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PCF Vie et débats 2015

E=MC2 Voyous, chemise et les gardiens du quant à soie

 

Publié le 8 Octobre 2015

E=MC2 Voyous, chemise et les gardiens du quant à soie
Quand 100 g de soie* valent plus
qu'une tonne de cuivre**
ou 10 000 tonnes de pierre***
ou 100 000 dossiers individuels****
 
A-t-on vu le Néron de Matignon, celui qui incendie la vie sociale et se lave les mains des suites de sa fournaise,  mobiliser avec tant de célérité ses forces de répression policières, ses milices judicaires pour traquer les incendiaire destructeurs d'outils publics et néamoins actionnaires des clubs des banksters causes de leurs pseudo colère ? 
 
L'a-t-on vu mobiliser ses brigades contre ceux qui se singularisent lors de leur épisodes colériques pour obtenir des exonérations fiscales qu'ils s'empresse de leur accorder ?
 
Fausse spontanéité d'une vrai colère marquée de la haine de classe de l'émule de Clémenceau : intraitable avec les ouvriers, tigre de papier devant les délits que ses pairs commettent en batterie.
 
Pour preuve quand le patron de la FNSEA au landemain des dernières frasques de ses troupes jette en direct « Je tire un coup de chapeau à ceux qui ont osé faire ce qu’ils ont fait, il faut relativiser, il n’y a pas eu mort d’homme. »
 
Mais pour une chemise morte au champ du deshonneur social de celui qui la portait on va lâcher le GIGN, mobiliser le parquet, donner carte blanche au patronat et l'inciter à la répression, soliciter les indics de la médiasphère et leurs vidéos.
 
Comme si les auteurs des faits, qualifiés de forfaits, étaient coupables d'une sorte de djihad social justifiant un "vigie pirate" qui de fait n'est qu'une version actualisée de "Vichy pirate". 
 
Osons poser l'équation : si, pour une chemise, la barre du sautoir est à cette hauteur? Combien pour Cazeneuve et ses alter égo ? Dites nous Néron dites nous ! 

 

Plus de repression pour la destruction d'un col blanc que pour un vrai délinquant qui la porte ?

 

"Tomber la Chemise", de Zebda est en train d'être repris avec entrain dans les cortèges. Que le peuple se fâche et se moque est un signe réjouissant. La peur peut et doit changer de camp.

 

Ils sèment la misère ? Ils vont récolter la colère.

 

Binons, sarclons, arrosons le terrain qu'ils ont ensemancé. Certes ce ne sont pas nos semis mais préparons la récolte pour les leur faire avaler. Que la récolte soit au niveau nécessaire pour que les fesses leurs chauffe et la soie de leur chemise file un mauvais coton.

 
*poids estimé du quant à soie sur mesure abritant un DRH d'un grand groupe ou équivalent 
 
** poids estimé du cuivre du relais de signalisation-sécurité SNCFde Morlaix déruit par les légumiers
 
*** poids estimé des destruction du palais des duc bretagne détruits par les mêmes
 

**** nombre de dossiers détruit par encore eux dans l'incendie de la MSA (sécu des salariés agricoles)

 

 

♫ en france tout fini (ou passe) par des chanson♫

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié par Michel El Diablo

La NATION : réalité vivante et évolutive

La NATION : réalité vivante et évolutive

Vive la Nation !

C'est sous ce titre qu'un numéro spécial du magazine communiste "Avancées scientifiques et techniques" est paru en septembre 1992 à l'occasion du référendum sur la traité de Maastricht. En faisant du rangement, je suis tombé dessus et me suis rendu compte quel trésor politique ce numéro spécial représentait encore aujourd'hui : si je n'en ai conservé qu'un de toute la collection, il semble bien à posteriori que j'avais eu la main heureuse (aidée par un brin de conscience ?). Les articles, tous de signatures prestigieuses, nous démontrent combien la Nation est un point d'appui contre le Capital et le sésame de nos libertés, alors que l'Union européenne a réintroduit le principe de subsidiarité qui avait cours à l'époque féodale et que la révolution française avait rejeté.

L'article que j'ai choisi de vous soumettre est le premier de la revue, celui d'un historien, Antoine Casanova, alors membre du bureau politique. Pour les communistes, ce texte est d'une portée considérable, fondamentale. Et pourtant, cette analyse représente tout ce que la direction actuelle du PCF rejette : une démarche intellectuelle rigoureuse qui plonge dans les racines de notre peuple, une démarche basée sur l'Histoire avec un grand H aussi bien dans son raisonnement que par rapport à la date à laquelle il a été écrit (il y a 17 ans !), une démarche marxiste, de classe, enfin une démarche qui exclut toute intégration supranationale contrairement à la politique de renoncement prônée aujourd'hui avec le PGE.

Pascal 

tricolore.jpg

La Nation,

Réalité vivante et évolutive

Antoine Casanova,

Historien, membre du bureau politique du PCF (en 1992)

Avancées scientifiques et techniques, dossier "Vive la nation", supplément au n°44, septembre 1992

La nation est une réalité vivante, en mouvement. Elle représente le type de portée universelle le plus récent et le plus neuf des communautés ethno-historiques. Les faits nationaux, leur portée régressive ou libératrice ne peuvent s'envisager de façon statique, ignorante ou porteuse d'amnésie.

Les élaborations idéologiques des partisans de Maastricht laissent apparaître quelques thèmes et schémas qui concourent tous à fonder en nécessité irrésistible et positive l'acceptation du traité.

C'est ainsi, nous dit-on, que tout, de l'Est à l'Ouest, montrerait la nécessité de dépasser par l'intégration politique, les Etats nationaux devenus obsolètes et qui "ont marqué l'histoire de leur violence" (1). Deux accusations majeures jamais prouvées mais souvent répétées et proférées comme évidentes.

L'édification d'une Communauté européenne dotée de pouvoirs politiques supranationaux serait ainsi le moyen d'éviter la crue de folies nationalistes archaïques parmi les peuples d'Europe, folies "tribales" auxquelles renvoie le thème d'un récent colloque officiel ("l'Europe contre les tribus"). Pareille évolution de la C.E.E. serait (c'est là un autre thème différent mais complémentaire du précédent) au demeurant seule adéquate aux exigences d'interdépendance et de coopérations organiques de plus en plus étroites (entre nations, zones, continents…) que fonde et rend nécessaire (sauf à choisir déclin et archaïsme) la modernité du monde en cette fin du XXème siècle (2). Aller en ce sens n'impliquerait au demeurant en rien pour les travailleurs, pour la France, le passage d'un seuil qualitatif inédit et aux risques et enjeux considérables : ratifier Maastricht, ce serait continuer à cheminer au long des mêmes voies, voies devenues depuis longtemps (avec le marché commun, le marché unique) familières et banales.

"La défiance (politique) est la vertu d'un peuple libre" disait l'abbé Grégoire en 1792. Lucidité critique, intervention personnelle comme citoyens de tous les travailleurs, sont plus que jamais nécessaires dans la croisée des chemins où nous sommes en ces semaines que nous vivons. N'est-il pas, tout d'abord, nécessaire, dans l'examen des nations et du fait national aujourd'hui, de se garder de toute manière unilatérale, courte, oublieuse des réalités, afin d'examiner les données et complexités dégagées par le mouvement de l'expérience et de la recherche historique et ethnologique ?

Une très longue histoire

1 – Les nations s'enracinent dans une très longue histoire qu'elles ont prolongée de façon inédite depuis deux cents à trois cents ans. Cette histoire, c'est celle des différents types de communauté ethno-historiques.

Depuis des centaines de milliers d'années, le mouvement historique de l'humanité est caractérisé par l'existence de processus (au niveau de l'évolution des outillages, des capacités, au niveau de la genèse et évolution des grands types de rapports sociaux que constituent les différents modes de production…) de portée plus ou moins (selon les périodes) universelle.

Le mouvement de l'histoire de l'humanité est en même temps, contradictoirement et complémentairement marqué par le fait que ces traits et processus de portée (plus ou moins fortement) universelle n'existent que dans le cadre de communautés humaines au territoire propre, et dotées de caractéristiques spécifiques, singulières en ce qui fait leur consistance sociale et culturelle. Ces communautés à l'identité originale et singulière constituent ce que j'appellerai (en reprenant et prolongeant des analyses comme celle d'André Leroi-Gourhan) (3) des communautés ethno-historiques.

2 – Ces deux forces du mouvement historique (processus de portée universelle, traits et voies singulières) sont toujours présentes, inséparables. En même temps et par ailleurs, les rapports entre ces deux aspects fondamentaux prennent des formes et des contenus de nature profondément différents aux différentes étapes de l'histoire sociale de l'humanité.

En fonction du champ des contraintes et des possibilités ouvertes par le mouvement des forces productives, la nature des rapports de production, et par les formes de division du travail et de rapports de coopération-conflits qui s'y rattachent, c'est lentement (et selon des voies diversifiées et complexes) que des types historiquement différents de communautés ethno-historiques deviennent dominants : clans et tribus, cités-Etats antiques, principautés féodales, représentent certains des principaux types de communautés ethniques de nature historique qualitativement différente. Ces différents types historiques de communautés ethno-historiques n'apparaissent et ne se transforment ni soudainement, ni de manière simple et uniforme sur l'ensemble de la planète, ni même sur des ensembles continentaux comme celui de l'Europe.

Les périodes de dominance (ce qui ne signifie point présence exclusive de toute autre) des différents types historiques de communautés ethno-historiques, sont périodes de longue et multiséculaire durée : les communautés ethno-historiques du type de la cité-Etat antique en leur mouvement de genèse, puis de permanence-transformation, sont prédominantes en Méditerrannée sur plusieurs centaines d'années. Les communautés ethno-historiques du type des principautés féodales, dans leur mouvement d'apparition, d'élargissement, de transformations (aux voies d'ailleurs diverses et originales selon les zones) marquent l'Europe sur plus de mille ans.

3 – Comment, dans ce cadre, oublier que loin d'être obsolètes, les nations représentent le type de portée universelle le plus récent et le plus neuf des communautés ethno-historiques ? Leur constitution et leur affirmation (4) sont notamment inséparables des transformations des forces productives, du développement intensifié et universalisé des rapports marchands, des exigences et possibilités humaines neuves et des transformations des formes de conscience de l'identité culturelle qui s'y rattachent.

Ces processus de constitution et d'affirmation des nations sont apparus au XVIIème et au XVIIIème siècle. Ils se sont considérablement élargis en Europe et sur la planète, au XIXème et, plus amplement encore, au XXème siècle. Disons même que les toutes dernières décennies, celles de la seconde moitié du XXème siècle, sont celles où jamais on n'a vu se constituer autant de nations.

Identité nationale, une expérience commune

Ce sont aussi celles où les transformations des forces productives et des savoirs, les aspirations nées de luttes contre les dominations impérialistes ont vu (on y reviendra) les exigences d'indépendance nationale et de constitution d'un nouvel ordre international égalitaire de coopération entre les peuples devenir (tout particulièrement sous l'impulsion des pays non alignés) (5) une caractéristique puissante et radicalement inédite du mouvement historique des relations internationales.

Pas plus hier qu'aujourd'hui, les faits et les problèmes nationaux, leur portée régressive ou libératrice ne peuvent être envisagés de façon simple, statique, sincèrement ignorante ou sournoisement porteuse d'amnésie comme le font tous ceux qui croient ou feignent de croire que les nations sont en elles-mêmes et par elles-mêmes responsables des guerres (telles celles de 1870, 1914-1918, 1939-45…), ou encore des violences et des tensions sociales et ethniques. Phénomènes que la lecture de toute histoire sérieuse des relations internationales, montrent comme étant à tout le moins très difficilement séparables de la politique des classes dirigeantes maîtresses des Etats et tout particulièrement aux effets profonds des systèmes de domination impériale (tels par exemple l'Empire austro-hongrois ou l'Empire russe) et/ou impérialiste du XIXème siècle à nos jours !

Le véritable problème, c'est celui des relations du fait national avec les structures sociales et les rapports de classe qui le sous-tendent comme avec les traits et les enjeux de la conjoncture historique profonde où il s'insère et qui le surdétermine.

1 – Dans le processus de constitution des nations, puis dans la vie sociale des nations constituées (par exemple la France, la Grande-Bretagne, l'Italie, l'Allemagne aux XIXème et XXème siècles), la conscience d'identité nationale (plus ou moins claire) représente, dans ce cadre, une donnée d'expérience commune aux différentes classes et groupes sociaux (bourgeoisie, paysannerie, couches populaires, classe ouvrière, techniciens).

2 – Inversement, la référence à la nation, à l'identité nationale, à sa symbolique, ont pu et peuvent, au cours de l'évolution historique, constituer un outillage idéologique que les diverse classes sociales ont pu mettre en œuvre en leur conférant des contenus sociaux et politiques de manière politiquement différente, divergente, voire radicalement opposée. La question nationale (comme, de manière autre, la question régionale), aux diverses époques, prend des contenus et orientations différents ou opposés : ceci en fonction de la classe qui la pose et du moment où elle la pose. Et ces moments diffèrent profondément selon qu'il s'agit d'une conjoncture de développement économique, social, national relativement peu heurté, ou d'une conjoncture de crise large et durable du système social touchant l'ensemble des rapports sociaux (6).

La portée émancipatrice des mouvements nationaux

3 – C'est ainsi qu'en des temps de profonde crise sociale (comme celle du système capitaliste dans les années 1890 ou, de manière autre, les années 1930), les références à la nation, à l'identité nationale ou même à l'identité régionale (7) ont pu servir de justification idéologique nationaliste aux politiques impérialistes des bourgeoisies dirigeantes dans les grands pays capitalistes. Ces références ont pu et peuvent, en même temps, être utilisées (c'est le cas en France en ces années 1980 et 1990 par la droite et l'extrême-droite) pour nourrir la xénophobie et/ou le racisme, c'est-à-dire présenter des réponses d'obscurité face au chômage, à l'austérité, aux souffrances et colères des travailleurs.

4 – Mais ce n'est là qu'un aspect des choses : il ne peut faire oublier l'autre aspect, celui de la portée le plus souvent largement émancipatrice des mouvements nationaux depuis deux siècles.

Pensons ici au lien (exprimé avec une force radicalement neuve et exceptionnelle il y a deux cents ans en 1792) entre exigence d'unité et d'indépendance nationale, exigence de souveraineté populaire et luttes pour de profondes transformations démocratiques des structures sociales et politiques. C'est même dans la mesure où d'un côté, affirmation (au-dedans et au-dehors) de la nation contre l'ancien monde aristocratique des monarchies ou empires dominateurs de peuples-sujets de la nation, et d'un autre côté, transformations socio-politiques démocratiques, se sont trouvées fortement liées dans la Révolution française, qu'ont pu se construire des rapports profondément renouvelés entre les peuples de communautés ethno-historiques régionales (comme par exemple celle d'Alsace ou de Corse) et l'ensemble du peuple français. C'est ainsi, dans ce processus révolutionnaire, que s'est affirmée la nation française. C'est avec lui qu'au niveau des principes se trouvent définitivement refusés les pratiques et axiomes idéologiques que du Haut Moyen-âge au XVIIIème siècle (et au fil de modifications complexes et contradictoires et mises à jour) avaient élaboré et imposé les aristocrates laïques et ecclésiastiques.

Ces axiomes et règles du monde de l'Europe nobiliaire trouvent par exemple leur expression forte et condensée dans le principe (féodal) de "subsidiarité". Principe que Jacques Delors, après d'autres idéologues du grand capitalisme contemporain (8), a repris à frais nouveaux, mais à une échelle plus vaste, puisqu'il veut en faire l'axe et l'âme du fonctionnement des rapports entre pouvoir (politique) de la Communauté, et pouvoirs des nations dans l'Europe de Maastricht.

Ces règles et ce principe étaient ceux d'un ordre social et politique conçu par les idéologues et dirigeants de l'Europe féodale comme fait de communautés humaines bâties pour l'éternité de classes hiérarchisées, organisées en principautés. Un ordre où en chaque pays (dans les rapports, noblesse, clergé, Tiers Etat), comme à l'échelle d'ensemble de l'Europe, les niveaux inférieurs ont leur consistance propre et autonome d'activité complémentaire de celle des niveaux supérieurs. Des niveaux supérieurs (avec au sommet l'Empereur du Saint Empire romain germanique et surtout et d'autre façon, le Pape) (9) auxquels ils sont subordonnés, qui les orientent et les dirigent quant aux buts et finalités décisives et fondamentales.

La Révolution française a rejeté la subsidiarité

C'est le refus global de ce système d'inégalité et de sujétion entre les humains et entre les peuples qui se dessine avec la Révolution française.

Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, commencent alors de s'affirmer tout à la fois le fondement inaliénable de la souveraineté nationale dans les droits de citoyens égaux et l'exigence d'un ordre civilisé entre les peuples, ordre qui ne peut être tel, s'il n'est fait de libres rapports d'association et de concertation entre nations souveraines (10).

Pensons enfin, au-delà de la France et dans un contexte tout autre, à la portée de libération des potentiels humains, des luttes qui, en de rudes conditions, ont été menées et se mènent sur la planète, notamment en Asie, Afrique, Moyen Orient, Amérique latine, depuis quarante à quarante-cinq ans : luttes pour cette liberté des libertés qu'est l'indépendance nationale ; mais aussi luttes contre l'exploitation sociale de racines locales, mais plus centralement encore contre le pillage des ressources et du travail par les sociétés et les multinationales étrangères.

Il est en tout cela une réalité massive, éclairante et significative : les luttes et combats de libération sociale et politique menés depuis deux cents ans, depuis cinquante ans, et dans les dernières décennies à l'Est, à l'Ouest et plus encore dans cet immense Sud où vivent les deux tiers de l'humanité, n'ont jamais vu les travailleurs et les peuples réclamer le maintien ou l'édification de systèmes d'autorité politique, économique et culturelle supranationale qui confisqueraient des parties essentielles de la souveraineté des nations de telle ou telle zone de la planète. Ces combats des peuples et tout particulièrement de ceux du Tiers monde, hier colonisés, aujourd'hui exploités et écrasés, n'ont de même jamais eu pour objectif l'établissement d'un "gouvernement mondial" où les grandes puissances (et aujourd'hui les Etats-Unis) imposeraient leurs directives à tous (et notamment aux plus pauvres) en plaçant en posture de "subsidiarité" organique les citoyens et la souveraineté de chaque nation.

Ce qui (avec de considérables inégalités, disparités, contradictions) se cherche et s'exprime avec une force accrue depuis cinquante ans, c'est un ordre nouveau et civilisé de rapports fondés en chaque peuple comme entre les peuples, sur la démocratie sociale et politique. Un ordre bâti au plan international tout à la fois sur le droit à l'indépendance et à la souveraineté de chacun et sur le développement (zonal, continental, mondial) de coopérations fondées sur l'égalité et la liberté des nations qui s'associent. Ce sont ces exigences qu'avaient exprimées la Charte des Nations unies en consacrant les peuples comme les seuls bénéficiaires, mais aussi comme les acteurs et les titulaires de la société mondiale. Elles ont été depuis tout à la fois plus fortement affirmées et largement contrecarrées.

De nos jours, en ce début des années 1990, les débats et combats sur la manière d'entendre et de mettre en œuvre coopération, interdépendance et nouvel ordre entre les nations à l'échelle de l'Europe et/ou du monde, se trouvent prolongés, amplifiés et transformés dans le cadre du nouveau seuil de portée historique et anthropologique immense atteint au cours des toutes dernières décennies par les forces productives humaines, ainsi que dans le cadre des crises, bouleversements, stratégies de classe et de civilisation qui se rattachent aux mutations et ébranlements liés à l'entrée dans ce seuil.

Revenons un moment sur cette question de la modernité de notre époque et de la nature de l'interdépendance qui peut s'y rattacher. Avec le mouvement des savoirs, les biotechnologies, l'énergie nucléaire et, plus centralement encore, la révolution technologique et informationnelle, s'est ouvert, je crois, un changement historique de nature qualitative au moins comparable à celui de la révolution industrielle des XVIIIème et XIXème siècles et peut-être d'aussi ample portée que celui qui, il y a environ dix mille ans, a été constitutif de la "révolution néolithique". C'est un changement d'une telle portée qui caractérise la modernité de notre époque.

Mais ce changement ne fonde en rien la légitimité des politiques de précarité, d'austérité ou l'irrésistibilité des systèmes d'impérialité supranationale. Il donne même, au contraire, bases et racines à des exigences inédites (11) de développement plénier des êtres humains, des exigences de démocratie, d'autogestion, de paix, de coopération équitable, de communication scientifique et artistique créatives, enrichissantes entre les hommes et les peuples.

Tous les sujets humains, tous les peuples sont désormais (selon des traits et voies très diversifiés et complexes), acteurs et spectateurs de l'entrée dans un seuil qualitatif immensément nouveau de l'histoire de la planète. Dans les périodes historiques antérieures, les rapports entre les communautés humaines concrètes et singulières des différents pays, zones, continents, ont été longtemps d'un niveau d'universalité faible (12). Cela est le cas à l'époque des modes de production qui (tels le système impérialo-esclavagiste romain ou le féodalisme dans la plus grande partie de son histoire) ne touchent qu'une partie de l'univers. Avec le développement et l'extension à l'échelle de la planète du capitalisme, des rapports entre communautés historiques et humaines concrètes se sont trouvés fortement universalisés et (de façon certes très complexe) étendus à l'échelle du globe.

Mais, du XVIème au XXème siècle, cette universalisation a été et demeure fondée sur le maintien, l'approfondissement, la transformation qualitative des inégalités et des dominations. Aujourd'hui, avec les mutations qui se rattachent à l'entrée de l'humanité dans le seuil nouveau évoqué ci-dessus, est posée avec force la nature de l'essence et du contenu social et politique de rapports (entre peuples sur chaque continent et sur la planète) d'universalité et d'interdépendance plus larges et plus denses.

