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La crise grecque démontre qu’une alternative au système capitaliste passe par la Révolution – Par Miguel Urbano Rodrigues

 

21 Juillet 2015

www.initiative-communiste.fr site web du PRCF a traduit du portugais et publie cette tribune du camarade Miguel Urbano Rodrigues que nous saluons fraternellement.

 

photo miguel urbano rodrigues PCBL’évolution de la crise grecque se termine en des leçons très importantes pour les forces progressistes dans des dizaines de pays se trouvant dans des contextes très différents de combat contre l’impérialisme.

 

La principale de ces leçon, c’est la confirmation de l’impossibilité de ce que les secteurs de la social-démocratie ont appelé « la réforme humanitaire du capitalisme. »

 

La victoire de Syriza aux élections grecques a semé des illusions. Les discours de Tsipras pendant la campagne, remplis de promesses, ont contribué à ce que les partis sociaux-démocrates en Europe et en Amérique latine, définissent le Syriza comme un parti de « gauche radicale », conçu pour introduire des changements majeurs dans la société grecque. Le gouvernement Syriza-Anel a même reçu le soutien de certains partis communistes européens.

 

Mais peu après le début des négociations avec les institutions européennes (le nouveau nom de la troïka) il était clair que Tsipras était d’accord avec la plupart des exigences de Bruxelles.

 

Lors d’une visite de deux semaines en Grèce j’ai réalisé que son gouvernement se proposait de poursuivre la politique de soumission à l’impérialisme développé par la coalition Nouvelle Démocratie avec le Pasok, pour n’introduire que des changements cosmétiques.

 

Leurs propositions incessantes de compromis aux partenaires de Bruxelles n’a pas empêché que ceux-ci retardent successivement l’accord qui permettrait au gouvernement d’Athènes de recevoir 7.200 millions d’euros (la dernière tranche du deuxième plan « d’aide »), évitant un défaut imminent.

 

Quelques jours avant la date limite de paiement au FMI de 1500 millions d’euros, Tsipras, dans une pirouette, a annoncé la tenue d’un référendum. Les gens devaient répondre s’ils acceptaient ou rejetaient les dernières propositions de l’Eurogroupe. Et dans un discours dramatique au Parlement il a appelé les électeurs à voter NON !

 

L’électorat a répondu à cet appel au NON. Le NON a obtenu 61% des suffrages exprimés. Le gouvernement l’a pourtant interprété comme une approbation du protocole Syriza.

 

Le référendum, rejeté par le Parti communiste, était une manœuvre théâtrale de Tsipras. Il est significatif que le jour après le référendum Syriza, le PASOK et la Potami ont publié une déclaration conjointe, dans un consensus significatif de la classe politique du gouvernement.

 

Pour reprendre les négociations à Bruxelles, le Premier ministre grec a trahi la confiance des électeurs, il a appelé à un nouveau sauvetage de 53.000 millions d’euros et il a présenté des propositions à l’Eurogroupe pires que les dernières qu’il avait refusées.

 

Ils ont refusé de l’austérité, mais ils ont eu quelques jours après une austérité renforcée.

 

Contrairement à ce que beaucoup attendaient, la signature de l’accord est entrée en collision avec l’opposition tenace de l’Allemagne, des Pays-Bas, la Finlande et d’autres pays. Ce n’est pas le contenu des propositions d’Athènes qui est en cause. Le gouvernement de Tsipras a totalement capitulé, confirmant les prédictions du KKE (voir odiario.info du 30/06/15).

 

L’impasse des négociations marécageuses de Bruxelles est le résultat des contradictions qui séparent les membres de l’Eurogroupe, à savoir l’Allemagne et la France. Le gouvernement d’Angela Merkel prévoit d’exclure la Grèce de l’Euro.

 

Chili, le Venezuela, GRÈCE

 

Il faut prendre conscience que le capitalisme ne trouve pas de solutions à la crise structurelle qui s’aggrave ce qui contribue à une augmentation de l’agression impérialiste (Gascon, odiario.3.7.15)

 

Cette option est transparente dans la stratégie des États-Unis, prêts à recourir à la violence contre les peuples dont les gouvernements ne soumettraient pas inconditionnellement à leur projet global de domination.

 

Le blocus de Cuba, des guerres d’agression contre l’Irak, l’Afghanistan et la Libye, l’aide militaire et politique aux organisations terroristes en Syrie et l’appui à l’agression de l’Etat fasciste d’Israël et les menaces contre l’Iran expriment très clairement cette politique.

 

Jamais la solidarité des grandes puissances impérialistes pour la défense de l’Ordre Capitaliste n’a était si transparente.

 

L’évolution de la crise grecque aujourd’hui rappelle les leçons du Chili. La réponse à l’option socialiste de l’Unité populaire d’Allende, lorsqu’il était au pouvoir soutenu par un parti socialiste alors marxiste et le Parti communiste, a été un coup d’Etat militaire sanglant.

 

Après plus de 40 ans, alors qu’il manque désormais l’URSS, le monde sous l’hégémonie du capitalisme est très différent.

