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Politique francaise

Macron veut remplacer le code du travail par le code du capital Pierre, du site « Le vent se lève »

 

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Les ordonnances Pénicaud s’inscrivent dans la continuité d’un vaste projet patronal de précarité de masse, sous couvert de lutte contre le chômage de masse. Le Code du Travail s’en trouve menacé. Le gouvernement tente de maquiller, derrière une communication axée autour de la modernité et de la liberté, une politique déjà datée qui ne servira en bout de course que les grands intérêts industriels et financiers. Et au détriment des conditions de travail et de la rémunération des travailleurs.

 

Des poncifs faussement modernes

 

Muriel Pénicaud affiche sa volonté de « rénover le modèle social français » qui, selon elle, « ne répond pas bien aux grands enjeux de notre temps ». Il faut « prendre en compte l’évolution du monde du travail », nous dit-elle, car « l’économie française a évolué ».

 

« La mondialisation, la transformation numérique, les nouvelles attentes [ndlr, lesquelles ?] des salariés […] et les besoins [ndlr, lesquels ?] des entreprises pour croître et créer des emplois » nous auraient donc propulsés dans un monde complètement « nouveau » auquel notre code du travail centenaire ne serait plus du tout adapté. En résumé, le code du travail, c’était bien avant mais il faudrait passer à autre chose.

 

Mais qu’est-ce que Madame Pénicaud reproche au juste au code du travail ? C’est assez simple : l’ancienne DRH de Danone le dépeint comme un carcan « qui, en gros, n’est fait que pour embêter 95% des entreprises et sanctionner les 5 % qui ne se conduisent pas dans les règles ».

 

Sous le vernis de la modernité, Muriel Pénicaud tient en réalité un discours aussi vieux que le code du travail lui-même, instauré en 1910. Les arguments du personnel politique pro-patronat de l’époque contre le code du travail étaient déjà les mêmes : « Vos lois sociales coulent une industrie déjà fragile ! », lançait en 1909 le sénateur Eugène Touron à René Viviani, le ministre qui a porté la loi instaurant le code du travail à l’époque. La bataille autour du code du travail, ce n’est pas le vieux monde contre le nouveau monde ; c’est le conflit continu entre le capital et le travail.

 

Un code du travail presque accusé d’être liberticide

 

« Liberté », Madame Pénicaud n’a que ce mot à la bouche. Et elle la promet aux patrons et aux travailleurs : Liberté « d’entreprendre, de créer, d’aller rapidement à la conquête des marchés, ce qui veut dire se réorganiser rapidement, liberté de négocier des règles avec des syndicats, liberté d’investir sur cette innovation sociale » pour les uns. Liberté de « participer plus aux décisions de l’entreprise, de choisir une formation, de choisir son métier voire d’entreprendre » pour les autres.

 

Elle leur promet également la sécurité. « Plus de liberté, plus de sécurité », voilà le nouveau slogan du concept déjà usé de « flexisécurité ». C’est la « complexité », l’« épaisseur », la « rigidité » du code du travail qui brideraient ainsi la liberté des entreprises et des travailleurs et qui mettraient à mal leur sécurité. Selon le premier ministre, le code du travail « est aujourd’hui relativement complexe, épais ». De même, il ne croit pas « qu’il puisse venir à l’esprit de quiconque de le décrire par son extrême simplicité ou par la capacité qu’il aurait eu à effectivement protéger les Français qui travaillent ».

 

Il s’en faut de peu que le gouvernement n’accuse le code du travail d’être liberticide. En tout cas, à les entendre, il constituerait l’un des « freins à l’emploi ». Ainsi, en guise d’exemple, la ministre du travail explique que « l’incertitude » liée au « manque de clarté des règles et sanctions […] dissuade les petites entreprises d’embaucher ou de transformer des CDD en CDI ». Muriel Pénicaud estime en toute logique que sa réforme, combinée à d’autres mesures, contribuera à faire baisser le chômage. Là encore, cet argumentaire n’a rien de nouveau.

 

Jacques Le Goff, professeur émérite de droit public, rappelle qu’en 1910, les partisans de l’orthodoxie libérale s’opposaient à l’instauration du code du travail. Et ce, « par réticence de principe à tout droit du travail réputé entraver le libre fonctionnement du marché en finissant par se retourner contre ses destinataires par un effet pervers constamment souligné ». Leur argument pouvait se résumer par la formule « Plus de droit du travail, moins d’emplois ».

 

Et Jacques Le Goff d’ajouter : « Tel est l’argument dont on mesure la remarquable constance à travers une histoire qui l’infirme crûment ». En effet, cet argument tient plus de la croyance et du dogme que d’une démonstration par les faits. Dans l’émission C dans l’air (France 5), à la question d’un téléspectateur « Y a-t-il des exemples de dérégulation du travail ayant permis de réduire le chômage et la précarité des salariés ? », le silence gêné des « experts » majoritairement libéraux sur le plateau en dit long… « Non, non, à ma connaissance » finiront-ils par lâcher.

 

Un rapport de force défavorable au salarié sciemment occulté

 

Le grand absent dans le discours de Macron, c’est le rapport de force défavorable au salarié dans les négociations. Un rapport de force structurellement défavorable au salarié en raison du lien de subordination qui l’unit à l’employeur que le contexte de chômage de masse et le chantage à l’emploi qui en découle, viennent accentuer. Or, Macron et ses soutiens mettent sur un même pied d’égalité salariés et patrons et misent sur « l’innovation sociale » des individus. Dans la bouche des néolibéraux, c’est tout un lexique qui gomme méthodiquement l’antagonisme entre le travail et le capital et masque leur projet politique au service des intérêts capitalistes.

 

On ne dit pas lutte sociale mais « dialogue social » où l’on discute entre « partenaires ». On ne dit pas patronat mais « les entreprises ». Le gouvernement de Valls n’était pas pro-patrons mais pro-business en anglais dans le texte et il aimait l’entreprise, pas le capital. La précarité devient de la flexibilité. L’égalité de droits entre les salariés ? Non, la « rigidité du droit du travail » !

 

De même, ne dites pas libéralisme économique, parlez plutôt de « modernité » et de « liberté ». Ne dites pas « uberisation » mais plutôt « mutation du travail ». Rigide/flexible, moderne/archaïque, pragmatique/idéologue, ouvert/fermé, contestataire/réformiste sont autant de clivages invoqués à tort ou à travers pour occulter le clivage fondamental entre le capital et le travail.

 

Un accord d’entreprise ne peut déroger aux accords de branche que s’il améliore la condition des salariés, lesquels accords de branche ne peuvent déroger au code du travail que s’ils améliorent les conditions des salariés : c’est le principe de faveur. C’est le fruit de plus d’un siècle d’âpres luttes sociales, syndicales et politiques qui ont permis de déplacer bon nombre de négociations hors du cadre de l’entreprise où le rapport de force est le plus exacerbé, afin de garantir un minimum d’égalité de droits d’ordre public entre tous les travailleurs (35 heures, congés payés, etc.).

 

On a ainsi érigé une hiérarchie des normes, avec, à son sommet, le Code du travail, qui s’applique de la même manière dans toutes les entreprises dès lors qu’il s’agit d’un domaine dit d’ordre public. Qu’est-ce que le progrès social ici si ce n’est d’étendre ces domaines d’ordre public en favorisant le plus-disant social ? Les ordonnances Pénicaud et d’autres lois qui les ont précédées, vont dans le sens exactement inverse puisqu’il est prévu, au contraire, de restreindre les domaines dits d’ordre public.

 

Ainsi, les 5 ordonnances Pénicaud permettront demain que des accords de branche sur la durée, le nombre de renouvellements et le délai de carence des CDD prévoient des règles plus défavorables aux salariés que ce que leur accorde le Code du travail. Les CDI de chantier pourront également être introduits par accord de branche dans tous les secteurs. Dans la même logique, la nature, le montant et les règles des primes (d’ancienneté, de vacances, de garde d’enfant, etc.), aujourd’hui fixés par les conventions collectives, pourront désormais être négociés entreprise par entreprise. Aussi, l’agenda social des négociations, le contenu et les niveaux de consultation seront désormais déterminés par les entreprises et non plus par les branches.

 

Les ordonnances Pénicaud multiplient donc les dérogations au principe de faveur dans de nombreux domaines. Elles amplifient ainsi un mouvement d’inversion de la hiérarchie des normes qui place, dans de plus en plus de domaines, l’accord d’entreprise au centre de la législation du travail, au détriment des conventions collectives et du code du travail. En fait, il s’agit d’une sorte de retour en arrière graduel vers l’époque où le code du travail et les conventions collectives n’avaient pas encore été arrachés au patronat.

 

Nier le rapport de force défavorable aux travailleurs, c’est aussi remettre en cause et affaiblir le rôle des syndicats dans la défense des intérêts des travailleurs. Les ordonnances Pénicaud prévoient notamment que, dans les entreprises de moins de 50 salariés, le patron puisse signer un accord d’entreprise sur tout type de sujet avec un employé non mandaté par les syndicats, voire non élu dans les TPE de moins de 20 salariés, alors que jusqu’ici, seul un délégué syndical pouvait signer un accord. Dans les entreprises de moins de 20 salariés, après négociations, le patron pourra toujours soumettre l’accord à referendum sur n’importe quel sujet et non plus seulement dans quelques domaines (travail dominical). Par ailleurs, le comité d’entreprise, le CHSCT (hygiène et sécurité) et les délégués du personnel fusionneront en un seul et même « comité social et économique ».

 

Et puisque l’employé est mis sur un même pied d’égalité que l’employeur, le délai de recours aux prud’hommes sera limité et ramené à 1 an pour tout type de licenciement, et les indemnités prud’homales en cas de licenciement abusif seront plafonnées. Les employeurs pourraient ainsi plus sereinement « budgéter » des licenciements illégaux.

 

Ce qui menace les conditions de travail et la rémunération des travailleurs, c’est le poison lent du nivellement par le bas ("dumping social"). Pour rester dans la course, les entreprises devront s’aligner sur leurs concurrents qui auront réussi, grâce notamment au chantage à l’emploi, à obtenir de leurs salariés, par accord d’entreprise, qu’ils acceptent les conditions de travail et de rémunération les plus "compétitives", c’est-à-dire les plus précaires.

 

Une loi qui s’inscrit dans un projet global de « précarité de masse »

 

Muriel Pénicaud détaille le plan d’attaque du gouvernement dans le JDD : « Cette réforme, ce n’est pas seulement celle du Code du travail, mais c’est un ensemble : droit du travail, retraites, pouvoir d’achat, apprentissage, formation professionnelle, assurance chômage. Quatre de ces réformes sont dans mon champ de responsabilité. Aucun de ces six éléments ne peut se comprendre sans les autres. C’est un Rubik’s Cube : on ne réussit pas un côté sans réussir l’autre. ».

 

En effet, ces ordonnances ne sont que la énième étape d’un grand projet patronal de "précarité de masse" qui suit son cours et dans lequel s’inscrivaient déjà les lois Macron et El Khomri. Au nom de la lutte contre le chômage de masse, les gouvernements pro-patronaux qui se succèdent accompagnent un grand mouvement de précarisation généralisée des conditions de travail et de rémunération.

 

Dans une note pour la banque Natixis, Patrick Artus s’inquiète d’une possible « révolte des salariés » face aux « inégalités des revenus toujours plus fortes, la déformation du partage des revenus en faveur des profits, la hausse de la pauvreté, la faible hausse du salaire réel depuis 2000 et la hausse de la pression fiscale ». Cette révolte aboutirait à une hausse des salaires. Celle-ci bénéficierait aux ménages, mais pas aux actionnaires, ni aux finances publiques, ni aux grands groupes.

 

Il n’est donc nul besoin d’être marxiste pour constater que salariés et actionnaires ont des intérêts contradictoires. Les gouvernements "pro-business" ont conscience de cet antagonisme social bien qu’ils l’occultent volontairement, voire le nient dans le débat public ; c’est la raison pour laquelle ils procèdent graduellement par "réformes" successives. Le voilà, leur pragmatisme.

 

 Richesse et pauvreté en Allemagne

L’une des sources d’inspiration de Macron, c’est l’Allemagne où, avec les lois Hartz, le chômage de masse dans les statistiques a été remplacé par une précarité de masse dans les foyers suite à la prolifération de l’infra-emploi (temps partiel subi, mini-jobs, etc.). On mesure aujourd’hui l’ampleur des dégâts sociaux d’une telle politique : la hausse de la pauvreté est telle outre-Rhin que même le FMI, cheval de Troie du néolibéralisme dans le monde, s’en est inquiété et a alerté Berlin en mai dernier.

 

Tel est l’horizon de la « modernité » d’Emmanuel Macron et de Muriel Pénicaud. Parce que c’est leur projet.

 

Tiré du site "Le vent se lève"

 

Crédit photos : 

 

http://www.rtl.fr/actu/politique/pierre-gattaz-les-patrons-sont-les-heros-du-pays-emmanuel-macron-fait-de-la-pedagogie-7781470626 

http://www.europe1.fr/politique/muriel-penicaud-la-complexite-ca-protege-pas-mieux-les-salaries-3384428

http://www.liberation.fr/france/2017/05/17/muriel-penicaud-une-patronne-au-ministere-du-travail_1570187

http://foed.over-blog.com/2017/05/reforme-du-code-du-travail-meme-bruxelles-estime-que-macron-n-en-a-pas-besoin.html

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/code-du-travail-le-grand-bazar-177132

http://www.kiosque.leparisien.fr/

https://www.monde-diplomatique.fr/cartes/allemagne-riche-pauvre

 

Une intéressante analyse de spécialistes des placements… le gel des comptes bancaires est-il prévu?

 

23 Août 2017

Vers une nouvelle crise des subprimes ? Comme le faisait remarquer Bernie Sanders, ce que l’on craignait du communisme qu’il nous prenne nos maisons, nos économies, le capitalisme est en train de le réaliser…

 

(note de danielle Bleitrach)


 

LES NOTES DE SIMONE WAPLER

Simone Wapler

Déposant bien enfermé = déposant facilement plumé

 

Hier, je vous parlais du gel des dépôts bancaires. La Communauté européenne voudrait mettre en place une loi spoliatrice afin de protéger les privilégiés du système actuel, les détenteurs d’une licence bancaire.

 

Avoir une licence bancaire permet à certains de prêter de l’argent qui n’existe pas encore et de réclamer des intérêts. Les « risques », c’est-à-dire la perte des fonds propres des actionnaires, sont couverts par une banque centrale et/ou des gouvernements qui détiennent le pouvoir de pressurer des contribuables.

 

Les profits (l’encaissement des intérêts) sont pour les banquiers.

Ce système profite en premier lieu aux financiers mais aussi aux politiciens qui y trouvent un moyen de financement de leurs promesses électorales et leurs dépenses de redistribution. On ne mord pas la main qui vous nourrit et les banques prêtent volontiers aux gouvernements dépensiers.

 

Ce système est fondamentalement inflationniste car il multiplie la « monnaie », le crédit. Une partie des profits engrangés vient gonfler les fonds propres. Les prêts étant un multiple des fonds propres, le crédit se multiplie.

 

10 ans plus tard, encore plus de crédit et toujours plus subprime

 

2008 était une crise de surendettement et de solvabilité. 10 ans plus tard, l’endettement a été encore multiplié et la solvabilité se dégrade (solvabilité que vous pourriez, dans un premier temps, assimiler à la croissance).

 

Voici quelques chiffres pour illustrer mes propos.

 

  • L’endettement mondial vient d’atteindre 217 000 Mds$ alors qu’il n’était que de 142 000 Mds$ il y a 10 ans.
  • Dans ces derniers 12 mois, la dette américaine a augmenté de 2 000 Mds$
  • Le shadow banking, la finance pratiquée par des établissements non bancaires, atteint 100 000 Mds$ alors qu’elle ne pesait en 2007 « que » 50 000 Mds$.
  • La foi aveugle dans la doctrine keynésienne a permis de donner 5 000 Mds$ pour sauver les banques zombies et 40% du PIB mondial ont été injectés en plans de relance divers.
  • Dans le même temps, le Dow Jones a triplé depuis son point bas de 2009, l’indice Nasdaq a quadruplé.

En 10 ans, la croissance a-t-elle fait des flammes, les résultats des entreprises et les revenus des ménages se sont-ils envolés ?

Non.

 

Les revenus des ménages stagnent comme les salaires et les actions des entreprises se payent à des prix exorbitants en regard de leurs bénéfices. 3 $ ou 3 € de dette publique achète misérablement 1 $ ou 1 € de PIB supplémentaire. En France, par exemple, la production manufacturière reste à un niveau 10% inférieur à celui qu’il était en 2007. Elle a baissé aussi en Italie, en Espagne, au Royaume-Uni. Elle est quasi identique en Allemagne.

 

Sans croissance, comment rembourser les intérêts des prêts ?

 

Créances douteuses et déflation

 

En réalité, le stock de créances douteuses gonfle inexorablement tandis que les contribuables sont exsangues…

 

Le schéma est le suivant :

 

Les banques prêtent de l’argent qui n’existe pas encore

 

Elles perçoivent des intérêts

 

Les intérêts et les plus-values perçues sur les hausses des actifs résultant du crédit facile viennent gonfler les fonds propres

 

Les banques peuvent donc prêter encore plus car leur licence bancaire leur permet de prêter de 10 à 30 fois leurs fonds propres.

