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7 Février 2015

Publié par Jean Lévy

L'Otan déploie ses forces le long des frontières de la Russie

Et si celle-ci massait des troupes au Mexique... et à Cuba ?

 

Bruxelles2Club

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L’OTAN se dote

d’une force de réaction plus rapide.

La NRF réformée 

 

 

Réunis à Bruxelles ce jeudi (5 février), les ministres de la défense de l’Alliance ont défini aujourd’hui les différentes « orientations politiques » pour doter l’OTAN d’une force de réaction plus rapide ; la NRF conçue au lendemain de la guerre froide n’était plus tellement adaptée aux enjeux actuels. « C’est un signe clair et visible que l’OTAN est prête à défendre tous les alliés » a indiqué le secrétaire général de l’Alliance, après la réunion.

 

Cette décision s’inscrit ainsi dans la filigrane des décisions prises en septembre dernier au sommet du Pays de Galles et dans la préparation du sommet de Varsovie au premier semestre 2016 qui aura pour vocation de clore ce cycle de réforme. C’est incontestablement la résurgence de la menace russe et le conflit en Ukraine qui a suscité ces changements, même si les « risques et menaces venant du voisinage méridionale, Moyen-Orient et Afrique du nord » sont aussi présents à l’esprit des 28 ministres.

 

L’objectif – ont-ils indiqué dans leur déclaration finale

(télécharger //club.bruxelles2.eu/wp-content/uploads/2015/02/CM-De%CC%Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. est de « décourager une agression contre les pays de l’OTAN et montrer que l’Alliance est prête à défendre son territoire ».

 

Une NRF un peu réactive et un peu plus forte

 

La Force de réaction de l’OTAN (NRF) aura « une composante interarmées de la taille d’une division (= 30.000 hommes *), « ayant un niveau de préparation sensiblement accru et disposant de forces multinationales hautement performantes et flexibles ». Celles-ci seront « entraînées et organisées pour répondre rapidement dans diverses circonstances ». L’objectif est de pouvoir mobiliser ces effectifs dans un délai plus rapide qu’aujourd’hui : de 1 semaine à 1 mois.

 

  • En fait, le chiffre de 30.000 est globalement atteint par la NRF actuelle. Celle-ci est en effet actuellement composée de trois éléments : un élément de commandement et contrôle (C2) de la structure de commandement de l’OTAN (d’environ 1 millier d’hommes), la Force de réaction immédiate (IRF) – une force interarmées d’environ 13 000 hommes à haut niveau de préparation – et un pool de forces de réaction, « pouvant venir compléter l’IRF selon les besoins ». L’idée est donc à la fois de rehausser l’ambition des forces mobilisables et d’accélérer leur déploiement, le cas échéant.

Une force mobilisable plus rapidement

 

A l’intérieur de la NRF, une force de réaction rapide sera mise en place. Cette force «opérationnelle interarmées à très haut niveau de préparation » (VJTF) – ou « fer de lance » -, aura la taille d’une brigade terrestre (5000 hommes environ), à donnée multinationale « comportant jusqu’à cinq bataillons de manœuvre ». Elle sera à mobilisation rapide.

 

Certains éléments seront prêts à faire mouvement dans les 24 h à 72 h (1 à 3 jours) assurant ainsi le rôle « d’entrée en premier » ; les autres éléments seront mobilisables dans les 7 jours. Elle pourra être soutenue par des « éléments aériens, maritimes et des forces spéciales ». Cette brigade pourra être renforcée au besoin par deux brigades supplémentaires, « en cas de crise majeure ».

 

  • Précisons que le feu vert au déploiement de cette force – comme celle de la NRF – ne sera pas donné par le commandant en chef de l’OTAN (Saceur) – ce que réclamaient certains pays -. Elle nécessitera – comme toutes les opérations actuelles) une décision politique, du Conseil de l’Alliance atlantique (NAC), réuni au niveau des ministres ou des ambassadeurs de l’Alliance.

