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PCF Vie et débats 2015

Propos de Jacques Sapir : Billet d’humeur !

 

, par  Marie-Christine Burricand 

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Jacques Sapir a produit à plusieurs reprises des textes fort utiles à tous ceux qui considèrent que la sortie de l’euro et la rupture avec les institutions européennes sont des conditions nécessaires, mais non suffisantes, de la sortie de l’austérité et du combat contre le capital.

 

Mais nous pensons qu’il se trompe gravement lorsqu’évoquant la nécessité de « Front » pour la sortie de l’euro, il dit :

« A terme, la question des relations avec le Front National, ou avec le parti issu de ce dernier, sera posée. Il faut comprendre que très clairement, l’heure n’est plus au sectarisme et aux interdictions de séjours prononcées par les uns comme par les autres »

Cela arrange bien évidemment ceux qui tentent depuis plusieurs années d’amalgamer les partisans de la sortie de l’euro et de l’Union européenne à l’extrême droite. Et ce d’autant qu’après la leçon grecque, ils n’ont que cela à se mettre sous la dent !

 

Il n’empêche que la question qui est posée n’est pas de donner une légitimité supplémentaire à un parti d’extrême-droite mais au contraire d’ouvrir une perspective de combat et de transformation sociale qui contribue à le marginaliser dans le peuple.

 

Autant nous ne renonçons pas au dialogue et à l’action avec les citoyens qui se laissent emporter dans cette duperie, autant nous ne devons pas céder d’un pouce avec eux sur la nature du Front National : ce parti reste profondément un parti fasciste. Et ce qui se passe dans toute l’Europe et notamment en Ukraine doit conduire à ne pas plaisanter avec cela.

 

L’exclusion du Père, devenu incontrôlable, révèle surtout que Marine Le Pen ne veut pas prendre le risque de la phrase qui tue aux présidentielles, elle veut gagner. Et j’oserai ajouter que pour être à la hauteur de cette toute puissance qu’elle veut représenter, il faut bien symboliquement qu’elle tue le Père !

 

Regardons les faits : Partout où le FN dirige, à Béziers comme à Hénin-Beaumont, les décisions s’en prennent au familles populaires et visent à désigner des boucs émissaires qu’il faudrait priver de droits qu’ils ne mériteraient pas.

 

Partout où le FN mène campagne, il le fait sur les idées de l’exclusion de l’autre et du chacun pour soi.

 

Le projet du FN reprend un certain nombre de propositions favorables au monde populaire mais il n’est écrit nulle part quelles batailles et quels actes seront nécessaires pour mettre en œuvre de telles mesures. Car, dans la tradition du national socialisme comme du fascisme à la Mussolini, ce catalogue n’est pas destiné à être réalisé. Il peut toujours évoquer la hausse des salaires, tout est dit quand il propose "des syndicats plus représentatifs (...) à même d’entrer dans des logiques de concertation constructives et moins tentés de recourir à un rapport de forces ". Il s’agit d’appâter le peuple, voire de l’acheter, pour mieux le saigner ensuite.

 

Quant à sa vision du monde, elle est dite dans son passage sur l’immigration : chacun pour soi et tant pis pour ceux qui crêveront !

 

Le FN parle beaucoup de la nation. Pétain parlait lui aussi beaucoup de la patrie quand il venait de la vendre ! Et la nation et la République ont été mises au fil de l’histoire à toutes les sauces ! La nation que nous défendons « répond toujours de Robespierre » comme dit la chanson ! Il coupait les têtes des rois quand Jeanne d’arc, héroïne du FN, s’occupait de les couronner. Nous défendons la nation parce qu’elle est indissociable des luttes de classes, ce qui en fait une construction populaire et que la souveraineté nationale est une conquête des peuples contre le pouvoir des seigneurs puis des colonisateurs et des affairistes.

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 [1]

Si une part de l’extrême-droite nationaliste a pu effectivement se retrouver dans la résistance, elle n’était pas représenté au CNR car elle ne pouvait accompagner les objectifs de transformation sociale qu’il portait !

 

Au delà du Front National, quelles sont ces forces politiques de droite qui porteraient la sortie de l’euro et de l’UE à part Dupont-Aignant, qui reste marginal et rencontre le tout aussi devenu marginal « Chevènement ». Voilà bien un non évènement !

 

Le parti socialiste, les partis de droite sont complètement disqualifiés par leur ligne pro européenne qui les a conduits à voler, violer même, le Non de 2005 au peuple.

 

Si un Front doit se construire aujourd’hui en France, ce n’est pas à partir des « élites politiques » disqualifiées mais bien des forces sociales.

 

Il s’agit de construire l’unité du peuple, celle de ceux qui sont nés en France et ceux qui sont venus d’ailleurs, celle des ouvriers, des fonctionnaires, des techniciens, des Cdi avec les précaires… avec l’apport absolument nécessaire des intellectuels.

 

Et bien sûr, dans un tel rassemblement, la force des propositions de transformation sociale est essentielle.

 

Dans ce contexte, et quelle que soit sa faiblesse, nous pensons que la position du PCF sur l’euro et l’UE est déterminante et c’est pourquoi nous ne renonçons pas à la transformer !

 

Algérie, Europe et euro

 

Publié le 03/09/2015 à 10:51 par bezierspcf

 

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En Languedoc Roussillon les partisans de l’Algérie française sont particulièrement actifs ces temps-ci. Ainsi à Béziers est prévu pour le 12 septembre le congrès national de Veritas. Veritas ? C’est une association qui n’a pas encore intégré ce que le colonialisme a produit de souffrances sur les deux rives de la Méditerranée.

 

Carcassonne est programmée pour la mi-septembre une rencontre de la fédération du cercle algérianiste. C’est un peu dans le même registre. C’est tendance de s’apitoyer sur le sort des rapatriés et de faire abstraction de ce qu’ont subi les Algériens pendant 132 ans d’occupation et les appelés du contingent durant une guerre qui a duré plus de sept ans !

 

Perpignan notre ami Roger Hillel a été conduit à saisir la justice pour les propos violents tenus à son encontre dans le quotidien L’Indépendant de la part des nostalgériques qui refusent un débat serein sur des initiatives prises par une mouvance liée à Jean-Marc Pujol, le maire de la ville.

 

A Béziers c’était ces jours-ci l’anniversaire du meurtre de Jean Farret, assassiné le 1er septembre 2001 par un kamikaze qui avait perdu la raison. L’occasion de faire l’amalgame entre l’ensemble des musulmans et les terroristes qui se réclament de l’islam. A Béziers toujours il semble que sous l’égide de Ménard les cérémonies officielles en lien avec la douloureuse question de la guerre d’Algérie ne puissent avoir lieu que devant une stèle qui affiche les portraits de quatre tueurs de l’OAS dont l’un avait attenté à la vie du chef de l’état. Notre sous-préfet participe, apparemment sans état d’âme !

 

L’idéologie colonialiste avec son racisme et sa xénophobie se développe sur fond de crise. Une crise économique et sociale liée à la finalité d’une structure européenne au service du capitalisme. Cette idéologie est portée par l’extrême droite bien sûr mais pas seulement. La droite prétendue « républicaine » joue sa partition dans ce registre. On le voit avec le nouveau maire de Carcassonne, Pujol à Perpignan ou Couderc et Aboud à Béziers. La social-démocratie n’est pas en reste qui n’a pas de projet de rupture avec un système en fin de course.

 

Il me parait nécessaire d’avoir une réflexion plus critique sur la nature de l’UE et sur les dispositions financières prises par la BCE, le FMI, et la Commission de Bruxelles. Ne faut-il pas voir l’euro comme un moyen pour le monde de la finance de s’opposer aux politiques d’indépendance nationale qui pourraient se manifester ici ou là ? Cela n’éclaire-t-il pas l’impuissance de Syriza en Grèce ou de Podemos en Espagne ?

 

Naturellement refuser cette logique va de pair avec une condamnation des expéditions militaires entreprises en divers points de la planète, avec un soutien complice au colonialisme israélien, avec le risque de déclenchement d’une guerre en Europe, prenant prétexte de la situation ukrainienne, comme cela s’était produit au moment du démantèlement de la Yougoslavie. Oui, le capitalisme n’a rien à faire de la paix, ce n’est pas une solution à ses problèmes !  


Alors Jacques Sapir ne me conditionne pas, je pense par moi-même et j’exprime mon désaccord avec les illusions entretenues sur la possibilité de rendre l’Europe sociale ! Il me paraît que c’est de la responsabilité d’un parti révolutionnaire de ne pas biaiser avec cette donnée.

 

Jacques Cros

 

http://bezierspcf.centerblog.net/6579334-Algerie--Europe-et-euro

Yves Vargas : Jean Jacques Rousseau, l'avortement du capitalisme

 

Les éditions Delga

3 Septembre 2015

 

Nouveauté chez Delga (la meilleure maison d'édition en France)

 

http://editionsdelga.fr/

 

http://editionsdelga.fr/fete-de-lhumanite/

 

 

La dévaluation des « valeurs de la République »

 

, par  Pascal Acot

 

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La rentrée des classes 2015 commence mal. Ainsi la "circulaire de rentrée" datée du 3 juin a manifestement été écrite par des gens qui devraient revoir le programme de philosophie du baccalauréat plutôt que de parler à tort et à travers d’ "enseignement moral" et civique. Car s’il est un fait culturel qui ne doit pas et ne peut pas s’enseigner, c’est bien la "morale". Aucune honte toutefois à l’ignorer, sauf quand on fait partie des collaborateurs intellectuellement relâchés de la ministre de l’éducation nationale.

 

Qui, à partir du plus jeune âge, peut accepter sans broncher d’agir "moralement" sur ordre d’une personne investie du pouvoir d’ordonner ? Ou selon les préceptes contenus dans un livre "sacré" ? Ou selon les injonctions d’un "petit livre rouge" ? Ou plus simplement selon la bien-pensance dominante dans une société ? Personne, sinon sous la contrainte. Et cette contrainte, qu’elle soit institutionnelle, sociale, religieuse, liée à une personne ayant autorité et pouvoir de faire peur, voire de terrifier, transforme toute injonction qualifiée de "morale" en exercice malsain d’un pouvoir social : « Ce n’est pas bien de répondre à la maîtresse, tu feras des tours de cour ». Mais lorsque l’élève ne répond plus à la maîtresse, l’instituteur croit-il avoir fait progresser moralement l’enfant qu’il a auparavant humilié à la récréation ? Croit-il que la morale s’acquiert par l’humiliation ? Nietzsche disait que « Tout ce qui est humiliant est inhumain ». C’est dire que ce qu’on appelle "morale", c’est-à-dire la prise en compte en actes de la distinction entre ce qui est jugé bien ou mal, mérite qu’on y réfléchisse, au moins un peu. Faisons-le à la place des collaborateurs de Najat Vallaud-Belkacem.

 

L’enseignement de la morale est une négation de la moralité

 

On aura compris que la morale relève de la liberté des êtres humains. Certes, les injonctions morales ne viennent pas de rien. Elles sont liées aux valeurs dominantes des sociétés. Mais ce qui donne aux préceptes moraux leur importance, c’est que je peux souverainement les accepter, ou les refuser. Tout être humain a toujours cette possibilité. C’est sa liberté et c’est ce qui donne du poids à ses choix, quels qu’ils soient. Ainsi, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, et tout à l’honneur du corps enseignant, beaucoup de professeurs ont refusé l’usage politiquement dévoyé de la fameuse lettre de Guy Moquet. Il s’agissait pourtant déjà, pour le pouvoir de l’époque, de prétendre promouvoir des « valeurs de la République ».

 

Personne ne devrait se prêter à la moindre mascarade d’enseignement de la "morale", puisqu’il s’agirait d’une imposture. Ce serait, en outre, fort immoral... Dès lors, quel est le statut des fameuses « valeurs de la République » ? C’est simple : si elle ne viennent pas du ciel, elles proviennent plus ou moins lentement, plus ou moins brutalement de l’histoire. Et elles sont toujours décrétées, c’est-à-dire officialisées. Ce qui n’est jamais politiquement dépourvu de sens. Par exemple quand le maréchal Pétain remplace la devise révolutionnaire « Liberté, égalité, fraternité » par « Travail, famille, patrie », ce n’est pas innocent, on en conviendra.

 

2015 : Les valeurs de la République désormais accommodées en salmigondis

 

C’est également ce qui vient d’être fait sous l’égide de la ministre de l’Éducation Nationale. Sauf qu’on patauge dans un étrange salmigondis. Le renforcement de la transmission des valeurs de la République est abordé dans la partie II-2 de la circulaire de rentrée, publiée au Bulletin Officiel de l’Éducation Nationale (circulaire n°2015-085 du 3-6-2015). C’est également abordé ailleurs, comme par saupoudrage, mais on ne va quand même pas demander aux porte-plumes du gouvernement Hollande de savoir faire un plan.

 

Dans la foire à tout dont la fréquentation est infligée aux enseignants, on ne trouve pas les trois valeurs fondamentales de la République dont il a été question plus haut : « Liberté, égalité, Fraternité ». C’eût été structuré.

 

En revanche, on trouve pêle-mêle de bonnes intentions (« Agir contre les déterminismes sociaux et territoriaux », par exemple ; c’est sous le concept d’égalité ? Très bien mais un peu court). Cela dit, on cherche vainement les moyens mis en œuvre autrement que par d’habiles recompositions des dépenses. Quant à la « Charte de la laïcité à l’École », elle devra être signée par les parents « pour attester la reconnaissance par chacun de ses principes ». La morale, le civisme, sont donc obligatoires et c’est attesté par signature ! La morale obligatoire ! et ce sont à ces gens-là qu’on confie nos enfants ?

 

Ensuite, on trouve des étrangetés comme les « Semaines de l’engagement lycéen », les campagnes nationales de solidarité (comme la République n’a que faire d’être encombrée par les myopathes, c’est la charité du téléthon qui bouche les trous du financement de la recherche biomédicale). Il y a aussi les « commémorations patriotiques » ! Une idée qui demandera beaucoup de vigilance, néanmoins. L’éventualité de commémorations dévoyées est à considérer, non ?

 

« La prévention du racisme et de l’antisémitisme » fait partie des excellentes intentions contenues dans la circulaire. D’autant que des « associations qualifiées » seront partenaires de l’école. On espère que l’association France-Palestine solidarité ne sera pas écartée de ce combat et pourra populariser auprès des élèves l’importance de la nécessaire distinction entre antisionisme et antisémitisme.

 

Dans les nouvelles valeurs très "tendance" de la République, on observe « l’encouragement des projets d’ouverture sur l’Europe et le monde » et « (...) la mobilisation citoyenne (sic) de l’école contre le changement climatique ». Là, on s’étonne : être anti-européiste interdirait d’être républicain ? Quant au changement climatique, il aurait au moins fallu écrire « contre les effets du changement climatique » plutôt que de crétiniser les élèves en leur cachant qu’une part importante des facteurs du changement en question échappe totalement aux efforts des êtres humains car ils sont astronomiques : c’est vers une glaciation inéluctable que les planètes du système solaire nous dirigent (dans quelques dizaines de milliers d’années, il est vrai). En tout cas, des débats citoyens sur le sujet du réchauffement se tiendront pendant la « semaine du climat » afin de bien préparer les élèves à la conférence des Nations-Unies "Paris Climat 2015-COP 21", un titre qui ne veut rien dire, mais nous sommes habitués.

 

Restera-t-il du temps pour les matières fondamentales ?

 

Enfin, et c’est bien, il faudra lutter contre toutes les formes de discrimination et de violences. Là, il y a du pain sur la planche parce que la dotation en Tasers (500 €) voire en armes de poing classiques (1000 €) des polices municipales risque de poser des problèmes et l’alcoolisme raciste des contrôleurs au faciès, municipaux ou nationaux, continuera d’envenimer les choses.

 

Les luttes contre le harcèlement et l’homophobie auront toute leur place dans l’éventail des activités... scolaires ? Certes. On espère toutefois qu’il restera un peu de temps pour la littérature, le calcul matriciel, la musique de Mozart, les visites de musées et les voyages scolaires. Pardon, il n’y a plus beaucoup de voyages scolaires, sécurité oblige, mais cette réduction obligée des demandes permet de respirer financièrement (avec tous ces porte-hélicoptères de guerre invendus, on s’inquiétait pour le budget de l’Éducation...)

 

« Les Réservistes de la République », dernière tarte à la crème du ministère

 

« La réserve citoyenne de l’éducation nationale constitue une forme d’engagement individuel bénévole ». Une nouveauté ? Oui, bien sûr : nous sommes en présence de volontaires qui vont se poser en gardiens de l’orthodoxie républicaine. C’est nouveau, car il existe depuis longtemps des bénévoles, souvent retraités, qui passent de longues fins de journée à « l’aide aux devoirs ». Authentiques pédagogues et pas donneurs de leçons "républicaines", mais simplement enseignants sincères et bénévoles, portés dans cette activité par le respect de leurs élèves, l’amour de la culture et de la vérité.

 

Saluons ces héritiers des "Hussards de la République". Les autres comprendront bien assez tôt quels intérêts ils ont servi...

 

Pascal Acot

Voir en ligne : Sur le site d’Action Communiste Haute-Normandie

Gerardo HERNÁNDEZ, l’un des 5 héros cubains, en visite sur le stand du PRCF à la Fête de l’HUMA, le 13 septembre à 11h30

 

Venez à sa rencontre, dimanche 13 septembre à 11h30 !

 

Gerardo HERNÁNDEZ, l’un des héros cubains emprisonnés aux USA libérés en décembre 2014, sera accueilli sur notre stand, dimanche 13 septembre à 11H30.

 

Photo Cubasi.cu Gerardo Hernandez & René Gonzalez

Photo Cubasi.cu René Gonzalez et 

 

René Gonzalez sur le stand du PRCF

René Gonzalez et son épouse en visite sur le stand du  pendant la fête de l’Huma 2014

 

Stand PRCF Fête HUMA

Stand PRCF Fête HUMA

PROGRAMME

 

Vendredi 11 Septembre 13h, inauguration du Stand

16h : débat JRCF concernant la situation de la Jeunesse, en présence des artistes

 

Samedi 12 Septembre

14 h30, Débat avec les Amis des républicains espagnols : La 3ème République ? Quel avenir pour l’Espagne et pour la solidarité militante franco-espagnole ?

 

17 h, meeting international avec MM les Ambassadeurs de Cuba et du Venezuela, Le représentant du Parti SADI du Mali et d’autres invités.

 

A l’issue du meeting, débat avec Marianne Dunlop et Danielle Bleitrach sur le livre « URSS, 20 ans après » , suivi d’une vente-signature.

 

Dimanche 13 Septembre

 

14 h 30, débat politique : sortir de l’UE atlantique et de l’euro par la porte à gauche, utopie ou unique voie réaliste pour le socialisme ?


Samedi 12 Septembre

14 h30, Débat avec les Amis des républicains espagnols : La 3ème République ? Quel avenir pour l’Espagne et pour la solidarité militante franco-espagnole ?

 

Avec Rose-Marie Serrano de l’association ARE (Amis des Républicains espagnols en région parisienne),

Manuel Ruiz Robles, représentant à Paris de ANEMOI(collectif de militaires espagnols républicains),

, de l’AABI, parlera des Brigades Internationales

Beatriz Sainz Ramos,secrétaire de « Republicanos de Cantabria » et de la Plateforme Citoyenne de Cantabria pour la III République

Javier Ruiz, secrétaire de la http://www.fundaciondomingomalagon.orgFondation Domingo Malagón

Javier Moreno, président du http://www.foroporlamemoria.es/pl.php%3Fid=529Forum pour la Mémoire démocratique

pour le livre « Franco la muerte » (Ed. Arcanes)

Ricardo Monserrat,romancier, dramaturge, fils d’antifascistes catalans

  • Le PRCF

Drapeau républicain espagnol


LOGO_PART_COM_CUBANO. PCC cuba

17 h, meeting international en présence de :

Monsieur l’Ambassadeur de Cuba, accompagné d’un représentant du PC de Cuba

Monsieur l’Ambassadeur de la République bolivarienne du Venezuela

Vincent Flament pour le CISC (Comité Internationaliste pour la Solidarité de Classe)

Le représentant du Parti Sadi en France (Solidarité Africaine pour la Démocratie et l’Indépendance – MALI), M. Mohamed Diarra

Le FPLP (à confirmer)

Le PC Libanais (sous réserve)

 pour le PRCF

 

A l’issue du meeting, débat avec Marianne Dunlop et  sur le livre « URSS, 20 ans après » Editions DELGA, suivi d’une vente-signature.

Delga-URSS-20-ans-après-bleitrach-dunlop

Dimanche 13 Septembre

 

14 h 30, débat politique : sortir de l’UE atlantique et de l’euro par la porte à gauche, utopie ou unique voie réaliste pour le socialisme ?

 

Jean-Luc Pujo, président des Clubs « Penser la France », initiateur d’un appel pour un nouveau CNR

Marie-Christine Burricand, conseillère générale du Rhône, animatrice du Réseau « faire vivre et renforcer le PCF »

Stéphane Sirot, historien du syndicalisme

Un responsable du Front syndical de classe

Un responsable du Parti de gauche (à confirmer)

Georges Gastaud, secrétaire national du PRCF, philosophe

 

Puis vente et signature des livres récents parus chez DELGA d’Annie Lacroix-Riz, Georges Gastaud, etc .. et Léon Landini dont le livre paraît pour la Fête de l’Huma..

 

Aux origines du carcan européen (1900-1960) Annie Lacroix-RizMarxisme Universalisme Gastaud-580x850


Léon landini, Réponse à Michel Onfray et autres textes sur la Résistance et l'engagementLéon landini, Réponse à Michel Onfray et autres textes sur la Résistance et l’engagement

 

Animation culturelle 

Vendredi 11 Septembre
14h : concert Rap / Hip-Hop
18h : concert Rap / Hip-Hop
21h : concert Rap / Hip-Hop
 
Samedi 12 Septembre
21h : concert Rap / Hip-Hop*
 
Dimanche 13 Septembre
Michel Lebourg
 
Michel Lebourg
   Intervenants Rap / Hip-Hop

Rap-HipHop

En permanence,

Vente-diffusion au stand d’INITIATIVE COMMUNISTE, mensuel du PRCF, d’ETINCELLES, revue théorique marxiste-léniniste, drapeaux, insignes, etc.

 

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Table du Comité de Solidarité Internationaliste pour la Solidarité de Classe : solidarité avec Cuba, avec Mumia, avec les communistes persécutés et interdits à l’Est de l’Europe…

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Matériel du COURRIEL, association internationaliste pour la résistance linguistique au tout-anglais

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En permanence :

Bar, Restauration légère, Menu rapide, Mojito des JRCF de soutien à CUBA

 

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Huma 2014 Annie JClaude Sylvie  Huma 2014 Jo José

OÙ NOUS TROUVER ?

Notre adresse : Stand PRCF n° 156, avenue Woody GUTHRIE

 

Nous sommes entre les stands de la CGT et de la Haute Vienne, à gauche de la scène Zebrock et de la place Georges Moustaki, face à la Halle Nina Simone.

 

Huma 2015 Woody-Guthrie

Huma 2015 Woody-Guthrie

Les objectifs d’un front uni, les classes qui le constituent et sa direction...

 

, par  Xuan

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A quelques mois des élections régionales, toutes les formations bourgeoises sont en train de s’étriper, et la peur du peuple n’y est probablement pas pour rien, car elles sont tellement discréditées que le parti le plus plébiscité est celui de l’abstention.

 

Le coup de force franco-allemand en Grèce a éveillé les esprits sur les rapports de domination et d’oppression au sein de l’Europe, sur la nature dictatoriale de la démocratie bourgeoise et de ses institutions nationales et européennes.

 

Sapir précise son projet de front uni anti européen dans son blog : A nouveau sur les « fronts »

 

Reconnaissons-lui le mérite d’aller au bout de sa démarche en définissant à la fois les objectifs de ce front uni, les classes qui le constituent et sa direction.

 

L’objectif du front uni

 

Sapir écrivait dans Sur la logique des “fronts”

 

« Toute réflexion sur la stratégie politique s’enracine dans une analyse de la période tant politique qu’économique. Celle que nous vivons a pris naissance dans le basculement qui s’est produit dans les années 1970 et 1980 et qui a produit la financiarisation du capitalisme. Non que la finance ait été chose nouvelle. Mais, à travers les processus d’innovations financières qui se sont développés à partir de 1971-1973, la finance s’est progressivement autonomisée des activités productives dans une première phase, puis elle s’est constituée en surplomb par rapport à ces dernières. »

 

Marx signalait déjà le rôle dominant du capital financier, mais parler d’autonomisation est abusif. Si le capital financier siphonne le capital industriel, il n’y a donc pas d’autonomie entre les deux.

 

Puis il reste à démontrer que le capital financier soit capable de créer par lui-même de la plus-value et non de la bulle spéculative.

 

Enfin le circuit de ce capital financier ne s’arrête pas aux métropoles occidentales et à leur désindustrialisation, mais peut se nourrir de plus-values créées dans les pays émergents. Ce qu’on appelle finance mondialisée recouvrant à la fois le capital financier des états impérialistes et celui des pays devenus indépendants.

 

Je souligne aussi cette phrase parce qu’elle introduit en filigrane une autre autonomie de la finance. Désignée ainsi elle ne s’appelle plus BNP, Société Générale, Bundesbank, Axa et Cie, mais se constitue en surplomb par rapport aux nations, cosmopolite ou apatride selon certains slogans des années 30, ou mondialisée aujourd’hui, ce qui revient strictement au même.

 

Il vient – et c’est le propos de Sapir - que cette finance, prétendument détachée de tout intérêt national, constitue une menace pour la nation à travers les institutions européennes, elles-mêmes supranationales, à la rigueur allemandes, mais pas françaises en tous cas.

 

Par la même occasion, le capitalisme et l’affairisme français disparaissent du champ de vision, alors que les monopoles français sont le numéro deux du binôme dictatorial qui domine l’Europe, celui-là même qui a bafoué la démocratie grecque. Ce sont les monopoles français qui ont obtenu que l’on maintienne la Grèce dans les serres des usuriers, en s’opposant au grexit souhaité par l’Allemagne.

 

De cette distorsion des faits découlent les objectifs et la nature du front qu’il préconise.

 

Selon Sapir notre ennemi principal est un capitalisme supranational, contre lequel toutes les forces devraient se tourner.

 

Et l’objectif du Front Uni – après la sortie de l’euro – est une réédition du CNR.

 

« Il faut donc non pas se limiter à la seule destruction de l’Euro (qui est un préalable indispensable) mais aussi penser ce qui pourrait accompagner cette destruction et la reconstruction qui suivra. »

(…)

 

« la meilleure analogie pourrait être avec le programme du CNR qui ne visait pas seulement à la libération du territoire mais posait aussi des objectifs de réformes importants de la société française. »

 

De notre point de vue, notre ennemi principal est la bourgeoisie monopoliste française et notre but est son renversement pour établir une société socialiste. Ce combat se déroule dans le cadre des institutions européennes et des alliances impérialistes comme l’OTAN auxquelles notre bourgeoisie a souscrit.

 

Par là-même notre combat soutient celui des BRICS contre l’impérialisme occidental, ainsi que les luttes des peuples d’Europe contre la domination franco-allemande.

 

Sur ce point il convient de distinguer les pays européens dominés et ceux dominateurs comme le notre, et ne pas confondre la France et la Grèce, ce qui n’exclut nullement la concurrence pour le leadership entre la France et l’Allemagne, ni les déséquilibres entre ces deux puissances impérialistes.

 

Les accords impérialistes européens et atlantistes doivent être abolis, faute de quoi aucun progrès n’est possible. Mais seul le socialisme peut briser le carcan de la dictature européenne dans des conditions favorables aux masses populaires.

 

Qu’il s’agisse de la révolution prolétarienne ou de la sortie de l’euro, il n’y a pas d’autre issue que des mesures dictatoriales et de salut public à l’encontre des actionnaires, de la fuite des capitaux, et autres tentatives de sabotage bien prévisibles : la dictature du prolétariat.

 

Les alliances de classe dans le front

 

Concernant les alliances de classes dans ce front uni, Sapir prend prétexte de l’expérience chinoise pour justifier la création d’un front uni au-delà du cercle des amis, c’est-à-dire jusqu’à Nicolas Dupont-Aignan, et à l’exclusion du Front National :

 

L’alliance du Parti Communiste chinois avec le Guomindang dans le « front uni antijaponais » (1936-1937 à 1945) est au contraire un exemple de cette logique des « fronts de libération nationale » et avait impliquée que les communistes dissolvent (du moins formellement…) la « République Soviétique Chinoise » qu’ils avaient constituée […]

 

Contrairement aux analyses de Trotski, des « fronts » larges, non limités à la formule du « front unique ouvrier », ont pu obtenir des victoires significatives, que ce soit dans la seconde guerre mondiale ou dans la période des luttes anticoloniales. Il est d’ailleurs significatif que le mouvement trotskiste se soit déchiré après-guerre quant à l’analyse des différents fronts de libération nationale.

 

C’est donc implicitement à cette expérience générale, celle de la seconde guerre mondiales et des mouvements anticolonialistes, que fait référence la formule de Stefano Fassina. Inversement, ceux qui contestent la formule politique même du « front » devraient nous dire s’ils reprennent à leur compte l’analyse de Léon Trotski et comment ils intègrent la critique par la réalité de cette dite théorie.

 

Rappelons que l’alliance du Parti Communiste chinois avec le Guomindang dans le « front uni antijaponais » faisait partie intégrante du Front uni mondial antifasciste. La seconde guerre sino-japonaise fut aussi une des conséquences du massacre de Nankin, où l’armée japonaise extermina des centaines de milliers de civils chinois et de soldats du Guomindang désarmés, dans des atrocités sans nom.


