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PCF Vie et débats 2015

Pourquoi le socialisme de l'avenir ne sera pas libéral

 

22 Septembre 2015 , Rédigé par Réveil Communiste

 

Tous ceux qui espèrent que l’humanité va poursuivre sa route vers le progrès et s’orienter vers le socialisme, sont interpellés par l’échec des pays socialistes au XXème siècle qui a laissé le monde dans une profonde dépression, morale et psychique. Souvent on s’en tire par une pirouette : ces pays, ces régimes n’auraient pas été vraiment socialistes. D’autres pensent qu’il faut abandonner la perspective du socialisme pour sauter à pied joints dans le communisme. Je ne discuterai pas ces points de vue, qui ne sont pas sérieux.

 

Donc les pays socialistes étaient vraiment socialistes, et ils ont disparus, sauf deux : République Populaire Démocratique Corée et Cuba qui manifestent une incontestable résilience, mais dont l’avenir est toujours menacé. La Chine, le Viet Nam, et le Laos, peut être aussi le Belarus sont revenu à l’économie de marché, et ont réintroduit le capitalisme, mais sans lui laisser les clés du pouvoir politique. Plusieurs pays latino américains et africains ont une politique sociale de redistribution avancée qui fait penser au socialisme, qui provoque l’ire de la bourgeoisie mondiale, mais qui ne s’attaque pas assez à mon avis et pas directement à la propriété privée de moyens de production. Et aujourd’hui, plus important encore, des médias de masse.

 

Mais globalement il nous reste en tenant compte de ces expériences présentes et passées (dont certaines étaient en fait assez réussies pour produire le bonheur le plus répandu, si on en croit les regrets formulés à cet égard en Europe de l’Est et en ex URSS) à proposer un schéma du socialisme de l’avenir (2.0, ou XXI, peu importe le slogan), qui ne se fracasse pas sur les mêmes écueils.

 

Toute la question est de savoir si le socialisme à succombé davantage à ses contradictions internes ou à la pression extérieure. Dans ce cas le diagnostic est tout à fait différent. Si le socialisme a succombé à ses défaillances internes, il faut les localiser et prévoir une organisation politique nouvelle capable de les neutraliser ou de les inverser en faveur du processus.

 

La principale contradiction interne du socialisme a été la production d’un groupe social spécifique, distinct des reliquats de la bourgeoisie antérieure à la révolution, et intéressé au retour au capitalisme, groupe qui proliférait dans l’intelligentsia et dans la bureaucratie et qui était essentiellement composé de cadres espérant égaler le niveau de vie et le statut social de leurs homologues en pays capitalistes. Il y a certainement dans le monde socialiste de première génération un défaut dans le système de formation de désignation et de rotation des cadres, que les autorités tentaient de corriger par une répression souvent aveugle, disproportionnée ou erratique.

 

S’il a été victime des pressions extérieures, il faut réfléchir à la nature de ces pressions et imaginer des défenses.

 

Mais avant tout il ne faut pas faire fausse route. Qu’on l’appelle ainsi ou autrement, hégémonie par exemple, le socialisme est le système économique et social géré par la dictature du prolétariat. Le point crucial est donc dans la conscience prolétarienne. Si la classe ouvrière ( au sens large) ne sent plus cet État comme le sien, c’est perdu.

 

Ce qui a caractérisé l’image finalement négative du socialisme, c’est l’idée qu’il s’agissait de dictatures de parti unique, interdisant l’expression des opinions d’opposition, et défendues par un appareil policier, n’hésitant pas à soumettre la société à une surveillance de masse et à recourir à la dénonciation. Dans ce conditions l’idée la plus répandue pour dépasser la contradiction du socialisme a été de proposer le fameux « socialisme à visage humain » suivant le slogan de Dubcek, leader du soi-disant Printemps de Prague de 1968. Un socialisme pluraliste, sans répression, sans surveillance, libertaire à l’instar de mai 68 (ou tout simplement de l’Angleterre des swinging sixties). Marx Engels Lénine John Lennon.

 

Je pense que cette voie est erronée comme l’ont montré la Hongrie en 1956 où la libéralisation à ouvert la brèche au fascisme, et le Chili en 1973 où le respect des règles de la démocratie formelles a désarmé le peuples ; un socialisme sans police, sans surveillance des activités contrerévolutionnaires, et qui se remet en jeu de lui-même candidement dans l’alternance électorale n’a pas d’avenir tant que les métropoles principales du capitalisme ne sont pas tombées. N’oublions pas que le choix du socialisme est à long terme, qu’il n’est pas réversible sans massacre social, et que son rythme de maturation centenaire n’est pas celui des vagues de l’opinion. Dans un pays socialiste, où il n’y a pas de forces économiques séparées qui revendiquent le pouvoir sur l’ensemble de la société, il ne peut pas y avoir de parti d'opposition au sens historique du terme : le parti d’opposition, des « dissidents », s’appuie uniquement sur l’impérialisme, sur la CIA ou sur Soros, quelque soit son influence il ne "représente " littéralement rien d'autre qu ce qui le finance.

 

Le socialisme devra se défendre tant qu’existera l’Empire des multinationales, et c’est la culture de la conscience qui permettra que le parti unique du prolétariat et l’action des services de sécurité soient approuvés et soutenus par le peuple et non ressentis comme un chape de plomb ; dans les deux cas où le socialisme a subsisté, ce soutien populaire provient du caractère évident immédiat et existentiel de la menace impérialiste. A Cuba les CDR n’ont pas suscité de rejet équivalent à d’autres institutions défensives ; sans doute parce ce quadrillage s’enracine dans une volonté populaire et publique de défendre la population contre les agressions impérialistes, et non dans le souci d’un socialisme dynamique mais minoritaire de tenir en respect un peuple indifférent ou hostile en grande partie, comme dans l’Allemagne post-nazie.

 

A quoi sert le pluralisme ? Il n’est en aucun cas producteur de conscience ou de quelconque qualité de "gouvernance". On frémit à l’idée de ce que ferait la Chine gouvernée par des politiciens comparables aux politiciens européens ou américains. Mais d’une part il permet de recruter des dirigeants politiques en canalisant la compétition des ambitieux, et les ambitieux existent et son nécessaires partout, d’autre part il permet de repérer les opposants, de les isoler ou de les acheter, dans un monde ou les médias sont largement contrôlés par la bourgeoisie.

 

La question est de savoir si nous sommes gouvernés par la puissance brute du capital qui achète ses séides, ou si nous sommes gouvernés par la conscience collective à laquelle nous participons ; si nous sommes des esclaves ou non. Mais il est sûr qu’un jeu de pluralisme en pays socialiste pourrait servir à dénoncer le parti renaissant du retour au capitalisme qui grandit comme un parasite à l’intérieur du parti, sans avoir à en venir à l’exterminer, avec beaucoup de bavures, comme en URSS en 1936.

 

Sous le socialisme l’individu est sans doute frustré de bien des désirs matériels immédiats mais il est en réalité beaucoup plus libre, que sous l’influence de la marchandise, car sa personnalité n’est pas rongée de l’intérieur par la réification marchande, elle n’est pas le jouet des calculs constants du marketing pour le faire courir après les miroirs aux alouettes élaborés par les multinationales. Mais il ne le sait pas, ou plutôt la plupart des intellectuels par inertie idéologique bourgeoise ont utilisé cette liberté dans une rêverie réactionnaire qui les a fait tomber tout cru dans les filets de l’impérialisme. L’image du socialisme comme bagne spirituel est sortie de la féconde imagination littéraire de l’intelligentsia bourgeoise opprimée dans ses rêves de grandeur par le prolétariat, et ces pays étaient loin d’être un bagne pour les travailleurs. Mais les intellectuels organiques de la bourgeoisie ont su façonner l’histoire à leur manière, et rendre le type de liberté dont on jouit sous le capitalisme (celle d’acheter des marchandises avariées si on a de l’argent) la seule imaginable.

 

L’individu bourgeois est élevé dans l’illusion messianique de son destin exceptionnel. Sa conception de la liberté consiste à savoir si on facilite cette illusion ou si on l’empêche. Les classes populaires ne sont pas composées de ce type d’individu projeté hors de soi dans un rôle et pour lequel le bien n’a de sens que s’il est un bien de gloire et d’ostentation. Le socialisme permet le vrai développement de l’individualité de tous, et les prolétaires, dont le désir sous-jacent au bourrage de crâne marketing n’est pas d’écraser les autres prolétaires mais de participer à sa mesure à la grande coopération créatrice. C’est par la discussion collective, éclairée par le parti qu'il a lui même créé que le prolétariat accède petit à petit à la conscience sociale, qui est supérieure à la conscience romanesque à la Madame Bovary qui occupe la tête des étudiants et des cadres bourgeois.

 

Le prolétariat dans la Bible est voué éternellement à couper le bois et à aller chercher l’eau. Jusqu’à la Révolution il reste l’humble instrument de l’ambition et du confort des classes cultivées. Seul le socialisme permet au porteur de bois et d’eau qui a tout créé de l’humanité de vivre humainement.

 

Dans un premier temps cette libération se produit au détriment de la production car le prolétariat affranchi a tendance à se partager la plus-value, ou à cesser de la produire. Mais après l’étape d’adaptation, la classe exploitée deviendra comme le pensait Marx la nouvelle force productive inépuisable et gratuite, car il décidera lui-même de l’emploi de la plus-value pour le bien commun de l’humanité. Ce n’est pas pour rien que le stakhanoviste est la figure de l’histoire révolutionnaire la moins comprise et la plus haïe du gauchiste petit bourgeois.

 

Mais il doit en chemin se défaire des mythes existentiels et du roman parasitaire de la bourgeoisie et des classes moyennes (esclaves qui se croient libres, exploités qui se prennent pour des bourgeois). Il faut simplement lui donner le temps de son auto éducation à se passer des exploiteurs, et c’est son parti qui peut lui donner ce temps critique.

 

GQ, 22 septembre 2015

Publié par Jean Lévy

Pourquoi ne sommes-nous pas dans un même parti ? Contribution au débat

"Pourquoi ne sommes-nous pas dans un même parti ? Contribution au débat

Gérard Jeannesson

ancien adhérent, ancien militant local ,

ancien responsable local, ancien élu local du PCF

Modeste contribution à la nécessaire réflexion collective :

Tous les groupes et tous les militants convaincus de la nécessité de reconstruire un grand parti communiste ne pourraient-ils pas contribuer ensemble à la définition d'un socle minimal de lignes politiques et de règles d'organisation permettant tout à la fois de continuer à construire et à cheminer là où on est tout en popularisant et en peaufinant la popularisation et la mise en oeuvre de ce socle unificateur, aussi bien ensemble que chacun de son côté?

Diverses personnalités déléguées par les groupes constitués, et d'autres qui militent réellement pour la reconstruction d'un vrai parti communiste ne pourraient-t-elles créer une sorte de pool commun doté d'un site internet spécifique qui centraliserait, relancerait, impulserait les débats nécessaires, organisant dans le même mouvement les rapprochements indispensables à la réussite d'une telle entreprise?

A mon sens, un tel processus est susceptible de recueillir rapidement le soutien et la participation de multiples bonnes volontés, quel qu'en soit l'initiateur. Si la démarche est lancée en toute clarté et s'il est bien clair ,dès le départ, qu'on se propose de forger un outil pour conduire les luttes de façon efficace et aller à la conquête du pouvoir politique,et non pour fonder une "église", un club d'intellectuels, ou se constituer une clientèle électorale,si on s'engage à ne pas éluder les questions difficiles et à débattre de tout ce qui mérite d'être débattu, sans oeillères ni ostracisme, en prenant en compte la diversité des parcours et des individualités et en la respectant, en acceptant aussi les erreurs éventuelles antérieures et présentes ou futures des uns et des autres, et les siennes propres en ne les utilisant pas pour stigmatiser tel ou tel mais pour faire progresser ensemble la réflexion collective et la force de l'organisation,

On peut initier le saut qualitatif nécessaire que requiert la situation actuelle, le peuple étant désarmé à l'un des moments les plus dangereux et les plus tragiques de son histoire.



Gérard Jeannesson

ancien adhérent, ancien militant local , ancien responsable local, ancien élu local du PCF


COMMERCY 55

22 septembre 2015

Pour comprendre l’impérialisme américain aujourd’hui, un livre à lire : « Le visage de l’impérialisme »

Le visage de l'impérialisme

 

Aux éditions Delga

Michael Parenti

« Dans ce livre, l’impérialisme est défini comme le processus par lequel les intérêts des investisseurs dominants dans un pays mettent à profit la puissance militaire et financière contre un autre pays afin d’exproprier la terre, le travail, le capital, les ressources naturelles, le commerce et les marchés de celui-ci. »

À un moment historique où, d’un côté, la fuite en avant de l’impérialisme états-unien s’accélère et devient de plus en plus dangereuse pour le monde, et où, de l’autre, la compréhension générale de ce phénomène est au plus bas, ce livre remplit une fonction essentielle. Avec une approche pédagogique, il éclaire les différents ressorts de l’interventionnisme états-unien, décrit sa nature, ses méthodes, ses agents, son fonctionnement. Il illustre ses arguments avec des exemples qui témoignent de la profonde culture de son auteur, sans perdre pour autant le lecteur dans les méandres de l’histoire : plutôt qu’un livre d’histoire, il fait œuvre d’analyse et d’explication.

 

En savoir plus sur l’auteur


MICHAEL PARENTI

Le Visage de l’impérialisme

Prix : 17 euros

Référence : 978-2-915854-82-4

Format : 14 x 21

Nombre de pages : 162

par  Paul Barbazange

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Manifestation à Béziers contre l’extrême droite.

Bienvenue aux réfugiés


C’est derrière cette banderole résumant bien l’esprit du mouvement qu’entre 500 et 600 biterrois ont manifesté dans les rues de Béziers pour que Béziers (et la France) reste terre d’accueil des réfugiés et que le maire de béziers soit publiquement condamné pour ses écrits et ses actes.


Ces 600 personnes se composaient de biterrois de toutes origines, dont un grand nombre de membres de la communauté maghrébine. Rejoints d’ailleurs par quelques personnes venues d’autres villes languedociennes. Il y avait des immigrés de première , deuxième, troisième génération comme il n’a pas manqué d’être scandé tout au long du cortège. Des filles et fils de réfugiés de la guerre civile en Espagne marquaient leur présence.


J’ai personnellement contribué à porter une banderole " Chrétiens, juifs, musulmans, athés réfugiés de toutes les guerres vous êtes les bienvenus à Béziers ".


L’ensemble des autres pancartes, mots d’ordre déclarations, allaient dans le même sens.


Aimé Couquet conseiller municipal communiste, élu sur une liste Front de gauche a concentré son intervention sur la nécessité de l’intervention des citoyens à la fois sur la construction au quotidien des conditions d’accueil et la bataille politique contre le rejet de tous ceux qui sont différents en particulier s’ils sont affaiblis par leurs conditions d’existence.


Cet appel à l’action, aux actions a été fortement applaudi et repris par la presse écrite régionale.

 

Devant la mairie les manifestants ont appelé à la démission du maire et déchiré symboliquement plusieurs centaines de journaux municipaux considéré par beaucoup de biterrois comme une feuille de propagande d’extrême droite payée par leurs deniers.


L’Iman de la principale mosquée de la ville s’est alors adressé aux manifestants en reprenant cinq points faisant l’unanimité du mouvement ;


La lutte continue, ce soir par une petite manifestation des pacifistes biterrois rassemblés à l’occasion de la journée mondiale de la paix. Ce sera l’occasion de développer argumentations et débats sur les causes immédiates et profondes de ces monstrueux déplacement de population.


Dans un autre registre nous savons entre autres qu’une collecte pour les réfugiés est aujourd’hui organisée dans un des grands lycées de la ville par des enseignants, le secours populaire et des JC.


Les luttes continuent.


Paul Barbazange.

Il y a foule de communistes en France ! Mais pourquoi ne les entend-on pas ?

L’histoire de l’émiettement communiste et l’histoire (du début) de la reconstruction

 
, par  pam
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L’article de Gilles Questiaux « Il y a foule de communistes en France ! Mais pourquoi ne les entend-on pas ? » pose une question utile. Mais il aboutit à une réponse qui est en quelque sorte une tautologie. Pour construire l’unité des communistes et dépasser leur émiettement, il faut… nous unir dans un même parti. Autant dire que l’article ne nous dit rien d’autres que « il faut... ». Pourtant l’article fait des constats bien réels, notamment sur les postions politiques qui sont partagées par de nombreux militants pourtant dans des groupes ou organisations diverses, dans et hors du PCF,mais aussi sur l’histoire.
 

Oui, il y a crise du mouvement communiste, qui apparaît avec force au tournant des années 90 avec la chute de l’URSS, mais dont on peut discuter des traces bien avant, dans l’histoire complexe des stratégies de l’internationale communiste entre rassemblement populaire national et internationalisme, stratégies de front et stratégies de classes comme on disait, dans les suites du rapport Kroutchev, dans la recherche d’une voie pacifique au socialisme refusant de regarder en face ce que révélait le coup d’état au Chili, dans la recherche d’une voie électorale qui allait conduire au programme commun et à la domination de François Mitterand…

 

La perception d’une « opposition interne de moins en moins audible » est sans doute typiquement parisienne. C’est en effet à Paris que l’opposition s’est le plus fortement exprimée dans les années 80 et 90, jusqu’à pouvoir penser être majoritaire, avant de s’émietter plus fortement que partout. Cependant , le « récent remarquable succès des communistes de Vénissieux », n’est pas « l’exception qui confirme la règle ». Les résultats des départementales, comme la victoire de Gardanne dans des conditions proches de Vénissieux montre les possibles.

 

Les bases d’opposition en Province sont en général moins divisées que dans la région parisienne. En fait, chaque situation est le produit d’une histoire, avec les caractéristiques du parti, fortement ouvrier dans le Nord, marqué par la résistance dans l’Allier, par le communisme municipal dans le Rhône…

 

Partout, les communistes ont subi de terribles chocs, le premier étant la terrible pression patronale dans les restructurations du travail, défaisant les collectifs ouvriers par tous les moyens, de l’intégration à la répression et la destruction. Mais il y aussi la guerre idéologique de la fin de l’histoire, du capitalisme triomphant, l’utilisation médiatique des « alters » de toute sorte réduisant le marxisme à une nostalgie et habituant les colères populaires aux solutions « dans » le système, jusqu’à cette écologie politique qui nous dit que tout est dans les « gestes qui sauvent », dans le local, seul lieu de l’action, même si on peut rêver au global. C’est exactement l’inverse de l’origine du mouvement communiste qui travailler, à partir des luttes concrètes, à construire le rapport de forces global pour poser partout la question de la rupture, de la révolution.

 

Comment s’étonner dès lors que les communistes aient reculé ? On peut faire l’histoire des décisions de direction qui ont accompagné ces reculs au lieu de leur résister, qui ont parfois organisé une véritable démission collective de l’organisation communiste abandonnant ses principes et ses règles de fonctionnement. Mais ce n’est pas la question déterminante du jour, parce que ces décisions n’ont jamais défait totalement le parti communiste en France, contrairement à l’Italie par exemple, et que un peu partout des communistes cherchent, hors ou dans le PCF, avec leurs expériences, leurs forces, les voies d’un retour du parti communiste.

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L’émiettement communiste n’est pas un défaut qui tiendrait aux acteurs de tel ou tel groupe, même si le sectarisme, le gauchisme ou à l’inverse l’électoralisme, existe bien entendu. Mais l’émiettement est d’abord un fait historique liée aux conditions historiques du recul du mouvement communiste, et bien entendu aux réalités sociales et politiques des luttes de classe dans un pays capitaliste développé, dont une part de la richesse vient de sa dimension impérialiste, et qui donc, comme le montrait Lénine, peut corrompre une partie du mouvement ouvrier « intégré » dans le système de domination.

 

Les contradictions entre les fonctionnaires et assimilés dans un secteur public qui reste protégé par son statut et les secteurs les plus précaires du travail, entre les secteurs industriels et les secteurs de services… ont produit des divisions dans le mouvement social, syndical et politique qui expliquent la diversité des trajectoires de militants communistes dans les dernières décennies. La direction d’un parti communiste a comme tâche première de construire en permanence cet intellectuel collectif qui assure en permanence que les histoires locales s’inscrivent dans l’enjeu global de la révolution. A l’évidence, et indépendamment même de ses erreurs stratégiques, les directions communistes successives n’ont pu jouer ce rôle, et l’organisation communiste s’est émiettée...naturellement ! A vrai dire, on ne peut que constater que les dirigeants successifs des différentes oppositions internes et externes n’ont pas non plus pu ou su jouer ce rôle unificateur ! Là encore, peu importe ce que les historiens en diront un jour, c’est pour nous de l’ordre du constat.

 

Donc, s’il faut chercher le chemin d’une reconstruction communiste, ce ne peut être en cherchant un « truc » qui viendrait compenser ce processus historique d’émiettement. Ce ne sont pas nos déclarations d’intentions qui vont modifier cette réalité historique, mais le mouvement des contradictions elles-mêmes, autrement dit, comment les luttes de classes vont pousser les acteurs à dépasser leurs luttes locales pour reposer la question de la révolution, ce qui « naturellement » les poussera à rechercher un processus unitaire. Car pour que l’accumulation des révoltes deviennent une révolution, il faut une capacité à penser une stratégie, organiser des acteurs présents dans les mouvements sociaux pour la mettre en œuvre, il faut donc un parti communiste. Mais on peut le dire et le répéter parce qu’on à lu « Que Faire ». ce n’est qu’une connaissance théorique ! C’est quand on est confronté à la question concrète, par exemple quand des militants font face à l’exigence de convergences de luttes inter-entreprises, entre différentes régions, dans une filière économique, dans les relations internationales…

 

Alors que faire de tous les groupes qui existent, qui se parlent ou pas, se critiquent ? Que faire aussi des communistes qui continuent à agir dans le PCF, pas parce qu’ils ont des illusions sur l’évolution possible de sa direction, mais parcequ’ils jugent, là ou ils sont, que c’est le plus efficace.

 

L’expérience personnelle de Gilles le pousse à espérer une solution qui viendrait résoudre le problème en quelque sorte « par en haut ». Il ne trouve pas comment agir avec d’autres communistes au PCF à Paris, et tombe dans un idéalisme de l’intention qui serait déterminante. Il généralise sa situation en considérant que le PCF est inutile et qu’il faut « évidemment nous unir dans un même parti, nous donner des tâches concrètes, raisonnables mais ambitieuses, et nous ouvrir largement au peuple ». Il considère qu’il suffit de l’affirmer parce qu’il ne voie pas pourquoi on est dans cette situation, qui se résumeraient à « des difficultés connues et classiques : pour s’unifier, il faut convenir de statuts, d’un programme (ce qui au semblerait assez facile) et d’une direction. Bien d’autres les ont résolus dans le passé, pourquoi pas nous ? »

 

Mais quand il dit « Rien ne justifie la dispersion des communistes », il se trompe, car il faut au contraire comprendre le processus historique bien réel qui a produit cette dispersion ! Rien ne la justifie car la situation exigerait de la dépasser, mais elle se justifie par sa propre histoire, qui n’est pas une histoire artificielle qui se résumerait aux questions de personnes. Au contraire, il faut comprendre comment des divisions successives sont nées des réalités sociales dans un contexte politique donné. Et il faut résoudre pas à pas ces questions politiques, idéologiques et pratiques qui ont fait cette dispersion. On ne peut les déminer une à une que dans l’intervention politique dans le mouvement social. Gilles a raison de citer la question du socialisme réel et des causes de sa chute comme une question décisive d’un processus de reconstruction communiste.Mais c’est loin d’être la seule question !

 

On peut prendre l’exemple de la perception de ce qui devrait constituer la classe ouvrière aujourd’hui, avec le point de vue par exemple de Said Boumamas, qui insiste sur sa composition immigrée et le lien avec le colonialisme Français, et le point de vue d’André Gerin, qui insiste sur l’urgence de relever le défi de la souveraineté nationale pour reposer la question de classe face au poison du nationalisme d’extrême-droite. Certains pourraient les considérer comme des opposants absolus, alors que si on prend le débat d’un point de vue de classe, on peut dialectiquement montrer comment question nationale et de classe interagissent. André Gerin dira « français immigrés, solidarité », et Said Boumamas dira « unité de la classe ouvrière telle qu’elle est », et les voies d’un rapprochement seront ouvertes. Mais rien ne sert d’avoir ce débat dans un salon. Il faut le poser dans des rassemblements réels, dans des entreprises ou des quartiers où transformer ce débat en organisation, en adhésion, en formation, en dirigeants.

 

Poser la question en terme de « qu’attendons-nous pour nous réunir en un seul parti ? », c’est faire croire que chacun est dans l’erreur dans sa situation léguée par l’histoire, alors que ceux qui militent et tentent de résister et construire, quelque soit leur situation politque ont raison de continuer. Pour une part, c’est plutôt le plus grand nombre de ceux qui ont démissioné de leur engagement qui ont tort... C’est aussi une déclaration incantatoire qui de fait pousse à la division notamment entre communistes dans et hors du PCF, alors que tout au contraire devrait les pousser à se parler dans le respect des situations de chacun.

 

Ainsi, répondre à la question « Il y a foule de communistes en France ! Mais pourquoi ne les entend-on pas ? », c’est d’abord reconnaître la réalité du rapport des forces dans lequel les forces communistes agissent, et c’est ensuite accepter que le rythme d’évolution de ce rapport de forces ne se décide dans aucune instance, conférence, rencontre, assises ou autre congrès. C’est le mouvement social dans les luttes de classe qui pose des questions auxquelles il peut répondre, pour peu que des militants fassent un effort d’organisation. Et dans la situation actuelle, l’effort d’organisation utile, c’est de respecter toutes les formes organisées d’engagement communiste, leur donner les outils pour se parler, parler ensemble quand c’est possible, et faire converger patiemment leur manière d’exprimer l’exigence révolutionnaire dans les luttes populaires.

 

C’est un défaut de jeunesse de vouloir brûler les étapes. Il faut reconnaitre les causes profondes de l’histoire de l’émiettement communiste pour accepter de travailler sans impatience à l’histoire de sa reconstruction.

Austérité, Grèce, France, régionales, débats dans le PCF

 Intervention de P. Barbazange au Cn du 10 septembre 2015

 

Comment organiser les débats ?

 

, par  Paul Barbazange 
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La veille de la fête de l’Humanité et sur la base des activités de la section de Béziers l’essentiel des éléments d’analyse de la fédération de l’Hérault sur les régionales et de la section de Béziers après la fête des sections du biterrois à la Plantade. 

 

Dominique Satgé vient de donner des éléments d’appréciation sur la situation dans la grande région Languedoc- Roussillon, Midi- Pyrénnées, en particulier sur la place des idées et de l’apport du PCF ainsi que de ses candidats, ils sont partagés par une très large majorité des communistes héraultais exprimée par le vote des adhérents, le choix des candidats départementaux. Rien n’est arrêté. Je n’y reviendrai pas.

 

Cette rentrée est marquée par les violences sans précédent récents de la classe dominante : loi Macron, situation en Europe capitaliste, guerres sans fin. Ici, au Cn, mesurons nous suffisament les coups portés aux plus pauvres mais aussi à l’ensemble des couches populaires, aux ouvriers, employés petits cadres perdant de tous côtés libertés, "acquis des luttes" et pouvoir d’achat ? Je sors de deux activités de ma section toutes deux consacrées pour une bonne part à la collecte de moyens financier pour le fonctionnement du PCF. Le bilan est net : beaucoup plus de participation, beaucoup moins de dépenses. Symbole, dans notre fête de section le vide grenier a occupé une place immense. L’appauvrissement est brutal, rapide, indiscutable. Cela n’a pas empêché une écoute attentive du débat mené par P.Laurent et 10 nouvelles adhésions au PCF.


Pourtant dans cette période d’austérité intensifiée nos parlementaires ont hésité en juillet à voter contre les mémorandums européens, grecs, français ! Il y a là une question à affronter collectivement.


Tout comme celle de l’échec, je ne dis pas trahison, de Syriza ainsi que son éclatement pour n’avoir pas appliqué l’orientation ratifiée par le peuple grec à deux reprises.


Après 2005 en France le coup est revenu en Europe du sud. 


Soyons attentifs à deux éléments d’analyse donnés par Tsypras lui même et des militants d’ailleurs aujourd’hui restés à Syriza ; " Nous avons sous estimé la violence de l’Europe " " Nous n’avions pas de cadres " A eux bien sûr de répondre aux questions qui leur sont posées par la vie.

A nous de revoir de fond en comble nos analyses PCF et PGE en fonction de ces événements.


Il est donc nécessaire, régionales ou pas, que nous organisions immédiatement, sans attendre 10 mois et le congrès de juin 2016, de façon minutieuse le débat démocratique dans notre parti.


Pour celà il faut porter à connaissance de tous les communistes les diverses positions qui s’expriment dans le PCF, dans le mouvement communiste international, Il faut ouverture et équilibre et non répétition d’analyses antérieures à peine revues en fonction des circonstances. 


Il faut aussi organisation minutieuse du débat réel des adhérents, sections, cellules, avec compte rendu, observer et compter ce qui se dit. Les directions de fédérations, de sections, de cellules dont nous faisons tous parti ont un rôle majeur à jouer.


L’Humanité aussi, avec son statut, a toute sa place dans ce travail : donner de façon équilibrée toutes les analyses. 


Le neuf sera à ce prix. 


Ne manquons pas les questions que nous posent la vie, l’actualité, les citoyens et les militants.

 

Décoder le discours sur les réfugiés syriens

dimanche 20 septembre 2015 

Dans un article intitulé « Le mur meurtrier de la méditerranée : l’assassinat institutionnel de masse de l’Union Européenne », publié sur ce site le 21 mars dernier, nous mettions en évidence la responsabilité de l’UE dans les milliers de morts chaque année en méditerranée dans des tentatives désespérées de fuir la misère et la guerre.

Depuis la publication, le 2 septembre, par la presse turque et britannique de la photo d’un enfant de 3 ans mort sur une plage de Bodrum au sud de la Turquie, une vaste campagne médiatique présente une autre image de l’Union Européenne en général et de la France en particulier.

Nous nous serions donc trompés ou un changement radical d’attitude et de politique serait survenu. A moins que nous ne soyons une nouvelle fois devant l’instrumentalisation politique d’un drame humain pour justifier une nouvelle intervention militaire. Les diverses réactions politiques et médiatiques à l’arrivée de ces réfugiés sont par ailleurs un excellent analyseur politique de notre société, de ses politiques et de ses médias.

