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PCF Vie et débats

En Russie, le débat se poursuit sur les purges de Staline alors qu’en France il est déjà jugé

 

25 Décembre 2017

 Le fantôme de Staline par Fédorovski

 

A gauche le pin dont nous avons fait état dans notre livre : 1917-2017, Staline un tyran sanguinaire ou un héros national (Delga) qui montre Poutine sur fond de l’URSS avec une faucille et un marteau et en slogan: le plan avance. L’idée étant bien sur que le but de Poutine est de recréer l’URSS, ce que certains Russes croient. Notre livre pour ceux qui l’ont lu ne prétend en aucun ca apporter des réponses définitives mais il cherche d’abord à vaincre chez nos compatriotes, qui croient toujours tout savoir, l’illusion d’un savoir immédiat.

 

Si tout le monde est d’accord en Russie sur le rôle positif de Staline dans la construction d’une nation multiethnique, dans la modernisation du pays et sur son rôle dans la deuxième guerre mondiale, il reste un point qui est l’objet de controverses, à savoir la répression des années trente. Je dois dire que j’en suis là également et si je peux comprendre que dans le contexte il y ait eu des excès et même des crimes, je ne sais toujours pas la réalité du phénomène.

 

Récemment le chef des services de sécurité russes (FSB), Alexandre Bortnikov, a fait une déclaration concernant ces purges massives de Staline dans les années trente.

 

Dans une interview accordée la semaine dernière au quotidien Rossiiskaya Gazeta, Alexandre Bortnikov avait déclaré que les archives mettaient en évidence qu’une « part significative » des dossiers criminels de cette époque « avaient objectivement un aspect » criminel. Sans vouloir « blanchir qui que ce soit », le chef du FSB avait dénoncé en particulier les « liens existant entre des conspirateurs de coup d’Etat et des agences de sécurité étrangères ».(1)

 

Cette interview avait été donnée à l’occasion du centième anniversaire de la Tchéka, la première police secrète du pouvoir soviétique.

 

En France, nous n’avons rien su du contenu de cet interview, des arguments de celui qui a effectivement à sa disposition d’importantes archives, dans les rares quotidiens et sites qui ont fait état de ce débat, il a été bien sur insisté sur le FSB successeur du KGB et de la Tcheka, le tout de sinistre mémoire.

 

Mais qu’en est-il des faits?

 

Alexandre Bortnikov fait partie du « clan de saint Petersbourg et est considéré comme un « libéral », un proche du très impopulaire Medvedev, premier ministre, l’homme des olicarques,  pas un nationaliste se référant à Staline, mais pas un mot là-dessus.  Pour la presse occidentale, il  est le successeur du KGB et de  la Tcheka et rien de plus. Comme jamais il n’est dit à propos de la réaction d’une trentaine de membres de l’académie des sciences qui sont -ils? quelles sont leurs spécialités ?  Nous ignorerons de même le nombre général d’académiciens (2). Il faut noter la présence de bons nombres d’académiciens dans l’aéropage convoqué par le KPRF à propos de la célébration d’Octobre et dont les opinions allaient dans un sens inverse. Qui sont le 1% des académiciens qui protestent? Des « libéraux » très minoritaires?

 

Et d’où parle Alexandre Bortnikov? Il connait les archives certes mais pourquoi cette intervention dans une période de célébration de la Révolution d’octobre dont le pouvoir ne savait visiblement que faire?

 

Il est des accointances chez les monarchistes ou chez les nationalistes nettement plus préoccupantes que l’affirmation de la sympathie de Poutine pour Staline. A partir d’une déclaration comme celle d’Alexandre Bortnikov, l’église orthodoxe et certains ultra nationationalistes (grands russes comme Soljenitsyne) peuvent retrouver le vieil antisémitisme et même le faux tsariste: le pacte des sages de Sion pour mettre en cause « un complot juif pour dominer le monde », on l’a vu récemment avec leur proposition de voir dans l’assassinat de Nicolas II et sa famille un crime rituel judéobolchevique. Comme dans la tentative d’isoler la présence juive autour de la figure détestée de Trotski dans une vision ouvertement antisémite.  Si Poutine est réputé être un philosémite et représenté avec la kippa, il en est pas de même des forces réactionnaires les plus anticommunistes qui le soutiennent mais aussi jouent sa déstabilisation. Donc que signifie l’intervention d’Alexandre Bortinikov et quel est son rôle exact.

 

On mesure la complexité du débat et la nécessité de voir qui est qui et au nom de quoi il parle… dans une société qui massivement considère que l’Union soviétique a été une période privilégiée de son histoire, même si l’Union soviétique ne saurait se résumer à Staline, époque dans laquelle personne n’a vécu, mais qui a assuré la pérennité du socialisme et de l’amitié entre les peuples et qui dont historiquement bénéficie d’une image favorable. La majorité de la société russe, en outre, vomit ce qui lui a été imposé sous couvert de démocratie à l’occidentale.

 

Personne ne songe à contextualiser, ici en France, la seule loi est celle de leur propagande « antitotalitaire » qui finit par orchestrer la répression des communistes en appuyant les anciens nazis partout dans ce qui fut le socialisme européen et à transformer Poutine en héritier de Staline, c’est-à-dire aller jusqu’à incohérence totale d’en faire un nouvel Hitler. ce que cette fois aucun russe ne peut comprendre.

 

A propos de cette intervention de Alexandre Bortnikov, nous saurons simplement que dans une lettre ouverte publiée sur le site internet du quotidien Kommersant, plus d’une trentaine de membres de l’Académie des Sciences redoutent qu’une « révision » du rôle de la police secrète de Staline soit intentionnelle et invitent l’opinion publique à se joindre à leurs protestations, mais leur protestation semblent mêler les deux cent mille  morts attribués à cette répression des années trente à celles de la guerre civile et à celles de la deuxième guerre mondiale, ce qui finit par atteindre le total de 20 millions de morts et plus.

 

Vladimir Fedorovski qui dans un flot de ragots et d’auto justifications reste sincèrement russe, a souligné la manière dont Poutine était un admirateur de Staline et s’insurgeait contre les caricatures qui avaient été faites de lui, lie cette réhabilitation de Staline au courant patriotique qui voit dans la manière d’assumer la totalité de l’histoire russe la meilleure chance de résister aux manœuvres continuelles des occidentaux pour diviser le pays. En revanche les « libéraux » qui veulent se rapprocher des occidentaux insistent sur les « crimes » de Staline et du communisme d’une manière proche de la nôtre. Ils sont nettement minoritaires dans l’opinion publique non seulement chez les communistes mais chez  ceux qui se rallient à Poutine, disons pour des raisons « gaulliennes ». Encore que ce qui concerne les soutiens de ce dernier, ils excédent nettement le parti Russie unie , de plus en plus impopulaire. Ce dont Poutine a du tenir compte dans la présentation de sa candidature en quelque sorte au-dessus des partis.

 

Le soutien apporté à Poutine est réel, parce qu’il symbolise la résistance à l’occident, et à ce titre la référence de ce dernier aux grands défenseurs de la patrie que sont Staline mais aussi Ivan le terrible (dont Poutine vient de déclarer qu’il n’a pas assassiné son fils) correspondent à un état d’esprit de plus en plus convaincu de l’hostilité de l’occident. A ce titre, il attire une part de ceux qui voteraient pour le KPRF comme le Kremlin provoque la création de partis communistes qu’il gère directement.

 

En outre, il faut également considérer que les votes sont préfabriqués dans bien des endroits, en sont victimes essentiellement les communistes qui sont la première force d’opposition au pouvoir en place et qui subissent une véritable répression. Mais ce n’est certainement pas sur Staline et sur ses mérites que réside l’opposition, c’est sur le rôle des oligarques et la manière dont ils saignent la Russie et sont de fait des agents occidentaux. Là encore si le parti communiste ne rentre pas dans ces démonstrations, les ultra-nationalistes (3) désignent les oligarques comme étant des juifs et tout ce qui arrive à la Russie comme étant les crimes juifs. Une tendance qui est nettement moins développée qu’en Ukraine ou en Pologne, mais qui existe.

 

C’est dire si la trentaine de protestataires probablement proches de la minorité « libérale », chérie de l’occident, ou inquiets pour d’autres raisons que l’on peut partager, ne sont pas la voix d’un peuple indignée ou d’une science compétente sur la question.

 

Bref cette « nouvelle » de la vertueuse protestation des académiciens face aux propos du chef de FSB, hypothètique successeur de la tcheka, relève de l’habituel enfumage et ne nous fait pas avancer d’un iota sur la question.

 

Danielle Bleitrach

 

(1) Dans sa très importante préface aux « Guerres de Staline » GEOFFREY ROBERTS publié chez Delga, Annie Lacroix Riz fait référence elle aussi aux archives dans le même sens, en particulier en ce qui concerne l’armée.

 

(2) L’Académie des sciences de Russie (ASR; en russe : Российская академия наук, РАН, littéralement Académie russienne des sciences) est une organisation qui regroupe des instituts scientifiques et savants situés dans toute la Fédération de Russie. Être élu membre de cette académie est un honneur. Au temps de l’Union soviétique, elle était connue sous le nom d’Académie des sciences d’URSS. Le président actuel de l’ASR est le physicien Alexandre Sergueïev (en) depuis le 27 septembre 2017

Il y a deux niveaux d’adhésion à l’académie des sciences: membre à part entière ou académicien, le plus haut niveau, et membre correspondant. Ces membres doivent être citoyens de la Fédération de Russie au moment de leur élection (certains membres non-russes élus durant l’ère soviétique y sont toujours). En décembre 2017, il y avait 903 académiciens et 1123 correspondants.

Il existe de plus la catégorie des membres étrangers (494 membres)

 

(3) Le nationaliste Jirinowski qui est de père juif et qui s’appelle Eidelstein (il a pris le nom de sa mère) joue moins sur cette corde, il est nettement dépassé là-dessus par l’église orthodoxe, les grands russes à la mode Soljenitsyne (le héros de la liberté et le dénonciateur du Goulag de l’occident), et même des rouge-bruns qui se disent communistes. Ils ne représentent pas grand chose à eux tous, mais ils tentent de réveiller l’antisémitisme ancestral.

 

Contribution au débat préparatoire du Congrès extraordinaire du PCF

 

Pierre Laurent et Octobre 1917... un enjeu essentiel du congrès du PCF...

 

 
par  pam
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Le discours de Pierre Laurent le 4 novembre 2017 pour le 100eme anniversaire de la révolution d’octobre a été peu discuté par les communistes. Pour la première fois depuis la mutation, il situe de nouveau le point de vue communiste du PCF de 2017 dans l’histoire communiste marquée par les "dix jours qui ébranlèrent le monde", celle de 1917. Le "nouveau communisme" proposé par la mutation et ses suites, était construit d’abord sur la mise en cause de 1920, conduisant à de multiples reprises à des propositions de changement de nom du parti. En célébrant la promesse de la révolution d’octobre, en situant notre projet aujourd’hui dans le fil de l’histoire des révolutions dont la révolution russe, Pierre Laurent cherche à refonder le projet communiste sur son origine. C’est un enjeu considérable pour le congrès prochain du parti communiste.

 

Oui, nous sommes le parti né en 1920, né de l’énorme impact de cette révolution des soviets qui ouvraient la voie à des sociétés dirigées par les travailleurs.

 

Pierre Laurent veut concilier cet ancrage révolutionnaire d’octobre avec les conséquences de la mutation engagée il y a bientôt 20 ans après des décennies de stratégie d’union de la gauche en échec. Il considère que les leçons de l’histoire ont été tirées il y a longtemps, mais en faisant abstraction des luttes de classes d’aujourd’hui, de la violence du capitalisme mondialisé, et des expériences réelles de la guerre que le capitalisme impose à toute expérience d’une autre société, il y a un siècle comme aujourd’hui. Pierre Laurent ne peut ainsi aller au bout de sa démarche d’ancrage dans la promesse d’octobre. Il faut absolument prolonger ce débat en grand.

 

La promesse d’octobre

 

Pierre Laurent introduit son discours en célébrant la « promesse d’octobre » qui conduit à « à réfléchir à l’actualité de l’idée de révolution aujourd’hui »

« En plein conflit mondial, il y a cent ans, le 20ème siècle s’est ouvert par une immense promesse : la Révolution d’Octobre. Une révolution qui revendique « le pain, la paix, la dignité »

Il place Octobre dans le temps long de l’histoire des révolutions, du mouvement ouvrier et du marxisme, des canuts à la commune de Paris et à la naissance du 1er mai à Fourmies. Il considère avec justesse que la révolution « n’est pas un coup de tonnerre dans un ciel serein », mais une accélération qui « plonge ses racines dans le développement du mouvement ouvrier et de la pensée de Marx, tout au long du 19ème siècle et dans celle de Lénine au début du 20ème »

« Les journées d’octobre 1917 en Russie, ou celles de juillet 1789 en France, cristallisent des processus profonds, au cours desquelles se renforce et s’exprime la conscience populaire et politique de la nécessité de bouleverser les rapports sociaux. »

Il souligne la force d’octobre, qui

« ébranle jusqu’au tréfonds les logiques impérialistes d’asservissement des peuples et, par là même, les fondements du colonialisme comme instrument de domination des plus grandes puissances. »

et qui

doit, dès sa naissance, faire face à une lutte des classes internationale féroce.


Tout est fait pour écraser ce spectre rouge qui hante l’Europe

Mais pour lui, la promesse d’octobre s’est enlisée pour devenir un paradoxe...

« Bien sûr, aujourd’hui nous connaissons la suite, la logique de guerre imposée par les forces impérialistes coalisées, les tentatives de réforme de la Nouvelle Politique Economique (NEP) pour sortir de la crise et de la famine, la mort de Lénine, les promesses non abouties et puis, malgré l’essor économique, le processus émancipateur qui s’enlise dans un système contre- révolutionnaire, répressif, dictatorial et inhumain : le stalinisme. C’est le paradoxe du grand souffle de 1917. »

En quelques mots, il réduit ce qu’a été l’URSS a un système contre-révolutionnaire inhumain... et lui donne un nom bien connu : le stalinisme. comment affirmer « bien sûr, nous connaissons la suite » ? Car que connaissons-nous vraiment de l’URSS en-dehors du discours des contre-révolutionnaires, ceux qui ont imposé la guerre à la jeune révolution, qui ont tout fait pour en saper le développement, ceux qui en France criait "plutôt Hitler que le Front Populaire" et ailleurs "plutôt Hitler que l’URSS"... ceux qui ont mené la guerre froide imposant au pays qui avait le plus contribué à la victoire contre le nazisme une course aux armements suicidaire... Ce discours du "stalinisme" est celui du célèbre livre des 100 millions de morts du communisme, et ceux qui le tiennent ne font pas la différence entre octobre et le stalinisme !

 

Face à cette bataille de diabolisation du socialisme, nous avons été en difficulté entre des décennies de solidarité sans faille avec l’URSS et les contradictions, les hésitations dans la recherche de voies nationales au socialisme, face aux difficultés même du socialisme soviétique, de la démocratie socialiste, des contradictions entre socialismes avec le conflit sino-soviétique. Nous avons été constamment, acteurs, parties et parfois un peu rapidement juges, ce qui nous a alors privé du recul nécessaire, recul que nous avons aujourd’hui, car nous avons vécu et nous vivons des expériences diverses d’édification du socialisme.

 

Le stalinisme ?

 

Nous avons un urgent besoin de proposer notre propre analyse de ce qui s’est construit sous Staline, que nous ne pouvons résumer à un système inhumain : 


- Que dire de Gagarine et des réussites technologiques de l’URSS ? 


- Que dire du développement de l’espérance de vie de tous les soviétiques jusqu’en 1963, (voir cette petite comparaison du socialisme et du capitalisme 


- Que dire des expériences soviétiques sur la biodiversité qu’on redécouvre aujourd’hui avec les jardins Vavilov ? 


- Que dire de l’apport des conquêtes soviétiques aux conquêtes sociales dans le capitalisme occidental ? 


- Que dire de l’apport de l’URSS aux luttes de décolonisation, malgré les débats nécessaires sur ses contradictions ? 


- Que dire des conquêtes pour l’égalité des femmes, qui n’ont été remise en cause que par la restauration capitaliste !? 


- Que dire de la construction d’une citoyenneté multi-nationale qui a fait vivre une incroyable diversité de peuples, de cultures, de nationalités, de religions et avait une telle force que 70% des soviétiques ont voté en 1990 pour le maintien de l’URSS... référendum violé par leurs dirigeants comme celui de 2005 en France ! 


- Qui a lu le livre « sovietica » de Irina Malenko qui nous parle de son pays comme d’un lieu de sécurité et de liberté, et qui témoigne des mensonges qu’elle découvrait en venant étudier à l’ouest ? 


- Qui a lu l’étude de la polonaise Dorota Dakowska, qui révèle ce qu’était l’intervention occidentale au sein du socialisme pendant la guerre froide ? 


- Qui a vu l’incroyable pièce de théâtre « je n’ai pas honte de mon passé communiste » de deux acteurs yougoslaves qui parlent du socialisme comme une incroyable liberté ?

 

Depuis des décennies, le capitalisme mondialisé a construit un discours totalitaire sur les expériences socialistes, dont la plus importante, la soviétique, mais aussi sur la yougoslave, la cubaine, la chinoise. Cette diabolisation du socialisme est faite pour nous interdire de penser aussi bien le socialisme, que ses déformations, et sa destruction.. Il est urgent de sortir de ce discours du « stalinisme inhumain ».

 

Il suffit d’ailleurs de discuter avec les militants communistes, avec les forces de gauche en Russie, comme avec les communistes cubains ou chinois, pour réaliser que ce discours est totalement occidental ! La délégation de communistes Français qui s’est rendue à Moscou pour le 100eme anniversaire de la révolution d’octobrepeut en témoigner, et invite à découvrir en urgence le livre de Danielle Bleitrach et Marianne Dunlop « Staline, héros national ou tyran sanguinaire ».

 

Nous savons que le "stalinisme" a conduit à un échec, ne serait-ce que parce-que les dirigeants qu’il a mis au pouvoir après Staline, sont trop souvent devenus des gestionnaires corrompus d’un capitalisme revanchard et destructeur ! Cet échec a sans doute des dimensions économiques et sociales, mais il a évidemment des raisons politiques majeures, et il a produit au final la négation de la démocratie avec le non respect du référendum de 1991 !

 

Mais nous ne pouvons rien comprendre sans travailler une analyse marxiste réelle fondée non sur les discours médiatiques dominants, mais sur les faits. Cela suppose la coopération avec ceux qui ont vécu, construit, défendu le socialisme, ceux qui le 7 novembre 1991 manifestait sur la place rouge contre le capitalisme, découvrant que leurs dirigeants, et leur parti, les avaient trahis !

 

La leçon d’octobre ?

 

Sans ce travail sur l’histoire du socialisme, Pierre Laurent ne peut que produire une analyse ancienne, citant Georges Marchais qui évoquait en 1973 dans le défi démocratique, « la démocratie comme but et comme moyen de la révolution », et il considère, bien vite, que la leçon a été tirée...

Pour nous, communistes français, la leçon a été longue et douloureuse à tirer. Mais elle est tirée définitivement. Il n’y a pas de processus révolutionnaire abouti sans un développement ininterrompu de la démocratie, dans tous les domaines. Aussi âpre soit le chemin, la démocratie, l’action et la maîtrise consciente du processus politique par le peuple n’est pas négociable. C’est la condition de la réussite.

Or, Georges Marchais cherchait à juste raison une voie française au socialisme. A l’époque, il pouvait mettre de coté le coup d’état au Chili comme une "anomalie" historique dans le grand mouvement de progrès démocratique lié à l’alliance entre pays socialistes, non alignés, et luttes sociales des pays capitalistes, progrès historique qui allait connaitre son apogée avec la grande défaite des USA au Vietnam en 1975. Mais près de 50 ans après, nous savons que la contre-offensive du capitalisme mondialisé était en route et nous constatons que la violence de la bourgeoisie contre toute expérience démocratique, loin d’être un cas particulier chilien, est au contraire une loi générale. Une voie démocratique au socialisme ne peut donc être seulement électorale.

 

Pour les communistes, il n’y a pas de démocratie véritable dans le capitalisme, et à l’inverse, le communisme est nécessairement une démocratie réelle, concrète, qui va jusqu’au dépérissement de l’état comme instrument de domination d’une classe sociale. Mais si la démocratie est le but, peut-elle résumer le chemin ? Et de quelle démocratie parle-t-on ? de la démocratie électorale ? Maduro au Vénézuela tente de reconstruire une démocratie populaire. Il doit le faire en défendant les acquis de la révolution bolivarienne contre des milices fascisantes instrumentalisées par une bourgeoisie ayant le soutien total des USA. Maduro et le peuple bolivarien ont un besoin crucial d’armée et de police ! Pour retrouver la démocratie, il doit rompre avec les formes existantes de la démocratie vénézuélienne et réinventer sa constitution !

 

La démocratie dans un monde sans classes sociales marque la sortie de la préhistoire de l’humanité, mais dans une société de luttes de classe, la démocratie sans rapports de forces, sans mobilisation militante capable d’imposer des reculs à la bourgeoisie par la rue, par le blocage de la production des profits, jusqu’à, contrairement à ce que dit Pierre Laurent, « prendre le palais d’hiver » au moment où c’est nécessaire, c’est un renoncement à la révolution et un renoncement à la démocratie ! C’est un vieux sujet déjà pointé par celui qui allait porter la révolution Française jusqu’au bout, Robespierre, celui qui avait proposé l’abolition de la peine de mort mais qui, pour défendre la révolution contre les affairistes, disait « la terreur sans laquelle la vertu est impuissante, la vertu sans laquelle la terreur est funeste ».

 

On ne peut rien comprendre à l’échec démocratique du stalinisme sans le situer dans les conditions concrètes de la guerre dont la qualification de "froide" masque sans doute aujourd’hui son ampleur et sa force... On ne peut plus parler de révolution si on réduit la bataille démocratique à la bataille électorale. C’est une des grandes leçons d’octobre « tout le pouvoir aux soviets », et tant pis pour une assemblée constituante incapable de répondre aux exigences populaires !

 

Il faut donc approfondir les conditions de « l’action et la maîtrise consciente du processus politique par le peuple » dont Pierre Laurent dit qu’elle « n’est pas négociable ». Mais c’est bien cette maitrise consciente qui nous fait défaut depuis des décennies, et que toutes les stratégies du PCF n’ont pas réussi à construire. Nous avons un urgent besoin de tirer cette leçon là, celle de l’échec de l’union de la gauche, de l’échec du Front de Gauche, et plus globalement, de la réussite des opérations successives de reconstitution de sa domination par la bourgeoisie Française, de Mitterrand assumant le tournant de 1983, jusqu’à Macron en marche...

 

Alors aujourd’hui ?

 

En venant à notre projet actuel, Pierre Laurent le construit en opposition à un capitalisme mondialisé qui « n’est plus capable de porter les promesses d’épanouissement et d’émancipation humaine. »

Nous vivons une telle période, où se cherchent les voies de nouvelles révolutions des rapports sociaux-... Le capitalisme mondialisé est à la fois hyper puissant et dominateur, mais désormais miné par des contradictions dont l’ampleur le rende incapable d’assurer l’avenir et même à terme la survie de l’Humanité.

Il en conclut que « l’heure est venue d’œuvrer concrètement au dépassement de ce système ». Le capitalisme serait-il à bout de souffle ? Dans quel état était-il en 1917 miné par la guerre ? L’heure était-elle déjà venue ? Est-ce que chaque crise périodique du capitalisme sonne l’heure des révolutions ? Mais alors, qu’est-ce qui produit son incroyable capacité de se reconstruire ?

 

De fait, le capitalisme bouscule toujours l’ordre des choses sans autre souci que le profit permettant sa reproduction et sa domination. Pierre Laurent note qu’il ne répond à aucun des « grands enjeux du dépassement de ce système, le réchauffement climatique(...), le terrorisme(...), les trafics(...), la privatisation des richesses du travail(...) » et en déduit que « nous vivons bien le temps des révolutions. »

« Les savoirs explosent, la productivité du travail est exponentielle et la révolution numérique bouleverse la donne. L’ordre ancien craque car il paraît fou de n’utiliser ces immenses potentiels qu’au service d’une minorité mondiale de plus en plus restreinte mais de plus en plus indécemment riche et puissante. »

Cette affirmation d’un capitalisme dépassé, "fou", est pourtant le contraire de la citation de Marx que Pierre Laurent propose très justement...

« Le capital [...] est en fait, dans son mouvement pratique, aussi peu déterminé par la perspective d’un pourrissement futur de l’humanité [...] que par l’éventuelle chute de la Terre sur le soleil. Dans toute escroquerie financière, chaque actionnaire sait que la tempête arrivera un jour, mais chacun espère qu’elle tombera sur la tête de son voisin après que lui-même aura recueilli la pluie d’or et l’aura mise en sécurité. Après moi, le déluge : telle est la devise de tout capitaliste ».

Autrement dit, le capitalisme est un système qui ne cherche JAMAIS à répondre aux enjeux humains, ni au 21ème siècle, ni au 19ème ! Il ne connait qu’une loi, la sienne, celle du profit et de l’accumulation, peu importe les conséquences humaines ou écologiques.

 

L’expérience récente, notamment après la crise de 2008, puis violente économiquement que celle de 1929, montre que ce système a toujours la capacité de se réinventer, d’ouvrir de nouveaux marchés permettant de relancer le cycle de l’accumulation, de détruire aussi toujours plus de capital, la guerre n’en étant qu’un des moyens.

 

Le monde n’est pas au bord de l’abime, au contraire, comme le montre un test très utile sur la représentation du monde tel qu’il est au 21ème siècle avec le questionnaire du site gapminder.com, site d’un géographe fort utile pour connaitre et comprendre le monde et son histoire. Résumons ce qu’il nous révèle et dont en général, nous n’avons pas conscience :

La proportion de personnes vivant en très grand pauvreté a été divisée par deux depuis 20 ans, 80% des enfants de moins de 1 an sont vaccinés, le nombre de morts de catastrophes naturelles a été divisé par deux, la majorité des humains vivent dans des pays aux revenus moyens, les femmes de 30 ans ont eu 9 ans de scolarité en moyenne, presque autant que les 10 des hommes de 30 ans, 60% des filles des pays pauvres sont scolarisées, 80% des humains ont accès à l’électricité, l’espérance de vie moyenne d’un humain est aujourd’hui de 70 ans...

Ces données décrivent un monde qui s’est fortement amélioré socialement depuis 20 ans. Elles sont énormément dues à la Chine et donc au socialisme, mais pas seulement. Et pourtant, il est vrai que les pauvres des pays riches, comme les victimes des guerres de l’OTAN, comme la majorité des habitants de l’ex-URSS, ont connu eux une dégradation de leurs conditions de vie, depuis que la destruction de l’URSS a libéré le capitalisme mondialisé.

 

Non seulement le capitalisme n’est pas à bout de souffle, mais ce que perçoivent les militants en France dans les luttes sociales, dans les actions de solidarité, dans les efforts pour renforcer une organisation communiste, ce sont au contraire les difficultés de la période, les divisions qui affaiblissent le monde du travail, le succès des idées du capitalisme mondialisé du chacun pour soi, de la réussite individuelle, d’une charité qu’il faut limiter car "on ne peut pas accueillir toute la misère du monde". La révolution russe, comme toutes les révolutions, a été d’abord un immense soulèvement populaire, des soldats contre la guerre, des paysans pour la terre, des ouvriers pour leur dignité. Si la colère et des luttes existent bien en France, sont-elles à ce niveau d’ensemble de mise en mouvement de millions de gens dans toute la France ? un niveau qui permettrait de dire que nous connaissons "l’heure des révolutions" ? Les communistes devraient être honnêtes avec eux-mêmes et surtout avec le peuple. Nous en sommes loin.

 

La révolution ou les révolutions ?

 

Pierre Laurent n’évoque d’ailleurs pas le rapport des forces au plan social, mais reconnait la bataille idéologique conduite par la bourgeoisie.

« La révolution, les révolutions deviennent dès lors l’objet d’une bataille d’idées intense et renouvelée. Macron et les siens en ont conscience. Les révolutions, leur sens, se gagnent dans les têtes, dans la conscience politique de tout un chacun. »

Pourtant, il reste un mot absent de son discours alors même qu’il est au coeur de la bataille idéologique sur ce qui au fonds différencie une société capitaliste d’une autre forme de société...

« Qui décide ce que l’entreprise doit produire, où elle doit produire, de quelle façon, par quelles méthodes, en utilisant quelles matières premières, quelles énergies ?


De nouvelles formes de démocratie et d’appropriation sociale, participatives, coopératives, délibératives, doivent étendre considérablement le champ actuel des pouvoirs populaires. »

Mais comment poser la question de la démocratie dans la vie économique sans poser la question de la propriété des grands moyens de production et d’échange... ? Comment ne pas voir que ce qui freine l’appropriation sociale même dans l’économie sociale et solidaire, c’est bien justement d’être dans une société ou l’intérêt privé domine parce-que l’économie est principalement privée, et de plus en plus avec les privatisations accumulées par les gouvernements de gauche et de droite, parfois même avec des ministres communistes !

 

Pourquoi alors ne pas dire clairement qu’au cœur de notre projet de société, il y a les nationalisations qui exproprient les grands intérêts privés du cœur de l’économie et qui créent les conditions nouvelles d’une réelle appropriation sociale ? Ce mot absent du discours de Pierre Laurent est pourtant dans toutes les têtes quand une restructuration violente détruit un site industriel en France, quand le grand monopoly du capitalisme mondialisé brade de grands groupes construits autour des grands services publics de transport ou d’énergie... Ce mot nationalisation caractérise historiquement le socialisme comme phase de transition. Il ne dit pas tout, mais sans lui, comment parler de révolution, comment parler d’une autre société, si la grande bourgeoisie a conservé tous ses pouvoirs économiques ?

 

Cela rejoint la question démocratique. Une démocratie véritable est-elle possible si les détenteurs de capitaux restent dominants dans l’économie ?

 

Cela rejoint aussi la question de la nature de la révolution. Pierre Laurent joue beaucoup sur le terme, parlant d’évolution, de révolutions au pluriel, mêlant ainsi la révolution au sens de la promesse d’octobre avec les révolutions dont les médias nous parlent, numérique, écologique, humaine...

La révolution aujourd’hui est multiforme et elle ne se résume pas à la seule conquête du pouvoir d’Etat, aussi important soit cet enjeu, à la condition de repenser ainsi très profondément la formation de l’Etat.

 

En construisant des services publics, en créant la Sécurité sociale, les colonies de vacances, le tourisme social, la politique du logement social…, les communistes ont œuvré à la révolution contre les pouvoirs du capital.

Il est d’ailleurs étonnant de ne pas inclure dans cette liste les nationalisations de l’énergie, des usines Renault, du rail...? Pourquoi les oublier ?

 

Le manque d’analyse des obstacles sur lesquels ont butté les communistes soviétiques conduit à ne pas étudier les obstacles sur lesquels nous buttons dans un pays capitaliste mondialisé dominant, et conduit à exclure la question clé du pouvoir, et notamment du pouvoir sur l’économie, le système bancaire, la monnaie.

 

Pierre Laurent n’analyse ainsi jamais l’affrontement nécessaire pour savoir qui dirige la société, appelle aux initiatives à tous les niveaux, mais sans aider à comprendre comment arracher réellement des pouvoirs à une bourgeoisie qui les défendra becs et ongles.

Nous voulons, en multipliant les initiatives de solidarités concrètes, les espaces citoyens de délibérations, les fabriques solidaires, libérer toutes les énergies démocratiques, leur donner sens et possibilité de s’associer.

 

Faire révolution aujourd’hui, c’est donc pousser en avant tous les potentiels émancipateurs dans la société, dans le travail, dans l’affirmation des individus, dans le recul des processus de confiscation des richesses, dans la démocratie.

Ce serait un

« processus de long terme qui se développera probablement de manière inégale et diverse à l’échelle de la planète, mais avec des dimensions internationalistes et mondiales de plus en plus fortes. »

Oui, comme il le faisait remarquer en introduction, une révolution s’inscrit toujours dans un processus de long terme, mais en est ce moment d’accélération ou le pouvoir dominant bascule, d’une classe sociale à une autre, de la féodalité à la bourgeoisie, de la bourgeoisie à la classe des travailleurs. Et ce moment d’accélération doit nécessairement faire face à la violence de cette bourgeoisie, du capitalisme mondialisé dominé par l’OTAN, ses services secrets, ses géants du numérique qui nous connaissent jusqu’à nos vie privées...

 

On ne peut penser la révolution dans les conditions de la France sans prendre à bras le corps toutes ces questions concrètes, en tirant les leçons de l’échec de décennies d’électoralisme à gauche, en reconstruisant le lien entre luttes sociales partout et projet de changement de société.

 

On ne peut penser à la révolution dans les conditions de la France aujourd’hui sans souligner le caractère spécifique du niveau national. Pierre Laurent dit que dans « ce monde interdépendant qui est le nôtre, cette bataille des pouvoirs se mène à toutes les échelles, locale, nationale, européenne, mondiale.! ». Certes, mais le 20ème siècle a appris aux communistes qu’il est une échelle spécifique aux révolutions, le cadre national dans lequel s’organise, encore aujourd’hui, la domination de la bourgeoisie, niveau où sa domination doit être mise en cause. Car chacun comprend bien qu’au niveau local, on ne peut que résister, et qu’au niveau européen ou mondial, que peser pour les coopérations et la solidarité. Mais ce n’est pas pour rien que Macron aggrave les attaques contre les droits des travailleurs, des locataires, des collectivités, en défaisant des lois nationales et non pas des directives européennes ! L’objectif de la révolution doit être de disputer à la bourgeoisie le pouvoir d’état, pour permettre de lui disputer son pouvoir économique, local comme mondial...

 

Il faut alors proposer une autre conclusion au discours de Pierre Laurent qui écrit :

En 2017, face aux défis gigantesques qui s’additionnent, il est temps qu’une implication populaire durable, et non seulement insurrectionnelle, pousse et prolonge dans tous les domaines, par la conquête citoyenne permanente, les processus révolutionnaires qui cheminent et se cherchent.

 

Cette implication, c’est ce que nous nommons « Le communisme de nouvelle génération »...

Voila ce que nous pourrions proposer :

 

En 2017, face aux défis gigantesques qui s’additionnent, il est temps qu’une mobilisation populaire organisée durablement, pas seulement électorale, mais citoyenne, sociale, économique, politique, pousse et prolonge dans tous les domaines les processus révolutionnaires qui cheminent et se cherchent dans les contradictions du capitalisme, jusqu’à conquérir le pouvoir d’état.