Ce Front Uni anti japonais reposait sur une analyse de classe dans laquelle Mao Tsé-toung avait défini la bourgeoisie nationale comme un allié temporaire et inconséquent dans la révolution de Démocratie Nouvelle, parce qu’elle pouvait s’opposer au féodalisme et au colonialisme. (Section 4. Les forces motrices de la révolution chinoise – la bourgeoisie)


Mao Tsé-toung expliquait également qu’après octobre 1917, la révolution démocratique bourgeoise dans les pays semi coloniaux et semi féodaux avait pris un caractère nouveau :

 

« Cependant, la révolution démocratique bourgeoise en Chine a subi une transformation depuis l’éclatement de la Première guerre impérialiste mondiale en 1914 et depuis la fondation d’un Etat socialiste sur un sixième du globe par suite de la Révolution russe d’Octobre en 1917.

 

Avant ces événements, la révolution démocratique bourgeoise de Chine appartenait à la catégorie de l’ancienne révolution démocratique bourgeoise mondiale ; elle faisait partie de l’ancienne révolution démocratique bourgeoise mondiale.

 

Depuis ces événements, la révolution démocratique bourgeoise de Chine est passée à la catégorie de la nouvelle révolution démocratique bourgeoise ; et sur l’ensemble du front de la révolution, elle fait partie de la révolution socialiste prolétarienne mondiale. »


Démocratie Nouvelle 4. La révolution chinoise est une partie de la révolution mondiale]

 

Or la révolution démocratique bourgeoise a déjà eu lieu dans en France bien avant le tournant de 1917. Il n’existe aucune bourgeoisie grande ou moyenne dans notre pays qui corresponde à cette bourgeoisie nationale, et qui puisse encore jouer un rôle progressiste en s’opposant même de façon inconséquente aux monopoles industriels et financiers.


Ce sont ces derniers qui font le choix de se placer sous l’aile des USA, ou de se rapprocher des BRICS, et uniquement en fonction d’intérêts impérialistes.

 

Par exemple peut-on prétendre que le capitalisme industriel puisse jouer un rôle progressiste aujourd’hui, alors qu’il est à l’origine de l’extorsion de la plus-value, qu’il a atteint le stade du monopole et que ses liens avec le capital financier relèvent des relations familiales, voire du mariage consanguin dans le CAC 40 ?


La théorie de la prétendue autonomisation du capital financier n’a-t-elle pas pour fonction de réhabiliter le capital industriel, en dressant des parois étanches fictives entre l’un et l’autre ?


En réalité, capital industriel, financier et commercial se transforment l’un en l’autre dans le process de circulation. Cette loi n’a pas changé et ne changera pas avec le socialisme, qui ne supprimera ni le capital, ni une de ses formes, mais l’exploitation capitaliste.

 

Il existe cependant des contradictions entre les monopoles capitalistes d’une part, les TPE et PME d’autre part, notamment dans les marchés de sous-traitance. Mais au même titre que les exploitants agricoles et les artisans, les patrons des TPE et PME, qui se défendent en réclamant la baisse des salaires, n’ont pas vocation à diriger l’économie de notre pays, ni à jouer un rôle progressiste.

 

Les alliances de classes (et non les alliances entre groupes et partis à moins de les considérer avant toutes choses comme des représentants de classes et de catégories sociales), concernent donc pour nous les classes et catégories sociales qui ont un intérêt matériel à s’affranchir du capitalisme monopoliste.

 

Par exemple les paysans modestes, ruinés ou quasi salarisés, les marins-pécheurs, les petits commerçants, les artisans, les employés, les techniciens, etc. tel est notre Front Uni.

 

Lorsque ces catégories intermédiaires s’opposent aux règles anti populaires édictées à Bruxelles, nous devons dénoncer la responsabilité de notre bourgeoisie comme partie prenante et co-responsable de ces décisions dans le cadre européen. La lutte contre les accords européens et pour le socialisme sont intimement liés.

 

La direction du front uni

 

Selon Mao Tsé-toung et le PCC, le Front Uni anti-japonais devait être placé sous la direction du parti communiste et de la classe ouvrière :

 

« La révolution démocratique est la préparation nécessaire de la révolution socialiste, et la révolution socialiste est l’aboutissement logique de la révolution démocratique.


Le but final de tout communiste, et pour lequel il doit lutter de toutes ses forces, c’est l’instauration définitive d’une société socialiste et d’une société communiste. 


C’est seulement après avoir bien compris la différence et la liaison entre la révolution démocratique et la révolution socialiste que l’on peut diriger correctement la révolution chinoise.

 

Seul le Parti communiste chinois, et aucun autre parti (bourgeois ou petit­-bourgeois), est capable de conduire jusqu’à leur terme ces deux grandes révolutions : la révolution démocratique et la révolution socialiste. Dès le jour de sa fondation, le Parti communiste chinois s’est chargé de cette double tâche, et depuis dix­-huit ans, il lutte avec acharnement pour l’accomplir. »

 

[section 7] [la révolution chinoise et le parti communiste chinois]

 

Sapir ne retient que ce qui l’intéresse, au point de prendre le contre-pied de l’exemple chinois dont il prétend s’inspirer :

 

On discerne immédiatement qu’aucun parti ou mouvement ne pourra à lui seul porter le programme concernant « l’après ».

 

Dans ces conditions un front uni sans direction de classe est un front uni inévitablement abandonné à la direction de la classe dominante, étiquetée gaulliste ou souverainiste pour l’occasion.


En France, les catégories intermédiaires ont naturellement tendance à promouvoir l’anarchisme petit-bourgeois ou le réformisme, et passent de l’un à l’autre pour se retrouver dans les filets de la grande bourgeoisie. L’histoire de mai 68 à ce jour l’a amplement démontré, et le parcours de Libération est emblématique. Elles ne peuvent pas prendre la direction d’un changement de société, ni d’une révolution informationnelle que conduit finalement la classe dominante, et leur intérêt bien compris est de soutenir le combat de la classe ouvrière pour renverser le capitalisme et établir une société socialiste.

 

On discerne immédiatement que seule la classe ouvrière, et son parti indépendant des autres formations bourgeoises, peut mener à son terme toute forme d’alliance de classe adaptée à son objectif révolutionnaire. L’histoire du mouvement ouvrier montre que les révolutions prolétariennes ont réussi lorsque la classe ouvrière a pris la direction d’un front uni accordé aux conditions du pays et du moment, celui de la révolution démocratique défini par Lénine dans « deux tactiques de la social-démocratie dans la révolution démocratique », et celui de la révolution de « Démocratie Nouvelle » anti féodale et anti coloniale, défini par Mao Tsé-toung.

 

A l’inverse les alliances de classe avec un parti de la bourgeoisie (gaulliste ou socialiste) - et sous la direction de l’Etat bourgeois -, destinées à arracher des réformes dans le cadre du capitalisme n’ont pas permis de progresser vers le socialisme, car elles ont été rompues, parfois avec le sang des grévistes, et leur bénéfice matériel pour les masses détruit à plus ou moins long terme.

 

Il en ressort que le Front Uni défini par Sapir va à l’opposé de la révolution prolétarienne, tant pour ce qui concerne ses buts, ses alliances de classe et sa direction.

 

Les priorités

 

A propos de cette indispensable direction, ceci n’a un sens que si le parti de la classe ouvrière, son parti communiste « indépendant des autres formations bourgeoises » a pour but le socialisme et à terme la société sans classe communiste. Ce parti doit se fixer pour objectif le renversement du pouvoir bourgeois des monopoles, la dénonciation des accords et des alliances impérialistes, l’établissement d’une nouvelle forme de démocratie pour le peuple, assortie des mesures de rétorsion adéquates contre les anciennes classes exploiteuses.

 

Or un tel parti n’existe pas.

 

Il n’existe pas à l’extérieur du PCF et ce dernier ne remplit pas non plus les conditions pour conduire une telle révolution.

 

Notre priorité est justement de reconstituer ce parti révolutionnaire, à la fois de l’intérieur et de l’extérieur du PCF.

 

Plusieurs groupes et organisations mettent aujourd’hui l’accent sur l’unité des marxistes-léninistes et la nécessité du parti. Il faut faire la part des postures parfois encore ankylosées par des décennies de sectarisme, l’essentiel est cette volonté de nous unir. « Là où il y a oppression il y a révolte », la classe ouvrière reconstituera inévitablement son parti.

La foire aux parachutes dorés et comment les supprimer

 

Publié le 2 Septembre 2015

Pour faire avancer le débat

et se sortir de la fatalité

 

La foire aux parachutes dorés et comment les supprimer

La rémunération des patrons des grands groupes fait débat (La Canaille, il en est fier fut dès le 30 aout un des premiers à informer sur le scandale Alcatel Lucent http://canaille-le-rouge.over-blog.com/2015/08/le-capital-c-est-capital.html ).

 

Au bas de cette p@ge vous trouverez une infographie (excellente) de l'Huma à propos des rémunérations des patrons des grosses boites du CAC à rentes qui rarement n'a aussi bien porté son nom.

 

Ces éléments appellent cependant non seulement des observations mais exigent débats.

 

Déjà un point : si pour un seul des leurs, les actionnaires sont capables dans la durée de distraire de telles sommes, reconduites pour chacun des concernés avec des hausses astronomiques, sans que cela ne les conduisent, eux, aux restos du coeur, c'est dire le montant disponibles et de combien chacun d'eux se gavent chaque année.

 

Ces sommes, expression des profits réalisés, sur qui et comment sont-elles extorquées ? Pour qui professe référence à l'idée communiste, depuis plus de 150 ans nous savons que c'est sur le travail des salariés, lesquels sont de plus maintenant dans sa nouvelle phase d'activité mondialisée la variable d'ajustement du taux de profit que pilote toutes les réorganisations du capital ; ce qui explique le tournant sémantique opéré il y a deux décénies pour transformer les directions du personnels des entreprises en "pôle des resssources humaines" (au moments où les mêmes transformaient les usagers des services publics en clients).

 

Une ressource, on l'exploite, puis après l'avoir épuisé on se sépare des déchets, scories et autres emballages qui ont pour nom salaire, protection sociale, santé etc. rapportés à l'idée de baisse des charges (pour drainer vers le profits la part socialisée des salaires et aides fiscales pour abonder les coffres tels le CICE et autres cadeaux fiscaux). Tandis que du personnel, cela a des droits contenu entre autre dans des lois appelées code du travail (le Berger orange des propriétaires de ressources humaines dit  ce matin « Le code du travail est illisible »). Quand donc les travailleurs vont-ils décider de rendre inaudible ce Berger kapo du MEDEF et de la CGPME?

 

Et c'est de cela qu'il faut parler. Or depuis des années les conditions de cette extorsion ne sont plus le fond de réflexion d'un journal qui pourtant avait été créé pour permettre ce combat frontal contre le capital et ses serviteurs.

 

Dire que les patrons ont des salaires indécents (ce qui est vrai) mais n'en rester que là conduit à valider l'idée qu'avec des salaires moins pharaoniques leur présence serait légitime tout comme l'est alors l'AG des actionnaires qui empôchent le bénéfice d'un travail que ceux-ci n'ont jamais réalisé. C'est la reprise de la vieille idée réactionnaire "des patrons il y en a toujours eu et il y en aura toujours" familière historiquement dans les colonnes du Figaro, mais qui s'installe dans celle du Journal des Jaurès, Péri, Cachin, Andrieu, Cabanes. 

 

C'est la question de fond de la subversion du capital pour sa suppression en tant que mode de fonctionement des sociétés humaines qui n'est plus posée par l'Humanité.

 

Comme le titre dispose d'une société des lecteurs (avec quel pouvoir sur la ligne éditoriale ?), tous ont-ils abandonné l'idée de transformer la société ? Cette "société" n'est-elle seulement qu'un hochet pour amuser l'avant scène ? A voir le silence sur ces questions de fond, on peut penser que oui.

 

A la veille de la fête d'un journal où le sociétal à pris le pas sur le social et où le combat politique se résume à vouloir modifier les institutions que le capital a installé au plan européen, on comprend pourquoi Lagardère (et ses co-insvestisseurs des émirats présents dans le tour de table de son Capital) ne se sentent pas menacés.

 

La foire aux parachutes dorés et comment les supprimer

Rédigé par Canaille Lerouge

Réflexion rapide entre deux colis à propos des « Fronts »

 

02 Septembre 2015
 

Je viens de lire : la logique des fronts de Jacques Sapir, il a au moins le mérite de dire l’essentiel, à savoir que l’on choisit entre le socialisme ou une union des contraires en vue de l’émancipation nationale et il oppose de fait les illusions trotskistes à la nécessité historique représentée par diverses expériences historiques dans lesquelles on retrouve les partis communistes.

 

C’est séduisant mais complétement erroné…

 

Il n’a pas tort en ce qui concerne les illusions trotskistes qui justement actuellement se combinent très bien avec les expériences anti-impérialistes les plus suspectes… Mais il reste lui aussi marqué par la période qui privilégie les hommes providentiels pour éviter la question de la démocratie, c’est-à-dire une organisation capable de donner toute sa force aux victimes de cette crise du capital.

 

Je n’ai pas le temps de développer tant je suis débordée mais je crois que l’on gonfle les dites expériences, par exemple celle du gaullisme et des communistes. Le gaullisme a été à l’origine de tous les problèmes rencontrés aujourd’hui y compris l’abominable constitution, l’alliance franco-allemande et atlantique… Son seul but a été la réduction du PCF, la fin de toute hypothèse socialiste pour la France… Dans un temps où la bourgeoisie nationale cherchait à se refaire une vertu…

 

Autre chose dite rapidement : Syriza et la Grèce sont la dernière expérience en date d’un Front tel que l’entend Sapir : sauver la nation sans recourir à des choix socialistes…

 

Quand je serai sortie de ce foutu déménagement je pourrais coucher sinon sur le papier au moins sur la page du blog quelques réflexions favorisées par cet harassant travail manuel, mais disons qu’il faut se garder comme la peste des fausses solutions qui ne cherchent qu’à poursuivre l’idée de destruction d’une force réellement communiste c’est-à-dire capable d’unir internationalisme et souveraineté sur des bases de classe antimonopoliste.

L’électoralisme ambiant autant que l’incapacité à construire cette force donne son seul crédit à cette manière d’aller dans le mur… Aussi révolutionnaire que les pitreries d’un Montebourg…

 

Danielle Bleitrach

Il est vrai que toute la réflexion actuelle tente d’éliminer cette dimension de classe. Mais si on note que la migration qui grandit est actuellement celle des « élites », par exemple les Syriens, des gens formés dans leur pays avec de hauts niveaux de qualification, qui dit que c’est un drame pour la Syrie que cet exode, drame qui ne fait que prolonger et accroître la destruction du pays et son sous-développement, une stratégie qui est celle des pays occidentaux et de leurs alliés saoudiens.

Dernière minute

 

01 Septembre 2015
 

Je suis en plein déménagement, peintures et travaux dans mon nouveau logis… La rentrée scolaire des petits-enfants, les problèmes amoureux de l’aîné qui a terminé aux urgences dans le coma parce qu’il ne supporte plus la pression de sa copine, des conneries d’ado mais que j’ai du mal à pardonner à ce garçon pourtant intelligent… Ma mère toujours heureuse dans sa maison de retraite mais pour qui des problèmes buco-dentaires prennent des allures d’apocalypse qu’il faut régler dans l’instant. Hamid mon seul soutien, l’adulte responsable et efficace, un des rares que je connaisse, qui doit d’urgence se soigner à cause d’un ganglion… le tout tandis que je remplis des cartons… Je suis prête à tout jeter c’est d’ailleurs ce que j’ai fait pour bon nombre de revue et de papiers, je passe aux meubles usagés vers la déchetterie… La terrasse qu’il faut continuer à arroser pour lui conserver sa luxuriance et le chat qui vit ses derniers instants de bonheur avec sa grasse et poilue amoureuse.

L’idée d’aller à la fête de l’Humanité dans un tel contexte me parait de l’ordre de l’onirique… J’ai à peine le temps de me tenir au courant et j’attends de voir les réactions à cette fête, les militants présents vont-ils se faire avoir par cette danse du ventre devant les élections régionales? En filigrane cet exode terrible et provoqué par l’inconséquence occidentale, la vision atroce de ce camion bourré de femmes, d’enfants, d’hommes étouffés me fait penser  à ces camions dans lesquels les nazis gazaient leurs victimes juives sur les routes de l’Ukraine… Je me dis jusqu’où irons- nous dans le retour à l’horreur?

Mais j’y serai et j »espère que cela inaugurera d’autre temps.

 

Danielle


Il existe à jamais en moi (et c’est pour cela que j’ai écrit ce livre sur le nazisme jamais éradiqué) de ce temps où personne ne voulait de moi… Alors que chacun savait que la mort était la seule issue pour les miens, mes grands parents trouvèrent néanmoins refuge à Cuba et ils finirent leur jours comme Cubains… On les appelait les « Polaks »…

 

En 1939, quasiment au moment de ma naissance l’Amérique fermait ses frontières à 937 réfugiés juifs, non seulement l’Amérique mais sa colonie qu’était alors Cuba… gouverné par des dictateurs à sa solde, la mafia y tenant son quartier général…

À l’heure où l’Europe ferme ses frontières aux réfugiés, il est bon de se rappeler cet épisode de 1939 où un bateau de plus de 900 réfugiés juifs fut prié de retourner en Europe, sous le régime nazi.

 

Le 13 mai 1939, le Saint-Louis, paquebot transatlantique allemand, quitte le port de Hambourg. À son bord, 937 passagers. La grande majorité d’entre eux sont des juifs allemands fuyant le Troisième Reich.

 

Persécutés–quelques mois auparavant avait lieu la Nuit de Cristal, pogrom où une centaine de juifs furent assassinés–, ils ont réuni l’argent nécessaire pour un visa et un aller simple sur le Saint-Louis dans l’espoir de trouver refuge en Amérique.

Réfugiés d’Allemagne nazie embarqués sur le Saint-Louis | US Holocaust Memorial Museum

 

Mais, alors que leur paquebot appareille dans le port de la Havane, les autorités cubaines ne les autorisent pas à débarquer. Hostile envers les juifs, «le pays souffrait en plus d’une dépression économique et beaucoup de Cubains n’appréciaient pas du tout le nombre relativement grand de réfugiés […], qui étaient perçus comme des concurrents pour les rares emplois», rapporte l’Encyclopédie multimédia de la Shoah. Seuls vingt-neuf d’entre eux sont autorisés à rester sur le sol cubain.

 

Quotas de réfugiés

 

Un câble est envoyé au président Franklin D. Roosevelt, lui demandant de leur accorder l’asile. Il ne reçut jamais de réponse

Après Cuba, le Saint-Louis tente sa chance aux États-Unis. Le bateau navigue si près des côtes de la Floride que les passagers aperçoivent les lumières de Miami. Un câble est envoyé au président Franklin D. Roosevelt, lui demandant de leur accorder l’asile. Il ne reçut jamais de réponse.

Passagers bloqués au port de La Havane | via Wikimedia Common (domaine public)

 

À l’époque, la presse américaine s’est largement fait l’écho de la situation critique des passagers du Saint-Louis. Mais l’Acte d’immigration de 1924, mis en place aux États-Unis, limitait le nombre de réfugiés pouvant être admis chaque année. À l’été 1939, le quota était déjà atteint.

 

Les Américains, quoique compatissants vis-à-vis des réfugiés et indignés par la politique du régime nazi, soutiennent ces restrictions à l’immigration. La crise économique de 1929 venait de passer par là, laissant des millions d’Américains au chômage, et l’arrivée d’immigrés était vue comme une menace sur les derniers emplois disponibles.

 

Souvenir honteux

 

Le Saint-Louis a dû faire demi-tour pour l’Europe, alors sous la botte nazie. Beaucoup de ses passagers furent victimes des camps, comme les membres de cette famille, tous tués à Auschwitz, rapporte le site News:

 

Le Saint-Louis a dû faire demi-tour pour l’Europe, alors sous la botte nazie. Beaucoup de ses passagers furent victimes des camps

Une famille pose sur le pont du Saint-Louis | United States Holocaust Memorial Museum

 

Le souvenir honteux du paquebot Saint-Louis, désormais immortalisé dans les musées de l’holocauste à travers le monde, n’est pas sans rappeler la situation critique de l’Europe.

 

La Méditerranée est devenue un cimetière marin, avec plus de 30.000 migrants morts depuis 2000 lors du naufrage de leur embarcation, tandis qu’à Calais les réfugiés tentent de forcer l’entrée du tunnel sous la Manche au péril de leur vie. Pendant ce temps, les pays européens hésitent sur la marche à suivre pour gérer cet afflux de migrants et de réfugiés fuyant la guerre dans leur pays.

 

Faut-il leur ouvrir toutes grandes les portes de l’Europe? Faut-il se protéger avec encore plus de barbelés? L’opinion oscille entre bonne volonté utopique et xénophobie voilée. Il n’existe aucune solution simple, mais conclut le site Project Syndicate, « se rappeler du sort des juifs d’Europe dans les années 1930 devrait au moins nous obliger à ne pas faire preuve d’indifférence envers le sort de ceux qui n’ont nulle part où aller ».

Six caractéristiques fondamentales d’un parti communiste. Texte d’Alvaro Cunhal (2001), ancien secrétaire général du Parti Communiste Portugais

 

1 Septembre 2015 , Rédigé par Réveil Communiste

 

Sur lepcf.fr, publié le 12 juillet 2012.

Alvaro Cunhal, dirgeant historique du PC portugais, 1913-2005 (ndrc : ce texte indique le point de départ, non le point d'arrivée de la discussion actuelle). signalé par Pascal Brula

 

Texte rédigé pour le meeting international “Force et actualisation du marxisme”, organisé par la fondation Rodney Arismendi à Montevideo le 15 septembre 2001. (Traduction PB pour Lepcf.fr)

 

1 - Le mouvement communiste, bilan et perspectives

 

Le XXe siècle sera éternellement marqué par la révolution russe de 1917, par le pouvoir politique du prolétariat et par la construction durable, pour la première fois dans l’histoire, d’une société sans exploiteurs ou exploités.

 

Avant il y avait des insubordinations, des rébellions et des révoltes, par les esclaves, les serfs, et par les classes exploitées et opprimées. Mais en aucun cas ces luttes avaient pour but (ou même accepté la possibilité) de construire une nouvelle société de libération.

 

Les mensonges de l’historiographie officielle, les grossières et diffamatoires campagnes anticommunistes, ainsi que le déni par certains de leur propre passé, rend nécessaire pour les communistes de rappeler ce qu’a été et ce qu’a signifié la révolution russe de 1917 et la construction de l’Union soviétique. Pour rappeler et justifier le fait que c’est le principal événement historique du XXème siècle et l’un des plus remarquables de l’histoire de l’humanité.

 

Il faut se rappeler que, lors de la Commune de Paris de 1871 également, évènement ayant précédé la révolution russe, le prolétariat prit le pouvoir et, tout en faisant preuve d’un héroïsme de masse, commença la construction d’une nouvelle société. A Paris, capitale de la France, le drapeau rouge de la classe ouvrière a claqué au vent pendant 102 jours, hissé sur la mairie. Rappelons-nous aussi, la contre-attaque par les armées réactionnaires suivie d’une monstrueuse répression, le massacre de 30.000 parisiens, avec un total de 100.000 meurtres, exécutions et condamnations aux travaux forcés.

 

Mais il faut aussi souligner qu’avec la Commune de Paris même battue, c’était une nouvelle histoire de l’humanité qui commençait, annonçant l’aube de la révolution russe de 1917 qui, en fait, allait débuter le cours d’un nouveau système social, sans précédent dans l’histoire. Beaucoup oublient que, pendant plus d’un demi-siècle, ce système a gagné du terrain comme une alternative au système capitaliste. Ce sont des événements qui resteront à jamais comme des références et des valeurs de l’humanité dans la lutte pour sa propre libération.

 

La construction d’un nouvel État, exprimée dans la devise "tout le pouvoir aux soviets des ouvriers, paysans et soldats", signifiait l’instauration du pouvoir populaire et un élément fondamental de l’État et d’une démocratie "mille fois plus démocratique que la plus démocratique des démocraties bourgeoises".

 

Dans le domaine économique, avec le contrôle des travailleurs, la terre, les usines, les mines, les chemins de fer et les banques sont entrés en possession de l’État, de tout le peuple, ouvrant la voie à un développement fulgurant.

 

De même qu’avec les entreprises d’État, il y a eu un profond changement dans l’agriculture, avec la collectivisation de l’agriculture, dans laquelle les sovkhozes (unités d’État) et le mouvement de masse des kolkhozes (coopératives) ont joué un rôle clé.

 

Au niveau social, le droit au logement, à l’assistance médicale et à l’éducation ont été accordés. L’égalité des droits des femmes a été reconnue de facto. Les organismes culturels ont été libérés des mains des puissants.

 

L’Union Soviétique a réalisé de grands progrès et de telles avancées dans le domaine des sciences et des nouvelles technologies révolutionnaires, que cela lui a permis, parallèlement au développement économique et social, d’acquérir une puissance militaire qui, pour plusieurs décennies, l’a préservée de la politique agressive du capitalisme. Le fait qu’un soviétique a été le premier être humain à se libérer de la pesanteur de la terre et voler dans l’espace illustre ce succès spectaculaire.

 

Il est également nécessaire de ne pas oublier la contribution de l’Union soviétique au développement de la lutte des travailleurs et des peuples partout dans le monde, pour de nouvelles révolutions socialistes, pour la réalisation des droits fondamentaux des travailleurs dans les pays capitalistes, pour le développement du mouvement de libération nationale et, au prix de 20 millions de vies (dans l’action des armées, dans les camps de concentration, dans d’énormes massacres de populations sans défense), à la défaite de l’Allemagne hitlérienne pendant la Seconde Guerre mondiale, contribuant de manière décisive à sauver le monde de la barbarie fasciste.

 

Mais parler seulement de l’objectif et exposer de manière valorisante ces faits n’est pas suffisant. Il est essentiel, dans le même temps, d’effectuer une analyse critique et autocritique des aspects négatifs, des faits et des phénomènes qui se sont produits.

 

C’est une vérité élémentaire que l’effondrement de l’Union soviétique et d’autres pays socialistes résulte d’une série de circonstances externes et internes. Pas avec la même influence, car les facteurs internes ont eu un poids plus pertinent. Le fait est que, dans la construction d’une nouvelle société, il y avait un éloignement des idéaux et des principes du communisme, une détérioration progressive de la politique de l’État et du parti, bref, la création d’un "modèle" qui, avec la trahison Gorbatchev, a conduit à la défaite et à l’effondrement.

 

Le "modèle", qui était en cours de création, a donné lieu à un pouvoir fortement centralisé et bureaucratisé, avec une conception administrative des décisions politiques, de l’intolérance concernant la diversité des opinions et des critiques du pouvoir, l’usage et l’abus de mesures répressives, la cristallisation et la dogmatisation de la théorie.

 

Le pouvoir politique de la classe ouvrière et des masses laborieuses aura été en déclin. La nouvelle démocratie aura été en déclin. Le développement économique basé sur le militantisme et la volonté du peuple et qui avait atteint un rythme enivrant dans les premières décennies du pouvoir soviétique, aura été en déclin. La dialectique, inventive, aiguillon créateur de la théorie révolutionnaire, ayant dû nécessairement répondre à l’évolution de la réalité et aux expériences de la pratique, aura été en déclin.

 

L’examen de cette fin historique et de ces événements fatidiques, ainsi que les expériences du mouvement communiste international, place les partis communistes devant la nécessité de redéfinir la société socialiste, ses objectifs et les fondements essentiels de son identité.

 

Bien que contenu par le camp socialiste et par le processus révolutionnaire mondial jusqu’à la dernière décennie du 20ème siècle, le capitalisme a enregistré un développement qui l’a conduit, à la fin du siècle, à la suprématie au niveau mondial.

 

Deux facteurs ont déterminé cette situation. D’un côté, la disparition de l’Union Soviétique et des autres pays socialistes, l’affaiblissement du mouvement communiste international et du mouvement de libération nationale, la régression du processus révolutionnaire. De l’autre côté, les progrès du capitalisme dans le champ de la production, des sciences, de la recherche scientifique, des technologies révolutionnaires et du pouvoir militaire.

 

Il en a résulté à la fin du 20ème siècle, un changement du rapport des forces qui a permis à l’impérialisme de lancer une offensive gigantesque dans le but d’acquérir une domination complète du monde entier.

 

Pour plus des trois quart du 20ème siècle, la tendance générale fut l’avancée du socialisme et des luttes de libération des peuples. Une tendance inverse a pris place durant la dernière décade de ce siècle. Le changement du rapport des forces a rendu possible pour le capitalisme le lancement d’une offensive "globale".

JPEG - 5.9 ko (Photos de prison d’Alvaro Cunhal)

 

2 - L’offensive "globale" de l’impérialisme et les résistances

 

L’offensive impérialiste en cours a comme objectif déclaré et annoncé, d’imposer au monde entier, la domination complète du capitalisme comme seul système, universel et définitif. C’est le sens fondamental de la théorie de la soi-disant "mondialisation". Il s’agit du plus grand danger et de la menace la plus sinistre de toute l’histoire de l’humanité.

 

Il est vrai que certains aspects et facteurs de développement objectif du capitalisme, conduisant à la "mondialisation", se faisaient déjà sentir. Ce fut le cas de l’internationalisation des procédés de production, des relations économiques et financières, de l’information et des médias, de la création de zones d’intégration économique. Il est aussi vrai que l’impérialisme, dans sa lutte "pour une division du monde", avait déjà l’arme des interventions militaires, des agressions et des guerres.

 

Cependant, l’offensive "globale" de l’impérialisme relève d’une autre question. Les États-Unis étant une force hégémonique fondamentale, l’offensive actuelle a lieu sur tous les fronts.

 

Comme instruments de l’offensive économique, il y a eu la création d’énormes groupes de sociétés transnationales, différents organismes internationaux avec des pouvoirs accrus pour imposer des règles et des politiques "légales" (FMI, Organisation Mondiale du Commerce, Banque Mondiale), la saisie des ressources et des secteurs stratégiques des pays les plus faibles, les coupures de crédit, les politiques économiques imposées par des organismes supranationaux aux états membres d’unions de nature fédérale, des mesures d’étranglement financier et de blocage économique visant à soumettre les pays qui s’opposent à l’offensive.

 

Les zones d’intégration économique sont devenues des zones d’intégration politique, avec des instances supranationales, des ministères supranationaux, la subordination effective des plus pauvres et des moins développés aux plus riches et plus puissants.