Mais si des prêts ne sont pas honorés, que se passe-t-il ? C’est l’horrible (vous dit-on) déflation.

 

Le crédit ne gonfle plus, il diminue

 

Il y a moins d’acheteurs potentiels pour une même chose

 

Les prix surgonflés de l’immobilier, des actions et des obligations baissent

 

Les banques affichent des pertes

 

Les fonds propres sont amputés

 

Les banques sont techniquement en faillite

Créances douteuses -> pertes pour les banques -> danger pour le système -> pression fiscale ou spoliation à l’horizon pour vous car vous devez sauver ce système absurde qui vous ruine.

 

184 kerviels de créances douteuses dans les banques européennes

 

Quelques autres chiffres, cette fois sur les créances douteuses :

 

Les Echos du mardi 1er août citent une étude du cabinet comptable Deloitte et mentionnent 921 Mds€ pour la Zone euro. C’est 184 kerviels !

 

Les instances souhaitent que les banques se débarrassent de ce fardeau en les revendant sur le marché ou même en évoquant la constitution d’une bad bankeuropéenne (sur ce sujet, voir Bad banks et vilains secrets).

 

Les banques devraient sortir de leurs bilans 100 Mds€ cette année. Mais, selon Deloitte, elles sont très en retard. Normal, personne ne se bouscule pour reprendre le fardeau et tout le monde espère qu’il terminera dans un dépotoir bilan de banque centrale.

 

Les conditions économiques sont tellement riantes que des banques espagnoles et italiennes ont à nouveau dû être nationalisées, sauvées, « rachetées ».

 

Vous comprenez donc la nécessité de finaliser une législation qui permettra de prolonger encore la vie des banques zombies et de l’escroquerie du système monétaire actuel.

 

Interdiction du cash et gel possible des dépôts en cas de crise, tout sera alors en place pour vous faire payer la prochaine crise.

 

Bien entendu, les medias présentent ces législations (Sapin 2, gel des dépôts, bannissement du cash) sous des angles flatteurs.

Capital :

« Cette réflexion sur un potentiel gel des retraits ne part pas d’une mauvaise intention, au contraire. Il s’agit en effet d’éviter que des banques déjà en difficulté ne se retrouvent définitivement plombéespar des retraits massifs, qu’elles ne seraient pas capables d’honorer.

 

‘Geler les retraits lorsqu’une banque est au bord du gouffre pourrait permettre d’éviter sa faillite. Si l’établissement venait à sombrer, les clients risqueraient alors bien pire, c’est-à-dire de perdre tous leurs dépôts au-delà de la garantie de 100 000 euros’, rappelle Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne, un think tank. Sans compter que cette fameuse garantie de 100.000 euros reste très hypothétique,comme nous l’avons déjà souligné…« 

Ce n’est pas une « mauvaise intention, au contraire » que de vouloir sauver les banques au détriment des déposants.

 

Capital, toujours :

« Mais tous ne voient pas cette mesure d’un si bon oeil. L’Association des marchés financiers européens (AFME), qui compte à son comité de direction des hauts responsables de nombreuses banques (BNP Paribas, Goldman Sachs, Credit Suisse…) a ainsi fait part dans un rapport publié en juin de ses craintes qu’un tel mécanisme ait l’effet inverse à celui espéré, en poussant les clients des banques à retirer leurs billes encore plus précocement. »

La fuite des déposants, la grande angoisse… D’où la guerre contre le cash, les espèces.

 

Déposant bien enfermé = déposant bien ponctionné.

 

Ceci dit, les autorités jouent avec le feu car les cryptomonnaies ont fait leur apparition. Etrangement, elles attirent de plus en plus de monde.


[NDLR : pour en savoir plus sur ces systèmes de paiements hors banque, comment les utiliser efficacement et comment vous procurer bitcoin, ethereum et autre unités de comptes, cliquez ici.]

APL et pouvoir d'achat ; révélateur

Publié le 22 Août 2017

Entre 2000 et 2010,

le loyer moyen

versé par les allocataires

a progressé de 32,3 %,

tandis que les APL ont, elles,

progressé de 16,3 %. 

APL et pouvoir d'achat ; révélateur

 

Selon l'INSEE, les loyers on augmenté de façon considérable selon l'INSEE,  + 32 % dans l'agglomération parisienne en dix ans, + 29 % dans les agglomérations de plus de 100 000 habitants, + 25 % dans les petites et moyennes agglomérations). L'écart entre l'Île-de-France et la province s'est davantage creusé dans le secteur social (respectivement + 32 % et + 26 %) que dans le parc privé (+ 32 % et + 28 % ) la rente n'étant jamais en reste pour s'aligner sur le pire.

 

APL et pouvoir d'achat ; révélateur

 

Les chiffres en eux mêmes sont  déjà révélateur .

 

Mais derrière se profile une autre réalité que personne ne relève pour en faire un argument de combat.

 

2000, SMIC horaire Brut :  6.208 € (equivalence avec les Francs encore en vigueur)

 

2010, SMIC horaire brut  :  8.86 €

 

2017, SMIC horaire brut : 9.76 (ce qui fait  rappelons le , à dépenser dont le loyer et les charges ,7,52 € net)

Question : qui salarié, ou retraité (et que dire des chômeurs) a vu sa rémunération augmenter de 32% depuis 2000 ?

 

C'est donc bien par la quittance un moyen pour la rente et le capital de récupérer les revenus des salariés (ou aux organismes HLM de faire de même pour compenser le désengagement budgétaire de l'état et l'accès aux financement bonifiés à la construction).

 

C'est dans ce cadre que la macronthérapie du caméléon réactionnaire  Darmanin se déploie.

 

Les 5€ de suppression d'APL ne sont as une mesure d'économie pour le pays mais un outil de transfert du pouvoir d'achat des familles vers la rente et la spéculation.

 

Le macroneries sont toutes des gattazeries.

 

Pour ceux qui pouvaient avoir des doutes, les universités d'été du gouvermedef qui se tiendront la dernière semaine d'août verra la participation de près de la moitié des ministres et secrétaires d'état ; plus fort que sous Valls qui pourtant en la matière avait pulvérisé les records. 

 

Le MEDEF, régisseur réel de l'Elysée veille au grain pour que ce cap soit bien gardé et cela dans tout les compartiments du jeu : 

 

"Le Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) "doit être pérennisé et amplifié", estime le vice-président du Medef dans un entretien au JDD, en ajoutant que le patronat serait "vigilant" face à l'éventualité de le transformer en baisse des charges.

 

"Transformer un crédit d'impôt en allégement de charges patronales, c'est fiscalement risqué", juge ainsi Geofrroy Roux de Bézieux. "Cette diminution améliore mécaniquement le compte de résultat et du coup, augmente le montant de l'impôt sur les sociétés", explique-t-il.

 

"La mesure doit donc être neutre et ne pas alourdir la facture finale pour tous les niveaux de salaires", affirme-t-il.

 

Blocage des salaires, drainage vers la rente des salaires, financement sur fonds publics des dividendes via le CICE, Certes, pas une surprise, mais où sont passés donc ceux qui disait qu'il fallait voter pour ce choléra pour éviter la peste ?

 

Ils sont pour le moins dis...crets ou surtout dis...qualifiés ? La peste est toujours aux portes de la cité et le choléra fait des ravages.

 

Heureusement, nous verrons le niveau de la dynamique mais le 12 septembre la riposte se construit. ceux qui n'y  apportent pas leur concours devront s'expliquer sur leur complicité avec l'axe Bosquet - Matignon (avenue et hôtel)

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Le phare de la démocratie éclaire le monde

 

Publié le 20 Août 2017

mais le poète fou, 

qui pour cela

ne sera jamais maudit,

attrape le gant au vol

et relève ainsi le défit

 

Le phare de la démocratie éclaire le monde
Qu'en est-il de ces heures troubles & désabusées
Où les dieux impuissants fixent la voie lactée
Où les diet nazis s'installent au Pentagone
Où Marilyn revêt son treillis d'Antigone
On n'en finit jamais de refaire la même chanson
Avec les mêmes discours, les mêmes connotations
On n'en finit jamais de rejouer Guignol
Chez les Torquemada, chez les Savonarole
Qui donc pourra faire taire les grondements de bête ?
Les hurlements furieux de la nuit dans nos têtes ?
Qui donc pourra faire taire les grondements de bête ?
Lassé de grimacer sur l'écran des vigiles
Je revisite l'Enfer de Dante & de Virgile
Je chante des cantiques mécaniques & barbares
A des poupées Barbie barbouillées de brouillard
C'est l'heure où les esprits dansent le pogo nuptial
L’heure où les vieux kapos changent ma pile corticale
C'est l'heure où les morts pleurent sous leur dalle de granit
Lorsque leur double astral percute un satellite
Qui donc pourra faire taire les grondements de bête ?
Les hurlements furieux de la nuit dans nos têtes ?
Qui donc pourra faire taire les grondements de bête ?
Crucifixion avec la Vierge & dix-sept saints
Fra Angelico met des larmes dans mon vin
La piété phagocyte mes prières & mes gammes
Quand mes tarots s’enflamment sur la treizième lame
On meurt tous de stupeur & de bonheur tragique
Au coeur de nos centrales de rêves analgésiques
On joue les trapézistes de l'antimatière
Cherchant des étoiles noires au fond de nos déserts
Qui donc pourra faire taire les grondements de bête ?
Les hurlements furieux de la nuit dans nos têtes ?
Qui donc pourra faire taire les grondements de bête ?
Paroliers : Hubert-Félix THIEFAINE

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Et voila où mènent

 

Publié le 20 Août 2017

 

les choix du capital

 

Et voila où mènent

 

Le poulailler de l'inspection des finances

 

au coeur de l'ENA produit cela : 

 

Elevés comme des coqs en pâtes,

 

on y voit la patte de la FNSEA.

 

les batteries d'élevages du FMI.

 

poussant les OGM des milieux financiers.

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Alors, tu quoque mi fili bio?

Alors, tu quoque mi fili bio?

Ainsi, les zotorités sanitaires françaises ont recensé 48 460 oeufs contaminés au fribonil déjà consommés par le consommateur de notre douce France. Et le discount Leader Price, pour se faire de la pub, de claironner aussitôt qu'il a retiré de ses rayons libres et non faussés son lot 0NL43651-01 agréé "agriculture biologique". Sauf, comme le révèle le Canard enchaîné, que cela ne concerne que 9 220 oeufs sur les 57 680 mis en vente chez lui depuis le 19 juillet.

Oui, le compte n'est réellement pas bon entre les zotorités compétentes en matière de santé publique et la poule aux oeufs d'or achetée au Pays-Bas et fournie par le discounter à notre toujours bonne et douce France. De plus, comme l'écrit très justement le volatile: "Pour la filière bio qui gonfle ses prix jusqu'à 30% ses prix au motif que ses produits sont vierges de toutes cochonneries chimiques, ça la fiche mal".

Naturellement, toute l'agriculture bio n'est pas à jeter dans le même panier d'oeufs pourris. Mais vouloir être un producteur bio blanc comme neige, sans s'attaquer au capitalisme qui assaille la nature et triche ouvertement pour son plus grand profit, montre l'impasse de la chose.

Julien Bayrou, porte-parole d'EELV, ce 19 août, sur France info, a accusé le ministre français de l'Agriculture de minimiser la situation. Ce qui est vrai. Et d'expliquer qu'il fallait changer de "modèle agricole".

Avec ou sans le capitalisme et l'UE du capital? Parce que les ministres écolo de François Hollande n'en ont pas montré le chemin. Quant à Nicolas Hulot, l'écolo qui fait plutôt dans la financiarisation avec ses juteuses activités, adoubé par Emmanuel Macron?

Critères ?

 

Publié le 19 Août 2017

Eclairage événementiel

de la Tour Eiffel 

 

Critères ?

 

Sur quels critères décide-t-on ou non de la nécessité de mettre la Tour Eiffel en deuil ou pas, en fête ou pas ?

 

Eloignement géographique de lieu d'un massacre, nombre de morts ?

 

Nationalité des assassinés? 

 

Montant de la transaction pour la venue d'un lot de ressource humaine footbalistique hight-cost  pour jouer au parc des émirs ?

 

Inspiration du (de la) chargé(e) de com de permanence ? 

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Que le bruit s'enfle et se concrétise...

 

Publié le 19 Août 2017

« les investisseurs doivent s’interroger

sur la possibilité de cette 'révolte' des salariés ».

une telle révolte occasionnerait selon lui

« une hausse rapide des salaires »

qui

« conduirait à de graves déséquilibres financiers ».

Que le bruit s'enfle et se concrétise...

Celui qui écrit ce qui suit n'est pas exactement de ceux qui rèvent de prendre le Palais d'hiver. Economiste, prof à polytechnique,  administrateur de Total, d'Ipsos, attaché à Natixis, il a comme singularité d'avoir été celui (ou au moins des très peu nombreux) qui a vu arriver le clash financier de 2007.

 

Dans sa dernière note d'analyse, Patrick Artus économiste de Natixis constate les inégalités de revenus et le partage inégal des richesses dans l'OCDE. Il alerte les investisseurs sur les conséquences éventuelles d'une "révolte des salariés".

 

La note de Natixis, parue un vendredi 18 août, aurait pu passer inaperçue. Une note comme les économistes et les analystes en publient régulièrement sur les sites des banques qui les emploient. Mais le sujet de celle-ci se situe bien loin des habituels "flash" sur la manière dont les taux d'intérêt influencent les politiques budgétaires et autres questions sur le quantitative easing. Son titre: "Peut-il y avoir une 'révolte' des salariés?".

 

En introduction, l'auteur, directeur de la recherche et des études de la filiale de BPCE, Patrick Artus, se demande si, "dans les pays de l'OCDE, les salariés pourraient un jour se 'révolter' contre les inégalités de revenu, la déformation du partage des revenus en faveur des profits, la pauvreté, la stagnation de leur revenu réel?".

 

La productivité augmente bien plus que les salaires

 

Plus loin, l'économiste tient pour acquis les fondements de cette éventuelle fronde, et les illustre de graphiques. Une courbe sur la part de PIB détenue par les 1% les plus riches. Deux autres qui se disjoignent pour montrer comment la productivité des salariés a crû beaucoup plus vite que leur rémunération. Ou encore un graphique montrant que la taxation des ménages contribue plus que jamais au PIB.

 

Que le bruit s'enfle et se concrétise...
 
Que le bruit s'enfle et se concrétise...
 
 
Que le bruit s'enfle et se concrétise...

 

"Face à ce constat, l'économiste de Natixis s'inquiète des conséquences d'une "révolution", terme qu'il place toujours entre guillemets. Le chercheur de la banque sauvée par l'État français en 2009 écrit notamment: "si les salariés se 'révoltaient', le choc inflationniste, et donc de taux d’intérêt, qui en résulterait aurait des effets très négatifs sur les détenteurs d’obligations, sur les États et les entreprises".

 

Car une telle révolte occasionnerait selon lui "une hausse rapide des salaires" qui "conduirait à de graves déséquilibres financiers". À savoir, "une chute des marchés et une hausse des taux d'intérêt et de l'inflation". Certes les ménages en "bénéficieraient", mais pas les actionnaires, les finances publiques et les grands groupes.

 

D'où cette mise en garde: "les investisseurs doivent s’interroger sur la possibilité de cette 'révolte' des salariés". Et s'ils la jugent probable, "se couvrir contre le retour de l'inflation et la baisse des indices boursiers", nous a précisé Patrick Artus."

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

De la poule au pot à la poule au pou

Nos vieux manuels d'histoire valorisaient la poule au pot chaque dimanche, instaurée par Henri IV pour nourrir le peuple. Ce qui n'était pas entièrement vrai. Mais aujourd'hui, la poule au pou touche toute la filière avicole, bio comprise.

Sur quelques 250 000 oeufs "fibronilsés" en France, plus de 45 000, estampillés bio, ont été vendus par le discount Leader Price. Et si d'aucuns évoquaient le miracle bio pour se nourrir sainement?

Certes, le cahier des charges bio impose de limiter les chambres d'élevage à 3 000 poules maxi. Mais tout de même 3 000 poules! Et le système capitaliste n'impose aucun seuil de surface pour les bâtiments.

Et souvenez-vous de ces canetons bien de chez nous, nés dans le Tarn, mais contaminés et vendus à de gros producteurs du Lot et du Gers. Et l'abattage massif qui s'ensuivit.

Quant au contrôle, il n'est pas lui du tout massif. Comme le révèle le Canard enchaîné de cette semaine, faute de moyens humains, la Direction générale de l'alimentation n'a contrôlé l'an dernier que 677 oeufs sur 15 milliards commercialisés.

Vous prendrez bien un peu de molécules pharmaceutiques pour la route? Après, on rasera gratis. Emmanuel Macron l'a juré. Et un banquier d'affaires est un ennemi acharné du capitalisme qui grève notre vie. Non?

De la poule au pot à la poule au pou
 

Publié par El Diablo

RETOUR sur les LEGISLATIVES : les résultats cachés du 11 juin 2017 (par Aurélien Bernier)

photo d'illustration (source: La classe de Noémi)

photo d'illustration (source: La classe de Noémi)

Aurélien Bernier est essayiste. Il a publié plusieurs ouvrages dont La gauche radicale et ses tabous : pourquoi le Front de gauche échoue face au Front national (Seuil, 2014) et plus récemment La démondialisation ou le chaos (Utopia, octobre 2016).