Une « cécité » volontaire

A écouter nos politiques et nos médias, la découverte du corps du petit Aylan aurait mis en évidence l’ampleur du drame vécu par le peuple syrien. Ainsi donc ni les médias et leurs multiples spécialistes et experts, ni les gouvernements européens et leurs services de renseignements n’avaient auparavant mesurés l’ampleur du drame.

Aucun ne pouvait imaginer que des enfants étaient victimes des guerres qui déchirent l’Irak et la Syrie. Cet aveu implicite d’une cécité politique et médiatique ne tient pas. Si cécité il y a, elle est volontaire comme en témoigne les sonnettes d’alarme qui ont été soigneusement tues par l’essentiel des grands médias et la majorité de la classe politique.

Ainsi par exemple le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) de l’ONU souligne dans son communiqué de presse du 9 juillet 2015 que nous sommes en présence de « la plus importante population de réfugiés générée par un seul conflit en une génération. Cette population a besoin d’un soutien de la part du reste du monde mais, au lieu de cela, elle vit dans des conditions désastreuses et s’enfonce dans la pauvreté. » [1]

 

Le même communiqué avance les chiffres suivants : 4 013 000 réfugiés dans les pays voisins de la Syrie (1 805 255 réfugiés syriens en Turquie, 249 726 en Iraq, 629 128 en Jordanie, 132 375 en Égypte, 1 172 753 au Liban et 24 055 en Afrique du Nord) et au moins 7,6 millions de personnes déplacées à l’intérieur de la Syrie. Enfin le communiqué du HCR rappelle le caractère prévisible de l’augmentation du nombre de réfugiés syriens après cinq ans de guerre totale : « Le cap des quatre millions survient à peine 10 mois après que celui des trois millions ait été atteint. Au rythme actuel, le HCR prévoit que le chiffre d’environ 4,27 millions pourrait être atteint d’ici la fin 2015. » [2]

D’autres données du HCR mettent en exergue la hausse exponentielle du nombre de réfugiés : 92814 en juillet 2012, 1 512 160 en juillet 2013, 2 835 736 en juillet 2014, 4 094 091 en juillet 2015. [3]

Tout le monde savait. Journalistes comme leaders politiques étaient au courant. Les classes dominantes d’Europe et des États-Unis espéraient simplement une nouvelle fois cantonner les réfugiés dans les pays voisins. C’est d’ailleurs ce qu’ils font classiquement pour tous les autres conflits qu’ils suscitent pour le contrôle du gaz, du pétrole et des minerais stratégiques.

Ainsi en 2000, les seize millions de réfugiés reconnus par le HCR se répartissent comme suit : « Sur les 16 millions de réfugiés, 3,6 millions se trouvaient en Afrique, 9,1 en Asie, 2,3 en Europe et 0,6 en Amérique du Nord, et le reste en Amérique Latine et en Australie. » [4] Terminons avec les données quantitatives en donnant un dernier chiffre du HCR pour l’année 2013 : les pays industrialisés n’accueillent que 14 % de l’ensemble des réfugiés [5]
.
Il s’agit clairement de cantonner la misère du monde produite par les politiques économiques des grandes puissances impérialistes d’une part et par les guerres pour le contrôle des matières premières d’autre part, à la périphérie des pays riches. Nous sommes en présence d’une des multiples déclinaisons de l’ultralibéralisme : privatiser les gains et socialiser les pertes et/ou les coûts.

Les hypocrites reconvertis

Nous avons assisté dans la semaine qui a suivi la diffusion de la photo du cadavre du petit Aylan à de subites reconversions à l’humanisme. Ainsi par exemple le député de droite des Alpes Maritimes Eric Ciotti écrit sur son compte Twitter dès le 3 septembre : « Image d’horreur insoutenable que celle d’une enfance sacrifiée. Indignation et écœurement face à l’inaction intolérable de la communauté internationale ». Le même estimait il y a à peine un mois, le 10 août, que « l’Union européenne doit engager sans plus attendre des opérations militaires visant à détruire les filières de passeurs à la source et créer des centres de rétention pour migrants dans les pays d’entrée en Europe [6] ».

Au PS la reconversion est tout aussi radicale. François Hollande annonçait lors du sommet européen extraordinaire sur le drame des migrants en Méditerranée, le 23 avril dernier, son intention de proposer une résolution à l’ONU pour détruire les bateaux des trafiquants. On se demande au passage comment les soldats chargés de cette tâche reconnaîtront les bateaux concernés. Il considère maintenant que l’accueil des réfugiés syriens « C’est le devoir de la France, où le droit d’asile fait partie intégrante de son âme, de sa chair [7] ».

Après « l’esprit du 11 janvier » nous avons maintenant « l’âme et la chair de de la France ».

De nombreux médias ont repris ce mythe d’une France qui a toujours été ouverte aux opprimés du monde. S’il est indéniable que des militants et/ou des citoyens ont été accueillis en France dans le passé, il est en revanche mensonger de présenter ce fait comme massif, constant et intégré à « l’âme et la chair » du pays. Nous commençons à avoir l’habitude de ces envolées lyriques visant à écrire un roman national idéologique masquant la réalité historique contradictoire.

En janvier 2015 la liberté d’expression était présentée comme une constante française occultant en passant les multiples interdictions des journaux, revues et livres qui s’exprimaient contre la guerre d’Algérie. En 2004 lors du vote de la loi sur le foulard à l’école c’est l’égalité entre les sexes qui est présentée comme une constante française occultant en même temps les inégalités présentes et les combats que les militantes féministes ont dut mener pour diminuer les inégalités réelles.

Certains médias ont même osé citer l’exemple des républicains espagnols fuyant le fascisme de Franco (lire dans RM l’article de Jean Ortiz). Il n’est pas inutile de rappeler les conditions de cet accueil. Voici ce qu’en dit l’historien Marc Ferro :

Dès 1937, des réfugiés basques affluent, des instructions sont là, qui très vite, oublient les soucis humanitaires des premières semaines. On les fait retourner en Espagne par les Pyrénées orientales. (…). Dès l’automne 1937, Marx Dormoy, ministre de l’intérieur d’un gouvernement Front populaire, demande à la police d’établir un « barrage infranchissable » … Surtout, on montre le peu d’empressement des populations d’accueil à aider les réfugiés, souvent choquées par la passion politique de leurs hôtes [8]."

Plusieurs centaines de milliers de républicains furent « accueillis » dans des camps qu’ils durent eux-même construire. Les familles étaient séparées et les camps étaient entourés de barbelés et surveillés par des gardes mobiles. Les français qui voulaient les aider étaient contraints de jeter nourritures et habits au-dessus des barbelés.

Il n’y a aucune « âme et chair » française qui comporterait comme caractéristique essentielle l’humanisme et l’accueil des persécutés. Il n’y a également aucune reconversion à propos des réfugiés mais simplement des « reconversions hypocrites » mises en scènes médiatiquement à des fins d’instrumentalisation de l’émotion de l’opinion publique.

Le discours sur le tri

A part le Front National qui propose de « ne plus accueillir personne [9] », le consensus sur « l’âme et la chair » de la France réunit désormais la droite et une partie importante de la « gauche ». Le second trait du consensus porte sur la nécessité du « tri » entre « réfugiés légitimes » et « réfugiés illégitimes », entre « vrais réfugiés » et « faux réfugiés ». Les propositions fusent et constituent un excellent analyseur de notre société, de sa classe politique et de ses médias lourds.

Le maire de Roanne, Yves Nicolin propose que le tri se fasse sur une base religieuse :

« Si la France décide d’accueillir sur son sol un certain nombre de familles, et qu’elle décide de les intégrer, c’est-à-dire de leur donner des papiers, et bien la ville de Roanne, je pense, pourra jouer ce rôle-là, accueillir peut-être une dizaine de familles mais à la condition qu’il soit bien question de réfugiés Chrétiens qui sont persécutés parce que Chrétien en Syrie par Daesh (…) Ce que je souhaite c’est qu’on puisse avoir l’absolue certitude que ce ne sont pas des terroristes déguisés. C’est la raison pour laquelle je pense que demander à ce que ce soit des Chrétiens peur représenter une garantie suffisante [10] « 

Il est suivi dans cette proposition par Gérard Dézempte maire Charvieu-Chavagneux et par Damien Meslot maire de Belfort. Après l’étoile jaune permettant de distinguer les juifs dans le passé, il faudrait donc faire porter à l’avenir un croissant vert pour éviter les fraudes à l’asile politique. Ces positions sont certes marginales mais suffisent à souligner la banalisation de l’islamophobie en France. Elles indiquent qu’un verrou a sauté en matière d’islamophobie et que celle-ci fait désormais partie de la sphère du « légitime » dans le débat politique.

Mais le critère de « tri » le plus largement partagé et mentionné est celui de la différence entre « migrants » et « réfugiés ». De nombreux journalistes prennent un ton docte pour nous expliquer cette différence entre les uns qui seraient « économiques » et les autres qui seraient « politiques ». L’accueil des uns serait impossible et exigerait de la fermeté alors que l’accueil des autres serait nécessaire et exigerait de la solidarité.

La distinction entre « réfugiés » et « migrants » est même présentée par un journaliste de Libération de la manière suivante :

« La crise humanitaire actuelle est traitée comme une aggravation, certes spectaculaire, mais une simple aggravation d’une « vague migratoire » qui, depuis des années, vient s’échouer sur les côtes européennes, aujourd’hui italiennes et grecques, hier espagnoles. Ce n’est pas un hasard si on parle de « migrants » ou de « clandestins » et non de « réfugiés ».

 

Au fond, pour les Français, Aylan n’est qu’une victime de plus de cette « misère du monde » attirée par l’eldorado européen. Ces masses indifférenciées qui forcent nos frontières au péril de leur vie, et c’est le discours du Front national, ne sont que des « migrants-immigrés » venant au mieux voler le pain des Français, au pire importer le jihad. Le mot « migrant » est un cache-sexe sémantique qui permet de nier la spécificité du drame humain qui se joue à nos frontières, un mot connoté négativement : après tout, dans « immigrant », n’y a-t-il pas « migrant » ? Or, l’immense majorité de ceux qui cherchent à se rendre en Europe n’auraient jamais songé, il y a quelques années, à quitter leur pays : ils ne « migrent » que parce qu’ils fuient la guerre, les massacres, les persécutions, les viols, les tortures, la mort [11] »

Nous partageons le souci de ce journaliste d’une prise de mesure de l’urgence de la situation et de l’ampleur du drame. Cependant cette urgence ne doit pas nous faire oublier la communauté des causes et des responsabilités conduisant à l’émigration dite « économique » et à l’exil politique. Les mêmes puissances de l’OTAN imposent des règles économiques mondiales qui appauvrissent les plus pauvres les contraignant ainsi à l’émigration et interviennent militairement pour le contrôle des matières premières produisant systématiquement des drames humanitaires contraignant à la fuite des millions de personnes : Irak, Afghanistan, Libye, etc.

Comme pour les réfugiés, les émigrés dits « économiques » n’auraient jamais songé, il y a quelques années, à quitter leur pays. L’insistance du gouvernement comme de l’opposition sur la distinction entre ces deux catégories de victimes n’a qu’un objectif : justifier le refus de séjour pour les émigrés économiques et même pour les réfugiés ne relevant pas des zones arbitrairement choisies par les pays riches comme étant dangereuses.

Il est vrai qu’une nouvelle fois les reportages et discours médiatiques ont été centrés sur les conséquences de la situation et non sur les causes. Tout se passe comme si brusquement nous étions en présence d’une tornade imprévisible et non face aux résultats prévisibles des déstabilisations stratégiques dans lesquelles nos gouvernants ont une responsabilité majeure. Le même silence sur les causes aboutit consciemment ou non à masquer la responsabilité des pétromonarchies dans l’offensive de Daesh.

Il est vrai que celles-ci sont des amis de l’Europe et des États-Unis. Il conduit consciemment ou non à masquer la responsabilité de la Turquie dans l’offensive de Daesh par la guerre qu’elle mène contre les résistants kurdes. Il est vrai que la Turquie est membre de l’OTAN. Mais le discours médiatique se caractérise également par un autre silence assourdissant : celui concernant le massacre que l’armée Saoudienne et les armées des émirats commettent chaque jour au Yemen contre une révolte populaire. Il est vrai que ce sont « nos » alliés.

Si les propositions de tri entre réfugiés chrétiens et réfugiés musulmans révèlent l’enracinement de l’islamophobie, celle entre émigrés économiques et réfugiés politiques révèlent la campagne consensuelle (consciente ou non, le résultat est le même) visant à masquer les causes des crises qui secouent notre monde.

Une logique coloniale

Le discours sur le tri conduit inévitablement à des propositions de dispositifs. Il est donc proposé à droite comme à gauche de multiplier les centre de tri ou « hotspot ». En bonne logique coloniale, il est proposé d’installer ces nouveaux centres dans les pays méditerranéens et en Afrique même. Il s’agit ni plus ni moins que d’externaliser le « sale boulot » pour qu’il demeure invisible. Le fait que des pays membres de l’Union européenne soient concernés souligne simplement que la logique coloniale s’étend au sein même de l’Europe.

La dernière « crise grecque » et son dénouement illustre que ce pays est traité comme le sont les anciennes colonies c’est-à-dire avec la même logique de mise en dépendance et de pillage.

Ces centres de tri existent déjà comme par exemple à Pozzallo en Italie. Il est géré par Frontex (l’agence européenne en charge des frontières [12]. Le centre de Pozzalo comme les autres sont régulièrement dénoncés par des militants des droits de l’homme comme attentatoires à la dignité des personnes :

« L’objectif ? Enfermer puis renvoyer les « mauvais » réfugiés chez eux, quitte à les maltraiter au passage et parfois les envoyer à la mort dans leurs pays d’origine. Ces prisons qui ne disent pas leur nom voient les policiers y utiliser la force pour obliger les réfugiés à donner leurs empreintes digitales qui sont ensuite enregistrées dans le fichier Eurodac. A Pozzallo, en octobre 2014, des récits, témoignages et enregistrements attestent des violences subies par les réfugiés dans ces centres. Plusieurs centaines de réfugiés avaient entamé une grève de la faim contre les prises d’empreintes forcées. A Pozzallo toujours, en mai 2015, des policiers utilisent des matraques électriques, notamment contre des mineurs qui refusent de donner leurs empreintes. Les policiers emploient également des techniques d’intimidation, les familles se voient menacées d’être séparées [13]

La proposition de multiplier les « Hotspot » souligne l’absence de volonté d’agir sur les causes et le choix de ne se centrer que sur la gestion des conséquences en en externalisant les tâches les plus répressives.

Mais alors que signifie cette « conversion » massive de Merkel à Hollande, de Sarkozy à Valls ? Comme pour le 11 janvier, la réponse est à rechercher dans les décisions qui sont prises à l’occasion de cette mise en scène médiatique et politique d’un humanisme européen exemplaire. 

Si le drame de janvier a débouché sur une décision prise à la quasi-unanimité de l’assemblée nationale de poursuivre les frappes aériennes en Irak, le drame de septembre se conclut par la décision de Hollande d’entamer des frappes aériennes en Syrie. Il n’y a même plus besoin de vote désormais et le consensus dans les déclarations est frappant. A l’unanimité tous les ténors de droite et du parti socialiste se sont déclarés favorables à ces frappes.

SB transmis par la_peniche


Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Election municipale partielle Noisy-le-Grand (93), quand le PCF dit oui et le FG non

Election municiplale partielle Noisy-le-Grand (93), quand le Pcf dit oui et le Fg non

C'est le deuxième tour, ce dimanche 20 septembre et au premier, seulement  34,9% des inscrits avaient voté. Le 2e tour va opposer la droite (40,32%), la gôche sortante (PS-EELV 39,53%) et l'union Fg-Npa (10,44%), l'extrême droite étant éliminée avec 9%. Le Fg-Npa a décidé de se maintenir malgré que le Pc au niveau national et départemental appelait à l'union sacrée avec la gôche pour ce deuxième tour.

"Avec cette désunion, la victoire de la droite ne fait aucun doute", vu le report des voix d'extrême droite, écrit le journal de Pierre Laurent, secrétaire national du Pc. Voilà donc les propos d'un média autrefois populaire qui se vendait les dimanches matins dans les quartiers et sur les marchés.

Bon, question info libre et non faussée, ledit journal oublie de dire que la liste de gôche est conduite par le député-maire PS qui a voté toutes les lois anti-sociales de l'Elysée à l'Assemblée nationale. Qu'au deuxième tour en mars 2014, la liste Fg ne s'était pas plus ralliée avec le ci-devant député socialiste pour les mêmes raisons exprimées ci-dessus. Que question unité, les Verts ne s'uniront pas avec le Pc en Île-de-France lors des élections régionales en décembre prochain, mais avec des écolos de droite et leurs députés n'ont pas rejeté la politique antisociale du gouvernement. Le journal de Pierre Laurent oublie aussi de dire que Sylvie Monnin, tête de liste Fg-Npa, est adhérente du Pcf.

"Cette question du second tour est de plus en plus posée dans les débats du Fg"finit l'Humanité dimanche de cette semaine. Non, sans blââgue!

Leçons tirées de l’épisode grec*

 

Matthieu MONTALBAN, Maître de Conférences en Sciences économique à l’Université de Bordeaux, Vice-Président d’Espaces Marx Aquitaine

 

Alors que tout le monde sait, y compris les économistes libéraux et ceux du FMI, que la dette grecque n’est pas remboursable et que la seule chose à faire est de faire défaut, les ministres des finances de l’Eurogroupe, en particulier Dijsselbloem et Schäuble, ont rivalisé de stupidité pour imposer des plans d’austérité qui attaquent à l’os l’économie grecque. Varoufakis a révélé combien Schäuble et les autres n’avaient que faire des arguments économiques, seuls le respect de la règle et la punition découlant de ce non-respect les intéressent ; mieux, il a révélé que l’objectif réel de Merkel et Schäuble était de faire plier la France et l’obliger à se « néolibéraliser » encore plus. Il ne s’agit pas là d’économie, mais de pouvoir et d’idéologie. L’échec de la stratégie de Tsipras aura au moins eu le mérite de clarifier un certain nombre de points, dont certains doutaient encore.

 

1. Une monnaie unique suppose un fédéralisme budgétaire poussé, qu’il est politiquement impossible à obtenir ou presque des citoyens européens et de leurs gouvernements.


Cette leçon n’est pas nouvelle, mais l’expérience a permis de mesurer combien elle était vraie. En effet, la disparition des taux de change amène mécaniquement des processus de concentrations des activités dans certains pays ou régions, et donc des déficits de balance commerciale pour les autres pays ou région. Ces problèmes n’en sont pas si la redistribution existe à l’échelle de l’ensemble de la zone concernée : un déficit commercial de l’Aquitaine par rapport à l’Île-De-France ne pose guère de souci étant donné la redistribution fiscale et les péréquations territoriales.

 

Rien de tel n’existe dans la zone euro, et les citoyens européens, notamment allemands (mais cela se vérifierait sûrement pour beaucoup d’autres) n’en veulent pas et préfèrent faire payer leurs amis grecs. De ce fait, les problèmes de compétitivité ne peuvent se « régler » que par la baisse des salaires et la réduction de la protection sociale. Comme en plus, l’UE abrite des paradis fiscaux comme le Luxembourg qui jamais ne voudront remettre en cause leur « modèle », la concurrence fiscale est la règle, poussant tous les pays à baisser leurs impôts et donc soit à s’exposer à des problèmes d’endettement, soit à se voir forcés à plus ou moins long terme de réduire leurs dépenses publiques et leur protection sociale. Ergo, la zone euro ne peut fonctionner ni de façon « sociale » ni keynésienne.

 

2. Le régime politique de l’UE ne peut plus s’appeler démocratique

 

Le capital s’était accommodé de la démocratie durant la période fordiste dite des 30 Glorieuses. Mais, cela lui coûta cher puisque avec un tel pouvoir syndical (largement lié à la présence de l’URSS), il dût concéder des avancées en termes de salaires, protection sociale, intervention de l’Etat et fiscalité comme jamais. La « révolte » néolibérale (qui n’est autre que la révolte du capital, donc des rentiers et capitalistes) n’est rien d’autres que le moyen de revenir sur ces concessions, tout en imposant un régime politique et économique qui empêche tout retour en arrière, une fois les dites concessions annulées.

 

L’archétype de cette stratégie nous est donné par l’architecture de l’Union Européenne, dont la forme ressemble beaucoup à « la constitution économique » qui contraindrait les états à appliquer les préceptes ordolibéraux allemands de la concurrence libre et non faussée, de l’équilibre budgétaire et de la stabilité des prix via une banque centrale indépendante, sans que les décisions démocratiques ne puissent influer sur ces préceptes. Nous avions écrit dans un précédent édito (en 2012) que le dernier étage de la fusée ordolibérale était sur le point d’être achevée et qu’elle serait lancée sur une orbite implacable (notre ami Bernard Conte en disait autant). C’est maintenant chose faite. Il faut dire que la structure à deux étages (Etats et échelon communautaire) est une bonne façon de justifier des choix injustifiables devant ses électeurs, mais qu’on a choisi soi-même de pousser à l’échelon communautaire (« on n’a pas le choix, c’est l’Europe ») ; et comme par principe, la construction européenne doit avancer, toute critique eurosceptique est devenue « populiste » chez nos élites.

 

Rappelons quelques déclarations de nos « élites » européennes, qui permettent de vérifier combien leur adhésion implicite à l’ordolibéralisme et au rétrécissement de la démocratie grâce à l’Europe. Jean-Claude Juncker : « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens ». Wolfgang Schäuble : « La France serait contente que quelqu’un force le Parlement, mais c’est difficile, c’est la démocratie. » Martin Schultz (« social-démocrate » donc « de gauche ») dit espérer en Grèce « un gouvernement de technocrates, pour que nous puissions continuer à négocier », tout en dénonçant l’attitude du gouvernement de Syriza.

 

L’UE et les gouvernements européens, au lien de dénoncer les régimes des autres, comme celui de Poutine et de nous faire couler des larmes de crocodile sur les droits de l’Homme, feraient mieux de balayer devant sa porte. Quand on passe au-dessus des résultats des référendums, qu’on fait revoter le peuple ou le Parlement tant qu’il n’a pas avalisé « l’approfondissement de la construction européenne », quand on érige des barrières à la circulation des migrants ou quand on soutient un gouvernement ukrainien composé pour partie de néo-nazis alors qu’on hurle à la montée de l’extrême-droite en Europe, on n’a vraiment aucune leçon à donner. A croire que parce que la démocratie serait née en Grèce et en Europe, il faudrait qu’elle prenne fin aussi au même endroit.

 

3. La nécessaire clarification du positionnement de la gauche de gauche face à l’UE

 

Le débat européen a toujours été un poison au sein de la gauche, un moyen de diviser pour mieux régner. En soi, cela pourrait suffire à justifier l’euroscepticisme.

 

Aujourd’hui, le débat se focalise sur « sortir ou non de l’euro», ou mieux « changer les traités ». C’est une mauvaise façon de poser le débat. Ayant clarifié la nature du gouvernement et du projet européen, le débat devrait être « pour ou contre la sortie de l’UE ».

 

Quand les pro-européens de gauche disent, « changer les traités», notamment les parties concernant la concurrence libre et non faussée et le marché intérieur, se rendent-ils compte que cela revient à les abroger purement et simplement ?

 

L’essentiel de la substance législative de l’UE se trouve-là (outre les directives qui en découlent, cf toute la jurisprudence qui s’est sédimentée), et on s’imagine que (1) les autres pays accepteraient de revenir dessus (croyez-vous que les pays de l’Est, qui entrent dans l’UE pour son libéralisme économique, accepteraient ?

 

Croyez-vous que les Allemands, qui sont attachés à ses principes depuis le début, cèderont ?

 

Ne parlons même pas des Anglais qui ne veulent qu’une zone de libre-échange etc…), (2) qu’abroger des traités de fonctionnement de l’UE ne revient pas à en sortir de fait et à l’abolir ? L’erreur fut pour les français de s’imaginer que le projet, c’était l’Europe sociale. En 60 ans, il n’y eut aucune avancée sur ce sujet, faut-il encore attendre 60 ans de plus de régression sociale avant de sortir de ce carcan ?

 

L’ennui, c’est le risque de donner des voix au FN, mais on ne va quand même pas s’amuser à dire que la Terre est plate parce que les élites du FN pensent qu’elle est ronde. Il est évident, contrairement à ce qu’un Jacques Sapir peut dire, qu’aucune alliance avec le FN n’est possible (pour la bonne raison que ce parti, outre d’être anti-immigrés, est aussi anti-fiscaliste, anti-syndicats, anti-droit de grève, bref pro-capital national), mais il est nécessaire de clarifier notre positionnement par rapport à l’UE. Pour ma part, après avoir longtemps soutenu la construction européenne de façon critique (on fait tous des erreurs de jeunesse), mon choix est désormais limpide… Errare humanum est, perseverare diabolicum

 

(*) C’est la règle à Espaces Marx. Les éditoriaux sont sous la responsabilité de celle ou celui qui les rédige, et ne reflète pas une position de l’association.

Et même que même si que c'est pareil,

Publié le 13 Septembre 2015

Quand même, malgré Podémos et Syriza

Voir la tronche de Blair et consort,

c'est p'tite luciole qui clignote

dans les brouillards blêmes

crépusculaires

des socio capitalo compatible

Et même que même si que c'est pareil,

Même si on ne transformera jamais un social-démorate en révolutionnaire, reconnaissons que la colère de la réaction britanique, la peur des boursicoteurs, qui n'ont d'égale que la colère des média français est un rayon de soleil, une sorte d'été indien.

 

Maintenant on verra aux actes.

 

Mais d'entrée, Le Monde (encore lui, décidément, il se surpasse) reprend la tirade de Pétain : "Britanniques vous avez la mémoire courte", poussant le bouchon en disant que l'arrivée Thatcher est due aux impasses du Labour, pas tout à fait faux, mais oubliant de préciser que c'est à cause des promesses non tenues et la course vers l'UE des travaillistes que les conservateurs sont arrivés au pouvoir, et grâce à la rigiueur antisociale des propositions de la filière Blair que la droite a pu se maintenir.

 

La solférinocratie, ici va bientôt l'expérimenter.

 

La Canaille, coupable naïveté à engagement limité, image de candeur ou sénilité précoce, serait presque disposé à échanger un baril de Corbyn contre toutes les gondoles de FdG, Syriza et autres PG Piquet Laurent etc.

 

Concernant la presse française et son journal de déférence, Arno Leparmentier a intérêt à bien se tenir dans la course aux récompences des chiens de garde, ce Philippe Bernard londonnien correspondant du Monde semble avoir les dents longues, il montre être entré en lice. 

 

Cela dit, Canaille le Rouge s'engage à aller trinquer devant le 28 Dean Street le lendemain jour où Jeremy Corbyn fait adopter la renationalisation des chemin de fer britannique.

 

La Canaille espère qu'il ne sera pas seul.

Et même que même si que c'est pareil,

Rédigé par Canaille Lerouge

A propos de la Fête de l'Huma

 

Publié le 12 Septembre 2015

A propos de la Fête de l'Huma

De ci de là des militants plus ou moins heureux des évolutions du P"c"F disent les uns avec enthousiasme d'autres avec douleurs leur approche ce weekend de la fête de l'Huma.

 

Interpellé pour savoir si il sera possible de l'y voir, disons le clairement. Ce n'est pas la météo qui sera cause de son absence, il n'a pas de lombalgie et sait detecter les coucous et leur nichoir jusqu'au coeur de l'Ile de France. 

 

Non, Canaille le Rouge ne met plus les pieds à la ce qui pour lui n'est plus le rendez-vous des révolutionnaire, qui s'annonce comme "la plus grande d'Europe" (cette annonce est déjà part de l'explication).

 

De toute façon, serait-ce si important? A coup sûr non. Comme les "maoïstes" de 2015 s'y donnent rendez vous en masse cela va certainement plus que compenser l'absence de La Canaille pour remplir les caisses du journal 

 

http://canaille-le-rouge.over-blog.com/2015/09/faut-il-pleurer-faut-il-en-rire-apres-un-detour-par-le-rotary-club.html

 

Pour ne pas se rendre à la Courneuve alors que pour lui ce fut un passage obligé pendant plus de 40 années, celui qui signe sous ce pseudo à quelques raisons cumulées pour cela. Elles partcipent du débat politique.

 

Sans vouloir en faire un livre, voici juste quelques éléments qui permettront à ceux qui auraient le loisir de s'interroger sur les raisons de cette distance qui est maintenant difficilement réductible. Cela renvoit au parcours militant personnel de celui qui signe Canaille le Rouge

 

Adhérent au PCF en 1968, outre dès son entrée à la SNCF en 1975 d'être militant de la CGT, il sera secrétaire d'une des deux cellules sur son dépot, la première responsabilité de section de La Canaille (en 1977) a été au bureau de la section des cheminots de Paris Sud Ouest (gare d'Austerlitz), où prenant la suite de plus de plusieurs dizaines d'années de pratiques bien établies par des militants aussi formateurs que discrets et au passé prestigieux, il sera le coordonateur des CDH et de la diffusion de la presse communiste. Ensuite, élu secrétaire de section, il aura entre autre été un des responsables politiques de l'exposition "le rail c'est la vie" d'une fête de l'Huma qui sera marquée par cet évènement et durant plus de 10 ans un des animateurs des activités des cheminots sur la fête avec le secteur entreprise du PCF des dizaines de stands de cheminots de toute la france sur le site de la fête participaient à lui donner son contenu de lutte et de fraternité).

 

Diffuser la presse communiste, une bataille difficile, mais avec à Auster des résultats : en 1978, 313 HD payés par semaine au journal, 11 cellules 10 postes de vente militante, 25 correspondants de l'Huma sur le site, plus de 800 exemplaires de l'HQ diffusés sur les chantiers lors des ventes de masse. Après 1981, plus de 500 HD diffusés par semaine (il y avait 6000 travailleurs de tout statut et professions -dont 4000 cheminots- sur le centre ferroviaire).  Environ de 700 à 800 vignettes réglées pour les fêtes de 78 à 88.

 

Ensuite, changement de cap : c'est la course aux abonnements qui préfigure l'abandon de la vente militante dans l'entreprise ; combien les patrons du privé comme du public ont été content. C'est le moment où la section de Paris Sud-Ouest s'oppose à Fiterman ministe de tutelle qui au nom d'hypothétique J.O. à Paris engage la liquidatiion du centre ferroviaire.

