiers et des gangsters (ce qui est le propre des systèmes mafieux) il faut considérer leur inefficacité et leur caractère meurtrier. Il faut également voir qu’ils sont basés sur un intolérable racisme qui ne peut avoir que des effets destructeurs dans nos sociétés et dans un monde mondialisé.

 

Donc le mouvement de la paix ne peut pas ignorer tout ce que recèlent les conflits actuels, par exemple la situation des femmes et des enfants, il doit d’abord marquer la philosophie qui l’anime et qui s’oppose à tout ce que nous venons de vivre ces vingt dernières années et qui aujourd’hui parait atteindre son paroxysme.

 

Alep est la marque de l’apparition d’un monde multipolaire, Ankara veut être un Sarajevo

 

L’assassinat de l’ambassadeur russe à Ankara, Andrey G. Karlov, réveille le spectre glacial et menaçant de Sarajevo et de l’Archiduc François-Ferdinand. Le fait que son assassin ait été semble-t-il un officier de la police anti-émeutes d’Ankara ne peut qu’inciter à se poser des questions sur la pénétration par des islamistes de l’administration turque, a dit Jacques Sapir face à l’attentat. Mais il conclut et je suis d’accord avec lui qu’Ankara n’est pas Sarajevo: Les enjeux de la situation au Moyen-Orient sont énormes, et – pour l’heure – c’est la Russie qui a la main. Elle n’a aucun intérêt à renverser une table sur laquelle elle est en mesure de dérouler un jeu gagnant. On a eu l’occasion, sur ce carnet, de dire le succès que représentait la réunion à Vienne des pays OPEP et non-OPEP des 10 et 11 décembre. Cette réunion, et l’accord qui en est sorti, montrent bien la puissance actuelle de la diplomatie russe, et sa capacité à faire se parler des ennemis aujourd’hui irréconciliables. C’est pourquoi l’analogie avec la situation de juillet 1914 n’est pas pertinente : Ankara n’est pas Sarajevo.

 

Ce n’est pas un hasard si cet attentat intervient à la veille de la rencontre entre la Turquie, la Russie et l’Iran, à propos non seulement de l’évacuation des réfugiés d’Alep mais aussi et surtout la manière de négocier la paix  à Moscou. Rien de plus difficile que d’aboutir à une telle conciliation; les relations entre la Turquie et la Russie s’était complètement dégradées après qu’un avion russe ait été abattu, mais après le coup d’Etat – fomenté par les Etats-Unis? – la Turquie se rapprochait de plus en plus de la Russie et même de l’organisation de coopération de Shanghai et l’ambassadeur exécuté à Ankara était un symbole de ce rapprochement. Inclure de surcroît l’Iran dans ce dialogue relevait de la quadrature du cercle comme le prouvaient les difficultés de l’évacuation. Et si l’on ajoute à cela le mécontentement des saoudiens, marginalisés de fait par cette triple entente, le problème kurde, Israël et les occidentaux, on voit la fragilité d’une telle rencontre et pourtant elle signifie bien que nous sommes entrés dans une nouvelle époque où il s’agit moins d’imposer à l’autre l’ensemble de ses vues, son mode de penser et de vie que de chercher des points d’accord limités à partir duquel pourra se négocier la paix. Il s’agit de reconnaître le droit des Etats et de construire la paix.

 

Ce qui a été défait à Alep est la stratégie des Etats-Unis et de leurs alliés occidentaux dont la France, l’imposition par la force d’un modèle de société, de relations basées sur la vassalité et quasiment néocoloniales, ce qui cherche à naître dans les pires difficultés, c’est cet espace de négociation. Chacun y arrive avec ses limites, voire comme la Turquie qui est entré en Syrie pour détruire les Kurdes et en ayant depuis des années pratiqué plus qu’un compromis avec les islamistes, en ayant pratiqué la répression des laïques et des Kurdes à qui il refuse le droit à l’autodétermination. Si l’une des bases de la « paix perpétuelle » est la souveraineté, l’idéal du dialogue entre Etats républicains est loin d’être atteint.

 

Jacque Sapir en ce qui concerne la Russie a raison de rappeler la grande tradition soviétique représentée par Evguenny Primakov. « La politique des réalités implique de mettre de côté les grandes envolées, les colères, qu’elles soient saintes ou non. La politique des réalités implique de se comporter comme ce monstre froid dont nous parlait Hegel, de poursuivre vers son but sans se laisser dévier. »

 

Construire la paix a besoin d’hommes d’Etat dignes de ce nom, mais elle a aussi besoin de peuples citoyens, conscients de leurs intérêts réels, capables de résister aux campagnes de haine dans lesquelles on veut les jeter. Un monde multipolaire telle qu’il se dessine peut être la seule issue pour que l’humanité survive à sa capacité d’autodestruction, mais on ne saurait tabler sur la seule capacité des dirigeants à mener un tel processus, surtout dans un moment où le processus électoral fait monter au pouvoir des gens qui ne sont pas à la hauteur des exigences du moment.

 

Il faut construire une conscience de paix et cela est le rôle d’un mouvement de la paix. mais on doit éviter d’en faire un nouvel Attac qui multiplie les connaissances mais ne cherche pas le levier et le point d’appui de cette culture de paix dans le monde tel qu’il est et tel qu’il tend à devenir.

 

Incontestablement, le socialisme tel qu’il a pu apparaître au XXe siècle, avec en particulier l’Union Soviétique sur laquelle se sont appuyés les mouvements de libération nationale a joué un rôle essentiel dans cette montée de l’exigence et de l’imposition de la paix qui permettait la montée de peuples entiers à leur manière, à partir de leur histoire vers le dialogue souverain, les citoyennetés. Et il en demeure l’idée que cette base égalitaire est le terrain fertile d’une culture de paix, mais il y a eu sans doute un mépris préjudiciable d’autres acquis en particulier portant sur l’état de droit. Nous devons repenser les héritages de l’humanité, de ses combats dans l’opportunité et les dangers du monde nouveau qui s’ouvre devant nous.

 

Danielle Bleitrach

Le blog de descartesPublié le  par Descartes

Eloge du compromis

 

 

 

Quand j’étais adolescent je rêvais, comme beaucoup de jeunes communistes de ma génération je suppose, au « grand soir ». Ce jour – ou plutôt soir - béni où le prolétariat prendrait la rue et nous le pouvoir pour le conduire vers des lendemains qui chantent. Et nous riions à l’époque – prudemment et sous cape, parce qu’au PCF certaines choses ne se faisaient pas – de tous ces anciens glorieux qui nous parlaient du besoin de « larges rassemblements ». Pourquoi du rassemblement ? Avec qui ? Pourquoi compromettre notre pureté révolutionnaire en allant frayer avec des vulgaires suppôts de la bourgeoisie ? Pourquoi partager demain le pouvoir du peuple avec eux ? Non, nous voulions le pouvoir et nous le voulions tous seuls, sans alliés, sans compromis, sans rien qui puisse freiner la mise en œuvre de nos idées qui, bien entendu, étaient les bonnes. Et combien enviions nous ceux qui étaient partis ailleurs, chez les « vrais révolutionnaires » de la LCR ou de LO, pour trouver cette pureté absolue que seule une secte peut offrir… eux pouvaient parler de « révolution prolétarienne » et du « peuple sur les barricades », et nous accuser de « collaboration de classe » pendant que nous allions avec nos tracts expliquer le programme commun.

 

Maintenant que je balance – dangereusement, je dois l’admettre – entre deux âges, je regarde avec tendresse cette époque. Mon dieu, que nous étions bêtes ! Mon dieu, combien les « vieux » avaient raison de se méfier de nos emportements, d’essayer d’inculquer dans nos têtes d’aventuriers quelques rudiments de la vraie politique. Combien ils avaient raison de refuser la démagogie « jeuniste » qui nous submerge depuis, affirmant patiemment mais fermement la supériorité de l’adulte sur l’adolescent, du savoir et de l’expérience sur l’action aveugle, de la raison sur la passion. Et combien avaient-ils raison de chercher toujours et partout le rassemblement, le rassemblement, le rassemblement…

 

Notre rêve de jeunesse reposait en fait sur une fiction : nous croyions dur comme fer à l’idée d’un « peuple » homogène, dont les intérêts, les goûts, les aspirations étaient uniformes. Pour le dire autrement, un prolétaire bien fait ne pouvait vouloir qu’une chose. S’il en voulait une autre, c’est forcément qu’il était aliéné. Nous pouvions donc rêver d’un gouvernement « du peuple » qui ne ferait que satisfaire ses intérêts, ces goûts, ces aspirations au moyen d’une politique unique. Mais dans la réalité, les choses sont beaucoup plus compliquées. Le « peuple », même réduit à la classe ouvrière, est constitué d’hommes et de femmes, de jeunes et de vieux, de sanguins et de calmes, d’aventuriers et de craintifs, de cérébraux et de manuels. Prétendre qu’il existe une politique qui peut satisfaire parfaitement tout le monde, c’est imaginer qu’on peut se contenter d’un modèle unique de chaussures – et pourquoi pas, d’une taille unique. Mais l’expérience a montré que cela ne marche pas : même en dehors de toute division de classe, nous restons des individus différents, avec des goûts, des aspirations et des craintes différentes. Et le but d’une politique progressiste est de trouver le meilleur équilibre entre la satisfaction de ces demandes contradictoires, et non d’aligner les demandes sur un modèle unique. Pour le dire autrement, la politique – même dans le monde idéal d’une société sans classes – est donc toujours la construction d’un compromis. Un compromis qui, par essence, ne peut contenter tout le monde et a au contraire toutes les chances de mécontenter au moins un peu tout le monde. Mais il représente le point qui maximise le bonheur global, même s’il ne maximise pas le bonheur individuel de chacun.