 

Ce mouvement doit construire la capacité du peuple à s’organiser pour diriger, de l’atelier et du quartier jusqu’au sommet de l’état, et imposer ses propres intérêts, contre les intérêts des bourgeoisies, du capitalisme mondialisé, contre tous les corporatismes et bureaucraties et leurs intérêts privés venant mettre en cause l’intérêt général.

 

Ce mouvement que nous appelons communisme, doit faire grandir l’exigence d’une autre société, d’une société socialiste aux couleurs de la France, internationaliste, démocratique, imposant un autre monde dans la coopération et le développement commun.

 

Pierre Laurent appelle à « La ré-invention du Parti communiste, pour en faire une force capable d’affronter ces défis, (...) condition de sa fidélité à son idéal révolutionnaire. ».

 

Pour être cet évènement, ouvrir en grand ce chantier historique, le prochain congrès réinventer les repères de notre idéal révolutionnaire : enracinement dans les entreprises au cœur des contradictions entre travail et capital, choix de classe affirmé pour construire le rassemblement populaire, nécessité d’un parti organisation de terrain, tourné vers l’action et l’éducation populaire, réaffirmation de notre ancrage internationaliste, contre les institutions du capitalisme mondialisé, y compris européenne, contre l’OTAN, affirmant le projet d’une France souveraine ouverte au monde multi-polaire et s’appuyant sur les succès des socialismes existants pour faire reculer les forces militaristes, et imposer la paix.

 

Documents joints

 

 

Le fétichisme du capital au prisme d’un chapitre inédit de Marx

 

Par Baptiste Eychart

Marx avait conscience que le Capital était son œuvre majeure, et ce dès qu’il s’attela à la rédaction de l’ouvrage. Cette conscience explique les remaniements successifs du projet, remaniements qui ont donné naissance à des manuscrits – comme les Grundrisse –, ou à des livres publiés – comme la Contribution à la critique de l’économie politique –, qui sont désormais lus comme des œuvres à part entière. Ce Chapitre VI du Capital appartient à l’avant-dernière version du livre, une version connue comme les Manuscrits de 1863- 1867, dont nous ne possédons que très peu de chose. Pour des raisons que nous ne pouvons que deviner, Marx n’a pas inclus ce chapitre dans la dernière version du Capital, se contentant d’en reprendre certaines idées à travers différents chapitres du livre. Toutefois la richesse des analyses de ce Chapitre VI consacré aux « résultats du procès de production immédiat »justifie la publication du chapitre en entier. Jusqu’à présent, il n’existait en français qu’une unique traduction complète de ce chapitre, traduction vieillie et à ce jour épuisée. Les Éditions sociales, dans le cadre du projet d’édition des œuvres de Marx et Engels – la Geme –, proposent enfin une édition satisfaisante de ce chapitre, notamment grâce à une excellente présentation et à un soin significatif quant au vocabulaire employé.

 

Le chapitre renferme des réflexions éparses mais importantes concernant divers sujets liés à l’exploitation de la classe ouvrière, notamment sur les risques d’une « irlandisation » d’un prolétariat contraint de vendre sa force de travail en dessous de la valeur nécessaire à sa simple reproduction. Un thème, toutefois, l’emporte sur les autres et concentre l’attention. En scrutant le processus de production dans le mode de production capitaliste, Marx constate qu’il est à la fois procès de travail réel – mobilisant la force de travail des travailleurs, leur savoir-faire et leur coopération, mais aussi des moyens de production – et procès de valorisation qui voit le capital s’accroître au cours du processus. Car, à un certain moment de son développement, le capitalisme ne s’est plus contenté de contrôler l’activité du travailleur en amont, par la fourniture de matières premières, ou en aval, par l’achat du produit fini, mais a élargi son contrôle à tous les moments du procès de travail, en organisant le travail d’usine et en achetant les moyens de production, voire en formant le travailleur. Le procès de travail réel se trouve ainsi dominé par le procès de valorisation dont il ne devient plus qu’un appendice. Cela implique des effets très concrets pour le travailleur, qui voit son travail contrôlé tant par le contremaître que par le chronomètre et le pointage, mais cela a aussi des conséquences plus générales.

 

Marx lit ce phénomène comme l’absorption par le capital – matérialisée par un ensemble de moyens de production – de la force de travail se dépensant dans l’activité productrice. Ainsi le travail mort – puisque les moyens de production ne chapitre inédit de Marx sont que du travail antérieur objectivé – absorbe-t-il le travail vivant et « le capitaliste [...] consomme la capacité de travail du travailleur, ou encore s’approprie le travail vivant comme sang vital du capital ». Cette absorption crée l’illusion que le capital est un mécanisme autosuffisant dont l’expansion ne tient qu’à des ressorts internes innés, alors qu’il doit en permanence extraire du travail non payé au prolétaire. Marx dégage ainsi les contours d’un « fétichisme du capital » dont l’analyse complète parfaitement le si fameux passage du Capital sur le fétichisme des marchandises. L’originalité des analyses présentées dans ce Chapitre VI rend sa lecture tout simplement indispensable aujourd’hui pour tous ceux qui se tournent vers Marx pour suivre l’évolution du monde en ce début du XXIe siècle.

 

Le Chapitre VI. Manuscrits 1863-1867. Le Capital Livre I, Karl Marx. Traduction nouvelle et présentation de Gérard Cormillet, Laurent Prost et Lucien Sève. Éditions sociales, 286 pages, 2010, 12 euros.

 

Article paru dans Les lettres françaises n°82. Mai 2011

Conte de Noël : échange avec Monika, à propos des carpes dans la baignoire à Tarnow

 

23 Décembre 2017

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Nous avons commencé notre livre avec Monika, il est intitulé « juifs et Polonais, un nœud de vipères », c’est un dialogue qui a débuté en juillet 2016 et qui se poursuit pour tenter de comprendre là où notre siècle saigne, l’antisémitisme a-t-il joué un rôle dans cet effondrement et lequel, dit comme cela, c’est trop simple, mais jugez-en plutôt par cet échange de souvenirs de notre introduction, alors que nous venons de découvrir que nos parents sont issus de Tarnow dans la Petite Pologne, proche de Cracovie, ce qu’ici on appelle quelquefois la Galicie.

 

Quand j’ai eu l’occasion de me rendre en Pologne, en juillet 2016, j’étais toujours communiste, j’avais conservé la foi mais je n’étais plus pratiquante, ou je l’étais mais d’une  autre manière. Celle de ces moines du Moyen Âge qui ont recopié inlassablement les chefs–d’œuvre de l’Antiquité en les ornant d’illustrations fantastiques. La transmission d’un temps que l’on ne comprend plus soi- même.

 

J’ai emporté un livre  dans ma valise, « Voyage en Pologne » de ce grand écrivain allemand qu’est Alfred  Döblin.  Alors que l’antisémitisme monte en Allemagne en 1924, il part deux mois en Pologne et y découvre cette culture yiddish qui n’a rien à voir avec lui, marxiste rêvant du christianisme et  juif allemand, assimilé… Il est curieux de ce monde avec sa propre langue, sa religion, enkysté dans une société rurale, marquée par les ruines de la guerre de 1914-18. Döblin sonde ce monde étrange aujourd’hui disparu, il note des détails, des visages, jusqu’aux poignées de portes, il s’exclame: Les Juifs! C’est là que vont les Juifs! Je veux voir ce qui est mort, ce qui est en train de disparaître et qui vit. Je ne veux pas de rénovations. Ces gens-là sur le trottoir, en redingote noire, avec leurs fantastiques bonnets de fourrure! Est-ce que je ne les reconnais pas! Les Juifs! Les ténèbres sur le marché éclairé par la lumière électrique. Le vaisseau magique qui s’élève sur la mer. Il faut que je les voie sans plus de détour.

 

Ce que diront les messieurs éclairés,  les Juifs des Lumières, je le sais. Ils riront de leur propre peuple, ils auront honte d’eux. Ils  dirigeront sur moi la plus plate raillerie. Le monde est né avec eux et s’est totalement accompli avec eux. Raconter les vieux contes dont s’occupent les gens stupides et arriérés: quelle absurdité, quelle inconscience! Cela n’est pas réel. Moi qui n’appartiens ni aux éclairés ni à cette masse populaire, moi le passant occidental – ces « éclairés » me font l’impression de nègres qui paradent avec des perles de verre que les matelots leur donnent, avec de sales manchettes à leurs bras ballants, un haut de forme cabossé, flambant neuf sur la tête. Comme il est pauvre, minable, indigne et dévasté, sans âme, le monde occidental qui leur donne ces manchettes, mais comment le sauraient-ils? [1]

 

Je raconte à Monika, que Je suis la dernière de ma famille à avoir connu Zipporah, mon arrière–grand-mère. Elle portait la perruque rituelle de soie jaune. Elle était, quand je l’ai connue, d’une laideur redoutable même pour une octogénaire. Son physique  n’avait  pas empêché son époux Moïse Bleitrach d’engendrer avec elle sept fils et une fille, Rifka.

 

Je n’avais qu’une dizaine d’années, lors de la découverte de cette aïeule exotique, qui vivait à Metz avec Rifka et son époux. Ce dernier m’était apparu comme un cinglé de la plus belle espèce, il nous avait accueillis sur le pas de la porte en saharienne avec un casque colonial et quelques minutes après je constatais qu’il élevait des carpes dans la baignoire. Cela se passait en décembre dans la froide et enneigée Lorraine. Il devait partir en avril en Israël, pour la première fois et il se préparait à ce qu’il croyait être les vêtements idoines pour faire face à un climat désertique. Jamais ce juif polonais,exilé dans le nord de la France, n’avait connu le sud, la méditerranée autrement que dans cette répétition millénaire des soirs de seder « l’an prochain à Jérusalem ». Il n’imaginait rien de la lumière méditerranéenne sinon que tel un Tartarin de Tarnow, il fallait s’en prémunir par un casque colonial.

 

Monika ne paraît pas du tout choquée par les carpes dans la baignoire, chez elle aussi dans la semaine avant Noël, son père ou son oncle achetait une ou deux carpes et les mettait dans la baignoire, pour qu’elles soient fraîches. L’oncle les assommait avec un maillet en bois  juste avant de les vider, écailler et frire. Elle entreprend de me raconter comment sa famille vivait à Tarnobrzeg, une petite ville que la grande famille de la noblesse polonaise Tarniowski (fondateur du medef polonais) avait créé pour y installer son château et regrouper autour quelques commerçants, artisans juifs.[2] Le seul commerce qui n’était pas juif était reconnaissable à une vierge Marie dans une niche qui surmontait l’échoppe. Ma famille vivait elle aussi sous le pouvoir des Tarnow, nous étions ses serfs. Les miens sont partis. Plus tard,  me dit-elle, sous la Pologne populaire, il y avait un polonais  Truniarz (ce qui se prononce troniache), on disait de lui chez les paysans de la ville de Tarnobrzeg qu’il avait « trouvé » un trésor juif et que c’est grâce à ça que, même sous le régime communiste,  il possédait un magasin dans la ville, une grand terrain, trois maisons et des serres où il cultivait des fleurs et des légumes. Ce trésor supposé, en avait fait un individu très mal vu dans la Pologne populaire, une sorte de koulak, un « prywaciarz », celui qui fait le privé… un terme très trés péjoratif, il s’était accaparé le magasin et les biens juifs et on inventait peut-être le trésor. Ce qui n’était jamais dit c’est que les autorités locales avaient laissé faire, donc « prywaciarz » était peut-être un corrupteur, un indicateur, un type trouble…mais pour en revenir à l’élevage de carpes, le cousin de Monika et un copain  à cette époque sont passés devant le bassin de Truniarz et se sont aperçu qu’il y a peu d’eau. Ils volent deux carpes et les ramènent à la maison. Le grand père est d’abord très en colère, menace de les punir  mais les gamins lui disent qu’ils l’ont pris à Truniarz et le grand père répond : « Si c’est lui ce n’est pas grave (voler un voleur) ». L’anecdote  prouve plus des sentiments anticapitalistes  que compatissant à l’égard des juifs, mais tout de même. Le mythe des trésors dans les juiveries se combinait avec l’égalitarisme paysan pour engendrer une répulsion à l’égard de cet enrichissement qui ne pouvait être que pilleur.

 

La morale de l’histoire c’est que le grand père n’a pas envoyé les carpes dans la baignoire mais les a fait frire aussitôt pour maquiller le larcin.

 

Nous hochons la tête,il faut également déduire de ce récit que  le mari de la tante Rifka, qui s’appelait Offnoug, était un Polonais, lui aussi comme toute ma famille était de Tarnow, comme celle de Monika, ils se sont tous croisés les jours de marché probablement. Elle ouvre l’ordinateur et me montre l’échoppe de Truniaz.  Offnoug  n’a jamais quitté ce lieu, il n’arrivait pas à s’adapter à un autre monde que celui de Tarnow. Il ne parlait que le Yiddish et baragouinait un français approximatif. Ce qui le rendait  à mes yeux presque’aussi cocasse que l’oncle Arthur qui à l’aube mangeait des oignons au raifort, tout en se plaignant du fait que lui, un Cohen, n’avait pas été appelé le premier à la Thora. Je me souviens de ses hurlements lors du bombardement de Cannes-la-Bocca ! où nous étions réfugiés pendant la guerre, je n’avais que quatre ans mais je l’entends crier sous les éclairs et le déluge des bombes « Oui nous sommes juifs ! Venez nous chercher ! » Moi je me couvrais la tête d’un torchon de cuisine et je murmurai « l’arlerte, l’arlerte! ». Après quoi il mangeait avec délice ses oignons au raifort. Où les avait-il dégotés ? En tous les cas me dit Monika, il y avait plus misérables que les juifs, c’étaient les Tsiganes et la tartine de pain bis aux oignons était leur plat favori, c’était ajouta-t-elle, un plat exquis quand on avait faim et quelques piécettes seulement dans la poche pour assouvir sa faim. 

 

Les tziganes! Tout me revient. L’oncle Arthur était le frère du mari de ma tante qui s’appelait Isi ((diminutif de Izajasz). Nous étions tous entassés dans ce deux pièces. Isi jouait d’instinct sur un violon, il multipliait des bariolages spectaculaires, une douzaine de notes à la minute avec de douloureuses vibrations. Les tziganes apprenaient le violon aux juifs quand ceux-ci n’avaient droit à aucun conservatoire, et ils gagnaient leur vie comme eux en animant  les fêtes et les mariages. L’oncle Isi réveillait nos rencontres familiales en sortant son violon tandis que son épouse Régine, ma tante bien aimée, qui était une intellectuelle et qui suivait les conférences de Politzer, jouait au piano. Le plus souvent   du Chopin, son musicien préféré, elle en protestait auprès de son  époux  : « tu en fais trop !!! «  Chopin, le romantisme aristocratique quel condensé d’histoire, le tout est profondément polonais. Quand ce couple a voulu émigrer en Israël, dans les années trente il est  rapidement revenus après que Isi se soit fait mordre la main par un rabbin orthodoxe alors qu’il livrait du lait un jour de shabbat. Il tendait le bras hors du véhicule pour montrer qu’il allait tourner et un petit bonhomme excité qui le traitait d’impie s’était acharné sur lui. Non le sionisme n’était pas pour eux, ils sont revenus en France, mais ma tante en avait conservé une bizarre fierté concernant les Palestiniens, elle disait : « Nos arabes sont les plus beaux de tous ».

 

Et quand tout allait mal, mon père disait : on va encaisser les loyers en Pologne ! Monika, elle exprime des regrets : « Avec les juifs, la musique a disparu, et l’âme souffre, se meurt sans musique ».

 

Comment a-t-on pu considérer toutes ces petites gens, échappés d’un roman de Cholem Aleikhem, comme les artisans d’un complot tout puissant ? Tout cela me paraît si absurde que je suis moi aussi reconnaissante à ces gens enkystés dans un pays et conservant leur langue et leurs coutumes quel qu’en fut le prix à payer, une manière de résister à ce besoin compulsif du christianisme d’identifier la foi à toutes les tortures, de la crucifixion à la flagellation. La preuve d’une solide santé comme les festins d’Arthur, à l’oignon et au raifort, les carpes de l’époux de Rifka et les facéties de Woody Allen sur le peuple élu qui aimerait bien de temps en temps être mis en ballotage.

 

Sur la seule  photo conservée de lui, mon arrière–grand–père, Moïse Bleitrach, portait un caftan, ses yeux bleus étaient étirés, énigmatiques enfoncés dans les orbites. Mon grand père, Nuchim Bleitrach, avait le même regard que son père ; il avait fui sans jamais comprendre ni pourquoi, ni comment, il fallait partir. Résultat,  né en Pologne, il avait fini sa vie naturalisé cubain à une époque et dans une île où le Juif  était appelé Polak. 

 

En matière de terre natale j’ai beaucoup à apprendre et je me demande toujours par quel hasard j’ai un tel besoin de la France, pourquoi tant de nostalgie à chaque voyage, partir, revenir, et chantonner en attendant trains et avions « Douce France ! »  Peut-être à cause de celle qui est ma mère et qui m’a donné en partage l’adhésion prolétarienne et le refus de la peur.. « De quoi as-tu peur ? » furent ses mots tandis que je recueillais son dernier souffle : effectivement il n’y a pas de quoi avoir peur ?

 

En Pologne, je ne me suis pas seulement interrogée sur la patrie des juifs ou plutôt sur ces multiples patries qu’ils ne cessent de s’inventer, mais j’ai voulu retrouver le lieu d’où est parti le séisme dans lequel l’Union soviétique s’est engloutie, notre moderne Atlantide. Que s’est-il passé exactement ?   Ma rancune envers la Pologne est double, et c’est bien la chute de ma patrie d’élection qui a ravivé les ressentiments ancestraux. J’avais, encore enfant, adhéré au PCF, en voyant cette photo de Paris-Match, les communistes hongrois pendus à des crocs de boucher. Il en est de cette identité là comme de l’autre, elle se ravive sous les persécutions.

 

[1] Alfred Döblin Voyage en Pologne, Flammarion, traduit de l’Allemand par Pascale Casanova, 1968. (p.249)

 

[2] En 1941, les Tarnowski s’enfuient au Canada où ils habitent toujours. Entre 1941, et l’arrivée de l’armée rouge, il n’y a pas de traces que les Allemands aient géré le domaine, est-ce qu’il y a eu déjà de l’autogestion paysanne s’interroge Monika ? La Pologne populaire s’est appropriée le domaine et a fait du château  un lycée agricole et a distribué les terres aux paysans ont résisté en 89 à la reprivatisation, ils ne voulaient pas rendre le domaine au Comte, celui-ci s’appuie sur l’Union européenne, le château devient un musée. Au moment, où il y a cette reprise en main l’industrie est fermée, il n’y a plus de travail et la ville passe de 70.000 habitants sous la République populaire à 10.000 sous la restauration du capitalisme, c’est le pompier Polonais en exil…  l’hiver il n’y a que des vieux, l’été on voit retourner des couples avec des enfants qui parlent des langues différentes. Est-ce qu’il y a encore besoin d’un lycée technique agricole ?

Révolution: il y a 100 ans. La vision socialiste de Lénine dans le monde capitaliste

 

21 Décembre 2017
 

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Encore un article russe et toujours en train de chercher à estimer leur propre révolution, et comme nous Marianne et moi allons les interroger pour qu’ils nous disent ce qui les travaille encore, ce qui est bien difficile pour des gens qui sont encore groggy de ce qui leur est arrivé en 1991, eux viennent chez nous interroger notre propre vision. Là est la solution, échanger nos impressions, incompréhensions, aspirations, comme le déclarent les Chinois qui ont eu la sagesse d’assumer la totalité de leur Révolution, un nouveau dialogue basé sur un destin commun de l’humanité est possible et nécessaire.
 
(note et traduction de Danielle Bleitrach)
Lisez cette vidéo, elle en vaut de la peine, interventions en français et en anglais
 

En octobre 1917, les bolcheviks, dirigés par Vladimir Lénine, s’emparent du pouvoir en Russie. Pour beaucoup de croyants socialistes, la révolution représentait la possibilité d’un tournant, d’une rupture dans toute l’histoire de l’humanité depuis la création des gouvernements. Pourtant, leurs rêves de construire une société plus équitable ont été de courte durée et une recette pour le bonheur universel reste insaisissable. Le capitalisme règne désormais partout dans le commerce, la propagande et les médias. Pendant ce temps, les inégalités terribles sont toujours répandues dans le monde entier et la plupart des gens vivent encore dans des conditions horribles.

 

À la lumière de ces échecs apparents, la Grande Révolution d’Octobre a-t-elle vraiment été aussi fondamentalement révolutionnaire qu’elle semblait l’être il y a 100 ans? Pour le savoir, nous avons parlé à des personnes qui considèrent toujours la révolution russe de 1917 comme un événement mondial important. Il ya  des léninistes impénitents venant d’horizons et de régions du monde très différents, d’un philosophe français et d’un entrepreneur suédois à un étudiant en danse turque et un artiste chilien. Malgré les revers, l’esprit de révolution brûle encore dans leurs cœurs et leurs pensées, et la vision socialiste de Lénine éclaire leurs espoirs pour l’avenir.

 

De nos jours, vous entendez constamment que la révolution et le communisme étaient horribles, des crimes monstrueux. Il semblerait que l’affaire soit close et que l’Occident soit entré dans une époque de sommeil politique. Mais les participants à ce film soulignent qu’une grande partie de la jeunesse d’aujourd’hui est en train de voir Lénine, la Révolution d’Octobre et le Drapeau Rouge sous un jour de plus en plus positif. Compte tenu de l’état actuel du monde, ce n’est qu’une question de temps avant que l’esprit révolutionnaire se réveille une fois de plus, disent-ils.

 

Comme il est douteux que toute révolution future corresponde à celle promue par   Lénine, un participant pense qu ‘«une nouvelle voie sera trouvée et ce ne sera pas une répétition mais quelque chose de nouveau», ajoutant «je sais seulement que si cela arrive, Ainsi, la société va brusquement et radicalement changer, mais nous ne savons rien de ce qui va se passer.  »

 

Pour un regard plus profond sur l’esprit de la Révolution d’Octobre qui vit encore 100 ans plus tard, regardez Scent of Revolution à RT Docs.

 

Regarder ce film en russe 

Publié par El Diablo

À propos des élections CORSES de décembre 2017 [une analyse de Francis Arzalier]

photo d'illustration (source: pcf)

Vous lirez ci-dessous un texte de Francis Arzalier, membre de l’ANC(Association Nationale des Communistes) et fin connaisseur du milieu politique corse.

 

Quelques remarques d’un militant, qui pratique la Corse et les Corses depuis plus d’un demi-siècle, assez pour savoir qu’ils sont porteurs d’une histoire et d’une culture spécifiques, et en même temps très majoritairement attachés à la nation française. Toute analyse sérieuse des derniers scrutins en Corse doit tenir compte de cette contradiction, et éviter les caricatures qui imprègnent les médias hexagonaux (« triomphe nationaliste", prise en compte nécessaire de leurs exigences par l’état français, marche vers l’indépendance, etc. ).

 

Remarquons d’abord que l’électorat Corse a été appelé à voter 6 fois depuis le printemps 2017, ce qui a entraîné une certaine lassitude. A cela s’ajoute un discrédit des partis constitués comme dans l’ensemble de la France. Seules différences, ce discrédit a entraîné en Corse la quasi disparition du Parti Radical majoritaire à gauche depuis des décennies (au lieu du PS nationalement), et l’affaissement du Parti de Droite (Républicains), que n’a pas compensé le faible score du parti Macronien.

 

La croissance énorme de l’abstention (presque un électeur sur deux) a les mêmes causes qu’ailleurs, avec des spécificités aggravantes. Il suffisait d’écouter les conversations ajacciennes cet été pour savoir que la plupart des électeurs trouvaient inutile un nouveau scrutin insulaire, la Collectivité régionale ayant été élue il y a seulement deux ans. L’électorat insulaire a réagi au scrutin de novembre 2017 comme s’il s’agissait d’une élection superflue après annulation : on sait que seuls les partisans des sortants invalidés se déplacent pour assurer leur remise en place. Les opposants considèrent que les jeux sont faits, et se mobilisent peu.

 

Car la coalition des nationalistes dirigeait déjà la Région Corse, grâce à l’abstention et au mode de scrutin majoritaire. Leur réélection ne faisait aucun doute, d’autant qu’ils ont eu l’intelligence et la prudence durant leur court passage aux rênes, de se démarquer de la " lutte armée " clandestine antérieure, de certains de leurs soutiens xénophobes et racistes (" Arabi fora ") et de certaines revendications d’indépendance immédiate trop brutales.

 

Parallèlement, ils ont peaufiné leur emprise sur le tissu économique et culturel, et profité au maximum du discrédit de la majorité radicale antérieure ( Giacobbi ) accusée à juste titre de corruption et clientélisme par la justice. Aujourd’hui, cette équipe dirigeante nationaliste est surtout l’expression d’une bourgeoisie insulaire, d’inspiration ultra-libérale, COMME MACRON ET SES AMIS, COMME LA DROITE "RÉPUBLICAINS", et tentée de passer avec eux des accords politiciens, comme c’est déjà le cas à la mairie de Bastia. Leurs divergences essentielles portent sur la répartition des postes, leur idéologie est pour l’essentiel identique.

 

Compte tenu du mode de désignation, les nationalistes disposeront à l’Assemblée territoriale unique d’une majorité aussi écrasante (et aussi peu représentative) que les macronistes " En Marche " à l’Assemblée nationale.

 

Autre remarque, il faut éviter de faire de l’Union Européenne le Deus Ex Machina des élections corses. Certes, les dirigeants nationalistes, férus de libéralisme, ne trouvent que des vertus à l’UE, qui incarne le Capitalisme transnational actuel, et ils apprécient beaucoup ses objectifs d’Europe politique fédérale, dans lesquels ils espèrent insérer leur projet d’autonomie de l’île. Mais ne nous aveuglons pas : leurs concurrents de Droite, En Marche, et même la majorité précédente radicale sont tout aussi partisans de l’Union Européenne, et de son catéchisme libéral. Le résultat des élections corses ne découle pas d’un complot fédéraliste de l’UE, mais de la crise sociale et idéologique de la société insulaire.

 

En fait, la dimension marquante de ce scrutin Corse de novembre n’est pas la réélection prévisible de la coalition nationaliste, mais le résultat désastreux du PCF : Il avait déjà cédé la moitié de son électorat à la France Insoumise au printemps dernier, et coalisé avec FI au scrutin territorial, il n’atteint pas 6 pour cent des votants : Il ne peut de ce fait participer au second tour, il n’y aura aucun élu Corse communiste ou de gauche à l’Assemblée, pour la première fois !

 

C’est pourquoi je rejoins tout à fait notre camarade Alain Benielli sur l’urgence d’analyser de façon autocritique les résultats désastreux du PCF en Corse. Il a dilapidé l’audience acquise par les communistes corses dans l’insurrection antifasciste de 1943, organisée par les résistants communistes Nicoli, Benielli, etc. Cela lui conférait il y a encore 15 ans des scores électoraux supérieurs à la moyenne française, bien que l’île livrée au tout tourisme ne dispose pas de concentrations industrielles.

 

Cet effondrement a certainement des causes anciennes, notamment la prise en compte insuffisante par le PCF insulaire de revendications populaires parfaitement justes : contre la spéculation immobilière et le non-développement au profit de l’invasion touristique, l’accaparement des rivages et des sites par les affairistes et les touristes fortunés, la destruction de la culture corse( langue et musique ), le centralisme "parisien" étouffant, la condamnation de l’île à devenir le "bronze-cul de l’Europe ", etc.

 

À l’issue de ce processus depuis 50 ans, la spéculation immobilière a multiplié le prix des appartements à tel point que les jeunes Corses, salariés ou pas, ne peuvent se loger, et qu’ils doivent comme leurs ancêtres quitter l’île pour chercher un emploi. Près de 40 pour cent de l’habitat en Corse est constitué de résidences secondaires ! Comment dès lors condamner sans nuances comme xénophobes l’idée de dispositions légales privilégiant le recrutement local des salariés, et les freins apportés à la multiplication de résidences secondaires et touristiques, parce que ce sont des thèmes favoris des nationalistes ?

 

Mais l’effondrement récent du PCF en Corse tient surtout à sa collaboration à l’ancienne majorité régionale " de gauche", dirigée par le Radical Giacobbi, condamné par le tribunal (a 3 ans de prison ferme, sous réserve de confirmation en appel) pour ses méthodes de gestion.

 

La "gauche" radicale n’y a pas survécu. Le PCF Corse risque le même sort, mérité ou pas, sans une sérieuse analyse critique du passé : une problématique bien proche de celle du PCF en général.

 

F.A.

 

SOURCE :

VOIR ÉGALEMENT LE LIEN CI-DESSOUS:

Qui sont les « Konzern » en 2017 ?

 

Joyeux Noël ! Si vous avez un cadeau à faire (quelqu’un à qui vous voulez du bien), et qui le mérite ! Choisissez le dernier prix Goncourt "L’ordre du jour" de Eric Vuillard.

 

D’abord cet écrivain-cinéaste est né à Lyon en 1968 (une année contestataire), et son livre, petit format, 156 pages, est un petit bijou ! Les médias n’en ont pas trop parlé. Pardi, le sujet n’est pas dans l’air du temps, où le MEDEF gouverne de concert (j’allais dire de konzern) avec Macron.

 

"L’ordre du jour" évoque avec précision le 20 février 1933 en Allemagne : au Berghof, les « vingt-quatre pardessus, marron ou cognac » vont décider du sort du monde sous la pression d’Hitler (« le fürher attirait les autres par une force magnétique » dira Schuschnigg [1]) en signant l’accord des participants : ils vont financer le parti d’Hitler et accepter sa politique d’annexion de l’Autriche etc.

 

On trouve les noms de Krupp, Thyssen, Bosch, I.G Farben dans les signataires. Annie Lacroix-Riz, éminente historienne, trouve l’auteur « talentueux » et pense que « l’ouvrage mérite d’être lu », malgré quelques réticences.


On peut lire ou relire en même temps le livre de cette historienne "Industriels et banquiers sous l’occupation" aux éditions Armand Colin.

 

En ayant les deux livres en main, je me suis demandé : si une guerre mondiale avait lieu aujourd’hui, les « Konzern » ne seraient-ils pas les mêmes, ou leurs descendants, produits de fusions capitalistes ? La liste du CAC 40 apporte beaucoup de réponses à la question.

 

Bonne lecture ! Et bon Noël !

 

Mireille Popelin

Congrès du PCF : jouer le jeu et ensemble recréer le parti communiste dont nous avons besoin, stratégie et organisation

 

par  Danielle Bleitrach

  Vie du parti |   2 |
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Le PCF a un passé, et nous avons tous raison d’en être fiers, mais est-ce qu’il a un avenir ? Est-ce qu’il a toujours pour objectif la création d’une autre société de justice et de paix, à contrario du capitalisme ? Qui est capable de répondre à cette question ? C’est sans doute là l’essentiel de notre problème.

 

La stratégie du « Socialisme aux couleurs de la France » est-elle toujours valide ?

 

Est-ce que la stratégie adoptée dans les années soixante-dix par le PCF et qui reste le seule stratégie à ce jour, même si nous sommes ballottés depuis 1996 en gros, de tactiques électorales en tactiques électorales, cette stratégie essentielle pour un parti communiste, celle qui définit un but et des moyens, a-t-elle encore une validité quelconque ?

 

Je rappelle que nous avions choisi une stratégie vers un socialisme « aux couleurs de la France » de rassemblement, articulant luttes et élections (celles-ci à cause de la Constitution et des élections majoritaires étaient marquées par la nécessité de l’Union de la gauche). Il y avait néanmoins des objectifs de transformation, nationalisations, dénonciation de l’Europe, démocratie y compris sous des formes participatives nouvelles et une conception du parti appropriée, liée à l’entreprise et au monde du travail et aux couches populaires y compris dans les quartiers.

 

Ce qui rendait valide cette possibilité d’union de la gauche électorale « au sommet », c’était le rapport de forces que nous étions capables de créer à la base pour imposer des choix politiques allant dans le sens du progrès et du socialisme.

 

Cette stratégie s’est heurtée dans les faits d’abord, au déséquilibre en notre défaveur au sein de l’union de la Gauche et à l’hégémonie du PS. Celui-ci a de plus en plus adopté la politique de la droite. Mais à partir des années quatre-vingt-dix, il y a eu face à cet échec, comme face à l’effondrement de L’URSS, sous couvert d’adaptation à la société, une destruction du PCF dans sa capacité militante. Ce qui a abouti au renforcement de l’hégémonie d’un PS dont nous sommes devenus l’appendice. Et le désaveu de celui-ci ne pouvait que nous entraîner dans sa chute, c’était une tendance ; est-ce que nous nous sommes donnés les moyens d’y résister ?

 

Résister est une attitude, des choix, l’exemple du peuple cubain est là pour l’illustrer.

 

Parler d’adaptation à la réalité était-il bien l’objectif à se donner alors que dès 1995, la France était un des rares pays dans le monde à manifester cette capacité de résistance à la destruction des services publics. N’avons-nous pas sous-estimé et ne sous-estimons pas encore aujourd’hui notre peuple ?

 

Les luttes sont nombreuses, nous avons connu l’an dernier une lutte exemplaire dans sa ténacité autour du code travail, mais elle s’est heurtée à l’absence de perspective politique, non seulement parce que Macron a été élu pour appliquer ce que nous refusions, mais parce que l’alternative s’efface, et le désintérêt s’accroît.

 

Donc par rapport à notre question initiale, c’est bien toute cette stratégie qui est remise en cause, et revendiquer d’une manière incantatoire « le rassemblement » ou même « un parti communiste fort » ne définit en rien les moyens de la mettre en œuvre, tant ont été accumulées les conditions défavorables.

 

La « mutation » nous a coupés de ce parti, a accentué notre dépendance électorale, sauver nos élus est devenu le maître mot coïncidant avec notre effacement sur la scène nationale. Et avec le parti tout un tissu d’association et même syndical s’est divisé, affaibli, parce que disparaissait la perspective au fur et à mesure que s’approfondissait la crise. Est-il possible et à quel prix, de concrètement recréer les conditions d’un nouvel ancrage dans ce monde du travail de plus en plus soumis au management et à la désyndicalisation ? Quelles priorités et avec quels moyens ?

 

Un pallier a été franchi avec notre effacement de l’élection présidentielle, cette élection, qui est l’aspect le plus caricatural de l’absence de démocratie puisqu’elle subordonne la question du pouvoir à un homme, a été créée pour nous affaiblir. Mais dans la mesure où elle pose la question du pouvoir d’État et la capacité à l’exercer, s’y soustraire, c’est y renoncer pour un parti comme le nôtre, c’est dire que ce que nous représentons est illusoire et que voter pour nous n’a aucun sens. C’est aller dans le sens de notre effacement et nous aurons beaucoup de mal à sortir de cette tactique suicidaire.

