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Europe, Grèce et dommage collatéraux

 

Vers quel abime vont nous entrainer les europhiles ?? 

 

Leçons tirées de l’épisode grec*

 

Matthieu MONTALBAN, Maître de Conférences en Sciences économique à l’Université de Bordeaux, Vice-Président d’Espaces Marx Aquitaine

Alors que tout le monde sait, y compris les économistes libéraux et ceux du FMI, que la dette grecque n’est pas remboursable et que la seule chose à faire est de faire défaut, les ministres des finances de l’Eurogroupe, en particulier Dijsselbloem et Schäuble, ont rivalisé de stupidité pour imposer des plans d’austérité qui attaquent à l’os l’économie grecque. Varoufakis a révélé combien Schäuble et les autres n’avaient que faire des arguments économiques, seuls le respect de la règle et la punition découlant de ce non-respect les intéressent ; mieux, il a révélé que l’objectif réel de Merkel et Schäuble était de faire plier la France et l’obliger à se « néolibéraliser » encore plus. Il ne s’agit pas là d’économie, mais de pouvoir et d’idéologie. L’échec de la stratégie de Tsipras aura au moins eu le mérite de clarifier un certain nombre de points, dont certains doutaient encore.

1. Une monnaie unique suppose un fédéralisme budgétaire poussé, qu’il est politiquement impossible à obtenir ou presque des citoyens européens et de leurs gouvernements.

Cette leçon n’est pas nouvelle, mais l’expérience a permis de mesurer combien elle était vraie. En effet, la disparition des taux de change amène mécaniquement des processus de concentrations des activités dans certains pays ou régions, et donc des déficits de balance commerciale pour les autres pays ou région. Ces problèmes n’en sont pas si la redistribution existe à l’échelle de l’ensemble de la zone concernée : un déficit commercial de l’Aquitaine par rapport à l’Île-De-France ne pose guère de souci étant donné la redistribution fiscale et les péréquations territoriales.

Rien de tel n’existe dans la zone euro, et les citoyens européens, notamment allemands (mais cela se vérifierait sûrement pour beaucoup d’autres) n’en veulent pas et préfèrent faire payer leurs amis grecs. De ce fait, les problèmes de compétitivité ne peuvent se « régler » que par la baisse des salaires et la réduction de la protection sociale. Comme en plus, l’UE abrite des paradis fiscaux comme le Luxembourg qui jamais ne voudront remettre en cause leur « modèle », la concurrence fiscale est la règle, poussant tous les pays à baisser leurs impôts et donc soit à s’exposer à des problèmes d’endettement, soit à se voir forcés à plus ou moins long terme de réduire leurs dépenses publiques et leur protection sociale. Ergo, la zone euro ne peut fonctionner ni de façon « sociale » ni keynésienne.

2. Le régime politique de l’UE ne peut plus s’appeler démocratique

Le capital s’était accommodé de la démocratie durant la période fordiste dite des 30 Glorieuses. Mais, cela lui coûta cher puisque avec un tel pouvoir syndical (largement lié à la présence de l’URSS), il dût concéder des avancées en termes de salaires, protection sociale, intervention de l’Etat et fiscalité comme jamais. La « révolte » néolibérale (qui n’est autre que la révolte du capital, donc des rentiers et capitalistes) n’est rien d’autres que le moyen de revenir sur ces concessions, tout en imposant un régime politique et économique qui empêche tout retour en arrière, une fois les dites concessions annulées.

L’archétype de cette stratégie nous est donné par l’architecture de l’Union Européenne, dont la forme ressemble beaucoup à « la constitution économique » qui contraindrait les états à appliquer les préceptes ordolibéraux allemands de la concurrence libre et non faussée, de l’équilibre budgétaire et de la stabilité des prix via une banque centrale indépendante, sans que les décisions démocratiques ne puissent influer sur ces préceptes. Nous avions écrit dans un précédent édito (en 2012) que le dernier étage de la fusée ordolibérale était sur le point d’être achevée et qu’elle serait lancée sur une orbite implacable (notre ami Bernard Conte en disait autant). C’est maintenant chose faite. Il faut dire que la structure à deux étages (Etats et échelon communautaire) est une bonne façon de justifier des choix injustifiables devant ses électeurs, mais qu’on a choisi soi-même de pousser à l’échelon communautaire (« on n’a pas le choix, c’est l’Europe ») ; et comme par principe, la construction européenne doit avancer, toute critique eurosceptique est devenue « populiste » chez nos élites.