Un seuil qualitatif nouveau

Ces changements et la modernité contemporaine ne sont en rien ici porteurs en eux-mêmes de transformations positives. C'est en effet en fonction de l'ampleur et du niveau de conscience des luttes sociales et politiques, en fonction des choix politiques dominants qui s'expriment dans le cadre de ces luttes, que les possibilités liées à la transformation des forces productives de l'humanité d'aujourd'hui conduisent et conduiront les travailleurs citoyens dans le monde et sur un continent comme l'Europe à une modernité et à des types d'interdépendance épanouissants ou, au contraire, à une marche régressive vers l'avenir.

Les formes d'interdépendance entre nations de portée épanouissante sont celles qui sont adéquates aux exigences de développement des êtres humains, des citoyens-travailleurs par l'extension (inséparable de luttes, étapes et processus contradictoires) de la libre maîtrise de la gestion de leur vie dans l'entreprise, les collectivités territoriales, la nation.

Dans les domaines scientifique, technologique, culturel, ce qui, à l'expérience, est efficace et enrichissant pour tous, c'est le développement puissant, audacieux en Europe (et d'autre façon en d'autres zones de la planète), d'institutions et perspectives de coopérations fondées conjointement sur l'essor des bases nationales et des échanges, confrontations, construction de programmes mettant en commun les ressources et les problématiques de partenaires libres, associés, souverains. C'est là ce qui s'est fait avec Airbus avant que la C.E.E. ne s'en mêle. C'est là ce qui, à un niveau européen, est tout à la fois plus large que la C.E.E. et (jusqu'ici libre par rapport à ses contraintes de technocratie et d'étroite pesée des critères du profit financier) s'est développé entre nations au niveau du Centre d'études et de recherches nucléaires (C.E.R.N.) de Genève.

Développer le patrimoine commun de l'Europe

Ces besoins de développement de la démocratie autogestionnaire qui se rattachent à l'actuelle révolution technologique et informationnelle rendent plus que jamais indispensable, efficace, le développement du patrimoine commun d'un ensemble comme l'Europe à partir de la pleine mise en œuvre des ressources intellectuelles, symboliques, artistiques, techniques, économiques que chaque peuple tire de son histoire propre, des traits originaux de sa culture (13).

C'est en s'orientant dans ce sens qu'il est aujourd'hui possible de faire advenir par les luttes des formes d'interdépendance et un type d'universalité de qualité historique radicalement neuve. Un type d'universalité qui par étapes, processus mixtes, contradictoires (mais fondés de façon prédominante sur les besoins et l'inaliénabilité des nations qui s'associent), chemine vers un ordre de rapports (entre pays d'une zone comme l'Europe ; entre pays d'autres continents (14) ; entre l'Europe et les pays des autres continents ; entre l'ensemble de la planète) bâtis sans cesse davantage selon des voies neuves. Des voies qui en chaque pays soient prioritairement celles du plein développement des travailleurs par l'emploi, la formation, la démocratie, celles du développement et de la coopération de toutes les régions en chaque nation. Cela en travaillant en même temps à l'essor de la construction (entre nations souveraines associées dans l'égalité des droits) d'institutions et de programmes de coopérations mutuellement avantageuses et fondées sur l'épanouissement des potentialités et des atouts de chaque peuple.

Que dire des pratiques jusqu'ici réalisées et surtout de la conception pour l'avenir de l'interdépendance qui est celle des grandes bourgeoisies au niveau du monde et plus particulièrement de la C.E.E. ?

Rappelons-en ici les traits d'ensemble : les principaux groupes de maîtres du capital financier veulent apporter réponse aux défis du monde moderne en remodelant les sociétés capitalistes développées dans le sens de la précarité, de l'inégalité, tout en travaillant au maintien consolidé de la dette et du pillage des ressources matérielles et humaines du Tiers monde.

Cela implique aujourd'hui pour eux, l'organisation de l'interdépendance (économique, technologique, scientifique, culturelle) entre pays et continents dans le cadre d'une restructuration profonde des rapports internationaux selon deux processus complémentaires (qui sont aussi par ailleurs source de contradictions). D'un côté, affirmation et affermissement de l'hégémonie (avec un rôle crucial des moyens militaires de pesée politique) mondiale (ce qui passe par une minoration et/ou une dénaturation accentuée de l'O.N.U.) américaine. D'un autre côté, construction et/ou restructuration neuve de la mise des peuples en dépendance au sein de vastes zones régies (selon des modes et structures politiques diverses d'un continent à l'autre) par des puissances capitalistes comme le Japon, l'Allemagne ou les Etats-Unis eux-mêmes pour l'Amérique latine (15).

Les perspectives et difficultés (au niveau des contradictions entre impérialisme américain et intérêts des bourgeoisies dirigeantes d'Allemagne ou du Japon) de cette stratégie sont exposées avec rudesse, clarté et pertinence en quelques textes forts peu éclairés et commentés dans les moyens de communication de masse.

Un très récent document du Pentagone (16) présente ainsi les traits de l'ordre international d'un monde américain, son allure d'ensemble, ses perspectives de pôles zonaux et/ou continentaux, les remèdes envisagés par Washington face au développement des résistances des peuples ou des contradictions avec les "alliés" comme l'Allemagne ou le Japon (17).

Le traité de Maastricht transforme la C.E.E. en système supranational

La mutation qualitative que le traité de Maastricht veut faire subir à la C.E.E pour la transformer pleinement en système politique de domination supranationale, s'inscrit de manière spécifique dans ce mouvement d'ensemble des élaborations stratégiques capitalistes de la fin des années 1980 et de la décennie 1990 (18).

Le souci de tenir compte des contradictions entre bourgeoisies dirigeantes de la C.E.E. et, plus encore, la volonté d'empêcher les travailleurs (surtout en France) de percevoir l'ampleur de la perspective nocive où on veut les enfermer, ont conduit les promoteurs du traité à développer une marche par dissimulation d'objectifs.

Marche par étapes (1993, 1996, 1999…) faites de mixités contradictoires, mais au cours desquelles chemine et domine l'instauration croissante d'un système politique supranational d'allure impériale plus encore que fédérale.

C'est ce système qui rendrait possible le remodelage considérablement accentué et accéléré de tout ce qui est constitutif des droits et de l'identité des travailleurs, de chaque peuple, et tout particulièrement du peuple français. Cela en imposant, de manière brutalement encore élargie, pour esprit des lois de toutes les sphères de la vie et de l'activité humaine des travailleurs, les critères et les contraintes qui sont ceux de la croissance des profits financiers pour les grands groupes multinationaux européens (eux-mêmes à dominance allemande) et américains. Très éclairante est ici l'étroite et croissante osmose qui a existé et qui existe (dans l'élaboration du traité de Maastricht et dans l'élaboration des directives de Bruxelles) entre les instances politiques et technocratiques de la Commission et la "Table ronde", association des plus hauts représentants du grand patronat.

La marche qui commencerait avec la ratification du traité de Maastricht ne constitue pas seulement un fort prolongement de la politique régressive.

Cette marche serait en effet d'autant plus réductible et nocive qu'elle serait désormais fondée sur une transformation inédite et d'ample portée : celle de l'entrée dans un mécanisme qui verrait s'instaurer un pouvoir politique supranational devenant sans cesse davantage maître souverain des décisions dans le domaine de la monnaie (devenue monnaie unique sous l'hégémonie du mark) et de la politique économique et sociale, dans celui de la politique étrangère et de la défense (en tutelle étroite, on l'a vu, de l'O.T.A.N. et des Etats-Unis). En toutes ces matières vitales et jusqu'au niveau suprême et global (le passage dans la C.E.E. de la prise des décisions à l'unanimité à la prise des décisions à la majorité qualifiée ou simple, jouant ici un rôle croissant et décisif), la nation française perdrait cette liberté des libertés qu'est la souveraineté nationale, c'est-à-dire le droit pour chaque peuple à disposer sans cesse lui-même de son destin. Il y aurait ici une modification politique cruciale, essentielle, profonde qui constituerait le centre et le cœur de la transformation qualitative qui marquerait la C.E.E. avec la ratification du traité de Maastricht.

La souveraineté nationale, liberté des libertés

C'est cette modification essentielle que les promoteurs du traité tentent le plus d'obscurcir. C'est de la réalité et de la gravité de la subordination de la souveraineté nationale à un pouvoir supranational d'allure impériale qu'attestent pourtant leurs décisions, leurs actes et même leurs métaphores.

On peut l'apercevoir en songeant par exemple que c'est le président de la Commission de Bruxelles et ses adjoints qui depuis quelque temps (et bien avant les adversaires du traité de Maastricht) déclarent qu'il s'agit de mettre à la place de l'actuelle C.E.E. un système politique où les Etats-nations aujourd'hui souverains en viendraient (dans les matières décisives, comme les transports) (19) à être placés, par rapport aux pouvoirs centraux de la nouvelle Union européenne, en une situation de complémentarité et de subordination de même ordre que celle qui est le propre des différents Etats des Etats-Unis.

Ce n'est par ailleurs pas sur les principes (issus de la Révolution française et de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, et sans le respect desquels il n'y a ni Etat de droit, ni société des nations, petites ou grandes, légitimes) de libre association entre nations égales et sans cesse inaliénablement souveraines que le traité de Maastricht fonde les relations entre pouvoir supranational et pouvoirs nationaux. Ce principe régulateur placé par Jacques Delors "au fronton du traité" (20), c'est, on l'a vu, le principe médiéval de "subsidiarité". Le réemploi en 1991-1992 de ce principe, va considérablement au-delà des rapports de complémentarité et de hiérarchie qu'il exprimait à l'époque féodale. La subsidiarité, selon le traité de Maastricht, assure en fait au pouvoir central de la Communauté européenne, le droit intégral (et par là même un pouvoir absolu supérieur à celui des parlements, expressions pourtant de la souveraineté populaire de chaque pays) de se substituer aux Etats nationaux en tous les domaines, y compris ceux qui ne sont pas de sa compétence directe (21).

Tout confirme qu'avec un pareil cheminement, on s'en irait, comme l'annonce Jacques Delors lui-même, vers une situation où dans un proche avenir, 80% des décisions qui concernent la vie des citoyens ne relèveraient plus de la nation française mais des instances centrales de Bruxelles (le Conseil, la Commission, la future Banque centrale). Tout montre en même temps que ce ne sont point les institutions nécessaires (en cette fin de siècle d'exigences autogestionnaires) à la coordination des coopérations entre nations libres, associées et inaliénablement souveraines que le traité instaurerait. Il mettrait au contraire en place un système centralisateur, tout puissant par rapport aux droits et pouvoirs des citoyens-travailleurs titulaires de la souveraineté nationale. Système dont les instances, libres de tout contrôle populaire, régissant la vie des nations, des régions et des communes, vivant elles-mêmes en osmose avec le grand capital financier constitueraient une véritable structure impériale de type par ailleurs profondément inégalitaire.

Tout laissait prévoir, si le traité était ratifié, la mise en place d'un gouvernement central fondé sur l'association où se trouveraient en position prépondérante les représentants politiques des grandes bourgeoisies allemandes (elles-mêmes en posture maîtresse), françaises, britanniques (laquelle impose par ailleurs en partie la sauvegarde de ses visées propres) ; association à deux ou trois tenant à l'avenir en étroite tutelle les pays les plus petits et/ou les plus pauvres de la C.E.E., tout en travaillant à plier les travailleurs de tous les pays aux contraintes des exigences du capital financier.

Le document de travail de la Commission de Bruxelles révélé par le quotidien danois Extra Bladet (et qui malgré la colère du premier ministre danois n'a été jusqu'ici ni démenti ni dénoncé par J. Delors) a fait tout récemment connaître un plan qui donne corps à cette structure impériale. Il s'agirait d'instaurer un gouvernement central communautaire avec à sa tête un président aux pouvoirs élargis et d'aller vers la suppression de la présidence tournante au détriment des petits pays comme le Danemark. La C.E.E. se transformerait ainsi assez vite en un système de pouvoir impérial où l'on verrait les hauts dirigeants de quelques-uns des principaux pays capitalistes s'associer (sous la tutelle allemande) pour dominer les peuples et les travailleurs d'une "Communauté européenne", c'est-à-dire en fait d'un vaste ensemble qui représenterait (à frais nouveaux, sur des bases tout autres et dans la différence des sociétés et des époques) une construction cousine de ce que fut jusqu'en 1914, l'Empire des Habsbourg. Depuis les années 1860, aristocratie et bourgeoisies autrichiennes (en position dominante) et hongroises, s'étaient associées ici en une double monarchie pour mieux dominer, contenir, écraser les travailleurs et les autres nationalités de cette vaste partie de l'Europe centrale et danubienne.

Des risques graves d'uniformisation des cultures

Libre développement de l'identité de chaque peuple et libres échanges entre les peuples sont inséparablement à la source du renouvellement et de l'enrichissement du patrimoine culturel, des ressources, des capacités productives, du mouvement de plus haute libération de l'humanité. Cela est plus que jamais vrai à notre époque où jamais n'ont été aussi fortes les possibilités d'intervention, de création, de formation, de communication et où jamais n'ont été aussi grandes les exigences de participation personnelle des citoyens à la maîtrise politique de la vie économique, sociale et culturelle, à celle de leurs communes, de leurs régions, de la nation.

C'est dire combien est aujourd'hui nocif et régressif tout ce qui conduit à l'uniformisation et à l'aplatissement des cultures, à l'intégration en des ensembles porteurs d'inégalités et de domination, tout ce qui ampute le droit souverain et inaliénable de chaque peuple à coopérer plus fortement avec les autres à partir du libre développement de ses atouts et de ses différences.

De tels graves risques de régression existent. Les puissances nationales et multinationales de l'argent mettent tout en œuvre pour enfermer la vie économique, sociale et culturelle des nations d'Europe en des normes et des contraintes qui ne sont en rien celles de la coopération entre peuples libres.

Les fruits et les effets produits jusqu'ici dans notre pays par la prédominance d'une telle orientation sont visibles. Le potentiel agricole, industriel et technologique, la recherche fondamentale, le droit de tous à une formation de qualité sont très sévèrement mis en cause. Le production cinématographique et audiovisuelle, la création littéraire, la vie théâtrale risquent de s'étioler alors qu'elles ne manquent ni de talents, ni d'efforts inventifs.

C'est un seuil nouveau et sans précédent qui menace d'être franchi aujourd'hui. La ratification des accords de Maastricht conduirait en effet à des abandons qui touchent aux fondements même de la souveraineté nationale.

Deux cents ans après Valmy, deux cents ans après la proclamation de la République, la nation française perdrait alors le droit de décider de son destin présent et à venir, un droit, pour elle-même et pour tous les peuples, qu'elle a alors imposé à l'Europe aristocratique. Elle perdrait par là même la possibilité d'être partenaire et libre acteur d'une nouvelle étape du développement de la coopération européenne, c'est-à-dire des échanges et des partages entre peuples associés, souverains et différents.

Nous croyons à cette Europe du partage, et à cette coopération riche de l'essor des atouts et de la personnalité de chaque peuple. La France ne peut y prendre place que si elle continue à être elle-même une nation libre, une nation souveraine.

Antoine Casanova

Historien, membre du Bureau politique du PCF

Notes:

(1) "Nous construisons l'Europe. "Acte Unique", Grand Marché, union monétaire, ensuite politique, telle était la perspective au sein du groupe des Douze. En ce sens, il n'y a pas lieu de nous arrêter. Une amorce de dépassement des Etats nationaux qui ont marqué l'histoire de leur violence, a et gardera valeur, de toute manière. Aujourd'hui, c'est la communauté européenne qui attire. Mais il faut retailler le vêtement. L'impression règne actuellement en Europe du centre et de l'Est que nous tenons encore les peuples frères derrière un mur. Ils se veulent de la même maison".

Y. Calvez in "Pas seulement spectateurs", Etudes, octobre 1991, pp.305-308.

(2) Cf. notamment l'article de Jérôme Vignon (qui signe son article en mentionnant son titre de "conseiller de Jacques Delors") "l'Europe après Maastricht" in Etudes, mars 1992, pp.149-160. Selon cet auteur : "Le progrès de l'interdépendance mondiale depuis deux décennies, les transformations majeures qui ont lieu dans d'autres parties du monde industrialisé, ne laissaient à ces nations (comme la France) ouvertes depuis des siècles sur l'extérieur, d'autres choix qu'entre le déclin et l'union" (p.156). Cela dans une dynamique qui depuis 1985 a conduit, en contrepartie de responsabilités économiques accrues, à élargir les institutions de la Communauté dans un sens "qui les rapproche d'un Etat fédéral" (p.150), une extension appelée selon Vignon à croître plus résolument. Mais déjà, ajoute-t-il, avec le traité de Maastricht, "même pour un observateur averti des réalités communautaires, pareille extension des responsabilités confiées à la Communauté européenne a quelque chose de spectaculaire" (p.151).

(3) Sur les problèmes des rapports constants et mouvants dans l'histoire entre tendances de portée universelle (plus ou moins fortes) et traits d'évolution singulières des ensembles humains spatialement et culturellement spécifiques (dont les caractères propres sont eux-mêmes variables en fonction de l'histoire des modes de production), cf. A. Leroi-Gourhan, "Milieu et techniques", Albin Michel, Paris 1980, pp.356-373, "L'expérience ethnologique", in Ethnologie générale, éd. Gallimard, encyclopédie de la Pléiade, Paris 1968, pp.1816-1830. Cf. aussi Charles Parain, "Ethnologie et histoire", in Ethnologie et histoire, Editions sociales, Paris 1975. Cf. aussi A. Casanova, "Les outils et les hommes. Transitions et Révolution", Paris, S.E.P.I.R.M., 1989, notamment chapitres 1 et 6.

(4) Pour une réflexion d'ensemble sur ces processus, du XVIIème siècle à la moitié du XXème siècle, que je ne peux ici qu'évoquer, cf. notamment l'éclairante étude (de portée théorique majeure) de Pierre Vilar, in "La Catalogne dans l'Espagne moderne", éd. Flammarion, Paris 1977, notamment pp.12-30 et 132-165. Cf. aussi les synthèses d'A. Soboul, in volume "Région et régionalisme en France du XVIIIème siècle à nos jours", P.U.F., Paris 1977, ou encore in "Comprendre la Révolution", éd. Maspéro, 1981, notamment pp. 247-285. Et aussi R. Martelli, "Comprendre la nation", Editions sociales, Paris 1979 (199 pages). Edward Kardelj, "La nation et les relations internationales, Belgrade 1975 (226 pages).

(5) Cf. notamment Martin Verlet, "Questions d'un nouvel ordre mondial. Quelle crise ?" La Pensée, novembre-décembre 1983, pp.27-42.

(6) Cf. notamment les études d'A. Soboul et surtout de P. Vilar cités en note (4).

(7) Cf. notamment Francis Arzalier, "Les perdants. La dérive fasciste des mouvements autonomistes et indépendantistes au XXème siècle", éditions La Découverte, Paris 1990.

(8) Dans les années 1960, diverse élaborations définissent la grande entreprise monopoliste comme un ensemble communautaire où capitalistes, hauts cadres, salariés de différentes catégories, sont des personnes qui travaillent et peuvent s'épanouir en des "collectifs" subsidiaires et hiérarchisés entre lesquels existent et peuvent se développer des relations de collaboration et de participation dans la complémentarité et la subordination. Cf. notamment François Bloch Laîné, "Pour une réforme de l'entreprise", éd. Du Seuil 1967. Sur un mode propre, ces thèmes se retrouveront dans la Doctrine sociale de l'Eglise telle que la mettent à jour PaulVI et la Constitution conciliaire Gaudium et Spes

.

(9) Les pratiques et idées qui se rattachent à ces conceptions deviennent dominantes à partir du XIème siècle. Leur mise en œuvre et leur évolution sont marquées de profondes contradictions. Tôt avec Philippe Auguste et plus encore avec Philippe Le Bel, les rois de France s'affirment comme souverains. Ils refusent les prétentions de la papauté et du Saint Empire romain germanique à faire de la monarchie française un pouvoir ayant certes ses pouvoirs propres, mais placé en position de complémentarité et de subordination par rapport à l'Empire ou à Rome.

(10) C'est à partir des transformations dont il prolonge la perspective que Kant envisage une "union civile" de l'espèce humaine, faite de rapports civilisés entre nations égales et libres ou "alors tous, même les plus petits, pourront attendre leur sécurité et leur droit non de leur propre force et de leur propre appréciation de leur droit, mais seulement de cette grande société des nations". Cf. Kant, "Idée d'une histoire universelle ou point de vue cosmopolitique", éd. Bordas, Paris 1981.

(11) Sur ces réalités, cf. notamment Richard Gispert, "La coopération scientifique internationale", in La Pensée n°264, juillet-août 1988, pp.31 à 43.

(12) "L'histoire universelle n'a pas toujours existé ; l'histoire considérée comme universelle est un résultat" notait K. Marx dans la Contribution à la critique de l'économie politique, Editions sociales 1957, p.173. Sur ces problèmes cf. notamment les études présentées dans le numéro spécial de La Pensée ("Y a-t-il, y a-t-il eu des modèles de voies de passage d'un type de société à un autre ?") n°196, décembre 1977.

(13) Ces exigences se retrouvent au niveau des coopérations sur d'autres continents, au niveau des rapports entre continents, au niveau mondial, cf. notamment Martin Verlet, "L'O.N.U. à la lumière de la crise du Golfe" in Cahiers du communisme, novembre 1990, pp.79-87. Cf. du même auteur, "L'O.N.U. et les métaphores de l'ordre international", à paraître prochainement inLa Pensée.

(14) Notamment à l'encontre des rapports d'exploitation et d'écrasement existants actuellement entre les puissances dominantes de la C.E.E. et les pays du Sud, notamment le Moyen-Orient, l'Afrique et l'Amérique latine. Le caractère de ces rapports entre la "Nouvelle Europe" et les pays du Sud s'est manifesté avec force avec la guerre du Golfe, cf. "Jon Sobrino", "La négation de l'autre mémoire des victimes. Réflexion prophético-utopique", in "La Nouvelle Europe", n°spécial de Concilium (revue internationale de théologie) n°240, 1992, pp.15-25.

(15) Cf. le récent document des conseillers de G. Bush, "Stratégie envers l'Amérique latine dans les années quatre-vingt-dix". On trouvera l'intégralité de cet éclairant texte in D.I.A.L., n°1369. Des extraits essentiels en ont été présentés et publiés in La Pensée, n°274, mars-avril 1990, pp. 90 à 105.