 

La contradiction entre la diversité des gens et l’unicité de la politique rend le compromis inévitable. D’autant que le gouvernement des Etats ne peut se faire que par le consentement des gouvernés. Cette idée peut paraître saugrenue à tous ceux qui savent que la démocratie au sens moderne du terme est finalement une invention récente, et que pendant des siècles le gouvernement a été oligarchique. Cependant, on aurait tort de croire que le pouvoir, qu’il fut celui des empereurs romains, des seigneurs féodaux ou des rois de droit divin était absolu, que les gouvernants pouvaient s’abstraire de l’opinion des gouvernés. Ceux qui l’ont cru ont eu affaire à des révoltes franches ou larvées, et même lorsqu’ils ont réussi à les mater ils ont vite compris les difficultés qu’il y a à s’asseoir sur un trône qu’on s’est fait avec des baïonnettes, pour reprendre la formule de Talleyrand. Les gens travaillent, produisent, payent leurs impôts et dénoncent les criminels beaucoup mieux lorsqu’ils sont satisfaits de leur gouvernement que dans le cas contraire. La force brute trouve rapidement ses limites lorsqu’il s’agit d’imposer à une population des normes alors que la grande majorité ne les approuve pas et ne reconnaît pas à celui qui les promulgue la légitimité pour le faire : réprimer à grande échelle, c’est coûteux, c’est inefficace. La meilleure manière de faire que les lois soient obéies est de faire des lois que les gens ont envie d’obéir, ou au moins qu’ils admettent comme nécessaires. Et cela fait qu’une dialectique se crée entre le gouvernant et le gouverné qui, même en l’absence des procédures formelles de la démocratie, limitent le pouvoir du gouvernant et donnent au gouverné – même le serf, même l’esclave – un poids sur les décisions. Et dès lors que le gouvernant doit tenir compte non seulement de ses intérêts, mais de ceux des gouvernés dans toute leur diversité, le compromis est inévitable. Toute institution, tout gouvernement est, dans une société hétérogène, le résultat d’un compromis. Et la politique est précisément la recherche de ce compromis-là. Ou pour reprendre la fabuleuse définition de Richelieu : « la politique, c’est l’art de rendre possible ce qui est nécessaire ».

 

A cette vision de la politique ou ce sont les masses qui font l’histoire, s’oppose la vision aristocratique des « groupuscules ». Pour eux, le « peuple » n’est pas une entité vivante, mais une masse de manœuvre. Le « peuple » ne sait pas ce qui est bon pour lui, et a besoin qu’une minorité éclairée lui montre la voie. On l’enverra donc se battre sur les barricades, mais on se gardera bien de le consulter puisque son avant-garde éclairée sait d’avance quelle est la politique qui le conduira vers le bonheur. Cette approche nie d’une part l’incroyable hétérogénéité du « peuple » et sa qualité d’acteur de l’Histoire. Mais surtout, elle nie la réalité des rapports politiques, à savoir, que tout gouvernement repose in fine sur le consentement des gouvernés, et que ce consentement nécessite une forme de compromis. Les « groupuscules » croient naïvement qu’une fois « le pouvoir » - dont les formes restent toujours floues – conquis, on peut gouverner par décret sans tenir compte des gens. C’est le « élisez moi président et je fais la révolution » de Mélenchon.

 

Beaucoup de gens pensent que la démocratie, c’est la faculté d’élire ceux qui nous gouvernent ou qui votent les lois. Mais la démocratie, c’est beaucoup plus que ça. En démocratie, le 51% ne peut imposer n’importe quoi au 49%. Non seulement parce qu’il y a un ordonnancement juridique qui protège certains droits intangibles, mais surtout parce qu’après avoir fait voter une loi, il faut la faire appliquer, et qu’il est impossible d’appliquer une norme que 49% de la population n’accepte pas. Si le système fonctionne, si le 49% accepte de se soumettre au vote des 51%, c’est parce que le 51% évite d’utiliser sa position pour imposer aux 49% des choses qui lui seraient totalement inacceptables. Comme le roi du « Petit prince » de Saint-Exupéry, le 51% est sûr d’être obéi s’il ordonne au soleil de se lever tous les jours à l’Est, et tout aussi sûr d’être désobéi s’il ordonne à ses généraux de se transformer en oiseau de mer. On a vu des gouvernements fraîchement élus, disposant pourtant d’un mandat démocratique clair et d’une confortable majorité dans les deux chambres du Parlement, échouer à faire passer des réformes pourtant promises lors de leur élection. Pensez à la loi Savary en 1983, à la réforme Devaquet en 1988 où à la réforme des régimes spéciaux de retraite en 1995. On peut parler du président de la République comme d’un « monarque républicain », mais les monarques français se souviennent très bien de ce qui est arrivé à Louis XVI et, comme le disait l’historien britannique Gardiner en parlant de l’exécution de Charles I, « ce qui a été fait une fois peut être refait ».

 

C’est la religion du rassemblement qui a vacciné les communistes occidentaux en général et le PCF en particulier contre la tentation totalitaire.

 

Contrairement aux groupuscules gauchistes qui rêvaient et rêvent toujours d’une révolution qu’ils seraient les seuls à diriger, le PCF a très tôt accepté l’idée qu’il n’accéderait jamais – ou du moins pas dans un avenir concevable – au pouvoir tout seul. Que pour pouvoir non seulement accéder au pouvoir mais gouverner, il lui fallait « rassembler » des forces et des gens qui ne partageaient pas intégralement l’idéologie communiste, mais avec lesquels des compromis étaient possibles. De « la main tendue aux chrétiens » aux « compagnons de route » et la participation loyale au CNR et au gouvernement de la Libération, le PCF s’est toujours placé dans une logique de dialogue avec d’autres forces, de compromis et de concessions mutuelles. Une logique que le PCF partageait par ailleurs… avec la droite gaulliste, elle aussi pragmatique et consciente de la difficulté de gouverner contre les gens !

 

La « gauche radicale » non-communiste, qui déteste le compromis, a une vision absolutiste, quasi dictatoriale du pouvoir. Et parce que l’influence des soixante-huitards a été puissante au Parti Socialiste, c’est aussi vrai pour les socialistes que pour les gauchistes.

 

La formule de Fillioud en 1981 résume bien cette idée de toute-puissance : « vous avez juridiquement tort parce que vous êtes politiquement minoritaires ». L’illusion de 1981 était en grande partie celle d’un gouvernement qui représenterait le « peuple » et qui n’aurait de concessions à faire à personne. Très rapidement, il s’est avéré que le « peuple » n’était pas si unanime à soutenir l’ensemble des mesures du gouvernement, et que faute de chercher le compromis on allait à des clash comme celui de la loi Savary. Il a fallu mettre de l’eau dans son vin. Mais la gauche n’a pas tiré les leçons de cet épisode, et aujourd’hui elle se fait le grand défenseur des processus de démocratie directe, qui présentent justement la particularité d’empêcher tout compromis. Car – et c’est là le point important – le propre des assemblées parlementaires n’est pas tant le vote que l’amendement. Le Parlement, c’est une grande machine à discussion et à compromis. Ne vous êtes vous jamais demandé à quoi servait une opposition parlementaire ? Et bien, parce que contrairement à ce qu’on croit le travail en commission permet à l’opposition, même minoritaire, de faire valoir des amendements. Bien sur, cela n’apparaît pas – ou peu – devant le public, parce qu’il y a des apparences à garder. Mais la majorité ne peut se permettre le luxe de dire « non » à tout ce que proposent les minorités. Les textes issus du Parlement sont souvent le résultat d’un compromis. Ce n’est pas par hasard si l’antiparlementarisme est fort chez ceux qui soutiennent cette vision de la politique où la majorité impose sa volonté à la minorité sans concession ni négociation…

 

Aujourd’hui, Mélenchon est l’héritier de cette conception lorsqu’il suggère qu’il pourrait faire sa « révolution citoyenne » pour peu qu’il arrive au deuxième tour de l’élection présidentielle. Imaginons – politique fiction – que Mélenchon fasse 30% au premier tour, et que grâce au « front républicain » il s’impose confortablement au deuxième tour contre Marine Le Pen. Il aura beau avoir été élu, il n’aura que 30% derrière son programme. Et encore, il est parfaitement possible de voter pour un candidat parce qu’on partage 80% de son programme tout en étant farouchement opposé au 20% restant. Pensez-vous qu’il soit possible de faire une « révolution » que 70% de l’électorat ne souhaite pas ? Bien sur que non. Pour pouvoir gouverner, il lui faudra chercher des compromis, créer des consensus… et cela suppose des concessions. Exactement ce que ses partisans récusent par avance.

 

Aujourd’hui, le compromis, les concessions ont mauvaise presse. De plus en plus, on réduit la démocratie au suffrage, en oubliant que le processus qui produit le texte qui sera soumis au vote est au moins aussi important que le vote lui-même. C’est ce processus qui permet d’aboutir à un texte qui non seulement recueille le vote d’une majorité, mais qui soit aussi acceptable par la minorité. La revendications de démocratie directe et de transparence absolue détruit ce processus de construction qui, presque par définition, ne peut se faire qu’entre des gens qui se connaissent bien et qui peuvent se parler franchement. De ce point de vue, le processus des « primaires » est caricatural. Aujourd’hui, chaque candidat à la candidature présente son programme, et que le meilleur gagne. Mais une fois qu’il a gagné, il lui reste à faire monter à son bord ceux qui ont soutenu les autres candidats. Ce qui implique de leur proposer des places et de modifier son programme pour aller dans leur sens. D’où cette dualité qui fait que le candidat présente un programme et une équipe pour la primaire, un second, très différent, pour la véritable élection… comment voulez-vous que les gens se retrouvent ? En fait, et je vais me répéter, on voit disparaître progressivement les lieux de parole, les « parlements » au sens original du terme. Les instances des partis sont de moins en moins des lieux de discussion, de négociation, de compromis entre les différentes sensibilités. Avec la logique des primaires, ils n’ont même plus la main sur la désignation du candidat ou la confection du programme.

 

Mais là où le refus du compromis atteint des limites pathologiques, c’est chez Mélenchon. En fait, il reprend le rêve de notre jeunesse, celui d’un « peuple » homogène au point que tous ses membres peuvent soutenir une même politique – la sienne, bien entendu – sans qu’aucune négociation, aucun compromis ne soit nécessaire. Il ne peut donc être question de rassemblement, mais seulement de ralliement. Seuls ceux qui acceptent sans aucune réserve la volonté du « peuple » - dont Mélenchon est seul interprète – sont admis dans le mouvement, les autres sont impitoyablement écartés. Et pour ceux qui trouvent que j’exagère, voici la réponse – transmise par un lecteur de ce blog, que je remercie au passage – faite par un dirigeant « insoumis » à la section communiste de sa ville qui souhaitait le rencontrer pour s’accorder sur l’organisation de la campagne, et dont je vous livre le texte intégral :

 

« Dans votre courriel du 7/12 vous (les composantes du Front de gauche de ****** (PCF, Citoyens engagés et Ensemble) nous proposez « une rencontre afin de discuter entre nous les modalités pratiques de votre soutien afin d’envisager concrètement la manière de travailler en commun aux échéances présidentielles et législatives à venir, dans le cadre d’une participation à la campagne en soutien à la candidature de Jean Luc Mélenchon ».

A la lecture de ce message et je constate que vous souhaitez vous investir dans les campagnes à venir en tant qu’organisations politiques dans le cadre d’une « coalition » électorale.