*****

Les commentaires sur le premier tour des élections législatives du 11 juin se concentrent souvent sur les éléments les plus visibles du scrutin, à savoir le taux historique de l'abstention et la large victoire de la République en Marche du président Emmanuel Macron. Mais la comparaison historique nous livre d'autres enseignements, moins spectaculaires mais bien plus importants pour la suite.

 

Fin 2013, je réalisais pour mon livre La gauche radicale et ses tabous, paru en janvier 2014, le tableau ci-dessous, qui s'arrêtait évidemment aux scrutins de 2012. Je le reproduis ici, complété des résultats les plus récents.

source : Ministère de l'Intérieur (source:www.ipolitique.fr) - pour agrandir le texte, lien ci-dessous:

source : Ministère de l'Intérieur (source:www.ipolitique.fr) - pour agrandir le texte, lien ci-dessous:

L'expression des données en pourcentage des inscrits permet de comparer les évolutions du rapport de force entre la gauche radicale et le Front national et, au sein de la gauche radicale, de comparer le poids de chaque tendance.

 

Que disent ces chiffres ?

 

Premièrement, on observe depuis 2002 un phénomène très net de perte de voix entre la présidentielle et l'élection législative suivante, tant pour la gauche radicale que pour le Front national. En 2002, la gauche radicale passait de 9,55 % des inscrits en avril à 4,82 % en juin. En 2012, elle passait de 9,99 % à 4,44 %. En 2017, la chute se confirme, de 16,15 % à 6,91 %. Mais le Front national suit le même chemin : de 13,28 % à 7,69 % en 2002, de 13,95 % à 7,66 % en 2012, de 16,14 % à 6,43 % en 2017. Les mouvements « antisystème » percent à la présidentielle avant de reculer à l'élection législative, ne parvenant pas à mobiliser leur électorat, qui se replie en partie dans l'abstention.

 

Deuxièmement, le rapport de force entre le Front national et la gauche radicale s'est rééquilibré en 2017. Alors qu'il était d'environ 60/40 en 2012 et qu'il avait même bondi à 75/25 en 2014 pour l'élection européenne, il s'est établi à 50/50 en 2017, avec même une légère avance pour la gauche radicale. Ce résultat est suffisamment nouveau pour être souligné, car depuis 1988, le Front national dominait systématiquement la gauche radicale aux élections présidentielles et la plupart du temps également aux élections législatives.

Troisièmement, au sein de la gauche radicale, la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon rassemble 92 % des voix à la présidentielle d'avril 2017 et 76 % aux législatives de juin. Les trotskistes sont très faibles à cette présidentielle (1,32 % des inscrits) et totalement marginalisés aux législatives (0,37 %). Quant au Parti communiste français, il réalise le 11 juin le pire score de toute son histoire : 1,29 % des inscrits. C'est moins qu'en juin 2007 (2,54 % des inscrits) et encore en dessous du résultat de Marie-George Buffet à la présidentielle deux mois plus tôt (1,59 % des inscrits). Pourtant, c'est cette multiplication des candidatures qui permet au Front national de terminer second de l'élection d'avril et troisième de celle de juin, alors que son nombre de voix est dans les deux cas inférieur à celui réuni par la gauche radicale.

 

Ces éléments, nous devrons les garder à l'esprit lors des futures discussions sur l'avenir de la gauche radicale, qui ne pourront pas se limiter à enfoncer des portes ouvertes. Oui, il y a bien eu une offensive médiatique quasi-militaire pour soutenir et faire gagner Emmanuel Macron. Oui, les législatives de juin 2017 montrent à quel point les partis dominants et, plus globalement la classe politique, sont délégitimés. Et oui, la meilleure nouvelle de la séquence de 2017 est que le Front national n'est plus la principale force politique « antisystème ».

 

Mais nous devons aussi avoir conscience que le bon résultat de la France insoumise résulte quasi- exclusivement d'un transfert de voix du Parti socialiste vers elle. Le pari de mobiliser les abstentionnistes n'a pas été réussi. La tâche est évidemment très difficile, il n'y a aucune recette miracle pour y parvenir, mais une chose est certaine : le grand écart ne fonctionne pas. On ne peut pas à la fois rassurer des classes moyennes craignant les conséquences d'une rupture avec le système économique et redonner espoir à des classes populaires massacrées par la mondialisation. Pour la gauche radicale, le débat à tenir d'urgence ne porte pas sur la structuration d'un nouveau parti ou sur des questions d'alliances. Il est programmatique. Il est de choisir entre un programme de régulation néo-keynésienne qui rassure les classes moyennes et un véritable programme de démondialisation qui parlerait aux classes populaires. Un choix, d'ailleurs, que le Front national n'a pas lui non plus réussi à faire.

 

SOURCE:

Législatives : les résultats cachés du 11 juin 2017

https://www.marianne.net/debattons/tribunes/legislatives-les-resultats-caches-du-11-ju

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Scandale sur les oeufs contaminés: le ministre français de l'Agriculture fait dans le flou capitaliste

Pressé par les consommateurs, Stéphan Travert communiquera enfin le nom des produits contaminés et la date de mise sur le marché. Mais "seulement pour les lots à des taux supérieurs à la limite autorisée". Et les pauvres couillons qui croyaient que le Fibronil était strictement interdit dans la chaîne alimentaire...

Et bien non, il y a des normes fixées par l'UE du capital. De plus, le radical de gôche, passé ministre dans un gouvernement de droite et de droite, n'impose aucune contrainte à la grande distribution: "Les enseignes qui le souhaitent pourront informer leurs clients par des affichettes en magasin".

Et aucune enquête française sur la tricherie organisée, parce que le capitalisme, vecteur de tous les maux dans notre société, reste et restera toujours libre et non faussé.

Ainsi, en toute impunité, des chaînes de distribution basées en France, achètent à bas coût des oeufs d'ailleurs alors que la filière française pouvait les servir en totalité. Et une société chimique des Pays-Bas a vendu un insecticide libre et non faussé à des producteurs de poules en batterie. Lequel insecticide a été fabriqué par une société belge qui se serait approvisionnée en Roumanie en toute légalité marchande. Roumanie, Pays-Bas et Belgique étant membres de l'UE du capital. Pays-Bas et Belgique étant même états fondateurs de l'ancêtre de l'UE dont à l'époque le CGT disait tout le mal lorsque le gouvernement socialiste et l'Assemblée nationale avalisaient le Marché commun.

Dites les copains, c'est pour quand l'Europe sociale et démocratique des travailleurs?

Vous remarquerez que je n'emploie pas le terme "camarade". Il paraît que ça fait ringard. Comme la lutte des classes sans doute. Non?

Bon, en attendant, le Fibronil, vous le dégusterez en omelette, sur le plat ou à la coque, ou dans dans la pâtisserie?

Scandale sur les oeufs contaminés: le ministre français de l'Agriculture fait dans le flou capitaliste

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Cédric Herrou réagit à sa condamnation

CAPTURE D''ECRAN SUR L'HUMANITE

CAPTURE D''ECRAN SUR L'HUMANITE

Ce 8 août 2017, Cédric Herrou a été condamné par la Cour d'appel d'Aix à 4 mois de prison avec sursis et à 1 000 euros de dommages intérêts envers la SNCF.

Pour rappel, j’avais été arrêté en octobre 2016 pour « aide à l’entrée et au séjour de personnes en situation irrégulière ». Il n’y a eu aucune flagrance, et aucun passage de frontière d’octobre à ce jour. Nous nous étions installés dans des locaux de la SNCF, abandonnés depuis plus de 20 ans, avec un collectif d’associations dont Médecins du Monde et Amnesty International ainsi qu’une soixantaine de demandeurs d’asile. Notre revendication : la prise en charge des mineurs isolés par la protection de l’enfance, et permettre aux demandeurs d’asile d’accéder à leurs droits. A aucun moment il ne s’agissait de « cacher » ou de « dissimuler » ces personnes, mais bien au contraire de les montrer pour tirer la sonnette d’alarme.
 
Force est de constater qu’un an plus tard, la situation n’a pas changé et a même empiré. J’ai actuellement chez moi de nombreux mineurs isolés qui attendent en vain d’être pris en charge par l’Etat français, et des demandeurs d’asile coincés sur mon terrain, qu’on empêche systématiquement d’accéder à leurs droits. S’ils sortent de chez moi, ils sont sûrs d’être arrêtés et d’être reconduits directement en Italie, sans autre forme de procès. Il est grave que le département des Alpes Maritimes, pourtant frontalier à l’Italie, ne dispose d’aucune infrastructure destinée à l’accueil des migrants.
 
Tous ceux qui veulent me faire passer pour un militant d’extrême gauche, un activiste no border, n’ont rien compris à la situation ici. Il ne s’agit pas d’être pro ou anti-migrants. Les empêcher de passer la frontière est utopique, et tout simplement impossible : tous passent. C’est justement pour cela que nous demandons un contrôle de ces flux, d’éviter la clandestinité des demandeurs d’asile. Notre combat juridique est respectueux des lois de la République française. C’est une lutte légale et juste, à l’image de la France, nation des droits de l’Homme.
 
Mais ma condamnation ce matin montre bien les limites de l’indépendance de la justice française, et la manipulation politique qui se joue dans les tribunaux. Tandis qu’à l’heure actuelle des bateaux d’extrême droite naviguent sur la Méditerranée pour couler les bateaux des ONG, on incrimine un paysan qui se substitue à la carence de l’Etat. 
 
Nous alertons Monsieur le président de la République sur les dérives actuelles face au non-respect du droit d’asile dans le département. 
 
Je n’ai pas le choix de continuer car je considère que c’est mon devoir de citoyen de protéger des personnes en danger. La menace d’emprisonnement ne saurait entraver la liberté que je défends.

mardi 15 août 2017

Camp décolonial: la nouvelle technologie politique adaptée à la France

La deuxième édition du Camp d'été décolonial, validé par le Conseil d'Etat, stigmatise les débats en cette période estivale, pourtant peu propice aux interrogations existentielles. Il est vrai que les interrogations ne sont pas particulièrement existentielles, alternant entre l'autruche du "chacun est libre" il ne faut pas être raciste, à la condamnation du racisme anti-blanc, que la justice refuse toujours de reconnaître. 
 
Pourtant au-delà de cet aspect conjoncturel de la question, le Camp d'été décolonial est une technologie politique mondialisée, déjà testée pour toutes les révolutions à l'Est et au Moyen Orient, soutenues par l'incontournable Soros. Le poing levé est la marque de fabrication que l'on reconnaîtra infailliblement.
 
La marque de fabrique du poing levé
 
La photo du Camp d'été décolonial est celle-ci:
Ces poings levés ont été retrouvés bien avant en Serbie (Otpor), en Géorgie (Khmara), en Ukraine (Udar) ou encore en Arménie, en Egypte etc.
Quelle que soit leur issue, ces mouvements du poing levé ont beaucoup de choses en commun: ils sont organisés et financés de l'étranger (NED, Soros, etc), utilisent des problèmes sociaux réels pour destructurer l'Etat, s'appuient sur des groupuscules de jeunes activistes radicalisés, déracinés et aculturés (supporters de foot, ONG particulières, groupes sur les réseaux sociaux) pour destabiliser la situation sociale.
 
La manipulation des masses
 
En France, le processus n'en est qu'à ses débuts. Il faut tout d'abord transformer l'espace de la société civile avant d'arriver à la deuxième phase, elle politique. La société civile française, par rapport à celle des pays de l'Est est particulièrement pacifique, l'on n'y retrouve pas l'agressivité qui existe en Russie par exemple. Il est donc nécessaire de créer des groupuscules actifs qui permettront d'entraîner les masses. C'est pourquoi ce Camp d'été ne peut être ouvert "aux blancs", il ne cherche pas le dialogue mais la formation.
 
Cette position est assumée sur le site du Camp.
 
1. Il concerne surtout les jeunes, encore non activistes, qui doivent être formés: 
Ce camp d’été n’est pas réservé aux militant.e.s. Au contraire, il a pour objectif de confronter les plus jeunes aux questions qui les touchent et de faire se rencontrer et travailler ensemble 
2. Il doit créer un lien spécifique entre ces membres à l'intérieur du corps national dont ils se distinguent et qu'ils rejettent:
tout militant est l’héritier de luttes passées et même en cours. On connaît très mal cette Histoire, on en sait très peu sur ces luttes et leurs enjeux. Du coup, l’un des objectifs du camp d’été c’est justement de se réapproprier tout ça. Il s’agit également de poser des termes sur ce que nous vivons et de partager méthodes et savoirs, qu’ils soient théoriques ou pratiques. 
3. Le mouvement est présenté comme alternatif. Ici la personnalité des organisatrices est significative:
Militante afroféministe et anti-impérialiste, espère voir la chute du blantriarcat capitaliste
Donc le capitalisme "blanc" pose des difficultés. Si l'argent n'a pas d'odeur, il vient de se doter d'une couleur. Il faut dire que la lutte contre le capitalisme fait plus d'adeptes, que la lutte pour les droits des noirs dans une société pacifiée. 
 
4. La remise en cause de la structure étatique:
Après, plus nous militons et plus nous nous rendons compte que le rouleau compresseur de l’antiracisme moral aka Touche-pas-à-mon-pote a fait des dégâts et a très largement contribué à la dépolitisation de ces sujets. On se retrouve avec des campagnes similaires à #Tous Unis Contre La Haine qui, en se focalisant uniquement sur le racisme interpersonnel et sur les sentiments haine/amour, occultent volontairement sa dimension structurelle, étatique et donc éminemment politique.  
Autrement dit, l'Etat capitaliste blanc est structurellement raciste, il faut donc lutter contre lui. Même le droit de l'homisme Oui-Oui, "tout le monde il est beau tout le monde il est gentil"  a fait son temps, est dépassé. 
 
Il fut utile pour tuer toute possiblité de réflexion autonome, toute critique devenant immédiatement assimilée à du racisme, l'ère du relativisme triomphant d'une société émasculée laisse la place à celle de la constitution de groupuscules agressifs qui revendiquent la ségrégation raciale, font de "l'auto-apartheid" une marque de fabrique.
 
La société et la classe politique ne sont plus aptes à lutter, dans l'immense majorité n'en ont même plus l'envie et se réfugient dans l'aveuglement et la régression.
 
La préparation de la dimension politique
 
Chaque tentative de destabilisation lancée ces dernières années dans différents pays ont joué sur les particularismes locaux, les complexes de la société, qui furent exploités à des fins politiques anti-étatiques. Dans les pays de l'Est, il s'agissait d'être plus "européen", sans pour autant réellement comprendre ce que cela signifie concrètement. Dans les pays du Moyen Orient, il s'agissait de mouvements "démocratiques" à l'occidentale, même s'ils ont tous entraîné le chaos. La communauté internationale occidentale a toujours largement médiatisé et soutenu ces mouvements. Le cas de la France est une première, car nous sommes le coeur de l'Europe, l'image de la culture européenne. Bref, l'image d'une société qui, si elle doit être complexée, devrait soufrir d'un complexe de supériorité. Et longemps ce fut le cas. Mais depuis l'acculturation de la société est passé par là, l'immigration de masse et parfaitement dirigée, la destructuration de l'enseignement, l'abrutissement et la manipulation de masse ont permis de lancer le processus de transition de nation civilisée à celui de nation qui le fut, de carte-postale dans des enclos déterminés.
 
Le projet n'en est qu'à ses débuts, mais ses chances de réussite sont réelles. L'élection de Macron à la présidentielle est le signe de la haute manipulabilité de la société française et de la démission de la classe politique. La machine médiatique lancée pour faire gagner l'homme de la mondialisation et de la communautarisation a également fait passer des députés totalement incultes politiquement.
 
Le vers est dans le fruit. Macron stigmatise la colonisation, appelle au soutien des migrants, distribue un fascicule pour les députés sur "l'activisme parlementaire", quand ils ne connaissent même pas le Règlement de l'Assemblée. La France qui s'est vendue à cet individu n'a plus besoin de  députés, elle a besoin d'activistes, elle n'a plus de besoin de politique, car elle n'est qu'un élément d'un ensemble mondialisé qu'elle doit contribuer à réaliser.
 
Pour cela, il est important de détruire la politique et donc l'Etat, qui restent des armes, certes bien rangées, mais qui risquent toujours de tirer si un jour quelqu'un veut s'en servir. Créer des revendications communautaristes pour les faire revenir en politique, ce que revendique ce Camp d'été, est un moyen de faire entrer dans le jeu politique des mouvements identitaires devenus acteurs politiques. Ce qui mettra un terme à la Nation française, unitaire et intégratrice. 
 
Ils sont pour l'instant peu nombreux, mais il suffit d'une minorité agressive et d'une majorité apathique pour destabiliser une société. Ce mouvement est d'autant plus nécessaire que l'élection présidentielle devient très compliquée, par manque d'hommes éligibles pouvant défendre les intérêts de la globalisation, la transition vers un régime parlementaire flou est une urgence. L'impopularité du chef de l'Etat arrive vite, est incontournable, dès que la manette médiatique se relâche, il semble alors que les gens (et les journalistes) sortent de leur transe. Le problème est qu'ils s'y replongent sur commande. Le reflex pavlovien a été instauré.
 
