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Politique française 2016

L’idéologie de Mediapart… Par Richard Labévière

9 août 2014
Publié le : 08 août 2014Source : espritcorsairecom

La période estivale nous permet de prendre un peu de champ… et de déconstruire quelques paroles dominantes. Il ne s’agit pas ici de reproduire ce que nous critiquons chez les « éditocrates » de certains médias et de faire comme eux, c’est-à-dire de donner des leçons de morale et de journalisme, mais plus simplement d’exercer notre libre arbitre minimal afin de mettre à jour, lorsque cela est possible, les motivations cachées des uns et des autres en exerçant nos capacités d’observateurs critiques de certaines manifestations curieuses de la presse parisienne.

 

La défense postmoderne, inconditionnelle et obsessionnelle d’Israël, répétée et sanctifiée par l’éditorialiste du Nouvel Observateur n’est pas une nouveauté, celle de Libération – moribond… on ne va pas pleurer… -, également. Bénéficiant du déclin du Monde, dont Pierre Péan et Philippe Cohen ont définitivement raconté la triste évolution (1), s’adaptant à la fluidité des nouvelles technologies et surfant sur la crise, sinon la fin des grandes idéologies, une foultitude de blogs fleurissent avec plus ou moins de réussite… Mediapart est l’un d’eux se parant de toutes les vertus du « journalisme d’investigation », s’autoproclamant Robin des bois de toutes les « affaires », imprécateur et chevalier blanc qui lavent plus blanc…

 

Il ne suffit pas d’avoir débusqué Cahuzac pour avoir raison en tout et se permettre n’importe quoi. Les « affaires » peuvent en cacher d’autres et les priorités sélectives du sacro-saint « journalisme d’investigation » ne disent pas toujours les raisons de leur calendrier. A lancer des contrôles fiscaux dans toutes les directions, on finit toujours par trouver quelque chose… faut-il ensuite assurer le service après vente et surtout expliquer les mécanismes des paradis fiscaux, du financement des partis politiques et des campagnes électorales. Comment le « journalisme d’investigation » choisit-il ses cibles et ses héros ? Autre question. Toujours est-il qu’on connaît l’aversion du patron de Mediapart pour les socio-démocrates et les « Rocardiens ». En effet, l’idéologie de ce blog tient surtout aux options politiques personnelles de son patron.

 

Edwy Plenel -, qui fut l’un des fossoyeurs du Monde, en fait des tonnes : ses homélies sont lues en ouverture des spectacles estivaux par les Intermittents ; ses collaborateurs traînent dans la boue un général de France, enfin il se fend d’une lettre ouverte à François Hollande sur Gaza…

 

Cette dernière intervention prête d’autant plus à sourire que le même Plenel et ses petites mains ont, le plus souvent, fait acte de bienveillance, voire même plus, envers les politiques agressives de Tel-Aviv. On touche ici à l’un des fondements de « l’idéologie Mediapart ». Ancien mais toujours militant trotskyste, Edwy Plenel et ses copains cultivaient une sainte horreur de l’Union soviétique. Certes, Staline et ses successeurs ne furent pas de grands humanistes, mais c’est essentiellement parce qu’ils soutinrent l’OLP de Yasser Arafat comme d’autres nationalismes arabes (Syrie, Irak, etc.), que certains de nos trotskystes français se rangèrent du côté d’Israël et de ses Travaillistes improbables transformés en autant d’alliés objectifs de la « révolution permanente ».

 

Cette posture explique, du reste, l’actuelle régression et conversion de nombre de hiérarques socialistes (anciens militants trotskystes) au mollétisme de la IVe République. Dans cette filiation, le patron de Mediapart a écrit un livre à mourir de rire sur les « révolutions arabes », présentées comme un grand « 1789 » libérateur. Lecture un peu pressée et tellement en contradiction avec ce qu’on pouvait aisément prédire de ce se passe aujourd’hui en Libye, en Égypte ou en Syrie… La Syrie justement ! C’est l’un des autres symptômes de l’idéologie Mediapart : les gentils révolutionnaires encore !!! en lutte contre une dictature innommable dont s’accommodent pourtant les Chrétiens, les Druzes, les Kurdes et autres minorités de Syrie… mais l’idéologie doit absolument faire rentrer le réel dans ses propres catégories.

 

De manière amusante , votre serviteur a fait les frais du sens poussé de l’investigation selon Mediapart, étant dûment accusé par ses commissaires politiques d’avoir participé à une réunion de « soutien au régime de Bachar al-Assad ». Il se trouve qu’au jour et à l’heure de la rencontre incriminée qui s’est tenue à l’Assemblée nationale, j’étais en voyage dans les glaces arctiques. Cela ne s’invente pas mais confirme le sérieux des « enquêtes » de ce blog ! J’ai bien évidemment écrit une lettre de rectification à l’adresse des responsables de Mediapart sans, bien évidemment aussi, recevoir de réponse. Savoir vivre et grandeur du journalisme postmoderne !

 

Les prestations des Intermittents du spectacle citant leur gourou Edwy Plenel – physiquement absent mais présent néanmoins comme le Dieu caché -, étaient plus risibles encore, fourrant dans le même sac les « dictateurs » du festival d’Avignon, ceux du CAC-40, de la Commission européenne, de l’OMC, etc. Le carburant de l’idéologie Mediapart est d’énoncer le bon goût, sinon le droit de ce qui doit être et ne pas être. La figure de « l’intellectuel de gauche », dont le patron de Mediapart incarnerait la quintessence se doit de faire référence sur toutes les grandes affaires de la République. Comme l’écrivait fort à propos Michel Clouscard : « l’intellectuel de gauche vient d’accéder à la consommation mondaine. Et il en est même le principal usager. Pire, encore, il est devenu le maître à penser du monde. Il propose les modèles culturels du mondain. Non seulement il a accédé à la consommation mondaine, mais il en est devenu l’un des patrons. Il a la toute puissance de prescrire. Et de codifier l’ordre du désir » (2).

 

En définitive, l’idéologie Mediapart fonctionne comme un mixe de trotskysme du pauvre, des dualités bushiennes (le bien contre le mal, la civilisation contre la barbarie) et de la bonne conscience bobo : faire du compost rue du Cherche-Midi, défendre les droits de l’homme très loin plutôt qu’à proximité et piétiner Poutine, les notes à l’école ou le catholicisme pratiquant… Dernièrement, le patron de Mediapart a commis une petite plaquette qui s’intitule : « Dire non ! » Bigre ! Ce BHL du journalisme devrait pourtant savoir que la pratique de la Négation est le moteur de toute pensée depuis les présocratiques et que son imprécation auto-promotionnelle n’enfonce que de grandes portes ouvertes… Parce qu’en dernière instance, l’idéologie Mediapart fonctionne comme n’importe quelle campagne de communication : faire vendre à défaut d’informer et d’expliquer… cette espèce de servitude volontaire, irradiante et séductrice. Étienne de La Boétie : « Il est vrai qu’au commencement, on sert contraint et vaincu par la force ; mais ceux qui viennent après servent sans regret et font volontiers ce que leurs devanciers avaient fait par contrainte ».

 

Richard Labévière

_____

(1) La Face cachée du Monde est un livre d’investigation écrit et publié en 2003 par les journalistes Pierre Péan et Philippe Cohen critiquant le fonctionnement du journal français Le Monde, et plus particulièrement celui de sa direction tripartite de l’époque, composée de Jean-Marie Colombani, Edwy Plenel et Alain Minc. L’ouvrage lui-même est le résultat de la convergence de deux enquêtes menées à l’origine séparément par Pierre Péan et Philippe Cohen. Le livre a connu un succès commercial peu commun, atteignant 60 000 exemplaires vendus le premier jour et plus de 200 000 au total. Éditions Mille et Une Nuits, 2003.

 

(2) Michel Clouscard : Le capitalisme de la séduction – Critique de la social-démocratie libertaire. Éditions Delga, août 2013.

Publié par El Diablo

«ABOMINATION» : Moscou indigné par les caricatures de CHARLIE HEBDO sur le crash du TU-154

«ABOMINATION» : Moscou indigné par les caricatures de CHARLIE HEBDO sur le crash du TU-154

Charlie Hebdo a publié une nouvelle version de son hebdomadaire satirique avec des caricatures sur l’avion russe qui s'est écrasé en mer Noire avec 92 personnes à bord. A Moscou, ces dessins ont été accueillis avec indignation.

La Russie,endeuillée par la tragédie en mer Noire, digère mal les caricatures de l'hebdomadaire français.

LIEN VERS LA SUITE DE L'ARTICLE CI-DESSOUS:

Publié le  par Descartes

Les deux grâces de Jacqueline Sauvage

 

Ainsi, en cette fin d’année 2017, François Hollande aura fait ce qu’aucun chef d’Etat français n’a été capable de faire depuis la plus haute antiquité : gracier deux fois la même personne et à quelques mois d’intervalle. En accordant à Jacqueline Sauvage une grâce totale le 28 décembre 2016 après lui avoir accordé une grâce partielle le 31 janvier 2016, François Hollande banalise ainsi l’une des dernières institutions régaliennes de la République.

 

Le droit de grâce, qui permet au président de la République de changer le destin d’un homme par une décision souveraine, qui n’est soumise à aucun contrôle, à aucun recours, est le symbole même du tragique qui s’attache à l’exercice du pouvoir. D’un trait de plume, le président peut libérer un criminel dangereux, ou au contraire maintenir en prison un homme innocent. Et sa décision est finale. Un peu comme le bouton nucléaire : on ne peut ensuite dire « merde, je me suis trompé, on va changer ça ». Pour conserver son pouvoir symbolique, une telle décision doit être irrévocable. Autrement, le citoyen pourrait penser qu’elle est prise à la légère, sans réflexion profonde, en fonction de considérations politicardes.

 

Seulement voilà, avec Hollande rien n’est « irrévocable ». La décision du 31 janvier, nous a-t-on dit, reflétait l’intime conviction et les valeurs éthiques du président. Onze mois plus tard, les convictions et l’éthique du président ne sont plus les mêmes. Peut-être ont-elles varié depuis que François Hollande n’est plus candidat ? Doit-on conclure que la grâce est accordée ou refusée en fonction de basses considérations électorales ? La réponse, malheureusement, est positive: le Hollande de janvier 2016 était préoccupé par sa candidature, et a cherché - comme à son habitude - à ménager la chèvre et le chou. Il a donc fait plaisir aux "bienpensants" qui demandaient la grâce tout en évitant de prendre de front la masse de la population qui reste opposée à un "permis de tuer", tout en comptant sur la justice pour accorder à Jacqueline Sauvage une liberté conditionnelle rapide qui mette fin à l'affaire. Le François Hollande de la fin 2016 n'est plus candidat, et peut se permettre de suivre ses véritables penchants...

 

Mais au-delà de l’attitude de François Hollande, l’affaire Jacqueline Sauvage illustre le pouvoir des idéologies « victimistes ». Si l’on croit ses partisans, Jacqueline Sauvage est une victime, dument estampillée comme telle, et à ce titre elle a tous les droits, y compris celui de prendre impunément la vie d’un être humain. Mais qui dont distribue les certificats de « victime » ? Qui décide qu’untel mérite le label, qu’un autre ne le mérite pas ? Le bijoutier qui tire sur un voleur qui l’a frappé, le policier qui tire sur un délinquant qui essaye de l’écraser avec sa voiture sont trainés dans la boue. Pourtant, leurs agresseurs étaient eux aussi « violents ». N’ont-ils pas, eux aussi, droit à une interprétation extensive de la notion de « légitime défense » ? Et pourtant, pour eux, il n’y a pas de pétition de grâce, de comité de soutien plein de vedettes politico-médiatiques. Eux ne sont pas des « victimes », tout au contraire, c’est le voleur ou le délinquant qui auront droit à des « marches blanches » et autres manifestations communautaires pour exiger que « justice soit faite ».

 

L’idéologie « victimiste » est en train de casser la notion même de justice pour lui substituer une logique de statuts personnels, ou les droits et les devoirs de chacun dépendent de son appartenance – ou non appartenance – à tel ou tel groupe. Un acte sera qualifié de « crime » s’il est commis par un membre d’un groupe donné, alors qu’il sera excusé et même soutenu lorsqu’il est commis par le membre d’un autre. Ce qui, bien entendu, donne un pouvoir immense à la caste qui détient le pouvoir de délivrer les certificats de victimisation.

 

Au nom de leurs opinions, les partisans de la grâce de Jacqueline Sauvage remettent en question les principes fondamentaux de toute justice. D’abord, le principe qui veut que nul n’est habilité à se faire justice lui-même. Mais surtout, en remettant en cause l’idée que la justice est rendue au nom du peuple par des magistrats et des jurés sur le fondement d’un débat contradictoire et des lois. En effet, il y a là un autre élément essentiel de cette affaire qu’on a tendance à oublier. Jacqueline Sauvage a été jugée deux fois par une Cour d’Assises, en d’autres termes, par un jury populaire composé de citoyens tirés au sort sur les listes électorales. Par deux fois, les avocats de Jacqueline Sauvage ont pu exposer devant ce jury leurs arguments. Par deux fois les jurés ont entendu les témoignages larmoyants de la prévenue et de ses filles décrivant les violences qu’elles auraient prétendument (1) subies de la part du mari de Jacqueline. Et par deux fois, les jurés ont condamné Jacqueline Sauvage. Alors, la question se pose : à qui faut-il faire confiance ? A vingt-sept citoyens français dont vingt et un tirés au sort qui ont passé des jours et des jours à entendre des témoignages, à examiner des preuves, à écouter des plaidoiries pour se faire une opinion, ou à quelques centaines de milliers qui ne connaissent de l’affaire que ce qu’on rapporté les journaux et qui cliquent en bas d’une pétition (2) ?

 

L’affaire Sauvage consacre l’idée que la justice est une question d’opinion, et non de faits et de règles (3). Que selon que l’accusé – et la victime – est sympathique ou antipathique, le verdict doit être différent. C’est là une pente très dangereuse : comme le disait un grand écrivain américain, « une société libre est une société où il n’est pas dangereux d’être impopulaire ». Or, l’épilogue de l’affaire Sauvage montre que celui qui se rend « impopulaire » aux yeux de la société peut être tué dans le dos en toute impunité, et que cette impunité est « une victoire pour toutes les femmes qui subissent des violences » (selon l’ineffable déclaration publiée par le PCF).

 

La seule lueur d’espoir dans cette affaire vient paradoxalement de notre système judiciaire. Car il faut saluer le fait que deux Cours d’Assises aient su résister à la pression de l’opinion médiatisée et de l’idéologie victimiste et appliqué le droit. Comme il faut saluer le courage des juges d’application des peines qui ont, à juste titre, refusé la libération de Jacqueline Sauvage en dénonçant combien la logique médiatique de l’excuse empêchait la condamnée de faire le travail de prise de conscience du crime commis. Heureusement, il y a encore des institutions en France…

 

Descartes

 

(1) Si j’écris « prétendument », c’est parce que l’auteur présumé de ces violences n’a pas pu être interrogé, présenter sa défense ou réfuter ces témoignages, pour la simple raison qu’il était mort. Car c’est là aussi une question sur laquelle les partisans de Jacqueline Sauvage passent très vite : la violence du conjoint de Mme Sauvage n’est pas un fait prouvé. Nous n’avons que les témoignages de la défense pour l’accréditer. Pendant quarante ans, pas une main courante, pas une plainte n’a été déposée.

 

(2) Cela donne d’ailleurs de drôles de télescopages. Ainsi, on retrouve le 25 janvier 2016 la signature de Mélenchon – à côté de celles de Anne Hidalgo et de Daniel Cohn-Bendit, c’est dire si les « classes moyennes » se sont mobilisées dans cette affaire – au bas d’une pétition pour la « libération immédiate » de Jacqueline Sauvage. Pourtant, Mélenchon ne perd pas d’occasion pour affirmer son attachement à la « souveraineté populaire ». Peut-on imaginer quelque chose qui s’approche plus de la « souveraineté populaire » qu’un jury d’assises ?

 

(3) On trouve ce même raisonnement dans la pétition – complètement stupide – qui exige que Christine Lagarde soit rejugée par un tribunal correctionnel. Satisfaire cette demande reviendrait à anéantir le principe « non bis in idem », principe général du droit qui empêche de juger une personne plusieurs fois pour les mêmes faits. Les signataires de cette pétition comprennent-ils seulement la portée de leur geste ?

Publié par El Diablo

Plus va-t’en guerre que BHL ou François Hollande ? Le NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) ! ... LA PREUVE :

Le drapeau des « opposants » syriens et celui du NPA

Le drapeau des « opposants » syriens et celui du NPA

Le NPA et la question syrienne

[Polémique avec le programme de JL Mélenchon, dans le journal « L'anticapitaliste »]

Ce n'est pas là un désaccord sur un point de programme. C'est un désaccord de fond, sur le sens même de l'internationalisme, et sur le sens de l'action politique.

Rappelons en résumant la position du NPA : « La révolution syrienne, et en particulier à Alep, n’est pas liée aux groupes terroristes islamistes, mais bien à un soulèvement populaire, pour en finir avec la dictature de Assad fils, pour répondre à des exigences démocratiques et sociales. Nier cette révolution, c’est déjà faire le jeu de Assad.

C’est pourquoi nous ne défendons pas une politique de la paix entre les différentes parties. Nous soutenons, de toutes nos forces, la révolution. Nous disons, avec le peuple syrien, Bachar Dégage ! La paix en Syrie, dans l’immédiat, ne se fera pas avec des élections où Bachar pourrait être réélu. Le préalable à la paix, c’est le départ de Assad. ».

Le NPA ouvertement d'accord avec le gratin du capital international !

Trop tard pour des volontaires trotskystes à Alep Est...

SOURCES:

Plus va-t-en guerre que BHL ou François Hollande ? Le Nouveau Parti Anticapitaliste ...La preuve : - Ça n'empêche pas Nicolas

 

Mélenchon et ses insoumis ressuscitent le stalinisme?

 

Publié par  El Diablo

Cette GAUCHE qui sert de supplétif à l'OTAN [par Bruno Guigue]

Cette GAUCHE qui sert de supplétif à l'OTAN [par Bruno Guigue]

A de rares exceptions près (Jean-Luc Mélenchon, le PRCF), le moins qu'on puisse dire est que la gauche française pratique le déni de réalité sur la Syrie. Depuis 2011, c'est impressionnant. Elle a tout avalé. Avec gourmandise. Un véritable festin de couleuvres ! Elle s'est d'abord fiée à des sources douteuses (OSDH) dont elle a répété en boucle les chiffres invérifiables et les affirmations gratuites. Bonne fille, elle a accrédité la narration ridicule du boucher-de-Damas-qui-massacre-son-peuple. Elle a gobé cul sec le false-flag de l'attaque chimique comme si elle ingurgitait une vulgaire fiole onusienne de M. Powell. Elle est tombée, enfin, dans le panneau d'une propagande humanitaire à deux vitesses qui fait le tri, sans vergogne, entre les bonnes et les mauvaises victimes.

Cet aveuglement stupéfiant, la gauche française le doit d'abord à son indécrottable posture morale. Une grille de lecture manichéenne a anesthésié son esprit critique, elle l'a coupée du monde réel. Voulant absolument identifier des bons (rebelles) et des méchants (Assad), elle s'interdit de comprendre un processus qui se déroule ailleurs que dans le ciel des idées. Quand on désigne les protagonistes d'une situation historique en utilisant des catégories comme le bien et le mal, on donne congé à toute rationalité. « Ni rire, ni pleurer, mais comprendre », disait justement Spinoza. On peut certes avoir des préférences, mais lorsque ces préférences inhibent la pensée critique, ce ne sont plus des préférences, ce sont des inhibitions mentales.

La deuxième raison de cet aveuglement tient à un déficit abyssal d'analyse politique. La gauche française n'a pas voulu voir que le rapport de forces, en Syrie, n'était pas celui qu'elle espérait. Elle a reconstruit le récit des événements à sa guise pour donner corps à son fantasme d'une révolution arabe universelle qui balaierait le « régime de Damas » comme elle avait balayé les autres, en méconnaissant ce qui faisait précisément la singularité de la situation syrienne. Ceux qui se vantent de connaître leurs classiques auraient dû appliquer la formule par laquelle Lénine définissait le marxisme : « l'analyse concrète d'une situation concrète ». Au lieu de se plier à cet exercice d'humilité devant le réel, l'extrême-gauche, notamment, a cru voir ce qu'elle avait envie de voir.

Abusée par sa propre rhétorique, elle misait sur une vague révolutionnaire emportant tout sur son passage, comme en Tunisie et en Egypte. Mauvaise pioche ! Privée de toute base sociale consistante dans le pays, la glorieuse « révolution syrienne » n'était pas au rendez-vous. Véritable farce sanglante, une contre-révolution menée par des desperados accourus de 110 pays a pris sa place. La nature ayant horreur du vide, cette invasion du berceau de la civilisation par des hordes de mercenaires décérébrés a tenu lieu, dans l'imaginaire gauchiste, de révolution prolétarienne. Le NPA ne s'est pas aperçu de l'énormité de cette confusion. Il n'a pas vu que les rassemblements populaires les plus imposants, en 2011, étaient en faveur de Bachar Al-Assad. Il a écarté d'un revers de la main la position du parti communiste syrien qui, tout en critiquant le gouvernement, se range à ses côtés pour défendre la nation syrienne contre ses agresseurs.