 

Ce processus a aiguisé les contradictions du capitalisme. Il a entraîné un élargissement, même dans les pays capitalistes développés, des catégories sociales qui vivent dans une extrême pauvreté et, dans les pays sous-développés, des millions de gens qui meurent de faim.

 

En même temps, la compétition s’est accrue et a créé la possibilité de sérieux conflits entre les gigantesques pôles économiques et politiques, et entre les pays les plus riches et les plus puissants. En attendant, tous sont réunis (et ceci constitue un facteur nouveau) dans l’offensive "globale".

 

L’Accord Multilatéral sur l’Investissement (AMI) est significatif des grands projets et plans. Selon ce projet, les grands potentats économiques et financiers associés pourraient, avec le soutien militaire nécessaire, imposer, pays par pays, les formes d’exploitation, la saisie des secteurs vitaux de l’économie, le sort du capital investi et créé, et même, l’obligation aux gouvernements fantoches d’écraser toute les luttes et les révoltes de leurs travailleurs et de leurs peuples avec l’efficacité des mesures répressives. L’AMI est comme une charte constitutionnelle de l’impérialisme au service de son offensive économique et politique "globale".

 

Il est de notoriété publique que la divulgation de ce projet, élaboré sous l’égide des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France et de l’Allemagne, a causé de telles réactions et indignations, qu’il a été retiré dans l’immédiat. Mais le fait est qu’il n’a pas été enterré et qu’il fera l’objet d’un examen ultérieur.

 

Au même niveau, et parfois comme outil direct de l’offensive économique (étroitement liée à l’action politique et diplomatique), l’offensive militaire a comme instruments une nette supériorité en armes, à savoir les États-Unis et l’OTAN comme force supranationale autonome, mais dominée et commandée, en fait, par les États-Unis.

 

L’offensive militaire se traduit par des ultimatums, des bombardements, des interventions armées, l’armement et la promotion de groupes rebelles contre les gouvernements démocratiques, des interventions pour imposer des gouvernements tyranniques et des gouvernements fantoches, des agressions et des guerres contre les pays qui s’opposent courageusement à la domination des États-Unis et des autres pays impérialistes, des attaques par des organisations terroristes et des actions militaires de terrorisme d’État.

 

En plus de cela, nous devons faire face à la monstrueuse institutionnalisation d’un tribunal politique international commandé par l’impérialisme et permettant de condamner à la prison à vie, les gardiens éminents de leurs peuples et de leurs pays.

 

Et aussi à la destruction massive de l’atmosphère, des fleuves et des océans par les pays les plus développés et le pillage et la destruction des ressources naturelles des pays sous-développés, entraînant la destruction de l’équilibre écologique dans de vastes régions du globe.

 

Tous les aspects de cette offensive atteignent un niveau encore jamais atteint et font partie du processus d’intégration mondiale par les forces impérialistes et leur offensive "globale".

 

Comme perspective, l’impérialisme proclame que son offensive est irrésistible et irréversible, et annonce, au final, la stabilité et la stabilisation définitive du système. En termes idéologiques, il annonce l’universalisation de la pensée, la fin des idéologies et le règne de la "pensée unique".

 

Mais l’offensive n’est ni irrésistible, ni irréversible. Car avec ces idées, propagées par la propagande, en fin de compte, l’impérialisme tente de se tromper lui-même. C’est-à-dire que, son objectif déclaré, d’une ambition folle, représente l’utopie actuelle du capitalisme. L’utopie parce que, d’un côté, le capitalisme, par sa propre nature, est déchiré par ses contradictions et les problèmes qu’il ne peut surmonter ; et parce que, d’un autre côté, il y a des forces qui s’opposent, qui résistent et qui, par leur propre renforcement, peuvent empêcher le capitalisme d’atteindre cet objectif.

 

Ces forces sont :

 

a) Les pays qui, avec les communistes au pouvoir, ont pour objectif la construction d’une société socialiste, quoique par des chemins bien différents.

 

b) Le mouvement ouvrier, encore appelé le mouvement syndical.

 

c) Les partis communistes ou autres partis révolutionnaires, luttant avec détermination et courage.

 

d) La résistance potentielle de pays capitalistes actuellement dominés et exploités par l’impérialisme, avec une vraie perte de leur indépendance nationale.

 

e) Les nouveaux mouvements de libération nationale.

 

f) Les mouvements défenseurs de l’environnement, contre le pouvoir et les décisions des pays riches et directement contre la "mondialisation".

 

Ces forces sont fondamentales pour empêcher la domination du monde entier par l’impérialisme. Mais en avoir conscience ne suffit pas. Il est essentiel d’avoir aussi une action correspondante. Il est nécessaire de les renforcer et de s’employer à les faire coïncider et converger.

C’est le seul moyen pour arrêter, entraver et empêcher l’avance de cette offensive impérialiste afin de créer les conditions de son éventuelle défaite et déterminer un changement dans la situation internationale.

 

Il faut aussi rappeler que l’impérialisme ne se limite pas à une attaque frontale sur plusieurs fronts. Il essaye activement de diviser les forces qui lui résistent, de les miner de l’intérieur, de les conduire à abandonner le combat, à l’autodestruction et au suicide. Dans certains cas, ils ont pu réussir. Mais, dans beaucoup d’autres, il y a eu renforcement, revitalisation, influence croissante et initiatives des forces d’opposition. Il est important de faire connaître et valoriser les exemples qui confirment cette appréciation.

 

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3 - La démocratie et le socialisme

 

L’objectif de construire une société socialiste ne gêne en rien le fait que les partis communistes aient des solutions à court et moyen terme et des objectifs qui proposent des alternatives à la situation actuelle.

 

Toutefois, méfiance. Analyser la situation et définir une politique doivent découler des réalités de base du capitalisme, et les concepts fondamentaux correspondants provenir de la théorie révolutionnaire du prolétariat, à savoir :


- La division de la société en classes, quelques-uns exploitent et tous les autres sont exploités,


- La lutte des classes,


- Les politiques de classes des gouvernements.

 

Ce sont des réalités et des concepts. Leur découverte n’est pas due à Marx et Engels, mais à des économistes et des philosophes. Ce qui est nouveau dans le marxisme, c’est l’analyse de situations concrètes économiques et politiques basées sur ces concepts.

 

Il est vrai que, dans des situations prérévolutionnaires ou autres, dans lesquelles un équilibre temporaire des classes existe, un pouvoir politique fortement conditionné peut, dans des circonstances particulières, mettre en œuvre une politique qui n’est pas au service du capital. Il peut même mettre en œuvre des mesures progressistes de caractère anticapitaliste. Ces situations sont toutefois exceptionnelles et de courte durée.

 

Ce n’est pas le cas des pays capitalistes avec des démocraties bourgeoises. Dans ces derniers, le pouvoir politique sape les quatre facettes de la démocratie :

 

Economique – par la propriété du grand capital sur les secteurs de base de l’économie et la soumission des politiques au pouvoir économique.

Social – par l’exploitation et la misère des travailleurs et du peuple et la concentration des richesses dans un nombre limité de fortunes gigantesques.

 

Culturel – par la propagande idéologique du grand capital, un système éducatif discriminatoire pour les enfants de la classe ouvrière, la propagande des idées obscurantistes, les attaques contre la créativité artistique, la multiplication des sectes religieuses.

 

Politique – par les abus et l’absolutisme du pouvoir et la liquidation des institutions et des mécanismes de contrôle démocratique, les changements anticonstitutionnels de la légalité et des compétences des institutions souveraines quand la loi s’avère être insuffisante pour l’exercice du pouvoir absolu par le grand capital.

 

Et toutes ces régressions sont développées sous le prétexte de la nécessaire "stabilité" et de "l’État de droit".

 

La dégradation de la démocratie politique – conjointement avec les conflits spectaculaires et théâtraux des machinations parlementaires, du carriérisme, de l’impunité et de la corruption – provoque le discrédit de la politique et des politiciens.

 

En attendant, la politique est une activité nécessaire et les communistes et les autres vrais démocrates doivent la faire différemment, avec une bien meilleure pratique politique, en se distinguant de la discrédité soi-disant "classe politique".

 

Les puissants moyens médiatiques (journaux, magazines, stations de radio et de télévision, audiovisuel), propriété et instrument des grands monopoles, ne constituent pas une nouvelle puissance indépendante, comme le voudraient certains, mais un instrument du grand capital dans sa liaison dominante avec les gouvernements.

 

La lutte pour la démocratie est un des objectifs centraux de l’action des partis communistes. Ainsi, il est nécessaire de définir les éléments fondamentaux de cette démocratie.

 

D’un gouvernement, on doit exiger la simultanéité et la complémentarité de ses compétences fondamentales. Il est insuffisant qu’un gouvernement s’affirme démocratique. Il se doit aussi d’être démocratique dans les faits.

 

Il est également nécessaire de définir plus concrètement, dans chaque situation spécifique, le type de démocratie pour lequel on lutte. Dans une situation donnée, à un moment donné, la lutte pour la démocratie peut, par exemple, donner une grande pertinence à la lutte pour le renforcement des éléments de démocratie directe et participative conjointement à la démocratie représentative.

 

Les élections sont un des éléments de base du régime démocratique, mais seulement si elles respectent l’égalité et s’il n’y a pas d’abus de pouvoir, de discrimination et d’exclusion. Si ces conditions ne sont pas remplies, les élections deviennent une fraude, un sérieux coup à la démocratie et un instrument de la monopolisation du pouvoir, par l’alternance des forces politiques au service du capital.

 

Une "démocratie avancée", pour laquelle luttent un certain nombre de partis communistes, est définie comme un régime démocratique qui précède des développements progressifs de caractère non capitaliste (comme les nationalisations de plusieurs secteurs de l’économie et la liquidation des propriétaires terriens).

 

Indépendamment de la forme, étant donné l’objectif de la lutte pour la démocratie à un moment donné, les communistes ne peuvent pas être, ne veulent pas être, et ne sont surtout pas isolés.

 

La compréhension de la lutte des classes, réalité omniprésente de la société comme moteur de l’histoire, ne peut rentrer en contradiction, voire exclure le besoin d’alliances sociales et politiques de la classe ouvrière et de son parti pour des objectifs concrets immédiats, étant donné que les relations des forces politiques sont fixées par les relations entre les classes sociales. La définition concrète de ce que ces alliances peuvent être, exige, premièrement, l’évaluation concrète des alliances objectivement considérées d’un point de vue social et, ensuite, la définition, dans la mesure du possible, de ce que représente tel ou tel parti comme classe sociale et de ce qui constitue la base de son soutien social.

 

Il n’y a pas deux situations identiques. Elles peuvent être, dans tel ou tel pays, des situations économiques, sociales et politiques similaires. Mais il y a toujours des différences qui demandent des réponses différentes. Il n’y a pas de solutions universelles ni "recettes". Copier des solutions conduit à des orientations qui ne correspondent pas aux exigences de la réalité concrète.

 

Les grandes découvertes scientifiques et technologiques révolutionnaires provoquent de profonds changements dans la composition de la classe ouvrière et dans la composition sociale des sociétés des pays développés. La définition des alliances sociales – la base des alliances politiques – est donc devenue particulièrement complexe.

 

À cet égard, les définitions sont loin d’être claires. Dans de nombreux pays à démocratie bourgeoise, certains partis démocratiques appelés partis communistes, ont défini comme objectif une soi-disant politique de "gauche". Il y a des cas où, dans l’orientation de ces partis, le mot "gauche" exclut le soutien ou la participation à des politiques de "droite". Dans ces cas, il a un sens clair et positif. Cependant, dans la plupart des pays, le mot "gauche" dans le dictionnaire politique moderne a une signification imprécise, pleine d’incertitude, contradictoire, et objectivement confuse. Lorsque sont définis les partis de "gauche" ou des secteurs de la "gauche", sont fréquemment inclus, avec l’"extrême-gauche" anticommuniste, les partis socialistes et sociaux-démocrates, qui, dans leur action politique défendent et pratiquent des politiques de "droite".

 

La même chose est valable en ce qui concerne les gouvernements dits de "gauche". L’expérience montre que, dans certains cas, la participation des communistes dans les gouvernements de partis socialistes ou sociaux-démocrates, compris comme étant de "gauche", implique la participation à la mise en œuvre de politiques de "droite".

 

Nous devons définir comme un objectif, les quatre facettes de la démocratie, nous devons lutter pour cette démocratie et non pas proclamer une politique qui inclut la participation (ou l’objectif pour l’atteindre) à des gouvernements comme tous ceux qui se proclament de "gauche" et sont en fait les instruments du grand capital, des sociétés transnationales, des pays riches les plus puissants, et de l’actuelle offensive "globale" de l’impérialisme qui cherche à imposer sa domination au monde entier.

 

C’est aussi le cas avec ce que l’on appelle les "pactes de stabilité" signés par les partis et syndicats réformistes, et qui sacrifient les droits fondamentaux des travailleurs avec l’intention de surmonter la présente crise du capitalisme.

 

Ce n’est pas le chemin exigé par la lutte des travailleurs, des peuples et des nations. C’est le rôle des partis communistes (et d’autres révolutionnaires) de définir le chemin nécessaire, en fonction des conditions concrètes de leurs pays, avec conviction, courage et leur identité communiste.

 

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4 - Les conditions d’existence des partis communistes

 

Le cadre des forces révolutionnaires qui existent dans le monde a changé durant les dernières décennies du XXe siècle. Le mouvement communiste international et les partis le composant ont subi de profondes modifications suite à la chute de l’URSS et des autres pays socialistes et de la victoire du capitalisme dans sa rivalité avec le socialisme.

 

Il y a des partis qui ont nié leur passé de lutte, leur nature de classe, leur objectif d’une société socialiste et leur théorie révolutionnaire. Dans plusieurs cas, ces partis ont intégré le système et ont fini par disparaître.

 

Cette nouvelle situation au sein du mouvement communiste international a ouvert des espaces dans la société dans laquelle d’autres partis révolutionnaires ont assumé la relève et, dans les conditions concrètes de leur pays, se sont identifiés aux partis communistes sur des aspects importants et parfois avec leurs objectifs et leur action.

 

Ainsi, lorsque nous parlons aujourd’hui du mouvement communiste international, nous ne pouvons pas, comme dans le passé, tracer une ligne entre les partis communistes et tous les autres partis révolutionnaires. Le mouvement communiste a maintenant une nouvelle composition et de nouvelles limites.

 

Ces développements ne signifient pas que les partis communistes, avec leur identité propre, ne sont pas nécessaires à la société. Au contraire. Avec les éléments fondamentaux qui les caractérisent, les partis communistes sont nécessaires, indispensables et irremplaçables. Mais de la même manière qu’il n’y a pas de "modèle" de société socialiste, il n’y a pas de "modèle" de parti communiste.

 

Avec des réponses concrètes différentes à la situation concrète, il est possible d’identifier six caractéristiques fondamentales d’un parti communiste, qu’il ait ce nom ou un autre :

 

1 – Un parti qui est complètement indépendant des intérêts, de l’idéologie, des pressions et des menaces du capital.

L’indépendance du parti est une composante de l’identité d’un parti communiste. Elle s’affirme dans sa propre action, ses propres objections, sa propre idéologie. Un écart avec ces caractéristiques essentielles n’est en aucune façon une démonstration d’indépendance, mais, au contraire, un renoncement à l’indépendance.

 

2 – Un parti de la classe ouvrière, des travailleurs en général, des exploités et des opprimés.

Selon la structure sociale de la société de chaque pays, la composition sociale des membres du parti et sa base de soutien peuvent être très diverses. En tous les cas, il est essentiel que le parti ne soit pas fermé sur lui-même, en confrontation interne, mais tourné vers l’extérieur, vers la société, ce qui signifie qu’il n’ait pas seulement, mais surtout, des liens étroits avec la classe ouvrière et les masses laborieuses. Négliger cette caractéristique ainsi que perdre son caractère de classe a conduit certains partis à un déclin vertigineux et, dans certains cas, à l’autodestruction et la disparition.

 

Le remplacement de la nature de classe du parti par la conception d’un "parti des citoyens" masque l’existence de citoyens exploiteurs et de citoyens exploités et conduit le parti vers une position neutre dans la lutte des classes – ce qui, dans la pratique, désarme le parti et les classes exploitées et le transforme en un instrument appendiculaire de la politique de la classe exploiteuse dominante.

 

3 – Un parti avec une démocratie interne et une direction centrale unique.

Une démocratie interne est particulièrement riche en vertus, à savoir : travail collectif, direction collective, congrès, assemblées, débats dans tout le parti sur les questions fondamentales d’orientation politique et d’action, décentralisation des responsabilités et élections de toutes les directions.

 

L’application de ces principes doit correspondre à la situation politique et historique à laquelle le parti est confronté. Dans des conditions d’illégalité et de répression, la démocratie est limitée par l’impératif de la défense. Dans une démocratie bourgeoise, la qualité visée peut et doit être largement et pleinement appliqué.

 

4 – Un parti qui est à la fois internationaliste et qui défend les intérêts de son pays.

Contrairement à ce qui était défendu autrefois dans le mouvement communiste, il n’y a aucune contradiction entre ces deux éléments dans l’orientation et l’action des partis communistes. Chaque parti est solidaire avec les partis, les travailleurs et les peuples des autres pays. Mais, avec conviction, il est un défenseur des intérêts et des droits de son propre peuple et de son pays. L’expression "parti internationaliste et patriotique" a une signification pleine et entière en cette fin de XXème siècle. On peut inclure comme valeur internationaliste, la lutte à l’intérieur de son pays et comme valeur de la lutte interne, les relations de solidarité avec les travailleurs et les peuples des autres pays.

 

5 – Un parti qui définit comme objectif la construction d’une société sans exploiteurs ni exploités, une société socialiste.

Cet objectif est également complètement moderne. Mais les expériences positives ou négatives de construction du socialisme dans un certain nombre de pays et les profonds changements dans la situation globale, demandent une analyse critique du passé et une redéfinition de la société socialiste, objectif des partis communistes.

 

6 – Un parti avec une théorie révolutionnaire, le marxisme-léninisme, qui permet non seulement d’expliquer le monde, mais aussi de montrer la voie de sa transformation.

Déniant toutes les campagnes anticommunistes diffamatoires, le marxisme-léninisme est une théorie vivante, antidogmatique, dialectique et créative qui est enrichie par la pratique et les réponses qu’elle est appelée à donner en face de nouvelles situations et phénomènes. Elle dynamise la pratique, s’enrichit et se développe de façon créative avec les leçons de la pratique. Nous devons à Lénine et à son travail "L’impérialisme, stade suprême du capitalisme", la définition du capitalisme à la fin du XIXème siècle. Ces développements théoriques ont une valeur extraordinaire. Il en va de même pour la recherche et la systématisation des connaissances théoriques. Dans une synthèse extraordinairement rigoureuse et claire, un texte séminal de Lénine décrit "les trois sources et les trois parties constitutives du marxisme". En philosophie, le matérialisme dialectique, et dans ses applications à la société, le matérialisme historique. En économie politique, l’analyse et l’explication du capitalisme et de l’exploitation, dont la pierre angulaire est la théorie de la plus-value. Dans la théorie du socialisme, la définition d’une nouvelle société avec la fin de l’exploitation de l’homme par l’homme.

 

Tout au long du XXème siècle, avec les transformations sociales, de nouvelles et nombreuses réflexions théoriques ont eu lieu dans le mouvement communiste. Cependant, elles se sont présentées comme diverses et contradictoires, rendant difficile la distinction du fondement de ces développements théoriques et des positions révisionnistes par rapport aux principes fondamentaux. Cela amène à conclure au caractère impératif des débats, sans idées préétablies ou vérités absolues, et sans établir de conclusion définitive, mais obligeant à un approfondissement de la réflexion commune.

 

Nous souhaitons que le meeting international de la fondation Rodney Arismendi, en septembre de cette année, apporte une contribution positive à l’accomplissement de cet objectif.

 

Alvaro Cunhal

Septembre 2001

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Traduction PB pour Lepcf.fr

 

Tiré du site du Parti Communiste Portugais

Pour Clouscard, le mai 68 étudiant est « l’alliance sournoise du libéral »

 

1 Septembre 2015 , Rédigé par Réveil Communiste

 

Pour Clouscard, le mai 68 étudiant est « l’alliance sournoise du libéral et du libertaire pour liquider le vieux, qui a dû s’en aller ».

 

En effet, si le président de la République de l’époque représente la bourgeoisie traditionnelle, dont les valeurs servent de rempart au capitalisme fou – sans pour autant représenter une alternative anticapitaliste –, il n’en va pas de même pour les deux autres protagonistes. L’ancien Premier ministre, et ex-directeur général de la banque d’affaires Rothschild, préfigure le néolibéralisme, c’est-à-dire le capitalisme inhumain qui asservit les hommes en les soumettant au désir compulsif de consommer. Mais ce basculement d’un capitalisme traditionnel à un capitalisme libéral est freiné par le conservatisme du gaullisme, qu’il faut donc liquider à tout prix.

 

C’est là qu’intervient « Dany le rouge », le (libéral)-libertaire. La libéralisation totale des mœurs qu’il prône permet d’émanciper les Français des vieilles valeurs – certes parfois étouffantes –, pour les soumettre à l’idéologie de la consommation de masse. Ce libertarisme – qui n’a pas grand-chose à voir avec le libertarisme authentique – défend une libéralisation de la conscience de classe au profit de l’assouvissement des envies.

 

La séduction du capitalisme peut enfin atteindre son apogée et l’illusion consumériste paraît indépassable. Mai 68 annonce alors le partage du gâteau entre les trois pouvoirs du consensus suivant : social-démocrate, libéral, libertaire. Au premier, on laisse la gestion administrative, au second la gestion économique, enfin au dernier celle des mœurs nécessaires à l’avènement d’un marché du désir.

 

La conséquence est un asservissement sans précédent dans une société où tout semble permis mais où, en réalité, rien n’est possible.

 

Signalé par Pascal Bavencove (groupe FB une histoire populaire), mis en ligne le 25 février 2015

Publié par Michel El Diablo

Jacques SAPIR au bûcher (par Bertrand Renouvin]

Jacques SAPIR au bûcher (par Bertrand Renouvin]

En octobre dernier, Marcel Gauchet était la cible de pétitionnaires indignés que le rédacteur en chef du « Débat » puisse prononcer la conférence inaugurale des « Rendez-vous de l’histoire » consacrés à la rébellion. Il s’agissait de dénoncer un « militant de la réaction » et de refuser d’être « complice d’instances qui font exister dans l’espace de l’acceptable des idéologies néfastes et inquiétantes. » Ce procès en sorcellerie est oublié, mais Marcel Gauchet reste marqué au fer rouge par Geoffroy de Lagasnerie et Edouard Louis – deux éminences de la révolte authentique dont l’histoire retiendra sans aucun doute les noms. 

Un nouveau procès s’est ouvert et c’est cette fois Jacques Sapir qui a été prestement inculpé. Dans l’affaire Gauchet, le coupable, fustigé comme réactionnaire patenté, était par définition extérieur à la Gauche. Il s’agissait donc d’empêcher tout contact avec une créature impure habitant – la pétition le soulignait – un autre monde. Cette fois il s’agit d’une excommunication car l’inculpé était considéré jusqu’au 23 août comme un homme de la Gauche. Pourquoi ne l’est-il plus ? Parce qu’il ne dit pas ce  que la Gauche doit toujours dire sur le Front national : écrasons l’infâme ! Qui ne répète pas cela d’un bout à l’autre de l’année est complice de la « bête immonde »… Frédéric Lordon tonne que Jacques Sapir a « perdu le sens de l’histoire ». Dans Mediapart, Dan Israël affirme que l’hérétique est isolé et cite Eric Coquerel, coordinateur national du Parti de gauche et Jacques Généreux, « économiste star » (sic) du même parti : le premier dénonce une « aberration », le second une sorte de névrose obsessionnelle car Jacques Sapir serait « victime de sa fixation sur le problème de l’euro ». C’est ainsi que se forme un cordon sanitaire. 

Le motif de l’excommunication ? Quelques lignes de Jacques Sapir dans un billet de son blog consacré à l’idée de « fronts de libération nationale » où il est écrit que « …à terme sera posée la question de la présence, ou non, dans ce « front » du Front National ou du parti qui en sera issu et il ne sert à rien de se le cacher. Cette question ne peut être tranchée aujourd’hui. Mais il faut savoir qu’elle sera posée et que les adversaires de l’Euro ne pourront pas l’esquiver éternellement. Elle impliquera donc de suivre avec attention les évolutions futures que pourrait connaître ce parti et de les aborder sans concessions, mais aussi sans sectarisme. » 

Pour qui sait lire, Jacques Sapir envisage une hypothèse, évoque des évolutions futures qui sont par définition de l’ordre du possible et demande qu’on porte sur ces éventuelles évolutions un regard clinique. C’est réfléchir en stratège – un stratège en action, qui est dans le brouillard de la guerre et qui ne saurait exclure aucune hypothèse. Cela me permet de reprendre mes remarques personnelles – Jacques Sapir n’a pas besoin de moi pour se défendre – sur le Front national. 

Le premier point est banal. Tous les partis politiques changent : le Parti communiste n’est plus stalinien, ni même léniniste ; le Parti socialiste n’est plus socialiste ; l’UMP n’était plus gaulliste… Rien n’indique que le Front national restera figé dans sa posture originelle, mais il me paraît inutile d’entrer dans le débat politico-médiatique sur la « dédiabolisation » qui concerne la propagande d’un Front national utilisant, comme les autres partis, les effets d’annonce. Dans le Front national de Jean-Marie Le Pen, des courants existaient – national-catholique, raciste, libéral-conservateur – que le président fédérait. Quant à Marine Le Pen, elle occupe une position centrale entre une aile droite essentiellement xénophobe, des tendances national-catholique et libéral-conservatrice qui se retrouvent autour de Marion Maréchal Le Pen et une tendance néogaulliste animée par Florian Philippot qui a apporté à Marine Le Pen le discours contre l’euro tout en reprenant sans sourciller les thématiques xénophobes du « canal historique ». 

Le deuxième point n’est pas moins banal. Les discours des partis ont leur importance, mais le moment de vérité est celui des alliances nouées pour gouverner ou pour soutenir un gouvernement. Le Front national affirme qu’il prendra le pouvoir contre les partis oligarchiques, donc sans alliances : en ce cas, j’estime que Marine Le Pen élue présidente ne pourra pas constituer de gouvernement nationaliste et devra démissionner sous la pression des partis de droite et de gauche, des syndicats, des médias… Un gouvernement nationaliste devrait résulter d’une victoire complète du Front national aux législatives, qui ferait courir à notre pays un risque sérieux de guerre civile.

Face à cette impasse suicidaire, le Front national peut décider d’imiter les fascistes italiens du MSI qui ont rejoint Silvio Berlusconi et participé au gouvernement sous la forme de l’Alliance nationale dirigée par Gianfranco Fini. Un tel choix conduirait le Front national à tenter une alliance avec la droite classique – pour laquelle il abandonnerait l’idée d’une sortie de l’euro au profit d’un durcissement de la législation des étrangers qui n’a jamais fait peur aux ultralibéraux.

On peut aussi envisager l’hypothèse, aujourd’hui très fragile, d’un bouleversement partiel du paysage politique français qui ferait suite à ceux observés en Grèce et en Espagne lors de la victoire de Syriza en janvier 2015 et de la percée de Podemos.  Imaginons, selon la proposition de Stefano Fassina, qu’un « front de libération nationale » réunissant des groupes et des formations de gauche et des groupes et des formations gaullistes parvienne à obtenir, avec l’appui de dissidents du Parti socialiste et des « Républicains », une majorité relative. Imaginons que le Front national dispose d’un groupe important à l’Assemblée nationale. C’est à ce moment-là qu’il pourrait y avoir, ou pas, des discussions d’état-major entre les partis opposés à l’euro et qui auraient à décider s’ils mêlent ou non leurs voix. Cette décision serait fortement influencée par les orientations prises par le Front national selon trois possibilités : le maintien du canal historique, nationaliste et xénophobe, pour lequel la sortie de l’euro est secondaire ; le triomphe du canal national-conservateur ou au contraire le triomphe du canal Philippot qui privilégie la sortie de l’euro. Je ne pousse pas plus loin cette hypothèse, qui pourrait faire l’objet d’un roman de politique-fiction, mais je veux préciser que la sortie de l’euro n’est pas une décision sans conséquences. Le canal historique et le canal national-conservateur seraient-ils d’accord pour un programme de développement économique et social impliquant la nationalisation du crédit et des secteurs-clés et une planification de la transition écologique ? Il est permis d’en douter.

C’est dire si nous sommes loin d’un choix – l’éventuelle alliance avec le Front national – qui serait problématique. Pour le moment, j’observe que la formation d’un « front de libération nationale » suppose que la gauche dite radicale se mette d’accord sur un programme de sortie de l’euro et qu’elle s’entende avec la droite gaulliste et diverses personnalités hétérodoxes. Ce n’est pas demain la veille, puisque les ténors de la gauche dite radicale en restent à une religiosité grossière qui sépare le pur et l’impur – du moins dans le ciel des idéalités car les ténors du Parti de gauche, qui jettent Jacques Sapir sur le bûcher pour trois phrases n’hésitent pas à envisager une alliance électorale – c’est-à-dire des places et des sous – avec Europe Ecologie-Les Verts qui veut abolir la nation dans le fédéralisme européen. Ceci au moment où Jean-Luc Mélenchon déclare qu’il choisira la souveraineté plutôt que l’euro ! A gauche, les Principes sacrés font toujours bon ménage avec les petits arrangements. Mais quand les petits arrangements sont passés entre gens de la Gauche, tout est possible et immédiatement pardonné car la Gauche purifie tout ce qu’elle touche.