 

Si à Paris la direction du PCF ne sera pas alors unanime pour le suivre, cela entamera cette prise de distance du parti avec ses sections d'entreprises, l'évincement  de leurs animateurs des responsabilités dans l'organisation au plan départemental concrétisée par la mise en queue de liste des militants des boites habitant les citées populaires pour les élections (mais l'appel à leur bras eux et ceux habitant en banlieue pour coller les affiches et distribuer les tracts par tout temps, lui, ne fera pas défaut) et cette écoeurante noria des chercheurs de poste, notables divers qui prenaient rendez-vous pour expliquer doctement leur place indispensable en positions d'élus. Telles les amanites tue-mouches dès fin août quand s'annoncaient les panneaux électoraux devant les bureaux de vote, on voyait poindre leur rouge chapeau plus ou moins maculés, le col et le pied blanc. Déjà, pour la manif du premier mai,  après un passage pour vendre le muguet, il faisait le pont et  on les revoyait non pas pour le montage du stand mais le dimanche d'avant fête, à 13h00 pour mettre les pieds sous la table du repas des monteurs.

 

Dans les années 90, chacun connait et mesure la suite, la direction réelle du P"c"F, de fait s'établie au siège de l'ANECR (vers la Croix de Chavaux à Montreuil). c'est le moment où les dirigeants sont maintenant entretenus par leur mandat et non plus par les cotisations et souscription. C'est la naissance de ces hors sols de la politique et le recrutement depuis sciences po ou les filières familiales des conseillers et attachés parlementaires.

 

Canaille le Rouge fait partie de ces communistes qui le sont toujours, mais que le parti, par ce type de pratiques et prises de distance avec la vie concrête des boites et des cités, a décidé de quitter. Suivra l'effondrement électoral déjà ammorcé mais contenu, l'abstention et même par endroit le vote utile- vote PS laissant l'espace à toutes les démagogies conduisant des dirigeants migrants de la place du colonel fabien à officiellement se solférinoïser.

 

Cette stratégie qui a été le choix de la direction direction du PCF qui devenait P"c"F ne fut pas celui des cheminots communistes de Paris Austerlitz.

 

Tandis que l'équipage de la rue Lafayette et ses capitaines de bateau lavoir, avant de brader le siège historique du PCF, partaient vent en poupe, cap sur la baie de Solferino ; une navigation sur des eaux que La Canaille considère plus que fangeuses, leur route laissait des balises toujours visibles : après le "nous ne savions rien de la réalité des pays socialistes" par ceux qui se relayaient pour y passer leurs vacances quand nous nous battions pour étendre le droit aux vacances pour ceux qui ici en étaient exclus, cela a été l'horizon du marché indépassable, la mixité des capitaux caution des privatisations conduisant à cette l'Europe à "transformer de l'intérieur", la participation à ces privatisations (Air France, RATP et le volet transport de la loi SRU éclatant la SNCf etc.). Toutes ces composantes putrides d'un marigot où 80% des camarades de la section des cheminots de Paris Austerlitz, échaudés par les pratiques d'un Gayssot qui pourtant au départ bénéficiait d'un préjugé plus que favorable, puis cette fameuse phrase de R Hue appelant les cheminots à ne pas faire grève pour leur 35h00, vont les conduire en 2002 à refuser de persister à se salir les pieds ; "-180 cartes" sur le centre ferroviaire le lendemain d'un conférence fédérale où H Malberg sortira sont trop fameux "vous êtes libre de partir" (qui reste en travers de la gorge de La Canaille) lancer à ceux qui depuis 20 ans avaient à Paris sauvé le P"c"F,  lequel gagnant (après que Pierre Laurent ait fait ses première armes pour truander les votes avec l'aide de G Moreau et N Borvo et nombre des recuits d'aujourd'hui de la direction parisienne du P"c"F, ses guillements qui ornent le "C" de ce communisme laissé en dépot chez "ma tante"* pour financer ses dérives.

 

Fête de l'Huma 2003, plus de stand digne de ce nom de la plus grosse section d'entreprise de Paris (et elle ne sera pas la seule cette année là à disparaitre).

 

Pour  en 2004, parce que dénonçant ces pratiques, celui qui n'était pas encore Canaille le Rouge mais décidé à rester rouge se voit menacé sur la fête de se "faire casser la gueule" par des adhérents qui aussi peu cotisants que très discret à l'époque où il fallait prendre quelques risques pour se coltiner au pouvoir, au patronat et aux directions d'entreprise, mais devenus bras séculiers d'un ordre politique, faisant antichambre sur les strapontins des pouvoirs.

 

Voila pourquoi Canaille le Rouge ne met plus les pieds au pays de ces pratiques qui ne sont même pas déconcertantes tant elles sont empruntes d'une logique annoncée.

 

Ensuite les douleurs perso liées à cette situation pour renouvellées qu'elles soient chaque année à la mi-septembre ne se cautériseront pas dans la rancœur. Il faut avancer. Le combat contre le capital n'attend pas. Ce n'est pas parce que le P"c"F a décidé de quitter le plus grand nombre des communistes que le communisme comme alternative au capital n'a pas besoin d'une organisation révolutionnaire, de bras et de têtes, surtout de fortes têtes, pour persister à s'y ateller.

 

* "ma tante", en argot parisien, nom du "crédit municipal" remplaçant le mont de piété, où contre dépot de ses valeurs, ont pouvait obtenir un prêt en numéraire, les valeurs étant récupérables contre remboursement du principal servi par un intéret dont les taux est toujours  mais de très peu sous le taux légal de l'usure.

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Citoyens, la gôche vous appelle... Sans rire.

Jean-Christophe Cambadélis, patron du PS, se fond d'une "lettre ouverte à la gauche et aux écologistes".

Sans doute interpelle-t-il les écolos au pluriel, tant il est vrai qu'on ne sait si cette bafouille va à Jean-Vincent Placé et François de Rugy de Rugy, à Emmanuelle Cosse pour l'instant grand sachem d'EELV, les premiers ayant brûlé leur carte ou à tous les autres. Quant à la gauche qu'implore aussi le caïd de la social-démocratie française, le terme est tellement équivoque qu'une chatte y perdrait ses petits.

Bref, l'ex-gauchiste pur et dur qui donnait hier des leçons à la classe ouvrière, se délecte en pleine politique politicienne, celle qui fait avancer les affaires du patronat, de la droite et de la famille Le Pen and co.

J'aurai pu vous retranscrire en totalité la lettre du premier secrétaire du parti de l'Elysée. Mais comme les médias libres et non faussés s'en font l'écho, je ne vais faire plus de pub aux partisans de François Hollande.

Surtout, le début de la lettre ouverte vaut son pesant d'euros, que le patronat, pote du palais de l'Elysée, ne vous cèdera jamais:

"La gauche, c’est le camp de la transformation sociale. Elle doit le rester. La transformation écologique et sociale de l’économie de marché, le refus de la société de marché c’est le cœur de l’engagement contemporain de la gauche. 

Modifier concrètement les conditions d’existence, se battre pour élever les consciences, agir conformément aux valeurs républicaines d’égalité, de liberté, de fraternité c’est son combat quotidien.

La gauche, c’est toujours agir pour la justice dans le réel, c’est toujours l’intérêt général dans l’économie comme dans le social. C’est toujours le juste équilibre comme chemin pour rejoindre l’idéal d’une société plus décente pour tous. (...)"

J'arrête là le carnage et finis par la conclusion:

"Alors, militants de l’égalité, sympathisants du progrès, partisans de la social-écologie, élus de France, enfants de la République, défenseurs de la laïcité, soldats de la liberté ! Participez à ce grand combat. Le Parti socialiste va à votre rencontre. Il rencontrera aussi toutes les forces de gauche et propose dès maintenant l’ouverture d’une discussion collective pour bâtir une route commune. Il faut que chacun apporte sa pierre pour offrir un espace commun à la nouvelle gauche."

Bon, vous qui me lisez, ferez ce que vous voudrez. Pour ma pomme, il est hors de question que je cautionne en aucune façon la social-démocratie française pour les élections régionales. A bon entendeur, salut!

Citoyens, la gôche vous appelle... Sans rire.

16 septembre 2015

n°107 : De la compassion comme censure de la pensée politique

 
 
La crise des migrants n'a pas éclaté comme un coup de tonnerre dans un ciel serein, elle n'est que la conséquence de décisions politiques qui ont été prises par les puissants de ce monde depuis le démantèlement de l'Union soviétique. Il est donc nécessaire de rappeler ce contexte et d'en prévoir les conséquences possibles, ce que nous faisons ici.Ce qui permet de faire encore une fois la distinction entre la froide analyse des faits qui sont têtus et la compassion qui assaille tous les êtres humains normalement constitués, y compris les plus hypocrites d'entre eux, ceux qui ont coutume de fréquenter les bourses et les casinos ou de s'affaler sous les lambris des ministères. Les migrations de masse ont toujours eu des causes multiples qui sont situées dans la limite floue existant entre le politique et l'économique. Mais dans le monde globalisé par les capitalistes, les causes de la plupart des phénomènes mélangent contexte local et causes supranationales. Et la vague de conflits qui se succèdent au Moyen-Orient depuis au moins 1948 a connu des accélérations et des évolutions depuis que les Etats-Unis, Israël et leurs supplétifs européens ou arabes ont tenté d'imposer une unipolarité qui s'est révélée non seulement irréalisable mais désastreuse. D'où la mise en marche de populations recherchant coûte que coûte la stabilité et la sécurité dans une Europe voisine en voie de déstabilisation sous l'effet des politiques des deux pouvoirs bruxellois juxtaposés, celui de l'OTAN et celui de l'UE. Ce qui devrait achever de détruire le tissu social des pays d'Afrique et du cercle arabo-musulman, tout en faisant de même en Europe, pour le plus grand bénéfice des « patrons nomades » qui, eux, pratiquent un nomadisme de rentier alors qu'ils jettent sur les routes et dans les mers des masses d'individus désocialisés bernés par les derniers feux d'un Occident à la dérive. La question qu'il restera à poser étant de savoir si les peuples pourront s'emparer de cette tragédie pour changer ensemble le cours des choses ou s'ils continueront à dériver. Le rêve kantien de paix perpétuelle est-il encore envisageable sous un jour nouveau ou nos dirigeants l'ont ils définitivement enterré sous des tonnes de moraline médiocratique ?
 
La Rédaction
De la compassion comme censure de la pensée politique
 
Septembre 2015
Claude Karnoouh
 
Personne ne peut rester insensible aux divers drames qui ponctuent depuis plus d’un an ce courant de migrations de plus en plus massives qui se déversent en Europe depuis le Proche et Moyen-Orient, depuis la Libye et l’Afrique sub-saharienne. Les médias mainstream occidentaux en ajoutent et rajoutent chaque jour dans la sensiblerie de mélodrame, surtout depuis que ce malheureux enfant kurde a été retrouvé noyé sur une plage turque près de Bodrum d’où il était parti, après que le bateau où se trouvaient ses parents a coulé au milieu des flots tempétueux.
 
Au risque de déplaire aux pleureuses professionnelles, il convient de rappeler que celui qui entraîne sa famille et lui-même dans une telle entreprise devrait compter avec les dangers inhérents aux conditions techniques d’une navigation sur des canaux pneumatiques plus ou moins rafistolés ou des vieux rafiots à moitié pourris. Si ma pitié est totale et sans réserve pour nombre de ces malheureux, je ne succombe pas pour autant à ce que Jacques Sapir nomme à juste titre la dictature de la compassion sans réflexion qui, elle, semble parfaitement orchestrée par les politiciens de tous bords et les médias des pays riches de l’UE, et plus particulièrement en France, en Italie, en Allemagne, puis repris par leurs imitateurs d’Europe de l’Est. Par ailleurs, les pays de l’ex-bloc soviétique et surtout ceux du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, Tchéquie, Slovaquie) se montrent moins enthousiastes, voire plus que réticents. Quant à la Roumanie disons qu’elle compte peu, quoique son président ait refusé les quotas demandés, que dis-je, exigés par Madame Merkel. Tout le monde en Occident se jette de la cendre sur la tête, et ne voit pas plus loin qu’une charité qui soulage l’âme et la culpabilité à très court terme de ceux qui ont laissé faire des politiques criminelles par leur gouvernement. Mais il n’y a guère besoin d’être grand clerc pour comprendre que cela ne résoudra rien du tout sur le long terme sans qu’un changement drastique n’intervienne dans la politique occidentale vis à vis du Moyen et Proche Orients et de l’Afrique en général.
 
Analyse politique et moralisme
 
Or l’analyse de ce phénomène géopolitique (et de tous les phénomènes politiques) doit se départir de considérations moralistes, parce que confondre politique et moralisme c’est confondre les effets et les causes d’une dynamique politique quelle qu’elle soit. Nous le savons parfaitement, des politiques criminelles entraînent inéluctablement des effets tragiques, dès lors si l’on n'intervient pas sur les causes ce sera un perpetuum mobile. Or oublier les causes, fussent-elles multiples et parfois contradictoires, c’est marcher comme un aveugle égaré dans les ténèbres de sa propre cécité. Présentement, je constate que le lacrimal généralisé, ce sentimentalisme des élites politiques, médiatiques et intellectuelles qui ne coûte rien, aucun sacrifice, est sans effet aucun sur le cours réel des choses sauf à préparer les consciences des peuples européens à accepter des solutions à venir autrement plus tragiques, et comme nous le savons de très longue date, « Dieu aveugle celui qu’il veut perdre » ! Aussi est-il navrant de constater combien le lacrimal tient de plus en plus lieu de pensée, ce qui, à l’évidence, permet de mobiliser la générosité des masses trompées sur les causes et, disons-le tout bonnement, des masses tétanisées à l’idée de réfléchir un tant soit peu à un phénomène socio-économico-politique d’une telle ampleur qu’il implique toute l’histoire contemporaine du XXe siècle et son accélération avec la chute du système soviétique. En effet, la peur de penser la radicalité du phénomène paralyse la pensée d’une majorité à la fois ignorante et placée sous la férule d’autorités intellectuelles ou artistiques stipendiées pour l’occasion, tandis que les vrais décideurs organisent au travers des médias dont ils sont les propriétaires les émotions spontanées qui légitimeront les décisions d’une quasi guerre mondiale.1
 
Une vision froide, cynique au sens grec du mot ou, selon la voie réaliste tracée par Machiavel, effrayerait parce qu’elle révèlerait la responsabilité massive des peuples européens dans le choix de leurs politiciens et l’acceptation de leur politique criminelle. Combien de politiciens de gauche ont-ils applaudi aux bombardements de la Libye ? Aussi une large majorité parmi les peuples occidentaux s’adonne-t-elle à la compassion compulsive et spectaculaire comme narrativité apophasique, de dénégation (« je sais bien, mais quand même ! »). Dans le contexte actuel (et les comparaisons avec d’autres époques de migrations bien plus tragiques encore ne me semblent pas de mise), lorsque j’écoute les politiciens et les « spécialistes » de tout acabit qui nous accablent de leurs commentaires prétendument savants, les bateleurs et bateleuses de l’audio-visuel, il me semble que ce phénomène de migrations sans précédent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et les mois qui suivirent en Europe la chute du IIIe Reich, survient du néant, comme advenu sans y prendre garde, comme un cataclysme naturel imprévu et imprévisible.
 
Les conséquences des guerres de l'OTAN
 
Certes depuis au moins deux ans et demi, depuis que l’OTAN et la France en première ligne ont détruit la Libye du Colonel Gaddafi, le nouveau régime de Tripoli ou de Benghazi laisse passer les bateaux qui se rendent en Italie, à Lampedusa, ou un peu à Malte, mais encore rien de comparable avec le présent, avec ces milliers de « réfugiés » qui arrivent chaque jour de la Turquie en Grèce, puis de là transitent par la Macédoine vers la Serbie, pour atterrir en Hongrie et de là se rendre à n’importe quel prix en Allemagne où ils semblent être accueillis à bras ouverts. Pour ceux qui se présentent en France et souhaitent la Grande Bretagne comme terre d’accueil cela semble mission impossible, le Premier ministre Cameron, sans être critiqué par l’UE, interdit l’entrée de son pays d’une manière drastique (ce que veut faire le Hongrois Orbán, mais lui est accusé d’hypernationalisme raciste : quant à moi je ne vois pas de différence entre ces deux attitudes). C’est ainsi que Calais en France est devenu le point terminal des migrants qui s’entassent dans des campements de fortune où des hommes du Moyen-Orient, d’Erythrée, d’Ethiopie, d’Afghanistan, etc… s’essaient journellement et sans succès à passer en Grande Bretagne en se faufilant dans les chargements des poids lourds internationaux, voire même en prenant d’assaut les trains de l’Eurotunnel.
 
Or cet étonnement hypocrite masque les causes réelles… Depuis l’échec de l’intervention étasunienne en Afghanistan ce pays est à feux et à sang, et plongé plus encore dans la plus grande des pauvretés ; depuis la seconde guerre d’Irak et l’invasion du pays, celui-ci est en proie à une guerre civile permanente que les soldats de la coalition Otanesque n’ont pu contenir, et ce d’autant plus que divers services, selon la grande tradition britannique, travaillent toujours à monter les communautés religieuses et ethniques les unes contre les autres, mettant la vie quotidienne de tous les Irakiens sous l’empire d’attentats sanglants ; depuis l’orchestration par l’OTAN de la guerre civile en Syrie où il est maintenant assuré que les gouvernements français, britannique, étasunien, saoudien, quatariote et israélien ont armé et conseillé de prétendus « résistants modérés » qui n’ont été jamais que du lumpen recruté dans tous les pays musulmans (ou chez les détenus des prisons saoudiennes) se donnant comme islamistes radicaux et qui, échappant parfois à leur maître, intensifient à l’extrême la violence de la guerre à la fois politique et religieuse (voir les massacres de chrétiens, de Kurdes et de chiites) et détruisent tout le tissus social et économique villageois et urbain. Sur ce fond de violences extrêmes s’est greffée la naissance (toujours énigmatique dans les détails de sa mise en action) de l’État Islamique DAESH (ISI) dont la guerre de conquête pour l’établissement du califat a intensifié plus encore la violence guerrière et les assassinats permanents des gens non-conformes à la Charia, jetant sur les routes de l’exil des dizaines de milliers de réfugiés. Je viens de brosser une rapide description des effets de la stratégie du « chaos contrôlé » telle que l’ont théorisée les néo-conservateurs au pouvoir tant aux États-Unis que dans l’Union européenne. Ceci n’a donc rien d’un complot, c’est l’un des instruments grâce auquel, après la chute du bloc soviétique, l’empire étasunien tente d’imposer sa volonté et son contrôle sur le monde comme l’explique publiquement l’ouvrage de Zbigniew Brzezinski, The Grand Chessboard : American Primacy and Its Geostrategic Imperatives, (New York, 1997). De l’Ukraine au Moyen orient, du Venezuela et à l’Extrême orient, l’Empire doit contenir et contrôler ses ennemis réels, potentiels, voire imaginaires. Puisque la globalisation est quasiment accomplie, le monde étant devenu « the global village », les analystes devraient chercher à établir les bonnes corrélations des interdépendances mondiales des conflits.
 
Le raz de marée soudain de migrants venus du Proche et Moyen Orients doit être compris sous un double aspect, d’un côté en fonction de causes politiques identiques, le chaos engendré par ces guerres locales de basse intensité, mais très meurtrières pour les civils, de l’autre et cela n’est pas délié du précédent comme un phénomène politico-économique de paupérisation due à la fois à l’élimination par la force des États-nations multi-ethniques et religieux assez riches par leur pétrole comme l’Irak et la Syrie et aux effets ravageurs des politiques néo-libérales sur des pays du tiers-monde, voire du quart-monde aux économies en transition très fragiles.
 
Du « chaos constructeur » à la destruction globale
 
En effet, un nombre important de ces migrants (en général ce sont des gens issus des classes moyennes et moyennes supérieures capables de payer un passage qui, de la Syrie ou de l’Irak à la frontière macédonienne coûte entre 5 000 et 12 000 euros) fuient des zones de conflits, de génocides et devraient ainsi être considérés comme des réfugiés politiques ? Cependant, avec eux un grand nombre utilisent aussi la situation politique pour masquer une émigration purement économique qui en fait de vrais migrants et non des réfugiés politiques : mes grands parents paternels qui quittèrent ainsi la Russie en 1919 pour des raisons éminemment politiques, étaient considérés comme de vrais réfugiés politiques ; en revanche les masses rurales d’Europe centrale et orientale qui quittèrent l’Allemagne, l’Empire russe, l’Autriche-Hongrie avant 1914 pour les États-Unis, hormis les juifs menacés de mort par les pogroms, étaient des émigrés économiques. Pour une analyse politique sérieuse, la différence est de taille. En effet, que nos pays occidentaux soient ouverts à tous ceux qui sont menacés directement dans leur vie rien que de plus normal ; en revanche que nos pays accueillent massivement une main-d’œuvre qui pèsera très lourdement sur le marché du travail européen déjà marqué par des taux chômage historiquement très élevés ou, par ce qui est généralisé en Allemagne, le travail précaire, cela n’a pas le même enjeu politico-économique.2 Dans un cas, on intègrerait des réfugiés, dans l’autre on crée une nouvel armée de réserve de travailleurs à bon marché afin de briser les velléités revendicatrices du prolétariat européen quelles que soient ses origines. On peut anticiper sans trop d’erreur ce qui va arriver en donnant l’exemple espagnol. Lorsque des travailleurs saisonniers marocains de l’agriculture du sud du pays se mirent en grève pour protester contre des conditions de travail quasi esclavagistes, ils furent aisément remplacés par l’arrivée massive de Roumains qui acceptaient des salaires de misère et des logements que le chien du propriétaire eût refusé à coup sûr. Que les présidents des patronats allemand, français et belge, le ministre de l’économie allemand (CDU) chantent en cœur les bienfaits de cette immigration massive pour l’économie de leur pays respectifs et de l’Europe occidentale, ne semble pas surprendre l’attention critique des gauchistes et des pleureuses droit-de-l’hommisme professionnelles dans leur enthousiasme charitable. Quant à moi, je n’ai jamais vu les représentants du grand capital soutenir une action politico-économique sans qu’il y ait à la clef de la plus-value à récupérer d’une manière ou d’une autre. Car allemand, français, belge ou britannique, le capital est le même, il n’a qu’un seul but : le plus grand bénéfice possible le plus vite possible.
 
Dans son dernier article Zizek pointe bien la problématique de cette crise où ni les solutions néo-libérales du laisser faire généralisé ni celles de la gauche humaniste du type « accueillons tous le monde » ne seraient à même de résoudre le problème comme par enchantement, car elles ne répondent en rien au défi mondial que révèle cette crise.3 Si on suit les néo-libéraux ou les gauchistes de diverses obédiences nous dit Zizek, et qu’on ouvre les portes de l’Europe à tout va, il est assuré que dans les deux ou trois ans à venir, tout au plus, nous assisterons à des révoltes populaires de la part des peuples européens, révoltes qui mèneront à coup sûr à des guerre civiles généralisées, une forme renouvelée de la Weltbürgerkrieg de Carl Schmitt. Or nous Européens depuis deux mois sommes placés devant un fait accompli dont l’origine est quelque peu mystérieuse (et que très peu veulent interroger), le raz de marée des émigrants. Certes on ne peut renvoyer ces gens, du moins une majorité. De ce point de vue les maîtres occidentaux du monde ont très bien joué le coup de la charité et de l’humanisme des gens pour tenter, une fois encore, de briser toute résistance des peuples européens à la mondialisation du pouvoir des banques et des très grandes entreprises, des fonds de pensions anglo-saxons et des autres grands joueurs de la spéculation économique.
 
De plus, l’articulation de la légitimation de cette soudaine et étrange hospitalité (les travailleurs d’Europe de l’Est ne sont plus tellement les bienvenus à l’Ouest, et les Tsiganes encore moins) s’incarnant comme on le dit « dans le discours des valeurs de l’humanisme propre à l’Occident européen » est un faux-semblant offert aux amnésiques et aux ignorants par des cyniques sans scrupules. C’est en quelque sorte le simulacre proposé par le maître vis à vis de l’esclave, celui-là obligeant celui-ci à tenir le langage de la pitié pour mieux ensuite le contraindre. On retrouve ici exactement le schéma narratif du colonisé qui est conduit à tenir le langage du maître pour justifier les bienfaits civilisationnels de la colonisation.4 En effet, le langage de l’humanisme des valeurs occidentales est à coup sûr le pire des simulacres politiques que j’ai pu lire ou écouter ces dernières semaines. Car, à quelles valeurs humanistes occidentales ces bonimenteurs de gazettes, d’émission audio-visuelles, voire de revues académiques se réfèrent-ils ? Au whisful thinking de l’idéalisme de rêve des néo-kantiens toujours en retard d’une bataille, aux merveilles de l’Inquisition, aux Guerres de religions, à la Guerre de Trente ans, au génocide du Wurtemberg par les troupes du Grand Roi, Louis XIV, au radicalisme sans pitié des révolutionnaires de la Terreur, à la colonisation de l’Amérique et à l’Holocauste de Indiens des Caraïbes, du Nord et du Sud, au commerce mondial des esclaves, aux Carpetbaggers du Deep South, à l’extermination des Zoulous et des Boers, aux boucheries des champs de bataille de la Première Guerre mondiale, à celles plus étendues de la Seconde, aux camps de concentration et d’extermination nazis, à la Guerre d’Algérie et à la torture systématique des prisonniers du FLN, à la Guerre du Vietnam avec la napalmisation des populations civile et le Yellow rain, à l’usage des munitions à uranium appauvri par l’OTAN lors des Guerres de Yougoslavie, d’Irak et d’Afghanistan, au dernier bombardement systématique de Gaza, à la démolition de la Libye… Bref de quoi nous parle-t-on ?… Car, de fait, les seules valeurs de l’Occident que je connaisse se nomment valeurs d’échange et se négocient dans les quelques grandes bourses qui dominent le monde économico-politique…
 
Tout empire périra
 
Il n’est pas de mystère quant à une possibilité théorique d’un règlement réel du problème des migrants. Il ne pourrait avoir lieu qu’avec un changement radical de politique au Moyen-Orient et en Afrique. C’est le vœu de Zizek, vœu d’une grande justesse, mais aujourd’hui totalement irréaliste parce que le Capital mondialisé sous la houlette étasunienne a précisément besoin de ce chaos plus ou moins maîtrisé pour maintenir sa griffe sur les ressources énergétiques du monde et bloquer toute émergence de nouveaux pouvoirs mondiaux (ce qu’il a du mal à réaliser avec la réémergence de la Russie et l’émergence de la Chine). L’Empire et ses commensaux sont prêts à tout pour arriver à leurs fins, et repousser sans cesse les termes de leur décadence (« tout empire périra », écrivait le grand historien des relations internationales Jean-Baptiste Duroselle). Pour ce faire, ils sont prêts à organiser le déplacement de milliers de personnes en mettant à feu et à sang des pays aux gouvernements légitimes, mais récalcitrants à leurs commandements. Certes, comme toute politique, il est une part d’inconnue dans les décisions des maîtres, car l’aléa est le propre de la liberté dans l’histoire qui est un devenir qu’aucun initiateur ne peut maîtriser en totalité, voire prévoir, mais il n’empêche, pour contrôler la situation il leur semble avantageux d’étendre à l’Europe une partie du chaos afin de briser pour au moins un siècle ce qui peut encore rester de pouvoir aux classes ouvrières européennes. C’est pourquoi demain on peut s’attendre ici et là à diverses guerres civiles larvées. Et je n’en veux pour preuve que de rappeler combien Madame Merkel appelle de ses vœux la constitution d’une force de police militaire européenne transnationale qui pourrait intervenir ici ou là dans le cadre de l’UE, évitant, autant que faire se pourrait, des solidarités nationales entre une force de police locale et des hommes révoltés… Sans me faire prophète, il me semble que demain « There will be blood » sur notre sol européen, ce que, comme une prémonition mortifère, nous annonça à la fin du siècle dernier la Guerre de l’OTAN contre la Yougoslavie… Ainsi les droits-de-l’hommiste professionnels auront très bientôt beaucoup d’autres larmes à verser… Je souhaite qu’ils en aient de larges réserves à la hauteur des crimes de masse qui s’annoncent…
 
Claude Karnoouh
Bucarest 11 septembre 2015
 
1 MichelOnfray :http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/09/10/31003-20150910ARTFIG00382-michel-onfray-on-criminalise-la-moindre-interrogation-sur-les-migrants.php
3 Slavo Zizek : http://www.lrb.co.uk/v37/n18/slavoj-zizek/the-non-existence-of-norway

4 Albert Memmi : Portrait du colonisé, précédé du portrait du colonisateur, Paris, 1957.

Publié le  par Descartes

Migrants: « Nous, travailler le dimanche, pas de problème »

 

Migrants: "Nous, travailler le dimanche, pas de problème"
Pour ceux qui douteraient encore de l’inconscience de nos « classes moyennes » et de leur incapacité à sortir du confort de l’idéologie libérale-libertaire, l’examen attentif de la « une » du journal « Le Monde » daté du 10 septembre 2015 devrait être une révélation. Et comme quelquefois un petit dessin vaut mieux qu’un long discours, c’est au « Regard de Plantu » que je veux faire référence. Petite parenthèse : je déteste Plantu. J’abhorre Plantu. Je trouve que c’est l’incarnation parfaite de la pensée unique : conformiste, sentencieux, dégoulinant de bons sentiments, donnant des leçons à la terre entière. Là où Cabu – paix à son âme – éclairait ma journée de sa plume joyeuse et acide mais sans méchanceté, Plantu l’obscurcit avec son style de prêcheur de la bonne parole.
 
Mais venons au dessin en question. Que représente-t-il ? Côté gauche, qui représentant le passé dans l’iconographie occidentale classique, un ouvrier portant salopette et casquette, au visage mal rasé et renfrogné tient au collet un personnage en costume et lunettes au regard apeuré ayant un livre sous le bras – dont on peut deviner qu’il s’agit du Code du Travail. A l’arrière plan, un deuxième ouvrier porte une pancarte. L’ensemble est traité en gris, la seule touche de couleur étant le rouge du livre. Le regard des personnages reflètent une panoplie de sentiments négatifs : colère, peur, rejet.
 
Côté droit, celui de l’avenir, sont représentés des migrants : quatre hommes portant turban et baluchons, rasés de frais, portant de larges sourires. Une femme strictement voilée verse des larmes de joie, alors qu’un enfant représenté à côté d’elle exhibe un large sourire. La scène est traitée dans des couleurs vives. Le regard des personnages abonde en sentiments positifs : joie et reconnaissance. Séparant les deux groupes, un policier assis arborant un sourire neutre tamponne les papiers des migrants.
 
Jusque là, rien que de très prévisible. Cette contraposition entre l’ouvrier représentant une France rabougrie et poussiéreuse et l’immigré qui représente lui la « diversité heureuse » n’est pas nouvelle. On se souvient du texte de Mélenchon parlant « de ce superbe marron que montrent les plus beaux êtres humains » à son retour du Vénézuela. Mais Plantu va plus loin : il fait parler ses personnages. Les migrants du côté droit déclarent fièrement : « nous, travailler le dimanche, pas de problème ! ».
 