Rappelons quelques déclarations de nos « élites » européennes, qui permettent de vérifier combien leur adhésion implicite à l’ordolibéralisme et au rétrécissement de la démocratie grâce à l’Europe. Jean-Claude Juncker : « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens ». Wolfgang Schäuble : « La France serait contente que quelqu’un force le Parlement, mais c’est difficile, c’est la démocratie. » Martin Schultz (« social-démocrate » donc « de gauche ») dit espérer en Grèce « un gouvernement de technocrates, pour que nous puissions continuer à négocier », tout en dénonçant l’attitude du gouvernement de Syriza.

L’UE et les gouvernements européens, au lien de dénoncer les régimes des autres, comme celui de Poutine et de nous faire couler des larmes de crocodile sur les droits de l’Homme, feraient mieux de balayer devant sa porte. Quand on passe au-dessus des résultats des référendums, qu’on fait revoter le peuple ou le Parlement tant qu’il n’a pas avalisé « l’approfondissement de la construction européenne », quand on érige des barrières à la circulation des migrants ou quand on soutient un gouvernement ukrainien composé pour partie de néo-nazis alors qu’on hurle à la montée de l’extrême-droite en Europe, on n’a vraiment aucune leçon à donner. A croire que parce que la démocratie serait née en Grèce et en Europe, il faudrait qu’elle prenne fin aussi au même endroit.

3. La nécessaire clarification du positionnement de la gauche de gauche face à l’UE

Le débat européen a toujours été un poison au sein de la gauche, un moyen de diviser pour mieux régner. En soi, cela pourrait suffire à justifier l’euroscepticisme.

Aujourd’hui, le débat se focalise sur « sortir ou non de l’euro», ou mieux « changer les traités ». C’est une mauvaise façon de poser le débat. Ayant clarifié la nature du gouvernement et du projet européen, le débat devrait être « pour ou contre la sortie de l’UE ».

Quand les pro-européens de gauche disent, « changer les traités», notamment les parties concernant la concurrence libre et non faussée et le marché intérieur, se rendent-ils compte que cela revient à les abroger purement et simplement ?

L’essentiel de la substance législative de l’UE se trouve-là (outre les directives qui en découlent, cf toute la jurisprudence qui s’est sédimentée), et on s’imagine que (1) les autres pays accepteraient de revenir dessus (croyez-vous que les pays de l’Est, qui entrent dans l’UE pour son libéralisme économique, accepteraient ?

Croyez-vous que les Allemands, qui sont attachés à ses principes depuis le début, cèderont ?

Ne parlons même pas des Anglais qui ne veulent qu’une zone de libre-échange etc…), (2) qu’abroger des traités de fonctionnement de l’UE ne revient pas à en sortir de fait et à l’abolir ? L’erreur fut pour les français de s’imaginer que le projet, c’était l’Europe sociale. En 60 ans, il n’y eut aucune avancée sur ce sujet, faut-il encore attendre 60 ans de plus de régression sociale avant de sortir de ce carcan ?

L’ennui, c’est le risque de donner des voix au FN, mais on ne va quand même pas s’amuser à dire que la Terre est plate parce que les élites du FN pensent qu’elle est ronde. Il est évident, contrairement à ce qu’un Jacques Sapir peut dire, qu’aucune alliance avec le FN n’est possible (pour la bonne raison que ce parti, outre d’être anti-immigrés, est aussi anti-fiscaliste, anti-syndicats, anti-droit de grève, bref pro-capital national), mais il est nécessaire de clarifier notre positionnement par rapport à l’UE. Pour ma part, après avoir longtemps soutenu la construction européenne de façon critique (on fait tous des erreurs de jeunesse), mon choix est désormais limpide… Errare humanum est, perseverare diabolicum

(*) C’est la règle à Espaces Marx. Les éditoriaux sont sous la responsabilité de celle ou celui qui les rédige, et ne reflète pas une position de l’association.