Si la religiosité sectaire de la Gauche était efficace, il serait possible de s’en accommoder. J’en reviens à Marcel Gauchet qui n’est pas l’une des têtes de l’hydre réactionnaire mais un philosophe qui s’inscrit dans le cadre de la démocratie libérale. A la fin de son dialogue avec Alain Badiou, Marcel Gauchet disait que « le réformisme conséquent a besoin d’être épaulé par l’hypothèse communiste » (1). Oui, nous avons besoin des communistes et de la gauche socialiste pour la politique de redressement national que la sortie de l’euro permettra. Encore faudrait-il que cette Vraie Gauche fasse son autocritique et reconnaisse que, depuis trente ans, ses anathèmes contre la Bête immonde, et ses excommunications majeures n’ont pas empêché le Front national de monter en puissance et de gagner en séduction. Mais il est tellement plus facile d’accabler un chercheur qui explique depuis des années que les formations de la gauche radicale ne peuvent pas combattre efficacement le Front national sans défendre la souveraineté nationale et sans préparer, par conséquent, la mise à mort de l’euro !

(à suivre)

Bertrand RENOUVIN

(1) Alain Badiou, Marcel Gauchet, Que faire ? Dialogue sur le communisme, le capitalisme et l’avenir de la démocratie, Philosophie éditions, 2014. 

SOURCE:

Jacques Sapir au bûcher - Chronique 115 - Le blog de Bertrand Renouvin

http://www.bertrand-renouvin.fr/jacques-sapir-au-bucher-chronique-115/

L’appel au Peuple... Front Français, Thorez 1936

 

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Galvanisé par la puissante manifestation madrilène de Podemos, à laquelle il participait, Jean-Luc Mélenchon a déclaré :


« Ce qui compte, c’est d’être le peuple, être dans une nouvelle manière d’organiser le champ politique, le peuple contre la caste, le peuple contre l’oligarchie, et pas seulement la droite contre la gauche parce que pour plein de gens ça ne veut rien dire, c’est les mêmes. »

Nouveauté politique absolue qui ne procède pas moins d’une solide tradition de dépassement des partis par l’appel au peuple.

 

Pour nous en tenir à la période contemporaine et sans remonter à la poudre aux yeux jetée par Louis-Napoléon Bonaparte et le Brave Général Boulanger, rappelons nous qu’en 1934 les Ligues factieuses s’unissaient dans un Front national répondant à l’appel du journal fascisant L’Ami du Peuple… Il s’agissait d’unir le Peuple français dans la lutte contre le Front commun communiste-socialiste et la Révolution Bolchevik…

 

Mais en Juillet 1936, Maurice Thorez lançait au nom du Parti communiste un appel à la formation du Front des Français, déplaçant largement vers le centre et la droite l’axe fondamental du Front populaire : la lutte contre le fascisme et pour le progrès social.

 

Faut-il rappeler que ce sont les communistes français qui en mai 1941 créeront le Front National de lutte pour la libération et l’indépendance de la France ?

 

Rien à voir, on s’en doute, avec le Front National (FN), fondé en 1972, et dont l’appellation initiale était Front National pour l’Unité française…

 

Sans oublier l’entreprise du Rassemblement du Peuple Français (RPF) lancée par le Général de Gaulle en avril 1947…

 

Bref, à gauche comme à droite, le dépassement de la fragmentation politique par l’union populaire n’a rien d’une nouveauté.

 

Ce qui, évidemment, n’enlève en rien aux vertus possibles d’une nouvelle expérience, confortée par l’immense vague d’union populaire manifestée après les tueries de Paris. Mais ce qui témoigne aussi, dans l’insuccès relatif des tentatives précédentes, (qui, exception faite peut-être du Front National de la Résistance, n’ont jamais pu vraiment dépasser les antagonismes politiques) de la part de rhétorique irréaliste que porte l’appel au Peuple…

 

Appel de Thorez au Front Français

 

L’Humanité du 18 avril 1936 donnait sur une page entière le texte de l’allocution électorale par Maurice Thorez au micro de Radio Paris, dans le cadre de la campagne électorale des législatives de fin avril (une véritable grande première alors : un communiste sur les ondes nationales !).

 

Contre la minorité prédatrice des 200 familles et la dictature des banques, contre les fascistes diviseurs des Français, Thorez non seulement présente, dans le cadre du Front populaire (Communistes, Radicaux, Socialistes) les propositions communistes pour combattre la crise économique, sociale, culturelle, morale dont souffre la France, mais il lance un appel totalement inédit à l’union du peuple de France contre les menaces mortelles, intérieures et de plus en plus extérieures, qui pèsent sur la Nation.

" Pour la réconciliation du peuple de France

 

Et maintenant nous travaillons à l’union de la nation française contre les 200 familles et leurs mercenaires. Nous travaillons à la véritable réconciliation du peuple de France.


Nous te tendons la main, catholique, ouvrier, employé, artisan, paysan, nous qui sommes des laïques, parce que tu es notre frère, et que tu es comme nous accablé par les mêmes soucis.

 

Nous te tendons la main, volontaire national, ancien combattant devenu croix de feu, parce que tu es un fils de notre peuple, que tu souffres comme nous du désordre et de la corruption, parce que tu veux, comme nous, éviter que le pays ne glisse à la ruine et à la catastrophe.

 

Nous sommes le grand Parti communiste, aux militants dévoués et pauvres, dont les noms n’ont jamais été mêlés à aucun scandale et que la corruption ne peut atteindre. Nous sommes les partisans du plus noble idéal que puissent se proposer les hommes.


Nous communistes, qui avons réconcilié le drapeau tricolore de nos pères et le drapeau rouge de nos espérances, nous vous appelons tous, ouvriers, paysans et intellectuels, jeunes et vieux, hommes et femmes, vous tous, peuple de France, à lutter avec nous et à vous prononcer le 26 avril.


- Pour le bien-être, contre la misère ;
- Pour la liberté, contre l’esclavage ;
- Pour la paix, contre la guerre.


Nous vous appelons avec confiance à voter communiste.
A voter pour la France forte, libre et heureuse, que veulent et que feront les communistes. "

Si elle avait rencontré un aval populaire évident, la stratégie du Front populaire, qui rompait avec la politique antérieure du PCF (Front commun à la base, dénonciation des dirigeants socialistes réformistes), avait pu déconcerter des militants rompus aux dures luttes et à l’isolement des années 1920.

 

Il est évident que le nouveau dépassement stratégique et théorique de l’Union nationale, promulgué par la direction du Parti, pouvait surprendre une partie des militants encore marqués par le trauma de l’Union sacrée de 1914, sans cesse reprochée aux dirigeants socialistes...

 

Le Parti se lance alors dans une grande campagne d’explications sur "L’union entre Français". La brochure de Maurice Thorez, L’Union de la Nation française, est massivement diffusée. Début août, une fois passée l’immense vague de grèves spontanées qui permirent les conquêtes sociales que l’on sait, Jacques Duclos donne dans l’Humanité,plusieurs éditoriaux explicatifs :

« A l’heure où la sécurité de la France est menacée non seulement à l’Est, mais en Espagne et en Afrique du Nord, le Front Français devient une nécessité vitale et nous avons la certitude que cela répond tellement bien aux aspirations profondes du pays que c’est avec espoir et confiance que nous augurons de son avenir ». (L’Humanité, 6 août 1936)

Enfin, Maurice Thorez revient sur le chantier de la constitution du Front Français (L’Humanité, 7 août 1936)

 

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« le front français doit se réaliser. ‘Le gouvernement issu du Front populaire n’est pas le gouvernement des partisans du Front populaire, mais le gouvernement de la France, et il doit agir avec autorité à l’intérieur et à l’extérieur’. Maurice Thorez montre que cette politique, qui tient compte des leçons de l’histoire, maintenant l’unité entre le prolétariat et les autres classes populaires ».

On sait que le PCF aura suffisamment de mal à maintenir l’unité du Front populaire, immédiatement mise à bas par la non intervention en Espagne, l’absence de réaction devant l’arrogance des Hitlériens et des Fascistes italiens, la prudence (pour ne pas dire plus) des radicaux devant les réformes sociales, et la fameuse Pause proclamée par Léon Blum. La réalisation du Front Français, pour être toujours souhaitée par le PCF, s’éloignait d’autant plus des perspectives concrètes. On sait ce qu’il en advint en 1939.

 

Voir en ligne : sur le blog de René Merle

Publié par Jean Lévy

Dans la région Auvergne-Rhône Alpes, le PCF consulte les militants sur le choix d'alliés, mais pas sur le programme !

Dans la région  Auvergne-Rhône Alpes, le PCF consulte les militants sur le choix d'alliés, mais pas sur le programme !

 Commentaire de "canempechepasnicolas" : 

Dans la région  Auvergne-Rhône Alpes, le PCF consulte les militants sur le choix d'alliés, mais pas sur le programme 

Chassaigne exclut une liste commune avec les Verts, mais ne rejette pas une liste commune dès le premier tour avec le PS, avec qui il préconise l'alliance contre la droite au second..

Première question :

Le PCF aura-t-il une politique d'alliances à la carte selon les régions avec, sans ou contre le PS ?

Deuxième question :

Mais qui a mené dans la région comme sur le plan national une politique d'austérité, si ce n'est le PS ?

AccueilAuvergne

Elections régionales en Auvergne-Rhône-Alpes :

trois options offertes au choix des militants :

Liste indépendante, ralliement à Europe Ecologie les Verts, fusion avec le PS : le PCF ne sait pas encore de quelle manière il participera aux prochaines élections régionales Auvergne-Rhône-Alpes. La question est posée aux militants.

Ces derniers ont jusqu'au 5 septembre pour donner leur réponse.

En cas de ralliement avec EELV aux prochaines élections régionales, André Chassaigne et Cécile Cukierman ont indiqué qu&#039;ils ne seraient pas candidats.En cas de ralliement avec EELV aux prochaines élections régionales, André Chassaigne et Cécile Cukierman ont indiqué qu'ils ne seraient pas candidats.

Les chefs de file du PCF pour les régionales en Auvergne-Rhône-Alpes, dont les négociations ont échoué avec EELV, ont indiqué vendredi 28 août que les militants communistes allaient voter entre trois options pour le 1er tour du scrutin, dont une liste indépendante.

"Cette consultation aura lieu entre le 31 août et le 5 septembre auprès des 11.000 militants de Rhône-Alpes et d'Auvergne, qui recevront chacun par courrier un bulletin de vote à retourner", a déclaré lors d'un point presse Cécile Cukierman, sénatrice de la Loire.

Les résultats seront connus le 7 septembre.

"Le message que nous voulons porter, c'est qu'à travers ces élections, nous puissions réellement mettre en place au sein de la région des politiques anti-austérité, qui tordent le coup à ce que l'on subit depuis maintenant plusieurs années", a ajouté la conseillère régionale sortante, aux côtés d'André Chassaigne, député du Puy-de-Dôme, qui brigue également un nouveau mandat.

Présenté aux journalistes, le bulletin de vote propose aux militants de choisir entre une liste indépendante, celle du président PS sortant de l'Assemblée rhonalpine Jean-Jack Queyranne, ou le rassemblement de la gauche hors PS souhaité par EELV. "
Retenir ce dernier choix impliquerait que ni Cécile Cukierman, ni André Chassaigne ne seraient candidats", indique le PCF dans le document. "Je ne voterai pas pour le choix numéro 3 car en l'état, la force communiste n'est pas entendue de façon respectée", a prévenu Mme Cukierman.

Le 17 août, une réunion entre le Rassemblement de la gauche et des écologistes et le PCF, en vue d'une liste alternative commune, avait échoué précisément sur sa candidature et celle de M. Chassaigne, qui se heurtent au principe de non-cumul des mandats jugé "incontournable" par les Verts et leurs partenaires. "
S'il suffisait de décréter le mandat unique pour répondre à la crise de la politique, je crois que ce serait fait (...) Et penser que c'est juste sur ce point que cela se réglera, je pense que c'est soit illusoire, soit hypocrite", a insisté Mme Cukierman.

André Chassaigne a cependant souligné que le PCF ferait "
sans ambiguïté" barrage au second tour à l'élection du candidat Les Républicains-UDI-MoDem, Laurent Wauquiez, et au Front national, "dans un pot communmariant les forces de gauche en fonction du "rapport de forces" du premier tour.

Publié par Michel ElDiablo

Quelle était l’analyse du PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS sur L'EUROPE dans les années 1947-1980 ? [DOCUMENT]

Vive Lordon!! Bon dieu de bordel !

Publié le 30 Août 2015

que ça fait du bien !

Vive Lordon!! Bon dieu de bordel !

"​on ne survit au trouble captieux de la confusion qu’en étant sûr de ce qu’on pense, en sachant où on est, et en tenant la ligne avec une rigueur de fer."

Les limites du militant quant la réflexion collective est en attente d'un port d'attache, quand elle n'a d'horizon que rester à la côte pour se construire son amarage, c'est de clâmer ce que la construction collective permet de puissance de frappe idéologique.

Certains, qui se frottent quotidiennement au sérail des idéologues patentés mais préfèrent se tourner vers ceux qui d'abord doutent avant de partager, travaillent à produire des outils de réflexion non formatés par l'idéologie des apparatchiks en place. Frédérix Lordon est de ceux là.

Le papier que publie le Diplo de cette fin août est de cette veine, il est jubilatoire.

Voici le lien pour y accéder, 

Clarté. Frédéric Lordon, répond à Jacques Sapir. [Suite…]

Canaille le Rouge vous invite à vous y rendre, le lire et vu ce que vous allez y trouver va coup sûr vous réjouir, vous voir le partager.

Permettez à La Canaille, sans en déflorer toute la richesse de juste en instiller ces quelques gouttes aussi efficaces qu'un colyre pour redonner de l'accuité visuelle :

Le drame politique se noue véritablement quand la confusion n’est plus seulement alimentée par ce qu’on appellera la droite générale – où le PS se trouve évidemment inclus – mais depuis la gauche également, et sous deux formes diamétralement opposées : l’entêtement de la gauche alter-européiste à « changer l’euro », la perdition d’une autre gauche dans la tentation, pour le coup, oui, monstrueuse, de l’alliance avec le Front national.

Vous mesurerez combien ce texte est en consonnance avec le débat sur ce que Jacques Sapir à mis en débat et sur lequel La Canaille a pointé pour sa part les limites après avoir dit combien ce débat devait permettre de'éclairer les impasses, les faux débats mais ausi les questionnement sur la nature de la souveraineté : doit elle être nationale hors ancrage de classe ou populaire ? Quelle distance interstéllaire entre les deux approches.

Frédéric Lordon en renversant les icônes tire le lecteur par la manche pour lui mettre le regard là où se construsent les contradictions, impasses et issues possibles.

Au détour de ce papier il jette sur la table ces quelques phrases terribles que Canaille le Rouge partage :

La faute intellectuelle de l’alter-européisme est considérable mais, dans son errance, elle a sa part de dignité, et ce au nom de quoi elle a erré n’a jamais mérité que le respect. Celle de la gauche en perdition est inexcusable. Car, si on ne peut pas excuser la gauche de devenir de droite – à l’image du « parti socialiste » –, on le peut encore moins de dériver vers la droite de la droite, et jusqu’à se rapprocher de l’extrême-droite. Il est inutile de le dissimuler car l’évidence est là : il y a dans certains secteurs de la gauche, et depuis longtemps, une réelle disposition à ce dévoiement-là. L’union des « républicains des deux bords » appelée par Chevènement en 2002 en a été la première manifestation visible dans le champ politique. Logiquement, le durcissement de la crise a accéléré toutes les tendances, desserré toutes les retenues, et poussé au franchissement de tous les seuils.

Comment en 12 lignes dire mieux et de façon plus synthétique la réalité du piège dans lequel on veut nous enfermer ? Ce n'est pas la déclaration de P. Laurent aux journées d'altitude du P"c"F qui en rejoignant les "europhiles" aidera à lèver ces hypothèques :"Nous sommes dans une longue marche du combat européen". Outre l'impasse délibérée -trahison-  du référendum 2005, c'est donner du grain à moudre aux ultra libéraux par ceux que Lordon identifie comme agissant tel des auxiliaires zélés des batisseurs d'impasses.

Ces batisseurs d'impasses sont les heureux comparses des batisseurs d'empire. Jetez donc un oeil sur ce que Boris Vian en pensait. Le Schmurtz serait-il l'avatar métronome du déclin d'un appareil politique  prévu pour interdire l'empire  mais qui par un théatral retournement participe à sa croissance ?

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié par Jean Lévy

Il y aura un stand de « ROUGE-MIDI » à la fête de l’Humanité 2015 !

 

Le stand de "Rouge Midi" : un point de rencontre

Le stand de "Rouge Midi" : un point de rencontre

 

Vous découvrirez , ci-dessous, le programme des 3 jours sur un stand "Rouge Midi" dont la surface sera doublée par rapport aux années passées pour accueillir les amis et camarades du RCC (Rassemblement des Cercles Communistes) , de "Rouge Vif" des autres départements, de SCOP-TI, de La Fabrique du Sud et de Fakir et les artistes qui se succèderont sur le stand.

 

Les camarades de "Rouge Midi" vous invitent à venir nombreux pour multiplier les rencontres !

Il y aura un stand de « ROUGE-MIDI » à la fête de l’Humanité 2015 !

 

SITE de ROUGE MIDI :

 

Rouge Midi

http://www.rougemidi.org/

Au-delà de cette limite la démarche n'est plus valable

 

Publié le 28 Août 2015

 

 

Retour sur le texte de Sapir.

Ils font débat (Sapir et son texte).

 

Au delà de cette limite la démarche n'est plus valable

Solicité pour clarifier sont point de vue sur ce FN que Canaille le Rouge persiste à nommer comme beaucoup F-Haine, Jacques Sapir précise sa pensée en posant une limite qui pour La Canaille marque le point non franchissable :

 

« A terme, la question des relations avec le Front National, ou avec le parti issu de ce dernier, sera posée. »

 

Il précisera le 27 aout sans clarifier son propos 

 

« J’ai dit à terme, et c’est une possibilité, et pas une probabilité, parce que nous ne savons pas quelles seront les évolutions que pourra connaître ce parti, ou un parti qui pourrait en être issu. »

 

Quel terme, quelle question, quelle relation ? Posée à qui ?

Si la question d'une large alliance politique pour combattre les forces coalisées pour défendre l'UE et son euro peut et doit être posée, les destinataires de l'interpellation ne souffre d'aucun droit au doute, le F-haine et sa galaxie n'y ont pas leur place.

 

De tel propos de la part de J.Sapir traduisent deux choses qui conjuguées tirent son argumentation dans des espaces incontrôlables qui conduisent au dérapage.

C'est d'une part croire que le F-haine serait fondamentalement opposé à l'Euro (ce qui dans la mesure où il est soutien affirmé du capital ravale cette idée à une figure de rhétorique), mais surtout alimente une idée que le dit F-Haine propulse tout azimut « il aurait changé » et en conséquence serait devenu fréquentable. Outre l'occasion d'occuper les antennes estivales, c'est tout le fond du sinistre remake de ce Cid où une Chimène jouerait les Brutus pour paraitre honorable.

Ce qui conduit Sapir à cette approche non-soutenable est calé sur une référence historiquement non pertinente aux rassemblements de la Résistance qui en France produira le CNR et, contre la colonisation, aux Fronts de libérations nationales contre le colonisateur, avec ici des fragments d'une bourgeoisie nationale globalement compromise,  et dans l'empire colonial part des bourgeoisies par intérêts de classe se positonnant au côté du peuple.

Sauf que concernant la France, dans le CNR, même si des éléments de droite, voir très réactionnaire, étaient présents (certains rattrapés au dernier moment pour ne pas laisser le bateau aux mains de la classe ouvrière et ses organisations), il n'était pas question d'avoir en son sein les forces fascistes où celle de la collaboration.

 

Or le f-haine dans sa composition, ses racines, son programme, ses critères et les références même ripolinés de nombre de ses cadres, est le surgeon de ce fascisme intolérable à en permanence combattre sans concession. Pour qui aurait le moindre doute, les pratiques et la vulgate là où il a pu accéder aux responsabilités le démontre en permanence..

Qu'est-ce qui pousse un esprit brillant à de tels errements ? Aurait-il changé ? Non, c'est plus grave et plus profond : il s'agit d'une conception de la souveraineté qui comme pour nombre de penseurs politiques même bien intentionnés ne savent la concevoir que dans son étroite approche nationale et institutionelle, alors que la souveraineté au sens philosophique du terme ne peut par essence n'être que populaire, la dimension nationale à envisager à partir de l'histoire de chacun des peuples n'étant qu'une des facettes de cette dimension populaire qui assoit la souveraineté comme bien universel de nous.

Dit autrement, on peut avoir un grand esprit et se laisser emprisonner dans les rets des références bourgeoises. C'est le danger d'une pensée où l'approche de l'économie se fait déconnectée du mouvement social de ceux qui sont le moteur de l'économie : le monde du travail et ses besoins et intérêts. Le combat politique ne se réduit pas à l'alignement d'équations et de projections institutionnelles ou administratives théoriques à résoudre. N'en rester qu'à cela et prendre chacun des termes présents au tableau en dehors de sa réalité historique concrête, sa place dans un affrontement de classe rarement aussi brutal  conduit à ces impasses.

Reste à J Sapir de se ressaisir ou alors il aura, tel une comète, traversé un moment le firmament politique, son panache aura éclairé la réflexion, mais il sera mangé par les lois de cet affrontement de classe et s'éteindra à mesure que la clarté se fera ou que ceux qu'il envisage d'associer l'étoufferont.

 

NB : Rappelons à ceux qui sans attendre ont usé de ce texe pour régler d'autres comptes que c'est exactement ce que fait Tsipras avec l'anel qui est une extrême droite présentée comme policée mais dont le programme se situe entre le F-Haine d'ici et le mouvement de De Villers avec son refus de l'immigration, rejet du multiculturalisme et maintien de la présence de l'Église de Grèce dans les rouages de la société et particulièrement dans l'éducation. 

 

Rédigé par Canaille Lerouge


 

Commentaire de B.T : L'angle choisi par Jacques Sapir offre un espace inespéré aux europhiles pour détourner, et même interdire, de fait, tout débat sur la souveraineté et l'Euro. Ce faisant il porte un coup à ceux, qui à gauche veulent remettre l'ouvrage sur la table, ceux qui constatent qu'il n'y a pas, pour le monde du travail d'issue dans cette U.E taillée sur mesure PAR et POUR le capital financier. Ceux qui considère qu'il n'y a rien à espéré dans des postures dignes des bourgeois de Calais.

Souvenir de Claude Cabanes

Publié le 27 Août 2015

Triste capuchon définitif

sur une des plus belle plume de l'Huma

 

Souvenir de Claude Cabanes

Privilège du militant parisien de l'après 68, La Canaille qui fin des années 50 eu Georges Fournial comme instituteur a grandi dans les meetings où prennaient la parole des André Wurmser, René Andrieu, Yves Moreau, Roland Leroy et nombre d'autres journaliste de l'Humanité, de les accueillir plus tard dans l'entreprise (Salut Robert !) .

 

Souvenir d'une complicité que portait la rédaction du journal avec ses lecteurs au point d'avoir pu emmener discretement Pierre Agudo participer à une négociation durant la grève de 86-87 avec la direction régionale de la SNCF(avec la complicité de toute la délégation de la CGT).

 

 Canaille le Rouge qui a eu la chance de connaitre Robert Lechêne, André Carrel, d'en croiser d'autres qui ont été s'échouer vers d'autres plages politiques aux sables plus ou moins roses, a eu plusieurs fois l'occasion de croiser Claude Cabanes (jamais celle de discuter personnellement avec lui).

 

Moment important dans ces années d'avant internet et de l'informatique audiovisuelle, pouvoir mettre un visage, une voix sur ce qui n'était jusqu'alors qu'une signature au bas d'un article parfois ancré en un lieu défini de la une ou vagabondant dans les pages au fil des impératifs de l'actualité. Mais déjà, Claude cabanes perçait l'écran.

 

Voir Claudes Cabanes sa silhouette longiligne et sa main qui se mouvait pour scander son élocution : meeting électoraux, rendez-vous de la vignette au journal ou au CC quand la fête de l'Huma reposait quasi exclusivement sur sa préparation militante non commerciale et donc la diffusion de la vignette dans les entreprises, les citées les quartiers, les postes fixes de l'HD, une ou deux fois lors des préparations de congrès dont les conférences fédérales.

 

Revient en memoire son intervention lors d'une de ces conférence fédérale, à Paris, pas mots pour mots mais presque, ce qu'il disait dans les années 80 à propos du lien entre l'Huma et le parti.

 

Comme le dit la chanson "je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent plus connaitre" :

 

"Les puissances d'argent n'ont de cesse de baillonner ceux qui les contestent. Quand le parti va bien l'huma va bien même si sa place contre le régime rend permanent le besoin de l'aider. Quand le parti va mal l'huma va mal. C'est un révélateur". 

 

Il semble que sa vision qui procédait d'une fine analyse si elle n'était en rien prophétique reposait sur une bonne appréciation du réel.

 

Où en est l'Huma dans le combat anticapitaliste ?  De quel journaliste communiste ce qui reste du P"c"F est-il capable de lui proposer pour mener ce combat de fond ? Le veut-il seulement ?

 

Qu'auraient écrit les Andrieu, Cabanes, Moreau du retournement de Tsipras ?

 

Tourne en boucle depuis hier un de ces débats où Claudes Cabanes, avec ce délié du ton et sa méthode chirurgicale pour mettre à plat les questions, la main comme fouaillant les viscères pour extirper l'infection, détaillait la responsabilité du journalisme dans la montée du racisme et de l'antisémitisme dans la banalisation de Le Pen et son f-haine.

 

Les images n'ont pas pris une ride.

 

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié par Jean Lévy

Les communistes et l'immigration : quels principes adopter?

Georges Marchais, calomnié sur la question de l'immigration par la gauche petite bougeoise

Georges Marchais, calomnié sur la question de l'immigration par la gauche petite bougeoise

Réveil Communiste

On peut dédier ce texte à un autre grand calomnié, André Gerin, sans toutefois adhérer à ses conceptions sur l'identité judéo-chrétienne de la France. Pour moi la France est une patrie de la Révolution, point barre. Comme la Russie. Comme le Viet Nam. Comme Cuba.

Il n'y pas de différence aux yeux des communistes entre travailleurs français et immigrés. Mais ils ne devraient pas pour autant défendre la liberté de l'immigration, s'ils veulent renouer avec les masses. La solidarité avec les réfugiés est louable, mais elle tend à acréditer l'idée que les communistes sont partisans d'ouvrir totalement les frontières à la main d'œuvre étrangère. Certains militants de la sphère NPA- refondateurs du PCF ont d'ailleurs allègrement franchi le pas depuis longtemps. Or à l'intérieur du système capitaliste, et on ne va pas changer ce système demain matin, ce sont les frontières qui préservent en dernière analyse le niveau des salaires et les acquis sociaux.

Une campagne implicite pour libéraliser les migrations internationales se développe, en exploitant les images terribles des naufragés de la Méditerranée. On veut faire passer les migrations à l'heure de la "mondialisation" pour une nécessité inévitable et en définitive positive de la modernité, et faire apparaître du même coup toute opposition à leur développement comme un signe de sclérose et d'inhumanité. On sait que les militants de gauche se laissent facilement prendre par les sentiments de nos jours, depuis qu'ils ont perdu l'intelligence du marxisme. En cédant à la pression morale des médias mainstream, ils font cependant directement le lit de l'extrême droite.

Quelques thèses évidentes pour commencer :

1) Les migrations et les migrants ne sont en soi ni bons ni mauvais. On peut les critiquer sans devoir être traité de raciste.


2) Voyager et changer de pays sont des libertés individuelles dont jouissent tous les riches, partout dans le monde. Les mesures de limitation de l'immigration ne s'appliquent donc qu'aux pauvres. Il faut tendre à terme à un monde où chacun pourrait choisir librement son pays. Mais ce n'est pas notre monde d'aujourd'hui dans lequel il nous faudra vivre.

3) La migration d'un pays à un autre peut être revendiquée comme un droit de l'individu, mais dans la limite des possibilités concrètes de l'exercer.

4) L'exercice de ce droit suppose que l'immigrant adopte les usages du pays où il choisit de vivre. En général il migre justement dans ce but. Sinon au moins qu'il fasse suffisament de compromis pour pouvoir s'y adapter.

5) En régime capitaliste les migrants sont utilisés comme main d'œuvre bon marché, pour faire pression à la baisse sur les salaires et les revenus indirects des autochtones (ou des immigrés déjà intégrés au marché de l'emploi ou par le système scolaire). Ils sont aussi utilisés comme un capital humain, dérobé par les pays impérialistes aux pays plus faibles, qui perdent ainsi leur investissement en formation (ils en récupèrent une petite partie sous forme d'envois financiers des émigrés au pays natal).

Une politique socialiste réaliste limiterait donc dans les faits le droit à l'immigration (et comme on nous l'a seriné pendant la guerre froide, à l'émigration).

6) Cette concurrence engendre du ressentiment, et chez beaucoup de travailleurs le rejet de l'immigration et des immigrés. Ce rejet est un produit objectif de la situation, et les prêches moralisateurs sont sans effets contre lui.

7) Il faut affirmer clairement qu'être "contre l'immigration" et être "contre les immigrés"  ce n'est pas la même chose. Dans le premier cas on prône un changement de politique économique qui peut être justifié ou non, qui souvent ne l'est pas, mais qui est une opinion dont l'expression est légitime; dans le deuxième cas on prend des boucs émissaires, attitude qui doit être combattue par les communistes par l'éducation, sauf lorsque l'on a affaire à un raciste idéologique endurci, du genre de ceux qui croient en la supprématie biologique de l'homme blanc.

8) Les questions de savoir si l'immigration est bonne ou mauvaise pour la classe ouvrière du pays d'accueil, pour les pays d'origine des migrants, et pour les migrants eux-mêmes sont des questions de sociologie et d'économie scientifique, dont les réponses peuvent varier suivant la conjoncture. On doit donc pouvoir en discuter sans préjugés et sans tabou.

9) La France est un pays traditionnel de l'immigration politique et cette tradition d'accueil universel fait partie de son identité patriotique.

10) La revendication de la régularisation automatique de tous les sans-papiers est un mot d'ordre irresponsable, gauchiste, d'essence ultralibérale. Il joue son rôle dans la conjoncture sinistre qui pousse les migrants à risquer leur vie en masse en cherchant à passer en Europe à n'importe quel prix.