Poussant le déni de réalité jusqu'aux frontières de l'absurde, le NPA, au lendemain de la libération d'Alep, se déclare encore solidaire de la « révolution syrienne ». Mais le secrétaire général du parti communiste syrien, Ammar Bagdash, lui avait répondu par anticipation en septembre 2013 : « En Syrie, à la différence de l’Irak et de la Libye, il y a toujours eu une forte alliance nationale. Les communistes travaillent avec le gouvernement depuis 1966, sans interruption. La Syrie n’aurait pas pu résister en comptant seulement sur l’armée. Elle a résisté parce qu’elle a pu compter sur une base populaire. En outre, elle a pu compter sur l’alliance avec l’Iran, la Chine, la Russie. Et si la Syrie reste debout, des trônes vont tomber parce qu’il deviendra clair qu’il existe d’autres voies ».

Désolé pour M. Julien Salingue et ses petits camarades, mais s'il faut analyser la situation syrienne, un communiste syrien qui contribue à la défense de son pays vaudra toujours mieux qu'un gauchiste français qui fantasme sur la révolution en buvant des demis au Quartier Latin. Incapable de comprendre ce qui se passait sur place, l'extrême-gauche française est victime du théâtre d'ombres qu'elle a elle-même dressé. Faute d'entendre ce que lui disaient les marxistes du cru, elle a joué à la révolution par procuration sans voir que cette révolution n'existait que dans ses rêves. Mais il est difficile d'admettre en 2016 qu'on s'est complètement fourvoyé depuis 2011.

Une fois de plus, écoutons Ammar Bagdash : « Ils ont commencé par des manifestations populaires dans les régions rurales de Daraa et d’Idleb. Mais dans les villes, il y eut immédiatement de grandes manifestations populaires de soutien à Assad. Par ailleurs, au début, la police ne tirait pas, ce sont certains éléments parmi les manifestants qui ont commencé les actions violentes. Dans les sept premiers mois, il y eut plus de morts du côté de la police et de l’armée que dans l’autre camp. Quand la méthode des manifestations ne marchait plus, ils sont passés au terrorisme avec des assassinats ciblés de personnes en vue (dirigeants, hauts fonctionnaires, journalistes), attentats et sabotages d’infrastructures civiles. Le gouvernement a réagi en adoptant certaines réformes comme celle sur le multipartisme et sur la liberté de la presse, réformes que nous avons soutenu. Mais les forces réactionnaires ont rejeté ces réformes. »

Cette insurrection armée conduite par des groupes extrémistes, les communistes syriens l'ont parfaitement analysée, mais la gauche française l'a ignorée. Elle a fait comme si elle n'existait pas, comme si elle était une invention de la propagande baassiste. Comment l'admettre, en effet ? Que les gentils révolutionnaires soient passés à l'action violente dès le printemps 2011 contredisait la narration dominante ! Il fallait, pour les besoins de la cause, préserver le mythe d'une opposition démocratique et non-violente. Le récit des événements fut purgé, en conséquence, de ce qui pouvait en altérer la pureté imaginaire. La violence des allumés du wahhabisme fut masquée par un déluge de propagande. Preuve factuelle d'un terrorisme qui était le vrai visage de cette révolution-bidon, ce déchaînement de haine fut effacé des écrans-radar.

De même, cette « gauche » bien-pensante a hypocritement détourné le regard lorsque les feux de la guerre civile furent attisés par une avalanche de dollars en provenance des pétromonarchies. Pire encore, elle a fermé les yeux sur la perversité de puissances occidentales qui ont misé sur l'aggravation du conflit en encourageant la militarisation de l'opposition, tandis qu'une presse aux ordres prophétisait avec délices la chute imminente du « régime syrien ». Sans vergogne, cette gauche qui se dit progressiste s'est laissé enrôler par les gouvernements d'un Occident à l'impérialisme rapace. Elle a calqué sa lecture partiale du conflit sur l'agenda otanien du « changement de régime » exigé par les néo-cons depuis 2005. Comme l'a écrit Hillary Clinton, Washington voulait renverser Assad pour aider Israël dans son affrontement avec l'Iran ! Mais cette circonstance ne semble pas troubler les pro-Palestiniens du NPA.

L'histoire ne fait pas de cadeaux. Elle retiendra que la gauche française a servi de supplétif à l'OTAN dans cette entreprise avortée de destruction d'un Etat souverain sous le prétexte fallacieux des droits de l'homme. Cette imposture de gauche, bien sûr, n'exonère pas la droite française de ses propres responsabilités, tout aussi écrasantes et criminelles sous Nicolas Sarkozy, dans l'aveuglement volontaire au drame syrien. Mais le moins qu'on puisse dire est qu'il y a une imposture de gauche, sur la Syrie, qui aura fait des dégâts considérables. Courage, M. Mélenchon, vous avez du pain sur la planche !

Bruno Guigue

Le 27 décembre 2016

SOURCE :

Cette GAUCHE qui sert de supplétif à l'OTAN

 

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.bruno_guigue.271216.htm

A propos d’une affaire, ce que j’ignore et ce que je sais

 
29 Décembre 2016

Dans l’état d’ignorance qui est le mien sur le dossier sauvage, je suis incapable de juger sur le fond de l’affaire . N’ayant aucune connaissance réelle du dossier, il y a le fait que je crains beaucoup une situation où l’émotion populaire se substitue au droit. Donc je ne suis pas intervenue sur la question et je n’ai signé aucune pétition.

 

Mais ceci étant affirmé en tant que principe je tiens à noter deux faits qui touchent à cette affaire:

 

1) les violences faites aux femmes et y compris les violences conjugales quand elles deviennent la principale cause de mortalité des femmes méritent une attention particulière. C’est un fait de société qui doit provoquer le débat sur la notion de légitime défense.


Et sans adhérer totalement à un discours sur le patriarcat, je crois qu’il met l’accent sur un aspect de notre droit hérité du Code napoléonien, la séparation entre ce qui relève du privé, du domestique et du public. C’est la définition déjà du politique dans la cité grecque défini par Aristote, d’un côté ce qui relève de l’ordre de la nécessité, de la domesticité, les femmes, les enfants, les esclaves qui sont soumis à l’autorité du propriétaire et de l’autre, ce qui relève de la démocratie des propriétaires entre eux. dans ce domaine comme dans celui d’une régression du code du travail c’est la reconnaissance de l’arbitraire accepté dans ce qui relève du droit du propriétaire. Comment dans un tel contexte juger du « trouble à l’ordre public »?

 

Le fait qu’il y ait insuffisance du droit dans ces domaines ne peut que générer des abus le plus souvent en défaveur de celui ou celle qui de fait est objet de propriété.

 

2) par expérience, étant confrontée à la justice et aux conditions dans lesquelles interviennent un jugement, des mises en liberté, je suis frappée par l’arbitraire qui peut présider à tout cela et surtout l’absence de réflexion sur ce que produit réellement la prison, sur son effet de pourrissoir qui n’a rien à voir au contraire avec la rédemption qui semble exigée dans cette affaire. La prison telle qu’elle est en France, pour ce que j’en découvre, est une véritable honte, une destruction programmée de ce qu’il y a de meilleur chez les individus, je ne vois plus au nom de quoi on en fait la voie d’une prise de conscience quelconque.

 

Danielle Bleitrach

Et puis Soyons simple et retournons aux fondamentaux…

 

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Violences conjugales : première cause de mortalité chez les femmes

 

 

28 Décembre 2016

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Date: 18 décembre 2016 Author: SAMINT

 

Violences conjugales :
Première cause de mortalité chez les femmes

 

Par SAMINT

 

La probabilité qu’une femme soit assassinée par son partenaire, son conjoint, son concubin ou son ex est beaucoup plus élevée pour celle-ci que d’être tuée par un inconnu. Le domicile, de par son huis clos est le lieu où les femmes sont le plus en danger à savoir une « zone de non-droit ». Cet isolement de la victime de violences conjugales est amplifié par l’évidente tolérance des violences masculines de notre société, l’absence de formation adéquate pour TOUS les maillons de la chaîne (éducation, santé, police, justice, médias etc…) ainsi que par les successives coupes budgétaires de l’Etat allant jusqu’à la suppression du Ministère des Droits des Femmes.

 

Pour toutes ces raisons, la reconnaissance du féminicide dans le Droit pénal demeure une nécessité absolue, tout comme l’établissement de statistiques fiables sur ces assassinats de femmes parce qu’elles sont des femmes. Les violences conjugales ne sont pas des « cas isolés » ou le quelconque fruit d’une tragédie grecque, comme le relatent les journalistes qui parlent de « drame familial », de « drame de la séparation » et même de « crime passionnel » – alors qu’il s’agit d’un MEURTRE. D’autant plus que la séparation et/ou le divorce ne mettent pas fin aux violences machistes : une proportion importante de femmes sont assassinées par leur ex dans l’année qui suit la rupture, voire plusieurs années après. Les violences conjugales sont un véritable fléau et une réelle question d’ordre sociétal, humain et même économique tant les conséquences de la domination masculine sur la société sont nombreuses et à tout point de vue. Les hommes violents ont un sentiment de toute puissance et s’octroient le droit de vie et de mort sur tous les membres de la famille. Les enfants ne sont donc pas épargnés et doivent être considérés comme des victimes à part entière et non pas comme de simples « témoins » – ces hommes violents n’hésitent pas à commettre des enlèvements, des viols ou des infanticides. En outre, il faut également remarquer qu’un nombre élevé de femmes âgées sont tuées par leur conjoint sous le prétexte d’ « euthanasie » alors que l’inverse est rarissime.

Le déni

 

Les violences conjugales sont genrées et demeurent la première cause de mortalité chez les femmes bien avant les accidents de la route ou les maladies. Parmi les rares femmes qui apparaissent dans les statistiques comme « auteures » de violences au sein du couple, les institutions patriarcales prennent souvent soin d’occulter les nombreuses situations de légitime défense – lorsque les femmes sentent un danger imminent pour l’enfant ou réagissent pour leur propre survie. A noter qu’une femme meurt tous les 2,5 jours sous les coups de son (ex-)partenaire, conjoint ou concubin, soit 134 féminicides conjugaux en 2014 – sachant que les suicides forcés suite au harcèlement moral dans le couple ne sont pas répertoriés dans les statistiques officielles et qu’à cela s’ajoutent les 35 enfants tués par le « père » ou le beau-père. Les chiffres de 223 000 femmes victimes de violences conjugales chaque année et de 84 000 femmes de plus de 18 ans s’ajoutant au 124 000 filles mineures ayant subi un viol (sans parler de celles qui ont subi une tentative de viol) sont une estimation basse et loin de la réalité des choses – cela ne couvre pas l’ensemble des violences au sein du couple. L’Observatoire National de la Délinquance (OND) a mis en évidence un « très faible taux de révélation, de l’ordre de 9 %, ce qui signifie que 91 % des affaires restent impunies. », alors que plus de 8 victimes sur 10 sont des femmes. Pour rappel, les agresseurs sont dans leur extrême majorité de sexe masculin, et pas seulement pour les violences conjugales, puisque 97 % de la population carcérale est au demeurant masculine.

 

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La hausse de 28 % du nombre d’appels au numéro d’écoute national destiné aux femmes victimes de violences (3919) ainsi qu’une augmentation du taux de dépôt de plaintes sont des indicateurs à prendre en compte dans – l’analyse sociétale des violences conjugales – de même que la nécessité de mettre en œuvre rapidement des moyens financiers et matériels pour éradiquer ce fléau. En 2014 le Ministère de l’Intérieur a publié les résultats d’une « Etude nationale sur les morts violentes au sein du couple » qui affirme que les statistiques actuelles des violences conjugales sont une « estimation minimale », et que pour ce qui concerne les viols et tentatives de viols dans « 37 % des cas c’est le conjoint qui est l’auteur des faits ».

 

Par ailleurs, même pour les rares victimes qui maintiennent leur plainte, le viol conjugal est très peu reconnu devant les tribunaux – ce qui est dans la continuité du faible nombre de condamnations pour viol – lorsqu’il n’est pas qualifié entre-temps d’«agression sexuelle» pour éviter la juridiction pénale. Par conséquent, l’agresseur bénéficie souvent d’un procès en correctionnelle et de réduction de peines. Les femmes victimes de violences conjugales ont généralement subi différents types de violences : « 7 femmes sur 10 déclarent avoir connu plusieurs épisodes de violences physiques autres que sexuelles » et, selon l’INSEE, « 70 % de ces victimes ont subi des violences répétées ». Les femmes enceintes paient également un lourd tribut à ce déni des violences conjugales. D’après l’UNICEF, les femmes enceintes sont « fréquemment victimes de violences et courent 2 fois plus de risques de faire une fausse couche. Lorsqu’une femme est victime de violences durant sa grossesse, son enfant a 4 fois plus de risques d’avoir une insuffisance pondérale à la naissance et risque 40 fois plus qu’un autre de mourir au cours de ses 5 premières années ».

 

L’absence de volontarisme politique pour lutter contre les violences conjugales est tellement manifeste qu’il est aisé de constater que les droits des animaux sont mieux dotés que ceux des droits des femmes avec un budget de 45 millions d’€ pour la SPA (Société Protectrice des Animaux) et celui de 20 millions d’€ pour les droits des femmes, soit moitié moins. L’arbitrage budgétaire de nos impôts en dit long sur le désintérêt des politiques en ce qui concerne l’égalité femmes/hommes. Ainsi, les femmes victimes de violence conjugales sont souvent obligées de chercher des places d’hébergement tout en étant confrontées au non-paiement de la pension alimentaire et au besoin de trouver une solution de garde d’enfant pour certaines d’entre elles. Les « survivantes » de violences conjugales se trouvent dans toutes les couches de la société, peu importe leur revenu, leur diplôme, leur religion, leur couleur de peau ou même qu’elles soient célèbres ou de parfaites anonymes. Ces femmes qui vivent un enfer dans leur foyer, sachez que vous les côtoyez au quotidien que ce soit au travail, dans la rue, dans une boutique, à l’école, à l’hôpital, au restaurant etc… .

 

Le déni de la société en matière de violences conjugales est tel que les institutions refusent de faire un travail sur les agresseurs (qui sont le plus souvent remis en liberté) et demandent aux victimes de fournir tous les efforts possibles et imaginables sans bénéficier d’un quelconque accompagnement. La violence institutionnelle succède alors à la violence conjugale, l’agresseur a le droit à une consultation médicale, à la présence d’un-e avocat-e et même à l’accès du dossier ce qui n’est pas le cas de la victime. Le traumatisme subi et la sidération des victimes au moment de l’acte de violence sont méconnus par les autorités policières et judiciaires : la victime doit fournir une multitude d’éléments ou de documents et ceci sans aucune aide matérielle ou psychologique notamment lors de l’organisation d’une confrontation avec l’agresseur. La prise en charge de la parole des victimes nécessite une formation adaptée ainsi qu’une connaissance des états post-traumatiques pouvant expliquer certaines imprécisions des victimes n’ayant parfois pas le recul nécessaire pour témoigner (ce qui se retourna contre elles et sera utilisé par la partie adverse lors de la procédure judiciaire).

 

Il est également demandé aux femmes violentées, abusées, harcelées, violées de surtout ne pas faire usage de la LÉGITIME DÉFENSE. Le procès de Jacqueline Sauvage est une parfaite illustration de cette justice patriarcale qui préfère s’acharner sur une victime au lieu de reconnaître les multiples « dysfonctionnements » des services publics – incapables de protéger les femmes et les enfants – en présence d’hommes pervers et violents. Son conjoint l’a battu pendant 49 ans et a violé leurs filles. Le suicide de son fils lui a permis de trouver la force de protéger sa famille en abattant ce monstre avec un fusil de chasse. Cet appel au secours pour s’extirper de ce climat de terreur que son conjoint exerçait, n’a pas été entendu par les institutions qui l’ont condamnées à dix ans de prison ferme. La société qui « savait » ne s’est guère souciée de leur sécurité et a permis au conjoint de jouir d’une totale impunité et au vu et au sus de tou-te-s. Les juges vont jusqu’à lui refuser son statut de victime en affirmant qu’elle aurait une « part de responsabilité dans le fonctionnement pathologique de son couple » et lui reproche de ne pas se sentir assez coupable – alors que la « justice » ne se soucient pas du sentiment de culpabilité des hommes qui tuent leur compagne. La violence institutionnelle s’exprime au travers d’une diversion, celle de reprocher à Jacqueline Sauvage la « médiatisation » de son affaire comme si elle l’avait orchestrée du fond de sa cellule. D’après le tribunal, Jacqueline Sauvage serait également coupable de l’émotion et du débat que cet acharnement judiciaire a suscité dans l’opinion publique qui ne la perçoit pas comme une « vulgaire meurtrière » ou comme un danger potentiel pour la société.

 

En Europe, la France reste en tête de peloton en matière de violences conjugales. En 2015, 1 femme sur 5 est victime de violences physiques au niveau européen. Selon les données de la Banque mondiale, « le viol et la violence conjugale représentent pour une femme âgée de 15 à 44 ans un risque plus grand que le cancer, les accidents de la route, la guerre et le paludisme réunis ». A l’échelle mondiale, les chiffres font également froid dans le dos. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) fait état dans un rapport qu’« 1 femme sur 3 dans le monde est victime de violences conjugales » soit 30 % des femmes qui subissent quotidiennement des violences de la part de leur partenaire. L’étude de l’OMS nous relate également des statistiques inquiétantes concernant le féminicide et la notion de santé publique puisque « 38 % des femmes assassinées ont succombé à la violence de leur partenaire intime et le risque de contracter des maladies telles que la syphilis, la chlamydiose ou la gonorrhée est 1,5 fois plus élevé chez les femmes victimes de violences physiques ou sexuelles de leur partenaire ».

 

La domination

 

Sandra Barnes qui fut chargée par le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux de suivre l’élaboration de la (première) convention du Conseil de l’Europe contre « les violences à l’égard des femmes et la violence domestique » avait rappelé que « la violence domestique est la première cause de mortalité chez les femmes âgées de 19 à 44 ans dans le monde, devant la guerre, le cancer et les accidents de la route ». La Convention d’Istanbul fut ratifiée par la France le 4 juillet 2014.

 

Le Conseil de l’Europe évoque également une évidence, à savoir « qu’il s’agit d’une forme de violence sexiste dans la mesure où elle est exercée sur les femmes parce qu’elles sont des femmes », il est donc question d’égalité femmes/hommes. Par ailleurs, en 1993, l’ONU avait reconnu que « la violence à l’égard des femmes traduit des rapports de force historiquement inégaux entre hommes et femmes, lesquels ont abouti à la domination et à la discrimination exercées par les premiers et freiné la promotion des secondes, et qu’elle compte parmi les principaux mécanismes sociaux auxquels est due la subordination des femmes aux hommes ». Les violences conjugales ne peuvent décemment pas être considérées comme une simple et banale « affaire privée » où les un-e-s et les autres s’autoriseraient alors à détourner le regard et du coup à ne pas porter assistance à ces femmes en danger qui risquent la mort.

 

Les inégalités femmes/hommes sont criantes face à l’existence de telles violences machistes à une aussi grande échelle, elles sont inévitablement une atteinte grave aux droits humains. Cette manifestation de la domination masculine doit être étudiée, tant sur le plan sociétal, individuel que familial, car elle vise à établir un rapport de dominant/dominée par la force, le harcèlement, la menace ou la pression psychologique. L’inexistence de programmes éducatifs sur le sujet ainsi que le refus de créer une « culture » de l’égalité filles/garçons y sont bien entendu pour quelque chose… comme nous avons pu le constater lors de l’abandon des « ABCD de l’égalité » (alors que la convention d’Istanbul exige justement la mise en place de ces programmes par les Etats membres).

 

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Le comportement violent à l’encontre des femmes au sein du couple a pour objectif le contrôle des femmes afin d’imposer sa volonté par les coups, l’humiliation, le dénigrement, les insultes, les menaces, le chantage, la séquestration, la mutilation, le « mariage » forcé, le mépris, les éclats de voix, les « ordres » contradictoires, les sarcasmes, le harcèlement moral, les sévices sexuels, la torture, la menace, la privation de liberté, la contrainte, l’atteinte à l’intégrité de la victime, l’enlèvement ou le meurtre de l’enfant etc… . Ainsi, l’agresseur souhaite volontairement nuire à sa partenaire (ou son ex) en exerçant un tel abus de pouvoir et de confiance – il s’agit d’un acte intentionnel mûrement réfléchi et non pas d’un « accident » de parcours. Les violences dites « domestiques » sont tout sauf de l’ « amour » ou de la « passion », mais une volonté d’entretenir les inégalités femmes/hommes. De ce profond et cruel irrespect des femmes qu’ils plongent dans l’isolement, la honte, le silence et le « stress conjugal », les hommes violents en tirent un sentiment de toute puissance. L’auteur de violences ose même transférer la responsabilité vers la victime qui finit paradoxalement par avoir un sentiment de culpabilité et d’échec face à cette situation d’incompréhension et/ou de confusion provoquée par l’agresseur. Un climat de terreur s’installe insidieusement, en crescendo, dans la vie de la victime et affecte ses moindres faits et gestes, ce qui l’empêche d’agir ou de lutter contre cette aliénation. Les femmes violentées, quel que soit leur milieu social, trouvent difficilement en elles les ressources suffisantes pour mettre un terme à cette souffrance causée par les violences masculines qui ne sont pas un comportement individuel mais faisant partie intégrante du système oppresseur qu’est le patriarcat.