Réseau « Faire vivre et renforcer le PCF », « Refuser d’aborder le débat, nous replier sur le postulat que seule l’extrême droite conteste l’euro et l’Union européenne, serait suicidaire à l’heure où la contestation de la construction européenne est partagée par une fraction toujours plus importante de la population. Pire, laisser la contestation de l’UE à l’extrême droite est une erreur politique qui pourrait se révéler lourde de conséquences. Alors que faire ? Rester dans la posture que nous avons adoptée au début des années 90, à savoir que l’UE est une construction démocratique que l’on peut réorienter de l’intérieur ? Ou l’analyser pour ce qu’elle est, à savoir un outil de domination du capitalisme contre les peuples, une superstructure politique dont les dirigeants n’hésitent pas à broyer la souveraineté populaire lorsqu’elle ne va pas dans le sens qui leur convient ? » [Suite…]  Voir les commentaires que succitent cette déclaration

 

Rémi Herrera, « Mais cette crise de l’euro évidemment a des spécificités. On a cru, on nous a fait croire que l’on pouvait créer une monnaie sans état, sans Europe politique. On nous a fait croire qu’on pouvait faire converger de force sous hégémonie allemande des économies extrêmement différentes, sans développer les institutions politiques européennes adéquates, budgétaires, fiscales, d’harmonisation sociale par le haut. C’est exactement le contraire qui a été fait, c’est un échec….. Les grands propriétaires du capital ne feront aucune concession. Ils nous mènent la guerre et ils la mèneront jusqu’au bout…. Au nombre de ces discussions, bien sûr, figure la nécessité de sortie de l’euro, tout spécialement pour les pays de l’Europe du sud, tout spécialement pour ceux qui sont les plus exposés comme c’est le cas de la Grèce. Ce serait mentir que de dire que ça se passera sans difficultés. Mais ce serait mentir, c’est mentir encore plus que de dire que sortir de l’euro serait condamner à la catastrophe. Ça c’est totalement faux. Ça c’est pour étouffer toute velléité, tout esprit de résistance, tout espoir d’alternative en nous. Donc il faut absolument résister à ce catastrophisme-là, à cette propagande catastrophiste… Donc, pour nous, il y a urgence à rouvrir des espaces de débat démocratique comme sur la sortie maîtrisée de l’euro. Je ne vais même pas vous dire qu’il faut sortir de l’euro, je vais vous dire qu’il faut en discuter ». [Suite…] 

 

Cédric Durand, « La fin de l’Europe - Il y a quinze ans, le succès du lancement de la monnaie unique a alimenté une vague d’europhorie à travers le continent. La Stratégie de Lisbonne de 2000 promettait de faire de l’Union européenne « l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde, capable d’une croissance économique durable accompagnée d’emplois plus nombreux et de meilleure qualité et d’une plus grande cohésion sociale. » Les enthousiastes dépeignaient l’Union comme « un phare de lumière dans un monde troublé ». Marcel Gauchet et Jürgen Habermas faisaient valoir que la nouvelle formule européenne – en termes de gouvernance démocratique supranationale et d’Etat-providence – était destinée à servir de « modèle pour les nations du monde ». Les prévisions des jours européistes ne se sont jamais matérialisées. Au contraire : rétrospectivement, la séquence toute entière apparaît comme une histoire d’échecs ininterrompus. Les performances de la zone euro en termes de croissance économiques ont été largement en deçà de celles de toutes les autres régions, avant et après la crise, et le virage austéritaire de 2010 a produit une magnifique débâcle économique. Le PIB n’a toujours pas retrouvé son niveau de fin 2007, ce qui en fait l’une des pires crises économiques de l’histoire récente – surpassée seulement par la catastrophique restauration capitaliste russe des années 1990. » [Suite…]

Gilbert Rémond,  « La Grèce dans la tourmente entraîne aussi toute la gauche dans l’œil du cyclone. L’édition du Monde-Europe du 29 07 rend compte d’un article du quotidien grec conservateur Kathimerini . Ce dernier donne une information stupéfiante. La cour suprême grecque a transmis au parlement deux plaintes déposées contre Yanis Varoufakis qui est accusé, rien de moins que de haute trahison. Savez-vous pour quoi ? Parce qu’il a osé réfléchir secrètement avec un groupe de personnes choisies de lui, a un plan d’action pour instaurer un système bancaire parallèle et une monnaie nationale en cas d’échec des négociations avec l’Eurogroupe. Il faut pourtant savoir qu’en novlangue européiste, nous disons depuis le référendum sur la constitution européenne qu’il faut toujours avoir par devers soi un plan B pour de telles circonstances. Eh bien c’est un cas de lèse-majesté lorsque comme la Grèce l’on appartient à une nation dite de seconde zone. » [Suite…] 