On se demande si la direction du « Monde » est consciente de ce que ce dessin veut dire, si elle a la moindre capacité de se mettre à la place de l’autre, d'imaginer ce que peut ressentir celui qui n'est pas comme nous. Et ce n'est pas au migrant que je fais référence, mais à l'ouvrier. Imaginez l’effet que peut avoir ce dessin sur le travailleur qui se bat contre le travail du dimanche, sur l’ouvrier ou l’employé qui voit sa vie familiale menacée par cette dérive vers la semaine continue. Il ne peut que se sentir cocufié par un discours public qui l’enjoint d’accueillir généreusement ces mêmes migrants qui professent leur disponibilité, que dis-je, leur désir ardent de « travailler le dimanche, pas de problème ». Et qui n’auront probablement pas de « problème » non plus – car c’est le message sous-jacent – pour travailler soixante heures par semaine, pour un salaire inférieur au SMIC et au noir. « Le Monde » aurait voulu offrir un cadeau au Front National qu’il ne se serait pas pris autrement.
 
Il serait difficile de trouver une illustration plus complète de l’idée que se font nos « classes moyennes » - et les élites qui les représentent – de l’état du monde en général et de leur pays en particulier. Elles sont tellement persuadées d’être intouchables qu’elles ne cachent même plus leurs intérêts. Ici, elles se réjouissent publiquement de l’arrivée de populations misérables qui sauront enseigner à nos ouvriers un peu trop revendicatifs à sourire avec enthousiasme et verser des larmes de joie lorsqu’on leur demande de travailler le dimanche.
 
Dans cette affaire, il y a une chose à comprendre dès le départ : la crise que nous traversons n’a absolument rien à voir – et ce dessin le montre amplement – avec la question de l’asile. Il s’agit clairement d’une immigration économique. Et cela devient évident dès qu’on observe le comportement des migrants eux-mêmes. Une fois admis dans le territoire européen, les migrants ne montrent la moindre intention de s’établir en Grèce, en Italie ou en Espagne, pourtant des pays sûrs et où l’on peut parfaitement vivre. Ils refusent violemment – allant jusqu’à l’émeute – d’être installés en Hongrie, pays qui pourtant n’est pas en guerre. Non : ils sont prêts à risquer leur vie - et celle de leur famille s’il le faut – pour aller en Allemagne, en Grande Bretagne, au Canada. Alors, posons nous la question: si votre motivation pour quitter la Syrie ou l’Érythrée était de sauver votre vie, la risqueriez-vous ensuite pour passer le Pas-de-Calais ? Bien sur que non. Le comportement « sélectif » des migrants quant au pays de destination montre que si la guerre dans leur pays est peut être l’événement déclenchant de la migration, il n'est certainement pas la motivation essentielle. Il faut d’ailleurs être prudent sur l’origine de ces migrants. Car ceux-ci sont intelligents, et aussi très bien conseillés par des « passeurs » qui connaissent parfaitement les tropismes des autorités des pays d’accueil. Prétendre qu’on a quitté Kobané sous les bombes ne vous prépare pas du tout le même accueil que de dire qu’on a quitté Ankara ou Tunis sous le soleil. Et les histoires racontées par les candidats à l’asile ne sont que très difficilement vérifiables. Croyez-vous qu’il soit difficile de se procurer des « vrais-faux » papiers syriens ou érythréens ? Pas pour certains « passeurs », le « paquet » comprend souvent, avec le transport, la fourniture des faux papiers et d’une histoire à faire pleurer les pierres. Ce phénomène est bien connu des préfectures, et le cas de ce demandeur d’asile devenu successivement citoyen du Burundi, du Tchad, d’Afghanistan et de Syrie au fur et à mesure que ses demandes d’asile étaient rejetées n’a rien d’une légende urbaine.
 
Les migrants qui franchissent les frontières européennes ne sont pas – comme l’étaient les réfugiés chiliens de 1973, les républicains espagnols de 1936 ou les juifs allemands de 1938 – des réfugiés qui n’aspirent qu’à trouver un endroit sûr pour attendre que la situation dans leur pays leur permette de rentrer. Ce sont des immigrants économiques, cherchant à améliorer leur niveau de vie, et qui resteront donc à demeure dans les pays où ils s’installeront. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil, d’ailleurs: cela fait des millénaires que des hommes ont quitté la terre qui les a vus naître pour aller chercher - quelquefois lourdement armés - meilleure fortune ailleurs. Mais cette fois-ci, il y a une petite différence. Pour la première fois, les migrants semblent pouvoir choisir librement leur pays d’installation sans que les citoyens du pays d'accueil aient voix au chapitre. C’est la consécration du principe du « parce que le vaux bien », celui de la volonté individuelle qui s’impose à toute « volonté générale ».
 
Certains lecteurs de mon précédent papier avaient souligné la troublante ressemblance entre l’affaire qui a vu une soixantaine d’individus ont défié impunément l’autorité de l’Etat en occupant l’autoroute A1 pour obtenir finalement satisfaction, et la crise des migrants, qui voit là aussi des gens défier l’autorité des Etats et obtenir la capitulation de ces derniers. Car il faut bien se rendre à l’évidence : à tort ou à raison, les gouvernements européens ont renoncé à défendre leurs frontières. Qu'on ne vienne pas me dire qu'on accueille les migrants aujourd'hui au nom de principes sacrés: il y a à peine quelque semaines le discours était tout autre: il fallait tarir les flux migratoires en méditerranée, quitte à aller détruire les embarcations des passeurs sur la côte libyenne. Si on a changé de discours, c'est parce que les pays européens - et d'abord l'Allemagne, devenue le véritable patron de l'Europe - s'est résignée devant les pressions diverses à ouvrir ses frontières. Les rares pays qui ont essayé de les défendre – la Hongrie, pour ne donner qu’un exemple – ont été immédiatement rappelés à l’ordre au nom des sacro-saints principes de l’Union européenne. Qui, semble-t-il, sont particulièrement clairs sur les droits des migrants mais totalement muets sur l’application des lois démocratiquement votées. En dehors de la Grande Bretagne qui demeure inflexible dans sa volonté de décider qui rentre chez elle, l’ensemble des grands états européens ont capitulé en rase campagne. En s’asseyant au besoin sur les traités signés en bonne et due forme et sur les lois votées solennellement par les parlements nationaux, les gouvernants se sont pliés à ce nouvel état de fait : les frontières sont perméables et rentre qui veut dès lors qu’il a la force du nombre.
 
Les Etats avaient-ils le choix ? Bien sur que oui. Les moyens répressifs existent. Encore faudrait-il être prêt à les utiliser et a en assumer les conséquences. Et on retrouve ici le dilemme posé par l’occupation de l’autoroute A1 dont j’ai parlé plus haut. Avec un peu la même issue : personne n’est prêt à assumer une position d’autorité avec les servitudes – et les angoisses – qui vont avec. Tout le monde veut être beau, tout le monde veut être gentil. Faire respecter la loi, c’est risquer des morts et des blessés, dont les photos n’auraient pas manqué de se trouver sur les réseaux sociaux et sur la première page de tous les journaux du monde. C’est aussi risquer de se faire crucifier par les bienpensants. Un coup à gâcher votre Karma et, ce qui est plus grave, vos chances de réélection. Mais si les Etats européens n’ont pas utilisé les pouvoirs répressifs dont ils disposent, c’est aussi parce que des puissants intérêts trouvent dans l’immigration une source de profit considérable. Et le dessin de Plantu illustre parfaitement pourquoi : une arrivée massive de main d’œuvre est une opportunité pour casser les protections collectives et pousser les salaires et les garanties vers le bas, pour le plus grand profit de la bourgeoisie et des « classes moyennes ». Ca n’a pas tardé, d’ailleurs : les mêmes voix qui militaient pour l’accueil des demandeurs d’asile hier commencent à exiger aujourd’hui leur accès immédiat au marché du travail….
 
Quoi qu'il en soit, le choix de la voie de moindre résistance ne peut que pousser les citoyens à se poser une question gênante : A quoi cela sert de conférer à l’Etat le monopole de la force légitime, s’il n’est pas foutu de s’en servir pour faire appliquer la loi ? C'est pourquoi nos dirigeants essayent de maintenir la fiction que l'Etat n'a pas cédé par des coups de menton. Il faut persuader les citoyens que nos gouvernements agissent librement, que c’est une politique choisie et non subie. « Ces mystères nous dépassent, feignons d’en être les organisateurs » semble être la devise du jour. C’est pourquoi Angela Merkel et ses amis, les mêmes qui tenaient absolument à ce que les grecs souffrent pour expier leurs péchés et qui proposaient il n’y a pas si longtemps d’aller couler les bateaux des passeurs en Libye même pour tarir les flux migratoires expliquent maintenant aux allemands que la générosité envers ceux qui souffrent est un devoir sacré. Quant à notre Premier ministre, il préfère essayer de nous faire croire que l’autorité est sauve puisque les règles seront appliquées sans faiblesse : on fera le tri entre les « vrais » demandeurs d’asile et les migrants économiques, les premiers « doivent être accueillis » alors que les seconds « seront expulsés ». Tout cela ne peut abuser que ceux qui ont envie de l’être. D’abord, on la vu, la distinction entre le réfugié et le migrant économique est illusoire. Et même si on arrivait à déterminer qui sont les migrants « économiques », il s’agirait d’expulser des centaines de milliers de personnes, des familles entières sous les yeux des caméras. Vous imaginez la scène ? Quel homme politique est prêt aujourd’hui à assumer un tel geste ?
 
Certains disent que rien ne sera comme avant, et ils ont raison. Cette crise n'est pas une simple secousse de l'histoire, qui s’éteindra lorsque la paix reviendra dans la zone concernée. La guerre peut-être l’élément déclencheur des départs, elle n’est pas le véritable moteur. Le phénomène que nous observons est en fait la dernière étape d’une transformation arrivée au bout de sa logique, celle du capitalisme national en capitalisme mondialisé. Après avoir consacré la liberté de circulation des capitaux, puis la liberté de circulation des marchandises, nous en arrivons à la liberté de circulation des hommes. Et cette liberté est absolue : lorsque le migrant décide aller en Allemagne et refuse son installation en Hongrie, ce sont les Etats qui s’inclinent devant sa volonté, et non l’inverse. C’est d’ailleurs pourquoi l’usine à gaz technocratique proposée par la Commission européenne, avec des « quotas d’accueil », n’a pas de sens. On peut toujours décider des quotas, mais qui va décider que tel migrant va en Allemagne ou en Grande Bretagne, et que tel autre va en Roumanie ou en Bulgarie ? Et comment fera-t-on pour obliger celui qui est affecté dans ces derniers pays à y aller effectivement et à y rester ? Comment l’empêchera-t-on de reprendre le train pour l’Allemagne ?
 
Dès lors que les Etats ont renoncé à utiliser les instruments répressifs, ce sont les migrants qui choisissent où ils vont s’installer, pas les Etats. Les schémas de la Commission ont autant de chances de marcher que les schémas néo-pétainistes de Raffarin et consorts, qui proposent de distribuer les migrants dans les petits villages, avec l’idée qu’ils seront mieux accueillis et qu’ils trouveront à s’occuper. C’est idiot : ces villages perdent de la population parce que même les jeunes français qui y habitent n’y trouvent pas de perspectives. Pourquoi irait-il autrement pour les migrants – sauf, bien entendu, si on a derrière la tête l’idée de leur faire accepter des horaires, des salaires et des conditions de travail dont aucun chômeur ne voudrait ? Il faut arrêter de fantasmer : les migrants se retrouveront à terme dans les villes, parce que c’est là qu’on trouve du travail. Et dans les villes riches, parce qu'à tout prendre il vaut mieux être dans un bidonville à Francfort que dans un appartement dans un village roumain.
 
Les idéalistes de tout poil contempteurs des frontières feraient bien de réfléchir deux fois avant de se réjouir de la disparition des frontières. Celle-ci se traduira par un cloisonnement très différent, et à bien des égards pire que celui qui découle des frontières nationales. Celles-ci délimitent depuis deux siècles un espace de solidarité inconditionnelle qui a permis une certaine perméabilité des frontières de classe. Avec la chute des frontières nationales, les frontières de classe prendront leur revanche.
 
Pourquoi ? Parce que le système de redistribution sociale repose sur le consentement des couches les plus riches à transférer une partie de la richesse prélevée vers les couches les plus pauvres. Et la nation est précisément cet espace où les citoyens sont réunis par des liens de solidarité inconditionnelle qui transcendent les classes. Le bourgeois de Paris accepte de payer des impôts pour améliorer la vie du berger corse qu’il ne connaît pas et il ne connaîtra jamais. Mais serait-il prêt à payer cet impôt pour aider le berger érythréen ou syrien ? J’en doute. D’autant plus qu’en cas de danger il ne peut compter sur eux pour aller se battre pour défendre le gâteau commun.
 
C’est le confinement dans l’espace national qui a permis d’obtenir que la bourgeoisie et les « classes moyennes » françaises payent pour les ouvriers français. Cette logique – et l’expérience des trente dernières années le montre à souhait – ne résistera pas à la disparition des frontières. La mobilité sans restriction des gens risque de porter un coup fatal à la logique des transferts inconditionnels. Et si l’Etat n’est plus là pour faire appliquer les lois, ce sera le chacun pour soi. Un chacun pour soi qui bénéficiera bien entendu à ceux qui ont le plus et qui seront débarrassés du devoir de payer pour ceux qui en ont moins.
 
Dès lors qu’elles auront de moins en moins en commun avec les bénéficiaires du transfert, les « classes moyennes » et la bourgeoisie en tireront argument pour ne plus payer leur contribution. On voit déjà cette mécanique à l’œuvre dans beaucoup de domaines : d’un côté on envoie ses enfants à l’école privée pour les isoler de la plèbe, parce que « vous comprenez, je suis républicain, mais ce n’est plus possible ». D’un autre, on exige la baisse des impôts et de la dépense publique qui justement finance l’école publique, celle que la plèbe fréquente. Le résultat : l’argent des plus riches sert à financer l’éducation de leurs enfants et de leurs enfants seulement, et la plèbe n’aura que l’école qu’elle peut se payer. Demain, on verra la bourgeoisie et les « classes moyennes » s’enfermer dans des « quartiers privés » comme il en existe aux Etats-Unis, avec des vigiles privés pour assurer la sécurité en laissant la sécurité des pauvres dans les mains d’une police nationale sous financée. Les riches auront leurs cliniques et le maigre budget de l’Etat financera les hôpitaux des pauvres.
 
Si je défends l’assimilation des immigrés installés en France, ce n’est pas seulement pour des raisons culturelles. C’est parce que l’assimilation est à mon avis la seule manière de préserver l’espace de solidarité qu’est la nation. Aussi longtemps que le bourgeois ou le « classe moyen » verra dans son concitoyen un autre lui-même, on peut espérer qu’elle acceptera de payer. Et on sait que ça marche : des générations de migrants sont devenus des français à part entière au cours de notre histoire, avec suffisamment de références communes pour que la solidarité inconditionnelle reste vivante. Mais si on laisse cet espace se fractionner, si le bourgeois ou le « classe moyen » cesse de se reconnaître dans son concitoyen des couches populaires, il refusera de payer pour lui.
 
Pourquoi les migrants d’aujourd’hui ne pourraient-ils pas suivre le chemin de l’assimilation ? Parce que, pour qu’il y ait assimilation, il faut qu’il y ait quelque chose à laquelle s’assimiler. L’assimilation nécessite qu’il y ait un dedans et un dehors, et entre les deux, une frontière. Qu’il y ait des règles faites par une collectivité d’accueil et que le nouveau venu est tenu – et non simplement prié – de respecter. Cela suppose donc une collectivité nationale munie d’institutions suffisamment fortes pour dire ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas et imposer ses conceptions. Or, comme dans l’affaire de l’autoroute A1, nous nous trouvons dans une situation ou la loi est bafouée, et où l’Etat ne cherche même pas à l’appliquer, obnubilé qu’il est par la question humanitaire. Pour le dire autrement, nous n’avons plus d’Etat : à sa place, nous avons une filiale de la Croix Rouge. Et on voit mal comment la Croix Rouge pourrait « assimiler » qui que ce soit.
 
Il reste que les migrants sont là, et qu’il faut en faire quelque chose. Et la question qui se pose assez évidemment est celle de savoir comment va être partagé le coût de la prise en charge de cette vague migratoire. Ces coûts sont de trois natures différentes : il y a d’abord un coût direct, celui de l’argent déboursé par l’Etat pour loger ces gens, les nourrir, les vêtir, les soigner, scolariser leurs enfants jusqu’à leur intégration au monde du travail dans le pays d’accueil. Il y a ensuite la charge que les nouveaux arrivants représentent pour les systèmes de transferts sociaux. En effet, dans nos pays existent des systèmes de transfert dans lesquels les contributions sont payées par les plus riches et des allocations versés aux plus pauvres. Mais lorsque les migrants arrivent, ils rentrent du côté des plus pauvres, et arrivent seulement beaucoup plus tard – s’ils y arrivent – chez les plus riches. Leur venue déséquilibre donc le système et oblige soit à augmenter les cotisations des plus riches, soit à diminuer les allocations aux plus pauvres. Il y a enfin le coût lié à l’effet que les nouveaux arrivants ont sur l’équilibre du marché du travail et sur les salaires des moins qualifiés, qu’ils poussent à la baisse.
 
Or, sur ces trois points, les jeux semblent déjà faits. Il est hors de question de demander une contribution à la bourgeoisie : cela dégraderait la sacro-sainte « compétitivité », vous comprenez, et le capital qui est très mobile irait s’investir ailleurs. Pas question non plus de demander une contribution supplémentaire aux « classes moyennes » : c’est sur leur vote que repose le pouvoir des politiques en place. La tendance serait plutôt à réduire leurs impôts qu’à les augmenter – deux milliards de réduction d’impôt promis par Hollande la semaine dernière… on peut loger beaucoup de migrants avec ça. L’emprunt ? Vous remarquerez que parmi les élans de cœur que cette affaire a suscité, personne n’a parlé d’augmenter les budgets sociaux ou la dépense publique. Au contraire : pendant que les migrants arrivent, on continue joyeusement à comprimer la dépense au nom de la réduction des déficits. Alors, qui va payer ?
 
Ce sont bien entendu les couches populaires qui seront mises à contribution. Et cela se fera par un mécanisme indirect et presque invisible : les nouveaux arrivants émargeront aux différents mécanismes de protection sociale dont les couches populaires sont les principaux bénéficiaires. Où iront loger les nouveaux migrants ? Dans le parc social déjà sous dimensionné et stratégiquement installé dans les banlieues populaires, et pas dans les arrondissements cossus du centre ville. Où seront scolarisés leurs enfants ? Pas dans les écoles fréquentées par les rejetons de la bourgeoisie ou des « classes moyennes », mais dans les établissements populaires, déjà soumises à toutes sortes de problématiques sociales et que les meilleurs enseignants fuient dès qu’ils ont la possibilité de se faire muter ailleurs. Avec qui les nouveaux arrivants entreront en compétition lorsqu’ils rechercheront un emploi ? Pas avec les professeurs, les avocats, les ingénieurs, les médecins, mais avec les travailleurs les moins qualifiés. Par ce mécanisme pervers, on demandera – pardon, on obligera – les couches populaires à partager le peu qu’elles ont. Les autres couches sociales ne paieront rien. Pire : alors qu’elles ne paieront rien, elles seront les principales bénéficiaires par le jeu de l’effet de baisse des salaires des emplois les moins qualifiés. Pourquoi croyez-vous que le patronat allemand applaudit des deux mains la politique d’accueil ouvert de Mme Merkel ? Par bonté d’âme ?
 
Tout ça crée une situation potentiellement très dangereuse. L’abaissement de l’Etat ne peut que conforter le sentiment d’abandon et de dépossession des français, et d’abord des français les plus modestes. Et on sait que le sentiment de se sentir abandonné et sans protection conduit à la légitimation de l’autodéfense. Bien entendu, les photos du petit Aylan peuvent temporairement anesthésier l’opinion, et on a du mal à croire que le battage organisé autour de ces clichés juste au moment où les gouvernements européens font volte-face sur cette question soit vraiment une coïncidence (1). On pourra ensuite chercher à culpabiliser les couches populaires sur le mode « vous n’êtes que des beaufs racistes », parce qu’ils refusent de partager le peu qu’ils ont. Mais cela risque d’avoir un succès très limité et surtout d’alimenter la montée électorale du Front National.
 
Et à ceux qui dénoncent la frilosité des couches populaires à l’heure d’accueillir les migrants, j’ai un remède à proposer : le gouvernement doit annoncer que pour chaque migrant accueilli sur notre sol, il augmentera du montant correspondant les impôts qui pèsent sur les « classes moyennes » et sur la bourgeoisie pour verser le montant ainsi récolté aux budgets sociaux. Il doit annoncer que les migrants seront logés par les communes à proportion de leur richesse fiscale. Je pense que ce genre de mesure aiderait beaucoup à faire accepter leur installation. Vous ne trouvez pas ? Il faudrait peut-être poser la question à Plantu.
 
Descartes
 
(1) Ces photos et l’usage qui en a été fait posent bien des questions. Cela fait des mois que des migrants meurent noyés en méditerrannée. Depuis six mois, on a comptabilisé plus de mille, parmi eux de nombreuses femmes et enfants. Des dizaines de corps ont été rejetés sur les plages, et ils ont certainement été photographies. Et pourtant, rares sont les photos de cette nature qui ont été publiés. Les articles sur la question étaient illustrés plutôt d’images de rafiots pleins de migrants en train d’être secourus. Il est vrai qu’à l’époque la ligne officielle des européens était que tout était sous contrôle, qu’on allait monter des opérations pour tarir le flux à la source, et qu’on allait voir ce qu’on allait voir. Et justement au moment ou la ligne change, ou les gouvernements proclament que finalement, loin de tarir la source, on va l’accueillir comme un devoir sacré, la photo du petit Aylan s’étale sur les « unes » des journaux et notre classe politico-médiatique nous explique que cette photo va changer l’histoire, et que rien ne sera plus comme avant. Etonnant, n’est ce pas ?
 
Cette affaire présente d’autres éléments curieux. Par exemple, le fait que le petit Aylan soit natif de Kobané. Kobané étant une petite ville, la probabilité que le seul enfant mort photographié sur une plage soit natif de cette localité est infime. Mais d’autre part, Kobané a fait la « une » des gazettes il n’y a pas si longtemps et présentée en exemple de ville martyr, défendue par sa population. Est-ce possible que certains aient voulu donner à l’enfant une origine qui « sonne » en termes médiatiques ?
 

Alors, « complot » ? Bien sur que non. Ce n’est pas nécessaire. Les médias sont contrôlés par une classe sociale dont les membres partagent une même idéologie et, plus important, les mêmes intérêts. Et c’est très spontanément que ces gens, chacun individuellement, peuvent choisir de publier la même photo pour aider les politiques – caramba, eux aussi viennent de la même classe – a « vendre » leur discours. Point n’est besoin de Bilderberg ou de Loge Maçonnique pour assurer la parfaite cohérence de la communication…

Le PCF et l'Europe

 

Ci-dessous un texte récent de Y. DIMICOLI, économiste de la section économique du PCF.

Comme l’écrit un ami proche du PCF : « Tout est là : même la reconnaissance du traité de Lisbonne, l'acceptation de la destruction de la Nation, "retourner" la BCE pour faire du social, du service public et du développement économique avec ses 1140Mds€ qu'elle s'apprête à injecter dans le système financier.

 

Vive les Grandes Régions!

 

Pas un mot sur la démocratisation des organisations productives, pas un mot sur l'impérialisme US  et sa main mise sur notre économie, pas un mot sur le fait que depuis que nous sommes dans l'UEM nous avons perdu notre industrie etc.. »

 

Il est consternant, en effet que la section économique du PCF a perdu l’analyse de classe : une technique et une organisation n’est jamais neutre et à ce titre ne peut être « retournée ». « La forme, c’est du fond qui remonte à la surface » écrivait déjà V. Hugo.

Consternant.

Jean-Pierre Escaffre

Agrégé de Techniques économiques de gestion, Jean-Pierre Escaffre est maître de conférences en sciences de gestion, habilité à diriger des recherches, à l'Institut de Formation Supérieure d'Informatique et de Communication à l'Université de Rennes 1.

 

Publications

 


 

Yves DIMICOLI

 

 INTERVENTION AU C.N. DU 10/09/2015


L'enjeu européen est désormais central comme le révèle le diktat imposé aux Grecs et qui suscite beaucoup de colère. Il faut aider à ce que cette colère ne se transforme pas en nihilisme, en désespoir instrumentalisables par les nationalistes, mais qu'elle devienne un vecteur de luttes convergentes pour changer en pratique les rapports de force en France et en Europe.

 

Pour défendre et épanouir les nations européennes, il faudrait plus que jamais les démocratiser et les faire contribuer activement à d'audacieuses coopérations zonales et mondiales de co-développement. L'extrême-droite cherche à récupérer le sentiment national blessé par la mondialisation capitaliste et la faillite des élites européennes. Sa fausse radicalité et sa démagogie occultent les antagonismes de classe, encouragent le racisme et la xénophobie, font désespérer de toute possibilité de changer l'Europe, alors qu'il le faut impérativement.      

On voit, avec la dérive de l'économiste J. Sapir vers le FN, combien le souverainisme, fut-il de gauche, peut conduire aux pires dérapages.

 

Certes,  les Grecs ont été contraints, pour l'heure, de mettre un genou à terre face à la collusion des dirigeants européens derrière les exigences du capital financier allemand. Mais ils refusent de « déposer les armes », comme l'a dit A. Tsipras.

 

 

Dés lors, un double impératif doit être considéré :

 

 

► Respecter la volonté majoritaire de ce peuple et des peuples européens de rester dans l'euro, au lieu d'affronter en ordre dispersé la spéculation mondiale et les défis du XXIème siècle ? 

 

► Inséparablement, aider à faire triompher leurs aspirations à en finir avec l'austérité pour une nouvelle expansion durable partagée.

 

Alors, on entend parler de « plan B », mais tout ce que proposent ceux qui, pour l'heure, s'en prévalent conduit à :

 

► la sortie de la Grèce de l'euro ,

 

► sans jamais laisser entrevoir une quelconque perspective réaliste d'expansion permettant à ce pays de s'arracher à l'austérité, au contraire !                  

 

En fait, il faut prendre à bras le corps l'enjeu fondamental de l'heure qui, de la région à la Nation et jusqu'à l' Europe, exige de lutter, de se rassembler pour que l'argent de tous les Européens soit utilisé à développer les humains et à protéger leur planète au lieu d'alimenter les marchés financiers.

 

Dans l'immédiat, cela exige :

 

 

► s'agissant de la Grèce, que l'argent qui doit leur être versé ne le soit pas au compte gouttes et que la question de la restructuration de leur dette publique soit traitée.

 

► s'agissant de la France, que, dés les prochaines élections régionales nous portions, contre la politique d'austérité, l'exigence de la création de Fonds publics régionaux, bases pour une futur pôle financier public national, afin que les banques soient contraintes de financer les investissements des entreprises avec des crédits d'autant moins coûteux que ces investissements programmeraient plus d'emplois et de formation ;

 

Et, en même temps, il s'agit, pour les Grecs comme pour nous, d'agir pour bousculer la BCE jusqu'à l'obliger à utiliser autrement l' euro : les 60 milliards d'euros qu'elle injecte chaque mois dans le système financier doivent servir à l'emploi, la formation, les salaires, les services publics, la protection sociale, le redressement des potentiels productifs…

 

Car, quels sont les problèmes à traiter en Grèce, comme ailleurs en zone euro ?

 

Il faut répondre aux besoins de développement économique et social durable, culturel et démocratique. Cela nécessite un puissant essor des dépenses sociales et de services publics, au lieu de l'enferment mortel dans le « pacte de stabilité » et l'austérité budgétaire.

 

Qu'est-ce qui s'y oppose ?

 

 

Ce n'est pas l'euro en soi. Celui-ci est un instrument de mobilisation de l'argent des européens sous la férule, en l'état, d'un système de pouvoirs au service de la domination des marchés financiers, organisé du local et du régional jusqu'aux niveaux nationaux et européen. Il est constitué de la BCE, de la Commission de Bruxelles, des gouvernements européens, des états-majors des multinationales et des banques, ainsi que des majorités politiques à leur service. Supprimer l'euro ne changerait en rien l'orientation de ce système de pouvoirs qu'il faut conquérir à tous les niveaux.

 

Sortir de l'euro permettrait-il d'améliorer les choses ?

 

 

En aucune façon. La spéculation mondiale s'embraserait, les prélèvements financiers du capital s'envolerait, tandis que la course de chacun contre tous avec les dévaluations compétitives déclencherait une sorte de guerre civile entre européens. Comment peut-on croire que c'est en commençant par se taper les uns sur les autres que l'on arriverait, ensuite, à coopérer ?

 

 

Par contre, on laisserait passer l' opportunité historique de partager l'énorme capacité de création monétaire de la BCE, infiniment plus importante que celle de chaque banque centrale nationale, pour affronter ensemble,  les gigantesques défis communs à venir. On s'interdirait de faire jonction avec les pays émergents pour s'émanciper de la domination écrasante du dollar avec une monnaie commune mondiale de coopération.

 

En fait, le véritable plan B sur lequel il faudrait commencer, sans tarder, à organiser le débat et l'action en coopération c'est celui que nous mettons en avant avec notre proposition, reprise par le PGE, de lutter pour que soit institué un Fonds social solidaire et écologique de développement européen.  Géré démocratiquement avec des critères explicites de création d’emplois et de développement des services publics dans chaque pays, il serait financé par la BCE, comme l'y autorise le Traité de Lisbonne (article 123.2). Il émettrait des titres publics que la BCE achèterait avec une partie des 1.140 milliards d'euros qu'elle s'est engagée à créer, le 22 janvier dernier, pour stimuler l'économie européenne et, notamment, une grande expansion des services publics.

Pour masquer les effets de la réforme annoncée du Code du Travail, le journal gratuit 20 Minutes fait sa une du 04 septembre 2015 avec un titre dévastateur : « Temps de travail : 71% des Français prêts à laisser tomber les 35h » Puis ils ajoutent « Les Français sont donc prêts à abandonner l’idée de partir en week-end dès le vendredi midi. C’est en tout cas ce qui ressort d’un sondage réalisé par l’institut CSA pour Les Echos, Radio Classique et l’institut Montaigne. D’après l’enquête, 71 % des Français se disent favorables à l’idée de laisser les entreprises « fixer librement le temps de travail par accord avec leurs salariés ».