 

Aujourd’hui, il suffit qu’un politicien au pouvoir ose défier même timidement la dictature du capital pour qu’il soit considéré comme l’ennemi du système.

 

Au Honduras, Manuel Zelaya, le président en exercice selon le cadre constitutionnel, a été évincé par un coup d’Etat militaire organisée à l’ambassade américaine. Au Paraguay a été évincé un président qui a défendu des réformes timides qui ont déplu à Washington.

 

En Equateur, Obama voudrait remplacer Rafael Correa, un réformiste néo-keynésien, par un oligarque néolibéral, soumis à la Maison Blanche. Les États-Unis ont en effet soutenu les tentatives de coup d’Etat contre le président Correa.

 

Au Venezuela, Bush et Obama ont mis en place et financé des complots successifs sans succès de renverser Hugo Chavez en dépit des structures capitalistes qui restent presque intactes dans le pays. Chavez étant mort, une vile campagne médiatique contre l’inoffensif et sans danger « Socialisme du XXIe sièce », a été lancée par le président Obama qui a identifié et qualifié le gouvernement Maduro comme une intolérable  « menace pour la sécurité des États-Unis. »

 

Et en Bolivie, les tentatives de socialisation timides du gouvernement d’Evo Morales ont tant gêné à Washington que l’ambassadeur des États-Unis a organisé un complot qui a échoué, dont l’issue a été son expulsion de La Paz.

 

L’alternative est la révolution.

 

Dans la confusion idéologique actuelle, stimulée par un système médiatique manipulateur, la soumission totale de la Grèce aux grands prêtres du Capital est venu confirmer – j’insiste – l’impossibilité de profonde transformation des sociétés capitalistes en restant dans le système, à savoir par la voie institutionnelle.

 

Mais peut-être que se dissipent les illusions semées par Syriza et les démagogues populistes Tsipras et Varoufakis?

 

Non. En Europe, les forces politiques progressistes et certains partis communistes, dont le Parti de la gauche européenne (PGE, présidé par Pierre Laurent NdT), a néanmoins fixé le socialisme comme le but ultime, mais le système fonctionne de façon à ce qu’il ne soit jamais possible d’atteindre le gouvernement par les élections.

 

Évidemment, dans le contexte européen actuel, la conquête du pouvoir par une révolution est une impossibilité à court terme. Il existe dans certains pays de l’UE des conditions objectives de ruptures révolutionnaires. Mais il manquent des conditions subjectives.

 

Des programmes pas vraiment réalistes sont parfois très ambitieux, conçu pour une transition dans le cadre d’une révolution démocratique et nationale.

 

Dans des conditions beaucoup plus favorables que celles qui prévaut aujourd’hui, la révolution démocratique et nationale portugaise, inspirés par les valeurs d’avril, a été brutalement interrompue par un coup d’Etat militaire promu par la bourgeoisie, avec le soutien de l’impérialisme.

 

Hélas ​​a disparu aujourd’hui l’Union soviétique, les grandes puissances de l’Union européenne seraient prêtes à recourir à la violence si nécessaire, contre tout membre qui oserait remettre en question l’ordre capitaliste, au sein d’une révolution démocratique et nationale.

 

Alors que faire donc?

 

Les révolutions ne sont pas pré-datées.

 

Elles arrivent presque toujours dans des situations inattendues, contre la logique de l’histoire. C’est ce qui est arrivé pour la révolution française en 1789, avec la révolution russe de 1917, en Chine et à Cuba.

 

Le parti communiste grec nous donne l’exemple d’une organisation révolutionnaire qui bien que pensant qu’il ne sera pas possible dans un délai prévisible immédiatement de prendre le pouvoir dans le pays, avec d’autres forces progressistes, combat avec fermeté et courage pour la destruction du système capitaliste dans son pays. On peut être en désaccord sur les différentes facettes de son agenda, de sa stratégie et  de son discours, mais leur cohérence et leur ténacité dans les combats inspire le respect et l’admiration dans le monde entier pour les communistes.

 

Les Révolutions – je le répète – n’arrivent pas à une date écrite d’avance sur le calendrier.

 

C’est ma conviction inébranlable que le capitalisme n’a pas de solution à sa crise structurelle. Il est entré dans une lente agonie qui peut durer de nombreuses années.

 

Le pôle hégémonique du système, les Etats-Unis, avec leurs alliés ont une énorme capacité à déclencher des guerres impérialistes. Elles sont des manifestations désespérées. Il s’agit de guerres monstrueuses qui se heurtent à une résistance croissante des peuples victimes du terrorisme d’Etat.

 

La simultanéité et la convergence de ces luttes et de la lutte de masse dans de nombreux pays peuvent être décisives pour la panne du système, miné par des contradictions internes, et peut causer sa défaite ultime. Dans ce combat, je vois combien est irremplaçable la participation révolutionnaire des partis communistes.

 

L’alternative c’est la construction du socialisme, après une transition douloureuse, prolongée, différente dans chaque pays.

 

Une certitude : la voie institutionnelle vers le socialisme est une impossibilité historique.

 

Miguel Urbano Rodrigues – Geres 12 Juillet 2015