(16) Un article de Patrick E. Tyler in New York Times, 8 mars 1992, publié sous le titre "Le projet de stratégie des Etats-Unis exige qu'aucun rival ne se manifeste. Un monde avec une seule superpuissance", a présenté l'esprit et les extraits essentiels d'un rapport conduisant les orientations des plus hauts niveaux du Pentagone. A l'exception de l'Humanité (article de Georges Marchais, 10 mars 1992), la presse française en a assourdi et minimisé le sens. Pour une analyse et une présentation de ces textes, cf. l'étude de Jean George "L'ordre d'un monde américain" à paraître in La Pensée, mars-avril 1992.

(17) Le document du Pentagone envisage que l'on entre en des périodes de "crise intense" où les gouvernements de Cuba, Corée du Nord, ou éventuellement aussi de Chine, aient des "actions qui en d'autres circonstances paraîtraient irrationnelles". Il veut développer des "relations militaires constructives avec le Pakistan" et "décourager les aspirations hégémoniques" en Asie du Sud.

(18) C'est cette connexion, non exempte de contradictions, que précise avec clarté le document du Pentagone. Le traité de Maastricht explicite encore davantage cette dépendance de "l'Union européenne" vis-à-vis du système politico-militaro-américain. La future "défense commune" relèvera de l'U.E.O. à qui, dit le traité, "l'Union demande d'élaborer et de mettre en œuvre les décisions et les actions de l'Union qui ont des implications dans le domaine de la défense". Et l'U.E.O. qui depuis 1954 dépend étroitement de l'O.T.A.N. "agira en conformité avec les positions adoptées dans l'Alliance atlantique". Il y aura "étroite coopération entre le secrétariat de l'U.E.O. et l'O.T.A.N.".

(19) Cf. notamment "1992. Le Défi. Nouvelles données économiques de l'Europe sans frontières", préface de Jacques Delors, Flammarion, 1988 (247 pages), pp.61-63. Jérôme Vignon (article cité p.152) utilise aussi cette significative métaphore et estime que "l'Union européenne connaît comme autrefois l'américaine, un affrontement entre partisans de l'Union et partisans des Etats". C'est au travers même des erreurs dont elle témoigne que la comparaison est éclairante sur les intentions des promoteurs de Maastricht : les Etats-Unis ne résultent en rien d'un regroupement avec perte de souveraineté des Etats. La Révolution américaine, la Déclaration des droits de 1776 et plus tard la Constitution de 1787, proclament l'existence d'une nation américaine souveraine dont les Etats sont parties constitutives. Avec la constitution d'un pouvoir supranational européen, il s'agit de tout autre chose. C'est-à-dire de la réduction au rang de pouvoirs locaux subordonnés, des assemblées et gouvernements porteurs aujourd'hui de la souveraineté nationale, populaire, inaliénable et indivisible.

(20) J. Vignon, art. cit., pp.151-152.

(21) L'article 3B du traité indique: "La communauté agit dans les limites des compétences qui lui sont conférées et des objectifs qui lui sont assignés par le présent traité. Dans les domaines qui ne relèvent pas de sa compétence exclusive, la Communauté n'intervient, conformément au principe de subsidiarité, que si et dans la mesure où les objectifs de l'action envisagée ne peuvent pas être réalisés par les Etats membres et peuvent donc, en raison des dimensions et des effets de l'action envisagée, être mieux réalisées au niveau communautaire". On ne voit guère (entre les compétences exclusives de la Communauté et son droit d'intervention à la carte, hors de ses compétences exclusives), ce qui reste de pouvoir souverain aux nations.

Publié par Michel El Diablo

ITINÉRAIRES COMMUNISTES - présentation du livre de Jean Salem : « RÉSISTANCES » entretiens avec Aymeric Monville [VIDÉO]

ITINÉRAIRES COMMUNISTES - présentation du livre de Jean Salem : « RÉSISTANCES » entretiens avec Aymeric Monville [VIDÉO]

Le crash social et industriel (suite) ; ou quand la concorde médiatique entretient des mirages politiques

 

Publié le 6 Octobre 2015

Pour savoir où nous allons,
ne pas oublier d'où nous venons.
Mieux vaut éclairer la piste.
Le crash social et industriel (suite) ; ou quand la concorde médiatique entretient des mirages politiques
 
Alors que le gouvernement se mouille au côté de Journiac en annonçant l'arrivée d'un conseiller de Valls comme DRH à Air France pour appliquer le pan "B" des actionnaires, c'est le déferlement médiatique contre les personnels d'Air France, la curée pour organiser la chasse aux syndicalistes
 
Parce qu'ils ont refusé le plan "A" du baron esclavagiste issue du cabinet Sarkozy et confirmé par Hollande, parce qu'ils l'ont fermement fait savoir, les salariés d'Air France sont présentés comme des délinquants violents comme si les milliers d'emplois supprimés (comme si autant d'assassinats sociaux pouvaient se mesurer à l'aune d'un coupon de soie façonnée servant de chemise aux porteurs de dossiers).
 
Il y a des verrous (et ceux qui le maintienne ainsi) qui devront un jour  suivre le même chemin que le DRH ejecté.
 
Mais là où Canaille le Rouge souhaite attirer l'attention c'est, hors presse et média déférents, sur le nombre de commentateurs (dont certains se parfument d'une distante sympathie pour les acteurs de la journée d'hier) qui ne font pas l'effort revenir sur le point de départ de cette situation.
 
Quiconque a été élu du personnel et singulièrement dans les CHS puis CHS-CT le sait, ne pas revenir sur les causes d'un évènement ne permet pas de bien construire les solutions entretient les conditions de la continuité des causes, alimentent la rechute, et sait combien cette mise à plat est décisive. 
 
Rafraichissons les mémoires :
 
Si Air-France -compagnie aérienne nationale- sous mission de service public avec ses personnels à Statut et  un cahier des charges validés par la tutelle légale parlementaire dans les mêmes termes que sont organisme de direction, mis en oeuvre par un conseil d'administration où les salaries n'étaient pas roue de secours et variables financières d'ajustement de la profitabilité était restée telle que, la situation d'hier aurait-elle pu exister ? 
 
En l'occurence non.
 
Ce qui a créé la situation d'hier, c'est le changement de statut et là silence radio.
 
En juillet 2002, dès l'annonce par Francis Mer de la privatisation totale la direction d'AF, réjouie se fend d'un communiqué qui salue :
 
une décision qui « constitue une évolution normale et une suite logique de l'ouverture du capitale réalisée en 1999 », et lui « permettra d'aborder dans les meilleures conditions l'intensification de la compétition internationale ».

Derrière le vocable "ouverture du capital" s'inscrit la notion de respiration des services publics telle que portée par Rocard en 85. 
 
Concernant Air France, cette ouverture du capital ? Qui a coordonné l'opération ?
 
Une respiration qui dès l'entrée dans le 21eme siècle a eu pour conséquence de rendre asmathiques les fleurons industriels de notre pays en matière de transport (RATP, SNCF Air France SNCM etc.) tant l'air frais a été détourné pour ventiler les branchies des requins du capital.
 
Or il se trouve que le pneumologue de cette équipe médicale n'est autre que le ministre choisi par la direction du P"c"F pour participer à un gouvernement à propos duquel les historiens et économistes s'accordent pour dire qu'en surface comme en profondeur il aura été avec celui de Balladur, celui qui aura le plus offert au capital les outils que le monde nous enviait et que convoitaient les failli d'avant hier qui en avaient pour cela été écarté, outil construit par le travail par financements et contrôles publics, sous égide public, par  des salariés à statut. Cela pour combiner la performance économique, la réponse aux besoin et l'expression de la souveraineté de notre pays être celui qui est aux manettes politques pour piloter cette opération n'est pas anecdotique.
 
Canaille le Rouge, (est-il cruel pour certains qu'il ait des notes, archives et de la mémoire !) a le souvenir d'un stage de militants communiste à Draveil. Environ 120 animateurs de la vie politique du PCF parmi les cheminots. Il se trouve que La canaille codirigeait ce stage avec celui qui n'était pas encore en passe de devenir ministre (c'était autour du début des années 90). Ce dernier expliquait à des stagiaires attentif que les privatisations étaient dans la logique de la droite au pouvoir et ... "une trahison majeure impardonable" quand c'était "la gauche qui les mettait en oeuvre". 
 
Trahison le mot est aussi fort que juste. Et ce n'est pas La canaille qui alors le disait mais celui qui deux manadatures plus tard, juste avant de livrer Bobigny et Drancy à la droite, sera l'exécuteur des basses manoeuvre d'un gouvernement européenocrate pour complaire aux directives d'avant l'UE et déjà CEE.
 
Gayssot sera celui qui en accord avec la direction du P"c"F (qui y perd alors son "c" majuscule et y gagne les guillemets qui rendu minuscule l'encadre) après avoir renié sa parole sur France Télécom (ce qui vaudra à R Hue de se faire courser dans les allées de la fête de l'Huma), après avoir par la loi SRU et son volet transport brisé le statut de la RATP en sortant du socle de la régie privatisant toute sont ingénerie et transferé à la région IdF les déficits d'exploitation sans augmenter la part de financement des patrons bénéficiaires réel principal si ce n'est exclusif de la modernisation du réseau, Gayssot donc fait pareil avec les TER et en ne supprimant pas RFF brisant l'unicité de la SNCF, 
 
D'aucuns disent qu'en poste il ne pouvait faire autrement.
 
Ce n'est pas faux. 
 
C'est même pour cela que Georges Valbon (par ailleurs prédécesseur de Gayssot à  Bobigny) nommé président des Charbonnages de France avait démissionné du poste, en expliquant pourquoi, pour ne pas avoir à endosser la tunique de déshonneur que le ravi de la crèche en question a lui enfilé sans états d'âme.
 
C'est la différence entre un communiste (il est vrai que Georges Valbon avait fait ses premières armes militantes et communistes comme maquisard FTP alors que Gayssot, Canaille le Rouge peut en témoigner pour y avoir par hasard assisté (lors du débat sous le gouvernement Juppé instaurant RFF), était lui plus habile à fourbir les sienne dans le maquis des combines électorales, négociant avec Bartolone (déjà) entre "cantine" et buvette de l'Assemblée nationale, les échanges de légumes et d'épices pour assurer les sièges et envisager les strapontins. 
 
Si le hobereau d'aujourd'hui peut (sans contestation politique du pouvoir qui reste actionnaire d'Air France et vole à son secours) faire valoir ses exigences de profitabilité, si Blummollet et premier ministre se fend flanqué d'un Sancho Macron et le porte sacoche de la Grande Arche d'un communiqué de soutien au PDG, c'est bien parce qu'un jour un dirigeant de tout premier plan du P"c"F (secrétaire du comité central, ancien responsable de son secteur entreprise -qui fut secrétaire général d'une UD CGT- ministre dont les actes n'ont jamais été dénoncés par son organisation), soutenu par les trois autres potiches au crépis rouge mais creuses de toute construction révolutionnaire lesquelles siègeaient tous les mercredi matin à l'Elysée,  avec zèle s'y est employé.
 
Se taire aujourd'hui sur cela serait rejoindre le camp de "la trahison majeure impardonnable".
 
Ceux qui connaissent depuis longtemps Canaille le Rouge savent que c'est pour ne pas tremper dans leur camp, ne pas être polué par leurs effluves qu'il a le parcours qui se poursuit ici aujourd'hui.  Le P"c"F décidant ne plus vouloir rester communiste, étant de ceux qui désiraient le rester il est de ceux avec des dizaines de milliers d'autres dont la direction du P"c"F a fait le choix de se séparer.
 
C'est faire oeuvre de civisme et de construction pour l'avenir que d'allumer ces projecteurs éclairer la piste que tant de monde persiste à vouloir maintenir dans l'ombre.
 
Vous avez maintenant de quoi asseoir des arguments supplémentaire pour débattre sur la situation à Air France
 

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié par Michel El Diablo

Les COMMUNISTES et les immigrés : quand le PCF avait une position de classe...

Les COMMUNISTES et les immigrés : quand le PCF avait une position de classe...
Les COMMUNISTES et les immigrés : quand le PCF avait une position de classe...

Au coeur du débat...

Les communistes et les immigrés

Ce qu'écrivait Georges Marchais,

au nom du PCF, en 1981

(lettre de Georges Marchais au recteur de la Mosquée de Paris  le 6 juin 1981)

La présence en France de près de quatre millions et demi de travailleurs immigrés et de membres de leurs familles, la poursuite de l'immigration posent aujourd'hui de graves problèmes. Il faut les regarder en face et prendre rapidement les mesures indispensables. Ce qui nous guide, c'est la communauté d'intérêts, la solidarité des travailleurs français et des travailleurs immigrés. Tout le contraire de la haine et de la rupture.

Certains — qui défendent par ailleurs le droit de vivre au pays pour les Bretons ou les Occitans — prétendent que l'immigration massive de travailleurs est une nécessité, voire un bienfait du monde contemporain.

Non, c'est une conséquence du régime capitaliste, de l'impérialisme.

Des millions d'hommes sont contraints au cruel exil en terre étrangère, loin de leur ciel et de leur peuple, parce qu'ils n'ont pas de travail chez eux.

Dans beaucoup de leurs pays la colonisation, le développement inégal propre au capitalisme ont laissé des traces profondes ; même dans ceux d'entre eux qui s'engagent sur la voie d'un développement socialiste elles peuvent subsister pendant de nombreuses années. Ou bien encore les capitalistes qui dominent certains pays exportateurs de main-d'œuvre ne veulent pas ou ne peuvent pas résoudre les problèmes économiques et sociaux de leurs peuples et préfèrent tirer des profits immédiats de l'immigration, tout en affaiblissant par ces départs la classe ouvrière ; ainsi au Portugal ou en Turquie, malgré la lutte des forces les plus conscientes.

Quant aux patrons et au gouvernement français, ils recourent à l'immigration massive, comme on pratiquait autrefois la traite des Noirs, pour se procurer une main-d'œuvre d'esclaves modernes, surexploitée et sous-payée. Cette main d'œuvre leur permet de réaliser des profits plus gros et d'exercer une pression plus forte sur les salaires, les conditions de travail et de vie, les droits de l'ensemble des travailleurs de France, immigrés ou non.

Cette politique est contraire tant aux intérêts des travailleurs immigrés et de la plupart de leurs nations d'origine qu'aux intérêts des travailleurs français et de la France. Dans la crise actuelle, elle constitue pour les patrons et le gouvernement un moyen d'aggraver le chômage, les bas salaires, les mauvaises conditions de travail, la répression contre tous les travailleurs, aussi bien immigrés que français.

C'est pourquoi nous disons : il faut arrêter l'immigration, sous peine de jeter de nouveaux travailleurs au chômage. À cet égard MM. Giscard d'Estaing et Stoléru font le contraire de ce qu'ils disent : ils contribuent à l'entrée clandestine organisée de travailleurs dépourvus de droits et soumis à une exploitation honteuse et inhumaine. Je précise bien : il faut stopper l'immigration officielle et clandestine, mais non chasser par la force les travailleurs immigrés déjà présents en France, comme l'a fait le chancelier Helmut Schmidt en Allemagne fédérale.

Nous disons également : il faut donner aux travailleurs immigrés les mêmes droits sociaux qu'à leurs camarades français. Nos propositions en ce sens sont les plus avancées qui soient.

Et nous disons encore : il faut instituer un nouvel ordre économique et politique mondial. Il faut une coopération fondée non sur les exigences de profits des trusts et sur des conceptions colonialistes, mais sur des rapports équitables correspondant en priorité aux besoins d'emploi et de développement de la France et des peuples du tiers monde. Cette question, vous ne pouvez l'ignorer, me tient particulièrement à cœur.

En même temps et dans le même esprit nous disons : il faut résoudre d'importants problèmes posés dans la vie locale française par l'immigration.

En effet, M. Giscard d'Estaing et les patrons refusent les immigrés dans de nombreuses communes ou les en rejettent pour les concentrer dans certaines villes, et surtout dans les villes dirigées par les communistes.

Ainsi se trouvent entassés dans ce qu'il faut bien appeler des ghettos, des travailleurs et des familles aux traditions, aux langues, aux façons de vivre différentes.

Cela crée des tensions, et parfois des heurts entre immigrés des divers pays. Cela rend difficiles leurs relations avec les Français.

Quand la concentration devient très importante — ce qui n'a rien à voir, soit dit au passage, avec la notion non scientifique et raciste d'un prétendu « seuil de tolérance » dont nous ne parlons jamais — la crise du logement s'aggrave ; les HLM font cruellement défaut et de nombreuses familles françaises ne peuvent y accéder. Les charges d'aide sociale nécessaire pour les familles immigrées plongées dans la misère deviennent insupportables pour les budgets des communes peuplées d'ouvriers et d'employés. L'enseignement est incapable de faire face et les retards scolaires augmentent chez les enfants, tant immigrés que français. Les dépenses de santé s'élèvent.

Les élus communistes, dans le cadre de leurs droits et de leurs moyens, multiplient les efforts pour résoudre ces problèmes difficiles au bénéfice de tous.

Mais la cote d'alerte est atteinte : il n'est plus possible de trouver des solutions suffisantes si on ne met pas fin à la situation intolérable que la politique raciste du patronat et du gouvernement a créée.

C'est pourquoi nous exigeons une répartition équitable des travailleurs immigrés entre toutes les communes.

Parler à ce propos d'électoralisme, c'est nous faire injure. Notre position ne date pas d'aujourd'hui. Dès octobre 1969, quand j'étais chargé de l'immigration à la direction du Parti communiste français, les maires communistes de la région parisienne et les élus communistes de Paris ont adopté, sur ma proposition, une déclaration dénonçant la concentration des travailleurs immigrés dans certaines villes et demandant une répartition équilibrée. Si elles avaient été appliquées par le pouvoir, ces mesures, pour lesquelles nous n'avons cessé de lutter, auraient permis d'éviter les difficultés actuelles.

Encore un mot sur le racisme. Rien ne nous est plus étranger que ce préjugé antiscientifique, inhumain, immoral. Non, il n'existe pas de races d'élite et de races inférieures.

Ne partagez-vous pas l'indignation qui me soulève quand je considère les activités malfaisantes des passeurs, des trafiquants, des marchands de sommeil qui entassent des immigrés dans des conditions violant toutes les règles d'hygiène, de sécurité, de voisinage et que M. Stoléru laisse agir sans entraves comme les négriers d'autrefois ? Ce sont des délinquants qu'il faut réprimer.

Et n'éprouvez-vous pas le même dégoût que moi à la lecture d'une « petite annonce » comme celle que le journal «Libération» publiait récemment sous le titre : « Immigrés sex service », et que la décence m'interdit de reproduire ? Comme j'aimerais que nous soyons, chacun au nom de notre idéal respectif, du même côté contre des gens capables de bassesses aussi abominables, et, j'ose le dire, d'une telle barbarie !

Tout ce que la morale humaine réprouve avec force, l'inégalité, l'injustice, le mépris, la cruauté, nous le repoussons, nous le combattons. C'est pourquoi, dans les entreprises et les cités, nous invitons les travailleurs immigrés et français non pas à se combattre entre eux, mais à unir leurs forces contre leurs vrais ennemis communs, les exploiteurs et ceux qui les servent. Nous les appelons à tracer ensemble le sillon, à l'élargir sans cesse, pour libérer tous les hommes et toutes les femmes de la servitude et de la haine. C'est le sens de notre lutte pour la justice. De très nombreux prolétaires musulmans la comprennent et la soutiennent.

Veuillez agréer, Monsieur le Recteur, mes salutations.

Georges Marchais.

Les COMMUNISTES et les immigrés : quand le PCF avait une position de classe...

Les commentaires de Jean Lévy :

Cette lettre date de 34 ans.

Depuis le problème s'est considérablement aggravé.

Non seulement avec l'immigration africaine,  résultat de l'exploitation impérialiste qui pille les Etats et leurs populations, celles-ci  fuyant en outre  leurs pays ravagés par des guerres coloniales, menées par la France en particulier, comme hier en Libye et aujourd'hui au Mali.

Mais aussi du fait des lois européennes qui ont légalisé la concurrence avec  les "travailleurs détachés", venus de l'Est de notre continent, privés de droits sociaux, et embauchés "au noir" pour être sous payés.

Car, il faut le répêter, l'immigration, c'est une importation de main d'oeuvre à bon marché, exploitée jusqu'à l'os, qui répond aux besoins du patronat de BusinessEurope, et non "une invasion" d'une population venue du sud pour "manger le pain des Français".

Notre solidarité doit s'exercer par l'exigence des mêmes conditions de travail, de salaire et de prestations,  pour les salariés tant français qu'étrangers. Non seulement, c'est une question de justice, mais c'est aussi la seule façon de contrer le capital dans sa recherche du profit maximum. 

Ce n'est pas en ouvrant toutes grandes les portes de la France aux immigrés qu'on répond aux intérêts de ceux-ci, mais à ceux des  patrons...Le problème de l'immigration ne pourra être résolu positivement que par un changement de société, sans actionnaires, sans dividendes, sans financiers, par une coopération industrielle et commerciale entre des Etats souverains égaux en droits, au bénéfice de leurs peuples respectifs. 

Tout le reste n'est que littérature pour bobos branchés.

J. L.

Publié par Jean Lévy

Halte à la guerre ! Un communiqué du Collectif Communiste Polex

 

Syrie : halte à la guerre !

La Polex dénonce avec force l’engagement militaire et diplomatique, ouvert et assumé, du gouvernement français en Syrie. Celui-ci va jusqu’à revendiquer comme allié de fait le groupe fanatique islamique al-Nosra, considéré comme affilié à Al-Qaïda, une organisation terroriste et dangereuse pour la communauté mondiale.

La Polex condamne l’implication de la France dans le sillage des États-Unis, dans une guerre d’abord civile puis internationalisée par l’impérialisme, à travers l’envoi d’armes et de mercenaires étrangers.

La Polex met notre peuple en garde contre le danger d’une telle politique aventuriste, qui risque chaque jour davantage de mener la France et le monde à une troisième guerre mondiale. 