 

Les violences conjugales ne sont pas des « actes isolés », des « accidents » ni un banal « conflit » ou encore moins les « symptômes » d’une relation « compliquée » mais un comportement totalement inadmissible censé être puni par la loi – quand la « justice » daigne faire son travail. Le partenaire violent souhaite établir une situation d’« abus de pouvoir » dans la relation intime qui le lie à la victime en utilisant continuellement le rapport de force pour mieux la contrôler, tout en alternant de rares moments d’apaisement. Ces comportements violents, dans la durée, ne cesseront alors de se multiplier et d’augmenter en termes d’intensité à tel point que la mort reste parfois le seul moyen d’échapper à ce climat de terreur permanent. Au delà de l’intention de nuire, les violences conjugales n’ont qu’un seul but, celui de dominer en faisant souffrir la partenaire par le biais de l’isolement, du harcèlement, du dénigrement, de l’humiliation, de l’intimidation, de la menace, du chantage, des injures, du viol, de l’agression physique etc…

 

. L’homme violent cherche aussi à enlever toute autonomie financière à sa partenaire ou carrément à s’approprier ses revenus. L’emprise psychologique s’exerce ensuite par le contrôle de ses paroles tout en surveillant ses moindres faits et gestes afin de déstabiliser la victime, qui se heurte de plus à l’incompréhension de son entourage. L’agresseur porte délibérément atteinte à la dignité et à l’intégrité de sa partenaire qui se retrouve prise au piège dans l’engrenage des violences conjugales du fait de son conditionnement psychologique.

 

Le rapport de domination induit une exploitation, qu’elle soit économique, sociale et/ou sexuelle des femmes que l’emprise sur les victimes favorise amplement. Une dépendance affective fera le jeu de l’agresseur – dans sa volonté de possession de l’autre – qui n’est plus un être humain mais une chose. Notons que les hommes violents envers leur (ex-)partenaire ne le sont pas forcément en société et arrivent même à cultiver l’image d’une personne sympathique voire même joviale, d’où la difficulté de les identifier en tant que tels pour l’entourage ou le voisinage. Ces hommes violents savent être « charmants » dans la vie sociale tout en étant de véritables bourreaux dans leur relation de couple, avec le recours aux six formes de violences conjugales (verbale, psychologique, physique, sexuelle, économique et administrative) qui fait partie de leur stratégie de contrôle du partenaire.

 

Il n’y a pas de mode opératoire unique dans l’usage des différentes formes de violences conjugales puisque l’agresseur s’adapte en fonction des réactions de sa partenaire ou affine sa stratégie selon le contexte. Cependant, nous pouvons affirmer qu’il existe bien quatre phases dans le cycle dangereux des violences conjugales : le climat de tensions, la crise, la justification et la « lune de miel ». L’agresseur n’hésite pas invoquer des prétextes tels que le stress, la prise de drogues ou de médicaments par exemple et utilise aussi la manipulation pour justifier ses actes de violences (punis par la loi rappelons-le !). Le partenaire violent va même jusqu’à inverser la charge de la responsabilité sur la victime elle-même. Les violences conjugales ont clairement pour objectif de dominer l’autre, les hommes violents sont tout à fait conscients de leurs actes : la violence conjugale n’est pas une maladie mentale.

Les violences conjugales doivent être considérées comme un sujet éminemment politique, qui concerne cette moitié de la population que sont les femmes, et il est de la responsabilité des pouvoirs publics d’assister des personnes en danger de mort. Le foyer est paradoxalement l’endroit où les femmes sont le moins en sécurité et où l’agresseur bénéficie d’une grande impunité du fait de l’inaction des politiques ou bien de la passivité du voisinage, de l’entourage ainsi que des institutions elles-mêmes. La société patriarcale tolère tout naturellement les violences masculines et encourage les hommes violents à dominer, assassiner, harceler, violer, battre leur partenaire qui n’ont pas le droit de faire usage de la légitime défense. Cette tolérance donne aux hommes un « permis de tuer » et accentue les évidents et inégaux rapports sociaux de sexe. Les violences conjugales ont un coût important sur le plan humain mais aussi économique et social pour toute la collectivité. Le déni de la société tue. Et le silence profite toujours à l’agresseur.

 

Sources :

https://www.senat.fr/rap/r09-553/r09-5533.html 

http://www.interieur.gouv.fr/content/download/84148/616887/file/etude-nationale-sur-les-morts-violentes-au-sein-du-couple-2014.pdf

http://stop-violences-femmes.gouv.fr/Les-chiffres-de-reference-sur-les.html

http://stopauxviolences.blogspot.fr/2010/06/les-violences-psychologiques-au-sein-du.html

http://www.liberation.fr/france/2016/11/24/graciee-jacqueline-sauvage-restera-malgre-tout-en-prison_1530654

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/01/29/01016-20160129ARTFIG00342-violences-conjugales-une-femme-meurt-tous-les-3-jours-et-un-homme-tous-les-145-jours.php

http://stop-violences-femmes.gouv.fr/IMG/pdf/Lettre_ONVF_8_-_Violences_faites_aux_femmes_principales_donnees_-_nov15.pdf

https://www.insee.fr/fr/statistiques/1280920

https://www.data.gouv.fr/fr/datasets/les-droits-des-femmes-collection-politiques-publiques-vie-publique-fr/

http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/01/29/les-violences-faites-aux-femmes-en-chiffres_4856289_3224.html

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/11/20/01016-20141120ARTFIG00256-violences-conjugales-les-appels-d-urgence-en-hausse-de-28.php

https://revolutionfeministe.wordpress.com/2016/08/15/jacqueline-sauvage-en-prison-le-patriarcat-prend-soin-de-ses-monstres/

http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/01/29/les-violences-faites-aux-femmes-en-chiffres_4856289_3224.html#57qecE18sLJPjHPe.99

https://rm.coe.int/CoERMPublicCommonSearchServices/DisplayDCTMContent?documentId=0900001680462533

http://madame.lefigaro.fr/societe/violences-contre-femmes-campagnes-251112-306526#diaporama-494111_2

http://www.liberation.fr/france/2015/11/24/en-2015-une-femme-sur-cinq-victime-de-violences-physiques-en-europe_1415860

http://www.marieclaire.fr/,1-femme-sur-3-dans-le-monde-victime-de-violences-conjugales,2610410,694517.asp

https://revolutionfeministe.wordpress.com/2016/08/11/quel-est-le-budget-des-droits-des-femmes/

http://www.haut-conseil-egalite.gouv.fr/violences-de-genre/reperes-statistiques-79/

 

Accueil : https://revolutionfeministe.wordpress.com

 

Quel programme économique pour la France en 2017 ?

 

 

Jacques SapirPar  · publication  · mis à jour 

 

La situation économique et sociale de la France a atteint aujourd’hui un point critique. Non seulement la désindustrialisation y fait des ravages, mais le chômage de masse menace de faire basculer notre pays socialement dans un retour au XIX siècle (ce qui est même théorisé par certains) et politiquement dans l’anomie. Seule, une forte croissance peut permettre au pays de surmonter les problèmes politiques auxquels il est confronté et d’affronter les défis des prochaines décennies. Car, ces défis sont multiples. Il s’agit à la fois de mettre fin au chômage de masse[1], de préserver notre modèle social hérité de la Libération de 1945 (et qui est attaqué tant par François Fillon que par Emmanuel Macron ou Manuel Valls), mais aussi de réaliser des avancées nécessaires et urgentes dans le domaine écologique. Il faut une croissance forte, mais une croissance qui profite à tous !

 

Le travail d’un économiste n’est pas celui d’un homme (ou d’une femme) politique. Il consiste à indiquer ce qui est souhaitable en restant dans le cadre de ce qui est possible. C’est en particulier le cas en année électorale. C’est donc le but des lignes qui suivent.

 

I. La nécessité d’un impératif de cohérence en matière de politique économique

 

Cet objectif impose à tous ceux qui y souscrivent un effort de cohérence. Aujourd’hui, la question du coût comparé du travail et de la protection sociale entre la France et d’autres pays est une question centrale. Soit, comme M. François Fillon (mais aussi François Hollande et Manuel Valls), on opte pour un retour vers le XIX siècle[2], avec une baisse des salaires et un démantèlement du droit du travail (la fameuse loi El Khomri) et de la protection sociale, soit on rompt avec le système de contraintes qui aujourd’hui emprisonne l’économie française. Ces contraintes sont connues. Elles sont, pour partie, le produit des orientations de la politique de l’Union européenne, ce que l’on appelle les GOPE. Elles sont, pour une autre partie, le produit soit direct, soit indirect, de la monnaie unique. Un exemple le montre bien : l’évasion (et la fraude) fiscale des entreprises équivaut à peu près aujourd’hui au déficit budgétaire. Or, il n’est pas possible de lutter contre cette fraude dans une situation de libre circulation des capitaux. Aujourd’hui, le gouvernement dépense, en matière budgétaire, plus que le déficit pour soutenir les entreprises. Mais, ce soutien n’est nécessaires, dans sa forme actuelle, qu’en raison de l’écart de compétitivité que nous impose l’Euro, qui pénalise la France de plus de 20%[3] par rapport à l’Allemagne, par exemple.

 

Il n’est pas, il n’est plus, possible de penser la croissance économique, et l’effort nécessaire pour une ré-industrialisation de notre pays dans le cadre de la monnaie unique, l’Euro. Cela, de nombreux économistes ne cessent de l’écrire, tels dernièrement Oliver Hart[4], Christopher Pissarides ou Joseph Stiglitz[5] ci-devant Prix Nobels, ou encore Peter Bofinger[6], Heiner Flassbeck, Hans Werner Synn, ou Alfred Steinherr[7] en Allemagne, Brendan Brown, Rendall Wray et Mark Weisbrot dans le monde anglo-saxon. Il faut donc impérativement en sortir, et le plus vite sera le mieux. Mais, une sortie de l’euro ne saurait à elle seule suffire pour engendrer le choc de croissance qui est aujourd’hui indispensable pour l’économie, et au-delà pour la société, française. Il convient donc de penser de manière organisée ce à quoi conduira la récupération par notre pays de sa souveraineté monétaire et économique.

 

Il faut donc retrouver la souveraineté, et en particulier la souveraineté monétaire, pour la mettre au service de la croissance, adopter les mesures qui feront que cette croissance profite à tous, inscrire cette croissance dans la transition énergétique, et faire en sorte qu’elle s’appuie sur un tissu riche en entreprises. Cela impliquera de mettre la finance au service de l’économie réelle, et de viser, par la croissance, à un équilibre des comptes publics et sociaux. Enfin, il faut donner une priorité à la protection des travailleurs indépendants contre les menaces d’une « Ubérisation » du travail et mettre fin au scandale du RSI.

 

Cela dessine les grands traits de ce que devrait être le programme économique pour la France, un programme sur lequel il serait possible de se rassembler. Ce programme doit avoir une cohérence, et les diverses mesures se renforcer réciproquement.

 

II. Faire de la souveraineté, l’instrument d’un retour de la croissance.

 

La nécessité pour la France de recouvrer sa pleine souveraineté s’impose. En économie, elle passe à la fois par l’établissement de réglementations particulières se substituant aux réglementations européennes et par la souveraineté monétaire. Il faudra réaffirmer la primauté des lois françaises sur les directives européennes, quitte à provoquer des ruptures importantes dans la lettre comme dans la forme des traités existants. Cette réaffirmation de la souveraineté pourrait passer par un référendum, établissant qu’en France seules comptent les lois prises par la Parlement, et les décrets qui les accompagnent. On peut aussi imaginer un référendum sur une sortie de l’UE, référendum qui cependant ne serait possible que si il indique les formes de coopérations entre les pays européens auxquelles on veut aboutir. Notons cependant qu’il convient de disjoindre la sortie de l’euro de la question de l’Union européenne. Une sortie de l’euro est l’équivalent de « l’opting out » qu’ont obtenu de nombreux pays de l’UE. Elle ne remet pas en cause l’UE et ne doit pas être liée à un quelconque référendum, mais appliquée d’emblée. Quelles que soit le scénario aboutissant à la sortie de l’euro et à la dissolution de l’UEM (Union Economique et Monétaire connue sous le nom de « zone Euro »), ces dernières sont primordiales. Il sera dès lors important et nécessaire de mettre la souveraineté monétaire retrouvée au service de la croissance.

 

Cette souveraineté monétaire permettra alors de prendre les mesures suivantes :

 

* Pratiquer une remise à niveau des taux de changes respectifs entre la France et les autres pays (en priorité l’Allemagne) pour reconstituer des marges de compétitivité.

 

Modifier le statut de la Banque de France (BdF), tout d’abord par décret, puis dans le cadre d’une loi générale, afin qu’elle puisse prêter à l’économie mais aussi, dans certaines limites à l’Etat. Le mécanisme des prêts, soit directs soit indirects de la BdF permettra de maintenir les taux d’intérêts à un niveau bas pour les entreprises et les ménages. En particulier cela permettra le Financement de l’investissement des entreprises à des taux préférentiels avec l’aide de la BDF. L’ensemble des dispositifs facilitant le crédits et le financement des PME/PMI seront consolidés avec un principe de « guichet unique » dans une banque (successeur de la BPI) dont les obligations seront réescomptable à taux privilégiés par la BdF.

 

Le retour de la BdF sous l’autorité du Trésor et du Ministère des Finances, dans le cadre d’un Conseil National du Crédit modernisé qui sera placé sus l’autorité du Ministre des finances, permettra aussi de procéder rapidement à une réforme générale du système bancaire, que ce soit par la séparation des fonctions de banques de dépôt et des fonctions de banques d’affaires, le contrôle strict des banques de dépôt par l’Etat comme contrepartie de la garantie publique sur les dépôts, et la création d’un nouveau cadre juridique réglementant strictement les opérations de prise de contrôle (LBO), mais aussi les actifs bancaires.

 

* Le CNC émettra des directives pour les banques de dépôts mais aussi pour la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), afin que l’épargne française soit utilisée prioritairement pour les besoins de l’économie en France, qu’il s’agisse du financement de la construction de logements, de grandes infrastructures, ou du développement des entreprises.

 

La garantie sera étendue aux principaux placements d’épargne des français, comme l’assurance-vie, mais aussi l’ensemble des dépôts à vue des particuliers et des comptes de trésorerie des entreprises, ainsi que pour les systèmes d’épargne.

 

Cette souveraineté monétaire s’accompagnera d’une souveraineté économique générale, qui impliquera une redéfinition de nos coopérations avec les pays de l’Union européenne dans le cadre d’une réécriture des traités. Dans le cadre de ces nouveaux traités, qui consoliderons des mesures prises directement par décret par le gouvernement français, on se donne comme priorités :

 

* Une modification immédiate de la lettre des traités concernant les versements au budget de l’UE pour arriver à une égalité entre les déboursements et les versements européens. La France cessera de reconnaître la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) pour passer par des négociations bilatérales ou multilatérales.

 

* L’extension à tous les travailleurs des cotisations sociales et du salaire sur la base du droit français afin d’éviter le scandale des « travailleurs détachés » ; ceci entrainera la fin effective de la directive européenne concernant ces travailleurs détachés.

 

* Une réglementation générale de l’économie précisant quelles sont les industries où le capital étranger devra demander une autorisation préalable pour investir, quelles sont les entreprises ou les investissements étrangers seront soumis à contrôle à posteriori et quelles sont les entreprises qui seront ouvertes sans restrictions (autres que celle du droit commun) aux investissement étrangers. 

 

* Une renationalisation des infrastructures en réseau avec la réunification de ces dits réseaux et des opérateurs historiques (SNCF, énergie, réseau d’autoroutes).

 

* La mise en place d’un programme dit « Coq bleu » (inspiré du label Blue Eagle du New Deal du Président Roosevelt), si elles respectent des règles sociales (sur le niveau et la hiérarchie des salaires et des rémunérations, le respect des conditions de travail, les pratiques de négociation collective) entrepreneuriales (avec un code de la « bonne gouvernance » donnant aux salariés un droit de regard sur la gestion des entreprises afin de compenser celui des actionnaires) et écologiques, permettant aux entreprises de bénéficier de conditions de financement particulières et de pouvoir participer aux appels d’offres de l’administration.

 

* Plus généralement, un audit des réglementations européennes pouvant conduire à la suspension de certaines d’entre elles si elles conduisent à la mise en péril et au démantèlement d’entreprises considérées comme stratégique pour la sécurité physique et économique des français.

 

Par ailleurs, la souveraineté économique implique de rendre l’information obligatoire sur les pays de fabrication des produits. Cela conduira à la constitution d’un label Fabriqué en France, de règles particulières dans l’agriculture. Le label Fabriqué en France sera réservé pour les produits fabriqués à 100% en France. La distribution de ces produits bénéficiera d’aides sous la forme de crédits à taux inférieurs au marché. Un label dit « Coq Bleu » distinguera les entreprises prenant des engagements sociaux, de formation, et de respect de l’environnement. Ce label ouvrira le droit à bénéficier de diverses aides, qu’elles soient financières ou en terme de priorités d’accès aux marchés publics.

 

III. Une croissance qui profite à tous.

 

La croissance devra être orienté vers les activités possédant le plus grand pouvoir d’entraînement sur l’économie, mais aussi le plus grand potentiel d’amélioration de la situation de nos concitoyens. Cela impliquera, dans le même temps ou la souveraineté monétaire sera reconstituée, que l’Etat oriente ses investissements et ses aides à l’investissement vers 

 

* Les secteurs à forte externalités positives, comme les infrastructures (transport, logement, traitements des déchets et des eaux). Les marchés publics seront réservés aux entreprises produisant depuis le territoire si l’écart de prix est inférieur à 25%. Les entreprises disposant du label « Coq Bleu » y auront un accès privilégié.

* Garantir la continuité des services publics, qui sont essentiels pour la survie et le développement des territoires, et en particulier de ceux dits « périphériques ». Une loi organique (voire une modification du Préambule de la Constitution) sera aussi rédigée pour consolider légalement le statut de ces services publics.

* Les secteurs à haut potentiel technologique, et en particulier sur les filières naissantes (comme les panneaux solaires, la technologie des voitures à pile à combustibles) et dans l’agriculture via le soutien au développement des bio-techs et des biomatériaux.Le développement des industries du secteur de la santé constituera une priorité, sur la base de l’expérience en cours dans le district industriel Lausanne-Jura Suisse et les entreprises innovantes de ce secteur pourront bénéficier de prêts spécifiques par la banque successorale de la BPI.

* Les activités permettant de réaliser la substitution aux importations. Les administrations s’engageront à acheter un produit « Fabriqué en France » si le coût n’excède pas 10% du produit équivalent. Les entreprises privées qui appliqueraient la même règle seraient éligibles au programme « Coq bleu ».

* Les activités garantissant la souveraineté comme dans la défense, l’électronique, la sécurité informatique et la protection des réseaux.

 * Le développement des industries du secteur de la santé constituera une priorité, sur la base de l’expérience en cours dans le district industriel Lausanne-Jura Suisse et les entreprises innovantes de ce secteur pourront bénéficier de prêts spécifiques par la banque successorale de la BPI.

 

La croissance retrouvée doit se faire dans un cadre qui permette des améliorations écologiques, non seulement du point de vue des émissions de carbone mais aussi de celui de la qualité de l’air, du traitements des déchets, de la récupération et réutilisation des matériaux, de la protection des nappes phréatiques et d’une moindre utilisation des pesticides. Ceci impliquera les mesures suivantes :

 

Un programme général d’équipements capables d’assurer la transition énergétique sera mis en place avec des aides publiques, soit au développement soit à l’achat, pour les panneaux solaires, les hydroliennes, les véhicules à piles à combustible (véhicules collectifs pour les régies de transport urbain, véhicules individuels), mais aussi pour la construction et la rénovation de logements aux normes d’isolation. Le matériel produit par des entreprises ayant le label « Coq Bleu » bénéficiera d’une TVA à taux réduit.

 

Un plan de réduction progressive des émissions de carbone et de l’ensemble des rejets toxiques devra être établi par toutes les entreprises. Les entreprises qui s’engageront sur des objectifs plus ambitieux ou plus rapides bénéficieront du label « Coq Bleu ». Les produits étrangers dont les conditions de production ne satisferaient pas à ces normes seront alors taxés au prorata de la quantité de carbone ou de déchets toxiques émis au-delà des normes françaises.