Vous n’avez donc pas saisi, je crois, que la « France insoumise » est un mouvement qui rassemble toutes sortes de réseaux et de personnes dans une libre association où chaque personne définit elle-même son degré d’implication. C’est aujourd’hui la structure la plus ouverte du paysage politique. Je sais que c’est troublant dans des structures « partidaires anciennes »qui composent « l’autre gauche » comme de la gauche traditionnelle.

Tout citoyen-ne qui se reconnaît dans les axes programmatiques du mouvement « La France Insoumise » peut en signant la « Charte des groupes d’appui » créé un groupe dont la vocation est d’agir dans son immeuble, son quartier, sa commune ou sur un plus large territoire. Les membres de ces groupes au nombre de 16 dans le Doubs, ont déjà depuis plusieurs mois participé à l’écriture du programme politique « L’Avenir en commun » qui a été adopté en « Convention Nationale *».

Puis dans la continuité, la « Présidentielle et les législatives ne pouvant être dissociées, le 30 novembre dernier, les Groupes d’appui existants dans chaque circonscription législative se sont réunis en assemblée citoyenne pour examiner les binômes de candidatures ayant signé la « Charte des candidat-e-s » pour les élections législatives 2017 et proposer au « Comité électoral national *» un vivier de binômes.

A ce stade de votre démarche, il ne me paraît pas opportun de nous rencontrer avant que vous ayez à titre de citoyen-ne-s et non d’organisation pris la décision de créer un ou plusieurs groupes d’appui en respectant « la charte nationale »

Nous serons éventuellement ensuite amenés à envisager la mise en place d’une plate-forme d'information afin d’éviter toute redondance dans nos actions pendant les campagnes électorales 2017. »

Il n’y a donc place pour la moindre ambiguïté. Il n’y aura aucune concession, aucune négociation, aucun compromis. Même pas une discussion. Nous avons nos règles, et ou bien vous vous y soumettez, et vous êtes dedans, ou bien vous ne vous soumettez pas, et vous êtes dehors. Et avant l’acte de soumission, il est même « inopportun » de se rencontrer.

 

Mais cette logique va vite rencontrer ses limites. Et ses limites, comme je l’ai dit plus haut, c’est l’incroyable diversité du peuple militant. Plus on cherchera à l’enfermer dans un modèle unique, plus on cherchera à les éloigner des traditions militantes auxquelles ils sont attachées, plus on cherchera à lui imposer de se conformer à des « chartes » venues d’en haut sans la moindre discussion, sans la moindre concertation, sans le moindre compromis, et plus le spectre de ceux qui seront d’accord pour se soumettre se réduira pour finalement ne contenir que les « purs » - qui sont rarement les meilleurs. La militarisation des « insoumis » va fatalement éloigner tous ceux qui n’ont pas envie d’être enrégimentés.

 

L’exemple limite que constitue Mélenchon montre combien notre société est de plus en plus saisie par la tentation de la guerre civile. La « diversité » est niée dès lors qu’elle ne concerne plus les minorités ethniques ou sexuelles, comme si la majorité n’était pas « diverse » elle aussi. Le compromis est décrié, au point que lorsqu’un parti politique ou un candidat déclare mettre de l’eau dans son vin sur telle ou telle proposition pour tenir compte de l’opinion publique on l’accuse d’opportunisme, alors qu’au contraire, on devrait louer sa capacité d’écoute des citoyens. Devant ces dérives, les progressistes doivent réaffirmer l’attachement à ce fondement de la paix civile qu’est le compromis. Oui, nous sommes des individus différents, avec des désirs différents, des expectatives différentes, des intérêts – y compris des intérêts de classe – différents et souvent contradictoires. La fonction de la politique, c’est de trouver le meilleur compromis dans un état des forces donné. Et non d’imposer aux uns la volonté, fut-elle éclairée, des autres. Il faut donc défendre et protéger les lieux où les compromis peuvent être discutés, élaborés, scellés, c'est-à-dire, des lieux de discussion (1). Dans le climat de sectarisme qui nous entoure, c’est un très vaste programme…

 

Finalement, la religion du rassemblement a du bon…

 

Descartes

 

(1) Vous me direz que, grâce aux réseaux sociaux, ce n’est pas ce qui manque. Le problème, c’est que pour qu’il y ait discussion il faut qu’il y ait écoute. Or, s’il est facile de trouver aujourd’hui des lieux de parole, ou l’on peut s’exprimer, il est rare de trouver des lieux où les gens écoutent…

 

Fidel est mort , Mais il est immortel, Intervention de France Cuba à la soirée du 16 Décembre pour Fidel à Vénissieux

 

par  Eliane Martial

pdf

 

Introduction de Eliane BLONDEAU-MARTIAL pour France Cuba

 

Fidel est mort,


Mais il est immortel,


Peu d’hommes ont connu la gloire de rentrer de leur vivant dans l’histoire et la légende, Il fait partie de ceux qui s’étaient lancés après la seconde guerre mondiale dans l’action politique avec l’ambition et l’espoir de changer un monde d’inégalités et de discriminations.

 

Si nous connaissons tous plus ou moins son histoire Il est un fait qui a marqué son parcours politique et que peu connaissent ; le 9 Avril 1948 ,Fidel a alors 22 ans il a rendez-vous à 14 h avec Jorge Eliecer Gaitan dans son cabinet d’avocat au centre de Bogota.


Jorge Gaitan est candidat à la présidence colombienne


Tout indique qu’il a de grandes chances d’être vainqueur de ces élections.


Jorge Gaitan a défendu les ouvriers agricoles de la multinationale United Fruit Compagny (UFC) qui ont étés victimes d’une sanglante répression de l’armée
colombienne qui causa selon l’ambassade étasunienne d’alors la mort d’au moins 1000 ouvriers.


Ils avaient comme revendication principale l’abolition du système de paie via des « bons d’achats » valables uniquement dans les magasins propriété de l’UFC et ils devaient consommer des produits étasuniens transportés par la compagnie au retour du transport des bananes en territoire US.


Gabriel Garcia Marquez décrit cet épisode dans son roman 100 ans de solitude.


Le rendez-vous entre Fidel étudiant en droit et l’avocat n’a pas eu lieu ce jour là Gaitan a été assassiné une demi-heure avant l’heure fixée. Fidel se trouva alors immergé non seulement dans l’énorme tourbillon populaire provoqué par l’assassinat


Mais aussi et surtout

 

Ce 9 Avril le jeune étudiant cubain fut marqué par cette journée « El Bogotazo »au cours de laquelle on estime que plus de 3000 personnes périrent
dans les affrontements qui suivirent l ‘assassinat de Jorge Eliecer Gaitan


Fidel ,devenu docteur en droit de l’Université de La Havane et aussi marqué par la violence l’année précedente lors de la tentative de débarquement en République Dominicaine à laquelle il participa pour chercher à se débarrasser du fameux dictateur Trujillo


Il voulait encore croire aux normes institutionnelles et démocratiques.


Certainement loin de l’image univoque du guérillero tel qu’il est connu.

 

Très peu connu est le fait que le choix des armes qui fut le sien le 26 Juillet 1953,fut le résultat et la réponse à une longue quête idéaliste, voire naïve des voies juridiques.


En effet en 1952 lors du coup d’Etat militaire du colonel Batista contre le Président Carlos Prio Socarraz Fidel s’est souvenu que la Constitution Cubaine consacrait comme une de ses valeurs suprêmes le respect de la souveraineté populaire


Pas très compliqué pour Fidel jeune avocat de rédiger une requête en bonne et du forme enjoignant le Président de la Cour Suprême de Cuba de prendre les mesures appropriées non seulement de remettre en place le Président illégallement déchu mais surtout, pour faire peser tout le poids de la Loi sur l’auteur du délit contre la constitution .

 

La réponse de la Cour

 

Fidel est arrété et condamné pour outrage à l’autorité Ainsi sa 1ère guérilla fut de papier


C’est après avoir compris que les portes de la loi étaient fermées qu’il organisa avec ses compagnons l’attaque de la Moncada à Santiago et que plus tard il est partit dans la Sierra Maestra avec le Ché 


Comprendre un parcours politique

 

Chercher à porter jugement sur Fidel Castro réclame la connaissance d’un minimum de faits qui façonnent d’une manière ou d’une autre ,la personnalité de Fidel.


Si quelque chose particularise le parcours de Fidel Castro c’est le fait qu’il a été dans une large mesure le produit des réponses aux questions qu’il croyait
indispensables de poser à partir de son idée du devoir en lien avec l’époque qui fut la sienne.

 

Le Comité du Lyonnais de France-Cuba est et restera aux cotés du peuple cubain


Si riche de son humanité

Si riche dans ses luttes et son émancipation sociale.

 

Toutes ces valeurs la population cubaine les doit à la révolution socialiste à laquelle Fidel Castro a pris une part importante.


Nous continuerons à nous battre pour que cesse le Blocus commercial,économique et financier,


Nous continuerons à réclamer la restitution de Guantanamo 

 

Merci à nos amis Cubains

 

Merci Fidel Hasta la victoria siempre

 

150 pour Fidel à Vénissieux, Hasta la Victoria Siempre !

 

, par  pamillet

pdf

 

La soirée pour Fidel a été une belle réussite... près de 150 militants de Vénissieux et de toute l’agglomération, une vidéo sur l’histoire de Cuba et de Fidel, l’ambassadeur de Cuba en France, un message de Michèle Picard, France Cuba et des musiciens latino-américains...

 

Merci à Marco Perez qui a organisé la venue des musiciens, Sabino Lizama et Gabriel Mallada chanteurs guitaristes, et le groupe Yawar Masi, venu de Toulouse ! Et merci à tous les musiciens !

 

Introduction pour la section de Vénissieux par Pierre-Alain Millet

 

Chers camarades et amis, cher ambassadeur de ce petit pays qui tient tête à cette mondialisation capitaliste qui a détruit tant de pays et saccagé tant d’acquis sociaux et démocratiques, les communistes de Vénissieux sont fiers de vous accueillir dans cette ville belle et rebelle qui continue à faire vivre la résistance, la solidarité, et l’utopie d’une autre société.