Signalons  que al-Nosra signifie Al-Qaïda en Syrie. Il ne s'agit pas d'un groupe considéré comme affilié, mais d'un groupe qui a revendiqué son affiliation.  

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Pour le référendum à la noix ordonné par le patron des socialistes

Pour le référendum à la noix ordonné par le patron des socialistes

Sans rire, Jean-Christophe Cambadélis, patron de la gôche qui tient l'Elysée, organise un référendum sur les marchés pour sauver, lors des élections régionales, la politique de droite composée par le gouvernement depuis mai 2012.

Des bulletins de vote sont donc à votre disposition.

 

Pourquoi l’avenir ne passera pas par Mélenchon ?

 

Publié le 5 octobre 2015 par Guillaume Sayon

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Cette question apparaîtra pour beaucoup comme étant une nouvelle provocation, un pavé jeté dans la mare de l’autosatisfaction dont souffrent, il faut bien le dire, de nombreux mélenchonistes convaincus et chevronnés. Il y a même, pour me faire un poil provocateur, une sorte de mépris inconscient du peuple chez beaucoup de ces braves gens car, pour une masse importante d’entre-eux, ils font partie de la classe moyenne supérieure éduquée qui n’a aucun enracinement dans la classe ouvrière. C’est un simple constat sociologique.
 
On pourra m’intenter un procès, me brûler vif sur la place de la Bastille, cela ne changera rien à une réalité qui se confirme, à la fois électoralement, mais dans la pratique militante qui consiste à vivre au milieu de la multitude sans la juger, y compris lorsqu’elle fait preuve d’une violence très forte envers des minorités ou les institutions. Mépriser les ouvriers qui vont au stade, vus comme des beaufs incultes, ne pas comprendre le racisme patenté des classes populaires comme un mécanisme de défense et de volonté d’exister socialement, ne pas comprendre que beaucoup de ces ouvriers et de ces jeunes ne se sont pas sentis Charlie en janvier dernier, c’est ne rien comprendre à la situation que je reconnais volontiers dramatique du moment. J’ai sans doute une chance, c’est de vivre dans l’ex bassin minier du Pas-de-Calais qui est aujourd’hui un concentré de précarité et de misère. Ce territoire, c’est une sorte d’autofocus d’une réalité vécue par des millions de français. J’invite d’ailleurs les intellectuels à mette les pieds chez nous et à analyser sérieusement les choses pour ensuite produire des études sur lesquelles nous pourrons nous appuyer pour balayer la guimauve infâme et dégoulinante d’une bonne pensée prétendument humaniste que nous pondent les belles âmes qui ont, c’est évident, le monopole de la sagesse.
 
Je veux revenir sur cette montée inquiétante du racisme dans les classes populaires et sur un aspect directement lié, le scores très hauts de l’extrême-droite sur mon territoire. Il n’y a pas un racisme délirant chez l’ouvrier qui serait une sorte de gêne propre à sa classe. Il y a sans doute une part de méconnaissance culturelle de l’autre et une grosse part de fantasme c’est évident. Richement nourrie d’ailleurs par les reportages foutraques de la télévision et les discours lamentables et fanatiques d’une grosse partie du personnel politique, y compris du PS. Mais c’est avant tout la désintégration sociale qui fabrique ce « racisme de classe ». Dans mon ex bassin minier, l’emploi a disparu, on atteint plus de 20 % de chômage dans certaines de nos cités. Les héritiers de Bourdieu, c’est-à-dire leurs enfants, ceux de ma génération, sont pour beaucoup au chômage ou alors, avec un peu de chance, font ici ou là quelques missions en intérim. Le logement social est insalubre et les bailleurs sociaux font preuve d’un mépris ahurissant renvoyant une image extrêmement violente à ces gens de leur propre réalité. On voit que l’institution, le pouvoir officiel méprise totalement ces citoyens et participe activement à les ostraciser. Tirons le fil un peu plus. Ces individus vivent en concentration dans des quartiers populaires où on retrouve une grande partie des français issus de l’immigration maghrébine qui vit exactement les mêmes conditions d’existence. Comment pouvoir alors exercer sereinement le vivre ensemble dans une telle situation de précarité. Y compris, la violence sociale en arrive parfois à se transformer en violence physique et verbale et c’est là qu’une tension ascendante pourrie complètement la situation. C’est donc avant tout la précarité dans toutes ses dimensions qui nourrit l’intolérance et les postures de rejet. Ajoutez à ce cocktail explosif la trahison de la gauche qui se fout complètement de ces gens dans les faits, puisqu’elle ne prend même plus la peine de leur parler, de parler de leurs problèmes, de proposer des solutions réelles pour changer radicalement cette situation et vous faites face à une situation de démission de l’exercice de la citoyenneté, à une colère légitime envers l’institution et au développement d’une souffrance individuelle et collective. Il est évident que, le premier populiste parlant un peu fort venu, trouve là des clients de bonne composition ! 
 
C’est là où j’en viens à Mélenchon et sur le fait qu’il n’ira jamais au-delà des 4 millions de voix qu’il a su fédérer durant les présidentielles. Bien entendu c’est un tribun exemplaire, bien entendu on ne peut pas un instant douter de sa sincérité quand il pense une France multiethnique, bien évidemment il donne l’image d’un homme combatif et plein de convictions. Mais il est un fruit, un enfant de ce système qui a causé cette situation. Il est un bourgeois qui a passé 30 années au parti socialiste, qui a soutenu le projet européen à ses débuts, au moment même où il détruisait la sidérurgie et le textile dans notre région. Il n’est pas de par son habitus, de par sa trajectoire sociale et politique, l’homme d’une quelconque rupture. Vociférer contre le parti socialiste n’apportera rien de nouveau dans le paysage de ces millions de français livrés à eux-mêmes, abandonnés de tous, mis violemment à la marge de la société jusqu’à ne même plus évoquer leur sort où que se soit. Mélenchon incarne tout ce que peuvent haïr viscéralement les ouvriers aujourd’hui. Des discours inspirés, ils en ont entendu des tonnes y compris de grands barons locaux, les « député des mineurs » comme ils se sont auto-proclamés, ceux-là même qui ont constitué une petite mafia institutionnalisée qui s’est bâtie sur un clientélisme et un appât du gain qui a tout détruit. Je ne mets bien entendu pas Mélenchon dans le même sac que ces voyous. Je dis simplement que le discours, aussi combatif soit-il, ne suffit plus à convaincre, à recréer un lien de confiance entre le politique et le citoyen. 
 
J’ai l’intime conviction qu’il faut des visages neufs, des militants humbles et de terrain qui ne sont pas là pour un plan de carrière, mais simplement pour être utile à la cause. Il faut redéployer massivement un réseau d’éducation populaire. Internet est une mine d’or pour ça. Il faut recréer de la pensée avec les gens, en partant de leurs préoccupations quotidiennes. Redonner plus qu’un instinct de classe, une véritable conscience de classe. Il faut les écouter sans les juger, il ne faut pas ré-établir de rapports verticaux avec eux. Il faut mettre les pieds dans le plat, il ne faut pas masquer les problèmes. Il ne suffit pas de remettre un coup de peinture sur les HLM pour que tout change ! Aujourd’hui combien de gamins sont entre les mains du décérébré Soral qui voit du complot juif à chaque coin de rue sans même qu’on s’en inquiète outre mesure. Combien absorbent sans réserve la propagande d’extrême-droite sans même qu’on organise la moindre résistance sur le terrain. La gauche, la mienne, ne pourra reprendre pied dans les quartiers populaires et chez les ouvriers qu’en menant ce travail minutieux, de long terme. Plus nous attendrons pour le mener à bien, plus nous perdons un temps précieux et nous rendrons les choses inextricables. 
 
Alors je le dis très calmement, la meilleure chose que Mélenchon puisse faire pour notre gauche, c’est de nous laisser tranquillement mener ce travail de fond, c’est tirer sa révérence pour laisser la place à l’avenir, à des hommes et des femmes superbement ordinaires qui connaissent concrètement la réalité du terrain et du travail à accomplir. Cela n’est ni un procès d’intention, ni une rancœur acide. C’est simplement l’exigence de donner réellement à la gauche les moyens de reconquérir l’électorat populaire et ainsi de pouvoir empêcher le pire. 
 
G.S

Sur Jean Claude Michéa, « l’Empire du Moindre mal »

 

5 Octobre 2015 , Rédigé par Réveil Communiste

Il la porte sur son T shirt, mais pas assez dans son cœur
Il la porte sur son T shirt, mais pas assez dans son cœur

Note de lecture de GQ, 5 octobre 2015.

 

"L'Empire du Moindre Mal", Jean Claude Michéa, Paris 2010

 

J’ai beaucoup apprécié cette lecture, le style et la grande culture de l’auteur. Je crois que son titre est proprement génial.

 

Mais je ne suis pas convaincu qu’il soit sur la bonne voie en ce qui concerne la critique effective de ce monde capitaliste, très repoussant et pourrissant, mais vivace.

 

Pourquoi JCM déteste-t-il tant le libéralisme ? Quel mal lui a-t- il donc fait ? Quel est son ressentiment ? Il semble y opposer un dégoût éthique, de ce que les foules sont devenues. Nous serions en voie de devenir « un peuple de démons », dit-il en détournant significativement Emmanuel Kant.

 

Mais ce libéralisme lui permet d’enseigner sa doctrine. Car sa doctrine n’est pas dangereuse, elle ne ressort pas de l’Empire du mal, cet affreux stalinisme. Puisque de sa critique ne propose qu’une attitude et point de pratique. Il a trop lu Debord et pas assez Gramsci. A démon, démon et demi.

 

Le libéralisme promet la croissance et la liberté. Mais il ne tient guère ses promesses. JCM montre bien comment la liberté ultra-individualiste se renverse en son contraire, et sans délais. Mais pour ce qui est de la croissance il jette le bébé avec l’eau du bain.

 

La croissance de richesse, ce n’est pas la croissance de la consommation d’énergie ou de matières premières. C’est celle de santé, de savoir, de jeux, de temps libre, de sécurité … et ça se mesure.

 

Bob Kennedy critique de la croissance ? Ce n’est pas un prophète révolutionnaire et il n’a certainement pas été assassiné pour ça. Bob Kennedy, c’est ce plénipotentiaire arrogant de son frère qui en 1961 met au défi des étudiants indonésiens de lui expliquer ce que c’est que le capitalisme monopoliste. Quatre ans avant qu’on le leur explique définitivement par les moyens du génocide perpétré contre les communistes.

 

Certes le PIB comporte les accidents et les ambulances, mais pour faire de la décroissance il est beaucoup plus facile de supprimer les ambulances que les accidents. La masse absolue de richesse que reflète le PIB est imprécise, mais les variations du PIB sont significatives : quand le PIB s’accroit, s’accroissent ensemble vraie et fausse richesse.

 

JCM ne voit pas que le libéralisme est entré en contradiction avec lui-même dès le début du XIXème siècle, et que le socialisme est le résultat de cette dialectique. Le socialisme conserve le libéralisme en le dépassant. Mais seulement le socialisme de Marx.

 

JCM est antistalinien par préjugé gauchiste et paresse, il ne connait vraiment rien au socialisme réellement existant et à « l’empire du mal », ennemi acharné et réel de l’empire du moindre mal. S’il s’était informé, il aurait su que « l'homme rouge » qui en est résulté dans les plaines de Russie avait beaucoup de points communs psychologiques avec les prolos anglais des années 1930 dont Orwell admirait la « common decency ».

 

L'homme nouveau de Staline ou de Che Guevara n'est rien d'autre que cela : l'individu libre de son égoïsme immature d'éternel Koulak et d'Universal Soldier. L'individu et l'État n'existent pas séparément, ils s'engendrent réciproquement.

 

Il ne voit pas non plus que si ces principes d’anarchisme non-libertaire étaient appliqués, la « casse » humaine serait bien plus spectaculaire qu’en URSS. Car lorsque la révolution aura lieu, immanquablement un groupe politique issu du prolétariat se retrouvera avec entre les mains la responsabilité de ne pas laisser la société s’écrouler sur sa tête et celle du peuple tout entier. Pour dépasser le capitalisme il faut au moins savoir faire ce qu’il sait faire : nourrir à peu près la population.

 

Son situationnisme est donc une rêverie, comme l’original, mais il est au moins original en ce qu’il n’idéalise pas les délinquants.

 

Sa critique ne débouche sur aucune pratique possible, car il se tient à l’écart du prolétariat, en lui préférant un peuple rêvé pour les besoins de la cause. Comme le radicalisme anglo-saxon.

 

La common decency d’Orwell dont il espère former la substance éthique du peuple révolutionnaire ne conduit nulle part. Il ne s’agit ni plus ni moins que de la morale populaire commune, qui subsiste un peu partout, et qui si elle a un fond solide de maximes simples pour vivre ensemble avec ses voisins et ses cousins, est volontiers traditionaliste, sexiste, xénophobe et homophobe ; il suffit de lire Orwell lui-même pour s’en convaincre. Le prolétariat, constitué dans la lutte, transcende ces oppositions.

 

Orwell produit une critique émotionnelle et paradoxale des injustices qui accablent le peuple décent et qu’il supporte avec constance, pour mieux discréditer toutes les tentatives crédibles et outrageantes de secouer cette société injuste. En Birmanie il donne longuement la parole aux birmans pro-colonisateurs qui raillent le manque d’authenticité des nationalistes.

 

C’est bien un tory. La symbolique de Animal Farm est là pour le dire : le fond de sa pensée, c’est que les communistes sont des porcs. Faire la révolution, c’est se donner aux porcs.

 

Orwell est un conservateur populiste en ce que comme les slavophiles russes romantiques, il dote le peuple de qualités imaginaires. Il plonge dans la Guerre d'Espagne ou dans le peuple des mines ou du Quai de Wigam comme un touriste de l’extrême ou un humanitaire d’aujourd’hui. « Ces Berbères sont plus heureux que nous » certes, mais quand on leur demande leur avis, ces Berbères viennent chez nous.

 

JCM donne l’impression de préférer la guerre à la fausse paix perpétuelle du libéralisme marchand, c’est sans doute compréhensible, mais c’est trop ou trop peu, et la victoire sera pour ceux qui sauront la faire sans l’aimer. Comme l’Armée Rouge en 1945.

Le Capital au XXIème siècle Thomas Piketty. Compte rendu par Jean Claude Delaunay. 

 

5 Octobre 2015

Piketty, petit malin, va !

Piketty, petit malin, va !

 

Envoyé par l'auteur, publié ici en octobre 2014 :
 

Compte rendu et commentaires de Jean Claude Delaunay.


« Le Capital au XXIème siècle », ouvrage de Thomas Piketty (1). [Suite...]

 

« Le Capital au XXIème siècle », ouvrage de Thomas Piketty (2). [Suite...]

 

« Le Capital au XXIème siècle », ouvrage de Thomas Piketty (3)[Suite...]

 

 

 

 

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

70e anniversaire de la Sécurité sociale: rétablir la vérité!

70e anniversaire de la Sécurité sociale: rétablir la vérité!

Un appel de Michel Etievent, biographe d'Ambroise Croizat ministre communiste du Travail du 25 novembre 1945 au 26 janvier 1946, puis ministre du Travail et de la Sécurité sociale du 26 janvier 1946 au 4 mai 1947, date à laquelle la droite et les socialistes chassent les ministres communistes du gouvernement, sous les injonctions des USA:

Lors de l'hommage national du 70ème anniversaire de la sécu, entendez vous déjà à longueur de medias inféodés au pouvoir, (et ceci malgré l'énorme travail fait pour rétablir l'histoire) toutes les sirènes chanter  que la sécu a été fondée par Pierre Laroque. Aurait t-on l’audace d’attribuer la paternité de la loi Veil a son obscur chef de cabinet ? Jamais ! ET ben là si !  Ce qui est curieux c'est que lorsque l'on évoque une loi, on lui donne toujours généralement le nom du ministre qui l'a promulguée et non du fonctionnaire qui a participé à sa mise en place: Ainsi dit-on :Loi Macron, Loi Juppé ou Loi Weil par exemple. Et bien non, là on vous dira loi Laroque qui n'était que le fonctionnaire de Croizat. Ben, tiens, on ne va pas donner à une institution enviée dans le monde entier et que socialistes, patrons et droite s’évertuent à casser, le nom d'un ministre communiste. Et puis quelle aubaine ! Cela permet d’effacer le rôle des  ministres communistes qui l’on conçue et bâtie et de ce petit peuple d’ouvriers essentiellement CGT qui pendant 8 mois ont construit les caisses sur leur temps de congé et  après leur temps de travail. Et tout cela rendu possible grâce au rapport de force de l’ époque (que l’on taira évidemment) et sans lequel nous n’aurions ni sécu  ni toutes les lois sociales. Un rapport de force simple qu'il faut rappeler : 29 % des voix au PCF, 5 millions d’adhérents a la CGT, une classe ouvrière grandie par sa résistance, un patronat sali par sa collaboration. 

Et pourtant c'est lui Ambroise CROIZAT, c’est lui le bâtisseur de ce beau conquis social de janvier 1946 à juillet 1946 alors qu'il était ministre du travail et de la Sécurité Sociale ( de novembre 1945 à mai 1947) , On vous parlera encore d’une création de De Gaulle... oui mais, voilà,  De Gaulle avait déjà démissionné ( 15 janvier 1946) lorsque Croizat, après avoir conçu les lois créant la sécu  ( mai, juin 1946) ) , mit en place les 138 caisses avec la CGT et le peuple de France. (Malgré l’opposition violente de la droite, des assurances privées, des médecins, des patrons, des notables mutualistes, de la CFTC.)

De plus De Gaulle sera le premier à la casser en octobre 1967 avec les ordonnances Jeanneney qui suppriment les élections démocratiques des caisses, divisent la sécu en trois branches et établissent le paritarisme qui donne la gestion aux patrons.

 Juste une petite vérité a rétablir: Pierre Laroque n'est que le commis d'écriture qui mit en forme l'ordonnance portant création de la sécu du 4 octobre 1945. Cette ordonnance est une émanation directe du CNR et de la réflexion et conception collective menée sous la maîtrise d'œuvre de Croizat dès sa nomination comme président de la Commission du Travail à l'assemblée consultative ( juin 1943) du Gouvernement provisoire à Alger. Et ceci en lien très actif avec les services du ministère de la Santé dirigé par François Billoux, autre ministre communiste, jamais évoqué lorsque l’on parle de la sécurité sociale. 

Pierre Laroque ne prendra d’ailleurs ses fonctions qu’en septembre 1944. C'est sûr qu’il est difficile d'admettre la réalité de l’Histoire et surtout l'actualité brûlante et la modernité d'un homme comme Ambroise Croizat à l'heure où droite, patronat  et socialistes veulent privatiser ce bien national qu'est notre belle sécurité sociale.

Le meilleur hommage que nous pouvons rendre à Ambroise Croizat  est de nous battre sans cesse partout pour que la sécurité sociale ne soit pas une coquille vide livrée au privé mais qu’elle reste ce que Croizat et le peuple de France  ont voulu qu’elle soit : un vrai lieu de solidarités, un rempart au rejet, à la  souffrance et à l’exclusion

Je ne serai pas malgré une invitation officielle, dans la cérémonie nationale  du 70e anniversaire le 6 octobre à la Mutualité ( en plus !! quel scandale !). Sachant qu’on refusera de me donner la parole pour rétablir l’histoire, je n’irai pas parader auprès de Marisol Touraine et Francois Hollande et tous ceux qui cassent la sécu…

En espérant que le beau mouvement ouvrier en fera autant et sera plutôt par millions dans la rue le 8 octobre 2015.

 Merci de partager abondamment.

Amitiés à tous

MICHEL ETIEVENT

30 juillet 2014

La Confédération européenne des syndicats (CES) favorable à un traité trans-atlantique … pour les peuples (!)

 

140726_ETUC_AFL_TAFTA-225x300.jpgLa CES (Confédération européenne des syndicats) veut un traité trans-atlantique « d’excellence », favorable « aux gens », pour une « prospérité partagée » et pour un « développement économique et social soutenable »


EDT pour vivelepcf et pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

La Confédération européenne des syndicats et la confédération syndicale américaine AFL-CIO ont poursuivi leur dialogue sur le traité transatlantique de libre-échange entre l’Union européenne et les Etats-Unis.

Dans une déclaration commune, elles ont renouvelé, le 10 juillet, leur demande « d’un accord commercial UE-USA d’excellence », favorable, plus favorable que la situation actuelle, aux « conditions de vie et de travail ». Dans le texte intégral, disponible seulement en anglais, elles font état de ce que peut apporter le TAFTA (ou TTIP) et des garde-fous à prendre, notamment à l’égard du principe de précaution et de la capacité juridique donnée aux investisseurs d’attaquer les Etats.

Nous laissons le loisir à ceux qui le peuvent et le veulent d’étudier la déclaration en détail (lien).

Pour imaginer qu’un accord négocié entre capitalistes européens et américains puisse déboucher à l’avantage des travailleurs et des peuples, il faut être sacrément naïf ou sacrément malhonnête et trompeur. La CES n’est pas naïve. Elle est fidèle à sa raison d’être : servir de caution sociale l’Europe supranationale du capital et directement de valet à la Commission européenne.   

Une fois de plus, on mesure le contresens pour les organisations ouvrières françaises, issues du mouvement révolutionnaires à s’affilier à la CES, à la prendre comme référence, de même que sa transcription politique supranationale, le Parti de la gauche européenne (PGE).

A nouveau, une clarification s’impose.Depuis plusieurs mois, notamment lors de la campagne électorale des européennes, des composantes françaises de la CES et du PGE ont dénoncé – à juste titre – le TAFTA, et pas seulement l’opacité de ses conditions d’élaboration. Dans le même temps, elles ne cessent de se revendiquer de la CES comme référence « sociale » européenne. Il y a contradiction !

Les enjeux relatifs au TAFTA apparaissent, peu à peu. Ils sont particulièrement confus et contradictoires chez les impérialistes d’abord. Le débat et les actions recherchés par les organisations progressistes doit en tenir compte.

On se souvient que le grand frère du TAFTA, l’AMI, Accord multilatéral sur les investissements, n’a pas abouti dans les années 1990 à la suite du refus des groupes capitalistes américains prédominants. Certes par rapport aux années 90, l’émergence d’impérialismes nouveaux de premier plan dans le monde peut pousser les impérialistes européens et américain à collaborer davantage.