 

Le parti dans son immense majorité veut reste communiste.

 

Au point où nous avons été conduits par les dernières directions qui se succèdent à elles-mêmes, il est clair que ceux qui nous dirigent ne croient plus dans un parti communiste et ne voient de salut pour « sauver les meubles » à tous les sens du terme (leurs postes d’élus et même l’exploitation commerciale du colonel Fabien) que dans un retour au congrès de Tours. Ils sont, sur ce plan, entrés en rivalité avec Mélenchon, d’où l’âpreté des combats de personnes. Alors que le véritable reproche que l’on peut adresser à Mélenchon est que, comme son maître à penser Mitterrand, il veut en finir avec le PCF. Reproche très grave, non seulement de notre part nous communistes, mais concernant alors ses objectifs, puisqu’il signifie immanquablement un renoncement à ce qu’il promet.

 

L’obstination que mettent les directions à reposer la question du nom du PCF, est la preuve de l’abandon de ce qui fonde le parti. Cette obstination n’a d’égale que celle que Pierre Laurent met à stigmatiser notre passé, en englobant toute l’histoire du communisme dans une vague référence aux crimes de Staline, et à l’échec des pays socialistes, en occultant complètement le rôle joué par ces expériences sur la victoire contre le nazisme et les acquis sociaux, comme l’essor des mouvements de libération nationale. Nous ne savons que peu de choses sur nos contacts internationaux.

 

Il est pourtant évident que si l’on abandonne le titre de parti communiste, c’est la fin programmée, entérinée. Il est tout aussi évident que la manière dont la direction du PCF stigmatise injustement notre passé fait partie de ce bradage en douceur. La seule solution au contraire si les communistes conservent leur parti est d’en assumer le passé, tout le passé, au lieu de donner aliment aux pires interprétations anticommunistes.

 

Quand on ne croit plus à un parti au point d’en arriver là, il est évident que la stratégie n’a pas besoin d’être définie et il serait utile qu’il y ait sur cette question essentielle, un débat de fond avec ceux qui postulent aux responsabilités sans procès d’intention, mais dans la clarté.

 

Pourtant tout confirme que la quasi totalité des membres du PCF ne veut pas la fin du parti communiste, même si les militants ont de plus en plus de mal à s’approprier une politique devenue floue, au point que quand on pose la moindre question, chacun se met à fouiller dans des brochures, les relit en s’interrogeant sur leur contenu réel. Il y a eu beaucoup de réflexions, de travail, mais il en reste peu de traces utilisables dans la pratique militante, du moins en ce qui concerne le fond, à savoir la société que nous voulons et comment nous comptons en finir avec le capitalisme. Si nous en sommes là, imaginons où en sont nos électeurs, nos sympathisants ?

 

Donc la question de la stratégie a besoin d’être pensée non seulement en fonction des évolutions de la société françaises, des multiples expériences de luttes menées dans ce contexte national, mais également dans un contexte international, parce que partout dans le monde on assiste à des phénomènes semblables. La question d’un parti communiste se pose avec une urgence renouvelée, à la fois face aux conséquences de l’affaiblissement des partis et l’arrogance de ce fait d’un capital qui se croit tout permis. Mais surtout la preuve est là qu’à ce jour il n’y a eu aucune expérience révolutionnaire sans un parti communiste. Aucune expérience réellement transformatrice sans un parti de ce type.

 

Nous ne partons pas simplement de l’échec.

 

Non seulement parce que la Chine, deuxième puissance du monde, revendique sa propre sortie du sous-développement et son projet dans cette perspective de paix et de développement. Elle le fait en affirmant sa filiation avec la révolution d’Octobre autant que la capacité d’un parti communiste chargé de mener à bien cette stratégie nationale et de « sauver la Chine ». Le parti communiste chinois propose une nouvelle mondialisation, dans laquelle chaque réflexion nationale, des partis communistes, des forces progressistes a toute sa place. C’est même la seule attitude optimiste face à la révolution scientifique et technique et la mondialisation. En liaison avec ce phénomène et celui d’autres pays comme Cuba et le Viet Nam, partout on assiste à la résurrection des partis communistes. Cette résurrection prend l’allure d’une multiplication de laboratoires d’expérimentation et de réflexion en liaison avec une intervention renouvelée. La question des partis communistes en Europe devrait en particulier nous préoccuper. Avant de penser à une nouvelle union de la gauche dans le cadre du PGE avec des listes regroupant n’importe qui, il faut aller à la rencontre de ces expérimentations.

 

La plupart de ces réflexions tendent à subordonner la pratique électorale à une activité militante auprès des victimes du capital, le constat étant le même partout, le désaveu de ces élections, la montée de l’abstention et la nécessité d’une activité auprès des masses. La plupart des mouvements qui comme la France Insoumise, Podemos ou Syriza, se sont constitués durant la dernière période, s’avérent d’abord des appareils électoraux et connaissent une stagnation après une brève flambée et une incapacité à présenter une véritable alternative. Quand il ne s’agit pas d’une véritable trahison comme celle de Tsipras en Grèce.

 

Il ne s’agit pas de s’opposer, d’accentuer les divisions, mais au contraire de s’interroger sur les conditions d’une nouvelle unité, avec le rôle spécifique du parti communiste qui constitue un point d’ancrage sans lequel la dérive populiste ou vers la droite est prévisible.

 

Il faut bien réfléchir dans ces conditions à ce que nous voulons de ce congrès. La mauvaise méthode serait, mais il s’agit là encore de propositions, de ne pas mesurer l’unité réelle du parti sur, non seulement la conservation du nom, mais encore celle d’un parti révolutionnaire, la nécessité d’une stratégie correspondant à cette vocation et la volonté d’assumer toute notre histoire de PCF, mais aussi du mouvement communiste international. La majorité du PCF est d’accord sur ce questionnement et sur ces choix, il est absurde de se constituer en minorité et donc je propose que nous participions partout aux débats du congrès sans esprit minoritaire, mais en l’enrichissant de nos propositions pour aboutir à une base commune.

 

Un autre écueil à éviter est celui de sous-estimer notre potentiel, c’est le principal reproche fait ici à nos directions. Donc ce reproche n’a de sens que si nous sommes tous capables d’agir ensemble pour « sauver ce parti » et d’envisager le congrès non comme l’occasion de divisions mais de réapprendre à agir et mobiliser. C’est pourquoi je suis d’accord avec l’idée de préparer un congrès dans l’action et un travail sur le terrain. Enfin il s’agit d’éviter les leurres, comme au dernier congrès où nous nous sommes perdus dans les primaires à gauche, les caprices de Mélenchon et ceux des refondateurs. Il n’est pas question pour le secrétariat d’anticiper sur le congrès en proposant un contenu des listes européennes, soit une alliance de gauche avec Mélenchon ou Hamon, soit en mélangeant les nations dans le PGE. C’est au congrès d’en décider après un débat sur le fond et la stratégie. La situation est trop grave pour que nous acceptions un dévoiement de notre démocratie.

 

Cela supposerait des conditions démocratiques renouvelées, en particulier par rapport à l’Humanité, mais nous sommes dans une phase de transition : soit le parti communiste disparaît, soit il reste le parti communiste agissant pour une autre société de justice et de paix, affrontant le capital partout, et cela dépend de la capacité de tous ses militants à s’impliquer dans ses orientations. Il est temps puisqu’il reste une année pour chacun de reprendre sa place au sein de ce parti.

 

Danielle Bleitrach

 

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Vos commentaires

 

  • #Le 19 décembre à 08:46par Francis Velain

    En réponse à : Congrès du PCF : jouer le jeu et ensemble recréer le parti communiste dont nous avons besoin, stratégie et organisation

     

    Bonjour Danièle,

     

    Je partage largement l’esprit de ta contribution quant à une origine propre aux communistes français dans la situation actuelle du PCF et du besoin de jouer le jeu du congrès.

     

    Je crois notamment qu’un 1er repère historique est celui où le parti décida de rejouer le front populaire à travers le programme commun, juste avant 1968. Il me semble que la stratégie fut immédiatement en décalage avec des réalités qui n’allaient que se conforter : le monde du travail (et la société) allait être transformé en profondeur. Il cesserait d’être celui de 1936 et même celui du CNR et des années 50.

     

    Ce n’est pas ici la dimension rassemblement du programme commun qui est en cause. Mais à la fois en partie son contenu et plus encore le fait que nous n’aurions pas les conditions concrètes de l’imposer si le Parti ne prenait pas en compte les nouvelles forces productives en émergence .... Mais nous n’étions pas en situation de penser ce qu’allait devoir devenir le prolétariat (dans ses formes pas son essence) au regard de ces nouvelles forces productives. Et dans le même temps, nous avions quelques ressources pour y parvenir avec un vrai effort de pensée initié très tôt par la RST dès 1939 par John Daniel Bernal . A l’Est la problématique fut la même. L’écrasement du printemps de Prague vaut comme date repère d’un virage "définitivement " manqué par le socialisme réel et tout autant de la pensée communiste en France et ailleurs... Les années 1980-1990 ont sanctionné cela.

     

    Un autre point à examiner est l’articulation activités communistes nationales et internationales. Les années 20 à 40, sont utiles à revisiter.


    Un Lénine pensa la révolution bolchévique pour la Russie tsariste et l’internationalisme nécessaire à partir des réactions des exploiteurs à l’occasion de 1789 et de la Commune. Le mouvement ouvrier allemand des années 20 échoua dans ses révolutions parce qu’il ne pensa pas suffisamment une Allemagne Bismarckienne défaite mais déjà dotée d’une classe capitaliste et de forces productives développées . Gramsci pensa la défaite de 1926 du PCI à partir de la situation italienne.

     

    En France, il ne fut pas question de refaire Commune mais d’investir dans une organisation "ouvrière" se faisant "communiste" parce que nous avions l’expérience de 1830,1848, la Commune. Ce ne fut pas pour rien dans la suite...


    Les révolutions qui marchent sont celles qui s’ancrent sur le terreau des peuples et les réalités nationale de développement y compris la démographie , la géographie, l’expérience historique... .

     

    En ce sens nul modèle mais des exemples dont certains aspects sont à généraliser en théorie : communes, soviéts, conseils d’atelier, savoir faire face à la violence capitaliste, sont à concevoir comme des déclinaisons de besoins génériques. 


    Il faudrait aussi repenser à généraliser la notion de "petite bourgeoise réactionnaire" dans la recomposition actuelle du capital et aussi dans les pays qui se développent à partir d’autres logiques.

     

    Fondamentalement, l’internationalisme doit être un lieu de réflexion sur les dynamiques des forces productives. Elles reposent sur l’avancée des connaissances. Tous les pays les "partagent" au moins en puissance...

     

    Reprendre le fil du mode de production, et des dynamiques des forces productive, sortir du verbiage qui veulent interdire la réflexion sur la révolution du numérique, de l’intelligente artificielle, de la mise en réseau, des données me semble être un chantier à ouvrir à l’international et dans le PCF.

     

    Fraternellement


  • #Le 19 décembre à 14:57par danielle Bleitrach

    En réponse à : Congrès du PCF : jouer le jeu et ensemble recréer le parti communiste dont nous avons besoin, stratégie et organisation

     

    je te remercie d’avoir lu et compris le sens de mes propositions, même si je crois que l’on n’agit pas sur une révolution nécessairement en sociologue (c’est un peu le problème de Gramsci), mais en percevant l’actualité de la Révolution comme le firent Lénine et d’autres... C’est pourquoi je dis que Résister est aussi une question d’attitude, l’intelligence de la situation vient de ce choix... 


    Mais l’essentiel est que tu ais compris que je propose de refuser division et marginalisation qui ne servent que ceux qui ont choisi d’en finir avec le parti. Ce n’est pas facile, mais puisqu’il y a du temps utilisons-le pour que la majorité s’exprime et tente, elle seule peut le faire de sauver le parti. De toute façon cela risque d’être un Congrès de transition.


    Cordialement

     

Inégalités : comment en sortir ? Perspectives

 

par  Christian Harquel

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A partir d’une analyse récente de l’évolution de la répartition des richesses dans le monde notre camarde C. Harquel donne un point de vue de militant. Régulation d’un capitalisme hyperviolent ou destitution de la classe possédante ? la question mérite d’être posée à partir d’une observation de l’accumulation.


Une centaine d’économistes a planché sur l’état des inégalités mondiales. Présenté jeudi, leur rapport est sans surprise : les inégalités mondiales ont explosé ces quarante dernières années.

 

La palme des régions les plus inégalitaires revient au Moyen-Orient : les 10% les plus fortunés accaparent 61% des richesses. Suivent l’Inde et le Brésil (55%), l’Afrique subsaharienne (54%), Etats-Unis-Canada (47%), Russie (46%), Chine (41%), Europe (37%).

 

Partout les écarts se sont fortement creusés entre 1980 et 2016 alors que la richesse mondiale a considérablement augmenté durant cette période. De 21 à 46% pour les Russes les plus aisés, de 27 à 41% pour les Chinois, de 34% à 47% pour les Américains, de 33% à 37% pour l’Europe.

 

Les économistes ont ciblé trois raisons essentielles à ce creusement des inégalités.

 

La première est la vague de privatisations. En Russie et en Chine le patrimoine privé a triplé ou quadruplé de puis 1970 alors que le patrimoine public a diminué partout jusqu’à rester tout juste positif en France ou en Allemagne et carrément négatif dans les pays anglo-saxons.

 

La deuxième est la chute de la fiscalité pour les plus riches. Partout la progressivité de l’impôt a été fortement réduite alors que l’impôt des classes moyennes augmente. Quant à l’évasion fiscale… elle a partout explosé jusqu’à représenter aujourd’hui 10% du PIB mondial.

 

La troisième raison est la baisse des dépenses publiques pour les plus pauvres notamment en matière d’éducation.

 

Reste que les inégalités pourraient encore s’aggraver. Les auteurs du rapport anticipent une nouvelle hausse d’ici 2050.

 

On peut tirer de ce rapport un réquisitoire accablant contre les politiques dites néolibérales, de soutien à l’accumulation capitaliste, appliquées ces quarante dernières années et poursuivies avec zèle par notre nouveau président de la République.

 

La poursuite de cette situation pourrait avoir des conséquences catastrophiques : « Si l’aggravation des inégalités n’est pas correctement prise en compte, elle pourrait conduire à toutes sortes de catastrophes politiques, économiques et sociales » avertit Thomas Piketty.

 

Pour les auteurs, si la réduction des inégalités passe par la généralisation de l’impôt progressif celle-ci ne pourra se faire qu’à condition de lutter contre l’évasion fiscale.

 

On peut toujours rêver d‘un capitalisme vertueux. La réalité est toute autre.

 

Le capitalisme aujourd’hui a absorbé toutes les sphères de la société, partout dans le monde.

 

On parle d’hypercapitalisme. Les classes dirigeantes ont tous les pouvoirs. Elles ont placé leurs hommes à la tête des États les plus riches. Le système est lancé dans une course à l’accumulation que rien ne semble pouvoir arrêter. Oui, il nous mène tout droit aux pires catastrophes.

 

L’urgence n’est donc pas à la régulation d’un système devenu fou, elle est dans la destitution d’une classe dirigeante devenue irresponsable et parasitaire.

 

L’urgence démocratique est aujourd’hui dans la maîtrise publique des moyens de production, des richesses produites et du travail qui les crée.

 

C’est à ce niveau qu’il faut situer l’enjeu des luttes que ce soit pour les salaires, pour l’emploi, pour les conditions de travail et de vie. C’est à ce niveau que doit se situer la bataille politique.

 

Christian Harquel, section de l’Ouest Biterrois

 

Nécrophages et luttes de classe

 

par  Francis Arzalier

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Les grands prêtres des médias de France nous ont accoutumés à une permanente distorsion des faits dont ils sont supposés informer le public. Depuis longtemps, ils occultent les réalités non conformes à leurs vues, répandent leur petites haines sur d’autres, au service de la leçon ultra-libérale qu’ils sont payés pour nous asséner.
 

En 2017, ils ont fait encore plus fort, fabriquant de toutes pièces un candidat Macron, éliminant ses concurrents possibles qui n’avaient plus le soutien du CAC 40, favorisant ceux de l’opposition qu’ils jugeaient sans danger, et incitant les foules à mépriser le libre jeu électoral...

 

Le résultat de ce travail rétribué est le régime politique actuel de la France : un monarque "Jupiterien" qui décide de tout sur les débris de partis pulvérisés grâce à une Assemblée de "godillots" amoureux de leur "Guide", qui régit l’opinion par la "communication" journalière grâce à des télévisions dont le niveau de propagande et de servilité à l’égard du pouvoir fut rarement atteint : les bulletins "d’information" des chaînes publiques et privées, continues et de divertissement, se réduisent de plus en plus au descriptif de la journée du Président et son épouse, qu’ils soient à Paris, en province ou à l’étranger, comme en Tunisie au temps du défunt Ben Ali. Une façon de gouverner, même sans le soutien des citoyens, qu’on méprise autant qu’on les flatte.

 

C’est dans ce contexte historique spécifique à la France de 2017 qu’il faut replacer les obsèques de Johnny Haliday, qui a drainé des centaines de milliers de Français sur les Champs Élysées. Un événement mémorable, qui dépasse largement la personne du chanteur, et son succès durant un demi-siècle.

 

Johnny Haliday avait du talent, une voix splendide, et méritait l’hommage de ses admirateurs de tout âge, et cela depuis très longtemps : qui se souvient encore qu’en 1964 Elsa Triolet et Aragon le défendirent vigoureusement dans la presse communiste contre ceux qui vouaient aux gémonies ce jeune hurluberlu qui entraînait des gamins enthousiastes à casser des fauteuils et des guitares ?

 

Ceci dit, une aussi longue popularité exprime aussi les évolutions idéologiques profondes du peuple français et notamment de sa jeunesse.

 

Au début de sa carrière, dans les années 1960, Johnny incarna la "révolte" de ces jeunes du "baby-boom", qui supportaient mal l’autoritarisme "moral" rigide des générations antérieures. Une " révolte" très proche de celle qu’incarnait à la même époque Brigitte Bardot et ses appels à la liberté sexuelle. Curieusement, cela coïncida pour les jeunes gens de cette période, au rejet d’une certaine "culture" française, compassée et "intellectuelle", au profit de modes culturelles, et notamment musicales, venues des USA, le rock d’Elvis Presley et ses comparses.

 

Tout phénomène populaire, qu’il soit musical ou vestimentaire, à une dimension idéologique. Le rock de Johnny était non seulement inspiré de la culture états-unienne, mais de ces jeunes "révoltés sans cause", rejetant le moralisme parental, mais totalement apolitiques, qu’incarnait alors au cinéma l’acteur James Dean. Cela convenait bien à Johnny, qui, tout au long de sa carrière, a été fidèle à des candidats ou présidents de Droite, Giscard d’Estaing, puis Sarkozy.

 

Il était, sur ce point, différent d’autres artistes de son époque, Hugues Auffray qui révéla en France les chanteurs progressistes des USA comme Dylan, et tous ceux qui, dans des registres différents, se firent défenseurs de la langue française, Brassens, Brel, Ferrat, Ferré, et quelques autres. Même aussi populaires que Johnny, ils n’eurent droit à rien d’officiel lors de leur mort....

 

Les milliers de fans, motards bardés de cuir ou veuves éplorées, réunis à Paris le 9 décembre, sont tout à fait respectables. L’instrumentalisation politicienne de leur émotion par le pouvoir et les médias ne mérite que le mépris. Durant plusieurs jours, un imbécile défilé de louanges dithyrambiques, n’a pas hésité à falsifier la réalité comme s’il s’agissait d’une béatification religieuse.

 

Un seul exemple ? Notre rocker fut un bel exemple d’évadé fiscal, on n’aborda pas le sujet, alors que Depardieu fut diabolisé pour les mêmes raisons...ce cérémonial national à été organisé par le Président et son entourage, avec pour objectif essentiel la descente des Champs Élysées par une foule immense sous la houlette de Macron (alors même que venait d’y être interdit le Marché de Noël "pour raisons de sécurité".)

 

Mais cela va beaucoup plus loin que la promotion personnelle d’un Élu en mal de popularité. Le peuple rassemblé a rendu son hommage sous la houlette des trois Présidents réunis, Sarkozy, Hollande et Macron, en présence des chefs du gouvernement et des Assemblées. Et pour faire bonne mesure, en point d’orgue, eut lieu le prône de Macron dans l’église de la Madeleine, au mépris de cette laïcité de l’état que nos élites exigent à tout instant des Musulmans de France.

 

Il s’agissait bien de créer l’image d’une nation française unanime, dégoulinante d’affliction pour la star vaincue par le cancer, enfin débarrassée de cette fâcheuse lutte de classe empêcheuse de profiter en rond. Avec Hollande, nous fûmes un temps sommés d’être "tous Charlie" derrière Netanyaou et sa bande raciste, avec Macron, mis en demeure d’être "tous Johnny", dans la même confusion des bons sentiments.

 

Gala, Voici, Closer et quelques autre torchons "pipols", ont montré que la mort et la souffrance des "Idoles" pouvaient faire vendre et rapporter gros à ceux qui ne répugnent pas à s’en repaître. La quasi totalité des journalistes français de 2017, à leur image, est devenu nécrophage à l’occasion de la mort de Johnny, n’hésitant pas pour les besoins des causes "libérales" qu’ils défendent à manipuler le "bon peuple".

 

Comme le dit un jour Orwell, dans les médias actuels pour lesquels la liberté de presse se limite au droit pour les journalistes d’exprimer leurs opinions, il suffit aux Pouvoirs économiques et politiques de bien choisir ceux d’entre eux admis à parler au public. C’est fait en France...

 

Francis Arzalier, ANC (12/12/2017)

 

Source : site de l’ANC

 

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Net, implacable, sans bavure, de quoi s’oxygéner le cerveau

 

Publié le 16 Décembre 2017

Cela va faire rugir, gémir, hurler ?

Et alors !

Lisons bien.

Net, implacable, sans bavure, de quoi s’oxygéner le cerveau

Pour nettoyer les yeux, plus efficace que le collyre.

 

C'est de l'ami (et camarade) Francis Arzalier.

 

Vous pouvez faire circuler il ne vous demandera pas de droits d'auteur

 

Les grands prêtres des médias de France nous ont accoutumés à une permanente distorsion des faits dont ils sont supposés informer le public. Depuis longtemps, ils occultent les réalités non conformes à leurs vues, répandent leur petites haines sur d’autres, au service de la leçon ultra-libérale qu’ils sont payés pour nous asséner.

 

En 2017, ils ont fait encore plus fort, fabriquant de toutes pièces un candidat Macron, éliminant ses concurrents possibles qui n’avaient plus le soutien du CAC 40, favorisant ceux de l’opposition qu’ils jugeaient sans danger, et incitant les foules à mépriser le libre jeu électoral...

 

Le résultat de ce travail rétribué est le régime politique actuel de la France : un monarque " Jupiterien " qui décide de tout sur les débris de partis pulvérisés grâce à une Assemblée de "godillots" amoureux de leur " Guide ", qui régit l’opinion par la " communication " journalière grâce à des télévisions dont le niveau de propagande et de servilité à l’égard du pouvoir fut rarement atteint : les bulletins "d’information" des chaînes publiques et privées, continues et de divertissement, se réduisent de plus en plus au descriptif de la journée du Président et son épouse, qu’ils soient à Paris, en province ou à l’étranger, comme en Tunisie au temps du défunt Ben Ali. Une façon de gouverner, même sans le soutien des citoyens, qu’on méprise autant qu’on les flatte.

 

C’est dans ce contexte historique spécifique à la France de 2017 qu’il faut replacer les obsèques de Johnny Halliday, qui a drainé des centaines de milliers de Français sur les Champs Élysées. Un événement mémorable, qui dépasse largement la personne du chanteur, et son succès durant un demi-siècle.

 

Johnny Halliday avait du talent, une voix splendide, et méritait l’hommage de ses admirateurs de tout âge, et cela depuis très longtemps : qui se souvient encore qu’en 1964 Elsa Triolet et Aragon le défendirent vigoureusement dans la presse communiste contre ceux qui vouaient aux gémonies ce jeune hurluberlu qui entraînait des gamins enthousiastes à casser des fauteuils et des guitares ?

 

Ceci dit, une aussi longue popularité exprime aussi les évolutions idéologiques profondes du peuple français et notamment de sa jeunesse.

 

Au début de sa carrière, dans les années 1960, Johnny incarna la " révolte " de ces jeunes du "baby-boom ", qui supportaient mal l’autoritarisme "moral" rigide des générations antérieures. Une " révolte" très proche de celle qu’incarnait à la même époque Brigitte Bardot et ses appels à la liberté sexuelle. Curieusement, cela coïncida pour les jeunes gens de cette période, au rejet d’une certaine "culture" française, compassée et "intellectuelle", au profit de modes culturelles, et notamment musicales, venues des USA, le rock d’Elvis Presley et ses comparses.

 

Tout phénomène populaire, qu’il soit musical ou vestimentaire, à une dimension idéologique. Le rock de Johnny était non seulement inspiré de la culture états-unienne, mais de ces jeunes "révoltés sans cause", rejetant le moralisme parental, mais totalement apolitiques, qu’incarnait alors au cinéma l’acteur James Dean. Cela convenait bien à Johnny, qui, tout au long de sa carrière, a été fidèle à des candidats ou présidents de Droite, Giscard d’Estaing, puis Sarkozy.

 

Il était, sur ce point, différent d’autres artistes de son époque, Hugues Auffray qui révéla en France les chanteurs progressistes des USA comme Dylan, et tous ceux qui, dans des registres différents, se firent défenseurs de la langue française, Brassens, Brel, Ferrat, Ferré, et quelques autres. Même aussi populaires que Johnny, ils n’eurent droit à rien d’officiel lors de leur mort....

 

Les milliers de fans, motards bardés de cuir ou veuves éplorées, réunis à Paris le 9 décembre, sont tout à fait respectables. L’instrumentalisation politicienne de leur émotion par le pouvoir et les médias ne mérite que le mépris. Durant plusieurs jours, un imbécile défilé de louanges dithyrambiques, n’a pas hésité à falsifier la réalité comme s’il s’agissait d’une béatification religieuse.

 

Un seul exemple ? Notre rocker fut un bel exemple d’évadé fiscal, on n’aborda pas le sujet, alors que Depardieu fut diabolisé pour les mêmes raisons...ce cérémonial national à été organisé par le Président et son entourage, avec pour objectif essentiel la descente des Champs Élysées par une foule immense sous la houlette de Macron (alors même que venait d’y être interdit le Marché de Noël " pour raisons de sécurité".)

 

Mais cela va beaucoup plus loin que la promotion personnelle d’un Élu en mal de popularité. Le peuple rassemblé a rendu son hommage sous la houlette des trois Présidents réunis, Sarkozy, Hollande et Macron, en présence des chefs du gouvernement et des Assemblées. Et pour faire bonne mesure, en point d’orgue, eut lieu le prône de Macron dans l’église de la Madeleine, au mépris de cette laïcité de l’état que nos élites exigent à tout instant des Musulmans de France.

 

Il s’agissait bien de créer l’image d’une nation française unanime, dégoulinante d’affliction pour la star vaincue par le cancer, enfin débarrassée de cette fâcheuse lutte de classe empêcheuse de profiter en rond. Avec Hollande, nous fûmes un temps sommés d’être " tous Charlie " derrière Netanyaou et sa bande raciste, avec Macron, mis en demeure d’être "tous Johnny", dans la même confusion des bons sentiments.

 

Gala, Voici, Closer et quelques autre torchons " pipols", ont montré que la mort et la souffrance des "Idoles" pouvaient faire vendre et rapporter gros à ceux qui ne répugnent pas à s’en repaître. La quasi totalité des journalistes français de 2017, à leur image, est devenu nécrophage à l’occasion de la mort de Johnny, n’hésitant pas pour les besoins des causes "libérales" qu’ils défendent à manipuler le "bon peuple".

 

Comme le dit un jour Orwell, dans les médias actuels pour lesquels la liberté de presse se limite au droit pour les journalistes d’exprimer leurs opinions, il suffit aux Pouvoirs économiques et politiques de bien choisir ceux d’entre eux admis à parler au public. C’est fait en France...

 

Francis Arzalier, ANC (12/12/2017)

 

Rédigé par Canaille le Rouge

(Essai)

De la recherche des classes à la politique

 

par  Francis Velain

 

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La période est marquée par une nouvelle phase de dispute entre des partisans qui s’étiquettent de la lutte des classes et d’autres qui proposent certaines transformations de cette approche

 

En fait, la notion de classe proposée par Marx est attachée au mode de production, pas à la sociologie ; Et si les forces productives ne définissent en rien les classes, elles pèsent sur leurs rapports, par l’usage ou mésusage qui sont fait d’elles au titre du mode de production.

 

Définir les classes ? Trivial !

 

Le livre « Le capital » ne commence pas par la recherche des classes, mais par la question de la production des biens et services et la loi de leurs échanges. Et finalement, dans l’ensemble des 3 tomes, les classes sont à peine esquissées. Certains en font parfois reproche à Marx. Ils ne mesurent pas qu’aucun approfondissement n’est nécessaire à la compréhension du mode de production et des classes.

 

Le premier acteur humain qui apparait dans le livre 1 est le capitaliste. Il entend produire une marchandise pour faire profit, c’est-à-dire créer un bien ou un service possédant une valeur accrue par rapport au capital initial. Le second acteur, la force de travail, intervient au titre du hasard du contexte historique qui a fait d’elle une possible marchandise, ayant une valeur (d’achat pour que son propriétaire la reproduise) et une valeur d’usage (un temps de capacité de travail).

 

Le mode de production est dès lors défini. « La production elle-même est dominée par le capital et fondée sur le travail libre et la séparation du radicale du travailleur des moyens de production ». Et ce processus repose sur deux classes dont l’une possède le capital qui commande le travail, et l’autre est séparée radicalement des moyens de production.

 

Il n’est pas utile d’en savoir, d’en comprendre plus. Dès lors le surtravail, sa transformation en capital supplémentaire, l’exploitation jusqu’au processus historique du développement du capital peuvent-être saisis. Qu’importe de savoir ce que fait cette force de travail, qui elle est, comment elle vit de son salaire ! Marx traite du travail industriel parce que le travail le plus typique alors de ce mode de production est celui de l’industrie naissante.

 

Mais, ici et là, Marx cite l’enseignant, ceux qui encadrent ou pensent le travail, participent à la comptabilité comme des forces de travail, à comprendre en tant que telles, exploitées, au titre d’un immense travailleur collectif productif. Il les cite rapidement pour mettre en garde soit contre une conception étriquée, sociologique, du prolétariat, soit contre quelques risques de divisions de celui-ci. Mais fondamentalement, pour la compréhension du mode de production et l’identification des classes, ces aspects socio-professionnels ne sont pas nécessaires à prendre en compte. Le concept d’exploitation ne renvoie qu’à une chose : un rapport ! Soit de temps de travail, soit de valeurs dans une stricte équivalence... La nature des moyens de travail n’intervient finalement que dans l’évolution historique des contradictions systémiques, du point de vue de la finalité du mode de production et l’aiguisement du conflit de classes.

 

Les révolutions techniques ne changent jamais le périmètre des classes même si le travail change concrètement, donc avec lui les métiers, les qualifications, les conditions de travail... De même, le poids relatif des activités prises en charge par ce mode de production peut changer du fait du mouvement des forces productives et de l’évolution des besoins sociaux, mais ce qui fonde d’un côté le prolétariat et de l’autre le capital ne change en rien. Le capital a vocation et moyens d’éliminer tous les autres modes de production existants ou concurrents parce qu’il ne cesse de révolutionner les forces productives et de socialiser (au sens de faire travailler sur un même objet de travail) à une échelle considérables les efforts de travail des hommes en leur fournissant d’immenses moyens de production par ce qu’il concentre « naturellement » - au titre du fonctionnement du mode de production -, le capital, le travail mort qui peut saisir le vif.

 

Tant que dure le mode de production du capital, toutes les forces de travail ont en commun de se vendre pour seulement se reproduire et se revendre sans fin en tant que marchandise, c’est-à-dire offrir une valeur d’usage pour une certaine valeur d’échange. Cela suffit à définir la classe du « prolétariat ». Cela suffit à définir la classe du « prolétariat » et du « capital » (la bourgeoisie), en tout temps et toute époque du règne du mode de production capital. 

 

Le capitaliste se définit comme un producteur de capital en soi, et le capital comme une forme abstraite de propriété puisqu’elle transforme sans cesse son rôle et sa forme durant le cycle économique (Livre II du capital).

 

Le capitaliste ne reproduit pas seulement son capital initial et un revenu, mais aussi un capital supplémentaire. La classe capitaliste regroupe les propriétaires de capitaux qui se veulent productifs de capital. D’autres acteurs sociaux existent par ailleurs, mais ils ne comptent qu’à la marge pour ce qui concerne la production de la richesse sociale...

 

Pour prendre parti de classe, il faut simplement apprendre les rouages du mode production et s’approprier le mouvement des forces productives. « Il faut avant tout boire, manger, se loger, s’habiller et quelques autres choses encore. Le premier fait historique est donc la production des moyens permettant de satisfaire ces besoins ». « On doit par conséquent étudier et élaborer sans cesse l’histoire des hommes en liaison avec l’histoire de l’industrie et des échanges ». Il faut cesser de considérer que l’histoire et donc la politique commencent en classant les hommes.

L’identification des classes et de compréhension de la nature de la lutte des classes est ainsi la conclusion d’un effort de connaissance du mode de production ; pas le fruit d’un travail en-lui-même sur des groupes sociaux.

 

Que faire ?

 

Les classes de Marx sont plus abstraites que les réalités que partagent des individus concrets dans leur trajectoires réelles. Mais elles rendent bien mieux comptent du filet social qui enserrent chacun tandis que les réalités sociales des individus peuvent leur masquer la réalité de ce filet jusqu’à un certain point.

 

Pour prendre une image, tous les hommes d’une même classe sont déterminés comme les particules le sont par les lois de la mécaniques quantiques ! Chacun peut avoir sa trajectoire. Certains peuvent même en avoir de très improbables. Mais il est probable qu’elles suivent, dans leur masse, plutôt certaines d’entre elles plutôt que d’autres. Au final, au niveau de la classe, l’analyse scientifique offre de quoi prédire suffisamment précisément la voie qui caractérisera la vie de la masse de ceux appartenant au Prolétariat ou au capital. Elle dit des trajectoires de vie, pas des consciences...

 

Les comportements, lieu et mode de vie identifiants des groupes sociaux ne disent pas de leur conscience de classes !

La conscience de classe s’exprime, s’évalue à travers la nature des exigences qu’un individu ou un groupe, expriment, au regard de ses intérêts de classe et dont il n’a pas forcément très conscience.