 

C’est dans cette salle que se tiennent les rencontres internationalistes que nous organisons dorénavant tous les deux ans, les prochaines auront lieu cet automne pour le 100eme anniversaire de la grande révolution d’octobre. C’est dans cette salle que nous avions accueilli les ambassadeurs successifs de cuba en France, Orlando Requeijo Gual en 2010, 2011 et 2012, et donc Hector Igarza Cabrera en 2013 et aujourd’hui pour cette soirée spéciale d’hommage militant à Fidel,

 

Nous avons toujours été impressionné, monsieur l’ambassadeur, et je vous le dis sans aucune flagornerie, par vos personnalités simples directes, capables à la fois d’une grande culture, d’une attention à l’autre et d’une simplicité déconcertante quand on connait les dirigeants politiques de France, et d’un sens politique qui nous rassure, nous qui avons si souvent l’impression d’être perdu après des décennies d’échecs. Vous incarnez pour nous dans nos rencontres ce que Fidel incarne dans nos espoirs et nos utopies, celle de l’homme communiste, communiste non par des slogans ou des citations, mais par son rapport aux autres et sa capacité à ouvrir un chemin de progrès, l’homme qui sort enfin de la préhistoire humaine de la guerre de tous contre tous.

 

Nous n’avons pas oublié ce qu’était Cuba avant la révolution, le pays de la prostitution, de la malnutrition, des mafias, du racisme et de l’oppression et ce qu’elle est devenue, le pays le plus avancé pour la santé, l’éducation, la culture, non seulement parmi les pays pauvres, mais parfois même par rapport à nos pays dits développés.

 

Il est frappant de comparer le destin de Cuba et de l’ile voisine de Haiti pour comprendre l’incroyable, la gigantesque réussite de la révolution cubaine, face à la prison de violences et d’inégalités qu’impose la mondialisation capitaliste à Haiti.

 

Mais si nous sommes fiers de recevoir tous les amis de Cuba ce soir, nous avons honte de cette France gouvernementale dont le président va honorer le roi d’Arabaie Saoudite le jour de la cérémonie pour Fidel, marquant ainsi son mépris pour la libération des peuples. Et quand la représentante de la France, Ségolène Royal, dit tout simplement la vérité, que les cubains sont très majoritairement en soutien à Fidel, elle se fait insulter par ses amis comme par ses ennemis politiques...

 

Notre monde est plein de menaces et le capitalisme mondialisé est désormais une terrible force destructrice, incapable d’ouvrir de nouvelles perspectives de développement pour l’humanité, ce qui nous met dans une situation très différente de celle de la révolution russe, et aussi très différente de celle de la révolution cubaine.

 

Mais ce que nous dit Cuba, ce que nous dit Fidel, c’est que quelque soient les situations, et même dans cette "situation spéciale" où tout le monde prédisait sa mort rapide, Cuba avec Fidel a trouvé le chemin du renouveau du socialisme...

 

C’est pour tout cela que nous vous disons, chers camarades, un grand, un immense merci

 

Vive Fidel, Vive Cuba, Vive la France révolutionnaire, vive le communisme ! 


Hasta la victoria Siempre !

 

La vidéo préparée pour la soirée à partir de l’excellente émission de France 2

 

 

Publié par El Diablo

Rencontre internationale des PARTIS COMMUNISTES ET OUVRIERS à Hanoï en octobre 2016 : la déclaration finale

Rencontre internationale des PARTIS COMMUNISTES ET OUVRIERS à Hanoï en octobre 2016 : la décalaration finale

La 18ème Rencontre internationale des partis communistes et ouvriers s'est tenue du 28 au 30 octobre 2016 à Hanoï, capitale de la République socialiste du Vietnam, sur le thème : "La crise capitaliste et l'offensive impérialiste- Stratégie et tactiques des partis communistes et ouvriers dans la lutte pour la paix, les droits des travailleurs et des peuples et le socialisme".

Après avoir discuté de la situation du monde et des défis grandissants auxquels sont confrontés l'Humanité, les nations, les travailleurs et les peuples de nombreux pays, particulièrement de l'aggravation de la crise socio-économique et environnementale, de l'insécurité croissante et de l'instabilité dans de nombreuses parties du monde, causées par le capitalisme, par l’approfondissement de sa crise et par les interventions impérialistes, la politique d'ingérence et les machinations qui ont poussé à l'émergence du soi-disant «ISIS» et d’autres forces extrémistes criminelles, ainsi qu’aux crises des réfugiés :

-Nous soulignons que le socialisme est la seule alternative réelle aux crises en cours économique, sociale et écologique, à l'exploitation capitaliste et à la barbarie;

-nous saluons les luttes des peuples et des travailleurs dans toutes les parties du monde contre le capitalisme et l’agression impérialiste, pour les droits des travailleurs, les droits sociaux et démocratiques, l'égalité des sexes, l'indépendance nationale et la souveraineté, la paix et le socialisme ;

-nous insistons sur la signification historique de la Grande Révolution Socialiste d'Octobre en Russie dans le contexte du 100ème anniversaire en 2017.

Encouragés par les réalisations et les expériences de lutte et de coopération entre partis communistes et ouvriers, ces dernières années, nous appelons les partis communistes et ouvriers à développer leurs actions communes et convergentes sur les axes suivants:

-Intensifier les travaux théoriques et pratiques et les échanges sur la construction du socialisme au 21ème siècle ;

-Travailler ensemble en vue de la commémoration commune du 100èmeanniversaire de la Grande Révolution socialiste d'Octobre pour mettre en lumière sa signification historique ouvrant la voie à une nouvelle période dans l'histoire humaine, la contribution du socialisme à l’avancée de la lutte des travailleurs et des peuples pour leur émancipation, et le besoin de renforcer la lutte pour la paix, le progrès social et le socialisme ;

Organiser diverses initiatives en liaison ;

-Commémorer le 150ème anniversaire de la publication du Capital par Karl Marx ;

-Promouvoir l’échange sur les stratégies et les tactiques, l’échange d’expériences pour renforcer le combat contre toutes les formes de domination et d’offensive idéologiques et politiques capitalistes, pour renforcer les partis communistes et ouvriers et pour faire monter la mobilisation des travailleurs et des masses, particulièrement la jeunesse, les étudiants et les femmes, dans les luttes anti-impérialistes, pour l'emploi, les droits sociaux, syndicaux et démocratiques et pour le socialisme ;

-Renforcer les actions pour défendre les libertés et les droits démocratiques, contre l'anticommunisme et toutes les formes de discrimination, pour exprimer la solidarité avec les communistes en Ukraine et dans d’autres pays qui font face à la persécution et à des interdictions de leur activité, en organisant, de préférence dans la semaine du 5 au 11 Mai 2017, des initiatives contre le fascisme et le néonazisme à l'occasion de l'anniversaire de la victoire sur le fascisme nazi (9 mai 1945);

-Elargir le front anti-impérialiste pour faire progresser la lutte pour la paix, contre l'occupation impérialiste, les interventions et les ingérences dans les affaires d’autres pays, contre l'OTAN et son expansion, contre les armes nucléaires, la militarisation et les bases militaires à l’étranger, pour un règlement pacifique et juste de tous les conflits basé sur les principes du droit international;

-Intensifier les actions pour exiger la levée du blocus des Etats-Unis contre Cuba, pour soutenir le droit du peuple palestinien à un Etat libre, souverain et indépendant et pour exprimer la solidarité avec tous les peuples d'Asie, du Moyen-Orient, d'Afrique, d'Amérique Latine et d'Europe confrontés à l'occupation, l'intervention, l'ingérence et au blocus impérialistes.

Enfin, les partis communistes et ouvriers participants remercient le Parti communiste et le peuple du Vietnam pour leur hospitalité et réitèrent leur soutien de longue date, inébranlable, et leur solidarité avec le peuple vietnamien dans la construction et la défense d’un pays socialiste.

Hanoï, 30 octobre 2016 (traduction, depuis l’anglais, par ML pour « Solidarité internationale PCF – vivelepcf »)

SOURCE:

APPEL DE LA 18ème RENCONTRE INTERNATIONALE DES PARTIS COMMUNISTES ET OUVRIERS - Solidarité Internationale PCF

 

http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/2016/12/appel-de-la-18eme-renc


 

Ci-dessous l'intervention de la représentante du PCF qui y tiens un discours à mille lieu des autres Parti communiste. Mais le PCF, dans ses dirigeants a t'il encore à voire avec  le communisme. On se demande ce que la représentante du PCF a ètè foutre a Hanoï. Son texte illustre à merveille la dérive néo social-démocrate du PCF. D'ailleurs vous n'entendez plus ce mot dans la bouche de P.L pour lui cela doit être synonime de gros mots. Et cet homme est polie et même polissé pour pouvoir l'utiliser

 

http://www.le-chiffon-rouge-morlaix.fr/2016/11/intervention-de-lydia-samarbakhsh-lors-de-la-18eme-rencontre-internationale-des-partis-communistes-et-ouvriers.html

 

Un collectif anti-Poutine prétend parler au nom de Mélenchon ou la nécessité d’un parti pour se situer dans une dynamique historique

 

16 Décembre 2016
 

 

Ce matin, alors que le Parisien note que Mélenchon s’est plusieurs fois exprimé en faveur de Vladimir Poutine,  je découvre un pseudo collectif, qui explique que Mélenchon n’a aucune sympathie pour ledit Poutine. Ce collectif doit être managé par Clémentine Autain ou quelque refondateur particulièrement ventre mou. Si je pense à Clémentine Autain c’est que ses interventions sont « exemplaires » dans l’art de tomber à côté de la plaque et de nous couper du simple bon sens il suffit de se souvenir de son intervention expliquant que les migrants accusés de viol à Cologne ne faisaient que suivre l’exemple de l’armée rouge violant les femmes allemandes.

 

Poutine est un avatar de l’Union soviétique osant s’opposer à l’Occident impérialiste

 

Mais Clémentine Autain n’est pas la seule de son espèce il y a, y compris des communistes pour qui du passé il faut faire table rase, sans se rendre compte à quel point le PCF est d’avoir été dans la mémoire du peuple français. Avoir passé plus de vingt ans à l’intérieur du PCF à se distinguer des Tyrans, non seulement Staline, mais Lénine, Fidel Castro et même Georges Marchais, peut avoir fait des dégâts. Cette tendance a poussé certains, aujourd’hui soutiens de Mélenchon, à appuyer en son temps la campagne de Ménard contre Fidel Castro. En ce qui concerne Poutine, leur russophobie actuelle est de l’opportunisme. Ce qui est désigné chez Poutine et qui en fait l’objet de la haine du petit monde politico médiatique, c’est la filiation « soviétique », sa résistance aux Etats-Unis. Alors que c’est loin d’inspirer le même sentiment à l’ensemble des Français qui reconnaissent « l’homme d’Etat ». Voir en Poutine l’éternel barbare soviétique est tout de même un comble dans l’art de lire l’actualité avec les lunettes du passé pour des gens qui refusent par ailleurs de se confronter à la réalité de cette histoire et préfèrent la caricaturer à la manière imposée par le Capital. Ce qui n’a jamais été le cas de Mélenchon à qui l’on peut reconnaître une vision historique plongeant ses racines dans la révolution française, une culture politique.