 

L’agriculture sera aidée pour réduire progressivement sa dépendance aux engrais et pesticides, dans l’objectif d’une forte réduction pour les cinq ans à venir, et d’une agriculture « 0 OGM ». La grande distribution se verra contrainte de réserver dans ses magasins une surface de 10% du total pour des collectifs de producteurs. L’Etat contrôlera les centrales d’achat afin de s’assurer qu’elles rémunèrent les producteurs à des prix corrects. Un label « Coq Bleu agricole » sera institué pour distinguer les exploitations pionnières en matière de réduction des engrais et pesticides et de promotion de productions de qualité. Il ouvrira les mêmes droits et avantages que le label « Coq Bleu » industriel.

 

Dans chaque région sera constitué un forum d’échange et d’expérimentation entre les entreprises de l’agriculture, les entreprises de transformation des produits agricoles et les entreprises du secteur des bio-techs afin de trouver les formes optimales de valorisation des productions agricoles.

IV. Une croissance riche en création d’entreprises

 

Le développement de l’activité économique, s’il repose en partie sur des entreprises de grande ou de très grande taille, repose aussi, et même principalement sur un tissu de petites et moyennes entreprises, et en particulier d’entreprises innovantes. C’est par une évolution de la fiscalité, mais aussi des conditions de financement (avec la banque successorale de la BPI) que l’on entend apporter une aide importante au développement de ce tissu d’entreprises. Parmi les mesures envisagées, il faut retenir en priorité :

 

Baisse de la fiscalité excessive sur les PME (en corrélation avec une meilleure surveillance des schémas dits « d’optimisation fiscale » pour les grandes entreprises).

 

Modification de l’ISF.

 

Favoriser la recherche privée et augmenter les moyens de la recherche publique.

 

On cherchera aussi à favoriser, en particulier pour les TPE et les PME le contrat d’apprentissage, afin d’assurer à des centaines de milliers de jeunes une formation qualifiante dans l’entreprise.

 

Défiscalisation des heures supplémentaires dans une limite raisonnable avec progression simple au-delà de cette limite (pour éviter un effet de seuil).

 

Modification et simplification du statut d’auto-entrepreneur, avec relèvement immédiat du plafond d’exemption de la TVA à 50 000 euros/Francs, et indexation de ce plafond sur le taux d’inflation par la suite.

 

Il convient aussi de prendre la mesure des menaces que font peser les nouvelles technologies sur le travail. L’extension du statut de salarié (avec l’ensemble des obligations pour l’employeur) aux plates-formes comme « Uber » deviendra obligatoire.

 

Le RSI sera supprimé et les personnes intégrées dans le régime général.

 

V. Mise sous tutelle de la finance et lutte contre la fraude fiscale

 

La mise de la Finance au service de l’économie réelle découlera de la récupération de la souveraineté monétaire par notre pays. Cette mesure implique en réalité la souveraineté, mais elle ne s’y réduit pas. Pour que la finance soit mise au service de la croissance de l’économie réelle et, plus généralement, du développement, il faudra établir des nouvelles institutions, mais aussi mettre en place de nouvelles pratiques. Pour ce faire, les mesures suivantes devront être appliquées :

 

La séparation des banques et des assurances, des banques de dépôts et des banques d’affaires sera à nouveau mise en place. Cette séparation revient à reconnaître la spécificité des activités. Mais, cette séparation a aussi pour but de rendre les différents secteurs de la finance plus et mieux contrôlables.

 

Le refinancement des banques passera par la BdF, que cette dernière intervienne sur le marché interbancaire pour le réguler ou qu’elle agisse dans le cadre de dispositifs de rachats ou de prise en pension de titres. Le mécanisme des prêts bonifiés sera remis en place pour assurer le développement rapide de certaines activités.

 

Le système financier sera placé sous l’autorité d’un Conseil National du Crédit renouvelé et modernisé, placé sous la direction d’un responsable relevant directement du Ministre des finances et de l’économie qui gèrera :La Caisse des Dépôts et Consignations sera, elle aussi placée sous la tutelle du CNC. Elle verra ses attributions traditionnelles confirmées.

 

La dimension prudentielle et la stabilité générale du système bancaire.

 

L’allocation en crédit et les priorités de cette dernière.

 

La supervision des métiers de l’assurance et du risque.

 

La gestion et la rémunération de l’épargne.

 

* La Caisse des Dépôts et Consignations sera, elle aussi placée sous la tutelle du CNC. Elle verra ses attributions traditionnelles confirmées.

 

Les opérations de contrôle des mouvements de capitaux seront coordonnées avec le CNC dans le but de réduire les fenêtres possibles de la spéculation et de diminuer le niveau d’incertitude sur les marchés financiers.

 

Les comptes publics verront leur situation s’améliorer en fonction de l’amélioration de l’activité générale de l’économie. Mais, cela n’exclut nullement des mesures d’économie ou de rationalisation. Aussi, cet élément de la politique économique s’accompagnera de mesures fiscales spécifiques, et en particulier :

 

– Fin de la fraude au carrousel de TVA représentant près de 0,6% du PIB.

 

– Fin de la fraude fiscale des entreprises multinationales, connue sous le nom d’optimisation fiscale. On luttera contre ce système, en particulier par le biais du contrôle sur les mouvements de capitaux qui sera rétabli comme indiqué précédemment.

 

[1] Sapir J. « Le chômage et la honte de nos gouvernants », note postée sur RussEurope le 27 décembre 2016,

 https://russeurope.hypotheses.org/5551

[2] http://www.ouest-france.fr/economie/entreprises/auchan/une-salariee-accuse-auchan-de-negligence-apres-sa-fausse-couche-4706736

[3] IMF, 2016 EXTERNAL SECTOR REPORT, International Monetary Fund, juillet 2016, Washington DC, téléchargeable à : 

http://www.imf.org/external/pp/ppindex.aspx

[4] https://www.euractiv.fr/section/euro-finances/news/economic-nobel-prize-winner-the-euro-was-a-mistake/

[5] Stiglitz J.E., L’Euro : comment la monnaie unique menace l’avenir de l’Europe, Paris, Les Liens qui Libèrent, 2016.

[6] https://www.efxnews.com/story/15982/germanys-euro-exit-must-be-seriously-considered-leading-german-economist-bofinger

[7] http://www.european-solidarity.eu/signatories.php

Le chômage et la honte des gouvernants (2)

 

Jacques SapirPar  · 

Le gouvernement, le Président de la République, et un ancien Premier-ministre, entonnent donc des couplets de victoire au sujet du chômage. On a montré l’imposture de la posture dans une précédente note[1]. Il convient cependant d’aller plus loin.

 

L’imposture, on l’a dit, vient de ce que seuls les chiffres de la catégorie « A » sont retenus. Cette catégorie ne comptabilise que « demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, sans emploi ». Or, les catégories « B » et « D » des comptes de la DARES semblent toutes aussi pertinentes :

 

1- Catégorie B : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite courte (i.e. de 78 heures ou moins au cours du mois) ; 

 

2- Catégorie D : demandeurs d’emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi (en raison d’un stage, d’une formation, d’une maladie, d’un congé maternité,…), sans emploi ;

 

On conçoit que quelqu’un ayant travaillé moins de 78h dans le mois corresponde en réalité à un chômeur, tout comme un demandeur d’emploi non tenu de faire des actes positifs de recherche d’emploi.

 

Regardons alors l’évolution des chiffres depuis le début de 2016 :

 

Tableau 1

Chiffres des catégories de la DARES, en milliers.

France métropolitaine.

Corrigés des variations saisonnières

 

A

B

D

janv.-16

3 552,6

709,4

273,5

févr.-16

3 591,0

706,4

273,5

mars-16

3 531,0

720,2

273,1

avr.-16

3 511,1

722,2

280,6

mai-16

3 520,3

716,2

294,4

juin-16

3 525,7

718,8

303,9

juil.-16

3 506,6

735,5

308,9

août-16

3 556,8

725,5

325,2

sept.-16

3 490,5

738,5

324,7

oct.-16

3 478,8

728,8

324,2

nov.-16

3 447,0

727,5

338,3

 

Le total pour la catégorie « A » correspond bien à une diminution de 105 600 demandeurs d’emplois. Mais, de janvier à novembre 2016, la catégorie « B » a augmenté de 18 100 personnes, et la catégorie « D » de 64 800 personnes. Ainsi, l’ensemble pertinent pour mesurer le « chômage » n’a donc diminué que de 22 700 personnes. Il est ici évident que l’accroissement des « stages », payés par le gouvernement, est l’une des causes principales de la baisse de la catégorie « A ».

 

Dans le même temps, les catégories considérées comme représentatives du « quasi-chômage » ont elles connu un accroissement important. C’est le cas de la catégorie des temps partiels contraints, ou catégorie « C », qui a vu le nombre de personnes s’accroître de 103 600, mais aussi, plus faiblement, de la catégorie « E », soit celle des emplois aidés. Cette dernière s’est accrue de 2300 personnes. Il faut ici noter que l’on avait connu une forte hausse de janvier à septembre (+ 11 900 personnes), mais que cette catégorie connaît une forte baisse dans les deux derniers mois (-9 600 personnes).

 

Tableau 2

Evolutions des catégories « C » et « E », en milliers.

France métropolitaine

Données corrigées des variations saisonnières

 

C

E

janv.-16

1 197,7

422,0

févr.-16

1 165,4

422,7

mars-16

1 202,9

424,2

avr.-16

1 163,7

422,1

mai-16

1 191,8

428,9

juin-16

1 190,1

431,1

juil.-16

1 200,0

431,3

août-16

1 235,9

432,4

sept.-16

1 251,2

433,9

oct.-16

1 253,2

429,9

nov.-16

1 301,3

424,3

 

L’ampleur du nombre des temps partiels contraints frappe à la lecture du tableau 2. Il s’agit, pour l’essentiel, d’emplois dans les services et le commerce. Ce sont ces emplois qui fournissent la grosse majorité des « travailleurs pauvres » en France, mais ce sont aussi dans ces emplois que l’on rencontre le plus des conditions de travail scandaleuses, comme c’est le cas avec cette caissière d’Auchan qui a fait une fausse-couche faute de pauses[2].

 

Il convient alors de remarquer que les chiffres du chômage et du quasi-chômage se traduisent, aussi, en une détérioration rapide des conditions de travail et du droit du travail. J’avais eu l’occasion de me pencher sur la question avec Raphael Dalamasso, chercheur associé au Centre d’Étude de l’Emploi et maître de conférences en droit du travail à l’université de Lorraine, lors d’une de mes émissions sur Radio-Spoutnik[3]. En réalité, la dégradation du travail, et du droit du travail, est une réalité massive en France, et elle va de concert avec le chômage. Ce qui provoque le chômage n’est pas une quelconque « rigidité » du contrat de travail mais bien le coût du travail, comparé aux autres pays, et en particulier à l’Allemagne, dans le cadre de l’Euro. Il faut ici rappeler qu’une étude du FMI datant de juin dernier estimait que l’Euro sous-évaluait les coûts pour l’Allemagne d’environ 15% quand, dans le même temps, il surévaluait ces mêmes coûts de 6% pour la France[4]. L’écart de compétitivité est donc de 21% (et pour l’Italie, sans doute d’au-moins 25%).

 

La seule solution face au chômage de masse n’est donc pas de s’attaquer toujours plus à notre droit du travail, mais bien de s’attaquer à l’Euro. De nombreux économistes aujourd’hui le disent comme les Prix Noble Oliver Hart[5], Joseph Stiglitz[6], Christopher Pissarides, ou comme Peter Bofinger[7], Heiner Flassbeck, Hans Werner Synn, ou Alfred Steinherr[8] en Allemagne, Brendan Brown, Rendall Wray et Mark Weisbrot dans le monde anglo-saxon. Il est plus que temps qu’ils soient entendus. La poursuite de l’Euro plonge, et cela chaque jour un peu plus, le pays dans la misère mais aussi dans une oppression insupportable, pour les individus comme pour la collectivité nationale.

 

[1] Sapir J. « Le chômage et la honte de nos gouvernants », note postée sur RussEurope le 27 décembre 2016,

https://russeurope.hypotheses.org/5551

[2] http://www.ouest-france.fr/economie/entreprises/auchan/une-salariee-accuse-auchan-de-negligence-apres-sa-fausse-couche-4706736

[3] https://fr.sputniknews.com/radio_sapir/201612221029306182-chomage-bilan-francois-hollande/

[4] IMF, 2016 EXTERNAL SECTOR REPORT, International Monetary Fund, juillet 2016, Washington DC, téléchargeable à : 

http://www.imf.org/external/pp/ppindex.aspx

[5] https://www.euractiv.fr/section/euro-finances/news/economic-nobel-prize-winner-the-euro-was-a-mistake/

[6] Stiglitz J.E., L’Euro : comment la monnaie unique menace l’avenir de l’Europe, Paris, Les Liens qui Libèrent, 2016.

[7] https://www.efxnews.com/story/15982/germanys-euro-exit-must-be-seriously-considered-leading-german-economist-bofinger

[8] http://www.european-solidarity.eu/signatories.php

Le chômage et la honte de nos gouvernants (1)

 

 

Jacques SapirPar  · 

 

Le président de la République, M. François Hollande, et son gouvernement se réjouissent bruyamment de ce qu’ils appellent la « baisse » du chômage. Mais, les chiffres sont cruels, même s’ils sont manipulables. Ce que nous connaissons aujourd’hui est – au mieux – un mouvement de stabilisation de la hausse du chômage. Et il ne peut en être autrement, avec la croissance atone (sans doute 1,2% pour 2016, voire un peu moins) que nous connaissons.

 

Il faut ici, quitte à lasser, répéter un certain nombre de réalités statistiques. Les données qui sont présentées en France tous les mois ne sont pas celles du « chômage » mais uniquement celles des « demandeurs d’emploi ». Il faut, de plus, considérer ces données comme un indicateur du chômage « à minima » mais non comme une réalité. Ces données sont, on l’a souvent dit, réparties en diverses catégories. On peut en faire une liste rapide :

 

1- Catégorie A : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, sans emploi ;

 

2- Catégorie B : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite courte (i.e. de 78 heures ou moins au cours du mois) ;

 

3- Catégorie C : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite longue (i.e. de plus de 78 heures au cours du mois) ;

 

4- Catégorie D : demandeurs d’emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi (en raison d’un stage, d’une formation, d’une maladie, d’un congé maternité,…), sans emploi ;

 

5- Catégorie E : demandeurs d’emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, en emploi (par exemple : bénéficiaires de contrats aidés).

 

C’est donc très abusivement que le gouvernement ne retient que la catégorie « A » comme indicateur du chômage. En effet le chômage réel, tel que l’on peut l’estimer à partir du nombre des demandeurs d’emploi couvre en réalité les catégories A + B + D. La somme des catégories C et E représentent, elle, les personnes ayant un emploi, mais soumise à un temps partiel contraint (cat. C) ou n’exerçant cet emploi que du fait des subventions directes versées par l’Etat à l’employeur (contrats aidés). On appellera ces deux catégories le « quasi-chômage ».

 

Si l’on regarde les courbes depuis 2008, on constate, bien sûr, que la montée du chômage ne date pas de l’arrivée au pouvoir de François Hollande. Il y a eu, tout d’abord, l’effet de la crise financière, de l’été 2008 à la fin de 2010. Le chômage s’était, alors stabilisé. Puis, il a commencé à s’accroître à nouveau en raison de la politique économique de François Fillon, alors premier ministre. La politique de François Hollande, Président « socialiste » a, pour sa part, continué cette tendance et engendré un accroissement de 600 000 personnes dans ces catégories représentatives du chômage.

 

Graphique 1

Chiffres de la DARES pour les catégories A+B+D et les catégories C+E

Données pour la France Métropolitaine, et milliers.

Données corrigées des variations saisonnières ;

a-01-chomnov16

Nous sommes donc toujours au-dessus de la ligne représentant les 4,5 millions de demandeurs d’emploi en novembre 2016 pour la catégorie A + B + D. L’accroissement notable de la catégorie « D » indique l’ouverture de stages, qui pompent une partie des effectifs de la catégorie A.

 

Mais, si nous regardons comment évolue la courbe de ce que nous avons appelé le « quasi-chômage », nous constatons qu’elle a augmenté sou François Hollande de plus de 800 000 personnes. En fait, le total des demandeurs d’emplois toutes catégories confondues, s’établit aujourd’hui à 6,249 millions de personnes, ce qui représente un triste record historique. La montée du « quasi-chômage » en proportion du « chômage » correspond par ailleurs à la tendance actuelle à la fragilisation générale de l’emploi.

 

Graphique 2

Catégories (C+E) en pourcentage de la catégorie (A+B+D)

France Métropolitaine

Données corrigées des variations saisonnières

 a-01-chom2nov16

 

Ces chiffres, et ces courbes, illustrent tout l’échec des politiques économiques qui ont été menées depuis 2011, que ce soit sous des gouvernement de « droite », comme celui de François Fillon et Nicolas Sarkozy, ou sous des gouvernement de « gauche », comme sous la direction de François Hollande. Au total, depuis la mise en œuvre de la politique de François Fillon, c’est 1,5 millions de demandeurs d’emplois en plus que comptabilise la DARES.

 

Ces chiffres devraient couvrir de honte ceux qui nous gouvernent, ou qui aspirent à nous gouverner.

23 décembre 2016

En finir avec le Parti socialiste - Episode 2 [Fakir]

 

Vincent Peillon, ou le fantôme socialiste

 

par François Ruffin 19/12/2016

 

 

En finir avec le Parti « Socialiste ». Episode 2.

 

Cette fois, on part en reportage, sur les anciennes terres de Vincent Peillon : le « Vimeu rouge ». Témoin d’un divorce entre le PS et les classes populaires.

 

Je vais replonger.


Rajouter un chapitre.


Repartir en reportage.


Dans les entrailles de la gauche.


Pour comprendre cette béance en son cœur, ce mutisme sur la « guerre des classes » à l’heure où, d’après le Financial Times, « l’inégalité de revenus est regardée comme le grand clivage ». A l’heure où le Parti Socialiste, lui, lutte (préventivement) contre le trop d’Egalité !


C’était hier soir, sur LCI.


Jacques Julliard :

« Le travail qu’a fait cet institut Edgar Quinet sous la direction de Vincent Peillon s’attaque à un sujet bateau, les inégalités, une des vaches sacrées de la gauche, mais d’une façon originale. En disant, l’égalité c’est un admirable idéal, mais il faut bien voir qu’elle comporte des dangers spécifiques, ou en tout cas des obstacles spécifiques et que une société qui a pour but l’égalité devient sensible aux moindres inégalités ! Plus une société a un idéal égalitaire, moins elle supporte les formes les plus bénignes de l’inégalité. »

Il est urgent, en effet, de s’attaquer... aux attaques contre l’inégalité !


Alors, je vais suivre le doigt de Jaurès sur la place de Friville Escarbotin.


Remonter la rue Henri Barbusse jusqu’à la Bourse du Travail.


Arpenter le coin, marcher sur ses pas, pour saisir ça : qui est Vincent Peillon ?


Et Ségolène Royal ?


Et Manuel Valls ?


Et Bertrand Delanoë ?


Qui sont-ils, à la fin, ces zélateurs du renoncement ?


A quels feux se sont-ils brûlés, eux qui délivrent des leçons d’ « audace » ?


Quels liens, familiaux, ou d’amitié, ou de camaraderie, ou de proximité, les rattachent au « peuple » - cet alpha et oméga, en théorie, de la démocratie, de la Constitution, et encore davantage du socialisme ?


Autant de questions pour répondre à une seule : à quel camp appartiennent-ils, au fond – eux qui prétendent qu’il n’y a plus de camps ? ni « vainqueurs » ni « vaincus » ?

[...]

Lire la suite sur le site de Fakir.

 

Vincent Peillon, ou le fantôme socialiste

Vincent Peillon, ou le fantôme socialiste

 

Cette fois, on part en reportage, sur les anciennes terres de Vincent Peillon : le " Vimeu rouge ". Témoin d'un divorce entre le PS et les classes populaires. Je vais replonger. Rajouter un ...

 

http://fakirpresse.info/vincent-peillon-ou-le-fantome-socialiste

Retour sur la souveraineté

 

Jacques Sapirpar  · publication  · mis à jour 

 

Dans un livre écrit en 2015, mais publié au tout début 2016, j’écrivais « Nous vivons un moment souverainiste »[1]. Rien de plus vrai. Nous venions de vivre le drame de novembre 2015 à Paris, et François Hollande avait décidé de proclamer l’état d’urgence. Il l’avait fait, alors, sans demander l’autorisation à quiconque, sans même se consulter au préalable avec les instances européennes. Par son geste, il reconnaissait implicitement la notion de souveraineté comme centrale. Car, être souverain, c’est décider de l’état d’urgence et dans l’état d’urgence. C’est, pour reprendre la formule de Carl Schmitt, décider dans l’état d’exception. Les hommes politiques de notre époque, si éloignés de la souveraineté soient-ils, ont bien dû l’admettre. Les drames successifs, que ce soit celui de Nice survenu le 14 juillet 2016, celui de Saint-Etienne du Rouvray, ou celui de Berlin, n’ont fait que répéter cette leçon.