11) L'idée, fréquemment défendue à la CGT, qu'il suffirait de régulariser tous les travailleurs sans-papiers pour mettre fin à leur surrexploitation et à l'effet qu'ils exercent sur le marché du travail ne résiste pas à l'analyse.

Je pense que l'immigration "est une chance pour la France" dans le sens où elle a toujours lieu dans l'intérêt de l'économie du pays d'accueil (sinon elle cesse immédiatement comme on a pu voir en 2009 avec la crise). Mais l'intérêt de l'économie pilotée par la bourgeoisie et celui de la classe ouvrière, ce n'est pas toujours le même. Ce n'est pas par bêtise ou par racisme que les prolétaires français ou installés depuis longtemps en France sont réticents à l'égard des sans-papiers. Ils pensent que "j'ai bien mes papiers, ils n'ont qu'à en avoir eux aussi avant de venir en France". Il faudrait changer de ton à leur égard pour commencer, si on veut combler la fracture entre "la gauche" et le peuple et s'opposer vraiment, et pas qu'en intention, à la montée du FN et à la désertion des urnes.

La régularisation des sans-papiers ne va pas de soi, ceux qui la défendent doivent convaincre au cas par cas.

Les communistes pourraient, s'ils avaient un tant soit peu de courage politique, défendre un programme demandant la limitation ou l’arrêt de l’immigration, sans être confondu aux yeux du peuple (qui voit juste, disait Mao) avec l'extrême droite. Mais pour ceux qui ne comprendraient pas bien, voici explicitement la différence entre une politique restrictive de l’immigration émanant de l’extrême droite, et une telle politique émanant de communistes.

L'extrême droite veut non pas arrêter l’afflux d’immigrants, mais chasser ou persécuter les immigrants déjà installés et leurs enfants et descendants, et principalement les Noirs et les musulmans. Peu lui importe le fait que l’immigration au départ soit une politique destinée à comprimer les salaires par la concurrence entre exploités, ce qui devrait lui plaire, car elle pense parvenir au même résultat par la simple force de la répression, dont elle est fétichiste, et par la persécution du mouvement ouvrier.

En fait elle veut détruire la nation française réelle, fondée en 1789 pour revenir à un fantasme de la nation traditionnelle de l'Ancien Régime. Des guerres de la Révolution à la Commune et à la seconde guerre mondiale elle est le parti de l’étranger. Aucune réconciliation possible avec cela.

Mais même si certains néonazis sont obsédés par la purification de la soi-disant race blanche, son but réel est la création d’un prolétariat discriminé et d’une société d’apartheid. Si elle avait réalisé son rêve de garder l’Algérie française, il y aurait maintenant 45 millions de citoyens de seconde zone en France. Dans les conditions actuelles, elle serait prête à importer des millions d'Ukrainiens encadrés par des groupes néo-nazis. Elle le fait déjà en Espagne.

Historiquement, on constate que les miltants d'extrême doite, symptômatiquement, se recrutent très souvent parmi les cadres expatriés en Afrique, et dans les directions du personnel de l'industrie, sans parler des syndicats jaunes, qui sont en contact direct avec la main d'œuvre immigrée et organisent son exploitation.

Les communistes devraient quant à eux défendre la politique migratoire qui permettrait l’intégration la meilleure des immigrés déjà présents et de leurs enfants à la nation française, et plus précisément concernant les ouvriers qui sont largement majoritaires dans l’immigration, leur intégration à la classe ouvrière française, ce qui ne peut se faire que dans la lutte commune pour les intérêts communs de tous les travailleurs.

Ralentir ou faire cesser provisoirement l’immigration est nécessaire pour améliorer l’intégration. C'est précisément les lois contre l'immigration de 1919 qui ont relancé involontairement le processus d'intégration des Noirs américains au monde du travail industriel et des grandes métropoles, préalable à leur émancipation relative des années 1960.

Une mauvaise intégration massive, avec son corolaire de pauvreté, d’échec scolaire, de chômage, de ghettoïsation, condamne une part importante des immigrés à devenir un nouveau lumpenprolétariat sans espoir, qui remplit les prisons et nourrit des réactions de racisme ordinaire parmi les français "sans qualité" qui restent largement majoritaires (plus de 90% de la population).

Les communistes dignes de ce nom devraient s’opposer explicitement à la théorie libérale de la libre migration internationale dans les conditions du capitalisme, qui considère d'ailleurs la nation comme dépassée dans l’ensemble euro-atlantique, et donc l’intégration inutile.

On finit toujours par s'intégrer à quelque chose. Les groupes gauchistes qui considèrent l'intégration à la culture française des immigrés résidant en France comme une forme de colonialisme moral défendent objectivement à la place l'intégration à la culture de la marchandise et du spectacle, à l'Occident, à la patrie globale du capital, ou sinon le repli identitaire-religieux.

Enfin des immigrés explicitement antifrançais faisant obstacle à l’intégration de leurs compatriotes ou coreligionnaires n’ont évidemment pas leur place dans le pays. Prendre leur défense aboutirait uniquement à susciter un mépris populaire bien mérité.

Contrairement à l’extrême droite, les communistes ne remettent pas en cause l’accueil de réfugiés politiques, ni les naturalisations, se proposant au contraire de les faciliter, et refusent l’expulsion de mineurs scolarisés qui déjà sont culturellement français de facto.

Dans l’application de leur politique restrictive de l’immigration, la droite et l’extrême droite proposent essentiellement des pratiques de discrimination et de harcèlement des immigrés, qui sont fondamentalement racistes. Les communistes frapperaient sans merci les employeurs de main d'œuvre étrangère illégale, français ou étrangers, y compris les particuliers, et leurs donneurs d'ordres (surtout français, et parfois même relevant de l'État!).

Les communistes lanceraient des politiques de codéveloppement ambitieuses avec les pays d'origine des migrants, qui ne sont possibles qu'en quittant le cadre européen. Lequel cadre introduit d'ailleurs en douce une discimination intolérable entre les étrangers selon leur origine.

Les communistes tels que je les entends n’ont pas de préjugés contre l’islam français. S'ils refusent le communautarisme musulman qui enferme les immigrés dans un ghetto mental et renforce le racisme de part et d’autre, ils refusent de la même manière de cautionner les communautarismes juifs, chrétiens, nationaux et régionaux ou fondés sur l’orientation sexuelle.

Il faut remarquer qu’à part les gauchistes de tendance libertaire et les partisans du libéralisme économique cohérents avec leurs idées, personne ne défend réellement la liberté de l’immigration, et donc tous (gauche comprise) doivent aussi assumer la nécessité de procéder à des expulsions.

Les immigrés ne peuvent pas s'intégrer à une nation sans patriotisme, où la petite bourgeoisie mondialisée et décervelée par les médias mainstream dénigre sans cesse son propre pays, et déstructure son propre langage, dans l'espoir de complaire à l'impérialisme. Le nationalisme tant reproché aux communistes réels (ceux qui ont réellement agi) est un nationalisme défensif et de libération, et non le chauvinisme impudent et grotesque qui accompagne les tendances impérialistes. On ne peut les confondre que par ignorance crasse, ou en usant de la plus complète mauvaise foi.

En fin de compte, la différence est claire entre le pseudo-nationalisme raciste prompt à la trahison et le patriotisme, entre Vichy et la Résistance de l’Affiche Rouge.

Les politiques libérales de migration, qui aident à la dissolution des nations et la suppression des frontières qu’exige la bourgeoisie transatlantique, développent dialectiquement une opposition radicale, parfaitement légitime, mais tout est fait, en particulier par la promotion médiatique des porte-paroles de l'extrême droite, pour que la colère des masses soit récupérée par les mouvements racistes et xénophobes, et ainsi stérilisée, et diabolisée.

Le piège est grossier. Certains militants de gauche et d’extrême gauche semblent pourtant prompts à y donner. C'est qu'ils sont plus interessés par la posture morale que par l'action, ou qu'ils confondent miltantisme politique et aide humanitaire.

GQ, 

Antonio Gramsci : Analyse des intellectuels comme groupes sociaux et dans leur fonction politique

 

26 Août 2015 , Rédigé par Réveil Communiste

Et aujourd'hui... la problématique de l'historien Le Goff provenait tout droit de Gramsci !

Et aujourd'hui... la problématique de l'historien Le Goff provenait tout droit de Gramsci !

 

Lecture obligatoire pour tous les intellectuels qui fréquenteraient ce blog !

 

Larges extraits du Cahier de Prison 12 § 1, édité en ligne par Jean Marie Tremblay, de l'université canadienne de Chicoutimi; traduction André Tosel.

 

La formation des intellectuels

 

Les intellectuels constituent-ils un groupe social autonome et indépendant, ou bien chaque groupe social a-t-il sa propre catégorie spécialisée d'intellectuels ? Le problème est complexe, étant donné les formes diverses qu'a prises jusqu'ici le processus historique réel de la formation des différentes catégories d'intellectuels. 

 

Les plus importantes de ces formes sont au nombre de deux : 1. Chaque groupe social, naissant sur le terrain originel d'une fonction essentielle dans le monde de la production économique, crée en même temps que lui, organiquement, une ou plu­sieurs couches d'intellectuels qui lui donnent son homogénéité et la conscience de sa propre fonction, non seulement dans le domaine économique, mais aussi dans le domaine politique et social : le chef d'entreprise capitaliste crée avec lui le technicien de l'industrie, le savant de l'économie politique, l'organisateur d'une nouvelle culture, d'un nouveau droit, etc. Il faut remarquer que le chef d'entreprise représente une éla­bo­ration sociale supérieure, déjà caractérisée par une certaine capacité de direction et de technique (c'est-à-dire une capacité intellectuelle) : il doit avoir une certaine capa­cité technique, en dehors de la sphère bien délimitée de son activité et de son initiative, au moins dans les autres domaines les plus proches de la production écono­mique (il doit être un organisateur de masses d'hommes; il doit organiser la « con­fian­ce » que les épar­gnants ont dans son entreprise, les acheteurs dans sa marchandise, etc.). 

 

Sinon tous les chefs d'entreprise, du moins une élite d'entre eux doivent être capables d'être des organisateurs de la société en général, dans l'ensemble de l'orga­nisme complexe de ses services, jusqu'à l'organisme d'État, car il leur est nécessaire de créer les conditions les plus favorables à l'expansion de leur propre classe - ou bien ils doivent du moins posséder la capacité de choisir leurs « commis » (employés spécialisés) auxquels ils pourront confier cette activité organisatrice des rapports généraux de l'entreprise avec l'extérieur. On peut observer que les intellectuels « organiques » que chaque nouvelle classe crée avec elle et qu'elle élabore au cours de son développement progressif, sont la plupart du temps des « spécialisations » de certains aspects partiels de l'activité primitive du nouveau type social auquel la nouvelle classe a donné naissance. 

 

Les seigneurs de l'époque féodale eux aussi étaient les détenteurs d'une certaine capacité technique, dans le domaine militaire, et c'est justement à partir du moment où l'aristocratie perd le monopole de la compétence technico-militaire, que commence la crise du féodalisme. Mais la formation des intellectuels dans le monde féodal et dans le monde classique précédent est un problème qu'il faut examiner à part : cette formation, cette élaboration suivent des voies et prennent des formes qu'il faut étudier de façon concrète. Ainsi l'on peut remarquer que la masse des paysans, bien qu'elle exer­ce une fonction essentielle dans le monde de la production, ne crée pas des intel­lec­tuels qui lui soient propres, « organiques », et n' « assimile » aucune couche d'in­tel­lectuels « traditionnels », bien que d'autres groupes, sociaux tirent un grand nom­bre de leurs intellectuels de la masse paysanne, et qu'une grande partie des intellectuels traditionnels soient d'origine paysanne. 

 

Mais chaque groupe social « essentiel », au moment où il émerge à la surface de l'histoire, venant de la précédente structure économique dont il exprime un de ses développements, a trouvé, du moins dans l'Histoire telle qu'elle s'est déroulée jusqu'à ce jour, des catégories d'intellectuels qui existaient avant lui et qui, de plus, apparais­saient comme les représentants d'une continuité historique que n'avaient même pas interrompue les changements les plus compliqués et les plus radicaux des formes sociales et politiques. 

 

La plus typique de ces catégories intellectuelles est celle des ecclésiastiques, qui monopolisèrent pendant longtemps (tout au long d'une phase historique qui est même caractérisée en partie par ce monopole) certains services importants : l'idéologie religieuse, c'est-à-dire la philosophie et la science de l'époque, avec l'école, l'instruc­tion, la morale, la justice, la bienfaisance, l'assistance, etc. La catégorie des ecclésias­tiques peut être considérée comme la catégorie intellectuelle organiquement liée à l'aristocratie foncière : elle était assimilée juridiquement à l'aristocratie, avec laquelle elle partageait l'exercice de la propriété féodale de la terre et l'usage des privilèges d'État liés à la propriété. Mais ce monopole des superstructures de la part des ecclé­siastiques n'a pas été exercé sans luttes et sans restrictions, aussi a-t-on vu naître, sous diverses formes (à rechercher et étudier de façon concrète) d'autres catégories, favo­risées et développées par le renforcement du pouvoir central du monarque, jusqu'à l'absolutisme. Ainsi s'est formée peu à peu l'aristocratie de robe, avec ses privilèges particuliers, une couche d'administrateurs, etc., savants, théoriciens, philosophes non ecclésiastiques, etc. 

 

Comme ces diverses catégories d'intellectuels traditionnels éprouvent, avec un « esprit de corps » le sentiment de leur continuité historique ininterrompue et de leur qualification, ils se situent eux-mêmes comme ,autonomes et indépendants du groupe social dominant. Cette auto-position n'est pas sans conséquences de grande portée dans le domaine idéologique et politique : toute la philosophie idéaliste peut se ratta­cher facilement à cette position prise par le complexe social des intellectuels et l'on peut définir l'expression de cette utopie sociale qui fait que les intellectuels se croient « indépendants », autonomes, dotés de caractères qui leur sont propres, etc. 

 

Il faut noter cependant que si le Pape et la haute hiérarchie de l’Église se croient davantage liés au Christ et aux apôtres que ne le sont les sénateurs Agnelli et Benni, il n'en est pas de même pour Gentile et pour Croce; par exemple : Croce particulière­ment, se sent fortement lié à Aristote et à Platon, mais il ne se cache pas, par contre, d'être lié aux sénateurs Agnelli et Benni, et c'est précisément là qu'il faut chercher le caractère le plus important de la philosophie de Croce. 

 

Quelles sont les limites « maxima » pour l'acception du terme d' « intellectuel » ? Peut-on trouver un critère unitaire pour caractériser également toutes les activités intellectuelles, diverses et disparates, et en même temps pour distinguer celles-ci, et de façon essentielle, des autres groupements sociaux ? L'erreur de méthode la plus répandue me paraît être d'avoir recherché ce critère de distinction dans ce qui est intrinsèque aux activités intellectuelles et non pas dans l'ensemble du système de rapports dans lequel ces activités (et par conséquent les groupes qui les personnifient) viennent à se trouver au sein du complexe général des rapports sociaux. En réalité l'ouvrier ou le prolétaire, par exemple, n'est pas spécifiquement caractérisé par son travail manuel ou à caractère instrumental mais par ce travail effectué dans des conditions déterminées et dans des rapports sociaux déterminés (sans compter qu'il n'existe pas de travail purement physique, et que l'expression elle-même de Taylor de « gorille apprivoisé » est une métaphore pour indiquer une limite dans une certaine direction : dans n'importe quel travail physique, même le plus mécanique et le plus dégradé, il existe un minimum de qualification technique, c'est-à-dire un minimum d'activité intellectuelle créatrice). Et l'on a déjà observé que le chef d'entreprise, de par sa fonction elle-même, doit posséder, en une certaine mesure, un certain nombre de qualifications de caractère intellectuel, bien que son personnage social ne soit pas déterminé par elles, mais par les rapports sociaux généraux qui caractérisent préci­sément la position du patron dans l'industrie. 

 

C'est pourquoi l'on pourrait dire que tous les hommes sont des intellectuels ; mais tous les hommes n'exercent pas dans la société la fonction d'intellectuel. 

 

Lorsque l'on distingue intellectuels et non-intellectuels, on ne se réfère en réalité qu'à la fonction sociale immédiate de la catégorie professionnelle des intellectuels, c'est-à-dire que l'on tient compte de la direction dans laquelle s'exerce le poids le plus fort de l'activité professionnelle spécifique : dans l'élaboration intellectuelle ou dans l'effort musculaire et nerveux. Cela signifie que, si l'on peut parler d'intellectuels, on ne peut pas parler de non-intellectuels, car les non-intellectuels n'existent pas. Mais le rapport lui-même entre l'effort d'élaboration intellectuel-cérébral et l'effort mus­cu­laire-nerveux n'est pas toujours égal, aussi a-t-on divers degrés de l'activité intellec­tuelle spécifique. Il n'existe pas d'activité humaine dont on puisse exclure toute intervention intellectuelle, on ne peut séparer l'homo faber de l'homo sapiens. Chaque homme, enfin, en dehors de sa profession, exerce une quelconque activité intellec­tuelle, il est un « philosophe », un artiste, un homme de goût, il participe à une con­cep­tion du monde, il a une ligne de conduite morale consciente, donc il contribue à soutenir ou à modifier une conception du monde, c'est-à-dire à faire naître de nou­veaux modes de penser. 

 

Le problème de la création d'une nouvelle couche d'intellectuels consiste donc à développer de façon critique l'activité intellectuelle qui existe chez chacun à un cer­tain degré de développement, en modifiant son rapport avec l'effort musculaire-ner­veux en vue d'un nouvel équilibre, et en obtenant que l'effort musculaire-nerveux lui-même, en tant qu'élément d'une activité pratique générale qui renouvelle perpé­tuellement le monde physique et social, devienne le fondement d'une nouvelle et totale conception du monde. Le type traditionnel, le type de l'intellectuel est fourni par l'homme de lettres, le philosophe,l'artiste. Aussi les journalistes, qui se considè­rent comme des hommes de lettres, des philosophes, des artistes, pensent aussi qu'ils sont les « vrais » intellectuels. Dans le monde moderne, l'éducation technique, étroite­ment liée au travail industriel même le plus primitif et le plus déprécié, doit former la base du nouveau type d'intellectuel. 

 

C'est sur cette base qu'a travaillé L'Ordine Nuovo hebdomadaire pour développer certaines formes du nouvel intellectualisme et pour établir les nouvelles façons de le concevoir, et ce n'a pas été une des moindres raisons de son succès, parce qu'une telle façon de poser le problème correspondait à des aspirations latentes et était conforme au développement des formes réelles de la vie. La façon d'être du nouvel intellectuel ne peut plus consister dans l'éloquence, agent moteur extérieur et momentané des sentiments et des passions, mais dans le fait qu'il se mêle activement à la vie pratique, comme constructeur, organisateur, « persuadeur permanent » parce qu'il n'est plus un simple orateur - et qu'il est toutefois supérieur à l'esprit mathématique abstrait; de la technique-travail il parvient à la technique-science et à la conception humaniste histo­ri­que, sans laquelle on reste un « spécialiste » et l'on ne devient pas un « dirigeant » (spécialiste + politique). 

 

Ainsi se forment historiquement des catégories spécialisées par l'exercice de la fonction intellectuelle, elles se forment en connexion avec tous les groupes sociaux, mais spécialement avec les groupes sociaux les plus importants et subissent une élabo­ration plus étendue et plus complexe en étroit rapport avec le groupe social domi­nant. Un des traits caractéristiques les plus importants de chaque groupe qui cher­che à atteindre le pouvoir est la lutte qu'il mène pour assimiler et conquérir « idéo­logiquement » les intellectuels traditionnels, assimilation et conquête qui sont d'autant plus rapides et efficaces que ce groupe donné élabore davantage, en même temps, ses intellectuels organiques. 

 

L'énorme développement qu'ont pris l'activité et l'organisation scolaires (au sens large) dans les sociétés surgies du monde médiéval montre quelle importance ont prise, dans le monde moderne, les catégories et les fonctions intellectuelles : de même que l'on a cherché à approfondir et à élargir l' « intellectualité » de chaque individu, on a aussi cherché à multiplier les spécialisations et à les affiner. Cela apparaît dans les organismes scolaires de divers degrés, jusqu'à ceux qui sont destinés à promouvoir ce qu'on appelle la « haute culture », dans tous les domaines de la science et de la technique. 

 

L'école est l'instrument qui sert à former les intellectuels à différents degrés. La complexité de la fonction intellectuelle dans les divers États peut se mesurer objecti­vement à la quantité d'écoles spécialisées qu'ils possèdent, et à leur hiérarchisation : plus l' « aire » scolaire est étendue, plus les « degrés » « verticaux » de l'école sont nombreux, et plus le monde culturel, la civilisation des divers États est complexe. On peut trouver un terme de comparaison dans la sphère de la technique industrielle : l'industrialisation d'un pays se mesure à son équipement dans le domaine de la construction des machines qui servent elles-mêmes à construire d'autres machines, et dans celui de la fabrication d'instruments toujours plus précis pour construire des machines et des instruments pour construire ces machines, etc. Le pays qui est le mieux équipé pour fabriquer des instruments pour les laboratoires des savants, et des instruments pour vérifier ces instruments, peut être considéré comme ayant l'orga­nisation la plus complexe dans le domaine technico-industriel, comme étant le plus civilisé, etc. Il en est de même dans la préparation des intellectuels et dans les écoles consacrées à cette préparation; on peut assimiler les écoles à des instituts de haute culture. Même dans ce domaine, on ne peut isoler la quantité de la qualité. A la spécialisation technico-culturelle la plus raffinée ne peut pas ne pas correspondre la plus grande extension possible de l'instruction primaire et la plus grande sollicitude pour ouvrir les degrés intermédiaires au plus grand nombre. Naturellement cette néces­sité de créer la plus large base possible pour sélectionner et former les plus hautes qualifications intellectuelles - c'est-à-dire pour donner à la culture et à la technique supérieures une structure démocratique - n'est pas sans inconvénient : on crée ainsi la possibilité de vastes crises de chômage dans les couches intellectuelles moyennes, comme cela se produit en fait dans toutes les sociétés modernes. 

 

Il faut remarquer que, dans la réalité concrète, la formation de couches intellec­tu­elles ne se produit pas sur un terrain démocratique abstrait, mais selon des processus historiques traditionnels très concrets, Il s'est formé des couches sociales qui, traditionnellement, «produisent» des intellectuels et ce sont ces mêmes couches qui d'habitude se sont spécialisées dans «l'épargne», c'est-à-dire la petite et moyenne bour­geoisie terrienne et certaines couches de la petite et moyenne bourgeoisie des villes. La distribution différente des divers types d'écoles (classiques et profession­nelles) sur le territoire « économique », et les aspirations différentes des diverses caté­gories de ces couches sociales déterminent la production des diverses branches de spécialisation intellectuelle, ou leur donnent leur forme. Ainsi en Italie la bourgeoisie rurale produit surtout des fonctionnaires d'État et des gens de professions libérales, tandis que la bourgeoisie citadine produit des techniciens pour l'industrie : c'est pourquoi l'Italie septentrionale produit surtout des techniciens alors que Italie méri­dionale alimente plus spécialement les corps des fonctionnaires et des profes­sions libérales. 

 

Le rapport entre les intellectuels et le monde de la production n'est pas immédiat, comme cela se produit pour les groupes sociaux fondamentaux, mais il est «médiat», à des degrés divers, par l'intermédiaire de toute la trame sociale, du complexe des superstructures, dont précisément les intellectuels sont les «fonctionnaires». On pourrait mesurer le caractère «organique» des diverses couches d'intellectuels, leur liaison plus ou moins étroite avec un groupe social fondamental en établissant une échelle des fonctions et des superstructures de bas en haut (à partir de la base struc­turelle). On peut, pour le moment, établir deux grands «étages» dans les super­structures, celui que l'on peut appeler l'étage de la «société civile», c'est-à-dire de l'ensemble des organismes vulgairement dits «privés», et celui de la «société politi­que» ou de l'État ; ils correspondent à la fonction d' «hégémonie» que le groupe dominant exerce sur toute la société, et à la fonction de « domination directe » ou de com­mandement qui s'exprime dans l'État et dans le gouvernement «juridique». Ce sont là précisément des fonctions d'organisation et de connexion. Les intellectuels sont les «commis» du groupe dominant pour l'exercice des fonctions subalternes de l'hégémonie sociale et du gouvernement politique, c'est-à-dire :

 

1. de l'accord « spon­tané » donné par les grandes masses de la population à l'orientation imprimée à la vie sociale par le groupe fondamental dominant, accord qui naît «historiquement» du prestige qu'a le groupe dominant (et de la confiance qu'il inspire) du fait de sa fonc­tion dans le monde de la production;

 

2. de l'appareil de coercition d'État qui assure «léga­lement» la discipline des groupes qui refusent leur «accord» tant actif que pas­sif; mais cet appareil est constitué pour l'ensemble de la société en prévision des moments de crise dans le commandement et dans la direction, lorsque l'accord spon­tané vient à faire défaut. 

 

Cette façon de poser le problème a pour résultat une très grande extension du concept d'intellectuel, mais c'est la seule grande façon d'arriver à une approximation concrète de la réalité. Cette façon de poser le problème se heurte à des idées précon­çues de caste : il est vrai que la fonction organisatrice de l'hégémonie sociale et de la domination d'État donne lieu à une certaine division du travail et par conséquent à toute une échelle de qualifications dont certaines ne remplissent plus aucun rôle de direction et d'organisation : dans l'appareil de direction sociale et gouvernementale il existe toute une série d'emplois de caractère manuel et instrumental (fonction de pure exécution et non d'initiative, d'agents et non d'officiers ou de fonctionnaires). Mais il faut évidemment faire cette distinction, comme il faudra en faire d'autres. En effet, même du point de vue intrinsèque, il faut distinguer dans l'activité intellectuelle diffé­rents degrés qui, à certains moments d'opposition extrême, donnent une véritable différence qualitative : à l'échelon le plus élevé il faudra placer les créateurs des di­ver­­ses sciences, de la philosophie, de l'art, etc. ; au plus bas, les plus humbles «admi­nistrateurs» et divulgateurs de la richesse intellectuelle déjà existante, tradition­nelle, accumulée. 

 

Dans le monde moderne, la catégorie des intellectuels, ainsi entendue, s'est déve­lop­pée d'une façon prodigieuse. Le système social démocratique bureaucratique a créé des masses imposantes, pas toutes justifiées par les nécessités sociales de la production, même si elles sont justifiées par les nécessités politiques du groupe fon­damental dominant. D'où la conception de Loria du «travailleur» improductif (mais improductif par référence à qui et à quel mode de production ?) qui pourrait se justifier si l'on tient compte que ces masses exploitent leur situation pour se faire attribuer des portions énormes du revenu national. La formation de masse a stan­dar­disé des individus, tant dans leur qualification individuelle que dans leur psychologie, en déterminant l'apparition des mêmes phénomènes que dans toutes les masses stan­dar­disées : concurrence qui crée la nécessité d'organisations profession­nel­les de dé­fen­se, chômage, surproduction de diplômés, émigration, etc.

(Int., pp. 3-10 et G.q. 12, § 1, pp. 1513-1520).

 

[1930-1932]

Extraits du Cahier de Prison 12, § 3 :

 

Position différente des intellectuels de type urbain et de type rural

 

Les intellectuels de type urbain se sont développés en même temps que l'industrie et sont liés à sa fortune. Leur fonction peut être comparée à celle des officiers subal­ternes dans l'armée : ils n'ont aucune initiative autonome pour élaborer les plans de construction ; ils mettent en rapport, en l'articulant, la masse instrumentale [1] avec le chef d'entreprise, ils élaborent l'exécution immédiate du plan de production établi par l'état-major de l'industrie, en contrôlant les phases élémentaires de travail. [2] De façon générale les intellectuels urbains sont très standardisés ; les plus élevés d'entre eux se confondent toujours davantage avec le véritable état-major industriel. 

 

Les intellectuels de type rural sont en grande partie « traditionnels » c'est-à-dire liés à la masse sociale paysanne et petite-bourgeoise des villes (surtout des centres mineurs) qui n'a pas encore été transformée et mise en mouvement par le système capitaliste : ce type d'intellectuel met en contact la masse paysanne avec l'administra­tion centrale ou locale (avocats, notaires, etc.) et, par là même elle remplit une fonc­tion politico-sociale importante, car il est difficile de  séparer la médiation pro­fes­sionnelle et la médiation politique. En outre : dans la campagne l'intellectuel (prê­tre, avocat, instituteur, notaire, médecin, etc.) a un niveau de vie moyen qui est supé­rieur à celui du paysans moyen, ou du moins différent, aussi représente-t-il pour ce dernier un modèle social dans son aspiration à sortir de sa condition et à l'améliorer. Le paysan pense toujours qu'au moins un de ses fils pourrait devenir un intellectuel (surtout un prêtre), c'est-à-dire devenir  un « monsieur », élevant ainsi le rang social de la famille et facilitant sa vie économique par les contacts qu'il ne manquera pas d'avoir avec les autres « messieurs ». L'attitude du paysan à l'égard de l'intellectuel présente un double aspect et paraît contradictoire : il admire la position sociale de l'intellectuel et, de façon générale, de l'employé d'État, mais fait parfois semblant de la mépriser, autrement dit son admiration est instinctivement pétrie d'éléments d'envie et de rage  passionnée. On ne comprend rien à la vie collective des paysans, ni aux ger­mes et aux ferments qui s'y trouvent si l'on ne prend pas en considération, si l'on n'étudie pas de façon concrète, si l'on n'approfondit pas cette subordination effective du paysan aux intellectuels; chaque développement organique des masses paysannes,  jusqu'à un certain point, est lié aux mouvements des intellectuels et en dépend. 

 

Le cas est différent pour les intellectuels urbains : les techniciens d'usine n'exer­cent aucune fonction politique sur leurs masses instrumentales, ou du moins est-ce là une phase déjà dépassée; parfois c'est juste le contraire qui se produit : les masses instru­mentales, du moins par l'intermédiaire de leurs intellectuels organiques, exer­cent une influence politique sur les techniciens. 