 

Donc cette précision opportuniste sur le fait que Mélenchon n’aurait pas de sympathie pour Poutine est une ânerie. Elle met Mélenchon à la remorque des folies du PS, d’Anne Hidalgo faisant éteindre la tour Eiffel et in fine poursuivant les gesticulations en soutien à Al Qaida et les appels à l’aide à contretemps qui loin d’avoir oeuvré à la paix ont contribué à ce qui se passe aujourd’hui. Donc cela crée la confusion alors que la seule vertu de la campagne de Mélenchon était de se distinguer des errances du PS au plan intérieur comme à l’extérieur. Même si ses sympathies mitterrandiennes paraissaient limiter ce qu’on pouvait attendre d’une telle prise de conscience et faire craindre qu’il ne s’agisse de positionnement de congrès, s’opposer pour se poser. Mais j’avais tendance à lui accorder une certaine crédibilité, seul son entourage ou plutôt la camerilla organisant un mouvement électoraliste autour de lui m’inquiétait.

 

Etre communiste suppose un projet politique différent de celui de Poutine

 

C’est pour cela que j’étais pour un candidat communiste et si j’avais le choix ce serait toujours le cas. Je l’ai souvent dit en tant qu’individu je me sens souvent plus proche de Mélenchon que des dirigeants du PCF actuels, mais ce qui fait la différence c’est l’existence ou non d’un parti.

 

Ainsi pour revenir au cas Poutine, en tant que communiste je ne voterais pas Poutine si j’étais russe, je voterais pour le parti communiste de la fédération de Russie qui est la principale force d’opposition en particulier sur la politique intérieure et sur l’entourage néolibéral de Poutine, mais comme le parti communiste de la fédération de Russie je soutiendrais plus ou moins sa politique étrangère qui fait face à l’agression des Etats-Unis. Poutine défend l’indépendance nationale avec l’assentiment de son peuple, une attitude disons Gaullienne, mais comme le soulignent les communistes de la fédération de Russie, on ne peut pas mener une politique réellement indépendante si l’on s’appuie sur les oligarques. Ceux-ci se contentent du pillage d’une économie de rente et par leur pillage, leur exploitation désespèrent le peuple qui est la seule garantie de cette défense patriotique. Je crois que la position de Mélenchon n’est pas si éloignée à la différence près qu’il n’a pas un parti communiste auquel se référer. Cela dit le PCF qui a rompu plus ou moins les liens avec le parti communiste de la fédération de Russie ne se trouve pas toujours en meilleure posture pour se positionner par rapport au président russe.

 

C’est pourtant une  nécessité si l’on ne veut pas contribuer au Maccarthysme ambiant qui non content de colporter toutes les pires propagandes infondées comme celles attribuant à Poutine l’élection de Trump après piratage des E-mails des démocrates, et surtout ne pas voir vers quoi nous mène cette hystérie: à savoir une confrontation généralisée dont l’exemple nous est fourni par la multiplication des foyers de tension y compris en Europe avec la dangerosité de l’OTAN.

 

Faire porter le débat sur Poutine, considéré comme le mal absolu, c’est hystériser les peuples pour les empêcher de prendre conscience des enjeux, c’est choisir déjà la fascisation des esprits. C’est accompagner par la recherche d’un bouc émissaire les politiques de pillage, d’exploitation, d’austérité.

 

Mais pour comprendre le cas « Poutine »,  il y a une analyse fondamentale dont j’ai toujours cru que plus ou moins je la partageais avec Mélenchon: la naissance d’un monde nouveau

 

En effet, nous sommes dans une période historique dont il faut bien prendre la mesure et arrêter de nous positionner par rapport au seul vingtième siècle revu et corrigé par Tintin au pays des Soviets.

 

Nous sommes entrés dans un monde multipolaire et la bataille d’Alep quelle que soit l’horreur de la situation syrienne marque la fin d’une époque et le début d’une nouvel ère, celle d’un monde multipolaire dans lequel la suprématie des Etats-Unis et de l’Occident est battue en brèche.

 

Une situation très particulière parce que l’hégémonie occidentale, celle des guerres coloniales, celle de l’impérialisme issu de la deuxième guerre mondiale puis les quelques brèves années qui nous séparent de la fin de l’Union soviétique ont engendré le chaos. La chute d’Alep et l’élection de Trump c’est en quelque sorte la prise de Constantinople par les Turcs et la découverte de l’Amérique c’est à-dire la fin de l’empire romain coïncidant avec le début du partage du monde capitaliste et colonialiste.

 

Un monde multipolaire est celui où il n’y a plus de puissance hégémonique pour prétendre unifier sous sa domination la planète et où tout doit désormais passer par des négociations qui reconnaissent la souveraineté des nations. Depuis 1994 environ nous avons assisté à la constitution d’un camp qui a un unique but commun: limiter la puissance de nuisance des Etats-Unis et de leurs alliés en particulier les Européens qui ressortent très mal en point de la bataille. C’est le nouvel « homme malade » de la planète. Les synergies se recomposent et les alliés d’hier prennent leur indépendance.

 

Ce serait une très bonne chose si cela se faisait comme on a pu le croire un temps dans la dynamique bolivarienne initiée par un Chavez appuyé par Castro et d’autres. Oui mais voilà la dynamique est autre, elle est essentiellement impulsée par la Chine et la Russie sous une forme à la fois plus marchande, donc plus concurrentielle et moins égalitaire que ne l’était le processus bolivarien. Ce processus bolivarien, Mélenchon le connait bien et il en a partagé les espérances comme moi alors même que certains de ses soutiens actuels voyaient non seulement en Castro mais en Chavez d’abominables dictateurs.

 

Cette phase bolivarienne a connu un ressac mais rien n’est dit et nous sommes en plein affrontement. Je crois que ce qui a manqué au Vénézuela et lui manque toujours est une force politique organisée, crédible et pas un leader avec un mouvement. Partout dans le monde, lesdites masses sont en train de faire leur expérience et les révolutions communistes du XXe siècle ont profondément marqué les mémoires, les traces des combats sont là, la nécessité de l’organisation aussi. La vague populiste n’aura qu’un temps, celle des hommes providentiels également.

 

Nous ne sommes qu’au début de ce monde nouveau dans lequel ceux qui font l’histoire, les masses doivent prendre toute leur place pour imposer la paix et la justice sociale. De quelles force avons-nous besoin ? J’ai toujours pensé que Mélenchon partageait un peu l’analyse que je viens d’esquisser et que nous ne nous séparions que sur la définition de la force nécessaire. Ce n’est pas une question mineure et je vois avec l’intervention de ce collectif à quel point elle est même centrale, parce que faute d’un parti, par le simple regroupement de tous les opportunismes de l’extrême-gauche on risque d’affaiblir le combat que l’on peut espérer commun et qui concerne le vingt et unième siècle.

 

Danielle Bleitrach

PCF – CN : 12 – 13 décembre 2014 – Intervention Danielle TRANNOY (préparée avec ma Section)

 

Situation internationale, situation nationale : même combat contre le capital !

 

Sachant que la libéralisation sociale, ne peut se réaliser que dans le cadre de la lutte de libération nationale indissociablement liée à l’internationalisme.

 

La question de la souveraineté de notre pays est au centre du débat et devrait prioritairement nous interpeller ? Notre pays est bradé à l’encan.

 

Quel sens cela a de discuter de la politique sociale, des institutions, de la situation internationale si la France n’est plus un Etat souverain ?

 

La situation est grave, pleine de dangers : approfondissement d’une grande crise sociale et économique, un chômage de masse :

 

le terreau est fertile pour les forces les plus réactionnaires en l’absence de perspectives.

 

Le capital n’hésite pas à s’appuyer sur des forces fascistes. En France, et comme nous le voyons en Ukraine, et dans le monde.

 

Notre question : A quel moment, le PCF prendra-t-il l’initiative d’ouvrir le débat sur l’UE et l’Euro, fer de lance du capital, pour faire sauter le carcan qui pèse sur toute la société française, le monde du travail et les débouchés politiques.

L’UE est vécue comme une « prison » : pourquoi ne cherche-t-on pas à organiser la colère qui se fait de plus en plus forte dans la population ?  A organiser la résistance ? A-t-on peur du peuple ?

 

Ce débat est indispensable pour répondre aux attentes populaires.

 

La perte de souveraineté est totale.

 

La France a, contre la volonté de son peuple, perdu la maitrise de sa monnaie, confié le crédit à la finance, livré ses entreprises à la loi du marché, abandonné ses travailleurs soumis à la concurrence avec ceux de l’Europe entière. Elle s’est mise sous le joug des institutions européennes. Elle a lié son armée à l’OTAN.

 

TSCG, MES, TAFTA, réformes des collectivités territoriales la somment de mettre fin à son modèle social, à déstructurer ses institutions, l’Etat-Nation, au profit d’un pouvoir supranational au service du capital.

 

La perte de souveraineté est totale. Les directives européennes détruisent, dénationalisent : transports, énergie, santé, fonction publique, université : tous les secteurs sont confrontés  à une offensive tout terrain du capital, qui vise à réduire notre peuple à un nouvel esclavage. Comme au  temps de l’Occupation nazie, les acquis sociaux sont remis en cause avec une même brutalité. Le Patronat ne se gêne pas. Au moment où le patron de l’UIMM, symbole de la collaboration active et massive du patronat, est nommé à la tête de la SNCF.

 

Le monde du travail est loin d’être calme : les salariés sont en résistance, et les mouvements sociaux en France s’accroissent, il y a des refus contre la casse de la Sncf, des statuts, des transports, de l’EDF-GDF, de la Fonction Publique…..  La confrontation entre le capital et le travail se durcit.

 

Les propositions du PCF devraient être précises : des mesures de justice, de renationalisations en se rapprochant systématiquement des salariés qui résistent ; favoriser les convergences des luttes et leurs débouchés.

 

  • Oser la mise en cause de l’UE et de sa monnaie en reprenant notre droit de décider dans le cadre national.
  • Oser avec les salariés, les citoyens, la mise en perspective de ruptures avec le capitalisme pour faire reculer le danger fasciste. 

 

  • Permettre au monde du travail de reconstruire son avenir.

On ne peut isoler la situation ici en France de ce qui se passe en Ukraine, en Europe et dans le monde.

 

Concernant la situation internationale, le poids des chaines de l’UE pèse nos analyses.