Jean Ortiz, « L’UE est devenue, selon Maastricht et consorts , une machine de guerre contre précisément l’indépendance et la souveraineté des pays et des hommes.» Longtemps j’ai cru que pour changer les choses il vaut mieux être dedans que dehors, ne pas laisser la chaise vide...Longtemps j’ai cru que l’on pourrait peut être un jour changer de l’intérieur cette Europe du pognon, cette création à mes yeux artificielle, qui entend mettre au pas pour l’éternité et sous la botte allemande et de la finance, les peuples, sommés de comprendre que hors du néolibéralisme : point de salut. Et qu’ils se le mettent bien dans la tête : il n’y a pas d’alternative ! Soumission et résignation. Et qu’ils passent sous les fourches caudines « d’experts », de « technocrates » non élus, de traités et pactes liberticides, sinon toute tête dissidente, comme celle de Tsipras, sera tranchée et brandie comme un trophée, écrit Ignacio Ramonet dans le « Diplo » édition espagnole. Avertissement à tous ceux qui voudraient un changement : la BCE, le FMI, l’UE, l’OMC ... remplacent désormais les « marines », les « G’Is », l’armée allemande. [Suite…]

 

Jacques Sapir, Yanis Varoufakis commence par dire : « Je dois admettre que nous n’avions pas de mandat pour sortir la Grèce de l’Euro. Ce pour quoi nous avions un mandat était pour négocier un arrangement avec l’Eurogroupe la Banque Centrale Européenne qui rende la position de la Grèce viable dans le cadre de la zone Euro. Le mandat allait cependant un peu plus loin – au moins dans mon estimation. Je pense que le peuple grec nous avait autorisé à poursuivre cette négociations avec énergie et vigoureusement au point de dire que si nous ne pouvions avoir un accord viable nous devrions considérer une sortie (de la zone Euro) ». [Suite…]

 

Jacques Sapir, « L’Euro est devenu un obstacle tant à la démocratie (et on l’a vu en Grèce) mais aussi à une politique en faveur du travail et opposée à la finance. Mais, elles n’épuisent nullement le sujet. L’Euro a accentué et généralisé le processus de financiarisation des économies. C’est du fait de l’Euro que les grandes banques européennes sont allées chercher des subprimes aux Etats-Unis avec les conséquences que l’on connaît en 2008. Ainsi, non seulement la zone Euro a entraîné une partie de l’Europe dans une très faible croissance, mais elle ne l’a pas protégée de la crise financière de 2007-2009. Le résultat est donc clair. Si des politiques néfastes pour les économies peuvent être mises en œuvre hors de l’Euro, ce dernier implique des politiques néfastes. En fait, aucune autre politique économique n’est possible tant que l’on est dans l’Euro. C’est l’une des leçons de la crise grecque. Aussi, un démantèlement de la zone Euro apparaît bien comme une tâche prioritaire. » [Suite…]

 

Bernard Cassen, « Cette « nuit du 13 juillet », celle de la démonstration de l’impossibilité de faire coïncider la surface du carré des mesures progressistes et celle du cercle de l’euro sera sans doute un moment crucial de l’histoire de l’Union européenne. Malgré quelques divergences de façade, avec François Hollande dans le rôle de l’entremetteur, tous les gouvernements membres de l’eurogroupe ont envoyé un message lumineux aux opinions publiques européennes : prenant à contre-pied le mot d’ordre altermondialiste « Une autre Europe est possible », ils leur ont fait savoir qu’ « une autre Europe est impossible » dans ses paramètres actuels. » [Suite…]

 

Stefano Fassina, ancien Vice-Ministre des finances du gouvernement italien, membre du Parlement de ce pays et l’un des membres éminents du Parti Démocrate actuellement au pouvoir, a écrit dans un texte qui a été publié sur le blog de Yanis Varoufakis :

« Nous devons reconnaître que l’Euro fut une erreur de perspective politique. Il nous faut admettre que dans la cage néo-libérale de l’Euro, la Gauche perd sa fonction historique et qu’elle est morte comme force servant la dignité et l’importance politique du travail ainsi que de la citoyenneté sociale en tant qu’instrument d’une démocratie réelle ». [Suite…]

 

Emiliano Brancaccio, « … l’adhésion à outrance de la gauche à l’euro constitue aujourd’hui un simple reflet narcissique, un écho d’un temps qui fut, lorsque la mondialisation avançait sans obstacles apparents et on s’illusionnait de pouvoir recueillir résiduellement quelques fruits, ou même seulement quelques miettes. Avec le regard encore tourné vers cette phase dépassée, la gauche paraît aujourd’hui plus que jamais hors du temps historique… ». [Suite…]