 

Se revendiquer des communs ne dit rien du rapport au capitalisme ou au communisme. Il dit de la conscience du besoin de gérer les ressources afin que chacun puisse assurer durablement la production de ses conditions d’existence. Une telle prise de position ne dit pas la nature capitaliste ou communiste de l’usage de ces ressources. Les alpages suisses sont souvent communs, pas le bétail y paissant. Idem dans les traditionnelles gestions de l’eau dans les zones arides d’agriculture... Et cela vaut pour les communs scientifiques technologiques, à commencer par l’algorithme de la division euclidienne, les liens hypertextes...

 

La conscience de classe se reconstruit, ou se déconstruit sans cesse, car sans cesse la société et le travail évoluant et les générations se succédant n’ont donc pas les mêmes trajectoires de vie et de travail. Chaque individu vivra sa vie avant de vivre la vie de sa classe, mais faire politique devra se faire à partir de ce que vivra dans sa masse la classe pour laquelle on prend parti.

 

Par essence, un des premiers objectifs d’un parti communiste est de se faire parti de masses parmi le prolétariat. Non pas souci de se prolétariser mais pour traiter, dans un même mouvement, le plus finement possible, les besoins immédiats et le devenir de cette classe.


Rien à voir avec une quelconque volonté d’instrumentaliser des bras et des jambes, voire des cerveaux. Le numérique et son intelligence artificielle ne permettra pas de court-circuiter cette exigence. 


Il s’agit d’être présent en masse pour que chaque génération de prolétaires puisse découvrir ses intérêts de classe au cours de sa trajectoire de vie, donc lire Marx dans le texte autant que possible, en tout cas d’avoir l’occasion de débattre du mode de production et de ses deux classes et d’avoir la vision du mouvement des forces productives.

 

La prise de parti pour le prolétariat a besoin de transmettre sans fin son expérience politique, non pour se fossiliser mais pour que le terreau ne se dessèche pas et qu’il enrichisse les trajectoires de vie des générations successives de communistes. Changer ou pas de nom n’est jamais anodin au regard de ce besoin. Ce n’est jamais affaire de nostalgie.

 

Pour le reste, la prise de parti pour les exploités par la classe du capital, est question de conscience. Engels fut un capitaliste de naissance et toute sa vie. Marx naquit grand bourgeois et fut un homme d’une immense culture académique. Ils furent de grands communistes et ils n’ont guère nuit au mouvement « ouvrier ». Au contraire, la discrimination entre réformisme, proudhonisme, communisme primitif et avancé et la perception de l’enjeu d’une autonomie idéologique et organisationnelle furent mieux perçus grâce à eux.

 

De l’éternel retour du débat sur les « classes »

 

Le mouvement « ouvrier », n’a jamais réussi totalement à s’abstraire d’un besoin de donner quelques couleurs sociologiques à sa lutte des classes. 


A sa décharge, les besoins sociaux ont toujours quelques aspects subjectifs. La division sociale du travail et même les expériences de luttes n’en finissent pas de structurer et déstructurer des identités diverses, sources de richesses et de divisions. Certaines figures ont tendance à devenir des étendards toujours plus faciles à porter que le travail de masse et de formation politique.


Tout comme le raccourci des slogans peut sembler plus convaincant que le débat quotidien et argumenté.


Ainsi, le « mouvement » ouvrier confond depuis trop longtemps, encore aujourd’hui, prolétariat, classe ouvrière et ouvriers, classes (catégories) populaires et ouvriers etc. Et dans le travail concret, capitalistes et cadres, exploiteurs et manageurs... Et finalement, la compréhension du concept de classes peut se déliter au fil des transformations du travail si le prolétaire, en permanence, ne se ressource plus à l’analyse du mode de production et n’étudie plus le mouvement des forces productives. Alors toute les dérives sociales-démocrates ou sectaires sont possibles.

 

Ensuite, le monde intellectuel est plutôt enclin à lui expliquer l’homme, avec un grand H et ses valeurs, en décrivant l’homme avec un petit h, aux comportements les plus divers.... Les élites de droite et de gauche organisent de fait, plus ou moins en concurrence idéologique, des classements, des catégories qui rajoutent à la cacophonie : classes moyennes, supérieures, travailleurs intellectuels et manuels, nationaux et immigrés.

 

Désormais les classes ou catégories proposées reposent souvent sur une opposition binaire : Outsiders/Insiders ! (Dominés et dominants, productivistes et écologistes, partisans des communs et de l’accaparation, de la modernité et du passé, 1% et 99%). Sans doute pour faire plus classe que nature !

 

Actuellement, le petit producteur indépendant, l’ambitieux libertaire, le petit affairiste de l’économie libérée du numérique ou l’écolo-bio des grandes métropoles peuvent ainsi aux yeux de certains faire classe commune, au moins cause commune, avec la classe des exclus, des catégories populaires contre les 1%. Le petit actionnaire est ainsi parfois fait solidaire du salarié actionnaire. Certaines parlent « d’alliance de classe de familles prédatrices » contre les peuples auxquelles il faudrait opposer « un communisme qui recréé de ‘’l’en-commun ‘’ » : les concepts mous permettent sans fin de gloser quand les concepts scientifiques font gagner du temps et en lucidité !


Dans tout cela, tout le monde, ou personne, peut-être le chef d’orchestre ! Au profit de quelques ambitieux ou de tyran à la grecque. Tout est « horizontal », donc démocratique...

 

Dans de telles visions du monde, les plus pauvres des prolétaires sont dits plus exploités que les prolétaires plus aisés ! Les PDG et autres cadres supérieurs du privé sont faits soit nouvelle oligarchie, soit potentiellement nouvelle classe révolutionnaire (Le débat initié autour du « cadrisme »).

 

Bien évidemment, les approches des inégalités, de la pauvreté, des discriminations, des dominations, des grands défis de société, sont légitimes, nécessaires et utiles pour comprendre la société des hommes, leurs comportements, leurs besoins, et fixer de concrets et immédiats objectifs politiques, sociaux, sociétaux à la lutte des classes. 


Mais ne considérer que cela, rétrécit cette lutte à un combat pour un meilleur partage des richesses, à plus de justice, d’égalité - à proprement considéré à plus d’équité - contre une aristocratie oligarchique, au nom parfois d’intérêts supérieurs d’une humanité désincarnée, mais toujours en dehors du mode de production existant.

 

Alors, bien que faite au nom d’une « certaine lutte des classes », la politique ne traite plus de la production des richesses sociales et du monde mais de leurs consommations. L’enjeu n’est pas le mode de production mais le partage de la capacité à consommer. Les multiples propositions de salaires à vie, jusqu’à celle de B. Friot, sont à classer dans cette catégorie ! Elles ne sont que des mises à jour des pratiques romaines « du pain et des jeux » pour le peuple de Rome grâce au tribut payé par les pays conquis ou du revenu des 1ère Poor Laws (1601) d’un Royaume Uni où les doux moutons mangeaient les hommes .

 

Ainsi considérée, la lutte des classes ne ferait finalement donc pas plus révolution que toute autre révolte ou révolution de palais ! Pourquoi faudrait-il alors lui donner l’importance qu’elle revendique au titre du XIXe et jusque dans les années 1980 ?!


Certains s’autorisent même, à peu de frais, à lui reprocher sans fin une étroitesse qu’elle n’a pas, une incapacité à rassembler autant que nécessaire alors, qu’au contraire, elle définit précisément les forces les plus décisives pour la production de la richesse sociale et leurs intérêts fondamentaux.

 

Redéfinir la lutte des classes à travers de nouvelles classes ou d’autres finalités est ainsi devenu peu à peu une possible démarche novatrice de reconstruction de la perspective révolutionnaire ! C’est surtout tourner le dos à l’analyse du mode de production qui définit les classes et la lutte des classes à lui consacrer.

 

Mais qui peut nier qu’il faut sortir de l’économie carbonée et fermer les paradis fiscaux, faire de la finance son ennemie, reconstruire une industrie etc ? Soit. 


Mais qu’est-ce qui permettra de remonter un jour jusqu’à la source d’où jaillit sans fin une masse de richesses qui s’accumule dans quelques mains, carbone, paradis fiscal, finance ou pas ? Car avant que cette manne existe, faut-il qu’elle soit produite quelque part, d’une quelconque manière...

 

Qu’est ce qui aidera à comprendre que le ruissèlement de la richesse des riches promis par Macron ne ruissèlera pas plus sur les derniers de cordée du XXI siècle pas plus que celui promis aux ouvriers par A. Smith en son temps.

 

Faire usage des classes de Marx

 

La volonté de rompre avec la lutte des classes au sens de Marx, entend faire oublier définitivement le besoin d’articuler des objectifs concrets, à portée immédiate sur la société, dans les difficultés et les formes qui sont les siennes dans l’instant, avec des réformes structurantes introduisant, autant que possible et nécessaire, des éléments communistes au niveau du mode de production.

 

En France, le mouvement « ouvrier » s’est réellement attaché totalement à cette articulation en 3 occasions seulement : La Commune, le Front populaire, et lors du CNR... Même en 1968, il n’y parvint pas et en 1981, la rupture du programme commun en avait précédemment court-circuité largement toute possibilité durable et véritable.

 

Commençons par reprendre véritablement maille avec le mode de production du capital ! Nous devrions y retrouver assez vite les classes tant perdues et tant recherchées.

 

Faisons l’analyse de la machine de la révolution numérique et de son intelligence artificielle. Nous mesurerons assez vite en quoi elle pèsera sur le rapport social et la société de par l’usage que voudra fatalement en faire le capital... Nous prendrons du même coup le prolétariat tel qu’il sera, comme Marx le fit en son temps quand la machine était de l’ordre du rouet et déjà de quelques réseaux intercontinentaux de communications électromagnétiques.

 

Nous redécouvrirons que le mode production définit une lutte des classes non à 2, mais à 3 , entre le capital, le prolétariat et ce qui reste des producteurs libres, indépendant et autres professions libérales ou protégées. Il conviendra aussi de prendre en compte le monde des arts, de la culture, des intellectuels aux intérêts singuliers. Mais en dernière analyse, seules deux classes ont l’avenir du mode de production dans leurs mains.

 

Cette mise au point traite du besoin de penser les classes et l’organisation révolutionnaire à partir du mode de production. Elle ne règle pas la question du rassemblement avec d’autres. Cette question est d’une autre nature et relève d’autres enjeux. Autrement dit, cette mise au point entend aussi que la grande cause du rassemblement cesse d’être instrumentalisée contre les classes de Marx et leur lutte des classes.

 

Dans le document joint, vous trouverez ce texte et quelques notes mentionnées non ici . La mise en page peut être légèrement différente

 

Documents joints

Lénine garde toujours la tête froide et éduque les masses

 

15 Décembre 2017

Kazan, Lénine étudiant garde la tête froide…

 

Je viens de bloquer un « bon » camarade. Avec ce ton « faux-cul » inimitable de certains d’entre les miens, il a placé un commentaire sur mon adresse à Apel Muller… Un numéro de cirage de pompe… Il commente ainsi: « L’Humanité donne de la place aux députés communistes et présente parfois de bons dossiers, c’est très bien de s’ouvrir aux non communistes même si certains en abusent parfois » et tout à l’avenant, se terminant par sa confiance dans le congrès « grâce auquel c’était sûr on allait avoir un vrai parti marxiste… »

 

Bref ce cireur de pompe patenté me donnait le mauvais rôle celui d’attaquer les vertueux Patrick le Hyarec et Apel Muller et refuser l’ouverture à des plumes non communistes. Avait complètement disparu l’essentiel du propos à savoir que ce journal non seulement pratiquait l’ouverture jusqu’à la béance, ne discutant visiblement pas avec les éditorialistes, mais surtout pratiquait en revanche une censure impitoyable avec des gens comme moi et bien d’autres. Si l’on peut effectivement se réjouir de voir des plumes non communistes, de quel droit censure-t-on systématiquement des communistes, leur interdit-on non seulement tout éditorial mais également le moindre compte-rendu de leurs livres? Qui a décidé que tel communiste un peu trop léniniste et pas assez social démocrate n’avait pas le droit à la parole? Avec l’accord de qui? Il a déjà l’assentiment de ce vertueux faux-cul…

 

 

Visiblement le camarade en question n’avait même pas perçu le problème… Alors j’ai décidé de l’aider par une pédagogie « active ». Je l’ai supprimé de ma liste « d’amis » et je l’ai « bloqué » pour lui faire percevoir au moins vaguement ce qu’était une censure injustifiée. Comme tous les communistes il doit être sensible à l’injuste a fortiori si elle le touche…

 

Sans rancune


Danielle Bleitrach

 

PS . Notre ami Pym (ne pas confondre avec PAM) Patrick qui enseigne à Kazan, nous envoie cette photo de la statue du jeune Lénine (qui a fait ses études à l’université de Kazan) pour vous adresser à tous un bonjour de Russie et l’assurance que le bolchevisme est toujours là… et il assorti sa photo d’une légende « Lénine garde toujours la tête froide »…

 

Récuser l’amalgame entre Hitler et Staline en récusant les accusateurs et leur dossier

 

15 Décembre 2017
Tout à fait d’accord avec Gilles Questiaux C’est d’ailleurs ce que j’ai essayé de remettre en question en partant de l’opinion des principaux intéressés, les peuples de l’ex-Union soviétique dans : « 1917-2017, Staline tyran sanguinaire ou héros national? Delga 2017) 

 

(note de danielle Bleitrach)

15 Décembre 2017 , Rédigé par Réveil Communiste

Publié dans #Front historique#Russie#Ukraine#GQ#Impérialisme

Lorsque l’on refuse l’amalgame Hitler Staline on se voit parfois traité de « révisionniste » ou de « négationniste » des soi-disant « crimes de Staline ».

 

Sur ce point il faut d’abord affirmer clairement et nettement que les accusations proférées contre Staline, l’URSS, le socialisme réel et le mouvement communiste ne sont pas historiquement valides : quelques soient leurs redondances scolaires et médiatiques, il s’agit d’accusations polémiques et de témoignages littéraires avancés sans preuves et qui dans la plupart des cas n’ont pas été corroborés par une recherche indépendante, ni par le recours direct aux archives depuis la chute du socialisme est-européen.

 

Le cas de l’historiographie occidentale sur l’URSS est lourd de partialité et de mensonges : truffée de chercheurs ad hoc qui ont fait leurs classes dans les services secrets, elle émane principalement de fondations et d’universités privées richement dotées par le grand capital américain et européen dans le but d’instruire un procès à charge, et qui ont petit à petit investi les lieux de pouvoir intellectuels, à commencer par de prestigieuses universités américaines.  Ses informateurs sont exclusivement des adversaires virulents du socialisme, ou des transfuges qu’ils contrôlent complètement. La méthode de ce type d’historiographie partisane est magnifiquement résumée par Hannah Arendt, pour qui l’absence de preuve des crimes staliniens est un crime de plus : elle prouve qu’elles ont été supprimées.

 

L’interprétation historique des expériences socialistes est en effet un axe stratégique du combat d’idées de la guerre froide, bien davantage encore que durant les deux guerres mondiales. Alors qu’il s’agissait auparavant simplement de conforter le moral des combattants en diabolisant l’adversaire et en donnant la confiance en la victoire, pendant la guerre froide la lutte de propagande est devenue essentielle, parce que l’enjeu de la guerre n’est ni plus moins que l’extension du système socialiste au monde entier, et parce que l’opinion publique est devenue le terrain même de la décision, considérant l’impossibilité d’arracher une décision militaire par la bataille finale à cause de l’arme nucléaire.

 

Un autre fond de la littérature pseudo historique dont le but est de calomnier le socialisme provient des luttes de faction internes au groupe dirigeant soviétique, et de la propagande et des plaidoyers en justification de Trotsky et de ses nombreux partisans de droite et de gauche avant guerre, puis des efforts de déstalinisateurs aux intentions suspectes après-guerre,  dont le chef-d’œuvre est le « rapport secret » cynique et affabulateur de Nikita Khrouchtchev (1955). Il fut aussi l’inspirateur et protecteur des intellectuels officiels puis dissidents qui ont été lancés par cette tendance dans la période dite fort inadéquatement du « dégel », dénomination dérobée au grand roman d’Ehrembourg.

 

La diabolisation de Staline est alors destinée à justifier un repli de la théorie soviétique vers un humanisme vague, qui légitimera à son tour la transition régressive au capitalisme, sous le camouflage de l’idéologie des droits de l’homme (version 1789 et non 1948). Ils n’ont pas déstalinisé parce que Staline aurait été inhumain, mais ils l’ont fait passer pour inhumain pour pouvoir « déstaliniser », c’est à dire interrompre définitivement un processus révolutionnaire déjà largement enrayé par les effets effroyables de la guerre de 1941-45 sur la société soviétique.

 

D’autre part il n’y a aucune équivalence même superficielle entre les répressions nazie-fasciste-colonialiste qui sont revendiquées par leurs auteurs comme une composante centrale de leur projet de société inégalitaire (même s’il peut leur être tactiquement utile de nier certains crimes au moment où ils sont commis) et la terreur révolutionnaire (qu’elle soit exercée par des communistes « staliniens » ou par d’autres) qui est une mesure nécessaire à la survie de la révolution prolétarienne mais regrettable et temporaire. En 1936, les anarchistes espagnols placés devant la nécessité du « eux ou nous » n’ont pas été plus modérés que les bolcheviks, loin de là.

 

On accuse Staline et à travers lui les communistes et les révolutionnaires de tous les temps de paranoïa, à contresens : les paranoïaques sont les nazis qui exterminent les juifs parce qu’ils croient simultanément qu’ils sont des sous-hommes, qu’ils dominent le monde, qu’ils propagent le communisme, et qu’ils gouvernent les États-Unis. Et non les staliniens qui pourchassent et qui répriment les groupes factieux parce qu’ils démoralisent les masses, qu’ils minent la cause du socialisme et la trahissent au moment du plus grand danger. L’histoire contre-révolutionnaire fait l’innocente mais elle ne peut pas faire passer l’année 1937, l’année « des grandes purges » comme elle dit, pour une année aussi ordinaire que, par exemple, l’année 1968 !

 

La plupart des victimes de la terreur révolutionnaire aurait été classée par un observateur objectif à l’extrême droite par ses idées et ses actions. A commencer par Soljenitsyne dont il suffit de lire les écrits pour le voir. Une des fonctions essentielle des camps d’internements soviétique après 1945, quand leurs effectifs se sont accrus a été de réprimer les collaborateurs de l’hitlérisme. Il a bien fallu mettre quelque part les assassins de base d’Auschwitz et de Baby Yar puisqu’il n’était pas question de les tuer tous.

 

Les témoignages littéraires trop nombreux qui suppléent le manque de sources historiques ne montrent que d’innocentes victimes de mesures arbitraires qui ne comprennent absolument pas la raison de ce qui leur arrive. C’est de bonne guerre. Il y eut de nombreux abus et erreurs, et environ 25% des condamnations politiques de 1937-1938 furent annulées ou allégées par les autorités soviétiques elles-même dès 1939, mais la majorité des condamnés à mort ou à la déportation était bel et bien composée d’opposants actifs dans une situation historique où il n’y avait pas d’espace pour l’opposition, et bon nombre aussi ont précisément été condamnés pour ces abus de pouvoir tyranniques ou pour dénonciation calomnieuses (y compris Yagoda et Yejov, les deux chefs successifs du Ministère de l’Intérieur – NKVD).

 

Quant aux propagandistes occidentaux à commencer par le pamphlétaire surestimé George Orwell, ils tentent de mettre en avant une gigantesque théorie du complot, selon laquelle le pouvoir soviétique aurait organisé lui-même la subversion à son encontre. En 1937 ! Comme s’il n’avait pas assez de problèmes à résoudre pour avoir à s’en inventer ! Il est caractéristique que les arguments utilisés par les accusateurs du socialisme seraient tournés en ridicule par les gens de bon sens s’ils étaient employés au bénéfice de n’importe quelle autre cause.

 

Le grand récit anticommuniste procède par invention pure et simple, dénaturation des faits, affirmations sans preuves, procès d’intention, exagération (notamment des bilans). On dirait un pur exercice de rhétorique pour apprentis avocats.

 

Il n’y a qu’à le comparer avec le récit implacablement documenté des crimes nazis pour voir la différence de style. Il s’explique fort bien : les accusateurs du nazisme, comme Primo Levi, n’ont pas d’agenda caché, ils ne lui reprochent ni plus ni moins que ce qu’il a fait, négligeant à tort ou à raison d’examiner les causes politiques de son action criminelle. Le dossier est établi scrupuleusement, après la défaite sans appel de ce mouvement, quand il ne représente plus aucun danger pour personne, mais au moment où les deux camps en présence qui se disputent l’hégémonie en Allemagne auraient tout intérêt à en ménager les survivants (et c’est d’ailleurs celui qui l’a fait qui a gagné la guerre froide); d’où la lenteur de la prise de conscience de leur gravité, en Occident, en dehors du champ des consciences politisées.

 

Les accusateurs du socialisme, de leur coté, ne lui reprochent en réalité qu’une seule chose : d’exister. Et donc de proposer une alternative, même insuffisante, au capitalisme. Les communistes « staliniens » (et eux seuls) représentaient un danger permanent pour la société de classes qui est la seule société humaine et civilisée aux yeux de ses bénéficiaires et des intellectuels qui sont rémunérés pour la défendre. On ne doit donc pas se laisser impressionner par leurs arguments, ni par leur ton hystérique. La nécessaire critique du socialisme ne peut pas reproduire les méthodes et arguments de ses ennemis ni prendre pour argent comptant les faits tels qu’ils sont établis par ses ennemis.

 

Nous ne sommes ni des « négationnistes », ni des « révisionnistes ». Pour cela il faudrait que nous ayons affaire à des hypothèses d’histoire scientifique, et non à une légende noire incohérente qui dénature complètement les faits.

 

GQ, 6 décembre 2016, relu 14 décembre 2017

Le Monde diplomatique  

           Novembre 2017

 

Trois droits à conquérir

En finir avec les luttes défensives

Les conquêtes sociales de ces deux derniers siècles présentent partout la même limitation : si, en principe, les peuples décident de leur destin politique, il n’est pas question de souveraineté populaire sur l’économie. Remédier à cette hémiplégie n’implique-t-il pas pour les progressistes un changement de perspective : non plus seulement s’opposer aux réformes, mais promouvoir un autre modèle ?

par Bernard Friot

 

Friot

Pio abad. — « Every Tool Is a Weapon If You Hold It Right, no. 36 » (Chaque outil est une arme si on le tient correctement, no 36), 2016

Crédit : www.pioabad.com

 

Depuis des décennies, les batailles menées par les forces de la réforme libérale ont essentiellement consisté à priver la classe ouvrière de ce qui fait son unité au-delà des professions, des origines sociales, du sexe, des cultures : le statut de producteur. Ce qui, fondamentalement, unit le chaudronnier et la vidéaste, l’ingénieur et l’ouvrier de chaîne, la boulangère et l’instituteur, c’est, à la question « qui produit les richesses ? », la faculté de répondre : « c’est nous ».

 

Contre ce noyau de la conscience de classe, la bourgeoisie conduit depuis les années 1970 une double offensive. Idéologique, d’abord : il s’agit de faire oublier comment, en 1946, le mouvement ouvrier imposa, avec le régime général de Sécurité sociale et le statut des électriciens-gaziers, les prémices d’un changement de mode de production. Car, à compter de cette date, les sommes colossales collectées par la cotisation sociale et gérées jusque dans les années 1960 par les travailleurs eux-mêmes (1) rémunérèrent comme du travail des activités auparavant tenues pour « improductives » : les services de santé, l’activité des retraités, le travail d’éducation des enfants à la maison, etc. Il suffit d’énumérer quelques-uns des accomplissements de ces années d’après-guerre pour comprendre à quel point il importe aux dirigeants d’en effacer la trace dans la conscience collective : le salaire à vie des fonctionnaires et des retraités, le financement de l’ensemble du système hospitalo-universitaire français sans prêt bancaire ni actionnaires dans les années 1960-1970 (le taux de cotisation augmenta), le statut non capitaliste de cet outil qu’est l’hôpital — ceux qui y travaillent en sont copropriétaires d’usage, même si ce statut reste à l’état d’ébauche.

 

La grande force du monde ouvrier fut alors de combattre non pas pour la répartition de la valeur, mais pour une autre production de la valeur. Ainsi Ambroise Croizat, le secrétaire de la fédération CGT (Confédération générale du travail) des métaux devenu en novembre 1945 ministre chargé de l’application des ordonnances sur la Sécurité sociale, érige-t-il dans la loi d’août 1946 l’éducation des enfants par leurs parents au rang de travail productif. Il calcule d’ailleurs le montant des allocations familiales comme un multiple du salaire horaire de l’ouvrier spécialisé de la métallurgie et indexe le premier sur la progression du second. Une mère de deux enfants est ainsi rémunérée deux cent vingt-cinq heures de salaire ouvrier par mois pour un travail déconnecté du « marché de l’emploi » et de la subordination patronale (mais pas de la domination masculine…) (2). Ce qu’institue le régime général, ce n’est pas l’affectation d’une partie de la valeur à des « improductifs utiles », c’est une production de valeur qui sort le travail du carcan du capital. Travailler sans employeur ni actionnaires, recevoir un salaire socialisé, jouir de la propriété d’usage des outils : une société communiste balbutie.

 

Qu’est-ce que le travail ?

 

La seconde offensive menée contre ce monde en devenir consiste à briser l’unité sociale et économique des producteurs. Il s’agit pour les gouvernants qui se succèdent depuis un demi-siècle de multiplier les mesures qui redéfinissent le travail autour des seules activités susceptibles de valoriser le capital. Le discours réformiste rabâche ainsi que l’assurance-maladie ne crée pas de valeur économique en produisant des soins : elle engendre des dépenses de santé. Ou que le salaire des soignants ne rétribue pas vraiment leur travail : il provient de la solidarité des autres travailleurs. Cette entreprise de désintégration du monde des producteurs a débuté en ciblant les « jeunes ». L’intention était d’en finir avec la progression du salaire d’embauche qui poussait à la hausse l’ensemble des rémunérations. Les mesures mises en œuvre pour décélérer puis diviser par deux le salaire à 25 ans entre la fin des années 1960 et la fin des années 1990 (3) ont conduit à la création d’une nouvelle catégorie des politiques de l’emploi. Il n’y avait pas de « jeunes » sur le marché du travail jusqu’à ce que Raymond Barre les invente en 1977 sous la figure victimisée des 16-18 ans en échec scolaire qui méritent la solidarité plutôt qu’un salaire normal. Auparavant, on était payé au salaire de la convention collective quel que soit son âge.

 

Avec les chômeurs, les mères élevant seules leurs enfants, les non ou faiblement diplômés, les habitants de territoires en conversion, etc., le même scénario se répète depuis quarante ans, qui vise à sortir une catégorie du statut commun de producteur : victimisation d’un groupe social, appel à la solidarité capitaliste, remplacement du salaire par un forfait fiscal. Cette grande découpe se poursuit malgré la protestation impuissante des organisations politiques, associatives ou syndicales ayant déplacé leur combat social vers la solidarité envers les victimes. Vaincre M. Emmanuel Macron et le monde qu’il incarne impose aux contestataires un changement radical de stratégie. Il importe d’abord de mener la lutte sur le bon terrain. Non pas celui des victimes, mais celui des producteurs que nous sommes toutes et tous ; non pas l’argent, mais le travail ; non pas la répartition des richesses, mais leur production.

 

Ce qui vaut, ce qui est considéré comme du travail dans l’espace infini des activités humaines, n’est rien d’autre qu’une convention décidée par les rapports sociaux. L’activité « conduire des enfants » à l’école n’a pas de valeur économique si les parents s’en chargent. Mais elle en acquiert une lorsqu’elle est confiée à une assistante maternelle. Il s’agit pourtant du même travail concret. Le discours capitaliste ne nie pas l’utilité des parents qui éduquent, des retraités qui s’activent et des soignants qui sauvent. Mais il identifie la production aux seules activités menées dans le cadre de la subordination à un employeur propriétaire de l’outil de travail, en vue de la mise en valeur d’un capital. N’importe quelle activité pourrait être validée socialement comme travail, mais cette validation fait l’objet d’une irréductible lutte de classes : ceux qui déterminent si telle ou telle activité constitue ou non un travail détiennent le pouvoir sur la production. Ils décident qui produit, ce qui est produit, où, comment et pour combien. La classe dirigeante ne tire sa puissance que de la maîtrise du travail. Conserver cette maîtrise l’obsède : sans elle, pas de profit.

 

Il s’agit donc pour vaincre cette classe de transformer le refus populaire désarmé qui s’exprime dans les mouvements sociaux en adhésion à une pratique de changement de la production, de la recherche, de l’entreprise et du travail. Et, pour cela, de s’appuyer sur les puissantes institutions imposées après-guerre par le monde ouvrier. Malgré l’ardeur des réformateurs libéraux, la socialisation salariale de la valeur monte tendanciellement en puissance : rapporté au salaire brut, le taux de cotisations et d’impôts affectés à la Sécurité sociale a plus que doublé depuis 1945 ; les prestations sociales, qui représentaient 15 % du produit intérieur brut en 1959, sont passées à 32 %. Quant au salaire à vie, il concerne aujourd’hui un tiers des plus de 18 ans (fonctionnaires, personnels à statut, salariés de certaines branches, la moitié des retraités), contre à peine 500 000 personnes en 1946 et quelques retraités. Une des principales limites de ce « déjà-là » tient à ce qu’il se limite à la production non marchande : même après-guerre, le capital a su conserver son hégémonie sur le domaine marchand. Faire sauter ce verrou est prioritaire.

 

Classe naguère révolutionnaire, la bourgeoisie avait unifié à la fin du XVIIIe siècle le statut juridique des personnes, jusqu’alors divisées à leur naissance : les humains « naissent et demeurent libres et égaux en droits ». Crispée sur ses privilèges, elle s’avère désormais incapable d’organiser la production de valeur sur des bases anthropologiques, territoriales et écologiques acceptables. Dès lors, la tâche du salariat consiste à unifier le statut économique des personnes en proclamant leur liberté et leur égalité en droits dans le champ de la valeur.

 

Comment ? En attribuant trois nouveaux droits à tout individu le jour de sa majorité : un salaire à vie, qui entérine pour chacun le statut de producteur de valeur ; la propriété d’usage des outils de travail qu’il aura à utiliser ; la participation aux instances de coordination de l’activité économique. À ces droits correspondrait l’instauration de deux cotisations prélevées sur la valeur ajoutée et versées, sur le modèle de la Sécurité sociale, à des caisses spécifiques : caisse de salaire et caisse d’investissement (4).

 

Organisé autour d’une qualification associée à chaque individu et appelée à évoluer au cours de la carrière en fonction de l’ancienneté et d’épreuves de qualification, le salaire à vie ne serait plus versé par l’employeur mais par les caisses de salaire ; il ne dépendrait plus de l’emploi et deviendrait un attribut personnel. Il en irait de même pour la propriété d’usage : les salariés dirigeraient effectivement la production sur leur lieu de travail : composition du collectif, définition des investissements, du produit, des intrants, des marchés, des relations avec les partenaires, de la place dans la division internationale du travail. Mais l’exercice effectif de la propriété d’usage ne peut se limiter à l’outil de travail dont on use. Il doit s’étendre aux décisions concernant les grandes orientations économiques à travers la participation des salariés aux délibérations des caisses d’investissement. Celles-ci remplaceraient les actionnaires pour décider des investissements, décideraient de l’affectation des cotisations économiques et créeraient de la monnaie à la place des banques tant pour le financement de nouveaux projets que pour celui des dépenses de fonctionnement des services publics d’accès gratuit (5).

Ces trois droits fonderaient la souveraineté populaire sur l’économie et donneraient au statut de producteur la force politique que possède le statut de propriétaire dans l’article qui clôt la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 : « La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé. »Tous titulaires de notre salaire et de notre outil de travail : cette conquête devrait constituer le cœur de l’action des opposants au Mouvement des entreprises de France (Medef) et aux ordonnances de M. Macron.

 

Mener une telle bataille implique un travail de conviction en direction non pas seulement des salariés mais également des paysans, des indépendants et des petits patrons. Il faut montrer en quoi ces catégories ont intérêt à étendre la souveraineté populaire au domaine de l’économie marchande.

 

De même que l’intervention des travailleurs dans leur entreprise suppose qu’ils ne redoutent pas de perdre leur salaire, l’émancipation du travail des indépendants suppose que leur revenu ne dépende pas des aléas économiques sur lesquels ils n’ont aucune prise. Il devrait s’avérer également possible de convaincre les petits paysans que les 10 milliards d’euros de prétendues aides à l’agriculture doivent être affectés à la personne et non pas à l’hectare ou au produit : ce changement assurerait 20 000 euros de salaire annuel à chacun des 500 000 exploitants, et constituerait le début d’une logique de salaire à vie. Sans doute sera-t-il difficile de persuader les patrons de petites et moyennes entreprises de se faire hara-kiri en tant que propriétaires de leur société. Toutefois, leur adhésion idéologique au régime actuel se trouve percutée par leur expérience concrète de l’obligation qu’il leur fait de se maltraiter, ainsi que leurs salariés, pour payer la rente des prêteurs ou des propriétaires des lieux. Dans le nouveau régime, l’entreprise ne serait plus « la leur », au sens où elle ne serait plus leur patrimoine, mais ils seraient copropriétaires d’usage, au même titre que les autres salariés (qui ne seront plus « leurs » salariés), d’un outil de travail devenu patrimoine collectif.

 

Le projet et le chemin

 

Bien des questions demeurent, dont celle de l’exportation d’une telle organisation économique dans d’autres pays, ainsi que de sa compatibilité avec le libre-échange et les contraintes européennes. Mais une chose est certaine : tout atermoiement désarme un peu plus les producteurs. Comment, après quarante ans de batailles perdues parce que menées dans les termes imposés par l’adversaire, pouvons-nous continuer à réfléchir en deux temps déconnectés l’un de l’autre, celui du court terme où l’on aménage le capitalisme et celui du long terme où il aurait disparu ? Mais par quel miracle disparaîtrait-il ? Une addition de courts termes cohérents avec le régime actuel ne conduira qu’au statu quo. La classe des producteurs se construit au présent dans la conquête de la responsabilité économique. Il faut tenir l’exigence d’identité du projet et du chemin. Aucun lyrisme dans le projet, aucun prosaïsme dans le chemin : la révolution est une proposition parfaitement audible s’il s’agit d’honorer le combat de nos anciens.

 

Bernard Friot

Sociologue. Ce texte synthétise les idées exposées dans son dernier ouvrage, Vaincre Macron, La Dispute, Paris, 2017.

 

(1) Lire Bernard Friot et Christine Jakse, « Une autre histoire de la Sécurité sociale », Le Monde diplomatique, décembre 2015.