 

Deux jours plus tôt, le 1er septembre, Laurent Berger le patron de la CFDT déclare dans Le Monde : « Ma vision m’amène à dire clairement non au statu quo car le Code du travail est illisible pour les salariés et, du coup, il n’est plus respecté. La voie de passage est de voir comment on articule les différents niveaux de régulation. Il n’est pas interdit de dire que l’entreprise est un de ces niveaux, à condition qu’on préserve une norme sociale minimale si l’entreprise ne joue pas le jeu de la négociation ».

 

Hier, 3 septembre, Philippe Martinez, devenu patron de la CGT déclare dans le journal Sud-Ouest : « c’est possible d’alléger le code du travail, mais sans supprimer de droits »

 

Quant à Jean-Claude Mailly, le patron de FO, il avoue dans une interview à Europe1 le 28 août que la Loi Aubry n’a jamais été une Loi progressiste mais une Loi au service du capital quand il dit : « les 35 heures, c’est quoi ? C’est une durée légale. Il faut savoir que la durée effective du travail en France, elle est autour de 39 heures aujourd’hui. Ça sert à quoi une durée légale ? Ça sert à calculer le taux de rémunération des heures supplémentaires. La flexibilité dans la durée du travail, elle existe dans notre pays : il y a la modulation, l’annualisation, il y a des semaines qui peuvent être à 42 heures en fonction de l’activité. Tout cela existe, je ne vois pas l’intérêt de relancer ce type de débat aujourd’hui ».

 

Réforme du Code du Travail, remise en cause des 35 heures, réforme des conseils des prud’hommes, réformes des Inspections du travail et de la Médecine du travail, aggravation de la détérioration des conditions de travail par la flexisécurité, remise en cause des congés payés, allongement des cotisations retraites, privatisations, externalisations... quand les patrons du CAC 40 annoncent « 40 Milliards de profits pour le premier semestre 2015 »

 

Rappelons-nous le 18 septembre 2014, quand François Bayrou agitait le Code du Travail suisse qui comporte 40 pages...

 

Souvenons-nous des propos d’Alain Juppé en octobre 2014 : « je suis pour la liberté contractuelle de négocier le temps de travail pour en finir avec le carcan des 35 heures ».

 

Celui à la même date de François Fillon « Il faut supprimer les 35 heures ».

 

Le propos de Nicolas Sarkozy sur le statut des fonctionnaires : « je suis pour la création d’un CDD de cinq ans dans la fonction publique pour éviter les recrutements systématiques sous statut »...

 

Et enfin le fond de l’assureur Xavier Bertrand, tête de liste LR de la nouvelle région nord : « Je propose que pour tous les nouveaux entrants, le statut de fonctionnaire ne soit conservé que pour les fonctions régaliennes. Pour les autres, je propose un contrat de droit privé, et non un contrat de cinq ans »

 

Rappelons aussi la nature réactionnaire du rapport De Virville de 2004 « pour alléger le Code du Travail » : 

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/04....

 

Relisons les écrits du sémillant troublion Gérard Filoche (opposant interne dans le PS) :

http://www.filoche.net/2015/08/16/en-avant-vers-lindividualisation-du-...

 

Quant à Jacques Attali, le pseudo économiste qui murmure depuis 40 ans à l’oreille des puissants, de gauche, du centre et de droite, il a dit dans le journal Les Echos : « Le Code du travail pense principalement le travail en termes de comptage des heures, des congés... et de lutte sociale ou de rapports de forces. Ce code ignore l’implication et l’engagement intellectuel des salariés, seuls les cadres sont censés être libres de leur organisation... ».

 

Rappelons aussi ce que l’ancienne présidente du Médef, Laurence Parisot, déclarait en 2011 : « La vie, la santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? »

 

Quant au FN, il déclarait en octobre 2010 : « la liberté d’opinion est bafouée, il faut déverrouiller l’étau syndical et cela s’inscrit dans la stratégie de Marine Le Pen et du Front National pour reconquérir le champ social et le monde du travail » : « Ensemble, gouvernement et syndicats jettent la France dans le chaos. Voilà deux semaines que la France s’installe dans le chaos, entre grèves, manifestations et blocus. La tolérance zéro doit s’appliquer à tous les émeutiers » : « Le sabotage de l’économie française caractérise l’action des dirigeants de la CGT. Ces blocages frappent avant tout les salariés qui se rendent à leur travail, les entreprises, et menacent l’emploi. La CGT doit être rendue pénalement responsable, ses dirigeants doivent en répondre »

 

L’adage dit « les écrits restent et les paroles s’envolent » mais rien ne s’est envolé. Force est de constater que les ultralibéraux se sentent pousser des ailes grâce à la perte de souveraineté de la France engluée dans le bourbier européen.

 

La lutte des classes est aujourd’hui empêtrée dans le réformisme, le corporatisme et l’individualisme, des maux de notre société de consommation et de concurrence qui créent un profond sentiment d’impuissance et amènent à une forme de résignation, soit-elle passagère.

 

Outre la guerre économique entre impérialistes, le capital est bien aussi dans une guerre idéologique, nous n’allons pas répéter une énième fois les propos du rapport JP Morgan. Il la mène grâce à la corruption des élites pseudos intellectuels et des politiciens corrompus à sa cause.

 

Mais il y a une carence idéologique de ceux qui, médiatiquement s’expriment au nom de la « vraie gauche », aussi ce que nous avions appelé « coup d’épée dans l’eau » à propos du référendum grec, s’est bien transformé en « coup de couteau dans le dos ».

 

En effet, aujourd’hui la forfaiture d’Alexis Tsipras, expliquée en amont par les communistes du KKE et par le PAME, est devenue une épine qui fait très mal à la gauche, car l’espoir s’est transformé en cauchemar, et le retour de la droite est aujourd’hui annoncé en Grèce, malgré les conséquences pour les masses laborieuses de ce pays livré aux requins et mafias.

 

La seule solution est révolutionnaire, mais il ne suffit pas d’appuyer sur un bouton ou d’écrire au travers d’un clavier pour la déclencher. Car comme disait Lénine : « Sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire » qui disait aussi : « On dit souvent : la classe ouvrière va spontanément au socialisme ; cela est parfaitement juste en ce sens que, plus profondément et plus exactement que toutes les autres, la théorie socialiste détermine les causes des maux de la classe ouvrière ; c’est pourquoi les ouvriers se l’assimilent si aisément, si toutefois cette théorie ne capitule pas elle-même devant la spontanéité, si toutefois elle se soumet cette spontanéité. Cela est généralement sous-entendu, mais le Rabotchéïé Diélo (organe de presse organe de l’« Union des sociale-démocrates russes à l’étranger avant la révolution de 17) oublie justement ou dénature ce sous-entendu. La classe ouvrière va spontanément au socialisme mais l’idéologie bourgeoise la plus répandue (et constamment ressuscitée sous les formes les plus variées) n’en est pas moins celle qui, spontanément, s’impose surtout à l’ouvrier. »

 

Ainsi le sondage, soit-il dirigé, mis en avant par 20 mn, mais aussi tous les propos inscrits en amont, démontrent ce qu’affirmaient les marxistes-léninistes sous la plume du grand Lénine.

 

Nous qui sommes communistes, nous ne pouvons être comme des alchimistes qui transforment le plomb en or en mélangeant l’eau et le feu. Pourtant beaucoup trop montent des barricades idéologiques, alors qu’une barricade n’a toujours que deux côtés, c’est la lutte des classes et l’antagonisme entre capital et travail qui définissent les camps qui s’affrontent.

 

Rappelons Gramsci : « La crise consiste justement dans le fait que l’ancien meurt et que le nouveau ne peut pas naître : pendant cet interrègne, on observe les phénomènes morbides les plus variés », c’est exactement ce que nous vivons avec l’épée de Damoclès brandit par l’extrême-droite, arme ultime du capital.

 

Aussi nous devons mener la bataille idéologique par l’évaluation pratique des théories afin de soustraire les masses laborieuses à l’idéologie dominante qui les contraint à penser contre elles-mêmes et contre leurs intérêts.

»» http://ekladata.com/hHj0PCqwLxMPX9XiGE_oGTtkxcg.jpg
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LE BILAN

 

Pourquoi le Code du travail est leur ennemi à abattre

 

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Tous les patrons vous le diront : la réglementation est trop lourde, et demande à être simplifiée pour rendre notre pays davantage « compétitif ». En ligne de mire : le Code du travail, un mastodonte administratif qui compliquerait les relations sur le marché du travail et grèverait donc la France d’une économie plus performante. Tandis que les responsables politiques, notamment socialistes, se joignent à la cause des chefs d’entreprise, de moins en moins de salariés comprennent l’intérêt du Code du travail et ce que le réformer signifie. Il convient de replacer les éléments dans leur contexte pour discerner la mécanique qui se met en place dans notre pays.


Par Benoit Delrue. Lien court : http://wp.me/p6haRE-s2

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Nombreux sont ceux qui lui ont déclaré la guerre, en cette fin d’été 2015. Le Code du travail est sous le feu de toutes les critiques, montré du doigt comme le principal obstacle à la « compétitivité » économique de la France. Dès le 26 août, Pierre Gattaz exhortait le gouvernement à agir « d’ici Noël » et « sans demi-mesure » (1) ; le 3 septembre, dans une interview au Monde, c’est Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, qui jugeait « le Code du travail illisible pour les salariés, et du coup, il n’est plus respecté » (2). Le think tank de gauche libérale Terra Nova embrayait sur la « nécessité » de faire valoir les accords d’entreprise au-dessus des normes législatives. Sur les plateaux télévisés, même combat contre « notre fameux Code du travail, si lourd avec ses près d’un kilo et demi » selon David Pujadas, qui le brandit à la caméra (3).

Unanimité politico-médiatique

« Fléau numéro un des patrons français » pour Gattaz (4), « étouffoir de croissance et d’emploi » qui doit être « ramené à 150 pages » selon François Fillon et Bruno Le Maire, le Code du travail a également essuyé les critiques, en juin, de l’ancien Garde des sceaux socialiste Robert Badinter, qui le voit comme un document « obèse » qui « utilise le droit contre le travail ». La musique qui s’est mise en route a fini par convaincre le président de la République. Dans sa traditionnelle conférence de presse de rentrée, François Hollande a annoncé le 7 septembre que le droit du travail serait profondément réformé dans les prochains mois, permettant aux accords d’entreprise d’outrepasser la loi, hormis un socle de « garanties essentielles » parmi lesquelles le salaire minimum interprofessionnel (Smic), les 35 heures hebdomadaires et le contrat de travail à durée indéterminée (CDI). « Avec tous ces interdits, ça veut dire que le gouvernement exclut tout big-bang sur le droit du travail » regrette François-Xavier Pietri, chef du service économie de TF1 (5). Si l’heure de la réforme a sonné, elle doit être la plus « complète » possible, c’est-à-dire achever le Code du travail jusqu’au bout.

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Cette unanimité des éditorialistes et de la caste politique s’est construite, avant tout, sur la ligne du MEDEF. Le syndicat des patrons n’a eu de cesse de fustiger la « trop lourde » réglementation, n’hésitant pas à tracer un parallèle avec le chômage lors d’un tweet en juin 2014 : « Code du travail : 1990 : 1000 pages, 1 million de chômeurs ; 2000 : 2000 pages, 2 millions de chômeurs ; 2010 : 3000 pages, 3 millions de chômeurs ». Rien de nouveau sous le soleil : en 2004 déjà, l’organisation patronale demandait à ce que le Code « ne constitue plus un obstacle à la compétitivité des entreprises et à la création d’emplois ». Et d’expliciter sa critique : « il reste fondé sur le postulat de l’infériorité du salarié qu’il faut protéger. Ce postulat a notamment conduit à développer un formalisme excessif, toujours à la charge de l’employeur. » C’est, précisément, l’héritage que les détracteurs du Code du travail veulent anéantir, pour faire triompher un monde « plus libre » et un marché de l’emploi « plus flexible ».

Les classes n’ont pas le même intérêt

Toute la rhétorique du MEDEF, désormais relayée par le gouvernement socialiste et les principaux médias dominants, s’appuie sur le même ressort : l’entreprise est un monde où tous, du simple employé au grand patron, partagent le même intérêt à la prospérité. Dans cette farce, les syndicats de salariés jouent le rôle de troubles-fêtes en refusant les injonctions patronales, ce qui obligerait dès lors l’employeur à délocaliser la production. De plus en plus de Français croient à cette histoire, mais ce n’est pas pour autant qu’elle est vraie. Pour comprendre le monde contemporain, c’est à un prisme d’analyse autrement plus complexe qu’il faut se livrer.

La France, comme tout pays occidental développé, est composée de classes sociales distinctes qui se définissent, non par un niveau de vie, mais par leurs rapports à la production. Ceux qui décident de la production sont les propriétaires capitalistes, qui forment sociologiquement la bourgeoisie. Celle-ci comporte différentes strates, de la petite bourgeoisie propriétaire d’entreprises modestes, faite d’artisans et de commerçants, jusqu’à la haute bourgeoisie faite de milliardaires qui tirent les ficelles de la finance internationale. Par la propriété du capital, la bourgeoisie détient le pouvoir réel sur la société et c’est en son sein que se trouve la classe dominante.

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Pour diriger la production au sein de ses entreprises, ou au sein des organismes d’Etat, la haute bourgeoisie dispose d’une classe intermédiaire de cadres et dirigeants ; ces derniers sont salariés, mais occupent une place prépondérante dans la gestion des affaires et leurs revenus, relativement élevés, font qu’ils ont intérêt au maintien de l’ordre établi, quand bien même leurs efforts sont voués exclusivement à servir la classe propriétaire. Enfin, les simples employés constituent la classe ouvrière, qui se définit moins par son secteur d’activité – l’ouvrier semble réservé à la production secondaire – que par son rôle central dans la production. Placée sur des postes de travail précis, dans un processus qu’elle ne maîtrise en rien, et œuvrant à la richesse nationale en n’en recevant que d’infimes fragment, la classe ouvrière passe sa vie à travailler et se retrouve, à notre époque, sous le double étau du chômage et du crédit bancaire. Des privés d’emploi aux petites mains des administrations, des usines ou des circuits de distribution, la classe ouvrière recoupe des réalités distinctes mais elle existe par un intérêt commun : celui au plein-emploi, aux salaires minimums élevés, à la réduction du temps de travail ou à une répartition des richesses plus équitable. Cette dernière n’existe pas sous le règne du capitalisme, précisément parce qu’il est dominé par les grandes fortunes ; et parce que la « liberté » donne tous les droits aux propriétaires de capitaux, y compris d’avoir plusieurs maisons de campagne tandis que de plus en plus de sans-domiciles fixes sont livrés à leur sort. La même « liberté » d’entreprendre a conduit la classe capitaliste dominante à transférer méthodiquement la production industrielle, depuis la France jusqu’en Asie, ruinant progressivement l’appareil productif hexagonal et condamnant l’économie nationale à une hémorragie incessante du chômage.

Un compromis historique

C’est par leur place dans la production que se définissent les classes sociales et que s’exercent leurs intérêts contradictoires, voire antagonistes. Sur le marché du travail, la haute bourgeoisie achète et la classe ouvrière vend ; le prix auquel la force de travail est achetée dépend avant tout du rapport de force entre les classes. Au début du 20ème siècle, les salaires équivalaient à une bouchée de pain et étaient versés, en échange d’incroyables efforts, aux parents comme aux enfants de la classe ouvrière. L’augmentation du salaire minimum, la réduction du temps de travail dans la vie, dans l’année et dans la semaine, l’accès à des congés payés n’ont pu être permis que grâce aux efforts des syndicats de salariés, qui se battaient face aux patrons dans l’intérêt immédiat des employés. La classe ouvrière étant en large supériorité numérique, c’est de son degré d’organisation que dépend sa force ; plus ils étaient unis sous la même bannière, en l’occurrence la Confédération générale du travail (CGT), plus ils ont pu arracher le droit à vivre dignement – jusqu’aux années 1960. Plus la classe ouvrière s’est éparpillée en différents syndicats, plus la production s’est émiettée en de petites entreprises où la lutte est proscrite, moins les salariés ont pu faire valoir leurs intérêts et obtenir gain de cause.

C’est dans ce contexte qu’a été créé le Code du travail, initialement proposé en 1896 par les députés socialistes, d’un parti qui se présentait alors comme l’émanation politique de l’intérêt de la classe ouvrière. A force de luttes et de grèves, le Code du travail et de la prévoyance sociale est adopté le 28 décembre 1910, comme une compilation des loi déjà existantes – dont celle de 1892 limitant, par exemple, à onze heures par jour le temps de travail des femmes et des enfants. C’est en 1973 qu’apparaît le Code du travail dans sa version moderne, où il inclut les conventions collectives des branches de production et toutes les lois avenantes aux relations entre patrons et salariés votées jusqu’alors. En somme, le document législatif scelle un certain état du rapport de forces entre les classes, à une heure où la classe ouvrière est organisée pour ses droits propres et combative face au patronat. Le Code du travail est donc un compromis historique ; plus favorable aux salariés, il s’inscrit dans une société dominée par la haute bourgeoisie, qui a dû faire de lourdes concessions face aux luttes menées par les travailleurs. Le salaire minimum interprofessionnel relativement élevé, la réduction du temps de travail, la retraite à 60 ans ou les cinq semaines de congés payés sont autant de revendications, devenues réalité, qui ont été traduites dans la loi au sein du Code du travail.

La complexité n’est pas la cible

La complexité actuelle du Code du travail est réelle : Robert Badinter a raison lorsqu’il dit que, de 800 en 1974, son nombre d’articles est passé à 8.000 en 2015 (6). Ce que ne dit pas l’ancien Garde des sceaux, c’est que la complication du Code provient précisément des multiples exclusions à la loi accordées, progressivement, par les législateurs à la bourgeoisie. Depuis quarante ans, une multitude de petites réformes ont mis à jour la loi sur le travail en établissant des clauses permettant aux employeurs d’échapper à l’application du Code du travail initial. Ainsi, le travail le dimanche, jour chômé selon les principes élémentaires du droit du travail français, s’est multiplié au cours des vingt dernières années, à mesure que la haute bourgeoisie voyait son intérêt à ouvrir les (grands) commerces tout au long des week-ends. Si la formation professionnelle est richement codifiée, faisant une nette distinction entre le stagiaire et le salarié, elle n’est depuis longtemps plus appliquée – si bien que des stagiaires, employés gratuitement ou à très moindre frais, occupent in fine la place de salariés dans les processus de production.

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Le Code du travail connaît, dans ses dernières éditions, une accumulation d’annotations et d’exclusion en tous genre qui complexifient les relations entre salariés et employeurs. Ses principaux détracteurs étayent leur argumentation sur sa lourdeur, au sens propre comme au figuré ; mais ils cherchent beaucoup moins à le rendre plus lisible, plus simple, qu’à transformer les règles de base sur lesquelles s’est construit le Code contemporain. Les ennemis de la « lourde réglementation » ne cherchent pas un toilettage législatif, mais une remise à plat complète des rapports de production. Ce qu’ils visent, à travers le Code du travail, c’est le salaire minimum interprofessionnel, que le MEDEF espère voir éclaté au profit de salaires minimum de branches, de régions ou de génération ; ce sont les cinq semaines de congés payés et les jours de RTT (réduction du temps de travail), inacceptables pour l’optimisation de la production ; ce sont les 35 heures hebdomadaires, qui obligent les employeurs à payer en heure supplémentaire dès la 36ème ; c’est le contrat à durée indéterminé, qui empêche de licencier selon le bon vouloir du patron ; ce sont, enfin, les comités d’entreprise, les 13ème mois de salaire, les cotisations patronales élevées, les mesures strictes d’hygiène et de sécurité dans les conditions de travail, vus comme autant d’obstacles à la maximisation des profits.

Ce sont les droits des travailleurs, conquis par la lutte opiniâtre de la classe ouvrière au long du 20ème siècle, qui sont la véritable cible du patronat et de leurs relais politico-médiatiques. En fustigeant le Code du travail, où sont consignés toutes ces conquêtes sociales, ils espèrent mettre fin à une ère de compromis durant laquelle la haute bourgeoisie s’est résignée à payer le travail plus cher, directement via les salaires et indirectement via les cotisations et les avantages en entreprise, pour maintenir autant que possible la paix sociale. Le rapport de force ayant évolué, depuis quarante ans, dans le sens exclusif des intérêts de la classe capitaliste, il est temps pour elle de passer à l’offensive pour remettre à plat une législation « anachronique » et imposer en France la même « liberté » qui régit, en particulier, les marchés du travail anglo-saxons. En Angleterre, si le taux de chômage a officiellement diminué, c’est parce qu’une foule de « contrats 0 heures » sont signés dans l’intérêt exclusif du patronat ; en Allemagne, les salaires minimum dépendent des branches d’activité et peuvent tomber à 1 euro de l’heure selon les lois Hartz, adoptées sous le mandat du socialiste Gerhard Schröder. Aux États-Unis, les salaires minimum dépendent également des États, des branches et des entreprises, pour atteindre des niveaux si faibles que les travailleurs doivent souvent cumuler deux jobs pour garder la tête hors de l’eau, face à l’étau des crédits bancaires et à celui du chômage.

C’est, toujours, pour acheter le travail moins cher que la haute bourgeoisie invoque la nécessaire « compétitivité » française, qui repose toujours davantage sur le faible prix des marchandises plutôt que sur leur haute qualité. Les intérêts de la haute bourgeoisie financière, qui tient les rênes de la finance et des grandes entreprises, sont plus que jamais antagonistes à ceux de la classe ouvrière, qui a beaucoup à perdre en voyant s’envoler la réglementation issue des conquêtes du siècle passé. Tant qu’elle n’aura pas conscience d’elle-même, préférant se considérer comme une illusoire « classe moyenne », la classe ouvrière perdra dans les prochaines années des droits précieux qui verront, au final, une précarisation générale des employés et l’explosion du phénomène des travailleurs pauvres. Tant que les travailleurs français croiront en la fable d’une société où l’intérêt général est défendu par les grandes fortunes et leurs valets politico-médiatiques, ils se livreront eux-mêmes à une guerre contre leur camp, menée de main de maître par la caste au pouvoir.

Le Code du travail est pris pour cible pour une raison simple : il cristallise l’essentiel des conquêtes ouvrières à travers ses principes fondamentaux, en termes de salaires, de temps de travail et d’avantage salariaux ; ceux qui critiquent sa « complexité » et sa « rigidité » (7) en veulent, en réalité, aux droits conquis par les employés au cours du siècle dernier. La réforme à laquelle se préparent François Hollande et Manuel Valls, en nommant par exemple l’inconnue Myriam El Khomri au poste de ministre du Travail, sera directement pilotée depuis Matignon pour tailler un à un les droits des salariés, sous couvert de « simplification ». C’est sous ce même prétexte qu’en 2004, le Code du travail a été une première fois réformé pour inclure, au final, des clauses spéciales qui alourdissaient le contenu du document – en allégeant les obligations dues par le patronat. C’est cette même voie qui sera prise par l’exécutif socialiste, qui compte marquer les esprits – quand bien même la réforme ne trouverait jamais grâce, par son « insuffisance », aux yeux de l’opposition et des « experts » économistes des plateaux télévisés. Loin du charabia entourant la question, qui contribue à empêcher les salariés d’identifier leur réel intérêt, défendre le Code du travail pour ce qu’il contient en conquêtes sociales est une cause essentielle, à l’heure où ses ennemis sont plus nombreux que jamais.

B.D.

Références

1 : http://bfmbusiness.bfmtv.com/emploi/gattaz-invite-le-gouvernement-a-reformer-le-code-du-travail-d-ici-noel-909982.html

2 : http://www.lemonde.fr/emploi/article/2015/09/02/laurent-berger-non-au-statu-quo-sur-le-code-du-travail_4743357_1698637.html

3 : http://television.telerama.fr/television/france-2-en-campagne-contre-le-code-du-travail-et-l-impot-progressif,131227.php

4 : http://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/carriere/vie-professionnelle/droit-du-travail/video-le-code-du-travail-fleau-numero-1-des-patrons-francais-pour-gattaz_1057045.html

5 : http://television.telerama.fr/television/tf1-et-bfmtv-condamnent-la-reforme-du-code-du-travail,131271.php

6 : http://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/reforme-du-code-du-travail-badinter-macron-gattaz-meme-combat_1690590.html

7 : http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/09/12/les-drh-perdus-dans-le-maquis-du-code-du-travail_4754221_3234.html

« L’ordre néolibéral, pillant la Terre et asservissant les vulnérables, doit être anéanti »

 

jeudi 10 septembre 2015 

« Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître, et dans ce clair-obscur surgissent les monstres », écrivait le théoricien marxiste Antonio Gramsci.

 

Dans la même veine, Rouge-Midi vous propose aujourd’hui un texte capital de l’américain Chris Hedges, journaliste et auteur, récipiendaire d’un prix Pulitzer. [1]Car, en effet, le seul choix que nous laisse « la société bourgeoise », comme l’avait annoncé Friedrich Engels, est « le socialisme ou la régression vers la barbarie ». Il est temps pour nous de faire un choix !

 

Un terrible dénouement (The Great Unraveling)

 

Le joug idéologique et physique de la puissance impériale états-unienne, soutenu par l’idéologie utopique du néolibéralisme et du capitalisme mondialisé, se désagrège. Beaucoup, dont nombre de ceux évoluant au cœur de l’empire états-unien, reconnaissent que chaque promesse faite par les partisans du néolibéralisme est un mensonge. La richesse mondiale, au lieu d’être équitablement répartie comme l’ont promis les partisans du néolibéralisme, a été siphonnée entre les mains d’une élite oligarchique vorace, entraînant ainsi d’immenses inégalités économiques.

Les travailleurs pauvres dont les syndicats et les droits ont été éliminés et dont les salaires stagnent ou baissent depuis 40 ans, ont été condamnés à la pauvreté chronique et au chômage, transformant leur vie en une crise interminable, source d’un stress permanent. La classe moyenne s’évapore. Des villes qui produisaient et offraient autrefois des emplois en usine se changent en villes fantômes. Les prisons sont surpeuplées.

Les corporations ont orchestré la destruction des barrières commerciales, engrangeant ainsi plus de 2.1 billions de dollars en profits dans des banques offshores pour éviter de payer des taxes. Et l’ordre néolibéral, malgré sa promesse de construire et de répandre la démocratie, a éviscéré les systèmes démocratiques, les transformant en Léviathans corporatistes.

La démocratie, particulièrement aux États-Unis, est une farce, vomissant des démagogues d’extrême-droite comme Donald Trump, qui pourrait devenir le candidat républicain à la présidentielle, et peut-être même le président, ou d’insidieux et malhonnêtes larbins corporatistes comme Hillary Clinton, Barack Obama, et, s’il tient sa promesse de soutien au candidat démocrate, Bernie Sanders.

Les étiquettes « libéral » et « conservateur » sont dépourvues de sens dans l’ordre néolibéral. Les élites politiques, républicaines ou démocrates, servent les intérêts des corporations et de l’empire. Elles sont des facilitatrices, tout comme la majorité des médias et des universitaires, de ce que le philosophe politique Sheldon Wolin appelle notre système de “totalitarisme inversé”.

L’attraction exercée par Trump, comme celle de Radovan Karadzic, ou de Slobodan Milosevic, lors de l’éclatement de la Yougoslavie, s’explique par sa bouffonnerie, qui s’avère dangereuse, moquant la faillite totale de la charade politique. Elle expose la dissimulation, l’hypocrisie, la corruption légalisée. Nous percevons, à travers cela, une insidieuse — et pour beaucoup, rafraichissante — honnêteté. Les nazis utilisèrent cette tactique pour prendre le pouvoir lors de la république de Weimar. Les Nazis, même aux yeux de leurs opposants, avaient le courage de leurs convictions, quelle qu’ait pu être l’immondice de ces convictions. Ceux qui croient en quelque chose, aussi répugnante soit elle, se voient souvent respectés à contrecœur.

Ces forces néolibérales détruisent également rapidement les écosystèmes. La Terre n’a pas connu de perturbation climatique de cette envergure depuis 250 millions d’années et l’extinction permienne, qui a annihilé jusqu’à 90% de toutes les espèces. Un pourcentage que nous semblons déterminés à reproduire. Le réchauffement climatique est inarrêtable, avec la fonte rapide des calottes polaires et des glaciers, le niveau des mers s’élèvera d’au moins 3 mètres lors des prochaines décennies, noyant sous les eaux nombre de villes côtières majeures.

Les méga-sécheresses laissent d’immenses parcelles de la Terre, dont des parties de l’Afrique et de l’Australie, la côte Ouest des USA et du Canada, le Sud-Ouest des USA, arides et en proie à d’incontrôlables feux de forêts. Nous avons perdu 7.2 millions d’acres à cause des nombreux incendies qui ont ravagé le pays cette année et les services forestiers ont d’ores et déjà dépensé 800 millions de dollars dans leurs luttes contre les incendies en Californie, à Washington, en Alaska et dans d’autres états. Le mot même de « sécheresse » fait partie de la supercherie, sous-entendant que tout cela est en quelque sorte réversible. Ça ne l’est pas.

Des migrants fuyant la violence et la famine régnant dans des pays comme la Syrie, l’Irak, l’Afghanistan, la Libye, et Érythrée, affluent en Europe. 200 000 migrants, sur les 300 000 ayant rejoint l’Europe cette année, ont atterri sur les côtes grecques. 2500 sont morts depuis le début de l’année en mer, sur des bateaux surpeuplés et délabrés ou à l’arrière de camions comme celui que l’on a découvert la semaine dernière en Autriche, qui contenait 71 corps, dont des enfants.

C’est le plus important flux de réfugiés en Europe depuis la seconde guerre mondiale, une augmentation de 40 % depuis l’an dernier. Et le flot ne fera que croître. D’ici 2050, selon nombre de scientifiques, entre 50 et 200 millions de réfugiés climatiques auront fui vers le Nord, pour échapper aux zones rendues invivables par les températures croissantes, les sécheresses, les famines, les maladies, les inondations côtières et le chaos des états en faillite.

La désintégration physique, environnementale, sociale et politique s’exprime également à travers une poussée de violence nihiliste motivée par la rage. Des tireurs fous commettent des massacres dans des centres commerciaux, dans des cinémas, des églises et des écoles aux États-Unis, Boko Haram et l’État islamique, ou ISIS, sont en pleine frénésie meurtrière. Des attentats suicides sont méthodiquement perpétrés et entraînent des chaos meurtriers en Irak, en Afghanistan, en Arabie Saoudite, en Syrie, au Yémen, en Algérie, en Israël et dans les territoires palestiniens, en Iran, en Tunisie, au Liban, au Maroc, en Turquie, en Mauritanie, en Indonésie, au Sri Lanka, en Chine, au Nigeria, en Russie, en Inde et au Pakistan.