 

Stathis Kouvélakis, « Ainsi, quand Tsipras affirme le 13 juillet qu’il n’avait pas d’autre choix que de signer cet accord, il a en un sens raison. À condition de préciser qu’il a fait en sorte de ne pas se retrouver avec d’autres choix possibles. » [Suite…]

 

Jeremy Cronin. Secrétaire général adjoint du Parti communiste sud-africain, membre de la direction de l’ANC, ministre de la Fonction publique. « Tout d’abord, à regarder la situation grecque du point de vue du Sud, clairement, un plan B était et reste la seule voie de sortie, même si de tels choix peuvent s’avérer difficiles. Notre lecture est que le paquet d’austérité imposé à la Grèce est davantage dicté par des motifs politiques que par des impératifs économiques. Toute tentative de tracer une voie nationale relativement souveraine fondée sur un mandat démocratique doit être punie comme un avertissement pré-électoral en Espagne, en Italie, au Portugal, en Irlande et partout où agissent des formations politiques anti-capitalistes. Je suspecte que ce soit la raison pour laquelle le FMI a pris une position plus économique et moins politique a clairement indiqué que l’arrangement actuel n’était pas durable. » [Suite…]

 

Jacques Sapir, « On voit la nature profonde du document de la CEN dans l’extrait suivant : « Mais le grexit serait la meilleure façon de légitimer le discours nationaliste de l’extrême droite (Aube dorée en Grèce, FN en France…) ». Autrement dit, si Mme Marine le Pen dit qu’il fait soleil à Athènes en plein midi, nous devrions tous nous précipiter sur nos manteaux et nos parapluies et crier qu’il pleut et qu’il fait froid à Athènes. Tel est le niveau de raisonnement ou est tombé le Comité Exécutif National du PCF dans son document de travail. Cela en dit long sur la terreur qui semble avoir saisi ses rédacteurs, mais aussi très long sur jusqu’où les membres de la CEN sont prêt à aller pour induire les cadres et les militants de leur parti à emprunter une voie sans issue. Car, il faut le redire encore et encore, un GREXIT n’est nullement la propriété d’un parti, mais une solution économique et politique, qui doit être traitée d’un point de vue économique et politique, et non idéologique. Le Comité Exécutif National du PCF a donc commis un document qui est largement idéologique. Il en dit long sur le désarroi de la direction du PCF (ou d’une partie de celle-ci) confrontée à la réalité, une réalité qu’il n’hésite pas à tordre ou a dissimuler. Car, il y a suffisamment de personnes de valeurs au sein de ce parti pour que l’on puisse penser que ces distorsions de la réalité, et ces mensonges, ne sont pas le produit de l’ignorance mais bien celui d’une ligne politique. » [Suite…]

 

Descartes, « Alors pourquoi ces réjouissances ? Eh bien, parce qu’on a sauvé l’Euro ! L’Euro devient la nouvelle version de la « relique barbare » dont parlait Keynes, à laquelle l’économie réelle, c'est-à-dire, la vie des hommes et des femmes qui vivent de leur travail, doit être sacrifiée. » [Suite…]

 

Aurélien Bernier, « Nous payons des années d’entêtement sur les questions européennes d’une gauche radicale qui n’a pas voulu aller au bout de son raisonnement. Malheureusement oui, c’est un cas d’école. La gauche radicale européenne défend une réforme des institutions de l’intérieur. Mais cette crise démontre que l’UE n’a absolument aucune intention de lâcher quoi que ce soit. Il n’y a pas de doute là-dessus. Et que dans un contexte de négociation, avec ce « tabou de la rupture » présent à chaque instant, il n’y a absolument rien à attendre de bon. Je suis à la fois inquiet et en colère. Inquiet parce que je crains que le parti qui soit le plus renforcé par cette crise ne soit celui de l’extrême droite, c’est-à-dire Aube dorée. En France, ce sera exactement la même chose avec le Front national. Car l’échec de Syriza, c’est l’échec de la position de réforme de l’intérieur que défend l’ensemble de la gauche européenne. » [Suite…]

 