(2) Cf. à ce sujet notamment Louis Alvin, Salaire et sécurité sociale, Presses universitaires de France, Paris, 1947.

(3) Christian Baudelot et Roger Establet, Avoir 30 ans en 1968 et en 1998, Seuil, Paris, 2000.

(4) Lire « La cotisation, levier d’émancipation », Le Monde diplomatique, février 2012.

(5) Sur les caisses d’investissement, cf. Émanciper le travail, La Dispute, Paris, 2014, et la brochure « Caisses d’investissement et monnaie » de Réseau salariat.

Publié par El Diablo

LÉNINE contre Lénine

Que faire aujourd'hui de Matérialisme et Empiriocriticisme?

 

par Gilles Questiaux 

J'ai assisté hier 8 décembre [2016] à Jussieu avec beaucoup d'intérêt à la conférence organisée par le CUEM, de Lilian Truchon sur « Lénine philosophe » qui portait en grande partie sur Matérialisme et Empiriocriticisme, ouvrage de philosophie des sciences publié par le dirigeant bolchevique en 1909.

 

Le conférencier a abordé la question du matérialisme léniniste par la voie d'une lecture marxiste du darwinisme, sur laquelle je ne suis pas assez informé pour commenter précisément. Sauf sur le fait que Marx et Engels, tout en admettant l'évolution des espèces, considéraient la théorie de Darwin dans ses concepts de la "lutte pour la vie" et de la "survie du plus apte" comme un transfert idéologique des catégories de l'économie bourgeoise sur les sciences biologiques. Voir la lettre d'Engels à Lavrov, du 12 novembre 1875. Mais c'est un autre aspect de la question que je voudrais aborder.

 

Les textes de Lénine sont toujours clairs et en général brefs, à l'exception de celui là, assez long, ardu, parfois obscur et dont l'intention est complexe. On peut se demander pourquoi Lénine, extrêmement occupé à travailler en révolutionnaire professionnel jusqu'à la limites de ses forces a consacré tant de temps et d'énergie à écrire un livre de philosophie des sciences, juste après la révolution de 1905, dont l'audience était forcément limitée à des spécialistes, d'autant qu'il a dû se former complètement sur le sujet pour pouvoir le faire?

 

Apparemment, il s'agissait pour Lénine, à une époque de grande marche en avant des sciences physiques, de défendre le matérialisme philosophique contre une réaction idéaliste à la mode sur la scène culturelle européenne dans les premières années du XXème siècle. Pour lui, le matérialisme était de signification progressiste, l'idéalisme réactionnaire, et le retour de thèses idéalistes, spiritualistes ou criticistes représentait un risque pour ce que Gramsci appellerait plus tard l'hégémonie dans le champ de bataille de la culture. Il est certain que l'histoire de la philosophie, conçue comme une succession de grands génies étudiés indépendamment des conditions historiques de leur apparition (une douzaine de grands noms de Platon à Husserl) est complètement idéaliste. Sauf exception de détail, les philosophes sont de droite, et la sortie de la philosophie proclamée par Marx s'explique par le rôle idéologique de cette discipline, et en ce sens le matérialisme peut apparaître comme la voix minorée dans l'histoire de la culture, la voix des opprimés.

 

Lénine cherchait aussi à contrecarrer une tentative de révision idéaliste du marxisme, sous la conduite de Bogdanov, dirigeant bolchevik important, dans un contexte où les tentatives de révision de la théorie, même lorsqu'elles étaient animées des meilleures intentions du monde, aboutissaient rapidement à des renoncements politiques.

 

Mais pourquoi chercher à le nier? Lénine utilisait un détour philosophique pour asseoir son autorité politique sur le parti bolchevik, dont il était tenu éloigné par l'exil. Lénine était rusé et machiavélien, il n'était pas un enfant de cœur, et il pensait que la Révolution avait besoin de lui à sa tête. Les doutes philosophiques de Bogdanov peuvent égarer les militants et fragiliser politiquement le parti dans un milieu révolutionnaire cimenté par la conviction de la vérité immédiate du matérialisme.

 

Travailler aujourd'hui sur Matérialisme et Empiriocriticisme suppose aussi de tirer au clair la question de l'évolution philosophique ultérieure de Lénine, pour le dire à grands traits dans un sens plus dialectique, notamment après une relecture de Hegel en 1914. Et sur ce point, je ne suis pas d'accord avec l'idée implicite du conférencier selon laquelle sa pensée n'aurait jamais changé : Lénine a effectivement bougé de Diderot à Hegel, il est devenu plus dialecticien, sachant que le matérialisme dialectique est une notion elle-même dialectique qui subsume la contradiction et qui ne se laisse pas définir facilement.

 

Ce qui caractérise Lénine, c'est «de ne pas se trouver là où il est attendu » ; sa pensée stratégique lutte de manière permanente contre le « léninisme d'hier », c'est à dire contre l'usage dogmatique de ses propres idées dans le parti, et particulièrement intéressants à cet égard sont ses écrits de 1920 et 1921, quand il tente de toutes ses forces de modifier la ligne bolchevique dans le sens qui va conduire à la Nouvelle Politique Économique (NEP, 1921 à 1927), avec des accents parfois proches du désespoir devant l'incompréhension rencontrée dans la bureaucratie dogmatique et proliférante du jeune État soviétique qui se réclame de sa pensée et lui érige des statues mais qui ne comprend rien à la nécessité du changement de ligne.

 

Donc je pense qu'il faudrait éviter de prendre une attitude fermée dès qu'il s'agit de relever que Lénine n'a pas toujours dit la même chose toute sa vie, sur des questions importantes. Ce qui va avec l'enjeu de libérer la lecture de Lénine des tendances scolastiques, et du recours à l'argument d'autorité. Si on lit Lénine à la manière de Lucien Sève pour recueillir des citations à placer hors contexte pour justifier n'importe quel changement de ligne, autant ne pas le lire du tout.

 

Quel est le principal problème que nous pose aujourd'hui l'essai de philosophie des sciences intitulé « Matérialisme et Empiriocriticisme » ? On pourrait le formuler plus brutalement : à quoi peut nous servir ce livre aujourd'hui, bien que ce soit Lénine qui l'ait écrit ?

 

Or pour qu'il serve à la lutte intellectuelle, il faudrait d'abord réhabiliter cet ouvrage auprès des scientifiques qui ne l'ont jamais très bien accueilli. Par un fait malheureux de chronologie, il se trouve que Lénine l'a écrit au mauvais moment si on le contextualise par rapport à l'histoire des sciences. Il s'est mis au niveau de l'état des questions scientifiques vers 1908 (en physique et chimie) et il a pris à bras le corps la philosophie des sciences de son époque, pour creuser sa tranchée en défense du matérialisme. Mais la matière même de la révolution scientifique qu'il vient d'assimiler est en voie d'auto-dépassement rapide : on se trouve en plein milieu d'une des grandes crises de l'histoire des sciences, quelques années avant la fixation d'un nouveau paradigme classique qui s'est à peu près stabilisé vers 1930. Il a découlé de cette transformation spectaculaire des connaissances un récit de vulgarisation destiné au public cultivé (d'ailleurs incomplet et recelant des contradictions) basé sur les deux théories reines de la physique du XXème siècle : la théorie de la relativité d’Einstein et la mécanique quantique (MQ). Pour entrer dans le débat sur la signification de cette révolution scientifique Lénine écrit au moins vingt ans trop tôt.

 

Lénine en 1909 faisait œuvre de philosophe des sciences et non de vulgarisateur scientifique, mais les attaques contre le matérialisme qui vont se multiplier au XXème siècle ne partiront plus de la construction philosophique relativement sophistiquée à laquelle il s'attaque, qui est l'adaptation de l'idéalisme de Berkeley, théorisées par Ernst Mach, mais directement du récit sur le monde dérivé des représentations populaires de ces deux grandes théories qui heurtent le sens commun. Lénine vise trop haut, et si on estime que la défense du matérialisme philosophique est une priorité stratégique (ce qui se discute), il ne faut pas partir d'une ligne de défense qui était déjà en voie d'être tournée quand le livre est paru.

 

La mécanique quantique a été utilisée pour proclamer la fin du matérialisme, à mon avis bien abusivement ; mais elle a bel et bien eu une implication philosophique directe, en ce sens qu'elle a ruiné l'idée de la connaissance-reflet du réel que Lénine défendait en 1909, contre Ernst Mach. Elle a brisé le miroir en ce sens que les phénomènes calculables et prévus par les hypothèses prouvées de la MQ ne peuvent pas se représenter dans un plan logique cohérent, tel qu'on l'imagine par la métaphore du reflet. La MQ et ses applications technologiques ont prouvé le caractère dialectique de la réalité physique et l'impossibilité de la représenter par une image simple et d'un seul point de vue analogue au reflet dans le miroir. Ce qui est une caractéristique évidente des objets dialectiques dans la nature et/ou dans la pensée.

 

La tâche serait aujourd'hui de réécrire non le livre de Lénine qui tel quel a été dépassé par l'avancée rapide de la science mais le livre voulu par Lénine pour la lutte dans le champ idéologique. Tâche d'écrire une philosophie des sciences qui intègrerait la philosophie marxiste. Pour Gramsci, le marxisme est une philosophie, une conception du monde de plein droit, et elle doit s'affirmer comme telle pour atteindre l'hégémonie, et en fin de partie remplacer dans leur rôle pratique les religions et les idéologies bourgeoises.

 

Gramsci, dans ses Cahiers de Prison, s'attaque à une variante de matérialisme marxiste tel qu'il s'exprime dans le Manuel populaire écrit après la révolution russe par Boukharine, et largement diffusé à fin pédagogique en URSS. Pour le dirigeant communiste italien, le matérialisme bourgeois repris tel quel par ce dirigeant soviétique de premier plan est dogmatique, anti-dialectique, et stérile. Or Boukharine à tort ou à raison semble bien s'appuyer sur l'autorité de Lénine pour reprendre la discussion là où il l'a laissée en 1909, tout en simplifiant et en caricaturant le modèle.

 

Gramsci considère que le matérialisme des Lumières auquel Lénine renvoie à travers son inspiration puisée chez Diderot contribue à égarer le prolétariat vers une déviation économiste, qui conduit finalement au libéralisme en économie et en politique. Lénine dans un autre contexte remarquait que les révisionnistes du marxisme étaient des « économistes » qui ne comprenaient pas, ou ne voulaient pas comprendre, le rôle de la conscience et de la direction politique, et qui évoluaient également dans un sens réformiste et libéral.

 

Le matérialisme représente une forme de subversion dans la culture et manifeste la lutte des classes dans le domaine philosophique parce qu'il tend comme disait Auguste Compte, à "expliquer le supérieur par l'inférieur", ou comme disait Rabelais à expliquer le cerveau par l'estomac. La dialectique représente aussi la subversion, en ce qu'elle manifeste le passage dans le néant des concepts positifs de la superstructure : propriété, religion, droit, éthique, valeurs, etc. Mais une philosophie réellement révolutionnaire est matérialiste et dialectique à la fois et il n'est pas aisé de concilier logiquement ces deux points de vue philosophiques dans une unité immobile, une thèse philosophique figée enseignable au lycée, d'une manière dépourvue d'équivoque. Par contre lorsqu'ils sont enseignés séparément d'une manière éclectique, matérialisme et dialectique idéaliste deviennent les deux colonnes de l'idéologie bourgeoise contemporaine, incompatibles sur le plan logique mais complémentaires dans leur dialogue de sourd pour justifier l'ordre bourgeois dans la pensée.

 

Pour conclure, je dirais que dans le corpus passionnant de l'œuvre de Lénine il ne faut pas choisir de lire en priorité Matérialisme ou Empiriocriticisme parce que la querelle politique et la conjoncture scientifique qui ont rendu ce livre possible sont historiquement dépassés. Lénine a écrit de quoi remplir 46 volumes, et au volume 14 des OC qui comprend cet ouvrage, à mon avis on doit préférer les autres, les textes économiques et politiques antérieurs à la révolution de 1917, et surtout ceux qui à partir de l'année 1917 deviennent un véritable journal de bord de la révolution par ceux qui la dirigent.

 

Le temps est court, la connaissance est longue à acquérir, et la lecture prend déjà bien trop de temps sur l'action.

 

GQ

Le 9 décembre 2016, revu 4 décembre 2017

SOURCE : Réveil communiste

Petite étude d’économie comparée du socialisme et du capitalisme...

 

Oui, le socialisme est l’avenir du monde

 

par  pam
Histoire | pdf | 
 
La délégation de communistes Français qui s’est rendu à Moscou, à l’initiative de la section PCF de Vénissieux, pour le centième anniversaire de la révolution d’octobre a des prolongements surprenants !

 

Elle conduit souvent à un débat qui semblait clos, et quand le débat commence, le mur idéologique que l’occident a construit autour du socialisme soviétique tend à se fissurer.

 

J’avais pris soin d’expliquer comme élu les raisons de ma participation à la délégation à partir de quelques réussites soviétiques plus ou moins connues, mais en cherchant à répondre à des questions sur le niveau économique et social atteint par l’URSS, j’ai réalisé que j’avais une idée préconçue totalement erronée, que l’URSS n’aurait pas connue une croissance économique comme celle de la Chine, qui serait donc exceptionnelle.

 

Or l’URSS a bien connu ce qu’un Français pourrait appeler ces "40 glorieuses", une croissance très forte et durable... malgré la guerre. Cela m’a conduit à construire ces graphiques et à donner une image plus globale des "performances" économiques et sociales du socialisme soviétique...

 

Voici donc quelques indicateurs sur l’histoire comparée du socialisme et du capitalisme, à partir de données socio-économiques de la Russie/URSS, de la Chine, de la France et des USA... Et comme on le dit, les faits sont têtus...

 

Le premier graphique présente l’évolution comparée du PIB par habitant.

Evolution comparée des PIB par personne (source http://gapminder.org)
Notons d’abord au passage que si Chine, URSS et France voient leur PIB chuter pendant la deuxième guerre mondiale, ce n’est pas le cas des USA qui au contraire en profite avec un bon de 76% !
Mais le plus important est de constater que le bilan de l’URSS de la fin de la guerre civile en 1922 jusqu’au début de la détente en 1963 est impressionnant. Loin d’un échec économique, le PIB connait une croissance annuelle de 5,5%, mieux que la croissance Française des trente glorieuses, 4,9%, autant que la Chine socialiste sur 60 ans. La chine obtient effectivement des résultats exceptionnels sur le dernier quart de siècle, plus de 10% en moyenne, période terminée puisque sa croissance est revenue à un chiffre déja impressionnant mais plus proche de sa progression de longue durée, autour de 6%.
Pendant ce temps, les USA, le pays roi de l’entreprise privée reine ne progresse que de 1,8% depuis la guerre, malgré l’avantage du dollar et de sa puissance militaire. Brutalement, la notion d’efficacité économique semble moins claire que dans les discours dominant sur la "performance" supposée du capitalisme...

En fait, si vous voulez un emploi, préférez le socialisme au capitalisme ! Et si vous voulez que votre salaire progresse aussi vite voire plus que la richesse de votre pays, il faut encore choisir le socialisme, surtout si vous êtes ouvrier ! Le salaire ouvrier chinois a été multiplié par trois de 2005 à 2016 et se rapproche du salaire ouvrier portugais ou grec... Avec ces tendances, dans 10 ans, il sera au niveau du salaire ouvrier US et se rapprochera du salaire ouvrier Français ! Ajoutons que la Chine généralise le CDI au moment où les pays occidentaux le précarisent...

Salaire annuel moyen d’un travailleur chinois (en$US)

Certains me diront que l’argent ne fait pas le bonheur et que si le socialisme a connu des périodes de succès économiques, c’est sans doute au détriment de la vie de ses citoyens. Alors regardons l’indicateur le plus représentatif des conditions de vie, l’espérance de vie. On sait que c’est la baisse de cet indicateur dans l’URSS des années 70 qui avait conduit Emmanuel Todd à pronostiquer la chute du socialisme soviétique.

Espérance de vie comparée (source http://gapminder.org)

Et bien, il n’y a pas photo non plus ! Si vous voulez augmenter l’espérance de vie de votre pays, il vaut mieux construire le socialisme que de rester dans le capitalisme. Malgré l’impact de la deuxième guerre mondiale et de ses 22 millions de morts soviétique, la terrible URSS stalinienne a fait progresser l’espérance de vie de tous les soviétiques plus rapidement qu’aucun autre pays, 10 mois de gagné chaque année jusqu’à atteindre en 1963 quasiment le niveau des USA et de la France [1]. C’est ensuite que les choses se sont dégradées, jusqu’à la restauration du capitalisme qui dans les années 90 leur a fait perdre 5 ans d’espérance de vie. Les russes mettront 25 ans à retrouver le niveau de l’URSS !

 

La Chine a fait progresser continument l’espérance de vie d’un peu plus de 6 mois par an et se rapproche en 2016 du niveau de la France et des USA, la France continuant a progresser de 3 mois par an jusqu’à 2015, première baisse compensée en 2016, et les USA progressant péniblement d’un peu plus de 2 mois par an, dépassés par la France depuis les années 80 et en stagnation à la baisse depuis 2012. Les Chinois de 2020 vivront plus vieux que les états-uniens !

 

La conclusion est claire. Le discours des 100 millions de morts du communisme, de l’échec dramatique du socialisme, n’est bien qu’une propagande idéologique au service des intérêts des oligarchies occidentales, et pour un ouvrier, un employé, un technicien, une infirmière, un paysan, le socialisme est le système qui apporte l’emploi pour tous, un salaire digne, l’éducation, la santé, et une longue retraite.

 

Oui, le socialisme est l’avenir du monde !

 

Voir en ligne : accès aux graphes animés de gapminder

 

Pour voir l’évolution ds pays su 2 siècles... allez sur gapminder, sélectionner les pays qui vous intéressent à droite, et cliquer sur le bouton "play" en bas à gauche...vous verrez l’évolution générale, l’impact des guerres, et les succès du socialisme !

 

[1] Notons que cette espérance de vie globale semble indiquer que s’ils étaient tous au goulag, ce que nous disent les médias occidentaux, alors ils devaient y vivre de plus en plus vieux ! soit les estimations du nombre de soviétiques au goulag sont très exagérés et en fait, la population au goulag était assez faible pour ne pas freiner la hausse globale de l’espérance de vie, soit les goulags ressemblaient plutôt à des maisons de retraite...

 

« Espérance banlieues » : une attaque contre l’école publique !

 

par  Mireille Popelin
 

Des enseignants du Rhône, Pierre Bénite, ont alerté l’Humanité et leurs syndicats (28 novembre 2017). Des écoles « Espérance banlieues » s’implantent dans les quartiers.

Sous prétexte de « lutte contre l’échec scolaire », la fondation créée par Anne Coffinier (manif pour tous) a pour but de « dynamiser l’école publique ». Ces écoles se sont déjà implantées à : 


- Montfermeil (Seine- Saint Denis) 


- Marseille (Bouches du Rhône) 


- Pierre-Bénite (Rhône)

 

Sur les fiches de recrutement des professeurs, aucun diplôme n’est exigé (vérifié sur le site de la fondation).

 

Ces écoles sont soutenues par Radio Courtoisie, le site catholique, Figaro Magazine. Le cours Alexandre Dumas à Montfermeil affirme qu’il est « une école privée laïque ».

 

On insiste sur l’appartenance à la Nation. On chante la Marseillaise. Mais l’éducation ? On a vu les filles balayer la cour, faire la cuisine pendant que les garçons jouaient au foot.

 

« Ce qui est important, ce sont les connaissances fondamentales ». L’histoire ? « des repères historiques, un attachement aux racines judéo-chrétiennes » et « les appartenances religieuses des élèves et des professeurs ne seront pas mises entre parenthèses ». Anti-confessionnel, le réseau ?

 

Des élèves, retirés de ces écoles et revenus au public ont un retard considérable sur les élèves de leur niveau de classe.

 

Le livre « Espérance Banlieues » préfacé par Harry Rosemack (TF1) et probablement écrit par Anne Coffinier ("Manif pour tous"), promu par Djamel Debbouze et sa compagne, promu par « Vivement dimanche » et Michel Drucker a aussi le soutien inacceptable du ministre de l’éducation nationale Jean-Michel Blanquer !

 

Ce réseau s’appuie sur une droite-droite dure à la Wauquiez.

 

A Pierre-Bénite, le conseiller municipal communiste Daniel Deleaz a réussi à éviter la subvention, mais la région a pris en charge la construction d’une salle d’activités : 250 000 euros !

 

Ce soutien sans complexes (et sans opposition ?) prépare une libéralisation du marché de l’école.

 

Et peut-être le chèque éducation imaginé par l’économiste Milton Friedman : ce serait donner aux parents le montant d’une année d’études, à investir dans l’enseignement public... ou privé !

 

Ce projet est soutenu par les familles du capital, les Mulliez (Auchan), Vinci, Bouygues…

 

Ce serait la mort de l’école publique et laïque !

 

J’espère que mes collègues, qui sont attachés à leur école publique et laïque sauront se mobiliser comme ils l’ont fait tant de fois pour la défendre !

 

... avec tous les citoyens attachés à cette école.

 

Mireille Popelin

Pas ça… dit Apel Müller… Pas quoi ?

 

13 Décembre 2017

Résultat de recherche d'images pour "Rouand et l'Humanité"

Voici bien longtemps que je ne lis plus l’humanité que de loin en loin. De 1956 à 2003, jil n’y eut pas un jour sans, je n’imaginais pas pouvoir en être privée.

 

Mais il y a eu deux faits, le premier fort déplaisant, mais anecdotique: En 2003, ce journal a décidé de m’interdire systématiquement, mon nom ne devant plus être prononcé, mes co-auteurs étant pénalisés, cela par la seule décision de son directeur Patrick le Hyarec qui au même moment parrainait un « dissident » cubain sur proposition de Robert Ménard et prenait l’habitude « comble d’ouverture » de confier des rubriques à des non communistes. La seule fois où cette censure a été levée a été pour faire sur le livre que nous avions écrit Marianne et moi « URSS, vingt ans après, retour de l’Ukraine en guerre » (delga), en 2015, un journaliste a écrit sur ce livre un article  qui ne parlait jamais du fond, mais de tout autre chose, faisant de nous le portrait de deux vieilles anglaises excentriques. C’était un progrès puisque cela me permettait d’être présente comme auteur à la cité du livre où j’étais jusque là interdite depuis plus de dix ans. Mais, cela même n’aurait pas suffi à me déshabituer de la lecture de ce quotidien que je continuais à considérer comme le mien.

 

En effet, Cette situation déplaisante et injuste me concernant était liée à un modification plus préoccupante de la ligne éditoriale, ce qui fait que nous avons été un certain nombre à être frappés par cette censure. Cela ne serait pas grave si l’on ne retrouvait cette « ligne » à peu près sur tout, récemment un indigne numéro sur « que reste-t-il de 1917 » montre effectivement à quel point il s’agit d’une ligne et pas de la simple répression de communistes qui déplaisent.

 

La ligne : comment conserver un nom (parti communiste ou Humanité) en le vidant doucement de tout ce qui le fonde dans la mémoire des Français en général et des exploités en particulier.

 

Du Congrès de Martigues au néant… On poursuit toujours en évitant tout bilan qui ne soit pas celui d’une révolution d’octobre tronquée par la social démocratie et le trotskisme. Quels que soient nos échecs, on poursuit… Il s’agit de supprimer de ce que nous sommes, de notre passé tout ce qui peut avoir une dimension révolutionnaire et de faire passer notre mémoire sous les fourches caudines d’un eurocommunisme pallier du retour au Congrès de Tours. Ceux qui ne se plient pas à ça sont interdit.

 

Alors quand j’ai eu des échos de l’article d’un certain Rouaud dont j’ignore tout par ailleurs, je me suis dit que ce n’était pas la première fois que l’on confiait à des non -communistes le soin de dire n’importe quoi. J’avais encore en tête ce jour où Cuba avait été dévasté par un terrible cyclone « Michelle » et où Bernard Lavillier avait écrit un papier ordurier sur Fidel Castro, l’automne du patriarche. Ce portrait d’un dictateur sénile qui avait été écrit par Gabriel Garcia Marquez, l’ami de Fidel, pour dénoncer Trujillo, utilisé en ce jour de deuil contre Fidel et des choses comme ça j’en ai eu à la pelle, l’humanité a ouvert ses colonnes à tous ceux qui vomissaient les résistances.

 

S’ouvrir disons-le clairement c’est s’ouvrir à ceux qui ont déjà tous loisirs de s’exprimer et que la bourgeoisie admet pour leur art d’enrober les idées reçues sous une forme mignarde et tout au plus boudeuse… C’est créer les conditions d’une acceptation des idées dominantes au sein de ceux qui croient avoir un journal et le diffusent.

 

En revanche, ce dont ne peut pas accuser l’Humanité c’est de dire du mal de Mélenchon, de ne pas lui faire la meilleur part.

 

Il suffit de voir récemment la place que ce journal a consacré à la réunion des secrétaires de section et à la réunion de la France insoumise. Melenchon ne s’y est pas trompé et a aussitôt blanchi ses chers amis, Patrick Apel Muller et Patrick le Hyarec. pas de ça a dit Apel Müller et là il a raison,.

 

Ceux qui suivent les articles de mon blog savent que quelles que soient mes désaccords politiques avec Melenchon, je refuse les procès d’intention injustifiés.

 

Ainsi l’auteur de l’article en question a eu tort de prêter à Mélenchon un antisémitisme dont je le crois dépourvu, même si sa référence au communautarisme à propos de l’indigne attitude de Léa salamé était pour le moins maladroite. Mélenchon est souvent mal entouré mais il n’est pas le seul, mais je crois que ce serait lui faire un procès indigne que de l’accuser de ce genre de chose.

 

Qu’il lui arrive de déparler est une réalité, mais tous ceux qui lui ont fait des procès en racisme ou antisémitisme ont eu tort. En revanche je le crois acharné à en finir avec le parti communiste , mais il n’est pas le seul.

 

Pas de ça dit vertueusement Apel Müller, pas de quoi et au nom de qui?

 

Je suis, certain le savent,  sensible  au racisme anti-musulman, anti-africain, mais aussi antisémite. Il ne faut pas d’ailleurs en rajouter, quand on voit à quel point on peut faire élire une chèvre en France si elle a face à elle un candidat du FN, on se dit que justement l’opinion majoritaire est loin d’être gagnée à ces idées nauséabondes. 

 

Non ce sont plutôt des cultures minoritaires, fermées sur elles-mêmes, entretenues par de pseudo-militantisme qui substituent les races aux classes qui sont en cause et qui tendent à contaminer la gauche et les communistes. Ceux qui sont gênés par cette contamination, ce sont les gens comme moi qui voient leur propres idées, se marginaliser en adoptant un angle d’attaque issu de l’extrême-droite.

 

Il faut que le Congrès balaye ce vent mauvais et il n’y a qu’une méthode, un parti offensif, sur des positions de classe… Ce que j’écris ici n’est pas une condamnation d’individus qui se croient tout permis, encore que… Mais bien une question que je pose au Congrès : Est-ce que vous souhaitez que la censure soit faite sur notre histoire, nos idées et que l’ouverture ne soit qu’un prétexte à en finir avec notre identité communiste?

 

Oui ce genre de contamination raciste et antisémite existe, il serait étonnant qu’il en soit autrement quand le parti communiste est dans un état de confusion sur son histoire autant que sa perspective politique. Sans être dénoncée, elle revient par exemple à propos de l’antiséméitisme, à vouloir vous faire signer une pétition en faveur d’un individu aussi suspect que Pascal Boniface qui affirmait que c’était à cause du CRIF que le gang des barbares avait tué Ilian Halimi. Que je sache il n’y a jamais eu de critique de celui qui a ainsi dévoyé la lutte à laquelle il est attaché,et jamais l’Humanité n’a émis la moindre critique sur une telle initiative.

 

Pas un article digne de ce nom pour recadrer une lutte qui méritait mieux. La seule fois où il est question de l’antisémitisme bien réel, c’est dans cet article qui relève de la diffamation, pratique l’insinuation et c’est un coup de plus contre ce que j’espère des communistes, de ce qui fut leur journal, celui de Jaurès ça on nous le répète sur tous les tons, mais celui de Marcel Cachin, Paul Vaillant Couturier et tant d’autres.

 

La seule solution si l’on veut éviter ce genre de mécompte, c’est d’avoir une ligne politique claire, des revendications précises et un parti communiste digne de ce nom et des responsables qui le soient réellement, moins attachés à censurer les communistes et plus capables de discuter avec ceux à qui ils font appel. Il est tout de même extraordinaire que leur censure soit aussi chatouilleuse avec ceux qui parmi les communistes n’ont pas leur attitude liquidatrice et qui ont le droit à la parole et qu’ils laissent toute latitude à des collaborateurs extérieurs

 

Une étrange conception de la démocratie.

 

danielle Bleitrach


Commentaire de B.T : "toute latitude à des collaborateurs extérieurs", On peut même ajouter ouvertes largement à des collaborations extérieures à ce qui se fait de pire dans l'anti communisme.

 

Retour sur la commémoration d’Octobre 17 : révolution défaite, trahie, révolution victorieuse ?
 
Par Eric Le Lann
 

Octobre 17 a été commémoré, et même célébré. Mais est-ce une victoire ou une défaite qui a été célébrée ? Il me semble que ceux qui ont célébré 17 ont souvent célébré une tentative avortée, un peu à la manière dont on célèbre la Commune de Paris. Ce qu’écrivait Gérard Filoche dans un des numéros spéciaux de l’Humanité consacré à Octobre 17 en est une illustration flagrante : « …Mais, malheureusement, ensuite, après 1918, la révolution n’a pas survécu à ses ennemis, Hitler dehors et Staline dedans. Tout est à refaire et nous avons l’envie fougueuse de le refaire ». Je ne m’arrêterai pas sur le parallèle entre Hitler et Staline, digne de la propagande de Stéphane Courtois, ou plutôt j’y reviendrai. Remarquons qu’une telle lecture n’a rien d’encourageant ! Quand les peuples entrent dans l’histoire, ils sont défaits ou trahis, mais rien n’en reste !

 

Sur le fond, cette vision ne tient pas quand on fait l’effort d’inscrire l’irruption durable du pouvoir soviétique issu de la révolution, même si évidemment ses caractéristiques évoluent, dans celle du 20ème siècle. C’est le philosophe italien Domenico Losurdo qui résume le mieux ce qu’est le XXème siècle : « le siècle où le pouvoir totalitaire et les pratiques génocidaires qui traversent en profondeur la tradition coloniale font irruption au sein même du continent d’où est partie cette histoire » [1]. Peut-on comprendre la Première guerre mondiale, qui pour certains historiens n’est que le début de la nouvelle Guerre de Trente ans, sans prendre en compte cette réalité des impérialismes, de leurs conflits, porteurs de la scission de l’espèce humaine, des exterminations, des Hereros par la famine ou par le travail au Congo, dès l’aube du siècle, après celle des Indiens ? La révolution d’Octobre et ses suites n’ont rien à voir avec cette histoire-là ? Mais alors le nazisme lui-même n’aurait rien à voir avec cette histoire-là ? Cela ne résiste pas aux faits. Il ne s’agit pas de dire que toutes les réalités coloniales ou impérialistes sont les mêmes, de nier les radicalisations qui s’opèrent mais d’avoir à l’esprit le tableau dans son ensemble.

 

Constatons aussi que c’est la défaite de la version la plus négatrice des droits humains, celle du nazisme, Hitler face à Staline l’on veut condenser sur des personnalités comme le fait Gérard Filoche, qui inaugure une phase nouvelle, la décolonisation, la victoire de la révolution chinoise.

 

La révolution d’Octobre fut tragique. Il est inévitable de rêver d’un autre cours. Mais futile aussi. Ainsi, si l’on ne peut que constater le drame de la collectivisation des terres issue de la liquidation de la « NEP », la nouvelle politique économique qui visait à utiliser les capitalistes, on peut aussi constater que sans l’industrialisation à marche forcée, il n’est pas sûr que l’URSS aurait eu les armes qui lui permirent de vaincre la Wehrmacht.

 

L’impact sur la durée du pouvoir issu de la révolution d’Octobre peut aussi se mesurer en Occident. L’économiste Friedrich Hayek, principal inspirateur du tournant néolibéral de Reagan et Thatcher, a-t-il tort quand il écrit : « Les droits économiques et sociaux sont l’invention ruineuse de la révolution marxiste », faisant référence à la révolution d’Octobre ? En France, les avancées de ces droits à la libération sont concrétisées par l’application du programme du Conseil national de la résistance. Mais ceux-là même qui rédigèrent ce programme était bien conscients que son application ne pouvait que passer par la défaite du nazisme et de ses alliés.

 

C’est si vrai que la plus grande partie de ce programme est consacrée à la lutte contre l’occupant. Là encore, ayons à l’esprit les faits historiques : 80% des soldats allemands qui furent tués le furent sur le front de l’Est. Pour aller vite, Stalingrad et la Sécurité sociale en France ne sont pas des réalités étrangères l’une à l’autre.

 

Et s’agissant de la reconnaissance des droits civiques dans leur acceptation libérale, rappelons qu’en 1952, le ministre de la Justice des États-Unis écrivait à la Cour suprême : « Vous devez absolument déclarer l’inconstitutionnalité des lois qui établissent la ségrégation contre les Noirs, sinon cela va profiter à l’Union soviétique et au mouvement communiste dans le tiers-monde et dans le monde colonial ». Sur cette question de l’égalité des hommes, voyons aussi la Déclaration universelle des droits de l’homme : quelle différence avec le texte fondateur de la Société des nations, alors que la révolution russe était aux abois, et que Wilson s’opposait avec succès à ce que l’égalité des races soit reconnue !

 

Bref, si l’on considère l’histoire de l’humanité, écrite par les luttes émancipatrices, Octobre peut donc être célébré comme une victoire.

 

Notes :

[1] Contre-histoire du libéralisme

12 décembre 2017

Robin Guilloux, Simone Weil, deux points positifs dans la pensée de Marx

 

« Les deux points positifs, indique Robin Guilloux, dans la pensée de Marx, selon Simone Weil : Sa générosité initiale et le fait qu'il ait pris parti pour les opprimés contre les systèmes d'oppression. Marx a renouvelé l'idée d'une science de la société. Ni Auguste Comte, ni Emile Durkheim ne faisaient l'analyse des mécanismes d'oppression sociale propres au capitalisme. Weil porte au crédit de Marx l'invention d'une analyse des mécanismes sociaux à base économique et d'avoir montré qu'une part des fondements de l'oppression sociale était de nature économique. Elle loue particulièrement Marx d'avoir dénoncé dans le système capitaliste la subordination du sujet à l'objet, dénonciation qu'elle retrouvera dans la "doctrine sociale de l'Eglise" (DSE), issue de l'Encyclique Rerum Novarum de Léon XIII... »

 

Reprenons la lecture que fait Simopne Weil de la pensée de Marx, selon Robin Guilloux...