Ils ont frappé les États-Unis le 11 septembre 2001 et en 2010 lorsqu’Andrew Joseph Stack III a détourné un petit avion dans un bâtiment d’Austin, au Texas, qui abritait des agents du fisc. Le fanatisme est alimenté par la détresse et le désespoir. Ce n’est pas le produit de la religion, bien que la religion devienne souvent le vernis sacré de la violence. Plus les gens seront désespérés, plus cette violence nihiliste se propagera.

« Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître, et dans ce clair-obscur surgissent les monstres » , écrivait le théoricien Antonio Gramsci.

Ces « monstres » continueront à se propager jusqu’à ce que l’on reconfigure radicalement nos relations entre nous et nos relations avec les écosystèmes. Mais rien ne garantit qu’une telle reconfiguration soit possible, particulièrement si les élites parviennent à s’accrocher au pouvoir à l’aide de leur appareil de surveillance et de sécurité mondial, omniprésent, et de l’importante militarisation de leurs forces de police.

Si nous ne renversons pas le système néolibéral, et ce, rapidement, nous libèrerons un cauchemar hobbesien  [2] de violence étatique croissante et de contre-violence. Les masses pauvres seront condamnées à la misère et à la mort. Certains tenteront de résister violemment. Une petite élite, vivant dans une version moderne de Versailles ou de la cité interdite, aura accès à des commodités refusées à tous les autres. La haine deviendra l’idéologie dominante.

L’attrait exercé par l’État islamique, qui compte plus de 30 000 combattants étrangers, s’explique en ce qu’il exprime la rage ressentie par les dépossédés de la Terre et en ce qu’il s’est libéré des entraves de la domination occidentale. Il défie la tentative néolibérale de transformation de l’opprimé en déchet humain. Vous pouvez condamner sa vision médiévale d’un état musulman et ses campagnes de terreur contre les shiites, les yazidis, les chrétiens, les femmes et les homosexuels — ce que je fais — mais l’angoisse qui inspire toute cette sauvagerie est authentique ; vous pouvez condamner le racisme des suprématistes blancs qui se rallient à Trump — ce que je fais — mais ils ne font eux aussi qu’obéir à leur propre frustration et désespoir.

L’ordre néolibéral, en transformant les gens en main d’œuvre superflue et par extension en êtres humains superflus, est responsable de cette colère. Le seul espoir restant réside en une réintégration des dépossédés dans l’économie mondiale, afin de leur donner un sentiment d’opportunité et d’espoir, de leur donner un futur. Sans cela, rien n’endiguera le fanatisme.

L’État islamique, à l’instar des chrétiens de droite aux États-Unis, vise un retour vers une pureté inatteignable, un utopisme, un paradis sur terre. Il promet d’établir une version du califat du 7ème siècle. Les sionistes du 20ème siècle, en cherchant à former l’État d’Israël, ont utilisé la même stratégie en appelant à la re-création de la nation juive mythique de la Bible. ISIS, à l’instar des combattants juifs ayant fondé Israël, cherche à construire son état (maintenant de la taille du Texas) à travers la purification ethnique, le terrorisme et l’utilisation de combattants étrangers.

Sa cause utopique, tout comme la cause républicaine de la guerre civile espagnole, attire des dizaines de millions de jeunes, en majorité des jeunes musulmans rejetés par l’ordre néolibéral. L’État islamique offre une vision recomposée d’une société brisée. Il offre un lieu et un sentiment d’identité — ce que n’offre pas le néolibéralisme — à ceux qui embrassent cette vision. Il appelle à se détourner du culte mortifère du moi qui est au cœur de l’idéologie néolibérale. Il met en avant le caractère sacré du sacrifice personnel. Et il ouvre une voie à la vengeance.

Jusqu’à ce que nous démantelions l’ordre néolibéral, afin de recouvrer la tradition humaniste rejetant la perception des êtres humains et de la Terre comme marchandises à exploiter, notre forme de barbarie industrielle et économique affrontera la barbarie de ceux qui s’y opposent. Le seul choix qu’offre la « société bourgeoise », comme le savait Friedrich Engels, est « le socialisme ou la régression vers la barbarie ».

Il est temps de faire un choix.

Nous ne sommes pas, aux États-Unis, moralement supérieurs à l’État islamique. Nous sommes responsables de la mort de plus d’un millions d’Irakiens et de la migration forcée de plus de 4 millions d’autres. Nous tuons en plus grand nombre. Nous tuons avec encore moins de discernement. Nos drones, nos avions de combats, notre artillerie lourde, nos bombardements navals, nos mitrailleuses, nos missiles et forces prétendument spéciales — des escadrons de la mort dirigés par l’état — ont décapité bien plus de gens, enfants inclus, que l’État islamique.

Lorsque l’État islamique a brûlé vif un pilote jordanien dans une cage, cela faisait écho aux agissements quotidiens des États-Unis, lorsqu’ils incinèrent des familles dans leurs maisons, avec les frappes aériennes. Cela faisait écho à ce que font les avions de combats israéliens à Gaza. Oui, ce que l’État islamique a fait était plus brutal. Mais moralement ça n’était pas différent.

J’ai un jour demandé au co-fondateur du groupe militant Hamas, le Dr Abdel Aziz al-Rantisi, pourquoi le Hamas cautionnait les attentats suicides, qui entraînaient la mort de civils et d’enfants israéliens, alors que les palestiniens dominaient du point de vue de la morale, en tant que peuple occupé. « Nous arrêterons de tuer leurs enfants et leurs civils dès qu’ils arrêteront de tuer nos enfants et nos civils », m’a-t-il répondu. Il souligna que le nombre d’enfants israéliens qui avaient été tués s’élevait à ce moment-là à deux douzaines, tandis que les pertes palestiniennes s’élevaient à plusieurs centaines d’enfants.

Depuis 2000, 133 israéliens et 2061 enfants palestiniens ont perdu la vie. L’attentat suicide est un acte de désespoir. C’est, à l’instar des bombardements incessants de Gaza par Israël, un crime de guerre. Mais lorsqu’on le considère comme la réponse à une terreur étatique incontrôlée, il est compréhensible. Le Dr Rantisi fut assassiné en Avril 2004 par Israël qui fit tirer sur sa voiture à Gaza un missile Hellfire depuis un hélicoptère Apache. Son fils Mohammed, qui était dans le véhicule avec lui, fut aussi tué dans l’attentat. La spirale de violence qui en résulte, plus d’une décennie après ces meurtres, perdure encore.

Ceux qui s’opposent à nous offrent une vision d’un monde nouveau. Nous n’offrons rien en retour. Ils offrent un contrepoids au mensonge néolibéral. Ils parlent pour ses victimes, prisonnières de bidonvilles sordides au Moyen-Orient, en Afrique, en Europe et en Amérique du Nord.

Ils condamnent l’hédonisme grotesque, la société du spectacle, le rejet du sacré, la consommation débridée, la richesse personnelle en tant que fondement principal du respect et de l’autorité, la célébration aveugle de la technocratie, la réification sexuelle — y compris une culture dominée par la pornographie — et la léthargie (largement appuyée par l’abondance des médicaments) utilisée par tous les régimes agonisants, pour détourner l’attention des masses et leur confisquer le pouvoir.

De nombreux djihadistes, avant de devenir de violents fondamentalistes, ont été victimes de ces forces. Il y a des centaines de millions de gens comme eux, qui ont été trahis par l’ordre néolibéral. Une véritable poudrière, et nous ne leur offrons rien.

« Quand sa rage éclate, il retrouve sa transparence perdue, il se connaît dans la mesure même où il se fait ; de loin nous tenons sa guerre comme le triomphe de la barbarie » , a écrit Frantz Fanon dans Les Damnés de la Terre, « mais elle procède par elle-même à l’émancipation progressive du combattant, elle liquide en lui et hors de lui, progressivement, les ténèbres coloniales. Dès qu’elle commence, elle est sans merci. Il faut rester terrifié ou devenir terrible ; cela veut dire : s’abandonner aux dissociations d’une vie truquée ou conquérir l’unité natale. Quand les paysans touchent des fusils, les vieux mythes pâlissent, les interdits sont un à un renversés : l’arme d’un combattant, c’est son humanité. Car, en le premier temps de la révolte, il faut tuer : abattre un Européen c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé : restent un homme mort et un homme libre. »

Ceux au pouvoir apprennent-ils l’histoire ? Ou peut-être est-ce ce qu’ils veulent. Une fois que les Damnés de la Terre se changeront en État islamique, ou adopteront la contre-violence, l’ordre néolibéral pourra supprimer les dernières entraves qui le retenaient et commencer à tuer en toute impunité. Les idéologues néolibéraux, après tout, sont eux aussi des fanatiques utopistes. Et eux aussi ne savent s’exprimer qu’à travers le langage de la force. Ils sont notre version de l’État islamique.

Le monde binaire que les néolibéraux ont créé — un monde de maîtres et de serfs, un monde où les damnés de la terre sont diabolisés et soumis par une perte de liberté, par « l’austérité » et la violence, un monde où seuls les puissants et les riches ont des privilèges et des droits — nous condamnera et nous entraînera vers une dystopie [3] effrayante.

La révolte émergente, mal définie, paraissant éparse, surgit des entrailles de la terre. Nous apercevons ses éclairs et ses tremblements. Nous voyons son idéologie pétrie de rage et d’angoisse. Nous percevons son utopisme et ses cadavres. Plus l’ordre néolibéral engendre de désespoir et de détresse, que ce soit à Athènes, à Bagdad ou à Ferguson, plus les forces de répression étatique sont utilisées pour étouffer l’agitation et extraire les dernières gouttes de sang des économies exsangues, plus la violence deviendra le principal langage de la résistance.

Ceux d’entre nous qui cherchent à créer un monde un tant soit peu viable disposent de peu de temps. L’ordre néolibéral, pillant la Terre et asservissant les vulnérables, doit être anéanti. Cela n’arrivera que si nous le confrontons en opposition directe, en étant prêts à entreprendre des actes de sacrifices personnels et de révolte prolongée qui nous permettent de faire obstruction et de démanteler tous les aspects de la machinerie néolibérale.

Je crois que l’on peut accomplir cela à travers la non-violence. Mais je ne peux nier l’émergence inéluctable de la contre-violence, provoquée par la myopie et l’avarice des mandarins néolibéraux. La paix et l’harmonie n’embraseront peut-être pas la Terre entière si nous y parvenons, mais si nous ne destituons pas les élites dominantes, si nous ne renversons pas l’ordre néolibéral, et si nous ne le faisons pas rapidement, nous sommes perdus.

Chris Hedges (traduction : Nicolas Cazaux ; édition & révision : Héléna Delaunay).

Transmis par la_peniche


[1L’article original a été publié le 30 août 2015 sur le site Truhdig.com.

[2Thomas Hobbes est un philosophe anglais. Son œuvre majeure, le Léviathan, eut une influence considérable sur la philosophie politique moderne.

[3Une dystopie est une forme de récit de fiction

La marchandisation des sentiments,

Publié le 9 Septembre 2015

le marché de la compassion

ou comment vendre 

les obligations humanitaires

comme actions

à leur bourse des valeurs

immorales

La marchandisation des sentiments,

 

Si le premier mot qui vient fait référence à l'humanité, pour ce coup là, il ne s'agit pas du journal qui est hors champ de ce qui suit mais du concept qui différencie les ressorts humains de cette veulerie mercantile qui donne la nausée.

 

Comment s'y prendre quand on est réactionnaire ultra libéral pour faire croire qu'on est solidaire mais en s'arrangeant pour refiler la patate chaude au voisin tout en s'en sortant avec les honneurs (si on peut l'écrire ainsi tant l'honneur est distant de ce qui suit) :

 

"Jean-Claude Juncker proposera officiellement mercredi son nouveau plan pour répartir, à travers l'Union européenne, les 120.000 nouveaux réfugiés qui devraient arriver les deux prochaines années. De quoi soulager les pays situés aux frontières extérieures de l'Europe comme la Grèce, l'Italie ou la Hongrie. Un projet qui vient s'ajouter à la réinstallation de 40.000 migrants annoncée en mai.

 

Mais dans le même temps, de hauts fonctionnaires européens travailleraient pour offrir, à certains États membres, la possibilité de se soustraire momentanément à cette répartition. En échange du non-respect des quotas, le pays pourrait offrir l'argent dédié aux réfugiés à un autre pays. "

 

C'est ce que rapporte l'Express.fr dans sa dernière livraison.

 

Ainsi donc les crânes d'oeufs de l'UE sous leur casque lourd de ministres et cadres politiques,  jugulaire sérrée, nous préparent une repasse ubuesque au sens initiale de bêtise crasse du concept de leurs précédentes écotaxes -droit à poluer- adaptée "aux marchés du réfugié" où là, ce sera le monnayage du droit à semer la mort par le bras droit droit appeler OTAN et Impérialisme par le gauche chargé de revendre des droits à s'affranchir des conséquences des actes du bras droit. L'article ne dit pas s'ils installeront des portiques pour le comptage et la répartition.

 

Comme pour le marchés des droits à poluer, c'est aussi le principe et l'extension des prtaiques devant l'obligation de construire des logements sociaux qui conduit les villes réactionnaires à budgétiser le côut des amendes pour ne pas avoir à en construire ou a répartir hors de la ville centre de leurs "communautés de commmune" vers leurs banlieue ces humains potentiellement exploitable mais...qu'ils ne veulent pas voir...chez eux.

 

Notons que le patronat allemand dans sa course à la baisse du paiement de la force de travail vient d'autoriser la chancelière à débloquer les millirads qu'il avait interdit de verser à la grèce pour qu'elle garde sa protection sociale et empêche les privatisations.

 

Donc  payer l'instalation du parc réservoir de ressources humaines chez le voisin pour ne pas l'avoir chez soi. Combien pour le syrien Bac+5 celibataire, pour une famille libyenne sans diplôme ? Avez vous de l'Erythréennes j'ai besoin d'une quantité de 20 nonnou pôur le club de golfe ? C'est quoi le cours de l'afghan aujourd'hui ?

 

Sur ce marché, pourra-t-on tater la marchandises, la mettre à l'éssai ? Va-t-on nommer un(e) commissaire de l'UE pour suivre le cours en bourse du réfugiés?

 

Et pas de réaction, ni d'explosion de colère. Personne au plan institutinel, des zones de silence dans un espace associatif heureusement plus réactif pour rappeler à la France, à l'UE et tous ses joyeux partenaires, leurs obligations devant le droit international (UNICEF, Régugiés, OMS etc.), les conventions internationales que tous ont ratifiées,  responsabilité de l'UE et ses têtes à claques qui en échange de ces obligations de les faire respecter disposent d'un mandat d'observateur à l'ONU et ont le pouvoir réglementaire (ce fameus traités de lisbonne et ses dérivés depuis Masstricht et après Schengen compris) pour imposer leurs respects sur tout l'espace de cette concurence libre et non faussée de la resspurce humaine.

 

En Fance, des élus se permettent d'organiser -excuser du terme- le tri sélectif de leurs réfugiés, voire disent s'y opposer alors que par ailleurs ils soutiennent depuis des années toutes les agressions impérialistes qui sont à la base de cet immense déstabilisation humanitaire.

 

Curieux d'entendre ceux qui se prétendent les porteurs des interêts d'autres réfugiés venant des mêmes contrées (Algerie des années 60, Liban et Asie du sud Est des années 80, leur sélectivité dans les "boats peoples" pour ne rien dire des exilés d'Europe de l'Est) devenir d'un seul coup sourd et muet.

  

la presse de préciser (l'Express mais aussi d'autres journaux dans l'UE) : 

 

"La discrète porte de sortie

 

En créant cette discrète porte de sortie, la commission espère diminuer les tensions entre l'Europe de l'ouest et l'Europe l'est. C'est surtout les pays dits du groupe de Visegrád (la Hongrie, la Pologne, la République tchèque, et la Slovaquie) qui sont contre ces quotas.

 

Le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, dénonce fermement cette attitude. Pour lui, "Refuser les quotas, c'est refuser la solidarité européenne. Nous offrons un grand soutien aux pays les moins développés de l'Union européenne, ils peuvent quand même se montrer un peu solidaires maintenant" a-t-il fait valoir vendredi.

 

20.000 réfugiés en Grande-Bretagne

 

Le Premier ministre britannique David Cameron a annoncé lundi que son pays était prêt à accueillir "20.000" réfugiés syriens au cours des cinq prochaines années, face à "l'ampleur de la crise et à la souffrance du peuple syrien". Quelque 4.000 Syriens ont obtenu le droit d'asile en Grande-Bretagne depuis le début, en 2011, de la guerre civile qui dévaste leur pays - nettement moins que dans des pays comme l'Allemagne, la Suède et la France. La Grande-Bretagne a choisi de ne pas participer à un système de quotas pour prendre en charge les demandeurs d'asile dans l'Union européenne, malgré les demandes pressantes de cette dernière d'une répartition plus équitable."

 

Et certains prétendent qu'il est possible de réformer ce cloaque de l'intérieur ?

 

Foutaise.

 

Il faut briser l'édifice et reconstruire de nouvelle formes de solidarité à partir des souverainzeté des peuples librement associés, coopérations où les lois du marché serait interdite.

 

Pas d'issue hors de cela.

La marchandisation des sentiments,

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié par Michel El Diablo

 APPEL pour GRAND débat sur les questions européennes et la souveraineté. PARLONS souveraineté à GAUCHE !

APPEL pour GRAND débat sur les questions européennes et la souveraineté. PARLONS souveraineté à GAUCHE !

Nous, jeunes militants et responsables PCF, PG, MRC, Nouvelle Donne et PS appelons à un grand débat sur l'UE et la souveraineté.

Pour les pays d'Europe, il y aura un avant et un après l'expérience Syriza au pouvoir.

La stratégie de réorientation de l'Union Européenne a montré ses limites, la Grèce et la volonté de son peuple ont été mises au pas. L'Union Européenne a révélé sa véritable nature, elle est un ensemble d'institutions qui permet au capital financier d'exercer sa domination.

L'euro est l'outil de cette neutralisation de la démocratie. Nous avons vu agir la Banque Centrale Européenne : par les multiples pressions qu'elle a exercées, elle a pris le peuple grec en otage. L'aboutissement de cette crise par la mise en place d'un énième plan d'austérité nous oblige à la réflexion. Comment pouvons-nous accepter que la gauche se résigne à appliquer une politique qui va encore aggraver la situation des classes populaires?

Désormais, les mouvements qui veulent abattre l'austérité doivent prendre en compte cette donnée : la possibilité de modifier les traités est très faible. De ce fait, dans l'UE et dans l'euro, point de salut.

En conséquence, la souveraineté nationale doit être au cœur de tout projet de liberté et d'égalité. Aujourd'hui, l'État-Nation reste le seul cadre d'exercice de la souveraineté populaire, sans laquelle il n'y a pas de démocratie. C'est aussi le lieu principal où se concentre la lutte du peuple contre les puissances de l'argent.

Nous, partisans des forces contre l'austérité devons formuler un projet social et écologique qui réconcilie intérêt de la patrie républicaine et internationalisme authentique. L'internationalisme ce n'est pas le supranationalisme, c'est encore moins mettre en compétition les travailleurs de tout un continent les uns avec les autres. C'est au contraire la solidarité, et le soutien à toutes les luttes sociales qui s'expriment en Grèce, en Espagne et ailleurs.

Nous ne croyons pas à la rhétorique du repli sur soi, l'histoire prouve que la coopération est possible entre les nations en dehors du cadre supranational, comme le montrent les succès d'Ariane et d'Airbus.

Depuis des années, le projet européen, par son acharnement à détruire les nations, s'est rendu responsable de la montée des nationalismes qui ravagent notre continent. La France doit être libre pour accomplir son idéal d'égalité.

Le rêve de l'UE n'est plus : l'aspiration à la solidarité et à la protection à laissé place à une structure à l'ossature technocratique dont le bras armé est le néolibéralisme. Cette créature tyrannique sera balayée par l'histoire, et nous devons être politiquement armés pour que le progrès soit l'horizon du nouveau cadre politique qui s'annonce. Nous estimons que ces éléments décisifs du débat politique ne pourront plus être contournés.

Nous appelons donc à la tenue d'un grand débat sur les questions européennes au sein de la gauche afin de réorienter notre stratégie si nous voulons rassembler et vaincre.

Co-rédacteurs :

Lenny Benbara (Membre de la commission économie du PCF),

Arthur Contamin (PCF, responsable du FDG Sciences Po),

Côme Delanery (PCF, responsable de Contre-Courant Sciences Po),

Raphaël Audouard (co-secrétaire du PG Malakoff/Montrouge/Bagneux),

Baptiste Peyrat (PG), Simon Fulleda (PS, fondateur du Cercle République),

Mélanie Tissier (Nouvelle Donne) et

Paul Zurkinden (Secrétaire national du MRC).

SOURCE: Lu sur Réveil communiste

Publié par Michel El Diablo

Réseaux « sociaux » ou vecteurs de la CONTRE-révolution ?

Réseaux "sociaux" ou vecteurs de la CONTRE-révolution ?

Des réseaux qui n'ont plus rien de « sociaux » ou un vecteur de la Contre-révolution 

( données de presse )

******

Facebook, entreprise états-unienne,a aujourd'hui 1,4 milliard d'utilisateurs, plus que la Chine d'habitants ( 1,39 ). Son PDG Zuckerberg se fixe pour mission de" connecter tout le monde ", les 7 milliards de terriens. (Source Financial Times )

Au 14 juillet 2015, Apple capitalise en bourse 723 milliards de dollars : " Apple pèse plus lourd que la Suisse "( source Le Temps, Genève).


Chiffre d'affaires cumulé de Google, Amazon, Facebook et Apple ( dont les directions sont toutes aux USA ) 316 milliards de dollars, soit le PIB du Danemark, 35eme puissance économique du globe. ( source Courrier international ).


..." L'état perd des pans importants de ses missions au profit de plateformes telles Twitter, Facebook,Google "....Les nouveaux centres de pouvoir que forment ces grands groupes du numérique, ainsi que d'autres tels que Youtube, Uber ou Airbnb, sont à même " d'organiser, par leurs réseaux transnationaux, les individus et les institutions de manière totalement différente ( et souvent plus efficace ) que les états-nations classiques.."

D'autant plus qu'ils sont aux mains de " Libertariens " convaincus que tout doit passer par le libre jeu du Marché, et que l'état est " une machine a entraves ". ( source Der Spiegel )


" les communistes, les fascistes et les héritiers des Lumières voulaient anéantir l'ancien ordre mondial pour en établir un nouveau... En ce début du XXIème siècle, les visionnaires n'appartiennent pas à la classe politique. Aucun grand parti n'a pour projet de changer le monde... Le titre de visionnaire, délaissé par la classe politique, a été récupéré par les hommes d'affaires et les grandes entreprises... les décisions les plus importantes de l'histoire de l'humanité seront prises par un minuscule groupe d'ingénieurs et d'hommes d'affaires ".( source New Statesman )

Remarquons toutefois que cette déferlante de l'idéologie contre-révolutionnaire recouvre essentiellement l'Occident, avec l'assentiment des gouvernements et des partis convertis à l'idéal du Marché-Roi, et ses périphéries d'Afrique et du Moyen-Orient. Quelques grandes Nations ont encore suffisamment de vitalité pour pérenniser leur état- national contre cette dilution dans le Capitalisme mondialiste. C'est le cas du gouvernement chinois: même ceux qui le critiquent ne peuvent nier qu'il utilise avec succès l'état national pour structurer l'économie du pays, et qu'il s'efforce de réduire à juste titre les ingérences extérieures par internet. Alors que les dirigeants français, toujours prêts à fustiger le viol des libertés chez les autres, ne savent que gémir de voir les " réseaux sociaux " organiser le départ de jeunes déboussolés pour les camps de Daech en Syrie...

Francis Arzalier

le 8 septembre 2015

SOURCE: Collectif communiste polex

Ouverture d'un grand débat sur les questions européennes et la souveraineté. Parlons souveraineté à gauche !

 

8 Septembre 2015

 

Envoyé par lenny Bembara, relayé par Gilbert Rémond

 

Nous, jeunes militants et responsables PCF, PG, MRC, Nouvelle Donne et PS appelons à un grand débat sur l'UE et la souveraineté.

Pour les pays d'Europe, il y aura un avant et un après l'expérience Syriza au pouvoir.

 

La stratégie de réorientation de l'Union Européenne a montré ses limites, la Grèce et la volonté de son peuple ont été mises au pas. L'Union Européenne a révélé sa véritable nature, elle est un ensemble d'institutions qui permet au capital financier d'exercer sa domination.

 

L'euro est l'outil de cette neutralisation de la démocratie. Nous avons vu agir la Banque Centrale Européenne : par les multiples pressions qu'elle a exercées, elle a pris le peuple grec en otage. L'aboutissement de cette crise par la mise en place d'un énième plan d'austérité nous oblige à la réflexion. Comment pouvons-nous accepter que la gauche se résigne à appliquer une politique qui va encore aggraver la situation des classes populaires?

 

Désormais, les mouvements qui veulent abattre l'austérité doivent prendre en compte cette donnée : la possibilité de modifier les traités est très faible. De ce fait, dans l'UE et dans l'euro, point de salut.

 

En conséquence, la souveraineté nationale doit être au cœur de tout projet de liberté et d'égalité. Aujourd'hui, l'État-Nation reste le seul cadre d'exercice de la souveraineté populaire, sans laquelle il n'y a pas de démocratie. C'est aussi le lieu principal où se concentre la lutte du peuple contre les puissances de l'argent.

 

Nous, partisans des forces contre l'austérité devons formuler un projet social et écologique qui réconcilie intérêt de la patrie républicaine et internationalisme authentique. L'internationalisme ce n'est pas le supranationalisme, c'est encore moins mettre en compétition les travailleurs de tout un continent les uns avec les autres. C'est au contraire la solidarité, et le soutien à toutes les luttes sociales qui s'expriment en Grèce, en Espagne et ailleurs.

 

Nous ne croyons pas à la rhétorique du repli sur soi, l'histoire prouve que la coopération est possible entre les nations en dehors du cadre supranational, comme le montrent les succès d'Ariane et d'Airbus.

 

Depuis des années, le projet européen, par son acharnement à détruire les nations, s'est rendu responsable de la montée des nationalismes qui ravagent notre continent. La France doit être libre pour accomplir son idéal d'égalité.

 

Le rêve de l'UE n'est plus : l'aspiration à la solidarité et à la protection à laissé place à une structure à l'ossature technocratique dont le bras armé est le néolibéralisme. Cette créature tyrannique sera balayée par l'histoire, et nous devons être politiquement armés pour que le progrès soit l'horizon du nouveau cadre politique qui s'annonce. Nous estimons que ces éléments décisifs du débat politique ne pourront plus être contournés.

Nous appelons donc à la tenue d'un grand débat sur les questions européennes au sein de la gauche afin de réorienter notre stratégie si nous voulons rassembler et vaincre.

 

Co-rédacteurs :

 

Lenny Benbara (Membre de la commission économie du PCF), Arthur Contamin (PCF, responsable du FDG Sciences Po), Côme Delanery (PCF, responsable de Contre-Courant Sciences Po), Raphaël Audouard (co-secrétaire du PG Malakoff/Montrouge/Bagneux), Baptiste Peyrat (PG), Simon Fulleda (PS, fondateur du Cercle République), Mélanie Tissier (Nouvelle Donne) et Paul Zurkinden (Secrétaire national du MRC).

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Réfugiés, religion, sondages et la plume de José Fort

Réfugiés, religion, sondages et la plume de José Fort
Réfugiés, religion, sondages et la plume de José Fort

Et le blog de José Fort:

Deux France

3 Français sur 4, s’ils avaient pu être consultés, auraient soutenu l’anéantissement de la Commune de Paris.

3 Français sur 4, s’ils avaient pu s’exprimer en 1940, auraient voté les pleins pouvoirs à Pétain.

3 Français sur 4 approuvaient en 1939 l’emprisonnement des réfugiés espagnols.

3 Français sur 4 étaient favorables, au début du conflit à la guerre colonialisme en Algérie.

2 Français sur 4 ont approuvé les bombardements sur la Libye

56% des Français, selon un récent sondage, refusent d’accueillir les réfugiés fuyant la mort.

Alors ? Il y a toujours eu deux France : la combattante, la généreuse, la solidaire ; l’égoïste, la peureuse, celle qui préférait Thiers et Pétain, l’ignoble. A ne pas oublier, pour mieux ajuster le combat.

Et puis ma France, la mienne et celle des travailleurs:

 

Conférence de presse de Blummollet

Publié le 7 Septembre 2015

Qu'en aurait dit Jaurès ?
 
Conférence de presse de Blummollet
Bis (ou ter, ou quater voir plus depuis l'inventaire...)
 
Certainement, analyses et expériences confirmant, il aurait dit  quelque chose du style de ceci : 
 
"Le parti socialiste porte le capitalisme et la guerre comme la nuée porte l'orage et la grèle"
 
Le Monarque de l'Elysée, sans même consulter le parlement, annonce des vols de reconnaissance pour bombarder la Syrie.
 
Va-t-il au nom de ses dernier propos appelant à neutraliser le chef de l'Etat syrien indistinctement frapper (un peu) les islamo fascistes installés et armés par la Turquie et l'Otan (dont la France) et (beaucoup) le régime Syrien qui s'il est peu présentable ne vaut pas pire que celui d'Erdogan en Turquie ?
 

Rédigé par Canaille Lerouge

Fête de section de Béziers

Compte-rendus des débats de La Plantade

 

Pierre Laurent fait sa rentrée nationale à Béziers !

 

par  Paul Barbazange 
 
La fête de la section du PCF de Béziers a connu un succès exceptionnel de participation sur ses deux jours. 350 Personnes ont participé au débat du samedi avec P. Laurent. Militants et citoyens ont répondu à cette invite des communistes. Loin de s’affaiblir au cours du débat la participation s’est renforcée. Il en est besoin. Béziers est la plus grande ville gérée par le FN et l’extrême droite, et les questions qui nous sont posées à cette rentrée sont lourdes : situation en Grèce, réfugiés en Europe, loi Macron et austérité. En tant que secrétaire de section, j’ai interpelé notre secrétaire national sur l’urgence du débat sur les questions européennes après l’échec de Syriza, et les conditions d’organisation de celui-ci. Cela ne peut attendre le congrès dans six mois, c’est maintenant que les citoyens s’interrogent. Vous trouverez ci-dessous deux compte-rendus et une réaction du secrétaire de section de l’ouest biterrois (elles n’engagent que leurs auteurs) même si des questions essentielles sont posées. Pour ma part je me limiterai pour l’instant, dans l’attente d’un débat collectif, à considérer comme très important le retour "en curiosité" vers nous de nombreuses personnes qui avaient pu croire aux facilités réformistes ou aux leurres mouvementistes. Saurons-nous par une rapide évolution de nos analyses porter à maturité ces questions ?