Bernard Cassen, « Il suffisait pourtant d’un minimum de raisonnement logique pour comprendre que, par définition, une politique monétaire ne peut être la même pour des économies profondément différentes, voire divergentes, comme par exemple celles des Pays-Bas et de Chypre ou de la Grèce. Une solution tout aussi « européenne » aurait été une monnaie commune, seule convertible, permettant de conserver des monnaies nationales aux parités révisables par concertation entre les gouvernements en fonction des situations. » [Suite…]

 

ATTAC France, « Coup de grâce à l’infime légitimité de la construction européenne. Il apparaît à l’évidence que, telles qu’elles sont construites, l’Union et européenne et l’Union économique et monétaire ne possèdent plus aucune légitimité autre que celle de satisfaire la loi des marchés financiers. Aujourd’hui, tout va dans le même sens : refus de mettre sous contrôle les banques faiseuses de crise, refus de procéder à des réformes fiscales justes, refus de s’orienter vers des transitions soutenables. » [Suite…]

 

Frédéric Lordon, « L’euro interdit radicalement toute politique progressiste possible. S’il en était encore besoin, le traitement criminel infligé à la Grèce en six mois de brutalisation (rebaptisée « négociation ») prouve que l’entreprise de « transformer l’euro », ou l’hypothèse d’un « autre euro possible », sont des chimères qui, par désillusions successives, ne mènent qu’à l’impasse et à la désespérance politiques. Abandonner aux extrêmes droites toute perspective politique d’en finir avec l’euro et ses institutions est une faute politique qui condamne les gauches européennes à l’impuissance indéfinie. Sauf à continuer de soupirer après ce qui n’arrivera pas — un « autre euro » et l’« Europe sociale » qui va avec — le réarmement des gauches européennes passe donc impérativement par l’imagination de l’après-euro. » [Suite…]

 

Bernard Foutrier, (adhérent PCF), « Le combat du PCF sur le « terrain de l'Europe » est un combat immanquablement voué à l'échec comme en  témoigne bien  ce qui se passe contre la Grèce, cette orientation pro-européenne du PCF signe son abandon définitif de la perspective du combat pour l'instauration du socialisme et finalement son ralliement à la social-démocratie dont il n'est plus que l'aile gauche dérisoire. » [Suite…]

 

Frédéric Lordon, « A ceux qui, sincèrement de gauche, se sont refusés si longtemps à voir l’impasse de l’euro, pour entretenir l’illusion d’un improbable « rapport de force » qui permettrait d’en changer la configuration, à ceux à qui il aura fallu le calvaire grec pour (commencer à) mesurer la radicalité idéologique des institutions européennes, il faut dire qu’après que cette erreur ait assommé les Grecs de Syriza, elle assommera les Espagnols de Podemos, et puis que nous y passerons tous ». [Suite…]

 

François Asensi, « Cette crise a changé ma perception de l’euro. C’est aujourd’hui un instrument des politiques d’austérité et de réduction des dépenses publiques. C’est un carcan qui s’oppose à toute politique sociale. Un carcan dont il faut peut-être sortir. » [Suite…]

 

Wolfgang Streeck, « « En fait, la cohésion de la zone euro ne repose plus que sur la peur des conséquences que pourrait produire son éclatement ». Wolfgang Streeck Directeur émérite de l’Institut Max-Planck pour l’étude des sociétés, Cologne, Mai 2015 » [Suite...]

 

Jean-Claude Paye, « Grèce : Mettre les populations dans un sentiment d’impuissance. Dans ses célèbres conférences, l’historien Henry Guillemin, nous rappelait une phrase, datant de 1897, de Maurice Barrès, maître à penser de la droite nationaliste française : « la première condition de la paix sociale est que les pauvres aient le sentiment de leur impuissance. » Ce paradigme éclaire le résultat des négociations menées par Alexis Tsipras. Les citoyens furent appelés par leur premier ministre, à se prononcer, à travers un référendum, contre les propositions de l’UE qui furent rejetées par 61% des votants. A la suite, Tsipras accepte un accord encore plus défavorable pour les populations grecques. De plus, tout en se soumettant au dictat de l’UE, il déclare : « je ne crois pas à cet accord. C’est un mauvais accord pour la Grèce et pour l’Europe, mais j’ai dû le signer pour éviter une catastrophe »  » [Suite…]

 