 

Michel Peyret


Simone Weil lectrice de Karl Marx
 

par Robin Guilloux(son site)

samedi 2 décembre 2017

 

Emmanuel Gabellieri, Penser le travail avec Simone Weil, Nouvelle Cité, 2017, Chapitre III, "Le Débat avec Marx", p.65 et suiv.

 

Karl Marx, né le 5 mai 1818 à Trèves en Rhénanie et mort le 14 mars 1883 à Londres, est un historien, journaliste, philosophe, économiste, sociologue, essayiste, théoricien de la révolution, socialiste et communiste allemand. Il est connu pour sa conception matérialiste de l'histoire, sa description des rouages du capitalisme, et pour son activité révolutionnaire au sein du mouvement ouvrier. Il a notamment participé à l'Association internationale des travailleurs. L'ensemble des courants de pensée inspirés des travaux de Marx est désigné sous le nom de marxisme. Il a eu une grande influence sur le développement ultérieur des sciences sociales. Ses travaux ont influencé de façon considérable le xxe siècle, au cours duquel de nombreux mouvements révolutionnaires se sont réclamés de sa pensée. (les biographies des auteurs sont extraites de l'encyclopédie en ligne wikipedia)

 

Simone Adolphine Weil est une philosophe, écrivaine et militante politique française, sœur cadette du mathématicien André Weil, née à Paris le 3 février 1909 et morte à Ashford (Angleterre) le 24 août 1943. Bien qu'elle n'ait jamais adhéré explicitement par le baptême au catholicisme malgré une profonde vie spirituelle, elle est reconnue et se considérait comme une mystique chrétienne. Elle est également une brillante helléniste, commentatrice de Platon et des grands textes littéraires, philosophiques et religieux grecs, mais aussi des écritures sacrées hindoues. Ses écrits, où la raison se mêle aux intuitions religieuses et aux éléments scientifiques et politiques, malgré leur caractère apparemment disparate, forment un tout d'une exceptionnelle unité et parfaitement cohérent. Le fil directeur de cette pensée, que caractérise un constant approfondissement, sans changement de direction ni reniement, est à chercher dans son amour impérieux de la vérité, philosophiquement reconnue comme une et universelle, et qu'elle a définie comme le besoin de l'âme humaine le plus sacré.

 

Emmanuel Gabellieri, né le 27 décembre 1957 à Nice, est un philosophe français Il est professeur de philosophie à l'université catholique de Lyon depuis 1992, où il a été doyen de la Faculté de philosophie et sciences humaines de 2005 à 2014. Il a consacré une grande partie de ses travaux et publications à la pensée de Simone Weil, mais aussi à celle de Maurice Blondel. Dans le prolongement du "spiritualisme français" Ses recherches visent particulièrement à articuler phénoménologie et métaphysique ainsi que philosophie et christianisme, en faisant la proposition d'une metaxologie (art de l'entre-deux, de la médiation) et d'une philosophie du don capables de répondre à la crise de la métaphysique aussi bien qu'à la tentation anthropocentrique de l'humanisme moderne.

 

Le Simone est un café culturel au cœur de Lyon, ouvert à tous. 60m² de confort douillet dans un cadre agréable pour déguster une boisson de qualité. Cet espace polyvalent est également une galerie d’exposition, pour découvrir dans un cadre intimiste le sujet ou l’artiste du moment. Le soir, le café accueille des cycles de conférences ainsi que des soirées à thèmes : soirées chansons, soirées poésies, soirées jeux de société, vernissage d’exposition, concerts… Un atelier BD se tient également le samedi. Adresse : 45 rue Vaubecour Lyon 2ème  Horaires d’ouverture Lun – ven : 9h30-19h30 Sam : 10h30-18h30

 

Compte-rendu de la conférence d'Emmanuel Gabellieri au "Café Le Simone", à Lyon sur la philosophie du travail de Simone Weil et la question de son rapport au marxisme : 

 

Contrairement à une idée reçue, Simone Weil n'est pas passée d'une adhésion enthousiaste à un rejet du marxisme. Elle a été l'un(e) des premièr(e)s intellectuel(le)s française à lire Marx et notamment Le Capital.

 

Issue d'une famille bourgeoise, Simone Weil s'est rendue compte très tôt de sa situation privilégiée par rapport au prolétariat profondément marqué par la crise de 1929. Au fait de tout ce qui affecté du "coefficient oppression", elle sait que les ouvriers et les classes populaires souffrent et s'interroge sur la légitimité de la colonisation. 

 

Née en 1909, elle milite dans les années 20 au sein des mouvements révolutionnaires, en lien avec des militants d'Extrême-Gauche et du Parti communiste français. 

 

Le capitalisme libéral lui est insupportable et elle se fait une réputation de "révolutionnaire" en incitant ses camarades de Khâgne à cotiser à une caisse de chômeurs et à militer contre la préparation militaire obligatoire des normaliens (elle regrettera plus tard, au moment de la montée du nazisme, son "pacifisme" de l'époque)

 

Cependant, dès les années 20, avec des militants communistes comme Boris Souvarine, elle prend conscience de la dérive de la Révolution soviétique et se rend compte que le Parti communiste français est inféodé au Parti communiste d'Union soviétique.

 

Note : Boris Souvarine, de son vrai nom Boris Lifschitz, né en 1895 à Kiev et mort de 1er novembre 1984 à Paris, est un militant politique, journaliste et essayiste russe et français. Militant communiste, exclu du PCF en 1924, il est dès les années 1920 un des grands critiques du stalinisme, auteur en 1935 d'une biographie pionnière de Staline. 

 

Cette prise de conscience l'amène à se mettre de côté des syndicats révolutionnaires, contre le Parti Communiste français. 

 

Il y a à cette époque deux tendances antagonistes au sein de la "Gauche" : une tendance qui s'inspire du socialisme humaniste français (notamment de Proudhon) et une tendance "scientifique" qui s'inspire de Marx.

 

Note : Pierre-Joseph Proudhon, né le 15 janvier 1809 à Besançon dans le Doubs et mort le 19 janvier à Paris, est un polémiste, journaliste, économiste, philosophe et sociologue français. Précurseur de l'anarchisme, il est le seul théoricien révolutionnaire à être issu du milieu ouvrier.

 

La tendance humaniste critique l'Etat au nom de la transcendance de la personne par rapport à la société, tandis que Marx réclame un Etat fort qui permettra la "dictature du Prolétariat". 

 

L'inspiration de la Gauche "humaniste" s'enracine dans la pensée de Proudhon et défend la société civile contre un Etat totalitaire et le mouvement coopératif contre une "avant-garde du prolétariat" représentée par un Parti unique.

 

Les deux points positifs dans la pensée de Marx, selon Simone Weil :

 

Sa générosité initiale et le fait qu'il ait pris parti pour les opprimés contre les systèmes d'oppression

 

Marx a renouvelé l'idée d'une science de la société. Ni Auguste Comte, ni Emile Durkheim ne faisaient l'analyse des mécanismes d'oppression sociale propres au capitalisme. Weil porte au crédit de Marx l'invention d'une analyse des mécanismes sociaux à base économique et d'avoir montré qu'une part des fondements de l'oppression sociale était de nature économique.

Elle loue particulièrement Marx d'avoir dénoncé dans le système capitaliste la subordination du sujet à l'objet, dénonciation qu'elle retrouvera dans la "doctrine sociale de l'Eglise" (DSE), issue de l'Encyclique Rerum Novarum de Léon XIII.

 

Note : Rerum novarum (« Les choses nouvelles ») est une encyclique publiée le 15 mai 1891 par le pape Léon XIII (1810-1903). Elle constitue le texte inaugural de la doctrine sociale de l'Église catholique. S'inspirant des réflexions (notamment les travaux de l'Union de Fribourg) et de l'action des « chrétiens sociaux », l'encyclique, écrite face à la montée de la question sociale, condamne « la misère et la pauvreté qui pèsent injustement sur la majeure partie de la classe ouvrière » tout autant que le « socialisme athée ». Elle dénonce également les excès du capitalisme et encourage de ce fait le syndicalisme chrétien et le catholicisme social.

 

Les déficiences de Marx : 

 

Simone Weil critique le fait que Marx, après avoir génialement analysé les causes économiques de l'oppression capitaliste, a "donné un coup de pouce" pour que sa méthode d'analyse (le matérialisme) et l'idéal révolutionnaire de la liberté absolue coïncident de manière nécessaire dans l'Histoire, avec cette prophétie que nous sommes à la veille de la Révolution finale et que le Prolétariat, de plus en plus opprimé et puissant, arrivera à se libérer d'un coup de son oppression, de telle manière que l'Histoire sera désormais partagée en deux : l'Histoire de l'oppression et l'Histoire de la liberté.

 

Pour penser ainsi, explique Simone Weil, il faut croire en une sorte de déterminisme historique où l'évolution des forces productives, la base matérielle, l'évolution de la matière transposée au niveau social engendre nécessairement un bien.

 

Selon Simone Weil, autant l'analyse matérialiste des faits sociaux est pertinente, autant la transformation de cette analyse en une philosophie du progrès est aussi aberrante que la philosophie de Hegel affirmant que la liberté absolue va se réaliser, mais uniquement à travers l'histoire des idées.

 

La théorie de Marx se veut matérialiste par rapport à la philosophe idéaliste de Hegel (qu'elle critique), mais dans les deux cas, on retrouve la foi dans un progrès nécessaire (déterministe) et inévitable de l'humanité qui peut faire l'économie de la liberté humaine et faire l'impasse sur la question de l'origine du mal en chaque homme et dans l'humanité dans son ensemble.

 

Note : Georg Wilhelm Friedrich Hegel, né le 27 août 1770 à Stuttgart et mort le 14 novembre 1831 à Berlin, est un philosophe allemand. Son oeuvre, postérieure à celle de Kant, est l'une des plus représentatives de l'idéalisme allemand et a eu une influence décisive, notamment sur la pensée de Marx.

 

Très vite, dès les années 20, Simone Weil est convaincue - argument récurrent de ceux qui vont se libérer du marxisme historique - que la frontière entre le bien et le mal passe en chaque homme et non entre une classe sociale et une autre, une nation et une autre, une "race" et une autre.

 

La source de l'oppression peut effectivement résider dans le mécanisme social, mais aussi dans la vie personnelle de n'importe quel homme, si bien que le risque du totalitarisme peut être aussi grand dans une société socialiste que dans une société libérale. 

 

Simone Weil considère donc que Marx a péché par idéalisme, alors qu'il se voulait matérialiste. Sa science de l'économie s'est voulue la science absolue. Marx n'a pas compris le caractère essentiel des facteurs moraux et spirituels dans l'histoire humaine.

Posté par Michel Peyret

E=MC2 : Madeleine-Panthéon

 

Publié le 12 Décembre 2017

 

E=MC2 : Madeleine-Panthéon

 

Souvenez-vous, 27 mai 2015. La République solennellement fait entrer au Panthéon, son temple laïc, 4 résistantes et résistants, tous choisis sur des critères où la subjectivité politique confine à l'ostracisme pour bloquer l'accès à la représentation de la composante majeure de la Résistance : la classe ouvrière et ses organisations politiques et syndicales d'alors.

 

En 2015, l'entrée dans Paris se fera en catimini avant le levé du jour. Une veillée non couverte par les média, 2 h 00 de cérémonie télévisée, et 4 ou 5 minutes au J.T. ; et hop, bouclé ! Déportés torturés, massacrés à jamais physiquement brisés pour celles et ceux qui en réchapperont, avec ce morceau de sablier, cela suffira bien. 

 

Le Ministre de l'économie d'alors qui comme grand babu adjoint du château du Princident de l'époque engagea la préparation de ce 27 mai 2015 est maintenant factotum du capital et pour cela à sa loge à l'Elysée à la place du précédent.

 

9 décembre, jour anniversaire de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, Touthenmakron, notre factotum pharaon est grand ordonnateur des pompes et protocoles à la façon Charlton Heston, des heures et des heures de direct sur toutes les chaines dont celles du service public et pas ou peu d'autres informations sur ce qui se passe dans le monde. 

 

Dis moi qui, et comment, tu encenses, je te dirai qui tu es et par retour, qui tu hais.

 

Le même jour, Moscovici pouvait déclarer qu'il n'y avait pas de paradis fiscaux en Europe.

 

Jersey, Man, Gibraltar, Malte, Andore, Lichtenstein, le Luxembourg; les Pays Bas l'Irlande, la Suisse ne sont pas en Europe comme il n'existe pas d'artistes ou grands bourgeois exilés fiscaux qu'une vue de l'esprit d'ex moscoutaire devenu Kryptocolérique aurait tendance à dénoncer sans preuve...selon le gang des eurocrates luxemburgeois 

 

Oui, E=MC2

E=MC2 : Madeleine-Panthéon

Rédigé par Canaille le Rouge

12 décembre 2017

PCF, Paule Ballut, les attentes des communistes

 

« Il y a besoin, considère Paule Ballut, d’un parti qui propose de véritables alternatives pour des changements permettant de dépasser le capitalisme. Le PCF est le seul en France qui a des propositions qui vont dans ce sens. Notre section pense qu'il devient urgent d'aller dans ce sens.
Ceci permettrait de donner un nouveau souffle à notre démarche de rassemblement. La présence du PCF dans le débat public permettrait de placer la barre des objectifs sociaux au niveau nécessaire pour répondre aux défis posés à notre société après des années d'austérité : sécurité emploi formation, santé, école, personnes âgées, petite enfance, justice, sécurité ... avec évidemment, et c'est indispensable, les financements crédibilisant ces objectifs : Fonds régionaux pour l'emploi, pôle public financier, utilisation du crédit, bataille pour un autre euro au service de l'emploi et des services publics... avec comme troisième corollaire les pouvoirs des citoyens et des salariés sur les banques, les choix d'investissements ... C’est aussi la seule façon de  préserver l’unité des communistes... »

 

Reprenons la lecture de l'interview de Paule Ballut...

 

Michel Peyret


L‘Eveil a interviewé Paule Ballut

 

Représentante des communistes de la section de Suresnes Saint-Cloud du PCF

 

L’Eveil : l’assemblée du 18 novembre a-t-elle répondu à l’attente des communistes de Suresnes et Saint-Cloud ?

 

Paule Ballut : Lors de la préparation de la journée du 18 novembre, que notre section a anticipé par des réunions de quartiers,  les camarades nouveaux comme anciens ont largement exprimé leur volonté que la direction nationale les entende. Nous avons convoqué quatre assemblées, sans obtenir la participation souhaitée.

 

Les sujets qui fâchent : les luttes engagées qui ne sont jamais suivies de façon persévérante (comme le rôle des banques ou le coût du capital...) et les décisions de congrès non respectées, par exemple sur la présentation d'un candidat communiste à l'élection présidentielle. Les communistes de Suresnes veulent aussi la démocratie. Il n’est pas acceptable que le secrétaire national se prononce dans les médias à contrario de ce qu’ont décidé les communistes dans une conférence nationale.

 

Notre section dans sa majorité avait demandé que le congrès ait lieu en juin pour notamment inclure notre positionnement sur les élections européennes et pour faire le bilan de la dernière période  le plus rapidement possible. Il est urgent, pour ne pas continuer sur la pente actuelle. Il faut donc faire la clarté et montrer aux citoyens une nouvelle dynamique.

 

Lors de cette assemblée du 18, il n’y a pas eu de réel débat, ni de débats contradictoires au niveau de l’ensemble des participants. Par ailleurs, le questionnaire n'a pas été pris en compte par de nombreux  communistes. Pour les camarades de la section, celui-ci présentait des questions mal posées ou  dont les réponses étaient orientées.  Le constat, c’est donc une remontée insuffisante des questionnaires diffusés avec seulement 13.843 réponses. Tout cela n’a pas permis d’éclairer réellement les enjeux de la préparation d’un congrès extraordinaire du PCF.

 

Le 18, la Direction du PCF a cherché à éviter le sujet des conséquences de son soutien inconditionnel à la candidature Mélenchon. Ainsi, l’allocation d’ouverture de Pierre Laurent a éludé la question de cette attitude conduisant à l’effacement du PCF dans la campagne électorale,  même s'il a reconnu ne pas se décharger de sa responsabilité personnelle. Malgré les demandes  des nombreux secrétaires présents, il n’y a pas eu de débat après son rapport. Les animateurs de sections ont été répartis d’office par dizaines autour de tables rondes dites « ruches » toute la matinée.

 

A mon sens, les attentes des militants que je représente restent donc sans réponse.

 

L’Eveil : comment se sont déroulés les débats ?

 

Paule Ballut : Les « ruches » sont destinées à permettre l’expression la plus large des délégués. Encore faut-il en maîtriser la synthèse.

 

L’ordre du jour prévoyait que les conclusions des  ruches donnent lieu l’après-midi à un compte rendu en séance. Il n’en a rien été, pour les raisons que je peux résumer de la façon suivante.

 

1. Les éléments de débat ont été relevés pour chaque ruche sur tablette,  et adressés à un seul rapporteur. Habituellement, un rapporteur / fait une synthèse des débats en séance plénière. Il n’en a rien été le 18 novembre.

 

Un seul camarade ne peut faire un compte rendu en quelques minutes sur le temps du repas : les conditions de temps et d’analyse n’étant pas réunies, une réelle confrontation d’idées n’a pas rencontré la transparence requise.

 

2. Le contenu des synthèses, qu’on peut penser critique envers la Direction a pu conduire cette dernière à éviter ce compte rendu.

 

Le choix de la Direction était de réduire le débat général l'après-midi - 34 interventions - sur les deux heures. Le reste   était consacré à des exposés sur des sujets certes intéressants, mais sans rapport avec l’objet même du congrès.

 

Si on résume : un temps très long d’intervention du secrétaire général, des interventions, dont une longue de P. Le Hyaric sur la Palestine, des ruches dont la synthèse n’a pas été faite et qui ne contribuent donc pas aux décisions qui devaient sortie de cette journée, les conditions d'une expression de points de vue différents dans le cadre d'un débat n'ont pas été réunies par la Direction nationale - par conséquent, l’assemblée des animateurs de section ne peut pas être qualifiée d’exercice démocratique.

 

L’Eveil : Que ressort-il de cette journée ?

 

Paule Ballut : Je suis déçue, et inquiète. Alors que la bataille d’idées est intense dans le pays comme au sein du Parti communiste, nous n’avons pas reçu de signal fort de la Direction.L’attitude de la direction en séance a rendu les choses difficiles, mais nous avons quand même réussi à modifier partiellement les conclusions de la réunion. Une feuille de route jusqu’au congrès a été adoptée par 67,90 %  des secrétaires de section (avec cependant 60 refus de se prononcer Pour ou Contre). Pour la section J'ai voté Contre. En somme, il apparaît que l’attitude de la direction a conduit un tiers des délégués à ne pas adopter la feuille de route.

 

L’Eveil : Qu’aurais-tu attendu de cette journée ?

 

Paule Ballut : Mes regrets portent sur le silence assourdissant de la Direction, en plénière, sur la question de l’état d’esprit des militants : malaise, désarroi, souffrance, colère contre la stratégie. Je peux pourtant témoigner de l’intérêt que ce sujet a suscité dans les ruches et même en séance pleinière !

 

Malgré la sélection des intervenants par la Direction, choisis parmi les responsables fédéraux plus que des secrétaires de section, les interventions soulignaient la difficulté, depuis les élections législatives, des actions militantes. Il a été  aussi relevé que  notre Parti n'est plus audible au niveau national alors qu’en région les militants sont actifs. Ainsi, le résultat de la journée a été d’organiser la préparation d’un congrès fixé au mois de novembre 2018, et qui risque de n’avoir plus rien d’extraordinaire. Pour ma part, je vais mettre à profit ce délai pour initier des débats sur la forme et le fond. Les communistes au fait des enjeux, des contenus et des questions de démocratie au sein du Parti doivent continuer à être partie prenante dans les changements nécessaires. Citons par exemple :

 

- établir un vrai bilan ;

 

- définir une stratégie: pour qui, pour quoi militons-nous ?

 

- restaurer un parti ouvert et rassembleur sur les contenus ; autonome, cohérent, combatif, et défendant des – idéaux et une visée communiste ;

 

- porter l’alternative communiste face à la crise du capitalisme ;

 

- retrouver l’esprit de révolution et la grille d’analyse marxiste, fondée sur la lutte des classes ;

 

- mettre la Direction en adéquation avec ces fondamentaux…

 

L’Eveil : Nombre de commentateurs parlent de la disparition du PCF – qu’en penses-tu ?

 

Paule Ballut : Je ne pense pas que les communistes partagent cette vision défaitiste de l’avenir de leur organisation mais ils sont inquiets. C'est vrai que certains membres du PCF militent pour un nouveau rassemblement et souhaitent une autre organisation : ils sollicitent FI et Mélenchon pour y jouer un rôle essentiel, ils sont très minoritaires, ils traduisent un le renoncement et l’abandon.

 

Au cours de l’assemblée du 18, une seule camarade qui a avancé cette proposition s’est retrouvée bien isolée, et n’a recueilli que peu d'applaudissements dans la salle et à la tribune, seule la secrétaire fédérale des Hauts-de-Seine a  applaudie.

 

L’Eveil : Le congrès de 2018 peut-il être important pour l’existence du Parti ?

 

Paule Ballut : Oui ! Le congrès doit apporter des réponses pour assurer l’existence d’un Parti communiste en France. Non pas pour lui seul, mais parce qu’il y a besoin d’un parti qui propose de véritables alternatives pour des changements permettant de dépasser le capitalisme. Le PCF est le seul en France qui a des propositions qui vont dans ce sens.

 

Notre section pense qu'il devient urgent d'aller dans ce sens. Ceci permettrait de donner un nouveau souffle à notre démarche de rassemblement. La présence du PCF dans le débat public permettrait de placer la barre des objectifs sociaux au niveau nécessaire pour répondre aux défis posés à notre société après des années d'austérité : sécurité emploi formation, santé, école, personnes âgées, petite enfance, justice, sécurité ... avec évidemment, et c'est indispensable, les financements crédibilisant ces objectifs : Fonds régionaux pour l'emploi, pôle public financier, utilisation du crédit, bataille pour un autre euro au service de l'emploi et des services publics... avec comme troisième corollaire les pouvoirs des citoyens et des salariés sur les banques, les choix d'investissements ...

 

C’est aussi la seule façon de  préserver l’unité des communistes. Pour permettre une véritable dynamique dans la période qui s’ouvre, il doit approfondir la réflexion sur l’analyse de la société et du monde, et toutes les questions posées, tout en développant des campagnes d’initiatives et de luttes au niveau national, avec le relais des départements et des sections.

 

La Direction, dans sa feuille de route (1), a dû prendre en compte cet aspect en intégrant plusieurs ajouts. Le texte a subi des modifications non négligeables par rapport au texte initial, reflets de la réflexion à l’oeuvre au sein du Parti. Il nous faut donc voir le verre à moitié plein et être très lucide sur la partie qui reste vide.

 

Cette feuille de route ouvre à mon avis une nouvelle période politique pour les communistes. Retenons comme positifs les  éléments suivants :

 

- elle indique que la discussion s’ouvrira « sur la base d’un bilan de la période écoulée » ;

 

- elle pousse à «nourrir les luttes avec des propositions alternatives s’inscrivant dans notre visée communiste» et lance une intervention forte sur l’industrialisation du pays et la question de l’avenir d’Alstom ;

 

- elle propose «d’amplifier notre campagne sur le coût du capital et engage la tenue des Etats généraux du progrès social», et d’aborder les questions de l’écologie ;

 

- elle propose « des thèmes de travail et d’action sur la base d’un bilan de la période écoulée» ;

 

- elle a l’ambition « d’avancer concrètement dans l’élaboration d’un projet communiste du XXIe siècle » ;

 

- elle pointe « la nécessité d’avancer sur l’analyse de « l’état de la société et les conditions actuelles de la lutte des classes ».

 

L’Eveil : Tu soulignes la question de la démocratie interne, quel est ton souci ?

 

Paule Ballut : La Direction ne peut continuer à confisquer la parole à la contestation et s'aventurer dans des stratégies qui ne correspondent pas à l’attente des militants : il nous faut travailler les questions de démocratie dans le Parti, à tous les niveaux.

Les conditions de la tenue de l’assemblée des secrétaires de section n’étaient pas acceptables. Il faut une préparation du congrès dans la transparence. Cela vaut aussi pour la Fédération des Hauts-de-Seine. L’utilisation des outils numériques brouille les échanges collectifs. Il faut mieux contrôler ces outils.

 

L’Eveil : La date du congrès pose-t-elle problème ?

 

Paule Ballut : Je pense que la tenue d’un congrès extraordinaire en juin 2018 faisait sens au vu des échecs répétés de nos stratégies politiques. L’objectif était tenable, démonstration en a été faite. Le choix des communistes ayant répondu au questionnaire se portait légèrement au-dessus des 50 % pour le fixer à novembre. La question partageait manifestement le Parti. Le choix de novembre n’offre pas plus de temps, le délai laissant place aux congés d’été, à la Fête de l’Huma, aux débats sur les élections européennes et à bien d’autres chantiers.

 

Le calendrier est le suivant :

 

24, 25, et 26 novembre 2018 : tenue du Congrès national

2 et 3 juin 2018 : adoption de la base commune

6 juillet 2018 : date-limite de dépôt des textes alternatifs éventuels

4, 5, 6 octobre 2018 : vote des communistes sur le choix de la base commune

15 octobre au 15 novembre 2018 : congrès locaux et départementaux

 

Dans la préparation du congrès, les communistes doivent rester centrés sur les objectifs même s’ils sont aussi avec la population, avec les salariés, dans des débats de société et dans l’action. Ils doivent s’exprimer.

 

La bataille commence. Mais la situation du Parti demande que soient actionnés les leviers permettant sa préservation et son développement pour qu’il conserve son utilité pour le peuple, dans l’action concrète avec l’objectif de dépassement du capitalisme avec le but d’ une vie meilleure pour tous.

 

L’Eveil: la télévision n’a pas montré cette réunion - qu’en penses-tu ? 

 

Paule Ballut : En effet, aucun média n'était présent. Cette attitude était volontaire, mais avec plus de 900 participants, les animateurs de sections ont démontré que le Parti communiste français reste bien vivant !

 

(1) Le choix du titre choisi par la Direction pour cette feuille de route « Notre Rêvolution » au lieu de « Notre choix de la révolution » est significatif : ce titre dévalorise le contenu même de la feuille

Posté par Michel Peyret 

« Si nous tuons le rêve, nous nous tuons aussi »
 
Philippe Pivion a lu « A demain, camarades ! », de Manuel Tiago
 

Connaissez-vous Manuel Tiago ? Il s’agit du pseudonyme d’Álvaro Cunhal. Voilà, oui, le secrétaire général du Parti Communiste Portugais de 1961 à 1992. Eh bien, si au Portugal il est reconnu aussi pour sa qualité d’écrivain, il ne l’est pas du tout en France. Il est méritoire pour la maison d’édition du Temps des Cerises de permettre au lecteur ignorant la langue portugaise de bénéficier d’une lecture passionnante.

 

À demain, camarades est édité au lendemain de la révolution des œillets (avril 1974). Il s’agit d’une histoire de militants communistes clandestins sous la dictature de Salazar, en 1944. Ces femmes et ces hommes tissent des liens avec la population, distribuent des tracts, vendent des journaux dans un contexte étouffant et mortifère. Les descriptions de l’extrême pauvreté, de l’abnégation et du sacerdoce de ces militants sont poignantes. On suit à perdre haleine leurs parcours d’un hameau à l’autre, leurs traversées des champs, des forêts, épiant leur ombre en permanence pour deviner s’ils ne seraient pas pistés. On découvre avec intérêt ces fonctionnaires du PCP, qui n’ont rien de fonctionnaires mais qui donnent tout à leur idéal et à leur parti.

 

Dans la campagne profonde, arriéré, spoliée par la dictature et le patronat, les personnages doutent de leur action, de l’efficacité de leurs initiatives dans une subtile dialectique. Dans ce Portugal de régression, mettre un tract sous une pierre dans un champ en espérant qu’il sera lu, c’est aussi risquer la vie, pour le moins la prison et la torture. Ils tentent de convaincre de la justesse de leur analyses et proposent des actions notamment une grève. Celle-ci d’une ampleur dépassant leurs espérances où la paysannerie la plus pauvre rejoint les ouvriers, provoquera une réaction des plus vives de la dictature. On est bouleversé à la mort d’Isabel, de Ramos et d’autres. On est pantois devant la profondeur de l’amour inabouti de Maria pour Ramos.

 

L’écriture est souple, articulée et belle. Il y a du Germinal et de l’Aragon avec les Communistes dans cette fresque romanesque. Le rapport de classe est souligné lors d’un repas chez un avocat communiste où Maria est invitée : 


« Malgré les privations des dernières semaines, Maria, troublée et intimidée, avait à peine touché au riche déjeuner. Animés par la conversation et ce moment de partage, ni l’avocat, ni sa femme, ni même Antonio n’avaient remarqué qu’elle ne s’était presque rien servi et n’avait presque pas touché à ses assiettes. Seule une personne l’avait remarqué, seule une personne l’avait comprise : l’employée. »

 

Álvaro Cunhla surprend. Il n’écrit pas un livre pour diffuser une conception politique, non, il rédige un récit dans lequel il illustre la condition des femmes et des hommes qui vivent leur idéal, il glisse de ci de là quelques remarques soulignant que l’émancipation humaine n’est pas un processus linéaire, que le sens de l’Histoire donne raison à ses héros, qu’il faut vivre pour militer. Il met dans la bouche de Paulo des propos d’une grande beauté politique, tels : 


« Les militants donnent tout, camarade, mais ils ne doivent pas renoncer à tout. Si nous tuons le rêve, nous nous tuons aussi en tant qu’êtres humains. »  

 

Il sait de quoi il parle, Cunhal, arrêté par la PIDE, la police politique de Salazar en 1949 après des années de clandestinité, il est emprisonné. Il s’évade après onze ans de geôle, et la direction clandestine du PCP le fait exiler à Moscou, Prague puis à côté de Paris, à Montreuil jusqu’en 1974. Une vie peu commune, qui transpire dans ses écrits. C’est un livre d’une profonde humanité qui marque le lecteur.

 

À demain, camarades ! de Manuel Tiago. Editions le Temps des Cerises.


Commentaire de B.T :

« Si nous tuons le rêve, nous nous tuons aussi ». Affirmation à laquelle je souscris totalement. Mais qui a des conséquences terribles pour les militants du PCF. N'aurions-nous pas des tueurs parmi nous et au plus haut ?

 

Pourquoi je commence aujourd’hui les vacances de Noël

 

10 Décembre 2017

Comment vous expliquer, il y a des choses qui m’emplissent de lassitude et m’enlèvent le désir de me battre pour ce que je crois juste. Je suis bien sûr préoccupée par ce qui se passe en Israêl-Palestine. L’irresponsabilité criminelle de Trump qui pour des raisons de politique intérieure a choisi d’empêcher un peu plus toute solution négociée, toute pacification sans laquelle on ne construire pas de communauté de destin entre deux peuples de l’exil.

 

Cette solution s’éloigne tous les jours un peu plus… Je suis obligée de le constater et de savoir que le bain de sang est l’issue la plus probable.

 

Donc je détourne les yeux en me disant que je n’y peux plus rien… Et je pleure déjà à égalité ces morts qui vont ensanglanter cette terre que l’on nous a inventé comme promise. Comment vous expliquer, mais essayez d’imaginer néanmoins quand depuis 2000 ans tous les soirs de paques sont prononcés dans un groupe humain toujours humilié, proscrit, fuyant, ces paroles d’espoir: « l’an prochain nous serons à Jérusalem! » et que vous même enfant avait dit ces mots. Quand vous avez vu la tête de votre grand père mort reposer sur un sachet de la terre d’israêl dans une tombe marseillaise.

 

Qu’il vous a fallu opérer une rupture avec cet enracinement millénaire parce que vous étiez communiste et que vous deviez aux Soviétiques, à Staline en particulier votre libération de l’horreur nazie et que donc en tant que communiste vous deviez choisir la justice avant vos pères et mères.

 

Et aujourd’hui, vous voyez les communistes avoir honte de ce moment historique, de cette Union soviétique qui vous a unie à eux et que vous voyez certains d’entre eux plein non pas de volonté de justice pour les palestiniens, mais bien en proie de ce vieil antisémitisme que vous savez reconnaître parce qu’il est inscrit dans vos gènes comme une condition de survie, mener un combat qui vous exclue.

 

imaginez à quel point il faut se battre pour tenter de démêler le juste de ses nombreux masques ricanants de haine.

 

Dans ces cas là, il suffit d’un rien, quelque chose qui résonne en vous comme le grincement de la craie sur le tableau noir pour qu’on soit au bord de l’explosion.

 

Hier, un communiste qui a l’habitude de tronquer dans le sens de ses fantasmes les compte-rendu des exposés qu’il s’obstine à faire à expliqué que le père de marx s’était converti au protestantisme parce que celui-ci était plus proche de ses idées que le judaïsme. Il fallait qu’il en rajoute par haine consciente ou inconsciente des juifs. le père de Marx était athée, voltairien, et comme il était avocat il s’est converti pour pouvoir exercer un métier interdit aux juifs. Dire que les Marx avaient quelque sympathie pour le protestantisme c’est ignorer ce que Marx écrit dans le Capital et qui inspirera sans doute l’éthique protestante de Max Weber, à savoir que le juif est une sorte de colporteur archaïque dans les pores de la société polonaise, mais que le capital a besoin de l’homme abstrait du protestantisme.

 

Il y a là dans ce compte-rendu au ras des paquerettes de l’actualité, des marqués insidieuses du révisionnisme de l’époque que moi seule paraît reconnaitre, comme dans le film le jeune marx de Raoul Peck, je lis l’imbécilité trotskiste qui voudrait que Marx ait nié la Révolution d’octobre. C’est mal connaître l’intérêt que Marx portait à la Russie, à des formes originales de socialisme et c’est doublement imbécile de la part d’un homme du tiers-monde que de ne pas voir que c’est la Révolution d’Octobre qui a posé l’actualité du socialisme dans le dit tiers monde.

 

J’ai été dupée de tous côtés à la fois et je n’ai plus confiance en personne quand les combats sont sortis de leurs gonds politiques.

 

J’en ai marre de me battre aux côtés de gens qui ont honte de ce qui a fait que des millions d’hommes et de femmes se sont reconnus en eux, qui tous les jours bafouent les raisons qui m’ont fait adhérer à un parti communiste français, malgré Pétain, malgré Vichy, malgré Montoire et la milice.