 

Le point central du problème demeure la distinction entre intellectuels en tant que catégorie organique de chaque groupe social fondamental et intellectuels en tant que catégorie traditionnelle ; distinction qui fait naître toute une série de problèmes et de recherches théoriques possibles. 

 

Le problème le plus intéressant est celui qui concerne, si on le considère de ce point de vue, le parti politique, ses origines réelles, ses développements, ses formes. Que devient le parti politique par rapport au problème des intellectuels? Il faut établir certaines distinctions :

 

1. pour certains groupes sociaux le parti politique n'est rien d'autre que leur propre façon de former leur catégorie organique d'intellectuels (les­quels se forment ainsi, nécessairement, étant donné les caractères généraux et les condi­tions de formation, de vie et de développement d'un groupe social donné) direc­te­ment dans le domaine politique et philosophique et non pas dans le domaine de la technique productive [3];

 

2. le parti politique, pour tous les groupes, est précisément le mécanisme qui, dans la société « civile », remplit la même fonction que, d'une façon plus large et plus synthétique, remplit l'État dans la société politique, c'est-à-dire qu'il fait la soudure entre les intellectuels organiques d'un groupe donné, le grou­pe domi­nant, et les intellectuels traditionnels ; et cette fonction, le parti l'accom­plit précisé­ment sous la dépendance de sa fonction fondamentale qui est d'élaborer ses propres composants, éléments d'un groupe social qui est né et qui s'est développé comme « éco­nomique », jusqu'à en faire des intellectuels politiques qualifiés, des dirigeants, des organisateurs de toutes les activités et de toutes les fonctions inhérentes au déve­loppement organique d'une société intégrale civile et politique. Et l'on peut même dire que le parti politique, dans son milieu, remplit sa fonction de façon beaucoup plus complète et organique que ne la remplit l'État dans un milieu plus vaste : un intel­lectuel qui entre dans le parti politique d'un groupe social déterminé, se confond avec les intellectuels organiques de ce groupe, se lie étroitement à ce groupe, alors que, lorsqu'il participe à la vie de l'État, cela ne se produit que de façon médiocre et quel­quefois pas du tout. Et même, il arrive que de nombreux intellectuels pensent être eux-mêmes l'État : croyance qui, étant donné la masse imposante de cette catégorie, a parfois des conséquences importantes et apporte de déplaisantes complications dans le groupe économique fondamental qui est réellement l'État. [4] 

 

Que tous les membres d'un parti politique doivent être considérés comme des intellectuels, voilà une affirmation qui peut prêter à des plaisanteries et à des cari­catures : pourtant, à la réflexion, il n'y a rien de plus exact. Il faudra distinguer des degrés, un parti pourra avoir une plus grande extension dans son degré le plus bas ou dans son degré le plus haut, ce n'est pas cela l'important : ce qui importe, c'est sa fonction de direction et d'organisation, donc sa fonction éducative, donc sa fonction intellectuelle. Un commerçant n'entre pas dans un parti politique pour faire du commerce, ni un industriel pour produire davantage et à des prix de revient plus bas, ni un paysan pour apprendre de nouvelles méthodes de culture, même si, sous certains aspects, ces exigences du commerçant, de l'industriel ou du paysan peuvent trouver une satisfaction dans le parti politique. [5] Dans ce but, à l'intérieur de ces limites, il existe le syndicat profes­sionnel, au sein duquel l'activité économique-corporative du commerçant, de l'indus­triel, du paysan trouve son cadre le plus approprié. Dans le parti politique les éléments d'un groupe social économique dépassent ce moment de leur développement historique et deviennent des agents d'une activité générale, de caractère national et international. Cette fonction du parti politique devrait apparaître beaucoup plus claire­ment à partir d'une analyse historique concrète qui montrerait de quelle façon se sont développées les catégories organiques d'intellectuels et les caté­gories d'intellec­tuels traditionnels, tant sur le terrain des diverses histoires nationales que sur celui du développement des différents groupes sociaux les plus importants dans le cadre des diverses nations, et spécialement des groupes dont l'activité écono­mique a été surtout instrumentale. 

 

La formation des intellectuels traditionnels est le problème historique le plus intéressant. Il est certainement lié à l'esclavage dans l'antiquité classique et à la posi­tion des affranchis d'origine grecque et orientale dans l'organisation sociale de l'Empire romain. 

 

Ce fossé non seulement social mais national, de race, entre des masses impor­tan­tes d'intellectuels et la classe dominante de l'Empire, se retrouve, après la chute de l'Empire entre les guerriers germaniques et les intellectuels d'origine romanisée, qui continuent la catégorie des affranchis. A ce phénomène vient se mêler la naissance et le développement du catholicisme et de l'organisation ecclésiastique qui, durant de nombreux siècles, absorbe la majeure partie des activités intellectuelles et exerce le monopole de la direction culturelle, avec sanctions pénales à l'appui pour ceux qui veulent s'y opposer ou même éluder ce monopole. On voit se manifester en Italie le phénomène, plus ou moins intense selon les époques, de la fonction cosmopolite des intellectuels de la péninsule. Signalons maintenant les différences qui sautent immé­diatement aux yeux dans le développement des intellectuels dans toute une série de pays, du moins dans les plus importants, en précisant que ces observations devront être contrôlées et approfondies. 

 

Pour l'Italie le fait central est précisément la fonction internationale, ou cosmo­polite de ses intellectuels, qui est cause et effet de l'état de désagrégation dans lequel demeure la péninsule depuis la chute de l'Empire romain jusqu'en 1870. 

 

La France fournit un type complet de développement harmonique de toutes les éner­gies nationales et particulièrement des catégories d'intellectuels. Lorsque, en 1789, un nouveau regroupement social émerge politiquement à la surface de l'histoire, il est entièrement pourvu de toutes ses fonctions sociales et c'est pourquoi il lutte en vue de la domination totale de la nation, sans en venir à des compromis essentiels avec les vieilles classes, mais au contraire en les subordonnant à ses fins. Les pre­mières cellules intellectuelles du type nouveau naissent avec les premières cellules éco­nomiques : l'organisation de l’Église elle-même en subit l'influence (gallica­nisme [6], luttes très précoces entre l’Église et l'État). Cet édifice intellectuel massif explique la fonction de la culture française aux XVIIIe et XIXe siècles, fonction d'irradiation internationale et cosmopolite, et d'expansion à caractère d'impérialisme et d'hégémonie (de façon organique), par conséquent bien différente de celle de la culture italienne, avec son caractère d'immigration personnelle, dispersée, et qui ne réagit pas sur la base nationale pour lui donner une nouvelle valeur, mais au contraire concourt à rendre impossible la constitution d'une base nationale solide.

 

(G.q. 12, § 3, pp. 1550-1551.)

[1]      La masse instrumentale (massa strumentale), c'est-à-dire les ouvriers.

 

[2]      L'observation de Gramsci, valable en général et, de façon plus particulière pour l'époque à laquelle il écrivait, peut être aujourd'hui complétée. De nouvelles fonctions, non plus seulement d'ordre technique, mais en vue d'organiser l'accord des ouvriers avec la direction de l'entreprise, ont été attribuées, à la suite de l'exemple des États-Unis, aux techniciens d'usine (pour augmenter la productivité et par conséquent, en régime capitaliste, le profit). On peut donc aujourd'hui déterminer une influence politique directe de ces techniciens sur les ouvriers.

 

[3]      Dans le domaine de la technique de la production se forment des couches que l'on peut considérer comme correspondant aux « gradés » (sous-officiers) dans l'ar­mée, c'est-à-dire les ouvriers qualifiés et les ouvriers spécialisés, en ville, et, de façon plus complexe, les métayers et les fermiers à la campagne, car ces derniers corres­pondent en général au type de l'artisan, qui est l'ouvrier qualifié d'une économie médiévale. (Note de Gramsci.)

 

[4]      Gramsci fait ici allusion aux contradictions qui peuvent surgir parfois entre certains hommes politiques qui dirigent officiellement l'État et les forces économiques dont ils sont en réalité les agents, ou, comme le dit souvent Gramsci, les « commis ».

 

[5]      L'opinion commune contredit cela lorsqu'elle affirme que le commerçant, l'industriel, le paysan qui « font de la politique » y perdent au lieu d'y gagner et sont les plus mauvais de leur catégorie, et cela peut être un sujet de discussion. (Note de Gramsci.)

 

[6]      Gallicanisme doctrine des gallicans (du latin : gallicanus, dérivé de Gullus Gaulois). Les gallicans sont les partisans des libertés de l’Église de France et du principe de l'indépendance des Églises nationales par rapport à la papauté. Ils s'opposent aux ultramontains, qui soutiennent le pouvoir absolu du pape en toute matière.

Récréation enfin, si on peut le dire ainsi

Publié le 26 Août 2015

Avez-vous lu Elias Duparc ?

Récréation enfin, si on peut le dire ainsi.

Il n'écrit pas de polards ni de romans sociologiques. Mais il sait faire dans la fiction et parfois, au prix de quelques coups d'épaule, il tente de l'adosser à sa vision du réel :

 

À l’inverse de ce que prétendent certains anciens soutiens devenus en quelques jours dénonciateurs impitoyables, le gouvernement Tsipras a également remporté des victoires notables.

 

Il semble avoir oublié un « pour les »  entre victoires et notables.

 

Réapparition sur le devant de la scène de ces hagiographes, peut-être ne connaissez-vous pas cette denrée idéologique. Avant de tomber par hasard sur cette  plate-bande de la culture politique hors sol  (pas de pollution par les exigences sociales, pas de terreau naturel annoncé justifiant des prix hors d'atteinte pour le paysan grec moyen) Canaille le Rouge ne connaissait pas.

 

Spécialiste de la traque du Sapir, de la battue anti Lordon, Pythie du grand retour du P"c"F, estoquant le trotskyste présumé, parce que le contestant, comme le faisait le premier Djougachvili géorgien venu quand il affutait son piolet, notre Mercader de la boite à idée se déchaine.

 

Pour comprendre sa pensée il faut savoir lire la grille Duparc qui sert à garder les jardins de la pensée officielle, de la pensée exclusive communiste autoproclamée. Et cela donne ceci :

 

Tsipras a tout fait pour mettre transparence et démocratie au centre du jeu : quel autre chef d’Etat européen a saisi le Parlement européen, injectant de la politique à haute dose dans la seule instance un tant soit peu démocratique de l’Union ?

 

Parlement Européen qui laisse en son nom frapper d'interdit de publication des termes du TAFTA et accepte comme donnée subventionnée le droit au lobbying des grands monopoles.

 

Quiconque suit la situation grecque de près restera interloqué devant cette accumulation de, disons le mot, « conneries pharaoniques » :

 

« Le gouvernement d’Alexis Tsipras a remporté début août une « victoire dans la défaite » importante et étrangement passée sous silence : un allègement du cadre austéritaire qui enserre le pays. En effet, alors que les exigences annuelles d’excédents budgétaires étaient fixées à 1% du PIB pour 2015 et 2% pour 2016 dans l’accord du 13 juillet, ils seront finalement respectivement de 0,25 et de 0,5%. Avec le déblocage de 83 milliards d’euros de fonds européens (dont une grande partie retournera toutefois aux créanciers), des marges de manœuvre existent pour relancer l’appareil productif grec détruit. »

 

Traduction : « certes on t'étrangle, mais la corde est stérile pour t'éviter les infections ».

 

Il fut une époque où dans le PCF une idée faisait florès « le parti se renforce en s'épurant » avec le sieur Duparc cela donne « plus le pauvre s'appauvrit, plus il a de chances de s'enrichir de sa pauvreté ».

 

Il ne doit pas avoir d'huissier de son  bailleur aux fesses, ne va, ni au restau du cœur, ou au Secours Pop pour faire le joint avec le mois suivant quand il ose écrire :

 

« Et s’il est douloureux de concéder que ce sont Syriza et Alexis Tsipras qui, quoiqu’ayant remporté une victoire historique sur un programme de fin de l’austérité et des memoranda, vont devoir être ceux qui mettent en place un troisième plan cruel, il faut souligner la défaite symétrique du docteur Schaüble. »

 

Il enfonce le clou :

 

« Ces premiers gains sont certes maigres au vu la situation de la Grèce et de l’ampleur de la défaite dans le combat contre l’austérité. Mais ils ne sont pas négligeables après six petits mois de gouvernement pour la gauche radicale. »

 

Comme est chanceux le philosophe qui peut cuire heureux dans le taureau de Phalaris, il souffre certes, mais à l'intérieur d'un espace qui pourrait être pire et le protège du pire encore plus pire existant à l'extérieur.

 

Il y a des moments où le crétinisme politique atteint de tel sommet qu'il dépasse celui parlementaire que Marx avait travaillé à étalonner :

 

« Ils sont atteints de crétinisme parlementaire au point de se figurer qu’ils sont au-dessus de toute critique et de condamner la critique comme un crime de lèse-majesté! »

 

Le sieur Duparc dans sa p@ges sur Médiapart* est l'exemple accompli de la sublimation de ce crétinisme, en le faisant passer d'un coup de solide morceau de réformisme en un état gazeux charger d'endormir les esprits critiques, il fait ce qu'il dénonce.

 

Stipuler que quiconque « à gauche » critique Tsipras est « conforme à la mission historique du courant trotskyste, cette instance de division de la gauche de transformation sociale vouée à permettre à la droite de reprendre le pouvoir » est la définition profonde la rhétorique dite stalinienne.

 

Moralité si le peuple dit non à Tsipras et sa capitulation, la faute en reviendra à ceux qui auront mis cette capitulation en lumière.

 

C'est ainsi que pour avoir dénoncé Munich et ses signataires, la social-démocratie -signataire enthousiaste – permit l'emprisonnement de Péri et son assassinat.

 

A quand l'Hotel Duparc ?

 

Rédigé par Canaille Lerouge


Commentaire de B.T :

Elias Duparc

Militant communiste à Paris, secrétaire de la section PCF Paris Centre

 

Pierre Laurent : « Nous ne devons pas interférer avec les débats qui traverse Syriza », là pour commencer c'est zéro pointé pour le dénommé Elias.


Voilà un de ces « communistes » qui considére le capitalisme comme devenu indépassable et qu'il vaut mieux faire avec. Le voilà transformer en véritable porte-parole de la commission européenne. Pour preuve les mots capitalisme, classes sociales, classe ouvrière, impérialisme autant de mots disparus du dictionnaire de référence. La dernière mode : Rouler pour le capital est du dernier chic. Soutenir le néo social-démocrate Tsipras est tout à fait tendance. (Visiblement aucun repère de classe de ce côté)


Le voilà sans hésitation prenant le contre pied de nos NON à Maastricht et notre NON au TCE de 2005. Lui aussi participe de la trahison du NON au TCE de 2005 et du NON du peuple grec de 2015. A ce train il approuvera d'ici peu le TAFTA sous prétexte de s'adapter au réel.

 

En fait sa hantise, que le PCF devienne socialo incompatible pour cause de gamelles.

Quand à l'adhésion des peuples à cette U.E ??? Aux élections européennes l'abstention est massive dans tous les pays d'Europe, y compris la France comme adhésion à la doxa européenne on fait mieux. Pourquoi fanstasmer une adhésion qui n'existe visiblement pas. Notre adepte de Lénine doit connaitre « Un pas en avant, deux pas en arrière » Avec lui apparait dans une nouvelle démarche les pas, ne sont, ni devant, ni derrière, mais ailleurs, peut-être, mais on ne les trouvent pas. 

Et Elias fait un oubli de taille et qui est essentiel, au-delà de l'Euro le 13 Juillet la démonstration est faite que la Grèce est passée sous statut coloniale, dépourvue, comme nous, de TOUTE souveraineté. Soit nous prenons la tête des luttes et rassemblements pour retrouver tous les attributs de la souveraineté, soit nous abandonnons cela au FN (S'en faisant de facto son meilleur allié, pour cause de désertion). Ou alors nous serons balayés, pour cause d'inutilité pour le monde du travail et nous finirons alors dans les poubelles de l'histoire. Elias nous propose de fait la soumission, c'est la rebellion qui doit nous guider et pour cela le PCF reste largement à reconstruire par le bas, rien à attendre d'un haut, aveuglé par les ors de la république. (Non de L'Europe). On reconnait la validité d'une stratégie à sa capacité d'atteindre les objectifs qu'elle se fixe. La séquence ouverte par le congrès de Martigues n'est, de fait, qu'une succession d'échecs, revoir la stratégie est donc une question de survie. Mais peut-être certains voudraient nous voir morts et pas qu'à droite ou au PS. ?  Caractéristique de la direction du PCF sa fuite en avant vers le haut, l'ailleurs, par d'efforts soutenus pour construire, reconstruire par le bas. Sa volonté de TOUT conditionner à l'Europe est tout à fait en conformité avec la ligne troskysante « Hors de la révolution mondiale point de salut » ce qui donne aujourd'hui « Hors de l'Europe et de son mortifère Euro point de salut ». Nous pouvons voir que les « troskystes » ne sont certainement pas là où Elias les voient. Deux attitudes qui masquent en fait, le refus d'engager tout processus de transformation sociale, d'acceptation du désordre social existant. La nation, et la souveraineté populaire reste et restera pour longtemps encore le cadre référent dans lequel démocratie et combat de classes peuvent se développer, où le commun prend tout son sens ou le politique peut vivre. L'Europe est une construction technocratique faite sur mesures PAR et POUR le capital financier. Prétendre que dans ce cadre une Europe sociale est possible, c'est se transformer en dangereux fumeur de moquette.

 

Une réaction parmi beaucoup d'autres au texte d'Elias

 

26/08/2015, 21:53 | PARJJDUCH

 

La liberté , c’est l’esclavage, la guerre c’est la paix et résister c’est réduire les retraites, hausser la Tva de 10 points , offrir les services publics aux requins allemands

 

La capitulation c’est  la résistance, et plus d’austérité, c’est une atténuation de l’austérité.

 

Vous avez trouvé un argument de poids : ceux qui refusent d’être eurobéats seraient des trotskystes: pauvre argument pour un Vychinski de pacotille ; à ce compte, Georges Marchais était trotskyste.

 

Tout votre discours vise à édulcorer l’étendue du désastre, la réalité du diktat et à imaginer des victoires virtuelles, et en ayant recours à la falsification

 

- Une falsification : les 90(86) milliards d’ « aide » seront attribués au compte goutte pour rembourser les emprunts précédents , les virements du lundi seront repartis le mardi ; dans ce lot , les 35 milliards Junker sont conditionnés à des co investissements privés qui ne viendront pas , avec la catastrophe qui s’annonce.

 

« une austérité desserrée » au moment ou elle s’accentue ; les excédents primaires vont redevenir des déficits et le mémorandum prévoit des coupes automatiques. 

 

et le patrimoine grec est mis au pillage : quid des usagers des services publics ?

 Il s’agit donc bien d’une capitulation sans condition et non pas d’un compromis

 

Le seul argument qui reste est qu’avec la sortie de l’euro cela aurait été pire, « le chaos » et que donc Tsipras (tout seul sans consulter les instances de Syriza ) a choisi le moindre mal, seulement…

 

- La sortie de l’euro, le chaos peut-être en laissant faire depuis janvier les sorties de capitaux, en ne reprenant pas le contrôle de la banque centrale et en laissant à sa tete un mafieux notoire, en ne réagissant pas au coup d’état financier du voyou Draghi alors qu’il était encore possible, via la banque centrale grecque de réalimenter les banques en liquidités et de prendre leur contrôle. Sans doute le 12 juillet, Tsipras ne pouvait plus rien faire mais avant ?

 

- Le chaos c’est pour maintenant : l’agression de la BCE a totalement perturbé le système bancaire grec et par la même l’économie ; l’effondrement de la demande va ramener la récession et les déficits budgétaires.

 

Pour éviter le chaos, Tsipras a choisi la capitulation, il aura les deux.  

Le contenu politique de votre message, c’est Tina.

 

Avoir un beau programme, puis expliquer au bon peuple que malheureusement on ne peut pas, que malheureusement il faut d’abord « changer l’Europe »  et que les autres états ne veulent pas, mais que ce n’est que partie remise et qu’à long terme…

 

A long terme, nous serons tous morts.

 

Si c’est cela votre perspective politique, ne vous étonnez pas que cela n’emballe pas les foules qui ont besoin de réponses concrètes et rapides  et pas de miroirs aux alouettes.

 

 

 

Publié le  par Descartes
Le coup de pied dans la fourmilière de Jacques Sapir

 

Il y a peu de joies qui puissent se comparer à celle de l’analyste qui voit les faits suivre ses prédictions. Il y a une jouissance tout aussi exquise que de prédire théoriquement l’existence d’une particule et de constater expérimentalement qu’elle existe effectivement. Or, en cette rentrée qui pourrait apparaître fort morose, les dieux m’ont envoyé cette joie. D’abord sous la forme d’un article de Jacques Sapir qui a fait grand bruit (1) dans le Landerneau de la gauche en général et de la « gauche radicale » en particulier. Voici un petit extrait :

 

« Comment reconstruire une alternative à la politique européenne actuelle ? Si l’on considère cette alternative comme étant celle d’une rupture avec l’Euro, et je rappelle qu’il ne peut y avoir d’autre politique que sur la base d’une sortie de l’Euro, alors, cette alternative implique d’associer des forces de gauche à des forces souverainistes. Il faut noter, sur la question de l’Euro, une évolution importante au sein des forces de gauche, y compris en France si l’on observe bien les évolutions de J-L. Mélenchon et surtout d’Eric Coquerel, sur ce point (…) Mais, cette alternative n’aura de sens que si elle s’élargit à l’ensemble des forces qui, aujourd’hui, appellent à sortir de l’Euro. A partir du moment où l’on se donne comme objectif prioritaire un démantèlement de la zone Euro, une stratégie de large union, y compris avec des forces de droite, apparaît non seulement comme logique mais aussi nécessaire. Vouloir se masquer cela aboutirait à une impasse. La véritable question qu’il convient de poser est donc de savoir s’il faut faire de ce démantèlement de l’Euro une priorité. Et, sur ce point, tant Fassina qu’Oskar Lafontaine et bien d’autres répondent par l’affirmative.

 

La présence de Jean-Pierre Chevènement aux côtés de Nicolas Dupont-Aignan lors de l’Université d’été de Debout la France est l’un des premiers signes dans cette direction. Mais, ce geste – qui honore ces deux hommes politiques – reste insuffisant. A terme, la question des relations avec le Front National, ou avec le parti issu de ce dernier, sera posée. Il faut comprendre que très clairement, l’heure n’est plus au sectarisme et aux interdictions de séjours prononcées par les uns comme par les autres. La question de la virginité politique, question qui semble tellement obséder les gens de gauche, s’apparente à celle de la virginité biologique en cela qu’elle ne se pose qu’une seule fois. Même si, et c’est tout à fait normal, chaque mouvement, chaque parti, entend garder ses spécificités, il faudra un minimum de coordination pour que l’on puisse certes marcher séparément mais frapper ensemble. C’est la condition sine qua non de futurs succès.

 

Il faut cependant avoir conscience que la constitution des « Fronts de Libération Nationale » pose de redoutables problèmes. Ils devront inclure un véritable programme de « salut public » que les gouvernements issus de ces « Fronts » auront mettre en œuvre non seulement pour démanteler l’Euro mais aussi pour organiser l’économie le « jour d’après ». Ce programme implique un effort particulier dans le domaine des investissements, mais aussi une nouvelle règle de gestion de la monnaie, ainsi que de nouvelles règles pour l’action de l’Etat dans l’économie. De plus, ce programme impliquera une nouvelle conception de ce que sera l’Union européenne et, dans le cas de la France en particulier, une réforme générale du système fiscal. On glisse alors, insensiblement, d’une logique de sortie, ou de démantèlement, de l’Euro vers une logique de réorganisation de l’économie. Un tel glissement est inévitable, et nous avons un grand précédent historique, le programme du CNR (Conseil National de la Résistance) durant la seconde guerre mondiale. La Résistance ne se posait pas seulement pour objectif de chasser l’armée allemande du territoire. Elle avait conscience qu’il faudrait reconstruire le pays, et que cette reconstruction ne pourrait se faire à l’identique de ce que l’on avait en 1939. Nous en sommes là aujourd’hui ».

 

(…)C’est pourquoi, et j’insiste sur ce point, il faudra laisser le sectarisme, les procès d’intention et les anathèmes, au vestiaire. De ce point de vue, l’attitude de J-L. Mélenchon qui refuse d’être à la même tribune que Nicolas Dupont-Aignan est puérile. On ne perd sa virginité politique qu’une fois, et la sienne fut déjà perdue dans le soutien inconditionnel à François Hollande en 2012. Dans le CNR il y avait des communistes aux militants de l’Action Française. Il faudra impérativement qu’il en change s’il veut peser dans ce débat ou qu’il argumente très précisément en quoi et pourquoi il refuse de participer à un possible « front ».

 

Ca ne vous rappelle rien ? Ca devrait. Parce que toutes ces idées ont été abondamment développées dans mes papiers ici (2). Cela avait d’ailleurs provoqué un riche débat ici et m’avait valu un abondant courrier d’insultes dans un certain nombre de blogs d’extrême gauche. Pour faire court, on m’avait accusé d’être un « sous-marin » du FN. Cela donne d’ailleurs une petite idée du courage qu’il aura fallu à Sapir pour écrire ces lignes et pour les publier. Car contrairement à moi, qui écrit avec la totale liberté des anonymes, Jacques Sapir est une personnalité, qui enseigne dans une institution où les idées qu’il vient d’exprimer ne risquent pas de lui faire beaucoup d’amis, mais pourrait lui attirer un grand nombre d’inimités tenaces. Je ne serais guère étonné si les réactions plutôt modérées des représentants de la « gauche radicale », qui se contentent pour le moment de « regretter », se transformaient rapidement en dénonciations enflammées classant Sapir – pourtant l’un des intellectuels les plus respectés de la « gauche radicale » - parmi les « salauds », les « rouge-bruns » ou les « nouveaux réactionnaires ».

 

Mais de toute évidence, les choses bougent. La banquise eurolâtre qui, chez la gauche radicale maintenait l’océan immobile est en train de se fissurer. Sapir signale par exemple la participation de Chevènement à l’université d’été de « Debout la France ». Il signale aussi les changements perceptibles dans le discours des dirigeants du PG, même si à mon avis il surestime la portée de ces changements. Il n’en reste pas moins que des choses bougent. Même Mélenchon commence à prendre du recul. Voici ce qu’il écrit dans sur son blog le 24 août dernier :

 

« En 1976 déjà, le maître de cette idéologie, Friedrich August von Hayek, a montré dans un article fondamental que le transfert de compétences vers le niveau international fraye la voie au néolibéralisme. C’est pourquoi l’Europe du libre marché et des échanges non régulés de capitaux n’est jamais un projet de gauche. Depuis qu’il est devenu de plus en plus évident avec quelle importance la Commission européenne et le Parlement européen sont à la solde du lobby économique, un nouveau transfert de compétences vers le niveau européen signifie la déconstruction de la démocratie et de l’État social. Cela, et je le dis en faisant mon autocritique, parce que, en tant qu’Européen convaincu, j’ai longtemps soutenu la politique d’un transfert croissant de missions au niveau européen, on aurait pu le comprendre avant. Il est regrettable que l’influent philosophe allemand, Jürgen Habermas, et beaucoup d’hommes politiques et d’économistes ayant participé à cette discussion continuent de tenir à cette voie, bien que d’une année à l’autre elle semble de plus en plus mener à l’erreur et monter les peuples d’Europe les uns contre les autres » (c’est moi qui souligne).

 

En effet, « on aurait pu le comprendre avant ». Surtout que le texte de Hayek date, comme Mélenchon le rappelle, de 1976. Mais en 1976 à l’OCI ou militait le jeune Mélenchon on ne lisait pas les économistes libéraux. On leur préférait « l’Abeille et l’architecte », œuvre immortelle du « vieux » - du « vieux » François, pas du « vieux » Léon. Grave erreur : si Mélenchon avait lu Hayek plus tôt, il aurait évité bien des déconvenues.

 

Le problème avec Mélenchon, c’est qu’il n’est pas Sapir. Il prend conscience du problème, il fait son « autocritique »… et il repart dans la même direction. Il illustre à merveille la logique qui veut que l’être humain soit le seul animal qui commet la même erreur deux fois. Revenu de son éblouissement européen – mais pas son éblouissement mitterrandien – le Petit Timonnier tombe dans un nouveau dada, celui de la « décentralisation ». Ainsi, il énonce le principe selon lequel « La démocratie et la décentralisation se conditionnent mutuellement. Plus une unité est grande, plus elle est opaque, plus elle s’éloigne, et moins elle est contrôlable. Le principe de subsidiarité est et reste l’assise fondamentale de toute organisation sociale démocratique. Ce qui peut être réglé au niveau le plus bas, celui de la commune, doit être réglé là, et au niveau du canton, de la région, au niveau de la nation, au niveau de l’UE ou de l’ONU, il faut mettre en place le même principe. On ne doit transférer au niveau le plus élevé que ce qui là peut se régler mieux ». C'est-à-dire, exactement le raisonnement qui a présidé à la « construction européenne » façon Maastricht. On ne se refait pas.

 

Mais, me direz-vous, le principe de subsidiarité est la logique même. Si un problème peut être mieux réglé au niveau communal, pourquoi le faire remonter au niveau régional ou national ? Ce raisonnement contient un double erreur subtile. La première réside dans la notion de « mieux réglé ». Parce que lorsque je dis que le problème est « mieux réglé », cela implique de choisir un point de vue. « Mieux réglé » du point de vue des habitants ? Des travailleurs ? Des patrons ? Des retraités ? Car selon l’intérêt qu’on représente, un problème n’est pas « mieux réglé » au même niveau. Les patrons préfèrent voir fixées les règles par la négociation d’entreprise. Les travailleurs s’estiment mieux protégés par des règles de niveau national. Que dit dans ce cas le « principe de subsidiarité » ?