Toujours est-il que la globalisation a besoin d'un nouveau corps, l'Etat ne peut en faire partie. Le mythe toujours réchauffé de la société globale a été dépoussiéré et resservi sur un plateau post-moderne, même s'il porte toujours les mêmes oripeaux. Ce mythe, celui d'une société dérégulée dans laquelle l'homme libéré de l'Etat serait totalement libre, cache mal la réalité qu'il entraîne. Plus une société est large, plus la poigne qui la gouverne doit être forte au sommet, sans compter les concurrences claniques à la base. Ce qui nous est proposé avec la globalisation galopante est un régime autoritaire hyper-centralisé, la désétatisation financière et la dérégulation du travail. Le tout avec un parfum de féodalisme local, les hommes n'étant plus protégés par les structures étatiques responsables.
 
Et pour réaliser cela, il faut absolument constituer ces milices d'activistes dans ces Camps d'été, qui garantiront le désordre sociale nécessaire à la destruction des garanties sociales, des acquis sociaux, qui détourneront le regard des vrais problèmes du chomage et de la reprise économique. L'Ukraine devient vraiment le modèle des pays européens.
 

Les profits ? Œufs course !

 

Publié le 13 Août 2017

Avec les lettres de « friponil »,

le poison instillé

par la libre et non faussée concurrence

de la vénérée UE,

 on peut extraire :

 « profi », « fripon »

et « profil »

le troisième qualifiant les seconds

pour l'appât du premier

 

L'avis de la 

Les profits ? Oeuf course !
Les profits ? Oeuf course !

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Capital : Les 10% de français les plus riches capteront 46% des baisses d’impôts

 

14 août 2017
 

publié le 12/07/2017 à 17h17  mis à jour le 13/07/2017 à 16h27

Les 10% de Français les plus riches capteront 46% des baisses d’impôts
Edouard Philippe, Premier ministre, dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, au jour de son discours de politique générale de son Gouvernement, devant les députes. Denis ALLARD/REA

Les Français les plus riches sont les grands gagnants des baisses d’impôts prévues par Emmanuel Macron.

 

Voilà qui ne va pas plaire à l’exécutif. L’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), classé à gauche, a publié mercredi 12 juillet son étude sur l’impact des mesures fiscales prévues par le gouvernement. Cet organisme a ainsi analysé les conséquences macroéconomiques de chacune des réformes proposées dans le programme présidentiel et amendées par le Premier ministre lors de son discours de politique générale. L’institution complète l’étude par le calcul des effets redistributifs ; c’est à dire à qui profitent directement ces baisses d’impôts. Surprise (ou pas) : le premier décile de la population est le grand gagnant.

Si l’OFCE précise que les mesures prévues feront “plus de gagnants que de perdants”, il précise également que sur les 9,15 milliards de baisses d’impôts prévues, 4,20 milliards bénéficieront aux 10% les plus riches, soit 46% du total. Leurs revenus annuels augmenteraient de 2,6% (contre 1,4% en moyenne pour l’ensemble des ménages). Selon les données Insee 2013, il faut gagner plus de 3599 euros nets par mois pour figurer dans cette tranche. Ces 10% de chanceux profiteraient pleinement du plafonnement forfaitaire à 30% sur les revenus de l’épargne, mais aussi de la transformation de l’ISF en impôt sur la fortune immobilière (IFI). Un nouvel impôt qui exclurait les placements financiers tels que les actions, les obligations ou l’assurance-vie. L’OFCE révèle que c’est le dernier centile, 1% de la population soit les 280 000 ménages les plus riches, qui en bénéficie plus particulièrement. Les 9 autres pour cent étant proche du 2ème décile, un des grands perdants de cette politique en raison de son exclusion de l’exonération de la taxe d’habitation.

Retrouvez toutes les vidéos de Xerfi sur XerfiCanal TV . Le groupe Xerfi est le leader des études économiques sectorielles. Retrouvez toutes ces études sur le portail de http://www.xerfi.com

 

>> A lire aussi : Le classement des 20 Français les plus riches en 2017

 

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Au contraire, le dernier décile – les 10% les plus pauvres de la population – serait celui qui bénéficierait le moins (en compagnie du 2ème décile) de ces baisses d’impôts : leurs revenus n’augmenteraient que de 1%, soit moins que la moyenne nationale. Un faible gain annuel donc, s’élevant à 81 euros.

Opposition ou alternative?

 

Jacques SapirPar  · 

La côte de popularité d’Emmanuel Macron continue de s’effondrer. Avec seulement 36% de français satisfaits de son action (et donc près des deux-tiers d’insatisfaits), ceci a à peine trois mois dans la fonction de chef de l’Etat[1], il est désormais en dessous de celle de François Hollande à la même époque. Ceci pourrait apparaître comme anecdotique ; on connaît la volatilité de ces enquêtes d’opinion. C’est bien pourquoi, on le sait, on ne gouverne pas avec des sondages, ni – et Emmanuel Macron ferait bien de s’en souvenir – à la corbeille. Mais, les conditions très particulières de l’élection qui l’a porté à la Présidence de la République font que cette question de la côte de popularité est particulièrement importante. Président par défaut, Emmanuel Macron est menacé perpétuellement d’un procès en illégitimité. C’est bien pourquoi, cette question des sondages va au-delà de ce qu’un sondage nous dit[2].

 

L’importance de la légitimité

 

L’élection d’Emmanuel Macron fut faite dans la plus stricte légalité. Elle aurait dû lui conférer la légitimité. Pourtant, le fait qu’il n’ait pas reconnu la particularité des circonstances dans lesquelles cette élection s’était déroulée a rapidement jeté un doute. Il a été renforcé par les conditions de l’élection législatives qui a succédé à l’élection présidentielle.

 

Naturellement, nombreux sont ceux qui prétendent que la légalité est la légitimité. Que, dans un Etat de droit, même imparfait, la légalité d’une procédure lui confère une totale force juridique. On touche là à une conception positiviste du droit, et des institutions. Les études de cas proposées dans l’ouvrage de David Dyzenhaus, The Constitution of Law, aboutissent, au contraire, à mettre en évidence une importante critique du positivisme[3]. L’obsession pour la rule by law (i.e. la légalité formelle) et la fidélité au texte tourne bien souvent à l’avantage des politiques gouvernementales quelles qu’elles soient. À plusieurs reprises, l’auteur évoque les perversions du système légal de l’Apartheid[4] en rappelant que cette jurisprudence avilissante tenait moins aux convictions racistes des juges sud-africains qu’à leur « positivisme»[5]. Ce positivisme persiste à concevoir les détentions et les dérogations comme des actes parfaitement « légaux », concrétisant des normes plus générales et tirant d’elles leur autorisation.

 

La contrainte inhérente dans chaque acte juridique ne peut se justifier uniquement du point de vue de la légalité, qui par définition est toujours formelle. La prétendue primauté que le positivisme juridique[6] entend conférer à la légalité aboutit, en réalité, à un système total, imperméable à toute contestation. C’est ce qui permet, ou est censé permettre à un politicien de prétendre à la pureté originelle et non pas aux mains sales du Prince d’antan[7].

 

La règle, et ceci est vrai de la règle juridique, ne vaut que parce qu’elle peut être contestée. Mais, cela impose de distinguer la légalité, autrement dit les conditions dans lesquelles cette règle est respectée, de la légitimité autrement dit les conditions dans lesquelles a été édictée et par qui. C’est la légitimité qui incite des individus à se plier à des règles et à respecter des normes. Ce n’est jamais la fonctionnalité de ces règles et de ces normes, quand bien même serait-elle évidente. Le respect des règles implique donc une instance de force qui rende la rupture coûteuse[8], que ce soit sur un plan matériel ou même symbolique. Le respect des règles nécessite donc une autorité, c’est-à-dire la combinaison d’un pouvoir de punir et de sanctionner, et d’une légitimité à le faire.

 

Le juge, en tant que représentant la règle de droit ne peut constituer cette instance. Il peut, et c’est le rôle des cours spécialisées, porter un jugement sur les possibles contradictions au sein de la règle de droit. Il peut vérifier qu’un jugement a bien été pris « dans les règles » ; tel est le rôle des cours de cassation. Il peut vérifier qu’une loi est constitutionnelle. Mais, il ne peut fixer cette constitutionnalité, et il ne peut décider à jamais qu’il n’y aura qu’une et une seule interprétation de la règle de droit. Cela signifie que la légalité ne suffit pas

 

Si la légitimité ne peut plus être fondé, ou n’est plus reconnue, la légalité devient alors le simple paravent d’une tyrannie. On mesure donc l’importance de la notion de légitimité ou d’Auctoritas qui définit ce qui est considéré comme juste. La notion de légitimité est absolument centrale à un fonctionnement réellement démocratique. Toute tentative pour se débarrasser de la légitimité aboutit en réalité à se défaire de la démocratie. Elle conduit la fois à une critique en immoralité (on ne peut plus distinguer le juste du légal) et en impossibilité (les conditions de mise en œuvre sont contradictoires avec les principes fondateurs).

 

La contestation qui vient et la question de la légitimité

 

Cette question de la légitimité, qui est d’ores et déjà posée et au cœur de la contestation du pouvoir d’Emmanuel Macron, pourrait bien devenir décisive dès cet automne. En effet, c’est à ce moment là que le Président, déjà affaibli par une série d’erreurs tactiques, sera confronté à l’opposition des français aux mesures qu’il veut promouvoir. Ces mesures sont connues : dérèglementation du cadre de l’emploi salarié, réformes des prud’hommes…Bref, la « casse », du Code du Travail ou, plus précisément, la substitution d’un cadre protecteur, tant pour le salarié que pour le patron, par un cadre qui traduit bien les options néo-libérales du nouveau pouvoir. Ce projet « macronien », c’est celui d’une désinstitutionalisation de la société et de l’économie, conduisant à une insécurité généralisée[9]. Derrière l’image de la « main invisible », qui prédomine dans l’idéologie d’Emmanuel Macron et de ses conseillers, il y a dans la réalité la main très visible à la fois des institutions, qui assurent le cadre de développement de l’économie, et des firmes (et de leurs dirigeants[10]) qui utilisent ces cadres, mais qui les déforment et les mettent en crise aussi. Que survienne une crise globale, et tout ce beau monde revient bruyamment vers l’Etat adorant à l’instant ce qu’il avait brûlé antérieurement[11].

 

En fait, ces acteurs redécouvrent une notion mise à jour dans les années 1940, ce que l’on appelle le Paradoxe de Shackle[12]: la décentralisation de la décision induit l’incertitude endogène, mais cette dernière devrait logiquement paralyser la décision des acteurs décentralisés. Donc, en apparence, une société constituée d’acteurs décentralisés (au sens où ils ne sont pas les exécutants d’un plan défini ex-ante) est condamnée à la paralysie. Ce paradoxe est central à la compréhension de la société qui est liée à l’économie capitaliste. C’est pour surmonter ce paradoxe qu’il faut des lois, et des lois de plus en plus complexes car la complexité de la société et des interactions au sein de cette société va croissant. Or, l’idéologie portée par Emmanuel Macron postule en réalité une société simple. On voit d’ailleurs la mise en œuvre de cette idéologie dans ce que l’on appelle l’ubérisation des relations sociales. Le conflit entre ce projet idéologique et la réalité de l’organisation sociale est inévitable. Il sera probablement violent. Et, cette violence, posera dans toute son ampleur la question de la légitimité du pouvoir du Président.

 

Le contexte du conflit social qui vient

 

Il faut donc s’attendre à des conflits sociaux importants, sans qu’il soit néanmoins possible d’en prédire l’ampleur et la durée. Et, ces conflits sociaux posent une question de fond : sommes-nous condamnés à 5 années de « macronisme » ou bien la durée du mandat de l’actuel Président de la République pourrait-elle se trouver soudain abrégée ?

 

Poser cette question ne signifie nullement que l’on espère on ne sait quel coup d’Etat. Mais, quand le problème de la légitimité est posé, et quand un pouvoir illégitime entre ainsi en conflit avec la société, il faut trouver une issue.

 

En 1995, on a connu une situation relativement semblable, sauf que la légitimité de Jacques Chirac, le Président alors élu, était bien moins mise en cause que celle d’Emmanuel Macron aujourd’hui. Confronté à un conflit de grande ampleur sur la question de la réforme des retraites, Jacques Chirac eut la sagesse de faire machine arrière et d’appeler à de nouvelles élections législatives, ce qui devait fournir une issue à cette crise. On ait ce qu’il en advint.

 

Mais, on peut penser qu’Emmanuel Macron résistera, hélas, devant ces options. Et ceci est d’autant plus vrai qu’il n’a pas pour lui l’expérience ni la capacité à rebondir d’un Jacques Chirac. Un échec politique de cette dimension signifierait, effectivement, la mort de sa Présidence. Il pourrait, en théorie, s’y résoudre. Il est néanmoins fort peu probable qu’il y soit prêt, et politiquement, et psychologiquement. Dès lors, le problème posé sera simple : soit faire partir Emmanuel Macron, soit se résigner à accepter sa politique et renvoyer la possibilité de changement aux prochaines élections présidentielles.

 

Cependant, est-il possible de forcer un Président à démissionner sans user de la violence ? Tout dépendra, alors, de l’ampleur du mouvement social, que celui-ci se produise dès la rentrée, ou plus tard dans le cours de l’année. Il faudra, d’abord, que l’on assiste à une généralisation des grèves. Sans cela, si le mouvement se contente d’être une suite de journées dites d’action, il n’aura pas la profondeur nécessaire et connaîtra le sort des différentes protestations, comme celles qui ont marqué la « Loi travail ». Si l’on assiste bien à cette généralisation des grèves, alors seul un mouvement de désobéissance civile dans les administrations régaliennes, la police et les forces armées, est susceptible de créer une situation telle qu’elle ne laisse au Président que la démission comme seule voie de sortie. Encore faut-il qu’existe une alternative. Ce qui pose une autre question : les forces opposées à Emmanuel Macron sont elles prêtes à cet affrontement ?

 

Opposition ou alternative ?

 

Cela pose un problème fondamental : celui de la distinction entre opposition et alternative. Et l’on peut penser que parmi les forces politiques qui se disent opposées au pouvoir « macronien », nombreuses sont celles qui sont prêtes à se contenter d’un rôle d’opposition sans vouloir se hisser au niveau de la construction d’une réelle alternative.

 

Les forces d’oppositions sont, aujourd’hui, relativement dispersées. On ne parlera que pour mémoire de la fraction des « Républicains » qui ne s’est pas rallié, comme les « constructifs » au nouveau pouvoir. Entièrement absorbés par des querelles de personnes, cette fraction cache, sous une rhétorique qui se veut offensive, des désaccords de fond qui l’empêchent de se constituer en alternative. Une bonne partie de l’ex-UMP professe des idées économiques qui ne sont pas si différentes que cela de celles du gouvernement et du Président. De fait, nombre de députés partagent les idées européennes (et l’on ajoutera européistes) du Président.

 

Il en va de même pour ce qui reste du P « S ». Ici encore, si l’on peut faire de belles déclarations, il y a bien peu de fond, ou plus précisément un fond qui est – largement – Macron-compatible.

 

Ce qui renvoie la balle aux souverainistes de diverses obédiences. Mais, ces derniers se complaisent dans des querelles, ou vivent dans l’illusion que, si une crise survient, cette crise amènera la population à ne choisir que leur courant. C’est une illusion dangereuse, mais une illusion bien ancrée que se soit dans des références – conscientes ou inconscientes – à une Révolution d’Octobre mythifiée d’autant plus qu’elle est mal connue, ou que ce soit dans le sectarisme le plus plat, qui peut prendre la forme du mythe d’une « union des droites », oubliant l’attraction du « macronisme » sur une partie de ces droites là… Pour pouvoir prétendre incarner une alternative il faut être capable de rassembler bien au-delà de ses propres conceptions idéologiques.

 

En fait, il ne pourra y avoir de construction d’une alternative – si jamais cette dernière doit exister – que sur la base de convergences programmatiques, que se soit en ce qui concerne le refus du projet économique et social d’Emmanuel Macron, le refus de sa vision des institutions, et le refus de sa politique étrangère, toujours plus européiste et plus atlantiste. Cela n’est pas impossible. Mais, cela impliquera que toutes les forces souverainistes soutiennent le mouvement de protestation qui se déclenchera dès la rentrée. C’est la condition minimum pour que puisse commencer à se mettre en place une logique de convergence.

 

La balle est, aujourd’hui, dans le camp des adversaires d’Emmanuel Macron. Sa force, désormais, réside dans leurs divisions et dans leur volonté, consciente ou inconsciente, de rester dans le cocon douillet de l’opposition au lieu de prendre le risque de chercher à constituer une alternative.

 

[1] https://fr.news.yahoo.com/deux-tiers-des-français-mécontents-laction-macron-selon-171805659.html

[2] https://fr.news.yahoo.com/100-jours-macron-entre-promesses-tenues-défis-à-064519937.html

[3] Dyzenhaus D., The Constitution of Law. Legality In a Time of Emergency, Cambridge University Press, Londres-New York, 2006

[4] Dyzenhaus D, Hard Cases in Wicked Legal Systems. South African Law in the Perspective of Legal Philosophy, Oxford, Clarendon Press, 1991.

[5] Dyzenhaus D., The Constitution of Law. Legality In a Time of Emergency, op.cit., p. 22.

[6] Dont le représentant le plus éminent fut Hans Kelsen, Kelsen H., Théorie générale des normes, Paris, PUF, 1996.

[7] R. Bellamy (1999), Liberalism and Pluralism: Towards a Politics of Compromise, Londres, Routledge,

[8] Spinoza B., Traité Theologico-Politique, traduction de P-F. Moreau et F. Lagrée, PUF, Paris, coll. Epithémée, 1999, XVI, 7.