 

J’en ai marre de ceux qui ne lisent plus Marx, Lénine mais en acceptent toutes les déformations de la bourgeoisie et de la social démocratie.

 

J’en ai marre de ces peureux qui ne ressemblent pas aux héros de mon enfance.

 

J’en ai marre de ceux qui au lieu de me rassembler dans un combat pour un peuple opprimé m’en excluent parce qu’ils colportent les haines ancestrales.

 

Tout ce négationnisme, cette prise en otage de l’histoire me pétrifie comme la preuve que je n’ai plus rien à voir là-dedans.

 

Tous ces gens semblent aller a contrario de leurs idées parce qu’ils ont une conception mesquine des batailles qu’ils prétendent mener. Ils ne le savent pas mais ils sont bien dans l’ère de Trump. Nous aurions tellement besoin des communistes…

 

Il faut que je résiste de toute mes forces pour ne pas me laisser entraîner sur cette pente de l’injustice au nom de mes pères et mères, mais je suis lasse de ces visions du monde. Donc je vous annonce que la trêve des confiseurs de ce blog débute aujourd’hui.

 

Merci à tous les amis qui m’ont envoyé tous les livres que j’ai réclamé, je vais me mettre à la lecture en pensant à vous. Peut-être qu’il m’arrivera de recopier des pages des livres que je lirais…

 

Danielle Bleitrach

Un peu plus sérieux (encore qu'avant ce l'était aussi)

 

Publié le 9 Décembre 2017
 Bilan d'une semaine
 qui restera dans l'histoire
 comme marqueur idéologique
Un peu plus sérieux (encore qu'avant ce l'était aussi)
 
Quand dès la fin du siècle précédent, avec quelques-uns, Canaille le Rouge avançait l'idée qu'une défaite idéologique majeure dont il faut analyser les causes déferlait sur le pays, dans le camp dit progressiste certains se gaussaient des " psychanalystes de masse " (sic) qui ne comprenaient rien au mouvement de la société. 
 
De répliques en répliques, ce n'est plus des mouvements mais des ondes de chocs qui n'en finissent plus de fracturer les solidarités pour reconstruire des pratiques cultuelles à orientations sectaires. 
 
L'adoration des idoles atteint un paroxysme ; pas forcément son point culminant ; hélas!
 
Voir Pharaon, Princident en titre de la Monarblique française entonner son Te Deum depuis un des symboles de l'aliénation, le jour anniversaire de la promulgation de la loi de séparation des églises et de l'Etat  permet de mesurer au regard de la foule présente la réalité de ce tsunami d'obscurantisme qui submerge le pays.
 
Mesurons sur six mois : un pays qui est capable de faire dans une telle démesure pour les obsèques d'un artiste alors que celle du chirurgien qui à ouvert la voie de la transplantation cardiaque ou celle d'un de ses prix Nobel n'ont pas même 10 seconde au JT marque ainsi les contours de l'état réel de sa capacité de réflexion.
 
Soyons clair il ne s'agit pas d'incriminer celles et ceux déboussolés qui recherchent dans des figures emblématiques (non démunies de talent) des issues au désarrois moral voulu et structuré par ceux qui en ont besoin pour interdire toute contestation du système.
 
L'histoire montre que ceux qui tirent les ficelles savent produire les Trump dont ils ont besoin voir pire dans l'échelle des références.Plus que jamais lire et faire lire "l'Ordre du Jour" le Goncourt de cette année. Quelque part le projecteur qu'il braque de belle façon éclaire le propos.
 
Rédigé par Canaille le Rouge

Voilà une analyse où l'auteur appelle un chat, un chat et l'impérialisme, l'impérialisme. Voilà qui est très loin de la novlangue asexsuée en cours chez les dirigeants du PCF. Une analyse qui n'ignore pas les enjeux. En particulier une des expressions que peut prendre le combat de classes aujourd'hui. Entre ceux qui veulent à toute fin maintenir le caractère unipolaire de leur domination mondiale, avec les dangers que cela porte et ceux qui prône la primauté du droit, le multilatéralisme avec un son centre la Russie  bien sûr, mais aussi la Chine. Et là, il s'agit de pas moins que de la question CENTRALE de la lutte pour la PAIX. L'on ne peut que regretter dans ces conditions les très mauvaix choix fait par les dirigeants du PCF qui sur cette question, comme sur celle de l'Ukraine sont globalement dans les fourgons du couple U.E/OTAN (Bernard Trannoy)
Nota 
: Cela ne vaut pas approbation de la politique de Poutine. En dernière instance c'est l'affaire du peuple russe pas le mien, et en particulier l'affaire des communistes russes.


L’Humanité du 10/12/2017

Vers une puissance globale, levier de la multipolarité onusienne?

La stratégie russe dans le chaos syrien

 

 

Par Jean Geronimo - Docteur en économie, spécialiste de la pensée économique et géostratégique russe

 

Après une transition post-communiste désastreuse la réduisant au rang de puissance régionale, la Russie s'inscrit au Moyen-Orient dans une stratégie de long terme axée sur son retour comme grande puissance, contre les menaces issues des radicantes politiques et religieuses manipulées par Washington. Cette dernière est suspectée par Moscou de créer, conformément à la doctrine Brzezinski, une « ceinture verte » islamiste antirusse, autrefois anti-soviétique (muslim belt), pour achever son encerclement. Malgré la fin de la guerre froide, la ligne russe exprime donc une continuité historique avec le soviétisme.

 

Depuis l'élection de Vladimir Poutine, le 26 mars 2000, la Russie opère une reconstruction accélérée de sa puissance (derjava). Dans un monde qu'elle voudrait multipolaire et soumis aux lois internationales, elle cherche à s'affirmer en nouant des alliances avec les puissances émergentes (Chine, Inde, Iran) et en s'opposant à l'unipolarité américaine. Cette configuration explique son implication dans la gouvernance mondiale en vue de réduire la conflictualité au Moyen-Orient et d'oeuvrer à sa stabilité, sur la base de la légalité onusienne promue par un puissant axe eurasien. En cela, la Syrie est une pièce clé de la stratégie russe sur l'échiquier moyen- oriental.

 

Dans un environnement jugé hostile, la ligne russe suit une logique défensive visant à protéger ses intérêts nationaux et ses positions sur la scène extérieure. La chute imminente du président Assad a justifié son offensive en Syrie, le 30 septembre 2015, car Moscou risquait d'être exclue d'une région stratégique - avec la perte de sa base navale de Tartou lui ouvrant avec celle de Sébastopol, l'accès aux mer : chaudes. En outre, la Syrie est l'allié historique de la Russie soviétique et le symbole de son statut de superpuissance amie des états non alignés, face à l’impérialisme américain.

 

Longtemps sur le déclin, la Russie revancharde ne pouvait plus reculer. Le caractère stratégique de l'État syrien sur l'échiquier arabe tient à sa place au coeur des circuits énergétiques et des stratégies d'alliance. Il est donc logique que la radicalisation de la révolution syrienne coïncide avec le choix, en juin 2011, du projet gazier iranien (prorusse) - au détriment du projet qatari (pro-américain) - par Bachar Al Assad devenu, dès lors, pour la coalition arab o- occidentale pro - sunnite, «l'ennemi à abattre». C'est à partir de là que la déferlante djihadiste,

 

Pour Poutine, la chute d'Assad enfanterait un hiver islamiste.

 

soutenue par les puissances sunnites régionales, s'abat sur la Syrie et que le conflit perd sa nature révolutionnaire en s'internationalisant, dans le cadre d'une guerre de l'information.

 

La Syrie est un pivot verrouillant la stabilité du Moyen-Orient et le point névralgique où s'affrontent axes sunnites et chiites, par puissances - et stratégies énergétiques - interposées. Le vieux diplomate de la guerre froide E. Primakov - le « Lawrence d'Arabie soviétique» - l'avait compris et renforcé l'inflexion arabe de la ligne russe en vue d'une coalition anti-hégémonique. En tant qu'avant-poste russe au Moyen-Orient, le pivot syrien équilibre la présence américaine - et ses bases - au cœur des dictatures sunnites du Golfe. Structurellement, la stratégie russe en Syrie vise à neutraliser la menace islamiste surfant sur les courants an-tirusses soutenus par l'Occident et gangrenant les régions musulmanes de l'ex-URSS: Asie centrale, Volga et Caucase.

 

Depuis l'amorce du printemps arabe en 2011, l'ancien espace soviétique est devenu un pourvoyeur de djihadistes trouvant au Moyen-Orient un terrain favorable à leur formation. Un fait inquiétant est la précarisation de la population russe musulmane (20 millions), ciblée par l'idéologie « sociale » de l'islam radical. Pour Poutine, la chute d'As-sad enfanterait un hiver islamiste. La crise syrienne est une forme dérivée - sous le vernis religieux - des révolutions néolibérales sous supervision américaine ayant grevé la périphérie postsoviétique, dans lès années 2000, en vue de placer des dirigeants dociles et de poursuivre le reflux (rollback) de la puissance russe amorcé à la fin de l'URSS en 1991 - et succédant à son endiguement (containment).

 

L'ingérence extérieure, via l'activisme d'ONG et le soutien dollarisé de groupes radicaux ou paramilitaires, a été décisive dans la déstabilisation des régimes prorusses en zones arabe et postsoviétique. En Syrie, il s'agit pour Moscou d'apparaître comme un État fort, capable d'annihiler - via le hard ou soft power - toute contestation des régimes autoritaires (dont russe) de l'ex-URSS. Dans la vision russe, le chaos syrien est le produit d'une révolution alimentée de l'étranger par la politisation du religieux, sous l'impulsion des monarchies pétrolières du Golfe flirtant avec le radicalisme islamique - sous bienveillance occidentale.

 

L'objectif de Moscou en Syrie est d'affirmer son retour sur la scène mondiale comme puissance globale capable, d'une part, de contribuer à la résolution d'un conflit majeur (via les processus de Genève et d'Astana), d'autre part, de s'opposer à l'unilatéralisme armé de l'hyper - puissance américaine (via le Conseil de sécurité de l'ONU). Dans ce cadre, il vise à établir une gouvernance multipolaire plus démocratique et représentative, intégrant la voix des grandes puissances émergentes - le contrepoids eurasien - et privilégiant les mécanismes onusiens.

 

Moscou rejette les ingérences droit-de-l'hommistes ayant pour conséquence - à l'instar du Moyen-Orient, en Irak (2003) et Libye (2011) - de détruire les structures étatiques, de déstabiliser des régions et de créer des conflits génocidaires. Il dénonce l'instrumentalisation des révolutions politiques (néolibérales), religieuses (islamistes) et nationalistes (identitaires) pour justifier - via l'Otan - une intervention militaire et verrouiller les évolutions géopolitiques. Visant désormais l'espace postsoviétique, ces révolutions sont définies par la doctrine de sécurité russe comme des « menaces majeures ».

 

Au final, la Russie veut apparaître en Syrie comme un facteur d'ordre, réhabilitant les régulations étatiques et prônant une vaste coalition contre les nouvelles menaces globales, terroristes et hybrydes.

 

Une forme de realpolitik au non de la paix au Moyen-Orient.


 

NÉGOCIATIONS EN COURS

 

Un nouveau cycle de négociations concernant l'avenir syrien s'est ouvert, mardi 28 novembre, sous l'égide des Nations unies, à Genève, pour tenter de faire dialoguer les composantes de l'opposition syrienne.

Consultation des communistes (novembre 2017) : Synthèse des réponses aux questions ouvertes

 

Chers Camarades,

 

Ce document qui a été mis sur les tables à l’Assemblée des Secrétaires de Section le 25 novembre est très intéressant car, à partir des questions ouvertes du questionnaires, les communistes ont saisi l’opportunité pour dire l’essentiel, il me semble.

 

(Bilan de la stratégie, Projet communiste, Identité du PCF, principes théoriques marxistes, rôle des directions, internationalisme….)

 

J’ai demandé que le CN le diffuse. Mais pour l’instant pas de réponse.

 

Cette synthèse des réponse aux questions ouvertes :  est une base, simple, concrète pour rendre compte de ce que disent les communistes qui ont utilisé le questionnaire.

 

Malheureusement, elle n’est pas diffusée. Vous avez peut-être lu deux comptes-rendus, l’un dans « communistes »  sur la forme mais pas sur le fond, sur les ruches

 

L’autre document du CN présente une enfilade de commentaires, sans aucun sens politique. Je le mets en pièce jointe.

 

Par ailleurs, les comptes-rendus des AG de cellules et de sections ne sont pas diffusés.

 

On comprend à la lecture de cette synthèse que les communistes sont préoccupés de l’avenir de leur Parti. Il y aura donc des points à développer comme l’organisation qui n’était pas un point du questionnaire et,

 

Donc, moins de réponses à évaluer. De même, la grande question de l’UE…..

 

C’est donc aux communistes de garder « le bon cap »  pour revenir vers un parti communiste révolutionnaire et non, vers une organisation social-démocrate.

 

D’ailleurs, page 3 : c’est écrit :

 

« …. Nombreux sont celles et ceux qui appellent de leurs vœux un retour aux fondamentaux : l’écriture d’un manifeste du Parti Communiste du 21e siècle, de base marxiste, qui montre l’actualité de la lutte des classes, un projet révolutionnaire de notre temps, un projet émancipateur et non d’inspiration réformiste…… ».

 

Nous sommes à une nouvelle étape de notre combat.

 

Très fraternellement.

 

Danielle Trannoy

membre du CN

 


 

 

 


Consultation des communistes novembre 2017

 


Synthèse des réponses aux questions ouvertes


I- Nous proposons que le congrès traite de 3 questions : autres propositions

 

La question de la stratégie du Parti est l'un des points qui revient le plus souvent dans les commentaires libres. En premier lieu, on retrouve fréquemment la volonté que le congrès fasse le bilan de l'action du PCF. Bilan de la stratégie du PCF lors de la séquence électorale de 2017 mais aussi celui du Front de gauche. Certains demandent une analyse sur un plus long terme (20 ans).

 

La question du rassemblement est très fréquemment citée aussi. Rassemblement dans la société (certains interrogent notre rapport au monde associatif), mais surtout le rassemblement des forces politiques de gauche : avec le mouvement de Benoît Hamon, mais aussi les relations que nous entretenons avec la France insoumise et Jean-Luc Mélenchon. Sur ce point, les commentaires se divisent en deux parts égales : d'une part, ceux qui souhaitent plus de travail avec la France insoumise et, d'autre part, des commentaires critiques envers Jean- Luc Mélenchon.

 

Autre point interrogé sur notre stratégie : la prise et l'exercice du pouvoir. Ce point est mentionné tant du point de vue local que du point de vue national. Certains font un lien direct avec la question du rassemblement en disant que nous ne pourrons y parvenir seuls, ni sans pour autant pouvoir le faire sans faire une analyse de la société française au 21ème siècle.

 

Ceci fait le lien avec la question du projet du Parti qui est très souvent évoqué, bien plus que de son programme. Quelle est notre base idéologique, quelles sont les valeurs que nous promouvons ? La nécessité de mieux définir ce que peut être le marxisme au 21e siècle et la perspective révolutionnaire sont souvent interrogées, tout comme la manière de lutter contre l'idéologie libérale dominante afin de reprendre pied dans le débat. Certains souhaitent que l'écologie prenne plus de place dans notre projet et notre programme. Plus généralement, les commentaires évoquent souvent la question de l'identité du PCF : de qui voulons-nous être le Parti?

 

Trois autres points reviennent régulièrement quoi que moins fréquemment : les directions, l'organisation du Parti et sa communication.

 

Concernant les directions, du local au national,plus qu'une défiance, il s'agit de mieux définir leur place et leur rôle. En creux, cela interroge la place des militant -e- s au sein de l'organisation qui devrait fonctionner de manière plus transversale afin de favoriser un meilleur engagement des communistes qui pourrait être favorisé en mettant à profit les possibilités nouvelles offertes par les outils numériques. La question du nom du Parti est parfois évoquée, le plus souvent pour exprimer une inquiétude sur un éventuel changement de nom. La plupart des commentaires sur ce sujet disent que ce n'est pas là la solution mais que nous devrions travailler à montrer en quoi le combat communiste est plus que jamais d'actualité.

 

La communication 1 est assez souvent évoquée pour réclamer une communication qui donne plus de visibilité mais aussi de lisibilité de l'action du Parti. Le rôle des médias est souvent critiqué. Pour autant, une part importante estiment que pour y palier, nous devrions mieux investir les réseaux sociaux ainsi que les outils numériques en général.

 

1  La communication faisant l'objet d'une question ouverte spécifique, elle sera traitée plus en détail dans la partie qui lui est consacrée.

lI- Notre projet La France en commun est-il à la hauteur des enjeux : autres propositions

 

Une remarque rien très fréquemment : La France en commun - un titre jugé flou par beaucoup ne serait pas un projet mais un programme qui traduirait un affaiblissement de nos valeurs fondamentales (identité communiste, marxisme, lutte des classes, ...), programme qui n'est pas toujours jugé en phase avec les évolutions de la société actuelle. Aussi, nombreux sont celles et ceux qui appellent de leur vœux un retour aux fondamentaux : l'écriture d'un manifeste du Parti communiste du 21e siècle, de base marxiste, qui montre l'actualité de la lutte des classes, un projet révolutionnaire de notre temps, un projet émancipateur et non d'inspiration réformiste comment l'estiment quelques uns qui souhaitent un renforcement de la conscience de classe et une place plus importante de la lutte capital-travail dans notre visée . Certains trouvent que notre analyse de la société n'est pas assez d'actualité et que nous devrions travailler dessus. La volonté d'y intégrer plus fortement la  thématique de l'écologie et d'un nouveau mode de développement est fréquente dans les réponses à cette question ouverte (nucléaire, nouveaux modes de production,...). Cette analyse de la société pourrait se faire en développant nos liens avec le monde associatif et les organisations syndicales.

 

Vient ensuite fortement, à nouveau, la question du rassemblement : avec qui ? Les avis sont partagés, d'aucuns préconisant un rapprochement avec le mouvement de Benoît Hamon et/ou la France insoumise, d'autres s'exprimant pour s'y opposer. Néanmoins, beaucoup estiment que le PCF ne pouvant accéder seul au pouvoir, il conviendrait alors de travailler à un projet qui pourrait largement rassembler à gauche.

 

Alors que beaucoup jugent que la France en commun, plus qu'un projet est un programme, celui­ci est souvent qualifié de flou, peu concret et manquant d'identifiants forts pour le Parti communiste.

 

Ceci fait le lien avec des remarques assez fréquentes qui souhaitent que le Parti travaille à mieux populariser un projet qui se déclinerait ensuite en un programme concret. Le populariser dans la société mais aussi auprès des militant·e·s qui devraient être plus impliqué·e·s dans son élaboration. Le développement de la formation au sein du PCF est un souhait récurrent de même qu'une amélioration de notre communication tant dans les orientations qu'elle prend que dans une meilleure utilisation des outils numériques, notamment des réseaux sociaux.


Ill- Sur quels défis du combat communiste devons-nous travailler en priorité : autres propositions

 

Nombre de commentaires disent qu'il est difficile - voire non souhaitable - d'opérer un choix parmi les items proposés ce qui reviendrait à établir une hiérarchie entre des sujets qui sont considérés tous comme importants.

 

La notion de « monde des communs » n'est pas toujours comprise, certains la qualifiant peu ou prou de fourre-tout, de novlangue.

A noter que les réponses à cette question ouverte reprennent souvent des points proposées dans les choix offerts. Nous reviendrons ici sur ceux qui formulent des propositions complémentaires à ces choix.

 

Le commentaire  qui revient parmi les plus fréquents est lié à l'identité du PCF qui devrait redevenir le parti des classes  populaires,  le parti de  la lutte des classes  en œuvrant au dépassement du capitalisme, en mettant l'opposition capital-travail au cœur de nos propositions, tout comme l'appropriation collective des moyen de production. Ces aspects considérés comme fondamentaux ne seraient plus au centraux dans le projet, le programme du Parti,ceci appellerait un besoin de formation des militant·e·s.

 

Concernant l'écologie, il est dit que le Parti ne devrait pas « avoir peur de mettre ses propositions en avant » et d'affirmer qu'écologie et lutte contre le capitalisme sont deux sujets intimement liés.

 

Concernant la lutte contre toutes les discriminations, certain·e·s soulignent qu'il s'agit d'un point transversal qui devrait nourrir l'ensemble des réflexions du Parti. On notera que si,parfois, il est dit que le féminisme et la lutte contre le patriarcat traversent bien des champs de la vie quotidienne, qu'il s'agit d'une discrimination systémique, d'autres s'interrogent sur le fait que les luttes contre le sexisme et contre le racisme soient distinguées des autres discriminat ions.

 

Beaucoup d'annotations concernent le progrès social qui devrait être au cœur des luttes du Parti communiste : salaires, retraites, lutte contre la précarité, sécurité de l'emploi et de la formation, logement, transports, santé, protection socia le étant les exemples les plus fréquemment cités.

 

L'internationalisme est considéré comme l'un des éléments qui font l'ADN du PCF,de même que la lutte contre l'impérialisme (sortie de l'Otan), la paix et le désarmement .

 

La question de l'Europe revient également mais de manière moins récurrente que les points précédemment évoqués. Les propositions sur ce sujet sont divergentes, certains prônant la construction d'une autre Europe alors que d'autres plaident pour une sortie de l'Union européenne.

 

La question du renouveau industriel de la France revient également de temps à autres, tout comme le développement de l'économie sociale et solidaire.


IV- Pour faire le bilan de nos expériences politiques des dernières années, il est important de reprendre notre réflexion... : autres propositions

 

Sur l'analyse du bilan, de nombreux commentaires proposent de la faire sur des périodes plus longues que 2017 ou même le Front de gauche : collectifs anti-libéraux, expérience de la gauche plurielle, programme commun, voire jusqu'au Front populaire et au Conseil national de la résistance.

 

Concernant le Front de gauche, beaucoup demandent que l'on analyse bien les causes de son échec. Certains souhaitent le relancer.


La question des alliances électorales revient beaucoup. Celles-ci sont parfois jugées opportunistes alors qu'il faudrait s'allier sur des bases programmatiques. Fréquemment, les alliances sont perçues comme « à géométrie variable », les municipales de 2014 étant souvent citées en exemple. On retrouve des avis partagés sur le choix des partenaires possibles. Certains souhaitent un rapprochement avec la France insoumise alors que d'autres évoquent un large rassemblement de la gauche anti-libérale. Revient très souvent le souhait d'avoir une stratégie d'alliances cohérente.

 

Beaucoup de répondants se posent la question de la prise du pouvoir. Ici encore, c'est notre conception du rassemblement qui est interrogée. Souvent, cela s'accompagne de commentaires disant qu'il nous faut plus anticiper et nous inscrire dans une stratégie à long terme.

 

Le rôle des directions est assez souvent cité tout comme le besoin de mieux définir l'identité du Parti communiste (manque d'identifiants clairs et concrets).

 

Enfin, certains proposent de mieux analyser nos résultats électoraux, et en particulier  de s'appuyer sur les bonnes pratiques locales.


V- Consultation citoyenne, ses enseignements et les campagnes du PCF : que faut-il analyser ?

 

Les réponses à cette question montrent très nettement que par « campagnes du PCF », la plupart entendent les campagnes électorales.

 

Si un nombre significatif de réponses disent qu'il faut analyser l'ensemble des campagnes du PCF, la grande majorité des réponses montrent un souhait de se concentrer sur l'analyse des élections de 2017 : présidentielle et législatives. Si certains estiment que par sa campagne autonome, le Parti n'a pas vraiment pu exister dans cette séquence électorale, d'autres se font critiques sur le « ralliement » à Jean-Luc Mélenchon, un choix qui ne se serait opéré que tardivement. Avec pour conséquence, selon un nombre significatif de répondants, un effacement du PCF, en partie du fait de n'avoir pas présenté de candidat à l'élection présidentielle pour la deuxième fois.

 

Si certains demandent à ce que l'on réfléchisse aux causes des conflits avec Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise, d'autres disent que le PCF ne doit pas être à la remorque du PS et de la social-démocratie.

 

La question de notre conception du rassemblement est assez souvent citée ici encore pour dire que nous n'avons pas été en capacité de le faire aboutir. Le manque de visibilité du PCF et de ses campagnes est critiqué et son action est perçue comme trop calquée sur le calendrier électoral.

 

Concernant les campagnes thématiques du Parti, les actions de solidarité concrète sont très appréciées. En revanche, les autres campagnes (Zéro chômage pour une société de partage, VIème République, Europe, coût du capital) ne sont citées que marginalement et les commentaires disent parfois qu'elles ne sont pas menées avec suffisamment d'énergie, ni jusqu'au bout.

 

La grande consultation citoyenne n'est quasiment jamais citée, certains se demandant à quoi elle a pu servir.


VI- Comment créer des dynamiques majoritaires ? Autres propositions

 

Pour répondre à cette question, beaucoup pensent qu'il faut avant tout s'interroger sur ce que signifie être de gauche en 2017.

 

Pour ce qui concerne le PCF en lui-même, revient fortement ici encore le souhait d'avoir plus de visibilité, d'avoir un message plus clair, en travaillant plus sur nos contenus. Un certain nombre d'interrogations ressortent des réponses :

 

Comment faire grandir le projet communiste ?

Qu'est-ce qu'un programme révolutionnaire au 21ème siècle ?

Comment affirmer la pertinence d'un tel programme auprès des travailleurs ?

Comment redevenir un parti de masse ?

Comment être ou redevenir le partides classes populaires ?

Comment sortir du piège du présidentialisme ?

Comment, au-delà de Jean-Luc Mélenchon,travailler localement avec les militant-e-s de la France insoumise ?

 

En tout état de cause, le souhait s'exprime de formuler des propositions fortes,d'être à l'initiative plus qu'à la remorque en menant des campagnes politiques indépendantes du calendrier électoral.

 

La question de l'ouverture du Parti revient régulièrement en disant que nous devrions nous poser la question de comment s'ouvrir à la société civile, sur sa place dans notre organisation et sur comment l'accompagner dans son activité politique. Se pose également la question de savoir comment mieux tisser des liens avec le mouvement social.


VII- De qui voulons-nous être le parti ? Autres propositions

 

Beaucoup s'interrogent sur ce qui sont la/les classe(s) populaire(s). Si, bien entendu, il est largement dit que le PCF doit s'adresser à elles, nombreux sont ceux qui disent, qu'au-delà, il s'agit de mobiliser une majorité de Français, le PCF devant être le parti de toutes les bonnes volontés et être à l'écoute de toutes les catégories socia les en sachant travailler avec les acteurs du monde culturel et les intellectuels.

 

Concernant le mode d'action, revient de manière récurrente les questions de comment faire se rencontrer action citoyenne et action politique et comment (re)construire des espaces de vie politique au plus près des populations, dans les quartiers, les villes et les milieux ruraux, dans les entreprises. Sur ce dernier point, il est souvent dit que le travail d'implantation du PCF dans les entreprises doit être mené avec audace, afin que le politique agisse au cœur du système d'exploitation capitaliste.

 

Concernant les classes populaires plus particulièrement, le souhait est exprimé qu'elles soient présentes à tous les échelons du Parti,y compris dans la direction nationale. Cela pose plusieurs questions dont celle de la formation à nouveau, mais aussi des modes d'organisation pour que chacun·e trouve sa place dans le Parti. En matière d'organisation, bien des répondants s'interrogent sur la place à donner aux sympathisant·e·s au sein du Parti.

 

La place des femmes à tous les niveau est également souvent évoquée mais aussi celle de la jeunesse. Comment la mobiliser ? Comment faire pour que le PCF soit perçu comme un outil d'émancipation et que lesjeunes se reconnaissent dans son projet ?


VIII- De quel parti avons-nous besoin ? Autres propositions

 

Les commentaires les plus fréquents sont ceux qui demandent de redonner à chacun·e sa place dans le Parti, afin de pouvoir s'exprimer et de créer des initiatives, et ce en redonnant plus d'espace aux militant·e·s dans les sections et les cellules.

 

Beaucoup veulent que le Parti soit un espace de débat permanent avec une meilleure animation de la direction et une plus grande utilisation des outils numériques aujourd'hui à notre disposition. La démocratie directe pourrait être ainsi renforcée.

Ici aussi est évoquée la place et le rôle de la société civile dans les travaux du Parti, dans sa diversité pour contribuer à créer du commun.

 

Concernant les directions, il est souvent dit qu'elles devraient être à l'image de celles et ceux qu'elles représentent. La formation est là encore citée comme une démarche à développer largement afin de parvenir à cet objectif. C'est également valable afin de donner plus de place à la jeunesse.

 

De nombreux commentaires concernent la place des élu·e·s. Le PCF ne doit pas devenir un parti d'élu·e·s mais le rôle de ces derniers devrait être mieux valorisé, tant localement qu'au niveau national.

 

La question d'un éventuel changement de nom revient de manière récurrente. La quasi-totalité estiment qu'il serait inutile, inefficace, voire dangereux d'en changer. Cela ne modifierait rien sur le fond mais pourrait, au contraire, se traduire par un abandon de valeurs, d'idéologie et de références à des combats victorieux. Certains estiment que ce serait une capitulation.

 

Toutefois, de nombreux commentaires concernent l'image du PCF qu'il faudrait faire changer même si ce n'est pas simple dans l'univers médiatique d'aujourd'hui. Sont fréquemment cités comme des moyens efficaces  les outils  numériques et en particulier  les réseaux sociaux, largement utilisés par lesjeunes Français-es. En matière d'image, beaucoup souhaitent que soient mises en avant les propositions qui nous distinguent des autres partis de gauche. Certains estiment que ce changement d'image ne peut se faire sans réaffirmer notre identité communiste et révolutionnaire, ni sans s'appuyer sur des fondamentaux comme le marxisme, sur la lutte des classes.

 

Enfin, on retrouve la volonté de redonner du souffle, de la dynamique, de l'espoir et de l'utopie au Parti, et de s'appuyer sur une forte volonté de faire ensemble chez nos militant·e·s.


IX-   Premiers éléments de réflexion sur la communication et la visi bilité du Parti

 

Pour la plupart des celles et ceux qui se sont exprimé·e·s, la communication est un sujet majeur sur lequel il est jugé important que le Parti s'améliore.

 

Ainsi que cela a déjà pu être dit dans les réponses aux questions ouvertes, il importe d'avoir un message clair, simple et concis afin d'être compris par le plus grand nombre. Ceci est jugé d'autant plus important que le Parti souffre d'un manque d'espace médiatique, beaucoup ayant le sentiment que les médias audiovisuels boycottent volontairement le PCF, contrairement à d'autres formations politiques.

 

Cette lisibilité dans la communication passe notamment, cela a été évoqué plus haut, par un projet et un programme qui nous donneraient des propositions fortes et qui parlent à notre électorat. En matière de visibilité, encore, beaucoup disent qu'il faut mieux identifier nos supports (affiches,tracts,...) en y mettant le logo du Parti systématiquement et de manière plus visible qu'actuellement afin d'affirmer notre identité communiste.

 

En matière de visibilité, il est dit régulièrement que le Parti se disperse trop dans ses campagnes, trop nombreuses et pas toujours suivies.

 

En ce qui concerne nos passages dans les médias, des commentaires récurrents proposent d'élargir le nombre de nos porte-paroles : plus de place aux jeunes, valorisation du travail de nos élu·e·s (parlementaires, maires,...). Il faut y faire passer des messages clairs et percutants et ne pas hésiter à faire du buzz intelligent. Certains proposent également de créer notre propre média sur internet (web-télé,...).       

   ·

De très nombreux commentaires concernent notre usage des outils numériques. Le site web www.pcf.fr est souvent jugé de  piètre qualité. Il devrait être refondu et offrir plus d'espaces collaboratifs. La présence du Parti sur les réseaux sociaux est trop faible, que ce soit pour le PCF et sa direction ou pour les instances locales. Notre présence doit y être beaucoup plus forte, tant la direction que les communistes en général. Ceci devrait s'accompagner de formations à leur bon usage afin de les utiliser au mieux.

 

Néanmoins, le fait d'investir largement les réseaux sociaux et internet ne peut nous dispenser d'une bonne communication de terrain, en valorisant la proximité des communistes avec les Français·es à qui il faut dispenser des messages clairs. Les actions de solidarité concrètes sont souvent citées en exemple : elles illustrent dans la pratique les valeurs qui animent les communistes.


X- As-tu d'autres propositions de chantiers à traiter ?

 

Les chantiers proposés dans le document de consultation sont largement approuvés par les communistes. Les réponses à cette question ouverte reprennent pour l'essentiel ce qui a été vu dans les propositions faites plus haut. Les principales qui reviennent ici sont les suivantes :

 

  • Notre stratégie de rassemblement .

 

Les relations avec la France insoumise et Jean-Luc Mélenchon : clarifier ce point sans que pour autant cela monopolise les débats dans le Parti.

 

Trouver un mode d'organisation et de fonctionnement du Parti qui favorise l'implication du plus grand nombre de communistes.

 

Mettre plus a profit cette ressource collective.

 

Afin  d'y  contribuer, développer  la  formation  au  sein  du  Parti en ayant  des  supports adaptés.

 

Ne pas abandonner nos fondamentaux que sont le marxisme et la lutte des classes.

 

Rendre  au  Parti sa  visibilité,  notamment  en matière  de  communication, en ayant  des messages simples, compréhensibles par tou·te·s.

 

Travailler sur les marqueurs de ce qu'est le communisme du 21e siècle. Mettre en valeur ce qui nous dist ingue et fait notre originalité dans le paysage politique.

 

Donner plus de place à la jeunesse.

 

S'ouvrir plus sur la société et bien analyser la société française d'aujourd'hui.

 

Anticiper sur 2022.


XI- As-tu une autre méthode à proposer pour le congrès ?

 

La plateforme numérique est accueillie favorablement par une large majorité des répondants : elle permet à tous les adhérent·e·s de s'impliquer directement dans les chantiers et elle permettra également de suivre l'évolution des débats en temps réel.

 

Pour autant,ce n'est pas la panacée, beaucoup disant qu'il faut veiller à la fracture numérique et ne pas laisser sur le chemin les camarades n'ayant pas d'accès à internet ou ne le maniant pas facilement. Beaucoup proposent donc de multiplier les portes d'entrée des débats.

 

De même, un grand nombre estiment qu'en plus de la plateforme, les chantiers devraient proposer des réunions physiques nationales, éventuellement décentralisées en région,voire des réunions dans chaque région. Dans un même esprit, ces débats devraient également se tenir dans les sections, voire dans les cellules, afin de redynamiser leur fonctionnement, en inventant de nouvelles formes, en expérimentant.

 

Cette possibilité offerte à tou-te-s les communistes de contribuer est appréciée car le débat devrait s'organiser de la base vers la direction, soulignent de fréquents commentaires.