Paul Barbazange
 

La Plantade 2015 : 1er débat avec Pierre Laurent

 

Comme prévu la présence de Pierre Laurent, le secrétaire national du parti communiste, a attiré beaucoup de monde à ce premier débat de l’édition 2015 de la fête de La Plantade. Il était présidé par Sabrina Ould-Aklouche, candidate aux prochaines élections régionales et Nicolas Cossange, tous deux désignés par les communistes, comme leur chef de file pour le département de l’Hérault.

 

Dans sa présentation Sabrina a mis en exergue les difficultés des étudiants dans le contexte présent, obligés le plus souvent d’avoir une activité salariée pour subvenir à leurs besoins. Elle a décrit la politique malthusienne qui ne permet pas le développement de l’Université.

 

Pierre Laurent, après une introduction d’Aimé Couquet, a placé cette situation dans un ensemble qui s’inscrit dans la politique d’austérité. Une politique que les médias au service de l’agent présentent comme incontournable. Sera soulignée à ce propos toute la question de l’information confisquée par les grandes fortunes et la volonté de dénoncer cet état de fait.

 

Naturellement, les élections régionales programmées pour le mois de décembre ont fait l’objet de l’attention particulière de Pierre Laurent. La caractéristique, avec la constitution des grandes régions, c’est d’éloigner toujours plus le pouvoir de décision, des citoyens.

 

Les événements particulièrement bouleversants survenus ces derniers jours avec les réfugiés qui fuient la misère et la guerre qui l’engendre, ont également été abordés dans les propos du secrétaire national.


Une introduction assez courte qui pouvait permettre les échanges. Ceux-ci ont été nombreux et divers. Depuis la stratégie électorale jusqu’au problème de la nature de la guerre en passant par la situation de l’agriculture, le vécu des travailleurs, les conditions du rassemblement à créer, les moyens de son efficacité…

 

Pierre Laurent a donné sa réponse aux différents aspects soulevés par la discussion. Sur la Grèce, l’Europe, l’euro, il s’est prononcé pour l’ouverture d’un débat au sein du parti communiste. Mais dans l’immédiat il s’est contenté de donner son point de vue. Nous aurions aimé entendre les arguments de ceux qui mettent en cause la finalité de l’UE et le rôle que certains font jouer à la monnaie unique pour museler l’indépendance des États.

 

Sur la question des migrants, personne n’a opposé la responsabilité du capitalisme dans les guerres à la nécessité d’ouvrir l’Europe pour accueillir les réfugiés. Il a été simplement affirmé en substance que « le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée dormante porte l’orage » et que cela renvoie à l’obligation où nous nous trouvons dans ce domaine comme dans d’autres d’en finir avec un système économique et social en fin de course.

 

Pierre Laurent a par ailleurs mis en garde contre les risques de voir la droite et son extrême se retrouver après les prochaines élections en mesure de gérer les régions avec une aggravation de la politique appliquée. Il a appelé au succès au premier tour des listes dans lesquelles seront impliqués les communistes.


Avant de se séparer pour prendre l’apéritif puis passer à table pour ceux qui restaient pour le repas, nous avons écouté un jeune Palestinien dont les propos ont été traduits par notre ami Omar. Il nous a invités chez lui en Palestine, espérant qu’elle sera libérée pour nous accueillir.

 

Jacques Cros


A propos de l’intervention de P. Laurent à La Plantade

 

Pierre Laurent a fait à La Plantade une intervention claire, argumentée, intéressante devant un public nombreux et attentif ; rien à dire sur la forme.


Il y a par contre un désaccord sur l’Europe, les politiques dites d’austérité et le rassemblement, sur les élections régionales, un désaccord de fond.

 

Sur la question de l’Europe, P.Laurent maintient sa confiance à Tsipras. Il dit qu’il a fait ce qu’il a pu face à la brutalité des dirigeants européens. Mais à quoi s’attendait-il donc ? Pensait-il que la troïka allait laisser tranquillement le gouvernement grec appliquer sa politique parce qu’il a été élu ? Ils n’en ont rien à faire du vote des peuples et P. Laurent, le PGE et Tsipras devraient le savoir. L’exemple chypriote et celui de 2005 en France auraient du suffire pour les éclairer sur la véritable nature de l’UE : pas autre chose que l’Europe du Capital, prête à tout pour préserver les intérêts des banques et des multinationales. En s’enfermant dans le cadre de l’Euro et des institutions européennes, le gouvernement Tsipras s’est livré pieds et poings liés aux dirigeants européens. Et c’est malheureusement dans cette voie qu’il compte poursuivre.

 

Sur le plan intérieur, P. Laurent veut rassembler tous ceux qui s’opposent aux politiques d’« austérité ». Ce sont donc les politiques gouvernementales qu’il cible, avec l’idée d’un gouvernement de gauche élargi qui appliquerait une autre politique. Et voilà la gauche élargie… une autre mouture de l’Union de la gauche ou de la gauche plurielle. On n’est plus dans la mise en cause d’un système et du rassemblement contre ce système.


Rassembler contre les politiques d’austérité ne dit pas pour quoi l’on est. Le FN aussi se dit contre l’austérité. 


Qualifier les politiques gouvernementales de politique d’austérité est insuffisant. Ce n’est pas l’austérité pour tout le monde. Ces politiques ne sont pas autre chose que des politiques de soutien à l’accumulation capitaliste. Le dire c’est porter le regard vers l’adversaire réel et créer les rassemblements nécessaires.

 

Sur les régionales, nous cherchons des accords de sommet tout azimut parce que nous avons perdu le soutien populaire. Là aussi nous nous précipitons dans une logique électorale sans aucune mise en cause des institutions.


Le périmètre des régions, les moyens financiers, leurs compétences… tout cela a été décidé en dehors du vote des citoyens. Ne faisons plus comme si le jeu démocratique pouvait se déployer pleinement alors que tout est déjà pipé. Il faut le dire : les institutions sont verrouillées pour que quelque soit le vote des citoyens ce sont les mêmes politiques qui s’appliquent pour servir toujours les mêmes intérêts. Les gens ont compris cela. Ne pas le dire c’est laisser la place au "tous pourris" du FN.

 

Montrons le caractère de classe des institutions actuelles et posons la nécessité d’autres institutions au service des besoins populaires. Inscrivons nos propositions dans le cadre d’une autre République populaire et sociale (non pas celle de Mélenchon) dans le prolongement du travail initié par le conseil national de la résistance et notamment les ministres communistes.

 

P. Laurent ne prend pas la mesure de la gravité de la situation. Il y a là un désaccord de fond : P. Laurent s’inscrit dans le cadre des institutions sur une opposition Droite/Gauche. Il s’enferme dans des stratégies électorales sans issues.


Or il ne s’agit plus de ça : nous sommes dans un affrontement de classe où les dominants mènent une véritable guerre contre les peuples dans une situation où la classe ouvrière a été anéantie en tant que classe. Nous sommes sous la dictature des marchés financiers, des banques et des multinationales et P. Laurent agit comme si nous étions encore en République sous un régime démocratique.


Une autre stratégie s’impose : aider par nos propositions à rassembler le salariat et mener avec lui la lutte de classe jusqu’au bout, jusqu’au changement des classes dirigeantes.

 

Le 7 août 2015, Christian Harquel, secrétaire de section ouest biterrois


La Plantade 2015 : 2ème débat

 

Il a eu lieu le dimanche matin. Il s’est déroulé en deux parties, la première a été consacrée aux enseignements que l’on doit tirer de la situation créée par les drames que l’on connait avec les réfugiés qui tentent d’immigrer. La seconde qui était prévue dans le programme, avait trait au bilan de la gestion de la ville par l’extrême droite.


Paul Barbazange, le secrétaire de la section de Béziers du PCF, a fait le point sur le niveau atteint par les désastres engendrés par les guerres. La photo du petit Aylan dont la mer a rejeté le corps a bouleversé l’opinion publique. Il a appelé à s’emparer de la journée internationale de la Paix organisée chaque année, le plus souvent sans mobilisation d’ampleur, le 21 septembre.

 

Il y a eu des échanges autour de cette question. Le cadavre d’Aylan rejeté sur une côté européenne de la Méditerranée a été rendu visible par les médias. Il n’en a pas été de même des centaines d’enfants tués par l’armée israéliennes dans la bande de Gaza à l’été 2014. Pourtant nous avions été alertés, grâce notamment aux réseaux sociaux.


Puis sera démonté le mécanisme qui conduit les candidats à l’immigration à risquer, et quelquefois à perdre leur vie dans la tentative de quitter leurs pays dont les infrastructures sont détruites par les guerres. Il faut dénoncer les responsables de celles-ci. C’est toute la logique du système de domination capitaliste qu’il faut mettre en cause sera-t-il clairement affirmé.

 

Au passage il a été indiqué que les réfugiés qui quittent leur patrie sont les mieux formés et leur absence contribuera à l’affaiblissement des économies déjà endommagées par les conflits. Ce qui s’explique d’ailleurs par le fait qu’il faut payer les passeurs ce qui n’est pas à la portée de ceux qui sont au bas de l’échelle sociale.


Dans la deuxième partie du débat, on entendra un exposé d’Aimé Couquet, conseiller municipal, qui a dressé un réquisitoire de la gestion de la ville de Béziers par Ménard. Il sera complété par le témoignage de Xavier Verdejo, professeur d’histoire géographie à Narbonne, qui a rendu compte des démarches judiciaires qu’il a engagées après l’agression qu’il a subie, en tant que professionnel, de la part du Front National.


Le débat s’est poursuivi, interférant avec la discussion sur le premier volet. Yvan Vialette, employé territorial, décrira quelques aspects de la gestion municipale, caractérisée par l’incompétence et la malhonnêteté, ainsi que la destruction des services publics municipaux au détriment de la police municipale, dont les effectifs sont exagérément gonflés. Il rappellera la journée tenue à Béziers par VISA, une structure regroupant la CGT, la FSU et SUD et souhaitera l’organisation de VISA sur notre ville.

 

Nous avons relevé parmi les interventions celle d’une dame de confession musulmane, en tenue traditionnelle, qui a noté avec humour que si on faisait disparaître les Arabes, disparaitrait ipso facto le Front National dont l’islamophobie est le principal viatique.


A ce propos Xavier Verdejo rappellera le rôle qu’ont joué, en tant que boucs émissaires les étrangers présents en France. Espagnols dans le Midi, Italiens en Provence, Polonais dans le Nord, Juifs sous Vichy et Musulmans aujourd’hui ! La division des travailleurs est la clé de voûte du règne du patronat !


Avant de nous inviter à prendre l’apéritif, Paul Barbazange a appelé, par-delà notre diversité d’approche, au renforcement du parti communiste.
Un débat riche qui a rassemblé pas loin d’une centaine de participants.

 

Jacques Cros

Moins de cinq cents personnes contrôlent deux mille milliards de dollars en actifs commerciaux. Ces gens sont-ils plus nobles ? Travaillent-ils plus durement ? N’ai-je pas dit, voilà cent cinquante ans, que le capitalisme allait augmenter la richesse dans des proportions énormes mais que cette richesse serait concentrée dans des mains de moins en moins nombreuses ? « Gigantesque fusion de la Chemical Bank et de la Chase Manhattan Bank. Douze mille travailleurs vont perdre leur emploi… Actions en hausse. » Et ils disent que mes idées sont mortes !…

 

« Je voulais montrer un Marx furieux, truculent et bien vivant  ; le sauver non seulement des pseudo-communistes mais aussi des essayistes et des politiciens qui s’extasient devant le triomphe du capitalisme. »

 

Auteur d’Une histoire populaire des États-Unis et d’une vingtaine d’ouvrages consacrés à l’incidence des mouvements populaires sur la société américaine, Howard Zinn (1922–2010) a été tour à tour docker, bombardier, cantonnier et manutentionnaire avant d’enseigner à la Boston University. Militant de la première heure pour les droits civiques et contre la guerre du Vietnam, il a conçu son métier d’historien comme indissociable d’un engagement dans les luttes sociales.

 

Howard Zinn
Karl Marx, le retour
Pièce historique en un acte

Parution : 03/09/2015

ISBN : 9782748902457
96 pages (12 x 17 cm) 8.50 €


Préface de l’auteur

Traduit de l’anglais par Thierry Discepolo

Troisième édition française (« Manufactures de proses », 2002, 2010)
Titre original : Marx in Soho ( South End Press, 1999)

Pour commander : http://agone.org/centmillesignes/karlmarxleretour/index.html

»» http://agone.org/centmillesignes/karlmarxleretour/index.html
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Ah c'que c'était bien avant !

Publié le 6 Septembre 2015

ou comment construire une pensée réactionnaire
 
Ah c'que c'était bien avant !
Comme c'était bien avant les Encyclopédistes et les Lumières
 
Un débat se dessine sur les réseaux sociaux à partir de découvertes qui pourtant sont évidences : ceux qui ont construit les ruptures antérieures l’avaient fait avec le patrimoine de leur réalité sociale et les idées et pratiques de leur temps. La question est-elle de condamner ce qu'ils disent au nom de ce qu'ils furent ou de mesurer ce que malgré ces pesanteurs ils ont permis de faire bouger ?
 
Les hommes des Lumières, les Encyclopédistes n’étaient pas des extra terrestres et tous étaient issus des catégories sociales qui les avaient éduqués et formés à les perpétuer mais qui, à un moment donné, vivaient une telle contradiction que l’expression de leurs idées les mettaient en opposition avec ce que leur état social créait de condition à leur existence.
 
Esclavagistes, racistes, patrons, exploiteurs, sexistes, rentiers tout ce que leurs écrits vont aider à engager de combat pour les subvertir était leur fond social, leur rapport à l’humanité. Point de rupture pour tous, la liberté de conscience contre la religion et l’absolutisme qui se confortaient dans le maintien des critères énoncés ci avant.
 
Pour faire confortablement devant son clavier le procès des hommes des Lumières et de ces Encyclopédistes qui tous étaient révolutionnaires dans ce qu’ils poussaient à la subversion de l’existant pour un autre ordre économique social et politique, n'est-il pas pour le moins prétencieux et n'exige-t-il pas plutôt à bien de re-contextualiser la période où ils vivaient et ce que fut leur apport, pas pour en faire l’horizon indépassable de la transformation révolutionnaire, sinon tous les conservatismes vont se frotter les mains.
 
De même que la démocratie athénienne (qui sert de référence à la vie politique et aux débats d’actualité) n'avait de démocratie que le nom ; elle gardait l'esclavage, institutionnalisait l'exclusion du suffrage universelle toutes les catégories populaires et interdisait (déjà) la citoyenneté à toutes les Athéniennes, ne pas regarder à quel moment les lumières et les encyclopédistes interviennent et pour dire ce qui fait rupture avec le féodalisme et l’absolutisme va bientôt conduire au nom de la pureté des idées à faire regretter le numéro 11 de chez Louis aux fragances de cage de fer, les dragonnades du numéro 14 et les pratiques de droit divin ou les bûchers de l’inquisition que la cohorte des références anté, inter ou successorales à ces deux autocrates avaient entretenus.
 
Dire que ce qui fait bouger est pire que l’existant ou ne vaut pas mieux est le principe même de la pensée réactionnaire (ne changeons rien) ou l’excuse à toutes les dérives construites sur la fatalité des choses (suivez mon regard vers les roses crépuscules qui tentent désespérément de maquiller l’horizon déclaré indépassable du marché).
 
Les Communards comme les Sans-culottes n'avaient pas aboli la peine de mort. Ils l’ont même utilisé pour se défendre des massacreurs (la première terreur est blanche, les massacres versaillais) comme les bolchéviks se sont défendus des armées blanches et de l’interventionnisme des puissances occidentales. En France le procès permanent contre Robespierre par tous les conservatismes est la pierre angulaire de l'édifice réactionnaire. C'est ce qui permet aux assassins de présenter les révolutionnaires comme des brutes sanguinaires. Ces Révolutionnaires, face à la déferlante, Faut-il les renier? Fallait-il qu’ils tendent leur profil gauche au sabre des massacreurs ?
 
Venant de ceux qui traitent de l'appellation générique de « stalinien » quiconque révèle les passés vichyssois des uns ou des autres est pour le moins fort de café. Venant de ceux qui se laissent brouiller l’horizon pour les contraindre à mieux rester l’arme au pied cela demande informations, aides et pour certains des éléments d’instruction dont ils ont été privés pour leur interdire d’y réfléchir.
 
Et pourtant il semble bien que d’aucuns ne faisant aucun effort pour s’affranchir de la pensée dominante et aider leurs semblables à s’en extraire, pour montrer qu’ils sont comme maintenant les autres en arrivent à démontrer qu’ils sont devenus…comme les autres.
 
On ne construit pas de ruptures efficaces avec les matières vermoulues de la consolidation de l’état existant.
 

Rédigé par Canaille Lerouge

Le Vénissian d’Aout 2015 est sorti...

Numéro spécial sur l’actualité internationale

, par  pamillet  pdf

 

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Le sommaire

 

- La leçon grecque Pour refuser l’austérité. Il faut vraiment mettre en cause l’U.E.!


- Palestine, Syrie, Grèce, Ukraine... Les fauteurs de guerre et de terrorisme sont à l’OTAN !


- C’est d’abord le financement du terrorisme qu’il faut arrêter !


- Face au terrorisme, Prolétaires de tous pays, unissez-vous !


- Israel - Palestine, L’OTAN soutient l’apartheid !


- Algérie...

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Rouge Midi à la Fête de l’Humanité

 

Dimanche 6 septembre 2015 

par  Rouge Midi 

C’est sur un stand du double de surface de celles des années antérieures que Rouge Midi sera présent sur la fête cette année.
 
Il faut dire qu’il nous en faut de la place pour accueillir nos amis !
 
- Les fralibiens devenus scoptistes qui feront déguster toute la gamme des produits 1336 et en plus promettent une animation musicale de Los Fralibos au moins aussi intense que celle de l’an passé !!
 
- Les coopérateurs de La Fabrique du Sud qui cette année occuperont toute une partie du stand pour nous faire déguster leurs délicieuses glaces de La Belle Aude avec une gamme bien enrichie cette année
 
- Nos amis de FAKIR qui (pour faire passer le contenu de certains de leurs articles ?) nous feront déguster un rhum de derrière les fagots
 
- Nos camarades du Nord bien présents dans les débats et entre ceux-ci avec leur bière chti, bio et artisanale et qui disent à qui veut l’entendre qu’ils ont la meilleur bière de la fête et peut-être même davantage
 
- Nos camarades de boites en lutte en particulier celles et ceux de la filière énergétique qui diffuseront leur matériel de lutte et seront aussi bien présents dans des débats qui s’annoncent passionnants.
 
- Des écrivains pour des moments forts d’échange et de dédicace
 
- Comme l’indique la liste ci-dessous il y aura aussi des musiciens bien sûr et des artistes avec un spectacle pour enfants qui permettra à leurs parents de souffler pendant qu’ils iront discuter de choses sérieuses ailleurs !
 
Mais bref puisqu’une belle affiche vaut mieux qu’un long discours...
 
Donc pour celles et ceux qui peuvent monter, rendez-vous au stand de Rouge Midi
 
Stand N° 689 avenue Toussaint Louverture
 

Fête Huma 11-12-13 sept 2015

 

Programme stand Rouge Midi


(en co-organisation avec SCOP-TI, La belle Aude, FAKIR, le RCC...)

 

Vendredi 16h : Inauguration du stand

 

Dédicace du livre de JOSE FORT

 

30 d’Humanité:Ce que je n’ai pas eu temps de vous dire...


18h groupe musical palestinienListe des débatsVendredi

 

19h : quelle action aujourd’hui pour la Palestine et pour George Ibrahim Abdallah,Prisonnier et président d'honneur de Rouge Vif 13 ?

 

Samedi 15h : Face à face François Ruffin de FAKIR et des syndicalistes de l’industrie énergétique : Centrale thermique de Gardanne, Nexcis, Total… : Ecologie et emplois énergétiques sont-ils compatibles ?

 

Samedi 17h  : Quelle action politique à l’entreprise ? Avec Gérard CAZORLA de SCOP-TI (ex-Fralib), Jean CALVARY de la SNCF...

 

Dimanche 11h  : Comment rassembler les communistes ? Avec Hervé POLY secrétaire fédéral du PCF 62 et des militants de Rouge Vif, de la coordination communiste 59/62

 

Dans le week-end dédicaces sur le stand de livres par leurs auteurs :au delà de José FORT, Danielle BLEITRACH, Saïd BOUAMAMA et Francis ARZALIER

 

A (re)découvrir les publications de FAKIR, celles de Rouge Vif 13, du Cercle Henri Barbusse

 

Tout au long du week-end animations musicales et spectacles avec Mathieu Barbances, Red Lezard, Los Fralibos et d’autres artistesRestauration (huîtres, samoussas, grillades), bar, brasserie avec notre bière artisanale bio et chti et évidemment dégustation des produits 1336 et des glaces de La belle Aude.

A propos du moment actuel...

 

Entretien avec Georges Gastaud secrétaire national du PRCF

 

, par  Georges Gastaud 

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I.C. – Quel regard le PRCF porte-t-il sur la situation internationale ?

 

Georges Gastaud : La réalité des faits est que la crise du système capitaliste ne peut que s’aiguiser* et que de nombreux indicateurs montrent que la croissance mondiale – à supposer que ce critère discutable mais largement utilisé se suffise à lui-même – fait plus que s’essouffler. Non seulement la zone euro hésite entre stagnation et récession, non seulement la croissance chinoise – largement dépendante de la mondialisation malgré certains efforts de recentrage national – ralentit, avec une multiplication des conflits sociaux, mais la croissance états-unienne est très suspecte qualitativement et très profondément malsaine, comme l’a récemment montré un ancien responsable de l’économie états-unienne.PNG - 84.4 ko

 

Comme on peut s’y attendre, cela ne rend pas le monde plus sûr, plus pacifique et plus écologique… Aggravée par les ingérences d’Obama et de Hollande-Fabius en Syrie, la crise géopolitique du Proche-Orient peut toujours embraser toute la région en exportant des foyers terroristes jusque dans notre pays. L’impérialisme occidental qui a misé sur les talibans en Afghanistan pour contrer l’U.R.S.S. et les forces révolutionnaires locales, qui a ensuite attisé le communautarisme religieux pour contrôler l’Irak, a désormais devant lui une mondialisation tendancielle de forces terroristes. Fondamentalement, la prolifération de ces créatures de Frankenstein qui violent, torturent et exterminent au nom de la religion, est le joli résultat des manigances de l’impérialisme occidental et de ses alliés archi-réactionnaires de la région, Arabie saoudite et Qatar en tête.

 

Alors que notre pays s’était honoré aux yeux du monde arabe en refusant la seconde guerre du Golfe, la politiquedéstabilisatrice de Hollande, qui fait suite aux aventures libyennes irresponsables de BHL-Sarko, attire comme un aimant les actions terroristes sur le territoire national : et ce n’est pas le flicage généralisé d’internet ou la militarisation à outrance des gares françaises qui vont nous prémunir contre les tueurs fanatisés, comme le montre encore l’affaire récente du « Thalys » ! Entendons-nous bien : le terrorisme est un phénomène odieux et un pouvoir progressiste ferait tout pour l’éradiquer en ciblant ses instigateurs véritables et non l’ensemble de la population et plus encore nos compatriotes de tradition musulmane. Mais cela ne doit pas faire oublier que les interventions néocoloniales de l’impérialisme franco-atlantique de la Syrie au Mali relèvent elles-mêmes du terrorisme d’Etat et que les vrais progressistes français – ce mot exclut le PS, tout entier acquis à l’impérialisme depuis août 1914 ! – doivent combattre bien plus fort cet impérialisme aussi dangereux pour les peuples visés que pour le peuple français qu’elles divisent, désorientent et avilissent aux yeux des peuples du Sud. Même remarque à propos du soutien honteux et hyper-dangereux que l’OTAN et son petit soldat Fabius ont apporté au pouvoir pronazi de Kiev qui joue avec la paix mondiale en provoquant la Russie, seconde puissance nucléaire au monde…JPEG - 6.6 koCependant l’impérialisme n’a pas partie gagnée. Il parvient certes à semer la haine et le chaos partout – il n’est que de voir la liste de pays où il est désormais interdit aux citoyens du « monde libre » de voyager – mais il ne parvient absolument pas à rétablir un semblant d’ordre dans les pays qu’il déstabilise et même si au final ce chaos profite aux prédateurs impérialistes (Somalie, Soudan, Irak, Libye, Syrie, Ouest africain…), le temps est loin où l’Oncle Sam faisait régner au prix du sang la « pax americana » dans ses néo-colonies. La réalité est que les peuples consentent de moins en moins à la domination impérialiste de la nouvelle Triplice USA, Europe atlantique sous domination berlinoise, Japon en voie de remilitarisation.

 

D’autant que les BRICS, dans lesquels subsiste une forte influence communiste même s’il s’agit de pays intégrés à la mondialisation néolibérale, sont un obstacle grandissant à la domination US. Il ne s’agit pas d’idéaliser ces pays et de masquer les contradictions de classes qui les traversent, notamment en Chine, mais de prendre appui sur leur force montante pour isoler l’ennemi principal qui pour nous, est plus que jamais dans NOS pays terriblement prédateurs (souvenons-nous du précepte du communiste allemand Karl Liebknecht s’écriant en août 14 : « l’ennemi principal est dans ton propre pays »). En outre, répétons-le, il ne faut pas regarder les BRICS comme des réalités homogènes. En tant qu’Etat la Chine est à la fois un maillon important de la mondialisation néolibérale et un obstacle à l’hégémonie US de par sa politique nationale de construction d’un marché intérieur ; mais surtout, les communistes que nous sommes doivent regarder du côté de la classe ouvrière chinoise et de la paysannerie : elles n’ont pas oublié les acquis de la Révolution populaire de 1949 et elles mènent de grandes luttes qui sont d’importance pour le rapport des forces mondial entre le capital et le travail.

 

PNG - 92.6 koPRCF affiche départementales UE valls

 

Pour nous, militants communistes français, cela signifie que nous devons à la fois combattre plus fort la « Françafrique », plus vivace hélas que jamais, et que nous devons aussi dénoncer la « construction » européenne dont certaines forces politiques euro-dépendantes, qui ne méritent que l’épithète léninienne de « sociaux-impérialistes » (sociaux en paroles, impérialistes en fait !), fardent la nature politique en appelant à construire l’introuvable « Europe sociale »… dans le cadre même de l’U.E.. On n’est ni communiste, ni internationaliste, ni patriote, ni même simplement progressiste aujourd’hui, si l’on continue, après l’affaire grecque et le diktat honteux avalé par Tsipras, à appeler les travailleurs – qui par bonheur se détachent des euro-mensonges ! – à construire l’ « Europe sociale, démocratique et pacifique », ce conte de fées pour enfants trop sages. De plus en plus de travailleurs comprennent que l’UE est un monstre impérialiste, de plus en plus dictatorial, fascisant, militarisé, un vrai nid de frelons où prolifèrent les nazis-fascistes de toute espèce sur fond d’anticommunisme et d’antisoviétisme à retardement. C’est donc à la fois un devoir internationaliste et un devoir patriotique pour les communistes français véritables, pour les syndicalistes lucides et pour tout républicain digne de ce nom (un nom à ne pas abandonner à l’indigne Sarkozy !), que d’appeler la France à sortir du broyeur européen des peuples. Et c’est urgent ; il faut le faire avant que notre pays, ses acquis sociaux, sa production industrielle et agricole, sa recherche, ses services publics, et même sa langueJPEG - 11.8 ko

lumineuse broyée entre le tout-anglais transatlantique et la « charte européenne des langues régionales », ne se soient totalement dissouts dans l’acide sulfurique de l’ « Union transatlantique ». Je le redis au nom du PRCF, l’UE atlantique, si on n’en sort pas, on « y restera » ; pour « s’en sortir », même si ce n’est qu’une première étape de la transformation sociale, IL FAUT EN SORTIR et le plus tôt sera le mieux !Comme vous le voyez, si « un peu d’internationalisme éloigne de la patrie, beaucoup y ramène », comme disait Jaurès, qui tomba sous les balles d’un prétendu « nationaliste » à la veille de la première boucherie mondiale !

 

I.C.- Comment vois-tu la lutte pour les « quatre sorties » (euro, UE, OTAN, capitalisme) ?

Georges Gastaud : J’ai d’abord le devoir de rappeler un fait : quand le PRCF, héritier de la Coordination communiste puis de la FNARC, fut créé en janvier 2004, nous étions sans doute la seule force (ou l’une des seules forces) communiste et progressiste en France et dans bien des pays européens, à ne pas marcher dans la farce de l’ « Europe sociale », que le gauchisme, ce flanc-garde « rebelle » du conformisme, habillait déjà aux couleurs de l’introuvable « révolution européenne ».