 

La deuxième erreur est que le principe de subsidiarité occulte une une vision purement technocratique, qui fait fi de la question de la légitimité politique. A supposer même que du point de vue technique un niveau donné puisse être mieux outillé pour traiter un problème, il n’est pas évident qu’il dispose de la légitimité politique pour le faire. L’ordre des avocats est certainement mieux outillée techniquement pour faire les lois que le Parlement, et pourtant personne ne songerait à lui confier le pouvoir législatif.

 

Par ailleurs, faire du principe de subsidiarité une condition nécessaire de la démocratie revient à nier au souverain le pouvoir de partager démocratiquement les compétences comme bon lui semble. Ce qui revient à nier l’idée même de « souveraineté populaire ».

 

Si je cite ici Mélenchon, ce n’est qu’à titre d’exemple. J’aurais pu aussi bien commenter les déclarations des dirigeants du PCF, de « Ensemble », ou de n’importe quel autre groupuscule de la « gauche radicale ». Parce que le raisonnement est toujours le même : si on critique l’Europe, c’est au nom de « l’autre Europe ». Mélenchon a lu Hayek, il a compris que « le transfert de compétences vers le niveau international fraye la voie au néolibéralisme » mais continue à proposer, au nom de la « subsidiarité », des « transferts à l’UE, à l’ONU ». En d’autres termes, tout en admettant que TOUTE construction supranationale fait le lit du néolibéralisme, on continue de rêver d’une « autre construction supranationale ». Si ce n’est pas de la foi, il faut m’expliquer ce que c’est.

 

Là ou Sapir – et moi avant lui – arrivons à la conclusion qu’une sortie du carcan européen implique politiquement une logique de rassemblement large dans un « front de libération », ou des organisations politiques aux traditions et aux projets divergents pourraient s’entendre sur la base d’un programme minimum à l’image du programme du CNR, la gauche radicale arrive à la conclusion inverse : le salut viendra d’un « sommet internationaliste du plan B » qui réunirait « toutes les forces de l’autre gauche de l’UE acceptant de travailler et de réfléchir concrètement à ce scénario, des personnalités, des économistes, des syndicalistes, des militants associatifs, altermondialistes ». En d’autres termes, un rassemblement étroit, limité aux groupuscules de « l’autre gauche » - l’expression fait sourire – et aux personnalités habituelles de ce genre de réunions. Et tout cela pour discuter d’une sortie de l’Euro que les présents se refusent d’envisager autrement que comme solution de repli alors que tout le reste aura échoué et qui ne sera donc jamais véritablement préparée.

 

Le sectarisme de la « gauche radicale », son refus d’ouvrir un véritable débat sur la question européenne et sur l’Euro, son rejet obsessionnel du Front National sont aujourd'hui un véritable obstacle à une alternative progressiste. Que des voix connues comme celle de Sapir mais aussi moins connues comme celles des militants du PCF comme au PG qui exigent de leurs directions un véritable débat montrent qu’une prise de conscience est en train de s’opérer. Mais l’horloge tourne. Si la « gauche radicale » n’arrive pas à répondre à la demande populaire, elle sera condamnée à faire de la figuration.

 

Descartes

 

(1) l’article complet peut être consulté à l’adresse http://russeurope.hypotheses.org/4225#_ftnref9 

 

(2) Voir notamment "Villeneuve sur Lot, panorama après la bataille", publié le 29 juin 2013.

Franco de porc

Publié le 26 Août 2015

Coup de gueule (partagé par La Canaille)

de Jean Ortiz

Franco de porc

Par Jean Ortiz.

 

Le 3 juin 2015 un « Jardin des combattants de la Nueve » a été inauguré à Paris, près de l’Hôtel de Ville, par Anne Hidalgo, maire socialiste, issue de Cadix, et par un chef d’Etat illégitime, non élu, qui plus est un monarque, fils de l’héritier de Franco, désigné par un assassin dont les crimes contre l’humanité restent encore impunis, protégés par une loi d’amnistie (en fait d’impunité).

 

Lorsque Sa Majesté éléphantophyle Juan Carlos abdiqua, en juin 2014, le « successeur » Felipe 6 ne fut pas soumis à référendum mais imposé par la caste bipartite qui verrouille le système espagnol (fissuré aujourd’hui) et protège l’impunité du franquisme et les « affaires » de la monarchie, si peu « immaculée », si peu « modélique ».

 

La Neuvième compagnie de la 2 DB, composée majoritairement de Républicains espagnols, oui de Républicains et de révolutionnaires, la plupart anarchistes et communistes entra dans Paris le 24 août 1944 au soir, en premier, sur ordre du général Leclerc, pour rejoindre l’Hôtel de Ville et participer aux ultimes combats. Paris était déjà quasiment libérée, pas par « La Nueve » comme cela a pu être souvent écrit, mais par une insurrection de sa population, répondant notamment à l’appel des communistes, qui jouèrent un rôle de premier plan, et du large Comité de Libération . Un ancien des Brigades internationales, communiste, le colonel Henri Rol Tanguy, joua un rôle crucial et signa même avec les Allemands leur reddition.

 

L’initiative de Anne Hidalgo bien que tardive était la bienvenue. La présence provocatrice d’un usurpateur l’a dénaturée ; elle participe du révisionnisme historique ambiant et de l’entreprise pour vider cette histoire, ce « grand récit », de son contenu politique « rouge », le dépolitiser, le consensualiser.

 

Que dans son discours le monarque n’ait pas prononcé une seule fois les mots « République », « Républicains », relève de la profanation. Nos parents et grands-parents combattirent le fascisme, la plupart en tant que « soldats de la République espagnole ». Oublier cette dimension, c’est les enterrer encore plus profond, c’est tuer le contenu par la « célébration ».

 

Jean Ortiz, universitaire, fils de Enrique, Albacete, combattant de la Tercera Brigada Mixta, guerrillero de l’AGE-FFI dans l’Aveyron, passage au Val d’Aran... qui voulut garder jusqu’au bout la nationalité espagnole, et porta la revendication d’une troisième République sociale, fédérale, plurinationale...

 

Grain de sel de Canaille le Rouge :

 

Outre la remise en place de la réalité historique de la Libération de Paris par J Ortiz est la bienvenue, son rappel de la dimension populaire et insurrectionnelle, la place prise par la colonne Drone (et ceux qui la composaient majoritairement) fait oeuvre d'instruction civique.

 

Au moment où certains parlent de rouvrir des "centres de rétention adminstrative" rappelons que c'est le sort que la république française réserva aux républicains espagnols alors que Pétain était nommé ambassadeur de France auprès de Franco.

 

Décidément, après le scandale du Likoud sur Seine, celui maintenant de cette présence pour le moins inconvenante de l'héritier du franquisme fait plus que charger la barque de la maire de Paris.

 

A noter qu'on n'a pas souvenir de l'avoir vu à l'arc de triomphe un 10 aout pour commémorer la grève insurrrectionelle des cheminots de 1944.

Il y a comme cela des convergences qui en disent plus que bien des proclamations.

 

Franco de porc

Rédigé par Canaille Lerouge

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Tous les combats de Madeleine Riffaud

 

Histoire

ALAIN RUSCIO, HISTORIEN.

VENDREDI, 22 AOÛT, 2014

L'HUMANITÉ

Madeleine Riffaud
Madeleine Riffaud
Archives de l'Humanité
 

Résistante, militante anticolonialiste, puis journaliste dans nos colonnes, repoussant toujours plus loin les limites de l’investigation, Madeleine Riffaud fête ses 90 ans, ce 23 août. 
L’occasion de revenir sur un parcours exceptionnel.
 

Ce 23 août, Madeleine Riffaud – mais elle est, elle reste, pour des milliers de ses amis, Madeleine, tout simplement – a 90 ans. La connaissant, nous savons déjà que nous allons subir ses foudres, pour ne pas dire plus, de rappeler ce simple fait. « Je n‘ai jamais fêté mes anniversaires, ce n’est pas maintenant que je vais commencer ! » Et pourtant, Madeleine doit l’accepter : son destin appartient un peu à la grande communauté de ses amis, de ses camarades. Et nous avons bien le droit, nous, de saisir chaque occasion pour lui dire combien nous l’aimons, nous l’admirons. Un jeune cinéaste franco-vietnamien, Philippe Rostan, avait réalisé, il y a quelques années, un film remarqué, les Trois Guerres de Madeleine Riffaud (Résistance, Algérie, Vietnam). Nous pourrions ajouter : … et tout le reste, alors ? Elle a 18 ans lorsqu’elle établit le contact avec la Résistance à la faculté de médecine de Paris. Elle y adopte le nom de guerre de Rainer (clin d’œil internationaliste au grand poète allemand Rainer Maria Rilke). Et son courage amène ses camarades de lutte à lui confier des missions de plus en plus périlleuses. En 1944, alors que la Wehrmacht est partout en recul, la Résistance décide de franchir un cran dans la lutte armée dans la capitale, avant l’arrivée des troupes alliées. « Nous voulions que Paris se libère elle-même », rappelle-t-elle (Madeleine Riffaud toujours en Résistance, film de Jorge Amat). Elle est volontaire pour une mission périlleuse : abattre un officier allemand. Elle passe à l’acte sur le pont de Solferino. « Neuf balles dans mon chargeur / Pour venger tous mes frères / Ça fait mal de tuer / C’est la première fois / Sept balles dans mon chargeur / C’était si simple / L’homme qui tirait l’autre nuit / C’était moi. » Arrêtée par un milicien, livrée à la Gestapo, torturée, condamnée à mort, elle échappe in extremis au peloton d’exécution grâce à un échange de prisonniers. Cela se passe le 19 août, au moment précis où commence l’ultime combat pour la libération de Paris. Madeleine, rejoint son groupe, Saint-Just (quel plus beau nom trouver ?), commandé par le capitaine Fénestrelle, dont elle prend le commandement d'un détachement et sera élevée au grade de lieutenant FFI. Le 23 août, ce groupe prend d’assaut et bloque un train blindé allemand au tunnel des Buttes-Chaumont. 23 août 1944 ? Le jour de ses 20 ans. Mais pour elle, pas de trêve : le 25, elle est, toujours à la tête de sa compagnie, à l’assaut du tout dernier bastion allemand, la caserne de la place de la République. C’est ce jour-là que de Gaulle prononce sa célèbre phrase : « Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! mais Paris libéré !... » Libéré par son peuple, oui. Mais à ce moment, Michel Tagrine, jeune héros FTP de 22 ans, compagnon d’armes de Madeleine, vient d’être fauché, l’un des derniers martyrs de la Libération. Ce soir-là, raconte Madeleine, alors que tout Paris riait, nous, ses compagnons d’armes, pleurions comme des gosses… Cette première expérience exceptionnelle, cette Résistance d’une très jeune femme, sera plus tard contée par elle sous le titre « On l’appelait Rainer ».

 

« Ta place est en France, pour y éclairer 
ton peuple, pour y participer aux luttes »

 

C’est ensuite, après la Libération, une nouvelle vie, le tourbillon un peu fou de la victoire, d’un début de célébrité. « Je suis tombée dans la légalité comme on plonge les fesses dans un seau d’eau froide », dit-elle (film Jorge Amat). Elle rencontre les dirigeants du PCF, fait la connaissance d’Éluard, de Picasso (qui fera plus tard son portrait), d’Aragon, de Vercors, à qui elle voue depuis une grande admiration. Elle devient l’épouse de Pierre Daix, un autre héros de la Résistance, dont elle se séparera dès 1947. Madeleine dit : « À cette époque, je ne savais que manipuler les armes. » Trop de modestie ! Il n’y a pas que cela : elle écrit. Des poèmes. Et magnifiquement. Son premier ouvrage, le Poing fermé, est préfacé par Paul Éluard. Simultanément, elle choisit la carrière journalistique. Elle entre à Ce soir, alors l’un des grands quotidiens progressistes français, dirigé par Aragon. Elle y croise une grande, grande dame, qui sera d’une influence déterminante sur le cours de sa vie : Andrée Viollis, naguère auteure de SOS Indochine (1935). Andrée Viollis lui présente alors Hô Chi Minh, en visite officielle en France pour tenter d’éviter le déclenchement de la guerre d’Indochine – ce qu’il ne parviendra pas à faire. Madeleine a gardé un souvenir ému de cette première rencontre (il y en eut tant d’autres !). L’oncle Hô lui dit : « Ma fille, le journalisme est un métier. Apprends, apprends, puis ensuite viens me voir dans mon pays. » Ce qu’elle fit dix ans plus tard. Entre-temps, de Ce soir, elle est passée à la Vie ouvrière, où elle participe, par la plume, aux campagnes de la CGT (appel de Stockholm, luttes contre la guerre d’Indochine, notamment lors de l’affaire Henri Martin). Elle trouve pourtant, toujours, le temps de poursuivre une carrière littéraire (le Courage d’aimer, recueil de poésies, les Baguettes de jade, récit romancé des rencontres faites avec la délégation vietnamienne, notamment du poète Nguyen Dinh Thi, lors du festival de Berlin, en 1951). La guerre « française » d’Indochine, justement, s’achève. Madeleine avait été de ceux qui, depuis le début, avaient soutenu l’indépendance du Vietnam, avaient prédit les impasses tragiques de la politique française. Diên Biên Phu leur donna raison. Madeleine est volontaire pour partir, toujours pour la VO, couvrir les tout premiers temps de l’existence du nouvel État indépendant vietnamien, installé à Hanoi. Mais aussi, pourquoi le masquer, pour retrouver Nguyen Dinh Thi. Elle passera là, sans doute, les plus belles années de sa vie, au milieu de ce peuple qui alors commence la reconstruction, croyant éviter une seconde guerre, contre les États-Unis cette fois. Sa proximité avec Hô Chi Minh est une chose connue de tous. Pour beaucoup, Madeleine est un peu « la fille française de l’oncle ». Épisode heureux, épisode trop court. « Ta place est en France, pour y éclairer ton peuple, pour y participer aux luttes », lui dit alors Hô. Grandeurs et douleurs de l’engagement…

 

Elle échappe miraculeusement à un attentat 
de l’OAS mais est gravement blessée

 

Nous sommes alors en 1956. Depuis deux ans, une nouvelle épreuve vient de commencer. L’aveuglement colonialiste, qui n’a aucune limite, amène les dirigeants français à engager le pays dans une nouvelle guerre, en Algérie. C’est pour l’Humanité, cette fois, que Madeleine va reprendre le combat. Elle intègre l’équipe prestigieuse de la rubrique internationale, dirigée par Pierre Courtade, où elle se fera des amitiés définitives, les si regrettés Yves Moreau, Robert Lambotte, Jean-Émile Vidal, François Lescure… Madeleine va partager tous les combats de ce journal. De Paris, elle écrit des pages émouvantes (qui a pu oublier son « Adieu aux martyrs de Charonne » ? ses polémiques, elle, l’ancienne résistante, avec l’ex-collabo Papon devenu préfet de police ?). Mais ce diable de femme n’aime que le terrain. Avec l’accord de son journal, elle part, clandestinement, en Algérie, avec les dangers encourus que l’on imagine, en cette période où les « ultras » de l’Algérie française haïssent les journalistes de métropole et tout ce qui ressemble à la gauche. Alors, une journaliste communiste… Elle échappe d’ailleurs miraculeusement à un attentat de l’OAS mais est gravement blessée. La guerre d’Algérie se terminant comme la précédente, en Indochine, par l’accès à l’indépendance du peuple colonisé, Madeleine est de retour à Paris. Pas pour longtemps. Le cycle infernal des guerres menées par l’Occident contre la liberté des peuples ne cessant pas, c’est de nouveau sur le Vietnam que l’actualité braque ses projecteurs. Là, les États-Unis, prenant le relais de la France coloniale – c’est l’époque où le monde ne voit que le beau sourire de Kennedy, oubliant un peu vite l’impérialisme américain –, ont décidé d’ériger une barrière « contre le communisme », en fait d’interdire au peuple vietnamien de s’unir et de choisir son destin. Madeleine, qui a évidemment gardé le Vietnam au cœur, y repart, toujours pour l’Humanité. Ce journal aura alors sur place un tandem d’exception : Charles Fourniau, historien devenu un temps journaliste, pour les analyses de fond, les éclairages indispensables ; Madeleine Riffaud, pour le vécu, la sensibilité. Madeleine l’intrépide est sur le terrain, parmi ses sœurs et ses frères vietnamiens, au sud, Dans les maquis viêt-cong (titre d’un ouvrage paru en 1965 reprenant ses reportages) ou Au Nord-Vietnam : écrit sous les bombes (autre ouvrage, 1967). Ses reportages d’ailleurs dépassent largement le lectorat habituel de l’Huma. Ses textes sont traduits dans plusieurs langues, les micros se tendent vers elle à chaque nouvelle étape de la lutte du peuple vietnamien. Enfin, Madeleine ne sait pas seulement écrire : elle parle. Tous ceux (une génération entière !) qui sont venus l’écouter à la Mutualité raconter, toujours avec des détails choisis, significatifs, teintés souvent d’humour, le quotidien de la résistance du Vietnam, n’ont pu oublier la sensation de cette femme, apparemment frêle, à l’héroïsme (elle n’aime pas, mais pas du tout, le mot) tranquille, parlant simplement des dangers encourus.

 

« Trois guerres de Madeleine Riffaud », 
« trois victoires partagées »

 

Cette phase américaine de la guerre du Vietnam s’achève en 1975. Madeleine, à sa place, celle d’une journaliste-écrivain-témoin d’exception, y a contribué. Les « trois guerres de Madeleine Riffaud » s’achèvent. On pourrait plus précisément dire les « trois victoires partagées »… Madeleine continue ensuite ses combats humanistes de mille manières. L’une d’entre elles est de se couler incognito, durant plusieurs mois, dans la peau d’une aide-soignante, de connaître là encore de l’intérieur le travail, les luttes, les espoirs et parfois les désespoirs du personnel hospitalier. Au terme de cette expérience naîtra un livre choc, lu encore aujourd’hui, sur la vie quotidienne de ces autres héroïnes, les Linges de la nuit. Même si les années ont passé, elle est encore et toujours active. L’un des derniers témoins de la Libération de Paris, elle est très sollicitée, en ce 70e anniversaire de ce grand événement. Et le Vietnam, toujours, la taraude… On l’a vue, il y a quelque temps, sur le parvis des Droits-de-l’Homme, aux côtés d’Henri Martin, dénoncer les effets terribles de l’agent orange, aujourd’hui encore, sur les enfants de ce pays. Elle était présente, parlant debout, droite, une heure durant, lors de la soirée d’hommages qui fut rendue récemment au Centre culturel vietnamien, à elle-même, à Raymonde Dien, elle aussi présente, et à Henri Martin. Alors, oui, nous savons que nous allons nous faire houspiller. Mais nous prenons le risque de dire, avec tant d’autres : « Bon anniversaire, Madeleine. »

Plus que jamais, une perspective et une alternative

 

Publié le 24 Août 2015

 

 

C'est Bertold Brecht

qui en pose

la pierre angulaire

dans

« Les jours de la Commune »

 

 

 

Plus que jamais, une perspective et une alternative

 

Histoire de rappeler à ceux qui font effort pour l'oublier, surtout pour faire découvrir à ceux qui sont victimes des "oublis" des précédents ce qu'est une perspective communiste (Brecht écrit sa pièce dans l'après guerre), cette chanson tirée de la pièce "les jours de la Commune" (dont Canaille le Rouge cherche un enregistrement audio) :

 

Considérant que nous sommes faibles
Vous érigez des lois pour nous asservir
Ces lois nous les déclarons caduques
Car nous ne voulons plus être asservis
Considérant que justement vous
Nous menacez avec des armes et des canons
Nous avons décidé qu’à partir de maintenant
Nous refusons l’asservissement plus que la mort

2.
Considérant que nous restons affamés
Lorsque nous acceptons que vous nous déplumiez
Nous voulons démontrer que ce ne sont que des vitres bien frêles
Qui nous séparent du bon pain qui nous manque.

(Refrain)

3.
Considérant qu’il y a des maisons
Alors que vous nous laissez sans toit
Nous avons décidé d’y habiter
Car nous ne nous plaisons plus dans nos trous

(Refrain)

4.
Considérant qu’il y a vraiment beaucoup de fric*
Alors que nous sommes en train de geler par son manque
Nous avons décidé de venir le prendre
Considérant qu’alors il nous tiendra au chaud.

(Refrain)

5.
Considérant que ça vous attristerait
De nous accorder un bon salaire
Nous prenons en charge maintenant les usines
Considérant que sans vous il y en aura juste pour nous.

(Refrain)

6.
Considérant que quoique nous promet le gouvernement
Nous ne lui faisons plus confiance
Nous avons décidé, de nous construire une vie meilleure
Sous notre propre direction.
Considérant que vous aimez le bruit des canons
Vous ne pouvez comprendre une autre langue
Nous devons, oui, ça vaudra le coup
Retourner les canons contre vous !

Rédigé par Canaille Lerouge

Le combat contre l’austérité mérite mieux que des postures préétablies. Le débat doit s’ouvrir !

 

, par  Marie-Christine Burricand

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Notre pétition suit son cours.

Nous avons demandé sa publication dans l’Humanité comme nous avions d’ailleurs demandé en juillet la publication d’une note rédigée par plusieurs membres du Conseil National. Si cette note a bien été envoyée aux membres du Conseil national, nous n’avons pour l’instant aucune réponse sur la publication de ces deux textes dont l’objectif est de permettre le débat.

 

Dans cette situation, j’ai lu avec attention deux communiqués de presse ayant trait à la démission d’Alexis Tsipras, l’un émanant de la direction nationale sous la plume de Lydia Samarbakhsh, responsable des Relations internationales, l’autre de Raphaël Debû, secrétaire départemental de la fédération du Rhône.

 

Ces deux communiqués sont centrés sur la défense exclusive du premier ministre grec qui donnerait par sa démission « une leçon de démocratie » et « s’en remet au peuple ». Aucune référence n’est faite aux débats qui traversent Syriza, les membres actuels ou passés du gouvernement. Bien évidemment, les positions du KKE sont passées sous silence, ce qui n’est pas nouveau, mais aussi celles de communistes qui ont rejoint Syriza et expriment des positions différentes aujourd’hui, notamment dans Unité Populaire.

 

La démission de Tsipras était prévisible depuis plusieurs semaines car il est confronté à une crise politique dans sa majorité.Ses déclarations pour l’instant sont suffisamment floues pour laisser planer le doute sur ses intentions. Il est logique qu’il veuille avec ces élections reprendre de la force mais pour quoi faire : Résister mieux à la Troïka qu’il ne l’a fait jusqu’à maintenant ou au contraire avoir les coudées franches pour appliquer les mauvaises mesures découlant du mémorandum ?

 

Ce qui s’est passé après le référendum de juillet laisse le doute planer car un vote a bien eu lieu et ce vote a bien été bafoué..Et « le retour à la parole du peuple » n’a de sens que si cette parole est respectée.

 

Surtout cette personnalisation conduit à passer à côté de l’essentiel qui n’est pas tant dans les intentions d’Alexis Tsipras que dans les éléments nouveaux qui permettraient aux grecs d’être plus forts face à la Troîka. Or, alors que la Grèce a subi de nouvelles mesures d’austérité et surtout des pertes importantes de souveraineté quant à sa politique économique, financière et sociale, Tsipras n’en amène aucun dans le débat quant à ce qui pourrait lui permettre d’inverser le scénario dans les mois qui viennent. Le « jugez moi » est un peu court car le problème des grecs n’est pas tant de savoir s’ils soutiennent Tsipras ou pas, mais comment sortir de la situation quasi coloniale dans laquelle les dirigeants de l’UE les ont placés.

 

L’accord signé par Tsipras -sous la contrainte de la Troïka- est une défaite pour le peuple et pour les progressistes européens. Il faut évidemment continuer la bataille, mais en en tirant les leçons. Car rien n’est plus dramatique et dangereux que d’envoyer l’espoir des peuples se fracasser dans le mur même dans la transparence !

 

Depuis les évènements grecs, un débat s’est ouvert qui bouscule les uns et des autres.

 

Peut-on combattre l’austérité en restant dans le cadre des institutions européennes et dans l’euro ? Certains le soutiennent depuis longtemps et n’ont pas changé d’avis. D’autres le pensaient mais considèrent que la situation grecque oblige à réfléchir autrement, à au moins envisager cette rupture comme un moment inévitable. D’autres encore n’ont jamais cru à l’Europe sociale et à la transformation de l’UE qu’ils considèrent comme l’outil du capital.

 

L’affrontement de classe est violent et les périls grandissent. Je suis convaincue que quelles que soient ses faiblesses, nous avons absolument besoin du PCF aujourd’hui car il reste la force essentielle pour résister. Dans cette situation, l’erreur stratégique peut être mortelle. La question de l’Unon européenne est centrale, une réflexion féconde peut s’engager. Ouvrons un vrai débat dans le PCF et avec le peuple pour être à la hauteur des enjeux et laissons les postures au placard !

 

Je joins les textes évoqués.

 

La leçon de démocratie grecque

 

Communiqué de presse de Raphaël Debû, secrétaire départemental fédération Rhône

 

Hier Jeudi 20 Aout, à 20h30 Le premier ministre Grecque Alexis Tsipras a démissionné.

 

Dans une situation extrêmement difficile, face à une troika qui agit uniquement en fonction des intérêts capitalistes, Alexis Tsipras s’en remet au peuple. C’est une leçon de démocratie que SIRYZA et ses alliés donnent à l’Union Européenne. Il remet son mandat en jeu quand d’autres voudraient imposer au gouvernement grec une politique pour laquelle il n’a pas été élu. En provoquant de nouvelles élections, Alexis Tsipras ne signe pas un aveu d’échec. Il reconnaît une difficulté, celle de faire plier la troïka. Il provoque un débat en Grèce et en Europe sur la politique de l’Union européenne et la BCE. Il démontre qu’on peut faire de la politique sans trahir ceux qui nous ont élus. Qui en Europe, parmi les dirigeants libéraux des 27 pays de l’union peut en dire autant ?

 

La volonté du gouvernement grec d’associer parlement et citoyens au débat, quelles que soient les difficultés et les divergences, est une belle leçon de politique et de démocratie pour tous les progressistes. Nous, communistes soutenons cette démarche. Car même si des erreurs ont pu être commises, elles l’ont toujours été dans la transparence. Nous pensons qu’un retour systématique et régulier à la parole du peuple est la seule façon d’agir en démocratie. Et nous pensons qu’en France et en Europe cela devrait être la règle et non l’exception. Le rapport de force entre les sbires des marchés financiers et le peuple grec ne peut être rééquilibré que par le soutien à cette démocratie bien plus vivante aujourd’hui en Grèce, que ce que l’Union Européenne voudrait qu’elle soit.

 

 

Aujourd’hui, en Grèce, dans toute l’Europe et à touts les échelons, pour celles et ceux qui refusent l’austérité, il nous faut sortir des postures, affronter les réalités politiques et économiques de notre pays, mettre la démocratie et le rassemblement au coeur de notre action.

 

Nouvelles élections en Grèce : Une leçon de démocratie de plus

 

Lydia Samarbakhsh, responsable des Relations internationales

L’annonce de la démission d’Alexis Tsipras et de la tenue de nouvelles élections législatives en Grèce avant la fin du mois de septembre n’a pu surprendre que ceux qui – avec « l’accord du 13 juillet » et le « 3e plan d’aide » d’août – nourrissaient l’illusion ou l’espoir que le peuple grec et son premier ministre avaient définitivement été battus dans leur exigence d’une rupture avec les politiques d’austérité et de reconquête démocratique.

 

Le discours tenu au soir du 20 août est un discours d’appel à la mobilisation et à la riposte du peuple grec. Un chapitre effectivement se ferme, un nouveau s’ouvre déjà appelant les Grecs à se mobiliser pour se doter d’un gouvernement qui luttera contre l’impact de ces mesures austéritaires sur les classes populaires et pour « regagner [leur] souveraineté face aux créanciers ». On est loin d’un renoncement et d’une trahison mais bien dans un combat politique âpre.

 

Une petite musique s’installe pour faire accroire qu’Alexis Tsipras entend « donner des gages » aux créanciers de la Grèce, ou encore que ce scrutin ne viserait qu’à « sauver Syriza » ou « à régler ses problèmes internes » – ce que le dirigeant grec a précisément refusé. D’autres grands analystes se font fort de présenter à l’opinion publique française l’image d’un dirigeant qui aurait tourné casaque. Il ne vient à personne, parmi ces grands esprits, l’idée que c’est le principe démocratique qui guide l’action du premier ministre grec lorsqu’il déclare à son peuple le 20 août : « Jugez-moi par un vote ». Tout ceci n’a pour unique objectif que de redorer le blason de ceux qui, en France même et à commencer par le président Hollande, ont jeté le gant sans même tenter de combattre les impératifs de l’austérité.

 

Le débat sur la nature de la construction européenne et son avenir que le peuple grec a ouvert ne se résume pas à une alternative qui serait soit « accepter l’austérité » soit « prôner la sortie de la zone euro » voire de l’UE. Le peuple grec a, par ses votes les 25 janvier et 5 juillet, affirmé avec force l’exigence d’une autre Europe : solidaire et non austéritaire.

Grèce, après l'acceptation du 3e mémorandum,

 

Publié le 23 Août 2015

 

 

avant les élections,

ça tangue dans Syriza,

au P"c"F,

ça patine dans la moussaka

Grèce, après l'acceptation du 3e mémorandum,

Il n'est pas dans les principes de Canaille le Rouge d'interférer dans les débats d'organisations où il n'est pas ou n'a pas été impliqué.

 

La Canaille vous livre donc ce communiqué à titre informatif.

 

Par contre il est bigrement intéréssé par la réaction du P"c"F et de son premier responsable.

 

Le coordinateur de Syriza en France qui annonçait la présence de son parti à la Fête de l'Humanité étant un des signataires de l'appel qui suit, la direction de Syriza Paris va-t-elle être black listée du rassemblement du Bourget ?

 

Sa déclaration dans l'Huma du 18 aout (http://www.humanite.fr/syriza-se-poser-les-bonnes-questions-581583 ) reste-t-elle aujourd'hui pertinente et surtout compatible avec le communiqué du 21 aout du département inter de la place du colonel Fabien ?