 

Pourquoi, sommes-nous aussi aveugles concernant l’Ukraine ?

 

Comment expliquer la persistance du silence et même des réactions méprisantes dans nos déclarations et colonnes ne permettant pas de comprendre la fascisation du capitalisme européen par le biais du laboratoire d’expérimentation est-européen, la résurgence du nazisme en Europe, l’ultranationalisme, la haine….

 

Les communistes d’Ukraine, du Dombass, de Russie ont aussi besoin de toute notre solidarité.

 

L’enjeu est de taille : à travers l’Ukraine, les  USA et l’UE tentent de déstabiliser la Russie afin de soumettre aussi les pays émergents

 

Et tenter de faire échec à un monde multipolaire qui s’organise.

 

De quel côté va s’opposer le PCF ?

 

C’est toute l’Europe qui risque d’être sous le chaos.  La déflagration ukrainienne ne fait que commencer… Aucun peuple n’est à l’abri.

 

Accélération des guerres, le fascisme est à notre porte, pour diviser victimes, nations entre elles. Il y aura de beaux jours pour les oligarques et les marchands d’armes si nous ne renforçons pas les solidarités internationales des forces progressistes.

 

Les communistes ont besoin de se rencontrer et de travailler solidairement avec tous les partis communistes, les organisations de masse anti-impérialistes pour comprendre le présent, mais aussi d’avoir une réflexion coordonnée avec les partis communistes notamment de l’ancienne Union Soviétique. Afin que les camarades de ces pays donnent eux-mêmes des éléments de leur situation,  leur histoire et les réalités d’aujourd’hui, complexes au sein de l’impérialisme dominant et des classes capitalistes nationales.

 

La marche vers l’émancipation laisse des traces dans les mentalités et la mémoire des peuples. Nous ne pouvons dédaigneusement nous en éloigner.

 

Les communistes français savent que c’est aux peuples de prendre la main et aux plus lucides de les y aider. L’attente est immense.

 

Contre l’impérialisme, l’exploitation capitaliste les guerres engendrées par le système, l’action des communistes passe par la défense des travailleurs et du peuple, l’émancipation nationale et le socialisme.


 

Commentaire :

 

Bonjour Danielle,

 

Merci pour ce partage ainsi que pour cette déclaration que je partage très amplement.

 

Je ne peux m'empêcher, devant l'attitude (persistante) de notre direction nationale, de penser à cette déclaration du grand Duclos:

 

« La petite Europe du marché commun n’est pas et ne peut pas être une association des peuples. C’est une sorte de syndicat d’exploiteurs capitalistes ayant à leur tête ceux qui firent surgir Hitler du néant et le portèrent au pouvoir.(...) Si la petite Europe devait être une rivale des États-Unis, ceux-ci seraient hostiles aux traités européens. Or, il n’en est rien. Au contraire la petite Europe est considérée à Washington comme devant être la base économique et militaire du dispositif stratégique que constitue l’O.T.A.N. (…) Avec le marché commun, des capitalistes français, associés aux trusts allemands, réaliseraient sans doute de substantiels bénéfices, mais le déclin économique de la France deviendrait inévitable. Si ce traité était ratifié, les travailleurs français pourraient s’attendre à voir s’aggraver leur situation sur le plan des salaires, de la sécurité sociale, du chômage ».

 

Fraternellement,

 

Anthony

 

Publié par  El Diablo

ABROGATION LOI TRAVAIL : une proposition de loi en discussion au Sénat le 11 janvier 2017

ABROGATION LOI TRAVAIL : une proposition de loi en discussion au Sénat le 11 janvier 2017

Les sénateurs du Groupe communiste, républicain et citoyen ont présenté un texte proposant l'abrogation de la loi travail. Cette proposition doit venir en discussion au Sénat le 11 janvier 2017.

Coïncidence :c'est également le jour du rassemblement à Amiens pour exiger la relaxe des 8 de Goodyear!

Le texte de la proposition de loi en lien ci-dessous :

 

[pdf] PROPOSITION-LOI-SENAT-ABROGATION-LOI-TRAVAIL-NOV2016

Coup d'oeil dans le rétro pour sortir de l'ornière

 

Publié le 14 Décembre 2016

à avoir dans sa caisse outil

pour toujours mieux

regarder devant

 

Afficher l'image d'origine

Stupéfiante et cruelle modernité du début de siècle, la politique des hors-sol est-elle passée d'un sport de combat de ring ou tatami à une bagarre de rue ou un affrontement de tranchées à coups de baïonnettes ? 

 

De l'argument à l'invective, cela parmi les droites n'aurait que peu d'importance. Mais reste quand même ce fait marquant de la période, quand dans l'espace où Canaille le Rouge compte de nombreuses connaissances, lesquelles furent arrimées au même banc de nage que lui avant qu'elles décident de persister à ramer vers les récifs où elles n'arrivent plus à se dépêtrer, l'anathème, le coup de Jarnac remplace l'argument, les pratiques qu'ensemble ils dénonçaient pour stigmatiser " les autres " sont devenues leur quotidien, tout cela vérifiable par la lecture militante.

 

Flash-balls des slogans contre teasers idéologiques ; ça se déchaîne sur la toile. Dans ce théâtre, coté cour la PSolférinocratie qui cherche à se mettre en ordre de marche et aligne ses maréchaux d'empire, coté jardin l'ordonnancement d'une sorte d' armée chinoise de l'empereur Qin Shi Huang où la troupe pour impressionner doit être visible mais muette ; sauf à invectiver la scène.

 

Sur le plateau, jouant les navetteurs voltigeurs politiques, c'est là que cela s'étripe.


Les épithètes les plus gracieuses enrobées d'une gangue fangeuse s'échangent sur les réseaux sociaux qui ne conservent de sociaux que le fait de les rendre publiques.

 

Entre une direction du P"c"F tirant avec l'approbation d'une partie des fantassins sa roulotte derrière l'empereur du Qin d'une part et d'autre part la cavalerie, la flotte et une partie de l'état-major se disant que Qin Shi Huang est perdu, qu'il va s'envaser, cela pour justifier de rester sur le flanc du corps d'armée solférinocrate, la tension est à son comble au point de plonger les grognards encore présents voulant garder la maison dans une sidération douloureuse. Bref, ça braise autour des bivouacs.

 

Pour le maréchal du Qin, sans son comportement impérial, le projet qu'il annonce aurait pu séduire l'armée de celles et ceux sortis des rangs mais prêts à se mobiliser contre le vieux monde des mandarins de la social-démocratie. Les postures impériales parce que le sabre des ukases y côtoie toujours le sceptre de l'attirance monarchique, le menton cachant l'hermine, ne feront pas venir derrière ses gonfalons la " confrérie-diaspora " des libres associés pour la recherche de l'issue commune.

 

Vous comprendrez que canaille le rouge ne risquera pas un pied dans cet espace tant les balles perdues ricochent sur les lames et épieux.

 

Pour s'évader des comportements plagiant la tragédie classique et revenir vers des temps plus contemporains Canaille le Rouge, pour prendre un peu de recul de façon à construire une véritable issue vous propose de lire un de ces textes qui parce que juste ne prend pas une ride, en guise de mise en bouche, il en extrait deux ou trois moments pleins d'enseignements:

 

Il ne s'agit pas de copier ce qu'a fait le Front populaire en 1936. Les conditions actuelles – tant sur le plan intérieur qu'extérieur – sont très différentes de celles des années 1934-1936. Dès lors, les objectifs que sont amenés à se fixer aujourd’hui les partis et organisations démocratiques ne peuvent être exactement les mêmes que ceux que s'était assigné le Front populaire ".


L'auteur précisant : " Aujourd’hui, l'objectif principal, c'est de mettre fin au régime de pouvoir personnel et d'établir une démocratie véritable comportant non seulement des institutions démocratiques, mais des réformes économiques et sociales profondes de façon à soustraire l’État à l'emprise du grand capital monopoliste. " 


Celui qui signe rappelant –dernière citation – " ...Dans la lutte contre le régime de pouvoir personnel, l'objectif n'est pas de conquérir n'importe quelle majorité mais c'est de travailler à la victoire d'une majorité démocratique permettant l'application d'une véritable politique de progrès social et de paix."

 

Ces phrases sont tirées d'une édition des Cahiers du Communisme prises dans l'édito signé par Wladeck Rochet à l'automne 1966, il y a exactement un demi-siècle.

 

Il ne s'agit pas de conduire les yeux vissés sur les rétroviseurs, mais de disposer des rétros pour en user si besoin mais surtout regarder sereinement devant soit pour tracer sa route pour avancer de façon assurée et efficace. 

L'article de W Rochet :

 

Coup d'oeil dans le rétro pour sortir de l'ornière
 
Coup d'oeil dans le rétro pour sortir de l'ornière
 
Coup d'oeil dans le rétro pour sortir de l'ornière

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Pourquoi Mélenchon est-il Mitterrandiste ?

 

, par  pam

pdf 

 

Ces vidéos interrogent utilement les communistes sur leur propre stratégie et programme politique. Au-delà de la décision prise pour les élections présidentielles de 2017, en quoi les communistes portent-ils quelque chose de différent de Jean-Luc Mélenchon ? Le discours sur 1981 montre bien qu’il y a quelque chose, mais quoi ? Y répondre suppose de tirer toutes les leçons de la stratégie d’union de la gauche et du programme commun, autrement dit sans doute, de l’idée d’une phase transitoire de "démocratie avancée" vers le socialisme...

 

 

pam


 

 

 

Jean-Luc Mélenchon à propos de la candidature de François Mitterrand

 

" Le jeune sénateur de l’Essonne Jean-Luc MELENCHON entend incarner la nouvelle génération du Parti Socialiste. Il est bien décidé à imposer une nouvelle candidature de François MITTERRAND aux prochaines élections présidentielles.Commentaire sur images de Jean-Luc MELENCHON se rendant au Sénat et interview. Il déclare notamment à propos du président de la République : "C’est pas pour rien qu’on l’appelle Tonton"."

 

http://www.ina.fr/video/PAC01001602 

 

Le jeune sénateur de l’Essonne, Jean-Luc MELENCHON, entend incarner la nouvelle génération du PS. Il est bien décidé à imposer une nouvelle candidature du ...

 

Bilan raisonné de 1981 et de la présidence de François Mitterrand

 

Conférence de Jean-Luc Mélenchon à l’Assemblée nationale, prononcée le 9 mai 2011, à l’occasion du 30e anniversaire de l’élection de François Mitterrand, le 10 mai 1981.

 

 

Le 8 janvier 2016 est la date anniversaire des 20 ans du décès de François Mitterrand. L’occasion de dresser un bilan raisonné de 1981 et des années durant lesquelles il a été président de la République.