 

JPEG - 7.1 koaffiche du PRCF de 2005 pour le non à toute constitution européenne

 

Pendant dix ans et plus, les militants du PRCF ont fait, avec les moyens du bord, leur boulot d’avant-garde : ils ont ramé à contre-courant en démontrant qu’il était irresponsable d’abandonner au FN et à Sarko le drapeau tricolore et la Marseillaise, que la révolution socialiste ne passait pas par un peu probable « soulèvement européen » simultané (alors que l’UE a accru les divisions entre les peuples), qu’il fallait combattre TOUTE constitution européenne et revendiquer le ‘produire en France’ abandonné par le PCF, que l’euro ne nous protégeait pas de la mondialisation mais qu’il était au contraire un arme de destruction massive de l’emploi productif et du secteur public, que la défense des acquis du CNR ciblés par le MEDEF n’avait rien de « ringard », que l’alternative n’était nullement « Europe fédérale des régions » ou « repli national » mais bien reconquête de la souveraineté nationale pour mettre en place de nouveaux traités progressistes à l’image de l’ALBA latino-américaine ; qu’il y avait en un mot convergence stratégique entre la défense de la classe ouvrière, déchiquetée par les délocalisations et les privatisations et la défense de la République une, laïque, indivisible, souveraine et sociale dans la perspective du socialisme pour la France. Pendant ce temps, la direction du PCF, qui coïncide désormais avec celle du Parti de la Gauche Européenne subventionné par Bruxelles, devenait le meilleur rempart de l’euro en France et ne cessait, sous diverses formes, d’enfermer l’alternative populaire dans l’impasse du Front de gauche « euro-constructif », cet édifice chancelant qui a tant de mal à se dissocier électoralement du PS. Si je dis tout cela, ce n’est pas par autosatisfaction, ni pour dénigrer un parti qui fut le mien pendant plus de trente ans et dans lequel se trouvent encore des militants combatifs, c’est d’une part pour rendre hommage à mes camarades du PRCF qui, parfois sous les menaces et les insultes, ont vu clair en continuant le grand combat du PCF de Jacques Duclos contre l’Europe atlantique ; c’est aussi parce que si nous, PRCF, ne le disons pas, nul ne le dira à notre place alors que tant de gens, tout-à-fait estimables certes, font aujourd’hui comme s’ils étaient les premiers à découvrir les vertus d’une opposition radicale à l’UE.JPEG - 11.4 ko initiative cwpe prcf affiche travailleurs profits euro

 

En tout cas, cette lutte pour les quatre sorties, comme nous disons, fait tâche d’huile en France et en Europe tant elle permet de cibler le cœur de cible du capital, cette construction euro-atlantique supranationale ; ce faisant, la lutte pour la sortie de l’UE permet de mettre en accusation le grand capital « français » du CAC-40 qui la soutient mordicus, de rassembler non seulement les communistes véritables, non seulement les syndicalistes de classe qui refusent de se traîner derrière le pseudo-syndicalisme « européen » de la CES et de la CDFT, non seulement les patriotes progressistes qui ne veulent pas renoncer à la France et à ses conquêtes historiques, mais tous les communistes qui, sur notre continent, veulent se dégager de l’étreinte mortelle du PGE – ce contrefort rose vif de l’Internationale social-démocrate – pour rendre au Mouvement communiste international son indépendance de classe et sa force propulsive. Bref, la stratégie de sortie de l’UE atlantique par la voie progressiste, si elle s’accompagne d’un programme de rupture avec la domination du grand capital en France, est déterminante pour remettre notre peuple à l’offensive tout en dégageant la classe ouvrière de l’emprise de la social-démocratie, PS en tête.JPEG - 12.6 koTsipras et Laurent veulent ’changer l’Europe’ et une ’Europe du travail’....et pourquoi pas une OTAN pacifique et anti-impérialiste ?

 

Aujourd’hui la trahison de Tsipras, l’homme qui a sciemment accepté de « négocier » avec la Troïka avec un revolver braqué sur la tempe, ouvre les yeux de tous ceux qui ne sont pas résolus à suivre éternellement les états-majors euro-constructifs porteurs de défaites sociales à répétition. Il est honteux que la direction du PCF ait semé tant d’illusion sur Tsipras, qu’elle ait d’abord eu l’idée de soutenir, soi-disant par « solidarité », le diktat que Hollande, le « flic gentil » du couple formé avec Merkel, a imposé aux Grecs. Il est également honteux que la direction du PCF soutienne en France même des contre-réformes structurelles comme la Charte européenne des langues régionales et minoritaires qui vise à désétablir la langue française au profit du tout-anglais (cette langue de moins en moins « minoritaire » dans les entreprises capitalistes) et qui tend à ethniciser et communautariser la Nation*.

JPEG - 18.2 kodiscours MCB 30 mai

 

Cela n’interdit pas que certains militants, voire certaines organisations de base du PCF, se prononcent désormais contre l’euro et l’UE, bien qu’apparemment, le mouvement soit plus fort au sein du Parti de gauche où une partie de la direction commence à réfléchir à l’idée d’une sortie de l’euro à titre de « plan B »… malheureusement, cela laisse entendre qu’il y aurait un plan A (la prétendue « réorientation progressiste de l’euro ») et que ce plan, entièrement illusoire, serait préférable à une rupture franche… Toutes sortes d’économistes dont certains ont le mérite d’apporter des arguments précieux pour montrer la faisabilité d’une sortie de l’UE par la gauche, promeuvent désormais les deux (euro, UE), voire les trois (OTAN), voire les quatre sorties (capitalisme).

 

PNG - 67.4 koPRCF serpent fasciste 2 FRAPP eurofascsime front populaire

 

Tant mieux ! Mais l’essentiel est maintenant d’aller plus loin : les analyses sont faites, l’alternative se dessine et pour sa part, le PRCF a adopté dès 2011 un programme de transition révolutionnaire reposant sur les quatre sorties, sur la (re) nationalisation démocratique des services et du secteur publics, le tout étant porté sur un large Front antifasciste, patriotique et populaire (FRAPP !) centré sur le mouvement ouvrier. Pour nous, même si nous comprenons parfaitement que certaines forces non communistes n’en soient pas là (si tous pensaient la même chose, nous ne parlerions pas de « front » ou d’alliance !), nous considérons que c’est d’un même mouvement qu’il faut sortir du carcan euro-atlantique, reconquérir la souveraineté nationale, bâtir la véritable souveraineté populaire et relancer la lutte pour le socialisme dans notre pays : en effet, la classe capitaliste française est tellement compromise avec la « construction » européenne et avec le dispositif mortifère de l’euro (cf les appels unanimes répétés des PDG du CAC ou le manifeste du MEDEF appelant aux « Etats-Unis d’Europe » et à l’ « Union transatlantique ») qu’abattre ce projet mortifère, c’est nécessairement déclencher d’intenses affrontements de classes dont la seule issue positive ne peut être que le socialisme : les forces anti-UE qui ne sont pas communistes auront alors à choisir librement entre la défense de la nation assassinée par le grand capital et sa reconstruction sous un autre mode de production, piloté par le monde du travail en mouvement ; sans faire de l’accord général sur le socialisme le préalable à une reconquête populaire et patriotique, nous communistes ne cachons pas qu’en dernière analyse, notre but stratégique demeure la transformation révolutionnaire et socialiste de notre pays, dans l’intérêt de la masse de nos concitoyens.

 

I.C.- Mais le FN n’est-il pas lui aussi pour la sortie de l’UE ?


PNG - 77.5 koLe pen sortie de l’euro

 

Nullement ! Que chacun aille visiter le site du FN, fût-ce en se bouchant le nez. Non seulement il n’y est pas question de sortie de l’UE (et pour cause, en 86 les députés FN ont voté l’Acte unique européen !), non seulement Marine Le Pen ne parle parfois que d’un référendum sur l’UE en éludant sa réponse à la question, mais sur l’euro, la députée européenne du FN propose seulement le leurre politique qu’est la « sortie concertée de l’euro » : ce qui revient à soumettre la sortie française à l’acceptation par l’Allemagne et par les autres pays européens de la dissolution de la zone euro, laquelle n’est autre, comme je l’ai montré dans « Etincelles », qu’une zone crypto-protectionniste du couple conflictuel dollar-deutsche Mark.

PNG - 56.1 koUMP PEN FN

 

La « sortie concertée » agitée comme un hochet bleu marine, c’est un peu comme si l’on demandait au mouton détenu par des loups de ne sortir de la louverie qu’après avoir quémandé et obtenu l’accord préalable des 17 carnivores réunis pour un méchoui, plus l’accord du « berger » (= la classe capitaliste française) qui a volontairement livré le mouton ! Encore plus gravement, la patronne du FN – sans parler de son facho de père, parfait dans le rôle de repoussoir pétainiste – pantoufle désormais au parlement supranational européen avec d’étranges amis de son « Europe des nations » : par ex., l’euro-groupe du FN comporte le Vlaams Belang, qui veut dépecer la Belgique, qui persécute les francophones au nord de ce pays (l’usage du français est quasi-proscrit dans certaines villes, les Wallons et les Français s’y font traiter de « rats »)… et annexer si possible la Flandre française, de Lille à Dunkerque, à la future « Flandre indépendante » (indépendante de la Belgique, mais pas de l’UE… ni de Berlin et de l’OTAN !) ! Etrange « patriote française », vraiment que cette pseudo-héritière de Jeanne d’Arc qui fraie avec des groupes étrangers fascisants dont le but est ouvertement de dépecer la France !

 

PNG - 41.1 koFront antifasciste frappe

 

C’est pourquoi le PRCF considère comme un préalable absolu à la construction d’un Front antifasciste, patriotique et progressiste, non seulement le rejet clair de l’UE mais le refus total de flirter si peu que ce soit avec le FN. Dans ces conditions, le « gouvernement d’union nationale de Philippot à Chevènement » prôné par Nicolas Dupont-Aignan est un leurre dangereux ; il est également inquiétant que certains mouvements progressistes nient la fascisation politique en France et en Europe ; pourtant, dans tous les ex-pays socialistes annexés par l’UE, les PC sont interdits ou discriminés, les néonazis paradent de Riga à Kiev en passant par Budapest, les extrémistes de droite font des scores fleuves, des lois liberticides sont mises en place en Espagne par le parti postfranquiste (le « PP ») ; en France même le très réactionnaire Manuel Valls et les députés PS ont adopté sans états d’âme une loi liberticide analogue en son principe au « Patriot Act »américain. Ce n’est pas encore le fascisme certes (le mot fascisation que nous employons insiste sur le processus socio-historique plus que sur l’état final),

 

JPEG - 12.3 ko1934 front populaire

 

Mais Dimitrov et l’Internationale communiste faisaient déjà remarquer en 1935 (7ème congrès de l’IC, fortement influencé par Thorez et par le Front populaire français) que le fascisme n’arrive jamais au pouvoir sans un processus plus ou moins long de glissement de la démocratie bourgeoise vers des formes autoritaires et ultra-policières ; et derrière les vertueuses dénonciations du FN, les dirigeants libéraux et sociaux-démocrates facilitent quotidiennement le processus d’euro-fascisation par leur politique brutalement antisociale et par les mesures antidémocratiques qu’elle entraîne nécessairement pour « faire passer la pilule » en intimidant les citoyens.

 

PNG - 77.7 koDiktat union européenne

 

Car tous ces gens du pouvoir comprennent bien que de plus en plus « ceux d’en haut ne peuvent plus gouverner comme avant » pendant que « ceux d’en bas ne veulent plus être gouvernés comme avant » : ainsi Lénine définissait-il la crise révolutionnaire qui, parvenue à un certain degré d’incandescence, ne peut se dénouer que par la rupture révolutionnaire ou par le fascisme. Au passage, il faut balayer l’objection de mauvaise foi qui nous est souvent faite quand on nous dit – belle découverte ! – que la sortie de l’UE atlantique « ne suffirait pas » à remettre le pays sur la voie du progrès. Qui a jamais dit une telle absurdité ? Il ne suffit certes pas de s’évader d’une prison pour obtenir la liberté, mais pour être insuffisant, ce premier pas est nécessaire, surtout s’il prépare consciemment d’AUTRES pas. Mais ceux qui lamentablement disent que ce pas « ne suffit pas » en confondant condition nécessaire et condition suffisante, que proposent-ils sinon de repeindre en bleu, ou en rose vif, les barreaux de la prison européenne, qui se transforme peu à peu en mouroir ambulant ? Prenons une autre comparaison : faire partir une fusée en allumant son premier étage ne suffit pas, évidemment, à mettre le satellite dont elle est porteuse en révolution autour de la Terre ; mais quel étrange astronauticien serait celui qui déclarerait que, puisque le décollage du 1er étage est insuffisant pour opérer la mise sur orbite, le mieux est encore de laisser la fusée au sol tout en PRIANT pour que le satellite se mette de lui-même sur orbite… Surtout si ceux qui remplacent le travail effectif par la phrase gauchiste combattent de surcroît les gens sérieux qui transpirent pour faire décoller la fusée !A ces pseudo-révolutionnaires, je rappelle le mot de Guevara : révolutionnaire n’est pas celui qui attend de voir passer devant sa porte le cadavre de l’impérialisme ! Le devoir des révolutionnaires n’est certes pas de « déclencher des révolutions », qui sont des phénomènes objectifs, mais il est du moins d’en préparer les conditions subjectives en développant une stratégie qui permette aux masses de reprendre l’initiative. Quitte à rectifier le tir si nécessaire quand le processus réel est enclenché et que les masses se sont mises en mouvement en portant forcément toutes sortes d’initiatives : c’est le mouvement même de la vie !

 

I.C.- Ne faut-il pas alors viser directement l’insurrection prolétarienne et le socialisme ?

 

Georges Gastaud : Le PRCF ne cultive aucun dogme à ce sujet. Si les conditions générales d’un assaut contre le capitalisme, d’une instauration immédiate de la dictature du prolétariat** au sens marxiste du mot se mettaient en place – comme ce fut brièvement le cas en Europe après Octobre 1917, il ne faudrait évidemment pas tourner autour du pot. Nous ne sommes pas de plats « étapistes » qui veulent remettre le socialisme aux calendes grecques alors que les masses piafferaient d’impatience pour l’instaurer ! Et nous redisons que non il n’y aura pas d’issue pour nous dans une étape interminable entre capitalisme et socialisme éludant la question du pouvoir de classe.

 

PNG - 115 koEuro UE sortir sortie, PRCF

 

J’ai même écrit, il y a quelques années, un essai intitulé « Voie pacifique et voie armée dans la lutte pour le socialisme » où l’accent principal était mis sur la critique des illusions sur une conquête paisible, sans affrontement de classe aigu, du pouvoir politique par le camp des travailleurs. Cela dit on ne rapproche pas d’un iota le socialisme réel en sautant comme un cabri sur sa chaise et en criant socialisme, socialisme ! Après une longue période de domination révisionniste, opportuniste et contre-révolutionnaire, le « moment actuel » commande de prendre des initiatives concrètes pour rendre l’initiative à la classe ouvrière, qui est aujourd’hui en France sur la défensive après tant de délocalisations, de privatisations… et de trahisons politico-syndicales. Et unir la classe, c’est aussi travailler à unir autour d’elle les couches populaires et la majorité des « couches moyennes ». Il faut isoler le capital monopoliste. Il faut proposer des objectifs fédérateurs faisant sens avec notre histoire au lieu de rejeter à la manière gauchiste l’histoire de notre pays : celle-ci est d’ailleurs jalonnée d’innombrables luttes populaires depuis le Moyen Âge et plus encore, depuis 1789. Il faut relever, naturellement avec des visées nouvelles et universalistes, le drapeau tricolore de la Révolution française populaire des Sans Culottes, le drapeau rouge de 1848 et de la Commune, les deux drapeaux rouge et tricolore du Front populaire, des FTP, des FTP-MOI, des admirables ministres communistes de 1945-47, les Croizat, Thorez, Marcel Paul, François Billoux, Charles Tillon, Laurent Casanova. Il faut lier les luttes sociales à des objectifs politiques susceptibles de parler à tout ceux qui ne veulent renoncer ni à l’être, ni à la dignité : rétablir la souveraineté de la France, refuser l’écartèlement de notre pays en 11 euro-länder, lier le combat social à une nouvelle résistance face à l’UE du capital, à l’arrogante domination du capital allemand et de ses chiens couchants du MEDEF et du nouveau « PMU » (le parti maastrichtien unique formé par les sociaux-libéraux et par les sarko-libéraux), coopérer avec tous les pays sur des bases d’égalité en refusant « l’économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée » (Maastricht) qui est synonyme de déclassement massif des ouvriers, des paysans et des jeunes intellectuels.

 

JPEG - 13.1 koValls Macron 49-3

 

Et c’est dans le cours de cette lutte, qui commence aujourd’hui par l’opposition populaire totale à Macron que, pour peu que les communistes s’unissent et en prennent la tête (et cela ne s’impose pas mais se conquiert dans une émulation fraternelle avec d’autres progressistes) la masse du peuple qui, aujourd’hui, désespère et tend à s’aigrir, voire à lorgner sur le FN, sur les communautarismes religieux, sur les régionalismes séparatistes, etc., apprendra de sa propre expérience et constatera, non par mille discours prophétiques mais par la dure épreuve de la pratique, que la survie de la nation et le salut du peuple sont impossibles sans isoler le grand capital, sans l’exproprier, sans sortir du capitalisme, en un mot sans accomplir la révolution socialiste non pas contre la majorité du peuple mais avec lui.

 

JPEG - 11.7 koPatria-socialismo-o-muerte

 

Dans une telle perspective, qui n’a rien de « nationaliste », surgirait – à l’initiative des peuples ! – c’est un affrontement de classe sans précédent entre le capital international et la classe ouvrière de toute l’Europe qui se dessinerait. Il n’y a aucune opposition à partir du moment où l’on voit les choses du point de vue de la classe travailleuse, entre la reconquête de l’indépendance nationale et la reprise de la marche au socialisme-communisme dont les premiers pas mondiaux, rappelons-le, ont été faits en France avec la Conspiration pour l’Egalité de Gracchus Babeuf et du grand Giuseppe Buonarotti.IC – Concrètement, cela veut dire quoi aujourd’hui ?Georges Gastaud : D’abord que tous ceux qui aujourd’hui appellent, sur des bases antifascistes claires, sans s’illusionner le moins du monde sur le FN, à sortir de l’UE atlantique sur des bases « CNR »***, se rencontrent et qu’ils s’adressent au peuple français, y compris avec leurs nuances, « tous ensemble et en même temps ». Et d’abord, que s’unissent dans l’action les communistes qui ont fait un grand pas dans ce sens le 30 mai dernier en se réunissant près du Palais-Bourbon pour

JPEG - 20 koManif 30mai 2015-sortir de l’UE

 

réclamer la sortie de l’UE à l’initiative des Assises du communisme : ce rassemblement, le principal qui se soit tenu en France à ce niveau quantitatif et qualitatif, est une étape historiquement importante : alors, continuons, approfondissons, camarades, c’est sur la lutte pour les quatre sorties que tous les vrais communistes, membres ou pas du PCF, peuvent se fédérer, aller ensemble aux entreprises et aux manifs pour apporter du neuf, s’émanciper de la direction euro-dépendante du PCF, fédérer fraternellement des non-communistes et des syndicalistes de bonne volonté. Mais cela ne suffit pas. Ce combat doit entrer de plus en plus dans le mouvement social et syndical car les syndicats ne retrouveront pas leur indépendance de classe envers le MEDEF, le PS et l’UE tant qu’ils n’entreront pas en conflit ouvert avec la machine bureaucratique de la CES et du syndicalisme perdant « rassemblé » autour de l’agent orange de l’UE (la direction CFDT). Enfin, ce combat il faut le mener ensemble, entre forces progressistes. Derrière les querelles de clans, c’est cette aspiration à la reconquête de l’indépendance de classe qui inspire la contestation interne dans la CGT, que l’orientation euro-dépendante met en danger de mort. Et pour cela, le PRCF prendra davantage appui qu’il ne l’a fait sur son programme communiste de lutte élaboré par la 3ème conférence nationale de l’organisation.

 

JPEG - 15.9 koParlons d’une seule voix

 

En réalité, si nous faisions tous le nécessaire pour parler d’une seule voix en prenant une grande initiative nationale commune en surmontant les préjugés hostiles à l’organisation et à la présence affirmée, sans hégémonisme mais sans frilosité, des militants communistes dans le rassemblement antifasciste et anti-UE, il ne serait plus aussi facile aux médias de CENSURER le courant progressiste anti-UE en faisant croire qu’il n’y aurait que deux possibilités pour les citoyens mécontents : le FN, dont la victoire mènerait le pays à la guerre civile sur des bases communautaristes, ou le couple de complices rivaux formé par Hollande et Sarkozy qui mènent la France à l’autodissolution. Il faut briser cette tenaille politique qui paralyse et avilit notre peuple et pour cela, il faut que les communistes et les non-communistes antifascistes et anti-UE s’expriment EN COMMUN et déjà, qu’ils débattent publiquement ensemble. Nous y sommes près avec nos forces modestes mais déterminées et fraternelles.

 

JPEG - 15.6 ko30mai paris (85)

 

Mais tout cela n’aurait pas grande portée si les initiatives « pendaient en l’air » sans participation et surtout, l’impulsion de la classe laborieuse. C’est pourquoi dans les entreprises, dans les syndicats, dans les facs, dans les quartiers populaires et les communes rurales, les militants du PRCF, si possible unis à d’autres forces communistes et progressistes, vont appeler encore plus largement avec tracts et affiches aux « quatre sorties » en faisant l’effort de se lier systématiquement à toutes les forces en lutte, paysannes, enseignantes et d’abord, ouvrières puisque tous les chemins de la résistance sociale mènent à combattre l’UE des monopoles capitalistes (« français » et « étrangers ») qui de plus en plus empêche notre peuple de travailler, de produire, de vivre et de, tout bonnement, « respirer » en tant que nation libre, indépendante et tournée vers l’avenir.

 

JPEG - 7 koLiberté rouge marianne

 

En outre, le PRCF combattra à boulets rouges toute tentation de baisser la garde en direction du FN sous prétexte que le danger principal serait l’UE. L’UE et le FN, c’est le même étau serré autour du cou de « Marianne », c’est la mort assurée de la France, que ce soit par euro-dissolution maastrichtienne ou par le déshonneur du racisme d’Etat et de la guerre civile inter-« communautaire ». Un texte important du PRCF est d’ailleurs en préparation sur ce sujet alors que, malheureusement, certains intellectuels anti-UE prêtent une oreille complaisante aux sirènes mortelles de la « dédiabolisation » du FN. On ne construira pas le Front patriotique et populaire sans une forte dimension antifasciste et anticapitaliste comme à l’inverse l’antifascisme, l’antiracisme, l’internationalisme et l’anti-lepénisme sont voués à l’échec si les communistes et la gauche populaire ne portent pas à nouveau très fort le drapeau de l’indépendance nationale 

 

!I.C. – Certaines initiatives sont-elles en préparation ?

JPEG - 16.7 koBRISONS LES CHAINES DE L UNION EUROPEENNE

 

Le PRCF n’a pas la science infuse et ses propositions seront soumises au débat et à l’ajustement des autres forces communistes, ouvrières et progressistes. Nous réfléchissons par ex. à la proposition d’un appel-pétition de masse pour exiger l’organisation d’un référendum permettant au peuple de dire non à l’euro et à la participation de la France à l’UE tout en appelant d’avance le peuple à défendre le non par tous les moyens s’il triomphait (nous nous souvenons du viol du 29 mai 2005, non seulement par l’UMPS, mais par la partie « euro-constructive » du camp « nonniste » qui au soir du 29 mai appelait Chirac, par la voie de Mme Buffet, à « renégocier la constitution européenne » au lieu de déclarer illégitimes Chirac/Jospin et d’appeler à défendre leur vote). Nous ferons des propositions qui ne seront pas à prendre ou à laisser pourvu que les discussions ne visent pas à freiner le mouvement ou à atténuer le tranchant des exigences populaires.Dans les lieux où des communistes membres du PCF s’interrogent sur l’euro, voire appellent à rompre avec l’UE, non seulement nous encourageons le mouvement sans aucun dogmatisme (pour nous ce qui prime ce n’est pas l’appartenance au PCF, même si nous jugeons sa mutation social-démocrate irréversible, ce sont les positions de classe : les barricades n’ont que deux côtés), mais nous prendrons des initiatives pour que ces positions radicalement euro-critiques se traduisent en actions visibles. Sans quoi la colère du peuple contre la casse de la France, et notamment la rage légitime de la classe ouvrière, se portera à faux sur le FN, cette autre manière de diviser, de communautariser et pour finir, de déshonorer la France. Il faut que les militants communistes franchement anti-UE puissent agir ensemble et en même temps, pas question de laisser ceux qui veulent jouer sur tous les tableaux en vue des régionales se dédouaner en « s’interrogeant » à perpète sur l’euro tout en siégeant benoîtement au parlement supranational et en siégeant à côté du PS dans les grandes villes et les collectivités territoriales. Il ne suffit pas d’être « franchement communistes », il faut être, si j’ose dire, « communistement francs » ; comme le disait Jacques Duclos, ce à quoi la classe ouvrière a toujours reconnu le parti communiste, c’est-à-dire SON parti, c’est qu’ils disent toujours ce qu’ils font et qu’ils font toujours ce qu’ils disent. Franchise et fraternité communistes commencent par les mêmes lettres, comme d’ailleurs l’expression « France des travailleurs » si chère à Jean Ferrat !I.C. – Qu’en est-il de la perspective de renaissance d’un vrai PCF en France ? 


JPEG - 20.6 koRENAISSANCE COMMUNISTE

 

C’est la grande affaire du PRCF qui travaille à créer les conditions où, avec d’autres forces provenant soit de l’opposition marxiste dans le PCF, soit de l’extérieur (et pour nous l’organisation d’une organisation indépendante des dirigeants mutants comme l’est le PRCF est de nature stratégique), un vrai parti communiste de France pourra recevoir la triple légitimation des militants franchement communistes de France, de la classe ouvrière militante et du Mouvement communiste international. Auquel cas bien sûr, le PRCF se fondra dans ce parti comme la rivière se fond dans le fleuve.Pour cela il faut éviter deux illusions symétriques. La première consiste à minimiser la dégénérescence du PCF-PGE, son degré actuel d’asservissement à l’UE et au PGE, l’ancienneté de ses reniements de principes (l’abandon de la conception marxiste de la révolution date de 76 !) en croyant que l’on peut, dans un avenir presque aussi mythique que celui de l’Europe sociale, « remettre le PCF sur les rails de la lutte des classes » ; une chose est de faire front dans le PCF, là où il est encore possible de rassembler des forces localement : le PRCF tend fraternellement la main aux camarades qui mènent cette lutte ; une autre chose est de limiter sa lutte aux frontières de l’organisation PCF/PGE alors que des centaines de milliers de communistes ont été écartés, et pour certains, exclus de ce parti euro-dérivant, pour leurs positions révolutionnaires.La seconde illusion serait de croire qu’il suffit de s’autoproclamer tel à quelques-uns pour devenir « le » parti communiste, tout en excommuniant les autres forces communistes du pays, et notamment en diabolisant les militants du PCF demeurés fidèles au marxisme. Notre conviction est que le futur parti communiste de France rassemblera ceux qui, à travers les expériences diverses de résistance menées durant la triste période contre-révolutionnaire actuelle, auront su rester fidèles dans l’action à la classe travailleuse, au marxisme-léninisme, à l’internationalisme prolétarien, tout en coupant clairement avec l’UE du grand capital et avec ses courroies de transmission continentales, le PGE et la CES, en osant se démarquer ensemble de la ligne paralysante de la direction du PCF-PGE. C’est à unir ces forces que travaille le PRCF, c’est-à-dire le POLE pour la renaissance communiste en France. Et pour qu’il se rapproche du but, il faut qu’il se renforce et soit présent dans toutes les luttes de terrain ; ce pour quoi j’appelle ici les camarades qui hésitent à prendre leurs responsabilités en rejoignant notre organisation fraternelle et désintéressée. Le temps presse car faute d’un vrai parti communiste, notre pays se délite et le monde du travail n’en peut plus de prendre des coups !

 

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Dans l’immédiat, le PRCF considère que « qui peut le plus peut le moins » et que le minimum est de mettre en place une large convergence communiste d’action (dont les Assises du communisme, qui ne sont pas que cela, sont à nos yeux une forme évolutive) et de susciter le débat théorique et politique sans jamais subordonner l’action commune à la résolution préalable des divergences. Bien entendu, cette convergence d’action doit se tourner en priorité vers les travailleurs, au sein des entreprises quand c’est possible, ainsi bien sûr que dans les quartiers populaires, les facs, etc.. Sur le plan du débat théorique, le PRCF a déjà proposé au comité de liaison des Assises du communisme d’organiser en décembre prochain (95ème anniversaire du congrès de Tours) un débat entre forces franchement communistes sur le thème (quelle que soit la formulation à mettre au point ensemble) : comment faire renaître un vrai parti authentiquement communiste dans notre pays ? Et nos revues « Initiative communiste » et « Etincelles » mènent un travail constant d’éclaircissement politique et idéologique.Finalement, ce ne sont pas les chefs de file des différents courants communistes existants qui décideront le moment venu en s’autoproclamant où se trouve le véritable parti communiste de France, c’est la classe des travailleurs salariés, dont le parti communiste est en droit l’avant-garde organisée, qui sont légitimes à dire le moment venu, comme leurs prédécesseurs l’ont fait à Tours en 1920, sous des formes qu’on ne peut prévoir dans le détail : voilà NOTRE parti, celui qui nous organise pour la lutte, qui nous parle vrai et qui peut nous mener au succès. 

Pour rapprocher ce jour, les travailleurs n’ont que faire des incantations ; il faut mettre en œuvre un travail commun patient et organisé, tourné vers les travailleurs et 100% clair sur la question des « quatre sorties » ; car s’ils ne portent pas dans les luttes une stratégie neuve AIDANT les travailleurs à se dégager de l’emprise du capital, de l’UE, de la social-démocratie et du FN, les communistes ne seront pas « reconnus » par les travailleurs qui ne verront en eux, et à juste titre, que des bavards. Entretien avec Georges Gastaud secrétaire national du PRCF – Initiative Communiste – 25 aout 2015*Cet entretien a été réalisé avant la crise boursière dite de Shangaï. Il est stupide, comme l’a fait Guetta sur France-Inter le 27 août, d’accuser le Brésil, la Russie, la Chine – et bien entendu, la Syrie, bête noire de cet éditorialiste grossièrement partial – d’être à l’origine des germes de chaos mondial provoqué par le capitalisme et l’impérialisme ; les crises économiques subies actuellement par certains pays des « BRICS » sont un effet local bien plus qu’une « cause », même s’ils ont aussi bien sûr des racines « locales ».* En Lorraine, des élus PCF ont promu le projet honteux et illégal (au regard de la loi Toubon de 94) de baptiser le futur aéroport régional « Lorraine Airport » : décidément, « quand les bornes sont franchies, il n’y a plus de limites » (mais peut-être faudrait-il le dire en globish pour se faire entendre de certains ?). Quant aux langues régionales, elles doivent être défendues comme un élément du patrimoine républicain commun et sans que soit créé un prétendu droit à ne pas parler le français dans les services publics et dans l’administration. Il est stupéfiant de devoir dire cela à l’adresse d’un parti qui compta dans ses rangs ces maîtres de la langue, de la littérature et de la chanson françaises que furent Barbusse, Aragon, Eluard, Ferrat…

 

** Au sens marxiste, la dictature du prolétariat est la démocratie pour l’immense majorité de la population et, précisément pour permettre à cette majorité de décider, la mise hors d’état de nuire des contre-révolutionnaires décidés à saboter la volonté populaire. C’est donc le contraire de la « démocratie » en trompe-l’œil que nous subissons et où, selon les pays, démocrates et républicains, conservateurs et travaillistes, sarkozystes et hollandiens se succèdent ou cohabitent pour faire la politique unique du grand capital. 

*** Qu’ils utilisent ou pas la référence lumineuse aux « Jours heureux », ce qui compte c’est le contenu politique : indépendance nationale, progrès social, nationalisations démocratiques, ré-industrialisation du pays, coopération internationale avec bien entendu, dans les conditions d’aujourd’hui, protection de l’environnement contre le tout-profit, réduction de toutes les inégalités sociales et sociétales (de classes, de genres, de religions, de nationalités, etc.).