 

Où en est maintenant la concrétisation de cette initiative "de haut niveau" annoncée par P. Laurent ?

Déclaration de sortie de membres de la section locale de Syrira à Paris

 

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Les évolutions politiques accélérées des dernières semaines nous contraignent à rendre nos démissions de membres de SYRIZA, puisqie le parti subit une mutation irréversible et  sans précédent, se transformant en parti de soutien aux mémorandums; ceci de l’exclusive responsabilité du groupe qui le dirige.

 

Les faits qui nous ont conduit(e)s à une telle décision sont de deux ordres essentiellement:

 

1- Le détournement des textes programmatiques fondamentaux du parti (décision politique du 1er Comgrès fondateur, programme de Thessalonique) mais aussi des déclarations de programme du gouvernement qui en confirmait les orientations. SYRIZA fut le parti qui, dès le départ, a lutté contre les choix politiques imposées comme des sens uniques: les mémorandums, le néolibéralisme, le déni de démocratie. Les décisions des dernièrrs semaines annulent les orientations essentielles de SYRIZA et conduisent le parti inéluctablement à la soumission à l’establishment autochtone et international dont SYRIZA deviendra dès à présent l’incontournable serviteur.

2- 
Le parti ne fonctionne plus, depuis un certain temps, pour ce qui est substantiel. Des décisions concernant la marche du pays et le peuple, portant sur les décennies à venir, ont été prises, non seulement sans la contributions des instances officielles du parti (Secrétariat Politique, Comité Central, éventuellement Congrès) , mais dans leur complète ignorance.

 

Même la décision récente au sujet d’élections anticipées (qui prévisiblement allait conduire à la scission du parti) a été prise en cercle fermé sans information préalable des instances du parti.

 

Nous considérons que nous n’avons aucune place au sein d’un parti qui s’est soumis aux injonctions de l’establishment local, mais aussi aux maîtres étrangers, d’autant plus que ses instances ne participent nullement à la planification et à l’exercice de la politique, mais n’ont qu’un rôle ornemental, au sein d’un parti qui dévie vers le bonapartisme et la gestion des mémorandums.

 

Cependant, en dépit d’une très grande déception, nous considérons que la démobilisation est une option inadaptée.


Citoyen(ne)s grec(que)s de la diaspora, nous considérons que le troisième mémorandum sera dévastateur; il s’impose donc d’apporter toutes nos forces au combat pour l’annuler, d’annuler aussi les mémorandums précédents.

 

La lutte contre les mémorandums socio-destructeurs, contre la dépendance de l’impérialisme, est une nécessité.


Nous mènerons ce combat au niveau du mouvement social et du politique, à travers un nouveau grand pôle de lutte contre les mémorandums, pour accéder à l’unité du peuple, nécessaire à la lutte pour le démontage des politiques hostiles au peuple.

 

Nous sommes dans l’attente de soutien des mouvements syndicaux et populaires européens. Soutien à notre combat pour la reconstruction productive progressiste, pour l’émancipation des inatances réactionnaires européennes.


Par conséquent nous diffuserons notre décision à toutes lea forces qui, des années durant, se sont positionnées à nos côtés, en France, dans les luttes communes contre l’austérité, contre le néolibéralisme, contre le déni de la souveraineté nationale.

Apostolidou Eleni – membre de SYRIZA Paris

Goulas Vangelis – coordinateur de SYRIZA Paris

Grigoriadou Lena – membre de SYRIZA Paris

Kosadinos Emmanuel – membre de SYRIZA Paris

Kiriakidis Pâris – membre du secretariat de SYRIZA Paris

Nestoridis Nestor – vice-coordinateur de SYRIZA Paris

Papageorgiou Chryssa – membre du secretariat de SYRIZA Paris

Papadomihelaki Alice – membre de SYRIZA Paris

 

Dans cet esprit informatif, Canaille le Rouge met à votre disposition le communiqué de la responsable des questions internationale diu P"c"F sur la situation grecque.

 

Le départ de Syriza des 25 députés (dont Manolis Glezos) le positionnement de la section de Syriza à Paris donne un éclairage blafard à ce texte.

 

L'annonce de la démission d'Alexis Tsipras et de la tenue de nouvelles élections législatives en Grèce avant la fin du mois de septembre n'a pu surprendre que ceux qui – avec « l'accord du 13 juillet » et le « 3e plan d'aide » d’août – nourrissaient l'illusion ou l'espoir que le peuple grec et son premier ministre avaient définitivement été battus dans leur exigence d'une rupture avec les politiques d'austérité et de reconquête démocratique.

Le discours tenu au soir du 20 août est un discours d'appel à la mobilisation et à la riposte du peuple grec. Un chapitre effectivement se ferme, un nouveau s'ouvre déjà appelant les Grecs à se mobiliser pour se doter d'un gouvernement qui luttera contre l'impact de ces mesures austéritaires sur les classes populaires et pour « regagner [leur] souveraineté face aux créanciers ». On est loin d'un renoncement et d'une trahison mais bien dans un combat politique âpre.
 
Une petite musique s'installe pour faire accroire qu'Alexis Tsipras entend « donner des gages » aux créanciers de la Grèce, ou encore que ce scrutin ne viserait qu'à « sauver Syriza » ou « à régler ses problèmes internes » – ce que le dirigeant grec a précisément refusé. D'autres grands analystes se font fort de présenter à l'opinion publique française l'image d'un dirigeant qui aurait tourné casaque. Il ne vient à personne, parmi ces grands esprits, l'idée que c'est le principe démocratique qui guide l'action du premier ministre grec lorsqu'il déclare à son peuple le 20 août : « Jugez-moi par un vote ».
 
Tout ceci n'a pour unique objectif que de redorer le blason de ceux qui, en France même et à commencer par le président Hollande, ont jeté le gant sans même tenter de combattre les impératifs de l'austérité. Le débat sur la nature de la construction européenne et son avenir que le peuple grec a ouvert ne se résume pas à une alternative qui serait soit « accepter l'austérité » soit « prôner la sortie de la zone euro » voire de l'UE. Le peuple grec a, par ses votes les 25 janvier et 5 juillet, affirmé avec force l'exigence d'une autre Europe : solidaire et non austéritaire.
Lydia Samarbakhsh, Responsable des Relations internationales du PCF
 
Paris, le 21 août 2015.
 

Quand après avoir obtenu 61% des voix sur un scrutin on s'engage à ne pas le respecter, prendre la position du "jugez moi par un vote" (sic) a un nom qui est détestable dans l'histoire du mouvement ouvrier et démocratique (et pas qu'en France). Cela s'appelle un plébiscite.

 

Face à la guerre économique engagée par le capital contre les peuples, après les déclaration de Varoufakis au "Monde" ou sur le 20h00 de France2 montrant les objectifs du même capital une fois digérée la Grèce ne pas en tenir compte et rester arcbouté sur des chimères est au mieux de l'incompétence au pire une résignation.

 

Après la forfaiture de 2005, le non respect des votes et loi de l'UE quand elles dérangent les tenants de l'UE (dont le refus du référendum sur le TAFTA dont l'Huma ne parle pas) la déclaration de Junker "il ne peut y avoir de démocratie contre les traités européens"(sic), tout démontre qu'il n'y a pas d'issue à l'intérieur de l'UE et confirme que le P"c"F accepte de vivre comme l'a  si bien dit P. Laurent dans "les geôles de l'Euro plutôt que de prendre le risque de mourrir en dehors". rappelons ce morceau d'anthologie de P. Laurent en réponse à Joffrin dans l'Huma:

 

« en acceptant, contraint, les conditions draconiennes de l’accord, c’est en quelque sorte maintenu dans la prison de l’austérité que Tsipras a décidé de continuer à mener le combat, parce que le choix alternatif du Grexit n’était pas celui de la liberté, mais du condamné à mort »

 

(Textes et citations) sont vérifiables dans l'Huma, on ne pourra accuser Canaille le Rouge de tordre les mots.

 

A chacun de lire les textes mis à disposition, de reprendre les déclarations de Varoufakis , de Laurent, celui des fondateurs d'Unité Populaire pour en tirer ses conclusions.

 

 

Rédigé par Canaille Lerouge

 


Commentaire de B.T : En tenant ce propos « en acceptant, contraint, les conditions draconiennes de l’accord, c’est en quelque sorte maintenu dans la prison de l’austérité que Tsipras a décidé de continuer à mener le combat, parce que le choix alternatif du Grexit n’était pas celui de la liberté, mais du condamné à mort ». Pierre Laurent condamne de faite, dans ce propos, tout à la fois notre NON à Masstricht et notre NON au TCE de 2005. Il confirme ainsi, que tant la CES, que le PGE s'inscrivent dans les dispositifs d'intégration du monde du travail aux objectifs du Capital. Est absent de ce propos la nécessité de retrouver et sa souvraineté et sa DIGNITE - Pierre Laurent ne serait-il pas mûre pour un congrès de Tours à l'envers ? Sur la barricade de l'affrontement Capital-Travail je ne suis pas sûr que nous soyons du même côté.

 

Dernière info Jean-Luc Mélenchon a lançé une invitation à Varoufakis pour le stand P.G à la fête de l'Huma, Nous voilà en pleine cacaphonie.

 

D'un côté le souteneur à tout crin de Tsipras, Pierre Laurent. 

De l'autre côté le souteneur à tout crin de Varoufakis Jean-Luc Mélenchon.

 

Pour ma part, c'est aucun des deux. Ce soutien je le dois aux travailleurs grecs qui vont devoir engager des luttes difficiles contre les politiques de super austérité mis en oeuvre par Tsipras, véritable harki de la troïka. Celui-ci recevra pour cela, comme aujourd'hui, l'appui de la droite et du PASOK (Pasok qui peut disparaitre Syriza est là pour poursuivre le même boulot, pas de problème pour le capital) d'ailleurs là, pour ces élections législatives Tsipras à non seulement l'appui de Pierre Laurent, mais aussi, tant qu'à faire, celui de la commission européenne, curieux Non !!!!

LE BILAN

Pourquoi le socialisme ? par Albert Einstein

 

AEinstein

Est-il convenable qu’un homme qui n’est pas versé dans les questions économiques et sociales exprime des opinions au sujet du socialisme ? Pour de multiples raisons, je crois que oui.


Par Albert Einstein. Lien court : http://wp.me/p6haRE-qR

2 800 mots environ. Temps de lecture estimé : 15 minutes. HorlA2


« Pourquoi le socialisme ? » est un texte écrit en 1949 par le physicien Albert Einstein, et publié la même année dans le premier numéro de la revue états-unienne marxiste Monthly Review. Il signe une tribune économique d’excellente qualité, dans laquelle il détaille les méfaits du capitalisme et la transition nécessaire vers une économie socialiste, fondée sur la propriété publique et la planification de la production. LE BILAN fait le choix de publier cet article, traduit en français, pour faire découvrir l’engagement méconnu du plus grand scientifique d20ème siècle, qui lui vaudra d’être qualifié d’« ennemi de l’Amérique » par Joseph McCarthy au Congrès.

Considérons d’abord la question au point de vue de la connaissance scientifique. Il pourrait paraître qu’il n’y ait pas de différences méthodologiques essentielles entre l’astronomie, par exemple, et l’économie : les savants dans les deux domaines essaient de découvrir les lois généralement acceptables d’un groupe déterminé de phénomènes, afin de rendre intelligibles, d’une manière aussi claire que possible, les relations réciproques existant entre eux. Mais en réalité de telles différences existent. La découverte de lois générales en économie est rendue difficile par la circonstance que les phénomènes économiques observés sont souvent influencés par beaucoup de facteurs qu’il est très difficile d’évaluer séparément. En outre, l’expérience accumulée depuis le commencement de la période de l’histoire humaine soi-disant civilisée a été — comme on le sait bien — largement influencée et délimitée par des causes qui n’ont nullement un caractère exclusivement économique. Par exemple, la plupart des grands États dans l’histoire doivent leur existence aux conquêtes. Les peuples conquérants se sont établis, légalement et économiquement, comme classe privilégiée du pays conquis. Ils se sont attribués le monopole de la terre et ont créé un corps de prêtres choisis dans leur propre rang. Les prêtres, qui contrôlèrent l’éducation, érigèrent la division de la société en classes en une institution permanente et créèrent un système de valeurs par lequel le peuple fut dès lors, en grande partie inconsciemment, guidé dans son comportement social.

Mais la tradition historique date pour ainsi dire d’hier ; nulle part nous n’avons dépassé ce que Thorstein Veblen appelait « la phase de rapine » du développement humain. Les faits économiques qu’on peut observer appartiennent à cette phase et les lois que nous pouvons en déduire ne sont pas applicables à d’autres phases. Puisque le but réel du socialisme est de dépasser la phase de rapine du développement humain et d’aller en avant, la science économique dans son état actuel peut projeter peu de lumière sur la société socialiste de l’avenir.

En second lieu, le socialisme est orienté vers un but éthico-social. Mais la science ne peut pas créer des buts, encore moins peut-elle les faire pénétrer dans les êtres humains ; la science peut tout au plus fournir les moyens par lesquels certains buts peuvent être atteints. Mais les buts mêmes sont conçus par des personnalités animées d’un idéal moral élevé et — si ces buts ne sont pas mort-nés, mais vivants et vigoureux — sont adoptés et portés en avant par ces innombrables êtres humains qui, à demi inconscients, déterminent la lente évolution de la société.

Pour ces raisons nous devrions prendre garde de ne pas surestimer la science et les méthodes scientifiques quand il s’agit de problèmes humains ; et nous ne devrions pas admettre que les spécialistes soient les seuls qui aient le droit de s’exprimer sur des questions qui touchent à l’organisation de la société.

D’innombrables voix ont affirmé, il n’y a pas longtemps, que la société humaine traverse une crise, que sa stabilité a été gravement troublée. Il est caractéristique d’une telle situation que des individus manifestent de l’indifférence ou, même, prennent une attitude hostile à l’égard du groupe, petit ou grand, auquel ils appartiennent. Pour illustrer mon opinion je veux évoquer ici une expérience personnelle. J’ai récemment discuté avec un homme intelligent et d’un bon naturel sur la menace d’une autre guerre, qui, à mon avis, mettrait sérieusement en danger l’existence de l’humanité, et je faisais remarquer que seule une organisation supranationale offrirait une protection contre ce danger. Là-dessus mon visiteur me dit tranquillement et froidement : « Pourquoi êtes-vous si sérieusement opposé à la disparition de la race humaine ? »

Je suis sûr que, il y a un siècle, personne n’aurait si légèrement fait une affirmation de ce genre. C’est l’affirmation d’un homme qui a vainement fait des efforts pour établir un équilibre dans son intérieur et qui a plus ou moins perdu l’espoir de réussir. C’est l’expression d’une solitude et d’un isolement pénibles dont tant de gens souffrent de nos jours. Quelle en est la cause ? Y a-t-il un moyen d’en sortir ?

Il est facile de soulever des questions pareilles, mais il est difficile d’y répondre avec tant soit peu de certitude. Je vais néanmoins essayer de le faire dans la mesure de mes forces, bien que je me rende parfaitement compte que nos sentiments et nos tendances sont souvent contradictoires et obscurs et qu’ils ne peuvent pas être exprimés dans des formules aisées et simples.

L’homme est en même temps un être solitaire et un être social. Comme être solitaire il s’efforce de protéger sa propre existence et celle des êtres qui lui sont le plus proches, de satisfaire ses désirs personnels et de développer ses facultés innées. Comme être social il cherche à gagner l’approbation et l’affection de ses semblables, de partager leurs plaisirs, de les consoler dans leurs tristesses et d’améliorer leurs conditions de vie. C’est seulement l’existence de ces tendances variées, souvent contradictoires, qui explique le caractère particulier d’un homme, et leur combinaison spécifique détermine dans quelle mesure un individu peut établir son équilibre intérieur et contribuer au bien-être de la société. Il est fort possible que la force relative de ces deux tendances soit, dans son fond, fixée par l’hérédité. Mais la personnalité qui finalement apparaît est largement formée par le milieu où elle se trouve par hasard pendant son développement, par la structure de la société dans laquelle elle grandit, par la tradition de cette société et son appréciation de certains genres de comportement. Le concept abstrait de « société » signifie pour l’individu humain la somme totale de ses relations, directes et indirectes, avec ses contemporains et les générations passées. Il est capable de penser, de sentir, de lutter et de travailler par lui-même, mais il dépend tellement de la société — dans son existence physique, intellectuelle et émotionnelle — qu’il est impossible de penser à lui ou de le comprendre en dehors du cadre de la société. C’est la « société » qui fournit à l’homme la nourriture, les vêtements, l’habitation, les instruments de travail, le langage, les formes de la pensée et la plus grande partie du contenu de la pensée ; sa vie est rendue possible par le labeur et les talents de millions d’individus du passé et du présent, qui se cachent sous ce petit mot de « société ».

Einstein

Il est, par conséquent, évident que la dépendance de l’individu à la société est un fait naturel qui ne peut pas être supprimé — exactement comme dans le cas des fourmis et des abeilles. Cependant, tandis que tout le processus de la vie des fourmis et des abeilles est fixé, jusque dans ses infimes détails, par des instincts héréditaires rigides, le modèle social et les relations réciproques entre les êtres humains sont très variables et susceptibles de changement. La mémoire, la capacité de faire de nouvelles combinaisons, le don de communication orale ont rendu possibles des développements parmi les êtres humains qui ne sont pas dictés par des nécessités biologiques. De tels développements se manifestent dans les traditions, dans les institutions, dans les organisations, dans la littérature, dans la science, dans les réalisations de l’ingénieur et dans les œuvres d’art. Ceci explique comment il arrive que l’homme peut, dans un certain sens, influencer sa vie par sa propre conduite et comment, dans ce processus, la pensée et le désir conscients peuvent jouer un rôle.

L’homme possède à sa naissance, par hérédité, une constitution biologique que nous devons considérer comme fixe et immuable, y compris les impulsions naturelles qui caractérisent l’espèce humaine. De plus, pendant sa vie il acquiert une constitution culturelle qu’il reçoit de la société par la communication et par beaucoup d’autres moyens d’influence. C’est cette constitution culturelle qui, dans le cours du temps, est sujette au changement et qui détermine, à un très haut degré, les rapports entre l’individu et la société. L’anthropologie moderne nous a appris, par l’investigation des soi-disant cultures primitives, que le comportement social des êtres humains peut présenter de grandes différences, étant donné qu’il dépend des modèles de culture dominants et des types d’organisation qui prédominent dans la société. C’est là-dessus que doivent fonder leurs espérances tous ceux qui s’efforcent d’améliorer le sort de l’homme : les êtres humains ne sont pas, par suite de leur constitution biologique, condamnés à se détruire mutuellement ou à être à la merci d’un sort cruel qu’ils s’infligent eux-mêmes.

Si nous nous demandons comment la structure de la société et l’attitude culturelle de l’homme devraient être changées pour rendre la vie humaine aussi satisfaisante que possible, nous devons constamment tenir compte du fait qu’il y a certaines conditions que nous ne sommes pas capables de modifier. Comme nous l’avons déjà mentionné plus haut, la nature biologique de l’homme n’est point, pour tous les buts pratiques, sujette au changement. De plus, les développements technologiques et démographiques de ces derniers siècles ont créé des conditions qui doivent continuer. Chez des populations relativement denses, qui possèdent les biens indispensables à leur existence, une extrême division du travail et une organisation de production très centralisée sont absolument nécessaires. Le temps, qui, vu de loin, paraît si idyllique, a pour toujours disparu où des individus ou des groupes relativement petits pouvaient se suffire complètement à eux-mêmes. On n’exagère pas beaucoup en disant que l’humanité constitue à présent une communauté planétaire de production et de consommation.

Je suis maintenant arrivé au point où je peux indiquer brièvement ce qui constitue pour moi l’essence de la crise de notre temps. Il s’agit du rapport entre l’individu et la société. L’individu est devenu plus conscient que jamais de sa dépendance à la société. Mais il n’éprouve pas cette dépendance comme un bien positif, comme une attache organique, comme une force protectrice, mais plutôt comme une menace pour ses droits naturels, ou même pour son existence économique. En outre, sa position sociale est telle que les tendances égoïstes de son être sont constamment mises en avant, tandis que ses tendances sociales qui, par nature, sont plus faibles, se dégradent progressivement. Tous les êtres humains, quelle que soit leur position sociale, souffrent de ce processus de dégradation. Prisonniers sans le savoir de leur propre égoïsme, ils se sentent en état d’insécurité, isolés et privés de la naïve, simple et pure joie de vivre. L’homme ne peut trouver de sens à la vie, qui est brève et périlleuse, qu’en se dévouant à la société.

L’anarchie économique de la société capitaliste, telle qu’elle existe aujourd’hui, est, à mon avis, la source réelle du mal. Nous voyons devant nous une immense société de producteurs dont les membres cherchent sans cesse à se priver mutuellement du fruit de leur travail collectif — non pas par la force, mais, en somme, conformément aux règles légalement établies. Sous ce rapport, il est important de se rendre compte que les moyens de la production — c’est-à-dire toute la capacité productive nécessaire pour produire les biens de consommation ainsi que, par surcroît, les biens en capital — pourraient légalement être, et sont même pour la plus grande part, la propriété privée de certains individus.

Pour des raisons de simplicité je veux, dans la discussion qui va suivre, appeler « ouvriers » tous ceux qui n’ont point part à la possession des moyens de production, bien que cela ne corresponde pas tout à fait à l’emploi ordinaire du terme. Le possesseur des moyens de production est en état d’acheter la capacité de travail de l’ouvrier. En se servant des moyens de production, l’ouvrier produit de nouveaux biens qui deviennent la propriété du capitaliste. Le point essentiel dans ce processus est le rapport entre ce que l’ouvrier produit et ce qu’il reçoit comme salaire, les deux choses étant évaluées en termes de valeur réelle. Dans la mesure où le contrat de travail est « libre », ce que l’ouvrier reçoit est déterminé, non pas par la valeur réelle des biens qu’il produit, mais par le minimum de ses besoins et par le rapport entre le nombre d’ouvriers dont le capitaliste a besoin et le nombre d’ouvriers qui sont à la recherche d’un emploi. Il faut comprendre que même en théorie le salaire de l’ouvrier n’est pas déterminé par la valeur de son produit.

Le capital privé tend à se concentrer en peu de mains, en partie à cause de la compétition entre les capitalistes, en partie parce que le développement technologique et la division croissante du travail encouragent la formation de plus grandes unités de production aux dépens des plus petites. Le résultat de ces développements est une oligarchie de capitalistes dont la formidable puissance ne peut effectivement être refrénée, pas même par une société qui a une organisation politique démocratique. Ceci est vrai, puisque les membres du corps législatif sont choisis par des partis politiques largement financés ou autrement influencés par les capitalistes privés qui, pour tous les buts pratiques, séparent le corps électoral de la législature. La conséquence en est que, dans le fait, les représentants du peuple ne protègent pas suffisamment les intérêts des moins privilégiés. De plus, dans les conditions actuelles, les capitalistes contrôlent inévitablement, d’une manière directe ou indirecte, les principales sources d’information (presse, radio, éducation). Il est ainsi extrêmement difficile pour le citoyen, et dans la plupart des cas tout à fait impossible, d’arriver à des conclusions objectives et de faire un usage intelligent de ses droits politiques.

La situation dominante dans une économie basée sur la propriété privée du capital est ainsi caractérisée par deux principes importants : premièrement, les moyens de production (le capital) sont en possession privée et les possesseurs en disposent comme ils le jugent convenable ; secondement, le contrat de travail est libre. Bien entendu, une société capitaliste pure dans ce sens n’existe pas. Il convient de noter en particulier que les ouvriers, après de longues et âpres luttes politiques, ont réussi à obtenir pour certaines catégories d’entre eux une meilleure forme de « contrat de travail libre ». Mais, prise dans son ensemble, l’économie d’aujourd’hui ne diffère pas beaucoup du capitalisme « pur ».

La production est faite en vue du profit et non pour l’utilité. Il n’y a pas moyen de prévoir que tous ceux qui sont capables et désireux de travailler pourront toujours trouver un emploi ; une « armée » de chômeurs existe déjà. L’ouvrier est constamment dans la crainte de perdre son emploi. Et puisque les chômeurs et les ouvriers mal payés sont de faibles consommateurs, la production des biens de consommation est restreinte et a pour conséquence de grands inconvénients. Le progrès technologique a souvent pour résultat un accroissement du nombre des chômeurs plutôt qu’un allégement du travail pénible pour tous. L’aiguillon du profit en conjonction avec la compétition entre les capitalistes est responsable de l’instabilité dans l’accumulation et l’utilisation du capital, qui amène des dépressions économiques de plus en plus graves. La compétition illimitée conduit à un gaspillage considérable de travail et à la mutilation de la conscience sociale des individus dont j’ai fait mention plus haut.

Je considère cette mutilation des individus comme le pire mal du capitalisme. Tout notre système d’éducation souffre de ce mal. Une attitude de compétition exagérée est inculquée à l’étudiant, qui est dressé à idolâtrer le succès de l’acquisition comme une préparation à sa carrière future.

Albert_Einstein,_by_Doris_Ulmann

Je suis convaincu qu’il n’y a qu’un seul moyen d’éliminer ces maux graves, à savoir, l’établissement d’une économie socialiste, accompagnée d’un système d’éducation orienté vers des buts sociaux. Dans une telle économie, les moyens de production appartiendraient à la société elle-même et seraient utilisés d’une façon planifiée. Une économie planifiée, qui adapte la production aux besoins de la société, distribuerait le travail à faire entre tous ceux qui sont capables de travailler et garantirait les moyens d’existence à chaque homme, à chaque femme, à chaque enfant. L’éducation de l’individu devrait favoriser le développement de ses facultés innées et lui inculquer le sens de la responsabilité envers ses semblables, au lieu de la glorification du pouvoir et du succès, comme cela se fait dans la société actuelle.

Il est cependant nécessaire de rappeler qu’une économie planifiée n’est pas encore le socialisme. Une telle économie pourrait être accompagnée d’un complet asservissement de l’individu. La réalisation du socialisme exige la solution de quelques problèmes socio-politiques extrêmement difficiles : comment serait-il possible, en face d’une centralisation extrême du pouvoir politique et économique, d’empêcher la bureaucratie de devenir toute-puissante et présomptueuse ? Comment pourrait-on protéger les droits de l’individu et assurer un contrepoids démocratique au pouvoir de la bureaucratie ?

La clarté au sujet des buts et des problèmes du socialisme est de la plus grande importance à notre époque de transition. Puisque, dans les circonstances actuelles, la discussion libre et sans entrave de ces problèmes a été soumise à un puissant tabou, je considère que la fondation de cette revue (la Monthly Review, NDLR) est un important service rendu au public.

A.E.

15 juillet 2015

  • « On doit faire en France ce que Tsipras ne peut pas faire en Grèce »

 

Le député François Asensi votera contre l'accord entre la Grèce et ses créanciers.INTERVIEW - Le député du Front de gauche François Asensi votera contre l’accord sur la Grèce, soumis au parlement mercredi. Selon le maire de Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis), ce plan fait de la Grèce une "terre d’occupation de la Troïka" (FMI, BCE, UE) et pose la question du maintien d’une monnaie unique en Europe.

 

Pourquoi voter contre l’accord sur la Grèce?


Cet accord met la Grèce en coupe réglée. Il conduit à un abandon de souveraineté sur le plan économique et social. Athènes devient une terre d’occupation de la Troika (les créanciers du pays : le FMI, la BCE et l'Union européenne, Ndlr) sous la direction des Allemands. On demande aux Grecs des sacrifices supplémentaires dans le domaine des salaires ou les retraites mais on ne crée pas les conditions d’une relance de l’économie. L’accord se contente de prêter de l’argent à la Grèce pour qu’elle rembourse sa dette en échange de plus d’austérité.

 

« On ne peut pas combattre l’austérité en France et l’accepter en Grèce. »

 

Certains responsables de gauche voteront cet accord en solidarité avec Alexis Tsipras, qui l’a signé "pour éviter tout désastre au pays"…


Je suis solidaire de Syriza et d’Alexis Tsipras. C’est un homme courageux. Mais le vote en faveur de l’accord n’est ni sérieux ni raisonnable. On ne peut pas combattre l’austérité en France et l’accepter en Grèce. C’est une question de cohérence. Cet accord envoie ce pays dans le mur. Le Premier ministre grec reconnait lui-même qu’il n’y "croit pas" mais il a été contraint de signer avec un "pistolet sur la tempe". Il n’avait pas d’autre choix. On est le meilleur soutien d’Alexis Tsipras en votant contre ce texte. On doit faire en France ce qu’Alexis Tsipras ne peut pas faire chez lui.

 

Vous saluez le "courage" d’Alexis Tsipras. Mais est-ce du courage que d’accepter un plan similaire à celui rejeté par les Grecs une semaine plus tôt?


Alexis Tsipras est un homme désarmé et acculé par la Troïka. En signant cet accord, il a opté pour la moins mauvaise solution. Dans cette affaire, l’Europe a eu une position politique. Elle a fait taire toute tentative de proposer une construction différente de l’Europe et a érigé le libéralisme en dogme.

 

« L'euro, un carcan dont il faut peut-être sortir. »

 

Cette crise ne révèle-telle pas que l’euro n’est pas qu’une monnaie, mais une politique économique fondée sur l’austérité?


Cette crise a changé ma perception de l’euro. C’est aujourd’hui un instrument des politiques d’austérité et de réduction des dépenses publiques. C’est un carcan qui s’oppose à toute politique sociale. Un carcan dont il faut peut-être sortir.

 

L’Allemagne est-elle aujourd’hui le principal problème de l’Europe, comme on l’entend parfois à gauche?


C’est un problème essentiel. L’Europe est aujourd’hui sous domination de la droite allemande qui a un projet conservateur et réactionnaire. La politique qu’elle mène tue l’idée même d’Europe. Elle se montre égoïste et fait prévaloir ses intérêts sur les peuples européens. Pourtant en 1953, elle a bénéficié de la solidarité du peuple européen avec l’annulation de sa dette de guerre.

 

Paul Chaulet - leJDD.fr

 

mercredi 15 juillet 2015