Jacques Sapir, Pierre Laurent, la Grèce et les mensonges. « Article sans complaisance, mais sans hostilité, il s’agit de l’une des nombreuses personnes qui aujourd’hui s’interrogent sur les raisons qui peuvent pousser la direction du PCF, contre l’avis d’un nombre grandissant de ses militants, à une telle errance sur l’estimation de l’euro, de l’Europe et sur alignement de fait sur le PS. Est-ce que la réponse sera celle adoptée à l’égard des militants, la condamnation voire la diffamation?  » [Suite…]

 

Jacques Sapir, « Si la « gauche radicale » n’est pas aujourd’hui dans la même crise que la social-démocratie, elle risque néanmoins de se trouver face à une crise d’orientation de première grandeur. En effet, l’européisme qui caractérise la « gauche radicale » a été lui aussi condamné par le Diktat imposé à la Grèce. La question est aujourd’hui posée de savoir si la « gauche radicale » va accepter de n’être qu’une force d’appoint de la social-démocratie ou si elle est capable d’assumer toutes les conséquences d’un programme de rupture. Mais, un tel programme de rupture n’est plus, aujourd’hui, compatible avec l’européisme. » [Suite…]

 

Jacques Sapir, « Et si la France n’y a pas participé, elle a verrouillé la porte du local où s’est tenu ce crime et elle a poussé le bâillon dans la gorge de la victime. La phrase prononcée et écrite par François Hollande prend alors un tour sinistre : « Mais aujourd’hui, même si cela a été long, je pense que ça a été pour l’Europe, une bonne nuit et un bon jour ». Car, nous savons aujourd’hui que cette torture aura été infligée pour rien. L’accord signé le 13 juillet au matin se défait désormais d’heure en heure. La perspective d’une sortie de la Grèce hors de la zone Euro est à nouveau à l’ordre du jour. On peut commettre un crime en politique, mais s’en vanter alors que le résultat est des plus incertain n’est pas le signe d’une grande intelligence. C’est, tout au plus, le produit d’un aveuglement profond, d’un fanatisme idéologique, d’une raison délirante qui sont appelés à être sanctionnés aux prochaines élections. » [Suite…]

 

Jacques Sapir, « Sur le fond, il est clair que le refus de Tsipras de mettre en œuvre ce « plan B » est lié à son refus, quel qu’en soit les motifs, de rompre avec le cadre de l’Euro et de l’Europe. Les explications sur la crainte de provoquer la « banqueroute » des banques ne tiennent pas, car, justement, ce plan visait à porter remède à la situation des banques. La décision d’Alexis Tsipras est politique. Placé devant le choix entre le programme de Syriza et l’UE, il a choisi l’UE et l’austérité. C’est ce qui explique sa capitulation la semaine suivante et l’acceptation du Diktat européen du 13 juillet.» [Suite…]

 

Joseph Stiglitz, « Que le programme soit ou non bien mis en œuvre, il conduit à des niveaux insoutenables de dette, comme ce fut le cas en Argentine: les macro-politiques exigées par la Troïka entraîneront la Grèce dans une dépression plus profonde ». [Suite…]

Francis Arzalier, Polex, « Dans ce but, les dirigeants Européens ont livré peu à peu la maîtrise des économies de leurs pays respectifs aux banquiers de l’Union, notamment par le biais de l’Euro, monnaie supranationale, et démantelé progressivement les protections frontalières, au détriment des conquêtes sociales de chaque nation. » [Suite…]

 

Raoul Marc Jennar, « On ne peut plus s’illusionner sur la possibilité, dans le cadre de l’UE, de ses institutions et de son mode de fonctionnement, d’une autre union des peuples d’Europe. Cette possibilité n’existe pas ». « On ne mettra fin à l’oligarchie technocratique qui dicte aux peuples d’Europe les volontés patronales euro-américaines qu’en faisant disparaître la Commission européenne. On ne mettra pas fin aux politiques européennes sans supprimer les institutions qui les engendrent. » [Suite…]

 

Jacques Sapir, « La décision d’Alexis Tsipras est politique. Placé devant le choix entre le programme de Syriza et l’UE, il a choisi l’UE et l’austérité ». [Suite…]

 

L’historien britannique Perry Anderson, « Tsipras et ses collègues ont répété à qui voulait les entendre qu’il était hors de question d’abandonner l’euro. Ce faisant, ils ont renoncé à tout espoir sérieux de négocier avec l’Europe réelle — et non l’Europe qu’ils fantasmaient ». [Suite…]

 

13/08/2015

La fin de l’Europe, par Cedric Durand. [Suite…]

11/08/2015

La Grèce dans la tourmente entraîne aussi toute la gauche dans l’œil du cyclone. [Suite…]