 

Ceci se vérifie donc chaque jour. Avec le BREXIT tout d’abord, qui a été l’affirmation d’une revendication à la souveraineté britannique contre les empiètements constants de l’Union européenne. Mais aussi dans de nombreux autres votes. Même ceux qui, en réalité, ne pensent pas la souveraineté, se refusent à cette notion, sont aujourd’hui obligés de reconnaître l’importance et la pertinence de cette notion. Cette souveraineté doit alors être pensée. Elle implique de penser le peuple, et avec ce dernier la démocratie. Elle implique, aussi, de penser la laïcité, qui seule permet la constitution politique du peuple.

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Importance de la laïcité pour penser le peuple

 

Penser la démocratie implique de penser la souveraineté, tout comme penser la souveraineté implique de penser le peuple. Encore faut-il savoir ce qui fait un peuple, ce qui le constitue. Et encore faut-il comprendre que quand nous parlons d’un « peuple » nous ne parlons pas d’une communauté ethnique ou religieuse, mais de cette communauté politique d’individus rassemblés qui prend son avenir en mains[2]. Le « peuple » auquel on doit se référer est un peuple « pour soi », qui se construit dans l’action et non un peuple « en soi » que l’on pourrait caractériser de manière ethnique, religieuse ou sociologique. Il faut l’affirmer sans agressivité mais sans faiblesse. Se référer à cette notion de souveraineté, vouloir la défendre et la faire vivre, se définir donc comme souverainiste, implique de comprendre au préalable que nous vivons dans des sociétés hétérogènes. L’unité de ces dernières est à construire. Elle n’existe jamais comme une donnée. Quant elle se construit, elle se construit avant tout politiquement. Cette unité n’est donc jamais donnée ni naturelle[3]. Se référer à la notion de souveraineté implique donc aussi de dépasser l’idée d’un peuple constitué sur des bases ethniques ou par une communauté de croyants et de penser la question de la laïcité. Car la question de l’appartenance religieuse, quand elle se transforme en intégrisme, est contradictoire avec la notion de souveraineté. Il n’est pas sans signification que la Nation et l’Etat se soient construits historiquement en France à la fois dans la lutte contre les féodalités locales et contre les prétentions supranationales de la papauté et de la religion chrétienne. Penser la laïcité implique alors que l’on soit libre de discuter toute croyance religieuse pour ce qu’elle est : une croyance. Cela implique de récuser le terme islamophobie.

 

Non qu’il n’existe, en France et en Europe, des comportements racistes. Ils sont évidents. Mais, la base du racisme revient à considérer qu’une seule caractéristique peut résumer un être humain. Et c’est cela qu’il convient de combattre : toute tentative de résumer des êtres humaines à une seule caractéristique, qu’elle soit une croyance ou une couleur de peau. Mais, dans le même temps, il faut réaffirmer le droit inaliénable de soumettre à discussion, à controverse, et même à dérision, toute croyance religieuse. Le délit de blasphème n’existe pas, et c’est le sens du jugement rendu au Canada il y a peu, déboutant les accusateurs de Mme Djemila Benhabib[4]. Ce qui a été reconnu, c’est le droit fondamental de critiquer les religions et leurs pratiques. Les forces obscurantistes, que ce soient celles qui s’expriment directement au nom de la religion ou celles qui se déguisent derrière l’idéologie du multiculturalisme ne sont donc pas parvenues à museler la liberté d’expression.

 

L’identité et la souveraineté

 

La souveraineté est aujourd’hui mise en cause par la pratique, mais aussi la théorie, issue des institutions de l’Union Européenne. Les déclarations de Jean-Claude Juncker lors de l’élection grecque de janvier 2015 en témoignent[5]. Le comportement de l’UE et celui des institutions de la zone Euro appellent une réaction d’ensemble parce qu’elles contestent cette liberté qu’est la souveraineté[6]. Et c’est bien cela que conteste l’idéologie de l’Union européenne, quand elle s’attaque à la souveraineté. Mais, si l’on retire aux peuples leurs souverainetés, que reste-t-il ? Le développement d’un discours sur l’identité ne fait que prendre acte du déni initial de souveraineté. Car, il est des identités multiples, et souvent complexes. Mais les identités ne peuvent que diviser, quand la souveraineté, elle, unit.

 

La souveraineté occupe donc une place centrale dans l’architecture politique et ce pour deux raisons convergentes. D’une part, la souveraineté est nécessaire à l’action politique, à ce passage du « je » au « nous », de l’individu à l’action collective. Si nos décisions sont d’emblée limitées, quelle utilité à ce que nous fassions cause commune ? Ce passage de l’individuel au collectif est une impérieuse nécessité face aux crises, tant économiques et sociales que politiques et culturelles que nous traversons.

 

Mais, la souveraineté est aussi fondamentale à la distinction entre le légitime et le légal. Car, la contrainte inhérente dans chaque acte juridique ne peut se justifier uniquement du point de vue de la légalité, qui par définition est toujours formelle. La prétendue primauté que le positivisme juridique[7] entend conférer à la légalité aboutit, en réalité, à un système total, imperméable à toute contestation. C’est ce qui permet, ou est censé permettre à un politicien de prétendre à la pureté originelle et non pas aux mains sales du Prince d’antan[8]. Il nous faudrait, alors, considérer les lois des pires tyrannies comme légales, comme ce fut le cas avec l’apartheid en Afrique du Sud[9]. La légalité, en réalité, ne prend sens qu’articulée sur la légitimité, c’est à dire le jugement en justesse et non plus en justice, de ces lois. Mais, seule la souveraineté peut établir qui est habilité à porter ce jugement en justesse, autrement dit qui détient la légitimité.

 

Tels sont les raisons pour lesquels ce livre écrit en 2015, et publié en 2016, reste toujours aussi important.

 

Cela implique donc de penser que la souveraineté est, de tous les biens, le plus précieux, et d’en tirer les conséquences qui logiquement s’imposent. Certains l’on fait, comme Stefano Fassina en Italie[10]. Il faudra, en France aussi, en tirer bientôt les conséquences, et toutes les conséquences[11]. Souvenons nous ainsi de cette phrase prémonitoire de Bossuet : « Mais Dieu se rit des prières qu’on lui fait pour détourner les malheurs publics, quand on ne s’oppose pas à ce qui se fait pour les attirer. Que dis-je? Quand on l’approuve et qu’on y souscrit, quoique ce soit avec répugnance »[12].

 

Notes

[1] Sapir J., Souveraineté, Démocratie, Laïcité, Paris, éditions Michalon, 2016.

[2] Et l’on avoue ici plus qu’une influence de Lukacs G., Histoire et conscience de classe. Essais de dialectique marxiste. Paris, Les Éditions de Minuit, 1960, 383 pages. Collection « Arguments »

[3] Cette question est largement traitée dans le livre écrit pour le Haut Collège d’Economie de Moscou, Sapir J., K Ekonomitcheskoj teorii neodnorodnyh sistem – opyt issledovanija decentralizovannoj ekonomiki (Théorie économique des systèmes hétérogènes – Essai sur l’étude des économies décentralisées) – traduction de E.V. Vinogradova et A.A. Katchanov, Presses du Haut Collège d’Économie, Moscou, 2001.

[4] Voir l’article de Simon-Pierre Savard-Tremblay dans le Journal de Montréal, http://www.journaldemontreal.com/2016/12/13/conclusion-de-laffaire-benhabib–une-grande-victoire-pour-la-liberte

[5] Jean-Jacques Mevel in Le Figaro, le 29 janvier 2015, Jean-Claude Juncker : « la Grèce doit respecter l’Europe ». 

http://www.lefigaro.fr/international/2015/01/28/01003-20150128ARTFIG00490-jean-claude-juncker-la-grece-doit-respecter-l-europe.php Ses déclarations sont largement reprises dans l’hebdomadaire Politis, consultable en ligne : 

http://www.politis.fr/Juncker-dit-non-a-la-Grece-et,29890.html

[6] Evans-Pritchards A., « European ‘alliance of national liberation fronts’ emerges to avenge Greek defeat », The Telegraph, 29 juillet 2015, 

http://www.telegraph.co.uk/finance/economics/11768134/European-allince-of-national-liberation-fronts-emerges-to-avenge-Greek-defeat.html

[7] Dont le représentant le plus éminent fut Hans Kelsen, Kelsen H., Théorie générale des normes, Paris, PUF, 1996.

[8] R. Bellamy (1999), Liberalism and Pluralism: Towards a Politics of Compromise, Londres, Routledge,

[9] Dyzenhaus D, Hard Cases in Wicked Legal Systems. South African Law in the Perspective of Legal Philosophy, Oxford, Clarendon Press, 1991.

[10] Voir « Le texte de Fassina », note postée sur le carnet Russeurope le 24 août 2015, http://russeurope.hypotheses.org/4235

[11] Sapir J., « Sur la logique des Fronts », note postée sur le carnet RussEurope, le 23 août 2015, http://russeurope.hypotheses.org/4232

[12] Bossuet J.B., Œuvres complètes de Bossuet, vol XIV, éd. L. Vivès (Paris), 1862-1875, p. 145. Cette citation est connue dans sa forme courte « Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences alors qu’ils en chérissent les causes ».

La pôv dame du FMI

 

Publié le 24 Décembre 2016

A peine de retour à New York

l'internationale des voleurs

la confirme à son poste

pour administrer aux peuples

ses potions mortifères

 

La pôv dame du FMI

Faut-il que la France soit représentée au FMI par une délinquante?

Pour le capital et la social démocratie c'est oui.

 

Pour Canaille le Rouge, c'est non.

 

Lagarde coupable de négligence doit être révoquée ! Et  au plus vite!

 

Si une caissière de supermarché (de carrefour à Auchan en passant par Casino (les exemples ne manquent pas) peut être licenciée pour une erreur de caisse de 85 cts d'€, la laisser en place la responsable d'un trou de 404 millions de finances publiques, ce n'est même pas de l'inconséquence ou de la provocation, c'est de la complicité.

 

Ce qui n'élude pas la question de savoir s'il faut ou pas rester dans le FMI.

 

A cette question,  deux réponses: l'utopique ou la réaliste. l'utopique c'est de mettre le FMI sous couvert de l'ONU pour jouer un rôle d'aide au développement et à la coopération mais bon il y a bien un pavillon de complaisance au Luxembourg ou un ministère de la marine en Suisse, pourquoi pas ?

 

L'hypothèse réaliste d'est de saborder cet outil qui ne sert qu'au capital et à l'impérialisme.

 

Cela dit de voir à sa tête une délinquante titulaire d'un passeport français et donc donnant une telle image du pays qui affiche maintenant de façon délibérée la liberté d'escroquer, l'inégalité et la fraternité des truands financiers, une coupable qui si elle avait eu un passeport Islandais devrait passer une partie de son avenir derrière les barreaux conduit à exiger que a France réclame sa destitution immédiate du poste qu'elle occupe. A nous de peser ici pour qu'elle soit jugée par un même tribunal que celui qui inflige trois mois de prison ferme à un "voleur" de fromage ou de coquillettes, cela indépendamment du combat à mener contre le FMI.

 

Il y a juste 5 ans, Canaille le Rouge mettait en ligne ce qui suit. 

 

Pas l'air d'avoir beaucoup vieilli, les rides sont juste un peu plus marquées.

 

Merci à la canaillophile qui a rafraîchi la mémoire de La Canaille


 

La dette, le syndicaliste et les finances [♫ ♫] - Canaille le Rouge, le <a href=

La dette, le syndicaliste et les finances [♫ ♫] - Canaille le Rouge, le c@rnet, ses p@ges.

 

Qui que c'est-y qui défend les finances publiques? Une des réponses crédibles face au coup de menton de Bénito Fa#zy [ 58ème congrès de l'Union Départementale CGT de Charente Maritime0

 

http://canaille-le-rouge.over-blog.com/article-la-dette-le-syndicaliste-et-les-finances-94496730.html

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié par El Diablo

Lettre au Père Noël [Le billet d'Audrey Vernon sur France Inter]

capture d'écran

capture d'écran

 

 

Publié par  El Diablo

Quel leurre est-il ? L'imposture « Emmanuel MACRON »

Quel leurre est-il ? L'imposture « Emmanuel MACRON »
 
 
 

Quel leurre est-il ? Emmanuel Macron, énième marionnette politique propulsé par celui qui depuis 40 ans pourrit la vie des français avec ses petits copains : Jacques Attali. Le cas Emmanuel Macron et le lancement de son parti leurre "En Marche" aux ordres de l'oligarchie bancaire, décortiqué ici par Yann Barthès sur Canal plus dans Le Petit Journal, qui depuis a dû quitté la chaîne de Bolloré... Chronique reprise ici pour une analyse chirurgicale par François Asselineau qui démasque l'imposteur et ouvre les yeux des français sur la dernière escroquerie électorale prévue en 2017 afin de mettre la main (a nouveau) sur le Coffre et l'Armurerie de France.

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Faut-il supprimer la Cour de Justice de la République, elle qui a dispensé de peine Christine Lagarde jugée coupable?

Si on écoute Manuel Valls, candidat socialiste pour prendre la place de François Hollande du même parti, il faut la supprimer. Tout comme le 49-3! Paroles d'un révolutionnaire qui a fait le jeu des hors-sol, du patronat et des forces de l'argent durant qu'il a été ministre de la police, puis premier ministre du pouvoir socialiste.

Ce que vous ne savez sans doute pas, c'est que la Cour de Justice de la République, pour juger des ministres, a été instauré en 1993 sous François Mitterrand président socialiste de la République et que depuis cette époque, jamais le PS, ni le parti de François Fillon, où la famille Le Pen et consorts n'ont revendiqué sa suppression.

D'ailleurs, le gratin préfère se faire juger par le gratin. Depuis la création de ladite cour, 39 dossiers sur des ministres. Nombre ont fait l'objet d'une décision d'incompétence ou d'un non-lieu, comme l'affaire sur l'épidémie de la maladie de la vache folle ou celle du sang contaminé. Au final, seules quatre affaires ont été traitées par les quinze juges de la Cour de justice de la République dont 2 acquittements et 2 coupables avec de la taule avec sursis.

Outre qu'elle est présidée par un magistrat de la Cour de cassation assistée par deux autres du même métal, 6 députés et 6 sénateurs sont également ses juges. Pourquoi des parlementaires? Parce que c'est la loi votée par le Parlement depuis 1993 et que justice doit rester à la loi, non mais! A moins d'être un néo-révolutionnaire comme Manuel Valls.

Bien, l'affaire étant entendue dans la patrie des droits de l'homme ou tout un chacun est égal en droit avec son voisin, je vous mets en ligne, les 12 parlementaires juges de la Cour de Justice de la République pour un justice libre et non faussée. Non mais!

Faut-il supprimer la Cour de Justice de la République, elle qui a dispensé de peine Christine Lagarde jugée coupable?

24 décembre 2016

Extrait du L’Airétiq

Nuit Debout ! Un acte de portée politique dans le transfert social - Réflexions de psychanalyse sociale (5e partie)

 

Hervé HUBERT

 

Ne pas céder sur la valeur de l’acte posé par Lénine en 1917 ou Comment penser les perspectives révolutionnaires avec l’outil du transfert social

 

J’ai souhaité écrire sur Nuit Debout ! car ce phénomène met en avant l’idée de refus du système du « Faux Sphère » capitaliste. Nuit Debout ! dans la pratique — et il convient de partir du primat de la pratique — a consisté à rompre le cycle circadien lié au rythme du travail, aux habitudes sociales, aux répétitions de la vie quotidienne, dans le but de parler collectivement. Par cette forme de rupture d’un rythme, l’acte Nuit Debout ! met ainsi en question, l’aberrant de la répétition dans la vie quotidienne. N’est-il pas aberrant de vivre comme nous le faisons, en subissant l’imposition, le diktat, le forçage d’un ordre économique et politique aux répercussions si graves et nuisibles pour une vie vivante ? Nous sommes loin de la fin de la faim qui tue, et concevoir la vie de chaque camarade humain comme une œuvre artistique ne peut faire partie du discours capitaliste. Paradoxe ou contradiction ? L’événement Nuit Debout ! a pris une forme jugée aberrante pour certains qui n’ont voulu y voir qu’une (...) 

 

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7 novembre 2016

Nuit Debout ! Un acte de portée politique dans le transfert social Réflexions de psychanalyse sociale (4e partie)

 
Hervé HUBERT
 

Pourquoi nous laissons nous tuer par le capitalisme pourrissant ? Pourquoi consentir à une vie de tué ?

 

Une caractéristique essentielle du phénomène Nuit Debout ! consiste en l’expression du refus d’un système politique. De même qu’en 1968 et pour l’instant la comparaison s’arrête là, il est exprimé autre chose que des revendications partielles. À partir de la signification de cet acte posé, et quelle que soit l’issue du mouvement Nuit Debout ! lui-même aujourd’hui ensommeillé, il est question de bâtir, c’est l’espoir que j’y trouve en tous les cas, une base politique autre que ce qui nous est présenté comme un système naturel et incontournable : parle-mentaire, néo-libéral ou capitaliste, de gauche ou de droite, peu importe le label ; comment « faire la belle » à ce système étant d’ailleurs tout le problème. Je considère ce refus comme essentiel car la menace portée par le système du capitalisme devenu mafieux est gravissime pour l’humanité. Pour l’instant cette menace mortelle pour la planète et ses habitants ne provoque pas la mobilisation politique de masse qui serait attendue. Les mouvements restent faibles, (...) 
 
 

10 novembre 2016

Nuit Debout ! Un acte de portée politique dans le transfert social Réflexions de psychanalyse sociale (3e partie)

 
Hervé HUBERT
 
Le concept de transfert social, soit ce qui se transfère comme valeurs de fonctionnement mental dans le social, dépend étroitement des rapports sociaux de production. Par le biais de la question de la valeur, il n’est pas sans lien avec la critique de l’économie politique, j’y reviendrai. Ce concept m’a permis de mettre en évidence les deux schémas fondamentaux concernant les civilisations et leurs hiatus. Ils ont été exposés précédemment. La construction d’un transfert en faisceau, la jouissance du propriétaire et la Garantie Ces deux schémas fondamentaux me semblent contribuer à l’élucidation historique du fonctionnement humain. Le premier schéma (La géométrie du transfert) a mis en avant la force, la puissance du transfert des groupes humains vers l’Un sur l’axe vertical. Cette puissance est mise en tension, via l’amour (ou la haine), avec la question qui est fondamentale au regard de la ségrégation sociale : celle de l’égalité sur l’axe horizontal. Il peut être qualifié de schéma de base de la (...) 
 
 

7 octobre 2016

Nuit Debout ! Un acte de portée politique dans le transfert social - Réflexions de psychanalyse sociale (2ème partie)

Hervé HUBERT
 
L’outil psychanalytique du transfert social Que peut dire un psychanalyste sur les phénomènes sociaux et politiques ? La seule façon sérieuse de procéder, me semble-t-il, est de partir d’une pratique et de pouvoir en dire, avec les aléas de ce dire dans ce qui se socie, ce qui fait socius [1]. Je suis en total désaccord sur ce point avec Slavoj Zizek : le primat de la pratique sociale exprimé par Marx et Engels dans L’Idéologie Allemande est absolument essentiel pour cerner l’enjeu politique et social d’un point de vue psychanalytique. C’est en quoi Marx rompt avec Hegel, point fondamental pour envisager une remise en question de l’État au XXe siècle, ce que ne font ni Lacan, ni Zizek. Pour un psychanalyste, la pratique consiste en une pratique de transfert et c’est donc à partir de cette expérience de transfert qu’il peut en être dit. Je considère avec Georges Politzer et François Châtelet que la psychanalyse est une pratique sociale. Dans ce cadre, j’ai établi, à partir de ma pratique militante (...) 
 


18 juillet 2016

Nuit Debout ! Un acte de portée politique dans le transfert social - Réflexions de psychanalyse sociale (1ère partie)

 

Hervé HUBERT

 

Un acte politique nouveau, premiers repères. Nuit Debout ! est-il un évènement politique des plus conséquents en France en ce début de XXIe siècle ? Je réponds : oui ! Sans réserve. Sa portée a la possibilité de signifier et d’augurer un temps de transformation sociale radicale, quelle que soit l’issue momentanée ou séquentielle du mouvement lui-même. Je persiste, en sachant que lorsque j’écris ces premières lignes le 1er juillet, le quotidien Le Figaro titre : « Nuit Debout s’est recouché » [1] La question du commencement et de l’acte Nuit Debout ! s’est recouché ? Si l’occupation nocturne de la Place de la République a cessé et avec elle les commissions-débats et autres activités politiques, il me paraît important de placer cet événement tout d’abord du côté de l’acte et faire référence sur ce point précis à Jacques Lacan qui indique dans son séminaire « L’acte psychanalytique », le 10 janvier 1968 [2] : « Un acte, c’est lié à la détermination du commencement, et tout à fait spécialement là où il y a besoin d’en (...) 