Aujourd’hui, à nouveau, il apparaît que ce sont les multinationales à base européenne qui sont à l’initiative, relayées par la Commission européenne (dans son ancienne ou nouvelle composition, c’est pareil).

Souvenons-nous que la véritable devise de l’Union européenne est « concurrence libre et non faussée » dans l’économie de marché. Elle ne date pas seulement du Traité de Lisbonne ou du projet de « constitution » de 2005. Elle remonte au Traité de Rome de 1957.

Or les Etats capitalistes, éventuellement les groupements d’Etats, n’ont qu’une seule préoccupation : fausser la concurrence dans l’intérêt de leurs commanditaires, firmes et trusts implantés dans leur pays.

Quand il s’agit d’écraser les droits sociaux, les services publics, les salaires dans son pays, au nom de la concurrence, les puissances capitalistes sont toutes d’accord et prêtes à s’accorder sur l’objectif. Mais ce n’est pas si évident quand les firmes et trusts de chacun sont en concurrence pour préserver leurs marchés initiaux, plus ou moins protégés, et pour voler ceux de leurs concurrents.

L’Union européenne, elle-même, est très loin d’avoir supprimé les antagonismes entre impérialismes nationaux. L’euro profite aux multinationales les plus fortes et les plus tournées vers l’export, d’abord l’économie allemande. En revanche, tous les impérialismes européens sont avides de disposer en Ukraine d’une réserve de main-d’œuvre, de matière première à vil prix et de possibilités de délocalisation. Cela correspond un peu au rôle imposé par les capitalistes US au Mexique.

Mais entre les intérêts des capitalistes US et des capitalistes UE, avec des différences internes dans chaque groupe suivant les branches et les débouchés recherchés, les divergences restent très larges. Les systèmes économiques et sociaux demeurent très différents aux Etats-Unis et dans les pays d’Europe occidentale, où, notamment, la classe ouvrière a gagné des acquis plus importants pour des raisons historiques, liées à la puissance des organisations révolutionnaires dans leur zone respective.

Les capitalistes américains ne sont pas chauds à l’idée d’abandonner les dispositions et normes qui leur réservent leur immense marché intérieur. En revanche, pour conquérir les marchés européens, ils n’ont rien contre le dumping social et cherchent à conserver l’avantage en termes de dumping social relevant du net décalage dans les conditions de rémunération de travail, de protection sociale…

Au contraire, la Commission européenne veut libéraliser le marché américain et se servir de cette opportunité concurrentielle pour écraser encore les droits sociaux en Europe.

CES et AFL-CIO soutiennent ensemble le principe d’un accord de libre-échange transatlantique, peut-être au profit d’intérêts capitalistes concurrents…

Ce qui ne fait pas de doute pour nous, c’est que les travailleurs des pays d’Europe, comme ceux des Etats-Unis n’ont que régression sociale et économique à attendre d’un tel accord.

Communistes, nous devons exiger l’arrêt des négociations entamées par la Commission européenne, avec l’accord très discret de François Hollande en 2013. Nous devons exiger, partout, l’état exact des négociations pour mieux les dénoncer.

Ceci dit, le TAFTA doit amener encore davantage au rejet de l’Union européenne et non à le détourner contre les USA. Rappelons que c’est l’UE qui est avant tout demanderesse.

Ce que l’UE veut gagner contre ses peuples avec le TAFTA, c’est ce qu’elle coordonne déjà avec les gouvernements nationaux de droite et de « gauche », au nom de la « concurrence libre et non faussée ». Le salaire minimum est 6 fois inférieur en Roumanie. Le travailleur ukrainien est encore moins cher pour l’industrie allemande que le Chinois !

La lutte contre le TAFTA doit être pour nous un nouvel angle de notre lutte contre l’Union européenne du capital.

Depuis quelques mois, notamment dans la campagne des élections européennes, on a vu Mélenchon se saisir du TAFTA, essayer de diriger la colère sur les USA et, ce faisant, d’épargner implicitement les intérêts capitalistes européens. Le Pen a fait de l’opposition au TAFTA son premier cheval de bataille. Si l’on suit la logique primaire de certains (qu’ils appliquent à la remise en cause de l’euro !), puisque le FN est contre le TAFTA, les pseudo-progressistes devraient être pour ! Voyons-y plutôt la preuve supplémentaire de la fonction de diversion du FN, en particulier sur l’Europe. Enfin, la problématique TAFTA est maintenant largement propagée par des associations citoyennes de sensibilités diverses.

Un traité, lui, existe bien, négocié dans la même opacité, aussi loin des peuples : c’est le traité « d’association économique » entre l’UE et l’Ukraine et que le pouvoir ukrainien issu du coup d’Etat, à composantes fascistes, vient de signer. UE/Ukraine, UE/USA : le rapport de force n’est pas le même ! Imposant ses règles, ses normes, le libre-échange, les puissances européennes, collectivement, transforment l’Ukraine en un protectorat économique et politique, continuent à la ruiner, au détriment également des travailleurs des autres pays.

Si on est contre le TAFTA, on est déjà tout de suite contre l’accord UE/Ukraine et sa ratification en France.

Si on est contre le TAFTA, on est aussi contre le dogme de la « concurrence libre et non faussée » entre les pays de l’UE et on en tire les conséquences. Les Etats, la France, doivent y déroger, refuser d’appliquer les traités et directives européens pour préserver leurs droits sociaux, leurs services publics, les possibilités de développement d’activités répondant aux besoins nationaux, aussi pour construire de véritables coopérations internationales.

Comme nous sommes profondément contre le TAFTA, communistes, nous portons toutes ces batailles ensemble, de façon indissociable !  

Publié par Michel El Diablo

Elections RÉGIONALES: les dirigeants politiques se lâchent

Élections RÉGIONALES: les dirigeants politiques se lâchent

A deux mois des élections régionales des 6 et 13 décembre 2015, les dirigeants politiques se lâchent. Cette semaine c’est au tour de Sarkozy de s’expliquer. « Les Échos » de mercredi 30 septembre 2015 lui offrent 4 pages pour le faire ! « Il faut refonder notre modèle social… Il faut une refondation du modèle social et économique français ».

« Refondation », le mot est faible, il s’agit d’un véritable chamboulement. Il réaffirme que « l’entreprise doit être le cœur de notre politique économique, notre priorité, notre obsession ». « Si une entreprise veut sortir des 35 heures, elle doit pouvoir le faire (…), la durée du travail sera fixée par l’entreprise ». Quand on lui demande ce qu’il pense de la rupture du contrat de travail, il répond sèchement : « Il faut faire confiance aux chefs d’entreprise et cesser de les caricaturer (…) le licenciement économique doit être rendu possible ». Il juge « pertinent » le rapport Combrexelle qui vient d’être commandé par le gouvernement socialiste ! Le même Sarkozy veut reporter l’âge légal de la retraite à 63 ans dès 1920. Et 100 milliards de baisse de la dépense publique sur le prochain quinquennat ; il affirme que « la baisse du nombre de fonctionnaires est incontournable, collectivité locales comprises » et estime que « les délégués syndicaux doivent cesser d’être nommés par les syndicats ». Il propose de supprimer le seuil de 10 salariés pour les délégués du personnel et de financer l’ensemble des représentations du personnel à partir de 50 salariés.

Dans le projet de loi de finances pour 2016 du gouvernement socialiste on retrouve les mêmes orientations.

« Il faut pousser la négociation au niveau des branches ou des entreprises permettant de trouver des exemptions à la loi » vient de déclarer Macron à Londres devant 150 entrepreneurs qui l’ont applaudi. « Mon ennemi c’est la finance » avait déclaré Hollande avant son élection. On sait aujourd’hui ce qu’il en est ! On a vu que Sarkozy trouve « pertinent » le rapport de Combrexelle que Hollande a approuvé.

Hollande – Sarkozy, la même politique au service du capital !

Lors de l’élection de mai 2012, une forte majorité s’est prononcée contre Sarkozy, pour Hollande. Depuis, une masse énorme d’électeurs et d’électrices s’est détournée de lui. On sait pourquoi.

Certains regardent aujourd’hui du côté du Front National. Attention !

Un certain Bernard Monot député européen « stratège économique » du FN a déclaré (Les Echos du 16 juin 2015) : « Nous avons quelqu’un d’Areva, un directeur fiscal dans la grande distribution, le Directeur Général d’une filiale d’une grande banque à l’étranger, des cadres de la Banque de France, du FMI, de l’OCDE, d’Eurostar, de l’INSEE et même de Bercy ».Marine Le Pen, déclarait déjà le 31 octobre 2011 sur BFM –TV : « les 35 heures sont une erreur majeure »Elle proposait « l’organisation de négociations de branche et d’entreprise pour revenir progressivement à 39h ». Elle avait 4 ans d’avance sur Hollande !

Le FN s’applique à récupérer à son tour le mécontentement populaire pour le garder sous la coupe des grands groupes capitalistes. Les Républicains, Le Parti Socialiste, le Front National sont les trois fers que le capital tient en permanence au feu pour les utiliser l’un après l’autre voire simultanément contre les travailleurs et le peuple.

Les partis du Front de Gauche vous parlent de faire du social mais ils ne parlent jamais d’en finir avec le capitalisme. Ce n’est pas non plus avec eux que le changement viendra.

SOURCE : site Communistes

E=MC2 agendas

Publié le 3 Octobre 2015

ou merveille

de la communicocratie

E=MC2 agendas

S'ils ont lu "libé" ou plus surement boursorama voire "l'Huma en ligne" , les militants -il en reste - du P"c"F ont appris ce jour que depuis vendredi ou samedi prochain, ils ont décidé que P Laurent serait tête de liste au régionales, les pécéèfiens de Seine st Denis colleront les affiches de Cl Autain et, sans qu'il y ai un soupçon d'électoralisme dans la démarche, les affiches parisiennes seront entêtées du nom de Coquerelle.

 

Il y a comme qui dirait un zeste d’exotisme dans les pratiques démocratiques.

 

Pour être sûr de se démarquer de leur droite et de l'extrême droite, les dirigeants du P"c"F en IdF n'useront pas de coûteuses (et inutiles nous serons d'accord) primaires, mais appellent à adopter la liste après qu'elle ait été validé et diffusée par les clubs de la presse.

 

La "DARL" ! Démocratie à rayonnement limité ! 

 

Pas trop participative, mais quand même! Bon, c'est dans l'air de leur temps.

 

Au fait , juste une question comme cela en passant : Sur quels projets, programme, propositions avec qui, comment  ? Question ringarde ? Comme la démocratie.

 

"Votez pour nous ! votez pour nous", les idées c'est pour après. 

 

Après quoi ? après l'appel à voter Macron pour refuser Fillon dont les potes sont alliés avec le F-haine?

 

Pardon clarifions : "Faire barrage à la droite et l'extrême droite en votant PS" ?

Et il tartine, le Tartignole …

 

« (…) introduire un système de contrôle des aides que perçoivent les entreprises

(…) développement économique local

(…) sécuriser les parcours professionnels

(…) mettre les banques à contribution pour favoriser une transition écologique

(…) le candidat se veut favorable aux entreprises, à la condition que les aides dont elles bénéficient soient directement dirigées vers l'emploi. »

Ouf !

 

 

On craignait que le P“c”F ne se montra trop révolutionnaire dans son programme économique.

 

Finalement ce programme n’est qu’une pâle resucée de la doxa $olférino-Medevienne.

On se fout de qui, à Mathurin Moreau ?


Paritarisme ou démocratie populaire ?

Les brillantes saillies sélectionnées dans le faire-part ci-joint, sont extraites du compte rendu d’un « conférence de presse » tenue le 23/09/2015 à la terrasse d’un bistrot d’Agen par le « candidat-tête-de-liste-PCF-Front-de-Gauche ». Deux camarades locaux, visiblement pas très à l’aise, étaient chargés de donner un peu de consistance au style légèrement « boboïsant » du keynésien en chef des mutants de la « maison de verre ».

Le ton est donné dès l’introduction : 

Olivier Dartigolles a tenu à rappeler l'importance de ces élections, qui concernent désormais la grande région. «J'ai constaté aujourd'hui qu'il allait falloir beaucoup travailler pour que les gens se rendent compte que l'on vote ... C'est une élection très importante qui aura des conséquences directes».

Le gouffre idéologique est béant : aucune remise en cause de la loi Nome à l’origine des nouvelles structures, inspirées de cette « maille des Lânders » que l’AMGOT projetait sur les « territoires «  conquis après le débarquement sur le vieux continent.

Exit les États Nations façonnés pendant des siècles par la variété des populations et des cultures … Place à l’€uro-dollar ; place à la brutale application de la loi du marché au service de l’oligarchie financière mondiale !

Mieux « cibler » les entreprises bénéficiaires de « l’argent injecté pour le développement économique local », mieux « sécuriser les parcours professionnels », mieux « favoriser une transition écologique », à qui  mieux-mieux, on retrouve les promesses du « moi-président ».

« … les aides ferait l'objet d'une délibération … validée ou invalidée » … par qui ? Par des « comités de bassin d'emplois »« l'ensemble de ses chefs d'entreprise serait présents » mais où les salariés n’auraient que des « représentants », maîtrisés en outre par la présence d’une troisième composante : les élus locaux. Autrement dit, on introduit le « paritarisme »[ó] en lieu et place de la démocratie. Donner plus de pouvoir aux capitalistes, est-ce là la mission « nouvelle » que s’assignent les  dirigeants mutés du P cF ? … « Un homme = une voix ! », revendiquait l’ANC, il y a trente ans.

On ne reconnaît, dans le discours du candidat muté, que l’écho des thèmes favoris de la Propagandastaffel. Rien sur les salaires, pas un mot du « plein emploi ». Rien sur la nécessaire réappropriation collective des services publics qui structurent les « territoires » en fonction des besoins des « populations » qui y vivent.

J’avais cru comprendre que le nouveau  slogan du PCF, c’était « l’humain d’abord ! »… On voit là les limites de l’exercice : L'humanisme ne saurait donc être ni « radical », ni « émancipateur »… Pas plus que le « crétinisme parlementaire ».

Renvoyons l'humanisme bêlant dans les eaux troubles de sa « soupe originelle » : l'idéologie bourgeoise.

[ó]   Qui se souvient des ordonnances Jeanneney du 21 août 1967, du nom du ministre des affaires sociales d’un gouvernement alors dirigé par un fondé de pouvoirs de la banque Rothschild ? … Un certain Pompidou devenu célèbre, ensuite, par sa trahison envers de Gaulle en 1968 et l’abandon de la souveraineté monétaire, acte fondateur de sa présidence, avec la complicité de son successeur Giscard d’Estaing.)

Alors que depuis 1945, la gestion de la Sécurité Sociale était confiée aux représentants élus des assurés, propriétaires collectifs légaux de la masse des cotisations - part ouvrière et part patronale.

Par l’introduction du « paritarisme », Pompidou confie de fait au patronat avec l’aide des « jaunes » - que sont FO dans un premier temps, puis la CFDT une décennie plus tard - la gestion des salaires différés que sont ces cotisations.

Réflexion du jour: Pourriez-vous faire l’effort de lire…

 

01 Octobre 2015
 

Je viens de me disputer avec un ami qui sans m’avoir lu, m’accusait d’avoir retrouvé le culte de Staline à travers Poutine, je commence à en avoir marre de ces gens qui ne lisent pas et vous déversent leur a -priori:

 

Ainsi me faire dire que je serais une inconditionnelle de Poutine est archifaux, que j’ai retrouvé mon second staline encore plus, je dis que dans la situation présente crée par les Américains, l’OTAN, les Saoudiens, sa stratégie parait la seule crédible, mais on n’est pas plus assuré des conséquences…

 

Pourquoi parce que je suis profondément communiste et que je pense que toutes ces convulsions, y compris depuis la première guerre mondiale, témoignent de la nécessité d’un changement de société, nous sommes dans la chute de l’empire romain. mais aussi dans une renaissance possible… Et les communistes me paraissent pas mal placés pour tracer un chemin vers la propriété collective des moyens de production, pour un développement qui partirait des plus démunis autant que du respect de notre bien à tous.

 

Toutes les défaites des communistes ne sont pas pour moi  les défaites du communisme,  mais des défaites nécessaires pour que nous nous débarrassions des illusions, des aspects les plus réactionnaires, des romantismes sans issus, etc… Les défaites devraient nous permettre d’avancer à condition de dégager une véritable perspective à partir de ce qui est en train de naïtre..

 

Danielle Bleitrach

 

PS. ce que je ne trouve pas très logique c’est que depuis des mois tous les Russes répètent: la prochaine qu’un Hitler se présentera on laissera les européens se débrouiller avec lui et là ils estiment devoir intervenir après avoir patiemment subi toutes les agressions occidentales, le fait est que ce choix indique qu’ils se sentent menacés et qu’il faudrait mieux analyser ce qui les a incité à intervenir directement dans cette affaire…

Essai de Francis Arzalier, historien. Éditions Delga

Les Nations nécessaires et leurs pathologies nationalistes (de la Révolution française au FN )


 

, par  Francis Arzalier 

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JPEG - 602.8 koLe monde dominé par le capitalisme financier transnational réduit de plus en plus les hommes et les peuples à n’être que des consommateurs interchangeables, jugés à leur capacité à produire des profits. Il est sain dans ces conditions que fleurissent un peu partout les résistances, la défense des nations et des conquêtes sociales et politiques qu’elles ont engrangées au fil de l’histoire et des luttes de classe. Nos gourous médiatiques les disaient mortes, elles leur explosent au visage, repères nécessaires face au maelström « mondialiste ».

 

Mais ce renouveau positif est souvent détourné grâce à la manipulation des concepts dans une opinion désinformée : Marine Le Pen prétend les politiciens du FN des « patriotes », et les titulaires exclusifs de la parole à la télévision qualifient de nationalisme la moindre critique à l’égard des oligarques de l’Union européenne et des faucons bellicistes de l’OTAN.

 

La France d’aujourd’hui est menacée par le succès électoral d’un FN d’autant plus fort qu’il a réussi jusqu’à présent à réunir les sensibilités diverses des nationalismes français, et qu’il a pu faire croire à des foules broyées par le capitalisme, et apeurées, qu’il était le seul opposant à l’arasement « mondialiste » : sortir de ce piège exige la lucidité, ce récit, avec d’autres, veut y contribuer.

 


Bon de commande ci-joint à renvoyer à Nicole Touma-Saba, Trésorerie du Collectif Polex, 19 rue Lamandé, 75017 PARIS, accompagné d’un chèque du montant de la commande à l’ordre de POLEX.

« Migrants, réfugiés « politiques », réfugiés «économiques» : ces mots sont-ils piégés ? » – l’Humanité, 29 septembre 2015

De la rigueur avant toute chose

Chacun est libre d’utiliser les mots qu’il veut, mais à condition de les définir pour qu’ils soient compris. C’est aussi une protection contre les manipulations. Le droit peut alors être utile, il est privilégié ici.

Il convient tout d’abord de ne pas confondre le demandeur d’asile et le réfugié. L’asile correspond à une situation de fait en même temps qu’il est un terme générique couvrant toute la matière. La qualité de réfugié est un statut juridique. Le droit d’asile permet de distinguer : l’asile constitutionnel, l’asile des réfugiés relevant du mandat du Haut commissariat des réfugiés des Nations Unies (HCR), l’asile des réfugiés au sens de la Convention de Genève, l’asile au titre de l’unité de famille, la protection subsidiaire, la protection temporaire, les asiles discrétionnaire et de fait. Le mot migrant, lui, n’a pas de signification juridique particulière.

Ce n’est pas sans raison que la France a, tout au long du XIXe et au début du XXe siècle, été regardée comme « terre d’asile ». Malgré les régressions ultérieures, nombre de demandeurs d’asile évoquent cette tradition. La constitution de 1793 proclame magnifiquement : « Le peuple français est l’ami et l’allié naturel des peuples libres » (art. 118) « il donne asile aux étrangers bannis de leur patrie pour la cause de la liberté. Il le refuse aux tyrans » (art. 120). Le Préambule de la constitution de 1946, s’en fait l’écho : « Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d’asile sur les territoires de la République ». Enfin, cet asile dit « constitutionnel » est rappelé par l’article 53-1 de l’actuelle constitution aux termes duquel la France est libre d’accorder l’asile pour tout autre motif. Ces rappels mesurent la défaillance actuelle du Président de la République.

Le texte fondamental en matière d’asile est la Convention de Genève du 28 juillet 1951 ratifiée par plus de 150 pays. Elle donne dès son article 1er la définition du réfugié : « Le terme de “réfugié” s’applique à toute personne qui (…) craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays ». La qualité de réfugié n’est pas octroyée, elle est reconnue et a donc un effet rétroactif. On remarquera aussi que la reconnaissance de la qualité de réfugié repose sur deux appréciations, l’une subjective (craignant), l’autre objective (avec raison). De son côté, l’article 33 de la convention pose le principe du non-refoulement du réfugié.

La reconnaissance de la qualité de réfugié donne droit à un titre de séjour de dix ans. Depuis 2003 existe une protection dite « subsidiaire » qui concerne les personnes risquant dans leur pays la peine de mort, menacées de traitements inhumains ou dégradants, ou encore qui se trouvent dans une situation de violence généralisée (ce qui rend sans objet la proposition d’ « asile de guerre » de Nicolas Sarkozy). Il s’agit d’une protection plus faible car elle ne donne droit aux « bénéficiaires » qu’à un titre séjour d’un an renouvelable.

Ces dispositions ont été reprises en mars 2005 par le Code de l’entrée du séjour des étrangers et du droit d’asile.

La pratique de l’asile montre qu’il est erroné de distinguer radicalement les demandeurs d’asile et les migrants économiques. Tous les demandeurs d’asile au titre de l’un des critères énoncés précédemment ont aussi des raisons économiques : comment imaginer qu’un étranger persécuté dans son pays puisse y obtenir un emploi et y mener une vie normale ? Et il existe des exploitations économiques qui relèvent de la persécution ; l’esclavage existe toujours en Mauritanie, par exempe.

Pour éviter les pièges, pratiquer la rigueur des mots.