[9] Voir l’interview-vidéo donnée à Planète-360 : https://www.youtube.com/watch?v=k84AS6JcSsg

[10] Chandler A.D. The Visible Hand – The Managerial Revolution in American Business, The Belknap Press of Havarvard University Press, Cambridge (Mass.), 1977.

[11] Avec de savoureux exemple dans Lordon F., La Malfaçon – Monnaie européenne et souveraineté démocratique, Paris, Les Liens qui Libèrent, 2014.

[12] Shackle G.L.S., Decision, Order and Time in Human Affairs, Cambridge University Press, Cambridge, 2ème edition, 1969

La classe d’appui des 1% chez Serge Halimi

 

Le thème est abordé dans son texte « Le leurre des 99% » (1) publié ce mois d’aout 2017 dans Le Monde Diplomatique

Serge Halimi reconnait d’abord tout le poids des 1% non seulement au plan mondial face à l’humanité-classe mais aussi dans chaque nation avant de voir l’évidence d’une diversité au sein des 99%. Il écrit : « Certes, 1% de la population s’attribue la majorité des richesses produites sur Terre ; cela ne fait pas pour autant des 99 % qui restent un groupe social solidaire, encore moins une force politique en ébullition. » N’est-ce pas évident ! Y compris pour les jeunes d’Occupy ! Y compris pour moi qui ai développé le concept de peuple-classe ! Ou est le leurre ?

 

Concernant le 1% il indique : "Diverses études venaient d’établir que la quasi-totalité des gains de la reprise économique avaient profité aux 1 % d’Américains les plus riches. Ce ne fut ni une aberration historique ni une particularité nationale. Un peu partout, un tel résultat n’a cessé d’être conforté par des politiques gouvernementales. Les projets fiscaux du président français Emmanuel Macron, par exemple, auront pour principaux bénéficiaires « les 280 000 ménages les plus riches, le dernier centile (...) dont le patrimoine est surtout constitué de placements financiers et de parts d’entreprise (1) ».

 

Concernant le leurre, sa critique vise explicitement le mouvement Occupy Wall Street qui disait « Nous sommes les 99% » S Halimi écrit : "En 2011, le mouvement Occupy Wall Street s’est construit autour d’une idée, d’un slogan : « Nous avons en commun d’être les 99 % qui ne tolèrent plus l’avidité et la corruption des 1 % restants. » Il poursuit : Est-ce à dire que l’ensemble des autres auraient tant en commun qu’ils pourraient fédérer leurs énergies pour renverser l’ordre établi ?. Mais qui a pensé que ce 1% n’a pas de classe d’appui notamment dans le 10% d’en-haut, au sein des possédants, au sein de ceux que l’on a nommé la petite-bourgeoisie. Et ailleurs, chez les fayots du capital ! Mais, tactiquement, on n’est pas obligé de le dire constamment, précisément pour montrer les prédateurs haut de gamme !

 

Concernant la classe d’appui du 1% d’en-haut S Halimi écrit : Les 99 % mêlent indistinctement les damnés de la terre et une couche moyenne supérieure, assez épaisse, de médecins, d’universitaires, de journalistes, de militaires, de cadres supérieurs, de publicitaires, de hauts fonctionnaires sans qui la domination des 1 % ne résisterait pas plus de quarante-huit heures. Voilà la classe d’appui des 1% pour Serge Halimi . Ce que d’autres nommaient petite-bourgeoisie.

 

Du coup il se montre dur et cinglant sur deux passages pour celles et ceux qui envisagent la constitution d’un bloc social des dominés à hauteur des 99% .

 

« Quand, à défaut d’être soi-même milliardaire, on appartient à la catégorie des privilégiés, il est réconfortant de s’en extraire en fantasmant qu’on relève du même bloc social que les prolétaires. »

 

« Réunir des choux-fleurs et des cerfs-volants dans le grand sac des 99 % rappelle un peu le mythe fondateur américain qui prétend, lui, que tout le monde, peu ou prou, appartient à la classe moyenne, que chacun ou presque est déjà riche ou va le devenir (2). »

 

Mais il s’agit d’une position relativement argumentée.

 

« Or, si l’union fait la force, la cohésion aussi... L’histoire nous a appris que les grands moments de communion, d’unanimisme ne durent pas longtemps. Février 1848, la fraternité, Lamartine, ces barricades défendues indistinctement par des ouvriers et des bourgeois débouchèrent quelques semaines plus tard sur l’affrontement meurtrier qui les opposa lors des « journées de juin » (3). Construire une alliance est déjà difficile, y compris entre deux mouvements progressistes d’un même pays. Imaginer un projet commun, une force politique durable sur une base aussi indifférenciée que « l’humanité moins l’oligarchie » relève au mieux de l’utopie, au pis de la volonté de ne pas choisir, de ne pas trancher. Et, finalement, revient à ne pas faire grand-chose, à moins de ne se consacrer qu’à des droits consensuels, à la maltraitance des enfants et aux accidents de la route. »

 

Argumentée sauf la fin, car l’idée de justice sociale et de nécessaire compression des inégalités économiques avec moins pour ceux d’en-haut et plus pour ceux d’en-bas me parait accessible à une large fraction de peuple, de peuple d’en-bas, disons les 90%, que j’ai nommé le peuple social, public ou privé. Et c’est une idée qui me semble-t-il ne mérite pas d’être prise de haut et ainsi rabaissé.

 

Pour ma part, militant critique du 1% d’en-haut mais aussi critique de sa classe d’appui, je continuerais de faire usage du concept de peuple-classe notamment pour distinguer populisme de droite et populisme de gauche car la distinction est ici pertinente.

 

Christian DELARUE
Altermondialiste

Source article de Serge Halimi

 

NB Une suite à ce texte commentaire va être proposée ici (et a déjà été publiée sur amitié-entre-les-peuples.org) sous : « People 99% » : Penser un peuple sans ses dominants économiques d’en-haut. Suite réponse à S. Halimi." par Christian DELARUE

URL de cet article 32162 

Macron-Libye : la Rothschild Connection (Il Manifesto)

Ce qui se passe aujourd’hui en Libye est en quelque sorte le noeud d’une déstabilisation à multiples visages” : a déclaré le président Macron en célébrant à l’Elysée l’accord qui “trace la feuille de route pour la paix et la réconciliation nationale”.

 

Macron attribue la situation chaotique du pays uniquement aux mouvements terroristes, lesquels “visent à profiter de la déstabilisation politique et de la manne économique et financière qui peut exister en Libye pour prospérer”. Pour cela - conclut-il - la France aide la Libye à bloquer les terroristes. Macron renverse, de cette façon, les faits. L’artisan de la déstabilisation de la Libye a précisément été la France, avec les Etats-Unis, l’Otan et les monarchies du Golfe.

 

En 2010, documente la Banque mondiale, la Libye enregistrait en Afrique les plus hauts indicateurs de développement humain, avec un revenu par habitant moyen-haut, l’accès universel à l’instruction primaire et secondaire et de 46% à l’enseignement supérieur. Environ 2 millions d’immigrés africains y trouvaient du travail. La Libye favorisait par ses investissements la formation d’organismes économiques indépendants de l’Union africaine.

 

Les Etats-Unis et la France - prouvent les emails d’Hillary Clinton - s’accordèrent pour bloquer le plan de Kadhafi de créer une monnaie africaine, en alternative au dollar et au franc Cfa (monnaie que la France impose à 14 de ses ex-colonies africaines). Ce fut Clinton - documente le New York Times - qui fit signer au président Obama “un document qui autorisait une opération secrète en Libye et la fourniture d’armes aux rebelles”, y compris des groupes jusque là classifiés terroristes.

 

Peu après, en 2011, l’Otan sous commandement USA démolissait par la guerre (ouverte par la France) l’Etat libyen, en l’attaquant aussi de l’intérieur avec des forces spéciales. D’où le désastre social, qui fera plus de victimes que la guerre elle-même surtout chez les migrants.

 

Histoire que Macron connaît bien : de 2008 à 2012 il fait une fulgurante (autant que suspecte) carrière à la Banque Rothschild, l’empire financier qui contrôle les banques centrales de quasiment tous les pays du monde. En Libye, la Banque Rothschild débarque en 2011, tandis que la guerre est encore en cours. Les grandes banques étasuniennes et européennes effectuent en même temps la plus grande rapine du siècle, en confisquant 150 milliards de dollars de fonds souverains libyens. Dans ses quatre années de formation chez Rothschild, Macron est introduit dans le gotha de la finance mondiale, où se décident les grandes opérations comme celle de la démolition de l’Etat libyen. Il passe ensuite à la politique, faisant une fulgurante (autant que suspecte) carrière, d’abord comme vice-secrétaire général de l’Elysée, puis comme ministre de l’économie. En 2016 il crée en quelques mois son parti, En Marche !, un “instant party” soutenu et financé par de puissants groupes multinationaux, financiers et médiatiques, qui lui ouvrent la voie à la présidence. Derrière le protagonisme de Macron ne se trouvent donc pas seulement les intérêts nationaux français. Le butin à partager en Libye est énorme : les plus grandes réserves pétrolifères africaines et de grosses réserves de gaz naturel ; l’immense réserve d’eau fossile de la nappe nubienne, l’or blanc en perspective plus précieux que l’or noir ; et le territoire libyen lui-même de première importance géostratégique à l’intersection entre Méditerranée, Afrique et Moyen-Orient.

 

Il y a “le risque que la France exerce une forte hégémonie sur notre ex-colonie”, prévient Analisi Difesa, en soulignant l’importance de l’imminente expédition navale italienne en Libye. Un appel à l’”orgueil national” d’une Italie qui réclame sa part dans la partition néo-coloniale de son ex-colonie.

 

Manlio Dinucci

Edition de mardi 1er août 2017 de il manifesto

»» https://ilmanifesto.it/macron-libia-la-rothschild-connection/
URL de cet article 32192 

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Patrick Braouezec dans la rubrique « Ah il fallait pas, il fallait pas qu'il y aille, ah il fallait pas, il fallait pas y aller »

Dans une tribune au Monde, Patrick Braouezec, ex-député coco qui avait soutenu le banquier d'affaires Macron lors de la présidentielle, regrette que le chef de l’Etat n’ait pas su "contenir la puissance de l’argent". Non, ne riez pas encore...

"J’espérais qu’Emmanuel Macron rompît avec l’immobilisme de Hollande et la politique réactionnaire de Sarkozy", déclare-t-il également. Sans blââguer?

Il est vrai que le dernier sondage, 100 jours après son élection à l'Elysée, donne 36% de satisfaits à Emmanuel Macron et qu'il est peut-être temps pour certains de tourner sa veste toujours du bon côté.

Mais aussi, comme disait Edgar Faure,  célèbre politicien français:

Patrick Braouezec dans la rubrique "Ah il fallait pas, il fallait pas qu'il y aille, ah il fallait pas, il fallait pas y aller

Etat de droit(e)

 

Publié le 12 Août 2017

Justice de classe et hors sol

 

Etat de droit(e)

Y a-t-il des procès politique en France ?

 

La Réponse est oui, la liste s'allonge mais un cas emblématique, la preuve par Cédric Herrou :

 

La justice lui reproche « une démarche d’action militante ».

 

Or l'action militante fait d'autant plus partie des droits constitutionnels qu'elle s'appuie sur l'exigence militante de voir la France respecter le droit international les traités ratifiés par la France dont de plus elle fut, ce fut son honneur hélas au passé, de les avoir portés et faits aboutir.

 

Qu'un tribunal puisse reprocher de faire par l'action respecter la loi ne met-il pas le dit tribunal et singulièrement le ministère public dans une fâcheuse position qui devrait, si l'état de droit réellement était la norme, en appel comme en cassation ramener les trublions dans les clous de la légalité et conduire le conseil supérieur de la magistrature rappeler les obligations de la loi aux parquets et à leur tutelle ?

 

Que la maire d'une grande ville refuse d'appliquer les arrêts du conseil d’État. Que le ministre de l’intérieur valide les propos racistes d'un élu qui appelle à réprimer ceux qui honorent les engagements internationaux de la France en dit long sur le degré du sentiment d'impunité qui confirme que le concept d’État de droit pour le moins a géométrie variable protège le notable hors la loi et sanctionne le citoyen qui veut la faire appliquer.

 

Nous sommes devant un régime qui oscille entre dictature et totalitarisme. La célèbre phrase du président de la commission européenne trouve là un éclairage et installe le lien avec les exigences du capital : " Il ne peut pas y avoir de choix démocratique contre les traités européens ".

 

Plus feutrées que les ordonnances et la continuité de l'état d'urgence permanent mais tout aussi violent, ces décisions de justice sont des marqueurs de la dérive autoritariste d'un pouvoir au service d'un système en crise et qui ne dispose que de la violence d'état, l'intoxication médiatique et de l'usage du repoussoir fasciste pour se maintenir et installer un système qui n'a rien à envier au dit fascisme.

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Publié par El Diablo

Cent jours après son élection, seuls 36% des Français satisfaits de MACRON

photo d'illustration (source: libération)

photo d'illustration (source: libération)

Un peu plus d'un Français sur trois seulement est satisfait de l'action d'Emmanuel Macron en tant que président de la République, près de cent jours après son élection, selon un sondage Ifop. Soit moins que François Hollande à la même période...

 

D'après une enquête Ifop pour Le Figaro publiée le 11 août, l'action d'Emmanuel Macron, en tant que chef d'Etat, satisfait une minorité de 36% des Français. A la même époque en 2012, son prédécesseur François Hollande réunissait encore 46% d'avis positifs.

Près de deux tiers des personnes interrogées (64%) se disent mécontentes du président de la République, dont 19% «très mécontentes», selon cette enquête. Quelques jours après son élection, le 7 mai, 62% des Français se disaient satisfaits d'Emmanuel Macron, selon une précédente enquête de l'Ifop.

Cent jours après – le 15 août – la suspicion est donc désormais de mise et seules 23% des personnes interrogées considèrent que les choses sont en train de changer «plutôt en bien» en France, contre 39% qui sont d'un avis contraire et 38% pour qui «elles ne changent pas».

Les Français sont en revanche plus partagés sur la tenue des engagements pris par le candidat Macron durant la campagne présidentielle. Si 45% estiment que le chef de l'Etat tient ses engagements, 55% pensent à rebours.

 

SOURCE :

Moins fort que Hollande : cent jours après son élection, seuls 36% des Français satisfaits de Macron

Publié le  par Descartes

APB: Mission impossible

 

Comme tous les ans, le début de l’été est aussi le temps des angoisses des tous nouveaux bacheliers. Car il s’agit de préparer l’année suivante, synonyme pour une majorité d’entre eux d’entrée dans cette vénérable – mais guère vénérée – qu’est l’Université. Il est temps pour eux de sortir de l’enfance et de rentrer dans la carrière…
 
Mais dans quelle carrière ? That is the question. L’étudiant en herbe se retrouve en effet devant des contraintes qui aboutissent à des choix cornéliens. D’abord, il lui faut choisir une orientation qui marquera en toute probabilité le reste de sa vie intellectuelle et professionnelle. Ensuite, se pose à lui le problème de l’employabilité future, en fonction non seulement de l’orientation choisie mais du prestige plus ou moins grande de l’institution qui l’accueillera. A quoi s’ajoutent toute une série de considérations géographiques, économiques, familiales…
 
Du côté des institutions, la question est épineuse aussi. Les institutions d’enseignement supérieur n’ont pas de capacités infinies d’adaptation à la demande des étudiants. Les bâtiments, les enseignants, les équipements ne sont pas extensibles à l’infini, et le nombre d’étudiants qu’une institution peut accueillir dans une carrière donnée sans que la qualité de l’enseignement en soufre est limitée.
 
On se trouve donc devant un problème classique en économie, celui de la réconciliation entre une offre et une demande. Et la réconciliation est confiée à un logiciel complexe au doux nom « Admission Post Bac », mieux connu sous le sigle APB. Et qui contient l’algorithme qui a la délicate charge de décider que Charlotte, qui voulait faire des études de sport à Paris, ira étudier la sociologie à Bastia. Bien sur, il s’agit d’un cas extrême. La grande majorité des étudiants obtient des places qui correspondent plus ou moins à leurs choix. Mais il reste un nombre de cas non négligeable ou des gens sont forcés d’aller a des endroits où ils ne voulaient pas aller, étudier des disciplines qu’ils n’ont pas choisies. Et APB devient vite fait le bouc émissaire de cette situation.
 
A tort. Comme dit le dicton, « la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu’elle a ». APB est un logiciel d’optimisation dans la réconciliation entre une demande et une offre. Et l’optimisation consiste à trouver la solution qui minimise l’insatisfaction globale. Pour le dire en termes moins technocratiques, l’algorithme trouve la solution qui mécontente le moins possible les gens qui ont le plus grand pouvoir de nuisance. Il n’y a aucune garantie que cette solution contente tout le monde. Prenons un exemple concret : imaginons que vous avez dix clients, et que vous avez dix chambres à louer. Quelque soit la distribution, il faudra bien que quelqu’un se paye la chambre à côté de l’escalier, vous savez, celle où l’on entend tout le monde rentrer la nuit. Et à moins d’avoir la chance d’avoir parmi vos clients un sourd ou un masochiste, vous aurez forcément quelqu’un qui sera mécontent. Et c’est la même chose pour APB : s’il y a cent places en psychologie à Paris et cinq cents demandes, on peut d’avance dire qu’il y aura quatre cents candidats qui n’auront pas leur premier choix.
 