 

Cette conférence a été prononcée le 9 mai 2011 à l’Assemblée nationale.

 

Polonium : Mélenchon le candidat insoumis le 16 novembre 2016

 

Jean-Luc Mélenchon était l’invité de Natacha Polony dans l’émission Polonium sur Paris Première -durée 27:33

 

Jean-Luc Mélenchon était l’invité de Natacha Polony dans l’émission Polonium sur Paris Première Retrouvez Polonium mercredi à 22:55 sur Paris Première

 

 

A 18:34 Natacha Polony aborde la question du rapport et du lien de JL Mélenchon avec Mitterrand. Ce passage de l’interview est très intéressant, Mélenchon met en avant la nationalisation (que Natacha Polony défend !) et il fait son petit couplet sur les staliniens "je ne suis pas un stalinien de la troisième période, qui vous tire une balle entre les deux yeux et passe ensuite à l’épisode suivant".

 

1981, le summum le plus à gauche de la France moderne ?

 

Dans d’autres vidéos, Mélenchon met en avant 1981 qui serait le summum des positions révolutionnaires notamment avec les nationalisations.

 

Une constance dans tout cela c’est le soutien indéfectible à l’union de la gauche, aux nationalisations et aux élections.

 

De ces trois points (gauche-nationalisation-élections) je préciserai qu’il y a toute une mythologie savamment entretenue sur le sujet des nationalisations (ou on retrouve le sujet du CNR et la période de la Libération). C’est sur cette mythologie que la nationalisation c’est une mesure anti-capitaliste que toute une fraction de la gauche au sens large, s’engouffre aujourd’hui sans remettre en cause le fait que la nationalisation en régime capitaliste ou en régime socialiste c’est pas du tout pareil.

Après le vote des communistes

Là ou il y a une volonté existe un chemin

 

, par  Gilbert Remond
 
Il y a un peu plus de quinze jours avait lieu le vote des communistes. Nous en connaissons tous le résultats, du moins celui qui s’est affiché dans les rédactions des grands médias proches de établissement , où dans les multiples officines de pouvoirs étrangères a notre cause. Parmi elles, hélas il faudra compter la direction du PCF puisque sont seul acte de foi, sa principale motivation est d’en rejoindre les arcanes dans les plis d’une gauche respectablement de gauche par tous les moyens y compris celui de s’opposer a ses cadres et à sa majorité active qui avait décidé lors d’une conférence nationale à plus de 55 % de se déterminer sur un choix clair en présentant une candidature communistes.
 

Cette dernière s’est une fois de plus distinguée dans la circonstance par sa capacité à prendre et se ranger derrière des couleurs propices aux décisions les plus électoralistes, tout en entretenant un flou artistique sur ses motivations finales. C’est la raison pour laquelle de nombreux communistes, croyant opter pour une décision d’efficacité politique préservant l’autonomie du parti, lui ont signé un chèque en blanc sans en mesurer la conséquence. « De nombreux camarades l’on fait par défaut, insistant pour que soit développée une bataille communiste autonome de la France insoumise, pour l’élection présidentielle comme pour les législatives » souligne le communiqué de « faire vivre le PCF », qui se déclare dans sa conclusion « déterminé à travailler pour que le peuple se renforce en organisation, en conscience et action pour affronter les durs combats qui s’annonce » et affirme dans cette logique qu’au contraire de ce qui s’est décidé « nous avons besoin d’un véritable parti communiste. Oui nous voulons relever le défi d’un parti communiste moteur de la transformation révolutionnaire dans grand parti anti capitaliste développé »

 

Pour Denis Durand, signataire du choix clair, le parti militant s’était exprimé le 5 novembre. C’était les militants les plus engagés qui avaient soutenu l’option d’une candidature communiste. Leur décision a été contredite trois semaines plus tard par le parti municipal. Ce paradoxe conduit le PCF a s’effacer dans la campagne des présidentielles. Il fait remarquer que le choix qui en résulte « s’opère au profit d’un leader qui a renoncé a structurer son programme à partir des principales revendications syndicales pour faire le choix d’un populisme de gauche » « Pour la première fois depuis près d’un siècle, le mouvement social - les syndicalistes, les milliers de citoyens qui se sont mobilisés dans le mouvement contre la loi El Khomri - n’aura pas de relais dans la campagne électorale nationale. » Pour autant poursuit-il, on peut se dire que ces faits politiques regrettables recèlent une autre face qui elle, est porteuse d’avenir car elle indique un fait sans précédent « la réaffirmation du visage militant du parti qui s’est manifestée à la conférence nationale, sans crainte(... ) d’entrer en contradiction avec les prises de position du secrétaire national » Aux deux premiers visages ( celui du parti militant et celui du parti municipal), ce fait en ajoute un troisième, qui avait été effacé au cour des dernières décennies, « celui d’un parti d’action et de lutte, ancré dans les entreprises, là où le pouvoir du capital s’exerce le plus directement, là où ses ressorts les plus profonds peuvent être contesté, dans un affrontement qui dessine les valeurs et les moyens concrets d’une nouvelle civilisation »

 

Nicolas Marchand, autre signataire du même appel et proche de la commission économique du parti, estime lui aussi que cette décision met notre parti en danger. Dans une intervention au conseil départemental du Val de Marne, il voit également un motif de confiance dans la lecture qu’il fait du vote. Il voit se dégager de ce dernier une majorité, « entre ceux qui ont voté pour une candidature communiste et qui ont crée l’événement par leur nombre, malgré des pressions de la direction sans précédents », ceux qui se sont abstenu et « beaucoup de ceux qui ont fait l’autre choix(…) convaincu de la nécessite d’un parti communiste autonome et rassembleur, a ne pas vouloir sa dissolution dans quelque recomposition politique que ce soit »

 

Néanmoins il juge que parmi ces derniers beaucoup de communistes restent inquiets a cause de la précarité de cette situation. En effet, dans la pratique elle nous confronte a une double contradiction. En premier lieu, une contradiction entre notre programme et celui de la « France insoumise » dont la cohérence et le contenu sont différents sur plusieurs points importants. En deuxième lieu « la contradiction entre notre conviction commune de la nécessité d’un parti communiste et l’objectif de Mélenchon de construire, grâce à sa campagne présidentielle, et avec des candidats signataires de sa charte partout aux législative,une force politique qui absorberait tout ou partie du PCF »

 

Nous retrouvons la trace de cet imbroglios le lendemain du vote dans le communiqué de la Direction quand Pierre Laurent explique dans un entretien accordé a l’humanité que "nous sommes menacé par le même piège politique qui a ouvert la porte au Brexit et à la victoire de Trump" qu’en conséquence pour lui "la seule solution d’échapper à ce piège, c’est de construire une candidature porteuse d’un nouveau projet de gauche" Elle s’est concrétisé dans un premier temps par "l’appel a voter Mélenchon" : « ce n’est pas une fin en soi poursuit-il, mais juste un palier pour aller encore plus loin dans le rassemblement de la gauche ».

 

Dans une lettre envoyée aux adhérents, il confirme cette proposition, après s’être félicité d’un aspect du vote qui a échappé a beaucoup . Cet aspect, concernait la résolution stratégique approuvé à 94 % fixant le cap général de la campagne que mèneront les communistes. Elle fût voté quasiment a la cantonade tant l’attention de tous portait sur les options1 et 2. Le secrétaire général se faisait encore plus précis dans cette direction en donnant dans son adresse a chacun, un nouveau cadre résumé dans ces lignes :

« nos initiatives de rassemblement doivent elles aussi continuer à se déployer à plusieurs niveaux, car, comme je l’ai déjà dit, notre appel à voter jean- Luc Mélenchon n’est pas pour nous une fin, mais un levier pour aller plus loin. Nous ne rejoindrons d’ailleurs pas le cadre trop étroit de la « France insoumise », nous voulons aller beaucoup loin, rassembler plus largement….. Le 10 décembre, dans une grande rencontre à Paris, toutes celle et tous ceux avec qui nous dialoguons depuis maintenant un an et qui se désespèrent de la situation à gauche. Nous voulons faire bouger le cadre de la campagne de Mélenchon pour élargir et continuer d’interpeller tous ceux et toutes celles qui peuvent avec nous hisser la gauche et des solutions anti-libérales au second tour de l’élection présidentielle »

Nicolas Marchand relevait dans son intervention que de nombreux camarades constataient que nous étions dans la merde, ce que je peux confirmer après avoir participé à plusieurs réunions et AG pour lancer la campagne et reçu les confidences désabusées de ceux que nous croisons sur les marchés et dans nos initiatives publiques. Comme il le dit, on ne doit, ni s’en réjouir, ni baisser les bras, par contre il faudra le moment venu faire le bilan de ce gâchis parler des responsabilités et des changement nécessaires à apporter suite à tant d’incompétences et de manifestations liquidatrices.

 

Nous le savions, nous l’avions dit, mais nul n’a cherché à l’entendre ! Surtout pas les droitiers gauchistes des organisations estampillées par leur propre soin du label marxiste-léniniste. Ceux-là dans un effet de mode soudain et d’unanimisme, ne nous ont pas épargné de leurs flèches empoisonnées et se sont objectivement fait les porteurs d’eau de la direction aux abois.

 

A cette fin, ils se sont remis à la lecture de "la maladie infantile du communisme" pour reprendre quelques aphorismes délicats du style "nous le soutiendrons comme la corde le pendu" ; Chacun en reprenait les termes et la formule dans un assaut prosélyte, pour nous mettre en face de la bonne parole léniniste, mais avant tout pour justifier un ralliement, leur ralliement critique, mais en définitive opportuniste à la dernière occurrence petite bourgeoise destinée à forclore la seule option réaliste d’une politique prolétarienne dans un engagement communiste non « identitaire » mais concret auprès de ceux qui luttent, pour un changement de société. De ce point de vue, voltes-faces, chicaneries, formules vides de sens, contrevérités, se sont succédées pour jeter un voile de mensonge sur la réalité de l’alternative proposée par la majorité de la conférence du 5 novembre.

 

Par une coalescence surprenante, j’ai vu reprendre la métaphore à maintes occasions par la suite au cours d’échanges entre plusieurs camarades qui à leur tour reprenaient à leur compte la référence cynique. Les contenus de ces échanges m’ont surpris par leur désinvolture et leur méconnaissance du texte, utilisé de manière très fragmentaire et surtout en dehors de tout contexte historique. Je l’étais aussi par leur méconnaissances des conditions dans lesquelles se jouait une dimension particulière de la lutte des classes aujourd’hui : son reflet idéologique dans notre organisation. La présente analyse et les textes qui suivent montre une réalité beaucoup plus contrastée et surtout permettent de comprendre que la bataille engagée dans le parti communiste français est sans précédent puisqu’elle existe depuis plus d’une dizaine d’année pour sa reconquête sur des bases de classe.