 

Enfin, des propositions récurrentes demandent à ce que cette première phase puisse être ouverte aux sympathisant·e·s alors que d'autres, nettement  moins nombreux, souhaiteraient que ces travaux soient du seul ressort des adhérent-e·s qui seraient également les seul-e-s à pouvoir consulter les débats sur la plateforme.

 

Concernant la base commune, on note un souhait assez fort pour une élaboration plus collective de ce texte que beaucoup souhaitent plus clair, concis et compréhensible que lors des derniers congrès. De nombreux commentaires disent également qu'il ne faudrait pas que le débat soit entièrement focalisé sur ce texte et d'éventuels textes alternatifs. Concernant ces derniers, certains souhaiteraient qu'il n'y en ait pas ou que le texte de la direction soit suffisamment rassembleur pour qu'il n'y ait pas nécessité de textes alternatifs. D'autres, moins nombreux, disent que ces textes contribuent à enrichir le débat.

 

Contribution au débat préparatoire du Congrès extraordinaire du PCF

Fermeté idéologique et ouverture au mouvement populaire tel qu’il est :

rebâtir un Parti Communiste tribun du peuple

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L’année 2017 marque pour le PCF une nouvelle étape dans le processus de recul de son influence sur les masses et de son attractivité organisationnelle, eux-mêmes conséquences d’un profond recul sur le plan idéologique et, subséquemment, dans l’analyse stratégique et tactique. C’est à cela qu’il nous faut remédier avec patience, méthode et sans idéalisme, en restant lucide sur l’état du Parti aujourd’hui et sur les difficultés objectives de la situation politique dans laquelle nous sommes placés. C’est à cela que veut contribuer ce texte de réflexion.

 

Le PCF d’hier à aujourd’hui ou la victoire de l’opportunisme

 

La déshérence idéologique du Parti l’a conduit à abandonner petit à petit aux cours de ces dernières décennies les éléments fondamentaux de la théorie révolutionnaire des communistes – le marxisme-léninisme, guide pour l’action - qui avait permis au PCF de devenir au cours du XXème siècle le premier parti ouvrier de France, en capacité de diriger, dans l’objectif de la prise du pouvoir, un front social large avec la classe ouvrière au centre.

 

Pendant 50 ans, des années 1930 aux années 1980, le PCF et ses premiers dirigeants (Maurice Thorez, Jacques Duclos, Waldeck Rochet, Georges Marchais) ont su être de véritables tribuns du peuple, défenseurs des intérêts immédiats des différentes couches du monde du travail, mais aussi faisant progresser son organisation et sa conscientisation dans l’objectif de la réalisation de ses intérêts historiques, à savoir la rupture révolutionnaire avec le système capitaliste.

 

Malheureusement, la fétichisation des succès tactiques (le Front Populaire notamment) a conduit à vouloir transformer en stratégie hors contexte une ligne conjoncturelle antifasciste: c’est ainsi qu’est né dès 1956 à l’occasion de l’anniversaire des 20 ans du Front Populaire le projet « d’union de la gauche », qui aboutira en 1972, après le congrès d’Epinay du PS qui marquait une volonté de la social-démocratie de se tourner vers le PCF.

 

Le « programme pour un gouvernement d’union populaire » était la théorisation opportuniste par le Parti de la nécessité de l’alliance stratégique avec le PS, considéré alors comme le « parti des classes moyennes », abandonnant ainsi ces « nouvelles couches salariées » au PS…., avant d’ailleurs de vouloir finalement contester l’hégémonie du PS en s’alignant sur ce dernier et au détriment de la classe ouvrière. L’alliance STRATEGIQUE avec le PS pour la « conquête du pouvoir », c’était reconnaître que le Parti ne pouvait plus être le « tribun du peuple », à savoir le porte-parole de TOUTES les couches opprimées de la société, mais qu’il était un parti comme les autres réduit à des combinaisons gouvernementales dans lesquelles - le rapport de force étant ce qu’il est sous la société capitaliste - il ne pouvait qu’être à la remorque de la social-démocratie.

 

Le déclin du Parti, dont son déclin électoral, date de cette période. De premier parti de la gauche au début des années 70, il est relégué à la seconde place en 1981 avec la victoire de François Mitterrand et réduit quasi à néant lors de l’élection présidentielle de 2007.

 

Cet opportunisme stratégique était la voie française de ce qui s’appellera « l’eurocommunisme », à savoir la volonté d’un certain nombre de partis communistes européens, dont en premier lieu le parti italien, de trouver une voie différente de celle prise par l’URSS en 1917, non seulement sur la forme (qui est toujours liée au contexte donné) mais plus fondamentalement sur le fond : à savoir la croyance qu’il pourrait y avoir désormais une « révolution » par les urnes, simplement en gagnant la majorité parlementaire avec des alliés ; la croyance que la bourgeoisie concèdera volontairement la socialisation des moyens de productions, c’est-à-dire la confiscation de ses biens.

 

Cette stratégie axée sur la conquête électorale a conduit le Parti à donner une place démesurée à ses élus, ce qui a contribué à accroître progressivement sa dépendance au système bourgeois (y compris financièrement, les cotisations des adhérents n’étant qu’une infime partie). Sans parler de la dérive de certains élus séduits par la respectabilité ou flattés par la fréquentation des ors de la république. Et lors des élections législatives de 1993, les élus communistes ont même décidé de leur autonomie de vote par rapport au Parti, rompant avec l’un des points fondateurs du PCF en 1920 au Congrès de Tours et qui en avait fait un parti différent des autres. En 1994, c’est le président de l’Association des Elus Communistes – Robert Hue - qui devient secrétaire général ; tout un symbole : les élus sont au poste de commande.

 

Cette stratégie décrédibilise le parti. Pour préserver des sièges, le parti a assoupli sa ligne pour nouer plus facilement des alliances. Pour sauver les élus, le PCF peut se priver de critiquer sévèrement certains appareils avec lesquels il a l'habitude de travailler (ex : le PS) ou encore appeler la population à faire des choix inadmissibles pour obtenir un geste en retour. Le dernier quinquennat du PS a fait considérablement souffrir le peuple et tous les élus PS sont responsables de cela. Benoît Hamon a, par exemple, été ministre au début du quinquennat durant une réforme des retraites, l'ANI, le CICE. Quand il a quitté le gouvernement, ce prétendu « frondeur » n'a jamais voté la censure contre la loi El Khomri. Pour autant, le PCF ne s'est pas gêné pour appeler Jean-Luc Mélenchon à discuter et à se rassembler avec lui à la Présidentielle... Il en est de même pour Najat Vallaud Belkacem qui a soutenu Manuel Valls à la primaire du PS et que le PCF a soutenu au second tour des législatives contre un candidat En Marche. Tous ces choix opportunistes du PCF le fait passer comme un parti comme les autres, contribue à l'effacer et à le décrédibiliser aux yeux des électeurs. Pire encore, cela crée un vide politique, empêche une réelle critique radicale du capitalisme de s'imposer et d'organiser les masses. Cela laisse donc un espace politique disponible à d'autres organisations. Espace aujourd'hui récupéré et occupé par la France Insoumise, mouvement qui a le même objectif réformiste que le PCF (la « révolution citoyenne » de Mélenchon ne diffère guère, sur le fond, de notre « processus de transformation sociale fondé sur les luttes, les batailles d’idées et les conquêtes de pouvoirs » selon la formule votée au 37ème congrès), mais qui a su s’imposer en se démarquant stratégiquement des Partis gestionnaires du système comme le PS.

 

 

Les conditions objectives dans lesquelles nous luttons :

 

contre-révolution et affaiblissement du Parti

 

Sur le plan international, la défaite du camp socialiste – et notamment de l’URSS - au tournant des années 80/90 et la virulente campagne idéologique anticommuniste qui l’a accompagné, a placé le mouvement ouvrier révolutionnaire sur la défensive partout dans le monde. Ce choc de la contre-révolution a ouvert une nouvelle période historique, refermant temporairement la période de l’ère des Révolutions ouverte en 1917. Désormais, dans cette ère contre-révolutionnaire qui a donné un coup d’accélérateur au détricotage ultralibéral de tous les conquis sociaux du siècle, il s’agit d’abord pour le mouvement ouvrier et populaire de résister et de reposer les jalons politiques et idéologiques qui permettront ultérieurement d’envisager à nouveau la perspective communiste qui s’est éloignée.

 

Ce contexte mondial contre-révolutionnaire est à prendre en compte pour mesurer à sa juste valeur toutes les manifestations de résistance à ce « nouvel ordre mondial » et de reprises partielles de la lutte pour le camp progressiste, sous des formes très diverses : grand mouvement social d’octobre-novembre 1995 en France, manifestations « altermondialistes » à Seattle en 1999 au sommet de l’OMC et à Gênes en 2001 au sommet du G8, nouveau cours progressiste en Amérique latine avec la révolution bolivarienne à partir de 1998 au Venezuela, mais aussi en Bolivie (Morales depuis 2006), en Equateur (Correa), Uruguay et même Brésil (Lula da Silva), mouvement social de 2003 en France puis victoire du Non au référendum contre le Traité Constitutionnel Européen en 2005, tentatives dans la foulée de bâtir un « front antilibéral » large... qui aboutira à la constitution du Front de Gauche en 2008/2009 puis aux 11% de Mélenchon en 2012, enfin aux 19,6% de 2017.

 

Dans le même temps, le PCF comme force militante organisée, mais aussi dans sa capacité d’influence, s’est considérablement affaibli, et cela constitue une donnée objective à prendre en compte.

 

En 1978 le Parti avait encore 565 000 adhérents (cartes distribuées), à ce moment précis de bascule politique où, pour la première fois sous la 5ème République, les socialistes ont un résultat électoral supérieur à celui des communistes (et vont donc prendre l’ascendant). Lors de la participation au gouvernement de 1981-1984, le Parti perd un quart de ses adhérents ! Il en perd plus de 41% lors de la période de la « gauche plurielle » en 1997-2002 ! Par la suite, malgré un bref léger regain, l’affaiblissement est constant. En 2016, pour le congrès, seuls


52 874 militants ont encore leurs cartes. Même les bastions historiques du Parti Communiste sont touchés par cette érosion puisqu’entre 2006 et 2016, les fédérations du Val de Marne et de Seine-Saint-Denis perdent par exemple 75% de leurs adhérents. Nationalement, en 10 ans, le Parti Communiste perd plus de 60 % de ses adhérents. Depuis le Programme commun de 1972, le Parti Communiste a perdu 83% de ses adhérents.

 

Alors qu’en 1968, le parti représentait un peu plus de 6 militants pour mille habitants, en 2016, il ne représente plus que 0,82 pour mille de la population. C’est-à-dire qu’il faut compter un militant communiste pour 1220 habitants aujourd’hui quand il y en avait un pour 150 habitants en 1936.

 

Ceci se reflète aussi dans l’influence électorale. Nous sommes passés de 28,6% en novembre 1946 à 2,7% en juin 2017, plus faible score de notre histoire (plus bas que les 4,3% de juin 2007 considérés alors comme notre pire score). Ce score de 2,7% cache, de plus, un terrible affaiblissement confinant à la marginalisation dans de très nombreuses zones du pays. 85% de nos candidats ont fait moins des 5%. Seuls 26 candidats ont fait plus de 10% mais ce qui représente 27,4% de toutes les voix du PCF montrant que nous nous réduisons sur des « bastions ». Lesquels bastions d’ailleurs sont très localisés, en fonction d’une influence communale forte (parfois liée à des personnalités), ce qui en fait certes une force localement, mais montre une faiblesse d’un parti qui n’est plus perçu comme parti national d’opposition capable de rayonner en dehors de ses bastions. Par exemple, à Grenay, mairie communiste du Pas-de-Calais, le candidat-maire obtient 38,4% dans sa commune aux législatives, mais seulement 3,5% dans la commune voisine de Bully les Mines, et moins encore dans la grande ville voisine de Liévin. Le même constat peut être fait dans bien d’autres endroits.

 

La concentration militante autour des « bastions » dresse aussi le portrait d’un parti qui est de moins en moins en capacité de rayonner sur tout le territoire comme une force vive. Ainsi, près de 20% des adhérents de la Fédération du Nord du PCF se trouvent concentrés dans la 16ème circonscription du Nord, qui ne représente que 4,5% de la population du Nord. De nombreux territoires peuplés se trouvent ainsi vidés ou avec des sections devenues incapables d’animer une véritable vie du Parti. Sans parler des cellules, qui ont disparues du paysage.

 

Parti et Front : réapprenons à marcher sur nos deux jambes !

 

Il y a urgence à reconstruire un véritable parti communiste. Il y a urgence à renouer avec l’esprit de ce que fut le parti léniniste fondé à Tours en 1920, parti de « type nouveau » en ce qu’il rompait avec toutes les habitudes et les pratiques des partis traditionnels, y compris des partis ouvriers sociaux-démocrates marqués par l’opportunisme et le parlementarisme. C’est un tel parti qui a su attirer à lui les meilleurs éléments du mouvement ouvrier organisé, fortement teinté alors par l’anarchisme, et qui a fait du PC un parti d’avant-garde lié aux éléments les plus conscients des travailleurs, avec un véritable rôle moteur qui s’exprimera magistralement dès le Front populaire.

 

 

La fermeté idéologique du parti, son esprit d’organisation et d’engagement de ses militants formés, la lutte permanente contre l’opportunisme, c’est cela qu’il nous faut retrouver.

 

Cela nécessite aussi une analyse lucide du contexte de la lutte de classe aujourd’hui : les communistes ne se paient pas de mots, savent analyser un rapport de force, dans l’objectif de surmonter nos faiblesses pour aller de l’avant. Car si notre objectif stratégique ne change pas (le renversement de la classe capitaliste et la construction d’une société socialiste-communiste), ce qui nécessite un Parti état-major de la révolution en capacité de diriger la classe ouvrière et les autres couches travailleuses de la société, il y a bien différentes manières, bien différentes étapes, liées au contexte, pour arriver à être en position de diriger le processus révolutionnaire. Et dans cet objectif, il y a parfois la nécessité de bâtir des fronts intermédiaires comme étape dans le processus révolutionnaire. Le Front Populaire – front antifasciste - en fut un, le front de la résistance à l’occupant en fut un autre. Bien entendu, les communistes devant garder en tête à chaque fois qu’il s’agit de front intermédiaire avec des alliés, et que ce n’est pas ce front qui, de lui-même, se transforme en force révolutionnaire œuvrant au renversement du pouvoir bourgeois. Le croire est une déviation de droite qui conduit à s’aligner sur les éléments droitiers du front.

 

De même aujourd’hui en 2017/2018, dans le contexte de la vague contre-révolutionnaire ultra-libérale et des contre-tendances antilibérales qui s’expriment, le Parti communiste doit bâtir une politique de front conjoncturelle avec les forces antilibérales dominantes qui s’expriment, c’est-à-dire aujourd’hui principalement la France Insoumise, au risque sinon de se couper des masses (danger du gauchisme). Sans croire toutefois que de ce front naîtra ipso facto la « révolution », ce qui constituerait une déviation de droite !

 

 

C’est autant dans les formations théoriques et dans l’amélioration du travail organisationnel que dans la bonne tenue de cette tactique de front que le Parti se reconstruira comme un parti révolutionnaire, et sera à nouveau en capacité de sortir de sa marginalité et de repartir à la conquête des masses. Hier comme aujourd’hui, réapprenons à marcher sur nos deux jambes !

 

La « France Insoumise » : émergence d’une résistance politique antilibérale de masse à prendre en compte pour un travail de front conjoncturel.

 

Face aux politiques libérales de détricotage systématique des conquis de nos parents et grands-parents (« il s’agit de défaire méthodiquement le programme du CNR » disait Denis Kessler vice-président du MEDEF en octobre 2007), les voies de la résistance sont multiples. Résistances d’abord souvent partielles, parcellaires, limitées mais points d’appui pour construire une conscience collective de la nécessité du changement de société, pour construire in fine une conscience communiste.

 

En 2005 en France, un mouvement a commencé à se structurer contre la principale force institutionnelle de la bourgeoisie en Europe : l’Union Européenne. Le peuple français refusait le Traité de Constitution Européenne et sa concurrence « libre et non faussée ». Certes, aux élections présidentielles suivantes en 2007, cette résistance unitaire antilibérale ne trouva pas d’expression commune, mais le mouvement était lancé. Et c’est dans ce contexte qu’est créé le Front de Gauche en 2009 par le Parti communiste et, principalement, le Parti de Gauche (scission antilibérale du PS). D’autres organisations se rallieront nationalement ou localement tandis qu’un certain nombre de citoyens n’appartenant pas ou n’appartenant plus à des organisations politiques se retrouvèrent dans ce mouvement. Cela donnait ainsi une traduction politique aux multitudes luttes sectorielles de résistance à la casse antilibérale (pensons par exemple, dans cette période, en octobre 2009, à la votation citoyenne pour la défense de La Poste).

 

Bien sûr, il ne s’agissait pas là de conscience claire sur le projet de société communiste à bâtir sur les ruines de la société capitaliste, mais simplement la construction d’un front de résistance contre les manifestations de cette politique de destruction de nos conquis et de marchandisation. Une première étape indispensable.

 

Un espoir renaissait dans la population avec l’idée que l’austérité n’est pas une fatalité et que tous peuvent avoir accès à des conditions de vie dignes dans notre pays. Un tribun se dégage alors comme porte-parole de ce front de résistance : Jean-Luc Mélenchon, et il en sera le candidat commun en 2012. Pour la première fois depuis 30 ans, soit depuis Georges Marchais en 1981, un candidat situé à gauche de la social-démocratie libérale atteignait un score à 2 chiffres (11%) et 4 millions de voix.

 

Ce front anti-libéral redonnait un espoir aux couches populaires pour une autre politique qui prenne enfin en compte l’être humain et non pas seulement les profits de quelques-uns. Au-delà du programme qui ouvrait une perspective rompant avec le libéralisme ambiant, un tribun se détachait pour porter avec force ces idées, faisant jeu égal médiatiquement avec les pseudos experts des médias et donc du capital. Un tribun qui savait rompre avec les organisations qui ont trahi comme le PS.

 

Jean-Luc Mélenchon a confirmé en 2017 avec 7 millions de voix et près de 20% des suffrages exprimés.

 

Ceci est la conséquence, peut-être, du contenu du programme de Jean Luc Mélenchon mais surtout de sa stratégie adaptée à la situation politique. Contrairement au PCF malheureusement, il a très bien compris ce qu'incarnait le PS pour les masses et il n'a cessé de s'en démarquer et de justifier ses désaccords avec ce parti.

 

Ainsi l’affirmation de la candidature de Jean-Luc Mélenchon dès février 2016 a d’abord permis de décrédibiliser les primaires du PS (qui se voulaient « de toute la gauche ») en traçant une ligne de démarcation entre deux gauches irréconciliables. Pour ces raisons, JLM est apparu clairement comme un candidat de rupture, le candidat du changement. Notre parti n'a pas été aussi clair, en conséquence des stratégies opportunistes électorales précédemment citées : la direction du Parti tergiversait et donnait alors du crédit aux Primaires, laissant alors le champ libre à Mélenchon, puis ce fut la recherche sans arrêt de l'union avec Hamon après que le PCF se soit pourtant prononcé en faveur de JLM…

 

Dans cette période obscure de recul social et démocratique avec l’institutionnalisation de l’état d’urgence et la répression violente qui se multiplie, soutenir à nouveau la candidature de


JL Mélenchon permettait d’affirmer l’unité du camp de la résistance, celle du front anti-libéral. Ce succès à l’élection présidentielle s’est confirmé lors de l’élection législative avec 28 députés du camp de la résistance contre 10 lors de la précédente mandature.

 

 

Ce front anti-libéral a attiré via le mouvement de la ‘France Insoumise’, non seulement des électeurs qui avaient déserté les urnes, voire plus marginalement votaient pour le FN, mais encore plus de citoyens novices ou dégoûtés par la politique qu’en 2012. Une action l’illustre : les « caravanes » dans les quartiers les plus populaires, où l’abstention est devenue la règle, pour capter l’aspiration profonde au « dégagisme » des secteurs populaires le plus éloignés de la conscience politique.

 

Le mouvement ‘France Insoumise’ a connu une réelle audience de masse mais a permis aussi de mettre en branle une nouvelle génération militante, quand bien même il reste inévitablement marqué par la prédominance des couches moyennes.

 

 

Notre Parti a vécu difficilement cette séquence électorale, présidentielle comme législative (même si, in fine, nous maintenons un nombre de 11 députés communistes).

 

La concurrence avec la France Insoumise pour les candidatures aux législatives, dont le PCF et la FI sont mutuellement responsables, a entraîné un climat exécrable entre militants qui, pourtant, ont besoin aujourd’hui, d’unité dans la lutte contre ce gouvernement libéral.

 

Pour nous, il ne sert à rien de réécrire l’histoire, et de chercher des responsabilités ailleurs qu’en notre sein. Bien sûr, la liste est longue des vexations subies. Mais ce n’est pas Mélenchon qui a marginalisé le PCF, c’est le PCF qui s’est lui-même marginalisé par deux décennies (au bas mot) de suivisme opportuniste du PS, nous emportant au final dans la vague « dégagiste » qui exprime une profonde aspiration au renouveau. C’est cela qu’il faut corriger.

 

Il est vain de passer son temps à critiquer tel ou tel geste ou parole de Mélenchon ou de la FI.  Ceci est également contreproductif compte tenu des choix de notre organisation qui sont plus que discutables. Il y a aujourd’hui un rapport de forces objectif qui place la France Insoumise en première position des forces antilibérales. Il faut en tenir compte pour nous positionner et aller de l’avant.

 

Soutenir la candidature de Jean – Luc Mélenchon : une erreur ?

 

Pour beaucoup de camarades, les mauvais résultats du parti aux législatives sont dus au fait que nous nous sommes effacés à la Présidentielle derrière Jean – Luc Mélenchon. Toutefois, le PCF, en étant décrédibilisé par ses mains tendues au PS, à côté d'un Jean Luc Mélenchon beaucoup plus clair et cohérent, n'aurait pas été plus visible et n'aurait pas obtenu de meilleurs scores. D’autant plus qu’il n’apparait pas comme voulant quelque chose de fondamentalement différent (« la France en commun » par rapport à « l’Avenir en commun », ce sont des différences pour spécialistes, pas pour le grand public). Par ailleurs, compte tenu de la menace ultra-libérale incarnée par Emmanuel Macron et de la menace fasciste incarnée par Marine Le Pen, nous avions besoin d'un rassemblement sur des bases claires (c’est-à-dire en dehors du PS, parti porteur de l’héritage de Hollande). La division n'aurait pas été pertinente.

 

D'autres camarades soulignent les limites de Jean – Luc Mélenchon qui ne propose que des réformes progressistes et non le renversement du capitalisme. S'il est vrai que son programme n'est pas notre projet sur le long terme, sur le court terme il est l’expression d’une étape de résistance aux politiques libérales et liberticides. Soutenir la candidature de Jean Luc Mélenchon, faute de l'existence d'un vrai parti communiste en capacité de jouer son rôle de tribun du peuple avec une audience de masse, permettait donc de contribuer à la conscientisation politique des masses et à la construction d'un rapport de force mobilisable pour mener de futures luttes.

 

Ce n'était en rien une erreur.

 

Ce choix n'empêchait pas, ce choix n’empêche toujours pas de réfléchir à notre propre organisation et à sa reconstruction, à l’opposé justement de la dissolution dans le mouvementisme insoumis.

 

Le redressement révolutionnaire du Parti communiste ne s’oppose pas à l’unité d’action avec la FI

 

Notre Parti ne pourra pas se redévelopper comme parti communiste révolutionnaire sans rompre, non seulement avec l’opportunisme, mais aussi avec le sectarisme.

 

Rompre avec le sectarisme, c’est partir du constat que le Parti est aujourd’hui une composante seconde du mouvement ouvrier et populaire, du mouvement de résistance antilibérale, et qu’il doit regagner ses galons et la confiance des classes populaires s’il veut un jour redevenir la force dominante du mouvement ouvrier et populaire qu’il fût. Pour cela, le PC ne doit pas s’isoler du mouvement de masse mais travailler au coude à coude avec la FI notamment, malgré toutes les difficultés. On ne fuit pas devant une difficulté, on s’y confronte.

 

Nous devons dresser une seule ligne de résistance pour faire barrage à l’ennemi ! Le Parti ne doit pas chercher à bâtir son propre « front de résistance » centré autour de lui, en concurrence avec les autres dynamiques de résistance populaire à l’œuvre, mais participer, avec son identité, au front large de résistance même quand il est impulsé par la FI. C’est dans le combat commun que nous devons faire nos preuves, c’est dans le combat commun qu’éventuellement nous montrerons à terme notre capacité à reprendre le leadership. Il en a toujours été ainsi du travail communiste dans le mouvement syndical ; il doit en être de même sur le terrain plus directement politique, même si cela bouscule nos habitudes de travail, nous qui avons été habitués depuis des décennies à être la force principale de la contestation sociale sur le plan politique. Cela n’est pas simple, parce ce que justement la France Insoumise a tendance à ne pas vouloir travailler à l’unité d’action avec le PCF. L’unité est un combat !

 

Travailler à l’unité d’action, ne veut pas dire, bien sûr, de se refuser à être à l’initiative, notamment sur des sujets et thématiques non prises en charge par la France Insoumise. Nous devons continuer à développer nos propres actions ; tout en cherchant donc l’unité dès que c’est possible et nécessaire.

 

Unité n’est pas suivisme !

 

Rompre avec l’opportunisme et reforger un Parti communiste sur ses bases de classe (avec sa théorie révolutionnaire) est cependant la condition sine qua non pour ne pas sombrer dans le suivisme vis-à-vis de la FI. Dans l’unité d’action immédiate avec la FI et les masses mobilisées par la FI, les communistes doivent être ceux qui visent plus loin, qui cherchent à approfondir la rupture antilibérale jusqu’à une rupture anticapitaliste. Nous devons nous inspirer de ce que Marx et Engels indiquaient dans le Manifeste en 1848, bien sûr en nous adaptant à la situation actuelle :

 

« Quelle est la position des communistes par rapport à l’ensemble des prolétaires ? (…) Ils n’ont point d’intérêts qui les séparent de l’ensemble du prolétariat. (…) Les communistes ne se distinguent des autres partis ouvriers que sur deux points : 1. Dans les différentes luttes nationales des prolétaires, ils mettent en avant et font valoir les intérêts indépendants de la nationalité et communs à tout le prolétariat. 2. Dans les différentes phases que traverse la lutte entre prolétaires et bourgeois, ils représentent toujours les intérêts du mouvement dans sa totalité. (…) Pratiquement, les communistes sont donc la fraction la plus résolue des partis ouvriers de tous les pays, la fraction qui stimule toutes les autres ».

 

Ainsi, dans la lutte de masses (y compris donc la lutte menée par la FI comme force politique dominante de l’antilibéralisme), notre Parti ne pourra se développer sans une ligne claire.

 

Améliorer notre programme, notamment sur l’Europe

 

Cette ligne claire doit s’appuyer tout d’abord sur la rupture avec les politiques austéritaires et les partis porteurs de cette politique. Il n’y a pas de notion de « gauche » qui justifierait de sauver le PS par exemple, c’est le contenu qui prime : il faut rompre avec les partis (notamment le PS) qui refusent de remettre en cause l’étranglement financier et la confiscation de souveraineté que nous impose les différents traités européens.

 

Alors que le Parti était historiquement le fer de lance de la lutte contre la construction européenne, faisant échouer en 1952 la CED (Communauté européenne de défense), contre la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier, le « Marché Commun » et sa PAC, qui ont vu la fermeture des mines au profit de l’Allemagne, la disparition progressive de nos petits agriculteurs et donc d’une production soucieuse d’une certaine qualité pour les consommateurs, alors qu’en 1992 notre Parti menait encore fermement la lutte contre le Traité de Maastricht (contre tous ceux qui croyaient alors au mythe de l’Europe sociale, dont d’ailleurs Jean-Luc Mélenchon à l’époque), nous avons connu depuis une « mutation » idéologique, nous ralliant à l’Europe du capital (que l’on veut simplement réformer), « Union Européenne » étant conçue comme un cadre indépassable.

 

Or, en termes de résistance au libéralisme, comment peut-on imaginer mener une politique en faveur du peuple quand le carcan européen nous enserre et nous astreint à l’austérité éternellement renouvelée ? Aujourd’hui, les coups ne font que pleuvoir contre le peuple travailleur : sécurité sociale, code du travail, retraites, salaires, emploi, industrie,… tout est en recul avec la bénédiction des vautours bruxellois. L’Europe sociale est une illusion dangereuse, inatteignable tel le remplissage du tonneau des Danaïdes.

 

Le Parti cède une fois de plus aux sirènes sociales-démocrates repoussant ainsi, de fait, toute perspective de progrès social pour le peuple français et aliénant sa souveraineté aux intérêts du capital financier. De plus, s’accrocher au mirage européen nous éloigne des classes populaires. Sur le terrain eurocritique, c’est par ailleurs un comble de laisser l’initiative à la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, lors de la campagne présidentielle (mais avec d’ailleurs une inflexion en fin de campagne qui lui a peut-être coûté des voix), ayant lancé le slogan « L’UE, on la change ou on la quitte » qui posait nettement la question du « Frexit » que fuit l’actuelle direction du Parti acquise à l’idéologie européiste.

 

Se battre pour la rupture avec les traités européens qui nous étranglent, c’est desserrer l’étau, replacer la lutte dans le cadre national qui est le cadre accessible pour faire avancer notre lutte jusqu’à la prise du pouvoir révolutionnaire. Comme le disaient déjà Marx et Engels en 1848 dans le Manifeste : « Comme le prolétariat de chaque pays doit, en premier lieu, conquérir le pouvoir politique, s’ériger en classe nationalement dirigeante, devenir lui-même la nation, il est encore par là national, quoique nullement au sens bourgeois du mot ».

 

La souveraineté nationale, faut-il le dire, n’a au demeurant jamais été antinomique avec la coopération fraternelle entre les peuples. Que ce soit la lutte des peuples pour leur libération du colonialisme ou le socialisme, c’est toujours ce cadre qui a dicté les contours de la lutte et permit des victoires. La prise de conscience nationale d’un peuple opprimé permet de ramener la lutte pour l’émancipation contre son exploiteur immédiat : la bourgeoisie qui le dirige. Aujourd’hui encore, la défense de la souveraineté nationale contre l’impérialisme est fondamentale :  Yougoslavie, Irak, Afghanistan, Mali, Libye, Syrie, demain le Venezuela….  autant de pays où les dirigeants des grandes puissances impérialistes (dont la France) condamnent des gouvernements qu’ils qualifient de dictatoriaux pour venir imposer leur conception de la « démocratie » à coup de bombes.

 

Le résultat est probant… mais pour nos multinationales, car les peuples de ces pays sont plongés dans le chaos, divisés entre ceux qui obtiendront le meilleur accord avec l’exploiteur impérialiste pour asseoir leur baronnie locale. De ces états unifiés, il en ressort souvent des peuples divisés et en guerre interne pendant que nous pillons leurs richesses en toute impunité. Nous dénonçons justement avec vigueur les attentats des fascistes de Daesh sur notre territoire mais cela ne dérange pas notre gouvernement de les armer contre le président légitime que s’est choisi le peuple syrien. Apporter la paix dans un pays qui n’était pas en guerre à coups de bombes est une conception assez particulière de la démocratie. Plus que jamais nous devons dénoncer ces formes néo-coloniales de domination qui sèment l’instabilité et conduisent le monde perpétuellement au bord de la troisième guerre mondiale. La lutte anti-impérialiste est un des marqueurs identitaires des communistes. Nous devons être à l’avant-garde sur ce terrain-là où, au demeurant, la France Insoumise sera plus hésitante ou traversée de contradictions.

 

Camarades,

 

Nous assistons à un recul social d’une ampleur inégalée, non du fait de catastrophes naturelles contre lesquelles l’homme n’a pas de technologie adaptée, mais du fait de l’accaparement des richesses par une minorité laissant des populations entières dans le dénuement le plus total. Quels reculs ! Les bidonvilles renaissent dans nos quartiers, les guerres impérialistes se multiplient et sous couvert de « démocratie », la France tue des enfants, des femmes et des hommes, des maladies que l’on pensait éradiquée comme la tuberculose reviennent dans les quartiers les plus pauvres, l’espérance de vie en bonne santé recule ! Et ceci ne concerne pas des pays dits « en voie de développement » mais bien la 5ème puissance économique mondiale.

 

Face à cela, la résistance peine à s’organiser. L’ultra-libéralisme sans cesse renouvelé réussit encore à faire illusion et la menace fasciste est toujours en embuscade.

 

Nous sommes communistes et œuvrons à l’avènement de la société socialiste-communiste développée où les travailleurs auront directement le pouvoir, perspective historique indispensable car le capitalisme comme système social est en voie de putréfaction et épuise les hommes et la nature pour les profits honteux d’une infime minorité. Seule la socialisation des moyens de productions et d’échange sous le contrôle des travailleurs permettra de bâtir une société où les besoins de chacun seront satisfaits, non pas du fait de la fortune de leur naissance mais simplement du fait qu’ils sont nés et contribuent à la vie collective. Seule une telle société qui abolira la concurrence entre les travailleurs, arme du capital pour maintenir son oppression, permettra de développer une politique pacifique de coopération avec les autres Etats.

 

Mais cette perspective historique nécessite de bâtir le front de résistance au capital en partant des luttes quotidiennes d’aujourd’hui, toutes partielles ou partiales soient-elles. C’est dans ce travail de résistance quotidienne, aux côtés des autres forces qui la mènent, syndicales mais aussi politiques comme la FI, que notre Parti se reconstruira comme force motrice de la lutte des masses et regagnera, grâce à l’exemplarité des militants communistes, son rôle d’avant-garde sur le plan politique et idéologique. C’est ainsi que le Parti communiste retrouvera son rôle de tribun du peuple que l’opportunisme nous a fait perdre !

 

100 ans après la glorieuse révolution soviétique, prendre de telles résolutions, c’est le plus bel hommage à rendre à ces militants, connus ou inconnus, qui pendant un siècle ont semé les graines de l’espoir d’un monde meilleur pour tous !

 

Le 23 novembre 2017

 

Texte à l’initiative de :

Matthieu Cauvin (section d’Orchies - 59)

Quentin Le Matt (section de Lille – 59)

Florence Pin (section de Valenciennes – 59)

 

Camarades, si vous souhaitez co-signer ce texte, écrivez à : « Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. »

 

Ce texte peut être amélioré, enrichi, comme nous le proposent déjà des camarades qui en partagent l’orientation. Merci de faire vos propositions pour qu’on en tienne compte dans une seconde publication en janvier avec la liste actualisée des signataires.

 

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