 

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Le bilan économique de François Hollande

 

Jacques SapirPar  · 

Le Président de la République, M. François Hollande, dans l’allocution qu’il a prononcée le jeudi 1er décembre, et ou il a annoncé sa décision de ne pas se représenter à l’élection présidentielle, a souligné que l’inversion de la courbe du chômage, inversion qu’il annonçait depuis 2013, avait bien eu lieu. Mais, qu’en est-il en réalité ? Au-delà de cette simple question, c’est l’ensemble du bilan économique de son quinquennat, aujourd’hui quasiment expiré, qu’il convient d’examiner.

 

Le chômage comme horizon ?

 

On doit, encore et encore, de répéter un certain nombre de réalités statistiques. Les données qui sont présentées en France tous les mois ne sont pas celles du « chômage » mais uniquement celles des « demandeurs d’emploi ». Elles sont collectées par la DARES, c’est à dire par Pôle Emploi. Les données des demandeurs d’emplois sont donc des données administratives, et peuvent faire l’objet de corrections, en particulier quand le demandeur d’emploi ne remplit pas certaines des conditions pour se voir inscrit. Dans ce cas, il est rayé des listes et « disparaît », mais ne cesse pas pour autant d’exister comme « chômeur »… Il faut donc considérer ces données comme un indicateur du chômage, une estimation qui se fait « à minima » mais non comme une réalité. Ces données sont, de plus, réparties en diverses catégories à fins de traitement. Ces catégories sont définies par la DARES, qui est l’organisme en charge de ces statistiques. On peut en faire une liste rapide :

 

Catégorie A : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, sans emploi ;

Catégorie B : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite courte (i.e. de 78 heures ou moins au cours du mois) ;

Catégorie C : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite longue (i.e. de plus de 78 heures au cours du mois) ;

Catégorie D : demandeurs d’emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi (en raison d’un stage, d’une formation, d’une maladie, d’un congé maternité,…), sans emploi ;

Catégorie E : demandeurs d’emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, en emploi (par exemple : bénéficiaires de contrats aidés).

 

C’est donc très abusivement que le gouvernement ne retient que la catégorie « A » comme indicateur du chômage. En effet le chômage réel, tel que l’on peut l’estimer à partir du nombre des demandeurs d’emploi couvre en réalité les catégories A + B + D. On peut considérer qu’une personne dans la catégorie « B » a accepté ce que l’on appelle un « petit boulot » mais que ce dernier ne lui permet pas de vivre. De même, la catégorie « D » regroupe des gens qui n’ont été sortis de la catégorie « A » que suite à une maladie ou une maternité. C’est donc abusivement qu’on ne les compte pas dans la catégorie « A ». De même, on a des demandeurs d’emplois qui sont en stage ou en formation, mais qui n’en restent pas moins des chômeurs.

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On constate sur la courbe que la montée du chômage ne date pas de l’arrivée au pouvoir de François Hollande. Elle a commencé quand François Fillon et Nicolas Sarkozy ont décide, au nom du « sauvetage de l’Euro » d’un programme d’austérité qui a fait sentir ses effets dès l’été 2011. On peut penser que ces effets se sont prolongés jusqu’en décembre 2012. Cela s’est traduit par un accroissement du nombre des chômeurs de 500 000. La politique de François Hollande, Président « socialiste » a pour sa part engendré un accroissement de 600 000 personnes dans ces catégories représentatives du chômage. Ce mouvement avait connu une stabilisation à la fin du 1er trimestre. Le nombre de personnes dans les catégories « A+B+D » était passé de 4,580 millions en février 2016 à 4,524 millions en avril 2016. C’est ce qui a pu donner l’illusion d’une « inversion » de la courbe du chômage. Mais, les mauvais résultats du 2ème trimestre 2016 ont relancé la hausse de la catégorie « A+B+D ».

 

Pour discuter de cette question, je recevais sur Radio-Sputnik, Raphael Dalamasso, chercheur associé au Centre d’Étude de l’Emploi et maître de conférences en droit du travail à l’université de Lorraine. On peut entendre notre dialogue ici : 

 

https://fr.sputniknews.com/radio_sapir/201612221029306182-chomage-bilan-francois-hollande/

 

Quel bilan ?

 

Mais, globalement, c’est le bilan économique de François Hollande pose problème. Ajoutons ici que sa manière de le défendre en pose un autre. Car, à bien écouter les arguments, ce n’est pas tant que la situation se soit améliorée depuis 2012 que le fait qu’elle ne se soit pas plus détériorée qui est mis en avant. Est-il de la tache d’un Président de chercher à éviter le pire ? Un président ne devrait-il pas tout faire pour ramener la prospérité ? Allons plus au fond : le problème n’est-il pas que, convaincu que les problèmes économiques dépassent l’action humaine, sont tels des phénomènes naturels, François Hollande, comme nombre d’autres avant lui, ait baissé les bras ?

 

Reprenons donc les principales mesures économiques du quinquennat, qu’il s’agisse du TSCG, que François Hollande fit voter en octobre 2012, du CICE et du « pacte pour l’emploi », de la réforme du marché du travail qui a donné lieu à la trop fameuse loi El Khomri ou « loi travail » votée elle à coup de 49.3. Chacune de ces mesures peut être discutée. Mais, mises ensemble, elles dessinent une cohérence, et cette cohérence n’est pas progressiste, elle n’est pas « de gauche », et c’est le moins que l’on puisse en dire. C’est donc sur ce bilan qu’il faut apprécier l’œuvre de François Hollande et des gouvernements qui se sont succédés sous son autorité. Il faut tirer les leçons des mesures prises pour éviter, peut-être, de recommencer les mêmes erreurs dans les cinq ans qui viennent.

 

Gilles Saint-Paul, économiste à la Paris School of Economics, que je recevais sur Radio-Sputnik, estime quant à lui qu’il « n’est pas aussi catastrophique qu’on pourrait le penser, mais il est globalement négatif au regard du fait que l’environnement macroéconomique international était bien plus favorable que sous Sarkozy, en particulier. On a bénéficié de taux d’intérêt extrêmement bas de la part de la BCE, d’une baisse du cours de l’euro ainsi qu’un certain redémarrage de l’activité dans les pays d’Europe du Nord et la baisse des prix du pétrole. »

 

Selon lui, François Hollande n’a donc pas su capitaliser sur ces circonstances très favorables puisque l’« on a fait du 1 % de croissance en moyenne en quatre ans, le chômage a continué à augmenter » ainsi que des comptes publics pas réellement assainis. Gilles Saint-Paul souligne enfin que l’Euro pèse très négativement sur la croissance et le potentiel économique de la France.

 

On peut retrouver notre dialogue sur Radio-Sputnik ici : 

 

https://fr.sputniknews.com/radio_sapir/201612221029305660-francois-hollande-bilan-economique/

Publié par  El Diablo

Fillon a déjà supprimé la Sécu [Document « Le Canard Enchaîné »]

Fillon a déjà supprimé la Sécu [Document &quot;Le Canard Enchaîné&quot;]
Attention, document col­lector ! Une fois n’est pas coutume, « Le Canard » a décidé de mettre en ligne sur son site Internet une œuvre majeure, un document pour l’Histoire : le programme santé de François Fillon ! Car cette perle est devenue introuvable sur le site du candidat, qui ne contient plus qu’un inoffensif résumé. Au soir du 13 décembre, après le grand rétropédalage de Fillon sur la Sécu, son équipe a supprimé du site de campagne ses 16 pages de « propositions détaillées » sur la santé.La fleur au fusil, Fifi y promettait rien de moins que la mort de la Sécu, laquelle serait « foca­lis[ée] » sur les « affections graves ou de longue durée ». Tout « le reste » passerait entre les mains des mutuelles et des assurances privées, annonçait le programme détaillé, aujourd’hui balancé aux oubliettes.
 
O sort cruel ! Pour éviter les trous de mémoire, le Volatile a décidé d’offrir un jardin du souvenir à ce morceau d’anthologie. Un grand cru, ça se conserve !
 
LE DOCUMENT EN LIEN [PDF] CI-DESSOUS: 
 

[pdf] SANTÉ-PROGRAMME-FILLON

Publié par  El Diablo

Quand François Fillon nous le fait à la Coluche... [par Michel CIALDELLA]

photo d'illustration ( source:francebleu.fr)

photo d'illustration ( source:francebleu.fr)

« Quoi la casse de la Sécu ? 
Je l’ai dit ? 
Mais je l’ai pas dit fort ! »

Aussi, le 14 décembre 2016 devant un parterre de personnel de santé, François Fillon veut rétablir la vérité ! :

« Comme tous les Français, je suis attaché à la Sécurité sociale. 
(Bonne nouvelle, cela ne se voit pas tous les jours). 
La Sécurité sociale et tout particulièrement l’assurance maladie, c’est un des fondements de notre pacte national ! ». 
Là ça se gâte ! Car le pacte national n’existe que dans l’imaginaire de ceux qui veulent gommer l’histoire ouvrière et la lutte des classes. 
Tous ceux qui parlent de "pacte", sont dans l’incapacité d’en fournir le moindre début d’embryon de commencement de texte. 
En réalité la Sécurité sociale et le résultat du travail intense d’un ministre, Ambroise Croizat entouré de militants et d’un rapport des forces politiques et syndicales.

Pour F. Fillon le déficit chronique, la bureaucratisation des procédures sont des maux. 
Le docteur Fillon a-t-il oublié ses responsabilités gouvernementales ?

Même pas : « Ai-je supprimé ou privatisé les retraites lorsque j’étais ministre ou premier ministre ? 
Au contraire j’ai sauvegardé nos retraites par répartition ! C’est une démarche analogue que je propose aujourd’hui ». 
Surtout pas !

Ici il convient de rappeler en quoi consistait le sauvetage des retraites façon Fillon en 2003.
=>Allongement de la durée de cotisation des fonctionnaires passant de 37 ans et demi à 40 ans en 2008 et à 41 ans en 2012. 
=>Il prévoit un allongement en fonction de la durée de vie. 
=>Création d’un système de surcote. 
=>Création de deux nouveaux dispositifs d’épargne retraite : un produit d’épargne individuelle, le plan d’épargne retraite populaire (PERP), et un dispositif collectif, le plan d’épargne pour la retraite collectif (PERCO) 
=>indexation des pensions des fonctionnaires sur les prix et non plus sur le point de la fonction publique.

Pendant la primaire de la droite François Fillon proposait une réduction des dépenses pour assurer la pérennité de notre système de santé avec l’objectif de réaliser plus de 20 milliards d’euros d’économies. 
Parmi elles 
(retiré depuis de son site de campagne), on trouvait :

« focaliser l’assurance publique universelle sur des affections graves ou de longue durée, et l’assurance privée sur le reste. 
Les moins favorisés ne pouvant accéder à l’assurance privée bénéficieront d’un régime spécial de couverture accrue ».

Déjà dans le débat qui l’ "opposait" à Alain Juppé le 24 novembre dernier, il a dévoilé ses intentions : « Oui je propose que la Sécurité sociale se concentre sur les risques principaux (…), affections graves et de longue durée. Et d’évoquer un panier de soins qui devrait être couverts par la Sécurité sociale. Et il dit souhaiter que pour ce que l’on appelle le petit risque on aille vers des assurances complémentaires ». 
Dans son élan il dit qu’ « au fond des personnes qui ont des revenus un peu plus importants (combien ?)… Elles peuvent quand on va à la pharmacie acheter quelques médicaments de confort, et les payer directement ».

La notion de médicament de confort n’a aucun sens. 
La séparation entre les petits et les gros risques n’est pas seulement ridicule, mais elles est dangereuse pour la santé. 
Un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de 2008 préconise de mettre l’accent sur les soins primaires. 
Car l’objectif ultime des soins de santé primaires est une meilleure santé pour tous 
(1)
Il paraît évident, sauf à François Fillon, qu’il est préférable de se soigner avant que cela ne devienne grave.

Il explique par ailleurs vouloir placer la "Sécu" et les organismes complémentaires sous le pilotage d’une agence de régulation et de contrôle ». 
Et allez, une agence de plus !

En fait, ses démentis confirment sa volonté de transférer au secteur privé la Sécurité sociale. 
Le panier de soins participe de la mise en place d’une Sécu à minima pour tout le monde et le recours à une complémentaire, mutuelle ou assurance privée pour le reste. 
Ce faisant on affaiblira la Sécurité sociale et on aggravera les déficits.

Il dit aussi vouloir "désétatiser" le système de santé. 
Il y aurait un moyen efficace c’est de rendre la Sécurité sociale à ses légitimes propriétaires :
 les salariés.

En 1946, Pierre Laroque, écrivait : « Les principes mêmes du plan de sécurité sociale que nous voulons édifier, de même que les principes généraux de la politique sociale définie tout à l’heure veulent que l’organisation de la Sécurité sociale soit confiée aux intéressés eux-mêmes. 
Cela précisément parce que le plan de Sécurité sociale ne tend pas uniquement à l’amélioration de la situation matérielle des travailleurs, mais surtout à la création d’un ordre social nouveau dans lequel les travailleurs aient leurs pleines responsabilités. 
Ce qui a amené à concevoir le plan de Sécurité sociale dans le cadre d’organisations uniques gérées par les intéressés et couvrant l’ensemble de la sécurité sociale » 
(2).

« Nous voulons que demain, les travailleurs considèrent que les institutions de sécurité sociale sont des institutions à eux, gérées par eux et ou ils sont chez eux. 
Pour cela, il faut des organismes très proches des intéressés ... » 
(2).

Quant à Ambroise Croizat, le créateur de la Sécurité sociale rappelait dans un discours à l’Assemblée nationale : 
« l’unité de la sécurité sociale est la condition nécessaire de son efficacité » 
(3).

Dans les débats qui suivent la projection du film de Gilles Perret : "La sociale" (qu’il faut absolument aller voir), très souvent les plus jeunes ne connaissent de la sécurité sociale que le trou dont les médias, pas toujours bien intentionnés, nous rebattent les oreilles. 
Non, la Sécurité sociale n’est pas qu’un trou entretenu par ceux qui veulent sa mort ! 
Elle est d’abord le moyen le plus efficace permettant l’accès du plus grand nombre aux soins de haut niveau et l’émancipation de tous. 
Elle est également la démonstration que l’on peut se passer des patrons, des actionnaires, et de l’épargne. 
Ce qui rend inutile le capitalisme. 
Et c’est cela qui est insupportable au pouvoir.

P.-S.

(1) Rapport de l’Organisation mondiale de la santé de 2008. 
(2) Le plan français de sécurité sociale. Pierre Laroque. Avril 1946. 
(3) Discours du 8 août 1946 à l’Assemblée nationale constituante.

Lire aussi adoption du PLFSS...Article Ici...

SOURCE:

Quand F. Fillon nous le fait à la Coluche.

 

http://www.cgtsecu38.fr/spip.php?article1366

Publié par  El Diablo

Le VRAI FILLON : préparer la « guerre éclair » contre le monde du travail !

Le VRAI FILLON : préparer la « guerre éclair » contre le monde du travail !
 

 

Fillon et le patronat qui préparent la guerre sociale et l'écrasement des salarié-e-s et des syndicats pour l'été 2017. Edifiant ! N'attendons pas qu'il soit trop tard, organisons nous !

20 décembre 2016

Vincent Peillon, ou la Cartographie du vide [par François Ruffin]

 

Vincent Peillon, ou la Cartographie du vide  [par François Ruffin]

par François Ruffin 16/12/2016

 

Lu sur le site de Fakir

 

 

En finir avec le Parti « socialiste », épisode #1.

 

A partir d’une simple tribune parue dans Le nouvel Observateur, « Quel avenir pour la gauche ? », c’est toute la vacuité, toute la fatuité du PS qui apparaît…

 

Je vais donc entamer, ici, une série sur le Parti socialiste, reprenant les passages de mon bouquin La Guerre des classes. Certes, ce livre fut publié en 2009, mais justement : le mal était déjà là. Et l’objectif clairement posé : « Qu’on les chasse de la gauche à coups de tatanes. »
Une chose me semble avoir changé, depuis : un réarmement idéologique s’est opéré. Avec la crise financière partie des Etats-Unis, avec l’étape inaboutie du Front de gauche, etc., une autre gauche a relevé la tête.
 

C’était pendant l’été 2007. Vincent Peillon venait d’être battu, une nouvelle fois, aux législatives dans la Somme, mon département. L’ancien porte-parole du PS, puis de Ségolène Royal, s’était pourtant présenté dans une circonscription ouvrière, « le Vimeu rouge », bastion de l’anarcho-syndicalisme avec ses PME de la serrurerie, robinetterie, qui fuient lentement vers la Chine. Son fiasco incarnait, pour moi, le divorce des classes populaires d’avec le Parti socialiste, aussi guettais-je ses explications.


Elles arrivèrent, fin août, via une tribune publiée dans Le Nouvel Observateur, et intitulée : « Quel avenir pour la gauche ? »


Mais dans cette double page, le mot « ouvrier » n’apparaissait pas.


Ni « classe ».
Ni « populaire ».


Pas plus qu’il n’évoquait son propre « fiasco ».


Et la « métallurgie » ou le « Vimeu » irriguait encore moins son verbiage consensuel : « il faut changer nos mœurs et apprendre à conjuguer autrement la richesse de notre pluralisme avec l’impératif de notre rassemblement et de notre efficacité », etc.


Le papier de Vincent Peillon contenait tout le fatras de cette novlangue, à base de « refondation », « innovation », « modernisation », comme quoi la gauche doit « entreprendre enfin une mutation trop longtemps différée », s’imposer « des révisions courageuses et des audaces certaines dans notre doctrine », bref, cette libre opinion ressemblait à cent autres égrainées dans les pages « Rebonds », « Point de vue », « Débats ».


On dissèquera plus tard cette prose d’impuissants. Qui déguise sa lâcheté sous les injonctions au « courage ».


Pour me distraire, j’ai tapé « Peillon + lutte des classes » sous Google. Le moteur de recherche aurait plu aux surréalistes, lui qui permet ces rapprochements incongrus et offre des liens comme des paquets surprises. Cette fois encore, « 28400 pages en français » se sont affichées en « 0,23 secondes ». Mais aucune citation recensée, aucune fois où il aurait prononcé – et se serait prononcé sur – la « lutte des classes ».


[Je saute une centaine de pages ici.]

 

C’est une tâche fastidieuse que de cartographier un désert.
D’explorer un trou noir.
Il le faut, pourtant.


Malgré le vertige, je m’approche alors de cette tribune, publiée par Vincent Peillon toujours, dans Le Nouvel Observateur durant l’été 2007 et qui a initié mes recherches. Une« libre opinion » bourrée de « rénovation », « refondation », etc., absolument pas originale, et que je choisis précisément pour son absence d’originalité. Représentative de la nouvelle « doctrine » socialiste - qui vise, justement, à abolir toute « doctrine » : « Cette rupture va supposer des révisions courageuses et des audaces certaines dans notre doctrine, en commençant par faire l’analyse juste de la société et de la modernité ». On s’interroge d’emblée : en trente années de gouvernement et d’alternances, le PS n’avait-il pas conduit mille « révisions », au point de se retrouver sans « doctrine » ? Aux oubliettes le « front de classe », la « planification », l’« autogestion », la « rupture avec le capitalisme » et jusqu’aux « nationalisations ». Alors le roi est nu, et il faudrait qu’il se déshabille encore…


Quel sous-vêtement doit-il ôter, maintenant ? On le devine, et Vincent Peillon confirme : « Le dogmatisme marxiste ». On ignorait trop les dégâts causés par ce ver, introduit dans le «  socialisme français ». On les découvre. Quand sous Lionel Jospin et d’après l’Insee, «  plus d’un millier d’entreprises publiques, maisons mères et filiales, sont passées dans le giron du secteur privé, autant que sous la période 1993-1997, sous les gouvernements d’Edouard Balladur et d’Alain Juppé », le carcan « marxiste » a sans doute pesé lourd dans ces décisions. Quand les parlementaires socialistes, réunis en Congrès à Versailles, votent en faveur d’un Traité Constitutionnel Européen qui prévoit « la libre circulation des capitaux, y compris avec les pays tiers », c’est une étrange interprétation du Capital, et quand ils optent pour une « concurrence libre et non faussée » de la main d’œuvre, voilà à coup sûr une « rénovation » de l’Internationale ouvrière. Quand Ségolène Royal lance aux patrons : « Faites des profits, augmentez vos revenus ! », on songe que le fanatisme « marxiste » a encore frappé. Et c’est pour mieux faire voler en éclat ce « dogmatisme », sans doute, qu’en pleine affaire Airbus Vincent Peillon se prononçait en faveur des « stock-options » : « Moi, je ne suis pas du tout pour la suppression des stock options, je pense qu’elles ont un rôle. » Une « révision courageuse » de plus…

 

C’est une ficelle des discours « modernistes » : chaque soumission à l’ordre est convertie en une preuve d’« audace ». De « courage ».