 

Six pays engagés pour la nation cadre

 

Un pays assurera le rôle de nation cadre pour les rotations de cette force. Ce devrait être normalement le même que pour la NRF. Soit selon les éléments recueillis : l’Allemagne (2015), l’Espagne (2016), le Royaume‑Uni (2017), l’Italie (2018), la Pologne (2019)  la France (2020). La capacité VJTF intérimaire sera ainsi mise à disposition en 2015, sous la conduite de l’Allemagne, des Pays-Bas et de la Norvège.

 

Des éléments de liaison permanents

 

Des éléments multinationaux de commandement et de contrôle – les unités d’intégration des forces OTAN (NFIU) – vont être créés « immédiatement » dans six pays (Bulgarie, Estonie, Lettonie, Lituanie, Pologne, Roumanie). Ces six élements auront une taille modeste (environ 40 personnes dont la moitié de nationaux et la moitié de personnel de l’OTAN). L’objectif est, en premier lieu, politique  « constituer une présence OTAN visible et permanente dans ces pays ». C’est un signal à l’intention de la Russie : nous sommes là.

 

Ces éléments auront aussi vocation d’assurer la « liaison avec les forces de l’OTAN, de faciliter le déploiement rapide des forces des pays de l’Alliance dans la région, d’apporter un soutien à la planification de la défense collective, faciliter la coordination des entraînements et des exercices multinationaux ».

 

Un QG Nord Est renforcé, un QG Sud Est en création

 

C’est le quartier général du Corps multinational Nord-Est (basé à Szczecin en Pologne) qui aura vocation d’assurer le commandement des éléments déployés dans les Etats baltes et en Pologne. Trois pays — Danemark, Allemagne et Pologne — ont confirmé leur intention de « fournir des capacités supplémentaires » à ce QG et, si nécessaire, « de renforcer son rôle de plateforme de coopération régionale ».

 

Un nouveau quartier général de division multinational déployable en tant que division multinationale sud-est pourrait être mis en place en Roumanie. Ce pays ayant annoncé sa volonté d’accueillir un tel QG.

(Nicolas Gros-Verheyde au QG de l’OTAN)

 

Crise en Ukraine : l'OTAN va se renforcer à l'Est 

 

L'organisation de sécurité collective fondée en 1949 a décidé jeudi de renforcer la défense de son flanc oriental en créant une nouvelle force de 5 000 hommes rapidement mobilisable et six "centres de commandement" en Europe de l'Est, en réponse à "l'agression" de la Russie en Ukraine. La France, l'Allemagne, l'Italie, la Pologne, l'Espagne et le Royaume-Uni ont accepté d'être les premiers pays à participer à cette nouvelle force baptisée "fer de lance" ("spearhead"), a précisé le secrétaire général de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN), Jens Stoltenberg, à l'issue d'une réunion des ministres de la défense de l'Alliance, à Bruxelles.

 

Elle doit être opérationnelle en 2016.

 

Cette force sera soutenue par une composante aérienne et maritime et par des forces spéciales. Ses éléments avancés devront pouvoir être déployés dans un délai de quarante-huit heures et être rejoints en une semaine par le reste de la brigade.

 

Pour ne pas provoquer Moscou, ses éléments terrestres resteront stationnés à l'Ouest, mais ils devraient rapidement participer à des exercices dans les anciens pays sous la botte soviétique, ou s'y déployer si l'Alliance décide d'y lancer une opération.

 

La force pourra également intervenir sur d'autres terrains, notamment pour faire face aux menaces créées par l'instabilité en Afrique du Nord et au Proche-Orient. Pour le patron de l'OTAN, il s'agit du "plus important renforcement de sa défense collective depuis la fin de la guerre froide". "C'est une réponse aux actions agressives de la Russie, qui a violé la loi internationale et annexé la Crimée", a-t-il expliqué, en insistant sur le caractère "défensif" de ces décisions.

 

Le blog Bruxelles 2, spécialisé sur l'Europe de la défense, souligne les propos du secrétaire général de l'Alliance qui a déclaré, après la réunion, "C'est un signe clair et visible que l'OTAN est prête à défendre tous les alliés" et détaille les contours de cette force de réaction "plus rapide" que l'actuelle NRF ("NATO Response Force").