Copie de Droit-d-asile2-Couverture4 - PUF_LEPOR_2011_01_L148

 
 

Les paradoxes de la période: l’extrême droite parait défendre la paix

 

30 Septembre 2015

 

Il est clair que l’Occident qui se présente comme le défenseur de la démocratie et intervient dans les pays au nom des droits de l’homme est en train  de faire la démonstration du caractère fallacieux et criminel de ces interventions.

 

La crise des réfugiés nous confronte aux illusions, celle de croire qu’après l’intervention humanitaire tout est résolu mais aussi celle d’une Europe, qui comme l’Allemagne utilise l’immigration ainsi provoquée comme un moyen de pression sur ses propres salariés, la mise en concurrence de l’humanité qui ne peut qu’entretenir les idéologies de haine. Là encore qu’est-ce que l’immigration? Pour les Cubains et Fidel Castro, il s’agit d’une manière de priver les pays sous développés d’une force de travail qualifiée formée à grand frais, pour nous il s’agit d’un acte de charité, peut-être faut-il repenser tout cela en fonction des victimes. Notre propre vision politique de gauche est marquée par le primat des valeurs morales et humanitaires sur l’analyse des intérêts réels. Il en est de l’immigration comme de la guerre qui l’accélère ou encore de l’effet du renforcement des inégalités à l’échelle mondiale.

 

Il y a eu un retour en arrière phénoménal en matière de droit international puisque l’on est revenu à la conception d’une guerre « juste », une croisade, justifiée par une idéologie qui s’oppose de fait à la civilisation de celui que l’on veut opprimer et qui a un but réel, le pillage et la mise en esclavage des populations. Le progrés accompli à l’ère moderne était d’être passé d’une guerre « juste » à une guerre légale, c’est-à-dire mettant en évidence les conflits de souveraineté entre nations.

 

Il y a eu plusieurs étapes à partir de la chute de l’Union Soviétique, d’abord la guerre devenue opération de simple police où les Etats-Unis et leurs alliés fondent sur un petit pays, le déclarent ennemi public numéro un, nouvel Hitler et instituent un protectorat qui détruit toutes les structures étatiques et crée les conditions du chaos dans lesquelles prospèrent les intérêts capitalistes et les bandes armées. La pseudo lutte contre le « terrorisme » est en fait la manière par laquelle il est fait obligation aux populations de recourir eux mêmes au brigandages sous couvert d’idéologie. Daech, après Al Qaida en est l’illustration, mais on trouve également en Afrique et en Europe le même phénomène.

 

Au Moyen âge, la « guerre juste » était une procédure légale, par laquelle une autorité compétente employait la force des armes hors de sa juridiction normale pour défendre des droits, redresser des torts ou punir des crimes. Il y a un retour actuel de fait à cette conception, celle d’une guerre de justicier où le guerrier est à la fois juge et bourreau, alors que le droit international avait admis l’idée d’un guerre légale, dans laquelle comme dans un duel chaque nation souveraine prétendait exercer ses droits sous l’abitrage international qui demeurait neutre exigeant simplement le respect des souverainetés. On peut considérer que le vingtième siècle a vu ressurgir avec les guerres mondiales et les conflits prenant en priorité les civils comme victimes un élargissement du non respect de la neutralité. Puis ce fut avec la lutte dite contre le terrorisme non seulement l’abolition de toute neutralité mais la fin de la légalité et le nouveau recours à la guerre « juste », le bien contre le mal, un guerre totale où juges et bourreaux se confondent où l’adversaire doit être diabolisé pour justifier l’intervention. Une guerre où l’on vient venger le faible contre le tyran, et dont on est convaincu que celui-ci abattu tous les problèmes seront résolus tant on a réussi à décontextualiser les problèmes.

 

La revendication de Poutine à repenser les contextes et les civilisations, à laisser charbonnier maître chez lui, s’inscrit a contrario de cette vision. Elle peut et doit s’accompagner du respect des Etats, mais aussi du droit à l’autodétermination des peuples ce qui peut présenter des aspects contradictoires dans lesquelles il propose de suppléer à la guerre par la négociation diplomatique. La force de son intervention est due au constat de l’échec de la stratégie de la guerre juste ou humanitaire.

 

Dans un tel contexte la plupart des situations issues de la guerre froide sont rapidement bouleversés. Nous sommes obligés dans des temps relativement courts de repenser les rapports de forces, les perspectives et les antagonismes à l’échelle mondiale.

 

L’exemple du conflit palestinien

 

Chacun aura noté que depuis « les printemps arabes » dont il reste à analyser d’où ils ont surgi et qui les a utilisé, ce conflit palestinien n’est plus celui dont on pensait que lui résolu, la paix régnerait au Moyen orient. Les palestiniens peuvent s’en inquiéter, mais les israéliens tout autant qui perçoivent bien qu’ils ne peuvent plus compter totalement sur le soutien inconditionnel des USA.

 

Poutine et Obama  ont tous les deux ignoré  le conflit entre Israël et la Palestine dans leurs interventions à l’Assemblée générale de l’ONU, a déclaré l’homme politique israélien Avigdor Eskin à Radio Sputnik. Il s’agit d’un homme politique d’origine Russe qui a émigté en Israël et qui est considéré comme d’extrême-droite.  Son intervention rapportée par la radio russe, elle même ayant des sympathies d’extrême droite et accordant une large place aux déclarations de Marine Le Pen, témoigne du caractère complexe de la situation au Moyen Orient.

 

« Maintenant, tout le monde en Israël peut remarquer que le Président russe Putin et le président Obama, n’ont pas dit même un mot sur le conflit israélo-arabe et local avec les Palestiniens, » a déclaré  Eskin .

 

Eskin a également félicité Poutine pour rôle de la Russie pour résoudre le conflit syrien.

 

« Si la Russie prend cette partie sous contrôle, alors on peut s’attendre à des développements heureux parce qu’à la fin ducompte, la plupart des experts israéliens et politiciens et également des personnes militaires et du renseignement sont d’accord sur le fait que nous devrions être plutôt heureux que Assad reste au pouvoir, » a ajouté Eskin.

 

Eskin a ajouté que cela pourrait être parce que la crise des réfugiés a éclipsé le conflit israélo-palestinien.. Poutine est également devenu « number one » dans les médias israéliens, selon Eskin, en raison de son discours. Foucade d’un homme d’extrême-droite? C’est sans compter avec le fait que Netanayoun lui-même s’est rendu à Moscou et en est revenu semble-t-il rassuré.

 

La diplomatie russe correspond à un moment historique

 

La diplomatie de Poutine qui porte l’empreinte de Primakov et de la grande tradition soviétique a semble-t-il réussi l’exploit qui jadis était celle de la France dans le monde arabe: parler avec tout le monde et être même l’intermédiaire de tous les dialogues entre les adversaires les plus irréconciliables. Incontestablement Poutine dont chacun sait qu’il n’est ni antisémite, ni antimusulman, qu’il soutient l’existence d’un Etat Palestinien et plus généralement des Etats existant au Moyen Orient est-il en train d’apparaître aux yeux de tous comme la garantie de la stabilité face aux ingérences occidentales et à leur art de soutenir les fascismes dit islamistes tout en feignant de les combattre pour mieux détruire des régimes qui refusent leur main mise?


Incontestablement dans le jeu complexe du Moyen Orient non seulement les dirigeants arabes et musulmans sont de plus en plus convaincus de l’intérêt qu’ils ont à négocier entre eux sans la médiation occidentale, mais il semble, paradoxe suprême qu’Israël soit également convaincu de l’intérêt de négocier les problèmes régionaux avec la garantie russe. Avigdor Eskin n’est pas seulement une de ces voix d’extrême-droite au nationalisme exacerbé qui se rapproche de Poutine et rêve de voir un Donald Trump à la maison blanche plutôt qu’un de ces présidents américain dominés par les néoconservateurs, leur idéologie aberrante entre gauchisme et intérêts débridés autour de leurs bisness de la guerre. Il est aussi représentatif de cette émigration juive venue de l’ex-Union soviétique et qui a conservé des liens avec la mère patrie et le souvenir de la lutte commune contre le nazisme. Ce qui a pu renforcer l’extrême-droite mais aussi les communistes.

 

Il faudrait encore souligner  qu’ici aussi la politique russe et la politique chinoise sont complémentaires: favoriser les dialogues régionaux pour aboutir à des solutions diplomatiques, jouer un rôle de médiateur respectueux des souverainetés sans jugement sur les régimes et apporter des potentialités de nouveaux rapports sud-sud qui contournent l’hégémonie occidentale. Est-ce un hasard si actuellement les principaux investisseurs en Crimée sont les Chinois et les Israéliens ? Ce qui se joue est une autre méditerranée et incontestablement le traumatisme que constitue le problème des réfugiés joue dans le sens des choix de la Russie et de la Chine.

 

Mais la diplomatie russe n’est qu’une étape

 

A partir du moment où il s’agit de substituer un dialogue régional et le stricte respect du droit international en refusant les interventions aventuristes sous des prétextes de droit de l’homme à géométrie variable il est évident que beaucoup de gens peuvent s’y rallier au niveau de chaos qu’a atteint l’hégémonie sans principe ni limite des Etats-Unis et de leurs alliés occidentaux. cela va des communistes à la droite nationaliste.

 

Est-ce que pour autant un parti communiste peut considérer qu’il n’y a aucune différence entre l’extrême-droite nationaliste et lui-même, il faut au contraire considérer qu’une telle situation exige un maximum de clarification, parce qu’il n’y aura ni paix, ni progrés tant que la base de l’exploitation et de la concurrence ne sera pas remise en question au plan national et international. Il est évident que quelqu’un comme Eskin ne se contentera pas des garanties concernant la survie d’Israêl fournie par la Russie, il lui faudra le silence international sur le « grand israël », des complicités acquises dans la lutte commune contre Daech. Face aux catastrophes engendrées par la politique occidentale sous direction américaine, la revendication aux survies nationales n’empêchera pas longtemps les appétits déchaînés et l’instabilité de la région s’accroîtra. La Russie elle-même ne prétend pas à un rôle qui fut celui de l’Union Soviétique mais seulement à endiguer la dangerosité de l’interventionnisme de l’OTAN et des forces occidentales.

 

Il s’agit non pas de prendre la tête d’un nouvel internationalisme mais d’endiguer les périls de la mondialisation capitaliste en empêchant partout les Etats-Unis et leurs alliés d’introduire le chaos, donc il s’agit d’une politique dont la dimension essentielle est le conservatisme mais qui a le mérite de revendiquer la paix dans le droit à un monde réellement multipolaire. Pas de revendication de la part de la Russie et de la Chine à prendre le relais de l’hégémonie américaine, leur situation économique ne leur permet pas une telle ambition.

 

Pourtant incontestablement et c’est ce qui est intéressant dans le discours de Poutine, son refus des universalismes factices, la volonté impérialiste d’imposer à la planète une unité fictive sous le joug des armes et de la finance, comme d’ailleurs dans « le rêve chinois », des jalons d’un autre monde sont posés, pourra-t-il exister tant que la « bête sauvage » du capitalisme sera déchaînée? Une vision des intérêts communs entre les nationalistes d’extrême-droite et les communistes ne peut être qu’à courte vue et très rapidement déboucher sur de pires dangers. Il faut que les communistes, loin de se laisser tenter par un front des nationalismes, dégagent leur propre vision et que se renoue pour cela le dialogue entre partis communistes et forces progressistes. Celles-ci reste à rassembler parce qu’il parait à peu près évident que le PS comme le parti démocrate aux Etats-Unis en adoptant la stratégie catastrophique de la guerre « juste » favorable en fait aux intérêts capitalistes avant tout fait la, preuve de son échec à proposer une perspective. Ce n’est pas seulement au plan international et il faut bien constater que si la chute de l’Union Soviétique parait avoir affaibli le mouvement communiste, les effets sont encore plus ravageurs sur l’hypothèse social démocrate.

 

Le grand mérite de la vision que tente de développer Poutine est d’être une des plus prospectives sur le monde dans lequel nous sommes avec la crise de l’impérialisme, mais elle est loin d’être suffisante par rapport aux mutations auxquelles nous sommes confrontés. Il est plus que jamais urgent que se dégage une approche communiste et cela ne pourra avoir lieu qu’en mesurant bien les défis de l’heure, la paix, les coopérations et non les pillages, l’exploitation, toutes choses que l’extrême droite tend à exacerber et qui est l’essence même du capitalisme et sa recherche exclusive du profit.

 

Pourquoi les communistes parce que l’on peut espérer qu’ils conservent une vision qui n’est pas « moralisante » mais qui adopte un point de vue de classe, partant des intérêts réels des plus exploités pour résoudre les problèmes d’une manière réaliste.

 

Par parenthèse c’est pour cette raison que je déteste ce niais slogan « l’humain d’abord »…

 

Danielle Bleitrach

Même si Canaille le Rouge n'est pas

Publié le 29 Septembre 2015

Poutinophile convaincu et militant,
loin s'en faut.
Même si Canaille le Rouge n'est pas
Reconnaissons que sa déclaration à l'assemblée générale des Nations Unies à une autre tenue que rodomontades d'un Blummollet. constatant que le seul représentant de la Syrie du point de vue du droit international était Bachar el Assad, (et même si La canaille -qui n'a pas été consulté pour l'occasion persiste à dénoncer ce dernier ET CEUX QUI L'ONT MIS EN PLACE ET CONFORTE, tous, USA, France et ex URSS compris)  :
 
"J'ai le plus grand respect pour mes homologues américain et français mais ils ne sont pas syriens et n'ont donc pas à être impliqués dans le choix des dirigeants d'un autre pays", a déclaré Vladimir Poutine
 
Revenant sur sa stratégie militaire et diplomatique pour la Syrie. Interrogé sur les récentes frappes menées par la France et l'Australie, V. Poutine a refusé de balayer une telle éventualité par ses forces armées qui selon les observateurs renforcent leur présence depuis des semaines dans ce pays.
 
"Nous y réfléchissons. Nous n'excluons rien. Mais si nous devons agir, ce sera uniquement en respectant complètement les normes de droit international"
 
Qu'en pense le bandérophile Fabius ? 
 

Rédigé par Canaille Lerouge

Les curieuses passerelles de l'UDI à Syriza

Publié le 29 Septembre 2015

Qui roule avec Tsipras ?

Désolé mais sauf démenti attendu,

voici un éclairage

qui à coup sûr

va aveugler ceux

...qui s'obstinent à ne pas vouloir voir.

Les curieuses passerelles de l'UDI à Syriza

Pendant que certains se jouent leur finale de la consolante en s'esbaudissant devant Tsipras rencontrant Raul Castro à l'ONU (ce qui est une bonne chose pour l'ONU et son rôle initial d'instance internationale de rencontre pour construire la paix et la coopération sur terre), une autre info a du mal à percer du côté du GUE (qui est le groupe parlementaire Strasxellois ou Bruxsbourgeois du PGE dirigé par P Laurent) et auquel Tsipras et Syriza sont si affiliés que le premier ministre de Grèce en fut le porte parole.

 

Ni démenti ni confirmation, silence radio, rien sur les écrans radars.

 

Comme sous-marin traversant furtivement les eaux territoriale d'un pays tiers.

 

Borloo serait (sans démentis à ce jour) conseiller privé de Tsipras. Vu le passif du bonhomme, les salariés grecs vont certainement apprécier.

 

Borloo l'homme de droite qui sera de l'UMP avant de fonder l'UDI, le parti de Lagarde à Drancy, celui de ces maires qui expulsent les syndicats des bourses du travail en France comme à Blanc-Mesnil, Bobigny, Aubagne etc. l'avocat ami de Tapie l'arnaqueur, celui qui a traversé le scandale VA OM , ce Borloo qui a mené campagne et pris le siège du député communiste Fabien Thièmé (certainement le dernier ouvrier à avoir siègé au parlement) oui, ce membre de la majorité sous Fillon, Borloo, est conseiller écouté de Tsupras. C'est ce que nous apprend le Parisien : Tsipras un conseiller nommé Borloo

 

On ne sait pas concernant la Grèce, mais cette curieuse tambouille politicarde va-t-elle participer ici à la clarification nécessaires du débat politique ?

 

Rien n'est moins sûr. On imagine les dégâts dans le Valenciennois : abstention encore plus forte, votes de dépit ou de rage de ne pas avoir d'issue.

 

Il y en a une qui se frotte les mains. Plus besoin de faire campagne pour aspirer les voix d'autres se charge de la livraison. Et après ces p'tits livreurs diront que ceux qui dénoncent les abandons de fond et les alliances contre nature font le jeux du f-haine.

 

Et pendant ce temps du côté de Laurent, de l'huma et du P"c"F, ils sont tous monté dans le sous marin.

 

Rédigé par Canaille Lerouge

25 septembre 2015

PCF : Pierre Laurent réclame le départ d'Emmanuel Macron : contre des listes d'union PCF-PS aux régionales ?

 

Le secrétaire national du Parti communiste estime que le ministre de l'Economie « fait beaucoup de mal à la gauche »

 

Sur editoweb

Lisez attentivement ce que dit Pierre Laurent.  Ce dernier est prêt à négocier des candidats PCF sur les listes PS aux régionales contre le départ de Macron accusé de tous les maux et d'être responsable à lui tout seul de la politique austéritaire et pro-patronale du gouvernement. 

Pierre Laurent lui reproche de vouloir saccager le code du travail, comme s'il s'agissait d'une position individuelle. 

C'est lui faire trop d'honneur. 

Le ministre de l'économie a le soutien du président de la République, du premier ministre, et d'un bon nombre de responsables socialistes dont celui qui fut envoyé à la commission européenne, Pierre Moscovici. 

Les propos de P. Laurent sont tout simplement de la vulgaire cuisine électorale. 

Est-ce comme cela qu'on redonne confiance aux salariés, aux militants syndicaux, aux électeurs abstentionnistes ? 

Est-ce comme cela qu'on lutte contre le FN ? 

En faisant alliance avec les pires ennemis des travailleurs, ceux qui font des promesses de "gauche" ( et encore ...) puis qui font passser depuis plus de deux ans des lois dont la droite n'osait même pas rêver ?

AC

 
Pierre Laurent (PCF) demande le départ d'Emmanuel Macron du gouvernement
 
"C'est le symbole de tous les renoncements de la gauche." Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste, s'est montré très critique à l'égard d'Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie, sur BFMTV mercredi 23 septembre. Il a fait référence aux propos du ministre sur le statut des fonctionnaires, qui ne serait "plus justifiable", selon des propos rapportés.

"Si j'avais un conseil à donner à Jean-Christophe Cambadélis [le premier secrétaire du Parti socialiste], s'il est préoccupé de l'avenir de la gauche, qu'il fasse taire Emmanuel Macron, voire qu'il le fasse partir du gouvernement", lance avec virulence Pierre Laurent. "C'est un homme qui est en train de saccager le Code du travail et qui fait beaucoup de mal à la gauche avec la bénédiction du Premier ministre", poursuit-il.

"Il faut que le PS s'occupe de faire le ménage chez lui"

Pierre Laurent se dit ensuite favorable à un rassemblement des socialistes, des communistes et des écologistes en vue des régionales, mais à certaines conditions. "Il faut que chacun travaille au rassemblement de la gauche, mais il faut que le Parti socialiste s'occupe de faire le ménage chez lui", conclut-il.

http://www.francetvinfo.fr/politique/emmanuel-macron/video-pierre-laurent-demande-le-depart-d-emmanuel-macron-du-gouvernement_1096103.html
 

Publié le  par Descartes
Pourquoi on s'attaque au code du travail ?

 

Peu d’objets dans notre paysage politique font l’objet d’autant de fantasmes que notre vénérable Code du Travail. A entendre nos élites médiatiques, il serait incompréhensible, trop long, trop compliqué. Il serait un boulet pour les petites entreprises, un cauchemar pour les grosses. A sa vue, les patrons seraient terrifiés au point de ne plus embaucher. Le consensus est tel qu’on voit des commentateurs qui n’ont jamais vu le petit livre rouge autrement qu’en photographie et qui seraient bien en peine de décrire son contenu disserter doctement sur le besoin indispensable de le réformer.

 

Et dans la logique perverse qui préside notre système politique et qui veut que la gauche soit obligée de courtiser l’électorat de centre-droit et vice-versa, c’est la gauche qui se montre la plus hargneuse envers le vénérable monument législative. Au point de ressortir de la naphtaline l’ineffable Robert Badinter, devenu on ne sait pas pourquoi la conscience morale de la gauche après avoir été pendant des années le couvreur des turpitudes de François Mitterrand, pour commettre un ouvrage en embarquant ce pauvre professeur Lyon-Caen – qu’allait-il faire dans cette galère – pour sonner le tocsin sur la nécessité absolue d’effacer le vénérable Code pour lui substituer une sorte de « décalogue » autour duquel le monde du travail, patrons et ouvriers ensemble, pourraient communier dans l’allégresse et le plein emploi.

 

Toute cette campagne, dont on voit bien les objectifs, repose sur l’exploitation d’un certain nombre de fantaisies et de fantasmes, qui témoignent en grande partie de l’ignorance de nos concitoyens en matière juridique. Ce n’est d’ailleurs pas leur faute : le droit a toujours été le parent pauvre de notre système éducatif, qui ignore jusqu’à son existence. La question de la norme n’est abordée que tangentiellement en instruction civique – et quelquefois en philosophie, mais c’est rare – et on insiste plus sur la manière dont elle faite que sur la manière dont elle fonctionne. Une lacune qui ne sera pas facile à combler, étant donné l’inculture crasse de nos enseignants dans ce domaine.

 

Ainsi, on nous explique que la loi pourrait être simple, et qu’elle est compliquée parce que des méchants fonctionnaires, des méchants politiques ou des méchants juges s’ingénient à la rendre complexe. Laissez-nous faire, nous disent les réformateurs, et nous vous écrirons une loi simple, compréhensible part tous et applicable sans que le juge s’en mêle. Et comme souvent, les exemples étrangers ne manquent pas : il paraît que l’équivalent britannique du Code du Travail, la « Factories Law », entre toute entière dans un panneau d’affichage.