Ce matin d’automne 2007, en pleine grève des cheminots, Manuel Valls s’exprimait sur France Inter, et il le regrettait : « Nous aurions dû être plus clairs et plus courageux en 2003 au moment de la réforme Fillon, nous aurions dû soutenir les initiatives de la CFDT et de François Chérèque ». Et il louait les « syndicats courageux » qui appellent à la reprise du travail. Et en guise de « position courageuse » sur les blocages des facultés par les étudiants, il se « méfie d’un mouvement assez régressif ». Bref, tout renoncement est traduit en « courage ». Car jusqu’ici les députés PS se sont trop adonnés à la lâcheté des luttes sociales... Lorsqu’il conclut que, au PS, « le courage aurait dû nous conduire à mettre tout de suite en oeuvre le chantier de la rénovation, de la refondation », on pressent que les acquis du Conseil National de la Résistance seront défendus avec hargne…


Les rôles sont inversés. On croirait que parle ici un « maître de l’argent » - tels que les caricaturait François Mitterrand : « Au moment où il s’agit de répartir les fruits de la croissance entre ceux qui la font, alors il n’en est plus question », remarquait-il à Fourchambault, dans la Nièvre (4831 habitants). Et devant des prolos à mégots, des péquenots à casquette, le futur Président exigeait une juste « répartition » : « [Les maîtres] ne veulent pas les 1000 F par mois. Ils ne veulent pas la retraite à 60 ans, et à 55 ans pour les femmes. Ils ne veulent pas des 40 h de travail par semaine. Ils refusent tout au nom de quoi ? Puisque la France est riche, pourquoi y aurait-il des Français pauvres ? Il y a une inégalité formidable dans la France d’aujourd’hui, et elle est entretenue. C’est ce pouvoir économique, celui des monopoles, celui des banques, enfin celui de l’argent, qui ne veut rien céder, qui ne veut rien lâcher. » C’est aux salariés de « céder », désormais, de passer à 40 annuités de cotisation, puis 41. Et le député-maire socialiste d’Evry, Manuel Valls, seconde le « grand capital » dans ce travail de sape. Question de « courage »…


Son frère jumeau en bravoure, Vincent Peillon, s’en va à son tour «  bousculer certains tabous ». Sur quelles cibles s’abat son glaive ? « Ce n’est pas capituler que de vouloir gouverner et agir, ce n’est pas honteux que de chercher à comprendre le monde tel qu’il est. » En effet. Aucun amateur de paradoxes ne lui rétorquera que « agir c’est capituler », ou que « comprendre le monde est honteux », et on voit mal pourquoi il s’enveloppe dans une toge de Sénèque pour énoncer des truismes pareils (on voit mal pourquoi il les énonce d’ailleurs). Notre « courageux » La Palisse poursuit néanmoins avec ses airs de matamores : « Ce n’est pas trahir que de vouloir faire tomber le mur de Berlin dans nos têtes. » Comme s’il existait le moindre risque que l’on confonde Dominique Strauss-Kahn avec Lénine, François Hollande avec Trotsky, ou Ségolène Royal avec Rosa Luxembourg ! Deux décennies après sa chute, alors que des milliers d’écrivains, journalistes, politiciens ont dénoncé et re-dénoncé « l’hydre du communisme », alors que depuis belle lurette l’Union Soviétique ne constitue plus un modèle, ni économique ni politique, alors que « le mur de Berlin » était tombé « dans les têtes » de la gauche française bien avant 1989, c’est un beau combat pour le temps présent que d’enfoncer la porte ouverte de Brandebourg. Bien plus urgent, et bien plus « audacieux », que de se heurter au mur de l’argent. Toujours debout, lui…

[...]

 

Lire la suite sur le site de Fakir, ci-dessous

 

Vincent Peillon, ou la Cartographie du vide

 

Vincent Peillon, ou la Cartographie du vide

 

A partir d'une simple tribune parue dans Le nouvel Observateur, " Quel avenir pour la gauche ? ", c'est toute la vacuité, toute la fatuité du PS qui apparaît... Je vais donc entamer, ici, une s...

 

http://www.fakirpresse.info/vincent-peillon-ou-la-cartographie-du-vide

Réflexions sur le populisme

 

Jacques SapirPar  · 

Lors du Club Valdaï, qui s’est tenu à Krasnaya Polyana des 24 au 27 octobre 2016, j’ai été interrogé sur mes réactions aux différentes sessions et sur la question du populisme. L’interview s’est déroulé en anglais, et l’on peut le voir, en vidéo, ici. Une traduction en français a été établie par Jean-Christophe Pottier, que je remercie. La voici.

 

*Quelles sont vos impressions sur cette session ? Comment l’estimez vous intellectuellement, politiquement et philosophiquement ?

 

Jusqu’à présent cela a été extrêmement intéressant. Bien sur j’ai déjà participé au forum du Club Valdaï et les discussions ont toujours été intéressantes mais cette année j’ai trouvé les tables rondes particulièrement intéressantes. La première, à propos de ce qui a été qualifié d’Ordre Mondial était très intéressante. La table ronde sur la démocratie et les règles démocratiques était un peu plus théorique mais je la trouve aussi intéressante car je suis pour le moins intéressé par ce problème. Enfin la dernière table ronde de ce jour, qui concernait la situation au moyen orient et en Eurasie, était bien sur du plus grand intérêt. Je pense qu’il n’y a qu’àu Club Valdaï que l’on peut retrouver à la même table ronde un ancien premier ministre ou vice-premier ministre de Syrie, un ancien ministre des affaires étrangères de Turquie et du Kirghizistan etc… C’est extrêmement intéressant.

 

*A propos de la table ronde sur la démocratie qui est probablement la plus en rapport avec votre domaine d’étude, comment voyez vous l’avenir de la démocratie au 21ème siècle en vous basant sur ce que vous avez pu entendre ici ?

 

Avant tout, je veux être clair au sujet de mon intérêt sur les relations internationales, domaine sur lequel j’ai travaillé pendant près de 15 ans. Ainsi j’ai aussi été fort intéressé par la table ronde sur le moyen orient et l’Eurasie centrale. Mais, vous avez raison, désormais je dédie l’essentiel de mon travail aux problèmes liés à la démocratie et à la façon dont elle évolue.

 

Je pense que l’idée d’un large mouvement populiste se lève de part le monde, bien sur aux Etats-Unis avec Donald Trump mais aussi en Europe, tant en Europe de l’ouest qu’en Europe Centrale et en Europe de l’Est.

 

Voilà qui est, en un sens, assez évident et d’un autre côté cela soulève d’intéressantes questions. Qu’appelons nous « Populisme » ? Appelons nous populistes des mouvements qui n’ont jusqu’à présent pas réussi ? Ayons donc un regard sur l’histoire. Si j’utilise des termes contemporains pour décrire une situation passée, le mouvement qui a précédé la révolution en France en 1789 était lui aussi anti élites, ; c’était un mouvement de protestation contre les élites et les privilégiés et, aujourd’hui, nous le qualifierons de mouvement populiste. Bien sur ce mouvement à réussi. Nous avons eu la révolution française avec toutes ses conséquences et nous ne la qualifions pas de mouvement populiste. Cela me semble indiquer que nous qualifions de populiste des mouvements révolutionnaires ou quasi révolutionnaires qui n’ont pas encore réussi, mais s’ils parviennent à leurs fins, ils ne seront plus « populistes ».

 

*En effet, un dicton dit que toutes les révolutions qui ont échoué sont appelées des rebellions…

 

Exactement ! C’est plus ou moins la réflexion symétrique à cette question. Mais il y a un autre problème important. Certains commentateurs on dit que Trump n’était qu’un autre Ross Perrot… D’un côté il est absolument exact qu’il existe un ancien héritage des mouvements populistes aux Etats-Unis. Nous pourrions en fait trouver des mouvements populistes dès le XIXème siècle. Le mouvement qui a porté au pouvoir Teddy Roosevelt à la fin du 19ième et au début du 20ième siècle était une forme de mouvement populisme. Donc il est parfaitement exact de resituer dans l’histoire longue une chaine de mouvements populistes aux Etats-Unis. Pourtant, d’un autre point de vue, je pense qu’un mouvement comme celui de Trump aujourd’hui est assez particulier.

 

Pourquoi ? Parce que c’est une forme de mouvement de protestation qui est profondément lie à la déception engendrée par la présidence d’Obama et il est important de ne pas oublier qu’il y avait un autre mouvement populiste dans ces élections. Il y avait Donald Trump à droite mais aussi Bernie Sanders à gauche. Bien sur le Parti Démocrate a éliminé le mouvement de Bernie Sanders de manière non démocratique ; ils ont truqué l’élection primaire au sein du Parti Démocrate mais il est extrêmement important de comprendre qu’il y a un mouvement qui va bien plus loin que la personnalité de Donald Trump. C’est une forme de soulèvement massif, pas seulement celui des travailleurs mâles blancs comme cela a souvent été dit dans la presse US, il s’agit d’un soulèvement d’hommes et de femmes, noirs ou de couleur.

 

Pourquoi ? Parce que le président Obama a fait de nombreuses promesses lorsqu’il a été élu pour la première fois et, bien sur, il a déçu de nombreuses personnes. Et c’est précisément cette situation particulière de déception d’une large partie de la population américaine, qui met sur le devant de la scène une personne comme Donald Trump qui n’est bien sûr pas un politicien professionnel, un politicien qui peut être assez peu ragoutant, je ne dis pas le contraire, mais je pense que Donald Trump est en fait le symptôme de quelque chose qui va bien au delà de sa personne.

 

*Ma dernière question. Vous avez décrit la nature du populisme américain. Qu’en est il du populisme européen ? Il a t’il une comparaison entre ce qu’il se passe aux US et dans des pays comme le Royaume Uni avec le Brexit, comme en Hongrie…

 

Oui et nous pourrions aussi parler du Movimento 5 Stelle (Mouvement 5 Etoiles) en Italie, du Front National en France etc… Il y a certainement un point commun entre ces mouvements: la déception. Le fait est que dans de nombreux pays, nous avons des peuples profondément déçus non seulement par la politique de leur actuel gouvernement mais aussi déçus par leurs élites politiques, ce que l’on appelle la classe politique, et c’est un fait important. Ensuite il y a aussi des différences certaines. Bien sur la situation en France est plus proche de la situation au Royaume-Uni et peut être en Italie, quoi qu’en Italie il y a aussi un problème particulier de corruption des élites politiques et dans une large mesure le Movimento 5 Stelle s’élève contre cette corruption. La corruption n’est pas aussi développée en France et en Grande Bretagne. Dans ces pays le problème principal fut la réaction au problème migratoire mais aussi la réaction massive contre les considérables inégalités de revenus qui sont devenues un problème évident en Grande Bretagne mais aussi en France ou ce problème devient une préoccupation majeure. Le mouvement populiste en Europe Centrale et en Europe de l’Est, comme en Pologne et en Hongrie ainsi qu’en Croatie, est quant à lui assez différent. La Hongrie et la Pologne n’ont recouvré leur souveraineté qu’il y a 25 ans, a la fin du système soviétique de domination sur l’Europe de l’Est. Dans ces pays le sentiment de souveraineté, l’attachement des populations aux principes de souveraineté est naturellement extrêmement profond, extrêmement vivant.

 

D’autre part il y a une réaction à la mauvaise gestion de la politique européenne tant par l’Allemagne que par la France, car je pense que la faute doit être ici partagée. La responsabilité des gouvernements, français et allemands, est grande en cela qu’ils considèrent dans une certaine mesure qu’ils possèdent l’Union Européenne. Hors l’UE n’a pas à être possédée ni par l’Allemagne ni la France, ou d’ailleurs par n’importe quel autre pays. Si l’UE doit vraiment exister, ce doit être sous la forme d’une communauté de Nations. Je pense que c’est un problème majeur. Ensuite se pose évidemment la question du fait religieux en Pologne. Il est bien connu que l’église catholique est très importante en Pologne. Ce facteur est moins important en Hongrie. Il y a aussi la question autrichienne. L’Autriche est un membre de longue date de l’UE et aujourd’hui elle se rapproche de la Hongrie. Nous verrons quel sera le résultat des élections présidentielles, les résultats précédents ayant été invalidés par la Cour Suprême, mais il y a une très forte probabilité pour que le candidat populiste soit élu. Si cela se produit, l’Autriche deviendra alors très proche de la Hongrie sur de nombreuses questions, essentiellement celle de l’inclusion de la Turquie à l’UE et je viens de lire une déclaration du candidat populiste en Autriche déclarant que si la Turquie devait être admise dans l’UE, son pays quitterait l’UE.

 

Il est donc important de comprendre que ce problème devient de plus en plus important. Mais, pour répondre à votre question, je pense que si tous ces mouvements populistes on un terreau commun il faut aussi regarder attentivement les spécificités politiques de chaque pays.

 

Publié par  El Diablo

SONDAGE PRÉSIDENTIELLE : FILLON ne fait vraiment pas rêver les Français !

photo d'illustration (capture d'écran)

photo d'illustration (capture d'écran)

Présidentielle 2017 : seuls 28% des Français souhaitent la victoire de Fillon

Toutefois, plus d'un Français sur deux estime qu'il sera le prochain président de la République.

Moins de trois sondés sur dix (28%) souhaitent la victoire de François Fillon, candidat de la droite, à l'élection présidentielle de 2017, selon un sondage IFOP pour le Journal du dimanche, publié le 18 décembre. 10% des personnes interrogées souhaitent "tout à fait" la victoire du député de Paris, et 18% "plutôt" (…)

LIEN VERS LA SUITE DE L’ARTICLE CI-DESSOUS :

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Christine Lagarde jugée coupable mais dispensée de peine: ai-je raté un épisode?

Madame Lagarde, avocate dans un grand cabinet d'affaires US, est choisie comme ministre de l'Economie par Nicolas Sarkozy président de droite de la République. Jusque là, normal. Dans ce cadre, elle autorise une procédure arbitrale privée dans un conflit entre l'affairiste Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais. Pas de justice ordinaire comme tout un chacun petit citoyen de France. Normal là aussi, puisque c'est prévu par les hors-sol.

Et ledit machin chose privé, libre et non faussé comme il se doit, de refiler 400 millions d'euros publics, plus 45 millions autres euros publics pour préjudice moral, à Bernard Tapie. Toujours normal.

Et puis voilà-t-y pas que la justice ordinaire annule pour "fraude" la décision du tribunal privé. Bon, se dit-on chez les petites gens comme vous et moi, madame Lagarde, qui a autorisé cette fraude, va comparaître devant un tribunal normal. Non, madame Lagarde n'est pas un SDF pris en train faucher un morceau de pain parce qu'il avait faim, ce qui lui vaut une comparution immédiate devant la Justice et d'écoper de la taule ferme. Pour madame Lagarde, on a inventé la Cour de Justice de la République: 3 magistrats de la Cour de cassation, le gratin en matière judiciaire, plus 6 députés et 6 sénateurs. Il faut ce qu'il faut et c'est absolument normal que les gens biens soient jugés par d'autres gens du même métal. Et preuve du bon boulot de la CJR, elle a siégé 4 fois et jamais condamné à de la prison ferme.

Le citoyen Claude Marin, procureur général près de la Cour de Cassation, le gratin du gratin en matière de procureur de la République, lors du procès de madame Lagarde, a plaidé la relaxe pure et simple. Ben oui, un ministre, ça ne signe que des papelards entre 2 apéro dinatoires pris chez les hors-sol de France et d'ailleurs, pour que vive la France et que vive la 5ème République.

Finalement, la CJR, dans sa grande sagesse, a condamné madame Lagarde pour "négligence", pour n'avoir pas fait appel des 445 millions de fric public refilé à Bernard Tapie. Mais est-ce que madame Lagarde avait ses lunettes ce jour-là pour lire la sentence du tribunal privé? Qui le saura, la CJR n'a pas questionné madame Lagarde lors du procès. La CJR n'a pas non plus entendu Stéphane Richard, son ex-dirlo de cabinet, maintenant recasé pdg d'Orange, qui ne s'est pas présenté alors qu'il était cité comme témoin. Normal, il câblait peut-être un particulier avec de la fibre optique. Pub gratos.

Ce n'est pas toutefois bien, a dit la CJR à madame Lagarde, vous êtes déclarée coupable, mais en fin de compte dispensée de peine, parce que cela nuirait à sa "personnalité et à sa réputation internationale". Normal, madame Lagarde est la patronne du FMI, adoubée à ce poste par le capitalisme international et toujours en place sous François Hollande président. Avec le bon bilan de son quinquennat, ça aurait fait tâche que l'on condamne madame Lagarde à une quelconque peine. Non?

Bêta que je suis, j'ai omis de vous préciser que François Fillon était premier ministre de Sarkozy, quand madame Lagarde était ministre. Oui, lui, le candidat réactionnaire à la prochaine présidentielle!

Et aussi que Stéphane Richard, déjà cité, Claude Guéant, ex-secrétaire général de l'Elysée, Pierre Estrup du tribunal arbitral privé, Bernard Tapie et son avocat sont mis en examen pour détournement de fonds publics et escroquerie. L'enquête pénale a débuté depuis 2012. Ils n'ont pas été encore jugés. Pour quoi pas pour eux la CJR, ça va nettement plus vite. Et puis, être jugés sous les ors de la République, ça classe son bonhomme ou sa bonne-femme. Non?

Christine Lagarde jugée coupable mais dispensée de peine: ai-je raté un épisode?

Publié par  El Diablo

Qatar, Arabie Saoudite : une OMERTA française

Deux mois après la parution du livre de Christian Chesnot et Georges Malbrunot (Nos très chers émirs, Editions Michel Lafon) , le silence règne sur la complaisance de la classe politique française avec les pétromonarchies du Golfe, Qatar et Arabie Saoudite en tête. Les faits rapportés dans l’ouvrage sont pourtant accablants.

Un pays qui porte littéralement nom de ses propriétaires, l’Arabie Saoudite fondée en 1932 par Ibn Séoud et dirigée depuis par ses descendants, tolère la mise en esclavage des domestiques, pratique les lapidations ou les décapitations au sabre en place publique, persécute ses opposants et les condamne à des milliers de coups de fouet, ou encore pratique une ségrégation totale entre les hommes et les femmes, ces dernières n’ayant pratiquement aucun droit, pas même celui de conduire une voiture. Un autre, le Qatar, entasse entre autres des centaines de milliers de travailleurs étrangers dans des camps de fortune, privés de liberté de mouvement et de papiers d’identité, et accueille sur son sol des financiers du djihad international, les mêmes qui appellent à commettre en France et dans les pays occidentaux des attentats contre les populations civiles…

Dans un ouvrage paru le 20 octobre dernier, les journalistes Christian Chesnot (Radio France) et Georges Malbrunot (Le Figaro) racontent la genèse de cette bien étrange passion française pour ces deux pétromonarchies au coffre-fort si bien rempli. Des cas de corruption d’une extrême gravité y sont rapportés avec force détails, notamment la manière dont Jean-Marie Le Guen, ex secrétaire d’Etat chargé des Relations avec le Parlement (1), aurait tenté de monnayer le caractère stratégique de sa fonction pour défendre, au cœur de l’Assemblée nationale, les intérêts du petit Qatar (…)

LIEN VERS LA SUITE DE L’ARTICLE CI-DESSOUS :

Qatar, Arabie Saoudite : une omerta française

 

http://www.humanite.fr/qatar-arabie-saoudite-une-omerta-francaise-628716

Temps de travail : 65% des salariés veulent garder les 35 heures

 

Temps de travail : 65% des salariés veulent garder les 35 heures

Leparisien.fr avec AFP

Près de deux salariés sur trois sont favorables au maintien des 35 heures, selon un sondage BVA publié ce vendredi. La plupart se déclarent également contre une augmentation du temps de travail sans compensation salariale.

65% des salariés français se disent opposés à la suppression des 35 heures, selon un sondage BVA publié ce vendredi pour le site Mediarh. Moins de la moitié des salariés juge par ailleurs qu'une évolution des 35 heures aura un impact sur la relance de l'activité ou la réduction du chômage.

Le sujet des 35 heures hebdomadaires de travail, toujours très clivant, devrait faire à nouveau débat lors de l'élection présidentielle. Le candidat Les Républicains François Fillon annonce 
dans son programme vouloir les supprimer pour passer à 39 heures alors qu'à gauche, les positions ne sont pas encore marquées. Emmanuel Macron veut lui un temps de travail dégressif selon l'âge.

Travailler plus, mais pour gagner plus


Sur l'augmentation du temps de travail justement, l'opinion est très partagée. 50% ne seraient pas d'accord pour travailler deux heures de plus (37 heures au lieu 35 ou 39 heures au lieu de 37), et 49% seraient au contraire d'accord. En revanche, 67% des salariés s'y refuseraient sans compensation salariale.

Près de la moitié (48%) pensent que les négociations sur le temps de travail devraient d'abord avoir lieu au niveau de l'entreprise, comme l'entend la loi travail, 32% qu'elles devraient se dérouler au niveau du Parlement avec une loi, 19% au niveau de la branche.


Enquête réalisée en ligne du 5 au 8 décembre auprès d'un échantillon représentatif de 803 salariés, selon la méthode des quotas.