 

Pour la première fois depuis la chute du mur de Berlin, un parti communiste connait une remise en cause de sa ligne "réformiste" sur fond de débats internes dans le respects des sensibilités et des influences qui le compose, et laisse l’espace et le temps a une opposition de développer ses arguments dans des documents soumis à la lecture de chacun, puis exposés dans des débats contradictoires.

 

Cette opposition est apparue unie dans la dernière période et s’est renforcée au cours de la bataille pour la candidature, elle représente les forces vives et actives du parti, exprime la radicalité qui monte dans le monde du travail et se veut être le relais des luttes syndicales et citoyennes dans le politique. Je le dis tout net à certains camarades qui se sont exprimé récemment dans ce sens : la situation n’est pas celle qu’ils attendent ou conforme à ce qu’il projettent. Il n’est absolument pas pertinent de penser à une scission pour reconstruire ailleurs un autre parti communiste avec les révolutionnaires. Bien au contraire. Elle devrait être considérée comme celle où il faut venir renforcer le parti communiste pour aider ceux qui défendent ses objectifs premiers, défendre ceux qu’une majorité s’était donnée au congrès de Tour pour sortir de la nuit où les avaient conduit les opportunistes et le chauvinisme.

 

Je rappellerai qu’en la circonstance ce ne sont pas les majoritaires qui avaient fait scission, mais la minorité qui choisissait de rester dans ce que Blum avait appelé la vieille maison. je voudrait dire aussi que si une scission était sur le point de se faire elle serait le fait de ceux qui veulent intégrer "la France Insoumise" ou reconstruire un grand parti de la gauche antilibérale, ce qui a proprement parler ne veut rien dire. (Le PS du Congrès d’Epinay avait rappelons nous le déjà cette vocation). J’en appelais hier à écouter nos défaites. Je pense que si le parti communiste doit écouter les siennes, d’autres formations ont les leurs à entendre. De ce point de vue, il a existé par le passé des scissions qui devraient entendre les conséquences de leurs décisions. Nous ne sommes plus en 1965, quand toute dissidence était durement combattue et faisait à chaque fois l’objet d’une fatale exclusion. Si le débat avait été alors possible dans le parti, je doute que les historiques du PCMLF aient pris la décision de la rupture.

 

Elle a eu lieu parce qu’il n’existait pas d’autres options possibles. Nous ne sommes plus dans ce cas, notre persistance le prouve, les débats de ces derniers jours aussi.

 

Vous avez les uns et les autres fait référence à Lénine, je prendrais le temps de revenir sur ses déclarations mais concernant les Anglais qu’il visait dans "la maladie infantile", il prenait la peine de préciser en incipit du chapitre

"le communisme de gauche en Angleterre : qu’il "n’y a pas encore de parti communiste en Angleterre, mais il y a parmi les ouvriers, un mouvement communiste jeune, large, puissant, dont la croissance est rapide et qui autorise les plus radieuses espérances. Il y a plusieurs partis et organisations (parti socialiste britannique, parti ouvrier socialistes, association socialiste du pays de galles du sud, fédération socialiste ouvrière) qui désir créer un parti communiste...... Il s’avère qu’un des principaux obstacles à la constitution immédiate d’un parti communiste unique est le désaccord sur le problème de la participation au parlement et de l’adhésion du nouveau parti communiste au vieux labour Party opportuniste et social-chauvin et composé surtout de trade-union"

.

D’aucun tire argument de cette situation historiquement datée dans des conditions déterminées pour justifier le ralliement à la France insoumise. Mais mis a part la différence des contextes et des circonstances, un détail incongru devrait frapper les esprits : il existe en France un parti communiste qui a eu une implantation de masse dans la classe ouvrière et qui s’il souffre des décisions opportunistes prises par ses directions depuis de nombreuses années, est en train de se renouveler dans des conditions qui font plus que débat. Enfin ; il est utile de rappeler que Lénine ne se satisfaisait pas de son constat. Il se faisait plus précis, pour reprendre ses propres termes, plus indicatif même quand il disait "les communistes anglais doivent à mon avis rassembler leurs quatre partis et groupes (tous très faibles, certains même tout a fait faibles) en un seul parti communiste sur la base des principes de la IIIè internationale et de la participation au parlement". Plus loin, il les invitait a intégrer le labour party a l’instar d’une des composantes précité. Mais faut-il le rappeler, le mouvement trade-union avait plusieurs siècle d’existence et l’internationale quelques jours. Nous ne sommes pas dans ce cas de figure !

 

Dans un texte antérieur "Comment la politique sociale chauvine se retranche derrière des phrases internationaliste" il agençait plusieurs réflexions que je vais vous livrer pour terminer.

 

A ses lecteur il demandait :

"Quel est le rapport entre les faits politiques et la littérature politique ? Entre les évènement politiques et les mots d’ordres politiques ? Entre la réalité politique et l’idéologie politique ? Cette question est actuellement de la plus haute importance pour qui veut comprendre dans son ensemble la crise de l’internationale, car toute crise et même chaque tournant dans l’évolution, entraine inévitablement une rupture entre l’ancienne forme et le nouveau contenu. Nous n’insisterons pas sur le fait que la société bourgeoise produit constamment de ces politiciens qui aiment à se dire en dehors des classes, et de ces opportunistes qui aiment à se dire socialistes, et que tous ces gens là trompent sciemment et systématiquement les masses par les phrases les plus pompeuses, les plus a gauche.

 

Mais, à une époque de crise, on observe à tout instant, même chez ceux qui en sont des propagandistes consciencieux, une divergence entre la parole et les actes. Toutes les crises, même les plus pénibles et les plus douloureuses, ont une grande valeur de progrès, notamment parce qu’elles dévoilent et rejettent avec une rapidité, une force et une évidence admirable les paroles véreuses, fussent elles de bonne foi et les institutions véreuses, fussent-elles fondées sur les meilleurs intentions du monde."

Il me semble que de ce point de vue l’année qui vient de s’écouler a été riche en crises, en remise en cause et en prise de conscience.

 

Enfin, par ce que l’opportunisme est une vielle ficelle quoiqu’elle cherche à pendre ou à soutenir, je vous laisse deviner qui sont les Martov et Axelrode d’aujourd’hui . Ceux ci écrivaient en 1915 :

 

"Le mot d’ordre central de combat du prolétariat de Russie doit être actuellement une assemblée constituante populaire chargée de liquider le tsarisme et la guerre". Nous pourrions entendre aujourd’hui la Vè république et le chômage de masse, quoi que la guerre ne nous soit pas étrangère non plus si l’on tient compte des théâtres d’opération de l’armée française et de l’état d’urgence. A ces boniments Lénine de son côté répondait 

"C’est la un mot d’ordre qui ne vaut absolument rien, qui n’est ni central, ni combatif, car il manque l’essentiel : le contenu social de classe, nettement défini au point de vu politique, de cette notion de double liquidation. C’est une phrase vulgaire de démocrate bourgeois, et non un mot d’ordre central combatif prolétarien. Enfin , pour l’essentiel, c’est a dire la liaison avec les masses de Russie, le résultat obtenu par Martov et compagnie est non seulement nul mais négatif. Car il n’y a personne derrière eux"

Précédemment c’est à dire quelques lignes en amont, Lénine demandait :

"Que signifie, en général prendre une position politique ? C’est :1è) formuler au nom de l’organisation dans une série de résolution, un jugement sur la situation du moment et la tactique ; 2è) donner un mot d’ordre de combat pour le moment considéré ; 3è) relier l’un à l’autre à l’action des masses prolétariennes et de leur avant garde consciente"

Il parait qu’être léniniste aujourd’hui c’est ringard, pourtant n’avons nous pas quelques leçons à prendre de celui qui réussissait la première révolution prolétarienne durable, sur sa manière de penser le rapport au politique et aux gens ? N’y a t-il pas à apprendre de sa manière de structurer le travail politique ? N’est-il pas instructif de comparer comme il le suggère les attitudes des différentes classes et des divers partis face à la crise ou au contexte politique du moment ? Il importe de comprendre comment il nous invite à la pensée que l’opportunisme n’est pas un phénomène intérieure à une organisation politique en particulier, mais "l’influence exercée par la bourgeoisie sur le prolétariat. Qu’il est une politique ouvrière bourgeoise" résultant d’une poignée d’éléments proche du prolétariat, avec la bourgeoisie..... L’unité avec l’opportunisme, argumentait-il, c’est l’unité du prolétariat avec sa bourgeoisie nationale, c’est à dire la subordination à cette dernière et la scission de la classe ouvrière révolutionnaire internationale. Cela ne signifie pas que la rupture immédiate avec les opportunistes soit souhaitable, ni même seulement possible, dans tous les pays : cela signifie que cette rupture est mûre du point de vue historique, qu’elle est devenue inéluctable et progressiste, qu’elle est indispensable à la lutte révolutionnaire du prolétariat et que l’histoire en passant du capitalisme pacifique à l’impérialisme, a mis cette rupture à l’ordre du jour. "Volentem ducunt fata, nolentem trahunt" (le destin mène celui qui l’accepte et traine celui qui le refuse)

 

Il ne suffit pas de vouloir à quelques uns la construction d’un parti révolutionnaire pour qu’il se mette à exister. L’existence de celui-ci est toujours le résultat d’un processus, d’une "maturation" et rien ne permet de penser qu’il ne surgisse de rien, ou d’ailleurs ou par ajout de petites entités secrétées autour d’un leader particulier, maitre penseur ou syndicaliste aguerri.

 

Au contraire toute l’histoire nous apprend que de telles phénomènes se produisent toujours en fonction de stades déjà connus, qui permettent d’aller par bonds à un degré plus élevé. Le quantitatif se transforme en qualitatif suite au développent interne des contradiction "du choc des forces et tendances diverses agissant sur un corps donné dans un cadre donné" ; c’est de notre point de vue ce qui se passe dans le PCF.

 

Dans la première partie de la maladie infantile Lénine nous expliquait que la bataille des bolchéviks pour la révolution a durée vingt cinq années, divisées en plusieurs phase dont la première fut la conquête de la majorité dans l’organisation puis sa consolidation dans les batailles de colloques et de congrès dans un lien dialectique avec les masses et l’organisation de leur luttes. Là ou il y a une volonté existe un chemin disait-il.

 

Gilbert Rémond