 

Ce discours repose sur plusieurs illusions. La première illusion, est qu’il est possible de faire des normes simples. Bien entendu, on peut toujours écrire une règle qui rentre dans une seule phrase. Prenons un exemple classique, le « tu ne tueras point » du décalogue. Mais prise à la lettre, cette norme est inapplicable. Que fait-on des cas de légitime défense ? De l’euthanasie ? De l’avortement ? Des opérations militaires ? Le « tu ne tueras point » doit donc se lire comme « tu ne tueras point, sauf dans certains cas ». Et la règle si simple en apparence nécessite, pour devenir une véritable norme, être lue à la lumière de tomes et de tomes d’analyse, de controverses, de jurisprudences et de règles dérivées qui expliquent quand et comment il peut être légitime ou excusable de tuer son prochain. Les normes qui semblent simples en principe deviennent compliquées dès qu’on essaye de coller à la réalité parce que la réalité est elle-même compliquée. La règle « tu ne tueras point » semble simple, mais si on l’applique « simplement » elle mettrait à égalité l’assassin de sang froid et celui qui tue par accident, le policier qui tue un voyou pour sauver sa propre vie et le meurtrier de masse. Ce serait certainement « simple », mais profondément inéquitable.

 

Ce qui nous conduit à analyser une deuxième illusion, celle qui voudrait qu’on puisse écrire une norme qui serait applicable telle qu’écrite, sans besoin d’être interprétée. Cela supposerait que la norme elle-même ait non seulement parfaitement défini les termes dans lesquels elle est écrite sans la moindre ambiguïté – ce qui est déjà un défi impossible – mais qu’ensuite elle ait prévu toutes les situations possibles. Reprenons toujours le même exemple, le « tu ne tueras point ». Mais cela veut dire quoi, exactement, « tuer » ? Débrancher un patient en état végétatif et sans espoir de reprendre conscience, est-ce « tuer » ? Mettre fin à une grossesse, est-ce « tuer » ? Tirer sur un homme qui cherche lui-même à vous transpercer d’un couteau de cuisine, est-ce « tuer » ? Frapper l’amant de votre femme avec une batte de baseball après l’avoir surpris dans votre lit avec elle, est-ce « tuer » ? Les réponses à ces questions ont varié suivant les époques et ont fait l’objet de débats passionnés et de volumes entiers d’écrits. Ce qui tend à montrer que la question n’est pas simple.

 

Or, qui dit « interprétation » dit « interprète ». Il faut donc instituer une autorité qui détienne le monopole de l’interprétation de la loi. Autrement, chacun ira vers l’interprétation qui l’arrange. Il faut donc un juge, et comme un juge unique serait à la peine pour régler tous les cas qui se présentent, il faut une multiplicité de juges organisés dans un système pyramidal pour s’assurer que l’interprétation retenue est la même à Paris et à Marseille.

 

Mais comment se fait cette interprétation ? Il y a ici deux traditions qui s’opposent. En France, la tradition politique réserve la création de normes au législateur, élu par le peuple et responsable devant lui. Parce qu’elle a vu les juges prendre le parti de la réaction seigneuriale contre la modernisation centralisatrice, notre histoire nous a rendu méfiants envers le « gouvernement des juges ». Cette méfiance aboutit à ce que la règle d’interprétation de la loi soit d’abord la recherche de la volonté du législateur. Le juge se fait archéologue et se demande « lorsqu’il a écrit ceci, quel était le résultat recherché par le législateur » ? C’est pourquoi le débat public des lois est essentiel au fonctionnement de notre démocratie : c’est le compte-rendu de ces débats que les juges relisent avant d’interpréter une disposition plus ou moins obscure. Dans la tradition anglosaxonne, c’est un peu l’inverse : le juge est vu comme le défenseur de l’équité contre un pouvoir central tyrannique. Et c’est pourquoi le juge devient lui-même législateur, interprétant la loi non pas en recherchant la volonté du législateur, mais cherchant à faire prévaloir les principes mêmes de la justice. Avec le danger assez évident de substituer au législateur élu et responsable devant le peuple un législateur nommé et irresponsable. Mais quelque soit la vision retenue, il est illusoire d’imaginer que parce qu’avec un Code du Travail simplifié, employeurs et employés pourraient s’asseoir autour d’une table et se mettre d’accord sur l’interprétation des normes. Une telle logique ferait plier le droit devant le rapport de forces. Le juge, qu’il soit interprète où législateur, doit nécessairement être extérieur extérieur.

 

Et on voit bien qu’on aboutit ici à un paradoxe. Plus les règles seront « simples » et plus le champ de l’interprétation sera large lorsqu’il faudra les appliquer à des cas réels. Simplifier le Code, c’est étendre le rôle de l’interprétation et donc celui du juge. Et cela est une source d’insécurité car plus la marge du juge est grande, et plus il y a d’espace pour des décisions contradictoires. Lorsque les employeurs exigent en même temps une simplification et une meilleure sécurité juridique, ils demandent deux choses contradictoires. Plus le Code entrera dans le détail, et plus grande sera la sécurité vis-à-vis de l’interprétation du juge. Plus il sera simplifié, et plus le rôle de la jurisprudence sera important.

 

Ce qui nous conduit à une troisième illusion : celle qui consiste à croire que substituer à la loi la négociation collective de branche ou d’entreprise serait un facteur de simplification et de sécurité juridique. Or, c’est exactement le contraire. L’unification de la législation du travail dans un texte unique applicable a tous et interprété par une jurisprudence unique a été un facteur puissant de simplification par rapport au système antérieur ou chaque corporation avait sa propre réglementation. Etablir par la législation quelques principes généraux et laisser chaque branche ou chaque entreprise établir par la négociation collective les règles détaillées implique réecrire un petit Code du Travail par entreprise ou par branche. Car il faudra toujours fixer quelque part les règles concernant la rémunération, les horaires de travail, les institutions représentatives du personnel, les procédures de recrutement, de sanction, de licenciement entreprise. Et le juge qui aura à interpréter ces règles devra dans chaque instance aller rechercher la volonté de ceux qui ont signé l’accord de l’entreprise ou de la branche concernée, aboutissant éventuellement à une interprétation différente de la même disposition selon la branche ou l’entreprise concernée. Vous imaginez la complexité ? D’autant plus que, contrairement à la législation du travail qui est généralement écrite par des fonctionnaires, les accords issus de la négociation collective sont rédigés par des non professionnels du droit et contiennent souvent des horreurs juridiques qui les rendent particulièrement difficiles à interpréter.

 

En fait, dans cette affaire il faut protéger le patronat contre lui-même. Les patrons – et surtout les plus petits d’entre eux – ont l’illusion qu’ils seraient mieux lotis si seulement on leur laissait gérer leur entreprise comme ils l’entendent sans l’intervention du législateur ou du juge. Mais ils se trompent lourdement : comme toute normative, le Code du Travail les contraint et les protège à la fois. S’il les empêche de marcher sur la tête de leurs employés, il interdit aussi aux employés de leur marcher sur la tête. Des actes qui, s’ils étaient décidés « à divinis » par l’employeur, provoqueraient des réactions violentes de la part des salariés, sont acceptés comme légitimes par les salariés parce qu’ils dérivent de la volonté du législateur. Dans un monde aussi conflictuel que celui de l’entreprise, l’existence d’un législateur extérieur est un facteur d’apaisement des rapports sociaux. Comme le disait un éminent professeur de droit social, l’inscription du droit de grève dans la Constitution non seulement n’a pas augmenté le nombre de jours de grève, mais a eu tendance à les réduire et – surtout – à réduire leur violence. Le fait de poser par la loi les limites de l’action des uns et des autres est un facteur de pacification, puisque chacun connaît par avance les lignes que son adversaire ne peut franchir sans se mettre hors la loi. Le Code du Travail a transformé la bagarre de rue en match de boxe, avec un médecin prêt à intervenir en cas de blessure et un arbitre prêt à arrêter le combat et disqualifier celui qui ne respecterait pas les règles. En fin de compte, c’est toujours le plus fort qui gagne, mais on évite au passage pas mal de dégâts.

 

Bien entendu, on peut améliorer le Code du Travail. Au cours des années, le Code s’est constitué par superposition de couches de législation les unes sur les autres. Certaines dispositions sont obsolètes, d’autres se sont révélées inapplicables en pratique, d’autres encore sont purement déclaratives leur caractère normatif est douteux. Comme cela a été déjà fait pour d’autres Codes, on pourrait imaginer de créer une commission de juristes et de fonctionnaires pour réécrire le Code « à droit constant » - c'est-à-dire, sans en changer le fond – pour lui donner une forme plus avenante. Mais ce n’est pas du tout ce que nos « réformateurs » ont en tête. Lyon-Caen s’imagine, avec l’ingénuité dont seuls les juristes sont capables, réformer les relations de travail en réformant le Code du même nom. Par la magie d’une réforme de la loi, l’entreprise cesserait d’être un lieu de confrontation d’intérêts opposés pour devenir un lieu de coopération où employeurs et salariés, réunis tous autour d’une table, aboutiraient à des règles bien plus sages que celles posées par le législateur. Sans la crainte qu’inspire le Code, les employeurs se mettraient brusquement à embaucher à tour de bras, à offrir de meilleures conditions de travail, à augmenter les salaires… bref, le paradis.

 

C’est oublier que le monde du travail est par essence – et non par détermination de la loi – un monde qui voit s’affronter les intérêts des employeurs et celui des salariés. Notre droit comporte cette bizarrerie – dérivée de l’irénisme de classe qui a suivi la Libération – qu’est la notion « d’entreprise », censée regrouper actionnaires, dirigeants et salariés dans une collectivité ayant des intérêts communs. Ainsi, les dirigeants d’une entreprise sont censés prendre des décisions « dans l’intérêt de l’entreprise » qui, la Cour de Cassation l’a jugé plusieurs fois, ne se confond pas avec l’intérêt des actionnaires. Mais cette construction intellectuelle n’a qu’un rapport lointain avec la réalité. Dans la pratique, l’actionnaire est le seul acteur de l’entreprise auquel on ne demande jamais de sacrifices. On entend quotidiennement des cas d’entreprises ou l’on a demandé aux salariés le couteau sous la gorge de renoncer à leurs RTT, d’accepter des baisses de salaire ou la flexibilisation des horaires « pour sauver l’entreprise ». Connaissez-vous beaucoup d’entreprises ou l’on ait signé des accords de limitation des dividendes avec les actionnaires dans le même but ? Moi pas. Et c’est normal : on peut mettre le couteau sous la gorge du travailleur en le menaçant du chômage, alors que pour l’actionnaire les lieux ou investir son argent ne manquent pas.

 

Remplacer la détermination de la loi par celle de l’accord collectif au niveau de l’entreprise aboutira nécessairement à une « concurrence des normes ». En d’autres termes, chaque employeur sera poussé à imposer à ses salariés des accords de plus en plus défavorables sous prétexte de compétitivité avec l’entreprise d’à côté. Avec en bout de compte une surenchère vers le bas. Si chez le concurrent on travaille trente-cinq heures, il faudra travailler quarante. Et si l’on travaille quarante, le concurrent sera poussé à travailler quarante-cinq. Et ainsi de suite. Tout ça on l’a connu au début de la révolution industrielle. Et c’est par une réglementation uniforme qu’on est sorti de cette course à l’échalote vers le moins-disant social. Et cela n’est pas toujours venu de l’Etat : ce sont les églises qui, bien avant, ont imposé le repos hebdomadaire. Et si, comme l’explique le professeur Christopher Hill, le patronat de l’époque a accepté de bon cœur cette imposition c’est précisément parce qu’elle lui permettait d’instaurer une régime d’exploitation plus rationnel sans craindre les « passagers clandestins ».

 

Mais Badinter et ceux qui sont derrière lui ne sont pas des imbéciles. Lorsque des gens intelligents et cultivés se prennent à croire à ce genre d’illusions, c’est que cela leur sert à quelque chose. Il faut donc se poser la question : pourquoi ces gens s’attaquent au Code du Travail, et pourquoi s’y attaquer aujourd’hui, à dix-huit mois d’une élection présidentielle qui s’annonce difficile pour le parti en place. Une certaine gauche criera au retour du patron-roi. Mais comme je l’ai montré ci dessus, il n’est même pas évident que la réforme soit dans l’intérêt des patrons eux-mêmes. Personnellement, je pense que la focalisation sur le Code du Travail obéit à une autre nécessité : celle de trouver un bouc émissaire de au chômage. Et ça, ça arrange tout le monde. Les patrons expliqueront que malgré les succulents cadeaux du gouvernement ils n’embauchent pas « parce que, vous comprenez, le Code du Travail…. ». Le gouvernement, lui, expliquera qu’il a une véritable politique de l’emploi puisqu’il réforme le fameux Code, et lorsque la réforme échouera – car elle ne peut qu’échouer étant donné l’état de ce gouvernement – il expliquera que ce sont les « conservatismes » qui, en empêchant la réforme, ne lui ont pas permis d’inverser la courbe du chômage. Et pendant ce temps, on ne se posera pas des questions désagréables, du genre de savoir pourquoi le chômage diminue hors de la zone Euro alors qu’il stagne à l’intérieur de celle-ci… encore la faute à ce satané Code du Travail, sans doute

 

Descartes

Publié par Michel El Diablo

Pourquoi le SOCIALISME de l'avenir ne sera pas « libéral » [Tribune libre]

Moscou: la station de métro Komskomolskaya

Moscou: la station de métro Komskomolskaya

Tous ceux qui espèrent que l’humanité va poursuivre sa route vers le progrès et s’orienter vers le socialisme, sont interpellés par l’échec des pays socialistes au XXème siècle qui a laissé le monde dans une profonde dépression, morale et psychique. Souvent on s’en tire par une pirouette : ces pays, ces régimes n’auraient pas été vraiment socialistes. D’autres pensent qu’il faut abandonner la perspective du socialisme pour sauter à pied joints dans le communisme. Je ne discuterai pas ces points de vue, qui ne sont pas sérieux.

Donc les pays socialistes étaient vraiment socialistes, et ils ont disparus, sauf deux : République Populaire Démocratique Corée et Cuba qui manifestent une incontestable résilience, mais dont l’avenir est toujours menacé. La Chine, le Viet Nam, et le Laos, peut être aussi le Belarus sont revenu à l’économie de marché, et ont réintroduit le capitalisme, mais sans lui laisser les clés du pouvoir politique. Plusieurs pays latino américains et africains ont une politique sociale de redistribution avancée qui fait penser au socialisme, qui provoque l’ire de la bourgeoisie mondiale, mais qui ne s’attaque pas assez à mon avis et pas directement à la propriété privée de moyens de production. Et aujourd’hui, plus important encore, des médias de masse.

Mais globalement il nous reste en tenant compte de ces expériences présentes et passées (dont certaines étaient en fait assez réussies pour produire le bonheur le plus répandu, si on en croit les regrets formulés à cet égard en Europe de l’Est et en ex URSS) à proposer un schéma du socialisme de l’avenir (2.0, ou XXI, peu importe le slogan), qui ne se fracasse pas sur les mêmes écueils.

Toute la question est de savoir si le socialisme à succombé davantage à ses contradictions internes ou à la pression extérieure. Dans ce cas le diagnostic est tout à fait différent. Si le socialisme a succombé à ses défaillances internes, il faut les localiser et prévoir une organisation politique nouvelle capable de les neutraliser ou de les inverser en faveur du processus.

La principale contradiction interne du socialisme a été la production d’un groupe social spécifique, distinct des reliquats de la bourgeoisie antérieure à la révolution, et intéressé au retour au capitalisme, groupe qui proliférait dans l’intelligentsia et dans la bureaucratie et qui était essentiellement composé de cadres espérant égaler le niveau de vie et le statut social de leurs homologues en pays capitalistes. Il y a certainement dans le monde socialiste de première génération un défaut dans le système de formation de désignation et de rotation des cadres, que les autorités tentaient de corriger par une répression souvent aveugle, disproportionnée ou erratique.

S’il a été victime des pressions extérieures, il faut réfléchir à la nature de ces pressions et imaginer des défenses.

Mais avant tout il ne faut pas faire fausse route. Qu’on l’appelle ainsi ou autrement, hégémonie par exemple, le socialisme est le système économique et social géré par la dictature du prolétariat. Le point crucial est donc dans la conscience prolétarienne. Si la classe ouvrière ( au sens large) ne sent plus cet État comme le sien, c’est perdu.

Ce qui a caractérisé l’image finalement négative du socialisme, c’est l’idée qu’il s’agissait de dictatures de parti unique, interdisant l’expression des opinions d’opposition, et défendues par un appareil policier, n’hésitant pas à soumettre la société à une surveillance de masse et à recourir à la dénonciation. Dans ces conditions l’idée la plus répandue pour dépasser la contradiction du socialisme a été de proposer le fameux « socialisme à visage humain » suivant le slogan de Dubcek, leader du soi-disant Printemps de Prague de 1968. Un socialisme pluraliste, sans répression, sans surveillance, libertaire à l’instar de mai 68 (ou tout simplement de l’Angleterre des swinging sixties). Marx Engels Lénine John Lennon.

Je pense que cette voie est erronée comme l’ont montré la Hongrie en 1956 où la libéralisation à ouvert la brèche au fascisme, et le Chili en 1973 où le respect des règles de la démocratie formelles a désarmé le peuple ; un socialisme sans police, sans surveillance des activités contrerévolutionnaires, et qui se remet en jeu de lui-même candidement dans l’alternance électorale n’a pas d’avenir tant que les métropoles principales du capitalisme ne sont pas tombées. N’oublions pas que le choix du socialisme est à long terme, qu’il n’est pas réversible sans massacre social, et que son rythme de maturation centenaire n’est pas celui des vagues de l’opinion. Dans un pays socialiste, où il n’y a pas de forces économiques séparées qui revendiquent le pouvoir sur l’ensemble de la société, il ne peut pas y avoir de parti d'opposition au sens historique du terme : le parti d’opposition, des « dissidents », s’appuie uniquement sur l’impérialisme, sur la CIA ou sur Soros, quelque soit son influence il ne "représente " littéralement rien d'autre que ce qui le finance.

Le socialisme devra se défendre tant qu’existera l’Empire des multinationales, et c’est la culture de la conscience qui permettra que le parti unique du prolétariat et l’action des services de sécurité soient approuvés et soutenus par le peuple et non ressentis comme un chape de plomb ; dans les deux cas où le socialisme a subsisté, en Corée et à Cuba, ce soutien populaire provient du caractère évident immédiat et existentiel de la menace impérialiste. A Cuba les CDR n’ont pas suscité de rejet équivalent à d’autres institutions défensives d'autres pays; sans doute parce ce quadrillage s’enracine dans une volonté populaire et publique de défendre la population contre les agressions impérialistes, et non dans le souci d’un socialisme dynamique mais minoritaire de tenir en respect un peuple indifférent ou hostile en grande partie, comme dans l’Allemagne post-nazie.

A quoi sert le pluralisme ? Il n’est en aucun cas producteur de conscience ou de quelconque qualité de "gouvernance". On frémit à l’idée de ce que ferait la Chine gouvernée par des politiciens comparables aux politiciens européens ou américains. Mais d’une part il permet de recruter des dirigeants politiques en canalisant la compétition des ambitieux, et les ambitieux existent et son nécessaires partout, d’autre part il permet de repérer les opposants, de les isoler ou de les acheter, dans un monde ou les médias sont largement contrôlés par la bourgeoisie.

La question est de savoir si nous sommes gouvernés par la puissance brute du capital qui achète ses séides, ou si nous sommes gouvernés par la conscience collective à laquelle nous participons ; si nous sommes des esclaves ou non. Mais il est sûr qu’un jeu de pluralisme en pays socialiste pourrait servir à dénoncer le parti renaissant du retour au capitalisme qui grandit comme un parasite à l’intérieur du parti, sans avoir à en venir à l’exterminer, avec beaucoup de bavures, comme en URSS en 1936.

Sous le socialisme l’individu est sans doute frustré de bien des désirs matériels immédiats mais il est en réalité beaucoup plus libre, que sous l’influence de la marchandise, car sa personnalité n’est pas rongée de l’intérieur par la réification marchande, elle n’est pas le jouet des calculs constants du marketing pour le faire courir après les miroirs aux alouettes élaborés par les multinationales. Mais il ne le sait pas, ou plutôt la plupart des intellectuels par inertie idéologique bourgeoise ont utilisé cette liberté dans une rêverie réactionnaire qui les a fait tomber tout cru dans les filets de l’impérialisme. L’image du socialisme comme bagne spirituel est sortie de la féconde imagination littéraire de l’intelligentsia bourgeoise opprimée dans ses rêves de grandeur par le prolétariat, et ces pays étaient loin d’être un bagne pour les travailleurs. Mais les intellectuels organiques de la bourgeoisie ont su façonner l’histoire à leur manière, et rendre le type de liberté dont on jouit sous le capitalisme (celle d’acheter des marchandises avariées si on a de l’argent) la seule imaginable.

L’individu bourgeois est élevé dans l’illusion messianique de son destin exceptionnel. Sa conception de la liberté consiste à savoir si on facilite cette illusion ou si on l’empêche. Les classes populaires ne sont pas composées de ce type d’individu projeté hors de soi dans un rôle et pour lequel le bien n’a de sens que s’il est un bien de gloire et d’ostentation. Le socialisme permet le vrai développement de l’individualité de tous, et des prolétaires avant tout, dont le désir sous-jacent au bourrage de crâne marketing n’est pas d’écraser les autres prolétaires mais de participer à la grande coopération créatrice. C’est par la discussion collective, éclairée par le parti qu'il a lui même créé que le prolétariat accède petit à petit à la conscience sociale, qui est supérieure à la conscience romanesque à la Madame Bovary qui occupe la tête des étudiants et des cadres bourgeois.

Le prolétariat dans la Bible est voué éternellement à couper le bois et à aller chercher l’eau. Jusqu’à la Révolution il reste l’humble instrument de l’ambition et du confort des classes cultivées. Seul le socialisme permet au porteur de bois et d’eau qui a tout créé de l’humanité de vivre humainement.