Bien sur, dans mon exemple hôtelier, vous avez la possibilité de compenser celui qui aura cette chambre dont personne ne veut en baissant le prix de la nuitée. Mais dans la logique du partage des places en université, aucune compensation de ce type n’est possible pour celui qui accepterait de changer son choix. Ce qui nous amène au véritable problème qui empoisonne notre système universitaire, et pas seulement au niveau de l’admission en première année : la question de la régulation.
 
Nous vivons dans un monde de ressources limités. Et c’est pourquoi très rapidement l’homme a été confronté à trois questions : comment partager ces ressources, comment stimuler leur production en fonction des besoins, et comment faire pour qu’elles soient utilisées de manière optimale. C’est pour répondre à ces questions qu’on a inventé des mécanismes de régulation, dont le mécanisme de marché reste l’exemple classique. Son fonctionnement est simple : on confronte l’offre et la demande et on produit un signal, le prix, qui oriente les choix des producteurs comme des consommateurs. Si la production n’arrive pas à satisfaire la demande, le prix est élevé et cela encourage les producteurs à produire plus et mieux, et les consommateurs à consommer moins ou à chercher des substitutions. Si l’offre dépasse la demande, les prix baissent, et cela encourage les producteurs à produire moins, et les consommateurs à produire plus. En d’autres termes, le système n’est en équilibre que lorsque la demande et l’offre sont identiques, et dès que le système s’écarte de l’équilibre, le mécanisme de marché produit un signal qui tend à l’y ramener. C’est ce qu’on appelle un équilibre stable.
 
Bien entendu, le marché n’est pas le seul mécanisme de régulation possible. Il en existe bien d’autres. Par exemple, une autorité – l’Etat en général – peut fixer l’offre administrativement, et ensuite partager cette offre entre les différents demandeurs (c’est le cas par exemple pour les places de stationnement). Ou bien fixer la demande à un niveau donné et s’imposer la tâche d’adapter l’offre (le meilleur exemple est celui de l’école obligatoire). Mais le propre de tout système de régulation est qu’il doit réconcilier l’offre et la demande, en jouant sur l’une, sur l’autre, ou sur les deux.
 
Maintenant, revenons aux études universitaires. Comment est régulée l’offre ?  Les études – qu’ils soient ou non universitaires, d’ailleurs – ont un coût. Un coût payé par la collectivité, puisque chez nous les études sont gratuites. Et si la collectivité consent cette dépense, c’est pour retirer un avantage, qui est celui de former les citoyens et les travailleurs dont le pays aura besoin. Il est de l’intérêt général que les citoyens, tous les citoyens, sachent lire, écrire et compter, qu’ils aient une de base connaissance de l’histoire, de la géographie, des sciences. Et c’est pourquoi l’enseignement primaire et secondaire est obligatoire et universel, et que l’Etat s’impose la contrainte d’offrir à chaque enfant une place. Mais la France n’a pas besoin d’un nombre illimité de psychologues, d’historiens, d’ingénieurs ou d’astronomes. Former à grands frais des gens dont on n’aura ensuite pas l’emploi, c’est un énorme gâchis. L’Université n’est donc pas dans une logique d’universalité : elle devrait avoir pour mission de former un nombre limité d’étudiants, en fonction des besoins du pays et non des désirs des candidats. Car l’Université, c’est une institution et non pas une entreprise. Elle est là pour satisfaire un besoin social, et non des désirs individuels de ses « clients ».
 
Mais ce n’est pas ainsi que les choses se passent. En pratique, il n’existe guère de prospective au niveau du système universitaire sur les besoins réels du pays. Tout au plus se contente-t-on de regarder l’état du marché du travail. Les enseignements sont organisés en fonction d’une contrainte budgétaire fixée à priori, budget qui est réparti en fonction de la demande des étudiants et des contraintes de la rigidité de la structure. Ainsi, par exemple, les universités multiplient les formations en STAPS non parce les autorités anticipent un besoin important en professeurs de sport, mais parce que les étudiants ont l’impression qu’on trouve facilement un emploi dans ce domaine avec un minimum d’investissement intellectuel, et font donc pression sur cette filière.
 
Une fois admise l’idée que les places dans les études universitaires sont par nature limitées, se pose la question de leur distribution lorsque la demande dépasse largement l’offre. Et puisque le but de l’Université devrait être de former les savants et les professionnels dont le pays a besoin, c’est la capacité à devenir les meilleurs savants et les meilleurs professionnels  qui devrait être le seul et unique critère pour l’attribution des places. En d’autres termes, la sélection devrait être faite en fonction du mérite intellectuel et académique. Ainsi, le système encouragerait au travail et à l’étude. Et ce système fonctionne d’ailleurs très bien chez nous dans un autre champ : c’est celui des classes préparatoires et des grandes écoles, qui forment des professionnels que le monde entier nous envie – et la meilleure preuve en est qu’ils n’ont aucune difficulté à se faire employer à l’étranger. Et ce système ne nécessite aucun algorithme compliqué du genre APB pour affecter les étudiants sans que cette affectation provoque la moindre récrimination, la moindre contestation, parce qu’elle est fondée sur des critères objectifs et indiscutables.
 
Mais alors, pourquoi l’Université ne peut fonctionner sur le même modèle ? Pourquoi a-t-on laissé le système dériver au point que les choix d’entrée se font sur toutes sortes de critère SAUF celui du mérite académique ?
 
Il faut comprendre qu’une profonde mutation a eu lieu ces trente dernières années dans l’ensemble de nos institutions en général et des institutions éducatives en particulier. Depuis la Révolution de 1789 – et même avant – il y a l’idée que les institutions sont créées non pour satisfaire les désirs des individus, mais pour répondre à des besoins de la société. Lorsque Jules Ferry et Ferdinand Buisson donnent corps à l’école obligatoire de la IIIème République, le but n’est pas de faire le bonheur des fils de paysan, c’est de fournir au pays les travailleurs, les cadres, les soldats dont il a besoin. Le but de l’action publique n’est pas de rendre les gens heureux, c’est de rendre les gens meilleurs pour le plus grand bénéfice de la société dans son ensemble. Et l’élève à qui le système offre gratuitement l’accès à la connaissance a envers la société un devoir de restitution, celui de servir la collectivité y compris éventuellement les armes à la main.
 
Mais avec le développement et la prise du pouvoir par les « classes moyennes », tout change. L’individu, plus que la société, devient le pivot des politiques publiques. L’élève, l’étudiant – mais aussi le professeur – cessent de se concevoir en tant que membres d’une institution, avec les devoirs qui s’y attachent, et deviennent des simples clients. L’institution n’est là que pour leur offrir un service, sans contrepartie. En 1980, un directeur d’une grande école parisienne accueillait la promotion entrante avec cette formule : « cette école a pour mission de former les ingénieurs dont la France a besoin » - sous entendu : on va vous enseigner ce que la France a besoin que vous sachiez, et non ce que vous jugez bon de savoir. Qui aujourd’hui oserait tenir ce langage ?
 
Le problème, c’est qu’on a construit le rapport entre l’étudiant et l’institution sur un mode « client/fournisseur », sans pour autant mettre en place le mécanisme de régulation adapté à ce type de rapport, qui est le mécanisme de marché. En abolissant la sélection au mérite – qui était le mécanisme de régulation de l’ancien système – tout en maintenant la gratuité – qui empêche une régulation de type « marché » - on a mis le système dans l’incapacité de se réguler rationnellement. Et c’est là la source de tous les problèmes : on proclame un « droit aux études » qui dans les faits n’existe pas et ne peut pas exister parce qu’il suppose des ressources infinies, mais qui du coup oblige à distribuer les places limitées en fonction de toutes sortes de critères – géographiques, sociaux, le tirage au sort, l’âge du capitaine - sauf le seul critère qui serait ici justifié, celui du mérite (1).
 
Pour comprendre comment on en arrivé là, il faut comprendre la mentalité de la classe pour qui l’université est le mode de reproduction, c'est-à-dire, les « classes moyennes ». Ces couches sociales vivent dans la crainte permanente du déclassement, puisque leur situation est liée à un capital en grande partie immatériel – fait de diplômes, de clientèles, de réseaux – qu’il faut renouveler à chaque génération. Pendant longtemps, l’accès aux études universitaires a été perçu comme le moyen de renouveler ce capital. Seulement voilà, rien ne garantit que le fils du médecin, du professeur, de l’ingénieur ait la tête aux études, qu’il soit capable de conquérir sa place dans une logique de sélection au mérite. C’est pourquoi, les « classes moyennes » n’ont jamais aimé ce type de sélection, lui préférant largement la sélection par l’abandon – qui permet d’éliminer préférentiellement ceux qui n’ont pas les moyens de « tenir », c'est-à-dire, les couches populaires – et la sélection sur « dossier », qui permet de faire jouer à fond les réseaux, et qu’on voit se multiplier dans les filières sélectives par le biais des « voies parallèles » depuis 1968.
 
Le « bac pour tous » et « l’université sans sélection » sont les deux volets de la machine à reproduire les « classes moyennes ». Mais ces deux principes ont détruit l’Université en tant qu’institution dont la fonction est de créer et de diffuser les connaissances, pour en faire un guichet dispensateur de diplômes censés constituer une assurance contre le chômage. Le problème n’est pas la massification, c’est la massification avec une « masse » qui n’a pas l’autonomie intellectuelle – ni le désir de l’acquérir – indispensable pour suivre un véritable cursus universitaire. La connaissance « universelle », qui est l’âme de l’université, on s’en fout. C’est le diplôme, et non la connaissance qu’on vient chercher. Car c’est là l’un des paradoxes les plus intéressants : pour les parents et les étudiants aujourd’hui, c’est le diplôme qui permet d’avoir un métier, et non les connaissances que ce diplôme est censé certifier. Au point qu’on a vu des syndicats étudiants mais aussi des partis politiques exiger après les grèves étudiantes que ceux-ci puissent avoir leurs unités de valeur validées alors même que les cours et travaux dirigés n’avaient pas pu se tenir… pour ne pas « pénaliser les étudiants ». Mais qui est le « pénalisé » quand on délivre le diplôme de médecin à quelqu’un qui ne connaît pas l’anatomie sous prétexte qu’il a fait grève ? 
 
Il faudrait d’ailleurs s’interroger sur les raisons pour lesquelles les étudiants se précipitent sur des enseignements comme le STAPS, la psychologie, la sociologie ou le droit des affaires, et délaissent les enseignements en sciences dites « dures ». En fait, les étudiants recherchent le meilleur compromis entre l’employabilité future et l’effort intellectuel à investir. Les sciences ont un rapport qualité/prix particulièrement défavorable : même si elles permettent de trouver facilement du travail relativement bien payé, elles demandent un investissement très important au départ. Les étudiants ont donc un raisonnement d’investisseur financier : il faut que ça rapporte vite. Ce n’est pas cela, le vrai esprit universitaire.
 
On peut prévoir que l’on continuera, chaque année, à accuser APB de toutes les fautes. C’est injuste, et c’est idiot. Injuste, parce que l’algorithme ne fait qu’optimiser la distribution des places en respectant les contraintes. Et au vu de la nature des contraintes, il  n’existe pas d’algorithme capable de contenter tout le monde. Idiot, parce que la critique d’APB ne fait qu’occulter l’absurdité d’un système qui ne fait aucune place à une régulation rationnelle, et qui traduit la transformation de l’université française en garderie pour les rejetons des « classes moyennes »…
 
Descartes
 
(1) et accessoirement celui de la capacité à suivre les études universitaires, censé être garantie par un baccalauréat qu’on donne à tout le monde à force de petits coups de pouce bienveillants aux notes des candidats pour ne pas faire baisser celles du ministre et lui permettre de claironner que cette année, une fois encore, on fait mieux que l’année dernière.

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

En 2018, l'Elysée va réformer l'ISF, dit sans rire impôt de solidarité sur la fortune.

A l'automne prochain, sa majorité parlementaire au garde à vous sur ses semelles plombées votera cette réforme à la sauce capitaliste. Les plus grosses fortunes de France ne seront plus taxées que sur leur richesse immobilière, soit une exonération de 49%. Et un manque à gagner pour le trésor public de 2 milliards d'euros à court terme.

Ainsi, le plus friqués d'entre nous, et la barre est haute entre ceux-ci et l'ensemble du peuple français, les plus riches donc n'auront plus à déclarer au fisc leurs bagnoles de luxe, leurs bateaux et leur mobilier de la même espèce, leurs oeuvres d'art, etc, etc. Ils n'auront pas plus à faire état de leurs placements financiers.

Bon, fini l'impôt de solidarité sur la fortune et bon vent à l'Impôt sur la fortune immobilière.

Le 4 août 1789, dans la nuit, l'Assemblée nationale constituante, mettait fin au régime féodal de l'Ancien régime et abolissait les privilèges des nantis de l'époque: la noblesse et le clergé. A l'automne 2017, l'Assemblée nationale parle de les rétablir.

La presse réactionnaire de 1789 parlait de "délire patriotique" et illustrait ainsi cette abolition des privilèges:

En 2018, l'Elysée va réformer l'ISF, dit sans rire impôt de solidarité sur la fortune.

Et en cette été 2017, les médias de la pensée unique écrivent toujours leur haine contre les révolutions et les droits conquis par les luttes des travailleurs.

Confiant dans la justice ou dans l'action ?

Publié le 8 Août 2017

Pendant que Fillon

fait ses courses en toute quiétude

Dans les supermarchés de la Sarthe.

Que Ferrand se pavane

à l'Assemblée nationale.

Que Lagarde pérore

Que Dassault et quelques autres

coulent des jours sereins.

 

Confiant dans la justice ou dans l'action ?

 

La cour d'appel des Bouches-du-Rhône condamne  Cédric Herrou à 4 mois de prison avec sursit pour délit de solidarité et de respect du droit international.

 

Chez Touthenmakron, aider des humains en détresse est un délit,  fabriquer du plan de casse sociale est une vertu ministèrable.

 

Le militant qui était venu en aide à des migrants à la frontière italienne s'est dit sur franceinfo "toujours confiant dans les actions que nous menons, et un peu déçu de l'incompréhension de la Justice".

 

Mais à part cela la justice n'est pas de classe.

 

Rédigé par Canaille Lerouge

Le théorème du RRRRévolutionnaire germanopratin ...

 

Publié le 7 Août 2017
...depuis sa planque du café de flore.
Le théorème du RRRRévolutionnaire germanopratin ...
Du moraliste philosophe au chevet des peuples
 
Il faut soutenir les peuples qui se soulèvent pour chasser un pouvoir oppresseur
 
Et si le soulèvement réussi il faut :
 
a) dire que c'est la victoire du RRRRévolutionnaire qui les accompagne depuis le début ; mais immédiatement préciser
 
b) que le pouvoir corrompt et que le RRRRévolutionnaire sera vigilant
 
c) que prendre le pouvoir n'autorise pas, même confirmé par les urnes, à le garder si des contre révolutionnaire veulent le reprendre dès lors que cela génère de la violence.
 
d) Que se défendre face aux contre-révolutionnaires fait des agressés des dictateurs tel (choisir au choix Robespierre Vallès, Lénine Luxemburg Staline Mao, Hodja l'Oncle Hô, Castro Chavez) et donc leur fait perdre ta solidarité.
 
e) Celui qui use des armes pour riposter aux armes fait de lui un assassin et cela justifie que depuis la Sierra de la rue Danton ou réfugié dans la jungle de la Closerie des Lilas tu apportes dès lors ton soutien aux contre-révolutionnaires.
 
f) Tu dois défendre qu'en permanence pour l'histoire et l'Idée qu'un Allende ou un Néruda, un Lorca ou un Decour  sont toujours un plus alors que ceux de leurs camarades qui ont survécu sont, parce que que vivants, suspect de comportements répressifs et de fournisseur de goulag.
 
Axiome : Ne sont vraiment RRRévolutionnaire que ceux qui admettent que la révolution n'est pas à défendre avec les moyens de l'insurrection face aux contre-révolutionnaire- et qu'elle ne s'accomplit en grand que quand le peuple qui la fait est noyé dans son sang.
 
Tu pourra alors pétitionner dans le Monde, Médiapart ou Libération (évite le figaro pour ne pas être trop associé à BHL).
 
Corrolaire à l'axiome, le synopsis pour un film et l'embauche d'un ou deux nègres pour le sénario ou pour un roman sont en négociation. Tous les postulants disposent de passeport leur permettant d'entrer sans problème chez l'oncle Sam pour les présenter à Hollywood.
 
Rédigé par Canaille Lerouge

Ce que le Général de Villiers a réellement dit 12 juillet

 

Par  · publication  · mis à jour 

Le mercredi 12 juillet, le Général Pierre de Villiers, chef d’état-major des armés, était auditionné par la Commission de la défense nationale et des forces armées de l’Assemblée Nationale[1].

 

Les fuites relatives à cette audition provoquèrent la violente réaction du Président de la République, qui attaqua alors le Général de Villiers, l’accusant d’avoir « porté sur la place publique » un débat qui n’avait pas lieu d’être. La réaction du Général conduisit à une crise, crise qui se solda par sa démission du poste de chef d’état-major des armées. La publication par l’Assemblée Nationale de cette audition permet aujourd’hui de se faire une idée plus nette des propos qui y furent tenus[2]. Les lecteurs pourront se reporter au texte intégral. Ils constateront que jamais le Général de Villiers n’est sorti de son rôle, qui était d’éclairer la représentation nationale sur l’ensemble des problèmes affectant les forces armées.