08/08/2015

Europe : Mea Culpa. Jean Ortiz. [Suite…]

04/08/2015

Varoufakis et le plan « B ». Jacques Sapir. [Suite…]

02/08/2015

Les perspectives d’un Front contre l’Euro. Jacques Sapir. [Suite…]
L’impossible quadrature du cercle de l’euro. Bernard Cassen. [Suite…]

31/07/2015

Pour Varoufakis. Jacques Sapir. [Suite…]
Sortir de l’euro ? Il y a deux manières (de gérer la transition). Emiliano Brancaccio. [Suite…]

30/07/2015

Le temps est venu d’une rupture par Rémy Herrera. [Suite…]

29/07/2015

Stathis Kouvélakis : « Le non n’est pas vaincu, nous continuons ». [Suite…]
Déclaration du réseau « Faire vivre et renforcer le PCF ». Grèce et U.E. : premières réflexions pour ouvrir le débat après la note du CEN du 17 juillet. [Suite…] 
La Grèce et la direction du PCF par Jacques Sapir. [Suite…]
Jeremy Cronin : « Il y a une sympathie des BRICS pour la Grèce ». [Suite…]

28/07/2015

L’UE, système néo-colonial du XXIème siècle. Francis Arzalier. [Suite…]
Les yeux qui s’ouvrent : non, une « autre Europe » n’est pas possible ! Raoul Marc Jennar.  [Suite…] 
Joseph Stiglitz: Grèce, l’agneau sacrificiel. [Suite…] 
Grèce, Plan B et implications. Jacques Sapir. [Suite…] 
La débâcle grecque, par Perry Anderson. [Suite…] 

27/07/2015

La Grèce, la gôche, la gauche (II). Jacques Sapir. [Suite…]

26/07/2015

Pierre Laurent, la Grèce et les mensonges. Jacques Sapir. [Suite…] 
Grèce : Mettre les populations dans un sentiment d’impuissance. [Suite…] 

25/07/2015

Illusions européennes ! Par Francis Arzalier. [Suite…] 
Grèce, qu’en pensent les communistes portugais ? [Suite…] 
Quand la mauvaise foi remplace l’économie: le PCF et le mythe de « l’autre euro ». Jacques Sapir. [Suite…] 
De la justification du paradis au rempart devant l'enfer. [Suite…] 
GRECE : Document de travail du PCF. [Suite…] 

24/07/2015

Les Ulémas de la foi dans l'Euro - Fronde vous avez dit fronde ? [Suite…] 

23/07/2015

François ASENSI (Député Front de Gauche) : « Cette crise (grecque) a changé ma perception de l’euro ». [Suite…]

22/07/2015

La Grèce, la gôche, la gauche (I). Jacques Sapir. [Suite...]
François Hollande : Contradictions et démagogie. Jacques Sapir. [Suite…] 
Frédéric Lordon : « Les gens de gauche doivent savoir que l’euro empêche toute politique progressiste ». [Suite…] 
Tsipras, le PCF et l'Europe. [Suite…] 

21/07/2015

« La Grèce ne peut pas rester dans la zone euro et, en même temps, changer de politique » (Costas Lapavitsas, député de Syriza). [Suite…] 

20/07/2015

L'économiste Frédéric Lordon : « Il faut sortir de l'euro ». [Suite…] 
La gauche et l’euro : liquider, reconstruire. Frédéric Lordon. [Suite…]
L'Europe est dans le porc. Descartes. [Suite…] 

19/07/2015

Aucun avenir ne peut être bâti sur les décombres de la Grèce (ATTAC FRANCE). [Suite…] 
A droite toute : Tsipras remanie son gouvernement et se sépare des frondeurs. [Suite…] 
Crises. Jacques Sapir. [Suite…]

18/07/2015

Tsipras n’avait pas de plan B, Merkel en avait deux. Bernard Cassen. [Suite…] 

17/07/2015

« L’échec de SYRIZA, c’est l’échec de l'idée d'une réforme de l'UE de l'intérieur ». (Aurélien Bernier). [Suite…] 

16/07/2015

Grèce : Du « rêve européen » au cauchemar du même nom. Descartes. [Suite…] 

15/07/2015

L’Euro, raison délirante. Jacques Sapir. [Suite…] 
Contre une austérité à perpétuité. Sortir de l’euro ? Frédéric Lordon. [Suite…]