Dans un premier temps cette libération se produit au détriment de la production car le prolétariat affranchi a tendance à se partager la plus-value, ou à cesser de la produire. Mais après l’étape d’adaptation, la classe exploitée deviendra comme le pensait Marx la nouvelle force productive inépuisable et gratuite, car il décidera lui-même de l’emploi de la plus-value pour le bien commun de l’humanité. Ce n’est pas pour rien que le stakhanoviste est la figure de l’histoire révolutionnaire la moins comprise et la plus haïe du gauchiste petit bourgeois.

Mais il doit en chemin se défaire des mythes existentiels et du roman parasitaire de la bourgeoisie et des classes moyennes (esclaves qui se croient libres, exploités qui se prennent pour des bourgeois). Il faut simplement lui donner le temps de son auto éducation pour se passer des exploiteurs, et c’est son parti qui peut lui donner ce temps critique.

G.Q. 

Le 22 septembre 2015

SOURCE: Réveil communiste

Publié par Michel El Diablo

Bernard FRIOT: « Nous n’avons besoin ni d’employeurs, ni d’actionnaires pour produire »

 Bernard Friot , économiste et sociologue

Bernard Friot , économiste et sociologue

Entretien inédit pour le site de Ballast

Économiste et sociologue, Bernard Friot défend depuis de nombreuses années une alternative au capitalisme, qu’il a théorisée à partir de son sujet de prédilection : la sécurité sociale. Contrairement à la proposition du revenu de base qu’il qualifie de « roue de secours du capitalisme », la solution du salaire à vie s’inscrit autant dans une refonte complète de notre rapport à la propriété que dans une démarche de suppression de notre aliénation au marché de l’emploi, au profit de la valorisation du travail. Car, pour ce professeur émérite de l’université de Nanterre, c’est très clair : nous travaillons tous, même si nous n’avons pas d’emploi. Au sein de l’association d’éducation populaire Réseau salariat dont il est cofondateur, Bernard Friot déconstruit méthodiquement la rhétorique de ce qu’il appelle la « religion capitaliste », que nous avons intégrée jusqu’à en être prisonniers conceptuellement. 

Entretien.

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Dans l'une de vos conférences, vous affirmez que la France n’est pas un État laïc. Pouvez-vous nous expliquer en quoi le capitalisme est une religion, d’État qui plus est ?

La France est un État partiellement laïc et c’est heureux : la laïcité, en séparant l’État des religions, est une condition de l’émancipation populaire, car les religions sont de puissants systèmes d’adhésion à la classe dirigeante. Mais justement, il y a une religion qui, loin d’être séparée de l’Etat, y règne en maître : c’est la religion capitaliste. Entendons par là un ensemble très construit de dogmes, de croyances, de rituels, qui font passer pour divine la violence des institutions du capital. Les dogmes sont construits par la prétendue « science économique », qui s’est imposée à l’université en excluant les hétérodoxes des postes de professeur et qui formate tout le discours des gouvernants et des médias. Plus la réalité infirme le dogme, plus il est raffiné, avec l’affirmation classique de toute religion : c’est parce que nous ne sommes pas assez fidèles au dogme qu’il n’informe pas encore suffisamment le réel ! La prétendue « science économique » procède par injonction permanente. Les croyances permettent d’intérioriser les injonctions du capital : nous présenter sur le marché du travail comme « demandeurs d’emploi » (alors que nous sommes les seuls producteurs de la valeur !) parce que nous croyons que seuls ceux qui ont un emploi produisent de la valeur économique ; nous soumettre aux marchés financiers parce que nous croyons que l’on ne peut financer l’investissement (et créer de la monnaie) que par crédit ; accepter la rémunération du capital parce que nous croyons que l’outil de travail crée de la valeur ; apprendre à vivre avec la souffrance d’un travail mené sous la dictature du temps parce que nous croyons que la mesure naturelle de la valeur, c’est le temps de travail. Je m’en tiens à ces exemples, mais les croyances capitalistes nous enserrent dans un filet très fin.

Les rituels, eux, inscrivent notre quotidien dans la pratique ou l’acceptation des croyances et des dogmes. Là encore, je n’en retiens que quelques-uns dans un ensemble infini. Dès l’enfance, nous entendons à la radio et à la télé le prêche des éditorialistes, qui nous rabâchent ad nauseam le même sermon : si vous n’êtes pas sages, vous irez en enfer (voyez, les Grecs n’ont pas été sages, ils sont en enfer). À la radio toujours, l’appel plusieurs fois par jour du muezzin qui, depuis le temple de la Bourse, récite le moulin à prières de la cote des titres financiers. Dès le collège, nos enfants sont régulièrement conduits dans des salons d’orientation où ils vont apprendre à appauvrir leurs désirs professionnels pour les conformer aux « exigences du marché du travail », un dieu particulièrement cruel. Puis il faudra aller régulièrement à confesse : auprès de conseillers de Pôle emploi et autres institutions du marché du travail pour examiner avec eux comment sortir du péché en améliorant notre employabilité, auprès du N+1 pour entretenir soigneusement notre incertitude sur la légitimité de notre présence dans notre emploi. A l’opposé, dans une pratique laïque de l’État, la loi ne doit être porteuse d’aucune de ces croyances et de ces rituels, leur expression doit être interdite dans les instances d’État et les services publics (mais autorisée bien sûr sur France Culture le dimanche matin parmi les autres croyances) ; la loi doit interdire leur obligation et garantir l’impunité pour ceux qui les refusent. Nous en sommes loin, le combat laïc a encore fort à faire. Mener la bataille pour la séparation de l’État et de la religion capitaliste est d’autant plus décisif aujourd’hui que, chez les socialistes, les mânes de la séparation de l’État et des églises traditionnelles sont invoquées comme caution de gauche à une politique de soutien résolu à la religion capitaliste, tandis que la laïcité a été récupérée par le Front national et Les Républicains comme argument raciste au service d’une division populaire qui dédouane le capital de sa responsabilité dans la crise du travail.

LIRE LA SUITE DE L'ENTRETIEN ICI sur le site de Ballast

Direction du PCF mise en oeuvre d'une stratégie à l'italienne (Arco bello) ici rouge, vert, rose. Au bout du chemin la gauche liquidée, ralliement au capital

 

Ou comment la recherche de la forme, le rassemblement est un artifice pour évacuer le fond.
Quid des contenus ?, du pourquoi ?, pour quels objectifs ?, avec qui ?) : Face au capital la stratégie des bourgeois de Calais mise en oeuvre.

 

 

Les propos tenues par Pierre Laurent et André Chassaigne (celui fait dans le Sapin) (nouveau groupe rouge, vert, rose en gestation), le soutien à Tsipras, donc aux politiques d'austérité, indique que pour la direction du PCF, au delà de la paille des mots, le grain des choses, le temps est venu, pour eux, d'un congrès de Tours à l'envers.

 

Ces élites de "gôche" sont de fait sur une trajectoire à l'italienne, prêt à liquider non seulement l'héritage communiste, mais même au delà toute référence à la gauche. (En Italie la gauche n'existe même plus)

 

Pour se mettre Ine-Fine à la disposition du capital pour tenter d'intégrer le monde du travail aux objectifs du capital (c'est pour cela que le PGE est financé par les institutions européennes)

 

Je sais que je choque, mais le temps est venu d'en finir avec les autruches. Une telle mélasse nauséabonde, de cuisine électorale où visiblement la lutte des places s'étale comme substitue à la lutte des classes. Une telle bouillie ne peut qu'éloigner les milieux populaires des urnes.

 

Pour rassembler il est impérativement nécessaire de répondre aux attentes populaires, ce n'est absolument pas le cas aujourd'hui.

 

Quand nous leur parlons d'"Europe sociale" ils nous tournent gentiment les talons en souriant. Ces réorientations stratégique à l'oeuvre se déroulent sans que les communistes de base n'est à aucun moment leur mot à dire. Ceux d'en haut savent pour eux, ceux d'en bas n'ont plu qu'à exécutés.

 

Les "machins" imaginer là-haut sont autant de raccourcis pour échapper au réel, comme un refus face au difficile affrontement de classe. C'est se préparer à passer sous la table plutôt que la renverser.

 

Bernard Trannoy

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Macron démission, non sans blââgue!

Voila-t-y pas que cette pétition, pour la démission du banquier d'affaires du gouvernement socialiste, court en ligne. Elle est initiée par Gérard Filoche, celui qui tient la lanterne de queue au Bureau national du PS pour faire avaler qu'il reste une organisation de gauche favorable à la justice et au progrès social.

Il est vrai qu'Emmanuel Macron a fait feu de tout bois contre le Code du Travail, les 35h ou les fonctionnaires. Il est vrai qu'il a toujours placé ses attaques réactionnaires devant un parterre de patrons et que ceux-ci n'arrêtent pas de le congratuler avec médias et sondages de la pensée unique en prime.

Mais par qui le ci-devant Macron a-t-il été adoubé ministre de l'Economie de la France? Sinon par François de l'Elysée, candidat du PS et vainqueur à l'élection présidentielle en 2012. Et avez-vous lu un communiqué du Bureau national du dudit PS, auquel Gérard Filoche appartient, dénonçant les propos de leur pote ministre?

Manuel Valls, premier ministre socialiste en exercice, a déclaré qu'il soutiendra jusqu'au bout son ministre de l'économie capîtaliste. Et depuis son palais, François Hollande n'en a pas plus rajouté, puisque la messe était dite dans la bouche de son premier vizir.

Oui, mais, et les frondeurs? Et bien ,jusqu'aux dernières nouvelles, ils sont toujours encartés, bien au chaud, rue de Solférino à Paris. Et pour les élections régionales de décembre prochain, ils vont soutenir les candidats du PS, quand ils ne seront pas eux-mêmes candidats et éligibles sur ces listes. Exemple,  le député socialiste frondeur(sic)Benoît Hamon pour les Yvelines.

Alors, vous qui me lisez, ne m'adressez pas ce genre de pétition à signer.

Macron démission, non sans blââgue!

Une histoire de Rouges-Bruns ? 


par Jean LEVY

jeudi 24 septembre 2015, par Comité Valmy

Drôle de guerre : les communistes en prison..Les cagoulards fascistes sont libérés..Parmi eux Darnand, le futur chef de la Milice, fait la Une de Match, honoré comme un héros en mars 1940

 

Une histoire de Rouges-Bruns ?

 

Dans les années 30, la banque et la grande industrie allemandes portent Hitler et son régime au pouvoir. L’Allemagne devient le gendarme de l’Europe contre le bolchevisme. Le capital germanique vise ainsi à dominer le continent jusqu’à l’Oural.

 

Cette perspective est alors reçue favorablement en Grande-Bretagne et en France par les milieux économiques – et leurs relais politiques –qui rêvent eux aussi à détruire l’Union soviétique.

 

Face à cette menace mortelle, Staline et la direction du PCUS visent à diviser ses ennemis. L’Union soviétique recherche donc une entente diplomatique et militaire avec les pays capitalistes de l’Ouest contre l’impérialisme allemand, sous le drapeau du terrorisme totalitaire. Si les communistes, les juifs, puis les forces démocratiques de leurs pays, en sont les premières victimes, l’Allemagne nazie a, en ligne de mire, l’ensemble des peuples d’Europe.

 

Les gouvernements de Londres et de Paris, d’abord poussés par leur opinion publique, sont contraints de faire semblant de s’entendre avec Moscou. Mais ils laissent Hitler et Mussolini intervenir militairement en faveur du général Franco, à l’assaut de la République espagnole.

 

C’est la politique dite de « non-intervention » des Etats occidentaux qui permet d’instaurer le fascisme au-delà des Pyrénées.

 

Même renoncement de la Grande-Bretagne et de la France, lorsque la Wehrmacht occupe l’Autriche.

 

Puis c’est la capitulation de Munich, en septembre 1938 qui laisse Hitler occuper Prague et détruire la démocratie tchèque, alliée de la France…

Malgré un dernier effort de Staline au printemps 39 pour que l’Ouest et l’Est s’entendent afin de barrer la route à Hitler, les « démocraties occidentales » font la sourde oreille.

 

Il est clair que le choix de la Grande-Bretagne et de la France est de laisser les mains libres à l’Allemagne à l’Est de l’Europe.

 

L’Union soviétique est alors en grand danger de mort. Il lui faut diviser le camp impérialiste, pour éviter la collusion de fait entre Berlin, Londres et Paris.

 

C’est pourquoi Staline est contraint de changer de stratégie : il signe avec Hitler le fameux pacte de non agression le 23 août 1939.

 

La Russie a besoin de temps.

 

En effet, depuis la victoire de l’Armée rouge dans les années 20 sur les Etats impérialistes, réconciliés pour l’occasion, l’Union soviétique n’a vécu qu’une quinzaine d’années de paix pour reconstruire un pays en ruine. Elle sait que l’Allemagne nazie veut sa perte et réduire la Russie en esclavage. Mais il faut à cette dernière gagner du temps pour parfaire sa défense.

 

Ainsi Staline, constatant le refus d’alliance à l’Ouest, est contraint de changer de stratégie : il signe avec Hitler le fameux pacte de non agression le 23 août 1939.

 

Le dictateur allemand s’en prend alors à la Pologne, le 1er septembre 39. Paris et Londres sont dans l’obligation morale de déclarer la guerre à l’Allemagne…mais restent l’arme au pied, laissant sans réagir, les panzers écraser leur alliée.

 

Par contre, le gouvernement français, soutenu par l’ensemble des forces politiques de la gauche à l’extrême-droite, développe une brutale offensive contre le PCF et ses militants.

Ceux-ci sont accusés de "trahison" du fait qu’ils ont refusé de condamner le pacte germano-soviétique. Perquisitions, arrestations, condamnations, la peine de mort est requise par le ministre socialiste de la justice pour "propagande communiste". Ils seront cinq mille dans les prisons françaises quand la Whermacht entra dans Paris le 14 juin 1940.

 

L’Occupant allemand y puisera les otages à fusiller.

 

Aujourd’hui, l’histoire a donné raisons aux craintes soviétiques. Staline, en signant le fameux pacte, a empêché l’alliance miliaire de l’ensemble de ses ennemis. Cela a donné à l’Union soviétique une année de répit avant l’agression allemande du 22 juin 1941, et cette année-là gagnée, a permis la victoire du 8 mai 1945 sur l’hitlérisme.

 

Pourtant, de nos jours encore, l’histoire qu’on apprend aux enfants - et la propagande des médias - s’en tiennent aux mensonges répandus en 1939-1940. Le pacte germano-soviétique est toujours dénoncé comme un acte de "trahison" nationale : Staline "aurait pactisé avec Hitler", donc avec l’ennemi.

 

Une affaire de "rouges-bruns", en somme ...

 

Cette thèse est assénée comme une vérité par tout l’arc-en-ciel politique, toujours anticommuniste, malgré l’histoire qui s’est inscrite en lettres de sang pour vingt millions de soviétiques, à qui nous devons, avant tout autre, notre libération.

 

Mais pourquoi toujours et toujours cette haine vis-à-vis des "rouges", le "danger bolchevik" ne semble pas menacer nos villes et nos campagnes ? Ne serais-ce pas la crainte permanente du peuple qui conduit la classe au pouvoir, aujourd’hui l’oligarchie financière et la caste politico-médiatique à son service, à se prémunir préventivement contre toute idée libératrice qui menacerait un jour sa domination ?

Le capitaliste américain, anticommuniste et antisémite, admiré comme un modèle par Hitler

 

Certes, on ne désigne plus les "communistes", il faut être réaliste, mais les "populistes" mouvance dans laquelle, et à plaisir, on plonge tous les opposants à la loi du marché, tous ceux qui s’en tiennent à l’dée de souveraineté populaire et nationale, héritée de la grande Révolution française,

 

Et de marquer au fer rouge ceux qui s’en réclament : ils seraient les complices bienveillants de l’extrême-droite, parce que celle-ci interprête le rôle de l’opposant dans la comédie écrite par le capital. Et de faire l’amalgame entre jeu et réalité. Pour déconsidérer d’avance les Français qui dénoncent aujourd’hui la trahison nationale des élites françaises, comme celles-ci désignaient les communistes comme traitres en 1940, quelques mois encore avant Montoire et la Collaboration franco-allemande...

 

Une histoire de "rouges-bruns", en quelque sorte, qui se répète ...

 

Jean LEVY

Mon parti m’a appris à lire enfin plutôt à aimer lire pour comprendre et agir.

 

23 Septembre 2015
 

Mon parti m’a appris à lire enfin plutôt à aimer lire pour comprendre et agir.

 

J’ai lu et je lis parfois des choses obligatoires, tu es militant, tu te formes, des fois ça te gonfle grave mais tu va jusqu’à la dernière page, devoir accompli.

 

Après il y a le truc genre polar, pas chiant, du sang, des morts, des héros, t’as pas peur, ils sont faux.

Et puis il y a le Livre, celui qui a pris la flotte à l’Huma, je l’ai commencé hier soir vers 22h00, je l’ai lâché vers 3 heures du matin,je viens de le terminer je vais le relire avec moins d’urgence.

 

Marianne Dunlop, maîtrise 9 langues, communiste du Pas de Calais, le pays de l’or noir, Danielle est de l’autre bout, Marseille, elle en a le tempérament, elle a été directrice de Révolution, membre du Comité Central, accessoirement quelques bouquins à son actif.

 

Donc l’association des deux nous donne URSS vingt ans après, pas une courbe, pas un diagramme, non du vécu et ce n’est pas merveilleux car je vis ce livre comme une terrible claque de lire ces paroles de gens du commun qui disent mais comment les communistes ont-ils laissé tomber, comment nous ont-ils laissé tomber ! ?

 

La reconnaissance, même des plus jeunes, de la sécurité de l’époque soviétique, de la paix, du vivre ensemble et ces combattants pour certains et désespérés pour d’autres, le combat désespéré pour nombre d’entre eux qui appellent à l’idéal de ce que fut leur Union soviétique, pas celle vue des boulevards et des bobards parisiens.

 

Lire Marianne et Danielle c’est commencer à saisir l’urgence du parti communiste, là, comme ailleurs.

 

20 ans et toujours présente cette Urss et ce n’est pas rien, ce qui a pris son envol à l’appel de Lénine et du parti des bolcheviks vit encore dans les têtes et les coeurs de ces peuples même quand ils se disent anti communistes, il y des raisons, de bonnes raisons à cela.

Ce livre nous impose le devoir d’introspection,le devoir de communiste, celui de la pensée.

 

Ce livre reportages est essentiel à la compréhension de l’Ukraine aujourd’hui, sans lui vous risqueriez de renvoyer dos à dos ceux qui s’affrontent là bas avec au centre de ce combat, les éternelles velléités de conquêtes d’une Amérique sonnée et de son hochet: l’Otan.

 

Ce livre est un acte d’Espoir, il serait vraiment dommage et même idiot de s’en passer.

 

Merci Marianne et Danielle.

 

 http://editionsdelga.fr/portfolio/urss-vingt-ans-apres/

 

Photo de Alain Girard.

Appel contre l’intervention française en Syrie

 

, par  Marie-Christine Burricand

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Le président Hollande, à la veille du débat parlementaire sur l’intervention française en Syrie, a annoncé qu’il jugeait des frappes aériennes « nécessaires », de manière unilatérale, sans mandat des Nations Unies et sans l’accord du principal intéressé, le régime syrien.

 

Dans ce conflit, la France a déjà une part de responsabilité. Comme les États-Unis, la Grande Bretagne, la Turquie et les pays du Golfe, elle a privilégié le soutien financier et militaire aux islamistes. Elle s’est ingérée dans les affaires intérieures d’un pays souverain afin de renverser le régime syrien. Elle persiste dans cette voie comme le montrent les dernières déclarations de Manuel Valls.

 

On connaît les conséquences de cette ingérence. Les mouvements islamistes, lourdement armés, interviennent en Irak autant qu’en Syrie. Les civils sont obligés de fuir les zones de combats et s’entassent dans des camps en attendant des temps meilleurs. Le dernier pays laïque de la région, un pays développé, est en proie au chaos. Comme la Libye, comme l’Afghanistan, comme l’Irak. Partout, les ingérences impérialistes produisent les mêmes effets.

 

Pire, cette intervention se ferait dans l’ambiguïté de buts de guerre qui disent vouloir faire reculer l’état islamique en refusant la victoire militaire du régime syrien. Se pourrait-il que l’intervention de la France soit déterminée par la peur du rôle de la Russie en Syrie, plus que par l’avancée des islamistes ? Rajouter à ce désastre plus de bombes, risquer une escalade avec une intervention terrestre ne réglera rien.

Jacques Chirac en son temps avait su porter une position indépendante de celle des États-Unis. La catastrophe déclenchée par l’intervention américaine en Irak lui a donné raison.

 

Alors que les services publics, les administrations et les collectivités locales sont écrasés par une austérité qui défait les solidarités et plombe l’économie, les « va-t-en guerre » considèrent légitime de dépenser des millions d’euros dans une énième aventure guerrière. En grande difficulté en politique intérieure, le président Hollande pense sans doute que se donner la figure d’un chef de guerre lui rendra sa popularité. C’est une fuite en avant qui ne peut rien apporter de bon.

 

Tout le Moyen Orient est déstabilisé par 20 ans d’interventions militaires occidentales. Il est temps que cela cesse. Nous demandons :

 

L’arrêt de l’ingérence française au Moyen Orient et de toute intervention militaire extérieure, en commençant par la sortie de la France de l’OTAN

 

Une véritable diplomatie qui privilégie la recherche de solutions diplomatiques, et renoue avec la Russie et plus généralement les BRICS

 

Une action forte pour exiger du Qatar et de l’Arabie Saoudite la fin du financement des réseaux djihadistes

Premiers signataires

Caroline Andréani, Membre Conseil National, 93
Paul Barbazange, Membre Conseil National,34
Luc Basin, Romans, 26
Floriane Benoît, Fontaines, 38
Robert Brun, Romans, 26
Marie-Christine Burricand, Membre Conseil National, 69
Aimé Couquet, Conseiller Municipal Béziers, 34
Armand Lecoq, Beziers, 34
Pierre Alain Millet, Adjoint Vénissieux, Conseiller Métropolitain, 69
Gilbert Rémond, Vaulx en Velin, 69
Danielle Trannoy, Le Bassin, 33
Bernard Trannoy, Le Bassin, 33

 

Signer la pétition