 

Devant la longueur, et aussi la densité de cette audition, on en publie ici des extraits choisis.

 

La réduction des forces armées n’est plus possible.

 

  • L’un des thèmes importants de l’audition du Général de Villiers a été de mettre en lumière le processus de contractions des forces armées, un processus entamé en 2008, soit sous le mandat de Nicolas Sarkozy, mais qui s’est prolongé sous le mandat de François Hollande. Ce processus rend impossible de nouvelles coupes budgétaires, sous peine de déséquilibrer en profondeur l’ensemble de la défense française. C’est un point important qu’il convient de noter. On le constatera dans l’extrait suivant de l’audition du Générale de Villiers :

     

    « Le système a en outre été fragilisé par le processus qui, entre 2008 et 2014, a affecté la totalité des composantes de nos armées, directions et services : le nombre de militaires est passé de 241 000 à 203 000 et l’organisation territoriale des armées a été repensée de fond en comble, principalement selon une logique d’efficience économique et de réduction des dépenses publiques. Depuis 2008, cinquante formations de l’armée de terre, dix-sept bases aériennes, deux bases aéronavales et vingt bâtiments ont été supprimés.

     

    L’impact de ces réformes, menées dans un laps de temps très court, se fait sentir. Faut-il le rappeler ? Le ministère de la Défense a été le plus important contributeur de la révision générale des politiques publiques (RGPP). Le modèle s’est alors contracté autour d’un cœur de métier minimaliste, fragilisant du même coup sa cohérence d’ensemble, au moment même où il était davantage sollicité. Lorsque les engagements sont en hausse et le budget, en baisse, j’appelle cela un grand écart. À ceux qui en douteraient, je le dis et je le répète : on a déjà donné, on a déjà tout donné. Il faut maintenant revivifier notre modèle, ce qui, d’ailleurs, n’exclut pas de poursuivre notre transformation permanente et nos réformes de structure pour être toujours plus efficients. »

     

    La position du chef d’état-major est ici très claire. Il n’est plus possible de procéder à de nouvelles coupes. La cohérence d’ensemble des forces armées est aujourd’hui atteinte par ces coupes qui les fragilisent. Il faut donc au contraire commencer à préparer la régénération de l’appareil militaire.

     

    2. Les coupes budgétaires ont des conséquences opérationnelles

     

    Le deuxième point sur lequel le Général de Villiers est explicite porte sur les conséquences opérationnelles de ces coupes et des restrictions budgétaires. Les restrictions budgétaires mettent directement en cause la sécurité des militaires, que ce soit directement (absence ou déficience des blindages et des gilets pare-balles) ou que ce soit indirectement du fait d’un manque de moyen qui contraint les unités à entrer en action sans disposer du soutien, que ce soit le soutien aérien, le soutien de reconnaissance ou autre, adéquat. Des opérations doivent ainsi être reportées, ce qui peut avoir des conséquences opérationnelles extrêmement graves.

     

    « La première consiste à régénérer le modèle, en revenant, au plus vite, sur les lacunes capacitaires les plus pénalisantes, c’est-à-dire sur celles qui menacent directement les aptitudes-clés des armées et qui compromettent dès aujourd’hui la réussite de nos opérations. Concrètement, sur le terrain, le manque d’hélicoptères, de drones ou d’avions ravitailleurs a des conséquences lourdes sur la manœuvre générale : report d’opérations, rupture de permanence, opportunités non saisies, prévisibilité accrue. Il ne s’agit là que d’un exemple parmi d’autres. Pour gagner, il nous faut aussi des gilets pare-balles rénovés, des stocks de munitions reconstitués et davantage de véhicules blindés pour protéger nos soldats. Je rappelle que 60 % de nos véhicules utilisés en opération ne sont pas protégés. Le blindage est le moins que l’on puisse demander et obtenir pour les hommes et les femmes de nos armées qui, eux, ne comptent pas leurs efforts. J’ai encore rapatrié trois blessés le week-end dernier.

     

    Notre deuxième priorité est d’aligner les contrats opérationnels sur la réalité des moyens que nous engageons en opérations, aujourd’hui, considérant, je vous l’ai dit, que le niveau de menace ne diminuera pas dans les années qui viennent. Il faut savoir que nos engagements actuels dépassent d’environ 30 % les contrats détaillés dans le Livre blanc. Les nouveaux contrats devront prendre en compte les effectifs nécessaires, le maintien en condition et la préparation opérationnelle. En 2016, 50 % des rotations des unités de l’armée de terre dans les centres d’entraînement ont été annulées. Les pilotes ont volé en moyenne 160 heures – dont 100 en opération, c’est-à-dire pas à l’entraînement  –, au lieu des 180 heures normées. L’entraînement à la mer de la marine a baissé de 25 %. Une telle contraction du temps et des moyens dévolus à l’entraînement est source de vulnérabilités, auxquelles il convient de mettre un terme sans attendre. C’est le chef de guerre qui vous le dit : à la guerre, toute insuffisance se paie « cash » parce qu’en face, l’ennemi ne s’embarrasse pas de procédés. »

     

    On constate aussi que l’entraînement a été sacrifié, que ce soit l’entraînement des forces aériennes ou des forces navales. Or, la qualité de l’entraînement, et cela est su par les militaires depuis des temps immémoriaux, est une des conditions pour minimiser les pertes en opérations. Que l’on se souvienne de l’adage, maintes fois vérifiés, que « la sueur à l’entraînement évite le sang ». Il est donc clair que l’efficacité et la sécurité des femmes et des hommes de nos forces armées ont été mises en péril par les coupes répétées dans le budget de la défense depuis 2008.

     

    3. La question du budget

     

    Ceci conduit, bien entendu, à la question du budget. Le Général de Villiers salue l’objectif fixé par le Président de la République mais précise par ailleurs qu’il n’est pas « un lapin de six semaines ». Il en appelle donc à la transparence de la décision politique, et précise que les engagements pris doivent être impérativement tenus.

     

    « J’en arrive donc à ma deuxième préoccupation : obtenir des moyens financiers en cohérence avec notre projet. C’est tout l’objet de la trajectoire budgétaire qui doit nous amener à l’objectif fixé par le président de la République : 50 milliards d’euros courants, hors opérations extérieures (OPEX) et hors pensions, en 2025. Se dessinent devant nous trois horizons temporels.

     

    Le premier correspond à la fin de gestion 2017 qui doit absolument être préservée. En opérations extérieures comme sur le territoire national, nos armées assurent la sécurité des Français au quotidien, dans des conditions souvent très difficiles. Comment imaginer ne pas leur donner les moyens nécessaires pour remplir leurs missions ? Les exécutions budgétaires ont été préservées en 2015 et 2016. Cela doit être le cas également en 2017, car les armées ne sont pas moins sollicitées, loin s’en faut.

     

    Le deuxième horizon de très court terme est celui de la loi de finances pour 2018. Cette première marche est essentielle. Je ne suis pas un lapin de six semaines : je sais bien que, si l’objectif de 50 milliards est fixé à 2025 et que la courbe d’évolution du budget démarre très bas, l’élévation de cette courbe ne se produira qu’en fin de période. Nous connaissons la ficelle de cette « remontée tardive » et l’avons déjà expérimentée sous les deux quinquennats précédents.

     

    En ce qui concerne la loi de finances pour 2018, l’équation est simple. Après mise sous contrainte, le socle budgétaire ressort à 34,8 milliards d’euros, dont 32,8 milliards ouverts en loi de finances initiale auxquels il faut ajouter, d’une part, le milliard d’euros décidé par le président Hollande lors du conseil de défense du 6 avril 2016 et correspondant aux besoins supplémentaires indispensables pour faire face à la menace terroriste – non-déflation de 18 750 effectifs et mesures afférentes en termes de fonctionnement et d’infrastructure – d’autre part ; plus 200 millions d’euros décidés ces derniers mois pour financer le service militaire volontaire, la garde nationale avec l’augmentation du nombre de réservistes et les mesures de condition du personnel. Ce socle de 34 milliards d’euros sera dépensé, quoi qu’il arrive. Enfin, il convient d’y ajouter les besoins supplémentaires apparus depuis le 6 avril 2016 : 600 millions d’euros pour soutenir le surcroît d’engagement de nos forces et atténuer le sous-dimensionnement chronique de certains soutiens, dont l’infrastructure et enfin, 200 millions d’euros pour renforcer à très court terme la protection de nos hommes, à titre individuel et pour les équipements – Au total, il convient de bâtir d’emblée sur des bases saines une trajectoire de remontée en puissance pour consolider notre modèle.

     

    Le troisième horizon de court terme est la loi de programmation militaire (LPM) 2019-2025. Elle doit être celle de la régénération et de la projection vers l’avenir. L’ordre de grandeur de l’effort à consentir est d’ores et déjà connu : il s’élève globalement à deux milliards d’euros supplémentaires par an à périmètre constant, hors opérations extérieures et hors pensions. Compte tenu de l’urgence, la LPM doit être votée au plus tôt, c’est-à-dire avant le 14 juillet 2018, pour intégrer comme première annuité le projet de loi de finances 2019. Je rappelle que sous les deux quinquennats précédents, il aura fallu environ deux ans pour que la LPM soit adoptée. »

     

    Il indique aussi que la somme prévue par le budget 2018, et que le Président de la République devait, dans la polémique déclenchée par sa réaction (ou peut-être faut-il parler de sur-réaction) à l’audition du Général de Villiers, mettre en avant comme la « preuve » de son engagement sur les questions de défense, représente en réalité le strict minimum de ce qu’il faut alors dépenser.

     

    Et, en réponse à des questions des membres de la commission, le général revient sur la question de l’annulation des 850 millions d’euros de crédits, annulation que venait d’annoncer M. Darmanin :

     

    « Permettez-moi de revenir sur l’annulation de 850 millions d’euros de crédits en gestion 2017 qu’a annoncée M. Darmanin par voie de presse. Que les choses soient claires : il s’agit d’annulations alors qu’à l’heure actuelle, les crédits ont été gelés à hauteur de 2,7 milliards : 1,6 milliard au titre de la réserve de précaution, 715 millions de report de crédits et 350 millions de surgels. Le ministre des Comptes publics a donc cette fois annoncé une annulation de 850 millions d’euros sur la base du montant du budget total, soit 32,8 milliards, et l’ouverture simultanée d’un décret d’avance de 650 millions d’euros hors pensions, c’est-à-dire au titre du programme 178 « Préparation et emploi des forces ». Reste donc un delta net de 200 millions d’euros. Il m’est un peu délicat de parler de ceci ce matin, dans la mesure où le président de la République n’a pas encore rendu son arbitrage : il le fera certainement demain soir à l’occasion du discours qu’il prononcera à l’hôtel de Brienne.

     

    Quoi qu’il en soit, avant d’envisager les conséquences possibles d’une telle annulation de crédits, il m’importe d’abord de savoir si elle ne sera pas suivie en fin d’année d’autres annulations. Autrement dit, pour garantir le fonctionnement des armées, l’exécution budgétaire de fin d’année ne doit pas être inférieure aux montants inscrits en loi de finances initiale, sans quoi nous nous trouverions dans une situation insoutenable. En outre, aucune autre annulation ni aucun gage ne doivent être décidés d’ici au 31 décembre. Puis le reliquat du surcoût des opérations extérieures – de l’ordre de 300 millions d’euros environ – devra être couvert en fin d’année. Ensuite, il faudra déterminer le niveau du report de charge consenti ; je rappelle qu’en 2016, il s’établissait à environ trois milliards d’euros. Enfin, quid des reports de crédits de 715 millions d’euros : seront-ils reportés sur 2018 ou engagés et ouverts ? »

     

    Il montre bien qu’il s’agit d’une réduction nette, qui vient s’ajouter à d’autres. Il précise que le mécanisme des reports de crédits ne permet pas à la représentation nationale de se faire une idée précise de l’impact des réductions de fait que ces reports entraînent. Ceci renvoie à la question des munitions, une question qui est à l’évidence devenue critique :

     

    « Un mot sur les munitions : les réductions décidées ces dernières années ont globalement porté sur les flux, celui de l’entretien programmé du matériel et de l’entretien programmé du personnel, celui des munitions et celui des infrastructures – comme toujours. Oui, il faut reconstituer le flux des munitions et nous ne pourrons pas attendre 2019 ou 2020 ! Nous avons beaucoup consommé et continuons de consommer beaucoup, et pour cause : on ne gagne pas la guerre sans munitions – un fait simple que l’on semble pourtant redécouvrir. Je ne vous donnerai pas de détails sur l’état des différents stocks, mais il n’est plus temps de discuter en termes budgétaires, car nous n’avons pas le choix. Je n’y peux rien ; c’est ainsi. Il faut agir dès 2018 pour plusieurs raisons : d’abord parce que nous sommes « au taquet », mais aussi parce qu’il s’écoule parfois beaucoup de temps entre la commande de la munition et le moment où elle peut être tirée. Les pièces des munitions sont en effet fabriquées dans différents lieux et pays. Au fond, la France a redécouvert la guerre. Or, il n’est pas aisé de relancer une chaîne industrielle, surtout de manière accélérée. Nous devons être en mesure de disposer de stocks de munitions suffisants. Je ne le demande pas pour ennuyer tel ou tel, mais parce qu’encore une fois, c’est ainsi : on ne gagne pas la guerre sans munitions suffisantes. »

     

    Cela renvoie à une évidence. Pour disposer des munitions suffisantes, il faut les produire. Il n’en est pas d’un obus de 155-mm comme d’une ligne budgétaire que l’on peut remettre d’un trait de plume sur un budget. Pour produire ces munitions, encore faut-il que l’appareil industriel puisse le faire dans les temps impartis. De fait, dans le domaine militaire, ce qui importe ce n’est pas le « juste à temps » de l’industrie civile mais bel et bien la constitution de capacités excédentaires, capacités qui pourront être mobilisées en temps de crise et d’urgence. On est donc dans une logique parfaitement différente de celle de l’industrie civile, et encore plus à fortiori de celle de la banque et des banquiers.

     

    4. Sur la coopération européenne

     

    Un dernier point important de cette audition porte sur la coopération européenne. Le Général de Villiers s’exprime assez clairement sur cette dimension de l’effort de défense. Il souligne la différence de structure et de situation de la France avec l’Allemagne. Mais, ce que l’on peut lire aussi « en creux », c’est la nécessité d’avoir une politique française forte qui ne soit pas simplement la symétrique de celle de l’Allemagne, et qui ne soit pas non plus dictée par les traités européens. La coopération qu’évoque le Général de Villiers, elle est entre Nations, avec l’Allemagne et le Royaume-Uni, mais elle n’est pas au sein de l’Union européenne. C’est un point important dont il convient de se souvenir.

     

    « Vous proposez de dégager l’investissement de défense du calcul du déficit public par rapport à la règle des 3 % du PIB. Je soutiens fermement cette mesure, mais je crois que mon soutien ne suffit pas… C’est un sujet exclusivement politique. Mes homologues européens savent toutefois, en toute objectivité, combien nous contribuons à la défense et à la sécurité de l’Europe. On entend déplorer çà et là que bien des choses vont mal en France. Soit, mais permettez-moi de vous dire ceci : nous avons la première armée d’Europe et elle est considérée comme telle lorsque je suis à Bruxelles. La France dispose de la deuxième armée de l’OTAN. En somme, la France est un grand pays quand elle le veut, et elle l’est aujourd’hui sur le plan militaire. J’ai donc, en tant que CEMA, un rôle dans cette dynamique européenne. L’automne dernier, nous sommes parvenus à réunir les Britanniques et les Allemands dans mon bureau, puis nous avons tenu une réunion du même ordre à Londres ! La prochaine réunion aura lieu à Berlin après l’été. Ce sont des signes ! Nous pouvons explorer d’innombrables pistes de coopération. Nous pouvons coopérer avec les Allemands en matière d’environnement des opérations et de capacités – intelligence, surveillance, reconnaissance (ISR), ravitailleurs, transport aérien, drones – ou encore de logistique et de sécurité et développement, car cette économie puissante peut nous aider. Ils participent à la formation des forces locales, dans le cadre de la mission européenne EUTM au Mali par exemple. Avec les Britanniques, notre coopération porte tout à la fois sur les opérations – j’ai mentionné la CJEF – mais aussi sur les programmes, le traité de Lancaster House ayant tracé de nombreuses pistes. On peut aussi envisager à l’avenir un programme de drone MALE européen avec ceux qui voudront nous rejoindre d’ici à 2025. Autrement dit, je suis persuadé qu’il y a des choses à faire, et je sens une dynamique meilleure qu’auparavant, en particulier avec l’Allemagne, dont je rappelle que la part du PIB consacrée à la défense passera de 1,2 % à 1,5 % en quatre ans, sachant que l’Allemagne a un PIB plus élevé que le nôtre et qu’elle n’assume aucune dépense liée à la dissuasion. C’est dire si, à périmètre équivalent, nous allons devoir nous accrocher pour ne pas être dépassés ! »

     

    Au total, l’audition du Général de Villiers apparaît comme extrêmement digne, responsable, et non pas comme une « mise sur la place publique » du linge sale que le Président aurait souhaité laver en famille. Le fait que le Général de Villiers ait été applaudi sur tous les bancs à la suite de son audition montre bien que, au-delà des désaccords qui peuvent légitimement exister, les membres de la Commission avaient été sensibles à l’exercice démocratique que représente l’information honnête des représentants du peuple !