 Leparisien.fr avec AFP

Critique des médias, vingt ans après

 

dimanche 18 décembre 2016 

Il y a tout juste vingt ans, le sociologue Pierre Bourdieu lançait Liber - Raisons d’agir, une maison d’édition dont deux titres — le sien, Sur la télévision (1996), et celui de Serge Halimi, Les Nouveaux Chiens de garde (1997) — analysaient les effets délétères d’un journalisme de marché rongé par les connivences, le panurgisme et la précarité.

 

Leur succès ancra dans le débat d’idées français une critique radicale des médias cultivée de longue date dans les colonnes du Monde diplomatique ; il suscita la fureur des chefferies éditoriales et la sympathie des rieurs.

 

Deux décennies plus tard, ce mouvement longtemps marginal a convaincu un large public, avec l’aide involontaire d’éditocrates toujours plus arrogants. Mais il a échoué à trouver dans le monde politique et syndical le levier d’une transformation concrète. En roue libre, les dirigeants de médias et leurs actionnaires continuent de mutiler l’information au point de rendre le journalisme haïssable. « Sous ce joug mortifère, écrit Aude Lancelin dans Le Monde libre [1], la presse deviendrait un jour le seul commerce à s’être éteint d’avoir obstinément refusé de donner à ses lecteurs ce qu’ils avaient envie de se procurer. »

 

« En lisant ton papier, je me suis régalé »

 

Ancienne directrice adjointe de L’Obs, chargée notamment des pages « Idées », l’auteure a été licenciée en mai dernier pour avoir franchi sur la gauche la ligne du juste milieu juppéo-macronien tenue par l’hebdomadaire [2]. Son ouvrage écrit à la dague dépeint l’arrière-plan de cette éviction et brosse un portrait de groupe du journalisme intellectuel qu’on croirait inspiré du Jardin des délices de Jérôme Bosch. Racheté en 2014 par les actionnaires du groupe Le Monde, MM. Pierre Bergé, Xavier Niel et Matthieu Pigasse, regroupés au sein du holding Le Monde libre, le vénérable Nouvel Observateur fondé un demi-siècle plus tôt devient L’Obs et adopte un nouveau management destiné à usiner à moindre coût le même libéralisme molasson.

 

Auparavant, raconte Aude Lancelin, la pensée tiède coulait sous la plume de chefs de service puissants, bercés d’illusions littéraires et cultivant des rapports de flagornerie. « Au lendemain de la parution du journal, le flatteur devait prendre un air extatique pour s’adresser à son confrère en disant : “En lisant ton papier, je me suis régalé.” À quoi le flatté se devait de répondre, aussi empourpré que son teint le lui permettait : “Venant de toi, cela me fait particulièrement plaisir.” Avec le nouveau directeur-manager, cette page-là de l’histoire des mœurs était refermée. » Angoissé par l’écriture, le dirigeant nommé par les nouveaux actionnaires, Matthieu Croissandeau, s’épanouit en revanche dans les voyages pour annonceurs publicitaires, les croisières pour lecteurs à la retraite et les « coûteuses séances de coaching, comportant certains jeux de rôles déshonorants », auxquelles il a inscrit d’office les hiérarques du journal.

 

Au sein de l’hebdomadaire qui publia naguère Jean-Paul Sartre, les idées circulent au gré des sens interdits et des passages obligés dont Lancelin cartographie l’immuable labyrinthe. À l’aversion des pères fondateurs, Jean Daniel et Claude Perdriel, pour la critique radicale répond le culte voué aux « amis du journal », au premier rang desquels trône Bernard-Henri Lévy. Les directeurs successifs, écrit l’auteure, « rampaient littéralement devant lui. À coups de bristols complices envoyés par coursier, de flatteries soigneusement calculées, de cajoleries téléphoniques à peine vraisemblables et de luxueux déjeuners au Ritz, ce philosophe Potemkine (…) avait obtenu leur complaisance pour mille ans ». Cette affinité élective cristallise le fonds commun idéologique qui unit autour du Parti socialiste les fractions dominantes du monde intellectuel, journalistique et politique depuis la fin du XXe siècle : au-delà du folklore, « il y avait la promesse de pouvoir continuer à être de gauche sans jamais se placer aux côtés du peuple ».

 

« Club Méditerranée de la culture »

 

Choses vues à l’intérieur et désormais analysées de l’extérieur : toute l’année, les directeurs de L’Obs, du Point et de Marianne (où l’auteure exerça des responsabilités éditoriales entre 2011 et 2014) « faisaient mine de s’empailler sur les tréteaux comme des marionnettes batailleuses ». Puis ils « passaient tous leurs Nouvel An à festoyer ensemble ». Leurs convergences fondamentales rendent ces individus parfaitement interchangeables : Franz-Olivier Giesbert dirigea alternativement Le Nouvel Observateur et Le Point, Laurent Joffrin Libération et Le Nouvel Observateur, cependant que Renaud Dély pouvait, comme Jacques Julliard, passer de L’Obs à Marianne. « La proximité entre tous ces personnages, lorsqu’elle vous était révélée, donnait le sentiment puissant que la presse, sous son apparence de diversité, n’était qu’une même nappe phréatique de certitudes communes, d’intérêts puissamment liés, de visions en réalité semblables, qui prenaient le soin de se partager en différents fleuves dans les kiosques seulement pour les besoins du commerce et l’amusement de la galerie. » Démonstration par l’absurde de la prééminence de la logique marchande sur celle des idées : Le Point ne résistera pas au plaisir d’enfoncer son concurrent en célébrant sans retenue l’ouvrage d’Aude Lancelin, qui pourtant reproche à L’Obs sa dérive droitière.

 

C’est à ces logiques industrielles et à leurs maîtres d’œuvre que s’intéresse Laurent Mauduit. Dans Main basse sur l’information [3], le cofondateur en 2008 du site Mediapart décrit l’« asservissement » des grands médias français à une poignée d’oligarques multimédias (voir « Le pouvoir médiatique en France »). Sur un ton indigné parfois un peu surjoué, l’auteur détaille les méthodes et les parcours de MM. Vincent Bolloré, Patrick Drahi, Xavier Niel ou Bernard Arnault. « Ces patrons, manifestement ivres de leur pouvoir, envisagent des censures qui, en d’autres temps, auraient été plus discrètes » — comme celle d’un reportage de Canal Plus qui égratignait un partenaire de M. Bolloré, le nouveau propriétaire.

 

S’offrir un média national, même croulant sous les dettes, revient à emprunter la voie rapide vers le champ du pouvoir. Comme le notent Solveig Godeluck et Emmanuel Paquette dans leur enquête sur le parcours industriel de M. Niel au sein de l’industrie des télécoms, « depuis 2010 et le rachat du quotidien de référence Le Monde, ces politiques tenus en faible estime lui mangent dans la main. On lui prête suffisamment d’influence pour changer le cours d’une élection, et il peut désormais appeler chaque membre du gouvernement sur son portable en cas de besoin [4] ».

 

Ce tableau d’ensemble, estime Mauduit, « n’est pas sans rappeler les temps sombres de l’entre-deux-guerres, quand la plupart des grands journaux, propriété de l’une ou l’autre des “deux cents familles”, versaient dans la vénalité ou l’affairisme ». Est-il vraiment besoin de remonter aussi loin ?

 

La transformation des rapports entre la presse, le pouvoir, l’argent et les intellectuels dont Aude Lancelin subit les effets tardifs s’amorce dès les années 1980. Le Nouvel Observateur, que Bourdieu qualifiait de « Club Méditerranée de la culture », accompagne alors à grand bruit le tournant libéral des socialistes [5]. Plus près de nous, Le Monde des années 1995-2005 rassemble déjà les ingrédients constitutifs de la presse d’industrie qui désormais scandalise Laurent Mauduit. Un trio indissociable composé d’Edwy Plenel, directeur de la rédaction et directeur adjoint de l’entreprise, d’Alain Minc, président du conseil de surveillance, et de Jean-Marie Colombani, directeur de la publication, préside alors aux destinées du quotidien vespéral. Ils changeront le journal en groupe de presse, feront entrer des industriels au capital, se rapprocheront de Lagardère (copropriétaire de sa filiale numérique Le Monde interactif), noueront un partenariat avec Bouygues.

 

Un basculement qui vient de loin

 

Sur la chaîne LCI, filiale de TF1, Edwy Plenel, futur cofondateur de Mediapart, anime chaque semaine pendant une décennie « Le Monde des idées », une émission de promotion littéraire où défilent les « amis » du journal comme Bernard-Henri Lévy, Alain Finkielkraut, Pierre Rosanvallon [6]


Pour parfaire la fusion de la finance et de l’information, le trio décide même en 2001 l’entrée en Bourse de la SA Le Monde, un projet finalement abandonné en raison de l’effondrement des marchés. Dans l’entreprise, un management plus que rugueux brise ou écarte les gêneurs. En septembre 2003, le journaliste Daniel Schneidermann est sèchement licencié pour avoir publiquement critiqué la manière dont le trio dirigeant a tenté de disqualifier Pierre Péan et Philippe Cohen, auteurs de La Face cachée du Monde (Fayard).

 

Si Mauduit propose au lecteur d’instructives plongées dans les débats sur la liberté de l’information au XIXe siècle, il reste discret sur ces épisodes contemporains. On peut le comprendre. L’utilité de Mediapart dans l’espace atrophié de la presse indépendante rend inconfortables la formulation autant que l’entendement de toute critique du rôle joué vingt ans plus tôt par les cofondateurs du site. Mais, comme l’a rappelé Frédéric Lordon, « avant Mediapart de gauche, il y a eu un Monde de droite. Et ils en ont été les chefs [7] ».

 

Quelle importance, objectera-t-on, que Mauduit ait dirigé les pages « Entreprises » d’un Monde qui lançait en fanfare son supplément « Argent » (mars 2001) après avoir appelé les dirigeants français à « suivre la voie économique américaine, caractérisée depuis des années par des réformes de structure, une baisse de la pression fiscale, des coupes claires dans les dépenses de l’État et un retour à l’excédent budgétaire » (éditorial, 5 décembre 1998) ? À quoi bon rappeler le boulevard ouvert par Edwy Plenel à Bernard-Henri Lévy pour rapporter d’Algérie, d’Afghanistan, de Colombie, etc., des reportages truffés d’erreurs, au grand dam des spécialistes du quotidien court-circuités par le grand homme ? C’est tout simplement que ce déplacement affecta l’ensemble de la presse.

 

Le Monde occupait alors une position centrale et structurante au sein du champ journalistique français. Qu’il glisse à droite, et le centre de gravité éditorial bougerait avec lui. Le paysage en ruine dépeint par Aude Lancelin et Laurent Mauduit résulte aussi de ce basculement.

 

« Le temps est venu de se révolter contre l’état de servitude dans lequel sont placés la presse et tous les grands médias d’information, radios et télévisions », écrit aujourd’hui le cofondateur de Mediapart. Il était temps que vînt le temps.

 

Pierre Rimbert décembre 2016

 

Transmis par Linsay

Le Monde Diplomatique

 

[1] Aude Lancelin, Le Monde libre, Les Liens qui libèrent, Paris, 2016, 240 pages, 19 euros

[2] Lire «  Information sous contrôle  », Le Monde diplomatique, juillet 2016.

[3] Laurent Mauduit, Main basse sur l’information, Don Quichotte, Paris, 2016, 446 pages, 19,90 euros.

[4] Solveig Godeluck et Emmanuel Paquette, Xavier Niel. La voie du pirate, First, coll. «  First Document  », Paris, 2016, 240 pages, 16,95 euros.

[5] Cf. François Cusset, La Décennie. Le grand cauchemar des années 1980, La Découverte, Paris, 2006.

[6] Cf. «  Edwy, roi du téléachat  », Pour lire pas lu, n° 0, Marseille, juin 2000.

[7] Lire Frédéric Lordon, «  Corruptions passées, corruptions présentes (réponses à Laurent Mauduit)  », Les blogs du Diplo, La pompe à phynance, 19 juillet 2012.

Mais pourquoi Macron est-il si soutenu par BFM TV ?

 

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A moins de vouloir l’ignorer on ne peut que s’étonner du soutien de Paris-Match et surtout de BMTV à « Bel-ami » Macron. Ce jeune affairiste qui est passé de la Banque d’affaire aux couloirs du pouvoir élyséen sans jamais avoir été élu nulle part est lancé comme un produit de high tech par le patron de Numericable auquel s’était opposé Montebourg . C’est une opération coordonnée dont visiblement les promoteurs attendent quelque chose en retour, mais quoi ? Voici un coin du voile qui est soulevé par un homme qui visiblement à lui-même beaucoup navigué en eaux troubles, soit on peut en déduire qu’il sait de quoi il parle, soit qu’il défend des intérêts concurrents. Bon appétit messieurs ô ministres intègres. . 

(note de danielle Bleitrach)


A noter que cet auteur est un haut fonctionnaire typique des années "de gauche", passé de la mairie de Paris (!) à l’éducation nationale après être devenu énarque, cumulard (administrateur de l’ACOSS, de la CNAV, de l’UNEDIC, de Pole Emploi, de l’AGIRC, de l’ARRCO, président de l’APEC, trésorier de l’OPCA de l’assurance, administrateur de B2V), et bien entendu grand libéral pourfendeur de tout ce qui fait "la république sociale", partisan de la suppression totale des cotisations sociales, de l’éducation nationale remplacée par un chèque étude... Autant dire que c’est un macroniste puissance 10... 

(pam)

 

Pas mal, le soutien massif de BFM TV à Emmanuel Macron. On a l’habitude de voir les mêmes informations passer en boucle sur cette chaîne, donc on n’est pas complètement surpris. Mais à ce point tout de même… La chaîne n’en a pas démordu de toute la journée, comme si plus rien d’autre ne se passait en France que la déclaration de candidature de l’ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée.

 

Quand on y regarde de près, on se pose quand même quelques questions sur la machine médiatique qui a décidé (avec maladresse) d’installer le jeune Macron dans le fauteuil du sauveur de la République.

 

Drahi, Macron et Bernard Mourad

 

Les amateurs d’entrefilets à signaux faibles ont évidemment noté cette information passée inaperçue début octobre : Patrick Drahi, homme d’affaires sulfureux, surendetté et très influent pèse de tout son poids dans la campagne du jeune Macron. Il lui a même délégué l’un de ses meilleurs colonels : Bernard Mourad.

 

Bernard Mourad, le patron d’Altice Media Group va abandonner ses fonctions dans les prochains jours pour rejoindre l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron comme conseiller spécial. (…) Ce proche de Patrick Drahi a choisi de démissionner pour éviter tout conflit d’intérêt dans ses nouvelles missions auprès de l’ex ministre de l’Economie, un ami de plus de 15 ans.

 

Son arrivée structure le mouvement « En Marche ! », lancé en avril dernier par Emmanuel Macron, pour le transformer en véritable parti politique. Bernard Mourad sera plus spécifiquement en charge des questions et relations avec les sphères économiques. Cet ancien banquier d’affaires devrait également apporter une aide précieuse, grâce à ses réseaux, dans la recherche de financements pour la campagne présidentielle. (…)

 

Auparavant directeur général de Morgan Stanley à Paris, Bernard Mourad s’est fait connaître pour avoir épaulé Patrick Drahi sur ses deals dans les télécoms, notamment le rachat de SFR, en 2014. Durant sa carrière de banquier d’affaires, il s’était également construit une solide réputation dans le secteur des médias en conseillant l’américain Hearst dans le rachat des magazine internationaux de Lagardère. Il avait aussi conseillé Mondadori dans l’acquisition d’Emap France et accompagné des fonds d’investissement pour la reprise d’une partie de Vivendi Publishing.

 

Tiens ! tiens ! on en apprend des choses. En tout cas, Macron est bien placé pour expliquer qu’il est « contre le système » et qu’il veut rompre avec lui.

 

Drahi et BFM TV

 

À propos, je ne sais pas si vous vous souvenez que, après avoir racheté SFR en 2014, Drahi a racheté NextRadio, propriétaire de… BFM TV, en 2015. L’ensemble, appelé Altice Media, est fusionné par Mourad avec SFR en 2016. Il comporte d’autres titres bien connus comme l’Express qui, lui non plus, ne ménage ni son temps ni sa peine pour donner une bonne image de Macron.

 

Amusant non ? un patron de presse qui soutient massivement un candidat à la présidentielle jusqu’à lui faire occuper la une de tous ses titres en disant du bien de lui…

 

Quand Macron faisait un gros cadeau à Drahi

 

Oui, mais… en 2014, l’histoire du rachat de SFR par Drahi mérite qu’on s’y arrête de près.

 

Lorsque Drahi présente sa candidature au rachat, il entre en concurrence avec Bouygues. Montebourg est alors ministre de l’Economie et s’oppose à la candidature de Drahi :

 

« Numericable a une holding au Luxembourg, son entreprise est cotée à la Bourse d’Amsterdam, sa participation personnelle est à Guernesey dans un paradis fiscal de Sa Majesté la reine d’Angleterre, et lui-même est résident suisse ! Il va falloir que M. Drahi rapatrie l’ensemble de ses possessions, biens, à Paris, en France. Nous avons des questions fiscales à lui poser ! » disait à l’époque Montebourg. Nous sommes alors en mars 2014.

 

Et puis Montebourg, à la rentrée 2014, est viré du gouvernement. Et puis Macron lui succède. Et puis BFM TV nous apprend un jour que Macron vient d’autoriser discrètement le rachat de SFR par Drahi.

 

Le 28 octobre, le ministre de l’Economie a discrètement donné son feu vert à l’opération.

 

Ce feu vert était nécessaire suite au décret sur les investissements étrangers, signé le 14 mai dernier par Arnaud Montebourg justement. Ce décret soumet à l’approbation de Bercy tout rachat dans les télécoms.

 

Oh ! le joli cadeau… dont Le Monde a décrit les bienfaits financiers pour Drahi lui-même.

 

Macron attendu au tournant ?

 

Ces petites histoires, évidemment, tout le monde les connaît, et elles ne devraient pas tarder à jouer un vilain tour à Macron. Celui-ci va très vite devenir un puissant gêneur. Donc…

 

Dans le cas des soutiens très voyants accordés à Macron par les titres de Drahi, il ne s’agit plus seulement de maladresse. Il s’agit d’une véritable provocation, que ses adversaires ne tarderont pas à torpiller. Macron a beaucoup fricoté avec les milieux d’affaires… Jouer, aujourd’hui, aux parangons de la rupture va constituer un exercice véritablement difficile à mener.

 

Voir en ligne : sur le site de l’auteur

Publié par  El Diablo

Liberté, égalité, fraternité, laïcité, souveraineté des idées neuves

par Patrick Staat

LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ, LAÏCITÉ, SOUVERAINETÉ DES IDÉES NEUVES [par Patrick Staat ]

L’éditorial de Patrick Staat

Le Réveil des Combattants  novembre 2016

Un voile sombre s’abat sur l’Europe et la France. Le débat d’idées recule. Comme dans les années 1930, c’est sur la misère, les inégalités, le désespoir que les idées de droite et de l’extrême droite trouvent leurs sources.

En France, les primaires de la droite le montrent, c’est la montée d’une forme d’intégrisme qui porte le candidat des républicains.

Le gouvernement porte une lourde responsabilité. Depuis 5 ans il n’a eu de cesse de satisfaire les attentes et les souhaits du MEDEF et de la finance.

Avec la remise en cause des droits des salariés, de la laïcité, des moyens pour la santé, ce sont les fondements même de la République qui sont attaqués.

Le 14 juillet 1789, sur la volonté de plus d’égalité, une nouvelle société s’est mise en construction sur le socle « Liberté, Egalité, Fraternité ».

Dans la nuit de la Résistance, dans le combat contre le fascisme, pour la libération et la souveraineté de la France, se sont écrites les pages du CNR avec notamment, EDF-GDF, la SNCF, la Sécurité Sociale, etc…

A chaque fois les possédants, ceux qui deviennent chaque jour de plus en plus riches ne peuvent accepter le partage des richesses nationales. A chaque fois, ils tentent de faire reculer ces acquis sociaux et démocratiques.

Pourtant la France est riche. Organiser une redistribution plus équitable des richesses au travers des questions de la santé, de l’éducation, du logement est réalisable sans remettre en cause l’économie du pays.

On nous traitera d’utopiste mais nous pensons que la bataille pour les droits démocratiques et économiques de la population est un combat qui porte la dignité humaine. Oui c’est l’espoir d’un autre monde qui depuis des millénaires fait avancer les civilisations sur notre planète.

Ce combat perdurera parce qu’il porte l’intérêt du plus grand nombre.

Nous ne voulons ni d’un retour en arrière, ni du fascisme déguisé et bien habillé et encore moins d’une société qui conduit à la haine entre les peuples.

Aujourd’hui nous devons plus que jamais nous rassembler pour défendre les acquis de notre histoire, ceux de générations d’hommes et de femmes de toutes origines qui en France ont construit les valeurs républicaines, à savoir liberté, égalité, fraternité, laïcité, souveraineté.

C’est un enjeu majeur pour notre pays, pour les Français.

Forte de son histoire, l’ARAC, cette jeune centenaire continuera ces combats pour l’émancipation humaine, rien ne nous retiendra.

SOURCE:

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