     

    [1] Membres de la commission :

     

    Présents. – M. Damien Abad, M. Louis Aliot, M. François André, M. Jean-Philippe Ardouin, M. Didier Baichère, M. Xavier Batut, M. Thibault Bazin, M. Olivier Becht, M. Christophe Blanchet, Mme Aude Bono-Vandorme, M. Ian Boucard, M. Jean-Jacques Bridey, Mme Anne-France Brunet, Mme Carole Bureau-Bonnard, M. Luc Carvounas, M. Philippe Chalumeau, M. André Chassaigne, M. Alexis Corbière, M. Jean-Pierre Cubertafon, Mme Marianne Dubois, Mme Françoise Dumas, M. Jean-François Eliaou, M. Olivier Faure, M. Yannick Favennec Becot, M. Jean-Jacques Ferrara, M. Marc Fesneau, M. Jean-Marie Fiévet, M. Philippe Folliot, M. Laurent Furst, M. Claude de Ganay, M. Thomas Gassilloud, M. Guillaume Gouffier-Cha, M. Fabien Gouttefarde, Mme Émilie Guerel, M. Jean-Michel Jacques, M. Loïc Kervran, Mme Anissa Khedher, M. Bastien Lachaud, M. Jean-Christophe Lagarde, Mme Frédérique Lardet, M. Jean-Charles Larsonneur, M. Didier Le Gac, M. Christophe Lejeune, M. Jacques Marilossian, Mme Sereine Mauborgne, M. Philippe Michel-Kleisbauer, Mme Natalia Pouzyreff, M. Joaquim Pueyo, M. Gwendal Rouillard, Mme Sabine Thillaye, Mme Laurence Trastour-Isnart, Mme Nicole Trisse, M. Stéphane Trompille, Mme Alexandra Valetta Ardisson, M. Patrice Verchère, M. Charles de la Verpillière

     

    Excusés. – M. Bruno Nestor Azerot, M. Florian Bachelier, M. Richard Ferrand, M. Christian Jacob, Mme Patricia Mirallès

     

    [2] http://www.assemblee-nationale.fr/15/cr-cdef/16-17/c1617003.asp

    Macron, face aux conséquences de ses actes…

     

    Jacques SapirPar · 

     

    Emmanuel Macron a mangé son pain blanc. Il l’a mangé vite, en jeune homme pressé. Mais il est, aujourd’hui, confronté aux conséquences de ses décisions et de ses actions. La déliquescence du groupe parlementaire de La République en Marche, son propre parti, est devenue évidente aux yeux de tous. Les « couacs » parlementaires se multiplient. Les dysfonctionnements répétés qui affectent son propre gouvernement commencent à être sur la place publique[1]. Il a perdu le capital de confiance qu’il pouvait avoir dans les grandes administrations, et en particulier dans celles qui représentent la force de l’Etat, la police et l’armée. Il ne s’est attaqué, que ce soit en actes ou en paroles, à aucun des grands problèmes qui taraudent aujourd’hui notre pays, et pourtant – ou peut-être à cause de cela – il voit sa popularité fondre à vue d’œil[2].

     

    Il s’est aussi aliéné nombre de ses anciens soutiens, qu’il s’agisse de soutiens dans le cadre national ou à l’international. Il verse désormais dans une démagogie antiparlementariste rampante, avec une loi de « moralisation » de la vie politique à la fois inefficace, injuste, et ne réglant aucun des problèmes auxquels elle prétendait s’attaquer. Il doit se préparer à une crise sociale, dont nul ne peut aujourd’hui prévoir l’ampleur ou la durée dés cet automne, et ce dans une situation où la légitimité même de son pouvoir sera mise en cause.

     

    Erreur de communication ou hypothèses hasardeuses ?

    Cette situation peut s’analyser superficiellement comme le produit de la politique réduite à la communication. Comme tout raccourci, ce dernier contient sa vérité. La communication l’a bien souvent, et trop souvent, emporté sur la substance. On l’a vu dans la contradiction entre son projet, libéral, et la nationalisation des chantiers navals STX. On l’a vu, aussi, justement dans les palinodies auxquelles le vote de la loi de « moralisation » de la vie politique a données lieu.

    Mais, ce n’est qu’un raccourci. Emmanuel Macron, en réalité, bute sur les hypothèses mêmes de son projet politique. Une de ces hypothèses est qu’un pays peut se diriger comme une entreprise. Une autre hypothèse est qu’il suffit d’avoir un chef intelligent (moi, a dû penser Emmanuel Macron) et des médias complaisants, et que pour le reste on pouvait puiser dans la « société civile » pour faire des députés, et un parti politique. Bref, que, en un sens, Lénine, oui ce dangereux révolutionnaire qui a écrit en 1917 L’Etat et la Révolution[3], n’avait pas tort. Qu’une cuisinière peut s’occuper de l’Etat, à la condition – faut quand même pas exagérer – d’avoir la ligne juste et d’être bien encadrée. Le problème est que ces hypothèses se sont révélées fausses. Il y a encore d’autres hypothèses, mais elles sont moins importantes dans le chaos actuel, comme celle d’une nécessaire union avec l’Allemagne, ou celle de la primauté absolue des institutions européennes. Ces hypothèses ont des conséquences importantes sur la politique. Mais, elles ne jouent pas le rôle moteur dans la déconfiture actuelle du gouvernement.

    La politique et le fantasme de la démocratie directe

    Commençons par la première. On le sait, le fantasme de la démocratie directe est très fort. Il s’appuie, et non sans quelques bonnes raisons, sur la décomposition d’une élite politique que l’on connaît depuis maintenant près de vingt ans. Mais, ce n’est – hélas – pas parce que une élite a failli que l’on peut la remplacer par des gens sans expériences de la politique et des principes de l’organisation.

    La politique, au niveau d’un député ou d’un maire, ce n’est pas simplement prendre des décisions. C’est aussi savoir naviguer dans la complexité des règlements de toute sorte. C’est aussi savoir mesurer que tout n’est pas possible instantanément, qu’il faut faire des priorités, qu’il faut aussi les faire accepter par les autres. Bref, que la politique c’est aussi l’art du compromis. Le problème est que, bien souvent, la ligne qui sépare le compromis de la compromission n’est visible que quand on est confronté aux conséquences de ses actions.

    Pour user d’un langage plus châtié, la politique aujourd’hui n’est plus celle que l’on faisait sur l’Agora d’Athènes ou sur le Forum de Rome il y a plus de 20 siècles. D’ailleurs, dès le passage à l’Empire, Rome s’était dotée de bureaux et de fonctionnaires qui faisaient que le pouvoir de l’Empereur n’était que rarement celui d’un homme seul. La société s’est immensément complexifiée ; les Etats se sont aussi complexifiés, et se sont dotés, peu à peu, d’administrations étendues et ramifiées. La politique consiste aussi à savoir utiliser ces administrations sans en devenir l’otage. Et c’est pourquoi la politique s’est professionnalisée. Alors, bien entendu, il n’est sans doute pas sain que l’on ne fasse que de la politique durant toute sa vie. Il est même carrément malsain que l’on ne vive que de cela, car – à ce moment là – le besoin de pouvoir continuer à jouir des moyens de la politique l’emportera sur toutes les convictions.

    Mais, la professionnalisation de la vie politique est une évidence ; elle implique une période de formation et surtout l’équivalent du cursus honorum de la Rome républicaine. Le fait justement de faire ses premières armes au niveau municipal avant de pouvoir accéder à la députation, voire plus haut. Aussi, vouloir limiter le nombre de mandats successifs exercés par quiconque n’est pas nécessairement une bonne idée. Et c’est là où se révèle l’erreur de la fameuse loi dite de « moralisation de la vie politique », loi qui ne moralise rien du tout et qui, bien au contraire, établit de nouvelles normes en matière d’hypocrisie ; on interdit ainsi aux conjoints des députés ou à leurs enfants de travailler pour eux, mais on laisse le champ libre aux maitresses et aux amants, aux filles et au fils de copains ou d’obligés.

    L’Etat n’est pas une entreprise

    Ce qui nous ramène à l’autre erreur fondamentale : penser que l’on peut diriger un pays comme une entreprise. Cette erreur ici s’aggrave de l’indétermination du terme « entreprise ». Car, de quelle entreprise s’agit-il ? Est-il ici question de la petite entreprise en nom personnel, de la start-up qui fait beaucoup fantasmer, mais dont on oublie un peu vite les taux de mortalité, ou de la très grande entreprise internationale ? De même, quand on parle d’une entreprise, il faudrait commencer par préciser son secteur d’activité. Une banque – qui est une entreprise – ne se gère pas comme une entreprise industrielle, qui elle-même n’obéit pas aux même règles qu’une entreprise du commerce. On pourrait ici multiplier les exemples. D’ailleurs, il est frappant que ceux qui prétendent qu’un pays pourrait se gérer comme une entreprise sont bien incapable de donner une définition précise de l’entreprise. De l’esprit d’entreprise, peut-être. Mais la diversité même des types d’entreprises défie tout effort de définition.

    Alors me dira-t-on, on peut quand même définir une entreprise par la règle se subordination (oui, l’entreprise n’est pas un lieu de démocratie) et par la règle de concurrence. Mais, c’est oublier que la coopération a aussi un rôle important à jouer dans le fonctionnement des entreprises, que cette coopération se fasse au niveau de l’atelier ou à des niveaux supérieurs, qu’elle soit implicite ou qu’elle suive les chemins de la coopération explicite, par l’accord et le compromis. Surtout, c’est oublier que pour qu’une entreprise fonctionne, il faut qu’elle résolve un problème de légitimité, que se soit en interne ou en externe, et que ce problème de légitimité ne peut être résolue que parce qu’existent des règles qui sont imposées aux entreprises, et imposées par l’Etat. C’est là l’une des raisons les plus fondamentales pour laquelle on ne peut – et on ne doit – pas confondre l’entreprise et l’Etat, et ce même si de très grandes entreprises sont capables d’arracher aux Etats des pans entiers de leurs fonctions. Cette usurpation n’est jamais pleinement fonctionnelle.

    Les règles du pouvoir

    Vouloir donc diriger un Etat, c’est d’abord et avant tout comprendre que l’on est en présence d’une forme d’organisation qui est qualitativement différente de celle des entreprises, et que cette forme qualitativement différente implique des compétences qui ne s’acquièrent pas en quelques semaines, voire en quelques mois.

    Emmanuel Macron a construit son projet sur deux hypothèses qui s’avèrent erronées. Il en paye le prix aujourd’hui. Sa seule chance d’enrayer la spirale destructrice dans laquelle il s’est mis serait de reconnaître ses erreurs. Mais, s’il avait le courage de le faire – car il faut du courage pour reconnaître que l’on a fait fausse route, l’entêtement étant toujours la voie la plus facile – il détruirait les bases de sa construction politique, qui sont justement liées à ces erreurs. On ne construit pas un projet politique sur un rêve sans conséquences.

    Il est donc bien plus probable qu’il choisisse la voie de l’entêtement, du raidissement autoritaire. Nous le verrons, probablement, avec les troubles et les conflits sociaux de cet automne et de cet hiver. Mais, cela le confrontera immanquablement – à un moment ou à un autre – à la perte de légitimité et de crédibilité qu’il subit déjà dans les deux administrations dont il aura alors le plus besoin : la police et l’armée. Et, à ce moment là, le Président, ce monarque républicain, sera nu…

    [1] http://www.lefigaro.fr/politique/2017/07/30/01002-20170730ARTFIG00125-face-aux-critiques-macron-revoit-sa-methode.php , http://www.ouest-france.fr/politique/emmanuel-macron/c-est-du-pipi-de-chat-comment-emmanuel-macron-recadre-ses-ministres-5165521

    [2] http://www.ouest-france.fr/politique/emmanuel-macron/sondage-forte-baisse-de-la-popularite-d-emmanuel-macron-5156669 et http://www.atlantico.fr/rdv/politico-scanner/chute-record-dans-sondages-petit-comparatif-popularite-presidents-en-debut-mandat-et-ceux-qui-sont-parvenus-inverser-tendance-3126824.html

    [3] http://classiques.uqac.ca/classiques/lenine/Etat_et_revolution/Etat_et_revolution.html

    Le FMI s'en mêle

    Publié le 30 Juillet 2017

    La coupable,

    condamnée et dispensée de peine

    la ramène.

    Le FMI s'en mêle

     

    Le plan d'ajustement structurel concocté avec Merkel et mis en place par Macron reçoit la bénédiction du FMI.

     

    La France bénéficie d'une "opportunité exceptionnelle" pour engager les réformes nécessaires afin de relever les défis auxquels son économie se heurte de longue date, notamment un taux de chômage élevé et une faible compétitivité extérieure, estime le Fonds monétaire international (FMI).

     

    il sera vital de définir et de mettre en œuvre de profondes réformes de dépenses à tous les niveaux des administrations publiques"

     

    "le solide mandat politique (dont disposent Emmanuel Macron et son gouvernement) et l’amélioration de la conjoncture économique (le taux de croissance devrait pouvoir se hisser à 1,5% cette année et accélérer l’an prochain) offrent une opportunité exceptionnelle pour engager un tel paquet de réformes courageuses et complètes."

     

    En matière de fiscalité du capital et du travail, il juge que les projets du gouvernement (baisses de charges et d'impôt sur les sociétés, réforme de l'impôt sur la fortune, nouvelle fiscalité des revenus du capital) "devraient stimuler l’investissement et la croissance de l’emploi."

     

    Et donc Philippe, grand Vizir de Touthenmakron, passe aux actes, ses ministres doivent justifier et de valider, certains ont même latitude pour accentuer.

     

    2 semaines d'exercices :

     

    L'APL rabotée et pour certains supprimée,

     

    12 000 logements type HLM à la trappe, 

     

    331 millions en moins dans le supérieur: l’adieu à la démocratisation de l’université.

     

    50 Millions de moins pour la culture (sans conséquence dit la ministre qui se révèle inconséquente).

     

    Même le budget des hypermacronphiles "français de l'étranger" est impacté à hauteur de 160 millions d'€.

     

    Saignée dans l’aide publique au développement (APD) ,le gouvernement a annoncé lundi une réduction de 141 millions d'euros.Les coupes clairs dans les effectifs et le statut des fonctionnaires. 

     

    Canaille le Rouge ne retient pas le budget militaire qui malgré l’annonce par Bercy d’une réduction budgétaire de 850 millions d’euros pour les armées a ouvert une crise jamais vue sous la 5e République, ce budget lui est augmentation pour obéir aux injonction de Trump.

     

    Ce qui est curieux dans cette affaire c'est que La Canaille ne croise plus personne ayant voté pour le pharaon...même ceux qui venait lui expliquer qu'il fallait utiliser le bulletin Macron pour faire échec à la haine. Même ceux là disent de pas avoir voter pour lui.

     

    Qui et quand ont-il trompé ou trompent-ils leur monde ? Le macronisme secondaire se révèle être une maladie honteuse.

     

    Rédigé par Canaille Lerouge

    Pourquoi ne pas faire pire quand on sait si bien faire dans l'ignoble ?

     

    Publié le 29 Juillet 2017

    Après l'APL rabotée,

    maintenant,

    les logements sociaux

    interdits de construction.

    Le gouvernement empêche la construction de 12 000 HLM

    Le gouvernement empêche la construction de 12 000 HLM

     

    Un récent décret rédigé en catimini prévoit d'annuler plusieurs millions d'euros de crédits destinés à l'origine à la construction de logements sociaux. A quoi joue le nouveau gouvernement...

     

    http://www.explorimmo.com/edito/actualite-immobiliere/detail/article/le-gouvernement-empeche-la-construction-de-12-000-hlm.html

     

    Le théorème de Macron :

     

    Les décrets d'aujourd'hui font les SDF de demain... et les morts de froid des hivers suivants.

     

    Il vont sabrer le champagne par caisses dans les villes anti logement social et à la FNAIM.

     

    Rédigé par Canaille Lerouge

    Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

    Que faites-vous samedi 23 septembre 2017?

    Que faites-vous samedi 23 septembre 2017?

    Partout en France, marchons pour la paix le samedi 23 septembre 2017!

    La CGT fait partie des 115 organisations qui ont signé l'Appel national:

    Partout en France le samedi 23 septembre 2017, marchons ensemble pour un monde de solidarité, de justice, de liberté, d’égalité, de fraternité et de Paix !

    En marche pour la paix – Stop la guerre – Stop les violences

    L’aspiration des peuples à vivre ensemble en paix dans la solidarité, la justice et la fraternité est immense.


    Nous sommes persuadés qu’aucune de nos différences de convictions, d’appartenance ou de sensibilités philosophiques, politiques, religieuses, syndicales ou autres ne doit faire obstacle à l’expression de cette aspiration commune.

    Nous sommes révoltés face à l’augmentation incessante des dépenses militaires qui sont passées de 1.144 milliards de dollars en 2001 à 1773 milliards en 2015 (Sipri en USD taux de change 2014) et favorisent un commerce des armes immoral et dangereux, alors que le budget des Nations Unies pour les opérations de paix est de seulement 8,7 milliards et que la lutte contre le réchauffement climatique nécessite des moyens importants tout comme la réalisation des Objectifs du Développement Durable (ODD).

    Pour connaître les 115 organisations en lien

    Partout en France, marchons pour la paix le samedi 23 septembre 2017

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